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Le Corbeau et le Dragon

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Lantheïa
Artisan

Général
Saltimbanque

♦ Missives : 793
♦ Missives Aventure : 42
♦ Age : 37
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 19/08/2012
♦ Célébrité : Joëlle Sevilla dans 'Kaamelott'
♦ Copyright : Avatar by me & signature by Sargon ♥
♦ Doublons : Alysanne Florent, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : Pas loin de la cinquantaine.
♦ Mariage : Avec la scène.
♦ Lieu : Port-Lannis
♦ Liens Utiles : Ma vie de baladine
Mes rôles et partenaires
Mes marionnettes
Mes dons d'artiste
La rançon du succès

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Message Sam 4 Mai 2013 - 19:14

Spoiler:
 

La fièvre de la création l'avait emportée jusqu'aux limites de la nuit, jusqu'aux limites de son propre corps. Les clients de la Halte Ombragée se demandaient sans doute quelle folie s'était emparée de l'occupante de la chambre du bout du couloir au premier étage ; depuis trois jours elle n'avait pas mis le nez dehors et des bruits étranges filtraient par sa fenêtre. Pas seulement des bruits, mais des voix, des ombres, des jeux de lumière fantasques qui dansaient jusqu'à l'aube à l'aplomb de la ruelle enténébrée. Quelque chose se tramait là-haut, quelque chose était en gestation. De quelle monstruosité la créature laide et fripée qui hantait l'auberge allait-elle accoucher ? D'aucuns n'auraient pas manqué de faire valoir à Galt, l'aubergiste, que cet esclandre était mauvais pour les affaires, et que la sinistre harpie à laquelle il donnait asile allait porter lui malheur. Il y eut quelques visiteurs de passage assez sourcilleux sur le chapitre de l'insomnie, quelques esprits impressionnables redoutant un esprit frappeur, et quelques habitués mal embouchés pour grincer des dents ; mais à tous, Galt opposa un visage serein et souriant, assorti au besoin d'excuses polies et de menues remises. Il connaissait assez cette cliente-là pour savoir d'une part que ses plans fumeux avaient toutes les chances de l'aider à faire salle comble, et d'autre part qu'il était malavisé de la déranger dans les affres de la création. Lantheïa gardait toujours son fichu bâton à portée de main, et elle n'hésitait pas à en faire usage sans sommation, quand elle ne se contentait pas d'agonir les importuns de sarcasmes salés.

L'on jasa donc, trois jours durant. A l'aube du quatrième jour, les manifestations étranges cessèrent. Debout au milieu de sa chambre, un manteau de théâtre artistiquement jeté sur ses épaules, la saltimbanque s'inclina seule face à la fenêtre aux volets à demi-clos. Une ribambelle de bougies rendirent l'âme alors qu'elle se redressait avec toute la majesté d'un roi blessé. Oui. Elle la tenait, sa pièce, belle et silencieuse enfant, plus gratifiante que n'importe quelle saleté de nouveau-né vagissant et cramoisi qu'on aurait mis entre ses bras. Elle en tirerait de la reconnaissance, au moins, et sans doute du profit. Ses deux nouveaux comparses y feraient leurs premiers pas à ses côtés, et la ville dans l'attente de jours meilleurs les accueillerait à bras ouverts. Amuseurs de haute volée, acrobates du verbe, ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et cette représentation leur permettrait de prétendre aux publics les plus fortunés. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus connu les joies du théâtre ordinaire. Depuis le Fléau de Printemps, qui avait emporté SA troupe, la meilleure, la plus spectaculaire qu'on ait jamais vue à Westeros. Après l'hécatombe, elle avait traîné son increvable carcasse ici et là ; pendant un temps, elle s'était associée avec une ménestrelle nommée Jyanna, puis elle avait repris du service en tant qu'agent de la Main, l'inénarrable, le magnifique Brynden Rivers ayant à nouveau besoin de son génie artistique, lequel lui était tout acquis, moyennant finances tout de même - on ne vit pas d'art et d'eau fraîche, n'en déplaise aux poètes. Elle avait alors mis en scène sa meilleure grande illusion, qui avait failli conduire à la mort d'un chevalier du Val, mais s'était achevée sur le triomphe de la Main et des Targaryen sur leur rival putatif, Daemon II Feunoyr. Son propre rôle en cette affaire l'avait amenée à diriger une troupe de nains de sa connaissance, et à opérer par leur entremise le vol le plus ambitieux de sa carrière. Revenue de Murs-Blancs après cet épisode émoustillant, elle avait dû réfléchir sérieusement à la suite des événements. A supposer que le terme "réfléchir" s'applique au jaillissement incontrôlé d'idées aussitôt rejetées ou adoptées avec une conviction catégorique. Le chemin à suivre était clair : foin de glorieuses péripéties et d'interludes musicaux ! Elle allait s'élever à nouveau vers les sommets de son art préféré avec l'essor puissant d'une histoire mémorable, une histoire déjà entrée dans l'Histoire, en fait. Mais l'Histoire poussiéreuse et morne des gratteurs de parchemins, et non l'Histoire vivante et inspirante des baladins. La rumeur seule avait apporté l'écho de la conspiration écrasée ; il lui revenait donc, à elle entre tous les saltimbanques, de lui rendre un corps et une voix à la hauteur des enjeux.

Ainsi était née Le Corbeau et le Dragon, telle une vision à la surface écumante d'un chaudron de sorcière. Son chaudron. Sa caboche. Tordue à l'intérieur, sûrement, et toute noire et usée, comme il se devait... pas un pot de fleurs d'où l'on sortirait des élégies bucoliques pour jeunes filles de province. Elle sourit pour elle-même, et sauta au lit. Le soleil venait tout juste de se lever, et son corps décharné criait grâce ; il était temps de dormir...

* * *

« Tu te payes ma trombine, le mioche ? Parce que si c'est le cas, laisse-moi te dire que pour un mouflet de Culpucier, tu manques cruellement d'instinct de survie. Ce matin je n'ai tué personne, pas encore, mais je vais commencer par toi peut-être. »

Le jeunot la fixait avec ses yeux de chiot mouillés. Et alors ? Elle n'avait jamais hésité à filer un coup de pied à un chiot en cas de besoin, si ? Que la Mère l'emporte, la Seastar elle-même aurait pu racheter ses droits d'entrée au paradis avec les flots d'innocence qui débordaient de ses mirettes d'un bleu limpides. Noam, qu'il s'appelait. Jusqu'ici ce gamin à peine pubère ne lui avait pas trop couru sur la dragée. Mais là, il avait décroché la timbale. « Maîtresse Lantheïa ! Je... jamais je me moquerais de vous ! Ce n'est pas bien de mentir... comment pourrais-je vous faire une chose pareille ? Vous m'avez sauvé de mon père... je vous en prie, ne vous fâchez pas contre moi, je n'ai dit que la pure vérité... » Avant que la pureté du béjaune ne commence à inonder ses joues, spectacle que Lantheïa avait toujours jugé éminemment disgracieux hors du cadre dramatique d'une pièce, la saltimbanque lui cloua le bec d'un geste.

« C'est bon, c'est bon, arrête de me pisser dans les oreilles... si j'étais vraiment hostile, tu saignerais. Là, je vais juste te maudire et t'insulter. Rien de personnel, bien sûr. Mais qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais te remercier de m'annoncer la débandade de cet eunuque endimanché de Kylan, en même temps que l'extinction de voix de Jesse ? Non, mon petit. Il y aura des morts. Des blessés du moins. Si je remets la main sur cet empaffé, ce lâcheur de Kylan... Quant à Jesse... il ne perd rien pour attendre, celui-là. A peine engagé, il a l'indécence de perdre son instrument de travail ? Par le vit gaillard du Ferrant ! Il n'aurait pas pu attendre une semaine pour prendre froid ? Et d'abord, qui me dit qu'il ne s'est pas mis dans cet état en poussant des chansonnettes paillardes toute la nuit ? Noam ! Tu vas lui dire de guérir sur-le-champ ! Et s'il n'est pas en état de jouer ce soir... il a intérêt de savoir mimer, parce qu'il servira de souffleur à son remplaçant ! »

« Son remplaçant ? » releva Noam, ses grands yeux écarquillés de stupéfaction, trop curieux pour se rappeler qu'il avait peur.

« Parfaitement, son remplaçant ! Je ne vais pas laisser une satanée toux et un crétin à la cervelle ramollie m'empêcher de lancer cette pièce ! On jouera ce soir Le Corbeau et le Dragon, même si l'auberge brûle ! »

Ce n'était qu'une façon de parler, évidemment, mais l'intention était là. Empoignant son bâton comme s'il s'agissait d'un symbole de commandement divin, Lantheïa franchit la porte de sa chambre, laissant le morveux courir répéter ses propos à Jesse. Il n'y avait pas deux semaines qu'elle avait recruté cette nouvelle troupe avec l'argent de ses prestations de Murs-Blancs, et les embrouilles commençaient déjà à grouiller comme la vermine sur une charogne. Des annonces avaient été faites, Noam avait assuré avec elle le rabattage, et la salle serait pleine, à tous les coups. Hors de question que Lan' la Futée rate son retour. Elle serait là, comme prévu, et tous ceux qui la connaissaient et l'attendaient en auraient pour leur argent. Le Corbeau et le Dragon voleraient, quoi qu'il en coûte ! Sa chevelure amalgamée en tresses pagailleuses flottant derrière elle tel un étendard, elle débaroula dans la salle commune de l'auberge avec ses rides vibrantes, ses sourcils menaçants et ses atours de duègne usés, décidée à jeter son dévolu sur les deux premiers quidams dont l'allure ne serait pas trop miteuse. La chance, ou le Ferrant, lui sourit, et elle tomba comme la peste - mais une peste mielleuse et séductrice - sur deux hommes blonds de belle stature dont un, au moins, la connaissait très bien...

« Bien le bonjour, Messire Alrik ! C'est votre jour de chance ! Et vous, cher inconnu, souriez, car le Ferrant vous a également remarqué ! Ce soir, vous serez les étoiles d'une oeuvre d'art édifiante, épique et galvanisante ! C'est une opportunité qui ne se présente pas deux fois, alors ne réfléchissez pas, et jetez-vous à l'eau ! L'heure n'est plus à la timidité quand il faut sauver une pièce en déconfiture et une artiste en détresse ! Si vous ne le faîtes pas pour mes beaux yeux, mes chéris, vous le ferez pour l'art, pour le public, et pour la réputation de notre auguste Main, dont les exploits à Murs-Blancs seront enfin contés sur scène, avec le brio qu'ils méritent ! »

Sur cette sortie passionnée, elle s'inclina gracieusement et leur indiqua d'un mouvement de bâton la scène improvisée au fond de la salle, qu'elle avait montée avec sa troupe et Galt. Rien de très spectaculaire, une simple estrade de bois et des rideaux pour couvrir les sorties de scène, ainsi qu'une toile pour les décors. La manière dont le bâton pointait dessus laissait entendre que la requête avait la couleur d'un ordre dans l'intention si ce n'est dans la forme. Lantheïa n'avait pas vraiment l'habitude de supplier : son offre était à prendre ou à laisser, et elle saurait payer ses acteurs en retour, mais s'ils n'étaient pas intéressés, elle les ignorerait simplement et trouverait d'autres candidats, dût-elle aller jusqu'au Donjon Rouge et kidnapper Brynden Rivers lui-même pour jouer son propre rôle... !

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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

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Message Mer 8 Mai 2013 - 19:23

Quelques jours seulement, que le Mallery avait retrouvé l'usuelle effervescence de Port-Réal, capitale du royaume des Sept Couronnes et épicentre des affairistes. Le retour de la Main du Roi avait précédé le sien, lui qui s'était vu confier la bonne gestion de la désagrégation de la Laiterie, théâtre de complots et ce qui aurait pu être les prémisses d'une catastrophe. Chaque pierre d'opale graduellement retirée de l'édifice en démembrement s'était plu à rappeler à chacun que la gangrène avait plus que jamais menacé l'illusoire concorde du continent, ou du moins, l'ordre établi par le présent régent. Le succès des Feunoyr et de leurs séides aurait pu être complet, les héraldiques avaient convergé en nombre pour assister à ce fallacieux mariage ainsi qu'au tournois allègrement récompensé, leurs projets avaient été habilement brodés, une unique bévue les avait empêché de parvenir à leurs fins. Le Don de Vervue de Brynden leur avait une nouvelle fois été salvateur, et tous avaient loisir de se remémorer la raison pour laquelle il était l'homme qui siégeait sur le trône de fer. Ils avaient, à tort, mésestimé l'intellect du dragon d'albâtre en lui préférant celui de jais – ils avaient joué, et ils avaient échoué. Les Beurpuits seraient, comme nombre de leurs enthousiastes, inscrits dans les archives en tant que félons, et pire que ceux qui s'étaient simplement vus estropiés d'une part de leur opulence, ils avaient absolument tout perdu dans cet essai de sécession. Ils n'erraient plus désormais qu'avec le faix de leurs actes et entamaient un chemin de croix que les descendantes suivantes obtiendraient en tant que legs, quelle perspective plus affligeante pour ceux qui étaient responsables de la déchéance de leur maison ? Dûment châtié, toutefois, le lord Ambrose n'avait pas osé objecter sur son sort, trop heureux de demeurer en vie alors que la tête aurait pu lui être disjointe sans que quiconque ne s'en lamente. Alrik l'avait lui-même expulsé de ce qui fut son logis, conscient d'avoir assisté et activement participé à un événement historique que l'on relaterait encore dans une pléiade de décennies. Il avait fièrement agi au nom et à l'honneur de freuxsanglant, comme toujours à la tête de ses loyaux Dents de Freux qui n'avaient pas hésité à rappeler les armoiries qu'ils défendaient alors. Ceux-ci avaient par ailleurs contribué à achever le travail sous les directions de leurs capitaines, car leur commandant avait été appelé à une affaire autrement plus personnelle et... Incoercible.

En faible cohorte, il avait chevauché en direction d'Atranta, fief des Vance dont le seigneur était un vieux frère d'armes de la bataille du champ d'Herberouge – sujet irrémédiablement abordé au vu de la très récente rébellion étouffée dans l'oeuf. Mais ce n'était point l'affable compagnie du lord Cliff qu'il s'en était allé chercher, le coeur à la fois lourd d'appréhension et léger d'impatience. L'exquise idylle à laquelle il songeait l'avait incanté d'une voix de sirène, jusqu'à l'attirer au plus près d'une muse qu'il avait encore craint de nommer ainsi. Toutefois, une seule et unique sorgue l'avait plus que jamais conforté dans sa convoitise, une ingénue flânerie avec Velanna à son bras, sa fragrance, sa discussion, son indicible innocuité mâtinée d'envie d'apprendre, et de conquérir... Elle était, à ses prunelles d'azur troublé, la définition même du mot Perfection. Sa passion naissante jetait assurément un voile de cécité sur son opinion la concernant, mais c'était avec ses qualités et ses défauts qu'il désirait l'aimer. Bientôt, peut-être, le sigisbée n'avait guère voulu s'égarer en précipitation, et voulait laisser le temps au temps. Avant qu'une quelconque information ne devienne officielle, il lui fallait être sûr d'une certaine réciprocité, et surtout qu'elle ait la volonté de se ceindre du titre d'épouse Mallery sinon rien. Et puisque ses obligations l'avaient malheureusement rappelé sur les Terres de la Couronne, les probables projets maritaux avaient été laissés en suspend, bien qu'assurés d'être très sérieusement repris à l'étude dès l'insurrection Grejoy pacifiée. Ah, oui, les fer-nés... Le temps était plus que jamais venu de déposséder la Seiche d'Or de ses tentacules et de mettre son armée d'écumeurs en déroute. Encore un tumulte d'état auquel le freux offrait toute sa contribution, notamment en prenant en grande partie les brides de la milice instaurée à cet objectif de lénifier les Iles-de-Fer et leurs cuistres d'insulaires. Et justement, la conversation qu'il entretenait présentement en était toute imprégnée...


« Tu as l'étoffe d'un bon bretteur mon frère, nous acceptons toutes les estocs volontaires tant que les poignes qui les manient sont promptes à se mesurer à d'ardents ennemis. Certains s'engagent pour l'éthique, d'autres pour la bataille qui se promet considérable malgré nos avantages, et quelques-uns encore pour le pécule et les éventuelles richesses qu'ils pourront récupérer une fois sur place. Ce ne sont point les raisons qui manquent, peut-être serait-ce l'occasion pour toi de t'engager dans quelque chose de concret, d'important, et de t'y tenir... Pour une fois... » La fin de sa tirade avait été ourlée d'une once de blâme qui ne datait pas de la veille, de subtiles imputations toutefois suffisamment éloquentes pour être décelées... Sauf par le principal intéressé. La frivolité alliée à la puérilité de ce dernier atteignaient le paroxysme de la bêtise humaine, et il n'en avait pas même conscience. Par ailleurs, en biaisant son regard sur lui, Alrik remarqua qu'il ne lui prêtait qu'une oreille distraite et semblait bien plus intrigué par les jolis minois qu'ils pouvaient croiser. La canaille... « Aslak ! Pourrais-tu avoir l'obligeance de t'intéresser à ce que je te dis ? Fais au moins l'effort de faire semblant ! »

Ignoré alors même qu'il flattait les facultés combattives du coquin ! Il y avait de quoi s'offusquer, le dialogue était trop souvent à sens unique avec cet aîné qui donnait plus l'impression d'être le dernier nigaud né de la famille. Avant de rejoindre le Donjon Rouge, le chevalier était furtivement passé à Empyrée, sa demeure où il avait voulu visiter sa soeur et sa fille après sa pérégrination vers le Conflans. Même s'il avait été pantois d'y trouver également son frère qu'il avait pensé aveuli dans un lupanar ou une quelconque taverne de Culpucier, tous deux ne s'étaient pas croisés depuis un moment maintenant, et malgré son comportement inéluctablement exaspérant, il avait été heureux de le revoir. Si bien qu'ils étaient ensuite repartis ensemble pour Port-Réal, où ils s'étaient séparés pour mieux se retrouver plus tard. Le Mallery avait dû s'affairer au bastion royal pour le Conseil Restreint qui avait d'ores et déjà commencé, réunissant nombre de hautes personnalités desquelles il fallait assurer l'aise et la sûreté. Fonctions ainsi reprises, une poignée de jours lui avait été nécessaire pour revoir et vérifier toute son organisation, ainsi que se pencher sur les préparations de la croisade dont le départ approchait dangereusement. Puis, en ce jour, le binôme fraternel avait trouvé l'opportunité de musarder ensemble, Aslak avait ouï-dire qu'une représentation théâtrale sur Murs-Blancs aurait lieu en ville, de quoi se délasser tout en appréciant le talent de certains ! La suggestion de s'y rendre avait séduit le sigisbée, lui dont l'intrigue de la Laiterie était encore parfaitement fraîche dans son esprit, et il n'était que trop rare qu'ils partagent quelque chose l'un avec l'autre. En avance, avec l'intention de patienter en bavardage, ils finirent par pénétrer dans l'auberge qui accueillerait vraisemblablement la fameuse vaudeville... Mais à peine eurent-ils le temps de faire le tour du propriétaire qu'une prophétesse galvanisée par une foi divine vint à leur rencontre. L'oracle des planches ! La toute truculente actrice qui n'était de loin pas inconnue au commandant qui s'ébaudit de l'emphatique prestance avec laquelle elle se présenta à eux. Il reconnaissait bien là toute l'essence du personnage, mais il n'était pas dit qu'il rirait bien longtemps...

« Bonjour Lantheïa, ravi de vous rev-- » Phrase subitement tronquée par l'ineffable faconde de la saltimbanque devant laquelle Alrik se fit interdit, bras croisés sur son poitrail, à tenter de suivre le cours de la déclamation qui donnait davantage l'impression de se trouver en plein coeur d'une répétition improvisée. Calots sensiblement agrandis et bouche entrouverte, sans doute eut-il l'air niais à s'échiner à comprendre ce qu'elle essayait de leur dire à travers un discours qui n'en finissait pas... Sans pour autant véritablement les renseigner. Tandis qu'elle dégoisait, il lorgna son aîné pour savoir si, lui, parvenait à traduire ces paroles, avant de revenir sur leur vis-à-vis qui acheva son intervention en leur désignant une estrade. Une estrade... Il fallut quelques secondes au freux pour faire l'association entre une comédienne en détresse et eux, désignés héros hardis avec un panache sans pareil. Il mira le bâton avec lequel elle pointait à l'instar d'un guide qui leur montrait la voie à suivre, mais ce chemin, il n'était pas sûr de vouloir l'emprunter. « Allons bon dame l'artiste, que clamez-vous là ? Vous avez toujours eu le sens de la mise en scène très chère, et une propension à m'étonner à chacune de nos rencontres que je qualifierais d'incroyable, mais... » Il guigna en direction de la plate-forme qui prenait tout son symbolisme seulement une fois dessus, à la vue et critique de tous. Il y avait en cet aspect d'exhibition quelque chose d'angoissant, puisqu'il ne maîtrisait rien des capacités de ceux qui se prêtaient ordinairement à l'exercice. « Mais de là à nous faire monter sur les tréteaux, c'est un peu... Inopportun. Enfin, je pourrais aisément vous vanter les mérites des jeux de pitrerie de mon camarade ci-présent, il ferait une excellente recrue contrairement à moi. N'est-ce pas Aslak ?... Ah ! Hé ! Arrête ! Qu'est-ce que... Lâche-moi ! »

Sans signe avant-coureur, son aîné venait de jouer de surprise pour le traîner avec lui jusqu'à la scène désignée par Lantheïa. Le Mallery n'eut point même le loisir de comprendre ce qui lui arrivait qu'il se trouva déjà sur les planches, une mimique ahurie et une bien étrange sensation le pinçant aux tripes à cette vue en plongée qu'ils avaient sur le reste de la salle. Des deux, si Aslak n'était pas le plus accompli, il était irréfutablement celui qui acceptait le plus volontiers et sans anxiété ce genre d'opportunité. Lâche dans certains registres, mais prodigieusement téméraire dans d'autres, et étrangement, il n'y avait jamais aucune harmonie avec les inclinaisons de son cadet. Ce dernier n'était pas mécontent de ne pas être vêtu de son habituelle armure d'ivoire et d'ébène de la compagnie qu'il dirigeait, auquel cas, il aurait été trop facilement reconnaissable. Il était heureusement nippé d'habits plus communs qui le feraient simplement passer pour un quidam aux bonnes conditions de vie, du moins aux yeux de ceux qui ignoraient qui il était et qui il servait. Ce fait ne le rassurait pas pour autant, et il se sentit particulièrement idiot, au milieu de son podium avec son frère en seul compère.

« Ce n'est pas une bonne idée ! » Il biaisa son regard sur la saltimbanque dans l'espoir qu'elle puisse épouser cette véracité et revenir sur sa proposition. « Ce n'est vraiment pas une bonne idée, je n'ai aucun talent pour la comédie... ! »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Aslak
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Message Ven 10 Mai 2013 - 14:56

L'art de se retrouver embarquer dans les situations les plus improbables étaient vraiment typiquement de son cru. Mais comme toujours, c'était très souvent entraîné par quelqu'un d'autre qu'il se retrouvait plongé dans de somptueuses aventures. Il en était de même cette fois-ci ou pour la première fois, il ne serait pas un acteur dans sa propre vie mais bien sur scène... Mais ne chose à la fois, remontons un peu dans le temps pour raconter ses périples quotidiens qui faisaient désormais sa réputation et particulièrement dans la maisonnée dans laquelle il avait décidé de s'établir quelque temps. Bon ce n'était pas n'importe laquelle non plus, le maître de maison - qu'il ne voyait jamais soyons plutôt clair - n'était autre que son frère et pour être précis, son petit frère. Beaucoup dirait qu'il devait sûrement l'être au niveau mental... Des deux, il était celui qui menait la vie la plus débridée alors que le cadet avait un travail prestigieux, un nom désormais, une demeure qu'on ne pouvait clairement niée une fois connue, une vie amoureuse -malgré le deuil- avec un enfant à la clé. Bref, il s'était entraîné vers la voie des responsabilités. Ce qui n'était pas du tout le cas d'Aslak qui préférait largement faire face aux aléas de la vie, voler, trouver des boulots à gauche à droite, convenables ou non, et surtout s'amuser ! pourquoi vivre une vie d'ennui après tout ? Car pour lui, la vie de son frère n'était qu'ennui et obligations qui ne le poussaient pas du tout à souhaiter emprunter le même chemin. Ainsi, pendant les jours d'absence de ce dernier, il avait profité des bienfaits des différentes petites bourgades alentours et de Port-Réal qu'il connaissait pratiquement par coeur... Il faut dire qu'il passait ses journées à y errer, ses nuits à s'y amuser. Un bon petit réseau social lui permettait ainsi de ne jamais rester seul très longtemps. Et étonnamment, c'était surtout avec un gamin qu'il passait régulièrement du temps. Il n'avait sûrement pas la fibre des responsabilités familiales mais quelque part en lui trônait en réalité une tendance à jouer les paternels - quoi que si on y regardait bien, cela pouvait plutôt être la tendance à jouer le copain adulte tout aussi irresponsable que le mouflet. Ce gamin était tellement proche de lui qu'il était même au courant de ses penchants féminins et des nuits en leur compagnie. Aslak avait au fond très peu de choses à cacher pour ceux qui étaient prêt à l'accepter comme il était. Ce qui n'était certainement pas clairement le cas pour son cadet. Mais comme tout profiteur des bienfaits de la vie qu'il était, son corps réclamait néanmoins un repos bien mérité à certains moments. Ainsi, un retour à Empyrée avec celui qui était devenu son fidèle destrier attitré - Un lien établi entre les deux énergumènes qui s'étaient ainsi liés d'un commun accord, taciturne cependant - s'était réalisé et, à croire que c'était fait exprès, le dernier jour avant qu'il ne décide de retourner à une civilisation plus peuplée, une charmante - enfin agréable disons... charmante étant un adjectif davantage pour les corps à formes féminines - visite lui permit ainsi de revoir son frère disparu des alentours. Il était parti dans ses affaires de Commandant de Dents de Freux dont les détails, sûrement précédemment formulés, avaient totalement quitté son esprit. Alrik jamais en paix avec ses devoirs de Dents de Freux se devaient de déjà retourner à Port-réal et par conséquent, le plaisir de chevaucher à ses côtés pour la course l'avait parfaitement tenté. Une fois sur place, leur chemin s'était séparés car Alrik avait des choses à faire et lui trouvait sans difficultés de quoi s'occuper, même s'il n'aurait pas été contre de l'accompagner au Donjon Rouge pour revoir la magnifique et somptueuse Shaïra dont la seastar trônait toujours à son cou, cachée.

De son errance cependant dans la cité, ses oreilles avaient entendu parler d'une représentation théâtrale et il s'était rapidement laissé tenté par l'idée. Une autre s'était juxtaposée se disant qu'il pourrait même entraîner son frère dans cette petite aventure. Ainsi, après s'être retrouvés, et après l'approbation du concerné, ils s'étaient mis en route pour aller se détendre - ce qui changerait sûrement pour Alrik qui ne devait clairement pas le faire souvent. Son frère commençait à faire comme toujours son "grand" en lui parlant d'engagement mais ce qui le surprit c'était l'engagement dans une même voie que lui .... Etait-il tombé sur la tête ? Toujours est-il que la jeune femme qui passa à ses côtés en le regardant en biais lui adressant un agréable sourire charmeur le fit répondre de la même façon et la suivre des yeux tandis qu'elle marchait de plus en plus langoureusement. Une vue plus bien intéressante que les dires de son frangin qui rapidement le rappela à l'ordre l'obligeant à en rire.

"Déteeeends toi ! Je sais faire deux choses à la fois voyons.... J'ai bien entendu ton discours sur le fait de profiter de la vie et de ne surtout pas m'engager dans quoi que ce soit ! Tu crois quoi franchement..... "

Lui taquiner son frangin ? Noooooon.... Bon d'accord si. Et même très régulièrement. C'était son côté coincé qui le poussait à vouloir sortir le balai qui se trouvait coincé dans une interstice qu'on ne pouvait clairement nommé sous peine de faire pâlir les oreilles les plus sensibles. Ils étaient tellement différents l'un et l'autre... Ce n'était pas forcément dérangeant, mais ça lui faisait se poser beaucoup de questions sur les loisirs qui pouvaient parsemer la vie de cet énergumène qui pourtant partageait le même sang que lui. Peut-être n'en avait-il aucun ? Quelle triste vie... Il tapota l'épaule de son frère pour ponctuer sa gentille moquerie lui souriant avec espièglerie avant qu'une étalage de pommes le tente affreusement. Malheureusement la présence de son frère l'empêcha d'en subtiliser une. Quel drame ! Mais il savait parfaitement que même pour une fois, ce serait un acte qui ne passerait pas du tout... Ou alors il serait surtout capable d'aller payer ce fruit au vendeur simplement pour laver sa faute. Une noblesse d'âme beaucoup trop pointilleuse à son goût... Il préférait par conséquent laisser tomber cette idée et contenir sa frustration avec volonté. C'était quand même moins marrant aussi dusse-t-il se rabattre sur une femme qui croisa à nouveau son chemin. Un sourire charmeur, un regard légèrement appuyé et cette dernière ne put s'empêcher de faire de même. Aaah ! Que les femmes étaient belles et salvatrices dans ce monde de brutes... Que ferait-il sans elles ? Surement pas grand chose de ses nuits... Enfin si à la place il boirait comme il pouvait le faire certaines fois. Mais le plaisir de la chair, leur odeur, leur douceur, leurs formes... Il chassa ces idées car peut-être était-il prêt à délaisser son frère pour trouver réconfort dans ces havres de paix. Ainsi, laissa-t-il son esprit revenir à la réalité quand ils pénétrèrent dans le lieu approprié au divertissement souhaité. Son regard chercha une place dans ce lieu qui commençait seulement à se remplir pour la représentation. Les gens aimaient les divertissements en tout genre. Il avait déjà entendu des descriptions de la jeune femme qui offrait ses oeuvres théâtrales mais l'amusement fut certain quand il la vit devant eux. Elle devait clairement être un personnage à elle toute seule et ça se voyait. Mais il adorait ça... Ces personnages de caractères. Elle en faisait sûrement partie c'était clair et net. Cependant, l'amusement fut surtout d'approche d'abord quand son frère fut coupé dans sa courtoisie mais encore plus quand il se rendit compte de ce qu'elle était en train de leur demander. D'ailleurs un rire évident échappa de ses lèvres et son frère dut sûrement le prendre pour une expression de l'incongruité de la demande et par conséquent la non participation de celui-ci à l'évènement. Pourtant... Ce fut bien le contraire. L'idée même d'emmener son cadet sur les planches lui plaisaient clairement. Il laissa son frère faire son petit speech avant de le saisir et l'embarquer en s'adressant à son tour à la jeune femme.

"Rassurez vous belle Lanthéïa, une femme en détresse le reste jamais longtemps. Vos preux chevaliers vont vous aider ! Allez on y va frangin, tu vas voir on va s'éclater ! "
Un rire qui pouvait presque être un brin tenté d'un ricanement ponctua ses propos. L'amusement était bien trop grand d'entraîner son frère dans cette aventure. Ce serait un jeu d'enfant que de divertir toute cette petite population quand elle serait présente... Enfin... Il imaginait. Il n'avait jamais fait aucune prestation en public mais sa vie n'était qu'un grand cirque à elle toute seule, donc s'en sortir ne devait certainement pas être très compliqué. En entendant les propos angoissés de son cher frère face à ce qui les attendraient d'ici quelques temps, il ne put que lui adresser une nouvelle tape dans le dos cette fois." Maiiis relâche la pression, amuse toi un peu ! " Se détournant de ce dernier pour s'adresser au public, même s'il n'était pas encore présent,il reprit la parole "Bonjour cher public ! Mon frère et moi sommes conviés pour votre plus grand amusement ! Nous sommes cependant de bons débutants et les planches n'ont encore jamais été foulées par nos pieds, aussi je vous quémanderais clémence et surtout de pas gâcher vos fruits en nous les lançant ! C'est bien trop bon et ce serait vraiment du gâchis ! " Un rire ponctua ses paroles totalement stupides comme à son accoutumée avant qu'il ne regardait que les quelques têtes qui s'étaient tournées vers lui. Ce n'était pas grand chose car la représentation n'était pas pour tout de suite mais leur air ahuri et leur incompréhension de ce qu'il était en train de concrétiser devant leurs yeux le fit sourire. Il se tourna ensuite vers Lanthéïa avant de dire "Désolé, c'est sûrement l'excitation de la hauteur qui m'a fait déjà perdre pied. Contrairement à mon frère je me sens totalement enjoué par l'idée de divertir tout le petit monde qui va débarquer." Il ne put s'empêcher de lancer un regard amusé avec un petit sourire en coin à cette information qu'il venait de lâcher alors que son aîné était déjà stressé là tout de suite. Mais il revint vers la belle dame, dont les paroles flatteuses et charmeuses avaient déjà été proférées, avant de s'inquiéter davantage de la suite des évènements. Car bien évidemment, non seulement il n'avait pas la moindre idée de quel était son rôle mais en plus il se doutait sûrement que quelques règles seraient forcément à mettre en place. Son timbre de voix dont on avait maintenant pris l'habitude après ses âneries refit surface après s'être mis accroupi pour redevenir un peu plus sérieux malgré cependant le sourire amusé et charmeur qui ne quittait pas ses lèvres. "Alors dites nous tout ! Qu'est ce qu'on va devoir faire pour vous satisfaire ? Car vous avez pour vous toute seul deux bels hommes, sans me vanter bien évidemment, qui sont à votre service et sont pour les heures à venir totalement malléables pour vous convenir. N'est ce pas beau ?"





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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Lantheïa
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Message Dim 12 Mai 2013 - 10:34

Il était difficile de partir du bon pied avec Lantheïa, mais le bel inconnu avait réussi cet exploit en endossant avec enthousiasme son rôle et en la qualifiant de « belle » , un adjectif qu'aucune autre personne n'aurait vraisemblablement songé à employer pour la décrire, à moins de souffrir de sérieux problèmes de vue. La sincérité de cet élan chevaleresque crevait toutefois les yeux et l'on aurait presque pu entendre ronronner la saltimbanque caractérielle. Elle assista avec un émerveillement incrédule à l'enrôlement d'office de l'officier par son séduisant acolyte, qui se révéla être son frère. La ressemblance physique était aussi frappante que la divergence de caractères. Elle repoussa d'un geste catégorique les protestations justifiées du Dent de Freux quant à son absence de talent pour la comédie - pensait-il vraiment qu'elle ne l'avait point remarqué ? Par l'aiguillette du Ferrant ! Un tabouret avait plus de talent que lui pour l'expression artistique - et s'avança près d'eux tout en écoutant le discours du frangin. En voilà un qui avait du potentiel, au moins ! Avec ses attitudes charmeuses, il n'était pas sans lui rappeler Jesse, en plus spontané et moins susceptible, sans doute. Elle commençait toutefois à se dire qu'il n'allait pas être facile à canaliser. « Il parle toujours autant ? » souffla-t-elle à Alrik.

Elle cala son bâton contre le mur et se dirigea vers la scène. Puis elle se retourna, considéra ce duo de remplaçants d'un œil critique, poussa un soupir, s'arma de résolution, et croisa les bras avec une volonté de fer dans le regard. Les questions du frérot, Aslak, si elle avait bien entendu, tombaient à point nommé. Commençant à déambuler au pied de la scène en ponctuant son discours de gestes majestueux, comme si elle se trouvait sur les ruines fumantes de Murs-Blancs et non dans une pauvre salle d'auberge, elle déclama ses explications.

« L'hiver vient, et voici qu'à l'aube d'une nouvelle ère d'épreuves, se rassemblent des esprits félons. En son château de Blancherive, le machiavélique seigneur Jarald fomente une odieuse sédition contre son souverain légitime. Mais un champion de l'ombre va faire échouer ce funeste complot et vaincre le prétendant usurpateur, Galen dit « le Dragon Noir » , qui se cache sous l'identité d'un simple chevalier errant, Jorah à la Voix d'Or. » Nommant l'usurpateur, elle désigna d'un index accusateur Aslak. « Ce champion capable de défaire un dragon, fidèle serviteur du roi, n'est autre que Rhaegar le « Corbeau blanc » , héros dont la force, la noblesse et la ruse n'ont d'égales que son étrange et pâle beauté. » Ce disant, elle pointait cette fois son doigt sur Alrik. « Je suppose que vous aimeriez autant ne pas être reconnu. Il n'est plus digne de votre condition de vous prêter à ces pitreries de bateleur. » Elle disait cela le plus sincèrement du monde, sachant que la participation du seigneur d'Empyrée à un spectacle de saltimbanques serait sans doute fort mal vue par ses pairs, si elle s'ébruitait. « Domptez vos inquiétudes ! Pour incarner le Corbeau Blanc il vous faudra vous transformer sous mes doigts au point que nul ne pourra vous identifier, pas même vos propres hommes. Mais nous nous occuperons de ceci au moment de la représentation. Pour l'heure contentons-nous de prétendre que vous m'aidez à répéter. Inutile de protester ! Votre talent, ou votre absence de talent, n'entrent pas en ligne de compte, très cher. Car, accordez-moi ce crédit, il ne viendrait pas à l'esprit de vous demander autre chose que d'être vous-même. Votre noblesse de langage et d'attitude sont précisément les traits dont Rhaegar doit se parer. Voilà le genre de héros que les gens comprennent et admirent. »

Elle hocha la tête pour enfoncer le clou et les posta tous les deux sur scène, face à elle. Ils avaient le parfait physique pour incarner deux braves guerriers charismatiques, c'était un petit miracle en soi. Jesse serait vert. Elle espérait juste qu'il ne soufflerait pas n'importe quoi par jalousie. Au moins pourrait-elle compter sur Noam pour l'aider à rattraper d'éventuels dérapages ; c'était un bon petit... à eux deux, ils incarneraient tous les rôles secondaires, du nain espion au chevalier de tournoi vaincu en passant par les simples pages et serviteurs, les nobles invités du tournoi, et même, qui sait ? Peut-être un véritable dragon, ce serait selon l'inspiration du moment. Elle connaissait certes tous les tenants et les aboutissants de la véritable histoire, mais son but n'était nullement de faire œuvre d'information, d'autant moins si cela impliquait de révéler sa propre implication. Non, son objectif était de divertir avec une histoire compréhensible de tous, avec des personnages accessibles et universels, tout en célébrant son cher Lord Rivers. Bien sûr, comme toujours il était de bon ton de travestir les noms afin de marquer l'absence de prétention à la véracité, et de se protéger contre les éventuels mécontents. Elle devrait d'ailleurs adapter la pièce si d'aventure elle se produisait dans un fief traditionnellement loyal aux Feunoyr, en transformant Galen en héros incompris à la fin tragique. Elle n'avait pas bâti sur son succès sur des principes aussi aléatoires et traîtres que l'engagement politique et l'objectivité historique.

« Nous verrons plus tard les détails de l'histoire. Ce qui compte, c'est que vous entriez dans le contexte, que vous assimiliez les protagonistes. Alrik ! Imaginez que vous êtes Rhaegar. Un espion nain vient de vous prévenir des machinations de Jarald et Galen. Comment réagissez-vous ? Livrez vos pensées et vos émotions à voix haute, sans retenue ! Aslak, ce sera ensuite à vous ! Vous êtes Galen, le Dragon Noir, qui prétend renverser le trône ! Mais vous vous faîtes passer pour un simple chevalier errant, Jorah à la Voix d'Or, en attendant le moment propice pour dévoiler votre identité et rassembler vos partisans. Vous êtes un homme éduqué, et manipulateur, qui séduit par ses belles manières. Mettons maintenant que je sois Jarald, votre éminence grise et le sinistre seigneur de Blancherive, qui vous abrite et prépare votre avénement. Vous vous confiez à moi, parlez-moi de vos ambitions, je veux dire vos sentiments, votre désir violent de vous emparer du trône que vous pensez mériter. »

Elle croisa à nouveau les bras et attendit leur prestation de pied ferme.
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Alrik Mallery
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Message Lun 13 Mai 2013 - 1:51

Alors qu'il n'avait que sincèrement pensé à se délasser en compagnie de son frère en contemplant une pièce de théâtre, ce qu'il n'avait guère plus fait depuis bien des lustres, voilà qu'il se trouvait harpé dans une situation pour le moins ubuesque. Il soupçonnait l'aura d'Aslak, à l'arôme si truculent qu'elle en attirait à lui toutes les péripéties plausibles et imaginables. Ce genre de chose ne lui serait assurément jamais arrivée s'il avait été seul, ou avec une quelconque autre personne en guise de compagnon. Il se sentait profondément candide de ne pas s'être douté avant que musarder avec lui serait une accalmie à ses usuelles coercitions, après tout, il en avait toujours été ainsi, même lorsqu'ils n'étaient que des enfants. Deux décennies n'étaient vraisemblablement pas suffisantes pour annihiler cette propension. Pis encore, alors qu'ils auraient aisément pu éviter de se retrouver sur les tréteaux en déclinant poliment la requête de la saltimbanque en reine, il s'était sentit obligé de l'entrainer dans l'aventure contre son gré, sans respecter sa probante envie d'être loin, très loin d'ici – pourquoi avait-il quitté son office de commandant, déjà ? Sombre inepte. Par ailleurs, l'artiste sembla bien également la mépriser, cette envie, et la piétina sciemment en ne lui octroyant aucun consentement à se lamenter de son sort. Alrik entrouvrit les lippes pour tenter de plaider sa cause, mais la tape dans son échine le surprit et l'arrêta dans son élan, ses prunelles d'azur biaisèrent en direction de son compère, bien plus badin qu'il ne l'était. Inconsciemment, il lui adressa un regard en biais, se promettant silencieusement de l'occire lui-même si les tomates de la foule ne le tuaient pas avant – Et oui, car si jets de fruits et légumes il y avait, il n'hésitèrent pas à user de son aîné en guise de rondache, et que cela lui serve de leçon ! Il l'observa d'un air quelque peu perplexe exécuter une improvisation d'éloquence devant un auditoire point encore rassemblé – et dire que des deux, lui, n'était que le petit frangin... A cette idée, il se massa les tempes, puis y alla de son petit commentaire lorsque le bougre clama haut et fort qu'à son inverse, la perspective de se donner en spectacle l'ébaudissait. « Bah voyons, comme c'est surprenant... » Il le soupçonnait d'être son exact contraire dans le seul dessein de l'importuner, peut-être même était-ce un défi personnel, ou une étude savamment menée afin de déterminer combien d'idioties le Mallery supporterait avant de craquer ? Diantre, un jour viendra où il la lui ferait ravaler, sa maudite faconde !

« Oh, non. Là, messire est encore peu loquace, contrairement à d'habitude. » Répondit-il à la question de Lantheïa qui, une fois les logorrhées du dit messire lénifiées, put entreprendre de plus amples explications. Le freux se fit tout attentif, un bras perpendiculaire et appuyé sous son poitrail, tandis que les phalanges de sa main libre barraient ses lèvres dans une position de concentration et d'intérêt. La rhétorique de la maîtresse des planches lui fut toujours aussi impressionnante, quand bien même, suivre le fil de son histoire ne fut pas des plus aisés... Jusqu'à ce qu'il fasse une analogie directe avec les évènements qui avaient eu lieu à la Laiterie, à laquelle ils s'étaient d'ailleurs croisés. Evidemment, l'opportunité de relater cette intrigue par l'office de l'art théâtral était trop belle pour être ignorée, comment n'y avait-il pas songé plus tôt ? Il n'avait guère pris la peine de se renseigner sur la nature de la pièce à laquelle ils avaient décidé d'assister, faisant – sûrement à tort. - confiance à l'énergumène présent à ses côtés. Du fait de son active participation au dénouement de Murcs-Blancs, retenir les rôles ne devrait guère lui être trop ardu, en particulier lorsqu'il établit la relation entre ce fameux Corbeau Blanc et un certain freuxsanglant. S'il se garda de le dire ouvertement, il en conclut qu'elle lui demandait – ou lui intimait, plus précisément. - de se nipper des allures d'un vieil ami, nul autre que son lord Brynden Rivers. Choix judicieux, qui mieux que lui pouvait se targuer le connaître ? « Rhaegar ? Mh, fort bien... » Il se tourna soudainement vers son frère et lui lança dans une impulsion étonnamment puérile. « Entends-tu cela ? Je suis le bien, tu es le mal. Retiens la leçon, mécréant. » Et il revint vers leur guide scénique comme si de rien n'était, cette galéjade destinée à le narguer prouvant néanmoins qu'il se laissait lentement prendre au jeu. Il fronça ensuite les sourcils d'un air impliqué lorsqu'il fut question de son anonymat, propos auxquels il agréa d'un vif hochement de tête. « Si fait, il en serait mieux ainsi. » Il serait donc déguisé, voilà qui était... Intriguant. Mais une fois encore, il n'eut pas son mot à dire et se retrouva benêt, la bouche ouverte sans occasion de prononcer quoi que ce soit. Puis, il fut soufflé par les adjectifs dont la saltimbanque fit usage pour le décrire, traits qu'elle prêtait aussi au majestueux personnage qu'il devait incarner. Stupéfait mais pas moins flatté, il choisit l'humilité et la discrétion en toute réaction, baissant les yeux sur les planches tout en arborant un sourire qui en disait cependant long sur son état d'esprit.

Enfin, vint le moment de l'exercice, il était temps de se mettre à la pratique !... Pour la plus grande anxiété du sigisbée qui sentit le col de son vêtement étrangement rétrécir et prendre sa gorge en étau. Il essaya de s'immerger dans le contexte qui lui fut ployé, prenant quelques instants de mutisme et d'inertie durant lesquels ses calots firent le tour de la salle, en quête d'inspiration. Il ne sut comment se tenir, chercha une position adéquate, et finalement, se contenta de croiser les bras dans une contenance involontairement crispée, les épaules sensiblement relevées. « Eh... Eh bien... » Son timbre fut quelque peu enroué par la nervosité, aussi se racla t-il la gorge dans le faux espoir de s'éclaircir la voix – il n'était pas comédien de métier, qu'on lui laisse le temps de prendre ses marques, que diable ! « Je... Je pense qu'il n'est pire félonie que d'ourdir quelque complot que ce soit à l'encontre du roi, c'est d'une... Abjection sans pareille... Nous ne pouvons tolérer cela, pour sûr ! » Il se tût, espérant naïvement que cette brève tirade qu'il avait balbutiée serait suffisante pour trouver grâce aux yeux de l'actrice et critique. Toutefois, Lantheïa n'était pas de ceux qui emmaillotaient leur opinion d'un draps de velours, elle était caustique, authentique, dans toute sa magnificence d'artiste. Et la façon qu'elle eut de le mirer suffit à lui faire comprendre que, non, il n'était pas encore paré à abandonner les Dents de Freux pour s'engager dans sa troupe de bohèmes. Au bord de la désespérance, Alrik soupira lourdement tout en frottant sa nuque, les répétitions se promettaient plus compliquées que prévu. « Je radote, mais ce n'est pas une bonne idée... Vous voyez bien que je n'ai aucun talent en la matière... » Dans les sombres agates de la saltimbanque, il crut discerner un brasier qui ne tarderait pas à lui mettre le feu au séant s'il continuait à se comporter comme un jouvenceau pour la premier fois admis à la cour du souverain. De ses deux mains levées, il fit un signe de tempérance tout en reprenant vite et avant que la foudre ne tonne. « D'accord, d'accord... Je vais réessayer, je vous vois venir, ne me fustigez pas avec votre bâton, et ne tentez pas de... » Silence d'embarras. « … Gardez votre bâton loin de moi. » C'est qu'il ne le désirait dans aucun de ses orifices, les Sept savaient qu'il ne fallait jamais mésestimer le courroux d'une femme ! Subitement remotivé, le chevalier fit quelques mouvements d'épaules voués à le détendre, fit une paire de pas sur l'estrade pour prendre possession des lieux, puis prit une grande inspiration – il ne connaissait rien des techniques de théâtre, mais il faisait véritablement de son mieux. « Il n'est point de coquin qui se hasardera en tentative de subversion sans subir les conséquences de ses actes, je ne puis laisser faire telle vilénie en ignorant sciemment mes voeux de servir en toute déférence et loyauté notre bon roi. Tout crime de lèse-majesté sera châtié selon le... le... » Il aperçut un sourire un peu trop franc ornementer la physionomie d'Aslak, qui le perturba totalement. D'une intonation qui se voulut puissante et péremptoire, il le lorgna tout en déclarant. « Et la Voix d'Or ferait bien de ne pas railler si elle ne veut pas que je lui coupe la chique à grand coup d'une belle et grande Fraternité ! » Jeu de mots comprenant leur lien de parenté ainsi que le nom de son épée qui pendait à son ceinturon, et sur le manche de laquelle il avait mis la main.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Aslak
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Message Lun 13 Mai 2013 - 22:22

Reconnaître que cette situation l'amusait beaucoup n'était clairement pas obligatoire car son comportement à lui tout seul le laissait le suggérer aisément. Toute nouvelle expérience était bonne à vivre et il devait bien avouer que celle-ci serait peut-être la seule occasion qu'il aurait de pouvoir monter sur les planches. Bien sûr le futur le remettrait sur le chemin de Lanthéïa mais n'étant ni devin ni ne croyant les charabias de personnes supposées de dont de prémonition, il n'en avait pas du tout conscience. Ce serait une des nombreuses surprises qui l'attendrait dans son parcours loin d'être fini. Toujours est-il que pour l'instant, ayant sollicité la belle dame à leur raconter ce qui les attendait, il était resté accroupi pour se sentir plus proche de l'interlocutrice placée devant la scène et avait posé son menton dans sa main dont le coude reposait sur sa cuisse pour se montrer un brin sérieux deux minutes. Ce n'était pas vraiment qu'il n'était pas capable de le faire, c'était plus un état d'esprit qui ne lui correspondait tout simplement pas. Néanmoins, elle avait demandé son attention et comme elle était une dame, il était d'autant plus propice à lui fournir. Puis concrètement, il n'était pas dupe ni trop stupide, s'il n'écoutait pas, il y avait peu de chance qu'il comprenne ce qu'il devrait faire... Et autant le ridicule ne lui avait jamais vraiment posé problème, autant au fond il ne le provoquait pas toujours consciemment et volontairement. Donc dans un premier temps il ouvrit grand ses oreilles et laissa les instructions lui parvenir et se décoder dans sa tête. Bien que le contexte lui plut, il ne faisait pas tellement l'amalgame avec des personnages de la réalité. Ses connaissances lui permettaient de savoir que le théâtre très souvent s'inspiraient de faits réels et les agrémentaient à sa sauce pour les vulgariser et permettre de divertir un public soit cultivé soit totalement déconnecté de tes faits de leur contrée. Au fond, lui-même s'en fichait totalement et par conséquent, à la différence de son frère, son intellectuel ne turbinait pas derrière pour savoir quels étaient les faits concrets de leur histoire. Il n'en avait de toute façon pas besoin... Tant qu'il s’imprégnait de ce qu'on lui donnait comme directives, cela lui suffirait amplement à remplir son rôle... Et au pire, il pourrait toujours poser des questions. Mais le contexte était assez parlant.

Il ne put s'empêcher de rire quand son frangin l'attaqua comme le ferait un gamin fier de représenter le bien. Finalement cela lui sciait parfaitement ! Il n'empêche qu'il se serait bien amusé de pouvoir le voir dans un rôle de vol usurpateur. Cela l'aurait changé pour une fois et aurait peut-être permis qu'il se décoince un peu. Enfin après, il aurait peut-être été totalement incapable de l'interpréter... Pour jouer le mal encore fallait-il arriver à le comprendre ! Il n'était pas sûr que son cadet en était encore capable après avoir passé autant de temps sous le joug de l'autorité et de la bonne action. Aussi, cela valait peut-être mieux pour la pièce que ce rôle lui revienne. Se redressant pour se remettre debout, il toisa son frère et prit la parole.

"Attends de voir ce qu'il va faire du bien le mal, mouhahaha !" Il ajouta en susurrant "Je vais te démoooonter ! "

Comment ne pas être tout autant puéril que son frangin quand il glissait doucement vers cette pente là ! Mais il écouta la suite des propos, Lanthéïa continuant son explication. Vint sur le tapis l'anonymat de son frère. Bien qu'il pouvait comprendre ce désir, il aurait trouvé ça beaucoup plus amusant que le monde sache que le Commandant des Dents de Freux était capable aussi de s'amuser et de se lâcher un peu... Mais personne ne pourrait jamais le savoir s'il se cachait derrière un attirail vestimentaire et du maquillage. Mais chacun sa façon de faire, lui-même n'avait aucune difficultés à être lui-même physiquement parlant et même si certaines personnes le reconnaîtraient sûrement dans le public vu le temps qu'il pouvait passer à Port-Réal, il profiterait aisément du sujet rapporté par la suite pour en discuter et narrer les différents détails de cette aventure ! Enfin si tout se passait bien jusqu'à la fin... Au fond, il faudrait vraiment qu'il ait commis une connerie monumentale pour ne pas être capable d'en reparler dans le futur. enfin même si son frère devenait totalement anonyme, le voir déguisé serait déjà un beau divertissement en soi ! Le tout était de voir la tête qu'il aurait... Mais chaque chose en son temps. Lanthéïa continua pour les focaliser tout d'abord sur la personnalité des protagonistes qu'ils allaient interpréter. Il était vrai que s'ils n'arrivaient déjà pas à faire ça cela ne servait à rien de leur expliquer la mise en place de la pièce. Leur donnant des consignes très concrètes, elle attendait donc qu'ils s'expriment et puissent montrer leur compréhension du rôle qu'ils allaient incarner. Une mise en situation impressionnante car elle permettait sans difficultés de voir ce qu'elle attendait. Elle devait être particulièrement douée dans son métier, il n'en doutait pas une seconde. La rapidité de réflexion avec laquelle elle mettait les choses en place laissait sous-entendre un vrai plan imaginatif qui se créait dans les méandres de son esprit. Personnage intéressant qu'était donc cette Dame en face de lui. Il sentait déjà qu'il ne pouvait qu'apprécier ce personnage !

Son frère se lança à l'eau pour répondre à l'ordre formulé et il le regarda attendant donc de voir de quoi il était capable. Il n'intervint pas vraiment et aux premières paroles, il fut comme la belle Lanthéïa à attendre la suite qui n'avait pas l'air de vouloir se manifester. Le pire était même qu'il revint sur son incapacité à satisfaire la demande. Il leva les yeux au ciel amusé en disant "Allez lance toi ! " avant de rire en imaginant Alrik perdre toute crédibilité devant des assauts répétés au bâton de la Saltimbanque ! Il l'observa se détendre et ne put s'empêcher de dire "Tu peux le faire frangin !" tout sourire aux lèvres. Ce n'était point une moquerie pourtant mais bien des propos sincères qui se voulaient encourageants ! Ainsi quand il se lança il l'écouta et le sourire qui orna ses lèvres en coin exprimèrent l'adéquation de ce rôle pour son cher cadet. Il ne put s'empêcher de rire quand il entendit les propos le concernant comprenant parfaitement le jeu de mot et ne pouvait par conséquent pas laisser exprimer sa gaieté ! Une fois le rire évaporé, le sourire était toujours présent et il expliqua alors le pourquoi de son amusement.

"Ah nan mais je suis épaté ! Crois moi ! Je n'aurais jamais cru qu'un rôle puisse autant te convenir ! Tu sais on aurait pas été au théâtre j'aurais été persuadé que tu me parlais d'une de tes histoires dans le cadre de tes responsabilités. Nan nan je suis impreeeeessionné ! " Il vint lui tapoter l'épaule avec un sourire qui se voulait peut-être un tout petit peu moqueur mais c'était simplement plus pour le taquiner et parce que voir Alrik dans ces conditions restaient très amusant ! En attendant, il devait passer également à la casserole "Bon ! Mon tour... Alors je suis un mec super vilain qui travaille pour un autre qui le pousse à choper le pouvoir... C'est ça hein ? Hum..." Il prit quelques secondes quand même en faisant quelques pas pour essayer de s'imprégner plus... il finit par prendre la parole subitement prenant un air terriblement sérieux qui ne lui correspondait pas du tout regardant Lanthéïa "Seigneur Jarald. Je vous assure sur mon nom que ce trône sera mien. Vous avez tellement fait pour moi que je me dois d'honorer ce contrat scellé." Prenant des grands airs il continua "Je suis bien plus apte que le roi actuel à diriger. Regardez le et regardez moi... L'attitude fait toute la différence. Je suis bien plus intelligent que lui ! Il n'est que compassion et incompréhension. Ce n'est pas comme ça que l'on tient son peuple. Au moment venu, nos troupes se déploieront alors qu'il s'y attendra le moins et ... PAM !... Nous l'asservirons et prendrons sa place ! Notre plan est trop parfait, cela fait si longtemps que nous le mettons en place..." Un sourire mauvais et charmeur à la fois s'insinua sur ses lèvres "Je sens la victoire, je sens le pouvoir qui n'est qu'à portée de main, Seigneur. Bientôt le trône sera à nous. Bientôt toute cette mascarade prendra fin et alors j'aurai ma revanche ! " Il perdit subitement son rôle pour revenir lui même et ajouta "Tiens je sais pas du tout si c'est une revanche... ça sonnait bien mais si ça se fait ça n'a rien à faire là... " il sourira amusé "Pas grave on verra après !" reprenant directement son air sérieux il s'adressa de nouveau à "Jarald" "Vous verrez même ce fameux champion je lui attribuerai la mort qu'il mérite ! Rien ne m'arrêtera ! MOUHAHAHAHA !! " il s'arrêta et se remit à rire de façon normale avant de dire "D'accord... le rire c'était de trop je vous l'accorde. Pas du tout crédible ! Mais sinon vous en pensez quoi belle dame ? Vous pensez que ça conviendrait ? je peux changer tout ce que vous voulez, je vous avoue n'avoir jamais joué un tel rôle... Mais ça reste très intéressant... " Il rit et regarda son frangin amusé " Mais dans quoi nous as tu donc embarqués ! " Il ponctua ses dires par un sourire en coin car au fond son frère n'avait strictement rien fait mais il aimait à lui en rajouter... C'était toujours amusant.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Lantheïa
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Message Jeu 16 Mai 2013 - 14:23

De l’avis de Lantheïa, le pire défaut d’un acteur était le manque de conviction. Se planter en beauté valait toujours mieux qu’hésiter. Aussi, quand Alrik commença à bégayer et se trouver de mauvaises excuses, hésitant comme une poule devant un couteau, la marmite se rapprocha-t-elle dangereusement du point d’ébullition. De la vapeur s’échappait-elle de ses narines frémissantes ? En tout cas, la saltimbanque n’était pas loin de faire démonstration de ses talents pour le maniement du bâton. L’expérience et l’urgence de la situation, associées sans doute à une tendance naturelle à mieux traiter les jolis garçons que le reste du monde, lui permirent toutefois de conserver son empire sur elle-même. Après tout, Lord Mallery faisait ses premiers pas sur scène, et rien ne l’obligeait à lui rendre ce service ! En fait, c’était plutôt elle qui se trouvait désormais être son obligée. Elle l’obligea donc en badigeonnant sa patience craquelée d’une épaisse couche de sang-froid. Une divine inspiration, puisque sous l’effet d’un regard aussi ardent que la foi d’un prêtre rouge, le comédien amateur se reprit et livra une nouvelle prestation nettement plus convaincante, encore que prématurément interrompue.

« C’est mieux » dit-elle en levant le menton d’un air critique. « Beaucoup mieux. De la conviction, mon ami ! De la conviction ! Quel que soit le métier, c’est la clé de la réussite, celle du comédien et du maître maçon comme de la ribaude en goguette ! La conviction donne des fondations de pierre à la cahute la plus branlante, et un branlement chaotique aux fondements les plus austères ! Gardez la foi et allez-y franchement ! Le salut viendra dans l’assaut. »

Le petit jeu entre les deux frères ne la dérangeait pas, loin de là, puisque le théâtre était l’art de jouer c’était au contraire à ses yeux une bonne manière de se couler dans l’ambiance et libérer la créativité. Il n’était pas question ici de récitation rigide à la manière d’un Nordien en prière, mais d’improvisation sur un canevas flexible. Souriant de leurs pitreries, elle se tourna vers Aslak qui se sentait visiblement plus à l’aise avec l’exercice, une bonne raison de le mettre, pour cette première fois, dans le rôle appelant composition. Le blondinet se glissa dans la peau de Galen avec un enthousiasme proportionnel à la frilosité initiale de son frère. Avec lui, pas de risque que les choses soient faites à moitié, elle ne tarda pas à s’en rendre compte. C’était plutôt le problème inverse, en fait. Il était un peu en roue libre et un rien de maîtrise ne lui aurait pas fait de mal. Néanmoins, cela restait tout à fait honorable, et même prometteur, pour un néophyte…

« Eh bien, on dirait que la comédie vous va comme un gant » dit-elle en opinant du menton, une petite lueur d’amusement dans le regard. « C’est bien. Mais gardez la maîtrise de votre jeu. Comme avec une femme, mon cher… il faut sentir les choses, savoir quand se retenir et quand se laisser aller. Vous en saurez plus sur votre rôle d’ici peu, cela vous permettra d’ajuster votre jeu. » Elle ne doutait pas que cette analogie égrillarde fût parlante pour Aslak. Un homme assez galant pour l’appeler « belle Lantheïa » ne devait pas souvent s’ennuyer seul sous les draps. Et elle tenait à ce qu’il comprenne son idée.

Noam choisit cet instant pour réapparaître à ses côtés. Il était là depuis quelques instants, sans doute, car il ouvrait comme souvent ses yeux tout grand en fixant du regard les deux acteurs improvisés. Ces yeux. On aurait pu laver les mains du Grand Septon dans un tel bassin de pureté et d’innocence. « Maî… maîtresse Lantheïa ! Vous… vous avez déjà trouvé des remplaçants ? »

Elle se rengorgea sans modestie aucune. « Bien sûr ! Rien ne doit, ni ne peut, arrêter l’Art en marche ! Contemple notre œuvre, et retiens ceci : la conviction est le chemin le plus sûr vers le succès ! » Le jeunot buvait ses paroles comme un vin béni, tout à fait émerveillé. « Vous êtes merveilleuse, Maîtresse Lantheïa ! Jesse ne va pas en revenir ! » « Ah, ça… » Pour sûr, Jesse allait faire une drôle de tête. Voilà qui lui apprendrait à se faire porter pâle à l’aube d’une bataille décisive !

« Bien ! Parlons peu et parlons bien. Vous avez compris vos rôles dans les grandes lignes, maintenant voyons l’histoire scène par scène. Il va falloir mémoriser l’enchaînement des événements. Nous n’aurons pas beaucoup de temps entre chaque scène pour échanger, même si vous restez près de moi pendant que je me change, sachant que j’incarnerai plus d’un rôle… il faudra donc que vous ayez la trame en tête. Jesse, mon comédien souffrant, vous servira de souffleur en cas de besoin, si vous avez un trou sur la prochaine action. C’est de toute façon tout ce que vous aurez à assimiler. Pour ce qui est de jouer, vous jouez un rôle et non un texte. Les mots sont les mots des personnages. Vous serez les personnages, donc, vous aurez les mots. Je prends le risque de vous faire confiance là-dessus, et j’en assume toutes les conséquences. » Bien sûr, ils devraient quant à eux assumer les conséquences des conséquences, à savoir son humeur massacrante en cas de plantage magistral, mais elle omit de mentionner ce détail.

Elle se posta au milieu de la scène et écarta les bras brièvement. « Imaginez que vous soyez les figures d’une fresque vivante. Chaque scène est une fresque à laquelle nous donnerons du mouvement et de la voix. Dans la première scène, nous voyons Galen et Jarald avant le tournoi, évoquant leurs plans en secret. Dans la deuxième scène, Rhaegar parle à son fidèle écuyer et un compagnon d’armes de ces plans que les espions du roi ont révélés. Le temps, toutefois, lui est compté ! Se trouvant justement près du château de Blancherive au moment où il apprend la conspiration, il va s’y rendre, lui aussi sous une fausse identité, pour tenter de démasquer et d’arrêter Galen en attendant l’arrivée des troupes envoyées par le roi. Nous aurons donc par la suite deux chevaliers mystères s’affrontant lors d’un tournoi mémorable et œuvrant dans les coulisses entre chaque phase. Mais voyons déjà ces premières scènes. »

Elle leur expliqua le déroulement global de chacune, indiquant les positionnements conseillés, suggérant des attitudes et astuces scéniques, ainsi que les rôles joués par Noam et elle.. Puis elle les laissa s’essayer à leurs rôles dans ces scènes, et leur donna à nouveau des conseils pour s’améliorer. « Bon, ce n’est pas si mal, nous devrions survivre à la réaction du public ! Mais je dois vérifier une dernière chose avant de vous rentrer le reste de la pièce en mémoire. Cela ne devrait pas poser de problème à des hommes tels que vous… comment vous battez-vous ? » Elle leur tendit deux épées factices puisées dans une caisse derrière la scène. « Allons ! Une démonstration, mes champions ! Voyons si vous pouvez lutter de manière spectaculaire, sans vous blesser, ni démolir ma scène, malgré l’étroitesse des lieux. »
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Alrik Mallery
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Message Sam 18 Mai 2013 - 1:39

Les quolibets, même innocentes et parfois inconscientes, de la part d'Aslak avaient le don d'incommoder le pourtant placide et circonspect Commandant des Dents de Freux. Peut-être était-ce les réminiscences inexorablement liées à chacune de ses mouvances, à chaque mimique et acte, des souvenirs qu'il avait longtemps pensés inhumés à jamais... Grosse bévue que d'avoir mésestimer les facultés, l'habileté et l'indicible providence du reitre. Même dans les situations où le corollaire semblait être un inéluctable trépas, il finissait par avoir le vent en poupe et parvenait à s'en sortir. Alrik pouvait concéder être né sous une bonne étoile qui, unifiée à ses efforts et sacrifices, l'avait aujourd'hui mené à l'avènement. Mais pour ce qui était de son homologue, ce n'était même plus un astéroïde dont il était question, mais l'astre sélénite lui-même qui le ceignait de ses faisceaux de bonne fortune. Pourtant, en dépit de la risette amusée qui lui avait attiré une doucereuse menace de la part de son puiné, ce dernier savait pertinemment que son frère faisait davantage preuve de frivolité que de goguenardise, en témoignaient les divers encouragements qu'il lui avait adressés dans son élan d'improvisation. De là à prôner haut et fort qu'il s'en trouvait abasourdi... Etait-ce véritablement le cas ? Le sigisbée fit la moue et plissa les yeux avec un éclat suspicieux, sans savoir s'il était simplement authentique ou tentait de se faire courtois, pour ne pas trop injurier son sens de la scène en pleine découverte et conquête. En guise de réponse, il ne fit donc que lever les prunelles aux cieux , avant que son attention ne soit harpée par les commentaires de la saltimbanque desquels il voulut s'imprégner. Après tout, elle était le héraut de l'art théâtrale, un insolent pédagogue qui mirait ses recrues d'un oeil critique, cela bien malgré qu'elle sembla décemment satisfaite de la frêle prestation exécutée. Le chevalier en fut le premier pantois, mais il lui demeurait encore une pléthore de perfectionnements à fournir avant d'être vraisemblable à l'opinion des spectateurs. Pour autant, il apprécia les figures de style et le phrasé de Lantheïa face à laquelle il hocha positivement du chef, signe qu'il avait assimilé ses conseils – ou du moins, qu'il s'y essaierait. Puis, ce fut le tour du coquin à ses abords, vers lequel il s'orienta avant de faire silence. Le succinct résumé qu'il fit du protagoniste qu'il se devait d'incarner faisait foi qu'il l'avait compris, mais, ce bougre, le freux le connaissait en dépit de plus de deux décennies d'absence, et si lui était timoré, l'autre serait sûrement dans l'excès.

Cela ne manqua point, même s'il lui fut aisé de se nipper du masque de comédien avec une souplesse qui en aurait fait blêmir plus d'un, il ne put réprimer ses logorrhées. Le quidam était un fin rhéteur en plus d'être un charmeur émérite et naturel, le Mallery se fit admiratif de tant d'assurance, et comprit promptement qu'ils étaient, comme à l'accoutumé, aux antipodes l'un de l'autre. Et s'il suivait sa faconde avec intérêt, il fut incapable de retenir une remarque qui lui semblait judicieuse.
« Un aparté ? Mauvaise idée... » Car il le savait, Aslak serait bien capable de s'éparpiller en tout sens et de ne plus suivre la trame originelle, ce qui finirait inévitablement par lui retomber dessus s'ils devaient se donner mutuellement la réplique. En revanche, un fin rictus égayé vint enjoliver la commissure de ses lèvres au rire diabolique qu'il expira en ponctuation. « Un rôle qui te sied pourtant à merveille. » Dit-il avec conviction, avant de se faire profondément perplexe, puis pompeusement outré lorsque la faute de tout ceci lui fut imputée. « Comment ? Hé, c'est toi qui nous as menés ici, à chaque fois que je te suis quelque part, ce qui est suffisamment rare pour être souligné, la contingence nous pointe du doigt. Fichtre, et j'en passe... ! » Ses propos étaient plus frivoles que les apparences ne le suggéraient, même si le fait avancé était véridique, il n'avait point envie de lui en tenir rigueur. Pas pour cette fois.

Après quoi, Alrik guigna l'arrivée d'un chérubin qui, visiblement, était au service de l'actrice dont la passion ne faillait décidément jamais. Elle avait cette beauté orale qui enchantait les tympans, ce pour quoi l'on pouvait la contempler à défaut d'une vénusté physique somme toute très, très... Très relative. Mais n'affirmait-on pas, d'ailleurs, que ladite beauté était spécifique et corrélative à l'oeil de celui qui la regardait ? Fort heureusement, il ne fut jamais question de discourir à ce sujet – auquel cas, nul doute que son aîné aurait été le vainqueur tout désigné. - et les choses sérieuses reprirent l'ascendant. Habitué, dans le cadre de ses fonctions, à devoir retenir moult détails qui pouvaient à première vue paraître anodins. Il ne fut donc guère ardu le concernant de nieller les dires récités dans une encoignure de sa mémoire, même si l'inconnu avait de quoi faire frémir. Il déglutit l'appréhension subitement coincée dans sa glotte pour mieux mentalement se préparer à un événement auquel il ne se risquerait pas deux fois. A plusieurs reprises, il agréa d'un mouvement de tête pour ce qui fut de la kyrielle des différentes scènes, il allait falloir être sagace et diligent, ne surtout pas perdre le fil de la reconstitution même si le syllogisme de l'intrigue de la Laiterie devait pouvoir l'en prémunir. Vint alors une partie diantrement plus exaltante, les calots du freux se mirent soudainement à scintiller lorsqu'il eut l'arme même factice en paume – voilà qui allait être très intéressant ! Ils n'avaient jamais tiré l'estoc ensemble, et encore moins l'un contre l'autre, un domaine qui était bien plus de l'apanage du commandant que le reste. Après tout, il avait formé et formait encore parfois ceux qui s'enrôlaient parmi l'Ordre qu'il représentait, et n'était-ce pas un impératif pour tout chevalier qui se respectait de ne pas craindre de tirer l'arme hors fourreau ? A cette pensée, il détacha justement Fraternité de son ceinturon, un distinct pincement au coeur de s'en séparer même de manière éphémère, pour la confier à Lantheïa non sans une petite recommandation. « Prenez en soin, c'est mon lord qui me l'a offerte, j'y tiens beaucoup. » Et il lui serait plus facile de combattre sans autre poids sur le flanc.

Il examina l'épée de bois pour en juger de la solidité, de la lourdeur, ainsi que de l'envergure des heurts plausibles. En guise d'expérience... Il l'abattit modérément sur le sommet du crâne de son frère – qui était comme toujours, lent à la concentration. - pour produire un son aussi burlesque qu'hilarant. « Oyez, cela sonne creux ! » Il étouffa un fulgurant rire, les larmes presque à l'orée des yeux. « Ce coup-ci était gratuit. » Et il serait bon que le quarantenaire s'en contente, car si l'assaut avait été proportionnel aux griefs portés à son encontre, il aurait été occis ex abrupto. Devant ses mirettes, la maîtresse artiste put sans doute passer outre les contenances et simulacres des deux individus pour percevoir qu'ils prenaient des airs d'enfants qui n'avaient point fini de jouer de facéties. Dignement, le noble sieur se mit en position adéquate, feulant d'un phonème qui n'était plus en rien pusillanime. « Mettons Flamberge au vent ! Mais avant... Tu devrais un peu plus écarter les pieds, question d'équilibre, cela t'offrirait un meilleur maintien. » La distance entre les chausses d'Aslak ? Il ne l'avait point regardée, ce ne fut qu'une ruse pour le distraire et derechef frapper son crâne de sa fallacieuse estoc. « Ha ! Touché ! » Le spectacle était ubuesque et prêtait indéniablement à sourire, voire davantage, dans tous les cas, le sigisbée semblait se décontracter autant que se délasser, puisque l'opportunité de rudoyer son aîné lui était gracieusement offerte. « Allons bon mon frère, un peu de sérieux ! » Ou le mort qui se moquait du pendu. « Imaginons que tu finisses par t'enrôler dans la milice dont je te parlais tout à l'heure, tu regretterais de prêter attention aux conseils d'un fer-né de la sorte ! Hache entre les deux yeux, que tu finirais. Par ailleurs, n'est-ce point là l'occasion de me démontrer l'étendue de tes talents au combat ? Je te préviens, aucune mansuétude ! En garde, maroufle ! »Voilà qu'il prenait goût aux pulsions théâtrales sans même s'en rendre compte, et puisque la meilleure des défenses consistait à l'offensive, c'est ce qu'il fit. Sitôt sa tirade achevée, il s'élança comme s'il s'agissait d'un véritable entrainement, tentant de mettre à mal le jeu de son adversaire et de faire une percée. Il la chatouilla par quelques fois de la pointe de son arme, et l'on pouvait dire que les deux hommes valsaient adroitement malgré la surface réduite qui les empêchait de rendre le tout plus éminent encore. Le pauvre reitre eut à déplorer l'enthousiasme du plus jeune, qui ne lui ployait décidément aucun répit dans cette parfaite mise en bouche. Il se prit même à s'infiltrer dans le derme de son personnage de scène, comme s'il avait été Rhaegar lui-même. « Vous devriez faire amende honorable vil faquin, ou il vous en coûtera d'ourdir quelque complot contre Sa Majesté ! Je m'en vais bouter votre séant hors de la notion d'orgueil ! » Et se disant, il effectua une feinte dans le dessein de se hisser dans l'échine de son frangin qu'il fessa à coup d'épée de bois, pour son plus grand bonheur personnel. Pas d'accalmie suite à cette attaque, il y retourna avec plus de ferveur encore... Mais ce fut compter sans la réaction pour le moins imprévisible de son antagoniste qui tenta de se frayer un chemin... Entre ses jambes. « Hé ! Où vas-tu ?!... Non ! Rah ! Il suffit ! Reste là te dis-je ! » Alrik serra ses gambettes, y coinçant le fuyard et se bloquant également lui-même dans une position qui menaçait son équilibre tout autant que sa crédibilité. Ainsi, deux frères enchevêtrés, dans un innommable ridicule.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Aslak
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Message Dim 19 Mai 2013 - 13:14

L'amusement fut certain lorsque son frère réagit au quart de tour face à sa légère mais voulue provocation concernant sa tendance à les avoir embarqué dans une histoire rocambolesque. Or, et ça aussi il en avait parfaitement conscience, c'était bien plus de son fait ce genre d'événements. Il lui arrivait régulièrement et fortuitement ces aventures totalement imprévues. Son frère devait bien trop suivre l'ordre et les responsabilités qui lui étaient assignées pour que le destin décide de mettre de l'amusement dans sa vie. Peut-être devrait-il justement le tenter bien plus régulièrement vers d'autres chemins beaucoup moins tracés que ceux qu'il prenait habituellement. Mais son cadet avait bien trop d'apriori et de préjugés sur la vie qu'il menait pour accepter toutes les propositions qui sortiraient de sa bouche. Sa parole n'était pas toujours la bienvenue. Il n'avait pas forcément tort mais néanmoins peut-être devrait-il quand même se dérider davantage. Une différence fondamentale entre eux deux qui se démontrait quotidiennement et les éloignait clairement dans leur mode de vie. Toujours est-il qu'il ponctua les dires de son frère par un rire éloquent qui sous-entendait clairement la taquinerie que ses propos provocateurs cherchaient à évoquer. Son attention se recalibra par la suite sur la belle dame qui commentait son rôle et sa performance lui faisant comprendre que, de prime abord il se débrouillait plutôt bien, mais que ensuite la maîtrise n'était pas encore à jour. C'est vrai qu'il s'était laissé aller et cela il l'avait assez ressenti pour en faire le commentaire par lui-même. Néanmoins, il était sur la bonne voie et l'allusion à la femme et à ses besoins fut parfaitement comprise pour son esprit ciblé majoritairement sur ces dernières. C'était une argumentation quand même positive pour la suite des événements. Il semblait apte à incarner le rôle demandé. C'était la priorité dans l'immédiat.

Par la suite, un jeune garçon fit son apparition. Il le regarda en silence en souriant face à l'assurance manquante de ce dernier contrairement à la jeune femme. Un fossé se voyait clairement et marquait avec évidence lequel des deux dirigeaient les affaires. Cela ne l'empêcherait néanmoins pas d'être un acteur hors pair. Après tout, certaines personnes pouvaient laisser libre cours à ses capacités dans des circonstances parfaitement inattendues. Lanthéïa reprit les rênes en imposant ses attendes concernant la mise en place de leur représentation. Tout d'abord ce fut le contexte technique qui prima dans les explications. Cela semblait déjà ardu oralement il n'osait pas imaginer l'agitation que cela devait donner dans la pratique. Mais il n'était pas de ceux qui s'effrayaient pour si peu, cela l'exaltait bien plus qu'autre chose pour être sincère. Il ne rechignait jamais face à une aventure placée sur sa route. Surtout si elle n'impliquait aucun risque physique ni aucun danger. Et puis comment délaisser une femme en détresse ? Ce n'était officiellement pas possible pour lui. La Dame expliqua alors les différentes scènes et leur enchaînement. Il serait tout d'abord le premier à passer puisque Galen c'était son rôle. Cela ne l'effrayait pas, il faudrait de toute façon se jeter dans le bain. Celui pour qui ça poserait peut-être problème une fois le public présent serait son cadet, mais il lui faisait confiance. Contrairement à lui où c'était davantage l'amusement qui le poussait à exceller dans sa performance, pour son frangin ce serait bien plus le sens des responsabilités. Une fois engagé, il ne pouvait faillir. Donc finalement, qu'il ait des difficultés ou non il gèrerait comme il le fallait. Son frère vaincrait cette difficulté mise sur sa route. Toujours est-il qu'il prit conscience de tout ce qu'il se devait de retenir, la logique se voulait qu'il puisse comprendre les juxtapositions de scènes et le déroulement. Peut-être ne retiendrait-il pas tout mais comme cela l'intéressait, la concentration était assez au rendez vous pour pouvoir retenir un maximum d'informations. La suite fut par contre totalement imprévue. Il ne put s'empêcher de sourire amusé et en coin à la fois, lorsque la surprise fut dépassée, car se battre avec son frère ne pouvait être qu'un événement amusant. Néanmoins, il serait forcément défavorisé vu qu'il maîtrisait les lances et que l'épée ne comprenait pas vraiment la même distance entre les deux combattants ni les mêmes techniques.

"Sans se blesser, sans se blesser... On va faire ce qu'on peut belle Dame. "

Tout comme son frangin, il s'allégea de ses propres armes en décrochant ses lances jumelles de son échine mais les déposant simplement un plus plus loin, en dehors de la scène. Il y tenait également mais il ne voyait pas l'utilité de les confier à la saltimbanque. Tant qu'elles restaient à leur portée, peu de chance qu'on s'en accapare. Il regarda ensuite l'arme de bois dans ses mains... Rien à faire l'épée ce n'était pas ce qu'il préférait et c'était pas du tout son mode de combat privilégié. Mais bon ce serait un jeu donc ça devrait peut-être se faire. Enfin c'était la pensée qui lui avait traversé l'esprit avant que ce dernier soit malmené par une attaque surprise parfaitement imparable justement suite à son caractère fortuit, lui retirant un "aouch! " spontané et que ses prunelles se tournent vers l'instigateur de cet acte de traîtrise ! Le rire étouffé et la moquerie évidente des propos le fit sourire en coin et dira "Comme ça toi ? J'étais même pas prêt sale traître ! En garde !! " dit-il en se mettant en position totalement exagérée faisant des petits sauts aller-retour en jouant de la moulinette avec son épée par ses mouvements de poignets totalement inadéquats pour un combat. Un garnement qui tentait d'en impressionner un autre et qui avait l'air parfaitement ridicule. Le pire était qu'il le savait et s'en amusait grandement. Son rire ponctua du coup la fin de cette pitrerie avant qu'il prenne une position un peu plus sérieuse mais que son frère s'obligea à contredire d'une petite pique technique.

"Mouhahaha mes pieds, qu'est ce que tu peux raconter comme c...." Il leva à peine les yeux au ciel mais cela suffit aux réflexes de son frangin pour lui assener un nouveau coup sur la tête. "Dis donc.... Respecte un peu ton aîné !" Une phrase totalement déplacée dans sa bouche qui s'était voulue parfaitement humoristique. Son frère prit grand plaisir à parler de nouveau. Cet exercice semblait lui délier la langue lui qui semblait si réservé il y a peu. On voyait directement qu'il maîtrisait le combat et que c'était bien pour ça que l'assurance se montrait sous un nouveau jour. "Aaaah mais tu vas voir!!!" dit-il en répondant aux différentes attaques de son frangin "Et rassure toi, des Fer-nés j'en ai déjà affronté et je m'en suis parfaitement sorti ! Vainqueur à trois reprises ! Aha t'en dis quoi d'ça hein ! Et puis arrête de me vouloir dans la milice j'ai presque l'impression que je te manque tellement que tu me voudrais constamment à tes côtés." il lui fit un petit sourire en coin avant de se retrouver en situation précaire avec la lame factice un peu trop près de son corps à son goût. Son frère avait clairement l'avantage, bien qu'il arrivait à lui tenir tête cependant. SOn frangin en arriva même à incarner son rôle pour lui retourner une phrase digne d'un défenseur de la couronne face à un traître tel que lui. Avant même qu'il ait eu le temps de répliquer il perdit Alrik suite à sa feinte qui le poussa à se retrouver en position d'exécuter ses propos le fessant lourdement et allègrement sans se retenir. "Tu joues à ça..." Sa feinte à lui fut totalement saugrenue et parfaitement infantile car subitement il se retrouva sur ses quatre membres à chercher une esquive à travers les jambes de son cadet. Une esquive de la sorte n'avait plus été réalisée depuis bien longtemps maintenant qu'il maîtrisait plus aisément le roulé pour échapper à ses assaillants. Mais cette tactique était plutôt marrante et perturberait clairement son frangin qui ne devait guère en avoir l'habitude. Mais il réagit assez néanmoins pour arriver à le bloquer entre ses jambes tandis qu'il tentait en bougeant de le faire lâcher prise... Puis avec un sourire parfaitement sournois, il lui vit une idée en tête. Subitement il attrapa les jambes de son frère de ses deux mains, délaissant totalement l'arme enfantine, puis après quelques subtils mouvements il parvint à ramener ses jambes pour une position plutôt accroupi permettant ainsi de prendre appui sur ses pieds pour se redresser, lentement vu le poids de son frère, mais sûrement.

"Dis donc frangin, t'aurais pas pris du poids ?" dit-il, penché vers l'avant pour tenter de garder son frère sur ses dos mais surtout pour lui faire quitter le sol des ses pieds.

L'équilibre devait dangereusement précaire et il se devait de faire des mouvements de jambe d 'avant en arrière pour tenter de conserver un minimum de stabilité. Son frère n'en menait pas large non plus un peu en hauteur ainsi, gigotant face à cette position perplexe et qui n'avait plus rien d'un combat à l'épée ! L'envie de se bagarrer dans une fratrie avait totalement occulté le contexte actuel et la présence même de la saltimbanque. Même Aslak avait oublié qu'il était en présence d'une Dame. Car ce genre de comportement perdait totalement en crédibilité face à une femme à charmer. Le petit jeu ne dura cependant pas longtemps car cela devait bien trop instable pour perdurer. Ainsi, il ne fallut pas longtemps avant qu'il ne fisse de nouveau à genoux et qu'Alrik finisse par terre également étant passé d'à cheval à couché sur le dos. Heureusement, Aslak avait contrôlé la descente, le but n'étant pas de fracassé la tête de son frangin au point d'entraîner des damages irréversibles. Donc la chut abrupte n'avait été que partiellement douloureuse cependant. Se redressant un peu libéré de l'emprise de son cadet, il se mit lentement sur son arrière train histoire de récupérer de l'effort qui l'avait essoufflé. Quelques secondes suffirent avant qu'il n'éclate de rire face à la stupidité de cet évènement et qu'il ne regarde ce dernier.

"Ca mon frère, dis toi bien que non seulement on va le retenir, mais surtout on va le garder pour nous ! " avant de rire de nouveau. "Veuillez nous excuser belle Lanthéïa. Je pense qu'on s'est laissé emporter..." et ce n'était pas un euphémisme.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Lantheïa
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Message Mer 22 Mai 2013 - 11:10

Les facéties des deux comédiens ne laissaient pas de l’ébaudir. Il n’était certes pas usuel pour elle de voir Lord Alrik Mallery se prêter à de tels enfantillages, mais le costume de bouffon ne lui allait pas si mal en fin de compte, dès lors qu’il arrivait à se défaire du fardeau de ses responsabilités. Elle était donc rassurée sur son compte, elle qui s’inquiétait parfois que tant de dignité et de rigueur ne finisse par le casser en deux. C’est que le fer froid ne se tord pas, il se brise… Une chance que notre cher Commandant garde encore une flamme couvant au fond de lui. A quoi bon vivre si ce n’est pour faire des étincelles et embraser le ciel ? Elle haussa intérieurement les épaules et jaugea le frère aîné qui se prenait des tapes sur la tête, avant de se laisser aller à pouffer. « Hum… il faudra que je pense à vous pour ma prochaine farce… des culottes bariolées et un chapeau à grelots vous sieraient à ravir ! »

Elle observa ensuite leurs démêlées d’un œil critique, au début tout à fait conquise par leur maîtrise martiale, puis quelque peu désorientée par la tournure burlesque de l’empoignade. Lorsque les deux comiques se relevèrent, elle les attendait de pied ferme, son bâton soudain revenu dans sa main droite toquant légèrement en cadence contre le plancher. En rythme avec quoi ? Peut-être le grincement de ses dents.

« Non, non, non et non ! » dit-elle d’un air de reine lésée. « Les jeux de mains sont parfaits pour les pantalonnades de foire ! Ceci, jeunes gens, est un drame du soir, une confidence éloquente livrée dans un cadre intime, en hommage au flot torrentueux de l’Histoire ! Vous devrez monter sur scène avec la même gravité que si vous assistiez aux funérailles d’un roi. » Elle frappa son bâton au sol d’un coup sec. « Bon ! C'était une belle démonstration, si l'on met de côté cette petite... fantaisie bouffonne. Vous avez juste besoin de rentrer dans votre rôle, je suppose. Il y a du potentiel, ne le gâchons pas en digressions inutiles. Répétons chaque scène, et tout se mettra en place au fil de l’eau ! Au travail, bleusailles ! » Elle haussa un sourcil complice et commença à disposer des accessoires sur scène avec l’aide de Noam.

Se déroulèrent alors tambour battant les "fresques" suivant celles déjà testées, à commencer par un banquet auquel participaient Lantheïa sous les traits du seigneur Jarald, le renégat Galen joué par Aslak, et Noam en serviteur. La scène se déroulant à l’heure du dîner ferait du public de l’auberge, sans doute partiellement occupé à boire et manger, un joli lot de figurants. Après le banquet s’ouvrirait le deuxième acte où l’on verrait Alrik en Rhaegar, Lantheïa alias ser Davos son vieil acolyte, et Noam dans le rôle de l’écuyer Arlan, lors de la première phase du tournoi, une fois celui-ci brièvement ouvert par Lord Jarald. Rhaegar vaincrait un chevalier quelconque joué par Lantheïa, puis Galen vaincrait Ser Davos, également joué par la saltimbanque. Pour les besoins de la scène, les joutes seraient élaguées : la phase à cheval serait décrite par Noam. Dans le cas de Galen et Davos, l’on verrait ensuite les hommes « tombés » de cheval s’affronter à l’épée et Davos tomber gravement blessé.

Après cela, la journée passant Rhaegar se trouverait le soir abordé par un inconnu joué par Lantheïa qui, l’ayant identifié comme le participant le plus prometteur, tenterait de le soudoyer pour laisser Galen ou plutôt « Jorah » emporter le tournoi et l’œuf de dragon. Rhaegar refuserait le marché. Le même soir, plusieurs brillants chevaliers du tournoi disparaitraient, information délivrée par deux gardes en patrouille (Noam et Lantheïa), et quelqu’un tenterait de s’en prendre à Rhaegar en traître dans son sommeil, mais échouerait et s’enfuirait.

On verrait ensuite s’ouvrir la deuxième phase du tournoi pendant laquelle Rhaegar brillerait à nouveau, ainsi que Galen. Davos périrait de ses blessures ce qui renforcerait la détermination de Rhaegar à empêcher son ennemi de nuire. Galen et lui seraient annoncés comme finalistes et le soir venu, seraient conviés au banquet. Alors, on annoncerait le vol de l’œuf. Celui-ci serait promptement retrouvé dans la tente de Rhaegar et le champion, mis en accusation, devrait solliciter un duel judiciaire.

Le troisième acte s’ouvrirait sur le duel judiciaire entre Galen et Rhaegar. Aussitôt Galen révèlerait son identité. Il affronterait ensuite Rhaegar qui le mettrait à bas et proclamerait alors sa propre identité, annonçant en même temps l’arrivée des troupes du roi. Le seigneur Jarald interviendrait alors en produisant l’œuf de dragon et en clamant que le véritable héritier de la couronne pourrait le faire éclore, qu’il fallait se rallier à Galen ici et maintenant. Le public toutefois devrait protester et l’écuyer Arlan clamerait que l’œuf revenait à Rhaegar puisqu’il avait emporté en somme la dernière joute du tournoi, et que Galen n’était qu’un imposteur désavoué par les dieux. Jarald, se voyant trahi par ses soutiens, essaierait de fuir avec l’écuyer en otage, et l’œuf, mais soudain une grande ombre serait jetée sur la toile du décor, une ombre évoquant un dragon, accompagnée de claquements de tissu. Rhaegar clamerait alors que le roi était là et l’on entendrait de grands cris indiquant la mort de Jarald, hors scène, dans d’atroces souffrances. Il serait alors rappelé que le seul vrai roi avait un dragon et que l’usurpateur n’en aurait jamais, quand bien même aurait-il réussi à s’emparer de l’œuf il n’aurait pu le faire éclore. Galen périrait de ses blessures avec un discours vindicatif et peu digne qui réduirait sa cause à néant, et Rhaegar serait remercié par le roi lui-même, incarné par Lantheïa.

Tout ce ballet allait demander du travail, et ils avaient du pain sur la planche. Elle les fit ressasser et répéter d’arrache-pied toute la journée, ne leur accordant qu’une collation pour se revigorer, pestant et houspillant lorsqu’ils se laissaient aller ou ne lui donnaient pas satisfaction. « De la souplesse et du mouvement, Messire Alrik, ne restez pas là raide comme un septon à l’entrée d’un bordel ! » « Un peu de tenue, Aslak, croyez-vous vraiment que le noble Galen flanquerait un coup de pieds dans les bijoux de famille de Ser Davos ? » « Noam, où as-tu vu qu’un écuyer porte l’épée de son maître comme une vulgaire pelle à tarte ? De la dignité, de la solennité, enfin ! » Et de faire semblant de tomber en pâmoison lorsque l’aubergiste vint rapidement vérifier si tout allait bien et lui demander si elle ne voudrait pas un peu de vin pour se détendre. « Du vin ? Vous voulez tous m’achever ! Hors de ma vue, mécréant ! Du vin avant une représentation… tu veux tout faire partir à vau-l’eau ! »

Les choses se mettant toutefois en place, elle passa à des commentaires plus positifs et apaisés, et conclut la séance en leur tapotant l’épaule. « C’est bon, c’est beau, allez, vous avez bien planché, pour votre première sur les planches ! Vous n'aurez pas à rougir ! » Cela pouvait sonner comme un voeu pieux, une formule pour conjurer le sort, mais qu'importe ! Elle appréhendait certes les aléas de l’improvisation avec une telle équipe mais elle n’allait pas reculer pour si peu ; sans optimisme ni détermination, une artiste n'irait pas loin. Ils feraient de leur mieux, non, ils feraient au mieux, ou ils en essuieraient - au propre comme au figuré, si la pièce s'achevait dans le sang et les tomates pourries - toutes les conséquences… « Faîtes une pause, mangez un morceau, faîtes ce que vous avez à faire… ensuite… vous passerez à l’habillage et au maquillage, mes mignons ! Mais où est donc Jesse ? » Le comédien souffleur ne devrait plus tarder à faire son apparition à présent. Il valait mieux, pour lui comme pour eux…
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Alrik Mallery
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Message Ven 24 Mai 2013 - 1:03

Preux sigisbées devenus bouffons sur les tréteaux, voilà qui avait de quoi prêter à sourire à défaut d'être fidèle à la représentation d'importance qui se préparait en ces bas lieux. Alrik le savait pourtant lui même et peut-être mieux que quiconque ci-présent, l'évènement de la Laiterie n'était ni anodin ni à dénaturer, ce qui s'y était produit était substantiel dans l'histoire de Westeros et de la régence de l'actuelle Main du Roi. L'on ne pouvait rire de tout contrairement à ce qu'affirmaient les plus frivoles d'esprit, et si l'heure était davantage au délassement qu'au dur labeur, nul doute qu'une fois la foule installée, les costumes enfilés et les prémisses de la pièce lancées, le professionnalisme et la résolution de bien faire reprendraient l'ascendant sur l'espièglerie. Avant de se faire harper par la verve de Lantheïa, jamais – ô grand jamais ! - n'aurait-il ne serait-ce qu'imaginé jouer ainsi d'estoc et de taille, avec une épée de bois qui lui servirait de fesser un aîné qui n'avait assurément pas été suffisamment rudoyé par leur paternel. Et pourtant, des corrections, leur père ne s'était guère jamais privé de lui en dispenser – au singulier, car son cadet lui, avait très rarement goûté au courroux du pater potier pour la simple et bonne raison qu'il s'était toujours montré probe. Alors, en l'honneur de leur défunt Derian, le rudoyer de la sorte ne représenterait point un dixième de ce qu'il méritait pour ses sempiternelles filouteries. Et la fuite, le bougre l'avait trop épousée durant plus de deux décennies, le sieur Mallery n'avait pas l'intention de lui ployer la moindre opportunité de s'escamper, en particulier s'il l'illustrait dans les nippes du Dragon Noir qui aurait été digne du gibet. Il agricha par ailleurs le vêtement du fuyard, quitte à le lui arracher pour l'empêcher de passer l'étau de ses jambes férocement serrées pour l'immobiliser. Cependant, il ne mésestimait que trop la matoiserie d'un Aslak aux cimes de sa forme et de sa désinvolture – quoi que, il ne fut fort heureusement pas assez abjecte pour simplement frapper à un endroit stratégique et accessible de là où il était, ce dont il le remerciait chaleureusement ! Il ne comprit dans tous les cas pas ce qu'il projetait de faire en se mettant à mouvoir de la sorte, trop occupé à le retenir et à ne pas lamentablement se retrouver alité sur le plancher. En réalité, son sens commun ne s'aviva que lorsque ses cuisses furent saisies, mais il était d'ores et déjà trop tard. En moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, ses chausses quittèrent la stabilité du sol dans un déséquilibre incertain et un éclat phonique décontenancé.

« Wow wow wow ! Eh, non, couché ! Couché ! Aslak ! » A son tour, il en lâcha son arme pour mieux se cramponner à l'énergumène qui lui faisait office de monture. La fécondité de son imagination en terme de ruses n'avait décidément aucune lisière, et cela mettait le commandant dans un embarras certain. Toutefois, en plus de lui faire prendre de la hauteur, il se mit à brimbaler sur ses bases à l'instar d'un polacre en pleine mer, et chaque prompte déviation créait une contracture d'inquiétude chez le chevalier qui tentait désespérément de stabiliser sa pesanteur sur l'échine du retors. « Je me sustente beaucoup plus depuis que tu es parti, j'ai autant pris du galon que de la masse !... Mais ce n'est que du muscle ! » Jugea t-il bon de préciser avant que sa lourdeur ne soit associée à trop de richesse alimentaire, il n'avait point encore la panse rondelette de mauvaise graisse ! Puis, ce fut la culbute, néanmoins maîtrisée par un frère qui avait encore la décence de ne pas lui exploser la boite crânienne sur l'estrade, une fin qui se serait avérée fort pitoyable pour un responsable hiérarchique de son acabit. A peine furent-ils proche du par terre qu'Alrik s'y retrouva allongé, mains au revers de la tête pour se prémunir de tout douloureux heurt, ce fut son rachis qui endura le choc de son atterrissage. Une fois le péril évanoui, il s'octroya un instant de répit, les bras désormais en crois et les paupières closes, feignant inconsciemment l'artiste zélé qui mourrait comme il avait vécu : sur les planches. Ce fut le phonème de son compère qui le tira de son alanguissement, il daigna enfin à se redresser sur son séant, quelques mèches dorées lui striant le faciès après toutes ces impromptues cabrioles. « Je te le concède, la scène restera dans les mémoires ! » Il expira un rire clair. « Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé... » Finit-il pas confesser dans un susurre seulement destiné à l'ouïe de son aîné, comme une véracité dont il avait quelque peu honte, mais il se devait d'assumer les coercitions de son rang et les idéaux qu'il avait lui-même choisi de défendre de son égide. Son existence manquait peut-être d'un soupçon de fantaisie, mais de ces facéties, Yevana lui en offrait bien assez sans qu'il ne songe à s'y mettre également. Subitement, ce qui s'apparentait désormais à un conciliabule fraternel prit fin lorsque la vocifération d'un bâton furibond les rappela à l'ordre, au même titre qu'une saltimbanque dont la rectitude théâtrale n'avait d'égale que sa passion pour ce même domaine. Avec l'âme d'un garçonnet que l'on tançait pour une bévue, le freux se releva, encourageant le reitre à l'imiter tout en lui adressant une risette pincée et complice ainsi qu'un frêle haussement d'épaules. « Pardonnez notre égarement Lantheïa, cela ne se reproduira plus. » Sage et docile que le chevalier qui savait quand rentrer dans le rang, et surtout, qui savait y rester, ce qu'il veillerait à faire pour ne pas subir d'autre admonestation.

La suite des réjouissances fut bien plus prenante qu'il ne l'aurait subodoré, les méninges en effervescence, attentif et emprunt de quant-à-soi durant les flots d'explications qui manquèrent de les faire choir en pâmoison, être un comédien n'était guère un métier facile ! Point de risque de se faire dilacérer à coup de cimeterre, mais il était inconcevable de désappointer un public qui avait sciemment fait le déplacement. Il comparait cela aux joutes des grands tournois, chaque tour devait être une délectation pour les prunelles des spectateurs, tout n'était pas dans les affrontements, comptait également le grandiose de tels évènements. Dans cette lice, les rixes seraient de vocable et d'improvisation, de logique et de concentration, car que ce soit dans l'antagonisme ou dans l'alliance, un binôme se faisait toujours à deux. Et en tandem, ils seraient amenés à souvent l'être, se renvoyant l'un l'autre des notes aussi exactes que plausible. L'affaire allait être ardue, mais le défi était relevé et Alrik n'était plus apte à reculer. L'esprit obstrué d'une pléthore de détails qu'il tentait encore de trier convenablement, son mimétisme s'en ressentit et les interventions pour lui remémorer ses allures raidies se succédèrent. L'on revisitait chaque mimique, chaque courbure de geste ou intonation qu'il était bon de prendre à tel ou tel instant, et si les prestations n'étaient pas toutes ourlées d'exactitude, elles étaient au moins toutes brodées de bonne volonté. Ils avaient longuement travaillé, s'étaient parfois confondus en quelques écarts promptement rectifiés, et enfin, l'accalmie faisait vrombir son cor. Le sigisbée ne put s'empêcher un soupir de soulagement lorsque la responsable scénique leur octroya une pause fort méritée, il massa sa nuque d'une main leste et s'étira pour lénifier les tensions musculaires de son pauvre corps anxieux. « Aaaaah par le Grand Septon, je n'aurais jamais pensé que c'était aussi éreintant ! Allons nous asseoir, et manger un morceau. » Il allia à ses propos un signe de tête en direction d'une table un peu plus loin, et vers laquelle il se dirigea après avoir récupéré Fraternité qu'il désirait toujours auprès de lui.

Il se laissa tomber séant le premier sur un siège, en face de son frère avec lequel il partageait peut-être plus ce soir qu'il n'en avait jamais été le cas dans toute leur vie. Jouir d'une activité autrement plus considérable que la dégustation du souper ou une flânerie aux abords d'Empyrée ou de Port-Réal. La chose n'était point désagréable en elle-même, mais il grimaçait d'un arrière-goût étonnamment amer, comme s'il prenait conscience de tout ce temps qu'ils avaient gaspillé en oeuvrant chacun de leur côté. A cette pensée, le commandant soupira derechef et lourdement, tandis que l'aubergiste s'approcha des comédiens improvisés pour prendre de leurs nouvelles ainsi que leur potentielle commande. « De l'eau, de l'eau ! Ce sera tout pour moi. » Annonça t-il en secouant sensiblement la main pour signifier qu'il ne voulait rien de plus. L'aridité lui brûlait le gosier, et lui qui était pourtant un très grand amateur des breuvages avinés préférait s'en passer pour l'occasion, il doutait que la détente des papilles puisse contribuer à celle plus psychologique. Quant à une pitance... « Je crois que je suis angoissé, nous n'avons rien avalé depuis un moment, mais je n'ai finalement pas faim... J'ai l'estomac noué, je ne comprends pas... J'ai marotte à faire des interventions discursives pour nul autre que lord Brynden Rivers, mais monter sur les tréteaux de la sorte et risquer de faire échouer une telle pièce... J'espère qu'il n'y aura personne que je connaisse trop bien, auquel cas je serais rapidement repéré. » Ses prunelles d'azur voguèrent à travers la salle comme pour estimer la capacité d'hôtes encline à s'y amasser, et simultanément, il se mit à triturer le fourreau de son épée installée sur ses cuisses. « Il n'y a vraiment que nous pour nous retrouver dans pareille situation... Je suis sûr qu'Aaliyah et Yevana n'en reviendront pas lorsque nous leur conterons ceci ! Je vous soupçonne tout de même d'être indirectement responsables, ton attraction à péripéties et toi ! »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Sam 25 Mai 2013 - 14:37

Que son frère lui avoue s'amuser et que cela pouvait faire bien longtemps que ce n'était pas arrivé ne l'étonna guère en réalité. Depuis leur plus jeune âge, Alrik avait toujours été le plus sérieux et le tirer par "force" était la meilleure manière de le voir franchir les limites généralement établies d'un comportement convenable. Mais ça rendait la vie amère et aigrie. Et il trouvait que son frère était loin d'être un grand fêtard - cette phrase étant un pur euphémisme. Bien trop coincé à son goût, trop réservé, sans une once de souplesse, son frère était devenu un homme guindé, bourré de responsabilités qui l'empêchaient de voir au delà de son boulot. Il trouvait d'ailleurs cet état de fait particulièrement triste. Comment pouvait-on rester cloisonné dans un monde aussi sérieux ? C'était quelque chose de tellement impensable à ses yeux. Son frangin était explicitement son opposé. Peu de gens croirait qu'un reitre comme lui, aussi décalé et sans beaucoup de limites, aurait comme frangin le Commandant des Dents de Freux, réputés pour sa droiture et son esprit de justice. Une contradiction somme toute amusante mais il est vrai qu'il n'avait pas pour habitude de divulguer. Il ne voulait pas s'attirer les foudres ou le mauvais oeil de certaines de ses relations pas toujours légales. De plus, ce n'était pas dans ses intentions de changer de rythme de vie ni de fréquenter des personnes plus adéquates. Aussi, avouer avoir un frère mais ne pas le nommer ni ne donner d'informations sur son sujet était la meilleure façon de s'en sortir sans encombres. Mais en attendant, pour un tel énergumène, avoir réussi à l'amuser et le divertir avec des idioties telles que celle qu'il venait d'exécuter était un amusement et une satisfaction personnelle dont il ne voulait surtout pas se passer. Même ses expressions faciales s'étaient diversifiées bien plus depuis qu'ils étaient montés sur scène que depuis les derniers mois de sa présence à Empyrée. Si seulement cela pouvait durer et surtout se reproduire ! Mais il n'en était pas convaincu. Aussi fallait-il profiter autant que cela était possible de cette journée hors du commun. Une anecdote et un souvenir à ancrer pour pouvoir les ressortir avec plaisir dans un instant de nostalgie. Car cet événement deviendrait vite du passé malheureusement, il en était intimement convaincu. Mais une chose à la fois, ce n'était pas dans ses principes de s'acculer d'autant de négativisme. Profiter de l'instant présent était bien plus salvateur et entraînait bien davantage de réconfort sans prises de tête.

Mais face à de tels enfantillages, il était aisé pour la matrone de ne pas concéder à des tels égarements. Aussi tôt fini ainsi, malgré ses premières excuses, la remise en place des règles fut rapide et peu délicate. Des remontrances leur étaient clairement offertes leur indiquant l'inutilité et surtout un contexte totalement inapproprié à de tes écarts juvéniles. Cela ne l'empêcha pas de répondre à l'oeillade fraternelle pour sous-entendre que malgré la sévérité de la saltimbanque, il retirait un grand amusement de ce qui venait de se passer. Bien que sa vie n'était en rien sérieuse, ce genre d'actes ne pouvait se faire qu'avec son frangin au final. Tant d'années passées et pourtant un lien toujours aussi fort entre les deux protagonistes. Cela ne pouvait que lui faire chaud au coeur sans se douter un instant que ce même raisonnement entraînerait davantage une souffrance intellectuelle chez son vis-à-vis. Mais ils n'eurent plus assez de temps à eux pour pouvoir se laisser aller à des réflexions personnelles. Très rapidement reprirent les mises en place pour le spectacle à venir, les mouvements à effectuer, le jeu d'acteur à intensifier ou au contraire à contrôler, tout le déroulement à venir prenait place dans leur esprit autant que sur scène au fur et à mesure des explications et des conseils voire de l'autorité émise par la belle Lanthéïa. Cette femme avait un caractère fort et il était aisé d'en ressentir toute l'intensité qui se transformait en charisme de femme fatale. Peut-être dans pas le sens érotique du terme mais bien plus à prendre au pied de la lettre. Ne pas lui convenir ou aller contre ses dires devaient couter au concerner. Pour sa part il préférait obéir. Bien moins compliqué même si effectivement, la journée les emmena vers une fatigue clairement palpable non pas intellectuelle mais bien plus physique que ce qu'ils n'auraient pu croire. "J'en boirais bien moi du vin..." osa-t-il glisser discrètement à son frère avec un sourire néanmoins amusé face aux remontrances offertes au pauvre aubergiste qui s'était laissé aller à de la gentillesse qui fut rapidement considérée comme ma placée. Il fallut encore patienter un peu avant de pouvoir se laisser aller à une pause largement méritée. En bougeant ses épaules pour éviter de futures courbatures suite à certaines positions parfois désagréables dues à leur caractère répétitif, il ne put que suivre son cadet pour l'accompagner à une table.

"Je te le fais pas dire ! J'ai une de ses dalles ! "


S'affalant à son tour sur la chaise, il laissa sa tête aller en arrière alors que ses bras pendaient de par et d'autre de sa chaise, les yeux clos pour profiter de ce délassement de sûrement courte durée mais qui se devait d'être absolument salvatrice pour son pauvre estomac quémandant quelques denrées pour se sustenter rapidement. Ainsi quand l'aubergiste vint à leur encontre, il ne fit que lever la main après les paroles de son cadet pour donner sa propre commande bien différente.

"Moi ce sera du vin et le plat de votre choix, je suis pas compliqué. Mais me faites pas un truc trop lourd sinon je risque d'être puni par la suite si je dois le porter dans mon estomac durant tout le spectacle ! Je m'en voudrais de salir et donc ruiner le futur déguisement de mon cher frangin..."

Cette dernière révélation le fit se redresser pour adressé un sourire amusé au concerné, avec des lippes légèrement étirées en coin tandis que l'aubergiste acquiesçait pour montrer sa compréhension avant de partir. Son ouïe se calqua sur les propos d'Alrik qui indiquait plutôt un noeud à l'estomac qui l'empêcherait lui d'avaler quelque chose. Ce n'était peut-être pas la meilleure stratégie face à ce qui les attendait.

"Arrête de penser, frangin. Ca peut que bien se passer ! On a passé je ne sais combien de temps à tout revoir là avec la belle Lanthéïa. On est prêt moi je te dis. Tu piqueras dans mon assiette ce que tu veux, faudrait pas manquer de force monsieur-j'ai-pris-de-la-masse-mais-c'est-que-du-muscle ! " une moquerie amusée concernant de précédents propos qui l'avaient beaucoup amusé mais auxquels il n'avait offert aucune réponse jusqu'à présent. Un rire évident claironna à la suite de l'accusation qui lui fut adressée. "Que veux tu, avec moi on s'ennuie jamais ! Ca devrait te pousser à quitter un peu plus souvent ton beau Donjon pour qu'on s'éclate davantage ensemble !"

Bon évidemment, jamais ne pourrait-il l'emmener dans toutes ses activités régulières comme les bordels ou encore certaines tavernes fréquentées par des personnes qui se carapateraient ou se jetteraient sur Alrik une fois ce dernier identifié. Un Commandant des Dents de Freux ne pouvait décemment pas siéger dans n'importe quel contexte de vie. De plus, son désir de révéler les plus basses de ses activités était totalement inexistant. Il y avait des secrets nécessaires à une harmonie familiale. Autant la petite Yevana pouvait le suivre un peu partout - ou presque- parce qu'elle n'avait aucune conscience et aucune capacité à détecter un quelconque danger potentiel. Sa présence entraînait obligatoirement une protection non négligeable de plus. Elle n'avait rencontré que des connaissances à lui de toute manière et sa beauté ne pouvait que suggérer convoitise et émerveillement sans pour autant lui souhaiter un quelconque mal. Mais cela non plus ne pouvait être ouvertement explicité à son cadet qui se trouvait devant lui. L'aubergiste revint rapidement pour leur amener les boissons, soft pour certains, plus alcoolisée pour d'autre. Il trinqua avec amusement avant de boire une longue gorgée de cette savoureuse liqueur. Son frère serait sûrement celui qui régalerait la note, une bagatelle à ses yeux, une petite fortune pour les siens. Surtout que sa journée n'avait pas pu être ponctuée de divers vols de bourses susceptibles de remplir ses poches. Il était donc pauvre en cet instant, mais particulièrement bien accompagné. Cela comblait le déficit.

"Je me demande quel genre de populace va venir voir notre super représentation. Je t'avoue que je suis plus excité qu'anxieux ! Dire que j'ai hâte n'est peut-être pas correct mais j'ai bien envie de monter sur ses planches et donner un super spectacle ! .... Aaaah! La pitance ! J'ai cru que mon estomac allait commencer à me dévorer ! Vous avez fait vite et je vous en remercie ! " dit-il emprunt d'un léger sourire charmeur malgré que l'aubergiste était de sexe masculin. Mais cette tendance ne le quittait plus vraiment. Poussant l'assiette au milieu, il commença à avaler plusieurs bouchées à la suite avant de tendre le couvert à son cadet et de formuler avec autant de clarté que possible "Manche ! Mmmmmm..... Chest bon!" Il fut en réalité totalement incapable de parler ensuite une fois la déglutition engagée et un mouvement engagé de la mâchoire pour pouvoir dissoudre les goulues bouchées enfournées. Une fois la bouche cependant vide, bien que ce ne fut pas pour longtemps, il glissa "T'as intérêt à manger hein sinon je te promets que je fais le cheval pour amener la nourriture à ta bouche ! " un sourire en coin orna ses lèvres suggérant explicitement que ce n'était pas une menace en l'air. Il imita d'ailleurs avec sa prochaine fournée le bruit de cabot discrètement jusqu'à ses propres lèvres avant d'alléger le couvert. Bien sûr le ferait-il plus ouvertement si son cadet refusait de se sustenter un minimum. Le repas passa relativement vite car la belle Lanthéïa revint rapidement à la charge pour les obliger à se préparer. Une pause de courte durée mais cependant nécessaire pour se préparer. Son frangin avait davantage la corde au cou qui se resserrait face à l'imminence du spectacle. "Ca va aller ! Tu vas te faire rafistoler, tu seras pas reconnaissable, ça va t'aider à jouer ! " . Il n'eut pas le temps d'en dire beaucoup plus car on vint rapidement s'occuper de son cas également pour qu'il soit présentable comme la saltimbanque le souhaitait pour représenter au mieux le rôle qui serait le sien pendant la future représentation à venir !





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Lantheïa
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Message Mar 28 Mai 2013 - 17:25

La journée avait été longue. Il était difficile de dire si ce déploiement d’efforts suffirait à porter la pièce aux sommets malgré l’inexpérience des deux comédiens de substitution, mais ils avaient tous travaillé d’arrache-pied et il ne leur restait plus qu’à donner le meilleur d’eux-mêmes en espérant que cela suffirait. Pendant que ses nouveaux comparses se restauraient, la saltimbanque en chef retrouva son premier rôle dolent à une autre table. Jesse n’avait effectivement plus qu’un filet de voix éraillé clairement inadapté à la scène. Entre deux noms d’oiseaux, Lantheïa réussit à lui faire crachoter le prétexte d’un mauvais coup de froid. Ah, il avait bon dos, l’automne ! Et qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire à elle, que les pluies et un vent frisquet l’aient surpris sur le chemin de sa maison ? Est-ce que cela la consolait de cette désertion inopportune et indésirable ? Jesse râla avec forces moues et grimaces, ne faisant qu’accroître la mauvaise humeur de Lantheïa, qui n’avait jamais supporté les mimes.

« Mon vieux, tu seras du spectacle, que tu le veuilles ou non ! Je t’ai remplacé, mais j’ai besoin d’un souffleur, alors retrousse tes manches et prépare-toi ! »

Jesse leva les yeux aux ciel et souffla au mot « remplacé », puis il désigna d’un regard éloquent Alrik et Aslak en haussant les épaules avec dédain. Lantheïa n'allait pas laisser passer ça sans broncher. « Parce que tu t’imagines beaucoup plus aguerri sous prétexte que tu fais partie de ma troupe depuis moins d’une lune ? Si toi, l'ébéniste fraîchement repenti, tu es un vétéran du théâtre, alors moi je suis la Jouvencelle dans toute sa pureté virginale ! Le talent ne fait pas le travail à ta place et il ne remplace pas la pratique, coquefredouille ! Alors garde-toi de toiser de haut ces preux étalons qui ont galopé à ma rescousse et caracolent sur les planches à ta place. Tu t’assieras au pied de la scène et à la moindre hésitation tu leur indiqueras par gestes ou murmures quoi faire ou quoi dire. Je ne dis pas que ce sera facile mais notre art ne l’est jamais ; cette péripétie n’est qu’un défi de plus ! Relevons ce gant lancé par le Ferrant, mon cher, et brillons ! Même un souffleur peut scintiller à sa façon. »

Elle consomma quelques légumes marinés et du jambon, rien de trop lourd mais de quoi se caler pour éviter les gargouillis intempestifs. Que pourrait-il y avoir de pire que le glougloutement d’un estomac vide au milieu d’une tirade dramatique ? Elle s’éclipsa ensuite dans sa chambre où elle procéda à sa séance de maquillage devant un miroir ébréché. Un maquillage simple pour viriliser ses traits sans les alourdir. Les costumes, les accessoires et le jeu de scène feraient le reste. Pour son entrée en Jarald, elle se dota d’une vêture simulant l’opulence, avec un lourd collier de bois couvert de peinture dorée qui ferait son effet dans la lumière des bougies. Elle rangea dans un coffret ses autres accessoires et les pièces d’armure en cuir peint qui la transformeraient en chevalier pour la scène suivante. Puis elle appela Jesse et Noam pour descendre dans la salle commune le fatras de matériel nécessaire à la pièce, menant le duo à la baguette, avant de faire monter ses deux champions du jour, Aslak et Alrik.

« Bien ! Il est temps de vous habiller et vous maquiller ! Vous n’aurez quasiment pas à vous changer de toute la pièce, sauf pour les scènes du tournoi où il faudra enfiler la fausse armure, ce sera donc très facile pour vous. Aslak, enfilez donc cette tenue de jeune noble pendant que je maquille votre frère ! » Elle fit asseoir Alrik sur un tabouret et lui présenta sa palette de maquillage. « Nous n’allons pas faire de vous un albinos, mais au moins vous rendre assez pâle pour mériter le surnom de Corbeau blanc. Je vais aussi altérer un peu le dessin de vos traits pour qu’on ne vous reconnaisse pas facilement. Rhaegar se présente déguisé en chevalier mystère, inutile de l’affubler de marques reconnaissables entre toutes, n’est-ce pas ? Le seul surnom suffira à évoquer aux spectateurs l’homme que nous connaissons tous deux. »

Elle étudia le visage du Commandant des Dents de Freux, tourné vers la lumière tombant encore de la fenêtre à cette heure. Les méplats de son visage étaient déjà une œuvre d’art en soi qu’elle rechignait à masquer, mais il le fallait pour les besoins de la scène et par souci de discrétion. Elle commença par nettoyer la peau avant d’appliquer une première couche de fond de teint clair, puis une deuxième pour faire ressortir la pâleur, et enfin les différents fards destinés à modifier subtilement ses traits. Un regard plus ouvert, une courbure différente pour la bouche, des reliefs retravaillés pour donner l’illusion d’une structure de visage différente… il ne deviendrait pas l’opposé de ce qu’il était, juste autre, suffisamment pour qu’on le regarde à deux fois sous la bonne lumière avant de le reconnaître. Et puis la tenue de chevalier de théâtre, et tout le décor, finaliseraient la métamorphose. Les gens ne regardent jamais vraiment les choses. Ils voient ce qu’ils s’attendent à voir dans le contexte qui leur est donné. Un principe que la saltimbanque connaissait bien, pour en avoir usé et abusé tout au long de sa vie aventureuse…

« Voilà… ça prend forme… ensuite, il ne restera plus qu’à passer le costume là-bas et nous descendrons préparer la scène ! »

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Alrik Mallery
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Message Ven 31 Mai 2013 - 20:15

Imaginer son frère rendre son repas sur lui en pleine représentation, lors du moment où ils se devraient de croiser le fer, était à la fois rebutant et amusant. Il n'osait imaginer quel courroux s'abattrait sur eux s'ils ruinaient cette pièce plus que prometteuse et qui attirerait assurément nombre de spectateurs, Lantheïa était, tout comme lui, zélée de travail, et l'on appréciait peu de voir ses efforts anéantis de la sorte. Même s'il doutait qu'Aslak ait une once d'idée de l'importance d'une notoriété, il le savait suffisamment respectueux et sagace pour faire en sorte que leur montée sur les tréteaux soit un succès, ou ce qui s'en approchait le plus. Seraient-ils à la hauteur des espoirs de leur fine pédagogue ? Alrik allait en quelque sorte prendre le rôle de son lord, un seigneur et ami qu'il avait toujours loyalement servi et dont il devait, aujourd'hui encore, être digne. La Main du Roi serait bien représentée, il s'en faisait le secret serment, quand bien même la houle de l'anxiété commençait à danser en son être au point de lui en donner le mal de mer. Il en était certain, il serait incapable d'avaler quoi que ce puisse être avant d'avoir retrouvé les murs du Donjon Rouge, et pourtant, il savait pertinemment que le reitre qui lui faisait face avait raison : ils auraient besoin de réserves dans lesquelles puiser s'ils ne voulaient pas manquer de force. A la référence sur sa charpente qu'il avait soulignée comme musculeuse, un rire lui échappa et il opina négativement du chef. La kyrielle de ses propos fut en revanche moins ébaudissante bien qu'emplie de promesses s'il y cédait. Toutefois, les choses n'étaient guère aussi simples que son aîné avait marotte à les considérer, et ce fut sur une intonation un peu plus brodée de sérieux qu'il vint le lui rappeler. « Je ne quitte pas mon beau donjon comme bon me semble, j'en suis un gardien avant d'en être un hôte. J'y ai des responsabilités, si tu te souviens encore de la définition de ce mot, grand frère. » Nulle acrimonie dans sa tirade pas plus que l'envie de l'offusquer, ce n'était là qu'un rappel de la vérité dont ce frère n'avait de toute façon cure. Il aurait pu le lui servir en prose qu'Aslak n'y aurait pas prêté plus d'attention, les reproches qu'ils aient des allures d'objurgations ou non fluaient sur lui à l'instar d'une pluie dont on riait doucement. Il avait toujours été ainsi et en changerait jamais, chagrine réalité.

Les fragrances des mets apportés ne le mirent guère plus en appétit et ce fut d'un oeil un peu terne qu'il considéra la pitance que le quidam installa entre eux. Pitance qui écorcherait son pécule, rien ne l'aurait plus stupéfait que son aîné ait de quoi régler l'addition. Il heurta doucement son verre d'eau à celui de vin pour trinquer, avant de décliner la proposition quant à se sustenter même avec lui. « Cela ira, je n'ai vraiment pas faim. » Le chevalier se contenta de gobeloter sa boisson cristalline, avec laquelle il manqua d'ailleurs de s'étouffer à la menace proférée à son encontre. Main devant ses lippes pour éviter de tout recracher, il avala dans un ricanement un peu étranglé et tapota son poitrail pour s'en remettre. « Ne t'y essaie même pas triple bougre, ou tes phalanges s'en souviendront longtemps ! » La scène aurait été cocasse et d'une indicible honte si quiconque avait aperçu le Commandant d'une grande compagnie se faire donner la becquée par un homme de la roture ! Il ne tenait pas particulièrement à se prêter à l'exercice, au risque de devenir la risée de la cité.

Un souper infructueux pour la panse et l'angoisse croissante du Mallery qui avait préféré se réfugier dans les méandres de la conversation pour omettre ce qui les attendait. Mais les saltimbanques commençaient à s'enfiévrer dans la préparation du décors, aussi furent-il également rappelés à leur rôle, l'heure de la transformation avait sonné. Alrik agréa d'un geste de la tête, puis après une dernière lorgnade en direction de son frangin, il suivit docilement la maîtresse des planches qui lui ferait office de maquilleuse. Le séant installé sur un siège, ce fut avec une certaine curiosité qu'il étudia la palette qu'elle lui présenta. « Mhmh, fort bien, autant ne pas tomber dans le superflu, je suis curieux de voir le résultat. » Il se laissa ensuite manipuler à la guise de l'actrice, et la sensation des poudres sur son faciès fut des plus étranges – il manqua par deux fois d'éternuer mais se fit violence pour ne point détruire l'oeuvre de Lantheïa, qui saurait le lui faire payer, gare au bâton ! Une fois que la séance prit fin, le sigisbée prit le temps de s'admirer dans un miroir à main, et il tomba des nues. Avec si peu de matériel, voilà qu'il apparaissait comme étant une autre personne pour qui ne connaissait pas ses traits sur le bout des doigts. Son teint était d'un élégant gypse blanc qui ne faisant pas pour autant de lui un macchabée ambulant, et elle avait su souligner et approfondir l'azur de ses calots avec une incroyable justesse. Sa crinière d'un blond également pâlie avait été plaquée vers l'arrière, changeant littéralement de son usuelle chevelure abandonnée au gré du vent et mettant d'autant plus en valeur sa physionomie. Méconnaissable ! Ne restait pus qu'à espérer qu'il le soit suffisamment pour ne pas se faire démasquer. « Du travail d'orfèvre Lantheïa, vous avez bien des talents dites-moi ! Même lord Brynden Rivers aurait grand mal à me reconnaître ainsi fardé. » Il zieuta ensuite vers la tenue qui l'attendait : une armure de basse facture et qu'il aurait été assurément mauvais de porter pour un véritable duel, mais son apparence était travaillée et offrait volontiers l'illusion d'un digne atour de chevalier. Avec elle, une cape à la teinte opaline – car le Corbeau Blanc se devait d'avoir un pennage qui seyait à son acronyme. - et qu'il n'aurait qu'à retirer par la suite, lors de l'affrontement. Il s'habilla donc et installa Fraternité à son pendant gauche, car tout sigisbée possédait son estoc, et la sienne était assez commune pour se confondre avec n'importe quelle autre épée.

Une fois paré, se présenta à Aslak et Lantheïa, non pas le freux qui les avait précédemment quittés, mais Rhaegar, le personnage dans toute sa splendeur et particularité. Le sieur réajusta une mèche qui l'importunait et s'obstinait à choir sur son front, avant de se soumettre au regard critique de ses vis-à-vis. « Eh bien ? De quoi ai-je l'air ? » Il en profita ensuite pour examiner les environs et l'estrade qui se métamorphosait sous les soins des comédiens, le tout prenait indéniablement forme et il lui semblait que l'auberge comptait un peu plus d'âmes que la dernière fois qu'il s'y était intéressé. Me fait que la salle serait très bientôt pleine d'une foule avide de ripailler, pocharder et se délasser à la contemplation d'une bonne pièce de théâtre avait de quoi donner quelques sueurs froides. Le Mallery se mordit la lèvre inférieure, l'appréhension se lisait sur son visage et il lui semblait que, doucement, son eurythmie avait augmenté. Pour le moment, il ne vit personne qu'il pouvait se targuer bien connaître, ce qui n'était guère un mal. « Le début approche, je dois dire que je suis un peu nerveux... Que fait ordinairement un acteur pour lénifier son angoisse avant de monter sur scène, Lantheïa ? Vous devez bien avoir une ou deux astuces, si ce n'est un coup de bâton sur le crâne ? » En se remémorant la rythmique de la fameuse fresque qu'ils avaient longuement étudiée à travers leur entrainement, il crut savoir que d'eux deux, son frère serait le premier à passer, ce qui ne tarderait pas à se faire. « Tu m'ouvres la voie Aslak ? Je t'observerai des coulisses, en me retenant de te lapider de tomates, juste pour le divertissement. »


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Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 2 Juin 2013 - 15:27

Un rire clair avait été réalisé face à l'annonce de phalanges meurtries si jamais il s'osait à le combler de ridicule. Ce moment passé avec son frère, fugace et éphémère, eut au moins le mérite de les détendre un petit peu. Après tout, l'étouffement avait failli attraper son frangin à la menace proférée et sincère qui cependant n'avait quand même pas abouti. Le nœud dans l'estomac semblait bien plus tenace que le ridicule qui pourrait suivre. Mais il ne pouvait décemment pas lui fourrer la bectée, même si concrètement, il n'aurait ressenti aucune gêne à concrétiser un tel acte. Il ne faisait pas partie des personnes où le ridicule pouvait avoir un impact marquant sur lui. Peu importe en réalité ce que pensait les autres et ce que ses actions pouvaient entraîner comme conséquences. Mais par contre, autant la menace de son frangin était donnée avec humour, autant il était persuadé que si jamais il avait commis un tel acte profanant sa personne, il n'aurait pas hésité à lui faire payer. Cela aurait pu entrainer un carnage dans l'établissement tout comme cela avait été commis sur scène. Et bien que l'amusement aurait sûrement encore été eu rendez-vous, pour un Commandant des Dents de Freux, cela ne se faisait sûrement pas. Une retenue qui n'était nullement dans les préoccupations de l'aîné. Aussi se contenta-t-il donc de manger tranquillement le repas que son cher Alrik lui payerait bien sagement il en était convaincu. Cela coulait de toute façon de source face à la vie roturière qu'il menait - excepté actuellement où en tant qu'invité, il profitait largement de l'hospitalité de ce dernier ! Enfin pour être honnête néanmoins, c'était surtout d'un point de chute qu'il profitait car il passait bien plus de temps à Port-Réal ou dans les bleds alentours. Après tout, ce n'était clairement pas à Empyrée qu'il trouvait femme pour occuper ses nuits ou bourses à voler et même péripéties qui faisaient de sa vie un éternel flux de rencontres en tout genre. La gouvernante de sa nièce n'était clairement pas à son goût... contrairement à cette dernière mais il ne pouvait décemment pas entrer dans une relation ambigüe avec cette dernière. Bien que les limites n'étaient pas conséquentes dans son esprit, il y avait des choses qui naturellement lui imposaient une certaine retenue. Ainsi, on ne faisait rien avec la famille et avec les demoiselles qui n'avaient pas l'âge pour ce genre de choses. Les jeunettes n'avaient jamais été son truc... Il préférait les femmes et ce fait était connu depuis son plus jeune âge où il préférait déjà regarder les femmes plus âgées plutôt que celles de son âge. Après tout, que pouvait-il trouver d'intéressant à ces charmantes jeunes filles qui n'étaient pas formées ? Mais tout ceci n'était pas pour le moment, peut-être plus tard si le spectacle était fini et que son frère serait obligé de retourner à ses obligations. Si jamais ce n'était pas le cas, il comptait bien continuer à l'embarquer jusqu'au bout de la nuit, car un spectacle se devait de se fêter ensuite ! Peut-être qu'une fois le stress passé se laisserait-il aller à boire un petit verre, voire plusieurs !

En attendant, ils se devaient justement de se mettre en place pour faire l'affaire à la scène et amuser les spectateurs qui prendraient place pour la soirée ! Alrik allait se faire déguiser désormais pour passer totalement inaperçu tandis que lui-même allait devoir se vêtir d'une tenue dont il n'avait guère plus l'habitude que le maquillage de son cher cadet. Néanmoins, celle-ci fut rapidement enfilée. Une tenue de noble, bien que c'était pour la scène et que cela se trouvait épris d'une certaine vieillesse et utilisation. Mais ce serait cependant toujours bien plus beau que les attirails qu'il pourrait porter au quotidien. Excepté pour les quelques fois où il prenait des affaires à son frangin, mais cela restait une tenue pour se balader et non quelque chose qui faisait de lui un nobliaux. L'aide cependant de Noam ne fut pas de trop pour simplement ajuster convenablement la tenue qu'il mit sans grand respect de l'allure. néanmoins, il prit plaisir à se sentir ajuster d'autours si fringants.

"Je me sens un nouvel homme !" dit-il avant de rire. Mais ce ne fut rien en rapport au changement qui s'opéra du côté de son frère qui lui se trouvait être, non pas un nouvel homme, mais carrément un autre homme dont il zieuta la métamorphose grâce au talent de la saltimbanque. Ce ne fut qu'une fois également les autours vestimentaires revêtus qu'il put voir l'étendue du personnage à l'allure et au charisme impressionnant. Bien plus d'effet pour un homme que l'on ne se devait guère de reconnaître. Même ainsi déguisé, l'autorité et l'effet coincé de son frangin transparaissait sans retenue. Il n'y avait rien à faire, les responsabilités lui seyaient parfaitement bien, au point que ça en devienne même positivement flagrant et d'une stature imposante. Le nier ne serait clairement pas honnête. "Frangin... Que dire à part que ce rôle te va à merveille ?" il sourit amusé avant d'ajouter "Et regarde bien ton frère, regarde comme cela me va si bien d'être ainsi vêtu. Profites en c'est sûrement la seule fois que je serai si bien habillé !" réléva-t-il avant de rire. S'il avait une telle habitude, cela se saurait, mais il risquait surtout de finir rapidement nu et de ne jamais retrouver de tels vêtements dans la rue. Il en serait rapidement dépossédé et les retrouveraient éventuellement chez des marchands qui seraient en train de tenter d'en obtenir des piécettes. Bien que l'image l'amusait beaucoup, se balader nu dans les rues risquait de lui apporter bien plus d'ennuis que de franches rigolades. A la suite de leur préparation, la salle semblait se remplir gentiment de personnage en tout genre qui venait se détendre et profiter d'une soirée mouvementée qui leur était gracieusement offerte par un spectacle qu'il tenterait d'honorer par leur jeu d'acteur qui se voulait principalement amateur. Son frangin ne se priva pas de le percer d'une pic avant de devoir se jeter à l'eau. D'un sourire amusé et en coin il ne se retint pas de faire briller son assurance à tout épreuve.

"Ouais regarde bien comme je vais briller sur les planches ! Tu seras tellement bluffé que les tomates t'auras même pas envie de me les jeter !"

Même à son frère il ne put retenir le sourire particulièrement charmeur qu'il pouvait adresser en toutes circonstances. Mais désormais, cet air naturel devait disparaître pour laisser place à un masque de sérieux et de pouvoir. Il était désormais Galen, un fin calculateur, prêt à tout pour obtenir ce qu'il désirait. Il attendit cependant le feu vers de la belle dame qui gérait tout le spectacle pour faire son entrer. Après tout, lui non plus n'avait guère oublier la première scène qui se devait d'être jouée et qui concernait une entrevue entre lui-même et Jarald, celui qui était censé concrétiser ses projets avec son personnage. Un banquet... Pour cela il fallait que le décor soit placé et qu'ils puissent tous y prendre place. Une fois l'accord de la belle Lanthéïa apporté, après avoir mis en place le contexte oralement auprès des personnes désormais installées, il prit une inspiration pour arriver à se déconnecter de lui-même. Bien sûr que l'anxiété n'était nullement à l'apogée comme celle de son cadet, mais il ne fallait pas croire que c'était totalement inné pour lui cependant. Un minimum de contrôle était nécessaire. Une fois donc son entrée en scène inéluctable, il jeta un dernier regard amusé à son frangin avant de venir se placer avec sérieux et une stature d'un noble à l'endroit où il se devait d'être. Amusé intérieurement, il vint saluer "Jarald".

"Vous me voyez honoré d'avoir souhaité ma présence à ce banquet. Il me tarde de mettre en pratique notre plan finement concocté. Grâce à vous, il sera particulièrement jouissif de reprendre ce qui nous appartient." Prenant son verre de vin et le levant pour porter un toast, il sourit avec victoire mais aussi complicité à Jarald "A nous et notre future conquête !"
Il était surprenant d'agir de la sorte, il n'avait pas l'habitude d'être aussi sérieux mais étonnamment, il s'en sortait plutôt bien et avait même l'impression d'être crédible. Une expérience dont il comptait bien garder le souvenir pour en parler dès que possible !


Spoiler:
 





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Lantheïa
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Message Mer 5 Juin 2013 - 19:14

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La mise en place n’avait pas pris très longtemps et le public, enfin, la clientèle de l’auberge, commençait à s’étoffer. Aslak et Alrik, revêtus de leurs atours d’acteur, avaient fière allure. En fait, se disait Lantheïa, de ce point de vue-là elle avait presque gagné au change. Aslak était clairement plus séduisant que Kylan, ce qui n’était pas très important pour un rôle de traître, mais toujours apprécié des spectatrices, d’autant qu’elle était là pour assurer le contrepoint esthétique avec l’affreux Jarald au visage chafouin. Quant à Alrik… il avait tout du héros expérimenté et juste qu’elle voulait mettre en scène, plus encore que Jesse. A défaut d’un talent fracassant, ces deux-là pourraient au moins se targuer d’une certaine crédibilité aux yeux du public par leur simple apparence. Une personne au moins n’était pas de cet avis, ou s’en agaçait par jalousie : Jesse. « Est-ce une sorte de suicide collectif ? » souffla-t-il dans un râle à peine audible, mais dont l’ironie n’était pas moins frappante. « La ferme, l’éclopé » grommela Lantheïa. « Ou ce sera ce soir ton propre suicide artistique, à moins qu’il ne faille parler d’avortement dans ton cas. Lan’ la Futée t’a donné ta chance, ne la gâche pas à force de vouloir faire de l’esprit. Nous partons dans quelques jours pour Villevieille et rien ne m’oblige à embarquer un enquiquineur dans mes bagages, alors tu ferais mieux de me prouver que tu es autre chose qu’un poids morts. » Jesse lui retourna un regard chagrin qu’elle ignora, concentrée déjà sur le spectacle. Les bougies avaient été allumées tout le long de la scène de fortune, et elle monta la première sur les planches avec cette majesté théâtrale qu’elle affectionnait. De la solennité et de la conviction ! Un drame se jouait cette nuit… et parce qu’un drame frappe comme la foudre, avec une ampleur écrasante, elle ne s’embarrassa pas de préambule pour mettre les gens à l’aise et les faire sourire par ses bonsoirs onctueux. Sa voix enfla dans la salle sur le ton de la déclamation, immédiate, captante.

« Il est des histoires qui font l’Histoire. »

Le silence commença à se faire parmi les convives et les regards convergèrent sur elle alors que Galt éteignait quelques-uns des flambeaux de la salle commune pour attirer l’attention sur la scène.

« L’Histoire qui bondit, l’Histoire qui frémit et s’élance comme un torrent en crue, emportant des âmes sur son passage… » Un silence complet accueillait désormais ses paroles. Elle s’inclina dans une révérence d’homme, avant de se redresser et de tourner lentement sur elle-même en écartant les bras. « … des âmes viles et corrompues, des âmes pures et innocentes, des âmes d’hommes et de femmes, des âmes de vieillard et d’enfants... sans distinction de rang. » Face au public, elle baissa la tête, et un air de flûte triste, légèrement angoissant, monta de l’instrument de Noam qui s’était campé dans un coin discret près de la scène. « Il est des histoires qui méritent d’être contées, parce que la mémoire est un devoir. Le prix payé par ces âmes sacrifiées exige une contrepartie. Le souvenir. »

Elle releva la tête, comme si elle cherchait l’inspiration au ciel. « Ce soir, nous nous souvenons. Nous nous rappelons d’une histoire qui est aussi une leçon. Nous rendons vie, comme par magie, à la tragédie venue à nous par bribes, comme autant de débris d’épave retrouvés sur la grève après une tempête. Puisse la vision qui nous fut inspirée prendre corps ce soir et frapper votre imagination. »

Elle leva les bras et les laissa retomber avec emphase, puis s’effaça sur le côté, cachée derrière le rideau, parlant plus bas tandis que la musique prenait de l’ampleur et se faisait plus vive, plus incisive. « Dans un royaume inconnu vit un digne souverain fort jalousé par certains de ses vassaux. L’un d’entre eux en particulier, Jarald de Blancherive, s’apprête à faire éclater une rébellion. Dans ce but, il a trouvé un allié à même de fédérer les séditieux : Galen le Dragon Noir, cousin félon du roi. Le trône va-t-il basculer ? Et si la couronne tombe entre les mains des renégats, combien de sang coulera ? Beaucoup, si les féaux du trône ne peuvent l’empêcher. Un homme, un champion, va tout faire pour s’y opposer. »

Passé cette introduction, elle entra réellement en scène et Aslak la rejoignit. Après l'avoir saluée, il parla et porta un toast. Pas un cil de Lantheïa ne frémit lorsqu'elle réalisa qu'il pensait déjà en être au banquet qui n'était, ah, misère, que la troisième scène, ici malencontreusement fusionnée avec la premiére dans laquelle les deux complices évoquaient leurs plans en secret. Bien sûr, il y avait cette table et cette coupe, mais ce n'était que le bureau de Jarald, avec une coupe pour le jeu de scène... rompue aux imprévus de toute nature, elle fit l'effort de garder son sang-froid et ignora magnifiquement Jesse qui au bas de la scène gesticulait comme un singe en essayant de mimer à Aslak son erreur. Heureusement qu'il se tenait dans l'ombre car ses mouvements intempestifs avaient déjà bien assez de risques de transformer leur drame en bouffonnerie !

Son coeur battant et sa cervelle fumant afin de rapiécer en hâte le scénario décousu, Lantheïa ne mit guère plus d'un instant à réagir. « Tout l'honneur est pour moi, ser Galen, ou devrais-je dire ser Jorah ? Le mystère de votre identité doit être préservé jusqu'à la fin du tournoi. Nous avons un peu de temps devant nous avant l'arrivée de mes invités. Je n'ai pu résister à la tentation de vous faire goûter avant tous à ce vin unique venu des Iles... et à la perspective de vous voir seul à seul pour évoquer l'affaire qui nous réussit ici. » Elle planta un regard bien appuyé dans celui d'Aslak pour souligner la gravité de l'affaire en question et plus encore, l'importance de ses rappels scéniques : une entrevue intime ! « Tous mes hôtes ne partagent pas nos vues, mais ceux qui pourraient s'y opposer seront minoritaires, et devront bien s'incliner quand des forces supérieures les cerneront. » Elle aperçut du coin de l’œil Noam qui avait avec à-propos pris l'initiative d'enfiler sa veste et son petit chapeau de page, et qui accourait pour disposer sur la table les accessoires de banquet - une nappe, quelques cruchons et couverts propres à créer l'ambiance nécessaire. Brave petit !

« Mon ami » dit-elle encore, « la rumeur de notre cause enfle et gronde partout dans le royaume. Vous aurez des alliés en suffisance lorsque vous aurez prouvé votre valeur en conquérant l’œuf de dragon au vu et au su de vos partisans. Et alors, alors seulement votre nom sera révélé à tous, et tous sauront que l'enjeu de ce tournoi était la naissance d'une rébellion irrésistible, et non la célébration de ma propre vanité. Mon anniversaire n'a besoin de nul autre présent que votre victoire aux joutes et l'annonce éclatante de vos revendications légitimes. Ce trône ne peut appartenir qu'à un homme qui en soit digne, et vous êtes cet homme. Je mettrais ma vie en jeu pour cette cause s'il le faut ! » On sentait toutefois dans le ton et la mine de Jarald que l'homme était pétri d'ambition et peut-être bien faux comme un arracheur de dents. Sa manière de caresser ses propres mains ajoutait à la suspicion sans que son interlocuteur soit supposé s'en rendre compte... la petite scène put se poursuivre normalement et fut interrompue avec intelligence par un Noam annonçant l'arrivée des convives. Les acteurs quittèrent la scène et Lantheïa et Noam changèrent promptement quelques accessoires et pièces de leur costume tandis que Jesse se chargeait du décor après avoir tiré le rideau. Aslak pouvait s'estimer chanceux que l'exigence de promptitude le préserve des foudres de la saltimbanque pour sa confusion, néanmoins la "belle dame" trouva le temps de lui filer "par maladresse" un coup de coude bien senti dans les côtes, tout en s'apprêtant ! Heureusement, il pourrait toujours réviser l'enchaînement avec Jesse pendant la prochaine scène, pour peu qu'il parvint à comprendre le comédien dolent entre ses murmures éraillés et ses pathétiques tentatives de mime !

A présent Rhaegar allait entrer en scène, et parler dans un décor de campagne des menés de Jarald et Galen - que des espions du roi lui auraient révélées, dirait-il - à son écuyer Arlan et son vieil ami le chevalier Davos. Un temps pour exprimer ses sentiments, poser le personnage et ses amis, et annoncer son intention de saboter le complot en participant au tournoi comme chevalier mystère...
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Alrik Mallery
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Message Sam 8 Juin 2013 - 14:04

Briller sur les tréteaux, c'est tout ce qu'il souhaitait à son frère qui s'apprêtait à faire ses premières foulées dans la comédie, dans une représentation qu'ils étaient originellement venus observer à l'instar de tous les spectateurs qui se trouvaient présentement dans l'auberge. Comme il s'en était douté, la pièce aux analogies de Murs-Blancs pour qui était un tant soit peu sagace avait attiré du monde, des petites gens comme des individus d'un autre acabit, la salle était emplie de personnes avides de divertissement. Etaient-ils également venus chercher du talent ? Ils risquaient d'être désappointés s'ils y regardaient de trop près, car même si les deux acteurs improvisés retenaient les textes durement appris en prémisses de journée, rien n'assurait qu'ils brilleraient tels deux astres des planches nouvellement découverts et promis à un grand avenir de saltimbanques. Le freux distendit ses organes pulmonaires au point de les en faire céder de pression, qu'il relâcha finalement en un soupir plus anxieux qu'il n'aurait adoré le montrer. La risette somme toute enjôleuse que lui adressa Aslak le fit modiquement sourire, toujours autant amusé qu'exaspéré par cette propension au charme même envers les propres membres de sa famille, pour le peu qu'il lui en restait. Puis, ce fut le coup d'envoi, les premières notes psalmodiées par les soins et les facultés discursives d'une Lantheïa au paroxysme de son art. Alrik la contempla avec une grande attention, avec peut-être l'espoir de s'imprégner de cette ineffable aura qu'elle exhalait, car il y avait alors de quoi jalouser la nimbe de celle qui faisait l'exorde de la soirée. Il crut par ailleurs voir qu'il n'était de loin point le seul à en être captivé, l'auditoire semblait également concentrée sur un prélude à la fois exhaustif et distingué, qui fit bientôt place à la première scène. Le Mallery adressa un dernier signe d'encouragement au désormais ser Galen, puis, demeurant sagement dans la pénombre et la discrétion des coulisses, il le laissa faire son entrée. Ses pantomimes étaient en accord avec l'essence du protagoniste qu'il incarnait, et tous voulurent croire que le commencement était parfait... Jusqu'à ce que le reitre n'entame son discours. Il sentit un frémissement lui ronger l'épine dorsale en constatant qu'il était déjà question de banquet, qui n'était pourtant que la seconde scène dans ses réminiscences. Victimes de leur première bévue, qu'ils étaient ! Le sigisbée voulut masser son faciès de malaise mais il se souvint du maquillage qui le fardait, et ce n'était guère le moment pour ruiner les efforts d'une maîtresse de cérémonie qui devait déjà être en effervescence.

Ce ne fut point sans un certain tracas qu'il suivit la suite des réjouissances et le fabuleux rajustement de la comédienne, qui savait vraisemblablement réagir en cas d'urgence avec une surprenante circonspection. Fort heureusement, son aîné n'était pas un inepte pour autant et aurait tôt fait de se rattraper, il n'en doutait pas. Le public eut alors l'opportunité de situer le contexte et les premiers personnages, qui finirent par s'en retirer pour permettre à la kyrielle d'illustrations scéniques de se poursuivre. L'angoisse eut brusquement une recrudescence lorsque le chevalier sentit son tour arriver, cette fois, il ne pouvait plus reculer. En passant auprès d'Aslak, il lui tapota amicalement l'épaule avant de rejoindre l'estrade et les deux comparses qui l'accompagnaient pour cette séance. Le poids de tous les regards s'abattit sur lui, puisque protagoniste d'intérêt et aisément repérable ne fut-ce qu'avec sa cape d'opale, censée représenter l'acronyme par lequel on le désignait. Un très bref instant, le commandant ferma les yeux et se galvanisa de la force de Rhaegar, de cet auguste et loyal quidam qui se devait d'exsuder de noblesse. Il s'imagina ces conciliabules passés en compagnie de son lord Brynden Rivers, à converser du Dragon Noir et du fameux mariage d'Ambrose Beurpuits. Un état d'esprit dont il devait s'inspirer pour être dans l'exactitude de son rôle. Le silence s'était fait, Noam et Lantheïa patientaient qu'il leur donne la réplique, ce qu'il tarda quelque peu à faire puisque ankylosé par une nervosité estompée au revers d'un masque de quant-à-soi. Fort heureusement, son timbre finit par s'élever dans la salle.


« Arlan... » Oups, fulgurant trou de mémoire. Comment se nommait donc le personnage de la furie de l'art ? Ce même personnage qui n'était autre qu'un "vieil ami" du Corbeau Blanc et qu'il lui ferait grand mal d'omettre le nom ! Par tous les Sept, il l'avait sur le bout de la langue, il ne pouvait se permettre de trébucher dès la première tirade, l'artiste en chef ne le lui pardonnerait point. Alors, Alrik usa d'un tour d'habileté, il joua le sigisbée strangulé par la grièveté de ce qu'il savait, l'air particulièrement grave, il détourna le visage pour que la foule puisse y lire le fiévreux engagement d'un partisan fidèle à la cause qu'il avait épousée. Par la même occasion, il en profita pour mirer les contorsions de Jesse sur les lippes duquel il devina les syllabes qui lui manquaient, et la réponse à son inadvertance lui revint subitement. « Ser Davos. » Ils avaient frôlé la catastrophe, mais il ne fallait pas s'immobiliser sur cette gaucherie, aussi le sieur releva t-il ses calots en direction de ses acolytes et reprit avec autant de naturel possible. « Mes amis, la situation est préoccupante. En ce jour, notre ferveur envers notre roi est mise à l'épreuve. Ensemble, nous avons essuyé nombre de vicissitudes desquelles nous sommes toujours venus à bout, tant par notre dévotion que par notre coalition. » D'un pas fier, il s'approcha et posa une main tant amicale que ferme sur l'épaule de Noam. « Fais preuve de prudence et surtout d'attention, mon cher écuyer, le chapitre que nous nous apprêtons à écrire sera sans commune mesure et tu en puiseras force et sagesse. » Il biaisa ses prunelles d'un azur éclatant vers Lantheïa, et poursuivit dans les présentations. « Quant à vous, mon vieil ami, votre présence me ravit, je ne saurai qu'en tirer profit. » Cette fois, il s'éloigna légèrement et sembla mirer au loin, bien au-delà de la salle dans laquelle ils oeuvraient. « Je ne serais guère plus digne d'être le Corbeau Blanc si je ne puis être l'égide de sa Majesté, de chaque essor je veille, anticipe, et défais les complots ourdis. Les félons à la couronne auront le châtiment que leur est dû. »

Voilà qui devrait assurément suffire pour la quintessence des divers protagonistes – du moins l'espérait-il. Il était désormais tant de plonger au coeur du sujet. « Et justement, quelques espions du roi s'en sont venus me prévenir d'une perfidie qui se prépare, non loin d'ici. » Il fit semblant de désigner une direction. « L'illustre domaine de Blancherive va être le nid d'une conspiration, l'infâme seigneur Jarald fomente, dirait-on, avec ser Galen pour s'approprier le trône ! Infamie que ceci, nous ne pouvons le tolérer, il nous faut agir, et vite ! J'ai d'ores et déjà un plan... » D'un léger geste, il fit gracieusement balancer sa cape virginale, se tournant vers ses compères pour leur exposer ledit plan. « A l'occasion de son anniversaire, le seigneur de Blancherive organise un tournoi dont la récompense n'est rien de moins qu'un oeuf de dragon et auquel ser Galen participera, dissimulé sous une fallacieuse identité. Telle sera également notre manoeuvre ! Sous un autre nom, je prendrai également part aux joutes dans le dessein de mettre à bas leur intrigue, et les empêcher d'agir selon leur bon vouloir. Pour l'honneur de sa Majesté et la prospérité du royaume ! »

Le freux ignorait si sa prestation était suffisante ou même convaincante, il craignait d'avoir omis quelque détail d'importance tant son sang pulsait à ses tympans, et il désirait être digne de la confiance même octroyée par défaut de la saltimbanque. Sous son teint saupoudré de blanc, il devait être rubicond d'émoi, l'apprenti comédien !


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mer 12 Juin 2013 - 15:26

Spoiler:
 

Lantheïa remonta sur scène en tenue de chevalier, en compagnie d'Alrik et Noam, et fit mine de s'affairer à lever un campement en rassemblant les accessoires dispersés ici et là, suggérant un voyage à cheval, tandis que Noam faisait semblant d'affûter l'épée factice de Rhaegar. Alrik démontra une fois de plus son courage en prenant d'assaut le rôle qui lui était échu... au fond d'elle Lantheïa approuvait sans réserve : il avait relevé le gant et affrontait le public vaille que vaille ! Elle était chez elle sur scène, mais pour ce cher blondinet, c'était une terre inconnue et hostile. Fort heureusement, il avait le verbe haut et le personnage ne lui demandait nullement de tricher avec sa véritable nature. Elle devinait sa nervosité bien qu'il sut la cacher comme il devait cacher, probablement, ses doutes à ses hommes avant une entreprise dangereuse, pour leur donner foi.

Hélas ! N'avaient-ils travaillé d'arrache-pied, que pour voir en un oubli flétrir toute chance de succès ? Il butait sur un mot, un nom sans doute, et cela le troublait ! S'il ne se rattrapait point, la première impression donnée par le héros de la pièce serait désastreuse... elle ferma un bref instant les yeux et la Mère entendit sa muette prière. Domptant la probable panique de l'instant, Alrik habilla son hésitation d'un voile théâtral qui la transforma en silence éloquent, avant de retrouver le prénom qui lui échappait et de lui passer la bride au cou. De là, tout s'enchaîna avec une dignité majestueuse. Le commandant des Dents de Freux, pour être né gueux, n'en exsudait pas moins la noblesse par tous les pores de sa peau. Noam lui donna la réplique avec tout l'enthousiasme juvénile d'un écuyer. Ses yeux tels des lacs de montagne reflétaient la plus pure adoration envers son maître, telle une lumière mettant en relief les facettes du joyau qu'était Rhaegar. "Je, je ferai de mon mieux, messire !"

Lantheïa posa un genou en terre, enfin, en planches, et avec la plus parfaite expression de sincérité et de respect, professa sa détermination à aider Rhaegar et protéger la couronne. "Vous accompagner dans cette tâche difficile sera le plus grand des honneurs pour le vieux chevalier que je suis. Pour le roi, je vous aiderai ! Pour vous, le plus fidèle des amis. Et en mémoire de feu votre père, qui me sauva la vie au prix de la sienne lors de la bataille des Champs Écarlates. C'est son sang qui coule dans vos veines, le sang d'un brave au cœur haut placé. Mon épée est vôtre ! Ensemble, nous couperons l'herbe sous le pied de ces forbans."


Ils échangèrent encore quelques mots, et Lantheïa se redressa. Avec horreur, elle constata qu'une écharde malicieusement placée par quelque démon du hasard avait déchiré le devant de ses chausses, et dans une envolée de cape se hâta de dissimuler la fente et ses fils orphelins qui laissaient voir son genou. Elle garda toutefois contenance et se retira sans précipitation derrière Alrik et Noam. A l'abri du rideau de coulisse, elle dut changer de chausses en deux temps trois mouvements avant de renfiler le haut et le collier de Jarald tandis que Noam changeait d'accessoires pour devenir plus serviteur qu'écuyer. Jesse déroula à nouveau la toile de décor de château et remit en place table et banc et coupes, de sorte que le banquet d'ouverture du tournoi puisse commencer. Elle tapota l'épaule d'Aslak et celle d'Alrik et leur murmura : "C'est bien, vous êtes dedans maintenant, ça va aller ! C'est amusant non ? D'ici peu le public va vous adorer !" Elle était plutôt contente de ce départ malgré les quelques cafouillages attendus. Vu les circonstances et leur inexpérience, ils remplissaient largement leur part du contrat et elle jugeait qu'il valait mieux le leur dire, sans quoi ils risqueraient de s'enferrer dans les hésitations jusqu'à ce que toute conviction les ait abandonnés. "Restez concentrés... et faîtes-vous plaisir !"
A peine avait-elle pris place avec Aslak à la table de banquet, que Noam leur servit à boire puis descendit de scène et se mit à déambuler dans la salle commune de l'auberge, feignant de servir les uns et les autres, demandant aux clients spectateurs si le vin était à leur convenance, et leur donnant du messire et ma dame, pour leur plus grand ravissement. Pendant ce temps, Lantheïa en Jarald prononça un petit discours d'accueil adressé à Aslak et au public, incluant les spectateurs comme autant de figurants des invités du banquet, et risquant quelques plaisanteries amicales sur tel ou tel. "Lady Marlyse, on vous disait souffrante, mais je constate avec plaisir que vous avez repris des couleurs !" lança-t-elle à une poissonnière comiquement rubiconde. "Ser Odwin, quelle bonne idée d'être venu avec vos sept fils et votre charmante épouse !" jeta-t-elle à un homme ventripotent qui se trouvait au bout d'une nombreuse tablée d'hommes avec une serveuse occupée à les débarrasser. Ici et là des sourires fleurissaient sous les titres ou les galéjades. Noam, ayant fini son petit tour, se retira vers la porte et se mit à jouer un joyeux air de flûte évoquant une fête. L'emplacement choisi n'était pas anodin car il lui permettait de donner l'illusion aux spectateurs de faire partie du banquet, un effet qui aurait été moindre avec un positionnement sous la scène.

Après ce petit intermède léger sans tomber dans la farce, Lantheïa se concentra sur Aslak, parlant avec lui des participants inscrits au tournoi, parmi lesquels le chevalier mystère dont chacun dans le public pouvait deviner l'identité grâce à la scène précédente, et quelques noms imaginaires de chevaliers censément connus dont ils commentaient les qualités et défauts... au beau milieu de l'échange, hélas, les ennuis recommencèrent. Le Ferrant avait-il décidé de mettre la saltimbanque à l'épreuve ? Les nerfs de celle-ci, en tout cas, l'étaient bel et bien. Dans le public, une mère était venue avec son nourrisson dans les bras, et celui-ci ne dormant plus s'était soudain mis à vagir de manière assourdissante, couvrant la musique aussi bien que les voix des acteurs ! Que faire ? Il fallait que quelqu'un agisse, et vite, sous peine de briser la fluidité de la pièce !

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Message Dim 16 Juin 2013 - 16:37

Aslak n'aurait jamais cru que dès la première scène, il mettrait les pieds dans le plat. En réalité, ce n'était pas ni un manque d'attention, ni un je-m'en-foutiste général, il s'était tout bonnement trompé de scène car durant toute cette journée où les explications avaient fusées encore et encore sous le joug verbal de la saltimbanque, le flot des informations avaient engendré sans le vouloir une confusion dans son esprit. Persuadé dès lors que le banquet était la première des scènes, il s'était aventuré sur un terrain pour la peine particulièrement glissant. Comment pouvait-il saccager une entrée en la matière si brillante par la belle Lanthéïa en moins de deux secondes. Heureusement qu'il n'était pas de ceux qui perdaient totalement leur moyen face à une erreur ou même une tendance au ridicule. Il ne se sentait pas forcément totalement ininteressé par sa performance, un certain malaise à peine visible le submergea mais comme cette émotion faisait partie de celles à proscrire de son quotidien car trop déplaisante, il l'évacua rapidement pour pouvoir se concentrer justement assez pour correspondre aux exigences de la saltimbanque. Le tout fut cependant rattrapé avec excellence par celle qui était apparemment totalement habituée à improviser. Il fallait dire que la scène était sûrement pour elle un mode de fonctionnement tout aussi aisé que de marcher ou parler. Et puis l'expérience faisant, ce n'était sûrement guère la première fois qu'elle faisait face à une erreur de débutant, car peu importe la bonne volonté qu'il mettait dans l'aide quémandée à lui et son frangin, il restait tout du moins un novice dont la mémoire avait joué un sacré tour. Mais maintenant qu'il l'avait compris et que Lanthéïa avait repris les rennes de la pièce, il pouvait sans trop de difficultés reprendre la place qu'il était censée avoir c'est-à-dire une conversation en tête à tête avec Jarald dans son bureau. Ce n'est qu'à ce moment qu'il observa Jesse et qu'il remarqua son air de désespoir. Mais c'était bon, il avait compris et allait se reprendre. Aussi, il exprima cette remise en route par quelques mots en rapport avec les propos de la saltimbanque.


"Il est vrai que s'exprimer de la sorte est peut-être inapproprié comme entrer de jeu dans un banquet où nous n'avons pas encore pu se faire incliner toutes les têtes. Je pèserai davantage mes mots alors avant de m'exprimer. Mais vos propos ne font que révéler la vérité: ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne s'inclinent devant notre futur réussite. Ils n'auront pas le choix." Jouant ensuite l'absorption du breuvage si raffiné qu'il était censé boire d'une gorgée savoureuse, il reprit "Votre vin est effectivement succulent, il ne pourra qu'enivrer les esprits les plus faibles comme les plus opposants." un sourire en coin appuya ses propos pour faire saisir son caractère vil et calculateur que son personnage arborait.
Le sérieux des nouveaux propos formulés le poussa à faire partir cette expression pour imposer lui aussi le sérieux qu'il adressait à la suite des événements auxquels son personnage devrait faire face. Il jouait un vainqueur, un ambitieux mais malgré sa pensée de domination qu'il devait imposer, ce n'était rien face au personnage de Jarald qui était la tête pensante et ne faisait que profiter de ses capacités. Un fait que son personnage ne devait pas voir. Malgré le sérieux, de tels propos ne faisaient qu'accroître la conviction de son personnage d'une réussite imminente et d'une victoire écrasante que lui-même mènerait apportant prospérité et dominance. Il se sentait puissant et il devait le faire ressortir dans sa future intervention verbale.

"Votre dévouement me touche autant qu'il ne m'apporte l'envie de rapporter ce tournoi avec excellence. Cet oeuf de dragon sera entre mes mains avant même qu'ils se rendent compte de ce qu'il se passe. Notre rébellion marquera un tournant décisif ! Ce trône sera mien avant qu'ils aient le temps de riposter !"

Il espérait avoir bien rattrapé en tout cas son rôle et surtout la scène pour laquelle il s'était trompée. Il se sentait au moins plus en confiance pour continuer la scène sans encombres désormais et c'est ce qu'il se passa. Leur discussion enchaîna avant qu'on annonce la fin de cette par un Noam qui clôtura en annonçant l'arrivée des invités. Ce qui annoncerait ainsi la seconde scène dans laquelle il interviendrait. Mais dans l'immédiat, il devait quitter les planches pour laisser son frère briller à son tour et faire valoir son jeu d'acteur qui normalement serait sans encombre vu le rôle qu'il avait à jouer. Il ne pourrait de toute façon par faire pire que lui qui avait raté la mise en scène. Pour la peine il aurait de quoi se foutre de lui alors qu'il avait osé lui dire de regarder sa performance qu'il voulait faire valoir. Néanmoins, et il aurait du la savoir, son cadet n'était pas de ceux qui prenaient plaisir à remuer le couteau dans les plaies. Ainsi, ce fut tout simplement un geste amical qu'il laissa derrière lui avant qu'il n'entre à son tour en scène. Lanthéïa avait exprimé son mécontentement d'un geste vindicatif mais il n'avait pas l'impression non plus qu'il y ait autant de ressenti qu'il n'aurait du avoir. DE quoi se sentir rassuré. Il put observer ainsi des coulisses où il respirait désormais et pensait à son texte pour sa prochaine prestation. Mais regarder son frangin était aussi très intéressant. Il ne put s'empêcher de sourire amusé en se rendant compte qu'il n'était pas le seul à subir les déviances de l'inexpérience. Un trou de mémoire était tout aussi horrible qu'une bévue. Son sourire n'était pas l'expression de sa moquerie car intérieurement, il espérait de tout coeur que son frère qui devait déjà être dans un état de tension insoutenable, arriverait à retrouver ce qu'il devait dire. Et ce fut sans encombre, excepté un silence surprenant et inattendu, qu'il retrouva ses marques pour briller alors de charisme. Il devait bien reconnaître ça à son frangin, il avait une certaine prestance même avec son air coincé. Il pouvait être fier de lui car il exécuta son devoir avec professionnalisme. Rien d'étonnant de la part d'un homme qui mettait un point d'honneur à toujours exercer ses devoirs avec autant d'investissements que possible.

"T'as géré frangin." lui glissa-t-il quand il sortit de scène.

Lanthéïa ne fut pas en reste non plus pour les féliciter de faire tout ce qu'ils pouvaient pour répondre à ses attentes. Elle leur rappela également qu'il fallait s'amuser et pour ça, il ne serait pas le dernier. Malgré son début raté, il prenait vraiment plaisir à jouer dans cette pièce. Ce serait une expérience dont il garderait sûrement le souvenir longtemps. Néanmoins, c'était à son tour maintenant de reprendre le flambeau et de participer enfin au banquet qu'il avait mis bien trop tôt dans la chronologie de la pièce. Prenant place avec dignité et prestance à table en compagnie de Jarald, il écouta ce dernier lancer les réjouissances tout en faisant des touches d'humour sur lesquelles il ajusta un rire élégant ou un sourire en coin amusé sans esclaffer avec et comportement inapproprié. Il était amusant de voir le public être pris en tant qu'acteurs finalement sans qu'ils n'aient à rien faire. Juste leur présence suffisait à meubler ce qu'il manquait pour rendre ce banquet réel. Tournant la tête vers Jarald cependant, ils commencèrent leur conversation sur le tournoi et les participants avec lesquels il devrait découdre et qu'il battrait sans problème, au vu de l'assurance que son personnage possédait. Cette scène avait tout pour se passer sans aucune faille si un bébé ne s'était pas mis dans l'idée de perturber leur jeu. De manière générale, c'était logique que les enfants ne tiennent pas en place, mais les bébés pouvaient être plus bruyants encore. Aussi, bien que lui-même n'en aurait rien eu à faire, son personnage n'était cependant pas de ceux qui toléraient l'inconvenance de certains invités. Ce serait également une manière de faire en sorte que Noam intervienne et tente de s'occuper de ce bébé.

"Il me semble que nous avons un invité un peu plus bruyant que les autres ce soir. Voulez-vous bien faire votre travail et le contenter afin que l'on puisse reprendre ce banquet dans le calme ?" dit-il à Noam avec un air réprobateur comme si ce dernier n'avait pas fait du bon travail.

Ce n'était en réalité pas le cas mais son personnage ne faisait pas partie des gens qui se devaient d'être sympathique, ainsi, il avait bien été obligé de faire faire le travail par ce pauvre garçon qui se devrait de trouver surement du lait pour contenter ce bébé assoiffer, ou alors de lui apporter ce que la maman réclamerait pour le combler, car bien que le nourrir lui apparaissait une bonne idée, il n'y connaissait strictement rien aux enfants de si bas-âge et ce serait donc la mère qui indiquerait à Noam comment régler cette affaire. Il fallut attendre un instant avant que les choses redeviennent convenablement pour leur jeu d'acteur. Ainsi, approuvant le travail fait dans le rôle qui était le sien, il marqua cela de quelques mots à Jarald.

"Vous avez des invités exigeants. Faites attention à ce que ce dernier ne vous dérobe pas vos denrées les plus rares en vous menaçant de son vocable infaillible"dit-il dans une marque d'humour voué à détendre le public et à l'amuser face à ce léger désagrément bien vite réglé. Une improvisation de sa part qui faisait davantage partie de son caractère mais qu'il avait cependant bien juxtaposé à son jeu d'acteur.

La suite du banquet eut lieu sans encombres. Il put terminer sa scène puis respirer un peu même s'il se sentait encore plus à l'aise vu qu'il n'avait commis aucune bévue. La suite s'agença sans problème, entrant dans la phase du tournoi à proprement parlé. Son frère et lui-même allait devoir se battre contre des adversaires diverses pour briller et se faire succéder les réussites qui les amèneraient vers le combat tant attendu. Lui-même gagna contre Ser Davos qui n'était pas n'importe qui et qui périt dans le second acte des blessures infligées. Suivis alors également toute une manigance pour faire plier Alrik, alias Rhaegar, et lui intimer de laisser gagner Jorah, alias Galen, alias lui-même. Des tentatives de corruption qui tinrent le public en haleine et en alerte. Un bon public qui savait répondre par les bruitages corrects aux scènes surprenantes ou animées qui se déroulaient devant leurs yeux.Aslak se sentait de plus en plus happé par son personnage avec aisance et il en devait sûrement être de même avec Alril, même si ce n'était sûrement pas aussi simple pour lui, mais à force, incarner un personnage prenait le pas sur le stress. Le deuxième acte amena l'intrigue des réussites successives toujours des deux protagonistes mais aussi du vol de l'oeuf durant le banquet que l'on retrouverait dans la tente de Rhaegar. De quoi engendrer ainsi le troisième acte qui serait sûrement le plus épique et le plus amusant de toute la pièce : la confrontation entre les deux protagonistes qu'étaient son frère et lui-même. Cette scène où son cadet gagnerait après qu'il ait révélé sa réelle identité en tant que Galen mettant en échec le plan qui aurait du lui valoir une victoire écrasante. Mais une chose à la fois, ils allaient d'abord offrir aux invités un combat aussi réel que possible avec leurs armes totalement fictives mais cependant nécessaire à rendre réel ce tournoi orchestré par leurs soins. Après avoir pris place, il entama directement les paroles mémorisées plus tôt dans la journée.

"Vous réclamez un duel judiciaire mais ce n'est pas avec Jorah à la Voix d'Or que vous allez l'exécuter mais avec celui que je suis vraiment : Galen dit le Dragon Noir !" Cette phrase avait été révélée avec aplomb comme pour indiquer un moment fatidique ce qui était réellement le cas au final. D'un ton moins élevé, presque en confidence envers celui qu'il allait combattre, un sourire en coin aux lèvres d'un vainqueur déjà proclamé, il reprit "Vous avez refusé les compensations gracieusement offertes contre ma victoire... Regardez où ça vous a menez. Vous allez mourir ici et maintenant. En garde !" dit-il avant d'entamer le combat de quelques mouvements d'épée contre son cadet. Il n'était pas prompt à vouloir réellement se battre, il était sûr de perdre, mais ici il devait mettre un peu plus de conviction. L'épée n'était réellement pas son arme favorite mais ce n'était pas bien compliqué à manier, surtout si c'était une fausse. Ainsi, il entra dans le vif du sujet obligeant son cadet à répliquer et offrir de la rétorque physique à ses assauts. Ce qui fut amusant, comme leur premier coup d'essai, c'est qu'il prit plaisir à cet échange. Il était cependant loin de se douter que l'ampleur de ce moment tournerait presque au même ridicule, bien que d'un autre genre, que lors de leur répétition.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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Alrik Mallery
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Message Jeu 20 Juin 2013 - 21:55

Il était parvenu à outrepasser les lisières de l'appréhension, et il devait bien l'avouer, la sensation était grisante ! L'adrénaline lui donnait l'impression d'avoir des ailes, même s'il n'était assurément pas prêt à prendre son essor en tant que comédien, la bribe de vie d'un saltimbanque à laquelle il avait aujourd'hui goûté n'était ni dénué d'intérêt ni de succulence. Une saveur somme toute unique et qu'il fallait oser essayer de ses papilles, Aslak s'était sûrement mieux réussi à l'exercice que lui, mais qu'importait leurs opinions personnelles et bien trop subjectives : le principal était que les spectateurs réunis pour cette occasion ne regrettent point leur déplacement. Le freux avait fait ses premiers pas dans le derme du fier Corbeau Blanc, et malgré la bévue de départ, il n'était pas mécontent de sa prestation – au moins n'avait-il souffert d'aucune autre inadvertance durant cette scène d'introduction, et ce fut soulagé et frémissant d'une indicible ivresse qu'il quitta les tréteaux pour se camoufler dans l'antre des acteurs et figurants, au revers du rideau où son aîné l'avait observé se lancer. Il relâcha la pression dans un long soupir et chassa derechef cette mèche opiniâtre qui ne voulait pas rester en place parmi ses pairs, avant de glaner le compliment de son frère avec une large risette bordée de gratitude et d'une authenticité étrangement mignarde. « Merci... » Souffla t-il sur le ton de l'humilité, avant que ce soit l'émissaire du théâtre qui ne les interloque pour les congratuler. Quelques mots qui n'en furent pas moins réconfortants, en dépit de leur technique lacunaire et entièrement improvisée, le binôme fraternel semblait enclin à tenir leurs engagements. La perspective que le public puisse les considérer était égayante, bien qu'ubuesque lorsque l'on savait qu'il n'existait point pire amateurs qu'ils ne l'étaient, et le sigisbée s'en fit une motivation comme une autre pour ne pas se laisser submerger par une nouvelle houle d'anxiété. Fort heureusement, il pourrait profiter d'une accalmie pour rassembler ses esprits, revoir quelques pantomimes opportuns à placer durant le prochain acte, et d'ailleurs, se remémorer la kyrielle des scènes pour ne pas lamentablement se fourvoyer et faire échouer tous leurs efforts communs. Cela faisait une myriade de lunes qu'il n'avait guère rien partage en compagnie du reitre qui s'apprêtait à retourner à sa grandiloquence surjouée, et s'il avait jusqu'alors émit une certaine irrésolution à se complaire dans quelque activité que ce soit avec lui, il concédait sans mal que cette facétie du fatum qui les avait empêtrait dans cette situation n'était pas déplaisante.

D'actif protagoniste il passa au statut d'observateur dans la pénombre, attentif et concentré, se préparant mentalement pour sa prochaine entrée qui signerait les prémisses du fameux tournoi aux prix plus qu'attractif. Il était cocasse de songer que cette intrigue théâtralisée pour le bonheur de ces bonnes gens Lantheïa et lui-même l'avaient véritablement vécu il n'y avait encore pas si longtemps. Il se remémorait la tonitruante arrivée de la Main du Roi, la prise et l'ankylose de Murs-Blancs, la désagrégation de ce bastion qui n'était aujourd'hui plus qu'un spectre dans les mémoires, et un simple nom apparenté à la félonie dans les archives. L'insurrection Feunoyr avait été mise à bas, et c'était avec plaisir et fierté qu'Alrik réitérerait cet exploit sur les planches, que cette représentation puisse servir d'exemple à ceux effleurés par l'envie d'ourdir quoi que ce soit. Ce fut avec amusement qu'il mira le jeu entre le scélérat de Blancherive, Jorah à la Voix d'Or et les quidams et dames rassemblés dans l'auberge, des tirades et sollicitations qui ne manquaient pas d'humour. En revanche, une ride préoccupée altéra sa physionomie poudrée d'opale lorsque les bramements d'un poupon vint importuner le bon déroulement du spectacle, mais ce fut compter sans l'esprit d'invention du Dragon Noir qui intégra cet écueil à la pièce et s'en servit telle une intervention adéquate. Même le commandant à l'écart ne retint un frêle ricanement qui le dériva pour l'occasion, et le mit en hâte à donner la réplique à son aîné, ce qui n'aurait su tarder au vu de leur progression.

Tout s'enchaina promptement, l'heure n'était plus à la réflexion et encore moins à l'hésitation, mais bien à l'action et à la passion de chacun. Donner vie aux chimères et alimenter l'imagination du peuple, le Mallery y consacra autant de zèle que s'il avait été dans le cadre de ses véritables fonctions – heureusement qu'il ne distinguait aucun de ses Dents de Freux, qui auraient eu de quoi le taquiner pour les lunaisons à venir. Les joutes furent proprement annoncées par le seigneur de la demeure imaginaire et subtilement rebaptisée pour les besoins de la représentation, puis, les faux cors vrombirent pour entamer les réjouissances. Sous les traits d'un dit chevalier errant et anonyme, Rhaegar, sans plus de cape pour magnifier sa pâleur particulière, remporta son premier duel, galvanisé par sa loyauté à la couronne qu'il protégeait secrètement mais avec ferveur. S'ensuivit la vaine tentative de corruption, il refusa de se faire soudoyer pour abandonner la victoire et donc la gloire à son adversaire, et après cela, par une contingence qui n'en était une qu'en apparence, l'on s'essaya à l'occire dans son sommeil, scène durant laquelle Alrik asséna malencontreusement un coup loin d'être fallacieux à celui ou celle qui jouait son agresseur. Les aléas du direct, dirait-on ! Mais pas le temps de balbutier des excuses, le tournoi se poursuivit, avec lui, la qualification des deux personnages principaux et antinomiques, ainsi que le tragique trépas de ser Davos que le Corbeau Blanc pleura dans une modeste mais sincère patenôtre. A la suite de quoi, la noble frairie, durant laquelle on le désigna comme un vil escamoteur, accusation qui accoucha d'une injonction : celle d'un duel judiciaire pour laver son honneur et mettre fin à toute cette mascarade.

Voilà où ils en étaient donc, face à face dans leurs atours de protagonistes, l'instant qui fut choisi pour que Galen tombe le masque et révèle sa réelle identité. Non loin de là, le freux plissa les yeux, couvrant son antagoniste d'une intense nitescence d'aversion et d'un mépris nullement feint, comme s'il s'était retrouvé devant Daemon lui-même. Il le laissa discourir sans interrompre sa superbe, à la suite de laquelle les armes furent tirées de leurs fourreaux pour entamer la valse des lames. Ne restait plus qu'à espérer que le résultat ne serait pas similaire à celui de l'entrainement qu'ils avaient eu, auquel cas, leur vraisemblance risquait d'en pâtir ! L'instant devait être solennel et nimbé d'une inimitié que l'on jugerait naturelle, si bien que le commandant tenta de se fondre dans la peau de celui qu'il incarnait, puisant dans ses réminiscences pour ce faire. Aslak attaqua le premier, assaut auquel il répliqua dans une mouvance leste, avant que tous deux ne s'observent derechef. « Dansons d'estoc et de taille, il n'est de dragon immuable, même les écailles de la plus abjecte des créatures ne peuvent résister à la lame qui redresse les torts. » Une tirade pour enjoliver le tout, et la confrontation reprit de plus belle, chacun usant des tactiques appropriées car véritables combattants dans leur quotidien. Ils prirent toutefois soin à n'écorcher aucune chair et à ne causer aucun mal, si bien que lorsque le reitre fut sur le point de perdre l'équilibre sur le bord de la scène, son cadet feignit de lui porter un coup pour le saisir par son costume et essayer de le préserver d'une culbute. Cependant, ce fut l'effet inverse qui se produisit, le premier entraina le second et les deux hommes chutèrent ensemble. La réception fut périlleuse bien que providentielle, ils s'écrasèrent sur la table d'une poignée d'énergumènes qui eurent heureusement le réflexe de s'éloigner, celle-ci céda sous le poids cumulé et les bretteurs roulèrent plus loin sur le sol. Le Mallery se redressa furtivement et éjecta une feuille de salade à demi grignotée venue trôner sur son épaule, il replaqua sa flavescente crinière vers l'arrière puis reprit une position de guerrier. Le Nord, il ne fallait pas le perdre, même après la mort du mobilier ! Ils se retrouvèrent donc au milieu des spectateurs attablés, obligés de faire preuve d'autant plus de précaution pour ne meurtrir personne et ne pas occasionner plus de dégâts. « Faquin ! Il me ferait grand bien de vous porter l'estocade, venez donc tâter de mon épée ! » Un moment de parlotte pour mieux leur permettre de se remettre de leurs émotions, et bientôt, ils reprirent leur affrontement là où ils l'avaient laissé. Emportés et joueurs, ils bourlinguèrent aussi habilement que plausible entre les tablées, créant tantôt de l'admiration, tantôt une crainte éphémère chez les personnes alentours plongées en plein coeur du spectacle. Un combat fantasque mais rondement mené, du moins, jusqu'à ce que le plus âgé ne se préoccupe davantage du joli minois d'une jouvencelle plutôt que de son rôle. Décontenancé par tant de désinvolture et l'omission des circonstances, le sigisbée eut un instant de flottement, avant d'abattre le plat de son arme sur le séant de l'espiègle – geste qui fit naître une vague de rire parmi la foule. Le rappel à l'ordre fut fructueux, et  la bataille put continuer.

Après davantage de cabrioles constellées de commentaires pugnaces, Aslak eut la présence d'esprit de se laisser désarmer, et une rotule à terre, il s'offrit à la merci de son adversaire. Celui-ci appliqua la pointe de son estoc à hauteur de sa gorge, avant de déclamer avec dignité. « Vous voilà aux pieds de la justice ! Mais si vous pensiez affronter un faciès de l'anonymat, vous vous êtes fourvoyé ! Il me paraît opportun de faire les présentations, vous pardonnerez mon irrévérence de ne pas l'avoir fait plus tôt, lorsque de Voix d'Or vous êtes passé à Dragon Noir. Vous apprendrez que de la blancheur trépasse la noirceur, je suis un Corbeau Blanc venu annoncer votre échec et votre déchéance, car vous avez pis desservi ! Nommez-moi Rhaegar, fidèle serviteur de sa Majesté, au devant duquel vous ploierez plus que l'échine. » Il releva le menton et fit mine de s'adresser à toute l'assemblée. « Oyez, convives véreux et loyaux sujets, notre roi s'en vient d'un bon pas ! »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Ven 28 Juin 2013 - 16:37

Fort heureusement, les choses n'étaient pas allées de mal en pis, comme elle l'avait craint au tout début. Le mouflet avait été mouché, le mime souffleur avait mimé et soufflé, un conte avait été conté, et aucun des acteurs de cette histoire n'avait été victime de tentative de strangulation par la saltimbanque en chef. Les scènes s'enchaînaient et la confiance s'installant, l'on fut bientôt en vue des côtes, pour ainsi dire ; ce mirifique voyage artistique arrivait à son terme et Lantheïa ambitionnait une apothéose qui ferait bruire toute la ville d'échos favorables à sa pièce. Lan' la Futée et sa troupe étaient de retour, qu'on se le dise ! Rien n'était plus jouissif à ses yeux que le théâtre populaire, le théâtre de rue, et si la représentation de ce soir avait été donnée dans une auberge pour des raisons pratiques, la vieille comédienne n'en avait pas moins l'intention de balader sa création de place en place et de ville en ville aussitôt que possible. On parlait ici et là d'un grand Festival des Arts à Villevieille, organisé par Lord Clarence Hightower lui-même, et une telle opportunité ne se présenterait pas deux fois en cette période de serrage de ceinture. Pour elle, ce serait une occasion inespérée de faire remarquer sa troupe, un enjeu crucial à l'approche de l'hiver. A Villevieille ou à Port-Lannis, si la guerre prenait fin, elle devrait trouver un Lord protecteur qui abriterait les siens durant la saison froide, pendant laquelle il deviendrait trop difficile et trop risqué de courir les routes, même en roulotte. Elle en avait connu, des gens du voyage crevés sur les chemins, morts de froid ou de faim là où la neige et le gel les avaient terrassés. Une raison de plus de préférer porter ses services dans le sud, plutôt que dans le Nord...

Tandis qu'Alrik et Aslak livraient un duel endiablé parmi les convives soufflés, elle énumérait distraitement dans sa tête les noms de Maisons attractives. Tyrell, Hightower, Lannister, Rowan, Florent, Brax... il s'en trouverait bien pour les engager toute une saison, même en ces temps de restriction ! N'est-ce pas lorsque les temps sont durs que l'on a le plus besoin de divertissements ? Si les affaires allaient bon train, elle pourrait peut-être même étoffer encore sa troupe et renouer avec la grandeur d'antan. Il allait lui falloir une escorte, bien sûr, car les routes n'étaient pas sûres dans le Bief, avec autant de réfugiés et de réîtres en maraude. Regardant combattre les deux frères, elle se fit la réflexion qu'elle pourrait faire d'une pierre deux coups en engageant Aslak, qui n'avait apparemment pas de responsabilités contraignantes à Port-Réal, de ce qu'elle avait compris des échanges précédents. Un acteur qui serait en même temps un garde, voilà qui lui ferait économiser une petite somme ! Et la compagnie promettait d'être plaisante. Allons, l'affaire était entendue, il ne le savait pas encore, mais il avait déjà un pied à Villevieille ! Elle ne concevait pas qu'il pût voir cela autrement que comme une perspective alléchante. Jesse en serait vert de jalousie, mais cela stimulerait son esprit de compétition et le forcerait à donner le meilleur de lui-même au lieu de se reposer sur des lauriers qu'il n'avait pas encore gagnés.

Alrik ou plutôt "Rhaegar" ayant révélé sa prestigieuse identité devant un parterre de clients-spectateurs suspendus à ses lèvres éloquentes - du moins, ceux qui n'étaient pas plus absorbés par une pinte de bière brune ou le corsage de la serveuse - elle remonta sur scène en costume de Jarald, un paquet précieusement tenu entre ses mains. Alors, elle l'interpella, et harangua la foule. "Il n'est de roi véritable que celui qui en possède l'âme, et non la chair, le coeur, et non le sang ! Oyez, mes fidèles, et vous qui découvrez la vérité en cette heure funeste, mon augure... et mon avertissement ! Un imposteur se tient sur le trône, un roi factice, un pantin affublé d'une couronne, avec lequel sombrera la grandeur de ce royaume ! Il en est un autre, ici, devant vous, qui pourrait semer l'étincelle de l'espoir, et brandir aux yeux du monde le flambeau de notre gloire à venir ! Voulez-vous vivre loyaux à un mensonge et dormir dans la cendre amère des regrets, ou vous lever, et oser redresser l'échine, en portant sur ce trône le seul homme qui en soit digne ? Il ravivera votre foi, je vous le prédis, et ma preuve, la voici !"

Comme elle l'avait fait jadis, non moins théâtralement, mais cette fois avec la rage d'un vaincu désespéré, elle découvrit le fardeau qui reposait dans ses mains. La peinture ne pouvait rendre justice au brillant de l'original, mais la copie, dans la chiche lumière des bougies, restait fidèle en proportions, et Noam poussa un "oooh" plus vrai que nature à la vue du faux œuf de dragon. "Galen fera éclore cet oeuf, et son dragon sera la bannière qui nous ralliera à sa cause ! Rejoignez-nous, et changez le destin de ce royaume ! Un peuple fier doit avoir le roi qu'il mérite !"

Noam siffla et encouragea la foule à faire de même. "Non ! Trahison !" Lantheïa affichait un visage décomposé, figé comme un masque de cire. Noam, toujours glissé parmi les clients, s'écria : "Les dieux ont parlé ! Votre champion a été désavoué !" Il rejoignit Lantheïa sur scène, suivis du regard par les spectateurs qui s'écartaient sur son passage, ses yeux bleus pleins de ferveur. "Cet œuf revient à Rhaegar, qui a vaincu en toute équité l'usurpateur ! Rendez-vous, Seigneur Jarald !"

La saltimbanque, après avoir glissé l’œuf sous son bras, pointa une dague sur la gorge de l'écuyer et s'empara de lui, pressant la lame de bois peinte contre son cou d'un air terrible. "Jamais ! Jamais je ne me rendrai !" Alors qu'elle le tirait avec elle et qu'il ouvrait de grands yeux paniqués, un grand bruit se fit entendre. Jesse, embusqué dans l'escalier menant à l'étage, faisait claquer une pièce de tissu raide de toutes ses forces, pour évoquer un bruit d'aile. Il leva ensuite une tête de dragon en cire sommairement façonnée, devant un flambeau, de manière à projeter une ombre fantastique sur la toile de décor qui se trouvait dans le faisceau de lumière. "Le roi ! Le roi !" cria Noam. Jarald effrayé lâcha son otage et s'enfuit derrière le rideau de coulisse. On l'entendit alors hurler de la plus affreuse manière et les bras se couvrirent de chair de poule alors que Jesse faisait rapidement brûler dans un brasero de la paille pour créer une odeur de fumée.

"Ainsi périssent les traîtres !" se lamenta Noam avec tristesse. "Fou que vous fûtes, seigneur Jarald, de fomenter ce sombre complot, courant si aveuglément à votre perte ! Jamais votre champion n'aurait pu faire éclore cet oeuf, mais vous espériez le faire croire à vos partisans ! Il n'est de dragon vivant qui ne naisse entre les mains d'un roi légitime, et de roi légitime, il n'en est qu'un, celui que vous avez tenté de renverser, défiant le jugement même des dieux qui l'ont assis sur ce trône ! Hélas ! Hélas pour vous et ceux que votre folie a perdus avec vous !"

Sa voix claire et jeune avait le timbre pur d'un innocent. Il était le héraut du Bien chantant la victoire des justes sur les traîtres tout en accordant à ceux-ci sa pitié. Hors scène, Lantheïa avait fini de hurler et enfilait sur ses habits un manteau majestueux, et sur sa tête une couronne... le dernier acte se jouait maintenant... aucun faux pas n'était permis ! Aslak saurait-il "périr" magistralement de ses blessures imaginaires, et prononcer un discours à la hauteur de l'intensité dramatique attendue ? Rien n'était plus facile à gâcher qu'une éclatante agonie ! Car le félon Galen ne devait point inspirer de sympathie, mais néanmoins mourir avec style...
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Aslak
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Message Mer 3 Juil 2013 - 19:13

Cette scène, il s'était réjoui de la faire depuis le début des réjouissances. Ce n'était pas tellement parce qu'il s'agissait d'une bataille, c'était bien davantage parce qu'il s'agissait d'une entrevue entre son frangin et lui-même, de quoi s'amuser encore ensemble en faisant preuve d'autant de sérieux que cela leur était possible dans une telle situation. Il ne s'était jamais battu avec Alrik. Jamais de cette façon et ça ne risquait point d'arriver de si tôt dans la réalité. Ses projets futurs - encore au fond peu développés siégeant sur les terres de la Couronne pour une durée indéterminée - ne l'amenait pas vers des méandres de conflit avec son cadet. C'était justement en cela que l'amusement de la scène était prédominant. Croiser le faux fer pour jouer des rôles qui n'étaient guère les leurs ne pouvait que leur plaire car justement l'occasion ne se présenterait sûrement plus par après. Ainsi, ayant provoqué le justicier que représentait Alrik, lui qui n'était qu'un traître et qui venait de révéler son identité, ils se mirent tout deux en mouvances pour pouvoir concrétiser cette avant-dernière scène qui amenait doucement vers la fin de la pièce. Le temps s'était écoulé bien trop rapidement à son goût mais il comprenait en quoi se représenter était un travail épuisant. Même en se sentant à l'aise et en ne jouant qu'un seul rôle contrairement aux acolytes qui les avaient engagés, il ne serait pas mécontent de poser ses fesses et de profiter d'un rafraichissement pour marquer le coup lorsque tout ceci aurait prit fin. Au moins pouvait-il encore mieux comprendre le mérite que la saltimbanque avait ainsi que ses comparses. Mais le temps n'était pas destiné à penser déjà au repos, il devait d'abord clôturer la pièce avec brio et professionnalisme.

Du moins c'était ce qu'il aurait fallu faire mais rien n'était jamais parfait et par conséquent, quand il sentit le rebord de la scène qui se dérobait sous son talon, il eut une mimique envers son frangin qui signifiait un "Oups" compris par ce dernier qui tenta d'y pallier mais qui ne fit que les entraîner tous les deux dans la chute. Bien qu'ils fracassèrent une table, ils se retrouvèrent sans trop de difficultés sur leur pied au vu pour l'un de ses habitudes martiales, pour l'autre de ses habitudes d'esquives et de fuites régulières. Cependant, lui ne fut pas juste attaqué par une feuille de salade, un des breuvages appartenant apparemment à une troisième personne qui n'était plus présente à table trouva totalement intéressant de se répandre sur son costume. En constatant ce premier désastre, il eut d'abord une expression s'apparentant à un "Pourquoi encore pour ma pomme ?" avant de se rendre compte que c'était finalement une bonne chose car à la suite de cela il feignit une grimace de douleur et porta une main sur la tâche, donnant ainsi au combat une touche de réalisme. Après tout, n'était-il pas censé mourir ? Pour ça des blessures se devaient d'être engendrées et une première serait donc due à une tâche de vin. Ce n'était pas la première fois qu'il s'adaptait avec le terrain, et c'était bien pour cela qu'à son âge il était encore en pleine forme et toujours en vie ! Pour en rajouter, il prit la parole.

"Tu crois m'avoir ainsi ? Détrompe toi, tes coups de fiotte ne m'auront pas aussi aisément !"

Ils reprirent alors leur combat factice mais qu'ils s'amusèrent à rendre aussi réaliste que possible. Les tables étaient des obstacles amusant à surmonter, se permettant même de monter sur l'une d'entre elles pour sauter sur son frangin et entamer une nouvelle slave de coups de bois. Il confirmait dans son esprit que l'épée n'était vraiment pas son arme de prédilection mais pour le jeu il parvenait à retrouver certains réflexes également. Son attention néanmoins ne put rester fixée sur son frère quand le faciès d'une damoiselle d'une grande beauté croisa son regard. Ainsi, après un magnifique sourire charmeur s'appuya-t-il sur la table pour valoriser sa beauté de quelques propos bien placés. La frappe sur son arrière train le rappela à l'ordre le poussant à reprendre le combat qu'il avait oublié pendant une fraction de seconde. Ce n'était pas parce qu'il était le parti perdant qu'il ne pouvait guère profiter des bienfaits de la vie tant qu'il était encore vivant. Bien sûr il n'allait pas réellement mourir mais prendre son rôle à coeur faisait partie de ses capacités, non ? Se rappelant cependant comment la scène devait se terminer, il joua une nouvelle blessures avant de suivre le mouvement de l'épée de son frère pour perdre la sienne et se retrouver genou à terre en position de dominé. Alrik entama alors sa déchéance la plus totale en pointant son arme sur sa gorge à portée et dévoilant par la suite son identité. Ce fut alors au tour de Jarald de faire valoir le nouveau roi qui se devait de remplacer l'actuel en exhibant l'oeuf de dragon censé rallier les rebelles et en convertir d'autres. Pour appuyer les dires de celui qui avait financé et provoqué son apogée, un sourire en coin emprunt d'un caractère hautain se dessina sur ses lèvres alors que son regard s'attarda sur son frangin. Il jouait toujours son rôle bien sûr, restant dans sa position de dominé. Son expression prit un air faussement étonné puis rempli de désarrois lorsque Noam et la foule sollicitée ne furent point d'accord de la tournure des choses. Que d'émotions à feindre et particulièrement la peur en voyant que Jarald fuyait sans lui. Une situation qui aurait pu s'apparenter à son cas .. Combien de fois n'avait-il pas fui un combat sans se retourner en croyant qu'il pouvait en mourir. C'était sa façon de faire et dans la réalité, il en aurait bien ri si cela qui devait l'aider avait pris la fuite. Mais toujours est il qu'en cet instant, il n'était pas lui-même et Galen, un homme fier et convaincu que rien ne pouvait l'atteindre. Ainsi, à se retrouver seul face au monde, il ne pouvait que craindre les représailles, encore plus lorsque l'on pouvait entendre une mort particulièrement violente pour Jarald. Le dragon était impressionnant alors que ce n'était qu'un trucage comme un autre, mais cela donnait vraiment une dimension intéressante à la représentation. Mais du coup il se retrouvait seul et c'était dans cette optique qu'il décida de jouer l'ultime chance d'un mort en devenir pris d'une assurance inaccessible. Ainsi, esquivant l'arme d'Alrik, il se jeta sur la sienne et accentuant bien son état mal en point, il se releva néanmoins et se tint debout avec cet air fier de l'homme assiégé par la folie passagère d'une victoire encore possible dans toute cette déchéance.

"Jamais ne cède un rebelle !!! Amené votre roi que je l...... Hn !..."

Sa mort se devait d'être de la sorte car programmée, ainsi ce fut pour cette raison qu'Alrik le transperça fictivement tandis qu'il abattait son bras pour coincer l'épée entre ce dernier et son flanc, tenant l'épée dans sa main par la lame. Il n'avait jamais été aussi sérieux face à une blessure lui qui prenait toujours tout à la légère, mais avec toutes les capacités d'acteur possible, il feignit l'incompréhension en descendant ses yeux sur l'objet de sa mort, avant de tomber à genou regardant l'assemblée.

"Vous... Vous avez osé mettre un terme à ma vie... Répandez mon sang, allez y....mais cela ne fera qu'attiser notre courroux... Nous re...viendrons... plus fort... Nous..." et il s'écroula alors face contre terre indiquant que désormais, les rebelles n'étaient plus et que les loyalistes venaient de gagner une énième victoire.

Son jeu était désormais terminé. Il ne put s'empêcher de sourire discrètement en se rendant compte qu'il était en train de feindre la mort. Quelle ironie pour un homme comme lui qui y avait échappé tant de fois. Encore actuellement d'ailleurs il s'amusait du caractère factice de la chose. Le destin s'acharnait à lui offrir une longue vie et il n'allait sûrement pas s'en plaindre pour être totalement honnête. Une ironie qui ne fit que confirmer que la chance était pour l'instant toujours de son côté. En attendant, ce fut face contre terre que patienter était obligatoire. Il devait attendre que les autres protagonistes de la pièce ait terminé tout baratin et toute clôture pour pouvoir sous l'accord de Lanthéïa se relever et saluer le public sous leurs applaudissements. Autant le prestige et la reconnaissance n'avaient jamais été dans ses desseins, autant se tenir ainsi debout avec son frangin face à une petite foule qui semblait avoir apprécier leur représentation donnait chaud au coeur ! Cette effervescence le poussa à entourer les épaules de son cadet d'un bras avec entrain en y joignant un magnifique sourire amusé et charmeur jumelé comme il le faisait constamment.

"Regarde moi ça ! Ca valait bien le coup cette pièce nan ? "

Il ne put s'empêcher de rire montrant son enthousiasme habituel avant que tous les acteurs ne quittent la scène pour rejoindre les coulisses pendant que la taverne reprenait son animation plus habituelle. Un sourire toujours dessiné sur ses lèvres, il vint trouver Lanthéïa pour lui signifier à quel point il s'était bien amusé ! En espérant néanmoins que cela ait convenu et qu'ils avaient pu la contenter autant que possible.

"Ah belle Dame ! Vous m'avez apporté une expérience que je n'oublierai jamais ! Rassurez moi en me disant que vous êtes particulièrement satisfaites de nous, cela ne pourra que me réjouir d'avantage."





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Alrik Mallery
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Message Dim 7 Juil 2013 - 16:24

Voir Aslak au bout de sa lame, même factice, était aussi amusant que troublant. Cette brève rixe improvisée lui avait prouvé que se délasser en compagnie de son aîné était loin d'être aussi désagréable qu'il ne l'avait imaginé – les éléments initialement donnés l'auraient difficilement convaincu de penser autrement. - peut-être même, finirait-il par y prendre goût... Cependant, cette scène où son personnage pliait rotule et se préparait à embrasser le trépas était aussi d'une lugubre illustration de ce que pourrait être l'avenir... Son frère était un fieffé coquin, lorsqu'il ne l'importunait pas que ce soit à Port-Réal ou à Empyrée, il se complaisait en facéties et maraudages, et un jour... Alrik craignait de le retrouver écroué dans les geôles des Manteaux d'Or – ou pire, à la merci d'un quelconque noble sieur qui ne désirerait que lui trancher la gorge pour son impudence. Une crainte somme toute légitime qu'il prenait soin de taire en présence de l'intéressé, ce dernier n'y répondrait certainement que par une galéjade, ne considérant le tout que comme une trivialité qui n'arriverait point. L'inconscient... Mais pas le temps de davantage s'interroger, alors qu'il venait d'annoncer l'imminente venue du souverain, son attention biaisa vers Lantheïa remontée sur scène dans la peau du félon en chef. Avec un air qui ne souffrait d'aucune faille, il toisa le seigneur de Blancherive comme s'il était le quidam le plus abject qu'il lui eut été donné de rencontrer. Etait-ce exactement ainsi que la scène s'était déroulée à Murs-Blancs ? Lui qui n'était qu'arrivé tardivement, aux abords de la Main du Roi elle-même, l'ignorait bien, mais l'arôme de sédition n'en demeurait pas moins familier. Il sourcilla ensuite lorsque l'œuf de dragon fut dévoilé – la saltimbanque avait décidément des talents cachés tant pour le maquillage que pour l'imitation d'objets ! - et la foule rassemblée ne manqua pas d'afficher sa stupeur à l'instar de Noam, tout aussi dans son rôle que les autres. Puis, celui-ci encouragea ensuite les spectateurs à se soulever contre les traitres, ils vociférèrent leur négation, un spectacle plus vrai que nature qui aurait fait rire le Mallery s'il n'était présentement pas le Corbeau Blanc. Et justement, la sollicitude du protagoniste dont il était l'interprète ne put que lui faire esquisser un geste en direction de Jarald lorsque celui-ci prit un otage, mais il se ravisa et se contenta alors que le mirer avec une aversion manifeste. Jusqu'à ce qu'une auguste ombre ne s'invite au bal...

L'illustre reptile et héraldique royale, qui eut finalement raison du perfide intrigant dont le hurlement eut de quoi glacer le sang et l'échine. Le commandant ajusta son pantomime pour l'occasion, se nimbant de satisfaction et surtout d'une fierté inhérente au chevalier qui avait accompli son devoir. Il fut lui-même touché par l'innocuité qu'exhala le jeune homme dans un monologue pas moins brodé d'éloquence, une parfaite conclusion aux évènements qui étaient sur le point de prendre fin. Toutefois, son manque de vigilance accoucha d'un furtif coup de théâtre, le Dragon Noir échappa à son autorité pour récupérer son estoc qu'il comptait encore faire fendre dans les airs. Ce fut compter sans la promptitude de Rhaegar qui porta alors l'estocade, feignant de ficher son épée dans la chair de son antagoniste, l'empalant pour mettre un terme définitif à sa vésanie. Il croisa le regard d'Aslak et réprima un frémissement – occire son propre frère, même à but scénique, ne le laissait point indifférent. - avant de s'écarter tout en lui laissant l'arme qu'il tint de façon à maintenir l'illusion. Puis, il observa silencieusement sa péroraison, l'homme moribond eut tôt fait de succomber à ses meurtrissures sous les prunelles écartelées de concentration des petites gens, et faciès contre terre, il paya son insurrection de sa vie. Le freux prit une inspiration qu'il relâcha en un soupir presque inaudible, ses gemmes azurées biaisèrent vers la masse populaire devant lui, et d'un phonème grave, il déclama.

« Ainsi périssent les traitres. » Pour l'effet de style, il avait sciemment repris les mots exacts prononcés par Noam quelques instants plus tôt. Il s'en alla ensuite le rejoindre sur les tréteaux et hasarda une lorgnade résolue vers lui, avant de lever le poing dans une impulsion loyaliste. « Longue vie à notre roi ! »

Une preuve supplémentaire de fidélité ne serait guère de trop pour le dénouement du spectacle, qui déjà, se présentait. La pièce avait été tumultueuse et avait connu sa kyrielle de méchefs, mais ils y étaient parvenus, dignes de leur engagement – du moins, l'espérait-il sincèrement. Dès lors qu'ils eurent achevé l'Acte, tous les acteurs improvisés ou non se rassemblèrent sur scène et saluèrent un public vraisemblablement conquis. Des applaudissements et congratulations qui étaient étrangement... Euphorisants. Il aurait été aisé de ne plus pouvoir s'en passer, mais toute bonne chose avait une fin, et il fallait savoir l'accepter. Une risette avait jugé opportun de s'installer sur la physionomie encore fardée du Mallery qui ne put que l'élargir aux propos de son aîné. Il lui tapota gaiement le rachis tout en émettant un ricanement de circonstance, concédant – pour une fois. - qu'Aslak avait entièrement raison. « Je l'avoue, je me suis particulièrement amusé. Je ne suis au final pas mécontent que tu m'y aies forcé ! » Se disant, il l'abandonna pour mieux retourner en coulisse et retirer son costume ainsi que ce maquillage qui commençait à lui être désagréable – comment les damoiselles faisaient-elles donc pour en supporter tout un jour durant ? Il eut enfin le loisir de libérer sa flavescente crinière pour la laisser à nouveau encadrer son visage, puis, sans omettre de récupérer sa précieuse Fraternité, il rejoignit le reitre et la comédienne qui conversaient non loin de l'estrade.

« Eh bien, quelle aventure. » Il croisa les bras en souriant à l'actrice. « Cela a un goût d'autant plus surprenant lorsque nous connaissons les origines de la pièce. » Une tirade que Lantheïa comprendrait aisément, puisque tous deux s'étaient croisés à la Laiterie lors de la véritable rébellion dont elle avait tiré une grande inspiration. « Vous êtes à n'en point douter une artiste de talent, je ne puis que vous encourager à poursuivre l'œuvre de votre vie ma chère. Ce fut dans tous les cas un plaisir de jouer à vos côtés, même si je ne sais pas si je me réessaierai un jour à l'exercice. J'espère que vous n'aurez point été désappointée de nos performances ! Et à présent, allez-vous rester à Port-Réal ou céder à l'appel de la route ? » Il se tourna vers son frère. « Merci à toi aussi pour cette soirée, peut-être oserai-je sortir plus souvent en ta compagnie à l'avenir... Cela étant, je ferais mieux de regagner le Donjon Rouge pour ce soir. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Lantheïa
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Message Lun 15 Juil 2013 - 18:13

La fin fut emmenée avec enthousiasme. Après avoir évacué l'usurpateur dont l'agonie avait heureusement esquivé les marécages nauséabonds du ridicule, les survivants se retrouvèrent sur scène et Lantheïa grimée cette fois en roi récompensa et félicita son champion avec effusion. Ainsi s'achevait la pièce, et Noam entonna un air de flûte triomphal alors que les discours finissaient et que les acteurs quittaient la scène avant de revenir saluer.

Lantheïa avait eu toutes sortes de comparses au fil de sa longue vie de baladine. Il y avait eu des génies trop tôt emportés par l’Étranger, des boulets calamiteux qu'il avait fallu évincer, des acolytes fiables et fidèles, des lâcheurs, des originaux, des ambitieux, des enfants, des filous, des nains acrobates, des marionnettistes même - presque tout l'éventail bariolé des gens de spectacle, excepté des mimes, qui lui donnaient des boutons. Et parfois, elle avait dû donner la réplique à des débutants de bonne volonté, comme aujourd'hui. Cela ne se passait pas toujours aussi bien ; c'était les aléas du métier. Ce soir en s'inclinant devant la foule, elle pouvait s'autoriser à sourire. Cette pièce avait pour elle une valeur particulière, la saveur d'un nouveau départ. Cette pièce signait ses retrouvailles avec les planches, avec le véritable théâtre, enfin, après des lunes et des lunes et des lunes de vaches maigres, après bien des errances et des compromis pour manger à sa faim. Mais le royaume, comme elle, avait survécu au Fléau de Printemps, à la sécheresse, à la disette, et se relevait, et se relèverait encore. Les Fer-nés seraient matés, Port-Lannis redeviendrait une ville joyeuse dont elle foulerait les pavés aux côtés d'une nouvelle troupe, pour dispenser à un peuple éprouvé le réconfort de son art. Et peut-être retrouverait-elle le succès qu'elle avait connu avec ses anciens partenaires, décimés par la maladie. Elle irait plus haut encore, même, si le Ferrant le voulait bien. Castral Roc, Hautjardin, un jour, allez, réclameraient la troupe de Lan' la Futée !

Lorsqu'Aslak et Alrik la retrouvèrent ensuite, elle reçut avec satisfaction leurs réactions et compliments, puis, lorsqu'ils l'interrogèrent sur leur prestation, laissa planer par jeu un silence inquiétant avant de hocher la tête, un sourire en coin. "Vous m'avez sauvée, plus que vous ne l'imaginez. Cette pièce devait être jouée ! Et vous avez eu le courage de vous mesurer au public en même temps qu'à mes admonestations ! Mes braves aventuriers n'ont point démérité." Sans leur demander leur avis, elle leur planta à chacun un baiser au coin des lèvres avant de se reculer pour leur adresser une œillade gourmande. "L'expérience vous aura été plaisante, j'espère, mes mignons. Vous recevrez votre part des profits de ce soir, bien sûr - toute prestation mérite salaire. Pour ma part, je pense donner quelques représentations supplémentaires dès que Jesse sera guéri, puis nous nous rendrons au Festival de Villevieille. Vous avez déjà visité le Bief, Aslak ? Je suis sûre que vous serez charmé par les beautés de Villevieille." Elle laissa planer à nouveau un silence, cette fois amusé pour souligner l'effet de son annonce. Aslak ne s'y attendait certainement pas, mais il était au pied du mur ! "Je ne pourrai jamais trouver à temps un meilleur remplaçant pour incarner le Dragon Noir !" affirma-t-elle avec une conviction à soulever le Mur. "Et vous ne sauriez laisser une pauvre femme affronter les dangers de la Route de la Rose avec un enfant et un souffreteux !" Au mot de "souffreteux", Jesse qui se trouvait assis non loin de là émit un râle de protestation impuissant avec sa voix éteinte.

"Libre à vous de nous accompagner aussi longtemps que vous le voudrez. Je chercherai de toute façon à recruter de nouveaux comparses à Villevieille si les rentrées sont à la hauteur de mes espérances. Puis, si la guerre se termine enfin comme certains le murmurent, je retournerai à Port-Lannis, la ville qui m'a vue naître. J'espère faire florès dans les Terres de l'Ouest où l'on me connait et où j'ai longtemps eu mes entrées dans de nobles Maisons. L'on se souviendra de moi là-bas, si les Fer-nés n'ont pas ruiné mes mécènes habituels. Quant à vous, mon cher Alrik, je suppose que vous allez retourner à votre dur labeur, et risquer votre vie, peut-être, pour éduquer quelques pirates aux manières intolérables ? Il se murmure que la couronne ripostera bientôt d'une manière ou d'une autre. Si tel est le cas... mes pensées vous accompagnent, et vous pourriez bien devenir vous-même le héros d'une nouvelle pièce ! Peut-être demanderai-je alors à Lord Rivers de sublimer votre rôle en montant sur les planches à son tour, pour vous rendre la pareille." Elle rit à cette idée loufoque et exécuta une profonde révérence devant eux.

Puis elle tourna les talons, et telle une impératrice en son château, s'en alla commander au tavernier un solide repas et du vin pour restaurer ses forces après cette aventure artistique mouvementée. A près de cinquante années, elle n'avait plus l'énergie et l'endurance d'une jeune femme, mais toujours l'élan pour se lancer sur les routes, la flamme pour brûler sur scène, la rage pour se colleter avec la vie. Et un nouvel acte de sa carrière avait commencé cette nuit...

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Le Corbeau et le Dragon

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