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Echappée en eau trouble

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Message Sam 8 Juin 2013 - 20:11

Le soleil passant à travers le rideau mal fermé de sa chambre éveilla tôt la septa ce matin là. Elle repoussa les draps sans tarder et se leva. Elle enfila rapidement des chaussons et alla s’asperger le visage avec la bassine prévue à cet effet. Une fois vivifiée par l’eau glacée, elle ôta sa robe de nuit et la déposa sur son lit. Elle arrangea la chaine de son médaillon. C’est ce médaillon qui lui apporta un peu de mélancolie. Un geste qu’elle faisait chaque jour, mais qui aujourd’hui lui fit venir en tête un souvenir enfantin. L’image de sa mère qui brodait. Si réelle qu’un instant, elle cru pouvoir se glisser contre elle et poser la tête sur ses genoux. Agacée par l’émotion qui la prit, elle s’habilla rapidement. Tout cela était idiot. Une fois soigneusement coiffée et préparée, elle prit un châle et sortit de sa chambre. Le château était encore calme. Il n’y avait que les cuisines et les domestiques pour s’agiter à une heure si matinale. Lord Edwin étant souffrant et alité, elle savait qu’elle avait un peu de temps pour elle puisqu’il fallait laisser le garçon se reposer.

Elle sortit rapidement, au début sans réelle intention. Elle envisagea de gagner les jardins pour prier un peu. Mais la veille cet exercice ne lui avait pas apporté la sérénité recherchée. Un vol de canard passa non loin en caquetant. Elle les suivi du regard, les regardant se diriger vers la rivière. Le vent agitait légèrement les ramures des grands arbres de la cour. Il ne fallut que quelques secondes pour que la septa décide qu’il s’agissait là d’un signe et qu’elle allait retourner là où Lord Edwin avait fait son malaise. Plus elle marchait sur les chemins, plus elle s’en persuadait. Et ce n’était pas un ciel nuageux qui allait ternir son enthousiasme retrouvé. Un peu d’exercice et de marche ne pouvait, qui plus est, ne pas lui faire de mal. Arrivée sur les berges de la rivière, elle dut chercher son chemin. Elle ne se rappelait plus exactement où cela s’était produit. Heureusement qu’elle avait mit ses bottes, pensa-t-elle en s’enfonçant dans la glaise boueuse. Elles allaient être crottées. Elle se tourna pour observer au loin le château. Elle allait renoncer quand elle repéra un vieil arbre qui lui fit retrouver quelques repères. Il ne lui fallut plus longtemps pur se glisser sur la petite plage de sable gris. Il y avait là encore de nombreuses traces de piétinement, c’était bien là.

Une simple plage au sable grossier, près de l’eau il est plus fin. Là où l’eau le lèche. La septa s’accroupit en veillant à ne pas salir sa robe et y trempa deux doigts qui laissèrent une trace vite effacée. Elle observa la rive opposée, les herbes marécageuses agitées par le vent. Le ciel gris. Tout.
Mais rien ne lui venait à l’esprit, simplement un peu de lassitude et de fatigue d’avoir veillé sur le petit garçon. D’avoir passé plus de temps à prier qu’à dormir. Il n’y avait rien là, l’eau bruissait. Elle savait que la rivière était un élément lié au petit lord. Une truite, n’est-ce pas ? Mais rien d’explicable, rien de plus clair.
Elle resta ainsi accroupie près de l’eau longtemps. Le regard perdu dans le vide, observant le paysage. Observant l’eau bondir par-dessus les rochers, s’écouler entre les berges.


Elle dut rester ainsi accroupie longtemps. Assez que pour quand elle se relève soudainement mue par un besoin de bouger, ses muscles soient ankylosés. Surprise par cette faiblesse inhabituelle de ses jambes et le sol meuble, elle perdit l’équilibre. Ses bras battirent le vide en vain alors qu’elle se sentait chuter en arrière. Bientôt son regard perdit la berge pour ne voir que le ciel. Un instant suspendu suivit d’un bruit sourd et d’une sensation glacée. Par les Sept, fut la seule pensée cohérente qui lui traversa l’esprit alors qu’elle se redressa en cherchant l’air. L’eau n’était pas trop profond là où elle se trouvait, elle lui arrivait à la taille. Mais le courant était certain et désorientée, elle perdit une nouvelle fois l’équilibre. Elle ne comprit pas réellement ce qui se produisit ensuite. Le sol se déroba sous ses pieds et les flots la chahutèrent de telle manière qu’elle coula une seconde fois.

Ce n’est que lorsqu’elle manqua d’air qu’elle commença à paniquer. Réaliser ce qu’il lui arrivait réellement et la possibilité d’être repêchée morte en aval. Avec l’énergie du désespoir, elle battit des pieds et des mains, retrouvant la surface. Les Sept devaient avoir un œil bienveillant attentif à leurs fidèles car le courant la rapprocha de la berge où elle put saisir une vieille racine d’un arbre sur la berge. Tirant sur ses maigres forces, elle parvient à rejoindre la berge mais pas à s’y hisser. A cet endroit, l’eau avait creusé la terre et le talus tombait à la verticale. Une hauteur dérisoire, à peine une quarantaine de centimètre mais elle n’avait pas la force de s’accrocher. Elle osa une fois lâcher la racine pour tenter d’agripper la terre qui s’effrita sous ses doigts glacés.

Devant son impuissance et sentant ses forces faiblirent, rongées par le froid, elle fit la seule chose possible. Crier. Appeler au secours en priant pour qu’un quidam passe non loin et l’entende. Elle n’eut pas beaucoup de mal à sembler en détresse tant la peur lui nouait le ventre. Elle ne se savait pas capable de hurler aussi fort.
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Message Mar 11 Juin 2013 - 6:53

Le Conflans, terre où tous les maux de Duncan avaient vu le jour. Il était revenu dans le but d’assouvir sa vengeance sur la Maison Tully mais au final, il y avait encore de nombreux points à régler avant de rendre celle-ci possible. Une approche de front sans préparation au préalable ne semblait pas être une technique efficace, car même si le Lord-Suzerain du Conflans était jeune, il n’en était pas moins extrêmement bien conseillé et n’allait pas ouvrir les portes de son château sans une bonne raison, surtout à un inconnu. Les trahisons étaient nombreuses dans Westeros et de nos jours, la confiance était certainement un luxe que peu de personnes pouvaient se vanter de posséder. Quoiqu’il en soit, désireux de préparer son entrée à Vivesaigues, il resta discrètement dans les environs, observant les allées et venues pour se faire une idée plus précise de ce qui l’attendait et pourquoi pas, trouver une opportunité à saisir.

Chaque recoin de la ville était une sorte de retour en arrière, les souvenirs se bousculant dans l’esprit du chevalier errant. Cela faisait plus de vingt ans qu’il avait quitté Vivesaigues avec sa mère et sa sœur, sous la contrainte de Lord Gwayne Tully. Aujourd’hui, l’heure de la revanche avait sonné et si les Tully lui avait tout pris, il comptait bien le leur rendre au centuple, jusqu’à ce que le jeune successeur soit à l’agonie. D’ailleurs, les rumeurs sur son malaise ne plaisaient pas trop à Duncan, ce dernier ne voulant certainement pas que celui-ci meurt avant qu’il ait pu obtenir réparation.

Durant les quelques jours où il resta à espionner le château et en posant quelques questions, il pouvait désormais mettre un nom sur presque chaque visage. Que cela soit la matriarche, les sœurs du petit lord ou encore les servantes, Duncan en avait eu une description précise de la part de quelques ivrognes très loquasses lorsqu’on leur proposait à boire en échange de quelques informations. En même temps, tous semblaient envier Edwyn Tully de grandir dans un environnement regorgeant de magnifiques femmes, ce qui déliait encore plus les langues. En même temps, le chevalier se moquait royalement de savoir si les fesses de Charissa Tully étaient encore fermes ou si la jeune septa avait un corps à renier les dieux, il n’était pas vraiment là pour ce genre de préoccupation mais bon, comme toute demande d’information faite à des poivrots notoires, il fallait accepter l’utile comme l’inutile.

Campant aux abords de la ville pour avoir plus de liberté et surtout, ne pas trop attirer l’attention, Duncan s’entrainait à l’épée comme chaque matin. Le soleil venait à peine de se lever et pourtant, il ne ménageait pas sa peine, sachant très bien que son épée était la seule chose qui pourrait lui permettre de rester en vie en cas de problème. Assoiffé, il se dirigea vers sa gourde encore accrochée à la selle de Tina mais bon, à peine l’eut-il en main que le souvenir d’avoir bu la dernière goutte la veille avant de s’endormir lui revint. Il s’approcha donc de la rivière pour y remplir sa gourde et se rafraîchir un peu après l’effort fourni, son campement n’était qu’à une dizaine de mètre de l’eau pour des raisons évidentes de facilité. Alors qu’il se débarbouillait le visage, appréciant le contact froid et revigorant de l’eau sur sa peau, un cri de détresse arriva à son oreille, le forçant à relever les yeux pour déterminer d’où ce dernier pouvait bien venir.

Duncan ne mit pas bien longtemps à repérer la jeune femme en difficulté, luttant contre le courant, simplement accrochée à une racine. Jetant son épée, derrière lui pour se déplacer plus vite, il courut le long de la berge en direction de la victime des flots. Etant petit, il avait déjà failli se noyer dans cette rivière et c’était son père qui l’avait sorti de l’eau. Aujourd’hui, c’était à lui d’éviter que le courant n’emporte une vie. Sans trop réfléchir, il se jeta à plat ventre sur la berge, tentant d’agripper le bras de la jeune femme en détresse. Il essaya de la rassurer mais bon, le courant semblant être capable de l’emporter sans la moindre difficulté et chaque remous la frappant semblait affaiblir la racine à laquelle elle s’était accrochée. Le chevalier ne renonça pas pour autant, s’approchant un peu plus du bord pour l’atteindre. Malheureusement, alors qu’il venait de lui attraper le poignet, la terre s’effrita davantage et la berge sur laquelle se tenait Duncan se déroba sous ses genoux.

Dans un grand bruit, il tomba à l’eau entraînant avec lui la pauvre brunette qui avait déjà tant luttée pour sortir de ce mauvais pas. Bien conscient qu’il ne devait pas la lâcher s’il voulait la sauver, il la serra contre lui tout en essayant de nager vers la berge, résistant difficilement au courant qui voulait les envoyer au loin et les noyer. Péniblement, il se rapprocha à nouveau de la berge, s’efforçant de garder la tête de la jeune femme hors de l’eau. A plusieurs reprises, il ne parvint pas à s’accrocher solidement pour ne plus être emporté par le courant, mais ce n’était certainement pas ce qui allait le faire renoncer. Mourir maintenant et aussi bêtement n’était clairement pas dans ses projets mais malgré tout, même si il savait qu’en laissant la jeune brune se noyer, il pourrait s’en sortir bien plus facilement, il ne put se contraindre à cette extrémité. Cette pensée lui donna une poussée d’adrénaline qui lui permit de sauter vers la berge pour s’y accrocher plus fermement, poussant le corps de l’inconnue un peu plus loin pour ne pas qu’elle retombe à l’eau.

Il faillit plus d’une fois encore être repris par la rivière mais heureusement, il parvint finalement à se hisser à son tour hors de l’eau. Couché sur le dos, la respiration lourde suite à l’effort fourni, Duncan s’assura que la jeune femme allait bien.

« Vous allez bien ? »

Se redressant pour s’inquiéter de l’état de santé de sa rescapée, il se demanda tout de même ce qu’une jeune femme pouvait faire seule aux abords de la rivière. Avec leurs vêtements trempés et le vent frais du Conflans, ils n’allaient certainement pas tarder à chopper la crève s’ils restaient comme ça. C’est donc tout naturellement que Duncan se proposa pour l’aider à se réchauffer, son campement étant un peu plus haut le long de la rivière.

« Mon campement est à deux cents ou trois cents mètres d’ici. On pourra se réchauffer et faire sécher vos vêtements autour du feu si vous le désirez. »
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Message Ven 14 Juin 2013 - 18:02

Pas encore. Elle ne comprit pas bien lorsque l’homme lui tomba dessus. L’eau fut à nouveau là, la submergeant, l’étouffant. Toujours plus, sa conscience dérivait au loin, s’éloignant de la réalité. Elle mit de longues minutes avant de réaliser peu à peu qu’elle était allongée sur le sol. La voix de l’homme essoufflé ne la fit pas réagir tout de suite. Elle n’était qu’un petit bout de chair étendu au sol, immobile. Puis, la faible chaleur du sol et le vent sur son visage la ramenèrent à la réalité. Tout comme la voix dont elle ne comprenait pas un mot et qui bourdonnait entre ses tempes. Elle s’agita d’un sursaut et commença à tousser. Elle cracha beaucoup d’eau et peinait à retrouver son souffle. Elle resta ainsi à moitié affalée, crachant et toussant sans plus pouvoir s’arrêter. Il fallut du temps pour que la toux se calme.

Elle ne sentait plus vraiment son corps ou le sentait trop. Une douleur sourde d’avoir trop heurté de roche et de sol, d’avoir été brassée dans les eaux. Des écorchures sur ses jambes, ses bras. Ses mains étaient en sang d’avoir voulu s’agripper à tous les rocher qu’elle avait croisé. Elle avait mal au dos, aussi. Elle poussa sur ses bras pour s’assoir et manqua de retomber. Tous son corps tremblait. Elle était gelée jusqu’à l’os. Tout semblait fonctionner, des doigts aux orteils, excepté sa cheville gauche. Lorsqu’elle voulut la bouger, la douleur fut fulgurante et remonta son corps. La surprise la fit grimacer et des larmes montèrent à ses yeux immédiatement. Avec les larmes de douleurs, vinrent celle de la peur et du choc. Elle se mit à sangloter bruyamment sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Ses frêles épaules s’agitaient de spasmes réguliers. Elle qui s’imposait une maîtrise de soi de tous les instants était bien fâchée de cet état de fait. Aussi après un autre instant, elle réussit à faire taire les larmes et les pleurs. S’essuyant les yeux, elle repoussa les mèches de cheveux collées par l’eau sur son visage.

Si le Chevalier avait observé attentivement la vie du château, il la reconnaitra immédiatement. Des yeux noisettes en amende, un peu rougis, au nez délicat, les cheveux sombres plaqués. Jusqu’au vêtements blancs, sales et déchirés par endroit. Il ne faisait aucun doute, c’était bel et bien la septa de Vivesaigues qu’il venait de sortir des eaux. Cette femme qui se promenait parfois dans les bois, cette femme qui se rendait souvent dans les hameaux et villages avoisinant la forteresse. Une femme discrète, toujours entourée de gardes ou de domestiques et qui pourtant prenait le temps de partager des paroles et des prières avec tous ceux qui le lui demandait. Elle rendait parfois l’office bien que sa fonction de tutrice soit sa priorité. Elle passait rarement ses temps libre à autre chose que de servir les Sept. Mais une femme qui assurément passait le plus clair de son temps près de Lord Edwin et veillait sur lui. Elle avait toujours tenus à garder un étroit contact avec la population. En étant cloitrée au château, elle n’aurait pas été toujours de bon conseil. Il était important pour elle d’être aussi compétente que possible à ce sujet.

Elle n’avait pas la force de se lever ou d’articuler quoique ce soit. Ses dents claquaient trop pour qu’elle tente de parler. Elle posa simplement sa main sale et glacée sur celle du chevalier. Elle la serra à peine dans la sienne. Elle se recroquevilla dans l’espoir de trouver un peu de chaleur et diminuer la douleur. Mais rien n’y faisait, elle n’arrivait pas à cesser de trembler. Elle se laissera assurément porter si le chevalier décidait de le faire. Elle n’était pas en mesure de faire quoique ce soit d’elle-même. La septa était tout simplement une grande poupée désarticulée et froide. Sa fragilité n’avait jamais été plus apparente. Il semblait que le vent allait la briser s’il continuait à la malmener ainsi. Pour l’instant, elle luttait pour ne pas défaillir à nouveau. Il n’y avait guère que la main posée sur la sienne qui montrait à l’homme qu’elle avait remarqué sa présence. Les yeux commençait d'ailleurs à se fermer alors qu'elle bascula et retomba sur le flanc. La main glacée glissa sur la sienne.

"Melara, fait attention, je te prie. Une jeune personne ne doit pas se comporter de manière inconsidérée et mettre sa vie en danger. Comporte-toi en jeune fille, laisse au homme le soin de prendre les risques. Tu as des tâches à accomplir, il faut te préserver."

Pour une fois, elle avait commis une imprudence. Mais elle était sauve, grâce aux Sept. Elle s'évanouit avec une ombre de sourire aux lèvres. Sa Foi gratifiée d'un élan ému. Tout se passe toujours ainsi qu'il doit.

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Message Lun 17 Juin 2013 - 5:51

L’eau froide de la rivière avait engourdi les sens du chevalier venant de secourir la jeune femme tombée à l’eau, si bien qu’il ne reconnut pas immédiatement celle qu’il venait de sauver. L’observant haletante et visiblement épuisée de sa mésaventure, il tenta de la rassurer un peu avant de se figer net en découvrant enfin qui elle était. Ce n’était pas une simple femme trop aventureuse qui s’était retrouvée dans une posture difficile, mais bien la septa de Vivesaigues et aussi, la tutrice du jeune Lord Tully en personne. L’espace d’un instant, Duncan aurait bien voulu la remettre à l’eau pour qu’elle se noie cependant, pour que son plan fonctionne et qu’il puisse s’offrir la vengeance qu’il souhaitait, il se devait d’approcher au plus près du petit Lord. Dans cette quête, la septa pouvait lui être un atout de premier choix, celle-ci pouvant murmurer à l’oreille de l’enfant des choses positives sur le chevalier lorsqu’il se présenterait à eux. Il ravala donc son envie de voir un être cher d’Edwyn Tully mourir, et décida de faire de son mieux pour paraître à son avantage auprès de la brunette encore grelottante de peur et de froid.
 
A ses côtés, Duncan fut surpris de voir que la septa lui serra la main pour se rassurer, ne pouvant visiblement pas parler à cause du choc. Le froid était très clairement la cause de cette apparente faiblesse et d’ailleurs, même le chevalier pouvait en ressentir les morsures sur son corps mouillé. Il fallait admettre qu’elle était loin de l’image qu’elle donnait lors de ces sorties du château, semblant toujours sûre d’elle et forte, c’était aujourd’hui tout le contraire. Fragile, sans défense et perdue, elle aurait pu presque attendrir le cœur froid du chevalier errant si celui-ci n’avait pas été durci par la vengeance. Finalement à bout de force, Melara sombra dans un profond sommeil, s’abandonnant au milieu de cette forêt avec une confiance dont Duncan n’aurait jamais été capable. Contemplant son visage angélique quelques instants, l’homme la prit dans ses bras et la souleva du sol pour couper le contact froid de la terre. Tous deux dégoulinants après leur bain improvisé, il l’emmena à son campement pour tenter de la réchauffer auprès du feu. Si elle venait à mourir  de froid, cela aurait été une occasion perdue pour marquer des points auprès des Tully et ça, Duncan le savait.
 
En une dizaine de minutes, ils arrivèrent à con campement et immédiatement, le chevalier la déposa sur une couverture près du feu. Hésitant un instant, il lui ôta tout de même ses vêtements mouillés pour ne pas qu’elle ne soit malade, les attachant avec les siens pour qu’ils sèchent rapidement. Il devait admettre que pour une religieuse, elle avait un corps à damner un saint et elle avait dû rendre triste plus d’un homme lorsqu’elle était devenue septa. Enfin bon, Duncan n’était pas là pour les plaisirs de la chair, mais bien pour l’ivresse de la vengeance et ça, il devait le garder à l’esprit. Torse nu, exposant ses nombreuses cicatrices, il alla chercher un peu de bois et attisa un peu plus le feu pour s’assurer qu’elle ait bien chaud. N’ayant que deux couvertures, une pour le sol et une pour mettre sur lui, le chevalier dut se contenter de la chaleur du feu, s’installant à côté de la tête de la septa pour la calmer directement lorsqu’elle se réveillerait. Il l’observa plusieurs fois, se demandant si sa sœur lui aurait ressemblée si elle était encore en vie. Cette pensée ne fit malheureusement qu’attiser sa peine et sa colère à l’égard des Tully, ceux-ci étant les seules responsables de sa mort.
 
Ce sont finalement les flammes ondulant sous ses yeux qui calmèrent la haine de Duncan, ce dernier ne pouvant pas se permettre d’afficher ostensiblement cette émotion puissante devant des subordonnés du Lord-Suzerain du Conflans. Son plan dépendait de sa capacité à apparaître fidèle et serviable, ce qui lui avait déjà demandé énormément de travail sur lui pour y parvenir en temps normal. Evidemment, il n’avait pas prévu le regain d’émotions qu’il aurait en se retrouvant si proche de sa vengeance et s’approcher des membres de la Maison Tully pouvait donc lui permettre de mieux se préparer à la rencontre prochaine avec l’objet de sa haine et de sa colère, Edwyn Tully, le Lord de Vivesaigues.
 
Quoiqu’il en soit, tout cela ne devait pas trop lui monter à la tête pour le moment et une fois son calme revenu, il mit à bouillir de l’eau avec des herbes trouvées lors de ses voyages. Celles-ci avaient des vertus apaisantes et relaxantes, choses très utiles pour une personne rongée par la colère comme lui. Il n’y avait plus qu’à attendre que la belle se réveille pour qu’elle puisse profiter d’une tasse de thé en attendant que ses vêtements soient secs.
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Message Mer 26 Juin 2013 - 17:08

Inconsciente du flot de pensée hostile aux tully qui agitait le chevalier, la femme à moitié comateuse concevait pour ce sauveur inespéré une gratitude certaine. La chaleur émanant du feu semblait aussi puissante que celle d’un volcan à la femme gelée. Elle remua un peu, réunissant péniblement ses pensées dispersées. Elle allait être en retard pour sa leçon avec Edwyn. La septa avait un visage jeune. Non pas celui d’une enfant, ni encore d’une jouvencelle, mais un visage frais. Un visage qui respire d’une vitalité gracile et qui lui donne une impression de douceur et de jeunesse cristalline. Ses longs cils battirent plusieurs fois. Cillant sur des pupilles noisette. Les lèvres délicates s’humectèrent doucement alors que les yeux restèrent cette fois ouverts plus longtemps. Elle ne s’agita d’aucune panique et la précaution du chevalier ne fut pas nécessaire. Elle semblait calme. La couverture rêche n’était pas un contact plaisant mais sa chaleur était un havre qu’elle ne voulait quitter. Comme une nuit d’hiver où il fait trop froid dehors et que l’envie de sortir des draps chauds est des plus absentes. Ah, elle n’aimait vraiment pas devoir sortir de son lit chaud en hiver. Heureusement, elle avait toujours eu assez de volonté pour s’extraire des draps. Ce qui n’avait pas toujours été le cas de ses pupilles qu’elle avait dû parfois aller réveiller car ils ne voulaient pas se lever. Compréhensible. Au septuaire c’était flagrant. Il fallait se lever tôt et le maigre soleil n’avait pas encore fait s’évaporer un peu du manteau glacial de la nuit.


Elle soupira et se redressa doucement. Elle observa de sous ses cils l’homme torse nu qui se tenait là. Les corps musclés des chevaliers n’étaient pas une chose qui lui avait été permis d’admirer si peu vêtu. Elle détourna le visage, gênée. Le rose qui monta sur ses joues était très visible en raison de sa pâleur extrême. Qui plus est quand elle se rendit compte qu’elle ne portait que sa chemisette et sa longue culotte. Ses joues lui semblaient brûler plus fort que le feu devant elle. Elle tira la couverture pour la mettre précipitamment sur son dos et se couvrir. Se trouver à moitié nue en compagnie d’un homme dans le même état l’effraya presque plus que la mort qu’elle venait de frôler. La septa avait été bercée par une éducation sévère et sa formation religieuse en avait fait une femme très prude.


Merci.


Elle observa brièvement l’homme avant de reprendre sa contemplation assidue du feu. Le mot avait été très simple et sincère. La voix basse était douce. Aussi douce que l’on peut imaginer la voix d’une femme aux airs aussi délicats. Je vous dois la vie. Ajouta-t-elle sur le ton du constat. L’émotion qui l’avait prise semblait passée. Elle soupira brièvement encore. Tout son corps lui faisait mal et de nombreuses blessures étaient visibles sur la peau blanche et parfaitement lisse. Elle pensa qu’il faudra la soigner. Elle irait voir le Mestre aussi discrètement que possible. Peut-être arriverait-elle à passer cela sous silence. Dire qu’elle s’était endormie… elle n’aimait pas mentir mais avait le sentiment que cet incident ne devait pas inquiéter la vie du château. Les dernières mésaventures des enfants Tully ayant déjà passablement agité et inquiété. Que dirait ses pupilles ? Et cette pauvre Lady Charissa ? Ainsi, elle leur paraîtrait comme … plus fragile. Ils se rendront compte qu’elle n’est pas que la présence rassurante qui donne d’avisé conseils. Bien sûr, ils la savent humaine… mais elle avait tant été là, infaillible à son poste. Elle savait que la Lady la considérait comme bien plus qu’une simple septa. Après toutes ces années… elle ne voulait pas inquiéter cette tendre amie. Et encore moins ses enfants fragiles. Trop de larmes avaient déjà été versée. Elle se décida à se lever tout à fait. Il fallait qu’elle rentre au château.


Alors qu’elle se redressa, sa cheville irradia d’une douleur fulgurante et se déroba sous elle. Elle chuta en arrière en glapissant. Elle ne fut bientôt qu’un entremêlement désordonné de couverture et de cheveux. Les yeux bruns accrochèrent ceux du chevalier, douloureux.


Monsieur… je vous en prie… il faut que je rentre au château… vous avez déjà tant fait et je suis honteuse de solliciter à nouveau votre générosité… il faut vraiment que je rentre…
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Message Lun 29 Juil 2013 - 8:45

Toujours occupé avec le feu, Duncan ne s’aperçut pas immédiatement du réveil de la jeune femme qu’il venait de sauver du courant meurtrier de la rivière. Il s’en était fallu de peu pour que tout deux finissent emportés et noyés mais bon, cela n’était finalement pas le Conflans qui allait avoir raison de lui. D’ailleurs, il ne l’aurait certainement jamais accepté au point de hanter cette rivière pour l’éternité si il avait dû y perdre la vie. C’est finalement les petits bruits que fit la belle endormie qui alertèrent le chevalier errant, ce dernier se retournant prêt à se défendre au cas où il s’agirait de rodeurs en voulant à son hypothétique argent ou même à la vertu de la brune endormie. Remarquant qu’il ne s’agissait que du bruit émis par le tassement des feuilles et de la verdure se trouvant sous la septa, l’homme reprit une posture plus agréable afin de ne pas effrayer la jeune femme. Il aurait été inutile de la sauver si elle prenait peur et venait à se faire mal après l’avoir vu. En même temps, elle ne semblait pas être du genre à crier d’angoisse ou de terreur face à un homme, bien au contraire. De nombreuses femmes dans sa situation, se retrouvant un peu sans savoir pourquoi avec un homme torse-nu auraient sans aucun doute perdu leur calme et auraient tenté de s’enfuir ou de crier.

Toutefois, sa nudité ainsi que celle de Duncan ne manquèrent pas de faire rougir son visage angélique, arrachant un sourire d’amusement au chevalier qui n’avait clairement pas l’habitude de se retrouver avec une septa. La situation était assez délicate et pourtant, le brun n’avait osé aucun acte déplacé sur la religieuse, respectant la voie qu’elle avait choisi comme guide de vie, même si au final, ce n’était pas vraiment son truc. L’épée et la force avaient toujours été les seules choses qui l’avaient sauvé jusqu’ici et il n’y avait aucune raison de s’en remettre aux dieux pour cela. Regardant la brunette en se voulant chaleureux malgré leur nudité à tout deux qui allaient devoir se prolonger le temps que leurs habits sèchent, elle le remercia simplement, posant brièvement un regard sur lui avant de retourner contempler les flammes qui ondulaient et qui crépitaient sous l’effet du vent. De sa voix douce et apaisante, elle précisa ensuite la raison pour laquelle elle le remerciait, comme si Duncan aurait pu penser qu’elle le remerciait de l’avoir déshabillé. Il ne put s’empêcher de sourire à cette idée, terminant de préparer l’infusion d’herbes qu’il préparait à côté du feu. Sans la regarder, celle-ci ne voulant sans doute pas croiser le regard d’un homme dénudé alors qu’elle l’était aussi sous cette couverture, il ne manqua pas de lui répondre aussi gentiment que possible, même si sa voix rauque et puissante semblait peu encline à prononcer des mots doux et chaleureux.

« Il n’y a pas de quoi jeune Lady. Je suppose que tout homme serait venu à votre secours, j’ai juste été le plus chanceux en me trouvant non-loin de là. »

De nombreuses rumeurs circulaient sur la septa de Vivesaigues et notamment sur sa nomination comme tutrice du jeune Lord Tully. Cependant, il était clair que les rumeurs sur sa délicatesse et sa douceur ne semblaient pas du tout exagérées, bien au contraire. Pour un peu, sa simple présence aurait pu faire oublier l’espace d’une seconde, la soif de vengeance qui habitait le chevalier errant. Evidemment, dès qu’il repensait à la Maison Tully, toute sa rage et sa colère remontaient à la surface au point de lui donner la chair de poule. Se concentrant pour ne pas égorger purement et simplement cette femme qui lui procurait des sentiments si contradictoires, il ne remarqua pas que la brunette tenta de se lever pour retourner au château. Bien sûr, le bruit de sa chute ne manqua pas d’alerter l’homme qui regarda immédiatement dans la direction de la septa qui se retrouva par terre. Il resta quelques secondes à contempler se corps perdu dans la couverture, se demandant si elle voulait le fuir ou si la haine qu’il vouait aux Tully avait été perçue aussi facilement. Après tout, son plan reposait sur le fait qu’il parviendrait à la cacher jusqu’au moment fatidique de ponctuer sa vengeance et se faire découvrir comme cela aurait été un peu problématique. En même temps, il lui suffisait de la tuer et d’abandonner son corps dans les bois, personne n’aurait l’idée de le soupçonner en la retrouvant sans vie.

Enfin bon, Duncan retira assez vite les doigts qui caressaient imperceptiblement le manche de son couteau, comprenant que son envie de partir n’était en rien dirigée contre lui. Au contraire, elle semblait même lui offrir une opportunité de se rapprocher de ses cibles et surtout de son ennemi juré, le Lord Suzerain du Conflans. Il restait toutefois un problème à régler et pas des moindres vu que sa rage et sa haine envers la famille Tully était encore palpable et très présente. Cela était au point où Duncan se voyait enfoncer sa lame dans le torse du jeune enfant dès qu’il se retrouverait face à lui. Afin de satisfaire sa vengeance et de lui arracher tout ce à quoi il tient, il se devait donc de continuer à travailler sur son contrôle de soi avant la fatidique rencontre. Sans refuser, il essaya de temporiser les choses afin de calmer la religieuse, sachant pertinemment que son absence serait sans doute assez vite remarquée.

« Je vais vous ramener au château, ne vous inquiétez pas. Mais avant cela, il faut que vous repreniez des forces et surtout, qu’on vous soigne. Buvez ça, cela vous aidera à vous détendre et ça apaisera la douleur. »

Le chevalier lui tendit une tasse en terre cuite dans laquelle il avait préparé l’infusion d’herbes et alla vérifier si les vêtements étaient secs. Ce n’était pas encore le cas évidemment, surtout vu l’humidité ambiante de cette forêt. Il retourna s’asseoir près du feu, expliquant le déroulement des événements à venir à la septa pour qu’elle évite les initiatives malheureuses ne servant finalement pas à grand chose dans son état.

« Dès que les vêtements sont secs, on se rhabille et je vous aiderai à monter sur Tina pour qu’on vous ramène chez vous. En attendant, buvez cette infusion et laissez-moi voir votre pied. Je n’ai sans doute pas les compétences d’un Mestre mais bon, j’ai appris quelques petites choses durant mes voyages. Il serait malheureux que votre famille vous voit rentrer en souffrant le martyr et les vêtements trempés. Je serais bon pour la lame du bourreau à coup sûr. Au fait, je me nomme Duncan, je suis de passage dans la région de Vivesaigues. J’espère que notre rencontre ne vous laissera pas un trop mauvais souvenir. »
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Echappée en eau trouble

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