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[PV Torben] Les voyages ont leur lot de curiosités

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Message Mar 12 Juil 2011 - 22:09

Il n’avait pas chômé. Tel était le constat que l’on pouvait dresser concernant lord Leslyn Tarly seigneur de Corcolline. En parcourant ses terres il avait pu constater de ses yeux propres que le Fléau de Printemps et la sécheresse avait prélevé un tribut plus lourd qu’escompté. Mettant en œuvre une des leçons enseignées par le feu lord Adamar Tyrell, il avait multiplié les contacts directs avec les paysans et les familles endeuillés : un seigneur se devait de travailler son image auprès de ses gens afin de perpétuer leur confiance et de s’assurer de leur loyauté. Son père ne lui avait que trop conté le sort de ceux qui avaient poussé l’arrogance jusqu’à mépriser leur propre peuple et Leslyn était déterminé à ne pas faire les mêmes erreurs. « Ne fais jamais d’erreur… » le visage de marbre aux traits burinés de son père lui apparu soudain, vague souvenir enfoui d’une mémoire endormie. Des erreurs il avait eu gré de ne pas en faire en s’occupant de la situation avec les pillards Dorniens des Montagnes Rouges. La famine provoquée par la sécheresse avait forcé la vermine à sortir de son terrier et il avait été avisé de les attendre : « le général éclairé anticipe la manœuvre adverse afin de forcer l’ennemi à s’adapter à son propre plan ». Ce qui c’était ensuivi avait davantage relevé de la boucherie que du véritable combat. Affamées, mal équipées et visiblement exténuées, les bandes successives de pillards n’avaient offerts que peu de résistance. Cette menace écarté pour le moment-lord Tarly ne se faisait aucune illusion sur l’existence de survivants résidant encore dans les Montagnes-il avait pu sauvegarder les récoltes fragiles et soulager les villageois du poids que représentait la présence de ses troupes en garnison.

Des troupes qu’il lui fallait à présent occuper et entretenir, or il était bien décidé à ne pas faire supporter à ses terres seuls un tel poids. Corcolline et ses régions étaient encore riches mais en proient à un début de famine et se remettaient à peine du Fléau. S’ajoutait ces nouvelles d’incursions des pirates Fers-Nés sur les côtes. Les échos des événements concernant les raids sur la Treille et la razzia de Belle Île ne tardèrent pas à arriver à ses oreilles. Il n’en fallait pas plus pour considérer que le Bief était à présent en guerre, Leslyn connaissait suffisamment son ami lord de Hautjardin pour deviner sa décision. Lord Tarly n’allait quant à lui pas attendre la venue de la jolie et mignonne « milice » de volontaires dépêché par la Main du Roi, l’occasion était trop belle de se créer de nouvelles dettes et de s’ouvrir des opportunités. Son défunt père n’avait jamais su saisir ce genre de chance pour la maison Tarly de poursuivre son ascension. Il entendait laisser à son fils plus qu’il n’avait reçu. Le seigneur de Corcolline ne considérait pas cette expédition contre les Fers-Nés comme un acte inconsidéré, il avait mûrement réfléchi à son choix et c’était consciencieusement informé sur leur adversaire. C’est ainsi qu’il faisait route vers Salvemer, qui se présentait comme la prochaine cible juteuse de ces pirates, à la tête de ce que l’on pouvait aisément désigner comme une armée forte de cinq cent chevaliers montés et de deux mille cinq cent fantassins.

Le lord avait laissé une garnison suffisamment forte à Corcolline pour assurer sa défense et après une semaine de route harassante il avait établi un campement de base aux abords de Vivesaigues. La garantie formelle de ne se sustenter que sur ses propres réserves avait tranquillisé les instances dirigeantes du Conflans qui ne tenaient guère à voir leur propre pays dévasté servir de garde manger à pareille armée. C’est donc dans sa propre tente de commandement que lord Tarly tentait à présent de mieux faire le point sur sa situation actuelle, tout en savourant le plaisir de délasser ses jambes douloureuses dans un bain tiède. Après une semaine de voyage ses troupes devaient savourer un repos bien mérité. Leslyn avait veillé à les ménager tout au long de leur périple de façon à en disposer frais et d’attaque une fois à Salvemer, une longue route les attendait encore et il connaissait que trop bien les affres des conditions du soldat sur la route pour leur procurer tout le support nécessaire. C’était ce genre de mesure qui permettait de gagner des batailles, autant que de s’assurer le support enthousiaste et réel des hommes. Ainsi le lord du Bief veillait à se tenir au courant de l’état de ses soldats et de leur moral, son indicateur le plus fiable étant son page qui frottait actuellement sa cotte de maille d’un air balourd tout en parlant distraitement.

« Aujourd’hui vieux Wil a cassé trois dents à Pyp Boule-en-Quatre, pour une question de triche aux dés je crois. Acken a parié trois cerf qu’il serait le premier à tué un Fer-Né à la hache. »

La plupart de ce qu’il lui rapportait étaient des anecdotes sans importance mais l’ensemble lui permettait de se faire une opinion sur ce que l’on se disait autour des feux et surtout ce que l’on pensait de lui. Il n’était pas aisé de faire traverser la moitié du Bief et des Conflans à des hommes de Corcolline sous prétexte de faire la guerre à quelques obscurs pirates inconnus. Ses harangues concernant la « mise en jeu de l’honneur du Bief honteusement attaqué sur son territoire » et des « horreurs perpétrés par ces odieux pirates » suffisaient à leur maintenir le sang chaud, mais pour combien de temps encore. Leslyn soupira longuement et se décida à sortir de ce qui était devenu un nid par trop douillet. Dans un grognement il émergea de l’eau dans une succession de clapotis et d’écoulements bruyants. Le jeune garçon quitta précipitamment son travail pour lui donner de quoi se sécher et lui mettre à disposition ses vêtements qui se constituait d’une tunique à tissu grossier mais épais où figurait ses armoiries. Tout en s’habillant le lord s’adressa promptement au page d’une voix sèche qui n’autorisait aucune contestation.

« Vas me chercher ser Allister et ser Kelbor ainsi que mon fils. »

Il lui était inutile de lui donner la raison du pourquoi, elle était évidente même pour un garçon aussi balourd. Il acquiesça et quitta précipitamment la tente. Alors qu’il s’équipait de son ceinturon et de son épée, sans laquelle il ne se considérait jamais comme tout à fait entier, une curieuse compagnie vint écarter les pans de sa tente pour lui présenter un visage singulier.

[HRP: si le seigneur de Vivesaigues me lit, ou sa Régente, je leur prie de m'excuser de ne pas les avoir contacter mais je tient à préciser que je me tient aux abords de la ville et que j'ai considéré que les liens unissant la maison Tyrell et la maison Tully étaient suffisants pour autoriser la présence d'un vassal du Bief. Encore une fois je m'excuse s'il y a eu le moindre problème]


Dernière édition par Leslyn Tarly le Dim 17 Juil 2011 - 20:36, édité 2 fois
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Message Dim 17 Juil 2011 - 13:04

    J’avais marché longtemps. Des jours, des nuits. Parfois, sans m’arrêter des jours durant. Rapide, j’avais fait mes preuves dans ce genre d’environnement. Evitant de me retrouver ralenti par les hommes, j’avais coupé à travers bois et forêts. J’y avais trouvé de quoi survivre sans dépenser le peu d’argent que j’avais sur moi. Bien sûr, cela avait encore un peu plus ralenti ma marche. Du daim, du cerf à l’occasion. Mais le plus souvent, des perdreaux, des poules d’eau. Quelques faisans. Surtout, des lapins et des rongeurs de toutes sortes. Filandreux, malingres, à la viande infâme. J’avais mangé, sans penser une seule fois à me plaindre. Je devais me dépêcher d’arriver dans le Conflans, me retarder ne faisait que multiplier les risques de tomber sur les désoeuvrés et les bandits qui pulullaient dans les bois attenants aux grandes routes du royaume. J’avais connu la faim, à défaut de retrouver la soif. L’eau était abondante partout, dans cette région. Cela me rappelait le nord. Même en hiver, cela ne posait aucun problème de trouver à boire. Il suffisait d’allumer un feu. Et si on en était capable, ne restait plus qu’à faire fondre de la neige ou de la glace, surabondantes partout où notre regard pouvait porter. Je gravissais à nouveau une pente, pour voir de l’autre côté de la colline. Le froid ne m’atteignait pas. J’avais connu bien pire que la fraîcheur et l’humidité de cette nuit. Mes épais vêtements de cuir, de laine et ma cape de peaux, faisaient en sorte de me prémunir contre tout risque d’affaiblissement par le froid. Je tirais mon arc de mon dos pour bien le tenir en main. Je savais déjà ce qu’il se trouvait derrière cette ligne de crête.


    Une armée en marche. Au moins des centaines d’hommes, sinon des milliers. Les colonnes de fumée et les lueurs des feux que j’avais aperçu sur une colline plus lointaine ne mentaient pas. Si un considérait une colonne pour dix hommes, il devait y avoir là un ost plutôt conséquent. Et pas une bande de brigands ou simplement des voyageurs. Je savais que les sept royaumes étaient en guerre. Contre les Fers Nés, guerre à laquelle j’allais me joindre. Je ne savais cependant pas du tout qui pouvait se trouver à proximité de cette route, si près de Vivesaigues et sur la route de Salvemer. Je ne pouvais pas dire que je n’avais pas ma petite idée. Après tout, cette armée montait du sud. Du bief, ou de Dorne. Pas des terres de l’orage, ça j’en étais au moins certain. Est-ce que Hautjardin avait envoyé son ost ? Je n’en savais rien pour le moment. Si c’était le cas, cela voulait dire que le Conflans, les Terres de l’Ouest et le Bief étaient en guerre. Les Fers Nés ne pouvaient pas gagner. Pas avec les trois royaumes les plus riches et populeux. Sans compter que l’on prêtait à ces seigneurs la disposition d’une flotte nombreuse en plus de leurs armées. Je devais aller voir ce dont il retournait. Peut être pourrais je me faire embaucher comme guide, pisteur ou éclaireur ? je connaissais assez mal la région, mais j’étais plus que beaucoup apte à conduire une armée, y compris au sein de reliefs et de sombres forêts. Si je pouvais monnayer mes talents en plus de prouver ma loyauté à Westeros et ses habitants, pourquoi pas ?


    On me héla à l’entrée du camp. Aucune fortification, l’armée était donc certaine de ne pas être attaquée si loin à l’intérieur des terres. Je comprenais que cela ne soit pas vécut comme une priorité de se protéger par les commandants de ces hommes. Cela me permettait aussi de me rendre compte que si ces gens ne suspectaient aucune attaque, alors sans doute était ce parce qu’ils considéraient se trouver en terre alliée. Des gens du sud, ma main à couper. Plutôt circonspects, les gardes pointèrent vouges et lames dans ma direction, me demandant qui j’étais, et ce que je faisais ici. Je ne mentis pas. Torben. Juste Torben. Chasseur et pisteur originaire du nord. Offrant mes services au seigneur commandant de cette armée dans la guerre contre les Fers Nés. On murmura à l’espion. J’avais peine à croire que mon existence relativement pauvre et solitaire allait se terminer ici, pendu par ceux que j’étais venu rejoindre. Me mettant à leur place, je me rendais néanmoins compte que je pouvais sembler suspect ; les Fers Nés devaient bien avoir leurs espions. On me conduit néanmoins vers le centre du camp. Vers l’un des supérieurs sans aucun doute. On ne me priva pas de mes armes, mais j’étais encadré par un peloton de quatre hommes d’armes, tous porteurs d’armes d’hast, et bien décidés à s’en servir. Je profitais de la petite escapade pour continuer mes estimations. Plus de deux mille hommes. Archers, vougiers, fantassins, et j’entendais aussi le hénissement lointain de chevaux. Des chevaliers. Impossible de deviner leur nombre, mais l’ost était considérable, sans être pour autant la plus grande armée que j’aperçus de mon existence.


    Les pans d’une grande tente s’écartèrent, laissant passer un homme grand et barbu, aux cheveux longs. Il sentait le noble seigneur à plein nez. Je posais un genou à terre, histoire de ne pas aggraver mon cas. Les sergents d’armes prévinrent de mon cas. Je relevais finalement la tête.



    | Seigneur, je suis Torben. Je suis chasseur et pisteur. Je suis venu de Port Réal pour m’enrôler en tant que mercenaire dans les éclaireurs des armées coalisées contre les Fers Nés. Je ne suis pas un espion à la solde du Pyk, je le jure sur … |


    J’allais dire mon honneur mais m’attendant à une rebuffade sur mon état de gueux, je m’empressais de terminer.


    | le Nord. |

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Message Dim 17 Juil 2011 - 21:06

Si le seigneur de Corcolline était étonné ou surpris il n’en fit pas montre un seul instant. Son masque imperturbable ne se fissura pas un seul instant alors qu’il examinait d’un œil froid ce visiteur improbable. Il affectait des manières dociles qui indiquaient que l’homme était conscient du danger de sa situation. Tout en écoutant silencieusement ce qu’il lui disait il le détailla méthodiquement du regard. Le cheveu sombre, la barbe touffue et épaisse lui recouvrant une grande partie du visage et un air sauvage et coriace caractéristique des hommes habitués à vivre à la dure. Avec son aspect sale et sa figure crasseuse on aurait pu le désigner à s’y méprendre comme un banal mendiant de grand chemin, mais Leslyn devinait l’homme de guerre et de traque derrière ces yeux fauves. Il pouvait voir la force de ces bras et le rugueux des mains plus habituées à tenir l’épée ou la lance qu’à quémander l’aumône. S’il n’était qu’une seule qualité que le lord de Corcolline aurait pu se réclamer c’était celle de savoir connaître un homme. Celui-ci était vêtu d’une façon bien trop élaboré et pratique pour n’être qu’un banal voyageur, mais le ton de sa voix et ses intonations honnêtes ne le désignaient pas pour autant comme un ennemi. Un chasseur-pisteur originaire du Nord et venant de Port-Réal ? En voilà une version qui ne tenait pas la route.

D’un mouvement de la tête il renvoya les soldats qui n’eurent pas même l’idée de protester, par trop habituer à obéir à leur seigneur, même s’il pouvait lire leur répugnance et leur suspicion. On pouvait parier à coup sûr qu’ils resteraient à une distance respectable de la tente. Tirant une chaise pour y poser son séant, Leslyn montra au nouveau venu une chaise.

« Un homme qui n’a rien à se reprocher n’a pas à s’agenouiller. Prenez donc place à ma table, vous devez peut être avoir faim, je suis votre hôte. »

Pointant un regard noir sur celui qui se présentait lui-même comme étant le dénommé Torben, le lord du Bief le regarda prendre place avant de lui proposer de sa main propre une miche de pain assez large pour s’en faire un tranchoir. Sans prévenir il dégaina une dague qu’il posa doucement, presque délicatement, à porté de main sur la table. C’était une manière de prévenir qu’il était tout à fait disposer à lui trancher la gorge au moindre geste suspect, mais les menaces muettes étaient toujours les plus efficaces. Néanmoins voilà qu’il allait partager le pain et le sel et Leslyn espérait vaguement que les lois de l’hospitalité l’obligerait à se tenir correctement, il n’avait nullement envie d’égorger qui que ce soit ce soir. Cependant s’il était un Fer-Né il y avait de fortes chances pour que les lois de l’hospitalité ne figurent pas dans ses traditions. Le considérant toujours aussi silencieusement, il se frotta les mains et entreprit de commencer à parler.

« Vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes en guerre, aussi vous comprendrez que toute personne est un suspect potentiel, vous comprendrez donc également votre traitement. Vous m’apparaissez comme quelqu’un de foncièrement honnête toutefois et votre tête m’est sympathique, je serais désolé de devoir la mettre au bout d’une pique après vous avoir torturé à mort. »

Achevant sur ces mots funestes, le noble s’empara d’une moitié de miche de pain qu’il commença à vider de sa mie pour la fourrer à gestes lents dans sa bouche et commencer la mastication, comme si de rien n’était.

« Je vous enjoins donc à ne pas me mentir et vous montrez aussi honnête que le suggère votre figure, Torben le chasseur-pisteur. »

Amenant le bol de ragoût sur la table il remplit son tranchoir et en dévora une bonne partie tout en réfléchissant, sans quitter du coin de l’œil les moindres mouvements de son interlocuteur. Il avait l’air d’être ce qu’il disait en tout cas, il pouvait le voir…et le sentir. Leslyn était lui-même un chasseur expérimenté et il savait en reconnaître un lorsqu’il en avait un sous les yeux. Mais ça ne voulait rien dire pour autant, un soldat valait bien un traqueur sur le plan de l’aspect. Rien ne disait qu’il n’était pas un espion, même s’il s’en défendait. Ne l’avait-on pas après tout attrapé alors qu’il rôdait autour du camp ? S’il avait été honnête il se serait présenté clairement. Mais le lord de Corcolline réussit à déduire par lui-même qu’on ne lui en avait peut être pas laissé l’occasion. Il venait du Nord d’après ses dires…tous les gueux des routes ressemblaient à des hommes du Nord pour lui. Des barbares crasseux à peine éduqués se traînant avec leurs guêtres de cuir et de fourrures, avec pour seul culotte leur honneur. La route était longue entre le Nord et Port-Réal, où on levait bel et bien une milice, il avait donc pu être attiré par la récompense. Il l’interrogea donc d’une voix où sourdait la menace.

« Dites moi Torben le chasseur, que fais un homme du Nord si loin de sa région ? Faire le chemin de Port-Réal seul et ensuite venir s’aventurer jusque dans le Conflans pour chercher de l’embauche…J’avais entendu parler du légendaire enthousiasme et amour de la guerre des gens du Nord mais pas à ce point. Vous comprendrez que je ne peux vous juger sur votre seul bonne foi. Dites moi donc ce qui vous a motivé pour vous risquer seul sur les routes et si loin de chez vous. L’amour de l’or vous a emmené si loin ? Vous n’avez donc pas de seigneur à servir dans ce Nord si lointain ? Pas de famille ? Ne dis-ton pas que ces Stark de Winterfell aiment à s’entourer d’hommes de valeur ? A moins que vous n’en soyez pas un Torben le chasseur. »

Autant le presser et le pousser à bout songea froidement Leslyn qui essuyait ses mains graisseuses sans quitter du regard son invité. Il voulait connaître son histoire à celui là, le bien fondé de ses intentions et pourquoi pas, à quoi il pouvait lui être utile.
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Message Jeu 21 Juil 2011 - 21:25

    J’avais véritablement l’impression d’être étudié quand je remarquais que le seigneur commandant cette armée me dévisageait. J’avais l’impression d’être mis à nu. Comme si je ne pouvais rien cacher. Comme si j’étais bloqué sous ce regard inquisiteur. Je ne savais trop quoi en penser. Mais je ne baissais pas les yeux. J’avais connu plus intimidant dans mon existence. Je ne lisais de toute façon nulle hostilité déclarée dans ce regard que l’on me lançait. Je n’étais pas pour autant extrêmement à l’aise. La prudence m’avait toujours permis de rester en vie. Je ne vois vraiment pas pourquoi j’aurais pris le risque que les choses puissent changer. L’homme jeta un regard à ses soldats et leur intime l’ordre de nous laisser. Je ne savais pas si je devais y voir un bon ou un mauvais présage, aussi laissais je venir les choses, de sorte à ne pas me bercer d’illusions qui risqueraient de me coûter par la suite. Je ne voulais absolument pas subir de déception. Encore moins si celles-ci s’avéraient douloureuses. Ou fatales. Le seigneur m’indiqua une chaise alors qu’il s’asseyait lui-même. Je ne voulais pas passer ni pour un simple d’esprit ni pour quelqu’un qui était trop révérencieux, à la limite de la suspicion. Je devais faire attention certes, mais je savais tout autant que je devais me conformer toujours aux désirs de mes supérieurs. C’était cela qui m’avait permis s longtemps de jouir de ma propre existence. Ne pas faire de vagues, ne pas aller à contre courant. Je ne savais pas quoi dire ni répondre, aussi me contentais je simplement d’incliner la tête dans le temps que me prit le chemin vers la chaise, où je m’assis. Cela soulagea instantanément mon dos. Je n’avais plus pris la peine de m’asseoir sur quelque chose d’aussi droit qu’une chaise, depuis plusieurs semaines. Parfois adossé contre un arbre, j’avais encore meurtri mon dos. Il avait l’habitude.


    Les manières du Lord me semblaient emplies de sous entendus. De toute évidence, il voulait me faire comprendre que c’était lui le chef. Pas de problème. J’avais saisit. Je notais cependant que l’homme jugeait nécéssaire de tirer une lame sur la table. Aussi courte soit elle, la menace était évidente. Et si je ne devais pas y voir une menace, au moins un signe de prudence, ce type n’avait pas confiance en moi. Normal. Je n’avais pas confiance en lui. Les lords étaient d’humeur changeante, et capable des pires extrémités si on les fâchait. Alors, je ne relevais pas, mais attachais un instant mon regard au couteau, de sorte à ce que l’aristocrate puisse bien comprendre que j’étais bien conscient de la situation tout comme du message que l’homme venait de me passer. D’ailleurs, je comprenais la subtilité de la situation. Nous allions rompre le pain ensemble, donc j’étais théoriquement sous sa protection. De même, j’étais sous la menace de son arme si je ne respectais pas ce drôle de statu quo qui m’avait été imposé, mais que je ne repoussais pas pour autant. Bien entendu, l’homme fit bonne mesure en me mettant en garde. Je ne savais toujours pas réellement d’où venait son armée, même si le Bief semblait être un candidat tout désigné. Trop pâles pour être de Dorne. Et pas le même genre de troupes que celles déployées plus au sud, d’après ce qu’on disait. Je n’osais pas toucher au pain. Pas pour l’instant. De une, je n’avais pas super envie de manger après pareil discours plein de menaces sous entendues. De deux, je voulais lui montrer que j’étais prêt à renoncer aux lois de l’hospitalité, et donc à toute protection, pourvu que je lui prouve que je n’étais pas un menteur.



    | J’espère donc ne pas vous décevoir, Monseigneur. |


    Je m’efforçais de rester le plus impassible possible, même si je ne pus me retenir de prendre une grande bolée d’eau. J’en bus une bonne partie, puis repoussait le récipient. Le Lord prenait son repas sans un bruit, alors que finalement, il trancha le silence. Nous en venions au fait. A la raison de ma présence sous cette tente. La raison de ma présence ici tout court, d’ailleurs. L’heure de l’explication.


    | Ce n’est pas à moi de le dire, Seigneur. Je viens effectivement du nord. J’ai été un temps garde à Winterfell, si cela vous parle. J’ai combattu à Lonlac contre le roi sauvageon. Puis, par la … force des choses, je suis devenu trappeur. Il y a quelques mois, j’ai eu l’espoir un peu fou de tenter ma chance plus au sud. J’ai fait mes œuvres dans le Trident, puis suis descendu à Port Réal, espérant vendre à prix d’or fourrures d’ours et de loup. Déception cruelle, qui m’a laissée sans le sou. J’ai finalement décidé de revenir sous les drapeaux. On disait que la guerre contre les Fers Nés couvait dans le Conflans, je suis donc venu ici chercher un emploi. Proposer mes services autant de pisteur que de fourrageur, d’épéiste tout comme d’archer. Et pour vous répondre, non je n’ai pas de famille. Ce qu’il me restait de mon enfance est mort à Lonlac il y a bientôt douze ans. Ais je répondu à vos questions, ou votre curiosité reste t’elle à satisfaire, Monseigneur ? |

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Message Ven 22 Juil 2011 - 16:01

Le lord écouta religieusement son interlocuteur, paré à toute éventualité, jaugeant son honnêteté et jugeant son ton. Il semblait au moins avoir compris qu’il n’était pas dans son intérêt d’agir inconsidérément. *Un homme vraiment intelligent* pensa de nouveau Leslyn en soulignant ce fait qu’il avait déjà observé chez le trappeur. Même si l’on ne pouvait exactement qualifier « d’intelligence » le fait de se tenir à carreau en présence d’un seigneur armé et prêt à se servir de son arme, il avait déjà vu des manants faire preuve de moins de prudence. Sa voix avait les intonations que l’on attendait d’un homme qui dit la vérité, lord Tarly avait suffisamment mené d’interrogatoires pour savoir quand on lui mentait. Il essuya ses doigts graisseux tout en l’écoutant en silence. Lorsqu’il eut fini il en savait suffisamment pour délibérer consciencieusement sur le cas de cet homme. Assurément il n’avait rien d’un espion Fer-Né, trop franc et trop honnête pour faire un bon espion, les détails qu’il lui donnait semblaient également irréfutable. Il ne s’était pas trompé en devinant le guerrier dans cet homme là. Un quelconque reître du Nord en quête d’or à se mettre sous la dent était en définitive plus vraisemblable qu’un espion Fer-Né se baladant si loin en territoire ennemi. Il avait l’air suffisamment coriace de surcroit pour avoir accomplis tout ce qu’il disait avoir fait.

Néanmoins Leslyn n’étais pas aveugle au point de ne pas voir qu’il lui cachait nettement une partie de son passé. Il avait cité Lonlac et une bataille contre des sauvageons. La seule chose que lord Tarly connaissait des sauvageons était qu’ils se trouvaient du mauvais côté du mur. Mais il n’était pas ignorant de l’invasion du Nord par ce « Roi d’au-delà du Mur », cela remontait à plus de dix ans à présent et son interlocuteur ne paraissait guère vieux. Avait-il officié comme un quelconque auxiliaire ou écuyer ? Peut être avait-il en face de lui un quelconque déserteur de la Garde de Nuit. Mais son passé semblait suffisamment lourd et le gaillard des plus insignifiant pour que le seigneur de Corcolline s’abaisse à s’interroger davantage. Peu lui importait qu’un déserteur de reître vienne à se joindre à sa troupe-où on le tiendrait sous bonne garde- ou aille crever sur les routes. Il décida donc de ne pas pousser plus loin l’investigation, se contentant de pousser vers son interlocuteur un plat de venaisons avec une insistance calculée. Le lord rengaina sa dague et entrepris de se chauffer les doigts près de la flamme large d’une bougie. Il acquiesça lentement et brisa bientôt le silence pesant qui s’était installé.

« Je vous crois Torben homme du Nord. Les gens de votre espèce ne sont pas rares en ces temps troublés, et je suis sûr que vous comprendrez qu’il a été aisé de vous confondre avec quelques malandrins. »

*Et encore plus aisé de te pendre pour la forme* songea sombrement le lord du Bief à qui la tiédeur de la flamme eut tôt fait de réveiller dans ses articulations de vieilles douleurs. Aussi honnête que semblait être ce Torben, pour un homme de guerre comme Leslyn il n’était qu’un rapace du champ de bataille monnayant ses services contre de l’or. Ces gens là n’étaient attachés ni par un serment, ni par l’honneur. Le genre d’instrument qu’on utilisait sur le champ de bataille de bon cœur mais des plus imprévisibles. Si ce chasseur trappeur ne semblait pas faire partie de cette race de tranche-gorges de grand chemin, il ne lui plaisait pas pour autant de le garder plus longtemps en sa compagnie, mais il jugea en stratège avisé qu’il n’était pas négligeable de s’adjoindre les services d’un vétéran mercenaire que personne ne pleurerait. Alors qu’il allait parler de nouveau les pans de la tente s’écartèrent vivement pour laisser entrer un messager au teint rouge et visiblement essoufflé par une longue course. Il arborait la fleur des Tyrell et posant un genou à terre il présenta sans mot dire une missive cachetée. Le lord dédaignant son invité s’empara de la lettre, intrigué par cette intrusion intempestive. Il s’assura d’un œil acéré que le sceaux était intact.

Le relief de la fleur Tyrell était clairement visible sur la cire rouge carmin. Leslyn anticipait avec froideur le contenu de la lettre. Un message frappé du sceaux même du seigneur de Hautjardin et apporté par cavalier cela ne pouvait signifier qu’une chose. D’un coup de lame qui glissa entre la cire et le parchemin, il en eut la confirmation. L’écriture fine et délayée qu’il avait déjà vu des centaines des fois et qu’il reconnut comme celle du mestre de Hautjardin, s’étalait devant ses yeux et transmettait un simple et unique ordre. Le seigneur de Hautjardin, suzerain du Bief, lord Leo Tyrell lui ordonnait de revenir pour remplir ses obligations « de conseil et d’assistance ». Malgré lui, un frisson parcouru l’échine du lord de Corcolline. Cet ordre ne pouvait être que le prélude à la convocation du ban. Le deuxième feuillet du message contenait des précisions plus explicites et étaient écrites de la main même de son ami. Il lui faisait part de troubles internes près des Marches de Dorne et du besoin de troupes fraîches pour sécuriser les côtes du Bief. Leslyn se contenta de lire en diagonale avant de décider qu’il lirait la missive entièrement à tête reposée. Il renvoya donc le messager en ordonnant de lui donner de quoi se restaurer. Il revint près de son invité et la lettre toujours en main lui déclara abruptement.

« Vous serez peut être aise de savoir que le Bief va peut être se mettre sur le pied de guerre. Nous en aurons sans doute fini avec les Fers-Nés avant que n’acheviez votre périple. Quoiqu’il en soit, le Conflans devra attendre pour nous. Mon armée va s’en retourner là où mes obligations m’attendent. Je vais néanmoins dépêcher une quinzaine de chevaliers vers Salvemer où l’on dit que le suzerain du Conflans se trouve. »

C’était une moindre mesure que de par ce simple geste assurer la maison Tully du soutient du Bief et de s’informer par la même occasion de la situation actuelle, même si cela relevait davantage du symbole. Il plia soigneusement la missive qu’il rangea dans un étui de sa ceinture prévu à cet effet, l’esprit encore préoccupé par ce qu’il avait lu, et vint se placer derrière le siège qu’il avait occupé.

« Si vous êtes toujours décidé à pousser vers le sud ou les côtes, rien ne vous empêche de vous joindre à cette troupe, je ne vous garantis pas de dragons sonnants et trébuchants mais de quoi vous nourrir et de ne pas mourir seul sur la grand-route à la merci de brigands. »

Leslyn n’était pas contre le fait d’adjoindre un renfort supplémentaire à cette expédition diplomatique et il ne lui en coûtait guère que de prendre ce Torben comme homme d’armes pour la durée du voyage, il semblait pouvoir se débrouiller avec une épée et son expérience serait sans nul doute utile.

« Ensuite libre à vous d’aller vous faire tuer pour quelques dragons, je ne doute pas que vous trouverez de quoi faire besogne là-bas. »
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Message Dim 24 Juil 2011 - 16:41

    En quelques sortes, on pouvait dire que j’étais en train d’attendre le verdict. Est-ce que j’avais été cru, est ce que j’étais resté crédible ? Aucune idée. La question était plutôt : est ce que je vais mourir maintenant ? Je ne le pensais pas. Rien dans l’attitude du sire ne me donnait l’impression qu’il allait ordonner à ses hommes de me pendre ou de m’étriper. Remarque, dans une si belle tente, cela aurait fait désordre. Surtout pour un noble. Vous imaginez un conseil de guerre entre chevaliers au milieu de tripes sanguinolentes et de restes humains divers ? Je vis l’homme pousser du bout des doigts un plat généreusement garni de nourriture. Cherchant son regard, je n’y lus nulle duplicité. Etrange d’offrir à manger à un type avant de le tuer, n’est ce pas ? J’escomptais donc pouvoir manger en paix. Gratis, qui plus est, et même pas trouvé et préparé par mes soins. Je remerciais le seigneur d’un signe de tête avant de m’attaquer au plat qui m’était présenté. Je m’intéressais surtout à ce que je n’avais que rarement l’occasion de manger. Du lard, du râgout. Ce genre de choses. Je mangeais avec les doigts sans me soucier d’y aller proprement ; l’homme ne s’attendait pas à mes bonnes manières de toute façon. Je sortais néanmoins ma dague pour me couper un morceau de pain, et rompre la viande comme il se devait. Alors que la viande fumée emplissait généreusement ma bouche et mon estomac, je me sentais déjà plus serein. Le seigneur me dit finalement qu’il me croyait, et me reconnaissait comme homme du nord. Je ne sentais nulle rouerie dans le ton qu’il employait. Les gens de mon espèce ? De quoi parlait il ? De mon état de roturier, de vagabond, ou de reître ? Je n’en savais rien du tout, je n’étais pas sûr d’apprécier le ton avec lequel l’homme avait sorti cette phrase, mais je n’étais pas assez fol pour le lui faire remarquer, croyez moi. Des malandrins. Bon, ok. Je me regardais en baissant le regard. Couvert de crasse et de terre. Je faisais peine à voir, même pour moi. mais c’est ce qui faisait de moi un prédateur dans les sous bois. Me fondre dans le décor, que ce soit l’odeur de terre que je me trimbalais, ou mon aspect.


    | Je le reconnais, messire. Passer des semaines dans la forêt ne me permettraient pas de me faire accepter dans la plus petite auberge. |


    Nous fûmes interrompus par l’arrivée d’un messager. Un Tyrell. Je connaissais les blasons, pour être resté un petit moment à Port Réal et d’avoir pu voir de nombreuses familles puissantes du royaume durant mon passage là bas. J’avais toujours eu une excellente mémoire. Donc ce sire était en relation avec Hautjardin. Forcément, s’il s’agissait d’un de ses bannerets. Je n’en savais pas encore assez pour me faire une idée particulièrement précise de l’endroit où je me trouvais, ni avec qui exactement je me trouvais. Je ne parlais pas seulement de son nom, c’était entendu. L’homme brisa le cachet et lut la lettre. Je ne cherchais même pas à regarder le courrier. Je savais que cela serait horriblement mal perçu, sans compter que l’on pouvait difficilement me prêter des talents de lecteur. Je n’avais même jamais appris, bien qu’à la longue je reconnaissais des mots écrits. Souvent à cause du nom des auberges ou des échoppes. Mais je n’étais pas vraiment bon, comme espion. Finalement, l’homme revint et me déclara que le Bief allait rentrer en guerre. Au moins était il convaincu que je n’étais pas un espion, sinon il ne m’aurait jamais donné une information aussi importante, cela au moins, c’était certain. Il me donna également les informations sur ce qu’il allait faire… D’un coup, cela enclencha ma suspicion. Me prenait il finalement, envers et contre tout, pour un espion ? Me donnait il de fausses informations dans l’espoir que je les communique à mes sombres maîtres ? Je n’en avais aucune idée, pour le coup. Ah. Voilà l’offre. Je devais me montrer assuré, pour ne pas laisser de doutes sur la commodité de mes talents pour une armée en marche. Là bas ? Vers où, exactement ? Je devais avoir plus d’informations. Je reposais la viande que j’étais occupé à découper.


    | D’accord. Si vous souhaitez m’embaucher, vous devez savoir ce que je sais faire. Je sais lire une carte et l’interpréter. Je sais aussi vous cartographier sur un plan tous les endroits les plus aisés pour l’ennemi de tendre une embuscade. Je sais aussi reconnaître le terrain. Je travaille mieux seul, ou en groupe restreint. Sur les flancs ou la tête de l’armée. Je sais pister, je sais aussi reconnaître les signes avant coureurs d’une attaque ennemie ou les signes de passage d’autres troupes, même réduites. Je sais moi-même tendre des embuscades ou poser des pièges. Ou les détecter, cela va de soi. Je peux aussi faire fonction de fourrageur ; sachant chasser et pécher pour plus qu’une personne. Enfin, et bien entendu, je sais me battre. Je ne parierais pas sur le fait que les Fers Nés se battent moins bien que les sauvageons, mais mon épée saura leur en remontrer. Par contre, je préfère vous dire messire, pardonnez moi d’avance, que je ne fais rien pour rien. Si vous me recrutez, j’entends être bien payé pour ma besogne. Enfin, si vous êtes toujours intéressé pour me prendre avec vous… Où irions nous ? Il n’était pas dans mes projets de descendre plus au sud, mais contre une prime d’embauche qui en vaut la peine… |

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Message Lun 25 Juil 2011 - 20:01

Ce misérable menaçait de s’étouffer avec sa propre suffisance songea Leslyn en fronçant les sourcils. A peine rassuré sur son sort que voilà qu’il se mettait à lui adresser des « conditions » et à lui déballer ses « compétences ». Devait-il lui faire savoir qu’il connaissait également des hommes très expérimentés pour lui arracher langues et yeux, ainsi que des geôliers très chaleureux qui se feraient un plaisir de l’aider à s’appesantir sur son insolence. Les poings du lord du Bief se serrèrent imperceptiblement et il s’assit devant ce chasseur de rien qui mangeait sa viande et occupait sa table. Il considéra un instant ce que les septons diraient si, envers contre toutes les lois de l’hospitalité, il se laissait tenter à renvoyer cet individu sur les routes attaché à un mulet et complètement nu. Sans doute que la Mère n’apprécierait pas ce comportement. Il fit donc comme à son habitude et écouta jusqu’au bout l’individu, essayant de ne pas songer à la lettre qu’il venait de recevoir et qui semblait lui brûler le flanc. Visiblement il semblait parer pour la guerre et ne semblait pas mentir en racontant son passé guerrier. Vantant son indépendance, il veillait à se placer comme un élément essentiel à une armée. Là où Leslyn lui proposait d’accompagner une maigre troupe, lui semblait être déjà sur le pied de guerre. Il ne savait pas réellement s’il fallait en rire.

« Vous m’avez l’air d’un homme de qualité assurément. Mais je n’envois qu’une petite troupe et je ne pense pas qu’aucun homme sain d’esprit attaquerait une vingtaine de chevaliers en armes. »

Il se versa un verre de vin avant d’en déguster une gorgée.

« Quand à me réclamer un paiement, je pense que vous assurer une sécurité sur la grande route jusqu’à Salvemer est déjà beaucoup. Vous pourrez conserver ce que vous pillerez sur les corps. Mais si vous semblez si sûre d’assurer votre propre sécurité dans un territoire en proie au chaos de la guerre, libre à vous de repartir. »

Il fit jouer le contenu de son verre et plongea son regard dans les yeux du chasseur. Non, il n’avait pas l’air d’avoir besoin d’autres compagnons pour s’en sortir, s’il était réellement capable d’accomplir tout ce qu’il venait de lui déballer. Néanmoins le lord de Corcolline avait déjà assisté personnellement à la mort de plusieurs guerriers aguerris de son acabit, et d’une façon bien plus ridicule. Sur le champ de bataille peut importait votre expérience de tournoi ou vos ressources, ce qui importait c’était l’expérience, les réflexes et une férocité suffisante pour survivre. Combien de grands épéistes ou de noble seigneur avaient péris victime d’une flèche ennemie ? Il évacua ses considérations de son esprit, se concentrant sur son interlocuteur.

« Une troupe partira vers Salvemer, où est sensé se trouver le lord suzerain du Conflans, un certain Edwyn Tully. Le reste de mon armée fera marche arrière vers le Bief, pour soutenir l’effort de guerre et moi-même j’irais à Port-Réal. »

Toutes ces informations n’avaient rien de potentiellement secrètes, une armée en marche était rarement discrète et les rumeurs courraient bon train dans la campagne. Il y avait fort à parier que dans quelques semaines le bouche à oreille, s’il avait lieu, aurait vite fait de déformer la réalité. En évoquant Port-Réal il songea brièvement à la mission qui l’attendait là-bas et qu’il convenait encore d’éclaircir à son goût. Quelque chose le taraudait tout de même, qu’est-ce-qui avait pu pousser un homme tel que lui à monnayer ses si nombreux services plutôt qu’à rentrer au service d’un noble seigneur ? Les mercenaires étaient plutôt rares dans le nord à sa connaissance, pays connu pour sa morale stricte et la rudesse de son honneur.

« Dites moi Homme du Nord, avant que nous en venions à régler cette affaire, qu’est-ce-qui vous a pousser sur les routes ? Non pas que je m’en soucie réellement, mais j’avoue que ma curiosité a été touché. Un homme possédant de si nombreux talents seraient bien mieux lotis au service d’un seigneur. »
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Message Dim 31 Juil 2011 - 16:18

    De toute évidence, j’avais cru que le Seigneur me proposait de me joindre à son armée. Mais non. Juste à une troupe. A quoi servirais je avec des chevaliers servants de messagers ? a rien du tout. Cet homme ne me croyait pas sur ce que j’avançais, ou alors il n’en avait strictement rien à faire. Peut être un peu des deux. Je n’en savais rien. Tout ce que je savais, c’était que je commençais véritablement à me lasser et à me fatiguer de toutes ces palabres inutiles. Comme tous les nobles, lord Tarly n’avait que faire de gueux en sus dans son ost, et ne comptait de toute évidence pas alourdir les frais de sa petite expédition militaire, alors qu’il ne voyait pas les avantages qu’il pourrait potentiellement en retirer. Tant pis. Je n’avais jamais été négociateur dans l’âme, c’était peut être ce qui avait fait de moi un si mauvais marchand quand j’essayais de revendre les peaux et les fourrures que j’avais pu récupérer le long de mes déambulations dans toute la moitié nord de Westeros. Donc, aucun paiement. Je supposais que cela allait clore toute discussion. Hors de question que je travaille pour rien, et risque ma vie pour finir par me retrouver mort de faim une fois de plus une fois la guerre terminée. Je commençais de plus en plus à me dire que ces sudistes étaient tous pareils. Sans doute gagnerais je plus à rejoindre l’ost d’un seigneur du Nord, même si je ne savais pas du tout s’ils s’étaient mobilisés. Rejoindre mon pays natal était peut être finalement le bon moment. Peut être était il temps de mettre fin à cette vie itinérante ? Je n’en savais rien. J’avais tellement pris goût à cette existence d’aventures que je ne savais pas si je serais un jour capable de vivre un jour autrement.


    Lord Tarly me renseigna donc sur l’exactitude de ses plans. C’était vraiment la première fois qu’un seigneur pouvait me parler de la sorte, avec autant de franchise. Difficile de savoir pourquoi, alors que je ne représentais de toute évidence pas grand-chose à ses yeux. Son armée rentrait dans le Bief. Beaucoup de dépenses en or et en temps perdu pour pas grand-chose, si cette armée tournait les talons à peine arrivée à destination. Des chevaliers vers le nord, et lui-même vers Port Réal. Savais je lire entre les lignes si je disais que l’homme était probablement en plein milieu d’un sorte de calcul politique ? Il devait s’être passé quelque chose au Bief pour nécéssiter le retour de cette force armée. Quelque chose d’importance, sinon Tarly ne prendrait pas la peine d’aller régler quelque chose à Port Réal tout en s’assurant de l’amitié des Tully. Mais finalement, le Lord me posa une question, alors que je m’apprétais à prendre congé. Bien sûr, je lui répondis. Je n’avais aucune envie de subir un quelconque empêchement dans mon départ de cette tente puis de ce camp.



    | Mes modestes talents m’ont valu d’apprendre à tirer à l’arc et à chasser aux héritières Mormont, ainsi qu’à servir de guide à une dame de l’Orage. Mais rien de plus. De toute évidence, je ne sais plus convenir à messeigneurs. C’est ainsi. Désormais monseigneur, je vais vous laisser à vos préparatifs. J’ai assez abusé de votre temps et de votre hospitalité. Ma route pour attendre Salvemer est encore longue, quoique je changerais peut être de destination. Je me rends compte que si près du Nord, je reverrais bien mon pays. Adieu, monseigneur. Puissent vos nouveaux dieux vous protéger. |


    Je m’inclinais bien sûr, histoire de ne pas me faire raccourcir avant de sortir. J’étais au moins sûr d’une chose, je n’avais plus de sitôt envie de me retrouver dans l’atmosphère oppressante d’une tente. Le vent me conviendrait bien mieux.

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