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Mélancolie des loups solitaires

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Danelle Lothston
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Général

Dame régente d'Harrenhal

Dite "La Folle"


♦ Missives : 1003
♦ Missives Aventure : 25
♦ Age : 37
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 03/12/2012
♦ Célébrité : Michelle Pfeiffer dans 'Stardust' © Paramount Pictures
♦ Copyright : Avatar©Gritsou & Gif animé©Logan Grafton.
♦ Doublons : Alysanne Florent, Lantheïa, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Qui aurait le courage de demander ma main ?
♦ Lieu : Harrenhal
♦ Liens Utiles : Les racines de la folie
Extravagances et confidences
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Message Ven 31 Mai 2013 - 17:24

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Les ténèbres s’écartaient enfin de moi. Alors que dans ma poitrine tambourinait une respiration haletante, le voile qui obscurcissait mes sens se dissipait. J’entendais le filet de voix cascadant de mon souffle bref, je distinguais les contours sombres des hauts murs de l’écurie, je sentais l’affaissement de la paille dans laquelle s’enfonçaient mes bottines. Encore un instant, puis un autre, et je pus mesurer toute l’étendue du carnage. Des objets et débris divers gisaient au hasard, crochet à curer les sabots, longes de cuir, couvertures, balai au manche brisé en deux, seau renversé répandant une eau sale sur la paille sèche. Entre mes doigts, mécaniquement, je cassais des brins de cette même paille. Assise sur un banc qui avait miraculeusement échappé à la tempête. Dans les stalles les plus proches, Éclipse et Mascarade encensaient, piaffaient et bronchaient comme s'il y avait un serpent ou un loup dans les parages. Mais il n'y avait que moi, la chauve-souris d'Harrenhal.

« Ma dame ? »

Je tournai la tête vers la clarté de l’entrée, comme sortant d’un rêve. « Devan ? »

Mon intendant s’approcha à pas comptés, posant sur moi un regard observateur, un peu inquiet, sur la réserve, mais bienveillant. Cher Devan. Il dégageait toujours une profonde chaleur humaine, même dans ses silences, même dans mes silences. « Vous êtes blessée, ma dame. » En alerte. Sans panique. Son regard scrutait mes mains. Je lâchai la brindille cassée et les retournais pour en examiner les paumes, réalisant seulement à cet instant combien leur chair me brûlait. Elles saignaient. Des lacérations sans gravité. « De simples égratignures. » commentai-je, évacuant sa préoccupation. Puis je relevai la tête avec détachement. « Qu’y a-t-il, Devan ? Vous vouliez me parler ? » Il m’examina d'un regard pénétrant, puis détourna les yeux et chercha ses mots, allez savoir pourquoi, dans un obscur recoin des écuries. Il réfléchissait toujours avant de parler, ce brave Devan. Après avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche, il me regarda avec bonté et dit : « Nous vous avons cherchée assidûment. Il n’est jamais rassurant de ne pas savoir où vous trouver… dans ce château. » Avait-il failli dire autre chose ? « Je connais Harrenhal mieux que quiconque.» rétorquai-je.  « Je doute fort de mourir inopinément d’une chute dans la Tour des Spectres, si c’est ce qui vous tracasse. »

« Certes… disons, hum, que Lady Selyse et moi-même étions préoccupés par les suites de votre... dispute avec Ser Tybalt. » « Ma dispute ? » Cela me revint tout à coup, comme si j’avais dormi un long moment. « Oh, oui. »  Tu ne m’aimes pas ! Tu es comme tous les autres !  Mes vociférations trouvaient encore leur écho dans ma mémoire, tout comme celles de Tybalt. Pauvre folle ! Pauvre folle !  Je m’étais réfugiée ici après l’avoir frappé. Frappé, pas giflé. Ah, je n’apprendrai sans doute jamais à me comporter en femme du monde. A l'abri des regards, j’avais passé ma rage sur tout ce que je trouvais. Cela avait dû prendre un moment. Un long moment. Je ne me rappelais plus très bien. « Ce n’est rien, Devan. Les frères et sœurs se disputent, c'est inévitable. Nous grandissons, mais il reste toujours au fond de nous un enfant querelleur et jaloux. » Il était pourtant rare que Tybalt me mette hors de moi. En réalité, le plus souvent, je me mettais toute seule hors de moi, et quiconque se trouvait là au mauvais moment pouvait en faire les frais. Encore un de ces stupides accès d’émotivité, donc. La crise était passée, et j'étais redevenue aussi froide, clinique, lucide et logique qu’un mestre en plein acte chirurgical. Je considérais à présent mon accès de rage avec l'agacement résigné d'un archer habitué à rater encore et toujours la même cible. Ne serai-je donc jamais débarrassée de ces sursauts du passé ? Je n'avais pas suffisamment pris le temps de prier ni de jouer de la harpe, ces jours derniers. J'avais baissé ma garde. Et mes démons s'étaient empressé de s'engouffrer dans la brèche.

« Quel chantier. » dis-je en regardant autour de moi. On aurait cru que les chevaux s'étaient emballés et avaient ravagé les lieux à coups de sabots. Les lacérations... avais-je empoigné cette fourche là-bas ? Il y avait des marques sur la demi-porte de la stalle. Oui, je me rappelais maintenant. Je n'y avais pas été de main morte, comme toujours dans ces moments-là. Devan me tendit obligeamment un mouchoir de dentelle.  « Pour mes mains ? Je devrais plutôt les nettoyer à l'eau claire et au vin. » Je le remerciai, et il sourit, puis secoua la tête. « Non. Pour votre visage. »

Je me levai du banc avec difficulté, ankylosée par la rigidité prolongée de ma posture recroquevillée. Mon visage. Il me tirait, signe de sel sur mes joues, d'autre chose peut-être ? J'avais crié et pleuré et... non, je ne m'étais pas fait mal, et Tybalt ne m'avait pas blessée non plus, malgré une brève empoignade, c'était juste un éclat de bois qui m'avait entaillé la joue. Bon. Devan prenait la chose avec une compréhension étonnante, mais aurait-il pu rester à mon service depuis si longtemps sans cela ? Debout, je le dominais de plusieurs têtes, ce cher nain, mais c'était lui qui à cet instant était l'adulte et moi l'enfant. Penaude ? L'espace d'un battement de cils. Au battement suivant, j'étais redevenue la Dame d'Harrenhal.  « Dîtes à Ked et Thia de ranger ça. Et d'aller se chercher une douceur en cuisine ensuite. » Je n'allais pas m'excuser, mais cela ne m'empêchait pas de leur accorder une compensation pour la corvée infligée.

Je sortis des écuries et me rendis chez Mestre Sydney qui nettoya mes plaies tandis que je m'impatientais. Je n'ai jamais aimé me faire soigner, surtout pour des peccadilles, mais en tant qu'épéiste j'ai appris à ne pas négliger les risques d'une blessure même superficielle. Il eût été particulièrement stupide de laisser les plaies s'infecter alors que la couronne venait de m'informer que je devrai bientôt commander les troupes d'Harrenhal dans un assaut sur les Iles de Fer. Une perspective que j'appréhendais avec enthousiasme et détermination, bien décidée à mener moi-même mes hommes au combat. Il était plus que temps de rabattre l'orgueil de Dagon Greyjoy et de ramener les Fer-nés dans le giron du royaume.

Tout en pansant mes mains, Sydney m'informa que nous avions enfin reçu une réponse au corbeau expédié à la Citadelle. D'après les estimations des Archimestres, l'automne durerait encore cinq ou six lunes. Une nouvelle qui jeta un froid dans la pièce. Cinq ou six lunes seulement pour se préparer à l'hiver après des récoles désastreuses ! Il allait falloir augmenter la part de réserves pourtant déjà conséquentes, et donc se serrer la ceinture. Mes bannerets n'aimeraient pas mes instructions, comme toujours, mais être crainte a ceci de bon que l'on ne conteste pas vos directives. Il faudrait aussi accélérer certains travaux au château en prévision des neiges à venir. Beaucoup de choses à planifier et superviser, mais la guerre venait en priorité : Devan assurerait tout cela en mon absence, avec l'aide de Tybalt et Sydney. Ensuite... à mon retour, ce serait la ruée en avant, une autre bataille, sans épée celle-là, contre un ennemi nommé Famine.

Alors que nous en finissions, Devan nous rejoignit et m'annonça qu'Olivir, notre Maître Dresseur, était de retour de Herpivoie avec quelque chose d'intéressant à me montrer. Me demandant de quoi il pouvait bien s'agir, à part un cadeau empoisonné des Racin, je me levai pour regagner la cour des écuries...




PS : Mes PNJ sont ouverts à l'incarnation par des joueurs, MP-moi si vous êtes intéressé !


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Dernière édition par Danelle Lothston le Dim 8 Sep 2013 - 12:47, édité 1 fois
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Bayard
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Message Dim 8 Sep 2013 - 12:07

« T’as entendu ? Parait qu’l’autre Folle elle va partir s’battre contre les pirates de Fer ! Même que j’ai entendu aussi que… »

Descendant l’escalier irrégulier tant bien que mal, Bayard venait de percuter de l’épaule l’un des ouvriers qui se perdaient à discuter et trainer les pieds. Si une bonne partie de l’équipe du maître maçon faisait un travail irréprochable, il en était certain avec qui il devait faire avec. Ceux-ci étaient des ouvriers dénichés dans les environs, en renfort. Il ne pouvait pas se permettre de perdre un temps précieux en évaluant tout le monde. Le moindre artisan, qualifié ou non faisait l’affaire. Il avait lourdement sous-estimé la quantité de choses à faire ici. Si certains travaux étaient plus une question de confort, comme le colmatage de trous ou égalisation de marches, d’autres étaient plus que nécessaires et mettaient en danger la vie des habitants de la forteresse. A lui de s’organiser pour faire un tri et faire passer en premier le plus urgent. Sauf que, le moindre petit accro devenait parfois tellement insupportable que le maçon y mettait la main. Si le cinquantenaire avait toujours adoré son métier, il détestait devoir expliquer trois fois la même chose en une seule journée. Mais avec quatre équipes différentes à gérer, c’était bien impossible de faire autrement.
Soupirant de dépit, il atterrit enfin dans la cour supérieure, entièrement ceinturée de tour dans des degrés de dégradation indéfinissable. Il repéra son gamin, qui du haut de ses quinze ans, avait acquis une assurance qui rendait fière le vieillard. D’un signe du menton, il l’interpela et profita un instant de son épaule pour reposer ses membres.

« Ca donne quoi ? (le plus jeune répliqua sans détour) Comme tu l’avais prévu, le sable de la cour est inutilisable pour le ciment. Trois brouettes sont sorties v’là une heure, mais toujours rien. Je m’en occupe. » Le père s’éloigna d’un pas avant de crier au plus jeune qui s’éloignait en courant : « Et trouve moi un charpentier ! La toiture de la tour n’est toujours pas réparée ! » Le jeune promit d’y faire quelque chose et retourna à son travail. Une incroyable fuite en toiture laissait rentrer l’eau de pluie à la moindre petite averse. Les sols très lisses des étages – probablement à cause du légendaire feu – faisaient couler l’eau jusqu’à l’étage de plein pieds qui se transformait inexorablement en une marre stagnante. Une équipe du château se relayait en permanence pour éviter que le niveau soit trop important, mais même en poussant le liquide à grand renfort de balais, ça n’était toujours pas suffisant.

Claudiquant, Bayard contourna la spectaculaire fosse sculptée dans le terrain même. A se demander si elle avait été commandée uniquement pour y voir des combats d’épées… Tentant d’estimer le temps qu’il fallait aux trois brouettes pour sortir de l’enceinte et gagner un terrain exploitable, il dévia jusqu’à la tour dite d’Effroi et emprunta le petit passage surplombé d’une arche relativement bien conservée. Stoppant ses pas sous le couvert, il était intimement convaincu que les trois ouvriers se foutaient largement de sa poire. Même sur un pied, ils auraient déjà dû être de retour. Grinçant des dents, agacé, il se résolu d’attendre encore un peu avant d’envoyer un apprenti les chercher. Si rien y faisait, ils seraient tout trois exclu du chantier. Du moins en théorie. Le manque de main d’œuvre ne lui permettrait probablement pas de renvoyer les trois gredins, mais une tâche plus qu’ingrate saurait peut-être faire plus d’effet. Il allait s’en retourner à la cour supérieure lors qu’il aperçut l’unique lutin traverser sa cour face aux écuries. Bayard détestait ce personnage. Pour une seule raison : son infirmité. Ce petit être galopant était aussi misérable que lui-même, et c’était précisément cette image qu’il ne pouvait tolérer. Pourtant, il ne pouvait lui en vouloir d’avantage. Devan était un intendant tout à fait compétant et d’une conversation tout à fait agréable.

Tournant la tête pour accompagner son confrère du regard, il s’étonna de le voir s’engouffrer dans les écuries. Haussant les épaules, le maçon se détourna finalement pour s’en retourner à sa besogne. Il traversa la cour réservée aux services et pénétra en frappant du point dans la longue forge. Si elle servait la plupart du temps à la confection d’armes et d’armures, elle était également utilisée pour les fers des chevaux et certain des travaux du chantier. En l’occurrence, Bayard avait demandé au forgeron de service de lui confectionner à l’identique deux gonds de vitraux d’après la base très abîmées de ce qu’il en restait sur place. L’objet d’origine était fondu en grande partie mais avec la description du maçon, le forgeron avait fait des merveilles.

« V’là les deux, Yard. Même diamètre, même longueur. J’peux pas faire mieux. » Bayard avait pris les pièces dans sa main avant de les retourner plusieurs fois. Un maigre sourire et une tape dans le dos. Sans oublier un supplément de bière au souper. Voilà comment le maître remerciait ses artisans. Sans plus attendre, il contourna l’âtre fumant pour gagner le fond de la pièce. D’un geste, il indiqua au forgeron qu’il lui empruntait quelques outils. Très soigneux, on ne risquait absolument rien à prêter quoi que ce soit au maçon qui ne possédait guère plus qu’un marteau de façade et une mine de charbon. Les objets qu’il utilisait étaient toujours nettoyés et remis en place avant que son propriétaire ne se rende compte de leur absence. Après un bref salut de la tête, Bayard regagna l’extérieur, s’essuyant le front d’un revers de manche. Il contourna le septuaire qui était, cela dit en passant, incroyablement mal placé ! et retraversa la cour. Levant les yeux, fronçant le nez, il observa les trois tours depuis le sol. D’ici, il pouvait repérer les gros dégâts mais savait pertinemment que des surprises l’attendaient à chaque marche. Baissant le visage pour revenir à hauteur d’yeux, il vit du coin de l’œil celle qui lui permettait de réaliser son plus vieux rêve : Lady Lothston. Si la hiérarchie voulait qu’il ne s’adresse pas sans préavis à la Folle de cette demeure, il ne respectait ce fait que très rarement. En général, il pouvait résoudre la plupart des problèmes du chantier seul, et ne dérangeait jamais la Lady pour une question de moindre importance. Cependant, il respectait assez la Lady pour ne pas passer outre son autorité. Même s’il connaissait son travail, il faisait toujours attention de ne rien ordonner sans que la lady le lui ait demandé avant, même si les décisions de sa maîtresse étaient plus que prévisibles.
Comme beaucoup, il avait entendu parler tout bas de cette guerre contre les Pirates qui attaquaient les terres de l’Ouest et du Nord, sans pour autant y être affecté. Mais la maison Lothston allait prendre part à la vague de soldats qui s’en allaient en mer châtier les barbares gris. Ainsi, elle serait absente pendant un temps. Il faudrait donc que le maçon reçoive ses directives de Devan ou du charismatique Tybalt. La lady ne l’avait pas encore convoqué pour mettre tout cela au clair et même si Bayard se doutait bien qu’elle ne l’oublierait pas avant son départ, il sauta sur l’occasion.

Marchant avec raideur, il remarqua au dernier moment ce que le septuaire lui avait caché ; en plus d’être accompagnée de Devan, la Lady était flanquée d’Olivir qui semblait lui-même accompagné d’une bestiole indéfinissable à ses pieds. Bayard était à seulement quelques pas du trio. Loin de lui l’idée d’interrompre ainsi une discussion déjà lancée et qui ne le concernait nullement, il se contenta de croiser les bras sur sa poitrine, attendant son heure. Il était loin de se douter que son immobilité était encore plus insultante qu’une intervention.


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Message Jeu 12 Sep 2013 - 10:25

Mon maître dresseur m’avait réservé une surprise dont je ne savais que faire. Une surprise plutôt déplaisante, donc. Deux boules de poils batifolaient à ses pieds, et ce n’était pas de chiens. D’ailleurs, des chiens, nous en avions déjà bien assez. Non, ces créatures-là étaient des loups, et Olivir se prétendait apte à les dresser. Pourquoi, au nom des Sept, quelqu’un aurait-il voulu faire une chose pareille, cela me dépassait. Mais apparemment une fille de la noblesse locale voulait d’un de ces louveteaux pour l’offrir à une amie très chère en guise d’animal de compagnie. Je gage que la donzelle ne mesurait pas très bien quelle serait l’évolution de la bête en taille et en poids, autrement dit en dangerosité – inversement proportionnelle à celle de sa mignardise. Qu’un maître dresseur aussi habile sache dompter un loup était de l’ordre du possible, mais le coût de l’entreprise au regard de ses bénéfices me semblait bien élevé.

Les petits étaient mignons comme le sont les petits de la plupart des créatures, pour autant je ne les contemplais qu’avec une froide désapprobation. Et dire qu’Olivir suggérait l’option d’en garder un pour moi ! Oh, cela pourrait toujours empirer ma réputation. Harrenhal avait déjà des chauve-souris, des fantômes, une folle, un bâtard et un nain, alors pourquoi pas un loup en sus ? Il ne ferait pas tâche dans le décor. Mais en avais-je réellement besoin ? Et en cette période de disette, était-il judicieux de recueillir un prédateur en herbe sous mon toît ? Allais-je nourrir inutilement cette créature que je ne pourrais même pas emmener à la chasse au risque que son instinct sauvage reprenne le dessus et qu’il ne s’en aille boulotter les lapins d’un fermier ? Et quand l’hiver viendrait et que ses semblables s’approcheraient de Ville-Harren, tenaillés par la faim, quel seigneur serais-je si je réchauffais contre mon sein cet animal honni du peuple ?

« Tiens donc, on se lance dans l’élevage de loups ? » lança Tybalt qui passait par là d’un air gouailleur. Chez lui, l’air gouailleur s’accompagnait inévitablement d’un rictus sanguinaire. La faute à sa physionomie, non à ses intentions, du moins pas à chaque fois. « Et comment qu’on va l’appeler le loupiot ? » Se moquait-il de moi ? Je n'oubliais pas que nous venions d'avoir une de nos querelles fracassantes. Nous ne donnions pas dans la rancune, une fois purgés de nos humeurs noires, mais un peu de sarcasme n'était pas inhabituel en contrecoup. Je baissai mon regard sur le mâle grisâtre qui jouait avec sa sœur.

« Myrtille » dis-je du bout des lèvres, d’un air pincé. Tybalt me coula un regard en biais, un regard inquiet, comme si j’étais malade. Ignorant sa réaction, je poursuivis sur ma lancée : « Je suis sûre que la donzelle qui a jeté son dévolu dessus lui donnera un nom de ce genre. Myrtille. Câline. Fleurette. Ou Bouton d’Or. Si c’est la fille à laquelle je pense, je penche pour les noms à connotation pâtissière. Cannelle, ou Tartelette, peut-être.»

Tybalt soupira d’un air soulagé. Le maître dresseur ne pipait mot, trop prudent pour en rajouter avant que je n’ai livré ma sentence. « Je ne vais pas m’encombrer de ces créatures. Je n’ai aucune raison de rendre service à une jeune voisine délurée qui trouve malin d’offrir à une autre évaporée un cadeau pareil.  Débarrasse-t’en. »

« La lady… » commença Olivir.

« Son père m’en sera reconnaissant. »

Tybalt hocha la tête. « C’est la meilleure chose à faire » dit-il, bien que je sentis une once de regret dans sa voix. Un loup, il est vrai, n’aurait pas détoné à ses côtés. Cette image devait lui faire envie. Elle campait le personnage, comme mes chauve-souris. Un instant, j’hésitai à lui offrir le mâle, mais un molosse ne ferait-il pas tout aussi bien l’affaire ? C’est alors que j’aperçus le Maître Maçon, Bayard, qui nous observait. Nous étions sur son chemin, je suppose, parce qu’il nous observait sans rien dire. « Un commentaire, Bayard ? » dis-je d’un ton mordant. « Allons, exprime-toi. Puisque ce spectacle a l’air de retenir ton attention, tu dois bien avoir un avis sur la question. Un loup a-t-il sa place à Harrenhal ? »

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Dernière édition par Danelle Lothston le Sam 28 Sep 2013 - 13:00, édité 1 fois
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Bayard
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Message Dim 15 Sep 2013 - 14:44

En observant attentivement, Bayard crut reconnaitre deux chiots aux pieds de son confrère. Quoi qu’à en regarder de plus près, les deux bestioles ne ressemblaient en rien aux chiens que le maçon avait pour habitude de croiser. Il releva les yeux sur le beau-frère, toujours aussi amical, et ne put s’empêcher de grimacer. S’il respectait ce dernier, il ne pouvait prétendre le trouver agréable. Il crut comprendre qu’il était alors question de loup. *C’est quoi ces conneries !* Il savait les chiens errants assez craintifs pour foutre le camp au moindre coup de pied, et c’était pratique. Il savait également – expérience faite lors de son séjour au Nord – que les loups… bah c’était pas pour rien qu’ils habitaient le Nord ! Croisant les bras sur sa poitrine, le maçon inclina la tête sur le côté, comme pour mieux apercevoir les deux bêtes. A quoi jouait donc Olivir ! Il croyait pourtant ce bonhomme sensé et très terre à terre. D’accord, l’endroit prêtait à plus d’un écart du moment que la réputation de la Lady était renforcée, mais de là à s’enticher de bêtes aussi dangereuses que ces tueurs nés, il y avait une sacrée marge.
Perdu dans sa contemplation des deux animaux, il n’écoutait plus les discours à leur propos. Il ne comprit ainsi pas que l’un des loups était destiné à une quelconque Lady et que seulement le deuxième pourrait éventuellement – si Lothston l’acceptait – séjourner ici. Il releva le nez au ton cassant que prenait sa maîtresse, sans pour autant en capter les paroles. Depuis qu’il travaillait ici, il savait que la Lady ne faisait pas dans la dentelle. C’est ce qui lui plaisait. Elle avait plus de tripes que la moitié des gaillards qui effectuaient des tâches ingrates et pourtant, il la savait – ou plutôt la soupçonnait – d’être incroyablement fragile. Mais même si cette froideur apparente cachait un cœur meurtri, ça n’était pas affaire de maçon, et il se contentait de garder ses réflexions déplacées pour lui.
 
La claque mordante que lui envoya la propriétaire des lieux lui décrocha un sourire. Oui, il adorait cette femme, tout comme il la craignait. Mais contrairement aux deux autres hommes présents, il était rare qu’il ait son mot à dire pour quelque chose qui ne touchait pas ses qualifications. Pas intimidé pour autant par la petite troupe, il dévisagea Tybalt et Olivir à plusieurs reprises, comme pour peser le pour et le contre. La Lady le pressa à nouveau. Il baissa le regard sur les deux loups avant de décroiser les bras et de désigner les bestioles. « Lady, j’ai rien contre un bon chien de garde, mais j’ai horreur de ces tueurs. »  Calant ses mains à sa ceinture d’où pendait un marteau et divers outils, il continua sur le même ton d’honnêteté. « Même dans l’Nord ils en ont pas comme toutous. Du moins, pas où que je suis allé. Ces bestioles, ça se dresse pas. Ca reste sauvage. Et j’vois pas en quoi ça aiderait ici. » Il désigna l’une des tours alentours particulièrement mal en point. Niveau sécurité, un loup ne changerait rien. La dernière attaque ayant mis à mal la place venait du ciel. Levant le nez sur Olivir, il s’adressa à ce dernier. « Je remets pas en cause le travail du maître dresseur, loin d’là. Il est doué, pour ce que j’en sais. Mais franchement… ça couine, ça hurle à la mort, ça chasse tout ce qui bouge… enfin, Lady, à quoi ça sert de payer le prix fort pour un animal pareil alors qu’un gros molosse fera bien mieux le travail et risquera pas de vous égorger la nuit venue ? » Sa description du loup était très primaire. La dernière fois qu’il en avait croisé un, il n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Travaillant en plein bois, ils mangeaient quelques gibiers avec ses confrères. C’est sans doute, ce qui avait fait venir la meute. Toute la nuit, ils avaient dû entretenir le feu pour ne pas risquer de se faire eux même bouffer. Oh que non. Lui vivant, il n’approuverait jamais un loup. Ni comme parure – la Lady n’en avait pas besoin – ni comme gardien.
 
Il évita d’en ajouter plus. Certes, on venait de lui demander son avis, mais il savait par expérience qu’il était souvent préférable de faire profil bas et de ne pas abuser des faveurs qu’on vous faisait. Mais comme sa présence ici semblait avoir été mal interprétée par la Lady, il ne put s’empêcher de lâcher rapidement. « Et j’étais pas intéressé ! J’avais pas vu que vous étiez… accompagnée. Je voulais vous parler des travaux. Comme y parait que vous partez à l’ouest pour combattre les pirates. Enfin, c’était juste histoire de savoir si vous aviez … de quoi signaler. » Il allait bien évidemment poursuivre le chantier, même la Lady au loin. Et continuerait de le faire en faisant passer les gros travaux en premier.

A nouveau, son regard passa de Tyblat à Olivir, comme s’il se sentait désagréablement de trop dans cette discussion, ou qu’il attendait une réaction de leur part. En réalité, Bayard se sentait toujours en danger en compagnie des deux hommes. Le premier pouvait probablement le battre en un seul coup et le second était suffisamment leste pour l’achever en une poignée de seconde. Il haïssait cette sensation d’infériorité qui n’était pourtant pas présente lorsqu’il était uniquement accompagné du maître dresseur. Haussant les épaules, comme pour chasser cette idée, il secoua nerveusement la tête pour dégager son front avant de répliquer en hachant ses mots : « J’ai d’quoi faire. J’enverrai un d’mes jeunes… pour recevoir vos recommandations. » Il allait s’éloigner lorsque l’un des petits loups aboya, probablement par jeu. Il le désigna d’un index accusateur. « Voyez ! L’est pas bien grand, mais c’est déjà plus agressif qu’un clébard. J’vous l’dis. C’est chez vous et je ne m’oppose à aucun de vos choix, c’est pas mon droit,  mais si cette bestiole se balade vers mes gars et leurs fiche la frousse, je pourrai pas les engueuler s’ils en viennent à des coups de pioches… » Et il savait être l’un des premiers à user de la force contre plus faible. Pour appuyer ses dires, il avait mimé le geste des bras. A présent, il avait le regard rivé sur le loup grisâtre. C’était comme il souhaitait que le loup face usage de sa force, juste pour éprouver le plaisir de lui enlever la vie. 

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Message Sam 28 Sep 2013 - 12:52

Bayard n'était pas pas à proprement parler un homme vers lequel j'avais l'habitude de me tourner pour prendre conseil, sauf pour les questions qui relevaient directement de son champ de compétences. Mais c'était un homme de bon sens et son opinion ne manquait pas de réalisme. Elle reflétait en outre la probable réaction de mes gens et il m'était utile d'en prendre la mesure. En l'occurrence, son raisonnement rejoignait le mien. Un molosse ferait tout aussi bien l'affaire. Je n'avais pas vraiment besoin d'un signe supplémentaire d'excentricité. Mon mode de vie abondait en occasions de me distinguer en transgressant les normes sociales, à quoi bon parader avec un loup en plus ? Ne serait-ce pas verser dans la vaine surenchère et le mauvais goût ? En outre, une telle lubie n'aurait même pas le goût de la surprise pour mes voisins et mon peuple déjà rôdés à des bizarreries bien plus intéressantes. Cela passerait presque inaperçu, pour ainsi dire, de la part de la Folle d'Harrenhal. Non, décidément, je ne voyais aucun intérêt à couver dans mon sein cette créature.

Bayard se défendit promptement de nous avoir épiés et s'excusa. Alors qu'il tournait les talons, un des louveteaux poussa un cri et mon Maître Maçon saisit au vol ce prétexte pour enfoncer le clou, interprétant cet aboiement comme un signe d'agressivité. Ah, c'était bien de lui. Il avait ce côté ombrageux d'homme à ne pas chatouiller inutilement, bien qu'il ne se risquât pas à se montrer susceptible avec moi. Comme il mentionnait l'éventualité que ses gars s'en prennent à l'animal s'il venait rôder dans leurs pattes, je commentai d'une voix tranchante : "Je suis certaine qu'ils n'en feraient rien." Si l'envie me prenait d'avoir un loup, mes gens n'auraient d'autre choix que de vivre avec, et je doutais fort que l'un d'eux soit assez fou pour me contrarier de la sorte. Il était néanmoins intéressant que Bayard l'affirme. Peut-être lui et ses gars étaient-ils du genre à commettre de petits délits en douce quand quelque chose ne leur convenait pas. Il faudrait que je les tienne à l'oeil. Je ne pouvais tolérer que mon autorité soit écornée si légèrement que ce fût. Une femme de pouvoir est comme une louve traquée. A la moindre égratignure, l'odeur du sang rendra fous les limiers et les guidera droit sur elle pour la curée. Pas une goutte de sang ne doit lui échapper. Pas une.

"Ils n'auront pas à se retenir, en tout cas." conclus-je en détachant de Bayard mon regard fixe, pour le reporter sur mon Maître Dresseur impavide.  "Harrenhal n'est pas un refuge pour les orphelins et les oisillons tombés du nid. Tu sais ce qu'il te reste à faire, Olivir." Il acquiesça ; que pouvait-il faire d'autre ? Il n'avait pas vraiment d'arguments en faveur de la bestiole et son sort lui était, je gage, indifférent. Tout au plus aurait-il trouvé là un défi à relever, mais il ne travaillait que pour mon bon vouloir et il avait déjà fort à faire avec les chenils, les écuries, la fauconnerie et les chauve-souris. Je le regardai ramasser les louveteaux et s'en aller sur un mot d'obéissance bref et respectueux, comme toujours.

"Que tes ouvriers réservent l'usage de leurs pioches à l'ouvrage." dis-je d'un ton sec à Bayard, le fixant à nouveau du même regard soutenu. Juste au cas où les intéressés se seraient amusés à s'en servir sur un de mes chiens un jour de mauvaise humeur, par exemple. "Ou je devrai leur montrer quel usage je suis, moi, capable d'en faire." Quelque chose me disait qu'ils préféreraient laisser cela à leur imagination. Je marquai un court silence pour laisser le temps à cette idée de se forer un chemin sous son crâne de pierre. "Merci de ta franchise, par ailleurs. Ton avis est bien reçu." Il était assez connu au château que l'attitude inverse était bonne pour les épris de l'Etranger. Le mensonge, l'hypocrisie, étaient les défauts que je pardonnais le moins volontiers à mes serviteurs. "Pour ce qui est des trabaux en mon absence... il y a eu un bruit curieux derrière le mur nord de la Salle aux Cents Cheminées. Comme un éboulement. Je ne voudrais pas que le mur s'écroule sur moi et d'éventuels invités en plein dîner. Occupe-t'en en priorité, si tu ne vois rien de plus urgent."

Mes pensées volaient déjà bien loin de cet incident, vers les Iles de Fer où je mènerai bientôt mes troupes au combat...

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Bayard
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Message Dim 29 Sep 2013 - 11:01

Le ton intransigeant qu’employa la lady pour le contredire fit sourire Bayard. Elle pensait tenir les ouvriers en respect et prévoir leurs réactions mieux que celui qui les côtoyait depuis quarante longues années. Il n’en fit rien. Ses propos étaient légitimes. Les hommes devaient respect et soumission à la Dame et en cela, ne devaient effectivement absolument pas toucher à ce qui lui appartenait même si la chose pouvait s’avérer être un loup domestique. Le maçon savait cependant que plus d’un des gars avaient l’esprit gangréné et qu’aucun ne respecterait cette consigne. Ça n’était pas volontaire mais bizarrement, le moins dangereux de tous était peut-être Bayard, trop fier pour oser perdre son poste sur ce chantier tant convoité. Et c’était pour cette unique raison qu’il gardait à l’œil plus qu’à l’accoutumée sa petite troupe.  
 
Soutenant le regard de la lady plus que raisonnablement, il ne cherchait nullement à se montrer supérieur. Cette attitude offensive lui avait valu bien des remarques par le passé mais désormais il se contentait de répliquer que c’était sa nature et que si sa vision était désagréable, il ne fallait simplement pas le convoquer : Cester, son gamin, jouait désormais ce rôle d’intermédiaire lorsque les caractéristiques de Bayard étaient insurmontables. Le maçon se réjouissait de voir qu’ici, il n’était pas remis en cause et que même son avis était suscité. Néanmoins, il y avait fort à parier que seule la lady s’intéressait réellement à son point de vue et que les deux autres ne faisaient que subir ses réponses.
 
Bayard réprima un large sourire en écoutant la sentence de Lothston. Pas d’avoir été écouté mais pour les dégâts que cette décision éviterait. Baissant le front pour s’en retourner à la besogne, Bayard lança un regard de biais à la lady. Qu’allait-elle s’imaginer ? Ses hommes travaillent avec honneur et si certaines frappes avaient dues être engagées c’était uniquement la faute à la réputation de la lady. S’imaginer travailler dans un contexte pareil en faisait fuir plus d’un et les téméraires restaient les moins propices à du travail de confiance. Le maçon aurait volontiers engagé que sa petite troupe mais à une vingtaine, leur vie entière ne suffirait pas à reconstruire le plus urgent. Il répondit par une sorte de grimace à cheval entre la joie et l’agacement. Penser un instant voir la lady venir menacer ses hommes à coup de pioche l’obligea à dévier le regard, sachant que l’émotion trahie par ses yeux aurait été plus que déplacée en cette occasion.
 
Décalant ses mains à la ceinture, comme pour se redonner de la prestance, il fut content d’aborder enfin un sujet dont il connaissait toutes les coutures. Entièrement concentré sur les propos de la lady, il n’en perdit pas une miette. Son esprit échafaudait déjà un nouveau plan afin de revoir la liste des travaux à exécuter en priorité. Impossible pour lui de tout cataloguer selon un degré de dangerosité. Même si le tour de la demeure avait été fait avec minutie, les plus gros problèmes restaient cachés et souvent inaccessibles. Les travaux demandaient parfois d’abattre des murs pourtant en très bon état, dans le seul but d’accéder à un passage parallèle. La salle aux Cents Cheminées était de ces problèmes récurrents.  « Entendu. J’irai jeter un œil. Mais ne vous étonnez pas de ces éboulements. La base est solide et sans danger. Le haut en revanche… j’en garantis rien. Tant que ça ne provoque pas une surcharge, les murs tiendront. »
 
Il irait néanmoins contrôler, comme promis. Il devait avant tout s’assurer que les salles en bon état ne subissent pas de dommages externes. Mais il n’en avait absolument rien à faire que le mur occasionne des morts. Il ne souhaitait nullement que la lady perde la vie, ne sachant si son poste pourrait être conservé avec cette perte. Egoïstement, il aurait très volontiers renforcé le pan de mur attenant  la chaise de la dame et laissé les autres en état. Il se garda bien d’en faire remarque.
 
Conscient d’avoir déjà bien abusé du temps des trois autres et cette fois-ci bien de trop dans la discussion il lança simplement : « Je ferai de mon mieux pour ne pas délocaliser les habitants du pan ouest. » Il parlait des probables chauves-souris et autres nuisibles qui s’y trouvaient. C’était bien la première fois qu’il devait composer avec et non tout bonnement les exterminer.

Non désireux d’en entendre d’avantage, il tourna les talons avec peine pour regagner la cour en contre haut. Boulons en mains, il allait avant toute chose, finir cette première besogne. D’un pas brusque, il s’enfonça dans la première tour à l’escalier vertigineux et gagna la fenêtre. Il n’avait plus qu’à les remplacer.


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