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Un chasseur sachant chasser, chasse sans choir [Olivir]

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Message Mer 24 Avr 2013 - 20:41

L'an 204 était une année comme une autre pour beaucoup de personne. On naissait, on grandissait, on vivait et on mourrait à Westeros comme partout à travers le monde. Et la vie continuait pour autant. C'était le cas de Mycah. Mais attention par n'importe quel Mycah. La version jeune de lui. Celle qui du haut de ses dix-huit ans dominait le monde. Ça faisait aujourd'hui presque un an que son maître était mort. Son maître … Son professeur plutôt. Celui qui l'avait récupéré dans les faubourgs de Lancehélion, celui qui lui avait tout appris de l'art de la chasse. Le vieil homme bourru de l'orage qui avait trouvé la mort dans le Nord alors qu'il avait décidé d'emmener son jeune élève dans un pèlerinage. Un chasseur se doit d'affronter au moins une fois les contrées du Nord disait il. A son âge voilà que lui même n'y avait pas survécu. Triste ironie.
Enfin voilà qu'il s'était retrouvé livré à lui même, le mettant dans un état second. Son esprit mêlait à la fois peur de l'inconnu et aussi cet incroyable sentiment de liberté, liberté de pouvoir aller où il le chantait. Tout naturellement son instinct avait comme d'habitude choisit la solution certes la moins raisonnable mais qui au moins le contentait. En effet il s'était rendu libre de redescendre tranquillement le long de la Route Royal, d'auberge en bordel, sans jamais se fatiguer. Toujours à dépenser le maigre pécule que son maître lui avait laissé. Mais bon ne le jugez pas trop vite, il buvait à sa santé tout de même.
Mais voilà à force de ricaner et de prendre son temps, de s'amuser et de se détendre. Le jeune Mycah à l'esprit immature s'était rapidement retrouvé sans le sous et surtout surtout dans de beaux draps. Car voilà qu'il se trouvait dans le Conflan sans un cerf d'argent et surtout sans vraiment savoir quoi faire. Il n'était pas son professeur, il n'avait pas cette connaissance des lieux, des gens et des combines qu'un chasseur peut utiliser pour se faire de la monnaie sonnante et trébuchante.
Voilà pourquoi le jeune Dornien finit ses journées à errer dans sur la terre des rivières et des collines à grappiller de la nourriture là où il le pouvait, cherchant un travail que ses mains pourraient accomplir.
Le salut lui apparut sous la forme d'un homme plutôt dans le genre gros et gras pour un roturier. Enfin bref là n'est pas l'important. Le gros homme donc se trouvait être un boucher plutôt renommé d'un bourg proche d'Harrenhal. Et c'est pas un concours de circonstance que Mycah se trouva à lui raconter ses mésaventures et surtout son apprentissage de chasseur. Sans attendre une seconde de plus le commerçant sentant venir l'affaire du siècle s'était approché avec ses yeux de bœuf – ironique pour un boucher non ? - du chasseur et lui avait proposé un marché qu'il ne pouvait refuser.
Il avait divers trucs comme tout bon négociateurs pour se faire refourguer de la viande bon marché afin d'asseoir sa prospérité. Mais l'un des dernières venaient hélas pour lui de s'écrouler. Car en effet pour se fournir en gibier, et il n'avait pas honte de l'avouer, l'homme s’accoquinait avec des braconniers. Manque de chance celui qui lui ramenait de quoi vendre du gigot sous le manteau avait apparemment passé l'arme à gauche au cours d'une chasse à court où il avait été la proie. Pas très étonnant quand on entend les rumeurs sur les propriétaires de ce château en ruine.
Enfin il avait besoin de matière première et rapidement et Mycah lui demandait de l'argent. Ils étaient donc fait pour s'entendre. Le Dornien avait hésité quelques temps. Son maître lui avait souvent parlé de la braconne. Il l'avait d'ailleurs déjà fait plus d'une fois avec son élève sous le bras. Mais toujours il lui avait répété que c'était une pratique peu raisonnable et surtout dangereuse.
Le chasseur avait ainsi attendu presqu’île après midi à simplement boire des bières et observer son arc, le regard dans le vide et l'hésitation pendante. Pour la première fois le fantôme de son « père » adoptif venait le hanter. Au final l'alcool aidant, il se dit que le meilleur moyen de lui rendre honneur était de prouver ses capacités de chasseur. Ainsi il accepta la proposition et en moins de temps qu'il ne fait pour le dire, le jeune Mycah se retrouvait dans les forêt qui entourait l'Oeildieu.

Il traquait et épiait tout ce qu'il pouvait, chassait sans encombre tout en prenant bien soin de ne pas lui même se faire remarquer. Il continua ainsi pendant quelques jours, trouvant que c'était un gagne pain bien facile. Trop facile. En effet un jour, tapi au coin d'un arbre, son arc court bandé au possible, il tira une flèche qui coupant l'air dans un sifflement perçant, atteignit le cœur d'un faisan. Maigre proie mais c'était toujours ça pour un début de journée. Au final il rembarra son carquois dans son dos et l'arc à la main le dos légèrement voûté, il commença à filer à travers les buissons et autres fougères pour récupérer son trophée. Chose qu'il ne put jamais faire puisque d'un coup de léger craquement de bois lointain et peut être même des voix le firent déguerpir rapidement. La peur le prenait à la gorge au point qu'il en oubliait tout acte de vigilance, n'effaçant plus ses traces et surtout oubliant sa flèche encore plantée dans l'oiseau. Sa magnifique flèche qu'il traînait avec lui depuis sa terre natale depuis les sable de Dorne. Une flèche comme jamais on n'en avait vu dans ses terres du nord.
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Message Sam 27 Avr 2013 - 10:52

Olivir s’était préparé depuis plusieurs années à devenir le Maître-Dresseur de Harrenhal. D’aucuns diraient même qu’il l’était officieusement depuis plusieurs lunes, tandis que la condition du vieil Evran diminuait, l’empêchant de remplir correctement ses tâches ; Lord Manfred ne s’y était d’ailleurs pas trompé, et s’adressait directement à lui lorsqu’une question animale devait être soulevée, ou une chasse organisée. Les assistants eux-mêmes, quoiqu’à contrecoeur, avaient appris à suivre les ordres du chasseur trapu, sans toutefois se priver de rappeler qu’il n’était pas leur supérieur – ils craignaient trop qu’une maladresse de leur part attire l’attention d’un des nobles de la Maison Lothston, et savaient que la compétence d’Olivir était largement supérieure à la leur.

Mais l’officialisation de son statut n’était venue qu’il y’a moins d’une Lune, lorsque son vieux maître avait paisiblement rendu l’âme, ses douleurs atténuées par des décoctions de lait de pavot préparées par Mestre Sydney. Pas de grande cérémonie de couronnement, bien sûr, juste un mot de Lord Manfred et Lady Danelle pour lui rappeler les tâches qui étaient les siennes, et qu’il connaissait déjà par cœur à force de pratique. A peine quelques instants, et il avait pu se remettre au travail, sachant désormais que c’était lui qui serait sanctionné pour les erreurs de ses assistants.

C’était d’ailleurs son principal sujet d’inquiétude : aucun des hommes ou des gamins à son service ne semblait ni particulièrement compétent, ni très intéressé par les questions de dressage et d’élevage. Lui et Evran étaient les seuls chasseurs efficaces, capables de suivre la piste d’une meute et de l’éliminer ou de l’effaroucher, mais il ne pouvait pas non plus compter sur ses seconds pour exécuter correctement certaines tâches qui incombaient normalement à un palefrenier ou à un fauconnier. Il devait en permanence contrôler leurs travaux, et les corriger, puis leur expliquer leur erreur, et se voir opposer un regard dans lequel perçait ignorance, stupidité, manque de motivation ou une combinaison des trois. A plusieurs reprises déjà il avait du se retenir d’envoyer son poing dans un visage narquois ou insolent, et il songeait déjà à demander aux Lothston de lui assigner une nouvelle équipe, tant l’actuelle atteignait les tréfonds de l’inutilité. Le problème était que les hommes motivés à l’idée de venir vivre dans la forteresse maudite ne couraient pas les rues, et que ceux qui acceptaient étaient parfois les fainéants plus attirés par la perspective d’une vie sûre qu’effrayés par les rumeurs sur les exactions des maîtres des lieux, qu’Olivir savait du reste être complètement infondées. Tout au plus Lady Danelle était-elle excentrique, mais jamais elle n’avait bu le sang de quiconque. A moins qu’elle ne cache particulièrement bien ses proies.

Au milieu des affres des positions à responsabilité, le jeune maître-dresseur ne trouvait guère de réconfort que dans le temps qu’il pouvait passer en pleine nature. Comme ceux censés l’assister étaient tout à fait capables de s’égarer à l’intérieur de la forteresse, même après y avoir vécu pour plusieurs années, il était le seul à s’assurer que les forêts demeuraient assez giboyeuses pour contenter les chasseurs, mais point trop pour que les paysans ne soient pas confrontés à des hardes de sangliers qui dévasteraient leurs champs, ou à des invasions de lapins gloutons. C’était la leçon qu’Evran s’était le plus efforcé de lui enseigner, montrant les ravages que pouvaient causer tant un abattage excessif des nombreux ongulés qui vivaient autour d’Harrenhal que la destruction systématique des loups et des renards qui peuplaient eux aussi les environs. Il lui racontait souvent que les différentes espèces animales se comportaient comme les pierres d’une muraille : si l’on changeait leur taille, on déséquilibrait l’ensemble de la construction, et tout pouvait s’affaisser, nécessitant de repartir de zéro.

Ces derniers temps, les loups se faisaient plus pressants, et le nombre de cerfs avait chuté. Aucune attaque lupine n’avait encore été recensée à Ville-Harren, mais si les proies continuaient à disparaître à ce rythme, Olivir jugeait que cela ne tarderait pas. Ces grands canidés étaient des prédateurs intelligents, qui savaient qu’un faon ou un daim étaient des proies plus nourrissantes et moins aptes à se défendre qu’un villageois ou qu’un paysan armé de sa fourche. Mais la faim était le plus puissant des moteurs, et si une meute se retrouvait affaiblie par les privations, ils ne tarderaient pas à aller rôder près des villages à la recherche de personnes isolés ou d’enfants intrépides. Or à Harrenhal, non seulement ce genre d’événement provoquait la traditionnelle terreur collective qui poussait les gens `a se barricader chez eux dès la tombée de la nuit, mais le blâme retombait inévitablement sur les Lothston, car à coup sûr, c’étaient eux qui avaient attiré les bêtes avec leurs sacrifices humains ; ou alors les Sept avaient-ils décidé de s’attaquer aux rares âmes assez courageuses pour continuer à résider près de l’abomination maudite qui s’élevait au milieu du Conflans, et que les dragons n’avaient pas tout à fait permis d’éliminer.

Les châtelains avaient pris l’habitude de se détacher de l’opinion du petit peuple, ce qui était sans doute la seule réaction intelligente face aux croyances et aux superstitions, jugeait Olivir. Mais ils souhaitaient autant que possible que la crainte reste crainte, et ne devienne pas terreur, panique ou sédition, autant d’états aussi improductifs que dangereux tant pour les habitants eux-mêmes que pour l’autorité de la Maison Lothston. Que le paysan baisse la tête ou prie les Sept en voyant son Lord passer avec sa suite, c’était une chose. Qu’il abandonne son champ et se calfeutre dans sa masure dès qu’il apercevait le blason frappé d’une chauve-souris noire, et du temps était perdu, et des récoltes gâchées. Aussi ces problèmes de loups étaient-ils plus importants à régler qu’ils n’y paraissaient de prime abord. En particulier, décision avait été prise de faire la chasse aux braconniers de tout poil, dont les collets en particulier contribuaient à aggraver la pression des meutes de prédateurs. Ce jour-là, Olivir n’était pas parti avec l’intention d’épingler un de ces fauteurs de troubles : il souhaitait simplement s’assurer que les forêts qui entouraient l’OeilDieu commençaient à se renouveler, car il avait fait plusieurs rondes sans même trouver de traces de cerfs ou de daims, les sangliers seuls semblant résister à la prolifération des loups. Si possible, il aurait volontiers abattu un des jeunes de deux ans qui dispersaient pour fonder sa famille : il s’agissait du moyen le plus efficace de contenir la multiplication en attendant une battue qui éliminerait le couple alpha, et c’était l’époque à laquelle ils quittaient leurs parents et se retrouvaient livrés à eux-mêmes, cibles inexpérimentées qui avaient moins de chance d’échapper à l’œil averti du chasseur. Son arc et son carquois sur le dos, Olivir progressait dans une forêt silencieuse, les yeux rivés sur le sol, à la recherche de traces de pas ou d’excréments marquant un territoire.

Mais il entendit soudain des bruits, bruits qui n’avaient rien de sauvage ou d’animal. Il y avait un homme non loin, et il s’éloignait rapidement. Personne n’ayant rien d’honnête à faire dans les bois à un moment pareil, le maître-dresseur comprit de quel genre de personne il s’agissait. Se mettant à courir agilement entre les buissons, il trouva rapidement un faisan traversé de part en part par une flèche dont l’empennage lui était tout à fait étranger. Après qu’il eut extrait le projectile du cadavre, il se remit en chasse, parvenant rapidement à discerner une silhouette fuyant à travers les buissons. Lorsqu’il se sentit à distance raisonnable, il s’arrêta, saisit son arc, le banda et cria :

« Arrête-toi ou je te plante ! »

Il n’était pas certain de toucher une cible mouvante, mais était tout à fait prêt à tenter sa chance. Il avait fait sa sommation, et n’avait plus aucun scrupule à tirer désormais. Si le fuyard ne souhaitait pas mettre sa vie entre les mains de la compétence en archerie d’Olivir – ou plutôt entre les mains de son manque de compétences – il savait ce qu’il avait à faire.
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Message Ven 10 Mai 2013 - 12:47

C'en était ainsi. Les choses ne devaient jamais bien se passer. Mycah cavalait maintenant dans la forêt, prenant buissons, fougères et racines dans les pieds et les jambes alors que son visage et son torse se laissaient vaguement fouetter par des branches environnantes. De toute façon, ce n'était pas comme si il se sentait d'humeur à faire attention à son environnement où aux coups portés à son corps de fugitif. Car oui, pour le moment c'est bien tout ce qui comptait pour lui être un fuyard. Au moins un couard aussi lâche soit il était en vie et c'est bien la seule chose qui comptait. L'honneur, les vœux et les croyances, un tas de de pensées superficielles qu'un chasseur roturier de surcroît ne pouvait se permettre d'avoir. Il courrait, il enjambait, sautait à droite à gauche sans le moindre remord car il savait les problèmes arriver et dans son esprit ce petit jeu était clair, vous pouviez respecter les règles de l'art et de la fierté comme vous le vouliez, face à la mort, soit vous détalez soit vous vous battez sans gloire ni honneur, juste pour votre survie.
Si l'on en suit ce code d'honneur si personnel, il n'y avait aucune surprise à sa réaction lorsque le maître chasseur de ces terres s''était finalement trouvé sur son chemin. La voix le stoppa net dans son élan au point qu'il dût attraper un branche pour se retenir de voler en l'air prit entre les feux de sa course folle et ceux de la surprise de cette mise en demeure.
Son équilibre à peu près retrouvé et par un réflexe malheureux qui n'eut pas l'idée de lui dire de continuer à cavaler sans réfléchir si il ne voulait pas perdre sa main, il retourna sa tête pour voir ce qui l'avait ainsi menacé. Là bas, derrière un entremêlement de végétations bordélique, à une simple portée de flèche, un homme le fixait de ces deux prunelles qui semblaient d'ici bien sombres et devant lui ses tenait bander à l’extrême et n'attendant que d'être relâché un arc armé d'un trait.

Ce fut comme si le temps s’arrêta, c'était la première fois de sa jeune vie qu'il était ainsi mis en danger. Seul face à un homme qui le menaçait de le tirer comme un simple animal. Et comme pour toute première fois qui se respecte, Mycah perdit ses moyens. Ne me demandez donc pas pourquoi il réagit ainsi mais en une fraction de seconde, il reprit le contrôle total de son corps et la première idée qui lui passa par l'esprit lui sembla être la bonne. De tout son poids il s’élança aussi rapidement qu'il pouvait face contre terre, s'écrasant et se roulant pas défaut dans un mélange de boue et de feuilles mortes. Sans perdre une seconde il écarta son visage tenter de le tourner sur le côté afin de pouvoir laisser passer dans cet immonde mélange un filet d'air. Peu utile puisque sa respiration se coupa aussi sec lorsqu'il crût entendre le sifflement d'un flèche perçant l'air juste au dessus de lui.
Ça n'était peu être que son esprit qui lui jouait des tours, le vent dans les bois sifflait souvent en traversant telle ou telle branche fendu. La peur du moment ne l'aidait en rien à faire la différence.

Dans tout les cas il prit donc ce fait comme réel et sans se poser de question il commença à gigoter dans tout les sens afin de ramper au plus loin qu'il pouvait. Après quelques minutes de panique totale, il s’arrêta, tout était redevenu calme au possible et le jeune chasseur ne fit que calculer alors l'avance qu'il avait pu prendre. Pas énormément hélas et la longue traînée de terre creuser par son passage qu'il laissait derrière lui n'était pas vraiment plus discrète.
Il lui fallait une solution et vite, tout du moins il fallait qu'il bouge vite et sans bruit. Il se remit sur ses deux pieds et resta accroupi, son arc court quitta son dos et une flèche prit place, entrelacée entre le bois et les doigts du chasseur prêt à viser. Il avança ainsi assez rapidement en observant sans cesse tout autours de lui, il se sentait traqué comme une bête, de chasseur il était passé chassé et le fait d'en être réduis à ni plus ni moins qu'un cerf ne lui plaisait guère.
Chacun de ses sens était à l'affût, il ne faisait plus le moindre bruit, amortissait chacun de ses pas, ne cassait rien, ne brisait rien, ne laissait – il l’espérait – aucune trace de son passage. Problème, il ne savait absolument pas où il se trouvait actuellement. Son maître lui avait toujours appris qu'un chasseur devait avant tout connaître son terrain. Le vieil connaissait ainsi pour preuve chaque recoin du Bois du Roi et lorsqu'il se trouvait à chasser dans une autre région, il passait toujours au moins trois bonne journée à arpenter discrètement le lieux qui serait son futur gagne pain ou garde manger.
Mais pas Mycah bien entendu, trop tête brûlée, trop impatient, trop jeune. Lui avait foncé tête baissée et voilà la situation dans laquelle il se retrouvait.
Entre deux tours sur lui même, il finit par cogner son dos contre un arbre, un sursaut de première catégorie passée et une crise cardiaque toute proche évitée, il se retourna pour observer le majestueux maître des forêts. Une idée lui vint en tête peut être était ce la meilleure ou la pire de la journée. Il rengaina ses armes et suite à une dernière vérification des alentours, il recula de quelques pas, pris son élan puis sauta aussi qu'il pouvait, assez haut pour au moins attraper une branche basse de ce géant. Usant de toute sa force et surtout de son agilité il réussit à se frayer un chemin dans ce labyrinthe de bois pour finir par tomber sur une branche plutôt large pour qu'il y prenne place. Ni trop haut, ni pas assez. Juste assez pour observer sans être vu si l'on ne levait pas les yeux au ciel.
Il reprit son arc, fier de idée, presque sûr de pouvoir s'en sortir. Il assura ses prises, prépara son arme et se rendit aussi invisible que possible, les yeux rivés sur le petit champ d'action qui s'étendait face à lui. Il attendrait, il attendrait aussi longtemps qu'il le faudrait. Si il ne venait jamais, il partirait d'ici la nuit et ne reviendrait jamais. Si il croisait son chemin, il le laisserait s'enfoncer un peu plus dans la forêt et filerait à l'anglaise. Peut être même tenterait il de le tuer, d'une flèche bien placée.
Dans tout les cas, il n’espérait qu'une chose qu'il ne le voit pas ou la journée pourrait être bien longue. Entre ses dents quelques mots sifflèrent dans un murmure.


Allez ! Viens !



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Message Mer 15 Mai 2013 - 8:06

Olivir ne savait pas à quoi s’attendre de la part de ce mystérieux braconnier aux flèches exotiques. Il en était venu à connaître les méthodes de ceux qui écumaient les environs, même s’il ne pouvait pour ainsi dire pas prétendre les connaître personnellement. Non qu’ils lui échappent systématiquement, mais ceux sur lesquels il mettait la main avaient tendance à subir des châtiments de la part des seigneurs des lieux qui mettaient un terme définitif à leur carrière, quand ce n’était pas, pour les récidivistes, à leur existence. Avec une main de moins, la précision et l’efficacité des tireurs à l’arc avaient une fâcheuse tendance à nettement diminuer.

La sienne trembla d’ailleurs, ou bien l’autre avait-il des réflexes fantastiques, c’était difficile à dire. La flèche se planta à l’endroit où le fuyard s’était trouvé quelques instants plus tôt, et Olivir jugea que, sans cet affaissement salvateur, il l’aurait eu en plein coeur, ne lui laissant guère de chances d’être interrogé. Il lui était déjà arrivé de tuer des braconniers, deux fois pour être précis, et il n’en avait jamais eu l’intention, mais sa précision laissait parfois à désirer, et si dans l’immense majorité des cas ses tirs se perdaient malencontreusement dans la verdure, il avait touché une fois une gorge, et une fois une poitrine, ne se laissant aucune chance de ramener sa victime jusqu’à la forteresse pour que mestre Sydney le rafistole en attendant son jugement. L’autre profita de son échec pour détaler, et tout en se maudissant à voix basse, le maître-dresseur enfourcha un nouveau projectile dans son arme et avança lentement près de la marque de son tir manqué afin de la récupérer. Il vit au sol de très nettes traces, trahissant l’avancée de sa cible et resta quelques instants caché derrière l’arbre qu’il avait touché, tentant d’entendre un bruit l’informant de la présence de l’étranger.

Il supposait pouvoir au moins compter sur l’avantage lié à la connaissance du terrain. Qui que soit celui qu’il traquait, il avait commis un impair en ne récupérant pas son projectile, et si sa rapidité de déplacement trahissait un homme jeune et plein d’énergie, il ne devait pas se sentir tout à fait chez lui dans ces bois. Il ne connaissait pas les sentiers, les buttes et les cuvettes, les grottes offrant un couvert bienvenu ou au contraire les clairières dégagées, qu’il valait mieux fuir comme la peste lorsque l’on avait un archer à ses trousses. Il se fiait sans doute à son instinct dans un moment pareil, et cela pouvait s’avérer salvateur tout autant que destructeur. Le chasseur reprit donc sa course, cherchant les indices de passage qui finissaient toujours par apparaître, inévitablement. Il avait réussi à suivre des loups et des biches, il était exclu qu’un homme puisse échapper à sa vigilance. Le faible niveau de traces indiquait une avancée lente plutôt que précipitée, et Olivir adopta le même rythme, son arme toujours en main, prêt à planter tout mouvement soudain. Il ralentit sa respiration, s’assurant que l’excitation du moment ne prenait pas le contrôle de ses gestes. Il était à domicile, il avait l’avantage, et n’avait donc nul besoin de recourir à la chance et à l’improvisation, qui lui feraient plus de bien que de mal. Seuls comptaient la logique et l’efficacité.

Il marquait régulièrement l’arrêt, un faible écho de bruits de pas ou de mouvements de végétation l’informant qu’il était toujours sur la piste, lorsque ce n’était pas un carré d’herbe écrasée ou une légère empreinte dans la terre meuble. Il n’était pas pressé, et préférait mille fois être dans le rôle du prédateur que dans celui de la proie. Celui qu’il poursuivait était armé, mais tant qu’il cherchait à s’éloigner de lui, cela signifiait qu’il n’avait pas l’intention d’engager le combat. Il arrivait de temps à autre qu’Olivir rencontre un braconnier belliqueux, dans l’esprit duquel la meilleure façon d’éviter un mauvais sort du main des Lothston était d’éliminer leur maître-dresseur. Malheureusement pour eux, cela rendait aussi leur châtiment bien plus douloureux, et même bien plus mortel. Au lieu de couper la main, on tranchait la tête. Ou l’on pendait. Il y’avait une ligne blanche à ne pas franchir : celui qui braconnait faisait – généralement – cela pour se nourrir. Il était puni, plus ou moins sévèrement suivant le flagrant délit ou la récidive, mais à moins d’avoir été pris pour la énième fois ou d’avoir tué une bête de valeur (comme cet archer imbécile qui avait abattu un des limiers lors d’une chasse, le prenant pour un loup), il échappait à la peine capitale. Mais viser Olivir, c’était s’attaquer à un homme de la Maison Lothston, cela devenait personnel, et la correction, nécessaire. Or, sans surprise, la clémence n’était pas la première des vertus des occupants de Harrenhal. L’humeur qui régnait dans la forteresse n’encourageait pas la compassion, c’était un nuage gris, noir, qui assombrissait les humeurs. Beaucoup ne le supportaient pas et quittaient les lieux. Ceux qui restaient étaient endurcis.

Des bruits inattendus parvinrent aux oreilles attentives du maître-dresseur. Des bruits de branches, des feuillages qui bruissaient, qu’aucun animal vivant dans un arbre ne serait assez imposant pour provoquer. Jugeant improbable qu’un écureuil géant ait décidé de faire sien le Bois du Roi, il conclut que sa cible avait trouvé refuge dans les hauteurs, une décision dangereuse tant pour lui que pour celui qui le poursuivait. Car si la retraite était désormais bien plus délicate, il disposait sans doute d’un lieu parfait pour viser sans être vu. Olivir avança prudemment, trouvant refuge derrière chaque tronc digne de ce nom. Il ne connaissait pas chaque arbre de la forêt, mais avait une idée assez précise de ceux que le fuyard aurait pu choisir. Il finit par approcher d’un imposant chêne, dont les premiers branchages placés bas offraient des prises faciles à un homme agile. Le chasseur tendit l’oreille, mais ne perçut aucun bruit, ni respiration, ni mouvement. Si l’homme était là, il avait trouvé sa position. S’il était ailleurs…non, Olivir n’était pas près à prendre le risque et à jouer sa vie sur un lancer de dés. Il devait s’assurer de la justesse de son jugement. Il s’adossa à un arbre assez large pour éviter de faire de ses épaules et de ses bras des cibles faciles.

« A qui ai-je l’honneur ? » cria-t-il à la cantonade. S’il avait vu juste, l’autre se saurait découvert. Il n’avait pas d’issue. Il ne pouvait pas toucher Olivir – mais celui-ci ne pouvait l’atteindre sans se mettre en danger. Compte tenu des circonstances, la seule chose à faire pouvait s’avérer être de discuter.
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Message Lun 20 Mai 2013 - 18:55

Mycah se terrait dans son épais repaire. Ainsi planqué au cœur de branchages qui le dissimulaient aux yeux du monde - du moins autant qu'elles le pouvaient – le jeune dornien observait les alentours son arc prêt à subir la flexion de torture classique que son propriétaire lui infligeait sans le moindre remord dès que le besoin de se faisait sentir de décocher une flèche.
Quelques secondes passèrent et elles suffirent déjà à atteindre la concentration et la patience déficientes d'un chasseur encore jeune et bien loin des années d’expérience que son maître possédait et avait tout de même tenté de lui transmettre. Son esprit si facilement ennuyé ne trouva guère de fines occupations dans la situation actuelle. Tout était silencieux, tout était calme et malgré le fait avéré que ce ne soit qu'une façade, une apparence derrière laquelle se cachait un danger bien réel, il laissa son esprit se balader un peu plus loin.

Durant ces quelques secondes, ses idées divaguèrent à droite à gauche et il se demanda dans quel pétrin il s'était encore fourré. Si feu son maître était encore en vie, ce n'était sans un doute qu'il lui aurait mis une bonne torgnole dégagée à l'arrière du crâne lorsqu'il reviendrait crasseux et égratigné. Ça n'aurait pas été la première fois que le vieil homme soupirait, blasé par le comportement de son élève. Mais voilà, lui n'était plus là. Son esprit errait quelque part dans les vastes contrées du Nord alors que ses os eux se laissaient rongé par les neiges. Le vieux mentor avait passé l'arme à gauche et Mycah n'était même pas sûr de revenir de ce petit coup de sang là. Plus jamais l'orageux qu'il était ne rattraperait les erreurs de son protégé de Lancehélion.
Mycah était ici seul et à chaque secondes, il s'en rendait un peu plus compte. Le fil de ses souvenirs et de ses pensée commença à s'amenuiser jusqu'à ne plus ressembler qu'à un filament fragile qui se coupa net dans un bruit léger mais pourtant trop peu classique pour être ignoré.
Le chasseur retomba sur terre, son mentor dans l'oubli. Il n'identifia pas le bruit, trop sourd, trop peu d'écho dans ces bois. Mais le temps et les chasses quelques peu illégales et moins conventionnelles que celle des nobles lui avait appris à discerner le vrai du faux et cette fois ci, il en était persuadé, il s'agissait bien d'un intrus.

Le nouvel invité pouvait être à poil ou à plume, dans ces deux cas, rien de bien grave ne pourrait en découler et de toute façon, la bête ne tarderait à se montrer rassurant le Dornien. Mais hélas il existait tout autant une troisième possibilité et c'était bien celle là qui l'avait fait ainsi grimper dans les cimes. Un être de peau, un homme voir peut être celui qui avait failli le tuer quelques minutes plus tôt. Un homme qui venait en tout cas – avec une grande probabilité – pour venir chercher le sale petit fouineur qu'il était.

Il se figea, sa respiration s’arrêta, prêt à bondir sur son carquois à la moindre hostilité, il n’espérait au fond de lui qu'une chose, voir un sanglier glouton sortir d'un buisson pour dévorer un festin de gland.
Pas de chance c'est une voix humaine qui retentit à travers la forêt, une question posée par une voix que le Dornien reconnut bien vite comme étant celle qui lui avait lancé un ultimatum quelques minutes plus tôt. Surpris et déstabilisé et surtout pris de court et de peur. Mycah n'eut pas la réaction héroïque qu'il escomptait depuis le début. Loin de se fixer sa concentration et son regard sur le moindre indice d'une présence, il sursauta légèrement sur sa branche.
C'était un idiot. Il se sentait d'ailleurs complètement idiot et c'est en s'insultant silencieusement qu'il cogna sa tête contre la branche qui l'avait recueillit. Il n'en perdit pas moins ses moyens qu'il retrouva bien vite complètement.
Son regard perça sa cachette et à son grand regret les alentours n'indiquaient pas le moindre mouvement. Il y avait juste eu cette voix. La question avait résonné voilà bien une ou deux minutes maintenant et rien de plus ne s'était passé. Il était aux aguets, l'empannage de la flèche au bout des doigts prêt à décocher violemment et rapidement quitte à en laisser sa visée de côté.
Mais rien, pas un geste, pas un morceau de peau qui transparaissait. Le stress montait calmement et il n'avait jamais été plus heureux d'être à l’abri d'une masse de végétation. Des questions apparaissaient. Était il encore là ? Que lui voulait il exactement ? Pourquoi ?
Bref bien des interrogations qui lui brûlait les lèvres. Mais à soulever des questions pour en répondre à une autre n'était qu'une discussion de sourd. Pas le meilleur moyen de se sortir d'un guêpier donc. Il allait devoir tenter d'y aller finement.


Aerys I. Pour vous servir.


Bon … La définition de finesse n'était peut être pas la même pour tout le monde et celle du Dornien semblait être un peu à part. Mais que croyait l'autre ? Qu'il allait lâcher ainsi son nom sans même savoir à qui il allait le céder ? Qu'il allait lui donner comme on donne un regard langoureux à une jeune femme dans une taverne ? Ne soyons pas bête il aurait signé son arrêt de mort. Quoi que, le sarcasme n'était peut être pas une meilleure idée ?


Et moi ? A qui ais je le plaisir de parler ? Et qu'est ce que vous me voulez ?


La situation le tendait maintenant à l’extrême. Il était jeune, trop jeune. Il avait risqué sa vie plus d'une fois mais jamais en crapahutant dans une forêt. Jamais en se mesurant dans un duel officieux à ce qui semblait être un autre archer. La panique le gagnait. Il ne voulait qu'une chose sortir d'ici. Une idée folle lui traversa l'esprit. Lui faire peur. Peut être cela pouvait marcher.
Ses yeux cherchèrent une cible parfaite. Il tomba sur un nœud, parfaitement creusé dans un arbre face à lui. Ni trop grand, ni trop petit. Il banda son arc, lâcha une expiration et décrispa ses phalanges, lâchant le trait qui se figea au dans le tronc.


Je sais aussi viser ! Vous comptez rester ici longtemps à me regarder ? Parce que je ne compte pas vraiment descendre pour tout vous dire.



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Un chasseur sachant chasser, chasse sans choir [Olivir]

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