AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Le père sème, le fils récolte ▬ Lancel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Mer 1 Mai 2013 - 12:28

Murs-Blancs avait été un épisode particulièrement éprouvant, même pour quelqu'un qui, comme Bryce, était habitué à être au centre des hostilités de tous. Pas une sortie ne se passait sans que quelqu'un vienne lui cracher sa haine au visage, avec le temps le seigneur de Noirvallon prenait ces « attentions » comme un amusement. Mais la rébellion échouée de lord Beurpuits – qui ne possédait d'ailleurs plus aucun titre – avait été bien plus animée que tout le reste. De nombreux compatriotes rebelles avaient été tués ou privés de leurs possessions ce jour-là, les petits chiens du Roi quant à eux s'étaient montrés particulièrement virulents. Que ce soit le chien du Freuxsanglant, Alrik Mallery, ou la folle d'Harrenhal, tous avaient clairement profité de leur position de force. Stupides loyalistes, ils se sentaient supérieurs aux autres uniquement parce qu'ils se trouvaient du bon côté de la barrière à ce moment précis, mais rien n'était éternel.

Pour la première fois depuis longtemps, Bryce avait ressenti une profonde colère qui l'avait pratiquement poussé à tirer l'épée de son fourreau pour laver l'affront dans le sang. Mais il était fort probable que ce sang aurait été le sien en raison du surnombre des loyalistes, sans compter que de nombreux seigneurs rebelles avaient trouvé la mort peu de temps avant. Lord Peake par exemple, noyé dans un puits sans même avoir pu défendre son honneur. En fin de compte, même en disgrâce et dépossédé de quasiment tous ses biens, le seigneur de Noirvallon se trouvait encore chanceux en comparaison de se comparses. Puis il y avait Lancel. Depuis la naissance de son héritier, la Vouivre veillait à lui expliquer que la maîtrise de soi était primordiale et que personne ne devait réussir à vous faire sortir de vos gongs. Qu'aurait-il dit en apprenant que son père avait été tué après avoir perdu son calme ? Non. C'était impensable, il ne pouvait pas envisager de prendre le risque que Lancel oublie tout ce qu'il avait appris à cause de cet incident. Le Freuxsanglant et ses chiens de garde ne seraient pas responsables de l'extinction de la maison Vyrwel.

À peine de retour sur son fief, Bryce avait d'ailleurs eu une autre raison de s'occuper l'esprit. Alors qu'il se trouvait à Murs-blancs, son héritier lui avait fait savoir par le biais de corbeaux que Mallory – son épouse – avait définitivement retourné sa veste. Voilà déjà quelques temps que la jeune femme s'inquiétait pour son fils, prétextant que si la maison Vyrwel continuait dans cette voie, le jeune Ethan n'aurait rien de plus qu'un fief en ruines à gérer lorsque viendrait son tour d'hériter de ce titre. Sa fibre maternelle semblait avoir annihilé sa dévotion au Dragon Noir, elle tenait des discours incohérents qui laissaient entendre que le mieux était de rallier Port-Réal pour déclarer sa fidélité au Roi. Un discours inadmissible pour Bryce qui voyait là se répéter le schéma de la trahison de Walter. Mallory n'était plus apte à être l'épouse du futur lord de Noirvallon. Elle devait être sacrifiée pour l'exemple. La décision ne fut pas difficile à prendre, même si le Vyrwel appréciait la jeune femme à ses débuts, son changement de comportement l'avait beaucoup déçu. Lancel quant à lui ne s'opposa guère à son père. Tout comme lui, il n'éprouvait aucun sentiment amoureux à l'égard de son épouse et celle-ci lui ayant déjà donné un héritier, elle était aisément remplaçable. Les alliances étaient faites pour être forgées et modifiées !

L'empoisonnement était toujours utile dans de tels cas, Bryce et Lancel avaient décidé que ce serait le meilleur moyen de régler définitivement le problème de Mallory. Celui utilisé était particulièrement virulent et surtout, rapide à agir. Après moins d'une semaine, la jeune femme commença à ressentir de vives douleurs dans tout le corps. Quelques jours plus tard, son état empirait encore et le mestre – de mèche avec le père et le fils – diagnostiqua une maladie incurable. Trois semaines exactement après le début de l'empoisonnement, la jeune femme décéda dans d'atroces douleurs. Bryce fut rentré à temps juste pour assister à l'agonie de sa belle-fille qui ne semblait rien soupçonner sur son lit de mort. Lancel se retrouva veuf, les malheurs semblaient s'abattre sur la maison Vyrwel, personne ne se doutait du changement de comportement de la jeune femme et les soupçons n'eurent donc aucune raison de naître dans l'esprit de leurs voisins. Le problème était réglé, une fois de plus la maladie emportait les gêneurs.


Voilà une semaine que Mallory avait rendu l'âme, Bryce et Lancel étaient déjà tournés vers l'avenir depuis un bon moment. Le seigneur de Noirvallon traversait son château dont les murs dénués de décoration rappelaient désagréablement l'argent récemment perdu. Il se rendait dans la salle « de stratégie » comme la Vouivre l'appelait. Il s'agissait d'une pièce qu'il réservait à ses entretiens avec Lancel et Godrik, étant éloignée du cœur de la forteresse, elle offrait effectivement beaucoup plus de calme qu'ailleurs. Après avoir poussé la porte de la salle, Bryce se rendit compte, avec satisfaction, que son héritier était déjà présent. Comme à l'accoutumée, il se contenta de lui jeter un regard neutre comme tout salut puis se dirigea vers la table où figurait une carte de Westeros, se lançant directement dans ses explications.

« Si je t'ai demandé de venir, c'est pour que nous préparions tes prochains déplacements. La mort de Mallory nous fournit une excellente raison de te faire quitter le fief. Autant utiliser les événements de Murs-Blancs à notre avantage, j'ai quelques idées à ce propos. Prenant une pause, il dirigea son regard vers la zone où se situait leur fief sur la carte.
Comme je te l'ai expliqué, lors de la réception les Ferboys ont fait beaucoup de remous, je les soupçonne d'être en partie responsables de cet échec, voire même totalement. S'ils avaient désiré être plus voyants, ils n'auraient pas agi autrement ! C'est sans compter que l'un de ces rebelles de pacotille a été jusqu'à danser avec des loyalistes réputées et crois-moi, il semble du genre à faire de confidences sans se soucier des conséquences. Contrairement à Lancel qui, même s'il usait de ses charmes, ne vendrait jamais père et mère pour lever la jupe d'une donzelle.
Nous nous servirons de la mort de Mallory pour justifier tes sorties fréquentes. Tu iras annoncer son décès en déclarant que tout ceci t'a poussé à réfléchir à tout cela. Les échecs successifs, la perte d'une partie de notre patrimoine, le décès de ta bien-aimée... Une vengeance des Sept qui désapprouvent nos actions ! Ces stupides dévots te croiront sur parole lorsque tu parleras de vouloir te racheter une conduite et peut-être mener Noirvallon vers des temps moins troublés. Quitte à sous-entendre que tu songes peut-être à t'opposer à mes décisions à l'avenir. La loyauté de son fils lui était acquise et il n'en doutait pas une seule seconde.
Ta future épouse devra être sélectionnée avec soin. Mais tu ne sortiras pas pour prospecter dans les environs, tu devras te débrouiller pour réunir autant d'informations que possible sur les Ferboys. Je veux savoir s'ils sont responsables de ces échecs ou s'ils sont simplement trop idiots pour connaître la signification du mot « discrétion », c'est des Dorniens après tout. »

Il avait annoncé les lignes directrices de son plan, maintenant il revenait à Lancel le droit d'émettre ses critiques et son approbation à ce propos. Il était bien placé pour savoir qu'il servirait toujours les idées de son géniteur et une fois de plus, le jeune homme se trouvait au centre de tout l'engrenage. Jusqu'à ce jour, Bryce l'avait toujours maintenu à l'écart du devant de la scène, mais il était plus que temps qu'il commence à se donner un peu en spectacle. Avec un tel talent de conteur, il aurait été dommage de ne pas jouer la comédie ! Bryce n'était pas homme à gâcher les talents à sa portée.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 1 Mai 2013 - 19:14


Le Père sème, le Fils récolte.


La main de Kassandra vint effleurer du bout des ongles sa peau. Au contact de cette caresse aussi légère qu'électrique, il ne put retenir un frisson. Bientôt son torse reprit une marche lente et régulière, que seuls les esprits apaisés se risquaient à adopter. Kassandra sourit puis se blottit un peu plus contre lui, la chaleur de leurs corps dénudés se confrontant dans un silence appréciable. Encore essoufflée par leurs ébats tumultueux récemment terminés, la jeune femme trouva néanmoins la force de déposer un énième baiser langoureux sur son poitrail, puis remonta jusqu'à ses lèvres qu'elle se mit à dévorer sans scrupule ni vergogne.
L'homme émit un grognement satisfait, tandis que Kassandra étirait son corps engourdi.
Soudain, la porte s'ouvrit avec fracas et une silhouette se dessina à travers l'orée du matin. Les jeunes gens sursautèrent en chœur. Kassandra tira instinctivement sur le drap sale, censé recouvrir leur lit de fortune qui se résumait à une vulgaire couche de paille. De son côté, Lancel ne mit pas longtemps avant d'identifier l'inconnu au visage baigné de lumière. Sa surprise se mua alors en colère, peu satisfait d'avoir été arraché à sa léthargie en si bonne compagnie par un crétin qu'il ne connaissait que trop bien. Le poing haut levé et l'air mauvais,il se mit à cracher tout son fiel. "Par les anciens et nouveaux dieux, Medard ! Bougre de con ! N'as-tu jamais appris à frapper avant d'entrer ?! "
Le susnommé comprit aussitôt son erreur, posant un regard penaud sur ses chausses:
"Et bien... C'est que... Je n'ai pas l'habitude de toquer aux portes des granges... Et puis... Enfin je me disais que..."
D'un geste rageur, Lancel lui balança l'une de ses bottes.
"Fous-moi le camp triple andouille ! Si je t'attrape, je t'assure que je prendrai un malin plaisir à marquer ton p'tit cul de la semelle de mes solerets !
- Pas ceux avec les poulaines courbées vers le bas ?!
- Ceux-là même !
- Mais enfin je...
- Ne t'avais-je pas spécifié de rester auprès de mon cheval et de ne me déranger sous aucun prétexte ?! Hormis si cela devait concerner...
- Mais c'est pour ça que je suis là !" Rugit Medard. Cet enfant avait un tempérament qui n'attendait qu'à être bousculé pour s'enflammer. Conscient cependant du ton qu'il avait osé employer face à son aîné, le jeune garçon baissa derechef les yeux. "Je viens à l'instant de croiser un des hommes de père, qui demande à vous voir avant le déjeuner."
La mine de Lancel blêmit subitement. Un entretien ? A une heure si avancée de la journée ? Ce n'était pas dans les habitudes de Bryce. L'objet de cette convocation devait être important sinon crucial, pensa Lancel. Acquiesçant d'un bref signe de tête, il ne prit pas la peine de s'excuser auprès de son frère, qu'il congédia d'un geste nonchalant. "Vas, je te rejoindrai au château."

Lorsqu'il entreprit de reboutonner sa chemise aux manches bouffantes et au col débraillé, Lancel avait déjà retrouvé contenance, affichant un sourire complice à l'adresse de sa conquête. Il la dévisagea un instant. Le drap qu'elle pelotonnait contre elle laissait deviner des courbes joliment dessinées et n'ayant pas encore été éprouvées par le temps. Kassandra semblait quand à elle gênée par le regard perçant du jeune noble, mais un sourire se pointa bientôt sous ses pommettes légèrement rosées. "Vous partez déjà messire ?"
- Oui, le devoir m'appelle !" Répondit cyniquement Lancel.
La jeune femme sembla hésiter avant de reprendre. "J'ai appris pour sa mort vous savez. J'ai prié les Sept pour son salut. Je... Je suis certaine que son absence doit vous peser..." Lancel lui jeta un regard perplexe, tout affairé qu'il était à renfiler son pantalon. "Oui, c'est vrai. Gomorre était un bon chien. Mais la folie de son jeune âge l'a conduit droit sur les défenses d'un sanglier. Quel gâchis ! Ce lévrier avait un museau taillé pour le pistage du gros gibier ! Mais je m'étonne que vous soyez au fait de son décès.
- Non messire je... Je voulais parler de votre femme, lady Mallory.
- Ah ça !" Lancel se leva afin de boucler son ceinturon auquel pendait son épée. "Oui, une triste histoire en effet." Cette fois-ci se fut au tour de Kassandra d'afficher une moue suspicieuse. Toutefois, il ne lui fallut pas longtemps avant de fondre sur Lancel en s'écriant : "Prenez-moi avec vous ! Je ferai une bonne épouse messire ! Prenez-moi avec vous !"
L'exaspération gagna rapidement Lancel, qui repoussa la jeune femme sans ambages. "Non." Déclara-t-il simplement. "Ta place est ici, auprès de ton père." Une bien piètre excuse, s'avoua à lui-même Lancel. Car lorsqu'il désirait quelque chose ardemment, le jeune homme savait faire preuve d'acharnement pour l'obtenir. Qu'importe. Il haussa légèrement les épaules. Cette idiote là ne pouvait savoir de quel fer était fait le Vyrwel.
"Mais mon père va sans doute me rejeter après avoir découvert ce que j'ai osé faire avec vous. Il va me traiter de catin !" Lancel la gratifia alors d'un regard froid, dénué de tout remord. "Tu n'auras qu'à lui rétorquer que je n'ai pas payé pour t'avoir." Se contenta-t-il de préciser.


Le pas alerte et l'allure précipitée, Lancel se dirigeait vers la salle où il avait l'habitude de converser en compagnie de son père. L'héritier de Noirvallon espérait ne pas être en retard, sachant ô combien la ponctualité était importante aux yeux de son géniteur. Lorsqu'il déboula finalement dans la pièce, personne ne l'attendait hormis les noirceurs dans lesquelles reposait l'endroit. Telle une ombre silencieuse il alla se poser dans son siège habituel, puis se permit d'extérioriser toute la tension qui l'oppressait jusqu'alors dans une expiation salvatrice.
Bryce entra finalement, Lancel se releva à son passage et attendit que celui-ci prenne place avant de s'asseoir également.
Là, il écouta. L'œil figé sur les multitudes de cartes qui recouvraient la table centrale, Bryce aborda le sujet épineux du moment. Lancel soupçonnait son père d'avoir le sommeil agité depuis son retour de Murs-Blancs. Ses traits s'étaient émaciés, ses cheveux avaient légèrement blanchi et son regard était plus noir que jamais. De ce fait, lorsque Bryce évoqua les évènements liés à l'échec de la rébellion, Lancel resserra instinctivement sa prise sur les accoudoirs. Il s'attendait à voir quelque chose voler au travers de la pièce, voire le percuter, d'un moment à l'autre. La colère du seigneur Vyrwel était redoutée, une fois ses foudres attirées, personne ne saurait en ressortir indemne. Et ce n'était pas les dommages collatéraux qui allaient l'arrêter !
Muet comme une tombe, Lancel écoutait son père dérouler les mécanismes du plan qu'il avait finement élaboré. Ainsi donc, ses manœuvres visaient à démasquer les responsables de la chute des partisans Feunoyr. La mort de son épouse servirait à nourrir le feu vengeur de la vouivre. Pauvre Mallory, pensa Lancel. A l'évocation de son nom, il cru ressentir quelque chose, mais il se trompait. Le décès de cette dernière ne lui faisait absolument rien.
Lancel salua d'un signe de tête l'intelligence du complot. Encore une fois, Bryce avait su prendre du recul sur la situation pour user au mieux des atouts dont il disposait et bouger habilement ses pions sur l'échiquier.
De plus, l'idée de quitter enfin Noirvallon résonnait à ses oreilles comme une mélopée douce. Après tout, Lancel n'avait que vingt-deux ans et tout homme réfléchi qu'il était, ce dernier n'aspirait pas moins à vivre quelques aventures exaltantes.
Les dernières paroles de Bryce finirent par arracher un ricanement cynique chez son fils. "Et nous savons pertinemment de quoi sont faites les caboches dorniennes. De sable et de vent." Reprenant son air sérieux et insondable, Lancel poursuivit. "Quoiqu'il en soit, je pense également qu'il est grand temps d'entamer la chasse aux traitres, et je ne doute pas un instant de la culpabilité des Ferboys. Leurs origines parlent pour eux. Enfin, père ! Ce sont des foutus dorniens !" Le simple fait d'imaginer Bryce s'assoir à la même table que ces dresseurs de chameaux donnait des vertiges à Lancel, qui avait haussé la voix malgré lui. Maugréant dans sa barbe, il rajouta. "Je ne vois pas quelles autres preuves il vous faut..." D'un geste de la main, Lancel fit mine de chasser sa mauvaise humeur et tenta de conserver un ton neutre. "Mais je ferai ce qui doit être fait, pour le bien des Vyrwel." Il marqua une courte pause. "Vous le savez bien." Plongeant son regard céruléen dans celui de Bryce, Lancel demanda alors: "Selon vous, qui serait à même d'avoir le plus d'informations sur le sujet ?"


Dernière édition par Lancel Vyrwel le Dim 19 Mai 2013 - 17:35, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Jeu 2 Mai 2013 - 12:19

Les deux Vyrwel partageaient la même opinion à l'égard des Dorniens et même si Bryce était pratiquement persuadé que la faute incombait à ces Ferboys, il ne voulait pas se laisser aveugler par sa haine à l'égard de leur peuple. Même si cette maison était native de Dorne, ils restaient des rebelles et avec l'échec de Murs-Blancs, nombreux étaient ceux qui avaient soit retourné leur veste, soit fuis dans les Cités Libres en attendant une accalmie. La Vouivre tenait donc à prendre les décisions requises en ayant toutes les cartes en main. Même si ces Ferboys étaient responsables de la rébellion avortée, ils ne seraient pas seuls coupables. Une seule famille ne pouvait pas changer la destinée d'un peuple aussi aisément, ils devaient forcément avoir des soutiens parmi les autres invités. Une fois de plus, le souvenir du Ferboys qui dansait avec la Florent lui vint en tête. Cette famille n'avait jamais été en très bons termes avec celle des Vyrwel et il était donc logique que Bryce se méfie d'eux. C'était d'autant plus vrai que lady Alysanne n'avait pas hésité à apporter son aide aux Freuxsanglant dès l'arrivée de celui-ci. Trop de possibilités à vérifier, tout ceci leur prendrait beaucoup de temps, mais fort heureusement ils n'avaient presque plus que cela à faire. La perte de la grande majorité de leur patrimoine les obligeait à se concentrer sur ce point s'ils désiraient récupérer leurs possessions.

Face aux questions de son fils, Bryce se montra tout d'abord silencieux. Il était vrai que les preuves à recueillir seraient compliquées à obtenir, mais l'homme avait confiance en son héritier. Il l'avait formé du mieux qu'il pouvait et désormais c'était à Lancel d'exploiter toutes les facultés qu'il avait à sa portée. Il avait, une fois de plus, prouvé sa dévotion à la cause du Dragon Noir en acceptant de se débarrasser de cette épouse envahissante, la suite ne serait qu'une simple formalité. Scrutant le visage de Lancel de son regard neutre, le seigneur de Noirvallon lui répondit.

« Il faudra certainement diriger tes pas vers l'Orage. La rumeur d'une attaque sur leur délégation est arrivée à mes oreilles. Apparemment ils se seraient faits assaillir non loin des terres des Caron et lady Edarra aurait émis l'hypothèse que ce soit des seigneurs de cette région qui s'en soient pris à elle. Encore une fois, ce n'était que des rumeurs, la vérité était peut-être bien différente, mais il fallait faire avec ce qu'ils avaient à portée de main. Ou d'oreille.
Je n'y crois pas une seule seconde. Selon moi c'est surtout une tentative montée par cette petite sotte pour se faire remarquer. À moins que ce ne soit pour laisser entendre que la paix entre Dorne et Westeros n'est pas aussi solide que le Roi le prétend. Je n'en sais rien, mais nous connaissons tous l'inimité qui existe entre la maison Ferboys et ses suzerains. Je reste persuadé que ces rebelles de pacotille font passer leurs intérêts avant ceux du Dragon Noir. Le ton de Bryce s'était durci et son visage se marquait d'une expression colérique. Ce n'était que lors de ses entretiens avec son héritier ou son frère qu'il se permettait ce genre de comportement.
La preuve, ils n'ont pratiquement rien subi à Murs-Blancs. Leur maison n'est pas en disgrâce et ils n'ont eu qu'à donner un otage au Freuxsanglant et c'est uniquement pour avoir eu la langue trop pendue. Pas pour leur participation à notre rébellion. Sachant qu'ils sont un danger pour la Couronne, du moins d'après ce qu'ils prétendent, c'est d'autant plus étrange qu'ils n'aient pas eu à subir les mêmes sanctions que nous. »

Tout n'était qu'une question de logique ! Si les premières paroles de Bryce étaient basées sur des rumeurs venues jusqu'à Noirvallon, la fin se voyait étayée par des preuves plus probantes. La Vouivre avait été à Murs-Blancs et avait assisté en personne aux « sanctions » données aux Ferboys. Une simple pichenette en comparaison du sort de la plupart des rebelles, vraiment rien qui puisse prouver qu'ils n'étaient pas de mèche avec les loyaliste. Au contraire ! Peut-être que le Vyrwel devenait paranoïaque avec le temps, mais il commençait à se demander si la Couronne n'avait pas été prévenue par des rebelles qu'une rébellion se fomentait à Murs-Blancs. En apparence, il ne s'agissait que d'un simple mariage où les invités étaient majoritairement du côté du Dragon Noir, mais l'arrivée de la Main du Roi et de ses chiens pouvait qu'elle était au courant depuis fort longtemps. Soupirant, Bryce se recula pour s'installer à nouveau sur son siège, joignant ses mains dans un geste de réflexion, avant de détourner son attention de son héritier.

« Il me faut des preuves plus probantes. Que se passerait-il si nous nous laissions aveugler par notre haine pour les Dorniens ? Imagine une seule seconde que ce soit une autre famille qui nous ait trahi, nous nous concentrerions trop sur les Ferboys pour le voir, au risque de subir d'encore plus lourdes pertes. Nombreux ont été ceux à fuir de Westeros après cet échec, il ne reste plus grand monde et nous allons sérieusement devoir revoir notre position à leur égard. Il ne parlait pas forcément de couper les ponts, mais peut-être de mettre une certaine distance entre eux et leur maison.
Je suis certain que la Main du Roi a été prévenue par des rebelles. Quelqu'un doit nous avoir trahi, il n'y a aucune autre raison pour qu'il ait été au courant que ce mariage dissimulait une rébellion. Quelqu'un a fauté et je compte bien trouver qui est le coupable. Son ton était résolu, il hocha la tête comme pour confirmer son idée.
C'est pour cette raison que ton remariage nous donnera peut-être une chance de voir plus loin. Nous ne viserons pas forcément une famille rebelle cette fois-ci. Laisser entendre que tu es prêt à changer d'orientation et même à épouser une loyaliste, pourrait éveiller l'intérêt des-dits traîtres. En voyant qu'ils ont peut-être un allié en ta personne, ils pourraient en venir à essayer de te contacter. Mais ce sera long, très long peut-être, il nous faudra être très patients, une fois de plus. Mais la patience n'était pas un problème de l'avis du seigneur de Noirvallon.
Je pense que tu devrais débuter tes investigations par les familles de l'Orage. Les Caron pourquoi pas ? Je dois réunir d'autres informations concernant les Ferboys, il nous faudra certainement les recevoir ici prochainement. Mais j'aimerais avoir quelques cartes en mai avant toute chose. Je n'aime pas jouer sans connaître mon jeu. »

Cette fois-ci, Lancel occuperait bel et bien la place de Cavalier sur l’échiquier, celle du pion était définitivement oubliée. La malheureuse Mallory l'avait remplacé et avait été sacrifiée pour préserver le Roi.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 6 Mai 2013 - 14:49


Le Père sème, le Fils récolte.


Négligemment avachi dans son siège, Lancel écoutait, la mine sombre et les yeux étroitement plissés.
Ses méninges s’empressaient d’absorber les paroles de Bryce, à l’image d’une éponge s’abreuvant des impuretés dont on l’aspergeait.
Ecouter, décortiquer, analyser, interpréter. Il avait fallu des années à Lancel pour finalement parvenir à enchaîner ces travaux mentaux sans trop de difficulté.

Il se revoyait des années plus tôt, rejeton pas plus haut que trois pommes mais déjà porteur d’un égo surdimensionné. Son père le surplombait de toute sa hauteur, droit comme une pique de lancier et le regard tout aussi meurtrier. Installé sur le trône principal du château Darkell, il observait son fils réciter le blason, ainsi que la devise, de chaque famille noble. Le tout était accompagné d’un résumé censé relater leurs histoires respectives, que Bryce avait pimenté à l’aide de ses commentaires au vocabulaire parfois peu charmant, et encore moins complaisant. Ce récital ne se cantonnait pas aux frontières de la région bieffoise, Lancel se devait de connaître chaque ennemi potentiel, ne rien négliger. Car Bryce voyait les choses d’un œil critique, et prudent. Il avait vu les différences qui pouvaient subsister au sein d’une même famille, il en avait été le premier témoin. Jamais la vouivre n’oubliera ce frère, traitre à son sang, qu’il avait du punir de la plus expéditive des manières. Les années lui donneraient raison, la discorde et les divergences d’esprit n’épargnant pas même ses propres enfants. Dès lors, Bryce supposait que chaque famille pouvait comporter un membre intelligent et ambitieux, soit potentiellement dangereux à son image. Ce n’était pas de la flatterie superficielle ni une question d’orgueil mal placé, non, il s’agissait d’une évaluation réfléchie et plus que probable.

De façon quasi naturelle, Lancel parvint à suivre le discours de son père tout en se remémorant les maigres informations qu’il possédait sur la maison Caron.
Un champ jaune semé de rossignols noirs, une famille très ancienne, puissante. L’héritier de Noirvallon passa une main distraite dans sa barbe, l’air concentré. Blayne Caron, le Sir des Marches, le Ménestrel de Séréna, était réputé pour sa méfiance à l’égard des étrangers et sa malice vicelarde. Homme de l’Art, on le disait véritable touche à tout, ce qui faisait de lui un lord difficilement bernable. Son sobriquet ridicule laissait cependant Lancel perplexe. La musique était un domaine qu’il attribuait aux femmes, pour son aspect inutile et uniquement bon à embaumer les cœurs. Sur un champ de bataille, point de poésie, les voix s’étranglaient d’effroi, se muaient en cri barbare et peu avenant.

Du moins c’était ainsi que Lancel se l’imaginait, car il devait avouer n’avoir jamais eu la chance de participer à une bonne grosse guerre. Ce désir belliqueux et puéril, Lancel se gardait bien d’en faire part à son père, car il redoutait les remontrances que cette remarque impertinente n’aurait pas manqué de faire couler. Tel un venin foudroyant, les mots de son géniteur auraient argué que toute personne censée ne saurait rêver d’une telle chose, que pareille mort n’avait rien de glorieux, sinon pour la noble piétaille en quête de reconnaissance et de popularité auprès de la jacquerie. Mais les Vyrwel n’étaient pas de ceux-là.

Pour finir, Lancel était certain que souffler dans une flûte sur un rythme enjôleur revenait littéralement à pisser dans un violon lorsqu’il s’agissait d’établir une tactique militaire ou bien de détrôner un Roi au titre usurpé. Non, la musique, c’était joli, mais dénué d’intérêt et un seigneur qui se permettait d’y accorder assez de temps pour se faire appeler Ménestrel, n’était sans doute pas aussi intelligent qu’on voulait bien le prétendre.

Peu désireux d’interrompre son père, Lancel attendit que le silence envahisse à nouveau la salle, puis déclara :

« Les Caron sont loin d’êtres de simples chiens loyalistes. Leur perfidie rivalise avec la médiocrité de leurs ambitions. S’ils ne semblent, de prime abord, bons qu’à rester cloîtrés chez eux et à pousser la chansonnette, ils ont en revanche déjà su prouver qu’ils voyaient plus loin que le bout de leur nez, et ce n’est pas pour me rassurer. »

Avant que Bryce ne puisse répondre quoique ce soit, l’héritier Vyrwel ponctua ses propos d’une des incertitudes qui l’habitait depuis le début de leur entretien.

« De plus, je doute qu’il sera facile d’approcher les grandes familles sans éveiller les soupçons. Le prétexte du remariage est plausible, mais risque d’attirer les moqueries et non abaisser les défenses de nos ennemis. Et s’il n’y avait que ça ! Mais comment comptez-vous appâter un seigneur, avec pour toute possession une terre au bord de la ruine ? »

Le ton de Lancel s’était élevé au fur et à mesure de son discours, incapable de contenir la frustration que ce constat navrant évoquait chez lui. Sans vraiment se l’avouer, Lancel découvrait toute la rancœur qu’il portait à l’égard de son père. Il en voulait à Bryce de s’être fait berné par ces fouille-merde de Freuxsanglants. Son père l’avait tellement habitué au goût savoureux de la victoire, que cette défaite restait indigeste pour son estomac.

« Nous sommes plus fauchés qu’un champ de blé après la moisson et nous voilà rabaissés à devoir sucer les doigts de pieds des partisans Targaryen pour quelques ridicules épousailles ! »

Lancel souffla, ses tremblements trahissaient la colère qui le haranguait tandis que son expression faciale exprimait toute sa honte d’avoir osé lever la voix contre son père. En l’observant agir de la sorte, Bryce ne devait pas avoir de mal à se remémorer le petit enfant boudeur et sanguin qu’il s’était échiné à éduquer pendant plus de dix ans. Rongé par le remord de s’être comporté comme un idiot, Lancel se renfrogna, puis dit d’une voix morose :

«J’irai jusqu’au pays de l’Orage et obtiendrai des réponses sur cette supposée attaque. » Sa mine se fit plus sombre. «Un beau ramassis de mensonges, si vous voulez mon avis. Les femmes des Sables ont la langue plus fourchue qu’une vipère, cette Edarra n’échappe sans doute pas à la règle. » Après un court instant, il se permit de rajouter: « Toutefois, je ne pense pas que les Caron soient les bonnes personnes à aller voir. Ils n’ont plus de femmes à épouser depuis fort longtemps. Ils ne comprendraient que trop rapidement nos réelles intentions.» Comme pour faire bonne figure après son emportement des plus décevant, Lancel s’osa à demander : « Ne croyez-vous pas, père ? »


Dernière édition par Lancel Vyrwel le Dim 19 Mai 2013 - 17:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Mar 7 Mai 2013 - 15:01

Le silence s'était à peine installé que Lancel répondait. Ses paroles présentaient les craintes qui pouvaient venir l'habiter et c'était une chose que Bryce tolérait. Leurs discussions étaient justement destinées à cela : chasser les doutes ou les peurs qu'il pouvait avoir vis-à-vis de leurs projets. La seule chose que la Vouivre n'acceptait pas, c'était le défaitisme. Jamais les Vyrwel n'avaient baissé les bras et ce n'était pas aujourd'hui qu'ils commenceraient à se laisser abattre par des échecs, quels qu'ils soient. Le père resta silencieux pendant que son fils enchaînait de plus bel, déclarant ouvertement qu'il avait de gros doutes quant à la possibilité de pouvoir approcher des grandes familles sans éveiller les soupçons de qui que ce soit. Le regard de la Vouivre se fit plus dur, Bryce darda ses yeux verts sur le visage de son héritier, le dévisageant d'un air qui ne présageait rien de bon, mais il resta muet. Il désirait que son fils dise tout ce qu'il avait sur le cœur de manière à ce qu'ils puissent entrer directement dans le vif du sujet et que la Vouivre puisse chasser les craintes enfantines de Lancel. Le ton montait, la colère aussi, les tremblements qui habitaient le jeune chevalier indiquaient clairement qu'il perdait peu à peu sa maîtrise de lui-même et surtout, qu'il était contrarié. En colère contre son géniteur, ce n'était pas très difficile de le voir. Mais fidèle à lui-même, Bryce ne fit aucune remarque à son fils et apparemment, celui-ci se rendit assez rapidement compte de son audace, car ce fut alors l'enfant boudeur de jadis qui apparut sous les yeux de la Vouivre. Ce dernier sembla se raviser et chercher l'approbation de son père, un peu comme un jeune chiot qui avait démoli un objet de grande valeur et venait chercher le pardon de son maître. Mais le Vyrwel n'était pas homme à flatter le flanc de l'animal pour le rassurer, il lui frappait davantage la truffe pour le dissuader de recommencer.

« Les Caron ne m'intéressent pas. Pas davantage que les autres familles de l'Orage, je préfère me concentrer sur le Bief ou le Conflans pour te trouver une nouvelle épouse. Nos voisins Orageux ont beau avoir connu la lutte contre les Dorniens eux aussi, ils n'ont pas grand-chose à offrir en comparaison des autres régions. Le ton était sec et le regard aiguisé. Bryce ne détournait pas son attention de son fils.
Crois-tu que nous n'avons jamais été au centre des moqueries ou des méfiances Lancel ? C'est notre pain quotidien depuis toujours, les railleries de ceux qui ne comprennent pas que l'on peut être fidèle aux Feunoyr, les méfiances de ceux qui savent quel et notre potentiel. J'espère que certains se méfieront, je ne suis pas stupide au point de penser qu'un retournement de ta part n'éveillera les soupçons de personne ! Bryce ne montait pas le ton, il restait étrangement calme, même si l'intonation de sa voix était devenue beaucoup plus dure au fil de ses paroles.
Nous sommes pauvres, nous n'avons rien de plus à offrir qu'un fief aride et qu'une réputation de traîtres, mais c'est bien plus que ce que lord Beurpuits possède à ce jour ! Nous sommes des Vouivres, nous n'avons pas besoin de richesses pour nous imposer Lancel, je pensais t'avoir fait comprendre il y a longtemps que notre force réside dans notre capacité à nous sortir de n'importe quelle difficulté ? Aurais-tu oublié mes leçons ? Fronçant légèrement les sourcils, le père s'approcha du fils après s'être redressé, croisant ses bras derrière lui.
Réfléchis Lancel, cibler les grandes maisons est la meilleure solution. Que fait l'enfant lorsqu'il est perdu ? Il s'approche de la personne la plus importante pour lui demander de l'aide. Cet enfant c'est toi mon fils, tu es un héritier désireux de réorienter sa maison sur la bonne voie, la meilleure solution reste de te diriger vers les maisons les plus influentes pour demander leur aide. Aborder une maison mineure ne nous serait d'aucune utilité et risquerait de vexer les puissants. Il avait décroisé ses mains pour pointer son héritier du doigt.
Et s'il faut lécher les pieds des loyalistes pour y arriver, tu le feras. Il me semble que tu n'es pas gêné par l'idée de t'occuper des cuisses d'autres femmes que de ton épouse, jouer de tes charmes auprès de nobles ne devrait donc être qu'une formalité pour toi ! »

Bryce soupira, détournant son attention de son fils alors qu'il réunissait ses pensées de manière à tout ordonner correctement. Après quelques instants, il retourna finalement s'asseoir sur son siège, croisant ses mains devant lui pour reprendre la parole d'un ton toujours aussi calme.

« Les Caron sont peut-être intelligents, mais je ne m'inquiète pas à ce sujet. Je sais que tu sais manier la verve avec brio et que tu clouera le bec de ce rossignol s'il venait à trop t'ennuyer. Si je t'y envoie, c'est que j'ai confiance en toi Lancel. Une petite caresse après la claque sur la truffe.
Tu appâteras les futures prétendantes par tes projets d'avenir mon fils. Le désir de redorer le blason de la maison Vyrwel, ton souhait de t'orienter sur une voie plus digne de ton rang de chevalier. Les beaux discours font toujours leur effet, tu leur montreras que tu es plus utile en tant qu'allié qu'en tant qu'ennemi, tu leur feras savoir que tu es prêt à être très redevable à ceux qui te tendront la main. L'appât du gain peut être plus fort que l'intérêt immédiat, en leur laissant croire qu'ils gagneront beaucoup sur le long terme, tu pourras éveiller leur intérêt. Il glissa l'un de ses mains jusqu'à sa barbe qu'il caressa machinalement.
Cette Edarra est une femme manipulatrice et intelligente, si je dois l'avoir à mes côtés je tiens à savoir de quoi elle est capable. Soit proche de tes amis, mais bien plus encore de tes ennemis. En connaissant cette femme, nous saurons aussi comment nous protéger d'elle. C'est pourquoi ta mission est aussi importante. C'était de la simple logique.
J'ai déjà préparé le terrain depuis des années. Auprès des Trant par exemple, lors de mon entretien avec ser Lorant à Cendregué, j'ai laissé entendre que tu ressemblais davantage à ta mère qu'à moi-même et que je craignais que tu n'empruntes un chemin différent du mien. Ces années passées à cultiver notre prétendue différence vont porter leurs fruits. Tu vois Lancel, Noirvallon est un fief aride, mais je cultive partout où j'en ai l'occasion. J'ai semé, désormais, ce sera à toi de récolter mon fils. »

En bon Bieffois qu'il était, nul doute que Lancel saurait se débrouiller dans cette moisson. Il s'entraînait depuis des années à cultiver ses charmes auprès des demoiselles des environs, il était désormais temps de s'attaquer à des cibles plus importantes !


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 10 Mai 2013 - 18:08


Le Père sème, le Fils récolte.


Déception. C'était le seul et unique mot qu'il lisait dans chacune des minces rides venues durcir le visage de son père...

L'aura oppressant de Bryce grandit encore un peu pour finalement s'appuyer sur son thorax avec la délicatesse d'un bélier s'écrasant contre une porte. Lancel en avait le souffle coupé et l'air décontenancé. Mais malgré ses cris d'agonie imperceptibles, le regard de son géniteur ne se fit pas moins dur et le transperça jusqu'au plus profond de son être, l'achevant au sol sans une once de remord.
L'emprise que possédait la Vouivre sur sa progéniture était puissante, très puissante. Ses paroles puisaient l'intensité de leur impact dans les nombreux souvenirs qui les unissaient et ses yeux exprimaient les qualificatifs grossiers dont il aurait souhaité gracier Lancel, mais que sa langue rechignait étrangement à psalmodier.
La verve de Bryce obligeait notre jeune chevalier à écouter docilement sans rien faire d'autre que de maugréer son mécontentement tel un enfant contrarié. La situation l'exaspérait d'autant plus que Bryce répondait calmement, méthodiquement et logiquement aux appréhensions venues assombrir ses pensées, noyées par la colère. Le sang-froid dont il faisait preuve avait cependant un arrière goût écœurant, Lancel y percevait du dédain, un semblant de froideur mais aussi de la déception. Beaucoup de déception.
L'air mauvais, Lancel encaissa les remarques qui fustigèrent implicitement son comportement, son manque de réflexion ainsi que ses déviances à l'égard de la gente féminine.

Se calmer, il devait se calmer.

Sans vraiment s'en rendre compte, Lancel se massa le front puis ferma les yeux. Il ne lui fallut pas plus qu'un bref instant pour vider son esprit et se départir des ressentiments qui obstruaient son jugement.

Se calmer, il devait se calmer.

L'héritier pointa son regard céruléen sur son seigneur.
Les remerciements, les pardons et toutes ces politesses qui faisaient l'apanage des hypocrites et des ingénus, semblaient bannies du dialecte employé par les Vyrwel. A Darkell, la gratitude se devinait au travers d'un geste occasionnellement attentionné, cachée dans le double-sens d'une parole aux allures anodines ou pendue au fond d'un iris anormalement lumineux.

"Cela ne se reproduira pas." Se contenta de déclarer le jeune homme, peu soucieux de s'excuser d'avantage. Et si d'apparence Lancel avait recouvert son calme indolent, en son sein brûlait avec impatience l'envie de remonter dans l'estime de son père.

La surprise faillit toutefois lui jouer un mauvais tour. Lorsque Bryce prétendit ouvertement avoir confiance en ses capacités, Lancel sentit ses lèvres se décoller pour mieux exprimer la joie qui l'envahit soudainement. Mais il se ravisa rapidement. Il n'était pas dans la nature de son géniteur de faire part du fond de ses pensées de manière aussi audible. Lancel le connaissait assez bien pour savoir qu'un tel geste était extrêmement rare et toujours synonyme de sacrifice chez son locuteur. Sceptique, Lancel se renfonça un peu mieux dans son siège sans quitter son père des yeux.
Bryce ne s'était pas voulu affectueux, ni même rassurant. Il avait volontairement visé la fierté de son héritier, qu'il savait prépondérant, pour le faire avancer dans son sens. Et cela avait marché.
Etrange que cette sensation de savoir être sur le point de se faire berner et de s'y adonner pourtant avec un plaisir non feint. A entendre Bryce parler de la sorte, les soupçons de son héritier ne firent pas long feu. Bientôt, il se sentit l'âme d'un conquérant, capable de réaliser l'impossible. En vérité, Lancel aimait être caressé dans le sens du poil.

Lancel se leva finalement puis se dirigea vers une petite table ronde se laquelle était négligemment entreposé un échiquier.
"Admettons que vous soyez le joueur de cette partie." Dit-il à l'adresse de Bryce. "Nous sommes d'accord pour dire que la liste de nos alliés s'est considérablement raccourcie depuis les évènements de Murs-Blancs." Ses doigts vinrent caresser le haut des pièces taillées dans l'onyx, qui parsemaient le côté droit du plateau aux cases noires et blanches. "En nous affichant publiquement comme partisans des Feunoyr, nous avons grandement restreint nos possibilités de manœuvre." Sa main ôta un à un les sept premiers pions qui devançaient les autres pièces en onyx. "Les Beurpuits ont été mis hors course." Il éjecta alors l'une des deux tours."La famille maîtresse, la plus puissante, s'est vue considérablement diminuée avec l'arrestation de son seigneur." La reine disparue elle aussi de la surface de l'échiquier. "Dès lors, les pleutres se sont empressés de quitter la partie en fuyant vers des contrées lointaines où le soleil se chargerait de donner une autre couleur, plus dorée sans doute, à leur lâcheté." D'un lent revers de la main, Lancel balaya la moitié du jeu. Finalement, ne subsistait plus que le roi, un fou, un cavalier et un pion. Prenant la première des pièces énoncées, Lancel la plaça à hauteur d'œil. "Voici Noirvallon, le point vers lequel toutes nos perspectives d'avenir convergent. L'unique pièce que nous nous devons de protéger, qu'importe les sacrifices. Durant cette partie, je représente le cavalier. Je suis le seul à ne pas subir de blocage dans mes déplacements par les autres pièces. Je me révèle très utile dans les positions fermées." Lancel jeta un regard équivoque à son père. "Nous sommes dans une position fermée. Nos ennemis nous entourent et ne tarderont pas à s'entasser derrière nos portes. C'est pourquoi vous m'envoyez chercher de l'aide par delà nos frontières. La moindre information peut désormais s'avérer essentielle à notre survie." Un court instant, Lancel dévisagea les deux dernières pièces. "Le fou et le pion. L'un d'entre eux nous a trahi. Tant que le doute subsiste, nous sommes dans l'incapacité de jouer correctement cette partie. Les Ferboys, ces dorniens représentent une menace potentielle et la portée de leurs coups est grande, à l'image du fou. Ne reste plus que le pion, une maison mineure qui aurait trouvé son compte en vendant son allégeance aux Targaryen. " Lancel se massa la barbe, laissant le silence reprendre ses droits sur la salle. Tout semblait si limpide. Enfin, il comprenait. "Le père sème, le fils récolte." Son regard sondait encore le néant lorsqu'il déclara calmement.
"Vous avez raison. Il faut découvrir quelles sont les réelles intentions des Ferboys." Il se tourna vers son père et s'approcha de lui d'un pas résolu. "Je ne comprends que maintenant la véritable importance du rôle que vous avez décidé de me faire jouer dans cette partie. Comme toujours, je suis en retard sur vous, père." Cette constatation lui laissait un goût amer dans la bouche. "Je le découvrirai." Il regarda Bryce droit dans les yeux, afin que celui-ci puisse percevoir avec quelle lucidité il escomptait prononcer ces derniers mots: "Je vous le promets."


Dernière édition par Lancel Vyrwel le Dim 19 Mai 2013 - 17:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Sam 11 Mai 2013 - 18:23

Bryce se concentra sur son fils tandis que celui-ci se dirigeait vers le jeu situé non loin de là. La Vouivre avait toujours été un homme très à cheval sur l'apprentissage et tout ce qui s'y approchait, les jeux de son fils avaient donc toujours été portés sur l'éducation de manière à faire d'une pierre deux coups. S'approchant du jeune homme, le Bieffois posa ses yeux sur le plateau tandis que Lancel prenait la parole. Il commença par résumer les forces et atouts dont ils disposaient, montrant qu'ils étaient pratiquement seuls. Ils ne l'étaient pas totalement du moment qu'ils pourraient compter les uns sur les autres, c'était justement pour cette raison que le Vyrwel avait toujours refusé l'idée que l'un des siens puisse lui tourner le dos. Dans un monde où votre voisin pouvait devenir un ennemi mortel, la méfiance était de mise. Il était donc bon de pouvoir se reposer de temps en temps. Noirvallon avait beau être un fief presque aride en comparaison des autres de leur région, il n'en restait pas moins un havre de paix pour tous les Vyrwel.

Les dernières paroles de son héritier dessinèrent un léger sourire sur les lèvres de Bryce. Il ne manifestait jamais sa joie de la sorte, aussi Lancel se doutait certainement que ce n'était pas le plaisir ou la satisfaction de voir son fils revenir sur le bon chemin, qui le faisait sourire de la sorte. Non, la Vouivre manifestait simplement l'amusement de voir que le jeune homme finissait par dire ce qu'il attendait de lui. Lancel était depuis toujours une fierté pour son géniteur, il avait été l'enfant idéal, acceptant de se laisser modeler à la guise de son père sans jamais – ou presque – rechigner. Oui, s'il y avait une chose dont l'homme était fier, c'était bien de l'éducation de son héritier. Il fera un excellent seigneur pour leur fief lorsque son tour viendra. Mais jamais de telles paroles ne sortiraient de la bouche de Bryce : ce serait prendre le risque de voir Lancel se reposer sur ses lauriers.

« Tu es en retard parce que je ne t'ai jamais parlé de tout ceci Lancel. J'attendais le bon moment pour que tu puisses revenir la pièce maîtresse de mon jeu, jusqu'à présent j'ai toujours préféré te laisser dans l'ombre pour que tu n'attires pas trop l'attention de nos voisins. Hochant la tête, l'homme porta son attention sur le plateau de jeu.
Tu as été un pion particulièrement doué Lancel. Tu t'es toujours laissé diriger sans jamais rechigner et tu as su accepter mes décisions sans vouloir t'imposer. Tu es un homme patient et c'est ce dont j'ai besoin pour mener à bien mes projets. Il se détourna de sa contemplation pour s'approcher de l'autre côté de la pièce où étaient situées les larges fenêtres.
Tu l'as toi-même compris. Mes voyages seront tous surveillés, je provoque la méfiance chez autrui et il m'est tout simplement impossible de procéder moi-même à cette enquête. À l'avenir tu vas devoir apprendre à compter principalement sur toi-même mon fils. Soupirant légèrement, Bryce parlait avec beaucoup de sérieux.
Tu vas devoir t'émanciper, penser par toi-même et prendre des décisions importantes sans que je ne sois là pour te confirmer que c'est le bon choix. Je ne suis plus seul aux rênes de Noirvallon désormais, nous allons nous partager ce rôle, mais toi tu le feras dans l'ombre. Je me débrouillerai pour attirer l'attention sur ma personne pendant que tu débuteras ton enquête, nous ne nous verrons plus aussi souvent qu'avant désormais. »

Il n'y avait aucune tristesse dans sa voix, la Vouivre savait depuis longtemps qu'une telle chose allait arriver, tout comme son épouse. Lady Lyra avait toujours persisté dans son rôle de mère poule, essayant de chaperonner son héritier comme s'il n'était encore qu'un enfant, elle aussi allait devoir s'y faire. Mais le seigneur de Noirvallon savait qu'il pouvait compter sur elle. Croisant ses bras derrière lui, l'homme hocha la tête pour lui-même, son regard perdu dans le vague tandis qu'il fixait les collines et vallons qui s'offraient à sa vue. Accaparer l'attention n'allait pas être difficile : en toute humilité, Bryce avait le don d'attirer le regard. Il était connu comme un rebelle et comme un homme qui n'hésitait pas à chercher la confrontation, chaque fois qu'il se rendait à un endroit, les loyalistes le scrutaient comme s'il était une bête indésirable. Encore une chose qu'il avait toujours beaucoup travaillée. Le père et le fils qui se complètent, un duo parfait à ses yeux. Lancel se trouvait certainement être son plus précieux atout.

« Tu n'ignores pas que je me suis rendu à Villevieille très récemment. J'ai eu le plaisir d'y rencontrer lord Hightower, il a à peu près ton âge. C'est un homme très cultivé et surtout très intelligent, il manie les mots avec brio, il m'a fait forte impression. Le ton de Bryce était étrangement.... admiratif. Il était vrai que le Grand Argentier avait marqué son esprit.
J'ai cherché à savoir quelles raisons l'avaient poussé à suivre le Roi plutôt qu'à revenir aux sources. Les Hightower étaient de notre côté jadis, mais je crains que nous n'ayons plus le plaisir de les compter parmi nos alliés. Cependant, il est clair que le seigneur de Grand-Tour ne tient pas à nous voir du côté de ses ennemis. J'attendrai de tes nouvelles avant de faire quoi que ce soit de ce côté, mais je suis persuadé que nous pourrons exploiter ce filon. Détournant son regard de son fief, l'homme pivota sur lui-même pour poser ses yeux sur la silhouette de son fils.
La Tour est aussi un pion non négligeable, il peut compléter le cavalier. J'apprécierais beaucoup que tu poursuives ce que j’ai débuté. La prochaine fois qu'un Vyrwel voyagera jusqu'à Villevieille, ce sera avec toi à la tête du convoi mon fils. »

Lancel ne s'en rendait peut-être pas contre, mais Bryce lui montrait sa confiance. Lord Hightower était un homme extrêmement influent et le fait que la Vouivre avoue avoir apprécié sa discussion avec lui, montrait à quel point il souhaitait mettre son fils à l'épreuve en lui confiant le soin de mener la prochaine rencontre entre la Tour et la Vouivre.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 14 Mai 2013 - 17:39


Le Père sème, le Fils récolte.


Carpas jeta un rapide coup d’œil vers la grande porte noire. La lueur des deux torches censées l’éclairer ne suffisait pas à la départir de cet aura angoissant et mystérieux qui s’en dégageait. Peut-être était-ce du à son renfoncement qui l’empêchait d’être illuminée correctement, ou à ses armatures si rouillées qu’elles donnaient l’impression d’être recouvertes de sang séché. Carpas n’aurait su l’expliquer, mais cette porte l’attirait tout autant qu’elle l’effrayait. A sa vue, son imagination s’emballait, ses poils s’hérissaient et ses oreilles se tendaient.

Aucun domestique n’avait le droit d’y pénétrer, lord Vyrwel l’avait strictement interdit et le châtiment qu’il prétendait vouloir infliger en cas d’infraction s’avérait particulièrement cruel.

La Cachotière. Ainsi l’appelaient-ils. Car à chaque fois que le maître des lieux et son fils s’y rendaient, aucun son n’en émanait, à peine un grognement, un imperceptible haussement de voix qui certifiait que ses occupants étaient toujours en vie.

Mais personne n’était dupe, Carpas encore moins que les autres. Il soupçonnait que des choses pas très claires se fomentaient derrière cette porte. Cela faisait bien trop longtemps qu’il hantait les lieux pour savoir que rien de bon ne naissait des secrets portés par les Vyrwel. Darkell était l’Antre de la Vouivre et la Cachotière son point le plus reculé, le plus sombre.

Qu’importe le jour ou l’heure, à chaque fois que la porte noire s’entrouvrait, une manigance tortueuse et macabre naissait.

Cob, le jeune garçon d’écurie, avait vu l’héritier Noirvallon débouler un peu plus tôt dans la matinée sur son destrier, les cheveux encore parsemés de quelques brins de paille mais l’allure non moins cavalière.

La plupart des habitants du château étaient au fait des mœurs légères du noble sire, qui n’avait daigné prendre qu’une nuit pour pleurer sa défunte épouse, lady Mallory. Et encore, à en croire quelques langues plus médisantes que la moyenne, le seigneur Lancel aurait passé son temps à boire et à fumer ses narcotiques du Levant, priant les Sept pour que le jour se lève rapidement afin de pouvoir reprendre au plus tôt ses batifolages immoraux.

Face aux rumeurs du genre, Carpas essayait encore une fois de garder la tête froide. Si Lord Bryce était craint par la plupart de ses larbins, Lancel, lui était la cible privilégiée de leurs médisances.
Il fallait admettre que l’héritier de Noirvallon savait se montrer des plus exécrables avec ses servants et terriblement salace envers ses servantes.

Toujours est-il qu’on avait vu le jeune sire se diriger ensuite d’un pas alerte vers la Cachotière, avant de s’y engouffrer sans un regard en arrière.

Comme s’ils avaient été liés par un sixième sens télépathique, lord Bryce ne tarda pas à débouler, sa silhouette disparaissant bientôt dans les noirceurs de cette maudite pièce.

Depuis, plus rien. Certains remarquèrent une ombre se dessiner à travers la meurtrière, ses contours dansaient au rythme de la flamme qui les baignait de sa lumière mordorée. Mais guère plus.

Que pouvaient-ils bien comploter ? La tentation était trop belle. Carpas jeta un regard inquiet sur les environs. Personne. Il se rapprocha sur la pointe des pieds. Pas un son.
« Hé bien coquin ! Que fais-tu donc à écouter aux portes de tes maîtres ?! Dois-je entrapercevoir là les manières d’un espion ?! »

Le sang de Carpas se glaça.

« NON ! Non messire ! Je... » Voilà bien sa veine, devant lui ne se tenait nulle autre personne que Godrik Vyrwel, le frère de lord Bryce. « Je ramassais simplement quelque chose ! » L’homme haussa un sourcil. « Tu n’aurais pas le toupet de mentir à l’un de tes seigneurs, maraud ? » Carpas était devenu blanc comme un linge. Ses yeux semblaient sur le point de quitter leur orbite. « Oh... Oh non messire !! Je vous le jure, jamais je n’oserais vous faire offense ! Il faut me croire messire !! » Godrik bomba le torse et sortit les crocs. « Mais c’est qu’il aurait le culot de me donner des ordres cet enfant de putain !!! Attends voir le sort qu’on réserve aux audacieux de ton espèce !! Misérable cloporte !! Ouste ! Ors de ma vue !!! » Son pied vint trouver l’arrière train de Carpas, qui glapit sous la férocité du coup avant de détaler comme un lapin.

Godrik tira sur les pans de son pourpoint afin d’enlever les plis causés par son haussement de jambe. Il jeta alors un regard en direction de la Cachotière.
Bryce avait évoqué la veille sa volonté de parler avec son fils en privé, chose qui n’était pas si surprenant que ça, même s’ils avaient pour habitude d'échafauder leurs mauvais tours à trois. Godrik haussa les épaules, légèrement contrarié d'être mis ainsi à l'écart, puis reprit son chemin.


Emmitouflés dans la pénombre de la pièce, Lancel et Bryce tournèrent simultanément leur regard vers la porte noire, derrière laquelle des cris se faisaient entendre.

"N'était-ce pas là Godrik ?" Lancel chassa d'un geste évasif de la main cette pensée qui lui avait échappée.

"Cela me fait penser... J'ai récemment eu vent de quelques ragots concernant votre frère. Quel était son nom déjà ? Cécil ? Vargal ? Achille ! Je n'arrive pas à me souvenir. Vous savez, celui qui échoua lamentablement dans son apprentissage de mestre. Et bien on dit qu'il trainerait quelque part du côté de Port Réal." Lancel se massa le front, l'air lointain. "Cet énergumène est un véritable déshonneur pour la famille. Je ne comprends pas pourquoi vous semblez tant rechigner à vous en débarrasser. Enfin, il doit sans doute y avoir une bonne raison... Après tout, qui aurait cru que ce bouffon, ce Sire Corbac, se serait révélé aussi utile ? Pas moi c'est certain."
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Mar 14 Mai 2013 - 22:14

Des bruits sourds et des éclats de voix provenaient de derrière la porte, Bryce se retourna dans cette direction pour poser son regard sur l'huis close. Ce n'était pas rare de voir des domestiques tourner en rond non loin de cette pièce, la Vouivre était bien placée pour savoir que la curiosité poussait beaucoup de monde à vouloir mettre son nez dans des affaires pas forcément conseillées. Les serviteurs de Noirvallon étaient normalement assez futés pour comprendre qu'ils avaient tout à gagner à ne pas se montrer trop bravaches, ils étaient aisément remplaçables et les accidents arrivaient rapidement ici. Se contentant de hausser les épaules, le Bieffois reporta son attention sur son fils. Si, il s'agissait effectivement de son frère cadet, certainement qu'il devait avoir trouvé quelqu'un en train de traîner dans le coin. Même si le chevalier ne parlait pas beaucoup, Bryce savait que son cadet n'appréciait jamais d'être exclu des discussions qu'il avait avec Lancel. Cela marquait leur différence et avant que son héritier ne soit en âge de prendre ses responsabilités, c'était Godrik qui servait d'interlocuteur au seigneur de Noirvallon. Mais il s'en remettrait. Bryce ne crachait jamais sur les individus qui s'étaient montrés fidèles. Tout comme il ne pardonnait pas la trahison.

La discussion s'aiguilla alors sur un sujet encore une fois très épineux : Vyrgil. Lancel parlait avec raison lorsqu'il disait que son oncle était un déshonneur pour le nom de Vyrwel, cependant Bryce avait effectivement quelques bonnes raisons de garder son frère en vie. Celui-ci savait pourtant parfaitement que son aîné n'hésiterait pas à se débarrasser de lui s'il avait l'audace – que dis-je, la folie – de médire à leur propos. Il était peureux, mais pas stupide. Vyrgil comprendrait certainement où était son intérêt. La Vouivre hocha la tête sans se départir de son calme, avant d'enchaîner sur un ton plein de réflexion.

« Il s'appelle Vyrgil. Tu as raison, mon cher frère n'est pas digne de porter le nom des Vyrwel et ce n'est pas sans raison qu'il a été envoyé à la citadelle pour laisser son patronyme et sa famille de côté. Mais il a échoué, que veux-tu, il a toujours été très particulier. C'est le moins que l'on puisse dire. Il n'y avait aucune tendresse dans les mots de Bryce.
Vous partagez d'ailleurs de nombreux points communs, je pense notamment à votre goût pour les jeunes demoiselles, s'il n'avait pas été comme toi, il serait certainement mestre à l'heure qu'il est. Comparer Lancel à cet homme ne lui plairait certainement pas, mais c'était une manière de le titiller un peu.
Vyrgil est un poltron, il n'est certainement pas capable de survivre seul dans la nature et il finira peut-être rapidement égorgé dans une ruelle de Port-Réal parce qu'il aura regardé de trop près l'épouse d'un homme jaloux. Mais en attendant, il est aussi intelligent et possède des connaissances très utiles. Il sait confectionner des poisons redoutables et je suis persuadé qu'il peut nous être très utile. Accompagnant ses paroles d'un hochement de tête, Bryce s'approcha de son fils.
Le faire mourir risquerait d'attirer l'attention sur nous. Si le changement d'avis de Mallory n'était connu de personne, nombreux sont ceux qui se doutent que Vyrgil ne partage pas forcément mon avis sur la politique de Noirvallon. Lui faire avoir un accident alors qu'il tenterait de partir d'ici serait un peu trop gros. Pas plus d'un décès par lune. »

Il parlait d'un ton léger, un peu comme si ce sujet n'était pas vraiment important. En vérité, Bryce surveillait étroitement son frère, il savait que Vyrgil connaissait beaucoup de choses sur lui et qu'il pourrait bien causer sa perte. Il avait confectionné le poison qui avait jadis servi à tuer un marchand trop bravache qui s'était établit à Noirvallon, c'était ce qui avait d'ailleurs provoqué sa fuite. Lâche qu'il était. Ce frère l'avait toujours déçu, mais contrairement à l'autre qui avait payé son audace de sa vie, il n'avait jamais émis l'hypothèse de trahir son sang. Même s'il n'était pas avec eux, il n'était pas contre eux et pour le moment, Bryce avait donc décidé de lui laisser la vie sauve.

« Vyrgil est un poltron, il a peur de moi et il sait ce qui l'attend s'il avait l'idiotie de dire quoi que ce soit à mon sujet ou à celui de notre fief. Il tient trop à la vie pour prendre ce risque, du moment qu'il n'est pas contre nous, je ne vois aucune raison de le faire tuer. Tu l'as dis toi-même, il pourra nous servir plus tard. Glissant sa main à sa barbe, il resta quelques instants silencieux avant d'enchaîner.
Vois-tu, avec Corbac je ne savais pas ce que j'allais faire de lui avant que je ne découvre sa particularité. Il faut semer et avoir la patience de laisser pousser avant de vouloir récolter. Bien souvent il te faudra attendre de longues années, c'est bien pour cette raison que je te mets toujours dans des situations où tu dois patienter mon fils. La patience était bien le principal atout de la Vouivre. Celui-ci tourna la tête vers Lancel avant d'enchaîner.
Que ferais-tu Lancel ? Si je n'étais plus là et que Vyrgil commençait à s'agiter, comment agirais-tu pour t'assurer qu'il ne représenterait aucun risque pour notre famille ? Parfois, il faut savoir prendre des risques, mais peut-être ne connais-tu pas assez ton oncle pour cela ? Que ferais-tu si Godrik tentait de prendre ta place mon fils ?»

La question pouvait avoir l'air étrange, Bryce en était conscient, mais il voulait savoir jusqu'à où son fils était prêt à aller. Godrik avait toujours accepté sa place de second de la famille – depuis le départ de Vyrgil du moins, avant il n'était que le troisième – mais c'était une possibilité qui pouvait toujours être envisagée. Bryce avait totalement confiance en son frère, il ne le trahirait jamais, mais avec Lancel la donne serait peut-être changée ? Le jeune homme ignorait encore beaucoup de choses sur Noirvallon, comme notamment le fait que son père se servait de leur bouffon pour le surveiller. Comment réagirait le jeune homme s'il venait à apprendre que son père n'avait pas une totale confiance en lui ? La Vouivre espérait que ce serait bien, il comprendrait que son fils savait que même à ses plus proches parents, l'on ne pouvait pas accorder totalement sa confiance. Mais il ne pouvait pas dévoiler une telle chose, il fallait donc passer par un autre chemin pour obtenir la réponse qu'il convoitait. Un bon manipulateur manipulait tout le monde et sans arrêt. Famille comprise.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 19 Mai 2013 - 12:43


Le Père sème, le Fils récolte.


A nouveau, il écouta Bryce se moquer de son impudence envers la gente féminine. A nouveau, il sentit sa colère et sa frustration monter en lui. Mais pour la première fois au cours de cette discussion, Lancel conserva le silence. Pire, son visage ne contracta pas une ride, pas un seul haussement de sourcil ni aucune autre réaction traîtresse du genre, rien. Il n'était plus question de s'emporter ou de laisser libre court à ses jérémiades enfantines. Lancel en avait assez fait pour aujourd'hui, et il le savait.
Les noirceurs assombrissaient son regard, rivé sur Bryce. Il admirait son père. Cette façon qu'il avait d'observer le monde qui l'entourait avec hauteur et détachement, comme seuls les Rois savaient le faire. Les Grands Rois.
Comment ce dernier faisait-il donc pour ne jamais fléchir ? Comment parvenait-il à garder son sang froid en n'importe quelle circonstance, face à n'importe qui ? Son masque de marbre à lui se fissurait tout le temps, jalousa Lancel. La faute à cette rage qui grondait en son sein, jour après jour, nuit après nuit. Ce ressentiment si fort, semblant inépuisable. Il en regorgeait à foison, elle coulait dans ses veines, roulait sur sa langue, fourmillait dans ses doigts. Bien entendu, la Colère avait ses bons et ses mauvais côtés. Elle rendait la nourriture fade mais les victoires délicieuses, les nuits agitées mais la vigueur abondante. Son père ressentait-il la même chose ? Lancel n'aurait su le dire, mais il décida de ranger ses sombres pensées un instant pour mieux écouter ce que Bryce avait à lui raconter.
C'est avec une placidité exemplaire qu'il avala les maigres informations partagées au sujet de ce prétendu oncle, ce Vyrgil. Un poltron, disait Bryce. Un poltron particulier qui pouvait néanmoins s'avérer utile. Lancel restait sceptique. Cette première explication lui semblait quelque peu bancale. La seconde eut tôt fait de s'avérer nettement plus convaincante.
La mort de Vyrgil était susceptible d'attirer les suspicions, déjà nombreuses à leur sujet. Elle risquait de se transformer en opportunité de choix pour leurs ennemis, qui n'attendaient qu'un seul faux pas de leur part pour les abattre comme des chiens.
Lancel se contenta d'un hochement de tête entendu: "Pas plus d'un décès par lune."
L'héritier de Noirvallon se dirigea alors vers la carafe de vin, posée sur la table principale au bout d'une carte écornée, afin d'éviter à celle-ci de se replier. Il s'empara au passage de deux timbales en étain puis entreprit de les remplir tout en décortiquant les questions que son père venait de lui poser.
Bryce mettait régulièrement son fils à l'épreuve. La plupart des situations évoquées impliquaient l'assassinat d'un ennemi ou le sacrifice d'un proche, très souvent les deux. Pourtant, jamais quelqu'un comme Godrik n'avait encore été soumis à ce genre de test. Lancel sut d'instinct qu'il ne devait pas répondre à la légère.
Il reposa lentement la carafe, prit délicatement les deux timbales, se retourna calmement puis se dirigea d'un pas ferme vers Bryce. Le vin était un bon moyen pour gagner du temps et grappiller la moindre seconde qui saurait parfaire sa réponse. Il tendit finalement une des timbales à l'attention de son père, un sourire en coin.

"Dois-je comprendre qu'il serait dans mes intérêts de mieux connaître oncle Godrik et ses perspectives d'avenir pour Noirvallon ? Ou prétendez-vous que je ne serai jamais assez digne de son allégeance ?" Il but un gorgée de vin, plus pour humidifier ses lèvres sèches que par véritable soif. "Prendre ma place... " Lancel ricana. "Je ne sais peut-être pas quel genre d'homme est oncle Godrik, mais je suis certain de ce qu'il n'est pas. Un traître ambitieux." Il tourna le dos à Bryce et retourna s'asseoir. " Ses belles années sont derrière lui, il n'a aucune fille, aucune fils et refuse catégoriquement de se remarier." Accoudé sur sa chaise, la tête négligemment posée contre son poing, il prit le temps de regarder son père droit dans les yeux. " Il n'envisage pas de prendre un jour le pouvoir. " Le silence se posa et ses paroles s'arrosèrent d'insolence. "Vous le savez, je le sais." A nouveau le silence, oppressant, tendu, électrique. "Néanmoins, si les choses venaient à évoluer, je ferai en sorte d'accuser... Vermil, de tentative d'assassinat à mon égard. Il suffit d'un témoin... Pourquoi pas une putain ? A ce qu'on raconte, Vigile a l'entre-jambes qui frétille plutôt rapidement." Le culot n'était pas une qualité dont manquait Lancel. "Elles n'appartiennent pas à la caste de la société la plus difficile à soudoyer. Et si cela ne suffit pas, je fabriquerai une preuve." L'idée qui venait de lui traverser la tête sembla le ravir. "C'est un mestre, il en sait autant sur les potions de guérison que sur les poisons. Je pourrais lui demander de me confectionner l'un d'entre eux. Puis j'attendrai le moment où il viendrait me le remettre pour l'arrêter." Lancel prit alors soin d'expliquer toute la sournoiserie de son plan. "Voyez-vous, la légèreté de mes mœurs a de bon que personne ne saurait remettre en doute ma possible relation avec cette même putain. La suite de l'histoire s'écrit d'elle-même. Éprise d'une grande affection pour mes atours charmeurs et la rondeur de... Ma... Ma bourse. Hum. Nul doute qu'elle se serait alors empressée de m'avertir des vilenies fomentées par ce prétendu oncle! Avec un peu de chance, il demandera un duel judiciaire." Le sourire de Lancel s'élargit."Un Chevalier de l'Esprit contre un Chevalier tout court, je crains que les statistiques ne jouent en sa défaveur. Et s'il désire recourir à un champion, je pourrai toujours choisir Godrik pour me représenter. Si je perds, Godrik trépasse, si je gagne, Veragil pourrit dans mes geôles. Dans tous les cas, je suis gagnant."
Lancel attendit une réaction de la part de son géniteur. Mais devant son mutisme prolongé, il ne put s'empêcher de rajouter: "Ma réponse vous satisfait-elle, père ?" Il porta son regard sur le dos de sa main et fit mine d'observer la longueur de ses ongles. "Si oui, j'aimerais que nous convenions d'une date pour mon départ vers les Terres de l'Orage au plus vite." La fougue de son jeune âge parlait pour lui. Mais Lancel n'en pouvait plus d'attendre, il souhaitait faire ses preuves. "Il faut également que je passe un coup de rasoir sur cette barbe et que je raccourcisse mes cheveux." Il sembla nécessaire à Lancel de justifier ses propos par une citation de son paternel. " Car la première impression est la plus forte. Et nous n'aurons jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. "

Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Sam 25 Mai 2013 - 11:38

Bryce restait silencieux, regardant son fils avec attention. Il s'éloigna pour s'approche de la table située non loin de là afin de se servir un peu de vin. L'argent manquait désormais à Noirvallon, avec amertume le seigneur des lieux songea qu'il allait devoir diminuer les dépenses liées au confort. Oublié le bon vin de La Treille, ils allaient devoir se tourner vers des dérivés beaucoup moins coûteux, mais surtout pas celui de Dorne. Même aux portes de la ruine, le Bieffois refuserait d'avaler quoi que ce soit qui provenait de cette région. Il était inutile de dire que bien souvent, ces décisions dégarnissaient grandement leur table. Les agrumes du désert ne trouvaient jamais leur place à la table de Bryce, pas plus qu'à celle du moindre Vyrwel qui soit.

Le silence était toujours présent, mais guère pensant. Lorsqu'il se trouvait avec son fils, le seigneur de Noirvallon ne se sentait jamais mal à l'aise. En réalité, Bryce ne se sentait même pas mal à l'aise dans une situation qui gênerait n'importe qui : il en fallait beaucoup pour faire rougir une Vouivre, peut-être en l'éclaboussant de sang, mais difficilement autrement. C'était un fait, le Vyrwel ne se sentait jamais mal à l'aise et il attendait patiemment de voir ce que son fils allait faire, d'entendre ce qu'il allait lui répondre et de pouvoir se réjouir. Ou non. Mais Lancel n'était pas n'importe qui, il était le futur seigneur des lieux et Bryce ne doutait pas une seule seconde qu'il serait à la hauteur de ses attentes. Sinon, cela ferait belle lurette que la Vouivre se serait désintéressée de sa progéniture pour se concentrer sur quelqu'un d'autre.

Lorsque le jeune homme s'approcha de lui, le Bieffois attrapa la coupe qui lui fut tendue, restant toujours obstinément silencieux face à son fils. Ce dernier répondit enfin, posant une question rhétorique qui ne provoqua rien de plus qu'un simple regard appuyé chez son géniteur. Être digne de la confiance d'un homme était bien relatif. Godrik savait où était sa place, tout comme il comprenait déjà que ce serait son devoir que de soutenir son neveu comme il avait soutenu son frère aîné. C'était sans compter que le chevalier n'avait jamais aspiré à être à la place du chef, il préférait exécuter que décider, c'était bien pour cette raison que leur collaboration fonctionnait si bien. Lancel montra qu'il le savait parfaitement en déclarant que son oncle n'était pas homme à trahir sa famille et que si l'idée de le faire pouvait le séduire, qu'il n'aurait rien à y gagner. C'était un fait. Sans femme ni enfant, Godrik n'aurait personne à qui confier son pouvoir lorsqu'il serait trop vieux et sachant que Bryce ne comptait pas disparaître demain, il risquait d'être déjà bien âgé le jour où Lancel deviendrait le nouveau seigneur de Noirvallon. L'ambition coulait dans les veines des Vyrwel, mais elle était davantage présente dans celle des héritiers. Ils le savaient tous les deux c'était un fait.

Suite à cela, Lancel répondit à la question de son père concernant les choix qu'il ferait s'il devait prendre les choses en main. Le visage de Bryce resta parfaitement neutre alors qu'il écoutait ce que son fils lui expliquait, ne souhaitant guère l'informer de tout ce qu'il pensait de cela avant que le jeune homme n'eut dit tout ce qu'il avait en tête. Ce ne fut que lorsque celui-ci la cita que le seigneur des lieux se dérida un peu. Il hocha la tête avant de boire à son tour, imitant son fils qui avait tardé à lui répondre quelques instants plus tôt. Après une poignée de secondes, le Bieffois plongea son regard dans celui de son héritier pour répondre d'un ton calme.

« Je suis satisfait oui. Tu connais bien Godrik, tu as parfaitement raison, il n'aura jamais l'idée de te trahir. Ce n'est pas un homme de pouvoir, il préfère obéir que donner les ordres, mais il n'obéira qu'à un homme qu'il respecte et qu'il estime suffisamment doué pour diriger Noirvallon. Je t'apprends tout ce que je sais et je ne doute pas une seule seconde que tu seras à la hauteur. Une manière de lui rappeler qu'il ne devait pas uniquement séduire son père par ses actions, mais aussi toute la maisonnée Vyrwel.
Utiliser les catins est une bonne chose, mais fais tout de même attention, les gens dont la fidélité est à acheter ne sont pas fiables. Un peu comme les épouses, tu ne les connais pas suffisamment et même si je ne doute pas que tu connaîtras bien ta fameuse prostituée, elle pourrait te tourner le dos pour quelqu'un avec une bourse plus ronde. Les femmes ne sont pas très dignes de confiance, veille à ce qu'aucune d'elle ne sonne ta perte mon fils. Je crois que c'est ta plus grande faiblesse. Elles pourraient te jouer des tours, tout comme à Vyrgil. »

Avec un tel discours, l'on pouvait imaginer que Bryce n'était pas satisfait de son fils, pourtant c'était tout le contraire ! Sincèrement, la Vouivre avait apprécié la réponse de son héritier, mais il tenait à lui rappeler que les femmes pouvaient être de véritables vipères. Ce n'était pas pour rien que le Bieffois avait toujours été très méfiant à l'égard des donzelles qui s'approchaient de Lancel, non par paternalisme, mais parce qu'il craignait qu'un jour le jeune chevalier ne fasse plus parler son entrejambe que son cerveau. Oh, il était assez intelligent pour s'en rendre compte, mais il était bon de se faire rappeler ses faiblesses de temps en temps.

« Enfin, quoi qu'il en soit, tu gagnerais beaucoup à apprendre un peu à connaître Vyrgil. Il a de nombreuses faiblesses et il faut l'effrayer pour qu'il n'ouvre jamais la bouche. Il ne te connaît pas vraiment, tu pourrais jouer de cet avantage pour te rapprocher de lui. C'est un excellent herboriste si l'on peut l'appeler de la sorte, il m'a déjà confectionné des poisons intéressants, mais en apprenant pour quoi je m'en servais, il a pris la fuite. Un léger rire se fit entendre.
Il a toujours été très naïf, s'il te sait différent de moi, tu pourrais l'appâter et l'intéresser. Avoir un mestre déchu à son service est toujours une occasion unique. Il soupira légèrement, buvant une fois de plus avant de changer de sujet.
Ton départ peut se faire dans la décade. Je resterais à Noirvallon pendant un bon moment, ta présence ici n'est donc pas indispensable. Le temps que tu te prépares et que tes affaires soient emballées, tu pourras prendre la route. Autant profiter de l'absence d'une partie des seigneurs du coin pour aller du côté de l'Orage, plus tard ils seront au courant, mieux ce sera pour nous. Il faisait bien entendu référence aux seigneurs actuellement à la guerre.
Même si tu te présenteras comme n'étant plus lié à mes convictions, je pense qu'il serait bon que tu apportes quelques petits présents. Pas forcément des choses très coûteuses, nous n'en avons plus les moyens, mais arriver avec une petite offrande ne pourra que te donner un coup de pouce. Nous avons quelques réserves de côté pour les mauvais jours, je te la confierai. Ce sera notre investissement dans ton avenir mon fils ! Un investissement coûteux à n'en pas douter.
As-tu déjà quelques idées sur les exigences que tu auras pour ta future épouse ? »

Bryce avait décidé seule de la première épouse de son fils, cette fois-ci il avait le droit de prendre part à cette décision. La preuve qu'il commençait à le prendre pour son égal, ou simplement le désir de savoir ce que son héritier attendait d'une épouse ? Nul doute qu'ils partageaient presque la même vision des femmes, sauf que Lancel appréciait visiblement plus leur présence que son géniteur. Au grand dam de la pauvre Mallory.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 26 Mai 2013 - 19:36


Le Père sème, le Fils récolte.


Lancel se retint de grogner. Une épouse, cela signifiait une seule et même femme pour accompagner chacune de ses nuits. Il avait beau se le répéter encore et encore, l'idée lui restait toujours aussi indigeste.
"Pourquoi pas en choisir une dépourvue de jalousie ?" Lancel lâcha un ricanement cynique et détourna son regard de Bryce pour mieux fixer le fond de sa timbale. Le silence se posa tandis que Lancel prenait grand soin de choisir ses mots, toujours aussi peu désireux de contrarier son père.
"Pensez-vous sincèrement qu'il soit si urgent de me remarier ?" Tout bien réfléchi, il ne voulait pas entendre la réponse à cette question. "Je veux dire... J'ai Ethan, j'ai assuré ma succession." Sa voix s'imbiba d'une légère irritation. "Bien sûr, nous ne sommes pas à l'abri d'un énième malheur, je suis conscient que l'Etranger pourrait décider à tout moment de me l'arracher." Lancel se massa le front. " Mais si ce n'est pas une question de descendance..." Ne restait alors plus qu'une seule possibilité. "Il s'agit dans ce cas d'alliance... Bien entendu." Il leva à nouveau ses yeux vers Bryce. "Une fois que nous saurons qui sont les traitres, nous devrons nous focaliser sur la formation de nouvelles alliances. " Le sourire de Lancel s'élargit." Et nous commencerons avec mon mariage."
Bryce ne perdait décidément jamais le Nord. Sans doute voulait-il convenir dès à présent du nom de sa futur épouse afin de pouvoir "préparer le terrain", pendant le voyage de Lancel sur les Terres de l'Orage.

Le père sème, le fils récolte.

L'héritier de Noirvallon s'enfonça dans sa chaise et plissa les yeux. "Pourquoi pas la jeune soeur du lord Hightower ? Valencia, si je ne m'abuse." Etrange comment Lancel parvenait à se remémorer plus facilement les prénoms féminins que masculins. Le sourire sadique, il se permit de préciser: "Une délicieuse personne à ce qu'on raconte, quoiqu'un peu frigide. Heureusement, c'est une chose à laquelle j'ai l'habitude de me heurter et qui ne m'a pas souvent arrêté." Voyant que son humour n'était pas au goût de Bryce, Lancel reprit son sérieux: " Vous qui semblez apprécier son frère, cette alliance pourrait être de bon augure." Il sembla réfléchir un court instant et ses sourcils se froncèrent légèrement sous l'effort. "Vous avez dit qu'il était un partisan des Targaryen. Vous avez également rajouté qu'il ne souhaitait pas nous voir du côté de ses ennemis. Cela sous-entend une neutralité à notre égard. Mais les neutralités sont faites pour être bouleversées, n'est-ce pas ?" Lancel afficha alors un sourire carnassier. "Peut-être pourrions-nous attirer les bonnes grâces du lord Hightower en exauçant une de ses faveurs ? Si seulement nous savions quelles épines gangrènent son pied, nous pourrions nous improviser son aiguille salvatrice... " Peut-être Bryce savait-il quels problèmes rencontrait dernièrement Clarence Hightower. "Dans le cas contraire, l'unique moyen d'être le remède approprié à une maladie... Est de déclencher nous-mêmes cette maladie."

Tandis qu'il réfléchissait à d'autres potentielles candidates, une image fugace traversa son esprit malgré lui. Elle ? Impossible. Lancel n'aurait su dire pourquoi il l'avait envisagée. Enfin, il ne l'avait pas vraiment envisagée, il s'était simplement contenté d'énumérer les beautés que comptait le Bief. Rien de plus. N'est-ce pas ? Lancel était confus. Cette femme ne correspondait clairement pas au profil que lui et son père se faisaient de sa future épouse. Elle avait ce regard vif et illuminé dont seuls les idéalistes osent se targuer. L'idée que s'en faisait Lancel était conforté par son célibat renforcé. Encore une de ces femmes qui se voulait indépendante, rien que ça ! pensa Lancel, l'air mauvais.
Mais cette manière audacieuse qu'elle avait de soutenir avec insistance les regards, cette froideur intelligente qui avait marqué chacune de ses paroles, cette répartie cinglante, piquante, et ces courbes... Dieux ces courbes ! "Comment s'appelait ce jeune chevalier avec lequel vous avez conversé lors du tournoi de Cendregué ?" Il fit mine de réfléchir. "Je crois bien que c'était un Florent." Sa mâchoire se contracta légèrement. "Ces gens-là ne figurent pas parmi nos plus grands admirateurs." Lancel haussa les sourcils, l'air de rien. " Mais ils ont une fille, enfin, une vieille fille. Elle n'a jamais été mariée. Ce n'est sans doute pas un cadeau." Alors pourquoi Lancel avait-il pris la peine de la citer ? Ce dernier n'aurait su l'expliquer et préféra donc relancer la discussion sans trop s'attarder sur le sujet. "Vous aviez d'autres noms en tête ? "


Dernière édition par Lancel Vyrwel le Lun 27 Mai 2013 - 16:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Lun 27 Mai 2013 - 11:58

La jalousie était un sentiment que Bryce ne tolérait pas. Il se moquait éperdument que son fils soit amateur de demoiselles et qu'il passe davantage de temps dans les bras – ou plutôt entre les cuisses – d'autres jeunes femmes que son épouse, du moment qu'il assumait son devoir d'héritier, le reste importait peu à la Vouivre. Lui-même n'avait jamais donné de raison à sa femme d'éprouver de la jalousie, il voyait le sexe faible uniquement comme un moyen de perpétrer son nom et le reste ne l'intéressait pas réellement. Une chose était sûre : Lancel n'avait pas hérité son côté volage de son géniteur. Le regard de Bryce était fixé sur le visage de son fils alors que celui-ci laissait planer quelques instants de silence certainement pour organiser ses pensées. Ce n'était pas très surprenant qu'il essaye d'échapper à un nouveau mariage, le seigneur de Noirvallon imaginait aisément son aîné se satisfaire du fait d'avoir un héritier et aller chercher l'amour d'une femme auprès d'une paysanne du coin, mais cela ne se passerait pas ainsi. Les alliances entre maisons étaient importantes, surtout dans le cas présent, Lancel était un très bon parti si l'on occultait la déchéance de la maison Vyrwel, il serait donc plus que dommage de ne pas en profiter. L'enchaînement des pensées du jeune homme le mena rapidement à la raison qui poussait Bryce à vouloir remarier son fils et celui-ci hocha la tête avant de confirmer les pensées de son héritier.

« À mes yeux les femmes n'ont que deux utilités : offrir un héritier à leur époux et permettre de forger des alliances avec d'autres maisons. La jalousie ne leur est pas autorisée, tu seras le chef de famille un jour et ton épouse te devra le respect, qu'elle ne supporte pas de te voir aller ailleurs est totalement égal, elle n'aura pas le choix de toute manière. Ces paroles montraient clairement la manière dont Bryce percevait les femmes. Tout comme Lancel, il ne les respectait pas, mais les deux hommes le faisaient de manière bien différente.
Le seul intérêt de ton mariage sera de forger une nouvelle alliance comme tu l'as deviné. Si Godrik a pu se permettre de rester célibataire, l'héritier lui ne le peut. Considère simplement que ce sera un exercice pour t'attaquer aux seigneurs des maisons qui te seront hostiles. Charmer une épouse ne devrait pas être trop difficile pour toi j'imagine ? »

Il était vrai que s'ils choisissaient une maison neutre ou loyaliste, Lancel allait devoir jouer la comédie jusqu'à dans son lit, mais Bryce avait confiance en lui, son fils s'en tirerait sans problème, il n'en doutait pas une seule seconde. Puis s'il n'arrivait pas à convaincre une femme, cela leur indiquerait peut-être que finalement, le jeune homme n'était pas encore prêt à braver les seigneurs de maisons importantes.
Lancel enchaîna en proposant quelques personnes, la jeune sœur de lord Hightower. Bryce la situait parfaitement, il était vrai qu'elle pouvait être un parti très intéressant, mais le seigneur ne doutait pas une seule seconde qu'elle soit déjà très courtisée par d'autres seigneurs mieux placés qu'eux. De plus, pour s'être déjà renseigné sur elle, la Vouivre savait que cette donzelle était extrêmement pieuse et bien que Lancel lui aussi était très axé sur le pieu, ce n'était pas vraiment le même. À n'en pas douter, elle ne tolérerait pas qu'il aille voir ailleurs et ne respecte pas ses vœux de chevalier, il était plus que probable que leur union tournerait rapidement au vinaigre. Et en amateur de bon vin, Bryce ne pouvait envisager de laisser un bon cru devenir aussi aigre. Il y avait plusieurs possibilités qui s'offraient à eux, surtout que lord Hightower avait encore une sœur cadette, mais étrangement Bryce doutait que l'amabilité du seigneur de Villevieille puisse aller jusqu'à donner l'une de ses sœurs en épousailles à un rebelle notoire. Même si certaines des paroles prononcées lors de leur entretien avaient laissé entendre que ce n'était pas totalement impossible. L'homme restait silencieux tout en réfléchissant aux idées avancées par son héritier jusqu'à ce que celui-ci aborde le sujet des Florent. Une légère expression contrariée passa sur le visage du seigneur de Noirvallon qui laissa toutefois son fils terminer sa réplique avant de répondre à son tour.

« Je n'ai pas rencontré de Florent au tournoi de Cendregué, j'y ai rencontré un Trant, mais j'ai croisé la dame dont tu me parles à Murs-Blancs. C'est d'ailleurs elle qui est allée offrir l'aide de ses gardes au Freuxsanglant et qui a dansé à collet serré avec ce Ferboys. Elle avait l'air particulièrement sensible à ses.... charmes et s'est même laissée inviter par un chevalier errant à l'apparence quelque peu miteuse. Bryce annonçait la couleur avant d'en rajouter une couche.
J'ajoute à cela que les Florent ne nous ont jamais porté dans leur cœur, que cette dame semble s'intéresser de très près aux étrangers et qu'elle a un besoin de liberté qui frôle l'indécence. Je ne doute pas une seule seconde que si tu épousais cette femme, elle ne prendrait même pas la peine de te demander l'autorisation de voyager. Je me demande même si elle ne serait pas capable de te ramener un bâtard un beau jour, es-tu sûr de vouloir épouser une femme qui pourrait imiter ton infidélité ? »

Le ton était quelque peu amusé, bizarrement il était presque persuadé que cette idée n'allait pas enchanter son fils : il devait aimer aller voir ailleurs, mais il était peu probable qu'il tolère que son épouse puisse écarter les cuisses pour un autre que lui. Bryce médisait sur la jeune dame, il ne la connaissait pas réellement et ignorait si elle agirait de la sorte, mais elle semblait être une femme très libérée comparée à celles que l'homme ciblaient pour son fils, il n'apprécierait pas grandement de voir cette femme entrer dans leur famille.

« Les Hightower sont effectivement très intéressants, mais je sais que lady Valencia est une femme très pieuse et pas uniquement frigide, je doute qu'elle voit d'un très bon œil que tu ailles voir ailleurs et que tu ne respectes pas parfaitement tes vœux de chevalier. Cela dit, ce serait une excellente idée pour montrer que tu souhaites changer de comportement, mais j'ai comme un doute quant à ta capacité à rester fidèle. Une légère pique un peu provocante avant qu'il ne poursuive.
Lord Hightower a une autre sœur, Victoria si je me souviens bien, elle pourrait faire l'affaire, mais dans notre position actuelle je doute que nous puissions prétendre à épouser quelqu'un de son rang. Elles doivent avoir de nombreuses demandes, le mieux serait peut-être que tu te rendes à Villevieille un jour pour t'entretenir avec lord Hightower et que tu lui demandes des conseils sur le changement de cap de sa famille. Après tout, ils étaient partisans des Feunoyr à Herberouge. C'était même là le sujet de sa discussion avec le seigneur de Villevieille.
Je n'avais que quelques brèves idées, rien de bien poussé, la maison Hightower est bien entendu la première sur ma liste, mais il faudra certainement revoir nos désirs un peu à la baisse. Je devrais peut-être me pencher davantage sur les maisons du Conflans et voir lesquelles ont des filles à marier. Il posa sa coupe à ses côtés avant de croiser ses mains.
Lorsque tu me parlais de déclencher un problème que nous pourrions régler, songeais-tu à quelque chose de précis ? Nous pourrions toujours utiliser les liens avec la famille de ta mère, après tout, les Costayne sont les vassaux des Hightower, mais je ne sais pas s'il y a grand-chose à tirer de ce côté-là. Peut-être pourrions-nous nous servir de ton oncle Vyrgil ? Après tout, il a été à la citadelle des mestres de Villevieille pendant longtemps et à son retour ici, il n'a pas hésité à confectionner quelques poisons.... »

Cela ferait d'une pierre deux coups : dénoncer Vyrgil comme quelqu'un de dangereux et montrer à lord Hightower qu'ils étaient désireux d'avoir de bons liens avec eux, mais c'était aussi prendre le risque de voir son frère tout avouer. Ce n'était pas une excellente idée, il faudrait certainement faire taire définitivement Vyrgil s'ils exploitaient cette idée, mais Bryce espérait encore se servir de lui un jour : mieux valait donc trouver une autre idée pour le moment.


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 5 Juil 2013 - 16:09


Le Père sème, le Fils récolte.


Lancel n'apprécia guère la façon dont son père parla d'Alysanne Florent. Il n'aurait su dire pourquoi, mais cela ne lui plaisait pas. D'ailleurs, ses sourcils broussailleux ne mirent pas longtemps avant de s'unir en un seul trait désapprobateur. Ses yeux perçants brillèrent un court instant d'une lueur assassine. En son sein un léger grondement se fit ressentir. Cette sensation lui était familière et propre aux entretiens qu'il avait avec son père. Un goût amer et désagréable vint soudainement imprégner son palais, l'envahissant lentement, puis finalement engloutit toute autre sensation. C'était une saveur complexe, qui mêlait la honte d'avoir osé prononcé des paroles aussi stupides, à la rage d'entendre son père le lui faire remarquer. Par tous les dieux qu'il était agaçant de le voir piétiner votre égo avec son stoïcisme inébranlable et ses mots bien trouvés !

L'héritier de Noirvallon se laissa glisser encore un peu sur sa chaise, rendant sa position avachie à la limite de l'inconfortable. Il donnait l'impression de vouloir disparaître sous la nappe d'une table qui n'existait pas. Ses nombreuses bagues valsaient au rythme du pianotage qu'exerçait ses doigts contre l'accoudoir, trahissant son agacement.
Son père avait raison, comme d'habitude. Mais parfois, Lancel ne parvenait tout simplement pas à contenir ses ardeurs. La faute à son jeune âge, sans doute. Intuitivement Lancel pensa à sortir sa pipe, son remède miracle contre ses pulsions primales. Bien sûr, c'était sans compter sur Bryce qui détestait cette pratique, la considérant comme une faiblesse d'esprit chez son fils.
Vraiment, Lancel commençait à trouver cette discussion anormalement longue et éprouvante. Ses pensées s'éparpillaient malgré lui tandis que Bryce continuait d'énumérer ses potentielles épouses.
En certaines occasions, Lancel avait le chic pour se comporter comme une véritable enfant. Il taisait ses ronchonnements par peur d'attirer le courroux de la Vouivre, mais il ne pouvait empêcher son esprit de s'évader lorsque les sujets abordés le dérangeaient. Il rêvait très souvent des mêmes choses. On retrouvait les batailles épiques menées contre Dorne et ses sauvages, d'où il ressortait toujours vainqueur, sa main empoignant fermement la tête décapitée de celui qui avait osé souiller l'honneur des Vyrwel. Et ses bonnes gens de crier "Gloire et Sang! Gloire et Sang pour notre grand seigneur !". Il y avait aussi ce rêve cocasse, dans lequel il se retrouvait entièrement nu avec une fraise coincée entre les fesses. Il tentait alors de courir pour échapper au marchand de fruits qui le poursuivait, sa main brandissant une étrange épée à la lame courbée. Lancel avec bien pensé à tout simplement retirer la fraise, mais sans succès. Une sorcellerie des plus obscures semblait vouloir la laisser collée à son postérieur. Sans comprendre pourquoi, il hurlait alors "Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas moi qui ait volé la fraise du marchand !". En y repensant, ce rêve laissait Lancel perplexe. Enfin, ce n'était qu'un songe parmi tant d'autres, et les autres tournaient très souvent autour de la même chose: une ferme et rondelette paire de seins.  

Le jeune homme laissa s'échapper un soupir emprunt d'une certaine nostalgie. Pendant ce temps, des bribes de phrases lui parvenaient de manière aléatoire, juste assez pour lui permettre de suivre le sujet sous pour autant s'attarder sur les détails dépourvus d'intérêt. L'intonation nouvelle de Bryce était sans équivoque, ce dernier attendait une réponse de la part de son fils. Légèrement exaspéré, Lancel fit un vague geste de la main pour imager son désintérêt.
"Non, je n'ai pas d'idée. Et pour tout vous dire, je n'ai pas vraiment envie de me creuser la tête pour trouver un nouveau boulet qui scierait à mon pied. Vous me connaissez mieux que quiconque. La première épouse que vous m'avez trouvé a su me donner un fils qui présage d'être un bon héritier. La seconde n'aura qu'à me fournir une fille point trop vilaine pour pouvoir envisager une alliance avec des maisons notables. Je suis sûr que vous saurez trouver la femme idéale, une seconde fois." Malgré le cynisme de ses paroles, Lancel ne pensait pas moins ce qu'il venait de déclarer.
"Vous savez que ce sujet me déplaît fortement." Avant que son père ne puisse rétorquer quoique ce soit de désobligeant, Lancel rajouta :"Je suis parfaitement au courant des obligations qui incombent à l'élite de mon rang." Modestie quand tu nous tiens ! "Mon remariage est inéluctable... Mais comme mes choix ne semblent pas faire l'unanimité, Peut-être pourrions-nous rediscuter de ce sujet une fois votre dévolu jeté sur un choix plus restreint de prétendantes ? J'aimerais ne plus avoir à me ridiculiser devant vous en évoquant le nom d'une femme si éloignée des principes chers à notre famille." Le jeune homme leva les yeux vers Bryce " S'il vous plaît, père."


Dernière édition par Lancel Vyrwel le Sam 6 Juil 2013 - 15:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Bryce Vyrwel
Noble

Général

Seigneur de Noirvallon

♦ Missives : 858
♦ Missives Aventure : 71
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
494/500  (494/500)


Message Sam 6 Juil 2013 - 12:55

Bryce avait bien remarqué que son fils était irrité, c'était une expression qu'il avait déjà bien trop aperçue pour ne pas l'identifier. C'était toujours avec un sincère amusement qu'il notait ce genre de choses : voir que son héritier réagissait encore avec autant d'impulsivité à ses piques le rassurait et l'amusait à la fois. Le seigneur de Noirvallon savait effectivement que son fils avait encore beaucoup à apprendre et surtout, qu'il ne le dépassait pas encore. Un jour certainement, mais pas encore.

Contemplant son fils avec un sérieux non feint, le Vyrwel l'écouta parler d'un ton acerbe : visiblement l'idée de se remarier ne l'enchantait absolument pas. Ce n'était pas si surprenant, connaissant Lancel comme il le connaissait, Bryce savait que le jeune homme devait largement préférer la compagnie de demoiselles qui ne porteraient pas le même patronyme que lui. Les femmes finiraient pas causer sa perte, c'était ce que le chef de famille avait pensé dès la première fois où il avait vu le regard de son aîné s'attarder sur les courbes d'une jolie donzelle. À trop en vouloir, il finirait par se faire rouler dans la farine. Avoir une telle dépendance était forcément mauvais, pour Bryce il s'agissait de sa haine envers les Dorniens – et plus particulièrement les Uller – pour Lancel il s'agissait des jolies jeunes femmes. Au moins l'avantage avec la Némésis de Bryce, c'était qu'il ne fallait pas s'attendre à autre chose qu'à de l'hostilité tandis que les femmes jouaient bien souvent un double jeu. Manipulateur manipulé, voilà ce qu'il risquait d'y avoir comme avenir pour Lancel s'il ne finissait pas par ouvrir plus grand les yeux.

Malgré tout cela, Bryce ne cessait de voir son fils comme le meilleur espoir de leur maison : il savait ce qu'il valait et l'acceptait avec ses forces et ses faiblesses. Il ne servait à rien de vouloir camoufler ses défauts, mieux valait les mettre à jour pour pousser Lancel à les faire disparaître. Le meilleur moyen d'éduquer un enfant n'était pas de le caresser dans le sens du poil, mais bel et bien de lui donner une tape sur le museau à chaque faute. Le seigneur de Noirvallon l'avait expérimenté avec son aîné et le résultat était largement à la hauteur de ses attentes. Lancel commença à gronder en montrant les dents, signe évident qu'il n'avait pas vraiment apprécié les remarques de son père et que ce sujet commençait à lui peser. Cette manifestation montrait qu'il était temps de mettre fin à la discussion pour la reprendre dans quelques jours, histoire de laisser le temps au Vyrwel de réfléchir à tout ceci. Posant ses yeux sur le visage du jeune homme Bryce esquissa un sourire. Ce n'était pas par amusement, ni par attendrissement, mais simplement pour prévenir d'une pique très proche.

« Lorsque tu es grognon de la sorte Lancel, tu me fais penser au gamin boudiné que tu étais jadis. J'espère qu'il n'en sera pas de même pour les dames que tu courtiseras, je crains sinon que cela ne réduise sensiblement tes talents de séducteur. Le sourire du père resta gravé sur ses lèvres alors qu'il dévisageait son fils.
Je vais me charger de trouver quelques partis intéressants dont nous débattrons à ton prochain passage ici. Tu n'as aucune raison de t'en faire, j'ai toujours choisi le mieux pour toi et si je te propose des noms, tu pourras être certain qu'elles seront parfaites pour ton avenir. Mais pour lui ? Était-ce aussi le cas ? En général Bryce veillait aux intérêts des Vyrwel avant ceux d'une seule personne, mais là c'était un peu différent.
Et n'ait crainte, je te trouverai une femme qui ne soit pas trop jalouse, j'ose à peine imaginer la scène de ménage que cela donnerait si elle venait de chercher dans la grange où tu t'amuses avec les fermières du coin. Le ton était désapprobateur, Bryce n'avait jamais aimé l'idée de savoir son fils en train de fricoter avec de simples paysannes, mais il n'avait jamais rien critiqué ouvertement cela dit. Balayant le sujet d'un geste de la main, le seigneur des lieux se contenta d'une dernière réplique pour clore la discussion.
Et ne sois pas sot, tu sais bien que si tes paroles te ridiculisaient sans cesse, je ne perdrais pas mon temps à discuter avec toi et tu apprendrais le nom de ton épouse la veille de ton mariage. Il en serait parfaitement capable par ailleurs. Pivotant sur lui-même, l'homme tourna le dos à son héritier.
À présent, je crois que nous avons tous les deux fort à faire. »

C'était la fin de leur discussion. Bryce avait été relativement dur avec Lancel et pas forcément très compatissant ou « paternel » comme certains l'étaient, mais c'était un duo qui fonctionnait parfaitement entre eux. Pourtant, le seigneur des lieux savait parfaitement que ce n'était pas une entente aisée à obtenir, il l'avait vu avec deux de ses frères et l'un de ses fils. Ils avaient dû être sacrifiés pour le bien de leur maison et à ce jour, la Vouivre ne regrettait rien. Lancel avait beau subir les « humeurs » et les remarques acerbes de son géniteur, il n'en savait pas moins que celui-ci agissait de la sorte pour leur propre bien à tous. Il avait voulu un fanatique pour suivre ses traces et considérait y être arrivé. À Westeros, beaucoup trop de maisons perdaient leur grandeur, car elles faisaient passer l'intérêt personnel avant le reste. À Noirvallon, même si l'on était « pauvres », la richesse du sang et de la lignée était indéniable. C'était ça la différence entre leur famille et celles qui se mélangeaient à n'importe qui pour gagner quelques dragons d'or.
Fidèle à lui-même, après avoir clos la discussion, Bryce n'accorda plus le moindre regard à son fils. Celui-ci avait bien assez de travail à faire désormais pour s'attarder en bavardages inutiles. À son tour de travailler un peu à présent : la récolte attendait !


               
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 8 Juil 2013 - 18:46


Le Père sème, le Fils récolte.


Lancel regarda son père se retourner sur ses talons et franchir la porte de la Cachotière sans plus de cérémonie.  Peu à peu, le silence reprit ses droits sur la salle, offrant au jeune homme le calme adéquat pour mettre un peu d'ordre dans ses idées. Soufflant un bon coup, il se massa le front et ferma les yeux.

Lorsque ses paupières s'entrouvrirent à nouveau, c'était pour porter un regard bourré d'assurance sur les noirceurs venues l'encercler.
Finalement, cet entretien ne s'était pas trop mal passé. Son comportement n'avait certes pas été exemplaire, mais les conclusions qu'il en retirait étaient très satisfaisantes. Enfin, son heure avait sonné ! Enfin, il allait quitter Noirvallon et se battre pour la gloire des Vyrwel ! A coup de tromperies et d'épées, rien ni personne ne l'empêcherait d'atteindre son but.

Un sourire carnassier fendit son visage. Les actes qu'il allait commettre raisonneraient  dans l'éternité, il en était persuadé. Bien sûr, l'histoire omettrait de citer leur lieu de naissance, là où tout avait commencé, dans les tréfonds du château Darkell, entre les murs épais de la Cachotière.

Le jeune homme se releva lentement, bombant son torse avec la fierté du cygne et l'appétit charognard  de la hyène. Car Lancel avait indéniablement faim, faim de victoire et soif d'aventure.
Tout en avançant, il s'imaginait se tenant devant son père aux yeux larmoyants et pleins d'admiration. Cette image restait néanmoins floue, il fallait dire que  Lancel n'avait jamais vu une seule larme couler sur les joues de Bryce, même par temps de pluie où l'eau semblait éviter volontairement le haut de ses pommettes.  Qu'importe, la réussite de son fils le ferait pleurer de joie. La démarche de Lancel s'affirma et lui fit franchir rapidement le palier de la Cachotière.

Même si les vitraux n'étaient pas nombreux au château, la luminosité dans laquelle baignait le couloir fit grimacer l'héritier.
Au même moment, des bruits de pas s'élevèrent dans sa direction. Une jeune servante apparut alors. Elle ne devait pas avoir plus de seize ans. Ses cheveux couleur ébène s'amassaient en un chignon serré sur le haut de son crâne. Elle avait les yeux bleus et le teint diaphane, d'une pureté que bon nombre de nobles dames auraient jalousé. Les formes de son corps laissaient clairement transparaître à Lancel qu'il avait devant lui un petit bout de femme et non pas une enfant ! Tout en se massant la barbe, le jeune homme jaugea l'adolescente. Il se remémora les rabrouades  que Bryce avait formulé tout au long de leur dernier entretien. Il l'avait entendu dire avoir confiance en lui. Il l'avait vraiment entendu dire ça ! La moindre des politesses serait peut-être de tenir compte de sa mise en garde concernant les femmes ? Bien entendu ! Mais techniquement, ce n'était pas encore une femme... Peut-être le serait-elle avant la fin de cette journée... Lancel hésita. Non, décidemment  il était d'humeur trop joyeuse pour freiner sa libido. Demain serait sans doute le jour propice pour y songer plus sérieusement.

Sortant de ses pensées, il attendit le dernier moment pour couper le chemin à la jeune servante. Un petit cri aigu fendit l'air, levant les yeux de ses sabots, cette dernière rougit subitement:
"Pardonnez-moi messire ! Je... Je ne vous avais pas vu !"
"Dommage, tu ne sais pas ce que tu rates."
Il se rapprocha un peu plus de la jeune fille.  
"Je... Je suis vraiment désolée. Je... Que puis-je faire pour vous messire ?"
Celui-ci prit un air penseur. "Hummm... J'aurais bien besoin de raccourcir cette tignasse que j'arbore depuis trop longtemps maintenant. Et nous en profiterons pour me passer un bon coup de rasoir ! Il me faudra être armé de mon visage le plus affable qui soit pour braver la méfiance  de mes ennemis. " Lancel n'avait pas vraiment peur de parler ainsi devant un laquais. Il était certains que cette pauvre hère ne comprenait pas la moitié des ses dires.
"Bien messire. Je vais appeler de ce pas quelqu'un pour..."
"Non, tu t'en chargeras."
"Moi ? Mais je... Je ne suis pas sûre d'être la personne la..."
"Allons bon ! Si tu n'es pas la personne supposée faire ce que ton seigneur te dit de faire, alors qui es-tu ?! Une cousine éloignée ? Veuillez m'excuser chère cousine ! Votre robe en sac de jute m'a trompé à n'en point douter !"
"Non je... Je suis l'une de vos domestiques messire. "
"C'est bien ce que je pensais ! Alors en avant, je te suis." Lancel se plaça derrière elle et lui donna une vigoureuse tape sur les fesses. " Direction mes appartements. Tu rafraîchiras ma coiffure et me coupera la barbe. Si tu me satisfais, je saurai également te satisfaire..." Son regard brilla d'une lueur salace. " Et dans le cas contraire..." Lancel laissa planer le doute. "Ba, on avisera !"
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Le père sème, le fils récolte ▬ Lancel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Qui sème le vent, récolte la tempête [Fubuki]
» Qui sème le riz récolte des amis.
» (M) Colin O'Donoghue - premier amour & père de mon fils
» Qui sème le vent récolte la tempète.
» Qui sème le vent, récolte la tempête.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-