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Aux petits maux les grands remèdes

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Vyrgil Vyrwel
Mestre

Général
Mestre destitué et noble déchu
Médecin des pauvres malgré lui

♦ Missives : 337
♦ Missives Aventure : 24
♦ Age : 37
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 10/05/2013
♦ Célébrité : James Callis dans 'Merlin & the book of beasts' © Front street pictures
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♦ Doublons : Alysanne Florent, Danelle Lothston, Lantheïa
♦ Age du Personnage : 38 ans
♦ Mariage : A priori, c'est cuit, mais sait-on jamais ?
♦ Lieu : Port-Réal
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Message Sam 25 Mai 2013 - 19:04

La façade du dispensaire de la Main Tendue avait toujours été bancale, non, biscornue, se disait Vyrgil, à l'image des énergumènes qui le peuplaient. On y entrait par une porte de chêne presque toujours ouverte, surmontée d'un linteau de pierre pas vraiment d'aplomb, fissuré, où le lierre avait fait son nid. Des pigeons en rangs d'oignon s'ébattaient sur le toît et gloussaient en regardant les passants comme une bande de commères à l'heure des potins. Devant le palier traînait un chien à qui il manquait une oreille, un corniaud d'une couleur tirant sur le jaune paille, un peu pelé mais l'oeil encore vif, le museau couturé de cicatrices. Misère, l'appelait Vyrgil, mais jamais pour l'appeler - plutôt pour lui hurler de décamper. Combien de choses étaient tombées dans cette oreille unique toujours tendue aux portes du dispensaire, l'Aïeule seule le savait. On venait ici des rues de Culpucier toutes proches, ou des avenues mieux famées de Port-Réal pour un soin, un remède, une oraison funèbre parfois... jupons colorés et chausses passées, on voyait de tout dans cette allée. Même de la soie, quand Garlan était de passage, et c'était le cas ce jour-là.

« Des livres ? Je vais voir ce que je peux faire, mais Port-Réal n'est pas Villevieille, mon ami, il faudra t'y faire. »

Un éphèbe angélique. Voilà de quoi Garlan avait l'air. En l'observant, Vyrgil ne pouvait s'empêcher de penser à sa propre jeunesse qui s'enfuyait. Oh, certes, il n'avait jamais eu ce teint de pêche, ces longues boucles de miel, ces yeux à la fois sombres et doux que mettaient en valeur le rose corail de la chemise de soie, le brun ambré du pourpoint de cuir et le lustre crémeux d'un foulard fluide. Ses propres doigts étaient agiles et fins mais point aussi délicats et doux que ceux de Garlan, qui à trente ans semblait avoir trouvé le secret de l'éternelle jeunesse, peut-être parce qu'il était aussi rêveur et fantaisiste qu'un enfant. Le "patron", comme il aurait fallu l'appeler, et comme on ne l'appelait jamais, était une œuvre d'art en mouvement, un épargné de la banalité. Garlan, maître orfèvre et bijoutier, le "Cueilleur d'étoiles", que ses dons et son beau langage avaient fait homme aisé, aisance bien dépensée par la grâce de sa grande piété. Ce n'était pas lui qui avait fondé ce dispensaire, mais son père, riche marchand de pierres précieuses, et maintenant c'était lui qui en était le principal financeur, aidé par les dons de la population et des nombreux patients qui trouvaient ici de l'aide. Il ne se mêlait guère de la marche des choses, mais il venait de temps en temps, et il veillait au grain avec une chaleureuse bienveillance, à la mesure de sa gentillesse et de sa foi.

« Je sais, je sais, mais si tu pouvais mettre la main sur ces ouvrages, mon travail en serait considérablement facilité... un mestre, même déchu, a besoin de références. Nous nous tenons sur les épaules de géants, Garlan, et bien que je sois sans nul doute le plus grand expert en médecine que tu verras jamais ici, je reste éloigné des sommets de mon art tant que je ne puis m'appuyer sur le savoir de ceux qui m'ont précédé. » La voix du Vyrwel était onctueuse, un rien précieuse, complaisante avec soi-même sans le moindre doute. Comme il prenait plaisir à converser avec un homme éduqué ! Oh, bien sûr, Garlan n'était pas noble, mais il avait de belles manières et l'on ne pouvait le confondre avec un gueux. Parler avec lui, pour Vyrgil, c'était sentir le parfum du printemps dans la brise, en attendant l'été du retour en grâce, le temps où de nobles salons s'ouvriraient à nouveau à lui, où il retrouverait sa juste place dans la haute société.

« Je ne peux rien promettre, mais j'essaierai, mon ami... Je dois retourner à mon atelier maintenant, si tu veux bien m'excuser. Prenez soin de vous, Vyrgil, Egan... »

« Prends soin de toi, Garlan. » répondit Vyrgil en inclinant la tête avec courtoisie. Un « Humph ! » lui fit écho du côté de la fenêtre, devant laquelle était assis, ou plutôt avachi, Egan le prieur. Une gourde à la main, la mine longue comme un jour sans pain, le jeune homme évita leur regard et continua d'observer ce qui se passait dehors tandis que Garlan s'en allait. « Tiens, Misère a trouvé un os. Doit être un os de rats. » Vyrgil soupira et s'affaira à balayer l'entrée. Egan ne faisait jamais de commentaire heureux. Pas étonnant qu'il ait abandonné son apprentissage de septon. Certains prétendaient qu'il avait eu peur de faire voeu de chasteté, mais Vyrgil le connaissait assez pour imaginer des motifs différents. Egan savait réciter correctement les principales prières, et citer quelques saintes paroles en lien avec la mort ou la guérison - surtout la mort, en fait - mais c'était là son seul point commun avec un religieux digne de ce nom. La plupart du temps, c'était juste un jeune paumé qui vivotait de travaux ingrats et habitait chez ses parents. Vyrgil se disait toujours que les gens devaient avoir une sacrée foi pour se sentir réconfortés par sa présence. Ses prières monocordes et ses réflexions pessimistes n'avaient rien de très rassérénant. Ses jérémiades quotidiennes à propos de tout et de rien, de la pluie aux mouches en passant par l'odeur des patients, avaient fini par devenir une sorte de bruit de fond pour le Vyrwel qui ne l'entendait même plus les trois quarts du temps... comme quoi, on s'habitue à tout.

« La journée a été plutôt calme. Plus un chat à cette heure... je devrais peut-être en profiter pour passer chez l'herboriste. » Un grommellement de freluquet mal embouché lui répondit. Il regarda à nouveau Egan. On aurait un vieux croulant dans un corps trois fois trop jeune pour lui. Il lui rappelait ces maudits Archimestres à la longue face qui l'avaient destitué, avec leurs tristes mines, comme taillées dans les coulées de cire de leurs bougies - les innombrables bougies qui éclairaient leurs veillées solitaires. Ces cadavres vivants du Conclave qui l'avaient défroqué au prétexte qu'il ne se contentait pas de se tripoter le bilboquet dans l'obscurité de sa cellule. Ces faquins qui, faute de se rappeler l'usage dudit bilboquet, condamnaient quiconque refusait de suivre la même voie ! Quel vœu inepte ! Croyaient-ils donc pouvoir retenir les esprits les plus brillants de ce monde en exigeant d'eux le sacrifice de leur virilité ?

Vyrgil se rappelait avec aigreur de son jugement, durant lequel le désespoir et la panique lui avaient fait perdre contenance. Il avait supplié, puis invectivé les Archimestres de la manière la plus éloquente, superbe et ridicule dans sa lâcheté, théâtral dans sa déconfiture, un orateur fier, un prince défait sous les tomates pourries et les quolibets - métaphoriquement parlant. Aujourd'hui encore il ne pensait jamais sans acrimonie à cette première déconvenue magistrale, qui avait été le début d'une longue série d'avanies et de déceptions. Un jour, à nouveau, un noble le saluerait avec respect, et l'appellerait Vyrwel... mais pour l'heure, il devait supporter la compagnie d'un gamin décati avant l'heure qui ne daignait même pas l'appeler par son prénom, ou même lui répondre par une phrase articulée. Allons donc ! Cette journée n'avait-elle rien de plus à lui offrir ? Peut-être, songeait-il, pourrait-il aller en douce dans cette maison près de la boutique de l'herboriste, où vivait une beauté brune fort accommodante - nettement plus que son rustre d'époux, en tous les cas...


Thème musical : La Marche Turque ~ Mozart
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Corwin Rogers
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"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

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Message Dim 26 Mai 2013 - 23:38

Corwin n'avait pas passé beaucoup de temps à Amberly depuis son retour de la traque de la Bête, dans le Bois-du-Roi. Il avait bien des choses à voir dans la capitale, et il avait donc repris la route sans trop tarder avec une troupe d'hommes et son fils aîné, Alban. Depuis quelques temps, il était en tractations avec diverses familles afin de trouver une épouse à son fils. Il cherchait également à placer ses autres enfants. Certains avaient largement plus que l'âge, mais d'autres préoccupations étaient passées avant celles-ci. Son frère, lord Allan, lui laissait toute latitude pour marier ses enfants, se contentant de veiller à la dimension politique des alliances qui pouvaient se nouer. Le chevalier s'était donc rendu à Port-Réal, la bride sur le cou, afin d'y rencontrer un seigneur qui cherchait à marier sa fille. Une rencontre en personne serait toujours plus efficace qu'un échange de corbeaux...
La chose s'était plutôt bien passée, même si Corwin ne s'était pas avéré entièrement satisfait de la probabilité d'alliance. Il cherchait avant tout à lier sa famille de façon avantageuse à d'autres, et le seigneur en question s'était révélé être un homme plutôt mou et dénué d'ambition. Pas un mauvais bougre, mais pas non plus le type d'homme à apporter les intérêts que le chevalier recherchait. Sous un échange d'amabilités d'usages, l'entreprise en resta là. La troupe n'avait plus qu'à rentrer à Amberly, mais auparavant, il y avait encore quelques petites emplettes à faire. La capitale offrait une foultitude de marchands de tous poils, et cela valait la peine de jeter un œil aux nouveautés.

Malheureusement, ce fut à ce moment-là que les choses se gâtèrent. Alors qu'Alban montait en selle, une troupe de gamins des rues passa entre les jambes de son cheval, effarouchant l'animal par leurs cris, leurs gestes brusques et leur vivacité. L'animal jeta son cavalier à terre, cherchant à fuir ce qu'il prenait pour un danger. Le jeune Rogers se remit bien vite sur pieds, mais les rênes qui s'étaient entortillées à son poignet lui causèrent grand dommage alors que le destrier usait de toute sa force. Bien vite maîtrisé, il se calma, mais le mal était fait. Il ne fallu pas bien longtemps pour que le poignet d'Alban enfle, devenant d'une couleur oscillant entre le rouge et le bleu, avec une douleur lancinante. Une entorse ou quelque chose de ce genre, probablement, mais cela ne pouvait pas rester dans cet état, sans soins. Bien que ce ne soit pas la main d'épée du jeune homme qui soit concernée, il devait être capable de se servir de ses deux mains pour combattre. En tant que chevalier, c'était essentiel...
Connaissant bien la ville, Corwin mena sa troupe jusqu'au dispensaire le plus proche. Cela lui permettrait peut-être de dénicher quelques remèdes utiles, notamment certains pour les femmes enceintes. Son épouse lui avait fait la surprise de lui annoncer une nouvelle grossesse après bien des années sans enfant, et puisqu'elle n'était pas toute jeune pour supporter ce genre d'évènement, il allait chercher ce qu'il pouvait pour faciliter les choses. Bien que, il fallait l'avouer, après six accouchements réussis, les naissances se passaient généralement vite et sans trop de problème...

Il n'y avait pas foule qui se pressait dans le dispensaire, à cette heure. Un chien famélique semblait servir de sentinelle, encore qu'il n'avait pas l'air d'appartenir à qui que ce soit. Corwin n'était jamais venu en personne se faire soigner ici, il visait généralement des endroits plus... cossus. En revanche, certains de ses hommes y étaient déjà venus pour des choses bénignes, récoltées après quelque rixe de taverne ou altercation sans importance. Il mit pied à terre, entraînant Alban à sa suite, ses hommes restant devant l'échoppe pour garder les chevaux. Il n'y avait que deux personnes à l'intérieur : un homme barbu, visiblement pas beaucoup plus jeune que lui, et un adolescent à peine plus qu'un gamin. La salutation du chevalier fut de rigueur, sans exagération. Nul besoin de faire des courbettes, ici. A qui, de toute façon ? Avisant le barbu, qu'il savait être le guérisseur de par les récits de ses hommes, le chevalier lui fit part sans ambages de sa demande.


« Je me nomme Corwin Rogers. Je suis venu ici faire examiner et soigner mon fils. Nous venons d'Amberly, et la route jusqu'à notre fief sera encore longue, et potentiellement dangereuse. Une mésaventure avec un cheval lui a valu cette blessure au poignet, qui risque fort de l'handicaper.

D'un signe de la tête, il désigna Alban au barbu. Il s'était laissé dire que la rumeur le prétendait anciennement mestre de la Citadelle, une question qui serait à creuser. Pour cela, il ne fallait pas mettre le bonhomme dans de mauvaises dispositions, et mettre de côté sa propre contrariété. L'accident s'était quand même révélé d'une bêtise irréfutable ! Sans un mot, Alban s'approcha, tenant son poignet blessé contre lui avec précaution. Il ne montrait pas sa souffrance, mais elle se lisait dans ses yeux. Toujours silencieux, il se laissa examiner, les dents serrées.

- Son poignet est resté empêtré dans les rênes alors que la bête s'affolait. Des gamins des rues qui ont pensé amusant de se jeter dans ses jambes... Cela aurait pu bien plus mal tourner, sans doute, mais la situation est déjà bien fâcheuse... Pensez-vous qu'il gardera des séquelles, ou qu'il pourra se battre et agir comme auparavant ? Pour un chevalier, se retrouver handicapé d'une main est quelque peu embêtant... »

S'il s'agissait d'une entorse, il ne s'en faisait pas trop. Lui-même en avait déjà eues dans sa vie, et tout s'était bien passé. Bien sûr, il fallait prendre en compte le fait qu'il était un homme robuste... Peut-être un brin plus que son rejeton, qui était moins charpenté. Quelque chose qui lui venait de sa mère. Néanmoins, Corwin n'avait aucun moyen de savoir si c'était une simple entorse ou autre chose. Son domaine était d'infliger les blessures, et non pas de les guérir ! Laissant le barbu à son examen, il fit quelques pas dans le dispensaire, son regard céruléen et aiguisé se promenant un peu partout, à la recherche de tout et de rien. Il ferait ses demandes spécifiques de remèdes un peu plus loin des oreilles indiscrètes, celles de son fils comprises...


Nulles ténèbres pour le cœur valeureux.

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Vyrgil Vyrwel
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Message Mar 28 Mai 2013 - 18:23

Corwin Rogers. N’est-ce pas une chose délectable qu’un nom ? On se rend jamais mieux mieux compte de sa valeur, de sa saveur qu’à l’instant où l’on ne peut plus s’en targuer. Le nom de Vyrwel lui avait servi dans sa prime jeunesse de bouclier et d’étendard, avant d’être remplacé par un titre de mestre. Un échange en fausse monnaie, il se l’était souvent répété par la suite. Quel bien cela lui avait-il fait de troquer son nom de naissance, son nom de famille, son nom noble, contre une allégeance stupide à la Citadelle et sa clique de barbons vaticinants ? Aujourd’hui il ne pouvait plus se prévaloir de l’un comme de l’autre. Il n’était plus que Vyrgil, aux yeux de tous. L’envie de hurler ses origines était plus forte, plus insidieusement tentante que celle d’arborer ostentatoirement les maillons de sa chaîne brisée. Mais comme cette relique de son ancienne vie, son nom demeurait au fond d’un tiroir fermé à clé, interdit d’accès. Dans l’absolu, il aurait pu le proclamer. Mais à ses risques et périls : il savait que son frère ne l’avait pas oublié et il ne tenait pas à voir Bryce rappliquer à Port-Réal pour l’agonir de remontrances perfides sur ses manquements envers sa Maison, voire lui administrer une correction au prétexte qu’il aurait usé publiquement de ce nom, alors que la Maison de la Vouivre n’avait plus que mépris envers lui, le rebut de sa génération...

Courait-il un réel danger ? Cela n’avait guère d’importance : dès lors que l’éventualité existait, Vyrgil n’était pas homme à la négliger. Comme si sa prudence pouvait conjurer le mauvais sort ! Il s’accrochait toutefois à cet espoir. En s’enterrant ici, il tentait de se faire oublier, jusqu’au moment où le destin lui offrirait la chance d’évoluer à nouveau en pleine lumière, paré des attributs de son rang. Ce temps, il l’escomptait, viendrait quand Bryce serait assez occupé par ses machinations pour ne plus se soucier des secrets détenus par son frère, quand il aurait rangé dans un coin reculé et poussiéreux de sa mémoire le visage de ce mestre déchu qui avait jeté la honte sur leur blason. Bientôt, peut-être ? Bon sang ! Il en serait presque venu à rêver d’une bonne petite rébellion Feunoyr pour monopoliser l’attention de son aîné, mais c’était sans doute trop demander au destin, et d’ailleurs, qui sait si cela n’aurait pas ramené Lord Vyrwel à Port-Réal ? De vagues rumeurs couraient sur une soi-disant sédition brutalement réprimée, mais des rumeurs, il y en avait tant que Vyrgil préférait s’abstenir d’en croire une seule. Sans quoi, il aurait aussi bien pu soupçonner ce Corwin Rogers d’être Aigracier déguisé, complotant dans la capitale même pour renverser le roi ! Eliminer l’impossible, et s’en tenir aux faits, tel était son credo.

« Messire Rogers, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans ce modeste dispensaire dont j’ai la charge. En quoi puis-je vous être utile ? » Il ne se privait pas, à défaut de parader dans les couleurs de sa Maison, d’user et d’abuser du langage maniéré qui avait toujours été le sien. Il ne se comportait jamais en homme du peuple, mais habituellement personne ne l’imaginait noble pour autant, en dépit de ses efforts vestimentaires. Sa physionomie n’était plus aussi délicate qu’autrefois, et le décor dans lequel il évoluait, sans parler du tablier tâché, du balai et de ses mains usées par les tâches et corvées quotidiennes, suffisaient largement pour le ranger sans hésiter dans la catégorie des simples manants, tout au plus des roturiers bien lotis capables de se payer une tunique correcte une fois par an. Un esprit méfiant, observateur et perspicace aurait pu déceler les dissonances entre son comportement et son allure générale, mais Corwin avait-il un quelconque motif d’étudier en détail un simple guérisseur des pauvres ?

Frustré de ne pouvoir se révéler, comme toujours, Vyrgil fit contre mauvaise fortune bon cœur en se rappelant que l’homme qui lui faisait face n’était sans doute pas un haut personnage, et que lui-même n’avait jamais porté dans son cœur les chevaliers et autres armoires ambulantes porteuses de lames au tranchant effilé. Il y avait bien eu quelques exceptions comme ce Pryam qui l’avait secouru dans sa détresse sur les chemins, mais sa répulsion viscérale pour les combattants de métier n’avait pas disparu pour autant. Il y avait comme un fossé entre lui et eux. Un fossé rempli de piques. Vyvy ne sait pas tenir une épée… vous croyez qu’il sait mieux tenir sa queue ? Baissons-lui les chausses et voyons s’il arrive à pisser comme un homme ! Il arracha de ses pensées le souvenir décoché par sa mémoire envahissante, aux incursions aussi imprévisibles et indésirables que celles de la Flotte de la Seiche dans le Bief, ou de la main d’un septon sous la robe d’un novice, comme aurait dit Egan. Son patient était devant lui et Corwin avait annoncé sa requête, il avait du pain sur la planche et peu de temps à perdre en réminiscences douloureuses.

« Une blessure au poignet, dîtes-vous… » Il invita le fils du noble à s’asseoir sur un banc, retroussa sa manche et exposa son bras à la lumière qui tombait des fenêtres, le manipulant avec précaution. Egan s’était retiré en marmonnant quelque chose dans sa barbe, si tant est que les poils qui se battaient en duel sur ses joues puissent mériter ce nom, et observait telle une araignée leurs échanges. C’était une chance que tout soit aussi calme, songeait Vyrgil, de sorte qu’il pouvait se concentrer sur ce cas. Il espérait que la vieille Deirdre ne choisirait pas ce moment précis pour venir lui tanner les oreilles de ses maux imaginaires. Il n’avait jamais vu une grand-mère en si bonne santé, mais il fallait qu’elle s’ausculte à tout propos avec une méfiance qui était peut-être la seule chose maladive chez elle. Elle était passée la veille et repartie avec une prescription inoffensive contre les flatulences, peut-être jugerait-elle prématuré de revenir déjà aujourd’hui ? La patience de Vyrgil avait ses limites, même ou surtout avec les vieilles dames. Et il n'avait aucune envie à cet instant d'en faire la preuve. Tout en examinant le poignet du jeune homme, il interrogea celui-ci pour former son diagnostic.

« Quels symptômes avez-vous éprouvés au moment du traumatisme ? Avez-vous entendu un craquement au moment où votre poignet a été tordu ? Au bout de combien de temps le gonflement est-il apparu ? Avez-vous pu continuer à l'utiliser ou la douleur était-elle trop forte ? »

A mesure que le patient lui répondait, il hochait la tête d'un air pensif et poursuivait son examen. Finalement il décréta : « Une entorse bénigne, je dirais. N'utilisez pas votre poignet pendant un certain temps et portez une attelle. Je vais vous en confectionner une... mais d'abord, je vais appliquer un baume à base de menthe qui donnera un effet de froid et soulagera la douleur. » Ce qu'il fit après avoir farfouillé dans ses fournitures pour en sortir le matériel adéquat. L'application du baume fut délicate et la pose de l'attelle rapide, habile, par la force de l'habitude. « Repos absolu de l'articulation pendant trois semaines. Ensuite, si vous ne sentez plus de douleur, commencez immédiatement à faire travailler votre poignet, mais en douceur surtout, progressivement. elle sera raide au départ et affaiblie, mais vous retrouverez peu à peu sa flexibilité et ses pleines capacités si vous ne forcez pas. Il faudra être patient si vous ne voulez pas avoir à nouveau des problèmes, ne vous précipitez pas sur votre épée après avoir enlevé votre attelle. »

Ces conseils dispensés, il se tourna vers Corwin. « Il se rétablira s'il suit mes instructions, Messire. » Vyrgil s’adressait à lui avec un ton qui sans être servile couvait un respect inconditionnel. Même tombé en disgrâce, il gardait ancré en lui un profond respect des autres nobles et le sentiment de se trouver avec les siens en pareil voisinage. Pourtant, ces dernières lunes, ses relations avec la roture avaient pris une nouvelle tournure, l’incitant à réviser l’opinion selon laquelle la compagnie des gens de peu ne présentait aucun intérêt pour une personne de son éducation. Il avait même tissé avec certains membres de cette caste ingrate quelques relations prétendant au titre d’amitiés, ce qui ne laissait pas de l’ébaudir. Un danseur d’eau de Braavos et un réître – un réître, juste ciel ! – avaient conquis sa sympathie au point de le convaincre de partager avec eux des plaisirs, hum, tavernicoles. De là à considérer les communs comme sa nouvelle famille, il y avait un pas qu’il esquivait encore agilement…

« Si je puis encore vous être d'une aide quelconque, n’hésitez pas, Messire. Je serais ravi de pouvoir rendre service à une personne de qualité. »


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Corwin Rogers
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Message Sam 1 Juin 2013 - 17:01

Lorsque le barbu s'adressa à lui, Corwin nota une aisance de la parole qu'il n'avait encore jamais rencontrée chez les manants. Et c'est dire s'il en côtoyait couramment ! Entre les domestiques d'Amberly, les paysans qu'il visitait régulièrement pour l'entretien du fief, les gueux moins recommandables qui traînaient à Port-Réal, et les nombreuses catins qu'il avait rencontrées... Non décidément, celui-là ne parviendrait pas à lui faire croire qu'il était né dans quelque trou à rats de Culpucier. Cela lui fit légèrement froncer les sourcils, mais après tout, quelle importance ? Il avait beau avoir flairé quelque chose de caché sous la tenue modestes et les mains calleuses, pour l'heure, son esprit était affairé à toute autre chose. Il chassa donc les questions qui se pressaient dans son esprit, comme celle qui consistait à déterminer s'il venait d'un milieu roturier aisé, s'il était bâtard ou, folle idée, carrément issu de la noblesse.
De son côté, Alban se laissait examiner avec une moue contrariée. De temps à autres, lorsque la manipulation qu'il subissait lui faisait mal, il laissait échapper un léger rictus de douleur. Le guérisseur se mit alors à le questionner afin de déterminer ce qui lui était arrivé. Le chevalier adressa un regard lourd de sous-entendus à son rejeton, lui faisant nettement comprendre qu'il devrait ravaler sa fierté et répondre franchement, sans quoi il risquait fort de se retrouver handicapé d'une main... et de goûter au courroux paternel. Avec un soupir, le jeune homme répondit aux questions qui lui étaient posées.


« Il n'y a pas eu de craquement, non, juste une forte douleur et une torsion. Le gonflement est apparu assez vite, et j'ai évité de me servir de cette main car bouger le poignet est trop... douloureux.

Il semblait que le simple fait d'énoncer ces mots était déjà un supplice pour lui, comme une blessure à son orgueil. Il avait été fait chevalier, et normalement, un homme de cette stature devait savoir endurer bien pires douleurs que celles-là. La preuve en était par exemple lord Baratheon, qui semblait ne jamais souffrir d'aucun mal... Mais il suffisait de jeter un regard sur les yeux humides d'Alban pour se rendre compte qu'il souffrait, drapant tout cela sous un masque imperturbable et maussade.
Le barbu finit par énoncer son diagnostic. Une simple entorse, tout ce qu'il y avait de plus bénin. L'homme alla chercher de quoi confectionner un onguent qu'il appliqua sur le poignet gonflé et tuméfié de son patient. L'odeur fraîche qui s'en dégagea était plutôt agréable, totalement due à la menthe qui composait le baume. C'était plus agréable que les senteurs nauséabondes des rues mal famées, au dehors... Après cela, le guérisseur confectionna une attelle qu'il plaça sur le membre blessé, puis il donna ses recommandations. Ces dernières n'avaient rien d'agréable à entendre pour Alban, il suffisait de lire l'expression de son visage pour s'en rendre compte. Quand le barbu se tourna vers lui, Corwin hocha la tête d'un air détaché.


- Oh, il suivra ces conseils, ne vous en faites pas. J'y veillerai. Je suppose que cela signifie également que ce soir, il devra faire une croix sur les maisons de passe et plutôt s'intéresser à son lit.

Encore de quoi contrarier son rejeton, mais ce n'était pas plus mal. Comment pouvoir décemment le présenter sous un bon jour en tant qu'époux valable s'il avait déjà la réputation de courir les bordels sur tout le trajet d'Amberly à la capitale ? Un brin de chasteté lui ferait du bien, même si cela le rendrait d'une humeur massacrante... On aurait pu penser que son père était bien mal placé pour lui prescrire un tel comportement, mais aussi difficile que cela puisse être à croire, le chevalier savait faire preuve d'abstinence lorsqu'il le fallait. Encore une chose qu'il avait apprise avec l'âge, mais lorsqu'il était aussi âgé que son fils, la simple idée de brider ses désirs l'aurait fait hurler...
Le barbu lui demanda alors s'il pouvait encore quelque chose pour lui, ses paroles étant pleine d'une déférence bienvenue. Du respect, certes, mais pas celui, servile et aveugle, d'un vulgaire gueux, plutôt celui d'un... difficile à dire. Une chose était certaine, il ne se comportait pas en roturier, pas exactement. Encore une fois titillé par cette impression, Corwin écarta à nouveau ces questionnements pour lui répondre. Le fait été que, oui, il pouvait encore lui être d'une aide certaine.


- Je pense que vous pouvez encore m'aider, en effet. Mon épouse est enceinte, pour la septième fois au moins. Toutefois, elle n'est plus dans sa prime jeunesse, car elle a déjà trente-sept ans, et cette grossesse lui est pénible. Peut-être aurez-vous quelque chose pour la soulager ?

Et le soulager lui, par la même occasion. Si un quelconque traitement pouvait faire en sorte qu'Elen cesse de souffrir de son dos, ou de toute autre partie de son corps, et lui redonner un brin d'énergie, il serait un homme comblé de ne plus avoir à subir son abattement placide ou ses plaintes, même justifiées. Le pire dans l'affaire, c'était sans doute qu'elle était heureuse de son état malgré les désagréments qu'elle avait à supporter. C'était une brave femme, on ne pouvait le nier, peut-être même trop bonne pour le chevalier...
Mais il avait aussi quelques autres petites choses à chercher, qui concernaient cette fois une femme qui n'était pas son épouse. De fait, il allait demander quelques traitements pour lady Rebecca Staedmon, sa maîtresse, qui souffrait de ne pas pouvoir donner le jour à un nouvel enfant bien vivant. Se tournant vers son fils qui s'était relevé et examinait l'attelle qu'on lui avait posée, comme pour évaluer son efficacité, il le congédia sans attendre.


- Alban, va m'attendre dehors avec les hommes et les chevaux. J'ai des affaires personnelles à traiter ici, qui ne te concernent pas.

Le jeune homme ne chercha même pas à discuter, et il obtempéra sans attendre. Il ne se mêlait jamais des affaires de son père, une chose qu'il avait apprise. La paternité de son géniteur avait ses limites, dans le sens ou son seuil de tolérance une fois atteint, il était capable d'infliger de bonnes corrections. Alban en conservait encore le souvenir, lorsqu'il avait eu l'impudence de mal se comporter, dans son enfance, ce qui avait laissé dans son esprit le souvenir avisé de ne jamais trop s'opposer à son père.
Lorsqu'il fut sortir, Corwin se retourna vers le guérisseur, satisfait. Son regard accrocha un instant l'autre jeune homme à l'air maussade qui traînait dans les coins du dispensaire, et il tenta d'évaluer la menace qu'il pouvait représenter. Toutefois, puisqu'il ne donnerait ni noms ni justification pour ses achats, il considéra qu'il ne devait pas risquer grand-chose. Même s'il achetait une potion de fertilité, cela pouvait être pour un proche. Il en avait ramené un flacon, des années plus tôt, pour l'épouse de son frère, et les Sept savaient combien elle en avait eu besoin pour donner un héritier vivant à Amberly ! Il n'aurait pas été jusqu'à dire resplendissant de santé, ça non... Néanmoins, lorsqu'elle avait pris ce traitement, il s'était avéré que les efforts du couple avaient fini par payer.


- Avez-vous quelque chose pour soulager une femme enceinte, alors ? »


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Vyrgil Vyrwel
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Message Lun 3 Juin 2013 - 15:27

Une fois son fils soigné et les recommandations de Vyrgil dispensées, Corwin Rogers décréta que lesdites recommandations seraient suivies sous sa tutelle vigilante, et se fendit d’un commentaire désobligeant quant aux projets contrariés du blessé. Des maisons de passe, hé ? Vyrgil restait quelque peu déconfit du naturel avec lequel ce noble parlait de ce qui lui avait valu, à lui, la déchéance. N’était-ce pas dans le lit d’une courtisane qu’avait commencé son voyage jusqu’aux bas-quartiers de Port-Réal ? L’homme ne semblait pas approuver le comportement de son fils, mais il ne s’en émeuvait pas suffisamment pour bannir cette mention de ses propos en public. Ah ! Cet homme-là n’était pas un lécheur d’étoile à sept branches, assurément, ni un moralisateur farci de vertu. C’était aussi bien. Vyrgil avait suffisamment fui les regards contempteurs de Bieffois scandalisés par ses frasques. La Maison Rogers, de toute façon, n’était pas du Bief. Riveraine ou Orageuse, peut-être ? Il n’était plus bien sûr. Il jouissait d’une excellente mémoire mais n’avait jamais beaucoup approfondi sa connaissance des familles nobles des Sept Couronnes, hors des vertes contrées. C’était l’affaire de ses frères, le Lord et son conseiller, non d’un mestre.

Quoi qu’il en fût, ce noble n’en avait pas fini avec lui. Lorsqu’il évoqua sa femme enceinte, Vyrgil fronça les sourcils. N’était-il pas curieux que cette requête lui fût adressée à lui, un guérisseur des pauvres, quand ce Corwin devait disposer d’un mestre qualifié au château des Rogers ? Il était par ailleurs inimaginable que l’épouse en question ait suivi son époux en voyage dans l’état qui était le sien. Il y avait donc bien là quelque chose de suspect… Corwin était-il brouillé avec Lord Rogers au point que celui-ci lui défende de vivre sous son toît ? Ou bien cette demande n’était-elle qu’un prétexte pour amener une question plus subversive ? Cette dernière hypothèse s’imposa lorsque le noble intima à son fils de quitter les lieux. Néanmoins Vyrgil était bien en peine d’en deviner davantage, et ne voulait même pas s’y risquer. La dernière fois qu’il avait deviné les véritables motifs d’une commande venue d’un autre aristocrate, cela avait débouché sur la découverte d’un meurtre et sur sa propre débandade loin de Noirvallon. Il traînait toujours sa culpabilité comme un poids mort, littéralement comme si le cadavre de la victime était attaché à ses chevilles par une chaîne d’acier valyrien. Maudit Bryce… maudit soit son aîné qui l’avait embrigadé dans ses plans funestes ! N’aurait-il pas dû sentir que quelque chose clochait ? N’aurait-il pas dû poser des questions difficiles au lieu de se complaire dans un confortable silence ? Est-ce que cela aurait seulement changé quoi que ce soit ? Il aurait pu me forcer à lui obéir… il n’aurait peut-être pas hésité à me menacer de mort moi aussi, son propre cadet… Mais il ne le saurait jamais bien sûr… le courage de se confronter à la réalité, à son frère, lui avait fait défaut. Sa révolte tardive et son départ final n’avaient été que des sursauts d’honorabilité accentués par la crainte des retombées potentiellement dangereuses de cette affaire, et non un élan de bravoure vertueuse et justicière. Vyrgil n’était que Vyrgil. Il ne serait jamais un héros, pas même un héros de l’ombre. Et il acceptait sa propre couardise dans la mesure où elle lui permettait de rester en vie, amoureux comme il l’était des petites comme des grandes choses que l’existence avait à lui offrir.

En tout cas, il n'avait pas l'intention de cuisiner ce noble-ci sans une excellente raison. Il se contenta donc de traiter la demande formulée, sans chercher plus loin. « Le repos et les activités douces restent les meilleurs des soins pour une femme enceinte, encore qu’en certaines contrées exotiques on professe qu’il soit bon de les préparer à la délivrance par des exercices aussi intenses que la coupe du bois… pour ma part, si je considère que la vigueur est une chose saine chez une future mère, j’estime qu’elle doit s’acquérir avant la grossesse et s’entretenir avec modération durant la gestation, en restant attentif aux signes de fatigue. Naturellement cela ne résout pas les multiples inconforts de cet état, et de ce point de vue la médecine peut être de quelque secours, bien que l’usage de remèdes internes doive être limité compte tenu des effets secondaires potentiels de toute décoction à visée curative. » Après ce cours somme toute inutile – les vieilles habitudes ont la vie dure - il en arriva au sujet de la prescription. « Il m’a été signifié que pour apaiser les douleurs musculaires, ce baume à base de menthe que je confectionne est souverain, mais je devrais en adapter la composition pour une femme enceinte… la lavande et le poivre des Iles d’Eté devraient présenter moins de risques de toxicité. Quant aux désagréments d’ordre digestif, je dispose de diverses poudres à diluer qui peuvent être consommées sans risque pour les soulager. N’attendez nul miracle toutefois, le courage de votre femme sera mis à l’épreuve. Enfanter est toujours un défi et l’âge amoindrit la résistance physique, hélas. » Il inclina la tête avec compassion puis joignit les mains en clocher. « Tout ceci demandera quelque préparation et des ingrédients dont je ne dispose pas mais que je puis me procurer rapidement. Si vous êtes encore à Port-Réal demain, il me sera possible de vous concocter un éventail de remèdes adaptés. Il me faudra également connaître certains détails sur votre épouse pour évaluer le dosage dont elle aura besoin. Sa… taille, sa, hum, corpulence… » Il hocha la tête et d’un air désolé poursuivit : « Bien sûr, tout ceci a un coût. » Il annonça une somme qui se chiffrait en cerfs d’argent, rien de mirobolant mais une petite somme tout de même. « Nous accordons des soins d’urgence aux nécessiteux et nous ne pouvons entamer sans contrepartie nos réserves pour ceux qui peuvent bénéficier des services d’un mestre en titre, vous comprenez. » Il en était visiblement navré, mais c’était inévitable ; si les gens aisés commençaient à mendier les soins d’un dispensaire, où iraient les plus pauvres ? Non que cela aurait dû le préoccuper, et il se disait au fond de lui que c’était Garlan, au premier chef, qui y trouverait à redire, mais peut-être était-il lui-même plus sensible à cette cause qu’il ne l’imaginait… « Est-ce le seul… souci pour lequel vous souhaitiez me solliciter ? »


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Corwin Rogers
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Message Dim 9 Juin 2013 - 21:41

Lorsque le barbu commença par donner quelques petites instructions sur les activités idéales d'une femme enceinte, Corwin l'écouta avec la sensation grandissante d'avoir affaire à quelqu'un de trop cultivé pour le milieu dans lequel il évoluait, et pour l'apparence qu'il avait. D'un point de vue purement objectif, il se moquait un peu de la vie de son interlocuteur, mais il aurait été bon d'avoir un allié dans ces lieux. S'il se révélait capable de produire des mixtures efficaces destinées à Rebecca... Etre « proche » de lui pourrait s'avérer utile. Il avait entendu dire que l'homme était un mestre déchu, ce qui expliquait l'étendue de ses connaissances. Pour tout dire, le chevalier n'avait pas franchement pris la peine d'observer s'il y avait là une quelconque trace de maillons d'une chaîne brisée, mais cela pourrait expliquer cette diction si particulière, cet air plus noble sous la crasse.
Un léger sourire en coin vint étirer ses lèvres à la mention d'une femme enceinte coupant du bois. Il imaginait bien mal son épouse en pareille posture, et l'image qui s'imposait à son esprit était pour le moins cocasse ! Elen était une femme douce et agréable, avec une vigueur certaine puisqu'elle avait mis six enfants au monde et en attendait un septième, mais bien loin d'être taillée pour ces travaux hautement physiques... En tous les cas, son épouse pratiquait largement le repos et les activités douces que le barbu recommandait. Son temps était partagé entre la broderie, la lecture, le chant, et tant d'autres choses que son mari appréciait modérément. Certes, il ne boudait pas une lecture profitable et enrichissante de temps à autres, mais il n'était pas fait pour rester indéfiniment en place à ne rien faire.

L'homme poursuivit sa longue tirade, en venant à se montrer plus explicite sur les remèdes qu'il comptait préparer. Après quoi, il annonça qu'il n'avait pas tout ce qu'il lui fallait dans son dispensaire, mais qu'il pourrait lui apporter le remède le lendemain, s'il était toujours dans la capitale.


« Je devrais être toujours sur place demain, je pourrai passer ici pour chercher les remèdes. Sans doute cela aurait-il été plus simple si mon épouse avait été là pour que vous puissiez la voir de vous-même, mais je vais essayer de vous la décrire. Elle est légèrement plus petite que moi, sa tête m'arrive un peu au dessus de l'épaule. C'était une femme assez menue lorsque nous nous sommes mariés, mais avec des hanches larges. Elle n'a guère pris de poids depuis tout ce temps, mais ses grossesses l'ont légèrement élargi. On ne fait pas passer six enfants sans contrepartie, sans doute...

Par des gestes, Corwin aida l'ancien mestre à comprendre comment pouvait être Elen, physiquement. Ironie du sort, il aurait pu sans le moindre mal décrire les mensurations de Rebecca avec une fidélité impressionnante, mais les informations étaient plus vagues dans son esprit concernant son épouse. Probablement parce qu'il s'acquittait occasionnellement de son devoir conjugal de façon plus machinale qu'intéressée, et qu'il avait depuis des années le même regard sur sa femme, ce qui ne lui permettait guère de suivre son évolution corporelle dans les moindres détails. En somme, il connaissait mieux la femme d'un autre que la sienne !
L'air un peu gêné, le barbu annonça que la confection des remèdes ne serait pas gratuite. Le chevalier ne s'était pas attendu à moins, et la somme demandée était somme toute parfaitement raisonnable. Récemment enrichi par ce que lui avait rapporté la traque de la Bête, il n'avait pas vraiment de soucis d'argent. Par ailleurs, cela n'avait jamais réellement été un problème pour lui... Il était un homme plein de ressources.


- Ne vous en faites pas, vous aurez votre argent. J'espère que vos remèdes seront plus efficaces que ceux du mestre d'Amberly. Des années auparavant, ses décoctions et autres préparations fonctionnaient parfaitement sur mon épouse, mais elle semble y être devenue réfractaire pour cette grossesse-ci. D'où pour moi la nécessité de trouver quelque chose ailleurs. Des remèdes exotiques ou originaux venus des marchés et des dispensaires de Port-Réal ont parfois rencontré beaucoup de succès dans ma famille, et c'est pour cette raison que je me suis tourné vers vous.

Ou plutôt, pas exactement. Il aurait pu choisir quantité d'autres endroits pour cela, mais la blessure de son fils avait précipité son choix. Et le fait d'être déjà sur place, en ayant le sentiment d'avoir affaire à une personne compétente l'avait décidé à tenter sa chance ici. Il espérait très fortement ne pas être déçu... Généralement, lui faire défaut était une très mauvaise chose.
Lorsque Corwin mentionnait avec le barbu ces remèdes originaux, il pensait notamment à la potion qui avait permis à l'épouse de son frère de mener enfin une grossesse à terme. Certes, elle avait donné naissance à un enfant fragile et souffreteux, mais c'était un héritier tout de même. Cela valait toujours mieux que pas d'héritier du tout... Bien que celui-là ne serait probablement jamais un chevalier. Il laisserait sans doute le loisir de défendre Amberly à ses cousins, son oncle ayant pris le soin de mettre chacun de ses fils, bâtard compris, sur la voie de la chevalerie.


- J'ai effectivement encore besoin de vos services pour une autre préparation. Lorsque j'évoquais ces remèdes un instant plus tôt, je pensais notamment à une potion qu'un guérisseur m'avait préparé. Une potion de fécondité, pour les femmes ayant du mal à mener une grossesse à terme. L'épouse de mon seigneur en a bénéficié, et cela s'est révélé efficace puisqu'elle a fini par avoir un fils après avoir pris ce traitement. J'aimerai savoir s'il était dans vos cordes de préparer un sérum aux mêmes propriétés ? »

Le chevalier avait parlé sur un ton dégagé, pas sur celui d'un conspirateur. N'importe qui avec deux doigts de jugeote aurait remarqué que lâcher une information, même délicate, de l'air le plus naturel au monde éveillerait bien moins de soupçons qu'en faire une confidence en prenant mille précautions. Son regard de glace resta posé sur son interlocuteur. On pouvait y lire un vif désir de ne pas être déçu. Par les Sept, un homme ayant étudié à la Citadelle, selon toute vraisemblance, ne pouvait pas se montrer plus incompétent qu'un quelconque étranger débarqué des contrées exotiques, si ? En bon habitant de Westeros, fier d'appartenir à son royaume, Corwin ne pouvait croire une telle chose.


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Message Ven 14 Juin 2013 - 18:06

Les tractations se passaient bien, pour le plus grand plaisir de Vyrgil, encore que celui-ci eût quelque vergogne à jouer au boutiquier, lui qui avait été destiné par sa naissance et ses talents à des rôles plus auréolés de prestige. Corwin Rogers avait encore une requête à lui soumettre, néanmoins, et il l'écouta d'un air impavide. Une potion de fécondité ? Il leva inconsciemment les yeux au ciel. La bonne issue d'une grossesse reposait dans la bonne santé de la mère et la bonne volonté de la Mère, pour l'essentiel, mais naturellement le commun des mortels, dans son ignorance insondable, se laissait aisément duper par des filous ayant compris que l'espoir ne coûte rien mais se vend fort cher ! Haussant un sourcil docte et désapprobateur, il se fendit d'un petit discours d'où suintait son amour-propre de mestre désavoué.

« Il est aussi facile d'interrompre la croissance du fœtus, qu'il est difficile de garantir le terme. Des fortifiants sans risque de toxicité peuvent aider la mère à passer cette épreuve avec succès, associés au respect des précautions d'usage tels que le repos, l'évitement des émotions fortes, et quelques conseils d'ordre alimentaire que tout bon mestre lui aura déjà donnés. Un fortifiant, donc, est envisageable en pareil cas. Et le moment venu, certains onguents et infusions pour faciliter la délivrance. Mais nulle potion miraculeuse, hélas ! Il est de faux hommes de science qui vous vendraient de la poudre de perlimpinpin en lui accolant une étiquette ronflante de potion de fécondité... mais, pardonnez-moi, Messire, ces engeances-là sont de l'espèce des prophètes autoproclamés, diseuses de bonne aventure et autres désenvoûteurs de campagne ! Il est possible que la foi de la parturiente en son remède l'ait aidée, et même que celui-ci ait contenu une substance revigorante, mais je reste prudemment sceptique quant à la puissance de ses effets. Assurer la venue au monde d'un enfant, tout en préservant sa mère, est l'un des principaux sujets qui occupent les recherches en médecine de la Citadelle, et l'un des principaux soucis de tous les seigneurs de ce royaume... si une solution réellement efficace existait, je... les experts de la Citadelle la connaîtraient, croyez-moi. »

Drapé dans sa morgue d'érudit revanchard, il ne pouvait souffrir que des charlatans lui volent le beau rôle conféré par ses longues études, le seul beau rôle dont il pouvait encore se targuer. Pour qui se prenaient-ils, ces minables tout juste bons à abuser de l'ignorance et la crédulité d'autrui ? Évidemment, il ne fallait pas s'étonner que même des nobles se laissent berner par leurs discours, puisque la rumeur couvrait plus volontiers de louanges l'escroc au discours séduisant et plein de promesses, que le mestre rude aux décoctions infectes et à la franchise décourageante ! N'importe quel étranger endimanché au verbe mélodieux et abscons pouvait se tailler une réputation de guérisseur à Port-Réal, de nos jours... comme cette insupportable prêtresse rouge qui prétendait guérir par la prière et ne ratait pas une occasion de le narguer !

Prenant visiblement sur lui-même, il soupira et déclara : « Bien sûr, je peux vous concocter un fortifiant de premier ordre. Concernant les plantes exotiques, il est exact que certaines d'entre elles puissent avoir des effets sur votre épouse si celle-ci ne réagit plus aux remèdes de votre mestre. J'en connais certaines que l'on peut se procurer à Port-Réal, mais j'en discuterai avec un herboriste compétent, avant de déterminer la composition de la préparation. Il faut également trouver une plante dont les vertus soient conservables quelques semaines, ce qui n'est pas si courant. Je pourrai déterminer le dosage grace aux indications que vous m'avez données sur sa constitution. » Tout absorbé qu'il était par sa réflexion, il n'avait pas envisagé un instant que Corwin puisse destiner cette potion à une autre femme que son épouse.

Il allait ajouter une précision quand la porte entrebâillée s'ouvrit à la volée avec une force fracassante qui la fit trembler dans ses gonds. Egan poussa un piaillement de poussin et s'enfuit dans la réserve où il se barricada, n'écoutant que son courage, tandis qu'une voix tonitruante résonnait dans le dispensaire : « VYRGIL, SALE CREVARD ! JE TE TIENS, VERMINE DE MES DEUX ! »

Tel un taureau mugissant, se tenait dans l'encadrement de la porte en déroute un homme en qui Vyrgil mit quelques instants à reconnaître un certain maçon habitant une certaine rue qu'il fréquentait pour une certaine raison. Tout en reculant frénétiquement et en maudissant intérieurement Egan, il se livra à une parade verbale désespérée. « Enfin, l'ami, calmez-vous, quel que soit le motif de votre emportement, je suis certain que nous pouvons lui trouver une explication et résoudre calmement le problème... discutons en hommes civilisés, je vous en prie !  » De la vapeur aurait pu s'échapper des narines de l'intrus dont les yeux injectés de sang laissaient peu d'espoir à l'éventualité d'une concertation pacifique. « CIVILISÉS ! T'es qu'une raclure, un fouteur de m*rde, un voleur de femmes ! J' vais t'arracher les burnes avec les dents et t' les faire bouffer en omelette, c'est assez civilisé pour toi ? »

Entamant une partie de chat et de la souris entre les tables et les bancs, Vyrgil, le visage décomposé par la trouille, s'époumona d'une voix qui filait dans les aigus : « Mais vous êtes un grand malade mental ! »  A quoi l'autre rétorqua en roulant ses épaules musculeuses : « C'est toi l'malade, espèce d'obsédé ! Et j'vais bien t'soigner, crois-moi, pour toutes les fois où t'as baisé ma femme ! »« Vous déraillez, mon cher, pardonnez-moi de vous le dire ! » protesta Vyrgil, qui cherchait du regard une arme pour se défendre, et ne trouva qu'un rouleau de bandages et un crachoir à lui jeter à la figure... sans grand effet, puisqu'il visa comme un pied et atteignit seulement le thorax de son accusateur, avec une force modérée.

« Fais pas l'malin, Vyrgil ! La voisine, la vieille Babeth, elle t'a vu t'faufiler chez moi comme un serpent quand j'étais pas là... ça va s'payer, crois-moi mon s*laud ! » Se cachant derrière Corwin, Vyrgil répliqua, alors que l'autre essayait de l'attraper : « C'est un terrible malentendu ! Je peux tout expliquer ! » « Tu t'expliqueras devant l'Père, quand je t'aurai expédié en enfer ! » Esquivant un lancer de poing de son agresseur qui avait contourné Corwin, le mestre déchu se faufila sous une table dans l'espoir de gagner la porte. « Je vous assure que je ne rendais visite à votre femme que pour des raisons médicales ! » Il se redressa en haletant et jeta d'un air paniqué : « Elle... elle souffre de migraines que seules certaines préparations de plantes fraîchement cueillies peuvent soulager ! » « Ouais, parait que tu t'y connais en plantes, et que tu sais où les fourrer aussi ! J'vais t'filer la plus grosse migraine que t'aies jamais connu, et on verra si t'arrive à la soigner ! »

Ne brillant pas par sa rapidité, Vyrgil ne put gagner la porte à temps, malgré son instinct de survie surdéveloppé. « A l'aide ! Au meurtre ! Au secours messire ! » glapit-il en voyant l'homme fondre sur lui. Alors que le maçon rubicond le saisissait par le col et le soulevait en lui soufflant son haleine chargée au visage, la sentence tomba : « Millie a tout avoué, p'tit con, alors essaie pas de m'enfumer ! » Acculé et démasqué, Vyrgil crut bon de se fendre d'une vaine bravade - il n'allait tout de même pas laisser cet ouvrier, ce gueux bas du front l'humilier de la sorte... non, il avait connu le fond, il ne retomberait pas aussi bas ! « Peut-être devriez-vous me remercier d'avoir guéri votre pauvre femme de ses frustrations, puisqu'à l'évidence vous étiez, l'ami, totalement inapte en la matière ! »


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Message Jeu 20 Juin 2013 - 13:00

Corwin haussa un sourcil lorsque le barbu lui annonça qu'une véritable potion de fertilité n'existait pas. Il n'était toutefois pas un simple d'esprit, et il savait ce qu'il avait vu, lorsqu'il avait donné ladite potion à l'épouse de son frère. Elle qui n'avait jamais eu d'enfant vivant, ou qui survive assez longtemps après la naissance avait réussi à avoir un fils qui tienne bon. L'autre pouvait bien assurer que cela ne tenait qu'à l'état d'esprit de la mère, lui-même avait une autre idée sur la question. Peut-être que l’ego de l'ancien mestre ne souffrirait pas qu'un étranger aie plus de connaissances que lui en la matière... Mais puisqu'il en était ainsi, le chevalier irait prospecter dans les environs de l'endroit où il avait trouvé la potion précédente. Sans doute obtiendrait-il satisfaction.

« Ils feraient bien de rechercher plus vite, s'ils ne veulent pas perdre toute crédibilité face à des remèdes exotiques qui ont un effet réel.

Croisant les bras, il écouta l'homme parler du remède qu'il allait préparer pour Elen, comme si son attitude le mettait au défi de le contredire à nouveau. Oh, il n'était pas le dernier à considérer Westeros comme supérieur aux autres contrées... mais en l'occurrence, il se fiait aux résultats. Si les nombreux remèdes concoctés par le mestre d'Amberly n'avaient pas eu le moindre effet sur sa belle-soeur, il en allait tout autrement pour ce sérum exotique qu'il avait acheté un jour. Et pourtant, la dame avait voulu croire de tout son cœur à la réussite de l'entreprise à chaque fois. En quoi son état mental aurait-il pu être mis en cause dans ces conditions ?
Le chevalier hocha la tête aux propos de l'ancien mestre. Il espérait sincèrement que ce remède-là au moins fonctionnerait et soulagerait son épouse. Et lui, par la même occasion, qui n'aurait plus à supporter son inertie... Il faudrait réellement qu'il veille à ne plus la remettre enceinte, quitte à aller quémander du thé de lune au mestre d'Amberly... Elle n'était plus assez jeune pour recommencer une fois encore l'expérience de la maternité. Cette fois devait être la dernière, une fois pour toute.

Ils furent toutefois interrompus dans leurs tractations par l'irruption tonitruante d'un homme de forte stature, qui se mit sans attendre à vociférer contre le barbu. A peine la porte avait-elle claqué à la volée que le jeune homme morose qui s'était tapis dans un coin depuis le début de la discussion poussa un glapissement tout juste digne d'un chiot de huit jours avant de foncer se barricader en sécurité. Corwin observa l'intrus sans broncher, un sourcil arqué. Après tout, ce n'était pas ses affaires. Un client mécontent, peut-être ? Voilà qui était sans doute une attitude excessive pour une bête histoire de remèdes... En jetant un regard vers l'ancien mestre, il put voir que ce dernier s'était décomposé et avait commencé à reculer pour mettre le plus de distance possible entre le forcené et lui, en dépit de ses tentatives de régler cette affaire par une discussion calme.
Les propos suivant que le colosse se mit à vociférer éclairèrent la situation sous un jour nouveau, et éveilla l'intérêt du chevalier. Une histoire de femme, hein ? Voilà qui devenait intéressant. Toujours en retrait par rapport aux deux autres, il contempla la scène d'un œil de plus en plus amusé. Ainsi donc, sous ses dehors de savant obtus, ce guérisseur-là serait un coureur de jupons ? C'était plutôt cocasse. De toute évidence, celui-là n'était pas un grand courageux, car il tentait d'échapper au mari cocufié en se faufilant entre tables et bancs, le tout en lui lançant des invectives qui manquaient sérieusement de mordant. Tout le contraire du grand homme, qui lui inventait des expressions plus colorées les unes que les autres pour exprimer sa hargne. Si Corwin avait été à la place du barbu, il aurait tout simplement envoyé l'autre au tapis dans un état plus ou moins grave, quitte à se servir de son épée. Il n'avait jamais souffert qu'un mari trompé vienne lui chercher des crosses... Mais à bien y réfléchir, il voyait mal l'ancien mestre en train de tenir une épée. Plus sérieusement, il se demandait ce qu'une femme avait bien pu trouver à ce genre d'individu. Sans vouloir se vanter, il savait que pour sa part il jouissait d'un physique charmeur, épargné par les années, qui était propre à enchanter bien des dames... En jetant un œil au mari, toutefois, il pouvait encore comprendre. Bâti comme un taureau, on ne pouvait pas franchement lui trouver un physique avenant. En dépit des longs cheveux et de la barbe fournie qu'il arborait, l'amant semblait avoir un visage un tantinet plus aimable...

Le chevalier observa le petit jeu des deux hommes encore un moment, manquant quelques fois d'éclater carrément de rire. La scène avait un sacré côté cocasse, entre le bœuf écumant qui tentait d'aplatir son rival, et ce dernier qui faisait preuve du courage et de la témérité d'une souris acculée... Le barbu choisit toutefois de venir trouver refuge derrière lui pour échapper aux coups. Corwin se retrouva donc à faire le rempart entre les deux antagonistes, chose qu'il n'appréciait que modérément. Le mari cocufié exhalait quelques relents de vinasse, aussi proche de lui qu'il l'était à présent. Evidemment, un cocu cherchait bien souvent le réconfort de l'alcool, et ce dernier pouvait donner assez de cœur au ventre pour aller aplatir celui qui avait osé voler sa femme... Tandis que le colosse tentait d'attraper le savant, il frappa le chevalier, sans sembler s'en soucier réellement, aveuglé qu'il était par sa rage. Voilà qui était une erreur qu'il n'aurait pas dû faire...
Alors que l'ancien mestre plongeait sous une table pour gagner la porte et prendre ses jambes à son cou dans la rue, l'autre fonça vers lui, et parvint à lui mettre la main dessus alors qu'il se redressait pour courir vers la porte. Ceci déclencha alors les glapissements du barbu qui se mettait à appeler Corwin à l'aide. Ce dernier se décida à intervenir, car après tout, la plaisanterie avait assez duré, et il avait besoin de ce fichu remède pour son épouse. Il n'avait pas de temps à perdre à voir le guérisseur se faire aplatir comme une mouche contre un mur. Le colosse souleva le savant par le col, le décollant de terre pour lui gronder encore mieux ses menaces au visage. Comme s'il rassemblait son courage, le barbu lui lança enfin une bravade, qui eut le don d'arracher un sourire amusé au chevalier qui approchait dans le dos du cocu. A vrai dire, il aurait sans doute pensé de la même façon, à sa place...

Décidé à mettre un terme à cette mascarade, il alla tapoter l'épaule du mari cocufié, qui se retourna vers lui juste à temps pour voir un poing lui fondre en plein visage. Vacillant, cela lui fit lâcher le mestre déchu, et Corwin poussa son avantage en lui envoyant un coup de genou au creux du ventre. Un peu plus bas, et l'homme n'aurait plus eu de quoi contenter sa femme pendant quelques temps... A son tour, le chevalier le crocheta au col et le colla contre un mur. Avec un sourire carnassier, il s'adressa à l'homme tout hébété, qui sembla un instant comme coupé de tout élan colérique. Le ton, bas et froid, que Corwin employa était lourd d'une menace poignante.


- J'ai toujours considéré qu'un homme incapable de garder sa femme pour lui n'était pas digne d'être qualifié d'homme... Tu n'es qu'un ivrogne et en plus, tu es laid ! On ne peut sans doute pas en vouloir à ta drôlesse d'avoir cherché à se consoler ailleurs.

De sa main libre, il alla tirer une courte dague qu'il portait dissimulée sur lui pour les cas d'urgence. La lame était certes moins impressionnante que celle d'une épée, mais infiniment plus affûtée... Tellement même, qu'il pouvait se raser avec lorsqu'il était en déplacement. De la pointe, il alla piquer en douceur le bas du ventre de l'homme, juste au niveau des intestins, un peu au-dessus de l'aine. Il avait l'air désinvolte, ce faisant, ce qui accentuait également la menace.

- Tu sais ce que ça fait de sentir ses tripes se déverser dehors pendant que tu es encore en vie ? Il y a bien des manières de mourir. Ça c'en est une. Je suis sûr que tu ferais un sujet d'étude parfait pour les mestres de la Citadelle. Malheureusement, c'est un peu loin d'ici. Mais je suppose que beaucoup de guérisseurs auront de l'intérêt pour toi, afin de sauver plus de gens...

Un petit sourire s'invita au coin de ses lèvres. Il savait parfaitement l'effet que cette perspective pouvait produire sur les gens. Généralement, s'il devait vraiment trancher quelque chose, c'était plutôt la gorge. Mais ouvrir un ventre, pourquoi pas ? Il l'avait déjà fait au cours de batailles, mais il ne s'était pas réellement attardé sur le spectacle que cela offrait. Un instant, la main tenant sa dague quitta le ventre de l'homme pour aller tapoter contre l'épée qui pendait à sa hanche. Le cliquetis que cela produisit fut sans équivoque. Puis, la dague revint à nouveau piquer l'abdomen du cocu, alors que son propriétaire reprenait, d'un air détaché.

- Maintenant, tu sais ce que je vois quand je te regarde, si tu persistes à vouloir aplatir cet homme ? Un individu au passé très court et à l'avenir encore plus court. Cette charmante petite dague a une grande sœur en la personne de mon épée. Mon épouse de métal, qui a toujours soif de sang. Et tu as sans doute vu les hommes qui m'attendent dehors. Je suis certain que tu n'as pas envie de voir ce qu'ils savent faire, si je les appelle...

Lentement, Corwin relâcha sa proie, non sans laisser toujours sa dague contre lui. Son autre main était prête à saisir son épée en un instant si cela s'avérait nécessaire. Mais il en doutait sérieusement. Son regard de glace pesa lourdement sur le pauvre homme, insistant jusqu'à ce qu'il détourne le regard. Puis, le ton faussement léger, il lui désigna la sortie, ses armes toujours bien en vue.

- Pourquoi tu vas pas pisser un peu contre le vent hein, ça te rafraîchirait les idées. Rentre chez toi, baise ta femme par tous les trous, fais-lui un marmot si tu veux la paix. Celui-là ne s'en approchera plus, tu peux me croire, je pense qu'il a retenu la leçon. En revanche, je te déconseille fortement de revenir lui chercher querelle. J'ai des yeux un peu partout à Port-Réal, et ce serait tellement dommage qu'on retrouve ton cadavre flottant dans un canal, ou se dégorgeant de son sang au milieu d'une ruelle...

Le sourire qui accompagna ces derniers propos tranchait singulièrement avec leur teneur. D'autant qu'il n'avait pas menti. Pour ses projets personnels, il entretenait réellement quelques personnes bien informées dans la capitale, au cas où une de ses proies ferait surface. Barra, par exemple. Il l'avait ratée de peu la dernière fois, mais rien ne lui disait qu'elle ne se repointerait pas ici un jour ou l'autre. Et ce petit réseau de gens bien informés comprenait un certain nombre de membres capables d'utiliser à la perfection des armes très tranchantes, et de se fondre dans la nuit ou dans le décor sans qu'on les remarque. Demander à l'un d'eux de surveiller le dispensaire de ses petits yeux chafouins ne lui coûterait pas grand-chose. Quel intérêt à protéger de la sorte le barbu ? Il était toujours bon d'avoir des gens qui lui étaient redevables, en fait... ou d'avoir de tendancieuses informations à leur sujet. On pouvait toujours être amené à traiter à nouveau avec eux, dans l'avenir...
Le chevalier attendit que l'intrus sorte du dispensaire pour jeter un regard au mestre déchu, qui n'avait pas franchement l'air bien, et qui ne semblait pas encore remis de ses émotions. De fait, il ne put s'empêcher de pouffer à le voir, repensant à toute cette situation.


- Sincèrement, je me serai attendu à beaucoup de choses sauf à ça... Quelque chose comme un client mécontent, mais alors un mari cocufié... L'attrait de la chair féminine est irrésistible, pas vrai ? Je connais ça, moi aussi... Mais à votre place, j'éviterai de retourner rôder près de chez celui-là. Quand bien même je placerai quelqu'un pas loin pour s'assurer qu'il ne revienne pas vous aplatir lorsque je serai parti, cette personne ne pourra pas vous protéger de votre propre folie. Elle en valait la peine au moins, dites-moi ? »


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Vyrgil Vyrwel
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Message Mar 25 Juin 2013 - 18:02

Sa dernière heure n'était, finalement, pas encore venue, les Sept en soient loués. Ce ne fut pas la mansuétude inexistante de l'énergumène cocufié qui le sauva, mais bien l'élan pugiliste de Corwin Rogers qui mit l'homme à terre tandis que Vyrgil retrouvait le plancher des vaches avec un équilibre incertain. Alors que son séant entrait en contact avec le sol moins doucement qu'il ne l'avait espéré, faute de graisse sans doute, il vit son agresseur réduit à l'impuissance, avant de l'entendre subir des menaces plutôt évocatrices. Le Rogers n'avait pas l'air d'un tendre et son petit sermon émaillé d'insultes et de diverses promesses de représailles toutes plus joyeuses les unes que les autres, sembla produire quelque effet sur le maçon vaincu. Pour le coup, Vyrgil balançait entre le soulagement, la gratitude, la peur et la culpabilité. Car au fond, ce n'était pas un mauvais bougre... et il commençait à se dire que tout ceci était - peut-être, un peu, en partie - de sa faute, et que ce pauvre type avait après tout de bonnes raisons de lui en vouloir, même s'il n'y avait pas lieu, de son point de vue, de prendre un coup de sang pour une pareille broutille, et encore moins d'en venir aux menaces de mort. Penser que son penchant pour la gente féminine lui avait fait perdre sa chaîne et aurait pu à l'instant lui coûter la vie - le bougre avait des paluches parfaites pour la strangulation - le confirmait dans son sentiment que le destin était, sinon un mythe, du moins le produit absurde d'une divinité toquée. L'Aïeule tisse le destin, disait-on, et ça n'était finalement guère étonnant au vu du résultat : si démiurge il y avait, il devait en effet être sénile ! A quoi bon créer des hommes pourvus de désirs et d'instincts, et les exposer à la tentation, si c'était pour les punir ensuite d'y céder ? Vyrgil n'avait jamais été très pieux et ces derniers temps, il se sentait de plus en plus porté à brailler des vérités rationnelles et des blasphèmes assumés à la face de tous les bigots, superstitieux et autres empêcheurs de tourner en rond que le hasard mettait sur sa route. Enfin, quoi ! Juste un peu de bon temps, était-ce là un crime capital propre à secouer les fondations du monde ? Il n'y avait à son avis de secoués que des fondements, et de choqués que des jaloux abstinents.

Ceci étant, il avait tout de même un peu pitié de son agresseur à terre et il hocha vigoureusement la tête avec un "hum" approbateur lorsque Corwin affirma qu'il ne se risquerait plus à toucher l'objet de sa convoitise coupable. Il n'avait pas développé avec Millie de relation très approfondie, pas plus qu'avec ses précédentes maîtresses d'ailleurs. Sa vie de mestre ne lui avait guère laissé le loisir de fréquenter une même femme de manière suivie, et depuis la fin de son errance il avait surtout profité de sa liberté toute neuve pour s'essayer à toutes sortes de fantaisies licencieuses à droite à gauche, sans chercher davantage. D'ailleurs, qu'est-ce qu'un homme pouvait bien tirer de plus d'une femme, si ce n'est une épouse docile, fertile et bien dotée, ce à quoi il ne pouvait prétendre en l'état actuel des choses ? Comme on le voit notre homme, malgré sa trentaine finissante, n'était encore qu'un gamin face aux choses de l'amour, et sa conduite irréfléchie ne plaidait en guère en sa faveur. Il n'avait toutefois souhaité nuire à personne et sa légèreté, pour être coupable, n'en était pas pour autant criminelle.

A son sauveur qui l'interrogeait après le départ piteux du fauteur de troubles, il répondit en rajustant sa mise : "Tout plaisir comporte une part de risque... il semblerait que j'ai mal évalué celle-ci en l'occurrence, mais on ne peut pas toujours savoir exactement à quoi l'on s'expose lorsque l'on se glisse entre les draps d'une jolie femme, n'est-ce pas ? Elle ne valait pas ma mort, mais elle valait bien quelques instants de ma vie ; je laisse les remords à d'autres ! Cela m'apprendra à me méfier davantage des commères embusquées et des maris caractériels. Je vous suis en tout cas hautement reconnaissant de votre intervention salutaire et de la protection que vous m'offrez. Maintenant, si voulez bien m'excuser, Messire, je vais m'employer à vous remercier en concoctant ces remèdes avec la plus grande minutie. Vous pourrez venir les chercher demain après-midi."

Corwin parti, il délogea Egan de la réserve et l'admonesta sur sa réaction malvenue. Le garçon le contempla avec des yeux de veau, le dos un peu roide, et lâcha un marmonnement à propos de l'insuffisance morale de la vieille génération, qui obligeait les jeunes à se protéger pour survivre. Vyrgil n'en supporta pas plus et prit le large pour se rendre chez l'herboriste qui lui fournit ce dont il avait besoin. De retour au dispensaire, il s'enferma dans la pièce qu'il avait aménagé en petit atelier. Chaque nouveau jour le voyait se désoler du manque de matériel et de livres à sa disposition, mais Garlan faisait ce qu'il pouvait et si tout ceci n'était pas digne d'un mestre, c'était déjà bien plus que ce dont pouvaient se prévaloir la moyenne des guérisseurs. Après avoir rempli un bocal propre d'un mélange comprenant pour moitié des feuilles de verveine et pour l'autre moitié des feuilles de reine des prés, il alluma un petit fourneau et fit fondre au bain-marie une substance compacte et grasse tirée d'une plante exotique que l'herboriste appelait "réconfort du voyageur". A cette pâte liquide et chaude il ajouta certaines huiles puis retira le mélange du feu une fois battu et le mit à reposer. Le lendemain, à l'aube, il incorpora à la préparation froide et partiellement solidifiée des extraits de plantes aux vertus analgésiques et quelques gouttes d'hydrolat de lavande importé du Bief. Il coula ensuite le baume ainsi fabriqué dans un petit pot rond en céramique semblable à une bonbonnière. Enfin, il colla sur le couvercle un petit bout de parchemin sur lequel il avait inscrit en quelques mots l'usage de ce baume souverain contre les douleurs de dos et de jambes. Il ne prenait pas toujours le temps de soigner les détails mais Corwin payait de sa poche, et il lui devait bien ça.

Dans la foulée, il confectionna un fortifiant sous forme de mélange d'herbes à boire en infusion, à base d'une multitude d'ingrédients dont plusieurs provenaient des Cités libres. Vivre dans une ville comme Port-Réal avait certains avantages, et à défaut d'y trouver la panacée, on y dénichait tout de même quelques importations utiles.

La matinée avait vite filé et Corwin Rogers ne tarda pas à faire son retour. Hélas pour lui, le dispensaire était quelque rempli et Vyrgil monopolisé par la vieille Deirdre qui prétendait avoir une dent sur le point de se déchausser, en plus de divers autres maux parfaitement imaginaires. Alors que le noble se frayait un chemin parmi les patients qui repartaient, une trentenaire au décolleté avantageux et aux cheveux bruns se jeta sur son chemin. "C'est vous ! C'est vous le héros qui a sauvé Vyrgil ! Un habitant du quartier m'a tout raconté, z'étiez là hier quand mon mari a essayé de le tuer, et vous l'avez sauvé ! Les gens du voisinage ont entendu les cris et y z'ont vu mon mari s'enfuir, et vous qui sortait juste après ! Oh, je leur ai demandé dix fois de me raconter à nouveau cet exploit et de me peindre les traits du héros, je ne peux pas me tromper ! Vous êtes bien ce preux chevalier ?" Elle battit des mains et quelques personnes se joignirent à elle avec enthousiasme. "Mon mari n'est pas méchant mais il est très jaloux, vous avez bien fait de le remettre à sa place, ce quartier a besoin d'un guérisseur comme Vyrgil !" Elle baissa pudiquement les yeux et rougit. Elle n'était pas d'une beauté renversante, la Millie, mais elle avait du charme, un petit air mutin et des appâts généreux point encore flétris par l'âge. Son enthousiasme envers Vyrgil était visible mais elle n'en faisait pas non plus tout un drame semblait-il; tout cela n'avait été que plaisant marivaudage et elle revenait, au moins pour un temps, dans le droit chemin de la couche conjugale... Un petit attroupement s'était formé en tous les cas et pour une fois, des roturiers complimentaient Corwin Rogers sur son attitude chevaleresque ; s'ils avaient mieux connu ce noble au cœur ténébreux, sans doute auraient-ils déchanté, mais l'incident avait semé la confusion dans les esprits et la rumeur se répandrait bientôt qu'un noble mystérieux avait protégé le dispensaire d'un voyou... à moins que le bouche-à-oreille ne retint qu'une histoire de mari cocufié, mélangée avec d'autres faits jusqu'à ne plus ressembler que de très loin à la réalité !

Spoiler:
 


Thème musical : La Marche Turque ~ Mozart
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Corwin Rogers
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Message Mer 3 Juil 2013 - 17:34

Après avoir quitté le dispensaire, non sans en avoir sauvé l'occupant, Corwin retrouva ses hommes à l'extérieur. Du maçon, nulle trace : le bougre avait très probablement eu sa dose de menaces pour la journée. Le chevalier remonta sur Kaesar, puis il entraîna les siens jusqu'à l'auberge où ils passeraient la nuit. En chemin, il éclaira ses hommes et son fils sur ce qui s'était produit. Ils s'étaient tenus prêts à intervenir au moindre appel, mais le récit les fit rire. Lorsqu'ils parvinrent à l'auberge, ils y laissèrent leurs chevaux et demandèrent des chambres pour la nuit, puis Corwin scinda le groupe en deux. Une moitié resterait dans le bâtiment en compagnie d'Alban, à boire et à se reposer, pendant que son père partirait à pied avec le reste des hommes pour faire quelques courses. Il n'avait nullement l'intention de rentrer bredouille, et il aurait son remède pour la fertilité, que cela plaise à ce pseudo mestre ou pas ! Il était tout à fait persuadé qu'on tentait de le flouer, et que cette affaire n'était qu'histoire d'orgueil malmené. Il avait bien vu ce que ce sérum avait fait à sa belle-soeur, alors comment cela aurait-il pu être une arnaque ? Le chevalier n'était pas stupide, loin de là, mais il était, hélas, bien peu savant en matière médicale. Un heureux concours de circonstances aurait sans doute expliqué la grossesse menée à terme de lady Elyse...
Même s'il voyait ses plans légèrement contrecarrés, il était finalement d'assez bonne humeur. Assez pour chercher quelques bonnes affaires chez les marchands lorsqu'ils parvinrent au marché. Il se laissa tenter par une dague du plus bel effet, au manche d'ébène gravé d'un étalon cabré. Une petite modification de la part de l'artisan, et cela devint une licorne. Mais il ne se laissa pas non plus distraire : il était là pour une chose précise. Et il finit par trouver son bonheur dans une échoppe d'un guérisseur des Cités libres. Laquelle, il n'aurait su le dire, mais peu lui importait. L'essentiel était que ce remède fonctionne. Sa maîtresse serait sans doute ravie du présent lorsqu'il la reverrait...

Cet achat effectué, il retourna à l'auberge afin d'y prendre un bon repas. Son estomac criait famine, et il était tout disposé à le satisfaire. Le repas qui leur fut servi était honnête et savoureux. Nourrissant, également. Ce fut avec l'estomac bien plein, et le palais flatté par quelques chopes de bonne bière mousseuse, que Corwin alla dormir un peu. A la nuit tombée, il sortit en compagnie de quelques hommes à qui il avait donné une permission. Cain, son fidèle bras droit, était du lot. Ils se dirigèrent vers les rues où l'on trouvait les bordels les plus convenables : certes, pas ceux de luxe fait pour les nobles les plus fortunés, mais pas non plus ceux où l'on retrouvait le rebut des catins de bas étage, qui véhiculaient puces, poux et autres maladies au charme indéniable. Si le chevalier s'accorda le luxe de passer une nuit dans un des établissements les plus chers, ses hommes se contentèrent de maisons dans la norme. Ce fut avec un sourire aux lèvres que Corwin entama sa nuit bien remplie. Son fils avait véritablement boudé d'être privé de ce plaisir par sa blessure, et de savoir que cela n'empêcherait pas les autres d'en profiter sans lui. De son côté, cela ne l'empêcherait pas de se faire largement plaisir.
Au matin, il était de retour à l'auberge où il demanda un bain. Il aimait à se sentir propre. La crasse n'avait jamais été son amie, et il ne la tolérait que lorsque la situation le justifiait. Comment faire opérer son charme, dans le cas contraire ? Après cela, il alla dépêcher comme promis un de ses « yeux » dans le coin du dispensaire, afin d'éviter que le mari en furie ne revienne faire du mal au mestre déchu. Puis, il retourna à l'auberge où il prit un bon repas pour le midi. Cela fait, le chevalier se rendit à nouveau au dispensaire avec certains de ses hommes. Cette fois, contrairement à la veille, il y avait pas mal de monde qui se pressait dans l'échoppe. Le barbu semblait accaparé par une vieille dame qui jacassait sur une flopée de maux impressionnants, et qui ne semblait pas démordre de la gravité de sa situation. Corwin lâcha un soupir. Il n'avait pas vraiment compté passer un temps fou à patienter pour obtenir ses remèdes. Il désirait plutôt les récupérer, les payer, et reprendre la route au plus vite. Il n'avait déjà que trop tardé à son goût.

Tandis qu'il patientait, il gratifia la vieille bique d'un regard propre à faire geler les flammes d'un brasier, pensant par-devers lui qu'elle devait sans doute être en bien meilleure santé qu'elle le prétendait, vu son âge avancé dans sa pauvre situation. Une femme fit alors irruption devant lui, le remerciant pour ce qu'il avait fait la veille. Arquant un sourcil, le chevalier en déduisit qu'il devait s'agir de la fameuse Millie, l'épouse de l'homme qui avait failli écrabouiller l'ancien mestre d'un seul coup de paluche. Un simple regard sur son décolleté lui suffit pour comprendre ce qui avait décidé le barbu à jouer un jeu aussi dangereux. Cela lui tira un sourire, renforcé encore par les paroles qu'elle lui adressa.


« En effet, c'est bien moi. Tout le plaisir était pour moi, je n'allais pas laisser un innocent se faire massacrer sous mes yeux...

Et d'assortir ces douces paroles d'une légère révérence toute galante. En temps normal, il se serait bien moqué du ressenti de ces gens, et se serait surtout passé de faire preuve d'une quelconque galanterie réservée à des dames de rang. Néanmoins, il traitait toujours les femmes du commun avec plus de... considération que leurs homologues masculins, surtout lorsqu'elles avaient de jolis avantages à mettre en valeur. Il aurait presque ri de voir les autres gens présents l'applaudir à leur tour, comme s'ils croyaient qu'il avait fait cela pour eux, et pour préserver leur guérisseur. Il ne fallait pas se leurrer : s'il n'avait pas eu d'intérêt à opérer ce sauvetage, il n'aurait sans doute pas bougé le petit doigt pour intervenir. Etre ainsi le centre d'attention lui plaisait, même s'il trouvait la naïveté de ces gens particulièrement amusante.
Lorsqu'il put enfin s'approcher du barbu, il ne perdit pas son temps en vaines palabres. Il avait à faire, et il n'avait déjà perdu que trop de temps dans ce dispensaire.


- Bien le bonjour. Je vois que vous êtes toujours en vie, cela fait plaisir à voir. Avez-vous les remèdes que je vous ai demandés ?

Quand l'ancien mestre vint lui donner ce qu'il avait commandé, Corwin avisa les pots d'un œil critique, mais totalement novice en la matière. Cela lui semblait toutefois proprement fait et sans doute pouvait-il se fier à cet homme. Ne lui avait-il pas sauvé la vie ?

- Combien vous dois-je ? »

Il tira de sa poche une bourse remplie de Cerfs d'argent et d'Etoiles de bronze. Il gardait quelques Dragons d'or sur lui, mais évidemment bien cachés. Une fois qu'il aurait réglé ces remèdes, il n'aurait plus qu'à se remettre en selle, passer chercher ce qu'il avait laissé à l'auberge - dont son fils -, et il pourrait quitter la ville et se remettre en chemin vers les Terres de l'Orage.


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Message Mar 9 Juil 2013 - 17:22

L'intervention de Millie avait attiré l'attention sur Corwin qui s'en accomoda apparemment de bonne grâce. La foule lui ménagea un passage vers Vyrgil à qui la vieille Deirdre tenait toujours la jambe. "Votre dent tient parfaitement en place, Deirdre !" s'exclama le mestre déchu, agacé et impatient de faire affaire avec son noble client. "Vous faîtes attendre Messire Corwin pour des maux imaginaires, ce n'est guère urbain envers le héros qui a sauvé ce dispensaire !" Il exagérait la la réalité dans la mesure où le dispensaire aurait assurément survécu à la perte de son guérisseur, mais d'une part il lui était difficile d'admettre être remplaçable, d'autre part, il lui coûtait de dire à voix haute qu'un autre homme l'avait sauvé, lui, d'une brute dont il ne pouvait se défaire !

"Imaginaires ? Qu'est-ce que vous m'chantez là, jeune blanc-bec ?" Toute ratatinée qu'elle fût, il crevait les yeux que Deirdre pétait le feu selon l'expression consacrée dans les bas quartiers. Chose extraordinaire pour une femme de son âge tavelée par la vieillesse. Ses cheveux gris formaient encore une tignasse acceptable rassemblée en chignon lâche et ses bras noueux gardaient assez de vigueur pour qu'elle pût laver elle-même son linge, pétrir son pain et coller des torgnoles à ses petits-enfants lorsqu'ils se comportaient en malappris. Elle n'était pas une force de la nature mais sa résistance aux affronts du temps était assez remarquable pour une personne de sa condition. "Nous avons une affaire de la plus haute importance en souffrance !" protesta Vyrgil d'une voix qui montait sur ses grands chevaux et s'égarait dans les aigus. "Dame sûr, mais ma quenotte ?" insista Deirdre d'un air outré. Apercevant Corwin et son air réprobateur, elle le prit directement à parti : "Ayez pitié, mon bon seigneur ! Vrai de vrai, ce chicot vous tomb'rait dans les paluches comme un rien ! Touchez ma dent, mon bon sire, si vous m'croyez point ! Touchez-y !" dit-elle en lui attrappant la manche avec la poigne paniquée et maladroite de ces vieilles qui ne font plus confiance à leurs articulations usées pour se tenir debout. "Elle bouge, elle gigote comme une catin sur les g'noux d'un débauché !" Ce disant elle découvrait ses gencives en tirant ses lèvres avec deux doigts, spectacle fort peu ragoûtant et agrémenté de postillons de circonstances. Sa dentition, pour être jaune et incomplète, ne semblait pas pour autant présenter de branlement suspect. Vyrgil s'en était de toute façon assuré. Il vola au secours de Corwin avant que la patience du noble ne s'écaille et que la vieille perde pour de bon la fameuse dent, accompagnée au passage de quelques consoeurs. "Deirdre, enfin, Messire Corwin ne va tout de même pas vous lutiner le râtelier ! Cachez donc cette gencive que je ne saurais voir et laissez-moi travailler en paix, pour l'amour de la Mère !" dit-il en la détachant avec effort du Rogers.

Deirdre lui lança un regard vindicatif et rajusta le bandeau de tissu rustique qui plaquait ses cheveux au-dessus de son front. "Bonne Mère... puisse-t-elle vous apprendre le respect des anciens ! Y vous a manqué que'ques taloches quand vous étiez mouflet, mon bon Vyrgil, c'est moi qui vous l'dit ! Sans rancune, hein ! Si demain ma dent tombe, vous vous en mordrez les doigts, allez, j'sais qu'vous êtes un bon p'tit au fond. Je r'viendrai quand vous s'rez moins occupé. " Elle palpa une dernière fois sa dent d'un air suspicieux avant de tourner les talons en grommelant pour elle-même, avec une conviction à peine ébréchée : "Et pourtant, elle bouge !"

Vyrgil poussa un soupir et se tourna vers son sauveur de la veille. "Heureux de vous revoir, Messire... je vous prie d'accepter mes excuses pour ce désagrément. Deirdre va très bien mais la conscience de son âge avancé la... préoccupe plus que de raison, et lui fait se trouver toutes sortes de sources d'inquiétude pour sa santé. Vos remèdes sont prêts : un mélange d'herbes à prendre en infusion comme fortifiant, et un baume contre les douleurs de dos. Je suis sûr qu'ils contribueront à soulager votre épouse des maux et des risques de la grossesse. Je lui souhaite un enfantement heureux. Et à votre fils, un bon rétablissement."

Au final, l'affaire avait bien tourné, et il avait eu la chance de montrer ses talents à une personne de son rang. Il regrettait certes l'humiliation d'avoir été sauvé par un autre, mais c'était un moindre mal comparé à un tabassage potentiellement fatal, et la renommée du dispensaire en bénéficierait en fin de compte - nul doute que l'on entendrait parler de cette histoire ici et là dans les tavernes de Port-Réal !

Spoiler:
 


Thème musical : La Marche Turque ~ Mozart
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Aux petits maux les grands remèdes

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