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[TERMINE] Point de tourment qu'on ne retrouve au creux de l'estomac ~ Branston

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Seigneur Suzerain du Conflans
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Edwyn Tully
Seigneur Suzerain du Conflans

Général

La Truite Frétillante

♦ Missives : 339
♦ Missives Aventure : 22
♦ Arrivée à Westeros : 08/04/2013
♦ Célébrité : Charlie Rowe
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Message Mer 10 Avr 2013 - 21:46


         Si la noblesse est une vertu de l'âme, alors tout geste qui n'est pas vertueux la fait perdre. Mais si la noblesse n'est pas une vertu, alors elle ne vaut rien. Est-ce à dire qu'aucun des nobles de Westeros n'est ce qu'il prétend être, et qu'un paysan vertueux a plus de noblesse qu'un seigneur que le vice, l'ambition, la gourmandise et l'avarice gangrènent de l'intérieur ? Ces réflexions se bousculaient aux portes du cerveau d'Edwyn qui en avait perdu la clef. L'événement de l'année, la mariage de lord Beurpuits qui n'était d'ailleurs plus lord désormais, qui servit de prétexte à la deuxième rébellion ratée des partisans du dragon noir, restait un souvenir pénible et très vif à l'esprit du jeune seigneur suzerain du Conflans, qui ne savait toujours quoi penser de tout ce qu'il avait vécu entre les murs de cette forteresse qu'un ordre de la Main du roi avait rayé de la carte du Trident.

         Il avait découvert à cette occasion que le Conflans et le reste du royaume dissimulait sous le tapis son lot de traîtres et d'ambitieux qui n'attendaient que la bonne opportunité pour se hisser dans les plus hautes sphères, sans hésiter une seconde, pour y parvenir, à écraser d'un revers de la main les plus faibles, ou les moins préparés. Tant de cruelle présomption, tant d'avide appétit avait profondément choqué le petit garçon qui s'imaginait que tous les lords étaient des chevaliers et que tous les chevaliers respectaient les enseignements de la Foi des Sept qui impose à l'homme la mesure, l'humilité et l'honneur pour le préserver des tracas sans nom d'une vie de péché et de vice. Ce brusque contact avec la réalité du monde des adultes le fit froid dans le dos, et cette bouchée de médiocrité lui était difficile à avaler et à digérer.

         C'est pourquoi la visite à Herpivoie fut très décevante, mais les deux jours passés dans la demeure des parents de lady Emilia suffirent à le persuader qu'il perdrait un jour le parfum naïf de l'émerveillement qui caractérisait l'enfant qu'il était. Ce n'était point la faute de lord Racin ou de ses familiers, qui furent pour leur suzerain des hôtes exemplaires. C'était simplement qu'Edwyn achevait ses raisonnements et prenait conscience des sèches réalités de ce monde. Malgré tout, lors du départ, Edwyn promit à ses hôtes de leur être toujours bon et fidèle. Il voulait le demeurer en tant qu'adulte, quand il serait un vrai suzerain, mais le pourrait-il ? Ses vœux n'étaient-ils pas dénués de valeur ? Le doute l'habitait. Il ne cessait d'y penser sur le chemin du retour, tandis qu'ils longeaient la route de la rivière, elle-même bordée par les eaux complices de la Ruffurque. Son escorte, composée d'une dizaine d'hommes, parmi lesquelles quelques chevaliers, ne lui était malheureusement que d'un piètre réconfort, bien que le petit garçon les regardait tous avec la même affection et le même respect, car auprès d'eux il se sentait en parfaite sécurité.

         À son retour à Vivesaigues, Edwyn se promit de confier à ses sœurs, à sa mère et à Melara ces réflexions qui lui parasitaient quelque peu l'existence. Elles auraient certainement pour lui un mot réconfortant, une parole gentille, et peut-être même un début de réponse ? L'espoir est comme ces oiseaux bleus qui font leur nid aux branches des arbres les plus jeunes. Quand la Truite et son équipée arrivèrent aux abords de l'auberge de l'homme à genou, Edwyn demanda une halte, car il ne se sentait plus très bien. Sauf que cette fois, ce n'était point sa tête qui menaçait d'exploser, mais son ventre qui le brûlait douloureusement.

         Il descendit donc de cheval, aidé d'un des soldats qui l'escortaient, et ce dernier le conduisit jusqu'à l'intérieur de l'établissement reconnaissable à ses murs gris du rez-de-chaussée et au bois chaulé de l'étage. À l'intérieur, il n'y avait guère foule, et le propriétaire, qui reconnut sans peine le petit Edwyn, s'empressa de se porter à sa rencontre. Il salua généreusement et s'étonna presque de voir le petit garçon lui rendre son salut avec bonhomie et larges sourires. « Je ne veux rien, un peu d'eau et du pain, j'ai mal au ventre et ça brûle, mais ça va passer... j'espère... » Disant cela, Edwyn pressait une main chétive sur son ventre, au-dessus du nombril, là où la douleur était la plus forte. Soutenu par le chevalier, il se porta jusqu'à une banquette et s'appuya sur une table, pour soulager son ventre qui semblait se tordre à l'intérieur. La course au petit trop avait manifestement fait des ravages dans son estomac !

          Il était bien puni d'avoir souhaité rentrer si vite chez lui. On lui porta de l'eau dans une cruche, un gobelet de terre cuite et un plateau avec du pain, quelques fromages et des fruits.  « Oh, merci ! Mais tout cela n'était pas nécessaire... vraiment, merci beaucoup ! » Edwyn, de joie, sourit, mais ses lèvres imprimèrent bientôt la grimace de la douleur, car il souffrait toujours. Alors le propriétaire, le chevalier et d'autres commencèrent à disserter sans qu'Edwyn ne sache saisir le fil de leur débat. Le fromage ferait passer la douleur. C'est un remède universel, et une gourmandise charnue. L'arôme est un peu fort, certains protestaient. Le fruits aideront à aller mieux ! Oui, les prunes sont digestes. Non, la pomme est trop sucrée. Le pain, c'est le mieux. Trempons-le dans de l'eau, il passera bien !

         Tout ce galimatias semblait au petit garçon plus incompréhensible qu'une langue inconnue, alors il balançait ses jambes sous le siège en attendant qu'on lui dise quoi faire... avant de se souvenir qu'il était un lord, et qu'il n'avait donc d'ordre à recevoir de personne ici ! Mais comme aucun des adultes autour de lui ne semblaient se mettre d'accord, et comme son ventre lui faisait toujours très mal, il versa de l'eau dans le gobelet et en put quelques gorgées d'une traite, car il avait très soif, et après tout, un peu d'eau, ça ne peut pas faire de mal ! Tandis qu'autour de lui, les adultes étaient toujours très loin de trouver un accord sur la meilleure chose à faire pour soulager la douleur gastrique du petit lord.


Fish swim. Even young ones.


Dernière édition par Edwyn Tully le Ven 3 Mai 2013 - 10:36, édité 2 fois
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Message Ven 12 Avr 2013 - 15:18

Branston, qui se prélassait au pied d’un arbre riverain, entama une profonde réflexion sur sa vie. La vie qu’il menait était rude, solitaire et morne. Sans parler du coup physique de son exil prolongé et itinérant. Bien que la palette de paysage et de gens qu’il a pus rencontrer lui ont, à chaque, fois redonner le sourire, Branston était fatigué. Son repos, aussi relatif soit-il tant les cauchemars et cas de conscience s’accumulaient, il ne le trouvait que de rares fois ou après avoir aidé un paysan ou autres, celui-ci lui propose en contrepartie le couvert et le gîte. Rarement plus d’une nuit ce qui ne permettait guère de se remettre d’aplomb. Jusqu’à ce qu’il y a trois jours, alors que l’ancien mestre croyait qu’il devrait pour une fois débourser de son argent pour survivre, une merveilleuse occasion se présenta à lui.

A bien y repenser, le merveilleux est relatif, car il s’agit de la maladie d’une femme. Branston se souviens que lorsqu’il est arrivé à l’auberge de l’homme à genou il y a trois jours, le tenancier faisait une tête de six pieds de long. Après l’avoir asticoté, Branston appris que la femme de ce dernier était atteinte d’un mal qui la clouait au lit et que le passage de médecin ici étant fort rare, il n’avait guère d’espoir pour elle. C’était sans compter sur les aptitudes de Branston concernant la médecine et l’herboristerie. Bien qu’hésitant au début, l’ancien mestre pus ausculter sa patiente et commencer un traitement adéquat. Rien de grave, la dame avait dû, lors de la cueillette, consommé une plante légèrement toxique pour son système digestif. Alors que Branston constatait durant la nuit les effets qu’il attendait de son traitement, une chose à laquelle il ne s’attendait pas se produisit. L’aubergiste, tellement heureux, lui offrit le gîte et le couvert pendant quatre jours. Deux nuits déjà étaient passées et il en avait bien profité pour se ressourcer au frais de la princesse. Il s’astreignait à ne pas marcher pour reposer ses jambes, reprit la lecture d’un livre laissé il y a longtemps. Son grand plaisir était de se laisser aller à la réflexion au pied d’un arbre non loin.

La fraîcheur d’une journée qui entame son dernier tour le tira de ses pensées et le fit retourner à sa table au fond de l’auberge tranquillement. Là, après avoir parlé de tout et de rien avec l’aubergiste, il se plongea dans la lecture d’un livre consacré à l’art de la guerre et plus particulièrement aux constructions défensives. La lecture accaparait Branston mais à un moment, sa source de lumière fut cachée par un porte-étendard. L’étendard était reconnaissable entre mille tant celui-ci avait bercé son enfance. Une truite argentée sautant sur fond bleu et rouge. En se décalant, Branston vit des hommes, probablement chevalier aidé un jeune garçon à descendre de cheval.

« Holà tavernier, crut-il bon de dire, je crois que vous avez la visite à laquelle vous vous attendez le moins du monde. Faites chauffer le four, Lord Edwyn Tully est des nôtres ce soir ».

Alors que le tenancier ouvrait sa bouche si grand qu’il aurait pus se décrocher la mâchoire, la suite du Seigneur entra. Une dizaine d’hommes et un enfant, loin d’être n’importe qui, le suzerain du Conflans. L’aubergiste c’était jeté à la rencontre du petit seigneur lui présentait assez d’hommage pour toutes les cours de Westeros réunies. Le lord souriait et semblait aimable. Branston se rapprocha de la femme de son bienfaiteur et lui intima

« Le jeune Seigneur n’a pas l’air imbus de sa condition. Soit il est trop jeune pour le faire, soit c’est un grand homme dans un corps d’enfant…. Comme c’est un Tully je dirais la deuxième. »

Alors que l’homme de la malade s’agitait à apporter pain, fruits et fromages, la garde commença une discussion invraisemblable sur le meilleur remède à donner au Lord. Quelques minutes plus tard, l’aubergiste et sa femme se tournèrent vers Branston pour lui parler de la situation. Comme ils étaient deux à parler de pas avec les mêmes mots, Branston préféra ne retenir que les mots clefs. Lord, Conflans, mal au ventre, service, soigner, réputation. Après une certaine gymnastique cérébrale, Branston compris enfin de quoi il retournait. Le jeune seigneur souffrit de maux de ventre et si d’aventure un homme pouvait soigner le seigneur ici et que celui-ci colportait la nouvelle, la réputation de l’auberge comme du soigneur serait indéniablement augmentée. Non pas que voler au secours de la noblesse le dégoûte, mais pour soigner un malade, il faut pouvoir le toucher or avant qu’un chevalier laisse un miteux de vagabond barbus touché au suzerain… les Targaryens auraient le temps de refaire naître des dragons.

Le mestre sans chaîne n’était pas homme à changer d’avis comme de chemise et il avait décider de rester en dehors de cette histoire. Mais entre les suppliques du couple dans son oreille droite et les idioties pseudo médicales des gardes dans l’autre, Branston craqua.

« Pardonnez-moi Sers ! Dit-il d’une voix assez forte pour arrêter les bavardages et pas assez pour que ce soit considéré comme un ordre. Il se trouve que tout vagabonds que je sois, j’ai des connaissances des choses de la médecine et il semble que mon Seigneur Tully souffre du ventre. Ainsi, si je puis l’ausculter…. »

Le froid venant de la garde était tel que Branston sentait sa barbe gelée. Les chevaliers comme un seul homme hochaient la tête d’un signe indiquant un non ferme et résolu. Les gardes même avait la main sur la garde leur arme.

« Vous protégez votre Lord et grand bien vous en fasses. Cependant, m’est avis que laisser Lord Edwyn dans cet état n’a rien de très chevaleresque. La réplique était polie, mais piquante et il ne savait pas comment ses interlocuteurs allaient la prendre. Les maux de ventre ne viennent pas seul et quand ils sont le seul symptôme, le nombre de possibilité est mince. Je ne saurais trop vous conseiller dans tous les cas de crécher ici cette nuit afin de laisser sa seigneurie se reposer, car la fatigue et la course à cheval peuvent expliquer ses maux. Si le problème est plus profond, soit vous devrez envoyer quelqu’un auprès votre mestre pour le faire venir et risquer votre suzerain ou alors me laisser faire. La balle est dans votre camp. »

Plus que conscient du fait qu’il a été vindicatif, Branston avait posé un de ses poings gantés sur la table et adopté un regard décidé pour avoir l’air sur de lui. Il n’en était rien en fait.
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Edwyn Tully
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Message Sam 13 Avr 2013 - 20:54

         Tous les membres de la petite escorte du seigneur suzerain du Conflans n'étaient pas dans l'auberge de l'homme à genou. Certains demeuraient au dehors, profitant de l'air tranquille, mais toujours sur leurs gardes, il le fallait pour éviter la déconvenue d'une attaque surprise sur l'établissement qui accueillait la personne la plus fragile et la plus importante de tout le Trident. Suite à l'événement dramatique de Murs-Blancs et au fiasco des noces de celui qui n'était plus lord Beurpuits, le Conflans était devenu le théâtre de troubles plus grands encore qu'à l'époque où la seconde rébellion Feunoyr. Les temps étaient durs pour la région centrale des Sept couronnes, et la jeunesse du suzerain n'arrangeait rien. À l'intérieur de l'auberge, les nombreux commentaires sur l'état de santé du jeune Edwyn se poursuivait sans relâche quand une voix de la boue s'éleva au-dessus de toutes les autres, et les chevaliers autour de leur seigneur se tournèrent vers cet homme à la mine dérisoire. Qui était-il ? Il n'avait point dit son nom. D'où sortait-il ? Il n'avait point dit d'où il venait. Que faisait-il ? Il les interpellait. Que disait-il ? Il proposait de venir en aide au jeune lord. La première réaction des chevaliers fut de rire avec mépris de cette suggestion ; ces hommes, habiles une épée à la main, n'avaient point les idées larges et la pensée qu'un fils de la roture fût d'un quelconque secours pour leur seigneur ne traverserait jamais leur esprit étriqué. « L'ausculter », avait-il dit. Qu'était-ce que ce mot imprononçable ? Une hérésie du langage, une infamie de la langue vernaculaire, un calembour, un pet de mestre, sans doute ! Hors de question qu'un parfait inconnu avec assez de présomption et d'audace pour les interrompre s'approche du seigneur suzerain du Conflans, leur devoir de vassal imposait de mettre entre les deux la distance nécessaire à la sécurité du jeune garçon.

         Cependant, ce que le traîne-misère disait ne manquait point de sens et d'intelligence, et fort heureusement pour Edwyn l'un des chevaliers qui veillaient sur lui tendit l'oreille pour mieux interpréter et comprendre les paroles de Branston dont il ignorait le nom. Attentif à ses remarques et à ses suggestions, il s'approcha de lui pour mieux l'entendre. « Moi je vous écoute, l'homme. » Il avait dit cela sans interrompre le discours dont il approuvait les sous-entendus et les déclarations. Le chevalier ne pouvait qu'être d'accord avec lui quand il disait qu'un repos dans l'auberge d'une nuit au moins s'imposait pour guérir le mal d'Edwyn, qu'une trop prompte chevauchée jusqu'à Vivesaigues ne ferait qu’aggraver. Même si les conseils donnés par l'illustre inconnu paraissaient d'une justesse indiscutable, et même s'il était tenté de les suivre et de les appliquer pour apporter les meilleurs soins au petit garçon, le chevalier était d'une nature prudente, ce qui l'invita à poser quelques questions.  « D'où te vient ce savoir, l'homme ? Es-tu sûr de ce que tu suggères ? C'est de la santé de lord Edwyn dont on cause, tu pourrais en répondre de ta vie. » Il considéra un instant le bonhomme et regretta de n'en point apprendre davantage de lui d'un seul coup d’œil, car rien sur lui n'indiquait sa provenance, son allégeance, tout ce qu'il devinait, c'était la piètre qualité de son train de vie. Cette apparence de pauvreté ne lui inspirait guère confiance, mais il tenait le discours de la raison et était bien le seul dans l'auberge. C'est sans doute pour cela que, malgré ses réticences, il fit à l'homme cette invitation :  « Viens parler à mon seigneur. »

         Et le chevalier conduisit Branston jusqu'à la table où le petit Edwyn attendait, les mains crispés sur le bas de son ventre qui brûlait de l'intérieur. Quand il vit arriver le chevalier ainsi que cet inconnu aux yeux marrons et fatigués, il étira naturellement ses lèvres sur le plus frais des sourires. « Bonjour ! » Avant d'ajouter à l'adresse du chevalier, d'un ton qui se voulait plein de sympathie mais où fleurait la douleur qui affligeait son abdomen : « Qui est-ce ? » Et le vassal d'expliquer qui était l'homme qu'il amenait à son suzerain, tout en demeurant incapable de mettre un nom sur la tête qu'il présentait. Toutefois le chevalier insista précisément sur les conseils qu'il avait donné sans chercher à se les approprier, c'est-à-dire qu'il le crédita de tout ce savoir fortuitement nécessaire à la santé du jeune lord. Edwyn répliqua donc, affable : « Comment vous appelez-vous ? Je ne vous ai jamais vu par ici. Croyez-vous vraiment que je doive rester ici pour la nuit ? Maman sera si inquiète... » L'idée de ne pas rejoindre sans attendre Vivesaigues et sa famille le chagrinait beaucoup, mais il était assez bien placé pour savoir que la cavalcade depuis Herpivoie avait été pour beaucoup dans l'aggravation du mal qui lui rongeait le ventre. Ce n'était pas la première fois qu'il souffrait ainsi, mais c'était bien la première fois que cela lui arrivait hors des murs de Vivesaigues. Si cet homme avançait son avis avant tant d'assurance, c'est qu'il savait de quoi il parlait, non ? Edwyn avait la naïveté de croire que les gens assurés sont ceux qui savent le mieux ce qu'ils disent, mais le petit garçon ignorait tout de ceux qui savent donner l'air sans avoir rien de la substance qui va avec. Les chevaliers s'étaient tus à présent, et certains avaient entouré Branston, mais comme ils faisaient confiance à celui d'entre eux qui l'avait porté jusques au devant de leur suzerain, ils le laissaient généreusement tranquille. L'un d'eux cependant eut ces mots un peu durs à son attention :  « Et pas d'entourloupe, sinon j'ai une lame avec ton nom dessus... »

         Edwyn n'avait rien compris de ces propos mais il savait au ton de son chevalier qu'il s'agissait d'une menace explicite, c'est pourquoi il s'empressa de répliquer : « C'est pas la peine d'être si violent, je suis sûr que cet homme sait ce qu'il dit et ce qu'il fait... J'ai raison, pas vrai ? »


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Message Dim 14 Avr 2013 - 21:30

L’ambiance était électrique. D’un côté les rires et moqueries des chevaliers et de l’autre le stoïcisme d’un homme parti dans une tirade lui servant d’arme dans une joute où il était seul contre tous. Contre toutes attentes, particulièrement celles de Branston, un des vassal du jeune lord s’avança pour écouter. La première approche de Branston avait donc porté ses fruits. Il avait commencé par une remarque de bon sens à propos de la fatigue occasionné par un voyage à cheval et de ses conséquences sur un enfant tout Lord soit-il. Une fois sa plaidoirie finie, le chevalier qui s’était servi de ses esgourdes afin d’entendre le discours de Branston le questionna sur la provenance et la véracité de ses connaissances en la matière. L’ancien mestre, remaniant quelque peu son histoire lui dit qu’il avait étudié à la Citadelle, mais que la longueur et la dureté des études avait finis par le rebuter. Que ce laps de temps passé là-bas ne lui avait permis que de réussir à obtenir 3 maillons dont un de médecine. Pour finaliser son approche, il exposa aux yeux de tous deux livres concernant la médecine et un herbier de plantes médicinales du Conflans avec sur une page la plante en question et sur l’autre une description botanique et une liste d’effet. Loin de Branston l’idée de signifier que cet herbier est de sa propre conception. Après un long moment de silence de circonspection, le chevalier l’invita à rencontrer Edwyn Tully, Seigneur de Vivesaigues, suzerain du Conflans.

En approchant, d’un pas décidé, Branston pus attester que c’était un Tully et personne ne saurait le contredire, cheveux bruns à reflets auburn et des yeux bleus profonds…. Le jeune garçon, main sur le ventre et visage crispé, semblait effectivement souffrir et cet arrêt n’était donc pas un chantage enfantin. Tully sourit malgré sa douleur. Un sourire d’enfant, pur et innocent. Le souffrant préféra demander qui était l’inconnu à son homme plutôt qu’à l’intéressé et le chevalier lui raconta qu’un ancien novice de la Citadelle en errance se proposait de l’aider à soulager sa douleur. Après s’être assis en face du garçon, celui-ci l’interrogea et après un temps de réflexion, Branston se lança :

« Je m’appelle Branston monseigneur, je suis originaire de la Glandée et ai passé ma jeunesse avec mon marchand de père sur les routes menant au Bief. C’est ainsi que j’ai atterri à la Citadelle. Après mon abandon j’ai commencé à vagabonder le long du Bief avant de remonter sur le Conflans. Bien que n’étant pas grand amateur de destin, je me trouve obligé de remarquer que le hasard fait bien les choses, car mes connaissances en médecine et en herboristerie devrait me permettre de vous soulager. »

Alors qu’il établissait un pont visuel avec l’homme en devenir le plus important du Trident, un chevalier vint lui faire une menace. Une menace bien vite réprimandé par le lord qui semblait subitement faire confiance à l’inconnu qui se présentait devant lui. Quand l’enfant lui demanda s’il était sur de savoir quoi faire, Branston se contenta de secouer la tête. L’ancien mestre se leva et demanda une chambre afin de pouvoir ausculter le patient.

C’est donc dans la chambre du tenancier que se passerait la consultation. Relativement belle et décorée, elle ne correspondait pas du tout aux autres chambres proposées et certainement pas au taudis gratuit dont avait droit Branston. Le Lord fut posé sur le lit avec le chevalier éclairé à côté. Les autres, dehors, gardaient la porte. Branston enleva sa cape de voyage grise. Dessous, il portait un pourpoint matelassé blanc et marron et un pantalon marron. Les manches du pourpoint se terminaient par des gants de cuir cachant les mains. Il prit une chaise et se posa devant l’enfant.

« Voilà comment cela va se passer, d’abord je vais devoir palper votre ventre pour voir où se situe exactement votre douleur afin d’éliminer toutes maladies liés à un déséquilibre des fluides corporels ou aux appendices. Ensuite je regarderais l’état de votre gorge et vos oreilles afin de vérifier si les symptômes ne sont pas dû à un parasite. Comme vous devez le savoir, une maladie peut-être aussi expliqué par le contexte. Le dit contexte peut éclairer sur les sources potentielles de votre mal.»

Edwyn Tully faisait oui de la tête, mais sans vraiment s’en rendre compte, Branston avait perdu son patient derrière un jargon incompréhensible. Branston enleva ses gants, sachant que cela aura pour effet d’hypnotiser le seigneur un moment. Sous les gants, les mains les plus abimées de Westeros probablement. Grandes et larges, les mains de Branston étaient couvertes de balafres et on voyait même des traces de brûlures sur la droite. Pendant qu’il lui palpait le ventre, Branston le questionna :

« Dites moi mon seigneur, d’où revenez comme ça ? Quelque chose vous contrarie-t-il ? Votre mère vous manque t-elle beaucoup ? »

Edwyn Tully parlait calmement et énonça les faits qui répondaient aux questions du mestre sans entrer dans les détails. Voyant le silence retombé, Branston préféra expliquer sa démarche plutôt que de laisser les deux personnes avec lui dans le paternalisme médical.

« Voyez mon jeune seigneur, le corps est régi par des humeurs tel le sang, la bile jaune, la bile noire et le phlegme. Pendant longtemps, les archimestres ont cru que les maladies étaient spécifiques d’une région et cyclique par saison. Cependant, il a été montré que les maladies voyagent elles aussi et que même si certaines dépendent des conditions climatiques, d’autres non. Branston en profita pour regarder les oreilles et la gorge de son suzerain. Si j’avais sentis une grosseur dans votre ventre, reprit-il, j’aurais pu imputer votre mal à la bile jaune, car celle-ci est rattachée à la vésicule biliaire et aux fluides de la digestion, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas non plu votre foie donc le sang nous quitte. La localisation de vos douleurs élimine d’office le phlegme qui officie dans le cerveau et les poumons. Ne reste que la bile noire. Monseigneur, dis posément Brasnton, la fatigue tient une place non négligeable dans votre mal, cependant ce ne saurait être la seule cause. La bile noire, aussi appelé mélancolie, suggère que vos pensées sont si tortueuses qu’elles vous affectent. Votre condition de lord doit vous faire grandir trop vite et je crains que vous n’ayez été confronté à trop de réalité d’un coup. Un imbroglio gargantuesque de questions vous secoue la tête et vous noue le ventre. M’est avis qu’une nuit passée ici tranquillement vous permettrez de partir demain et de revenir à votre mère dans les meilleures dispositions qui soient. Je peux vous préparer une tisane à base d’une plante qui devrait vous détendre si vous le désirez. »

Branston remis ses gants et s’étira. Il s’installa sur la table et se mit à lire. Il fallait que l’assistance comprennent qu’il comptait veiller toute la nuit ici sur le jeune seigneur.


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Edwyn Tully
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Message Lun 15 Avr 2013 - 12:59

         La Glandée... où était-ce, déjà ? Edwyn ne sut s'en souvenir tout d'un coup. Mais à forcé d'y penser tous azimuts, il finit par identifier le lieu et tout ce qu'il en avait appris auprès du mestre de Vivesaigues et de septa Melara. La Glandée était la demeure de la maison Petitbois, vassale des Vance d'Atranta qui étaient eux-mêmes vassaux de la maison Tully. La localité d'origine de ce Branston n'était pas si loin de Vivesaigues, d'ailleurs ! À quelques lieux près, si les dieux l'avaient souhaité, ils seraient tous deux nés au même endroit ! Le petit garçon arrêta son attention sur les dernières phrases de Branston qui déclara qu'il devait ses connaissances à son séjour prématurément interrompu entre les murs de la Citadelle des Mestres. La curiosité d'Edwyn s'éveilla pleinement, mais il se contraignit lui-même de ne point accabler cet étranger des multiples questions qu'il se posait à présent. Pourquoi n'avait-il point achevé son noviciat à la Citadelle ? Pourquoi ne pas avoir été jusqu'aux vœux de mestre ?

         Edwyn n'imaginait pas qu'il fût possible de ne pas achever son cursus à la Citadelle... comme quoi, il en apprendrait tous les jours ! Cet homme qui lui était inconnu avait sans doute une histoire formidable à raconter et peut-être qu'il serait d'accord pour lui en faire le récit plus tard, quand les soucis gastriques de la Truite ne seraient plus qu'un vague et mauvais souvenir. Ce Branston exigea une chambre pour mieux s'occuper d'Edwyn et ils furent conduits, sous la bonne surveillance des chevaliers de son escorte, dans la propre chambre du propriétaire de l'Auberge de l'homme à genou. La pièce n'était point vaste et pauvrement meublée, en tout cas bien moins que Vivesaigues, mais quelle importance ? Edwyn apprécia d'être couché sur le lit de ses hôtes, chiche mais toujours plus confortable que la banquette de l'auberge ou l'échine de sa monture !

         Il n'entendit rien au discours très spécifique de Branston qui lui parla de palpations, de fluides et d'appendices, autant de mots trop savants pour son esprit de jeune garçon très peu versé dans les connaissances du corps et de ses maux. Sous l’œil inquisiteur des chevaliers qui se méfiaient malgré tout de cet énergumène sorti d'ils ne savaient quel cul de basse-fosse, Branston procéda auprès d'Edwyn, avec des gestes précis et déterminés, tout en lui posant des questions qui parurent quelque peu intrusive, même aux yeux du jeune garçon qui, pourtant, était d'une nature naïve et ouverte sur les autres. « Nous arrivons d'Herpivoie et nous allons à Vivesaigues pour rentrer à la maison. Je suis un peu contrarié parce que je ne peux pas retrouver tout de suite ma famille qui m'attend au château. Évidemment, ma mère me manque ! Je suis un Tully, non ? Vous le savez, non ? » Il ne put s'empêcher de sourire tant l'évidence lui était amusante ; la famille était très importante à ses yeux, car il n'y avait qu'auprès d'elle qu'il se sentait vraiment comme un poisson dans l'eau.

         Branston continua son œuvre sur lui et tout en l'auscultant en profondeur, il lui expliqua le fonctionnement du corps et l'impact sur ce dernier des « humeurs », que des noms bizarres caractérisaient. Edwyn s'y comprit rien. Il était totalement imperméable à ce langage trop savant pour lui et que le mestre de Vivesaigues aurait sans doute mieux compris que lui. Très spontanément, Edwyn fit cette réflexion : « Vous parlez comme un mestre ! » Il disait cela en riant, ce qui lui arracha quelques crispations stomacales. Parmi les chevaliers qui s'étaient assemblés à la porte de la chambre où se tenait Edwyn, un murmure s'éleva. Les connaissances de ce Branston semblaient dépasser celles d'un quidam sans valeur ni bagage, ce qui jetait d'autant plus le trouble sur ce curieux personnage. L'homme qui, toutefois, avait l'instant d'avant décidé de lui accorder sa confiance, éleva la voix pour questionner son suzerain : « S'il s'agit de rester pour la nuit, mon lord, nous nous tiendrons tout autour de l'auberge pour votre sécurité, mais dès demain il nous faudra regagner Vivesaigues où vous serez soigné comme il convient. »

         Edwyn entendit ces paroles et s'étonna des derniers mots mais un regard du chevalier lui permit de comprendre où il voulait en venir. Il aurait été en effet stupide de sa part d'accepter de boire un breuvage concocté par un inconnu sans vérifier qu'il ne s'agît pas d'un poison qui le tuerait dans son sommeil... S'il venait à mourir, quelle tragédie ce serait pour Vivesaigues ! Il n'y aurait plus d'héritier mâle en ligne directe pour la maison Tully et à sa connaissance, il n'existait aucun cousin pour lui succéder... Ce serait la pagaille, le chaos, peut-être même la fin de la maison à la Truite d'argent ! Cette idée le terrifia prodigieusement, il ne pouvait permettre cela, pas après le fiasco de Murs-Blancs ! Pas après que le Conflans ait donné au royaume le plus triste et ridicule des spectacles ! C'est pourquoi il tourna son regard vers Branston, qui s'était retiré pour lire avec patience, et lui donna cette réponse : « Je veux bien de la tisane si elle peut me permettre de me détendre. » Mais le petit garçon, qui n'était pas né de la dernière pluie en dépit de toute la naïveté de certains de ses raisonnements, s'empressa d'ajouter, car il était honnête : « Vous la partagerez avec moi, hein ? Cela me rassurerait... » Il n'était pas particulièrement effrayé par le bonhomme, qui avait été très gentil avec lui jusqu'à présent, mais il n'était pas seulement un petit garçon, il avait des responsabilités et devait donc s'obliger à une certaine prudence... Cela l'ennuyait plus qu'autre chose, mais les chevaliers de son escorte n'auraient point compris de devoir le protéger de tous les périls au prix de leur vie si lui-même la jetait au hasard à la moindre occasion.

         Il avait déjà entendu quelqu'un dire : la confiance n'exclut pas le contrôle. Il comprenait à présent ce que ça signifiait.


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Message Mer 17 Avr 2013 - 22:00

Assis tranquillement à sa table, faisant semblant de lire son livre, Branston écoutait tout ce qui se passait dans la pièce. La pique lancée par un des hommes d’Edwyn Tully ne le touchait pas. Cependant, la chose le fit réfléchir. La proposition d’administrer une tisane au Lord de Vivesaigues était maladroite et ne pouvait que renforcer la méfiance des chevaliers.

« Je ne suis personne pour eux, songea Branston, ils peuvent penser que je vais l’empoisonner…. »

C’est d’Edwyn que vint la solution. Le jeune seigneur avait proposé de partager la tisane avec lui.

« Avec plaisir mon seigneur. Ainsi, dans un souci de transparence, je préparerais la boisson ici et je boirai la boisson venant du même récipient. Ohlà ! Tavernier ! Faites chauffer les fourneaux j’ai une chose à préparer. »

Branston se leva et quitta la salle d’un bon pas preste. Arrivé dans ce qui servait de cuisine, talonné par un larbin chevaleresque renfrogné. Il attrapa son sac et le vida sur une table. Dedans, des plantes en tout genre. Aidé de son herbier, il en sélectionna cinq de trois espèces différentes. Il saisit de quoi les couper et entama une coupe de la tige, puis il en sépara les pétales et les plongea dans l’eau.

« Dites moi donc Ser, pouvez-vous me faire une fleur et de vérifier que l’eau ne boue pas s’il vous plait ? Je dois aller m’occuper d’autre chose en attendant »

Ne laissant pas exactement le temps de répondre, il fuit la cuisine et sortit prendre un bol d’air dehors. Dehors, il faisait nuit et l’air d’automne était frais mais supportable. Branston prit le temps de souffler, car même si le temps passé était long pour lui tout était allé vite. Passé de pique-assiette dans une honorable auberge à soigneur de suzerain riverains il y a une différence qui est énorme. Peut être aussi énorme qu’un autre jour, celui où l’archimestre lui avait lu sa sentence.

« Mestre Branston, se rappela t-il, riverain de la Glandée, vous avez été jugé par vos pairs. Vous avez reconnu avoir pratiqué une vivisection sur un homme atteint du Fléau. Ceci est un crime grave, car votre ordre, celui des mestres de la Citadelle vous ordonnait de lui porter secours et non de l’achever de cette manière. En connaissance de cause, nous avons décidé que votre méfait relève de la nécromancie et donc punis de la déchéance. Rendez nous votre chaîne et partez d’ici. »

Ne pas avoir le droit de prononcer un mot, ne pas avoir la possibilité de se défendre…. C’était un moment d’horreur pur. En plus d’avoir dû rendre la chaîne, il lui a fallut traverser la Citadelle sans chaîne et en plus devant des novices et mestres tous au courant de la chose.

Les bruits de pas du chevalier, d’une grâce éléphantesque, fit sortir Branston de ses pensées. L’eau est à point comprit-il. Sans adresser un mot ni échanger un regard, les deux retournèrent à la cuisine et sous la garde du chevalier Tully finirent dans la chambre. Le petit Lord semblait toujours souffrir mais ça allait mieux apparemment. Devant tous les hommes et le seigneur lui-même, il servit deux tasses. Branston approcha la chaise de lit et tendit la tasse au patient.

« Bon bon, quitte à partager une tasse, discutons un peu. Pour vous je ne suis personne alors vous parlez un peu de moi me parait le minimum. Je sais assez peu de choses de vous monseigneur. Mes seules informations sont que votre père, feu Lord Medgar Tully, est décédé en 209 du Fléau…. A cette même époque, ce qui peut paraitre drôle, je travaillais comme médecin à la Citadelle. Une grande partie du travail consistait à déblayer les corps ce qui n’était pas ragoûtant. Heureusement, les hommes des Hightower nous aidaient beaucoup. Les rares fois où on pouvait traiter des hommes, il était trop tard et on les soulageait avant de les laisser mourir tant la maladie les avait affaiblis… une époque terrible. Des gens illustres comme votre père ou le Lannister de Castral-Roc y succombèrent, des gens merveilleux aussi comme un de mes amis… Mestre Jeor. Savez-vous pourquoi ? Car la Citadelle n’encourage pas la recherche et les découvertes en sciences, car la Citadelle se permet de donner des leçons sur comment faire…. C’est ridicule. Jeor était du Nord et spécialisé en médecine ainsi qu’en herboristerie comme moi. Le jour où j’ai été ordonné…. »

Stupeur, tremblements et panique furent les premières réactions le tout caché derrière un masque impassible. Quelle imbécile à t-il été, de dire cela. Peut-être ne remarquerons t-il rien ? Si je coule cette phrase dans un flot de paroles cela devrait passer se dit-il.

« Enfin c’est le passé ! Après le trépas de mon ami et mentor, j’ai préféré me retirer pour voir le vaste monde. C’est sûr que c’est bien mois confortable que la position de mestre, mais plus enrichissant. Cela permet aussi de repenser les connaissances et les applications. S’il faut vivre sans regret et sans mélancolie alors je le fais. Jamais je ne regrette mes actes et souvent je sais que ce que j’ai fais est bien. »


Branston fit une pause pour prendre une gorgée.

« Qu’ai-je à parler autant, se dit-il à lui-même, ce môme est en train de me tirer les vers du nez sans rien dire… pourquoi ? »

Cette interrogation le taraudait sévèrement et il se réfugia dans sa tasse. A première vue, ni le seigneur ni le chevalier vaguement éclairé ne semblaient avoir tiqué. Quand bien même ils auraient entendu ils ne peuvent rien, car il n’avait rien tenté contre Tully et ne s’était montré malveillant à aucun moment. Malgré un visage impassible Branston était en ébullition à la limite de la paranoïa. Ses yeux battaient brièvement dans tous les sens pour vérifier si quelqu’un tentaient de s’approcher de lui. Il avait chaud, si chaud que ça lui en battait les oreilles. Il souriait à son Suzerain, mais restait tendu, indéniablement tendus.
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Edwyn Tully
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Message Mer 17 Avr 2013 - 23:25

         Branston lisait toujours, assis à sa table. Il sembla réfléchir, puis, approuva la requête d'Edwyn. Le petit garçon s'étonna que se demande emporte si tôt l'approbation de ce Branston... Comme quoi, il n'avait pas que des idées mauvaises ou farfelues ! Cela le rassurait. Si l'idée de partager la même tisane, pour écarter les soupçons et la défiance des membres de l'escorte d'Edwyn à l'égard de cet illustre inconnu très au courant des choses de la médecine, n'avait pas été bonne, sans doute que le principal intéressé l'aurait écarté et, surtout, aurait expliqué pourquoi et proposer autre chose. Edwyn en était persuadé, mais peut-être qu'il se trompait ? Il ne le saurait jamais, et quelle importance ? Chose faite ! Le petit lord resta au lit et attendit avec patience le retour de Branston, sous l’œil protecteur de plusieurs soldats, tandis que deux hommes se faisaient fort de rester sur les talons de celui qui s'était proposé d'aider à la guérison de leur seigneur. Ils ne le quitteraient pas d'une semelle, mais lui laisseraient de l'espace et de l'air pour qu'il puisse préparer sa tisane sans problème, ni gêne, ni interruption. Ils purent le voir qui saisissait son sac et en vidait le contenu sur une table. Déferlèrent sur celle-ci des plantes en tout genre qu'ils auraient été bien en peine de nommer. En dehors des paquerettes et des pissenlits, leurs connaissances en botanique n'allaient pas bien loin et restaient très limitées. Branston consulta son herbier et s'en servit pour sélectionner des plantes particulières parmi l'amas. Il s'affaira avec promptitude et sérieux, application et zèle. Les chevaliers purent constater à ses gestes précis et savants qu'il connaissait son ouvrage et, s'ils n'en montrèrent rien, ils admirent au fond d'eux que la présence dans cet auberge d'un homme qui connaissait les maux et leurs remèdes était rassurante et un véritable bienfait. Le guérisseur improvisé requit des chevaliers qu'ils surveillent l'eau et qu'ils l'empêchent de bouillir. Ce n'était pas une tâche trop compliquée et le premier d'entre eux s'y colla tandis que l'autre suivit Branston jusqu'à l'extérieur. Comme il semblait évident que ce dernier n'irait pas bien loin et ne paraissait désirer autre chose qu'un bol d'air frais, il le laissa tranquille et se contenta de l'attendre à l'orée du bâtiment.

         L'autre chevalier toutefois ne tarda point à venir pour prévenir que l'eau était à point. Ils retournèrent tous trois à la cuisine et Branston, toujours flanqué des deux hommes, porta la tisane ainsi préparée et prête à l'usage jusqu'à la chambre où Edwyn patientait en discutant aimablement avec les soldats et le patron de l'auberge. Edwyn avait toujours des maux dans le ventre, mais il se sentait mieux. L'idée d'être bientôt guéri, suggérée par le discours rassurant de Branston, y était pour beaucoup. Il reçut la tasse tendue par ce dernier avec plaisir. « Merci beaucoup !» Branston demeura près de lui et manifesta le désir de parler, ce qui n'était pas une mauvaise idée aux yeux d'Edwyn que la curiosité animait toujours quand il rencontrait de nouvelles personnes. Les premiers propos furent toutefois peu engageants et le petit garçon prit ombrage du détour par lequel Branston entamait la conversation. Pourquoi lui rappeler si brutalement la mort tragique de son père tant aimé ? Heureusement, il ne s'y attarda point et parla de lui-même, de ce qu'il faisait à l'époque terrible du Fléau. Médecin à la Citadelle ? La tâche ne devait pas être facile ni plaisante... Puis Branston s'interrompit avant même d'avoir fini sa phrase, après avoir émis une courte mais vive critique de la Citadelle... qu'est-ce que cela voulait dire ? « Ordonné ? Ordonner quoi ? Qu'est-ce qu'on vous a ordonné de faire ? » La question se perdit dans un murmure tandis qu'Edwyn portait à sa bouche la chaude tisane pour en boire quelques gorgées. Le goût n'était pas désagréable, quoiqu'un peu amer. Branston reprit immédiatement la parole sans répondre à la question du petit garçon qui ne s'en formalisa point. Les dernières paroles du guérisseur emportèrent l'adhésion d'Edwyn qui le gratifia d'un sourire. « Vous avez raison, c'est important d'apprendre toujours plus de choses, comme ça on se rend mieux digne de son devoir et de ses responsabilités ! Je suis petit mais j'ai voyagé, vous savez ? Dans le Val, à Port-Réal, à Hautjardin... J'ai rencontré le Long Dard, vous savez ? Vous connaissez le Long Dard ? C'est un vrai héros ! » Mais le chevalier qui, initialement, avait le premier intéressé Branston à la santé de son suzerain, interrompit leur conversation d'un trait fulgurant :  « L'homme, un mot dans le couloir, tout de suite. Il quitta la chambre et en sortit pour attendre à l'extérieur celui dont il commençait à deviner la part d'ombre. Quand Branston fut devant lui, il l'entraîna à l'écart et eut la courtoisie de s'adresser à lui sans trop élever la voix pour éviter d'être entendu d'oreilles trop indiscrètes pour être tout à fait honnêtes.

          « Écoute-moi bien, Branston, je ne sais pas qui tu es, mais je t'entends parler de la Citadelle en des termes peu élogieux et j'entends que tu as été « ordonné ». J'suis peut-être qu'un brave soldat mais j'ai la moitié d'une cervelle, et je sais qu'à la Citadelle, ce sont les novices qui sont ordonnés mestres. Or un mestre, soit il reste à la citadelle, soit il est envoyé servir une forteresse. » Le ton du chevalier se fit plus dur et ferme, sans pour autant devenir coléreux ou menaçant. « Du coup trois options, soit t'es sur le chemin de ta nouvelle maison, soit t'as fui ton devoir, soit ta chaîne t'a été retirée. Dans le fond, c'est pas mon problème, mais j'aime mieux savoir à qui j'ai à faire. Ta potion aidera mon seigneur, ou pas, c'est ça qui m'importe. Mais malgré tout, je veux savoir qui tu es. T'as donc intérêt à me dire la vérité et je m'arrangerai pour qu'il t'arrive rien, car si moi je suis assez ouvert tu vois, ce n'est pas vraiment le cas des autres membres de la garde de lord Tully. S'ils apprenaient que t'es pas qu'un guérisseur local... ils feraient vomir Edwyn pour qu'il recrache ta foutue tisane, d'abord... ensuite, ils t'obligeraient à boire les pires immondices avant de laisser l'indigestion te tuer à petit feu si tu vois ce que je veux dire ? Ta chance, elle est avec moi. »


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Message Jeu 18 Avr 2013 - 22:32

L’enfant c’était laissé avoir et parlait de ses voyages et lui demanda s’il connaissait le Long Dard. Branston ne pus que dire non, car le fait est qu’il n’avait pas eu la chance de rencontrer Lord Tyrell. Alors que Branston se pensait tranquille, le chevalier lui ordonna d’aller dans le couloir pour discuter. Là c’était fini. Il avait entendu et comprit. Ne reste plus qu’à savoir comment cela se passerait, peut-être que le chevalier le mettrait dehors ou peut-être même qu’il l’exécuterait s’il connaissait la vérité. Le flou était total et les pensées s’entrechoquaient. Le chevalier ne fut pas violent mais clairement en colère. Après n’avait-il pas intercéder afin qu’un inconnu soigne le petit prince de Vivesaigues ? Voilà que cet homme serait mestre ? Sans chaîne ? Des explications s’imposaient et plutôt deux fois qu’une.

« Oui, oui je vous dois la vérité, dit Branston, je n’ai pas été très franc avec Lord Tully. J’ai étudié 15 années à la Citadelle et ai été ordonné mestre en 206. Aucune forteresse n’ayant besoin de mes services, j’ai mis mes talents de médecins au service de Villevieille. Trois années parfaites à soigner des gens et à étudier l’herboristerie pour être le plus pointus possible. Puis est arrivé l’an 209 et le Fléau. Villevieille est une ville merveilleuse et magnifique… vous auriez vu son état au plus fort de la crise…. Des cadavres partout, des mourants et rien à faire. On était un groupe d’une dizaine de mestres à s’acharner à aller faire des veilles pour tenter de soulager les infectés…. »

Une larme perla sur la joue de l’ancien mestre. Le même homme qui avait tenus tête aux gardes d’un suzerain était à présent une loque tremblante. Doucement il retira ses gants et les exposa au chevalier. Là, alors qu’il pleurait il le poussa et retourna dans la chambre. L’arrivée fracassante de Branston surpris tout le monde et rendit l’atmosphère terriblement tendus.
Arrivé au pied du lit où Edwyn reposait paisiblement, Branston s’effondra en pleurs et se mit à genoux.

« Je suis désolé mon Seigneur je vous ai mentis. Qu’aucun de vos gorilles ne m’approche et je vous dirai tout. J’étais mestre il fut un temps un bon mestre. Spécialisé en soin des maladies. Dans cette optique, j’avais à ma chaîne trois maillons de médecine et deux d’herboristerie. Lorsque le Fléau à toucher Villevieille et que notre belle cité à sombrer dans le chaos, nous avons formé un groupe de mestre pour faire des ronde sanitaire afin d’aider du mieux que nous le pouvions les malades sur place et recueillir des informations sur le mal en question. Nous étions une bonne trentaine au début, mais rapidement on a eu des décès. Beaucoup contractèrent la maladie au contact des souffrants. Ensuite, les peines psychologiques se sont ajoutées. Plusieurs membres du groupe partirent au secours des leurs, qu’ils étaient censé avoir renié, d’autres ont préféré rejoindre les pestiférés en mettant fin à leur jour…. Nous n’étions plus que dix pour les veilles. On a demandé plus de gens, plus de moyen pour enrayer l’épidémie mais non, rien. Les dissections ont été interdites par les archimestres pour éviter plus de contamination et très peu d’entre nous sortaient aider la population. C’est là que nous nous sommes promis de marquer sur notre peau chaque hommes, femmes, enfants, vieillards, gardes, novices ou mestres que nous n’avons pas pus sauvé. Ainsi à chaque fois que je perdais un patient je m’entaillais la main de retour dans ma chambre. Regardez les Lord Edwyn, regardez mes mains ! Sur mes deux mains il y a plus d’une cinquantaine de coupures ! Pendant que moi et mes frères de la Citadelle soulagions les gens qui souffraient, que faisait la Citadelle ? Qu’on fait les pontes de Villevieille pour faire avancer la recherche sur cette saleté ? RIEN ! RIEN RIEN RIEN RIEN ET RIEN !!! Ces traces sont les marques des martyrs de l’incompétence de la Citadelle ! Les seuls dignes de foi sont ceux qui avec moi ont aidé les mères qui s’enfermaient dehors pour ne pas contaminé leurs enfants ! C’était à nous que tous ses hommes et femmes donnaient leurs derniers mots à la postérité ! C’était à nous que les gardes mourants conjuraient d’aller présenter leurs excuses à son excellence Hightower, car ils ne finiraient pas leur garde ! Moi je l’ai vu ça ! Tout Villevieille à vus ça ! Eux, derrière leurs remparts et sur leurs îles ils se sont planqués ! J’ai proposé alors l’impensable pour sauver des centaines de gens : disséquer des corps vivant à différent stades de la maladie pour voir l’évolution de la maladie dans le corps, mais ce me fut refusé et on est allé jusqu’à me dire que le Fléau étant probablement divin, il n’y avait qu’à attendre. Qu’eux ne veuillent pas se salir les mains c’est une chose, mais qu’ils laissent faire ceux qui voulaient le bien et la guérison. »

La fureur faisait trembler Branston, son visage était déformé par une expression de haine, mais les larmes coulaient à flots. Oubliant l’âge du Lord et donc le choc que pouvait occasionner cette situation, Branston se sentaient le devoir de tout lui dire comme si cet enfant lui donnerait sa rédemption.

« Le pire… le pire dans cette histoire… c’est que celui qui c’est le plus battus pour la ville et pour les mestres, quand il est tombé malade, ils l’ont laissé crever dehors ! Ses chiens l’ont regardé mourir lentement, aux portes de la Citadelle car lui ne voulait pas quitter son « Havre du Savoir ». Sa mort, la voix de Branston baissa d’un coup et la tension aussi. Il mit sa tête entre ses mains. Sa mort m’a profondément bouleversée. Le soir, je n’aurais pas dû aller en veille car je n’étais pas en état…. On a proposé de me remplacer mais j’ai tenu à y aller et c’était la veille de trop. J’ai trouvé un homme dans une ruelle. Il était malade le pauvre… tellement malade ! Il allait faire partie de mes entailles sur la main, car il n’y avait rien à faire pour lui. Alors, je me suis dit qu’il pouvait quand même servir. Mon Seigneur, les yeux de Branston étaient rouges et s’agitaient tellement que l’on aurait dit un dément, vous aurez compris. J’ai pris la vie de cet homme. Je l’ai ouvert et j’ai regardé dedans. Le pauvre homme était tellement atteint qu’il n’y avait plus rien à voir. Cette maladie détruit tout… même les gens pas infecté pour le coup. Suite à cela j’ai été dénoncé et je me suis rendu chez un archimestre pour tout dire pensant qu’il comprendrait ma démarche ou du moins le coup de folie qui m’a fait en arriver là ! Que nenni. Il m’a fait enlever ma chaîne et pousser à l’exil. Depuis, j’arpente les routes en aidant qui je peux et à chaque fois que j’aide ou que je sauve quelqu’un, c’est comme si une de mes cicatrices s’effaçaient. Cependant, pour ne pas oublier l’homme à qui j’ai ôté la vie, j’ai préféré me brûler pour sentir une douleur telle qu’elle m’a remise les idées en place et fais comprendre le mal que j’avais fait. Je ne regrette rien malgré tout. Ce que j’ai fait est mal mais c’est fait. Voyez comment la Citadelle m’a corrompus et maintenant je me rachète mais quitter cet endroit étriquer est une bonne chose. »

Branston se releva et fit le tour de la pièce d’un regard. Tous semblaient estomaqués.

« Lord Edwyn Tully, vous avez devant vous un homme accusé de nécromancie, à vous de le jugez. Quel que soit votre punition elle sera juste à mes yeux. Si ma vie doit s’arrêter ici à cause de mes exactions, qu’il en soit ainsi, mais je reste le bon samaritain qui a tout fait pour ses patients. »
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Message Sam 20 Avr 2013 - 19:57

         Edwyn ne comprit pas un mot du discours de Branston. Quand celui-ci fit irruption à nouveau dans la chambre en se jetant au chevet de lord Tully, l'escorte de ce dernier eut pour premier réflexe de perdre toute patience. Chacun des chevaliers et soldats tira son arme et la pointa droit dans la direction de cet homme qui s'apprêtait à faire une annonce des plus éclatantes. Ils surent se tenir prêts et sur le qui-vive, et manquèrent même par moment de perdre patience, mais se tinrent tranquille tant que Branston ne mettait pas en péril la vie de leur suzerain. Ils l'écoutèrent parler, raconter et se raconter et à mesure que le récit progressait, ils écarquillaient les yeux. Car Branston leur livrait une véritable confession, dans la plus complète des apparences ! Il avouait tout d'un crime qui l'avait conduit à errer sur les routes, à quitter Villevieille pour partir, contraint et forcé, à l'aventure empoisonnée de l'errance sur les chemins du royaume. Edwyn avait, de son côté, du mal à tout saisir. Le choc de l'irruption de Branston dans la pièce fut tel qu'il en lâcha le breuvage sur le lit qui fut souillé par endroit des éclaboussures de la tisane qui, heureusement, avait refroidi. Ce geste inopiné jeta dans l'air les fragrances douces de la boisson que personne ne boirait plus désormais. Qu'importait cependant le parfum de la pièce, l'ambiance y était devenue électrique, et l'atmosphère pesante ne facilitait pas du tout la compréhension du petit lord que les paroles de Branston autant que son attitude et son comportement inquiétait, voire effrayait littéralement. De quoi parlait-il ? Qu'est-ce qu'il disait ? Pourquoi agissait-il ainsi ? Edwyn s'était précipitamment éloigné de lui pour se soustraire à toute menace présente, et la peur qui lui rongeait le ventre à présent lui faisait jusqu'à oublier les douleurs gastriques qu'il ne ressentait plus du tout... « Mais je... je...» Mais il ne sut rien articuler de plus. Pas un son ne sortit de sa bouche pour interrompre le discours et le récit très enflammé de Branston, alors les gardes d'Edwyn l'interprétèrent comme l'accord tacite que leur suzerain donnait à ce gueux de lui étaler ainsi les éléments les plus controversés de sa biographie. Le petit garçon avait beau faire tous les efforts du monde, il n'y comprenait toujours rien et cela commençait à l'énerver... d'autant plus que Branston était intarissable ! Il ne semblait pouvoir s'arrêter de parler !

         Pourtant, plus vite qu'il n'y parut, le récit prit fin, et le mestre déchu enfin révélé exigea de lord Edwyn qu'il le juge à l'instant et sur le champ. Un court silence se fit très clairement entendre, jusqu'au moment où les chevaliers n'attendirent plus et se ruèrent sur Branston qu'ils maîtrisèrent sans trop de peine, tant leur supériorité numérique était écrasante, et tant il semblait évident que l'homme, qui s'en remettait au jugement de lord Tully, n'allait rien tenter d'insoupçonné contre plusieurs hommes armés et dangereux. « Que devons-nous faire de lui, mon seigneur ? » La question venait du même chevalier qui, tantôt, avait offert à Branston une chance de s'expliquer et de s'en tirer... chance qu'il n'avait pas cru bon de prendre à cet instant. Au contraire, le mestre déchu et errant avait opté pour la carte cachée, celle de l'honnêteté. Un coup fort peu habile au demeurant, car il n'était point sûr du résultat, tout autant qu'Edwyn était peu sûr de ce qu'il devait faire. Cet homme n'avait rien à se reprocher comme mestre déchu, il ne s'agissait pas d'un crime puni par les lois et les coutumes ni du Conflans ni du royaume... tout au plus était-ce une tache sévère sur la réputation d'un homme, ce qui n'était pas rien. Mais ce qui était grave et pénible aux yeux et aux oreilles d'Edwyn, c'était le peu d'honnêteté de l'homme qui n'avait pas dit tout de suite d'où lui venait tout ce savoir sur les maux du corps et leurs remèdes. Il ne comprenait pas qu'un homme put mentir et être ainsi sournois quand, par ailleurs, il n'hésitait pas à donner de lui-même pour aider les gens et sauver leur vie. Il regarda un instant les traces laissés par la tisane sur les draps et le lit. Puis son regard se posa sur Branston, qui attendait de lui une sanction pour ce qui n'était pas un crime. « Vous êtes un mestre déchu, ce n'est pas... ce n'est pas un crime que je peux punir... mais... mais vous avez tué un homme, si je vous ai bien compris, et pour ce crime, il faut que justice soit rendue... » Edwyn s'interrompit. La tisane en lui faisait effet, il sentait l'apaisement se propager à tout son corps, déjà, et l'envie d'en profiter jaillit sous ses yeux mais hélas, il avait plus important à faire à cet instant. Il quitta le lit et ajusta ses vêtements puis, avec toute la dignité dont il se croyait capable, il prononça des mots d'une gravité terrible, si terrible que sa voix tremblait. Tous attendaient un verdict. Malheureusement Edwyn n'était pas en mesure de le rendre ici. « Vous avez... délibérément choisi de confesser ce crime et... et je ne peux prétendre ne pas avoir entendu ce que j'ai entendu... Je dois vous remettre à la justice de Villevieille où vous devez être jugé pour votre crime... ou bien, l'avez-vous été, Branston ? Avez-vous été jugé pour ce meurtre par les autorités de Villevieille ? Par le seigneur ? »

         Le discours de l'ancien mestre avait été si confus dans l'esprit d'Edwyn qu'il ne savait le retracer tout entier. Il avait bien compris que le mestre avait été déchu par ses pairs de la citadelle. Mais avait-il reçu le châtiment pour son crime ? Ce sont les seigneurs qui rendent la justice... celui de Villevieille l'avait-il puni pour son acte horrible ? Comme il ne le savait pas, Edwyn préférait le demander, et quand il aurait sa réponse, il saurait ce qu'il conviendrait de faire... du moins il l'espérait, car il ne voulait pas qu'on prenne cette situation en exemple comme d'autres pour dire après qu'il n'avait pas sa place comme seigneur suzerain. Son âge n'était plus une excuse. Il en avait conscience. Terriblement.


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Message Lun 22 Avr 2013 - 20:07

Après s’en être rendu à la justice du Lord Tully, Branston fut rapidement maîtrisé par les hommes de la Truite. D’autant plus vite que celui-ci ne présenta aucune résistance. Les mots de Lord Edwyn étaient sages. Ayant déjà commencé la carte de l’honnêteté, autant y allé jusqu’au bout. Le jeune homme lui demanda s’il avait été jugé par la ville en plus de ses pairs. Ainsi d’après celui-ci il y aurait besoin d’un second jugement en plus d’avoir déjà tout perdus ? Branston était d’autant plus abasourdis que le plaquage des hommes d’armes lui engourdissait une bonne partie du corps.

« Veuillez… demander… à vos hommes de me relâcher un peu afin que je puisse respirer et vous répondre… mon Seigneur… finissons en vite avec cette histoire afin que vous puissiez vous reposer… vous en avez besoin »

Les soldatesques hommes du petit seigneur finirent par se retirer. Branston pus reprendre son souffle. Ce ne fut pas chose aisé, la fatigue et l’usure qu’avais gommé c’est quelques jours de repos revinrent lui signifier leurs bons souvenirs. Branston se releva avec tout autant de difficultés. Une fois qu’il eut réussi à mettre un genou à terre, il prit appuis sur le rebord du lit pour l’aider. Le vieil homme souriait de bon cœur ce qui était rare. Tout se passait comme si l’aveu lui avait retiré un poids. Même physiquement il se sentait mieux. Comment cet enfant aussi juvénile soit-il peut-il procurer ce besoin de confession et d’honnêteté ? Est-ce l’innocence de la jeunesse que l’on ne veut souiller de mensonges ? Est-ce parce que nous avons affaire au futur parangon de la probité ? Est-il la justice incarnée ? Quoi que ce soit, Branston se sentait si libre que la vérité il ne pouvait que la livrée.

« Le temps du Fléau a vu bon nombre d’horreur. D’horreurs d’autant plus atroces qu’elles étaient commises par tous du paysan au mestre. Je ne cherche pas à couler mon crime dans la foule de ceux qui ont été commis impunément simplement à contextualiser. Cet homme est mort de ma main et sous mon consentement aveugle, mais mon consentement tout de même. Ainsi je dois être jugé au même titre que n’importe quel tueur sauf que non, je n’étais pas n’importe qui à l’époque. J’étais Mestre Branston. La pire des punitions, tellement pire que la mort ou de perdre une main ou d’être envoyé au Mur, m’a été infligée. On m’a retiré la preuve de mon savoir et de mon travail et fait traverser une Citadelle silencieuse et pleines de gens bien pensant qui me jugeaient. J’ai perdus l’estime de tous même de ceux que j’avais aidés auparavant. Ainsi, pour vous répondre, non, je n’ai pas été jugé par la ville et par le Seigneur de Villevieille pour une raison terrible : je n’avais plus rien à perdre après mon éviction. Votre seigneurie me pardonneras mon affront, mais je pense que la pire et la seule punition qui puisse m’être infligé maintenant est de continuer à errer là où le feu me mène afin d’acheter ma pénitence auprès des miséreux. Cependant, je l’ai dit et je le répète, votre choix sera le mien, votre prix celui que je paierai. Vous êtes mon Seigneur et ainsi je me plie à votre volonté, celle de la truite d’argent.»

L’homme où à défaut ce qui en restait, semblait pour la première fois depuis bien longtemps serein. Il se tenait bien droit et le regard planté dans les yeux bleus profonds d’Edwyn. Tout était clair maintenant. Plus de peur, plus de doutes, seulement une vision et une vérité.
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Edwyn Tully
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Message Mar 23 Avr 2013 - 0:25

          « Famille, Devoir, Honneur, mestre... Branston... Ma famille serait ridiculisée si je n'accomplissais pas ici mon devoir... L'honneur le commande... Je dois vous faire arrêter et vous faire conduire à Villevieille.» Les yeux d'Edwyn ne quittaient pas ceux de Branston. Dans la profondeur céruléenne de ses prunelles, la figure du meurtrier se perdait, comme happée par les tourbillons qui animaient l'esprit du petit garçon si désireux de faire ses preuves, de mûrir, de s'accomplir comme homme, comme seigneur. Il se sentait pénétré par l'intensité du moment, et si le récit de Branston fut percurant, il est évident qu'à l'intérieur d'Edwyn l'impact fut immense. Devant lui se tenait un criminel, un meurtrier. Il ne pouvait cependant éprouver à son égard toute la réticence et toute l'hostilité que son histoire aurait dû lui inspirer... Edwyn ne pouvait retenir la sympathie qu'éveillait le pauvre en homme en lui. Les malheurs qu'il vécut, les troubles qu'il traversa, les peines qu'il endura étaient autant de facteurs qui attendrirent le cœur du jeune garçon qui, l'espace d'un instant, voulut ordonner à ses hommes de fermer les yeux pendant qu'il conduisait Branston à la porte de l'auberge pour l'en chasser et lui dire de fuir là où sa liberté le conduirait, loin du devoir, loin de l'honneur, loin des tracas. « Va-t-en ! » lui aurait-il dit. « Je ferme les yeux et tu pars ! » lui aurait-il ordonné. Ce fut son impulsion première, mais le petit garçon n'en fit rien. Sur ses épaules, dans son dos, pressés contre sa nuque froide, les regards des hommes et des chevaliers pesaient sur lui. Il ne pouvait agir de la sorte. Ces hommes comptaient sur lui pour incarner les valeurs de respect et d'ordre... Même si cela lui semblait terriblement sévère... Edwyn ne savait pas ce qu'il advenait des criminels jugés à la cour de lord Hightower mais... il ne pouvait pas fermer les yeux comme s'il n'avait rien vu, et fermé les oreilles comme s'il n'avait rien entendu... « Sers, saisissez cet homme, et conduisez-le au rez-de-chaussée... je vous rejoins bientôt.» Les chevaliers s'approchèrent de Branston et le contraignirent à exécuter les ordres de lord Edwyn. Il fut très vite hors de la pièce, ou ne restaient qu'Edwyn et quelques uns des membres de sa garde. Le petit garçon demeura longtemps silencieux, les yeux posés sur le lit où l'auréole humide laissée par la tisane continuait de répandre ses parfums floraux et aromatisés. Cet homme qui l'avait aidé... un meurtrier... il n'était pas si méchant, n'est-ce pas ? Cette pensée ne cessait d'animer de multiples questions à l'intérieur du crâne d'Edwyn qui lui sembla sur le bord de l'implosion. Il regarda ses liges et ceux-ci, silencieusement, approuvèrent son geste. « Nous allons entrer à Vivesaigues, sur le champ. Inutile d'acheter un cheval pour... pour cet homme. Nous irons à faible allure, je ne veux pas avoir mal au ventre et vomir au milieu du trajet... »

         Edwyn quitta la chambre et rejoignit le rez-de-chaussée. Dans la salle en bas, un silence embarrassé avait fait taire les conversations des uns et des autres, seuls des chuchotements égarés venaient parfois troubler le silence. Le propriétaire et sa femme se tenaient derrière le comptoir, ils n'osaient rien dire ni rien faire, mais quand Edwyn s'approcha d'eux pour leur parler, ils émirent quelques gémissements plaintifs. « Je viens vous payer pour le dérangement...» Cette déclaration provoqua beaucoup d'émotion dans la poitrine de l'épouse du patron qui manqua de s'évanouir. Ce dernier la soutint comme il put et balbutia des mots incompréhensibles de gratitude et de respect. Edwyn leur sourit et ajouta : « Nous allons partir et emmener cet homme... il y a des choses à faire qui ne doivent pas être mises de côté … » Puis le petit lord conduisit sa troupe jusqu'à l'extérieur où d'autres les attendaient déjà avec les cheveux prêts à partir. On l'aida à grimper sur sa monture et le petit garçon prit, avec un chevalier, la tête du cortège. Il tint à ce que Branston marche à ses côtés. Ses mains avaient été liées très étroitement par une corde rêche. Au moment même du départ, Edwyn posa ses yeux sur le meurtrier et lui dit d'une voix neutre et sans vie : « Je vais ordonner qu'on vous mène à Villevieille... vous serez remis entre les mains de lord Hightower qui décidera de la punition juste pour votre crime... Je suis désolé. Je veillerai à ce que votre voyage ne soit pas trop inconfortable... c'est... la moindre des choses.» Sur les derniers mots, la voix d'Edwyn avait repris quelque peu les couleurs du regret. Mais ce que son cœur lui dictait, son cerveau le réfutait. Il devait se conformer à son devoir et faire ce qu'il fallait. Dès qu'il serait à Vivesaigues, il ferait écrire un corbeau à destination de Villevieille. Il y informerait lord Hightower de la venue prochaine d'un prisonnier qu'il devrait confondre et juger pour son crime, le meurtre qui lui avait valu d'être exclu de l'ordre des mestres. Cette sanction ne touchait qu'à la fonction, il devait à présent être jugé pour son crime en tant qu'homme. Edwyn n'avait pas le pouvoir ni la juridiction nécessaire pour punir Branston, car le meurtre avait été commis à Villevieille... Malgré tout le petit garçon n'était pas très à l'aise. Il lui tardait à présent que Branston soit sur la route de la grande cité du Bief et que cette rencontre soit derrière eux. La tisane continuait de faire effet, et cela lui rappelait à chaque instant qu'en dépit de son passé criminel, Branston avait fait quelque chose de bon pour lui, gratuitement et sans arrière-pensée... Edwyn se dit qu'il serait bon de l'écrire aussi pour que lord Hightower sache que l'homme qu'il jugerait pour un crime n'était pas qu'un meurtrier en fuite, mais aussi un homme bon, volontaire et généreux de sa personne. Edwyn espérait vraiment que cela permettrait à Branston d'échapper à une peine trop dure, à un châtiment trop sévère. Malgré toute la bonté de Branston, son crime n'en demeurait pas moins réel.


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Dernière édition par Edwyn Tully le Mar 30 Avr 2013 - 23:23, édité 1 fois
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Message Ven 26 Avr 2013 - 23:55

La sanction imposée par Lord Tully ne fut pas celle escompté. Les deux hommes, car malgré son âge c’est en homme que le seigneur de Vivesaigues se comportait, se regardaient yeux dans les yeux. Branston avait attendu autre chose, mais pour autant il se résolut rapidement à accepter son châtiment. Sur un ordre, les chevaliers riverains approchèrent pour se saisirent de Branston.

« Restez calme Sers, je ne suis ni nécromant, ni violent.»

Branston se tourna vers la sortie et emprunta l’escalier menant au rez-de-chaussée. En bas, le tenancier et sa femme, ils avaient l’air affligé.

« Pardonnez-moi Sers, mais j’ai des choses à dires à ces gens. Monsieur, madame, vous ne saviez pas la vérité sur moi et je m’excuse de vous avoir caché l’obscur vérité seulement comprenez-moi. Il n’est pas évident pour moi de survivre en racontant à tout bout de champ mon histoire. Cependant, jamais je ne vous ai menti sur mes intentions ni sur les remèdes que j’ai donnés à votre femme. Qu’elle continue à prendre ce que je lui ai dit et prochainement elle sera définitivement soignée. Merci pour tout, votre bonne humeur, votre gentillesse. Soyez heureux, vous le méritez. »

Quand le petit Lord les rejoint, Branston pensait que dans l’absolu il avait de la chance. Ce petit garçon allait lui permettre de se défendre devant Lord Hightower dans un ultime oral au cours duquel soit de sa faute il serait absout soit jugé coupable et tué. Cette pensée aurait du assombrir son esprit, mais non. Il trouvait qu’il avait de la chance. Rencontrer la famille suzeraine de sa Couronne natale, voir Vivesaigues et rencontrer le Grand Argentier. Non certes ce n’est pas la vie d’un mestre comme il l’avait tant rêvé. Révolus le temps où il s’était vu mestre d’une grande maison, à conseiller le seigneur en place et préparer la descendance à faire mieux encore. Mais tout cela à changer. Maintenant il faut se battre pour apporter la Lumière au peuple. Pour lui apporter la lumière il faut la connaissance et lui il l’a. Edwyn donna ses ordres. C’est donc poings liés qu’il quitta l’auberge de l’homme à genoux.

Le convoi partis avec une allure assez lente pour que le prisonnier à pied puisse suivre sans difficulté. Le jeune Lord était à sa hauteur et lui parla en essayant de mettre de la distance là où il devait en mettre malgré le fait qu’il ait du mal.

« Dites Monseigneur, sans vouloir vous commander, quand vous écrirez à Lord Hightower, n’intervenez pas en ma faveur. Je veux et je dois être jugé pour mon crime et non pour mon crime plus ce que j’ai pu faire après. Puissiez-vous toujours avoir autant de sagesse. Sachez que vous n’avez pas été trop dure avec ma personne. Vous m’avez jugé avec votre œil et donc votre décision est juste n’en doutez pas. Quitte à avoir été fait prisonnier, autant que je dise ce que je pense. Durant mes pérégrinations, j’ai ouïs dire ce qui c’était passé à Murs-Blancs. Chose étrange pour un enfant si jeune que de voir le vrai visage de l’homme. L’homme est corruptible, l’homme est faible, l’homme à soif de pouvoir, d’argent et de prestige… oui l’homme est faible, même ceux qui prêtent serment. Vous avez, je le crains, une propension trop importante à réfléchir pour votre âge. De plus, vous voyez des choses, entendez des choses et vivez des choses que des enfants devraient ignorer. Cependant, vous n’êtes plus enfant, vous êtes seigneur et en tant que tel vous deviez apprendre ce qu’est l’homme. A présent vous le savez et en connaissance de cause vous devez faire attention. Une fois l’affaire de ma personne close, créer vous un cercle de confident indéfectible. Puis un cercle de nobles et chevaliers prêt à donner leurs vies pour vous et enfin restez sur vos gardes. Un dernier conseil et je me tais jusqu’à Vivesaigues : Prenez de la verveine et laissez la infuser dans de l’eau bouillante. Buvez la mixture et coucher vous rapidement après, vous dormirez beaucoup mieux. »

Comme il l’avait dit, après son ultime conseil, Branston regarda droit devant lui et accéléra le rythme de la marche. Malgré l’âge et la fatigue, il n’était pas encore à jeter. Il avançait en souriant et se demandait qu’elle serait la prochaine étape.

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Message Ven 3 Mai 2013 - 10:35

    Edwyn Tully entendit les propos de Branston et, une fois de plus, il n'y comprit point grand chose, mais fit l'effort de ressasser en lui les propos du mestre déchu. Au prix d'un effet, il finit par entendre chacune des idées défendues par l'homme qui marchait à ses côtés, mais il se garda bien de lui répondre. Devait-il vraiment l'écouter ? Devait-il vraiment accorder foi à ses paroles ? Branston était un meurtrier, ne fallait-il pas se méfier de lui ? N'était-il pas plus sage de l'ignorer, d'oublier ses propos et, quand il serait parti de Vivesaigues, d'oublier jusqu'à son existence même ? Jusque là, cet illustre inconnu avait pourtant était très utile, très serviable, et même sa bonne nature lui avait attiré la sympathie des patrons de l'auberge qu'ils quittaient tous à présent. Cette leçon, Edwyn n'était pas prêt de l'oublier : ne se fier à personne, pas même au plus aimable et gentil des voyageurs rencontrés sur les routes du Conflans. Rien n'est plus commun que ceux qui se parent des dehors de l'amitié, mais rien n'est plus rare que la franchise aussi, et le petit garçon veillerait à toujours s'en souvenir. Septa Melara lui racontait souvent des histoires terribles ou drôles dont la morale était toujours ainsi : se méfier des plantes aux parfums les plus avenants, car elles sont souvent les plus dangereuses. Ces contes et légendes servaient un but, l'éducation du petit lord, mais celui-ci était encore trop jeune, sans doute, pour en goûter les fruits. La récolte se ferait plus tard, quand il aurait grandi, vieilli, mûri. Il allait devenir adulte, et chaque chose à sa place se trouverait et jamais il n'oublierait cette rencontre, ses maux de ventre, et les révélations de ce mestre en fuite. En fuite ? En exil ? Quelle importance ? Les mots justes viendraient plus tard, et bientôt ce criminel rencontrerait son juge. Il serait loin de Vivesaigues, échapperait au regard de la maison Tully et Edwyn pourrait sans trop de peine reléguer toute cette histoire au placard des mauvais souvenirs. Il fallait espérer surtout qu'il n'en fasse point de cauchemars... mais tout de même, il s'en voulait presque de devoir condamner cet homme à une peine peut-être grave par procureur... ne pouvait-il le laisser s'échapper ? C'eût été impossible, Edwyn le savait. Il ne pouvait s'y faire. Aussi fort qu'étaient les arguments en faveur de la bonne conduite à suivre, une voix criante en lui s'élevait pour qu'il intervienne et sauve ce Branston qui avait tant fait pour soulager ses douleurs stomacales.

    Mais Branston lui-même avait dit refuser l'intervention du seigneur suzerain du Conflans, alors le petit garçon se contenterait d'expédier un corbeau et de faire conduire sous bonne garde le meurtrier jusqu'à Villevieille où lord Hightower prendrait la relève. Il appartiendrait à ce lointain seigneur d'organiser le procès de Branston, sa détention, d'obtenir de lui des aveux plus complets ou une plaidoirie et d'enfin rendre un jugement qui condamnerait le criminel à la peine prévue à Villevieille pour un tel crime. À Vivesaigues, le meurtre était sévèrement puni, d'autant plus quand il s'accompagnait de circonstances aggravantes comme la pratique de la nécromancie. D'y repenser... l'échine d'Edwyn frissonnait, et sa langue devenait de plomb. Dire qu'il avait accepter les conseils médicaux de cet homme, et bu une mixture conçue par lui de ses propres mains... et s'il l'avait empoisonné ? La confusion régnait dans l'esprit du petit garçon. Le mestre de Vivesaigues saurait lui dire ce qu'il en était, et lui dirait si la préparation conseillée par Branston serait bonne à prendre ou à jeter. Une part de lui avait envie de faire confiance malgré tout à ce meurtrier qui confronterait bientôt son juge, mais l'autre part criait à l’injustice, à la traîtrise, au mensonge et à la prudence la plus élémentaire.

    Quelques jours de trajet furent nécessaires pour gagner Vivesaigues, Edwyn n'avait toujours pas changé d'avis. À peine fut-il arrivé qu'il s'en alla trouver le mestre pour qu'il rédige avec lui un corbeau adressé à Grand-Tour, à l'attention de lord Hightower – à cette occasion, septa Melara lui rappela que ce lord était également Grand Argentier, et le petit Edwyn, qui ne savait pas exactement ce que c'était, posa maintes questions tandis que le mestre rédigeait la missive qui informait lord Hightower de l'arrivée prochaine de Branston. En voyant le corbeau s'envoler, Edwyn sut que le destin de Branston n'était plus entre ses mains contrairement à ce que ce dernier avait dit. Sans quitter le mestre, le petit garçon lui parla des soins administrés par le criminel, et s'il fut d'abord inquiété et dubitatif, l'homme de savoir, qui avait toujours sa chaîne, admit devant le petit garçon que Branston avait agi comme l'aurait fait n'importe quel mestre de la Citadelle devant les symptômes présentés par le seigneur suzerain du Conflans. Avant son départ de la forteresse de Vivesaigues, qui eut lieu quelques heures seulement après l'arrivée de lord Edwyn, ce dernier remercia Branston, et lui souhaita la protection des Sept ainsi que le courage d'affronter le jugement de lord Hightower. Nul doute qu'il en aurait besoin. Pas moins de six soldats dont trois chevaliers accompagneraient le mestre déchu jusqu'à Villevieille. Une escorte arborant fièrement la bannière de la Truite argentée traverserait bientôt les vastes campagnes du Bief tandis que le sort de Branston s'en allait vers le sud où son juge attendait. Pour le meilleur, ou pour le pire ?


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[TERMINE] Point de tourment qu'on ne retrouve au creux de l'estomac ~ Branston

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