AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Toutes les fatalités doivent être servies avec intelligence.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Jeu 18 Avr 2013 - 20:22

Il était dit que tous les insulaires ayant vu le jour sur les Iles-de-Fer étaient inéluctablement affiliés à la mer, enfants de l'écume, frères et soeurs de l'embrun, descendants du Dieu Noyé dont ils iraient rejoindre le royaume subaquatique, où les sirènes seraient leurs éternelles servantes. Fantasme légitime de tous les fer-nés prêtant foi à l'Antique Voie, et assurément plus d'un se surprenaient à mirer la houle d'un air songeur, dans l'espoir d'y apercevoir le minois ou la crinière de l'une de ces légendaires ondines. Leurs femmes à eux, sur leur archipel de bruine et d'argentite, n'avaient rien de comparable à ces créatures à demi-poiscaille et à demi-vénus. Des harpies, que ces femelles ! De véritables furies parfois aptes à frapper aussi fort, si ce n'était plus pour certaines, que leurs semblables masculins. Guère d'atouts à lorgner, un derme loin d'être d'albâtre mais rongé par le sel des flots, et justement, des caractères aussi saumâtres que ces derniers. Au moins leur donnaient-elles de dignes portées, véhémentes et robustes, pour celles qui n'avaient point choisi de devenir capitaine ou hommes d'armes – ironique que ce titre. - et acceptaient encore de se faire sagement marier et engrosser. Mais l'union maritale n'avait, selon un certain forgeron, de sens que lorsque l'on possédait un patronyme à léguer, sinon, à quoi rimait cette cantilène qui prônait de prendre épouse ? Il n'y voyait guère aucun intérêt, seule une pléiade de vétilleuses contrariétés venue diaprer un quotidien auparavant fort apprécié. S'il n'avait point juré devant témoins et déités que jamais – ô grand jamais ! - il ne passerait l'alliance à l'annulaire d'une séduisante succube, une telle perspective lui paraissait impossible, tout bonnement improbable. Et peut-être était-ce avec cette vérité devenue absolue au coeur qu'il s'était abandonné à la libidineuse contemplation de l'une des domestiques qui rôdaillait en même temps que lui dans les cuisines. Le bélître aux moeurs archaïques pleinement assumées ne s'était pas importuné à projeter mille et une luxures, ses noires agates rivées sur les cambrures callipyges de la sylphide à l'exotisme certain. Et il l'aurait bien harpé à pleines paluches, son exotisme ! Cependant, la contingence s'était chargée de le remettre à sa place sans qu'il n'ait même eu le temps de lamper le fond de sa pinte, et elle se manifesta sûrement de la pire des apparences : celle d'un décapode aux tentacules d'or. Son demi-frère semblait avoir profité de son passage dans ce pan de bastion pour lui faire part d'une requête – d'une sommation, à dire vrai, les impératifs se discutaillaient rarement avec le suzerain. - guère vouée à lui plaire. Il le voulait sur le pont de la Sirène Noire, séance tenante et paré à troquer son artisanat pour une âme d'écumeur, cette âme même qu'il préférait objectiver sporadiquement au profit de son atelier. Mais aucune allégation de cet acabit n'aurait été en mesure d'arguer en sa faveur et de modifier l'opinion de la Seiche, aussi, ce fut le nez dans un faro devenu âcre aux papilles que le titan s'était mortifié.

Etait-ce parce qu'il l'avait surpris à reluquer l'une des donzelles assujettie à sa forteresse qu'il avait exigé sa compagnie pour cette pérégrination maritime, ou n'était-ce que le corollaire d'une nouvelle lubie de sa part ? Dagon ne manquait jamais une opportunité pour l'incommoder, l'Edenteur en était intimement persuadé, et plus s'essayait-il prendre ses distances, plus les pernicieux appendices du Kraken semblaient le rappeler à l'ordre. Fichtre, le sournois ! « L'enculé... » dans un dialecte plus lakdahrisé, et doux sobriquet avec lequel il s'auto-serinait pour nieller dans son esprit toute la perfidie des Greyjoy. D'aucuns auraient attesté que la réaction du colosse tenait de l'hyperbole, et elle l'était certainement, lui qui avait une propension à l'outrance lorsqu'il était d'une quelconque façon question de ses liens familiaux. Son aîné ne l'avait encore jamais estropié, et Lakdahr n'avait pas à se lamenter de son sort contrairement à quelques-uns de leurs autres demi-frères qui cherchaient à entrer dans ses bonnes grâces, ou au contraire, à le contrarier à leurs risques et périls. Tandis que lui, il était ici, ceint d'un nouveau rôle de forban sur l'un des plus augustes boutres de leurs îles. Plusieurs jours, déjà, qu'il s'y trouvait, et qu'ils écumaient ces eaux en quête de proies à dépiauter. Deux abordages avaient d'ores et déjà permis de faire couler la gueuze sous les rengaines de victoire des marins ébaudis, et même si le géant rechignait toujours à bourlinguer lorsqu'il n'en avait point l'envie, il admettait que l'atmosphère allègrement débauchée qui régnait alors n'était pas pour lui déplaire – de quoi effaroucher ces ribaudes du continent s'ils avaient pu y assister ! Ce fut pendant qu'il s'esclaffait d'une galéjade grivoise de l'un de ses homologues que le cor de la bonne fortune résonna : un navire était en vue, à tribord toute ! Direction dans laquelle se mirent à épier tous les pirates avilis de coeur et d'esprit, risettes carnassières aux lippes. Et effectivement, la voilure d'un navire s'ébaucha à l'horizon, une cible providentielle alors même qu'ils faisaient route pour regagner leurs logis après une expédition qui s'avérait résolument fructueuse. Et quelle cible ! Des marchands d'Essos dont les cales recelaient inexorablement de denrées et autres produits de valeur, le butin n'en serait que plus estimable et déjà, tous entraient en effervescence ! Selon les ordres prodigués par le capitaine, les rameurs rejoignirent hâtivement leurs postes et chacun fit reluire sa lame pour que, d'une simple blandice, elle puisse étêter quelque bougre que ce soit.

Placé à hauteur de la proue, l'artisan s'enthousiasma secrètement – autant ne pas exulter de façon trop explicite aux abords du suzerain, question de fierté ! Trancher quelques membres et se badigeonner des boyaux ennemis, en espérant que ces pleutres ne choisissent par de sauter par-dessus bord avant qu'ils ne les aient atteints. La fuite était toujours la première des solutions, ô désespoir, ces pauvres fous n'iraient nulle part ! Parole de fer-nés dont les voix gutturales s'élevaient déjà en un choeur d'épouvante, préludes à un imminent massacre. A la suite d'habiles manoeuvres faisant toute la notoriété des corsaires qu'ils étaient, ils s'approchèrent du polacre déjà condamné et l'ascension commença. Les pillards se hissèrent graduellement jusqu'au bastingage dans des rires tonitruants, la panique eut tôt fait de pulluler sur le pont assailli en un alliage de fièvre et de désarroi, bariolée d'horreur et de patenôtres aux figures déifiées incapables de protéger leurs fidèles. Le chaos régnait entre ceux qui préféraient la fuite et ceux prompts à dégainer leurs armes et luttaient. La hache de l'Edenteur se ficha dans le crâne de l'un des antagonistes, lui morcelant le faciès en deux parties plus ou moins égales, mais surtout, arrosant les environs d'une gerbe d'hémoglobine d'un sombre pourpre. Mais par-delà l'écarlate, ce fut une nitescence de bleu persan qui capture l'attention de Lakdahr, tel un mirage qu'il était convaincu d'avoir aperçu dans l'effervescence de l'instant. Pourtant, en relevant le regard, il distingua derechef cet éclat qui tentait de survivre entre les combats. Une touche de couleur criarde qui n'aurait été que détail si seulement la dryade ne s'était point retournée pour lui exposer toute sa vénusté... Grand dieu ! Elle ne l'avait pas regardé lui, mais cela avait suffit pour qu'il en soit captivé, de ce derme subtilement hâlé, de ces mirettes de jais affolées, et d'un galbe qui même camouflé sous le textile apparaissait comme céleste. Ni une, ni deux, aveuglément intrigué, le goliath des îles bouscula qui se situait sur son passage dans le dessein d'approcher cette mystérieuse créature qui n'avait vertement pas sa place dans un tel champ de bataille. Il parvint sans grand mal jusqu'à elle, et arrivant dans son échine, il posa son immense paluche sur son épaule pour la contraindre à se retourner totalement vers lui. Fût-ce alors une indicible terreur qu'il put lire dans l'abysse de ses prunelles ? Qu'importait, à dire vrai, ce qu'elle put bien ressentir à ce moment, car elle était sublime, elle était exotique, et elle était désormais à lui. Tel un capricieux bambin devant un nouveau jouet qu'il désirait ardemment, le mestre fêvre la considérait déjà comme sa propriété – quelle fatalité ! Ses calots n'hésitèrent pas à la jauger de la tête aux pieds, ignorant pleinement le tumulte à l'entour pour contempler ce beau joyau dont il allait s'emparer. De son côté, en complément de son gargantuesque gabarit, il n'était point dignement présentable ! Hache au poing et maculé de projections de sang, il ressemblait probablement à un ogre sur le point de la dévorer sans concession. Son timbre de rogomme ne fut indubitablement pas pour la rassurer davantage...

« Bouge pas et j'te ferai pas d'mal... Peut-être. » La conjecture exposée ne jouerait pas en sa faveur, mais il n'avait jamais été particulièrement doué pour s'adresser à la gente féminine, contrairement à un certain Gabriel qui avait beaucoup plus d'éducation lorsqu'il le désirait. Lakdahr n'était qu'un portefaix sans la moindre civilité ou même patience ! Ce dernier fait, la naïade l'apprendrait à ses dépends si elle osait jouer avec ses nerfs fort peu tolérants. Dans tous les cas, il avait bien l'intention de se faire obéir avant qu'un autre ne s'intéresse de trop près à son trophée. Mais la fragrance d'une demoiselle ne passait jamais bien longtemps inaperçu parmi une cohorte de mâles en rut, aussi un second quidam et membre de la Sirène Noire s'approcha à son tour. « Dégage l'Edenteur, j'l'ai vue le premier ! » Il la toisa avec une telle lubricité que l'on aurait presque pu voir ses braies se tendre sans qu'il ne l'ait même encore touchée, langue aux lèvres et salive à la commissure, il porta une main à son entrecuisse tandis que l'autre s'apprêtait à saisir la jouvencelle. Nul doute qu'il l'aurait violée à même le plancher si son geste n'avait point été arrêté par un forgeron furibond. « Va t'branler ailleurs, elle est à moi ! J'la baiserai avant toi ! Tu sais nager ? Euh ouais mais... Quel rapport ? Aucun. »

Aucun, si ce ne fut son poing en pleine figure. Et si le mouvement de recul fut vif, le titan retint le forban par le col de son vêtement pour ne pas qu'il s'étale lamentablement sur le sol. Geste de bonté ? Guère jamais ! Il en profita simplement pour brièvement abandonner sa hache et soulever le quidam, qu'il envoya par-dessus bord rejoindre la mer. Par plaisir, le colosse se plut à se pencher, mains sur le bastingage et sourire sardonique aux lippes, pour toiser le bougre qui ne comprenait qu'à peine ce qui venait de lui arriver. Qu'il soit fer-né ne le protégeait en rien d'un traitement de violence commun, même en plein pillage d'un polacre ! Le demi-Greyjoy abhorrait qu'on le dépossède de ses plaisirs – car cette muse des Cités Libres en serait un ! Preuve en était seulement de la façon dont ils avaient conversé de son sort, tel un butin que l'on s'appropriait sans volonté de le partager. Et d'ailleurs, où était-il donc passé, ce trésor qui faisait des jaloux ? Lakdahr se redressa et constata avec stupeur que la nymphe ne se trouvait plus à sa place initiale. Il se mit à la chercher du regard et la repéra bien vite, à seulement quelques pas d'ici.

« Viens ici femme ! » Enjoignit-il en pointant le sol à ses pieds de l'index, à l'instar d'un maître appelant un vulgaire canidé. Qu'était-elle pour lui si ce n'était une belle carne de laquelle se délecter tant qu'elle résisterait à ses soins tout particuliers ? Il n'avait point encore réfléchi à la manière de procéder, ni même au fait de savoir s'il avait là une bonne ou une mauvaise idée de la prendre sous son joug. Elle était un caprice qui, comme tout ceux de son genre, appelait à être assouvir séance tenante et sans raisonnement adéquat, car au pire des cas, s'en débarrasser ne serait de loin point un problème. « Tout d'suite ! » Insista t-il en la foudroyant du regard, elle ne pourrait de toute façon pas lui échapper si ce n'était par la mort.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Ven 19 Avr 2013 - 11:39

Depuis combien de jours était-elle cloitrée là-dedans ? Une calle humide et sinistre, bien loin de la lumière et de la chaleur du soleil. Le capitaine du navire marchand lui avait fait promettre de ne pas se montrer, même si la plupart de l’équipage se doutait qu’une femme était enfermée avec le lot de marchandises destiné à transiter vers Port-Lannis. Il était dit qu’une donzelle sur un bateau portait malheur – Serenei pensait plutôt qu’une présence féminine avait vite fait d’attirer l’attention des hommes et que ça les rendait indisciplinés, voilà tout. Les hommes n’étaient-ils pas tous des animaux dans le fond ?
Loin d’elle l’idée de vouloir provoquer le destin. Elle avait payé pour quitter Volantis et rejoindre Westeros – un nouveau départ pour une jeune artisane dont le rêve était d’ouvrir son échoppe sans que personne ne vienne contrarier ses desseins. Ça s’était révélé impossible à Volantis. Après tout, elle n’était qu’une vulgaire roturière et avait osé faire de l’ombre aux riches marchands qui avaient bâti leur commerce sur de la qualité douteuse mais fort couteuse. Même si la ville où elle avait grandi était profondément ancrée en elle, c’était sans remord qu’elle l’avait quitté. N’ayant plus réellement de famille à laquelle s’accrocher, ne supportant plus de voir les visages marqués de ceux que l’on forcé à la servitude, Serenei avait estimé que Westeros lui réservait un avenir plus serein et à la hauteur de ses ambitions.

Elle cligna des paupières à plusieurs reprises, fixant la flamme vacillante de la lanterne qu’elle tenait devant elle. Toujours les mêmes craquements. Toujours le même balancement régulier du navire qui fendait les flots vers un avenir qui lui était encore incertain. Cela faisait des mois qu’ils naviguaient et la donzelle espérait arriver à destination à chaque lueur matinale filtrée par le navire. Désillusion. Ses prières au Maitre de la Lumière n’avaient jamais été aussi assidues qu’aujourd’hui – ça lui permettait de croire et d’espérer et ce n’était pas à négliger dans un endroit aussi sombre qu’ici. Cela faisait quelques semaines déjà qu’elle avait cru mourir, torturée par un mal qui était aussi obscur que l’océan sur lequel ils voguaient. Elle n’avait rien avalé pendant des jours et c’était à peine si elle avait pu boire. Roulée en boule sur sa paillasse, elle n’avait pas cillé, se contentant d’ânonner quelques prières à R’hllor pour la guider vers la lumière. Puis la fièvre se dissipa et la jeune femme put se remettre à espérer rejoindre la côte.

Elle détourna son regard de la flamme et se mit à observer autour d’elle. Elle avait ramené quelques tissus mais il lui était difficile de coudre ou faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait que se contenter d’imaginer les corsetages et les robes qu’elle taillerait une fois parvenue à Port-Lannis. Elle avait entendu dire que les dames étaient fort raffinées en ce coin là - elles apprécieraient son travail, elle en était certaine. Serenei se permit à plusieurs reprises de circuler entre les marchandises, imaginant ce dont ces tonneaux étaient remplis. L’ennui exacerbait bel et bien l’imagination, mais cela devenait insupportable pour elle de dépérir ici alors que son moral était au plus bas. Rassemblant ses jupes, la donzelle se redressa et daigna s’approcher des escaliers de bois qui rejoignaient le pont. Elle pouvait entendre les marins crier à tue-tête des instructions et le roulis du pont se fit plus perceptible pour elle une fois debout. Elle prit une longue inspiration et gravit les marches, se souciant bien peu de ce que susciterait son empressement au Capitaine. Elle émergea à la lumière du jour et se couvrit instinctivement le visage, éblouie par ce soleil qu’elle avait du mal à supporter. Elle attira quelques œillades curieuses mais n’y prêta guère d’attention. Elle s’approcha du bastingage et s’y appuya distraitement, le regard plongé dans cet océan aux nuances de bleu multiples. Le vent contre sa peau était pour elle un vrai délice après tant de temps passée recluse. Elle profita bien de chaque sensation que cela lui procura avant qu’une voix familière ne vienne lui susurrer à l’oreille.

« J’croyais qu’on avait convenu d’un accord. Vous restez en bas et j’vous mène à bon port. » – Lui lâcha le Capitaine sur un ton réprobateur.

Le faciès émacié de la Volontaine se durcit dans une expression de refus poli d’obtempérer.

« Vous n’obtiendrez pas grand-chose de mes rentes si je venais à mourir avant d’arriver à Port-Lannis. » – Lui déclara-t-elle sur un ton neutre. « Je ne dérangerai pas vos hommes. Je resterai là et je ne dirai rien, je vous le jure. »

Sa dernière réplique était presque une supplication désespérée. Elle inclina son visage vers son interlocuteur et darda ses prunelles dans les siennes pour le convaincre. Ce dernier, après mûres hésitations empreintes de nervosité, finit par acquiescer. Elle écouta ses avertissements d’une oreille distraite, trop occupée à savourer son soulagement. Quelques jours lui avait-il dit – il ne restait que quelques jours avant de parvenir jusqu’aux Terres de l’Ouest. Satisfaction qui ne dura guère. A peine s’était-elle mise à laisser son esprit vagabonder que l’homme de vigie perché sur le Nid-de-pie du navire apostropha l’équipage pour l’informer qu’un boute Fer-né se dirigeait droit vers eux. La panique provoquée eut été digne d’un poulailler en ébullition. Les hommes se mirent à s’affairer fissa et sollicitèrent leur supérieur pour la démarche à suivre. Un long frisson ébranla l’échine de Serenei qui tenta de discerner l’armature du bateau ennemi. Les Fer-nés étaient connus pour être des pirates impitoyables, vivant au gré des pillages, des rapines et des tueries. Frappée de stupeur, la jeune femme ne pouvait qu’être témoin de l’angoisse grandissante au sein du navire marchand. Les perspectives étaient peu réjouissantes, et Serenei aurait pu se croire maudite ! Elle qui voulait tant rejoindre Westeros sans encombre, il fallait croire que les ténèbres en avaient décidé autrement. Le Capitaine qui semblait si fier au prime abord n’en menait pas large à ce moment même. Les Fer-nés étaient manifestement la grande crainte de tout navire de marchandises tenté de traverser l’océan. Serenei s’écarta du bastingage, ses yeux irrémédiablement attirés par le boutre qui se rapprochait d’eux à grande vitesse. Elle fut bousculée à plusieurs reprises par les hommes qui s’enjoignaient à prendre les armes et à se défendre. Que pouvait-elle faire ? Se cacher ? Pour mieux couler ensuite ? Prise au piège sur un bateau. Qu’elle les maudissait finalement ses ambitions qui l’avaient conduite ici !

« C’est sa faute ! Maudite femelle ! » – Ragea l’un d’eux en la désignant avec mépris.

Elle ne lui adressa pas un seul regard, et l’attention était bien trop portée sur les ennemis pour qu’on en vienne à la maltraiter pour cette rencontre impromptue. Elle vint se rabattre dans un coin, une main sur la poitrine comme pour intimer avec ferveur à R’hllor de les épargner dans cette confrontation aux ténèbres. Se lovant dans un coin, Serenei porta une main contre le tissu écarlate noué à son bras gauche et se mit à murmurer :

Guide-nous à l'écart des ténèbres, ô mon Maître, emplis nos cœurs de feu, que nous nous retrouvions à même de fouler ton sentier lumineux. Sois notre défenseur, ô Maître de la Lumière, car la nuit est sombre et pleine de terreurs. Sois notre protecteur, ô Maître de la Lumière.

Quand elle ouvrit les yeux, les cris inarticulés se confrontaient aux raclements et tintements des armes hors de leur fourreau. C’était la première fois qu’elle voyait des Fer-nés - tous vêtus de sombres, haches à la main et virulence bestiale déformant leur visage taillé à la serpe. Les lames tranchaient dans le vif, maculant le pont d’un sang frais et écarlate qui commençait à embaumer l’air de ses fragrances de cuivre. Serenei avait arboré la pâleur d’un linge propre et s’était résolue à se redresser pour courir en direction des calles. Dans quel but ? Elle-même l’ignorait. Se cacher n’était sûrement pas une idée judicieuse mais elle n’avait pas le courage de sauter par-dessus le bastingage pour mourir noyée comme la plupart des pauvres hères qui en faisaient de même. Sa course fut freinée à plusieurs reprises par des corps gisant au sol, les orbites remplies d’effroi et maculés d’hémoglobine à en soulever le cœur. Ses jambes menacaient de céder sous elle mais elle réussit à s’agenouiller pour attraper le poignard attaché à la ceinture du malheureux puis elle se redressa pour jeter un œil effaré autour d’elle. Des barbares. Je ferai peut être mieux de me trancher la gorge moi-même pour ne rien subir de leurs tortures. Il n’y avait pas de flammes auxquelles se donner, et seule cette mort là pouvait être en accord avec ses préceptes. Une emprise sur son épaule lui arracha un sursaut horrifié et la donzelle dut faire volte-face pour faire face à un homme gigantesque au crin sombre et à l’air féroce. Serenei qui n’était pas bien grande ne put que constater qu’elle ne parviendrait pas à se détacher d’un roc pareil, malgré toutes ruades désespérée. Affligée, la donzelle n’ignora pas le tranchant de la hache qu’il tenait en main, d’où dégoutaient sang et bouts de chair enjoints à quelques cheveux. Il la détailla de la tête aux pieds d’une manière qui aurait fait rougir n’importe quelle catin – Serenei tenta de remuer un peu malgré la main colossale qui tâchait de la maintenir tranquille. Puis, le Fer-né se mit à parler, et la Volantaine fronça les sourcils en signe d’appréhension. Si Serenei pratiquait la langue du commerce pour pouvoir marchander avec des étrangers, elle avait peu de notions de la langue commune employée dans les Sept Couronnes. Ce qui n’arrangeait nullement sa situation dans le cas présent où elle aurait pu tenter de monnayer sa vie sauve.

« Ne me touchez pas. J’ai de l’argent, l’on peut s’arranger… » – Commença-t-elle en haut valyrien, terrifiée. Puis, elle tenta de rassembler ses esprits pour formuler quelques mots qui seraient compréhensibles pour le géant. « Terres de l’Ouest. Coopération, pour argent ? »

Malgré la terreur qu’elle pouvait dés à présent ressentir, la jeune femme trouva la force d’esquisser un sourire forcé. Elle espérait pouvoir marchander, mais savait pertinemment que les Fer-nés avaient tendance à tout prendre de force et à ne jamais faire de concessions. Alors qu’elle tentait de trouver une lueur d’entendement dans les onyx du forgeron qui la maintenait tout prés de lui, un autre homme s’approcha et l’interpella. La capuche de tissu clair qui recouvrait la tête de la jeune femme retomba sur ses épaules tandis qu’elle redressait les épaules d’inquiétude. Il la lorgna d’une telle manière qu’elle en ressentit un sursaut d’écœurement. Elle secoua vigoureusement la tête de droite à gauche, basculant en arrière tandis qu’il lui agrippait le bras pour l’attirer vers lui. Serenei n’avait aucun doute sur ce qui l’attendait en vue du faciès provocateur et de la gestuelle du second qui la réclamait. Elle se sentit envahie par un vague haut le cœur mais ces deux là finirent par la libérer de leur insistance pour se livrer à une confrontation entre mâles dominants. Circonspecte, la Volantaine en venait à se demander s’ils étaient vraiment en train de se disputer pour lui mettre la main dessus. Tandis que le plus grand des deux prenait le dessus sur l’autre en lui collant un poing en pleine face, la jeune femme daigna sortir de sa torpeur. C’était l’occasion pour elle de filer. Où ? Pas bien loin vu le nombre de Fer-nés qui grouillaient sur le navire. Alors qu’elle pouvait entendre l’estocade et le plongeon qu’offrit le géant à son adversaire, Serenei se dirigea vers l’opposé, tout en offrant un regard désabusé autour d’elle. Poignard en main, sa seule initiative se résumait à tenter de tuer les Fer-nés un par un avant de rester perdue en mer à jamais. Quelle perspective affligeante…

Une voix l’interpella à nouveau. C’était celle du terrifiant forgeron qui en était revenu à elle. Ne l’avait-il pas sauvé d’un viol imminent en balançant par-dessus bord celui qui avait voulu l’attraper ? Tournée vers le colosse, elle lui offrit un regard inquiet avant d’élever le poignard dans sa direction. Il lui aboyait manifestement de venir à ses pieds – ce qu’elle comprit plus facilement par la gestuelle que par les paroles.

« Tu… Aides ? Protèges ? » – Demanda-t-elle maladroitement en langue commune. L’homme n’avait pas franchement l’air jovial, mais malgré son physique effrayant, la donzelle se disait qu’il ne serait pas pire que les autres. Serenei, à force de reculer, rencontra bien vite le bastingage à l’opposé de son interlocuteur. « Que veux-tu ? »

Elle redoutait bel et bien la réponse à sa question. Ce qu’elle savait, c’est qu’elle n’avait pas le choix. Elle devait le suivre lui, ou mourir.





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Ven 19 Avr 2013 - 19:20

Même si l'éclat textile d'azur céleste n'avait jamais rien camouflé de la sculpturale physionomie de l'ondine, l'étole qui avait chu sur ses épaules lui offrait l'impression d'une meilleure vue d'ensemble sur la "marchandise" du malheureux polacre. Au Dieu des Tornades les plausibles denrées et autre précieux bataclan, lui avait déniché son bibelot du jour, et pour une fois, il n'avait rien d'une canine spoliée à même la mâchoire d'un pauvre infortuné. Plus que l'opaline beauté de ces organes durs dont il faisait une anthologie pour le moins inusuelle, son futur trophée et nouvelle foucade irradiait de teintes si criardes et enjôleuses que Lakdahr en découvrait presque le sens du mot couleurs. Et ces tons pleins de vitalité avaient, sur elle, un charme incoercible. Où n'était-ce que la belle qui sublimait ainsi ses beaux atours ? Il n'en avait point la moindre idée, mais il se sentait telle une bien triste et terne avette affriolée par la fragrance d'une Pensée Sauvage. Même à l'autre extrémité d'un pont en proie à un indicible chaos, même alors que ses traits se peignaient de terreur et d'appréhension, elle rayonnait parmi les olibrius qui se livraient une lutte sans merci. Qu'il était étrange de constater comme d'apparence, ils se ressemblaient – Non... « On dirait... » Isabel. Des réminiscences qui lui restaient de sa défunte génitrice, c'était ainsi qu'elle lui apparaissait, tout à fait comme cela. L'analogie était saisissante, de ce derme naturellement tanné à sa chevelure serpentine d'un jais aussi intense que celui de ses grandes agates en amande. Venait-il de mettre la paluche sur une princesse de la Rhoyne ? La conjecture aurait été éligible à la vérité s'ils ne s'étaient guère trouvé sur un navire vraisemblablement marchand... Mais peut-être s'y était-elle glissée en tapinois, ou dans un secret politique pour des raisons qui lui échapperaient certainement ? Les scénarii tenaient davantage du fantasme que du concevable, mais une once de rêve ne pouvait pas faire de mal. Surtout pas alors qu'il la considérait comme déjà sienne, car si ce n'était par une voie létale, il était impossible qu'elle puisse lui échapper. Et mieux valait pour ses homologues matafs qu'ils ne s'essaient pas à lui chaparder sa nymphe sortie des songes, le seul qui avait osé tenter sa chance barbotait encore dans la houle en maudissant assurément le nom de l'Edenteur.

La bougresse ne semblait toutefois pas du même avis et s'avisait à tarabuster les nerfs du forgeron qui, de loin, n'était pas un parangon de patience – et encore moins de vertu. Quel terme n'avait-elle point compris dans son injonction ? Tous, visiblement, car elle s'échinait à établir le plus de distance envisageable entre eux, et pis encore ! Elle brandit un poignard déjà maculé d'hémoglobine et qui, outre le fait de le laisser aussi pantois que perplexe, le fit s'interroger : l'avait-elle déjà fiché dans la chair d'un faquin qui s'était intéressé de trop près à son adorable minois ? Auquel cas, aurait-elle elle-même souillée du fluide de sa riposte, il doutait que son geste ait une autre prétention que celui d'un effet dissuasif. La résolution de celui prêt à frapper ne luisait pas dans son regard pourtant puits d'expression, et quand bien même le géant se fourvoyait-il, il prendrait le risque de l'approcher. Après avoir récupéré Dentesque, il fit un pas, puis un second, resserrant tant l'étau de l'inexorable que celui de la palpable tension qui flottait dans l'atmosphère. Il ne s'arrêta qu'à la voix de la sylphide dont le dialecte, en plus d'être émaillé d'un accent souligné, semblait bien limité. Il se souvint alors qu'elle lui avait naguère adressé la parole en une langue qui lui était entièrement inconnue, et ses phrases parcellées de mots sans aucune liaison témoignaient de connaissances lacunaires en celle qui se parlait en Westeros. Cependant, ce ne fut point ce détail qui interpella l'artisan, mais bien le vocable utilisé pour désigner les éventuelles intentions qu'il avait la concernant, et si elle le prenait pour un sauveur, ses illusions auraient tôt fait de se désagréger ! Toute l'ironie de la situation fit tonner le phonème de rogomme du fer-né en un rire notablement sinistre, diantrement pas de bon augure pour la demoiselle. A l'aide du brassard de l'un de ses avant-bras, il essuya son faciès tavelé d'écarlate et posa la tête de son énorme hache sur le plancher, ses onyx fixés sur le délicieux galbe de la belle apeurée.

« C'est ça, j'vais vous protéger ton joli p'tit cul et toi, et pas que... » Gouailla t-il d'une intonation fallacieusement onctueuse pour mieux étayer le machiavélisme qui se cachait au siège de sa tirade. Ses calots roulèrent une nouvelle fois d'amant en aval et inversement, la dryade n'aurait besoin d'aucune traduction pour comprendre le genre d'idée qui fleurissait dans l'esprit de son vis-à-vis. Ce dernier n'avait guère cherché à rendre ses propos intelligibles, il ignorait même si elle l'avait parfaitement entendu, mais peu lui importait alors. Un sourire mutin vint étirer la commissure de ses lippes tandis qu'il reprit d'une sonorité plus bruyante et gutturale, comme dans le vouloir d'asseoir son autorité sans qu'il n'y ait nécessité de se faire comprendre. « Toi. C'est toi que j'veux pour l'moment, alors bouge tes miches et viens ici ! » Son ordre s'illustra derechef d'une mouvance de l'index vers ses pieds, acte qui demeura, à sa plus grande frustration, infructueux. Assombri de ne pas se faire obéir dans l'instant, il tourna très légèrement son visage pour lui présenter son profil droit et la mirer d'un oeil mauvais. « M'oblige pas à venir t'chercher drôlesse ! »

Et pourtant, c'est bien ce qui se produisit. Las de patienter qu'elle prenne une décision à savoir rallier ses abords ou passer par-dessus le bastingage, il se mit en marche pour traverser le pont dans sa largeur et la rejoindre. Bientôt plus que deux mètres ne les séparèrent, mais Lakdahr fut coupé dans son élan par un assaut latérale qui se manifesta par un hurlement déterminé – ou le crétin qui s'annonce avant de passer à l'attaque. Le titan eut ainsi tout loisir d'anticiper l'attentat et de l'esquiver, se saisissant ensuite de son crâne pour lui briser les vertèbres cervicales d'un brusque mouvement. L'ignoble symphonie osseuse psalmodia le trépas de l'individu, qui ne serait qu'un de plus à passer l'arme à gauche. Mais si le forgeron fut prompt à se reconcentrer sur sa voluptueuse cible principale, il fut une fois encore importuné par un quidam qui ne trouva rien de plus ingénieux que lui sauter sur le rachis pour s'y agricher. Moins prévu : le surin qu'il enfonça simultanément dans les côtes du pirate, celui-ci expirant une douloureuse plainte à sa chair ainsi blasphémée. La bataille reprenait ses droits, et avec eux, l'inéluctable violence qui avait verni le polacre d'un éclatant vermeil. La diversion fut amplement suffisante pour offrir une chance de fuite à la volantaine qui put se dérober. L'Edenteur aperçut, du coin de l'oeil, un spectre de couleurs prendre le chemin des cales, avant qu'il ne s'élance en arrière pour heurter le mât de plein fouet. Son agresseur fut abruptement écrasé entre son échine et le pylône, contre lequel il s'affaissa jusqu'à se retrouver assis à la base. Furibond et galvanisé par le mal qui martelait en son flanc, le fer-né agrippa de ses deux énormes paluches le manche de Dentesque, dont le tranchant siffla dans les airs jusqu'à étêter le marin. Le colosse contracta les mâchoires et s'empressa de retirer le poignard resté en place, constatant le sang qui fluait allègrement le long de son corps et à travers l'entaille de son gilet. Il maugréa un couplet d'injures en essuyant sa main sur ses braies, puis observa les environs pour se rendre compte de l'inévitable : sa Pensée Sauvage avait disparu. Sans plus de cérémonie, il se faufila parmi la foule en effervescence avec la grâce d'un bovin en charge, évitant divers coups tout en en distribuant quelques-uns. Il rallia les huis qui menaient à la panse du bateau dans lequel il était intimement persuadé pouvoir retrouver la fuyarde. Elle ne lui filerait pas entre les doigts ni entre rien d'autre !

Le mestre fêvre descendit hâtivement les escaliers, et s'il était le premier des siens à s'introduire dans les cales, il serait rapidement talonné par des congénères avides de gagner au fer-prix. Ses prunelles voguèrent parmi les caissons et les fûts entreposés, ses foulées firent grincer le sol à chacune d'entre elles, telle la Fatalité elle-même venue prendre possession de sa proie. Depuis cette lugubre pièce, l'on pouvait ouïr les cris et fracas extérieurs, percevoir toute la détresse d'un équipage décimé par un second, les cantiques de Dame la Mort était d'une abjection sans égale. A peu de choses près, l'arôme des frais trépassés aurait pu ronger le bois du navire à l'instar d'un acide pestilentiel, avant qu'il ne rejoigne les abysses et n'aille sustenter le Dieu Noyé. En s'y cachant, la jouvencelle prenait le risque de sombrer avec le polacre qui, jusqu'alors, avait pourtant été l'illustration d'une nouvelle destinée. Mais celle qu'elle embrasserait serait à l'antipode de toutes ses aspirations, et son bourreau approchait, la respiration et le pas lourds.

« J'sais que t'es là... ! » Souffla le jeune homme en se penchant au-dessus de quartauts pour vérifier qu'elle ne s'était pas recroquevillée derrière. Il poursuivit ses recherches qui, finalement, portèrent leurs fruits ! En guignant sur la droite, il repéra des coloris qu'il reconnut tout de go, et l'enveloppe charnelle et frémissante d'une vénus épouvantée. Il la contempla durant quelques secondes, se repaissant d'une satisfaction malsaine à la voir ainsi, sur le point de tomber sous son joug. Puis, l'artisan avala la distance qui les séparait, et sans demi-mesure, il releva la nymphe pour la mettre sur ses pieds. « J'te conseille de m'suivre bien gentiment si tu tiens à ta vie... Tu piges ? » En plongeant dans ses mirettes affolées, il chercha à savoir si elle l'avait ou non compris, chose dont il n'était pas assuré. Tant pis, aux grands maux les grands remèdes ! Il rangea sa hache dans son dos pour libérer ses paluches, mais avant de passer à l'acte, il remarqua ce qui s'apparentait à un sac de toile posé sur le sol. « C'est à toi ça ? »

Interrogea t-il en pointant le baluchon de la phalange, dont il s'empara après confirmation pour mieux l'agglutiner dans les bras de la damoiselle. A la suite de quoi, il se baissa et la bascula sur son épaule pour la porter, n'omettant pas de positionner sa main à un endroit stratégique : sur les cambrures de sa croupe, en y assénant une claque au passage ! Au même instant, les écumeurs assaillirent les cales et s'attaquèrent aux victuailles et marchandises, non sans lorgner le bien beau butin que s'était arrogé l'Edenteur. Ce dernier traversa la pièce et remonta les escaliers pour rejoindre le pont diapré de macchabées, plus ou moins entiers selon les cas. Pourtant, tous les membres d'équipage du navire marchand n'avaient point été passés au fil de la lame, quelques rares avaient eu l'idée de se rendre sans opposer la moindre résistance et avaient miraculeusement été épargnés. Leur destin était scellé, certains seraient peut-être noyés en guise d'offrande, et pour les autres, la servitude et le labeur des mines de fer les accueilleraient bientôt. Tous furent naturellement dépouillés et conduits sur la Sirène Noire, au milieu des fer-nés restés à bord et dont les attitudes hilares et sardoniques avaient de quoi glacer le sang. Puis, ils furent rassemblés dans une encoignure, accroupis et assis là où ils n'étaient guère susceptible d'incommoder quiconque. La volantaine ne fut pas exempte de ce traitement, une fois ramenée sur le boutre, Lakdahr la déposa parmi les autres captifs qui auraient au moins l'avantage de lui tenir compagnie. Debout devant elle, il lui saisit la mâchoire en veillant à mesurer la puissance de sa poigne bien que celle-ci demeurait certainement rude. Il la contraignit à le regarder dans l'ébène des onyx, quitte à lui en décrocher la tête en la lui inclinant tant la différence de taille était frappante.

« Tu restes là ! » La somma t-il à nouveau, car il allait devoir la délaisser pour aider au transfert des denrées et autres prises de l'abordage pour le moins réussi. Et quand bien même ne serait-ce point le cas, elle devrait patienter qu'il ait envie de lui adresser la parole. « Pas bouger ! Compris ? » Insista t-il en se forçant à user de termes simples dans l'espoir de ne pas avoir à user de gestes.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Sam 20 Avr 2013 - 10:55

La situation dans laquelle elle se trouvait était bien la plus terrifiante qu’elle n’avait jamais connu – l’un des pires cauchemars qu’elle ne s’était jamais permis de faire et qui se réalisait pourtant bien alors qu’elle était si prés du but. Son estomac était noué et son corps tremblait imperceptiblement en appréhendant les sévices qu’on lui réservait. Car oui, même si ce géant aux muscles saillants s’était débarrassé d’un de ses compères vicelards qui comptait se l’approprier, il lui faisait maintenant comprendre qu’il la destinait à des desseins similaires. Si elle ne saisissait pas la teneur de ses paroles, l’air moqueur qui était dépeint sur son faciès et cette manie de la déshabiller du regard n’annonçait rien de bon pour elle. Serenei baissa les yeux d’un air rebuté, prenant soin de mettre de la distance entre elle et le colosse des Iles de Fer. Il tentait de l’intimider, et si la jeune femme avait de quoi être largement terrorisée, elle estimait que le risque de se dérober à lui méritait d’être pris. Il la lorgnait d’un regard sombre et sa voix était autoritaire et féroce – de quoi ne point donner envie de le rejoindre pour se plier à son joug. Ses grands yeux effarés toujours plantés sur lui, la donzelle ne cilla pas, coincée contre son bastingage. Ses lèvres s’animèrent alors dans une prière chuchotée, imperceptible à l’oreille du titan.

« Aide moi à combattre les Ténèbres ô mon Maître. Que ton feu châtie les envoyés de l’Autre. Que ta Lumière les transperce...»

Elle avala sa complainte dés lors elle remarqua que le Fer-né, fort impatient, se mettait dans la tête l’idée de venir la chercher. Transie de peur, les mains croisées contre son buste et la mâchoire serrée par l’inquiétude, elle eut à peine le temps de laisser échapper un cri inarticulé. Puis, il y eut ce geste, dans le coin de son champ de vision – une silhouette se jetant éperdument sur le titan lancé à sa poursuite. Un des marins du navire marchand s’était manifestement senti investi de courage mais il fut accueilli par son adversaire d’un geste qui ne laissait pas place au doute. Frappée de stupeur, Serenei observa l’homme chuter dans une lenteur instaurée par son esprit effrayé – le sinistre craquement qu’avait arraché le titan de sa nuque ne laissait aucun doute sur son état actuel. Se rabaissant brusquement, la donzelle sentit un sanglot remonter de sa poitrine. Comme si c’était le moment de chialer ! Pourtant, ses yeux refusaient de se mouiller de larmes implorantes – c’était la colère et le désespoir qui s’exultaient d’elle face à ce spectacle d’une violence sans pareille. Puis il y eut le cri d’un autre quidam qui s’empressait de s’attaquer à l’effroyable colosse salé. Serenei n’attendit pas d’en voir plus. Se relevant avec fulgurance, la donzelle entreprit de ramasser ses jupes et de courir vers les cales. Peut-être que le sang et le combat feront oublier à son adversaire la pauvre effarouchée qu’elle était ? Elle se coula à pas de loups entre les tonneaux remplis de victuaille. Elle constata avec désarroi qu’elle n’avait plus le poignard ensanglanté en main. L’avait-t-elle lâché de désespoir, coincée contre le parapet ? Elle n’en avait pas le moindre souvenir. Elle se tourna, retourna, s’abaissa, ne sachant pas où se cacher, puis finit par se lover dans le coin droit des parois du navire. Dans l’attente de sa captivité inéluctable. Elle ferma les paupières, tentant de calmer cet élan de frayeur qui lui agaçait le palpitant. Le pire dans tout ça ? C’est qu’elle n’avait plus de famille pour la pleurer. Que personne n’en arriverait à la regretter où que ce soit. Elle avait désiré une nouvelle vie et le regrettait amèrement. Lorsque le bois se mit à gémir sous les pas de l’homme, Serenei plaqua une main sur sa propre bouche, retenant sa respiration pour ne pas lui offrir un seul bruit qui pourrait lui indiquer sa provenance. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne la trouve dans cette obscurité ambiante. La jeune femme ramena ses jambes contre son abdomen et renversa sa tête pour cacher son visage, espérant que le fait qu’elle ne le regarde point la dissimulerait mieux à ses yeux à lui. Pensée vaine et désespérée. Instinctivement, la main de la Volantaine se détacha d’un de ses genoux pour venir attraper les seuls effets qui lui restaient - quelques bijoux et vêtements qu’elle avait confectionné. Les seuls souvenirs de sa vie antérieure, comme l’étaient ces tatouages qui grimpaient de sa poitrine à sa gorge. Puis, quand elle releva les yeux, il était déjà sur elle, à l’attraper par les épaules pour la redresser de force. Toute raide d’appréhension, Serenei se contenta de lui offrir un regard rempli de désarroi lorsqu’il lui donna l’ordre de le suivre. Le titan venait de lui poser une question mais elle était incapable d’y répondre par n’importe geste que ce soit. Les agates de la donzelle effarouchée revinrent se poser sur cette hache démesurée qu’il daignait finalement ranger dans son dos. Le moindre geste à son égard lui arrachait un sursaut frémissant. Elle ne savait fichtrement pas ce qu’il comptait faire d’elle mais lorsqu’il lui désigna son bagage en toile en l’interrogeant, Serenei se contenta d’hocher positivement le chef. Stupéfaite, la jeune femme se vit confier ses biens et elle se raidit plus encore lorsque son bourreau entreprit de l’attraper pour la mettre sur son épaule. Le visage de la donzelle adopta une teinte cramoisie, signe de l’impuissance et de l’humiliation à se faire trimballer de la sorte. Lorsqu’il lui claqua impunément le derrière, Serenei ne put s’empêcher de grommeler quelques mots en haut valyrien – maudissant les Fer-nés en leur souhaitant d’être frappés par la maladie.

Serenei préféra garder les paupières fermées tout du long du transfert vers le boutre Fer-né. Elle ne voulait pas voir les sourires goguenards de ces barbares et subir leurs gestes grossiers. De toute manière, elle ne comprenait rien à ce qu’ils pouvaient dire et ne désirait pas qu’on éclaire sa lanterne. Jouer à la morte était de loin l’idée la plus judicieuse qu’elle avait eu jusqu’à maintenant. Le colosse la descendit dans les cales de leur boutre et la déposa dans un coin avec toute une ribambelle de survivants. Elle leur offrit un regard désemparé avant que la large paluche du géant ne lui attrape le menton pour la forcer à le regarder. La Volantaine n’en menait pas large mais tâcha de le fixer droit dans les yeux et d’écouter ce qu’il pouvait bien lui dire. La donzelle comprit assez vite qu’il lui demandait de rester sur place et d’attendre mais elle laissa un petit silence de doute s’installer entre eux deux avant d’acquiescer. Elle n’avait nulle envie qu’il lui torde le cou comme il l’avait fait avec le malheureux marin un peu plus tôt. Interdite, la jeune femme resta totalement immobile jusqu’à ce que le colosse s’en fût retourné à ses occupations. Elle croisa les regards effrayés et asservis de ses compères – beaucoup étaient blessées et crasseux suite à l’affrontement. L’homme à sa droite se tenait les côtes et elle entreprit d’arracher une petite partie du bas de sa robe.

« Maintenez ça contre la plaie. » – Lui glissa-t-elle alors qu’il la lorgnait d’un œil méfiant. Après quelques secondes de silence, il l’interpella.

« T’es une femme. Rends toi utile et essaie d’convaincre ce grand diable de nous mener sains et saufs. T’façon, y a pas de surprise sur c’qui va t’faire. Peut-être que si tu t’montrais plus entreprenante, y pourrait bien nous traiter. Après tout, s’ta faute si ils nous ont abordé, maudite ! » – En entendant ça, Serenei inclina la tête dans la direction de son interlocuteur et le dévisagea avec stupéfaction.

« Ma faute ? J’ai payé pour faire le voyage sur ce navire. J’ai quitté Volantis et son esclavagisme pour gagner les Sept Couronnes, où j’espérais vendre mon travail et en vivre. Si ces Fer-nés veulent quelque chose de moi, je ne peux que leur donner ou espérer que le Maître de Lumière abrège mes souffrances. On est tous esclaves maintenant, et je n’y changerai rien. » – Articula-t-elle dans un murmure réprobateur.

Serenei glissa ses doigts dans ses cheveux et resta agenouillée, la tête enfouie entre ses avants bras. Elle ne comprenait pas grand-chose à la langue commune – comment allait-elle faire pour comprendre ce grand rustre qui la sollicitait ? Devait-t-elle comprendre qu’elle était son unique propriété ou que tout l’équipage de Fer-nés en viendrait à la tourmenter ? Bon nombre de questions sans réponses et d’inquiétudes bien fondées qui alimentaient l’esprit de la Volantaine à l’heure actuelle. Le temps s’égrena lentement dans les cales, chargé de soupirs de douleurs et d’allées et venues des barbares qui s’appropriaient les marchandises du navire marchand. Serenei avait la gorge sèche et le ventre creux – elle se demandait combien de temps ils mettraient pour gagner la terre ferme. Elle ne les supportait plus, ces cales nauséabondes et obscures !

Au bout de quelques temps, la jeune femme sentit le bateau se mouvoir sur les flots. L’impuissance était telle que tous s’affaissèrent contre le bois, les mines graves et respirant avec difficulté. Serenei eut le temps de vaguement somnoler avant que le colosse ne daigne émerger dans son champ de vision. Ce n’était pas pour elle qu’il venait - chose qui devait la rassurer d’une certaine manière. Alors qu’il repoussait quelques caisses de biais, la jeune femme remarqua les difficultés que lui amputait la blessure qu’il possédait à l’abdomen. La donzelle s’humecta les lèvres, hésitant un long moment à faire quelque chose ou non pour rentrer dans les bonnes grâces de son bourreau et préserver son intimité le plus longtemps possible. Elle darda un regard sur ses compères qui semblaient tout aussi éreintés et assoiffés qu’elle puis daigna se relever, ayant retrouvé un visage moins épouvanté que durant l’estocade. Si elle tentait de se composer un brin de contenance, elle redoutait de voir ses efforts s’envoler de par une réaction téméraire du Fer-né. Elle désirait ardemment induire un peu d’humanité dans leur échange, mais se doutait que la tâche ne serait guère facile. S’approchant timidement de l’objet de ses frayeurs, Serenei tenta de l’interpeller par un « Monsieur » en haut valyrien. Elle crut bon de passer outre le regard qu’il lui lança – se carapater à l’autre bout du navire n’aurait pas été un exemple de grande bravoure. Elle lui désigna sa plaie puis ramena ses deux mains contre elle avant d’ouvrir ses paumes vers lui.

« Aider. Toi. » – Articula-t-elle avant de l’interroger d’un regard inquiet. Elle se mâchouilla brièvement la lèvre avant de s’avancer et prendre une longue inspiration.

Il la dépassait de plusieurs têtes et il y avait un quelque chose d’effrayant à se rendre volontairement à proximité d’un pareil individu. Après avoir attendu son approbation, la donzelle avança ses mains pour découvrir la plaie poisseuse de sang. Il avait une bonne entaille lui vrillant les côtes et cela risquait de s’infecter, surtout dans un environnement pareil. Elle examina la blessure du bout des doigts puis fronça les sourcils, songeant à la manière d’exprimer ce dont elle avait besoin.

« Lame feu, mieux. Eau, sel aider. » – Lui glissa-t-elle sans pour autant reporter ses mirettes dans les siennes. Elle redoutait un peu de ce qu’elle pouvait lire sur le faciès du rustre à cet instant. Mais vu qu’il laissait planer un silence relativement déconcertant, la Volantaine n’eut d’autre choix que de lever les yeux vers lui. Chassant toute appréhension de son visage hâlé, la jeune femme se contenta d’esquisser un bref sourire. « D’accord ? »

La communication s’avérait plutôt difficile entre les deux protagonistes. La donzelle pouvait tenter de lui parler de la qualité de ses tissus et de ses vêtements en langue commune, mais pour sûr que ça n’allait pas intéresser le Fer-né.

« Permettre nous, ventre. » – Demanda-t-elle maladroitement pour obtenir de la nourriture et de l’eau pour elle et ses compères captifs. Elle craignait d’avoir été trop bavarde et haussa les épaules d’un air embêté. « Pas d’entourloupe de nous. Peut être sûr. »

Même si la Volontaine optait pour un ton parfaitement convaincant et assuré, la situation ne pouvait qu'être risible vis à vis des mots qu'elle employait.







Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Dim 21 Avr 2013 - 22:01

Il était impératif d'instaurer le lien logique du maître et de l'assujettie dès les prémisses de leur relation, car que la sylphide en veuille ainsi ou non, le choix ne lui serait nullement ployé. Si ses paroles avaient pu lui être intelligibles, plus que le vocable rudimentaire, il lui aurait grogné dessus à l'instar d'un lion pour soumettre sa femelle à son bon vouloir. Très succinctement, elle aurait appris qu'elle n'avait pas à respirer trop bruyamment s'il ne lui en avait point donné l'autorisation en premier lieu, et que même si elle levait ses jupons pour exhiber ses chairs à la vue de tout le monde, nul n'aurait le droit de l'effleurer, ou ne serait-ce que fantasmer sur elle, si ce n'était lui. A peu de choses près, il l'aurait volontiers estampillée au fer rouge tel du bétail que l'on arborait telle sa propriété ! Mais tout cela, sa subordination, elle aurait amplement le loisir de la découvrir et de s'y accoutumer – ou pas, selon les circonstances et sa robustesse à la besogne. En attendant, ses insondables mais corrompus onyx unifiés à sa voix de mêlé-cass suffiraient assurément à asseoir son autorité, il ne lui libérerait point les mâchoires tant qu'elle n'aurait pas agrée à son injonction. Le forgeron plissa les yeux lors de ces quelques secondes de mystérieux silence, puis, ses phalanges cessèrent de meurtrir son délicat épiderme lorsque l'ondine acquiesça, assez sagace pour ne pas se risquer à une vaine objection. Des femmes-sel, il en avait eues, lui qui avait toujours été un fin amateur de volupté, et plus sommairement, d'obscénité. Toutes n'avaient pas la même façon de réagir à sa main-mise et sa compagnie imposée, il se souvenait sans mal de quelques-unes qui avaient préféré s'abandonner à la houle, et d'autres encore dont les glapissements eurent tellement été intempestifs qu'il avait préféré profaner leur hymen à même le pont, avant de les affranchir de la plus létale manière qui soit. La patience de l'Edenteur n'était guère à mettre à l'épreuve, et les différents chapelets de dents qu'il s'était égayé à créer comptaient parmi leurs membres quelques organes durs et de blanc ayant autrefois appartenu à des concubines qui l'avaient offusqué ou désappointé. Cette nymphe nouvellement emprisonnée de ses serres n'était, pour l'heure, qu'une de plus dans la kyrielle des déveinardes ayant croisé sa route, et les paries étaient ouverts sur le nombre de jours, de semaines ou de mois – tout au plus. - qui s'écoulerait avant qu'un drame n'achève cette histoire.

Loin de se projeter dans un quelconque avenir proche ou plus éloigné, Lakdahr était happé par l'instant présent et les ordres distribués par le capitaine de la Sirène Noire. Les matafs se hâtèrent à la tâche, il fallait décanter les cales marchandes pour remplir celles du boutre, dans la mesure de plausible tant cette pérégrination semblait avoir été fructueuse et qu'ils rentreraient les bras chargés de butins. Les biceps du géant ne furent pas épargnés et il contribua à l'effort commun, non sans se sentir incommodé par la plaie qui suintait sur le textile de son gilet, ce qui ne l'empêcha toutefois pas de transvaser plusieurs caisses et quartauts. Le pont transformé en nécropole et les dépouilles se mêlant à l'écume ne constituaient qu'un spectacle usuel, auquel les fer-nés ne prêtèrent point même attention tant ces ignominies étaient encore doucereuses en comparaison à ce qu'il était possible de faire. Certains n'hésitèrent pas à expectorer leurs glaires sur ceux qu'ils avaient allègrement occis, le forgeron, fût sur l'épaule, croisa même la tête du drôle qu'il avait étêté et la dégagea d'un coup de chausse, avant de reprendre sa route. Le transfert de denrées et autres babioles fut promptement complété et tous regagnèrent le navire des îles, les rames s'agitèrent et ils s'éloignèrent. Une fois à bonne distance, des flèches embrasées furent décochées en direction du polacre qui s'enflamma, gerba une épaisse nue noirâtre, puis sombra, avalé par les vagues qui en feraient une épave de plus en son rumen subaquatique. Et les pirates voguèrent gaiement, bienheureux de leur dernière prise et de la perspective de retrouver leurs foyers incessamment sous peu.

Toute une journée eut loisir de fluer, et les écumeurs étaient toujours autant grivois et ébaudis, lampant sans fin un picrate qui aurait pu être qualifié d'excellent à côté de la gueuze que l'on pouvait servir sur leur saumâtre archipel. Ce fut par ailleurs sur le faro que l'artisan préféra se venger, lui qui abhorrait le vin qu'il jugeait seulement digne des papilles des ribaudes du continent, pas des siennes. L'eau ? Superflue. Ce n'était qu'en cas d'extrême urgence, lorsque l'agonie par déshydratation guettait. Et son gosier commençait justement à hurler son chagrin, aride et importunée d'une désagréable démangeaison. Plus le choix, il lui fallait boire autre chose que de l'alcool, motivation qui le conduisit directement dans les cales où ils y avaient omis leurs captifs, amassés dans une encoignure dans des états plus piteux les uns que les autres. Le goliath des forges ne fit que les guigner avec une nonchalance royale puis se dirigea vers un petit tonneau dont il retira le couvercle, un geste trop vif qui tira un peu trop sur sa meurtrissure et lui fit contracter les mâchoires. Il expira un râle, avant d'ouïr baragouiner dans son échine et de se retourner pour constater que son merveilleux trophée avait osé l'approcher. Que lui avait-elle dit ? Peut-être l'avait-elle injurié ? Non, quel intérêt, si ce n'était se recevoir une bonne mornifle en guise de sanction. Il ne put toutefois s'empêcher de lui lancer une lorgnade méfiante et dédaigneuse, même en sachant que les frêles créatures ne mangeaient pas les plus grosses. La belle prit son courage à deux mains et lui adressa la parole en un dialecte déjà plus compréhensible bien que toujours aussi élémentaire, tout en illustrant son intention d'une étrange gestuelle qui laissa son interlocuteur perplexe. Fichtre, que lui voulait-elle ? Lakdahr courba un sourcil en la toisant de toute sa hauteur, avant de faire le rapport entre ses propos et l'entaille ensanglantée dans son habit. Bien qu'un peut réticent, il fut curieux, et après l'avoir regardé avec intensité, il décida de la laisser faire. La dryade écarta un pan de son vêtement pour jauger l'envergure du problème : la plaie n'était pas des plus belles, mais il avait connu bien pire. En témoignait la myriade de coutures et de brûlures qui chamarrait ses bras, conséquences de combats et de l'apprentissage de son métier. La donzelle, même si elle l'exprima à sa manière, parvint vite à la conclusion qu'il fallait cautériser, ce à quoi le colosse resta impavide, à dire vrai égaré dans sa contemplation. De nouveau l'avette et sa Pensée Sauvage. « Elle est bonne... Belle ? » Dans son esprit, la différence était précaire entre les deux notions pourtant distinctes. Ses noires agates s'étaient posées sur ses convexités mammaires, mais dévièrent bientôt sur des arabesques d'encre qu'il n'avait point remarquées auparavant. Quel étrange emplacement pour cela, et il se demanda bien vite où l'oeuvre dermique prenait fin, car s'il ne voyait présentement que les traits qui enjolivaient sa gorge, il était aisé de constater que ceux-ci continuaient de descendre sur son anatomie.

Ce fut alors qu'elle lui formula ce qu'il subodora être une requête alimentaire, demande logique et légitime mais qui ne le fit guère plus réagir que cela. En revanche, le forgeron ne retint pas un ricanement gouailleur aux termes utilisés pour lui promettre son innocuité et celle de ses comparses – Une entourloupe ? Pour sûr qu'ils avaient réellement à craindre la mutinerie ! Et s'il comprit le fond de sa pensée, il n'en fit pour le moment rien, pas avant d'avoir comblé sa curiosité... Il glissa subitement sa paluche dans la nuque de la jouvencelle, bien qu'il veilla à ne point lui faire mal, il la rapprocha un peu plus, visiblement intrigué par un détail. Ses phalanges libres voguèrent sur la partie gutturale de son tatouage, retraçant de son toucher rugueux les délicates courbes pour en prendre connaissance. Un geste qui aurait pu être innocent, si ses doigts n'avaient pas poursuivi leur trajet sur son buste, dégageant le tissu qui obstruait sa vision du subtile dessin pour pouvoir l'admirer dans son intégralité. Ses seins furent, par la même occasion, partiellement découverts de leur atour coloré, encore préservé dans leur extrême intimité mais suffisamment exposés pour que le fer-né en aperçoive toute la sensualité des cambrures. Plus qu'intéressé par ce qu'il voyait, son index chemina jusqu'entre les deux rondeurs et s'immobilisa à hauteur de son plexus, avec la féroce envie de lui arracher sa robe et de la prendre ici même. Cependant, il ne fit finalement que frôler ses formes, se réservant la jouissance pour plus tard...

« T'as faim, c'est ça ? » L'interrogea t-il tout en la relâchant, se remémorant qu'elle avait fait référence à sa panse. Et elle ne devait certainement pas être l'unique dans cette condition, à en voir ses congénères recroquevillés sur eux-mêmes, les bras entrelacés au niveau de leurs estomacs, il fallait être aveugle pour ne pas remarquer qu'ils étaient rongés par la famine. Ils ne les avaient pourtant pas capturés depuis bien longtemps, à croire qu'ils n'étaient tous que des bâfreurs ! L'Edenteur zieuta autour de lui, à la recherche de quelque chose qu'il trouva bien vite. Il se munit d'une petite écuelle de fer à demi oxydée et disparut au revers de caisses entreposées en muraille. Il sembla fureter dans plusieurs endroits, et après une poignée de minutes sans se manifester autrement que par des bruits d'objets que l'on déplace, il se pencha et fit signe à la demoiselle de le rejoindre, à l'abri des regards alouvis des autres prisonniers. « Tiens. » Lui dit-il en lui donnant la gamelle, garnie de pain un peu rassis, de fèves et de lard qui avait tapissé le fond du récipient d'un peu de saumure. « C'est pour toi. Pour toi ! Pas pour eux, tu piges ? » Le jeune homme la pointa du doigt pour tenter de se faire comprendre, cette pitance était bien trop maigre pour sustenter plus d'une personne – et même là, c'était le strict minimum pour un ventre. - et il n'était pas responsable de ces énergumènes, serfs du suzerain, Dagon était le seul à pouvoir décider de leur offrir ou non un repas. Même si les circonstances avaient été différentes, il n'aurait de toute façon guère cherché à les aider, jugeant qu'ils pouvaient très bien se découvrir une tendance anthropophage, cela ne tenait qu'à eux. « T'auras rien d'autre dans tous les cas, démmerde toi si tu veux partager. »

Le forban n'était pas sûr qu'elle parviendrait à traduire cette réplique, mais peu lui importait, il avait la conscience tranquille de l'avoir prévenue quoi qu'il advienne ! Ce fut sur cet égoïsme pas même fardé qu'il retourna à son tonneau d'eau douce pour y plonger sa chopine et se désaltérer, ignorant sciemment les conseils qu'elle avait pu lui offrir concernant sa blessure. En homme opiniâtre, il atermoyait des soins pourtant nécessaires, prenant le risque de contracter une quelconque maladie qui serait bien plus ardue à panser. Sans plus de cérémonie, il se dirigea vers les escaliers et remonta sur le pont pour rejoindre ses camarades, et reprendre leurs conversations toutes plus ineptes les unes que les autres. Fort heureusement, les vents leur semblaient favorables et soufflaient dans une direction propice à accroître leur allure, et de ce fait, diminuer le temps qui leur restait pour retrouver la morosité de leurs îles. Le capitaine l'avait affirmé, ils y seraient plus rapidement qu'ils ne l'avaient cru, bien qu'une nouvelle journée eut le loisir de s'écouler, un sablier probablement trop long pour les reclus dans l'obscurité des cales, à ne faire que se ronger les sangs. Le crépuscule pointait lentement dans les cieux, bien que le jour demeurait encore prédominant dans la voûte céleste, et au loin, s'ébauchait la saillie d'argentite que l'on nommait Pyk. Le moment idéal pour se rappeler au bon souvenir de son trophée et l'avoir à ses abords, pour pouvoir ainsi quitter la Sirène Noire dès lors qu'ils auraient amarré. Ce fut ainsi que le mestre fêvre rejoignit l'intérieur du boutre et se dirigea naturellement vers la cohorte d'asservis. L'un des quidams était alité à même le sol, sur le flanc et la tête lâche, lui barrant la route menant à la volontaine. Lakdahr se pencha sur lui pour constater qu'il était moribond, voire même hypothétiquement... Déjà mort ? Si son teint était blême et que de la salive ruisselait à sa commissure, les soubresauts de ses paupières et une légère mouvance des lèvres lui indiquèrent qu'il était encore en vie, mais pour combien de temps ? Il serait promptement achevé, probablement par la noyade, dès lors que l'équipage le découvrirait dans cet état. Le colosse ne fit donc que l'enjamber, pour mieux s'incliner sur la donzelle assoupie, et qu'il aurait été opportun de réveiller avec douceur...

« Hé !! » Douceur ? Connait pas ! Il était tellement plus amusant de la tirer de ses songes avec violence, quitte à l'exposer à un infarctus du myocarde. « Debout. Allez viens ! »

Comme toujours, il lui fit comprendre par la gestuelle et veilla à ce qu'elle le talonne pour rejoindre l'air marin. Nul besoin de lui préciser de rester auprès de lui, ce serait un réflexe qu'elle développerait certainement d'elle-même en présence d'une horde de fer-nés aux physiques ingrats et aux rires gras. Force était de constater que son propre ravisseur était également son seul repère, et jusqu'à maintenant, bien en dépit de ses manières archaïques, il ne lui avait fait aucun mal. En plus d'être accueillie par les bramements des pirates et l'embrun, la nymphe eut affaire à une fine bruine qui, bien que totalement inoffensive, lui serait assurément désagréable par la froidure de ses larmes. Le forgeron marcha jusqu'au bastingage auquel il s'appuya, l'air distrait, ses bras se croisèrent tandis qu'il observait l'îlot de son enfance se préciser dans le paysage. Et si son apparence semblait déjà désolée vue d'ici, la jeune femme ne serait pas au bout de ses peines une fois qu'ils auraient posé pied à Lordsport. Ce qu'elle constaterait de leur plèbe n'avait sûrement rien de comparable avec ce qu'elle avait bien pu connaître, l'archipel du Roi Gris était d'une laideur à part. Il était aussi difficile d'y survivre qui d'y trouver quelque chose de potentiellement beau.

« Les Iles-de-Fer. » Se sentit de préciser Lakdahr, même si la vénus devait quelque part s'en douter. Du moins, en supposant qu'elle connaisse ne serait-ce que le nom de l'habitat naturel des fer-nés. Il biaisa son regard sur elle, peut-être était-ce l'occasion d'établir un semblant de contact, dans la mesure du possible, les barrières de la langue n'aidant pas à cette fin. D'ailleurs... « T'es d'où ? » Demanda t-il sans réellement articuler, ce qui posa évidemment problème. Le titan frotta l'arrière de son crâne, un peu gauche, il prit sur lui et répéta de manière plus limpide – du moins, l'espérait-il. « D'où tu viens ?... De quelle cité ? » Il avait comme l'âcre impression que ses efforts étaient peu probants, aussi se mit-il face à elle et retenta. « Tu... Tu comprends quand je parle ? » Ou comment se sentir comme le dernier des idiots à parler comme s'il s'adressait à un enfant de cinq ans. Il soupira lourdement et se fit violence pour ne pas sombrer dans un profond désespoir. Ses deux paluches tapotèrent son torse pour se désigner, et il souffla tout en la regardant. « Lakdahr » Bizarrement, il avait plus que jamais la sensation de passer pour un gorille attardé qui s'essayait pour la première fois à la communication verbale. Par le Dieu Noyé, dans quoi s'était-il encore fourré ?




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Lun 22 Avr 2013 - 21:27

Tandis qu’elle s’évertuait à être joviale et docile, proposant son aide à son bourreau dans l’espoir d’obtenir quelque chose à manger pour elle et ses compagnons d’infortune, le colosse ne semblait pas enclin à offrir du crédit à ses paroles. Après sa maladroite tentative de communication, le Fer-né se gaussa allègrement et la donzelle leva le nez vers lui pour le fixer entre incompréhension et méfiance. Elle savait pertinemment avoir quelques difficultés pour s’exprimer, mais était-ce vraiment la peine de se moquer ? Serenei avait beau être dans une situation malencontreuse, des éclats d’orgueil venaient à ravir son petit minois suite aux réactions de son interlocuteur. Alors qu’elle le considérait d’un œil interrogateur, réfrénant toute appréhension pour tenter de comprendre ce qu’elle avait dit d’aussi hilarant, le géant ne lui formula guère de réponse – au lieu de ça, il posa sa large paluche dans sa nuque pour l’attirer jusqu'à lui. Si l’initiative fut accueillie par un sursaut de surprise, la donzelle ne manqua pas de se raidir au contact de la peau rugueuse du Fer-né contre la sienne. Ses mains étaient immenses et abimées, un détail qui lui rappelait étrangement l’outil de travail de son paternel – des mains fortes et puissantes dont la peau était aussi dure que de la corne. Le dur labeur artisanal laissait toujours des marques sur un corps, mais Serenei pensait que cette brute épaisse qui la tenait agglutinée contre lui devait ça à son barbarisme martial. Les épaules inclinées vers l’avant dans une rigidité défensive, la jeune femme ne cilla pas pour autant, baissant son regard pour fixer vaguement devant elle. Elle serrait les dents à s’en décrocher la mâchoire, réfléchissant aux conséquences qu’un geste de recul et de refus pourrait provoquer. Il avait largement de quoi la soumettre et se rebiffer ne lui offrirait sûrement à elle que bleus et ecchymoses sur son corps miraculeusement épargné. La donzelle avait souvent appris à « jouer » la soumission pour mieux conclure ses affaires – laisser croire à un homme qu’il avait le dessus était une ruse qui s’était souvent révélée fructueuse. Dans ce cas là, se faire déposséder de son corps était loin d’être la même chose. Elle n’eut pas besoin de voir vers quoi le regard sombre de son bourreau était attiré – ses tatouages étaient une curiosité pour les natifs des Sept Couronnes, et leur emplacement était d’autant plus dérangeant qu’ils harponnaient le regard sur ses formes. A Volantis, c’était commun – les esclaves avaient le visage tatoué tandis que les mercenaires marquaient leurs mains, leurs bras ou leur nuque. Les artisans, quant à eux, signifiaient la fierté vis-à-vis de leur commerce par des motifs sur le torse. La main du titan se fit à mesure de son angoisse à elle plus inquisitrice. Il dégagea l’étoffe de la robe qui dissimulait si habilement son décolleté et se permit de caresser sa poitrine partiellement dévoilée. Le visage de Serenei était dur, à tel point que l’on pouvait se douter qu’elle se faisait violence pour rester de marbre. N’aurait-elle pas préféré s’agenouiller aux pieds de son bourreau, le suppliant en larmes de la préserver ? A quoi bon ? Un homme pareil n’aurait que faire de ce genre de lamentations. La mort, par la noyade plutôt que par les flammes, n’aurait peut-être pas été une si mauvaise alternative…

Le souffle de Serenei restait régulier, malgré la féroce envie de se dérober qui lui remuait les entrailles. Son épiderme ne cessait de frémir sous ce contact intrusif – de ce doigt taquin qui était pourtant plus sensuel et doux qu’elle ne l’aurait imaginé. Puis, alors que les paupières de la donzelle se fermaient, signe d’une certaine résignation, le titan la libéra de son étreinte et lui adressa la parole. Serenei fut surprise, si ce n’est soulagée. Le mot « faim » fit écho dans sa tête et elle plissa les yeux avant d’acquiescer, tentant d’articuler le même mot pour l’assimiler. « Oui. Faim. » La donzelle resta circonspecte, mains réunies contre son ventre tout en offrant un regard hésitant autour d’elle. Le Fer-né se mit alors en quête de quelques victuailles, ce qui était fort surprenant. Aurait-il un minimum de décence et d’humanité cet homme là ? Ce n’était pas elle qui allait s’en plaindre. Tandis qu’il s’afférait, la Volantaine prit soin de remettre en place ses vêtements au pli prés avant d’attendre après son interlocuteur sans bouger. Il l’interpella après quelques minutes de recherche et elle le rejoignit d’un pas hésitant, peu rassurée par l’obscurité du fond des cales. Quand il lui désigna une gamelle remplie en précisant que c’était pour elle, Serenei posa son regard sur l’écuelle avant de le reporter sur son interlocuteur. « Toi », « Eux » - c’était des mots qu’elle arrivait à comprendre et la gestuelle du colosse ne fit que préciser sa pensée. L’odeur qui s’échappait de la nourriture était alléchante, et la donzelle sentit son ventre gargouiller en réponse à son odorat. Un air embêté se dépeignit sur son faciès – il n’y en avait que pour quelques bouchées et elle ne pouvait partager ça avec tous les captifs affamés. Les paroles du Fer-né sonnaient aux oreilles de la Volantaine comme des jappements de chien agressifs – c’était assez déstabilisant pour qu’elle ne sache point déterminer s’il était furieux ou si c’était son ton naturel. Elle hocha la tête même si elle n’avait pas saisi une bonne partie de son charabia et l’observa tourner les talons sans demander son reste. Une mûre hésitation la tarauda tandis qu’elle observait son écuelle garnie, partagée entre le désir d'en offrir et l’appréhension des réactions face au trop peu. La donzelle se laissa finalement choir sur son derrière, callée contre les caisses qui la dissimulaient à la vue des malheureux. Elle avait honte d’agir ainsi, tel un chat errant se réservant de manger sa souris face à d’autres matous affamés. Elle mit quelques secondes avant de piocher dans l’écuelle mais le bien-être que ça lui procura de manger lui fit avaler le tout dans une rapidité déconcertante. Son repas avait un goût amer – un goût d’injustice…

------------------------------------------

Ses songes furent troublés par cet océan tumultueux qu’elle voyait maintenant depuis des mois. Curieusement, elle finissait toujours par s’y noyer – comme si c’était un signe inéluctable d’un funeste destin. Recroquevillée auprès des autres, le visage partiellement dissimulé par l’étoffe de couleur vive, Serenei se débattait dans un cauchemar qui n’en finissait plus. Lorsqu’une voix grave l’interpella par delà les limites de sa conscience, la donzelle se redressa farouchement, le souffle court et le cœur battant à tout rompre. Ses prunelles effarées se posèrent sur l’immense silhouette de son bourreau qui la surplombait – vrai, tout était désespérément vrai. Elle mit quelques secondes avant de retrouver ses repères dans la cale humide du boutre Fer-né, mais son interlocuteur la pressa en lui faisant comprendre qu’elle devait le suivre. En se remettant sur ses pieds, Serenei comprit rapidement qu’ils ne tarderaient pas à arriver. La terre ferme, enfin ! Ça n’était pas la destination qu’elle avait longtemps espérée mais le soulagement était tel qu’elle se sentait investi d’un brin d’enthousiasme. Elle n’était décidément pas faite pour la vie en mer – ce qui était plutôt ironique pour une femme qui échouait sur l’Ile de la Rocaille. Elle jeta quelques coups d’œil aux infortunés avant d’emboiter le pas au Fer-né qui la guidait sur le pont. La lumière était éblouissante et elle dut se couvrir les yeux avant de s’habituer à sa présence. La première impression qui la transit fut celle du froid – et de l’humidité. Etait-ce parce qu’elle était effrayée ? C’était fort probable en entendant les rires rauques des barbares présents sur le navire. Serenei se mit à scruter l’Ile, un léger soupir s’échappant de ses lèvres entrouvertes. C’était… Gris et lugubre. Même si ça aurait pu avoir son charme aux yeux de la Volantaine qui découvrait cet environnement totalement nouveau, la situation ne prêtait pas vraiment à l’admiration. La donzelle ajusta le tissu de couleur franche qui la recouvrait puis rentra la tête dans les épaules pour passer outre les bourrasques de vent salé qui balayaient l’archipel. Le Fer-né prit alors la parole pour lui présenter l’endroit – une tentative de conversation qui ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde. Elle avait ouï dire beaucoup de choses au sujet de ces Iles, mais n’avait jamais pu réellement se les imaginer. Elle se sentit plus que jamais loin de chez elle à cet instant précis. Un fin rideau de pluie se mit à tomber et, le regard porté au loin, la jeune femme sentit tout engouement la quitter.

Puis, il se mit à l’interroger, lui arrachant ainsi une expression sceptique. « T’dou » - Qu’est ce que ça pouvait bien vouloir dire. Sourcils froncés, la jeune femme resta à le fixer durant quelques secondes avant qu’il n’ait l’idée de répéter sa question de manière qu’il pensait assurément plus compréhensible. Ce qui ne fut pas vraiment le cas. La donzelle resta muette, le considérant avec perplexité – devait-t-elle tenter de dire quelque chose, en prenant le risque de tomber à côté du sujet ? Serenei se mordit la lèvre, nerveuse avant de s’incliner dans sa direction, toute attentive à la gestuelle qui lui accorderait. Le colosse avait l’air d’être exaspéré mais il parvint à se désigner avant de formuler un « Lakdahr » qui ne eut don de la surprendre. Une étincelle de lucidité éclaira le regard dans la Volontaine qui répéta ce nom d’un accent fort prononcé, pointant son index sur lui.

« Lak-dar »- Elle s’humecta les lèvres avant de se désigner elle-même du bout de ses doigts. « Serenei » – Articula-t-elle. Cet effort de langage eut le don de la ravir. Peut-être parce qu’elle découvrait en la brute qui lui faisait face une once d’humanité et de gêne ? Peut-être qu’il n’était pas si irrécupérable après tout – si il avait été digne de l’Autre, il l’aurait violé à même le pont sans plus de cérémonie. Elle inspira profondément puis se désigna à nouveau, un mince sourire étirant ses lèvres charnues.

« Volantis. » – Prononça-t-elle sur un ton neutre pour le rendre audible à son interlocuteur. « Moi, tailleuse de Volantis. » – C’était ainsi qu’elle se vendait auprès des étrangers. Un vocabulaire simple et concis que lui avait appris sa mère lorsqu’elle était jeune. Elle reporta ses yeux sombres sur l’archipel de rocaille gris puis tenta de chasser l’abattement qui voulait se saisir d’elle. « Personne parle Valyrien ? » – Demanda-t-elle en désignant les Iles. Serenei avait conscience que cela s’avèrerait compliqué pour elle, comme pour lui, de se comprendre sans aucune similitude de langage. Elle ne pouvait que redouter ce qui l’attendait une fois sur la terre ferme. Croisant les bras contre sa poitrine, la Volantaine guetta leur progression avec inquiétude. Elle ne connaissait rien ici, et son bourreau se révélait aussi être le seul sur qui elle pouvait comptait. Rien que d’y penser, ça lui arrachait un frisson irrépressible.

Quand elle posa le pied à terre, Serenei se sentit prise de vertiges. Se pouvait-il qu’elle ait attrapé le mal de terre après avoir passé tant de temps en mer ? Le port était bondé de monde – d’individus tout aussi gris que l’environnement dans lequel ils évoluaient. Ils ne portaient tous que des nuances sombres, aucune couleur criarde comme c’était coutume dans les contrées d’Essos. Elle se sentait aussi voyante qu’un mouton noir au milieu d’un troupeau blanc. Son maître ne lui laissa pas tellement le temps de s’habituer car déjà la guidait-il à travers la foule de pêcheurs qui se pressaient sur les embarcadères. Tout en offrant des regards stupéfaits et curieux autour d’elle, la donzelle en vint à se demander si les seigneurs de ces terres avaient un minimum de goût vestimentaire. Elle n’y connaissait pas grand-chose en culture étrangère, mais tout sur cette île semblait manquer de couleurs et de gaieté. Serenei, malgré ses œillades furtives, dut presser le pas pour soutenir la cadence du titan. Elle constata qu’il était bien plus grand que ses homologues Fer-nés – ce qui faisait de lui une exception. De quoi relativiser sur tout ce qu’elle avait entendu dire au sujet de ces Iles. La Volontaine se demanda quelle serait la réaction de Lakdahr si elle tentait de s’enfuir - que pouvait-il l’attendre dans un endroit pareil ? Un océan la séparait du continent qu’elle désirait rejoindre. C’était peine perdue que d’essayer.






Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Jeu 25 Avr 2013 - 20:17

« Serenei... Serenei ? »

Répéta t-il en courbant un sourcil, vérifiant par là la bonne prononciation de cet étrange nominatif. Etrange ? Mais non moins élégant, commentaire qu'il se passerait de faire à haute voix – même s'il s'y était risqué, la belle n'aurait assurément rien compris, de toute façon. Ce simple nom irradiait la suavité, et surtout, un exotisme pour le moins enjôleur, contrairement à ceux dont étaient généralement affublés les insulaires de leur saumâtre archipel, à la consonance bien souvent rauque et abrupte qu'ils ne l'étaient eux-mêmes. Il fut en revanche bien incapable d'affirmer que l'origine de ces lettres n'était autre que valyrienne, son éducation profondément lacunaire le gardait parfois de sagacité quand bien même n'était-il point un protagoniste totalement inepte, son manque d'intérêt pour le monde qui s'étendait par-delà leurs écueils faisant le reste. Ainsi, lorsqu'elle combla sa curiosité en le renseignant sur sa mère patrie, il fut bien incapable de connaître plus que l'emplacement géographique de Volantis, et crut hypothétiquement se remémorer que ces gens étaient autrement plus friands d'esclavagisme. S'il ne se fourvoyait pas, l'existence qu'épouserait la donzelle sur les Iles-de-Fer ne la dépayserait pas autant qu'il l'avait de prime abord subodoré ! - C'était aller vite en besogne, rien n'agréait à la conjecture qu'elle ait été asservie, là d'où elle venait. Une spéculation qui eut en réalité tôt fait d'être dissipée lorsque après ses racines, elle lui apprit ce pour quoi ses mains travaillaient, et voilà qui avait de quoi surprendre, ou presque. Une vénus aux courbes si sculpturales n'était-elle donc point unie par des voeux maritaux ? A cela, ses sombres agates biaisèrent furtivement en direction de la main dextre de la jouvencelle, n'apercevant aucune alliance d'or ou de faire ceindre son annulaire et corroborer cette nouvelle supposition. Son syllogisme lui laissa cette fois soupçonner qu'elle devait être une artisane dévouée à son art, un aspect dans lequel il n'était pas sans se retrouver et qui avivait sa curiosité. Tout cela expliquait ses superbes atours et le fait qu'il l'ait pensé plus noble qu'elle ne semblait l'être, et il n'avait dès lors guère plus à s'en faire pour les accrocs et autres estafilades dont souffraient ses propres hardes, il avait désormais des doigts experts pour les ravauder ! Tout du moins, s'ils parvenaient à communiquer plus que ce n'était alors le cas, ce qui n'allait pas être chose aisée. Attentif au peu de paroles qu'elle était apte à prononcer, il guigna succinctement vers les îlots desquels ils approchaient lorsqu'elle les désigna et revint sur son joli minois.

« Valyrien ? » Demanda t-il avec une mimique perplexe, ne prenant qu'alors conscience qu'elle parlait ce dialecte dont il n'avait jamais qu'entendu des bribes, sans même être enclin à en reconnaître l'accent. Comme s'il jugeait sa question vaine et stupide, il haussa les épaules et brama d'un timbre un peu plus âpre. « Qu'est c' j'en sais moi ? »

Ses termes derechef contractés dans la plus primitive des élocutions prouvaient qu'il n'avait cette fois manifesté aucun effort pour se faire comprendre, et telle une huître barbue, il se referma et acheva là le peu de conversation échangé en se tournant tout entier en direction de Pyk. Pyk, et son éponyme bastion, son ramassis d'ostrogoths et sa Seiche d'Or qui se trouvait seulement à quelques mètres d'eux, sans que la sylphide ne puisse même s'en douter. Aurait-elle davantage frémi en sachant qu'elle se trouvait sur le boutre du lord Ravage lui-même, et que celui-ci était justement à la barre ? Greyjoy ne lui était peut-être point un patronyme familier, à défaut du mot "fer-nés" qui s'était généralisé sur les mers, mais apprendre que ceux-là en étaient la famille suzeraine suffirait à lui inspirer une crainte légitime. Ce dont elle serait mis au fait une fois prochaine, Lakdahr n'aspirait qu'à quitter le pont de la Sirène Noire et à regagner ses appartements ou ce qui s'y apparentaient le plus. Il ne fut ainsi point mécontent lorsqu'ils amarrèrent enfin, son grand sac de toile jeté sur l'épaule, et après avoir veillé que la nymphette ait également son balluchon, il descendit sur l'appontement où matafs, pêcheurs, capitaines et énergumènes hétéroclites de ces îles pullulaient joyeusement. Il ne prit pas la peine de spécifier à sa sirène d'omettre ses nageoires et de le talonner si elle ne désirait pas s'égarer dans cette convergence de bélîtres et femelles aussi redoutables que leurs mâles. La foule n'était composée que de sombres spectres aux corps altérés par la survie, aux attitudes archaïques et aux lorgnades naturellement agressives, laissant l'amère impression qu'ils seraient prompts à vous trancher la gorge à la première opportunité. Et si le titan drainait déjà les regards par sa seule démesure, la créature de teintes criardes qui tentait tant bien que mal de demeurer sur ses talons ne fit qu'amplifier la chose, car macule d'alacrité dans un océan de ténèbres. Si tous les fer-nés ne se complaisaient pas dans le noir ou le gris, toutes les couleurs hardiment arborées n'était que d'une triste pâleur, totalement insipides en comparaison au seul azur dont s'était vêtue Serenei. Les critères vestimentaires répondaient certainement aux moeurs de ces forbans sans scrupules, leur jovialité était sombre et brutale, avide de sang et de trépas. Certaines légendes affirmaient même que leurs coeurs étaient faits de cette même rocaille dont les Iles-de-Fer s'étaient créées, rumeur que l'ondine serait à même de vérifier d'elle-même.

« Ho l'Edenteur ! » Héla subitement un quidam arc-bouté à une bâtisse et qui agita le bras pour se faire remarquer. Ledit Edenteur stoppa sa foulée et se dirigea vers cet homologue en l'interrogeant simplement du regard. « T'étais en mer ? J'avais parié que tu t'étais encore perdu dans les couloirs de Dix-Tours, j'crois que j'lui dois une pinte, à l'autre. » Souffla t-il en désignant du pouce la fer-né assise sur une roche juste à côté de lui, et celle-ci avait pour ainsi dire l'apparence type de la plèbe locale. Crin roux et mal taillé, visage modelé au burin, vêtements salis de sel et prunelles de feu intransigeant. Elle adressa une oeillade assassine à son compère avant de reprendre son activité : faire crier la lame de son coutelas contre la pierre. « Fais gaffe, t'es poursuivi par une tâche bleue ! » Gouailla le quidam en remarquant la volantaine, vers laquelle le colosse s'orienta brièvement et avec une nonchalance certaine. « J'sais, c'est à moi. » Désignée tel un objet et reléguée à ce même rang, la demoiselle n'aurait point son mot à dire dans l'éventualité où elle comprenait ce qui était dit à son sujet. « Ah, nouveau trophée ? Héhé. T'vois, si t'étais un peu plus comme elle, y a p't'être des drôles qui voudraient d'ton cul ! » L'insulaire injuriée leva les yeux sur Serenei, qu'elle toisa avec plus de mépris qu'il n'aurait été plausible d'en exprimer. Elle se racla la gorge et expectora une ignoble mucosité sur le sol, renâcla avec la grâce d'un crapaud puis reprit son délassement en ignorant les rires gras des deux hommes. « Dis, l'ami forgeron, j'aurais b'soin de refaire une beauté à mon arme. Passe me voir à la forge un peu plus tard, j'y serai sûrement. »

Un acquiescement de tête plus tard, et l'artisan se remit en route, glissant sa paluche dans l'échine de la donzelle qui l'accompagnait pour qu'elle se mette à sa hauteur et y reste. Ils prirent ainsi la route en direction de la saillie qui gouvernait l'îlot, vers l'immense et auguste forteresse, où la demi-seiche qu'il était avait vu le jour et avait la chance de vivre encore. Point de bicoque le concernant, ce dont il était loin de se lamenter. Le chemin se fit dans un mutisme de rigueur, l'un songeant paisiblement à des choses et d'autres, tandis que l'autre pouvait contempler le paysage de tristes masures contigües aux plus grandes constructions, et toujours, la pierraille, pas un pan de verdure, pas une belle frondaison ou champ de blé – Ici, l'on ne semait pas. Même la nature était ingrate, elle ne faisait que noyer les étocs et lécher la base des falaises de son écume, sans jamais faire bourgeonner la moindre feuille. L'atmosphère était humide, le vent les fouettait allègrement tandis que la bruine devenait pluie. Fort heureusement, ils furent dans l'immense vestibule avant que la tempête ne se lève totalement, assombrissant les cieux d'obscures nues en pleurs. Le jeune homme rabattit sa crinière d'ébène vers l'arrière, puis ses onyx se levèrent sur une grande tenture sur laquelle était brodée un décapode d'or sur un fond de jais. Accoutumé à voir ce monstre des abysses qui ne lui procurait guère plus aucun effet, ce fut un simple soupir de lassitude que manifesta le géant, lorgnant au passage la naïade à ses côtés. Si la dernière réponse dont il l'avait gratifiée avait été acrimonieuse pour le simple plaisir de l'être, il avait toutefois profité du trajet pour réfléchir à une personne susceptible de connaître un tant soit peu de vocable valyrien, une personne à laquelle il était susceptible de demander service sans que le retour se fasse sous forme d'une requête qu'il n'apprécierait pas. Une personne... Qui aurait bénéficié d'une pédagogie somme toute beaucoup plus intellectuelle que ce qui se faisait ordinairement sur cet archipel, si ce n'était dans les familles les plus aisées, et encore... Un idiot de sentimental enclin à converser avec une femme-sel sans en être rebuté ?... Parbleu ! Gabriel ! Il ignorait bien si son frère de coeur avait les facultés adéquates pour lui porter secours, mais si lui en était incapable, nul autre ne le pourrait. Une bonne raison pour visiter Harloi et son bastion de Dix-Tours pour s'entretenir avec l'intéressé – même s'il n'avait jamais eu besoin d'une quelconque allégation pour visiter le quartzeux et capitaine de la Jouvencelle.

Une moue vint orner le faciès du titan, avant que le furtif passage de deux congénères au dialogue bruyant ne l'extirpe de sa réflexion. Il fit signe à la volontaire de le suivre et ensemble, ils gravirent les escaliers pour se rendre dans les étages, dans l'aile où se trouvaient les chambres. Dans les divers corridors qu'ils arpentèrent, la donzelle put apercevoir plusieurs femmes qui n'étaient assurément pas originaires des Iles-de-Fer, certaines étaient trop gracieuses pour cela, et d'autres portaient sur elle un irréfutable métissage, mais toutes avaient un point commun : elles servaient. Domestiques qui exécutaient les ouvrages ménagers la tête basse, et concentrées. Lakdahr ne leur accorda point un regard et poursuivit sa route, jusqu'à pousser un grand huis de bois et pénétrer dans la pièce que la dryade découvrit après lui. Un endroit relativement grand, dans un coin duquel se trouvait une couche faite sur mesure pour la taille de son propriétaire. Plusieurs meubles trônaient de-ci de-là, dont une grande table jalonnée de chapelets de dents dont quelques-uns point encore ajoutées aux colliers, une gamelle garnie de vieux restes, une poignée de chopines majoritairement sales voire encore partiellement remplies d'un faro à la mousse douteuse ainsi que des outils à l'usage indéterminé. Des défroques usagées amoncelées dans une encoignure et même, un fût vidé de moitié de son nectar éthylique. Un antre de mâle, à n'en point douter ! Mais pas seulement, car en plus des usuelles affaires, l'on distinguait un fatras fait d'une pléthore d'armes, de bribes d'armures, de rondaches... Tout un matériel primordialement esquinté voire brisé, le forgeron avait une tendance à la récupération dont il ne se servait pas toujours à bon escient. Si la belle observait plus attentivement les alentours, elle distinguerait également une petite salle d'eau mitoyenne où se situait un grand baquet de bois pour y prendre le bain, mais plus encore... Des traces de féminité, qui ne semblaient toutefois pas récentes. Une coiffeuse enjolivée de vieux rubans diaphanes avait été abandonnée là, son miroir fendu en sa diagonale, jonchée de maints flacons qui n'avaient pas été ouverts depuis des lustres, ainsi que d'un petit écrin au mystérieux contenu. Non loin encore, un coffre à demi enseveli sous des estocs et des boucliers, et là aussi, ce n'était qu'énigme sur ce que son rumen pouvait bien garder des curieux.

« C'est chez moi. » Précisa t-il alors en jetant négligemment son sac de toile sur une chaise se trouvant près du lit – que faisait-elle ici ? Il n'en avait pas la moindre idée, et peu lui importait. Il étira sa carcasse comme s'il venait de s'éveiller d'une longue sieste, une symphonie d'échos osseux en provenance de son épine dorsale résonna et le fit grogner. De même que sa paluche appuya sur l'entaille empourprée d'hémoglobine séchée de son gilet, au revers duquel se camouflait une meurtrissure qui le tiraillait d'une douleur itérative et qu'il s'obstinait à ignorer. Puis, il s'attabla dans un nouveau soupir caverneux, posant ses calots sur sa superbe captive souillée par les prémisses de l'ondée. Avait-elle compris ce qu'il lui avait spécifié ? Au cas où... « Je vis ici. C'est chez moi... Et c'est chez toi aussi, maintenant. Ou presque... » Elle ne ferait peut-être jamais de cet endroit son foyer, mais ce n'était guère là son problème, condamnée à y vivre quoi qu'il puisse advenir. « Serenei. » Prononça l'Edenteur dans le but de capter tout son attention, happant ses prunelles des siennes avec autorité. Plus vite les règles lui seraient énoncées, plus promptement elle s'y adapterait... Mais comment parler de règlement à une jouvencelle qui ne le comprenait qu'à peine ? Il sentait que les choses allaient être ardues et que cette embûche communicative mettrait ses nerfs à rude épreuve. Il chercha une bonne façon de s'exprimer, un moyen d'être concis... Et finit par le trouver. « Tu es à moi. D'accord ? A partir d'aujourd'hui, tu m'appartiens. » Une déclaration présomptueuse, mais véridique, et si avec cela elle ne parvenait pas à concevoir l'idée qu'il était le maître et elle la tributaire, ne lui restait plus qu'à user d'une violence phallocrate et cruelle bien qu'intelligible quelle que soit la langue parlée ! Cependant, l'abîmer aurait été fort dommage, et tant qu'elle ne méritait pas d'être rudoyée autrement que par un haussement de voix, il l'en épargnerait. « Tu dois m'obéir, et fais attention... J'suis pas du genre patient. T'es prévenue... » Prévenue comme il était possible de l'être en de telles circonstances, nul doute qu'elle apprendrait vite une fois confrontée à ce qu'il attendait concrètement d'elle. Mais il se confondrait en plus d'amples explications une fois reposé, présentement, il était éreinté par cette pérégrination somme toute fructueuse, et il ne devait point être le seul. « Installe-toi, au lieu de rester debout à me regarder comme une pauvre conne. »

Le ton était donné, l'artisan feignit de se désintéresser de l'estimable vénus, pensant remarquer qu'elle tremblotait dans ses beaux atours. La chaleur n'était guère de leur convive, en particulier par un temps tel que celui qui grondait à l'extérieur. Non loin de la volontaine, se trouvait un âtre aux cendres froides et qu'il aurait été opportun d'allumer... Pourtant, Lakdahr n'en fit rien, point pour le moment. Il défit les attaches de son haut et écarta l'un des pans pour examiner sa plaie de plus près, ce à quoi il n'avait pas pris la peine auparavant. Dans un réflexe aussi inutile que sot, il tâtonna la chair blessée de la pulpe de ses phalanges et se crispa instantanément – Plus de six pieds et demi de hauteur et encore un enfant auquel il fallait préciser de ne pas mettre ses doigts n'importe où.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Mar 30 Avr 2013 - 8:40

L’immense colosse dont elle était dorénavant l’esclave ne semblait guère pétri par la patience, préférant plutôt la rudesse réservée à la rocaille. C’est à peine si elle avait distingué les syllabes de son langage marmonné dans un cruel manque de sympathie. Elle qui avait espéré que quelqu’un sur l’île puisse parler et comprendre le valyrien - une perspective qui aurait rendu son séjour bien moins âpre. L’éclair d’enthousiasme qu’elle ressentait face au malaise du dénommé Lakdahr quand il s’était enquit d’en apprendre plus à son sujet eut vite fait de s’éclipser avec son brusque retour à l’indélicatesse. Elle se surprit à l’observer d’un regard biaisé pendant qu’il l’entrainait sur le pont, intimant par sa seule présence aux autres de s’écarter de son chemin. Elle avait l’impression d’être au beau milieu d’une meute de loups à l’œil torve et aux corps décharnés. Les visages étaient marqués par le sel et le soleil. Les chevelures négligemment noués témoignaient de l’indiscipline même auquel ce peuple semblait attaché. Serenei sentait les regards la détailler ostensiblement, entre mépris et amusement. Elle n’était qu’une vulgaire marchandise exotique. Une marchandise haute en couleur qui n’avait sûrement rien d’attractif aux yeux de ces sauvages. Les femmes par ici semblaient aussi froides et grossières que leurs hommes. Ça gueulait fort sur les étals, et l’odeur du poisson frais était entêtante. Les embruns marins la trempaient entièrement. Humidité glaciale, vent cinglant. Bien loin étaient maintenant la moiteur familière et la chaleur étouffante de Volantis. Plus elle talonnait le titanesque fer-né, plus son visage se décomposait dans le constat terrible de ce qui l’attendait. Serenei aurait pu se fondre dans la foule, telle une petite souris en direction de son trou, si elle n’avait pas porté une tenue vestimentaire aussi tape-à-l’œil. Evitant de s’embourber dans les flaques boueuses qui parsemaient sa route, la donzelle finit par se cogner contre l’immense stature du colosse qui venait de s’arrêter. La volantaine fit immédiatement un pas en arrière pour se remettre à distance respectable, raide à s’en déboiter les épaules. Circonspecte, elle promena son regard sombre sur l’individu qui avait interpellé Lakdahr. Tandis que ce dernier s’approchait de son interlocuteur, Serenei le suivit à pas lents, remarquant de ce fait la femme qui était assise aux côtés de son homologue masculin. Les cheveux mal peignés, les traits grimaçants d’hostilité sans oublier la lame qu’elle aiguisait en main – la rouquine était loin d’être le genre des femmes qu’elle avait croisé durant toute sa vie. Les femmes qui poussaient sur cet ilot avait l’air aussi viriles que leurs fer-nés de maris – de quoi surprendre la donzelle enroulée dans son fin tissu d’azur. La vie sur la rocaille n’avait aucun charme, et aucune femme ne semblait vouloir préserver un semblant de féminité pour y vivre. Etait-ce un sacrifice obligé ? Ça, elle l’ignorait. Quoiqu’il en soit, Serenei commençait à comprendre ce qui la rendait si exotique comparé à toutes les harpies à l’air féroces qui naissaient ici. Les neufs Cités Libres avaient toujours joui d’un certain raffinement – lieu incontesté du goût pour les apparats colorés et les vins sucrés. Elle qui espérait apporter un peu de ses connaissances en matière de finesse et d’ouvrages au Westeros, elle craignait n’être qu’un témoignage obsolète dans un pareil endroit.

Les prunelles de l’étrangère en vinrent à se poser sur le fer-né qui s’adressait à Lakdahr alors qu’il la désignait d’un geste de tête moqueur et méprisant. Préservant un faciès neutre, Serenei remarqua la brève attention du titan à son égard qui ne manquait pas d’être dénuée de tout intérêt véritable. « J’sais, c’est à moi. » Les sourcils de la belle se froncèrent à peine malgré le fait qu’elle tentait de comprendre cette formule. C’est à moi. – Les Ouestriens n’utilisaient-ils pas ces mots lorsqu’il s’agissait de mettre le doigt sur leur propriété ? C’était désobligeant. Assez pour que la volantaine préfère baisser les yeux et ignorer tout bonnement la discussion des deux fer-nés. L’indifférence feinte ne dura cependant pas bien longtemps – un reniflement qui n’avait rien d’involontaire fit lever les yeux de Serenei en direction de la rouquine. Cette dernière la lorgnait sans retenue, suintant le dédain de par tous les pores de sa peau pâle et mouchetée de tâches de rousseur. La brune qui espérait trouver un brin de solidarité féminine dans cet univers de brutes se trouvait bien déçue. Il n’y avait plus aucun doute possible sur le ressenti de la fer-née après le crachas fort gracieux qu’elle venait d’expédier à ses pieds en guise de réponse. Serenei resta de marbre, malgré le fait que son petit minois ne veuille qu’arborer une moue réprobatrice. Serait-ce là un jeu de mauvais goût ? Mais à quoi bon s’effaroucher pour si peu ? Ces femmes là étaient libres – libres de se comporter comme des hommes et libres d’aller à leur guise. Retrouvant un vif intérêt à fixer le sol, la volontaine entendit les deux hommes converser comme si de rien n’était. Le mot « forgeron » suscita un éclair de lucidité chez la jeune femme aux atours colorés qui plissa brièvement les yeux, pensive. A Volantis, son père se présentait comme un « forgeron » pour les Ouestriens. Etait-ce bien ça ou était-t-elle induite en erreur par des intonations similaires ? A bien regarder, le colosse avait tout à fait la carrure pour ce genre d’artisanat mais la jeune femme ne pouvait que s’en tenir à quelques hypothèses. Les deux hommes semblèrent en avoir fini avec leur discussion car déjà le titan lui signifiait qu’il fallait repartir en l’entrainant d’une paluche dans le dos. Serenei s’exécuta, n’offrant pas même un dernier regard à la donzelle au crin roux et à son compère.

La volantaine s’attendait à être guidée vers l’une des vieilles cabanes qui fleurissaient le long de la côte décharnée. Ainsi, quand il la conduisit sur le sentier qui prenait de la hauteur pour rejoindre une immense forteresse à même les falaises, la donzelle en resta bouche-bée. Elle crut mal comprendre les intentions de son bourreau – peut-être allait-il faire d’elle une servante au château de Pyk ? A dire vrai, Serenei ignorait même le nom de cette partie de la rocaille. Elle avait ouï dire beaucoup de choses au sujet des seigneurs Ouestriens et de leurs châteaux mais ne pensait pas réellement que ce soit aussi le cas sur l’archipel des Iles-de-Fer. Tout semblait si dénué de manières et de goût par ici. Plus ils grimpaient, plus la jeune femme exotique ressentait le vent cinglant lui transir les muscles. En s’humectant les lèvres, elle sentit le goût du sel – comme si elle en était toute recouverte. Elle jeta un œil inquiet vers les nuages sombres qui s’accumulaient au dessus de leur tête – cet endroit n’était qu’un cauchemar. L’herbe était rare, donnant cet aspect minéral au terrain où l’on pouvait remarquer l’absence d’arbres et de végétation. Alors qu’ils s’apprêtaient à entrer dans la forteresse prenant son essor à même la falaise, le fracas des vagues en contrebas se fit plus bruyant. Les doigts plantés sous ses aisselles, entourant au mieux son buste de ses bras dans le but de se réchauffer, la jeune femme sembla plus vulnérable que jamais en pénétrant dans le château. Ses yeux effarés se plantèrent sur la Seiche brodée de l’immense tenture sombre qui habillait le mur du vestibule. Elle était dans la demeure de leur seigneur mais c’était bien première fois qu’elle voyait les armoiries de celui-ci – et pire que ça, la donzelle cherchait à retrouver le nom que le seigneur fer-né pouvait porter. Volantis était bien trop loin pour que cela daigne alimenter les sujets de discussions. Immobile, Serenei attendit que son maître se remette en marche, glissant quelques œillades effrayées autour d’elle. Deux fer-nés passèrent à proximité et elle évita soigneusement leur regard avant d’emboiter le pas à Lakdahr. Elle grimpa sans mot dire les escaliers pour découvrir une aile ou plusieurs femmes s’afférer, la mine basse. Des servantes, des étrangères. Elle qui avait cru qu’elle aurait à errer seule dans une cabane lugubre, ne put qu’être surprise par la perspective de servir dans la forteresse, en compagnie de ses pairs. Serenei ralentit sensiblement l’allure pour offrir quelques regards aux jeunes femmes à la peau cuivrée – espérant saisir quelque chose de leur état d’esprit qui pourrait la réconforter. Elle avait perdu sa liberté dorénavant – c’était comme si on venait de lui tatouer des marques humiliantes sur le visage. Les domestiques ne lui adressèrent par la moindre bribe d’attention. Serenei pressa dés lors le pas pour pénétrer dans les appartements que lui présenta le colossal fer-né. Manifestement, les siens. Cela voulait-il dire qu’il avait du sang royal pour vivre dans un endroit pareil ? Ou était-ce possible que le seigneur des Iles-de-Fer accueille en sa demeure ses propres sujets ?

Stoppée sur le seuil de la porte, la donzelle parcourut la pièce du regard. Le seul lit qui trônait était d’envergure, à l’image de son détendeur. La volantaine fut interpellée par le désordre évident. Vaisselle sale, pièces d’armures amoncelées un peu partout accompagnées de quelques lames abimées. L’on ne pouvait guère s’y retrouver ! Surtout pour une donzelle qui avait toujours eu en horreur le désordre et la saleté. Un soupir s’échappa de ses lèvres, réaction primaire du désespoir que lui suscitait l’endroit. Serenei daigna faire un pas, les mains contre son ventre, son baluchon pendant mollement à son épaule. Elle ne savait où se mettre, comme un meuble qui n’avait rien à faire là. A ne plus en douter, Lakdahr était forgeron à ses heures perdues. Pour ce qui était de le considérer comme un noble, cela laissait la volantaine hautement perplexe. Se tordant les mains d’appréhension, la jeune femme laissa de nouveau ses prunelles d’onyx parcourir la pièce… Avant de les arrêter sur les guirlandes imitant la dentition qui agrémentaient la table de bois. Elle inclina la tête, interloquée, mais réfréna tout frisson et grimace de dégout. Elle reprit contenance face à son interlocuteur en se redressant et le considéra tandis qu’il s’étendait sur sa couche. C’était son chez lui – à ne point en douter. Serenei ne voulait pas imaginer à quelle torture s’adonnait le forgeron qui collectionnait tant de canines. Comptait-il lui arracher sa dentition à elle ? Un frémissement la secoua de pied en cap et elle ne trouva qu’à se raidir pour tâcher de se contrôler. « Chez moi. Chez toi. » Le regard inquiet de la belle se posa de nouveau sur les chapeliers de dents alors qu’un triste désespoir se peignait sur son minois mais le forgeron eut tôt fait de l’interpeller de sa voix grave. Elle croisa bien vite les agates sévères de son interlocuteur, acquiesçant instinctivement pour ne pas le mettre en colère. Il tentait manifestement de lui expliquer l’évidence même. Même si elle ne comprenait pas vraiment son langage, quelques mots se détachaient des phrases. « A moi. Tu m’appartiens ». Elle n’était qu’une chose. Sa servante à lui. En guise de réponse, la donzelle se pinça la lèvre inférieure. Elle tremblait dans ses vêtements humides, même si c’était surtout la crainte et l’exaspération qui la rendaient aussi vulnérable. Elle n’avait pas bougé, plantée à quelques pas de la porte et quand Lakdahr aboya des instructions, elle décida de se remuer. Le surveillant d’un regard en coin, Serenei déposa son sac de toile aux pieds de la table puis fit quelques pas pour observer de plus prés sa nouvelle demeure. Elle remarqua la salle qui juxtaposait la pièce à vivre et se pencha timidement pour en découvrir le contenu. Un bac pour se laver – en voilà une perspective qui venait à la rassurer. L’hygiène laissait à désirer dans le coin. Elle fut intriguée par la présence de meubles indubitablement féminins mais son attention fut alpaguée par le grognement sourd de son bourreau. Elle s’inclina vers lui et le découvrit en train de palper sa plaie sanguinolente. Une étincelle d’exaspération à son égard égaya la physionomie de la donzelle. Si c’était chez elle, alors sûrement aurait-elle le droit de remettre en ordre ce désordre affligeant ? Serenei se rapprocha de la table et y chercha quelques accessoires. Elle craignait de l’entendre lui aboyer dessus pour la voir ainsi prendre ses aises – c’est pour cela qu’elle préféra lui indiquer d’une voix basse :

« Recoudre. » – Elle ne chercha nul regard approbateur. Elle attrapa une jarre poussiéreuse dont elle huma le contenu pour s’assurer que c’était de l’eau puis versa le tout dans une petite bassine à ses pieds. Elle attrapa le tissu humide qui lui recouvrait la tête et s’en délesta rapidement. Elle s’abaissa auprès de son sac pour retirer une aiguille et du fil de ses effets personnels puis revint vers le forgeron avec tout son matériel. Elle s’assit à ses côtés, trempant un torchon blanc en sa possession dans l’eau froide pour nettoyer la plaie de Lakdahr. Tandis qu’elle s’appliquait, évitant au mieux le regard de son comparse, elle reprit la parole en articulant. « Mon père, forgeron à Volantis. »

Un mince sourire crispé étira ses lèvres. Le tissu s’empourprait de sang à mesure qu’elle nettoyait la plaie mais après quelques minutes, l’entaille était propre et la donzelle préparait le fil et l’aiguille. Son expression était étrangement neutre dorénavant et elle planta même ses prunelles dans celles de son interlocuteur, comme pour jauger s’il appréhendait le moment où elle allait le recoudre. Une pointe d’amertume, voire de cruauté passa sur son faciès avant qu’elle ne se penche pour s’appliquer à la tâche. Piquant la peau avec l’aiguille pour couturer l’entaille, la donzelle reprit sur un ton concentré.

« T’es seigneur forgeron ? » – Demanda-t-elle maladroitement. La question fit réagir Lakdahr qui eut un sursaut moqueur. Serenei plongea ses yeux dans les siens d’un air interrogateur, ne saisissant pas ce qu’il y avait d’aussi drôle là-dedans. Elle tentait de comprendre ce que fichait un forgeron dans la forteresse seigneuriale. Sa curiosité était fondée. Après avoir terminé son ouvrage, le regard de la donzelle s’attarda brièvement sur le torse bigarré de cicatrices du titan fer-né. « Repos maintenant. »

Si ça sonnait comme un ordre de sa bouche, ça n’était pas l’impression que désirait donner Serenei. Il ne l’avait pas frappé pour l’instant, et la volantaine espérait que ça dure. Reprenant ses distances sur le lit, la jeune femme hasarda un regard hésitant autour d’elle. Elle se mordit la lèvre d’un air coupable puis osa formuler la demande qui la travaillait depuis qu'elle était entrée.

« Moi, pouvoir ranger chez toi ? » – L’aménagement chaotique de l’endroit la rendait folle. Glissant une mèche de cheveux d’ébène derrière son oreille, Serenei attendit patiemment l’approbation de son interlocuteur avant de se mettre en devoir de regrouper armures et armes pour leur trouver un coin bien à elles. Elle avait besoin d'occuper ses mains à défaut de pouvoir occuper ses pensées positivement. Son asservissement commençait aujourd'hui. La donzelle s'était souvent risquer à éprouver compassion et empathie pour les esclaves à Volantis - elle espérait simplement que la manière dont il allait la traiter ne serait pas aussi violente et injuste que les pauvres hères aux visages tatoués.








Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Jeu 2 Mai 2013 - 15:53

Iniquité était un nom adéquat pour résumer la genèse de leur relation, mais la vie était notoire autant sous ses allures de beauté que sous celles d'injustice. L'opportunisme du titan ne découlait que de son égoïsme de concupiscence, et plus vastement, celui de son épicurisme. Chair, agapes et dipsomanie, une trinité de plaisirs qui suffisait amplement pour le porter à la félicité, et elle n'en était que meilleure lorsque saupoudrée d'un peu de meurtres arbitraires. Aucune piété si ce n'était celle de la survie et de la satisfaction personnelle, en la cruauté, l'on pouvait même dénicher une forme malsaine d'un indicible plaisir. La beauté attirait l'oeil, et puisque cette notion était aussi inusuelle que singulière sur leur agglomérat de rocaille, le désir de propriété était instantané. Serenei était bien plus chanceuse qu'elle n'était certainement à même de le penser, si son charme n'avait été que plus commun, sans doute ne serait-elle devenue que pulpe et antre de volupté que l'équipage de la Sirène Noire se serait partagée – Lakdahr n'aurait par ailleurs guère hésité à participer à cet acte d'inclémence et de débauche. Mais elle était – malheureusement ? - parvenue à enjôler son désormais ravisseur, contingence qui méritait une peine capitale : celle d'en être tributaire pour le reste de son existence, damnée à en devenir un puits de satiété en bien des domaines. Un sort que d'aucuns jugeraient moins appréciable que la mort elle-même, et tort ne leur serait pas forcément donné. Rien n'affirmait encore que la sylphide serait encline à endurer le quotidien fer-né, et outre cela, si elle pourrait boire le calice jusqu'à la lie en compagnie de son époux de sel. Un terme dont il n'avait point usé pour se décrire, tout d'abord car il ignorait si elle en comprendrait le sens, ensuite, car il était très relatif, quelque peu inexact, mais ce n'était là qu'une manière d'alléguer le rôle qu'il lui imposait. Son alliance ? Point fait d'or, que nenni ! Ni même de cuivre, ce ne serait qu'anneau d'épines dont la sève contaminerait son ichor, dont les pointes marqueraient à jamais son épiderme. Et lui ? Il tenterait de n'être qu'une maladie bénigne, sans but létal tant qu'il pourrait se repaître d'elle. Mais il s'interrogeait : tout ceci, l'avait-elle d'ores et déjà intégré ou allait-il devoir lui en faire prendre conscience ? Il ne doutait pas que le syllogisme ferait son chemin dans les prochains jours, après tout, c'était en forgeant que l'on devenait forgeron.

Comme subodorant que la gravité était proportionnelle à la douleur, le colosse ne cessait de tâter cette plaie qu'il avait de nouveau fait suinter de fluides, ce qui le fit maugréer dans sa barbe. Puis, le rapprochement de l'ondine lui fit redresser ses calots sur son charmant minois, et ce fut une mimique intrigué qu'il lui offrit lorsqu'elle lui parla de le ravauder comme on le ferait avec une vétuste défroque. Pour autant, ce fut en silence qu'il l'observa préparer son matériel, prête à s'improviser praticienne pour lui – un détail qui le laissait pantois, mais rien ne lui assurait qu'elle ne s'essaierait pas à lui crever les yeux par la même occasion. « Toutes des fourbes... ». C'était bien connu. La volontaire ouvrit entièrement son gilet, et plus que la vision d'une meurtrissure, ce fut celle d'un musculeux tronc, aux courbes brutalement taillées de robustesse et clairsemées d'une toison virile, un corps développé par la lourde besogne et les combats en tout genre. Le même géant qui se fit docile, ses sombres agates rivées sur la superbe physionomie de la dryade qui, tout à son inverse, préférait fuir tout lien oculaire. L'étoffe humectée d'eau froide ne le fit nullement réagir, il se concentra sur l'incarnat des lippes qui lui faisaient face avec une convoitise qu'il ne chercha pas à camoufler, jusqu'à ce qu'elle ne l'informe d'une troublante similitude. « Ton père ? » Reprit-il aussitôt avec une once d'intérêt, qui se dissipa bien rapidement au profit de l'aiguille qui, une fois désinfectée avec les moyens du bord, fut dangereusement proche de sa blessure. Et cette fois, elle le confronta de ses onyx, dans lesquels il crut discerner une certaine forme d'espérance, à l'instar d'un jeune bourreau nourrissant le fantasme de voir sa victime prompte à lui adresser sa supplique. Mais il n'en fut évidemment rien, et si la sensation de couture n'était guère agréable, aucune expression affiliée à la douleur ne vint poindre sur le faciès du fer-né qui ne se laisserait pas impressionner par si peu. En revanche, il fut décontenancé par la teneur de sa question suivante et la mira sans en comprendre l'origine.

« Moi, seigneur ? » Il s'esclaffa alors sans tempérance, faisant soubresauter son torse de spasmes d'amusement profondément sardoniques. L'illustration de sa propre personne que l'on appellerait d'un titre de noblesse, voilà qui était bien fantasque et méritait d'être répété à Gabriel ! Rien chez lui n'en faisait un dignitaire, tout en revanche époumonait qu'il n'était qu'un cuistre parmi tant d'autres. Pis encore, sur le continent, il aurait vu le jour sous le signe de la bâtardise, fruit d'une union illégitime entre un lord et sa femme-sel. Car oui... Sans que cela ne paie de mine, le forgeron comptait tout de même parmi ses aïeux paternels, d'illustres Greyjoy, et il partageait bien quelques gènes en commun avec le présent suzerain. Véracité qu'il tairait, mais que la belle finirait par apprendre de la bouche d'un tiers. « T'as raison ! Quand les continentaux auront des couilles, ouais. »

Un ricanement guttural et une désapprobation de la tête plus tard, les soins s'étaient achevés. Une fois n'était pas coutume, l'Edenteur ne put s'empêcher d'y mettre les doigts, et si le mal était toujours de mise, il n'était point mécontent du résultat qui serait à même de le faire convenablement cicatriser – théoriquement. Il ne prit ni la peine de lui octroyer un quelconque rictus de gratitude et encore moins de prêter l'oreille à ce qui s'apparentait à un conseil pourtant sagace. Le repos serait pour plus tard, même s'il était effectivement éreinté de cette pérégrination aux maints rebondissements, il préférait toujours la chaleur de son atelier à celui de sa couche. A moins que celle-ci ne soit généreusement garnie... Et à cette pensée, il la toisa comme il l'avait fait sur le pont du polacre, avec une nitescence aussi sybarite qu'éloquente. Il aurait aisément pu faire fi de son envie de ménage pour simplement l'allonger là et la visiter dans ses chairs les plus intimes, la faire gémir de mille tourments obscènes... Ce dont il se priva sciemment en agréant à sa requête par un haussement d'épaules qui signifia son indifférence à la chose. Puis, la vénus se mit à visualiser la pièce dans un penchant plus ordonné, déjà, elle s'attaquait à son fatras pour le déplacer dans une encoignure plus propice à l'accueillir, et s'il aurait pu s'en courroucer, il se contenta de la suivre attentivement du regard. Ses noires iris se complurent à la contemplation de la sensualité de ses hanches à celle de son séant lorsqu'elle se trouvait échine à lui, puis à celle qu'il pouvait deviner de sa poitrine et d'un bassin tous deux tentateurs. Péché véniel que le désir charnel... De son opinion, dans tous les cas. Pourquoi diantre se retenait-il de dilacérer ses atours pour la révéler dans sa plus affriolante tenue de chair ? Ce n'était guère par égard pour elle, vertement pas. Toutefois, il ne pouvait se permettre de l'abîmer dès le premier soir au risque de la maculer d'un traumatisme et que l'amoncellement de déboires soit en peu de temps trop important pour qu'elle ne préserve la résolution de survivre. Il ne s'était pas incommodé de sa capture pour que sa compagnie ne soit qu'éphémère, bien au contraire, et l'artisan avait pour marotte de prendre soin de ses affaires autant qu'il était plausible de le faire. Fort heureusement pour la jouvencelle, il avait une forte tendance au bibelotage et ne se débarrassait de ce qui était sien qu'en ultime recours. Ne lui restait plus qu'à faire ses preuves en matière de servante et concubine. Le bâfreur songea alors, au risque de devenir à l'étroit dans ses braies, à se délasser par l'office d'une autre activité qu'admirer Serenei dans cette valse qui la mena droit aux rosaires de dents déposés sur la table, ce qui fit instantanément réagir le maître des lieux.

« Hé ! Nan, tu touches pas à ça ! » Il se leva pour avaler la distance qui les séparer, puis il lui harpa le poignet et lui arracha les organes durs qu'elle avait osé prendre. « C'est précieux, c'est à moi ! J'veux pas qui t'y touches ! Viens pas foutre le bordel dans mes affaires. » Déclaration somme toute paradoxale à voir le désordre et la crasse qui régnait en souverain et reine, mais chacun avait sa façon de ranger et si le mestre fêvre était le seul à s'y retrouver, au moins s'y retrouvait-il. Il reposa ses trophées sur la table et, une paluche sur son rachis pour doucement la bousculer, il la conduisit jusqu'aux devants de la coiffeuse et lui désigna le pan d'un geste. « Ca c'est ton coin, t'y fais comme tu le sens j'm'en cogne. » Il baissa le regard sur elle, le bras encore tendu et un certain flottement traversant cette discussion à sens unique. « … T'es aussi bandante que stupide ou quoi ? » Feula t-il, agacé par l'écueil de la langue qui commençait à lui faire perdre patience. Il pointa successivement ledit coin et la volontaine pour tenter d'être plus intelligible. « C'est-à-toi ! » Son articulation avait été volontairement tronquée et appuyée comme s'il pensait communiquer avec la dernière des ineptes – ou une chèvre, au choix. « Rah putain tu m'les brises ! Fais c'que tu veux ! » Il effectua un geste de la main, symbole de sa résignation et preuve s'il en fallait une de sa tolérance aux faibles lisières. Il referma partiellement son gilet et prit la direction de l'huis, qu'il ouvrit grand avant de se retourner pour grogner de dernières paroles. « J'y vais, j'me tire. Je reviens un peu plus tard, tu restes ici et tu m'attends. Compris ? »

Lakdahr plissa l'un de ses yeux comme s'il espérait par cela que l'injonction avait été assimilée, il demeura une kyrielle de secondes à l'observer, avec la conviction que même s'il n'avait bramé aucune sommation de cet acabit, la jeune femme n'aurait guère osé passer outre la porte de cette chambre. Au cœur de celle-ci, elle se trouvait en sûreté, mais une fois le pallier traversé, ce n'était qu'une île aussi vaste que périlleuse. Une pléthore de dangers ainsi que d'us et coutumes dont elle n'avait nullement connaissance et auxquelles il lui serait bon d'être initiée avant d'en braver l'univers. Point aujourd'hui, cependant, car le bélître disparut dans le corridor pour mieux rejoindre sa forge dans laquelle son âme pourrait épouser une pleine ataraxie. Il lui avait annoncé un retard non-tardif, mais c'était compter sans cette ineffable passion pour son artisanat et son zèle qui lui faisait perdre la notion du temps. Toutefois, et secrètement, il se promettait de ne pas abandonner Serenei à sa solitude pour sa première sorgue en son nouveau foyer, sur les maussades Iles-de-Fer.





`·.¸¸.·´´¯`··._.· (₪) `·.¸¸.·´´¯`··._.·





Et l'huis s'ouvrit, son bois corrodé par une myriade d'années laissa apparaître le galbe de l'Edenteur qui se courba pour ne pas rencontrer le chambranle dans une impromptue embrassade, qui irait engrosser sa tempe d'une magnifique protubérance. Une fois entré dans la chambre, il se déplia tout en refermant la porte après lui, un soupir pas moins soulagé de retrouver cet antre d'intimité. Il renâcla évasivement, nullement stupéfait de constater que plus aucun arôme âcre pour le sens olfactif n'émanait d'une nécropole de denrées et faro nonchalamment omis sur la table voire sur le lit. Point même décontenancé en sachant ses monceaux de matériaux esquintés qui n'avaient pas décru, paisiblement réunis dans un coin où ils n'étaient guère susceptibles d'importuner. Pas du tout sidéré de l'éclat de propreté prompt à abattre la cécité sur qui n'y était pas accoutumé et qui aurait presque fait scintiller la pièce telle une voûte céleste lors d'une nuitée jaspée d'astres. Tout semblait à sa place – ou à la place qui leur avait récemment été donnée, tout du moins. - et ces appartements devaient être parmi les plus entretenus de l'archipel. Déjà plus de deux semaines qu'une fée du logis s'était installée ici. Plus de deux semaines, qu'une certaine sirène d'outre-mer cohabitait avec lui. Malgré tout, Lakdahr avait encore du mal à se faire à cette discipline environnementale, lui qui, lorsqu'il rentrait, se complaisait dans l'indolence ou dans la pochardise. Une façon comme une autre d'incommoder la volontaine qui n'était définitivement pas de cet avis et se plaisait à passer dans son sillon pour ranger après lui – un fait qui ne le dérangeait guère plus que cela, tant que l'ordre d'actions restait ainsi. Cette quinzaine d'aurores avait fait et continuait de faire son office, la belle s'accommodait graduellement à sa rythmique d'existence, un quotidien certainement moins rude qu'elle ne l'aurait imaginé. Après tout, sa panse n'était jamais vacante, son maître lui ployait le droit de quitter l'éponyme forteresse de Pyk pour musarder parmi les insulaires ainsi que celui de poursuivre son art textile, et fait non négligeable, s'il lui arrivai fréquemment de faire tonner sa voix de mêlé-cass pour une fioriture, il n'avait point encore levé la main sur elle. Et ils souhaitaient tous deux que cela perdure ! Le titan était peut-être un fruste, mais il ne voyait pas l'intérêt de rudoyer la sylphide alors que celle-ci ne lui désobéissait pas – archaïque oui, mais pas idiote, la demi-seiche ! Il était bien loin de se lamenter des facultés et de l'essence même de sa femme-sel. Quoi que...

« Serenei ! » Gronda le forgeron de son phonème rauque, ses occultes prunelles ne l'ayant pas croisée dans la chambre. Une triade de jours qu'ils ne s'étaient pas vus, tout cela, par la faute assumée du fer-né qui avait passé ses trois dernières journées et soirées à ouvrer dans son atelier ainsi qu'à à rendre ses neurones moribonds à grands coups de gueuze, fraîchement servie à la taverne du Vieux Crayrin, lieu de culte éthylique auquel il se rendait souvent. Assoupi sur son enclume à cajoler ses œuvres, voilà comment il s'était retrouvé à chaque réveil ! Des absences itératives desquelles il ne prévenait jamais, quidam imprévisible et versatile qu'il était. Mais à présent que le gros de sa besogne était achevé, sieur Edenteur rentrait au bercail, tant qu'il se souvenait encore du chemin y conduisant. « Serenei !! » Appela t-il avec plus de pétulance, la mine assombrie et offusquée par l'hypothèse que la naïade ne soit pas là pour l'accueillir, une conjecture qui mériterait châtiment si elle s'avérait exacte. Il se hasarda en quelques foulées, zieutant chaque encoignure comme si elle était susceptible de s'y être cachée – il effleura même le sol de son crin de jais pour vérifier qu'elle n'était pas aplatie sous la couche. « SEREN-- !! » Fit-il tout en pivotant de cinquante degrés, où il tomba nez-à-nez avec la donzelle à laquelle il avait probablement fissuré un tympan tant sans puissance phonique n'avait pas été mesurée dans son dernier cri, heureusement stoppé à temps, ce qui ne l'empêcha pas de la mirer avec une pointe de surprise et un brin de culpabilité. « Ah ! T'es là... Je t'avais pas vue. » Son intonation s'était intuitivement radoucie, désormais qu'elle se trouvait à un mètre de lui. Elle sortait visiblement de la salle d'eaux, raison pour laquelle il ne l'avait pas aperçue avant et pièce contiguë dans laquelle il n'avait tout simplement pas pensé à regarder. Quand bien même, des excuses pour l'avoir spoliée d'un quart de son ouïe restaient inconcevables, l'idée ne fut pas même une flammèche dans son esprit de tempête. « Qu'est ce que tu étais en train d'faire ? Réponds quand je t'appelle ! »

En terme de communication, le progrès était en marche, et même en croisade ! Il ne la vouait pas aux gémonies, sa dernière réplique n'était qu'un reproche précaire qu'il aurait tôt fait d'oublier – Lakdahr était ainsi, véhément comme nul autre, son ire se lénifiait aussi furtivement qu'elle ne s'exacerbait, et il gardait rarement rancune. Désormais et la plupart du temps lorsque son humeur s'y prêtait, il faisait un effort sur sa locution, un fort bon conseil hérité de son frère de cœur et capitaine de la pieuse Jouvencelle. En effet, Gabriel était devenu un protagoniste notoire, voire un réel médiateur entre la nymphe et lui-même. La providence ayant bien fait les choses, le quartzeux avait fortuitement rallié Pyk dès le lendemain du retour de son forgeron favori. Un "Dendamour" qui avait profité de l'occasion pour lui présenter sa Pensée Sauvage et lui soumettre sa requête d'en être le pédagogue si le cœur – et la patience. - lui en disait, ce que le demi-Harloi avait naturellement accepté. La belle semblait avoir gagné plus qu'un professeur, mais une oreille attentive, et du côté du mestre fêvre, il n'était pas moins enchanté que son appétence d'apprendre en faisait une élève assidue. Chaque jour lui permettait de grossir en vocable et aplomb, même si ce n'était là que les prémisses des leçons.

« J'ai les crocs. » L'ogre en emphase cligna plusieurs fois des yeux, dans l'expectative d'une réaction, avant de prendre conscience que les figures de style était à une année lumière d'être acquises par la princesse au teint de cuivre, et il se reprit donc. « J'ai faim. » Il déposa sa paluche à hauteur de son rumen, prenant sans le vouloir des allures de bambin venu croasser sa famine à sa mère couveuse. Mais n'en était-il point un, de grand garnement ? Il ignorait bien si Serenei lui avait mitonné une quelconque pitance, si ce n'était guère le cas, mieux valait qu'elle se hâte à la tâche. Cela étant, son bougre de mari s'installa à la table, sur laquelle ses onyx se posèrent distraitement avant de s'écarquiller en voyant ce qu'elle avait fait avec les dents qu'il avait oubliées là. « … Mais... T'as quand même pas... Pourquoi est-ce que tu les as alignées ?! » La mâchoire lui en tombait, même ses pauvres trophées n'étaient pas épargnés de sa maniaquerie obsessionnelle, un comble ! Il leva les calots sur la responsable, et de l'extrémité de son index, tapota sa propre boite crânienne pour illustrer ses propos suivants. « Tu sais que t'as un vrai problème ? »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Ven 3 Mai 2013 - 18:43

Serenei n’arrivait pas à cerner son interlocuteur. Tandis qu’elle faisait preuve de curiosité et s’évertuait à comprendre qui était son bourreau, ce dernier la laissait sur sa faim, préférant lui rire au nez plutôt que de répondre à ses questions. Certes, la discussion était peut-être un peu prématurée en vue du vocabulaire limité de la volantaine et elle n’était pas sûre de tout saisir mais elle aurait apprécié un effort de la part du colosse fer-né. Espoir vain. La mine rembrunie, haussant les épaules dans un geste feignant indifférence, la donzelle reporta son attention sur la plaie qu’elle était en train de recoudre. Pas une once d’appréhension ou de sursaut douloureux ne vint à brusquer la physionomie de Lakdahr tandis qu’elle œuvrait à le raccommoder comme elle en avait l’habitude avec les frusques usées. Ainsi la tâche accomplie, elle posa un regard satisfait sur la plaie couturée avant de reprendre ses distances pour rincer son matériel. Serenei sentait le regard insistant de son bourreau la détailler – à tel point qu’elle craignait de croiser ses prunelles animales pour lui donner un quelconque encouragement dans ses intentions latentes. Elle préféra se redresser pour s’atteler à la tâche du ménage – ce qui dans cette porcherie, devrait prendre au moins la fin de la journée. La volantaine trouvait toujours un certain réconfort à organiser le désordre, à chasser le chaos. N’était-ce pas pour elle un désir de prendre les choses en mains que de s’appliquer à rendre cet endroit aussi propre qu’elle le désirait, à défaut de pouvoir jouir de sa liberté ?
Alors qu’elle se démenait à porter morceaux d’armures, armes volumineuses et pesantes dans un coin de la pièce à vivre, organisant les uns et les autres pour pouvoir s’y retrouvait, la jeune femme sentit son moral remonter en flèche. Un élan de satisfaction particulièrement curieux dans un endroit pareil. Serenei en vint rapidement à se soucier du foutras qui encombrait la table et dégagea gamelles sales et chopines encrassée avant d’en venir aux fameux trophées dentaires. Approchant une main hésitante pour empoigner les chapelets originaux, réfléchissant à l’intérêt de collectionner des dents – la donzelle fut arrachée à son illustre occupation par les aboiements rauques du forgeron qui s’était redressé du lit pour se rendre jusqu’à elle. Elle s’inclina contre le pan de table, surprise de le voir aussi véhément. Il lui arracha ses trophées de la main dont il tenaillait férocement le poignet. Serenei poussa un glapissement, prise au dépourvu, et posa sur lui un regard effaré. L’égarement laissa place au renfermement et la volantaine se crispa, les yeux dans le vague tout en écoutant les répliques incompréhensibles de son interlocuteur. Il ne fallait pas être bien perspicace pour comprendre qu’il ne désirait pas qu’elle touche à son lugubre butin. Ce à quoi elle acquiesça du chef sans pour autant faire entendre le moindre mot de sa bouche. Elle n’avait nulle envie de mettre le forgeron dans une colère noire – c’est qu’elle tenait à ses dents !

La tête enfoncée dans les épaules, la jeune femme se laissa néanmoins guider dans la pièce annexe, où elle avait cru remarquer un brin de féminité. Il y avait une coiffeuse qui avait du appartenir à une ancienne victime de l’assujettissement du forgeron – un endroit où la poussière s’était accumulée et sans que rien ne soit déplacé depuis un long, très long moment. Il lui indiquait que cet endroit était… Pour elle ? La donzelle fit promener son regard de la coiffeuse à son interlocuteur, n’osant rien faire ni dire de peur de le contrarier. Ce qui lui valut un nouveau sursaut en entendant Lakdahr rager ouvertement. Serenei ferma les paupières en l’espace d’un moment, comme si ça la débarrasserait de l’attention trop insistante et furieuse du fer-né. Elle finit par hocher la tête poliment, mais déjà, le forgeron se dirigeait d’un pas déterminé vers la porte qui menait au couloir de la forteresse. Se glissant dans l’embrasure de la petite pièce qui était manifestement sienne, elle lui jeta un regard entre interrogation et inquiétude. Elle écouta ses instructions, toujours aussi circonspecte. Rester ici et attendre. C’était ce qu’elle semblait avoir compris, mais loin d’elle l’envie de dire quoi que ce soit à Lakdahr, préférant le laisser quitter la pièce avec pour seule compagnie sa colère froide.

A peine la porte refermée et le silence installé, Serenei se sentit perdue dans l’antre froid qui était loin de lui être familier. Etait-ce une bête qui vivait là ? Un ours, laissant à même le sol les carcasses de ses proies ? La notion de captivité la laissait néanmoins perplexe – après tout, elle n’était pas attachée, et pouvait même se risquer à sortir dans le couloir. Oui, seulement, ce n’était pas aussi simple. Elle n’avait nulle envie de côtoyer le peuple de rocaille qui vivait ici. Ils semblaient tous identiques – homme ou femme. Froid, violent et vindicatif. La donzelle vint trouver réconfort prés de la coiffeuse dont elle huma le contenu de chaque flacon laissa là à l’abandon. Elle eut vite fait de se questionner et faire des hypothèses sur la femme à qui tout cela appartenait. L’avait-il tué dans un moment de rage ? Elle préféra finalement chasser ses interrogations au gré de sa détermination à rendre l’endroit propre et présentable. Une tâche ardue qui aidait néanmoins la donzelle à ne pas penser à ce qui l’attendait…

-----------------------------------------------


Serenei avait été surprise de constater que celui qui était devenu son maître ne l’avait pas brutalisé outre mesure les jours suivants. Il n’avait même pas posé la main sur elle, que ce soit pour la maltraiter ou la forcer à assouvir quelques uns de ses désirs. Bien sûr, la concupiscence du forgeron ne faisait aucun doute mais il semblait vouloir que la volantaine s’accoutume à son nouveau chez elle – un égard que Serenei ne savait interpréter. Les règles s’étaient instaurées d’elles-mêmes, petit à petit. La jeune femme avait saisi qu’elle pouvait circuler librement dans la forteresse, notamment pour aller chercher de quoi satisfaire l’appétit de Lakdahr aux cuisines. Elle avait croisé bon nombre de personnes – surtout des servantes et des femmes-sels, tout comme elle. S’entretenir avec des créatures féminines et moins bornées que les fer-nées avait été un vrai réconfort pour la donzelle de Volantis. A chaque présentation, Serenei avait lu l’horreur dans les yeux de ses interlocutrices – parler de Lakdahr ne mettait personne bien à l’aise, surtout lorsqu’il s’agissait de femmes craintives. Elle avait notamment appris que le forgeron n’était autre que le demi-frère du seigneur des Iles-de-Fer. Un bâtard, né d’une mère femme-sel et du suzerain. La volantaine avait bien tenté de saisir quels étaient les préceptes de cet endroit où froideur et isolement étaient de mises. Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi les Fer-nés se mettaient en marge du reste du Westeros. Ils traitaient les continentaux avec condescendance mais leur volaient tout. Tout ce qui était étranger à leur espèce leur semblait méprisable – et pourtant, les hommes choisissaient des femmes-sel, des étrangères, pour leur faire des marmots. Des questions que la donzelle se garderait de soumettre au concerné pour le moment. Si Serenei avait le droit de quitter la forteresse pour se mêler au peuple d’hirsutes, elle n’en avait pas encore faite l’expérience, craignant d’attirer les regards et le courroux de ces impétueux. Lakdahr avait tôt fait de lui présenter l’un de ses plus proches compagnons – un fer-né nommé Gabriel qui semblait être comme un frère pour lui. Pas besoin de mots pour s’en rendre compte – la volantaine avait toujours été une grande observatrice. La crainte d’avoir à faire à un rustre s’était vite dissipée lorsqu’elle s’était rendue compte que Gabriel semblait bien plus calme et respectueux que son compère. Un homme bien plus raffiné que ses homologues, et assez instruit et patient pour l’aider à comprendre la langue commune. Elle avait cru comprendre que Gabriel était né d’une femme-sel braavienne, ce qui lui donnait une certaine facilité avec le valyrien. Quoiqu’il en soit, la jeune femme avait pu apprendre quelques notions primaires du vocabulaire des Iles, histoire d’au moins pouvoir comprendre les requêtes du forgeron. Elle avait toujours été particulièrement assidue dans les tâches d’apprentissage – et les langues étaient loin d’être une exception.

La donzelle plissa les yeux pour se pencher sur son ouvrage. Un tissu pourpre auquel elle ajustait une broderie d’argent. Cela faisait deux semaines qu’elle était sur les Iles-de-Fer, s’acclimatant du mieux qu’elle pouvait. Ses occupations s’étaient révélées fructueuses – nettoyer de fond en comble le taudis du forgeron avait pris le plus clair de son temps. Découvrir le mode de vie de la forteresse de Pyk et des autres femmes-sels lui avait permis de mettre le nez en dehors des appartements de Lakdahr en de rares occasions. Ce dernier n’avait pas été très présent, préférant manifestement la compagnie de sa forge à celle de sa captive. Une sensation pas si étrangère à la volantaine – son père n’avait été un exemple de présence régulière lorsqu’elle était jeune. Quand elle n’était pas aux tâches ménagères, Serenei appréciait s’isoler dans la pièce qui lui était réservée et s’adonner à son passe-temps favori. De nombreuses pièces de tissus qu’elle avait ramenées étaient encore vierges et intaillées – chose qui semblait inconcevable tant son désir de créer voiles et vêtements était entêtant. Combien de temps cela faisait-il que le forgeron n’était pas repassé à ses appartements ? Un peu de calme que la donzelle savait apprécier malgré la solitude que ça lui faisait ressentir. Elle jeta un œil dans le miroir qui lui renvoyait son reflet puis reprit sa tâche, jaugeant l’harmonie des deux couleurs qu’elle avait juxtaposées. Plongée dans son travail et dans ses pensées, la volantaine n’entendit pas la porte de la pièce à vivre s’ouvrir. Elle aurait pu poursuivre sans inquiétude aucune si elle avait été sourde. Le ton grave qui se mit à gueuler son nom la surprit à s’en piquer le charnu du doigt de son aiguille. Serenei se redressa, sourcils froncés d’agacement, portant son index à sa bouche pour le suçoter s’exaspération. Il était difficile de louper le retour de Lakdahr – celui-là avait la discrétion en horreur. Comme un bambin impétueux qu’il fallait sans cesse corriger. Elle délaissa son occupation à contrecœur, s’éloignant à pas lents de la coiffeuse. Si Serenei aurait pu se précipiter auprès du forgeron en s’excusant, elle n’en fit pourtant rien. Au contraire, elle le laissa patienter avant de rejoindre la pièce à vivre. Le colossal fer-né était manifestement en train de retourner tous les meubles de ses appartements pour la trouver et elle se glissa silencieusement dans son dos, le mirant de ses agates avec un calme désopilant. Elle réprima une grimace à l’entendre beugler son nom à tout va. Que croyait-il ? Qu’elle était à l’autre bout de l’Ile ?! Il daigna enfin la remarquer c’est d’un visage neutre qu’elle l’accueillit. Il trouva à lui reprocher son mutisme tandis qu’il l’appelait et la volantaine acquiesça doucement.

« J’y penserai. » – Une réponse sommaire, qui était loin de répondre à sa question. Elle en avait plus ou moins conscience – ayant le goût de jouer sur ses lacunes en langue commune pour avoir l’ascendant, parfois.

Elle le détailla brièvement du regard, interpellée par la saleté qui l’encrassait. Notamment ses mains, noircies par le dur labeur. A côté de lui, la jeune femme semblait avoir le goût pour la propreté et l’élégance. Vêtue d’une longue robe en coton blanc ceinte à la taille par un bandeau brun. Coiffée d’un enchevêtrement d’anneaux d’argents en bandeau, sa chevelure nouée en épaisse tresse retombant sur son épaule droite. C’était à se demander pourquoi la donzelle prenait soin de son apparence dans un endroit pareil, dénué de toute coquetterie. Quand Lakdahr lui fit comprendre qu’il avait faim, Serenei se détourna pour se rendre prés de l’âtre, sur lequel était suspendue une marmite pleine. Elle souleva le couvercle pour remuer le contenu à l’aide d’une cuillère en bois. La préparation sentait plutôt bon. La donzelle avait du composer avec ce qu’elle avait pu trouver en cuisines. A savoir, de la viande de chèvre et quelques morceaux de lard mitonnés avec des oignons et des lentilles. Serenei attrapa un sac de toile duquel elle sortir une miche de pain frais et elle entreprit de servir une chope de bière au forgeron qui en raffolait. Mais déjà, l’attention de son maître semblait alpaguée par les dents qu’elle n’avait pu s’empêcher d’ordonner sur la table. Les lèvres de la volontaine s’étirèrent dans une moue dubitative alors qu’elle croisait les bras contre sa poitrine, un air coupable sur son visage. Le forgeron ne semblait pas comprendre son obsession du rangement – et d’ailleurs, personne, même à Volantis, n’avait jamais compris sa frustration à voir les choses en désordre. Il s’offusquait de voir ses chapelets de dents ainsi alignés, et Serenei ne put s’empêcher de froncer les sourcils, vexée par la gestuelle à son égard. La traitait-il de timbrée ? Il arrache des dents, et c’est moi qui ait un problème… La mine légèrement renfrognée, la jeune femme ne tarda pas à soupirer.

« Pas problème. Juste… L’ordre c’est mieux. » – Piètre explication – elle en avait conscience. Elle se détourna de lui pour aller chercher une bassine remplie d’eau qu’elle ramena, lui offrant par la même occasion un regard plein d’espoir. « A Volantis, c’est coutume avoir mains propres pour manger. S’il te plait. »

« S’il te plait » était le premier mot que la donzelle avait appris auprès de Gabriel. Elle se doutait que cela s’avèrerait utile avec un homme tel que le bourru forgeron. Il pouvait fort bien moquer sa volonté de faire de lui quelqu’un de bien plus respectueux et présentable – la volantaine ne désespérait pas pour autant de pouvoir le changer. Elle posa le baquet d’eau froide à côté de lui puis s’en retourna vers la marmite pour remplir une écuelle fumante qu’elle vint lui servir. Elle redouta un moment que Lakdahr se mette en colère après ce petit intermède, mais ne s’attarda guère, s’empressant plutôt de mettre de l’eau sur le feu... Dans l’optique de remplir le baquet dans la pièce voisine. Un bain. Voilà ce qu’il fallait au fer-né. Quoi de mieux que l’eau chaude pour se prélasser après une dure journée de labeur ? Serenei se doutait plus ou moins que les habitudes volantaines n’étaient pas vraiment les mêmes que les fer-nées. Elle versa quelques gouttes d’une fiole dans le baquet rempli à moitié, dégageant des volutes de vapeur puis s’en retourna vers Lakdahr qui avait tôt fait de dévorer sa gamelle.

« J’ai préparé un bain. Très bon pour détente. » – Lui glissa-t-elle, un sourire aux lèvres, espérant ne pas attirer les foudres du forgeron. Elle en vint à se glisser jusqu’à la table, s’asseyant face au bâfreur, hésitante. « D’accord ? »

Balancée entre son orgueil de volantaine, et sa situation de captive, la donzelle ne savait sur quel pied danser. Les mains recueillies sous son menton, elle surveillait son interlocuteur comme l’aurait fait une mère pour son enfant. Ne devait-elle pas être proche de son ravisseur pour espérer lui survivre ?





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Lun 6 Mai 2013 - 15:49

Si tout le monde pouvait se targuer – ou non – de posséder des marottes parfois truculentes, il trouvait celles compulsives de l'ondine plus qu'étranges et particulièrement inutiles. Quel réconfort pouvait-elle donc dénicher dans le rangement et la propreté ? Quelle satisfaction, quel intérêt à lustrer, récurer, détacher et organiser tout ce qui nous entourait ? Même avec ses propres outils de besogne, le titan était décousu, les forges dans lesquelles il s'installait pour ouvrer se transformaient furtivement en fatras sans nom, une déferlante de bataclan ne tardait jamais à ensevelir les lieux. Mais aussi surprenant que cela pouvait paraître, cet apparent chaos avait plus d'ordre qu'il n'y paraissait – preuve en était ! Dans son fourbi, le forgeron parvenait toujours à trouver ce qu'il cherchait, un exploit difficilement compréhensible par ceux qui se prêtaient au même exercice. Cette chambre n'avait point fait exception en terme de capharnaüm lorsque la donzelle s'y était hasardée pour la première fois, sa cure de jouvence, elle ne la devait qu'à la volantaine qui n'avait guère eu peur de se retrousser les manches. Et puis, qui était-il donc pour évoquer quelque trouble obsessionnel que ce puisse être alors qu'il était un collectionneur de dentures ? Ah, ces beaux organes durs et d'un parfait lilial qui l'obnubilaient tant, à tel point qu'il en arborait toujours une à hauteur de son plastron, une impressionnante canine branlant à l'extrémité d'un simple bout de ficelle de cuir. Un pendentif pour le moins inusuel, mais l'entier personnage de l'Edenteur n'était pas habituel, ce dont la belle aurait tout le loisir de prendre conscience à travers leur vie "conjugale". Celui qui a mal aux dents cherche la pince, comme disait l'aphorisme, mais dans le cas présent, Lakdahr y préférait une version plus seyante et personnelle : « Pince qui se fait chier cherche toujours dents à tenailler ! ». Une prose digne du bélître qu'il était, nul ne viendrait l'infirmer ! Mais lui au moins avait la décence de ne point toucher aux affaires d'autrui, et ses petits trophées d'opale n'importunaient personne non plus – jusqu'à ce que Serenei fasse son entrée, semblait-il. Cette dernière s'était offusquée de le voir révoquer un doute quant à sa santé mentale, et elle avait de quoi juger que c'était là le mort qui se moquait du pendu. Qu'il était gouailleur, son colosse de mari, même sans le vouloir ! Et la seule réaction qu'il eut fut une mimique sombrement dubitative, avec l'âcre sapidité qu'elle le prenait parfois pour le dernier des ahuris.

Toutefois guère d'humeur à entamer une algarade pour si peu – il commençait à se résigner sur les frénésies ménagères de la sylphide, à défaut de pouvoir faire autrement. - il ne fit aucun autre commentaire et se contenta de lourdement soupirer en croisant ses imposants bras, dans une position d'attente. Car oui, il patientait pour son dû, sa pitance qu'il exigeait convenablement mitonnée au risque qu'il ne la lui renvoie en plein faciès en réclamant un souper susceptible de dignement se savourer. S'il n'avait encore jamais été aussi extrême, il ne s'était cependant pas gardé de quelques caprices culinaires qui avaient déjà contraint la demoiselle à se remettre aussitôt aux fourneaux. Ses coups de tonnerre vocaux étaient bigrement fructueux, il subodorait que la jeune femme avait suffisamment d'intellect pour savoir qu'il n'hésiterait pas à user de violence si elle venait à trop le contrarier. Futée en plus d'être superbe, la Pensée Sauvage... Mais voilà qu'elle refit des siennes. Sans comprendre, il l'observa ramener un baquet d'eau claire aux pieds de sa chaise, et les mots sortirent trop promptement d'entre ses lippes.

« J't'ai pas demandé de bain de pieds. » Fourvoiement s'il en était, la vérité révélée le sidéra au point de l'en laisser bouchée bée. L'hygiène ? Une affaire de femelle, et qu'avait-elle donc à reprocher à ses paluches ? Il les exposa toutes deux paumes vers le ciel, constatant des diverses macules héritées de son travail du jour ainsi que de quelques crevasses venues s'ajouter à celles déjà existantes. Toutefois, il ne trouva rien à redire sur l'état de ses mains, qu'il avait toujours connues abimées et souillées plutôt que propres et soignées. « Mais pour quoi faire ? »

Des mains lavées pour manger ? Ah, ces volantains ! Ils avaient de bien étranges coutumes. Quand bien même, si cela pouvait éviter à Serenei de se faire bougonne, il accéderait à sa requête. Ainsi, alors qu'elle s'affairait à dresser la table d'une offrande savamment étudiée, l'artisan se pencha pour plonger ses phalanges dans la bassine et se nettoyer jusqu'à hauteur des coudes... Et il ne trouva, bien évidemment, rien de mieux à faire que s'essuyer sur ses frusques – ce qui était entièrement la faute de la dryade, qui ne lui avait donné aucune étoffe pour se sécher ! Aussi autonome qu'un bambin lorsqu'il décidait de n'en faire qu'à sa tête, il était bon de croire que toute son éducation était à revoir. Pouvait-on toutefois seulement espérer le faire changer ? Que nenni, et c'était bien mieux ainsi ! En attendant que sa gamelle lui soit apportée, il s'intéressa de près à la pinte de gueuze qu'elle lui avait servie et dont il prit une grande lampée, usant cette fois du dos de sa paluche pour retirer la mousse restée sur sa barbe taillée. Puis, enfin, la délicieuse fragrance du plat, qu'il observa arriver avec les papilles promptes à l'attaque et l'oeil critique. Et justement, un détail l'empêcha de se lancer à l'assaut... L'écuelle était certes remplie, mais guère assez pour un olibrius de sa démesure et celle de sa panse, aussi lui adressa t-il un regard sourdement exaspéré et qui, de par son éclat, suffirait hypothétiquement à exprimer la nature de son irritation sans qu'il n'ait besoin d'user de mots.Une mouche eut le temps de faire un triple tour de la pièce dans un silence sépulcral... Avant que la nymphette daigne réagir, mais point pour répondre à sa volonté. Vexé de ne pas voir son envie instantanément assouvie, il se serait mis à la seriner si ses propos ne l'avaient pas sidéré. Prunelles rondes d'incompréhension, il la mira avec cet air abêti qui pouvait prêter à rire. Un bain ? Du simple baquet elle était ainsi passée à la grande cuve sans transition aucune ? Plus d'incertitude plausible, elle tentait de lui transmettre un message qu'elle n'osait librement énoncer, et il la soupçonnait de le considérer comme un pourceau auquel elle voulait inculquer le sens de la salubrité, après s'être déjà occupée de décrasser son cloaque. De l'exaspération il transfusa à l'ire indignée, plus bégueule qu'il n'aurait jamais pu le concéder.

« Non mais si tu trouves que je schlingue dis le directement ! » Grogna le courroucé en toisant la naïade installée en face de lui. Toutefois, il fut incertain qu'elle ait pu traduire son argot de faquin – conclusion qui devenait réflexe ! - et il se reprit en tirant sur son gilet dans un geste intuitif pour se désigner. « J'pue c'est ça ?! Hé, je travaille, moi ! Le fer se cogne pas tout seul, j'reste pas ici à me branler toute la journée ! Non mais sérieux... Sois bonne et ferme ta gueule un peu ! » Son acrimonie n'avait beau qu'être fugace, comme souvent si ce n'était toujours, ses invectives étaient immodérées, aussi affilées que les carreaux d'une imprévisible arbalète et il était plus que légitime de s'en offenser. Cependant, une brève expertise du cuistre prouvait qu'il n'agissait qu'avec excès et qu'il était plus intelligent de ne pas s'en formaliser, simplement car un couplet de secondes suffisait généralement pour qu'il se lénifie sans raison apparente et omette le pourquoi de ses impairs. Cette fois ne fit pas exception à la règle, car déjà, Lakdahr semblait remettre sa réaction en question. Non pas par anxiété d'avoir froissé son interlocutrice, mais... Peut-être n'avait-elle fait tout cela que pour se montrer serviable et agréable ? Plus que cette supposition, son phallus prit la suite de la réflexion qu'il s'infligeait et souleva la possibilité que la belle puisse partager son bain. Une opportunité d'aborder un aspect de son rôle dont il ne lui avait point encore touché mot, bien malgré lui et son sybaritisme infus. Ses onyx se baissèrent spontanément sur les convexités mammaires de la demoiselle dont il contempla tant la volupté que l'atour qui la drapait. Une robe virginale qui épousait divinement bien les cambrures de son anatomie et contrastait à merveille avec son hâle, elle prenait soin de son aspect, tant vestimentaire que physique, toujours élégante, toujours ensorcelante... Seul le Dieu Noyé pouvait savoir par quel miracle il avait jusqu'alors résisté à lui faire faire connaissance avec toute sa masculinité, ce qui ne saurait éventuellement tarder... Le jeune homme humecta ses lèvres, mordilla succinctement celle inférieure, puis reprit un semblant de contenance, désormais redevenu calme et plus ou moins enclin au dialogue. « … Mais... C'est pas une mauvaise idée en soi, j'aurais p't'être bien besoin de faire trempette... » Il se rattrapait aux branches, quitte à ce qu'on le dise bipolaire. Il lui fallait réellement songer à réprimer ses pulsions pour réfléchir d'abord, ce qu'il savait pourtant faire en certaines occasions. Et pour couper court à l'incident, il poussa sa gamelle en direction de la cuisinière dans une mouvance nonchalante. « Sers-moi plus que ça. Bouge toi le cul, j'ai faim ! »

Le titan feignit de détourner les yeux tout en savourant un nouveau gorgeon de son faro, mais dès lors qu'elle eut l'échine tournée, il ne se priva pas pour reluquer ses formes callipyges, une vision qui fertilisa la luxure dans son esprit fécond d'imagination. Une mimique rêveuse sur la physionomie, il se fit violence pour retenir ses pulsions les plus primaires et ne pas la conglomérer au mur pour lui arracher son habit. Son fantasme se dissipa lorsque son assiette lui revint, davantage garnie au point qu'un filet de sauce s'en était échappé et se répandit sur ses doigts. Il se contenta de les porter à sa bouche pour en récupérer le mets, puis il planta sa fourchette dans une grosse bribe de carne qu'il ne prit pas la peine de morceler à coups de coutelas. Carnivore dans l'âme, il croqua directement dans le morceau et en arracha des lambeaux à l'instar d'un animal que l'on nourrissait enfin. Ses joues furent rapidement enflées de pitance qu'il mastiqua bruyamment, noyant le tout dans une lampée de bière qui y apportait un sel pour le moins insolite, et pour conclure, il renâcla avec la grâce d'un sanglier. Si la volantaine résistait à cette parade amoureuse, c'est qu'elle était véritablement difficile ! Il y mettait pourtant tout son soûl de barbare. Le spectacle s'éternisa ainsi quelques instants, le mestre fêvre se bâfrant comme s'il n'avait rien avalé depuis plusieurs jours – alors qu'il avait probablement mangé deux heures plus tôt. Après avoir spolié la moitié de son écuelle, le bougre se redressa sur sa chaise et saisit la anse de sa pinte, ses noires agates sur le minois de sa sirène qui s'était réfugiée dans un mutisme religieux. Sans doute devait-il rétablir la communication... Mais comment ? « T'as mangé toi ? » La flatter sur la succulence de sa préparation culinaire aurait été plus opportun, cependant... Il jugeait que la logique parlait d'elle-même, puisqu'il ingurgitait de bon appétit. Un compliment implicite, dont elle ne prendrait sûrement pas conscience... Il fallait tenter autre chose. « J'aime bien ta robe... C'est toi qui l'a faite ? » Et voilà, il pouvait lui aussi être agréable, lorsqu'il le voulait bien ! « T'as quelque chose en-dessous ? » Oups. Echec.

Que l'on chasse le naturel et il revenait au triple galop, l'Edenteur avait bien des efforts à fournir pour ne pas se faire abhorrer par la gente féminine, même si ce n'était là qu'une fioriture qui l'importait peu. Si peu qu'il ne se rendit pas même compte du caractère incongru de son interrogation et attendit donc naturellement une réponse. Si elle ne portait rien sous son tissu d'opale, une idée pointait déjà dans une encoignure de son esprit, qu'il s'appliquerait à mettre en oeuvre dès la fin du repas. Mais pour l'heure, il s'accordait une petite césure avant de reprendre le cours de son activité nutritionnelle, son intérêt ciblait la sylphide face à lui – un exploit en soi. Par ailleurs, il déplaça légèrement son assiette sur le côté, comme pour que rien ne demeure entre eux. L'une de ses paluches se posa sur celle bien plus délicate de Serenei, tandis que de l'index de l'autre, il lui fit signe de se pencher vers lui, ce qu'il fit également. Ses phalanges se mirent à caresser sa joue avec une douceur que l'on connaissait bien peu au colosse, et il sembla simultanément la dévorer des yeux. La pulpe de son pouce vint flâner sur sa lippe charnue avec un ostensible désir, et un presque imperceptible sourire étira les commissures du forban qui n'était pas peu fier de sa possession. « T'as appris quoi avec ce connard de Gab récemment ? » Dit-il distraitement pour relancer la discussion, elle pourrait parler, le temps qu'il la contemplait.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Mer 8 Mai 2013 - 8:33

Serenei avait fait un pari un peu fou. Elle était amenée à partager sa vie avec celle de ce forgeron sans éducation, et s’était entêtée à le rendre un peu plus enclin au rangement et à la propreté. Il n’y avait qu’une obsessionnelle à tendance psychorigide qui pouvait prendre un risque pareil sans se soucier de la physionomie colossale et menaçante de son bourreau. Un bourreau qui n’était autre que son maître, ou son mari ? Elle avait encore du mal à faire la part sur ce qu’elle représentait pour lui. Volantis avait bien les esclaves mais la progéniture entre maître et esclave n’était qu’opprobre – alors que ça semblait être différent ici. Après tout, Lakdahr n’était-il pas né d’une femme-sel ? Il n’était pas noble, mais ne semblait pas pour autant être traité avec déshonneur. Elle qui pensait que vivre à la forteresse sous-entendait être doté d’un mode de vie presque seigneurial se voyait bien déçue de voir que le forgeron se moquait éperdument de ses préoccupations.

Il sembla tomber de haut lorsqu’elle lui proposa de se rincer les mains dans le baquet d’eau froide. « Bain de pieds » ? La donzelle secoua farouchement le chef avant d’expliquer plus précisément ce qu’elle attendait de lui. Evidemment, ce dernier semblait circonspect, mais il finit par s’exécuter, arrachant un brin de soulagement à la volantaine. Heureusement qu’elle eut le dos tournés lorsqu’après avoir trempé ses mains dans l’eau, il finit par s’essuyer à même ses vêtements sales. Ça ne tiendrait qu’à Serenei qu’elle se serait mise en devoir d’expliquer de long en large la logique du comportement à adopter, mais la donzelle avait conscience que patience et rudesse ne faisaient pas bon ménage. Chaque chose en son temps. Serenei ne désespérait pas – au fil de son apprentissage de la langue commune, elle tâcherait d’inculquer quelques unes de ses valeurs à ce fils des ténèbres qu’elle devait sans cesse materner.

Tout en déposant l’écuelle fumante sous le nez de l’affamé, la volantaine crut remarquer l’air grognon – qui était en réalité pratiquement permanent sur le visage du forgeron. Elle ne se démonta pas pour autant et prit place face à lui pour lui proposer de prendre un bain après son repas, sur un ton presque anodin. La donzelle semblait vouloir tester les limites de son interlocuteur. Etait-il aussi sanguin qu’il le laissait penser ? Deux semaines s’étaient écoulées et il n’avait jamais posé la main sur elle. Un fait qui lui donnait de l’assurance dans certaines circonstances. Serenei préserva sur son faciès une expression de calme et de patience tandis que Lakdahr se décomposait de stupéfaction en entendant sa proposition du bain. Peut-être était-ce trop d’un coup ? Les doigts entremêlés reposant sur la table en bois, refusée à crisper son visage d’appréhension, la donzelle écouta son interlocuteur bramer son mécontentement. Un froncement de sourcils fugace accueillit la remarque de Lakdahr. « Schlingue » - bien qu’elle prenne l’effort de songer à ce mot, aucune signification ne lui venait à l’esprit. Le forgeron dut comprendre le trouble suscité car il se mit en devoir de préciser sa pensée – ce qui était fort paradoxal étant donné qu’il était en train de lui gueuler dessus avec amertume. « Sois bonne et ferme ta gueule. » - le forgeron aimait à lui rappeler qu’elle n’avait aucun ordre à lui donner, et qu’elle devait préserver tout mutisme pour son bon plaisir. Serenei n’avait jamais été mariée, et si elle n’était plus vierge depuis ses quinze ans, elle n’avait jamais prise la peine de s’encombrer d’un homme pour lui dire quoi faire. Ainsi, la perspective d’être à la solde d’un homme irascible était loin d’être réjouissante. Elle comprit assez vite qu’il l’attaquait sur ses propres occupations, prétendant qu’il travaillait, lui. Chose à laquelle elle aurait aimé répondre que si elle restait ici, c’était parce qu’il le lui imposait – mais elle se tut, trop peu à l’aise avec la langue commune pour alimenter leurs griefs avec acharnement. Serenei retint un long soupir, vexée par la propension de son interlocuteur à l’attaquer avec grossièreté. Elle se garda d’ouvrir la bouche, se contentant de passer son index sur les aspérités du bois dans l’espoir que le forgeron se calme de lui-même. Elle le savait impulsif, prompt au langage virulent et grossier, mais ça ne durait jamais bien longtemps – tant qu’elle ne relançait pas la dispute. Il ordonnait, elle exécutait. C’était ainsi que devait fonctionner le binôme, et elle n’avait nul mot à dire là-dessus. Du moins, pour l’instant.

La donzelle se perdit un instant dans la contemplation de la table usée avant d’en revenir au faciès de Lakdahr, qui semblait occupé à détailler sa poitrine avec ses yeux inquisiteurs. Elle lui jeta un regard désapprobateur, bien consciente qu’elle ne pouvait réfréner ses élans de satiété libidineux. Serenei s’estimait déjà bien chanceuse de ne pas s’être faite violer à la première occasion – mais elle savait aussi que le contact charnel serait inévitable et que ce n’était qu’une question de temps. Ou de minutes à en voir le regard de Lakdahr qui s’attardait sur ses rondeurs. Elle chassa bien vite la vilaine impression qui lui faisait frémir l’échine puis détailla le visage de son interlocuteur avec suspicion lorsqu’il concéda qu’un bain ne serait peut-être pas de refus. Comment pouvait-on être aussi… Indécis ? La donzelle aurait volontiers secoué la tête d’exaspération une nouvelle fois si elle n’avait pas craint de le mettre en colère. Puis, abhorrant une mine tout à fait sombre, l’homme repoussa l’écuelle vers la volantaine qui la détailla avec incompréhension. « Plus » ? Il n’avait même pas entamé la gamelle qu’il en voulait plus ?! Décidément, avoir les yeux plus gros que le ventre était aussi apprécié que d’être un rustre ingrat sur les Iles-de-Fer. Serenei n’avait pas mis bien longtemps à saisir ce que « Bouge ton cul » voulait dire, tant le forgeron s’amusait à le lui répéter.

La volantaine se redressa fissa et tourna les talons pour remplir la gamelle d’une bonne louche de viande aux lentilles. Assez pour mettre l’accent sur le ridicule et le manque de praticité d’une assiette aussi remplie. Ce qui n’eut point l’air de faire tiquer le colosse qui fut manifestement ravi de pouvoir s’en mettre plein la panse. Le délaissant à sa tâche de goinfrerie, Serenei hasarda un regard dans la pièce pour ne pas s’offusquer de la manière peu ragoutante dont il attaquait le plat. Il n’y avait pas à dire – Lakdahr était quelqu’un d’authentique. Un homme avec un physique de brute épaisse, de géant sombre au ton guttural. Sa crinière indisciplinée, sa barbe arrogante, la toison virile sur son torse musculeux. On ne pouvait pas faire plus mâle – ce dont la volantaine n’était pas franchement habituée venant d’une contrée exotique où l’on charriait la coquetterie, même au masculin. En ça, il était effrayant, mais la donzelle imaginait aussi le sentiment de protection que devait procurer ces bras-là, si toutefois il ne s’en servait pas pour l’étouffer. Lakdahr offrait des bruits pour le moins variés en mastiquant sa nourriture et aspirant le jus de viande que contenait son écuelle. « Arrête de tiaper. » - lui aurait-elle bien dit, un avertissement digne d’une mère à son gosse qui ne pouvait s’empêcher de mâcher la bouche ouverte. La jeune femme resta immobile, jambes croisées et coude planté sur la table pour soutenir sa tête de manière songeuse. Alors qu’elle s’était résolue à ne plus dire mot pour éviter de s’attirer les foudres de son conjoint, celui-ci finit par lever le nez de son écuelle pour reporter son attention sur elle. Alors qu’il lui demandait si elle avait mangé, Serenei hocha du chef tout en se gardant de sourire. Lakdahr ne devait pas tant apprécier son mutisme que ça vu l’effort fourni pour relancer le dialogue. La volantaine hasarda une main dans une corbeille posée en bout de table pour sa saisir d’une pomme et elle se mit à la lustrer machinalement avec sa manche – un geste qu’elle crut bon de stopper pour ne pas provoquer de nouvelles moqueries de la part de son interlocuteur. Avait-il déjà vu des fruits ? Il devait leur trouver autant d’intérêt que l’herbe particulièrement rare sur les Iles. Le forgeron lui glissa alors un compliment sur sa robe, ce qui la fit imperceptiblement sourciller. Elle plissa les yeux, pétrie d’incertitude quant à sa compréhension de la question.

« Ma robe… ? » – Répéta-elle, perplexe. « Hm… Oui, elle est de moi. » Tandis qu’elle guettait la moindre réaction du colosse penché sur sa gamelle, il reprit la parole pour lui adresser une question des plus… Curieuses. Elle décortiqua les mots dans son esprit, installant un petit flottement entre eux. Quelque chose, dessous, de la robe ? – à peine eut-elle saisi le sens de la question que son minois afficha une profonde consternation. Etait-ce une question piège ? En tout cas, le forgeron semblait attentif, et la donzelle se vit dans l’obligation de lui répondre. « C’est compliqué robe de femme. Y a corset puis… »

Elle se ravisa quant à l’explication qui n’était sûrement pas au goût de son comparse libidineux. En réalité, elle portait un corset lassé en dessous de sa robe en coton, et une simple doublure en soie. Elle ne put s’empêcher de le fixer, plus méfiante que jamais, avant que le contact de la paluche de Lakdahr sur la sienne ne la plonge dans la circonspection. Il avait délaissé son écuelle sur le côté, enclin à lui accorder toute son attention – ce qui n’allait pas en rassurant la donzelle au teint cuivré. Il lui fit signe de se pencher vers lui et Serenei s’exécuta de peur de le contrarier, s’étonnant de sentir la main immense de son comparse s’attarder sur sa joue avec une douceur enivrante. Plongeant ses prunelles sombres dans les siennes, frémissant sous ce contact qui venait à caresser sa lèvre dans un jeu taquin, Serenei crut bon de retenir son souffle. C’était bien la première fois qu’elle détaillait d’aussi prés le faciès du fer-né, figure loin d’être disgracieuse mais qui dégageait des émotions brutes. Elle se liquéfiait sous cette emprise qui avait quelque chose d’effrayant comme d’excitant. Un paradoxe affligeant pour la jeune femme qui tentait de garder contenance. Ne pas baisser les yeux – s’intimait-elle, comme pour faire preuve d’une témérité sans pareille. Puis, tandis qu’il la dévorait des yeux, il se mit à la questionner sur l’apprentissage offert par Gabriel. Voilà quelque chose qui lui donnait à réfléchir à autre chose qu’aux faits et gestes actuels sur lesquels elle n’avait aucun contrôle.

« Il m’a appris ce que signifie « Bouge ton cul » et « Ferme ta gueule » » – Lâcha-t-elle sur un ton anodin, une manière pour elle d’appuyer le fait que c’était essentiellement ce que Lakdahr lui disait lorsqu’ils étaient tous les deux. La diction de la novice en langue commune était encore hésitante. Elle tâchait d’articuler correctement, comme pour remporter un défi personnel. Elle jeta un voile d’indifférence sur la manière dont Lakdahr la détailler, puis se saisit d’une cuillère. « Cuillère. » Elle la délaissa pour prendre la pomme puis affirma d’un ton ferme. « Pomme. C’est bon, t’en veux ? »

Ou comment changer de sujet pour mettre fin à ce face à face troublant. Les yeux de la donzelle se noyèrent un instant dans les onyx féroces de son interlocuteur avant de fixer la canine qui pendait mollement à son cou.

« Pourquoi, les dents ? » – Finit-elle par demander, incapable de retenir sa curiosité plus longtemps. Un doute vint troubler le regard de la volantaine qui sembla tout d’un coup plus vulnérable que jamais. « Tu touches pas mes dents hm… ? Lakdahr. » – Elle avait eu le temps de s’imaginer bien des choses effrayantes au sujet de son bourreau durant les quinze jours qui s’étaient écoulés. Et il y avait toujours cette présence fantomatique – celle de la femme à qui avait appartenu la coiffeuse. L’avait-il noyé ? Lui avait-il arraché les dents ? L’avait-il mangé ? Serenei peinait encore à percevoir l’homme dans le monstre qui l’avait arraché à ses desseins. La donzelle trouva tout de même le courage de remonter l’une de ses mains sur celle que le bourreau avait attardé sur son visage, un geste – son premier – en faveur de la tendresse qu’il lui avait procuré.





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Ven 10 Mai 2013 - 17:10

L'avait-il déjà examinée d'aussi près depuis qu'il l'avait arrachée à son destin ? A défaut de l'épargner de privauté, il l'avait jusqu'alors gardée d'une promiscuité prompte à l'effaroucher, et il était aisé de conclure qu'elle l'avait bien suffisamment été dans ses premiers crépuscules sur les infécondes Iles-de-Fer. Lakdahr n'avait jamais prit ni le temps ni le soin d'alléguer cette impulsion de préservation alors même que ses plus intimes aumônières vociféraient leur désir de se repaître des chairs féminines. Une attitude paradoxale – le personnage entier l'était, l'unique vérité absolue le concernant était son imprévisibilité, une propension pour le moins périlleuse lorsque l'on vivait à son crochet. Et pourtant, il ne faisait guère plus que la rudoyer verbalement dans des objurgations parfois dignes d'un bambin d'un quart son âge, ce qui n'incommodait pas le principal intéressé. Toutefois, il ne se demandait jamais si la belle estimait avoir plus de chance qu'elle n'aurait pu de prime abord l'escompter, car la bonne fortune était susceptible de s'épeurer à n'importe quel moment. Malgré tout, elle avait cette propension à préserver une certaine beauté de dignité, hypothétiquement feinte, mais son aplomb rutilait d'un charme pour le moins incoercible et parfaitement à son goût. A des lieux de l'ineptie, la volantaine ne se hasardait pas en bravades inutiles et risquées par simple souci de fierté, bien assez sagace pour savoir que la braise de son orgueil pourrait être la source d'un incendie caractériel dans lequel elle périrait, et malheureusement pour la disciple de R'hllor le feu n'était là qu'affaire de métaphore. Cependant, si sa docilité était irrécusable, elle palpitait de quelques spasmes enhardis non sans intérêt, qui prouvaient pas leur existence qu'elle n'existait point qu'en tant qu'objet d'ornementation ou de volupté. Elle aussi, jouissait d'une âme et d'une quintessence positivement attractives, ce dont elle témoignait une fois encore en le confrontant de ses étincelantes agates d'ébène. Qu'il était à la fois étrange et ébaudissant, ce sentiment de miroitement au féminin, eux qui possédaient des caractéristiques physiques si similaires. De crinière de jais à derme de cuivre, l'on aurait aisément pu les dire d'une même lignée, issus de la même matrice. Une apparence somme toute rare sur un archipel où les insulaires étaient majoritairement exsangues, au crin souvent de flammes ou de bois, aux prunelles de teintes disparates mais jamais aussi sombres que les leurs. Inconsciemment, sa seule vision lui remémorait la présence d'une génitrice qui n'était plus même un spectre en cet endroit, seulement une silhouette hâve et désenchantée dans un esprit d'homme encore un peu infantile. S'il lui espérait la même suavité, il ne lui souhaitait guère la même fin, moribonde d'une maladie jusqu'à ce que mort s'en suive.

Pour l'heure toutefois, c'était bel et bien de vie que ses mirettes chatoyaient, une nitescence qui le fascinait et dont il ne parvenait à quitter la contemplation. Il aurait pu s'offenser d'un regard si abyssal et qui refusait de se détourner du sien en reflet d'une sujétion, mais il n'en fit rien. Il en fut même en partie égayé et ne retint un frêle sourire, un ricanement soupiré. Elle était encore fébrile, incertaine des lisières qu'il était bon de ne pas outrepasser, une émotion délicieuse à observer. Puis ses lèvres qu'il rêvait de ravir à l'en occire se mirent à mouvoir contre la pulpe de son pouce encore en position de conquête sur son minois, ses propos étirèrent une risette plus franche pour dévoiler, sous ses propres lippes étonnamment charnues, une éclatante denture d'opale aux canines aiguisées. L'incube s'inclinait devant les excellentes initiatives de son frère de cœur qui savait choisir son bon vocable, plus que les rudiments de la langue, il avait promptement et très judicieusement transmis leur jargon qui lui serait bien plus utile que des prosodies. Le forgeron n'était pas un parangon de poésie, ou alors fallait-il juger que cet art phonique et littéraire était très relatif – après tout, ses vers burinés à même le granit de la vulgarité n'en étaient pas moins des vers ! Dont il épargna la donzelle pour le moment, celle-ci semblait vouloir faire foi de son apprentissage et ce fut avec curiosité et amusement qu'il la laissa lui désigner une cuillère par son terme. Circonspect pour l'occasion, ce fut ensuite au tour d'une pomme de faire office de cobaye, et si la prononciation de la sylphide fut exacte, ce fut d'un hochement négatif du chef que le titan lui répondit.

« Nan, j'aime pas ça. Viande, c'est mieux. » Il désigna sa gamelle qui avait le loisir de tiédir dans son coin mais qu'il finirait tout de même – pas de gâchis, l'on ne plaisantait pas avec la barbaque. Cependant, s'il pouvait constater des progrès de l'ondine chaque jour durant, il s'étonnait de la lenteur de la pédagogie. Il lui restait une pléthore de choses à assimiler, le sentier du bilinguisme se promettait encore long. Evidemment, il mésestimait les efforts nécessaires à fournir pour devenir polyglotte, lui qui était totalement analphabète en dépit de l'opportunité de ne plus l'être. Le quartzeux lui avait par moult fois suggéré son aide en la matière, proposition qu'il s'était toujours entêté à décliner car n'en voyant point le profit, lui qui n'était qu'un humble mestre fêvre et écumeur à ses heures perdues. Mais pour avoir accepté – et même s'être porté volontaire. - de familiariser Serenei à leur dialecte, il ne pouvait qu'être reconnaissant envers un ami qui l'avait vu naître et avait toujours été à ses côtés... Ce qu'il n'était finalement pas. « Quel con ce Gab. » Expira t-il en posant un coude sur le bois corrodé de la table, ses doigts frottant désormais sa toison faciale avec nonchalance. Lakdahr n'était l'obligé de personne, ou du moins le faisait-il comme toujours croire. Contrairement à l'usage, il exprimait sa gratitude d'une façon qui lui était propre et qui n'incluait pas l'épanchement sur l'épaule du concerné, une attitude bien trop femelle selon lui. Soudain, un éclair le foudroya : la dryade savait-elle ce que l'adjectif du nom propre connerie signifiait ? A l'en voir, il en doutait, aussi eut-il une idée qui lui fit afficher un ample sourire. « Tu sais ce que ça veut dire ?... Con c'est... Gentil. Ouais, ça veut dire gentil ! La prochaine fois tu pourras dire à Gabriel qu'il est très con. Mais alors très ! Ca lui f'ra plaisir. »

Le colosse se retint de s'esclaffer de sa bêtise, conscient de la mauvaise incursion dans l'apprentissage pourtant ardu de sa femme-sel qui risquait d'avoir à démêler le vrai du faux s'il prenait goût à ce genre de galéjade. Il priait le Dieu Noyé pour pouvoir être dans la même pièce si la demoiselle reprenait véritablement ce mot, persuadée de flatter son professeur qui se retrouvait bien interdit face à l'injure totalement injustifiée. Nul doute que le capitaine de la Jouvencelle aurait tôt fait le rapprochement entre l'incongruité et son bâfreur adoré – ou abhorré à l'instant T. Dans l'expectative de ce plaisir quelque peu anticipé, l'artisan tâcherait peut-être de ne pas se faire trop courtois, auquel cas, il pourrait bien finir comme le dindon de la farce si sa superbe sirène décidait de le complimenter. De ses pensées il fut toutefois arraché lorsqu'une voix de cristal s'éleva derechef pour l'interroger sur une passion bien peu usuelle. Une question que l'on ne posait plus à l'Edenteur tant l'on s'était accoutumé à sa vésanie et qui le laissa coi un moment, avant qu'il ne traduise l'innommable appréhension qui étreignit subitement son interlocutrice. Sa tirade ourlée d'une précarité à en faire larmoyer d'encre une seiche le plongea dans un profond mutisme réflectif, prétendre que sa détresse le touchait aurait été mentir, lui qui n'était qu'un être abject dans son ensemble, mais il n'y fut pas entièrement insensible. Il pourrait bien user de son anxiété à son avantage si cela s'avérait nécessaire, la faire frémir d'effroi pour mieux la manipuler à sa guise, illustrer ses pires noirs songes... Et alors, sa paluche qui épousait toujours la rondeur de sa joue fut rejointe par la douce menotte de la nymphe, dans un toucher emprunt de tendresse. Le bélître se fit sceptique, guère accoutumé à une quelconque forme d'affection de cet acabit, et s'il se garderait de le dire, une telle chaleur était loin d'être désagréable. Lui faire peur... Non, il n'en avait pas la moindre envie. Sa vénusté était ankylosante, sa physionomie sculptée par le plus émérite des artistes était une toile d'expressions qui ne tenaient pas de la pugnacité, il y voyait une arantèle de soie aux émotions qui n'étaient que gouttes de rosée en jaspant les fils, une œuvre de la nature aussi sublime que fragile. Cette femme était unique, en bien des points... Cette unicité, il la ressentait plus que distinctement sans pouvoir ce l'expliquait. Certaines convictions étaient ineffables, celle-ci en faisait partie.

« J'te fais peur Serenei ? » S'enquit-il d'une voix de rogomme qu'il régula pour ne pas la rendre âpre, ce qu'elle était naturellement. Son pouce qui s'était écarté de ses lèvres y revint, franchissant cette fois ces barricades charnues pour entrer au contact de ses dents. Il les expertisa furtivement d'une oeillade habituée, jugeant de leur excellente santé et donc de leur valeur pour un collectionneur aguerri, qui avait déjà ajouté à ses macabres rosaires les trophées d'anciennes concubines. « Je toucherai pas à ta belle gueule si tu m'y obliges pas, c'est assez clair, j'crois... » Elle n'avait jusqu'alors rien entrepris pour provoquer son ire, ce qui l'avait gardée de la véhémence de son propriétaire qu'elle n'avait, finalement, jamais vu véritablement furibond. Doucement, il quitta les courbes de son visage tout en saisissant sa main, qu'il ramena vers lui sans la quitter des yeux. « Et les dents... Parce que c'est comme ça, c'est tout. Y a pas d'raison en particulier, c'est juste... Beau. Et amusant à arracher, surtout. »

Il la regarda intensément et mordit le dos de ses phalanges, sans intention de lui faire mal, ses crocs ne firent que glisser sur son épiderme sans l'écorcher, à l'instar d'un mâle qui prouvait et son désir et sa prépondérance sur sa femelle. Un geste sensuel bien qu'animal, et il la relâcha aussitôt en la scrutant avec une impudeur sans faille. Puis, après avoir humecté ses lippes, ses calots biaisèrent en direction de l'écuelle délaissée et qu'il reprit pour poursuivre son souper. La passion dentaire ne s'expliquait point, aussi loin que pouvait remonter sa mémoire, ces organes l'avaient toujours fasciné, certainement depuis qu'il avait perdu sa première dent de lait. Bambin, il se délaissait à récupérer celles de ses congénères – ou à les leurs spoliées d'une manière moins enfantine, lui qui avait entamé ses sévices bien tôt. Même Gabriel ne s'y était pas soustrait, lors d'une rixe, Lakdahr l'avait si fortement frappé qu'il en avait craché une molaire, qui trônait aujourd'hui en décoration au sommet de Dentesque. Une façon de rendre hommage à ce jour où après s'être entretués, ils s'étaient gaillardement désopilés. Les déités savaient qu'ils étaient, l'un pour l'autre, plus que des frères – « Les roustons d'une même paire comme aimait à le clamer le titan ! - mais ils s'étaient sûrement autant haïs qu'adorés depuis leur plus tendre enfance. C'est à cela que l'on reconnaissait une irréfragable amitié, en dépit des tempêtes, contre les bourrasques, face à l'antagonisme, ils voguaient toujours ensemble côte à côte sans qu'il ne puisse même en être possible autrement. Peut-être la volantaine ne mesurait-elle point encore jusqu'à quelles cimes s'élevait la relation des deux fer-nés, mais elle en aurait bien l'occasion.

Le jeune homme engloutit le reste de son assiette jusqu'à en lustrer le fond, compliment tacite pour celle qui s'était affairée aux fourneaux. Il expira un soupir de satisfaction en faisant également un sort à sa pinte, la main posée sur sa panse en état de réplétion, et ceci, même si son organisme s'activait d'ores et déjà à la digestion. Il eut d'ailleurs un moment d'indolence durant lequel il sembla plongé dans ses pensées, les yeux rivés sur l'âtre où le feu crépitait. Un égarement qui ne traina pas en longueur, il se souvint du bain préparé par les soins de sa Pensée Sauvage vers laquelle il se tourna, admirant une nouvelle fois la lactescence de sa robe, sous laquelle elle portait donc quelque chose... Dommage. Mais ces détails ne seraient pas des embûches dans son approche – une approche qui ne siérait hypothétiquement pas à la concernée, mais qu'importait.

« Bon... » Le semi-Greyjoy se leva et défit distraitement les attaches de son gilet, qu'il fit ensuite choir le long de ses épaules pour finalement s'en débarrasser en le jetant effrontément sur la table. Une nouvelle couture était venue s'ajouter à celles qui chamarraient déjà son corps, celle dont il avait hérité lors de l'abordage du polacre sur lequel il avait capturé la Tailleuse. La meurtrissure s'était convenablement soignée et avait bien cicatrisé, cela, grâce à la sollicitude de la donzelle elle-même. « J'y vais. » Lui dit-il en désignant la pièce contigüe de laquelle des volutes de fumée s'échappaient. Et il s'y rendit, tout docile et vraisemblablement prêt à faire trempette. Cependant, il ne fallut qu'une poignée de secondes pour que le puissant phonème de l'insulaire ne retentisse. « Serenei !! » Décidément, il semblait qu'aussi gargantuesque et excessif pouvait-être le guerrier, il était incapable de se passer des services de la demoiselle plus que le temps d'un soupir. Point d'accalmie pour la belle, qui fut contrainte de se déplacer jusqu'à la salle d'eau pour prendre connaissance du problème. Elle y trouva son ravisseur debout auprès de la grande cuve, encore vêtu et mains sur les hanches. Il arborait un sourire bien trop large pour être aussi innocent qu'il tentait de le faire paraître, le cuistre avait une idée derrière la tête et son air espiègle n'était pas de bon augure. Il avala la distance qui les séparait – Diantre ! Pourquoi être si petite ? Il avait la sensation de pouvoir lui rompre l'ossature à n'importe quel moment s'il jaugeait mal sa force ! - puis déposa ses énormes paluches sur les épaules de la naïade. « J'sais que tu m'as fait ce bain pour me détendre, ça m'touche... Vraiment !... Et tellement que j'me suis dit qu'il fallait que je trouve un moyen pour te remercier. Et j'en ai trouvé un... » Une flammèche de désinvolture flua dans ses onyx, mais il ne laissa guère le temps à la pauvrette de l'étudier et l'empoigna par les hanches pour la soulever telle une plume au gré du vent. A la suite de quoi, retentit un distinct plouf, et la volantaine était vraiment devenue sirène ! Littéralement jetée dans l'eau chaude toute habillée, qu'elle fut, sous le rire tonitruant d'un faquin qui la regardait créer une houle et se débattre pour retrouver la surface et son oxygène. Lakdahr s'appuya sur le rebord de la baignoire, visiblement très fier de sa facétie, et s'adressa à sa martyre une fois qu'elle fut encline à l'écouter. « Pourquoi j'devrais être le seul à en profiter, mh ? Faut que tu t'détendes toi aussi, on va l'prendre ensemble, ce bain. Comme ça j'pourrai te frotter le dos... Et tout c'que tu veux d'autre. »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Dim 12 Mai 2013 - 15:13

Serenei tentait tant bien que mal de ne pas se décomposer face au charisme naturellement intimidant du forgeron qui l’examinait d’aussi prés. Préférant lui faire part de ses progrès en langue commune plutôt que de s’enfermer dans un mutisme inquiétant, la volantaine n’eut pas peur du ridicule en citant quelques objets dont elle articula le nom. Quand elle entreprit de lui faire goûter à la pomme, Lakdahr répondit par négation – ce qui avait en soi rien de bien étonnant. Il ne fallait pas être bien perspicace pour se douter que le forgeron était plutôt du genre à aimer la carne. Un homme, un « vrai », trouvait sûrement les fruits aussi dénués d’intérêt que le ménage à faire dans son repère. Serenei accueillit sa réponse en haussant brièvement les épaules, un geste feignant la déception qui se réservait un « Tu ne sais pas ce que tu rates. » « Moui… Viande. » – Répéta-t-elle lentement alors qu’il lui désignait son écuelle repoussée de côté. Serenei ne pouvait s’empêcher de fixer les lèvres de son interlocuteur lorsque celui-ci se sentait d’humeur bavarde. Il avalait la prononciation de ses mots, ce qui rendait la compréhension de l’étrangère plutôt difficile. Elle avait dés lors appris à mieux distinguer les mots en lisant sur les lèvres, ce qui se révélait tout de même tâche plutôt ardue avec le forgeron. Ce dernier lâcha une petite phrase concernant Gabriel, appelé « Gab » par son compère, qui fit adopter au minois de la donzelle une expression touchée par l’incompréhension. Lakdahr s’était callé contre le dossier de son siège, sans pour autant la libérer de son contact. Serenei avait été témoin de quelques entretiens entre les deux Fer-nés – si leur comportement exsudait franche rigolade, en retenue de complicité tactile, la jeune femme s’imaginait que ces deux là étaient bien plus proches que ça pouvait se devinait physiquement. La volantaine avait été rassurée en rencontrant Gabriel – elle avait eu la sensation qu’il était le penchant respectueux et attentionné du forgeron. De quoi la réconforter sur sa future vie conjugale.

Tandis que la donzelle s’efforçait de réfléchir aux paroles de son interlocuteur, Lakdahr y revint dessus, précisant que « con » signifiait « gentil ». L’air pensif de Serenei laissa place à une certaine suspicion en constatant l’amusement du colosse au fait de l’aider dans son apprentissage. « Gentil ? » – Répéta-t-elle, connaissant la signification du mot sans être pour autant convaincue de ce qu’avançait son interlocuteur. « Gabriel est con alors. » Elle avait prononcé ceci d’un ton indécis, ses yeux sombres plissés avec circonspection. Car oui, si elle appréciait le comportement de Gabriel à son égard, celui de Lakdahr restait dans le brouillard d’intentions méconnues. Chose que Serenei eut tôt fait d’exprimer, interrogeant le colosse sur sa passion pour les canines, et s’inquiétant de savoir si il serait amené à la préférer, elle, sans ses précieuses quenottes. Une inquiétude viscérale, qui la poussa à requérir toute l’attention du forgeron en pressant sa main qui s’était attardée sur sa joue. Fermant les paupières durant un court instant, les onyx de la jeune femme en vinrent à se reposer sur le faciès de son interlocuteur quand il la questionna sur la frayeur qu’il suscitait en elle. Devait-elle vraiment répondre à la question ? Avoir peur d’un homme colossal, d’un dévisseur de têtes, d’un arracheur de dents qui prenait tout par violence et intimidation – n’était-ce pas le plus cohérent des comportements ? Serenei n’eut même pas le temps de répondre quoi que ce soit que le forgeron trouvait un soudain vif intérêt à sa dentition qu’il se mit à examiner. Un brin terrifiée par l’initiative de Lakdahr, la brune afficha une mine inquiète sans pour autant chercher à se débattre. Elle se montra docile tout du long ce qui ne l’empêcha guère d’afficher une mine fermée à la fin de l’examen imposé par son maître édenteur. Le verdict eut l’air d’être plutôt positif. Si elle ne l’y poussait pas, Lakdahr se garderait de toucher à ses dents. Perplexe, la donzelle continuait de l’observer et écoutait attentivement la réponse qu’il daignait lui offrir quant à sa passion pour les dents. Beau ? – dans un sourire, certainement, mais pas exposées de la sorte au goût de la volantaine qui trouvait ça aberrant. « Amusant ? » – Répéta-t-elle, grimaçant son manque de conviction. La jeune femme n’avait point soustrait sa main à l’emprise du titan, qui en vint à taquiner son derme avec ses crocs. Le fixant toujours avec une certaine curiosité mêlée à de la crainte, la jeune femme fut secouée par un frémissement irrépressible alors qu’il la toisait comme un félin voulant avoir l’ascendant, esquissant ce geste sauvage pour signifier son envie. Alors que Serenei sentait son corps lui échapper entre excitation et appréhension, le forgeron la libéra aussitôt de son contact et de son attention. La jeune femme replia machinalement la main contre son ventre, songeant à ce que le Fer-né avait dans la tête – concernant ses élans de torture gratuite et cette propension à vivre comme une bête. Délestée de toute pression oculaire tandis que Lakdahr s’attaquait allègrement au reste de son écuelle, la volantaine se renferma dans ses pensées ainsi que dans un mutisme sûrement appréciable par son rustre de maître. Elle sembla d’ailleurs être satisfaite de voir qu’il paraisse repu – c’était un vrai défi que de nourrir cet homme là à satiété ! Même s’il n’était pas du genre à s’étaler sur les bons soins apportés par la donzelle, cette dernière ne s’en formalisait pas. Tant qu’il ne lui tapait pas dessus, elle s’estimait heureuse…

Etirant ses lèvres dans une moue dubitative, réfléchissant activement à ce qu’elle pouvait faire tandis que Lakdahr se laissait aller à la… réflexion – vraiment ? A quoi pouvait-il bien songer, lui qui était aussi hyperactif qu’un gamin capricieux ?! – Serenei croisa ses jambes, puis les étendit sous la table, prenant bien soin de ne pas percuter le mâle somnolant. Tandis qu’elle songeait à retourner vaquer à ses occupations, le forgeron se redressa, manifestement convaincu que le bain qu’elle lui avait préparé n’était pas si terrible. Serenei esquissa un petit sourire pour l’encourager à rejoindre le baquet rempli d’eau chaude et se redressa pour se saisir du gilet sombre dont il venait de se délester. Le pliant machinalement entre ses bras, même si elle estimait qu’un nettoyage en bonne et due forme s’imposait pour ses frusques aussi, elle observa distraitement le forgeron s’éloigner dans la pièce voisine. La donzelle était déjà en train de se préoccuper du trou dans le tissu sombre qu’elle n’avait eu le temps de rapiécer depuis son arrivée que la voix gutturale de son bourreau lui arracha un sursaut. Quoi, encore ?! Ce qu’elle détestait lorsqu’il malmenait son palpitant de la sorte ! La donzelle reposa le gilet sur la table d’un geste vif et agacé avant de faire les quelques pas qui la séparaient de l’embrasure de la salle d’eau. S’y appuyant délicatement, la jeune femme parcourut la pièce du regard avant de fixer le forgeron dans l’attente d’une explication au problème. Il était toujours torse nu, aux côtés du bac somme toute bien normal et si problème il y avait, Serenei n’arrivait pas à saisir la raison de ce franc sourire qu’il lui lançait.

« Oui ? » – Demanda-t-elle, son faciès interrogateur se muant rapidement en perplexité. Quelle idée avait-il en tête le bougre ? A peine se mit-il en mouvement vers elle que la jeune volantaine se raidit sur place. « Lakdahr. » Commença-t-elle d’une voix fluette dans laquelle perçait toute de même un brin d’autorité. « Que… Quoi ? Non. Non. NON ! » – Prononça-t-elle finalement en valyrien, rattrapée par l’impulsivité du babillage réprobateur.

Attrapée par les hanches telle une vulgaire poupée au poids plume, elle se sentit complètement impuissante dés lors le forgeron entreprit de la balancer dans le baquet d’eau chaude. Remercier ?! Etait-elle passée à côté de la signification de ce mot ? Agitant les bras dans une caricature de déséquilibre, la donzelle rencontra le contenu du bac dans un bruit cinglant, immergée la tête la première sans pouvoir contrôler quoi que ce soit de sa chute. Elle émergea en exhalant bruyamment, cheveux collés à son front tandis qu’elle s’appuyait sur les rebords pour refaire surface. Renversant la tête en arrière, elle dut étouffer un éclat de rire avant de fusiller Lakdahr du regard. Rire ? Combien de temps cela faisait-il que ça ne lui était pas arrivé ?! Entre exaspération, surprise et amusement, la jeune femme ne savait où donner de la tête. Elle reprit toutefois contenance, s’installant dans le fond du baquet tout en fixant son interlocuteur qui semblait satisfait de sa farce. Autant dire que c’était totalement puéril – ce qui tendait à faire oublier l’atmosphère de captivité dans laquelle la volantaine vivait.

« Tu es complètement immature, ma parole. » – Lâcha-t-elle en valyrien, parfaitement consciente que le forgeron ne saisirait pas grand-chose de ce constat affligeant. Il s’appuya alors sur le rebord, sourire malicieux aux lèvres et lui fit part de ce qu’il avait en tête. Un bain, commun ? La jeune femme s’empressa de faire couler les pans de sa robe qui ne cessait de remonter, puis elle ramena ses jambes contre son buste, le souffle encore suspendu à ses lèvres. « Détendre, moi ? Je suis détendue. Oui. Très. Très con de ta part. »

Elle se mordit la lèvre inférieure, un peu prise au dépourvue par la proposition – qui n’en était pas réellement une. Avait-elle vraiment le choix ? Se dénuder devant le Fer-né n’était pas le genre de choses qu’elle attendait avec impatience, mais elle n’était pas assez crédule pour penser qu’il lui épargnerait ça encore longtemps. Elle glissa ses mains dans ses cheveux mouillés pour en retirer l’apparat d’anneaux d’argent qu’elle laissa choir sur le sol avant d’offrir un regard méfiant à son interlocuteur.

« D’accord. » – Histoire de se donner l’illusion qu’elle avait son mot à dire !

La jeune femme prit soin de s’immerger avant de se débarrasser de ses jupes qui flottaient à la surface. Peinant à se dépêtrer du tissu qui lui collait la peau, elle se tortilla durant quelques secondes puis finit par rejeter la robe de coton à même le sol, son corset imbibé d’eau rendant sa respiration difficile. Si elle avait su qu’il lui avait réservé ce traitement, elle ne se serait pas si bien apprêtée. Elle qui pensait que ça découragerait le Fer-né d’avoir à délasser le sous-vêtement féminin – elle n’avait pas imaginé qu’elle aurait à le faire elle-même pour parvenir à respirer. Elle tira sur le lacet et sembla même perdre un brin de patience alors qu’elle s’empêtrait dans l’ordre à respecter pour que le cordon s’enlève de lui-même. Elle jeta quelques œillades sombres à Lakdahr avant qu’un voile blanc ne vienne interférer dans son champ de vision. Non, non, non… Beaucoup de femmes tenaient à dire que les corsets étaient une vraie torture, et si Serenei avait toujours apprécié en porter par souci d’esthétisme, elle n’avait jamais testé les limites de son conditionnement. C’était bien trop étriqué pour pouvoir fournir un effort et la volantaine n’avait jamais caressé l’éventualité de manquer de souffle. Il fallait dire que ça tombait mal – Lakdahr pouvait-il comprendre d’où venait son malaise soudain et surtout, en saisir la raison ? Sûrement allait-il penser qu’elle feignait l’évanouissement pour éviter ce qui l’attendait. Incapable de dire quoi que ce soit, Serenei se pencha contre le rebord du baquet, s’y agrippant désespérément pour ne pas se laisser glisser. Elle se concentrait pour ne pas tourner de l’œil, mais plus elle tentait de reprendre son souffle, plus sa respiration se faisait chaotique – lui ôtant toute chance de se calmer.

« Lakdahr… – Le pauvre devait d’être vu ôté toute chance de fantasmer en la voyant se débarrasser de ses vêtements tellement la situation devait le prendre de cours. C’était cocasse, complètement absurde, mais la donzelle avait bel et bien besoin de son aide à cet instant précis. « Le corset, enlève-le ! Vite ! » C’était surprenant qu’elle arrive à s’exprimer aussi clairement, même en situation d’urgence. Elle glissa son avant bras contre son front pour retenir ses cheveux mouillés qui ne demandaient qu’à lui retombaient sur le visage et trouva à s’agripper au forgeron pour ne pas suffoquer comme une idiote.







Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Ven 17 Mai 2013 - 17:15

Les goguenardises se dénombraient par myriades avec un olibrius tel que le forgeron, l'essence ouvragée dans l'argentite des Iles-de-Fer et diaprée des hardes de la piraterie, elles-mêmes constellées du sel de mer et de macules d'hémoglobine. Ces facéties étaient rarement de bon goût, mais quelle acuité pouvaient donc se targuer avoir des papilles qui ne prenaient qu'à peine le temps de savourer leur pitance avant que celle-ci ne soit avalée rond ? Aucune déférence et guère d'opprobre, les tribulations quotidiennes s'alliaient à un humour souvent douteux pour le meilleur, et souvent pour le pire. Le viol collectif d'une ondine fraîchement ravie prenait aisément des allures de jeu qui faisait autant s'esclaffer que jouir les cuistres qui en étaient les maîtres et bourreaux. De même que ces dissidences qui séparaient leur saumâtre archipel et les strates des continentaux, là où dans les innommables affrontements les ribaudes d'outre-met y voyaient une guerre desservie par l'art de la mener, nombre de fer-nés n'y percevaient qu'un délassement – occire l'ennemi, un passe-temps comme un autre ! Serenei aimait à ouvrager de beaux atours, Lakdahr préférait édenter et étêter lorsqu'il ne se complaisait pas auprès de l'âtre dans son atelier. Un ostrogoth qui n'avait plus besoin d'alléguer ses vices, ivraie assumée dans un environnement où les belles plantes se faisaient fort rares et étaient même raillées, nul doute qu'un beau sieur n'aurait jamais fait preuve d'autant d'impudence à l'égard d'une demoiselle aussi obligeante que la volantaine ne l'était. Mais il n'était point un gentilhomme, et elle, n'était qu'une assujettie que l'Antique Voie interdisait de nommer "esclave", quand bien même en avait-elle tous les attributs. Lorsque la belle avait vu l'espièglerie poindre, son valyrien avait instinctivement vociféré son improbation – nulle nécessité d'être polyglotte pour traduire son désaccord. En plus d'avoir ruiné toute la subtilité de sa coiffure et de ses vêtements, il s'était désopilé comme le dernier des garnements, bien peu assombri par la conjecture qu'elle puisse lui en tenir rigueur et se venger par l'office d'autres procédés – quelques suspicieux ajouts dans son faro ? Dans son agape ? Des résidus de pierraille ou des miettes de pain rassis de son côté de la couche ? Des brèches mal ravaudées dans ses défroques ? Peut-être pis ! Les drôlesses étaient retorses et infiniment perfides, à l'imagination féconde lorsqu'il était question de vendetta. Mais si elle aurait eu toutes les raisons du monde de le tancer comme l'immature bélître qu'il était, il n'en fut en fait rien.

La rancoeur somme toute légitime fut remplacée par une contingente risette, et même, ce qui s'apparenta à un rire à demi moribond entre la stupéfaction et une pointe de suave exaspération. Malgré la désinvolture de cet acte, la sylphide sembla le prendre avec frivolité, ce qui, irréfutablement, séduisit le titan. Tandis qu'elle articula dans son nébuleux dialecte, il la couvrit, tout à fait inconsciemment, d'une oeillade conquise. Elle ne s'était ni effarouchée ni contrariée, un véritable exploit qui pouvait être de bon augure pour la suite de leur odyssée commune, car si elle était encline à endurer les galéjades du colosse, celui-ci n'en serait que plus ébaudi et donc facile à vivre – même si ce terme demeurait vertement relatif le concernant. A cela, il répondit d'un léger sourire et d'un haussement d'épaules qui aurait presque pu l'assimiler à l'innocuité, un agrément qui disparut aussitôt dès lors qu'elle l'injuria sans même le vouloir. Il resta un instant benêt lorsque la gaudriole initialement prévue pour Gabriel fit volte-face pour mieux le heurter en plein faciès – ou le mythe du tel est pris qui croyait prendre. Mais l'Edenteur n'avait que lui à blâmer, et qui plus est, il ne pouvait pas même y aller de son commentaire ! Tout d'abord car si la jouvencelle prenait conscience de la mystification, il serait le seul dindon de la farce et le quartzeux en serait épargné, ensuite, parce que même dans son impéritie, elle visait juste : il était très, très con. Mais qu'importait, d'autres priorités commençaient à s'époumoner en crescendo lorsqu'un voluptueux spectacle, bien qu'encore très pusillanime, s'ébaucha sous ses noires agates. Elle accepta séance tenante de partager son bain, et il se garda de feuler qu'il ne lui en laissait point le choix, à aucun moment ses mots n'avaient brodé une quelconque suggestion. Même doucereuse, l'injonction n'en demeurait pas moins une, et l'exécution fut bien plus prompte qu'il n'aurait pu l'espérer. D'un œil curieux et emprunt de voyeurisme, il tenta tant bien que mal de mirer à travers la houle d'eau claire pour distinguer des cambrures qu'il n'avait jusqu'alors que rêver, et s'il n'y parvint, la chute du textile d'opale chatouilla ses viscères et ses reins d'un sybaritisme qu'il ne s'incommoderait sûrement pas à réprimer. Le stupre dansait déjà en valse dans son esprit, il songeait que cette divine anatomie lui appartenait, réflexion purement égotiste et phallocrate dont il n'avait nullement honte, car telle était la véracité. Ne fût-ce que la vision d'un habit plus intime qui la ceignait ainsi, il se sentit faillir à des désirs primitifs et fin prêt à sauter dans le baquet pour la rejoindre et lui faire subir mille tourments salaces. Mais... Brusquement, le hâle de la naïade devint hâve, elle sembla à la lisière du malaise, au bord de la pâmoison.

« Qu'est c'qui t'arrives ? Attends que j'aie enlevé mes braies pour tirer cette gueule, là t'auras d'quoi ! » Il ricana de sa propre hâblerie, pas moins ostensiblement fier lorsqu'il était question de présenter sa virilité – amicalement appelée Dantesque par un certain demi-Harloi. Un sobriquet bien trop similaire au doux nom de son épousée de guerre, son immense hache baptisée Dentesque, le tout pouvant donner lieu à quelques situations et quolibets pour le moins cocasses. Mais n'était-ce point une marotte spécifiquement masculine que de s'épancher en rodomontades pour toute faculté avérée ou fantasmée ? De l'envergure des biceps à celle du maître organe phallique en passant par la capacité stomacale et les talents en pugilat, rien n'était jamais laissé au hasard entre quidams, tout n'était qu'affaire de comparaison. Cependant, sa forfanterie n'eut aucun effet sur la dryade qui changeait de teinte faciale et semblait lutter contre elle-même, ce qui rendit le géant particulièrement perplexe. « Hein ? Arrête c'est pu drôle là... T'es aussi blanche que l'cul de Gab ! Comment tu fais ? » L'interrogea t-il après qu'elle ait expiré son prénom non sans affres, et ce ne fut que lorsqu'elle imputa la faute à sa gaine qu'il comprit enfin de quoi il en retournait – ne jamais demander à un forban d'être trop perspicace, certains en étaient morts. Mais contre toute attente... Lakdahr se fit placide. Guère un éclat de panique, ni même de promptitude à lui sauver la vie, non. Il préféra l'observer suffoquer encore quelques secondes, "sinon c'est pô drôle". « J'en ai vu des gens s'tuer bêtement, y en a même un une fois, il était tellement bourré qu'il a glissé dans les escaliers et il s'est retrouvé avec son coutelas planté dans l'fion. Ce devait être un fot-en-cul refoulé... Mais crever à cause d'un corset trop serré, ça c'est original. C'marrant. » Hilarant, à n'en point douter. « Tu te surpasses, ça va m'faire un bon truc à raconter aux autres à la prochaine frairie. » Se disant, il se décida enfin à agir, et pas de demi-mesure avec le forgeron ! De ses grandes paluches il harpa les pans dudit corset et le lui arracha, éclatant par la même occasion les lacets qui l'avaient tant importunée. Il guigna alternativement les deux bribes de tissu qu'il avait désormais en main, puis il les roula en ce qui ressemblait grossièrement à une boule pour les jeter nonchalamment par-dessus son épaule et porter son intérêt à la sirène qui donnait l'impression d'ouvrir ses bronches pour la première fois. Ne sachant que faire si ce n'était patienter pour qu'elle se repaisse d'un oxygène qui lui avait fait défaut, il décida de lui tapoter aussi délicatement que plausible le rachis dans la niaise impulsion de l'aider à ce faire. « Là, là... Y avait d'autres moyens pour que j't'arrache tes vêtements tu sais, tu peux aussi me le dire directement. » Gouailla t-il en se désopilant, transformant le martèlement dorsal en une douce caresse qui vint s'échouer sur le trapèze de la tailleuse. Ses onyx eurent alors une magnifique vue sur sa poitrine sans plus de textile pour la camoufler, dont il profita allègrement et avec une expression concupiscente et concentrée. « Et tu me cachais ça... Coquine... C'est pas très gentil ! »

Une moue tirée d'une risette orna sa physionomie et il humecta lentement ses lippes à l'instar d'un fauve aux abords de son prochain souper. Pour autant, il ne se fit guère aussi alouvi de stupre qu'il n'en avait l'air, et octroya un moment de répit à la vénus pour qu'elle puisse se remettre de ses émotions. De son côté, il se déchaussa et s'attaqua à l'attache de ses braies qu'il fit bientôt choir, se dévoilant sans pudeur aucune dans sa plus intègre nudité. Comme à l'accoutumé, il abandonna ses frusques sans y prendre garde – Serenei était là pour ramasser, de toute façon. - puis grimpa dans la baignoire dont s'échappaient toujours de délicieuses volutes de vapeur. Il s'immergea entièrement, disparaissant sous les ondes aquatiques avant de réapparaître en prenant une grande bouffée d'air, son épais crin d'ébène plaqué sur sa figure. Il le plaqua vers l'arrière puis exécuta de légères mouvances de la tête et des épaules pour décontracter sa charpente musculaire sous l'effet de la chaleur qui se dégageait. Il plaça ensuite son échine contre le bord dans un long soupir de contentement, les bras étendus de chaque côté à l'image d'un pacha en alanguissement après ses princières besognes. S'il ne le concéderait nullement, l'état dans lequel il s'exhibait prouvait à lui seul que la volantaine avait vu juste en avançant qu'un bain était l'idéal de la détente. Elle avait eu raison – à son plus grand dam, les femmes avaient trop souvent raison. Par ailleurs, l'artisan sembla même musarder dans un dédale chimérique et subconscient, un rideau de chair obstruant son sens visuel, le crâne basculé en dehors de la cuve, l'on aurait aisément pu subodorer qu'il s'était tout bonnement assoupi. Mais il n'en était rien, le colosse revint furtivement à lui et son insondable regard s'apposa sur le galbe de la Pensée Sauvage, trop éloignée de lui. Avec un rictus qui en disait plus qu'une encyclopédie sur l'Edenteur, il se déplaça jusqu'à elle, et de la pulpe excoriée de ses phalanges, effleura sa joue, puis l'angle de sa mâchoire, jusqu'à suivre l'une des arabesques d'encre lithographiée dans son épiderme. Son tatouage était source d'admiration puisque élément distinctif et exquisément exotique, ainsi par moult fois, la jeune femme avait pu prendre son époux attiré en flagrante contemplation, du moins lorsqu'elle ne le privait pas d'un accès oculaire sur elle en se nippant davantage. Il ne s'en était jamais agressivement formalisé si ce n'était par quelques grognements indisposés et désappointés. Mais cette fois, elle n'y pourrait rien, il l'ausculterait comme bon lui semblerait, d'amont en aval et d'aval en amont, sous toutes les coutures et en toutes les profondeurs. Elle était sienne, et il jouirait de sa vénusté pour le lui faire plus que jamais comprendre.


[- Hide -]





" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Mar 21 Mai 2013 - 20:01

Tandis que Serenei suffoquait, bien trop serrée dans son corset trempé, le colosse s’étonnait de la voir arborer un teint si pâle. Mais au lieu de se précipiter pour enfin arracher le vêtement d’un geste utile, celui-là prit soin de plaisanter, laissant échapper un flot de paroles que la volantaine ne comprit guère, bien trop occupée en se concentrer pour ne pas crever ! L’ironie du sort que de se fagoter trop à l’étroit en espérant se préserver – elle n’avait pas pensé finir sa course dans le baquet d’eau, avec toutes ses jupes. Accrochée aux rebords, la respiration affolée, l’œil tourné entre supplication et colère vers son interlocuteur qui taillait un brin de causette, pas ennuyé le moins du monde, la donzelle ne saisit que le « C’marrant » qu’il laissa échapper.

« Mar…rant ?! Lakdahr ! » – Lâcha-t-elle, à bout de souffle. Et si j’te balançai à la flotte en armure de plate, j’suis sûre que ça serait amusant ! A défaut de pouvoir lui jeter ses quatre vérités par manque de souffle, la jeune femme ne pouvait que rêver de le faire. Alors qu’il aurait pu se précipiter vers elle dans un élan d’inquiétude, une bonté de geste, non – il avait fallu qu’il se moque de la voir perdre connaissance. Voilà qui ne mettait pas en bonnes dispositions pour la suite. « Arrête de rire. Aide-moi ! » – Lâcha-t-elle dans un susurrement rageur en valyrien. Alors que les paupières de la volantaine se fermaient au fil de sa perte de conscience, elle sentit les mains puissantes du forgeron se saisir de son vêtement pour l’arracher d’un coup sec. Dans le même geste, Serenei se redressa, inspirant bruyamment alors que la pression contre sa cage thoracique se dissipait définitivement. Quelques quintes de toux secouèrent un instant la physionomie de la jeune femme qui faisait l’effort de reprendre contenance alors que son bourreau lui tapotait le dos avec un semblant de considération. Un autre moyen pour arracher ses vêtements ? Elle redressa le visage, balayant les mèches de cheveux plaquées contre son front pour lorgner Lakdahr d’un œil vaguement hostile. « Pas drôle Lakdahr. » Répondit-t-elle sèchement.

Alors qu’en en avait presque oublié toute la convoitise sexuelle qu’il pouvait ressentir pour elle, l’une des mains de son bourreau vint à glisser de son dos à sa gorge tatouée, plongeant sur sa poitrine offerte. Le voyant ainsi concentré à la tâche, la jeune femme rentra sa tête dans ses épaules, reniflant d’un air réprobateur. S’inclinant sur le flanc, immergeant ses seins dans l’eau chaude, Serenei replia ses jambes contre elle, tout en guettant les réactions de l’Edenteur avec suspicion. Mais il finit par la libérer de toute attention carnassière pour entreprendre de se déshabiller – chose à laquelle la volantaine ne put que porter considération. Si le physique de Lakdahr était tout bonnement colossal, sa virilité l’était tout autant – de quoi émouvoir les donzelles qui n’y étaient guère habituées. Vague frayeur, que de se dire que ça devait être sacrément douloureux. L’homme vint à s’immiscer dans le bain, ne se ruant pas pour autant sur elle, lui laissant ainsi le temps de se remettre de son petit contretemps. Elle ne pouvait se résoudre à le quitter des yeux, comme si une poignée d’inattention lui vaudrait de se faire malmener. Recueillie contre la paroi à l’opposé de Lakdahr, Serenei l’observa silencieusement se tremper et s’installer. Au moins, elle était parvenue à lui faire prendre un bain ! Mais à quel prix ? Elle, n’était pas du tout d’humeur à la détente – bien trop méfiante quant à la présence de son maître dans son bain. Elle se mordit la lèvre inférieure, jetant quelques coups d’œil autour d’elle, doutant de la somnolence véritable du forgeron. Combien de femmes avait-il tourmenté ? Ici même, dans ce baquet ? Combien d’entre elles étaient mortes de sa main ? Elle se permit de le considérer avec animosité, tandis qu’il était installé, paupières closes. Le silence s’installa bien assez tôt, froissé par les bruits de l’onde aquatique qu’elle provoquait à chaque mouvance, même légère.
Le forgeron ouvrit un œil, puis l’autre, comme un félin assoupis qui viendrait à s’étirer prés d’elle, alléché par la proie. Il avait l’air de tenir à cette proximité affriolante. Elle pencha légèrement la tête en arrière, docile, alors qu’il faisait courir ses doigts sur sa mâchoire, puis sur sa gorge.

-- Hide --







Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Jeu 23 Mai 2013 - 20:30

[- Hide -]



Malgré tout, aux douces blandices des flammes qui festoyaient dans l'âtre de la pièce, en plein coeur d'une nuit qui aurait pu rougir de certains évènements, le bélître s'était rapproché de la vénus en l'étreignant sans rudesse aucune. Un furtif qui-vive qui n'avait duré que le temps de de la loger en protection, dans ses bras et contre son galbe, avant que les chimères ne le rappellent à leurs utopiques effusions de sang. Et pour la première fois depuis que la donzelle avait été amenée sur les Iles-de-Fer... L'Edenteur était encore là à son éveil. Il n'avait point préféré la chaleur de son atelier à celui d'une couche dans la moelle de laquelle la tempérance avait été oubliée. Pour aujourd'hui, la matinée serait abandonnée au repos du guerrier, celui-ci n'avait vraisemblablement aucune intention de se lever pour aller courir les forges ou les boutres, et par ailleurs, il ne sentit pas même Serenei s'échapper de son étau brachial pour vaquer à ses occupations. Ce ne fut que plusieurs heures après elle que le bâfreur couronné émit un grognement tout en tournant sa charpente, qui chanta d'une symphonie osseuse à en faire frémir un macchabée. Une poignée de secondes plus tard, il éleva lentement la tête, le crin en pagaille et barrant sa physionomie, les traits encore pleinement engourdis. Il s'enquit silencieusement de l'endroit dans lequel il se trouvait, lui qui avait pour mauvaise marotte de s'endormir n'importe où lorsque l'alcool lui falsifiait son bon sens. Il reconnut promptement sa chambre et finit enfin par se redresser, brave quidam qui s'orienta avec des yeux à peine ouverts, ce qui ne l'empêcha pas de repérer sa Pensée Sauvage sur son chemin. Tout en passant près d'elle, il laissa sa main glisser dans son échine en une caresse instinctive, bien qu'elle était également la première du genre. Il se dirigea vers la salle adjacente dans laquelle il profita d'un seau d'eau claire pour s'extirper de sa somnolence. Il réapparut rapidement, braies enfilées et un peu mieux peigné bien que son épaisse cascade d'ébène n'avait rien d'exemplaire contrairement à ce que Gabriel adorait prôner. Le titan s'approcha d'un fût de faro entreposé dans une encoignure, en retira le couvercle et s'en servit une grande pinte – de bon matin, rien de mieux qu'une bonne bière ! Il en aspira bruyamment la mousse, essuya ce qui avait pu s'accrocher à sa barbe puis posa sa chopine sur la table. « Aaaaaahhh... Qu'est c'qu'on bouffe ? » Bonjour ? Superflu. Existaient des priorités dans la vie, et sa panse en était une ! Il était d'ores et déjà admirable qu'il ne se soit guère levé durant la nuitée pour se bâfrer dans les cuisines, comme il le faisait parfois. Par ailleurs, comme par réflexe dans l'hypothèse où elle n'aurait point compris sa tirade, il tapota son ventre pour lui faire considérer que l'homme était affamé, ce même homme qui se désaltéra d'un grand gorgeon de sa boisson avant de poser un regard encore quelque peu vaporeux sur la belle non loin de lui. « T'es debout depuis longtemps ? Je t'ai même pas entendue te lever. » Rien d'étonnant, son sommeil n'était pas de plomb, il était d'enclume !




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Dim 26 Mai 2013 - 11:27



Serenei eut peine à s’endormir, et se contenta d’écouter le souffle régulier de son amant et le crépitement des flammes dans l’âtre rythmer le silence de cette nuit devenue si calme. Elle finit par se trouver une position plus confortable, étendue sur le flanc, tournant ainsi le dos à l’Edenteur, les bras repliés contre elle. Derrière ses paupières closes, des ombres se mirent à danser, virevoltant au gré de ses pensées qui l’attiraient vers un sommeil agité. Elle fut extirpée d’une sueur froide lorsqu’elle sentit quelque chose peser contre elle – elle dut mettre quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agissait du bras de Lakdahr, qui venait de l’attirer contre lui. Un élan de tendresse au couvert de leur intimité, qui avait de quoi la rassurer pour le reste de la nuit. Mais le sommeil était fourbe, et la demoiselle bien trop préoccupée par la présence du Fer-né à ses côtés pour se permettre de dormir à poings fermés. Elle se réveilla avant l’aube, et s’extirpa des bras de l’Edenteur ainsi que des draps immaculés qu’elle inspecta avant de se retirer prés de l’âtre et en ranimer les braises. Entièrement nue, Serenei se surprit à observer les flammes durant quelques minutes – plongée dans des pensées toutes tournées au maître de la lumière qui était témoin de sa situation. Pas de prière cependant murmurée dans le silence nocturne. La jeune femme s’éveilla comme d’un songe obscur puis se dirigea vers la salle d’eau pour se rincer et faire taire les tiraillements de son corps endolori. Aussi silencieuse que possible, Serenei entreprit de ramasser les affaires qui traînaient ça et là, recoudre le gilet troué de Lakdahr et plier le tout dans un coin de la pièce. Elle se glissa dans une robe en lin et revint vers l’âtre, adressant une œillade songeuse au forgeron endormi. Il serait si simple pour elle de se saisir d’un couteau et de se rendre jusqu’à lui. Le frapper en plein cœur. Il avait beau être robuste, il n’était pourtant pas fait de pierre. Mais de muscles, de chair, de nerfs et surtout d’un cœur. Battant dans cette poitrine qui se soulevait régulièrement dans le souffle de vie. Elle ne parvenait pas à se placer en adversaire, n’arrivait pas à haïr son ravisseur. Après tout, elle n’était pas sa première femme-sel, et les précédentes n’étaient plus là aujourd’hui – voilà de quoi la turlupiner.

L’éclat argenté du couteau qu’elle tenait en main attira son œil songeur et elle réalisa ne pas se souvenir de l’avoir saisi dans son moment d’égarement. Elle le reposa sur la table en bois, perplexe et préféra disparaître de nouveau dans la pièce adjacente pour faire taire ses pensées criminelles et donner vie à son art. Réfrénant les douleurs qui ankylosaient ses membres à cause de leur brutale confrontation nocturne, la jeune femme s’appliqua à rendre une étoffe émeraude brodée d’argent et de perles de nacres, assez coquette pour en faire un châle ajusté à ses épaules. Les minutes s’égrenaient dans une rapidité déconcertante lorsqu’elle était toute concentrée à ses activités raffinées. Quelques rayons de lumière se mirent à filtrer par la petite fenêtre striée. Serenei dut abandonner sa tâche en même temps que l’obscurité pour se rendre aux cuisines et ramener de quoi sustenter son forgeron. Elle fit bouillir quelques œufs et cuire du lard qu’elle plaça dans deux gamelles respectives en organisant le tout. Deux œufs, enroulés dans leur viande avec quelques bouts de pain noir installés avec du fromage frais. Une œuvre d’art culinaire ! Que le forgeron ne remarquerait sûrement pas – ou qu’il commenterait par le biais d’une remarque réprobatrice sur sa manière de tout organiser. Lorsqu’elle revint, le mâle dominant dormait encore à poings fermés. Elle haussa les épaules avec nonchalance avant de se mettre à récurer la table à la brosse, arrachant quelques bruits singuliers au bois. C’est quand elle entreprit d’essuyer le tout que Lakdahr daigna ouvrir l’œil. Elle l’entendit plus qu’elle ne le vit, alors qu’il étendait sa carcasse dans un sinistre craquement. Il avait encore la mine ensommeillé, et les cheveux en vrac lorsqu’il daigna se redresser de toute sa hauteur. Il ne lui offrit pas même un mot, alors qu’elle s’efforçait de lui sourire avec chaleur. Manque d’intérêt qu’elle ne releva pas particulièrement, frottant une tâche récalcitrante sur la table. Le titan passa tout de même à ses côtés, nu comme un ver, et lui adressa une caresse éphémère dans le bas des reins avant de disparaitre dans la salle d’eau. Légèrement surprise par cette attention particulière, elle le suivit d’un regard amusé. Lakdahr n’était pas un grand bavard au réveil, c’était un fait. Et elle n’aurait pas voulu froisser ce silence pour lui arracher quelques remarques sarcastiques au pied du lit. Il revint quelques minutes plus tard, habillé et plus présentable – un effort en lui-même étonnant de la part d’un homme de son acabit. Elle s’arrêta dans son geste lorsqu’elle le vit se servir une pinte de bière. Dés le matin ? Pourquoi ce genre de choses l’étonnait toujours ? Il prit place, bruyant et tapageur, et s’enquit de savoir ce qu’il allait manger. Elle roula des yeux, exaspérée par le comportement pourtant si récurrent de l’Edenteur. Serenei lissa son chiffon humide qu’elle posa sur le dossier d’une chaise avant de se tremper les mains dans une bassine d’eau claire et rapporter les deux gamelles qui attendaient au couvert d’un tissu pour en préserver la chaleur. Elle déposa son écuelle sous le nez du géant et lui décocha un sourire en coin.

« Œufs, lards, pain et fromage. » – Elle vint se glisser sur sa chaise, découvrant sa gamelle qui contenait une bien plus petite portion. « Debout avant le soleil oui. Des choses à faire. »

Elle ne semblait point éreintée ou soucieuse. Serenei avait toujours appris à garder une même image d’elle – appris à ne rien laisser transparaître d’un trouble ou d’une difficulté de par son physique travaillé de manière impeccable. Seuls ses yeux, abîmes d’émotions vives, se permettaient de la trahir si l’on s’en souciait. La jeune femme se mit à distraitement éplucher une pomme, retournant une pensée dans son esprit pour parvenir à correctement la formuler à son interlocuteur.

« Dis Lakdahr. Tu m’apprendrais à défendre ? Me, défendre ? » – Lui demanda-t-elle tout en levant les yeux vers lui. « Si je peux sortir sur l’Ile, pas rassurée par les autres, tu sais. »

Etait-ce invraisemblable que de craindre les Fer-né(e)s alors qu’elle vivait avec un dénommé l’Edenteur ? Les couleurs aguichaient l’œil, et l’exotisme de sa carnation ne faisait aucun doute. Elle craignait de se voir brimer et embêter par les insulaires des Iles qui trouvaient en ces femmes source d’amusement. Serenei se rappelait les recommandations du forgeron. Elle était sienne – et qui aurait l’envie de s’en prendre à la propriété d’un guerrier Fer-né ? Elle ne savait pas. Ce qu’elle risquait ou non. Elle avait toujours eu un petit poignard lorsqu’elle était à Volantis, mais n’avait jamais eu à s’en servir contre qui que ce soit. Les volantains étaient civilisés – bien plus que les Fer-né(e)s à son goût. Elle n’était pas à sa place ici. C’est du moins ainsi qu’elle le ressentait. Les lèvres charnues de la belle se joignirent dans une moue dubitative qui tira sur l’amusement.

« Pas contre toi que je veux me défendre. Bien sûr. » – Plaisanta-t-elle, plissant les yeux avec espièglerie. Oh, et pourtant, n’avait-elle pas pensé à le poignarder avant que l’aurore n’embrase le ciel ? Elle pourrait bien répéter cet élan paradoxal durant des jours encore que Lakdahr ne le découvrirait même pas…





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Mar 28 Mai 2013 - 15:28

La chair et l'affection autrement moins tactile étaient deux notions distinctes, et pourtant intimement liées dans l'esprit de l'Edenteur. Si la carence charnelle avait continué à perdurer, nul doute qu'il aurait eu quelques griefs à l'encontre de la volantaine qui aurait perdu toutes les faveurs de son maître – car au mépris aux apparences, elle en jouissait de quelques-uns ! Certaines des pauvrettes qui l'avaient précédée dans son rôle somme toute peu désirable, à force de mauvaise volonté et de bravades, avaient été contrainte de survivre dans des conditions bien moins salutaires. Pis encore, maculer le derme d'une jouvencelle d'un pennage ecchymotique ne l'importunait pas le moins du monde, une violence gratuite et abjecte qui témoignait, une fois encore, que s'il pouvait être relativement avenant, son apanage d'ostrogoth sans déférence était promptement apte à se manifester. L'on n'offusquait point le forgeron sans subir le corollaire de son ire, ne fut-ce que par une logorrhée caustique. Et être privé de volupté durant une trop longue période n'était pas pour le rendre débonnaire, bien au contraire. L'encéphale génital primait sur celui cérébral, et lorsque le premier se voyait frustré de trop peu de tendresse, le second se faisait furibond, dans l'hypothèse où il était encore capable de songer un tant soit peu. « On plaisante pas avec les roustons ! » Ca non ! Les précieuses réclamaient leur attention quitte à devoir elles-mêmes quêter pour en dénicher, dans le despotisme et le sang. Serenei était loin d'être inepte, Lakdahr l'avait compris au même titre que la sirène semblait avoir cerné son époux de sel, lorsque ce dernier convoitait quelque chose, il finissait par l'obtenir d'une façon ou d'une autre et avec peu d'égard s'il le fallait. Guère de vergogne, les larmes et l'hémoglobine étaient deux facteurs qui l'enjôlaient plus que l'inverse. Il soupçonnait l'instinct de survie de l'ondine de s'être urgemment déclenché lorsque ses assauts grivois s'étaient faits plus insistants, et elle n'avait alors eu d'autre choix que subir sa rudesse lubrique, ce dont il avait parfaitement conscience. Il savait que le plaisir, lors du coït, n'avait été qu'à sens unique, et qu'à aucun moment il ne s'était échiné à la faire cambrer de sybaritisme sous ses doigts. Elle était sa femme-sel et demeurait avant tout une femelle aux cavités sculptées pour satisfaire son mâle, peut-être, par la suite, mériterait-elle qu'il s'intéresse à la plausibilité de la combler... Mais pour l'heure, le bélître songeait d'abord et seulement à lui, si ce n'était lors d'une phase préliminaire durant laquelle il s'amusait plus sensuellement de l'anatomie de sa concubine.

S'il n'avait pas l'air davantage ou moins enclin à la courtoisie ou à une quelconque forme de respect qu'à l'accoutumé, le changement était pourtant en marche chez le quidam, lentement mais sûrement. Son intérêt croîtrait au gré de leur privauté, et avec lui, ses bonnes intentions. Mieux encore, la sylphide savait diantrement bien par quels sentiments le prendre, ce qui s'était vérifié la veille au soir lors de leur bain commun et s'assurait une fois de plus en ces prémisses de journée. Tel un bambin encore un peu engourdi par son récent réveil, c'était en se frottant un œil avec intempérance qu'il avait observé la mouvance de la tailleuse qui s'en alla puis s'en revint avec son butin : une gamelle généreusement servie et dont les fragrances auraient fait se pâmer le meilleur des cuistanciers. Le fieffé bâfreur s'y inclina d'ailleurs, tout sens olfactif à l'affût et il huma un grand coup juste au-dessus de la pitance fumante de naissance. La mimique conquise et impatiente qui ornementa son faciès fut le concis résumé de ses pensées, la vénus n'avait pas à s'empourprer de ses facultés culinaires. Il frictionna ses paluches l'une contre l'autre dans un léger ricanement, puis s'arma de ses couverts dans le dessein de lancer les hostilités. Il prit le soin de mélanger – si cela n'avait point été fait par les soins de la jeune femme. - les denrées entre elles pour un rendu plus ragoûtant, avant d'enfourner une immense goulée entre ses lippes affamées. Bien que ses sombres agates ne quittèrent pas son écuelle, il entendit la réponse de son interlocutrice et s'interrogea sur ces choses qu'elle avait eu à faire pour se lever à l'aube, voire avant. Evidemment, il n'eut point la présence d'esprit de se dire que le festin dont il s'empiffrait ne s'était pas confectionné de son propre chef, les lardons n'avaient pas pris l'initiative d'aller mitonnés tous seuls, auquel cas, il en aurait été le premier averti ! Cependant, il ne prit pas la peine de s'enquérir des détails, ses activités restaient exclusivement des délassements et coercitions de drôlesse, rien qui n'était susceptible de l'ébahir ou l'ébaudir, assurément. En revanche, la requête qui lui fut ensuite formulée le laissa pantois, ses onyx se relevèrent doucement pour croiser les abysses de jais qui lui faisaient face. La demande était impromptue, quelque peu saugrenue, où avait-on pu voir un fer-né enseigner l'art du pugilat à une servante ? Si quiconque l'apprenait, ce serait l'opprobre, il serait la risée de ses homologues... Fort heureusement, Lakdahr avait appris à ne pas tenir compte de l'opinion d'autrui, ou l'éhonté risquait de tâter de ses tenailles ! Et s'il sembla sérieusement considérer sa sollicitation, il n'en fut pas moins sceptique quant aux tenants et aux aboutissants.

« Encore heureux que c'est pas contre moi, ha ! Tu l'voudrais que t'y arriverais même pas. » Il se fourvoyait lourdement, ou du moins, feignait d'en être persuadé par soucis de fierté phallocrate et guerrière. L'on ne se défendait pas contre l'Edenteur à moins de vouloir faire durer son plaisir morbide et qu'il ne décide, pour ce faire, de spolier plus qu'une seule dent. Et pourtant, Serenei aurait aisément pu l'égorger comme un pourceau, le vider comme un brochet et le dépiauter comme un poulet pendant qu'il sommeillait comme un loir – sacrée variété animale que tout cela. - et ceci, sans qu'il ne se soit douté de rien. Le danger émergeait souvent de là où on l'attendait le moins... « N'aie crainte drôlesse, les bougres d'ces îles sont pas si terribles. » La galéjade du siècle ! Le mort qui se moquait du pendu ! Mais l'artisan était sérieux, même s'il savait pertinemment que leur plèbe était crûment plus crainte que celle du continent, il avait grandi parmi elle et dans cette barbarie infuse, ce à quoi il était rompu et qui n'avait à ses yeux rien d'anormal. Qui plus est, la dryade bénéficiait d'une immunité... Dont il avait hypothétiquement omis de lui parler. « Puis tu t'en cognes, ici, personne a l'droit de te frapper ou de te tringler à part moi. J't'ai gagnée par le fer-prix, t'es à moi, c'est comme ça dans l'Antique Voie. » Il eut subitement l'impression de jargonner comme jamais, il semblait avoir été totalement inintelligible pour la belle. Exaspéré d'avoir à s'étaler en explications approfondies, le cuistre expectora mentalement sur le nom de Gabriel pour ne pas lui avoir enseigné les bases de la vie sur leur archipel. Preuve s'il en fallait que le quartzeux ne servait à rien, et que Lakdahr n'avait définitivement pas la patience d'être un pédagogue. Mais peut-être allait-il vite en besogne, il n'était pas à exclure que son frère de cœur en ait touché quelques mots à la volantaine, le contraire aurait été stupéfiant. Toutefois, cette dernière avait une pléthore de choses à assimiler, sans compter qu'elle n'était qu'à l'aurore de son apprentissage, aussi ne pouvait-elle point tout retenir. Qu'elle en ait ouï-dire ou non, il n'avait d'autre alternative que d'épurer son discours s'il voulait être clair, ce qu'il fit après avoir levé les prunelles au ciel. « Les fer-nés vivent par les préceptes de l'Antique Voie, avec l'Dieu Noyé et tout le bordel, tu sais ?... Bon, le fer-prix ça veut dire prendre par la force, c'est comme ça qu'on s'approprie les choses, et on touche pas aux propriétés d'un autre fer-né, sinon ça peut coûter cher. C'est pareil pour les femmes-sel, donc l'premier qui te frôle, j'lui arrache les dents une par une pour les lui fourrer dans l'cul. J'lui trancherai p't'être la queue pour la lui foutre dans la gorge aussi, si j'suis de bonne humeur. »

La glose était grossière mais exhaustive, l'on ne pouvait l'être plus ! Si le colosse n'était pas toujours des plus soigneux avec ses affaires, il abhorrait que quiconque les profanes sans son approbation, son courroux ne s'en trouvait que plus ardent. De par son exotisme et les criards atours dont elle se diaprait, nul doute que Serenei serait furtivement remarquée en plein poumon d'une horde de pirates, tous aussi abrupts et maussades que les esquisses d'argentite du paysage. Cependant, posséder une apparence aussi inusuelle la nimberait tout de go du statut de trophée, celui d'un écumeur qui l'avait loyalement gagnée, et de ce simple syllogisme, nul ne se risquerait à l'importuner. Les seules causes de litiges que Lakdahr avait eu à déplorer n'étaient que des oeillades trop langoureuses, mais jamais aucune atteinte physique sur ses concubines d'antan. Il ne doutait pas que la donzelle intégrerait rapidement le réflexe de citer le nom de son propriétaire dans la déclinaison de son identité, puis, les olibrius finiraient intuitivement par l'associer à un protagoniste dont la notoriété n'était plus à faire sur ces îlots. Ce fut alors que vint une idée au jeune homme, qui observa les alentours, visiblement à la recherche de quelque chose. Ses calots churent sur les fameuses dents que sa Pensée Sauvage s'était amusée à aligner hier, il en saisit une – une belle canine, ses favorites. - puis se leva pour disparaître dans la pièce attenante où il approcha du coin atelier de la tailleuse. Il fureta succinctement dans ses bribes textiles et autres fioritures, dans lesquelles il dénicha une ficelle de cuir – et en l'instant, il n'avait cure de savoir si elle comptait en faire usage pour une prochaine confection de son cru. Il s'arrangea ensuite pour y faire pendre l'organe d'opale dur à l'instar d'un pendentif pour le moins truculent et... macabre, qu'il s'en retourna néanmoins remettre à la nymphe encore attablée.

« Tiens. Fais toi s'en un collier, un bracelet, une tiare, j'm'en fous, mais que ce soit en évidence sur toi quand tu sors. » Chaque œuvre de forge était sertie d'au moins l'une de ses dents, un symbole par lequel il estampillait sa besogne et dont on devinait expressément le créateur. Puisqu'il s'agissait d'un signe distinctif que nul n'ignorait ici, autant s'en servir à bon escient, la muse détenait désormais une preuve concrète de son affiliation. Le mestre fêvre en profita pour apposer quelques règles substantielles. « Tu peux faire c'que tu veux quand j'suis pas là, t'es pas obligée de rester cloîtrée ici, mh ? Mais attention, pas d'conneries, parce que c'est sur moi que ça va retomber si tu fais d'la merde ! Que j'aie des embrouilles par ta faute et j't'encastre dans le lit plus que j'l'ai fait cette nuit, et pas en passant par ton trou prévu pour, c'est assez clair ? » La menace sodomite était toujours fructueuse, très étrangement. « Ah et j'veux que tu sois là quand je rentre, j'ai pas que ça à branler de t'chercher sur tout Pyk. »

Et l'ogre plongea face la première dans sa pitance trop longtemps délaissée, le séant pas même encore réinstallé sur son siège qu'il retrouva toutefois bien vite. Sa dernière tirade pouvait être inquiétante, pour la simple et bonne raison que la sylphide n'avait aucun moyen de savoir quand est-ce que le zélateur d'artisanat daignerait pointer le bout de sa barbe. Ses absences se comptaient en heures ou en jours selon les circonstances, parfois en semaines s'il était amené à prendre les flots, cet ultime cas de figure était le seul pour lequel il avait la décence de prévenir qu'il s'en allait folâtrer avec son amante la mer. Pour le reste, ce serait au petit bonheur la chance – ou « Au goût du vent. » comme l'on aimait à le dire sur les Iles-de-Fer. - mais le titan n'hésiterait pas à la tancer si elle venait à manquer à son injonction et à ne pas être présente pour l'accueillir à son retour. Tout le ridicule et l'iniquité d'une situation n'empêchait jamais le bélître de bramer son déplaisir s'il lui en venait l'envie. Cela étant dit, il prit conscience qu'il n'avait malgré tout pas donné suite à la requête qu'elle lui avait soumise, il n'avait fait que contourner le sujet, ce à quoi il remédia aussitôt.

« Mais tu veux t'défendre comment ? Par les poings ? Avec une arme ?... T'as une arme toi au fait ? » La question pouvait paraître idiote, mais il n'avait pas fouillé le sac de toile qu'elle avait emmené avec elle jusqu'ici, ce jour où il l'avait ravie du polacre. Un détail qui aurait pu passer pour une négligence, mais avec le fatras qui s'amoncelait dans les encoignures de la chambre et qu'il destinait à sa forge, Serenei n'aurait eu aucune difficulté à trouver une estoc ou un poignard même émoussé duquel user. A bien y songer, Lakdahr vivait en réalité périlleusement. Puis alors qu'il prenait un gorgeon de son faro, il eut un léger soubresaut. « Mh !... J'ai une idée marrante ! » Le genre de déclaration tout à fait relative, avec l'Edenteur. Celui-ci enfourna une bouchée conséquente puis se leva derechef, il fit signe à la dryade de le suivre et l'amena au centre de la pièce, où ils auraient de l'espace pour s'ébattre. A la suite de quoi, il présenta la paume de sa main relevée. « Vach'y, f'appe ! » Un vas-y frappe laborieusement traduisible, ardu d'articuler avec la bouche pleine et lorsque l'on tentait de mastiquer en même temps. Pour mieux se faire comprendre, il usa de sa paluche libre pour donner deux petits coups de poing d'illustration dans ladite paume qui ferait donc office de cible, et qu'il tendit à nouveau vers la volantaine pour qu'elle l'imite – avec toute sa force, car quitte à se désopiler, autant que ce soit pour une bonne raison.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Serenei
Artisan

Général
Tailleuse passionnée

♦ Missives : 134
♦ Missives Aventure : 20
♦ Arrivée à Westeros : 17/04/2013
♦ Célébrité : Freida Pinto
♦ Copyright : Insuline / Moi
♦ Doublons : Lyessa Reed, Ororya Gargalen, Tyana Veneur
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Femme-sel de Lakdahr L'Edenteur
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles : • Fiche de présentation
• Journal d'aventures
• Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
254/500  (254/500)


Message Mar 4 Juin 2013 - 20:51

Pas le moindre signe de gratitude, excepté cette désopilante manie de se jeter avec l’avidité d’un mort de faim sur sa gamelle remplie. Serenei en venait même à se demander comment le forgeron était parvenu à survivre jusqu’à maintenant – sans femme pour lui servir de quoi sustenter son insatiable appétit et passer derrière lui pour ordonner son quotidien. Lakdahr était un homme d’envergure, à l’image du foutras qu’il pouvait semer sur son passage. Heureusement pour lui, l’exotique jouvencelle qu’il avait arrachée au navire marchand était assez entêtée dans sa rigueur pour s’appliquer à ramasser sans rechigner. La volantaine n’était pas surprise de n’arracher aucune formule de gratitude à son bourreau – en s’y attardant un peu, elle pouvait percevoir un brin de reconnaissance dans la manière dont il se jetait sur ses petits plats. Tant que Serenei se sentait utile, la donzelle ne se laissait pas alpaguer par le désespoir. Quelle bien piètre estime de soi-même avait-on, lorsque l’on se trouvait violemment dépourvu de toute liberté, et de cette manière, de toute ambition… Ce n’était là que le début d’une longue captivité, et la volantaine n’avait pourtant pas chaumé. Elle ne s’était pas découragée dans l’essai d’apprivoiser cet univers et le caractère irascible du forgeron. Un haut-fait entre autre, vu l’énergumène.

Serenei estimait ne pas être une grande bavarde et ne fatiguait guère Lakdahr de ses caprices. Elle crut donc bon de profiter de l’humeur engageante de ce dernier pour lui glisser une requête sortant de l’ordinaire. D’ailleurs, elle put lire perplexité dans ces sombres prunelles qui avaient quitté l’écuelle pour la considérer avec attention. Il était vrai que la demande pouvait paraître cocasse – ne vivait-elle pas avec l’un des plus dangereux fer-né de cette île ? Alors, à quoi bon craindre les autres ? Evidemment, le forgeron lui lança une réplique à la gloire de sa vigueur et de sa toute puissance, ce qui arracha à la brunette qu’une moue prétendument convaincue. Qu’il la mette au défi – son orgueil à lui n’était plus à prouver. Le sien à elle par contre…
Il lui assura dés lors qu’elle n’avait rien à craindre de ses compères – chose à laquelle elle aurait bien aimé croire sans s’y résoudre. Comment pouvait-elle ? Elle avait l’impression d’être une brebis égarée au milieu d’une meute de loups. Tout ce qui était étranger sur cette île semblait dépérir à petit feu. Alors qu’elle le fixait avec circonspection – décidément pas encline à trouver réconfort dans ces paroles – Lakdahr lui expliqua qu’elle jouissait d’une certaine immunité de par son statut de femme-sel. Et oui, car elle était sa propriété et les Fer-nés étaient manifestement très à cheval sur les règles de l’Antique Voie. Un éclat de compréhension anima son regard tandis que le discours de son interlocuteur réveillait quelques souvenirs d’un échange antérieur avec Gabriel. Ce dernier lui avait beaucoup appris, surtout en ce qui concernait sémantique de la langue commune. Si la curiosité de Serenei s’enhardissait de jour en jour, elle avait encore quelques difficultés à tout assimiler derechef.

Quand Lakdahr lui fit connaitre la valeur sécuritaire que lui apportait son statut, la volantaine poussa un soupir vaguement admiratif. Elle n’avait pas vraiment réfléchi au fait que présenter son appartenance à Lakdahr l’Edenteur lui épargnerait bien des soucis. Et pourtant, ça avait sa part de logique. Le titan des Iles-de-Fer avait prouvé le jour de son acquisition que Fer-né ou non, c’était du pareil au même. C’est avec les paluches qu’on démêle un conflit. Il sembla exaspéré de devoir justifier l’ébauche de sa pensée. Elle lui glissa un regard contrit pour l’encourager et grignota distraitement un tronçon de pomme tout en l’écoutant. En fin de compte, l’idée était simple - pas touche aux affaires des autres, sous peine d’en payer de sa vie.

« Charmant. » – Conclut-elle, ayant vaguement compris le châtiment réservé à celui qui oserait la toucher. Ça avait même un quelque chose d’excitant de se dire qu’elle pouvait retourner Lakdahr contre ses pairs au gré de quelques mensonges. Elle ne s’y risquerait pas, évidemment – du moins, pas encore. Lakdahr était quelqu’un d’égoïste et physiquement puissant – un vrai atout entre de certaines mains. Un petit sourire énigmatique vint étirer la commissure des lèvres charnues de la belle, tandis qu’elle reprenait sur un ton taquin. « Tu es le fer-né le plus dangereux de cette île non ? De qui d’autres je peux avoir peur ? »

Elle lui coula une œillade espiègle avant de couper un quart de pomme en lamelles égales. Lakdahr parut préoccupé par autre chose et disparut sans dire mot – ce que l’on pouvait dire, c’était que le caractère mystérieux ne faisait pas vraiment partie du personnage. Voilà de quoi l’inquiétait ! D’appréhension, la jeune femme pencha son buste sur le côté pour lorgner du côté de la pièce adjacente. Quand il revint avec un pendentif improvisé par un lacet de cuir récupéré dans ses affaires et une quenotte blanchâtre dodelinant dans une danse morose, la jeune femme s’en décrocha la mâchoire d’étonnement.

« Pour… Moi ? Euh… » – Souffla-t-elle, recueillant le collier dans le creux de sa main, hasardant un index hésitant sur la canine. Même si l’idée de porter ça prés du corps était loin de lui plaire, le geste était appréciable. Comme un porte-bonheur éloignerait les mauvais esprits, la dent dissuaderait d’éventuels ennemis. « Bonne idée. »

Elle ne montra rien de son dégoût face à cet ornement atypique et le noua à son cou – la question de son propriétaire lui traversant vaguement l’esprit. Elle releva le nez vers son interlocuteur après avoir retourné l’organe entre ses doigts, et toute douceur s’envola de son expression faciale pour laisser place à la gravité. Lakdahr se sentait l’envie de la menacer, comme si cela était nécessaire. Il ne désirait pas qu’elle en vienne à salir sa réputation, ce qu’elle pouvait comprendre – naturellement – sans qu’on ait besoin de se montrer grossier. Serenei ferma les paupières sur une lueur virevoltante de mépris qui venait à embraser son regard. Se sentait-il encore investi par ce besoin de la menacer ? Elle le suspectait d’aimer ça, la voir contrite dans un sentiment de crainte omniprésent. Le couvrant brièvement d’un regard mutin, la donzelle s’installa contre le dossier de son siège, les lèvres imperturbablement closes. Il était grossier, et elle ne doutait guère à ce qu’il aime humilier ses concubines. Les violeurs aimaient toujours ça – humilier. Il était méprisable, et orgueilleux, une brute épaisse sans scrupule. Et pourtant, les quelques bribes de considération qu’il semait fugacement donnaient à réfléchir à la volantaine. Quel paradoxe horripilant. R’hllor lui avait soufflé un manichéisme extrême qu’elle n’avait jamais voulu entretenir en son for intérieur. Sans espoir, sûrement se serait-elle donné la mort avant même d’avoir posé le pied sur Pyk. Elle se pinça la lèvre inférieure, déglutissant avec difficulté le temps de composer une réponse.

« Je cherche pas à contrarier. Je suis sage. Pas besoin de menacer. » – Son ton était neutre, malgré la rancune qui ne demandait qu’à transpirer. Elle picora quelques bouchées d’œufs écrasés, laissant le colosse à sa gamelle, refoulant cette petite graine de colère qui désirer fleurir en elle. Serenei n’avait pas encore mis le pied dehors, mais elle savait que le forgeron avait l’habitude de partir au gré de ses envies, des fois des jours durant. Elle n’avait nulle envie de rester cloitrer ici en l’attendant – mais de toute manière, elle n’avait pas vraiment le choix. Le bruit de leur mastication mutuelle laissa bientôt place au son guttural de la voix de l’Edenteur qui daignait finalement répondre à sa requête. La jeune femme prit quelques secondes pour avaler sa bouchée puis se redressa pour récupérer son baluchon et en sortir un petit poignard de facture ordinaire. Elle le déposa innocemment sous les yeux de son interlocuteur avant de se laisser glisser sur l’assise de sa chaise. « Tu crois vraiment je peux me défendre avec ça ? » – Elle leva ses poings fermés tout en les désignant du chef, ses lèvres s’étirant dans une moue dubitative. « Poignard mieux, même si je sais pas comment faire. »

C’était plutôt cocasse de parler combat avec un barbare tel que Lakdahr. Ils n’avaient clairement pas le même gabarit, et même si le titan Fer-né se plaçait en professeur, elle doutait arriver à faire quoi que ce soit. D’ailleurs, le fer-né fut frappé par une idée, dont la mention « marrante » eut tôt fait d’inquiéter la belle. Alors qu’il l’entraînait vers le centre de la pièce, lui faisant comprendre qu’elle devait essayer de frapper dans ses poings, la mine de la jeune femme se décomposa.

« Quoi ? » – Balbutia-t-elle, plissant sa robe avec un évident malaise. « Te frapper ? » Elle chercha dans son regard le goût de la plaisanterie mais se heurta au sérieux de la proposition. Cet homme là n’avait pas besoin d’un prétexte pour lui en coller une – et il pouvait être aussi incorrigible qu’un gamin lorsqu’il s’y mettait. « C’est toi qui proposes… Hein. »

Mieux valait préciser. Serenei adopta une mine grave, comme si se battre nécessitait toute sa concentration. Nerveusement, elle lissa les plis de sa robe et monta ses poings comme elle avait vu des hommes le faire. Non, la volantaine n’avait jamais distribué de coups de poing. A vrai dire, elle n’en avait jamais eu besoin ! Les paluches du forgeron étaient démesurées – à tel point qu’elle craignait de s’y rompre les phalanges. Elle grimaça légèrement, mâchoire serrée, avant de lancer l’un de ses poings fébrile contre la paume du titan. Dans le même geste, la jeune femme fut déséquilibrée et pivota avant de glisser dans les bras de l’Edenteur. D’ailleurs, ce dernier semblait se gausser de la situation. Qu’avait-il à craindre d’une donzelle aussi fragile qu’impuissante ? De dos à lui, appuyée contre son abdomen tandis qu’il la retenait à lui par-dessous les aisselles, Serenei profita de l’hilarité de son comparse pour faire une nouvelle tentative, s’inclinant de côté pour planter ses doigts dans les côtes du Fer-né. La volantaine était peut-être pas bien douée pour donner des attaques puissantes, mais elle ne manquait pas de ressources concernant les coups improbables et qui réservaient de ce fait son lot de surprise. Profitant de son élan, la femme-sel se hissa sur la pointe de ses pieds pour pincer l’oreille droite d’un Lakdahr pris au dépourvu. Traité comme un gosse, pas sûr que le fer-né apprécie.

« Tu as raison. L’idée marrante ! » – Lui glissa-t-elle, se ravisant aussitôt dans sa prise ridicule pour déposer un baiser sur les lèvres de son professeur. « Le mieux se battre, c’est prendre par surprise, non ? »

Elle esquissa un petit sourire, faisant quelques pas en arrières pour se soustraire à son bourreau. Elle n’était pas sûre que l’initiative soit bien acceptée par l’instigateur de ce jeu. Serenei se rendit vite compte qu’elle ne pouvait guère effacer le sourire amusé qui taquinait ses lèvres. Elle fit le tour de la table, ses sombres prunelles toujours fixées sur Lakdahr comme s’ils jouaient au chat et à la souris. Elle prit appui sur le pan de bois avant de se saisir du poignard et en observer sa lame effilée.

« Je peux pleurer sinon. Avant de frapper. » – Minauda-t-elle. « Ça pourrait p’têtre marcher. »

Il y avait quelque chose d’excitant dans le fait de jouer sans savoir où se dressaient les limites. Lakdahr était un homme dangereux, qui pouvait se révéler susceptible, mais Serenei semblait croire qu’elle avait main mise sur certaines de ses sautes d’humeur.





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Ven 7 Juin 2013 - 22:58

Le titan aussi, du haut de ses plus de six pieds et demi d'irascibilité, pouvait se faire badin et innocemment espiègle. Nombre de ses lubies et marottes amèneraient à conclure qu'au revers du bourreau à l'immense hache et aux tenailles, se camouflait un poupon qui n'avait diantrement pas fini de murir - avait-il seulement commencé ? Tel un bambin capricieux et versatile, tant que l'on ne faisait pas d'ombre à ses extravagances, il pouvait être vivable à défaut de profondément affable. Sa défunte mère avait fait de lui un petit prince parmi cette plèbe d'ostrogoths, un homme qui considérait comme tout à fait normal la soumission et l'obédience des femelles l'entourant, celles acquises au prix du sang et de la conflagration comme celles qui étaient inaptes à manier une arme et à avoir leur place de mataf sur un quelconque boutre. L'on respectait les harpies qui savaient rugir d'une voix de rogomme et étaient enclines à trancher les chairs sans rendre gorge, car il fallait se mettre à la hauteur de leurs mâles si elles désiraient obtenir un semblant de considération. Pas d'insurrection parmi les femmes acquises au fer-prix, au risque de rejoindre les abysses dans des sacrifices au Dieu Noyé, celles qui s'y étaient essayées n'étaient guère plus de ce monde pour en témoigner. Mais tant qu'il n'en aurait pas décidé autrement, Serenei ne serait point la proie de péril ou de trépas, il préserverait jalousement sa survie et défiait quelque bougre que ce soit d'aller à l'encontre de cette résolution. Toutefois et en réalité, les fer-nés n'étaient pas la véritable menace dont la volantaine devait se méfier, le spectre de l'insécurité venait bien davantage des autres donzelles de son acabit, celles qui entretenaient tant leur lieu de captivité que la lasciveté de leur maître. Jalousie ou simple fiel sans fondement, car il nécessitait un bouc émissaire pour leur leurs tribulations, pour cette abjecte anathème que d'avoir un jour croisé la route d'un corsaire des Iles-de-Fer. Toutes les pauvrettes n'étaient guère dénuées de mauvaises intentions, ni même solidaires dans le malheur, ce que la sirène des Cités Libres risquaient d'apprendre à ses dépends si elle ne faisait pas preuve de suffisamment de prudence et de sagacité. Si forfait de la part d'une autre servante il y avait, alors, Lakdahr se plaisait à savoir que sa concubine pourrait poursuivre les négociations à l'aide de ses poings, les pugilats étaient – selon lui. - la réponse à tout problème sans issue visible.

De ses délicates menottes davantage accoutumées à oeuvrer dans la subtilité du tissu aux pusillanimes courbures de ses muscles, il doutait qu'elle ait déjà eu à pancracer qui que ce soit, d'où tout l'intérêt de l'exercice qu'il lui proposait. Tandis que ses jointures maxillaires travaillaient de concert pour mastiquer la pitance qui couvrait ses papilles, il contempla l'emphatique concentration de la demoiselle, et se prit même à en ricaner tout en tentant de ne point s'étouffer par la même occasion. Puis, elle envoya son coup, heurtant la paume rêve et solide du mestre fêvre qui ne bougea pas d'un pouce. Pis encore, elle mit à mal son équilibre et en vint presque à choir en pâmoison dans les bras de son époux des îles, qui eut la bonté de la rattraper pour lui éviter la culbute. Après avoir dégluti sa bâfrée, le jeune homme s'esclaffa gaiement et dans un élan quelque peu gouailleur, car il fallait bien l'admettre, le mouvement avait été aussi beau que ridicule ! « La branlée tu la maîtrises pas dans tous les domaines ! Haha ! » Rien de plus savoureux qu'un commentaire graveleux dont il n'était qui plus est pas peu fier ! Toutefois, il concéderait volontiers qu'elle y avait mis de la détermination, et avec un peu d'entrainement, nul doute qu'elle parviendrait à faire quelque chose de ses phalanges. Mais alors qu'il se désopilait, il ne vit pas arriver l'offensive somme toute chafouine et il soubresauta sensiblement au contact dans ses côtes. L'attaque l'avait pris au dépourvu plus qu'elle ne l'avait fait souffrir – il en fallait bien plus pour traumatiser son corps d'une quelconque douleur. - et il ne fut pas plus preste lorsqu'elle lui pinça l'oreille à l'instar d'une génitrice sur le point de tancer son enfant. Par réflexe, le titan s'inclina vers l'avant et s'apprêta à pester sur la bassesse de telles méthodes avant qu'un papillon ne se dépose tout fugacement sur ses lippes. Le baiser dérobé le laissa agréablement pantois, il n'en avait jamais tant attendu de la part de la sirène, même si, il le savait pertinemment, cela ne revêtait aucune réelle importance. Qu'il l'écoeure au point de la faire fuir tout contact intimiste ou non n'était qu'un détail duquel il ne s'incommodait en apparence pas, mais constater que cette conjecture n'était pas véridique avait un quelque chose... D'attrayant, d'un indicible enchantement. En d'autres circonstances, peut-être l'aurait-il admonestée pour s'être ainsi jouée de lui, mais aujourd'hui, l'Edenteur était de bonne humeur. Ainsi donc, il ne prononça mot et se contenta de la mirer avec un certain amusement et ce qui s'apparentait à de la légèreté.

De ses sombres agates, il suivit son déplacement avant de s'approcher également de la table pour y saisir son écuelle et finir une bonne fois pour toute le contenu. La sylphide s'épancha alors de ses pensées et de techniques guerrières peu usitées chez des combattants tel que Lakdahr, qui préférait l'affrontement dans toute sa brutale splendeur. D'un revers du poignet, il essuya sa bouche et sa barbe finement taillée tout en se mettant face à la belle, qu'il observa d'un air inquisiteur comme s'il désirait passer outre son joli minois et lire en elle. « Y a que les couards et les femmes du continent pour agir comme ça. C'est ton adversaire que tu dois faire chialer, pas l'inverse, et y a rien d'méritant à l'enculer sans l'prévenir. » Les véritables guerriers ne pouvaient que mépriser les pleutres, mais Serenei n'était pas une combattante et n'avait rien à prouver en ces termes, il n'avait donc point matière à lui en tenir rigueur. Les drôlesses dans son genre ne pouvaient assurément pas faire mieux, et l'on luttait avec les moyens que l'on possédait. Cette nitescence soudainement venimeuse chez la naïade plaisait néanmoins à la demi-seiche, qui en trouvait son goût pour la dangerosité érotiquement stimulé. L'une de ses paluches harpa promptement la main armée de la jouvencelle, comme pour s'assurer le contrôle de la situation si l'idée de lui ficher son poignard en plein pectoral lui venait. Il l'attira ensuite à lui, glissant ses doigts libres à la cavité de ses reins tout en la conglomérant à lui, un rictus ébaudi et intéressé à la commissure des lèvres. « Si tu fais ça t'as intérêt à bien viser, car la réplique risque d'être... Salée. Et j'suis pas le seul ici à avoir de l'imagination en matière d'tortures et d'mort... » Elle était prévenue, mieux valait qu'elle parvienne à occire sa cible du premier coup, car il doutait qu'il puisse y en avoir un second. Puis, le forgeron biaisa son regard sur la lame, dont il fit succinctement l'expertise. « J'te donnerai un meilleur poignard, même si on dit que lame émoussée fait durer le plaisir, autant qu'elle puisse bien couper dans ton cas. »

Il ponctua sa tirade d'une claque sur le séant de la volantine avant de s'en éloigner. Il s'en alla quêter d'un haut dont il se vêtit, avant de récupérer son ceinturon dont la sacoche latérale contenait quelques précieux outils, et de s'immobiliser au centre de la pièce où il fit tonner son phonème naturellement guttural. « J't'apprendrai à frapper comme un vrai bougre, si tu veux, le poing c'est moins mortel qu'une arme mais tout aussi efficace quand tu sais faire. » Lakdahr s'intéressa subitement à la table sur laquelle il avait omis un détail substantiel : sa pinte, dont il s'empara pour en lamper le contenu. « J'vais faire un tour, j'reviendrai sûrement ce soir ou dans la nuit... Tu peux m'préparer un bain si tu veux. » Une fine risette aux lippes, il haussa les épaules dans une touche frivole, une once d'humour qui n'était guère à prendre au mot même s'il ne serait nullement étonné qu'elle remplisse la cuve pour son retour. Se disant, le colosse renâcla puis se détourna simplement, il se dirigea vers l'huis de la chambre et l'ouvrit pour en passer l'encadrement – non sans prendre soin de se baisser pour ne pas en embrasser le coin. L'instant d'après, la porte de bois piaulé en se refermant derrière lui, abandonnant la jeune femme à son usuelle solitude, sans même qu'elle n'ait bénéficié d'une quelconque tendresse ou d'un geste d'au revoir avant le départ du bélître. Mais les choses étaient ainsi, au bon vouloir de ce dernier, pour le meilleur, et pour le pire.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Toutes les fatalités doivent être servies avec intelligence.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Martelly,Deza et Thunder DOIVENT CHOISIR DE VIVRE AVEC OU DE MOURRIR SANS EUX
» Environnement: Les pays riches doivent des billions aux pauvres
» Bonjour dans toutes les langues
» [MDJ / PNJ] - La Fatalité, La Presse et l'Anonyme
» [RP] Toutes voiles dehors ! Souquez les artimuses !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-