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Un nouveau départ

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Message Mer 22 Mai 2013 - 19:44

- Tu vas me lâcher sale cabot !
Le chien de berger au pelage fauve stoppa net lorsqu’Oteh se retourna pour lui hurler dessus avec son terrible accent oriental qui déchiquetait la langue ouestrienne. La queue du canidé faisait des va et vient incessant ce qui ne manqua pas de mettre l’homme de Norvos encore plus en rage.

Ce chien le suivait depuis qu’il avait quitté Haujardin, c’est à dire depuis des lieux sur la route menant à Villevieille. C’était un animal affamé, abandonné très certainement par des paysans en manque de moyens pour nourrir une « gueule » de plus.
Oteh fut tenté de se saisir de Lara pour mettre fin à l’errance sans but du chien de berger. Il se souvint alors de ses enseignements chez les prêtres à barbe Norvos, plus spécifiquement le chapitre dédié à la place du vivant sur terre :
Au bas de l’échelle se situe le végétal car ils n’a qu’un sens ; puis viennent les coquillages et autres crustacés possédant seulement deux sens ; viennent ensuite les insectes tels que les fourmis et les punaises aux trois sens ; puis d’autres insectes comme les araignées et les scorpions possédant quatre sens ; viennent ensuite, à la quintessence de la création les mammifères et les Hommes dotés des cinq sens. Toutes ces créatures produisent de l’énergie, bonne ou mauvaise, qui engendre des destins, des renaissances et des conditions où l'on éprouve plus ou moins de peine, plus ou moins de joie, selon la bienveillance ou l'égoïsme des actes. Les êtres à cinq sens sont nos égaux, faire du mal à l‘un de ces êtres, équivaut à tuer un homme à ceci prés qu’un animal est innocent, contrairement aux Hommes, coupables de par leur nature.

Oteh se ravisa et continua de marcher sur la route en essayant d’oublier son curieux compagnon. Ce dernier ne sembla pas s’en fâcher, au contraire, il prit les devants et vint se poster à quelques pas à la gauche de l’homme oriental, toujours en remuant la queue et en trottinant légèrement.
Un lieux de plus fut parcouru avant qu’Oteh, à la faveur de l’ombre d’un acacia n’entame un court repas. Il balança même un bout de pain sec à son nouveau compagnon de route qui se rua sur le morceau et le dévora en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Depuis combien de temps était-il sur les routes depuis sa vision aux Murs Blancs ? Trois, peut-être quatre semaines.
La mer… une tour… tu verras le soleil au dessus…
La mer il l’avait trouvé. Facilement même, il ne lui avait suffit que de se diriger vers l’ouest sur la route de Port-Lannis à Hautjatdin, la Route du Front de l’Océan.
C’était dans un petit village situé sur la rive oriental de la Mander qu’un homme avait pu le renseigner.
Une tour avec le soleil au’d’ssus ? M’est avis que tu d’vrais continuer ta route vers l’sud mon gars. Vieilleville, à l’embouchure de l’Hydromel. Tu d’vrais trouver ce qu’tu cherches.

Mais que cherchait-il ? Même lui n’en était pas sûr. On lui avait appris à obéir, à se battre, à provoquer, pas à réfléchir à son avenir. Que trouverait-il à Villevieille, de nouvelles questions ? Des réponses ? Un moyen de reforger Lara ? Un nouveau maître ?
Il entama l’entretien de sa hallebarde. Lara n’avait pas fière allure depuis que ces sauvages du Val d’Arryn l’avaient fracassée, lame ouverte, contre un bloc de granite. Elle n’était pas brisée mais avait subit de tels dommages, surtout dans la répartition de son poids, qu’elle en était presque inutilisable.
Des sauvages... des incultes... des barbares.... tous !
Il se remit en route, le chien toujours suspendu à ses pas.

Enfin, alors que la lumière du soleil commençait à faiblir, il su, oui il su qu'il était arrivé.
Villevieille était là, se dressant sur les deux rives du fleuve, toute en pierre semblait-il. Même les ponts, était couverts d’habitations ce qui ne manqua pas d'interloqué l'homme de Norvos.
Le regard d’Oteh Byris se porta vers ce qui semblait être le port de la ville, immense, et non loin sur une île, une tour, non, un phare, dont l’ombre s’étendait sur le reste de la ville.
Quelle est cette folie ? Est-ce que des hommes peuvent réellement construire de telles choses ?
La tour était certainement la plus haute qu’Oteh n’avait jamais contemplé, sur ce continent comme sur l’autre. Le soleil se couchait, et semblait descendre directement en direction du phare comme si cette dernière l’attirait.
« Sombre est la mer pour qui s'y aventure dans la nuit des pensées, mais c'est à l'appel du phare que le chemin s'éclaire. Au pied de la tour, tu ne trouveras que des pierres, mais à son sommet tu verras le soleil. »
Oui, il semblait être arrivé au bout de son voyage.
- Et bien mon ami, dit il avec son accent oriental, je crois que nous sommes arrivés.
Le chien de berger aboya aux paroles d’Oteh.
Tout deux prirent la route des portes de la cité.
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Clarence Hightower
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Message Mar 28 Mai 2013 - 0:06

         La lumière du soleil commençait à faiblir, s'inclinant peu à peu devant la splendeur des feux qui, au sommet de Grand-Tour, brûlait sans interruption depuis des millénaires. Symbole de grande importance dans l'imagerie collective de la région, cette forteresse immense, ce grand phare éternellement embrasé, dominait la région de toute sa hauteur. À son sommet, la maison Hightower s'élevait au-dessus de toutes les autres, dans une posture recluse et détachée des affaires du monde. Par la force des choses, pourtant, Clarence était appelé à s'y intéresser pour peut-être en modifier le cours, car il occupait un siège au Conseil restreint, l'organe consultatif à la disposition de la Main du roi, figure exécutive du royaume. Grand Argentier. Ce titre résonnait en lui comme un dragon d'or qui s'égare au fond d'un coffre de métal. Ce n'était pas le seul titre qu'il portait comme un ruban de soie accroché à son plastron. Clarence était aussi Phare du Sud, Protecteur de la Citadelle, Seigneur du Port et Voix de Villevieille... Qu'est-ce donc que tout cela signifiait ? Ce n'était qu'une ribambelle de mots que devaient apprendre les annonceurs et les hérauts. Pauvres d'eux ! Clarence n'était pas homme à se gargariser de la pompe des titres et du décorum. Ce jour-là, il l'avait passé à préparer son voyage jusqu'à Port-Réal. Il avait l'habitude. Il connaissait désormais bien la route. Ser Calvin, son frère cadet, chevalier de son état, la connaissait aussi. Ensemble, ils gagneraient la capitale sans encombre, comme ils gagnèrent dans le temps Port-Lannis. L'heure n'était plus au souvenir, toutefois. Lord Hightower, alors que la luminosité générale déclinait au profit des candélabres, des lampions et du grand phare, était venu, sous escorte, inspecter l'une des nombreuses casernes du guet de Villevieille. Il avait pris cette habitude afin de s'informer régulièrement de la situation non seulement de la criminalité dans la cité, qu'il voulait garder la plus basse possible, mais aussi de l'ambiance générale régnant entre les murs de Villevieille. Dans le bâtiment de pierre, la soldatesque était aux prises avec un individu de haute stature et d'allure singulière, escorté d'un drôle de chien qui semblait très heureux de la tournure prise par les événements. Lord Hightower, aisément reconnaissable à sa tenue ainsi qu'à son chapeau de haute volée, s'approcha d'eux dès qu'il fut à l'intérieur du baraquement.  « Eh bien, que se passe-t-il ? » La question était simple, le ton clair et l’œil déterminé par la curiosité. Un homme braillard et un chien heureux n'ont rien d'exceptionnels par eux-mêmes, mais Clarence avait l'intuition que cette rencontre illuminerait le reste d'une journée médiocre et ennuyeuse. Un membre du guet s'approcha de lui pour lui répondre et le renseigner de son mieux. À l'entendre, on put voir que ce soldat n'avait pas l'habitude de s'adresser à un membre des sphères les plus éminentes. « Milord, cet homme cause des troubles dans les rues, il se dit prêtre à barbe ou à moustache, mais il n'a ni barbe ni moustache... et il prétend vouloir monter au sommet du phare pour y chercher le soleil... je n'ai pas bien compris... » Clarence haussa un sourcil interrogateur et c'est à cet instant que la silhouette de Syrio Maar se détacha de l'ombre pour s'approcher de lord Hightower. Ce dernier s'inclina profondément et, de sa voix chantante, vint au secours du soldat qui se tut pour le laisser discourir de la sorte : « Il semble mon seigneur que Villevieille accueille entre ses murs un hôte venu de bien loin et bien que sa suite soit modeste... » Syrio désigna du doigt le chien.

         « … il se dit prêtre à barbe, de l'ordre des prêtres de Norvos, et prétend à ce titre pouvoir pénétrer Grand-Tour, votre forteresse... Il s'appelle Oteh Byris. Vu qu'il n'est présent dans la cité que depuis ce jour, je n'ai pu recueillir aucune autre information à son sujet. » ajouta-t-il à l'oreille de Clarence, qui hocha du chef pour féliciter son maître espion. Il leva la main pour qu'on laisse tranquille cet étranger qui, d'après ses dires, venait de loin. Il s'approcha de lui, observa du coin de l’œil les soldats du guet qui comprirent, et tandis que Syrio demeurait en retrait, Clarence salua l'étranger d'un regard plein de curiosité et de questions qu'il gardait pour lui pour le moment. Il était indispensable de commencer justement par l'inévitable.« Je vous salue, étranger. Oteh Byris, est-ce ainsi qu'on vous nomme ? Si vous êtes prêtre à barbe, vous avez certainement le moyen de nous le prouver, n'est-ce pas ? Montrez-moi. » On put s'étonner d'entendre Clarence qui demandait à voir quelque chose plutôt qu'à entendre les preuves de la bouche d'Oteh qu'il interrogeait, mais le Grand Argentier savait très bien ce qu'il faisait. En effet, s'il savait peu de choses sur les prêtres à barbe, il savait en revanche qu'un signe distinctif permettait de les reconnaître sans peine : leur poitrine était marquée au fer rouge d'une scarification particulière, figurant une hallebarde, l'arme de prédilection des prêtres à barbe. D'ailleurs, Oteh avait près de lui une arme, une hallebarde, justement. Il n'aurait qu'à montrer la cicatrice venu sanctionner ses années d'apprentissage, s'il voulait prouver ses prétentions. Clarence ajouta, pour s'assurer de la coopération de tous, du guet comme d'Oteh : « Si vous êtes effectivement un prêtre à barbe, et pas seulement un menteur ou un illuminé, alors le guet ne vous inquiétera plus. Son rôle est de maintenir l'ordre dans Villevieille, et mes directives sont très claires, les perturbations doivent être tuées dans l’œuf. Montrez-moi la scarification rituelle des membres de votre ordre, et dîtes-moi ensuite ce qui vous amène à Villevieille. » Clarence était en effet persuadé qu'un récit intéressant lui serait servi, si toutefois Oteh consentait à prouver qu'il était bien prêtre à barbe, et qu'il était donc un individu fort original dans la région. En revanche, s'il refusait de se prêter au jeu fort ennuyeux des procédures, Clarence en déduirait qu'il n'avait devant lui rien de plus qu'un menteur ou un forcené, qu'il s'empresserait donc de faire expulser de la ville qui n'avait pas besoin de ce genre de turbulences pour le moment.

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Message Mar 28 Mai 2013 - 17:02

Cette tour était bien plus haute que ne l'avait présagé Oteh. Ses bras étaient exténués par la "courte" ascension dont il venait de se rendre coupable.
Jamais un bâtiment n'avait été un obstacle pour notre homme venu d'orient. Pourtant celui-ci semblait invincible, défiant de sa hauteur n'importe qui ou quoi voulant l"'affronter". Peut-être y serait t-il arriver si ces minables de la garde citadine ne l'avait pas empêché d'accéder au second niveau.

Il fronça les sourcils avec un air agressif lors de l'arrivée de Clarence Hightower à la caserne ou l'avait emmené les hommes du guet. Il du tendre l'oreille pour comprendre les dires de cet homme dont tous laissait suspecter qu'il fut d'un rang haut placé, sinon le maître des lieux.
Oteh sursauta tout de même lorsqu'un homme sortit de l'ombre pour venir chuchoter à l'oreille de Clarence Hightower. Cela lui rappelait les combines des esclavagistes de Yunkaï et de leurs maîtres espions qui avaient une fois accusés Xico Niit, son ancien maître, de vol d'esclaves sexuelles.

Oteh jeta un regard méprisant sur le maître espion de Clarence Hightower, avant de dévisager un à un les quelques gardes qui l'encerclait et le maîtrisait.
Le seigneur veut une preuve de mon allégeance aux Dieux de Norvos ?
"Aidant" les soldats à le relâcher par de brusques mouvements et des coup d'oeil menaçant, il décocha sa hallebarde.
La soldatesque réagit presque immédiatement en mettant leurs épées à nues.
- Du calme petits soldats, lança Oteh d'un air irascible, toujours sourcils froncés et mâchoire serrée.
Entre temps, le compagnon de route d'Oteh vint se positionner à ses côtés, la queue toujours aussi remuantes.
- Valas firio ensando ! A ces mots prononcés en la langue de Norvos le chien se figea et s'assit, la langue pendante et le regard totalement plongé sur la personne du Prêtre à Barbe.
- Je ne veux aucun mal à son altesse.
Les mots étaient corrects, malgré l'accent oriental prononcé d'Oteh. Pourtant il ne comprit pas les sourires narquois que lui décochèrent les hommes d'armes à l'annonce du titre.
Ah ! Mauvais titre ? De toute façon ils en ont des centaines ces barbares illettrés !
- Voyez et déduisez ser, lord, sire.
Oteh posa sa hallebarde endommagée sur le sol délicatement comme s'il s'agissait d'un enfant ou d'une femme. Il retira sa chemise brune et s'arracha quelques poils qui venaient recouvrir sa marque apposée au fer rouge.
- Je suis Oteh Byris de Norvos, Prêtre à Barbe consacré. Voici mon épouse Lara, et... lui, je ne sais pas comment il s'appelle ce bougre d'abruti mais il me suit depuis mon arrivé dans la région.
Le chien remua encore plus frénétiquement sa queue lorsque Oteh le pointa du doigt.
Un innocent dans sa toute splendeur !
- J'étais au tournoi de Murs-Blanc, la dame Florent pourrait vous le confirmer mais je ne sais si elle est une de vos ami. J'ai marché sans relâche jusqu'ici.
L'animal qui accompagnait Oteh se releva et alla vider sa vessie cotre la paroi d'un mur. Oteh leva les yeux au ciel et invectiva de nouveau dans la langue de Norvos son turbulent compagnon.
- Valas firio ensando, o sancha kirio !
A ces mots le chien de berger couina et vint se rasseoir au pied du prêtre à barbe.
L'homme oriental reprit en direction du seigneur de Villevieille.
- J'ai eu une vision au tournoi, une vieille femme me l'a transmise. Mais vos... soldats (le ton était moqueur) m'ont empêché de la clarifier. Je dois trouver le soleil au sommet de cette maudite tour ! Alors si vous le permettez je souhaiterai terminer mon ascension !
Il dévisagea de nouveau les soldats qui l'entourait.
- Et j'entend bien cette fois que l'on me laisse grimper à ma guise ! Ma Lara souffre et je dois trouver un moyen de la guérir !
Il réempoigna sa hallebarde et sa chemise et bomba le torse. Si ce jeune seigneur souhaitait en finir avec ce turbulent visiteur, au moins il serait prêt. Oteh prit ses appuis, innidentifiable pour un oeil non avertit et se tint prêt à passer à l'action.
Si c'est du sang qu'ils veulent !


Dernière édition par Oteh Byris le Mer 29 Mai 2013 - 6:47, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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Message Mar 28 Mai 2013 - 18:57

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         Cet étranger semblait particulièrement irritable, et Clarence s'amusa de l'étonnement qu'inspirait en lui les réactions du prêtre à barbe. Aux yeux des orientaux, les natifs de Westeros passaient pour des barbares et des sauvages, mais à cet instant, c'était le sieur Byris qui lui semblait le plus hirsute et le plus barbare des deux. Quand il réclama un peu de calme de la part des membres du guet de Villevieille, en les désignant d'un sobriquet méprisant, lord Hightower vit bien que les « petits soldats » digéraient mal cette provocation, mais ils n'y réagirent point, laissant au seigneur de Grand-Tour le soin d'intervenir s'il le jugeait opportun. En effet, depuis longtemps jamais les Hightower n'avaient donné à croire qu'ils n'avaient que peu d'intérêt pour le guet de la cité, et tout au contraire Clarence, depuis son intronisation comme lord, avait donné plusieurs fois des signes de la très haute opinion qu'il se faisait des membres du guet et de leur rôle essentiel dans la ville. D'ailleurs, la première des décisions qu'il prit concernant le guet fut l'augmentation de la solde de ses membres, nouvelles qui fut naturellement très bien et chaleureusement accueillie dans la cité. Mais Clarence ne fit rien qu'hausser les sourcils, l'air indigné, ce qu'il n'était absolument pas, il en fallait bien davantage. Quand Oteh déclara ensuite ne vouloir aucun mal à « son altesse », il ne manqua rien des sourires narquois décochés par les hommes d'armes, qui étaient bien plus habitués que le prêtre à barbe à l'usage des titres de lord Hightower, car ce dernier s'en traînait une vraie ribambelle. Mais Clarence ne s'attarda point sur ce détail, il ouvrit grand les oreilles pour entendre le récit d'Oteh qui éveilla grandement la curiosité du jeune homme. Il ne put toutefois réprimer une moue dubitative, quand il vit le chien se comporter d'atroce manière. Quand Oteh lui révéla son tatouage de chair brûlée, Clarence sut qu'il disait la vérité et que devant lui se tenait un vrai prêtre à barbe de Norvos, consacré par ses pairs et voué à son devoir. De nombreuses questions affluèrent alors, comme autant de poissons dans l'eau de la rivière qui s'échauffe. Ce prêtre était bien loin de Norvos, avait-il suivi son maître à Westeros ? Que faisait-il tout seul à Villevieille ? Oteh apporta les précisions qui manquaient à Clarence pour se faire un avis sur la question, ce qu'il ne manqua pas de faire. Quand le prêtre évoqua une certaine dame Florent présente au tournoi de Murs-Blancs, lord Hightower devina qu'il s'agissait de lady Alysanne, qu'il connaissait effectivement, et avec laquelle il partageait plus qu'un lien de formel voisinage. Oteh déclara ensuite avoir marché sans relâche depuis Murs-Blancs jusqu'à Villevieille, motivé par quelque obscure vision qui le poussait à chercher le soleil au sommet de la tour éternelle... puis les paroles du prêtre à barbe se firent incompréhensibles. Clarence toutefois ne se laissa décontenancer par ce discours étrange, car il n'était incohérent qu'à la mesure des informations qui lui manquaient pour le comprendre. « Calmez-vous, prêtre, il est inutile de s'énerver. Vous êtes ce que vous prétendez être et m'avez dit la vérité, je vais donc à mon tour vous la donner. Je suis lord Clarence Hightower, seigneur de la cité et actuel occupant de la forteresse dont vous désirez voir le sommet. »

         Il s'inclina respectueusement. « Un long chemin vous sépare de Norvos, prêtre, et je suis sûr qu'une aventure palpitante vous a conduit jusqu'à nous. Considérez-vous comme le bienvenue à Villevieille. » Clarence intima l'ordre aux soldats de s'écarter et de laisser le prêtre pour l'instant tranquille, car il doutait franchement qu'il fût source de problèmes dans l'immédiat. Sans doute avait-il grande bouche et fort caractère, mais il n'avait pas l'air d'être bien méchant. Syrio Maar, de son côté, s'inclina et partit, prétextant quelques affaires secrètes et urgentes. En avaient-ils à son actif qui fussent autrement ? Clarence lui adressa un regard entendu et retourna son attention sur Oteh, près duquel il approcha.  « Je regrette, maître Byris, mais je ne peux vous laisser grimper à votre guise. En effet, il y a dans cette tour ma famille, et je dois veiller à leur tranquillité. De plus, j'ai bien peur qu'à cette heure-ci, le soleil ne soit sur le point d'aller dormir et en tout état de cause, au sommet de Grand-Tour vous ne trouveriez jamais qu'un grand brasier. Que disait cette vision ? A-t-elle un rapport avec la souffrance de... Lara ? Je ne suis pas un expert, mais je peux voir en effet que votre arme est abîmée. Est-ce pour cela que vous êtes venu dans la cité ? » Un long voyage à pied séparait le Conflans de Villevieille, Clarence était étonné autant qu'impressionné et dans le fond il percevait quelle force de la nature le prêtre à barbe devait être. Sans surprise il ajouta :  « Dîtes-moi tout, et si je suis en mesure de vous aider, je le ferai. » Clarence soutint le regard du prêtre à barbe. Il était curieux de connaître la vérité de ses intentions et des raisons de sa présence à Villevieille. S'agissait-il seulement d'un illuminé venu dans la cité des Hightower avec l'idée folle d'aller trouver l'astre du jour au sommet de la tour, comme il l'avait dit de ses propres mots, ou bien s'agissait-il d'une métaphore plus profonde ? Comme Oteh Byris était originaire de Norvos, lointaine contrée pleine de mystère, il n'était pas exclu que le prêtre à barbe lui-même parle par énigmes... même si, de ce qu'il voyait, Clarence avait l'impression d'avoir face à lui davantage une personne franche du collier plutôt qu'un brumeux ergoteur sybillin. Il devait donc faire attention à ne pas trop le brusquer, de peur de le froisser par mégarde, et de le conduire à des comportements inacceptables. Autour d'eux les gardes se tenaient tranquilles et cois. Ils faisaient confiance à lord Hightower pour gérer la situation, et sa méthode plus douce et plus indirecte auprès du prêtre à barbe semblait plus à même de l'adoucir que la leur, toute de coercition et de force.
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Message Mer 29 Mai 2013 - 8:33

Me suis-je rabaissé à ça ?
Comme il se sentait ridicule en cet instant !
Oteh n'avait jamais, dans sa vie, prit de décisions par lui même. Les Prêtres à Barbe avaient pensés pour lui lors de sa jeunesse et Xico Niit fit de même des années durant. Pour la première fois depuis son entrée dans les ordres, il avait dût ne s'en remettre qu'à lui, à son instinct et à ce que sa cervelle lui disait de faire. Et les résultats parlaient d'eux mêmes. Sa "quête" n'avait pas pour l'instant était une réussite triomphante.
J'ai l'allure d'un fou ! Et Lara ! Oh pauvre Lara ! Suis-je encore digne de posséder pareille compagne ?
A la place du patient seigneur de Villevieille, l'homme d'orient aurait fait empalé un homme beuglant de la sorte et menaçant ses hommes d'armes à tire-larigot.
Fou, je suis devenu fou ! Je dois me réveiller ! Sancha* vient moi en aide !
Obéir, servir et protéger. Tels étaient les dogmes des prêtres de Norvos. Et on pouvait affirmer sans détour qu'aujourd'hui, Oteh Byris en était à des lieux. Son regard était livide, aussi expressifs que ceux d'un aveugle, la crasse recouvrait son visage et ses mains étaient aussi sales que ses pieds. Il se faisait pitié à lui même.
Que diraient les Prêtres s'ils me voyaient ?
A Norvos, les prêtres avaient établis un système de caste. Il y en avait cinq en tout et pour tout. Les servants étaient la base de cette pyramide, dominée bien entendu par les Prêtres à Barbe. C'était une pure théocratie, un système au sein duquel l'élévation sociale passait uniquement par un "endoctrinement" religieux. Ce statut procurait aux membres de cette dernière caste un sentiment de haute estime d'eux mêmes, et une volonté constante d'entretenir les apparences, source de leur respectabilité et surtout de leur légitimité.
Et en cet instant, le torse nu, le visage menaçant, la langue pendue comme en présence de coupe-jarrets, Oteh Byris sût que malgré tous ce qu'il pouvait bien dire ou penser, le barbare c'était lui !

Le massif homme de Norvos ferma les yeux, comme pour priver son esprit du spectacle de cette scène absurde.
Il baissa la tête et laissa retomber ses épaules. Tout son être semblait s'être totalement relâché. Sans regarder le maître des lieux, Oteh parla d'une voix calme, presque imperceptible.
- Ce... ce voyage m'a usé gentil seigneur.
L'accent oriental doublé de la honte apparente qui émanait de lui rendait les paroles du Prêtre à Barbe presque inaudible. Il fit cependant un effort dans l'articulation et l'élocution des mots de la langue ouestrienne qu'il avait apprise durant son apprentissage à Norvos.
- Je dois paraître... minable et misérable. Croyez que vous manquer de respect était la dernière de mes intentions. Lara et moi avons beaucoup voyagé, les routes ne sont pas propices au repos de l'esprit.
Désarticulant bien ses mouvements pour les rendre aisément identifiable par les hommes du guet, il prit appui sur sa hallebarde de femme et posa un genou à terre et inclina la tête.
- Je me montre indigne de votre présence, vous qui possédez une si haute tour.
Il jeta de nouveau un coup d'oeil aux hommes d'armes en biais comme pour s'assurer qu'ils avaient bien compris le message.
- Je suis un Prêtre à Barbe, ça oui. Mais sans maître et...
Il leva les yeux sur sa hallebarde.
- J'ai commis la pire des trahisons. J'ai perdu mon maître, j'ai manqué à mon devoir. J'ai laissé mon épouse être malmenée, aucuns de mes engagements n'a été respecté. Sans doute est ce là ma punition. Errer sur les routes de ce continent avec comme justification les dires d'une vieille femme sans doute amusée d'envoyer une âme tourmentée vagabonder et commettre des folies. Chercher la mer et le soleil au dessus d'une tour, c'est ce qu'elle m'a transmit au travers de sa vison aux Murs-Blancs, et en voyant votre ville et votre si haute tour, je me suis dit que j'avais enfin terminé mon voyage. Voilà les raisons de ma venue ici seigneur, des questions sans réponses autres que de nouvelles questions qui viennent se rajouter aux précédentes.
Oteh rabaissa de nouveau sa tête.
Son compagnon de route s'était entre-temps couché, le museau dans ses pattes de devant. C'est que le bougre avait l'air de s'être endormit ! Lui aussi avait fait longue route et était exténué. Et maintenant que le Prêtre à Barbe tentait de se détendre, il sentait sa fatigue le submerger. Même lui et sa condition physique hors norme ne pouvaient avoir raison d'un si long périple au travers du continent de Westeros.
Pourtant il resta genou droit à terre, empoignant solidement sa hallebarde en pique pour soulager ses jambes qui l'avaient portées jusqu'ici.
- Patient seigneur de la très haute tour, permettez moi de vous présentez mes excuses les plus sincères. A vous et à vos gens pour mon manque de clairvoyance. Vous pouvez disposer de moi comme bon vous conviendra. Les Prêtres à Barbe de Norvos ont une réputation que je vient de ternir, si vous seriez tenter de faire justice, permettez moi de vous demander de rapatrier ma hallebarde en ma cité bien aimée. J'aurai au moins gagner cela et pourrai partir plus léger.
Oteh resta ainsi un long moment, genou ployé, dos courbé et tête incliné attendant la réponse du seigneur de Vieilleville.

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Message Ven 31 Mai 2013 - 0:16

          « Vous semblez exténué, en effet. » Ces paroles mystérieuses s'échappèrent de la bouche de Clarence tandis que le prêtre à barbe poursuivait son récit. Il observa la hallebarde, et reconnut en Lara une arme de très belle finition, que sa blessure ne rendait pas moins belle et menaçante. Dans les mains du prêtre à barbe, elle devait être fort dangereuse, même en pareille état. Ce dernier d'ailleurs n'était pas loin de la vérité en effet, son allure était misérable, et son comportement jusqu'à présent ne plaidait pas en sa faveur. Il disait vrai également en soulignant que les routes sont de mauvaises compagnes pour le repos de l'esprit et du corps, Clarence en savait quelque chose. Il fut surpris de voir le prêtre à barbe qui, prenant appui sur son arme, posa un genou à terre devant lui avant d'incliner docilement la tête. Ce revirement de situation n'était pas pour déplaire au seigneur de Villevieille, qui savait désormais qu'il n'y avait plus rien à craindre de cet invité venu de si loin que Norvos, au-delà du Détroit. « Toute haute que soit la tour, maître Byris, les pierres à son sommet ne se croient pas plus importantes que celles qui en forment le pied. » Les hommes d'armes et autres membres du guet présents dans la grande salle de la caserne continuaient d'observer Oteh pour parer à toute éventualité, mais plus un seul d'entre eux n'étaient véritablement inquiets, la situation était apaisée et lord Hightower la maîtrisait au creux de sa main. Tout en posant un regard éloquent et plein de sens sur son arme meurtrie, Oteh poursuivit son récit. Il avait donc failli à sa tâche, et n'avait su protéger son maître qui mourut sans qu'il put rien faire. Et comme pour le punir d'avoir échoué, les dieux avait endommagé l'arme qu'un serment attachait à lui comme le mariage lie le mari et la femme. Puis, pour ajouter à son malheur, Oteh Byris remit sa vie entre les mains de Clarence, avec toute la spontanéité de ceux qui n'ont jamais connu que la servitude. Un tel geste étonna le Grand Argentier qui ne s'attendait pas à disposer si promptement et si imprévisiblement de pareils droits sur l'existence d'un parfait inconnu. Il retint toutefois sa réponse avant de la donner, considérant le prêtre qui se tenait à genou devant lui, tête basse et les oreilles grandes ouvertes sans doute, car des paroles de lord Hightower dépendraient bien des choses pour lui. Clarence jeta un coup d’œil au chien et se souvint d'un tout autre animal qu'il avait condamné à la mort, à Port-Lannis, quelques lunes auparavant. Un sourire s'épanouit sur son visage quelques instants avant qu'il ne reprenne la parole. « Les dires de cette vieille femme sont peut-être à interpréter, et non à prendre au pied de la lettre, maître Byris. Villevieille accueille volontiers toute personne désireuse de retrouver une seconde chance après un premier échec. Ici, des artistes, des artisans, des hommes et des femmes du monde entier viennent parce qu'ils n'ont pas su prospérer ailleurs. Vous y voir n'est donc pas une surprise, qu'en pensez-vous ? Il y a peut-être pour un prêtre à barbe de Norvos à Villevieille un maître à servir et à, cette fois, ne point faillir. Relevez-vous, prêtre. »

         En le voyant ainsi torse nu, dépareillé et éreinté par le voyage, il était difficile d'imaginer qu'Oteh Byris pût être un grand guerrier. Toutefois, il avait fait à pied tout le chemin depuis Murs-Blancs parce qu'il croyait trouver à Villevieille le moyen d'accomplir sa rédemption, et cette prouesse en elle-même impressionnait Clarence, car elle témoignait de la grande et indéfectible loyauté dont le natif d'Essos était capable. S'il était si entier à suivre une idée, qu'en serait-il pour suivre un homme ? Tout naturellement l'idée de s'adjoindre les services d'un tel personnage vint à l'esprit du jeune homme, mais il ne pouvait non plus trop se hâter : Oteh Byris avait une première fois échoué, ce qui donnait à réfléchir.  « Voulez-vous venir avec moi jusqu'à Grand-Tour, maître Byris ? Vous pourriez vous y reposer, vous et votre ...compagnon, pendant qu'Owen, le forgeron de la forteresse, s'occupe de votre arme pour lui redonner sa jeunesse perdue. » Il se tut quelques instants pour laisser à son interlocuteur le temps de bien comprendre ce qu'il lui proposait. Puis, en se tournant vers la porte pour l'inviter à se décider rapidement, Clarence ajouta, d'un ton aimable : « Ma générosité a naturellement ses limites et j'espère que vous saurez vous souvenir du service que je vous ai rendu ce jour. » En effet, Clarence lui proposait de faire réparer son arme gratuitement, et par l'un des meilleurs forgerons de la ville, ce qui était une faveur inestimable, car n'importe quelque artisan du métal de la cité aurait facturé la prestation à des tarifs peu convenables à la situation financière du prêtre à barbe qui, à en juger par l'état de sa mine, n'avait pas grande richesse sur lui. Mais le moment venu, lord Hightower saurait bien quoi demander en retour à cet homme qui donnait l'air d'avoir l'honneur dans le sang et la loyauté dans la chair. Il songeait naturellement à l'engager à son service, mais il ne prendrait sa décision qu'une fois la certitude acquise de la réelle valeur du prêtre à barbe. Il restait encore à définir le moyen d'obtenir cette certitude, mais Clarence avait la pensée véloce et saurait bien quoi faire pour y parvenir. Ce n'était pas comme s'ils étaient pressés, après tout, et quelques heures tout au plus lui suffiraient pour trouver une idée adéquate. Oteh Byris avait désormais les cartes en main, il pouvait refuser son offre et repartir sur les chemins, ou l'accepter et suivre Clarence qui l'invitait chez lui, généreusement. Ce privilège était rare, même pour les plus hautes figures de la cité. Mais une fois qu'un idée s'est fixée dans la tête du Grand Argentier, il devient impossible de l'en déloger et Clarence avait à cet instant, dans le regard, la lueur pétillante d'un projet qui naît.
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Message Lun 3 Juin 2013 - 15:42

Oteh se réveilla en sursaut, beignant de sueur. Toujours le même songe, se dit-il. Il mit du temps à remettre en ordre ses idées. Le prêtre se passa une main sur le visage comme pour enlever un masque imaginaire.
Son rêve s'était introduit en lui juste après son départ des Murs-Blancs, depuis que la vieille femme lui avait fait don de sa vision, depuis qu'il marchait sur les routes tel un vagabond sans but bien précis.
Une femme à la peau blanche, pâle, laiteuse, de grands yeux noirs, des cheveux noirs tressés en une longue queue de cheval, une armure noire, sans écu, sans marque quelconque hormis celles des batailles, une cicatrice au coin de l'oeil droit, une épée longue qu'elle magnait à la perfection... et lorsque cette femme venait hanter ses nuits, cette dernière le défiait en combat singulier, lorsqu'il tentait de lui parler, elle ouvrait la bouche et lui montrait alors sa plus profonde cicatrice, sa langue avait été coupée et à la place, faisait figure de membre un lambeau de chaire cousu grossièrement. Il l'avait combattu, elle l'avait vaincue et il lui avait fait l'amour, plus un combat qu'une joute sexuelle, il sentait encore ses ongles s'enfoncés dans la chaire de son cou, dans son dos... des sensations et sentiments proscrits par les enseignements de Norvos.
Terrifiante, mais tellement... attirante. Oteh chassa cette pensée hérétique de son esprit et son regard se porta immédiatement à sa droite, à l'endroit ou devait figurer sa Lara. Elle était bien là, toujours amochée, toujours aussi misérable que son pauvre mari. Il n'avait pas pu pour l'instant oser s'en séparer malgré la proposition serviable de son hôte. Il avait refusé aussi poliment que possible prétextant ne pas pouvoir, et non vouloir, se séparer de sa femme après ce si long voyage. Il avait besoin d'elle et elle de lui.
Oteh Byris sortit du lit. Il ne se souvenait même plus s'y être installé. Combien de temps avait t-il dormit ? Il n'en savait rien. Il faisait jour, et à en juger par la luminosité de l'astre solaire, nous étions en fin de mâtinée. Son compagnon de route, le pauvre chien de berger, lui, dormait encore.
Il tenta de se lever mais une affreuse douleur vint lui reposer les fesses sur le matelas. Ses pieds étaient couverts d'ecchymoses et des ampoules lui avaient travaillés ses plantes jusqu'au sang.
Me voici devenu sensible à la douleur ?
Il se leva comme pour se prouver quelque chose, posa les pieds bien à plat et endura la douleur comme le lui avait appris les prêtres.
"Ecoute ta douleur, ressent la, laisse la parcourir ton échine, elle est chaude, lacérante comme ta hallebarde. Sancha a crée la douleur pour mettre à l'épreuve les fidèles. Laisse la t'envahir, laisse la disparaître."
Oteh fit quelques pas sans se soucier de la douleur et se dirigea vers la petite lucarne qui faisait office de fenêtre dans la pièce arrondie dans laquelle il s'était endormie. Le spectacle était saisissant. Impossible pour le prêtre à barbe de Norvos de dire à quel étage il se situait. Jamais, de mémoire, il n'avait été aussi haut. De là ou il se trouvait, il vit le port de Villevieille, mais d'une façon dont peu de gens, pensa t-il, pouvait s'en targuer. L'ombre déployée par la tour était si vaste qu'Oteh pensa que cela devait être un jeu d'enfant dans cette ville pour ses habitants de savoir précisément à quel moment de la journée ils se situaient. Xico Niit lui avait parlé d'un édifice, loin dans le sud, encore plus haut que le Mur du Nord, mais il ne l'avait pas cru et encore moins penser s'y retrouver à l'intérieur un jour.
La tour semblait se situer sur une île mais les distances jouaient des tours à la vue encore bien vacillante du prêtre à barbe. En tout cas, le nombre de navires défiait à n'en pas douter ceux du trafic de Port-Réal. Il n'en doutait plus, le maître des lieux étaient puissant et certainement riche, mais le premier point lui paru de bien plus d'importance.

Une femme entra dans la pièce après avoir frappée, ce qui réveillé le chien allongé au pied du lit, accompagnée d'une servante plus jeune portant un plat dont émanait un délicieux fumé de poisson grillé.
- Lord Hightower nous a demandé de veiller à ce que vous ne manquiez de rien, nous vous avons lavé hier pendant que vous dormiez, voici un repas qui vous remettra d'aplomb, dit la plus âgée tandis que l'autre déposait le plat et un gobelet d'eau sur une petite table à la gauche du lit et ne pouvant résister, commença à caresser le chien de long en large. Cette dernière porta également les yeux sur la hallebarde avant de revenir à sa place, derrière les jupes de la première servante qui la foudroya du regard.
- Remerciez le, dites lui que nous sommes très sensible au traitement dont il nous fait grâce. Dites lui également que je me tiens à son entière disposition et suis prêt à payer ma dette envers lui quand et ou il le désirera... et dites lui que sa tour est vraiment très très haute à n'en pas douter !
- Nous le lui dirons, finit-elle par dire avec un sourire moqueur avant de se retirer et après s'être demandé pourquoi cet étranger parlait au pluriel.
Oteh vint s'asseoir et utilisa l'eau contenu dans le gobelet pour se laver les mains avant d'engouffrer tel une trombe marine les trois pauvres poissons grillés. Cela faisait des semaines qu'il n'avait pas mangé pareil repas. Une sorte d'euphorie s'empara de lui et il se dit qu'il ferait son possible pour rester ici, peu importe ce que lui demanderait de faire lord Hightower, de toute façon, il était un prêtre à barbe, et les prêtres à barbe de Norvos n'avaient qu'une seule utilité, une seule et unique. Il était temps de se remettre à l'entraînement et de nouveau servir un maître.
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Clarence Hightower
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Message Sam 8 Juin 2013 - 23:55

         Loger le prêtre à barbe au cœur même de Grand-Tour suscita quelques rumeurs dans l'entourage de lord Clarence, mais celui-ci ne prêta guère aucune oreille attentive à ces miaulements imperceptibles. Qui se soucie des balbutiements de quelques cafards envieux ? Oteh Byris n'était peut-être qu'un voyageur mal habillé et tout couvert des stigmates d'une mauvaise vie, mais il n'en demeurait pas moins un prêtre à barbe de Norvos, ce qui faisait de lui à Villevieille une curiosité de premier choix. Les marchands venus des Cités-libres n'étaient pas si rares dans le port de l'antique cité, mais les guerriers ? Il n'en venait pas tous les quatre matins, les rues n'en grouillaient pas et en dépit de leur exotisme, les gens de bon sens connaissaient la grande valeur des combattants venus d'Essos, qu'ils fussent membres des compagnies de mercenaires ou des nombreux ordres guerriers établis sur cet autre continent. Qu'on songe aux spadassins de Braavos, aux prêtres à barbe de Norvos, aux Immaculés d'Astapor, aux Puînés qui existent depuis au moins trois siècles, aux Hommes de la Pucelle, aux Vives bannières... et qu'on s'imagine alors que la guerre et le combat sont à Westeros un commerce et un art de vivre à part entière ! La plupart de ces compagnies étaient constituées d'esclaves ou de mercenaires, mais quelle importance ? Si les eaux du Détroit ne séparaient point les deux continents, nul doute que de glorieux carnages résulteraient des guerres entre les armées occidentales et orientales. Mais les prêtres à barbe de Norvos, s'ils n'étaient pas tout à fait entraînés dans l'idée d'en faire une force de choc lors des batailles, des sièges ou des escarmouches au cours des conflits entre les différents acteurs politiques et économiques d'Essos, ils étaient en revanche  les parfaits candidats pour accomplir les devoirs de tout garde du corps qui se respecte. Leur entraînement, leur doctrine et leur mode de vie les rendaient particulièrement efficaces à cet emploi, et tout seigneur soucieux de son prestige autant que de sa sécurité devait considérer d'un très bon œil l'acquisition d'un tel personnage au sein de sa suite personnelle. Clarence le savait, et nul, dans son entourage, n'était dupe de sa générosité. S'il avait offert au prêtre à barbe le gîte, le couvert et la protection, ce n'était pas sans certaines arrières-pensées. Il avait dans l'espoir et dans l'idée d'en faire un membre de sa garde personnelle, mais ne pouvait y procéder sans avoir d'excellentes raisons de l'engager en dehors de ses origines particulières, car celles-ci laissaient supposer de grandes qualités martiales sans pour autant les prouver. Clarence avait donc en tête de remettre le prêtre en bonne forme et de le soumettre à quelques épreuves afin de pouvoir mieux estimer ses talents au combat.

         En fin d'après-midi, tandis que le soleil déclinait dans le ciel, comme à moitié endormi, Oteh Byris fut convié à rejoindre Clarence dans une vaste salle à manger. Lord Hightower était déjà là, installé au bout de la table en fer à cheval qui occupait le cœur de la pièce. Il avait devant lui quelques plateaux et coupes d'argent garnis de fruits frais ou secs, ainsi que de certains biscuits aux parfums gourmands. Il y avait devant lui également deux grands verres et une carafe dorée contenant, chose rare, du vin de Hautegarde et non de la Treille, cette fois. Il était seul à table, mais point dans la salle, car deux laquais attendaient près des trois arches qui ouvraient sur un couloir où l'on entendit raisonner des bruits de pas. Le prêtre à barbe arrivait, escorté par ser Charles, le propre frère de Clarence et commandant de la garde de Grand-Tour. Clarence demeura assis et porta un abricot brun à sa bouche. La saveur du fruit glissa sous sa langue et, tandis qu'il en avalait les derniers morceaux, Oteh Byris était introduit auprès de lui. « Approchez, maître Byris, venez-vous asseoir. » Il lui désigna de la main la chaise vide qui lui faisait face, mais l'invitation n'avait rien d'un ordre et jamais Clarence n'obligerait le prêtre à barbe à s'asseoir s'il préférait demeurer debout sur ses pieds. Ser Charles se dégagea pour aller se poster un peu plus loin, en sentinelle, l’œil absorbé dans la contemplation des tapisseries qui ornaient les murs de la salle. « J'espère que vous vous sentez mieux et que votre repos vous fut bénéfique, maître Byris. Villevieille est une ville agréable, n'est-ce pas ? Elle est également pourvoyeuse de grandes opportunités. Je ne vais pas tourner autour du pot comme une mouche attirée par le miel ou la confiture. J'ai une proposition à vous faire. Il serait fâcheux qu'un homme de votre trempe se gaspille en vaines errances, et il se trouve que je pourrais faire usage des talents que je devine en vous. Votre courage semble être grand, tout comme votre loyauté semble être à toute épreuve. Si vous acceptiez de me faire une démonstration de votre aptitude au combat, je pourrais tout à fait vous accueillir à mon service... et vous donner la chance de servir un nouveau maître que, cette fois, vous veilleriez à ne point faillir. » Clarence se tut quelques instants. Oteh devait bien comprendre où le Grand Argentier souhaitait le conduire. Il jugeait également bon de ne pas mettre le prêtre à barbe au pied du mur, car il ne voulait certainement pas qu'il se sente obliger d'accepter cette offre si particulière. « Songez bien que je suis un personnage très particulier. Mes ennemis sont nombreux et mes rivaux... plus nombreux encore. Alors je dois veiller à m'entourer des meilleurs pour ma propre sécurité. C'est pourquoi je ne peux vous offrir de vous engager sans vous avoir d'abord mis à l'épreuve, afin de m'assurer que vos talents sont à la hauteur de la réputation des membres de votre ordre. Acceptez-vous ce marché, maître Byris ? » Clarence était resté assis sur son siège, les bras tendus sur la table, parfaitement calme et réfléchi. Il souhaitait donner au prêtre à barbe toute latitude pour décider du sort à réserver à cette proposition qui l'engagerait pour une très longue période, peut-être même pour toujours si le natif de Norvos accomplissait à ses côtés de l'excellent travail. Car il s'agirait non seulement de protéger Clarence des nombreux ennemis du Grand Argentier, mais aussi d'effectuer parfois en son nom et pour lui certaines tâches nécessitant l'intervention d'une personne douées de certaines aptitudes, à l'image du prêtre à barbe.
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