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Briser le silence des routes ...

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Message Jeu 18 Avr 2013 - 20:13

En cette fin d'après midi un vent marin à décorner les bœufs s'était abattu sur Port-Réal, il était accompagné d'une fine pluie qui sans vous geler les os n'en était pas moins d'une sournoiserie peu commune à l'égard des vêtements. La mer était remontée et n'avait pas facilité les choses pour que le navire sur lequel Lotho se trouvait puisse enfin s'arrimer au quai, arrachant un soupir fourbu mais heureux à l'équipage. La baie de la Néra se trouvait être une compagne dotée d'un fort caractère dans ces moments là et il s'en était fallu de peu pour qu'ils ne mouillent l'ancre dans une crique mieux abritée en attendant que le temps se calme.

Aussi le danseur d'eau fut-il on ne peut plus heureux de pouvoir enfin retrouver le contact ferme et inamovible du quai. Du coin de l’œil il remarquait que cet enthousiasme se communiquait parmi tout ses compagnons de route, une attitude on ne pouvait plus logique au vu de ce qu'ils venaient d'affronter. Cet instant d'euphorie passé, il allait falloir décharger la cargaison qu'ils avaient amenés depuis Goëlville, le plus grand port du Val d'Arryn. Avec l'automne, il était bien plus sûr de faire transiter les marchandises par bateau plutôt que d'aller risquer hommes, charrues et bœufs sur les tortueux sentiers de cette région escarpée. Un choix judicieux qu'avait fait l'employeur de Lotho et dont ce dernier n'avait pas eu à se plaindre, si ce n'était cette dernière manœuvre d'amarrage dont il avait douté de la viabilité.

Mais quoiqu'en ait dit son pessimisme ils étaient bel et bien à bon port, pour sa plus grande joie. S'empressant de retrouver son employeur, il échangea quelques dernières banalités avec lui avant de se faire régler ses gages pour le travail qu'il venait d'accomplir. Le marchand fut ravi d'apprendre que le spadassin comptait s'établir de façon un peu plus régulière à Port-Réal pour l'hiver qui s'annonçait. Cela augurait d'opportunités de trouver facilement des contrats d'escorte, une nouvelle ne dénotant pas d'une certaine saveur aux oreilles de Lotho. L'affaire entendue, il récupéra enfin sa solde et, paquetage sur l'épaule, entama d'un pas vif la marche sous la pluie insidieuse de cette fin d'après-midi.

Habituellement il profitait de ces retours pour flâner dans les rues avant de se rendre à la Halte Ombragée, son refuge habituel. Mais cette fois-ci il n'en serait rien tant le temps ne prêtait pas à la rêverie. Forçant le pas, le braavien traversa des ruelles étroites en guise de raccourci tout en bénissant les dieux que ces dernières ne soient pas déjà transformées en torrents boueux. Cette rigueur propre au climat automnal ne saurait pourtant bientôt tarder, mais là n'était pas la question. Mieux valait profiter de pouvoir encore se garder quelques temps d'encrasser ses bottes même pour un trajet de cent pas.

Le ciel, devenu menaçant, prévint de la soirée particulièrement chaotique à venir par le grondement lointain du tonnerre. Il ne ferait décidément pas bon se retrouver dehors ce soir, ce qui n'était absolument pas la volonté du danseur d'eau. Après plusieurs jours en mer il n'avait plus envie que de retrouver le confort de l'auberge où il avait élu résidence, de goûter à la chaleur de l'âtre dans la pièce à vivre, de disserter sur des banalités avec les autres clients ... Mais surtout et avant tout d'écrire !

Cela fait en effet bien longtemps qu'il n'avait poursuivi la rédaction d'un nouveau tome de ses voyages, ceux qu'il expédiait aux membres de sa famille pour que son exil leur soit moins pénible et surtout inquiétant. Craignant qu'un voyage en bateau ne soit trop dangereux pour le parchemin en cours de rédaction et limité par la place dont il disposait sur le navire, il s'était résolu à le laisser à l'auberge. Il allait avoir bien des choses à coucher sur le parchemin tant les expériences n'avaient pas manquées ces derniers temps ... A n'en pas douter il commencerait pas la chasse du Bois du Roi, une bien étrange expérience qui ; aux cotés d'une taciturne mais efficace nordienne, était passée de chasse à sauvetage. Oui, cela serait une très bonne première partie pour ce nouveau tome ...

Enfin le danseur d'eau arrivait à la destination qu'il s'était fixé, goûtant à l'oreille au bruit ambiant à l'intérieur de l'auberge. Avec ce temps de cochon, il semblait bien que les manouvriers et autres habitués s'étaient donnés rendez-vous légèrement plus tôt que d'habitude. Voilà bien quelque chose qui avait du mettre Galt, le tenancier, de bonne humeur pour le plus grand plaisir du danseur d'eau. Ce dernier traversa la rue et posa une main ferme sur la poignée de l'huis qu'il poussa fermement. Une chaleureuse bouffée d'air chaud lui enveloppa le visage, lui faisant plisser les yeux et informant ses narines que la cheminée accueillait certainement une viande sur sa broche. Les rires, les discussions à haute mais pas forcément intelligible voix ...

Oui, c'était typiquement l'ambiance qu'il s'attendait à retrouver en revenant dans le seul endroit qu'il aurait presque pu désigner comme étant son foyer. Cette sensation lui fut en quelque sorte confirmée lorsque Galt l'aperçut et lui adressa un franc sourire, Lotho s'en alla à son encontre, les traits tirés mais en lui rendant sa bonne humeur. Criant presque pour couvrir le bruit ambiant, l'aubergiste entama la discussion :


- Enfin de retour ! Comment ça s'est passé ?
- Les derniers instants du voyage ont étés un peu chaotiques tu t'en doutes bien avec ce temps de chien ! Mais dans l'ensemble c'était totalement positif je dois bien l'admettre !
- Parfait ! C'est sûr que le temps ne fait plus de cadeaux désormais, mais il faut bien gagner sa croûte. Tu prends un verre ?
- Non mon ami, je pense que je vais plutôt me reposer à l'étage dans ma chambre. Fait moi monter une collation quand tu auras cinq minutes, il me semble particulièrement hasardeux que je daigne mettre le nez dans la salle à vivre ce soir.
- Comme tu le veux, vieux brigand. Isabeau t'amènera tout ça un peu plus tard dans la soirée.
- Merci. Et un cruchon de vin, quand même. C'est pas la pluie qui coupe la soif.
- Ah ça, surtout la tienne !

Lotho adressa un regard amusé au plafond tout en quittant le comptoir pour se diriger vers l'escalier. Certes nombreux étaient les clients qui n'avait pas son amour du vin, y préférant la bière, mais néanmoins il ne se considérait pas comme un boit sans soif. Lors de son travail il ne touchait pas à ce délicat breuvage, l'appréciant d'autant plus dans les autres moments. Mais allez tenter d'expliquer ça alors que tout le monde dans la salle avait déjà attaqué la soirée, c'était peine perdue il fallait bien le dire.

Après avoir gravi les escaliers, le danseur d'eau tourna à gauche et ouvrit la porte de la première chambre dans cette même direction. La lumière obstruée par la fin de cette journée et les nuages éclairait à peine assez la pièce pour qu'il puisse localise le porte-bougie et le briquet à amadou. Il posa son baluchon sur le lit avec de se saisir de l'instrument et de s'y reprendre à quelques reprises pour allumer la mèche de la bougie. Une fois cela fait il profita d'un moment de répit pour changer de vêtements, puis il s'installa à son étude, une simple table appuyée contre le mur et accompagnée d'une chaise de facture tout aussi modeste.

Comme toujours lorsqu'il se précipitait dans son départ, les parchemins étaient posés ça et là sans réel sens de l'organisation. Il fut néanmoins content de voir que rien n'avait été déplacé en son absence, bien qu'il n'en aurait jamais soupçonné Galt ou ses serveuses. Mais un curieux ayant séjourné à l'auberge aurait bien pu s'y risquer, ce qui aurait fortement incommodé le poète. Avec un soupir de satisfaction, il s'étira pour saisir une petite sacoche en cuir qu'il gardait habituellement à la ceinture et en sortit son encrier ainsi que le stylet en os de dragon et incrusté de pierres précieuses qui lui avait été offert par Saathis lors de la chasse du Bois du Roi.

Se perdant un temps dans la contemplation de ce magnifique objet, il fut sorti de sa rêverie par l'arrivée d'Isabeau qui lui apportait la boisson qu'il avait demandé. Après l'avoir remercié, il se servit un verre du nectar rubicond et en savoura une première lampée en triant les différents parchemins. Des poèmes, des ébauches de pièces de théâtre, un traité sur les différentes contrées des sept couronnes. Voilà les sujets dont traitaient tous les sujets que Lotho travaillait à l'heure actuelle, mais il n'était pour l'instant pas pressé de se remettre à ces écrits. Débouchonnant son encrier, Lotho y trempa le stylet et sortit un parchemin vierge. Après une longue respiration, il se mit à composer les débuts du nouveau tome de son voyage.

Les mots défilèrent pendant quelques heures, relatant avec sincérité les composantes de la vie du danseur d'eau, ses pensées, ses amertumes, ses espoirs. Même lorsqu'on lui monta sa collation il la mangea sans y prêter toute l'attention qu'une viande aussi savoureuse aurait nécessité tant il se voulait dévoué à son art, aussi quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'en plein milieu de la nuit, l'on toqua à sa porte. Personne ne se donnait d'habitude cette peine, tout au plus s'annonçaient ils en actionnant la poignée. Intrigué, Lotho reposa le stylet et se leva pour se rapprocher du baudrier qui, accroché à l'armoire, soutenait sa rapière. D'une voix intriguée et teinté d'un brin de méfiance, il énonça :


- C'est ouvert, vous pouvez entrer ...

Qui donc, à une heure aussi tardive pouvait bien lui rendre visite ? Ce n'était pourtant pas ses voisins de chambrée qui auraient pu se plaindre du bruit qu'il faisait ...
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Shaïra Seastar
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« En languissant définiront mes jours »

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Message Dim 12 Mai 2013 - 15:31

« Ce n’est pas une bonne idée… » Se lamenta le jeune homme aux abords de sa maîtresse. Le teint pâle et l’air sombre, il la mira avec insistance de ses yeux noisette suppliants, l’appelant désespérément à entendre raison, l’implorant presque. Il savait pourtant qu’il fallait toujours qu’elle n’en fasse qu’à sa tête, quitte à prendre des risques inutiles elle refusait de courber l’échine. L’idée de rester dans l’attente et d’être soumise à la sentence de l’autre lui était désormais insoutenable. Maudit dragon. « Je persiste à croire qu’il serait préférable de le lui demander lady Shaïra… » L’émeraude et le saphir se plantèrent en lui, assassines et le défiant d’oser poursuivre dans son point de vue divergent. Toutefois et bien qu’Aaron ne se considérait pas comme indispensable auprès d’elle, il était certain qu’elle ne l’expédierait pas hors de ses appartements sous le simple prétexte qu’ils étaient en désaccord. Alors, il se gorgea d’audace et enchaîna d’une voix ferme. « Il est en charge de la sécurité du Donjon Rouge et de ses habitants… Que vous le vouliez ou non vous y êtes incluse. Et puis, c’est ridicule ! Vous êtes amis, je suis sûr qu’Alrik entendra votre requête et comprendra que… » Paisiblement – sans doute trop – la sylphide éleva la main pour lui imposer le silence et susurrer d’une voix douce. « L’Amitié est une notion qui perd de son sens quand le devoir entre en jeu, tu devrais le savoir. De plus, il n’a pas à être tenu au courant de tous mes déplacements… C’est le Commandant, il… Pardon. Je ne veux pas qu’il soit au courant de tous mes déplacements. Néanmoins je ne suis pas inconsciente, tu as prévenu les soldats dont je t’ai parlé ? Oui, ils nous attendent à la poterne… C’est parfait. Tu vois bien qu’il y a nulle raison de s’inquiéter… Les Dents de Freux ont bien d’autres préoccupations plus importantes que de m’escorter en ville pour une affaire d’ordre privée, ma garde personnelle est faite pour cela. Certes mais il aurait été encore plus préférable de laisser cela au jugement d’Alrik et… Aaron. » Tout en délicatesse elle avait déposé son index sur ses lèvres pour le faire taire, et si la gestuelle demeurait extrêmement bienveillante il sut immédiatement qu’il était préférable de ne plus insister. « Ma décision est prise. Pas d’Alrik. Pas de Dents de Freux. Nous y allons maintenant. » Bien que fondamentalement elle n’aurait pas été contre la compagnie de certains des hommes du Freux, tel l’élégant Sébaste ou l’amusant Leyan, il n’était pas question de perdre l’occasion qui s’offrait à elle de rejoindre discrètement la ville et sa Halte Ombragée. Alrik risquait de poser des questions embarrassantes et de refreiner son impulsion, notamment car elle avait appris qu’il avait eu quelques démêlés par le passé avec le poète qu’elle escomptait retrouver. De quel nature et pour quelles conséquences elle l’ignorait, mais la prudence – et la transgression, il lui fallait bien l’avouer – étaient désormais de mise dans ses rapports avec le chevalier. Elle le provoquerait jusqu’à ce qu’il sorte de son mutisme et n’ait plus d’autres choix que de la confronter. En revanche et pour l’heure, des objectifs d’une toute autre nature lui occupaient l’esprit. « Pars devant Aaron, je vous rejoins. »

Il était temps à présent, de se préparer à confronter le monde. A l’abri dans son alcôve la sylphide s’étudia d’une lorgnade dans le miroir, juge critique et impardonnable qui mit de longues secondes à se décider sur la sentence à imposer. La lady avait coutume de se préparer seule – ce qui d’ailleurs entretenait un mystère opaque sur ses soins et habitudes, alimentant les rumeurs ragoûtantes autour du masque de sang de vierge et autres fantaisies du même acabit – et cette fois-là ne dérogea pas à la règle. Avec son reflet pour seule compagnie elle choisit méticuleusement sa tenue en prenant en compte chaque détail, car toute entrevue était une représentation qui méritait son décor et ses accessoires. En pièce principale une robe longue en dégradé de pastels, façonnée conjointement de mousseline et de tarlatane elle était donc incroyablement légère et vaporeuse, constituée de voiles valsant harmonieusement autour d’elle et dévoilant à la dérobée le galbe de nacre de ses bras et de ses longues jambes fuselées [ici]. Le tout demeurait comme toujours simple, allant à l’essentiel pour mieux le sublimer plutôt que de s’égarer en inutiles fioritures. Le tailleur avait bien eu quelques élans de lyrisme en brodant discrètement des esquisses de dragons et d’astres des mers mais il fallait plisser l’œil pour les discerner dans les plis et replis changeant du facétieux tissu. Quand bien même ce sont par des petits détails que l’on façonne une œuvre et l’artisan ne s’y était pas trompé. De tels vêtements n’avaient guère besoin d’un étalage de bijoux pour se parer de préciosité, aussi seule une discrète tiare d’argent sertie d’un émeraude et d’un saphir habillait sa chevelure, cascade de boucles d’or et d’argent qui fluait souplement jusqu’au bas de ses reins. Le temps était capricieux et les ruelles de Port-Réal ne permettaient pas l’usage facile de carrosse, aussi avait-elle décidé qu’ils progresseraient à pieds… Un choix quelque peu terni par l’eau que déversait continuellement le ciel depuis plusieurs heures, mais elle n’avait plus vraiment le temps de faire des arrangements. La nuit s’était déjà emparée de la cité et bien qu’on lui avait précisé que le braavosi avait directement pris le chemin de l’auberge une fois amarré, il n’était pas dit qu’il y reste éternellement. La surveillance et la trace avaient leurs limites : si elle avait chargé Aaron et ses mille yeux – douce ironie – de guetter le retour du danseur d’eau, ce n’était pas pour le laisser filer à nouveau sur les routes sans lui avoir confié la lettre de son frère. Elle avait d’importantes nouvelles qu’il se devait d’entendre, et tout ceci avait déjà trop tardé. Il faudrait affronter la pluie ! Pour se faire elle avait choisit d’enfiler un long manteau d’un gris si lumineux et satiné que sous les rayons de lune, il parût d’argent aux yeux des quelques patrouilles qui la virent se diriger innocemment vers le mur nord de la forteresse.

Le Donjon Rouge possédait de nombreux mystères, de multiples passages secrets serpentaient en ses murs telles des veinures et si beaucoup avaient été oubliés, certains connaissaient une nouvelle heure de gloire et faisaient le bonheur des espions et autres agents. Mais épier la cour n’intéressait que peu la lady, son intérêt s’était en l’occurrence et depuis de longues années plutôt porté vers les moyens annexes de sortir de la forteresse sans être repéré. La poterne du nord en était un et permettait de descendre en ville par l’allée de Sombrenoir, à partir de là la route ne serait pas longue avant de parvenir à la Halte Ombragée. Derrière la porte dérobée de la fortification, attendaient à quelques pas Aaron et un groupe de gardes de confiance. Ils la rejoignirent dès qu’ils l’aperçurent tandis que Shaïra abaissait doucement sa large capuche sur son visage. Si sa noblesse était évidente, il n’était pas nécessaire que les passants devinent son sang Targaryen par un simple coup d’œil sur sa chevelure. Soucieux Aaron s’était penché vers elle pour une ultime tentative de dissuasion, murmuré sur le ton de la confidence. « Vous n’êtes pas obligée de venir vous-même… Confiez-moi l’épître et je le lui remettrai, vous savez que vous pouvez me faire confiance… » Elle releva tranquillement ses prunelles sur son minois et lui offrit un sourire qui mua un murmure doux mais sans appel. « Certaines choses ne sont pas destinées à être rapportées par un tiers. C’est à moi de m’en charger, c’est une promesse que j’ai faite. » Le jeune homme étouffa un soupir au fin fond de sa gorge et ne tenta plus d’empêcher l’inéluctable : d’un pas sûr et rapide – dans l’espoir sans doute d’échapper à l’averse – les quelques âmes se mirent en route pour la Halte Ombragée.

C’était une aventure étrange et inattendue, et cet homme qui lui avait menti – ou plutôt savamment épargné la vérité, plaiderait-il sûrement – méritait-il vraiment qu’elle se donne toute cette peine ? Lotho Volentin… Elle se souvenait parfaitement de leur première et dernière rencontre, il avait été d’une délicieuse compagnie et s’était égaré à sa demande à l’évocation de son exil… Il avait seulement omis de préciser que depuis, il était activement recherché par des assassins et que par conséquence, le retour était impossible et l’échange avec sa famille rendu particulièrement difficile. Faits que son frère Gabriel avait laissé entendre par accident, songeant sans doute qu’elle était au courant des détails. Pouvait-elle toutefois décemment lui en vouloir ? Son orgueil s’en était momentanément trouvé bafoué, sans compter que cela donnait raison à Alrik et ses discours sécuritaires… Néanmoins ce n’était pas pour le blâmer qu’elle le recherchait, mais pour se faire corbeau aux ailes noires. Le père de l’exilé avait rendu son dernier soupir et puisqu’il était en son pouvoir de l’informer de ses derniers mots, il était normal qu’elle s’acquitte de ce devoir… La suite serait ce qu’elle devrait être, Shaïra ne savait pour l’heure pas exactement ce qui pouvait l’attendre. La troupe parvint rapidement aux portes de l’auberge, deux gardes y restèrent pour surveiller la sortie tandis que la dragonne et sa petite suite s’engouffrait à l’intérieur. Aaron se chargea d’aller quérir des informations auprès de Galt pendant que sa maîtresse, mouillée et frigorifiée, se réchauffait auprès de la cheminée. Elle profita de ces quelques instants pour laisser son regard courir dans le lieu et sur les visages qui l’habitaient, elle avait si peu l’occasion de se retrouver parmi le peuple que c’était toujours une expérience intrigante. Malheureusement les bras armés l’entourant la cloisonnait toujours à une certaine solitude, l’emmitouflant dans une bulle aussi protectrice qu’étouffante. Pour l’heure résignée, elle jeta un coup d’œil chagrin au bas de sa robe souillé par quelques inévitables éclaboussures de boue et évita soigneusement de s’asseoir sur un tabouret à l’hygiène qui lui paraissait… Douteuse. Une lady dans toute sa splendeur, elle s’en rendait bien compte et ne put qu’esquissa risette malaisée en réponse aux regards insistants des quelques serveuses qui passaient près d’eux. Aaron revint finalement auprès d’elle et hocha la tête vivement en réponse à sa question silencieuse : il était toujours ici. L’agent ouvrit la marche pour gravir les escaliers, suivi de sa dame et de deux gardes qui la talonnèrent de près. Quel cortège… Elle retint un sourire entre ses lippes closes et rejoignit le jeune homme à côté de la porte. Tel qu’il en avait été convenu et en dépit du regard dépréciateur de la dragonne, les gardes s’avancèrent les premiers et entrèrent après y avoir été invités, la main sur leur arme. Une démarche qui révulsait parfaitement Shaïra mais qu’elle avait été contrainte d’accepter, « au cas où on nous tendrait un piège ». Elle s’y plia, mais fut très vite pressée d’intervenir… Constatant que le braavosi était proche de son arme – et malheureusement tout deux frappés d’une xénophobie aigüe – ils virent dans cette précaution une menace et tirèrent de concert leurs armes. « Ne tentez rien étranger, vous le regretteriez… » Engoncés dans leur armure ils occupaient presque toute l’entrée mais il n’était pas question de rester en arrière et de les laisser dépecer cet homme après tout ça ! La situation aurait tôt fait de dégénérer entre exilé se sachant poursuivi et soldats zélés. En vain Aaron essaya de retenir sa maîtresse par le poignet mais celle-ci se dégagea d’un geste frondeur avant de se faufiler dans l’espace laissé que les gardes avaient laissé entre eux. « Cessez donc d’être idiots et sortez. » Malgré l’ordre les deux hommes parurent hésiter, l’œil méfiant, mais cédèrent finalement lorsque l’index de la dame pointa la sortie avec un palpable agacement. Ils se retirèrent et Aaron ferma la porte à regret, bien que tout ce beau monde demeura sur le pallier. « Je suis navrée pour cette intrusion… Il n’y a pas plus diligents que des gardes naviguant en eaux prohibées. » Bien qu’ils n’avaient rien de concret à se reprocher, aucun de ces hommes ignoraient qu’ils flirtaient avec les lisières de l’interdit en venant ici. « Mais il fallait que je vous vois à tout prix, Lotho… Mais d’abord, comment vous portez-vous ? » La question de comment en venir aux propos de la missive ne la quittait pas, mais elle ne pouvait lui annoncer cette terrible nouvelle de but en blanc. D’autre part, s’enquérir de sa santé était une sincère préoccupation. Même si le pauvre homme devait bien se demander ce qui lui pendait au bout du nez… ! Il était également inconcevable de le laisser croupir dans l’angoisse, mais elle hésitait. Devait-elle le lui expliquer elle-même, susurrer de sa voix la plus douce qu’elle avait reçu des nouvelles des siens et qu’il fallait qu’il soit fort ? Ou bien serait-il plus simple de simplement glisser la lettre entre ses mains et de le laisser en prendre connaissance en silence, ses phalanges peut-être déposées sur son épaule en guise de soutien ? Elle ignorait quelle serait la manière la moins cruelle de lui présenter la chose. Toutefois, il fallait bien que le tout s’amène, délicatement si possible… « Depuis notre dernière rencontre j’ai reçu de merveilleux ouvrages et une lettre écrite par votre frère, qui s’enquit de vos nouvelles et m’a également conjuré de vous en donner. » Précipiter l’aveu aurait été des plus indélicats, aussi patienta-t-elle pour lui laisser l’opportunité de répondre et d’amener plus progressivement la confession. « Ce qui n’a pas été d’une grande facilité, vous être un braavosi difficile à dénicher Lotho. Quelques rumeurs me sont bien parvenues mais j’ignore lesquelles sont vraies, on entend tellement de choses… » Ainsi parlait-on d’un réseau d’esclavagisme démantelé ou d’une terrible créature traquée dans le Bois du Roi, mais il était toujours délicat de faire aveuglément confiance aux bruits de couloirs. « Si bien que lorsqu’on m’a informé que vous étiez ici, et même si je n’y croyais pas entièrement, je n’ai pas hésité bien longtemps à prendre la route… » Il savait que c’était chose rare, elle lui avait autrefois confessé ne sorte que rarement, bien trop rarement de l’enceinte du majestueux Donjon Rouge. Et si lui-même y avait été convié, rare privilège, c’était également une chose très peu commune. « Et à présent, je suis plus boueuse que jamais. Contemplez votre œuvre mon cher ! » S’il n’y était pour rien ? Certes, mais c’était loin d’être une excuse suffisante, évidemment ! Il y avait bien un autre point qui la titillait, mais il n’était pas l’heure de parler de l’exil et des risques qui pesaient sur les épaules de Lotho Volentin. Elle le savait traqué désormais, mais son encombrante escorte existait pour annihiler ce genre de risques. Ils avaient donc tout le temps de discuter, de comprendre, et peut-être de s’épancher car si la Mort faisait parti du quotidien d’un danseur d’eau, même un spadassin n’a qu’un seul père.


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Message Lun 10 Juin 2013 - 16:08

La porte s'ouvrit sans mal mais avec une vivacité et un manque de savoir-vivre qui durcit le regard du Danseur d'Eau. Quelles que soient les intentions du visiteur nocturne elles ne semblaient pas des plus amicales envers sa personne. Cette inquiétude eut tôt fait de se confirmer avec le regard des des gardes engoncés dans de lourdes armures qui, dès qu'ils le virent, affirmèrent leur prise sur leurs armes. Ce genre de présentations avaient tôt fait d'avoir raison de la sympathie et de l'hospitalité du spadassin qui dégaina Repentance dans un bond de recul, attrapant un tabouret dans sa manœuvre, pour s'en servir d'armes de parade.

Les quelques mots qui lui furent adressés par l'un des gardes eurent tôt fait de lui faire nourrir les plus cyniques des craintes concernant la raison de leur présence ici. Mais il avait beau tourner et retourner les dernières semaines dans sa tête, il lui semblait bien qu'il n'avait été le fâcheux de personne. Bien au contraire depuis l'éclat du démantèlement du réseau d'esclavage de Bauduin on pouvait même dire que sa côte de popularité était au plus haut. N'ayant personne à dos en ville et ne s'étant aventuré nulle part dans le pays depuis un bon mois et demi ... Alors de qui donc pouvaient se réclamer les deux molosses ? N'appréciant pas le ton qu'ils utilisaient, il lâcha quelques mots avec une moquerie certaine à leur encontre :


- Commencez donc, messieurs, par passer la porte un par un sans en défoncer le chambranle avec les tours d'angle qui vous servent d'épaulières ... Et peut être bien qu'alors nous pourrons discuter de mes réactions ...

La situation aurait pu rapidement dégénérer si jamais une voix familière ne s'était pas fait entendre à ce moment. Déjà, en observant les gardes il lui avait semblé voir une tête familière en la personne d'un serviteur. Cette vision fugace n'était pas assez marquée pour lui permettre d'assurer l'identité du coquin et de son maître ... Mais cette voix ... Oui, à n'en pas douter il lui était impossible d'en oublier l'estimée propriétaire ! Aaron, son serviteur, semblait de venir échouer à la retenir et le regard qu'il lança à Lotho, à la fois haineux et dépité, en disait long sur l'image qu'il pouvait avoir de ce dernier. Mais la réprimande de Lady Seastar eut raison du climat d'animosité ambiante. Le danseur d'Eau lui même se détendit, Repentance pointant bientôt le plancher et le tabouret se retrouvant à nouveau posé dans une position plus conforme à son usage.

Les gardes n'eurent pas la même manière de se détacher de leur animosité, cette dernière restant toujours bien présente dans leurs yeux alors qu'Aaron fermait à regrets la porte, laissant l'illustre aristocrate en compagnie du spadassin. Oui, à bien des égards Lotho pouvait comprendre leur méfiance ... D'autant que cette visite impromptue éveillait si ce n'était le même sentiment, tout du moins la curiosité du danseur d'Eau. Était-ce là le fruit d'un des "caprices" d'une noble Dame par trop souvent privée d'aventure ? Ou bien se trouvait-il dans cette visite impromptue d'autres raisons plus sombres et tortueuses ... Il n'y avait qu'un moyen de tirer ça au clair en tout cas, c'était bel et bien d'en discuter.

Faisant deux pas de coté pour rejoindre le baudrier de sa rapière, il l'y rengaina avec tout le respect que l'on doit attribuer à une lame, puis se retourna vers la Seastar qui s'excusait désormais de la conduite de ses gens, arguant que la situation ne pouvait que les y enjoindre. Elle enchaîna ensuite, sans laisser à Lotho le temps de donner son avis sur la question, expliquant qu'il fallait à tout prix qu'elle le rencontre ... Inutile de dire que cette fois ci le regard empli de curiosité, les sourcils légèrement froncés par la perplexité, Lotho sembla plus qu'intéressé par l'affaire. Aussi, maintenant qu'elle lui demandait de ses nouvelles, se fit-il fort d'une révérence appuyée avant de lui répondre :


- Vous me voyez, Lady De Lys, ravi de votre venue tout aussi inattendue que porteuse de sens me semble t-il. Je vous remercie d'être intervenue pour calmer l'ardeur de votre suite, ainsi que je dois bien l'avouer mon entrain naturel au combat ...

Se relevant de sa révérence, il remarqua l'état des lieux qui n'étaient en rien propres à recevoir une demoiselle de cette envergure, de cette distinction. C'est donc légèrement honteux, mais néanmoins sincère qu'il dit avec un léger sourire courtois, tout en remettant un peu d'ordre sur son bureau, enlevant sa veste du lit pour la poser sur le dossier de sa chaise et d'autres tâches aussi minuscules que dérisoires au vu du décalage entre les lieux et son invitée surprise :

- Je m'excuse cependant pour la tenue de ces appartements, je n'attendais nulle visite aussi n'ai-je pas pensé à tenir cela en bonne ordre. Je n'avais qu'une envie réelle, quand je suis rentré à Port-Réal tout à l'heure, c'était celle d'écrire. Une activité fort peu réalisable sur un bateau, de surcroît marchand, vous pouvez m'en croire ! Mais je me perds dans mes explications, j'aborde la question sans pour autant m'amarrer à son quai et lui délivrer une réponse valable ...

Souffla t-il alors que justement, s'activant, s'excusant, s'expliquant ça et là il en avait légèrement oublié de respirer. Marquant une pause qu'il assura d'un doigt levé dans l'air, il finit par rabaisser ce dernier et, après une expiration confortable, reprit :

- Je vais fort bien Lady de Lys, d'autant plus que la providence me semble avoir gratifié ma soirée d'une rencontre des plus délicieuses. Bien que selon vos dires, vous ayez des raisons de me voir qui rendent caduques une quelconque décision de la fortune ... Que puis-je pour vous alors, chère Lady ?

Les mains appuyées contre les hanches, l'air à la fois surpris de la visite et pour autant volontairement concentré sur la réponse de l'aristocrate, Lotho semblait tenter de se trouver à la fois au four et au moulin dans cette conversation surprise. Son oreille capta une légère toux derrière la porte, manifestement la suite de Lady de Lys restait dans le couloir qu'elle devait plus que certainement bloquer entièrement, une entorse aux affaires et à la réputation de la Halte Ombragée que Galt ne goûterait assurément pas. Il faudrait donc que Lotho se débrouille pour tenter de les faire déguerpir de là, mais d'abord ... Apprendre le pourquoi de cette venue tardive, pour pouvoir faire au mieux durant la suite des événements.

Manifestement elle avait reçu une commande en provenance de l'atelier d'enlumineurs de la famille Volentin, accompagnée d'une lettre pour Lotho ... Tout du moins si ce dernier comprenait bien ce qu'elle était en train de dire. Mais son écoute de ses explications se faisait moins fluide alors qu'il observait la femme qui lui faisait face, pas la tête couronnée, encore moins la plus célèbre sorcière de Westeros à en croire certains. Non, il regardait bien la femme qu'il avait rencontré dans l'intimité de ses appartements au Donjon Rouge, voilà quelques mois. Et cette dernière semblait bien en mal de quelque chose, tout en le cachant avec précaution et application ...

Un compliment mâtiné de reproches, ou l'inverse, lui fut attribué par son interlocutrice concernant ses activités et les rumeurs le concernant. Quand bien même il était fier de tout cela, le sourire qu'il lui adressa en retour ne s’embarrassait pas de dissimuler le fait qu'il était forcé. Elle avait utilisé le terme "conjurer" lorsqu'elle avait parlé des nouvelles qui lui avaient été transmises par son frère, un mot pouvant être utilisé en bien des sens, mais qui pour autant n'en perdait jamais une considération très grave, emplie d'une certaine morgue ...

De plus, elle venait à l'instant de sous entendre que dès qu'elle avait su qu'il était en ville, certainement par le si diligent Aaron et ses oreilles de huit pieds de long, elle s'était empressée de venir le voir. Oui, tout cela semblait plus qu'étrange et dénotait sans grand mal d'une nouvelle d'importance que Lotho ne voulait pas s'avouer lui même. Tout du moins pas encore. Son regard était dur, non pas agressif, mais fermé comme pour mieux empêcher une réalité dont il n'avait que trop peur de l'atteindre ... Quand bien même, au fond, celle ci l'avait peut être déjà miné de longue date.

Alors que la tension se faisait palpable autour du danseur d'Eau, Lady de Lys eut, bien malgré elle une phrase qui permit de briser la morgue de son interlocuteur. Elle tenait à faire noter à Lotho qu'elle était également, de part la marche sous une averse gonflée d'orages, passablement boueuse. Le regard de Lotho, qui écoutait la Lady les bras croisés sur son torse, se fit tout d'abord interloqué avant de descendre lentement vers le sol pour contempler en effet l'étendue du massacre. Voilà bien un cauchemar complet, tant pour le tailleur, que la porteuse de cette vêture dont les jours furent auparavant meilleurs ...

Les nerfs du danseur d'Eau ne purent cependant s'empêcher de se fissurer alors qu'il était pris d'un rire nerveux. Couvrant sa bouche d'une main tout en ayant un regard qui montrait bien qu'il pouvait comprendre que cette réaction soit blessante pour la Lady, il finit par dire entre deux sursauts de rire :


- Veuillez m'excusez chère Lady de Lys ... C'est seulement que ... Enfin, je me suis occupé chichement de ma propre habitation et n'ait même pas daigné me rendre compte des ravages que l'orage vous avait fait subir ... Quel piètre hôte je fais !

Essuyant une larme de rire qui perlait au coin de son œil, il soupira une dernière fois les vestiges de cette tension qui lui avait tiré les nerfs quelques instants auparavant avant de darder un regard sincère et malicieux sur le regard vairon de son interlocutrice, pour rajouter d'une voix chaleureuse :

- Mais rassurez vous ... Même boueuse, vous êtes toujours des plus belles femmes que j'ai rencontré au cours de mes périples. Et assurément la plus exceptionnelle des sept couronnes. A n'en pas douter ...

Voilà bien un compliment qui perdait de sa verve pour y gagner en sincérité, tout du moins du point de vue du danseur d'Eau qui prenait maintenant conscience de son manque d'hospitalité envers la noble femme qui se tenait toujours debout. Une erreur d'étiquette qui ne saurait être pardonné par le spadassin revenu à la raison, pourrait-on dire. Présentant la chaise qui se trouvait près du bureau empli de notes diverses et variées, il l'invita à s'asseoir avant de dire, d'un ton diligent :

- Désirez vous quoi que ce soit Lady ? Une collation ? Un bac d'eau tiède et des linges pour réparer les errances de l'intempérie ? Il va de toute façon falloir que je fasse mander Galt, le tenancier et un ami. Non point que vos gens n'aient pas raison de tenir leur rôle, mais des clients pourraient se trouver bien mécontents de ne pas pouvoir accéder à leur chambre plus tard dans la nuit ...

Expliquait il encore une fois avec sincérité tout en se dirigeant vers la porte qui permettait la circulation entre le couloir et sa chambre. A bien y réfléchir il lui apparaissait maintenant tout à fait surréaliste, alors que son sens de l'étiquette se réveillait enfin, d'ainsi tenter d’accueillir du mieux qu'il le pouvait l'illustre targaryenne dans des appartements malgré tout miteux ! Sans qu'il n'en éprouve pour autant de honte, il n'en restait pas moins circonspect alors qu'il contournait le coté de la porte se trouvant nanti d'une serrure.

Faisant signe à Lady de Lys de ne rien dire et de le laisser faire, le regard espiègle, il attrapa sans bruit, en toute douceur, la poignée de la porte pour l'ouvrir avec vivacité, laissant un Aaron dépité s'étaler sur le plancher. Il avait bien semblé au danseur d'Eau que ce dernier ne se contenterait pas de rester dans le couloir et se mettrait en tête de tout savoir de la discussion. Le coquin étant démasqué, Lotho lui adressa un grand sourire, triomphant même, avant de lui dire :


- Pardonnez la brusque entrée en matière dont je vous fais part Aaron ... Cependant il se trouve qu'il me faudrait discuter quelques instants avec le patron des lieux ! Pourriez-vous me le mander ?
- Un gros, avec une tignasse noir-gris, qui tempête pour un rien ?

Demanda, sans ménagement aucun pour le physique du tenancier, l'un des deux gardes ayant tenté de faire leur intrusion. Se forçant à rester courtois, sans pour autant dissimuler le mépris au fond de son regard, Lotho lui répondit :

- Et vous avez oublié, pour rajouter des éclaircissements au tableau qu'il est également mon ami. Une bien belle honte, je vous le concède ... Alors ... pourriez vous je vous prie ... ?
- Bien, on va vous le chercher ...

L'atmosphère du couloir se trouvait glaciale en comparaison de la presque insouciance retrouvée dans les "appartements" du danseur d'Eau. Ce dernier referma la porte sans autre forme de procès, accordant un sourire bref mais courtois à son interlocutrice avant de venir s'asseoir sur le tabouret qui lui avait plus tôt servi de bouclier improvisé. Son regard s'était fait plus vif, gardant cette sincérité qu'il sentait apprécié malgré tout, avant de dire d'un ton plus posé :

- Lady de Lys, j'ai bien compris que les nouvelles que vous avez à me confier sont graves. D'autant que si elles forcent mon frère à vous écrire de son plein gré, autrement que pour des affaires professionnelles .... Oui, elles doivent être d'une gravité sans nom.

Un léger tremblement dans la voix du danseur d'Eau se fit entendre, sans qu'il soit encore abattu au point de laisser l'émotion l'emporter. Après tout cela pouvait être grave en bien des sens, si c'était des nouvelles de Braavos ! Une nouvelle fois il se voilait la face sans même daigner s'en rendre compte et l'accepter, toujours est-il qu'il finit par dire à l'aristocrate :

- Mais tout ceci a également du éveiller un grand nombre de questions chez vous ... bien légitimes par ailleurs je n'en doute pas. Aussi puis-je vous proposer de répondre à celles-ci avant, ou après les nouvelles que vous avez à me confier ... C'est bien là le moins que je puisse faire pour vous remercier d'avoir endossé les habits du messager ...

Son ton était anormalement calme et détendu, trahissant par moments peut être l'envie qui était sienne de retarder autant qu'il le pouvait l'instant ou tomberait la nouvelle fatidique. Un léger sourire aux lèvres, le regard fixé sur celui de la Seastar, il attendait sa réponse, patiemment.
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