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Entre les serres du corbeau, le cœur du lion.

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Message Jeu 25 Avr 2013 - 19:12

    Une mer de couleurs.

    Agitée. Virevoltante flamme arc-en-ciel, ou cristal miroitant dans son écrin de roc, les soubresauts amènes des fanions multicolores tannaient de leur éclat la grisaille du ciel. Là, la brillance vive de la truite d’argent Tully bondissant sur son pan de rivière, agitée de sautillements venteux, attirait tous les regards sur Lord Medgar Tully, sire de Vivesaigues. Ici, c’était la rose d’or Tyrell qui s’éclatait à la faveur d’un timide rayon de soleil, et dispensait à chacun le plaisir de vanter les mérites de celui qui serait plus tard connu sous le surnom du Long Dard. Plus loin, l’aigle Mallister faisait affront aux cygnes combattant Swann, bec contre bec, alors que le cerf Baratheon jouait des bois aux griffes longues et acérées du Lion Gris. Quand enfin, détonnant au cœur d’une tempête de coloris chatoyants, haut et fier, l’astre Cendregué prodiguait l’allégresse de cette fête couronnée aux trois têtes dansantes du Dragon Rouge Targaryen. « Notre soleil brille fort. » Oh pour sûr, il brillait. Et rien n’aurait semblé plus vrai en cette torride après-midi.

    Le ciel était comme patiné, d’une blancheur perlée qui illuminait la journée d’une lumière pâle et éthérée. Mais derrière le voile immaculé, comme tissé de nuages à même le creux du ciel, le disque lumineux du soleil crachait sur les convives sa lividité cuisante. Il faisait chaud, affreusement chaud pour un début d’été. Les prémisses, disait-on, de ce qui s’annonçait être une saison terrible. La rumeur se propageait comme une traînée de poudre, enflait sous l’égide de la peur, on parlait même de sécheresse. Et ce mot comme une prédication avait dernièrement échauffé les esprits nobles, et les complaisaient dans la crainte farouche d’un été féroce. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, l’heure n’était pas à la crainte, et nulle inquiétude ne rongeait, à l’instant, les sangs du beau-monde rassemblé là. Et les trois tours de Cendregué, et ses épais remparts hérissés de créneaux, prodiguaient bien assez d’ombre pour qu’on ne ressente pas la morsure du soleil. Cendregué, abreuvé par les éclaboussures de la Coquelle. Et son tournoi. Cendregué, an 209. C’était en l’honneur du treizième anniversaire de sa fille que Lord Cendregué avait organisé, en sa forteresse, les joutes auxquelles étaient conviées les plus importantes familles de Westeros. Et force était de constater qu’il n’avait pas lésiné sur les moyens ; De tout côté, le faste et l’ostentatoire rivalisaient de corps et de cœurs avec les rires tonitruants et les éclats de voix enjoués des nobles qui, avec joie ou escobarderie, redécouvrait des visages connus à grand renfort de ronds de jambe obséquieux et complaisants.

    Les beaux chevaliers paradaient, suivis des yeux innocents et rêveurs des jouvencelles laissées pour compte, et si des amuseurs leur arrachaient des sourires, c’était bien ces armures rutilantes qui retenaient leurs attention et leurs cœurs. Il y avait de la musique, le pincement régulier des cordes des vièles faisait vibrer l’air, il y avait des odeurs, et, on ne pouvait s’y méprendre, des goûts, il y avait des rires gras et des tapes dans le dos, des gloussements candides et des regards badauds. Et au cœur de la liesse de l’évènement, sur une estrade aux côtés de ses père et frère, il y avait Catelyn. Un vent fébrile, à peine plus qu’un frémissement, un souffle, un soupir, venait soulever spasmodiquement le miel de ses boucles dorées, qu’elle se voyait contrainte de replacer systématiquement derrière le creux de son oreille, par égard pour son visage contre lequel venaient folâtrer quelques mèches rebelles. Au contraire de sa sœur, Leona, le tournoi de Cendregué n’était pas le premier auquel assistait la fille aînée de Lord Reynald Reyne, mais chaque fois était l’occasion d’un nouvel émerveillement, dans lequel la belle se plongeait avec délectation. Ses prunelles limpides ne décrochaient pas de la poussière soulevée par le trot des chevaux qui, en volutes vaporeuses, tournoyaient dans leurs sillages comme des traînées de flammes. Et chaque nouvelle entrée en lice faisait lever ses yeux opalescents, irrésistiblement attirés par les couleurs et les crus reflets métalliques. Elle était fascinée.


    « Quand est-ce que ça commeeeeeeence ? » La voix geignarde de sa cadette la sortit de sa torpeur contemplative. Posant son regard sur la bouille ronde et enfantine, Catelyn ne put s’empêcher d’esquisser un sourire attendri. Son frère tout à côté d’elle, jusque-là plongé dans une forte prenante discussion avec son père, tourna sa tête vers Leona, lui promettant un prompt début des joutes. Et comme pour confirmer ses assertions, c’est le moment que choisit un héraut pour entrer en lice. Petit homme, menu d’apparence et pourvu d’un léger embonpoint qui laissait présager d’un âge avancé, le héraut d’arme porta à ses lèvres une trompette de cuivre dans laquelle il souffla par trois fois, laissant tomber un silence de plomb sur la noble assemblée. Puis, de sa voix tonitruante – l’aurait-on seulement cru doté d’un tel coffre –, il annonça les armoiries des deux jouteurs suivants et ; L’un était un chevalier de l’orage, fort de corps et de présence, à l’aura entêtante et, à n’en pas douter, quelque peu effrayante. L’autre était un homme du Val, d’amène apparence.

    Puis on annonça enfin le début de la joute. Les chevaliers s’élancèrent.
    Il y eut une seconde suspendue dans le temps.
    Une simple seconde.

    Et il y eut le choc.


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Even Corbray
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Chevalier du Val.

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Message Mar 30 Avr 2013 - 14:30

Even avait fait le trajet depuis Dorne avec Iafarr et quelques membres de sa famille afin de participer au tournoi de Cendregué. Cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas pris part à ce genre d'évènement, et c'était toujours une occasion de se maintenir en forme, de revoir des visages connus ou encore de faire de nouvelles rencontres. Après les arides paysages du pays des sables, les vastes étendues fertiles du Bief offraient un contraste saisissant. On était bien loin des montagnes sauvages du Val, mais cela se rapprochait déjà davantage de sa terre natale. Le chevalier ne pouvait nier avoir un certain vague à l'âme. Il aurait apprécié de revoir sa famille, mais il ignorait s'ils seraient présents à Cendregué. Bientôt le temps serait venu de rentrer à Cordial pour y accomplir son devoir, en espérant avoir appris des choses importantes à Dorne qui feraient de lui un meilleur homme et un meilleur combattant.
Juché sur son destrier pangaré, le Valois aperçut au détour du chemin la mer de tentes de toutes les couleurs qui s'étendaient sur les plaines herbeuses. Le château domanial n'était pas loin, mais pour accueillir une telle masse de gens, il avait naturellement fallu mobiliser de vastes espaces. Il ne s'était pas imaginé que tant de monde serait présent. Tandis que les cavaliers approchaient, il pouvait voir certains emblèmes de familles nobles qu'il reconnaissait. Il y aurait également des chevaliers errants et sans nom, sans blason pour les représenter, parfois, mais contrairement à certains concurrents bouffis de suffisance, il ne les sous-estimerait pas.

Une fois sur place, la tente fut assez vite montée. Bien loin des vastes pavillons des plus grands seigneurs, c'était un abri de toile de taille moyenne, sur lequel figuraient toutefois les couleurs des Corbray. Cela laissa tout le loisir à Even d'aller contempler les épreuves qui avaient déjà commencé, pour se faire une idée du niveau de ses concurrents. Les épreuves de combat à pied étaient celles qui avaient la préférence de Iafarr, et il accompagna son vieux maître d'armes pour y assister. Lui-même n'y prendrait cependant pas part. Quand le moment d'endosser son armure pour se préparer à jouter, le Dornien secoua la tête alors qu'ils revenaient à la tente.


« Essaie de ne pas mordre la poussière. Il y a plein de seigneurs orgueilleux qui seraient prêts à dire que tu as été ramolli par Dorne. Sans doute n'y ont-ils jamais mis les pieds.

Le vieil homme eut un ricanement entendu. Le Bief n'était pas l'endroit le plus accueillant pour son peuple, au vu des déboires que tous deux avaient eu, mais Iafarr était habitué à surmonter ces difficultés. Son exil forcé lui avait fait traverser nombre de difficultés, et son opiniâtreté comme son ardeur au combat l'avaient toujours sauvegardé de tout mal. Le jeune homme acquiesça en réponse.

- Je vais faire de mon mieux.

En l'absence d'écuyer, les Dorniens l'aidèrent à enfiler son armure, exercice complexe et pratiquement infaisable par soi-même. Pendant ce temps, le vieux maître d'armes préparait la monture du chevalier. Ce dernier réajusta son casque avant de le mettre sur sa tête et de sortir. Là, il enfourcha sa monture et prit lance et écu qu'on lui tendait. Il n'avait pas la prétention de viser la victoire. Il avait vu bien des blasons flotter au vent sur les bannières, dont celui des Targaryen, qui n'était pas le moindre. Il ne doutait pas qu'il risquait de devoir se frotter à de meilleures lances que la sienne, mais ce n'était pas un problème pour lui. S'en tirer avec les honneurs serait suffisant. Even adressa une prière muette au Sept tandis qu'il pressait les flancs de sa monture en la dirigeant vers la lice. Iafarr lui donna un dernier encouragement en flattant l'encolure du destrier, puis il alla rejoindre la populasse qui se pressait aux barrières pour regarder ces combattants en armure se jeter à bas de leurs chevaux.
Le Valois stoppa sa monture à l'entrée de la lice, attendant que celle-ci soit libérée pour faire son entrée. Il donna son nom au héraut afin que ce dernier puisse l'annoncer avant que l'affrontement ne commence. Il se trouvait presque dans un état second, toute son attention et sa concentration tournées vers la joute qui allait débuter. Le signal fut bientôt donné, mais il aurait été bien incapable de dire si une minute ou une heure était passée. Il pressa doucement les flancs de son cheval qui s'avança en trottant sur la piste sablonneuse, tandis que son nom était annoncé. Face à lui, un chevalier des Terres de l'Orage se mettait lui aussi en place. Stoppant sa monture au bout de la lice, Even patienta. Son destrier piétinait un peu, dans l'attente de pouvoir s'élancer. Il connaissait ce genre de situation, et savait ce qu'on attendait de lui. Il n'attendait qu'un signe de son cavalier pour bondir en avant.

Enfin, les trompettes annonçant le début de l'affrontement se firent entendre, et le Valois talonna son cheval. Ce dernier s'élança sans une hésitation, adoptant un bon galop idéal pour faciliter le coup que son cavalier devait porter. C'était une bonne bête, calme et avec de l'expérience, ce qui était toujours un atout. Les vivats de la foule, peuple comme nobles, se faisaient entendre tandis que chacun exhortait son favori à porter un bon coup. Even abaissa sa lance, tandis que son adversaire approchait à grande vitesse de lui de l'autre côté de la lice, et ajusta son coup. Il visa soigneusement, pointant sa lance sur le bouclier adverse, puis se prépara à encaisser le choc.
Ce dernier ne tarda pas à venir. Les lances explosèrent dans une myriade d'échardes au moment de percuter leur cible. Celle du Valois tapa en plein dans le bouclier qu'il visait, tandis que lui-même était frappé au niveau de l'aisselle par la lance qui avait dévié sur son propre bouclier. Le choc manqua de lui couper le souffle, et il vacilla en selle, parvenant de justesse à tenir bon. Le chevalier de l'Orage n'eut pas cette chance, car il tomba de son cheval, attribuant la victoire à son adversaire. Ce dernier laissa sa monture galoper jusqu'au bout de la lice avant de le stopper pour le reprendre en main. Malgré les vivats de la foule qui saluaient sa performance, il était inquiet. Il avait une douleur vive qui lui tranchait la chair sous l'armure, là où la lance avait frappé. Par précaution, il quitta la lice pour se rendre compte des dégâts.

Il fut accueilli à la sortie par Iafarr, qui claqua l'encolure de son destrier en souriant, le félicitant de cette première passe. Even lui donna son casque en grimaçant, ce qui fit comprendre au Dornien que quelque chose n'allait pas.


- Tu es blessé ?

- Je crois. La lance m'a percuté à l'aisselle, et je crois que quelque chose a cédé au niveau de l'armure. »

Ils se rendirent à la tente pour que le jeune homme puisse retirer son armure et vérifier que tout allait bien. En réalité, la lance avait enfoncé une plate qui avait elle-même ancré un maillon de la cotte de mailles dans la chair du Valois. Ce dernier était accroché douloureusement, et la plaie, même sans gravité, était laide et saignait. Il allait falloir soigner tout cela avant qu'il ne puisse songer à continuer les joutes.


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Message Sam 4 Mai 2013 - 18:20

    Elle avait toujours trouvé une beauté presque cruelle aux joutes montées. La puissante élancée des bêtes. La saillance des muscles sous la chair, le brillant de la robe, chatoyante, comme ointe des feux roux du soleil. Le choc régulier des sabots sur la terre, les fumées éparses que son sillage laissait derrière lui, véritable tourbillon de flammes sur la lice. L’éclat froid du métal pourtant brûlant. Elle imaginait sans mal, sous les plaques, la peau recouverte de sueur, les veines battant aux tempes et les frémissements de la peau refroidie de chaleur, et d’excitation. Les lances qui ne faillaient jamais qu’au dernier moment, juste avant de se briser, et d’éclater dans une pluie d’échardes chamarrées. Mais voilà que juste après venait la douleur, venait la déception, venait même parfois la mort, et elle n’était pas toujours prompte et sans vagues. Connaissait-elle pire sensation que celle d’entendre le cri du mourant se mêler aux rires des badauds ? Oh oui, elle leur avait toujours trouvé une beauté cruelle, qui ne manquait pourtant jamais de la conquérir, et de remuer en elle les, si humains, sentiments qu’étaient l’exultation et l’ivresse de la victoire – par procuration.

    Le choc fut terrible, laissant vaciller les jouteurs sur leurs selles, comme des fanions balancés par le vent. Si le Valois réussit à recouvrer son équilibre, ce ne fut pas le cas de l’Orageux qui, entraîné par le poids de son armure, s’écrasa au sol dans un bruit sourd et un une nuée de poussière fauve. On se précipita pour vérifier si, dans sa coque de fer et de jaune, l’homme respirait toujours, et lorsqu’il sembla que seule la blessure à son orgueil faisait abondamment saigner le fiel de ses lèvres, on le releva et il put quitter la lice, non sans jeter, avec rage, son casque au sol. Il avait ainsi accordé la victoire au chevalier du Val, du nom, avait clamé le héraut, de Ser Even Corbray. Une réussite expéditive et propre, puisqu’une seule lance avait suffi à lui accorder les lauriers de la victoire, et chose rare, sans effusion de sang ou de colère. Il y avait de quoi en tirer fierté. Un sourire paisible ourla les lèvres de la lady tandis que, sous les acclamations de la foule, elle observait, sans en détacher jamais son regard, le victorieux chevalier remonter paisiblement le long de la lice puis, à sa grande surprise, le vit rapidement disparaître au détour d’un gradin noir de monde. Au-dessus des yeux pétillants de la jeune femme, ses sourcils se froncèrent doucement, et sa bouche se tordit d’une moue boudeuse. Il était de commune mesure que le gagnant fasse un tour de lice pour saluer la foule, mais celui-là était parti sans demander son reste. Sans même dévoiler son visage. Soit l’homme était la modestie même, soit quelque chose n’allait pas.

    Mue tant par l’envie de féliciter le gagnant que celle de savoir pourquoi il s’était fait fort de quitter la lice aussi hâtivement, Catelyn se leva sous les regards dubitatifs de sa famille, et argua que, la chaleur lui ayant donné des nausées, elle avait besoin de prendre l’air. Son frère proposa de l’accompagner, déclarant qu’il y avait guère d’endroit plus propice aux larcins que les tournois, ce que son père approuva vivement. C’est d’ailleurs d’un œil inquiet, qu’il la regarda partir quand elle leur expliqua qu’elle ne s’éloignerait point mais que, pour l’heure, elle avait besoin d’être seule. À dire vrai, ils n’avaient pas tort, aucun d’entre eux, elle le savait et elle détestait leur mentir. Prestement, elle travers puis s’extirpa du gradin, qu’elle dut contourner pour n’avoir pas à traverser la lice. En raison du grand nombre de conviés, tous n’avaient eu l’honneur de pouvoir partager la demeure de Lord Cendregué, et bon nombre de familles, dont la sienne, s’étaient vues contraintes de loger dans une tente montée au pourtour de la forteresse. La situation était précaire, encore que leur tente à elle-seule doive être plus richement fournie en mobilier que la bicoque moyenne de Culpucier, mais les festivités valaient bien les quelques tracas engendrés par le manque de place. En dépit de la foule qui s’amassaient aux abords des palissades, Catelyn put, sans mal, se frayer un chemin jusqu’aux portes de Cendregué, desquelles, demeurées grandes ouvertes, était dégueulé un flot continue de visiteurs et de curieux. Certains n’arriveraient sans doute jamais jusqu’au faite de leur ascension, ce qui ne les empêchait pas, de loin, de goûter aux plaisirs des joutes. Et les crieurs dispensaient dans tous les cas, haut et fort, les noms des vainqueurs, et des vaincus. Certains coins sombres accueillaient des paris clandestins sur l’issue des passes, et les mises allaient bon train, pour le plus grand plaisir des bookmakers dont les bourses sortiraient plus pleines que n’importe quelles autres. Exceptées celles des détrousseurs.

    Une fois hors des sordides murailles grisonnantes de Cendregué, la Reyne avaient pensé qu’il lui serait un jeu d’enfant de se repérer dans le camp – puisque son père, tel qu’il le lui avait semblé, n’y avait eu aucun mal. Force lui était de constater que l’homme devait avoir un sextant dans la tête, puisque, perdue au milieu de ce qui était, à ses yeux, une mer inextinguible de bannières et de douars, Catelyn aurait été bien incapable de dire si elle se dirigeait vers le nord, ou vers le sud. Au bout de ce qui lui sembla une éternité de recherches, au cours de laquelle elle s’était de nombreuses fois demandée s’il ne valait pas mieux qu’elle rebrousse chemin et retrouve sa famille qui devait commencer à s’inquiéter, la jeune femme aperçut enfin, dans l’espace qu’offraient deux tentes dressées côte à côte, le blason Corbray. Trois corbeaux noirs en vol, tenant trois cœurs rouges, sur champ blanc. Juste la rangée d’après. Un sourire léger ourla les lèvres de la jeune femme, et du revers de la main, elle essuya une goutte de sueur qui avait commencé à perler à la racine de ses boucles. Vraiment, la chaleur était abrutissante. Tellement, d’ailleurs, qu’elle lui avait fait oublier ce qu’elle pourrait bien avoir à raconter au chevalier pour justifier son arrivée impromptue – C’était tout du moins ce qu’elle se plaisait à croire. Et définitivement « Comprenez, Ser, je crevais de curiosité », n’était pas une explication recevable, fusse-t-elle la seule qui lui vienne en tête.


    Du fond de la loge, un grognement douloureux se laissa entendre, suivis d’éclats de voix hargneux. Et avec chance, elle devait se l’avouer, l’homme lui avait fourni l’excuse rêvée qu’elle attendait. Prenant son courage à deux mains, la belle se risqua à passer la tête, puis la moitié du corps par l’entrebâillement de l’épais rideau qui faisait office de porte, et laissa glisser ses yeux sur l’intérieur ; avec une fort charmante innocence dans le regard. « E-Excusez-moi Ser, bafouilla-t-elle. Ses prunelles sombres se posèrent successivement sur le chevalier, et sur l’homme qui l’accompagnait. De toute évidence dornien. Je passais devant votre campement quand j’ai entendu une plainte et je… Oh, vous êtes blessé.» S’exclama-t-elle à la vue de la plaie suintante qui perçait le torse de l’homme. À dire vrai, en se souvenant de la force du choc, ça n’avait rien d’étonnant. La lance n’avait pas ripée, et l’avait mêmen au contraire, percuté de plein fouet. « Si vous me permettez, osa-t-elle de nouveau, avec toutefois la pointe d’assurance qui lui seyait si bien, j’ai quelques connaissances en médecine qui pourraient vous être utiles. » La belle savait que, dans la bouche d’une femme, de surcroît noble, de tels mots étaient plutôt rares, mais elle n’en démordit pas, et drapée dans sa dignité, s’attendait presque à se voir moquée la proposition. Par habitude, fallait-il croire. « Si vous l’agréez », ajouta-t-elle. Inclinant la tête respectueusement, l’or de ses cheveux noya son épaule de reflets de feu.
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Even Corbray
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Message Jeu 9 Mai 2013 - 17:02

Iafarr n'était guère réputé pour ses talents de guérisseur. En tant qu'homme qui avait longuement erré sur les routes, et vivant dans une région des plus hostiles, il savait se débrouiller pour faire face aux blessures ou accidents qui pouvaient survenir. Mais pour les situations les plus délicates, mieux valait se fier à une personne dont la médecine entrait dans les attributions. Un mestre ou une guérisseuse, par exemple. Le Dornien avait examiné la blessure de son protégé en grommelant dans sa barbe. Ses mains calleuses s'étaient faites exceptionnellement douces afin de ne pas lui causer de nouvelles douleurs inutiles. Le constat avait été rapidement fait : à moins de retirer de force le maillon légèrement ouvert, au risque d'arracher la peau et la chair qui y étaient prises, il allait falloir utiliser une pince. Le vieil homme avait donc envoyé un des siens chercher un des nombreux forgerons qui s'étaient amassés dans le camp pour proposer leurs services, afin qu'il puisse ouvrir le maillon avant de le refermer.
Mais ce n'était pas tout. Le choc avait également malmené l'épaule d'Even, et ce dernier sentait qu'il allait falloir procéder à quelques... réglages. Il n'aurait pas été jusqu'à dire que son épaule était déboîtée, car il parvenait à la bouger, mais la douleur était cuisante. Quand son ancien maître d'armes aurait fini son examen, il pourrait sans doute demander à ce qu'on aille quérir quelqu'un pour le soigner. Il s'en serait voulu de laisser tomber le tournoi après une première joute, même victorieuse.

Ils furent interrompus par une voix féminine un peu hésitante qui s'adressait à eux. Le chevalier tout comme son vieux mentor se tournèrent d'un bloc vers l'entrée de la tente. Une jeune femme aux longs cheveux blonds avait passé la moitié du corps par l'entrebâillement du tissu. Elle était ravissante, et ce qu'on voyait de sa tenue laissait entendre qu'elle était de noble extraction. Sa façon de s'exprimer allait également dans ce sens. Voyant qu'elle avait attiré leur attention, elle poursuivit, avant de constater que le Valois était blessé. Ce dernier n'était pas vraiment dans une tenue qu'il lui aurait plu de montrer à une dame, mais aurait-il pu s'attendre à cette intrusion ? Avec une certaine assurance, l'inconnue se proposa de l'aider, si cela lui convenait, car elle disait avoir quelques connaissances en médecine. Iafarr eut un léger ricanement dans sa barbe.


« Rien de tel qu'un homme blessé pour s'essayer à quelques expériences tirées de livres poussiéreux...

Even coula un regard en direction de son vieil ami, peu surpris de ce genre de réaction. Sous ses dehors grincheux et rêches, le Dornien n'était pas un mauvais bougre, loin de là, il le connaissait depuis assez longtemps pour le savoir. Toutefois, son comportement un peu rude avait de quoi décourager plus d'un inconnu. Il toussota, faisant fi de la douleur que les mouvements de sa poitrine lui imprimèrent, puis il offrit un aimable sourire à l'inconnue.

- C'est très aimable à vous, ma dame, mais ce n'est pas grand-chose... Pour l'heure, j'attends l'arrivée d'un forgeron qui pourra détacher ce... maillon, sans causer trop de dégâts. A qui ai-je l'honneur, s'il m'est permis de le demander ?

Ce fut à ce moment précis que Declan, le jeune dornien envoyé en quête d'un forgeron, revint avec l'un d'eux. L'artisan, jeune mais trapu et taillé comme un taureau, avait avec lui un sac élimé où il transportait ses outils. Visiblement mis au fait du problème, il n'eut pas à examiner la chose bien longtemps. Se saisissant d'une pince, il ouvrit le maillon responsable de la blessure jusqu'à ce que Iafarr puisse le retirer sans mal. Après quoi, il n'eut qu'à le refermer soigneusement, sans même que le chevalier aie besoin de retirer la cotte. L'opération n'avait pas pris plus de quelques instants. Une fois le maillon retiré de sa chair, la douleur s'apaisa un peu, et le Valois put souffler. Il paya le forgeron pour sa peine, et ce dernier se retira sans attendre, sa besogne accomplie. Even put alors se tourner à nouveau vers la jeune dame, qui n'avait pas bougé. Sa présence avait de toute évidence étonné Declan, qui n'avait malgré tout pas soufflé mot, et se contentait de la dévisager avec des interrogations plein les yeux. Le vieux maître d'armes l'interrompit dans son examen oculaire avec sa rudesse coutumière.

- Declan, va voir si tu trouves un mestre ou un guérisseur pour soigner ça.

Il désigna d'un geste la blessure de son protégé. Ce dernier hésitait encore à accepter l'offre de la jeune femme. Toutefois, quelque chose dans la façon qu'elle avait eu de proposer son aide l'incitait plutôt à accepter l'offre, bien qu'il ne la connaisse nullement. Il serait toujours temps de faire appel à quelqu'un d'autre si tout cela dépassait ses capacités. La blessure ne nécessiterait sans doute qu'une désinfection et une suture, à priori, rien d'infaisable. Il fallait simplement être prudent et vérifier qu'il n'y avait rien de plus grave. S'éclaricissant la voix, le chevalier intervint avait que le jeune dornien ne quitte la tente.

- Inutile, Iafarr. Cette jeune dame s'est offerte de m'aider, je pense donc qu'il est inutile de chercher ailleurs. Si cela ne vous dérange pas, ma dame...

Le vieux Dornien leva les yeux vers le plafond de la tente et grommela quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe, avant d'aller remplir quelques modestes coupes avec du vin. Du vin de Dorne, bien évidemment. Le Valois en accepta volontiers une coupe. Cela l'aiderait à surmonter la douleur pendant les soins. Un mestre aurait peut-être été jusqu'à lui donner du lait de pavot, mais s'il voulait retourner en lice au plus vite, ce n'était pas plus mal d'en être dispensé : il aurait pu être à moitié endormi, par la suite. Laissant à la jeune femme le loisir de s'approcher, il lui expliqua dans les grandes lignes ce qu'était le problème.

- Ma cotte de mailles m'a ouvert le torse, il y avait un maillon accroché dans la chair, ce que le forgeron est venu régler. Mon épaule a également souffert, peut-être est-elle légèrement démise... »

Sans doute la plus grande douleur viendrait-elle de la remise en place de son épaule, s'il fallait vraiment en arriver là. Ce n'était pas la première fois qu'il devait se faire suturer, et au vu de la vie qui était la sienne, et de la voie qu'il avait choisie, ce ne serait sûrement pas la dernière. Il but une longue gorgée de vin, qui fit monter en lui une réconfortante bouffée de chaleur. Les choses étaient maintenant dans les mains de sa guérisseuse inattendue. Son regard tomba sur Iafarr, qui observait sans mot dire depuis un coin de la tente, bras croisé, une coupe de vin dans une de ses mains.


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Message Lun 27 Mai 2013 - 14:33

    Les yeux de la belle pétillèrent. Au fond de ses prunelles de nuit, les paillettes d’or frémirent et s’agitèrent. Elle entrouvrit les lèvres d’un soupir discret, à peine plus audible qu’un souffle. « S’il m’est permis de le faire remarquer, et quand bien même ne lui serait-elle pas permis, elle le ferait, j’ai pratiqué à de nombreuses reprises en la compagnie du mestre de ma demeure. Nous sommes bien loin, je pense, des exactions simples d’une noble désireuse de faire des expériences sur le corps d’un homme blessé. »

    La répartie n’était nullement froide, ni agressive, ni même reflet d’un orgueil piqué au vif, car la jeune femme n’était guère du genre à se laisser décontenancer pour si peu. Tout juste était-ce un éclat de fierté amusé, qui se voulait cependant de mettre quelque peu les choses au point. La vérité était telle ; Catelyn avait plus d’une fois secondé le mestre de Castamere, Perwyn, chez qui il avait trouvé un talent certain pour ce genre de pratiques, et elle-même ne comptait plus le nombre d’interventions auxquelles elle avait assisté. Elle fit un nouveau pas à l’intérieur de la tente, moins timide qu’hésitant, laissant derrière elle le pan de brocart faire fi de la lumière, et trancher un rayon au plus vif du zénith. Elle lança un regard inquiet au chevalier qui toussota, le visage soudain imprimé d’une grimace douloureuse, au travers de laquelle un sourire chaleureux perça doucement. L’homme s’était, par ce simple sourire, fait fort de la conforter dans l’idée que sa proposition n’était pas mal reçue. En vérité, l’homme semblait être l’affabilité même. Il l’informa aimablement qu’il leur faudrait attendre que l’on mande un forgeron pour couper le maillon et l’extraire de la chair à vif, ce qui qui tenait lieu d’évidence. Puis il lui demanda qui elle était, ce à quoi Catelyn répondit d’un sourire pour le moins embarrassé. « Veuillez m’excuser, j’aurais dû me présenter. Mon nom est Catelyn, dame de la maison Reyne de Castamere… »

    Elle s’apprêtait à demander pareillement l’identité de ses deux interlocuteurs, quand ils furent interrompus par l’arrivée d’un jeune dornien, flanqué d’une montagne de muscles, artisan de son état. L’homme ne prit guère plus de quelques instants à retirer le maillon délictueux de la chair du chevalier et de le replacer sur la cotte de maille qu’il n’aurait jamais dû quitter. La jeune femme, respectueusement retirée dans un coin du pavillon, n’avait pas un seul instant quitté des yeux les mains dextres du forgeron qui, une fois son office fait, et payé comme il se devait, quitta la tente sans demander son reste. C’est à nouveau, une fois libéré de sa douloureuse étreinte, que le chevalier posa les yeux sur elle, joignant sa mirée à celle du jeune dornien qui, de toute évidence étonnée par sa présence, ne l’avait pas lâchée du regard. La voix de l’homme qu’elle avait identifié comme étant le maître d’arme et qui, il fallait l’avouer, avait quelque chose d’intimidant, claqua brutalement et sans détour dans l’espace restreint de la cabine. Il somma qu’on aille quérir un mestre, ce que Catelyn perçut comme un refus de son aide, mais ne fut pas vexée le moins du monde. C’était tout naturel, en vérité, que de vouloir avoir l’assurance d’une guérison prompte et efficace. Et elle ne serait jamais qu’une lady, aux yeux du commun. La jeune femme s’apprêtait à se retirer poliment lorsque la voix du chevalier – Dont elle ignorait toujours le nom – suggéra qu’il était inutile d’aller chercher ailleurs celle qui se disposait ici, prête à les aider.


    « Oserais-je revenir sur ma proposition ? » Sourit-elle avec chaleur. Elle approcha doucement de l’homme, sous le regard désapprobateur de son maître d’armes, lequel lui expliqua quels soins requéraient ses talents. La plaie ouverte du torse n’était pas vilaine, plutôt petite et ne suintait pas. Un nettoyage simple et un bandage à l’alcool serait suffisant. Sans doute ne serait-il même pas nécessaire de pratiquer une fermeture de la plaie. Ce qu’elle ne pouvait de toute façon opérer par manque de matériel. En revanche, l’épaule de l’homme commençait à présenter l’ecchymose caractéristique, une fine larme en forme de croissant de Lune, d’un déboîtement, ce qui était pour le moins beaucoup plus préoccupant. Il n’avait pas tort lorsqu’il évoquait une démise, même si le mot juste était « Luxation. Elle fronça doucement les sourcils, une moue réfléchie à ses lippes. Puis-je ? » Demanda-t-elle poliment. Les mains chaudes de Catelyn effleurèrent l’épaule douloureusement contusionnée, pressant délicatement çà et là dans le but de percevoir où se situait le déboîtement. Par chance, il était superficiel, et dit « en arrière ». La remise ne serait guère difficile, et lui permettrait de se remettre en selle rapidement. « Le choc a légèrement déboîté votre épaule, en effet. Je peux la remettre, mais je dois vous prévenir que ça sera très douloureux. » Malheureusement, c’était la seule et unique façon de procéder. Ainsi en avait-il été plus d’une fois pour son frère. « Je vais commencer par la remettre. Après quoi je m’occuperai de la plaie. » Elle offrit à l’homme de boire un nouveau verre de vin, cul-sec, puis lui demanda de mordre vigoureusement dans un morceau de tissus plié et replié. Pour avoir déjà observé un homme se briser les dents en serrant trop fort, elle savait que c’était un risque idiot à ne pas prendre. Elle demanda au vieux dornien de bien vouloir tenir – fort – son protégé, pour éviter qu’il ne bouge lorsqu’elle maintiendrait la tension, après quoi elle cala sous l’aisselle de l’homme le dossier d’une chaise. Tout était fin prêt. Elle jeta enfin un coup d’œil à l’homme qui, d’un signe de tête, l’invita à commencer.

    Faisant preuve d’une force insoupçonnée, elle attrapa la main et l’avant-bras du chevalier et s’arcbouta contre le dossier de la chaise pour tirer le bras le long de son axe, et replacer l’os dans sa cavité. Il y eut un craquement sourd, inaudible, et quelques instants plus tard, l’intervention prenait fin, laissant la lady fourbue et suante. Elle imprima un mouvement au bras du chevalier, lequel semblait avoir retrouvé toute sa motricité, ce dont elle fut rassurée et ravie. La suite lui prit bien moins de temps ; Elle nettoya la blessure à l’aide de linges propres et d’eau claire, banda le torse à la faveur d’un linge imbibé d’alcool fort et en profita pour bander l’épaule nouvellement remise, de façon à la maintenir sans toutefois entraver le mouvement. Quand son travail fut accompli, elle se releva respectueusement, en silence, et d’un simple mot,
    « Voilà », signifia qu’elle avait terminé. Un pas en arrière et elle se fondit dans l’ombre du maître d’arme, qui semblait déjà approcher du chevalier pour voir si tout allait bien. Elle offrit à ses interlocuteurs un sourire chaleureux, laissant ses prunelles passer de l’un à l’autre sans discontinuer. « Vous n’avez aucun problème pour bouger le bras ? Demanda-t-elle doucement. C’est une pratique que j’ai effectué à de nombreuses reprises, vous pourrez bouger de nouveau rapidement. Elle avait estimé que pour retrouver une extension normale du bras, il fallait en moyenne une bonne quinzaine de repos. Je vous conseille cependant la détente pendant un temps, votre articulation est fragilisée. En attendant, ne laissez pas refroidir vos muscles. » La dernière remarque concernait surtout la joute. S’il laissait reposer son bras, il serait très vite sous le coup d’atroces courbatures. Ce qui serait pour lui bien plus préjudiciable qu’une simple épaule luxée qu’on a remise. Elle inclina la tête doucement, essuyant du bout de sa manche une perle de sueur qui avait coulé le long de son visage. « Je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps alors,… Elle pensait aussi à sa famille, laquelle devait s’inquiéter de son absence prolongée. Que les Sept veillent sur vous. Mes yeux, en lice, ne vous quitteront pas. »


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Message Ven 31 Mai 2013 - 21:08

La jeune dame se présenta comme étant une Reyne de Castamere. Une maison puissante et importante. Even se demanda ce qu'elle pouvait bien faire là sans escorte, à moins que des gardes n'attendent dehors, et pour quelle raison elle avait pris des risques. Tout cela pendant que le forgeron extrayait le maillon fautif de sa chair. Lorsqu'il n'y eut plus qu'à soigner le blessé, lady Catelyn accepta de s'en charger, malgré la rudesse peu diplomatique dont Iafarr avait fait preuve. Le plus difficile, avec lui, c'était bien souvent de faire comprendre qu'il n'était pas un mauvais bougre, dans le fond... Tandis que la jeune femme l'examinait, le Dornien se rapprocha pour se saisir de la chemise du chevalier, qu'ils avaient précédemment retirée. Il examina d'un œil critique le trou qui avait permis au maillon de se loger dans la chair du Valois.

« Voilà ce qui arrive lorsqu'on néglige d'entretenir son matériel...

- Désolé Iafarr, la couture n'entre pas dans mes dons.

Le vieux maître d'armes grommela quelque chose, puis il s'éloigna pour observer à nouveau de loin, tout en triturant la chemise de lin entre ses doigts, comme s'il voulait la réparer par ce simple geste machinal. L'Ouestienne confirma finalement les craintes d'Even. Son épaule avait subi une luxation, ce qui expliquait la douleur qu'il ressentait. Cela lui était déjà arrivé, une fois, des années auparavant, et il connaissait les souffrances que ce type de mal occasionnait. Il allait déguster, lorsqu'il faudrait tout remettre en place... Restait à savoir si ce serait dans les cordes de sa jeune sauveuse.
Cette dernière palpait l'épaule du blessé, sans violence mais toutefois sans arriver à lui épargner toute douleur. Le chevalier se contenta de serrer les dents en silence. Il savait que plus le temps passerait, plus les souffrances allaient s'accentuer. Lady Catelyn annonça qu'elle allait remettre en place son épaule, et il acquiesça d'un signe de tête. Elle avait l'air de savoir s'y prendre, et en fermant les yeux, il aurait presque pu croire à sa manière de toucher sa blessure qu'elle était une guérisseuse de métier. Le Valois but la coupe de vin qu'elle lui tendait, ce qui lui donnerait du courage pour la suite, puis il serra le tissu qu'elle lui proposa entre ses dents. Le Dornien s'approcha à nouveau quand il fut sollicité pour maintenir son protégé pendant l'opération, et le jeune homme put sentir la poigne calleuse, ferme et encore puissante de son vieux mentor se refermer sur lui. Alors que la dame lui calait le dossier d'une chaise sous l'aisselle pour faciliter les choses, il se concentra sur sa respiration qu'il fit profonde, ample. Cela chassait la tension, car dans l'attente de la douleur à venir, il sentait son cœur battre la chamade. Une réaction normale, somme toute...

Lorsqu'il adressa un petit signe de tête à la jeune Reyne, cette dernière empoigna son avant-bras et sa main et tira de sorte à remettre l'épaule en place. La douleur explosa littéralement dans l'épaule d'Even, presque immédiatement suivie d'un craquement impressionnant. Le tissu dans la bouche du chevalier étouffa son cri de douleur, et les larmes lui vinrent tout naturellement aux yeux, sans pour autant couler. Il avait serré les dents à s'en faire mal à la tête. Malgré tout, lorsque cette torture se dissipa, la gêne avait disparu. Son bras bougea normalement et sans lui causer d'atroce douleur alors que la jeune femme le faisait bouger pour s'assurer que tout allait bien. Retirant le tissu de sa bouche, le Valois constata qu'il avait la respiration haletante. Il croisa le regard de Iafarr, qui claqua son épaule valide de la paume de sa main, signe bourru de soutien.
Le reste des soins fut en comparaison une véritable partie de plaisir. Même la morsure vive et aiguë de l'alcool sur la plaie semblait bien peu de choses par rapport à ce qui l'avait précédée. Le torse d'Even fut bandé une fois la blessure nettoyée et propre, ne nécessitant apparemment pas de sutures. Il fallait espérer que cela tiendrait pour le reste des joutes, sans se rouvrir et se remettre à saigner... L'épaule encore sensible du chevalier fut elle aussi bandée. Elle semblait irradier de la chaleur par vagues régulières, comme si le sang pulsait plus fort à cet endroit-là du corps qu'ailleurs... Lorsque la jeune lady le questionna, il bougea son bras d'abord légèrement, puis un peu plus franchement en constatant que tout allait bien. Il devait simplement faire attention à ne rien forcer...


- Tout a l'air normal, même si encore un peu engourdi... Qu'en est-il des joutes ? Dois-je déclarer forfait ou puis-je continuer sans trop de risques ?

Iafarr sembla tendre l'oreille un peu plus à cette demande. De toute évidence, que son protégé se retire déjà l'aurait contrarié. C'était un peu normal, en somme : c'est lui qui lui avait appris le maniement des armes depuis son plus jeune âge... Autant dire que ces jeux martiaux permettaient à son travail à lui aussi de s'exprimer et de se confronter à l'entraînement que les autres concurrents avaient reçu.
Even, pour sa part, constata non sans gêne qu'il ne s'était même pas présenté. L'esprit trop à la douleur et à de nombreuses choses, il avait négligé la plus élémentaire des politesses. Peut-être qu'un instant plus tôt, il considérait qu'elle avait sans doute connu son identité lorsque le héraut l'avait annoncé en lice ? Avec une moue confuse, il offrit un petit sourire à lady Catelyn, plein d'une franche gratitude.


- Quel goujat je suis, je ne me suis même pas présenté. Je suppose que la douleur n'excuse pas tout... Je suis ser Even Corbray, de Cordial, dans le Val. Et voilà mon maître d'armes, Iafarr, qui vient de Dorne. Vous avez toute ma gratitude... Comment pourrai-je vous remercier pour ce que vous avez fait ?

Le Valois se releva lentement, faisant encore jouer son bras, coupant court aux amorces de congé que la belle prononçait. Il se devait de la remercier convenablement pour le mal qu'elle s'était donné. Nul doute qu'un mestre aurait à peine fait mieux... Il était indéniablement chanceux de cette bonne fortune, et il en remercia mentalement les Sept.

- La question va peut-être vous sembler étrange ou déplacée mais... pour quelle raison vous êtes-vous donné la peine de venir me voir jusque dans cette tente ? Je gage que vous n'êtes pas venue seule, et fausser compagnie aux vôtres en vous privant d'un beau spectacle est incroyablement généreux... Sans compter que je n'ai encore jamais rencontré une dame qui maîtrise la médecine comme vous le faites. Je suis très impressionné, ma dame. »

Le chevalier ponctua ses paroles d'une légère révérence respectueuse, un peu plus raide qu'il ne l'aurait voulu. Il essayait de ne pas trop tirer sur ses blessures, afin de ne pas risquer de les rouvrir ou de les raviver inutilement...


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Message Mar 11 Juin 2013 - 21:37

    D’un œil attentif, et dans lequel le reflet de son inquiétude faisait reluire quelques paillettes d’or, Catelyn observait le chevalier mouvoir son bras. Et force était de constater qu’il y parvenait sans trop de mal. Un soupir rassuré trouva son chemin entre les lèvres entrouvertes de la lady qui n’était que pas trop consciente de la difficulté que représentait la remise en place d’un membre luxé, pour y avoir maintes et maintes fois assisté entre les murs de Castamere. La douleur était telle qu’on peinait à détendre les muscles, et cette simple contraction, pourtant parfaitement involontaire, menaçait bien souvent l’intégrité du membre tout entier. Voilà pourquoi certains mestres prodiguaient l’utilisation du lait de pavot avant la pratique de telles interventions. La torpeur était, paraissait-il, un excellent décontractant musculaire. « L’engourdissement est normal, et vous pouvez continuer les joutes, déclara-t-elle simplement. La luxation était, au demeurant, assez légère. Il parvenait encore à mouvoir son bras à ce moment-là, ce qui témoignait du fait que le membre n’était alors pas tout à fait sorti de son engoncement. Néanmoins il me faut vous mettre en garde. Si des tiraillements ou des douleurs aigües se font ressentir, n’hésitez pas à déclarer forfait. C’est que votre bras aura besoin de repos. » Précaution inutile probablement, l’homme ne semblait pas né de la dernière pluie et devait être bien capable de savoir discerner ses limites.

    Au bout de quelques instants, un sourire gêné, quoique plein d’une probe reconnaissance, vint ourler les lèvres du chevalier. Arguant qu’il avait manqué à la politesse des plus rudimentaires, celle de se présenter, il tint à s’excuser de sa goujaterie. Catelyn, qui le connaissait déjà – le héraut avait faire son affaire – et n’avait eu aucun mal à reconnaître le blason Corbray du fanion qui claquait à l’entrée de la tente, ne s’en était pas formalisée le moins du monde et précisa qu’il n’y avait là pas de raison d’être confus. Il se nommait donc Even, et était originaire du Val. Le maître d’arme qui l’accompagnait, et qui par ailleurs semblait s’être rasséréné, était, lui, un dornien revêche du nom d’Iafarr. La pensée fugace la traversa, elle se demanda un instant quelle fortune, bonne ou mauvaise, avait pu amener l’un et l’autre à se rencontrer, mais elle garda la question pour elle-même préférant d’abord répondre aux interrogations de son interlocuteur.
    « Un plaisir indicible que de faire vos connaissances. Elle esquissa poliment une légère révérence, de courtoisie plus que de salutation, et offrit à l’un comme à l’autre un sourire frêle mais sincère. La Reyne n’attendait nulle reconnaissance, ni plus de rétribution de la part du chevalier. Aux yeux de la jeune femme, le simple fait de lui avoir été d’une quelconque utilité en était une en soi. Messer, il ne saurait y avoir de meilleure récompense, ni de meilleure gratitude, qu’une nouvelle victoire aux joutes de Sorbier. »

    L’homme s’était levé, faisant quelques pas dans la tente et des moulinets avec son bras. Il exprima sa curiosité quant à sa présence à ses côtés alors que les festivités du tournoi battaient encore leur plein, et misait à juste titre qu’elle n’était pas venue seule. À ces mots, la jeune femme se souvint avec effroi qu’elle avait délaissé sa famille depuis déjà trop de temps et que l’inquiétude devait commencer à se faire très sérieusement ressentir au sein de la fratrie Reyne. Elle aurait parié que son frère s’était déjà mis à sa recherche. Even demanda ce qui l’avait poussée à venir à sa rencontre et, loin d’être déplacée, la question était, à ses yeux, tout à fait légitime. C’est pourquoi elle se plia à y répondre.

    « C’est la curiosité qui, de prime abord, m’a poussée jusqu’à vous. Il n’y avait que de la pure sincérité dans ses paroles, quoiqu’elle ait pu dire auparavant, nul hasard ne l’avait mise sur le chemin du chevalier du Val. Ou alors la curiosité était-elle un hasard en soi ? Peut-être était-ce les dieux qui avaient poussé son regard mutin à se poser sur le dos du chevalier, et insinuer en elle le doute et la défiance. Il m’a semblé étrange que vous quittiez la lice aussi promptement après une telle victoire. À dire vrai, la jeune femme se sentait quelque peu honteuse, mais n’en laissait rien transparaître. Maintenant qu’elle exprimait à voix haute ce qui lui avait traversé l’esprit peu de temps auparavant, une évidence lui sautait au visage qui la mettait mal à l’aise : Elle aurait très bien pu se fourvoyer sur les raisons qui avaient poussé le chevalier à sortir de lice. Et force était de constater qu’en tombant sur Ser Even, la jeune femme avait eu de la chance. Son chemin aurait tout aussi bien pu croiser la route d’hommes aux pratiques discutables car, la belle n’était pas dupe, tous n’étaient pas chevalier par conviction. Vous gagez bien, je n’étais pas seule ; Je dus d’ailleurs justifier d’un malaise léger pour pouvoir m’éloigner des miens, et venir à votre rencontre. L’homme, qui ne semblait pas tarir d’éloges, fit preuve de son admiration vis-à-vis de sa pratique bâtarde de la médecine, et la lady ne put empêcher une rougeur malingre d’enflammer ses pommettes saillantes. Le mérite, Messer, n’en revient qu’au mestre de Castamere qui sut me transmettre sa passion et son savoir. Et ce indifféremment de mon statut de noble, ou de femme, ajouta-t-elle. Catelyn s’était toujours sentie meurtrie au plus profond d’elle-même par ces mœurs surannées qui vouait les personnes de son sexe à des travaux sans impacts et sans intérêts. Elle s’y était pliée, par devoir envers sa famille, mais n’avait cessé de faire croître au sein de son cœur cet attrait pour des domaines jusque-là réservés à d’autres. Perwyn, le mestre, lui avait été un allié ineffable. C’est sa science que mes doigts malhabiles essaient de reproduire. »

    Un nouveau sourire, attristé par une charmante mélancolie, ourla les lèvres fines de la lady, qui, quelque peu plongée dans ses pensées, semblait avoir oublié que son absence devait avoir été remarquée. Elle leva brusquement les yeux, dardant ses prunelles opalines dans celle d’Even et bafouilla quelques mots d’excuses, arguant qu’elle parlait trop et avant tendance à se perdre dans les méandres du fil de ses songes.
    « Je ne puis souffrir de vous fausser compagnie de cette abrupte façon, mais les miens m’attendent et je ne peux continuer à les inquiéter de mon absence. Elle s’arrêta quelques instants, jetant un coup d’œil derrière elle, où l’épaisse tenture laissait filtrer un rayon de soleil mourant, d’un orangé vif. La nuit tombait doucement, s’effaçait pour laisser place à un crépuscule natif, et naissait avec elle quelques craintes qui étreignaient le cœur de la jeune femme. Peut-être pourrions-nous continuer à parler tandis que nos pas nous mènent jusqu’à la lice ? »

    Elle ne voulait pas s’imposer, loin de là. Mais la nuit était sombre et pleine de terreurs. Aussi, un peu de compagnie n’était pas de refus, et en particulier lorsqu’elle était si agréable. Nerveusement, par craint de rejet, sans nul doute, Catelyn s’était mise à arranger la crinière dorée qui lui faisait office de chevelure. Alors que son doigt enroulait une à une de ses boucles flavescentes, les prunelles candides de Catelyn fixaient le visage amène du chevalier.
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Message Dim 16 Juin 2013 - 22:16

Comme Even le pensait, la belle dame de Castamere n'était point venue seule. Cela aurait été fort étonnant. Apparemment, la curiosité avait été la raison première de l'attention qu'elle lui avait porté. Toutefois, prendre ainsi le temps de le soigner sans rien espérer en retour était un geste très charitable. Le genre de choses que de nombreuses personnes devraient prendre pour exemple... Lui-même, en tant que chevalier, tentait de faire le plus grand bien autour de lui. Hélas, on ne pouvait pas en dire autant de tous ses pairs. Pour toute rétribution, lady Catelyn ne demandait qu'une nouvelle victoire dans la lice. Peut-être cela lui permettrait-elle d'en tirer également la satisfaction d'y être pour quelque chose, puisqu'elle avait remis son épaule en place. Le Valois prendrait toutefois garde à ne pas se surmener. Il avait bien écouté et pris en compte les conseils que la jeune femme lui avait prodigués. Naturellement, s'il avait senti la moindre sensation suspecte, il aurait probablement arrêté les frais de lui-même, mais des conseils étaient toujours bons à prendre. Il s'inclina légèrement devant la belle.

« Je tâcherai de vous faire honneur, en ce cas, en remportant ma prochaine joute. Si la victoire m'est accordée, elle vous sera toute dédiée.

Et quoi de plus juste que de lui rendre ces honneurs ? Sans elle, il n'aurait sans doute pas recommencé à jouter. Quoique, à la réflexion, peut-être que si : Iafarr aurait envoyé chercher un mestre ou un guérisseur, mais qui aurait pu dire si les choses n'auraient pas empiré durant l'attente ? Non, il ne fallait en rien minimiser la gratitude d'Even ni les mérites de la jeune lady. Le chevalier fut vivement intéressé par les propos de lady Catelyn, lorsqu'elle lui avoua détenir sa science de la médecine du mestre de Castamere. Il était lui-même le fils d'une femme qui ne s'arrêtait pas aux conventions dictées par le protocole : si lady Arduina, sa mère, était une dame irréprochable, elle savait en revanche manier l'arc aussi bien qu'un soldat entraîné, et elle était probablement capable de se défendre. Un fait que l'on devait sans doute à ses origines, étant issue de la famille Mullendore du Bief, qui vivait non loin des contreforts des montagnes qui marquaient la frontière avec Dorne. Bieffois et Dorniens s'étaient bien souvent affrontés, d'où sans doute le fait que l'on ait encouragé lady Arduina à savoir se débrouiller en cas de problème grave. Tout cela ne l'avait cependant pas empêchée de consentir à ce qu'un maître d'armes du pays des sables jour les professeurs pour ses fils...
Le Valois se demanda un instant ce que pouvaient penser les autres nobles d'une jeune femme de haute naissance pratiquant la médecine. Bien entendu, il existait des guérisseuses, des sage-femmes, et d'autres personnes de sexe féminin qui prodiguaient des soins. Mais il était rare, voire inexistant, de voir une dame s'essayer à ce genre de pratiques. Cela n'était pas là une tâche digne de leur rang... Et après tout, s'il y avait un mestre auprès des familles nobles, c'était bien pour s'occuper des blessés et des malades, entre autres choses... Telle était l'idée communément répandue parmi la noblesse. De son côté, le jeune homme était intrigué et admiratif. En plus de sa mère, il côtoyait depuis son arrivée à Dorne de nombreuses femmes indépendantes, voire guerrières, et son esprit était sans doute plus ouvert que celui de beaucoup d'autres hommes. Lorsqu'il voyait les services prodigieux que les talents de la belle lui avaient rendus, il ne pouvait concevoir qu'on ne permette pas aux femmes nobles de s'intéresser de plus près à la médecine si l'envie leur en prenait. Après tout, un peu de savoir en plus ne ferait pas de mal à quiconque, si ?


- Laissez-moi vous dire que je n'ai jamais été soigné de la sorte par quiconque. Vous avez des doigts de fée, qui ménagent les blessures, mais vos soins ont été tout aussi efficaces que ceux d'un mestre. L'homme qui vous a transmis ses talents a parfaitement atteint son objectif. Vous avez tous deux tout mon respect.

Lady Catelyn s'excusa ensuite de devoir les quitter. Les siens devaient s'inquiéter, naturellement. Et si jamais quelqu'un était parti la chercher à l'endroit où elle avait prétendu être, sans la trouver, cela pourrait lui attirer des ennuis... Elle avait pris des risques pour lui, un inconnu, et Even ne pouvait rester sourd à cela. Au dehors, le jour tombait peu à peu, et la luminosité déclinait. Un bref coup d'oeil vers l'entrée de la tente lui avait suffi pour s'en rendre compte. De fait, il allait lui proposer de la raccompagner, afin de lui éviter quelque mésaventure que son apparence charmante pourrait lui attirer, mais elle le devança en lui en faisant elle-même la demande, visiblement un peu gênée. Si elle n'avait pas clairement dit qu'elle espérait qu'il la raccompagnerait, elle quémandait sa présence pour continuer à discuter en retournant près des lices. Le message subliminal était clair, et il n'hésita pas. Jetant un regard à Iafarr qui se contenta de hausser les épaules, il acheva de se rhabiller convenablement puis il alla jusqu'à lady Catelyn.

- Ce serait avec plaisir. C'est pour moi la moindre des chose que de vous montrer ma gratitude en vous raccompagnant. D'autant plus si nous pouvons échanger encore quelques mots, car je trouve votre compagnie tout à fait charmante. Iafarr ?

- Je vous rejoindrai. Je dois aller voir comment vont les chevaux.

- Comme tu voudras.

Even écarta la tenture de l'entrée pour permettre à la jeune femme de passer sans encombre. Au dehors, le campement semblait étrangement plus calme, mais ce n'était qu'une illusion provoquée par la disparition du jour. Tout semblait toujours moins bruyant et fourmillant d'activité, une fois la nuit tombée. Le chevalier calqua son rythme de marche sur celui de lady Catelyn, afin qu'elle n'aie pas à forcer l'allure pour le suivre. Autant rendre l'instant agréable. Il serait sans doute inutile de flâner à outrance en chemin, afin de ne pas inquiéter inutilement les Reyne qui s'étaient peut-être inquiétés de l'absence prolongée de la jeune dame. Tout en cheminant, le Valois jeta un regard tranquille sur celle qui l'avait si bien soigné. Puis, d'un ton tranquille, il se permit de la questionner un peu.


- S'il m'est permis de vous le demander, comment cet intérêt pour la médecine vous est-il venu ? Et comment ceux qui ont connaissance de vos intérêts et de vos talents le prennent-ils ? Je sais qu'un mestre comme le vôtre, qui bien que fort avisé sans nul doute puisqu'il est parvenu à très bien vous former, transgresse les codes sociaux communément admis en enseignant à une dame ce que le plus grand nombre considère qu'elle ne devrait pas savoir, peut se retrouver avec des ennuis considérables... A moins d'avoir bénéficié d'une certaine bienveillance de la part de votre famille, il a probablement pris de gros risques. »


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Dernière édition par Even Corbray le Lun 1 Juil 2013 - 12:26, édité 1 fois
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Message Dim 23 Juin 2013 - 22:51


    Promesse lui avait été faite de l’honorer d’une victoire. Que demander de plus ? Catelyn ne saurait voir de plus beau remerciement que dans les yeux victorieux du chevalier. Et quand même bien ne gagnerait-il pas. Savoir que, par ses soins, il avait pu retourner en lice, n’était-ce pas déjà une victoire en soi ? Une victoire contre son destin, contre sa naissance qui l’obligeait à se tenir en-deçà de ces domaines d’homme, contre ce que l’on avait attendu d’elle. Une victoire contre la Vie elle-même. Et c’était inestimable. Bien plus que tout l’argent, toutes les fleurs ou les combats qu’on pourrait lui offrir. Si sa mère avait été encore en vie, nul doute qu’elle n’aurait pu approuver le comportement de sa fille. Mais elle ne l’était plus et enfin libérée de sa glaciale étreinte, la jeune femme avait la possibilité de pouvoir s’épanouir, enfin.
     
    Le chevalier lui avoua ouvertement n’avoir jamais été soigné de façon aussi efficace par quelqu’un, et à ses mots une légère bouffée d’orgueil flatta l’ego de la jeune Reyne, rapidement étouffée par la prise de conscience d’une vérité bien moins arrogante ; Sans doute voulait-il signifier par quelqu’un du ‘commun’, puisqu’elle ne doutait pas que l’homme, comme tout bon chevalier, soit déjà passé entre les mains d’un mestre plus expérimenté qu’elle. Un mestre de la citadelle, ayant reçu l’éducation adéquate, et non point une jeune lady jusqu’à peu anonyme qui, tel que l’avait dit plus tôt le maître d’arme, avait à cœur de s'essayer à quelques expériences tirées de livres poussiéreux. La réalité des faits était différente, mais guère plus. Catelyn savait pertinemment que, si ses talents en la matière étaient indéniables pour une femme de sa condition, elle avait encore énormément à apprendre, des livres comme du quotidien et cette épreuve en avait été l’exemple le plus parfait. Ce n’était pas la première fois qu’elle remboîtait une épaule, mais c’était la première fois qu’elle le faisait seule. L’homme qui lui avait transmis ces talents, comme le disait Even, méritait tout le respect que l’on pouvait montrer à un mortel ; Elle avait pour cet esprit vif, maintenant âgé, une véritable admiration, et réciproquement lui lui avait voué un profond attachement. Il l’avait construite. Il lui avait offert à penser, par discernement et sens commun. Et elle lui en serait toujours reconnaissante.
     
    Avec un soupir de soulagement, le combattant accepta de raccompagner la jeune femme jusqu’à la lice, afin qu’elle y puisse retrouver sa famille, et ajouta que c’était un plaisir d’échanger quelques mots en si charmante compagnie. Discrètement mais visiblement, les pommettes hautes de la noble s’enflammèrent. Et la Reyne ne pouvait bien qu’approuver. Il y avait  bien longtemps qu’elle n’avait pu faire la discussion avec de nouveaux esprits et plus encore lorsqu’il s’agissait de passagers d’autres régions. Le Val. La jeune femme se demanda vaguement comment c’était, mais sitôt la pensée l’avait-elle effleurée que le chevalier s’était approché pour ouvrir la tenture qui faisait office de porte et l’invitait galamment à sortir. Un frisson l’étreignit alors qu’elle posait pied dehors, comme si avec la tombée du jour, le froid s’était fait fort de reprendre le contrôle sur les terres baignées de pénombre. Et l’ambiance qui régnait sur le campement s’en laissait ressentir ; Alors qu’elle était arrivée, Catelyn avait été accompagnée des rires tonitruants et des éclats de voix graves des jouteurs qui avaient tôt fait de donner à l’endroit un « charme » qui, se disait-elle, était propre aux camps de cette sorte. Là, il n’y avait plus rien qui trahisse le calme du crépuscule, si ce n’est des murmures discrets et la lointaine rumeur des murailles engrossées d’allégresse.
     
    Avec assez d’intérêt, et alors qu’ils avaient commencé à se mouvoir au travers du camp enténébré et entravé de placidité, Even la questionna sur son attrait pour les sciences médicinales. Curiosité rationnelle, auquel la jeune femme se fit un plaisir de répondre, un franc et chaleureux sourire aux lèvres.
    « Il n’y a pas que la médecine qui me soit une passion, ser Even. Elle plongea son regard de nuit dans l’immensité des cieux, dont le velours sombre commençait à ses parer d’étoiles. L’astronomie ne m’est pas inconnue, de même que j’ai quelques connaissances en herboristerie. Des connaissances pour le moment basiques, mais qui ne manquaient jamais de troubler sa fratrie. J’ai toujours admiré le savoir-faire du mestre de Castamere, Perwyn, continua-t-elle, il n’était pas rare que j’échappe d’entre les griffes de ma septa pour aller le rejoindre et l’observer officier. Il m’est très vite apparu que c’était un avenir qui me serait à jamais hors d’atteinte, et j’en ai d’abord été révoltée. Les souvenirs remontaient à flot et l’enlaçaient avec ferveur. Si mon père n’avait pas été mon père, et ma mère toujours en vie, sans doute n’aurais-je jamais pu m’y pencher… Tristesse dans la voix car cet état de fait lui était d’une horrible réalité. Sa mère était une femme forte et moralisatrice pour qui le rôle des femmes n’étaient pas d’agir comme des hommes, ni pour des hommes, mais avec des hommes.  Ma famille m’a toujours soutenue dans ce que j’entreprenais. Si Perwyn a su prendre de gros risques, c’est parce qu’il connaissait mon père. »
     
    Ils croisèrent quelques groupes, quelques chevaliers isolés, dont l’homme qu’Even avait démonté un peu plus tôt dans la journée, qui les saluèrent respectueusement, pour la plupart fourbus de la journée qui venait de s’être déroulée. Les festivités commençaient doucement à toucher à leur fin, pour reprendre dès le lendemain de plus belle façon encore et intérieurement, Catelyn espérait avoir droit à quelques admirables passes. Sa famille n’était arrivée qu’en début d’après-midi et la jeune fille n’avait que peu profité des réjouissances, ce à quoi elle comptait bien remédier. « Et, si vous permettez, vous, Ser, avez-vous toujours voulu porter les armes, ou était-ce le dictat d’une antique tradition familiale ? La question était sincèrement intéressée, quoique teintée de malice. À l’ombre de ses cils, ses prunelles pétillaient. Je n’y comprends goutte, mais votre maîtrise m’a semblé totale, j’ai pensé que vous n’en étiez pas à votre première joute. Une autre question lui brûlait les lèvres, la plus cuisante d’entre toutes, et sûrement la plus indiscrète. Et pourquoi un maître d’arme dornien ? Ce n’est pas commun ! » La belle craignait d’avoir poussée trop loin ses curiosités et, moins que tout, ne voulait blesser ou gêner le chevalier. 
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Even Corbray
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Message Lun 1 Juil 2013 - 13:24

Even écouta tout en marchant la réponse que lui donnait la jeune dame concernant son étrange intérêt pour la médecine. Il apparut que lady Catelyn était une femme savante, très intéressée par ce qui relevait de la science. Un domaine habituellement exclusivement réservé aux hommes. Le chevalier avait déjà entendu sa mère dire que la gent masculine craignait de perdre son ascendant sur les femmes le jour où celles-ci auraient accès au savoir. Ce souvenir le fit sourire. Lady Arduina était un roc et un support essentiel pour son mari. Si elle n'avait pas été là lorsque Galbart avait perdu son frère aîné, nul doute qu'il se serait laissé sombrer dans la plus noire des dépressions, sans montrer le moindre désir d'en sortir. Une situation de laquelle ils étaient fort heureusement bien loin à présent.

« Vous avez eu beaucoup de chance. D'autres familles auraient sans doute pu très mal réagir à cette soif de connaissance qui est la vôtre... De mon côté, cela ne me surprend guère. Ma propre mère est une femme forte, qui manie l'arc presque aussi bien qu'un homme. Oh, n'allez pas croire pour autant qu'elle n'occupe pas le rang qui est le sien, et qu'elle se comporte comme quelqu'un de mon sexe. Le tir à l'arc est pour elle un loisir, et, selon ses propres dires, un moyen de s'assurer qu'elle saura se défendre si malheur devait arriver à notre demeure. Je suppose que cela doit venir de ses origines. Elle est née en tant que Mullendore de Hautesterres, dans le Bief, un fief qui a un pied dans les montagnes qui séparent cette région de Dorne. Vous savez sans doute à quel point le Bief et Dorne ont pu s'affronter par le passé, surtout pour les maisons limitrophes des deux régions. Cette volonté de toujours être paré à toute éventualité, et d'être prêt à repousser un adversaire doit sans doute venir de là.

Le Valois ne doutait pas que plus d'un noble aurait été surpris de voir une parfaite lady savoir aussi bien se débrouiller avec un arc. Le premier surpris avait été, à ce qu'on lui avait raconté, son propre père, lorsqu'il avait découvert les talents de sa nouvelle épouse peu après leur mariage. Si cela était assez atypique dans le Val, ce devait l'être d'autant plus dans son Bief natal, où les hommes étaient de parfaits chevaliers, et les femmes des dames raffinées... En un sens, il aurait fallu montrer sa mère et ses talents d'archère à ceux qui auraient jugé inappropriées les compétences de lady Catelyn.
Cette dernière laissa alors libre cours à sa curiosité en l'interrogeant elle aussi, sur des questions plus nombreuses que celle qu'il lui avait lui-même posée. Cela ne le dérangeait pas outre mesure. Parler de son expérience n'était pas gênant, et qu'elle le questionne sur Iafarr le fit sourire. Il était habitué aux interrogations de ce genre. A Dorne comme dans le reste de Westeros, cette alliance atypique qu'ils formaient avait très souvent suscité surprise et incompréhension. Sans doute tout cela n'était-il dû qu'à la chance. Si le Dornien n'avait pas laissé ses pas le guider durant son exil, pour arriver par pur hasard dans le Val avec des marchands, ayant là une occasion de trouver un peu de travail... Soit il fallait y voir là l'oeuvre des Sept, soit un hasard particulièrement heureux. Mais chaque chose allait venir en son temps, et il convenait de répondre dans l'ordre des questions qui lui étaient posées.


- Devenir chevalier était mon propre choix. Je ne suis que le plus jeune fils de la branche cadette des Corbray, et je suis donc bien loin de pouvoir prétendre au titre de lord. Cela n'a d'ailleurs jamais été mon but. J'ai toujours désiré protéger les miens et les faibles par mon épée. Pour moi, un paysan ne vaut pas moins qu'un lord, si tous deux sont des personnes honorables, et je suis tout à fait prêt à secourir l'un ou l'autre comme le dicte mon devoir. Je crains que trop peu de chevaliers à l'heure actuelle aient encore ce genre de convictions, ou alors une telle optique comme souci premier. La vie serait sans doute plus clémente pour tous si chacun vivait en bonne entente en prenant soin de son voisin. Vous allez peut-être me prendre pour un utopiste...

Even haussa les épaules. Il était conscient que ses convictions étaient idéalistes, et qu'il serait très compliqué de convaincre le plus grand nombre de se soucier des autres et pas seulement de soi. Tout comme il serait malaisé de faire respecter leurs vœux de chevalerie à tous ses pairs. Combien d'entre eux lèveraient le petit doigt pour se porter au secours des faibles face à une injustice criante ? Et si l'on regardait le simple chapitre des bâtards, que pour son honneur un chevalier devrait éviter d'engendrer, on voyait que la chasteté n'était pas le fort de la plupart d'entre eux. Bien sûr, il ne fallait pas non plus croire que tous les chevaliers étaient des hommes arrogants, seulement préoccupés par leur petite personne. Seulement, il y avait déjà bien trop d'hommes de cet acabit qui avaient prononcé leurs vœux de chevalerie, aux yeux de Valois. A quoi bon s'engager sur son honneur et prononcer des vœux si ce n'est pas pour les respecter ?

- J'ai déjà participé à quelques tournois, mais j'ai également eu de la chance lors de cette passe. Les Sept m'ont accordé la grâce de me soutenir. Une victoire aussi expéditive reste chose rare. Je ne peux pas me prétendre être le meilleur jouteur des Sept Couronnes, loin de là. J'apprécie prendre part à des tournois, mais j'espère également par ce biais devenir un meilleur combattant pour mieux servir ma maison et le seigneur du Val.

La même volonté qui l'avait attiré à Dorne, en somme. Ca, plus son désir ardent de découvrir le monde. Il était tout à fait conscient qu'une fois de retour chez lui, sa place serait là où son honneur le dictait. Il aurait probablement bien moins l'occasion de voir du pays, mais cela ne le dérangeait nullement. Il avait déjà pleinement conscience de la chance qui était la sienne. Quant au temps qui le séparait de son retour définitif à Cordial, il n'était plus si important que cela...

- En réalité, c'est un véritable concours de circonstances qui a placé Iafarr sur ma route. Il y a des années, il a été victime d'une injustice qui l'a forcé à s'exiler hors de Dorne. Il a donc erré sur les routes, cherchant du travail, de quoi employer au mieux ses capacités. Il a participé à la protection de marchands, moins regardants que d'autres sur ses origines qui inspiraient la méfiance, et leur route les a amenés dans le Val. Iafarr s'est fait remarquer alors que ces hommes étaient de passage à Cordial, et ma mère, qui désirait vivement que mon frère et moi-même soyons formés au maniement du plus grand nombre d'armes possible, lui a proposé de devenir notre maître d'armes. A la réflexion, il est étonnant qu'une femme originaire du Bief ait fait cette proposition à un Dornien. A moins qu'au contraire, connaissant leur habileté à la lance, elle n'y ait vu une opportunité. Ou encore, je ne doute pas qu'elle aie usé de son intelligence pour voir qu'il s'agissait là d'un homme en qui l'on pouvait avoir confiance, et que son origine importait peu. En bref, il est devenu notre professeur, et ce durant des années. En 200, il a enfin eu l'occasion de rentrer chez lui, et m'a proposé de l'accompagner pour que je me perfectionne encore dans le maniement des armes. J'étais alors nouvellement adoubé, et j'ai accepté, par désir également de voir du pays. Beaucoup de temps a passé, et Cordial et les miens me manquent. Je ne les ai que trop peu vus. Il sera bientôt temps pour moi de rentrer, en espérant être devenu un meilleur chevalier pour les servir. Ne vous fiez pas aux apparences : Iafarr est un homme rude, mais il a un bon fond, et il est loyal. Sous ses dehors bougons, il me manquera clairement lorsque je rentrerai chez moi. »


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Message Mar 16 Juil 2013 - 21:57

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    Le ciel d’encre s’étirait des abords du coucher de soleil jusque dans les limbes d’une profondeur abyssale. Dans la pénombre opaque, elle peinait à distinguer les traits son visage, et sa voix seule la berçait désormais de pensées profondes, et frisait à l’envie le calme du soir. Ils avaient continué à converser, tout en marchant, et voyaient maintenant se profiler l’imposante silhouette de la porte noire et des murailles du château de Cendregué, dont le crénelage sec dessinait dans l’horizon empourpré un motif sombre et régulier. Even était d’excellente compagnie, affable et ouvert, et c’était assurément un homme avec qui il était aisé, et plaisant, de converser. Ce qui n’était en rien fait pour rasséréner la lady, qui regrettait presque déjà le moment qui verrait leur séparation puisque, elle n’en doutait, il s’agirait probablement de leur première et dernière rencontre. Il était, à ses yeux, de ces rares hommes qu’on pouvait qualifier d’archétype, la chevalerie incarnée, dans toute sa splendeur. Bien sûr, Catelyn n’avait que peu côtoyé d’hommes – Aucun, en vérité. Mais elle n’était pas assez dupe pour douter du fait que tous n’avait pas la noblesse, ni la largesse d’esprit du valois.

    « Une femme forte reste une femme, rit-elle doucement, replaçant une mèche folâtre, dérangée par un courant d’air froid, derrière le creux de son oreille. Elle-même savait ce qu’on attendait d’elle et s’y pliait par devoir et par honneur. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir à cœur de gagner une indépendance qu’elle savait pourtant hors de sa portée. Catelyn était une lionne. Je ne peux que comprendre le sentiment qui anima dame votre mère alors, reprit-elle à voix basse, ce sentiment qui prend à la gorge, celui d’être dans l’attente, d’être reléguée à un rang qui ne nous sied pas. Ce n’est pas le genre de vie dont je rêve, bien que je n’aie pas les armes pour me battre contre. Ces armes, c’était le droit de choisir. L’homme qu’on lui donnerait en épousailles pourrait très bien se ficher de savoir si elle aimait lire ou débattre, tant qu’il la trouvait prête à écarter les cuisses le soir venu, ou accepter son tempérament de femme volontaire, forte et indépendante. Alors à défaut d’aiguiser une lame, j’aiguise mon esprit. Voilà une chose qu’on ne pourra jamais m’enlever. L’image était cocasse, mais juste. Si Catelyn avait pu porter les armes, elle l’aurait sans doute fait. Oui… J’ai ouï dire des conflits qui noyaient la frontière, et des dissensions qui existaient entre ces deux régions. Ça doit expliquer bien des choses, en effet... »

    Le chevalier s’était volontiers prêté de répondre aux questions de la très jeune demoiselle qui se tenait à ses côtés, et de qui la curiosité naturelle ne semblait jamais tarir. Elle fut rassurée de voir qu’elle ne s’était pas montrée par trop indiscrète, et maudissait quelques fois son cruel manque de tact. Cette candide impulsivité se lisait aisément dans le creux de ses prunelles, d’une flamme dansante d’intérêt et brûlante de candeur que ravivait les éclats généreux d’une insatiable soif de connaissance. Mais pas seulement, puisqu’elle n’était également jamais la dernière à donner son avis, qu’il plaise ou non à ses interlocuteurs. Son père espérait que cette sordide habitude lui passe avec l’âge, mais force était de constater qu’elle ne faisait que s’affiner, s’aiguiser. Elle gagnait en finesse, pas en pudibonderie.

    « Utopiste, oui, à n’en pas douter. Il était, à ses yeux, vain de croire qu’il y avait assez de bonté en chacun pour qu’un état de pareille félicité s’instaure de lui-même. Sûrement était-il tout aussi vain de croire que sa seule volonté pouvait changer ce que la naissance avait offert à son sexe. Mais c’est tout à votre honneur. Je connais peu de personnes capables de faire preuve d’autant d’abnégation, ou d’accorder autant d’importance à leurs vœux. Elle trouvait cet état de fait bien triste, par ailleurs. Le chevalier  ne l’étonna guère, en lui apprenant, qu’en effet, ce n’était pas la première fois qu’il participait à des joutes. Il ajouta cependant que l’expérience n’avait rien à envier à la chance, et que dans cette passe, les Dieux avaient dû poser sur lui un regard bienfaiteur. Si les Sept vous l’ont accordée, c’est que vous deviez la mériter, j’en suis intimement persuadée ! Elle sourit chaleureusement, bien qu’il ne puisse sûrement pas le remarquer. Avez-vous déjà remporté un tournoi ? »

    Le chevalier renchérit aussitôt après sur sa rencontre avec Iafarr, son maître d’arme. Elle écouta avec attention l’histoire qu’il lui contait – une belle histoire, par ailleurs – et ne l’interrompit pas jusqu’à ce qu’il ait fini lui laissant le cœur et  l’esprit plein de réflexions. La mère d’Even semblait être d’une intelligence rare et, à dire vrai, Catelyn aurait eu grand honneur à pouvoir la rencontrer. Sans pourtant la connaître, elle semblait éprouver une sorte d’admiration pour cette mère et épouse qui se voulait robuste et opiniâtre. Le souvenir flou de sa propre génitrice ne lui avait laissé qu’un souvenir aigre-doux qu’elle s’était fait un plaisir de reléguer au passé.

    « Il est d’une rare intelligence d’avoir su outrepasser ces conflits qui ont ensanglanté ses terres pour accorder sa confiance et la grâce de son enseignement à un homme qu’elle aurait toutes raisons de haïr. Combien n’auraient pu ? Il semblerait que les Sept l’ait placé sur votre chemin dans ce but, peut-être est-ce ça que votre mère aura su voir… Il lui avait expliqué s’être rendu à la suite de son maître d’arme, avait exprimé son regret de Cordial et de sa famille, qui lui manquaient ce qu’elle comprenait aisément. Elle n’avait jamais été vraiment séparée d’eux, mais un jour viendrait nécessairement où il lui faudrait dire adieu à ses terres chéries, et peut-être à jamais. Je n’en ai jamais douté, Ser. Il y a beaucoup de méfiance dans son regard, mais aucune méchanceté. Et je suis sûre qu’il vous aura transmis l’expérience nécessaire pour faire honneur aux vôtres et servir votre famille. Titillée, la jeune femme se permis de couler sur un sujet moins sensible, peut-être moins grave, mais qui l’intéressait tout autant. Vous avez visité Dorne, donc ? Comment est-ce ? »
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Message Dim 4 Aoû 2013 - 18:45

La plupart des chevaliers auraient été gonflés de fierté d'annoncer qu'ils avaient gagné un tournoi. Even, pour sa part, aurait surtout apprécié l'honneur que cela aurait été pour lui, et qui aurait pu rejaillir sur les siens. Néanmoins, il ne se considérait que comme un humble jouteur, qui avait bien d'autres hommes plus compétents au-dessus de lui. Il n'était pas mauvais, loin de là, mais il ne se considérait pas comme faisant partie de l'élite des jouteurs du royaume. Il n'avait encore jamais remporté de tournoi, mais il ne concevait nulle honte à l'avouer.

« Malheureusement, je n'ai jamais été suffisamment doué pour remporter un tournoi. J'essaie avant tout de me comporter en chevalier, de faire honneur aux miens, au Val et à mon adversaire en donnant toutes mes forces à chaque fois.

Quelle plus grande insulte cela pouvait-il être pour un adversaire que lorsque l'on ne se donnait pas la peine de donner le meilleur de soi-même ? Cela signifiait que l'on sous-estimait l'autre, et qu'on ne le croyait pas digne de ses efforts. Le Valois ne put que sourire des compliments que fit lady Catelyn au sujet de sa mère. Sans doute le caractère et l'intellect de cette dernière avaient-ils largement joué un rôle dans la totale ouverture d'esprit dont elle avait fait preuve au sujet de Iafarr. Il fut également satisfait de savoir qu'elle n'avait pas été choquée par le comportement du Dornien. Lorsqu'on ne le connaissait pas, on pouvait facilement prendre ombrage d'un caractère aussi bourru. Tout naturellement, la jeune femme posa la question à laquelle le chevalier s'était habituée dès qu'il sortait du pays des sables. Parfois, la question était posée avec mépris, d'autres fois avec une curiosité authentique, mais il était rare que Dorne laisse quelqu'un insensible.

- Extrêmement chaud.

Even rit brièvement à ces mots. C'était le moins que l'on puisse dire, et sans doute la réponse à laquelle tout un chacun s'attendait ! Mais pour quelqu'un originaire du Val, une région qui pouvait se montrer presque aussi froide et neigeuse que le Nord, passer dans le désert brûlant avait été une véritable épreuve. Il s'en accommodait mieux à présent, mais dire qu'il ne retrouvait pas le reste de Westeros avec un certain soulagement aurait été mentir. Il n'était pas fait pour les chaleurs torrides, et jamais il ne pourrait rivaliser avec les Dorniens sur ce chapitre.
Plus sérieusement, il se ressaisit pour faire à lady Catelyn une réponse plus substantielle. Le calme qui les entourait était véritablement propice à la discussion, une trêve bienvenue dans l'agitation des joutes.


- C'est un pays rude, brûlant, fait de dunes et de sable, avec de nombreuses bêtes tueuses qui rôdent dans le désert. Mais il possède également son charme et sa beauté. Lancehélion notamment vaut que l'on s'y intéresse. Et puis la mer... Elle semble bien plus belle et claire là-bas qu'elle ne l'est dans le Val, où elle est plus froide.

Résumer Dorne en quelques mots aurait été impossible, et la question de la jeune dame était vaste. Le plus difficile était surtout de rendre la vérité dans la mentalité des gens, en faisant fi des à-prioris. Certains étaient mérités, certes, mais pas tous, et faire des généralités ne donnait jamais rien de bon.

- En ce qui concerne le peuple... Ils sont à l'image de leurs pays, j'imagine. On les dit rudes et violents, et ils le sont, assurément. Les femmes peuvent se battre, comme cela a cours au Nord également. Mais ils savent toutefois faire preuve d'hospitalité et de bonté. Tous ne sont pas comme ces sauvages que l'ont se plaît à décrire. Quant à leur notion de l'honneur... Bien évidemment, elle va à l'encontre de ce que nous autres apprenons, en quelque sorte. Ils en ont leur propre appréciation, je suppose. Dans un environnement dangereux, tous les coups sont permis pour survivre. Concilier l'apprentissage de la lance et enseignement chevaleresque n'est pas chose aisée, mais je m'y attelle de tout cœur.

Even ne pouvait pas nier qu'endosser l'armure lourde et complète des chevaliers était difficile lorsqu'on avait pris l'habitude de porter des tenues légères pour s'entraîner au milieu de la fournaise. Toutefois, il ne mettait guère de temps à reprendre les bonnes habitudes. Après tout, cela pouvait s'apparenter à une seconde peau protectrice qu'il avait appris à porter depuis ses débuts d'écuyer. Ce n'était qu'une habitude à reprendre, et il ne pourrait se prétendre chevalier s'il n'agissait pas comme tel.

- Et puis, il y a la nourriture, bien sûr. Elle diffère également de ce à quoi nous sommes habitués ici. Il y a beaucoup d'agrumes, de fruits secs, de viande maigre comme le chevreau ou exotique comme du serpent. Je ne sais si votre palais supporterait leur assaisonnement : c'est extrêmement piquant. J'ai mis moi-même un temps extraordinairement long à m'y faire, et dans les premiers temps j'avais littéralement l'impression d'avoir la bouche en feu. Mais à cela aussi, on finit par s'habituer.

Le Valois s'interrompit. A vrai dire, il avait calqué son pas sur celui de la jeune femme, mais il ne savait exactement où ils devaient se rendre. Sans doute était-elle bien plus au fait de l'endroit où ils pourraient trouver les siens. Le chevalier jeta un regard sur les alentours. Les tentures colorées perdaient de leur éclat dans la pénombre, mis à part là où des feux brûlaient, jetant des taches de lumière sur les tentes, qui tranchaient alors avec la couleur indistincte des ténèbres. D'instinct, il fit jouer son épaule précédemment démise, avec précaution, comme pour vérifier que tout allait bien. Le lendemain serait une journée de joute, et mieux valait que tout se passe pour le mieux. Il devrait faire attention à ne pas se forcer.
Se tournant vers lady Catelyn, il l'interrogea du regard. Il n'y avait qu'à espérer que le hasard de leur marche tout en discutant ne les avait pas conduits dans la mauvaise direction ! La main gauche tranquillement posée sur le pommeau de son épée, il semblait offrir une image délicieusement rassurante et protectrice. Le parfait garde personnel, en somme.


- Où se trouvent les vôtres ? J'avoue totalement ignorer quelle direction nous devons prendre. »


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Entre les serres du corbeau, le cœur du lion.

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