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La Belle, le Crabe et le Poison

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Message Mar 11 Juin 2013 - 22:31

Conflans, Sixième Lune de l'An 207

Dans une campagne verdoyante, où se découpait difficilement un semblant de chemin de terre affichant les stigmates de la pluie de la veille, un cavalier menait sa monture au pas. Calme et posé, l’homme était vêtu d’une tunique de cuir souple aux teintes écarlates, d’une large ceinture supportant deux épées et d’un pantalon grossier, lequel était peu visible sous les larges bottes usées de l’inconnu. Silencieux et observant les alentours avec un plaisir non dissimulé, le Chevalier-aux-Crabes profitait de la douceur émanant du sentier peu fréquenté, loin des frasques des routes principales, et respirait profondément l’odeur d’humus flottant dans cette ambiance si calme, si paisible. Malgré ses années passées sur les routes du royaume des Sept Couronnes, le chevalier de Pince-Isle ressentait toujours le même sentiment, la même magie, la même quiétude dans ce type de lieux, similaires à tant d’autres, mais pourtant si différents entre eux. Ce sentiment puissant de liberté avait quelque chose de revigorant, malgré son goût amer d’égoïsme. Le Celtigar en avait conscience, mais continua impassible sa route, un éclat brillant flottant dans ses iris, et une risette affable sur les lèvres.

Depuis maintenant quatre lunes, le chevalier de Pince-Isle était au service de la maison Vance d’Atranta du Conflans. Étant initialement une simple retrouvaille impromptue avec lady Velanna Vance, Lothar et son compagnon d’aventure, ser Mathis Brune, finirent par rester sur le domaine de la noble maison, mandaté par le lord de celle-ci pour des tâches qui requéraient les compétences de chevaliers. En ce moment-même, le Crabe faisait route vers le fief de la maison Van, plus au nord, afin de leur mander des renseignements sur une récente troupe de bandits qui prenaient plaisir à voler les fermes isolées et braconner sur les terres des seigneurs locaux. Ces derniers semblaient très actifs, et Lothar et Mathis s’étaient heurtés à une partie de leur compagnie, quelques mois auparavant. La rencontre avait été rapide et sanglante, blessant Mathis qui avait pu ronchonner à foison.

Observant le soleil quasiment à son zénith, le Crabe décida de pousser sa monture jusqu’au prochain patelin qui n’était qu’à quelques lieues. La faim le tiraillait, et savoir qu’une auberge l’attendait non loin avait de quoi le requinquer. Après avoir passé de longues années sur les routes, voguant au gré des tavernes et autres bouges peu glorieux, Lothar avait appris à apprécier le confort et l’ambiance d’une bonne auberge ou d’un bon tripot. Ne serait-ce que pour les repas qu’ils proposaient, et dans une région aussi fertile que le Conflans, la pitance risquait fort d’être savoureuse.

La bourgade apparut rapidement au détour d’un massif d’arbres. C’était un bourg de petite envergure, mais qui paraissait moins austère que nombre de patelins des terres de la Couronne – et les Sept savaient qu’il en avait vu. L’arrivée du chevalier ne passa point inaperçue, et nombre de bambins de tout âge vinrent tâter l’encolure de Sac-à-Malice, le destrier du chevalier, sous les regards tantôt amusés, tantôt austères des habitants. Affichant son perpétuel sourire emplit de sincérité, Lothar ébouriffa quelques têtes avant de balancer une poignée de piécettes aux gamins. Ceux-ci s’empressèrent de détaler dans les rues de la bourgade, en criant et en virevoltant, après avoir laissé tomber moult remerciements au chevalier.


    « Sacrés gamins… » souffla le chevalier, en grattant le museau de Sac-à-Malice.

Menant sa monture par la bride dans les semblants de rues du patelin, le chevalier repéra rapidement le but de sa halte. Une enseigne défraichie de couleur ocre pendant fièrement au-dessus d’une bâtisse imposante, et sur laquelle on pouvait lire « Au cerf qui se dandine ». Nom on ne peut plus accueillant et évocateur, notamment si l’on se risquait à jeter un œil sur l’horrible gravure de l’enseigne. Décidément, un cerf n’était vraiment pas fait pour se dandiner dans des positions grotesques et singulières. Vraiment pas. Enfin, si l’on passer sur ce simple détail, l’établissement semblait être un petit havre de repos, où coulait le bon vin et la bonne chère.

Lothar laissa son cheval entre les mains d’une jeune fille d’une dizaine d’années, la fille de l’aubergiste à n’en point douter, avant de pénétrer dans la gargote. Malgré l’heure, des petits groupes d’habitués étaient disséminés ici-et-là, et l’originaire de Pince-Isle s’attabla lourdement dans un coin discret, légèrement à l’écart. Autant il appréciait les rencontres impromptues et les discussions de comptoir, autant le voyage l’avait affamé et assoiffé, et il désirait la tranquillité.

La commande et le repas se déroulèrent de façon normale. Lothar loucha légèrement sur le déhanché fort hypnotique de la fille aînée des gérants qui officiait en tant que serveuse, mais l’arrivée de son encas contribua fortement à forcer son attention sur son assiette et son pichet de vin. Un moment simple, faisant partie du quotidien des chevaliers errants, mais dont il ne se lassait pas. Il tiqua légèrement quand un grand dadais d’une table voisine bouscula brusquement son gobelet de vin, répandant tout son contenu sur le plancher. Mais le bon bougre s’excusa platement et lui servit un verre de son propre pichet en guise de dédommagement, et ce malgré les protestations de ser Lothar. Décidément, les hommes du peuple ne cesseraient jamais de le surprendre et de l’attendrir. Il régla la commande en laissant un généreux pourboire, et s’en alla prestement, repus et de joyeuse humeur.

C’est alors qu’il chevauchait depuis une bonne trentaine de minutes que Lothar ressentit les premières douleurs. Ralentissant brusquement sa monture, il étouffa plusieurs grognements de souffrance. Son estomac semblait en feu, et il sentait les caractéristiques d’une poussée de fièvre : bouffée de chaleur, transpiration, frissons. Tout les signes d’un…


    « Empoisonnement… Vite… »

Le chevalier n’en était pas à sa première tentative d’empoisonnement. Lorsque l’on voyage de l’autre côté du Détroit, s’en est presque une habitude de porter à sa ceinture sa propre gourde pour éviter ce genre de désagrément. Mais à Westeros, cela était nettement plus rare... Lothar tira sur les rênes de sa monture et se laissa glisser le long de l’encolure. Il s’enfonça lourdement dans la boue, et perdit l’équilibre. Il ne réussit pas à s’agripper à l’encolure de son destrier, et finit face contre terre, le visage grimaçant de douleur. Par instinct de survie, il se força à vomir, crachant jusqu’au sang. Crachotant et couvert de boue, sa vision commença à défaillir. « Non non non… C’pas possible, pas comme ça, pas ici, pas… »


    Des bruits de sabots retentirent soudain, accompagné de gros rires gras et de cliquetis d’armes. Malgré le voile qui recouvrait ses yeux, Lothar aperçu une bande de six individus. Il se releva difficilement et dégaina l’une de ses lames, son épée courte. Avant même que Lothar ait ouvert la bouche, une voix familière retentit. « Bien, bien, bien, mais qu’est-ce qu’on a là heing’ ? Ca s’rait pas un m’sser chevalier pataugeant dans la merde et la gerbe et qui commence a plus trop voir clair ? Hein ? Ha ha ! Matez-moi ça les gars, j’crois même que Gueule d’Ange a plus de classe que cuy-là ! »  Les rires gras reprirent de plus belle, et Lothar serra les dents sous la douleur latente qui semblait lui dévorer littéralement les tripes. Sa vision se stabilisa légèrement et il put reconnaître l’orateur. Le « bon bougre » de l’auberge qui lui avait servi un verre. « Enfoiré… » Lothar cracha sur le grand dadais qui réagit instantanément et lui plaqua une lame grossière sous la gorge. « Kes’ t’as dis l’nobliau ? Répète un peu hein ! Allez ! » Lothar lui lança un regard noir, mais resta silencieux, tant le nouveau pic de douleur le fit grimacer.

Pendant ce manège, les autres avaient commencé à fouiller dans les sacoches de selle du chevalier. Il entendit le bruit caractéristique de sa bourse, mais il n’en avait cure. Il avait un trésor mille fois plus précieux dans l’une des sacoches. Un artefact qu’il emmenait avec lui en toute circonstance. Une arme familiale. Non. Ils ne pouvaient laisser ces gueux cupides et fourbes s’emparaient d’un tel joyau !


    Il jeta un œil au chef des bandits et lâcha, sombre. « Va te faire foutre enculé… » « T’vas voir mon gars, j’vais t’faire hurler comme une pucelle qu’on viole et tu pourras plus... » Un prodigieux coup dans les valseuses cueillit le poétique loubard en pleine ode à la joie, avant de recevoir un puissant coup de lame dans le plexus solaire qui le fit hurler d’agonie. Les autres hurlèrent de rage et se précipitèrent vers le chevalier en piteux état. Malgré sa douleur, le Chevalier-aux-Crabes put riposter plus ou moins bien aux attaques ridicules des malandrins, et rapidement, deux des cinq brigands restants s’étalèrent mollement dans la boue. Mais les trois derniers ripostèrent avec rudesse, et Lothar se mangea une coupure de dague sur l’avant-bras gauche. Celui qui venait d’attaquer eut pour cadeau la gorge tranchée. Les deux survivants se jetèrent au même moment sur le Crabe, obligeant ce dernier à se jeter sur le sol pour esquiver. Sa tête choisit ce moment pour se mettre à tourner, et les pics de douleur se firent plus intenses…

La force de son bras armé faiblit, et il sentit son épée l’abandonner. Non. Ca ne pouvait finir comme ça… Pas maintenant, pas après tout ce qu’il avait vécu. Et Velanna ? Et sa famille ? Et Mathis ? Et… Sa vision se troubla encore, et il commençait à n’apercevoir que des tâches de couleurs plus ou moins sombres. Un mouvement capta son attention sur la gauche, et il sentit de l’agitation devant lui, sans discerner réellement ce qui se passait. Il sentit une main sur son visage, puis une voix. Une voix différente. Une voix douce. Une voix de femme…

Et puis plus rien.


Dernière édition par Lothar Celtigar le Ven 21 Juin 2013 - 11:19, édité 1 fois
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Message Mer 12 Juin 2013 - 18:47

Mauvaise humeur. Elle la sentait gronder dans ses veines. Crebon l'avait empêché de dormir toute la nuit pour une débilité. Elle avait du en bloquer sa porte de chambre. Il était complètement bourré. Appariement , c'était la date à laquelle on l'avait déchu. Il ne l'avait accepté et plus il vieillissait , plus les marques d'ybe certaine démence se profilait , laissant s'évanouir par là même les douces saveurs de la tempérances. Résultat , le ridé, il nous pétait un cable. C'était le comble. Et le lendemain, elle devrait aller chercher ce qu'il fallait à 4 heures de marches de la baraque perdue... dans un trou paumé et malfamé. Déjà qu'elle ne les aimait pas les bougres de là bas, mais elle sentait que cette fois-ci , elle allait carrément leur exploser les parties s'il tentait oser penser qu'elle était une putain boueuse. Ah la boue, là voilà cette fichue boue qui lui montait sur les chausses heureusement imperméables, sauf si on dépassait un certain stade de durée de noyade des bottes. Mais là , ça allait , elle était tranquille. Elle était parti tôt ce matin , et finalement , elle avait mis plus de temps que prévu à arriver. C'est ça de croiser un raccourci, puis un bon loup moche, puis un autre raccourci , pour finir sur une bute ou en haut d'un arbre comme un écureuil, à se rendre compte qu'on s'était planté de 4 lieues. Bah voilà. Bravo. Wyna , encore une fois t'es une championne.

Et il se met à pleuvoir. Ô vils desseins des climats pourris épargne moi , dans ton éternelle surdité. Oh mince t'es mouillée? Bah t'es mouillée. Dans un sens, elle était abritée par sa grosse cape de fourrure de loup gris. Un tissu noir lui entourait la moitié de visage, les cheveux tirés en arrière pour qu'on évite de la prendre pour une jolie demoiselle. On ne voyait que ses yeux, et encore. Elle aggravait parfois volontairement sa voix. Tout ça pour garder les autres à l'écart. Le couteau toujours près de l'avant bras quand elle savait le lieu risqué. Il était hors de question qu'un de ces pécans de bas étage ne se mêle à son corps, sans compter qu'ils devaient un peu tous trainer les maladies de tout le pays. En quelques heures, elle parcourut calmement le petit patelin. Elle était déjà venu, et elle était protégé par le frêre de son tavernier préféré, qui tenait une auberge aussi , à croire que c'était de famille. Elle passa un petit moment dans la taverne à discuter avec lui en masquer , buvant un peu des verres non alcoolisés, quand elle vit un homme entrer. Que faisait-il ici... Il aurait du s'arrêter ailleurs... Ceux qui n'avaient pas l'habitude de venir ici se faisait détrousser sans vergogne et par des moyens peu scrupuleux en plus. Ne voyant pas finir dans une potentielle bagarre et être démasquée , elle sortit en payant son du et ne tourna même les yeux sur l'homme en question. Il était trop riche pour ne pas avoir des ennuis ici. Enfin riche, tout était relatif, mais pour ces gueux du trou du cul du monde , il l'était.

Elle sortit et repéra le cheval vaguement. L'inconscient... Peu importe si ce fut sa conscience qui lui donna des scrupules, ou elle aimait clairement les ennuis... Ou peut être était-ce juste qu'elle s'était un peu trop ennuyée aujourd'hui... Oui un peu trop. Elle ne resta pas loin , s’arrêtant pour parler avec le vieux forgeron du taudis, qui avec le temps était habitué à la voir, surtout pour aiguisé gratuitement son couteau dont la lame faisant bien 20 cm de long , mais elle en avait besoin. Pas pour se battre, mais pour dépecer le gibier, les vêtements de ceux ou celles qu'elle devait soigner en urgence , cuisiner, éloigner les loups, et j'en passe. Cet instrument était sa survie. Le vieux finit par rentrer sous un sourire et un au revoir de Wyna, puis elle s'apprêta à partir, quand elle vit l'homme tout de cuir vêtu sortir. Elle s'arrêta un court instant au détour de la ferronnerie précaire, ses pupilles filant sous l'énorme capuche de fourrure grise, blanche et noir en dégradé moucheté. Elle allait partir quand un homme, puis deux, puis trois ... la firent stopper son pas. Oh non... Elle vit le type tomber genou à terre. Comment ... il était bien portant en rentrant pourtant. Ces enfoirés l'avaient empoisonnés? C'est bas, c'était vil ... Bande de cloportes... Elle détestait ce genre de méthodes. Quand on a  les burnes d'un homme, un vrai , on se bat en face à face , et en solo , pas par derrière avec un nombre largement supérieur. Elle n'était déjà pas de bonne humeur depuis le matin , mais là , c'était le pompon...

Quelques minutes lui suffirent pour le voir se faire ratatiner avec gloire dans son propre vomis, son sang, et dans des gémissements graves de l'homme qui ne veut pas mourir comme ça. En même temps, c'était compréhensible. Bon allez. Trêve de plaisanterie, ça la gonflait et un peu de défouloir ne faisait pas de mal hein ? Si si. Convaincs toi en. Tant pis, de toute façon pour le peu qu'elle croyait aux dieux. Wyna chercha des yeux une potentielle arme. Elle s'avança lentement , ils étaient concentrés sur le pauvre bougre qui se tordait lentement au sol , pris par le poison , ou du moins, elle en émettait l'hypothèse. Elle se pencha pour ramasser une grosse buche de bois, bien humide, le genre qu'on vient d'éclater à la hache, et qui expose sa belle couleur ocre aux cieux . Elle s'avança , tenant l'arme de fortune dans sa main ganté d'un cuir épais, le regard énervé , le visage sec sous le tissu noir, les iris bleutés perçants, et son autre main monta sur l'épaule du gars de gauche. Il était de gabaris moyen , ça pouvait aller, même si elle restait une femme mais on en savait rien sous son déguisement épais. Ses doigts tapèrent fermement l'épaule du bâtard boueux qui se retourna avec un "Gueuh?"

CHPAF ! Sa machoire se fit percuter de plein fouet avec une gerbe de sang, par l'énorme bout de bois. Des échardes de plus de cinq centimètres s'enfoncèrent dans la gueule déjà de biais de ce moche mécréant, et moche était un compliment. Il louchait déjà à moitié, voilà qui arranger son strabisme. Le second regarda surpris la face de son partenaire voler en éclat. Le nez y passa aussi dans un craquement d'os qui changea le son de son cri de douleur. La buche resta dans les deux mains de Wyna, qui se décala un peu sur le coté , regardant avec mépris le type qui se collait la tronche dans la boue avec l'élégance d'un porc à qui on a annoncé la mort imminente. Le second gueux renifla toutes les cochonneries qu'il avait dans son pif aplatit et grogna en chargeant Wyna. Elle se recula le long de la croupe du cheval qui appartenait au chevalier au sol. La pauvre bête était complétement excitée de ce qui se passait et hennissait de panique. Wyna s'en servit . Elle passa sa main de cuir sur la croupe qui bougeait. les pattes du canasson bien dressé , marcherait sur le premier gars dans la boue, lui écorchant la gueule et les épaules sous les vêtements déjà bien fragiles de vieillesse.

Au moment qu'elle jugea bon, elle lui donna un très violent claque sur le cul. Il fit l'oeil blanc, hennit de nouveau plus fort et trépigna avant de donner un coup de cul du diable, que se prit en plein torse le galeux. Il vola dans le décor et finit les quatre fers en l'air dans un abreuvoir plein de vers de vase à 4 mètres derrière. Qu'il se noie ce pourceau... Elle s'en fichait dans l'immédiat. Elle laissa tomber la buche au sol , et contourna le cheval qui ne marchait pas sur son maitre. C'était déjà une bonne chose. Otant ses gants, elle les rangea dans sa poche intérieur et passa sa main sur l'encolure....

- Du calme... Tout va bien...

Le cheval ne semblait pas trop calme, mais il ne ruait plus. Son regard se plongea alors sur l'homme et elle s'accroupit , posa un genou dans la boue. Sa main chaude vint toucher la joue froide de cet homme qui devait avoir la quarantaine au vue de la texture de son visage, de sa barbe et sa corpulence... Il devait tenir bon... Elle passa sa main sur la gorge ... sentant les battements du coeur.

- Hey , restez avec moi. Vous m'entendez ?

Visiblement non ma belle, il est en train de valser avec les faucheurs ton patient. Ce serait bien que tu te presses la fesse. Elle s'approcha et fit une chose qui pourrait en dégouter plus d'un mais c'était une chose à faire malheureusement: sentir son souffle. Une odeur amère lui vint au nez. Autre chose que l'alcool seulement et seule une herboriste qui avait le nez pour les plantes pouvait distinguer un si frêle parfum de mort... Ciguë charbonnée.... Elle se redressa et fouilla dans les sacoches. Elle en profita pour récupérer la bourses de sous qui trainait dans la main du gueux plein d'échardes et la remit dans la sacoche, puis fouilla, encore et encore, apaisant le cheval par la même occasion. Il n'avait rien , ou bien , elle n'avait pas vu. Elle devrait lui faire avaler une mixture à elle en espérant que cela marche. C'était un poison violent et rapide, mais qui prit à temps pouvait être atténué. Il avait vomi c'était une bonne chose... Mais le sang n'en était pas une. Ce type n'avait visiblement pas une notion de la douleur commune à tous ces gens du peuple qui se plaignait du chichi. Elle fourra sa main dans sa besace et en sortant une petite fiole remplie d'un liquide verte foncé, et quand elle l'ouvrit , l'odeur n'était pas avenante, mais il fallait savoir. Mourir ou puer du bec.

Elle reposa les genoux à terre , posa sa main sous la nuque de l'homme dont l'épée était submergée de boue , près de lui. D'un geste calme, elle prit l'engin de mort et le déplaça pour ne pas que le cheval ne se coupe les soles de sabots dessus, puis posa la nuque du brun sur le début de ses cuisses, penchant ainsi la tête en arrière. La bouche s'ouvrit légèrement. Sa main libre se cala sur le front mûr. Sérieuse, concentré, elle laissa le liquide épais coulé dans la bouche, puis passa ses doigts sur la gorge, lui relevant un peu la tête, pour qu'il ne s'étouffe pas mais ingurgite par réflexe. Elle l'y aida en appuyant à deux endroits de sa gorge et descendant en une pression ferme .

- Allez avalez...

Puis elle le décala , contre elle, son dos contre son torse, non sans mal , il n'était pas léger l'animal. Et la monture qui regardait d'un œil méfiant la silhouette aux odeurs de loups. La lessive ça n'existait pas ! Ah bon?? Du coup la mome, elle sentait le loup à plein nez pour les animaux, et les loups avaient du mal à l'attaquer aussi. Seuls les mâles alpha la prenaient pour un intrus solitaire. Elle n'était pas l'abri non plus. Gardant le grand brun contre elle , une main ferme sur sa bouche pour l'empêchait de vomir, elle passa l'autre main doucement sur le tibia du cheval , lui parlant d'une voix douce. Et si il vomissait? Non, tu ravales, je m'en fous. La mixture devait être avaler. Ce poison quoi que rustre , était généralement utilisé comme dératiseur ou pour tuer les espèces animales nuisibles. Et ce pauvre homme avait été considéré comme tel. Une fois le temps d'absorption stomacales terminée, elle se remit à genou et fit un énorme effort pour asseoir le brun. Le vieux forgeron ressortit et bloqua sur la situation. Il accourut et aida Wyna à porter l'homme pour l'avachir sur son cheval.

- Hâte toi de partir ma fille... S'ils sortent tu seras pendue avec lui...
- Merci Borch...

Elle lui fit un bisou sur sa joue de vieux barbu et il sourit en lui faisant signe de partir. Il l'aida à enfourcher l'animal , et elle en saisit les rênes, bien qu'il soit fortement agité. Une bonne demi heure s'était écoulé. Elle devait gagner les bois, et se cacher en attendant que la tempête ne passe. Le trot lourd de deux personnes sur son pauvre dos, le garrot et la moitié de l'encolure prit par la masse de l'homme, Wyna espérait que l'animal se s'arrête pas pour brouter, sans coin le pauvre homme se fracasserait le nez dans les graminées plus bas. Le tenant par la ceinture , sur les reins, fermement, elle fit passa un petit fossé par le cheval , qui s'enfonça doucement dans les forêts, sur une bonne lieue, soit environ vingt minutes de pas entre les arbres. Elle finit par mettre pieds à terre et l'homme suivit mais bien violemment ... Elle se lev prit de plein fouet et émit un gémissement étouffé d'un escargot qui vient de faire écraser par un cheval.

- Douleur...


L'épée tomba de l'équilibre des sacoches, et se planta à vingt centimètres de sa tête dans un flux métallique doux et aigu. Yeux grands ouverts, Wyna ne bougeait plus, à moitié étouffé par un semi mourant.

- Ok... Tout va bien.

Elle se racla la gorge et poussa de toutes ses forces l'homme qui roula sur le coté et elle reprit son souffle à moitié penchée sur lui. Bonté divine ce que les hommes étaient lourds, elle ne se le dirait jamais assez. Le souffle un peu coupé, elle se redressa sur les genoux, posant sa main sur sa gorge. Il était en vie. Elle devrait lui donner une autre mixture pour compléter, mais pour le moment, cela devait agir. Se relavant , Wyna attacha le cheval longuement à un bas de tronc pour le laisser brouter un peu, et prit l'homme sous les bras pour le tirer dans un petit cercle très serré de fougères hautes et denses, et s'assit à coté de lui , baissant sa capuche de fourrure et son cache visage... Elle ouvrit sa sacoche et commença à préparer un sachet en mélangeant plus herbes qu'il frippait dans ses doigts pour dégager les substances qu'elles renfermaient. Les minutes s'écoulèrent ... puis une heure... puis deux...

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Message Ven 14 Juin 2013 - 21:14

Ténèbres. Plongeon sans fin. Clameur étouffante.

Le poison que le Chevalier-aux-Crabes avait ingurgité distillait pernicieusement une fièvre délirante qui le transportait hors de l’espace et du temps, bien loin du bouge infâme dans lequel il se trouvait. Tout était obscur, nébuleux, sibyllin… Seuls quelques flashs frappaient, par intermittence,  la mémoire du chevalier, comme autant de souvenirs douloureux et sanglants immuables : l’horreur du champ d’Herberouge, le massacre du roi Vautour, la folie de son père, les pillages Dothraki… Les Sept, retors déités, semblaient s’amusaient du Crabe, comme pour lui rappelaient le prix à payer d’une foi déficiente et de vœux rompus.

Soudain, les lourds nuages de son esprit se dévoilèrent, révélant une clarté éblouissante et une silhouette aux contours flous. Engourdi et pâteux, il sentit la présence de l’inconnu, sans la discerner réellement. Était-ce un pillard ou un ami impromptu ? Il voulut réagir, bouger ses membres, montrer qu’il était encore en vie. Rien n’y fit. Le poison, sirupeux mélange de mort, semblait avoir ankylosé son corps, ou était-ce paralysé ? Lothar réitéra ses efforts deux fois, trois fois, mais finit par abandonner. Il était incapable de faire un seul geste, et son esprit semblait s’embrumer de plus belle. Il se força à garder les yeux ouverts et voir au-delà du voile brumeux qui flottait devant lui.

L’inconnu, ou l’inconnue, était toujours à ses côté. Il sentit une masse de cheveux lui effleurait le visage. Était-ce une femme ? Le saurait-il jamais ? Malgré son esprit transi, le chevalier de Pince-Isle rageait intérieurement. L’honorable ser Lothar, le Chevalier-des-Pécores, mort dans la fange, le vomi et la merde, sans honneur, tué par un poison insipide. Sa famille, ses amis, ne sauraient rien de sa mort, et son nom disparaîtrait dans l’oubli. Non, non, non…

La silhouette s’agita et, l’espace d’un instant, disparut du champ de vision altéré de Lothar. Seul vue qui lui restait : le ciel, avec ses nuances de bleu et de blanc. Mais l’inconnue était déjà de retour. Il sentit des mains sous sa tête et sa nuque, et comprit qu’on lui reposait la caboche afin qu’elle soit surélevée.  Quelques instants plus tard, des doigts palpèrent son front et il sentit un liquide frais ruisseler dans sa gorge. La surprise fut telle qu’il voulut déglutir, mais le poison l’empêchait de réagir. Il voulut crier, dire à la silhouette d’arrêter ça, qu’il allait s’étouffer… Comme s’il avait pu toucher l’esprit de l’inconnue et se faire comprendre, il sentit une main faire pression sur un point précis de sa gorge. Le liquide poursuivit sa course normalement, et ne parvint pas aux poumons. Le goût était ignoble, et un haut-le-cœur le prit. Mais il ne régurgita pas la substance. Serait-ce une bonne âme qui lui donnait un remède ? Un bon samaritain rebouteux qui passait par-là ? Ou était-ce les assassins qui terminaient leur sale boulot ?

La voix douce qui lui parla lui fit oublier ses pensées. Une femme, il avait donc bien raison. Cette femme s’occupait de lui, et semblait vouloir son bien. « Merci ma douce… » avait-il envie de souffler, mais aurait-il la chance de le lui dire ? Les Sept pouvaient être persévérants et sadiques quand ils le souhaitaient. Il sentit la silhouette se dégager à ses côtés, et reposer doucement sa tête sur le sol. Une fois encore, la sauveuse inconnue disparut du regard du chevalier. La tête lui tourna de nouveau, et il réussit péniblement à fermer les yeux. Mais la douleur et la fièvre eurent raison une nouvelle fois de lui, et le Celtigar sombra de nouveau dans l’inconscience.

Quand il émergea de nouveau, le cadre avait changé. Il le sentit instantanément car ses sens étaient en partie revenus, et il ressentait les odeurs qui l’entouraient. Aux flagrances de conifères et de feuillus se mêlaient les parfums suaves et humides de l’humus, de graminées et de fougères. Aucun doute possible, il se trouvait dans une forêt. Le chevalier ouvrit les yeux doucement. Sa vue tourna légèrement, mais se stabilisa en quelques instants. Il avait vu juste. Au-dessus de lui se découpait nettement les branches d’un grand conifère, et proche de lui dépassait des pousses de fougères.

Il testa la réaction de ses membres et, à sa grande surprise, réussit à se mouvoir doucement. La sensation était la même qu’un membre engourdi et au bout de quelques essais, le Crabe réussit à relever son buste, en prenant appui de ses bras encore faibles. Sa vue se brouilla de nouveau, mais dura peu de temps. Il était dans un sous-bois, proche d’une clairière et entouré de fougères. L’endroit était paisible, presque idyllique. Il ressentit soudain une présence à ses côtés. Il se retourna et vit, assise à quelques pas de lui, une silhouette toute encapuchonnée, concentrée dans sa tâche, celle de piler ce qui semblait être des plantes. Elle faisait ça si consciencieusement qu’elle semblait n’avoir pas remarqué le réveil du chevalier.

Lothar en profita pour la détailler rapidement. La silhouette était engoncée dans une épaisse fourrure sombre, d’un gris presque noir. Peut-être de l’ours, ou du loup. Un large tissu noir entourait son visage, le cachant pour moitié. Ses yeux étaient cachés pour le moment, car son regard était fixé sur sa tâche, mais des cheveux bruns et longs s’y dégageaient, et ce malgré qu’ils soient coiffés en arrière. Malgré la cape grossière, on discernait immédiatement que la silhouette qui la portait était plus légère, plus filiforme. Lothar se rappela la douce voix, celle d’une femme sans aucun doute. C’était donc elle. Sa sauveuse.

Le chevalier émit un grognement de douleur lorsqu’il voulut se mettre en position assise. Ce fut suffisant pour attirer l’attention de l’inconnue. Le Celtigar, grimaçant sous la douleur encore présente, se tourna vers elle. Son regard se plongea dans le sien. Elle avait des iris d’un bleu doux, mais dans lequel perlaient une certaine froideur, une certaine dureté. Quelques mèches de cheveux bruns ébouriffés venaient se coller à son front, lui donnant un charme naturel singulier. Le chevalier se racla la gorge, toussa quelque peu, et adressa un sourire à sa sauveuse.


    « Il me semble que je vous dois la vie ma dame. » Lothar déglutit difficilement, et ressentit l’espace d’un instant les relents de l’horrible mixture qui lui avait certainement sauvé la vie. « Je vous adresse mes plus profonds remerciements pour ce que vous avez fait. Sans vous, je serai probablement dans les limbes des Sept Enfers… » Le Celtigar tenta une nouvelle fois de se mettre sur son séant, mais l’effort lui arracha une grimace. Il décida d’en rester là, et de rester en appui sur ses avant-bras. Le chevalier jeta de nouveau un coup d’œil à l’inconnue, un sourire sincère aux lèvres. Pourtant, cette dernière continuait de l’observer d’un air méfiant. Il crût bon de détendre l’atmosphère par une petite boutade. « Je ne sais pas ce que vous m’avez donné, mais ça aurait pu réveiller un mort ! Ce goût ignoble suffirait à repousser l’Étranger lui-même ha ha ! » Son rire fut de courte durée, car le fait même de rire le fit souffrir, et il finit sa phrase par une quinte de toux grasse. Ce qui était sûr, c’est qu’il n’était pas encore totalement guéri.


Devant le silence de l’étrangère, Lothar jeta de nouveau un coup d’œil aux alentours. Il repéra Sac-à-Malice qui paissait paisiblement, ses grandes sacoches toujours accrochées à sa selle. C’est à ce moment que Lothar tilta. Les malandrins, qu’en avait-elle faits ? Était-elle arrivée après que les deux survivants l’aient dépouillé et laissé crever dans la boue ? Et Fend-les-Eaux ? Et… Merde. Il fallait absolument en être sûr. Lothar essaya pour une troisième fois de se lever. Il prit sur lui, serrant les dents et étouffant ses grognements de douleur, et commença à se relever. Mais avant même qu’il ne se mette ne serait-ce que sur une jambe, il retomba sur le sol, se tenant l’estomac. La fièvre était toujours là, et il se rendit compte qu’il transpirait à grosses gouttes sans avoir particulièrement chaud. Il toussota de nouveau, et leva les yeux vers l’inconnue en fourrure. Celle-ci semblait avoir repris la concoction de sa mixture.


    « Pardonnez-moi mais, que s’est-il passé exactement ma dame ? Ces fieffés couards étaient-ils toujours-là quand vous m’avez trouvé dans cet état ? J’en ai bien pourfendu quelques-uns, mais ce foutu poison a eu raison de moi… » Lothar cracha sur le sol, aussi bien pour signifier sa rage de s’être fait berner ainsi que pour le sale goût qu’il avait toujours dans la bouche. « En tout cas, je ne saurais comment vous remercier de votre action… » Lothar lui lança un sourire en coin. « Si vous souhaitez quelque chose de ma part, demandez-le-moi. Je m’y acquitterai avec plaisir, dans la limite de mes compétences. »


Le chevalier essuya son front dégoulinant de sueur d’un revers de manche. Il observait d’un œil curieux le comportement de sa sauveuse, qui semblait être une jeune femme singulière. Lothar se plaisait à faire des conjonctures vis-à-vis de ses rencontres, mais l‘inconnue au visage caché l’interpellait, le questionnait même. Était-ce une paysanne du coin ? Non, sûrement pas ! Pas habillée de la sorte en tout cas. Elle semblait être une solitaire, préférant la compagnie des bêtes ou la solitude que traîner auprès des gens, ou autour des bourgades. Une ermite vivant recluse peut-être ? Si jeune pourtant… Une famille d’ermites ? Hmmm, c’est possible ça. A l’image de ces « fameux » sauvageons du lointain nord, d’au-delà du Mur. Pourtant, elle semblait avoir la connaissance des plantes et des remèdes médicinaux, généralement du ressort des mestres, et non des simples roturiers. Étrange.

Décidément, cette jeune femme intriguait notre Chevalier-aux-Crabes…
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Message Dim 16 Juin 2013 - 13:16

Au loin, Wyna entendit les hommes s'esclaffaient, se révoltaient, gueulaient leur mécontentement, cumulant les pires jurons qu'un pécan eusse pu prononcer en ces temps là. Elle scruta calmement l'horizon par dessus les fougères, redressée mais assise, les mains dans son broyage d'herbes, dans une petit bol de terre vernis. Ils ne viendraient pas jusqu'ici à son humble avis. Mais la monture, bien que dissimulée derrière un bosquet épais, était bien plus visible d'eux. En espèrant qu'elle ne se trompe pas et qu'ils partent comme des dégénérés sur le chemin pour clamer leur mécontentement. Ce fut ce qu'ils firent. Bêtes à manger du foin ces hommes là. Et après on s'étonnait qu'elle ne veuille épouser personne. Mais vous avez vu les phénomènes qu'elle croise aussi? Un homme du bas peuple ne pourrait jamais survivre à Wyna. Elle le tuerait en une semaine tout au plus ou dès qu'il oserait lui montrer son ziz dans l'idée de faire comme les chiens. Alors ça! Diantre , mais elle n'était pas une pouliche ! Ce jour là, elle le craignait plus que tout. Physiquement les femmes étaient inférieures, et même douée au combat , une femme pouvait facilement vacillé d'un coup de poing masculin. C'est dans la nature des choses. Aussi vantarde qu'elle puisse être ... Jamais au grand jamais une femme n'aura le dessus sur un homme véritable, physiquement parlant. Et il n'y avait bien entendu que les gourdasses pour penser qu'une femme ne peut avoir d'autres atouts bien percutants que la puissance physique.

Les cris s'éloignèrent et elle put reprendre son travail dans les bruits apaisants de la nature. Une journée normale avec Wyna, pom pom pom. Elle nota du coin de l'oeil que l'homme commençait à bouger. Elle ne s'était donc pas tromper en diagnostiquant le ciguë. C'était une bonne chose. Elle le laisse faire ce qu'il voulait faire, de toute façon , sa faiblesse et les douleurs intestinales le rappelleraient à l'ordre aisément sans qu'elle n'ait à se battre pour le convaincre du contraire. Et puis elle commençaient à assimiler que plus un homme est de la Haute, plus il est borné. Il lui faut les preuves concrétés pour la croire, et bien autant les avoir avant qu'elle n'ouvre la bouche. Et les sueurs froides du contre coup allaient lui tomber dessus trés rapidement, au point qu'elle devrait calmer ça avant la nuit ou il ferait une hypothermie nerveusement provoquer. Ce n'était pas bon pour le coeur cette chose là, aussi gaillard soit-il. Elle sourit un peu . C'est vrai que son antidote était dégueulasse, elle l'avait déjà gouté. Elle goutait toutes ses inventions sur elle même, souvent en se provoquant certaines choses. S'était-elle déjà empoisonné? Oui. S'était-elle déjà coupé pour tester un soin? Oui. N'est pas bon soigneur celui qui ne connait pas les effets concrets des choses. Ce serait comme dire d'un livre qu'il est grandiose, sans l'avoir lu. La lgique n'est parfois pas suffisante. La nature et les desseins réservent tellement de surprises.

Il n'avait pas pour le moment identifié l'homme comme étant mauvais, donc elle pouvait à présent se découvrir , mais ce ne fut qu'après avoir observer tout son cirque et ses tentatives infructueuses à se relever qu'elle se décida à se montrer un temps peu concerné par la chose. Elle décrocha son col noir, fait de pression de métal, libérant son visage, baissa la capuche et dessangla lentement les fermetures de cuir noir de sa cape.

- Vous devriez arrêter de vous démener de la sorte. Vous allez mettre davantage de temps à guérir.

Wyna avait toujours adorer les entendre grogner ces hommes er bizarrement, plus un homme était grincheux ou avait de personnalité, dégageant une aura de celui qu'on ne fait pas chier, plus elle trouvait ça mignon , amusant et s'y attardait. N'aimait-elle pas les jeunes? Rien à voir, c'était en rapport avec la maturité d'esprit , la perception du monde. Les damoiseaux n'étaient pas son domaine. Un homme ne se devait-il pas d'en être un? Un vrai cela va s'en dire, pas un simple porteur de pénis annonciateur de l'orgie de pédants du coin. Elle observa cet homme en coin. Amusant de voir sur son visage la perdition et une certaine crainte. Elle supposait à l'égard de quoi. Tout le monde aurait réagi pareil. Quand on voyageait, ce qu'on avait sur soit devait être le plus précieux... surtout quand on ne tient pas à ce que ce puisse être volé en son absence. Malheureusement , l'appât du gain était souvent omniprésent. Et cet homme en avait fait les frais.

- Vous ne me devez rien. Vous avez eu de la chance que je ne sois pas partie. Quand je vous ai vu entrer dans cette auberge , je savais que vous alliez avoir des ennuis... mais delà à être empoisonné...

Un sourire s'ajouta à cette voix douce qui était la sienne. Elle se leva calmement , ôtant la cape chaude de ses épaules et regarda le soleil descendre dangereusement à l'horizon. Il était hors de question de laisser cet homme reprendre la route ainsi. Pour répondre à toutes ses questions , elle fit le tour d'une souche qui passait pas loin du brun, et s'agenouilla derrière lui , lui posant une main douce sur sa nuque, pour lui faire comprendre de ne pas bouger de trop.

- Je m'appelle Wyna. Cela ne va peut être pas vous plaire mais vous allez devoir rester au calme cette nuit. Il se pourrait que les effets de la guérison ne sont pas agréables... Vous allez avoir froid, des courbatures et des douleurs intestinales aussi assez violentes, ou peut être moins. Tout dépendra de la rudesse de votre corps... mais vous avez absorbé une forte dose. J'vais vous donner ce qu'il faut. Je peux savoir votre nom?

Pendant qu'elle parlait sa main parcourait sa nuque et sa gorge lentement et avec douceur pour voir s'il n'y avait de réaction anormale aux produits ingérés. Les boules (ganglions ) présents dans la gorge étaient gonflés , le corps réagissait. C'était une bonne chose aussi. Elle lui posa sa cape lourde de fourrures sur les épaules, lui faisant comprendre de la garder. Il allait réellement ressentir des sueurs froides plus violentes, il ne s'agissait de chopper du mal par dessus. En faisant ça, elle dévoilait aussi une stature délicieuse de silhouette féminine cambrée, mais qui ne se voyait pas tant qu'elle serait dans son dos.

- Pour ce qui s'est passé, je pense que vous dire que je les ai assommé à grand coup de bûche et que je me suis serviE de votre monture pour en envoyer dans un abreuvoir serait inconvenant de la part d'une femme , donc je préfère ne pas vous le dire.

Tout ça sur un certain humour, et un sourire chaleureux. Elle massa quelques secondes la nuque de cet homme de ses pouces, les autres doigts épousant les muscles fatigués de son cou sans violence.

- Et inutile de vous angoisser. J'ai ramass2 tout ce qu'ils vous avaient , bourse compris. Votre épée est dans le linge là. Elle était pleine de boue , je l'ai nettoyé rapidement. Quant aux sacoches , j'en ai vu le contenu en cherchant un quelconque contre poison, j'ai bien vu qu'elles renfermaient des choses qui doivent vous être précieuses. Je n'ai rien touché. J'ai laissé les hommes à terre et un ami m'a aidé à vous emmener à l'écart. Ils vous auraient tué sinon.

Sur ces mots, elle se leva et se dirigea lentement vers la monture. Sa main passa doucement sur le chanfrein. Si cet homme était de bonne famille et ce n'était à n'en point douter pour Wyna , du moins, elle le percevait ainsi, il allait vite compris qu'elle ne parlait pas comme toutes ces gueuses de comptoir ou des champs. Pour elle, ce n'était qu'un détail, mais peut être pas pour d'autres. La monture fourra son nez contre le ventre plat de la jeune femme, enfermant dans ces sangles de cuir noir, et elle lui grattouilla les oreilles, puis la contourna pour décrocher les sacoches, fortes lourdes, qu'elle plaqua contre sa taille, contre son os de hanches et les ramena à l'homme , lui donnant lentement. Il pourrait confirmer par lui même. Elle n'était pas une voleuse et ne le serait jamais. Elle avait sa fierté. Peut être un peu trop grande même.

- Je vais chercher du bois, essayez de rester calme... Si je ne fais pas de feu, les loups nous attaquerons cette nuit. Je reviens vite...

Elle contourna sa propre sacoche, son arc et s'enfonça de longues minutes dans les fourrés pour  revenir les bras chargés de petits bois , et morceaux de bois mort. Elle posa tout en vrac , souriant légèrement à l'homme en face et commença son labeur.

- Vous devriez acheter un chien. Il vous aurait défendu et aurait probablement aboyé contre ce lieu malfamé.

 
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Message Dim 16 Juin 2013 - 23:20

Alors que le chevalier tentait vainement de redonner un semblant de force à ses membres engourdis, essayant de passer outre la douleur lancinante de son estomac et le goût ignoble qui semblait persister à rester ancré dans sa gorge, la jeune inconnue décida de dévoiler son visage. Le Crabe cessa ces tentatives infructueuses, et observa sa sauveuse révéler doucement son visage. Le chevalier haussa légèrement les sourcils devant l’agréable faciès qui se tenait devant lui. Au-delà de ce regard bleu intense qui l’avait entr’aperçu tantôt, l’inconnue présentait un joli visage pointu, aux pommettes douces, et qui était encadré par une masse de cheveux bruns lui donnant un certain charme naturel, presque sauvage.  

Sa voix était douce, mais ferme, et d’instinct, le chevalier reconnut dans sa voix l’expérience. Cette femme était sans doute une sorte de rebouteuse, ou du moins semblait pratiquer depuis un certain temps l’art de la médecine. Quand elle lui fit remarquer de ne point trop bouger au risque de rendre sa guérison plus longue, Lothar fut convaincu qu’elle s’y connaissait et reposa ses membres. Ce n’était pas tout mais il avait encore une mission à accomplir, et le temps lui manquait. Être alité plusieurs jours était à proscrire. Son rétablissement devait être le plus rapide qui soit, et pour se faire, il devait faire confiance à cette jeune femme. De toute manière, il n’avait pas le choix. Et puis, l’inconnue avait un « je-ne-sais-quoi » qui inspirait la confiance.

Cette dernière se leva doucement, et lui fit comprendre qui ne lui devait rien. Le chevalier allait protester, mais le sourire de la brune l’en dissuada. C’était peut-être étrange, mais malgré son expérience d’errant, le Crabe restait rarement indifférent aux sourires et charmes des jeunes femmes. L’étrangère était bien loin d’user de ces charmes, mais pourtant Lothar aimait cette grâce naturelle et inconsciente. D’une certaine façon, elle lui rappelait la douce Alison des terres de l’Orage, auprès de laquelle il avait noué une idylle éphémère, qui avait abouti à la naissance impromptue de Caleb, son bâtard de l’Orage. A ce moment précis, le Chevalier-aux-Crabes devait afficher une risette ridicule, qu’il s’empressa de faire disparaître de ses lèvres.


    L’étrangère enleva d’un geste souple sa cape de fourrure et vint s’asseoir derrière l’errant chevalier. Ce dernier posa sa tête sur le sol, et jeta un œil sur la jeune femme. Elle posa ses doigts sur sa nuque, lui intimant de ne pas bouger. Lothar se laissa faire, et ferma les yeux tandis que la brune reprenait la parole. Wyna. C’était ainsi qu’elle s’appelait. L’originaire de Pince-Isle resta silencieux durant les précautions d’usage qu’elle lui assénait. Il était véritablement prêt à confier sa vie entre ces mains, car c’était ces mêmes paluches qui lui avaient déjà sauvé une fois la mise. « Merci douce Wyna, je me fie à votre parole et à vos conseils. Je me nomme pour ma part ser Lothar Celtigar, Chevalier-aux-Crabes de la lointaine Pince-Isle, et aventurier à mes heures perdues. » Le chevalier ouvrit les yeux et présenta un sourire quelque peu vaseux. La torpeur était encore présente, et il fallait avouer que la fièvre lancinante n’arrangeait pas les choses, surtout qu’il commençait à ressentir de légers frissons.



Comme si la guérisseuse avait senti l’état du chevalier, elle l’enveloppa de sa cape en fourrure. L’odeur était forte, et Lothar frisa le nez l’espace d’un instant. Il n’y avait plus de doute possible, c’était bien du poil de loup. L’errant s’habitua rapidement à l’odeur, ses pérégrinations à travers Westeros ayant confronté ses sens à bien pire flagrance musquée. Quand la Wyna en question reprit la parole et lui expliqua les faits de son sauvetage, un éclat de rire prit le chevalier. Cette petite avait du caractère, et un humour bien trempé comme il les aimait. Mais le simple fait de rire lui procura de nouveau une douleur abdominale, et il finit son rire en toussant comme un pestiféré. Il roula sur le côté pour cracher sur le sol. « Saloperie de poison… » grogna-t-il.


    La guérisseuse massa plusieurs minutes la nuque et les muscles affaiblis du chevalier, ce qui participa grandement à évacuer sa douleur et sa tension. Cette dernière se releva soudain, et prit la direction de Sac-à-Malice, tout en assurant au chevalier que toutes ses affaires s’y trouvaient. Lothar esquissa un sourire et s’apprêta à remercier la donzelle, mais cette dernière insista pour lui amener ses sacoches pour montrer sa bonne foi. « Je vous fais totalement confiance ma chère, et je vous remercie une nouvelle fois pour votre intervention. Je vous l’avoue, plus que ma mort, le vol d’un de mes objets aurait été pour moi une honte éternelle, qui m’aurait probablement suivie jusqu’aux Sept Enfers… » Lothar lui lança un regard doux et sincère, et posa sa paluche calleuse sur l’une des sacoches. « Certaines choses ont plus de valeur que notre propre vie, que nous le voulions ou non. » Le Chevalier-aux-Crabes avait laissé tomber cette dernière phrase d’une voix éthérée, presque lointaine. Il pensa à son père, lord Humphrey, qui lui avait inculqué les valeurs des Celtigar et l’importance des objets ancestraux. Il l’imaginait presque pleurer plutôt sur la perte de Fend-les-Eaux, la relique familiale, que sur celle de son second fils. Le visage de Lothar s’assombrit un instant, et il se maudit d’avoir de telles pensées.


La douce brune s’éloigna de lui, et lui lança qu’elle allait chercher du bois pour le feu. Lothar tourna le regard vers elle, et la regarda s’éloigner. Son œil aiguisé remarqua une silhouette fine et agréable, et un déhanchement naturel presque hypnotique. Décidément, même dans un état déplorable, le chevalier de Pince-Isle ne pouvait manquer ce genre de détails. Lothar esquissa un large sourire avant de se tourner vers les sacoches en cuir que la rebouteuse avait laissé à ses côtés.

Carnets de notes, parchemins, cartes et autres babioles en tout genre étaient bien présents dans l’une d’entre-elle. Mais c’était surtout l’autre sacoche qui intéressait l’errant chevalier. En essayant de limiter les efforts inutiles, tout en gardant sur lui l’épaisse fourrure de loup, Lothar réussit à agripper la musette ciblée. D’un geste frénétique, il farfouilla dedans. Il sentit sous ses doigts la texture du cor familial, le cor des Krakens. Il le sortit et le contempla un instant, avant de se remettre à chercher. Sa main sentit le chiffon doux si familier, et un sourire éclaira son visage. Elle était bien là. Fend-les-Eaux, le trésor d’acier valyrien de la maison Celtigar. D’un geste souple, le chevalier la sortit du sac et la posa sur le sol. Allant à l’encontre des préconisations de la douce Wyna, il se mit tant bien que mal assis, reposant son dos sur une souche providentielle, et admira l’étole blanche au semis de crabes écarlates qui drapait l’arme légendaire. Doucement, il la déballa et le fer de hache valyrien, aux reflets irisés et légèrement bleutés, brilla dans la lumière du sous-bois.


    Des pas se firent entendre, et Lothar rejeta le tissu sur la hache. Mais ce n’était que la guérisseuse qui revenait de sa quête au bois mort. Le chevalier lui lança un sourire lorsqu’elle lui fit une remarque sur les chiens. « J’avoue ne pas y avoir pensé douce Wyna. Mais mon rythme de vie ne serait pas bénéfique pour ces pauvres bêtes. La plupart du temps sur les routes, ma lame au service des nobles et des plus démunis… Ce ne serait vraiment pas une vie pour un chien. » Lothar toussota, étouffant par-là même un ricanement. « Au passage, je vous aurais aidé volontiers pour allumer le feu, mais on va dire que je manque un peu d’souplesse en ce moment… Vous m’excusez, n’est-ce pas ? » Lothar afficha un grand sourire taquin. Malgré la douleur et la fièvre, il n’était pas question pour le Crabe de perdre son humour. Non mais.


Le chevalier observa la jeune femme entasser le tas de bois et jouer du briquet afin de lancer le feu. Ne sachant que faire, et limité par sa condition physique, Lothar observa allègrement la silhouette galbée de sa sauveuse. Ses yeux ne l’avaient pas trompé tantôt, la jeune femme était jolie et présentait un corps aux courbes agréables. Aucunes idées ne lui venaient en tête, il se prêtait juste à admirer une belle femme, chose qu’il appréciait, tout simplement. Voulant rompre le silence qui s’était instauré entre eux, Lothar reprit la parole.


    « Parlez-moi un peu de vous douce Wyna car, pour tout vous dire, vous m’intriguez. Voir une femme de votre condition – et n’y voyait-là aucune remarque moqueuse – manier les arts de la médecine et posséder la connaissance des plantes médicinales n’est pas donné à tout le monde. D’ailleurs, ce sont les mestres de la Citadelle qui possèdent ce savoir. » Lothar eut une pensée pour le vieux mestre de Fort-Tempête, un personnage qui l’a fortement inspiré au cours de son enfance. « Avez-vous appris votre science sur le tas ? En soignant par-ci, par-là ? Pardonnez-moi d’être si curieux, mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de croiser une personne telle que vous, et pourtant, j’en ai vu… » Le nombre d’originaux que le Crabe avait croisé au cours de ses pérégrinations était tel qu’il renonçait à les recenser. Mais la plupart du temps, ces rencontres étaient inoubliables, qu’elles soient positives ou négatives. Et la jeune guérisseuse l’intriguait réellement. « Au passage, j’ai quelques vivres dans mes sacoches, et y’en a bien assez pour nous deux. Surtout que… » Lothar afficha un sourire pendant qu’il farfouillait dans ses sacoches. « Je vous le dois bien. » Le chevalier lança à Wyna deux miches de pain et un fromage entamé, qu’elle attrapa au vol. « Au fait, ne me dites-pas que vous habitez dans la forêt ! Si ? Je suppose qu’il y faut une sacrée cabane et une bonne dose de débrouille et de courage pour vivre là-dedans toute l’année… » Lothar était dans les banalités, mais dans son état, il ne pouvait faire plus. Et puis, mine de rien, cela contribuerait à en savoir plus sur la mystérieuse Wyna.
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Message Lun 17 Juin 2013 - 8:25

Wyna fut surprise que cet homme fusse calme. Hey bien. Pour une fois ! Les autres ne pouvaient-ils pas prendre exemple sur celui là ? Quoi qu'elle n'était pas non plus bêbête, elle avait bien vu dans la lueur de ses yeux qu'il n'était pas ignorant dans les arts de la séduction. Le mâle humain était une bien étrange créature parfois. Elle lui sourit vaguement en haussant les sourcils, préparant le feu. Les étincelles commençaient à faire fumer le foyer sur l'humus. Il ne faisait pas très chaud et bien que les épaules de la petite brune fussent dégarnies, elle ne frémissait pas. Elle avait l'habitude. Elle aimait même le vent et la pluie, enfant des cieux et de la terre , faite pour vivre dans le désordre et ordre naturel sans se poser de questions, elle suivait les saisons par le sang et l'instinct. La fumée s'enroulait dans ses mèches sombres comme une caresse de la nature en remerciement de ses attentions. Elle ne cillait pas sur ce qu'elle sentait, l'odeur ne lui piquait pas le nez, ce n'était que bois brûler et les flammes jaillir doucement de ses mains , entre les brindilles, les lueurs endiablées se reflétant dans ses pupilles dilatées sous la baisse de lumière, mais se rétractant dès qu'elles l'eurent atteintes. Douce chaleur, cadeau des dieux , flambez, flambez, jusqu'à ce que votre dernier souffle nous réchauffe les sangs. Les hommes pensaient tout posséder mais la nature ne les avaient jamais lâché... Les poisons , la nourriture, leur monture, le jour et la nuit , le vent , les tempêtes de neige, les maladies... autant de cadeaux et de punitions qu'ils méritaient ... En pensant à leurs dieux sans penser que ce puisse n'être que les lois de la nature qui leur rappelle qui étaient les mettre. Tu étais poussière , tu redeviendras poussière. La nature donne et récupère. Un équilibre qui peu importe les évolutions se vaudra toujours. Et plus l'irrespect sera grand , plus la punition serait terrible.

- Rien n'a plus de valeur qu'une vie. Vous estimez cet objet ainsi parce que vous avez décidé de croire en une chose qui est votre mais la nature n'en aura que faire.... Je n'ai jamais eu la même conception que les autres là dessus. L'argent ne m'intéresse pas. Ce qui compte c'est ce qu'on apporte aux autres... Un objet se remplace aussi précieux soit-il... Il est quantifiable en valeur... Une vie n'a pas de prix. Même le pire des salauds doit vivre, pour l'équilibre des choses. Sans le noir on serait pas ce qu'est le blanc. Sir... J'ai vu ça souvent ... Au risque de vous choquer, je ne suis pas croyante... hormis en la nature... En l'équilibre des choses. J'ai toujours pensé que croire en une personnification définie d'une puissance qui nous dépasse n'était qu'une manière évidente de l'homme à na pas assumer ses responsabilités... Si un malheur arrive, ce sont les dieux qui punissent... Si on désire quelque chose , on prie , et on prie ... l'espoir est important mais pas de cette manière. Si un homme meurt sous votre main, ce sont vos dieux qui l'auront voulu? Quelle douce manière de fuir ses actes... Je ne vous accuse pas, vous avez l'air d'un homme bon et dévoué aux causes des innocents...donc n'y voyez là aucune offense, je suis juste parfois en colère contre les hommes... ils sont devenus tellement lâches et superficiels... et pourtant je m'attèle à tous les sauver ... bons ou mauvais... Ce n'est pas à moi de décider qui doit mourir ou vivre. Mais je respecte néanmoins vos croyances.

Ce mot "douce wyna " lui faisait quelque peu grésiller les oreilles, mais elle ne dit rien. On lui disait souvent ce genre de choses. Elle devait être plus douces que d'autres femmes, et puis ces hommes étaient bien plus souvent l'épée à la main à prendre des coups, qu'à se faire approcher doucement. Les flammes dansaient lentement dans ses iris claires et à mesure que le soleil effaçait sa lumière dans les cimes tordues des bois, le visage de Wyna prenait les couleurs chaudes du feu qui grossissaient. La nuit était pour bientôt. La petite brune inspira tranquillement et attrapa les miches et le fromage. Elle sortit un couteau aux manches osseux sculpté, et à la lame de plus de 20 cm, rutilante et finement forgé: le couteau que lui avait offert son maitre. Un merci gentil et un sourire parvinrent à Lothar alors qu'elle s'affairait à couper la maigre victuaille en tranche épaisse. Elle sortit de sa besace des tranches de viande de sanglier séchées, enroula la part de repas dans un linge propre pour se lever et l'apporter à son vis à vis. Elle s'assit à ses cotés, en tailleur , découpant la suite. Puis elle ouvrit sa sacoche et sortit une gourde de peau , assez vieille, d'environ 3 litres, rempli d’hydromel et la laissa à disposition, jetant un peu plus dans le feu. Un hurlement se fit entendre au loin , vers les sommets ... Elle tourna les yeux . Les loups.

- Ne vous en faites pas, j'aurais refusé votre aide de toute façon si vous avez voulu m'aider. Il faut manger. La nourriture va aider votre corps à absorber ce qu'il reste de poison. et...

Elle découpa un morceau de viande calmement , avec une facilité déconcertante. Ce couteau devait être diablement aiguisé. Il l'était. Et certains loups et gueux adeptes des tentatives de viols en avaient fait les frais. 

- Vous êtes trés curieux pour un homme. Et bavard... , sourit-elle en découpant un morceau de pain. Vous n'êtes pas le premier à me demander, ou à être étonné. Je suis l'élève d'un mestre déchu ... Il a eu l'audace d'aimer un autre homme... Quelle idiotie de priver un homme de son droit d'aimer et de se faire plaisir... Vos nobles ont des coutumes et des lois étranges parfois. Il m'a tout appris... et je compte bien continuer son travail, même si votre monde est misogyne. *sourire triste* C'est paradoxal... Vous ne voulez pas de grand maître féminin, et vous préférez pourtant les soins d'une main douce que d'un vieux grincheux qui prétend tout savoir... Avez-vous peur que l'on vous détrône?

Tout ceci était dit gentiment. Comme d'habitude , Wyna disait ce qu'elle pensait comme une enfant, avec la maturité d'une femme. Pourquoi cacher les choses quand elles sont là? Pourquoi ne pas dire ce qu'on pense ? Il n'y a que ceux qui ne s'assument pas, qui ont des secrets ou ont des choses à se reprocher qui n'aime pas la vérité. Certes, elle fait parfois rougir, parfois mal , parfois on en pleure, ou on est en colère... mais souvent, le soulagement vient avec. Au moins on sait. C'est mieux que de vivre dans le mensonge. Certains sont entourés de mensonges toute leur vie... Et quand ils apprennent ces vérités... Ils ont vécu pour rien, et c'est ce qu'il y a de pire. Wyna était adepte du : l'humain est un abruti. Et l'exception confirme la règle, à savoir un léger pourcentage qu'il concevait d'accepté dans son entourage fébrile. Au fond , si on regarde bien , on peut compter pour autrui mais le seul et l'unique pour lequel on sera indispensable sera notre moitié et cette chose était encore plus précieuse que la vie elle-même puisqu'il s'agissait, dès que cette moitié existait, de deux vies... Même les enfants finissent par partir... mais cette moitié là ... elle... vous suivait même dans la mort...

- Je ne vis pas à coté. J'étais de passage. Le maitre de cette auberge me fournit en un mélange précis qui m'est utile.

Un bruit se fit entendre derrière eux. Elle tourna le visage, plissant les yeux. Ils étaient là. Le cheval piétina un peu. Elle se leva , sorti un boule de tissu défoncé de sa besace, imprégnée de graisse de cochon. Elle s'agenouilla à coté du feu, et prit le tas de bois qu'elle avait fait à coté de celui pour le feu. 6 petit piquet , des grosses branches humides et solides. Elle en entoura les bouts de tissu poisseux et les fit flamber dans le feu pour qu'ils se transforment en torche. Cela tiendrait le temps que les loups passent leur chemin. Elle se leva ensuite.

- Et vous que faites-vous ici?
demanda-t-elle en s'éloignant tranquillement vers le cheval pour faire un périmètre de 4 mètres tout autour avec des torches, puis câlina le chanfrein de l'animal pour le rassurer. Ils n'approcheront pas de cette manière. 

- Vos chiens sont aussi nobles que vos poulettes de cour j'ai l'impression, rit-elle légèrement. Je pensais à un chien dressé, un tueur de loup. Il y en a dans la région. Ils sont capables de parcourir plus de miles qu'un cheval par jour, de défendre leur maitre au péril de leur vie, il mange ce qu'on leur donne, savent éviter les épées et sentent le danger. N'avez-vous donc jamais connu ce genre de chiens? Ils en vendent dans le village à 1 heure de marche d'ici. Ils sont grands et magnifiques. Vous devriez y aller faire un tour. Dès que j'aurais les moyens je m'en procurerais un.

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Message Mer 19 Juin 2013 - 23:18

Quand la jeune femme lui déballa sa façon de penser sur la religion, l’errant chevalier esquissa sans s’en rendre compte un large rictus. Malgré sa condition de chevalier et ses vœux prononcés sous le couvert des Sept, on ne pouvait pas dire qu’il était quelqu’un de pieux. Élevé dans une maison qui attachait plus d’importance à la navigation, à l’histoire et aux artefacts anciens, le chevalier de Pince-Isle n’avait jamais véritablement apporté de crédit à ces entités divines imaginaires. D’ailleurs, ils les avaient « honorés » à sa façon, en rompant à de multiples reprises ses vœux de chasteté hors-mariage, et en ayant des fils illégitimes, des bâtards. Il n’en éprouvait pas de réels remords, excepté l’opprobre qu’il pouvait jeter sur sa famille. La reconnaissance, plus ou moins fatidique, de l’un de ses bâtards avait déjà causé du tort à sa maison, mais pire encore, avait déçu certains de ses proches. La famille s’en était relevée, mais Lothar faisait désormais attention à ne pas étaler ses frasques et sa façon de penser au premier quidam venu. En effet, au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses découvertes, il s’était créé sa propre philosophie de vie, sa propre façon de percevoir la société. Découvrir par soi-même la dure réalité du monde qui les entourait, bien loin des extases et utopies des Sept, faisait relativiser sur la religion et ses vœux grandiloquents. Des déités bienveillantes ? Mon cul oui ! Où étaient-ils aux Champs d’Herberouge ? Et pendant la révolte du Roi-Vautour ? Et les meurtres quotidiens de Port-Réal ? Connerie… Le chevalier avait déjà évoqué le sujet à multiples reprises devant des compagnons de route ou de passage, mais rares étaient ceux qui reniaient totalement les Sept, comme si une épée de Damoclès restait perchée au-dessus de leurs crânes, prête à frapper si on proférait le blasphème !  

Toujours est-il que le chevalier s’amusa de la façon de penser de la guérisseuse. Sa véhémence et son naturel lui faisait penser, d’une certaine manière, à lui-même. Cela était curieux, mais le contentait. Il s’amusa à penser qu’au détour d’une route, d’un chemin, l’on ne savait pas sur qui on allait tomber, sur quelles rencontres l’on allait faire, ni si ces dernières allaient nous envoyer dans la tombe ou nous sauver des Sept Enfers – ou du moins, ce qu’il y avait après la mort, si tenté qu’il existait réellement quelque chose… Étouffant un grognement de douleur, le Celtigar se tourna vers la jeune femme. Les lueurs dansantes du feu se reflétaient sur son visage, accentuant ces traits et ces contrastes, lui donnant une allure presque solennelle. Le chevalier esquissa une risette.


    « Vous ne me choquez point douce Wyna. Moi-même, je ne suis guère ce que l’on pourrait appeler un modèle de piété… Et, je vais peut-être vous étonner, mais je vous rejoins sur votre façon de penser. La religion n’est qu’un exutoire, une manière pour l’homme de s’appuyer sur une entité supérieure afin de cautionner le moindre de ses actes. Une guerre sanglante faisant des centaines, voire des milliers, de victimes civiles et innocentes ? Ce n’est pas dramatique, c’était une guerre pour les Sept, cela est pardonné. Foutaises… » Lothar cracha une énième fois, avant d’être pris d’une nouvelle quinte de toux qui tordit son ventre de douleur. Il reprit la parole, ne cherchant même plus à cacher ces grimaces de souffrance. « J’ai peut-être prononcé mes vœux sur les Sept, mais ils ne m’ont jamais aidé pour quoi que ce soit, et c’est tout aussi bien. Je n’ai ni besoin d’eux, ni besoin de leur sollicitude ou de leur miséricorde, et ce, même s’ils existaient. » Le discours était brutal, amer et sans appel. Lothar n’avait ni la force ni l’envie de nuancer ses propos. De toute façon, à quoi bon mesurer la vérité ?


Après avoir attrapé les victuailles qu’il lui avait lancés, la jeune forestière vint s’asseoir en tailleur à ses côtés. Lothar repéra instantanément la gourde en peau, et se servit allègrement. L’alcool de miel ruissela dans sa gorge, et la chaleur qui en exulta fut pour lui d’un réconfort certain, autant qu’une véritable félicité. Les frissons qu’il ressentait depuis plusieurs minutes semblèrent s’atténuer après plusieurs lampées du doux breuvage alcoolisé, et Lothar fit un clin d’œil à sa guérisseuse pour la remercier. Sans ajouter un mot, le chevalier suivit les conseils de cette dernière, et entreprit de mâchouiller plusieurs tranches de sanglier séchées. Couplées à un morceau de frometon et des goulées d’hydromel, les tranchettes de viande passèrent toutes seules.


    La brunette reprit la parole après avoir grignoté. Ainsi, elle était l’élève d’un mestre, déchu pour avoir aimé un homme. Ce détail ne surprit pas outre-mesure Lothar, c’était même chose presque courante dans le lointain Essos, du moins si l’on en croyait certains ouvrages et témoignages exotiques. Un jour d’ailleurs, il lui faudrait voyager au-delà du Détroit, et découvrir par lui-même les merveilles du Grand Est. Mais dans l’immédiat, la question n’était pas là. Lothar acquiesça doucement devant le discours amer de la jeune femme qui critiquait la société profondément misogyne. Il sourit à sa comparaison du vieux mestre et des mains douces. « Je ne compte plus les fois où j’ai dû remettre à sa place un maraud violentant une femme, ou encore les pignoufs prenant plaisir à insulter leurs femmes… Malheureusement, la société est telle qu’on ne peut prétendre à la transformer. Lors de mon adoubement, il y a de cela plus de dix ans, j’avais dans l’idée de refaire le monde, de voyager partout pour transmettre ma bonne humeur et ma joie de vivre. » Lothar laissa échapper un rire amer et but une gorgée d’hydromel. « J’ai rapidement déchanté devant la réalité de notre société… » Le Chevalier-aux-Crabes releva soudain la tête, et fixa la jeune Wyna dans les yeux, un sourire en coin sur les lèvres. « Pourtant, notre monde n’est pas pour autant pourri. Il y a encore, ici-et-là, éparpillés dans les Sept Couronnes, des personnes qui en valent la peine. Et savoir cela, s’en convaincre, me permet de sourire tous les jours et de continuer avec encore plus d’entrain ma route. » L’errant adressa une nouvelle fois un de ses sempiternels clin d’œil amical à la guérisseuse et finit en une bouchée un morceau de viande qui traînait là.


A la question de son foyer, elle resta évasive et se contenta de répondre qu’elle n’habitait pas le coin. Lothar ne lui en voulait pas, elle ne le connaissait que depuis peu et elle devait sûrement être habitué à des mufles ou des gueux peu recommandables. Le chevalier avait beau aimer le dialogue et faire confiance facilement – un peu trop d’ailleurs – ce n’était pas le cas de tout le monde, et il le comprenait fort bien. De toute façon, c’était seulement par curiosité, et la jeune Wyna avait parfaitement le droit de cacher son lieu d’habitation. Cette dernière lui retourna d’ailleurs la question. Il essuya son front couvert de sueur avant de prendre la parole.


    « Comme vous l’avez peut-être deviné, je suis un chevalier errant, allant au gré de mes envies sur les routes des Sept Couronnes et proposant ma lame et ma verve à tous ceux qui en ont besoin. Je ne recherche ni la gloire, ni l’argent, mais considérons que j’essaye de rendre ce monde un peu meilleur, enfin à ma manière. Je suis actuellement au service de la maison Vance d’Atranta, plus au sud de la région. J’enquête sur une bande de criminels sévissant dans le Conflans depuis quelques mois déjà, et j’allais à la pêche aux informations auprès des maisons nobles du nord au moment même où vous m’avez trouvé. D’ailleurs, vous en avez peut-être entendu parler. Ils se sont fait connaître du côté de la Ruffurque pour des braconnages illégaux, mais pour les avoir affronté une fois, ils forment une bande plus conséquente qui passe entre les mailles des autorités – du moins pour le moment, je compte bien faire payer ces paltoquets… » Lothar repensa à l’embuscade qu’il avait essuyé avec lady Velanna Vance et son compagnon de route, ser Mathis Brune, quelques mois auparavant. Cela s’était soldé par une Velanna au fond d’un trou et un Mathis grincheux avec une flèche dans l’épaule. Rien de bien glorieux en somme. Ces couards allaient payer leurs crimes.

 

Se redressant un peu plus pour se caler sur la souche d’arbre, il avisa le manche de sa hache familiale qui y dépassait. Il fut tenté de la ranger, mais une poussée de fièvre le fit frissonner et il tira la houppelande en peau de loup vers sa poitrine. Foutu poison… Il resta silencieux en écoutant la jeune Wyna vanter les mérites d’un chien dressé. Lothar sourit devant la passion qui animait la jeune femme. Malgré son caractère bourru et ses manières, elle avait un petit quelque chose d’attachant, doublé d’un minois charmant. Cette rencontre impromptue et salvatrice était pour l’errant chevalier un réconfort, comme ce petit feu dans la nuit naissante. Au-delà du fait qu’elle lui avait sauvé les miches, Wyna faisait partie de ces personnes atypiques, insoupçonnés personnages des Sept Couronnes, qui donner un certain sens aux voyages de l’originaire de Pince-Isle. La plupart du temps, Lothar n’oubliait pas ses rencontres, forts en rebondissements et enrichissantes.


    Ressentant le vent se lever avec la nuit tombée, Lothar retira la cape de loup et la tendit à Wyna. « Reprenez-donc votre habit Wyna, ne vous donnez pas le mal de tomber malade pour aider le Crabe que je suis. Je me contenterai de ma couverture de selle. » Inspirant profondément, le chevalier réussit à se mettre sur son séant, et s’apprêta à se lever en maugréant. Il s’attendait à recevoir les foudres de la guérisseuse incessamment sous peu, mais un bruit les interrompit. Un bruit de broussailles qu’on écrase. Un bruit lourd, qui se rapprochait. Loin dans la nuit, les hurlements des loups s’éloignaient. « Qu’est-ce donc… ? » Malgré sa faiblesse physique, le Chevalier-aux-Crabes attrapa maladroitement sa sacoche et souleva sa hache d’acier valyrien. L’éclat du fer bleuté brilla doucement à la lueur des flammes, tandis que le boucan se rapprochait. Une sorte de grondement, se fit entendre. Était-ce un grognement ? Si cela l’était, la bête semblait imposante. « J’ai comme l’impression que nous n’allons pas avoir affaire à un loup chère Wyna... »
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Message Ven 21 Juin 2013 - 18:31


- La guerre des Sept ...

Dit en un murmure douloureux, ravivant aussi tous les souvenirs douloureux de ceux qu'elle avait vu périr sous le fer ou la maladie. Certes, elle n'avait pas été sur le champ de bataille, ni pansez les braves qui croyaient naïvement que des entités crées de toutes pièces pouvaient leur sauver la couenne. Malheureusement , les plus jeunes tombaient souvent... les plus jeunes, les plus vieux et les plus fous. Seuls les plus puissants, les plus malins et les plus patriotes à la rage ancrés au ventre se relever et osaient braver le destin , parfois même les dieux qui avaient pourtant décidé de leur fin. Maudit soit les religions et leurs croyances pseudo pacifiques. Personne ne sauverait l'homme. Il devait se sauver lui même. Et s'il ne mourrait pas, c'était que l'équilibre de la vie et de la mort estimait qu'il devait rester en vie, même s'il avait été blessé. Wyna le voyait comme ça. Son sang commençait à bouillir dans ses veines à force. Elle n'en pouvait plus de rester terrer dans ce trou que lui imposait le mestre devenu possessif. la raison l'y tenait mais ses envies lui faisaient mal au ventre. Elle avait envie de vivre. De se sentir vibrer. Elle y avait un peu droit mais pas assez. Ses pupilles toujours vives le montraient sous ses mains calmes et habiles. Elle n'avait pas fait pour la vie de femme au foyer. Elle détestait la routine et plus encore la plupart des adultes. Tellement faux et agaçants, dont les principes n'étaient qu'un léger drap pour masquer toute cette ignominie dont ils faisaient tous souvent preuve. La terre vibrait sous ses pas , le vent lui parlait , les animaux la ressentait mais les hommes, eux ... ne lui procuraient aucune sensation ou presque. Sauf le peu d'aventuriers ou de gens dans le besoin qu'elle croisait. Pour accepter cette présence ou venir la chercher, il fallait déjà passer au dessus de certains préjugés de ces temps. Cela faisait le ménage naturellement.

- Il n'y a même pas besoin de guerre pour voir les malades et les blessés tomber....Et quand l'homme s'ennuie, il dresse des potences et trouve des excuses à des accusations. Les criminels devraient être exécutés en silence dans la honte et l'oubli... Et non comme des animaux... En faisant ça , ils ne valent pas mieux qu'eux... N'ont-ils aucun honneur...? Parfois je me demande qui est le pire... Le gueux sans éducation, ou le noble bien sous tout rapport...

So ton était froid, intransigeant. Sa jeunesse et la sagesse dont elle faisait preuve faisait souvent froncer les sourcils d'étonnement. Elle n'était pas commune, étrange, avec des proverbes coupants plein les lèvres et un réalisme des choses qui pouvaient se demander si elle était vraiment heureuse. Elle l'était. Mais ses avis tranchés sur la vie, sa valeur et la stupidité cupide de l'humain , son besoin de sadisme, de s'occuper par des actes malsains et toujours plus scandaleux ne faisaient que la convaincre qu'au final , les Fer Nés n'étaient pas pire que ces hommes de l'est là... qui se toisaient d'or et de bravoure, mais qui se pissaient dessus devant un Fer Né de deux mètres en priant les Sept.

- Je ne veux pas refaire le monde. Juste panser ses plaies. Le monde est comme un corps. Le jour où son sang cessera de couler, qu'il sera vide...ce sera trop tard... Et je ne suis pas de celle qui reste spectatrice. Peu m'importe de l'arranger ou non... Je ne suis pas si naïve... Je veux juste panser ses plaies.

Cet homme était bon. Elle l'avait senti quand elle était passé à coté de lui. Elle ne s'était pas tromper en le sauvant. C'était une bonne chose de faite. Il pourrait reprendre sa route et faire ce qu'il avait toujours fait : Essayer de changer les petites choses, aller en aide à la veuve et l'orphelin. Elle avala un morceau de viande et son regard se stoppa un peu sur le feu , la nuit se faisant pesante mais on voyait. La lune était là, à les scruter avec attention, comme s'imiscant dans leur conversation. Ah... misère, devait-elle lui répondre ou non. Elle soupira et regarda sa lame de couteau , dont le manche était bien taillé et inoxidable. Un petit bijou.

- Ils ne sont plus vers la Ruffurque.... La dernière fois que je les ai croisé... je revenais de Herpivoie...J'ai du soigner deux vieilles femmes détroussées après avoir attendu leur départ... ils allaient vers la frontière du Val d'Arryn. Je ne sais même pas s'ils appartiennent à une tribu des montagnes de la Lune. Je ne peux pas vous en dire plus là dessus.

Au moment où elle finissait ces mots, elle sentit la cape retomber lentement sur ses épaules. Elle le regarda en coin. Ce qu'ils peuvent être obstinés et fiers ces hommes...Ils ne pensaient même pas qu'elle fasse ça pour leur bien, et d'un point de vue réellement médical. Elle espérait que cette fameuse couverture qui sentait le canasson allait lui réchauffer suffisamment les entrailles, bien qu'il se remette rapidement et c'était une bonne chose quelque part mais le corps avait quand même un peu imbibé de poison. L'oreille de la petite brune entendit les bruits diminuer derrière eux mais ne dit rien. Les loups devaient avoir trouvé une autre cible. Puis les hurlements au loin.. les loups. Toujours mais Wyna tourna légèrement la tête. Ces hurlements... de regroupement... d'appel. Pourquoi s'étaient-ils éparpillés pour ensuite se regrouper sans raison apparente... Avaient-ils fui quelque chose? Qu'est-ce qui pouvait effrayer un loup. Une meute de loups... Il y avait peu d'animaux ou d'être capables de rivaliser avec ces prédateurs , et qui plus était la nuit. Un bruit reprit. Wyna se redressa et son regard bleu se plantant dans les fourrés. Lothar aussi l'avait perçu sans l'identifier. Des feuilles bougèrent. Un souffle lourd... Wyna posa sa main sur le sol, sentait le sol vibrait légèrement ... mais qu'est-ce qu'il faisait là... Elle se releva , enfila sa besace et retira sa cape pour s'approcher doucement du cheval ... elle l'enveloppa de la lourde cape de fourrure de loups, le regard toujours rivé vers l'ombre derrière les fourrés qu'on ne distinguait pas encore. Ses gestes étaient lents. Il s'était égaré. Il devrait être dans le Nord le bougre. Cela arrivait parfois quand les proies les menaient plus au Sud ou que l'hiver se faisait trop précoce perturbant leur hibernation.

- C'est un ours... Ne bougez pas...

Elle en avait rencontré plus d'un , et ils étaient plus facile à semer que les loups. Elle courait vite , une vraie ombre et savait se faire muette et feuillage. C'était la principale raison pour laquelle elle était encore en vie.

- Votre épée ne sera d'aucun recours... du moins pas là...

Le cheval piétinnait en émettant des sons rauques, des débuts de hénissements, le globe blanc en visuel, il paniquait. Mais l'ours ne l'approcherait pas, il le prendrait pour un loup gigantesque. Et l'animal ne serait pas fou. Il avait faim mais pas en face d'un tel animal. Wyna recula un peu et se posta à coté de Lothar.

- Vous n'êtes pas en état...

Et là , la tête de l'ours apparut derrière l'arbre. Le regard noir, lourd, pesant , la babine mouvante et bavante. Il avait senti la nourriture. Et contrairement aux loups, la plupart des ours n'avaient pas spécialement peur du feu. Il n'était pas rare que les brigands se fasse expulser d'un campement par un ours affamé qui venaient piocher dans leurs provisions pour ensuite partir. Wyna se pencha et prit le torchon de nourriture dans la main , sans lâcher la bête du regard. Oh mazette qu'elle n'aimait pas faire ça. C'était une des choses qu'elle ne supportait pas, être courser. Mais ça repoussait ses limites et quelque part c'était une bonne chose. Elle plissa les yeux lentement et agita le torchon. Un grognement se fit sourd et l'animal sortit du bosquet. Nom de dieu. Il était énorme. Et noir. Bien noir avec une tâche brune en biais de la gueule. Un coup d'épée passé probablement. Cela ne faisait que renforcer l'idée, qu'il se foutait bien des humains, il prenait ce qu'il voulait et s'y attaquerait sans problème si le besoin s'en faisait ressentir. Un gros mal. Et il avait l'air d'avoir la dalle. Wyna se décala.

- Ne bougez pas.

C'était un ordre clair et sec, sa voix s'était faite plus grave et nette. Savait-elle ce qu'elle faisait au moins ? L'ours commença à avancer vers elle... Oh merde... Non , elle ne savait pas du tout ce qu'elle faisait en fait , mais elle le faisait!! Elle ouvrit de grands yeux quand l'allure de l'ours changea et prit ses jambes à son cou. Ses pieds aux chausses souples épousèrent avec rapidité les cailloux , propulsant sa silhouette fine entre les arbres avec un léger : " ahhhhh ...! " un peu irrégulier de celle qui va se faire croquer la miche , et qui n'a rien calculé. C'était assez comique et inattendu en soi. L'ours se lança lourdement et puissamment derrière elle, sans aucun scrupule , toute masse et sa fourrure se mouvant avec une violence qui ne laissait aucun doute à ce dont il était capable. Wyna voyait les troncs défiler , s'arrangeait pour ne pas aller droit et passer dans les endroits denses. Son souffle commença à se distinguait et la nuit se refroidissait laissant des nuages de vapeurs blancs, sortir de sa bouche et des naseaux de l'ours. Tous ses sens étaient en alerte. Elle s'arrêta à un moment , n'entendant plus rien. Quoi? Il était revenu en arrière ? Elle courut sur ses pas, et il surgit d'un coup au détour d'un rochet. Elle échappa un hurlement en dérapant sur le sol , tomba sur la hanche dans les feuilles et se mit à pédaler dans l'humus humide pour récupérer un semblant d'appui. L'animal planta ses griffes dans la robe et elle attrapa une pierre pour lui balancer violemment dans la tête en gueulant de rage , puis un coup de pied, un deuxième , et s'en détacha mais évita une deuxième patte qui arrivait sur elle, roulant sur le coté, se heurtant à une roche imposant. Ah non! Elle reprit sa tentative pour se relever et réussit mais l'ours lui balança un coup de pattes mal accés en plein dans les cuisses qui l'envoya sur la gauche avec violence, derrière la pierre. Elle perdit l'équilibre et se bouffa un arbre dans le buste et la tête. Lèvre coupée et elle allait avoir un bleu sur la joue. Merdouille de crotte de mule, ça ne devait pas se passer comme ça. Et puis la poitrine ça mal mince!!! Elle se releva une main sur la bouche , se protégea de l'arbre que l'ours essaya d'attaquer dans sa fureur. Les souffles, gémissements de la jeune femme, les grognements et rugissements la bête, les chocs , tout se mélangeaient . Elle avait peur là , mais la douleur la rendait hargneuse et son instinct de survie était plus fort que tout.



Dernière édition par Wyna le Mer 26 Juin 2013 - 9:24, édité 1 fois
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Message Lun 24 Juin 2013 - 23:17

Le bruit de broussailles et de branches que l’on écrasaient se faisait de plus en plus entendre, indiquant que la chose, quelle qu’elle soit, se rapprochait du campement improvisé de la guérisseuse et du chevalier. Ne s’y connaissant peu en faune, Lothar était incapable de reconnaître l’animal qui tendait à se rapprocher, d’instant en instant, mais il était presque persuadé que ce n’était pas du ressort de loups. Et puis, l’agitation qui s’entendait semblait provenir d’une bête isolée, et non d’une meute. Et les loups attaquaient rarement, voire presque jamais, seuls. Il en avait déjà fait les frais plus d’une fois, et commençait à connaître cet animal.

La jeune brune ressentit le danger, et se releva doucement, ces sens aux abois. Elle prit machinalement sa cape en fourrure de loup, et s’approcha discrètement de Sac-à-Malice, la douce monture du chevalier. Celle-ci semblait nerveuse à l’approche de la bête tapie dans les bois, à quelques mètres d’eux. Oui, seulement à quelques mètres, même Lothar le ressentait. Un grondement faible, mais sourd, s’entendait non loin, et le bruit dans le sous-bois s’était tût. L’animal était en train de les observer pour sûr. Lothar crispa sa main sur la poignée sculptée de Fend-les-Eaux, repoussa de l’autre main la sueur que sa fièvre latente prenait un malin plaisir à générer, et tenta d’être aux aguets. Le chevalier reporta son regard vers la jeune Wyna : celle-ci venait d’habiller le destrier du Celtigar de sa cape de loup. Pourquoi faisait-elle ça ? Était-ce une sorte de camouflage ? Ou… Lothar esquissa un léger sourire. Si c’était bien ce qu’il pensait, cette dernière agissait avec circonspection et intelligence et protégeait ce qui pouvait être l’une de leur chance de repli si la suite des évènements tournait mal. La jeune femme vint se repositionner à ses côtés et lui fit comprendre d’une voix sèche qu’il n’était pas en état de combattre. Mais comme à son habitude – mais aussi, il fallait l’avouer, par simple fierté – le chevalier grogna. « Oui oui, je sais. Mais si vous croyez que j’vais rester sur mon cul pendant que vous ferez face à cette maudite créature – quelle qu’elle soit ! – eh ben vous vous trompez lourdem… »

Un craquement plus sec – et surtout bien plus proche ! – se fit entendre soudain, à une dizaine de pieds de Lothar, ce qui eut pour effet de le faire taire instantanément. Ses lèvres se tordirent en un rictus peu amène et peu rassuré. Il tourna doucement la tête et le vit. Là, à une demi-douzaine de mètres de lui. Un ours. Un énorme ours. Sa faiblesse semblait probablement accentuer les traits de la bête, et Lothar pensait avoir devant lui un ours gigantesque, d’une taille monstrueuse. Son rictus se crispa encore un peu plus, et ses doigts se refermèrent avec plus de force sur le manche de sa hache. Mais son regard se reporta immédiatement sur sa jeune sauveuse, qui était revenue à ses côtés, peu de temps avant l’arrivée de l’ursidé affamé. Son commandement fut sans appel malgré son chuchotement. Lothar s’apprêta à répondre, mais l’ours s’avança dans la clairière et fit face à la jeune femme qui s’était doucement relevé. Lothar ouvrit grand les yeux, et chuchota avec frénésie vers Wyna. « Mais bordel, restez assise ! Wyna ! Qu’est-ce… »

Et soudain, tout s’accéléra. La forestière avait chopé le torchon comportant les restes de leur repas et s’élança brusquement dans la forêt environnante, plus dense. Immédiatement, l’ursidé, rageur, s’élança à sa suite, et la poursuite s’engagea. Le chevalier de Pince-Isle resta bouche-bée l’espace d’une demi-seconde. Tout c’était passé si vite que cela ne semblait pas réel pour le Celtigar. Mais cette pensée s’arracha rapidement de son esprit. Il tenta une énième fois de se relever, tout en criant. « Wyna ! WYNA ! Bordel, revenez ! WYNA ! » Forçant sur ses membres engourdis à s’en faire péter les veines, se tenant sur la souche ainsi que sur sa hache pour se relever, l’errant finit par être sur ses deux jambes flageolantes. A cet instant, une nouvelle poussée de fièvre apparue, et le paysage valsa une nouvelle fois tout autour de lui. L’espace de quelques instants, Lothar ne vit qu’un imbroglio de trainées flamboyantes, source du petit feu encore vigoureux. Mais rapidement, sa vue se stabilisa et le chevalier, armé de sa hache, tituba dans la direction qu’avait prise Wyna. « WYNA ! WYNA ! Rev'nez bon sang ! WYNA ! »

Lothar chopa la torche qu’avait délaissée la jeune guérisseuse et l’enflamma avant de s’enfoncer dans les bois. Malgré la course sinueuse de la forestière, le chevalier se fia aux bruits des feuillages et craquements des broussailles qu’il entendait plus loin. A cela se rajouta les cris étouffés de l’herboriste. « Raaah, saletés d’branches… J’ARRIVE WYNA ! » Malheureusement, cela était plus facile à dire qu’à faire. Pâlot, ruisselant de sueur à cause de l’effort – mais aussi de la fièvre – et titubant difficilement, le Chevalier-aux-Crabes peinait à avancer dans ce fouillis de végétation. La forêt n’était pourtant pas si épaisse, mais dans son état, chaque pas était un combat et chaque traversée de branchages était une véritable bataille. Reprenant son souffle contre l’écorce d’un arbre, Lothar puisa dans ses forces restantes et se força à courir. Enfin, trottiner car il ne pouvait faire plus. Mais disons que c’était déjà une avancée.

C’est ainsi que le chevalier de Pince-Isle allait clopin-clopant vers l’origine des bruits et des cris, sa « course » lui semblant durer une éternité. Et c’est là qu’il les vit : l’ursidé, enragé et déterminé, lacérait les arbres derrières lesquels s’étaient réfugié la jeune femme. Cette dernière, sur le sol, semblait mal-en-point. Mais au-delà de ça, sa situation était on ne peut plus chaotique et quais-désespéré. Crachotant par la poursuite effrénée qu’il avait menée, Lothar ne prit pas le temps de reprendre son souffle et attira l’ours en agitant sa torche. « Hey le gros pépère ! Ouais, toi ! Viens par-là mon gros ! Allez ! Allez viens ! » Le chevalier s’approchait doucement, les pas peu sûrs à cause de sa faiblesse générale. Plus il avançait, plus il se rendait compte que sa condition physique allait avoir raison de lui, avant même que l’animal à la taille monstrueuse ne se jette sur lui. L’ours se détourna de Wyna et s’approcha du chevalier, grognant et rugissant. « J’ai compris que t’étais de mauvais poil, ce n’est pas une raison pour me gueuler d’ssus nounours ! » Comme à son habitude et dans ces moments de stress intense, l’errant chevalier ne pouvait s’empêcher de dérider l’ambiance, même une aussi dramatique que celle-là. Il allait peut-être (probablement ?) mourir dans les instants qui suivraient, mais il s’en fichait totalement. Au moins, il aura tenté de sauver une demoiselle en détresse, comme le commandait son honneur.

Le colosse continuait à s’approcher dangereusement, s’éloignant par-là de la forestière. Lothar fit en sorte de reculer doucement pour accentuer la distance entre la bête et la jeune femme, tout en balançant des piques et des éclats de voix pour attirer l’ursidé. Sentant le moment propice, le Chevalier-aux-Crabes balança soudain sa torche dans le museau de ce dernier, puis se jeta sur le côté, atterrissant en boule sur un tas de feuilles mortes. La bête rugit de douleur et de rage, et se trouva momentanément aveuglée. Comme le chevalier s’y attendait, la créature se jeta dans la direction d’où venait la torche, et laissa donc un prodigieux créneau pour permettre au chevalier de s’occuper du dos de l’animal. Mais cela, c’était sans compter sur ses membres engourdis et affaiblis. Parce que là, notre Chevalier-aux-Crabes galérait à se remettre sur pieds, et la bête désorientée se rendit rapidement compte de l’absence de sa victime. Elle revint sur ses pattes et retomba sur l’homme à la hache, alors que celui-ci venait de se remettre debout.

Cette fois-ci, plus de tour de chauffe. L’ours s’élança toutes griffes dehors sur Lothar. Celui-ci, ne pouvant esquiver fit tournoyer sa hache. La bête hurla de douleur quand l’acier valyrien lui trancha une patte, mais sa seconde atteint quand même l’épaule du brave (ou fou) chevalier. La tunique en cuir renforcé permit d’amortir le choc, mais Lothar sentit tout-de-même une griffe lui entailler profondément la peau. Poussant dans ses derniers retranchements, l’errant chevalier contre-attaqua sans attendre la grande bête et lui porta un coup sur son buste, alors que celle-ci se relevait sur deux pattes pour sauter sur Lothar. L’effet fut immédiat et l’ours tomba sur le côté, rugissant et hurlant de douleur. Le bras du Celtigar faiblit, mais il l’arma de nouveau, prêt à entailler de nouveau la monstrueuse créature. Mais l’ursidé eut un éclair de lucidité et, après un dernier rugissement de rage, se traîna hors de la vue de Lothar, et s’enfuit à travers le sous-bois.

Et bien en était-il ! Si l’ours s’était encore débattu, Lothar n’aurait pu contrer ses attaques et se serait fait probablement déchiqueter. Charmant programme quand on y pense ne serait-ce qu’un instant… Était-ce un sourire du Destin ? Ou seulement un gros coup de chance ? Toujours est-il que le Chevalier-aux-Crabes s’écroula sur le sol, un sourire sur les lèvres, comme libéré. Il sentit une présence à ses côtés, et reconnu le visage de Wyna. Il tendit une main tremblante vers la joue de la jeune femme, et laissa tomber ces quelques mots pleins de malice. « Eh ben… Nous voilà quitte à présent douce Wyna… Par contre, j’crois que j’vais encore m’évanouir… Vous ne m’en voudrais pas hein ? Ha ha… » Son faible rire s’éteint doucement, et Lothar sombra une nouvelle fois dans les douces ténèbres du coma…
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Message Jeu 27 Juin 2013 - 8:40


Wyna j'arrive , Wyna j'arrive ? Mais t'es où ? Wyna, elle, se voyait propulser dans les buissons avec une violence peu commune, et poussa un hurlement de douleur quand son épaule se déboita dans un tronc plus gros que les autres. Nom de dieu... Avachie au sol, le teint blême, le sang sur le visage , un coté plus bleui que l'autre, elle cracha du sang. Son bras pendait de son buste contre le sol et elle rageait de douleur en se rasseyant. Il était où l'ours? Elle regarda, paniqué et endolorie, tout autour d'elle. Il allait la surprendre et l'égorgeait? Elle était à bout de force. Elle entendit la voix de Lothar un peu plus loin, mais impossible de savoir d'où cela venait. La douleur intense la lançait à lui donner des nausées et sa vue était flou.  Mince, elle devait faire passer ça, il avait besoin d'elle. Cet abruti avait suivi alors qu'il était à peine remis de son empoisonnement. Les hommes sont des fous ! Et c'était elle qui disait ça. Alors qu'elle se redressait déjà , appuya contre ce même tronc qui l'avait vu choir au sol. Elle grogna de manière plutôt aigu. Non loin, elle entendit l'ours rugir , puis un second rugissement de détresse. Différent. Le chevalier avait-il réussi quelconque prouesse? Elle se concentra sur les sons, la vue encore fuyante, le souffle coupé court à cause de cette douleur criarde qui lui jugulait les nerfs du bras. Elle devait aller l'aider. Cette bête était énorme.

Elle se traina d'arbre en arbre , sa robe trainant dans les feuilles humides dans un flottement lourd. Cette douleur était insupportable et l'énervait à en tuer un homme. Elle décida d'y remédier, et regarda en face un gros roc. Elle avait une chance sur deux de se foirer et la douleur allait être encore plus grande. Elle respira. Ok à trois. Un , deux... Un ... Un... respiration profonde... Un, deux .... deux ... deux et demi ? Mais bordel c'était pas le moment d'hésiter! Elle regarda autour d'elle...Allez , allez... faire comme si de rien n'était . Trois ! CHPAF ! Elle gueula de douleur après s'être empaffé l'épaule dans le roc, avec une violence inouie. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle sentit ses jambes vaciller. Elle était déjà dans un état déplorable mais alors là c'était le pompon. La douleur la fit vomir dans les fougères au pied du roc, la main posée dessus , bras tendu. Elle maudissait ses moments. Elle renifla , la respiration tremblante et grogna en se relevant... Avec hésitation, elle bougea un peu son bras et rit comme une fille en pleine crise de nerfs. Ce petit rire étrange qui se finit en larmes aux yeux et une longue expiration. Elle avait fait ! Elle se mit à sautiller un peu , toute contente dans sa folie. Aie. Non , ça fait mal , on se calme. Elle arrêta et se mit une main sur les cotes. Non sur l'épaule. Non sur le visage. Non la nuque. En gros partout. Elle avait mal partout là, et était bien blessé , mais sans gravité. Dans un élan de courage ou d'inconscience ou les deux, elle se dirigea vers les fourrés d'où elle entendit du bruit et arriva pile au moment ou l'ours s'enfuyait , laissant derrière lui une large trace de sang sur les feuilles. Ils ne vivraient pas longtemps celui là. Puis elle s'approcha du chevalier, le réceptionnant contre elle comme elle put, aussi affaiblit que lui pour le coup , voir plus , selon le point de vue qu'on pouvait y mettre et sourit quand il parla de s'évanouir. Et en plus il était blessé... Bon. Ma petite Wyna c'est pas le moment de tourner de l’œil.

Sans compter qu'il faisait nuit, que l'ours était parti , et quand il n'y a plus ni lumière, ni prédateur imposant, que trouve-t-on ? Des loups. Ah non. Ca suffit hein. Elle saisit son courage à deux mains, et entendant les hurlements au loin , se maudit toute seule. Ah ils avaient bon dos les dieux . Elle se redressa sur ses jambes vacillantes, la respiration violente sous l'effort subi. Mince c'était pas le genre de chose qu'on peut dévisser, démonter, pour transporter bout par bout, un chevalier. Elle se le traina donc , mètre par mètre, soutenu sous les bras, direction le feu de camp ou attendait le cheval protégé. S'il avait du y avoir un deuxième ours, cela aurait été cet homme aux yeux de Wyna. Dans son état il était bien tout aussi lourd que si elle avait du en trainé un , en état de parfaite santé.

Quelques longues minutes pus tard, elle s'effondrait dans un gémissement presque bestial au sol avec lui , et finit à plat ventre en appui sur les coudes à fixer le feu entre ses mèches éparses. Le cheval se retourna , et regarda Wyna de son œil blanc de surprise. Elle releva les yeux sur lui , essoufflée et plissa le regard.

- Quoi? T'as quelque chose à me dire? Me regarde pas comme ça, il est en vie ton maître. T'es même pas venu nous aider alors chut.

Le  cheval trépigna en demi cercle et essaya de bouffer l'écorce de l'arbre de l'arbre auquel il était attaché.

- Toi t'as rien compris à ce que j'viens de dire.

Wyna. C'est un cheval. Elle grogna un peu plus en se redressant sur ses genoux et retourna le chevalier sur le sol pour plonger ses doigts dans la plaie. Bon. Allez c'est reparti. Diantre qu'elle avait mal. Ses mains en tremblaient mais elle devait soigner cet homme. Elle sortit sa dague hérité de Crébon, un objet assez précieux et s'en aida pour ôter les sangles de l'armure de cuir sans les trancher. Elle souleva tout ça, puis tira la tunique sombre vers le haut après avoir déboucler la ceinture. Ses mains froides parcoururent le flanc du chevalier. Concentrée, elle le soigna en silence, recousu , y plaça des herbes , un linge propre et l'entoura d'une bande de tissu avec un petit nœud pour tenir un minimum la chose. Ce ne fut que lorsque le travail fut fait qu'elle observa son travail et caressa l'endroit soigné.

Elle ignorait s'il était inconscient et s'il faisait semblant. Le fait est que sa caresse bifurqua, et elle s'affala de tout son long sur le sol de feuilles. Ses yeux se fermèrent lentement , cachés sous ses mèches en bataille, des feuilles s'y perdant. Les épaules dénudées, le visage qui bleuissait à vue d’œil... Elle aurait aussi des bleus aux cotes et remercia son serre taille de cuir et de sangles qui lui avait épargné davantage de dégats. Son épaule qu'il venait de replacer était rouge violine, montrant la violence qu'elle venait de subir et ses bras étaient griffés par endroit. Elle avait une entaille dans la bottes de peau, haut , remontant à mi cuisse sous la robe. Un coup de griffes quand l'ours avait tenté de la rattraper par la jambe avant le coup de rochet dans la tête. Affaiblie, le souffle court, elle n'était même plus en état de les défendre mais le feu ne s'éteindraient pas comme ça non plus, il était gorgé de bois. Et le cheval en face qui devait les regarder, dépité , avec un air de "Ah bah bravo, et je fais quoi maintenant moi! Vous n'êtes pas aidés! Réveillez-vous , j'vais m'faire bouffer!"
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Message Dim 30 Juin 2013 - 21:21

Une nouvelle fois, l’esprit embrumé de Lothar divaguait, comme hors de l’espace et du temps. Tout n’était qu’un tourbillon de tâches de couleurs sombres et de bruits lointains. Il sentait la douleur irradier de son épaule, sensation lancinante, mais cela ne l’atteignait qu’à peine. Il était comme dans une gangue de coton, loin de cette forêt remplie d’ours et de bêtes sauvages. Un coin tranquille en somme. Son esprit divagua jusqu’à son île natale, et la fière demeure des Celtigar, Fort-Tempête. Inconsciemment, l’esprit du chevalier l’avait conduit là-bas, dans la lointaine baie de la Néra, où l’errant chevalier l’avait affilié à quiétude et à la tranquillité tant espérée.

Pourtant, il restait connecté à la réalité, et sentait les racines heurter son dos alors que quelqu’un – ou quelque chose ? – le traînait sur le sol. Puis, sans pour autant s’éveiller de sa torpeur, sentit loin la sensation de doigts sur sa blessure à l’épaule. Wyna. Oui, cela devait être elle. La petite avait survécu à sa course-poursuite avec le nounours enragé et affamé, et semblait déjà le raccommoder. Eh ben, c’est la deuxième fois que la guérisseuse s’occupait à le tirer des griffes de la mort, Lothar lui serait éternellement reconnaissant.

Comme poussé par son instinct, le chevalier s’éveilla. La première chose qu’il vit fut les lueurs du feu qui se reflétaient sur les frondaisons des arbres à ses côtés. Il ne s’était donc pas trompé, la jeune femme l’avait bien traîné jusqu’à leur petit campement pour le soigner. Cette femme était vraiment en or. Le Celtigar tourna sa tête et remarqua que la jeune Wyna était couché à ses côtés, les traits exténués et la mine affreuse. Lothar écarquilla les yeux. L’ursidé ne l’avait pas loupé, et elle était en piteux état. Peut-être dans le même que celui du chevalier. Bon peut-être pas finalement, son épaule le faisait souffrir et ses crampes d’estomac étaient encore bien présentes et lui torturait les entrailles. Foutu poison.

Toujours était-il que, dans l’état actuel des choses, deux grands blessés gisaient comme des loques sur le sol, avec pour seul compagnon un feu crépitant et une monture agacée, qui semblait vouloir se défaire de l’épaisse fourrure de loup. Ah, ils devaient être beaux tiens. Un chevalier couvert de boue et couvert de sang, et une jeune guérisseuse couverte d’éraflures et de bleus presque violacés : une bonne paire de bras-cassés en somme. Lothar essaya de se relever. N’échappant pas à la règle inhérente à sa condition depuis plusieurs heures, le chevalier grogna et grimaça de douleur, avant de finir par relever son buste. Se tenant par ses bras endoloris, il finit par se mettre de côté, tant son épaule était douloureuse. Il observa la jeune femme qui était couchée à ses côtés.

La guérisseuse avait décidément une mine affreuse. Elle présentait des éraflures de branches sur les bras, les épaules et le visage, ce dernier comportant de plus un bleu qui aurait pu faire pâlir celui de la bannière des Tully, la maison suzeraine du Conflans. La pauvre, sous ces allures bravaches, avait eu affaire à un ours récalcitrant qui n’avait pas apprécié cet excès de confiance. Comme quoi, il ne fallait pas prendre à la légère ces grosses bébêtes qui pouvaient nous étonner de moult façons. Toujours était-il que la jeune femme semblait se reposer, ou du moins souffler, ce qui était bien normal après les derniers évènements. Lothar esquissa un sourire. Et dire qu’à l’origine, cela devait être une simple mission de routine afin de récolter des informations… Des informations qu’il avait d’ailleurs recueillit. Si ce que Wyna lui avait dit était vrai, cela était fort préoccupant. Ces malandrins devaient être jugés pour leurs actes sur le territoire du Conflans. Il ne fallait pas qu’ils atteignent le Val et ces montagnes innombrables, sous peine de les voir disparaître aux yeux de tous pour un long moment. Foutus bandits…

L’errant chevalier secoua la tête en soupirant. Dès que ses forces lui seront revenues, il lui faudra filer vers les terres d’Atranta pour mettre au courant le seigneur Vance. Malgré qu’il en ait l’habitude, Lothar appréhendait déjà la cavalcade qui s’annonçait, ainsi que la course-poursuite des brigands à la bordure des montagnes du Val. Mais le moment n’était guère venu et, malgré l’urgence de la situation, le chevalier n’était définitivement pas en état de chevaucher. Lothar jeta de nouveau un œil à la jeune femme. Son visage paisible baignant dans les flammes arracha un sourire doux au Chevalier-aux-Crabes. En ce moment précis, la guérisseuse au sang chaud et aux rudes manières apparaissait plus comme une lady – certes crottée et couverte de blessures – dormant paisiblement à la belle étoile. Le chevalier caressa doucement le front de la jeune femme et balaya les mèches rebelles. Sans qu’il sache si elle était consciente ou non, il se releva péniblement. Il se traîna plus qu’autre-chose vers sa monture. Sac-à-Malices s’ébroua quand son maître fut proche. « Tout doux Sac-à-Malices, tout doux. Je vais te débarrasser de cape en peau de loup, le danger est écarté et la jeune femme qui m’accompagne en aura bien plus besoin que toi. » Le cheval s’ébroua une nouvelle fois, collant sa tête à celle du chevalier. Ce dernier rigola doucement. « Aha, sacré farceur. Reste tranquille allez. »

Après avoir laborieusement enlevé la fourrure qui recouvrait l’encolure, le garrot et la croupe de Sac-à-Malices – oui, rien que cette simple action fit souffrir le martyr au Crabe – Lothar revint au chevet de la guérisseuse. Il se laissa tomber en grognant sur le sol et recouvrit la jeune femme de sa cape, comme il l’avait fait quelques temps auparavant – ce qui lui semblait être une éternité d’ailleurs. Elle prenait un repos bien mérité et ce n’était pas Lothar qui la contredirait. Tous deux avaient essuyés une journée éreintante et emplie de bien mauvaises surprises, et le sommeil serait véritablement réparateur. Souriant devant la mine endormie de la Wyna, Lothar repéra la gourde d’hydromel à ses côtés, et se fit un plaisir de boire quelques gorgées. Il vérifia que le feu comportait assez de bûches et se recoucha aux côtés de Wyna. Le chevalier la regarda et laissa tomber ces quelques mots. « Dormez-bien douce Wyna… ». La félicité l’envahit et le chevalier sombra dans le sommeil très rapidement…
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Message Jeu 4 Juil 2013 - 10:30

Son visage sous ses mèches délicates mais salies de feuilles et de terre humide de sous bois, la robe non moins crottée, la beauté de la jeune guérisseuse était à bout de force. Elle avait à présent presque deux jours de retard. Elle en connaissait un qui allait l'engueuler de s'être inquiété pour rien, jusqu'à faire voler les bûches dans la pièce. Avec la vieillesse, il devenait violent le bougre. Crébon allait encore lui reprocher de s'en foutre de lui alors qu'elle avait aidé quelqu'un, ce pour quoi il l'avait éduqué, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir au fond. Il voulait la protéger, l'empêcher de subir de mauvaises choses. Westeros n'était pas un monde pour une jeune femme seule. Pourtant elle avait su tenir. Elle avait su affronter ce monde. Oh pour sûr ce n'était que le début, mais elle se rôdait peu à peu. Son arc était près de sa besace. Elle n'était pas mauvaise, mais ce n'était pas Crébon qui allait lui enseigner davantage la chose. Mais pour le moment , là n'était as la question, elle dormait juste. Elle sentit une source de chaleur. Le cheval avait chauffé la cape de fourrure. C'était agréable. Autre chose chose fut agréable, mais elle n'en fut pas réveillée. Une main peut être. Ca lui avait fait le même effet que quand Crébon lui caresser la tête dans son sommeil. Le vieux Crébon, un homme strict , froid et autoritaire mais qui quand elle dormait lui donnait toujours une caresse le soir ou un baiser. Comme un père, mais en secret, même si Wyna n'était pas sotte, elle l'avait senti chaque soir, comme elle avait entendu chaque prière qu'il faisait aux Sept pour elle. Elle qui d'ailleurs ne croyaient pas aux Sept, du moins ne les priaient pas. Elle avait plus tendance à leur repprocher les choses qu'à les remercier. Rien de ce qu'elle faisait ou avait aquis ne provenaient d'eux et de leur compétence... Elle ne croyait qu'en la nature et sa divine présence. Elle entendit vaguement une voix qui pourtant ne fut pas suffisante pour la tirer de son sommeil.

Quand enfin elle se réveilla, il faisait de nouveau nuit. Par ses aïeux avait-elle dormi tout le jour durant? Il semblerait que oui. Eh bien , cela ferait donc trois jours quand elle passerait le seuil de la baraque. Heureusement que la folie du Crébon lui bousillait parfois la notion du temps, parce qu'il allait finir par croire qu'elle avait déserter. Ses yeux de biche se figèrent sur l'homme qui dormait à coté d'elle, et l'absence de lumière vive. Ses pupilles captèrent des bruits dans les fourrés et deux lumières blanches apparurent. Les loups. Elle se redressa avec difficulté, engourdie, et les blessures n'était pas pour lui faciliter la tâche et se retourna. Le feu était en train de s'éteindre. Lothar dormait à coté, l'avait-il veillé? Elle ne perdit pas de temps, et s'approcha du feu à genoux et souffla dessus en rajoutant des feuilles, des brindilles et des morceaux plus conséquents par dessus...

- Allez reprends... On a besoin de toi...

Il faisait froid en plus. Elle se frotta les mains devant, la buée de sa bouche s'évasant dans le néant et jeta un coup d'oeil derrière elle pour observait ce qui trainait. Visiblement, le loup était seul. Un éclaireur ou un solitaire. Ils n'étaient pas en danger. Elle esquissa un sourire quand elle vit que le cheval se portait à ravir, puis plongea sa main dans la lourde besace qui était la sienne pour en sortir la gourde de peau rempli de liqueur revigorante, dont elle but plusieurs gorgées, avant d'ouvrir sa cape et d'examiner les blessures visibles. Elle appuya sur son ventre, mais seule sa coté lui faisait mal, sans pour autant être boursoufflée, elle la sentait sous ses fins doigts. Elle n'avait rien de cassé c'était une bonne chose. Elle allait probablement se voir couvert de bleus au prochain bain à la rivière qu'elle ferait, mais pour le moment la perspective de se plonger dans de l'eau froide quand on a dejà froid ne la réjouissait guère. Autant oublier l'affaire tant qu'elle n'en avait pas envie.

Toute la nuit , elle resta là , à observer les alentours, à réfléchir à tout et à rien sans éprouver le besoin de dormir. Elle l'avait assez fait. Ses perles bleutées se perdaient dans les flammes qui dansaient comme un appel aux enfers devant ses yeux en amandes. Elle se disait que demain, elle devrait absolument repartir, en espérant que le chevalier se porte mieux. Son sommeil semblait calme. S'il avait eu de la fièvre, il n'en aurait pas été ainsi. Elle constata donc qu'il s'était bien remis, même s'il allait trainer son corps abimé quelques temps, le temps qu'il guérisse. La plaie ne semblait pas avoir ressaigner. Il était donc resté tranquille. Cela faisait au moins une chose qui n'allait pas lui causer de problèmes, encore fallait-il qu'il apprenne à ne pas fréquenter n'importe quelle taverne. Les heures défilèrent et le souvenir de l'ours bien qu'ancré et frais, commença à disparaitre de la mémoire de la jeune femme. Elle avait tellement vu qu'il apparaissait comme un aléas de plus, c'est tout. Elle ne s'arrêta pas à ça. L'aube commença à pointer son nez, alors qu'il mangeait du pain et un peu de fromage, humidifiant le tout pour que cela passe dans sa gorge sèche par de la liqueur.

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La Belle, le Crabe et le Poison

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