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Un foyer où rentrer, un avenir à assurer - Yelina et Cylia

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Message Ven 24 Mai 2013 - 20:31

Une matinée froide enveloppait la légendaire place-forte qu’était Winterfell, autour de ces murs ayant vu défiler plus de cent générations d’hommes l’automne naissant avait déjà recouvert les terres d’un fin manteau blanc ne tenant lieu que de vague signe annonciateur pour la région la plus septentrionale du royaume. Bientôt la véritable mauvaise saison pointerait le bout de son nez, obligeant la populace à se terrer auprès du feu tandis qu’à l’extérieur le blizzard se déchainerait et noierait arbres, champs, et plaines sous des mètres et des mètres de flocons. Un vent à soulever les pierres et à arracher la peau des os viendrait aussi tandis que le ciel ne se résumerait qu’à une insondable toile grisâtre occultant jusqu’au soleil, alors les résignés habitants du Nord agiraient de la même manière qu’à l’hiver précédent et serreraient les dents en espérant que les maigres réserves accumulées dans les greniers leur suffisent pour tenir jusqu’au retour des beaux jours. Oui, une fois de plus la devise des Stark prouverait sa véracité, mais pour l’heure l’ambiance demeurait toute autre à l’intérieur de ces remparts, car non seulement les sources chaudes circulant sous les édifices parvenaient pour l’heure à repousser le gel mais le cœur des occupants des lieux brulait ardemment en prévision de la guerre à venir.

En effet, Lord Beron avait finalement pris sa décision concernant les raids incessants des Fer-nés et, ne pouvant tolérer plus longtemps que son fief soit saigné de la sorte par l’avidité de pillards sans honneur, avait ordonné la mobilisation de la garnison du château en prévision d’un départ imminent pour le Sud. Son geste n’avait pour le moment, ses conseillers le savaient, qu’un but diplomatique, Face-de-pierre n’entendait pas convoquer son ban sans avoir la certitude que l’Ouest et le Conflans se joindraient à lui pour mettre fin aux exactions de Dagon Greyjoy, aussi partirait-il à la tête de quelques centaines d’hommes en laissant environ un quart de leurs effectifs assurer la protection de Winterfell en son absence. En théorie la sécurité matérielle des lieux ne courrait que peu de risques, mais si ce seul facteur avait suffi à garantir la pérennité de sa Maison la vie aurait été bien trop simple.

Le taciturne Lord suzerain progressait donc dans la cour principale du château tandis que le soleil se faisait encore jeune au-dessus des têtes, serpentant entre les hommes d’armes et cavaliers légers allant en tous sens pour veiller aux derniers préparatifs avant le départ. Pour peu que le conflit ait bien lieu nombreux seraient ceux à franchir les portes de la forteresse pour ne plus jamais y revenir, pris par la mort sous les coups de leurs ennemis, et malheureusement le contexte n’aurait pas pu être plus mauvais pour cela. Malgré leur échec relativement récent à Lonlac les sauvageons ne se montraient jamais aussi enclins à enjamber le Mur que lors de la froide saison, que feraient-ils une fois rentrés s’il ne se trouvait personne pour les renvoyer dans leurs confins ? Ruminant ces sombres pensées, avançant d’un pas lourd et laissant à ses pieds le soin de le guider, Beron sentit sur son épaule le contact délicat mais assuré d’une main à la peau parcheminée laissant aisément deviner l’identité de son propriétaire. Le vieux mestre de Winterfell inclina poliment la tête pour le saluer tandis que Lord Stark lui répondait avec raideur, demeurant mutique.

« Votre Seigneurie, souhaitez-vous que je fasse mander votre frère messire Jonas pour vous entretenir avec lui ? »

Les sourcils du taciturne Nordien se froncèrent davantage qu’à l’accoutumée tandis que son esprit décortiquait la proposition, en tant qu’érudit et conseiller le vieil homme pouvait se permettre davantage de suggestions que la plupart des proches de Face-de-pierre mais ce dernier ne goûta que peu à celle-ci et répondit sèchement :

« Pourquoi voudrais-je parler à Jonas ? »

Le mestre sembla mâcher sa langue un instant, la lourde chaine à son cou se balançant doucement sous l’impulsion du vent, et se décida à répliquer :

« Eh bien il est votre régent, Messire, ne jugez-vous pas utile de donner vos instructions à l’homme qui tiendra Winterfell en votre absence ? »

« Mon frère sait parfaitement ce qu’il aura à faire lorsque je serai parti, à savoir garder les portes du château fermées aux envahisseurs et s’assurer que les greniers sont remplis, il n’a pas besoin que je le lui rappelle. »

« Comme vous voudrez, Messire… »

Et Lord Stark commença à s’éloigner, jugeant que le sujet était parfaitement clos, cependant une pensée le fit s’arrêter et, revenant vers le vieillard érudit :

« Faites appeler mes sœurs dans la grande salle, j’ai à leur parler. »

La requête sembla déconcerter le mestre étant donné son refus précédent mais en ce jour Beron affichait cet air de froide résolution que le vieil homme avait appris à décrypter comme un refus catégorique de débattre ses décisions. Plus pragmatique que provocateur, ce dernier conclut l’échange par :

« Fort bien. »

***

Paradoxalement, à l’heure où le château tout entier bouillonnait d’activité, la grande salle demeurait parfaitement vide. Il n’y avait pour l’heure rien à célébrer et Face-de-pierre ne souhaitait pas amaigrir leurs réserves en organisant un banquet fastueux pour célébrer une victoire encore nullement acquise. Aussi l’édifice pouvant accueillir plus de 500 âmes entre ses murs demeurait terriblement silencieux, simplement troublé par les déambulations d’un Stark pensif, le regard de ce dernier se contentait de regarder le sol ou de temps à autres le trône ancestral où siégeaient jadis les vieux Rois du Nord. A présent lui aussi occupait cette place mais son pouvoir demeurait moins établi que celui des premiers membres de sa lignée, non pas qu’il y ait eu matière à s’en plaindre à ses yeux, l’avenir de la région dans son ensemble prévalait sur les ambitions personnelles et force était de constater que son peuple jouirait davantage d’une paix prolongée avec le Trône de fer que d’une rébellion supplémentaire. Le pragmatisme et l’honneur, tout passait par ces deux notions et voilà pourquoi Beron avait fait mander les deux membres féminins du sang de son sang plutôt que son frère cadet.

Des choses devaient être dites, d’autres comprises, et à vrai dire Lord Stark attendait beaucoup de ces deux femmes car parfaitement au fait que l’ambiance risquait fortement de changer à Winterfell sitôt qu’il ne serait plus là. Certaines personnes plus ou moins bien attentionnées n’hésiteraient certainement pas à faire pression sur Jonas pour arriver à leurs fins et cela ne pouvait être toléré, en son absence il fallait s’assurer de la pérennité politique de sa Maison, car comme tout Lord devait l’apprendre un jour où l’autre les manigances de la noblesse ne cessaient jamais, même au sein de sa propre demeure.

Et il y avait ces mariages à nouer, ces pactes à concrétiser… Bien que résolument efficace d’un point de vue militaire Lord Stark avait laissé les années filer honteusement dès lors que l’on touchait à ce sujet, par la faute de sa mort « prématurée » son père n’avait pas réussi à imposer de mariage à son héritier et ce dernier en avait fait plus ou moins de même avec le reste de la fratrie, à l’exception de feu son frère dont la veuve séjournait toujours dans leurs murs. Yelina et Cylia devaient réaliser aujourd’hui que cette neutralité diplomatique prendrait fin dès aujourd’hui, en tant que femmes nobles leur devoir le leur imposait et arriver au résultat voulu s’avérerait particulièrement difficile dans un cas comme dans l’autre, tant par la faute d’un caractère buté que d’un handicap physique malheureux.

Après quelques instants les portes grincèrent pour d’abord laisser entrer l’une de ses sœurs, puis la suivante, et sans guère de mots Beron leur désigna une table où s’installer, la mine fermée. Lorsque tous furent finalement en place, il entama :

« Vous n’êtes pas sans savoir que j’entends me rendre dans le Conflans pour préparer la contre-attaque sur les Iles de fer, dans quelques jours je ne serai plus là et Jonas portera la charge qui m’incombe en temps normal. »

Il y eut un moment de silence, puis il enchaina :

« Je profiterai de l’occasion pour approcher certains seigneurs du Sud et leur proposer vos mains en échange de leur soutien militaire aussi bien pour la bataille imminente que pour les décennies à venir. Et si je n’entends pas vous brader comme quelques bœufs au marché sachez aussi que ces alliances potentielles sont aussi nécessaires que vitales pour notre cause. Le comprenez-vous ? »
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Cylia Stark
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♦ Date de Naissance : 11/01/1993
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♦ Mariage : Point encore.
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Voyages et aventures de Cylia

Succès d'une Stark

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Message Dim 26 Mai 2013 - 13:37



    « -Lord Stark vous fait mander dans la Grande Salle, Lady Cylia ! ». Le vieux mestre de Winterfell était venu jusqu'à elle pour lui apprendre cela et Cylia hocha la tête. Elle était en train de broder quelques tissus. C'était une activité qu'elle n'appréciait pas particulièrement, mais qu'elle avait appris à subir après le décès de son père. Elle avait alors partagé avec sa tante, Lady Neassa Baratheon, un moment de discussion au cours duquel elle avait compris qu'elle devait se plier un peu plus aux aptitudes d'une Lady, ne serait-ce que pour ne pas embarrasser en permanence Beron.

    « -C'est entendu, mestre. Merci de m'avoir prévenu ». La jeune femme salua le Mestre de Winterfell d'un sourire comme à son habitude. Elle ne cessait de le harceler avec des questions diverses et variées, venant souvent de ses lectures à la bibliothèque de Winterfell et elle jugeait donc qu'il méritait toute sa reconnaissance et son amabilité.

    Si la jeune sœur de Beron s'était quelque peu amendé depuis son enfance, Cylia n'était pas devenue pour autant une parfaite petite Lady Stark. Elle restait néanmoins pleine de vie et plus remuante que la plupart des jeunes filles. Elle se réjouissait d'ailleurs que Lord Beron Stark ne l'ait pas encore marié, ce qui lui avait laissé de très belles années auprès de sa sœur et de sa famille, dans un endroit qu'elle appréciait tout particulièrement. Winterfell était sa maison depuis sa naissance et elle ne l'avait quitté qu'une seule et unique fois. En dehors de Port-Réal et de Winterfell, Cylia était ignorante des réalités des Sept Couronnes. Tout ce qu'elle savait, elle l'avait appris par des voyageurs ou bien encore par les livres qu'elle lisait dans la bibliothèque de Winterfell.

    Avec plaisir, Cylia laissa donc son ouvrage. Elle avait revêtu le matin une robe de lainage beige assez simple, comme à son habitude. Cylia appréciait le côté pratique de ce genre de tenues. En effet, la demoiselle n'était pas particulièrement coquette et surtout, elle n'en voyait pas l'utilité à Winterfell où le temps exigeait que les coquettes ne le soient pas trop, sous peine de tomber malade en moins de temps qu'il n'en fallait pour revêtir une robe. Les dames du Sud avaient leurs habitudes, celles du Nord les leur et tout allait pour le mieux ainsi.

    Tandis qu'elle rejoignait la pièce où l'attendait son frère, Cylia se demanda pourquoi il la faisait mander. Il n'allait pas tarder à partir pour le Conflans, cela, Cylia le savait, mais elle n'imaginait pas son frère la convoquer pour cette simple raison. Passant une main inquiète dans sa longue chevelure retenue dans une natte, Cylia s'interrogea. Se pouvait-il qu'il y eut un problème avec l'un d'entre eux ? Ou que Beron ait reçu de forts mauvaises nouvelles ?
    C'est donc légèrement inquiète que la seconde sœur de Beron pénétra dans la salle vide à cette heure de la journée. Beron s'y trouvait et il lui désigna un endroit où s'installer. Cylia ne se laissa pas avoir par le visage taciturne de son frère et lui lâcha un joyeux bonjour. Il ne serait pas dit qu'elle n'aurait pas salué son frère aîné comme il se devait.

    « -Bonjour Beron ! Quelle belle journée, n'est-ce-pas ? Comment vas-tu ? ». Mais elle ne le saurait sans doute jamais car déjà, Yelina suivait Cylia et venait s'asseoir à ses côtés. Cylia lui sourit avec gentillesse. Elle aimait profondément sa sœur aînée et faisait attention à elle, comme à l'ensemble de leur famille. La jeune femme avait pour habitude de prendre à cœur les sentiments et états d'âme de tous les Stark mais elle était encore plus proche de Yelina dont elle serra brièvement la main entre les siennes avant que Beron ne commence à parler.

    Lorsqu'il eut fini de débiter la première partie de ses propos, Cylia hocha la tête et répondit à son frère. « -N'aie crainte, nous ferons en sorte de seconder Jonas du mieux que nous pourrons en ton absence. Comme toujours ! ». Elle avait employé la première personne du pluriel, parlant d'une certaine façon au nom de sa sœur, qu'elle consulta du regard par acquis de conscience, mais elle ne doutait pas que Yelina serait d'accord avec elle.

    Ce fut la seconde partie du discours de Beron qui déplut bien plus à Cylia. Le mariage … Elle avait cru que Beron aurait oublié cette idée. Mais visiblement, il n'en était pas question. Cylia fit une petite grimace, spontanément. Elle savait qu'elle avait un caractère fort, qui était accepté par sa famille, mais en serait-il de même ailleurs ? Et Yelina, son handicap serait-il négligé ? La panique s'installa dans le cœur de Cylia. Il battait la chamade et elle avait bien du mal à garder son calme.

    Finalement, elle se décida pour présenter les choses de manière plus humoristiques. Beron faisait son devoir de Lord et de frère, en cherchant à les marier, et aussi inquiète qu'elle soit, Cylia ne pouvait vraiment le lui reprocher. « - Comptes-tu informer ces Seigneurs de l'ensemble de mes défauts, Beron ? ». Elle taquinait son frère, incapable de rester sérieuse face à la figure pourtant si austère de son frère. Elle avait besoin d'évacuer son inquiétude à travers la plaisanterie. Mais en vérité, elle n'en menait pas large. «-Quand tu dis … certains seigneurs ? Tu as une idée précise en tête ?».

    Même si elle paraissait bien souvent s'amuser d'un rien, Cylia n'en était pas pour autant dépourvue d'une intelligence certaine. Elle comprenait parfaitement que les alliances du sang étaient importantes et qu'en tant que filles Stark, elles devraient toutes deux convoler. Seulement, elle n'avait pas encore jusqu'à présent, appréhendé le fait que ce soit si …proche dans le temps. Une fois la guerre fini, très certainement, elle quitterait Winterfell. Et seuls les Anciens Dieux savaient où. Néanmoins, après avoir taquiné Beron, Cylia retrouva un ton plus sérieux pour reprendre la parole. « -Je ferais ce que le devoir commande, je suppose … ». Un léger soupir lui avait échappé. Oui, faire son devoir, voilà ce qu'une Lady ferait, et sans même un soupir, Cylia le savait. Elle avait encore de nombreux progrès à faire avant de devenir une source de fierté pour son frère.



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Message Mer 29 Mai 2013 - 11:30

Yelina se trouvait dans la bibliothèque de Winterfell, occupée à étudier l’un des précieux volumes de géographie qu’elle avait pu y trouver. Elle projetait d’établir prochainement des cartes à partir de certaines données précises qu’elle tentait de répertorier. Cela pouvait sembler rébarbatif aux yeux de beaucoup d’autres, mais pour la jeune femme, c’était tout simplement passionnant, davantage que les activités d’intendance auxquelles elle s’adonnait en général. Malheureusement, elle n’eut guère le temps d’aller bien loin dans cette tâche, puisqu’elle fut interrompue par l’entrée de l’une des servantes. « Pardonnez-moi, ma Dame, mais Lord Beron vous demande dans la grande salle. » La grande salle ? Elle se douta que ce qu’il avait à dire avait un rapport avec son prochain départ, un départ qu’elle redoutait, bien qu’elle le sache nécessaire. « Dis-lui que j’arrive immédiatement. » Elle savait parfaitement que la domestique, bien à l’aise sur ses deux jambes, serait beaucoup plus rapide qu’elle. Elle n’était certes guère enthousiaste à l’idée de devoir abandonner ce qu’elle était en train de faire, mais elle s’inquiétait d’autant plus pour son frère, et ce qui l’attendait lorsqu’il partirait pour le Sud. Elle attrapa sa canne, posée sur le côté, et se rendit de sa démarche boiteuse jusqu’à la grande salle.

Lorsqu’elle y entra, son premier réflexe fut de saluer son frère d’un signe de tête. « Bonjour Beron. Tu m’as fait demander ? » Fidèle à elle-même, elle préférait aller droit au but et au sujet qui le préoccupait visiblement. Elle repoussa l’une des mèches sombres de sa crinière indomptable et prit place aux côtés de sa soeur, dont la seule présence suffisait à son réconfort, et elle sut qu’elle en aurait probablement besoin en voyant l’air particulièrement grave qu’il arborait. Il était évident que leur présence concernait son départ dans le Conflans, probablement s’agissait-il des recommandations qu’il avait à leur faire avant son départ. Elle n’était ni naïve, ni ignorante. Elle ne savait que trop bien que la situation était préoccupante, plus que préoccupante même. Savoir qu’il allait partir, et surtout, envisager qu’il puisse ne pas revenir lui était extrêmement douloureux. Ils n’avaient jamais été proches, pas autant qu’elle l’était de ses autres frères, mais elle le respectait et l’aimait malgré tout, tout comme elle savait que lui la respectait. Elle approuva les propos de sa soeur d’un hochement de tête. Elle n’avait jamais failli à son devoir et Beron avait toujours su qu’il pouvait compter sur sa loyauté et son dévouement envers sa famille. « Pars tranquille, nous saurons nous charger de tout en ton absence. »

Ce qui l’attendait là-bas, elle l’ignorait, mais elle espérait qu’ainsi au moins il serait déchargé d’une partie de ses préoccupations. Elle sentait qu’il portait déjà un poids bien lourd sur les épaules, un poids qui ne ferait vraisemblablement qu’augmenter. Néanmoins, elle ne s’était guère attendue à la seconde partie de son discours. Elle avait pensé qu’il avait renoncé depuis longtemps à l’idée de la marier, en particulier à un seigneur du sud, ce qui impliquerait un long voyage auquel elle n’était pas certaine de survivre. Il était connu que Yelina Stark, en plus de ne plus être de première jeunesse, était à la fois boiteuse et maladive. Sa capacité à pouvoir enfanter était plus qu’incertaine et elle jugea que son frère faisait preuve d’un optimisme exagéré. Elle n’était pas certaine que même la nécessité de créer des alliances puisse être suffisante pour motiver un mariage comme celui-là. « Ne crains-tu pas que la chose soit... difficile ? »

Elle ne put s’empêcher de sourire à la remarque de Cylia. Elle avait beau savoir que l’humeur n’était pas à la plaisanterie, elle trouvait toujours amusante l’idée d’un homme se retrouvant marié avec son indomptable soeur et découvrant son caractère. Néanmoins, presque immédiatement, ce bref instant de gaité retomba, car elle se souvenait de ce qu’impliquait le mariage, pour l’une comme pour l’autre. Cela signifiait non seulement quitter le Nord, mais surtout, quitter une soeur qui lui était si chère, car à moins qu’elles aient le bonheur d’épouser de nobles voisins, il était fort probable qu’elles ne se revoient jamais et vivre sans cette compagne si aimée et aimante lui semblait impossible. Au-delà de ça, l’idée même du mariage l’effrayait un peu, en particulier lorsqu’elle se souvenait ce qui avait lié ses parents. Mais elle connaissait également des couples heureux, ce qui lui avait fait comprendre il y a bien longtemps qu’en la matière, tout était question de chance. Elle pouvait seulement espérer que, si elle venait à se marier, son existence conjugale ne serait pas trop pénible tant qu’elle se poursuivrait.

Elle voulait savoir à qui il pensait les destiner, mais Cylia la devança et posa la question. Tant qu’à être mariée à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, elle espérait savoir de qui il pourrait éventuellement s’agir, avoir une petite idée de ce à quoi elle devrait s’attendre. Entendre le soupir de sa soeur lui fit beaucoup de peine. Instinctivement, elle voulait la protéger et regretta de ne pouvoir lui offrir la liberté et l’indépendance qu’elle désirait, dont elle avait besoin. Elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur de ce qu’elle deviendrait si elle se retrouvait contrainte de réfréner sa nature. Elle posa une main sur la sienne et la serra avec chaleur, espérant lui apporter un peu de réconfort, puis elle se tourna de nouveau vers son frère. « Tu sais à quel point la cause du Nord nous est chère. Nous ferons tout ce qu’il sera nécessaire pour la servir. » Nul doute qu’elle eut préféré le faire en prenant les armes, ou de toute autre manière plutôt que rejoindre le lit d’un inconnu, mais ni l’une ni l’autre n’avaient vraiment le choix. « Quand espérez-vous pouvoir contracter ces alliances ? »

Il n’en savait probablement rien, mais elle aurait aimé pouvoir estimer au moins à peu près le temps qui lui restait à passer ici, à supposer que Beron parvienne effectivement à lui trouver un parti acceptable. Il était plus probable que sa jeune soeur soit mariée avant elle, mais l’idée de la voir partir lui était tout aussi pénible. Elle savait désormais qu’elle appréhenderait d’autant plus chaque corbeau qu’ils recevraient de lui.
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