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L'ivresse est la vengeance des raisins

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Virginia Redwyne
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Message Lun 29 Avr 2013 - 19:13

     Port-Réal. Une nuit sans nuage couvrait la ville. Point de manteau gris, rien que la douceur lactée du canevas des étoiles. L'automne avait parfois ses humeurs terribles et ses orages, mais point ce soir-là. Une accalmie semblait récompenser de ses efforts la baie de la Néra, ou bien n'était-ce que le calme avant la tempête ? L'heure tardive avait vidé les couloirs du Donjon Rouge des visiteurs, des pétitionnaires, des notables et des autres qui y avaient quelques affaires durant le jour. La garde spéciale de la forteresse, les Dents de Freux, était à la fois discrète et omniprésente, comme il fallait s'y attendre. Lady Virginia avait prié au septuaire après le repas qu'elle prit seule, avec pour toute compagnie une septa d'âge difficile à déterminer. Cette femme toute couverte de vêtements, qui ne montrait au monde qu'une figure indéfinissable, avait la taille et l'esprit très étroit. Elle était peu bavarde par nature, mais savait discuter quand elle était sollicitée et pour cela, lady Virginia l'avait gardé à son service depuis quelques années. Ce soir-là, pour une raison encore obscure, elle n'avait pas souhaité dîner en grande compagnie. La sympathie et la douceur des quelques dames de sa suite auraient été trop difficiles à supporter pour la toute nouvelle épouse de lord Redwyne. Elle se passa donc de leur compagnie le temps du repas. Ce fut tout à fait frugal d'ailleurs, lady Virginia n'avait que peu d'appétit. Friand de porc aux œuf et aux pignons, boudin rouge aux pommes, et enfin velouté de fruits glacé pour aider à la digestion. La demoiselle avait même négligé de boire une seule goutte de vin ; étant donné qu'elle dînait sans grande pompe ni grande compagnie, le superflu du geste lui parut si évident qu'elle préféra se satisfaire d'un repas sans boisson farfelue. À l'issue du repas, elle ne put toutefois s'empêcher de faire cette remarque qui suscita une cavalcade de réprobations de la part de septa Leona : C'est dans l'assiette qu'on voyage, dit-on, mais si j'avais su, je n'aurais pas précipité mon arrivée à Port-Réal. Virginia était fille du Bief et de Villevieille, la cuisine à Grand-Tour avait accoutumée son palais à des saveurs subtiles et riches jusque dans les plats les plus simples... découvrir la bonne chère du Donjon-Rouge était pour elle une petite épreuve, et il lui faudrait sans doute du temps pour s'y habituer. Et si dans le pire des cas sa langue demeurait rebelle à toute soumission à la cuisine de Port-Réal, elle accepterait sa défaite et patienterait jusqu'à son retour dans les latitudes du Sud où la cuisine convenait mieux à son éducation gastronomique. Après avoir nourri sa chair, Virginia décida que nourrir son âme s'imposait, alors elle s'en alla rassembler sa petite suite afin d'organiser une prière commune et improvisée au septuaire de la citadelle. La guerre contre les Fer-nés avaient conduit les hommes hors du château pour un certain temps et les femmes qui y demeuraient devaient prier pour eux.

     Au pied des statues immenses, sous les grandes fresques murales et près des autels, lady Virginia s'agenouilla longuement pour invoquer sur l'armée royale la bénédiction du Guerrier. Elle pria aussi pour que la Mère accueille les défunts qui tomberont dans l'exercice de leur devoir. Elle souhaita également que l’Étranger maudisse les Fer-nés ennemis. Elle conjura l'Aïeule d'étendre sa sagesse à son frère Clarence pour que celui-ci affronte au mieux la difficile période d'après-guerre qui s'amorçait. Enfin, elle souhaita que la Jouvencelle couvre sa sœur Valencia de ses bienfaits, en espérant qu'elle trouverait rapidement le meilleur époux possible pour elle. Après avoir accompli ses recueillements, lady Virginia prit un peu de temps pour visiter ce septuaire et se dit qu'elle prendrait le temps, le lendemain au petit matin, d'aller visiter le Grand septuaire de Baelor, car c'était un des bâtiments de Port-Réal qui avait retenu son attention. Passionnée d'architecture, le détour semblait indispensable, et Virginia comptait bien mettre à profit son séjour dans la capitale pour en apprendre davantage sur les grandes bâtisses qui faisaient la réputation de la ville. Le Donjon-Rouge était bien sûr sur sa liste, mais elle n'avait encore trouvé personne pour la guider au cours d'une visite approfondie. Pourtant l'occasion était bien belle, car avant le retour des personnages éminents qui menaient l'armée du roi, la forteresse offrait le calme nécessaire à une visite sereine et sérieuse. En quittant le septuaire, lady Virginia se dit en elle-même qu'il serait bien qu'elle écrive à son frère afin de lui faire part de certaines choses qu'elle ne pouvait confier qu'à lui. Cela attendrait le lendemain, il était trop tard à présent pour déranger un mestre sans paraître grossière et peu disciplinée. Septa Leona et les quelques demoiselles qui l'accompagnaient la suivirent hors du saint lieu et bientôt toutes se séparèrent pour gagner chacune leurs appartements. Lady Virginia, bien sûr, devait occuper les quartiers du Grand Amiral, même en son absence, et c'est vers cet endroit qu'elle dirigea ses pas, suivie de près par une septa que le sommeil gagnait peu à peu. Virginia n'était point fatiguée encore, mais elle se languissait du confort d'un bon lit où elle aurait pu s'étendre pour attendre avec patience l'étreinte du sommeil qui serait son seul compagnon cette nuit. Mais au détour d'un couloir, à la lueur d'un brandon, une silhouette se détacha de l'obscurité et surprit quelque peu lady Virginia qui s'attendait à ne croiser personne. Cet imprévu n'était pas vraiment une gêne inexorable, il lui suffirait de saluer poliment et de continuer sa route sans prêter trop d'attention à la surprise d'une telle rencontre. Pourtant à mesure qu'elle s'approchait, elle découvrit que la personne dont elle se rapprochait avait une démarche étrange pour quelqu'un qui arpentait les couloirs d'un château ; autrement dit, la silhouette se déplaçait bizarrement. Qu'est-ce qu'un homme de la sorte pouvait bien faire ici et à cette heure ? Il n'était pas bien tard, mais tout de même ? Septa Leona manifesta sa présence et lady Virginia posa sur elle un regard étonné. La religieuse lui chuchota quelques mots et l'épouse du Grand Amiral leva un sourcil curieux qui vint témoigner de sa grande surprise : était-ce bien le prince Daeron de Peyredragon qui se trouvait là à quelques pas de la demoiselle ? Lady Virginia ne l'avait jamais rencontré, elle aurait été bien en peine de le reconnaître. Elle n'avait toutefois aucune raison de ne pas faire confiance à la femme sans âge qui l'accompagnait, aussi se rapprocha-t-elle sans se presser de l'homme qu'elle supposait être Daeron Targaryen.

     Prince Daeron. Dit-elle en se portant à sa hauteur, avant de le gratifier d'un regard bienveillant qui disparut dans une révérence respectueuse. Quand elle releva sur lui son regard d'émeraude, lady Virginia remarqua non sans mal que le prince n'était pas tout à fait dans son état normal... quelque chose manifestement n'allait pas et la demoiselle fit un effort léger pour ne pas donner l'air qu'elle scrutait l'allure et la tenue du prince afin d'en détailler les défauts, les insuffisances et les imperfections. Je vois que vous veillez, mon Prince, tout comme moi qui priais tantôt au Septuaire pour que les dieux protègent votre père et mon époux lors de la bataille contre les Fer-nés. Peut-être pouvez-vous m'accompagner jusqu'à mes quartiers ? Je ne connais pas très bien le Donjon Rouge. Lady Virginia fit mine d'ignorer les regards suppliants de la septa qui jeta des petits coups d’œil gênés autant qu'inquisiteurs sur le prince, mais l'épouse de lord Redwyne dut bien se rendre compte que Daeron n'était pas dans la meilleure des formes.

     Quelque chose ne va pas, prince Daeron ? Comme elle achevait sa phrase, lady Virginia s'approcha du prince et se tint prête à intervenir au cas où ce dernier aurait fait une mauvaise chute... Un telle situation aurait été fort gênante mais elle ne savait pas tout à fait à quoi s'attendre.


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Message Mar 30 Avr 2013 - 17:31

Daeron Targaryen. La plupart des habitants de Westeros ont entendus parler de lui. Par habitants, bien sûr, j’entends les gens civilisés, exit donc, les membres des clans, les montagnards, ou encore, nos chers et tendres fer-nés. Je ne dis pas que, certains n'en ont pas entendu parler, bien sûr, mais, il y a de fortes chances pour que ceux-ci fassent baisser les statistiques. Daeron donc, surnommé à juste titre l'ivrogne, n'était pas un simple soiffard, fils du grand Maekar Targaryen, il était aussi prince de Peyredragon, et, second sur la liste de succession du trône de fer. De fait, il était un homme puissant, bien que, peu écouté, peu apprécié par le peuple, et surtout, peu le pensaient capable de quoi que se soit, si bien que, sa confiance diminua progressivement pour atteindre le fond du gouffre. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est la raison qui le pousse à boire, et accessoirement, la clé de sa descente aux Sept Enfers. Si le prince buvait tant, ce n'était pas par plaisir, envie, ou simple soif, non, s'il buvait, c'était pour fuir quelque chose qui le terrorisait. Le dragon était un couard, et, cela, était connu de bon nombre de gens. Ce qu'il fuyait ? La vervue. Ce qui fut perçu pendant des siècles comme un don par les « élus », était ressenti comme une malédiction par cet homme. Voir des choses qui ne se sont pas encore produites dans des rêves, voir des images que l'on ne saurait comprendre, jusqu'à ce que ses choses arrivent. Des morts, des destructions, la maladie, des incendies, des guerres. Tout. Le jeune prince avait vu de nombreuses choses à travers ses visions, et, cela le terrifiait au plu haut point. Le seul échappatoire qu'il trouva fut l'alcool. Son père se détourna de lui, sa famille n'eut plus grand intérêt pour sa personne, et, le peuple se moquait ouvertement de lui. Cela entraînait donc une certaine tristesse, de grandes souffrances, qui ne l'aidaient donc pas à se détacher de sa bouteille.

Lorsqu'il était à la capitale, le Targaryen avait un quotidien des plus répétitifs. Ce dernier arpentait Calpucier, voguant de tavernes en tavernes, buvant tout ce qui était alcoolisé de possible et inimaginable. Ce dernier avait une grande préférence pour le vin, et la bière, mais, après tout, après une dizaine de pintes, le goût n'est plus vraiment ressenti, de fait, tout était buvable. Son seul objectif, boire suffisamment pour que son troisième œil reste clos. Sa tournée habituelle terminée, le prince en entamait une seconde, celle des bordels, celui-ci les affectionnait particulièrement. Voyez-vous, entre les mains de ses expertes, Daeron retrouvait la chaleur humaine qui lui manquait tant, l'amour qu'il n'avait plus eu depuis bien des années, et, cela lui permettait de se sentir vivant. Ça, et l'alcool, bien entendu. Actrices ? Oui, elles l'étaient, bien sûr, il le savait, mais, cela ne l'empêchait pas de rechercher cela. L'ivrogne avait quelques favorites dans la capitale, comme par exemple Maerie, ou encore Messanda, toute deux très belles, très douées, et des plus agréables. Toutes deux savent qui il est, et pourtant, jamais elles n'ont posés la moindre question. Il arrive au prince de se confier, surtout à Maerie, après l'acte, il est toujours sur son petit nuage, et, celle-ci a toujours été une des personnes les plus appréciées par le jeune homme, lui parler lui est devenu naturel.

Pourquoi je vous raconte cela ? Et bien, c'est très simple. Il me fallait vous raconter une anecdote de sa vie, une grande rencontre, une histoire qui se doit d'être sue. Et pour cela, il vous fallait comprendre qui il était vraiment, et ce à quoi il passait ses journées. Ah ! Tiens d'ailleurs ! J'allais oublier un petit quelque chose. Peut-être vous demandez-vous pourquoi il pouvait arpenter les rues de Port-Real sans le moindre problème, sans qu'on le reconnaisse ? Cela est très simple, le physique du Prince n'a absolument rien en commun avec les Targaryen, ni cheveux blonds, ni yeux violets. Un physique proche des dorniens rocheux, hérités de sa grand-mère, qui lui permet de passer n'importe où.

Donc ! Cette fameuse rencontre. Celle-ci se déroula après une journée comme une autre, le prince rentrait au Donjon-Rouge, espérant qu'on ne le remarque pas, tout en essayant de faire le moins de bruits possible. La nuit était déjà tombée, son degré d'alcool semblait assez haut, suffisamment pour que sa marche soit ordonnée en zigzag. Les couloirs semblaient vides, tellement que, Daeron cru ne voir aucun garde. Ce dernier déambulait, dans le but de retrouver sa chambre, quand d'un coup, une voix faillit le faire sursauter. La voix était pourtant douce et bienveillante. De l'ombre, une silhouette surgit. Le prince eut du mal à la distinguer, il ferma un œil avec force, exagérant ainsi ses traits, plissant l'autre œil, tout en essayant de ne pas chuter à cause des va et viens que son buste semblait exécuter sans son accord. Cette femme lui était absolument inconnue, jamais il ne l'avait vue jusqu'à lors. Non pas que sa mémoire soit affectée par la boisson, il ne l'avait réellement jamais vue. L'inconnue s'avança et fit une grande révérence. Lorsqu'elle releva la tête, l'homme ivre pu discerner plus clairement son visage, toujours avec sa technique de vision qui lui était si propre. La jeune femme semblait avoir à peu près le même âge que lui, et semblait fort charmante. C'est alors qu'elle se mit à parler. Longuement. Le Prince sembla regarder dans le vide en l'écoutant, la plupart de ses paroles, ne retenant pratiquement que la fin, lorsque celle-ci lui demanda s'il pouvait la raccompagner à ses appartements, prétextant ne pas bien connaître le Donjon-Rouge. Ça y est, malgré l'alcoolémie, le Daeron venait de comprendre qui elle était, l'épouse de lord Jace Redwyne. Mais, avant cela, une phrase amusée s'échappa de sa bouche.

« Tiennnns ? Ne verrais-je pas là une certaine invitation particulière ma Dame ? »

Le jeune homme resta comme ça, à la regarder, un instant, avant de rigoler bêtement, tout en mettant une main devant sa bouche, pour ne pas faire de bruit. S'étant enfin arrêté, il sourit, avec tout le charme qu'un homme saoul peut avoir.

« Je plaisante, une simple …. Heu …. Plaisanterie. Vous devez-être … »


Sa phrase resta en suspens bien cinq secondes, tandis que sa tête s'était baissée.

« Heu … La … Hightower devenue Redwyne ? Je … Par contre, je me dois de m'excuser, il me semble avoir oublié votre nom. »


Le prénom de la jeune femme ne resta que peu de temps dans sa mémoire, le prince avait entendu parler des gardes de l'arrivée de la dame de la Treille. Chose, qui, étrangement lui resta. Sans doutes en voyant ses mouvements des moins naturels, la bieffoise s'inquiéta de l'état de son interlocuteur, tandis qu'une septa surgit, à son tour, de l'ombre pour se positionner derrière lui, sans doutes dans l'espoir de le soutenir en cas de chute.

« Ah ! Tout va bien, ceci est mon état normal depuis … Huit ans ? »


Daeron se retourna vers la dévouée aux Dieux pour lui demander de s'écarter. Il s'assit ensuite maladroitement au sol, prenant le temps nécessaire pour ne pas retrouver ses dents sur le marbre. Une fois installé, il se retourna à nouveau vers la nouvelle arrivée.

« Je vois que vous n'avez pas entendu toute ses histoires sur moi, c'est … Étrange. Ne savez-vous donc pas que je bois chaque jours ? Je pensais ses histoires connues de tous. Pourtant ... »


Il s'arrêta et pris une grande inspiration. Il avait déjà trop parlé.

« Vous m'excuserez, mais, je préfère m'asseoir plutôt que … Enfin, on ne sait jamais. Et, vous semblez vouloir parler.Quant à vos appartements … Pourquoi ne pas demander à un garde ? »
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Virginia Redwyne
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Message Mar 30 Avr 2013 - 22:33

     Lady Virginia avait entendu comme bien d'autres les rumeurs courant sur le prince de Peyredragon. Elle se souvenait également du comportement adopté par Daeron à l'occasion du tournoi de Cendregué, durant le Jugement des Sept. la couardise déshonorante dont il avait fait preuve à l'époque avait d'ailleurs justifié qu'à la mort malheureuse du prince Matarys, les possibles ouvertures sur la main de Virginia ne se soient pas déplacées sur la tête du prince Daeron ou de son frère Aerion, cet autre Targaryen à la réputation exécrable. Découvrir un prince ivre au détour d'un couloir ne fut guère une surprise, mais la demoiselle ne s'attendait pas à le trouver dans un tel état d'ébriété. Il se tenait face à elle, semblait l'entendre sans pouvoir l'écouter, l’œil fixe et vide, comme encore plein des vapeurs de l'alcool et de toutes les autres substances qu'il avait sans doute ingéré au cours de la journée et de la soirée... Virginia préféra ne pas précipiter plus loin ses pensées et s'abstenir de spéculer sur le régime alimentaire du prince et ses préférences en matière d'accompagnements alcoolisés. Les premiers mots du fils de Maekar déclenchèrent les hostilités. Septa Leona la première s'indigna en silence et sans rien dire de la question très indécente que le prince Daeron osait poser à une demoiselle qu'il ne connaissait pas, ses sourcils s’arquèrent en posture d'assaut et l'on put voir ses cheveux se mettre en ordre de bataille sous ses voiles grisâtres. Même si l'ennemi était un prince, cette chevalière des bonnes mœurs et de la bonne éducation n'était guère effrayée ni intimidée. Elle aurait lutter contre un géant pour qu'il s'essuie chaque orteil à l'entrée d'une forteresse, cette vieille chèvre d'un autre âge. La septa allait frapper l'adversaire d'une remarque hautement contenue mais lady Virginia fut plus rapide, et s'interposa en répliquant : Il faut me pardonner mon Prince, je suis encore insensible à l'humour des terres de la Couronne... Après quelques lunes passées à Port-Réal, l'habitude me fera sourire à ces plaisanteries. Il était facile de feindre la surprise et la naïveté, deux armes infaillibles pour désamorcer les situations délicates ou pénibles.

     L'insinuation du prince de Peyredragon était insupportable et fruit de son ivresse, il fallait l'espérer. Quoiqu'il fût à une distance respectable de la demoiselle, celle-ci n'avait aucun mal à sentir les parfums qui émanaient de lui, de ses vêtements et même du sourire de bienheureux dont il la gratifia avec toute la maladresse d'un homme plus tout à fait maître de ses moyens. Un instant, le prince sembla la reconnaître, et Virginia eut au fond d'elle l'espoir qu'il n'était pas tout à fait saoul... et dut bientôt déchanter. La Hightower devenue Redwyne ? Il y avait certainement des façons plus élégantes de présenter la chose, mais sans doute Daeron avait-il oublié sa courtoisie au fond d'un verre, ou sur la cuisse d'une courtisane... Tout en se déplaçant pour se tenir prête à l'aider en cas de chute infortunée, Virginia lui répondit avec une pointe d'ironie dans la voix. Lady Virginia, mon Prince, mais lady Redwyne me semble encore être le plus … approprié à la situation. Ce serait sans doute plus facile pour lui de s'en souvenir. La septa prit elle-même position, elle aurait voulu lâcher ses carreaux bénis dans l'eau de la décence, mais un regard de Virginia la dissuada d'oser seulement ouvrir la bouche. À la demande du prince, septa Leona s'écarta, non sans avoir détourné de lui son regard pétri des feux de la réprobation qu'elle nourrissait du bois de ses bigoteries.

     Ce dernier s'assit par terre, et questionna la portée des rumeurs qui couraient sur lui. Virginia en avait bien connaissance, comme tant d'autres dans le royaume et au-delà, peut-être ? Elle le couva d'un regard bienveillant et tordue d'une moue taquine. Il faut vivre sur l'île de Skagos ou au sommet de la Lance du Géant pour ignorer ces rumeurs qui courent sur vous, prince Daeron. Tout le monde en parle, peu en revanche s'assurent de leur véracité. La demoiselle avait désormais la preuve par les yeux, par les ouïes et par les narines que le prince de Peyredragon était un ivrogne. Elle aurait bien sûr préféré qu'il en fût autrement. Elle se pencha près de lui et un court instant, septa Leona, qui craignait qu'elle ne se pose à ses côtés, se tint prête à intervenir pour sauver sa lady d'une situation embarrassante, d'une compromission pourtant motivée par de bonnes intentions. Mais lady Virginia, qui n'était pas née de la dernière pluie, n'alla point jusqu'à s'asseoir aux côtés du prince... sa robe, du reste, lui rappelait à chaque instant qu'une telle manœuvre aurait été inconfortable. Les robes du Bief, très luxueuses et très élaborées, servaient non seulement à vêtir les demoiselles mais aussi à leur rappeler qu'une vraie lady sait en toute occasion que l'inconfort et le meilleur garant de sa vertu. Honte à celle que la fatigue ou la gêne pousse à la compromission !

     Je souhaite simplement regagner mes quartiers pour la nuit, mon Prince, et j'espérais qu'une âme charitable aurait pris soin de m'y conduire, sans nécessairement tenir avec moi la conversation... Mais j'imagine que vous aurez vous-même besoin d'aide pour vous rendre jusqu'à vos appartement, voire pour les retrouver ? Je devrais peut-être effectivement appeler un garde pour nous escorter l'un et l'autre. Ou plutôt pour montrer le chemin à la demoiselle, et pour soutenir le prince jusqu'à son lit... mais cela bien sûr, Virginia se garda de le dire. La situation l'amusait déjà, mais elle ne devait point oublier qui se trouvait assis devant elle, dans une position des plus incommodes. Il s'agissait du prince Daeron, sire de Peyredragon, elle lui devait donc certains égards et la lady qu'elle était les connaissait très bien. Son éducation les lui commandait, autant que son intérêt. Septa Leona, veuillez rester avec le prince pendant que je m'en vais trouver un garde. Vous ne devriez avoir aucun mal à vous tenir ici, n'est-ce pas ? La question de lady Virginia, qui ne souffrait aucune réponse, s'adressait autant à la vieille chèvre qu'au jeune étalon ivre. Ce dernier étant assis, se relever lui serait certainement difficile, une véritable épreuve. Quant à la septa, elle avait reçu un ordre, et son honneur de religieuse et de servante lui ordonnait d'y obéir jusqu'à son accomplissement. Lady Virginia se détourna du prince et fit quelques pas en direction d'autres couloirs où, peut-être, elle trouverait un garde qui pourrait venir lui prêter main forte. Au bout du couloir, elle découvrit un autre long corridor peu éclairé et refusa de s'y risquer seule, trop peu intéressée par l'idée de se perdre et de ne point savoir revenir à son point de départ. Elle revint donc bredouille vers le prince et la septa et hasarda cette question naïve. Prince Daeron, en chemin jusqu'ici, avez-vous croisé un garde ? J'ai vu là-bas deux allées désertes et j'hésite à m'y engager, car si je venais à me perdre... je doute que septa Leona ici saurait vous porter jusqu'à votre chambre. Toutefois, j'ai bonne mémoire, et l'oeil pour comprendre l'anatomie des forteresses, peut-être qu'en marchant ensemble, nous pourrions retrouver le chemin de nos appartements ou quelqu'un pour nous l'indiquer ? Après tout, vous connaissez ce château, n'est-ce pas ?

     Le chemin était certainement dissimulé sous les voiles de soie dont l'alcool couvre bien souvent la mémoire immédiate. Avec un peu de chance, lady Virginia saurait peut-être ôter ces voiles et libérer les souvenirs du prince ? Sa proposition ne sembla guère enchanter septa Leona, qui n'avait toujours pas dit un mot, et qui demeurait sur ses gardes, prêtes à intervenir pour pointer du doigt toute parole ou tout geste que la décence prohibe. Il fallait creuser loin dans son histoire pour comprendre une telle ardeur au combat : avant d'embrasser la vie religieuse, elle était née dans les rues les plus sombres de Villevieille, où même les pavés s'obscurcissent de la fange et du vice. Fort heureusement lady Virginia était là pour garder closes les lèvres sèches de la vieille bique.


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Message Ven 3 Mai 2013 - 0:40

Lady Virginia semblait être une grande diplomate, douée de sa langue, et des plus intelligente. Plus d'une aurait pu prendre la mouche avec une telle ... Plaisanterie, malgré le statut princier de l'ivrogne. Sans forcément s'énerver ou dire tout haut ce que leur esprit imaginait, mais, l'on aurait pu discerner quelque chose sur leur visage, du mépris, de la haine, de la colère peut-être? Mais là, non. Rien d'autre qu'un sourcil arqué montra la différence. Le prince prit cela comme de la surprise, et cela le fit sourire, et même rigoler un bref instant. Oui, la jeune femme était maligne, le prince n'avait que peu de crédit auprès de bon nombre de gens, mais, il restait tout de même une personne de haut rang, et de très haute naissance, il avait son propre château, et était second sur la liste de succession, même s'il était une personne peu recommandable, il valait mieux le compter parmi ses amis, que ses ennemis. Il faut tout de même préciser que, le dragon ne considérait que peu de personnes comme ses ennemis. Lui-même se voyait comme un raté, une tâche dans l'arbre généalogique que l'on ne peut effacer, un alcoolique doublé d'un couard, ceux qui ne l'appréciait pas, il ne pouvait réellement leur en vouloir, sa famille lui tournait le dos, de fait, il comprenait les inconnus qui ne le voyaient que sous son jour le plus lamentable.

La jeune femme, donc, fit mine de rentrer dans son jeu, feignant donc la surprise, avant de s'excuser, disant ne pas être habituée aux plaisanteries de ce royaume, mais qu'elle espérait que cela changerait après quelques nuits passées ici. Daeron sourit avec tendresse avant de répondre, toujours tangent.

« Vous n'avez pas à vous excuser vous … »


Le jeune homme s'arrêta brusquement, fermant son poing pour venir le positionner devant sa bouche, tentant tant bien que mal de camoufler un rot, seulement, les relents dus à l'alcool ne purent être contenus, s'échappant malgré lui jusqu'à la jeune femme.

« Désolé … Donc ! C'est un humour un peu … Personnel, et … P … Po … Pope ! P… Prope ! Propre ! Désolé une fois de plus … Vous êtes bien charmante de réagir ainsi. Je … Suis saoul, certes, mais, je sais que … »


A nouveau, le dragon s'arrêta. La fin de sa phrase venait de lui être dérobée. Que voulait-il dire ? Durant un bref moment, il ne savait plus. L'air hagard, la bouche ouverte, les yeux semi-clos et vide, il … « Réfléchissait » tout du moins, il essayait de faire cela, avant que son cerveau ne se noie complètement. Quand tout à coup, son index se releva, allié à une mine de fierté, il avait retrouvé la fin de sa phrase.

« Ça y est ! Je sais que, ce n'est que de la comédie, je … J'imagine bien que … C'était déplacé. Ah ! L'alcool me fait paraître bien moins malin que le peu que je ne suis ! »


Ses phrases commençaient à perdre du sens, à devenir compliquée. Pour l'instant, cela restait plus ou moins compréhensible, mais, tenir une conversation avec tant d'alcool ingurgité, était un travail titanesque. Sa tête commençait à lui faire mal, tandis que le paysage semblait se courber de plus en plus, si bien que le jeune homme se surpris à regarder un mur danser devant lui, son attention focalisée là-dessus quelques instants, tout en rigolant idiotement. Malgré tout, le prince réussit à revenir à la « raison » et la conversation put revenir à la … Normale ? J'ignore si l'on peut parler de normalité, mais … Soit ! Une fois de plus, Daeron ne prononça pas ses mots de la meilleure des façons, et, une fois de plus, la jeune femme se retint d'une fort belle manière. La belle s'avança vers lui, se tenant près au cas où, ses jambes décideraient subitement de ne plus le soutenir. Suite à quoi, celle-ci se présenta de la bonne manière. Lady Virginia Redwyne, ironisant sur le fait que Lady Redwyne serait plus appropriée. Cela le fit rire, beaucoup rire. Une petite pique réussie de la part de la nouvelle venue, il ne pouvait mal le prendre, en plus de quoi, il trouva cela drôle.

« Ahah ! Touché ! Belle lance que voilà! Il est vrai que … Votre nom revient souvent dans … Heu … »


A nouveau, un arrêt, un mot lui manquait, un mot relativement peu employé, mais, qui, en ce moment lui faisait défaut. Le prince reprit sa pause étrange, et abrutie pour réfléchir quelques instants, tanguant à droite et à gauche tandis qu'il fixait un point -étrangement mobile- au plafond, avant de, plus ou moins trouver ce qu'il voulait dire.

« Dans mes mots. Héhé, je ne retrouve pas ce que je voulais dire … Mais, sautons, je tâcherai de me rappellerai de votre prénom. Je ne l'ai envoyé qu'une fois, et … C'était au détour d'un mur, c'est comme cela que j'ai appris votre arrivée. Et … Sur l'impact, je ne pensais qu'à aller me rincer le gosier, je n'ai rien retenu. Je m'excuse. »


Un petit sourire gêné, et idiot se dessina peu à peu sur son visage. Au fond, Daeron était quelqu'un de bon, se retrouver dans une situation si embarrassante le gênait quelques peu, même saoul. En revanche, il ne remarquait même pas les mots qui se faufilaient dans ses phrases, alors qu'ils n'avaient pas grand chose à faire ici. Les longues phrases avaient tendances à le fatiguer, beaucoup.

Fatigué, et voyant que la conversation semblait … S'éterniser, il s'assit « confortablement » au sol. Le monde semblait tout d'un coup moins mouvant, et, cela était bien mieux. A la question sur les rumeurs le précédant, et, cela n'avait vraiment rien de joli. Lady Virginia ironisa la repose, ce qui donna un petit sourire à l'homme au sol.

« Je ne m'imaginais pas si célèbre ! Ah ! Mais … Au moins, vous aurez pu vous assurez de cela, bien que, ce ne soit pas une bonne chose, héhé … »


Un petit rire idiot s'échappa. Bien entendu, il n'y avait aucune gloire à savoir cela. Aucune gloire à lui parler, aucune gloire à le connaître. Sans aucun doutes, la jeune femme était venu lui adresser la parole par politesse, n'imaginant pas la situation dans laquelle elle mettait les pieds, sans nul doutes, plus jamais elle ne referait pareille erreur. Les gens avaient tendances à le fuir. Rares étaient ceux appréciant sa compagnie, encore plus rares étaient ceux la recherchant. Le Prince Malexe, ser Logan, ou encore sa très chère cousine Ororya en faisaient parti. Bien que, avec cette dernière, cela était tendancieux. A ce stade-là, il était certain que Lady Redwyne aurait tendance à l'éviter.

La jeune femme répondit à la seconde question posée, parlant d'âme charitable prête à l'aider pour retrouver ses appartements, avant de se dire que lui aussi en aurait sans nul doute besoin, et qu'il serait sage d'aller chercher quelqu'un pour les escorter tout deux. Avant que tout ses mots ne soient assimilés par le dragon, la jeune femme reprit la parole, demandant à la septa l'accompagnant de rester avec le Prince, pendant qu'elle allait chercher un garde. Son aller-retour fut bref, mais, elle ne revint sans la moindre aide. A peine revenue, celle-ci le questionna, avait-il vu un garde en venant ? Connaissait-il le château ? Peut-être trouveront-ils quelqu'un en marchant ? La septa arriverait-elle à supporter son poids ? Tout cela finit par se perdre dans les méandres de son esprit. Daeron prit quelques instants pour ingurgiter tout cela. Puis, après avoir pris une grande inspiration, la parole lui vint.

« Alors … Heu … Dans l'ordre. Non, je n'ai vu personne. Ensuite, je doute que votre dame soit en mesure d'une telle chose et … J'ai plus ou moins grandi ici. Cela dit … Je n'ai jamais dit avoir besoin d'aide, je … Vais ici tout les soirs, dans un état bien pire des jours. Rares ont été les fois où l'aide fut nécessaire. Aussi, je ne vous ai pas refusé mon aide. Je ne comprenais juste pas comment on pouvait demander aide à quelqu'un comme … Moi. »


Un grand sourire s'afficha, tandis que ses mains demandèrent à la vieille femme de s'écarter. De position assise, le prince se retrouva à quatre pattes, se remettant sur les pieds, un après l'autre, prenant son temps, pour enfin se relever. Une fois debout, le dragon manqua de tomber à la renverse, mais, un talon fut posé au bon endroit au bon moment pour éviter une telle chute.

« Et voilà ! »


Il rit un bref instant avant de prendre le couloir inverse de là où lady Virginia était revenue, tout en zigzaguant, partant des fois un peu trop sur la droite, parfois un peu trop sur la gauche. Le prince invita les deux femmes à le suivre. Une fois celles-ci arrivées à son niveau, le jeune homme parla à voix basse.

« Mesdames, je vais vous demander de parler à voix basse, nous allons devant le dortoir des gardes, les pauvres dorment peu, il est meilleur de ne pas les réveiller. Je l'ai déjà fait quelques fois. Ce n'est pas leur grognoneté que je grette mais, le fait d'avoir perturbé le repos de ces gens. »


A nouveau, une phrase avec des intrus, des inventions, mais aussi, de nombreux regrets. La plupart de ses soldats étaient des hommes bons, qui, aussi étrange que cela puisse paraître, étaient toujours venus en aide à l'ivrogne, et jamais ils ne s'étaient moqués de lui. Les avoir réveillés, par une belle nuit, alors qu'il rentrait, après une soirée des plus arrosées, tout en chantant au plus haut possible, ne fut pas une belle expérience. Bien entendu, il fut réprimandé, mais, les voir si fatigué le lendemain matin, le toucha profondément. Quelques pas plus loin, toujours à voix basse et en zigzaguant, le jeune dragon reprit la parole.

« Par … Heu … J'ignore si on peut vraiment dire la chance pour vous mais heu … Nos quartiers sont … Plutôt proches l'un de l'autre. Le grand Amiral n'est pas très loin de moi, et … Rassurez vous, je ne fais peu de bruit en rentrant. Cela … Heu … C'est de l'autre côté du Donjon Rouge, il va falloir marcher un peu. J'espère que la marche nocturne ne vous ... Fraie pas ? »


A nouveau, un doux sourire. Marcher était devenu une habitude pour lui, remonter chaque soir de Calpucier jusqu'au Donjon Rouge était quasi quotidien, alors, arpenter le fameux château, même ivre, ne posait que peu de problèmes au prince.

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Virginia Redwyne
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Message Dim 5 Mai 2013 - 22:26

     L'attitude du prince Daeron n'aurait pas pu être plus éloignée de ce que tout membre de la cour de Port-Réal aurait pu attendre d'un membre de la maison Targaryen. Jamais un arbre n'avait donné comme elle des fruits si éloignés les uns et les autres. Le prince Baelor d'un côté, le prince Maekar de l'autre... était-il vraiment besoin de pousser plus loin la comparaison ? L'un était tout ce que l'autre n'était point, et le fils du second promettait d'être encore moins ce que fut le premier en son temps. Triste avenir, pour le royaume, mais il y avait ce soir plus important, comme essayer de comprendre les propos du prince de Peyredragon qui devenaient, à mesure qu'avançait la conversation, de plus en plus incompréhensibles. Saccadées d'interruptions, elles se coloraient de certains mots disparus au profit d'autres sans lien ni rapport avec le propos. Il devenait difficile à lady Virginia de comprendre le prince, mais un effort supplémentaire lui permit de ne rien perdre des paroles de son royal interlocuteur. Comme il le disait lui-même, étrange éclair de lucidité dans la nuit du marasme intellectuel qu'il traînait avec lui, l'alcool lui donnait l'air moitié moins malin qu'il n'était, et comme il l'était peu d'ordinaire... Et si le nom de Redwyne revenait souvent dans ses propos, sans doute était-ce que le prince de Peyredragon avait un goût particulier pour le si doux nectar que les vendanges, sur l'île de la Treille, réussit l'exploit de mettre en bouteille. Considérant les origines et l'apparence du prince, lady Virginia aurait cru que sa préférence irait aux vins de Dorne. Peut-être que ces boissons, trop âpres et trop corsées, convenaient mal au palais délicat de l'ivrogne invétéré ? Sans doute eût-il risqué d'avaler de travers, tandis qu'un verre de vin de la Treille est une caresse onctueuse, la promesse de la plus douce des ivresses... un peu comme ces femmes à la vertu discutable que le prince de Peyredragon visite avec l'assiduité d'un septon pour la prière. Mon Prince est-il aussi fidèle au vin de la Treille que je suis ignorante de l'humour de la cour du Donjon Rouge ? La modération est une vertu rare, chez les princes, mais mon époux apprécie grandement votre contribution à l'effort de guerre. La conversation poursuivit son cours, Virginia échangeant tant bien que mal avec un Daeron plus incompréhensible que jamais. Doutait-il de sa propre célébrité ? Nul n'ignorait qui était pourtant le prince de Peyredragon, ni comment il occupait ses journées et ses nuits, ni ce qu'il fit à Cendregué, en 209.

     Les souvenirs qui moquent le nom d'une éminence sont toujours indélébiles sur le parchemin de la mémoire collective. Il serait pour toujours un couard, un ivrogne et le pire héritier possible pour la couronne. Fort heureusement son heure viendrait plus tard, car avant lui son père serait appelé à siéger sur la vieille chaise métallique... mais inévitablement et de toute évidence, le prince de Peyredragon serait un jour roi des Sept couronnes. Lady Virginia questionna l'avenir un court instant... se souviendrait-il, le temps venu, de cette rencontre nocturne ? Si le prince venait à vomir sur sa robe, la réponse ne faisait aucun doute.

     Virginia revint bredouille de sa courte escapade, pour découvrir un prince sensiblement indifférent à l'idée de se donner en spectacle devint l'épouse d'un membre du Conseil restreint... il était presque frustrant pour la jeune femme de ne point pouvoir se porter au secours du malheureux que l'alcool tenait dans un état pire que tous les autres, mais son nom et son rang lui interdisait formellement de risquer l'embarras d'une situation difficilement explicable par la suite. Le prince lui fournit des réponses assez claires, ce qui la surprit un peu. Elle s'attendait à devoir ouvrir grand les oreilles et traduire ce qu'il jugerait bon de dire, mais il n'en fut rien, la compréhension fut presque spontanée. Ce n'est pourtant pas difficile à comprendre, vous êtes le premier que j'ai croisé dans ces couloirs. De plus, vous êtes Prince, et l'avenir de ce royaume, à qui d'autre irai-je demander de l'aide, si ce n'est à vous ? Ce genre de compliment coûtait peu et Virginia savait les formuler avec assez de grâce pour donner l'impression qu'elle fermait l’œil et le nez sur les désagréments visuels et olfactifs de la situation du prince de Peyredragon. Ce fut presque trop quand il se retrouva à quatre pattes devant elle, et la septa, à cet instant, aurait claqué sa langue de vieille chèvre si lady Virginia ne l'avait interrompu d'un regard plus sec que les environs de Denfert.

     À quoi bon rappeler au prince Daeron son manque de manières et son indécence ? Il semblait, malgré l'ivresse, bien conscient de ses lacunes en la matière. Ce dernier fut bientôt à nouveau debout et, conquérant, les invita toutes deux à le suivre, ce qu'elles firent avec une certaine appréhension. Il marchait devant elle sans suivre une ligne continue, et lady Virginia aurait pu rire si la politesse ne l'obligeait au silence : il s'agissait d'être discrets et de ne pas déranger le sommeil d'autrui. Quand ils arrivèrent devant ce que Daeron indiqua être le dortoir des gardes, lady Virginia n'en crut pas ses oreilles. Le prince semblait soucieux de leur ménager quelques heures de sommeil, ce qui était bien généreux de sa part, mais n'eût-il pas été plus judicieux et préférable d'en réveiller un pour qu'il les mène chacun à leurs quartiers afin d'oublier dans le repos le souvenir de cette fin de soirée quelque peu embarrassante ? Elle chuchota à son tour ces quelques mots en suivant le Prince et en voyant s'éloigner derrière eux les portes du dortoir des gardes.Cette prévenance à leur égard vous sied comme un gant, mon Prince. Nous marcherons plus longtemps dans les couloirs, mais qu'importe, nous aurons le cœur léger. Nous dormirons peu, mais du sommeil des justes. Elle exagérait sans doute un peu, mais l'idée de déambuler dans la forteresse à la recherche du chemin de leurs appartements respectifs ne l'enchantait guère, surtout si cela signifiait d'allonger le temps qu'elle avait à passer en compagnie d'un prince ivre. Les derniers de mots d'ailleurs de Daeron achevèrent de la convaincre que le mieux à faire restait encore demi-tour, afin d'aller réveiller au plus vite un garde. Mais la chose à présent n'était plus envisageable, et d'apprendre que les appartements du Grand Amiral, qu'elle occupait, n'étaient qu'à quelques mètres de distance de ceux qu'occupait le prince de Peyredragon quand il visitait le Donjon Rouge ne la mettait pas vraiment en joie. Les pensées de septa Leona cristallisèrent sur son visage toute la réprobation que ses yeux peinaient à exprimer. Alors marchons, mon Prince, je suis certaine ainsi de vous voir entrer dans vos quartiers, là où quelques pas seulement vous sépareront de la tendresse de votre lit. Nous aurions des scrupules à vous savoir errant dans les couloirs après avoir eu la gentillesse de nous montrer le chemin, n'est-ce pas Leona ?

     La septa, dont le cœur se serrait à l'idée de savoir qu'elle dormirait si près d'un personnage si peu vertueux, approuva du chef, sans dire un mot. Lady Virginia ignora toutefois ce silence qui en disait long et reprit, parlant à voix basse, soucieuse de ne point trop élever tant pour demeurer discrète que pour ménager l'ouïe princière – elle avait entendu quelque part que l'ivresse en accroissait la sensibilité. Puisque nous avons du chemin à faire, mon Prince, dîtes-moi plutôt ce qui amène le sire de Peyredragon à visiter le Donjon Rouge ? Il doit vous paraître bien vide, à présent que tous les hommes sont partis pour la guerre. Comme je vous le disais, je priais tout à l'heure pour la santé de votre père, et j'aurais cru que son fils héritier serait allé avec lui pour montrer aux Fer-nés ce qu'il en coûte d'entrer en rébellion contre le Roi. Lady Virginia, sans être acerbe dans le ton, n'en était pas moins piquante dans les mots. Elle était encore frustrée de n'avoir pas pris l'initiative d'aller éveiller un garde pour s'épargner cette ballade nocturne en si curieuse compagnie. Mais quand le vin est tiré, il faut le boire, n'est-ce pas ?


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Message Lun 13 Mai 2013 - 15:29

Que lady Virginia était taquine ! La jeune femme ne perdait pas une occasion d'envoyer une petite pique envers son interlocuteur. Était-ce une petite vengeance personnelle en rapport à la présentation qu'il fit d'elle ? Ou encore n'était-ce là qu'un jeu ? Daeron l'ignorait. Daeron …. N'était pas vraiment en état de réfléchir en fait. En tout cas, le ton léger, et peu protocolaire que la discussion prenait en ces moments lui plaisaient. Même s'il était peu apprécie de bon nombre, même si on le savait sans honneur, sans courage, et sans gloire, il demeurait tout de même un Targaryen, et, nombreux étaient ceux à être effrayés par ce nom, tout en crachant sur le prénom. Alors, voir cette jeune femme plaisanter, tout en demeurant -en façade- des plus sérieuse le faisait sourire. Certes, il était ivre, certes, son intellect n'était pas au meilleur de ses performances, mais, disons que, son habitude à être dans cet état, lui permettait tout de même de comprendre certaines choses. Alors, quand la dame se mit à lui octroyer le titre de nerf de guerre de sa nouvelle Maison, cela le fit rire.

« Ah ! Cela est si bien parlé ! Sans être heu … Vraiment … Vraiment …. Heu … Fidèle à votre boisson, je l'admire, au même rang que la bière ou … Les fameux vins de Dorne. En tout cas ... »


Le prince agita légèrement son index, un œil clos, l'autre à moitié, la bouche entrouverte. Que voulait-il dire déjà ? Il ne se souvenait plus, et, il cherchait la réponse, bien enfouie dans les abysses, en train de se noyer dans les profondeurs de l'alcool. La scène dura bien une vingtaine de seconde, comme si, son âme s'était envolée quelques instants. Seul son doigt bougeait, ses yeux étaient vides, et sa bouche ne voulait pas se fermer. Et puis, sortie de nulle part, la réponse arriva au galop, et, son corps se ranima. Son doigt fit un tour au niveau du visage avant que le bras ne se relâche complètement et vint reprendre sa place qui était la sienne.

« Je … Vous aime bien vous ! Vous rigoler ainsi de même, malgré mon état ... Ah ! Vous êtez courageuse quand même. Rares ont ceux qui osent. Pourtant, je suis pas particulièrement méchant. Mais … Heu … Ce que je dis doit pas être très … Qu … C … Clair ? »

Le dragon tangua légèrement lorsque ses doigts vinrent se poser sur son menton, tentant de prendre une pose, qui le ferait presque passer pour une personne en train de réfléchir. La tourmente du moment « Est-ce que tout ce que je raconte est compréhensible ? ». Bien entendu, ici, je vous offre la version littéraire. Cette … « réflexion » continua lorsque la bieffoise s'aventura seule dans les obscurs couloirs en quête d'aide pour retrouver les dortoirs. Et … Cet intense travail finit par lui causer des maux de têtes, et, la réflexion s'acheva sans réelle réponse. Enfin … La seule chose que conclut le prince fut que, si lui comprenait ce qu'il racontait, lady Virginia devait elle aussi comprendre. Logique non ? Pour lui, ça l'était.

Lorsque, Daeron, intrigué demanda comment on pouvait venir demander de l'aide à quelqu'un comme lui, l'étrangère usa de flatterie pour répondre, ce qui le fit bien sourire, rigolant même légèrement. Les mots « avenir du royaume » furent utilisés. C'est cette partie là qui fit le plus rire le jeune homme.

« Ah ! L'avenir du royaume ! Voyez de quoi il a la respiration ! Si c'est moi le futur d'ici … Les couronnes ont du souci à se faire. Mais, passons … Je pense prendre être utile comme guide, quand même ... »


Survint alors la fameuse scène ou, le Targaryen se mit à quatre pattes, sous les regards peu appréciables des deux femmes, bien sûr, il ne remarqua rien, seules ses fesses étaient dans leur direction. A vrai dire, même s'il avait vu, sans aucun doutes que l'homme ivre n'aurait pas compris l'étendu de ces regards.

Le début de la marche se fit silencieusement, bien que comique, personne ne rit. Mais, lorsque tous trois passèrent près des dortoirs, la conversation s'engagea, et, à ce moment, l'on aurait pu lire la surprise sur son visage. L'obscurité et l'alcool empêchèrent néanmoins cela. Bien qu'en faisant trop, la jeune femme le « félicita » pour sa prévenance. Cela le fit légèrement sourire.

« Nul besoin de faire de tels ronds de jambes madame. Je suis un déchet, le pire des Targaryen qui reste, traînant notre prestige dans la boue. Et … Nombre sont-ils qui jugent sans moi connaître. Je sais, tout seul, que je suis un incapable, un idiot et … Un incompétent. Mais … Les dieux ont pensés bon de me donner au moins un quelque chose. Je pense avoir gentil et … Autant l'être. »


Oui, les mots assemblés l'un avec l'autre ne voulait pas dire grand chose, seulement, l'essentiel était compréhensible. Un brin de concentration suffisait. Comme vous voyez, l'assurance n'a jamais vraiment été sa tasse de thé, depuis des années on ne cesse de lui rabâcher qu'il n'est qu'un bon à rien, il finit par le croire, s'embourbant même dans ce rôle peu recommandable. Même s'il rêvait d'échapper de ces chaînes, cela était compliqué. La seule chose qu'il voulait plus que tout, c'est que son père regarde à nouveau dans sa direction, et qu'on puisse lire de la fierté dans ses yeux. Seulement, cela n'arriverait sans doutes jamais, et, le prince en était plus que conscient. De la fierté pour quoi ? Il n'y avait rien qui pouvait apporter de la fierté. Ainsi, sans réfléchir, Daeron accepta le mariage arrangé par son père, avec une … Connaissance de son enfance. Malheureusement, la jeune femme ne serait pas des plus heureuses. Elle ne serait pas la plus honorée des femmes, mais, au moins … Son mari ne serait pas méchant, ou encore moins violent avec elle. Même si cela fut, dans un premier lieu, pour son père, le seigneur de Peyredragon espérait tout de même sincèrement la rendre un minimum heureuse.

Lorsque le natif de la Couronne expliqua la « Chance » qu'ils avaient d'avoir des chambres voisines, la déception put se lire sur les visages, mais, une fois de plus, l'éloquence de la jeune femme rattrapa le tout. La conversation reprit de plus belle. La jeune femme demanda ce que le prince de Peyredragon pouvait bien faire ici, à la capitale, et, une nouvelle pique arriva. De façon détournée, lady Virginia finit par demander comment cela se faisait-il qu'il n'avait pas pris part au combat, aux côtés de son père et des siens ? Le prince ne put s'empêcher de rigoler.

« Ahahahaha. Que vous êtes amusante madame. Moi ? Au combat ? Sur les îles de fer ? J'aurais été sans nul doute le premier à mourir. Pour le plus grand plaisir d'un grand nombre. »


Il se retourna, affichant un léger sourire, mélange de tendresse, de honte, de tristesse et d'incompréhension.

« Non … Je ne suis qu'un piètre combattant. Ça fait des ans que je n'ai point prit les armes. Je serai plus une gêne qu'autre chose, et … Je vous mercie pour vos prières. Et … Pour votre question … Je … Port-Real offre de bien meilleures auberges et … Bordels que sur mon île. »


A nouveau, un léger rire, avant de se retourner, tentant de prendre un air des plus sérieux, malgré son état.

« Et … Oui. Ma célébrité n'est pas volée. Je sais que je vous dégoûte, et, je m'en pardonne. Seulement … Cette venue a quelque chose d'un plus sérieux. Je vais me marier. »


Le jeune homme soupira un long moment avant de reprendre.

« Pauvre fille … Avoir pour époux la plus grande erreur de tout les temps, cela doit être peu agréable à l'entente. Mais … Au moins, je ne serai pas de ceux qui frappent, ou qui marty …. Ma … Martyrisent ? Oui … Martyrisent leur femme. J'espère qu'elle pourra se content de cela... Et vous ? Madame ? Qu'es-ce qu'il vous amène ici ? Je … Lord Jace n'est pourtant pas là ... »
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Virginia Redwyne
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Message Mer 15 Mai 2013 - 0:54

     Les taquineries de Virginia plurent au prince de Peyredragon. Elle gardait son sérieux et, tout en retenue, distillait l'humour qui la caractérisait pour peut-être convaincre Daeron qu'elle n'était guère impressionnée ni par son statut, ni par son nom. Après tout, n'était-il pas le personnage vulnérable de la farce qui se jouait ce soir, lui l'ivrogne incapable de retrouver son chemin dans la demeure de ses aïeux ? N'était-elle pas, elle, l'infâme lady couverte du masque de l'hypocrisie présente sur la scène pour souligner ses défauts, appuyer ses bleus et saler les plaies béantes de son ego de prince ? Cette vision des choses amusait la demoiselle, qui aurait bien voulu la partager, mais avec qui ? Daeron n'était sans doute pas en mesure de saisir la subtilité du propos. Dans son état, il aurait très certainement été bien incapable de distinguer sa botte du pot de chambre, il était donc vain d'espérer quelque hauteur de sa part. Quant à l'incorrigible septa Leona, il était idiot d'attendre d'elle un peu d'intelligence, car en couvrant sa tête du voile des religieuses, elle avait condamné sa cervelle à la nuit de l'ignorance et de la stupidité. Virginia avait bien essayé de la tester, de la questionner, de découvrir sous ce visage creusé par les rides des vestiges d'un caractère ancien et bien trempé, mais il n'en restait plus aujourd'hui qu'une coquille vide, hérissée des pointes que la dévotion vous fait pousser dans les oreilles. Tout au plus se montrait-elle perméable aux discussions tournées vers la Foi des Sept, mais pour le reste... on a vu des pets de chameau plus distingués. D'ailleurs, il ne fut pas très aimable de la part du prince d'oser mettre sur la même table la bière, le vin de la Treille et le vin de Dorne. Lady Virginia ne s'en offusqua point, mais un tel manque de goût l'étonna quelque peu. L'ivresse privait-elle la langue de toutes ses facultés ? A-t-on idée, même saoul, de confondre le sel, le sucre et le poivre ? Elle ne dit rien à ce qu'un membre de la maison de son mari aurait pu prendre comme une légère provocation. Après tout, la langue de Daeron lui appartenait en propre, qui était-elle pour discuter ce qui y passait, ce qu'elle goûtait ? Le prince parut chercher ses mots, et Virginia chercha du regard une issue où s'engouffrer pour jeter au loin le souvenir de cette soirée... allait-il agir ainsi jusqu'à la cuvée ? Qu'il change les mots pour d'autres, soit, mais qu'il tranche ses phrases en deux ? Il deviendrait donc de plus en plus difficile de le comprendre, et lady Virginia voyait très bien où cela les conduirait : ils ne pourraient plus avancer dans les couloirs, elle chercherait à lui tirer les vers du nez et lui se roulerait au sol en réprimant, impuissant, les nausées congénitales de l'ivresse... Cette vision fétide la convainquit de tendre l'oreille, afin de ne rien perdre des propos du prince de Peyredragon. Que mon prince se rassure, si j'arrive à décrypter septa Leona à la seule lecture des rides de son front, ce ne sont pas quelques mots vagabonds qui vont m'empêcher de vous comprendre. Je suis certaine que vous n'êtes pas méchant, mon prince, mais je préférerais que vous vous fiez à votre raison, et que peut-être vous refusiez parfois l'appel de la boisson.

     Quand le prince de Peyredragon osa rira de l'avenir du royaume avec lui à sa tête, assis sur le Trône de fer, lady Virginia fut partagée entre deux émotions contradictoires. D'abord l'horreur du présage, car un tel roi causerait dans son royaume bien des tracas. Ensuite, le plaisir de riches affaires futures, car un tel roi serait le meilleur des clients pour la maison Redwyne. Dissimulant ces deux pensées sous l'arc souriant de ses lèvres, la demoiselle demeura muette à ces remarques. Insensible à la vue du royal séant, elle attendit que le prince fut en état de reprendre la marche. La vieille bique, de son côté, fronçait les sourcils qui s'étaient réunis pour ne former plus qu'une barre clairsemée de poils en colère. Ils avancèrent ensuite, passèrent devant le dortoir des gardes et les réflexions de Virginia fusèrent derrière son front, pour s'exprimer d'une façon qui ne ressemblait à aucune autre. Quand Daeron la dispensa des ronds de jambes et des courbettes verbales, la demoiselle laissa libre cours à un sourire qu'on aurait pu croire soulagé, mais qui était en fait moqueur. N'avait-il pas lui-même fait la révérence en se traînant sur le sol à quatre pattes ? Le prince semblait avoir bien mauvaise opinion de lui-même, et curieusement, pour la première fois depuis qu'ils cheminaient ensemble, lady Virginia découvrit du vrai et du sens dans les paroles de l'ivrogne. Cela lui attira les sympathies de l'épouse du Grand Amiral, qui prit le bras du prince dans un geste aussi inattendu que spontané. Il semble que le vin vous donne quelque perspicacité, mon prince. Mais si je puis me permettre, ne soyez pas si dur avec vous-même. Laissez ce rôle à vos ennemis et à vos détracteurs. Ils étaient déjà quelques uns, et bientôt seraient toujours plus nombreux, si nombreux d'ailleurs que le prince en deviendrait sourd d'avoir les oreilles qui sifflent en permanence. Quand Daeron éclata de rire, lady Virginia le suivit de bon cœur. Amusante ? Elle l'était sans doute. Elle aurait fait une bien mauvaise bouffonne, mais elle se défendait malgré tout, car l'humour, le caractère et le tempérament étaient chez elle ce qui remplaçait peut-être les défauts de son apparence physique. Septa Leona ne put retenir un cri d'effroi. Une chouette qu'on égorge n'aurait pas fait bruit plus incroyable. Un mot dans la bouche du prince lui avait glacé le sang. Bordel. Les bordels de Port-Réal, vraiment ? La réputation du prince Daeron n'était donc pas usurpée. Le prince riait encore. Il révéla la vraie raison de sa venue à Port-Réal, à savoir son prochain mariage. L'enchaînement des révélations avait quelque chose de comique et lady Virginia aurait pu rire, si elle n'avait pas senti près d'eux les fulminations d'une septa indignée. Vous ne me dégoûtez pas, mon prince, votre état m'inquiète plus qu'il me dérange, à dire vrai. Il me surprend aussi, je suis étonnée qu'un homme tel que vous, prince de la maison Targaryen et, selon toute vraisemblance, futur roi des Sept couronnes... Je connais les hommes et leur goût pour le vin, car j'ai épousé le premier pourvoyeur du royaume, mais à ce point ? Non mon prince, ce n'est pas du dégoût que vous m'inspirez. Je suis inquiète, et curieuse surtout, qu'est-ce donc qui peut vous pousser toujours au plus profond de la bouteille ? La demoiselle s'était permis quelque franchise, car il eût été trop facile de tirer le dernier carreau sur la bête à l'agonie. Mais elle se reprit bien vite, et dans un sourire : J'en oublie la courtoisie la plus élémentaire, mon prince, mais je vous félicite pour ce mariage prochain. Quant à la « malheureuse élue », je suis sûre qu'elle s'accommodera de ce vice dont vous devriez peut-être vous guérir. Si tant est qu'un dragon soit guérissable, mon Prince.

     Lady Virginia lui adressa un sourire franc et presque amical. Le pauvre homme s'accablait déjà de tous les reproches, et l'ivresse lui conservait le sourire. Autant cesser donc le jeu des flagorneries hypocrites pour le moment. Je suis venue à Port-Réal pour y attendre le retour de mon époux. Lord Jace est à la guerre, il guide la flotte royale, que les Sept veillent sur lui. Quand il reviendra, il devra rester quelques temps dans la capitale, pour dresser le bilan des événements j'imagine. Ma place est donc à ses côtés. De plus, vous m'apprenez votre prochain mariage, les Sept m'ont, dirait-on, offert une chance de pouvoir y assister. À propos, qui donc est la malheureuse ? J'aurais bien dit l'heureuse élue, mais vous et moi pouvons rire ensemble sur le chemin de nos appartements, n'est-ce pas ?


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Message Mar 21 Mai 2013 - 15:26

Que cette soirée devenait intéressante ! En rentrant cette nuit-là, Daeron n'aurait jamais cru faire une telle rencontre. Des rencontres, il en faisait de temps à autres lorsqu'il retrouvait le Donjon Rouge, des gardes, le prince Malexe, de temps à autres, et, aussi, le capitaine Alrik, qui, étrangement, n'apparaissait que lorsque l'état du prince lui rendait impossible le chemin jusqu'à ses appartements. Un bon gars selon notre très cher dragon. Pourtant, la rencontre de ce jour était bien plus amusante, deux inconnues, dont une qui aimait plaisanter à sa manière, quelque peu familière, mais qui ne se gênait pas de parler au prince, la seconde, une vieille religieuse, qui semblait des plus coincées. Bien entendu, après avoir englouti de grandes quantités d'alcool, tout ce qui se disait et ce qui était fait n'était pas à la portée de l’intellect du prince, mais, du peu qu'il comprenait, cela l'amusait beaucoup. Rares étaient celles et ceux qui lui parlaient comme à un homme … Normal. Soit étaient-ils là à le voir seulement comme un ivrogne, réprimandant, le dégoût dans le regard, ou encore, le voyaient-ils comme un Targaryen, avec des mots bien choisis, de crainte de ne réveiller le dragon en lui. Alors, la compagnie de cette lady lui plaisait particulièrement, il n'hésita d'ailleurs pas à le lui dire. Cette dernière ne disait rien à propos de son incohérence, de ses mots sortis de nulle part, de ses longs silence entre deux mots, aucune remarque désobligeante, aucun rictus en tentant de déchiffrer ce qui se disait. Non, la jeune femme écoutait paisiblement, attendant la fin des mots pour tout comprendre. A ce sujet, lorsque Daeron exprima haut et fort sa conviction de n'être que peu compréhensible dans son état, la bieffoise le rassura sur le sujet, expliquant que si elle arrivait à déchiffrer les pensées de sa compagne à la seule vue des formes de son front, elle arriverait à comprendre ses mots. Cela le fit rire.

« Hé bien … Me voilà donc chance aujourd'hui ! Tomber sur la seule dame capable de me comprendre, c'est beau. Quant à la raison … Ah … Elle m'a fui il y a années ! Malédiction tombée il y a années, le fond de bouteille était le seul refuge. Tous m'ont tournés le dos. J'aurais pu faire quelque chose de ma vie, mais, j'étais seul et … Heu ... »


A nouveau, il y eut un arrêt, le mot recherché était « désemparé » mais, celui-ci ne vint jamais. Alors, dans un élan de lucidité, au lieu de rechercher ce dernier durant de longs moments, le jeune homme préféra conclure avec facilité.

« Heu … Normalement, un certain mot va à la fin de la phrase, mais … Impossible de mettre la langue dessus. Héhé. »


Un petit rire idiot s'échappa, le visage heureux et lumineux. En tout temps, l'alcool l'avait rendu joyeux, toujours très souriant, rigolant de tout avec légèreté. Cela aussi son père le lui reprochait, Daeron était devenu quelqu'un de simple, il n'avait déjà rien physiquement d'un Targaryen, le voilà maintenant perdre le mental de ses aïeux. Quelqu'un que l'on approche sans craintes, capable de parler avec de parfaits inconnus sans que ses origines ne soient révélés, Maekar avait la certitude d'avoir raté bien des choses dans son éducation. Bien que seigneur de Peyredragon, il ne dirigeait pas grand chose, et, cela le faisait passer pour un couard, bien plus qu'il ne l'était. Alors qu'en fait, cela était bien tout le contraire. S'il ne dirigeait pas, c'est que, personne n'avait confiance en lui, les idées émises semblaient toujours mauvaises dans sa bouche, enfin, ses gens étaient bien plus rassurés de ne pas le savoir tenant les rennes de ses terres. Alors, pour que tous se sentent mieux, le prince s'écarta de son devoir, préférant laisser cela à ses conseillers, et ceux en qui les habitants croyaient.

Peu après, la conversation en arriva aux … Qualités du jeune prince, qui ne s'en trouvait que peu, au contraire, pour ce qui était de médire sur lui, le dragon semblait trouver ces mots avec facilité. Il faut dire que, lorsque le monde entier vous critique, et vous trouve des défauts, il est aisé de les penser juste, et fondés, ainsi, peu à peu, l'on en vient à penser comme eux. Alors, devant cet étalage de mots blessants pour lui-même, lady Virginia, comme prise d'une soudaine affection pour son interlocuteur, prit son bras avant de lui dire qu'il n'était nul besoin d'être si dur avec lui-même, de laisser cela aux médisants. Lui, sourit tendrement à ce contact, non pas que le fait d'être bras dessus, bras dessous lui fasse de l'effet, non. Disons plutôt que, les preves d'affections étaient si rares que cela était toujours bon. En plus de quoi, avec le soutien de la jeune femme, Daeron viendrait à marcher sur une ligne un peu plus droite, et, de fait, le chemin n'en serait que moins long.

« Merci pour ça. Le chemin sera mieux droit, et, moins loin du coup. Et, mes propos ne sont pas difficiles, je … Suis ce que je suis. Si tous trouvent un terrain d'entente là dessus, que tous parler de la même chose, c'est que … Heu … Comment dire ? … Ah ! Ils n'ont pas tout à fait raison, et donc ont raison ! »


La confusion ? Lui ne la voyait pas, et pourtant … Ses phrases étaient de moins en moins structurées, les mots tombaient de plus en plus au hasard dans ses phrases, et peu à peu, tout se mélangeait. Heureusement pour lui, la jeune femme qui l'accompagnait, au grand dame de la septa avec eux, semblait vouloir comprendre ce qui sortait de sa bouche, et faisait de grands efforts pour suivre la conversation. Chose tout à fait louable. Combien auraient-ils fait mine de comprendre, et de seulement acquiescer sans chercher plus loin ? Combien, sinon, n'auraient tout simplement rien dit ? Nombreux, très nombreux.

On lui posa la fameuse question concernant sa présence dans la capitale, et, le prince fut des plus franc, après tout, sa réputation n'était plus ni à faire, ni à prouver, même si, étonnement, certains n'y croyaient pas tout à fait, comme cette très chère lady, qui semblait penser ses rumeurs exagérées, et pourtant … Dans tout les cas, une petite chose fit rire l'homme ivre, lorsqu'il prononça le mot « bordel » la vieille femme derrière elle, réussit à faire sortir de son corps usé, un bruit … Indescriptible, entre une aspiration profonde et soudaine, un cri de douleur strident, et, le son que ferait un porc que l'on égorge. Jamais n'avait-elle entendu pareil mot ? Voyons ! Bien sûr que si, nul besoin de réagir ainsi. Alors, une fois la réponse de la lady terminée, ses premiers mots furent pour la religieuse.

« Voyons, septa, nul besoin d'effrayer l'entourage avec de tels sons. Ce n'est qu'un mot, ce n'est pas comme si vous y étiez. Et … Étrangement, les mots « guerre » et « morts » semblent ne pas vous faire quoi que se soit, alors que, cela est bien plus im... Imp... Impotant ! Vous êtes au service des Dieux, les familles attristées, perdues, désolées, et tout ces orphelins devraient vous frapper plus que cela. Ce n'est qu'un lieu de plaisir, rien de mal n'y est fait, et, vous avez déjà entendu discuter de moi, cela ne devrait point vous surprendre. »

Aussi étrange que cela puisse paraître, très peu d'erreurs furent commises, un « r » oublier, un mot plus dur qu'un autre, ainsi qu'un léger accrochage sur un mot, rien de bien méchant. Remarquez aussi que, malgré la longueur de ses mots enchaînés l'un derrière l'autre, aucun mal de crâne ne lui prit. Ces mots venaient du cœur, tout simplement. Qu'on le juge, aucun soucis, qu'on le critique, même chose, ça ne lui faisait plus grand chose, mais, que l'on oublie ceux morts au combat pour défendre le royaume, et que pourtant l'on s'offusque pour un certain mot, le jeune prince avait du mal. Malgré tout ses défauts, ce dernier avait certaines valeurs, et savait très bien que la vie était le plus précieux cadeaux des Dieux fait aux Hommes. Une fois cela passé, son attention revint à une personne bien plus appréciable.

« Cela est aimable … Pour le dégoût, pas pour l'inquiet … Bien que dans un sens, faire du souci pour moi est … Une marque d'affection bonne à prende, héhé. Pour votre question … C'est compliqué … Disons qu'une … Heu … L'inverse de bénédiction … Enfin, j'espère que jusque là, vous comprenez, mais, avant d'aller plus près, savez vous garder un secret ? »

Il sourit timidement, rares étaient ceux sachant cela, mais, a vrai dire, rares étaient ceux lui ayant posés la question, le révéler à tous n'était pas dans l'ordre des choses, mais, le dire à ceux que ça intéressait … Pourquoi pas ? En plus de quoi, la question était posée, et … Le prince était dans son état habituel.

« Je vous mercie pour cela, et … Je doute qu'un dragon puise être guéri de cela. C'est en nous depuis des siècles, héhé. D'ailleurs … Si je ne le trompe pas d'arbre, il me semble que, à travers ce mariage, nous deviendrons de lointains parents … Ma promise est lady Naerys Velaryon, les Hightower et Velaryon ne sont-ils pas cousins de quelques degrés ? »


Le prince s'arrêta quelques instants pour tenter de se rappeler de cela, mais, la réflexion intensive finit par lui rendre le crâne douloureux, alors, l'exercice s'arrêta bien plus vite que prévu.

« Quant au mariage, vous êtes la … Heu … B … Bien ? … Bienvenue ? Si tant est que, après cette nuit, ma présence ne vous gratte pas, héhé. »


Il n'était pas inhabituel pour le prince que certains lui sourient en face, et lui crache dans le dos. Ainsi, cette phrase lui sortit naturellement. Très vite, la jeune mariée expliqua les raisons de sa présence en ce lieu, ce qui fit sourire le dragon.

« Je vois … Une femme dévouée, une bonne chose que cela. Votre marin est un mari important pour notre royaume, son travail lui prendra sûrement du temps, et, vous devrez rester là quelques temps encore, à éviter de me croiser peut-être ? »


Daeron rit légèrement, une petite plaisanterie. Ce dernier espérait seulement que, cela ne soit pas que façade, la jeune femme semblait agréable, autant s'en faire une alliée qu'une ennemie.
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Virginia Redwyne
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Message Mer 29 Mai 2013 - 21:12

     Suivre le prince de Peyredragon jusqu'à leurs appartements respectifs, pour s'assurer d'un chemin sans encombre, n'était plus une si mauvaise idée désormais que la demoiselle s'était faite à l'idée qu'il y avait quelques rayons de soleil sous la grisaille alcoolisée qui s'échappait des yeux, des oreilles et des lèvres de Daeron. Sans doute était-il même d'agréable compagnie aux heures de la sobriété, mais celles-ci s'étrécissaient comme peau de chagrin avec l'âge, d'après les propres paroles du prince qui déclarait chercher refuge au fond de la bouteille pour se prémunir d'une malédiction qui depuis quelques années l'affligeaient. Que voulait-il dire par là ? L'alcool s'insinuait-il dans ses mots comme il déferlait dans ses veines, en troublant le sens et la formulation ? Lady Virginia ne connaissait aucun ivrogne notoire, en dehors du prince qu'elle venait tout juste de rencontrer, elle ne pouvait donc prétendre connaître avec exactitude les secrets de la compréhension du langage de l'ivresse. Cette langue obéissait à des codes et à des règles qui lui échappaient complètement, elle qui ne goûtait jamais l'excès en aucune occasion. Il était rare de la voir se goinfrer, s'enivrer, s'enliser dans des passions furibondes, s'égarer dans l'exagération de soi qui ne convient guère à une demoiselle bien élevée. Au contraire, Virginia ne mangeait qu'avec retenue, ne buvait qu'avec modération, ne pensait qu'avec prudence et n'aimait qu'avec distance. Elle était le modèle même de la mesure, et n'était excessive que dans la tempérance, jusqu'à parfois en devenir agaçante.

      Je ne suis pas sûre de vous comprendre, mon prince. Vous parlez de malédiction mais c'est un mot qui me fait m'interroger. S'agit-il d'une métaphore ? D'une exagération de votre part ? Je ne suis pas crédule, et la magie n'est rien qu'un ramassis de légendes poétiques à mes yeux, alors pourquoi parler de malédiction ? Cette question était sincère, Virginia était curieuse de savoir pourquoi un mot si sérieux s'était glissé dans la bouche d'un ivrogne incapable de marcher sans aller de droite et de gauche. Elle avait suffisamment d'éducation et de culture pour savoir que la magie n'existait plus et que ses dernières manifestations s'étaient éteintes avec le dernier dragon. Comme d'autres, elle avait lu quelques ouvrages à leur sujet, et savait qu'en orient, il existait une caste de conjurateurs réputés posséder un grand pouvoir, mais elle n'y croyait pas vraiment. Il s'agissait sans doute d'individus doués d'intelligence et de ruse, assez pour divertir et éblouir de quelques habiletés visuelles les béotiens si facilement trompés et impressionnables. Plus elle avait lu, plus elle s'était instruite, et plus elle avait appris du mestre et du septon de Grand-Tour que la magie n'était qu'un leurre pour les petits-esprits. Elle s'était gardée toutefois d'un dogmatisme trop prononcé, car les rats encore plus que les savants raffolent des parchemins. Les propos de Daeron devenaient de plus en plus confus, et si Virginia gardait encore le fil de la conversation, cela tenait du miracle. Quand il répondit aux ahurissements de la vieille chèvre qui accompagnait lady Virginia, cette dernière s'amusa de le voir malmener la pauvre septa, que sa condition privait de tout droit de réponse, car elle était dévouée aux Sept et pétrie d'une vile servitude : il lui était physiquement impossible de répondre un seul mot au prince de Peyredragon, alors la malheureuse et infortunée septa se contenta de regarder les hautes voûtes du couloir pour y trouver du réconfort.

     Virginia oublia bien vite l'embarras de la religieuse pour ouvrir grand ses oreilles. Le prince lui demandait si elle savait garder un secret. Cette phrase était annonciatrice d'une confidence, et la demoiselle ne savait trop sur quel pied danser : devait-elle tendre l'oreille, ou refuser d'écouter ? Le prince allait peut-être lui confier quelque grave chose, qu'il serait difficile de garder à l'esprit et secret trop longtemps. La discrétion n'était pas étrangère à la demoiselle, mais si le prince lui révélait quelque meurtre odieux, pourrait-elle en son âme et conscience tenir sa langue et jeter l'ombre du secret sur un crime outrancier ? Je suis une femme, mon prince, garder un secret est inscrit dans ma chair. Ces oreilles sont le coffre le plus sûr de tout Westeros, et ces lèvres savent demeurer closes comme la porte des caveaux. Que voulez-vous me confier ? Puis, Daeron lui nomma sa fiancée, et le cœur de Virginia fit un bon dans sa poitrine. Si la chair et la peau n'avait pas recouvert ses entrailles, le muscle palpitant aurait bondi hors de son lit pour tomber par terre devant eux. La promise du prince de Peyredragon était donc sa propre cousine ? Pareille nouvelle l'aurait clouée au mûr, si Virginia avait été de bois. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas vu lady Naerys et pourtant, de savoir qu'elle serait bientôt princesse de Peyredragon la comblait de joie et d'inquiétudes. En effet, elle ne pouvait que se réjouir de voir sa cousine élevée à cette dignité et promise à l'illustre avenir qui n'est réservé qu'aux reines de Westeros, et lady Virginia n'ignorait pas la place de choix occupé par le prince Daeron dans la ligne de succession au trône. Mais d'un autre côté, elle côtoyait à cet instant même le futur marié, et ce qu'elle en voyait la désenchantait en tout point. S'imaginant à la place de sa cousine, Virginia la plaignait grandement, car le mariage qui lui était imposé avait tout l'air d'être un cadeau empoisonné. Lady Naerys est ma cousine, mon prince, et je suis heureuse d'être à Port-Réal pour assister à l'événement. Vous comme votre promise aurez besoin de tous nos encouragements. Le mot était faible. Virginia espérait de tout cœur que sa cousine savait à quel avenir ce mariage la condamnait, car il n'y aurait de pire scénario que celui de la surprise d'une découverte fâcheuse une fois le mariage consommé. Un instant, Virginia imagina le pire de tout : le prince ivre le jour de ses propres noces et incapables d'assumer la cérémonie du coucher. L'image qui lui vint à l'esprit la fit presque rougir, et manqua de lui arracher un fou rire. Elle se contint. Le rire est un souffle diabolique qui déforme les ligaments du visage et fait ressembler l'homme au singe, et Virginia n'avait aucune envie de passer pour une guenon mal élevée aux bras du prince de Peyredragon.

     Le prince poursuivit la discussion tandis qu'ils progressaient dans les couloirs. En effet, lady Virginia Redwyne était dévouée à son époux, il n'y avait là nulle surprise et le constat de Daeron s'imposait de lui-même. La plaisanterie du prince la fit sourire, et elle lui répondit sur le même ton : Ma foi en toute révérence, il semble qu'à chaque fois que vous m'interrogiez, vous ayez déjà la réponse. Je prendrai grand soin d'éviter votre compagnie et le jour de votre mariage, je me tiendrai le plus loin possible de vous. Plus sérieusement mon prince, n'allez pas croire ces sottises. Vous êtes ivre, et de bonne compagnie, que serait-ce si vous étiez sobre ? Je pourrais certainement jalouser ma cousine, si j'ignorais ce que ce soir m'a révélé. Je me demande d'ailleurs s'il ne vaut mieux pas que je lui taise ce que j'ai vu ce soir, afin de lui épargner l'intenable déconvenue. Comme vous le savez, mon prince, je sais tenir ma langue et garder les secrets. Mais vous, qu'en pensez-vous ? Lady Naerys est ma cousine, je ne devrai rien lui cacher de tout cela, non ? Virginia était curieuse de connaître le point de vue, même aviné, de Daeron. Préférerait-il que sa fiancée soit informée de son goût pour la boisson ? Préférerait-elle qu'elle soit ignorante de ce vice alcoolisé ? Lamarck résonnait sans doute des rumeurs courant sur le prince de Peyrdragon, mais les rumeurs ne sont jamais que des feuilles mortes lancées dans le grand vent. Elle-même n'avait pas tenu à y croire trop fermement avant d'avoir vu a confirmation, peut-être lady Naerys aurait-elle à l'égard des paroles venteuses la même prudence et la même réserve ?


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Message Jeu 27 Juin 2013 - 9:58

Il y avait de ces rencontres fortuites que l'on n'omettait pas et qui exhalaient un arôme parfois mitigé – ou l'étrange fragrance de la pochardise alliée à celle de la lignée targaryenne. Les rumeurs se répandaient souvent telle une traînée de poudre contre laquelle l'on ne pouvait rien, ou si peu, certaines avaient même la hardiesse de s'étendre bien au-delà des lisières d'une ville ou d'un fief. Tel était le cas pour ce qui ne se susurrait plus, mais se hurlait impudemment sur le prince de Peyredragon. Les penchants éthyliques et voluptueux de Daeron n'étaient guère plus un secret pour quiconque était un tant soit peu aux aguets dans un monde où l'impéritie pouvait être lourde de conséquences, celle qui portait dignement le titre de dame de La Treille l'avait parfaitement compris. Et si elle avait pu accorder le bénéfice du doute aux ouï-dires sur le jeune dragon, elle avait ce soir eu la preuve de leur véracité – mais qu'à cela ne tienne ! Sa circonspection semblait à toute épreuve et résistait admirablement bien aux incongruités du quidam, contrairement à celle de septa Leona qui était rudement malmenée. Mais pour le moment, aucune acrimonie n'avait été à déplorer...

Bras dessus bras dessous, Redwyne et Targaryen se dirigeaient paisiblement vers leurs appartements respectifs, et s'ils n'avaient alerté personne en se faufilant devant le dortoir des gardes, des bruits de pas leur indiquèrent bientôt qu'ils allaient aux devants d'une rencontre. Face à eux, arrivèrent deux Dents de Freux qui s'appliquaient à leur ronde, et qui ne manquèrent pas de les saluer avec toute la déférence qui leur était due une fois qu'ils furent devant l'étrange trio. Les deux factionnaires mirèrent un instant l'état du prince qui ne sembla pas les étonner pour un sou, puis ils passèrent leur chemin sans mot dire... Du moins, jusqu'à ce qu'ils pensent être suffisamment loin pour ne pas être entendus.

« T'as vu ça ? Mh ? Ah, oui, le bougre est encore dans un piteux état. Mais non, pas lui ! Je parlais de la donzelle qui est à son bras ! Aaaaah ! Ouais, ouais, pas mal, elle a l'air d'avoir de jolis poumons, pour sûr. Elle ressemble pas à l'une de ces courtisanes que le prince coudoie, c'est à se demander où il a été la pêcher, celle-là. Boh, sans doute l'une de ces drôlesses de bonne famille qui se croit soudainement importante parce qu'elle rôdaille dans le Donjon Rouge en compagnie d'un Targaryen. Et quel Targaryen ! C'est lamentable. Son époux a dû partir en guerre et elle en profite pour fricoter, septa ou pas, elles sont toutes comme ça, ces jouvencelles. Que ce serait marrant qu'il lui vomisse dessus, je donnerais mon pécule pour la voir furibonde avec sa belle dentelle toute dégueulassée ! Pour une fois que c'est pas nous qui devons le ramasser, l'alcoolique ! Peut-être qu'on devrait les suivre, voir s'il lui met la main à la croupe. Va savoir si c'est pas à celle de la mégère, qu'il va la mettre ! »

Les deux hommes ricanèrent avec une outrageante désinvolture, inconscients qu'en réalité, ceux qu'ils raillaient n'avaient pas perdu une miette de leur échange. Ils s'en rendirent compte lorsque, innocemment, l'un d'eux jeta un coup d'oeil en arrière, constant que la trinité qu'ils avaient pensée déjà loin était en fait juste là. Le commandant Mallery s'en était allé en guerre, lui aussi, et en l'absence du chat, les souris prenaient visiblement plaisir à danser.

« Oh-oh, j'crois qu'ils nous ont entendus, vite, fais semblant de surveiller le corridor ! » Ils prirent rapidement position, l'un  zieutant le couloir perpendiculaire à celui dans lequel ils se trouvaient, l'autre... Se trouvant nez à nez avec la pierre pourpre de la paroi. « Le corridor j'ai dit, ça c'est un mur, crétin ! Ah, ouais ! » Le quinaud fit volte-face et ils se turent, feignant de s'intéresser à autre chose qu'aux trois individus stationnés non loin et auxquels ils avaient sciemment manqué de respect. Ne tenait alors plus qu'à Daeron ou Virginia de les remettre à leur place si tel était leur désir, ou bien, ils pourraient simplement les ignorer, mais dans tous les cas, leurs oreilles avaient frémi de déplaisir.
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Message Dim 30 Juin 2013 - 11:44

En y « réfléchissant », le prince venait de plus en plus à se demander ce que la lady faisait encore à ses côtés après ses quelques mots échangés. Pourquoi n'avait-elle pas prétexté un quelconque bruit au détour d'un couloir afin de s'enfuir, afin de s'enfermer à double tour dans sa chambre ? Certains l'auraient sans doutes fait, et, au réveil, il aurait été compliqué de discerner rêve, imagination et réalité. En plus de quoi, certaines phrases du Prince n'étaient pas tout à fait compréhensibles, même pour lui-même. Ainsi, régulièrement durant leur promenade nocturne, cette fameuse question revenait « mais que fait-elle là ? ». Oui, régulièrement, comprenez tout de même que, dans un tel état, la mémoire divague de façon infernale, sans se rappeler ce que l'on ait pu dire quelques instants auparavant, sans se rappeler d'un geste, ou d'une pensée. Alors, il était normal qu'une question revienne le percuter incessamment. Cela dit, à cette fameuse question que certains malins auraient cru bon de répondre « 42 », lui, tentait tant bien que mal de trouver une vraie explication, et, même les plus folles lui venaient en tête, comme par exemple la possibilité que la jeune femme trouvait en Daeron une compagnie agréable. Impossible -de son point de vue- rares, très rares sont ceux appréciant sa compagnie quand un paiement n'a pas lieu. Mais alors, quoi ? Dans cet état, il lui était des plus difficile de trouver quelconque réponse à un tel casse-tête.

Lorsqu'il fut question de malédiction, la belle sembla … Étonnée que de tels mots sortent des lèvres de son interlocuteur, demandant s'il s'agissait d'une métaphore, ou tout simplement d'un mot comme un autre pour accentuer le côté malheureux de la chose, elle, préférait se rassurer en se disant que la magie avait disparue, seulement des légendes pour faire parler les poètes. Cela fit rire l'ivrogne qui lui tapota avec douceur sa main.

« Je … Dois me désoler, madame, mais, j'ai crains peur que, vous ne vous fassiez de mauvaises images de tout ça. La … Magie. Qu'est-ce ? Imaginez-vous ces enfants des bois, capable de … D'enlever des bouts de terre ? De leur … Heu … Je ne sais plus le mot, ces membres qui pouvaient voir à travers les œil de barral. Je … Non. Il existe d'autre formes. Tout ce que peut faire un homme qui n'est pas naturel est … Magique. N'avez-vous jamais entendu parler de ces … Heu … Zo … Zoo … Quelque chose. Ces fameuses personnes capables de … Heu … Capables …. »

Une fois de plus, une longue pause afin que le prince retrouve le fil de sa phrase et, pourquoi pas, retrouver ce fameux mot qui lui faisait défaut.

« D'entrer en les animaux, et … Heu … Les contrôler, voir à travers eux et … Ce genre de choses. Il existe aussi ces heu … Cent-visage ? Sans-visages ? Je … Ne sais plus. Dit-on des tueurs capables de …. Tr …. Transformer leur face à volonté. »


Un grand sourire mélange de joue, de fatigue et … De choses indescriptibles s'afficha alors sur le visage princier.

« Voyez, la magie existe … Ou … Si vous ne la considérez pas comme … Magie, que … Qu'est-ce ? »


Un petit rire s’échappa doucement de Daeron. N'y voyez-là nulle moquerie, disons simplement qu'il était en quelques sortes fier d'avoir pu dire tant de mots quasiment d'une traite, et, semblait-il que cela soit clair, très clair. Du moins, pour lui. Mais, dans tout les cas, cela restait compréhensible pour le commun des mortels. Mais, la question principale de la jeune femme resta en suspens, au sujet de la malédiction. Que pensait-il ? Qu'elle était donc cette chose ? Rien ne fut dit à cet instant.

Fort heureusement, quelques instants plus tard, dans une éclair de lucidité, le jeune prince se rappela de cette question, et, préféra être sûr que ces mots ne soient répétés à personne. Oui, en cette soirée, il voulait garder le secret. Fait étrange que voilà. Lui qui d'habitude ne voyait aucune gêne à en parler, même s'il ne voulait pas que cela soit une sorte d'excuse, que les gens le voient différemment après des années de regards sombres et de mots prononcés en sourdine. Fort heureusement, lady Virginia semblait savoir un secret, du moins, c'est ce qu'elle dit, et, cela suffit largement au prince qui la cru, tout simplement.

« Hé bien, c'est heu … La question que vous avez posé plus …. Tard. La malédiction. Celle-ci est bien là. Certes voient cela comme une bénédiction, moi … Non. Il y a une forme de m … Ma … Magie que je n'ai pas … Parlé. Je … Un … Un vestige de Valyria et … Des enfants de la …. Bosquet. Je … Vervoyant. Ceux qui … Voient l'avenir dans les … Sommeil, je … Ce n'est pas vraiment clair mais … Ce sont des … Images à inte... Péter ? Et … C'est … Effrayant, je … Suis un couard, un faible. Ça … Le monde le sait … Et, tout cela … Me … M'effraie au plus … bas pont. Je … N'ai trouvé que … Cette fa... Lution pour … Pour m'ex … T … ôter ! Cette chose en moi. Depuis, je suis devenu … L'ivrogne, pour … Ne plus avoir affaire à cela. L … Libre à vous de me croire ou non ... »

Il était vrai que, pour une femme pensant la magie éteinte, le don de prescience pouvait ressembler à une blague, ou une explication tout droit sortie de l'esprit embrumé du prince. Elle qui croyait que tout cela n'était que légendes, comment pouvait elle croire tout cela ? Voilà ce que pensait Daeron, du moins, dans sa forme littérale. Il n'espérait pas qu'on le croie, mais, la jeune épouse venait de lui poser la question, alors, autant être franc, non ?

La marche nocturne continua et, la conversation se détourna sur le fameux mariage princier, ainsi que la révélation de sa promise. Forcément, la cousine de la demoiselle accusa le choc. Comment pouvait-il en être autrement ? Savoir un membre de sa famille fiancé à un tel homme ? De noires pensées ne pouvaient qu'habiter notre esprit, imaginant le malheur et la tristesse dont notre parent, aussi lointain soit-il avait pu ressentir à cette annonce, et, encore plus à celui à venir. A ce sujet, le prince était tout à fait d'accord, il était sans doutes l'une des pires choses qui pouvait arriver à cette jeune femme. Lady Virginia, de son côté, après avoir encaissé le choc, se dit être heureuse de pouvoir assister à ce mariage, que tout deux auront besoin de tout les encouragements. Le Dragon s'arrêta de marcher, afin de regarder l'épouse de lord Jace dans les yeux, et, réussit à trouver on ne sait où, la force pour formuler quelque chose de presque correct.

« Voyons, s... Soyons honnête. Je … N'ai nul besoin d'encouragements, je … Vais épouser une femme bien sous toute ses formes, on la dit douce, généreuse et … Magnifique. Elle de son côté … La pauvre. Voyez, tout Westeros se moque de son futur mari, même vous, vous avez été choqué d'une telle … Annonce, et pourtant … Je … Si je … Ne me trompe pas, c'est … Une cousine éloignée, je … Pense que vous pouvez imaginer sa … Tristesse de tomber sur pareil époux. Je … Ne peut qu'être désolé de lui promettre une telle vie. Je … Bien entendu, je … Je vais agir de sortes à … Essayer de la rendre heureuse, mais … Je … J'ai bien peur que … Que ses sourires ne soient que façades, et qu'elle soit … Malheureuse toute sa vie …. »


Le prince s'arrêta un instant, soupirant un grand moment, une mine profondément triste sur le visage, les yeux humides de tout cela. A chaque fois qu'il y pensait, il rentrait dans cet état.

« Je … Suis sans doutes une des pires choses qui pouvait lui arriver … Héhé. Mais … Il y a au moins un point sur lequel elle pourrait se dire … Chanceuse. Le mot ne convient pas, mais … Je n'en trouve nul autre. Que … Jamais ne … lèverai le poing sur elle, et … Jamais, je ne la forcerai à faire de … Des choses qu … Qu'elle ne désire pas. M … Maigre consolation quant à … L'annonce d'une vie aux côtés du … Déchet Targaryen. Et … S'il vous plaît, ne pensez pas à me rassurer par des mots … Sucrés mais qui … Sonneraient faux. Vous … Connaissez très bien, comme moi … Le … La pensée de lady Naerys, et … Vous entrevoyez comme moi ce … Cet avenir sombre. »


Oui, le prince avait une vision sombre de l'avenir de son épouse. Sombre mais … Tellement réelle. Lui ne pouvait imaginer un avenir radieux pour son épousée. Sans doutes espérait-elle le faire changer ? Peut-être voulait-elle essayer de l'aider pour son alcoolémie ? Mais, y avait-il une chance qu'un jour cela cesse ? Non, décidément, non. Les Dieux lui avaient offert ce don, qui se révélait être une malédiction, tant qu'il vivrait avec, il ne changerait pas, cela, il en était convaincu. Il ne pouvait qu'être désolé pour lady Naerys, si tout ce qu'on lui avait raconté sur elle, celle-ci avait dû être la cible de nombre d'héritiers célibataire. Au lieu d'un homme qui la mériterait sans doutes en tant qu'humain, il avait fallu que cela tombe sur lui. Pauvre petite …

La discussion revint à la plaisanterie, et, fort heureusement, la jeune Redwyne en rit, avant de répondre, sur le ton de plaisanterie qu'elle l'éviterait avec soin, avant de le rassurer sur sa présence agréable, malgré son taux d'alcoolémie dépassant toute les attentes. Puis, un sujet un petit peu pointilleux montra le bout de son nez. Que devait-elle dire à sa très chère cousine ? Daeron eut un petit moment d'hésitation, comme … Pensif, avant de répondre souriant.

« Madame, il me semble qu'il n'est nul besoin de lui dire quoi que se soit, la belle a sans aucun doutes entendu parlé de moi. Il me semble aussi qu'elle s'est déjà rendue en ce lieu, peut-être m'a-t-elle cherché ? Vous savez je … Comment dit-on déjà ? On … S'est … Amusés quand nous étions enfants, sans doutes lors de ses visites cherchait-elle ce … Compagnon ? Et, là, la vérité lui a été dite. Aussi … Héhé … L'idée doit venir de … Mon très …. Cher père. Sans doutes l'a-t-elle déjà … Vision, et, le prince Maekar est sans doutes la personne qui … M’apprécie le moins sur le continent.
Il n'a pas dû se gêner pour … Dire ce qu'il y avait à … Raconter sur moi ? De fait … Je doute fort que … Histoires soient à raconter sur moi qu'elle ne pense déjà. Cela dit … Peut-être des mots sur mes … Bons faces, pourrait la rassurer. Si … Vous en trouvez, bien sûr. »


Un petit rire, une fois de plus. Rire qui dû s'arrêter à l'approche de deux gardes, semblant appartenir aux Dents de Freux, qui saluèrent le trio avec grand respect avant de s’éloigner, et, parler, à haute voix, à peine quelques pas plus loin, pensant être hors de portée. Mais, grande erreur. Les mots fusèrent sur le prince, chose qui ne le gêna pas le moins du monde, les chuchotement sur son compte allaient bon train en tout temps. Cela dit, ce qui fut dit sur sa compagne d'infortune ne lui plut pas un seul instant. Si bien qu'il s'arrêta net, tapotant avec douceur la main de la lady à son bras, chuchotant un petit « je reviens » avant d'avancer, d'un pas décidé vers ces deux soldats qui faisaient mine de surveiller, l'un d'entre eux ne fit pas la différence entre le mur et le corridor. Le pas était décidé, le tracé, quant à lui, était quelques peu … Maladroit. Arrivé face à eux, le prince s'appuya contre un mur, afin de trouver une quelconque stabilité, et, dans une certaine colère, le prince réussit à trouver ses mots … Étonnant.

« Vous … Êtes de bien piètres soldats. Se moquer ainsi de l'épouse de lord Jace ? Vous qui ne faites pas la différence entre un mur et un corridor, vous osez douter de l'intégrité de cette personne ? La seule personne dans ce foutu Donjon a avoir assez de considération pour venir en aide à un ivrogne ? Je … Vous … Comment le capitaine Alrik a pu vous faire entrer dans la garde ? Vous allez sur le champs présenter vos excuses ! »


Un doigt nerveux fut pointé dans leur direction, ivre de rage. Remarquez tout de même à quel point Daeron n'a que faire de ce qui ai pu être raconté sur lui.

« Mais … Avant cela. Donnez moi vos noms. Et, ne me mentez pas, j'ai ici deux témoins. Sachez que le capitaine Alrik aura vent de vos … Exploits. Je doute fort qu'il apprécie. »
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Virginia Redwyne
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Message Mar 9 Juil 2013 - 23:29

     Le discours du prince Daeron était devenu, à mesure que leur conversation progressait dans le temps, de plus en plus obscur. Il était désormais partiellement incompréhensible. Les mots ne se dérobaient plus seulement, ils se faisaient trompeurs et chaotiques. Il manquait à ses phrases quelques traits de ponctuations, quelques éclairs de syntaxe. Il ne parlait plus, il vomissait des paroles inintelligibles. Avait-il seulement le souci de l'articulation ? L'alcool le privait sans doute de cette compassion naturelle qui pousse les hommes à ne jamais parler que dans la sûreté d'être compris par l'oreille tendue généreusement. De quoi palabrait-il, à présent ? De magie ? De phénomènes extraordinaires ? De légendes ? De contes ? De balivernes pour amuser les enfants ? L'alcool ravageait le champ de sa raison comme les sauterelles dévastent les champs de blé, manifestement : la boisson n'y laissait rien qui fût utile. Zomans ? Sans-visages ? Enfants de la forêt ? Quelles étaient ces sornettes, à présent ? Le prince s'abîmait-il au fond de la bouteille afin d'atteindre cet état second où l'esprit se brouille d'images féériques, merveilleuses ou monstrueuses ? Était-il donc toujours au fond de lui l'enfant pétri des récits légendaires qu'on se raconte autour du foyer brûlant avant de gagner son lit douillet ? Virginia ne disait rien. Elle appréciait cette compagnie peu commune, mais s'étonnait de la réponse du prince. Toutefois, il n'en était qu'à la moitié, la suite fut pour beaucoup dans la surprise croissante de la demoiselle. D'autant qu'il rit, ce qui persuada Virginia qu'il se moquait d'elle, couvert du prétexte de l'ébriété. Il se prétendit vervoyant, et se protéger de cette malédiction en trouvant refuge dans l'alcool. La prenait-il vraiment pour une idiote ?

     Vervoyant, vraiment ? J'imagine donc que mon prince avait déjà eu la vision de cette soirée étonnante. À croire qu'il n'est nulle place pour le hasard, ou le choix en ce monde... Rassurez-vous toujours, mon prince, votre secret est sauf avec moi. Et de toute façon, qui irait la croire ? Elle-même dédaignait d'accorder au prince, sur ce point, le bénéfice du doute. Le ton, un peu sec, témoignait du peu de patience de Virginia pour ces fadaises que le prince lui servait sur un plateau, et l'ivresse ne pouvait lui servir d'excuse. Tout alcoolisé qu'il fût, ne savait-il plus distinguer le raisonnable du suspect ? Sans doute avait-il ses raisons d'ainsi décrire et expliquer les causes de son vice. Virginia aurait certainement préféré une explication qui n'implique pas de la donner pour sotte. Trop nombreux étaient ces hommes qui s'imaginaient les femmes stupides, pour mieux dissimuler le plus souvent l'infériorité de leur intelligence. Pays d'hommes, règles d'hommes. Mais tout inférieur que fut le sexe faible, n'avait-il pas droit à un peu de respect de la part des mâles supérieurs ? Le prince de Peyredragon, qui lui avait paru sympathique en dépit de son triste état, n'était finalement qu'un homme comme les autres, et parmi les premiers à penser pouvoir se moquer des femmes. Quelle tristesse, pour sa future épouse qui, en plus d'épouser un soûlard, s'apprêter à partager la vie d'un imbécile.

     Vint ensuite la question du mariage du prince. Virginia avait plaint sa cousine, quand elle la découvrit comme la future épouse de Daeron. Certainement la perspective de devenir un jour la Reine des Sept couronnes devait adoucir l'idée d'épouser un tel homme, mais tout de même... Daeron semblait d'ailleurs plutôt lucide à ce sujet, ce qui rassura Virginia : au moins gardait-il, sous les vapeurs éthyliques, un brin de jugeote. Il affichait même une mine attristée, et ses yeux humides inquiétèrent Virginia. Allait-il pleurer ? Était-ce encore de la comédie ? Elle se méfia des propos du prince mais n'alla point jusqu'à le contredire ouvertement. Loin de moi l'idée de vous contredire, mon prince. Vous parlez avec sagesse d'un sujet que vous avez manifestement longtemps réfléchi. Et un peu plus tard, après avoir écouté une nouvelle fois le prince qui parler et délirer tout à la fois, elle ajouta : Je me range à votre avis, il n'est nul besoin d'alarmer ma cousine des futurs problèmes qu'elle sait déjà être son avenir. Mais je vous entends parler en des termes bien étranges de votre père. Est-ce à dire que les Targaryen sont loin d'être la famille unie que les rhapsodes nous vantent dans leurs chansons ? Ce trait d'acide s'échappa des lèvres d'une demoiselle qui souriait avec une certaine vanité à présent. Il allait de soi que, depuis près de vingt ans, la famille royale avait donné le spectacle de sa désunion, et les deux rébellions Feunoyr venaient en donner la preuve la plus frappante. Et de plus, il n'était un secret pour personne que le prince de Lestival éprouvait à l'égard de sa grâce Aerys une rancœur tenace, pour avoir choisi lord Brynden Rivers comme Main du roi, et non lui-même. Lady Virginia se doutait bien donc que le Donjon Rouge n'était pas vraiment la maison du bonheur et de l'harmonie familiale. Elle s'interrogeait d'ailleurs beaucoup sur le déroulement du mariage de sa cousine et du prince Daeron : serait-ce le théâtre d'un drame familial comme seules les nobles familles savent en produire ? La hâte d'y être décupla. Au passage des dents de Freux, lady Virginia ne réagit guère, cependant elle ne put qu'entendre les propos qu'ils échangèrent, tout comme la vieille septa qui laissa échapper un soupir d'indignation colérique. Le prince fit mine d'aller voir les deux soldats et de revenir, mais lady Virginia ne put demeurer à sa place, et le suivit. Flattée par l'énergie du prince Daeron à la défendre, la demoiselle ne laissa point les rougeurs gagner son front et répondit à la suite d'une voix onctueuse, mais indigeste.

     Mon prince, ne vous énervez pas. De toute évidence, vous n'êtes pas le seul à avoir trop bu ce soir. Il n'y a que l'alcool pour expliquer un tel relâchement de la discipline au sein de la garde du Donjon Rouge. Et pourquoi importuner le capitaine Mallery avec les indiscrétions de ces malheureux que l'heure tardive a conduit jusque là ? Il me paraît plus judicieux d'en informer directement la Main du Roi. Elle les toisa d'un regard aquilin avant de tendre son bras pour le prince, et de lui proposer ainsi de repartir sur leur chemin, sans davantage se soucier de ces deux imbéciles.Venez, mon prince, il y a loin encore jusqu'à vos appartements et jusqu'aux miens. Elle n'ajouta rien pour les deux Dents de Freux, qu'elle laissait libre d'interpréter ses propos comme ils le voudraient. Mais lady Virginia connaissait les liens ténus qui unissaient lord Brynden à son époux, et quand elle le reverrait, si le souvenir de ces deux hommes lui était encore vif, elle ne manquerait pas de lui faire état de ce qui était arrivé ce soir – et des propos désagréables échangés par les deux soldats.


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