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Tu t'en vas, les souvenirs demeurent

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Virginia Redwyne
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Message Lun 13 Mai 2013 - 22:04

     Rencontrer le prince Daeron fut une expérience étonnamment drôle. Plus elle y repensait, et plus Virginia se découvrait de la compassion pour le fils de Maekar, dont la réputation d'ivrogne impénitent n'était pas usurpée. La demoiselle n'était pas sotte et se doutait bien que les fumées s'élevant au-dessus de Peyredragon sont les filles de quelque brasier invisible. Pourtant, en personne à la fois raisonnable et généreuse, elle avait espéré que les racontars et les rumeurs se trompaient. Elle avait attendu une surprise agréable lors de cette rencontre, afin de pouvoir détromper les détracteurs du prince Daeron et malheureusement, ce soir-là resterait gravé à sa mémoire comme la preuve irréfutable de la véracité des bruits courant au sujet du malheureux qui, dans sa misère alcoolisée, succombait à un vice pourtant très répandu. Chez lui, ce défaut prenait des allures monstrueuses, ce qui pouvait surprendre... Daeron n'était pas le seul ivrogne du royaume, et parmi les nobles nombreux étaient ceux qui s'abandonnaient volontiers à la caresse du vin. Plus rares étaient les dames à souffrir cette addiction, mais Virginia était persuadée qu'il en existait bien quelques unes. Pourtant nul n'était plus l'objet des quolibets que le prince de Peyredragon. Était-ce à cause de son statut de prince, ou parce qu'il allait bien plus loin que tout autre ivrogne ? Les rumeurs faisaient état de nombreuses escapades nocturnes, d'une fidélité toute religieuse aux prostituées de Port-Réal, d'un état constamment partagé entre l'ivresse des pouilleux et la gueule des bois des jours maudits... Virginia avait douté d'abord, car il y avait sans doute une part de vraie dans tout cela, mais elle n'était pas naïve au point d'offrir aux murmures de la cour tout l'étendue de sa crédulité. Puis elle avait croisé le chemin du prince, et pour une fois les faits donnèrent aux rumeurs de puissants accents de vérité. Au lendemain de la nuit qui succéda à cette soirée rocambolesque, en fin de matinée, elle apprit de septa Leona que le Grand Argentier était arrivé en ville, et qu'il avait déjà pris ses quartiers au Donjon Rouge avant de rejoindre les quartiers entourant le port où son devoir est les affaires le sommaient. Cette nouvelle enchanta Virginia qui décida qu'elle verrait son frère avant la fin de la soirée pour prendre de ses nouvelles, mais aussi des nouvelles de Villevieille et de leur famille demeurée là-bas. Songeant qu'elle verrait peut-être son autre frère Calvin, qui accompagnait certainement Clarence, son enthousiasme crût avec les heures. Elle n'avait plus vu aucun de ses frères depuis plusieurs semaines, et il lui semblait qu'un millénaire les séparait de leurs dernières embrassades.

     Quand, après avoir pris son repas et fait ses prières, lady Virginia s'enquit de savoir où se trouvait le Grand Argentier, on lui déclara avoir vu lord Hightower se diriger vers les jardins de la citadelle, où peut-être vers la bibliothèque. Face à tant d'imprécisions de la part des valets et de l'intraitable septa Leona, l'épouse du Grand Amiral se couvrit du long châle que lui avait offert lady Athella, sa belle-mère, à l'occasion de son mariage. Le goût de sa belle-mère était sûr : l'étole était de belle soie bleue et s'ornait de guirlandes de fils d'or, où par endroit l'on voyait des raisins brodés de tissu pourpre. Elle quitta ses quartiers ainsi parée, et vêtue d'une robe grise taillée de vert, d'allure simple mais d'exquise conception. Suivie d'une septa Leona plus infatigable que jamais, lady Virginia prit la direction de la bibliothèque, car elle songea y trouver son frère plus sûrement que dans les jardins. Un coup dans l'eau, hélas ! Elle n'y trouva personne en dehors du roi qu'elle salua avec déférence, et qu'elle n'osa pas déranger dans ses lectures. En quittant la bibliothèque, les deux femmes rencontrèrent le grand mestre qui les salua d'un large sourire. Lady Virginia avait eu déjà quelques discussions très intéressantes avec cet homme de savoir depuis son arrivée à Port-Réal, notamment au sujet de l'architecture du Donjon Rouge qui, sans surprise, intéressait la sœur du Grand Argentier plus qu'il n'était possible de le décrire. Avant de quitter le grand mestre, lady Virginia lui demanda s'il n'avait pas vu lord Hightower son frère, et le chevalier de l'esprit lui répondit qu'il avait aperçu le Grand Argentier qui prenait la direction des jardins une moitié d'heure avant de rencontrer la dame et la septa. Virginia le remercia avec chaleur et s'empressa de maudire ses premières déductions. D'un pas léger, elle reprit le chemin qu'elle avait négligé d'abord, et bientôt pénétra les jardins qui entouraient le château assis sur la colline d'Aegon. Il n'y avait là rien de comparable avec ce qui se faisait dans le Bief, notamment à Hautjardin, mais les jardins du Donjon Rouge n'en demeurait pas moins très agréable, surtout en cette saison, car les températures se faisaient supportables sans être trop fraîches. Quelques pas et détours sur les chemins suffirent à Virginia pour retrouver son frère, qu'elle trouva assis sur un fauteuil non loin d'un balcon qui offrait la plus imprenable des vues sur l'embouchure de la Néra. Je te trouve enfin, Clarence, a-t-on idée d'ignorer sa propre sœur qu'on n'a pas vu depuis si longtemps ? Avec un sourire où s'entremêlait la fausseté du courroux et la vérité de la joie, lady Virginia s'approcha de Clarence et s'inclina devant lui comme elle s'amusait à le faire autrefois, tandis que septa Leona demeurait sur ses talons, silencieuse, comme toujours – quoiqu'elle égarât un « mon seigneur » des plus inaudibles, c'était bien tout ce qu'il fallait attendre d'elle. En arrivant près de son frère, Virginia remarqua qu'il n'était point seul et qu'un autre homme était assis près de lui, homme qui d'ailleurs s'était levé en la voyant approcher. Cet homme-là ne ressemblait à aucun autre et pourtant lady Virginia le reconnut aussitôt. En lui adressant un regard plein d'amitié et d'étonnement, elle tendit la main pour qu'il y dépose un baiser. Vous ici, maître Yi ? Je suis surprise et pourtant je ne devrais pas, j'aurais dû me douter que vous seriez parmi ceux qui ont suivi lord Hightower à Port-Réal, comme la dernière fois... C'était il y a moins d'un an et il me semble qu'une vie nous en sépare. J'ai sans doute un peu de mal à vous imaginer ailleurs qu'à Villevieille. Il faudra m'y faire, car c'est moi qui n'y suis plus tout à fait chez moi, après tout. Virginia serra contre elle le châle de soie, car cette pensée maussade venait de lui refroidir les épaules. Elle avait encore un peu de peine à réaliser qu'elle avait quitté sa famille pour en intégrer une autre et en dépit de toute la sympathie que lui témoignait les membres de la maison Redwyne, il lui faudrait du temps pour s'y sentir comme chez elle.


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Clarence Hightower
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Message Mar 14 Mai 2013 - 22:43

         Clarence n'était pas à Port-Réal pour bien longtemps, et bientôt il repartirait pour le Bief, pour Villevieille où l'attendaient quelques affaires laissées en suspens. La guerre à l'ouest contre les Fer-nés laissait à ceux demeurés en retrait, comme lui, du temps pour régler les problèmes et les questions jusque-là négligées. Les Sept avaient, ces derniers temps, fait reposer bien des choses sur les épaules de Clarence, et le jeune homme avait dû tout accepter et tout endurer avec la patience de la pierre. Ingénieux et énergique de nature, le surcroît de travail ne l'effrayait guère, et la pression pesant sur ses épaules ne le gênait pas plus que cela dans ses activités, car il connaissait ses objectifs et les moyens pour y parvenir. Que lui aurait-il servi d'accompagner les troupes à la guerre, jusqu'au cœur des îles de Fer, jusque sous les murs de Pyk, forteresse séculaire de la traîtresse maison Greyjoy ? Loin d'être utile aux armées du roi, il aurait davantage été un boulet, une gêne, un parasite dans les bagages, aussi pénible qu'une mouche dans un pot de confiture. Un rat coincé dans une carafe de vin est toujours plus à son aise que lord Hightower dans une armure. Il n'était pas Commandant des armées royales, ou Grand Amiral, après tout, sa place était à l'arrière, et son combat viendrait plus tard. Il n'aurait pas à lutter contre des Fer-nés en rébellion, ni contre des rebelles Feunoyr, loin de là, mais contre des colonnes de chiffres et des escadrons de nombres en colère, car toute guerre a son coût. De même qu'un mariage, et si ce que sa cousine lui avait dit se vérifiait comme Clarence s'y attendait et s'y préparait, il serait bientôt obligé de s'atteler à la préparation du budget pour le mariage du prince de Peyredragon. Pour toutes ces raisons, le Grand Argentier comptait bien profiter au mieux de ces quelques jours dans la capitale pour accomplir un maximum de tâches afin de quitter les fonctionnaires qu'il laisserait au Donjon Rouge dans les meilleures conditions possibles. Ils recevraient chacun des instructions précises et complètes, libérant ainsi Clarence du fardeau de certains devoirs et obligations particulièrement ingrats, fastidieux et pénibles. La journée fut donc laborieuse et bien remplie. Elle n'était pas encore tout à fait terminée quand Clarence décida de s'offrir une courte pause dans les jardins de Port-Réal, où la clémence des températures offraient en fin d'après-midi la possibilité d'agréables et paisibles promenades. Il ne s'y rendit point seul, puisqu'un autre homme l'y suivit.

         Cet homme n'était pas n'importe qui. Dès son arrivée au Donjon Rouge, la première fois que le Grand Argentier s'y présenta avec sa suite, il y avait fait fureur. La couleur de sa peau, la forme de ses yeux, la texture de ses cheveux et même l'exotisme de sa tenue avaient tout de suite attiré autour de lui la foule des courtisans qui voulurent tout savoir de cet homme si différent de ceux de Westeros. Tous le comprirent rapidement, ce conseiller du Grand Argentier n'était pas de Westeros. D'où venait-il ? De Yin, une ville de la lointaine région de Yi Ti, sur les bords mystérieux de la mer de Jade. Il avait abandonné loin auparavant son chapeau à queue de singe, mais il n'avait rien perdu de ce qui lui donnait cette aura de mystère et d’exotisme à l'instar d'un personnage de chair jailli du parchemin d'une vieille légende. Il était présent sur le continent depuis bientôt deux ans et n'avait point encore abandonné les habitudes vestimentaires de sa terre d'origine, ce qui lui coûtait cher chez le tailleur, mais son poste auprès de lord Hightower payait substantiellement. Depuis qu'il était au service de Clarence, Sima Yi n'avait guère eu à se plaindre, bien au contraire. Bien qu'il fût de dix ans au moins son aîné, le conseiller avait pour son seigneur la loyauté des hommes honorables et admiratifs. Clarence savait tout de ce qui avait contraint maître Yi à quitter sa terre natale, à l'exil, mais il avait malgré tout fait le choix de lui offrir une chance de recommencer sa vie à Westeros, à ses côtés. Cette opportunité comptait pour beaucoup dans l’indéfectible dévouement de l'un à l'autre. Les deux hommes s'étaient donc retirés dans les jardins du Donjou Rouge, et avaient pris place sur un balcon loin des chemins principaux. Là, leur vue sur la baie de la Néra et sur la bouche du fleuve éponyme coupait le souffle. Assis l'un et l'autre et les yeux rivés sur l'horizon, ils bavardèrent ainsi longtemps quand une voix familière se fit entendre derrière eux. Clarence fut le premier à se lever, bientôt suivi par l'autre,qui reconnut lui aussi l'inimitable lady Virginia, sœur du Grand Argentier et épouse du Grand Amiral. « Nous nous reposions un peu avant de venir à ta rencontre, mais tu nous as devancé. C'est un plaisir de te revoir, Virginia. » Clarence n'osa pas même déguiser sa parole afin de rendre ce petit mensonge plus crédible, il connaissait sa sœur et la savait parfaitement capable de comprendre le sens de cette réplique amusée et presque enfantine. Sima Yi s'était levé lui aussi, et avait saisi la main tendue de Virginia pour l'honorer d'un baiser.  « Un plaisir immense. Je m'étonnais de ne point retrouver dans le ciel la plus belle de nos étoiles, mais je vois qu'elle est ici tombée. » Clarence arbora un sourire amusé tandis que maître Yi faisait la révérence. Virginia s'étonna de le voir, et tout en l'écoutant Clarence porta une main jusqu'à l'épaule de sa sœur cadette qu'il pressa avec bienveillance.  « Tu sais très bien que tu seras toujours chez toi à Grand-Tour, Virginia. Ces murs t'ont vu naître et grandir, tu y seras toujours la bienvenue. Villevieille et la Treille sont voisines, n'est-ce pas ? Tu n'as nul besoin d'invitation. » Pour chasser les pensées mélancoliques qui jaillissaient en lui, Clarence s'amusa à comparer du regard sa jeune sœur et la septa qui l'accompagnait. La différence était jubilatoire. Il les invita toutes deux à s'asseoir tandis que Sima Yi allait s'appuyer sur la balustrade. Clarence fit de même, et plongea son regard dans le ciel étendu devant eux comme une tapisserie géante. Le soleil brillait fort, ce qui était assez rare en début de soirée une fois l'automne venu. « Comment trouvez-vous Port-Réal, lady Virginia ? C'est la deuxième fois cette année que vous la visitez... Est-ce une ville intéressante ? Et cette forteresse ? Je suis certain que son architecture vous piqué l’œil dès votre arrivée au Donjon Rouge... » La voix de l'homme était pétrie de lumière, de couleurs et de parfums d'ailleurs, ses intonations achevaient de convaincre quiconque l'écoutait de ses origines exotiques... sa voix, et sa tenue blanche et verte, qui ne ressemblait à rien de ce qu'un homme porte habituellement dans les Sept couronnes.
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Virginia Redwyne
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Message Jeu 16 Mai 2013 - 13:47

     Les lèvres de Virginia s'arquèrent en un sourire aux premiers mots de Clarence qui avait cédé au badinage des courtoisies d'introduction. Il n'avait aucune excuse pour avoir négligé d'aller à la rencontre de sa sœur dès son arrivée à Port-Réal, mais la demoiselle n'était pas vaniteuse et puérile au point de lui en tenir bien longtemps rigueur. Quant à lui en faire le reproche, ce serait faire l'étalage d'un égoïsme et d'une stupidité dont lady Virginia se gardait bien. Le conseiller de Clarence que sa sœur avait reconnu comme étant maître Yi lui fit alors un compliment qui rosit quelque peu ses joues bien malgré elle ; toutefois la jeune femme doutait de l'exactitude du propos. Elle n'était point si belle, et la seule étoile de beauté tombée au Donjon Rouge était sans doute lady Shaïra, la bâtarde d'Aegon l'Indigne, qui était réputée pour avoir l'apparence la plus plaisante de tout le royaume. Cette femme, devenue malgré elle une figure semi-légendaire, était déjà à l'origine de bien des histoires. Sa seule beauté enchantait les maris et désespérait les épouses. Les hommes en rêvent, les femmes la jalousent. Virginia n'avait pas encore eu l'occasion de la rencontrer, mais elle était curieuse de se faire son propre avis sur celle qui suscitait tant de vagues au Donjon Rouge et au-delà. Était-il vrai que de nombreux hommes s'étaient suicidés de n'avoir pas reçu d'elle une réponse à leurs doux billets ? Était-il vrai qu'elle avait décliné toutes les demandes en mariage qu'elle reçut ? Était-il vrai qu'elle avait en quelques années inspiré plus de poèmes et de chansons qu'aucune autre femme en plusieurs siècles ? Était-il vrai enfin que certains hommes avaient défié en duel leurs rivaux pour obtenir d'elle quelques tendresses ? Tant de rumeurs circulaient à son propos, tout comme bien des rumeurs circulaient dans l'entourage du prince Daeron.

     À bien y réfléchir, de nombreuses rumeurs couraient sur tous les membres de la famille royale et sur tous les bâtards d'Aegon IV... Tout comme elle avait découvert la vérité sur le prince de Peyredragon, lady Virginia était curieuse de la découvrir encore au sujet de cette femme extraordinaire. Elle-même ne se considérait point comme laide, mais l'épouse du Grand Amiral savait que son apparence physique n'était pas son meilleur atout. Tout au plus était-elle d'agréable vue, encore que la beauté soit toujours dans l’œil qui regarde... – J'ai bien peur que le voyage ait rayé votre lentille d'astronomie, maître Yi, mais il est toujours agréable d'entendre vos compliments. Je n'en suis pas digne, mais je ferai un effort pour les mériter davantage. Elle s'inclina respectueusement devant lui. À dire vrai, elle n'était ni trop coquette ni trop précieuse, elle était une lady de son âge et de son rang, tout simplement. De plus, à présent qu'elle était mariée, elle n'avait plus souci de plaire à nul autre que son époux, aussi pourquoi chercherait-elle à plaire à d'autres hommes ? C'était là des manières impropres à une dame respectable, ce que lady Virginia s'employait à être. Trop nombreuses sont les demoiselles qui s'imaginent que la beauté est la seule arme des dames de haute naissance. Si tel était le cas, quel serait la différence entre elles et les filles de petite vertu qu'on voit le soir traîner dans les rues ?

     Clarence ne manqua point de remarquer le désarroi léger qui caractérisait les dernières paroles de Virginia et la réponse du frère aîné égaya suffisament le cœur de la sœur cadette pour qu'en fût chassée toute pensée mauvaise ou triste. Avec un certain détachement, elle accepta de s'asseoir sur le fauteuil qu'occupait tantôt son frère, tandis que septa Leona prenait place à ses côtés. Clarence alla poser ses mains sur la balustre du balcon et demeura silencieux tout en contemplant l'horizon. Virginia l'imita un instant, avant de tourner les yeux vers l'autre homme qui avait repris la parole. Avec sa singulière voix, il la questionna courtoisement, lui demandant ses impressions sur Port-Réal et plus particulièrement sur le Donjon Rouge, forteresse et résidence des rois Targaryen. – C'est une ville intéressante, peut-être un peu trop brouillonne à mon goût... Son organisation et ses rues manquent de clarté et je m'étonne que des émeutes n'éclatent pas plus souvent. C'est signe que le Guet accomplit des merveilles, et que les habitants sont disciplinés... ou trop paresseux. Septa Leona laissa échapper un commentaire qui se perdit au coin de ses lèvres comme un galet roulant dans la rivière. Virgina tourna vers elle un sourire narquois et fronça légèrement le sourcil. Elle était habituée à ce genre de réaction de la part de la vieille chèvre dont elle semblait inséparable ces derniers temps.– Leona, n'apprécie pas vraiment notre capitale... Les rues lui paraissent trop sales, trop étroites... Il est vrai que cela grouille de monde, la pauvre a été bousculée plusieurs fois. Son pire cauchemar serait d'être coincée dans Culpucier, encore qu'il y aurait plus à craindre que son voile soit volé plutôt que déshonoré. Leona ne comprit pas tout de suite la subtile allusion de Virginia, mais dès qu'elle sut mettre du sens sur les mots de sa dame, la pâleur froide de ses traits sembla tiédir un peu. Continuant sans y prêter plus d'attention, Virginia parut réfléchir : – C'est château très intéressant. Que dis-je, un château ? Une forteresse, une citadelle très intéressante. Je n'en connais point encore le plan général mais je commence à m'y reconnaître avec aisance... J'aime surtout m'y promener pour observer les détails de cette architecture si singulière. En construisant le Donjon Rouge, nos rois ont ramené à Westeros un peu de leur contrée natale, l'ancienne Valyria. Bien sûr il ne s'agit pas d'un édifice construit tout à fait d'après les canons de l'architecture des l'antique civilisation, mais les particularismes sont bien là, nets et visibles, et j'ai découvert pas plus tard qu'hier... Virginia s'interrompit. Une fois encore, elle s'était laissée emportée par le flot passionné de son goût pour l'architecture, qu'elle aimait partager avec les esprits éveillés. Elle se reprit avec l'air faussement confus de ceux qui peinent à formuler des excuses.

     – Veuillez me pardonner, maître Yi, certains sujets me rendent plus bavarde qu'un prisonnier soumis à la question par un Bolton. Vous connaissez les Bolton, n'est-ce pas ? La demoiselle s'interrompit, tourna son regard vers Clarence et reprit, d'un ton qui feignait l'agacement ou l'indignation. – Clarence, tu sais bien qu'il faut m'interrompre quand je divague ainsi... Une chance que je sache me contrôler, et pas plus tard qu'hier, si je n'avais su tenir ma langue, j'aurais sans doute agacé le prince Daeron jusqu'à l'ivresse et la nausée... Enfin, s'il n'avait été déjà saoul quand je l'ai rencontré.


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Clarence Hightower
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Message Ven 24 Mai 2013 - 21:59

         Clarence sourit. Il devait bien admettre qu'à voir l'échantillon sous le voile de la septa, il n'avait guère envie d'y goûter. Aucun homme sain d'esprit n'aurait eu le cran d'aller déniaiser cette vieille religieuse aussi fermées d'esprit que les catins de Lys sont ouvertes de corps. Cependant, la septa et sa sœur n'avait pas tort, Port-Réal n'était pas la cité la plus agréable du monde. Son plan était trop anarchique, son développement avait été trop rapide. L'état actuel de la ville témoignait d'un fait sûr : les Targaryen avaient le cœur à la conquête, mais pas la tête à l'urbanisme. « Les premiers Targaryen auraient dû faire appel à nos aïeux pour le dessin initial, c'est certain. Il faut tout de même admettre que l'usage des trois collines était bien vu de leur part, non ? » Mais il n'était déjà plus question des impressions laissées par leurs visites de la capitale du royaume. Le conseiller de Clarence originaire d'un pays fort lointain enchaîna d'autres interrogations qui suscitèrent le plus vif intérêt chez sa sœur, comme il fallait s'y attendre.La question posée par maître Yi sembla trouver un écho favorable dans le cœur autant que dans l'esprit de lady Virginia, qui sembla se laisser envahir par le goût et la passion pour le sujet qu'ils abordaient. L'architecture avait toujours été le grand amour de sa sœur cadette, et bien que longtemps leurs parents y vissent une toquade pleine d'excentricité et d'extravagance, la graine avait germé et la fleur perduré jusqu'à ce jour, plus vive et colorée que jamais. Clarence était très fier de sa « petite » sœur dont les connaissances en la matière surpassait mille fois les siennes, et rivalisaient d'étendue avec les mestres de la citadelle. Sans doute exagérait-il un peu de penser de la sorte, mais si ce n'est en famille, quand peut-on sans risque exagérer ? Clarence la laissa parler avec fierté et prit même beaucoup de plaisir à l'écouter. Il détourna son regard des eaux du Détroit pour croiser ceux de Sima Yi qui pétillaient d'aise, tant il goûtait la conversation de la sœur de son meilleur ami à Westeros. Virginia n'en avait pas dit beaucoup et pourtant, en quelques mots, elle avait fait la preuve de son sérieux et de son application ; nombreux sont les bavards qui parlent de nombreux sujets sans les connaître vraiment. Alors quand lady Virginia s'indigna faussement de ce frère qui la laissait parler et peut-être ennuyer l'exotique compagnon, Clarence arbora d'abord le plus amène des rictus avant de répondre, non sans la voix douce qu'il avait quand il glissait, sous la pâtisserie de l'éloge, les braises du blâme. « Pourquoi t'interrompre ? Tu parles avec talent de choses que tu connais, te museler serait faire insulte à l'Aïeule elle-même. Il en est beaucoup qui prendraient Murs-Blancs pour Braavos, et qui parlent de tout mais n'ont rien vu. Cette vanité là t'est étrangère, chère sœur, car tu sais beaucoup de choses et tu parles trop peu. Je sais qu'à Grand-Tour, Garth se lamente depuis ton départ, car nul n'y pouvait rivaliser avec toi, s'agissant de la connaissance de l'architecture et de ses secrets. Voyez, maître Yi, si ma sœur n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui, elle serait sans doute l'architecte le plus couru de tout Westeros. Si lui était confiés quelque grande œuvre et les moyens pour la réaliser, Bran le bâtisseur serait bien vite oublié.  »

         L'emphase du ton n'ôtait rien à la sincérité du propos. Clarence disait ce qu'il pensait tout en constatant la vérité : sa sœur accomplirait de grandes choses si les moyens lui étaient donnés et pour peu que la Main du roi s'intéresse à elle, lady Virginia dresserait des plans pour rendre le Donjon Rouge définitivement imprenable. Mais elle était née Hightower et femme, ses mains ne verraient jamais le marteau ni le burin. Maître Yi, impressionné par ce qu'il venait d'entendre, se précipita à la suite de Clarence : « Si ce que dit lord Hightower est vrai, lady Virginia, les dieux ont été bien cruels de vous contraindre aux entraves de la féminité... ou peut-être ont-ils été plus sages ? Je connais peu les hommes de ce continent, mais j'ai compris l'opinion générale à l'égard des femmes, et je ne m'étonne qu'à moitié d'en rencontrer qui soient des personnes d'exception. Les plus belles fleurs sont celles qui s'épanouissent en terre hostile, et les femmes d'ici sont comme les orchidées d'argent qui, chez nous, ne poussent qu'aux abords des marais fétides : l'environnement est inhospitalier, la fleur est rare, mais magnifique.» Clarence approuva du chef ce qu'il venait d'entendre, car bien qu'il ne fût pas, comme Sima Yi, étranger aux us et coutumes de sa terre natale, bien qu'il fût pétri de la culture des hommes et des femmes de Westeros, il partageait ce point de vue, qui n'avait rien d'une opinion militante, mais découlait plutôt d'un constat : la condition des femmes étaient ainsi déterminées à Westeros que toute demoiselle était contrainte, pour exister, à exceller là où tout homme pouvait se contenter de la plus sereine des médiocrités. Shaïra Seastar ne serait qu'une bâtarde insignifiante... si elle n'était pas la plus belle du royaume. Quant aux autres, elles ne seraient toutes que des poules en passe de pondre pour leurs coqs de maris, si elles n'avaient pas l'idée subtile de lui devenir indispensable, en maîtrisant quelque aptitude utile pour le bien du ménage. Nul doute que lord Jace Redwyne verrait d'un bon œil les connaissances pratiques et théoriques de son épouse, qui ferait la meilleure des maîtresses de maison. « Je suis d'accord avec vous, maître Yi, les femmes de notre pays sont obligées d'exceller pour intéresser, et rares sont celles qui se hissent à nos côtés, car rares sont celles qui excellent en quoi que ce soit. Architecte est un terme bien trop hideux pour lui convenir, mais Virginia est indiscutablement la spécialiste en ce domaine la plus compétente que je connaisse. Vous vouliez vous faire construire une demeure à Villevieille, n'est-ce pas ? Tant que vous le pouvez, demandez-lui conseil. »

         Clarence s'amusait un peu de la situation, mais il n'en demeurait pas moins qu'un fond de sincérité sous-tendait tout ce qu'il disait : Virginia n'était ni mestre, ni architecte, mais elle avait la passion de la science architecturale, et le regard qu'elle portait sur cette discipline offrait des perspectives nouvelles, intéressantes et parfois inattendues. Maître Yi, ravi d'entendre qu'il pourrait, à moindre frais, recueillir des conseils en vue d'accomplir son projet, alors il s'empressa d'ajouter : « L'idée est intéressante, lord Hightower, mais votre sœur n'a-t-elle pas mieux à faire que de s'occuper de loger le misérable que je suis ? Mais comme un proverbe de chez nous le dit, quand on considère une offre, il ne faut pas lorgner sur le bourgeon, mais regarder l'arbre entier. Lady Virginia, accepteriez-vous de me conseiller, voire de prendre la plume avec moi pour les plans de la hutte que j'aimerais investir à Villevieille ? Votre aide, que je paierais bien sûr, m'enchanterait, et même m'honorerait.»
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Message Ven 31 Mai 2013 - 23:36

     Quand les constructions épousent l'environnement qui les accueille, elles sont vouées à la pérennité. En cherchant à tirer profit du relief propre à l'estuaire de la Néra, les Targaryen ont élevé ici une forteresse aisément défendable contre les assauts terrestres, mais vulnérable aux agressions venues de la mer. J'imagine qu'ils craignaient davantage les menaces au sein même de leur tout jeune royaume que celles venues d'orient. Ces deux derniers siècles ne leur ont-ils pas donné raison ? Tous les périls sont venus de l'intérieur, et je ne crois pas me souvenir d'une invension menée par quelque prince des Cités-libres en mal de conquête, Clarence ? Comme elle n'était pas sûre de son sujet, la demoiselle préférait la prudence des suppositions et du doute à la sottise des certitudes grossières. Elle avait bien reçu des leçons par le passé qui portaient sur l'histoire des Sept couronnes et de Westeros, et avaient appris la grande épopée d'Aegon le Conquérant ainsi que les vies de ses successeurs, mais elle n'en gardait qu'un souvenir superficiel, puisqu'elle n'avait jamais cherché à approfondir ces savoirs-là qui l'intéressaient bien moins que d'autres. Virginia ajusta une mèche qui, de ses cheveux, s'était égarée au coin de son front. Elle s'en voulait un peu d'avoir laissé libre cours à cette langue qui s'emballait si facilement dès que la conversation abordait certains sujets. La demoiselle connaissait l'opinion générale à l'égard de la gente féminine, et savait donc qu'il était très mal vu, de la part d'une femme, d'oublier sa place, son rang et sa condition : les bavardes avaient toujours mauvaises réputations. Les hommes préféraient souvent les silencieuses, les taciturnes, les discrètes. La bouche doit être servile, mais pas pour la conversation. Pourquoi cette femme se permet-elle de parler parmi des hommes ? Cette question devait revenir souvent en présence de ces babillardes sans vergogne, et Virginia œuvrait toujours pour ne point leur ressembler. Mais dès lors qu'un sujet l'intéressait, comme c'était le cas de l'architecture, elle se laissait trop aisément volontiers aller.

     Toutefois, à peine avait-elle exprimé le semblant de désarroi qui avait germé en elle que son frère, avec les mots et la pertinence qui caractérisait toujours ses paroles, aligna pour elle autant de compliments qu'il y a d'étoiles dans ciel, et le cœur de la sœur s'éveilla d'un sentiment de gêne entremêlé du plaisir le plus égoïste qui soit. Quelques rougeurs, sur le visage de la jeune femme, indiquèrent très clairement que le compliment avait fait mouche, toutefois Virginia avait trop de réserve et de pudeur pour s'y vautrer comme la plus vulgaire des catins se roule dans les dragons d'or.Il ne faut rien exagérer Clarence, je n'ai encore rien fait pour mériter ces louanges, mais il est appréciable de t'entendre dire ces choses-là. Maître Yi intervint à cet instant, il surenchérit à sa manière, et questionna directement la demoiselle, qui le regarda avec de grands yeux étonnés. Avait-elle bien entendu ce qu'il venait tout juste de dire, ou rêvait-elle éveillé ? Un court moment, elle espéra que septa Leona la pincerait pour la ramener parmi les vivants, mais il semblait bien que la vieille chèvre s'était endormie sur sa chaise – du moins elle ne donnait plus aucun signe de vie.

     Vos paroles sont celles de la sagesse, maître Yi. En effet le natif de Yi Ti avait démontré, en quelques phrases, la justesse et la pertinence de l'idée qu'il se faisait de la société de Westeros, foncièrement phallocrate et machiste, où les personnes du sexe féminin souffraient par défaut d'une condition bien moindre que celles de sexe masculin. Virginia aurait bien ajouté quelque chose, mais elle ne le put. Son frère alla bien plus loin qu'elle, jusqu'au point de l'entremettre auprès de son conseiller pour qu'elle lui donne des conseils. L'audace est un trait d'impudence, mais entre les mains de Clarence, elle devenait une fulgurance étonnante et magnifique. Voilà qu'en deux tours de conversations, il l'improvisait à un poste qu'elle ne pouvait prétendre occuper, car il y a loin de la théorie à la pratique architecturales. Virginia toisa son frère d'un regard ô combien entendu, car elle voyait très bien là où il voulait en venir. Son aîné était très malin à sa manière, elle devait bien l'admettre. Quand maître Yi, dont les yeux bridés la contemplait avec intérêt, y alla de sa petite mélodie pour la conduire à considérer l'affaire, Virginia joignit ses deux mains qu'elle noua comme on lit deux tiges d'osier pour en faire une vannerie. La corbeille de ses doigts reposaient sur les plis de sa robe tandis que l'arcade de ses sourcils s'élevait sur deux yeux qui s'inquiétaient faussement et par jeu.Allons, quelle dame serais-je si je me laissais gouverner par l'avarice et la cupidité. Nous avons du temps devant nous pour cela, aussi j'accepte volontiers de vous aider de mon mieux. Elle était quelque peu gênée. Ce serait une grande première pour elle, car jamais elle n'avait eu l'occasion de mettre aussi concrètement en pratique ses connaissances et ses talents pour la matière, qu'elle entendait de l'oreille du dilettante plus que du savant, de son propre aveu. Mais cette occasion la séduisait aussi, malgré elle, car elle était curieuse d'observer l'étendue de ses propres capacités. Depuis qu'elle savait faire la différence entre la colonne et le chapiteau, Virginia avait nourri des projets de construction plus ou moins fous et réalistes. Serait-il si difficile de concevoir les plans d'une habitation pour un particulier de Vivesaigues, fût-il aussi original que Sima Yi ?

     La demoiselle s'en rendrait bien compte, et ce premier contact avec le volet pratique de la discipline architecturale serait peut-être un tremplin vers de plus grandes réalisations sur l'Île de la Treille, sa nouvelle patrie. Elle aimerait tant y faire construire un château majestueux pour offrir à son époux la preuve la plus forte de son dévouement, preuve qu'elle graverait dans la pierre d'un donjon et qu'elle attacherait pour toujours à la terre qui verrait naître ses enfants, leurs enfants et ainsi de suite jusqu'à la fin des temps. Parlez-moi de Yi Ti, cher ami, j'ai toujours été curieuse d'en apprendre davantage sur votre terre d'origine, mais l'occasion ne nous a jamais été offerte d'en discuter vous et moi. Comment est-ce, là-bas ? Quels dieux vénérez-vous ? Portez-vous tous cet étrange chapeau qu'on vous a vu arborer à votre arrivée à Villevieille ? Avec la queue de singe ? Virginia s'en souvenait très bien. C'était un jour mémorable pour de très nombreuses raisons, mais la plus drôle était bien celle-ci : les premiers pas, à Grand-Tour, d'un invité venu d'extrême-orient, bizarrement accoutré de robes pâles et longues et d'un chapeau rond garni de queues de singe. Un tel déguisement n'aurait pu passer inaperçu nulle part, pas même à Villevieille et pourtant, tous savaient que les originaux du royaume s'y donnaient parfois rendez-vous ! Je peux vous l'avouer aujourd'hui, maîtreYi, vous avez dès votre arrivée à Villevieille alimenter les discussions et les plaisanteries des résidents de Grand-Tour. Vos pauvres oreilles ont dû siffler dès les premiers jours... Virginia capta le regard de Clarence et ne l'abandonna que pour éclater avec lui d'un rire douceâtre, auquel elle fut heureuse de voir se joindre l'homme aux yeux bridés et magnifiques. Ce début de soirée s'annonçait tranquille et très agréable, et trop rares étaient ces occasions de laisser de côté les sujets amers ou trop sérieux.

     Ils reviendraient sans doute et s'imposeraient dans la conversation, mais Virginia n'était pas pressé de les revoir. Un coup d’œil discret en direction de septa Leona confirma ce que craignait l'épouse du Grand Amiral : la vieille bique s'était assoupie. De dépit et de dédain, Virginia haussa les sourcils, et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, elle se rassura d'une bravade : au moins la religieuse ne ronflait pas. Elle ne dérangerait pas leur conversation par une respiration confuse et furibonde.


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