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Une rencontre n’est que le commencement d’une séparation ▬ Ashara

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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Mer 24 Avr 2013 - 12:36

     Les voyages de l'île de Harloi aux Cités Libres commençaient à devenir longs et épuisants, Sargon n'avait malheureusement pas réellement le choix s'il tenait à apporter des trésors et des femmes-sel à son oncle dans l'espoir de remonter dans son estime. La paix avec le reste de Westeros n'était pas à son avantage, il aurait été tellement plus aisé de n'avoir qu'à traverser la mer pour piocher dans les richesses de l'une des régions côtières, ce dont il avait besoin ! Mais le Dieu Noyé semblait lui renvoyer son manque de dévotion en plein visage, décidant de le sanctionner pour cette piété nulle qui l'habitait depuis qu'il était en âge de penser par lui-même. Les marins de la Veuve Salée commençaient à faire preuve d'une certaine lassitude, il était vrai que les pillages des Cités Libres étaient assez difficiles à mener, ils demandaient un voyage assez conséquent et malheureusement pour lui, Sargon avait plusieurs rameurs qui étaient aussi des pêcheurs et des pères. Bien que le Harloi se fichait comme d'une guigne de sa famille et qu'il ne s'attardait que sur les choses qui le concernaient directement, il avait été forcé de constater que certains marins n'approuvaient pas le fait d'être aussi longtemps éloignés de leur demeure. Il était vrai que même pour le jeune homme, les longs voyages commençaient à devenir pesant et qu'il se surprenait des fois à regretter la demeure de Kenning qu'il n'affectionnait pourtant pas. Yoren lui avait glissé très récemment, qu'il y avait une possibilité pour que certains rameurs décident de quitter le navire s'ils continuaient à faire d'aussi longs trajets qui n'apportaient rien de plus que quelques femmes-sel et des esclaves pour divertir les hommes. Il fallait trouver une autre solution.

     C'était donc pour cette raison que le jeune capitaine avait ordonné à ses hommes de prendre leurs places pour qu'ils allaient piller quelques navires marchands des Cités Libres, qui avaient l'audace de s'aventurer jusqu'aux environs des îles. Ils passaient généralement près de Dorne pour remonter par les Bief et se rendre à La Treille ou Villevieille, un endroit idéal pour intercepter les navires et les dévaliser. Après tout cela ne serait pas une déclaration de guerre contre Westeros, mais simplement un acte des pirates contre des marchandes des Contrées Exotiques. C'était le moment idéal pour se lancer dans une telle excursion de l'avis du capitaine, tout comme de ses hommes d'ailleurs. Les rameurs de la Veuve Salée travaillaient donc avec entrain tandis que le boutre voguait sur les flots à une vitesse toujours aussi régulière, il faudrait quelques temps avant qu'ils n'atteignent les environs du Bief, mais c'était un trajet nécessaire. Il était hors de question pour le jeune homme de se retrouver à terre à attendre que les choses changent ou que son oncle décide de lui donner une mission digne d'intérêt. Il n'était pas un simple coursier à la botte de lord Harloi.

     Le boutre avait donc navigué un certain temps avant qu'ils ne puissent enfin voir des terres se dessiner à l'horizon, mais cela n'intéressait pas le capitaine qui ordonna de changer de cap pour prendre la direction des Cités Libres, bien qu'ils ne comptaient pas aller plus loin que Dorne bien évidemment. À peine avaient-ils commencé à se glisser sur le canal menant au reste du monde, que les voiles familières de Lys se dessinèrent et il ne fallut pas longtemps aux Fer-nés pour regagner en motivation et manœuvrer le navire de manière à se placer suffisamment bien pour aborder la Caraque des marchands. Crépuscule à la main, Sargon eut tôt fait de sauter dans le navire « ennemi » à peine les grappins avaient-ils rapprocher les deux embarcations, puis il profita de l'effet de surprise pour plonger l'acier Valyrien dans le corps du premier matelots qui se présenta à lui. La panique submergea les voyageurs et les marchands tandis que les quelques reîtres engagés pour le voyage se pressaient de rejoindre le bastingage pour empêcher aux pirates de monter sur la Caraque, mais c'était peine perdue. Les Fer-nés étaient entraînés et motivés. Quelques coups portés des deux côtés, des blessés puis des morts dans les deux camps, les assaillants n'eurent toutefois pas à se plaindre au niveau des pertes lorsque les derniers défenseurs tomba sur le pont, la carotide tranchée nette par la lame Valyrienne. Les marchands se montrèrent aussitôt extrêmement dociles, comprenant certainement qu'il serait vain de chercher à se battre alors qu'ils n'avaient aucune chance, ils essayèrent donc d'amadouer le capitaine de la Veuve Salée en lui offrant diverses marchandises intéressantes. Il refusa. Sargon prenait toujours ce que lui voulait.

     Alors que les trésors de la Caraque étaient chargés à bord de la Veuve Salée, le jeune homme en profita aussi pour délester le marchand de quelques jeunes Lysiennes qui se trouvaient à bord pour rejoindre les bordels de Port-Lannis, elles feraient de parfaites femmes-sel pour son oncle. Les demoiselles furent donc installées dans un coin du boutre avant que celui-ci ne s'éloigne du navire marchand qui ne possédait rien de plus que quelques voyageurs détroussés, les cadavres des reîtres et les voilures, tout le reste ayant changé de propriétaire. Les rameurs avaient tous retrouvé leur allant et la bonne humeur était au rendez-vous, toutefois la nuit n'allait pas tarder à tomber et le voyage du retour serait long. Ils n'avaient pas énormément de provision et malgré ce qu'ils avaient récupéré sur la Caraque, l'eau douce risquait peut-être de manquer, sans compter qu'ils étaient tous tapissés de sang. Le capitaine décida alors de faire une halte non loin de là, il connaissait un ruisseau éloigné des habitations aux environs de la frontière avec l'Ouest, qui ferait parfaitement l'affaire, la Veuve Salée mit donc le cap sur cet endroit sans que quiconque ne proteste.

     Le trajet fut assez rapide et le boutre se glissa sur le sable d'une petite crique avant que Sargon, Yoren et deux autres marins de sautent au bas du navire pour aller chercher ce ruisseau. Avant de s'éloigner, le capitaine ordonna clairement à ses rameurs que si les Lysiennes étaient abîmées ou absentes à son retour, il pendrait chaque personne présente à la proue de la Veuve Salée dès son retour ! L'avertissement lancé, le jeune homme et les trois autres Fer-nés remontèrent rapidement un petit chemin sinueux le temps de gagner la route principale où il était fréquent de croiser des voyageurs à cheval. Sargon ne tenait pas à rencontre qui que ce soit, ainsi couverts de sang ils avaient l'air réellement effrayants et le Harloi n'avait pas envie de se retrouver avec des problèmes sur le dos. Il en avait bien assez sur les îles. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils arrivèrent au petit ruisseau et les quelques outres furent remplies avant que les Fer-nés n'en profitent pour se nettoyer tant bien que mal. Débarbouillant ses bras et son visage, Sargon prit toutefois plus de temps à nettoyer Crépuscule qu'il refusait de voir souillée par du sang indigne d'elle. L'amour qu'il portait à cette épée était des fois incompréhensible pour quiconque ne l'avait jamais portée à son flanc. Une fois que cela fut fait, les hommes quittèrent le ruisseau pour reprendre le chemin de la crique, mais en remontant le petit chemin, l'attention du capitaine fut attirée par autre chose. À une certaine distance, il pouvait distinguer une silhouette qui n'était pas là à leur arrivée. Fronçant les sourcils, le Fer-né ordonna à ses hommes de l'attendre quelques instants, puis se dirigea vers le nouvel arrivant en faisant le moins de bruit possible.

     Marcher sur les pierres bordant l'eau de mer n'était pas quelque chose de difficile lorsque l'on avait grandi sur les îles de fer, ainsi il put distinguer plus précisément la silhouette qui se révéla être une femme à l'apparence assez sommaire. Elle avait l'air de posséder des cheveux foncés, longs et surtout désordonnés. Une roturière en somme, mais ce n'était aucunement réducteur aux yeux du Harloi, il avait toujours préféré la compagnie de ces femmes qui avaient moins tendance à se comporter comme des princesses. La continentale fixait la zone où la Veuve Salée était arrêtée, semblant particulièrement concentrée sur le boutre. Le capitaine approcha encore de quelques pas avant d'interpeller l'inconnue rêveuse qui semblait perdue dans ses pensées, trop pour remarquer un homme qui aurait pu être un ennemi par ailleurs.

     ▬ J'ignorais qu'il y avait des pies curieuses dans le coin. Ne t'as-t-on jamais dit que c'était particulièrement dangereux de s'approcher d'un navire que tu ne connais pas ? Sargon tutoyait toujours les femmes qu'il rencontrait, c'était plus fort que lui. À moins que tu ne sois suicidaire. Ou sotte. Les deux hypothèses sont envisageables. Qu'est-ce que tu fais ici ? »

     Une petite pique pour la provoquer un peu, il s'attendait à l'avoir effrayée et à la voir s'enfuir en courant. Les continentales étaient toutes très peureuses, c'était pour cette raison qu'il ne venait que rarement dans le coin d'ailleurs.


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Message Mer 24 Avr 2013 - 19:44

Ashara était agacée et pestait toute seule contre les coups du sort et cette capacité qu'avait le destin à lui mettre des bâtons dans les roues. Que le Fléau du Printemps lui ait arraché sa famille, ça elle pouvait l'admettre et vivre avec même, elle le faisait depuis plusieurs mois déjà, occultant avec une facilité déconcertante les sentiments de tristesse qui montaient lorsqu'elle songeait à sa vie d'avant. Après tout, elle n'était ni la première, ni la dernière personne touchée par l'épidémie et, d'une certaine façon, elle pouvait s'estimer heureuse d'être toujours en vie, quelle que soit la valeur qu'elle accordait désormais à son existence.

Mais qu'il tue également la principale personne qui avait recours aux services de la roturière et qui lui donnait régulièrement des messages à transporter ici et là, lui permettant de rencontrer de nouvelles têtes, ça, elle avait bien plus de mal à le digérer. Non pas qu'elle se retrouvât dans le besoin, la jeune femme avait suffisamment d'argent pour survivre quelques temps, se loger et se nourrir sans avoir à négocier pour revendre un cheval qui de toute façon n'avait plus la moindre valeur ou sa charrette qui menaçait de tomber en miettes dès qu'elle montait dessus. Mais c'était surtout qu'elle se retrouvait totalement désœuvrée, la plupart des gens étant trop occupés à survivre à l'épidémie qui faisait rage pour demander ses services, même en temps que simple messagère.

Alors, Ashara s'ennuyait et ça, c'était vraiment une idée qu'elle avait du mal à supporter. Elle qui avait toujours eu tendance à faire tout ce qui était en son pouvoir pour chasser cette sensation, se retrouvait à errer dans les rues de Port Lannis, laissant trainer ses oreilles un peu partout par habitude plutôt que par but réel mais sans savoir quoi faire des informations qu'elle avait recueillies. Et puis, de toute façon, elle n'avait rien écouté qui vaille vraiment la peine d'être retenu malheureusement, ce qui la faisait encore plus enrager, si la chose était possible.

La situation ne pouvait pas durer éternellement, même s'il était hors de question qu'elle songe à se remarier ou à travailler de nouveau dans une auberge. Plutôt mourir que de se retrouver une nouvelle fois dans cette vie sans saveur, maintenant qu'elle avait eu un aperçu de ce qu'elle pourrait être. Malheureusement, la première option semblait beaucoup plausible que la seconde mais, elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait étonnamment aucune façon de mourir qui la satisfasse.

Elle avait fini par se décider et par quitter la ville dont la puanteur ambiante laissait présager que le Fléau étendait également ses ailes sur les environs. Son cheval tenait le coup tant bien que mal, enfin plutôt mal que bien si l'on prenait le temps d'écouter son souffle laborieux et d'observer sa démarche lourde qui ne laissait rien présager de bon quant à son espérance de vie. Même sa crinière faisait suffisamment pitié pour qu'elle ne soit guère importunée sur les routes, ce qui, au fond, était l'une des rares qualités dont pouvait encore se targuer ce canasson. Ca et le fait qu'il ne soit pas encore mort, ce qui n'était pas négligeable.

Au bout de longues heures à errer sans but réel autre que celui de longer la côte et de respirer cet air salin qui lui plaisait tant, elle avait fini par distinguer au loin ce qui ressemblait à un bateau. Elle qui avait souvent fureté du coté du port n'en avait encore jamais vu un de cette sorte. Intriguée et, retrouvant pour la première fois cette curiosité qu'elle aimait tant, elle avait laissé son canasson sur le bord de la route, nullement inquiète. Si quelqu'un était assez stupide pour le lui voler, elle aurait largement le temps de courir pour aller récupérer son bien, se moquer du voleur et rentrer tranquillement chez elle, ou plutôt à l'auberge un rien miteuse où elle logeait depuis près d'une semaine.

Sautillant d'une pierre à l'autre tout au bord de la jetée, les mains derrière le dos, Ashara, continuait de fixer le bateau, la mine de plus en plus intriguée. Non loin, une petite barque vide qui laissait supposer que des marins avaient accostés et se trouver aux alentours. En temps normal, elle aurait probablement rebroussé chemin mais, sans bien savoir pourquoi, la roturière ne fit que s'approcher un peu plus, essayant de distinguer les visages de ces formes qui se mouvaient au loin, comme si saisir leurs traits lui permettrait de savoir d'où ils pouvaient bien venir.

Ashara n'entendit rien venir et sursauta lorsqu'une voix d'homme résonna derrière elle. Détournant enfin son regard de la contemplation du bateau, elle finit par tourner doucement la tête dans la direction de l'inconnu et, les mains toujours sagement croisées dans son dos, elle haussa les épaules à ses propos. Le terme de pie curieuse lui convenait assez, elle avait déjà reçu un tas de surnoms bien moins flatteurs et ne risquait guère de s'offusquer de celui-ci.

"Si j'devais écouter tout ce qu'on me dit et ne rien faire de ce qui est soit disant dangereux, j'aurais plus qu'à me cloîtrer chez moi en attendant que le temps passe."

Désignant le boutre d'un geste du menton et ignorant sciemment le reste des propos de l'homme qu'elle avait fixé avec une curiosité non dissimulée mais sans la moindre crainte, elle esquissa un léger sourire. Il était difficile d'avoir peur pour sa vie lorsque, dans le fond, on réalisait que l'on avait plus rien à perdre. Si elle devait mourir maintenant, Ashara ne manquerait à personne, sauf à son cheval mais elle ne doutait pas qu'il finirait dans l'assiette d'une personne assez affamée pour manger de la viande au goût plus que douteux.

"C'est ton bateau ? Il vient d'où comme ça ?"

Elle n'était pas sotte. Suicidaire par contre, ça, ça restait à voir. Mais en tout cas, elle soutenait le regard de l'étranger sans ciller et sans faire d'autre geste que de croiser les bras sous sa poitrine, comme pour bien marquer le fait qu'elle ne comptait pas bouger de là.
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Sargon Harloi
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Message Jeu 25 Avr 2013 - 13:16

     La femme avait beau avoir été surprise, elle ne semblait guère troublée par le fait de voir un inconnu s'adresser à elle. C'était un bon point. Sargon avait toujours trouvé les continentales tellement.... Craintives ! Un peu comme des biches apeurées et dans la bouche du Fer-né, ce n'était aucunement un compliment. Celle-ci avait l'air un peu plus bravache que la moyenne, ce qui signifiait certainement qu'elle devait avoir l'habitude de rencontrer du monde et qu'il ne s'agissait pas d'une petite paysanne qui ne quittait jamais son lopin de terre. Le Harloi croisa son regard, son sourire goguenard toujours collé aux lèvres. Elle lui répondit enfin, déclarant que si elle devait écouter tout ce qui lui était signalé comme dangereux, elle ne ferait plus grand-chose. C'était un fait. Surtout avec les temps qui courraient et les maladies inhérentes à la vie de continentaux. Les Iles de Fer étaient plutôt tranquilles sur ce plan, mais la vie d'un Fer-né était suffisamment mouvementée pour que le capitaine approuve sans hésiter, ce que l'inconnue lui disait. Bravache, elle l'était et plutôt deux fois qu'une ! Ignorant sans honte les autres paroles de Sargon, la mystérieuse inconnue lui parla de son boutre. Sa précieuse Veuve Salée, plus grande fierté après Crépuscule. Sans le savoir, la donzelle venait de toucher un point sensible chez le Harloi, il aimait que l'on s'intéresse à son boutre, bien plus qu'à sa personne étonnamment. Toujours souriant, le jeune homme laissa planer quelques instants de silence avant de répliquer.

     ▬ Tu ignores toujours les questions que l'on te pose ? »

     Il faisait de même en occultant sa question à propos de son boutre. Mais il comptait bien y répondre. Parler de sa Veuve était une chose qu'il chérissait beaucoup trop pour envisager de passer à côté de cette occasion. Quittant l'endroit où il se trouvait, le Fer-né se dirigea doucement vers l'inconnue, les yeux baissés sur les rochers glissants pour ne pas se retrouver étalé par terre à cause d'un pied posé au mauvais endroit. Sargon s'arrêta à une légère distance de la demoiselle histoire de voir comment est-ce qu'elle allait réagir à cette approche. Si elle tentait de fuir, il ne l'en empêcherait pas, les deux bons mètres qui les séparaient montraient clairement que le Harloi n'avait aucunement l'intention de lui faire du mal. Pas pour le moment. Et à moins qu'elle ne lui donne une excellente raison d'agir de la sorte, il ne le ferait pas.

     ▬ C'est un boutre. Et oui, il m'appartient. Il vient des Iles de Fer, de Harloi plus précisément si tu sais où ça se trouve. »

     C'était peu probable. Les continentaux ne s'intéressaient jamais aux Fer-nés et ces derniers le leur rendaient bien. Déjà que les nobles de Westeros ne connaissaient pas les blasons et la disposition des îles de sa région, il n'allait pas attendre d'une roturière qu'elle le sache. Dans le fond, c'était sans importance, à moins que la donzelle ne compte aller s'y promener en s'y rendant à la nage, cette information ne lui serait d'aucune utilité. Il resta silencieux quelques instants, baissant les yeux avant de les remonter avec lenteur, scrutant et détaillant l'inconnue des pieds à la tête. Il agissait un peu comme s'il avait affaire à un animal qu'il comptait acquérir et cela pouvait être particulièrement vexant pour une femme, mais c'était inné chez Sargon. Lorsque vous aviez l'habitude de voir les femmes comme des esclaves, vous preniez rapidement l'habitude de toutes les observer de la même manière. Enfin non, pas toutes. Uniquement celles qu'il percevait comme de la vulgaire marchandise et jusqu'à présent, celle-ci ne symbolisait rien de plus. Après son inspection aussi visible que peu élégante, le Fer-né reprit de plus bel.

     ▬ Pourquoi cette question, tu veux le visiter ? Ça peut se négocier si jamais et si tu as entendu dire que c'était dangereux de monter à bord d'un boutre Fer-né, considère que tu écoute ces paroles, c'est que tu peux rentrer chez toi et attendre que le temps passe. Petit clin d’œil à ce qu'elle avait dit plus tôt. Sargon n'allait pas l'y obliger évidemment, mais l'y pousser, simplement. Mais tu me diras, peut-être que c'est tous les jours que tu as l'occasion de visiter un boutre. »

     Le tout était de souligner ce qu'elle pouvait perdre en refusant sa proposition. Pourquoi l'invitait-il d'ailleurs ? Aucune idée. Elle avait l'air un peu plus courageuse que la moyenne et Sargon voulait voir jusqu'à où elle oserait aller. Dès que quelqu'un éveillait son attention, le jeune homme éprouvait l’irrépressible besoin de tester ses limites. Celle-ci n'avait prononcé que quelques mots, mais elle amusait déjà le Fer-né qui ne s'en cachait pas. Le sourire goguenard qu'il arborait depuis le début de la discussion exprimait clairement ce qu'il pensait de tout cela. Le Harloi avança encore une fois, diminuant de plus bel la distance qui le séparait de la demoiselle. Allait-elle fuir ? Allait-elle l'envoyer sur les roses ? Ce serait amusant. Soupirant doucement, le capitaine s'arrêta avant de glisser sa main vers la ceinture où Crépuscule pendait. Ce n'était pas un geste hostile, bien au contraire, c'était un mouvement qu'il faisait presque toujours lorsqu'une situation le divertissait. Mais l'inconnue le comprendrait-elle ? Après cette pause, le Fer-né lâcha une dernière question.

     ▬ Et tu dois bien avoir un prénom, non ? »

     Bien sûr qu'elle en possédait un. Sargon attendait qu'elle le lui dise, mais le ferait-elle ? Rien n'était moins sûr. Jusqu'à ce jour, les rares continentales qu'il avait rencontrées refusaient toujours de décliner leur identité. La plupart du temps, il s'agissait de nobles dames qui se promenaient sur la plage et qui étaient aussi hautaines que si elles portaient le titre de Princesse, peut-être qu'une roturière allait changer la donne ? Le capitaine retomba dans le silence pour de bon, il avait posé suffisamment de questions pour le moment, la parole était à l'inconnue. En serait-elle une encore longtemps ? D'un côté il l'espérait, l'inconnu avait quelque chose d'attrayant, mais il appréciait aussi de pouvoir poser un prénom sur le minois des donzelles qu'il rencontrait.


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Message Ven 26 Avr 2013 - 9:51

L'effet de surprise était passé et Ashara pouvait maintenant observer tranquillement l'inconnu ainsi que son bateau, son regard passant de l'un à l'autre sans la moindre gène. Impossible de ne pas voir la mine amusée du marin tandis qu'il la jaugeait sans aucune discrétion. Ashara ne regrettait pas les premières paroles qu'elle avait prononcées. Elles reflétaient exactement son état d'esprit depuis des mois, des années même et, en cet instant, la jeune femme réalisait à quel point c'était vrai.

A sa question, elle se contenta de le fixer quelques instants, sans rien dire, avant de répondre, d'un ton tranquille d'où ne transparaissait aucune crainte, bien au contraire, on pouvait même y percevoir une pointe d'arrogance.

"Uniquement quand je juge qu'elles ne sont pas pertinentes ou qu'elles n'apporteront rien à la discussion."

Agitant la main et désignant la mer face à eux, elle laissa échapper, peu convaincue par la direction qu'elle indiquait.

"Oui, tes iles de Fer donc… ça doit être… par là bas à peu près. Et donc ton bateau, ça s'appelle un boutre. J'avais jamais entendu ce nom avant, je me disais bien qu'il avait pas la même tête que ceux que je vois au port d'habitude. Il est impressionnant en tout cas."

Une part d'elle était surprise de voir un bateau débarquer dans la région, surtout avec l'épidémie qui faisait rage. Ils ne pouvaient pas ne pas en avoir entendu parler, aussi isolées que soient leurs îles. Ou alors, ils étaient peut-être persuadés de ne pas courir de risque ou que le mal ne touchait que les continentaux. Si c'était vraiment le cas, c'était à eux que revenait le qualificatif de stupide et non plus à elle. Mais, après tout, elle se baladait bien sur les côtes depuis des mois en dépit de tout bon sens, sachant pertinemment que le mal l'avait effleurée de près et qu'il pouvait très bien recommencer.

Elle sentait le regard du fer-né s'appesantir sur elle, comme s'il cherchait à jauger la marchandise qu'il avait face à lui mais peu lui importait. Qu'il la déshabille même ouvertement du regard si cela pouvait lui faire plaisir, tant qu'il ne faisait que cela, elle avait croisé suffisamment d'ivrognes et autres hommes peu scrupuleux pour avoir senti ce genre de regard sur elle et ne plus y prêter la moindre attention depuis bien longtemps.

Mais la question du marin l'arracha une nouvelle fois à la contemplation du boutre. Elle pencha la tête, l'observant avec une curiosité non dissimulée. Ashara n'était jamais montée sur un bateau et bien évidemment l'envie ne lui manquait pas, elle qui aimait toujours découvrir de nouvelles choses. Mais elle n'était pas stupide au point de sautiller jusqu'au bateau et d'y monter entourée par des dizaines de marins au contrôle de soi tout relatif. Laissant échapper un petit rie, elle répondit tout de même, sans le quitter du regard et s'abstenant de lui demander s'il avait fini sa petite inspection.

"Bien sûr que j'aimerais le visiter. Tu n'aimerais pas à ma place ? Comme tu le dis si bien c'est quelque chose qu'on doit pas faire souvent. Je dirais même que pour beaucoup, c'est un truc qu'on doit faire qu'une seule fois dans sa vie. Mais je me demande juste si ce sera pas la dernière chose que je ferais justement."

Au mouvement du marin qui se rapprocha d'elle, la donzelle ne bougea toujours pas, son regard attiré par l'épée qu'il tenait à son coté. Devait-elle s'en inquiéter ? Et quand bien même ce serait le cas, il était beaucoup trop tard pour s'en soucier, autant être honnête. Il pourrait lui faire ce qu'il voulait, elle était totalement à sa merci mais, une fois encore, cela n'avait pas réellement d'importance. La situation était suffisamment distrayante et brisait si bien cette monotonie dans laquelle elle était engluée depuis des semaines qu'elle ne pouvait envisager de fuir, même une seule seconde.

Le sourire du marin lui fut rendu et à sa question, elle haussa les épaules d'un air malicieux.

"Bien évidemment que j'ai un prénom. Tout comme toi non ? Je serais même prête à parier que tu as un nom de famille même. Enfin, c'est tout de même nettement plus pratique pour s'adresser aux gens sans avoir à leur trouver des sobriquets parfois peu flatteurs, tu ne crois pas ?"

Elle avait techniquement répondu à sa question. Après tout, il ne lui avait pas demandé explicitement de lui dire comment elle s'appelait et jouer avec les mots était l'une des rares armes que possédait Ashara. Une observation du fer-né avec une attention plus soutenue ne fit que la conforter dans son idée. Il ne devait pas être un simple roturier, posséder un bateau et une épée comme celle-là n'était pas à la portée de tout le monde mais elle ignorait totalement quelle était la façon de vivre sur ces îles. Son petit monde venait à peine de s'élargir au-delà de Villevieille, il ne fallait pas trop lui en demander d'un coup.

L'espace d'un instant, la jeune femme se demanda quelle serait la réaction du marin. Après tout, elle se montrait un rien effrontée, peut-être n'en avait-il pas l'habitude ou, pire encore, détestait-il cela. Mais, à bien y réfléchir, elle avait peut-être trouvé une façon de mourir qui serait tout sauf ennuyeuse et qui surpassait de loin l'idée de se laisser dépérir dans la petite chambre sous les toits qu'elle louait.

"Au fait, tu vas où avec ton… ton boutre c'est ça hein ?"

Si elle ne répondait pas totalement à ses questions, elle n'était en rien gênée à la pensée de lui en poser à son tour. Après tout, elle ne risquait rien à lui demander et, au pire, il n'aurait aucune difficulté à lui faire comprendre ce qu'il pensait de sa façon de faire. A son tour maintenant d'avancer d'un pas, ne se retrouvant plus qu'à quelques centimètres du marin. Il ne leur suffisait plus qu'à tendre le bras pour entrer en contact mais elle gardait les bras croisés, continuant de le fixer avec son léger sourire en coin.
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Sargon Harloi
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Message Ven 26 Avr 2013 - 15:10

     C'était étrange, elle ne lui faisait en rien penser à une continentale. Peut-être cette manière de le fixer dans les yeux, habituellement les femmes détournaient toujours le regard. À moins que ce ne soit cette pointe d'arrogance qu'il y avait dans sa voix ? Sargon avait du mal à identifier ce qui l'interpellait vraiment dans le caractère de cette donzelle, mais une chose était sûre : elle ne le laissait pas indifférent. Rares étaient ceux qui avaient la langue suffisamment bien pendue pour que le vaniteux Harloi puisse s'intéresser à eux. C'était son côté arrogant qui le poussait à être persuadé qu'il était l'élite et que ceux qui méritaient son attention, étaient aussi rares que les morpions chez une pucelle. Ils se trouvaient là où ils n'avaient aucune raison d'être. La vérité était toute autre bien évidemment, mais la vanité du Fer-né l'aveuglait trop pour s'en rendre compte. Cette femme lui disait donc clairement qu'elle estimait ses questions inutiles. C'était prendre des risques, en temps normal Sargon n'appréciait guère de se faire balancer ce genre de vérités en plein visage, mais cette femme avait une manière de présenter les choses qui poussait le Fer-né à ne pas prendre ombrage. Pour le moment.

     L'inconnue désigna finalement la mer d'un geste de la main, essayant vainement de situer les Iles de Fer. Apparemment il ne s'était pas trompé, elle ne connaissait pas l'île dont il parlait, mais c'était sans importance. Scrutant toujours la jeune femme, le capitaine l'écoutait, non sans plaisir, complimenter son boutre. Impressionnant. C'était le terme approprié en effet et encore, c'était un euphémisme. Sa Veuve était bien plus qu'un simple boutre, même si dans les faits, des nombreux boutres valaient autant qu'elle. Vanité, quand tu nous tiens. Toujours muet - une fois n'est pas coutume - le Harloi l'écouta lui répondre après un léger rire. Qu'avait-il donc dit de si drôle ? Bonne question, mais il était fort probable que la donzelle jugerait cette question aussi « inutile » que les précédentes, il préféra donc s'abstenir de la poser. Lorsqu'elle termina de parler, ce fut au Fer-né de rire légère, elle était loin d'être sotte. Il était vrai que l'emmener avec lui était vite arrivé, qui donc soupçonnerait qu'un navire des Iles de Fer avait fait escale ici pour emporter une petite continentale trop bravache ? Personne. Mais pour le moment, ce n'était pas dans ses projets. Rendre quelqu'un esclave était particulièrement dégradant et même s'il adorait posséder ce qui l'intéressait, Sargon aimait aussi rentabiliser le temps passé à converser avec des étrangers.

     La femme sans nom ne s'était pas éclipsée à son approche et elle n'avait pas davantage l'air d'être gênée par sa présence. Une bonne chose. Rien ne l'irritait plus que de voir le dégoût ou la méfiance se dessiner sur le visage de ses interlocuteurs. Surtout lorsqu'il s'agissait de femmes. La donzelle se joua de lui sans répondre à la question sous-entendue. Ainsi donc elle aimait jouer avec les mots ? C'était une bonne surprise que le Fer-né ne put s'empêcher d'apprécier. Lorsqu'elle s'approcha, Sargon ne broncha pas, se contentant de la fixer – dans les yeux cette fois-ci – avant d'arborer son éternel petit sourire chargé de vanité.

     ▬ Sur la mer. Par là, dans les environs. Imitant la jeune femme, il désigna la zone qu'elle avait indiquée plus tôt dans la discussion. Si tu ne veux pas me donner ton prénom, je peux toujours te trouver un sobriquet peu flatteur vu que tu as l'air de connaître ça. Une fois de plus, il détourna son attention d'elle pour descendre son regard et la scruter de haut en bas. Ou un sobriquet flatteur, ce sera plus facile avec toi. Compliment grossier ? Peut-être, il s'amusait bien pour le coup. Et qu'est-ce qui te fait croire que je peux avoir un nom de famille ? Sur les Iles de Fer, même les roturiers peuvent devenir importants. »

     C'était la vérité pour le coup. Son second en était la preuve, simple roturier issu d'une famille de marins, mais pourtant, il l'aidait à diriger son boutre. Un argument de vente ? Peut-être bien, une idée germait déjà dans son esprit tandis que son sourire se muait petit-à-petit en un ris plus amusé qu'arrogant. Elle lui plaisait bien. Pas forcément physiquement – même si elle était loin d'être vilaine cela dit – mais de part son caractère. Cette petite touche épineuse et bravache, dans un sens, il se reconnaissait un peu en elle. Elle agissait en contradiction avec ce que son instinct de survie devait lui dicter et c'était une chose qui pouvait se révéler très amusante. Rien que cette proximité qu'elle avait instaurée en indiquait beaucoup. Plongeant une fois de plus ses yeux dans ceux de la roturière, le capitaine enchaîna.

     ▬ Tu vois, tu as tout à gagner si tu viens sur mon boutre. Si je t’emmène avec moi, tu pourrais peut-être même avoir une vie plus intéressante. Tu es quoi, la bonniche d'un seigneur du coin ? Une femme de forgeron ? Les continentaux ne sont pas très amusants, tu te plairais bien plus sur les Iles de Fer, tu peux me croire. »

     Il détourna son attention de l'inconnue, portant son regard sur la Veuve Salée toujours immobilisée sur le sable. Les marins s'agitaient autour, ils ne devaient pas se douter que leur capitaine était encore une fois en train de bavarder avec une parfaite inconnue. Yoren n'approuverait certainement pas, mais Yoren n'approuvait jamais aucune idée de son capitaine. Souriant de plus bel, le Harloi pivota sur lui-même pour s'éloigner d'un pas avant de s'immobiliser, tournant la tête vers la continentale.

     ▬ Mais les Iles de Fer sont en paix avec Westeros, je n'ai aucune raison de t'enlever de force. Puis ne t'en fais pas, j'ai déjà ce qu'il me faut sur mon boutre. Suis-moi, tu pourras monter dessus si l'envie t'en dit toujours. Il regarda à nouveau devant lui avant de reprendre sa marche, puis au bout de quelques pas, il ajouta une réplique d'un ton suffisamment fort pour qu'elle l'entende. Sauf si tu as peur de moi. »

     Il la défiait ? Parfaitement ! Elle avait l'air de fonctionner de la même manière que lui et il était donc bien placé pour savoir que sous-entendre qu'elle le craignait serait une bonne manière de la pousser à le suivre pour lui prouver le contraire. Sauf si elle avait encore quelques coups en réserve !


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Message Dim 5 Mai 2013 - 16:47

Ashara ignorait bien entendu que cette impertinence, qui lui aurait probablement valu des remarques peu aimables en temps normal voire une réaction agressive si son interlocuteur était d'humeur belliqueuse, lui sauvait certainement la mise en cet instant. Elle s'aventurait peut-être un peu loin dans ses propos mais n'en avait cure. Après tout, il n'allait pas la mettre à mort pour quelques mots non ? Et puis, à force de l'observer, la jeune femme réalisait qu'il semblait s'amuser de la situation tout autant qu'elle.

Son regard s'était détaché du fer-né pour admirer le bateau. Même si elle était tentée, elle ne voulait pas lui donner satisfaction trop vite et accepter sa proposition de monter sur le boutre comme ça. Question de principes après tout. A mesure qu'elle parlait, Ashara se rendait compte que le marin l'observait avec une attention non feinte, enfin c'était l'impression qu'il donnait et, s'il jouait la comédie, il était vraiment très fort pour ça. Soutenant son regard sans ciller, elle lui rendit son sourire, la mine narquoise, tandis que, contrairement à elle, il prenait le temps de répondre à ses questions. Laissant même échapper un rire lorsque le fer-né imita son geste pour désigner l'horizon et la direction qu'il comptait prendre, elle secoua brièvement la tête avant de hausser les épaules, le regard pétillant.

"C'est quand même mieux d'aller sur la mer avec un engin comme celui-là. Que ce soit par-là ou ailleurs."

Une fois de plus elle sentit son regard couler sur elle, s'attardant sans scrupule sur chacune de ses courbes. Tandis qu'elle gardait son sourire sans même y réfléchir, elle songea l'espace d'un instant qu'un tel regard devait probablement déstabiliser voire gêner bien des continentales qui n'avaient guère l'habitude qu'on les observe de cette manière. Ca ne se faisait pas, même chez les roturiers, à moins qu'ils ne soient en train de jauger une marchandise qu'ils allaient bientôt consommer. Mais Ashara n'était pas de ce genre de marchandises et il était hors de question qu'elle le devienne, n'ayant absolument rien d'intéressant à y gagner. Laissant claquer sa langue contre son palais lorsque leurs regards se croisèrent de nouveau, elle répondit, sans dissimuler son amusement.

"Alors, à quel genre de sobriquets songes-tu ? Je suis persuadée que tu pourrais me surprendre et je suis curieuse j'avoue. Qu'ils soient flatteurs ou non d'ailleurs. Et, si ça se trouve, on a pas la même notion du mot flatteur, ce serait amusant."

A sa remarque sur les possibilités pour les roturiers d'avoir un tel navire, elle haussa un sourcil, passablement sceptique. Certes, elle ne connaissait rien aux mœurs des fer-nés et n'avait pas réellement l'intention d'y remédier, mais les propos de l'inconnu étaient intriguant.
Décroisant enfin les bras, elle remit une mèche de cheveux en place derrière son oreille, sans le quitter du regard et elle laissa échapper, narquoise.

"Oh, moi qui sous-entendait que tu avais l'air noble, je me trompe donc ? Tu n'as donc pas de nom de famille alors ?"

Inutile de lui demander son nom, il le donnerait s'il en avait envie et, elle n'avait pas encore poussé sa curiosité jusqu'à avoir envie de le savoir. Après tout, il était fort probable que leur échange finirait par tourner court et qu'elle ne le reverrait jamais. Quel intérêt de s'encombrer d'un nom que l'on oublierait dans l'heure qui suivrait ? Certains auraient parlé de courtoisie, d'une politesse élémentaire, mais Ashara ne s'encombrait guère de ces choses-là et, à mesure que se déroulaient leurs échanges, commençait à se douter que le fer-né ne devait guère être différent d'elle.

"M'emmener avec toi hein… par-là bas ou ailleurs donc… Pour y faire quoi ?"

Sans qu'elle le réalise, sa voix s'était faite un rien plus songeuse. L'idée ne manquait pas de piquant et, à défaut d'autre chose, elle pouvait se montrer intéressante. Qui pouvait se vanter d'avoir été invitée sur le boutre d'un fer-né qui lui proposait une vie d'aventures ? Pourtant, même si plus personne ne la retenait sur le continent, la bieffoise était tout de même attaché à ces terres, sans bien arriver à saisir pourquoi, bien qu'elle ne s'attachât guère à différencier le Bief des Terres de l'Ouest. Tous ces lieux formaient sa maison, tant qu'elle pouvait manger à sa faim, boire une bière de temps en temps et que personne ne l'entravait plus dans sa liberté de mouvements. C'est pourquoi elle laissa échapper un rire léger au reste des propos du fer-né et qu'elle répondit secouant la tête et le fixant dans les yeux.

"Tu crois vraiment que je pourrais être la bonniche ou la femme de qui que ce soit ? Je n'appartiens personne. Personne ne me dicte ce que je dois faire ou encore où je dois aller. J'ai dépassé cette étape depuis bien longtemps. Et les continentaux peuvent être bien plus amusants que tu ne le penses. Il suffit de trouver comment les dérider."

Son regard suivit celui du marin tandis qu'il se détournait d'elle pour observer son bateau. Il ne cachait pas sa fierté, c'en était presque amusant d'ailleurs. A ses propos, Ashara plissa des yeux, comme pour essayer de distinguer les silhouettes qui s'affairaient sur le pont du bateau.

Elle pensait comprendre ce qu'il sous-entendait et elle était curieuse de voir de qui il pouvait parler de cette façon. Mais ils étaient trop loin pour qu'elle arrive à distinguer quoi que ce soit. La jeune femme réussit tout de même à laisser échapper quelques mots avant qu'il ne s'éloigne, sans se départir de cette confiance qui émanait d'elle depuis le début de cette discussion.

"Trop heureuse de savoir que tu ne comptais pas m'emporter au loin de force sur ton bateau. D'autant plus que, si tu as déjà ce qu'il te faut, il ne faudrait pas que tu aies les yeux plus gros que le ventre n'est ce pas ? Surtout que les gens pourraient jaser…"

Voyant qu'il reprenait sa marche, elle se mordilla la lèvre, hésitante. Bien évidemment, Ashara n'avait pas peur, ou alors, si c'était le cas, elle refusait à toute force de l'admettre, surtout après les échanges qu'ils venaient d'avoir. Mais le suivre serait carrément suicidaire, que le continent soit en paix avec les fer-nés ou pas. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui pourrait lui arriver si elle montait à bord du boutre.

Les quelques mots que le fer-né laissa échapper la piquèrent bien évidemment au vif et elle fronça les sourcils, agacée.

"Peur de toi ? Les Sept m'en préservent. Je n'ai peur de personne."

Ashara pouvait se montrer confiante, trop parfois, à la limite de la présomption. Elle jeta un bref regard derrière elle, réalisant que personne mis à part son canasson ne l'attendait sur cette plage et, avec un haussement d'épaules, elle hâta le pas jusqu'à se retrouver à la hauteur du fer-né.

"Tu invites souvent des inconnues à visiter ton boutre ?"
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Sargon Harloi
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Message Lun 6 Mai 2013 - 13:37

     Elle était vraiment amusante, Sargon ne répondit pas immédiatement à sa question sur les sobriquets, préférant garder cette information pour lui pour le moment. Le Harloi n'était pas vraiment du genre à appeler les gens par des surnoms, excepté son espionne, la bâtarde des Iles de Fer qu'il aimait beaucoup humilier à travers des sobriquets blessants, mais c'était différent, ce comportement faisait partie intégrante de leur relation. Pour cette continentale à la langue bien pendu, Sargon préférait patienter le temps de voir s'il avait envie de se montrer aimable ou mesquin avec elle. Pour le moment c'était davantage la première option qui se dégageait du lot. Elle s'interrogea alors sur la noblesse de son interlocuteur, déclarant qu'elle sous-entendait qu'il avait l'air noble. Cette remarque était assez.... amusante, les continentaux au sang bleu étaient si ridicules dans les accoutrements que souvent le Fer-né se félicitait de ne pas leur ressembler. Cependant, il était vrai que ses tenues étaient beaucoup plus riches que celles de ses homologues, un choix lié à son côté arrogant et adorateur de richesses. Quant à la question sur ce qu'elle pourrait faire sur les îles de Fer, il y avait une infinité de possibilités.

     ▬ Oh, tout dépendrait de ce que tu sais faire. Mais une femme a toujours son utilité chez nous, que ce soit à laver le sol ou à satisfaire les hommes d'une autre manière. »

     C'était assez.... insultant, il le savait parfaitement. En réalité, ce n'était que de la provocation, Sargon n'était pas amateur des femmes soumises et c'était bien pour cette raison qu'il parlait de la sorte. Si cette jolie donzelle était aussi indépendante qu'elle en avait l'air, nul doute que cette remarque misogyne la ferait sortir de ses gongs. Comme il l'avait mille fois répété à d'autres femmes, aux yeux du Harloi, rien n'était plus divertissant et attirant qu'une femme en colère, car pleine de passion. C'était une vision des choses assez discutable il est vrai, mais le Fer-né se targuait de ne pas penser comme tout le monde. Était-ce la vérité ? Peut-être pas, mais c'était ce qu'il s'imaginait tout du moins.

     Elle avait eu l'air assez intéressée par un tel voyage, enfin c'était ce que son ton laissait penser. La manière dont elle répliqua ensuite indiqua clairement au Fer-né qu'il n'avait pas affaire à une femme soumise, mais bel et bien à une personne indépendante. Elle était déjà passée par cette étape ? Fallait-il comprendre qu'elle avait été mariée ? Ce sujet l'intéressait, un léger sourire planait sur les lèvres du capitaine, comme toujours. Lorsqu'il s'éloigna, l'oreille tendue, le jeune homme se demanda à quoi elle pensait en parlant des gens qui pourraient jaser. Il n'y avait personne dans le coin et les Fer-nés n'étaient pas amateurs de rumeurs. Ils se souciaient peu de ce que les autres pensaient, Sargon le premier. Ce ne fut que lorsque la belle lui posa quelques questions alors qu'il s'éloignait, que le Fer-né tourna brièvement la tête vers elle.

     ▬ Non, uniquement celles qui me plaisent. La provoquait-il, ou parlait-il sérieusement ? Donne-moi ton nom et tu ne seras plus une inconnue. Il insistait, encore et toujours, sur le même point. Ceux qui ne connaissent pas la peur sont des idiots, c'est un bon sentiment, utilisé avec parcimonie. Je suis sûr que tu as déjà eu peur au moins une fois dans ta vie, tu n'es pas idiote, enfin tu n'en as pas l'air. »

     La Veuve Salée n'était pas située très loin d'eux, il suffisait de descendre une petite colline pour rejoindre la dune de sable qui menait au boutre. Les marins s'occupaient tous à leur manière, une majorité était restée sur le pont et bavardait ou se détendait un peu, tandis que d'autres se débrouillaient pour se défouler un peu au sol. Le voyage jusqu'aux Iles de Fer ne serait plus très long, mais cela faisait un moment qu'ils voguaient sur les flots. Après avoir marché quelques instants en silence, le capitaine reprit de plus bel.

     ▬ Tu sais que tu m'as insulté en me disant que j'ai l'air noble ? Les Fer-nés ne se considèrent pas comme nobles et même si ton Roi nous donne des titres, pour nous, nous ne sommes que des hommes libres, rien de plus. Il tourna la tête pour fixer la jeune femme. C'est pour cette raison que les roturiers sont aussi bien acceptés d'ailleurs. »

     Il donnait le sentiment de vouloir la convaincre de quelque chose alors qu'au final, ce n'était pas le cas. Aucune femme n'accepterait de quitter son continent adoré pour s'exiler sur des îles stériles où seul le fer acceptait de « pousser ». Ce serait comme de troquer sa vie de noble contre une vie de roturière, mais cette donzelle avait bien dit qu'elle n'avait peur de rien non ? Le Fer-né n'avait ni confirmé, ni démentit être noble, elle pouvait en déduire ce qu'elle voulait. Le blason des Harloi avait beau figurer à quelques endroits, l'héraldique des Iles de Fer n'était pas très connu dans le coin. En silence, le capitaine s'approcha du boutre alors que Yoren son second se hissa à sa hauteur en regardant la femme qui l'accompagnait.

     ▬ Yoren ! Nous avons une visiteuse qui n'a peur de rien, dis-lui bonjour. L'intéressé se contenta d'émettre un grognement avant de se détourner pour vaquer à ses occupations. Il est aimable normalement, mais je crois qu'il a un problème avec les femmes. Ce n'était bien évidemment pas le cas. D'ailleurs, tu m'as dit n'appartenir à personne et avoir déjà dépassé cette étape ? Tu étais mariée ? Une gentille épouse qui savait dérider son époux, oui, plus je te regarde et plus je me dis que tu saurais trouver ta place sur les Iles de Fer. C'était une insulte de plus, mais rien n'était trop bon pour s'amuser. Approchant d'elle pour lui faire face, il enchaîna. Et qui as-tu peur de faire jaser en venant avec moi ? Enfin non j'oubliais, tu n'as peur de personne. Léger haussement d'épaules. Je ne suis pas trop gourmand, ce qu'il y a sur mon boutre n'est pas pour moi, on peut donc dire que je n'ai rien. »

     Il rigole légèrement comme si l'idée l'amusait, appuyant son attention sur le visage de la jeune femme avant de se détourner une fois de plus pour s'approcher du boutre suffisamment près pour se tenir à côté de sa coque. Levant la main, il tapota le bois de sa paume avant de tourner la tête vers son invitée.

     ▬ C'est une gentille donzelle, je suis sûr que vous vous entendrez bien. Tu peux monter à bord tu sais, on ne repart pas tout de suite, mais je comprendrais que tu ne veuilles pas faire jaser. Que diraient les gens s'ils voyaient que tu te laissais conter fleurette pas un barbare des Iles de Fer, toi une dame si honorable. »

     Il ne lui contait pas vraiment fleurette, ce n'était que de légères boutades destinées à la titiller un peu, mais elle pouvait prendre cette remarque comme bon lui semblait.


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Message Mar 14 Mai 2013 - 20:21

Difficile pour Ashara de savoir ce que pouvait bien penser le marin. En temps normal, il ne lui arrivait que rarement, pour ainsi dire jamais, d'oser parler de la sorte mais, une fois n'est pas coutume, l'attitude étonnante de l'inconnu ne faisait que l'inciter à être elle-même sans chercher à faire dans la formule de politesse ou à faire des courbettes qui, de toute façon, n'auraient été qu'hypocrites et certainement peu convaincantes. Qui plus est, une part d'elle était intimement persuadée que le marin n'aurait guère apprécié ce genre d'attitude et qu'il aurait eu tôt fait de la renvoyer à sa broderie si elle avait fait preuve de réel savoir-vivre. La chose était étonnante mais ne manquait pas de plaire à Ashara qui s'autorisa un petit soupir un rien exagéré tandis qu'elle lissait sagement ses mèches rebelles.

"Oh et tu es plutôt du genre à te satisfaire de voir une femme faire le ménage chez toi ou il te faut autre chose ? Parce que je pense que je ne suis guère douée pour récurer le sol malheureusement et que j’ai plus l’âge d’apprendre à faire ce genre de choses. Mais j'ai d'autres talents si c'est ce que tu te demandes."

Un mince sourire en coin qui démentait son ton innocent continuait de s'afficher sur ses lèvres fines tandis qu’elle continuait de l’observer. Leur petit jeu pourrait durer longtemps, d’autant qu’Ashara n’était pas du genre à se lasser facilement lorsqu’elle tombait sur un interlocuteur avec un tant soit peu de répartie et qui acceptait de deviser ainsi avec une femme sans chercher immédiatement à la rabaisser. Certes il se montrait pour le moins insultant, mais la jeune femme n’allait pas s’offusquer pour si peu. Elle en avait entendu de belles lorsqu’elle avait grandi au sein de l’auberge familiale et ce genre de propos ne la faisaient plus rougir ou bondir depuis longtemps.

Et puis, autant être honnête, ses propos l'intriguaient. Si bien sûr Ashara n'envisageait pas une seule seconde d'aller s'exiler sur les iles de Fer, leur réputation ne l'attirait guère, elle s'amusait de la façon dont il avait de dépeindre ces lieux dont il semblait si fier et qu'il vantait sans s'en cacher. A sa énième provocation elle ne retint pas son rire et secoua imperceptiblement la tête en agitant la main.

"Si je te donne mon nom, non seulement je ne serais plus une inconnue mais je prendrais le risque de ne pas me voir affublée d’un surnom que j’imagine d’une rare finesse et plein d’esprit. Le choix est difficile et je ne peux pas prendre cette décision à la légère, tu ne crois pas ?"

Laissant apparaitre de vieilles savates usées, elle effleura un caillou du bout des pieds et tapota dedans, sans se départir de son sourire avant de finir par lâcher, d’une voix tranquille.

"Ashara."

Puis elle reprit, sans lui laisser le temps de réagir et sans même songer à lui demander son nom à son tour.

"Ceux qui disent qu'ils ont peur sont des idiots. C'est une faiblesse qu'il ne faut pas montrer au premier venu, surtout lorsqu'il dit inviter des jeunes femmes qui lui plaisent sur son boutre..."

Son sourire se fit malicieux tandis qu'elle continuait d'un ton toujours aussi mutin.

"Donc je ne te dirais pas s'il m'est déjà arrivé d'avoir peur. Mais je suis sûre que toi, tu dois prendre un malin plaisir à faire peur à certaines personnes, non ? Et je te remercie du compliment, enfin si ça en est réellement bien un."

Le sol sous leurs pieds s'était fait plus meuble, Ashara sentant le contact du sable sous ses semelles, se demandant l'espace d'un instant la sensation qu'elle pourrait éprouver en étant nu-pieds. Sans hésiter, elle se pencha et s'en débarrassa, abandonnant ses chaussures dont le piteux état lui permettait de ne pas s'inquiéter quant au fait qu'elle les retrouverait à son retour. Laissant filer le sable entre ses doigts de pieds durant quelques instants, elle leva les yeux en direction du bateau qui semblait s'être brusquement rapproché sans même qu'elle ne s'en rende compte.

Rejoignant le marin, elle fit quelques pas à ses cotés, gardant le silence tout comme lui et elle finir par reprendre, non sans cacher son amusement.

"Et toi tu m’as insultée en me prenant pour une bonniche et en laissant entendre que je pouvais appartenir à quelqu'un. Je pense qu'on peut dire que nous sommes quittes alors pour cette fois. Oh et tu sais, mon Roi, mon Roi… ce n'est pas lui qui remplit ma gamelle alors que ce soit lui ou quelqu'un d'autre, dans le fond, ça ne change pas grand-chose pour moi en tout cas."

Elle pensait ce qu'elle disait, la personne qui était sur le trône ne l'importait pas réellement, tant que les nobles et autres personnes aisées trouvaient une pièce à lui donner en échange de menus services. Plissant le nez et plongée brusquement dans une certaine réflexion, elle reprit, la mine un rien plus songeuse.

"Mais vous avez beau mépriser les nobles, il n'en reste pas moins que vous en avez chez vous non ?"

Si ce n'était pas le cas, il n'aurait pas autant insisté sur cette absence de différence qui soi-disant avait cours chez eux. Ashara ne doutait pas de la sincérité de ses propos, ou tout du moins du fait qu'il était persuadé de cette égalité entre les roturiers et les nobles sur les Iles de Fer, mais, trop vouloir mettre quelque chose en valeur lui paraissait suspect. C'était comme vanter les dents d'un cheval pour cacher qu'il était boiteux. Enfin, cela ne la concernait guère et elle haussa les épaules, se retrouvant soudain presque nez à nez avec le boutre du marin.

A la réaction du dit Yoren, elle laissa échapper un petit rire et rétorqua, d'une voix suffisamment haute pour que les deux marins l'entendent.

"Tu es sûr que c’est les femmes qu’il a un problème ? Pas avec toi ? Et quant à tes autres questions… la réponse t'importe réellement ?"

Sans rien ajouter de plus, elle s’avança et effleura la coque du bout des doigts, continuant, sans même lui accorder un regard.

"Qui te dit que j’étais une gentille épouse ? On dirait que tu as une vision du mariage bien limitée. Alors soit tu ne l’as jamais été, soit ta femme est vraiment niaise."

Elle ne s'y connaissait guère en bateau mais, il fallait qu'elle se l'avoue, le bâtiment qui était sous ses yeux l'impressionnait encore plus qu'elle ne l'aurait cru.

"Ta donzelle est vraiment superbe. Ce serait un crime que de ne pas monter à son bord, même pour quelques secondes. Quitte à entacher ma si précieuse réputation et devoir supporter un barbare des iles qui me compte fleurette."

Elle avait enfin détourné le regard et fixait le marin, les bras de nouveau croisés sous sa poitrine, guettant sa réaction.

"Et j'ai le droit de connaître ton nom avant que tu ne m'embarques je ne sais où ?"
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Sargon Harloi
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Message Mer 15 Mai 2013 - 12:28

     Était-il du type à aimer les femmes qui récuraient le sol ? Pas vraiment non. Les femmes de ce type étaient souvent soumises, n'osant pas braver le regard d'un homme par peur de se faire brutaliser. Non, Sargon n'avait aucune attirance ni aucun respect pour de telles créatures : il préférait amplement celles qui savaient s'imposer. L'inconnue prétendait avoir d'autres talents, chose dont le Fer-né ne doutait pas une seule seconde. Elle avait un petit « quelque chose » qui montrait qu'elle n'attendait pas que la vie lui apporte ce dont elle avait besoin, elle prenait les devants pour s'approprier ce qu'il lui fallait. C'était une excellente chose, le Harloi appréciait les gens comme elle, capables de mener à bien presque n'importe quelle mission, il aimait s'entourer de ce type de personnage. Mais elle était du continent et les choses ne seraient pas aussi aisées qu'avec ses marines par exemple. Il se contenta de hausser les épaules avant de répondre d'un ton léger qui n'éclairerait certainement pas grandement la jeune femme.

     ▬ J'aime les femmes qui savent se servir de leur langue. Un peu comme toi. »

     Sa remarque pouvait aussi bien être innocente que lourde de sous-entendus. Mais il n'avança pas davantage d'arguments, préférant se concentrer sur la suite de la discussion alors qu'elle reprenait la parole. Était-elle moqueuse ou sérieuse en parlant d'un surnom plein d'esprit ? Impossible de le savoir, Sargon ne la connaissait pas assez pour se décider. Quoi qu'il en soit, la demoiselle lui donna finalement son prénom avant d'ajouter quelques mots sur la peur. Un bref sourire passa sur les lèvres du capitaine lorsqu'elle émit l’hypothèse qu'il puisse prendre plaisir à effrayer certaines personnes. Il ne pouvait le nier.

     ▬ S'en est un. Et j'apprécie uniquement d'effrayer les jeunes demoiselles peureuses, tu ne risques donc rien. Ashara. »

     C'était un prénom agréable à l'oreille tout comme sa propriétaire l'était aux yeux. Il n'avait jamais été très friand des jolies demoiselles dont les maisons nobles regorgeaient, c'était certainement pour cette raison que cette femme avait attiré son regard alors qu'il se serait peut-être désintéressé d'elle si elle avait été plus noblement vêtue. De sa langue bien pendue, la demoiselle poursuivit pour lui faire savoir qu'il avait lui aussi été insultant à son encontre en la considérant comme une bonne qui appartenait à un homme. C'était un fait, puis il avait aussi été grossier à d'autres propos, mais peut-être qu'elle n'était pas sensible à ce genre de piques ? Tant mieux, il lui faudrait réfléchir plus sérieusement avant de la provoquer. Sargon resta muet jusqu'à ce qu'elle ne revienne au sujet des nobles et que Yoren ne s'avance vers eux, après quoi il la regarda approcher du boutre tout en répliquant.

     ▬ La noblesse ne nous met rien dans l'assiette, oui il y en a, mais ce n'est pas notre priorité. On préfère juger la valeur d'un homme à ses capacités plutôt qu'à son patronyme. C'était la vérité, des roturiers ne parvenaient-ils pas à occuper des places aussi – si ce n'est plus – importantes que des nobles ? Yoren n'a pas de problèmes avec moi, sinon il ne serait pas sur mon boutre. Il est peut-être jaloux de toi, vas savoir. »

     L'idée était... amusante ! Le ton de Sargon montrait bien qu'il n'était pas sérieux. Lorsqu'elle lui parla du mariage, il crut comprendre qu'elle avait donc bel et bien été mariée à la manière dont elle répondait. Certes, lui de son côté n'avait jamais connu ce « plaisir » et ne s'en plaignait pas vraiment. Les sentiments, ce n'était pas pour lui, son mariage aurait uniquement un but commercial et non sentimental. Il se contenta de hausser les épaules alors qu'elle poursuivait, complimentant la précieuse Veuve et déclarant qu'elle serait ravie de monter à son bord. Un sourire se dessina à nouveau sur les lèvres du Harloi avant qu'il ne réplique suite à sa dernière question.

     ▬ Tu as raison, je ne suis pas marié et je ne l'ai jamais été. C'est une perte de temps pour le moment, mais peut-être pourras-tu m'éclairer pour changer ma vision des choses ? Le ton était amusé. Comme tu m'as donné le tien, je vais faire de même. Tu peux m'appeler Sargon. L'intéressé se détourna pour se diriger vers le côté de la coque du boutre avant d'ajouter une précision. Harloi. »

     Au moins saurait-elle qu'elle avait raison et qu'il était bel et bien noble. Le Fer-né se glissa jusqu'au côté de sa Veuve Salée, la coque n'était pas totalement lisse à cet endroit et l'on pouvait voir des aspérités présentes dans le bois. Connaissait-elle le fonctionnement des navires Fer-nés ? C'était peu probable, mais quiconque avait déjà vu un boutre prendre la mer, comprendrait que cela servait « d'escalier » pour rejoindre le pont comme les navires ne restaient que rarement sur la mer lorsqu'ils étaient immobilisés. Après avoir jeté un coup d’œil au bastingage, il tourna la tête vers Ashara.

     ▬ Tu n'as qu'à regarder comme je fais et m'imiter. »

     Reportant son attention sur le boutre, il attrapa une sorte de poignée rectangulaire qui sortait de la coque et s'en servit pour se hisser contre le bois. Après qui, en s'aidant des quelques aspérités il grimpa jusqu'au bastingage par-dessus lequel il passa pour se retrouver sur le ponton. En apparence cette escalade avait l'air extrêmement simple, mais en réalité, elle demandait une certaine force et épuisait assez rapidement. Se penchant vers la jeune femme, il esquissa un nouveau sourire.

     ▬ Sinon tu n'as qu'à me donner ta main et me laisser te hisser. »

     Appuyant ses paroles d'un geste, il tendit la main vers elle. En tendant son bras elle pouvait l’attraper et il n'aurait pas de grande difficulté à la hisser à ses côtés. Mais fière comme elle était, accepterait-elle une telle proposition ? Il n'en profiterait pas pour avoir les mains baladeuses si elle s'inquiétait de ce point : le Fer-né n'avait pas pour habitude de voler les attentions des femmes, il préférait largement se les voir accordées. L'air de rien, il ajouta quelques mots d'un ton léger.

     ▬ Je suis certain que si tu essayes de monter seule, tu offriras une superbe vue à mes marins, ça fait longtemps qu'ils n'ont pas eu l'occasion de voir sous la jupe d'une femme. J'aurais peut-être dû passer après toi finalement. »

     Le ton était assez moqueur, il attendait toujours sa réaction. Derrière lui, des bruits étaient toujours audibles, les femmes capturées lors de raids qui semblaient s'agiter en sentant la terre et la liberté si proches. Mais les malheureuses n'auront jamais la chance de la jolie Ashara, elle pourrait quitter le pont de la Veuve dès qu'elle le souhaiterait contrairement à ces captives. La Bieffoise pouvait d'ailleurs sentir le regard des autres marins qui semblaient attendre de voir ce qu'elle allait décider : ils ne perdaient jamais l'occasion de se rincer un peu l’œil. Lui non plus d'ailleurs.


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Message Dim 19 Mai 2013 - 16:40

Au moment où elle prononça ces quelques mots, elle se doutait pertinemment que le marin ne manquerait pas de sortir une petite pique et Ashara ne fut pas déçue. Son sourire se fit plus large tandis qu'elle haussait les épaules, l'air de rien.

"Je croyais que les femmes qui ne faisaient que se servir de leur langue pouvaient être agaçantes à la longue ? J'me serais trompée ?"

Libre à lui d'interpréter ses propos comme il le souhaitait, tout comme elle en avait fait de même avec les siens. Il était loin le temps où elle aurait pu être choquée par des allusions salaces de ce type et, pour être honnête, elle trouvait même sa façon de répondre plutôt amusante mais préférait n'en rien montrer, tout du moins, pas dans l'immédiat.

Laissant filer un temps tandis qu'elle l'observait toujours avec cette même curiosité, elle finit pas répondre, l'air mutine.

"Oh et c'est amusant alors d'effrayer les jeunes femmes peureuses ? Ca doit te prendre beaucoup de temps non ?"

Le fait qu'il utilise clairement son prénom et le ton qu'il avait employé en le prononçant la fit sourire, ne l'empêchant pas pourtant de répliquer assez vivement et de parler de ses propos insultants tout en cheminant vers le boutre du fer-né.

"Mmmmh je ne suis pas d'accord avec toi. Etre noble, ça aide quand même un peu, enfin uniquement si on a juste besoin d'avoir des trucs dans l'assiette. Il y a un tas de parasites un peu partout et j'me dis toujours que les nobles sont les pires. Je m'imagine bien un tas de monde grouillant à la cour royale pour avoir un peu d'attention et surtout, de quoi manger, je sais pas trop pourquoi. Enfin…" Elle secoua une main dans les airs pour chasser ces idées pour le moins saugrenues avant de reprendre, d'un ton toujours aussi léger. "Peu importe. "

A dire vrai, les histoires de statut et de place pour les nobles et les roturiers importaient peu à Ashara. Tout ce qu'elle voulait, c'était une vie où elle n'aurait pas cette sensation de vacuité et où elle pourrait enfin faire des choses intéressantes. Lorsqu'il évoqua son second, elle ricana carrément, secouant la tête et fixant Yoren qui les regardait depuis le boutre d'un air peu affable avant de lui décocher un large sourire et de reporter son attention sur Sargon.

"Jaloux ? De moi ? Il va falloir que je lui pose la question alors…"

Elle ne sut jamais vraiment ce qui la décida pour de bon à monter sur le navire du fer-né. Sa façon de lui parler peut-être et cette impression que, pour la première fois depuis si longtemps, elle se sentait enfin vivante, ne sachant pas ce qui allait bien pouvoir arriver et, bizarrement, s'en moquant complètement. Il se passait enfin quelque chose qui n'était pas une maladie qui entrainait tout le monde sur son passage et qui ne lui laissait pas l'opportunité de décider de quoi que ce soit.

"Et bien, je ne suis pas sûre que ma vision des choses t'incitera à vouloir prendre épouse pour être honnête. Mon mariage ne m'a apporté qu'une carriole et un cheval à moitié mort. Tu me diras, c'est déjà beaucoup plus que bien des unions que j'ai pu voir, j'ai pas à me plaindre finalement."

Son ton était léger et elle préféra s'abstenir de raconter comment s'était terminé son mariage. Voir son époux pendu n'était pas un souvenir particulièrement heureux, quelle que soit le peu d'affection qu'elle ait pu avoir à son encontre. Lorsqu'il se décida à lui donner son nom, elle hocha la tête, la mine tranquille et réussit tant bien que mal à maquer son sourire lorsqu'il précisa qu'il avait un nom de famille.

Ainsi il était noble, ce qui rendait tout son petit discours à propos des possibilités des roturiers bien plus amusant voire intéressant, surtout pour elle.

"Et bien enchantée Sargon Harloi."

Suivant le marin les mains toujours croisées derrière son dos, elle resta un instant interdite devant cet espèce d'escalier qu'il franchit en un clin d'œil, démontrant à n'en pas douter une rare agilité et surtout, une grande habitude de ce genre d'exercice. Mais, bien évidemment, ce n'était pas le cas d'Ashara qui fixa les quelques aspérités d'un air circonspect, sourcils haussés et gardant le silence quelques instants, ne prenant pas la peine de répondre à sa remarque.

Comme si elle pouvait l'imiter aussi facilement. Quand bien même elle aurait déjà fait ce genre d'acrobaties, elle ne voulait pas prendre le risque de se rater et de se ridiculiser devant le fer-né qui ne manquerait pas de remarquer la moindre de ses failles, la bieffoise n'avait aucun doute à ce propos.

Fixant la main qu'il lui tendait, elle laissa échapper un petit "tsssst" qui en disait long sur sa façon de penser du ton moqueur qu'il venait d'employer. Mais, aussi fière qu'elle pouvait être, Ashara savait qu'elle n'avait pas d'autre option si elle voulait grimper sur le pont du navire.

"Oh je suis sûre que tes marins ne manquent jamais une occasion de se rincer l'œil mais, cette fois en tout cas, j'vais être obligée de les décevoir."

Elle attrapa alors la main du fer-né et se laissa hisser sans la moindre difficulté, bien au contraire. Le Harloi ayant peut-être un peu trop présumé du poids de la jeune femme, elle se retrouva non seulement sur le pont du navire mais surtout, heurta violemment le visage du fer-né et s'écroula avec lui devant une bande de marins dont le regard moqueur ne laissait aucun doute sur ce qu'ils pouvaient penser de la scène.

Prenant appui sur les épaules du marin pour se relever, elle grommela quelques paroles incompréhensible mais que l'on pouvait deviner sans difficultés comme une flopée de jurons. Réussissant tant bien que mal à se remettre sur pieds, elle fit mine d'épousseter sa robe de laine et regarda autour d'elle, curieuse et occultant sciemment les regards de l'équipage.
Baissant les yeux en direction de Sargon, elle laissa échapper, avec un sourire en coin.

"Tu t'attendais quand même pas à ce que je reste dans tes bras aussi facilement. Il m'en faut un peu plus."

Agitant la main, elle continua, sur le même ton amusé.

"Tu veux que je te donne la main pour t'aider à te relever ? Et si tu me faisais visiter maintenant ? Sauf si tu veux profiter de ta position pour te rincer l'œil et regarder enfin sous ma jupe."

Croisant une nouvelle fois les bras, elle attendit, la tête légèrement penchée sur le coté, avant de commencer à jeter un oeil aux alentours, curieuse. Après tout, c'était la première fois de sa vie qu'elle montait à bord d'un navire, boutre ou quoi que ce soit qu'il fut. Il fallait fêter ça.
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Message Sam 25 Mai 2013 - 11:41

     Être noble pouvait effectivement être un gros avantage, sauf lorsque vous viviez sur une île où seul le fer acceptait de « pousser ». Les seigneurs des Iles de Fer ne possédaient pas vraiment plus de nourriture que leurs vassaux, ils devaient tous attaquer les navires qui s'aventuraient dans la mer du crépuscule pour pouvoir subvenir à leurs besoins, le fait d'être noble ou simple marin sur les boutres n'y changeait donc pas grand-chose. La seule différence palpable se manifestait au moment du partage : les marins avaient forcément moins que le capitaine, mais cela suffisait amplement à les satisfaire s'ils avaient pu se soulager un peu en se défoulant sur les adversaires lors du raid. Mais c'était sans importance, ils auraient pu disserter à ce sujet pendant des heures sans parvenir à tomber d'accord : Ashara ne connaissait pas la politique des Iles de Fer et Sargon ignorait quelle était la vie d'une roturière, que ce soit sur le continent ou sur ses îles natales.

     L'idée qu'elle puisse rendre Yoren jaloux semblait l'amuser, ce n'était pas très surprenant, cette femme avait l'air de se divertir de bien peu et ce n'était pas lui qui allait râler. Il se contenta de hausser les épaules lorsqu'elle émit l'hypothèse de parler au premier concerné de cette prétendue jalousie : à elle de voir ce qu'elle voulait faire ! Sargon espérait simplement qu'elle n'attendrait pas grand-chose de cette discussion, son second n'ouvrait que très rarement la bouche, préférant grommeler ou grognent pour s'exprimer.

     Comme elle parlait de son mariage, Ashara lui fit savoir que l'écouter parler de son union n'allait pas lui donner très envie de prendre une femme. Vraiment ? Un léger sourire ourla les lèvres du Fer-né tandis qu'il se disait que les mariages n'apportaient vraiment que des ennuis, du moins lorsque vous étiez roturier. Les alliances entre nobles étaient bien plus profitables et le Harloi espérait bien obtenir davantage qu'un vieux canasson et qu'une stupide carriole. Il était exigeant et choisirait son épouse suivant l'intérêt que représenterait sa dot, pas autrement ! Vénale ? Parfaitement, lorsque vous étiez aussi arrogant que le Fer-né, vous n'aviez pas en tête d'épouser une femme par amour ou simplement par désir d'avoir de la compagnie. La conclusion de la demoiselle ne manqua pas de faire rire légèrement le capitaine.

     ▬ Pas à t'en plaindre ? J'aurais pensé le contraire, si tu avais épousé un marin Fer-né, tu aurais eu bien plus que ce que tu viens de me dire. Tu devrais peut-être te laisser retenter par le mariage, mon second a une bonne place et même s'il n'ose pas le dire, je suis sûr que tu lui as tapé dans l’œil. En plus il ne va jamais voir ailleurs, il ne parle presque pas et il est toujours avec moi : tu aurais l'époux idéal. »

     L'idée était saugrenue évidemment, déjà parce que Yoren n'était absolument pas intéressé par le mariage – Sargon se demandait même s'il l'était par les femmes – mais ensuite parce qu'il était peu probable qu'une femme comme Ashara daigne se laisser une seconde fois passer la corde au cou. Et il l'approuvait d'ailleurs, qu'elle garde sa liberté !

     Mais le sujet était passé, Sargon gravit donc rapidement la coque de sa précieuse Veuve avant de se retourner pour jeter un regard à la Bieffoise qui ne portait malheureusement aucun décolleté permettant de se rincer l’œil. Sourire aux lèvres, le Fer-né voyait bien que cette situation déplaisait à la belle : elle était obligée de lui dire qu'elle avait besoin de son aide à moins qu'elle ne se débrouille pour obtenir celle d'un autre marin. Mais il était peu probable que l'un d'entre eux veuille encourir le risque de se mettre leur capitaine à dos. Avec satisfaction, Sargon la vit donc tendre la main pour attraper la sienne et il s'en saisit pour la tirer vers lui. Elle était plus légère qu'il ne le pensait et sans vraiment savoir comment il se débrouilla, le capitaine se montra un peu trop vif dans son geste et la jeune femme le heurta avant de s'affaler sur lui. La situation n'aurait normalement pas vraiment dérangé le Harloi qui appréciait toujours la proximité avec une jolie demoiselle, mais pour le coup c'était plus embêtant qu'autre chose : il n'aimait pas être en étant de faiblesse. La donzelle s'appuya sur lui comme s'il n'était qu'un simple objet sans intérêt, puis se redressa avant de grommeler quelques mots. Finalement elle avait un point commun avec Yoren ! Sargon la laissa se redresser avant de décrocher un regard d'avertissement à ses hommes pour leur faire comprendre qu'ils n'avaient pas intérêt à dire quoi que ce soit. Elle lui balança un trait d'esprit qui ne manqua pas de faire sourire le capitaine, avant d'avancer une idée qui semblait tout aussi intéressante. Il la déclina cependant.

     ▬ Même si cette idée ne me serait pas déplaisante, je préfère les visiter à une autre occasion, avec un peu moins de monde autour par exemple. Comptait-il réellement le faire un jour ? Difficile de le savoir, il ne ratait jamais une occasion pour émettre de genre d'hypothèses, après à savoir ce qui était vrai ou ce qui ne l'était pas.... Il se redressa tout en enchaînant. Il n'y a pas grand-chose à visiter, comme tu le constates par toi-même, ce n'est pas aussi rempli que sur les navires du continent. »

     C'était vrai : le pont s'étendait d'un bout à l'autre du navire, les côtés du boutre étaient légèrement plus bas et l'on voyait des bancs pour les rameurs. Seules les deux extrémités étaient « habitables » : celle où ils se trouvaient et où plusieurs barriques étaient entreposées, puis une autre où l'on voyait des silhouettes assises, les prisonnières. Une espèce de tente était aussi visible, elle servait à abriter la nourriture et l'eau potable de la pluie et des vagues. Il fit signe à la jeune femme de le suivre et traversa le pont, ignorant les marins qui dévisageaient Ashara sans aucune gêne – même s'ils regardaient bien plus bas que son visage cela dit.

     ▬ Le luxe ne nous intéresse pas vraiment, c'est un navire pratique et pas vraiment l'idéal pour voyager en agréable compagnie. Il lui décrocha un regard, amusé, tandis que les prisonnières ne manquaient pas de scruter cette nouvelle arrivante, espérant attirer son attention pour lui demander de l'aide. Mais j'ai cru comprendre que le luxe ne t'importait pas vraiment ? Tu pourrais bien te faire à la vie sur les Iles de Fer, les marins peuvent aussi être des femmes et apparemment tu as fait forte impression à mes hommes. C'était le moins que l'on puisse dire. Arrivé au bout du boutre, il posa ses mains sur le bastingage avant de finalement se retourner pour la regarder. Ce n'est pas comparable de monter dessus lorsqu'elle est à l'arrêt ou lorsqu'elle vogue, tu devrais essayer tu sais... »

     Une tentative pour la persuader de rester encore un peu ? Peut-être, ou peut-être était-ce simplement l'envie de l'embêter un peu.


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