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Rien n'est permanent, sauf le changement ▬ Clarence

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Clarence Hightower
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Général
Grand Argentier
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Message Mer 1 Mai 2013 - 16:44

         Clarence ne connaissait pas le fils de lord Bryce. Lancel... ser Lancel, peut-être ? Un prénom royal, et peut-être l'ambition du même acabit. Quel âge avait-il ? Bryce le décrivait comme jeune, mais dans le souvenir du Grand Argentier, le fils Vyrwel n'était plus jeune que lui d'une poignée d'années seulement. Aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années, dit-on, mais à entendre la Vouivre, qui déclarait reconnaître ses erreurs, ce fils héritier serait donc le réceptacle de tous les enseignements qu'il tirerait de ses propres turpitudes ; il se donnerait en exemple afin de préserver la chair de sa chair des mêmes erreurs et des mêmes errances. Ceci expliquait donc la nécessité pour l'un et l'autre de ne pas s'éloigner de Noirvallon, ou du moins le prétendait. Clarence restait septique. Le père avait fait suivre le fils sur le chemin de la traîtrise, ce dernier aurait tout autant à apprendre de ses propres erreurs que de celles de son géniteur. D'ailleurs, ce dernier était l'époux d'une dame née dans la maison Costayne, si sa mémoire était bonne, et lord Costayne était présent aux noces de lord Beurpuits... La maison occupant le siège de Trois-Tours était-elle aussi déterminée que la Vouivre à persister dans la voie de la traîtrise ? Son soutien au dragon noir était-il encore intact, après sa nouvelle et écrasante défaite ? La question méritait d'être posée, toutefois le moment semblait mal choisi. Plus tard, Clarence chercherait à rencontrer lord Costayne pour le questionner directement. En tant que vassal de Grand-Tour, il devait des explications. L'oeil du phare pouvait paraître clos par moment, il n'en demeurait pas moins toujours en éveil, toujours sur ses gardes. « Je me garderai bien d'émettre un jugement sur le père que vous êtes ou votre fils, lord Vyrwel. Je ne le connais pas. J'ai moi-même été un fils difficile, et je ne connais rien de l'expérience de la paternité. D'aucuns diraient d'ailleurs qu'il est temps pour lord Hightower de prendre épouse et de semer sa graine, mais que voulez-vous ? Ces dernières années ne m'ont laissé aucun moment de répit ni de repos. » Avec le recul, Clarence se rendait compte avoir été très actifs ces dernières années, notamment depuis son premier voyage à Port-Lannis, puis à Hautjardin, puis à Port-Réal... Les activités souvent chronophages lui avaient laissé peu de temps pour prendre épouse et faire souche, mais il n'avait pas cessé pour autant de garder à l'esprit que cela deviendrait chose nécessaire rapidement. Il y avait bien ses frères pour lui succéder en cas de fâcheux accident, mais l'idéal serait malgré tout un héritier de son sang, son fils. La famille est une chose trop importante pour être négligée, elle ne saurait être l'apanage des Tully de Vivesaigues.

         Bryce présenta d'ailleurs la sienne comme isolée de toutes les autres et Clarence ne s'étonna guère : fief des montagnes, à l'orée des monts rouges, à la frontière de la péninsule, rares étaient certainement ceux qui s'y arrêtaient. Il fallait sûrement une raison précise pour y aller et autant pour y rester. Lord Vyrwel s'était décrit lui-même comme une sorte de tyran, avait-il ce même caractère, cette même attitude à l'égard de ses invités ? Si c'était le cas, nul doute que tout homme de bon sens aurait préféré fuir Noirvallon qu'y accourir à grandes enjambées. Sans se départir de l'impression que son interlocuteur noircissait volontiers le trait comme le dragon autrefois, Clarence écouta sagement et sans mot dire. La misogynie semblait couler dans les veines de la Vouivre, ce qui n'avait rien d'une maladie rare en définitive, la plupart des hommes bien-nés de Westeros devaient partager avec lord Bryce cette posture machiste à l'égard de la gente féminine. « Je suis certaine que votre épouse connaît son rang et son devoir. Il ne se risqua pas à dire autre chose, il en savait assez sur l'épouse de Bryce pour le moment, et de toute évidence la malheureuse ne portait point la culotte au foyer, ce qui était après tout une bonne chose : les femmes ont trop souvent tendance à gérer les domaines comme elles arrangent leur toilette. Clarence apprit ensuite qu'en dehors des derniers enfants nés à Noirvallon, tous étaient mariés, notamment les filles de lord Bryce. Sans doute s'était-il lié à ces occasions avec d'autres maisons peu loyales à l'égard de la Couronne, ou point trop. Ainsi lord Hightower imaginait mal la Vouivre accepter d'offrir la main d'une de ses filles à un homme de la maison Nerbosc, par exemple. La suggestion était amusante, mais la suite de la conversation le fut bien moins et Clarence accueillit d'un regard neutre la nouvelle du veuvage de l'héritier de Noirvallon. Il s'intéressa aussi de très près aux questions posées par son interlocuteur, qui déviait la conversation d'une famille à l'autre avec assez d'adresse. « Vous me voyez navré d'apprendre que votre fils a perdu son épouse, et je prierai la Mère pour qu'elle couvre de sa compassion le veuf et l'orphelin. Cela dit l'hiver approche, et je suis certain qu'avant les premières gelées vous aurez reçu des propositions pour un prompt remariage si c'est dans l'intention de votre fils. Ces paroles de courtoisie, gratuites et sans saveur, n'en demeuraient pas moins très utiles pour enchaîner sur la suite. Bryce posait des questions orientées et pleines d'ironie. Les réponses de Clarence serviraient la même cuisine.

          « Ma sœur Victoria est devenue l'épouse du Grand Amiral, lord Jace Redwyne. Ce n'est un secret pour personne, la Tour et la Vigne se toisent l'une l'autre depuis quelques années déjà, ce mariage n'a fait qu'officialiser des liens commerciaux et diplomatiques qui continueront bien après nous. Voisins dans les affaires et dans la géographie, l'union parut si naturelle qu'il m'étonna de constater que la dernière en date remonte à quatre générations avant nous, vous rendez-vous compte ? Il était temps qu'un peu de sérieux revienne dans la gestion des affaires de Grand-Tour. J'ai beaucoup de respect pour mon prédécesseur, mais il n'a pas toujours eu le flair qui distingue les survivants des disparus. Et après quelques instants de réflexion, faisant mine de retrouver ses souvenirs, lord Hightower reprit de plus belle « Il est vrai que j'ai rencontré à Port-Réal lady Alysanne, et que je suis entré en contact avec lord Danwell Florent son père. C'est une femme qui, j'en suis sûr, vous plairait. J'ignore en revanche si nos noces seront heureuses, mais je suis certain d'obtenir à travers elle l'alliance d'un voisin dans le Bief.En ces temps de trouble, il est important de resserrer les rangs, ne croyez-vous pas ? Ce n'est pas tant faire preuve d'ouverture que de raison, mais vous avez vu juste, j'ai l'esprit très ouvert. Rien n'exclut d'ailleurs qu'après votre départ un corbeau s'envole depuis Grand-Tour jusqu'à Noirvallon pour ajouter une autre proposition à celles que vous avez déjà reçues pour votre fils. Le sourire qui vint clore sa phrase en disait long sur Clarence, mais très peu sur ce qu'il voulait dire vraiment.
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Bryce Vyrwel
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Seigneur de Noirvallon

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Message Mer 1 Mai 2013 - 18:30

La prudence avec laquelle lord Hightower s'exprimait quant à son jugement sur son invité, était très appréciée de celui-ci. Combien de jeunes gens qui n'avaient même pas encore connu la chaleur d'une femme, s'autorisaient à critiquer les décisions que la Vouivre prenait pour sa descendance ? Trop pour toutes les recenser, Bryce se souvenait notamment d'un jeune homme rencontré au cours de l'une de ses visites à ses voisins et qui avait eu l'audace de lui souligner qu'il était beaucoup trop strict avec son héritier. Le Vyrwel s'était contenté de lui répondre par un sourire en déclarant qu'il ferait certainement un excellent père plus tard. Bien sûr, ses propos étaient ironiques. Bryce appréciait donc sincèrement que son hôte ne se permette pas de le critiquer sans même le connaître. S'il était amateur de rumeurs, le Grand Argentier ne basait pas pour autant son jugement sur elles. Une excellente qualité.

« Tout vient à point à qui sait attendre. Je suis persuadé que vous avez vos raisons pour avoir autant patienté. »

Bryce avait eu son premier enfant relativement jeune, tout comme son père avant lui, puis son grand-père encore avant... Il en était de même pour Lancel, mais pour quelle raison ? La Vouivre considérait tout simplement qu'un père devait accompagner son fils jusqu'au bout, en lui donnant la vie très tôt, il prolongeait la période passée à ses côtés. En plein dans la jeunesse et la force de l'âge, Bryce avait très rapidement concentré toute son attention sur son héritier, chose qu'il n'aurait certainement pas pu faire une dizaine d'années plus tard. Mais lord Hightower était encore jeune, même si le premier enfant était le plus important, le Vyrwel avait aussi eu des enfants aussi tardivement, puis même encore très récemment. Preuve que l'âge n'avait que peu d'importance au final.

Le veuvage de Lancel n'avait pas échappé à son interlocuteur qui exprima des pensées très positives. Oh, Bryce ne doutait pas une seule seconde de l'aisance que son fils aurait à trouver une remplaçante à la mère de son enfant. Il savait s'y prendre pour charmer les jeunes femmes et même si son patronyme donnait à réfléchir à deux fois avant d'accepter, le père qu'il était se trouvait être persuadé que les choses se présenteraient sans difficultés. Les rebelles avaient beau être méprisés, Bryce n'avait pas abattu toutes ses cartes et réservait quelque chose d'intéressant à proposer à son héritier pour son avenir. À n'en pas douter, les temps à venir se présenteraient sous les meilleurs auspices pour Lancel. Semant les graines de son projet à venir, la Vouivre répondit brièvement aux paroles de son hôte.

« Mon fils a été très affecté par la perte de son épouse, mais dans son intérêt et celui de son fils, je compte bien le persuader de prendre une nouvelle épouse. J'ai déjà vu chez mon frère les dégâts que faisaient la perte d'une compagne, je ne tiens pas à réitérer cela chez mon fils. J'ose espérer que vos paroles encourageantes se réaliseront. Notre maison n'est pas au mieux de sa forme pour pouvoir prétendre accueillir une nouvelle dame en son sein. »

Bien entendu, seule une moitié de ces dires était véridique. Lancel ne pleurait guère son épouse, il partageait la vision de son père concernant les femmes, mais le faire passer pour un homme aimant était une manière de l'humaniser et de le faire accepter par les voisins les plus hostiles aux Vyrwel. Le jeune homme avait un goût certain pour les femmes et son géniteur savait qu'il avait déjà dû trouver consolation dans les draps d'une autre jeune femme. Bryce le laissait faire, du moment que son héritier savait rester discret, il était libre de faire ce que bon lui semblait.

Lord Hightower confirma à ce moment les épousailles de l'une de ses sœurs et du seigneur de La Treille. Bryce savait effectivement que les deux lords étaient relativement proches et cette annonce ne l'avait donc guère étonné. Leur alliance était d'ailleurs très profitable, ils dirigeaient tous deux des fiefs relativement importants et prolifiques, quoi de plus intéressant que de mêler leurs intérêts ? Le fait que le Grand Argentier soit un aussi subtile dirigeant n'avait rien de très surprenant. La Vouivre voyait une parfaite logique à la nomination de lord Clarence à ce poste : il était clair qu'il avait la gestion dans le sang. Arriva alors le sujet de lady Alysanne Florent qui se révéla bel et bien être pressentie pour épouser le seigneur de Grand-Tour. Restant silencieux et impassible, Bryce se montra très attentif aux paroles de son interlocuteur qui émettait l'hypothèse qu'il puisse bien s'entendre avec la demoiselle en question. C'était peu probable. Elle représentait tout ce que le Vyrwel ne pouvait tolérer chez une femme et surtout, une Bieffoise. Quoique, elle n'avait pas encore pris les armes ce qui était presque un miracle. Bryce resta toutefois silencieux à de telles pensées et se contenta d'écouter la suite qui se révéla toute aussi surprenante. La réplique du Grand Argentier pouvait laisser entendre qu'il comptait proposer une alliance entre sa maison et celle des Vyrwel, mais le seigneur de Noirvallon était bien placé pour savoir qu'il fallait se montrer méfiant avec un homme aussi doué dans la manipulation des mots. Un sourire se dessina aussi sur ses lèvres tandis qu'il répondait d'un ton parfaitement neutre.

« Vous semblez bien plus optimiste que moi quant à ces propositions. Je ne suis pas aveugle et je suis parfaitement conscient que nous ne sommes pas en position de force pour nous lier à d'autres maisons. Sachant que ce point était déjà très compliqué avant Murs-Blancs, j'ose à peine imaginer ce qui m'attend dans les temps à venir. Fausse modestie ou sincère pensée ?
Je vois déjà certaines rumeurs prétendre que ces malheurs successifs qui nous touchent sont liés à une punition des Sept. Nous en revenons à ce que nous disions plus tôt, les esprits faibles voient une manifestation divine à chaque maladie ou sécheresse. Espérons qu'il reste quelques personnes lucides qui sauront voir l'intérêt qu'une alliance avec notre maison peut apporter. Il conclut sur un léger hochement de tête.
J'ai déjà eu le plaisir de rencontre lady Alysanne, nous avons quelques divergences d'opinion et il semblerait que nous soyons partis du mauvais pied, mais je suis persuadé que si elle venait à devenir dame de Grand-Tour, mon jugement se verrait être révisé. Une manière comme une autre de montrer les efforts qu'il était prêt à fournir, même si ce n'était pas par pure bonté d'âme évidemment.
Vous semblez particulièrement centré sur l'avenir de Villevieille, avez-vous déjà prévu de nouvelles alliances commerciales avec d'autres villes ? J'ai cru comprendre que les Cités Libres avaient toujours plus ou moins été intéressées par votre ville. Je vous aurais fort bien imaginé avec la fille d'un riche marchand étranger au bras. Comme quoi, l'avenir nous réserve bien des surprises.

Présage ou simple expression ? L'avenir le dirait certainement, encore une fois.


               
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Clarence Hightower
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Message Jeu 2 Mai 2013 - 20:59

         Il avait en effet d'excellentesraisons d'avoir autant patienté. Les dernières années lui avaient d'ailleurs enseigné cette leçon : la patience est une vertu trop rare pour être gaspillée et comme l'avait dit si justement lord Vyrwel, tout vient à point à qui sait attendre. Clarence avait dès lors attendu et attendait encore. Il avait préféré marier ses frères et ses sœurs d'abord, afin de mieux se concentrer sur ses propres noces par la suite. Il n'avait d'ailleurs point hâter les épousailles d'aucun de ses cadets, tout au contraire, car l'alliance pressée se mue trop souvent bien vite en mésalliance, l'exemple tout frais des Arryn et des Lannister était à ce sujet encore une belle leçon pour le Lion comme pour le Faucon. Clarence avait ses raisons, mais les partagerait-il pour autant avec son interlocuteur ? Il ne semblait pas sûr que ces dernières intéressent la Vouivre qui, une fois n'est pas coutume, n'avait à ce sujet fait part d'aucune interrogation. Bryce avait depuis le début de la discussion entretenu Clarence de toutes les questions qu'il avait préparées pour lui, et n'en dissimulait aucune ; il les lui posait ouvertement et très directement, alors s'il avait eu des questions à propos du retard des noces du Grand Argenter, il les aurait très certainement déjà exprimées. Peut-être même lui aurait-il fait le reproche du risque d'une paternité tardive ? Clarence aurait alors répliqué que la hâte gâte tout, et que les délais de la livraison sont moins importants que la qualité de l'ouvrage. La valse des bons mots se poursuivit, lord Vyrwel venant confirmer ce que son hôte imaginait déjà, l'héritier de Noirvallon ne demeurerait pas célibataire bien longtemps. Veuf, il le serait toujours de sa première épouse, mais une seconde viendrait l'aider à faire son deuil. Le cynisme de la situation n'intéressait point Clarence, qui était assez bien placé pour savoir qu'en fait de diplomatie, les sentiments n'ont point de place, si ce n'est à rebours. Il est toujours préférable de les laisser à la porte du bureau des négociations où la raison, l'intérêt et le bon sens doivent régner en maîtres absolus. Lord Jace Redwyne avait eu beau compter parmi ses proches amis, s'il n'avait été le seigneur de la Treille, il n'aurait jamais peu prendre lady Virginia pour épouse. L'amitié qui naît des affaires est toujours plus stable et forte que l'affaire qui naît de l'amitié. Bryce semblait croire que la situation de Noirvallon et de sa famille au blason durement terni par l'échec de la rébellion de Murs-Blancs serait un frein au prompt remariage qu'il souhaitait pour son fils. Clarence était persuadé que la Vouivre saurait au contraire tirer profit de cette apparente faiblesse, conscient qu'il était qu'une façade n'était jamais qu'une devanture. « Votre maison n'est certes pas au mieux de sa forme, mais elle a su déjà se tirer de plus mauvais pas. Vous avez perdu beaucoup, mais vous ne courez pas aujourd'hui la campagne comme un certain lord Beurpuits qui n'a plus de ses ambitions que le reste de son gras. Je suis certain qu'en dépit des malheurs vous saurez vous débrouiller. » Clarence se promit d'ailleurs en lui-même d'être à l'avenir très vigilant et d'étendre l’œil de la Tour jusqu'aux environs de Noirvallon. Lord Vyrwel était une menace bien plus dangereuse qu'un lord Beurpuits, trop timoré et fat pour inquiéter qui que ce soit. D'ailleurs, lord Ambrose sut-il jamais inquiéter quelqu'un d'autre que lui-même ? Déjà du temps de la première rébellion Feunoyr, son attitude avait bien fait la preuve de la petitesse de ses vues et de la faiblesse de ses moyens. Quel dommage, en un sens, car la maison Beurpuits n'était pas n'importe quel vassal de Vivesaigues... l'échec de la seconde rébellion était de l'avis de Clarence en grande partie imputable à l'incompétence de cet homme qui méritait jusqu'au mépris de ses compagnons d'infortune.

          « La lucidité de nos jours est aussi rare que l'acier valyrien, et comme souvent toujours entre de mauvaises mains, lord Vyrwel. Il n'est pas besoin de disposer d'un troisième œil pour savoir que les malheurs qui frappent votre famille ne sont qu'une épreuve, une tempête à franchir avant de retrouver des eaux plus favorables. Nul besoin de la vervue pour le deviner, ni de la foi pour y croire. La patience récompense bien plus que la prière, et l'esprit supérieur est celui qui prépare, non celui qui prédit. Votre famille est frappée par la disgrâce, mais ce n'est jamais qu'un bas creux entre deux vagues de retour en grâce, n'est-ce pas ? Je ne sais ce qui vous attend, mais si vous prenez le temps de vous y préparer et si vous mettez toute la diligence à l'exécution de vos projets, il n'est rien qui vous soit impossible. » Et Clarence ne doutait plus à présent que lord Vyrwel préparait quelque chose, pourquoi aurait-il exprimé sinon son pessimisme, alors qu'au début de la conversation ses paroles étaient presque ceux d'un conquérant venu à Grand-Tour pour la prendre d'assaut et ravir des réponses aux questions soulevées par le comportement de la maison Hightower ces dernières années ? La politesse et la courtoisie souvent limite les marges de manœuvre en conversation, mais à cet instant elle permettait au Grand Argentier de discourir sur deux niveaux, avec d'autant plus de plaisir qu'il avait face à lui un interlocuteur capable d'entendre aussi bien l'un et l'autre. Rares sont les échanges si fructueux.  « Villevieille a toujours été et sera toujours ma priorité. La cité, son domaine. Le roi me donnerait la moitié de son royaume que je refuserais toujours de lui céder ne serait-ce qu'un quartier de la ville. Elle est ma mère autant qu'elle est ma fille, et je la traite sans doute avec plus d'égards que je ne traiterai jamais aucune personne. J'ai fait mien et ses intérêts et j'y veille avec tout le zèle qui convient. Trop nombreux sont nos pairs qui délaissent leur domaine, s'en vont ici ou là et oublient qu'il faut gérer son bien sans relâche, car sans lui nous ne sommes rien. Si nous n'avions pas la poigne nécessaire pour le tenir, si nous ne savions le faire prospérer, la masse qui nous doit servitude aurait tôt fait de nous remplacer par d'autres plus compétents.  » En disant cela, Clarence avait repris tout le sérieux de sa voix. Trop nombreux à son goût étaient les dilettantes. Ils étaient une plaie aussi détestable que les rebelles Fer-nés. Son jugement pouvait sembler dur, et sans doute était-il obscurci de sa propre situation – un seigneur à la tête d'un ville n'a pas les mêmes vues et nécessités qu'un seigneur à la tête d'une motte féodale. Et malgré tout Clarence raisonnait par l'analogie la plus simple : qu'on soit le seigneur de Grand-Tour ou le seigneur de Karhold, il fallait l'être au mieux de ses capacités, pour assurer à son fief la plus grande efficacité et le meilleur rendement. C'est pourquoi lord Hightower avait toujours confié, en son absence, les règnes à son frère Charles qu'il avait entouré de précieux conseillers, et c'est aussi pourquoi il n'avait toujours voyagé hors de la ville et du Bief qu'en cas d'extrême nécessité. Ceux qui partaient sans raison, presque à l'aventure, pour le seul plaisir de l'évasion, méritait bien qu'une révolte éclate chez eux en leur absence.

          « Il vous faut donc savoir que je suis comme vous. Je n'ai que du mépris pour les incompétents. Or il faut reconnaître aux princes et aux marchands du Détroit qu'ils ont un sens des affaires hors du commun. Même si je ne me ferai jamais aux bigarrures de leurs vêtements et de leurs cheveux...  » Clarence parlait évidemment de cette mode absurde de la coloration de la coloration capillaire. « Je dois malgré tout reconnaître qu'ils sont des partenaires de premier choix pour la maison Hightower. Et surtout, fidèles. Villevieille a toujours été là pour leur offrir un port sur notre riche et fertile région, bien avant l'arrivée des Targaryen, n'est-ce pas ? Historiquement les liens sont très étroits. L'idée de prendre pour épouse la fille d'un prince-marchand m'a traversé l'esprit, pour ne rien vous cacher, il y a deux ans, quand j'ai été propulsé en tête de file de la succesion de mon grand-père. L'idée reste intéressante, mais je ne voudrais pas me priver d'une alliance sur le continent, d'autant plus que la rébellion Fer-née a considérablement ralenti la marche des affaires. Mais cette parenthèse, tout comme celle de Murs-Blancs ne sera bientôt plus qu'un souvenir, n'est-ce pas ? » Le double sens transparut dans le sourire de Clarence, qui but à nouveau un peu de vin. En effet, d'abord on aurait pu croire qu'il moquait la loyauté de son interlocuteur à l'égard du dragon noir. Ensuite, à bien y regarder, on pouvait saisir entre les lignes un encouragement à dépasser l'échec des noces de lord Beurpuits pour aller de l'avant. Mais combien auraient les oreilles assez pointues pour aller jusque là ?
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Bryce Vyrwel
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Message Ven 3 Mai 2013 - 15:19

Bryce ne répliqua rien aux paroles de son interlocuteur concernant la position de sa maison. Prétendre qu'il se fourvoyait aurait été insulter l'intelligence de lord Hightower et la Vouivre le respectait trop pour s'autoriser ce luxe. Il était vrai que le seigneur de Noirvallon comptait bien rebondir sur cet échec pour viser plus haut encore, quitte à sacrifier quelques pions dans l'affaire, ce n'était rien de bien gênant. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois qu'il agirait de la sorte après tout ! Mais ce n'était pas pour autant que le Vyrwel allait donner raison au Grand Argentier, mieux valait ne pas trop pousser dans une direction ou dans l'autre !

Une fois de plus le seigneur de Grand Tour avança des arguments parfaitement véridiques. Dans les malheurs qui s'abattaient sur sa maison, Bryce ne voyait aucun signe divin, mais simplement une mauvaise passe. Par le passé aussi son ancêtre avait connu une telle situation en perdant plusieurs membres de sa maison et en voyant les rebelles descendre dans l'estime de leurs voisins. La Vouivre n'était pas facile à abattre et même blessée à mort et au sol, jamais elle se défaillirait. C'était dans cette optique que Bryce avait élevé Lancel et le jeune homme l'avait parfaitement compris. Un Vyrwel meurt, mais ne se rend pas. C'était sans compter que quelques-uns des malheurs survenus, étaient du fait du seigneur des lieux. La mort de Mallory sa belle-fille n'était aucunement liée à une maladie foudroyante, mais simplement à un poison subtilement utilisé. Personne n'irai vérifier si leur mestre prétendait que la mort de la malheureuse était liée à une maladie. Et c'était ce qui était arrivé, même les hommes de science étaient dévoués à la cause des Vyrwel dans le fief de Noirvallon.

Concernant Villevieille, Bryce ne pouvait que comprendre les paroles de son hôte. Il s'agissait d'une ville unique pour laquelle n'importe qui se serait volontiers damné. Diriger un tel endroit devait être une expérience unique et si les souvenirs du Vyrwel étaient les bons, lord Clarence n'était pas celui qui avait initialement été désigné pour ce rôle, par sa naissance. Une chance qui prouvait que ce qui était décidé au départ n'était pas gravé dans la pierre et que les choses étaient faites pour être bousculées. Hochant la tête, la Vouivre ne pouvait qu'approuver et renforcer les paroles de son vis-à-vis.

« Même si je suis persuadé que vos obligations en tant que seigneur de Villevieille sont plus importantes que celles de n'importe quel dirigeant de fief voisin, je partage votre vision des choses. Un seigneur qui n'est pas dévoué corps et âme à la tâche ne pourra jamais obtenir tout le rendement qui est pourtant à sa portée. J'ai toujours été dubitatif devant le comportement de certains de nos pairs, mais chacun est libre de prendre les décisions de son choix. Une très légère pause se fit avant qu'il n'ajoute quelques mots.
C'est un peu comme les gens dotés d'un esprit aiguisé qui préfèrent devenir chevalier, ils gâchent leurs talents. J'ai toujours été très impressionné par votre parcours et par le fait que vous ayez fait le choix de ne pas être chevalier. C'est si rare dans notre région. Surtout pour un Hightower. »

La chevalerie était immuablement liée à la religion et comme l'avait souligné le jeune homme plus tôt dans la conversation, les Hightower était, eux aussi, étroitement lié à ce point. Il ne s'agissait là que d'un simple remarque destinée à faire comprendre à son hôte qu'il connaissait aussi quelques points le concernant. Même s'il était vrai qu'il n'était absolument pas difficile de savoir que son interlocuteur était tout d'abord entré à la Citadelle des Mestres pour y débuter une formation qui avait finalement été avortée. Quiconque s'intéressait un peu au dirigeant de Villevieille pouvait le savoir.

Le commerce avec les Cités Libres était donc une chose que lord Hightower comptait faire perdurer. Ce n'était pas très surprenant, les Princes marchands étaient des individus très particuliers, mais de choix. Les goûts luxueux du Vyrwel l'avaient toujours poussé à s'intéresser à cette zone du monde et même si les prix étaient souvent exorbitants, la marchandise était de qualité. Bryce apprécia d'apprendre que son hôte avait songé, l'espace de quelques instants, à pouvoir prendre pour femme une native des Cités Libres. Ce serait effectivement un atout de choix pour son commerce, mais comme le soulignait si bien le sage seigneur, les relations au sein d'une région étaient toujours à privilégier. Après tout, les marchands ne cesseraient pas de venir ici pour vendre leurs marchandises, tandis qu'un voisin jaloux pourrait vous mettre des bâtons dans les roues et inviter ses descendants à faire de même. L'ego était une chose dangereuse et à prendre avec des pincettes, aux yeux de Bryce la décision de son hôte était donc la plus sage. La dernière réplique du Grand Argentier ne manqua pas de dessiner un léger sourire sur les lèvres de la Vouivre. Laissait-il entendre que si lui allait se remettre des Fer-nés, les rebelles pouvaient aussi se remettre de cet échec ? Seul l'avenir le leur dirait. Et leur ténacité à tous les deux évidemment. Rien n'arrivait sans rien.

« Seriez-vous en train de comparer nos situations lord Hightower ? Voilà un remarque bien encourageante, à moins que ne me sois mépris sur le sens de vos paroles. Cependant je suis d'accord avec vos paroles, les échecs et mauvais moments sont à prendre avec recul, il faut en tirer des enseignements pour perfectionner son système et éviter que cela ne se reproduise. Il hocha légèrement la tête alors que son sourire s'envolait.
Et je ne peux, encore une fois, que partager votre position vis-à-vis des Princes marchands. Je crois qu'ils sont trop attirés par l'argent pour délaisser Villevieille bien longtemps. Même si l'argent n'a pas d'odeur, je crois pourtant que la maison Hightower dégage un fumet qui appâterait n'importe quel Prince marchant ! Je suis convaincu qu'un mariage avec une femme des Cités Libres ne vous apporterait pas autant qu'avec une dame d'un fief environnant. Il parlait avec conviction.
Certains nobles ont l'ego très chatouilleux, préférer une étrangère à leur fille pourrait les irriter au plus haut point. C'est un peu comme la situation du royaume à moindre échelle, il se murmure que certains ont été vexés de voir que notre précédent Roi a préféré épouser une Dornienne, encore étrangère à ce moment, plutôt que l'une de ses vassales. Même si comme nous l'avons dit, il avait de bonnes raisons, cela ne l'a pas empêché de se faire des ennemis. Ce serait dommage que vous veniez à imiter les Targaryen dans leurs erreurs. Petit clin d’œil à ce qu'il avait dit précédemment, à savoir que les Hightower feraient de bons remplaçants à la famille royale.
Je suivrai attentivement cette affaire, il me tarde de savoir celle qui deviendra votre femme, ne serait-ce que pour savoir si nous partageons la même vision des choses en matière d'alliance politique. Même si nos avis semblent diverger depuis Herberouge. »

Ce qui était justement la raison de sa venue ici. Drôle de retour aux sources !


               
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Clarence Hightower
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Message Sam 4 Mai 2013 - 9:46

         En effet, rares étaient les membres mâles de la lignée des Hightower qui se tenait à l'écart de la chevalerie comme l'avait fait l'actuel tenant du titre de lord. D'ordinaire, tous devenaient l'écuyer d'un chevalier et, en temps et en heure, se faisait adouber pour embrasser les vœux du chevalier. Tous ne devenaient point de grands chevaliers destinés à briller au cour des tournois, et certains même n'y participaient jamais, mais l'adoubement était en quelque sorte un passage obligé dans la vie de tout Hightower... à l'exception de lord Clarence, que cette voie n'intéressa jamais. Il n'avait jamais développé de passion particulière pour les armes, les joutes, et toutes ces choses qui font le quotidien d'un chevalier. En choisissant d'autres occupations, d'autres écoles de la vie, d'autres disciplines, il s'était privé d'apprentissages qui auraient fait de lui un homme aguerri au combat, mais peu lui importait d'être incapable de tenir une épée, d'être inapte à porter l'armure et de ne point savoir manier la lance de tournoi. Il savait faire usage d'un poignard au besoin, et se dérober au regard de n'importe quelle personne à volonté, et c'était bien assez pour sa défense personnelle. Clarence menait d'autres combats, sur d'autres champs de bataille, loin des bannières, loin des campements, loin des râteliers d'armes et des terrains d'entraînement. Mais à chaque défaite comme à chaque victoire, le sang n'en coulait pas moins rouge. Il y avait dans les propos de Bryce un air de compliment, mais pouvait-il le croire sur parole ? Dans le Bief plus qu'ailleurs, il était attendu des hommes de haute naissance qu'ils emboîtent le pas de leurs pères, deviennent écuyers, puis chevaliers. Clarence se doutait bien d'être l'objet de quolibets, de critiques, de calomnies et d'insultes ici et là, car il n'était pas chevalier – comme si ce titre assurait de la vertu ou de la valeur d'un individu ! Alors peut-être que la Vouivre était plus polie qu'honnête en se déclarant impressionnée par le parcours du Grand Argentier. Il demeurait difficile de le deviner, car ce Bryce n'était pas n'importe quel interlocuteur ; Clarence ne put néanmoins retenir un sourire. « Très rare, je dirais même . Je dois être le seul dans mon cas sur trois générations de Hightower. Mes deux frères cadets Charles et Calvin sont chevaliers, comme l'étaient mes deux aînés Abelar et Cleyton... Les dieux veillent sur eux dans l'au-delà, et tout profane que je sois des choses de la chevalerie, c'est à moi qu'il appartient de protéger les survivants à présent... Ce qui est ironique, n'est-ce pas ? Mettez une épée entre mes mains, je n'en demeurerai pas moins inoffensif. Une chance qu'il ne soit pas attendu du Grand Argentier qu'il serve au combat, n'est-ce pas ? On a préféré lui confier un boulier plutôt qu'une épée, c'est bien moins dangereux. Remarquez, je ne vais point m'en plaindre, pendant que nos braves s'en vont guerroyer, le temps semble au foyer s'arrêter. Un répit fort appréciable. » Et fort utile.

         La conversation, par des détours secrets, revint à son point de départ, les divergences de vue des maisons Hightower et Vyrwel depuis la bataille du champ d'Herberouge. À l'époque, effectivement, les deux familles avaient soutenu plus ou moins ouvertement et absolument la cause des Feunoyr, mais depuis lors, les choses avaient bien changé, et si la Vouivre avait suivi le Dragon noir jusqu'à Murs-Blancs, la Tour avait passé son tour. Clarence n'avait pas même, cette fois encore, gardé un pied dans chaque camp, comme son grand-père autrefois. Il s'était tenu à l'écart, bien plus concerné par d'autres problèmes d'une toute autre envergure dans son propre fief. La menace fer-née, par exemple, qu'il fallait régler une bonne fois pour toute. La guerre y mettrait fin, et s'ouvrirait bientôt les portes de l'hiver. Ces préoccupations laissaient peu de temps pour se soucier des prétentions d'un usurpateur. « Il est vrai qu'il faut garder à l’œil l'opinion d'autrui, mais je n'en veux pas faire l'étalon de mes actions et de mes choix. Connaissez-vous l'amusante fable du singe et du léopard ? Elle me semble fort à propos. Tous deux, le fauve et le primate, gagnaient de l'argent à la foire, chacun à part. Le premier exhibait son bel habit, sa belle peau pleine de taches, marquetée, bigarrée, vergetée, mouchetée. On vint le voir et on partit, ce fut rapide, n'est-ce pas ? L'autre de son côté faisait cent tours de passe-passe, il dansait, ballait, parlait, chantait, passait en des cerceaux, sautaient les flammes, et contaient mille histoires. Qui, d'après vous, fit la meilleure clientèle, lord Bryce ? Le léopard, en un moment, a lassé son public. Le singe fournit encore un spectacle agréable, car son habileté est inépuisable. Combien de grands seigneurs sont au léopard semblables, et n'ont que l'habit pour tous talents ? Ils sont trop nombreux, vous serez je pense d'accord avec moi. Ils savent s'habiller, porter l'armure, et souvent ces belles parures dissimulent des trésors de médiocrité. Le Bief fourmille de ces rats qui s'enroulent de chiffons colorés, ne croyez-vous pas ? Ils sont la fortune des tailleurs et la risée de nos voisins. Nos deux familles, lord Vyrwel, ont choisi des chemins différents depuis près de quinze ans, mais je vous reconnais volontiers la détermination et la force de votre constance. Mes nuits seraient moins tranquilles, si vous étiez mon ennemi. » Le Grand Argentier déposa loin de lui sa coupe de vin, et s'allongea dans ce fauteuil très confortable qui, muet, prêtait l'oreille à la conversation. Était-il sincère ? N'était-ce qu'une vague boutade, un compliment destiné à jeter quelques grains d'humour au moulin de la conversation ? Comme toujours avec Clarence, il était difficile d'être tout à fait sûr et pourtant, la Vouivre avait en elle les moyens de comprendre qu'à travers ce trait d'humour, le Grand Argentier se permettait la franchise d'une remarque sans concession. Un moyen habile aussi de rappeler qu'aussi sûr que la flamme à son sommet brûle indéfiniment, la Tour demeure à jamais vigilante. Il se dit qu'à son plus haut balcon, on peut voir jusqu'au Mur... c'est bien assez donc pour voir jusqu'à Noirvallon.
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Message Dim 5 Mai 2013 - 12:41

Bryce savait bien que les autres hommes de la maison Hightower étaient des chevaliers, c'était l'ordre des choses dans le Bief après tout. Le Vyrwel lui-même portait le titre de chevalier lorsque son père était encore en vie, tout comme son frère ou encore Lancel, son héritier. Le dernier enfant en âge de s'aiguiller dans cette direction était d'ailleurs d'ores et déjà écuyer. Une tradition que le Vouivre avait conservée, non pas piété, mais simplement parce qu'il considérait qu'un homme capable de se battre était toujours très utile dans une famille de rebelles. Lancel était aussi bon combattant que discoureur, même s'il n'avait encore jamais affronté qui que ce soit en dehors des combats bien réglés des tournois. Ce n'était pas véritablement un chevalier du moment qu'il n'aurait pas tué pour survivre, mais c'était le cas de nombreux hommes à Westeros. La paix étant présente depuis fort longtemps, rares étaient ceux qui avaient déjà eu l'occasion de combattre des adversaires pour sauver leur peau. Dans le fond, Bryce n'avait jamais été un excellent combattant, il avait tué quelques personnes à Herberouge évidemment, leurs visages restaient encore présents dans son esprit, mais il n'avait jamais été vraiment doué pour le maniement des armes. Il leur préférait celui des mots.

« Le titre de chevalier est bien peu de choses, depuis Herberouge il sert davantage à parader devant les jeunes demoiselles pour jouter en leur nom et obtenir quelques faveurs de leur part. À mes yeux, ces jeunes chevaliers encore vierges de véritables guerres, ne valent pas le tire qu'ils portent. Ou alors celui-ci a bien changé depuis mon époque. Je respecte davantage un homme d'esprit qui mérite son rang plutôt qu'un chevalier qui n'a jamais connu de véritable combat. »

Il fallait accepter ce pour quoi l'on était fait. Comme Bryce le disait souvent, mieux valait se concentrer sur la spécialisation où l'on possédait le plus de talent, plutôt que de s'épuiser à vouloir briller dans un domaine pour lequel l'on n'était pas taillé. Lord Hightower faisait un excellent Grand Argentier et un très bon seigneur pour Villevieille, que demander de plus ? Qu'il aille combattre les Fer-nés armé d'une simple épée pour prouver à tout le monde qu'il était aussi doué avec une épée qu'une plume entre les mains ? Le nom de lord Clarence serait respecté, mais pas à sa juste valeur. C'était du moins ce que le Bieffois pensait.

« Vous êtes tout aussi utile en administrant Villevieille et en veillant à la bonne marche du royaume. Si tous les hommes partent à la guerre, qui resterait-il pour assurer les autres tâches ? Les femmes ? Autant dire qu'à notre retour du front, Westeros ne sera plus qu'un champ de ruines ! Moi-même j'ai préféré rester en retrait, mon talent à l'épée n'a jamais été très développé, je préfère laisser cela aux chevaliers compétents et aux jeunes pleins d'illusions. »

Et bien d'autres raisons encore le poussaient à rester en arrière, mais il n'en ferait pas était ici bien évidemment. Les Vyrwel ne restaient jamais longtemps immobiles et pendant que le regard du Dragon était tourné vers la Seiche d'Or, la Vouivre en profiterait pour se remettre d'aplomb et préparer sa future riposte. Exploiter chaque instant faisait partie du leitmotiv de Bryce. Chaque malheur apportait son lot de chance, le décès de sa belle-fille permettrait à son époux de battre la campagne à la recherche d'une nouvelle épouse et d'informations précises, quant à la guerre, elle permettait aux rebelles de fomenter d'autres projets. Tout le monde avait quelque chose à tirer de telles occasions, il fallait se montrer opportuniste dans la vie. Bryce ne se dépréciait guère en parlant de lui comme d'un piètre chevalier, l'humilité ne l'étouffait pas, il parlait juste avec franchise.

L'histoire qui lui fut alors contée se révéla très intéressante. Il était vrai que nombreux étaient ceux qui ne présentaient qu'un intérêt moindre, il plaisait peut-être de prime abord, mais lassait rapidement par la suite. C'était un peu comme une belle femme, elle était agréable à regarder et à posséder, mais sans aucune conversation, se révélait rapidement épuisante et in-intéressante. Bryce était-il un singe ou un léopard ? Bonne question. Les dernières paroles de lord Hightower furent ô combien intéressantes. « Si vous étiez ». Tout était dit. La Vouivre pouvait considérer que le seigneur de Grand Tour ne le percevait pas comme un adversaire, mais pas comme un allié non plus cela dit. Un voisin neutre avec qui d'éventuels arrangements pourraient être envisageables ? C'était un point qui restait à analyser et à vérifier à tête reposée. Hochant la tête, le Vyrwel répondit d'un ton calme.

« Et les nuits seront plus paisibles maintenant que je connais les raisons qui vous poussent à adopter ce changement dans vos convictions. Je constate avec plaisir que cette conversation aura été instructive et rassurante pour nous deux lord Hightower ! Il n'y avait aucune moquerie dans ses paroles, juste une réponse franche.
Je respecte vos choix, même si je me désole de savoir que je ne puis vous compter parmi mes alliés. La politique est une affaire bien compliquée, il est dommage de constater que l'on ne peut apprécier publiquement une personne méprisée par ses alliés, sous peine de ruiner des années d'efforts. Parlait-il de lui ou de son hôte ? Telle était la question.
J'ose toutefois espérer que les rumeurs qui ne manqueront pas de venir à vos oreilles après mon départ de Villevieille, ne vous persuaderont pas qu'il est préférable pour vous de maintenir une certaine distance avec ma maison. Je suis persuadé que vous vous entendriez à merveille avec mon fils aîné, il partage votre vision des choses sur de nombreux points. Et en un sens, ce sera lui qu'il vous faudra surveiller bientôt. Après tout, ce sera lui le futur seigneur de Noirvallon. Conseil ou simple discussion entre voisins ? Au Grand Argentier de le deviner.
Comme vous l'avez dit, il faut connaître ses amis, mais être bien plus proche encore de ses ennemis. Mais qu'en est-il pour ceux qui n'entrent dans aucune catégorie ?

Question rhétorique dans un sens, Bryce lui, savait déjà ce qu'il pensait de cet adage.


               
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Message Lun 6 Mai 2013 - 19:57

         Homme d'un certain âge à présent et bien plus vieux que son hôte, lord Bryce avait une vision bien pessimiste du titre de chevalier. Sans doute s'expliquait-elle par la propre expérience de la Vouivre et de toute évidence le Grand Argentier ne pouvait qu'être d'accord avec lui. Les chevaliers n'étaient plus ce qu'ils étaient, et à Murs-Blancs lord Vyrwel n'avait-il pas siégé aux côté de ser Otho Bracken ? Cet homme illustrait à lui seul la vanité stupide d'un titre dénaturé et vidé de sa substance. La brute de Bracken avait la réputation d'être aussi fort que cruel, or cette dernière qualité semblait incompatible avec les vœux prononcés par l'écuyer qui devient chevalier lorsqu'il est adoubé après les années d'entraînement et de préparation. Comment s'appelait-il, cet autre chevalier des Terres de l'Orage particulièrement peu soucieux de respecter ses vœux ? Il fut impossible à Clarence de se souvenir du prénom, mais le patronyme lui revint en hâte : Rogers. Un homme détestable, cupide, parvenu et plein d'arrogance. Sa réputation bruissait jusqu'aux bureaux du Grand Argentier à Port-Réal, ce qui en disait long sur la nature profonde de cette créature vouée aux sept enfers. Mais à l'inverse, il existait encore quelques chevaliers pour rappeler au monde ce qu'était ce statut particulièrement enraciné dans la culture du royaume et attaché à la Foi des Sept. Leur propre suzerain, par exemple, il était difficile de ne pas considérer le Long Dard comme un chevalier émérite et exemplaire. Ser Buford de la maison Bulwer également, n'était pas en reste, et s'il avait quelque peu vieilli, il n'en avait pas moins dans sa jeunesse eu la réputation d'être un chevalier sans pareil. Fut-ce trente ou quarante hommes qu'il abattu à lui seul lors de la bataille du champ d'Herberouge ? Clarence se demandait ce qu'un homme comme lord Bryce pouvait bien penser d'un « héros » tel que ser Buford. Il était peut-être risqué de demander, toutefois, mais sans péril, il n'y a point de gain qui vaille. « Je suis d'accord avec vous, nombreux sont les hommes à porter le titre de chevalier qui ne le méritent pas. Vous connaissez sans doute ser Otho Bracken, n'est-ce pas ? La Brute, comme on l'appelle, a maintes fois fait preuve d'une cruauté qui le rend indigne du titre qu'il porte sur lui comme une plume accroché à son heaume. En revanche, connaissez-vous ser Buford Bulwer ? Le Vieux Bœuf nous rappelle heureusement qu'il est encore possible de vivre dans le respect du code de la chevalerie. Quel dommage que les nouvelles générations ne s'inspirent pas davantage de lui, n'est-ce pas ? » La comparaison n'était pas innocente, et la Vouivre saurait très certainement lire entre les lignes des propos du Grand Argentier. Après tout, Bryce avait confié avoir choisi lui-même de rester en retrait, pour des raisons qu'il maquillait et qu'il ne livrerait jamais de vive voix au Grand Argentier, ce qui était de bonne guerre, alors Clarence pouvait bien se permettre quelques traits d'humour. Il ne s'attendait pas à une large confession de toute façon.

          « Qu'en est-il ? Je dis qu'il faut connaître tout le monde, car l'inconnu d'aujourd'hui est l'ennemi de demain ou l'ami d'hier. Il y a vingt-cinq ans, ni vous ni moi n'aurions pu imaginer discuter comme nous l'avons fait à l'instant, et qui sait, dans vingt-cinq ans, c'est peut-être votre fils que j'aurai en face de moi, assis à votre place, me demandant pourquoi j'ai accepté ou refusé de soutenir une nouvelle rébellion menée par les partisans du dragon noir de retour de son exil sur l'autre continent. Nous ne pouvons prédire ou deviner l'avenir, il faut s'attendre à tout. Ni l'amitié ni l'inimitié ne sont gravées dans le marbre des monuments qu'on élève à la mémoire d'anciens héros. Deux cent douze ans de règne, c'est beaucoup dans l’œil d'un Targaryen, d'un Greyjoy, d'un Baratheon, d'un Tully ou d'un Tyrell, mais qu'est-ce dans les yeux d'un Stark, d'un Arryn, d'un Martell ? Qu'est-ce dans l’œil d'un Hightower ? Ce n'est rien. Je suis né avec la certitude de mon insignifiance à l'échelle de ma dynastie. Je me dois de la servir et pour cela, il faut garder l’œil ouvert sur tous les autres qui sont autant d'alliés ou d'ennemis potentiels. » Clarence ne connaissait point Lancel Vyrwel, mais s'il prêtait foi aux paroles de lord Bryce, il voulait bien le croire. Sans doute eût-il apprécié la compagnie et le caractère de ser Lancel, et comme le disait la Vouivre, il était le prochain seigneur de Noirvallon. Son heure viendrait mais pour le moment, la destinée du fief des Vyrwel était entre les mains de nul autre que Bryce, et si Clarence avait des affaires qui concernaient Noirvallon, c'était avec lui qu'il devait en discuter et non avec l'un de ses fils. Mais rencontrer ser Lancel offrirait peut-être à Clarence une autre perspective sur le père de celui-ci, même s'il devinait que le père et le fils seraient, sur bien des points, sur la même longueur d'onde. Clarence se leva et invita son compagnon d'une conversation à faire de même avant de lui emboîter le pas vers la sortie.  « Je suis heureux d'avoir pu discuter avec vous, lord Vyrwel. Si vous désirez vous reposer et vous restaurer avant de repartir sur vos terres, ma table vous est ouverte. Allez-en paix. » Et sur ces paroles enthousiastes, les deux hommes se séparèrent. Le Grand Argentier s'en retourna à ses affaires, après avoir instruit son intendant et certains gardes, qui feraient la commission, de l'invitation qu'il avait faite à lord Vyrwel. Et quand on lui demanda s'il fallait que le mot se propage au-delà des murs de Grand-Tour, lord Hightower approuva et encouragea même les uns et les autres à faire courir la nouvelle, si bien qu'en quelques heures à peine toute la ville bruissait du murmure de cet événement : lord Hightower recevait à table un des seigneurs du Bief qui fut présent au mariage de lord Ambrose. Dans les faits cependant, lord Vyrwel avait peut-être décliné l'invitation, mais quelle importance ? La rumeur irait bon train malgré tout, se souciant moins de l'exactitude des faits que de l'impression laissée par les chimères. Les mensonges ont souvent bien plus de valeur que la vérité.
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