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Dans l'ombre, s'ourdissent secrets et mensonges.

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Séraphine
Artisan

Général
~ Petite Ibbénienne ~
- Chasseuse de Baleines -

♦ Missives : 112
♦ Missives Aventure : 10
♦ Arrivée à Westeros : 11/06/2013
♦ Célébrité : Kate Bosworth
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Lakdahr l'Edenteur - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : Vingt quatre ans
♦ Mariage : Femme-sel de Gabriel
♦ Lieu : Les Iles-de-Fer
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Message Mer 12 Juin 2013 - 0:25


« Tout le monde est opportuniste,
mais chacun ne sait pas l'être avec opportunité.
»








Les Iles-de-Fer étaient amères, tel un immuable et conséquent grain de sel imbriqué entre deux dents qui excoriait l'émail au même titre qu'il agressait les papilles. Il y avait de quoi en saliver de rage, guère de délice, que d'être en atemporelle damnation sur cet archipel sculptée d'une indicible hideur, où même l'embrun semblait avoir pris une innommable sapidité, étrangement analogue à l'indigence des moeurs de ces maudits insulaires. Il y aurait eu de quoi se lamenter, composer une ode au désespoir et implorer quelque lame que ce soit de mettre un terme à cette escale qui n'aurait jamais de fin. Combien de fois, s'était-elle surprise à songer au tranchant des étocs que la houle camouflait avec habileté et dévoilait sporadiquement, au gré de sa versatilité, à ces récifs sur lesquels il aurait été si aisé de s'élancer pour un dernier et ultime essor. Sans doute fut-ce ce que nombre de captifs, avant elle, avaient préféré faire, plutôt qu'agir en animal domestiqué, en créature qui avait occulté sa nature pour la docilité. Non... De quoi aurait-elle réellement eu à se plaindre, en réalité ? Elle, portait peut-être le plus éthéré et subtil fardeau de tous ces îlots. Les regrets étaient niellés à même sa chair, qui portait aujourd'hui les stigmates de tribulations qui la taraudaient encore silencieusement, mais dans son malheur, elle avait déniché plus qu'un essentiel, elle en était persuadée. A choisir... Ce n'aurait point été sur ces rives de pierrailles qu'elle aurait désiré échouer. A choisir... Rien de tout ces méchefs ne seraient alors arrivés... A choisir... Mais l'on ne choisissait pas. L'on subissait... Et l'on s'accoutumait. Et l'on survivait... C'était tout du moins la voie dans laquelle elle se complaisait désormais, pour le petit bout du Pays d'Ib sur lequel elle devait encore veiller, pour lui, aussi. Lui. Qui l'avait préservée de l'agonie et d'une mort qu'elle avait pensée inéluctable. Contrairement à nombre d'infortunés enchaînés à ces agglomérats d'argentite, elle n'était pas contrainte à la besogne. Elle n'aurait rien eu de plus à faire que s'aveulir dans les draps de sa couche et observer le temps fluer, si elle en avait voulu ainsi, il ne lui aurait fait aucune objurgation. Son maître, comme le désignait le vocable fer-né, était la suavité qui faisait cruellement défaut au reste de sa communauté, car il ne la méprisait pas, ne le rudoyait que d'oeillades trop tendres, prenait le loisir de jouir de sa compagnie sans qu'aucune ombre érotique ne les ait jamais menés au conflit, il lui enseignait et apprenait d'elle, il la considérait comme bien plus que ce que la religion de l'Antique Voie aurait originellement fait d'elle. Il était exceptionnel, nimbé d'unicité, du moins selon elle, qui depuis quelques temps maintenant, frémissait d'une douce passion.

Qui aurait donc pu dédire cette vérité qui apparaissait aux yeux des plus attentifs ? Séraphine avait toujours été d'une insondable nature distraite, harpée par ses rêves à la moindre seconde sans attention, et elle prenait dûment conscience que ces moments d'absence étaient de plus en plus voués à la contemplation étourdie d'un certain quartzeux. Suffisait-il de constater de la mimique involontairement nigaude qu'elle prenait alors, celle-même qu'elle arborait présentement. Une mèche flavescente lui tombant sur le faciès, ses prunelles hétérochromes étaient portées dans le vague, légèrement en hauteur pour confesser que ses pensées tenaient plus du céleste que de l'infernal. Cet air de candide songe-creuse provoqua un ricanement cristallin non loin d'elle, une mélodie harmonieuse qui l'extirpa de son état contemplatif. De manière encore un peu engourdie, elle pivota son visage sur son côté dextre pour y apercevoir une jeune donzelle qui semblait gentiment railler, ce dont elle ne comprit pas immédiatement la raison. « Qu'y a t-il ? Pourquoi rigoles-tu ? Ca te fait tant d'effet que ça de laver ses nippes ? Quoi ? » La plus âgée du binôme fit papillonner ses cils, avant de baisser la tête pour remarquer qu'elle avait les bras immerger dans l'eau du petit cuvier, dans lequel elle avait entreprit de laver les vêtements que Gabriel avait abandonnés la veille au soir. Même en pleine séance de lessive, elle ne pouvait s'empêcher de chevaucher ses chimères et s'échapper d'une réalité qui ne lui seyait pas encore tout à fait dans son ensemble. Toutefois, ce genre d'inadvertance pouvait aisément prêter à confusion alors que la seconde d'avant, elle s'échinait à frotter le textile de ses braies. La méprise d'apparence lubrique creusa enfin son sillon dans les méninges de la sylphide dont les traits se tirèrent en une expression à la fois interloquée et à l'outrage amusé, ce qui fit s'esclaffer la fillette, vers laquelle elle se tourna derechef avec une immense risette. « Quoiiii ?! Ne va rien t'imaginer ! Oui oui, bien sûr ! N'importe quoi ! Je pensais au souper de ce soir... Et puis ce ne sont pas des pensées que l'on a à ton âge, franchement, Emalia ! »

Les deux soeurs se mirent à rire de bon coeur, une nitescence de soleil et de bien-être dans un quotidien qui ne l'était point toujours, sauf lorsqu'elles pouvaient être ensemble. Si même sa cadette avait remarqué que la situation s'était drapée d'une sensualité nullement de la partie aux prémisses de leur relation, toutes les Iles-de-Fer devaient cancaner à ce sujet ! Sans jamais démentir qu'une étrange et ineffable fièvre s'était insinuée entre le capitaine de la Jouvencelle et sa femme-sel, elle ignorait encore tout des véritables tenants de cet émoi, et encore moins des aboutissants. Qu'adviendrait-il si l'affection s'avérait réciproque ? Ou au contraire, si elle ne l'était pas ? Pauvre âme en perdition... Une pléthore de questions, et pas une once de réponse, alors à quoi bon... Depuis qu'il l'avait emmenée avec lui, ils n'avaient fait qu'octroyer du temps au temps, qu'aviser au gré des joies et méchefs, et ils n'avaient pas encore eu à la regretter. Peut-être n'était-ce pas là la recette du bonheur, mais au moins semblait-elle être celle de la satisfaction, et tant qu'elle fonctionnait, elle s'y appliquerait avec délicatesse et patience. De charmants érythèmes venus ornementer ses pommettes, la demoiselle se remit au travail, un travail que le colosse ne lui avait pas demandé de mener, mais Séraphine aimait se savoir utile, et surtout, elle lui était redevable sur bien des points. Oeuvrer pour lui comme n'importe quelle femme pour son seigneur – et assurément plus. - ne l'acquitterait jamais d'une dette de vie et de protection. C'était donc sans ombrage qu'elle chassa les macules de sang et de sel de l'habit qu'elle essora ensuite, puis qu'elle s'en alla poser sur un fil tendu entre deux fenêtres béantes et qui donnaient lieu à un courant d'air propice au séchage. Ce fut alors qu'elle entendit les râles d'Emalia, qui du haut de sa décennie d'existence, avait bien du mal à sortir le drap qu'elle avait fini de nettoyer et qui, gorgé d'eau, pesait désormais bien plus lourd.

« Ne te fais pas mal au dos, attends, j'arrive. » Elle la rejoignit de ce pas et l'aida à remonter le tout de la cuve, cependant, elle aperçut rapidement une moucheture à la provenance pour le moins douteuse qui avait résisté au traitement. N'ayant point peur de l'origine inconnue de la tâche, elle articula tout en tentant de la faire disparaître à l'aide de son ongle. « Ce n'est pas encore propre, il va falloir le relaver une dernière fois. Berk... Laisse, je m'en occupe, repose-toi un peu. »

Lorsqu'elle le pouvait, la naïade préférait achever les besognes de sa pauvre soeur qui se trouvait injustement servie en la matière, puisque servante de la forteresse et de ce fait propriété du lord de maison, qu'elle n'était pas même sûre avoir déjà aperçu. Mais qu'importait, tant que le travail était convenablement accompli, nul ne viendrait se lamenter ou quêter sur celle qui avait réellement mis la main à la pâte. Se disant, elle déplaça le drap pour pouvoir vider l'eau viciée du cuvier et la remplacer par une autre propre, dans le dessein de prendre la suite de la fillette qui l'observa faire sans broncher. Emprunte d'une certaine frivolité, l'aînée trempa ses phalanges dans le liquide diaphane et les déplia abruptement pour arroser la plus jeune de plusieurs gouttelettes, qui eurent le don de les faire rire à nouveau. La vengeance ne fut pas loin et Emalia prit les armes de son antagoniste pour mieux les retourner contre elle, un jeu qui crût en ampleur fut récupérée dans la paume des mains et éjectée en de plus grosses quantités. Le concert de ricanement s'accentua également, et bientôt, les nymphettes se plurent à se courir après, toutes deux partiellement trempées dans l'exercice et presque prêtes à se jeter dans un bain improvisé avant que la séance de délassement puéril ne prenne une toute autre tournure. Prise dans le feu de l'action, Séraphine lança une nouvelle offensive aquatique, qui manqua sa cible... Pour en toucher une autre. Elle se statufia subitement en l'apercevant. Par toutes les baleines des océans... Le hasard ne faisait pas toujours bien les choses.

« Je suis désolée... ! » Souffla t-elle hâtivement tandis que, parfaitement consciente du problème qui s'imposait, la cadette s'éloigna du tiers inopinément arrivé pour se réfugier derrière le rachis de sa soeur. Le tiers ? Nul autre que Sargon Harloi, un énergumène dont il ne fallait ni être l'ennemi, ni l'ami, et qui se retrouvait avec le haut mouillé. Il ne faisait jamais bon de contrarier un quidam de son acabit, la dryade l'avait compris. « Je n'avais pas vu que vous étiez là... » Il n'y avait pas mort d'homme, mais à présent, il risquait d'y avoir baleine sous gravillon. « Je peux aller vous chercher d'autres vêtements si vous voulez... ? »


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Sargon Harloi
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♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
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♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
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Message Mer 12 Juin 2013 - 14:21

     Le rassemblement ne remontait pas à bien longtemps, quelques jours tout au plus et la colère de Sargon ne s'était pas atténuée depuis. Ce sentiment lui étreignait l'estomac au point de lui rappeler sans cesse la manière dont Gabriel n'avait pas hésité à l'humilier devant tous les autres Fer-nés. Le Harloi était un homme assez soupe-au-lait de nature, il changeait rapidement de caractère et pouvait devenir aussi irritable qu'une donzelle du continent si son interlocuteur appuya là où ça faisait mal, mais ce trait c'était encore durcit depuis le regroupement. Le début de danse du doigt qu'il avait fait avec le roturier avait laissé une douloureuse entaille au niveau de son avant-bras et c'était une manière supplémentaire de lui rappeler sans arrêt qu'il avait frôlé la catastrophe. Gabriel avait été le premier à abandonner la danse et Sargon avait décidé de faire de même, pourtant cela ne l'empêchait pas de ressentir une cuisante humiliation en songeant au fait que son bâtard de frère avait cessé l'échange parce qu'il le considérait comme un faible. La simple idée d'être inférieur à Gabriel lui donnait la nausée, chaque attention que le roturier avait à son encontre était aussi difficile à supporter que s'il parlait de lui comme d'un incapable. Une réaction exagérée de l'avis de beaucoup de personnes, mais que le Harloi ne pouvait changer. C'était ainsi, sa relation avec le capitaine de la Jouvencelle était définitivement ruinée et il fallait simplement qu'il s'en sorte le mieux possible. À comprendre : en écrasant Gabriel.

     Le Fer-né était aux abords de Dix-Tours pour rendre visite à son oncle, il avait besoin de discuter des prochains raids et notamment de celui que Dagon programmait pour le Nord. Est-ce que les Harloi allaient y prendre part ? Bien souvent, Igon Harloi demandait à son neveu de s'occuper de ce type de regroupement, sauf que cette fois-ci Sargon avait décidé de ne pas y prendre part. Il fallait donc mettre son oncle et seigneur au courant pour éviter que les choses ne se compliquent : il n'avait vraiment pas besoin de supporter d'autres contrariétés, déjà que sa patience était épuisée.... Mieux valait qu'il ne croise pas le chemin d'Helya pendant quelques jours ou les choses risquaient de mal tourner.

     Alors qu'il arrivait presque à destination, Sargon perçut des éclats de voix et de rires, rien de bien inquiétant en somme. Certainement des servantes qui s'amusaient à médire sur la famille qui les employaient – ou à qui elles appartenaient pour les prisonnières – de quoi réjouir le Harloi ! Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que le Fer-né savait que sa présence était loin d'être désirée : il n'avait aucune compassion à l'égard des femmes soumises et malmenait donc les servantes à sa manière. Verbalement, jamais physiquement, ou si peu. Bizarrement, elles semblaient bien plus mal supporter ce type de traitements que les coups, ce qui était assez surprenant il fallait l'avouer, mais cette constatation enchantait particulièrement le Harloi. Ce dernier déboucha finalement sur l'endroit où les deux femmes se trouvaient, il s'aperçut d'ailleurs qu'il n'y avait qu'une femme et une gamine. Avant d'avoir l'occasion d'ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit, Sargon eut le plaisir de recevoir une bonne giclée d'eau en plein dessus. Résultat : le haut de son habit était imbibé d'eau. Ce n'était pas un problème en soi, Sargon naviguait et était toujours mouillé, mais se faire asperger par une vulgaire prisonnière était autre chose. Son expression se mua en une contrariée alors qu'il levait ses yeux mordorés vers la responsable qui s'excusait déjà, se doutant certainement qu'elle avait fait une belle sottise. Il ne fallut pas bien longtemps au Fer-né pour reconnaître la femme qui semblait avoir attiré l'attention de Gabriel. Même si rien n'était « officiel » entre eux, il se murmurait qu'ils devenaient de plus en plus proches. Bougeant négativement la tête, Sargon secoua son bras pour en chasser l'eau avant de rétorquer d'un ton acerbe.

     ▬ Avec tes yeux, ce n'est pas étonnant que tu ne vois pas clair. C'est peut-être pour ça que Gabriel t'apprécie autant, avec sa dégaine il ferait fuir n'importe qui n'étant pas à moitié aveugle ! Un fond de moquerie était bien entendu audible. Le regard du Fer-né se déporta jusqu'à celle qu'il croyait être la sœur de la jeune femme. Fiche-le-camp avant que je ne m'occupe de toi. »

     Et il le ferait sans hésiter ! La gamine devait certainement s'en doute et surtout comprendre que dans leur intérêt à toutes les deux, il valait mieux obéir, car elle s'en-alla rapidement et sans demander son reste. L'attention du Harloi se dirigea alors que la donzelle présente non loin de lui. Au rassemblement Gabriel avait un peu trop regardé Cybeline au goût de Sargon, c'était d'ailleurs ce qui avait provoqué le Fer-né qui était allé parler à son frère et avait alors déclenché la rixe entre eux deux. C'était à cause de cette confrontation que Dagon avait exigé une danse du doigt et que tout avait dérapé : une fois de plus, tout était la faute de ce bâtard. Quel meilleur moyen de regagner son sentiment de domination, que de se montrer très « aimable » avec la donzelle qui semblait plaire à son aîné ? Sargon n'en voyait aucun et ce fut pour cette raison qu'il décida d'opter pour cette solution. Approchant de la jeune femme jusqu'à se trouver à moins d'une longueur de bras d'elle, il planta son regard dans le sien. En réalité, le Fer-né aimait beaucoup les yeux qu'elle possédait, cela ne le dégoûtait ou ne l'effrayait guère, il avait toujours aimé l'originalité. Mais tout était bon pour provoquer et humilier, n'est-ce pas ?

     ▬ Je n'ai pas besoin que tu t'occupes de mes affaires, je peux me débrouiller seul. Le ton était sec, mais il se radoucit très largement lorsqu'il reprit. Et tu ne voudrais pas que Gabriel sache que tu as été aimable avec moi ? Il risquerait de t'abîmer le visage, ce serait dommage de ruine ton seul espoir de servir à autre chose qu'à laver les draps de mon oncle. Quoique, certains Fer-nés aiment bien les femmes sans dents. »

     Il émit un léger rire comme si cette idée l’amusait réellement. C'était un peu le cas, mais ce qui le divertissait le plus à cet instant était surtout le plan qu'il mettait en place. Un moyen d'effrayer un peu cette jolie demoiselle pour qu'elle donne du fil à retordre à son frère et que ce fils de chienne comprenne qu'il ne pouvait pas jouer avec lui. Et encore moins contre lui. Le Fer-né baissa ses yeux vers la main bandée qu'il avait et une autre idée naquit dans son esprit. En plus de cette entaille il avait aussi plusieurs marques sur le visage et ces traces pouvaient plaider en sa faveur. Levant à nouveau son visage en direction de la blonde, l'homme enchaîna.

     ▬ Gabriel est un homme très violent et très jaloux, il cache bien son jeu et il est très doué pour avoir l'air d'un gentil Fer-né, mais si son ancienne femme s'est suicidée après avoir été son épouse, ce n'est pas pour rien. Levant sa main pour montrer son bandage, il poursuivit. Dis-toi que je suis un noble et que je suis plus important que lui, cela ne l'a pas empêché de s'en prendre à moi par pure jalousie. Je te laisse imaginer ce qu'il ferait d'une fille comme toi s'il apprenait que tu m'as parlé. Son attention se déporta sur l'endroit où la sœur de Séraphine avait disparue. Et si je ne m'abuse, tu as une sœur. Je doute que sa colère s'arrête à ta seule personne.... »

     Les graines de la discorde étaient semées, maintenant il ne restait plus qu'à voir ce qui allait pousser et ce qu'il allait bien pouvoir récolter ! Les Fer-nés ne semaient pas ? Tant mieux, cela lui donnait encore un avantage certain sur ses comparses. Même s'il en avait déjà bien assez !


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Séraphine
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Message Mer 12 Juin 2013 - 19:22

S'il y avait bien une chose que l'on comprenait promptement sur ces îles, c'était qu'aucun de leurs insulaires n'était un parangon d'obligeance ou encore de mansuétude. Ils étaient représentatifs de l'endroit dans lequel ils survivaient, et la question de savoir s'il en était de même pour les ibbéniens avait traversé l'esprit de la donzelle. Un hiver éternel... Etaient-ils aussi froid que cette saison hiémale qu'ils étaient à jamais condamnés à endurer ? Au Pays d'Ib, l'on était naturellement autocentré, tourné et dévoué au clan familial, à ceux qui usaient du savoir patriarcal pour entretenir les leurs. L'on était indifférent au reste du monde, à ceux qui se plongeaient somme toute volontairement dans la conflagration pour des trivialités, mais l'on ne les méprisait pas pour autant. Il était simplement de coutume de ne jamais se mêler des dissidences d'autrui et de ne chercher querelle à quiconque, ce qui importait, c'était la besogne à accomplir, le commerce à faire prospérer, les navires à entretenir, la mer, et les baleines... Ce qui importait, c'était de vivre convenablement de son côté et de se contenter de ce dont on avait besoin. Les fer-nés jouissaient d'une autre mentalité, corollaire de leur religion et de ce Dieu Noyé dont on lui avait tant parlé. Là où les ouailles d'Ibben avaient la chasse et la négoce dans les gènes, eux avaient la piraterie et la barbarie. Des ostrogoths avides de rapines, de sang et des cris de pitié et d'agonie d'innocentes âmes, tel était le portrait que l'on faisait d'eux à travers les océans. De dangereux écumeurs qui terrorisaient jusqu'aux Cités Libres lorsque le coeur et l'abjection leur en disaient ! Une ignominie infuse dont elle avait pu juger lorsqu'ils avaient mené l'abordage sur le polacre dans lequel elle s'était trouvé avec ses frères et soeurs... La Veuve Salée résonnait telle une mélodie d'effroi, pour rien au monde, elle n'aurait souhaité en refouler le pont, quand bien même ne se souvenait-elle qu'à peine de la première fois qu'elle l'avait fait. Le sieur Harloi en était le digne propriétaire, saumâtre, et à l'instar de ses homologues, il devait en avoir fait, des veuves. Il n'était pas une bâtisse de muscles comme l'étaient nombre de ses paires – pis encore, mieux apprêté qu'il ne l'était alors, il aurait aisément pu passer pour un noble à l'indicible superbe que l'on trouvait sur les rives d'outre-mer. Une illustration de sa personne qu'elle tairait, guère certaine qu'elle lui siérait si elle la lui partageait.

Le quidam était bien suffisamment acrimonieux pour ne pas remuer les tisons de son ire, et fichtre, il savait frapper juste et bien. N'était-ce qu'une facétie du hasard ou avait-il depuis longtemps compris que cette paire bicolore par laquelle elle mirait était pour elle une opprobre, un véritable complexe contre lequel même les compliments enrobés de Gabriel ne pouvaient lutter. Cible touché, honteuse de posséder ces deux joyaux d'anathème, Séraphine baissa le regard et ne répondit mot, accoutumée, de toute façon, à être rudoyée sur ce sujet qui n'en demeurait pas moins douloureux même lorsqu'elle feignait la nonchalance. Certaines personnes l'avaient déjà pensée réellement borgne, même s'il était aisé de dédire cette conjecture en y regardant à deux fois, une cécité partielle était préférable à toutes les malédictions qu'on lui avait déjà attribuées jadis. Puis, l'injonction à l'attention d'Emalia fit soubresauter cette dernière, qui ne prit pas même le temps d'une dernière lorgnade envers sa soeur pour relever ses jupons et se hâter vers l'huis, qu'elle prit soin de refermer après son passage. Les prunelles toujours basses, la sylphide serra ses mains l'une contre l'autre et les plaqua contre sa poitrine, l'eurythmie affolée par le simple fait de se trouver en conciliabule avec le pirate, car elle en sortait rarement comblée. Elle aperçut bientôt ses chausses, il s'était approché, et ce fut dans un élan pusillanime qu'elle éleva doucement ses mirettes pour croiser ses gemmes mordorées. Dans les abysses de ses calots, elle se sentit si troublée... Puis il la renvoya à son rang d'une réplique ourlée de fiel, ce à quoi elle ne répondit pas, une fois de plus. En revanche, les propos qui suivirent la laissèrent pantoise, si l'humour pour le moins frelaté dont il fit preuve était sans équivoque, l'avertissement lestement imbriqué eut son petit effet, bien que celui-ci fut encore nébuleux.

« M'abîmer... ? » Interrogea t-elle en courbant un sourcil, incapable d'apparenter une quelconque brutalité gratuite à un homme tel que le quartzeux. « Gabriel ne ferait jamais ça... »

La naïade avait beau avoir prononcé ces quelques mots dans un élan de certitude, l'intonation qu'elle avait empruntée souffrait d'une légère faille d'irrésolution, car il était dans la nature de Séraphine de douter et remettre en question. Pour autant, pouvait-elle se le permettre avec celui qui l'avait secourue ? Sargon s'épancha d'un flot argumentaire, comme s'il avait deviné à quel exact moment reprendre la parole pour présenter un aspect des choses qui lui était propre. Il ne se priva guère pour dépeindre un portrait bien peu flatteur de son aîné, un comme elle n'en avait jamais entendu auparavant, et plus grave, il se hasarda sur un sujet qui avait toujours été source de curiosité pour la demoiselle, sans qu'elle n'ait jamais osé l'aborder avec le principal intéressé. Son ancienne épouse... Elle savait bien évidemment qu'il avait été marié, car elle avait un jour aperçu l'alliance qu'il gardait cachée au fond d'un tiroir, et il y avait lui-même fait quelques allusions timorées sans jamais s'étendre. Elle la savait défunte, mais voilà que le Harloi lui apprenait de quelle façon... Un suicide. Un tel acte ne pouvait que résultat d'une innommable affliction, d'une aversion pour ses conditions de vie, mais... Qu'avait-elle bien pu avoir à reprocher à son époux qu'elle-même, en étant sa servante, ne pouvait lui imputer ? Le mystère était entier, et voilà que désormais, il exsudait de volutes de crainte. Ce fut une ride préoccupée et songeuse qui se dessina sur le front de l'ibbénienne, qui guigna ensuite le pansement de son interlocuteur, puis la porte par laquelle s'était enfuie sa cadette lorsqu'il la désigna comme une martyre potentielle du courroux de Gabriel.

« Ca n'a pas de sens, il aurait eu l'opportunité de nous abandonner sur le navire marchand et de nous regarder sombrer avec celui-ci... Il n'a jamais été contraint à s'embarrasser de nous, mais il l'a fait, et il n'a guère cessé de veiller sur nous depuis. Pourquoi voudrait-il subitement nous faire du mal ? Pour une histoire de parlotte qui plus est... » Même si, et elle le savait, le fer-né n'était point totalement dans le faux : le capitaine de la Jouvencelle n'appréciait pas de savoir qu'elle avait passé du temps en compagnie de son demi-frère. Il le lui avait déjà fait savoir, mais sans violence aucune. Les prunelles polychromes de l'ondine revinrent sur son vis-à-vis, auquel elle s'adressa d'une voix brodée de curiosité. « Si vous le haïssez tant, pourquoi l'avoir autorisé à nous faire monter sur votre boutre, d'ailleurs ? A vous voir, et avec tout le respect que je vous dois, vous ne semblez pas être de ceux qui exhibent ostensiblement leur commisération à la première occasion. Je n'oserais donc dire qu'il s'agit de pitié... N'avez-vous pas même une once de considération pour votre frère ? »

Désigner Gabriel par un tel qualificatif était périlleux, elle ignorait si le corsaire en tolérerait l'usage alors que la guerre semblait être devenue intrinsèque à chacun d'entre eux . Toutefois, elle était incapable de concevoir que deux membres d'une même famille, même seulement liés par une moitié de parenté, puissent partager une initié d'une telle envergure. Peut-être fut-ce pour faire plaisir à son aîné, que Sargon avait accepté le binôme de soeurs sur son pont, et auquel cas, leur répulsion mutuelle était certainement surjouée. Sur ces pensées, la flavescente vénus préféra s'éloigner, pour ne pas qu'une quelconque promiscuité vienne alourdir l'atmosphère et faire naître l'angoisse de la proximité physique. Elle s'en alla récupérer un linge dont elle se servit pour se sécher après l'impromptue bataille d'eau qui avait eu lieu, puis, tournée de trois quarts vers le capitaine, elle examina furtivement les diverses meurtrissures qui le diapraient, puis elle commenta.

« Gabriel m'a laissé entendre qu'il s'était disputé avec vous, mais je n'ai pas voulu l'importuner avec les détails... La jalousie peut corrompre le plus pieux des quidams, c'est triste. Fort heureusement, vous êtes encore en bon état, vous ne semblez pas avoir souffert outre mesure. Après... Faut-il réellement une raison pour justifier votre rixe ? J'ai cru comprendre que l'émulation était aux fer-nés ce que le sel est à la mer. » Elle ne cherchait ni à gracier ni à incriminer le colosse qui était pointé du doigt comme fautif, car même s'il l'était, il y aurait pu avoir une pléiade de facteurs extérieurs à son antagonisme avec le Harloi pour alléguer son acte. Un surplus de boisson aurait très bien pu être la cause de tout ceci, du moins s'échinait-elle à le croire. Elle hésita ensuite à poursuivre vers des horizons qu'elle ne devrait hypothétiquement pas explorés sans son maître lui-même, mais puisque l'occasion d'en parler lui était donnée. « Quant à sa femme... Je savais qu'il avait eu épouse, mais j'ignorais ce qui lui était arrivé... » Elle se mordit la lippe et déplaça l'une de ses mèches derrière son oreille, indécise sur le bien-fondé et la portée de la question qui la taraudait, et qu'elle finit par poser d'un timbre invitant presque au secret. « Vous la connaissiez... ? » Il n'était pas bon de visiter les vieux démons d'autrui sans consentement, mais peut-être pourrait-elle en apprendre quelque chose d'intéressant pour l'avenir.


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Sargon Harloi
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Message Ven 14 Juin 2013 - 12:02

     Les yeux du Harloi fixaient le visage de la jeune femme. Il attendait de voir une réaction qui indiquerait si elle était ou non convaincue par ce qu'il venait de dire. Les premières paroles qui sortirent de ses lèvres encouragèrent Sargon à continuer dans cette voie : si elle n'avait pas l'air totalement persuadée par ce qu'il venait de déclarer, le Fer-né sentait une parcelle de doute. Même minime, elle existait et c'était largement suffisant pour convaincre le capitaine de la Veuve Salée d'exploiter cette faille. Son expression restait toujours aussi hautaine comme s'il n'était pas en train de se réjouir à l'avance de la tourner que les événements allaient prendre. C'était toujours tellement divertissant de rabaisser Gabriel auprès des gens qui l'estimaient ! Malheureusement pour le Harloi, ses « amis » étaient généralement plutôt réticents à l'idée d'écouter le venin qu'il distillait. Seuls les nouveaux arrivants ou ceux qui ne connaissaient pas assez le roturier, se laissaient berner par le manège du cadet.

     Elle commença par laisser entendre qu'il n'y avait aucun sens à ce qu'il disait et étaya ses dires en rappelant au capitaine que Gabriel avait décidé de les « sauver » au lieu de les laisser agoniser sur le pont. C'était vrai, dans un sens cette petite démonstration prouvait que le roturier était plein de bonnes intentions, Sargon ne l'avait-il pas lourdement raillé à cause de cet acte de bonté par ailleurs ? Mais s'il y avait une chose que le Fer-né avait apprise, c'était que toute situation pouvait être interprétée d'une mauvaise manière pour peu que l'on se place sous le bon angle. Il suffisait d'insuffler le doute dans l'esprit de la jeune femme et son esprit ferait le reste ! La curiosité semblait présente dans la voix de Séraphine et c'était une chose qui réjouissait Sargon : il savait qu'elle pourrait être tentée de lui donner quelque chose en échange d'informations. Tout le monde avait envie de savoir certaines données, il suffisait de les présenter dans le bon emballage pour éveiller le désir chez son interlocuteur. Le Harloi eut cependant beaucoup de difficultés à masquer son irritation lorsque la femme-sel parla de « son frère », comme s'ils étaient réellement liées. Dans le fond, ils partageaient simplement un peu de sang parce que le père de Sargon avait écarté les cuisses de la mère de Gabriel, mais il n'y avait rien de plus derrière tout cela. Pas de lien familial comparable à celui que sa cousine et son cousin partageaient par exemple.

     Sargon décidé de ne pas répondre immédiatement, il laissa Séraphine s'éloigner un peu pour se sécher à l'aide d'un linge, tout en se disant que la distance imposée était peut-être plutôt liée à sa présence qu'au besoin de chasser l'eau qui maculait sa peau. La donzelle reprit après un bref instant, l'informant du fait que Gabriel lui avait brièvement parlé de leur altercation, mais sans aller plus loin. Grosse erreur : c'était laisser le champ libre à une mauvaise langue comme Sargon. Ce dernier attendit qu'elle pose la question qui montrait qu'il avait réussi à l'appâter, avant de prendre enfin la peine de lui répondre. À son rythme évidemment.

     ▬ Oui, plutôt bien même. Le ton employé semblait laisser entendre que c'était plus poussé qu'il ne pouvait bien le dire. Peu de monde est au courant de ce qui lui est réellement arrivé, il s'est empressé de le dissimuler avant de faire courir la rumeur de sa mort suite à une maladie. Mais je l'ai vue peu de temps avant que cela n'arrive et crois-moi, elle était en parfaite santé. Excepté les traces laissées par la Gabriel bien sûr. Sargon avait cette capacité – répugnante il est vrai – de mentir tout en fixant son interlocuteur dans les yeux. C'était quelque chose qu'il avait appris à développer au fil des années. Tu apprendras que Gabriel dit beaucoup de choses, mais qu'il en tait bien davantage. Il ne t'a pas dit quelle était la raison de notre altercation ? Et bien je vais le faire. Tu l'ignores certainement, mais j'ai aussi une femme comme toi.... Elle est vraiment très jolie et Gabriel l'a tout de suite remarqué. Je l'avais amenée avec moi au rassemblement et il a essayé de lui faire son habituel numéro de chien battu pour la charmer. Il ne te l'a certainement pas dit parce qu'il veut que tu crois qu'il ne regarde pas d'autre femme que toi. Sargon émit un nouveau rire, avant de distiller quelques autres informations empoisonnées dans l'esprit de la belle. À ton avis, pourquoi Arkha te déteste ? Ils sont très proches tous les deux.... et ils ne sont pas réellement cousins, c'est juste ce qu'ils racontent pour légitimer tout le temps qu'ils passent ensemble. C'était mes marins, j'ai eu l'occasion de les voir ensemble.... »

     C'était assez abjecte que d'aller sous-entendre que sa cousine et Gabriel pouvaient avoir une relation plus charnel que sentimentale. Il savait pourtant qu'Arkha considérait le roturier comme son cousin et non son amant, mais vu la relation qui semblait lier les deux femmes, il était plus que probable qu'elle n'allait pas demander à l'intéressée si c'était la vérité.... Avec les mensonges, le tout était de dire des choses qui ne pouvaient pas être vérifiées ou alors d'y intégrer une parcelle de vérité. C'était le cas pour tout ce qu'il venait de dire, Séraphine pourrait se renseigner sans découvrir la vérité. Sauf si elle fouillait réellement bien entendu. L'air nonchalant, le capitaine promena son regard sur les environs comme s'ils étaient en train de parler de la pluie et du beau temps, puis il reprit la parole du même ton badin.

     ▬ Si tu as pris le temps d'observer les autres Fer-nés, tu as dû voir que je ne suis pas comme eux. Je n'aime pas me battre pour un rien et je ne suis pas idiot, je sais parfaitement que Gabriel et largement plus à même que moi de me battre que le contraire. Je ne suis pas suicidaire, je n'attaque pas lorsque je ne suis pas certain d'avoir une chance de gagner. Et c'était pour cette raison qu'il attaquait Gabriel par son nouveau point faible d'ailleurs. Et sache que je ne hais pas Gabriel, enfin pas à l'époque où il vous a trouvées. Nous nous entendions encore bien à cette époque, sauf qu'il n'a pas digéré que je sois mieux placé que lui. Je te l'ai dit, c'est un homme très vaniteux, sauf que contrairement à moi, il le dissimule. J'ai au moins le mérite de le montrer franchement. Imaginer son aîné en être vaniteux était.... bizarre, mais il ne le laissait pas voir. S'il ne vous a pas abandonnées, c'est parce qu'il savait qu'en vous sauvant, toi et ta sœur, il parviendrait à se faire apprécier de vous. Il n'est pas vraiment apprécié sur les Iles tu sais, enfin mis à part auprès de mes marins, avoir deux femmes pour vanter ses mérites n'était donc pas de trop. Ose me dire que je me trompe ? Je suis persuadé que tu te sens redevable et que tu commences à l'apprécier. Il a toujours eu le don de faire croire aux gens qu'il était indispensable, mais la vérité c'est que c'est lui qui m'avait désigné ton navire comme cible. S'il n'avait pas été là, tu serais avec les tiens et chez toi. »

     C'était peut-être un peu exagéré, mais dans tout ce qu'il disait, la donzelle finirait bien par retenir quelque chose, non ? Le tout était de ramasser ce qu'il avait semé auprès de la demoiselle : voilà quelques temps que la femme-sel lui distillait quelques informations sur son « compagnon » et le capitaine était bien décidé à repartir de meilleure humeur qu'il n'était arrivé. Esquissant un nouveau pas dans sa direction, le trentenaire arbora un sourire faussement encourageant et agréable.

     ▬ Je peux te parler d'elle si tu veux. Mais avant il faudra que tu me donnes quelque chose en échange. »

     Logiquement, elle se douterait qu'il parlait d'informations, mais ne rien préciser était toujours plus amusant, parfois les gens étaient pleins de surprises.


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Séraphine
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Message Mar 18 Juin 2013 - 1:27

En apprendre davantage sur celle qui avait partagé la vie de Gabriel était une opportunité alléchante, car depuis qu'elle connaissait l'existence de cette dernière, Séraphine en était devenue des plus curieuses. Quel genre de donzelle avait-elle pu être ? Qu'est ce qu'en elle avait bien pu enjôler le quartzeux, que le capitaine de la Veuve Salée pointait du doigt tel un vil protagoniste doublé d'un habile manipulateur ? En quelques tours de prestidigitation, le matois serait donc parvenu à la mystifier au point que tout ce qu'elle pensait savoir de lui en serait fallacieux ? La question était désormais de savoir s'il restait quelque chose à aimer chez un quidam qui avait éconduit sa propre épouse au trépas... Des traces, avait-il dit, la violence conjugale n'était guère une chose rare en soit, du moins, chez les autres peuples que le sien. La populace d'Ibben semblait avoir de trop épousé des moeurs de paix pour faire preuve d'une réelle violence, davantage enclins à éviter les conflits et privilégier la diplomatie qu'user de leurs poings. Pouvait-on pour autant affirmer que le quotidien sur les îles aux baleines était exempt de brutalité ? La donzelle n'en était point certaine, mais il était toujours délicat de constater que les apparences d'une personne loin d'être étrangère à nos sentiments n'étaient que chimères avilies, seulement joliment drapées de belles illusions. Si elle préférait se faire circonspecte à ce sujet, jusqu'à ce qu'elle puisse tout du moins être seule en compagnie de ses thèses et réflexions, chaque termes du vocable de Sargon se niellait dans son esprit, ce dont elle saurait se souvenir en temps et en heure. La jeune femme n'était pas si bonne observatrice, trop distraite et au final peu intriguée par ce qui l'entourait, une véracité qui semblait subitement se vérifier lorsqu'il fut question de la propension du colosse à lorgner sur d'autres jouvencelles... Une information qui n'aurait revêtu que peu d'importance, une poignée de semaines plus tôt. Mais la kyrielle des aurores et crépuscules, mêlée à la quasi constante proximité d'une femme-sel vivant sous le toit d'un maître qu'elle désirait servir pour témoigner de sa gratitude, et le simple fait qu'il soit légitimement devenu son principal point de repère sur un archipel où rien ne lui était familier... Tant de circonstances, et le phonème emmiellé d'un fer-né qui lui apparaissait comme plus sensible que l'ensemble de ses pairs, avaient fait évoluer les choses dans un sens somme toute ironique. Il n'y avait guère que dans les contes et ces fables que l'on relatait au coin du feu, que les frêles naïades s'énamouraient du bélître de l'histoire...

Elle en ignorait la raison – ou hésitait encore à se l'admettre. - mais un étau d'une sourde contrariété se serra abruptement autour de son rumen et de son gosier. Elle lorgna le Harloi non loin d'elle comme pour vérifier qu'il n'était pas plongé en pleine galéjade, puis biaisa ses prunelles hétérochromes sur le mur qui lui faisait face. Son géant de sauveur, elle ne l'avait jamais aperçu avoir un quelconque geste d'outrage envers une quelconque demoiselle, pas même dans les corridors de Dix-Tours qui recelaient pourtant de servantes toutes plus exotiques les unes que les autres – à moins que ces règles orales de fer-prix n'y jouent un rôle ? L'ibbénienne était incapable de comprendre les fuseaux de cette société des rocailles, qu'un certain Dieu Noyé gouvernait depuis les fonds de l'océan, dans un palais peuplé de sirènes comme domestiques et concubines, disait-on. Peut-être n'y mettait-elle pas le coeur à l'ouvrage, les dernières semaines avaient été éreintantes en adaptation et abnégation. Et puis, Gabriel n'était-il pas libre d'agir comme bon lui semblait, sans comptes à lui rendre à la fin de ses journées et pérégrinations ?... Elle s'en persuadait, mais le fer-né n'était décidément pas à même de l'épargner plus d'un instant. Il revint à la charge avec un argument de poids, les seules sonorités du prénom d'Arkha amenèrent un rictus d'improbation à la commissure de ses lippes et ses sourcils se courbèrent. Avait-il la moindre idée de ce dont il déclamait ? Certainement trop...

« De... De quoi... ?! » Le haussement phonique lui avait échappé, même si sa voix ne s'était pas répercutée en écho sur les parois de la pièce, l'offense autant que la consternation avaient été manifestes. Ses mirettes dans les calots mordorés de son vis-à-vis, elle le scruta, puis tenta vainement de chasser une expression qui n'était plus aussi quiète qu'aux prémisses de leur conversation. « Certains pratiquent l'inceste alors qu'ils sortent du même ventre... Leur dit lien de parenté ne servirait à rien si ce n'est leur donner bonne conscience, et encore, alors... A quoi bon... ? Non, ça n'a pas d'importance. »

Tout ce qui gravitait autour de cette succube de Kenning n'était en rien substantiel, cette gouge à la fragrance de sueur l'avait méprisée depuis le premier regard, sans allégation, ou du moins, sans que Séraphine soit apte à en trouver une. Fierté de fer ou inimitié naturelle, une pléthore de conjectures avait déjà traversé son esprit, sans que la jalousie ne se présente comme plausible. Si Sargon ne l'avait pas entièrement convaincue de ses calomnies, il avait néanmoins su l'étourdir avec maestria, voilà que les interrogations se bousculaient et risquaient bien de la tarabuster jusqu'à ce qu'elle ne trouve réponse. La sylphide tritura nerveusement le linge duquel elle s'était servie pour essuyer sa physionomie tandis que le capitaine s'épanchait sur l'infatuation de chacun, des paroles qu'elle écouta cette fois distraitement, assurément trop harpée par quelque émoi silencieux pour véritablement lui prêter l'oreille, jusqu'à ce qu'Emalia soit citée dans l'une de ses tirades. Sa soeur était tout ce qui lui restait en ce bas monde, le meurtre et la souillure n'étaient que trivialités s'il s'agissait de la défendre, de la préserver d'une vie bien plus ardue que celle qu'elles avaient toujours connue. Que le chant des baleines lui manquaient... La mélopée des Iles-de-Fer était bien plus sinistre, et il semblait que la confiance n'était pas à accordée au premier venu. Le Harloi visait trop juste pour ne pas percuter et perturber la flavescente vénus qu'il lapidait de sa verve, et à la question qu'il lui posa, elle haussa fébrilement les épaules, parfaitement au fait que tous étaient un jour ou l'autre animés par le besoin de reconnaissance. Au final, était-ce la fatalité ou la providence qui avait mené la Veuve Salée droit sur le polacre qui les avait capturées ? C'étaient beaucoup de griefs à imputer à la même personne, alors que le destin était simplement versatile.

« Vous êtes dur... » Souffla la nymphe dans un élan pas moins pusillanime, consciente de ne pas être aux abords de n'importe quel insulaire. Celui-là même qui s'en vint lui faire une suggestion des plus stupéfiantes et qui la laissa interdite. «  Huh ?... » Lui donner quelque chose en retour, lui avait-il dit, pour des renseignements sur cette épouse qui semblait détenir en son malheur la clef du mystère nommé Gabriel. Séraphine connaissait la propension des hommes sur les échanges de bons procédés, nombre d'ignobles paluches s'étaient déjà essayées à lui tâter le séant, et combien de cuistres avaient tenté de l'acculer pour mieux profiter de ses courbures anatomiques ? Cependant, elle ne discerna aucune nitescence grivoise dans le regard du pirate – à moins que son jeu ne soit trop habile ? Cet individu était bien ésotérique, trop pour un encéphale peu accoutumée aux intrigues et autres subtilités de sournoiserie. « Qu'est ce qui vous fait croire que je suis tant intéressée par cette femme... ? Il n'est jamais bon d'importuner les spectres du passé... » Sa phrase ourlée de sagesse, elle n'y crut pas elle-même, et elle détourna le regard en ajoutant. « Je ne possède de toute façon rien que vous pourriez envier, je ne suis qu'une femme-sel je vous rappelle... Je n'ai que ce que Gabriel veut bien me ployer, et donc, rien que vous n'avez pas déjà. »

Des réminiscences et une petite soeur qu'elle se devait de protéger contre vent et marrée, voilà tout ce qui lui restait, même la liberté n'était plus qu'un idéal d'ambroisie qu'elle ne pourrait jamais plus savourer. Résignée à ce fait, et surtout irrésolue quant aux tenants que prendrait cet étrange dialogue, l'ibbénienne baissa la tête puis s'éloigna derechef. Elle alla s'emparer du drap abandonné à sa solitude tâchée, puis le mena aux abords d'un autre baquet à l'eau limpide et encore propre. Ses rotules se posèrent au sol et elle entreprit la besogne originellement destinée à Emalia, qui devait probablement se ronger les sangs dans une encoignure de la demeure. Toutefois, cette activité n'était nullement destinée à témoigner de son indifférence au fer-né à l'indicible rhétorique, bien au contraire, elle songeait tout à la fois à tout ce qu'il avait pu lui dire. Très manuelle de nature, il lui fallut de longues secondes à tremper et frotter le textile avec un semblant de savon pour rassembler ses idées, ce qui lui permit de prendre à nouveau la parole.

« Ce n'est pas un mauvais bougre... » La donzelle tourna ses prunelles bicolores sur son interlocuteur. « Quêter pour un peu d'amour, ce n'est pas un crime... Il semble parfois si malheureux. Même en supputant que ce soit par culpabilité, ça n'en reste pas moins triste. » Séraphine se reconcentra sur sa corvée, bien qu'elle arrêta sa mouvance pour observer la houle provoquée par ses gestes. « L'ironie... C'est sans doute de savoir qu'il nous a arraché à un bien plus sombre destin, Emalia et moi. Qu'il soit celui qui vous ait désigné le navire ne fait que renforcer cette idée... Nous n'étions pas à son bord par plaisir, les choses... Sont bien plus compliquées. » Un voile de mélancolie jeté sur le faciès, elle soupira. « Des marchands qui s'improvisent esclavagistes... Si Gabriel n'avait pas été là – si vous n'aviez pas été là... Nous aurions certainement été vendus comme esclaves, quelque part dans les Cités Libres. Les projets me concernant semblaient être un lupanar, je ne crois pas que mes ravisseurs aient apprécié ma... Particularité... » Etre vairon était décidément une malédiction. « Dans tous les cas, non... Je ne serais pas chez moi si... »


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Sargon Harloi
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Message Mar 18 Juin 2013 - 16:48

     Difficile de ne pas remarquer l'expression de contrariété qui passa sur le visage de la femme-sel à l'évocation d'Arkha. Visiblement, Sargon ne s'était pas trompé : les deux donzelles ne pouvaient pas se supporter, chose qui n'avait rien de très surprenant en y repensant. Les femmes avaient une propension à la jalousie. Cela dit, la cousine du Fer-né n'avait jamais eu l'air hostile à l'égard de Cybeline, peut-être que sa relation avec la Kenning n'était pas aussi développée que celle qu'elle nourrissait avec l'autre roturier. Cette idée ne l'enchantait guère, mais elle ne le contrariait pas non plus : il avait appris à ne compter que sur lui-même et la jalousie n'avait que peu d'emprise sur lui. Le Harloi se contenta de mettre ces pensées de côté en se disant qu'il aborderait le sujet à l'occasion, lors d'une discussion avec sa chère et tendre cousine. Pour le moment, il préféra se concentrer sur la réaction de Séraphine. Elle avait haussé la voix, légèrement, mais suffisamment pour que le capitaine comprenne qu'il avait touché un point sensible. Avait-elle des sentiments pour Gabriel ? L'idée même qu'ils puissent être amoureux lui donnait envie de vomir. Comment pouvait-on aimer quelqu'un plus que sa propre personne ? Idiot, crétin, Gabriel n'était qu'un stupide sentimental et c'était pour cette raison que Sargon le dominait et de loin. Du moins, c'était ce qu'il croyait dirons-nous. Le ton léger, l'expression détendue, il se contenta de répondre d'un air indifférent, comme s'il se contentait d'informer et non de semer la zizanie.


     ▬ L'inceste, c'est relatif, j'ignore ce qu'il en est chez toi, mais à Westeros les mariages entre cousins sont autorisés. Surtout sur nos îles, il n'y a pas autant de partenaires potentiels que sur le continent. Mais tant mieux si tout ça t'es égal, ce sera moins dur à supporter le jour où tu tomberas sur eux en train de.... se donner bonne conscience. »


     Oh, il s'amusait, c'était certain ! Cruel personnage, mais Sargon ne trouvait son plaisir que dans le malheur des autres. C'était certainement pour cette raison qu'il était autant détesté, allez savoir, bien que dans le fond l'avis des autres ne l'importait guère. Leurs critiques glissaient sur lui sans le souiller, il suffisait de s'en débarrasser d'une pichenette pour tout oublier. Seulement, tout le monde n'était pas capable de le faire et visiblement Séraphine songerait longtemps à cette petite discussion. Tant mieux, il habiterait ses pensées à la place de Gabriel, l'idée l'amusait encore plus.


     La captive se remit rapidement, malheureusement, elle émit l'hypothèse de ne pas être intéressée par ce qui concernait l'ancienne épouse de Gabriel. Cette perspective contraria aussitôt le Fer-né qui n'était pas vraiment enchanté par l'idée, mais il se fit force pour rester aussi neutre que possible. Il fallait l'appâter, capter son attention, réussir à la faire se concentrer sur quelque chose pour qu'elle ne puisse plus s'en passer, mais quoi ? Le Harloi se contenta de la regarder avec neutralité alors qu'elle prétextait ne rien avoir qui puisse lui faire envie. Oh, vraiment ? Si bien sûr, toute femme possédait une chose qu'un homme convoitait, mais pour le coup ce n'était pas le cas du capitaine. La jeune femme avait beau être très jolie – à son goût – il s'intéressait davantage à ce qu'elle avait dans la tête qu'à sa tête. Il lui laissa cependant le temps de faire décanter tout ce qu'il venait de dire, la contemplant en train de faire son travail d'esclave, laver le linge sale des autres, au sens propre comme au figuré. Les servantes apprenaient beaucoup de choses, beaucoup plus qu'elles ne le soupçonnaient. Lorsqu'elle reprit la parole, ce fut pour plaider en faveur de ce fils de chienne. Tant de dévotion lui donnait envie de la frapper pour qu'elle sorte de ce rêve dans lequel elle vivait, mais il ne le fit pas. Sargon se maîtrisa, jusqu'à ce qu'elle termine son intervention pour lui laisser entendre qu'ils avaient été là pour lui sauver la mise d'une certaine manière. Il haussa simplement les épaules, arborant une expression indifférente.


     ▬ Tu crois que ta vie ici sera différente ? Au moins si tu avais fait la putain dans un bordel, tu aurais été estimée. Ici tu ne vaux pas mieux qu'une chienne et s'il prend l'envie à un Fer-né de te tuer, tu ne manquerais à personne. Quoique, en étant la catin de Gabriel, tu as un avantage : aucun autre Fer-né n'ira t'écarter les cuisses, mais pour ta petite sœur, c'est une autre histoire. Elle n'appartient à personne, ce qui revient à dire qu'elle appartient à tout le monde. Tu as raison, c'est mieux qu'un bordel, là vous n'aurez pas besoin de compter les pièces que vous gagnerez. Il brossait un tableau bien noir de la situation c'était un fait ! Mais pour quiconque ne connaissait pas réellement les Iles et leurs traditions, c'était envisageable. Ne passaient-ils pas pour des barbares ? Autant utiliser cette réputation ! C'est les chiens qui vont réclamer de l'amour à tout va dans mon monde, mais contrairement à eux, Gabriel ne connaît pas la signification du mot fidélité. J'espère que tu n'as pas peur d'attraper des maladies, tu devrais peut-être te renseigner auprès du mestre, question de prudence. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Fais attention ma jolie, ici un bon bougre n'a rien à voir avec ceux de chez toi. Ici, ça veut simplement dire qu'il égorge la femme avant de la violer, mais pas qu'il ne le fait pas. »


     Lui compris logiquement, mais peu lui chalait, il ne voulait pas entrer dans les bonnes grâces de Séraphine, juste en éjecter Gabriel ! Il était vrai que les Fer-nés étaient tous beaucoup plus brutaux que les continentaux, même lui qui passait pour un homme délicat était bien plus brutal qu'un chevalier du continent. Tout était relatif sur ces Iles et Séraphine allait rapidement le comprendre. Il soupira, comme lassé par cette discussion qui tournait d'une manière qui ne lui plaisait guère. S'éloignant d'elle comme si elle ne l'intéressant plus, le Fer-né décida de lancer une réplique qui devait – logiquement – attirer son attention sur l'ancienne épouse de Gabriel.


     ▬ Et tant pis si tu n'es pas intéressée par « cette femme » je pensais simplement que tu aurais aimé savoir ce qui lui avait coûté la vie. Si tu préfères le découvrir en direct, libre à toi. Il marqua une pause. Toutes les femmes ont quelque chose qu'un homme désire, tu le sais très bien, ne me prends pas pour un imbécile. Mais pour le coup, ce n'est pas ce qui m'intéresse chez toi, je parlais d'informations. Concernant Gabriel bien entendu. Il te faut plus de détails ou c'est clair ? Léger haussement de sourcils. Pourquoi, tu as cru que je te faisais des avances ? Évite de dire de telles choses à Gabriel, c'est justement ce qui a provoqué la mort de sa précédente compagne. Ce serait bête de reproduire le même schéma, fais preuve d'originalité. »


     Et voilà ! L'appât était lancé, il ne restait plus qu'à voir quel poisson – ou baleine – allait mordre. Sargon sous-entendait clairement qu'il avait sa part de responsabilité dans le décès de la douce Ernestine, pourtant c'était tout sauf véridique. En laissant croire à Séraphine qu'une éventuelle amourette entre lui et la roturière, avait débouché sur la mort de cette dernière, il espérait bien la pousser à lui en demander davantage. À ce moment, il obtiendrait ce qu'il désirait : une raison de la pousser à tout lui avouer concernant Gabriel et surtout, l'occasion de médire encore sur le compte de son cher et tendre aîné. Scrutant le visage de la demoiselle, il attendit de voir quelle serait sa réaction. Si en prime il arrivait à la faire rougir à l'idée qu'il puisse lui faire des avances, ce serait une autre piste à exploiter. Dans la manipulation, les limites n'existaient pas.


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Message Sam 22 Juin 2013 - 22:18

Les rivages d'Ibben et leur tapis nival, la froidure et l'aquilon, mais la chaleur familiale, celle d'un foyer, d'un entourage aimant et loyal... Tant de réminiscences dont Séraphine ne se souvenait qu'à peine de la saveur, seulement quatre lunes que l'anathème l'avait frappée, et déjà, sa vie d'antan lui paraissait si loin... Cette blessure qu'elle s'était elle-même infligée dans une pulsion de désespoir l'avait contrainte à garder le lit durant tout un temps, et si les insulaires des Iles-de-Fer ne l'épeuraient pas outre mesure – elle les avait déjà vaguement côtoyés, après tout. - rien en eux ne l'enjôlait au point qu'elle désire se mêler à leur plèbe. Les quelques fer-nés, si ce n'était son maître, qu'elle avait coudoyés depuis son arrivée avaient diablement fini de l'en persuader : ces gens étaient primitifs et menaient une existence faite d'ignominies dans lesquelles ils se complaisaient avec toute l'impureté du monde. Une impression irrémédiablement émétique. Quels barbares... Ils lui donnaient envie de rendre gorge, les bougres, alors même qu'il n'y avait guère grand chose à régurgiter, tant il lui semblait qu'elle ne faisait que picorer en comparaison à ce qu'eux, étaient aptes à avaler. Des bâfreurs en plus d'être des pourceaux, même celui que l'on clamait être le suzerain était loin de toute éducation, quand bien même était-il issu de ce qui s'apparentait le plus à de la noblesse. Dagon Greyjoy était à l'image de son peuple – ou peut-être était-ce l'inverse... ? Il était ardu de faire la part des choses sur cet archipel, de ce qu'elle en savait, cela avait nécessité beaucoup de temps et d'efforts à Serenei pour intégrer tous les principes de cette société de laquelle elles étaient prisonnières. L'ibbénienne ne s'y échinait guère, elle se contentait de ce qu'elle était à même d'observer et conclure, et elle n'appréciait que peu de se risquer hors de Dix-Tours, si ce n'était pour se rendre à l'éponyme forteresse de Pyk pour y visiter son amie volantaine. Et même si elle se hasardait dans la ville en aval, ce n'était assurément point elle qui chercherait querelle à quiconque, les algarades étaient vaines et source d'un émoi de déplaisir. Alors, elle patientait, tentait de se résigner, avait bien du mal à mirer vers un avenir particulièrement nébuleux. Elle en contemplait les atours, de cette sombre et morbide fatalité...

Sargon était mystérieux, et sa personnalité ô combien alambiquée. Ses intentions, qu'étaient-elles réellement ? La sylphide ne parvenait pas à le déterminer, et s'en lamentait silencieusement, car il aurait pu être fort agréable de converser avec un quidam doué d'intellect et apte à formuler plus de deux tirades sans y glisser une quelconque injure. Cela aurait pu, mais la discussion était bien loin de l'égayer, et la pauvrette n'était point au bout de ses peines. Elle s'efforçait à préserver une once de circonspection, même si le chaos régnait en despote dans ses pensées et émotions, et voilà que sa fragile égide, il s'apprêtait à la démantibuler à coups d'une pernicieuse faconde. Si la jeune femme put encore occulter l'éventualité d'une relation charnelle entre ceux qui prônaient face à qui voulait l'entendre qu'ils étaient cousins, elle en fut tout bonnement incapable lorsque le vocable se fit bien plus cinglant, impitoyable quant à son corollaire, sans envie de l'épargner, bien au contraire. Mise aux devants d'un discours brodé de menterie et d'exubérance, la demoiselle leva un regard interdit et désarçonné sur le locuteur, oubliant par la même occasion la besogne qu'elle accomplissait pour s'occuper l'esprit. Il la lapida avec une ineffable cruauté, chaque propos était une flèche qui se fichait dans sa chair et que l'archer se plaisait à remuer dans sa plaie. Il aurait été opportun d'obstruer ses oreilles pour ne pas avoir à endurer ceci, mais l'aberration était telle qu'elle n'y songea même pas, et encaissa comme le faible candidat pris dans un pugilat. Son teint originellement opalin devint exsangue, les lèvres entrouvertes, les informations chutaient en ondée et elle peinait à en mesurer l'envergure sans risque de tomber en pâmoison. Que faire ? Que dire ? Trop, c'était trop, il n'avait pas le droit d'agir ainsi, il ne le pouvait pas – le pouvait-il ? Dans tous les cas, il le faisait, peut-être à coeur joie, ses risettes ne trompaient pas sur le plaisir qu'il prenait à lui prédire tant d'horreurs et des jours plus obscurs que jamais. Et voilà qu'en plus, après lui avoir expectoré tout son venin en pleine figure, il trouvait encore le moyen de se lasser de leur échange et de lui montrer le rachis avec un mépris tout aussi injuste, c'était à s'en taper la tête contre les murs ! Elle l'entendit de nouveau lui parler de l'ancienne épouse du quartzeux, toutefois, un vrombissement parasite résonnait désormais aux tympans de la jouvencelle qui avait l'infernale impression d'avoir un cor qui grondait dans chaque voie auriculaire. Une sueur froide humecta son front, les prunelles posées dans le vague, elle semblait flotter dans un univers parallèle, et peut-être était-ce effectivement le cas : c'était dans les rives du Styx, qu'elle pataugeait.

« ... » Aucune sonorité ne put franchir le carcan de son gosier – fichtre, quelle malédiction d'être nimbée de tant de sensibilité. Alors, pour rassembler ses esprits et ne pas se murer dans un silence mortuaire, Séraphine chuta – oui, elle s'inclina vers le baquet et y plongea toute sa tête. Une réaction qui risquait de décontenancer le Harloi, qui n'aurait plus qu'à la pointer du doigt en vociférant qu'elle était folle, ou juste inepte, à son bon vouloir. Nul doute que si la donzelle avait vu une autre personne en faire de même, elle se serait faite sceptique, mais présentement, cette action ubuesque lui était profondément salutaire. Immergée, plus un son ne put venir l'incommoder, elle ne pensa plus et se contractura sous la froideur de l'eau plus tout à fait propre. Elle mit ses facultés respiratoires à l'épreuve et décida de s'entrainer à l'apnée, car elle resta ainsi aussi longtemps que son coeur et ses poumons purent le supporter. Après un moment, elle se redressa enfin, prenant une grande bouffée d'oxygène et mouillant la robe qu'elle portait. « Par toutes les lanternes de Port-Ibben... ! » Lâcha t-elle dans un souffle salvateur, tandis que dans son esprit, une phrase lancinait sans cesse. Je suis en vie...

A l'aide de ses deux mains, elle plaqua sa crinière vers l'arrière et frotta ses mirettes pour en chasser l'humidité superflue, avant de se lever et de faire quelques pas. Elle mira ensuite le fer-né, plus encline à lui répondre, ceci bien que des frémissements étaient perceptibles – nervosité, ire, ou simple effet de ce filet d'eau gelée qui perlait le long de son épine dorsale ? Difficile à dire. « Les chiens, qu'ils soient de votre monde ou du mien, remuent toujours la queue pour rien. Les hommes ne sont souvent qu'une horde de limiers sans maître et lâchés dans la futaie, en quête du gibier le plus innocent qui soit. » Biche égarée parmi des canidés enragés, ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne soit dévorée. « Vous croyez être le premier à me conter fleurette comme bourreau le ferait au condamné ? J'ai toujours eu mon lot de déjections à avaler, je ne suis pas une lady que l'on aurait gardée dans une tour d'ivoire et qui s'en vient découvrir l'abjection du monde aujourd'hui. Vous n'avez pas idée du nombre de faquins qui bandaient à la perspective de me saillir après m'avoir arraché les yeux, comme si leur foutre aurait été à même de me purifier de cette malédiction que beaucoup me prêtent. Sorcière, c'est le sobriquet qui se susurre ou se hurle lorsque l'on m'aperçoit, je bourlingue de port en port à travers Essos et Westeros depuis que je suis en âge de grimper sur un baleinier, la cruauté, je l'ai vue, et je l'ai vécue. Pas besoin d'être une paire de cuisses à ouvrir pour la connaître, dans un lupanar ou sur les Iles-de-Fer. »

L'ibbénienne avait parlé sans jamais s'interrompre, si bien que lorsqu'elle le fit, il lui sembla manquer désespérément d'air. La pression se fit intense à ses organes pulmonaires, elle se fit violence pour inspirer et expirer par les narines et ainsi réguler son eurythmie, ne surtout pas craquer. Elle n'était, et de loin, pas en position de dominance face à un homme tel que le capitaine de la Veuve Salée, qu'elle épargnait pourtant pas de sa verve, car il avait tout fait pour la provoquer. Elle ne se dressait pas contre lui, la détermination de son timbre n'était que le résultat des tribulations qu'elle avait jadis traversées et qui, encore maintenant, la faisait souffrir. De plus, si elle aimait à se faire invisible et insignifiante pour ne surtout pas attirer l'attention sur elle, sa personnalité était bel et bien existante sous une couche de mésestime personnelle, le pirate en prendrait conscience. Cependant, il n'avait pas fait que soulever ses mauvais souvenirs, les paroles traitant du devenir d'Emalia avait embrasé son instinct sororal.

« Et personne ne touchera à ma soeur... ! » Cette fois, son ton avait été péremptoire, comme si du haut de son statut de concubine-esclave, elle pourrait en décider. « J'arracherai le coeur de quiconque s'y essaiera, avec les dents s'il le faut ! » Pauvre petite chose, qui aurait chèrement payé une telle impudence si elle avait été en présence d'un autre insulaire que le Harloi, dont elle s'approcha brusquement. Arrivée juste devant lui, elle plongea dans ses gemmes mordorées et lui saisit doucement l'avant-bras, réaction somatique qui prouvait qu'elle ne désirait pas qu'il s'en aille. « Vous... Vous êtes celui qui l'a capturée, vous nous avez amenées sur votre boutre, vous devez bien avoir une sorte de bon droit la concernant ? Si tel est le cas, si elle peut vous appartenir, disons, nul n'oserait lui porter atteinte, n'est-ce pas ? Vous devez bien pouvoir faire quelque chose ! Ce n'est qu'une enfant... » Elle fronça les sourcils. « Même si... Même si j'ignore pourquoi vous me dites tout ça... Vous n'êtes peut-être pas aussi différent de vos pairs que vous le disiez... Peut-être même prenez-vous plaisir à nous voir embourbées dans la merde de vos satanées îles ? »

A cette possibilité, Séraphine sentit un frisson d'angoisse et d'aversion la parcourir, si bien qu'elle eut un mouvement de recul et rompit tout contact physique, elle qui était pourtant d'une nature très tactile. Elle fit un pas en arrière et ramena ses mains contre sa poitrine, dans une contenance de protection et une expression d'incertitude. Elle ne pensait pas être si sotte que cela, pas au point de croire que Sargon ne pensait qu'à la préserver, car auquel cas, il s'y serait pris bien avant ce jour. Ses répliques concernant la défunte femme de Gabriel, elle se les ressassa, abordant une réflexion quant à la suggestion qu'il lui avait formulée : des renseignements pour une survie conjugale contre des informations sur le capitaine de la Jouvencelle... Mais lesquelles ? Que pouvait-elle donc bien savoir, elle qui venait seulement d'arriver, que lui ignorait ? C'était à n'y rien comprendre, et surtout, cela confirmait qu'il n'agissait pas de façon désintéressée. L'on a jamais rien sans rien... C'était légitime, il n'était pas à exclure que le Harloi cherchait à protéger ses arrières et ses intérêts, elle savait que le colosse pouvait être particulièrement irascible et imprévisible, bien qu'il ne lui ait jamais fait aucun mal à elle.

« Et cette précédente compagne, à elle aussi, vous lui aviez demandé de faire votre fouine ? Que suis-je censée savoir que vous convoiteriez ? » Se plut-elle à l'interroger, encore incertaine sur ce qu'il était bon de faire ou non. « Je ne sais pas à quoi vous jouez, mon seigneur... » Un titre bien cocasse, il aurait été plus exact de l'appeler pirate sans vergogne. « Mais vous me rendez dangereusement curieuse et pantelante, j'ignore si vous cherchez à m'ouvrir les yeux ou à me pousser au suicide... » Telle une fragile créature acculée, elle le regarda avec un émoi sans pareil. « Vous me faites peur, bien plus que Gabriel, en cet instant... »


" L'ondée qui sans cesse chut use la roche "


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Sargon Harloi
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Message Lun 24 Juin 2013 - 15:15

     Elle n'était pas vraiment nette, c'était ce qui passa dans l'esprit de Sargon lorsqu'il la vit plonger la tête dans son baquet d'eau. Si elle souhaitait se noyer, la bougresse pourrait au moins avoir l'intelligence de le faire dans l'eau de mer ! Même un incroyant comme le Harloi y aurait songé, c'était dire.... Celui-ci la laissa s'amuser le temps qu'elle voulait, songeant l'espace d'un instant à l'aider en appuyant sur sa tête histoire de mener cette tentative jusqu'à son terme. Mais il ne le fit pas. Il était plus que probable que Gabriel n'apprécierait que moyennement d'apprendre que sa nouvelle protégée avait été noyée par son demi-frère, même si aux yeux de celui-ci c'était justement une raison supplémentaire d'agir de la sorte : tout était bon pour contrarier le Fer-né ! Mais il ne le fit pas. Il n'en eut pas le temps plutôt, la blondinette sortit bientôt sa tête du baquet en dégoulinant de partout. Le Harloi la dévisagea d'un air qui montrait clairement ce qu'il pensait d'elle à cet instant : elle était complètement folle !

     Elle s'amusa alors à jouer sur les mots en prétextant que les hommes n'étaient que des limiers sans maître qui traquaient du gibier. Elle avait une vision bien étriquée du sexe fort, mais ce n'était pas forcément pour déplaire au Harloi. À l'instar des hommes qui sous-estimaient les femmes, les féministes se laissaient souvent aveugler par leurs ressentiments à l'égard de l'autre sexe. Que cette donzelle le prenne lui aussi pour un simple chien, elle n'en sera que plus surprise lorsqu'il décidera d'agir. Réellement et non juste en la titillant comme il le faisait actuellement. Sargon ne releva donc pas ce qu'elle disait et la laissa poursuivre alors qu'elle se présentait comme une femme habituée aux critiques et aux remarques blessantes. Pour peu il allait lui demander s'il devait verser une larme pour elle, bien que ce ne soit pas dans ses habitudes. Et une fois de plus, la donzelle ramena tout à ses yeux, à croire que c'était la seule source d'intérêt qu'elle possédait ! Ne cachant pas son irritation naissante, le Harloi leva les yeux au ciel en adoptant un air particulièrement las. Les femmes qui parlaient trop l'épuisaient. Surtout sur de tels sujets. Le ton plus rogue qu'auparavant, il décida de lui faire part de ses pensées d'une manière peu commode.

     ▬ Cesse donc de ramener tous tes malheurs à tes yeux. Tu n'es qu'une sotte, est-ce que tu ignores l'existence de Shaïra Seastar gamine ? Sache qu'elle a des yeux vairons comme les tiens et même si elle se fait taxer de sorcière par ses détracteurs, elle est aussi considérée comme la plus belle femme de Westeros. Alors pose-toi une question : est-ce que c'est bien à cause de tes yeux que les gens te traitent de la sorte, ou est-ce juste lié à cet irritable besoin de faire la leçon et de te plaindre, que tu sembles posséder ? »

     Oh, elle ne semblait guère avoir le besoin de dispenser ses conseils, mais il était vrai que lorsque le Harloi s'agaçait, il pouvait souvent extrapoler et exagérer ce qu'il pensait. Pour le coup, les paroles prononcées étaient uniquement destinées à la mettre mal à l'aise : en général les gens n'aimaient pas lorsqu'on leur faisait remarquer qu'ils se plaignaient et quelque chose lui disait que Séraphine allait réagir de la même manière. Il l'espérait du moins. Ce qu'il avait déclaré était parfaitement véridique par contre, à ses yeux la couleur de l'iris ne déterminait en aucun cas le traitement que l'on allait subir. La preuve, lui possédait des yeux parfaitement normaux et pourtant cela ne l'empêchait pas d'être considéré comme un paria. Par extension, la belle Shaïra avait elle aussi des iris hétérochromes et ce n'était pas pour autant qu'elle avait autant de malheurs que cette femme-sel semblait posséder. Les gens qui se cherchaient des excuses le débectaient, Sargon considérait que se cacher derrière de tels discours était un manque flagrant de courage. Lui aussi pourrait prétendre que c'était uniquement son incroyance qui provoquait l'ire de ses comparses alors qu'en réalité, c'était tout un chapelet de choses. Mais tout le monde n'était pas comme lui. Malheureusement. Ou heureusement, tout dépendait des points de vue.

     Le sujet de la sœur semblait quant à lui revêtir beaucoup plus d'importance aux yeux – encore eux – de la jeune femme. Le Fer-né lui décrocha un regard dur lorsqu'elle parla d'une manière qui ressemblait davantage à un ordre qu'à une requête. Le Harloi n'aimait guère se faire dicter sa conduite, surtout par quelqu'un qui lui était inférieur – tout le monde donc. Lorsqu'elle s'approcha brusquement de lui pour lui saisir l'avant-bras, il songea pendant une fraction de secondes à la repousser. Sargon avait beau être tactile, il n'appréciait pas que ce soit l'autre qui prenne l'initiative d'instaurer une telle proximité. Pinçant ses lèvres en signe de contrariété, il la fixa néanmoins alors qu'elle avait l'audace de suggérer l'idée qu'il puisse faire quelque chose pour sa petite sœur. Il pourrait en effet, mais ne le ferait pas. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que le Fer-né avait pour habitude de ne rien faire sans avoir quelque chose en retour et cette donzelle le lui avait dit elle-même : elle n'avait rien à lui offrir. Pourquoi se fatiguer dans ce cas ? Sargon resta silencieux alors qu'elle reculait, mettant une distance entre eux, ne résistant pas à l'envie de reparler de l'ancienne compagne de son frère. Pour peu, il aurait souri de ravissement, mais se contenta de rester de marbre, arborant une expression neutre. Il la laissa finir sa diatribe avant de secouer la tête d'un air las.

     ▬ Alors c'est que tu n'es qu'une idiote. Une déclaration bien étonnante en considérant qu'il avait fait preuve d'une certaine mansuétude à son égard jusqu'à présent. Je te prenais pour quelqu'un avec un minimum de cervelle, mais au final je me rends surtout compte que Gabriel a bien choisi sa catin, il les aime obéissantes et incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, toi tu bats tous les records. Son ton devenait plus sec et plus acerbe, pourtant la malheureuse n'avait rien fait qui mérite pareil traitement. Ou plutôt si. Elle ne marchait pas dans sa combine et il devenait irritable. Si tu t'imagines que je n'ai que ça à faire, m'amuser à pousser les femmes-sel au suicide. Si je voulais me débarrasser de toi, je ferai autre chose. Il marqua une pause avant de la darder de ses prunelles. Je ferai ça. »

     Sa main se porta jusqu'à la garde de sa fidèle Crépuscule qu'il dégaina avant de s'approcher de Séraphine d'un pas ferme. Arrivé face à elle, sans lui laisser le temps de réagir le Fer-né lui saisit le poignet avec fermeté et leva la lame brillante en direction du cou de la blonde. Il ne comptait bien évidemment pas lui faire le moindre mal, mais quelques fois la peur poussait à de bien surprenantes réactions. Son visage contrarié se calma finalement, sans véritable raison, Sargon était versatile et lunatique, il pouvait changer d'avis d'une seconde à l'autre sans justification. Baissant son arme, il ne lâcha cependant pas son poignet.

     ▬ Tu es sur les Iles de Fer ne l'oublies pas. Tu as peut-être connu une vie rude, mais pas des individus comme eux. Libre à toi de me prendre pour l'un d'entre eux, si tu es trop sotte pour me différencier de ces crétins je ne vais pas perdre mon temps avec toi. Pourtant, il ne se détourna pas d'elle. Je ne peux rien pour ta sœur. Je le pourrais, mais je n'en ai pas l'envie. Tu me considères comme un barbare alors je vais agir comme tel et peut-être même encourager quelques hommes à s'intéresser à elle, comme ça tu verras comment je me comporte lorsque je cherche à faire du mal à quelqu'un et tu feras la différence la prochaine fois. Un bref sourire naquit sur ses lèvres pour y mourir aussitôt. Tu pourras me voir comment tu arraches le cœur d'un Fer-né avec tes propres mains comme ça. Mais sans vouloir te vexer, je pense qu'elles sont juste bonnes à faire le ménage. »

     Il la lâcha enfin, puis s'éloigna de quelques pas comme pour s'empêcher de faire une bêtise, rengainant Crépuscule qui ne goûterait finalement pas au sang d'Ibben. Son attention se déporta de la blonde, elle l'irritait sans qu'il puisse savoir pourquoi. Certainement cette manière d'être persuadée que Gabriel était bon, associée au fait qu'elle ne se laissait pas manipuler aussi aisément que les autres bien entendu. Son agacement était palpable et visible, il devait donc en user pour « excuser » son comportement.

     ▬ Je n'ai jamais rien demandé à Ernestine. Je l'aimais bien, beaucoup pour être franc et certainement un peu trop de l'avis de Gabriel. C'était le moment de mentir comme jamais. Pivotant, il posa son regard sur elle. Elle n'était pas comme toi. Elle ne me considérait pas comme un barbare, peut-être parce que c'était une Fer-née elle aussi. La seule chose que je convoitais chez elle, je n'ai jamais pu l'avoir parce que c'était la femme de Gabriel. Il ne disait rien clairement, sous-entendant simplement pour que son esprit fasse des hypothèses, c'était plus rentable. Mais Gabriel s'est imaginé des choses et il a commencé à se comporter comme ce que tu me reproches d'être, en finalité elle a préféré se suicider parce qu'il a fini par la traiter comme une moins que rien. Cela dit avec toi, ça ne risque pas d'arriver, tu es à peine capable de réfléchir par toi-même. J'espère juste qu'il ne jalousera jamais ta sœur, sinon tu risques bien de la voir disparaître un jour. Il espérait toucher un point faible et haussa finalement les épaules. Tout ce que je veux savoir, c'est ce que Gabriel prépare. C'est censé être mon marin et il fait des choses dans mon dos dans l'espoir de me supplanter. Je veux savoir lorsqu'il prépare des raids ou des attaques contre moi. Mais je doute que tu puisses m'être utile. »

     En la dénigrant il espérait simplement qu'elle allait vouloir lui prouver le contraire, mais la donzelle avait déjà montré qu'elle était difficilement manipulable, à son grand dam....


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Message Lun 24 Juin 2013 - 20:00

Un carcan oppresseur, voilà ce qui ceignait la gorge de la donzelle qui se sentait perdre de son souffle, perdre de son eurythmie jusqu'à en égarer ses moyens. Elle n'avait jamais été grand chose, elle le savait, mais désormais, elle n'était plus rien. Une simple sculpture de chair que certains n'envieraient point, une naïade qui avait échoué de son récif et qui finirait par se faire moribonde tant l'air que l'on respirait sur cet archipel semblait pestilentiel. Une fragrance faisandée, si beaucoup prétendaient que Séraphine pouvait sentir le fagot, elle, attestait que les fer-nés exhalaient l'irrévérence et surtout, l'inhumanité. Des faits avérés, n'était pas pirate qui le désirait, n'était pas même marin qui le voulait, l'amour des flots était avant tout un patrimoine intangible. Tout capitaine est un roi sur son navire... Une tirade qu'elle avait naguère entendue des lèvres de Gabriel, mais était-ce pour autant que chacun d'eux se devait être un despote sur les mers ? Qu'il était aisé de s'approprier par la force ce qui, de droit, revient à tous. La houle et son écume n'étaient pas même suffisantes à l'abjecte pingrerie de ces bélîtres, après s'être décrétés possesseurs légitimes de l'océan, ils s'en allaient rapiner les différents littoraux et aborder les polacres qui eux, pour la plupart, survivaient grâce à la sueur de leur front, par le dur labeur. Même au sein de leurs propres îles, ces insulaires de sel avaient édifié une société sans queue ni tête, où chacun était libre d'expectorer sur son voisin s'il en avait envie. Décidément, elle ne comprenait rien à leurs mœurs, rien à cet innommable chaos qui régnait ici – Ibben lui manquait cruellement. Le Pays d'Ib, et toutes les autres contrées qu'elle visitait fréquemment, car il était indubitable que de toutes les terres d'hostilité qui lui avait été donné de contempler, les Iles-de-Fer étaient les pires. Une désolation environnementale qui s'alliait parfaitement à celle spirituelle des cuistres en superfluité et que le Harloi jugeait encore trop peu nombreux – pas assez de partenaires, avait-il dit ? Tant mieux, il fallait les empêcher de procréer, ces drôles de créatures ! De la vermine... Et de cela, l'on ne se débarrassait malheureusement pas à moins de tout occire en une seule fois. Qu'attendait donc le roi et sa Main pour agir ? Quitte à ce qu'elle soit elle-même emportée dans la déferlante punitive, il fallait panser le monde de l'une de ses plus grandes plaies, la soulager d'une bévue d'envergure que fut la création de cette descendance du Roi Gris.

Toutes ces pensées dorénavant bien niellées dans son esprit, la sylphide aurait adoré les cracher au faciès de son vis-à-vis, qui dépréciait le tournant de la conversation assurément autant qu'elle. Sur quel pied valser ? Ils étaient vraisemblablement deux à s'interroger, et toujours deux à trébucher sur la réponse. Avec le dialogue qui commençait à atteindre de dangereuses profondeurs, la demoiselle comprenait une chose : si son interlocuteur était pour elle une énigme ambulante, il semblait que la situation soit tout à fait réciproque. Voilà qu'il cancanait sur l'anathème de ses prunelles comme si ce n'était là que trivialité, mais il n'avait pas la moindre idée... Il ignorait tout du fardeau de cette truculence que certains considéraient comme une preuve de vénusté, et que d'autres ne désiraient qu'éradiquer. La comparer à la plus belle nymphe de Westeros, l'illustre Shaïra de Lys, n'en était que plus risible : qu'était elle, elle, pauvrette ibbénienne, pour espérer arriver n'était-ce qu'à la cheville d'une telle dame ? Sargon avait perdu la tête ! Ou ne faisait que quêter pour une quelconque allégation dans le dessein de la ridiculiser, crève-cœur auquel elle était néanmoins accoutumée. Ce qui ne l'empêcha pas de s'outrager et de mouvoir les lippes pour répliquer, ce qu'elle n'eut toutefois pas l'occasion de faire lorsqu'il l'injuria purement et simplement d'idiote. L'intonation s'était amplement enhardie, ne le drapant que davantage de cette imposante nimbe qui fit échoir un frémissement dans l'échine de la jeune femme. N'existaient que deux sources d'impulsions meurtrières : l'ire et la peur, et si la flavescente vénus se targuait pouvoir arracher le palpitant de quiconque à l'aide de ses dents, ce serait vertement dû à la frayeur. Si elle avait alors possédé une lame, même un vulgaire coutelas, peut-être l'aurait-elle fichée dans le poitrail du bougre lui faisant face... Mais la même idée lui vint alors, si ce n'était que ce geste ne résultait pas de la même source qu'elle. Le chant de l'estoc que l'on dégaine horrifia la proie du bon sieur, qui eut seulement le loisir d'esquisser un pas vers l'arrière avant qu'il ne harpe son poignet et lui fasse contempler son épouse de guerre de plus près.

« LACHEZ-MOI ! » Hoqueta la jouvencelle dans un instant de panique, car non, elle n'était pas de ceux qui parvenait à garder toute leur circonspection avec une arme logée sous le gosier, elle n'était point couarde, mais elle n'aurait jamais sa place sur un champ de bataille... Ou seulement avec son arc, loin de toute épée. Et encore, à quoi bon... La guerre, ce n'était pas pour elle. Son coeur avait soubresauté dans les combles de sa poitrine, sa respiration s'était faite soudainement plus lourde et prompte, mais... Elle n'avait pas quitté les calots mordorés de l'impudent. Un gage de vaillance ? D'un malsain désir de confronter la mort dans l'abysse de ses yeux, si c'était aujourd'hui qu'elle devait l'embrasser... Fort heureusement pour tous – surtout pour elle ! - le Harloi se fit moins belliqueux et rangea vite son instrument, la laissant pantelante et sans plus de circulation sanguine au niveau de la main. L'agression... Un état qu'elle n'avait que trop vécu, une situation qui la mettait hors d'elle, mais une action qui aurait pu être opportune car apte à la faire craquer. Elle toisa le fautif de son émoi, et ramena rapidement son membre manuel contre elle une fois qu'il lui fut rendu. Fichtre, c'est qu'il en avait de la poigne, malgré un galbe bien plus chétif que nombre de ses pairs ! Elle ne put cependant s'empêcher de mirer lesdites mains qui, selon le capitaine, n'étaient bonnes qu'à lustrer les sols et frotter le linge d'autrui... Que c'était dégradant.

« Je ne suis pas une bonne à tout faire ! » Et pourtant, que faisait-elle ici, si ce n'était la lessive du quartzeux et même celle du lord de Dix-Tours pour épargner la tâche à sa sœur ? Rien de moins que le ménage. Rien de plus que ce foutu ménage... « Je suis un marin, je connais le chant et l'arôme de l'embrun aussi bien que vous, je suis une commerçante, je sais gagner ma vie dignement... ! »

Une véracité qui n'était plus qu'une chimère que Sargon aurait certainement tôt fait de briser en une poussière désenchantée. Quoi qu'elle s'échinerait à dire, il était en entière domination – pourquoi ? Parce qu'il était libre, lui. Elle en était désormais sûre, cet homme était capable de la détruire en quelques phrases bien ficelées, il était de ceux aptes à morceler la quintessence de son adversaire dont il piétinait allègrement les entrailles. Non, il n'était, et de loin, pas du tout comme le reste des fer-nés... Il était pire. Pire, comme il pouvait être meilleur – du moins, c'était ainsi qu'il s'était présenté, et elle ignorait toujours si cela était vrai ou non. Séraphine tentait tant bien que mal de le décrypter, un exercice qui ne faisait que l'obscurcir plus encore, à croire qu'il fallait tout bonnement arrêter de penser en présence de cet énergumène. Il n'y avait guère qu'une seule chose qui était manifeste et irrécusable : il voulait des informations sur son aîné, et il se tuait à cela ! Bigre, le colosse l'avait mise en garde contre la matoiserie de son petit frère, elle avait laissé son opinion à ce sujet en suspens, c'était plus que jamais l'occasion de se faire un avis sur ce personnage diapré de controverses. Quant à elle... Elle aurait apprécié quelques renseignements sur cette fameuse Ernestine, à défaut de pouvoir directement questionner le principal concerné, dont elle ne désirait pas éveiller les vieux démons, qu'ils soient sous l'ectoplasme de la culpabilité ou celui de l'affliction à proprement parler. Puis, il y avait Emalia... L'enfant d'innocuité impliquée malgré elle, et pour laquelle la dryade se serait damnée. Les cuisses, elle les aurait écartées pour toutes les Iles-de-Fer si cela pouvait préserver sa cadette, le capitaine de la Veuve Salée ne tirait que trop sur cette corde sensible pour ne pas en avoir pris conscience. Mais peut-être pouvait-elle le prendre à son propre piège, moyennant quelques conditions, car le contexte, il était plus qu'urgent de le remettre en place. La réflexion se fit à une vitesse fulgurante, elle scruta le sol en contractant ses phalanges les unes dans les autres, avant de prendre son courage à deux mains et de s'avancer vers ce parangon de rouerie.

« Cessez de parler d'Emalia !... S'il-vous-plait... » Elle avait frôlé l'incongruité, car le jeune homme aurait bien de quoi railler si maintenant, les femmes-sel se plaisaient à poser quelque impératif que ce soit. Les poings derechef posés sur son buste dans une nouvelle contenance d'auto-protection, la nitescence troublée dans ses mirettes prouvait que la demoiselle était aussi résolue que fébrile. A peu de choses près, l'on aurait même pu croire qu'elle se confondait en une supplication tacite... « Elle a bien assez souffert comme ça, elle n'a que dix ans !... Tout ceci ne la concerne pas, c'est entre vous et moi. » Et Gabriel, mais elle se garda de le préciser, comme pour instaurer une sorte de privauté entre eux, qui se trouvaient présentement dans la même pièce. Une impression d'intimité vouée à créer un lien, même infime, pour que les conséquences – si conséquences il devait y avoir. - ne heurtent que Séraphine et elle seule. Toujours dans cette idée de subtile psychologie, elle poursuivit. « Et il n'est pas non plus question de ma tare, qu'il est particulièrement malavisé de comparer à l'attribut de Shaïra Seastar. Nous ne sommes et de loin pas du même apanage, vous dites vous-même que d'aucuns la disent sorcière malgré sa noblesse et sa notoriété, alors... Je vous laisse imaginer ce qu'il en est me concernant, moi qui n'ai rien de plus que mon prénom. De plus, les choses sont bien différentes dans la culture ibbénienne... Et la différence, vous êtes fort bien placé pour savoir ce que c'est, n'est-ce pas ? Si ce n'est que vous, vous pouvez assumer la vôtre car vous semblez l'avoir choisie. Pas moi... »

La nymphe s'était immobilisée juste aux devants de Sargon, ses yeux dans les siens, avec la ferme intention de ne point revenir sur ces sujets s'ils se décidaient à traiter affaire – même si, dans tous les cas, ce serait toujours lui qui aurait le mot de la fin. Et maintenant ? Séraphine allait prendre un risque plus que considérable... Il l'avait jusqu'alors vue hésiter sur son désir d'en apprendre plus sur l'ancienne épouse de Gabriel, et il le savait pertinemment, qu'elle en mourrait d'envie. Il ne serait donc théoriquement guère surpris de la voir abdiquer à cette lubie, en revanche, il ne s'attendrait peut-être pas à ce qu'elle tente à son tour de le manipuler. Le pirate victime de piraterie ? Que c'était cocasse ! Le tout était de ne surtout pas se faire démasquer, car elle doutait que le Harloi apprécie ce jeu.

« Je vais vous dire ce que je sais, mais ce sera un maigre lot pour vous. » Elle humecta ses lèvres. « Les seuls préparatifs de raid qui ont chu à mon oreille concernent une expédition dans le Nord, quelque chose en rapport avec Dagon Greyjoy, il me semble. » Ce n'était que la demande formulée par le suzerain lors du rassemblement, rien que le capitaine ne savait pas déjà. «  Pour le reste des déplacements, Gabriel ne prévoit que de bourlinguer vers Pyk pour y voir son grand cuistre d'ami, le forgeron. » Elle faisait référence à cet Edenteur qu'elle préférait ne pas approcher de trop près, question de santé. A la suite de quoi, la jeune femme laissa ses bras baller le long de son anatomie et haussa négligemment les épaules. « Donc si ce ne sont des projets de frairies et ceux pour la Seiche, il n'y a rien d'autre. » Un vil mensonge, de ce qu'elle en savait, le quartzeux avait en réalité d'autres pérégrinations à venir, ce dernier semblait aimer emmener son équipage malmener les continentaux, que ce soit sur les côtes ou les bateaux qui croisaient leur chemin. Les plans de son maître, elle les connaissait, mais n'avait pas l'intention de les partager avec Sargon, qu'elle espérait ainsi tromper. « Voilà, j'ai fait ce que vous m'aviez demandé, à vous maintenant. Dites m'en plus sur cette Ernestine... »


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Sargon Harloi
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Message Mer 26 Juin 2013 - 15:40

     Elle se prétendait marin et dans un sens, avait parfaitement raison. Sauf que pour mener son plan à bien, Sargon devait la traiter comme une moins que rien, une souillon de manière à ce qu'elle puisse comprendre qu'elle n'était l'égal de personne ici. Sauf les autres domestiques capturées lors des raids, ce qui n'était pas bien valorisant en soi. Il ne se priva pas de souligner que tout ceci n'était plus d'actualité et qu'elle ne pouvait plus se prétendre autre chose qu'une vulgaire souillon.

     ▬ Tu étais peut-être, mais tu n'es plus. Tu ne mettras plus le pied sur un bateau, tu n'es plus qu'une souillon, pas un marin ou une commerçante. Sauf si tu envisages d'aller travailler au bordel du coin, tu pourras commercer tes charmes si tu y tiens. »

     Il prenait toujours un malin plaisir à lui souligner à quel point elle avait perdu sa vie d'avant. Sargon avait bien tenté de le faire avec Cybeline lorsqu'elle avait débarqué à Harloi, mais la donzelle s'était laissée faire sans répliquer. En fin de compte, c'était ce qui assurait l'indifférence du Fer-né : ne pas lui répondre et laisser ses provocations tomber à plat. Il s'escrimait alors à essayer de toucher les endroits douloureux, comme par exemple la petite sœur de Séraphine et cela ne manquerait pas de la faire sortir de ses gongs si l'idée – sotte – de l'ignorer pouvait naître dans son esprit.

     Elle commença alors par le provoquer en lui ordonnant quelque chose, mais se reprit rapidement pour agrémenter le tout d'une formule de politesse. Grand bien lui fit, le Fer-né n'aimait guère se faire ordonner des choses et elle l'avait certainement bien compris vu sa réaction précédente. Rien de tout ceci ne la concernait ? Vaste illusion que voilà, elles étaient liées, par le sang et par leur sort, Sargon ne comptait pas laisser filer l'occasion de malmener la jeune femme en se servant de sa cadette. Dans un sens, cette relation qu'elles avaient toutes les deux avait le don de lui rappeler à quel point celle qu'il entretenait avec Gabriel était ridicule. Elle ne devait pas exister voilà tout et il n'y avait pas d'autre moyen de régler cela que de se débarrasser de l'un des deux frères. Inutile de préciser que Sargon n'avait aucun goût pour le suicide, le calcul était donc rapidement fait. Cela dit, comme la jeune femme commença à lui mettre sous le nez les « défauts » de sa comparaison, il ne résista pas à l'envie de la remettre à sa place. Une fois de plus. Même si ses arguments pouvaient être discutables – et là ils ne l'étaient pas – le Fer-né ne reculait jamais. C'était une sorte de code qu'il s'était imposé depuis toujours.

     ▬ Ne te rends pas plus idiote que tu ne l'es déjà, Shaïra est née bâtarde et les bâtards valent moins que les souillons, cela ne l'a pas empêchée d'être considérée comme la plus belle depuis toujours. Avoir le dernier mot à tout prix ? Parfaitement, il ne lâchait jamais l'affaire lorsqu'il savait – et voulait – avoir le dessus sur son interlocuteur. Et ce qui nous regarde concerne aussi ta précieuse Emalia. »

     Il ne détournait pas ses yeux du minois de la jeune femme alors qu'elle le fixait comme pour le mettre au défi de lui dire qu'elle mentait. Sargon attendait, patiemment, mais pourtant le désir d'en savoir plus bouillait en lui. La donzelle commença par lui parler du raid sur le Nord qui était prévu depuis le rassemblent ; c'était là une chose qu'il savait parfaitement puisque tout avait été décidé en sa présence. Inutile de dire que le mot « seul » le fit tiquer, même s'il ne montra rien de ce qu'il pensait à ce moment. Elle comprendrait bien assez tôt son erreur et cela ne fit que se confirmer lorsqu'elle lui laissa entendre que Gabriel ne prévoyait rien d'autre que d'aller rendre visite à Lakdahr. Pauvre sotte. Elle s'imaginait vraiment pouvoir lui mentir aussi effrontément ? La bougresse ne savait pas encore que lorsqu'il posait une question, c'était bien souvent parce qu'il avait la réponse. Une manière de vérifier si l'autre lui disait la vérité et de le récompenser si tel était le cas. Si elle mentait par contre.... Un rappel et une sanction s'imposaient. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du Harloi, il arbora un air presque amical en hochant la tête. Histoire de pousser le vice encore plus loin, il profita de la proximité de la jeune femme pour lever la main de la passer sur la joue de Séraphine. Juste légèrement, un simple effleurement.

     ▬ Bien, bien. Je vois que tu as décidé du comportement que tu suivras. Il se pencha alors vers elle, comme s'il comptait l'embrasser, mais changea de direction à la dernière seconde, glissant son visage sur le côté de manière à lui parler à l'oreille. Dommage que tu me prennes pour un imbécile. Sa main s'était déplacée jusqu'à toucher les cheveux dorés de la demoiselle et lorsqu'il termina sa phrase, il raffermit sa prise pour saisir la chevelure de Séraphine et la tirer brutalement vers le bas, la forçant à suivre le mouvement si elle ne voulait pas perdre une partie de ses cheveux. Tu crois franchement que tu pourras obtenir quoi que ce soit de moi en me mentant aussi bêtement ? Tu pourras faire preuve d'un peu d'intelligence, tu n'as vraiment rien dans la cervelle ma pauvre. »

     Il ne hurlait pas, son ton était égal, mais sec. Le « gentil » Sargon qu'elle avait pu voir – même s'il était faux – quelques instants plus tôt s'était envolé et définitivement pour le coup. Après avoir un peu malmené la jeune femme, le Fer-né la força à se remettre d'aplomb pour pouvoir la regarder directement dans les yeux alors qu'il la prévenait de ce qu'elle venait de déclencher. Plaçant son visage près du sien, il poursuivit.

     ▬ Vois-tu, j'ai... des sources ici, je sais ce que Gabriel mijote et je voulais m'assurer que tu comprenais bien ce que j'attendais de toi. Mais je me rends compte que tu as décidé de jouer les rebelles et je crains de devoir user de la force pour te faire comprendre ce qui est bon pour toi. Il parlait d'un ton presque déçu. Je voulais que ça se passe bien entre nous, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ma pauvre Séraphine. Mais vu que la douleur semble te laisser indifférente, je pense que.... Il la fixa droit dans les yeux. Je pense que je vais passer par Emalia. Peut-être que si elle t’implorera d'arrêter tes bêtises, tu comprendras mieux. »

     Il fallait comprendre qu'il allait se montrer violent avec elle désormais et que Séraphine pourrait juste s'amuser à la soigner après ce qu'il lui ferait subir. Menace en l'air ou promesse sérieuse ? À elle de se poser la question. Et sérieusement.


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Séraphine
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Message Jeu 27 Juin 2013 - 15:54

Pourquoi diable restait-il agriché à la précarité d'Emalia ? Elle était la cible parfaite, car il n'y avait jamais rien de plus douloureux qu'une plaie ouverte à même le cœur, la jeune femme en savait quelque chose après avoir étreint contre elle les corps inertes de sa plus jeune sœur et son frère. L'unique faciès d'amour sororal qui lui restait était autant un atout, puisqu'il lui permettait de survivre, d'avoir la volonté de lutter à chaque aurore naissante contre la fatalité et l'ironie du sort, mais c'était également une irrécusable faiblesse qu'il était plus qu'aisé de repérer. L'oeil n'avait pas besoin d'être aguerri pour remarquer le lien qui unifiait les deux ibbéniennes, toutes deux rescapées d'un trépas certain et asservies à ceux qui les avaient sauvées et condamnée tout à la fois. Si le Harloi se plaisait tant à lui remémorer que n'importe quels sévices pouvaient être faits à sa cadette, ce n'était vertement pas pour la mettre en confiance – ou bien, il s'y prenait terriblement mal. Les prémisses de ce conciliabule qui tournait au déplaisir n'avaient pourtant pas été si désagréable, elle avait accordé au corsaire le bénéfice du doute quant à ses intentions, n'avait pas voulu entendre ni écouter tout ce qu'on avait voulu lui conter à son propos, car elle le savait... Les ouï-dires étaient à prendre avec des pincettes ou à ne pas considérer du tout. Et puisqu'elle était encore irrésolue sur le protagoniste qui se tenait face à elle, elle avait préféré jouer la carte de la comédie, montant sur les tréteaux sans craindre le corollaire de son discours à la fois véridique et fallacieux. Les informations qu'elle lui avait délivrées étaient toutes avérées, en revanche, elle en couvait encore quelques-unes qu'elle n'avait guère envie de lui dévoiler, par souci d'éthique, car elle respectait Gabriel. Par-delà son affection pour ce dernier, elle était fort bien placée pour savoir que les querelles entre fierté marine pouvaient être aussi saumâtres que les flots eux-mêmes, et il était plus intelligent de ne pas trop s'en mêler. Qu'il fasse ce qu'il désire des renseignements ployés, et elle en ferait de même avec ce qu'il pourrait lui apprendre sur cette mystérieuse Ernestine qui aurait connu une fin tragique. Une fois que l'échange de bons procédés aurait eu lieu, et avec un peu de chance, ils n'auraient plus jamais à converser ensemble, et elle épargnerait ses tympans d'immondices concernant sa sœur.

La pauvrette était tellement persuadée du bon fonctionnement de son plan qu'elle ne vit en rien la menace poindre, son interlocuteur avait un inéluctable talent pour se travestir d'une émotion à une autre, une faculté contre laquelle il était bien ardu de guerroyer. Quelque peu interdite face à la soudaine suavité de Sargon, elle l'observa sans mot dire ni bouger, circonspecte et attentive... Puis elle vit ses lippes se pencher vers elle, les siennes s'entrouvrirent de stupeur et elle sentit un étau ceindre sa cage thoracique et lui faire monter les érythèmes aux pommettes. Mais avant qu'elle ne puisse esquisser un quelconque geste, ce fut finalement vers son oreille qu'il se dirigea, pour y susurrer un lugubre phrasé, qui fut de mauvais augure. La seconde suivante, un glapissement douloureux s'échappa du gosier de la sylphide qui serra les mâchoires et fut contrainte de basculer la tête. Elle s'agricha au bras vindicatif et ne put qu'abdiquer, mise aux pieds de sa piètre tentative de manipulation qui avait lamentablement échoué. Mais comment ? Un piège... Et elle s'était ruée dedans. Séraphine avait joué, et elle avait perdu, elle ne pourrait que s'estimer heureuse s'il ne l'estropiait d'aucun membre, certains s'y seraient donnés à cœur joie pour moins que cela. Le fer-né dégorgea de son venin, et une fois n'étant pas coutume, il brandit à nouveau la carte d'Emalia en des dires plus que persuasifs pour qui voulait préserver un proche. Tant de cruauté à proférer de telles menaces avait de quoi glacer le sang, un frisson d'effroi et d'aversion hérissa la donzelle qui était sur le point d'y laisser sa crinière. Furibonde – et toujours un peu folle. - elle essaya de lui faire lâcher prise avant qu'il ne la spolie d'une partie de sa tignasse.

« Vous me faites mal !! Arrêtez ! Quand Gabriel saura ça... » Elle s'engouffrait dans un bien mauvais sentier, de tels propos ne feraient qu'accroître l'ire du pirate, qui se contrôlait déjà merveilleusement bien alors qu'il devait brûler d'envie de lui briser la nuque. « Lâchez-moi... ! Je vous en prie ! »

Du plat de la main, elle frappa le poitrail du capitaine, encore et encore, de façon totalement intempestive, jusqu'à ce qu'une mouvance trop brusque ne l'amène à plier les rotules et à finir agenouillée devant lui – si quelqu'un pénétrait maintenant dans la pièce, il aurait de quoi se fourvoyer sur la nature de cette scène ! Mais loin de traiter d'humour, la dryade se tint à la jambe de son tortionnaire, ses mirettes bicolores ourlées de larmes dues aux maux capillaires engendrés et à l'humiliation qu'elle subissait alors. Le bougre avait de quoi jubiler, s'il adorait la domination sur plus faiblard que lui, car la position ne laissait aucun doute sur qui se trouvait aux cimes de la prépondérance. Sargon tenait les brides, Séraphine devait suivre, le schéma était concis bien que difficile à accepter. En cet instant, elle regrettait amèrement de ne pas avoir suivi les conseils du quartzeux. Ne t'approche pas... Avait-il dit. Ne lui parle pas... Avait-il précisé. Fais-moi confiance... Avait-il demandé. Elle avait sottement voulu laisser une chance au Harloi, qui ne ressemblait plus du tout à celui qui était venu traiter avec elle quelques instants plus tôt. La contrariété faisait tomber les masques, mais encore fallait-il savoir combien y en avait-il...

« Vous n'avez jamais eu l'intention de me parler de cette Ernestine, n'est-ce pas ? » La nymphe avait cessé de gesticuler après avoir enfin compris que ce n'était pas ce qui le ferait lâcher, et qu'elle ne faisait par ce procédé que se faire elle-même souffrir. Qui plus est, elle ne savait désormais plus ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas, et elle n'était guère certaine qu'il daigne l'aider à éclaircir l'affaire. Dans un élan pusillanime, elle leva lentement les prunelles et le menton pour croiser son regard de fauve, et elle se sentit comme une daine face aux crocs d'un prédateur prêt à la dévorer au moindre nouveau faux pas. « Si vous avez déjà une fouine qui fait votre sale besogne, je ne vous suis d'aucune utilité, alors que voulez-vous ? Vous avez donc tant besoin que ça de martyriser les innocents pour vous sentir supérieur ? Vous aurez le port altier en sachant ma soeur souillée par vos suppôts et moi éplorée à côté ?!... MAIS QU'EST CE QUE VOUS VOULEZ ?! » La demoiselle se laissa choir à moitié assise bien que toujours dans les guiboles du capitaine de la Veuve Salée. A peu de choses près, elle se serait trainée à ses pieds, parce que même si elle essayait, dans tout son quotidien, d'être forte, elle était faible. Si l'insulaire avait voulu la rabaisser et lui faire comprendre qu'elle n'était rien, il avait brillamment réussi, l'ibbénienne avait trop peu d'estime envers elle-même pour lutter contre un personnage qui lui, avait toute confiance en lui. Ils étaient à l'antipode l'un de l'autre, mais cela, c'était l'histoire de sa vie... « Gabriel prévoit d'autres raids, c'est vrai, je ne sais pas quand ni où, je crois qu'il privilégie les rencontres fortuites en mer étant donné que l'accès aux côtes se fait difficile, voire impossible en certains cas... Il ne m'a jamais laissé entendre qu'il voulait vous doubler, c'est juste un capitaine qui veut divertir son équipage... Même s'il vous tient énormément rancune, il ne souhaite pas votre perte, vous êtes son frère morbleu ! Je ne peux pas lui inventer plus de haine qu'il n'en a ! »


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Message Ven 28 Juin 2013 - 15:46

     Les protestations, les menaces, rien n'y faisait, Sargon devenait simplement plus agacé au fur et à mesure que la jeune femme lui parlait. Lorsque Gabriel le saurait ? Fallait-il considérer le fait que cette femme allait s'amuser à le vendre au roturier qui lui servait de frère ? S'imaginait-elle franchement que c'était la meilleure solution pour éviter qu'il ne s'énerve ? Pas franchement, disons même que c'était le meilleur moyen pour que le Harloi abuse de sa position. Légalement, la sœur cadette du Fer-né n'était rien de plus qu'une domestique et s'il décidait de la malmener – ou pire – rien ni personne ne pourrait le lui reprocher. Excepté son oncle évidemment, la perte d'une paire de bras était forcément préjudiciable, mais il écoperait d'un rappel à l'ordre tout au plus tandis que Séraphine devrait se contenter de pleurer sa petite sœur. Si Gabriel intervenait, il ne ferait qu'aggraver les choses. Même en étant lié par le sang à la maison Harloi, le roturier ne restait qu'un simple marin et non un noble, son cadet conserverait donc un avantage certain sur lui. En fin de compte, qu'elle ne parle donc à son Gabriel, ce serait la raison idéale pour que le Fer-né lui saute dessus et finisse embroché par Crépuscule ! L'expression contrariée du capitaine se mua en une plus enthousiaste alors qu'il songeait à tout ce qui pourrait découler de cette malheureuse discussion. Échafauder des plans pour malmener Gabriel et les siens, voilà tout ce dont il avait besoin pour se réveiller de bonne humeur chaque matin, que cela plaisait aux autres ou non !

     La donzelle tenta de se défaire de sa prise, mais ne parvenait qu'à se faire encore plus mal. La seule solution pour couper court à tout ceci aurait été de lui expédier un coup dans l'entre-jambe, mais il était inutile de préciser que la donzelle n'en serait pas sortie indemne et que tout cela n'aurait fait que provoquer encore plus d'ennuis entre eux. Séraphine opta finalement pour la meilleure solution : se laisser tomber à genoux en cessant de se débattre, peut-être que les larmes de douleur cesseraient de couler. Étrangement, voir la blonde pleurer ne le réjouissait même pas. Habituellement il suffisait qu'il contemple le visage triste d'une personne qui l'irritait et il se sentait aussitôt revigoré, mais pas cette fois-ci. Seul un sentiment de lassitude s'était installé en lui et il voulait rapidement mettre un terme à tout cela.

     Elle posa une question à laquelle il pourrait lui répondre. Éventuellement, si l'envie se présentait. En avait-il eu l'intention ? Oui, sincèrement oui. De prime abord, le Harloi était venu ici uniquement pour discuter avec elle, mais c'était la blonde qui venait de tout balancer à l'eau, de faire que les choses se présentent aussi mal entre eux. Ils auraient pu bien s'entendre pourtant. D'une certaine manière du moins. Il la regardait en silence alors que Séraphine enchaînait en lui demandant pour quelle raison est-ce qu'il venait lui poser des questions auxquelles il avait déjà des réponses. La raison était évidente et logique pourtant ! Mais Sargon ne répliqua pas immédiatement, car la jeune femme lui lâcha quelques mots, accrochée à sa jambe comme s'il allait lui épargner de nouvelles douleurs dans cette position. Pitoyable, c'était navrant comme situation ! Il n'en tirait même aucune satisfaction. Lorsqu'elle retomba dans le silence, il fit de même pendant quelques secondes avant d'enfin lâcher sa chevelure et la repousser avec fermeté, un peu comme si sa proximité le dégoûtait soudain.

     ▬ Tu ne comprendras donc rien ? Je t'ai clairement dit que je voulais savoir si je pouvais te faire confiance, maintenant je sais que la réponse est non. Il souffla d'un air las. Et pour te répondre honnêtement : si j'avais l'intention de te parler d'elle, puis qui sait, j'aurais même peut-être pu me montrer aimable avec toi et ta sœur. Tout ce qui vient de se passer est entièrement ta faute, si tu ne m'avais pas pris pour un abruti les choses auraient pu très bien se passer entre nous. Finalement tu iras bien avec Gabriel, vous avez le même comportement tous les deux. Le ton était dégoûté comme si l'idée de voir le roturier trouver « son âme sœur » le rendait malade. Et je te déconseille de lui parler de ce qui vient de se passer. Oh, tu peux le faire, mais si je l'apprends sache que Gabriel voudra régler ça avec moi, sauf que ce n'est qu'un roturier alors que moi, je suis noble. Ne crois pas ce qu'on raconte, la noblesse importe encore beaucoup et s'il vient me défier, j'aurais une raison pour me débarrasser de lui. Définitivement n'entends. »

     Après ces quelques mots, il se détourna totalement d'elle, époussetant ses habitants comme si cette brève rixe n'avait rien été d'important. C'était le vas d'un côté, Séraphine n'était rien de plus qu'une gamine trop aveugle pour comprendre qu'elle risquait beaucoup maintenant qu'il venait de la classer dans les personnes à surveiller. Alors qu'il s'éloignait, le Harloi se retourna une dernière fois vers la blonde pour lui lâcher quelques mots, un sourire presque aimable collé sur les lèvres. Comme quoi il savait se montrer gentil lorsqu'il le voulait, c'était juste qu'il le désirait rarement.

     ▬ Dis-toi que s'il meurt, tu m'appartiendras. Je te promets de bien m'occuper de toi si ça venait à arriver, je peux être facile à vivre lorsque personne ne s'amuse à me contrarier. Détournant définitivement son attention d'elle, le Harloi s'éloigna pour de bon tout en lâchant une dernière réplique. On se reverra bientôt ne t'inquiète pas. »

     Juste le temps qu'elle réfléchisse à tout ce qui se passait désormais entre eux, qu'elle comprenne qu'il valait mieux éviter de trop jouer avec son côté dominateur, puis surtout, qu'elle s'abstienne de dire quoi que ce soit à son cher et tendre. À moins qu'elle ne soit réellement trop sotte pour comprendre où était son intérêt, mais même dans ce cas, ce n'était pas lui qui viendrait s'en plaindre !


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Dans l'ombre, s'ourdissent secrets et mensonges.

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