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Le féminisme, c'est ne pas compter sur le Prince Charmant ▬ Barth

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Message Mar 12 Juil 2011 - 10:24

     L'enthousiasme d'Alysane, tout d'abord très présent, avait fini par s'atténuer petit-à-petit pour finalement ressembler vaguement à un vieux pruneau ratatiné. Au bout du compte, la vie sur l'île aux Ours ou à Winterfell était à peu près semblable, excepté le fait qu'ils séjournaient ici dans une forteresse fort impressionnante et pouvant presque contenir une dizaine de fois la demeure des Mormont. Mae passait le plus clair de son temps en compagnie de leur père où des autres nobles présents au château en ces temps, Alysane avait réussi à se soustraire aux obligations de son rang. Il fallait avouer que lord Jeor préférait très largement voir sa fille aînée à ses côtés lorsqu'il était en compagnie d'autres personnes au sang bleu, car même s'il aimait sincèrement la jeune combattante, il était tout à fait compréhensible qu'elle n'offrait pas la meilleure image d'une dame. C'était une sorte de commun accord qui s'était installé de lui-même, même si Mae était sauvage et rebelle à sa manière et ne pouvait pas passer pour une dame de l'Ouest par exemple, elle restait bien plus digne que sa cadette. Celle-ci était le caneton dans une portée de cygnes, ce qui n'était pas forcément pour lui déplaire. Si elle avait été élevée en tant que dame, peut-être qu'elle aurait été capable de se montrer plus sage sur ce point, mais étant donné que depuis son enfance, on lui avait accordé le droit de battre la campagne en braies et de revenir couverte de boue, pourquoi aurait-elle refusé ? Alysane possédait un fort caractère, c'était une chose indéniable, mais elle avait aussi le sentiment que c'était ce qui plaisait à son père dans sa personne, lord Jeor avait toujours rêvé d'un fils légitime, il n'avait que des filles. Disons que la brunette faisait office de moyen de remplacement.

     Elle était donc en train d'errer dans les corridors de la demeure des Stark, tentant de ne pas se perdre tant tout semblait se ressembler ici. Des pierres, toujours des pierres, ça la changeait tellement de sa demeure de bois et de rondins qu'elle avait le sentiment d'avoir changé de planète. Son regard mordoré se teintait petit-à-petit d'une lueur agacée, dire qu'elle avait été de bonne humeur en début de matinée, elle était déjà bien loin désormais ! La demoiselle n'était pas patiente, excepté pour l'apprentissage des armes éventuellement, c'était le seul moment où elle pouvait commencer et recommencer des dizaines de fois les mêmes gestes dans l'espoir de le maîtriser totalement. Son but pour le moment, c'était de trouver une porte qui donnait sur la cour principale, l'on lui avait dit qu'il y avait souvent des entraînements là-bas, que ce soit entre les Stark et leur maître d'arme ou simplement entre des soldats de Winterfell qui se dérouillaient les muscles. Finalement, après être arrivée à la limite de ce que sa patience voulait bien lui offrir, la demoiselle tomba enfin sur une porte qui lui rappela vaguement quelque chose et qui, une fois poussée, déboucha sur un couloir extérieur permettant d'avoir une bonne vue sur la cour inférieure. Un sourire naquit aussitôt sur les lèvres pleines de la Mormont alors qu'elle repoussait la lourde porte de bois avant de s'installer tranquillement en prenant appui avec ses bras, sur le muret destiné à éviter toute chute accidentelle. Le bruit familier de deux lames qui s'entrechoquent et se raclent se faisait entendre, certainement un entraînement !

     Ses yeux se posèrent sur plusieurs silhouettes, deux d'entre elles en train d'échanger des coups tandis que les autres étaient situées à quelques mètres d'eux, en train d'observer le combat de loin. Alysane percevait quelques bribes de mots, des paroles rendues presque inaudibles en raison du vent froid qui les emportaient loin de ses oreilles. Mais elle ne lâcherait pas prise, pour le moment, couverte de sa fourrure d'ours qu'elle ne quittait jamais, la jeune femme observait les soldats en train de s'entraîner avec l'aide d'un homme qui devait sans aucun doute être le maître d'armes de Winterfell. Encore un Snow, Alysane avait été amusée de constater que les bâtards semblaient naturellement prédisposés à ce poste, peut-être qu'ils possédaient un don particulier ? Dans ce cas elle aurait aussi désiré en être une, lorsqu'on voyait la vie réservée à une lady, elle préférait de loin être accusée de porter la souillure de l'infidélité de son père dans les veines. Les minutes passèrent, elle ne savait pas exactement si elles se transformèrent en heures, quoi qu'il en soit sa patience ne lui fit pas défaut cette fois-ci, elle resta droite, appuyée au rempart, à regarder les soldats s'entraîner en attendant le bon moment pour intervenir à son tour. Ce moment arriva enfin, les gardes saluèrent le maître d'armes qui leur prodigua quelques derniers conseils qu'Alysane n'écouta pas, elle profita de ce laps de temps pour gagner l'escalier qui lui permit de descendre dans la cour et s'approcher du maître d'armes alors que les soldats s'éloignaient en direction de leurs quartiers. Qu'est-ce qu'elle comptait faire exactement ? Bonne question, la jeune femme espérait tout simplement qu'il allait accepter de lui offrir quelques conseils, pour quelle raison ? Simplement parce qu'elle n'était pas habituée à ce qu'on résiste longtemps à ses supplications sous peine de se transformer en sangsue des marais.

     ▬ Alors comme ça, c'est vous le maître d'armes de Winterfell. »

     Ce n'était nullement une question, plutôt une affirmation qui ne laissait aucune chance d'échapper à ses multiples questions. Elle s'arrêta à quelques mètres du jeune homme, profitant de cette proximité pour dévisager sans gêne l'homme qui se tenait face à elle. Contrairement aux autres dames, elle ne s'attarda point sur son visage ou ce qui aurait pu éveiller l'intérêt d'une femme intéressée, elle dirigea aussitôt son regard mordoré vers la lame qu'il tenait à la main et qui – à ses yeux – était synonyme de bien plus d'amusement et d'intérêt que tout le reste de sa personne. Un sourire se plaqua aussitôt sur ses lèvres bien dessinées et gercées par le droit, alors qu'elle reporta son attention sur le visage de l'homme afin de continuer son interrogatoire.

     ▬ Êtes-vous trop épuisé pour poursuivre l'entraînement, ou auriez-vous encore la force et le temps de me montrer de quoi vous êtes capable ? Je connais pratiquement d'avance tous les coups que mon maître d'armes actuel peut me porter, je ne serais pas contre du sang neuf. »

     Elle le darda du regard, le dévisageant sans tenir compte du fait qu'une lady n'était pas censée agir de la sorte. Si ses manières ne lui plaisaient pas, il n'oserait pas lui en faire la remarque normalement, c'était le seul avantage qu'elle avait trouvé dans son statut de noble. La jeune femme s'approcha encore un peu, craignant peut-être de le voir de carapater si elle lui laissait un trop large champ d'action. Malgré le fait qu'ils soient en présence de nombreux nobles, Alysane n'avait pas troqué ses braies et sa tunique contre une robe, comme Maege, elle pouvait aisément passer pour un des soldats qui accompagnait lord Jeor. L'espace d'un instant, la Mormont se surprit à espérer qu'il le ferait, si jamais il avait peur de blesser la fille d'un lord, elle allait encore devoir passer au niveau supérieur et se montrer aussi insupportable que la nature lui en avait donné la possibilité, pas sûr que ce soit apprécié de son père, mais elle n'en avait cure. La combattante plissa légèrement des yeux afin de les protéger d'un subit vent froid, puis sa main se glissa sous sa fourrure d'ours de manière à dégager sa hache légère qui pendait en permanence à sa hanche, puis elle la saisit à pleine main avant de la placer devant elle pour la montrer au jeune homme.

     ▬ Elle est un peu grande pour moi, mais l'on m'a dit que je la maîtrisais plutôt bien. Est-ce que vous ne maîtrisez que l'épée ? »

     Dans son esprit il semblait tout bonnement impensable que le jeune homme puisse refuser de lui donner quelques conseils, l'habitude de toujours avoir ce qu'elle désirait, qui n'était pas liée à son rang de lady par contre, mais à son simple caractère. Elle inspira légèrement, puis souffla une petite bouffée d'air qui se transforma en buée, troublant légèrement sa perception du visage du maître d'armes. Normalement lord Jeor lui avait promis une autre hache, plus adaptée à sa main nettement plus petite que celle d'un homme, plus légère aussi, mieux équilibrée, en somme une hache faite sur mesure. Un cadeau bien plus beau que tout ce qu'il aurait pu lui offrir en fourrures et robes. Ne se répartissant pas de sa verve, la brune lâcha quelques mots de conclusion.

     ▬ Ou bien avez-vous peur de perdre contenance face à une femme ? »
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Message Sam 16 Juil 2011 - 12:52

Vous êtes si mauvais que vos ancêtres doivent s'en retourner dans leur caveau ! Sont-ce là les hommes du Nord ? Si c'est de ce bois que vous êtes faits, je gage qu'il est pourri. Ce n'est point avec un tel niveau que nous partirons en guerre, à moins de vouloir chercher querelle à des paysans qui n'ont que leurs fourches pour toute arme !
De la provocation à l'état brut. Par expérience, Barth savait que c'était le meilleur moyen de tirer quelque chose de convenable d'une bande de bons à rien incapables de tenir une épée sans trembler. Tant pis si se faire détester d'eux tous était la rançon de la gloire. On lui avait confié pour tâche d'en faire des hommes, des vrais, de ceux qui font des victimes sur un champ de bataille et reviennent victorieux après avoir gorgé de sang les terres de leurs aïeuls en en protégeant les frontières... Ou en marchant sur celles des autres. Dans tous les cas, le résultat était loin d'être au rendez-vous, et les voir si peu assidus le désolait ; il se demanda alors si, autrefois, il était arrivé à son maître de considérer sa tâche avec le même dépit. C'était un homme bon, et il doutait sincèrement qu'il ait pu proférer des médisances, même en pensées ; pourtant, lui aussi avait dû en voir de belles au cours de sa carrière avant que celle-ci en un éternel sommeil s'achève. Le plus souvent, il se contentait d'observer, espérant de leur part une vivacité d'esprit qui leur ferait apprendre de leurs erreurs.

Hélas, c'était manifestement un cas rare, trop pour obtenir satisfaction. Fort heureusement, cela les astreignait au moins à une rigueur militaire tombant sous le sens. Sans cela, qui sait s'ils auraient encore été en mesure de croiser le fer le moment venu... À vrai dire, ses participations se résumaient à quelques conseils, d'irritantes remarques et de régulières corrections. Le voir les terrasser un par un sans sourciller tendait à les frustrer, ce qui les motivait à reprendre du poil de la bête pour un jour peut-être lui arracher ses airs suffisants en lui pointant une lame sous la gorge. Jusque là, ce n'était pas tout à fait cela... S'ils n'étaient pas aussi peu formés que pouvaient l'être les hommes du Mur à leur recrutement, ils étaient tout de même pour beaucoup bien au-dessous des exigences d'un maître d'armes qui prenait sa tâche aussi au sérieux que faire se peut. C'était un héritage qu'il n'avait pas le droit de négliger.
Où est votre fougue ? N'êtes-vous pas des soldats ? On vous croirait aussi motivés que si vos épouses attendaient de vous de récurer vos guenilles. Discipline est le mot d'ordre et beaucoup d'entre vous semblent l'avoir perdu de vue. Est-ce la paix qui vous endort ? Attendez-vous qu'on boute le feu à vos maisons pour vous réveiller ? N'oubliez pas qu'à tout moment l'Hiver peut venir. Lui ne l'oubliera pas.
Un discours moralisateur qui en fit grogner plus d'un. Mais c'était la plus stricte vérité. S'ils continuaient de se complaire dans l'inertie uniquement parce que nul ennemi n'était à leurs portes, comment pourraient-ils les défendre quand ce serait le cas ? À trop se reposer sur leurs lauriers, ils seraient les premiers à joncher le sol si un conflit armé devait éclater. Et même s'il ne faisait rien pour être aimé de ses élèves, que du contraire, il ne doutait pas que ses mots visaient juste et qu'ils reviendraient bientôt à un niveau plus correct, ne fut-ce que pour lui donner une leçon. Les dénigrer n'attirait aucune sympathie, mais au moins pourraient-ils peut-être récupérer cet engouement qui leur faisait cruellement défaut, même si c'était à mauvais escient. Il serait toujours temps de tisser des liens quand ils en vaudraient la peine. Rapidement, les rangs furent rompus, le laissant à une solitude bien méritée. Du moins, il le crut jusqu'à ce qu'une voix féminine brise le silence reprenant possession des lieux.
Alors comme ça, ça vous intéresse.
L'ombre d'un sourire vola sur ses lèvres alors qu'il posait à terre la pointe de sa latte en bois. Ses paumes se superposèrent à hauteur de son pommeau avant qu'il ne dévisage plus amplement cette inconnue. Pour l'avoir alpagué, de surcroît de cette manière, ce devait être que ses fonctions suscitaient chez elle un intérêt. Inutile de dire que son changement d'expression était en partie dûe à ses préjugés. Qu'une femme en vienne à le solliciter pour son savoir martial avait tout pour l'amuser par avance. À Winterfell, son opinion sur elles n'étaient un secret pour personne ; elles étaient bien mieux nanties avec un fil et une aiguille qu'une épée à la main. Non pas qu'il les estime bonne à rien sinon à entretenir un foyer et à donner une descendance, mais plutôt qu'il estime qu'elles n'avaient pas à empiéter sur les plate-bandes de la gent masculine qui remplissait bien mieux ces fonctions qu'elles ne le feraient jamais. En soi, il n'avait pas tout à fait tort mais tendait à pousser le vice trop loin, et qu'aucune d'entre elles n'ait pu lui démontrer le contraire n'aidait pas à lui faire réviser un jugement que certaines pensaient bien trop catégoriques. Dès lors, comment ne pas sentir les railleries lui brûler les lèvres en entendant l'une d'entre elles s'y intéresser. Bien sûr, le faire avant même qu'elle n'ait ajouté un mot de plus était porter un jugement hâtif, et c'est pourquoi il se passa de tout commentaire jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.
Croyez-moi, très chère, ce ne sont pas ces malheureux qui auront raison de ma vigueur. Cependant, j'avoue qu'à votre requête ma perplexité est de mise, j'ignorais qu'il existait des maîtres d'armes enseignant couture et cuisine. Le choix des armes est à ma connaissance assez vaste pour n'avoir pas à empiéter sur l'intendance et ses féminités. Je suis au regret de vous faire part de mon ignorance à ce sujet, mais croyez bien que c'aurait été avec plaisir.
Sans se défaire de ce soupçon d'arrogance, Barth soutint son regard, sans ciller. Celui qui le lui ferait détourner n'était pas encore nez et ce ne serait certainement pas à une femme d'ouvrir la marche, il en donnait sa parole. Son identité lui était inconnue, mais il n'aurait pas été plus cérémonieux en en ayant connaissance. Les courbettes ne faisaient nullement partie de son caractère, plus encore quand on venait le narguer sur son propre terrain. L'espace d'un instant, il pensa même à une farce de Beron, lequel connaissait à merveille son avis arrêté sur les femmes désireuses de tenir une lame autre que celle destinée à leur faire confectionner un goûteux repas. Puis, il se souvint non sans un frisson de la réaction de son ainé quand ses subalternes avaient cru bon de lui attribuer un surnom. Jamais autant n'eurent à se mettre au noir d'un trait. Ainsi, ne serait-ce qu'un parfait hasard ? Placide, presque trop pour que cela ne confère aucune envie de lui faire ravaler ses paroles, il leva posément sa flamberge à hauteur de la hache qui lui était tendue pour la détailler plus avant, la soulevant quelque peu pour en voir clairement le tranchant.
En effet, c'est un bien joli instrument. Seulement, je crains qu'il ne soit guère approprié et vous recommande d'user d'un matériel plus conventionnel quand vous vous mettrez aux fourneaux. Il serait dommage de subir les remontrances de l'homme à qui vous l'avez emprunté pour y avoir imprégné l'odeur des mets qui passeront sous sa lame. Pour vous répondre, l'épée est mon arme de prédilection, mais j'en maîtrise bien d'autres. Hélas, je crains de ne vous être d'aucune utilité, comme je vous l'ai dit nous n'avons pas les mêmes centres d'intérêt...
Après l'avoir fixée intensément, il relâcha progressivement la pression exercée par son arme sur celle qu'on lui présentait. En l'y opposant, il pourrait aisément repousser un coup malvenu que le mécontentement dicterait à cette jeune femme. Car en voir une armée, en plus de lui paraître inadapté, était le plus souvent synonyme de danger. Non pas pour leur habileté mais pour la maladresse qu'il leur connaissait, en faisant une généralité qui n'irait pas arranger son opinion trop tranchée pour être acceptable même aux yeux des plus tolérantes. Une nouvelle fois, la pointe de Givre creuse faiblement le sol, juste assez pour offrir un support robuste à son maître.
La seule contenance dont vous devriez vous soucier, ne vous en déplaise, est celle de vos marmites. Vous en serez bien plus à votre aise, je n'en doute point !
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Message Lun 18 Juil 2011 - 12:03

     Alysane oscillait entre l'envie d'émasculer l'homme qui lui faisait face, ou de lui rire au nez, elle opta finalement pour la seconde option, pas franchement certaine que le maître d'armes se laisse faire sans protester pour sa première idée, sans compter que lord Beron n'apprécierait pas d'apprendre qu'une des invitées s'en prenait physiquement au Snow. Un léger rire passa la barrière des lèvres de la brune alors qu'elle haussa légèrement les sourcils, il était drôle le loustic, est-ce qu'il croyait vraiment qu'elle allait s'amuser à tricoter pour lui faire plaisir ? Ça se voyait qu'il ne l'avait jamais vue avec une aiguille en main sans quoi il saurait qu'elle était bien plus dangereuse avec cela qu'avec sa hache. Si au fil des paroles outrageantes du bâtard, le visage de la lady s'était fermé pour afficher un air irrité, maintenant elle arborait un air franchement amusé. La jeune femme glissa sa main libre vers sa hache avant de la ramener vers elle comme si elle protégeait son enfant d'une brute épaisse. Son regard mordoré ne quitta pas le visage du maître d'armes avant qu'elle ne cesse de ricaner d'un air mesquin, pour s'adresser au malheureux qui venait de déclencher son mode amazone.

     ▬ Lord Beron avait omis de me dire que son maître d'armes avait été élevé par des sauvageons. Si ce n'est pas le cas, j'espère pour vous que vos manières et votre mentalité digne d'un homme des cavernes ne sont dues qu'au fait que vous n'êtes jamais tombé sur une femme qui savait se battre. »

     Elle ne se gêna pas pour le regarder de haut en bas, le détaillant comme si elle cherchait quelque chose. Il avait cherché à la provoquer ou s'imaginait peut-être qu'elle allait partir en pleurant dans les jupes de sa mère parce qu'il avait parlé un peu brutalement, mais Alysane, avec son esprit contradictoire, était bien décidée à faire le contraire. La jeune femme secoua la tête comme si elle se rendait compte de quelque chose qui la navrait, puis elle replanta son regard ambré dans les yeux de l'homme qui se moquait ouvertement d'elle, ne se départissant nullement de son sourire arrogant, puis elle ajouta quelques mots du même ton à la fois mesquin et railleur.

     ▬ A la vue de votre apparence, je confirme que vous ne devez pas avoir de connaissance en matière de couture effectivement, sans quoi vous n'auriez pas l'air de sortir d'un siège. Et cessez donc de me voir comme une femme après tout, j'ai mérité mon titre d'homme d'armes et je n'accepterais pas d'être insultée par un homme à l'esprit aussi étroit que celui que vous semblez posséder. »

     Elle fit claquer sa langue, il l'agaçait par son esprit fermé, mais lord Beron avait dit que cet homme était la plus fine lame de Winterfell. Les moqueries et les petites insultes, la demoiselle pouvait continuer à en balancer pendant des heures s'il voulait se lancer dans ce genre de discussion, mais disons qu'elle était venue ici pour avoir quelques conseils d'un maître d'armes digne de ce nom et non se crêper le chignon avec lui. La jeune femme changea de jambe de maintient avant de regarder rapidement autour d'elle, puis elle reporta son attention sur le maître d'armes qui semblait vouloir lui prouver qu'il ne comptait pas détourner les yeux devant une femme. Un macho jusqu'à la moelle, peut-être même irrécupérable allez savoir, pour ce que ça changerait, elle voulait juste avec la chance d'entendre quelques conseils de sa part. Peut-être valait-il mieux faire preuve de calme et de maîtrise ? Dommage, c'était là des qualités qui lui étaient inconnues.

     ▬ Barth Snow, lord Beron m'avait envoyé pour vous voir, prétextant que vous étiez la plus fine lame de Winterfell, vigoureux en prime de ce que vous me dites, je n'ai emprunté mon arme à personne, elle m'appartient au même titre que vous appartenez à votre seigneur, alors lorsque vous aurez cessé de chercher à vous débiner devant moi, vous pourrez peut-être revoir votre jugement, ou devrais-je considérer que lord Beron n'a pas de parole ? »

     Elle haussa légèrement les sourcils, après tout c'était l'entière vérité, à aucun moment elle ne mentait, c'était lord Stark qui lui avait conseillé de rencontrer le maître d'armes de sa demeure après l'avoir vu s'entraîner avec Jorah. Au moins ce dernier ne se faisait pas prier pour lui donner des cours, contrairement à celui qui se trouvait face à elle. La jeune femme laissa son bras retomber le long de son corps avant de placer sa hache contre sa cuisse, raffermissant sa prise sur la poignée qui était légèrement trop grande, mais pas assez pour l'empêcher de provoquer quelqu'un qui refuserait de lui donner des cours. Elle n'acceptait pas qu'on réponde à ses demandes par la négative et la Mormont était bien décidée à le faire céder. La jeune femme s'approcha légèrement pour diminuer la distance qui la séparait de l'homme comme si elle cherchait à lui faire voir qu'elle n'avait nullement peur de lui, puis elle lui offrit un sourire amusé.

     ▬ Je constate toutefois que vous n'avez pas votre langue dans votre poche, j'hésite entre me dire que c'est simplement la preuve de votre sottise de vous adresser à une lady de la sorte, ou que vous vous fichez pas mal de ce que l'on pense de vous. Je préfère imaginer que c'est la seconde option. »

     Elle haussa légèrement les sourcils, guère décidée à lui accorder la chance de pouvoir se débarrasser d'elle pour autant. Alysane ne connaissait peut-être pas la réputation du jeune homme, mais lui non plus ne connaissait pas la sienne sans quoi il saurait qu'il risquait de moins perdre de temps à lui donner ce qu'elle voulait plutôt que de la railler. La seule raison pour laquelle la brune ne s'était pas enflammée était qu'elle ne voulait pas le braquer totalement et se faire envoyer bouler, après tout lord Beron lui avait parlé de cet homme comme de quelqu'un qui devait pouvoir l'aider, pour quelle raison considèrerait-elle qu'il puisse la refouler ? Autant, la Mormont était habituée à l'idée de se faire regarder de haut par des lords qui ne pouvaient pas la voir comme une prétendante, autant elle refusait tout bonnement de se faire snober par un maître d'armes. Mais quelque chose lui disait qu'il n'allait pas la laisser gagner aussi facilement, ce devait certainement être le type d'homme qui la ferait patienter et piaffer pendant des heures. Oh, la demoiselle aurait pu se rendre chez lord Beron et lui demander l'autorisation d'émasculer son maître d'armes, à moins de lui demander d'accéder à sa requête en forçat la main de Barth, mais sa fierté lui dictait de se débrouiller toute seule pour atteindre son objectif. Elle soupira légèrement.

     ▬ Si vous m'aviez vue en train de coudre ou de cuisiner, vous sauriez que je suis bien plus dangereuse qu'avec ma hache, je ne tiens pas à être accusée d'avoir empoisonné ma famille, le combat reste mon seul talent. Même si cela semble vous déplaire. »

     Elle lui décrocha un regard passablement irrité en constatant qu'ils tournaient en rond, puis la jeune Mormont décida finalement de prendre les choses à bras-le-corps et de régler tout cela une bonne fois pour toute. Alysane tenait encore sa hache en main depuis le début de la conversation, elle orienta son regard vers l'arme du maître d'armes pour constater qu'il semblait prêt à l'utiliser, est-ce qu'il avait peur qu'elle s'en prenne à lui ? Son sourire s'élargit considérablement avant que ses yeux ambrés ne se reportent sur le visage du bâtard, puis elle recula doucement pour laisser un plus large champ d'action à son arme. L'avantage c'était qu'elle était plus aidée dans le combat rapproché avec une hache qu'avec une épée. D'un geste qu'il allait certainement intercepter sans trop de peine, la demoiselle lança une attaque surtout destinée à provoquer sa réaction, peut-être que si elle le mettait devant le fait accomplit et dans le feu de l'action, il allait la laisser apprendre quelque chose ?
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Message Dim 31 Juil 2011 - 15:37

Tant mieux pour elle si elle prenait ses remarques pour de l'humour, mais ce n'en était pas. Et ce rire cristallin, aussi charmant soit-il, ne le ferait pas changer d'opinion. Personne n'avait été en mesure de faire quoi que ce soit sur ce qui allait dans les prochaines minutes devenir un point de tension à n'en pas douter. Il n'y avait dès lors pas de raison que cela commence aujourd'hui.

La voir mettre sa hache à l'abri manqua de le faire ricaner à son tour ; il avait beau pouvoir en maîtriser, il n'aurait rien à gagner à la prendre. Son armurerie était déjà assez vaste sans l'enrichir du fruit d'un larcin, et il y préférerait toujours une épée, ô combien classique mais néanmoins toujours aussi efficace pour peu que l'on sache s'en servir. De plus, même s'il disait le contraire, c'était surtout pour la refroidir : il était en effet très probable qu'elle ait été faite pour elle d'après ses proportions inhabituelles. Si c'était bel et bien le cas il aurait toutes les difficultés à la manier comme il se doit, rendant cettep rise encore plus inutile. Elle n'avait pas à craindre qu'il la lui dérobe, il n'aurait de toute façon pas osé avoir recours à une arme volée à une femme de peur d'en réduire ses compétences à leur niveau, en bon superstitieux. Surtout si cela pouvait la narguer plus avant. Car, il faut le dire, il se prenait au jeu, et la voir étaler ses arguments comme un commerçant vantant ses marchandises avait de quoi faire sourire. Espérait-elle réellement que la menace fasse effet ? D'autant plus qu'elle ignorait tout du lien qui l'unissait à Beron et que si, certes, sa conduite n'avait pas été des plus correctes, il n'avait pas non plus commis d'outrage réel. Voudrait-elle le faire punir pour ne s'être pas plié à ses caprices ? Il était impatient de voir cela, et surtout ce que son ainé pourrait en dire, ce serait assurément une discussion divertissante.
Sauf votre respect, ma dame, vos peintures de guerre vous confèrent un aspect bien plus tribal que le mien, à plus forte raison que je n'ai pas souvenir que les sauvageons sachent s'entretenir. Et ce sans parler de la facture de mon arme et de mes habits. Mais peut-être est-ce de vous être aperçue que les hommes auront toujours une longueur d'avance sur le champ de bataille qui obscurcit votre jugement ? Ce n'est pourtant rien de plus qu'une évidence.
Contrairement à ce qu'elle pouvait penser, ne pas détourner le regard était une habitude chez lui. Que ce soit un homme ou une femme à qui il s'oppose, il n'était pas dans son caractère de prendre la fuite même sur de pareils détails et cette altercation n'y ferait pas exception. Si elle souhaitait voir là une preuve de plus de son manque de considération, cela ne regardait qu'elle ; ce n'était pas le bâtard qui s'en plaindrait. Les soucis d'image, il en avait soupé, ses origines elles-même faisant qu'on ne le voyait pas toujours d'un très bon oeil. Alors qu'elle en tire seulement les conclusions qu'il lui semblera bon d'y voir, il n'en avait cure et continuerait de la toiser de haut sans ciller, ne comptant pas plus accéder à sa requête maintenant que quand il l'avait refusée quelques minutes auparavant avec force explications. Certes pas du meilleur crû, mais au moins s'était-il justifié ; à ce sujet, elle ne pouvait nullement se plaindre. Pour connaître parfaitement le noeud du problème, qui lui avait été expliqué en long, en large et en travers depuis qu'ils avaient engagé la conversation, elle ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même si son acharnement ne payait pas. Si elle tenait à insister, soit, mais ce n'était pas ce qui changerait quoi que ce soit à ses plus fermes convictions.
Je ne vois pas en quoi Lord Stark vous aurait menti. Bien que je n'aime point m'en targuer, je suis en effet la meilleure lame que porte Winterfell, du moins est-ce ainsi qu'on me décrit. Il est uniquement bon de savoir que cette fine lame ne souhaite point vous confronter de peur de vous blesser, car ce ne serait en aucun cas un duel équitable et qu'elle n'a pas pour coutume de prendre avantage de la sorte. S'il vous a conseillé de venir à moi, je doute qu'il vous ait affirmé que je répondrais à tous vos désirs, c'aurait été bien mal me connaître et, de fait, on ne peut plus étonnant de sa part.
Appartenir à Beron... Elle était bonne, celle-là ! C'était certes vrai dans le fond, mais c'était tout de même le genre d'état de faits dont les deux hommes pourraient rire - dans la mesure où il faudrait que les Stark aient plus d'humour que le néant qu'on leur connaît, cela dit. Avant d'être lié à lui par allégeance il l'était par amitié et, comme ils l'avaient appris plus récemment, par la fraternité. Non pas que ça les dérange, puisque le gouverneur du Nord lui avait stipulé qu'il était « le frère qu'il avait choisi » avant même d'en prendre connaissance. Et c'était une vision partagée. Aussi, si elle pensait le prendre au piège en lui mettant sous la gorge le couteau de la loyauté, ce ne serait qu'un coup d'épée dans l'eau puisqu'il voyait bien mal son cher frère lui remonter les bretelles pour n'avoir pas obéi à quelqu'un qui n'avait aucun droit de le commander. Sa bienveillance n'était plus à prouver - même si se remémorer l'épisode de l'appelation « mâchoire de pierre » manqua de le faire grincer des dents, sans que cela n'altère sa réponse toutefois.
Force m'est de reconnaître que j'avais moi-même un doute sur vos talents culinaires en vous incitant à les privilégier, mais ne dit-on pas que c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? Vous pouvez me croire, vous avez bien plus d'avenir auprès d'une marmite qu'une arme à la main, car vous n'êtes point née pour en porter. Libre à vous de continuer à le faire mais ce n'est pas ce qui me fera changer d'avis. Si c'est votre seul talent, je ne saurais que trop vous recommander de vous en découvrir d'autres, car celui-ci ne vous mènera nulle part sinon à une mort prématurée.
La suite se passa de commentaires, il avait vu venir de loin cet assaut à l'utilité plus que douteuse. Les répliques de la belle l'avaient aidé à soupçonner un tempérament de cet acabit et il s'attendait à la voir tenter par tous les moyens de l'entrainer dans le feu de l'action. C'était peine perdue, elle n'était pas la première à esquisser cette démarche et n'en tirerait pas meilleur résultat que ceux qui l'avaient précédé. Agile, Barth n'eut qu'à se décaler promptement pour ensuite opposer sa jambe à la sienne dans son élan. Pour sûr, il aurait pu dévier son arme mais cela aurait été lui donner raison de seulement y présenter la sienne, et il n'avait aucune envie de lui donner satisfaction même sur ce maigre détail. Certain de l'avoir déséquilibrée, il s'assura toutefois de provoquer sa chute d'un coup de pied rotatif qui devait lui faucher les chevilles. Tout de même plus galant qu'il n'y parait, il usa de sa main libre pour la rattraper en passant le bras dans son dos, soutenant la cambrure de ses reins. Aussitôt Givre plantée dans le sol, il s'empara de son poignet d'une prise ferme dont elle aurait bien du mal à se défaire, car qu'elle le veuille ou non sa force était celle d'un mâle et donc supérieur, même s'il devait concéder avoir été surpris par sa hargne.
Voyez plutôt. Si j'avais eu à coeur de couper court à cette discussion, il ne m'aurait fallu qu'un coup d'épée. Je ne suis pas homme à faire de cadeau et si vous persistez à vous en prendre à moi, je serai dans l'obligation de vous désarmer, et je crains fort de ne pouvoir vous rendre cette jolie hache qu'à la fin de votre séjour à Winterfell. Je ne suis pas un brigand et il m'en coûterait d'avoir à vous en priver, surtout si vous tenez tant à mouliner dans le vent à son aide comme vous venez de le faire, mais croyez bien que si l'envie vous reprenait d'attenter à ma vie je n'aurais pas d'autre choix...
Un sourire vola sur ses lèvres tandis qu'il faisait le nécessaire pour l'aider à se remettre d'aplomb. Bien sûr, à l'avoir éconduite de la sorte, il s'exposait à de plus lourdes représailles mais il pensait lui avoir à présent fait comprendre que cette insistance ne la mènerait nulle part, sinon à une humiliation. Car en effet, il n'avait en aucun cas accepté de la seconder dans son entraînement et la battrait pour vaincre si vraiment elle le poussait à bout, mais ils n'en étaient pas là et elle aurait grand mal à y arriver quoi qu'elle fasse. Le mieux à faire aurait été de renoncer, c'était une évidence, mais elle n'avait pas l'air de vouloir baisser les bras si facilement. S'obstiner ne ferait que lui porter préjudice, mais, à son grand regret, l'homme d'épée ne pouvait décider à sa place et il se préparait déjà à essuyer ses diatribes et d'éventuelles tentatives aussi négligeables que celle qui venait d'avoir lieu. À remettre cela, elle ne réussirait qu'à se tourner en dérision auprès de tous ceux susceptibles de passer à proximité, mais cela ne le regardait point. La mettre face à l'évidence, face à sa propre faiblesse devait être le meilleur moyen pour qu'elle comprenne ne pas être à la hauteur. Avoir vue sur l'écart de force qui les séparait n'était certes pas agréable mais à la voir si obsédée par l'obtention de ce qu'elle convoitait, il pensait bon de tout entreprendre pour lui remettre les pieds sur terre. La balle était dans son camp.
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Message Lun 1 Aoû 2011 - 13:16

     Alysane plissa légèrement des yeux lorsqu'il lui rétorqua qu'elle n'avait pas une meilleure apparence que lui, la très claire différence était qu'elle s'en moquait totalement, s'il avait posé les yeux sur Maege il aurait certainement remarqué ce détail, Alysane n'était pas un exemple et elle n'était absolument pas touchée par les remarques qui visaient son physique ou son accoutrement, elle était la première à exprimer le fait qu'elle n'avait rien d'une lady et ressemblait à une sauvageonne. Un coup d'épée dans l'eau, tant de machisme dans une seule et même personne, c'était à se demander comment est-ce qu'il était encore possible qu'il puisse avoir la moindre once d'intelligence, lorsqu'un sentiment ou un trait de caractère prenait trop le dessus, il n'y avait plus rien d'autre. C'était comme de chercher à remplir d'eau un verre déjà plein de vin, tout coulait à côté et il n'en ressortait qu'un vin gâté par de l'eau. Secouant légèrement la tête sans se départir de son éternel sourire elle rétorqua doucement, comme si cela était une évidence et qu'elle ne faisait que lui souligner quelque chose.

     ▬ Je comprends que vous soyez maître d'armes de Winterfell, vous ne trouverez jamais d'épouse vu le don que vous semblez posséder pour nous insulter. Vous croyez donc que je suis assez vieille pour avoir réussi à prendre part à une guerre ? Je ne crois que ce que je vois, il ne me viendrait pas à l'idée de me baser sur des rumeurs, je ne peux donc aucunement savoir ce qu'il en est sur un champ de bataille. »

     Est-ce qu'il pensait sincèrement qu'elle puisse savoir à quoi un champ de bataille ressemblait ? Ce n'était pas faute d'avoir tenté de le faire à plusieurs reprises bien évidemment, mais lord Jeor avait toujours formellement refusé que sa fille puisse quitter l'Île aux ours sans sa permission. Oh, la Mormont ne perdait pas espoir, elle savait bien qu'elle finirait pas avoir cette autorisation et qu'elle pourrait espérer prendre part à des guerres à venir. Lady Jorelle lui avait de nombreuses fois reproché sa manière d'espérer qu'une guerre allait éclater pour qu'elle puisse y prendre part et découvrir ce que c'était réellement, les guerres signifiaient bien plus qu'une simple bataille, mais dans son esprit arrogant et égoïste sur les bords, la guerrière s'en moquait. Ce n'était certainement pas les vaines provocations d'un maître d'armes qui allaient la faire changer d'avis à ce niveau ! Elle ne le quitta pas du regard alors qu'il parlait de lord Beron en affirmant être bel et bien la meilleure lame de Winterfell, mais il se sentait largement supérieur à elle tout simplement parce qu'elle était une femme et lui un homme. Tant de stupidités débitées en une seule fois, Alysane avait beaucoup de mal à croire que ce soit possible. Dire qu'elle avait toujours considéré que les hommes du Nord valaient mieux que les autres, apparemment il y en avait tout de même pour faire exception. Celui-ci compensait pour tous les autres. Un léger soupir qui libéra un petit nuage de vapeur alors qu'elle répondait.

     ▬ Je me suis fourvoyée vous avez raison, vous n'êtes pas un sauvageons, eux au moins acceptent le fait qu'une femme puisse combattre aussi bien qu'un homme. Je constate que vous n'êtes certainement pas aussi bon que lord Beron me l'a dit, un homme qui peut ainsi sous-estimer une personne juste parce que c'est une femme, je crois que ça me désole plus que ça ne me surprends. Je n'ai nul besoin que l'on réponde à mes désirs, c'est le devoir d'un maître d'armes de transmettre son savoir, mais visiblement vous n'êtes pas capable de le remplir comme il faut. »

     Est-ce qu'il l'agaçait ? Est-ce qu'il l'amusait ? Elle ne savait pas réellement, son comportement était à la fois aberrant et injustifié, elle était bien d'accord que toutes les femmes n'étaient pas à même de pouvoir se battre, certaines étaient très douées et d'autres absolument pas. Mais refuser en bloc de pouvoir envisager qu'une femme sache manier une arme, c'était de la stupidité à l'état pur. Alysane aussi faisait des concessions et elle ne restait pas obstinément sur son chemin de femme guerrière puisqu'elle avait fait un effort en jouant les « dames » à plusieurs reprises lorsque les Mormont recevaient leurs voisins proches. Il était né avec cette idée, il finirait avec cette idée, le genre d'homme qu'il est impossible de faire plier et non en raison d'une force de caractère, mais simplement d'une absence totale de compréhension. Alysane plaignait bien sa femme si un jour il venait à prendre épouse. Elle le darda de ses yeux mordorés, partagée entre l'envie de le planter là ou d'attaquer.

     ▬ Vous devez certainement être le bâtard d'une personne du Bief pour avoir un esprit aussi fermé, à moins que ce ne soit de l'Ouest pour être aussi buté. Les natifs du Bief possèdent au moins un tact que vous n'avez pas. Je préfère une mort prématurée en faisant une chose que j'aime, si je me mets aux fourneaux c'est très certainement vous qui finirez sous terre en un rien de temps. »

     Elle ne parlait pas d'un ton hostile, au contraire la demoiselle avait baissé la voix comme si elle était en train de lui confier un secret. Qu'on puisse entendre ce qu'elle avait à dire lui était égal, Alysane n'était pas le type de femme qui pouvait avoir le moindre intérêt pour ce que l'on pensait d'elle sans quoi elle ne se pavanerait pas en tunique de combat. Son attaque échoua, il devait certainement s'y attendre et lorsqu'il la rattrapa pour lui éviter de tomber sur le sol, elle se débattit vivement pour lui sommer de la lâcher. Sa main était fermée autour de son poignet et elle lui décrocha un regard assassin alors qu'il la mettait en garde puis elle lui lâcha quelques mots d'un ton peu amène.

     ▬ Je vous conseille vivement de me lâcher ou je serais obligée de vous mordre pour que vous le fassiez. Je vous préviens que je ne plaisante pas, au moins cela vous fera un souvenir de moi. »

     Elle fronça les sourcils avant d'avancer son visage vers la main de Barth comme il refusait de lâcher lorsqu'elle tirait son poignet vers elle, la jeune femme n'était pas du genre à parler dans le vent, elle ne faisait pas de vaines menaces et n'hésiterait pas à lui offrir une marque à vie. Quitte si elle y parvenait, elle le mordrait jusqu'au sang. La Mormont était consciente que c'était plus une attitude de chienne sauvage que de lady qui était censée être bien élevée, si lord Jeor sortait à ce moment il en resterait cloué sur place et frôlerait certainement l'arrête cardiaque, mais peut lui chalait. S'il était capable de cerner lorsqu'une femme mettait ses menaces à exécution, il se douterait que pour sa main, mieux valait la retirer sans quoi il me pourrait plus s'entraîner pendant un moment. Histoire d'en rajouter une couche, elle lâcha son arme qui tomba sur la neige du sol avant de se pencher comme elle le pouvait pour la ramasser de sa main libre et la leva pour montrer à Barth qu'elle ne lâchait pas prise. Il l'avait aidée à se remettre d'aplomb, il allait le regretter à n'en pas douter.

     ▬ Vous parlez beaucoup, mais je trouve que vous ne faites pas grand-chose, j'espère que vous n'êtes pas aussi peu actif dans toutes vos relations sinon je plains votre future ! Prenez donc mon arme parce que je ne compte pas lâcher l'affaire, je viendrais la chercher dans votre chambre dans ce cas, si vous espérer que je vais m'apaiser par vos paroles puériles et vos provocations, ou pour ne pas me ridiculiser devant les autres, vous vous fourvoyez mon cher. »

     Le pire c'est très certainement qu'elle en serait capable, s'il lui confisquait son arme Alysane passerait Winterfell au crible pour localiser la chambre du maître d'armes et la mettre à sac jusqu'à retrouver son bien si précieux. Une fille gâtée ? Un peu, elle avait toujours eu ce qu'elle voulait avec Jorah et lord Jeor, ils étaient quelque peu dominés par la jeune femme qui refusait qu'on lui dise non. Mais c'était aussi en raison de son fort caractère qui ne laissait rien passer. Histoire de montrer qu'elle n'allait pas se laisser faire, Alysane avança brutalement pour percuter le maître d'armes et le faire reculer, peut-être que si elle le prenait par surprise elle parviendrait à le repousser, mais elle veilla aussi à ne pas se laisser emporter par son élan pour finir par terre, Jorah lui avait suffisamment enseigner comme procéder, si elle savait bien faire quelque chose, c'était bien ça et elle était décidé à le prouver à ce macho.


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Le féminisme, c'est ne pas compter sur le Prince Charmant ▬ Barth

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