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Emissaire - PV Beron & Cerden

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Message Mer 13 Juil 2011 - 9:03

Ce furent les odeurs quotidiennes qui provoquèrent son éveil. Ou plus exactement l'absence totale de ces derniers. Elle provoqua le soulèvement d'une paupière sur un iris d'un bleu limpide. Un bleu qui n'était pas sans rappeler celui dont se parait la Baie des Glaces les matins les plus clairs. Où était-elle? Les souvenirs remontèrent alors qu'elle promenait son regard sur cette pièce inconnue. Winterfell. Son père avait organisé une expédition pour Winterfell. À la seconde où Maege avait appris que son lord de géniteur quittait l'Île-aux-Ours pour la place-forte nordienne des Stark, elle avait voulu l'accompagner. Ce qui avait été finalement le cas, grâce en soit rendue aux Anciens Dieux et à l'opiniâtreté d'Alysane. Comme à son habitude, sa cadette avait fait tout le travail, sapant les résolutions de Jeor, ignorant totalement que, dans l'ombre, quelqu'un surveillait et attendait. Et elle n'avait pas eu à patienter très longtemps puisque son intenable petite soeur avait rapidement trompetté à table devant le reste de la famille, dans une attitude qui faisait furieusement penser à celle d'un crieur public, qu'elle irait avec leur père jusqu'au fief de leurs suzerains. Alors de sa voix la plus douce, la plus raisonnable, sur son ton le plus paisible, l'aînée des Mormont avait fait valoir ses arguments. N'était-elle pas la première née? Allait-on laisser les Stark avec une seule impression sur la famille de lord Jeor et de lady Jorelle? Une impression provoquée par Alysane? Allons ce n'était pas sérieux... Enfin, avaient-ils oublié que les fils Stark étaient jeunes et, pour la plupart, encore célibataires?

Maege avait su que son exposé avait fait mouche à la minute où sa mère s'était tournée vers son père. Elle avait presque eu envie de sauter de joie. Presque. Et même si ce sentiment de triomphe était encore agréable, des jours après ce fameux repas, il ne lui servait à rien. Elle savait que ses domestiques la surveillaient de près pour le compte de sa mère et que cette dernière ne manquerait pas de la sermonner si elle ne faisait pas mine de mettre leur plan à exécution. Elle se leva donc pour se diriger cahin-caha vers sa malle personnelle croisant au passage ses vêtements de voyage entassés par terre. Couverts par la boue des chemins, ils exhalaient une forte odeur de cheval, de métal et poussière. Un arôme qui résumait Maege. Un arôme qui serait personna non grata durant tout son séjour. Tout comme certaines de ses habitudes... La jeune femme avait en effet coutume de passer voir son cheval avant toute chose le matin. Manie qui faisait pousser les hauts cris à lady Jorelle qui, dans ces moments-là, comparait sa première-née à la deuxième en déplorant leur manque manifeste de manières. Elle devait donc bannir Maege au profit de Lady Mormont, une jolie jeune femme responsable, fière, qui sentait bon les fleurs, riait assez joliment et qui, jamais au grand jamais, n'avait songé à poser ne serait-ce qu'un orteil sur le Mur... Remisant ses vêtements sales en notant de les faire laver plus tard, elle posa hors de vue son épée et ses dirks avant de se vêtir ainsi qu'on le faisait lorsqu'on était l'invitée d'une maison noble. Maege s'habillait seule depuis toujours. Elle ne supportait pas, à l'inverse de Meera, qu'on l'aide à s'équiper. Elle se dirigea ensuite vers la fenêtre, ouvrant les rideaux pour révéler une cour où bruissaient les activités, localisant à l'occasion Alysane. Comme de bien entendu, sa cadette s'était mise dans la tête de s'entraîner dès son réveil. Un petit rire amusé franchit les lèvres de la jeune femme. Pauvre Jorah... Le bâtard de leur père était toujours traîné presque manu militari par leur petite soeur à chaque fois qu'elle en avait envie. Enfin... elle n'avait pas l'intention de le secourir, il était assez grand pour dire à leur cadette quand cela suffisait.

Considérant qu'elle était plus que présentable, elle quitta sa chambre pour celle de son père. Lequel n'était pas précisément dans un bon jour. Elle le trouva alité, grognon, sa jambe blessée surélevée par un coussin. Chose sur laquelle elle évita soigneusement d'épiloguer. Son père avait toujours été une force de la nature. Cette blessure et le temps qui passait constituait des affronts suffisants sans que sa fille ne lui demande en plus si il désirait du lait de pavot pour dormir un peu et oublier la douleur. Lorsqu'il était dans cet état, la moindre allusion à des médicaments ou à l'utilisation d'une canne provoquait chez lui de terribles crises de colère qui n'étaient, elle en était parfaitement consciente, que l'expression d'une fierté mise à mal. De plus, ces matins-là, Maege l'avait déjà vu des souvenirs de ses exploits passés remontaient pour peu qu'on fasse remarquer à son père qu'il n'était pas au mieux de sa forme, remplaçant la colère par l'affliction. Elle se contenta donc de saluer l'auteur de ses jours avec toute la décontraction dont elle était capable avant de lui faire remarquer que les courbatures du voyage n'avaient épargné personne et qu'elle-même en ressentait le contrecoup. Jeor balaya l'argument d'un geste de la main.

"N'essaye pas d'épargner ton pauvre père, va. Je sais que je ne suis plus ce que j'étais. Mais en attendant, je ne peux pas me présenter devant les Stark avec une chaise à porteur. Ce ne serait pas sérieux." Un sourire naquit sur le visage de Maege à cette idée rapidement réprimé par un regard noir venu du malade. "Il va falloir que ce soit toi qui me réprésente aujourd'hui... Je n'ai aucune crainte à ce propos. Mais tâche d'enrayer les excentricités d'Alysane! Si elle n'est pas efficacement surveillée elle fait toujours n'importe quoi et je doute que Jorah ait la moindre autorité sur elle."

Ayant promis à son noble géniteur qu'elle s'acquitterait de tous ses devoirs avec efficacité et qu'elle empêcherait sa cadette de prendre les armes pour défier tous les guerriers que pouvaient contenir la forteresse, elle abandonna son père et le mestre pour descendre dans la Grande Salle où elle était sûre de trouver les Stark vaquant à leurs occupations. Et si elle ne les trouverait pas, elle pourrait toujours mettre la main sur un domestique capable de la renseigner. Elle avait à peine mis les pieds dans la vaste salle de réception où ils avaient partagé un véritable festin la veille au soir qu'elle aperçut Lord Beron Stark au bout de la pièce. Se dirigeant vers lui, elle attendit qu'il eut daigné lui accorder son attention avant de s'incliner dans une révérence parfaite.

"Le bonjour, Lord Stark. Mon père est indisposé ce matin, le voyage ayant réveillé la douleur de sa jambe. Si vous le permettez c'est avec moi qu'il faudra traiter de toutes les affaires que vous aviez prévu de parler avec lui. Je vous promets que je suis moins féroce que ma soeur et que si nous avons un différent je n'essaierai pas de vous arracher une oreille à coups de dents et en hurlant comme une Harpie." déclara-t-elle avec un sourire radieux, faisant référence aux cris de guerre qu'on pouvait entendre même à l'intérieur du château.

C'est alors qu'elle prit conscience de la présence de quelqu'un qu'elle n'avait pas vu depuis fort longtemps. Perdant soudainement de sa superbe, elle esquissa précipitamment une nouvelle révérence.

"Oh Cerden, enfin je veux dire, Lord Stark! Quelle surprise!"

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Message Mer 13 Juil 2011 - 17:36

Après sa rencontre improvisée à l'aube naissante avec lady Alysane et son demi-frère de Snow, Beron avait pris plaisir à en raconter le menu à Cerden en cette matinée. Sans explosion de rire, c'est pourtant avec un certain amusement dans la voix qu'il lui narra comment il avait fait croire un instant que Jeor Mormont était venu à Winterfell dans le seul but de caser ses filles. Et comment, surtout, il s'était plu à se montrer convainquant sur le fait qu'il était tout disposer à accepter la proposition et épouser ce garçon manqué qu'était Alysane. Un petit tour, rien de plus. Pour lui, rien qu'un jeu qui lui avait permis d'en apprendre plus sur qui elle était vraiment, les réactions humaines suite à ce genre de petites provocations en disant bien plus long sur une personnalité que ce que l'on peut naturellement en laisser percevoir. Le Sombreloup avait toujours pris plaisir dans ce genre de démonstration, estimant même s'être montré gentil cette fois. Peu de gens y échappaient à dire vrai, à l'exception de ceux qu'il connaissait déjà bien assez, comme sa famille, ses amis proches et le reste de sa maisonnée.

Cerden connaissait bien ce goût prononcé pour la provocation qu'avait son frère, aussi ne s'en formalisa-t-il pas vraiment. Beron estimait qu'il devait en penser que ce n'était là sans doute pas la meilleure manière de recevoir des invités, mais qu'il ne servirait à rien de blâmer son aîné tant cette habitude était ancrée. Toujours est-il qu'heureusement, la discussion s'arrêta à temps. Ils en avaient terminé lorsque la porte s'ouvrit sur nulle autre que Maege Mormont s'avançant alors jusqu'à eux avec une grande élégance qui ne saurait être totalement feinte. Pourquoi cette réflexion ? Et bien... il était difficile à croire qu'un tel maintien soit parfaitement naturel, lorsque l'on voyait comment se comportait sa cadette. Deux soeurs pouvaient-elles être réellement si différentes ? C'est ce qui serait à voir... Peut-être l'occasion de mettre en application une nouvelle fois son petit jeu afin de savoir de quoi il en retourne réellement ?

En tout cas, s'il y avait une chose dont on ne pouvait douter, c'est sûr la véracité des propos d'Alysane : sa soeur ne manquait pas de charmes. Et d'après les premiers mots échangés, particulièrement ceux destinés à Cerden, il n'était pas le premier à le remarquer... Il fallait qu'il y mette son grain de sel ! Ainsi donc, à peine se retourna-t-il que débuta son jeu...
    En quoi cela est-il une surprise que mon frère se trouve en sa demeure, au côté de son lord afin de le conseiller ? Les affaires qui ont poussées votre père à venir nous visiter l'implique assurément...
Il hausse un sourcil inquisiteur. À deux pas de l'âtre, son frère à quelques pas un de ses livres en main, sa justification collait parfaitement avec la représentation qu'ils donnaient. La cohérence des mots avec ce qui est visible, voilà qui fait partie de l'art du bluff... Beron risquait certes de la mettre mal à l'aise, mais c'était risque à prendre dans ce qu'il entreprenait.
    Excusez mon aigreur, mais j'ai rencontré votre soeur, plus tôt dans la matinée. J'espère que vous comprendrez et pourrez me pardonner cet écart de bonne manière. Permettez moi donc de faire comme si cette réflexion n'avait pas eu lieu et de recommencer comme si de rien n'était...
Il toussote dans son poing comme s'il cherchait à reprendre contenance, avant d'offrir un léger sourire et de, comme il l'avait annoncé, faire comme si sa précédente répartie n'avait pas eu lieu.
    Le bonjour, lady Mormont. J'espère que les soins que Mestre Tybald prodigue à votre père lui seront bénéfique, j'ai une affection toute particulière pour le Vieil Ours et il me chagrinerait que son trajet pour me rendre visite lui ait porté préjudice.
    Et donc, il vous a confié la tâche de discuter avec moi de nos affaires... Étrange... vous a-t-il au moins mis au courant des sujets que nous avons à aborder ?
Lorsque la veille, Jeor et Beron avaient discuté, ils étaient les deux seuls à savoir de quoi il s'agissait. Le Sombreloup n'avait pour sa part prévenu personne, même pas Cerden. Et même s'il était sans doute vrai que le Vieil Ours ait confié à sa fille le soin de poursuivre les discussions, en avait-il pour autant pris la peine de lui résumer les raisons de leur venue ? Pas certain... Alors que jusqu'ici, son regard gris-brun n'avait pas cessé de se plonger dans le bleu des yeux de Maege, Beron se tourna vers Cerden, l'idée de réaliser à cette jeune femme le même mauvais tour qu'il avait perpétré à sa plus jeune soeur. Quoi que tourné d'une manière légèrement différente... Manifestement, son frère connaissait déjà plutôt bien l'aînée de la maison Mormont, assez pour qu'elle l'appelle spontanément par son prénom. Largement de quoi rebondir pour lui...
    Il y a plusieurs sujets en fait, mais l'un d'entre eux vous concerne particulièrement. Et d'après la familiarité avec laquelle vous vous êtes adressé à mon frère ici présent, je pense que ça pourrait ne pas vous déplaire... Lord Jeor estime qu'un peu trop de filles parcourent son castel en l'Île aux Ours, et aimerait donc négocier quelques bons mariages. Je suis sûr que vous êtes femme intelligente, aussi aurez-vous certainement déjà compris où je vais en venir... Les maisons Stark et Mormont comptent parmi leurs enfants quelques célibataires. Dont vous. Dont mon frère...
    Ce n'est peut-être pas mon oreille que vous pourriez mordre, ni sur moi que vous pourriez hurler... Mais après un bon mariage, qui sait... ? Enfin, cela reste à discuter, bien entendu...
Satisfait, il fit claquer sa langue contre son palais. Son filet est désormais tendu... Il espérait juste que Cerden, qui avait certainement compris que cela était faux, ne fasse pas tomber son plan à l'eau... Si même il pouvait marcher et avec lui en jouer un peu, ce serait parfait. Quoi qu'il en soit, il n'observerait pas que la jeune femme, mais prendrait également attention aux réactions du jeune loup. Leur familiarité avait attisé sa curiosité, aussi désirait-il à présent deviner quelle était la teneur de leur relation. Cette rencontre risquait d'être intéressante, oh ça oui !
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Message Mer 13 Juil 2011 - 22:53

Par ce petit matin tiède, la grande salle se trouvait abandonnée de presque toutes ses âmes fidèles. Les habitants du château, s'étant pour la plupart éloignés d'entre les murs de pierre en raison de la chaleur ambiante, seuls Cerden et Beron restaient, accompagnés d'un serviteur qui faisait de temps en temps le relais jusqu'aux cuisines. Pour sa part, Cerden en avait terminé avec son déjeuné et sirotait calmement une cervoise en écoutant son frère déblatérer sur ses impressionnantes capacités à rendre inconfortable le plus improbable de leurs invités. Au son de ses exploits, Cerden ne pouvait s'empêcher d'afficher un sourire amusé. L'attitude joueuse de Beron lui prodiguait de la bonne humeur, ce qui tranchait avec les noires pensées qu'il retournait dans sa tête ces jours-ci. Le tour joué à la fière Alysane impressionnait Cerden qui imaginait mal la jeune femme se laisser perturber. Même si en apparence, Cerden désapprouvait les manières rustres de son frère, en secret, il admirait son talent à déformer les vérités inébranlables de quiconque. La plaisanterie du mariage lui rappela Mestre Tybald qui insistait à ce que Beron engendre des héritiers. Cerden se surpris à imaginer son frère et Alysane Mormont en mari et femme. Quelle drôle d'idée... mais pas si mauvaise en soi. Reste qu'il faudrait convaincre la dame en question, ce qui semblait à Cerden, une quête impossible.

Winterfell, en cette période de grande chaleur, avait revêtu les dehors d'un château abandonné. La cité étant construite sur des sources chaudes afin de braver le froid le plus mortel, elle se transformait en four en pain lors d'étés particulièrement arides, comme celui qui s'était installé depuis peu. Bien que la contrée du Nord resta la plus fraîche de tout Westeros, la saison n'était pas moins tendre, et ce qui ressemblait autrefois à un univers de glace, était désormais verdoyant. La grande salle n'échappait pas à cette tendance, dans l'âtre, du bois sec était laissé sans aucune flamme pour l'animer. Faisant face à la salle et derrière les deux frères, reposait le trône légendaire des loups-garous. Inoccupé, il avait été construit pour un Roi du Nord qui n'existait plus depuis la conquête des Targaryen.

Finalement, ce fut l'entrée d'une présence féminine en ces lieux qui mis un terme aux déblatérations de Beron. À sa vue, la gorge de Cerden se noua. Elle était l'aînée des filles Mormont, fraîchement débarquée de l'Île-aux-ours avec sa famille. Toutefois, ce n'était pas le statut de vassale de la jeune femme qui inquiétait Cerden, mais bien son identité seule. Depuis son arrivée à Winterfell, Cerden tentait de l'éviter par de subtiles moyens. Il savait que tôt ou tard, il se retrouverait en face d'elle, mais espérait retarder ce moment fatidique le plus possible. Seulement voilà, maintenant elle était là, Maege, entre lui et son seigneur de frère. Cerden espéra -pendant un très court moment- que Beron ne sorte pas une de ses plaisanteries incongrues, mais le lord n'eut-il à peine ouvert la bouche que Cerden regrettait déjà ce qui allait suivre. Devant les propos acerbes de son aîné, Cerden ne put que lever les yeux au ciel en offrant un sourire compatissant à la dame. Il se sentit par la suite forcé de colmater son manque trop évident de diplomatie.
    Excusez mon frère, Lady Mormont. Il a la langue fourchue.
Lady Mormont. Un titre juste, mais qui n'était guère à la hauteur de l'amitié qui les avaient autrefois uni. Une amitié à déplacer des montagnes et qui, au fil du temps, s'était changé en une relation plus intime, presque d'amour... Cependant, ni elle ni lui ne s'était jamais avoué quoi que ce soit. Cerden, trop timide, et elle probablement, incertaine. Puis le temps avait passé, l'éloignement de Cerden avait creusé des faussés, et maintenant c'était à savoir s'ils étaient franchissables ou non. Quoi qu'il en soit, la présence de Maege mettait le jeune loup mal à l'aise et avec Beron à l'affût, il se trouvait dans une position inconfortable. Il savait Beron prêt à foncer sur n'importe quelle occasion, et probablement avait-il déjà la puce à l'oreille.

L'hypothèse de Cerden se révéla juste, Beron passa à l'attaque sans attendre et cette fois c'était lui qui était visé. Aussi resta-il surpris car il n'avait pas imaginé que son frère irait aussi loin dans sa plaisanterie. Dans ce genre de situation, il ne savait jamais si l'homme en question se voulait sérieux ou feignait simplement. Dans le doute, jouer le jeu. Il constatait là l'envie de Beron de s'amuser un peu, mais aussi celle d'en savoir plus. Sous ses dehors désintéressés, il savait son frère d'une curiosité mortelle, et particulièrement en ce qui concernait ce qui échappait à son regard. Ce n'était pas pour faire le bonheur de Cerden qui, de son côté, espérait garder ses sentiments pour la jeune femme dans le secret. Il fallait prendre en compte que tout ce qui était dit à Beron pouvait un jour ou l'autre, dans une situation donnée, se révéler une arme contre soi.
    Pardonnez une fois de plus les rudesses -ou la trop grande franchise?- du seigneur mon frère. Il est vrai que Lord Mormont, votre père, a suggéré à plusieurs reprises d'unir, d'une façon plus emblématique, nos deux maisons. Ainsi Lord Stark voulait d'ores et déjà aborder ce sujet avec vous, car il se trouve qu'il est plus qu'en âge de se marier et qu'il n'a toujours pas choisi femme, comme vous le savez. Il espère cependant la main de la seconde de vos sœurs. Il a passé la matinée, à me vanter lui-même, ses mérites, n'est-ce pas, Beron ?
Cerden avait prononcé ces mots d'une traite et sur un ton très assuré, un brin provocateur même. Dans son for intérieur, il se trouvait intérieur, mais pas moins prompt à réagir. Il reporta son regard vers la jeune Maege, les épaules droites, elle observait l'échange entre les deux frères. Avec sa peau pâle et ses yeux d'un bleu sombre, son apparence ne déplaisait pas Cerden. Ses cheveux tombaient en cascade et sa taille fine semblait propice à être serrer contre soi. Les sentiments du passé n'étaient pas tous révolus, refaisaient même peu à peu surface, mais ça il ne valait mieux pas l'exprimer à haute voix ou encore le laisser savoir à Beron...


Dernière édition par Cerden Stark le Sam 16 Juil 2011 - 23:03, édité 1 fois
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Message Jeu 14 Juil 2011 - 10:07

Maege, trop occupée à recevoir les membres de l'ost qui devait accompagner son père, ne s'était pas vraiment formalisée de la raison pour laquelle on organisait une telle expédition. Elle avait eu envie de venir pour voir autre chose que les quatre murs de sa forteresse natale sans vraiment chercher à aller plus loin. Maintenant qu'elle se trouvait obligée d'arborer le rôle de l'émissaire, du porte-paroles, bref d'endosser les devoirs de son père, elle maudissait presque le Vieil Ours de ne pas l'avoir plus impliquée dans le processus de décision. Enfin. Elle devrait faire avec. Pour ce qu'elle en savait le Sombreloup était relativement retors et elle ne doutait pas qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à la mettre mal à l'aise. Et sa réaction de surprise totale quant à la présence de Cerden à Winterfell se prêtait parfaitement à une première pique qui ne tarda pas. Peut-être espérait-il qu'elle se draperait dans sa dignité blessée, qu'elle s'offenserait et qu'elle offrirait d'elle-même le flanc à une nouvelle série de railleries? Elle se résolut d'attendre la fin des hostilités, s'étonnant du ton formel de son vieil ami lorsqu'il excusa l'attitude de son aîné. Visiblement, ce dernier n'était pas au courant de la longue correspondance et de l'affection qui avait régné entre Cerden et elle pendant leur enfance et leur adolescence. Oh bien sûr les années que le jeune loup avait passé dans le Sud avaient contribué à rendre ce lien ténu mais elle n'en était pas moins contente de le revoir. Se gardant de se prêter au petit jeu du Seigneur Stark, elle préféra jouer cartes sur table. Se parant d'un sourire carnassier qui exhiba une rangée de dents blanches aux canines particulièrement pointues, elle essaya de répondre avec aisance à son suzerain.

"Ne vous méprenez pas, Lord Beron, je sais que Cerden étant un Stark est forcément concerné par les moindres tractations impliquant le sort de Winterfell. Mais peut-être avez-vous oublié que lorsque ma famille vous rendait visite quand nous étions tous plus jeunes, votre jeune frère était pour moi un interlocuteur de prédilection. Nos discussions et notre correspondance épistolaire se sont faites moins régulières avec son départ dans le Sud et j'imaginais qu'il s'y trouvait encore..."

Elle laissa sous silence que la perte de son seul véritable ami (bien que leur relation eut été en passe de se transformer en une plus grande intimité avant la rupture de leur lien) l'avait profondément attristée. Elle se souvenait d'un adolescent malade et amaigri et retrouvait un jeune homme digne des Stark. En détaillant alternativement les deux frères, Maege ne put remarquer qu'une chose. Peu importait que ces deux-là ne se ressemblent pas parfaitement, nul n'aurait pu nier leur fraternité. Quelque chose dans leur attitude, dans l'impression qui se dégageait d'eux les désignait comme issus de la même famille. Quelque chose que Maege n'avait jamais eu sensation de voir chez ses cadettes. Mais peut-être était-ce ainsi lorsque l'apparence de deux parents était si dissemblable... Elle prit note de la réflexion de Beron sur le fait qu'il avait eu un entretien le matin-même avec sa soeur, adressant une prière muette aux Anciens Dieux pour que sa soeur n'ait pas fait de remarque regrettable à celui à qui les Mormont devaient allégeance.

"Vous êtes tout excusé. Je sais l'effet que ma chère cadette peut avoir sur les gens. Elle est un peu rude au premier abord mais elle n'a pas mauvais fond."

En ce qui concernait l'affaire qui les amenait, hormis le plaisir de quitter la Baie des Glaces et de voir du pays, la jeune femme devait avouer sa presque totale ignorance. Et son père ne lui avait pas facilité les choses en la laissant dans le brouillard préférant ronchonner sur son handicap plutôt que de faire un résumé. Cela dit, Maege devait avouer qu'elle aurait du songer à demander. Au saut du lit, elle n'avait pas toujours les idées très claires et ce travers venait de lui jouer un mauvais tour.

"Mestre Tybald le remettra sur pied en une journée sinon moins, je gage. Mais vous connaissez mon père n'est-ce pas? Lorsqu'il est contrarié, il se transforme en vieux grincheux. Occupé qu'il était à grogner contre sa jambe, il ne m'a même pas évoqué la raison de notre venue. J'avoue que lorsque le voyage s'est présenté ma première motivation a été de revoir Winterfell et de quitter la routine de la demeure familiale. Je vous demanderai donc de me faire un résumé."

La jeune femme avait à plusieurs reprises entendu dire qu'il fallait se garder de souhaiter n'importe quoi et lorsqu'elle entendit les deux frères lui présenter cette situation, elle se dit que la sagesse populaire était parfois bien plus avisée que les grands philosophes qui avaient jalonnés l'Histoire. Ensuite, elle se demanda si elle avait l'air à ce point crédule... Beron et Cerden Stark essayaient-ils vraiment de lui faire avaler cette couleuvre? Croyaient-ils sincèrement qu'elle prendrait leurs propos pour argent comptant? Elle hésita un moment sur la conduite à tenir se demandant ce qui serait le moins insultant et le plus frustrant pour les deux mauvais plaisantins. Sa bonne humeur matinale finit par l'emporter sur le sentiment d'avoir été confondue avec une gourgandine de Port-Réal. Elle éclata d'un rire franc dont l'écho alla se récupercuter sur le plafond de la Grande Salle. Combien de fois elle-même et ses soeurs avaient-elles joué la même comédie à de malheureux invités de ses parents? Mais cela remontait à tellement longtemps et leurs mensonges étaient tellement plus crédibles que les déclarations du Sombreloup et de son frère. Encore que si la chose avait été vraie, Maege aurait pu assister à de grands moments de la vie de son père. La seule fois où il avait cherché à se mêler des intérêts matrimoniaux de la lignée Mormont, la mère de ses enfants était apparu pour lui faire savoir que cette opération n'était pas de son ressort.

"Allons, messires, un peu de sérieux voulez-vous? Si cette fable a pris sur Alysane, je ne suis pas aussi crédule. Mon père a un instinct de survie particulièrement efficace et il sait que ma mère le transformerait en tourte à la seconde où il aurait l'audace de se mêler de son domaine réservé... Qui plus est, et avec tout le respect que je vous dois, je suis à peu près sûre que vous ne sauriez pas quoi faire d'une femme Mormont. Elle vous avalerait tout cru pour ne recracher que les os." Un nouvel accès d'hilarité à la pensée de sa cadette en robe de noce l'empêcha de prononcer le moindre mot pendant plusieurs minutes. "Mais je vous en prie, lord Beron, si ma petite soeur a l'heur de vous convenir, n'hésitez pas à lui faire la cour. Pensez juste à prévenir vos proches de vos prochaines funérailles et à me faire mander, je brûle d'assister à un tel spectacle." Elle essuya la larme qui perlait au coin de son oeil, reprenant le contrôle de ses nerfs avant d'adopter une attitude plus digne de Lady Mormont, ainsi que l'avait appelé Cerden. "Bien... Si vous avez fini d'essayer de me faire passer des vessies pour des lanternes, nous pourrions peut-être parler de ce qui nous amène réellement..."

Elle espérait sincèrement en avoir fini avec les mauvaises blagues des Stark et leur avoir montré qu'elle était la digne fille du Vieil Ours Mormont.


Dernière édition par Maege Mormont le Mer 20 Juil 2011 - 8:34, édité 1 fois
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Message Ven 15 Juil 2011 - 11:27

Son plan avait parfaitement fonctionné ! Il en savait un peu plus sur l'état de la relation que Cerden et Maege pouvaient bien avoir, et puis surtout la jeune femme avait fait tomber un peu de son masque de bienséance. Son seul regret était peut-être que Cerden en avait fait un peu trop pour que ce soit crédible. Il n'y avait bien qu'Alysane pour pouvoir être perturbée un instant et ne fusse que laisser s'installer le doute qu'on pourrait vouloir la marier elle, même si elle aussi n'avait pas tout à fait marché. Il ne sut d'ailleurs dire exactement si la répartie de son petit-frère se faisait dans le but de jouer son jeu ou bien simplement de riposter, contre-attaquer pour détourner l'attention de lui et de sa charmante correspondante... Toujours est-il que le tout est désormais éventé, mais cela n'a pas d'importance, car au final Beron avait eu ce qu'il voulait.

Tout en se dirigeant vers la grande table et l'un de ses sièges, le Sombreloup passa devant elle, proche, très proche, et se pencha à son adresse, leurs deux visages à quelques centimètres seulement, tout en lui rendant un sourire similaire à ce qu'elle avait pu réaliser quelques minutes auparavant. Toujours de sa voix grave et trainante, c'est d'un ton autant curieux qu'amusé qu'il répondit.
    Tout cru, hein ? J'aimerais bien voir ça... Oh oui, vraiment !
Des femmes du Nord, il en avait croisé un bon paquet. Beaucoup d'entre elles se pensaient indomptables, et pourtant, au final... Les Mormont étaient sans doute particulièrement coriaces, mais il serait fortement le sous-estimer que pour penser qu'il n'avait pas lui-même les dents assez longues. Point de vue force de caractère, lord Stark n'avait certainement rien à apprendre de personne. Il s'écarta à présent, poursuivant sa route vers son siège dans lequel il s'installa à son aise, posant sa cheville droite sur son genou gauche, coude appuyé sur la table et soutenant sa tête de ses doigts, fixant lady Mormont les sourcils surélevés comme pour l'inviter à prendre place à son tour. Cerden en ferait sans doute de même sans que l'on ait à lui demander de le faire...
    Vous avez l'air d'être femme à tisser rapidement des certitudes sur ce qui ne peut réellement l'être. Honnêtement, si je ne puis faire le poids face à vous ou votre soeur, qui le peut réellement ? Cela voudrait dire que vous êtes destinées à croquer cruellement tout homme vous approchant dans le but de déposer bague à votre doigt, lady ?
Il n'affiche plus de sourire, et même s'il n'a pas récupéré la froideur dont il fait habituellement preuve en de nombreuses circonstances, rien n'indique qu'il est toujours en train de s'amuser non plus. Un peu piqué au vif, peut-être... Réellement curieux de voir ça, comme il le lui avait affirmé. Beron ne laisse cependant pas le temps à une répartie de se placer, poursuivant...
    Et qu'est-ce qu'il vous fait croire que dame votre mère n'aurait donné accord à mon bon ami Jeor pour négocier la main de ses filles, hum ?
    Soit ! Rassurez-vous, il n'a en effet jamais été question de faire porter alliance à votre soeur, pas plus qu'à mon frère. Enfin, n'en parlons plus de toute manière, le sujet ne semble en effet ne pas vous plaire, il n'en est donc plus question.
Ce qu'elle ignorait, c'est que même s'il avait menti aux deux soeurs, ce n'était que parce que le véritable couple abordé entre le seigneur de Winterfell et celui de l'Île aux Ours, il ne l'avait pas mentionné... Oh, loin, très loin d'un accord ou d'une réelle négociation. Juste une allusion glissée lorsque Beron avait avoué au Vieil Ours trouver ses filles charmantes, ce à quoi Jeor avait répondu qu'il serait honoré de lui donner la main de son aînée, chose qui avait immédiatement été refusée par le Sombreloup. Pas de mariage pour lui, pas pour le moment en tout cas, et encore moi si cela était arrangé. Son père et son père encore avant lui avaient épousés des nordiennes, loin des grands accords familiaux. Cela s'était fait par amour, sans qu'aucun parti n'y soit poussé. Et Beron ne comptait pas déroger à la règle, ce n'était pas pour rien qu'il avait été heureux que sa soeur épouse un Royce par choix. Enfin, passons, comme il l'avait dit, le sujet ne serait plus abordé. Soudainement, il tapa du poing sur la table.
    Rowland ! Bière ! Et un peu de vin pour la gente oursonne qui doit me supporter ! J'ai soif, presse-toi !
Comme pour confirmer sa soif, sa langue sortit légèrement pour venir humecter ses lèvres, qu'il pinça ensuite comme pour mieux répartir sa salive. Le-dit Rowland qui avait passé la tête par l'encadrement de la porte dès que le poing du Stark avait heurté la lourde table de bois hocha de la tête et se pressa donc à exaucer le désir de son seigneur. Beron en revint alors à son interlocutrice.
    Encore un point à régler. Maintenant que vous m'avez montré qui vous étiez vraiment, je ne tolérerais pas que vous repreniez votre rôle de gente dame à la courbette parfaite. C'est à une Mormont que je souhaite m'adresser, et pas à un ramassis d'éducation et d'étiquette ! Vous ne pouvez pas me blâmer d'avoir joué un petit jeu lorsque vous-même usiez d'une façade, n'est-ce pas ? Si vous attendez donc de moi que je ne me joue plus de vous, faites-en de même, car rien ne vaut mieux que de laisser s'exprimer une véritable nature, vous ne trouvez pas ?
Depuis que les Mormont étaient là, l'homme avait tendance à parler beaucoup... Preuve qu'il s'en sentait à l'aise et qu'il se laissait aller pour sa part. Ce devait sans doute être difficile pour les filles de son ami de se figurer pourquoi on le surnommait le Sombreloup alors qu'il s'affichait si loquace et joueur avec elles... Enfin, fini de jouer à présent - peut-être... - autant donner à lady Mormont ce qu'elle voulait et parler alors plus sérieusement.
    Sachez que j'ai déjà pu beaucoup parler avec votre père hier, et que beaucoup de choses sont réglées déjà. En outre, je n'ai aucun désir d'aborder certaines de nos discussions avec vous. Nous n'avons par contre pas encore pu parler plus avant d'un sujet qui reste malgré tout assez important... J'aurais plusieurs questions à vous poser, concernant majoritairement des détails, afin de peaufiner mon avis et de voir si cela s'avère nécessaire que nous poursuivions cette discussion plus avant.
    À combien d'hommes s'estime votre ban, lady ? Combien de bateaux compte votre flotte ? Quelles ressources penseriez-vous nécessaire à une lutte efficace face aux quelques sauvageons qui tentent de passer le Mur par la baie des glaces ? Autant pour le repérage que pour l'élimination s'entend, bien entendu...
Terminant son exposé, il croisa les bras sur son torse en attente des réponses, alors que les boissons réclamées étaient amenées auprès d'eux. Servis par le bon Rowland qui fut remercié - les Stark étaient des loups, pas des chiens tout de même - Beron porta son bock à ses lèvres et ingurgita quelques gorgées sans précipitation, poussant ensuite un typique "aaah" de contentement. Le liquide ambré était rafraîchissant à souhait, tout comme l'étaient les rencontres qu'il avait fait depuis qu'il s'était levé ce matin même...
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Message Dim 17 Juil 2011 - 1:24

Cerden approuva les paroles de sa chère Maege d'un signe de tête vigoureux. Heureux que la jeune femme eût réussi à donner une explication satisfaisante en réponse aux investigations de Beron. Cerden, lui-même, n'était pas très doué avec les paroles, s'empêtrant dans les mots et les formulations. Il se trouvait de meilleure aise devant un bon vieux morceau de parchemin où il pouvait étirer le temps à souhait avant de couler ses dires dans l'encre. La joute verbale n'était décidément pas son champs de bataille, mais ses paroles étaient toujours calculées et choisies avec soin. C'était pour cette raison qu'il n'ouvrait la bouche que pour divulguer l'essentiel.

Cerden tourna son regard vers son aîné afin d'observer sa réaction, une expression contentée s'affichait sur son visage, distinguable par le mince sourire flottant sur ses lèvres. Le chef de la meute était repus par ses découvertes nouvelles, et cela faisait le bonheur de Cerden qui avait craint un instant qu'il n'insista sur les détails. Cependant, la suite des commentaires de Beron à l'encontre des filles-Mormont ne gagnèrent pas en distinction. Au son de ses propos à la limite de la désobligeance, Cerden ne pu retenir de laisser s'échapper un soupire défaitiste. Beron, bien qu'il n'eut jamais crié «regardez-moi!», ne pouvait nier le plaisir qu'il prenait à étaler ses bons coups devant autrui, surtout lorsqu'il était question de ses convictions personnelles. Un mal pour un bien, au final, car avec un Stark, on était certain de toujours recevoir en pleine face la vérité pure et dure, fut-elle lancée du dernier étage de la plus haute des tours avec la lourdeur d'une pierre. Dans le cas de Beron, cette réputation se révélait confirmée, car même s'il avait cette propension à s'amuser au jeu des rôles, son opinion, il ne la préparait point avant de la servir tout cru à qui de droit. Attitude qui avait toujours fait grincer les dents de Mère. Celle-ci avait insisté à ce que ses fils apprennent les règles de bienséances. Un savoir que Beron avait recraché sitôt reçu. Et Cerden avait beau désapprouver ce comportement, il ne servait à rien de rabrouer son aîné, car ses habitudes étaient trop bien ancrées en lui pour changer.

Heureusement, il y avait Maege pour ramener les deux frères sur le vif du sujet. Cerden la remercia intérieurement et se fit la réflexion qu'il serait de mise de s'entretenir avec elle seul à seul, une fois la présente réunion terminée. Pour l'instant, l'heure n'était pas aux discutailles, et le jeune loup eut tôt fait de raviver la mémoire de son fraternel en simulant une toux exagérée... qui n'eut aucun effet concret. Il observa l’échange entre la Mormont et Beron, en retrait, n’osant intervenir dans leur interlocution. Un désir brûlant de rabrouer Beron sur ses dires l’animait, mais il ne pipa mot. Cerden n’était pas du genre à s’interposer, et même s’il l’eût fait, il aurait sitôt été repris par une réplique cinglante de la part de son aîné. Ce qu’il souhaitait éviter.

Sur ce, il s'approcha de la table et y posa sa chope de bière. Il pris siège tout au bout, entre Beron et Maege, une symbolique en quelque sorte… Dans sa main droite, il avait un petit livre relié de cuir qui rassemblait ses notes prises lors de ses séjours derniers sur le Mur ou chez les différents bannerets du Nord. Il l’ouvrit à la page retenue par un signet et le posa devant lui à la vue de tous.
    Nous ne vous cacherons rien, Lady Maege, nos effectifs sur le mur sont en reste. Seuls quatre forts sur dix-neuf sont actifs; La Givrée, Torchères, Porte Reine, Fort Nox, La Vigie, Griposte , La Roque, Mont-Frimas et j’en passe… ne sont plus que ruines et abandon. Comment alors assurer la sécurité des habitants de Westeros alors que plus de la moitié des postes de garde sont déserts?
Il marqua une pause avant de continuer sur sa lancée, comme pour s’assurer qu’il avait bien l’attention de ses interlocuteurs. Les voyant à l’écoute, il repris, tournant une page de son carnet de rapports.
    Les Wull des montagnes du Nord ont constaté une augmentation du nombre d’embarcations de fortune sillonnant le littoral de la baie des glaces. À leur bord, nul doute que ce sont des sauvageons. Je ne saurais étonné d’entendre de pareils constats de la part de la Maison de l’île-aux-ours. Il faudra trouver une solution à ce problème persistant, et je ne crois pas que Châteaunoir, Tour Ombreuse et Fort Levant ne soient suffisants à la lutte contre cet ennemi d’au-delà du mur. Ainsi requerrons-nous l’aide de votre fratrie, Lady.
Il avait parlé avec assurance, mais chaque fois que ses yeux s’étaient levés vers Maege, il avait évité de croiser son regard. Ce qui était plutôt inhabituel chez Cerden avec qui chaque personne lui adressant la parole, passait d’abord par une minutieuse observation visuelle. Il ne savait pas comment se l’expliquer, mais Maege le rendait mal à l’aise, gêné à la limite… Une étrange sensation lorsqu’on se remettait en mémoire les moments vécus avec elle. Les discussions philosophiques du soir à la seule lueur des étoiles ou les balades pendant l’arrosée du matin… ou encore cette unique moment pendant lequel ils s’étaient presque embrassés. C'était avant que la rébellion ne dégénère en une lutte sanglante. À cette époque, les temps étaient doux et Cerden avait tout le loisir de s'occuper comme il le souhaitait. Il passait beaucoup de temps avec Maege, car sa maison était venue à Winterfell pour quelque affaire qui avait échappé à ses jeunes oreilles désintéresses. Ainsi, c'était un jour où les deux adolescents s'étaient croisés dans le Bois Sacré. Cerden y appréciait alors le calme ambiant et la sérénité de l'atmosphère. Il faut croire que Maege aussi, car elle était venu de bon matin. Ils s'étaient assis côte à côte, n'avait pas parlé pendant plusieurs minutes, observant le barral à l'écorce fantomatique. Puis la jeune femme lui avait annoncé son départ pour l'île-aux-ours, ou plutôt son retour en terre natale. Cerden avait été déçu, presque offusqué... elle le quittait une fois de plus pour cette île inaccessible de lui. Elle lui avait confié qu'il lui manquerait. «Je t'écrirai» avait-elle dit, «Et puis, c'est pas comme si je partais pour toujours!» La mémoire de ses paroles restait clair dans l'esprit de Cerden. Il ne sut qu'elle mouche le piqua ce jour-là, mais advient-il qu'il posa un baiser sur les lèvres de la jeune femme. Seulement, le rouge lui monta aussitôt aux joues et il brisa la magie du moment en se confondant en excuses... Il se trouvait pitoyable, mais Maege avait éclaté de rire en lui affirmant le contraire. Un souvenir précieux... qu'il gardait encore à ce jour profondément enfoui.
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Message Mer 20 Juil 2011 - 8:31

Lord Beron Stark avait beau essayé de se faire passer pour le grand méchant loup, il n'en effrayait pas Maege pour autant. Elle commençait même à l'apprécier. Les rumeurs de son caractère difficile avaient bien entendu atteint l'Île-aux-Ours et l'aînée des Mormont se rappelait aisément la terreur de Meera lorsque le départ de ses soeurs pour Winterfell avait été évoqué. L'homme était certes cynique et provocateur mais son côté indéniablement anticonformiste avait de quoi surprendre et la jeune femme commençait à l'apprécier. Enfin sitôt qu'il aurait cessé de la confondre avec Alysane en la provoquant de façon puérile. Sa guerrière de cadette avait toujours été l'originale de la famille et même si certains avaient parfois osé employer le terme "mouton noir", leur affection ne s'était jamais démentie. Pour autant, peu nombreux étaient ceux qui notaient leur ressemblance et encore plus rares étaient les gens qui se risquaient à les amalgamer au pied levé. Elle s'apprêtait d'ailleurs à se fendre d'une répartie cinglante lorsqu'elle réalisa à QUI elle s'adressait. Elle était en face de son lord suzerain en face duquel elle assumait les responsabilités de son père. Jouer les fiers à bras en se lançant dans une joute verbale puérile ne jouerait pas en sa faveur si les négociations s'avéraient plus âpres que prévues. Elle laissa le Sombreloup se fendre de quelques répliques cyniques, tenter de l'impressionner de plus avant de lui répondre du ton calme et égal qui la caractérisait généralement.

"Toute femme que je fusse, lord Stark, ne me prenez pas pour une de ses petites sottes qui n'ont aucune conscience de l'échiquier politique. Vous avez sciemment tenté de me faire avaler une couleuvre de la taille des bras de notre forgeron tout en vous attendant à ce que je ne réplique pas? Je suis une Mormont et lorsqu'on provoque un ours, vous aurez sans doute remarqué qu'il a tendance à rendre la politesse." Elle marqua une pause, adressant un nouveau sourire au duo. "Quant à mon père, il a beau être un remarquable combattant, il y a des choses que je ne lui confierais pas même si je devais me trouver à l'article de la mort. Ma mère est une femme nettement plus raisonnable que lui en ce qui concerne le chapitre matrimonial et elle nous évitera de nous retrouver unies à un ami de mon géniteur qui souffre déjà de goutte... Ma pauvre petite Meera en ferait une apoplexie si jamais une telle chose devait arriver et vous devez savoir à quel point il est important de veiller au bonheur et à la sécurité de ses cadets... "

Elle éluda complètement la dernière partie de sa phrase, préférant lui rappeler qu'il n'était pas le seul à avoir du veiller aux intérêts non seulement de sa famille mais aussi de ses soeurs plus jeunes. Alysane avait choisi sa voie mais toutes les filles Mormont ne pouvaient pas se permettre de prendre la clé des champs ainsi. Elle apprécia l'intention de Beron à lui faire porter du vin, alcool qu'elle préférait nettement à l'amertume de la bière, ayant toujours le bec sucré, remarquant à l'occasion avec amusement que si le Stark de Winterfell faisait le spectacle, Cerden était toujours aussi discret. Pour un peu, on l'aurait presque oublié. Hormis sa boutade à propos d'Alysane, le cadet nordien semblait désormais se réserver pour des propos plus fondamentaux que la joute verbale qui les préoccupait. Elle ramena son attention sur Beron. Ce dernier semblait visiblement s'attaquer à l'attitude protocolaire qu'elle lui avait servi quelques minutes auparavant, confondant apparemment encore le comportement de la puinée avec celle de Maege. Elle attendit avec calme la fin de sa tirade avant de contrattaquer.

"Vous faites erreur en cela, lord Beron. Contrairement à ce que vous semblez penser, je SUIS une gente dame. Le fond de caractère Mormont que nous partageons mes soeurs et moi est certes bien utile dans le cas de la polémique dans laquelle il vous a, semble-t-il, plu de m'entraîner mais pour autant n'attendez pas de moi que j'enfile une cotte de maille, crache par terre et me mette à jurer comme un charretier. Je n'ai pas pour habitude de jouer les effarouchées ou les gourgandines, ce que je ne suis pas, mais je gage que VOUS ne m'en voudrez pas d'avoir agi ainsi qu'on me l'a enseigné en présence de mon lord suzerain. Je n'ai rien d'une diplomate experte aussi jouerais-je cartes sur table, ainsi que j'ai l'habitude de le faire..."

Si elle ne le montra pas, Maege était finalement soulagée que les Stark n'attendent pas qu'elle se traîne à leurs pieds comme une pauvre damoiselle sans cervelle afin de maintenir les convenances. Convenances. Diplomatie. Protocole. Dieux qu'elle haïssait ces notions si contraires à ce qu'elle était. On commença donc à parler d'une partie de ce qui motivait vraiment la visite de Jeor. Un sujet qui à vrai dire, n'étonnait en rien la jeune femme. Elle-même avait grandi avec la notion bien ancrée que les sauvageons pouvaient surgir à tout moment et qu'il fallait se tenir prêts à toute éventualité. Certains avaient même réussi à poser le pied sur l'Île-aux-Ours et une fois, Maege avait eu l'occasion de se battre en condition réelle. C'était une expérience qu'elle ne brûlait pas de réitérer de sitôt. Tuer la dégoûtait. Elle n'était pas sans savoir que la situation du Mur n'était pas brillante non plus et qu'il fallait absolument y remédier. Qu'on avait besoin de la Maison Mormont. Celle-ci s'était toujours montrée digne d'éloge par le passé en ce qui concernait la protection du Nord mais... Car il y avait un mais et il était de taille... Remerciant le domestique, elle avala une gorgée de vin pour se donner du courage afin d'expliquer la situation.

"Vous me posez deux problèmes difficilement conciliable, messires. Vous n'êtes probablement pas sans savoir que l'Île-aux-Ours est un territoire rude et que notre population n'est pas la plus importante du Nord, loin s'en faut. C'est à tel point que même nos paysannes doivent prendre les armes pour défendre leurs foyers contre les attaques lorsque leurs époux sont au loin. Entretenir des soldats de métier sur un territoire qui dispose de si peu de ressource pour entretenir ne serait-ce que la partie la plus industrieuse de ses habitants est chose compliquée. Tous les sujets de mon père savent peu ou prou tenir une arme et s'en servir. Pour autant, on ne peut pas les considérer comme une réelle force armée. Lorsqu'ils repèrent les sauvageons, ils sont en mesure de les éliminer. Nous manquons de place-forte, d'armes, de nourriture, de place surtout pour entretenir une véritable milice. La solution serait de favoriser l'immigration mais encore une fois se pose la question de l'entretien d'une telle surcharge. Et avec le fléau de Printemps..."

Elle préféra ne pas terminer sa phrase. Même si elle savait que l'Île-aux-Ours avait été relativement épargnée, elle ne pouvait sortir de sa tête les pertes humaines subies et surtout elle ne parvenait pas à oublier les odeurs des corps calcinés pour empêcher la contamination. C'était un miracle que le fortin Mormont n'ait pas été touché par la maladie et elle espérait que cela durerait. Elle se tourna vers Cerden.

"Je suis consciente de l'état déplorable du Mur, Cerden. J'ai entendu parler des forteresses ruinées et des débarquements clandestins. Nous n'avons jamais hésité à envoyer des hommes sur le Mur lorsque nous le pouvions mais peu choisissent cette vie et nous n'avons pas beaucoup de criminels. Le dernier meurtrier en date a été lynché par les habitants de son propre village. Nous essayons d'empêcher les gens de faire justice par eux-mêmes mais encore une fois la situation n'est pas normale. Quant à demander l'aide de ma fratrie que voudriez-vous que nous fassions? J'irai volontiers prêter serment sur le Mur mais je ne suis pas sûre qu'on l'accepterait. Jorah est un bâtard mais nous devons le conserver près de nous. Il est le seul mâle de la lignée Mormont..." L'amertume d'être née femme perça dans sa voix. "En conséquence vous comprenez pourquoi il est si difficile pour moi de répondre à de tels problèmes..."
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Message Ven 22 Juil 2011 - 21:56

S'il y avait une chose que l'on ne pouvait pas reprocher à l'aînée Mormont, c'était son manque de mordant. Bien que restant toujours dans une ligne de conduite respectable, elle n'hésitait pas à faire montre de son caractère et sans se laisser démonter renvoyait la balle au lord Stark. Cependant, elle avait un défaut similaire à celui de sa petite soeur : elle tirait bien vite certaines conclusions et interprétait bien à sa manière certains propos. Jamais au grand jamais Beron s'était attendu à ce qu'elle ne réplique pas... ça l'aurait même particulièrement déçu. Mais bien entendu il ne lui tenait pas rigueur de cela. C'était peut-être un trait de caractéristique des Mormont après tout ? Ou peut-être qu'il avait tout simplement du mal à se comprendre avec cette famille, bien que cela n'ait jamais été le cas avec Jeor. Pour autant... Les deux hommes n'avaient jamais beaucoup parlé non plus, plus attachés à donner la mort sur leur sillage lorsqu'ils furent au plus proches. Beron allait devoir remettre au clair certains de ses propos afin d'éviter qu'une mésentente durable ne s'installe. Après tout, il avait toujours apprécié la maison Mormont sur la simple connaissance du chef de famille. Le jour où il viendrait à disparaître, si cela devait se produire avant que le Sombreloup lui-même ne trépasse, il préférait que cela reste le cas avec ses successeurs. En d'autres termes, cette dame se tenant devant lui, certainement. Sa réplique débutera d'un long soupir...
    Baissons les armes, lady. J'agite le drapeau blanc, vous avez gagné. Vous êtes une gente dame, certes, j'ai dû trop mal m'en exprimer... Vous devez comprendre cependant que si je souhaite des courbettes, j'ai assez de serviteurs que pour m'en servir, et vous pouvez très bien garder toute votre dignité sans pour autant paraître barbare, mais pourtant garder votre force de caractère intact. N'allez pas croire qu'il me dérange de rentrer en joutes, mais il n'y avait aucun intention d'en arriver là, souhaitant juste vous demander à ce que vous restiez vous-même, naturelle, sans vous embarrasser des fioritures. Si nous sommes bien d'accord sur cela, ne nous embêtons donc plus à de petites et futiles chamailleries, que j'ai sans doute déclenché. Montrez-vous à moi juste telle que vous l'êtes vraiment, je n'en demandais pas plus !
Au fur et à mesure, un léger sourire revient. En espérant qu'il n'y ait à présent plus à épiloguer sur ce problème qui n'en était même pas réellement un, ils allaient pouvoir parler de choses sérieuses... Précisément ce dont il n'avait au final pas réellement envie...

Cerden se plut à préciser la situation, bien qu'il fit tiquer Beron sur plusieurs de ses formulations. Tout d'abord, le fait d'avoir évoqué la Garde de Nuit en disant "NOS troupes", comme si la garde était partie des troupes du Nord... Les patrouilleurs étaient un Ordre indépendant, jouissant même des terres du Don qui n'appartenait en conséquence plus réellement au Royaume du Nord. C'était une notion importante pour le Lord Stark, et c'était manquer de respect pour ces hommes que d'en parler ainsi à son goût, mais bon, pas de quoi rabrouer son jeune frère. L'autre point dérangeant à son goût était le déplacement du problème... La garnison des forteresses du Mur n'était pas le sujet, et il se doutait bien que ça n'intéressait en rien les Mormont. Car en effet, les Stark ne réclamaient pas leur aide pour le regarnir. C'était plutôt l'inverse à vrai dire, Jeor étant venu se présenter à Winterfell dans le but de mieux prévoir les possibles débarquements sauvageons sur son île. Et donc, l'objectif était d'arrêter ceux qui contournaient le mur en empruntant la baie des glaces, les sauvageons s'attaquant au Mur en lui-même n'avaient pas d'intérêt dans cette conversation. Toujours pas de quoi blâmer Cerden, il était normal que Beron soit plus au fait des organisations militaires que lui. Il faudrait qu'il recadre tout cela, mais il souhaitait d'abord entendre ce que Maege aurait à en dire...

Et ce qu'elle répondit avait le mérite de répondre à ses interrogations. Pas aussi précisément qu'il l'aurait voulu, et sans lui donner d'estimation des troupes et de la flotte, mais il pourrait voir cela plus posément avec le Vieil Ours lorsqu'il se sentirait un peu mieux. Certes, elle s'était laissée égarer par les propos de Cerden, croyant elle aussi que Beron réclamait plus d'efforts de leur part. Une phrase le fit s'assombrir particulièrement : l'évocation au Fléau de Printemps... Le souvenir de lady Stark, leur mère, consumée lors de cette épidémie... Mais il ne peut se permettre de s'apitoyer sur ce fait. Lorsqu'il reprend la parole, il n'y a en tout cas plus de place au Beron à l'humour particulier. À discussion importante, propos et ton qui le sont tout autant... Franchise et absence totale de diplomatie, l'on retrouve enfin réellement celui qui mérite le surnom de Sombreloup.
    Vous faites tous les deux fausse route. Je ne demande pas l'aide des Mormont pour défendre l'Île aux Ours, et encore moins pour garnir le Mur. Là, ici, dans cette discussion, on s'en fout des troupes de la Garde ou de l'occupation de ses forteresses. Et jamais au grand jamais je n'irais demander à vous-même ou à votre frère d'aller garnir les rangs de l'Ordre de la Garde de Nuit. Si j'ai besoin de savoir de quoi manque votre fief, si j'ai besoin de connaître les mesures que vous pensez devoir adopter, si j'ai besoin de savoir de quoi vous disposez déjà, ce n'est autre que pour me faire une idée de l'aide que je pourrais vous apporter. Justice, subsistance et protection sont les devoirs d'un suzerain, et c'est de cela dont nous parlons à présent.
Cela avait le mérite d'être clair, selon son goût. Une mise au point nécessaire qui allait permettre d'enchaîner sur une discussion convenant mieux aux réels besoins.
    Je ne peux vous apporter assistance en ce qui concerne la flotte, nous n'en disposons plus depuis que la folie de l'Incendiaire s'est exprimée. Et même si je devrais bien m'occuper de cela à un moment ou un autre, ce n'est pas à l'ordre du jour. Par contre, je peux vous confier des hommes et des moyens. Mais je ne saurais le faire sans savoir exactement vos besoins. De même il faut que je m'assure que vous disposiez d'une bonne stratégie mais pour cela... J'espère que vous ne m'en voudrez pas de préférer m'en remettre à votre père. Pas que je vous juge sur le fait que vous soyez une lady, mais je me sens plus disposé à parler de stratégie de bataille avec quelqu'un qui a déjà fait couler le sang à mes côtés plutôt qu'à une jolie jeune femme, fusse-t-elle même une Ourse. N'y voyez pas d'offense, mais c'est comme ça...
Sa voix n'avait pas été aussi calme qu'il l'aurait sans doute voulu. Non pas qu'il soit habité de la colère, juste que le sujet l'agaçait toujours. Les sauvageons, encore et toujours les sauvageons... Pas assez nombreux que pour faire une guerre, les groupes passant de l'autre côté du Mur se trouvant assez restreints... mais pas assez non plus que pour causer aucun souci. Forcément que ça remuait son humeur ! Ne se sentant plus rien à dire pour l'instant, le Stark se permit de boire quelques gorgées de bière histoire de ponctuer le tout, reposant ensuite son bock d'un bruit sourd sur la table sans grand ménagement...
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Message Jeu 4 Aoû 2011 - 15:26

La petite joute verbale était maintenant définitivement close en ce qui concernait Maege. Elle n'était pas venue pour se mesurer à son lord-suzerain en matière de répartie. De plus, les propos concernant les ressources et les besoins de l'Île-aux-Ours occupaient désormais entièrement ses pensées et elle dressait à présent un bilan de la situation basé sur les corbeaux reçus à la forteresse Mormont et les doléances qu'on adressait à son père. Comme à chaque fois lorsqu'une crise se présentait, les responsables manquaient de chiffres. Et pour cause. Avec une population majoritairement illettrée, vivant dans des conditions difficiles on ne pouvait pas s'attendre à un débarquement d'intellectuels et d'administrateurs du jour au lendemain. Son père s'était toujours arrangé pour qu'un messager puisse se trouver à proximité de toutes les communautés mais les aléas du destin rendait souvent l'opération impossible sinon périlleuse. Les vivres manquaient, les hommes valides aussi. L'épidémie avait non seulement prélevé son lot de morts sur la population mais elle avait aussi laissé de graves séquelles à ceux qui avaient réussi à lui survivre. Des familles entières comptant sur l'habileté d'un père à ramener des vivres alors que la mère protégeait le foyer d'éventuelles attaques se trouvaient désormais face à un choix cornélien. Risquer de mourir de faim ou risquer de tomber sous les coups des pillards. Certains s'étaient mis en tête de rallier leurs seigneurs et le chateau-Mormont, ainsi que l'appelait les gens du cru, s'était bientôt retrouvé envahi de réfugiés affamés qu'il avait fallu tant bien que mal loger et nourrir tout en gérant les risques de contamination inhérent à une possible reprise du Fléau de Printemps. Tous les jours, Maege remerciait les Anciens Dieux de n'avoir pas eu à subir la perte d'un proche ou les assauts de la maladie sur sa propre personne. Sa charpente solide de Nordienne n'avait même pas été mise à l'épreuve et elle avait traversé la crise sans attraper quoi que ce soit de plus grave qu'un rhume...

Les ressources de l'île était donc limitées. Et il faudrait désormais compter avec des bouches à nourir supplémentaires puisque les survivants de la pandémie les plus durement touchés seraient probablement handicapés à vie. L'Île-aux-Ours avait un besoin vital de faire le plein d'hommes valides et de médecins. Un véritable constructeur de bâteaux ne serait pas de trop non plus pour guider les charpentiers afin qu'ils mettent sur pied des navires capables de défendre leurs foyers tout en leur garantissant de pouvoir continuer à pêcher. Dans l'esprit de la jeune femme germa une réponse qu'elle essaya de formuler de manière réaliste et relativement concise alors que la situation elle-même ne l'était pas du tout.

"Je conçois qu'en matière militaire c'est avec mon père que vous souhaitez vous entretenir. Mais en matière d'intendance, je suis votre homme." Elle eut un sourire vaguement amusé puis se reprit. "Je ne vous ferais pas l'affront de vous rappeler comment les miens vivent, Lord Beron, vous le savez parfaitement. Ce dont nous avons un besoin vital c'est de sang neuf. Des gens prêts à émigrer, avec une certaine connaissance de la mer ou du métier des armes. Les deux seraient le mieux mais nous ne sommes pas exigeants à ce point-là. Nous pouvons garantir à ces derniers une place dans notre société. Le Fléau a laissé derrière lui des maisons vides et des familles dévastées. Nous n'avons pas de chiffre précis sur tout le territoire mais je sais de sources sûres qu'il existe au moins un certain nombre de villages vidés de leur population et j'ai moi-même du aider mes parents à gérer les besoins de 150 et 200 réfugiés près de la forteresse familiale."

A nouveau, elle se plongea dans le silence, considérant un instant les besoins plus précis de son île natale puis énuméra les choses qu'elle pensait nécessaire pour rétablir une situation d'équilibre, pour précaire qu'il fusse.
"En ce qui concerne les besoins de la flotte... Nous ne manquons pas de bois. Éventuellement de charpentiers mais c'est surtout une ou plusieurs personnes capables de diriger les hommes qui nous font défaut. Nous demanderions donc temporairement à ce que des employés de votre flotte viennent participer à la reconstruction et à la réparation de nos bateaux. Il faudra acheter des voiles à l'extérieur mais nos circuits d'approvisionnement n'ont pas été durement touchés. Nous aurons temporairement besoin de l'aide alimentaire de la côte le temps de préparer les navires et refaire nos stocks de vivres si la chose est possible. Je suis consciente que le Nord a été durement touché et que nous ne disposons de ressources illimitées. Nous aurions également besoin de guérisseurs pour..."

C'est à ce moment-là qu'elle réalisa qu'il y avait une solution qui ne mettrait pas à mal les réserves alimentaires du Nord et qu'ils avaient justement sous la main une personne capable de leur fournir des renseignements. Bien sûr au lieu de dons, il s'agirait de commerce mais la Maison Mormont n'était pas dépourvue de toutes finances et si les Stark leur proposaient de leur fournir des moyens alors la situation n'était pas si désespérée.

"Il me vient une idée, Lord Beron. Elle nécessiterait de votre maison de nous fournir de l'argent pour soutenir l'instauration d'un commerce entre les contrées du Sud et l'Île-aux-Ours avec l'avantage d'épargner les ressources alimentaires de votre maison. " Elle se tourna vers Cerden. "Durant tout le temps que tu as passé dans le Sud, tu as bien du rencontrer des personnes qui pourraient vouloir échanger du bois ou les produits des pêches. Tu pourrais peut-être intercéder en notre faveur?"

Elle répugnait à faire appel à ce Sud lointain qui ne signifiait rien pour elle mais avec ce printemps fatal, il fallait bien pouvoir subvenir aux besoins d'une démographie durement éprouvée et la solution était toute trouvée.

"Voilà ce qu'il nous faut, lord Beron. Provisoirement, des personnes capables de diriger de petits chantiers navaux, peut-être des forgerons et un ou deux maîtres d'armes. Encore que sur ce dernier point, il faudra que vous en discutiez avec mon père. Il s'agit aussi d'instaurer un commerce nous permettant de nourrir nos sujets en attendant d'avoir repris pied. Il s'avérera certainement plus durable d'autant que votre frère pourra sans doute nous aider à mettre en place. Il nécessite que vous nous fournissiez quelques fonds pour renflouer nos caisses. Elles ne sont pas vides mais elles ont connu des jours meilleurs. Sur le long terme, nous avons un besoin vital d'hommes valides capables de relever les défis qu'implique l'Île-aux-Ours. Nous pourrions aussi accueillir quelques familles et le garantir un nouveau départ afin de garder une population suffisamment nombreuse pour assurer la pérennité de notre domaine et donc la sécurité de la Baie des Glaces contre les Sauvageons et les Fers-nés."

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Message Mar 9 Aoû 2011 - 17:52

Maege répondit alors longuement. La jeune femme prenait le temps de réfléchir ses propos avant de se lancer dans ses explications conséquentes. L'espace d'un instant, Beron se dit même qu'elle devait en avoir ensuite grand soif, à s'assécher la bouche ainsi. Enfin, rien que l'espace d'une seconde, bien sûr, son attention était tout de même plutôt dirigée vers la conversation qui prenait place sérieusement, alors que son regard attentif ne quittait pas le visage de l'héritière de Jeor. Elle lui exposait ainsi l'état selon elle de l'Île aux Ours, où elle dressait un bilan clairement négatif, voir catastrophique. Certes, l'endroit ne disposait pas de grandes ressources, le Sombreloup le savait. De même, l'épidémie avait frappé tout le continent, aussi il n'était pas étonnant que le fief des Mormont s'en était vu également touché. Bien que d'après lui cela devait être dans une moindre mesure que sur la partie continentale, le fait de se trouver aussi proche du Mur, se trouvant de plus au coeur de la Baie des phoques et donc empêchant des déplacements trop faciles se montrant comme un frein aux arrivées du virus et donc à la contagion. Mais bon, il ne suffisait après tout que d'une victime pour que d'autres ensuite puissent être touchées et participer à la propagation de cette affreuse maladie qu'était la Fléau de Printemps.

Enfin, pas étonnant de penser que c'était au final partout le même constat. Cette épidémie avait frappé durement partout où elle était parvenue à s'infiltrer... Suite à cela, d'après ce qu'en disait Maege, de nombreux villages avaient été désertés, et leur île nécessiterait d'être en partie repeuplée s'ils désiraient la rendre productive à nouveau. Cela laissa un instant le sire de Winterfell perplexe. Autant point de vue vivres que moyens financiers, il pouvait se permettre de venir en aide aux Mormont. Par contre... Il ne pouvait forcer personne à déménager pour ces contrées et s'y installer ! Il n'avait tout simplement pas le pouvoir de décider pour d'autres sur cette question, et les seuls qu'il pourrait envoyer se trouvaient être les repris de justice qui eux étaient tout désignés pour le Mur, ou nulle autre destination que la prison ou le cimetière. Non sans être passé par le gibet au préalable dans ce dernier cas, bien sûr. Pas certain que le gibier de potence soit exactement ce qu'entendait Maege lorsqu'elle réclamait quelques colons...

Mais alors que le lord Stark s'apprêtait à répondre, elle parut avoir une nouvelle idée, qu'elle s'empressa alors de leur exposer. Et plus particulièrement à Cerden, dont elle réclama l'aide, pensant qu'avec ses relations dans le Sud il pourrait relancer le commerce de l'Île aux Ours. Il y avait de l'idée, mais ça sortait là de ses compétences et ne l'intéressait donc plus réellement. Aussi attendit-il alors qu'elle fasse un récapitulatif qui se voulait conclusion avant d'en dire ce qu'il en pensait de manière concise.
    En ce qui concerne les vivres et les finances, Winterfell peut vous apporter un modeste coup de main, sans trop de problèmes tant que vous n'êtes pas trop gourmands. Pour le reste par contre, je ne peux forcer la main à personne. Cependant, l'on devrait pouvoir réussir à y attirer quelques hommes d'armes ainsi que peut-être un charpentier ou deux en promettant de la main d'oeuvre suffisante et un salaire correct, même si le cadre ne leur paraîtra sans doute pas très attirant. Je verrai ce que je peux faire...
    Pour le reste... Et bien, je suppose que mon frère est bien mieux placé que moi pour voir avec vous ce qui est faisable pour votre idée commerciale. Je dois avouer que je ne goûte que peu à ce genre de discussions et de plus... j'ai grand besoin de me dégourdir les jambes !
Comme pour appuyer ses mots, Beron se redresse, avant de s'incliner légèrement en guise d'excuse. L'on verrait les détails plus tard, du moins pour sa part.
    J'espère que vous ne prendrez pas cela comme affront insultant, mais je vais vous laisser seule avec Cerden pour vous laisser discuter autant qu'il sera nécessaire de vos plans. Et puis... je pense que sa compagnie vous sera plus plaisante que la mienne, ma lady !
Un petit sourire plein de sous-entendus. Après quoi il ne laisse plus entendre que les bruits de ses bottes alors que ses pas l'éloignent vers la porte... Un peu d'entraînement devrait lui faire le plus grand bien après avoir tant bavardé...

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