AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Chance et tempérance.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 18 Mai 2013 - 21:01

Bien que l'après midi soit plutôt avancée, le soleil était encore haut dans le ciel en dépit de l'automne qui s'était bien installé. Lorsqu'Eleanor franchit le seuil de la cour principale, ses yeux se plissèrent un instant le temps de s'habituer à la lumière vive qui contrastait terriblement avec la douce luminosité qui avait régné dans la petite pièce où elle s'était entretenue avec le chevalier.

Ser Pryam se tenait auprès d'elle, marchant à son rythme et respectant le silence qu'elle avait gardé depuis qu'ils avaient quitté leur lieu de discussion. Il fallait dire qu'Eleanor sentait le regard des gardes peser sur elle et qu'elle ne savait que penser. La plupart étaient curieux, un rien perplexe aussi, la jeune femme se doutant pertinemment qu'ils n'avaient pas vraiment compris pourquoi elle avait fait appel à une personne extérieure pour répondre à toutes les interrogations qui ne l'avaient pas quittée depuis des semaines à propos du conflit qui faisait rage loin, sur les iles de Fer.

Mais pour Eleanor c'était une évidence. Il lui avait fallu quitter les murs de Vivesaigues pour obtenir les informations sans qu'elles ne soient filtrées et adoucies pour ne pas trop la heurter. Elle avait eu de la chance de tomber sur le valois dont la franchise lui avait plu dès les premières secondes. Et c'était sans compter sur la façon dont il avait eu de lui répondre, il n'avait pas cherché à lui cacher des informations, à les embellir ou à lui imposer sa façon de penser, l'humilité dont il avait fait preuve ne pouvait que plaire à la jeune femme qui n'avait jamais apprécié les vantards.

Après quelques pas à l'extérieur, la jeune femme finit par se tourner de nouveau en direction du chevalier à qui elle adressa un sourire chaleureux.


"Je ne saurais suffisamment vous remercier d'être venu jusqu'ici et de m'avoir donné autant d'informations. Grâce à vous, j'ai enfin l'impression d'être un peu plus avisée et de comprendre réellement ce qui est en train de se produire."

Elle laissa filer un temps, un petite moue se dessinant sur son visage, avant qu'elle n'ajoute, d'une voix un peu plus inquiète.

"Malheureusement, le fait de saisir un peu mieux ce qui se passe ne m'aide pas à être plus sereine à propos de ce que l'avenir nous réserve et sur l'issue de tout cela, bien au contraire."

Si elle se refusait de douter du groupe qui finirait victorieux lors de cette bataille, son cœur se serrait à la pensée de toutes les personnes qui seraient encore victimes dans toute cette histoire. Elle avait l'impression d'être une fois de plus déchirée entre deux sentiments, cette impression que tout finirait par s'arranger et cette autre sensation que beaucoup trop de sang avait été versé dans cette histoire pour qu'elle puisse jamais y songer un jour sereinement. Pourtant, elle le savait bien, ce qui était en tain de se produire finirait par être écrit dans ces énormes ouvrages qu'elle se plaisait à dévorer mais, pour la première fois de son existence, elle comprendrait enfin ce que les gens auraient pu ressentir ou, tout du moins, la jeune femme en aurait une idée bien plus nette qu'avant.

Et tout cela grâce à Ser Pryam dont elle espérait sincèrement croiser à nouveau la route dans un avenir proche. Alors que cette idée lui traversait l'esprit, elle laissa échapper, la mine songeuse.


"Où comptez-vous vous rendre à présent Ser ?"

Le chevalier errant avait participé à bien des évènements importants, quelle que soit la façon dont il avait tenté de minimiser les choses face à la jeune femme. Elle se demandait quel genre d'aventures allait bien pouvoir lui arriver lorsqu'elle serait à son tour sur les routes en direction de Winterfell. Songeant brusquement au fait que son départ pour le Nord risquerait fortement de compromettre les chances de croiser de nouveau le chevalier, elle laissa échapper un léger soupir à peine audible tandis que son regard se perdait un instant dans la contemplation de cette cour qu'elle connaissait maintenant par cœur, ayant parcouru chacune de ces pierres un nombre de fois incalculables en compagnie du reste de sa chère fratrie.

Alors qu'elle ne cherchait personne en particulier et qu'elle s'apprêtait à prendre, pour de bon cette fois-ci, congé du chevalier, au loin, à l'autre bout de la cour, se dessina une silhouette qui était familière à la Tully. Le visage de la jeune femme s'illumina d'un large sourire et son regard se fit pétillant tandis qu'elle reconnaissait sa chère dame de compagnie qui s'était absentée pour la journée. Lui faisant un signe de la main pour lui dire de s'approcher, elle fit elle-même quelques pas pour la rejoindre, après s'être assurée de la présence du chevalier à ses cotés.

Elle tenait absolument à lui présenter Ser Pryam pour que, lorsqu'elle raconterait à Emilia tout ce qu'il lui avait appris, la jeune femme puisse visualiser la discussion sans la moindre difficulté. Eleanor voulait partager toutes ces informations avec quelqu'un qui ne lui jetterait pas un regard désapprobateur en voyant qu'elle se souciait de choses qui n'étaient guère dans les attributions de la jeune lady qu'elle était.

A présent tout près de sa dame de compagnie, elle lui saisit les mains dans un geste affectueux sans se départir de son sourire, ne se souciant guère de l'image un peu trop familière qu'elle pouvait donner en cet instant.


"Ma chère Emilia, je suis heureuse de vous voir saine et sauve à la Maison. J'espère que votre journée s'est bien déroulée."

Relâchant finalement son étreinte, elle se tourna en direction du chevalier qui la talonnait de près, sa mine se faisant un rien plus sérieuse et solennelle tandis qu'elle continuait d'une voix douce.

"Ser Pryam, laissez-moi vous présenter ma chère dame de compagnie, lady Emilia Racin qui est à mes cotés depuis trois ans maintenant."

Un temps puis, elle reprit après avoir fixé Emilia du coin de l'œil.

"Lady Emilia, voilà Ser Pryam. Il a eu la gentillesse de prendre le temps de répondre à certaines de mes interrogations aujourd'hui."

Eleanor guettait la réaction de sa dame de compagnie, espérant qu'elle apprécie le chevalier tout autant qu'elle ou qu'au moins, elle en ait une bonne première impression.
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier
avatar

Pryam Templeton
Chevalier

Général

Chevalier errant

♦ Missives : 4281
♦ Missives Aventure : 308
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 26/08/2009
♦ Célébrité : Heath Ledger
♦ Copyright : © /
♦ Doublons : Maron Martell, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 27 Ans
♦ Mariage : Aucune épouse
♦ Lieu : Port-Réal, Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
485/500  (485/500)


Message Sam 25 Mai 2013 - 11:36

     Ils venaient de quitter la salle où ils avaient discuté pendant plusieurs dizaines de minutes, Pryam promena son regard clair sur les environs par habitude, silencieux comme toujours. Il allait quitter lady Eleanor d'ici quelques instants et pourrait considérer qu'il avait fait son devoir. Son maître lui avait souvent répété qu'il était du devoir des chevaliers de pouvoir répondre aux questions des nobles comme des simples paysans, il était donc heureux d'avoir pu faire ce que son rôle attendait de lui. Les vœux de la chevalerie étaient très nombreux et souvent, Pryam s'était posé des questions sur l'intérêt de certains d'entre eux, même s'il avait toujours obstinément suivi les règles. Une dévotion aveugle qui pouvait en faire rire plus d'un, mais que le Valois aimait plus que tout. Peu le comprendraient et encore moins l'approuveraient. La voix de la jeune dame le tira de ses pensées, le Valois tourna la tête vers elle en lui offrant un visage affable comme il en avait l'habitude. Ce qu'elle lui déclara lui fit réellement plaisir, il était tout aussi satisfait qu'elle de cet entretien, même si la jeune dame ne pouvait certainement pas s'en douter. Au fond, tout ce que Pryam avait dit à lady Eleanor était fait de spéculations et de son expérience personnelle, il n'y avait pas réellement de savoir comme les mestres possédaient. Est-ce que tout ceci se révélerait utile un jour ? Peut-être, mais il était aussi envisageable que la demoiselle ne puisse jamais s'en servir. Seul l'avenir le leur dirait.

     Lady Eleanor enchaîna alors en lui déclarant qu'elle craignait malheureusement que tout ceci ne serait pas forcément utile pour lui permettre de voir l'avenir avec sérénité, chose que Pryam voulait bien croire. Pouvoir envisager son futur sans inquiétude était cependant relativement peu probable avec les temps qui couraient, seule une dame sans connaissance le pourrait éventuellement, mais à vivre avec des visières, l'on prenait le risque de rater beaucoup de choses. Inutile de dire que le chevalier songeait qu'il était préférable de vivre en s'inquiétant un peu, plutôt que de se voiler la face uniquement pour vivre sereinement. Et visiblement, lady Eleanor devait partager cette vision des choses, sans quoi elle n'aurait jamais agi comme elle venait de le faire. La demoiselle lui posa finalement une dernière question à laquelle le Valois répondit avec simplicité. Il n'avait pas besoin de réfléchir bien longuement avant de lui donner une réponse : sa sœur et lui avaient longuement discuté lors de leur arrivée dans un petit village situé non loin de Vivesaigues.

     ▬ Ma sœur aimerait rester un peu dans les environs, nous sommes installés dans l'auberge d'un petit village à quelques lieues d'ici, je pense que nous resterons dans le coin encore quelques temps. »

     Ils en avaient récemment parlé avec Serena et la demoiselle avait clairement manifesté le désir de se poser un peu. Elle voulait même trouver un travail pour avoir de quoi financer leurs prochains voyages et ce, même si Pryam avait bien précisé qu'il pouvait travailler pour eux deux. Quoi qu'il en soit, leur rencontre tirait sur sa fin et le chevalier retomba dans le silence, attendant que lady Eleanor le congédie de manière officielle, mais cela n'arriva pas. Pas tout de suite du moins. Son attention sembla captée par autre chose, car alors qu'il contemplait le minois de la noble dame, le chevalier eut la surprise de le voir s'illuminer comme si elle apercevait quelque chose – ou quelqu'un – qu'elle appréciait. Suivant son regard, Pryam aperçut une silhouette féminine non loin d'eux et la dame des lieux la pria bien rapidement de les rejoindre. Lorsque la jeune femme se fut hissée à leur hauteur, le Valois constata qu'il s'agissait d'une adolescente – certainement juste en âge de se marier – au visage rond et presque enfantin. Peut-être une amie ou une dame de compagnie de lady Eleanor ? L'errant nota qu'elle s'appelait Emilia et qu'elle vivait bel et bien ici d'après ce que disait leur hôte et lorsque cette dernière se retourna vers lui avec un visage plus sérieux, il porta toute son attention sur elle. L'une de ses hypothèses fut donc confirmée, Pryam nota que la famille Racin était aussi originaire du Conflans et qu'elle ne se situait pas très loin d'ici d'après ses souvenirs. Lorsque lady Eleanor eut effectué les présentations, le chevalier s'empressa de faire preuve de politesse à l'égard des deux demoiselles. Il commença par saluer la demoiselle du geste approprié avant de s'adresser à elle.

     ▬ Je suis ravi de faire votre connaissance ma dame ! »

     C'était sincère, Pryam ne mentait que rarement et lorsqu'il le faisait, c'était avec beaucoup moins de conviction. La jeune demoiselle avait un visage encore jeune, mais qui semblait relativement joyeux de nature. Le chevalier lui était beaucoup plus monotone et lassé après avoir passé des années sur les routes à voir désillusion sur désillusion, autant dire qu'il était toujours ravi de tomber sur des personnes bien plus agréables qu'il ne l'était. Les deux jeunes femmes allaient certainement vouloir discuter un peu, elles semblaient particulièrement proches comme les femmes avaient le don de l'être sans se soucier des convenances et autres détails de ce genre, sa présence risquait certainement de peser plus qu'autre chose. Cela dit, il ne pouvait pas s'éclipser aussi facilement ce serait à la fois un manque de respect et surtout une absence de savoir-vivre.

     ▬ J'imagine que vous devez avoir beaucoup à vous dire, je ne voudrais pas vous importuner en vous imposant ma présence. »

     Surtout que lady Eleanor s'apprêtait à le congédier, mais il était inutile de le préciser, elle avait l'air suffisamment gênée de ne pas savoir comment s'y prendre à ce niveau. Pryam glissa un dernier regard vers lady Eleanor, prêt à s'éclipser dès qu'elle hocherait la tête pour le congédier. Finalement, être au service des autres n'était pas si compliqué que cela : il suffisait d'obéir aveuglément et de se contenter de faire ce que l'on attendait de vous, c'était aussi simple que cela.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦️ ©️ The Sound of Silence
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 4 Juin 2013 - 1:36

M'absenter de Vivesaigues ne m'avait jamais trop pesé, jusqu'à récemment. Partager les jours et les secrets de ma très chère lady ne m'a jamais déplu, bien au contraire, et je me suis toujours considérée bien volontiers chanceuse d'avoir un devoir si doux à accomplir, mais voilà : le sort, les dieux, l'infortune ou tout autre nom qu'on se plaît à donner au malheur qui frappe au hasard se sont rappelés des Tully, déjà bien affligés pourtant durant ces années passées, et la vilenie a frappé mon estimée Eleanor. Mes petites balades n'étaient pas tant des instants en dehors du château qui me permettaient de me reposer un peu des jeux de cours et du maintien qu'il faut toujours avoir, mais se trouvaient plutôt incarner des petites bribes de vie que je me faisais fort de mettre en scène pour lord Edwyn ou ma lady. Ces instants précieux et légers sont maintenant pétris d'angoisse. Je la sais en sécurité, pourtant, je me sais bien gardée, et tous ces hommes en armes d'autant plus vigilants que le drame est arrivé, mais hélas ! Mon cœur n'entend pas ma raison, mon âme se refuse à être domptée, et mes entrailles, ah, mes fichues entrailles – elles se nouent tant et plus de filaments de terreurs aussi stupides que poignantes. C'est à peine si je n'imagine pas voir Vivesaigues brûler à mon retour, comme si ma seule présence pouvait retenir ces drames, ou comme si, plutôt, un seul défaut à mon devoir suffirait à faire redoubler l'ire de ces dieux injustes qui n'attaquent que les braves.

Je me suis échappée aujourd'hui, enfin. Peu de temps, pour trois fois rien, ou presque, du moins pour l'instant : je suis partie chasser les laisses et les rubans. Car la nouvelle m'est venue, me mettant en joie, que le dressage avançait bien et que le petit loup que je me veux offrir comme gardien pour ma lady sera bientôt assez grand et assez brave pour venir japper sur ses pas. D'abord j'ai exulté, ensuite, ah, j'ai paniqué ! Comment n'avais-je pas pensé à ce détail qui fait tout, à l'essence même d'un présent, à ce qui fait que, malgré sa valeur, malgré son adresse, malgré le soin mis à sa recherche ou à sa façon, on pouvait le rendre insipide, voire insultant ? La présentation ! Le premier regard ! Mais oui, assurément ! Un animal venait d'Harrenhal ne me viendrait pas brossé, pas plus que parfumé, encore moins enrubanné ! Et pourtant, pour amoindrir l'effet que la chose allait avoir – un loup, ici – et montrer ô combien il était bien dressé, bien docile, et pouvait faire honneur dans un cour et en faire glousser toutes les jeunes filles au lieu de les faire s'évanouir d'effroi, hé bien ! Il me fallait le pomponner, voilà.

J'ai donc dans mes petits effets trois brosses, une liasse de rubans de bien des couleurs, un savon au parfum assez intense – je pense que je ne parfumerais que les rubans avec ce dernier, n'ayant guère envie de tester de ma chair même la docilité de la bête dressée – ainsi que quelques laisses plus ou moins solides. J'ai peiné à faire entendre aux marchands intrigués la teneur de ma demande sans en dévoiler tout le secret. J'ai parlé d'un gros chien à l'un, d'une petite trouvaille animale à l'autre, pour ne pas mentir, mais pour dénicher des matières assez justes. Me voilà à peine revenue, les mains dans ma petite besace de cuir brodé tandis que je salue et remercie les gardes qui m'ont protégée dans mes errances et ont supporté mes élans spontanés tout ce jour-ci – des héros à leur façon, on ne les estime pas assez ! – que mon œil accroche une image qui lui est devenue si familière que je peux la percer de nuit, en ombre fugace, au bout d'un couloir : ma lady s'en vient vers moi. Ah, quelle admirable maîtrise ai-je de mes nerfs pour ne pas rougir, quel maintien n'ai-je pas gagné qui me permette de ne pas cacher ce petit sac dans mon dos, révélant ainsi de fait qu'il est coupable d'un secret à son encontre ! Je repousse le sac incriminant sur mon bras comme s'il ne s'agissait de rien, rends la pression de mains de ma lady, témoignage d'affection qui a le don d'éclaircir tous les cieux de mon âme, tout autant qu'il flatte tout ce que je peux avoir de fierté. Qu'il est doux d'être aimée de celle qu'on adore !

Aux mots qu'elle prononce, je cille, suivant son regard et son indication : ainsi était-elle suivie. Je n'en montre trop rien, mais je suis surprise, toute à mes pensées je n'avais pas remarqué l'homme qu'elle me désigne. Je lui adresse un de ces sourires dont j'ai le secret : sur, chaud, bienveillant et très aimable, de ces mimiques qui savent bien souvent mettre à l'aise. Ainsi donc, cet homme est un chevalier, et ils ont discuté de ces fameux problèmes si graves dont la tête de ma si chère lady s'est alourdie récemment, au point de lui faire courber l'échine et de lui voiler les yeux. Spontanément, j'ai envie de l'en remercier, une part de moi toutefois me fait appréhender qu'il en ai dit trop, ou qu'il ait au contraire maquillé les faits dans une galanterie touchant à l'injure envers l'intelligence de ma lady. L'ambivalence de mes sentiments me fait préférer un rien de silence pour l'instant, alors que je le scrute à la dérobée : s'il n'est pas tout jeune homme, il est dans la fleur de l'âge, très blond, au visage curieusement tendre pour un chevalier – des lèvres plutôt roses, des yeux singulièrement clairs et... Quoi, innocents ? Ah, les dieux – s'ils m'écoutent encore dans mes vilaines pensées – savent que je n'aime pas les hommes qui ne paraissent pas au moins un peu rudes ! Bah, à défaut d'enflammer mes joues, il est déjà l'objet de quelques longues interrogations. Voilà qu'il veut déjà nous échapper, et affirme ne pas vouloir imposer sa présence, j'entrouvre tout juste les lèvres pour protester – ah, on ne m'échappe pas si aisément – qu'un des hommes de garde s'avance. Ma lady est mandée, annonce-t-il, on la réclame, elle et elle seule, quelqu'un de sa famille. Je hoche la tête, la salue, lui promets de lui rapporter ma journée sans faillir d'ici peu. Quelques instants plus tard, le chevalier et moi sommes seuls – en toute relativité, étant donné l'animation de la cour, encore fleurie de soldats et de servantes.

Je retire un de mes gants, joue des doigts du second tout en tournant la tête vers ce grand blond énigmatique, que je toise d'un air chafouin, avant de déclarer. « Hé bien ! Voilà que je n'ai plus que le vent à qui confier mes propos. Le vent, ou vous. » J'esquisse un délicat mouvement de main, paume levée, coude bas, afin qu'il me propose son bras. « Allons donc nous balader, » fais-je en faisant signe au loin aux gardes qui me sont familiers, lesquels acquiescent et reprennent leurs effets. En quelques signes muets, je leur fais comprendre qu'il n'est nul besoin de s'apprêter trop, et que ce n'est qu'une petite marche aux alentours du château qui s'annonce. J'en reviens à ce ser, que je scrute à nouveau de ce petit air intrigué, intriguant et espiègle, les lèvres ourlées de la gourmandise commune aux chats et aux très jeunes filles puis, de cette même voix suave et chaude que je réserve toujours pour piquer un peu les gens que je ne connais point afin de les jauger, je lui glisse. « J'espère que je ne vous importune pas par cette petite demande, mais vous avez piqué ma curiosité. » Et nombre des hommes qui m'entourent que c'est là faute impardonnable, qui exige nombre de discussions en guise de compensation ! Quant à l'espoir que j'évoque, il est presque contraire : j'aime assez importuner les garçons, tant que je ne les ennuie pas !

Jouant de mon gant libre, j'en brasse l'air, donnant de la légèreté à mes propos qui s'enchaînent. « Alors, dites-moi. Qu'est-ce qui vous amène jusqu'à cette éminente demeure ? Auprès de qui se tient votre devoir ? » Les chevaliers, le plus souvent, sont affiliés à une famille qu'ils servent, je ne l'ignore pas. Il y en eut même à devoir courber l'échine devant mon père – les malheureux ! Si lord Deklan n'est pas tant injuste, il n'est jamais aimable avec les hommes dévoués aux Sept, peut-être même moins qu'avec le reste du monde, qui ne lui connaît guère d'indulgence pourtant. Enfin ! Mon pas est lent, désireuse que je suis ne ne pas mettre trop de distance entre les gardes qui s'apprêtent et notre petit duo, afin de ne prêter le flanc à rien de suspect. Si je suis connue pour mes gentilles audaces, je ne voudrais pas, et ça, jamais ! Qu'on me croie un instant adepte de l'entorse au devoir le plus sacré d'une femme, à savoir garder sa vertu pour l'homme qui la changera en vie au milieu du lit conjugal. Tandis que je termine mes observations assidues, quoique souvent reportées, j'accroche à plusieurs détails qui me font douter, et c'est d'un ton un rien plus mignard, quoique plutôt sûr de lui, et bien un peu joueur, que je lui lance sans fracas. « Vous venez de loin, n'est-ce pas ? Vous n'avez pas du tout l'allure de ceux d'ici, si vous me permettez. » A vue de nez, je le dirais venu de l'Ouest. Il a un petit quelque chose qui me rappelle les quelques voyageurs que j'ai croisés jadis, qui disaient venir des côtes dorées. La blondeur, sans doute : elle leur est réputée.

Spoiler:
 


Dernière édition par Emilia Racin le Lun 17 Juin 2013 - 20:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier
avatar

Pryam Templeton
Chevalier

Général

Chevalier errant

♦ Missives : 4281
♦ Missives Aventure : 308
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 26/08/2009
♦ Célébrité : Heath Ledger
♦ Copyright : © /
♦ Doublons : Maron Martell, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 27 Ans
♦ Mariage : Aucune épouse
♦ Lieu : Port-Réal, Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
485/500  (485/500)


Message Mar 4 Juin 2013 - 14:48

     La dame de compagnie semblait particulièrement avenante, ce n'était pas très étonnant aux yeux de Pryam, de son expérience personnelle il lui semblait que les suivantes étaient toujours relativement joyeuses, peut-être pour atténuer la morosité d'une vie de lady ? C'était une bonne chose, le Valois n'aurait pas franchement beaucoup apprécié d'être regardé comme un parasite et les Sept savaient que cela arrivait quelques fois en de telles occasions. Les femmes avaient le don de s'attacher très fortement à leurs amies, cela n'aurait donc guère été étonnant que lady Emilia perçoive le chevalier comme une personne qui pouvait contrarier sa dame ou tout simplement l'importuner. Là n'était pas l'intention de l'errant bien entendu, mais à moins d'être omnisciente, lady Racin l'ignorait. Le Valois se prêta donc au jeu de l'inspection, se doutant parfaitement que la nouvelle arrivante devait déjà s'être forgé une idée à son propos : les humains avaient tous une forte tendance à se fier à la première impression. Lui le premier, même s'il tentait quelques fois de réviser son jugement.

     Pryam avait tendu la perche à lady Eleanor pour qu'elle le congédie, mais les choses se passèrent légèrement différemment : un garde s'approcha pour faire à la plus noble des dames qu'elle était demandée auprès de sa famille. Certain que lady Emilia allait suivre son amie, le chevalier fut assez étonné de constater qu'elle se contenta de la saluer avant de rester dans la cour. En sa compagnie. Toujours aussi silencieux, l'errant se contenta d'observer la curieuse demoiselle alors qu'elle ôta son gant tout en le regardant d'une manière assez perturbante. C'était étrange, même si la jeune femme devait avoir une dizaine d'années de moins que lui – au bas mot – elle avait l'air de bien connaître le comportement attendu d'une dame. Ce n'était pas si anormal en fin de compte : les femmes n'étaient-elles pas mariées très tôt normalement ? Le fait que Serena soit encore sans enfants à son âge faisait parfois oublier ce léger détail au chevalier. Alors qu'elle l'invitait – ou plutôt lui imposait vu la situation – à une promenade, l'errant tenta de s'en sortir comme il put. Après lui avoir offert son bras comme lady Emilia l'avait si élégamment demandé, Pryam lâcha quelques mots à son attention.

     ▬ Je crains malheureusement d'être un bien piètre auditoire ma dame. »

     Et c'était peu de le dire ! Quoique, si le fait de rester impassible et de se contenter d'acquiescer était tout ce que lady Emilia attendait de son interlocuteur, le chevalier pouvait bien remplir cet office ! Quoi qu'il en soit, la donzelle n'avait pas l'air désireuse de le congédier dans l'immédiat, autant se montrer le plus poli possible. Au fond, cette situation ne gênait pas réellement Pryam : il n'avait rien de particulier à faire et sa sœur s'occupait certainement assez bien toute seule. Passer quelques instants en compagnie de la suivante de lady Eleanor ne pouvait donc pas lui faire de mal. Bien qu'il commença légèrement à réviser son jugement lorsqu'il croisa le regard de l'intéressée. Elle avait une manière de le dévisager qui était des plus étranges. Était-ce bon ? Était-ce mauvais ? Décrypter les expressions des gens n'avait jamais été chose aisée pour le chevalier qui préféra laisser les choses se dérouler d'elles-mêmes. La politesse dictait à l'errant de ne jamais avouer lorsqu'une personne l'embarrassait, mais en l'occurrence ce n'était pas le cas. C'est donc sans craindre de mentir qu'il put rassurer la demoiselle.

     ▬ N'ayez aucune inquiétude à ce propos, même si je dois vous avouer que je ne vois pas ce que je peux bien avoir fait pour attirer votre attention. »

     Mis à part jouer la potiche et se laisser congédier évidemment. C'était sincère et franc, une dame comme lady Emilia n'avait certainement rien de commun avec un homme comme Pryam. Ce dernier resta cependant silencieux le temps que les paroles de sa compagne du moment ne soient toutes prononcées. Des questions légitimes s'il en est, sa présence ici avait de quoi surprendre : logiquement les chevaliers ne voyageaient pas mis à part pour accompagner un noble de la maison qu'ils servaient. Et ce n'était guère le cas. L'attention du Valois se porta un instant sur la jeune femme alors qu'il se demandait de quelle manière est-ce qu'elle pouvait percevoir les chevaliers errants. À n'en pas douter si elle ne les aimait guère, elle le dirait ! Lady Emilia lui donnait le sentiment d'être une femme franche et c'était là une chose que le chevalier appréciait. Nullement gêné par les gardes qui restaient non loin de là, le jeune homme finit par répondre aux multiples interrogations de la curieuse demoiselle.

     ▬ Je suis ici sur demande de lady Eleanor. Elle avait envoyé des gardes chercher des hommes ayant des informations sur la guerre contre les Fer-nés et comme c'est mon cas, je suis venu ici, tout simplement. La chose était aisément vérifiable par ailleurs. Mon devoir se tient auprès des gens dans le besoin, nobles comme roturiers ma dame. Je n'ai pas juré fidélité à une famille en particulier, je préfère offrir mon aide à ceux qui en ont réellement besoin et non aux nobles ayant déjà suffisamment d'hommes à leur service. Dit de la sorte, son comportement avait l'air honorable, mais la demoiselle était certainement suffisamment intelligente pour savoir que les chevaliers errants étaient bien souvent comparés à de vulgaires mercenaires. Et vous avez raison, je ne viens pas d'ici, je suis originaire du Val d'Arryn, tout à l'est dans les Doigts plus précisément, mais je n'y vis plus depuis bien longtemps. Je viens donc du village d'à côté vu que c'est là-bas que j'ai déposé mes affaires. »

     Il exécrait le mensonge et c'est bien pour cette raison que le Valois n'envisageait pas de travestir la vérité, même si le fait d'être sans cesse jugé pour ses décisions l'épuisait souvent. La jeune femme avait le choix de jouer la carte de l'indifférente ou de dire ce qu'elle pensait réellement de la situation, dans tous les cas ses paroles ne changeraient rien aux convictions du Valois, mais certains nobles – hommes comme femmes – avaient besoin de dispenser leurs conseils aux individus dans l'erreur. Selon eux bien sûr. Ne souhaitant guère s'attarder sur ce sujet, le chevalier errant s'empressa de relancer la bavarder donzelle sur un sujet qui ne manquerait certainement pas de l'inspirer : elle. Les dames aimaient parler de leur personne, du moins c'était une chose qu'il avait cru remarquer au fil des années. Après le chevalier avait tendance à généraliser beaucoup, mais à ses yeux les nobles se ressemblaient tous et il était ardu de les différencier dans les connaître.

     ▬ Vous avez l'air particulièrement proche de lady Eleanor, j'imagine que vous devez être à Vivesaigues depuis plusieurs années ? Je n'ai jamais été aux abords de votre fief, mais j'ai déjà entendu parler de votre famille. En bien ou en mal ? Bonne question. Cette promenade a-t-elle pour but dé vérifier que je ne suis pas d'une influence négative pour votre dame ? Si tel est le cas, vous pouvez me questionner directement ma dame, inutile de perdre votre temps avec la diplomatie, je suis habitué à ce type de questions. »

     C'était relativement direct et il s'étonna lui-même de tant de franchise, mais il ne souhaitait guère faire perdre son temps à lady Emilia : si elle avait une question à poser, autant le faire franchement plutôt que de prendre des gants. Même si pour le coup, cela ne semblait pas vraiment être le genre de choses qui posait problème à la concernée. Elle faisait partie de ces femmes qui savaient poser les questions qui leur trottaient dans la tête, mais pas toujours avec le tact requit. Tant pis, Pryam en avait à revendre, il en aurait donc pour deux !


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦️ ©️ The Sound of Silence
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 17 Juin 2013 - 21:02

A la remarque du chevalier au propos de sa propre qualité d'écoute, j'esquisse un sourire entendu, sourcils légèrement surélevés, petite fossette apparaissant sous le nez : je me réserve le droit d'en juger par moi-même, et puis, bah ! Puisque ma lady est en sécurité et moi-même en dehors de sa vue par obligation, je puis bien me permettre de me divertir un peu, fusse en papotant avec un homme de hasard qui ne fera que hocher la tête et m'amuser avec ses gaucheries de combattant éloigné des cours et de leurs façons – sans méchanceté aucune. Au contraire, j'ai toujours beaucoup d'affection envers les personnes maladroites dans leurs paroles. Elles me rappellent mon père et sa fracassante franchise, jamais bien apprêtée, toujours déplacée. Je hoche la tête avec une bienveillance toujours piquée de cette même espièglerie alors qu'il s'interroge à haute voix sur ma curiosité à son propos, et je ne l'éclaircis pas, du moins pas immédiatement ou autrement que par ce sourire que j'arbore toujours. Quoi, ne se doute-t-il pas que je suis un sévère espion, tout de jupons et de corsages, venu sournoisement lui soutirer ce qu'il avait bien pu déjà céder à mon Eleanor ?

Nous sommes à la moitié de la cour et les hommes de garde nous ont rejoint, demeurant à trois pas en arrière. Leurs bottent claquent et leurs armes sonnent contre leurs jambières, rendant leur présence évidente, quoiqu'assez peu intrusive, en toute relativité. Je suis tellement accoutumée à la présence de gardiens dans mon ombre que ce fait ne me dérange plus, s'il m'a seulement agacée un jour ; mon père me faisait couver par ses hommes, ma présence auprès de ma lady implique une surveillance constante, ainsi va ma vie. Ma servante favorite m'a déjà affirmé qu'elle ne supporterait pas de se sentir ainsi toujours épiée, et j'ai eu peine à m'imaginer ce que serait ma vie si je n'étais pas ainsi constamment entourée. Je pense que j'aurais peur du vide. Mais avant que je ne détermine si le chevalier est dérangé, ou seulement conscient de ces hommes sur son pas, que la réponse qu'il me fait à mes propres interrogations me surprend, ce que je laisse peu filtrer. Ah ! La guerre, c'est pour cette raison qu'il a été demandé : ma lady voulait en savoir davantage sur les Fer-Nés. Mais enfin ! Mais pourquoi ? N'en a-t-elle pas assez vu, assez subi ?

Mon cœur se soulève et ma gorge se noue, mais comme souvent alors, je souris, ajoute même un air contrit et concerné à ma moue tandis que j'agite ma main libre et mon gant vide dans l'air. « Votre cas ! Messer, vous avez du voir votre lot de sang et d'horreurs. » A mes yeux, une goutte est déjà trop. Mais Westeros n'est pas réputée pour sa douceur. Il continue, m'affirmant qu'il n'est pas lié à une Maison, et qu'il est donc un errant. Cette fois, je n'ai pas à feindre ma détente : n'ayant jamais eu une foi prodigieuse, j'ai peine à voir le déshonneur dans cette vie. Au juste, oser partir et servir ceux que le hasard vous enjoint de secourir me semble plus proche de l'idée d'un chevalier honorable que celui qui attend confort et récompenses d'un seigneur accoutumé à sa présence, mais c'est là une tournure d'esprit que ma septa punissait et que j'ai appris à ne point déclamer trop publiquement. « Oh, le Val, » répète-je après son troisième aveu quant à lui-même, sans rien ajouter qu'un acquiescement par la suite. Je n'y suis jamais allée, n'y connais personne, et les seules choses que j'en connais sont des histoires charmantes et enivrantes d'hommes aussi preux que beaux que j'aimais énormément enfant, et que mon père haïssait prodigieusement. Seules mes joues rosissent, non pas de gène, mais de ravissement, alors que je le considère derechef, mais différemment. Hé, voilà de quoi me divertir de mes sombres pensées. J'en remercierais presque les dieux si je n'en pouvais déjà plus de les détester !

Les portes s'offrent à nous et nous les franchissons, une manie idiote mais éternelle m'échappant : alors que l'huis en assez grand pour laisser passer quelqu'un de trois fois ma taille au moins, je baisse la tête, légèrement, alors que nous passons sous l'arche ouvrant vers l'extérieur et les alentours du château. J'en rajuste une mèche, cille sous la lumière forcément plus pointue des lieux découverts. L'automne est encore joli, aujourd'hui il fait clair, quoiqu'un peu frais, et devant nous le paysage s'offre avec la candeur que seules les plaines fertiles ont. Tout semble si paisible, si loin des tourments – quelle apparence trompeuse. « Vous devinez bien, trois années dans une poignée de lunes, pour tout vous dire, » fais-je d'un ton guilleret et chaud, abondant de la fierté de servir quelqu'un que j'aime depuis ce temps qui me semble si grand dans ma petite vie. Trois ans ! Je pourrais en passer trente de plus, davantage même ! Je ne me lasse pas de ma lady, et je crois que ça irradie mon visage. A sa question passablement directe, je renverse légèrement la tête en arrière, et mon rire s'élève, gonfle ma gorge, éclate dans le jour en un son tout heureux et ravi. Je couvre mes lèvres de ma main ensuite, faussement contrite de cette expressivité qui est ma marque de fabrique, et revoilà ma main qui dessine des arabesque dans l'air. « Messer, messer, comme vous y allez. » Je presse mes doigts contre son bras, fugacement, pour ajouter en un murmure. « Hé, peut-être que j'ai juste trouvé que vous étiez bien mignon. » Je lui darde un regard en coin, avide de sa réaction, avant de briser immédiatement toute réaction offusquée éventuelle. « Bien sûr que je m'inquiète de ce qu'on peut dire à ma lady, surtout à lui parler de guerres et de ces affreuses gens, mais je sais également ô combien elle voit clair. Elle saura se méfier de paroles délétères. » Avec une menace si théâtrale qu'elle en devient comique, j'agite mon gant comme une arme terrible. « Mais si vous l'avez chagrinée, foi de Racin ! Il pourrait vous en cuire. »


Nous tournons légèrement sur mon impulsion, empruntant un petit chemin que l'air de l'après-midi a parfumé de la fragrance de l'herbe chaude et d'une légère touche de céréales. Ma voix se fait plus douce, plus basse, pour faire la monnaie de mes éclats récents, et aussi – et peut-être surtout – pour souligner la touche de sérieux encore légère, mais présente, que mes mots revêtent. Je souffle. « Je sais que nous gagnerons cette guerre. Je veux dire, ça ne peut être autrement, » et je le dis en étant parfaitement sincère, bien que consciente que chaque camp doit avoir exactement la même conviction. Sinon, à quoi sert la lutte, si on ne croit pas à la victoire. « Ce qui m'inquiète, c'est le prix en hommes de ces conflits. Chaque... Pensée à ce propos me tire des frissons. » Et mon échine vient d'en frémir. J'inspire vivement, soupire vite, comme pour chasser loin le spectre des batailles et du deuil. « Et vous avez déjà du assez en voir et assez en dire aujourd'hui pour ne pas vouloir encore m'en conter, je suppose. » Je lui glisse un nouveau regard en coin, affirmant avec une infinie douceur par la suite. « Non, messer, à vrai dire... Parlons d'un sujet qui est sur bien peu de lèvres à l'heure actuelle. Parlons de belles choses ! De joies ! De fantaisies, même ! » Mon bras s'ouvre et j'esquisse même un petit pas de danse retenu, sautillant presque, avant de revenir à lui, pressant son bras derechef, cherchant l'inspiration. « Mmmh... Voyons. Vous aimez les gâteaux ? » Quoi ? C'est important, au moins autant que de remporter la guerre. Hé ! Après tout, ces Fer-nés ne pillent-ils pas pour manger nos délices ? Mangeons-en le double, au nom de nos victoires à venir, et de nos pertes passées !
Revenir en haut Aller en bas
Chevalier
avatar

Pryam Templeton
Chevalier

Général

Chevalier errant

♦ Missives : 4281
♦ Missives Aventure : 308
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 26/08/2009
♦ Célébrité : Heath Ledger
♦ Copyright : © /
♦ Doublons : Maron Martell, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 27 Ans
♦ Mariage : Aucune épouse
♦ Lieu : Port-Réal, Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
485/500  (485/500)


Message Mar 18 Juin 2013 - 18:40

     La jeune demoiselle répondait aux questions et aux déclarations avec une légèreté rafraîchissante. Pour être honnête, de prime abord Pryam avait perçu la jeune femme comme une dame digne de son rang, à comprendre de celles qui aimaient parler pour ne rien dire et qui passaient le temps en gloussant et en brodant. Oh, certes, il avait une vision bien étriquée des nobles, mais jusqu'à présent le Valois n'avait jamais – ou si peu – eu l'occasion de les découvrir sous un angle plus favorable aux compliments. Pourtant, après seulement quelques mots échangés il commençait à changer d'avis, à se demander si ce petit air léger dans ses paroles n'était tout simplement pas lié au fait qu'elle était optimiste et non utopiste. Jadis le chevalier aussi voyait tout sous le bon angle, mais les années avaient érodées ses convictions et à présent, Pryam était plus pessimiste que jamais. La fraîcheur de lady Emilia était donc aussi déstabilisante que surprenante : il n'avait pas imaginé que qui que ce soit puisse encore faire preuve d'une telle naïveté. Ou était-ce simplement de la joie de vivre ? Il n'était plus capable de faire la différence en vérité et les mots de la demoiselle restèrent sans réponse tandis qu'il l'écoutait en silence.

     Elle lui expliqua être bel et bien au service de lady Eleanor depuis quelques années. Trois exactement, c'était bien peu en vérité, mais un seul regard sur le minois de la lady suffisait à faire comprendre qu'elle en était ravie. Quel âge avait-elle ? Treize ans ? Quatorze peut-être ? Autant d'années que le Valois venait de passer sur les routes, quelques années pour certains, une vie pour d'autre. Peut-être était-ce là l'explication de son rire franc, lui aussi était comme elle avant de prendre conscience de la réalité de la vie. Il n'y avait plus de place pour les illusions lorsque vous passiez vos journées à côtoyer des gens dans le besoin. Un léger sourire était né sur les lèvres du Valois jusqu'à ce qu'elle lui presse le bras pour lui glisser une phrase qui l'aurait normalement mis mal à l'aise. Mais cette fois-ci, sans trop savoir pourquoi, il se contenta de secouer la tête et répondre quelques mots d'une voix presque paternaliste.

     ▬ Les nobles dames ne pensent pas de telles choses des inconnus ma dame. »

     Il s'exprimait avec conviction, persuadé d'être dans le vrai. C'était ce qu'il avait toujours entendu, l'admiration des dames étaient pour les chevaliers réputés comme l’Épée du Matin par exemple, mais en aucun cas pour les simples errants de son acabit. Ajoutez à cela que son interlocutrice avait l'air d'être une dame qui n'avait pas peur de la provocation et vous compreniez aussitôt qu'elle devait avoir dit une telle chose juste pour s'amuser un peu. À ses dépends, mais pas d'une manière mesquine comme certaines dames avaient l'habitude de le faire. Cela dit, elle ne l'avait certainement pas entendu, son ton était bas et la demoiselle prompt à sauter du coq à l'âne. Voilà qu'elle en revenait déjà à sa dame pour exprimer les craintes qui pouvaient l'habiter et c'était un point qu'il comprenait aisément. Lui-même, ne cherchait-il pas à protéger et préserver sa sœur de toutes ces horreurs ? C'était bien difficile, mais les chemins qui menaient au bonheur étaient souvent semés d'embûches. Il observa la jeune femme quelques instants tandis qu'elle agitait son gant comme pour le mettre en garde et il eut beaucoup de mal à conserver son sérieux. Détournant son attention pour masquer son amusement, le Valois secoua négligemment la tête.

     ▬ Je n'oserais pas faire pleurer une dame. »

     C'était la vérité, une fois de plus. Tout chevalier digne de ce nom se devait d'être respectueux et délicat, du moins avec les dames, avec les ennemis c'était une autre affaire bien entendu. Lady Emilia avait l'air très motivée quant à cette promenade et Pryam la suivit donc docilement. Elle ne tarda pas à reprendre la parole pour s'exprimer avec un peu plus de sérieux sur un sujet qui la taraudait apparemment. La guerre, elle était décidément sur toutes les lèvres ! Il avait peine à croire que la paix puisse un jour revenir en ce bas monde, l'impression qu'elle ne cesserait jamais s'installait de plus en plus dans son esprit. Pourtant, la jeune dame avait raison, ils gagneraient, mais à quel prix ? À celui de nombreux hommes valeureux. La guerre était ainsi faite : elle défaisait des hommes et créait des légendes. Peut-être entendrons-nous bientôt parler d'un jeune paysan qui avait réussi à faire fuir les Fer-nés juste armé de sa fourche ? Les gens avaient besoin de courage et le mieux était bien souvent de créer des héros. C'était pour cette raison que les combattants étaient toujours autant encensés.

     Il resta perdu dans ses pensées l'espace de quelques instants, jusqu'à ce que l'agitation de la demoiselle n'attire à nouveau son attention. Pryam posa ses yeux clairs sur elle tandis qu'elle le couvait d'un regard assez inhabituel. Il craint d'avoir raté une question importante, mais elle semblait seulement réfléchir à un sujet qui lui conviendrait davantage. Soit ! Varier de celui de la guerre ne le gênait guère, bien au contraire ! Cependant, il fallait avouer que lorsqu'elle parla de gâteaux, le Valois resta pantois quelques secondes. Son visage de marqua d'une réelle expression de surprise tandis qu'il répétait ce qu'elle venait de dire d'un ton sincèrement étonné.

     ▬ Les gâteaux, ma dame ? Que répondre à une telle question ? ! Il n'en savait strictement rien. Ouvrant la bouche pour reprendre, il ne trouva rien d’intelligent à prononcer et la referma donc. En fin de compte, au terme d'une poignée de secondes de réflexion, le chevalier haussa les épaules. Je ne crois pas. Je ne sais pas vraiment. Disons que ce n'est pas vraiment ce que je consomme sur les routes. Je crains de ne pas vraiment savoir quoi vous répondre, vous me posez une bien étrange question. Varier de la guerre ne le dérangeait pas, mais il n'était pas certain d'être à la hauteur d'une telle discussion. Ses lèvres se teintèrent d'un sourire contrit. Je pense qu'il faut connaître une vie de noble pour apprécier ce type de nourriture, j'ai plus l'habitude des choses moins compliquées. À comprendre un simple pain de blé ou des choses de ce type. Vous m'avez par contre l'air de vous y connaître en la matière. Dois-je en conclure que vous avez une passion particulière pour la nourriture et les mets de ce genre ? Certes, la demoiselle était moins longiligne que les autres dames de son âge, mais elle ne semblait pas trop mal se porter à ce niveau. Je ne l'aurais pas soupçonné je vous l'avoue. Il ne la complimentait pas, c'était juste la stricte vérité. Et bien soit, parlons gâteaux, même si je crains de ne pas être à la hauteur du sujet : lesquels appréciez-vous ma dame ? J'imagine que vous devez faire le bonheur du cuisinier, à ce que l'on dit, ils apprécient de voir les gens manger de bon appétit ! »

     Il avait la vague impression de dire n'importe quoi et surtout, ignorait totalement où cela pouvait bien les mener. Parler gâteaux, oui, mais pour quelle raison ? Que gagnerait-elle à savoir s'il aimait ou non en consommer ? Le Valois était perplexe, il avait l'habitude que l'on vienne lui parler pour une raison pratique et non pour le plaisir de lui faire conversation. Pryam n'était pas idiot, il savait qu'il était un bien piètre interlocuteur, c'était étonnant que sa comparse ne s'en soit pas rendue compte. Peut-être qu'elle cherchait simplement à vérifier s'il avait un mauvais fond ? Les questions se bousculaient dans son esprit tandis qu'il posa une énième fois un regard quelque peu perdu sur le visage de la jeune femme. Une chose était sûre, lady Emilia savait comment troubler un homme, même si c'était loin de la manière que l'on imaginait en parlant d'une dame !


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦️ ©️ The Sound of Silence
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Chance et tempérance.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1



Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-