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La taverne de l'emploi - Kealan

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Message Ven 26 Avr 2013 - 19:08

Trop loin, Hautjardin était beaucoup trop loin pour les pauvres jambes d'Austyn Patte-Folle. Il avait pourtant rejoins la route du Front de Mer voilà une bonne heure et pouvais presque sentir la douceur fruitée s'échapper du domaine de la famille Tyrell. En forçant un peu l'allure, il pouvait finir le trajet en deux heures de marche. Seulement, son membre blessé n'était pas motivé par la beauté de la côte et crispait le visage du reître à chaque fois que ce dernier mettait un peu de poids dessus. En plus, l'infirme lui-même ne sentait pas transporter par le magnifique paysage environnant. Comment le pouvait-il ? Ses affaires étaient en berne. Depuis son arrivée en Bief par les Terres de l'Ouest plusieurs semaines auparavant, il n'avait pas eut un seul client. Chacun préférant garder son argent où le dépenser dans des hommes d'armes plus athlétiques et compétents. Austyn avait pourtant fait toute les cités et forteresse au nord du royaume, espérant que la menace des Fer-nés lui permette de travailler, en vain. Il était fatigué de trainer sa carcasse partout sans être récompensé. Il voulait prendre un peu de repos avant de continuer, quitte à piocher dans ses maigres économies. Par chance, au détour d'un virage, une habitation se dévoila à la lisière d'un petit bois. Il s'agissait là d'une taverne plutôt coquette nommée l’Écume du Bief. Elle n'avait certes rien à voir avec les merveilles architecturales que l'on pouvait croiser dans le royaume, mais, pour Patte-Folle, elle était magnifique et très bien entretenu. Fourrant sa main dans sa bourse presque vide, il se dirigea vers l'entrée du bâtiment en espérant que les prix ne soit pas trop exorbitant.

Une fois à l'intérieur, l'endroit était loin de ressembler aux établissements où Austyn avait l'habitude de séjourner. Le parquet semblait avoir était nettoyer récemment, les tables, bien que grossières, étaient recouvertes de petits napperons blancs et brodés. Quant aux murs, ils avaient même eut droit à un peu de peinture rendant la salle bien plus lumineuse que les trous à rats où Patte-Folle se rendait. L'auberge était assez bien remplie. Des marchands et leurs hommes d'armes consultaient des cartes de la région entre deux verres, un barde arrangeait son instrument non loin de paysans fêtant quelque chose. Lentement, le reître boiteux avança vers le comptoir, au fond de la pièce, en face de l'entrée. Inutile de préciser qu'il était nerveux. En effet, il ne savait pas s'il pourrait même se payer un verre d'eau dans leurs chopes propres. En le voyant approcher, le patron de l'établissement, un vieil homme moustachu lui fit un sourire édenté et lui fit signe de s'asseoir à l'une des tables libres. Austyn lui sourit en retour, acquiesçant d'un geste de la tête. il se dirigea ensuite vers la table la plus proche et ne peut s'empêcher de pousser un soupir de soulagement en s'asseyant. Sa blessure allait enfin cesser de le torturer. Parfois, il se demandait pourquoi quelqu'un n'inventerait pas une chaise à roulette pour lui permettre de voyager sans douleur. Voyant la serveuse, une jeune femme rousse et bien en chaire, s'approcher de lui avec une cruche et une choppe, l'infirme mit la main dans sa bourse et en sortit quelques piécettes. Il les posa sur la table quand elle lui demanda :

"Que puis-je vous servir, messire ?"
"Ce que vous pouvez avec ça."

La serveuse examina alors la monnaie posée sur le bord de la tablée et commença à la compter. Elle posa ensuite la chope devant Patte-Folle et lui servit du vin. Le reître fut pour le moins surpris et ravi de voir qu'il avait assez pour remplir la chopine en entier. Il remercia alors son interlocutrice avec des larmes de joie dans les yeux. Il lui fit ensuite signe de s'approcher pour qu'il puisse lui glisser quelques mots à l'oreille. D'abord méfiante, la serveuse finit par se dire qu'il n'était pas vraiment en état physique de lui faire du mal. Elle s'exécuta donc et écouta les paroles de l'infirme :

"Dites-moi, vous devez voir passer beaucoup de voyageurs ici ?"
"Pour sûr."
"Certains d'entre eux n'aurait-il pas besoin d'un reître bon marché ? Voilà plusieurs jours que je cherche du travaille et je vais très bientôt manquer de monnaie. Vous pourriez me les indiquer si vous les voyez ?"
"Laissez-moi réfléchir." Pensa l'intéressée en se frottant le menton. "Non, je crois que tout le monde ici est déjà bien escorté. Mais vous pourriez toujours aller au Vieux-Rouvre, avec les pirates qui écument les côtes, vous pourriez trouver votre bonheur."
"Très bien merci."

Ce fut avec un large sourire qu'Austyn laissa son interlocutrice récupérer l'argent et repartir à sa tâche. Enfin, le reître boiteux aller avoir un peu d'espoir et pourrait peut être se faire quelques sous avant de rentrer à Port-Réal. Revigoré mentalement, il bu l'alcool qu'on lui avait servit, se délectant d'un arôme tout à fait spécifique à la région. En regardant sa chope, tout content, il lança à qui voulait bien l'entendre :

"Elle est gouleyante cette vinasse, quoiqu’un peu clairette !"
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Kealan du Rouvre
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"La fin justifie les moyens."



Chevalier du Bief.

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Message Mer 1 Mai 2013 - 23:47

Après sa visite diplomatique peu fructueuse dans le sud-est du Bief, et son étape pour la nuit à Noirvallon, Kealan et ses chevaliers s'étaient rendus à Hautjardin. Il y avait rendu visite à sa sœur Rhaella, qu'il n'avait pas vue depuis un bout de temps, et avec qui il s'entretenait fréquemment par corbeau. Se voir en personne était toutefois plus agréable. Après quoi, il avait repris avec ses compagnons la route du Front de Mer pour rejoindre Vieux Rouvre. Il savait que son neveu devait attendre impatiemment son retour, même s'il serait sans doute déçu du résultat des tractations du chevalier. On avait beau être finaud, lorsque l'on tombait sur une forte tête, on n'en sortait pas toujours vainqueur, et c'était ce qui s'était produit cette fois.
L'humeur du groupe s'était améliorée depuis leur arrivée puis leur départ de Hautjardin. La perspective de revoir son foyer mettait toujours du baume au cœur des hommes. La plupart des cavaliers qui accompagnaient Kealan avait une épouse à retrouver, voire des enfants. Pour sa part, il n'avait que sa famille, nulle épouse à combler pour l'instant, rien que des projets, des responsabilités et des manœuvres subtiles. Les chevaux eux-mêmes semblaient sentir que le chemin les conduisaient désormais vers leur chez eux, car ils étaient plein d'entrain, et tiraient un peu sur le mors pour forcer l'allure. En dépit de tout cela, le jour déclinait, et nul doute que d'ici quelques heures, il ferait nuit. La route avait beau leur être bien connue, il était temps de songer à trouver un hébergement. Les auberges ne manquaient pas, par ici, aussi le jeune homme ne se fit-il guère de souci.

Effectivement, quelques temps plus tard, un établissement se dévoila au détour du chemin. Il s'agissait d'une auberge nommée l'Ecume du Bief, dans laquelle le groupe de Vieux Rouvre avait déjà fait étape une ou deux fois dans leur vie. Un établissement de qualité. Ce n'était pas comparable avec ce que pouvaient offrir les villes ou hameaux plus importants, du moins pour ceux dotés d'établissements de luxe, mais c'était plus que satisfaisant pour un lieu isolé au bord d'une route. Une route importante et fréquentée, cependant. Néanmoins, le principal pour les Bieffois était que la nourriture et la bière soient bonnes, que les lieux soient propres et les lits dépourvus de puces. Kealan fit tourner sa monture vers l'auberge, et pénétra dans la cour au petit trot, suivi de ses hommes. Des écuries étaient construites juste à côté, et seraient sans doute presque pleines avec ce nouvel afflux de clients qu'ils représentaient. Ils n'eurent guère à attendre avant qu'un jeune garçon dégingandé ne s'approche pour se saisir des rênes de l'étalon du chevalier en chef, offrant de s'occuper de leurs bêtes pendant qu'ils entraient. Le jeune homme lui laissa volontiers la garde des montures, invitant ses compagnons à le suivre. Sans doute avaient-ils tout autant hâte de s'asseoir pour se restaurer que lui-même.
Leur arrivée ne passa pas inaperçue. La grande salle de l'auberge, plutôt lumineuse et propre, n'était pas vide : quelques personnes se trouvaient déjà là, à vaquer à leurs occupations respectives. Certains se tournèrent vers eux pour les regarder, alors que d'autres ne leur accordèrent pas la moindre attention. Peu importait. En revanche, la patronne, une femme rondouillarde aux mèches de cheveux gris ramenés en arrière, les avait reconnus sans mal, et s'était approchée en leur souriant.


« M'sers, c'est un plaisir de vous revoir. Qu'est-ce que ce sera ?

- Un repas chaud pour moi-même et pour mes hommes, ainsi que de quoi boire. Et il nous faudra des chambres pour la nuit.

- Bien sûr, bien sûr... Prenez donc place où il vous plaira...

Elle les abandonna pour se dandiner jusqu'au comptoir et glisser quelques mots à son mari, donnant ses instructions pour que l'on prenne en charge ce qu'ils avaient demandé. Avec une auberge placée à un tel endroit, le blason de la maison du Rouvre que le groupe arborait n'était inconnu de personne, ou du moins, de personne né dans les parages. Kealan alla s'installer à l'une des plus grandes tables, ses hommes avec lui. Des serveuses ne tardèrent pas à leur apporter des chopes de bière blonde, épaisse et mousseuse, qui furent plus que bienvenue. Le jeune homme avait eu largement son compte de vin ces derniers temps, et un peu de variété était bienvenue. Il capta sans mal le regard lubrique que certains de ses chevaliers adressèrent aux femmes, sans toutefois tenter quoi que ce soit. Ils savaient que leur chef tolérait leurs désirs tant qu'ils ne créaient aucun problème et qu'ils ne déshonoraient personne. Il n'aurait jamais laissé passer qu'un de ses hommes entache la réputation de sa maison par son comportement. Il aurait largement préféré le débiter en petits cubes lui-même. Pour le coup, il lui était royalement égal que certains s'éclipsent pour passer du temps avec une des serveuses une fois la nuit tombée : nul doute que pour elles, c'étaient des clients de choix, largement supérieurs à ceux pour qui elles avaient déjà pu retrousser leurs jupons. Avoir autant de chevaliers d'une grande maison en même temps dans une auberge était chose assez rare, plus rare que de recevoir marchands, mercenaires et autres membres de la plèbe en voyage. Kealan but une gorgée de bière, avec lenteur. Du moment que ses compagnons étaient en forme pour reprendre la route le lendemain, ils pouvaient bien culbuter ce qui leur plaisait.

Ils restèrent un moment à discuter, en groupe, jusqu'à ce qu'un barde s'approche d'eux pour leur proposer une chanson. Les baladins avaient le flair pour renifler de loin ceux qui avaient les poches pleines. Sachant que, de toute façon, il finirait bien par chanter pour qui que ce soit, le chevalier accepta son offre. Il serait toujours plus agréable de manger en musique que simplement accompagné par le brouhaha des discussions autour d'eux. Tandis que le musicien grattait les cordes de son instrument et commençait à chanter, la patronne revint vers eux, portant avec elle des assiettes pleines de nourriture. Un fumet appétissant s'en élevait, et leur impression se confirma lorsque la femme posa les premières assiettes devant eux en annonçant ce dont il s'agissait.


- Voilà m'sers, du cochon de lait à la bière, le meilleur du coin ! »

Visiblement fière de ce qu'elle avait servi, elle se retira alors que les serveuses apportaient d'autres assiettes pour ceux qui n'avaient pas encore été servis. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le plat avait l'air appétissant. Cela en valait le prix demandé. Kealan goûta à la viande qui se révéla bien cuite et fondante. Elle était accompagnée de navets, de carottes et de pommes de terre cuits dans le jus. Un repas d'auberge tout à fait convenable, en somme. Ce fut accompagnés par la voix du barde qui chantait que le groupe de chevaliers se mit à manger, savourant un repos accueilli avec plaisir après le long trajet qu'ils avaient fait.




Maison du Rouvre.
"Nos racines sont profondes."

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Message Mar 7 Mai 2013 - 10:10

Observant la salle depuis sa place, Austyn assista à un spectacle lui rappelant ses jeunes années au Val. L'arrivée de toute une troupe d'hommes en armures étincelantes lui faisait penser à un champs de fleurs sauvages où paitraient les chèvres de la famille. Au printemps, elles se paraient toutes de leurs plus belles couleurs. Jaunes, rouges, bleus ou encore violettes, elles se détachées aisément du reste du pré, attirant l’œil comme le groupe de chevaliers qui venait de s'installer à l'une des plus grandes tables sous la bénédiction de la patronne. Puis, qui disait fleurs épanouies disait légions de consciencieuses petites abeilles se mettant à butiner autour dans le but de s'offrir une lampée de nectar, quel qu'il soit. Des serveuses jouant des hanches et du corset au troubadour préférant le luth, un véritable essaim voulait sa part de pollen. Attention tout de même, les plantes présentes dans la taverne possédaient toutes des tiges de chardons, prête à piquer tout insecte s'y frottant d'un peu trop près. Habituellement, Patte-Folle ne se joignait pas au reste de l'essaim. Il se contentait de butiner les fleurs plus petits et moins élégantes. Avec son aile cassée, il ne pouvait guère prétendre à une petite parcelle du nectar des plus belles plantes. Même avant son accident, il savait qu'il n'approcherait sans doute jamais une seule d'entre elle et il s'en accommodait très bien. Seulement, la situation était différente cette fois. Après avoir butiné sur une bonne partie du Bief, le pauvre reître n'avait pas croisé une pâquerette ou un pissenlit susceptible de lui laisser prendre un peu de pollen. Il était donc à sec et savait qu'il ne pourrait pas voler jusqu'à Port-Réal en un seul morceau s'il n'avait pas un peu de miel en réserve. Il ne lui restait donc plus qu'une solution, tenter de s'approcher des plus belles plantes du pré.

Secouant la tête pour chasser ses pensées florales, Austyn se mit à réfléchir à la manière dont il pourrait aborder le groupe. Le pauvre infirme n'avait jamais vraiment côtoyer les personnes bien-nées et ne savait pas vraiment comment bien leur parler. Certes, il avait passé disant au service des Corbray de Cordial, mais les rares fois qu'il se trouvait dans la même pièce qu'un noble, soit il devait rester muer, soit il ne disait que "oui, ser" ou "à vos ordres, ser" . Il fallait donc qu'il se remémore toutes belles paroles qu'aimaient lancer les officiers de la forteresse du Val quand il voulait montrer au simple péons à quel point leur rang était supérieur. Patte-Folle se torturait donc les méninges devant son verre de vin alors que la patronne de l'auberge apportaient des plats aux chevaliers dont le fumé délicat faisait gargouiller son estomac. Le reître ne savait même pas de quel maison était celui qui donnait l'impression d'être leur capitaine, un jeune homme frisé à la barbe naissante et portant un blason d'or à trois feuilles de chênes.

Tandis que le contenu de son verre disparaissait petit à petit et que, une fois vide, il devrait sans doute quitter l'établissement, Austyn décida de passer à l'action. Il ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité, tant pis s'il s'y prenait mal. Après tout, que pourrait-il lui arriver de pire ? Que les chevaliers se moquent de lui et de son handicap ? Patte-Folle en avait déjà vu d'autre et, qui sait, pourrait même se divertir en entendant des insultes plus originales que celle que ses clients habituels aimaient lui envoyer. Prenant son courage à une main et appuyant l'autre sur le pommeau entouré de cuir de son épée, l'infirme se leva. Il traversa ensuite la salle en boitant un peu plus exagérément qu'à l'accoutumée. Ainsi, les nobles qui daigneraient bien le regarder s'approcher pourraient rapidement comprendre à quel genre d'énergumènes ils avaient à faire. Il faisait aussi en sorte de ne pas trop en faire non plus. Il ne voulait pas la charité, mais un travail. Une fois près de la tablée, il attendit une pause du troubadour en salivant devant le porc. Puis, une fois le barde partit vite se désaltérer, Austyn prit la parole en s'inclinant légèrement et respectueusement vers l'avant :

"Sers. Si je peux me permettre, j'ai entendu dire que vos côtes pourraient être la cible de pirates Fer-nés. Or je suis un reitre sans emploi pour le moment. Si vous le souhaitez, et pour un prix plus abordable que n'importe quel autre homme d'armes du Bief, je pourrais vous aider dans la lutte contre ces flibustiers. Bien sûr, mon aide ne sera pas aussi significative que celle de vos hommes ici présent, mais je peux me charger de tâches n'étant pas assez prestigieuses pour eux."
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Lady Coeurdepierre
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Message Mer 8 Mai 2013 - 12:50

Le Bief était une région opulente. C'était un lieu commun de décrire "les vertes contrées" comme une terre bénie par les Sept où coulaient des rivières de lait et de miel parmi des champs de fleurs aux couleurs éclatantes, où la musique accompagnait le moindre pas de nobles élégants et de chevaliers courtois. Pourtant, en cette année 212, le Bief n'était plus que l'ombre de lui-même. Des villages côtiers avaient été pillés par les Fer-nés, la sècheresse avait dévasté les cultures que l'on resemait en hâte avant l'hiver, et la population réduite trois ans plus tôt par le Fléau de Printemps, qui avait prélevé ici comme partout un lourd tribut, se relevait tant bien que mal de ces épreuves. Rien n'était fini : la nourriture manquait encore, des réfugiés erraient sur les routes en quête d'un moyen de subsistance, la menace pirate n'était pas encore éradiquée. Pourtant ces gens habitués à bien vivre et à placer leur confiance dans les Sept ne baissaient pas les bras. A Villevieille, un festival avait même été organisé pour instiller joie et espoir en ces temps de malheur. L'hiver venait, mais tout n'était pas joué, et les dieux veillaient sur leurs enfants.

Tous, cependant, ne vivaient pas les événements avec la même foi, la même acceptation courageuse. Certains avaient davantage pâti de cette pluie de malheurs, et murmuraient contre ceux qui, à leurs yeux, les avaient abandonnés : le roi Aerys retiré parmi ses livres, la Main, ce bâtard insensible et impie, leurs seigneurs, si occupés à pourvoir à leurs propres besoins ou à préparer la guerre qu'ils en négligeaient la reconstruction des villages ravagés, les Sept eux-mêmes, qui semblaient avoir oublié leurs plus fidèles croyants... ceux-là, à quoi pouvaient-ils se raccrocher ? Parmi eux, il y avait Jagen et Tilsa. Jagen était un pêcheur dont le bateau avait brûlé devant lui tandis qu'on passait ses fils et ses frères au fil de la hache. Sa femme ? Il l'avait perdu en 209 en même temps que sa mère et son vieux père. Il ne possédait plus rien. Tilsa était une paysanne de la côte qui avait perdu sa fille lors d'un raid, et pensait tous les jours à ce que les Fer-nés avaient fait d'elle. Elle n'avait plus de mari, plus de famille elle non plus. Son époux ? Mort de faim au plus fort de la disette. Elle avait survécu de la pire des manières. Puis s'était jetée sur les routes. Elle avait refusé de vendre son corps à un des nombreux réitres attirés dans la région par la guerre, et le réitre s'était servi. Quand elle avait rencontré Jagen, elle avait vite compris qu'il partageait sa rancoeur et son dégoût de la vie. Ils avaient rencontré d'autres gens comme eux sur les routes, et erré avec eux sans but, vivant de maraudage, de vols, de rien souvent. Ils avaient cherché un seigneur pour les protéger, un plus fort et soucieux de ses gens que ceux qui les avaient laissés sans défense face aux pirates, mais les seigneurs du Bief avaient apparemment d'autres chats à fouetter. La guerre. On s'occupait de la guerre, mais pas de ses victimes.

Quand ils avaient su pour le festival, ils avaient voulu s'y rendre et mettre le feu à la ville sainte pour purger leur âme de toute la haine noire et amère si longtemps accumulée dans leur coeur. Les nobles festoyaient et riaient, et offraient des divertissements aux citadins bien protégés, pendant qu'eux crevaient de faim, pendant que leurs filles étaient violées par les sauvages des Iles de Fer ? On se moquait d'eux, les oubliés, les dépossédés. Mais Villevieille était trop bien surveillée et défendue. Alors ils avaient ajouté un grief de plus dans la besace de leur colère, et erré encore. Un jour, ils arrivèrent aux portes d'une belle auberge, L'Ecume du Bief. Des parfums de nourriture alléchants s'échappaient des fenêtres. On avait donc encore des réserves, ici, et on faisait bombance. Ce n'était évidemment pas une gargote miteuse où les plus pauvres s'estimaient heureux quand il y avait un navet ou deux dans leur soupe, sans parler d'une tranche de lard, presque un luxe en ces temps difficiles. Ce n'était pas une auberge qu'ils avaient les moyens de se payer car ils n'avaient plus rien, et peut-être justement parce qu'ils n'avaient rien à perdre, ils entrèrent. Il y avait là des soldats et un noble bien vêtu, et même un fichu réître. Ils avaient tous l'air bien portants. Pas comme la fille de Tilsa, pas comme les fils de Jagen. Pas comme eux. Jagen et Tilsa, parce qu'ils avaient le plus subi, et parce qu'ils ne l'acceptaient pas, regardèrent le noble chevalier et sa compagnie avec la rage au ventre. Comme il se gavait, cet oiseau-là ! Pourquoi lui ? Pourquoi, douce Mère ? Les fléaux qui s'étaient abattus sur eux leur avaient fait prendre conscience de l'injustice de leur condition. Alors qu'ils toléraient autrefois l'ordre établi comme un voeu des Sept mettant chacun à sa place et apportant le bonheur à quiconque jouait son rôle, ils le haïssaient aujourd'hui comme une tyrannie inique laissant dans la boue, exposés à tous les dangers, ceux qui avaient le malheur de n'être pas bien nés.

Ils étaient une quinzaine de gueux en haillons et l'aubergiste les regardait avec inquiétude, sentant venir les ennuis. La présence de guerriers compétents aurait dû freiner toute personne mal intentionnée, mais ceux-là portaient la mort dans leur regard. La vie les avait déjà quittés, d'une certaine façon, et ils n'avaient pas peur. Tilsa s'approcha de la table du chevalier et cracha à ses pieds. C'était un petit bout de femme décharné aux cheveux bruns cassants et aux yeux aussi bleus que la mer de Dorne. "M'ser mange à sa faim, qu'on dirait. S'ra bientôt gras comme un cochon. S't'en dis, Jagen ? On se grillerait bien une tranche de ce noble porcelet. P't'être que ça sauverait plus d'un gamin de la famine, si on l'débitait en tranches." Elle avait l'air mauvais, vicieux, un éclair de folie dans le regard. Elle ne se rappelait presque plus la Tilsa joyeuse et maternelle qui rapiéçait les robes de sa fille en chantant. Cette femme-là était morte sur une plage de la côte. Jagen tira son couteau et regarda les soldats.

"Vous avez entendu m'lady" dit-il d'un air absolument froid. "Goinfrez-vous donc, bande de porcs. On vous tailladera bien comme il faut quand vous s'rez trop lourds pour lever le cul de vot'banc." Des cris, des grognements derrière lui. Ces réfugiés sans refuge avaient outrepassé les limites de la raison. Ils agissaient impulsivement, seulement guidés par la haine. Ils étaient faibles, mais encore capables de tenir un surin ou un gourdin, et nombreux. Comment les choses allaient-elles tourner ? Mal, de toute évidence. Et ils s'en contrefichaient. Qu'est-ce que ça pouvait bien leur foutre de mourir là ? Après tant de pertes et de souffrance, ça serait même une délivrance.
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Kealan du Rouvre
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Message Ven 10 Mai 2013 - 23:12

Une fois le repas servi, toute la tablée passa un agréable moment. Le barde chantait rien que pour eux, mettant une ambiance appréciable. Tantôt, les hommes parlaient entre eux, tantôt certains reprenaient avec entrain la mélodie du baladin lorsqu'il déclamait une chanson connue. Kealan était confortablement adossé au mur de bois qui était contre leur banc. Bien que le repas ne fut pas à la hauteur de ce qui pouvait être servi à Vieux Rouvre, il n'en était pas moins que par les temps qui couraient, c'était un plat tout à fait délicieux. La peau du porc avait caramélisé et craquait sous la dent, alors que la viande était parfaitement fondante. La sauce à la bière dans le fond de l'assiette de bois était parfumée comme il le fallait, et les convives ne se privaient pas de saucer à l'aide des miches de pain chaudes qu'on leur avait apportées. Somme toute, ce moment faisait partie de ces instants simples de camaraderie, qui mettaient du baume au cœur et apaisaient les soucis.
Après un certain nombre de chansons, le barde s'excusa et prit congé d'eux le temps d'aller au comptoir se désaltérer. Ce fut le moment que choisit un homme pour s'approcher du groupe attablé. Ses cheveux mi-longs, raides, avaient la couleur du sel, que sa barbe partageait. Il était visiblement boiteux, mais portait une arme, ce qui le fit tout de suite passer pour un homme d'armes ou un mercenaire aux yeux du chevalier. Il ne voyait sur lui nul blason auquel se raccrocher. Bien qu'il se demandait ce que l'inconnu pouvait lui vouloir, il avait une petite idée sur la question... Les mots que le reître leur adressa confirma directement son pressenti. Un homme qui vendait son épée était presque en permanence à la recherche de quelqu'un à qui proposer ses services.

Le premier mouvement de Kealan fut de refuser. Que pouvait-il bien faire d'un boiteux ? Ce serait gâcher une solde que Vieux Rouvre pourrait consacrer à employer d'autres hommes si nécessaire, des hommes valides, et ce même si celui-là se disait être le moins cher de tous. Il ne répondit pas tout de suite, posant son regard sombre sur l'inconnu. Au fond de ses yeux, il capta sans mal l'envie que lui suscitait les assiettes de porc, ainsi qu'un certain désarroi. Ce n'était guère difficile à comprendre : un infirme avait bien du mal à trouver de l'emploi, et ce dans la plupart des professions qu'ils exerçaient. Cet homme aurait du depuis longtemps avoir mis une belle somme de côté, du moins ce qu'il lui fallait pour subsister dans ses vieux jours, quitte à se serrer la ceinture. Il y avait fort à supposer que celui-ci n'avait pas ce pécule de sûreté. Pourquoi continuer à travailler avec une jambe frappée d'infirmité, dans le cas contraire ?


« Vieux Rouvre a effectivement eu à souffrir des raids des Fer-nés. Pour le moment, ils ont tourné leur attention plus au Nord, mais je n'oserai parier qu'il n'y a plus aucun risque.

Une réponse qui ne faisait que confirmer ce que le mercenaire avait dit, sans toutefois se prononcer vis à vis de l'offre formulée. Le chevalier but quelques gorgées de bière avant de reposer sa chope, étudiant à nouveau l'homme. Non, décidément, il ne voyait pas en quoi il pourrait lui être utile. Vieux Rouvre avait son comptant de combattants, et pouvait toujours faire appel à des mercenaires compétents en cas de besoin. Un boiteux... pour quoi faire ? Il aurait sans doute été plus sage pour lui de ranger son épée, se reconvertir et finir sa vie comme tavernier ou n'importe quoi d'autre.
Kealan n'eut toutefois pas le loisir de poursuivre pour donner sa réponse au reître. Alors qu'il ouvrait la bouche, la porte de l'auberge s'ouvrit, et un silence soudain s'abattit dans la salle. Un regard jeté par-dessus son épaule appris au jeune homme quelle en était la raison : une quinzaine de gueux hagards, les mines mauvaises et vêtus de haillons, venaient de faire leur entrée. Ce n'étaient pas des bandits, ça non : ils n'en avaient ni l'allure ni les manières. Des charognards et des pillards, peut-être. Des pauvres gens, assurément. Il y avait parmi eux aussi bien des hommes que des femmes. A en juger par leurs mises, ils n'avaient pas de quoi se payer ne serait-ce qu'une seule chope de vin ou de bière à partager entre eux tous, ils devaient donc être là pour une autre raison. La mendicité ? C'était une possibilité, mais l'instinct du chevalier lui disait tout autre chose. Une pointe aiguë lui titillait le cœur, pressentiment de troubles à venir, voire de danger. Sans même se tourner vers les gueux, il se remit à manger tranquillement, comme si de rien n'était. Lui comme ses compagnons assis à ses côtés tournaient le dos à la porte. En revanche, ses hommes assis face à lui voyaient tout ce qui se passait, et on pouvait lire dans leurs yeux qu'ils étaient en alerte. Kealan ne se faisait pas trop de souci : tous étaient armés. En dernier recours, ils sauraient se défendre. Et lorsqu'on avait fait face à des Fer-nés, une bande de traîne-misère ne devait pas poser d'insoluble problème.

Tandis qu'il vidait sa chope, le jeune homme entendit des pas traînants s'approcher de leur table. Evidemment. Que ce soit pour demander l'aumône ou chercher querelle, autant repérer le groupe qui paraissait le plus fortuné. Etrangement, le barde ne chercha pas à les rejoindre pour les régaler de nouvelles chansons, pour le moment. Il avait plutôt l'air absorbé par sa chope, accoudé au comptoir, mais les regards furtifs qu'il jetait aux intrus montraient qu'il était prêt à réagir pour garantir sa survie. La tension semblait s'être abattue comme une chape de plomb sur la salle de l'auberge. La drôlesse qui était venue vers le groups de Vieux Rouvre s'arrêta enfin, pour cracher aux pieds de Kealan. Ce dernier ne se tourna même pas vers elle, bien que cet affront délibéré lui ait déjà mis le feu au sang. S'il ne se retenait pas volontairement pour éviter d'inutiles effusions de sang, il aurait déjà appris les bonnes manières à cette gueuse. Mais cette dernière ne s'arrêta pas là dans la provocation, en le traitant délibérément de cochon en train de se gaver. Même sans tourner la tête vers elle, le chevalier la voyait nettement du coin de l'oeil. Elle avait l'allure de ceux qui n'avaient plus rien à perdre et flirtaient avec l'Etranger sans aucune crainte. Nul besoin d'avoir quelque chose à se reprocher avec ces gens-là, ou de leur avoir fait le moindre mal : appartenir à la noblesse ou à son entourage était déjà une tare. Un comportement qu'on retrouvait assez fréquemment chez les habitants de Culpucier, à Port-Réal.
Alors qu'un des hommes renchérissait aux propos de sa compagne, le jeune homme ne daigna toujours pas tourner la tête vers eux. Ses yeux étaient fixés sur le fond de sa chope, où quelques dernières gouttes de bière étaient restées, et il s'amusait à les y faire tourner. Il sentait sur lui le regard de ses compagnons. Ils n'attendaient qu'un signe, qu'une parole, et tous seraient debout pour régler leur compte aux chiens galeux qui les défiaient. Le dénommé Jagen avait tiré un couteau : arme bien dérisoire face à une épée. Kealan aurait presque souri en l'entendant dire qu'il les découperait en tranches quand ils seraient trop lourds pour bouger. Quand bien même auraient-ils tous été gras, il doutait sérieusement de la capacité de ces miséreux à taillader dans des armures avec leurs armes de fortune.

Le chevalier ne répondit toujours pas aux provocations. Son esprit, toutefois, réfléchissait intensément. Il aurait volontiers répondu à la drôlesse que pour que tout le monde puisse manger à sa faim, il faudrait réduire le nombre de bouches à nourrir, ce qu'il se ferait un plaisir de faire dans l'instant. Mais cela aurait signé le départ d'une boucherie, sans aucun doute. Ses hommes n'auraient pas de pitié face à une menace aussi clairement énoncée. Pour l'heure, il hésitait encore sur la conduite à tenir. Il voulait éviter que les choses ne dérapent, si possible, et tenter de raisonner le groupe. Mais était-ce seulement encore possible ? Il était assez pessimiste sur ses chances de parvenir à quelque chose. L'autre solution aurait consisté à bondir sur ses pieds pour trancher l'importune en deux... Il pourrait toujours tenter le dialogue tout en se tenant prêt à se défendre. On ne pourrait dès lors pas dire qu'il s'en prenait à des gens innocents. Quittant des yeux le fond de sa chope, il posa son regard sur ses hommes. Brièvement. De façon appuyée. Ser Yoren, son plus fidèle compagnon, croisa son regard, et il vit que le message était passé. Imperceptiblement, la main de l'homme se posa tout près de la poignée de son épée. Un geste, et elle serait tirée et prête à l'emploi, immédiatement. Il était cependant temps pour Kealan de tenter le tout pour le tout. Faire preuve de respect envers eux les prendrait peut-être à contrepied, alors qu'ils devaient s'attendre à une explosion de colère pour leur impudence. Le jeune homme tourna enfin la tête vers eux pour les observer, calme et froid. Il vit toute l'inquiétude sur les traits des deux aubergistes qui observaient à bonne distance, les serveuses près d'eux.


- J'ignore à qui ai-je l'honneur, et ce que mes hommes et moi avons pu vous faire pour mériter de tels propos. Vous désireriez peut-être manger ou boire quelque chose ? »

Si quelques assiettes de plus et quelques chopines étaient le prix à payer pour éviter l'affrontement, ce serait plus que raisonnable. A vrai dire, il devinait ce qu'on leur reprochait : simplement le fait d'être bien né. Dans les temps difficiles qui couraient, c'était devenu de plus en plus courant. Mais ce simple reproche avait tendance à mettre Kealan en colère. Il avait toujours fait en sorte de bien traiter le peuple de Vieux Rouvre, et d'inciter son neveu à en prendre soin. Non pour de pures raisons de bonté d'âme, mais parce que c'était du donnant donnant, et bénéfique à tous. On ne pouvait décemment lui reprocher de négliger les petites gens, ni dire qu'il ne faisait rien pour eux. Dans les yeux de ces miséreux, on voyait clairement que, quand bien même ils ne viendraient pas de son fief, ils lui attribuaient la responsabilité de tous leurs malheurs : disette, pauvreté, sans doute pillages des Fer-nés, voire même sécheresse et Fléau de Printemps... L'accumulation de ces maux avait été difficile pour tous, et chacun avait fait de son mieux.
Néanmoins, le breuvage passait d'autant plus mal que le chevalier faisait partie de ceux qui s'étaient démenés pour protéger les terres domaniales des raids, de protéger la population des pillards. Il avait versé son sang pour le peuple, dans l'intérêt des petits comme des grands. Ses hommes et bien d'autres encore avaient fait de même. Certains étaient même morts dans l'entreprise. Combien de temps ces paysans armés de fourches auraient pu résister si leurs seigneurs n'avaient pas été là pour envoyer des troupes les protéger ? Combien de temps tiendraient-ils encore sans nobles gens pour rivaliser au combat avec les terribles Fer-nés ? Sans compter que, si la Couronne appelait au rassemblement pour une expédition contre les Iles de Fer, ce seraient ces mêmes nobles combattants, accompagnés d'hommes d'armes, qui iraient verser leur sang et risquer leur vie au nom de tous. Ces mêmes combattants qu'on traînait à présent dans la boue, à qui on crachait dessus, en les accusant de maux dont ils n'étaient pas responsables... Alors oui, derrière son masque sérieux mais affable, Kealan bouillait littéralement d'une rage froide. S'il laissait la colère prendre le dessus, il se demanderait bien vite pourquoi il prenait la peine de leur proposer de leur offrir un repas, au lieu de tous les réduire au silence de façon définitive. Cela ferait des dangers en moins sur les routes, des bouches en moins à nourrir pour tous une fois l'hiver arrivé, et des impudents qui verraient leurs insultes punies.




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Dernière édition par Kealan du Rouvre le Mar 14 Mai 2013 - 23:59, édité 1 fois
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Message Mar 14 Mai 2013 - 20:24

Debout à côté de la tablée pleine de chevalier, Austyn patientait. Même si, à la tête moqueuse de plusieurs des hommes en armes, il pouvait déjà entendre une réponse négative s'extirper de la bouche du grand frisé, Patte-Folle gardait espoir. Qui sait, peut être que par curiosité, ou même pitié, l'éminence grise du Vieux Rouvre pourrait accepter sa proposition ? En éternel optimiste, l'infirme préférait s'accrocher à cette idée plutôt que de s'avouer vaincu. Pour une fois depuis ses débuts dans le mercenariat, il avait vraiment besoin d'un peu d'argent. Lui qui n'avait jamais été intéressé par l'argent et la gloire. Lui qui n'en avait rien à faire de ne pas manger du porc au miel, de dormir dans des châteaux ou de s'habiller de soie. Dès qu'il avait faim, il lui suffisait de chasser. Dès qu'il avait sommeil, il dormait à la belle étoile, comme à l'époque où il gardait les troupeaux avec sa famille. Dès qu'il voulait se draper, il se contenter de ses vieux vêtements, son écharpe usée et sa fidèle armure en cuir, surtout que la soie lui donnait des rougeurs. Jamais il n'aurait pensé, en arrivant dans le Bief, que les pauvres gens pouvant s'offrir ses services avaient soit une totale confiance en leurs chevaliers, soit une haine viscérale pour les reitres et autres porteurs de lames. Pourtant, il demandait juste de quoi faire quelques étapes aux chauds jusqu'aux Terres de la Couronne, là où il pouvait trouver des clients assez désespérer pour recourir à ses services.

Le chef de la meute en armure se mit alors à dévisager Austyn. N'étant pas vraiment un fin psychologue, Patte-Folle ne savait pas vraiment à quel saint se vouer. En temps normal, il arrivait à différencier un regard haineux d'un autre -avec le nombre de clients mécontent qu'il avait dans tout Westeros, rien de plus normal-, mais pour le reste, il était dans le flou artistique. Heureusement pour l'infirme, son père ne passait pas son temps à louer son instinct de survie pour rien. Les impressions que lui donnaient ses tripes étaient presque toujours les bonnes, surtout quand la situation était mauvaise. S'il les écoutait un peu plus souvent, il se serait éviter et s'évitera des tas d'ennuis. Seulement, parfois, ses sensations et son tempérament bienheureux ne faisaient pas vraiment bon ménage, comme à l'instant. En effet, le flair du reitre lui hurlait que gratin du Vieux Rouvre ne voudrait pas de ses services. Or, le boiteux ne l'écoutait, gardant l'espoir de trouver enfin du travail dans cette contrée. Au bout de quelques instants, le jeune noble parla, pour répéter ce qu'Austyn venait de dire. Généralement, un tel début n'était pas bon signe et Patte-Folle décida de profiter de la pause prise par son interlocuteur pour tenter de le convaincre un peu plus :


"Justement Messer. Vous avez besoin de toutes les bonnes volontés disponibles, surtout quand elles savent manier l'épée. Je ne pourrais certes pas charger comme un dérater sur un champs de bataille, mais pourrais prendre la tâche ingrate d'un de vos soldats plus valides que vous pourrez réassigner à des postes plus cruciaux pour la défense du Vieux-Rouvre. Quant à mes honoraires, je pense que le verre de bière que vous dégustez est plus cher que la location de mes services."

A peine Austyn eut-il finit sa phrase que l'atmosphère de la taverne changea du tout au tout. Une bande de paysans entra dans l'établissement et ils avaient l'air aussi commodes que bien portant. La misère, Patte-Folle la côtoyait presque quotidiennement dans presque toute les grandes villes des Sept Couronnes. Des gens maltraités par les Dieux, anciens et nouveaux, il en avait croisé une pelletée. Femmes violées, garçons émasculés, vieillards infirmes ou paysans désespérés, il arrivait parfois que de tels gens soit devenu ses clients. Sans parler du fait qu'Austyn lui même n'avait pas était épargner. Entre sa blessure à la jambe, la disparition de son petit frère ou encore sa mère buvant chaque fois qu'elle pensait à toutes fausses couches que, pourtant, toutes les paysannes faisaient durant leur vie. Tous en avaient bavé, certains l'affrontaient avec dignité tandis que d'autres n'attendaient que la mort, priant pour qu'elle soit rapide et sans douleur. Le groupe qui venait d'arriver, lui, était de la pire espèce de désespérés. Ils étaient animés par la haine et blâmaient les mauvaises personnes pour leur malheur. Pendant qu'ils avançaient en direction de la table de chevalier, les tripes de Patte-Folle se mirent à se nouer. Elles sentaient que la situation n'allait pas tarder à dégénérer et hurlait à leur propriétaire de rester très prudent. Malheureusement pour elles, le reitre avait décidé de les ignorer pour le moment. Du moins, temps que le jeune homme finisse par lui donner une réponse.

Il resta donc sur place alors que les insultes et les cris de cochons contre les chevaliers commençaient à fuser. Les pauvres paysans avaient donc trouvé un responsable à leurs malheurs et il était loin d'être le bon. Austyn osait à peine imaginer à quel point les nobles devaient se sentir offenser par de tels propos. Durant ses années de services à Cordial, dans le Val, Patte-Folle avait parfois eut à faire à des fermiers mécontents. Certes, à l'époque, leur énervement n'était pas plus prononcer que des noms d'oiseaux et des jets de tomates pourries, mais il se souvint avoir été touché dans son amour propre. Il avait suait sang et eau pour les aider et voici la récompense. Et encore, chez lui, les paysans n'avaient pas trop eut de problèmes. Là, entre sècheresse, épidémies et Fer-Nés, ils avaient vraiment prit plein le casque. le pire là dedans, c'était que Patte-Folle les comprenaient aussi un peu. Oui, les seigneurs s'étaient battus et ruinés pour les protéger, mais ils n'étaient pas non plus les soldats sans grade qui avaient chargés en première ligne, avec, au mieux, une côte de maille sous leur tabard, finissant éventré ou amputé loin de leur domicile, de leur famille. La plupart d'entre eux n'étaient d'ailleurs que des dessins sur une carte ou des nombres dans un registre. Aucun d'entre eux n'aurait droit à une chanson à leur gloire. Jamais un troubadour ne louerait leur héroïsme, même s'ils étaient morts pour sauver leurs terres. Jamais un sculpteur ne ferait transparaître leur adresse, même s'ils pouvaient être de plus fines lames que leurs seigneurs.
Patte-Folle avait été l'un d'entre eux. L'un de ses soldats. De cette chair à canon ignorait de leur supérieur et détesté du peuple. Il s'était d'ailleurs toujours dis que, si, un jour une révolution devait faire tomber la noblesse de Westeros, elle aurait sans doute comme origine un soldat moins stupide que les autres. Ainsi, il était presque sur le point d'exprimer son point de vue au paysans quand, soudain, le maître des chevaliers les invita à manger et à boire. A ce moment précis, Austyn fut comme assommé par la surprise. D'un coup, il avait oublié tout ses pensées, et tous les avertissements de son intuition. Après tout, il n'était pas non plus un grand intellectuel. Il pouvait complètement mettre de côté un sujet car il avait été distrait par autre chose. Il n'était qu'un homme simple et aisément manipulable. La distraction en question le frustra quelque peu d'ailleurs. Il ne tarda donc pas à le faire savoir, car, étant quelqu'un d'honnête, il n'aimait pas laisser une telle injustice passer inaperçu, quitte à ruiner les efforts du jeune noble :


"Attendez un instant. Vous hésitez à payer un homme qui peut vous servir, vous offrez bien plus que..."
Il se mit alors à compter sur ses doigts, s'arrêtant bien vite à sept, puisqu'il ne savait pas quel chiffre se trouvait après. "Bien plus que sept fois ma solde alors que certains d'entre eux n'auront même pas le temps de le digérer qu'ils seront déjà morts." Il se tourna ensuite vers les miséreux et repris. "J'veux pas vous offenser m'sieur dames, mais j'en vois au moins trois dans le fond qui, s'ils sont pas soignés, passeront pas la nuit."
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Message Ven 17 Mai 2013 - 8:28

A l’auberge de L’Écume de mer, l’ambiance était tendue comme la corde d’un arc. Le calme inattendu de Ser Kealan face aux provocations des intrus avait au moins eu le mérite de diviser les « réfugiés » sur la conduite à tenir. Quelques-uns parmi eux étaient presque enclins à accepter sa proposition, qu’elle fût un signe de générosité ou une simple manœuvre pour réguler la situation. Quoi de plus poignant en effet que la perspective d’un repas chaud pour un ventre affamé, quand le fumet d’une délicieuse nourriture vous enveloppe et que d’autres se restaurent devant vous ? La tentation était forte de revenir à la raison.

« On devrait p’t’êt’ faire comme il a dit, le ser… qu’esse vous v’lez qu’on y fasse, t’façon, avec des surins et des triques ? » « En voilà au moins un qu’essaie d’nous aider… » « J’ai rien avalé d’autre que des racines depuis trois jours… j’ai tellement faim… »

Mais pour les plus enragés de la clique, cette froide proposition était une estafilade sur leur dignité agonisante. Et l’intervention du guerrier claudicant, avec ses constats pragmatiques, versa encore du sel sur cette plaie ouverte. « Satané réître ! » entendit-on murmurer ça et là. Tilsa releva le menton avec autant de fierté que d’aigreur. Elle empoigna par les cheveux une servante d’auberge tétanisée parmi les vagabonds et la projeta vers Jagen qui la prit en otage, son couteau sous la gorge. Un couteau rouillé. Ils n’étaient peut-être qu’une bande de gueux faiblards, mais ils étaient nombreux, et leurs armes de bric et de broc représentaient toujours une menace, par les infections qu’elles pouvaient véhiculer, si ce n’est par leur tranchant… dans cette situation, il était plus sage pour Kealan et Austyn de faire preuve de patience avant d’agir, quel que soit leur choix.

« La ferme ! Vous voulez manger ? Vous voulez courber l’échine ? Allez-y, j’peux pas vous j’ter la pierre. Ce noble a l’pouvoir d’nous laisser crever ou d’nous sauver si ça lui chante. Avec des armes et de l’or. C’est comme ça qu’les siens peuvent régner. Avec des armes et de l’or. Et tant pis s’il vit dix mille fois mieux qu’nous autres, juste parce qu’il a pris la peine de naître entre les bonnes cuisses, hein ? » Certains de ses acolytes baissèrent les yeux. « C’est ça, l’ordre juste ? C’est ça que veulent les Sept ? Qu’ça soit toujours les mêmes qui s’engraissent, qu’aient chaud l’hiver, qui s’prélassent dans la soie, qui reçoivent des soins quand ils sont malades ou blessés, qui soyent instruits ? Pendant qu’nos enfants et les enfants d’nos enfants resteront dans la boue, et gratteront la terre, et souffriront toutes les peines de c’foutu bas-monde ? » Elle serra les dents. Elle avait les larmes aux yeux.

Jagen approuva avec vigueur. « C’est pas d’la pitié qu’on veut. C’est d’la justice. Et toi l’boîteux ? Tu préfères lécher les bottes des aristos, te coucher à leurs pieds ? T’appelle ça être un homme ? Moi j’appelle ça être un chien ! Y a qu’ta solde qui t’intéresse, hein, et l’reste du monde peut bien crever ? » L’accusation était peut-être facile et injuste, mais ces désespérés n’en étaient plus à distinguer des nuances de gris. Non qu’ils fussent stupides ou incapables de gérer leurs émotions : ils avaient simplement atteint le stade où il leur fallait se retrancher dans une attitude implacable et non compréhensive, pour sauvegarder ce qui faisait d’eux des hommes, et lutter contre la dureté de leur sort. Sans quoi, il ne leur resterait vraiment plus rien.

Tilsa n’en avait pas fini. « Cet endroit… c’est comme un temple avec de faux dieux ! On devrait avoir aucune pitié pour leurs larbins ! On devrait… » Un sanglot sec coupa sa phrase, puis elle se reprit. « On devrait tout brûler ! » Elle se redressa et s’exclama : « Tue cette catin, Jagen ! Faut leur apprendre qu’on joue pas, qu’on est prêts à tout ! » Le couteau glissa sur la gorge de la fille d'auberge sans que nul n’ait la possibilité matérielle d’intervenir à temps, tant la décision avait été subite. Une fleur de sang s’épanouit sur son corsage alors qu'elle s'affaissait, les yeux écarquillés. « Tuez-nous ! » cracha Jagen. « Il y en aura quand même d’autres comme nous ! Un jour, vous tomberez, vous, ou vos fils, ou les fils de vos fils, et tous ceux qui leur lècheront la main ! »

Une partie des gueux paniqua et se désolidarisa du noyau dur en cherchant à fuir ou en se jetant à genoux, les mains derrière la tête pour signifier qu’ils se rendaient et ne prenaient aucune part à cet élan meurtrier. Mais une dizaine plus déterminée brandit ses armes et se lança sur Kealan… le réître boîteux choisirait-il cet instant pour démontrer sa bravoure ? Après tout, ce n’était pas des guerriers, et il était bien placé pour s’interposer… quant au chevalier bieffois, qui pouvait compter sur sa troupe autant que sur ses propres capacités martiales pour se défendre, ferait-il preuve de merci envers certains de ses adversaires, ou serait-ce un massacre en règle ? Rien ne garantissait toutefois que ses propres hommes ne seraient pas blessés ou pire, compte tenu de la disposition des lieux encombrés de tables et de bancs qui promettaient un chaos sans nom…
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Kealan du Rouvre
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Message Jeu 23 Mai 2013 - 23:11

Les mercenaires n'étaient pas connus de par le monde pour leur grande subtilité. Certes, on ne pouvait pas aller jusqu'à dire qu'ils étaient tous stupides, mais la plupart vendaient davantage leurs muscles que leur cervelle. Comme partout, on avait des finauds et des moins fins, mais ce reître-là ne semblait pas compter au nombre de ceux dont l'intellect brillait aux yeux de tous. L'habile tentative de Kealan pour amadouer le groupe de gueux se trouva légèrement compromise par les considérations pécuniaires de l'homme. Le chevalier retint à grand peine un regard agacé qu'il posa sur le quémandeur d'emploi.
Toutefois, son calme et sa façon de prendre le groupe à contre pied sembla payante, au moins en partie. Certains commencèrent à hésiter de façon visible, tentés par la voie du pacifisme et par un bon repas alléchant. Exactement ce que le jeune homme espérait en formulant une telle offre. Des murmures se firent entendre, courant parmi certains de ces pauvres hères. Sur quelques visages, l'expression belliqueuse s'effaça au profit de celle de la tentation et de l'hésitation. Malheureusement, alors que les choses semblaient sur la bonne voie pour s'améliorer, tout se détériora à nouveau brutalement. La drôlesse qui avait craché aux pieds du chevalier saisit une des servantes qui se trouvait malheureusement trop près, et la jeta dans les bras de l'homme qui la soutenait le plus ostensiblement. Sans aucun doute, ces deux-là devaient être les meneurs. Le dénommé Jagen plaqua la lame d'un couteau rouillé sur la gorge de la pauvre fille, qui était visiblement terrorisée, trop pour crier. Toute la tablée de Vieux Rouvre s'était à nouveau tendue lorsque ce geste avait été commis. Plus que jamais, les hommes se tenaient prêts à bondir. C'était comme si un sixième sens leur permettait de palper la tension, qui devenait de plus en plus dense.

La gueuse ne se contenta pas de cette prise d'otage, elle admonesta en plus de cela ses compagnons d'infortune, ceux qui étaient le plus tentés par une solution pacifique en acceptant la proposition qui leur avait été faite. Les propos de la femme étaient aigres, emplis de rancoeur. Des termes qui n'étaient pas étrangers aux oreilles de toute personne ayant un jour pu entendre s'exprimer les couches les plus pauvres de la société, surtout à Culpucier.
Jagen renchérit, s'en prenant pour sa part au reître. Ce dernier était probablement né dans la populasse, comme la plupart des autres mercenaires, il devait donc sans aucun doute connaître les peines inhérentes à cette condition. Comment pouvait-on lui reprocher de tenter de s'en sortir par le métier des armes ? Kealan aurait presque ri jaune, si la situation n'avait pas été si tendue. Il était certain que s'il offrait au peuple de l'argent pour effectuer un certain travail, personne ne refuserait. A moins d'avoir atteint le stade de haine aveugle de ce groupe-là, évidemment...
La situation dégénéra encore, sans que qui que ce soit aie besoin d'en rajouter. Brusquement, la drôlesse décida de sauter le pas, ordonnant à son comparse d'exécuter leur otage. Le chevalier amorça à peine un mouvement instinctif qu'il était déjà trop tard. Il n'avait même pas pu bouger significativement pour qu'on puisse le remarquer que la gorge de la pauvre fille était déjà ouverte. Ses yeux écarquillés de peur et de stupeur se posèrent un instant sur le jeune homme, qui saisit toute la profondeur de la question : pourquoi ? Elle était totalement innocente, et on ne pourrait sans doute pas lui reprocher de vivre dans le luxe. Mais sans nul doute, il n'y avait pas besoin d'être arrivé aussi haut pour s'attirer la haine de ces chiens enragés : il suffisait de posséder plus qu'eux, et de s'en sortir mieux, ce qui désignait bien du monde à Westeros, en l'occurrence. Jagen termina sur une dernière provocation, mettant les combattants de Vieux Rouvre au défi de les tuer. A vrai dire, il serait sans doute plus compliqué de l'éviter que de le faire...

Alors que ceux qui étaient le plus enclins à entendre raison rebroussaient chemin ou s'écartaient pour se rendre, une dizaine bondit vers le groupe, visant plus particulièrement Kealan. Mais depuis le début, ce dernier et ses hommes se tenaient prêts à faire face à cette éventualité. L'épée de ser Yoren bondit dans la trajectoire de l'arme que le premier du groupe hurlant abattait vers leur chef. Puis, le grand chevalier se leva pour combattre, libérant à ses compagnons de derrière la place pour se glisser depuis le banc jusqu'à l'espace dégagé. Dans l'intervalle, Kealan avait bondi sur ses pieds, tirant ses deux lames des fourreaux qu'il portait dans le dos. Massacrer des gueux qui n'avaient même pas le surnombre pour eux serait sans doute facile. Mais pas forcément utile... Tandis qu'il faisait face à la meute, le chevalier donna ses ordres à ses hommes.


« Essayez de ne pas les tuer dans la mesure du possible ! Je les veux vivants et maîtrisés ! »

Voilà qui serait plus complexe, sans doute, que de planter une épée dans un ventre non protégé. Le Bieffois asséna un coup de la poignée de son épée contre la tempe d'un des attaquants, qui s'écroula, sonné. Un second en profita pour sauter sur le chevalier, mais fut stoppé par une assiette qui s'écrasa littéralement en plein dans son visage. Un des hommes de Vieux Rouvre avait pris ce qui lui était tombé sous la main pour intervenir opportunément... Ca aurait presque été cocasse. Les combattants enjambaient un à un les bancs, voire grimpaient sur la table pour se joindre à la lutte. Tous portaient encore leurs tenues protectrices, ce qui pourrait les sauver. Même sans expérience, les hommes désespérés pouvaient se montrer dangereux. Que craint-on quand on n'a plus rien à perdre ? Si l'affrontement s'était déroulé une fois que tout le monde aurait eu le temps de prendre ses aises dans les chambres, cela aurait sans doute été pire...
Kealan sentait la rage monter en lui. Il lui fallait maîtriser toutes ses émotions pour se contrôler, et veiller à donner la meilleure image possible de lui, de ses hommes et de sa maison, même en pareilles circonstances. Il ne se faisait pas trop de souci : tous ici avaient affronté les Fer-nés, et en étaient ressortis vivants. C'était une autre affaire que de faire face à des couteaux rouillés, des fourches ou des massues. En revanche, il voulait à tout prix les deux meneurs, vivants. Il fallait faire justice. Proposer à tous un exemple. Ils étaient déjà sur les terres de sa famille, et quand bien même ceux-là seraient originaires d'un autre, ils avaient commis un meurtre à Vieux Rouvre. Cela ne resterait pas impuni. Tandis qu'il se battait, prenant grand soin de maîtriser ses adversaires plutôt que de les tuer, il voyait du coin de l'oeil ses hommes faire de même. Ser Yoren envoya bouler un ennemi d'un simple coup de poing bien envoyé, ce qui le maintiendrait sonné un bout de temps. Dans l'auberge, les autres personnes présentes étaient en pleine effervescence. Soit on tentait de se mettre à l'abri, soit on hurlait son désarroi ou sa peine. Comme le personnel de l'aubergiste, qui venaient de perdre une innocente proche...




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Message Mer 29 Mai 2013 - 16:26

La situation avait tout pour dégénérer et elle ne s'en priva pas. Comme souvent, une légère accalmie avait précédé la tempête. En l’occurrence, la proposition charitable l'éminence grise du Vieux-Rouvre sema le doute dans l'esprit de certains gueux. Aucun d'entre eux n'avait dû manger à sa faim ces derniers temps. Austyn, qui lui même avait connu ces malheureux moments de disette, pouvait presque entendre les estomacs des paysans hurler famine. Néanmoins, les chefs de la bande ne tardèrent pas de faire remonter la tension dans l'établissement. D'abord la femme, qui continua de s'en prendre aux chevaliers avec verve. En l'écoutant, Patte-Folle comprit assez vite qu'elle serait irrécupérable. Trop marquée par tous les drames qui l'avaient touchée, trop blessée, trop malade, elle voulait en finir avec la vie de fange qu'elle avait. Nul doute que, si elle persistait à provoquer les nobles, son vœux aller s’exaucer, mais peut être pas de la manière rapide et sans douleur qu'elle espérait. Un sang bleu un peu trop vexé par de tels propos pourrait s'amuser à la torturer pour l'exemple avant de lui la tuer d'une manière lente et très douloureuse.

Ensuite se fut au tour de son compagnon d'infortune d'exprimer son mécontentement. Seulement, le bonhomme s'en prit plus particulièrement au reître. Le traitant de chien cupide et avare. Si l'infirme avait eut deux ronds de jugeote, il aurait pu faire un peu d'esprit et expliquer que le caractère d'un mercenaire était plus proche de celui d'un félin que d'un canidé. Après tout, les chiens sont fidèles à leur maître, peu importe les circonstances, parfois même après la mort. Un chat de l'autre côté, il va là où est la nourriture, se sert et repart dès que sa réserve est épuiser. Quoiqu'il en soit, Austyn n'était pas vraiment vexer. Le chien était un animal noble et intelligent à côté des autres surnoms animaliers dont il était normalement affublé. Ver, chèvre, ou encore palourde, étaient les mots qui ponctués les remerciements de la plupart de ses clients. L'idée d'être comparer à un canidé était donc presque flatteur. Patte-Folle n'était pas non plus outrer par le fait d'être traité d'homme vénal en quête seulement de fortune personnelle. Il s'agissait de la réputation de sa profession et avait appris à vivre avec. Toutefois, il voulu clarifier les choses avec le paysan :

"Vous savez, c'est que la seconde fois de ma carrière que je tente d'être embaucher par un noble. D'habitude, mes clients sont plus comme vous, enfin pas tout à fait. Mes clients travaillent dur, peu importe les coups du destin ou des Dieux. Ils ne passent pas leur temps à chialer sur les autres comme des gamins dans les jupons de leur mère."

Encore une fois, le manque total de tact du reître pouvait encore envenimer les choses, même si elles se débrouillaient très bien sans lui. En effet, le meneur excédé, prit en otage une serveuse et, sous les indications de la gueuse, lui trancha la gorge. Patte-Folle ouvrit grand les yeux d'un air ahurit devant la scène. La stupéfaction ne tarda pas à faire place à l'incompréhension. La bande en voulait aux chevaliers et à donc assassiner une simple travailleuse sans doute issue du même milieu social qu'eux. Austyn avait du mal à comprendre la logique derrière un tel geste. Pourquoi s'en prendre à une innocente alors que, s'il souhaitait vraiment mourir, il n'avait qu'à poignarder l'un des nobles qui leur tournait le dos. Un tel acte commença alors à énerver le reître boiteux. Ils 'apprêta alors à dégainer son arme, mais fut devancer par le groupe de chevaliers venu défendre le seigneur du Vieux-Rouvre.

D'un seul coup, le chaos se répandit dans la salle. Les clients les plus proches de la sortie et les paysans apeurés par l'assassinat fuirent à toute enjambée tandis que les autres clients de la taverne s'éloignèrent. Ils n'étaient pas la cible des attaques, ils n'avaient donc aucune raison de risquer leur vie. De plus, les soldats semblaient maîtriser la situation avec une grande facilité. Peut être même un peu trop facilement pour Patte-Folle. Tout excité qu'il était d'en découdre avec les meurtriers, il se retrouva rapidement dépassé par les armures et les lames de qualités du noble et ses hommes. Ne perdant pas espoir, il aurait pu sautiller, s'il le pouvait, en criant :


"Hey, par ici ! Laissez m'en un ! Laissez m'en un !"

Oui, il avait vraiment envie de participer à la punition. Seulement, personne chez les chevaliers ne semblaient vouloir lui donner un gueux à corriger. Par chance, ce fut l'un des agresseur, se pensant plus malin que les autres, qui décida de s'attaquer à l'infirme. Armé d'un gourdin, il chargea Austyn à toute vitesse. Ravi de participer, Patte-Folle sourit et resta immobile. Au dernier moment, quand le paysan était à porté de frappe, il se décala sur le côté et enfila le bout de son épée-canne dans les pattes de son opposant. Ce dernier, déséquilibré et emporté par son élan, fit plusieurs grand pas avant de s'écraser lamentablement sur une table. Faisant preuve d'un petit excès de zèle, l'infirme laissa le cerf se relever en lui faisant remarquer :

"Ça se voit que tu n'as jamais participer à une rixe de taverne. Il ne faut jamais courir dans ces situations, c'est un coup à trébucher sur le premier truc qui passe et de finir comme toi."

Alimenté par la rage, le gueux se releva d'un bloque. Désarmé pendant la chute, il se retourna et balança un crochet du droit directement dans la pommette du reître. Celui-ci, surpris, fit volt-face et s'écrasa contre le comptoir de l'auberge. Il avait pu éviter de briser le crâne sur le bois en se protégeant avec son bras. Il secoua ensuite la tête. Le cerf était un sac d'os animé par la haine et son poing n'en était que plus douloureux. Alors qu'il sentait son adversaire se saisir par l'épaule pour le retourner et le frapper, Austyn saisit un verre de vin plein en déclarant au tavernier assis à l'autre bout du comptoir :

"Je vous emprunte ça."

Il fut ensuite remit face à son opposant et lui jeta le contenu du verre à la figure. Aveuglé, le paysan recula en secouant la tête. Patte-Folle en profita alors pour l'attraper par le col de ses frusque, amener vers lui et lui envoyer un coup de tête en plein dans le nez. Sonné par l'attaque, le cerf s'écroula comme une masse. Une fois couché sur le ventre, il tenta de reprendre ses esprits et de se relever. Il fut alors interrompu par le pied valide de l'infirme qui vint s'appuyer violemment sur sa colonne vertébrale. Immobilisant ainsi son agresseur, Austyn se frotta la joue gauche en le menaçant :

"Reste couché pleunichard, le ser te veux vivant et vu comment ses hommes s'y prenne, il se pourrait bien que tu sois le seul survivant de cette bataille. Et vaudrait mieux pas pour toi, car tu vas souffrir pour avoir laissé tes copains tuer une pauvre fille."
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Kealan du Rouvre
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Message Mer 12 Juin 2013 - 0:01

Le conflit commençait à tourner en fouillis. Comme prévu, les choses auraient été infiniment plus simple pour tout le monde si les hommes de Vieux Rouvre s'étaient contentés de tuer les gueux qui osaient s'en prendre à eux. Mais l'ordre de leur chef surpassait leur désir d'en finir rapidement, et devoir tous les maîtriser ne s'avéra pas être chose aisée. Les traîne-misère étaient animés par la force et la hargne des désespérés, de ceux qui n'ont plus rien à perdre. A vrai dire, il était difficile de comprendre ce qu'ils espéraient vraiment retirer de tout cela, si ce n'est un potentiel suicide collectif. Kealan frappa du plat d'une de ses lames contre le poignet fragile d'un de ses adversaires. Un léger craquement se fit entendre, et le drôle lâcha son arme avec un cri de douleur. Un coup de poing le cueillit à la tempe et l'envoya bouler un peu plus loin, sonné. Un autre ennemi se présenta, mais lorsque le chevalier lui fit face, ses deux lames tirées et prêtes à en découdre, il hésita. Mal lui en prit, car le coup qui l'atteignit profita de ce bref instant : ser Edmund lui balança un coup de bâton, probablement récupéré dans les mains d'un des assaillants, directement dans les genoux, le mettant à terre.
Le Bieffois profita d'un bref instant pour jeter un œil autour de lui, et constater que la situation se déliait peu à peu. Dans le capharnaüm alentour, les hommes de Vieux Rouvre maîtrisaient peu à peu les pauvres hères, en plaquant certains à terre. L'un des hommes d'armes s'éloigna pour aller échanger quelques mots avec l'aubergiste terrifié, et il revint quelques instants plus tard avec une longue corde qu'il entreprit de trancher avec son poignard afin d'en faire de plus petits bouts pour attacher les prisonniers. Ceux qui étaient le plus sonnés étaient tout bonnement ramassés du sol. L'un d'eux ne se relèverait jamais : dans l'urgence et en dernier recours, un des combattants lui avait ouvert le ventre d'un coup de lame. Il ne restait plus grand chose sur ces os-là, mais ses entrailles étaient malgré tout visibles. Un mort, quelques blessés et tous les autres maîtrisés, voilà qui était un bilan plutôt acceptable.

Lorsque le dernier des gueux fut jeté à terre, les hommes purent ranger leurs armes. Par bonheur, les deux meneurs étaient toujours en vie, ligotés mais pas vraiment calmés, à en juger par leur expression haineuse. Kealan les voulait tous deux vivants, mais il n'avait pas encore décidé de leur sort. Deux des hommes du chevalier avaient récolté quelques blessures, peu graves, mais sales. Du sang coulait sur leur peau, et leur chef leur donna l'ordre d'aller se soigner sans attendre. Au vu de l'état des armes de fortune de ceux qui les avaient agressés, il serait facile d'attraper une mauvaise infection, qui pourrait avoir des conséquences dramatiques... Le chevalier de Vieux Rouvre ordonna à ses hommes de relever les captifs et de les regrouper. Autant traiter le mal sans attendre. Avisant le reître qui maintenait un des malandrins à terre, il s'approcha de lui.


« Merci pour votre aide. Vous n'étiez pas obligé d'intervenir. Si vous le voulez bien, je vais traiter de cette affaire avant de revenir vers vous pour discuter de ce qui nous intéressait.

A vrai dire, les malandrins s'en seraient sans doute également pris au mercenaire même s'il ne s'en était pas mêlé, mais inutile de le mentionner. Le Bieffois ne savait toujours pas ce qu'il allait en faire, mais au moins il avait pu occuper un peu leurs ennemis pendant la rixe, ce qui avait en partie déchargé ses hommes. Après tout, peut-être pourrait-il lui offrir un travail temporaire. Effectivement, mettre un homme, même infirme, dans une tour de garde libérerait un homme valide qui pourrait s'atteler à une tâche plus ardue. Il verrait tout cela plus tard. Pour l'heure, il devait s'occuper des captifs.
Dans un premier temps, il ignora ces derniers et marcha jusqu'à ceux qui avaient imploré grâce et s'étaient désolidarisés des plus violents avant que la folie n'éclate. A ceux-là, miséricorde serait accordée sans conditions. Il s'arrêta devant eux, l'air nullement menaçant, et les observa quelques instants. Finalement, il leur parla d'une voix calme, propre à mettre en confiance.


- Pour vous, ma proposition tient toujours. Je vais vous faire servir de quoi vous remplir le ventre. Si vous le désirez et en êtes capables, vous pourrez voyager avec moi jusqu'au château de Vieux Rouvre. Il y a toujours du travail disponible, et vous serez en échange nourris, logés et protégés. Je n'ai besoin que de votre bonne foi et de vos actes en garantie. Sinon, vous êtes libres de partir comme bon vous semble.

Un murmure parcourut les intéressés, et le chevalier sembla voir dans leurs yeux une lueur nouvelle. Celle de l'espoir et de l'incompréhension. Dans le bon sens du terme, cette fois : sans doute les avait-on chassés comme des malpropres jusque là. Cette main secourable devait leur sembler envoyée directement par les Sept. Pour Kealan, cela aurait également des retombées positives. Ces gens seraient de bons émissaires de la justice et de la clémence de son fief et de sa famille. D'autres seigneurs ou grands les auraient massacrés et chassés. Lui ne fonctionnait pas comme cela, et c'était une façon de faire qui permettait au peuple et à leurs dirigeants de rester soudés. Et cela éviterait que le mécontentement et la révolte couve... Il fallait avouer que les Fer-nés étaient pour beaucoup dans cette situation générale des fiefs côtiers du Bief...
Se tournant vers l'aubergiste, encore sous le choc, le jeune homme l'interpella. Autant lui donner du travail, cela lui permettrait de remettre les pieds sur terre et de ne pas s'appesantir sur ce qui venait de se passer. Son épouse était occupée à soigner les deux hommes de Vieux Rouvre qui avaient été blessés.


- Aubergiste, sers donc à boire et à manger à ces gens. C'est moi qui paierai la note.

Après quoi, il revint vers les autres, massés en silence entre les hommes de Kealan, agenouillés au sol, ligotés et la tête basse. Le Bieffois vint se planter devant eux en silence, les dévisageant de haut. Les deux meneurs ne semblaient toujours pas vraiment calmés. Qu'allait-il faire d'eux ? Les laisser vivre en espérant qu'ils seraient témoins de la clémence dont il ferait preuve, en prenant le risque qu'ils se remettent à tuer des innocents et rameuter d'autres gueux affamés comme eux ? Leur faire payer leurs crimes par une punition exemplaire, comme leur couper une main ou la langue ? Inutile sans doute... Ou pire, cela pourrait envenimer les choses. Les exécuter serait une solution radicale...
Le chevalier posa son regard sur les deux chefs, avant de s'adresser à eux d'une voix glaciale.


- Vous avez sur les mains le sang d'une innocente qui n'avait rien à voir avec tout cela. Il vous faut payer pour vos actes. Votre position aurait pu être compréhensible si vous n'aviez pas dérivé dans le meurtre gratuit. Emmenez-les dehors et gardez un œil sur eux.

Kealan fit un geste en direction de ses hommes, et l'un d'entre eux se saisit des malandrins ligotés qu'il traîna dehors sans ménagement. Mais le jeune homme n'en avait pas encore fini. Il observa encore un instant les autres. Certains étaient blessés, à des degrés divers : bosses, ecchymoses, légères plaies ouvertes ou fractures pour les plus fragiles. Il faudrait les soigner, si tant est qu'ils se montrent raisonnables.

- Vous autres, vous n'avez fait que suivre, mais vous n'avez pas eu le bon sens de réfléchir. Je n'ai aucune raison de vous tendre une main secourable ni de vous pardonner. Toutefois, je vais vous faire une offre similaire aux autres. Si vous me prouvez vos bonnes intentions et votre volonté d'être utile, vous pourrez bénéficier d'une place pour travailler à Vieux Rouvre, en échange de quoi vous serez nourris, logés et protégés. Dans le cas contraire, vous pouvez partir. Pour ceux qui auraient encore la moindre intention belliqueuse... le sort de vos chefs pourrait bien être partagé.

La menace était claire. Il n'épargnerait pas ceux encore prêts à s'en prendre à des innocents. C'était à eux de choisir, mais gare aux traîtres! Le chevalier avait un très bon instinct, et il restait toujours vigilant. Il ne laisserait jamais d'hommes dangereux courir dans la nature...
Se détournant du groupe afin de le laisser réfléchir, le jeune homme retourna auprès du reître et lui désigna la table qu'il occupait précédemment avec ses hommes. A une table voisine, les pauvres hères qui avaient refusé d'attaquer étaient en train d'être servis en boisson et nourriture.


- Venez avec moi à table, l'ami, nous allons discuter de ce que nous disions précédemment. Devant quelque chose à se mettre sous la dent ? »

Allant s'attabler, il demanda à l'aubergiste une chope de bière pour lui, et de quoi manger et boire pour le reître. Au moins, il n'aurait plus de raisons de récriminer en mettant sa belle stratégie par terre, en disant qu'il coûtait moins cher que les repas servis à des malpropres qui allaient mourir sous peu.




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Message Jeu 27 Juin 2013 - 18:33

Finalement, un croche patte et un coup de tête avaient valu plus que quelques belles tournures de phrases. Une fois les malandrins sévèrement calmé par l'officieux maître du Vieux Rouvre et ses hommes en armes, ces derniers vinrent débarrasser Austyn du gueux agressif qu'il avait réussit à mater. Se fut ensuite au tour du jeune noble de se présenter devant le reître, le remerciant pour son aide et expliquant qu'il reviendrait voir Patte-Folle après s'être occupé de punir les pauvres péons. Toute en se frottant la joue, qui commençait à gonflée suite au coup qu'il avait reçu, le reître boiteux s'inclina respectueusement. Il jubilait derrière les mèches argentées de ses cheveux gras. Il avait réussit à montrer ses talents pour le combat, le tout sans commettre d'erreur. Certes, son adversaire était affamé et épuisé, mais l'infirme avait prouvé que son handicap ne l'empêcherait pas d'être utile au seigneur présent. Il tenta néanmoins de se calmer rapidement. L'action avait plaidait en sa cause, mais peut être pas assez aux yeux de son interlocuteur. Il déclara donc d'un ton humble, mais satisfait :

"Merci à vous avoir éviter de transformer cet établissement en abattoir. Je n'y suis pas pour grand chose."

Pendant que les hommes de l’éminence grise de la côte du Bief rassemblaient les fauteurs de troubles, Austyn réalisa qu'il avait gardé le verre de vin gaspillé à la main. Il le posa alors près de l'une des serveuses, soulagée que le cauchemar soit finit. Il s'excusa à voix basse et expliqua qu'il rembourserait le contenu du précieux nectar dès qu'il le pourrait. Honnête de nature, Patte-Folle était sincère dans ses propos. Il savait qu'avec tout ce qu'avait traverser le Bief durant les derniers mois, un simple verre de bon vin pouvait représenter une belle somme pour lui. S'il avait su lire et écrire, il aurait même signé une reconnaissance de dette. Seulement, la jeune femme toute maigre et au visage bardé de tâches de rousseur était encore trop choquée pour entendre les paroles du reître. Elle regardait, avec ses grands yeux noirs, le noble s'approcher du groupe de paysan qui avait refusé de se battre. Intrigué, l'infirme observa à son tour la scène.

Il fut alors choqué de découvrir que le chevalier aller les récompenser à leur offrant à boire, à manger et du travail. Jamais, durant ses longues années de vie, Austyn n'aurait cru assister à quelque chose pareil. Des gueux sans le sous étaient venus se plaindre à Kealan du Rouvre, l'insultant lui et ses hommes, et il allait accéder à leur requête. Patte-Folle, qui avait vu des miséreux travailler très dur pour sans sortir sans jamais se plaindre et parfois pour des résultats dérisoires, en était complètement abasourdit. Il n'avait jamais vu un telle idéalisme de la part de hauts-nez dans toutes les provinces de Westeros qu'il avait déjà visitées. Le Vieux Rouvre devait être le paradis sur terre ou un véritable capharnaüm si toutes les personnes que se plaignaient voyaient leur souhait accepté. Le reître resta sans voix alors que le jeune noble demanda à l'aubergiste de servir des vivres aux paysans pacifiques. Il aurait presque pu râler devant une telle scène, mais il se rappela que sa dernière intervention n'avait pas vraiment arrangé la situation.

Austyn fut toutefois plus satisfait de voir que les deux chefs de la bandes n'allait pas s'en tirer à si bon compte. Après tout, l'un était un meurtrier et l'autre l'avait poussé à l'assassinat sans une once de remord. Seulement, quel sentence le seigneur allait appliquer pour faire passer le message à deux âmes perdues ne souhaitant que mourir ? Patte-Folle se disait que le noble pourrait toujours les torturer ou leur couper un membre, histoire de leur faire comprendre qu'un être humain valide avait toujours quelque chose à perdre. Après, les mettre au cachot revenait à améliorer leur situation. Ils passaient de vagabond affamés à pensionnaire nourrit deux à trois fois plus qu'il ne l'était à l'extérieur. Pour le coup, le reître boiteux était ravi de ne pas être à la place du haut-né du Bief.

Enfin, vint le tour des péons ayant suivit la charge de leurs leaders. Parmi eux se trouvait l'ancien adversaire d'Austyn. L'homme avait la peau sur les os malgré une ossature carrée sculptée par le travaille du métal ou du bois. Les yeux baissés, le sans coulant de son nez et se mélangeant au vin qui recouvrait le reste de son visage. Il n'esquissa même pas un léger sourire quand son potentiel nouveau maître leur faisait, à ses camarades et lui, la même offre qu'aux pacifistes. De son côté, Patte-Folle soupira en voyant que même les agresseurs aller s'en sortir mieux après leur méfaits qu'avant. Il alla même jusqu'à ce demander pourquoi le seigneur n'avait pas accepter d'avoir le reître infirme à son service. Néanmoins, il oublia tout ça quand le noble lui fit signe de venir à sa table et l'appela l'ami. Le boiteux était complètement interdit. Jamais un aristocrate ne l'avait appeler ainsi, même ses clients habituels, pourtant miséreux, ne lui avaient jamais parler ainsi. Il mit ainsi quelques minutes à s'en remettre et à répondre :

"Oh mais avec plaisir messer, merci beaucoup de votre générosité."

Il s'assit donc là où lui indiqua et on lui servit du porc rôti à la peau dorée par l'huile, les herbes et les épices. Austyn huma le délicieux fumé se dégageant du plat posé devant lui, l'odeur des petits légumes cuit dans le jus de la viande, le parfum des condiments mêlé au reste du met. Il cru presque faire faire un rêve, mais la douleur de sa joue lui fit comprendre que tout était réel. Il se frotta alors les mains et déclara d'un ton excité :


"Par les Dieux, cela fait tellement longtemps que je n'ai pas manger de viande en sauce. Je ne vous vous remercierai jamais assez messer. En échange, je veux bien travailler pour vous gratuitement pour les cinq prochains jours !"
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Message Lun 8 Juil 2013 - 20:52

Kealan avait repris sa place initiale à table, jetant un regard aux vagabonds dont on s'occupait à des tables voisines. Il aurait certainement pu les faire tuer tous, et en toute légitimité. Il aurait été dans son bon droit... Mais faire voir le gant de velours plutôt que la poigne de fer était plus judicieux. Ainsi, ils seraient sans doute charmés, et pourraient peut-être dissuader d'autres miséreux d'imiter leur violente initiative... Dans le cas contraire, sa décision n'avait rien d'irrémédiable. Et il connaissait peu de choses aussi faciles à achever qu'une vie humaine...
On vint poser devant lui une pleine chope de bière mousseuse, et servir au reître une assiette des plus appétissantes. La serveuse semblait encore dans tous ses états, mais quel meilleur moyen que de faire reprendre pied à tout ce petit monde qu'en les faisant travailler à nouveau ? Ils auraient du temps pour pleurer leur proche... mais pour l'heure, sombrer dans la torpeur ou dans la prostration n'était pas une solution acceptable. Le chevalier porta la chope à ses lèvres et but tranquillement tout en écoutant les remerciements d'un mercenaire charmé par ce qu'il avait sous le nez. De toute évidence, en ce bas monde, on achetait un homme avec deux choses : la bonne chère et l'argent. Il ne restait plus maintenant au jeune homme qu'à mettre les choses à plat. Il n'était pas de ceux qui faisaient de mauvais investissements...


« Alors dites-moi... Vous devez vous douter qu'avant de vous employer, je dois savoir de quoi vous êtes capable. En dehors de savoir s'en tirer d'une bagarre de taverne, évidemment...

Le Bieffois reposa sa chope sur le table, avec un bruit sourd du bois qui tape contre le bois. Son regard sombre se posa sur le reître qui était occupé à se remplir la panse. Il ne doutait pas que le bougre n'avait pas aussi bien mangé depuis des lustres. De quoi, sans doute, le mettre dans les meilleures dispositions. Il aurait sans doute pu l'employer sans rien demander de plus. Un homme de plus ou de moins à payer, surtout pour un bas salaire... Cela ferait toujours de la chair fraîche à expédier sous les haches des Fer-nés s'ils se remettaient à attaquer le Bief, le tout à moindre frais. Cela pourrait faire la différence, qui sait ? Mais avant cela, il fallait jauger ses capacités. S'il s'avérait réellement mauvais, il aurait toujours une place de sentinelle rien que pour lui... Au moins, celui-là non plus n'irait pas colporter de mauvais ragots sur son compte, au risque de décourager des mercenaires plus... compétents.

- Savez-vous vous servir d'un arc ou d'une arbalète ? C'est toujours très utile lorsque l'on garde une tour ou un rempart.

Et ce aussi bien contre un simple maraudeur que contre une armée marchant sur une place forte. Une pluie de flèches pouvait même décourager les plus coriaces. Mais un mauvais archer dans les rangs pouvait devenir une menace pour ses compagnons d'armes, et mettre en péril toute une belle cohésion et l'efficacité du groupe. S'il n'était pas sûr de son coup, mieux valait d'office exclure l'idée de lui mettre un arc dans les mains. S'il devait faire office de garde, toutefois, il n'y avait pas que ce type d'arme qu'il serait amené à manier.

- Et qu'en est-il de votre maniement de la pique ? La plupart des hommes d'armes à Vieux Rouvre savent s'en servir, surtout ceux qui sont amenés à effectuer des patrouilles ou des tours de garde.

La main de Kealan tritura un instant sa chope avant qu'il ne boive à nouveau. Lorsqu'il eut fini, il essuya du revers de la main la mousse qui s'était accrochée à sa moustache. Mis à part ce problème d'emploi, il avait également à déterminer le sort des meneurs de ces gueux qui avaient osé les attaquer. Mieux valait que la question soit réglée avant la nuit. Et que tous soient témoins de la sentence... Ils ne pourraient que mieux repartir le lendemain, même s'il allait falloir surveiller ces gens. Ils n'étaient pas totalement fiables... Sans doute les mettre dans la grange serait-il suffisant, en organisant des tours de garde. Toute l'auberge n'en serait que plus tranquille.
Le chevalier recentra ses pensées sur le mercenaire. Il ne fallait pas courir deux lièvres à la fois, comme le disait l'adage. Autant se concentrer là-dessus pour le moment, même si son esprit allait toujours vite dans ses réflexions quand plusieurs sujets l'accaparaient.


- Quelle est votre arme de prédilection ? Votre expérience du combat, de la surveillance ?

Le Bieffois jugerait de tout cela par lui-même également, mais cela lui permettrait aussi de jauger si le prix que l'homme demanderait pour ses services serait en adéquation avec ce qu'il était capable de faire. Et s'il s'avérait être un couard... Bon, avec cette rixe dans l'auberge, il n'avait pas tenté de fuir, mais il s'était occupé d'un des drôles qui avaient attaqué. Un seul, mais c'était toujours mieux que rien. Cependant, il s'était agi de gueux faméliques, mal armés et pas habitués à combattre. Qu'en serait-il face à des bandits accomplis ? Ou devant des Fer-nés avides de sang et de carnage ? Serait-il capable de garder son sang-froid ? Malheureusement, pour ces questions, Kealan ne pourrait que juger le moment venu, et se baser sur ce qu'il avait vu jusque là. De fait, il ne put que poser une simple question :

- Quel est votre prix pour vos services ? »

De son côté, le troubadour semblait avoir trouvé quelque envie de faire montre de ses talents à nouveau, peut-être pour détendre l'atmosphère. Il toussota pour s'éclaircir la gorge, s'avançant au milieu de la salle en commençant à gratter les cordes de son instrument. Bientôt, il se mit à chanter un air joyeux, qui mettrait de la joie dans les cœurs tourmentés par ce qui venait de se passer. L'une des filles de l'auberge épongeait le sang sur le sol en sanglotant tout bas. La voix du barde ne tarda guère à couvrir ses reniflements chagrinés.




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