AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Le Corbeau et le Dragon

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Artisan
avatar

Lantheïa
Artisan

Général
Saltimbanque

♦ Missives : 793
♦ Missives Aventure : 42
♦ Age : 38
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 19/08/2012
♦ Célébrité : Joëlle Sevilla dans 'Kaamelott'
♦ Copyright : Avatar by me & signature by Sargon ♥
♦ Doublons : Alysanne Florent, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : Pas loin de la cinquantaine.
♦ Mariage : Avec la scène.
♦ Lieu : Port-Lannis
♦ Liens Utiles : Ma vie de baladine
Mes rôles et partenaires
Mes marionnettes
Mes dons d'artiste
La rançon du succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
295/500  (295/500)


Message Sam 4 Mai 2013 - 19:14

Spoiler:
 

La fièvre de la création l'avait emportée jusqu'aux limites de la nuit, jusqu'aux limites de son propre corps. Les clients de la Halte Ombragée se demandaient sans doute quelle folie s'était emparée de l'occupante de la chambre du bout du couloir au premier étage ; depuis trois jours elle n'avait pas mis le nez dehors et des bruits étranges filtraient par sa fenêtre. Pas seulement des bruits, mais des voix, des ombres, des jeux de lumière fantasques qui dansaient jusqu'à l'aube à l'aplomb de la ruelle enténébrée. Quelque chose se tramait là-haut, quelque chose était en gestation. De quelle monstruosité la créature laide et fripée qui hantait l'auberge allait-elle accoucher ? D'aucuns n'auraient pas manqué de faire valoir à Galt, l'aubergiste, que cet esclandre était mauvais pour les affaires, et que la sinistre harpie à laquelle il donnait asile allait porter lui malheur. Il y eut quelques visiteurs de passage assez sourcilleux sur le chapitre de l'insomnie, quelques esprits impressionnables redoutant un esprit frappeur, et quelques habitués mal embouchés pour grincer des dents ; mais à tous, Galt opposa un visage serein et souriant, assorti au besoin d'excuses polies et de menues remises. Il connaissait assez cette cliente-là pour savoir d'une part que ses plans fumeux avaient toutes les chances de l'aider à faire salle comble, et d'autre part qu'il était malavisé de la déranger dans les affres de la création. Lantheïa gardait toujours son fichu bâton à portée de main, et elle n'hésitait pas à en faire usage sans sommation, quand elle ne se contentait pas d'agonir les importuns de sarcasmes salés.

L'on jasa donc, trois jours durant. A l'aube du quatrième jour, les manifestations étranges cessèrent. Debout au milieu de sa chambre, un manteau de théâtre artistiquement jeté sur ses épaules, la saltimbanque s'inclina seule face à la fenêtre aux volets à demi-clos. Une ribambelle de bougies rendirent l'âme alors qu'elle se redressait avec toute la majesté d'un roi blessé. Oui. Elle la tenait, sa pièce, belle et silencieuse enfant, plus gratifiante que n'importe quelle saleté de nouveau-né vagissant et cramoisi qu'on aurait mis entre ses bras. Elle en tirerait de la reconnaissance, au moins, et sans doute du profit. Ses deux nouveaux comparses y feraient leurs premiers pas à ses côtés, et la ville dans l'attente de jours meilleurs les accueillerait à bras ouverts. Amuseurs de haute volée, acrobates du verbe, ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et cette représentation leur permettrait de prétendre aux publics les plus fortunés. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus connu les joies du théâtre ordinaire. Depuis le Fléau de Printemps, qui avait emporté SA troupe, la meilleure, la plus spectaculaire qu'on ait jamais vue à Westeros. Après l'hécatombe, elle avait traîné son increvable carcasse ici et là ; pendant un temps, elle s'était associée avec une ménestrelle nommée Jyanna, puis elle avait repris du service en tant qu'agent de la Main, l'inénarrable, le magnifique Brynden Rivers ayant à nouveau besoin de son génie artistique, lequel lui était tout acquis, moyennant finances tout de même - on ne vit pas d'art et d'eau fraîche, n'en déplaise aux poètes. Elle avait alors mis en scène sa meilleure grande illusion, qui avait failli conduire à la mort d'un chevalier du Val, mais s'était achevée sur le triomphe de la Main et des Targaryen sur leur rival putatif, Daemon II Feunoyr. Son propre rôle en cette affaire l'avait amenée à diriger une troupe de nains de sa connaissance, et à opérer par leur entremise le vol le plus ambitieux de sa carrière. Revenue de Murs-Blancs après cet épisode émoustillant, elle avait dû réfléchir sérieusement à la suite des événements. A supposer que le terme "réfléchir" s'applique au jaillissement incontrôlé d'idées aussitôt rejetées ou adoptées avec une conviction catégorique. Le chemin à suivre était clair : foin de glorieuses péripéties et d'interludes musicaux ! Elle allait s'élever à nouveau vers les sommets de son art préféré avec l'essor puissant d'une histoire mémorable, une histoire déjà entrée dans l'Histoire, en fait. Mais l'Histoire poussiéreuse et morne des gratteurs de parchemins, et non l'Histoire vivante et inspirante des baladins. La rumeur seule avait apporté l'écho de la conspiration écrasée ; il lui revenait donc, à elle entre tous les saltimbanques, de lui rendre un corps et une voix à la hauteur des enjeux.

Ainsi était née Le Corbeau et le Dragon, telle une vision à la surface écumante d'un chaudron de sorcière. Son chaudron. Sa caboche. Tordue à l'intérieur, sûrement, et toute noire et usée, comme il se devait... pas un pot de fleurs d'où l'on sortirait des élégies bucoliques pour jeunes filles de province. Elle sourit pour elle-même, et sauta au lit. Le soleil venait tout juste de se lever, et son corps décharné criait grâce ; il était temps de dormir...

* * *

« Tu te payes ma trombine, le mioche ? Parce que si c'est le cas, laisse-moi te dire que pour un mouflet de Culpucier, tu manques cruellement d'instinct de survie. Ce matin je n'ai tué personne, pas encore, mais je vais commencer par toi peut-être. »

Le jeunot la fixait avec ses yeux de chiot mouillés. Et alors ? Elle n'avait jamais hésité à filer un coup de pied à un chiot en cas de besoin, si ? Que la Mère l'emporte, la Seastar elle-même aurait pu racheter ses droits d'entrée au paradis avec les flots d'innocence qui débordaient de ses mirettes d'un bleu limpides. Noam, qu'il s'appelait. Jusqu'ici ce gamin à peine pubère ne lui avait pas trop couru sur la dragée. Mais là, il avait décroché la timbale. « Maîtresse Lantheïa ! Je... jamais je me moquerais de vous ! Ce n'est pas bien de mentir... comment pourrais-je vous faire une chose pareille ? Vous m'avez sauvé de mon père... je vous en prie, ne vous fâchez pas contre moi, je n'ai dit que la pure vérité... » Avant que la pureté du béjaune ne commence à inonder ses joues, spectacle que Lantheïa avait toujours jugé éminemment disgracieux hors du cadre dramatique d'une pièce, la saltimbanque lui cloua le bec d'un geste.

« C'est bon, c'est bon, arrête de me pisser dans les oreilles... si j'étais vraiment hostile, tu saignerais. Là, je vais juste te maudire et t'insulter. Rien de personnel, bien sûr. Mais qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais te remercier de m'annoncer la débandade de cet eunuque endimanché de Kylan, en même temps que l'extinction de voix de Jesse ? Non, mon petit. Il y aura des morts. Des blessés du moins. Si je remets la main sur cet empaffé, ce lâcheur de Kylan... Quant à Jesse... il ne perd rien pour attendre, celui-là. A peine engagé, il a l'indécence de perdre son instrument de travail ? Par le vit gaillard du Ferrant ! Il n'aurait pas pu attendre une semaine pour prendre froid ? Et d'abord, qui me dit qu'il ne s'est pas mis dans cet état en poussant des chansonnettes paillardes toute la nuit ? Noam ! Tu vas lui dire de guérir sur-le-champ ! Et s'il n'est pas en état de jouer ce soir... il a intérêt de savoir mimer, parce qu'il servira de souffleur à son remplaçant ! »

« Son remplaçant ? » releva Noam, ses grands yeux écarquillés de stupéfaction, trop curieux pour se rappeler qu'il avait peur.

« Parfaitement, son remplaçant ! Je ne vais pas laisser une satanée toux et un crétin à la cervelle ramollie m'empêcher de lancer cette pièce ! On jouera ce soir Le Corbeau et le Dragon, même si l'auberge brûle ! »

Ce n'était qu'une façon de parler, évidemment, mais l'intention était là. Empoignant son bâton comme s'il s'agissait d'un symbole de commandement divin, Lantheïa franchit la porte de sa chambre, laissant le morveux courir répéter ses propos à Jesse. Il n'y avait pas deux semaines qu'elle avait recruté cette nouvelle troupe avec l'argent de ses prestations de Murs-Blancs, et les embrouilles commençaient déjà à grouiller comme la vermine sur une charogne. Des annonces avaient été faites, Noam avait assuré avec elle le rabattage, et la salle serait pleine, à tous les coups. Hors de question que Lan' la Futée rate son retour. Elle serait là, comme prévu, et tous ceux qui la connaissaient et l'attendaient en auraient pour leur argent. Le Corbeau et le Dragon voleraient, quoi qu'il en coûte ! Sa chevelure amalgamée en tresses pagailleuses flottant derrière elle tel un étendard, elle débaroula dans la salle commune de l'auberge avec ses rides vibrantes, ses sourcils menaçants et ses atours de duègne usés, décidée à jeter son dévolu sur les deux premiers quidams dont l'allure ne serait pas trop miteuse. La chance, ou le Ferrant, lui sourit, et elle tomba comme la peste - mais une peste mielleuse et séductrice - sur deux hommes blonds de belle stature dont un, au moins, la connaissait très bien...

« Bien le bonjour, Messire Alrik ! C'est votre jour de chance ! Et vous, cher inconnu, souriez, car le Ferrant vous a également remarqué ! Ce soir, vous serez les étoiles d'une oeuvre d'art édifiante, épique et galvanisante ! C'est une opportunité qui ne se présente pas deux fois, alors ne réfléchissez pas, et jetez-vous à l'eau ! L'heure n'est plus à la timidité quand il faut sauver une pièce en déconfiture et une artiste en détresse ! Si vous ne le faîtes pas pour mes beaux yeux, mes chéris, vous le ferez pour l'art, pour le public, et pour la réputation de notre auguste Main, dont les exploits à Murs-Blancs seront enfin contés sur scène, avec le brio qu'ils méritent ! »

Sur cette sortie passionnée, elle s'inclina gracieusement et leur indiqua d'un mouvement de bâton la scène improvisée au fond de la salle, qu'elle avait montée avec sa troupe et Galt. Rien de très spectaculaire, une simple estrade de bois et des rideaux pour couvrir les sorties de scène, ainsi qu'une toile pour les décors. La manière dont le bâton pointait dessus laissait entendre que la requête avait la couleur d'un ordre dans l'intention si ce n'est dans la forme. Lantheïa n'avait pas vraiment l'habitude de supplier : son offre était à prendre ou à laisser, et elle saurait payer ses acteurs en retour, mais s'ils n'étaient pas intéressés, elle les ignorerait simplement et trouverait d'autres candidats, dût-elle aller jusqu'au Donjon Rouge et kidnapper Brynden Rivers lui-même pour jouer son propre rôle... !

Revenir en haut Aller en bas
Commandant des Dents de Freux
avatar

Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
2127/2500  (2127/2500)


Message Mer 8 Mai 2013 - 19:23

Quelques jours seulement, que le Mallery avait retrouvé l'usuelle effervescence de Port-Réal, capitale du royaume des Sept Couronnes et épicentre des affairistes. Le retour de la Main du Roi avait précédé le sien, lui qui s'était vu confier la bonne gestion de la désagrégation de la Laiterie, théâtre de complots et ce qui aurait pu être les prémisses d'une catastrophe. Chaque pierre d'opale graduellement retirée de l'édifice en démembrement s'était plu à rappeler à chacun que la gangrène avait plus que jamais menacé l'illusoire concorde du continent, ou du moins, l'ordre établi par le présent régent. Le succès des Feunoyr et de leurs séides aurait pu être complet, les héraldiques avaient convergé en nombre pour assister à ce fallacieux mariage ainsi qu'au tournois allègrement récompensé, leurs projets avaient été habilement brodés, une unique bévue les avait empêché de parvenir à leurs fins. Le Don de Vervue de Brynden leur avait une nouvelle fois été salvateur, et tous avaient loisir de se remémorer la raison pour laquelle il était l'homme qui siégeait sur le trône de fer. Ils avaient, à tort, mésestimé l'intellect du dragon d'albâtre en lui préférant celui de jais – ils avaient joué, et ils avaient échoué. Les Beurpuits seraient, comme nombre de leurs enthousiastes, inscrits dans les archives en tant que félons, et pire que ceux qui s'étaient simplement vus estropiés d'une part de leur opulence, ils avaient absolument tout perdu dans cet essai de sécession. Ils n'erraient plus désormais qu'avec le faix de leurs actes et entamaient un chemin de croix que les descendantes suivantes obtiendraient en tant que legs, quelle perspective plus affligeante pour ceux qui étaient responsables de la déchéance de leur maison ? Dûment châtié, toutefois, le lord Ambrose n'avait pas osé objecter sur son sort, trop heureux de demeurer en vie alors que la tête aurait pu lui être disjointe sans que quiconque ne s'en lamente. Alrik l'avait lui-même expulsé de ce qui fut son logis, conscient d'avoir assisté et activement participé à un événement historique que l'on relaterait encore dans une pléiade de décennies. Il avait fièrement agi au nom et à l'honneur de freuxsanglant, comme toujours à la tête de ses loyaux Dents de Freux qui n'avaient pas hésité à rappeler les armoiries qu'ils défendaient alors. Ceux-ci avaient par ailleurs contribué à achever le travail sous les directions de leurs capitaines, car leur commandant avait été appelé à une affaire autrement plus personnelle et... Incoercible.

En faible cohorte, il avait chevauché en direction d'Atranta, fief des Vance dont le seigneur était un vieux frère d'armes de la bataille du champ d'Herberouge – sujet irrémédiablement abordé au vu de la très récente rébellion étouffée dans l'oeuf. Mais ce n'était point l'affable compagnie du lord Cliff qu'il s'en était allé chercher, le coeur à la fois lourd d'appréhension et léger d'impatience. L'exquise idylle à laquelle il songeait l'avait incanté d'une voix de sirène, jusqu'à l'attirer au plus près d'une muse qu'il avait encore craint de nommer ainsi. Toutefois, une seule et unique sorgue l'avait plus que jamais conforté dans sa convoitise, une ingénue flânerie avec Velanna à son bras, sa fragrance, sa discussion, son indicible innocuité mâtinée d'envie d'apprendre, et de conquérir... Elle était, à ses prunelles d'azur troublé, la définition même du mot Perfection. Sa passion naissante jetait assurément un voile de cécité sur son opinion la concernant, mais c'était avec ses qualités et ses défauts qu'il désirait l'aimer. Bientôt, peut-être, le sigisbée n'avait guère voulu s'égarer en précipitation, et voulait laisser le temps au temps. Avant qu'une quelconque information ne devienne officielle, il lui fallait être sûr d'une certaine réciprocité, et surtout qu'elle ait la volonté de se ceindre du titre d'épouse Mallery sinon rien. Et puisque ses obligations l'avaient malheureusement rappelé sur les Terres de la Couronne, les probables projets maritaux avaient été laissés en suspend, bien qu'assurés d'être très sérieusement repris à l'étude dès l'insurrection Grejoy pacifiée. Ah, oui, les fer-nés... Le temps était plus que jamais venu de déposséder la Seiche d'Or de ses tentacules et de mettre son armée d'écumeurs en déroute. Encore un tumulte d'état auquel le freux offrait toute sa contribution, notamment en prenant en grande partie les brides de la milice instaurée à cet objectif de lénifier les Iles-de-Fer et leurs cuistres d'insulaires. Et justement, la conversation qu'il entretenait présentement en était toute imprégnée...


« Tu as l'étoffe d'un bon bretteur mon frère, nous acceptons toutes les estocs volontaires tant que les poignes qui les manient sont promptes à se mesurer à d'ardents ennemis. Certains s'engagent pour l'éthique, d'autres pour la bataille qui se promet considérable malgré nos avantages, et quelques-uns encore pour le pécule et les éventuelles richesses qu'ils pourront récupérer une fois sur place. Ce ne sont point les raisons qui manquent, peut-être serait-ce l'occasion pour toi de t'engager dans quelque chose de concret, d'important, et de t'y tenir... Pour une fois... » La fin de sa tirade avait été ourlée d'une once de blâme qui ne datait pas de la veille, de subtiles imputations toutefois suffisamment éloquentes pour être décelées... Sauf par le principal intéressé. La frivolité alliée à la puérilité de ce dernier atteignaient le paroxysme de la bêtise humaine, et il n'en avait pas même conscience. Par ailleurs, en biaisant son regard sur lui, Alrik remarqua qu'il ne lui prêtait qu'une oreille distraite et semblait bien plus intrigué par les jolis minois qu'ils pouvaient croiser. La canaille... « Aslak ! Pourrais-tu avoir l'obligeance de t'intéresser à ce que je te dis ? Fais au moins l'effort de faire semblant ! »

Ignoré alors même qu'il flattait les facultés combattives du coquin ! Il y avait de quoi s'offusquer, le dialogue était trop souvent à sens unique avec cet aîné qui donnait plus l'impression d'être le dernier nigaud né de la famille. Avant de rejoindre le Donjon Rouge, le chevalier était furtivement passé à Empyrée, sa demeure où il avait voulu visiter sa soeur et sa fille après sa pérégrination vers le Conflans. Même s'il avait été pantois d'y trouver également son frère qu'il avait pensé aveuli dans un lupanar ou une quelconque taverne de Culpucier, tous deux ne s'étaient pas croisés depuis un moment maintenant, et malgré son comportement inéluctablement exaspérant, il avait été heureux de le revoir. Si bien qu'ils étaient ensuite repartis ensemble pour Port-Réal, où ils s'étaient séparés pour mieux se retrouver plus tard. Le Mallery avait dû s'affairer au bastion royal pour le Conseil Restreint qui avait d'ores et déjà commencé, réunissant nombre de hautes personnalités desquelles il fallait assurer l'aise et la sûreté. Fonctions ainsi reprises, une poignée de jours lui avait été nécessaire pour revoir et vérifier toute son organisation, ainsi que se pencher sur les préparations de la croisade dont le départ approchait dangereusement. Puis, en ce jour, le binôme fraternel avait trouvé l'opportunité de musarder ensemble, Aslak avait ouï-dire qu'une représentation théâtrale sur Murs-Blancs aurait lieu en ville, de quoi se délasser tout en appréciant le talent de certains ! La suggestion de s'y rendre avait séduit le sigisbée, lui dont l'intrigue de la Laiterie était encore parfaitement fraîche dans son esprit, et il n'était que trop rare qu'ils partagent quelque chose l'un avec l'autre. En avance, avec l'intention de patienter en bavardage, ils finirent par pénétrer dans l'auberge qui accueillerait vraisemblablement la fameuse vaudeville... Mais à peine eurent-ils le temps de faire le tour du propriétaire qu'une prophétesse galvanisée par une foi divine vint à leur rencontre. L'oracle des planches ! La toute truculente actrice qui n'était de loin pas inconnue au commandant qui s'ébaudit de l'emphatique prestance avec laquelle elle se présenta à eux. Il reconnaissait bien là toute l'essence du personnage, mais il n'était pas dit qu'il rirait bien longtemps...

« Bonjour Lantheïa, ravi de vous rev-- » Phrase subitement tronquée par l'ineffable faconde de la saltimbanque devant laquelle Alrik se fit interdit, bras croisés sur son poitrail, à tenter de suivre le cours de la déclamation qui donnait davantage l'impression de se trouver en plein coeur d'une répétition improvisée. Calots sensiblement agrandis et bouche entrouverte, sans doute eut-il l'air niais à s'échiner à comprendre ce qu'elle essayait de leur dire à travers un discours qui n'en finissait pas... Sans pour autant véritablement les renseigner. Tandis qu'elle dégoisait, il lorgna son aîné pour savoir si, lui, parvenait à traduire ces paroles, avant de revenir sur leur vis-à-vis qui acheva son intervention en leur désignant une estrade. Une estrade... Il fallut quelques secondes au freux pour faire l'association entre une comédienne en détresse et eux, désignés héros hardis avec un panache sans pareil. Il mira le bâton avec lequel elle pointait à l'instar d'un guide qui leur montrait la voie à suivre, mais ce chemin, il n'était pas sûr de vouloir l'emprunter. « Allons bon dame l'artiste, que clamez-vous là ? Vous avez toujours eu le sens de la mise en scène très chère, et une propension à m'étonner à chacune de nos rencontres que je qualifierais d'incroyable, mais... » Il guigna en direction de la plate-forme qui prenait tout son symbolisme seulement une fois dessus, à la vue et critique de tous. Il y avait en cet aspect d'exhibition quelque chose d'angoissant, puisqu'il ne maîtrisait rien des capacités de ceux qui se prêtaient ordinairement à l'exercice. « Mais de là à nous faire monter sur les tréteaux, c'est un peu... Inopportun. Enfin, je pourrais aisément vous vanter les mérites des jeux de pitrerie de mon camarade ci-présent, il ferait une excellente recrue contrairement à moi. N'est-ce pas Aslak ?... Ah ! Hé ! Arrête ! Qu'est-ce que... Lâche-moi ! »

Sans signe avant-coureur, son aîné venait de jouer de surprise pour le traîner avec lui jusqu'à la scène désignée par Lantheïa. Le Mallery n'eut point même le loisir de comprendre ce qui lui arrivait qu'il se trouva déjà sur les planches, une mimique ahurie et une bien étrange sensation le pinçant aux tripes à cette vue en plongée qu'ils avaient sur le reste de la salle. Des deux, si Aslak n'était pas le plus accompli, il était irréfutablement celui qui acceptait le plus volontiers et sans anxiété ce genre d'opportunité. Lâche dans certains registres, mais prodigieusement téméraire dans d'autres, et étrangement, il n'y avait jamais aucune harmonie avec les inclinaisons de son cadet. Ce dernier n'était pas mécontent de ne pas être vêtu de son habituelle armure d'ivoire et d'ébène de la compagnie qu'il dirigeait, auquel cas, il aurait été trop facilement reconnaissable. Il était heureusement nippé d'habits plus communs qui le feraient simplement passer pour un quidam aux bonnes conditions de vie, du moins aux yeux de ceux qui ignoraient qui il était et qui il servait. Ce fait ne le rassurait pas pour autant, et il se sentit particulièrement idiot, au milieu de son podium avec son frère en seul compère.

« Ce n'est pas une bonne idée ! » Il biaisa son regard sur la saltimbanque dans l'espoir qu'elle puisse épouser cette véracité et revenir sur sa proposition. « Ce n'est vraiment pas une bonne idée, je n'ai aucun talent pour la comédie... ! »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Aslak
Homme d'Armes

Général + Etre fier c'est bien, être en vie c'est mieux ! +
♦ Missives : 1035
♦ Missives Aventure : 116
♦ Age : 32
♦ Date de Naissance : 24/09/1986
♦ Arrivée à Westeros : 03/06/2012
♦ Célébrité : Nicolaj Coster-Waldau
♦ Copyright : moua
♦ Doublons : Arkha Kenning, Ethaniel Stone, Maëlle Beurpuits
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles : + Dites moi que je resterai en vie et je vous dirai qui je suis

+ On va se boire un verre ?

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
465/500  (465/500)


Message Ven 10 Mai 2013 - 14:56

L'art de se retrouver embarquer dans les situations les plus improbables étaient vraiment typiquement de son cru. Mais comme toujours, c'était très souvent entraîné par quelqu'un d'autre qu'il se retrouvait plongé dans de somptueuses aventures. Il en était de même cette fois-ci ou pour la première fois, il ne serait pas un acteur dans sa propre vie mais bien sur scène... Mais ne chose à la fois, remontons un peu dans le temps pour raconter ses périples quotidiens qui faisaient désormais sa réputation et particulièrement dans la maisonnée dans laquelle il avait décidé de s'établir quelque temps. Bon ce n'était pas n'importe laquelle non plus, le maître de maison - qu'il ne voyait jamais soyons plutôt clair - n'était autre que son frère et pour être précis, son petit frère. Beaucoup dirait qu'il devait sûrement l'être au niveau mental... Des deux, il était celui qui menait la vie la plus débridée alors que le cadet avait un travail prestigieux, un nom désormais, une demeure qu'on ne pouvait clairement niée une fois connue, une vie amoureuse -malgré le deuil- avec un enfant à la clé. Bref, il s'était entraîné vers la voie des responsabilités. Ce qui n'était pas du tout le cas d'Aslak qui préférait largement faire face aux aléas de la vie, voler, trouver des boulots à gauche à droite, convenables ou non, et surtout s'amuser ! pourquoi vivre une vie d'ennui après tout ? Car pour lui, la vie de son frère n'était qu'ennui et obligations qui ne le poussaient pas du tout à souhaiter emprunter le même chemin. Ainsi, pendant les jours d'absence de ce dernier, il avait profité des bienfaits des différentes petites bourgades alentours et de Port-Réal qu'il connaissait pratiquement par coeur... Il faut dire qu'il passait ses journées à y errer, ses nuits à s'y amuser. Un bon petit réseau social lui permettait ainsi de ne jamais rester seul très longtemps. Et étonnamment, c'était surtout avec un gamin qu'il passait régulièrement du temps. Il n'avait sûrement pas la fibre des responsabilités familiales mais quelque part en lui trônait en réalité une tendance à jouer les paternels - quoi que si on y regardait bien, cela pouvait plutôt être la tendance à jouer le copain adulte tout aussi irresponsable que le mouflet. Ce gamin était tellement proche de lui qu'il était même au courant de ses penchants féminins et des nuits en leur compagnie. Aslak avait au fond très peu de choses à cacher pour ceux qui étaient prêt à l'accepter comme il était. Ce qui n'était certainement pas clairement le cas pour son cadet. Mais comme tout profiteur des bienfaits de la vie qu'il était, son corps réclamait néanmoins un repos bien mérité à certains moments. Ainsi, un retour à Empyrée avec celui qui était devenu son fidèle destrier attitré - Un lien établi entre les deux énergumènes qui s'étaient ainsi liés d'un commun accord, taciturne cependant - s'était réalisé et, à croire que c'était fait exprès, le dernier jour avant qu'il ne décide de retourner à une civilisation plus peuplée, une charmante - enfin agréable disons... charmante étant un adjectif davantage pour les corps à formes féminines - visite lui permit ainsi de revoir son frère disparu des alentours. Il était parti dans ses affaires de Commandant de Dents de Freux dont les détails, sûrement précédemment formulés, avaient totalement quitté son esprit. Alrik jamais en paix avec ses devoirs de Dents de Freux se devaient de déjà retourner à Port-réal et par conséquent, le plaisir de chevaucher à ses côtés pour la course l'avait parfaitement tenté. Une fois sur place, leur chemin s'était séparés car Alrik avait des choses à faire et lui trouvait sans difficultés de quoi s'occuper, même s'il n'aurait pas été contre de l'accompagner au Donjon Rouge pour revoir la magnifique et somptueuse Shaïra dont la seastar trônait toujours à son cou, cachée.

De son errance cependant dans la cité, ses oreilles avaient entendu parler d'une représentation théâtrale et il s'était rapidement laissé tenté par l'idée. Une autre s'était juxtaposée se disant qu'il pourrait même entraîner son frère dans cette petite aventure. Ainsi, après s'être retrouvés, et après l'approbation du concerné, ils s'étaient mis en route pour aller se détendre - ce qui changerait sûrement pour Alrik qui ne devait clairement pas le faire souvent. Son frère commençait à faire comme toujours son "grand" en lui parlant d'engagement mais ce qui le surprit c'était l'engagement dans une même voie que lui .... Etait-il tombé sur la tête ? Toujours est-il que la jeune femme qui passa à ses côtés en le regardant en biais lui adressant un agréable sourire charmeur le fit répondre de la même façon et la suivre des yeux tandis qu'elle marchait de plus en plus langoureusement. Une vue plus bien intéressante que les dires de son frangin qui rapidement le rappela à l'ordre l'obligeant à en rire.

"Déteeeends toi ! Je sais faire deux choses à la fois voyons.... J'ai bien entendu ton discours sur le fait de profiter de la vie et de ne surtout pas m'engager dans quoi que ce soit ! Tu crois quoi franchement..... "

Lui taquiner son frangin ? Noooooon.... Bon d'accord si. Et même très régulièrement. C'était son côté coincé qui le poussait à vouloir sortir le balai qui se trouvait coincé dans une interstice qu'on ne pouvait clairement nommé sous peine de faire pâlir les oreilles les plus sensibles. Ils étaient tellement différents l'un et l'autre... Ce n'était pas forcément dérangeant, mais ça lui faisait se poser beaucoup de questions sur les loisirs qui pouvaient parsemer la vie de cet énergumène qui pourtant partageait le même sang que lui. Peut-être n'en avait-il aucun ? Quelle triste vie... Il tapota l'épaule de son frère pour ponctuer sa gentille moquerie lui souriant avec espièglerie avant qu'une étalage de pommes le tente affreusement. Malheureusement la présence de son frère l'empêcha d'en subtiliser une. Quel drame ! Mais il savait parfaitement que même pour une fois, ce serait un acte qui ne passerait pas du tout... Ou alors il serait surtout capable d'aller payer ce fruit au vendeur simplement pour laver sa faute. Une noblesse d'âme beaucoup trop pointilleuse à son goût... Il préférait par conséquent laisser tomber cette idée et contenir sa frustration avec volonté. C'était quand même moins marrant aussi dusse-t-il se rabattre sur une femme qui croisa à nouveau son chemin. Un sourire charmeur, un regard légèrement appuyé et cette dernière ne put s'empêcher de faire de même. Aaah ! Que les femmes étaient belles et salvatrices dans ce monde de brutes... Que ferait-il sans elles ? Surement pas grand chose de ses nuits... Enfin si à la place il boirait comme il pouvait le faire certaines fois. Mais le plaisir de la chair, leur odeur, leur douceur, leurs formes... Il chassa ces idées car peut-être était-il prêt à délaisser son frère pour trouver réconfort dans ces havres de paix. Ainsi, laissa-t-il son esprit revenir à la réalité quand ils pénétrèrent dans le lieu approprié au divertissement souhaité. Son regard chercha une place dans ce lieu qui commençait seulement à se remplir pour la représentation. Les gens aimaient les divertissements en tout genre. Il avait déjà entendu des descriptions de la jeune femme qui offrait ses oeuvres théâtrales mais l'amusement fut certain quand il la vit devant eux. Elle devait clairement être un personnage à elle toute seule et ça se voyait. Mais il adorait ça... Ces personnages de caractères. Elle en faisait sûrement partie c'était clair et net. Cependant, l'amusement fut surtout d'approche d'abord quand son frère fut coupé dans sa courtoisie mais encore plus quand il se rendit compte de ce qu'elle était en train de leur demander. D'ailleurs un rire évident échappa de ses lèvres et son frère dut sûrement le prendre pour une expression de l'incongruité de la demande et par conséquent la non participation de celui-ci à l'évènement. Pourtant... Ce fut bien le contraire. L'idée même d'emmener son cadet sur les planches lui plaisaient clairement. Il laissa son frère faire son petit speech avant de le saisir et l'embarquer en s'adressant à son tour à la jeune femme.

"Rassurez vous belle Lanthéïa, une femme en détresse le reste jamais longtemps. Vos preux chevaliers vont vous aider ! Allez on y va frangin, tu vas voir on va s'éclater ! "
Un rire qui pouvait presque être un brin tenté d'un ricanement ponctua ses propos. L'amusement était bien trop grand d'entraîner son frère dans cette aventure. Ce serait un jeu d'enfant que de divertir toute cette petite population quand elle serait présente... Enfin... Il imaginait. Il n'avait jamais fait aucune prestation en public mais sa vie n'était qu'un grand cirque à elle toute seule, donc s'en sortir ne devait certainement pas être très compliqué. En entendant les propos angoissés de son cher frère face à ce qui les attendraient d'ici quelques temps, il ne put que lui adresser une nouvelle tape dans le dos cette fois." Maiiis relâche la pression, amuse toi un peu ! " Se détournant de ce dernier pour s'adresser au public, même s'il n'était pas encore présent,il reprit la parole "Bonjour cher public ! Mon frère et moi sommes conviés pour votre plus grand amusement ! Nous sommes cependant de bons débutants et les planches n'ont encore jamais été foulées par nos pieds, aussi je vous quémanderais clémence et surtout de pas gâcher vos fruits en nous les lançant ! C'est bien trop bon et ce serait vraiment du gâchis ! " Un rire ponctua ses paroles totalement stupides comme à son accoutumée avant qu'il ne regardait que les quelques têtes qui s'étaient tournées vers lui. Ce n'était pas grand chose car la représentation n'était pas pour tout de suite mais leur air ahuri et leur incompréhension de ce qu'il était en train de concrétiser devant leurs yeux le fit sourire. Il se tourna ensuite vers Lanthéïa avant de dire "Désolé, c'est sûrement l'excitation de la hauteur qui m'a fait déjà perdre pied. Contrairement à mon frère je me sens totalement enjoué par l'idée de divertir tout le petit monde qui va débarquer." Il ne put s'empêcher de lancer un regard amusé avec un petit sourire en coin à cette information qu'il venait de lâcher alors que son aîné était déjà stressé là tout de suite. Mais il revint vers la belle dame, dont les paroles flatteuses et charmeuses avaient déjà été proférées, avant de s'inquiéter davantage de la suite des évènements. Car bien évidemment, non seulement il n'avait pas la moindre idée de quel était son rôle mais en plus il se doutait sûrement que quelques règles seraient forcément à mettre en place. Son timbre de voix dont on avait maintenant pris l'habitude après ses âneries refit surface après s'être mis accroupi pour redevenir un peu plus sérieux malgré cependant le sourire amusé et charmeur qui ne quittait pas ses lèvres. "Alors dites nous tout ! Qu'est ce qu'on va devoir faire pour vous satisfaire ? Car vous avez pour vous toute seul deux bels hommes, sans me vanter bien évidemment, qui sont à votre service et sont pour les heures à venir totalement malléables pour vous convenir. N'est ce pas beau ?"





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lantheïa
Artisan

Général
Saltimbanque

♦ Missives : 793
♦ Missives Aventure : 42
♦ Age : 38
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 19/08/2012
♦ Célébrité : Joëlle Sevilla dans 'Kaamelott'
♦ Copyright : Avatar by me & signature by Sargon ♥
♦ Doublons : Alysanne Florent, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : Pas loin de la cinquantaine.
♦ Mariage : Avec la scène.
♦ Lieu : Port-Lannis
♦ Liens Utiles : Ma vie de baladine
Mes rôles et partenaires
Mes marionnettes
Mes dons d'artiste
La rançon du succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
295/500  (295/500)


Message Dim 12 Mai 2013 - 10:34