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[ Terminé ] Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles ▬ Pv Beron & Jorah

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Message Lun 11 Juil 2011 - 12:32

     Lord Jeor avait prévu de voyager jusqu'à Winterfell depuis quelques temps déjà, il en avait fait état un soir autour d'un bol de soupe agrémenté de viande d'Ours. Alysane avait aussitôt sauté sur l'occasion, demandant à son paternel ce qu'il comptait faire là-bas et s'il avait l'intention de demander à lord Beron s'il pouvait l'envoyer combattre à l'Ouest. Lady Jorelle n'avait guère laissé l'occasion à sa fille de poser plus de questions, elle avait frappé rappelé la jeune lady à l'ordre en lui rétorquant que ce n'était pas des paroles qui devaient sortir de la bouche d'une dame et qu'elle devait savoir rester à sa place. Le reste du repas s'était passé dans un silence de plomb avec une Alysane vexée qui ne cessait de couler des regards noirs à sa mère qui ne se privait d'ailleurs pas de lui rendre. Au final, les jours suivants avaient été mis à profit par la combattante tandis qu'elle essayait de se renseigner plus en avant sur les projets de lord Jeor. Il y avait une dizaine d'autres Nordiens qui étaient arrivés sur l'île aux Ours afin d'accompagner le lord Mormont à la forteresse des Stark, la jeune fille avait bien tenté de leur arracher quelques informations, mais rien n'y fit. Au final c'est seulement lorsque la Mormont parvint à s'isoler avec son père pour lui demander ce qu'il comptait faire là-bas, que celui-ci avait daigné lui rétorquer qu'il avait à faire avec lord Beron et son frère et qu'il devait donc leur parler de vive voix. Il n'en avait pas fallu plus à la jeune fille pour qu'elle se transforme en sangsue des marais avec son père afin d'obtenir l'insigne honneur de l'accompagner à Winterfell. Il lui fallut plusieurs jours de dur labeur pour parvenir à convaincre lord Jeor, Alysane était très douée pour se rendre impossible à supporter et son père considéra finalement que ce serait le meilleur moyen pour avoir la paix et éviter qu'elle ne transforme l'île aux Ours en champ de bataille pendant son absence.

     Bien évidemment, la jeune fille était adepte du « je prends plus qu'on ne me donne » car elle insista aussitôt pour que Jorah puisse les accompagner. Lord Jeor rétorqua que ce n'était ni la place d'un bâtard, ni celle d'un maître d'arme et cette fois-ci il ne sembla pas vouloir céder aux supplications de sa fille. Le soir même, autour d'un nouveau bol de soupe et de viande, la jeune fille ne se priva pas de faire état de sa victoire récente, provoquant une légère dispute entre ses parents, avant que Maege ne demande l'autorisation de se joindre au voyage. Cela ne dérangeait pas particulièrement Alysane, au moins son aînée jouerait le rôle de la fille bien élevée et son père perdrait moins de temps à lui courir après pour la supplier d'être présentable. Lady Jorelle appuya la demande de son aînée en prétextant ce que serait l'occasion de prouver que les filles Mormont n'étaient pas des barbares, Alysane ne releva pas la remarque sous-entendu, mais sauta sur l'occasion – encore une fois – pour plaider la cause de Jorah. Elle prétendit que si Maege avait le droit de venir alors qu'elle ne servirait certainement qu'à faire décoration à Winterfell, lui aussi avait le droit de voyager. Ce n'était pas très aimable pour sa sœur, mais celle-ci comprendrait certainement que ce n'était pas méchant de la part de sa sœur qui avait juste la langue trop pendue. Quelques âpres négociations plus tard, Jorah fut accepté et Alysane alla lui porter la nouvelle aussi rayonnante que si elle avait appris qu'ils allaient combattre les sauvageons au-delà du Mur.

     C'est ainsi que les trois aînés des Mormont - légitimes et illégitime - se trouvaient sur les routes en compagnie de leur père et d'une poignée d'autres hommes venus ici pour l'occasion. Le voyage fut assez long, une journée de bateau le temps de rallier le continent, ils firent halte pour la nuit à Motte-la-Forêt avant de reprendre la route afin de traverser les Bois-aux-Loups. Ce fut la partie la plus difficile du voyage, il leur fallut une bonne semaine avant de voir les murs de Winterfell se dresser au loin, au grand déplaisir d'Alysane qui avait espéré un voyage plus long, jamais rassasiée de pouvoir profiter de telles occasions pour découvrir de nouveaux horizons. Elle avait passé le plus clair de son temps à chevaucher entre Jorah, Mae et son père, admonestant de temps en temps certains d'entre eux lorsqu'ils marchaient trop rapidement, attirant leur attention sur des détails inutiles, en somme, jouant le rôle parfait de la jeune femme insupportable. La lady constata à plusieurs reprises qu'elle semblait épuiser son aînée devant les regards qu'elle lui décrochait, mais cela ne l'empêcha pas de continuer dans cette voie, puis au final, de l'avis de pratiquement tout le monde, il était bien de toucher enfin au but. À peine arrivés, ils durent présenter leurs respects au lord suzerain qui se trouvait être accompagné de son cadet. Alysane ne se souvenait pas d'eux, bien qu'elle les avait déjà vus à plusieurs reprises lors de voyages dans sa jeunesse. Lord Jeor offrit deux magnifiques peaux d'ours tannées et prêtes à être utilisées, c'était un cadeau de grande valeur pour les Mormont étant donné que l'ours était une proie très difficile à tuer, surtout si l'on souhaitait ne laisser aucune trace sur sa peau. Les filles - excepté Alysane - avaient été chargées de les rendre présentables spécialement pour lord Beron et son frère. La jeune femme constata que Mae faisait belle impression et ne se priva pas de la pincer amicalement en lui mimant – de manière exagérée – l'expression qu'elle avait affichée devant les deux lords. Son passe-temps préféré restant de railler Maege évidemment. Finalement, ils purent prendre congés et comme la nuit tombait, ils se retirèrent dans les chambres qui leur avaient été allouées.

     Le lendemain, à peine l'aube était levée, Alysane sauta au bas du lit où elle avait dormi sans aucune peine, puis après s'être vêtue à la hâte, sans prendre la peine de vérifier qu'elle était présentable, la lady se glissa hors de sa chambre pour se rendre à l'endroit où Jorah avait été placé pour la nuit. Il avait les yeux clos et un sourire taquin se plaça sur les lèvres de sa sœur avant qu'elle ne lui saute dessus pour l'obliger à se réveiller, manquant au passage de se faire éborgner par le malheureux qui dû croire à une attaque de sauvageon. Sans plus de cérémonie, elle le pressa de s'habiller et le traîna avec elle pour le tirer dans l'une des cours du château où ils seraient en paix pour pouvoir s'entraîner un peu. Alysane espérait échapper aux obligations de lady en se faisant oublier, elle était venue ici juste pour voir Winterfell et pouvoir profiter du voyage, non pour jouer les demoiselles modèles. Les deux jeunes gens commencèrent à échanger des coups de manière attendue, comme leurs entraînements habituels, seul le bruit des deux armes qui s'entrechoquaient sans provoquer de dégâts, venaient briser le silence des environs. La morsure du froid était supportable, surtout lorsqu'on avait autant l'habitude qu'eux de s'entraîner dehors. Les mains engourdies par la fraicheur, les joues rosies qui ressortaient étrangement sur son teint très pâle, elle se sentait plus heureuse que jamais. Après avoir échangé des coups légers avec Jorah, Alysane le pria de se faire plus inattendu tout en précisant qu'elle se montrerait appliquée et éviterait de le blesser, mais il ne fallut pas plus d'une dizaine d'échanges avant que la demoiselle ne s'emballe trop et entaille la main de son maître d'armes et frère de surcroit. Elle lâcha un rire peu féminin avant de s'excuser platement.

     ▬ Je suis désolée, à croire que ta peau est aussi fragile que celle d'un nouveau-né ou d'une donzelle ! »

     Son rire fut interrompit par le bruit d'une porte qui raclait le sol, elle tourna la tête dans cette direction pour voir une silhouette se présenter. Mais elle était à contre-jour, même en plissant les yeux et en protégeant son regard du soleil levant, la lady ne distingua rien. Lord Jeor qui venait la chercher ? Non, il aurait déjà protesté depuis belle lurette en prétextant qu'elle allait sentir la sueur et le fauve d'ici moins d'une dizaine de minutes. Un peu bêtement, elle glissa sa hache d'entraînement derrière elle, ne présentant que son profil, comme si cette précaution pouvait dissimuler le fait qu'elle désobéissait déjà à son père qui lui avait déclaré qu'il l'emmenait avec à condition qu'elle fasse un effort. Peu préoccupée par l'idée de mentir effrontément, elle lâcha quelques mots à la silhouette non identifiable qui s'était avancée et ne se tenait qu'à quelques mètres du duo.

     ▬ On ne fait rien de mal ! Il était tout à fait consentant pour l'entraînement. »

     Ce n'était pas qu'elle craignait d'être accusée de maltraiter et plier son frère à sa volonté – bien que c'était en partie véridique – mais elle ressentait toujours le besoin de se justifier, à force d'être prise en faute, elle commençait à avoir des habitudes. Un seul regard vers Jorah suffit à la rassurer, elle ne lui avait pas arraché de doigt, ce n'était pas sa faute si elle avait encore autant de mal à contrôler ses coups et qu'elle devait frapper plus fort pour espérer faire au moins aussi mal qu'un homme ! La jeune femme sortit sa hache de derrière elle et la glissa sous sa peau d'ourse qui dissimulait une tunique qu'elle affectionnait. Tout ce qu'elle espérait c'était ne pas se faire rappeler à l'ordre, ou elle serait certaine de ne plus jamais mettre les pieds hors de l'île aux ours. Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'elle désobéissait aussi effrontément. Restait à espérer que Jorah la soutienne sur ce coup.
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Message Lun 11 Juil 2011 - 21:54

Après maintes et maintes suppliques, Alysane avait réussi à obtenir ce qu'elle voulait. En effet Lord Jeor, avait prévu de rendre une visite à Lord Stark son Seigneur à Winterfell, une visite qui, en soi intéressait Jorah certes, mais Jeor lui avait bien dit qu'il n'avait rien à faire ici. C'était sans compter Alysane qui voulait l'emmener là bas. Au vu des multiples supplices qu'elle lui avait fait subir, Jeor dut accepter. Jorah était présent dans la salle, son visage ne laissa rien transparaître comme à son habitude, mais intérieurement il en était très heureux et remerciait mentalement Alysane d'avoir fait céder l'instance paternelle à sa place, depuis de longues années il n'avait rien eu à faire. Jorelle avait exprimé des remontrances mais elle ne pouvait pas résister à sa propre fille. Bientôt il sut que Maege les accompagnerait, cela ne changeait pas grand chose à la donne mais bon... Alysane allait encore tenter des les rapprocher.

Le voyage se déroula sans encombres, partagé entre les phases où il parlait avec Alysane, les rares phases où Maege lui parlait, Jeor et le silence avec son lot de pensées. Ils arrivèrent enfin à Winterfell, le château se découpait au loin dans la brume, Jorah qui parlait à ce moment avec sa chère sœur fut soudain arrêté en plein élan, dévorant des yeux le château, il était tellement différent de celui de l'île aux Ours, si massif, si froid, si grand... Il garda le silence jusqu'à leur arrivée et le moment où ils descendirent de cheval pour aller saluer Lord Beron. Jorah se contenta d'un simple hochement de tête lorsque Lord Jeor le présenta au Seigneur de Winterfell. Il détailla Lord Beron, à croire que le sentiment de froid et de glace qui était présent dans son château, semblait transparaître dans son propriétaire. Ses yeux étaient froids et semblait glacer n'importe qui sur lequel son regard était posé. Son visage était fermé et ne semblait pas avoir possédé une once de chaleur depuis des lustres.

Bientôt il fut conduit vers l'endroit qui serait sa couche, une pièce à côté de chez Alysane, bien entendu. Il entra dans la pièce, eut le temps d'embrasser du regard l'ameublement qui pouvait paraître sommaire, mais, aux yeux de Jorah, déjà le fait d'être là comptait énormément, il avait l'impression d'être dans la famille Mormont, comprendre pour lui, Alysane et Jeor. Il donna un coup de pied dans la couche remplie de paille sur le sol, un nuage de poussière s'en échappa. Il esquissa un sourire et posa son barda.

La soirée, se passa sans encombres, Alysane ne faisait que lui parler, Jeor lui adressa la parole mais sans plus et Maege ne prit même pas la peine de lui parler. Le Seigneur de Winterfell lui glissa quelques mots auxquels il répondit poliment. Jorah ne fit pas de vieux os et alla rejoindre sa chambre. Là il passa quelques heures à polir ses armes, les maniant pour s'assurer qu'il ne perdait pas la main. Son bras avait quelques courbatures, il portait quelques hématomes, Alysane commençait à avoir un très bon retour dans les coups qu'il lui envoyait. Quand il eut terminé tout ce qu'il faisait tous les soirs avant de se coucher, il s'étendit sur sa couche, ne prenant même pas le temps d'enlever sa cotte de maille, fixant le plafond. Un nuage de pensées sur à peu près tous les sujets lui vint à l'esprit mais ne resta pas longtemps, le sommeil le gagna et dispersa très vite le bourdonnement incessant dans sa tête.

Le réveil au matin fut... douloureux. En effet, Alysane avait jugé bon de venir elle même le tirer du lit avec pertes et fracas. Grand mal lui en prit, elle manqua de se faire égorger, les réflexes de Jorah étant à couteaux tirés et il n'avait pas mis de temps à tirer son poignard de sa botte. Il mit quelques temps à reconnaître la personne qui l'avait tirée des limbes. Après quelques secondes et clignements d'yeux il bredouilla quelque chose mais déjà elle lui ordonnait de s'habiller. Il passa rapidement toute sa tenue et attacha ses armes dans son dos. Leur lame, bien quelle soit polie, n'en demeurait pas moins émoussée par endroits, arrachant un murmure à Jorah.

« Il va être temps que j'en demande des nouvelles à Père... »

Elle le traîna dans la cour pour qu'il lui administre un entraînement. Jorah affectionnait de plus en plus le combat avec deux armes, une épée longue et une dague dont il se servait pour parer et porter des coups supplémentaires. La donzelle avait nettement progressé, elle arrivait presque à le mettre en difficulté par moments, mais bientôt...

« Ouch ! »

Elle lui avait entaillé, par mégarde certes, la main dans un coup un peu plus violent qu'un autre. Il eut juste le temps d'arracher un pan de tissu de sa chemise en coton noir et de faire un léger garrot sur sa main. La porte s'ouvrit alors qu'il remettait son gant. Alysane et Jorah ne virent pas de qui il s'agissait, aussi Jorah, comme sa sœur, adopta une position de prévention, prêt à réagir malgré sa main qu'il sentait maintenant pulser au rythme de son cœur. Alysane lâcha par précautions une phrase destinant à justifier de sa position en ce moment même. Ne devinant pas de qui il s'agissait, Jorah avança de quelques pas, se tenant près de sa sœur, ramenant sa dague et son épée croisées légèrement en avant de son torse et prit une voix assurée.

« J'étais consentant et j'en suis même l'instigateur... Alysane avait besoin d'entraînement, je voulais voir ce qu'elle valait et apparemment... »

Il tourna sa tête vers Alysane et esquissa un sourire entendu.

« … Elle n'en a pas besoin, elle sait toujours aussi bien se défendre... »
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Message Mar 12 Juil 2011 - 3:20

La visite de lord Mormont. Les deux hommes avaient des sujets à traiter, des discussions qui selon Jeor méritaient plus que quelques mots sur un bout de papier. C'était sans doute se donner du mal, mais cela n'était pas pour déplaire à Beron qui appréciait le Vieil Ours, ayant déjà pu se battre à ses côtés lors de l'invasion des Skagg au cours de laquelle son père, feu lord Cregan, avait perdu la vie. L'accueillant dès qu'il fut descendu de monture, les deux hommes se saisirent l'avant-bras en guise de salut. Virils et fiers, c'était également leur manière de témoigner de leur respect mutuel. Pas de grande démonstration, ils n'étaient pas hommes à piaffer de joie pour si peu, ou à se coller de grandes claques dans le dos pour se prouver leur bonne entente. Un regard suffisait en cela pour eux.

Ils avaient à parler. Aussi n'y avait-il pas réellement de temps à accorder aux rencontres avec les membres de son escorte. Non pas qu'il souhaitait les snober en les ignorant, mais chaque chose en son temps... Cependant, quelques présentations rapides furent faites. Maege et Alysane, ses deux filles plus âgées. Ainsi que son maître d'armes, Jorah Snow. Cela manqua de faire sourire Beron, comme s'il était amusant de souligner que les bâtards semblaient tout désignés à ce rôle. Il n'en fit rien cependant, pas tant pour que le pauvre Jorah ne soit pas mis mal à l'aise que pour ne pas perdre plus de temps en vérité. Curieux, le seigneur de Winterfell était désireux d'aller à l'essentiel et de traiter directement avec son interlocuteur privilégié. Le reste n'était pour l'instant que de l'ordre du détail... Plus tard l'occasion ne manquerait sans doute pas de faire plus ample connaissance. Plus tard...

* * *

Leur discussion avait été menée à l'écart, seul à seul. Même Cerden, qui pourtant avait été là avec lui pour accueillir leurs invités n'avait pas été convié. Le sujet abordé devait rester entre eux, aussi rien n'en fut annoncé à personne. Cela pouvait paraître étrange, mais si ces hommes désiraient garder un secret, rien ne pourrait leur faire changer d'avis. On ne force pas des êtres si tenaces et résolus à faire part de ce qu'ils ne désirent pas éventer... Le repas du soir avait été l'occasion de détendre un peu l'atmosphère par contre. Peu de discussions se lançaient au final, autre que des échanges de civilités surtout. Beron s'était enquis de l'état de la jambe de Jeor, de la qualité du voyage de ses invités, ainsi que du temps qu'ils comptaient passer sur place. Que des banalités sans grand intérêt. Lord Stark n'était pas quelqu'un de très causant en société, et cela devait parfaitement se sentir ici... Que l'on prenne ça pour un caractère austère ou peu habitué des rapports sociaux, cela revenait finalement au même. Aussi, personne ne tarda vraiment lorsqu'il fut l'heure d'aller quérir du repos dans une bonne couche. L'on verrait après une bonne nuit si les langues se délieraient...

* * *

Le Sombreloup avait le sommeil léger... Il n'y avait pas à attendre avec que le soleil se lève pour qu'il en fasse autant. D'autant plus encore lorsque le tintement d'armes s'entrechoquant se répercute contre les murs de granit de Winterfell. Ce ne devait pas être Barth, peu coutumier de ce genre d'exercice si matinal. Son maître d'armes aimait certes pratiquer dès qu'il en avait l'occasion, mais pas à une heure pareille. Peut-être certains hommes d'armes de la livrée Mormont s'étaient décidés à s'exercer en cette forteresse, pour une raison ou une autre ? Cela avait de quoi étonner en tout cas. Assez pour qu'il décide d'aller voir de lui-même de quoi il en retournait.

Après s'être rapidement vêtu, il s'était passé sur les épaules la peau d'ours ouvragée qu'il avait reçu en présent de ses invités. Un cadeau que le Stark savait de grande valeur, mais surtout qui lui tiendrait parfaitement chaud sans qu'il ait alors à porter et pelisse et peau de loup. Et puis, s'il s'agissait effectivement de gens de l'Île aux Ours, ce serait là une manière de montrer sa reconnaissance en la portant déjà. Lorsque finalement Beron poussa la porte, dernier obstacle à l'identification des "causeurs de trouble", il put alors constater que ce n'étaient autres qu'Alysane et Jorah qui se trouvaient là. Ce n'était certainement pas eux qu'il s'était attendu à trouver. Du moins, pas elle. Tout un caractère, cette demoiselle. Jeor lui en avait déjà fait l'aveu, en lui expliquant la raison de la présence de ses filles et de son maître d'armes. Mais de là à la trouver au petit matin à torturer son demi-frère... Une nouvelle fois il s'empêcha de sourire, préférant pour le moment prendre un air étonné, haussant un sourcil. La manière dont il fut accueilli fut toute particulière, comme s'ils cherchaient déjà à se protéger de possibles reproches. Enfin... Comme s'ils cherchaient à la protéger, elle. Et Jorah, manifestement, était prêt à trinquer seul pour sa très chère soeur. Touchant !

Lord Stark fait alors entendre sa voix grinçante du matin, rocailleuse à souhait, d'un débit lent mais néanmoins assuré.
    Oh, rassurez-vous, je ne viens pas pour vous blâmer. Et assurez-vous également que je n'ai aucun doute quant au consentement de cette malheureuse victime que vous faites, Snow. Mais après tout, quel jeune homme pourrait ne pas être consentant aux demandes de cette gente demoiselle, n'est-ce pas ?
Un double sens volontairement provocateur. Son humour à lui... Il garde cependant son attitude pince-sans-rire, faisant claquant sa langue contre palais tout en réajustant ses gants noirs brodés du loup d'argent de sa maison. Après quoi il leva légèrement les mains, les mettant en évidence tout en avançant à pas mesurés.
    J'espère que je ne vous ai pas fait peur... Comme vous pouvez le constater, je ne suis pas armé, aussi vous est-il permis de relâcher votre garde. Désirez-vous que je fasse lever Mestre Tybald pour constater de votre blessure, ser Jorah ? Je n'ai l'oeil assez fin que pour en juger la gravité, je vous en laisse juge... Ou peut-être lady Mormont manie-t-elle aussi bien l'aiguille que la hache, et ainsi pourra-t-elle s'occuper de vous réparer de ses soins ce qu'elle à elle-même abîmé ?
Une légère teinte d'amusement doit sans conteste se sentir dans sa voix. L'homme aime à lancer de menues piques de la sorte, car c'est pour lui une des meilleures manières de percevoir une personnalité, en les réactions opposées à cette attitude moqueuse.
    Je dois reconnaître en tout cas que le Vieil Ours sait y faire lorsqu'il s'agit d'engendrer... En plus de vos charmes, il faut croire que vous êtes de plus une âme guerrière, dame Alysane... Une femme portant les armes, autrement dit un danger à double tranchant... Si vous le désirez, je ne puis que vous recommander de vous adresser au sir Barth Snow, la meilleure lame de Winterfell. Dans la technicité du moins, mais je gage que cela devrait vous convenir. Enfin, seulement si votre frère estime qu'il vous est encore nécessaire de vous entraîner ou de tester votre valeur, après la déconvenue que vous venez de lui infliger.
Tout du long, son regard est passé d'un interlocuteur à l'autre, cherchant à croiser le leur pour y plonger et tenter d'y déceler les moindres réactions suivant ses propos.
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Message Mar 12 Juil 2011 - 11:27

     Elle n'avait jamais été particulièrement chanceuse, chaque fois qu'elle était en train de faire une bêtise, lord Jeor ou lady Jorelle débarquaient, lorsque ce n'était pas les deux. Mais là, elle avait fait fort, ou plutôt ils avaient fait fort, lorsqu'elle vit que le nouvel arrivant était lors Beron en personne, Alysane perdit un peu de sa superbe. La jeune Mormont ne connaissait pas beaucoup de choses sur le lord suzerain du Nord, sachant simplement ce que l'on racontait de lui dans les histoires et cela n'avait rien de franchement très rassurant. Elle ne se départit toutefois pas de son attitude habituelle, tant qu'à faire si elle devait se faire sermonner pour avoir humilié son père, autant aller jusqu'au bout et mériter de bout-en-bout les réflexions qu'elle se prendrait. Mais Jorah tenta de lui sauver la mise en se faisant passer pour le responsable de cet entraînement improvisé, elle répondit à son sourire par un amusé, lord Jeor connaissait son bâtard, il savait bien que celui-ci n'aurait jamais traîné Alysane dehors pour s'entraîner ensemble, mais la jeune femme appréciait l'intention. La voix de lord Beron coupa court à leur regard complice, les rassurant aussitôt sur la raison de sa présence ici tout en leur offrant une légère provocation qui étonna - autant qu'elle amusa - la Mormont. Et bien, qui avait dit que les Stark ne possédaient pas d'humour ? Il parlait lentement, comme si chaque mot avait son importance, attitude qui contrastait étrangement avec celle d'Alysane qui débitait tout un chapelet de choses sans importance à la vitesse grand V. Ces paroles la rassurèrent néanmoins, elle s'en serait voulu de mettre son père dans une position gênante, c'était leur chance que lord Beron semble avoir un sommeil léger, elle était persuadée que personne ne les entendrait pour le coup.

     Il s'inquiéta alors de la santé de Jorah et Alysane coula un regard en direction de la main de son frère qui saignait effectivement plutôt bien, bah, il avait déjà vu bien pire avec elle, ce n'était pas ça qui allait l'empêcher de reprendre les armes. La combattante reporta aussitôt son attention sur le lord lorsqu'il suggéra l'idée qu'elle puisse se débrouiller avec une aiguille entre les doigts, chose qui lui dessina un sourire amusé sur les lèvres, non, elle serait encore plus dangereuse qu'avec une hache et là, la main de Jorah pourrait bien être condamnée. Elle haussa légèrement les sourcils lorsque les paroles suivantes du loup résonnèrent, peu habituée à être complimentée sur son physique, Alysane était plutôt du genre à entendre des remarques désagréables à ce sujet. Elle fut toutefois satisfaite d'entendre qu'il ne lui soulignait pas l'absence d'une robe comme on le lui avait déjà fait savoir. Dès que les paroles de lord Beron se tarirent, la Mormont ne rata pas l'occasion de faire savoir ce qu'elle pensait de tout cela, tout en restant poli pour une fois bien évidemment, elle ne voulait pas oublier qui était l'homme qui se tenait face à eux, bien que le protocole ne soit pas vraiment dans ses us.

     ▬ Messire, je crains que vous ne vous soyez fourvoyé, c'est à Maege qu'il faut faire des remarques sur ses charmes, ce sera certainement plus véridique et elle saura apprécier le compliment à sa juste valeur. »

     Elle soutenait le regard du lord, après tout s'il leur avait adressé la parole c'est qu'il devait les juger digne d'intérêt, pour quelle raison baisserait-elle les yeux en affichant un air troublé et en minaudant comme une vierge intimidée ? Ce n'était pas son genre, les compliments de lord Beron la laissait de marbre, du moins concernant son physique, le fait qu'il lui suggère de rencontrer une fine lame lui plaisait davantage, elle se sentait aux anges à l'idée que ses talents martiales puissent avoir retenus son attention. Elle glissa un regard rapide et scrutateur sur son frère avant de reporter son attention sur le loup face à eux pour de reprendre d'un ton beaucoup plus pressé que leur interlocuteur.

     ▬ Quand à mes talents à l'aiguille, s'il avait fallu que je m'y mette un jour, vous n'auriez certainement pas un aussi bel ouvrage sur vos épaules, je crains que si Jorah ne me confie sa main, il ne puisse plus s'en servir à l'avenir. Elle regarda d'ailleurs la main de son frère avant de secouer la tête. Ce n'est rien de rien grave de toute manière, il a vu bien pire avec moi et j'ai entendu dire que les cicatrices plaisaient aux demoiselles, il devrait me remercier de lui donner encore plus de moyens d'attirer leur attention. »

     Elle raillait Jorah bien évidemment, nullement de manière à se moquer de lui, il était bien placé pour savoir qu'elle appréciait tout particulièrement le titiller et l'agacer avec des déclarations de ce genre. Le fait qu'ils soient face au lord suzerain du Nord ne la dérangeait absolument pas, elle imaginait aisément que sa mère serait morte de honte à l'heure actuelle si elle savait que sa fille s'était adressée à lord Beron dans cette tenue et de cette manière. La demoiselle avait toutefois trouvé le moyen de glisser le fait qu'elle avait remarqué qu'il portait la fourrure offerte par leur père, c'était très plaisant de constater qu'un tel cadeau était estimé à sa juste valeur et le temps passé à sa confection était justifié. Bien qu'Alysane n'y avait guère participé, elle appréciait qu'il la porte. Quoi qu'il en soit, le Stark avait souligné un point important en parlant d'une fine lame, son intérêt avait fait un sursaut et elle se mit aussitôt en tête de débusquer le fameux Snow.

     ▬ Une fine lame avez-vous dit messire ? Un Snow, est-ce que tous les Snow seraient naturellement doué pour le combat à l'épée ? Elle regarda Jorah. Tu vois, je te disais bien que les Snow n'étaient pas des parias partout, lorsque je te dis que j'ai raison, j'espère que tu prêteras davantage foi à ce que je te dirais désormais. »

     Son obsession des Snow, elle ne cessait d'embêter Jorah à ce sujet en lui assurant qu'un jour tout le monde le considèrerait comme un Mormont à part entière. Peut-être qu'elle était sotte de parler de la sorte devant un lord, on lui avait déjà fait remarquer que faire des éloges sur les bâtards n'était pas le meilleur moyen de faire bonne impression. Mais Alysane ne tenait pas à donner une impression faussée de son caractère, elle aurait aussi bien pu jouer les dames dignes de ce nom et faire croire qu'elle était l'épouse rêvée pour faire bien voir sa famille, mais elle n'était pas adepte du mensonge, même celui par omission. Jorah saurait bien qu'elle ne parlait pas méchamment de son statut de bâtard, étant donné qu'elle avait l'air de voir ça sous un meilleur angle que lui, il aurait été difficile de l'imaginer d'un autre côté. C'est seulement à ce moment qu'elle constata que c'était étonnant que lord Beron soit debout aux aurores, est-ce qu'il avait été réveillé par les bruits de leurs armes ? Elle leva les yeux vers la forteresse comme si elle cherchait à voir quelque chose qui signalerait que ses appartements donnaient juste sur leur cour, mais elle ne vit rien et reporta son regard mordoré sur le visage impassible du régent.

     ▬ Je dois vous faire part de ma surprise, nous nous sommes levés aux aurores pour ne déranger personne pendant notre entraînement, j'espère que nous ne vous avons pas dérangé dans votre sommeil. Si tel est le cas, j'en suis navrée, ce n'était pas le but recherché. »

     Au moins, on pouvait dire qu'ils ne faisaient pas les choses à moitié, réveiller lord Beron en s'entraînait dans la cour de son château alors que tout le monde dormait, ce n'était pas donné à tout le monde et Alysane en tira toutefois une certaine satisfaction. Bien évidemment, elle n'en montra rien, même si son caractère franc lui valait généralement d'être assez rarement disputée comme les gens se montraient tolérants à son égard, elle ne devait pas oublier face à qui elle se trouvait. Difficile de tenir sa langue lorsqu'on était habitué à dire tout haut chaque pensée qui nous traversait l'esprit. Quelques secondes de silence passèrent, juste brisées par le souffle du vent froid, avant qu'elle ne cède pour une nouvelle question.

     ▬ Mon père vous a parlé de nous ? Je suis étonnée qu'il vous agace avec des choses aussi peu importantes, à moins qu'il n'ait dû justifier notre présence ici ? Je crains de l'avoir embarrassé, j'espère que cela ne vous importune pas trop messire. »

     Elle était un peu vexée de savoir qu'on parlait d'elle dans son dos, mais peut-être n'était-ce qu'une simple allusion, ce qu'elle espérait sincèrement. Assez bêtement, elle s'excusait de lui avoir faire perdre du temps et pourtant ne cessait de lui poser des questions, une contradiction qui arrivait souvent lorsqu'on discutait avec elle. Sauf qu'à l'accoutumée, Alysane ne s'excusait jamais.
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Message Mar 12 Juil 2011 - 15:35

Lord Beron rien que ça, Jorah se maudit mentalement d'avoir cédé à sa sœur et d'avoir, de ce fait réveillé le Seigneur de ce château. Il se détendit quelques peu entendant déjà les pics qu'il lançait à son adresse et a celle de sa sœur, preuve qu'il n'allait pas faire grand cas de ce qu'il avait découvert de bon matin. Il lui proposa de faire examiner sa main par le Mestre du château ou sinon sa propre sœur pourrait lui recoudre si cela lui disait, cette remarque fit naître un sourire entendu chez lui et Alysane. Jorah baissa les yeux et sa garde du même coup, rangeant sa dague et son épée, marmonnant d'un ton d'excuse.

« Pardonnez nous Lord Stark, nous ne voulions pas troubler votre réveil... Nous ne recommencerons qui si nous avons votre accord. Nous ne voulons pas vous faire perdre votre temps. Et vous avez raison je ne suis qu'une victime de l'appétit grandissant de ma chère sœur pour le combat. Je commence même à payer de ma personne... »

Sa main lui faisait mal et le lançait il était vrai qu'un regard de quelqu'un qui s'y connaissait ne pouvait être que bénéfique. Mais faire lever le Mestre pour ceci lui semblait vraiment causer des ennuis aussi il ajouta d'un ton badin.

« Alysane a raison, j'ai connu bien pire, ne faites pas lever le Mestre, si jamais nous le croisons je vous laisserais lui en toucher quelques mots. Cela me paraît nettement plus sûr que confier ma main à cette furie qui, comme elle le souligne elle même, risque de laisser l'aiguille dans ma main... »

Un léger rire passa ses lèvres alors qu'il écoutait les paroles de Beron, il tiqua quand celui ci parla de quelqu'un, un Snow lui aussi. La meilleure lame de Winterfell... Il imaginait déjà quelle serait la réaction d'Alysane à cette nouvelle, réaction qui ne se fit pas attendre. Il eut un sourire en l'entendant avant de murmurer.

« Qui sait... Peut être que notre statut de bâtard fait de nous des battants...Quant à notre statut il diffère selon les foyers où nous sommes... Certains on plus de chance que d'autres voilà tout et je ne me considère pas comme le plus à plaindre, quoique avec toi et toutes tes sœurs... »

En public il n'était pas comme Alysane et n'hésitait pas à passer pour quelqu'un de renfermé, quitte à laisser sa sœur dans la lumière s'effaçant volontairement et prêt à encaisser toutes les bêtises qu'elle ferait pour laisser son honneur sauf, chose qu'il ne ferait pas avec les autres Mormont. Il écouta Alysane s'excuser à son tour du bruit qu'ils avaient fait dans la cour, inclinant la tête pour exprimer son approbation. Il tendit l'oreille attendant la réponse de Lord Stark à la dernière question que sa sœur avait posée, il était désireux en effet de savoir si jamais on avait dit du mal de lui. Mais il nota quelque chose d'important, Alysane venait de s'excuser c'était quelque chose qu'elle n'offrait qu'à son père, même lui en était plutôt à subir des coups dans les côtes ou tout autre partie de son corps plutôt que d'avoir droit à de franches excuses.

Il vit les yeux de Lord Stark osciller entre lui et sa sœur, il semblait être un observateur, économe en paroles, sachant écouter et tirant rapidement des conclusions. Tout le panache d'un Seigneur en somme, certains hommes étaient faits pour cela. Il frotta sa main écoutant Lord Beron et sa sœur converser, ayant pour habitude de rester discret, on lui avait toujours appris que, comme il ne faisait pas vraiment partie de la famille, il n'avait pas d'avis à donner. Cela avait toujours posé problème à Alysane du reste, qu'il tranche autant avec la sororité Mormont et elle ne manquait pas de lui rappeler, au moins aussi souvent que le fait qu'il était un bâtard. Qui plus est il était devant son Suzerain, aussi il se maintint encore plus dans son mutisme gardant son visage ferme, crisant les bras, ce qui eut pour résultat de faire crisser ses épaulettes en acier, observant sa sœur inonder le Lord de paroles, certains mots firent naître un léger sourire qui disparut aussitôt. Il lança un dernier pic sur le combat qui venait de se dérouler et de sa défaite face à sa sœur, auquel Jorah répondit par une boutade ses yeux sondant le visage fermé de Beron.

« Si Lord Snow en veut, je lui laisse volontiers, qu'il ait bien du courage, ce n'est qu'un juste retour de toutes ces années où j'ai dû l'entraîner... Je vais commencer par me remettre entier avant de lui jeter de nouveau le gantelet quand vous nous le permettrez Monseigneur. »
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Message Mer 13 Juil 2011 - 15:04

Tout en écoutant les réponses du "couple", Beron croisa ses bras contre son torse, réajustant la peau d'ours d'un mouvement d'épaules. Le Sombreloup se sentait d'une certaine humeur joueuse, bien qu'il tentait de ne rien en montrer en affichant son air peu souriant qu'il arborait tellement souvent. Déjà quelques idées lui apparaissaient, et le Stark allait prendre un malin plaisir à mettre cela en place, petit à petit...
    Ne vous excusez pas plus, je suis de nature à me lever au plus tôt. Peu de sommeil m'est nécessaire, et ce temps que je gagne, il ne me déplaît pas de vous en accorder une bribe. Par contre...
Il laisse un léger blanc s'installer, relevant la tête afin de regarder Alysane d'une certaine hauteur. Beron plante carrément son regard dans le sien, fronçant légèrement les sourcils. "Tout ce que vous direz pourra-t-être retenu contre vous", c'est un peu ce qu'il faut se dire lorsque l'on est face au lord Stark... Mais comment pourraient-ils le savoir ?
    Je me fourvoie, dites-vous ? Et bien et bien... Prétendriez-vous que je n'ai pas de goût, ou que je ne sois pas à même de juger des charmes d'une dame, jeune fille ? Vous êtes certes moins mignonne que votre aînée, et plus rustre sans aucun doute. Mais laissez aux hommes le fait de statuer sur ces choses...
    Qu'en pensez-vous, Jorah ? Je n'ignore pas qu'elle est votre soeur, mais proches comme vous l'êtes, vous devez sans doute avoir un avis ! Allons, pas de timidité, n'estimez-vous pas qu'avec quelques manières plus raffinées, elle serait tout à fait mariable ?
Une nouvelle pause, manière de jauger leur réaction. Mais rapidement, il repart à la charge...
    De même, vous ajoutez, ma dame, que vous avez entendu dire que les demoiselles aimaient à voir les hommes marqués de cicatrices... N'en êtes pas une vous même ? Vous devez donc bien avoir également votre avis sur la question... Enfin, quoi qu'il en soit je suis au regret de ne pouvoir vous en montrer aucune, lorsqu'un combat compte vraiment mieux vaut éviter toute blessure, et j'ai eu cette chance... Voilà sans doute pourquoi aucune alliance ne trône à mon doigt, pauvre de moi...
Il fait claquer sa langue contre son palais comme pour ponctuer le tout. Lentement, Beron réalise quelques pas pour contourner Alysane, l'observant par là des pieds à la tête. Au passage, lorsqu'il se trouve dans l'angle mort de la jeune femme, il fit un clin d'oeil ainsi qu'un signe de tête à Jorah, lui indiquant à lui au moins que tout cela n'était qu'un jeu. Dont le point culminant arrivait à présent, alors qu'il terminait son petit tour autour de la demoiselle.
    Enfin, pour tout vous avouer, votre père m'a en effet parlé de vous. C'est le sujet de sa venue, après tout...
    Oh, vous n'en saviez rien ? Et bien... Je pense qu'il ne m'en voudra pas si je vous en fais savoir la raison... Voyez-vous, Cerden et moi nous trouvons être les derniers mâles de la lignée, si l'on se prive de compter notre plus jeune frère occupé au sein de la garde blanche. Il va de soit que nous nous devons d'assurer descendance, pour la persistance de notre nom !
    Aussi, il est un tracas normal pour un bon père que de trouver des partis de qualité pour ses enfants, surtout lorsque l'on possède pléthore de filles ravissantes...
    Comprenez-vous ?
Un sourire, enfin. Vainqueur, comme il venait d'asséner son coup. Sa voix traînante et grinçante n'avait pourtant à aucun moment pris le ton de l'amusement, et Beron était capable de mentir habilement quand il le désirait. Lui faire croire qu'elle était là pour être mariée n'était certes pas très sympathique, d'autant que du peu qu'il avait vu de son comportement, ce n'était pas là une des préoccupations qui pourraient la réjouir.
    Un garçon manqué, sans le moindre doute possible... Mais dotée d'un joli minois et d'un caractère certain... Vous ne conviendriez pas à mon frère Cerden, qui est plutôt gentilhomme... Vous le mangeriez certainement tout crû. Oui, je crois que je vais plutôt vous garder pour moi !
Ah, ce besoin irrépressible d'en rajouter une couche ! De quoi la désarçonner, il l'espérait.
    Vous comprendrez donc, à la lumière de tout ceci, ce pourquoi il ne me dérange pas de vous accorder de mon temps. Pas de souci cependant, vous n'avez pas à donner de réponse tout de suite. Enfin, c'est presque entendu avec votre père et je pense que cela le chagrinerait beaucoup que vous vous y opposiez... Mais je ne saurais vous y forcer, bien entendu. Cela dit, je vous sais fort proche de votre frère ici présent, sachez donc qu'il serait le bienvenu si le Vieil Ours acceptait de se séparer de son Maître d'Armes. Je pourrais plaider auprès de lui, si cela s'avérait nécessaire...
À croire que l'on s'ennuyait vraiment à Winterfell, de devoir s'amuser ainsi d'un jeune femme n'ayant rien demandé. Mais quelque chose lui disait qu'elle ne le prendrait pas trop mal lorsqu'elle apprendrait qu'il n'y avait là rien de vrai. C'était juste à espérer qu'elle n'aille pas courir auprès de Jeor pour lui faire connaître son avis sur la question de manière énergique, ce serait triste de réveiller ainsi un homme qui n'en avait sans doute pas besoin. Beron tourna à présent le dos, adressant un coup d'oeil amusé à Jorah en espérant que le jeune homme entrerait dans son jeu pour l'occasion. Rien de bien méchant au final, il devait l'avoir compris s'il n'était pas un idiot, et il n'en avait pas l'air, ça tombait plutôt bien.
    Rentrons à présent, si vous le voulez bien ! Mestre Tybald est déjà levé lui aussi, il est même encore plus matinal que moi ! La table doit donc être déjà dressée afin que nous puissions prendre notre repas. Vous pourrez en profiter pour lui montrer votre main, Snow, ne m'obligez pas à vous y presser une troisième fois ! Il n'y a pas de honte à avoir.
Alors qu'il avait déjà fait quelques pas vers la bâtisse, il s'arrêta déjà pour se retourner vers Alysane. Un petit instant à rester ainsi, une seconde ou deux, juste de manière suffisante à ce que ce soit remarqué. Il aurait pu lui tendre le bras, afin d'aller encore plus loin dans la blague, mais cela risquerait alors d'être trop gros pour qu'elle ne réalise pas ce qu'il tramait. Aussi se contenta-t-il d'un simple "vous venez ?" avant de poursuivre sa marche...

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Message Jeu 14 Juil 2011 - 14:35

     Alysane renifla légèrement en entendant Jorah parler d'elle comme si elle était une corvée à entraîner, pas très reluisant ni très séduisant face à un seigneur aussi important que lord Beron, mais peu lui chalait, ce n'était pas comme si cela faisait partie de sa liste de préoccupations d'apparaître comme présentable en public. La voix du suzerain se fit à nouveau entendre alors qu'elle reporta son attention sur lui tandis qu'il croisait ses bras sur son torse et ce fut avec un certain soulagement qu'elle l'entendit déclarer qu'il n'avait pas besoin de dormir des heures pour se reposer. Un point commun entre eux tous, bien que généralement Jorah était tiré des bras de Morphée par sa sœur en manque d'animation et non par choix, mais l'on pouvait dire qu'il avait presque fini par opter pour le même rythme de sommeil que sa cadette après tant d'années passées avec elle. Alysane s'était attendue à ce que lord Beron s'éclipse après s'être assuré que ce n'était point les sauvageons qui attaquaient Winterfell, mais juste deux Mormont trop bruyants, mais ce ne fut pas le cas. Elle le regarda quelque peu interloquée lorsqu'il lui décrocha un regard aussi direct et manqua de lui demander si elle venait de le froisser, mais la jeune combattante n'eut guère à se poser plus de questions puisqu'il se chargea seul de l'informer à ce sujet. Alysane fronça les sourcils au fil des paroles du lord, elle n'aimait pas aborder la question de son physique ou de ses habits et cette conversation n'allait pas vraiment dans le sens qui lui plaisait, heureusement qu'il s'agissait de lord Beron sans quoi la jeune Mormont aurait déjà interrompu grossièrement son interlocuteur. Marquant son manque d'approbation, elle pinça les lèvres pour s'obliger à ne pas déverser un flot de protestations, puis planta un regard noir sur Jorah lorsque celui-ci fut interpellé.

     Nul besoin de côtoyer quotidiennement la Mormont pour comprendre qu'elle aurait très mal pris le fait qu'il abonde dans le sens du lord, malheureusement il y avait de fortes chances pour qu'il ne fasse tout de même. Elle ne parvint toutefois pas à retenir un sourire goguenard en l'entendant aborder le sujet du mariage, en effet il y avait une explication logique au fait qu'il soit encore célibataire s'il trouvait une femme Mormont digne d'intérêt, cela n'avait certainement rien à voir avec l'absence de cicatrices. Lorsqu'il se mit à lui tourner autour comme un loup, elle resta tout d'abord immobile avant de faire volte-face pour le suivre du regard, lui offrant une expression des plus agacées, il parvenait à lui faire perdre sa moquerie habituelle en un rien de temps. Elle manqua alors de s'étouffer en entendant son discours sur le célibat des Stark, Alysane ne se posait plus de questions à ce sujet lorsqu'elle voyait la manière qu'il avait de lui parler, la guerrière plissa des yeux comme pour chercher une quelconque trace de moquerie dans sa voix puisqu'il ne faisait pas le moindre doute qu'il se gaussait d'elle en la ridiculisant. Mais visiblement lord Beron avait encore envie de s'amuser, elle lui décrocha un regard noir lorsqu'il déclara qu'elle lui serait plus adaptée qu'à son frère, comme si l'on pouvait imaginer qu'elle puisse être adaptée à autre chose qu'une hache ! Être placée comme une fille pouvant être mariée était dégradant à ses yeux, il y avait déjà eu moult disputes entre lord Jeor et sa fille à ce sujet. La brunette se racla la gorge pour se donner contenance, elle n'y croyait pas, c'était tout bonnement impossible et elle abhorrait l'idée même de pouvoir être perçue comme une femme et non une combattante c'est pourquoi elle commença aussitôt à lui emboîter le pas lorsqu'il s'éloigna, avant de piler net lorsque le lord marqua un temps d'arrêt pour l'observer.

     Alysane se retourna vers Jorah alors que le lord s'éloignait, elle lui décrocha un regard interrogateur avant de lui frapper l'épaule d'un coup sec pour le prévenir qu'il n'avait pas intérêt à se moquer d'elle ou qu'il allait le regretter, puis elle se lança à la suite de Beron. Il ne lui fallut pas longtemps pour se hisser à sa hauteur et lui lâcher quelques mots d'un ton à la fois agacé et provoquant, mais sans lui manquer de respect, bien qu'elle flirtait dangereusement avec l'irrespect il fallait l'avouer.

     ▬ Si vous avez tendance à trouver les femmes Mormont séduisantes messire, je ne m'étonne pas que nous ne soyez pas marié dans ce cas, si ce sont là vos standards de beauté, je mettrais en effet en doute votre capacité à trouver une femme attirante. »

     Elle lui décrocha un regard contrarié, il l'avait piquée au vif et forcément, lorsqu'on semait le vent on récoltait la tempête. La brune se retourna pour vérifier que Jorah suivait bien avant de lui attraper le bras pour le tirer histoire qu'il vienne lui porter assistance. Quelle honte, il fallait tout faire, bientôt elle allait devoir lui demander de jouer son rôle de grand-frère ! La jeune femme esquiva une table qui se trouvait dans le chemin et qu'elle manqua de renverser, encore un peu et elle allait démolir la « décoration » intérieure des Stark. Habituellement lord Jeor la bridait et lui ordonnait de se calmer lorsqu'elle s'énervait de la sorte, mais malheureusement - ou heureusement - il n'était pas là cette fois-ci.

     ▬ J'avais d'ailleurs crus comprendre que les prétendantes étaient censées accompagner leur père lors des présentations, c'est étrange parce que mon père avait refusé que l'on prenne part au voyage et j'ai lourdement dû insister, j'aurais imaginé que vous feriez cela dans les règles messire. »

     Elle essayait tout de même de ne pas se montrer trop irrespectueuse, même si l'agacement grandissait au fur et à mesure qu'elle dressait la liste des « incohérences », comme si un Stark pouvait envisager de marier une Mormont, cela aurait été comme de demander au Roi d'épouser la fille d'un vassal, c'était tout bonnement impossible. Ils étaient arrivés en vue de la salle où avait eu lieu le repas la veille, Alysane resta donc silencieuse le temps qu'ils y entrent et qu'elle parcourt les environs du regard, mais n'était pas prête à lâcher prise. Le malheureux lord Beron ne savait pas qu'il avait déclenché le mode sangsue de la jeune femme, elle ne lui laisserait pas de repos jusqu'à ce qu'il lui déclare sincèrement qu'il n'avait cherché qu'à se divertir en se moquant d'elle. Elle ne serait pas outrée d'avoir été raillée comme ça, qu'on s'amuse à lui faire croire de telles choses la vexait bien moins que si c'était réellement le cas et que l'on n'avait pas jugé bon de l'en avertir. Lorsque leur suzerain fut installé, la Mormont reprit de plus belle.

     ▬ Je ne doute pas que les Stark cherchent des épouses, mais vous êtes le lord suzerain du Nord, vous pouvez prétendre épouser une Lannister ou même une Tyrell, j'aurais du mal à concevoir que vous gâchiez vos possibilités d'alliance en épousant une seconde née d'une famille vassale qui ne possède rien de plus qu'une île avec de la boue à perte de vue. Elle regarda Jorah. Sinon mon cher frère, en tant que premier né, même bâtard, des Mormont, tu peux prétendre épouser Deana j'imagine. »

     Le pauvre Jorah qui ne demandait rien, il allait finir par devoir porter assistance à sa sœur ou aller réveiller lord Jeor avant que sa fille n'accuse ouvertement lord Beron de la prendre pour une idiote. Elle lâcha un soupir peu élégant avant de regarder autour d'elle dans l'espoir de voir apparaître miraculeusement la femme qu'elle venait de citer, mais ce ne fut pas le cas, elle conclut donc d'un air quelque peu bougon.

     ▬ Ce qui signifie que seul Cerden est à marier et comme vous l'avez si bien dit, il conviendra bien mieux à Mae, cette discussion n'est donc là que pour vous divertir j'imagine voir même faire frôler l'arrêt cardiaque à Jorah qui doit avoir peur que je ne me mette à vous manquer de respect pour vous moquer de moi de la sorte. »
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Message Jeu 14 Juil 2011 - 17:16

Il avait observé le manège de Lord Stark autour de sa sœur, il l'avait vu jouer avec ses nerfs la titillait juste là où ça fait mal. Il n'avait rien dit, n'approuvant pas mais ne désapprouvant pas non plus, il avait esquissé un sourire quand il lui avait demandé son avis. Sa voix se fit légère, d'un ton proche du badinage, il espérait qu'Alysane allait se rendre compte du subterfuge, jamais il n'aurait employé ce ton avec Lord Stark en temps normal, ou alors avec des litres et des litres d'alcool. Un léger rire naquit dans sa gorge alors qu'il regardait Alysane.

« Je pense que pour un Lord comme vous, Alysane et ses sœurs en général conviendraient à votre personnalité, elles sont tout a fait capables de diriger le domaine d'une main de fer et je me suis assuré qu'elle soient toutes formées à l'épée... » Il soutint le regard de sa sœur murmurant. « Mais c'est elle qui pratique le mieux l'art des armes Lord Stark, aussi, si vous la trouvez attirante alors j'en déduis qu'elle est faite pour vous... »

Il savait qu'il allait regretter ces paroles un jour ou l'autre, il savait qu'elle lui ferait payer cher sa forfanterie. Lord Beron demanda à Alysane ce qu'elle pensait de Jorah, il croyait qu'il allait devoir encore ramasser les morceaux de sa réputation qui serait brisée en un rien de temps, mais cela ne vint pas tout de suite. Lord Stark parla du fait qu'il n'avait pas de femme pour partager sa couche, chose à laquelle Alysane répondit de suite en lui jetant une réplique cinglante au visage alors qu'ils s'étaient mis en route. Jorah suivait tant bien que mal, l'oreille aux aguets et la langue scellée pour plus de prudence. Sa sœur était visiblement outrée et commençait à pousser Lord Stark dans ses retranchements, Jorah se promit d'intervenir au moindre débordement de celle ci, quitte à devoir endosser la déconvenue de Beron. Du reste, celle ci revint elle même le chercher pour qu'il soit au même niveau qu'elle et Beron, et sans nul doute pour lui servir de soutien potentiel en tant que grand frère.

Beron poussait le jeu très loin, allant jusqu'à demander une réponse d'Alysane, disant qu'il en avait parlé à Jeor et ajoutant même que si Alysane ne pouvait pas se séparer de lui, il serait capable de faire venir Jorah directement à Winterfell. Plus les secondes avançaient, plus il sentait une aura de tension émaner de sa sœur, qui eut d'ailleurs bien d'étranges paroles en parlant de lui, suggérant qu'il aille épouser Deana, une Lideuil, qu'il avait entrevu par moment et qui lui rappelait méchamment Alysane mais avec une couleur capillaire différente, sa sœur savait pertinemment qu'il était on ne peut plus « chatouilleux » sur ce sujet. Cette remarque eut le don de l'énerver et il ajouta mâchoires serrées.

« Allons Messire, je suis sur que Lord Jeor serait prêt à tous les sacrifices pour voir sa fille devenir Lady Stark. Je suis du reste prêt à donner de ma personne en venant lui tenir compagnie ici même. »

Un léger sourire naquit sur son visage alors qu'ils prenaient le chemin de la salle commune pour déjeuner, Jorah serra le poing, sentant son gant commencer à devenir humide, le sang avait du commencer a sourdre hors du bandage étant donné qu'il avait passé son temps a bouger la paume. Il eut un regard pour Alysane, il se demandait combien de temps elle allait lui en vouloir pour ce qu'il venait de dire et se préparait à subir les heures les plus noires de son séjour à Winterfell. Il espérait également que tout cela n'allait pas remonter aux oreilles de Jeor, mais si cela était le cas il était prêt à en supporter la faute sur ses épaules, comme il l'avait toujours fait avec sa très chère sœur. Ils entrèrent dans le château à la suite de Lord Stark et entrèrent dans la salle à manger.

Ils durent faire face à quelques paires d'yeux étonnés qui leur firent face, des gens s'étaient réveillés et parmi ceux ci se trouvaient...

« ALYSANE ! JORAH ! Qu'est ce que vous avez encore fait ? »

Lord Jeor... Jorah déglutit avec bruit, écarquillant les yeux alors que celui ci commençait à s'énerver et s'agiter sur son siège. Jorah s'avança, frappant du poing son plastron de cuir marmonnant.

« Pardonnez moi Père, j'aurais dû l'en empêcher mais vous connaissez Alysane, elle... »

« Je ne m'adresse pas à toi Jorah pour le moment, d'abord ma fille » Il fit signe a Alysane d'avancer. « Pourquoi diable as tu cru bon de traîner de ton plein gré notre Maître d'Armes dehors sans demander la permission à Lord Stark ? Depuis quand outrepasses tu mon autorité jeune fille ? Tu ne voudrais pas que je te fasse la morale comme quand tu étais petite devant notre Suzerain je suppose pourtant tu sembles le chercher ! »

Jorah croisa les bras, tentant de dissimuler sa main et faisant crisser ses épaulettes d'acier. Il essayait de se faire oublier, masquant son trouble d'avoir déplu à son père derrière un masque de neutralité. Après avoir largement invectivé sa fille, Jeor se tourna vers lui, lui faisant signe d'avancer. Avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit Jorah baissa les yeux et sortit tout de go.

« Mon Père, c'est ma faute, j'ai accepté et cédé à son caprice, je suis prêt à payer pour elle... Ne vous en faites pas elle a largement retenu la leçon. »

Comme depuis qu'ils étaient enfants, Jorah avait toujours encaissé toutes les erreurs et fautes de sa soeur, mais seulement celles d'Alysane; les autres soeurs elles pouvaient très bien se débrouiller seules. Maege n'avait qu'à sortir son jolis minois par exemple. Cela l'avait conduit assez loin du reste, enfant, il avait longtemps passé des nuits entières dans la remise au fond du domaine pour les emportements de Lady Jorelle sur le comportement d'Alysane. Qui plus est, le ressentiment qu'elle cultivait à son époque envers sa personne, la motivait d'autant plus à punir Jorah. Et comme à son habitude, depuis des années, Jeor haussa un sourcil, observant Jorah puis Alysane, attendant que quelqu'un se décide à ouvrir la bouche, puis ses yeux se posèrent sur Lord Stark alors qu'il lui adressa la parole, détachant chacun de ses mots.

« Et vous mon Suzerain, que pensez vous de mes enfants... Pensez vous que je dois réprimer un tel comportement ? »

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Message Dim 17 Juil 2011 - 7:17

À mi-chemin entre marcher dans son jeu et remettre en cause ce que Beron avait exprimé, la jeune ourse s'était mise à pester pour le plus grand plaisir de son hôte. Jorah pour sa part avait compris le message et s'était plu à en rajouter en allant dans son sens. Le résultat était de nature à faire sourire le lord Stark, qui ne manquait pas de lui lancer quelques coups d'oeil affirmés pendant qu'elle lançait ses protestations. Mais il ne se priverait pas de rétorquer aussi vite, voilà quelque chose d'assez clair et sans appel !
    Si vous vous permettez de douter de mes goûts en matière de femme, permettez moi alors de douter de la qualité des miroirs en votre fameuse île ! N'avez-vous donc jamais jeté le moindre regard sur votre reflet que pour vous dénigrer de la sorte ? *Se pose la main droite sur le coeur* J'en jure sur ma foi et mon honneur, vous êtes loin d'être dépourvue de charme... Ces yeux... Cette bouche... Rah, et encore plus belle lorsque vous vous mettez en colère, si si !
Le Sombreloup ne se laissait pas le moins du monde démonter par le ton employé par Alysane. Mieux encore, il en rajoutait, car il était certain que ses nouveaux compliments ne lui plairaient pas plus. Et comme il l'avait juré, il ne mentait cette fois pas. Cette intensité dans ses yeux d'ambre... Oui, il vaudrait vraiment que cette jeune femme prenne pleine conscience de ses atouts. Qu'elle voit qu'outre les armes d'hommes, faites d'acier et promptes à faire couler le sang, celles des femmes étaient tout autant utile sinon plus, aptes à briser les coeurs. Et même si sans la voir à l'oeuvre il ne doutait pas qu'elle dispose de certaines qualités martiales comme Jorah l'en assurait, il pouvait estimer du premier regard que du côté féminin la nature l'avait dotée d'attributs intéressants et plaisants à l'oeil.
    Je dirais plutôt que ce sont les gens de l'Île aux Ours qui sont dépourvus de goût en matière de standard féminin, s'ils n'ont pas été capables encore de vous le faire remarquer. Quoi que... Tous ceux qui s'y sont essayés en sont sans doute repartis boitant ou avec un oeil en moins !
    A-t-elle créé beaucoup d'éclopés, Snow ? Ah, sûrement, oui ...
Il se permit à rire, chose rare, très rare, en imaginant la méthode qu'elle pouvait employer pour refouler les hypothétiques prétendants. En tout cas, ça lui paraissait parfaitement farfelu que personne n'ait encore tenté de le lui faire remarquer, sans doute essayait-elle d'effacer ce souvenir de sa mémoire en y accolant à la place rage et fureur pour tous ceux qui se permettraient d'en faire état. Soit. Ils arrivaient à présent dans la grande salle où ils pourraient prendre leur repas. Enfin, si la colère de jeune ourse le leur permettait. À peine Beron fut-il installé d'ailleurs qu'elle revint à la charge, apportant encore de nouveaux arguments. Qui pouvaient être facilement balayés par lord Stark, mais icelui n'en eut pas le temps. En effet, une autre fureur se fit entendre comme une porte s'ouvrit à la volée. Le Vieil Ours, tonitruant... Et bien et bien, il faut croire que la fête est terminée... Jorah, immédiatement, alla auprès de son père pour lui porter ses excuses, prenant sur lui tout comme il avait désiré le faire plus tôt lorsque le Sombreloup était venu les interrompre dans la cour. Observateur de la scène, le Stark n'en commente rien jusqu'à ce qu'il lui soit demandé de le faire...
    J'en pense qu'ils n'ont rien fait de mal mon ami. Que nous vaut cette aigreur voyons ? Vous ne devriez pas être levé si tôt... Votre jambe ?
Le ton direct de Beron n'était pas un problème ici, lorsque deux hommes ont tranché des corps côte à côte avant de se remplir la panse de cervoise, forcément des liens se lient outre ceux d'un vassal à son suzerain, d'autant que le Sombreloup ne l'était pas encore à l'époque, seulement en passe de le devenir. Jeor ne répondit alors que pas un hochement de tête et un petit grognement, avant que le Stark ne poursuive.
    Ne vous inquiétez pas pour vos enfants. Au contraire, il me fait plaisir d'avoir un peu d'activité au sein de ma demeure. D'autant que cela permet à nos maisons de faire plus ample connaissance. Non, vraiment, il n'y a lieu de blâmer personne, pas même ce fier et serviable Jorah. Pas plus que votre fille qui s'est faite victime de mes taquineries... Vous devriez aller vous recoucher, je vais faire demander à Tybald de vous porter un peu de vinsonge qui devrait vous aider à terminer votre nuit. Ne vous inquiétez pas des discussions que nous avons encore à mener, tout cela peut attendre ! Votre route a dû être fatigante et il me serait impardonnable que vous en souffriez. Aussi je ne pourrais tolérer un refus... Allez, au lit ! C'est votre Suzerain qui vous l'ordonne !
Le Vieil Ours poussa un soupir, contraint d'obéir, il le sait. Sans cette dernière phrase, sans doute se serait-il permis de protester. Il restait un ours malgré tout, et de se faire envoyer à sa couche comme un enfant ne devait pas lui être coutumier. Mais Beron ne doutait de rien, et s'affirmer de la sorte ne le gênait nullement, car au final il n'y avait rien là qui pourrait nuire à leurs relations. C'était pour son bien, et cela, Jeor n'en ignorait sans doute rien. Après un dernier regard pour ses enfants ainsi qu'un hochement de tête pour le seigneur de Winterfell, le lord de l'Île aux Ours alla, aidé d'un servant, rejoindre sa chambre en boitant. À peine la porte se fut-elle refermée que le Sombreloup se décida à porter son avis sur la manière qu'avait Jorah de défendre sa très chère petite soeur...
    Snow... Si je conçois qu'il vous soit normal de mentir à un inconnu *se pointe lui-même de la main* Je ne pense pas qu'il soit une très bonne chose de prendre autant sur vous auprès de votre père. Votre soeur a démontré assez de caractère que pour pouvoir y faire face seule, non ? Ne cherchez pas la punition là où elle n'a pas lieu d'être... C'est pour votre bien à tous deux que je dis cela, après... ce n'est que mon conseil, et il vaut ce qu'il vaut...
Tout en parlant, il s'était servi une assiette, et après avoir brièvement mastiqué un morceau de viande séchée - Beron mangeait de la viande à chaque repas, sans exception - se rappela les derniers mots d'Alysane avant que son père ne fasse intrusion et ne coupa court à leur discussion. Il était temps de lui répondre, même si elle devait être calmée à présent. Ou pas ?
    Une Tyrell ou une... Lannister, hein ? Et que ferait une de ces dames dans nos contrées outre que dépérir ? Et puis, sincèrement... Je n'ai que faire d'une épouse du Sud, je n'éprouve nul besoin de collecter une nouvelle décoration d'intérieur, aussi plaisante soit-elle. Je préfère les charmes de l'hiver, c'est ainsi, avec ses rudesses et ses morsures...
Le coup d'oeil qu'il lui lança était clair et net : c'est à elle et son caractère qu'il faisait particulièrement référence.
    Enfin, si vous réagissez avec une telle énergie, je le prend comme le fait que je ne vous plait point et que vous feriez tout pour que cela ne se produise pas. Bien, j'en prend note ma foi... Rassurez-vous cependant, vous avez raison sur un point, il n'a pas été question pour votre père de vous marier, à aucun moment.
Non... C'était bien la main de Maege qui avait été proposée, et à lui-même et non à son frère. Sur un ton peu sérieux cependant, et la proposition avait été directement repoussée par Beron qui n'avait jamais eu les mariages arrangés à coeur. Selon lui, il n'y avait que sentiments réels qui méritaient de prêter serment devant un arbre-coeur, et rien d'autre... Les renforcements diplomatiques de sa maison n'en faisaient pas partie.
    Cependant... Maintenant que je vous connais un peu mieux, je dois reconnaître une vérité, dont je vous ai déjà fait part : vous me plaisez, c'est indéniable. Un caractère aussi affirmé... Je n'ai guère l'habitude que l'on me repousse en fait, ni même que l'on me tienne tête. Vous devriez aisément comprendre que votre résistance ne me donne que plus envie encore de percer votre coque. Ce ne sera pas une tâche facile, j'en ai conscience, mais j'ai bien envie de relever le défi. En tous les cas... comprenez bien que je me moque éperdument que vous soyez la seconde née d'une famille vassale... Mon père a épousé une Ryswell des Rus, et son père avant lui une Omble d'Âtre-lès-Confins. Que vous ne soyez pas l'aînée ne change rien non plus, pas le moins du monde. Enfin, puisque vous ne semblez absolument pas aimer ce sujet, n'en parlons plus si vous ne le désirez pas. Au moins à présent connaissez-vous mon avis réel sur la question, n'est-ce pas ?
Il ne se moquait plus d'elle à présent, mais après ce qu'il s'était passé, est-ce qu'elle en viendrait à le prendre au sérieux maintenant ? Ce serait à voir. Son jeu s'était arrêté, mais pas son observation, et devant sa franchise toute crûe, il avait hâte de connaître la riposte de la jeune femme...
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Message Dim 17 Juil 2011 - 14:54

     Alysane se nota quelque part dans un coin de sa tête qu'elle devrait faire regretter à Jorah, les paroles qu'il avait osé prononcer à son sujet. Et dire qu'elle comptait sur lui pour venir à son secours, voilà qu'il s'amusait à entrer dans le jeu de lord Beron ! La demoiselle se retenait de le frapper à grand renfort de cris de protestation, elle risquait de passer pour une enfant capricieuse devant le lord suzerain du Nord et ne tenait pas à détruire ses tentatives de protestation en agissant de la sorte. Le lourd regard qu'elle offrit au malheureux Snow suffit largement à lui faire comprendre qu'il souffrirait bien plus que d'une simple coupure à la main dès que l'occasion se présenterait. Oui, la jeune femme était comme ça, elle était fortement rancunière, trop prompt à s'emporter et surtout plus agaçant que le reste, elle oubliait rarement les mots qu'elle n'aimait pas entendre. Une vraie éponge à contrariété. Il allait donner de sa personne, mais pas en restant ici bien évidemment, elle détourna le visage d'un air agacé juste au moment où lord Beron jugea utile d'en ajouter une coucher en parlant une fois de plus de sa prétendue beauté, ce qui ne fit que renforcer son expression irritée. Il n'avait tout simplement pas le droit de la complimenter ! Lord suzerain ou non, c'était interdit et surtout, les gens ne s'y risquaient pas en général, certainement qu'il devait profiter du respect que la jeune femme lui devait. Elle décida de ne rien dire histoire de ne pas étouffer d'indignation et de colère, puis passa sa colère sur une malheureuse tâche qui trônait sur la table face à elle. Sa surprise fut de mise lorsqu'elle l'entendit rire et la demoiselle porta son attention sur lui, au moment ou une voix familière se fit entendre. Habituée à se faire admonester de la sorte, la jeune femme ne sursauta pas, elle se contenta de regarder rapidement autour d'elle pour poser ses yeux sur lord Jeor qui approchait de l'endroit où ils se trouvaient. Déjà debout à cette heure ?

     Habituellement il restait un peu plus longtemps allongé, certainement que sa jambe l'élançait encore comme les jours de grand froid comme aujourd'hui. Dirigeant sa colère sur la demoiselle il lui fit la morale, ne déclenchant qu'un froncement de sourcils et une expression butée et prête à la riposte sur le visage de l'intéressée. Il parlait de ne pas lui faire la morale alors qu'il le faisait vraiment, Alysane ne quitta pas son visage du regard jusqu'à ce que Jorah prenne sa défense, craignant peut-être autant le fait qu'elle manque de respect à son père que l'idée qu'elle se fasse reprendre plus sévèrement. Elle resta silencieuse un instant et son père la prit de court en parlant directement à lord Beron qui assistait à la scène en spectateur jusqu'à présent. Le regard de la jeune femme se posa sur le troisième homme qui s'interrogea à juste titre sur le côté matinal de son interlocuteur avant de le rassurer – à sa manière – puis le congédia avec efficacité, provoquant une expression amusée sur le visage de la jeune femme qui tenta vainement de le dissimuler. Lord Jeor s'éloigna alors tandis que la brune ne retenait plus l'amusement de voir son père congédié comme un enfant, comme elle lorsqu'elle était trop jeune pour veiller lors de réunions de son père et d'autres nobles en réalité. Jorah fut alors interpellé par lord Beron qui s'étonna de voir que le jeune homme mentait pour protéger sa sœur qui avait en effet assez de caractère pour se débrouiller seule. Le regard de la brune se posa sur son frère bâtard alors qu'elle ne se répartissait pas de son sourire amusé de voir la situation tourner de la sorte, puis la voix du lord reprit une fois de plus. Elle l'observa en silence, tiquant clairement lorsqu'il lui accorda un regard qu'elle crut identifier, mais se sentit rassurée de constater qu'il n'avait en effet pas été question de la marier à qui que ce soit, il ne manquerait plus que ça !

     Mais la malheureuse n'était pas au bout de ses peines, elle le darda du regard lorsqu'il lui déclara qu'elle éveillait son intérêt, cherchant de nouvelles traces de moquerie alors qu'il pourrait avoir décidé de s'amuser à ses dépends toute la journée. Lorsqu'il eut terminé, elle regarda Jorah quelques instants, cherchant à savoir s'il cernait mieux le lord qu'elle, mais rien ne l'aida à ce niveau et elle se contenta de hausser les épaules en attrapant un morceau de viande qu'elle entreprit de mordiller avant de répondre.

     ▬ Les charme de l'hiver peuvent être désagréables messire, mon père me dit toujours qu'on a beau apprécier le froid de temps en temps, à force de toujours rester avec, on fini par y laisser des morceaux ! C'est une chose que de le fréquenter une petite journée, mais vivre tout le temps avec, c'est bien plus dangereux et plus lassant. »

     Elle n'avait pas la prétention de se sentir aussi dangereuse que l'hiver bien sûr, cela aurait été trop arrogant et même si elle en possédait une bonne dose, saupoudrée de fierté bien placée, elle respectait trop le froid pour le prendre aussi à la légère. La jeune femme porta alors son regard sur Jorah en avalant un morceau d'une nourriture qu'elle estima délicieuse, puis lui décrocha un regard noir accompagné d'un léger mouvement de lèvres qui devait s'identifier comme un ordre de lui porter secours. D'un côté il était déjà tellement enfoncé à ce niveau qu'il finirait quand même par regretter d'avoir osé appuyer un inconnu au lieu de sa fidèle sœur. Laissant planer quelques instants de silence, la demoiselle reprit finalement.

     ▬ Ne prenez pas mes protestations pour personnelles messire, je réagis de la sorte avec tous ce qui touche ce sujet et je dois dire que le fait que vous soyez notre lord suzerain n'y change pas grand-chose pour moi, même si ma mère risque certainement de m'écorcher vive si elle sait que je vous ai dit cela. »

     Elle ne disait pas qu'il ne lui plaisait pas, mais n'affirmait pas le contraire non plus, Alysane se refusait tout simplement à entrer dans le petit jeu de lord Beron. Il risquait d'être déçu s'il s'attendait à ce qu'elle puisse lui donner son avis que n'importe quel homme, déjà qu'elle avait refusé de répondre à sa provocation au sujet de la beauté de Jorah, ce n'était pas pour tomber dans cette provocation. Il lui était difficile de ne pas ramasser son morceau de viande et prendre la fuite en demandant à Mae d'aller jouer les gentilles filles auprès de lord Beron, sa fierté seule la retenait ici et elle était bien décidée à lui prouver part A + B que ce qu'il disait était totalement faux. Elle attrapa une assiette et la glissa vers le malheureux Jorah qui devait toujours subir les décisions de sa sœur sans pouvoir protester. C'était peut-être pour ça qu'il se vengeait à sa manière.

     ▬ Il n'est pas difficile de vous plaire s'il suffit de vous repousser messire, je pourrais toujours glisser cette idée à quelques jeunes dames qui seraient plus à votre goût s'il n'y a que cela pour éveiller votre attention. Elle le regarda quelques instants sans quitter son air à la fois amusé et passablement irrité de ne pas trouver le mot pour le faire baisser les bras. Je vais avoir l'air arrogante à vous dire cela messire, mais je ne crois pas que l'on puisse percer cette coque que vous citez, je n'ai simplement aucun intérêt pour le sujet que vous abordez depuis avant, je préfère très largement m'intéresser à des choses qui méritent plus une dépense d'énergie. Il n'y a pas de coque, simplement une absence d'intérêt. Sans compter que Mae et lady Jorelle travaillaient cette zone depuis des années à présent. Je connais votre avis, mais je crois surtout que le froid vous fait perdre la tête messire, à mon avis il faudra que vous rencontriez Mae ou mes autres sœurs pour retrouver la raison si vous tenez tant à trouver une épouse parmi vos vassales. Quoi qu'il en soit, je note que votre réputation n'est pas justifiée, vous avez beaucoup d'humour messire. »

     Le changement de sujet était une très bonne idée, la jeune femme commençait à ne plus avoir d'idées de protestation sans paraître vulgaire, même si lord Beron avait fait preuve d'une grande patience à son égard, elle ne préférait pas trop tirer la queue du diable. Ce n'était pas parce que l'on faisait preuve de gentillesse ou même de patience à son égard qu'on ne risquait pas de retourner sa veste tout de suite après, surtout qu'elle ne maîtrisait absolument pas le sujet qu'ils abordaient depuis tout à l'heure. La jeune femme mangea quelques instants en silence, constatant que le sujet avait passablement gâté son humeur, puis soudain une lumière se fit dans l'esprit de la brune qui reporta son attention sur lord Beron comme s'il venait de dire quelque chose qui avait attiré son intérêt.

     ▬ Je me demandais messire, vous possédez une épée en acier Valyrien de ce que père m'a dit, est-ce que vous avez souvent l'occasion d'en profiter ? Il n'y a pas énormément de combats dans le Nord malheureusement, j'imagine que Glace doit se couvrir de poussière si vous attendez une occasion particulière pour la porter non ? »

     Ça, c'était le sujet qu'elle aimait, les armes, de plus Alysane n'ignorait pas que Jorah appréciait tout autant qu'elle de discuter de ça, elle tourna d'ailleurs la tête vers lui, se débarrasser de la saleté qu'elle avait au coin de la bouche d'un geste peu élégant, le menaçant du regard pour qu'il appuie sa question dans le même sens.
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Message Lun 18 Juil 2011 - 7:09

Lord Beron semblait apprécier la plaisanterie qu'il faisait à Alysane, Jorah se demanda si derrière tout cela se cachait un simple ennui ou bien une réelle inclinaison pour sa sœur. Si c'était la seconde proposition alors le Seigneur de Winterfell s'y prenait fort gauchement, enfin peut être pas, la flagornerie commune n'avait aucun effet sur sa sœur, elle semblait imperméable aux méthodes communes, alors oui peut être qu'un chemin détourné marcherait qui pouvait savoir. Il se remémora la réponse qu'il avait donné à Beron alors qu'ils étaient encore dehors sur le ton de la plaisanterie.

« Des éclopés ?... Oh oui mais pas seulement dans leur corps Monseigneur, ma chère sœur sait aussi briser les cœurs quand un de ceux ci un peu trop téméraire tente de l'aborder. »

Il avait ri et ils étaient entrés dans la salle à manger, et là Jeor était apparu avec sa colère et tout ce qui s'en suivit. Après les avoir admonestés, il répondit par la positive à la demande de Beron qui lui signifiait d'aller se coucher. Lord Jeor repartit donc claudiquant vers sa chambre, soutenu par un homme du château et marmonnant dans sa barbe sur un ton bougon.

« Que va penser mon Seigneur de mes propres enfants... J'avais pourtant réussi à les élever autrement et... »

Il avait disparu avant que sa phrase ne se termine. Une chape de silence tomba, contrastant avec le brouhaha qui se tenait la deux secondes auparavant, les intéressés se regardèrent puis soudain, ce fut Lord Stark qui rompit le silence, s'adressant à Jorah. Il lui reprochait de trop prendre sur lui pour les bêtises d'Alysane. Un sourire naquit sur les lèvres de Jorah qui répondit sur un ton léger passant vivement sa main, couverte d'une protection pour manier son épée, dans ses cheveux.

« Ne vous en faites pas pour cela Monseigneur, Lord Jeor est habitué après vingt huit années à me connaître, il connaît mon tempérament et sait parfaitement démêler le vrai du faux. Quant à mon réflexe de protéger Alysane et bien... » Il lui lança un coup d’œil. « Disons que nous avons nos raisons voilà tout. »

Alysane lui avait déjà rendu la pareille quand ils étaient enfants, le protégeant des colères de Lady Jorelle. Qui plus est Jorah l'avait connu quand elle possédait moins de caractère que maintenant, il l'avait vue dans des situations totalement différentes, de ce fait, il connaissait aussi une autre facette d'Alysane. Il prit à son tour une assiette, après s'être débarrassé de ses gants et réajusté le pansement de fortune qu'il s'était fabriqué en attendant le Mestre, et la remplit à son tour de viande séchée et de fromage. Lord Beron ne résista pas plus longtemps et continua à faire des remarques à Alysane, nombreuses étaient celles qui pouvaient être comprises différemment selon la personne qui l'entendait, aussi Jorah ne se leurra pas, le jeu semblait encore continuer.

Puis soudain, des paroles qui semblaient emplies de franchise passèrent les lèvres de Lord Beron. Jorah qui mastiquait son fromage tendit l'oreille. Ainsi donc toute cette farce avait toutefois un fond de vérité, comme souvent de fait, et le Seigneur de Winterfell était intéressé par Alysane. Oubliant toute bienséance il dévisagea sans vergogne l'homme qui se trouvait en face de lui. Il aurait juré qu'il aurait préféré Maege plutôt que sa sœur mais si il était amateur de défis, alors il s'en fixait un de taille en décidant de séduire Alysane. Si jamais il y arrivait, la récompense n'en serait que plus valeureuse et savoureuse certes. Il croisa le regard de sa sœur, il vit la lueur interrogative dans ses yeux, il ne savait pas sur quel pied danser en effet. Ce Lord semblait avoir plus d'un tour dans son sac. Alysane répondit sur une remarque qui lui semblait évidente, que personne ne pourrait passer sa vie avec elle sans y laisser des plumes, puis soudain, même si il n'avait pas tourné les yeux, il le sentit. Le regard noir de sa sœur venait de le frapper tel une flèche empoisonnée. Puis elle reprit après quelques instants de silence, laissant le temps à Jorah de peser le pour et le contre de la situation.

Une nouvelle assiette de viande séchée glissa brusquement près de lui, lui qui était déjà occupé à mastiquer son dernier morceau. Alysane était vexée cela ne faisait aucun doute et si il ne faisait rien, alors ce dont il parlait tout à l'heure concernant son envie de protéger sa sœur semblerait totalement infondé. Après avoir déroulé un chapelet de remarques, Alysane estima qu'elle avait terminé et venait de lancer la conversation sur l'épée en acier Valyrien de Lord Beron. Jorah sentait qu'une bulle de tension s'était installée et qu'il était temps de prouver à sa sœur qu'elle pouvait toujours compter sur lui. Il prit le ton de la plaisanterie mais sa remarque était un avertissement pour l'homme qui venait de se fixer un tel défi.

« Pour ce qui est de passer du temps avec ma chère sœur, je tiens à souligner qu'elle n'a pas tord. Regardez je la connais depuis la naissance et elle a déjà eu raison de quelques morceaux de moi et continue toujours, le loup tient il donc à se faire dévorer par l'ours ? »

Il profita du changement de sujet d'Alysane pour lui porter secours, après tout il avait soutenu Beron, maintenant elle pouvait bien l'être à son tour et avec le regard qu'elle venait de lui lancer si il ne le faisait pas, il ne donnait pas cher de sa peau. Une lueur d'intérêt s'éveilla dans ses yeux et il reprit sur le ton de la conversation.

« Une épée en acier Valyrien ? En effet elle ne doit pas servir souvent, auriez vous l'amabilité de nous la montrer quand vous aurez le temps ? Et dites m'en plus sur votre Maître d'Armes, je doute qu'il ait eu à entraîner de telles furies que les filles Mormont mais son avis sur le maniement de telle ou telle arme m'intéressait est il possible de le trouver ou de le rencontrer ? »

Soudain, la douleur de sa main le rappela à Lord, déclenchant chez lui un froncement de nez et un serrage brutal de sa mâchoire. Il serra et desserra la main et demanda à Lord Stark d'une voix contrite.

« Pouvez vous mander le Mestre Monseigneur ? Pas que la douleur est insupportable mais si je pouvais m'en passer au plus vite cela me siérait. »
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Message Ven 22 Juil 2011 - 15:20

Beron soupira sans chercher à exagérer le trait. Un simple soupir, sincère. Elle simplifiait trop... Comme si cette attirance n'était dictée que par le fait qu'elle résiste... Alors que ce n'était là en fait que la cerise sur le gâteau, bien entendu ! De plus, sa métaphore concernant l'hiver ne pouvait qu'au moins l'amuser, mais certainement pas le convaincre. Vouloir apprendre à un Stark ce qu'est l'hiver, n'est-ce pas là un comble tout de même un peu fort ? La cadette Mormont pensait-elle avoir à ce point à lui apprendre des affres du froid ? L'hiver vient... Telle était la devise de sa maison, dont il était le principal représentant, l'héritier, le seigneur de Winterfell et protecteur du Nord ! Cette fierté qu'il pouvait y sentir, cette manière de se faire paraître aussi mordante et sans doute par là même le sous-estimer en pensant qu'il ne saurait y faire face... il ne sut réellement sur l'instant si ça l'agaçait ou lui plaisait. Jorah quant à lui confirmait en acquiesçant sur le fait qu'elle avait sans doute brisé autant de coeurs que de membres, ce qui au final n'étonnait en rien le Sombreloup. Par contre, le bâtard de Jeor appuyait également sa soeur quant à l'âpreté qu'il y aurait à la supporter, lui-même en faisant les frais depuis bien longtemps. Peut-être le plaisir d'avoir un peu de visite l'avait-il amené à se montrer trop tendre pour qu'on le croie ainsi si faible que pour ne pouvoir tenir tête à une femme ? Tout à mâchouiller sa viande il ruminait ces mots. "L'Ours ne saurait écraser le Loup, pas celui-là du moins...", voilà bien ce qu'il en pensait. Cependant, lorsqu'il ouvrit la bouche, ce fut bien pour porter une protestation, mais pas celle que l'on pourrait penser...
    Cessez de me donner du "messire" à tout bout de champ, s'il vous plait. Cela me donne l'impression d'être plus une entité qu'un homme, et je risquerais au bout du compte d'en oublier que mon sang coule rouge, comme celui de tout un chacun.
Plus de regards, plus de sourires. Il se contentait juste de placer cette réplique entre deux bouchées, devenu alors plus sombre que quelques minutes auparavant. Non pas qu'il soit vexé ou frustré. Son jeu n'avait plus d'intérêt de toute façon et il ne comptait plus en user. De même, les réponses qui lui venaient n'étaient pas suffisantes que pour grignoter son humeur. Le lord Stark pensait, réfléchissait à la situation... Et puis il mangeait aussi, c'était là un point important. Mais ce ne voulait pas dire qu'il laissait tomber, qu'il baissait simplement les bras. Le point qui l'agaçait le plus sans doute était qu'elle n'avait pas confirmé son manque d'intérêt pour lui mais seulement pour "la chose" comme elle avait appelé cela. Et ça, et bien, ça ne voulait rien dire du tout... Si l'Ourse pouvait se montrer franche au point de l'éconduire de la manière dont elle avait procédé, même s'il s'était lui-même un peu moqué d'elle au préalable, ce n'était pas pour autant qu'elle se permettrait la franchise de lui dire cette vérité en face. Cela aurait été plus simple cependant. Et comme l'on ne peut s'empêcher de passer la langue sur une dent douloureuse, il reviendrait sans doute à la charge un jour, mais pas tout de suite. Il était las de cette discussion pour le moment. Mais il y repenserait inéluctablement, à ce jour où la seconde née d'un simple vassal avait repoussé en bloc la moindre de ses avances.
    Si vous n'êtes pas intéressée par cela, que vous motive-t-il d'autre que la guerre alors ? Les armes... Le sang, les batailles... Y avez-vous déjà goûté que pour y trouver autant d'attrait ? Vous devez bien avoir d'autres passions que pour combler celle que vous vous refusez...
Ton tout à fait neutre. Pas de provocation ou de crispation perceptible. Cela devait avoir tout l'air d'une simple question de pure curiosité...

Quant au sujet de son épée... cette question voulait tout dire ! Voilà ce qu'elle désirait voir de lui : un espadon d'acier valyrien ! Beron hausse un sourcil. Un peu vexé cette fois ci, réellement. Comme s'il allait laisser Glace prendre la poussière ! Une telle arme mérite d'être maniée aussi souvent que faire se peut...
    J'utilise Glace chaque jour que les Dieux font. Et je la porte au moindre déplacement. Je m'exerce avec elle dès que j'en ai l'occasion, ainsi ni elle ni moi ne pouvons rouiller. Il serait malheureux et triste que de telles armes restent inutilisées. Le jour où un réel combat viendra à nouveau nécessiter ma présence en première ligne, l'on ne pourra au moins pas dire que je me suis négligé... C'est la seule épée que je me permet d'utiliser, ainsi je ne ferais pas tache à la mémoire de mon père lorsque l'occasion s'en présentera... Feu lord Cregan est considéré par beaucoup comme le plus grand guerrier de son temps, vous ne devez pas l'ignorer. Même d'autres tout autant renommés que lui ont loué ses talents de guerrier impitoyable. Bien que reconnaissant ses qualités, je serais plus modeste que certaines chansons traitant de lui... Toujours est-il que je serais bien honteux si je ne pouvais me montrer à la hauteur... Voilà pourquoi depuis le jour de sa mort jamais un seul n'est passé sans que Glace ne puisse pourfendre l'air... ou autre...
Voici par ces mots le retour de quelques émotions... De l'honneur, de la fierté, ainsi qu'une espèce de tension en fond alors qu'il évoquait son père. Celui dont il n'avait jamais cessé de porter le deuil, en témoignaient ses vêtements toujours résolument noirs à l'exception des broderies d'argent s'y trouvant pour réhausser ses tenues afin de tout de même tenir son rang. Il ne faudrait pas qu'il soit perçu comme un simple Garde de Nuit, n'est-ce pas ? Une dizaine d'années depuis, et d'autres s'écouleraient sans doute encore sans que cette manie ne passe. Ce serait certainement toujours vêtu de noir qu'il tomberait et rejoindrait les cryptes de son solide castel de granit... Il termina la tirade concernant Glace en s'adressant à Jorah qui avait terminé ce que sa soeur avait commencé. Procédaient-ils toujours ainsi tous les deux ? Sans doute... Un véritable lien les unissait de manière indéniable...
    Et... peut-être que je pourrais vous la montrer, si vous êtes sages... Vous n'aurez qu'à vous présenter dans la cour cet après-midi, lorsque vous m'y verrez m'adonner à mon entraînement. Vous pourrez alors aussi y voir mon Maître d'armes et lui poser vos questions. Vous me paraissez de toute manière destinés à vous rencontrer...
Référence à leur statut de manière évidente, bien que Beron soit avec le principal concerné le seul à savoir de quel sang était ce bâtard...
    Quant au Mestre, et bien... Il ne vous reste qu'à attendre qu'il revienne de s'être occupé de votre père. Il regardera à votre blessure bien assez tôt, serrez donc encore un peu les dents jeune homme...
Car malgré toute sa bonne volonté, Mestre Tybald n'avait pas encore don d'ubiquité. Petite pique qu'il se garda de prononcer, tout simplement car elle ne servirait ici à rien. Le Stark repousse alors son assiette bien qu'il n'ait pas mangé grand chose en comparaison à ses repas habituels, signifiant qu'il en avait tout de même terminé pour cette fois. Profonde inspiration, puis léger coup d'oeil en biais vers Alysane... pour le simple plaisir de poser à nouveau ses yeux sur son visage, rien de plus, rien de moins...
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Message Sam 23 Juil 2011 - 16:05

     Elle commençait tout doucement à sentir son humeur se gâter, que l'on parle d'elle de la sorte sans tenir compte du fait qu'elle était juste à leurs côtés, avait le don de l'agacer, de plus les insinuations de Jorah n'arrangeaient rien. Elle n'avait jamais eu de prétendant, les hommes n'étaient pas assez stupides pour se lancer dans un tel projet, enfin, stupide ou courageux ? La brune comprenait cela comme de la stupidité, elle ne pensait pas que cela puisse valoir la peine de se donner du travail en plus pour la séduire, de toute manière il était impossible que l'on cherche à agir de la sorte à son encontre. Oui, Alysane prenait ombrage parce que cette situation lui apparaissait surtout comme une vaste blague destinée à amuser le lord de Winterfell, malgré ses dernières explications elle était persuadée qu'il allait raconter sa petite blague à son frère en déclarant qu'elle était bien stupide d'imaginer qu'un homme de son calibre puisse s'intéresser à elle. Sentant sa mauvaise humeur pointer le bout de son nez, elle ne répliqua pas aux remarques de son frère, se forçant à ne pas les écouter pour ne pas gâter davantage son humeur et se contenta de mâchouiller sa viande séchée. Un ours ne dévorerait pas un loup, elle ne doutait pas une seule seconde que lord Beron pourrait la remettre à sa place et l'écraser en supplément, mais elle savait aussi que son humeur était si versatile qu'elle avait toutes les chances de taper sur son système en un temps record. Alysane ne dénigrait pas son suzerain, elle savait simplement que même l'homme le plus patient avait ses limites. Avec une femme insupportable et exigeante comme elle, nul doute que cette limite arrivait rapidement.

     Son humeur remonta lorsque le sujet de l'épée légendaire fut abordée, même si son regard pétillait d'intérêt elle se força à avoir l'air « normale » et écouta d'une oreille distraite les paroles de son aîné qui se renseignait sur le maître d'armes de Winterfell. Alysane avait déjà prévu de le trouver et de l'interroger, le plus tôt serait le mieux, mais elle conserva un silence qui n'était pourtant pas dans ses habitudes. Finalement Jorah aborda le sujet du mestre et la Mormont risqua un regard vers sa main, ce n'était certainement pas agréable en effet, sur le coup elle se sentir coupable de sa maladresse, mais n'eut guère l'occasion d'en faire part à son frère puisque lord Beron prit la parole au même instant. Le soupir qui avait précédé ces mots ne rassura pas vraiment la jeune fille qui craignit d'être allée trop loin, mais il la prit de court en lui demandant de ne plus l'appeler messire. Et comment alors ? Elle n'était pas trop formée au protocole, ou plutôt avait oublié la majeure partie de ce qu'elle avait appris. Silencieuse, la brune l'observa alors qu'il lui demandait si elle n'avait pas d'autre intérêt, chose peu évidente à découvrir sur une île aussi austère que la sienne. La réponse concernant Glace l'intéressa davantage, elle fut pleinement satisfaite de ce qu'elle entendit et un bref sourire passa sur ses lèvres gercées. Lord Beron déclara à Jorah qu'ils pourraient peut-être la voir lorsqu'il s'entraînerait avec son maître d'arme et Alysane se le nota aussitôt, sentant déjà son esprit s'enflammer à l'idée de voir cette épée en action. Il conclut finalement en déclarant au Snow qu'il devrait patienter jusqu'à ce que le mestre revienne de la chambre de leur père, puis le silence retomba et elle risqua un œil vers le Stark pour constater qu'il la regardait. Une montée d'agacement la prit soudain et elle fronça les sourcils sans baisser le regard.

     ▬ Ma mère me dit souvent qu'il est extrêmement malpoli de dévisager les gens, surtout lorsqu'ils sont aussi doués que moi pour manger. Elle ne lui faisait pas la parole, n'étant pas assez sotte pour cela, mais il était vrai que sa manière de manger n'était pas vraiment des plus raffinée. Je pensais avoir déjà gâté votre humeur mes... Comment dois-je vous appeler d'ailleurs si je n'ai plus droit d'user du seul titre que je connaisse ? »

     Elle avouait son ignorance pour le coup, inutile de tourner autour du pot, d'un côté ça l'arrangeait puisqu'elle avait la sainte horreur de devoir placer des « messire » ou « ma dame » dans toutes ses phrases. Heureusement que Lady Jorelle n'était pas là, elle serait certainement morte de honte à l'idée qu'elle se comporte de la sorte. Bah, elle n'en saurait rien. Alysane risqua un coup d'œil vers Jorah, il ne la vendrait pas et lord Jeor n'oserait pas parler de cet épisode à son épouse, Alysane avait bien hérité son caractère de quelqu'un après tout.

     ▬ Et pour répondre à votre question, je n'ai pas d'autre intérêt que les armes pour l'instant, l'île aux ours n'est pas le terrain propice à la découverte. Je n'ai jamais eu la chance d'user de mon arme autrement que dans des entraînements, mais cela suffit à me faire comprendre que c'est ce qui m'intéresse. J'imagine que le loup n'a pas besoin de chasser pour comprendre qu'il est fait pour ça, il a son instinct après tout. »

     Le simple fait de toucher une arme la remplissait de joie et d'excitation, alors que voir une dame se faire faire la cour lui donnait surtout envie de rendre tout son repas. Nul besoin de tourner autour du pot pour comprendre qu'elle n'avait pas d'intérêt pour ce qu'une dame devait aimer et qu'elle compensait tout cela par les armes. De plus, la statue qui trônait devant la demeure des Mormont prouvait bien que les femmes de cette famille n'étaient pas que de simples poules pondeuses. Elle reporta son attention sur l'assiette qu'il y avait devant elle, contrairement à son lord elle n'avait pas l'appétit coupé de se faire ainsi haranguer, il lui en fallait bien plus que cela pour la dégoûter d'une bonne nourriture.

     ▬ Puis que vous nous en donnez l'autorisation, je pense que nous viendrons très certainement voir comment vous utilisez Glace, je suis ravie de savoir que vous ne faites pas partie de ces personnes qui considèrent qu'une telle arme n'est à sa place que dans une salle hermétiquement fermée. Quelle idée stupide, une arme est faite pour être à la main d'un combattant et nulle part ailleurs ! »

     Les personnes qui s'imaginaient pouvoir profiter d'une arme en la plaçant dans une salle au trésor où elle serait à l'abri de la poussière et des voleurs, perdaient surtout l'occasion de pouvoir profiter d'une arme unique. Ce serait comme d'imaginer que lord Jeor garderait son arme sous scellé pour éviter qu'elle ne soit utilisée, même si lui-même ne pouvait pas en profiter en raison de sa jambe. Il était vrai que l'intérêt d'Alysane pour les épées était moindre que celui pour les haches, heureusement sans quoi elle aurait déjà très certainement essayé de prendre l'épée familiale en main depuis longtemps. Repue, la jeune femme repoussa finalement son assiette à son tour avant d'essuyer ses mains comme elle le pouvait – à comprendre sur sa tunique – après tout si cela pouvait persuader lord Beron qu'elle n'avait rien d'une dame, tant mieux. Comme elle tenait tout de même à ce que leur suzerain n'imagine pas qu'elle ne possédait aucun tact et aucun respect et ne puisse changer d'avis vis-à-vis de sa maison, la jeune femme ajouta quelques mots à son attention.

     ▬ Je voulais vous préciser que le manque de tact dont je fais preuve n'est pas généralisé, ma famille n'y est pour rien, il y a une brebis galeuse dans chacune et visiblement c'est moi. Serait-ce trop vous demander que de ne pas ébruiter cela ? Ma mère perdrait tous ses cheveux si elle apprenait que je vous ai répondu de la sorte, alors que ce n'est que par altruisme, même si vous pensez le contraire. »

     Il fallait comprendre par là qu'elle avait repoussé – sans vraiment repousser – les avances du lord parce qu'elle savait très bien qu'elle ferait une aussi bonne épouse, que Jorah un héritier de lord Jeor. Peut-être en seraient-ils capables, mais aux yeux des autres vassaux ce serait une crime de lèse-majesté.


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Message Dim 24 Juil 2011 - 12:08

Le regard de Jorah passa de Beron à sa sœur et fit le chemin inverse, il sentait une espèce de bulle de tension naître entre ces deux là et il se félicitait déjà d'être à la place très judicieuse qui était entre eux deux. Il n'osa pas ouvrir la bouche quand soudain, la voix froide de Beron trancha le silence au moins aussi âprement que Glace devait le faire avec les corps. Il protesta calmement sur l'appellation Messire qu'on lui donnait à tout bout de champ. Jorah le regarda incrédule, n'était ce pas ce qu'il était, le Sire de Winterfell ? Etant donné que lui et Alysane avait reçu des onces de bienséance protocolaire, la remarque qu'il était en train de leur faire relevait du non sens. Comment devaient ils l'appeler alors ? Beron sembla s'assombrir, se renfermer sur lui même, le jeu était donc terminé et Jorah devait sans nul doute maintenant choisir un camp.

Le Lord reprit la parole, interrogeant directement Alysane sur le sujet des armes, se demandant comment pouvait elle aimer la guerre si elle ne l'avait jamais vue de ses propres yeux. Question à laquelle elle donna une réponse qui fit sourire Jorah. Celle ci ne résista pas à lui glisser un mot léger à propos de la façon dont il mangeait et posa la question de comment devait on l'appeler. Elle insinuait aussi que c'était les entraînements qu'il lui avait dispensé qui lui avait donné cet amour des armes, mais sur un point la question de Beron était intéressante, quand Alysane goûterait un jour à la guerre, la vraie, trouverait elle toujours cela aussi plaisant ? Si elle était blessée gravement et que cela entraverait sa vie pour toujours, n'en viendrait il pas de l'amertume quant à cet adoration passée ? Tant de questions qui traversaient l'esprit de Jorah quand il imaginait sa sœur sur le champ de bataille. Mais des questions auxquelles il ne parlait pas, sachant que ses craintes seraient éconduites au moins aussi fermement que la déconvenue de Lord Beron.

La discussion dévia donc sur Glace, la fameuse épée en acier Valyrien, une lueur d'intérêt passa malgré elle dans les yeux de Jorah alors qu'il écoutait le Seigneur parler de sa lame et de son ancêtre, Lord Cregan dont Jeor avait si souvent raconté l'histoire a Jorah et Alysane alors qu'ils étaient enfants. Nul doute que c'était un valeureux et tenace combattant, les mots de Jeor revinrent a son esprit « Quand Glace apparaissait sur le champ de bataille, nombre des ennemis du Nord savaient que leur cadavres aller venir tacher la neige de carmin... » On sentait que c'était, non sans une certaine émotion, que Beron parlait de son ancêtre, le deuil avait l'air d'être dur pour lui. Mais cette même émotion se trouvait dans les mots de Jeor quand il parlait lui aussi de Cregan, il devait de ce fait être quelqu'un qui marquait les esprits et les cœurs a ne pas en douter. Il ajouta une petite réplique qui aurait très bien pu être adressée à des enfants mais qui eut pour résultante de faire sourire Jorah.

« Il est vrai que la condition sine qua none pour voir votre épée sera peut être dure à respecter... » Il lança un coup d’œil à sa sœur amusé. « Mais nous essayerons d'être sages Mess... Lord Beron. »

Il ne savait pas trop quoi dire à la place de « Messire », l'appeler Beron purement et simplement relevait de la folie, surtout si Jeor ou Jorelle l'apprenait, enfin surtout Jorelle, la Lady avait toujours été à cheval sur le protocole. Jorah se leva de la table avec bruit attendant que les autres fassent de même. Il avait aussi tiqué sur le fait qu'ils allaient peut être rencontrer le Maître d'Armes, ce qui intéressait Jorah c'était de connaître les méthodes des autres et il en profiterait pour proposer qu'Alysane le combatte, histoire de voir sa meilleure élève et la plus zélée l'affronter. Un éclair de douleur passa sa main de nouveau, Beron ajouta que le Mestre s'occuperait de lui dès qu'il aurait fini avec Lord Jeor. En y réfléchissant, la plaie qu'Alysane lui avait faite le taraudait plus que ce qu'il pensait. Peut être n'était elle pas si superficielle en fait... Il acquiesça d'un signe de tête marmonnant.

« Je peux encaisser ne vous en faites pas... »


Il ne voulait pas passer pour un faiblard aux yeux de tous, si il fallait supporter des jours et des jours pour prouver sa valeur alors il le ferait. Il capta le coup d’œil de Beron à Alysane mais ne dit rien, se contentant d'observer. Celle ci prit la précaution d'ajouter qu'il ne faudrait parler de tout cela à Lady Jorelle, sinon ils savaient qu'ils allaient devoir en répondre dès qu'ils seraient rentrés sur l'île. Mais de là penser qu'Alysane était une brebis galeuse... un peu extrême comme comparaison. Jorah pensait qu'il était temps de clore cette discussion avant que la gêne s'installe entre ces deux là. Il prit un ton formel pour se faire entendre.

« Je pense que nous n'allons pas vous retenir plus longtemps, je vais rester dans les parages quand votre Mestre reviendra... Vous devez avoir autre chose à faire que de parler à des invités qui osent commettre l'affront de vous manquer de respect. » Ses yeux se posèrent sur Alysane.

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Message Mar 26 Juil 2011 - 16:06

Beron ne fait qu'hausser les épaules lorsqu'elle lui évoque son impolitesse à la regarder manger. Baste de l'éducation, il n'en faisait qu'à sa tête de toute manière. Inutile de lui préciser qu'il s'en moquait un peu... D'autant que ce n'était pas sur sa manière de manger qu'il s'arrêtait, ne cherchant à faire rien d'autre que de s'attarder sur son visage. Les Dieux sont cruels que d'accorder de si belliqueuses motivations à une créature au si doux faciès. Et que ce serait une triste perte si elle devait périr sur un champ de bataille face à des hommes sérieusement entraînés et plus puissants. Oh, il ne doutait pas qu'elle soit correctement formée aux arts du combat. Mais en brutalité, une femme n'égalera jamais un homme, voilà le fond de sa pensée...
Par contre, il avait commis une faute... Celle de lui demander de ne plus l'appeler Messire sans liu transmettre la manière dont il souhaitait se faire appeler. Sur un ton totalement plat il répondit d'une manière détachée.
    Et bien, mes amis m'appellent Beron. C'est ainsi que mes parents m'ont nommé, ainsi que je me différencie des nombreux autres lords du continent. Enfin, cela, vous ne l'ignoriez pas. Vous n'êtes pas sans savoir non plus que les Mormont sont amis des Stark, n'est-ce pas ? Alors, cela convient très bien à mon sens, lady Alysane.
La tirade de la jeune femme sur son instinct qui la poussait à penser qu'elle était faite pour le combat le fit sourire. Personne n'est préparé pour cela sans l'avoir vécu... Aimer se tenir l'arme au poing était une chose, prendre une vie en était une toute autre. Supporter les blessures, patauger dans une boue de sang, trébucher sur le membre d'une connaissance reposant quelques mètres plus loin les yeux ouverts sur l'infini sans plus jamais pouvoir broncher... Voir un être cher mortellement blessé et ne rien pouvoir faire d'autre que de venger sa mort sans jamais pouvoir le ramener... C'était ça la guerre ! À ça que se destinaient les hommes d'armes, les guerriers... Pas réjouissant, pas héroïque, du moins jusqu'au moment où enfin un camp compterait trop de pertes que pour pouvoir poursuivre et qu'un vainqueur serait donc désigné. Certes, le Sombreloup n'y avait pas été blessé, mais ses meurtrissures à lui étaient plus profondes, plus ancrées... Beron voyait tout cela de l'oeil cynique de l'homme qui avait vu périr son père alors que ce dernier était hautement réputé... Même les meilleurs ont à craindre lorsque la danse de l'acier et du sang est entamée...

Mais il ne comptait pas lui faire la morale à ce sujet. Pas aujourd'hui en tout cas. Le Sombreloup n'avait pas à intervenir dans les aspirations de la jeune ourse. Elle découvrirait bien assez tôt ce que toutes ces choses voulaient dire, et peut-être même en en payant elle-même un lourd prix. Il serait peut-être alors trop tard que pour lui en parler... Enfin, il n'a pas à s'immiscer là dedans, tout simplement. Déambulant dans ce style de sombres pensées, il ne nota même pas la manière dont elle venait de s'essuyer les doigts sur sa tunique. Et même s'il l'avait vu, il s'en serait moqué éperdument, considérant cela comme un menu détail.

Il nota leur volonté à tous deux de venir effectivement assister à l'entraînement, ainsi que le fait que Jorah avait déjà retenu la leçon en ne lui donnant plus du Messire. Le pauvre Snow... Il avait été mis un peu à l'écart au cours de cette discussion, Beron portant particulièrement son attention sur Alysane et leur discussion. Par contre une chose vint lui faire lever les yeux au ciel. Le Sombreloup soupira avant de répondre à leurs excuses...
    Voyons... Il me chagrine et me vexe de voir que vous pensez encore avoir pu me choquer par vos paroles... En vérité, ça me fait le plus grand bien de mener de saines discussions sans détour. Je préfère largement une attitude vraie et franche plutôt que les ronds de jambe auxquels j'ai droit à chaque jour. Je n'ai jamais non plus été très porté sur l'art de l'éducation et l'étiquette m'est égale si tant est que mes interlocuteurs se montrent naturels. Aussi, cessez tous les deux de penser que j'ai pu considérer le moindre de vos mots comme un manquement au respect. Il n'y a donc rien à ébruiter, lady Alysane, et rien à excuser, Snow. Pas d'affront ni d'offense...
En effet, c'était même plutôt intéressant que de se voir tenir tête. C'est ce qu'il désirait des seigneurs du Nord : un caractère vrai, mettant de côté toutes ces fioritures qu'il faudrait réserver pour la cour. Lui n'en était pas friand, du tout. De même, le fait de se voir repousser ses avances n'était pas non plus une inquiétude, après tout, ce n'était pas comme s'il désirait lui-même se retrouver bague au doigt. Tout comme Alysane, il s'était toujours dit que le mariage n'était pas pour lui de toute façon. Tout comme Alysane, il se sentait fait pour la guerre et le savait d'autant plus qu'il y avait déjà participé, qu'il en connaissait les sensations et les risques... Beron n'aspirait pas à vivre vieux quoi qu'il en soit, aussi cet exercice se devait de lui être particulièrement destiné.
    Par contre Jorah, vous perdrez du temps si vous vous contentez d'attendre ici. Je vous conseillerais plutôt de vous rendre directement au laboratoire de Tybald. Je ne doute pas qu'il s'y rendra immédiatement après s'être occupé de votre père pour y ranger son matériel et ses produits. Si ça se trouve, il y est déjà retourné...
Tout en parlant il s'était levé. Était allé jusqu'à Jorah lui poser une tape virile sur l'épaule en guise de salutation tout comme il allait quitter la pièce dans quelques instants. Puis avait poursuivi jusqu'à Alysane, ne pouvant s'empêcher de laisser s'échapper un très léger sourire qui aurait été bien plus grand sans sa volonté de ne rien montrer. Il fallait bien mettre un réel point final à son petit jeu, non ? Aussi avait-il saisi la main de l'ourse, et l'avait légèrement attirée à lui tout comme il se penchait... Et après avoir soufflé un "lady Alysane" réalisé un baise-main peut réglementaire, où ses lèvres allèrent se poser sur la main de la jeune femme plutôt que simplement l'effleurer. Ce ne serait sans doute pas de son goût, mais ça avait le mérite d'amuser le Sombreloup...
    Je vous laisse à présent... avec la hâte de vous revoir cet après-midi. Je ne sais pas si c'est une bonne idée que de souhaiter votre présence, Alysane, qui ne pourrait que me distraire... Mais ma foi, si cela vous fait plaisir, je ne saurais vous en priver !
La porte s'ouvre et il quitte la pièce, sans laisser possibilité de se voir répondre. Est-ce que ce n'était que du jeu ? Non... La voir non loin alors qu'il manierait Glace ne le laisserait pas indifférent, c'était sûr. Enfin... D'ici là, il aurait de quoi s'occuper. S'assurer que ses invités ne manquaient de rien. Voir son frère pour lui faire-part de la scène qui venait de se passer. Demander à Barth de bien vouloir avoir l'amabilité de discuter avec leurs convives. Il avait aussi à discuter avec Jeor en cette fin de matinée, c'est ce qui avait été prévu, mais cela ne se ferait sans doute pas... Soit, l'on verrait bien comment tout cela se passerait...
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