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Présentation d'une vouivre tombée dans la fange.

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Mestre
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Vyrgil Vyrwel
Mestre

Général
Mestre destitué et noble déchu
Médecin des pauvres malgré lui

♦ Missives : 337
♦ Missives Aventure : 24
♦ Age : 37
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 10/05/2013
♦ Célébrité : James Callis dans 'Merlin & the book of beasts' © Front street pictures
♦ Copyright : Moi
♦ Doublons : Alysanne Florent, Danelle Lothston, Lantheïa
♦ Age du Personnage : 38 ans
♦ Mariage : A priori, c'est cuit, mais sait-on jamais ?
♦ Lieu : Port-Réal
♦ Liens Utiles : Sa déchéance
Ses tribulations et avanies
Son nouveau chez-lui
Ses domaines d'expertise
Ses éclairs de génie
Stock d'images pour créations

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
199/500  (199/500)


Message Ven 10 Mai 2013 - 12:16


● Nom : Autrefois Vyrwel, mais il a renoncé à ce nom en prononçant ses voeux de mestre. Au moins un voeu qu'il aura tenu, à son corps défendant.
● Prénom : Vyrgil.
● Sexe : Masculin.
● Âge : 38 ans.
● Origine : Bief, Noirvallon.
● Métier : Mestre déchu, travaillant dans un dispensaire de Port-Réal.


● Physique : Vyrgil n'a rien d'une force de la nature. De taille moyenne voire modeste, il n'a jamais été très costaud, encore que sa carrure jadis chétive se soit renforcée ces dernières années suite à son changement de vie : être jeté sur les routes après une vie de confort vous oblige à utiliser vos bras et vos jambes un peu plus souvent. Ajoutez à cela la manutention des impotents et le ménage au dispensaire, et vous comprendrez que sa musculature se soit enfin développée, sans atteindre les proportions attendues d'un guerrier. Quelle importance de toute façon ? Il ne sait pas se battre et n'a aucune envie d'apprendre. Son truc, c'est plutôt de se carapater devant le danger. Au moins, il n'a pas de graisse superflue, c'est toujours bon à prendre pour séduire les dames.

De son éducation noble, il garde un maintien fier, des gestes racés, des mines hautaines, un phrasé à l'avenant et un goût certain pour les beaux vêtements. Hélas pour lui, ses revenus ne lui permettent plus vraiment de satisfaire ce dernier penchant. Il met toutefois un point d'honneur à s'habiller aussi correctement que possible, sauf lorsqu'il doit accomplir une tâche salissante, ce qui est assez souvent le cas. Il soupire d'envie devant les tenues des nobles qu'il aperçoit de loin en loin à Port-Réal, et tente de compenser sa pauvre mise par un surcroît de dignité. Il affectionne tout particulièrement les manteaux amples ouverts sur des chemises et chausses pas trop mal coupées, les hautes bottes et les ceintures larges, qui lui donnent une allure un peu plus majestueuse qu'une simple tunique sur des braies et des sabots. Une façon stupide de dépenser ses maigres ressources ? Pas tant que ça, si l'on prend en compte son désir viscéral de renouer avec les hautes sphères. Moins pouilleux est l'accoutrement, plus facile est l'ascension. Si tant est qu'ascension il y ait...

Ses longs cheveux châtain, épais et légèrement bouclés, sont généralement peignés ou attachés plutôt qu'hirsutes, de même que sa barbe. C'est qu'on a son petit orgueil. Ils n'ont plus l'éclat et la douceur habituels aux nobles du Bief, mais passons. Ses yeux sont du même brun mordoré que sa crinière. Autant dire qu'il a l'air plutôt sombre, ce qui lui confère aussi un certain charme ténébreux. On ne peut pas le qualifier de beau au sens classique du terme, avec son nez marqué, sa grande bouche et son regard toujours un peu triste ou apeuré, mais il dégage quelque chose qui selon les personnes peut lui valoir des claques ou des baisers. Inutile de préciser quelle option a sa préférence...

Son teint est plutôt clair à l'origine mais la vie à la dure l'a hâlé et cela lui va plutôt bien même s'il s'en désole car cela trahit son changement de condition. Enfin, sa voix est feutrée, il l'élève rarement sous peine de partir dans des notes de fausset ridicules, ce qui lui arrive sous l'effet de la peur. Il s'en tient ordinairement à un ton bas et posé, un peu précieux, avec une pointe de séduction et d'espièglerie spirituelle. Vyrgil se trouve très spirituel, à tort ou à raison.


● Personnalité : Vyrgil est à la fois une plaie et un cadeau des Sept. Désespérément couard la plupart du temps, il n'y a pas grand-chose à en tirer au premier abord. Imbu de lui-même, il adore s'écouter parler et avoir un auditoire suspendu à ses lèvres. Ah, le temps heureux où les étudiants mestres suivaient religieusement ses leçons et applaudissaient ses bons mots tandis qu'il inclinait la tête avec une fausse modestie aussi évidente que l'enflure de son ego... que voulez-vous, il compense une estime de soi défaillante, très tôt réduite en miettes par des gamins plus forts et belliqueux, avec un amour-propre démesuré. D'où, d'ailleurs, son remarquable instinct de survie.

Intellectuel avant tout, il est absolument inapte en matière de combat. Même si on lui mettait une épée en main, il ne saurait pas par quel bout la prendre. Son champ de bataille est celui de l'esprit où il excelle, il est vrai. Logique, analytique, il observe et décortique son environnement avec une acuité étonnante. Hélas, lorsqu'il s'agit de sa propre personne, il semble aussi stupide qu'un garçonnet pré-pubère. Ses propres failles lui échappent parce qu'il ne veut pas les voir. Incapable d'affronter ses démons intérieurs, comme la culpabilité et la honte associées à ses avanies des dernières années, il ne grandit pas vite. Il s'est un peu amélioré en affrontant les réalités de la vie, mais le chemin vers la maturité est encore long. Nul doute que beaucoup lui mettraient volontiers des tartes à cause de ses attitudes agaçantes. Mais il a une excuse : avoir grandi dans le vase clos de la Citadelle n'aide pas à construire une personnalité d'adulte "normale". La vie là-bas n'est pas la vraie vie. Il l'a appris à ses dépens lorsqu'il a dû la quitter, et cela lui a mis au final un peu de plomb dans le crâne.

Égocentrique, il reste capable d'empathie pour autrui, mais seulement lorsque les désirs de sa petite personne sont satisfaits. Vyrgil est la principale préoccupation de Vyrgil. Sa survie, son élévation, sa gloire, son confort, ses plaisirs, voilà ce qui lui tient à cœur. Après seulement viennent les autres. Ce n'est pas pour rien que c'est un Vyrwel, après tout. Les vouivres ne sont pas connues pour leur altruisme forcené.

Bien entendu, cet état d'esprit va de pair avec un certain relâchement de mœurs. Vyrgil aime prendre du bon temps et puisque cela l'a perdu, autant en profiter à fond, n'est-ce pas ? S'il disparaît mystérieusement, vous le retrouverez sûrement au fond du lit d'une catin ou de la femme d'un marchand en voyage.

Malgré ces tares agaçantes voire insupportables pour son entourage, Vyrgil n'est pas un boulet irrécupérable. D'abord, son intelligence rattrape un peu le coup. Il est fin, astucieux, rationnel. Et au fond, loin d'être méchant. Il a du tact, il est prudent, et la chaîne qu'il a perdue reste encore à son cou, symboliquement parlant : autant que faire se peut, il met ses talents au service de son prochain. Pas de manière franchement généreuse. C'est un principe, c'est tout. On lui a rentré dans le crâne qu'un médecin devait soigner quiconque le demandait et il le fait, même s'il râle à n'en plus finir et jette des sarcasmes à ses patients. Sa constance et sa fiabilité en la matière sont surprenantes... mais peut-être est-ce également le signe de sa maturation récente ?

Envoyé à neuf ans à la Citadelle, il n'a pas eu le temps de s'imprégner en profondeur des haines familiales, mais reste toutefois assez méprisant vis-à-vis des Dorniens qu'il considère comme des barbares, et des Targaryen qu'il juge incompétents. Son coeur penche plutôt pour les Feunoyr sans qu'il soit assez enragé pour travailler activement à une quelconque rébellion, à moins qu'on ne lui force la main.

Joueur, il ne résiste pas aux défis posés à sa raison. C'est ce qui l'amène à aider le Guet lorsqu'il le peut. Il trouve dans cette activité plus qu'un complément de revenus : une reconnaissance de ses talents et un prestige plus élevé que celui du simple soigneur des pauvres, mais aussi un amusement passionnant. Là encore, peut-être est-ce le signe de son évolution et d'un désir de s'améliorer. Ne crions pas toutefois victoire trop vite. Il n'irait pas encore se jeter entre la lame d'un criminel et la gorge d'un innocent... et sans doute ne sera-ce jamais le cas !


● Famille : LORD BRYCE VYRWEL (172) : son grand frère, l'épée suspendue par un fil au-dessus de sa tête. Il le craint comme la peste. En tant que personne, tout simplement, parce qu'il se rappelle avoir toujours eu le dessous dans leurs bagarres de gosses. Bryce est tellement plus enragé et tenace ! Et ses idées sont un peu radicales, il faut l'avouer. Moins Vyrgil le voit, mieux il se porte.

FEU LORD GALEN VYRWEL : (135 – 155) Le fameux grand-père tué par les Dorniens pendant la guerre. Douce Mère, qu'on a pu lui en rebattre les oreilles quand il était gamin ! Au moins, à la Citadelle, il n'était pas obligé d'entendre le récit de sa mort quinze fois par jour. Façon de parler. C'est qu'on a la rancune tenace, chez les Vyrwel.

FEU LADY ANNE VYRWEL (NEE AMBROSE) : (139 – 189) La femme du fichu grand-père susmentionné, folle de rage à l'égard des Dorniens. On la comprend, cela dit.

FEU LORD MANFRED VYRWEL : (154 – 198) Le père de Vyrgil. Il n'a jamais été tendre avec son gringalet de fils. Tout juste si on ne l'a pas entendu crier "Bon débarras !" lorsque celui-ci a été envoyé à la Citadelle. Mais sans nul doute y voyait-il aussi un intérêt.

LADY MARGARET VYRWEL (NEE PEAKE) : (157) La mère de Vyrgil. Pas un foudre de guerre. Une vraie dame du Bief, et docile avec ça. Il valait mieux, vu le mari. Vyrgil garde d'elle un souvenir attendri. Il était toujours dans ses jupes quand ses frères lui pourrissaient la vie.

SER GODRIK VYRWEL : (175) L'autre frère encore en vie. Le bon toutou de Bryce, du point de Vyrgil. Ils ne s'entendent pas trop mal, mais ce n'est pas non plus les grandes accolades. Et puis, Vyrgil est de toute façon une honte pour la famille, on le lui fait bien sentir.

LADY VELANA, MYRCELLA et AMANDA VYRWEL (...) : (180), (185), (189) Les sœurs cadettes de Vyrgil. Toutes mariées, il ne sait pas vraiment ce qu'elles sont devenues. Elles lui manquent un peu, parfois. Elles étaient plus gentilles avec lui que ses frères.

FEU SER BARTH VYRWEL : (182 - 200) Le frère mort. Vyrgil ne sait pas vraiment comment il est mort et il semble de mauvais ton d'en parler, alors il n'a jamais posé beaucoup de questions à son sujet. De toute façon, il ne l'avait plus vu depuis ses neuf ans, alors il ne lui manque pas tellement.

LADY LYRA VYRWEL (NEE COSTAYNE) : (175) Sa belle-soeur, l'épouse de Bryce. Il ne l'a pas beaucoup côtoyée et cela ne le dérange pas. A chacun sa place. Il partage un peu les idées de son frère au sujet des femmes, essentiellement parce qu'il ne les a jamais beaucoup fréquentées hors du lit.

SER LANCEL VYRWEL : (190) L'héritier de Noirvallon, son neveu. Un coureur comme lui, au moins un trait qu'ils partagent.

FEU SER WALTER VYRWEL : (193 – 209) Un neveu décédé lors du Fléau de Printemps, à ce qu'il paraît.

LADY MYRA VYRWEL (...) : (195) Sa nièce, la fille aînée de Bryce. Mariée et envolée, qui s'en soucie ?

MEDARD VYRWEL : (200) Encore un neveu, il faut dire que Bryce est prolifique. Il est actuellement l'écuyer de Lancel.

LADY TYANA VYRWEL : (206) Une nièce encore. La fille de Bryce. Un sacré carafon, celle-là...

DAEMON VYRWEL : (210) Le dernier neveu en date. Son prénom annonce la couleur.

FEU LADY MALLORY VYRWEL (NEE COCKSHAW) : (193) L'épouse de Lancel récemment décédée, mais ça Vyrgil n'en sait rien.

ETHAN VYRWEL : (208) Le fils de Lancel. Un tout-petit baveux. Vyrgil n'a jamais tellement été attiré par les tout-petits baveux.

SIR CORBAC : il n'est pas de la famille mais c'est tout comme. Vyrgil a une peur bleue du bouffon des Vyrwel.



● Résumé : Né en 174 à Noirvallon, Vyrgil Vyrwel part étudier à la Citadelle à l'âge de neuf ans. Brillant, il forge une chaîne impressionnante et se rêve déjà Archimestre à 35 ans. Hélas, sa présomption le perdra. Pris en flagrant délit de rupture de son voeu de chasteté, grâce aux manigances d'un rival sournois, il est destitué et fuit chez son frère Bryce la queue entre les jambes. Ce n'est que le début de sa chute, car sa famille ne l'accueille pas à bras ouverts. Après quelques tentatives pour retrouver un statut enviable en mettant ses talents au service de la Maison, Vyrgil réalise que son frère va un peu trop loin pour lui et prend ses distances. Il se réfugie à Port-Réal où il travaille actuellement dans un dispensaire tout en aidant à l'occasion le Guet par son expertise dans différents domaines.

● Histoire : Turkish March by Mozart on Grooveshark

La vie n'est qu'une succession de malheurs, il aurait dû le savoir. A force d'entendre sa famille pester contre le monde entier et ressasser la mort indigne d'un illustre grand-père dont le plus haut fait avait été de tomber sous les coups sournois des Dorniens, Vyrgil Vyrwel aurait pu se douter que le monde n'était que fléaux et menus désagréments. A force de prendre des coups de ses frères aussi. Ah ! Les charmants bambins. Un garçonnet du Bief, ça doit apprendre très tôt à se battre. L'idéal chevaleresque, voyez. Surtout quand votre naissance vous fait hériter d'une mission de vengeance sacrée contre les barbares du désert, ces monstres vicieux et assoiffés de sang. Mais le petit Vyrgil avait bien du mal à rendre les coups. Il se résolut finalement à ne même plus essayer. Quand on lui mettait une épée de bois entre les mains, il titubait et se débrouillait pour tomber tout seul aux pieds de ses « adversaires » de paille. On le trouvait plus volontiers dans les jupes de sa mère que dans la cour du château à se bagarrer gentiment avec le reste de la fratrie. Ils avaient de bonnes raisons de le dominer par la force, il est vrai : ils ne pouvaient le faire par l'intellect. Ce gringalet plaintif avait des prédispositions à l'apprentissage et le mestre de la Maison ne manqua pas d'en faire part à son père, qui l'expédia avec soulagement à la Citadelle où l'on ferait peut-être quelque chose de lui. Un homme, non, il ne faut pas exagérer, mais un mestre à défaut.

Si la Citadelle impressionna de prime abord ce garçon noble de neuf ans qui s'y présentait comme novice, bien vite elle devint son foyer. Son château. Son royaume. Survolant avec aisance bien des matières réputées difficiles, il forgea les maillons de sa chaîne avec une assurance croissante. Libéré de la compétition fraternelle, jugé enfin sur son esprit plutôt que ses performances physiques, il buvait du petit lait. Il était le champion, le génie que tous enviaient, et il ne se privait pas d'en abuser en se moquant de ses petits camarades moins brillants. Ivre de sa propre gloriole, ignorant de la réalité du monde extérieur, il s'absorbait dans ses études avec passion, et en de trop rares occasions, lorsqu'il parvenait à saisir sa chance, il faisait le mur pour rejoindre quelque bordel raffiné de Villevieille ou la couche d'une roturière pas trop miséreuse. Un tout jeune homme plein d'avenir et de charme, avec un talent impressionnant pour s'attirer des jalousies et inimitiés. Il prononça ses vœux de mestre à l'âge de 28 ans après avoir acquis la maîtrise de la médecine, l'herboristerie/alchimie, la zoologie, la philosophie, la logique, l'arithmétique, les langues étrangères, la physique, l'histoire des Sept Couronnes et les cultes profanes. Pour ces dix maillons apposés à son cou, il jura de renoncer à toutes ses loyautés passées pour ne servir que la Citadelle, abandonnant son nom de famille sans regret. Et pour ces dix maillons tant espérés, il fit vœu de chasteté.

Il était apparemment plus facile de renoncer à son blason qu'à la gaudriole, car dans sa présomption, se pensant devenu indispensable à la Citadelle et baignant dans l'admiration de ses pairs, du moins ceux qui ne rêvaient pas de tordre son maigre cou de poulet, Mestre Vyrgil continua d'honorer lorsque faire se pouvait - hélas peu souvent, la discrétion étant de mise - les désirs de ses conquêtes et des catins de Villevieille. Son succès et ses connaissances allant croissant, il devint bientôt un des enseignants les plus en vue de la Citadelle. Son intuition visionnaire, son expertise, ses réparties spirituelles et ses manières élégantes faisaient de lui le favori à la succession de l'Archimestre de médecine qui toussait vraisemblablement à soixante-neuf ans ses derniers postillons. Les étudiants l'applaudissaient, sans oublier de se gausser de son arrogance par-derrière, et il était plus que jamais promis au succès. Sa confiance en soi s'accrut lorsque le Fléau de Printemps l'épargna malgré des contacts répétés avec les malades qu'il soignait, et il se crut dès lors invincible - si ce n'est infaillible, n'ayant su trouver un remède à l'épidémie malgré son supposé génie.

Cette situation associée à son caractère vaniteux et sarcastique lui avait toutefois créé suffisamment d'ennemis pour le conduire à sa perte. S'estimant plus malin que tout le monde, il n'avait évidemment pas imaginé un seul instant qu'il pourrait être trompé par un rival jaloux. Il se trouva donc fort surpris un matin à l'aube lorsqu'il se réveilla nu comme un ver dans les bras d'une prostituée qu'il avait couvert d'attentions une bonne partie de la nuit, une rangée d'Archimestres debout au pied du lit le toisant d'un air constipé. Lui qui avait toujours soin de rentrer à la Citadelle avant le lever du soleil s'était laissé retarder par un somnifère glissé dans son vin, moyennant corruption de la catin qui n'avait pas pu refuser l'offre alléchante de son rival Horatio, autre prétendant au titre d'Archimestre de médecine. Citadelle, ton univers impitoyable avait eu raison de l'orgueilleux Vyrgil ! L'affaire s'ébruita et le ridicule s'ajouta à la honte de sa destitution immédiate. Tout Villevieille ne parlait plus que de ce Mestre surpris les fesses en l'air et le nez entre les tétons d'une femme de petite vertu. Que faire alors, que faire sinon fuir ?

Ainsi le mestre déchu courut-il ventre à terre, courant 210, à Noirvallon. Quand il ne reste plus rien, il reste la famille, n'est-ce pas ? Et puisqu'il avait abjuré un de ses vœux, il pouvait bien abjurer tous les autres. Redevenir un Vyrwel ! Voilà à quoi il était destiné, au lieu de moisir dans les cellules humides de la Citadelle, à pérorer devant des adolescents boutonneux, en attendant qu'un vieux croulant éructe son dernier soupir ! Tout ne se passa pourtant pas tout à fait comme prévu. Vyrgil n'avait jamais été la coqueluche de la Maison, et sa déchéance n'allait évidemment pas le faire rentrer dans les bonnes grâces de son Lord de son frère. Accueilli par des crachats, des sermons et des sarcasmes, il se traîna aux genoux de Bryce pour mendier une place au château, offrant ses services et sa loyauté inconditionnelle à la Vouivre. C'était oublier le poids de ses serments. Mais Lord Bryce trouva suffisamment d'intérêt à ses talents pour le garder comme un bon chien à portée de main. Vyrgil bien sûr ne pouvait prétendre reprendre son nom, mais il pouvait toujours servir. Ce qu'il fit, faute de meilleure perspective. Il apporta ses connaissances, ses conseils, ses talents de mestre en appui des menées de Lord Bryce, en évitant de poser trop de questions. Bryce n'aimait pas les questions, et Vyrgil n'était pas sûr d'aimer les réponses. Mieux valait donc se taire.

Notre homme n'était toutefois plus si naïf et lorsqu'il apprit la mort inattendue d'un marchand de Noirvallon que son frère avait dans le collimateur, mort dont les symptômes évoquaient irrésistiblement la consommation excessive d'une potion médicamenteuse dont Bryce lui avait passé commande peu de temps auparavant, il commença à flairer les embrouilles. Tout cela ne seyait guère à son tempérament couard, pas plus qu'à ses valeurs, car il avait tout de même quelques valeurs, et en tant qu'expert en médecine la première était le respect de la vie. Mesurant sa responsabilité un peu tard, il prit son courage à deux mains et s'en alla protester auprès de ce frère maudit qui le terrorisait. S'ensuivit une querelle à l'issue de laquelle Vyrgil battit en retraite en promettant de ne rien dire et de ne pas s'opposer aux menées de son seigneur. Incapable toutefois d'assumer une collaboration active dans les manigances futures de la Vouivre, il informa Bryce qu'il pliait bagages et quitta cette maison de fous dangereux la peur au ventre.

Commença alors une errance éperdue sur la Route de la Rose. Toujours assoiffé d'honneurs et de confort, il se dirigeait tout naturellement vers le cœur du royaume : Port-Réal. Là-bas, il trouverait bien de quoi se refaire ! La route toutefois se révéla plus longue et difficile que prévue en l'absence de ressources et de talents pour la survie. Faute de pouvoir se payer une auberge, il dut apprendre à dormir à la belle étoile, à trouver à manger et à boire, à faire du feu. Prenant peu à peu consciences de la dureté de la vie et des réalités de ce monde, au fil des rencontres et des épreuves, il reçut quelques bons conseils de chevaliers errants, quelques coups de bâton de paysans réfractaires au maraudage, quelques morsures de chiens en vadrouille, et quelques baisers de jeunes fermières sensibles au beau langage. Lorsqu'il arriva enfin à destination après maints détours et contre-temps, il n'était plus tout à fait le même. Amaigri mais plus musclé, sec comme un homme de peine, hâlé par le soleil, il avait appris un peu de la vraie vie et commençait à trouver excitante l'idée de se faire par lui-même.

C'est ainsi qu'il atterrit dans un dispensaire de Port-Réal où ses compétences furent mises à profit pour soigner les plus pauvres. Il y apprit l'humilité ou du moins, il apprit à se comporter plus humblement et à respecter les gueux, tout en gardant la sale habitude d'agonir les esprits lents de remarques acerbes. Ce faisant, il redevenait un mestre, un érudit au service d'autrui. Bien sûr, c'était d'abord une question de survie, mais au moins se conduisait-il avec une certaine fidélité aux valeurs qu'il avait bafouées. Pour la première fois, il comprenait le sens du titre de mestre qu'il avait porté.

Courant 211, un incident lui donna l'occasion de se faire remarquer. Un cadavre avait été trouvé dans la ruelle devant le dispensaire et un attroupement s'était formé autour du corps. Le Guet enquêtait déjà sur les lieux, posant ses questions, émettant ses hypothèses. Vyrgil, les écoutant, tourna la tête de droite et de gauche, cherchant des yeux un regard aussi consterné que le sien, avant de réaliser qu'il était le seul à douter des théories qui fusaient de la bouche des soldats. Il toussota, s'avança et leur demanda poliment s'ils n'avaient pas perdu la vue. Ne voyaient-ils donc pas l'état du macchabée ? Comment donc pouvaient-ils seulement envisager qu'il fût un forgeron ? Cette musculature était celle d'un charron qui ne travaillait à l'évidence pas dans les mêmes postures. Quant à l'heure du crime, était-ce une plaisanterie ? Il était évident que cet homme était mort depuis au moins six heures.

Et ainsi de suite. Emporté par ses vieilles habitudes professorales, Vyrgil s'était penché sur le corps, soulevait le bras en dénudant la manche pour montrer d'un index docte les preuves de ses suppositions, et haranguait la soldatesque avec l'assurance vaguement infantilisante d'un homme de science, tandis que les badauds le regardaient comme un fou et se poussaient du coude.

Arriva ce qui devait arriver : on l'accusa du meurtre. Puisqu'il était si bien renseigné, il devait avoir mouillé là-dedans, non ? Assez rapidement toutefois, un officier comprit ses propos et la mauvaise humeur des soldats qui l'avaient serré. Intéressé, il fit bon usage des indications du mestre déchu qui avait enfin eu la bonne idée d'avouer son passé honteux, justifiant ainsi ses connaissances. L'enquête aboutit à l'arrestation d'un coupable plausible qui passa promptement aux aveux et l'affaire resta dans les mémoires des soldats du Guet. En d'autres occasions, ils sollicitèrent Vyrgil pour ses analyses, et s'en félicitèrent à chaque fois. Tout regonflé dans son narcissisme défaillant par ces petits accomplissements qui lui valaient un regain d'estime de la part des citoyens qu'il fréquentait, il se prit à nouveau à rêver de côtoyer les hautes sphères. Qui sait si sa réputation ne ferait pas de lui un ami du Commandant du Guet, et de là, peut-être pourrait-il mettre un pied dans la noblesse en offrant ses connaissances à la haute société ! Quitte à préparer du thé de lune pour jouvencelles aristocratiques peu vertueuses, il était prêt à faire des pieds et des mains pour s'extraire de cette boue à laquelle il n'avait jamais été destiné ! Une petite voix toutefois au fond de lui lui disait que ce n'était pas si terrible, mais l'entendait-il ?

Lorsque la deuxième rébellion Feunoyr fut écrasée à Murs-Blancs en 212, il n'en sut rien. Vyrgil ne se souciait pas plus des rumeurs ridicules de dragons détruisant des châteaux du Conflans que des histoires plus réalistes colportées sur les raids des Fer-nés. Tout ceci se déroulait si loin de lui ! Il était loin de se douter que sa Maison venait d'essuyer un nouveau revers cuisant... si tel avait été le cas, son instinct de survie lui aurait sans doute soufflé de se méfier des réactions d'une Vouivre acculée...


● Inventaire : Outre les possessions de base d'un roturier :
- Quelques vêtements plutôt classieux pour un "gueux", essentiellement ses frusques de nobles élimées par le temps et les voyages, mais aussi quelques nouveautés dans lesquelles il a englouti une bonne part de ses économies.
- Un bâton de marche.
- Des accessoires médicaux (scalpel...)
- Une petite pharmacopée.
- Les maillons de sa chaîne brisée, en rappel de ses erreurs.



● Pseudo : Alysanne et Cie.
● Âge : 32 ans encore.
● Divers : Inscrite aux RPistes Anonymes.
● Avatar : James Callis dans "Merlin and the book of beasts".
● Souhaitez-vous vous inscrire aux interventions de Lady Coeurdepierre ? Oui !
● Connaissez-vous le Roman ? Au grand complet.
● Comment avez-vous connu le forum ? 5e compte autorisé par Maron. Nous sommes soeurs dans l'addiction Yeah
● Comment trouvez-vous le forum ? Tout pourri. C'est pour ça que je crée un 5e compte, je suis maso Yeah (je vous n'aime les gens !)
● De quelconques suggestions ? End of line.



Dernière édition par Vyrgil le Sam 11 Mai 2013 - 5:38, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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Message Ven 10 Mai 2013 - 19:43

Te souhaiter la bienvenue serait une drôle de blague ! Te lire est toujours agréable et je n'ai rien à dire du personnage à quelques détails près - rien qui n'empêche ta prompte intégration dans le jeu !

J'en ai discuté au sein du conclave et il est apparu que ton personnage est tout à fait jouable, mais qu'un volet de son histoire chagrine un peu : qu'il ait été pris au piège par un mestre plus malin que lui n'est pas en cause, mais en revanche c'est ce qui a conduit à ce paroxysme de l'histoire qui nous gêne. Tu dis dans l'histoire que Vyrgil a fait le mur pour aller fréquenter tavernes et bordels, ce qui n'est pas en soi impossible, à condition bien sûr de n'en point faire son activité principale si tu vois ce que je veux dire, car alors il aurait été rapidement pris sur le fait et renvoyé sans autre forme de procès. Ce n'est qu'un détail et cela n'a pas vraiment d'impact sur ce qu'est ton personnage aujourd'hui !

En tant que mestre déchu, tu disposes des ressources que tu auras pu amasser avec les années. Toutefois, d'un point de vue RP, tu disposes surtout de tes possessions de départ, sans oublier que tu débutes le jeu avec 15 cerfs d'argent. Tu pourras te servir de cette somme pour acheter des biens aux marchands ou tout autre chose. Même si ça n'en a pas l'air, il s'agit quand même d'une grande fortune ! N'oublie pas de les ajouter à ton inventaire, dans ta fiche de personnage (accessible dans ton profil) !

Bref, si cela ne semblait pas encore clair, je te valide ! Tu vas donc pouvoir te lancer dans le jeu ! N'oublie pas de remplir ton profil, ta fiche de personnage et de poster les fiches relatives à ton personnage. Tu peux aussi aller signaler ta position sur le continent à cet endroit. N'oublie pas de consulter les autres sujets du bureau du Grand Mestre pour t'intégrer dans le contexte ! Tu pourras ensuite débuter le jeu en consultant les demandes, en postant la tienne ou en demandant directement à un joueur. En cas de questions, n'hésite pas à poster dans la Tour de la Main ou à m'envoyer un MP. Enfin, n'hésite pas à passer par le flood et la CB pour te faire connaitre et t'intégrer plus facilement sur le forum !

Puisses-tu trouver un nouveau sens à ta vie à Port-Réal, à présent que la Citadelle et Noirvallon t'ont fermé leurs portes !
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Alysanne Florent
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♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 01/01/2012
♦ Célébrité : Viva Bianca dans 'Spartacus'©Starz
♦ Copyright : Avatar©Seamus et signature©Sargon.
♦ Doublons : Lantheïa, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : 19 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Lancehélion
♦ Liens Utiles : Mémoires de la Maison Florent
Carnets de voyages
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Feuille de Personnage
Feuille de personnage
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Message Ven 10 Mai 2013 - 20:37

C'est noté, j'en tiendrai compte dans l'évocation de son passé Very Happy Il passait tout de même plus de temps à étudier en effet ^^

Merci

EDIT : j'ai édité pour préciser que c'était peu souvent !




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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