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La saveur du fruit naît dans les racines - Edwyn Tully

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Seigneur Suzerain du Bief
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Leo Tyrell
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Message Jeu 18 Avr 2013 - 1:17

     La route de Vivesaigues à Hautjardin fut longue, mais il fallait s'y attendre, car ser Darion Tyrell n'eut pas l'occasion pour s'y rendre de choisir le chemin le plus court. Mon frère dut suivre la route de la Rose d'abord jusqu'à la capitale du royaume, pour ensuite longer les chemins du Conflans, la route royale puis celle de la Rivière, pour enfin parvenir à destination. Qu'allait-il faire à Port-Réal ? Mon souvenir n'était plus très exact, et probablement lui avait-je à l'époque confié quelque mission d'importance moyenne... Une entrevue avec un dignitaire de la cour royale, peut-être ? Inutile d'insister, ma mémoire a parfois ses trappes et ses brouillards. C'est chose fâcheuse mais toujours concentrée sur les événements de moindre importance. C'était il y a plus de dix ans maintenant, en 201, mon frère alla comme convenu jusqu'à la demeure de la maison Tully où il fut reçu avec beaucoup de respect, d'égards et d'amitié par le seigneur du Trident. Lord Medgar lui réserva le meilleur des accueils, et ensemble ils purent discuter longuement du projet dont j'avais instruit mon cadet afin qu'il le présentât de la meilleure des façons possibles. L'important était d'informer Medgar et de lui présenter des propositions, mais aussi de le convaincre d'y souscrire et d'adopter le projet conçu quelques temps plus tôt à Hautjardin. À Vivesaigues, ser Darion mena à bien sa mission et le récit qu'il en fit à son retour chez nous m'enchanta au point que je m'empressai d'écrire à lord Medgar pour le remercier personnellement de la confiance qu'il m'accordait. Je me souviens très bien avoir écrit dans ce courrier : « quand vos filles seront en âge de convoler, vous recevrez mon frère à nouveau, et vous saurez alors que vous eûtes raison d'approuver notre projet. » C'était en 201, et huit ans plus tard, lord Medgar,que j'avais revu au tournoi de Cendregué, devait malheureusement décéder du Fléau de printemps, l'abject épidémie qui décima une généreuse et large partie de la population des Sept couronnes. Onze ans plus tard, mon frère se rendait à nouveau à Vivesaigues, mais il n'y allait plus pour traiter avec lord Medgar, mais avec lord Edwyn, son fils malheureux de neuf ans, si jeune et pourtant déjà écrasé sous le poids des responsabilités de sa charge et de son rang. Écrasé ? Le mot me semble impropre. Lorsque je le rencontrai à Hautjardin, il accompagnait mon neveu, lord Arryn, et à le voir heureux et digne, je n'imaginai pas une seconde avoir devant moi un enfant orphelin qu'il faudrait secourir. Les apparences, toutefois sont trompeuses et les Sept seuls ont le secret des pensées du petit garçon. À cette occasion, peu avant le départ des uns et des autres, j'eus l'agréable opportunité de pouvoir discuter un peu avec lord Edwyn, et ce dernier sut m'étonner à sa manière d'enfant : il était au courant des projets que son père et moi-même avions conçus dès avant sa naissance, et il ne voyait aucune raison de ne point les mener à bien. Sa bonne volonté autant que la franchise de sa détermination m'enchanta, et nous fûmes d'accord pour maintenir ce qui avait été prévu : mon frère irait à Vivesaigues et proposerait à lord Tully d'accorder la main d'Arianne ou d'Eleanor à l'un de mes fils.

     Ser Darion n'était pas très à l'aise à l'idée de devoir négocier les noces d'un de ses neveux avec un garçonnet de moins de dix ans, mais je sus user de persuasion auprès de mon frère pour le convaincre d'accomplir cette mission comme il l'aurait fait si lord Medgar était encore en vie. Je dus également le convaincre que lord Edwyn, qu'il avait lui-même rencontré, méritait d'être traité comme un adulte et surtout avec toute la déférence dû à son rang de suzerain. Je ne puis cacher que l'idée de profiter de la situation me traversa l'esprit. J'avais bien vu, lors du séjour de mon neveu et de sa suite à Hautjardin pour le mariage de mon fils aîné, l'impression que je fis sur l'esprit et l'imagination d'Edwyn, qui s'imaginait qu'être mon écuyer serait la plus belle chose qui pût lui arriver. La renommée du Long Dard dépassait les frontières du Bief et avait fait son œuvre dans le cœur tendre et généreux du petit homme, dont la soif d'exploits et d'aventure avait trouvé en moi la projection idéale et parfaite. Si j'avais demandé des conseils ici et là, je suis certain que nombreux m'auraient invité à abuser de la confiance et de l'estime que mon seul renom inspirait au petit suzerain du Conflans. Par chance, je décidai de ne demander conseil à personne, et je sus garder toujours à l'esprit le souvenir de la respectueuse amitié qui me liait à lord Medgar. La moralité de ce choix m'assure aujourd'hui de ne point me considérer comme un lâche, car à profiter de la vulnérabilité de lord Tully, qui était le fruit de son jeune âge, je n'aurais pas eu la conduite la plus honorable et la plus vertueuse qui fût. Je sais bien qu'il faut aussi n'être vertueux qu'avec modération, car tout excès est coupable. Mais s'il ne me gêne point de jouer à ce jeu-là avec n'importe quel autre adversaire, l'idée d'abuser d'un enfant orphelin me parut abjecte, abominable, et je n'aurais pu vivre avec moi-même si j'avais fait l'erreur d'être cet homme-là, celui qui ne recule devant rien pour accroître son profit. S'il est vrai que tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins, j'ai tout autant à cœur la réussite de mes projets que la protection de ma réputation, et la pure logique m'imposait donc d'adopter la conduite honorable auprès de lord Edwyn Tully. Après tout, je désirais unir nos deux familles pour accroître le prestige de la mienne, n'est-ce pas ? Si j'avais décidé d'intimider lord Edwyn pour obtenir cela, le nom de Tyrell aurait pour toujours été souillé d'une tache indélébile. Le Long Dard est un chevalier d'exception, un jouteur exceptionnel et un galant, mais point un bourreau d'enfant.

     Ser Darion n'en demeurait pas moins gêné, quand il pénétra dans Vivesaigues pour la seconde fois, d'être reçu par lord Edwyn et sa suite. Immédiatement mon frère put constater que le petit garçon était entouré par des femmes. Des femmes nombreuses, de tous âges, et sans doute venues de tous les coins et recoins du Conflans. Il y avait là sa mère, ses sœurs, sa septa et maintes autres. Edwyn était entouré comme aucun autre enfant du royaume ne le fut jamais et pourtant, il devait se sentir bien seul parfois. Malgré lui, Darion éprouva à l'égard du petit lord une compassion spontanée et tenace, qui lui inspirait les meilleurs sentiments. S'il venait à mourir, qu'adviendrait-il de son fils, mon neveu ? La question lui traversa l'esprit tandis qu'Edwyn l'invitait à se considérer comme chez lui tant qu'il resterait à Vivesaigues. La réponse était évidente, bien sûr, car je n'allais certainement pas laisser mon neveu et sa veuve de mère laissés livrés à eux-mêmes tandis qu'à Hautjardin, il y avait bien assez de place pour les accueillir, les loger et les nourrir. Comme le voyage fut long et pénible, car il fut cet fois direct à travers les plaines du Bief et les campagnes du Conflans, mon frère accepta la proposition de lady Charissa qui lui offrait de se reposer, de s'abreuver et de se sustenter en attendant d'être reçu en audience privée par son fils et elle, qui assisterait à l'entretien et aiderait son fils par sa présence et son conseil. Cette proposition laissait entendre que lord Edwyn aurait pu le recevoir seul et, paradoxalement, cette suggestion effraya ser Darion sans qu'il sut tout d'abord s'expliquer pourquoi. Pourtant, s'il avait réfléchi posément, mon frère aurait très tôt compris les raisons de cette réticence à l'idée d'une entrevue seul à seul avec Edwyn Tully. La faute me revient, je m'en rends compte aujourd'hui. Avant son départ de Hautjardin, j'avais très clairement indiqué à mon frère que je souhaitais qu'il traite avec son interlocuteur d'égal à égal, sans vanité ni présomption déplacées. Je souhaitais également qu'il cherche, par la négociation, à parvenir aux meilleurs résultats pour les deux maisons, quitte à ce que le gain pour notre maison s'efface derrière celui de la maison Tully, tant que nous obtenions une noce sérieuse et sûre. Il ne s'agissait bien sûr pas de tout accepter, mais j'étais prêt à me montrer généreux, et je crois aujourd'hui que ces instructions viennent en moi d'une réflexion amorcée par les négociations avec lord Lannister pour le mariage de Tristan et aboutie aux départs de Lion de Hautjardin après ces mêmes noces. Avec un tel bagage, mon frère ne pouvait que redouter un entretien en tête à tête, car alors il n'aurait su comment réagir aux réponses du petit garçon si celles-ci se montraient extravagantes. Fort heureusement, dans la salle qu'ouvrait deux grandes fenêtres, d'où on disposait de la plus belle vue possible sur les environs, lady Charissa et lord Tully étaient là, face à lui, silencieux.

     – Lord Edwyn Tully, je suis ici au nom de mon frère, lord Leo Tyrell, afin de faire aboutir un projet nourri par la volonté conjointe des seigneurs de Hautjardin et Vivesaigues depuis près d'une décennie. Il s'agit de rapprocher nos deux maisons par le biais d'un mariage qui les lierait par le sang et par la foi. C'est un geste de grande importance, qui montrerait à l'ensemble de Westeros l'amitié qui doit régner entre nos deux maisons. Avant de poursuivre, je me dois de vous poser une question. Que savez-vous des échanges qu'ont entretenus votre père et mon frère ces dix dernières années ?

     La question s'adressait à lord Edwyn Tully, mais elle visait également lady Charissa, sous une forme informulée et implicite mais néanmoins claire et compréhensible : quels éléments du projet lord Medgar avait-il partagé avec son fils et surtout son épouse ?


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Edwyn Tully
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Message Ven 19 Avr 2013 - 0:58

         La présence du frère de Leo Tyrell aux portes de Vivesaigues enchanta d'abord Edwyn, car le doux souvenir de son séjour à Hautjardin alimentait encore ses rêves lors des nuits calmes et tranquilles. Il se plaisait encore à raconter sans cesse le récit de ce périple, et plus particulièrement celui des cérémonies autour du mariage de ser Tristan et de lady Aliénor. Edwyn n'avait pas plus de dix ans et pourtant, il avait eu le privilège d'assister à deux noces de grande importance ! Celles du fils de lord Tyrell étaient toutefois les seules à avoir survécu aux premiers jours, car les noces de lord Beurpuits s'étaient achevés dans les circonstances embarrassantes que tous à présent connaissaient. Le petit garçon ne put donc s'empêcher, en recevant Darion Tyrell, durant la collation dont il put jouir avant l'entrevue plus sérieuse qui les attendait, des impressions qu'avaient en lui laissé les quelques jours passés à Hautjardin. Il en parla avec générosité, babil et enthousiasme, indifférent à la gêne qu'il ne voyait pas chez son interlocuteur probablement peu habitué à la compagnie d'un enfant si volubile et si prolixe. Edwyn était ainsi depuis qu'il avait reçu le don de parole, il ne pouvait s'empêcher de poser des questions à tout propos, à tous les instants.

         Sa curiosité allait si loin qu'il interrogea la santé de Leo Tyrell, de ses enfants, de sa mère, de sa famille, de tous ceux que la mémoire d'Edwyn avait conservé dans son cœur. Il n'oubliait ni lady Amelia, cette vieille dame dont le seul souvenir l'intimidait, ni lady Gysella, la douce et aimable épouse du Long Dard, ni lady Emilia, la délicieuse et belle fille du seigneur de Hautjardin. Edwyn regrettait presque qu'ils ne fussent pas de plus proches voisins... comme l'enfance est prompte à laisser croître les fleurs de l'affection et de l'amitié ! L'an passé, Edwyn ne savait rien des gens de Hautjardin et à présent, il les lui semblait connaître sur le bout des doigts. À la vérité, le petit lord était sans doute bien loin du compte sur chacun d'eux. Sa mère était là, heureusement, pour l'inviter à la modération. « Edwyn, laisse donc ser Darion se remettre du voyage. Nous parlerons avec lui bientôt. Viens. » C'est à regret que le petit garçon abandonna leur invité, mais il comprit ce que voulait dire sa mère et, avant de partir, il présenta son plus beau sourire au chevalier du Bief ainsi que des excuses qu'il put deviner sincère à la voix et au ton qui les servirent. Moins d'une heure après, lord Edwyn et ser Darion se rencontrait à nouveau mais cette fois, l'enfant œuvrait de toutes ses forces pour demeurer grave et sérieux. Tous deux assis l'un face à l'autre, sous l’œil muet de lady Charissa, ils attendaient manifestement le bon moment pour initier la conversation. De temps à autres, Edwyn jetait son regard aux fenêtres, pour boire des yeux la liberté du ciel ouvert. Ce fut ser Darion qui rompit le premier le silence. Il était point l'hôte, mais en tant qu'émissaire de lord Leo Tyrell, il avait l'initiative de la discussion.

         En quelques mots l'objet même de la réunion des deux hommes fut présenté. Edwyn admira la concision et la netteté des paroles du chevalier qu'il contemplait de toute son attention d'enfant curieux. Maints aspects le faisaient ressembler à son frère aîné le Long Dard, mais il lui manquait la grâce et la fière allure du héros qui bercerait l'imagination de générations d'enfants après eux. En revanche, ser Darion était indiscutablement un fils de la lignée des Tyrell. Ces boucles châtains ne trompaient personne ! Tandis qu'Edwyn concentrait toutes ses facultés de compréhension sur les détails de la coiffure médiocre du chevalier, lady Charissa prenait l'initiative répondre. Elle avait posé sa main sur l'avant-bras de son garçon. « Quand j'ai su votre venue prochaine, ser Darion, je n'ai pas manqué d'instruire Edwyn de tout ce qu'il lui faut savoir des échanges entre lord Leo votre frère et feu mon époux. Medgar n'a pas eu ce privilège, mais j'ai accompli ce devoir sans retenir quoi que ce soit. Edwyn ? » L'écho de son prénom tira le petit seigneur de ses pensées qui s'affairaient ailleurs, bien loin du sujet de la conversation qui, pour le moment, l'intéressait moins que les habits de ser Darion Tyrell. Moins que l'étonnante subtilité de ces vêtements qu'il n'avait vu que dans le Bief. La richesse des couleurs et la qualité des matières étaient impressionnantes ! Edwyn dut faire un effort pour se concentrer, et déjà sa mère pressait son bras avec insistance. « Je sais que mon père et le Long Dard voulait rapprocher nos deux familles, et que ça s'est décidé petit à petit quand je n'étais qu'un bébé. Il me l'a dit et ma mère me l'a dit et je ne veux pas trahir la mémoire de mon père alors je vous le dis, nous rapprocherons nos deux maisons. »

         Avec un sourire plein d'une joie sincère, Edwyn ajouta tout de go :  « Et ici on décide où, quand et comment ! N'est-ce pas ? » La question du petit garçon n'avait rien de rhétorique, et sa mère prit l'initiative d'y répondre et d'approfondir déjà la discussion. Il ne fallait pas s'en remettre au zèle d'Edwyn pour aller creuser la conversation. « Tout à fait, mais nous devons d'abord savoir si la situation a Hautjardin est toujours favorable à ces projets. La réponse doit être oui, sinon vous ne seriez pas là... mais dîtes-moi, ser Darion, et pardonnez ma franchise, mais c'est la mère plus que la régente qui s'inquiète. Pourquoi votre frère n'a-t-il pas informé plus tôt Vivesaigues de son projet de marier l'aîné de ses enfants à une Lannister alors qu'il semblait évident, il y a quelques années, que la meilleure des unions seraient par nous choisie et que la meilleure serait celle de lady Eleanor et de ser Tristan ? » La question était directe, terriblement directe. Edwyn lui-même pressentait qu'elle était... il n'aurait su dire quoi. Pénible ? Inquiétante ? Dangereuse ? Il n'aurait pas aimé qu'on la lui pose... pas comme ça, en tout cas... C'est pourquoi il se leva et, discrètement, s'approcha de la fenêtre et s'accouda au rebord pour contempler enfin l'immensité du territoire autour de Vivesaigues. Le Conflans lui caressait les yeux. « J'avoue que je me suis posé cette question, moi aussi... » Cet aveu coûtait au petit garçon. Il ne voulait pas cracher sur le souvenir qu'il avait du mariage de ser Tristan. Mais il ne pouvait taire en lui cette voix qui agitait les bannières de la contradiction.


Fish swim. Even young ones.
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Leo Tyrell
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Message Sam 20 Avr 2013 - 14:07

     J'avais préparé mon frère à maintes situations et notamment à la question que lui posa lady Charissa. Il avait quitté Hautjardin avec la prudence de mes conseils et la patience de mes avertissements. Pourtant, l'aplomb de la mère du seigneur suzerain du Conflans le désarma. Darion avait tant redouté cette question qu'il ne sut d'abord comment réagir. Je lui avait pourtant dit de s'y préparer, je lui avais pourtant donné toutes les réponses à fournir pour faire face à l'interrogation la plus délicate, la plus critique, la plus importante de toutes. Sans se départir du peu de sang-froid qui lui restait, mon frère n'osa répondre avec pourtant toute la spontanéité que semblait exiger leur échange. Lady Charissa lui parut suspendue à ses lèvres, et quand le seigneur suzerain du Conflans intervint à son tour pour décrire son sentiment à l'égard de ce point précis, un frisson méchant parcourut l'échine de mon frère qui regretta d'un coup d'avoir accepté d'être l'émissaire qui porterait ma voix jusqu'à Vivesaigues. Que n'avais-je confié cette mission à quelqu'un d'autre ! Sans doute me maudit-il intérieurement, il ne m'en dit jamais rien. Peut-être même qu'il partageait encore les interrogations de la veuve de lord Medgar, en dépit du soin que je pris, dans le temps, de lui expliquer les raisons qui me firent accepter dans la précipitation la proposition de lord Tybolt Lannister. Ser Darion n'avait pas oublié les paroles de son frère, mais il lui était malgré tout difficile d'en faire l'étalage à Vivesaigues ce jour-là, tout comme il me fut difficile, peu avant son départ, de le préparer à ces questions précises mais inévitables. Ce qui fut fait ne pouvait être défait, mais cela ne m'exemptait guère d'une explication que je devais à la maison Tully que j'avais tenue si longtemps dans la confidence de Hautjardin et que j'avais écartée bien malgré moi dès qu'un rugissement se fit entendre aux portes des jardins. Je n'étais moi-même pas très fier d'avoir agi de la sorte, et la précipitation des événements ne pouvaient me tenir lieu d'excuse bien longtemps... Mon frère le savait, et je lui avais confié avant son départ de Hautjardin les arguments à présenter pour apaiser les colères éventuelles de Vivesaigues ou, en tout cas, éteindre les feux de leur incompréhension. Reprenant son souffle et le plein contrôle de ses cordes vocales, ser Darion appuya la paume de ses mains sur ses genoux pour répondre à la question de lady Charissa ; on put entendre sans trop de difficultés qu'il livrait une réponse comme il aurait récité une prière apprise à force de nombreuses répétitions. Malgré l'apparence d'hésitation qui mouillait son discours depuis la première majuscule jusqu'au point final, il se fit fort de le conduire d'un bout à l'autre sans ni s'interrompre ni donner à croire qu'il cherchait ses mots. J'aurais sans doute à sa place user de tournures différentes et d'autres mots, mais force fut de constater que mon frère se débrouilla avec honneur et s'en sortit fût-ce moyennement bien. N'est pas un maître discoureur qui veut !

     – Je m'attendais à cette question. Jamais mon frère n'a compté vous tromper, vous duper ou abuser de votre confiance d'une manière ou d'une autre. Le mariage de ser Tristan et de lady Aliénor a été motivé par une série de causes qui, à l'origine, présentait l'option comme la plus évidente, comme la meilleure possible. La menace Fer-née omniprésente, la molle réponse du Trône de fer... l'Ouest et le Bief apparurent comme deux alliés évidents face à l'ennemi commun. Lord Tyrell regrette aujourd'hui d'avoir précipité l'événement et s'il devait y réfléchir encore, ser Tristan n'aurait pas pris pour épouse lady Aliénor, pour les mêmes raisons qu'il vous déconseillerait de sacrifier l'honneur de lady Eleanor à ce mariage empoisonné. Car vous n'avez pas idée de l'homme qu'est vraiment le fils héritier de lord Tyrell. Songez qu'avant l'arrivée de la délégation Lannister, il fallut à Hautjardin faire la traque des maîtresses de ce chevalier peu vertueux. Pour la plupart, elles n'étaient que d'innocentes servantes dont le jeune homme abusa vicieusement. Une chance qu'aucun bâtard n'ait été semé par l'indigne comportement de mon neveu. Est-ce qu'un tel époux aurait pu rendre lady Eleanor heureuse ? Un tel mariage aurait pu, sur le long terme, être très préjudiciable à l'entente entre nos deux familles, car je ne doute pas que vous soyez soucieux de la vertu de vos filles et de vos sœurs. Eût-il été tolérable pour lord Edwyn de voir sa sœur malmenée par un époux au comportement scandaleux ? C'est déjà chose insupportable pour nous tous à Hautjardin, alors nous avons eu le souci de ne point propager le parfum du vice jusqu'à Vivesaigues. Le discours aurait dû, d'après le chevalier, s'arrêter là. Le souvenir de mes conseils poussèrent sans doute Darion à continuer. Ce ne fut qu'au prix d'un considérable effort intérieur que mon frère sut poursuivre.– Est-ce à dire que Leo Tyrell, plutôt que de compromettre la fille de lord Medgar qu'il estimait très hautement, a choisi de condamner lady Aliénor Lannister à une vie d'amertume et de déception conjugale ? Mon frère n'a pas ce cynisme et s'il l'avait eu, il n'aurait pas été jusqu'à punir son fils comme nul père ne fut contraint d'agir. Hautjardin ne fut pas seulement vidé de toutes les maîtresses de Tristan, mais devint également pour lui un tribunal d'une extrême intransigeance. La déception de lord Tyrell a des racines si profondes à l'égard de ser Tristan, que je me demande encore s'il est possible de réconcilier le père et le fils. La proposition de lord Tybolt Lannister d'unir ser Tristan et lady Aliénor fut accueillie par mon frère avec beaucoup de prudence, mais de son propre aveu ce ne fut point assez. Il reconnaît aujourd'hui avoir fait une erreur et s'être engagé sur un chemin dont il n'avait pas tout à fait reconnu les sinuosités. Lord Edwyn se souvient certainement du déroulement de la cérémonie des noces et du banquet, n'est-ce pas ? Vous avez bien vu quel allié s'est choisi mon frère, qui y voit la sanction des Sept qui le punissent d'avoir agi dans la précipitation sans observer la première des vertus qu'est la patience. Aujourd'hui lord Tyrell prie pour leur pardon et implore le vôtre.

     Ser Darion déglutit péniblement. Si j'avais été près de lui, j'aurais sans doute eu pour mon frère un geste de réconfort, car il lui coûtait beaucoup d'admettre ainsi devant des étrangers qu'une branche du rosier Tyrell était bonne à couper. J'aurais posé ma main sur son épaule et sans doute l'aurais-je invité à me céder la parole. Hélas, je n'étais pas à Vivesaigues ce jour-là. Il était seul et devait entendre sans plus de délai la réponse de ses hôtes, qu'il espérait avoir éclairé à défaut de les avoir peut-être convaincu. Il put paraître audacieux de la part de Darion d'espérer s'en sortir et justifier les actions et les choix de son frère, mes actions et mes choix, en accusant la turpitude, mais n'était-ce pas la plus honnête façon ? Il eût été vain d'aller chercher plus loin des excuses et des explications. L'erreur que je fis m'entraînait pour l'avenir, mais il m'appartenait encore de changer le futur, et à Vivesaigues ce rôle échouait sur les épaules de mon frère, qui avait toute ma confiance. Il manquait peut-être de la certitude qu'il était parfait dans ce rôle, et la propre impression qu'il avait de sa médiocrité jaillissait par contagion dans ses propos, dans ses phrases, jusque dans ses mots. Mais quel homme de bon sens et d'honneur est à l'aise quand il doit reconnaître les erreurs de sa famille, de son frère, de son seigneur ? Même s'il avait mon aval, je me doute que la difficulté fut d'autant plus grande pour lui qu'il compta parmi les premiers à me féliciter d'avoir accepté de succomber aux sirènes qui, depuis Castral Roc, chantaient. Nous aurions sans doute dû écouter notre mère et mon épouse, qui ne cessèrent de nous appeler à la prudence, à la patience, à la modération. Marcher seul dans la jungle du monde est dangereux, mais il l'est plus encore de se choisir des compagnons indignes de confiance. L'avenir viendrait sans doute détromper l'impression que j'avais d'avoir fait une erreur, mais à cet instant le fait accompli m'accablait des pires remords. À l'égard de la maison Tully, naturellement, que j'avais tenue à l'écart de ces mouvements, mais aussi à l'égard de ma propre maison qui, condamnée à me suivre et à m'obéir, se trouvait engagée derrière moi aux côtés d'un allié que la nécessité jeta dans mes bras et qui donc à la fin de la guerre contre les Fer-nés m'oublierait sans grande difficulté. Pire encore, j'avais des remords à l'égard de lady Aliénor, que mon choix attacha comme épouse à l'homme le moins fréquentable du Bief. La pauvre enfant... Je n'aurais d'elle que de bonnes choses à dire. Nul homme n'aura jamais épouse plus digne, plus gentille, plus douce. La noblesse de son caractère et la tendresse de ses penchants me firent tout de suite penser à la Gysella des premières années de mon mariage, quand je la rencontrai. Quoiqu'elle eût par certains côtés le tempérament indocile des fauves, ces menus détails s'effacèrent loin derrière l'impression qu'elle fit à Hautjardin lors de sa première visite. Première visite que déjà mon fils devait, par son attitude, son arrogance et son mépris de tout, compromettre dangereusement. Mon frère Darion connaissait donc l'étendue de mes regrets, mais il se garda d'ajouter quoi que ce fût à leur sujet devant lady Charissa et lord Edwyn avant d'avoir recueilli déjà leurs impressions et leurs réponses. Il en avait du reste bien assez dit pour le moment.


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Edwyn Tully
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Message Dim 21 Avr 2013 - 0:06

          « Je vois. Edwyn ? » Le petit garçon avait, comme sa mère, bu les paroles de ser Darion. Pour être bien sûr de comprendre les propos du frère du Long Dard, il n'avait pas osé l'interrompre, et avait parfois même oublié de respirer ! Littéralement, le discours le souffla et il dut faire un gros effort pour n'en perdre point le fil au fur et à mesure que les mots, parfois compliqués, de l'invité venu de Hautjardin pénétraient dans ses oreilles et faisaient leur nid dans son cerveau. Comme des oiseaux d'un pays lointain, ils chantaient des chansons drôles et bizarres, sifflaient des airs que le garçon ne connaissait pas. Il en comprit toutefois des bribes, tandis que sa mère hochait la tête pour témoigner de ce qu'elle avait bien entendu le chevalier. Lady Charissa posa sur son fils un regard insistant et ce dernier comprit qu'il devait à présent prendre la parole. « Je pense avoir compris pourquoi lord Leo a préféré que son fils épouse une autre que ma sœur Eleanor... mais dans tous les cas... il n'était pas obligé que ce soit ce mariage-là qui ait lieu pour rapprocher nos deux familles... non ? » La petite truite s'embrouillait. Elle aurait souhaité faire comme un grand et répondre à ser Darion point par point pour ne rien rater des événements importants de la conversation, mais cela lui était tout bonnement impossible : s'il n'avait pas oublié l'essentiel de ce qui avait été dit, il aurait été malgré tout incapable de tenir un discours aussi bien pesé et construit que celui qu'il venait tout juste d'écouter et d'essayer de comprendre. Fort heureusement pour le petit garçon, qui demeurait adosser au mur près de la fenêtre, lady Charissa vint à son secours pour appuyer les points qu'Edwyn aurait pu exposer s'il avait eu les armes pour le faire.

          « Ce qu'Edwyn veut dire, ser Darion, c'est qu'il n'est pas dans notre intention de vous faire le procès du mariage de votre neveu ser Tristan. Nous avons bien compris que nécessité fit loi et que la précipitation ainsi que d'autres facteurs obscurcirent le jugement de lord Tyrell... Nous y sommes tous sujets à un moment ou à un autre. » Lady Charissa allait pour continuer mais son fils l'interrompit d'une manière quelque peu brutale : il lui coupa la parole. « Je voudrais dire que nous n'avons pas à vous pardonner... maintenant que c'est fait, c'est fait ! Ce qui reste, c'est les questions que ce lien avec Castral Roc soulève... et les rumeurs qui vont avec... enfin, toutes ces choses qui m'inquiètent... » Le petit garçon s'interrompit. Il était venu se rasseoir juste à côté de ser Darion qu'il contemplait avec des yeux ronds où brillaient les étoiles d'une grande perplexité. Edwyn avait rencontré beaucoup de Lannister à Hautjardin, et il n'en gardait pas un souvenir très agréable... plus particulièrement, lord Tybolt et ses grands airs de lion vorace l'avaient considérablement intimidé. Il l'avait pressenti comme une mauvaise personne et s'en était immédiatement inquiété, d'autant plus que les discussions qu'il avait eues avec lord Jasper Arryn durant leur voyage ensemble n'avaient point dorer le portrait qu'il se faisait du seigneur suzerain de l'Ouest.

          « Il ne m'a pas trop plu, à Hautjardin... Lord Tybolt, je veux dire... et puis, je l'ai rencontré à nouveau, ici, chez moi... avec lord Beron Stark... c'était... c'était encore différent, mais l'entrevue ne s'est pas bien passée... Je sais, j'ai compris ce qui est arrivé entre l'Ouest, le Val et le Bief... je ne veux pas... je ne veux pas que ça se reproduise avec le Conflans à la place du Val...» Edwyn se tut. Il n'était point paniqué, mais l'anxiété avait couvert son visage d'un masque terrible de nervosité. Sa mère, une fois encore, le suppléa sur la ligne de front. Elle savait tout le mal que certains souvenirs pénibles causaient dans l'esprit de son fils et désirait plus que tout lui épargner d'autres tracas traumatiques. « Ce que mon fils veut dire, c'est que nous espérons que le rapprochement de nos deux familles ne concernera que nos deux familles. Suite aux derniers événements, nous ne désirons pas pour le moment mêler à nos affaires nos voisins de l'Ouest et c'est pour cela que le mariage de ser Tristan et de lady Aliénor nous a quelque peu... surpris. Si vous pouvez nous assurer que les Lannister ne se mêleront point des échanges entre Vivesaigues et Hautjardin, alors je suis certaine que nous pourrons trouver un terrain d'entente favorable. Lady Arianne est en âge de se marier et si j'ai bonne mémoire, il reste à lord Leo Tyrell deux fils célibataires ? » Ser Darion dut se demander pourquoi lady Charissa mettait en avant sa deuxième fille, et non la première. Une fois n'est pas coutume, c'est le petit Edwyn qui apporta la réponse, car il venait tout juste d'avoir un éclair de génie – du moins, il le crut – et décida d'anticiper les questions de l'émissaire. « Une demande a été formulée pour lady Eleanor, et... et nous l'examinons... toutefois, il est fort probable qu'après la guerre, Eleanor devienne l'épouse de lord Stark... Ma sœur semble approuver l'idée et … je veux qu'elle soit heureuse. » C'était là son vœu le plus cher.

         En dépit de tout le mépris que lui avait inspiré la conduite de lord Stark durant son dernier et bref passage à Vivesaigues, Edwyn avait bien compris que lady Eleanor s'enthousiasmait à l'idée d'épouser le seigneur suzerain de Winterfell, alors il avait en lui-même accepté l'idée et les prochaines discussions qui s'annonçaient n'étaient jamais que de vaines formalités. Un mariage demeurait possible pour consolider les liens qu'ils souhaitaient construire entre les deux familles, même si celui-ci ne devait concerner que des cadets... Cette notion-là était étrangère à l'esprit du petit garçon qui ne faisait nulle différence entre ses deux sœurs qu'il aimait comme personne, mais il se doutait bien que de l'autre côté de la table des négociations, l'avis serait sans doute bien différent. Mais lord Tyrell lui-même n'avait-il pas été voir ailleurs qu'à Vivesaigues pour marier son fils aîné ?


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Message Dim 21 Avr 2013 - 10:32

     Mon frère éprouva un vif soulagement en entendant les réponses conjointes de lord Edwyn et de lady Charissa. Il apprécia leur tolérance et leur compréhension, et à sa place j'aurais sans doute éprouvé cette même impression qu'une énorme épine du pied m'était ôtée. Cette question réglée, ne demeurait plus pour moi qu'une préoccupation concentrée autour de mon fils et de son épouse. Tristan devrait donner la preuve de sa bonne foi et de son revirement de comportement. Aliénor, quant à elle, devrait demeurer la même, et accepter la possible conversion de son époux. Je ne cesserais jamais de louer la patience de cette lionne devenue la plus fraîche des roses de Hautjardin. Cela viendrait en temps et en heure, la patience était une des vertus que je me prêtais volontiers à l'époque. À Vivesaigues cependant mon frère s'inquiétait de vite répondre à ses interlocuteurs, car il ne voulait pas leur donner à croire qu'il n'avait aucune réponse à fournir à leurs interrogations, à leurs doutes et à leurs suspicions. Celles-ci d'ailleurs étaient légitimes, et je lui avais bien dit, avant son départ, de ne jamais s'offenser de ce que pourraient lui dire lady Charissa et lord Edwyn. Considérant la pénible situation du Conflans qui n'était pas seulement imputable à la jeunesse candide du jeune Lord, mais aussi aux troubles causés par certains des moins respectables vassaux de Vivesaigues, j'avais bien préparé ser Darion qui devait s'attendre à beaucoup de prudence de la part de ses hôtes. Et comment le leur reprocher ? J'eûs agi et traité avec la même circonspection si le Bief avait quelques temps auparavant été le théâtre d'une rébellion, même si l'issue de celle-ci fut heureuse. La mère et le fils exigeait bien légitimement de savoir si les lions seraient un obstacle en travers de la discussion des truites et des roses. J'avais anticipé cette question, et mon frère sut trouver en lui la force et les arguments d'y répondre. Il était bien évident qu'après la scène causée à Hautjardin par le veuf de ma nièce, jamais lord Tybolt Lannister n'aurait sont mot à dire s'agissant des affaires de la famille Tyrell. Il n'était pas dans mes habitudes de m'encombrer d'un parasite ingrat et grossier, et quand bien même le respect que je gardais pour le Bouclier de Port-Lannis et le probable futur héros de guerre demeurait intact, aucune raison ni aucun lien d'aucune sorte ne m'obligeait à lui rendre des comptes, et je me doutais bien qu'une fois sa sœur ronde et pleine d'un petit-fils pour le Long Dard, le Lion se détournerait pour longtemps de ces contrées verdoyantes pour lesquelles il avait sous mon toit manifesté tant de mépris et de mésestime. Qui m'en voudrait d'user en la matière de la prudence la plus élémentaire ? L'avenir nous détromperait tous peut-être, car la rédemption d'un homme est affaire de volonté. Mais la générosité du pardon ne s'honore pas d'être naïve et débridée : Hautjardin ne servirait pas de pont entre Castral Roc et Vivesaigues, mon frère le savait et s'empressa donc de le signifier à ses interlocuteurs :


     – Soyez sans crainte, il n'est ni dans les intentions ni dans l'intérêt de mon frère d'agir dans le trouble et l’ambiguïté. Le mariage de mon neveu n'a jamais créé qu'un lien entre l'Ouest et le Bief, lien qui ne concerne ni ne touche celui créé il y a des années entre Vivesaigues et Hautjardin. Lady Aliénor est devenue une Tyrell, elle est à Hautjardin la femme la plus douce, la plus aimable, et la plus consciente de ce qui est attendue d'elle. Elle enfantera bientôt d'une nouvelle génération de Tyrell et nous nous en réjouissons. Pour autant, nous nous gardons bien de crier victoire, et si nous avons pour elle toute l'affection et le respect due à l'une des nôtres, car nous la considérons ainsi, je ne peux que dépeindre l'opinion que mon frère se fait de Castral Roc sous un jour plus sombre... Comme vous vous en souvenez, lord Edwyn, l'attitude insultante de lord Lannister fut un grand choc pour ceux qui, à Hautjardin, ont eu vent de son comportement. Par respect et déférence pour lady Aliénor, ceux-ci sont encore et demeureront un nombre réduit d'initiés. Au choc a succédé le temps de la réflexion et mon frère s'est employé à comprendre le geste et ses répercussions... Darion se tut pendant quelques instants, et ses doigts vinrent flatter l'arrête de ses joues jusqu'au bout du menton. Il s'écarta un peu de mes prescriptions pour donner cette fois son avis personnel sur la question. – Il me semble... je ne saurais l'affirmer, mais je crois que mon frère est désireux de tourner cette page que l'amertume et l'aigreur rend si difficile à lire pour nous autres. Mais il a également souci d'épargner sa propre réputation, et quelle idée se ferait-on de lui s'il acceptait les gifles sans les rendre ou du moins s'en prémunir ? S'il passait pour un homme de nature docile et soumise aux brutalités d'autrui ? Notre famille souffre en certains endroits de Westeros, y compris dans le Bief, d'un déficit de réputation qu'il serait idiot de notre part d'alourdir en donnant à croire qu'il est loisible à tous les visiteurs de Hautjardin d'insulter leur hôte en toute impunité. Mon frère aspire à la paix et à la tranquillité autant qu'il est soucieux d'apaiser les susceptibilités qui, partout, s'irritent d'un rien. Quoi qu'il en soit, si Hautjardin et Vivesaigues doivent s'entendre, c'est l'un avec l'autre et sans intermédiaire ni parasite d'aucune sorte. Les noces de votre sœur et du neveu qui sera peut-être son époux ne concerneront que nos deux familles qui seront liées solidement et durablement. Mon frère entend bien ne pas reproduire les erreurs qui furent commises à Hautjardin et dont vous avez certainement encore le souvenir, lord Edwyn.

     Le regard de mon frère se posa quelques instants sur le petit garçon avant de se reporter sur les yeux déterminés de la mère, dont il admirait le rôle, l'attitude, et le comportement. Elle prenait très à cœur les intérêts de son fils sans pour autant abuser des prérogatives qu'aurait pu lui confier son titre de régente. Il n'y a que la maison Tully pour donner au monde le plus beau des spectacles de la maternité. Les dernières phrases toutefois du seigneur de Vivesaigues inquiétèrent quelque peu ser Darion qui le vécut malgré lui comme un premier échec des négociations à venir, en dépit des anticipations que j'avais partagées avec lui. Les futures noces de lady Eleanor avec un prétendant quelconque ne faisaient aucun doute, lord Edwyn m'en avait touché quelques mots lors de son passage à Hautjardin, aussi savais-je déjà à l'époque qu'il faudrait se contenter d'un mariage entre cadets de nos deux familles. Et quelle importance ? Ce mariage n'en sera pas moins un socle solide pour aboutir le rapprochement de Vivesaigues et de Hautjardin qui, pour une génération sinon plus, se trouverait liés tous deux par l'amitié, le respect et le sang. J'ai toujours pensé qu'on surestimait la force des mariages, et que les vrais liens entre les maisons nobles de Westeros se tissent à l'aune de la volonté et non sur le lit d'un jeune couple innocent du crime de leurs parents. Mon frère avait donc reçu pour consigne de ne rien dire au sujet d'Eleanor et de considérer directement la sœur suivante, lady Arianne.

     – Leyton et Arthur sont mes deux neveux et l'un comme l'autre effectivement conviendraient tout à fait à lady Arianne, et réciproquement, je n'en doute pas une seconde. Le premier n'est encore qu'un écuyer qui sera bientôt adoubé, et ce chevalier éclipsera bien vite la réputation de son père au profit de la sienne, croyez-moi sur parole. C'est un jeune homme pétri des vertus chevaleresques et tout entier dévoué à sa famille, à son devoir et respectueux d'agir toujours dans l'honneur... des vertus qui vous sont plus familières qu'à aucune autre des familles de Westeros, il me semble. Quant à Arthur, il est actuellement au service de lord Hightower comme page et secrétaire. Celui-là s'intéresse moins à la joute qu'au savoir et je crois qu'il connaît l'ensemble des ouvrages qui sommeillent dans les bibliothèques de Hautjardin. Il apprend, auprès du Grand Argentier, les artifices et les arcanes du pouvoir afin de revenir à Hautjardin équipé d'un solide bagage pour mieux conseiller son frère aîné Tristan, le futur seigneur suzerain de Hautjardin. Ils ont tous deux le même âge, seize ans, sont en bonne santé, vigoureux et sont parfaitement jumeaux... ce qui résout la question du choix sur les critères... physiques, qu'en dîtes-vous ?


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Message Lun 22 Avr 2013 - 21:11

         Edwyn n'avait aucun mal à se souvenir du mariage de ser Tristan et de lady Aliénor. Plus encore il se souvenait de leur départ précipité de Hautjardin suite à une dispute entre lord Jasper, qu'il accompagnait, et lord Tybolt Lannister, cet homme qu'il avait rencontré dans la demeure de la maison Tyrell. Plus sûrement qu'il se souvenait de ses prières, il avait en mémoire l'image de cet homme qu'il avait revu plus tard à Vivesaigues. Si l'entrevue avec lord Stark et lui s'était mal passée... s'il avait choisi d'envoyer les soldats du Conflans sous la bannière royale plutôt que sous la bannière du Lion... ce n'était pas un hasard. Cela l'énervait et l'agaçait terriblement, autant qu'il le terrifiait de savoir à sa gauche un voisin si difficilement aimable... Ce n'est pas qu'il s'en méfiait ni qu'il le redoutait... il craignait juste que les actions d'un tel homme ne soient une menace pour la paix et la tranquillité du royaume. Edwyn se rassurait donc d'entendre ser Darion lui dire sans ambages que lord Leo Tyrell partageait les mêmes inquiétudes et les mêmes soupçons... De l'eau avait coulé sous les ponts du Conflans depuis lors, et l'issue de la guerre contre les Fer-nés viendrait sans doute souffler un vent de nouveauté sur l'ensemble du royaume... Peut-être alors que de l'Ouest s'élèverait une lumière nouvelle ? Comme ce serait merveilleux ! « J'entends tout cela, je vous assure... J'espère simplement ne pas me tromper en vous accordant ma confiance... Vous savez, je sais que mon âge n'est pas une bonne chose... je sais que les gens, les lords, les seigneurs me voient comme un gamin sans expérience... comme un idiot incapable de savoir ce qui se passe sur son propre territoire, mais... c'est difficile, vous savez ? » Lady Charissa se leva et s'en vint près d'Edwyn. Elle posa ses mains sur ses épaules et s'agenouilla près de lui. Elle avait senti qu'il perdait pied et menaçait de perdre également toute contenance devant l'émissaire étranger. En dépit des bons liens qui unissaient et allaient se renforcer entre les maisons Tully et Tyrell, faire le déballage de la sensibilité du petit lord était un brin prématuré ! « Ce que mon fils veut dire, c'est qu'il a conscience de sa fragilité. Il connaît sa faiblesse et sa vulnérabilité. Et je sais que la plupart des prédateurs s'attaquent toujours au œufs avant d'attaquer les oiseaux dans leur envol, ser Darion. » Lady Charissa se doutait bien que le chevalier du Bief comprendrait le message implicite que ses paroles dissimulaient. Dans le temps, c'était lord Medgar qui traitait avec lord Leo Tyrell, mais les choses étaient changées. Le Long Dard devait traiter avec lord Edwyn, un petit garçon d'à peine neuf ans, et lady Charissa veillerait à ce qu'il n'abuse point de sa position renforcée par la jeunesse de son fils.

          « J'ai rencontré les jumeaux... je veux dire, Arthur et Leyton, à Hautjardin, et je sais qu'ils se ressemblent... comme deux gouttes d'eau. » Le petit garçon ne put s'empêcher de rire. Il se souvenait tout à fait de sa rencontre avec eux et gardait eux un souvenir très agréable. Il avait été notamment frappé par l'étroite ressemblance des deux jeunes hommes qui auraient pu concurrencer n'importe quel reflet, n'importe quel miroir ! Ils étaient tous deux toutefois très différents dans leur façon d'être et dans leur tempérament. L'un était le digne fils de son père, le prochain Long Dard en somme... l'autre était plein de savoir, de manières et d'érudition, un bel esprit en devenir... Edwyn se souvenait d'Arthur comme d'un mestre qui aurait rajeuni et de Leyton comme d'une version miniature de son propre père. Il se tourna vers sa mère pour lui souffler ces quelques mots. « Je me souviens des deux jumeaux, ils sont... très bien... Je suis sûr qu'Arianne les aimerait tous les deux... mais je crois qu'elle préférerait Leyton... enfin je pense... » Edwyn imaginait que les inclinations de sa sœur Arianne la pousseraient naturellement et spontanément vers Leyton qui n'était encore qu'écuyer mais qui deviendrait bientôt chevalier. Arthur lui paraîtrait trop timide et trop peu intéressé par les choses de la chevalerie que la demoiselle respectait énormément. Elle n'était pas non plus de ces pucelles qu'une armure fait fondre, mais Leyton et elle partageait déjà plus qu'elle ne partagerait jamais avec Arthur Tyrell. C'est pourquoi le choix de Leyton lui semblait préférable mais il fallait aussi que ce choix-là convienne à leur interlocuteur. « Comme le fait remarquer Edwyn, ser Darion, il semble qu'un mariage, s'il doit avoir lieu, aura lieu entre Leyton et Arianne. C'est l'union la plus souhaitable et si nous parvenons à un accord, je suis certaine de pouvoir convaincre ma fille d'être pour votre neveu la meilleure des épouses. Mais... le fait est que nous avons pu constater chez nos voisins qu'un mariage et une déclaration d'amitié ne suffisent pas à rendre cette amitié pérenne et volontaire. Nous devons, il me semble, donner chacun déjà des signes de notre bonne volonté et des preuves de nos engagements.» Edwyn leva la main pour interrompre sa mère et prit l'initiative d'appuyer davantage ce qu'elle venait de dire. Il n'était peut-être qu'un petit garçon mais il avait bien vu qu'en dépit du mariage de lady Maura et de lord Tybolt, l'amitié entre le Val et l'Ouest n'avait pas duré plus de quelques lunes... Un mariage entre sa sœur et l'un des fils de lord Tyrell n'étant pas plus sûr que cela finalement, il fallait d'ores et déjà décider de l'orientation à donner à l'amitié qu'ils souhaitaient tous deux entre les deux maisons. « Nous sommes prêts à faire des efforts pour montre notre bonne foi si vous en faîtes autant. Qu'est-ce que vous attendez de nous, et que pouvons-nous attendre à notre tour ? » Sa voix avait gagné en assurance. Il s'était souvenu des enjeux et désormais la conversation toute entière accaparait le fil de ses pensées. Il ne se laisserait plus aller. La discussion était importante, et il était seigneur suzerain du Conflans. Être sérieux était la moindre des choses !


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Message Mer 24 Avr 2013 - 23:17

     Mon frère comprit où ses interlocuteurs souhaitaient en venir. La fragilité du Conflans semblait sur toutes les lèvres, ces derniers temps, et l'événement de Murs-Blancs n'avait guère arrangé les choses. Cette région était au cœur géographique du royaume, elle était désormais au cœur de toutes les calomnies, de toutes les moqueries, de toutes les humiliations. J'en avais bien conscience, et ser Darion également. Pour cette raison il entendait les craintes de lady Charissa et les humeurs de lord Edwyn. Ce dernier, sans doute, devait avoir pris conscience de sa vulnérabilité d'enfant. Il ne risquait point encore la mort, à mon sens, mais n'était-il pas à la merci de toutes les convoitises ? N'était-il pas exposé aux mille et un caprices de vassaux peu scrupuleux ? Ne risquaient-ils pas d'être impuissant à gérer les crises internes de son fief, à l'instar de la flamme de la guerre privée qui s'était élevée depuis 205 entre les Nerbosc et les Bracken ? Tant qu'Otho Bracken vivrait, jamais les braises de ce conflit larvé ne s'éteindraient. À ma place, j'étais peut-être plus proche de ce petit garçon que ne le laissait croire les apparences et pourtant, n'avait-on pas découvert, à Murs-Blancs, de nombreuses bannières venues du Bief accrochées à l'étendard du dragon noir ? Il y avait parmi les vassaux de Hautjardin un ramassis de traîtres, et j'enrageais de les savoir si opiniâtres. La leçon d'Herberouge fut-elle insuffisante ? Je peinais à comprendre à l'époque ce qui leur passa par la tête, et je peine encore aujourd'hui. Mais à Vivesaigues, d'autres préoccupations agitaient l'esprit de mon frère, qui se risqua à ces approximations, car il avait souci d'apaiser les craintes et les tensions qui, manifestement, rongeaient le petit garçon et sa mère.

     – Lord Leo Tyrell, mon frère, comprendre votre position, lady Charissa, lord Edwyn. La prudence dont vous faîtes preuve est une preuve de la sagesse de votre éducation. N'allez pas croire que votre situation est une fatalité. Votre jeunesse est, par nature, temporaire, et avant même que vous ne puissiez vous en rendre compte, vous serez un solide jeune homme riche de son expérience et pétri des promesses qui reposent sur vos épaules. Votre statut d'enfant lord ne vous définit pas pour toujours. Un homme a-t-il les mains liés par ce qu'il est, ou parce ce qu'il choisit de faire ? Prenez l'exemple de mon neveu. Il y a un an, il était la déception de son clan, et aujourd'hui, il ne cesse de nous étonner par ses efforts et la volonté qu'il déploie pour effacer le souvenir que nous avons de lui. Vous-même, vous ne serez pas toujours ce petit garçon que les Sept couronnes regardent avec mépris. Vous allez grandir et, j'en suis sûr, nous éblouir. Mon frère vous le direz mieux que moi, car son honneur l'oblige à croire que de chacun peut naître le meilleur. Cela vous surprendra peut-être, mais dans ses prières, il souhaite à lord Lannister d'expier ses fautes et d'accomplir sa rédemption. Il prie pour que les Sept lui accordent cette grâce, et apaise en lui les tremblements que la mort en couche de son épouse a provoqué. Vous avez bien entendu, ce même homme dont il se méfie et qu'il hésite à craindre, ce même homme qui lui fit injure en sa propre demeure, il est au cœur de ses plus intimes prières. Ser Darion disait la vérité, mais il allait bien au-delà de mes conseils et de mes indications. Jamais je n'aurais eu l'audace d'exhiber ainsi l'intimité de mes recueillements à la vue de ceux qui ne demandaient rien de tel. Mais ce geste, qui n'était pas si calculé, exprimait toute la spontanéité du caractère de mon frère cadet, incapable d'élaborer plusieurs niveaux de réflexion au cours d'une même discussion. Il n'était pas fait pour l'intrigue, et pour cette raison je l'avais choisi pour être ma voix à Vivesaigues. Pour l'heure, si l'on me demande mon avis, je trouve qu'il s'en sort plutôt bien. Lady Charissa évoqua, à l'appui de son fils, la sotte illusion de ceux qui s'imaginent qu'une alliance entre deux maisons, fussent-elles suzeraines, sera suffisamment forte à l'issue d'un mariage entre leurs membres. J'avais justement mis en garde mon frère à Hautjardin contre cet a priori là, et il dut se réjouir d'entendre que les Tully mère et fils partageaient cette opinion. Je suis ravi d'entendre que vous voyez les choses ainsi, car mon frère n'entendez pas appuyer l'amitié qui doit lier nos deux familles à la seule force d'un mariage. C'est pourquoi j'ai entre les mains plusieurs propositions à vous faire, dont la mise en œuvre sera plus forte à nous unir qu'un serment prononcé devant le septon. Tout d'abord, je me dois d'évoquer Murs-Blancs, quand bien même ce souvenir nous est pénible à tous. Il y avait aux noces de lord Beurpuits des seigneurs venus de partout, mais surtout du Conflans et du Bief. Tous n'étaient pas partisans de Daemon II Feunoyr, bien sûr. Mais un grand nombre l'était, ce qui a révélé dans votre fief et dans le nôtre un reliquat de familles séditieuses à la loyauté envers la couronne discutable. Ainsi par exemple de notre côté les Vyrwel, les Peake, et du vôtre les Shawney et les Beurpuits. Je ne doute pas que les mauvaises langues iront, par le royaume, nous taxer de faiblesse à l'égard de ces vassaux incontrôlables. Nous devrions unir nos voix et lutter ensemble afin de les ramener dans le droit chemin, dans la seule allégeance légitime, celle au Dragon rouge. Lord Leo Tyrell ne propose pas qu'une position de principe. Il s'agit de nous engager à combattre ce vent de déloyauté qui souffle sur nos domaines. Hautjardin et Vivesaigues ont dès lors tout intérêt à partager les informations susceptibles d'aider dans ce combat. Qu'en dîtes-vous ?

     Cette question-là me paraissait être la plus urgente et peut-être aussi la plus importante, car la lignée Feunoyr n'était pas éteinte. Tant qu'il resterait un membre de cette branche, fût-ce un œuf de dragon blanc perdu dans les lointaines Cités-libres, il y aurait sans doute à Westeros des baronnets assez imaginatifs pour conspirer dans l'espoir de renverser les Targaryen. Et nul doute qu'entre les traîtres du Conflans et ceux du Bief, des flots d'informations circuleraient qu'il serait bon et utile de partager avec Vivesaigues quand Hautjardin viendrait à mettre la main dessus. Cette entreprise, qui n'était pas assurée du succès, s'étendrait sur plusieurs années, et assurait des contacts fréquents et équilibrés entre les deux familles. N'était-ce pas dès lors une manœuvre qui visait à asseoir l'amitié entre la Truite argentée et la Rose dorée ?


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Message Dim 28 Avr 2013 - 20:34

         Les paroles de ser Darion touchèrent droit leur cible. Les sombres pensées d'Edwyn s'envolèrent, comme les oiseaux qu'un jet de cailloux disperse, comme les mouches qu'un claquement de mains fait fuir. Si seulement le frère du Long Dard avait en lui le don de prophétie ! Edwyn serait assuré d'un avenir radieux, glorieux, merveilleux ! Malgré l'incertitude des lendemains décrits par le chevalier venu de Hautjardin, lord Edwyn n'en fut pas moins rasséréné et spontanément décida d'accorder toute sa confiance à son interlocuteur pour la suite de leur entretien. Il ne lui vint pas une seconde à l'esprit que les paroles laudatives de ser Darion pussent justement servir le dessein de l'amadouer. Il n'y pensa pas une seconde, mais sa mère était là pour distinguer les mots creux du flatteur de ceux plus charnus du négociateur. Edwyn entendait bien savourer les compliments et les perspectives décrites par ser Darion jusqu'à la lie et l’écœurement, mais il n'en eut guère l'occasion que lady Charissa, déjà, répliquait : « Votre sollicitude est appréciée, ser Darion. Nul ne doute à présent des bonnes intentions de Hautjardin à notre égard, mais vous savez ce qu'on dit des bonnes intentions, n'est-ce pas ? » L'intention n'était pas de froisser l'émissaire venu du Bief, mais bien de lui faire comprendre qu'il n'avait pas face à lui des auditeurs de seconde main. Edwyn ne comprit pas très bien ce que voulut dire sa mère, il ne savait pas ce qu'on disait des bonnes intentions et n'imaginait pas qu'elles pussent être autre chose que de bonnes intentions... mais il ne dit rien pour ne pas saper la solidité du discours de sa génitrice par une attitude désordonnée et chaotique. Au contraire, il jeta un regard plein de connivence sur le chevalier, et lui sourit de toutes ses dents dont certaines souffraient quelques avaries mineures. Ce sourire lui fit d'ailleurs se rappeler qu'il avait faim... mais n'était-il pas trop tôt pour réclamer déjà quelque nourriture à grignoter ? Ser Darion aurait trouvé cela sans doute très peu convenable pour une réunion de cette importance, d'autant plus qu'il abordait un sujet très grave. La rébellion Feunoyr, deuxième essai ! Edwyn en avait presque assez d'en entendre parler et pour cause, il en fut le témoin direct, comme tant d'autres, à Murs-Blancs ! Pourtant, le fil conducteur de la proposition de ser Darion lui apparut d'une manière évidente, et il se surprit lui-même à comprendre du premier coup ce qui était attendu de lui. Il joignit d'ailleurs ses mains comme s'il s'allait apllaudir lui-même, mais se retint au dernier moment. « Oui, c'est sûr que le mariage de lord Ambrose a... causé du souci dans le Conflans... comme si nous n'en avions pas déjà assez, hein ? Mais je vois où vous voulez en venir. Il n'y a pas trop à discuter je pense... » En effet, très vite au cœur de l'esprit du petit garçon avait germé l'idée suivante : s'il réussissait à dénicher les derniers traîtres, à les confondre et à les écraser comme le blé sur la meule de la justice, alors tous verraient que son âge n'empêchait point le petit lord d'accomplir ses devoirs et d'agir en vrai seigneur suzerain.

          « Si je réussis à démasquer tous les méchants qui ont voulu remplacer les Targaryen par les Feunoyr... oui, je pense que ça peut le faire ! » Lady Charissa vint tempérer l'enthousiasme de son fils et le ramener à des propos plus raisonnables et posant sur lui un regard tel qu'aucun échange de mots ne fut nécessaire pour que le petit garçon sut rectifier le tir. « Enfin... je me doute bien qu'on ne les attrapera pas tous, il y en aura toujours qui sauront se cacher sous les plus petites galets de nos rivières... mais ceux qu'on dévoilera au jour, il faudra les punir, oui ! Et plus nous en puniront, mieux ce sera, je crois, on verra que Vivesaigues n'est pas aveugle à ce qui se passe dans le Trident ! Votre idée... l'idée de coopérer pour cela me semble excellente, je suis pour que nous partagions les renseignements et tout ce qui pourra nous aider à trouver ces vilains ! Il faudrait même lancer une grande chasse aux traîtres pour les débusquer comme du gibier dans les bois... » Edwyn s'emportait, car le sujet était encore sensible, il lui arrivait parfois de faire des rêves désagréables, voire des cauchemars, au cours desquels il revivait les quelques jours passés à Murs-Blancs. Il voyait de la tombe s'élever des cadavres pour grossir les rangs des armées rassemblées par Daemon II Feunoyr, qui les lançait à l'assaut de Vivesaigues et lui, reclus dans son château cerné par des douves protectrices, ne pouvait rien faire que voir tous ses vassaux du Conflans rejoindre un à un l'ennemi. Parfois même des monstres abjects se pressaient dans la cour de Vivesaigues et dévoraient ses sœurs, sa mère, septa Melara et tant d'autres encore. Ces visions d'effroi le tourmentaient la nuit et parfois le jour, mais il était bien décidé à les expier à tout jamais en devenant lui-même le champion de la lutte contre la pourriture Feunoyr. Qu'ils aillent tous crever dans le trou du cul des Sept enfers ! Il ne laisserait pas les rivières de son pays devenir le putride marécage où prolifère la vermine qui, dans l'ombre, conspire contre les rois légitimes. Déterminé autant qu'ignorant de la bonne marche à suivre pour cela, Edwyn décida donc de saisir la main tendue de Hautjardin puisque ce projet particulier entrait parfaitement dans l'idée qu'ils avaient de rapprocher les deux familles, qui s'uniraient donc dans leur hostilité manifeste et active à la cause du dragon noir. « Nous vous soutiendrons dans tout ce que vous ferez contre les méchants Feunoyr, et nous attendons que ce soit réciproque. Et un jour un chanteur viendra raconter comme la Truite et la Rose ont démasqué et réduit au silence les derniers partisans du dragon noir, ce sera un grand moment, n'est-ce pas maman ? » Lady Charissa ne put retenir un sourire devant l'enthousiasme de son fils. « Je n'en doute pas une seconde, Edwyn. Ser Darion, vous pourrez dire à votre frère qu'il trouvera toujours Vivesaigues à ses côtés pour lutter contre la racaille Feunoyr. Et toutes les informations que nous recueillerons lui seront transmises aussi vite que volent les corbeaux, vous avez notre parole. »




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Leo Tyrell
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Message Lun 13 Mai 2013 - 16:04

Lady Charissa Tully ne mentait pas quand elle affirmait que les Tyrell trouveraient toujours des alliés chez les Tully de Vivesaigues quand il s'agissait de lutter contre la racaille Feunoyr. Elle ne mentait pas non plus quand elle affirmait vouloir durablement unir Roses et Truites dans un même jardin, autour du même étang, sous le regard des mêmes nobles architectes qu'ils étaient, Tyrell et Tully, dans ce plan aussi matrimonial que politique. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter quant à la franchise des Tyrell : son instinct de femme et, mieux, de mère, lui soufflait que nul n'aurait jamais autant à cœur qu'elle-même les intérêts de son fils et des Tully.

Edwyn était encore jeune et, malgré cela, il pensait aux goûts de sa sœur en matière d'hommes : c'était là une chose honorable, admirable même, mais peut-être guère avisée... Arianne comptait davantage d'années que l'héritier Tully, elle comprendrait sûrement qu'il valait mieux épouser l'homme de lettres que l'homme d'armes... les seconds mourraient souvent promptement, quand les premiers survivaient aux guerres. Les seconds dirigeaient des batailles, quand les premiers dirigeaient des pays dans l'ombre des Rois et des Reines... et selon les ambitions d'Arthur, Arianne pourrait davantage y trouver son compte sur le long terme. Edwyn avait donc parlé avec les meilleures intentions du monde, mais il avait parlé un peu trop vite peut-être. Néanmoins, ce qui était dit était dit, et Lady Charissa ne vit aucune raison valable de contredire son propre fils au cours d'une audience comme celle-ci, ce qui le ferait paraître vulnérable. Lady Charissa décida alors de passer par des voies détournées... plus tard, car Ser Darion passait à tout autre sujet, bien que cela concerna toujours certaines histoires d'unions devant les Sept. Ser Darion chercha l'approbation d'un regard vers Lady Charissa, et celle-ci hocha légèrement la tête pour lui signifier qu'elle approuvait ses paroles. Elle avait même espérées celles-ci, et dans le cas où Ser Darion ne les aurait pas lancées lui-même, probablement aurait-elle pris l'initiative de son côté. Elle trouvait l'homme sincère – un peu trop pour être honnête ? – et le jugeait plus que correct avec Edwyn, même un peu paternel... elle se méfiait de cela, même si elle n'en montrait rien, ne souhaitant pas désapointer son fils. Celui-ci goûterait bien vite à la déception des amitiés politiques, factices, des jeux d'ombre et de lumière, de mensonge et de vérité... il est bien connu que les roses se penchent toujours dans la même direction que le vent, et si celui-ci venait à souffler dans la direction contraire au sens où coulait la rivière, qu'arriverait-il ?

Lady Charissa cligna des yeux, comme pour chasser ces pensées, ces doutes qu'elle ne pouvait s'empêcher d'avoir, comme si le monde s'était ligué contre les Tully, contre son fils. Il n'avait qu'elle, elle se devait d'être prudente pour deux mais elle ne devait pas, non plus, devenir étouffante, ou il la rejetterait, et c'était la dernière chose que la mère en elle souhaitait voir arriver...

Quand Ser Darion évoqua l'or des Tyrell, Lady Charissa se figea, interdite. N'était-ce pas de la corruption pure et dure ? Elle se retint de soupirer que l'argent n'achetait pas la loyauté, seulement un sursis. La trahison des fidèles au Dragon Noir – qui pourrait entraîner la chute du Conflans déjà fragile comme celle du Bief à peine plus tangible en ce moment – ne serait que retardée. De quelques années tout au plus, et jamais assez pour que son fils Edwyn ait le temps d'accéder à sa majorité.

"Ser Darion", répondit-elle en veillant à choisir soigneusement ses mots. "Je pense qu'il faudra plus que l'or des Tyrell pour s'arroger la fidélité des Seigneurs récalcitrants au sujet de ces mariages. Je pense qu'il faudra, surtout, des traités commerciaux pour réaliser de véritables et durables alliances que de simples mariages ne scellent pas toujours... Prenons un exemple parmi des dizaines d'autres : si nous allégeons certaines taxes pour les produits qui circulent exclusivement entre le Bief et le Conflans, non seulement nos populations et nos seigneurs s'enrichiront, mais ces Seigneurs, en plus de cela, s'en verront gratifiés."

Lady Charissa insista bien sur ce dernier mot, captant le regard de Ser Darion afin de lui faire comprendre quel genre d'importance elle accordait à la contre-proposition qu'elle lui ferait.

"Tellement gratifiés", ajouta-t-elle alors, "qu'ils voudront sûrement contribuer à l'enrichissement mutuel de nos terres par eux-mêmes, sans se sentir... obligés de se marier, si vous me suivez. Ils se proposeront d'eux-mêmes."

Les Seigneurs qu'ils cherchaient à rallier à leur cause pour fortifier leur position étaient des hommes fiers, trop fiers pour courber l'échine en l'échange d'un simple pot de vin. Ils verraient sûrement cela comme un déshonneur ou, pire !, une provocation pure et simple. Lady Charissa espérait vivement que Ser Darion se rangerait à son avis. D'après elle, il y avait d'autres moyens d'acheter un homme que par un simple pot-de-vin...

Lady Charissa se tourna presque immédiatement vers son fils et, lui offrant un visage à la fois sérieux et avenant, ouvert, lui demanda posément : "Edwyn, tu as entendu l'avis de ser Darion sur la question, puis le mien... quel est ton avis à toi ? Que ferais-tu, si tu étais à notre place ?"

Elle ne pouvait promettre à son fils de suivre ce qu'il allait proposer – la tournure de sa question le sous-entendait d'ailleurs – néanmoins elle voulait lui apprendre petit à petit les responsabilités, tout comme elle souhaitait qu'il n'hésite pas à affirmer ses opinions quand celles-ci pouvaient être entendues.
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Edwyn Tully
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Message Lun 13 Mai 2013 - 23:31

         Edwyn redoutait toujours cette affreuse question. « Que ferais-tu, toi ? » Ces quatre mots résumaient à eux seuls la situation du petit seigneur qui regrettait une fois de plus de n'être pas plus âgé. S'il avait eu dix ans de plus, jamais on n'aurait eu besoin d'ainsi le materner. Il n'en voulait point à sa mère d'agir ainsi, mais au monde entier de l'avoir fait orphelin si tôt. Malgré l'amertume qui le saisissait parfois, il n'en était pas moins reconnaissant d'avoir encore à ses côtés sa mère qui veillait sur lui avec toute la férocité d'une louve qui protège ses louveteaux. Redevenant sérieux, il se répéta en lui-même les paroles de ser Darion et celles de sa mère. Spontanément, il aurait été de l'avis de sa mère, mais c'était davantage l'affection qui le poussait en ce sens, plutôt que la raison qui, moins immédiate nécessitait du temps pour porter ses fruits. En y réfléchissant, ser Darion n'avait pas tort, pousser les maisons vassales du Conflans et du Bief au mariage était un bon moyen de tisser des liens et de les resserrer entre les deux régions. Une fois plusieurs maisons mariées entre elles, pour plusieurs années, voire plusieurs générations, des liens de fait seront créés et ceux-ci enfanteront des liens de droit qui viendront inciter à d'autres liens de fait pour pérenniser les bons résultats... et ainsi de suite ! En revanche, l'idée avancée par sa mère parut quelque peu obscure... des traités commerciaux ? Edwyn ne saisissait pas vraiment la signification du terme... Il avait dû l'entendre dans la bouche du mestre ou de septa Melara une fois ou deux mais... ces choses-là concernaient les marchands, non ? Ou les maisons nobles particulièrement riches ? Ou les riches familles propriétaires de moyens de production ? Tout cela s'entremêlait dans sa tête au point qu'il n'y entendait plus rien. « Je crois que tous les deux vous avez raison ! Il faut inciter les gens à se marier entre familles du Bief et du Conflans, et il faut faciliter les échanges entre les deux régions... comme ça, les nobles se reconnaîtront entre eux, et tout le monde pourra en profiter... » Le Florent, les Redwyne, les Mallister et les Darry avaient déjà montré l'exemple comme l'avait dit le frère du Long Dard, et bientôt les Tully et les Tyrell feraient de même en mariant le fils de lord Leo à la sœur de lord Edwyn. Mais en fin de compte, quelle importance que les vassaux de Vivesaigues et ceux de Hautjardin se tendent les mains les uns vers les autres et réciproquement ? Davantage comptait dans l'esprit d'Edwyn l'amitié de la truite et de la rose – il ne comprenait pas encore qu'une telle amitié n'était possible qu'à condition de reposer sur des bases solides. Mais le socle serait plus solide si la pierre Tyrell et la pierre Tully se voyaient complétées par les pierres de chacune des maisons du Bief et du Conflans qui embrasseraient le projet fomenté ce jour entre lord Edwyn et lord Leo.

          « Alors c'est d'accord ! De toute façon, conseiller quelqu'un, ça ne coûte rien ! Je crois que personne ne viendra me demander conseil avant longtemps, mais si un de mes vassaux le fait un jour, je me souviendrai de ce qui a été dit ici et je lui dirai qu'il faut trouver une femme ou un mari dans le Bief, car c'est le mieux pour nous tous ! » Un peu à sa façon, Edwyn venait de résumer la situation et il ne put réprimer un sourire content. Il regarda sa mère, puis ser Darion, puis fixa des yeux le sol. Il s'était un peu emporté, mais le cœur y était, n'était-ce pas bon signe ? « Je suis désolé... » Il se punit mentalement et se promit de modérer son enthousiasme, mais il savait aussi qu'il s'agissait là d'un vœu pieux. Edwyn n'était pas capable d'être aussi maître de lui-même qu'un adulte accompli, il le savait bien évidemment. Septa Melara l'aidait dans cet apprentissage, mais cela prendrait du temps, beaucoup de temps. « Ser Darion, vous direz à votre frère que j'ai un bon souvenir de lui. Pour cette raison, je désire suivre ce chemin qu'il a tracé et je veux que les maisons Tyrell et Tully montrent l'exemple en mariant entre eux deux de leurs enfants. D'accord ? » Edwyn quitta sa place et alla prendre entre ses petits doigts les mains de sa mère. Elles étaient sèches et pourtant, ces mains étaient les plus belles du monde aux yeux du petit garçon. « Maman, je suis certain qu'Arianna aimera Hautjardin. C'est un si grand château, et si beau ! On pourrait y ranger trois fois Vivesaigues, et puis les jardins sont magnifiques ! Cela lui plaira, j'en suis sûr. Moi je ne pourrai pas y vivre, toutes ces fleurs me piquent le nez parfois, mais je sais qu'Arianne s'y plaira. » Il se tut un instant, reprit son souffle, et repartit de plus belle : « Et Leyton lui plaira aussi, évidemment ! C'est un garçon formidable, j'aimerais beaucoup lui ressembler plus tard ! Il fera un grand chevalier, c'est obligé ! » Cela ne faisait aucun doute. L'enthousiasme d'Edwyn allait peut-être très loin, mais on ne pouvait lui reprocher de manquer d'ouverture ou de sincérité. Son séjour à Hautjardin avait semé en lui les graines d'une grande affection pour chacun des membres de la famille Tyrell, et les fleurs bourgeonnaient ce jour à Vivesaigues. Il n'imaginait pas une seconde pouvoir être trahi, floué ou dupé par lord Leo ou ser Darion son frère. Ils avaient, à son égard, tous fait preuve de beaucoup de bienveillance à Hautjardin. Ser Darion avait renouvelé devant sa mère et lui des vœux de confiance et d'amitié. Cette entrevue était le fruit d'une décennie de pourparlers. Il n'y avait pas de place pour la trahison ou le doute, deux parasites que son cœur d'enfant avait tôt fait de chasser de sa tête. Il était serein, il savait ce qu'il voulait, et il était plus qu'heureux d'offrir à ser Darion ce qu'il venait demander. Edwyn se souciait d'ailleurs peu de paraître facile, puisqu'il obtenait lui aussi ce qu'il voulait, non ?


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Message Sam 1 Juin 2013 - 9:30

     – Je vous comprends tout à fait, lady Charissa. L'intervention de la mère d'Edwyn Tully révéla une femme des plus déterminées à faire entendre sa voix autant qu'à préserver l'intégrité de l'autorité de son lord de fils. Elle avait tort de sous-estimer la cupidité naturelle du genre humain, mais mon frère, qui partageait son point de vue, comprit où elle voulait en venir. À mon sens, l'avarice et la cupidité sont le châtiment des personnes fortunées, des nobles de haut lignage que l'envie et la convoitise font esclaves. Plus ils ont, plus ils désirent, et plus ils sont ouverts à la corruption, comme si l'aisance du corps entraînait la souplesse de la volonté. Ser Darion écouta les premiers commentaires d'Edwyn, et les mots du petit garçon le rassurèrent, car ils témoignaient d'un accord prochain que le seigneur suzerain du Conflans ne manqua pas de formuler. Mon frère éprouva un grand soulagement, il n'était pas familier des secrètes techniques de la diplomatie et, à ses yeux, proposer le recours à la corruption était une vilénie. Elle l'était aux miens aussi, mais il est des compromis qu'on sait nécessaires et d'autres qu'on sait dispensables. – Je n'y manquerai pas lord Edwyn. Bientôt tous les seigneurs du Bief qui se présenteront à Hautjardin sauront que les Tyrell approuvent et encouragent tous les projets de mariage qui tisseront des liens plus étroits avec le Conflans. L'enthousiasme communicatif du petit garçon gagna le chevalier du Bief qui se risqua à sourire. Mon frère n'était décidément pas à l'aise dans la posture de l'émissaire, préférant de loin la sueur des entraînements à l'épée que celle des longues discussions sérieuses. Toutefois, il avait reçu une mission précise de ma part, et savait qu'il lui en coûterait de ne pas la respecter d'un seul détail.

     Je ne lui avais pas promis mille châtiments, il n'était pas dans ma nature d'ainsi menacer les membres de ma famille. Je préférais laisser ces cruautés à d'autres. Mais il savait toutefois qu'il y avait un prix à payer pour ma déception, et qu'il fût mon frère n'y changerait rien. S'il revenait de Vivesaigues avec de mauvaises nouvelles, et s'il s'avérait responsable de l'échec des négociations menées depuis près d'une décennie par mes soins... Tout patient et tout charitable que je fusse, je ne pourrais réprimer ni ma colère, ni mon mécontentement. Mais d'après les premiers temps de la discussion, ser Darion pressentait une issue favorable à toutes les questions qui seraient soulevées entre eux.– Leyton est un jeune homme qui saura respecter lady Arianne, la combler et la couvrir de tous les honneurs dus à une demoiselle de son rang. C'est un écuyer qui sera bientôt adoubé, qui lie aux plus grandes vertus l'humilité la plus sincère. Vous le connaissez déjà, Edwyn, vous savez qu'il est le fils du Long Dard qui lui ressemble le plus, et qu'il fera le bonheur de celle qui sera son épouse. Je ne doute pas d'ailleurs que lady Arianne soit une demoiselle qui sache convenir à mon neveu. L'éminence de son lignage et la valeur de son éducation font d'elle un parti de premier choix. La maison Tyrell verra son jardin embelli par sa présence, et notre amitié n'en sera que renforcée. Leurs noces seront pour nous l'occasion de nous réjouir, et les enfants qui viendront couronner de succès leur union ne manqueront pas de veiller à ce que les bons rapports que nous entretenons perdurent quelques générations de plus. Et ce d'autant plus que les liens entre le Bief et le Conflans ne reposeraient pas seulement sur ce mariage qui, seul, n'apportait rien de plus qu'un vague temps de réconfort. Ma propre expérience avec les Lannister m'en avait persuadé, et je n'étais pas prêt de faire la même erreur avec les Tully, mon frère le savait et se souvenait très bien des mots que j'eus pour lui à ce sujet.

     – Lord Tyrell, mon frère, propose que les noces de lady Arianne et Leyton ait lieu après la guerre, immédiatement après l'adoubement de mon neveu. Le lieu de la tenue des cérémonies nous est indifférent, nous laissons ce choix à votre famille. S'agissant de la dot de lady Arianne, elle n'est à nos yeux qu'un détail. Nous ne voulons pas que ces discussions d'épicier viennent nuire à notre amitié, alors nous la laissons une fois de plus à votre discrétion. Une telle annonce dut produire quelque effet, sinon chez Edwyn, qui était peut-être trop jeune, au moins chez lady Charissa, qui avait déjà été mariée une fois et qui, dès lors, devait savoir que, dans bien des cas, la question de la dot était toujours l'épine dorsale des complications pré-matrimoniales. Je savais pourtant très bien à quoi j'exposais mon frère quand je le chargeai de porter cette nouvelle à Vivesaigues, et ser Darion lui-même ne comprenait pas très bien le sens de mon geste. Était-ce de la générosité, une manœuvre ? Il y avait un peu des deux. En donnant l'air de négliger ce point-là, je voulais bien faire comprendre aux membres de la maison Tully qu'il n'y avait pas de place entre eux et moi pour ces jacasseries de bourgeois. Mais en leur laissant la main sur ce pli, je m'assurais également de savoir la valeur qu'ils accorderaient à ce mariage : une dot dérisoire en dirait long sur l'hypocrisie de la situation, tandis qu'une dot raisonnable viendrait conforter tout le monde.

     – En gage de notre bonne foi, avant ce mariage, nous proposons d'ouvrir plus grand les portes entre Hautjardin et Vivesaigues. L'été a été bien rude, sur sa fin, pour nos deux régions, et le Fléau de printemps nous a tous affectés. Ouvrons les routes entre le Bief et le Conflans, n'inquiétons plus personne avec les taxes, les douanes et les péages que même les mestres parfois ne comprennent pas, et favorisons les échanges, pour que nos deux régions avancent dans l'Hiver avec les meilleurs moyens possibles d'y résister. Avec le concours de lord Hightower, mon frère s'est arrangé pour pallier au déficit alimentaire que le Bief accus après la canicule, en misant sur l'import de denrées. Il se trouve que Vivesaigues et le Conflans pourrait aussi en profiter L'accord durerait jusqu'à la fin de l'Hiver, bien après le mariage, et serait renouvelable. Qu'en pensez-vous ? Ce serait comme offrir un cadeau de mariage non à la jeune mariée, mais à sa famille, sans parler des avantages circonstanciels dont bénéficieraient le Bief et le Conflans, tous deux sévèrement touchés dans leur chair par la canicule et l'épidémie. En desserrant le cordon des obstacles à la libre circulation des marchandises, ces flux nouveaux permettraient d'élargir la portée d'influence des greniers et des entrepôts où les réserves attendaient patiemment l'Hiver. Ser Darion, cette fois, maîtrisait mieux son sujet, et mon frère eut la belle voix pour le montrer.

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Message Sam 15 Juin 2013 - 12:47

En dépit d'une naïveté toute enfantine, l'enthousiasme d'Edwyn faisait plaisir à voir et à entendre. Lady Charissa ne put retenir un sourire attendri que de fleurir sur ses lèvres fines. Soudain émue de voir son fils prendre tant à cœur les affaires du Conflans et de la famille, alors qu'il aurait pu faire comme la plupart des enfants de son âge et partir bouder dans un coin, bras croisés et mine renfrognée, Lady Charissa sentit son cœur se gonfler d'orgueil : quoi qu'on dise de son fils, il ferait un grand et un bon seigneur ! Nul ne lui enlèverait cette certitude-là, même si tout semblait tout à fait incertain en ces temps obscurs. "Bien entendu qu'Hautjardin sera du goût d'Arianne", sourit Charissa pour montrer à son fils qu'elle serait toujours de son côté, et à Ser Darion qu'elle n'était pas contre l'idée de ce mariage. Et concernant qui des deux jumeaux elle épouserait... la partie froide et calculatrice de Charissa aurait préféré marier sa fille à un homme moins exposé aux batailles et aux combats, un homme qui ne la laisserait pas veuve trop tôt, à la merci des malheurs du monde. En revanche, son côté romantique voulait laisser à sa fille le droit de se marier avec un homme à son goût – car Edwyn avait bien raison, Arianne préfèrerait sûrement le chevalier, question d'aura et de goût. Elle en discuterait avec celle-ci au moment de lui annoncer la nouvelle de son mariage.
Le cœur de Charissa se serra : encore une enfant qui partait au loin... pourquoi fallait-il qu'une mère aime tant ses enfants, quand on les lui enlevait par la suite ? Son esprit revint des années en arrière, quand sa propre mère avait dû l'abandonner aux Tully... à cette époque, Charissa nourrissait une rancœur tenace à l'égard de ses parents, qui n'avait trouvé d'antidote que dans la patience et la tendresse de son nouvel époux. Arianne marchait dans les pas de sa mère : serait-elle aussi difficile à marier ? Charissa espérait lui faire entendre raison, même si son ventre se tordait d'angoisse à l'avance à l'idée de céder sa fille à une autre famille. Heureusement, il s'agissait des gens de Hautjardin : nul doute que la jolie fleur à laquelle la Truite avait donné naissance s'épanouirait pleinement dans le jardin des Tyrell.
Lorsque Ser Darion aborda les questions d'ordre pratique, Lady Charissa passa outre sa réticence habituelle à parler d'argent et hocha doucement la tête en souriant : "Ser Darion, ne vous en faites pas pour la dot de ma fille : elle sera aussi fournie qu'elle se doit de l'être, je ne l'envisage pas autrement." Les caisses des Tully n'étaient certes pas sans fond, mais elles étaient encore loin d'être vides. Arianne aurait sa dot, et un magnifique mariage dont il faudrait déterminer le lieu bien entendu.
"Concernant le lieu, Hautjardin constituerait à n'en pas douter un havre de paix et de beauté, idéal pour ce genre d'événement." De plus, songea Charissa à part elle-même, Arianne n'effectuerait pas seule le voyage depuis Vivesaigues, et la séparation avec sa famille serait moins brutale. "Toutefois je me demande s'il est judicieux d'effectuer ce mariage loin du Conflans, dont nous cherchons à renforcer la stabilité politique comme vous n'êtes pas sans l'ignorer. Cela dit, je ne voudrais pas léser Hautjardin et limiter les effets bénéfiques de ce mariage au seul Conflans. Peut-être pourrions-nous innover, sans rompre avec la tradition bien entendu... que diriez-vous d'une cérémonie de fiançailles publiques ici, à Vivesaigues ? Elle précéderait le mariage véritable à Hautjardin et je suis sûre qu'Edwyn se fera un honneur de présider en tant qu'hôte à la table de fiançailles de sa chère sœur."
A n'en pas douter, un double événement ferait doublement jaser et aurait, bien entendu, un effet d'autant plus rapide sur la situation troublée du Conflans que les nobles comprendraient qu'ils étaient traités avec respect de part et d'autre. De plus, tout Hautjardin se déplacerait à Vivesaigues pour les fiançailles, puis toutes les Truites se rendraient chez les Roses pour le mariage... qui sait si entre ces deux cérémonies, les nobles n'auraient pas organisé eux-mêmes des unions entre les deux domaines ? Multiplier les occasions de rencontres entre les partis ne pourrait que faire fructifier cette stratégie matrimoniale.
"Quant à l'accord de commerce que vous proposez, je le trouve juste et profitable à tous. Nous allons faire beaucoup d'heureux avec cette annonce, nul doute que l'hiver sera plus doux dans les foyers même les plus pauvres."
Lady Charissa sourit avec bienveillance à Ser Darion : même si elle ne pouvait s'empêcher de rester méfiante, quelque chose lui disait d'accorder une part de sa confiance à l'envoyé des Tyrell.
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Edwyn Tully
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Message Dim 23 Juin 2013 - 9:34

      Edwyn n'apprit qu'il y a peu de temps ce qu'était une dot, et le principe lui semblait révoltant. N'était-ce pas assez d'arracher un membre à une famille, il fallait encore qu'elle paie pour cela ? Cette tradition lui semblait bien injuste et cruelle, il peinait à la comprendre, et s'il avait été le roi, il aurait très certainement inversé la chose : l'époux devrait payer à la famille de sa promise un tribut pour adoucir le chagrin causé par ces déchirements nécessaires. À ces yeux, l'idée que la dot accompagnât l'épouse dans le but d'assurer son confort et son train de vie dans sa nouvelle maison n'était qu'un leurre et une foutaise destinés à dissimuler de plus viles intentions. Toutefois le petit garçon comprenait qu'il serait vain d'aller contre cette tradition trop ancrée dans les coutumes pour être balayée d'un simple revers de la main. Quand bien même elle lui paraissait inique, il devrait s'y contraindre de bonne foi, car ainsi allait le train des choses à Westeros. Arianne serait mariée à Leyton Tyrell et apporterait avec elle la dot qui convient à une fille de la maison Tully, ni plus ni moins. Edwyn n'aurait su dire à combien devait s'élever une telle somme, qui n'était pour lui qu'un coffre empli de picaillons dorés, mais il faisait confiance à sa mère, au mestre de Vivesaigues et à l'intendant pour le savoir. La question du lieu du mariage en revanche l'intéressa bien plus et il crut bon d'intervenir à la suite de Charissa, qu'il approuvait par principe. « Moi je pense que le mariage devrait avoir lieu à Vivesaigues, en une seule fois, pour les mêmes raisons que pour celui d'Eleanor et Beron Stark. » Il se tut et glissa vers sa mère un regard empreint d'une honte légère, car il n'aimait pas l'idée de la contredire trop brutalement, surtout en face d'un étranger, fût-il aussi amical que l'était ser Darion de Hautjardin. Mais il lui paraissait nécessaire d'exprimer encore une fois son point de vue d'enfant qui, malgré tout, avait tout de même quelques aspects du bon sens et de la sagesse. « Vu ce qui est arrivé à Murs-Blancs et les soucis que nous causent les Cracken... les Bracken, je veux dire ! Et les Nerbosc... je ne crois pas que ce soit bon pour nous que je m'éloigne de Vivesaigues, même pour un mariage, alors si lord Tyrell nous laisse le choix du lieu, je pense que Vivesaigues est la meilleure idée. » Après tout, il ne s'agissait pas du mariage de l'héritier de Hautjardin, sa présence donc dans la demeure des Roses n'étaient pas une nécessité absolue. Et puisque l'instabilité du Conflans et la jeunesse de lord Tully justifiait sa présence constante à Vivesaigues et dans sa région, n'était-il pas normal d'accepter l'offre généreuse de lord Tyrell et de choisir, pour lieu de la cérémonie, le château qui vit naître autrefois la douce Arianne ? Deux mariages avec deux grandes maisons de Westeros, célébrés dans le septuaire de Vivesaigues, cela couvrirait la maison Tully d'un surcroît de prestige qui viendrait faire oublier pour un temps l'âge et la faiblesse de son lord.

     « Vous direz à lord Leo Tyrell que nous acceptons son offre généreuse et que moi je préférerais marier ma sœur à Vivesaigues dans le château de notre père, car c'est grâce à lui que nous sommes ici aujourd'hui et que nous pouvons nous vanter d'être amis. » Sans Medgar Tully, aucun d'eux ne seraient là ici pour discuter de ces sujets qui uniraient pour longtemps les truites argentées et les roses dorées. Il était avec Leo Tyrell le fondateur de ces projets, et le petit garçon avait l'intime et ferme conviction qu'il les regardait de là-haut avec un œil confiant et bienveillant. Aurait-il agi autrement, en lieu et place d'Edwyn ? Aurait-il exigé davantage de son interlocuteur venu du sud, aurait-il été plus ferme, plus habile, plus déterminé à obtenir les meilleurs avantages pour la maison Tully ? Edwyn, chaperonné par sa mère, n'avait pas l'impression de s'en tirer trop mal, au contraire, ne venait-il pas d'obtenir la liberté de choisir le montant de la dot, qui s'élèverait à un raisonnable montant, et le lieu du mariage qui, si Darion Tyrell n'y trouvait rien à redire, serait décidé pour Vivesaigues. « Vous savez ce qui est arrivé à Murs-Blancs... non ? Les gens vont croire que c'est toujours comme ça que finissent les mariages dans le Conflans, alors un mariage réussi... entre deux nobles familles... entre Tyrell et Tully... ce serait un bon moyen d'éloigner de nous cette réputation. » Il ne tenait pas à en dire davantage, et exagérait sans doute, mais le souvenir de la seconde rébellion Feunoyr, qu'il avait observé en tant que spectateur, et dont il avait vu la brusque fin, lui était bien désagréable et avait suscité en lui des transports affectant jusqu'à sa bonne santé. Il ne tint pas également à commenter le volet commercial de la discussion auquel il ne comprenait rien, alors si sa mère l'approuvait et l'encourageait, il le faisait aussi, il avait bien assez confiance en elle pour s'en remettre à son avis qui était de toute façon plus alerte et éclairé que le sien. Trop jeune et trop inexpérimenté, qu'aurait-il pu dire à ce sujet, sinon justement manifester sa plus totale incompréhension d'un sujet encore trop vague et inconnu pour lui ? La question du mariage et du lieu de sa célébration l'intéressait bien davantage. Elle avait pris un caractère de crispation s'agissant des noces d'Eleanor, Edwyn était donc heureux de voir que, cette fois-ci, le bon sens et la bonne foi régnaient assez entre Roses et Truites pour qu'ils s'épargnent de vains babils ennuyeux. Avec le temps, Edwyn espérait voir naître entre tous les interlocuteurs de Vivesaigues et lui-même cette même bonne entente qui le liait à Hautjardin et à lord Tyrell. L'avenir viendrait dire si l'amitié patiemment construite et naissante fructifierait plus encore, mais le présent n'en portait pas moins la promesse des meilleurs et des plus beaux effets.


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Message Dim 7 Juil 2013 - 16:27

Mon frère s'étonna un peu d'entendre deux avis différents venant de la mère et du fils, mais il dut se rendre à l'évidence : tout jeune qu'il fût, le petit garçon qui se tenait près de lui n'en demeurait pas moins sûr de son opinion que les autres. S'il manquait peut-être de l'expérience et de l'assurance qui sont les deux roues de la charrette de l'âge, il ne semblait pas que l'opiniâtreté lui fit défaut. Au contraire même, si j'avais été là j'aurais sans doute était très étonné par le cœur qu'il mit à défendre son point de vue. Selon lui, le mariage devrait avoir lieu à Vivesaigues, et l'intégralité de la cérémonie devrait s'y dérouler. Des raisons similaires avaient amené lord Stark à consentir le même lieu pour son propre mariage avec une autre sœur d'Edwyn, et ser Darion, qui n'était pas vraiment au courant de cette affaire, sinon par vagues, ne put qu'approuver du chef sans mot dire. Il préférait laisser l'enfant parler et aller au bout d'une idée qu'il avait certainement mûri de gré ou de force, tant les événements ces derniers s'étaient autour de lui accélérer. Sa jouvence offrait une perspective bien différente et s'il avait été adulte, sans doute eût-il agi et choisi différemment. Le mariage se tiendrait donc à Vivesaigues et mon frère, que j'avais instruit en ce sens, ne chercha pas même à s'y opposer ou à tirer profit de cette concession que j'étais d'avance prêt à faire. À quoi bon aurait-il chercher à tergiverser ? Il y avait des sujets bien plus importants qui nécessiteraient discussion. De plus, les raisons exposées par lord Tully emportère facilement l'adhésion de mon frère, qui reconnut volontiers que la situation du Conflans exigeait la présence constante du suzerain de cette région en sa demeure. Tout voyage en dehors, s'il n'était pas sérieusement motivé, aurait pu heurter l'orgueil des vassaux indociles de Vivesaigues. Mon frère songea alors à quel point ma chance était grande, à Hautjardin, d'avoir autour de moi des vassaux fiers mais loyaux pour la plupart. Il y avait bien sûr quelques foyers d'indocilité, comme me le montrerait plus tard l'affaire Ermeline, mais j'étais bien moins embêté dans l'ensemble que le tout jeune lord Tully. Quand il serait plus vieux, il pourrait se réclamer d'une expérience qui nous fit défaut à tous au même âge, et pourrait donc en récolter les meilleurs fruits. Mais pour l'heure, c'était un enfant qui faisait face à ser Darion. Un enfant et une femme, que la maternité autant que le veuvage avait embelli, de l'avis de mon frère. Mais il ne pouvait se laisser aller à pareilles distractions. – Je le lui dirai en ces termes, lord Tully. Le mariage aura donc lieu à Vivesaigues, dans les plus brefs délais. Je sais que mon neveu sera enchanté et vous me voyez ravi de savoir que cette question n'est pas source de bisbille entre nous. Et je suis persuadé que ce mariage là connaîtra un sort bien différent de ce qu'il advint à Murs-Blancs. Nous y veillerons.

En effet. Mon frère avait saisi toute la gravité de l'événement, mais en avait-il bien compris toutes les implications ? J'en doutais au fond de moi en le voyant quitter Hautjardin pour gagner le Conflans, mais au moins je savais qu'il ne dépareillerait point en touchant ces choses avec désinvolture et négligence. Pour le Trident, le mariage raté de lord Beurpuits était une terrible blessure que de longues années viendraient cicatriser. Mais la discussion déjà avançait et le dernier sujet devait encore être abordé. Elle se poursuivrait sans doute longtemps après, et ils reviendraient à l'occasion sur ce qui fut déjà dit et précisé, mais mon frère ne pouvait plus faire l'impasse sur la question peut-être la plus importante que je lui avais confiée. – Nous avons abordé tous les points que mon frère souhaitait nous voir discuter. Il en reste un cependant, que je dois vous livrer. Lord Edwyn, vous êtes en âge de prendre compagnie auprès d'un chevalier, comme écuyer.  Lord Tyrell s'est vu priver du privilège de vous le proposer lui-même, du fait de la place qu'il occupe, qui l'oblige à demeurer à Hautjardin ou dans ses proches environs. Pourtant, il aurait beaucoup aimé être le chevalier qui vous enseigne l'honneur et la vertu, pour finalement vous adouber une fois l'âge venu. Contre mauvaise fortune bon cœur, et dans l'idée toujours présente à notre esprit d'unir plus étroitement nos deux maisons, il propose que j'occupe ce rôle à Vivesaigues. Je n'occupe aucun rôle important dans le Bief, je peux donc en partir pour m'installer ici, où est votre place. Et si je n'ai pas le prestige ou la renommée de mon frère comme chevalier, je tâche malgré tout chaque jour d'être respectueux des vœux qu'il y a longtemps j'ai prononcé. Qu'en penseraient-ils ? Cette question m'avait brûlé les lèvres immédiatement après avoir présenté mon projet à mon frère Daerion, et je demeurais persuadé qu'il se la poserait lui-même. Pourtant, l'idée ne me paraissait point mauvaise. Elle lierait plus longtemps les Tully et les Tyrell, tout en présentant de fait l'assurance d'une réciprocité durable : lord Edwyn serait éduqué à la chevalerie par un Tyrell, et un Tyrell resterait toujours à Vivesaigues pour assurer le lien entre les deux familles. De plus, si nos rapports devaient s'envenimer avec le temps, il y aurait toujours à Vivesaigues une contrepartie à la présence d'Arianne à Hautjardin : ainsi, sans parler d'échange d'otages, le même principe pourtant, sous d'autres noms, était mis en œuvre. Dussé-je devenir fou et malmener ma belle-fille Tully, lord Edwyn aurait tout loisir de répliquer sur mon frère Darion. Mais bien sûr, l'idée se présentait davantage sous une autre forme : il s'agissait d'approfondir les liens que nous tissions depuis toutes ces années. Et de plus, la présence à Vivesaigues de ser Darion serait pour les vassaux des Tully comme un constant rappel du soutien permanent de la rose dorée aux truites argentées.– Qu'en pensez-vous ? La question, prononcée avec promptitude, lui  avait échappé. Mon frère n'avait jamais vraiment appris à dissimuler ses émotions et ses troubles.


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Edwyn Tully
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Message Lun 26 Aoû 2013 - 21:08

     « Ce que j'en pense ? » Edwyn s'étonnait toujours qu'on lui pose la question, et pourtant celle-ci revenait très souvent. La surprise ne le quittait jamais, pour la bonne raison qu'il n'avait pas encore la mémoire des idées, mais bien davantage celle des faits. Aussi était-il chaque fois frappé d'entendre cette question qu'il avait entendu plus d'une fois depuis la mort de son père. Le défunt Medgar ne l'y avait guère préparé, pas plus que la toujours vivante Charissa qui le maternait d'un peu trop près. L'enfant ne savait où donner de la tête, ni de la pensée. Une fois de plus il avait obtenu que le mariage ait lieu à Vivesaigues, et cela le terrifiait. Qui était-il pour avoir des exigences, après tout ? Edwyn peinait encore à saisir tout ce que signifiait être suzerain du Conflans. Dès que fut réglée la question du mariage, il avait cru que tout était dit et qu'il n'y avait plus qu'à attendre que les actes viennent répondre aux paroles. Que le geste vienne consacrer le verbe. Mais pour l'heure, Edwyn soupira d'aise et de soulagement. Il avait donc su tenir la parole donnée pour son père avant même sa naissance et ce faisant, il avait agi en Tully véritable, en seigneur accompli. L'inquiétude qui fut la sienne à la veille de cet entretien s'évanouit pour laisser place à cette émotion qui lui était peu familière et qui pourtant lui réchauffait les entrailles à la manière d'un bouillon de légumes. La sérénité ! Quelle joie d'ainsi respirer le contentement ! Un jour viendrait où ces choses-là seraient plus naturelles, plus spontanées. Il était encore trop tôt pour qu'il saisisse toute la profondeur de cette discussion qui n'avait guère traîné pour viser l'essentiel et l'important. Au diable les palabres vaines ! Il n'y a que les hypocrites pour se réchauffer d'un manteau de parole, et ni Darion, ni Charissa, ni Edwyn n'étaient de ceux-là pour l'instant. Le mariage aurait lieu à Vivesaigues, sa sœur épouserait Leyton Tyrell et le Bief et le Conflans serait lié par le sang pour au moins une génération. L'hécatombe des rossignols serait repoussée à plus tard. La souffrance enfante les songes, mais qu'importe les ruches et les abeilles, Edwyn sommeillerait tranquille quand le soir viendrait, car il aurait au cœur le sentiment d'avoir accompli quelque bienfait. Pourtant, la fin de la conversation ne s'annonçait guère prochaine aux oreilles d'Edwyn, qui surprit dans les paroles du chevalier un grand flot d'émotion qui roulait sous les mots comme la rivière glisse sur les galets écorchés et dormeurs. Charissa ne disait rien, Edwyn la regardait. Elle écoutait avec attention, mais ne paraissait point surprise. Le garçon, lui, en revanche, s'étonna dès les premières secondes de cette proposition nouvelle qu'il n'aurait su prédire ni prévenir. Devenir l'écuyer de ser Darion ? L'idée était simple. Elle ne manqua point d'éveiller l'intérêt du petit garçon qui cherchait toujours dans le fond des yeux de sa mère un indice de ce que ce projet lui inspirait.

Mais le seigneur Conflans n'y trouva rien de plus qu'un vide inquiétant. C'était comme si la proposition n'avait eu aucun impact sur elle. Comme si elle l'avait attendue... Edwyn ne réfléchit point jusque là toutefois, et il tourna un regard déconfit vers le frère cadet du Long Dard, qu'il mua en sourire indécis. « Ce que j'en pense … Je ne sais pas... C'est  tellement... nouveau... » Il ne sut quoi rajouter. La question de l'homme qui se chargerait de faire de lui un chevalier digne de ce nom ne lui était pas étrangère, sa mère en avait déjà parlé avec le mestre du château, il avait surpris leur conversation... Charissa intervint à ce moment pour confier à son fils que l'idée n'était pas si nouvelle et qu'elle avait été déjà évoquée dans une lettre adressée par lord Medgar à lord Leo. Les deux hommes, favorables à cette idée, avaient à l'époque convenu que cela permettrait à Edwyn de poursuivre sa formation à Vivesaigues, où était sa place, tout en donnant plus de corps et de relief aux relations entre le Bief et le Conflans. À présent que lord Medgar n'était plus de ce monde, un nouvel argument venait peser dans la balance : confier Edwyn à un étranger permettait de le soustraire à l'influence néfaste et cupide d'un vassal trop ambitieux. Mais le petit garçon craignait justement qu'on le croit vendu à Hautjardin, qu'on le croit davantage intéressé par les jardins du sud que par les problèmes du Trident. Ne risquait-il pas la critique de ses vassaux s'il tournait trop son regard vers le Bief ? Ne risquait-il pas de s'attirer leur mécontentement ? Charissa n'était pas de cet avis. Ils étaient tous trop occupés à leurs affaires, et de plus la maison Tyrell et le Long Dard jouissait à l'époque d'un tel prestige qu'il serait même plutôt bien vu de voir les Tully se rapprocher d'eux plutôt que d'autres. Edwyn eut-il seulement songé à devenir l'écuyer de ser Otho Bracken ? Folie furieuse !

     « Eh bien, je suppose que tu as raison... je... accepter me paraît être la meilleure solution mais... vous, ser Darion, n'allez-vous pas regretter Hautjardin ? N'allez-vous pas vous languir de votre maison ? » Edwyn avait souvenir de la peine sourde et cruelle que lui avait causé l'éloignement de Vivesaigues. Il n'aurait pour rien au monde nié l'émerveillement que provoqua en lui le voyage qu'il fit du Val à Port-Réal, Hautjardin et enfin Vivesaigues, mais il ne pouvait non plus ignorer le trou dans son cœur que chaque jour loin de son château creusait un peu plus en lui-même. Une brèche douloureuse par où s'échappèrent les cris et les langueurs des souvenirs heureux. Il lui était donc impossible d'imaginer que le chevalier du Bief ne serait pas réticent à l'idée de quitter le confort et les merveilles de Hautjardin pour une vie moins luxueuse à Vivesaigues. D'autant plus que l'Hiver arrivait et qu'il serait sans doute plus rigoureux sur les rives de la Culbute que sur les rives de la Mander.

Spoiler:
 


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La saveur du fruit naît dans les racines - Edwyn Tully

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