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Rien n'est permanent, sauf le changement ▬ Clarence

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Bryce Vyrwel
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Seigneur de Noirvallon

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Message Lun 8 Avr 2013 - 14:12

Jadis les Hightower représentaient des alliés de poids pour les partisans Feunoyr. Du côté du Dragon Noir lors de la bataille de Murs-Blancs, ils avaient malheureusement décidé de changer de camp après s'être rendu compte qu'ils risquaient gros en s'opposant au Dragon. Bryce avait toujours considéré ce changement de position comme de la lâcheté et il éprouvait une vive hostilité à l'égard des membres de cette famille. Pourquoi ? Comment pouvaient-ils oublier tout ce qu'ils avaient fait par le passé ? Il y avait quelque chose d'illogique dans ce revirement et la Vouivre de Noirvallon était désireuse de comprendre la raison de tout cela.
Le pire avait certainement été lorsque la rumeur de la nomination de lord Hightower au poste de Grand Argentier, était arrivée aux oreilles du seigneur de la maison Vyrwel. Comment un homme qui dirigeait une maison qui s'était jadis opposée aux Targaryen, pouvait désormais travailler pour eux ? Il y avait un non sens qui avait plongé Bryce dans un abîme de réflexions qui ne menaient malheureusement à rien de bien probant. Le seul moyen d'en apprendre plus serait de s'adresser directement à la personne concernée, à savoir, lord Clarence Hightower en personne.

Prétextant une visite à Trois-Tours – la famille d'origine de son épouse – Bryce avait donc envoyé une missive au jeune seigneur de Grand-Tour afin de lui annoncer qu'il passait à Villevieille dans les semaines qui venaient et qu'il aurait grandement apprécié de pouvoir s'entretenir avec lui. La missive était formulée de telle sorte à ce que lord Clarence ne puisse décliner sans avoir l'air grossier. Il était vrai que c'était une technique qui pouvait provoquer une certaine réticence chez celui qui la recevait, mais ce n'était pas le genre de choses qui inquiétait la Vouivre ; la discussion à venir présageait une entente difficile de toute manière.

Après avoir obtenu de son héritier qu'il s'occupe de Noirvallon durant son absence, Bryce avait convié son épouse à se joindre à lui de manière à lui donner une bonne raison de gagner Villevieille. Il n'avait bien évidemment aucune raison valable de se rendre chez les Costayne, mais puisqu'il ne souhaitait pas se présenter à Grand-Tour en annonçant clairement la raison de sa venue et encourir le risque de se faire refouler, c'était malheureusement la seule idée potable qui se présentait à lui. Ils avaient donc effectué quelques préparatifs avant de quitter le fief des Vyrwel, laissé entre les mains expérimenté de son fils aîné. Le voyage jusqu'à Villevieille ne fut pas très long et pas franchement désagréable, même si lady Lyra avait une certaine tendance à se plaindre de la longueur du trajet. Elle ne se déplaçait que rarement et par conséquent, pouvait trouver le temps long sans ses enfants pour s'occuper. Bryce quant à lui, se sentait revigoré à l'idée de pouvoir échanger avec lord Clarence. L'on disait de cet homme qu'il était particulièrement doué en matière d'intrigues, mais était-ce la vérité, ou simplement des rumeurs ? La Vouivre allait rapidement le découvrir et il se régalait d'avance à l'idée de pouvoir s'entretenir avec une personne vive d'esprit. Si aux yeux des combattants, rien ne valait un duel, aux yeux d'une personne qui basait sa personnalité sur la manipulation, une joute verbale était beaucoup plus enthousiasmante ! Tel un futur jouteur, le seigneur de Noirvallon se rendit donc à Villevieille avec la ferme intention de faire la lumière sur tout ce qui le taraudait.

Lorsqu'ils mirent le pied en ville, la troupe se dirigea tout d'abord vers une auberge digne de ce nom afin que lady Lyra puisse s'y reposer un peu. Le voyage l'avait épuisée et elle n'était pas vraiment désireuse de se rendre à l'entrevue avec lord Hightower, craignant effectivement qu'elle ne dégénère. Bryce laissa son épouse de son côté, estimant qu'il était préférable qu'elle ne vienne pas si elle pouvait débiter une sottise pour détendre l'atmosphère. Elle avait beau être très intelligente et d'un soutien sans failles, il lui arrivait aussi de faire des faux-pas.
Ce fut pour cette raison que le seigneur de la famille Vyrwel se rendit seul à Grand-Tour. Une fois arrivé, il se fit annoncer en déclarant que le seigneur des lieux avait été prévenu par missive il y a quelques jours de cela. Une manière de souligner qu'il avait tout fait selon les règles du protocole et qu'il n'était pas ici pour s'imposer. Même si c'était pourtant bel et bien le cas. Lord Clarence devait être fort occupé – certainement en raison de son nouveau poste de Grand Argentier – car ils furent introduit dans une pièce où on leur demanda de patienter en prétextant que leur hôte allait bientôt arriver. Bryce attendit donc jusqu'à ce que le seigneur de Grand-Tour se présente à eux. Dès son arrivée, la Vouivre le salua comme il se doit avant que l'un de ses hommes ne lui glisse quelque chose entre les mains. Approchant du Grand Argentier, le Vyrwel lui tendit le coffret en bois.

« Un présent destiné à vous remercier du temps que vous m'accordez lord Clarence. »

En ouvrant le coffret, Clarence pouvait voir une plume de calligraphie, couleur d'ébène. Il s'agissait d'une plume de corbeau, elle n'avait pas été sélectionnée innocemment bien évidemment. Le clin d’œil était destiné au Freuxsanglant et la dureté de la plume qui la rendait moins populaire que celle d'oie, n'était pas sans rappeler l'aversion du Vyrwel pour la royauté. Une annonce de ce que leur entrevue leur réservait, un cadeau à utiliser en tant que Grand Argentier, mais qui serait à prendre avec attention s'il ne voulait pas abîmer ses parchemins. Après ce présent, Bryce relança la discussion d'un ton calme.

« J'ai cru comprendre que vous étiez très occupé avec les affaires du royaume, j'espère que je ne vous fais pas perdre trop de temps. Je m'en voudrais de vous empêcher de remplir vos obligations. Pourtant, il était difficile de le croire sur parole.
Il semblerait que vous soyez très demandé à l'avenir, j'imagine que vous allez devoir vous éloigner de Villevieille pendant quelques temps avec tout ce qui se passe dans notre royaume ? »

Une question rhétorique comme tout le monde savait parfaitement ce qui se passait à Westeros depuis quelques temps, mais le meilleur moyen de ne pas braquer quelqu'un sur un sujet précis, était de le pousser à l'aborder lui-même. Il tardait à Bryce de voir si lord Clarence était comme la rumeur le décrivait. Il espérait que non. Il fallait qu'il soit encore plus intelligent.


               


Dernière édition par Bryce Vyrwel le Lun 22 Avr 2013 - 14:36, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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Message Lun 8 Avr 2013 - 20:17

         La plume était magnifique. Clarence l'admettait volontiers, l'entrée en matière de son invité si particulier brillait des feux de la surprise et de l'habileté. La venue de Bryce Vyrwel avait provoqué dans le cœur du Grand Argentier bien des remous, et suscité dans son esprit de nombreuses questions. Il n'était pas rare qu'à Villevieille on vînt chercher conseil ou dialogue auprès de lui, mais c'était la première fois qu'un traître à son roi se présentait dans la ville des Hightower. De l'eau avait coulé sous les ponts depuis la première rébellion Feunoyr, et personne n'oubliait la partition très ambiguë jouée à l'époque, à la fin du siècle dernier, par les membres de la très ancienne lignée. En ce temps-là, Clarence n'était qu'un jeune garçon point encore promis aux éclats du pouvoir et de la gloire. En ce temps-là, lord Hightower avait œuvré d'une manière habile pour garder un pied dans chaque camp. À la place de son prédécesseur, Clarence n'aurait pas agi autrement. Pourtant, lors de la seconde rébellion qui eut lieu à Murs-Blancs et qui fut réduite au silence à ses premiers balbutiements, les Hightower n'avaient pas renouvelé leur allégeance au dragon noir. Du reste, jamais Clarence n'avait cherché à contacter lord Beurpuits pour se tenir informé des événements par avance, car la brisure était nette, tant dans l'esprit que dans la chair. « Un présent qui, j'en suis sûr, me fera longtemps souvenir de cette rencontre, lord Vyrwel. » Clarence avait saisi le coffret avec délicatesse et en admirait le contenu, mais il fut bientôt temps d'écarter ce présent aux milles significations de la conversation. Il déposa le coffret sur un guéridon et aussitôt les mains invisibles d'un valet vinrent s'en saisir pour l'emporter ailleurs, loin d'eux. La discussion se poursuivit mais Clarence n'avait aucune envie de la laisser moisir entre les murs cossus d'un salon destiné à la patience des pétitionnaires de renom ou de bonne naissance. En dépit des choix qu'il fit comme seigneur de sa maison, lord Vyrwel était-il moins noble que lui ? Statutairement, non, Clarence respectait donc certaines règles indispensables avec plaisir – d'autant plus qu'il était curieux de découvrir les raisons véritables de la présence de cet autre vassal de Hautjardin au passé sulfureux.

         Ce dernier d'ailleurs prit l'initiative de reprendre la parole afin d'amorcer la conversation et tout en l'écoutant, Clarence l'invita à le suivre, car il souhaitait le conduire ailleurs, là où ils pourraient tous deux discuter à l'abri des oreilles indiscrètes et des courants d'air. « N'ayez crainte, si votre visite avait été susceptible de parasiter mon temps libre, j'aurais chargé mon frère Charles de vous recevoir. Dans ces cas-là, il me prête main forte et me permet de concentrer toute mon attention sur mon travail et mes devoirs. Vous savez ce qu'est la charge d'un seigneur, lord Vyrwel. Gérer votre domaine doit capter toute votre attention, n'est-ce pas ? » Clarence retint sa langue, car il n'était peut-être pas avisé d'ajouter pour le moment que la petitesse de Noirvallon justifiait sans doute le temps libre suffisant pour les visites aux seigneurs voisins. Il n'était point sûr de son interlocuteur et n'avait aucune raison d'être désagréable à cet instant.  « Mais vous n'avez que trop raison, mes fonctions à Port-Réal dévorent une grande partie de mon temps et m'obligent à de nombreux déplacements jusqu'à notre capitale. Étrange, n'est-ce pas ? Il y a plus de deux siècles, l'embouchure de la Néra n'intéressait personne, mais il a suffi qu'un Targaryen y pose le pied pour en faire la première ville du royaume. Tous les chemins y mènent, à présent, cela donne à réfléchir, non ? » L'accent mis sur le mot « Targaryen » n'était pas anodin, et sans doute Bryce avait-il saisi dans la phrase cette nuance perfide. Mais il y avait en fait bien peu de sarcasme dans la voix du Hightower, qui savait qui l'accompagnait dans le couloir et qui se doutait bien que son invité n'était pas là pour travestir les événements passés. À la vérité, Clarence était dans l'attente de connaître les motivations de lord Vyrwel, car l'évidence était inexpugnable : sa visite à Villevieille n'était pas motivée par la seule courtoisie. Clarence les guida tous deux jusqu'à l'une des nombreuses bibliothèques qu'abritait Grand-Tour. Fort heureusement, aucun escalier ne fut nécessaire à gravir pour y arriver.

         Sans plus de cérémonie, deux fauteuils face à l'âtre brûlant d'une cheminée servirait de cadre au futur de leur discussion ; deux verres, une carafe de terre cuite et l'arôme fruité d'un crû de la Treille 201 complétaient le tour. Un page emplit les verres et proposa aux deux hommes assis de piocher dans un assortiment de gâteaux secs et de biscuits salés. Clarence déclina d'un geste mais invita son invité à se servir généreusement. Il prit un verre dans sa main droite et la parole : « Pour ne rien vous cacher, lord Vyrwel, j'ai été plus que surpris d'apprendre que vous désiriez me rencontrer. Et j'ai été plus qu'étonné de ne point lire dans votre missive les raisons précises de votre venue jusqu'à moi. J'en ai déduit qu'elles étaient trop importantes pour souffrir d'être partagées par la voie du papier et si tel est le cas, j'ai hâte que vous dissipiez les doutes qui n'ont cessé de me tourmenter depuis que vous m'avez été annoncé tout à l'heure. » Il était à présent inutile d'ajouter un mot de plus, il appartenait à Bryce Vyrwel de décider du ton et de l'orientation de leur conversation. Sans hâte et patiemment, Clarence l'observait, oubliant presque le verre de vin qu'il tenait dans sa main, comme s'il ne comptait plus désormais à ses yeux que cet interlocuteur si mystérieux. Car en toute honnêteté, Clarence voulait bien reconnaître volontiers qu'il n'aurait jamais cru le voir un jour assis à ses côtés. Mais les voies des Sept sont impénétrables et ceux-ci ont toujours eu de l'humour, s'agissant du sort des uns et de la fort une des autres... Le canevas du grand dessein céleste est toujours plus brillant quand il joint aux fils de la fatalité ceux de la surprise !
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Bryce Vyrwel
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Message Mer 10 Avr 2013 - 16:12

Le présent semblait avoir fait mouche. C'était du moins ce que la réplique de lord Hightower laissait entendre. Bryce se contenta d'un léger hochement de tête pour toute réponse ; inutile de s'attarder davantage sur ce point, le message était passé. Le coffret fut mis de côté avant d'être emporté par un domestique efficace et cet épisode fut oublié. Sur invitation de son hôte, la Vouivre lui emboîta le pas et les voilà en train de longer les pièces et corridors de Grand-Tour tandis que le seigneur des lieux assurait à son invité qu'il ne le dérangeait guère. Le Bieffois appréciait cet aveu, pendant quelques instants avant de quitter Noirvallon, le rebelle s'était demandé si lord Clarence n'allait tout simplement pas prétendre qu'il était trop occupé pour le recevoir. Une décision qui lui permettait de ne pas être confronté à un interlocuteur comme lui parce que oui, Bryce était bien conscient que sa présence n'était pas toujours estimée à sa juste valeur. Il considérait qu'il était un homme à l'esprit éveillé et aiguisé, mais apparemment certains nobles – peureux – de Westeros n'appréciaient pas ses traits d'esprit ! Constater que ce n'était pas le cas du jeune lord qui marchait à ses côtés, était donc une excellente nouvelle. À la question rhétorique de son hôte, Bryce hocha la tête en restant silencieux pour entendre la suite des déclarations qui lui étaient faites. La légère moquerie présente dans la réplique suivante ne manqua pas d'amuser le Vyrwel, autant qu'elle lui donna envie de poursuivre cette entrevue.

« J'ai la chance d'avoir l'aide de mon fils aîné pour gérer Noirvallon et je suis conscient que sa gestion n'est en rien comparable à celle de Villevieille. Il était vaniteux, mais pas stupide. Comparer son fief à celui des Hightower serait tout simplement idiot. À ses yeux, la maison qui dirigeait Villevieille était presque l'équivalent des Tyrell ou encore des Lannister au niveau de la richesse.
Port-Réal attire les personnes qui ne connaissent pas Villevieille. Sans chercher à vous flatter, je considère votre ville comme bien plus représentative de Westeros que notre prétendue capitale. L'ambiance là-bas laisse à désirer je trouve. »

Surtout lorsque vous possédiez un patronyme affilié au Dragon Noir. Cela avait été le cas des Hightower, mais apparemment leur nouvelle position leur permettait de montrer patte blanche. Une situation qui contrariait beaucoup Bryce pour la bonne et simple raison que perdre un appui comme celui des dirigeants de Villevieille se révélait particulièrement rude pour leur cause.
Leur chemin les mena à une bibliothèque où un feu brûlait dans l'âtre d'une cheminée. Un décors des plus agréable, tel que Bryce les appréciait. Cela lui rappelait un peu la pièce à vivre de Noirvallon, en beaucoup plus riche et vaste bien évidemment. Lorsqu'ils furent installés, un page se chargea de veiller à ce qu'ils soient servis et comme son hôte, la Vouivre déclina la nourriture qui lui fut proposée. Il aimait la bonne chair, mais jamais en dehors des repas, cela avait tendance à alourdir le corps et l'esprit et Bryce avait besoin qu'il soit affûte pour la discussion à venir. Ce fut lord Clarence qui brisa la glace, exprimant sa surprise quant à la venue de son homologue. Cela n'était pas étonnant, le Vyrwel ne quittait que rarement son domaine et sa famille faisait profil bas depuis Herberouge, recevoir leur visite était donc toujours inattendu. Démontrant une capacité d'analyse qui ravissait Bryce, le jeune lord de Grand-Tour exprima de but-en-blanc ce qui l'interpellait dans cette venue, le Bieffois prit donc soin de lui répondre aussi posément que possible.

« Je comprends aisément votre surprise, pour être franc, vous êtes la première personne à qui je rends officiellement visite depuis le tournoi de lord Cendregué. Inutile de détailler davantage les raisons de tout cela, l'esprit éveillé de son interlocuteur trouverait rapidement le chemin menant à ces explications.
J'ai en effet une bonne raison qui me pousse à me présenter chez vous et comme vous le dites, j'ai aussi d'excellentes raisons de ne pas vous en avoir fait état plus tôt. Mon but n'est pas de vous mettre des bâtons dans les roues lord Hightower, mais bel et bien de comprendre. Son ton était sincère, mais qui connaissait le personnage se doutait parfaitement qu'il ne fallait pas s'y fier.
Si je suis ici, c'est en raison du passé commun de nos maisons. Je fais référence au fait que nous étions du même côté lors de la bataille du champ d'Herberouge. Les choses ont beaucoup évoluées depuis et chacun a pris un chemin différent. Sauf que le vôtre s'est radicalement éloigné de celui des autres partisans Feunoyr. Tout était prononcé sur un ton calme et patient, un peu comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps. Le regard du seigneur de Noirvallon ne quittait pas le visage de son interlocuteur.
J'avais jadis imaginé que votre maison était désireuse de repartir sur de bonnes bases avant d'apporter à nouveau son soutien au Dragon Noir, mais votre récente nomination au poste de Grand Argentier me laisse penser que votre chemin s'est définitivement désolidarisé de celui des autres partisans. Aucune frustration, aucune colère, il énonçait des faits comme s'il égrainait des données quelconques.
Une seule question m'est venue : pourquoi ? Les vôtres n'ont pas vraiment changé depuis Herberouge, vous êtes toujours aussi riches, si vous aviez perdu une grande partie de vos possessions, je comprendrais ce désir de vouloir vous attirer les faveurs des Dragons. Mais ce n'est pas le cas, alors pourquoi ? J'avoue ne pas comprendre ce qui peut vous avoir à ce point donné envie de ployer du genou devant le Roi. »

Il avait parlé avec franchise, cette question le taraudait depuis quelques temps à présent. À ses yeux, les Hightower n'avaient rien à gagner à tourner le dos au Dragon Noir, tandis que les Vyrwel pourraient gagner en gallons s'ils cessaient de se déclarer ouvertement contre la royauté en place. Pourtant, ce n'était pas parce que Bryce se montrait intéressé qu'il comptait revoir sa position. Comprendre n'était pas approuver, mais bien des choses dépendraient de cette entrevue cependant. La Vouivre retomba dans le silence tandis que le bois craquait dans la cheminée, son attention était entièrement dirigée sur leur jeune lord face à lui. Le jeu commençait.


               
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Clarence Hightower
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Message Mer 10 Avr 2013 - 20:28

         L'homme qui a vécu dans l'intrigue un certain temps ne peut guère plus s'en passer, toute autre vie pour lui serait synonyme d'ennui mortel. Clarence écoutait avec patience l'homme qui se tenait devant lui, confortablement assis dans un fauteuil fatigué et vieillissant. Ce Bryce Vyrwel n'était pas n'importe qui, et derrière ces yeux vert qui le fixaient comme la lunette de l'astronome scrute le ciel. Qu'espérait-il trouver ? C'était la question que Clarence se posait dès les premiers mots échangés avec lui. Il ne s'attendait pas à recevoir si vite la réponse qu'il désirait. Lord Vyrwel la lui livrait sans retenue ni fard d'aucune sorte, il lui livrait la vérité de ses intentions et de ses propres interrogations sans pudeur ni artifice. Clarence, trop accablé du poids et des remous de ses réflexions intérieures, ne savait exprimer ni stupeur, ni étonnement, ni rien. Il entendait les mots de Bryce et, sans rien dire, il laissa s'installer le plus pesant des silences entre eux deux, comme pour y ajouter de la distance. Seul le feu dans l'âtre gémissait, comme désireux lui aussi de tendre l'oreille à cette conversation qui démarrait avec tout l'éclat du verbe de la Vouivre. Pour libérer sa main et son esprit de toute pensée parasite, Clarence se dessaisit de son verre, non sans avoir cherché, dans la robe pourprée du liquide alcoolisé, l'écho des derniers mots de son interlocuteur. Ce dernier désirait comprendre, et savoir pourquoi. Cet aveu, sans le dire, surprenait le Grand Argentier qui, malgré tout, reconnaissait la valeur de l'homme qui se tenait assis face à lui. Bryce n'était pas un jeune seigneur pétri d'orgueil et de suffisance comme le Bief sait en produire. Coulait en lui l'intelligence et la clairvoyance, comme l'eau défile dans le lit de la Mander, imperturbable et toujours inflexible.

          « Je comprends le sens de vos questions. Mais vous semblez oublier un détail qui a son importance, lord Vyrwel. À la fin du siècle dernier, mon grand-père dirigeait Villevieille et commandait au destin de la maison Hightower. Le soutien qu'il offrit au Dragon noir fut-il inconditionnel comme vous paraissez le croire ? Rien n'est moins sûr, et il se dit encore que les Hightower se sont arrangés, à l'occasion de la première rébellion, pour garder un pied dans chaque camp. » Clarence avait encore en mémoire cette série d'événements qui avaient divisé l'opinion jusqu'au sein de sa famille. Il se souvenait également d'avoir eu besoin de beaucoup de temps et d'explications successives pour comprendre ce qui avait poussé ses prédécesseurs à agir de la sorte.  « C'est pour cette raison, entre autres, qu'ils ont été peu inquiétés à l'issue de la bataille du champ d'herberouge. Vous devinez donc déjà la réponse à vos questions, n'est-ce pas ? »

         Clarence détacha son regard des yeux de Bryce pour le jeter dans les flammes qui mouillaient l'âtre de leurs formes insolentes et rougeâtres. Il poursuivit de la même voix profonde qui se perdait en mille échos minuscules sur la tranche des ouvrages de la bibliothèque :  « En 196, le Roi qui portait l'épée menait la rébellion Feunoyr, et son issue tragique n'avait rien d'une fatalité. Beaucoup sont morts au champ d'Herberouge dans l'espoir de voir Daemon acquérir le trône qu'ils croyaient lui revenir de droit. D'autres, au contraire, ont lutté contre celui qu'ils appelèrent le Prétendant et qu'ils considéraient comme un usurpateur. Ces derniers l'ont emporté, ce n'est qu'à l'issue de la bataille qu'on put le déterminer. L'honneur a conduit la moitié du royaume à se ranger derrière le dragon rouge, mais c'est aussi l'honneur qui a conduit l'autre moitié à préférer le dragon noir. Je ne suis pas dupe. Il y avait aussi des ambitieux désireux de s'élever parmi les soutiens de Daemon, tout comme il s'en trouvait du côté de Daeron. » En effet, décrire un tableau où s'opposerait les gentils et les méchants, les braves et les lâches, les vertueux et les perfides serait une facilité malhonnête et stupide. Chaque bannière traînait son lot d'hommes bons et mauvais, de façon très indifférenciée, et dans chaque camp l'on croyait détenir la vérité et se battre au nom de la seule cause juste, celle du vrai roi des Sept couronnes. À travers ce canevas complexe, opaque et trouble à la fois, les Hightower avaient dû, comme tous les autres, faire leur choix et comment souvent dans ces cas-là, leur décision fut d'une rare subtilité qui échappa à la compréhension de nombreux contemporains qui ne surent saisir et ne saisiraient jamais les coutumes et les manières propres à l'ancienne lignée royale de Villevieille.

          « Alors vous me demandez pourquoi Villevieille a soutenu le Dragon noir autrefois, et point cette année, à l'occasion de ce que l'Histoire retiendra comme la seconde – ou deuxième ? – rébellion Feunoyr. Il me serait difficile de vous donner une autre réponse que celle-ci : je suis né à Villevieille, dans la pourpre de Grand-Tour, alors il ne pouvait en être autrement. » Cette fois, le regard du Grand Argentier se reporta sur lord Vyrwel, dans les yeux duquel il plongea les siens, comme pour lui communiquer la substance même de ce qu'il s'apprêtait à lui dire. « Pourquoi ne pas avoir soutenu les deux dragons cette fois encore, me direz-vous ? Croire à une analogie serait raisonner trop vite. À l'époque, comme je l'ai dit, l'issue de la rébellion n'avait rien d'une fatalité, et il aurait suffi de peu que le combat change d'âme et que la victoire change de camp. Villevieille a toujours joui de certains privilèges, et mon grand-père a agi comme il l'a fait pour être sûr de les conserver. Mais l'issue de la seconde rébellion ne faisait aucun doute. Même Aigracier n'a pas été de la partie. Alors dîtes-moi, lord Vyrwel, pourquoi aurais-je mis en péril les intérêts de Villevieille et de ma famille ? Pourquoi aurais-je misé sur celui que je savais perdant ? »

         Clarence n'ajouta rien. Il reprit en main son verre et le porta à sa bouche, pour boire un peu de la précieuse boisson. Qu'aurait-il pu ajouter ? Bryce aurait sans doute été ennuyé par une glose d'écrivaillon au sujet du caractère propre à la maison Hightower, à cette longue tradition de prudence et de pragmatisme, d'indépendance et d'autonomie que chaque génération se plaisait à entretenir tout en la colorant d'une touche personnelle et qui déterminait le style de chacun des lords Hightower qui se succédaient au sommet de la Tour. Nous éclairons la voie – mais nous cheminons seuls.
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Message Jeu 11 Avr 2013 - 15:48

Bryce n'ignorait pas qu'en effet, les Hightower n'avaient jamais réellement déclaré être du côté des rebelles. C'était un comportement que le partisan Feunoyr désapprouvait, il n'avait jamais aimé les indécis. Selon lui, un tel trait de caractère était digne d'une personne instable et non, qui n'était pas digne de confiance. Seuls ceux qui croyaient en leurs convictions osaient les porter haut à la vue de tous. Cependant, ce comportement ne semblait pas être celui du jeune lord face à lui. Le seigneur de Grand-Tour avait l'air d'un homme équilibré et portant à merveille le poids qui était posé sur ses épaules. Certes, son célibat pouvait un peu étonner, autant en raison de son rang social que de son âge – même s'il restait encore relativement jeune – mais Bryce était persuadé que l'absence d'une épouse découlait d'un désir de faire un bon choix qui pourrait se révéler intéressant à long terme. En résumé, la Vouivre se doutait effectivement de la réponse à ses questions, cela dit, il souhaitait entendre ces mots sortir de la bouche de son interlocuteur. Comme il l'enseignait depuis toujours à son héritier, le seigneur de Noirvallon considérait qu'un bon stratège devait toujours posséder un maximum de cartes en main. Par conséquent, il estimait qu'il y avait une grande différence entre le fait de spéculer sur ces raisons ou encore les entendre prononcées par le premier intéressé. Au moins pourrait-il sans peine déclarer à ses alliés qu'il tenait ces déclarations de lord Hightower en personne.

Le Bieffois resta muet tandis que son comparse reprenait la parole après avoir porté son attention sur les flammes qui crépitaient. Bryce, lui, scrutait avec intensité le visage du jeune seigneur. Des paroles pleines de savoir et de réflexion furent prononcées sans que cela n'éveille la moindre expression chez le Vyrwel. Il écoutait. Leurs regards se croisèrent tandis que les mots glissaient encore, des raisons arrivaient, intéressantes, mais encore obscures aux oreilles du seigneur de Noirvallon. Lord Clarence parlait avec la sagesse d'un homme qui désirait la prospérité pour sa famille et pour sa maison, mais il ne se prononçait pas comme un homme qui approuvait le comportement du Roi en place. Pour un individu lambda, ce serait la même chose, mais pour un homme comme Bryce, la différence était importante. Le silence retomba, la pièce n'était pourtant pas emplie d'une atmosphère pesante. La discussion était cordiale et aucun ne semblait vouloir imposer sa volonté. Ses doigts fermés sur le verre auquel il n'avait pas encore touché, le Vyrwel répondit enfin. Son ton était toujours aussi calme, comme si cette discussion ne le concernait pas directement.

« Pourquoi effectivement ? Peut-être parce que nous savons tous deux que les faits passés ne sont pas toujours gravés dans la pierre. Il n'est jamais impossible qu'un changement soudain permette de faire évoluer les choses d'une manière inattendue. Le hasard n'entrait pas en ligne de compte. Uniquement la subtilité et l'investissement de certains.
Voyez-vous, par le passé je désapprouvais le comportement du seigneur de votre maison. Je n'arrivais pas à comprendre comment est-ce qu'un homme qui soutenait le Dragon Noir pouvait ne pas être appuyé par tous les siens. J'y voyais une trace de lâcheté, le signe d'une famille bancale qui possédait trop pour envisager de prendre des risques. Son ton était posé, il n'insultait pas la maison à la tour, mais se contentait d'énoncer des faits.
Mais ma vision des choses a évoluée lorsque je suis devenu moi-même seigneur de ma maison. Je comprends parfaitement votre besoin de protéger les vôtres et j'imagine qu'à l'heure actuelle, le meilleur investissement se trouve être celui de la sûreté. Les Targaryen sont en place depuis des siècles et ils ne bougeront peut-être pas avant très longtemps. Mais je reste persuadé que cela arrivera un jour. Vous l'avez dit vous-même : l'issue d'Herberouge aurait pu être bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui et alors, les choses auraient été très différentes. »

Mais il ne servait à rien de spéculer. Bryce n'était pas de ceux qui éprouvaient le besoin d'émettre des hypothèses sans arrêt, de prévoir des plans à foison sur de simples rumeurs ou spéculations. Non, la Vouivre était un homme pragmatique qui aimait laisser ses projets reposer sur des bases solides. Le fait qu'il désire entendre ces aveux de la bouche du premier concerné, était d'ailleurs une preuve de ce trait de caractère. Marquant une pause, le Bieffois tourna son attention vers son verre où il fit légèrement tourner le liquide avant d'y goûter. Lui aussi était grand amateur de ce vin, mais contrairement à son comparse, il n'avait pas des moyens aussi importants pour s'en procurer fréquemment. Son attention se dirigea à nouveau vers lord Clarence avant qu'il ne reprenne.

« Parlons franchement. Depuis toujours, la maison Vyrwel a beaucoup moins à perdre que la vôtre. Villevieille est la seconde ville la plus importante de Westeros et votre fortune peut rivaliser avec celle des Lannister. En vous plaçant du côté des favoris, vous vous assurez une quiétude à ce niveau et je le comprends parfaitement. Même s'il était très arrêté sur ses convictions, Bryce avait cependant l'esprit suffisamment ouvert pour comprendre des choses aussi évidentes.
Mais à jouer sur différents plans, il y a le risque de finir par se brûler les ailes. Je suis persuadé que de nombreux nobles n'ont pas oublié le passé de votre maison et vous risquez de vous attirer les foudres des deux côtés par ce comportement. Ce n'était bien évidemment pas une menace, le Vyrwel n'était pas homme à agir par l'intimidation.
Vos réponses éveillent une autre question dans mon esprit. Vous me parlez de protéger les vôtres ainsi que votre maison, mais vous ne me parlez pas de votre dévotion aux Targaryen. Dois-je comprendre que la seule raison qui vous pousse à soutenir le Dragon, est de ne pas subir les pertes inhérentes aux familles rebelles ? Est-ce que vous considérez que les décisions de notre Roi sont celles qu'il faut pour Westeros ? Votre avis sur la question m'intéresse beaucoup, après tout, vous l'avez en quelque sorte côtoyé suite à votre nouvelle position.

En quelques sortes. Parce que tout le monde savait parfaitement que le Roi préférait passer son temps dans sa bibliothèque, plutôt que de s'occuper de son royaume dans le besoin.


               
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Clarence Hightower
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Message Jeu 11 Avr 2013 - 22:53

         Plus il écoutait les paroles de lord Vyrwel, plus Clarence se souvenait avec zèle qu'il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas tenu chez lui conversation plus animée. C'est un plaisir malheureusement trop rare à Westeros, car les gens de l'élite usent non de mots mais de métaux pour asseoir la valeur qu'ils se prêtent généreusement : un coup d'épée ou un sac d'or semblent toujours être des arguments sans réplique. Peu réussissaient dans la vie par eux-mêmes, et peu usaient de leur savoir et de leur intelligence pour y parvenir. La rareté de ces personnes s'expliquaient sans doute par le monopole exercé et entretenu de longue date par la Citadelle des mestres sur les savoirs universels ; les nobles, et encore pas tous, avaient accès à la connaissance par le biais du mestre au service de leur forteresse, mais les gens du commun et du vulgaire n'avait aucune porte ouverte sur l'éducation et sur l'étude. La seule figure d'autorité culturelle qu'ils connaissaient et fréquentaient régulièrement, n'était-ce pas le septon ?

         Point d'étonnement alors de constater que le petit peuple a peu de connaissances et beaucoup de vertu, quand les nantis sont préservés de l'ignorance mais abandonnés dans les bras du vice. Il n'y avait qu'à voir, pour s'en convaincre, le façon dont la justice était rendue sur le continent ; elle n'était point la même à Villevieille et à Blancport, et souvent l'ombre des « lois » et les couleurs de la justice servent de prétexte à l'exercice de la plus cruelle des tyrannies. Les lèvres closes mais l'esprit ouvert, Clarence entendit toutes les remarques de son vis-à-vis. Ce dernier semblait toujours imputer le choix de son grand-père, lors de la première rébellion Feunoyr, à la prudence élémentaire de l'épicier qui se soucie d'épargner à son échoppe les fracas d'une émeute difficilement contrôlable. Le Grand Argentier n'essaierait pas de le convaincre d'y regarder de plus près et d'accepter d'admettre à l'événement plus de subtilité qu'il n'y paraît. Peut-être que Bryce Vyrwel changerait d'avis et reverrait son jugement sous d'autres lumières avec le temps, mais pour l'heure la conversation se devait poursuivre avec la même allure et le même parfum d'étonnante franchise.

         Clarence devait bien le reconnaître à son invité : ce dernier ne s’embarrassait point d'aucun artifice pour maquiller son dévouement à la cause d'une lignée de traîtres et d'ursupateurs. Mais s'il le faisait si librement, c'était sans doute parce qu'il avait deviné en son hôte un interlocuteur qui sait que parfois, seule une rivière sépare l'innocent du coupable, et tel homme qui voit noir à Port-Lannis verra peut-être blanc à Port-Réal. Si les Feunoyr avaient vaincu, les Fengué seraient les traîtres, et les Vyrwel les loyaux partisans du roi légitime des Sept couronnes. Quelle étrange justice qui se décide à l'issue d'un boucherie théâtrale, et dont le jugement s'écrit à la plume des corbeaux charognards qu'on trempe dans le sang des vaincus ! Aux derniers mots de Bryce, Clarence se contenta d'un sourire pour toute réponse et, quelques instants durants, il laissa glisser son regard de côté, comme s'il feignait de retenir sur ses lèvres une réponse évidente. Malgré tout il finit par reprendre la parole :

          « La Tour est un formidable paratonnerre, n'est-ce pas ? Je connais d'avances le caractère de ceux qui seront mes détracteurs. Ce sont des gens comme vous et moi, dévoués à leurs dieux et à leurs parents, mais ils se croient si nécessaire à notre Histoire qu'ils s'imaginent qu'elle prend fin quand ils se couchent. Il est un conquérant dont on dit qu'il a fait taire tout Westeros, et eux croient qu'ils font parler tout l'univers. » Clarence ménagea un court instant de silence, avant de reprendre en précipitant quelque peu ses mots pour appuyer la déclaration qu'il fit : « Ils oublient que le soleil se levait avant eux, et qu'il se couchera insensiblement quand eux nourriront les semences de leurs enfants. Parlons des Hightower un instant ! Ils étaient là à l'aube du monde, disent les légendes, ils portaient même une couronne. Ils ont connu le Pacte, traversé la Longue nuit, et accueilli les Andals quand ceux-ci posèrent pied à Westeros. Et malgré tous les compromis, toutes les vicissitudes de l'histoire qui n'arrête point de nous étonner, ils sont toujours là et ont conservé l'essence même de ce qui faisait déjà dans le temps leur spécificité. Plus récemment, pour quitter la mythologie et parler d'histoire véritable, n'ont-ils pas survécu sous les rois Jardinier, puis sous les rois Targaryen, sans rien perdre finalement des privilèges acquis au cours des siècles passés ? Que m'importe alors qu'on jase et médise du choix que j'ai fait de ne point rallier, fût-ce timidement, la cause soutenue par l'incapable Ambrose Beurpuits. Son mariage raté ne sera bientôt plus qu'une note en bas de pas d'un livre histoire, tandis que les mestres consacreront toujours des années de leur vie pour étudier l’œuvre de ma famille à travers les âges. »

         La voix de Clarence ne s'était guère emportée et fort heureusement, car alors on aurait pu le croire pris d'une fringale d'orgueil et de vanité. Mais quand il s'exprimait ainsi, au contraire, le jeune homme se trouvait sur son fauteuil ratatiné d'humilité, car il se savait n'être qu'un maillon de la plus vaste chaîne des seigneurs successifs à la tête de sa maison. Il savait n'être qu'un nom de plus à la longue liste de ses aïeux, et comprenait que peser sur lui la lourde responsabilité d'assurer à celui qui viendrait un jour lui succéder de recevoir ses titres dans les meilleurs conditions possibles.

          « Pour répondre à votre question, lord Vyrwel, je vous évoquerai cette métaphore que je serais bien criminel de m'approprier. Le mestre qui nous sert ici répète ainsi souvent : quand le soleil assèche la terre, le fou cherche à le décrocher du ciel, le sage va quérir de l'eau pour arroser les champs. Personne n'a cédé son épée volontaire pour la fondre aux mille autres qui constituent aujourd'hui le Trône de fer. Ce n'est ni la vertu ni la raison qui fonde la légitimité de sa grâce Aerys, mais sa naissance. Notre roi a hérité de sa légitimité aussi sûrement que vous avez hérité de la vôtre comme seigneur de Noirvallon, aussi sûrement que j'ai hérité de la mienne comme seigneur de Villevieille. » Une nouvelle fois, un silence contenu vint ponctuer ce discours qu'il savait très sérieux et dont il savourait chaque phrase, chaque mot, chaque syllabe. Avant que Bryce ait pu lui répondre quoi que ce fût, Clarence reprit :  « Il y aurait matière à discuter longtemps. J'en connais beaucoup parmi nos pairs, parmi les mestres et parmi les septons qui désapprouveront mes paroles, mais j'estime que c'est l'habitude qui nous lie comme vassaux vous et moi aux Tyrell et par suite aux Targaryen. Cela n'a donc rien à voir avec la qualité ou la vertu des décisions prises à Hautjardin et à Port-Réal. Naturellement, je suis heureux quand un geste du roi ou de lord Tyrell a d'excellentes répercussions pour Villevieille, et naturellement je le suis moins quand ce même geste fait ombrage à la prospérité et au bien-vivre de la cité. A-t-on seulement connu un roi dont les gestes soient toujours sains et vertueux ? Ce roi mériterait d'être considéré comme saint. Mais permettez-moi d'anticiper la question qui se cache derrière celle que vous m'avez posée. Je me moque éperdument de savoir qui prend le risque de flétrir sa chair en s'asseyant sur la chaise immonde qui symbolise la défaite collective de nos ancêtres. Je n'ai aucune prédisposition à l'héroïsme, et je raisonne toujours avec pragmatisme, lord Vyrwel : il m'est apparu plus sage d'entrer au Conseil restreint plutôt que d'accrocher à mon sein la bannière du dragon noir. Ce faisant, j'ai accédé à la sphère où tout se joue pour le royaume, et j'y ai acquis une voix. Je n'y ai aucun pouvoir de décision, bien sûr, mais j'y peux construire mon influence dans l'intérêt de Villevieille. C'est bien plus que ce qu'offrait lord Ambrose Beurpuits. »
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Bryce Vyrwel
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Message Ven 12 Avr 2013 - 15:00

Un silence succéda aux paroles de Bryce qui ne s'en inquiéta guère. Il ne craignait pas l'absence de paroles, certaines fois, ce que l'on ne disait pas était plus révélateur que ce que l'on avouait volontiers. Tout le monde avait des choses à dissimuler et la Vouivre se faisait un devoir de deviner ce que ses interlocuteurs passaient sous silence. Après ce temps de latence, le seigneur de Grand-Tour reprit la parole pour débuter sa réponse en empruntant des chemins moins directs que son vis-à-vis. C'était une chose que le concerné appréciait. Tout ce qu'il disait était parfaitement vrai. Peu de noms restaient gravés dans les mémoires, encore moins dans les ouvrages qui permettraient aux générations futures d'en apprendre toujours davantage sur leur passé. C'était aussi ce qui intéressait Bryce : que sa maison puisse devenir plus importante au fil des années. Il ne voulait pas être celui qui avait poussé le fief de Noirvallon a l'échec.

L'absence de vanité dans la voix du Grand Argentier était une raison supplémentaire pour Bryce de porter attention aux paroles qui lui étaient offertes. Contrairement à d'autres Bieffois qui n'avaient pourtant aucune raison de se comporter de la sorte, le seigneur de la maison Hightower n'était pas un être pétris d'arrogance. Oh, c'était un peu ironique de reprocher un tel trait de caractère à d'autres hommes alors que lui-même était très vaniteux, mais son arrogance n'était pas centrée sur sa personne. Elle l'était sur sa maison et ses buts. Il y avait une grosse différence.

Lord Hightower énonça encore des faits évidents qui déboucheraient certainement sur un aveu bien plus développé. Et cela ne rata pas en effet. Les explications fournies par l'homme face à lui, avaient de quoi convaincre lord Vyrwel. Ce dernier regrettait d'autant plus que la clairvoyance du jeune homme le pousse à aller vers ce qui l'avantageait le plus. Tous les hommes débrouillards et intelligents semblaient vouloir s'éloigner des rebelles, à croire qu'il ne restait plus que les imbéciles et les incapables pour les soutenir. Il était évident qu'à cette échelle, les partisans Feunoyr n'avaient plus grand-chose à apporter aux futurs partisans. C'était une chose qui contrariait beaucoup Bryce et c'était justement pour cette raison qu'il essayait autant de convaincre les hommes compétents de le rejoindre. La « perte » de la maison Hightower était donc rude à assimiler. Mais la Vouivre ne baisserait pas les bras aussi rapidement. Il lui faudrait simplement travailler plus sérieusement et s'impliquer encore davantage. Sa maison avait déjà subi de lourdes pertes et il n'avait plus grand-chose à offrir, mais cela ne le décourageait pas. Observant le visage de son savant interlocuteur, le seigneur de Noirvallon répondit après un petit moment de silence. Juste le temps d'ordonner ses pensées.

« Je ne peux que vous comprendre lord Hightower. Les partisans Feunoyr n'ont malheureusement plus grand-chose à offrir en comparaison de la Couronne. Les années de lutte ont doucement, mais sûrement, épuisé les réserves dont nous disposions. Le soutien d'une maison aussi importante que la vôtre aurait changé la donne, mais je sais désormais que le passé commun de nos maisons ne se retrouvera plus dans notre avenir. Il n'y avait aucun reproche ou aucune colère dans ses paroles, une simple constatation.
Lorsque vous faites référence aux habitudes, je ne peux que vous approuver. Peut-être que ma dévotion aux Feunoyr découle de l'habitude qu'avaient mes ancêtres d'élever leurs enfants dans la haine du Dragon ? J'imagine que le changement doit effrayer beaucoup de monde, tout le monde trouve certainement préférable le fait de se cantonner aux habitudes rassurantes. Un bref sourire passa sur ses lèvres avant qu'il ne retrouve sa neutralité. Signe d'aigreur il est vrai.
Nombreux sont ceux qui protestent contre la passivité du Roi face aux attaques des Fer-nés, pourtant, je reste persuadé que si un nouveau Feunoyr se présentait en clamant qu'il ira combattre lord Greyjoy en personne si ces protestataires s'alliaient à lui, il n'y en aurait pas la moitié pour le soutenir. Il soupira légèrement comme si cette idée le fatiguait.
Est-ce de la peur ? Un manque de courage ? Peut-être simplement un manque de caractère, j'ai rencontré peu d'hommes qui osaient clamer haut et fort leur opinion, encore moins lorsqu'ils s'adressaient à quelqu'un comme moi. »

Il laissa passer un moment de silence. Ses pensées étaient claires et ordonnées, il ne jetait la pierre à personne, mais disons simplement que la passivité de certains avait le don de l'irriter. Nombreux étaient ceux qui se mettaient en colère face à la passivité du Roi, nombreux étaient aussi ceux qui critiquaient la Main du Roi. Mais combien oseraient prendre les choses en main pour faire passer un message à la royauté ? Certainement aucun. Il était bien plus simple de laisser les autres se mouiller et subir les conséquences de leur choix. S'ils réussissaient à faire basculer le pouvoir, ces moutons passeraient aussitôt de leur côté, sinon, ils resteraient sagement derrière le Roi en place. Un comportement malheureusement trop fréquent au goût du Vyrwel, mais il ne pouvait lutter contre.

« Je ne peux en vouloir à un homme aussi intelligent que vous. J'avais entendu dire que vous possédiez un esprit aiguisé, je suis heureux de constater que, pour une fois, les commérages disaient la vérité. Il ne cherchait pas à le charmer, ce n'était pas dans ses habitants. Non, il souhaitait juste lui exprimer ses pensées.
Ce que je pardonne moins facilement cependant, c'est la lâcheté. Nombreux sont ceux qui n'hésiteront pas à nous soutenir si un jour un Feunoyr parvient à mettre un coup de pied dans la fourmilière. Les traditions et les habitudes sont faites pour être chamboulées, vous comme moi savons que ce qui est valable aujourd'hui ne le sera plus dans quelques siècles. Il haussa les épaules d'un air pensif.
Je ne suis pas aveugle. Je sais pertinemment que je ne verrai certainement jamais un Feunoyr s'asseoir sur le trône. Mais je ne vois pas à court terme, j'ai élevé mon fils pour qu'il perpétue nos traditions et je suis certain que tôt ou tard, la maison Vyrwel obtiendra ce qu'elle mérite. Que ce soit en bon comme en mauvais. Peut-être qu'un jour son fils se verra obligé de rendre ses titres de noblesse ?
Êtes-vous croyant lord Hightower ? Certains racontent que le fléau, la sécheresse et les autres malheurs qui s'abattent sur Westeros sont le signe évident du mécontentement des Dieux. Le pragmatisme dont vous semblez doté vous fait peut-être percevoir ces événements sous un autre angle.

Lui, c'était le cas. Mais c'était la réponse de son vis-à-vis qui l'intéressait.


               
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Message Sam 13 Avr 2013 - 23:44

         Lord Vyrwel posait les questions justes et regardait la réalité sans se rien voiler de ses difficultés. Les Feunoyr avaient à Murs-Blancs subit l'ultime affront ; l’œuvre de Brynden Rivers, qui avait porté un coup fatal à la seconde rébellion avant même qu'elle n'éploie ses ailes en direction de Port-Réal, condamnait manifestement à tout jamais la lignée bâtarde, qui ne pourrait jamais faire valoir ses droits sur le Trône de Fer. La seule façon possible d'évincer le dragon rouge et de le remplacer par le dragon noir serait sans doute de semer dans le cœur de tous les vassaux du Trône de fer les graines de la sédition, et d'attendre la moisson : Port-Réal, à cent contre un, serait alors obligé d'admettre sa défaite et de reconnaître la supériorité des revendications de la branche Feunoyr. Ces derniers deviendraient alors les nouveaux rois des Sept couronnes, tandis que les Targaryen connaîtraient le sort qu'eux-mêmes réservaient toujours aux vaincus. Cette situation n'était que très hypothétique et si quelqu'un lui avait demandé son avis, jamais Clarence à présent n'aurait parié dessus dans l'immédiat.

         Toutefois, qu'en serait-il si, avant qu'il ne trépasse, les Targaryen agissaient de telle sorte que la plupart de leurs vassaux choisissent de leur tourner le dos ? Sans doute lui-même serait-il amené à décider d'engager ou non sa maison sur le tortueux chemin de la rébellion ; il ferait donc le même calcul qu'en 212 ; le résultat serait-il le même ? Tout dépendrait naturellement de la situation, car Clarence n'était pas un homme radical et tranchant dans ses prises de position. Il n'était pas de nature à s'obstiner dans l'erreur, et avant de prendre les décisions qui l'engagent lui, sa maison et sa ville, il s'accorde toujours le temps de la réflexion ; ce qu'il fit à l'égard du mariage de lord Ambrose et de Murs-Blancs, afin de déterminer par avance si la cause Feunoyr avait des chances de réussite ou était perdue avant même que d'être jouée. « Dans le lac des œuvres politiques, lord Vyrwel, certains choisissent de flotter sur le radeau de l'opportunisme plutôt que de couler avec au pied le boulet de convictions trop lourdes à porter. Faut-il en vouloir à ces petits esprits que la lâcheté pousse à ramper toujours du côté des vainqueurs ? Ce sont des hommes qui vont à la lumière non pour mieux voir, mais pour mieux se faire voir. Croyez-moi, nous en nommerions mille qu'il en resterait le triple à décompter. Je reconnais volontiers la constance de vos opinions et, croyez-le ou non, c'est une fermeté que je respecte. Nos opinions divergent sans doute au sujet de ce qui est arrivé à Murs-Blancs, c'est de bonne guerre. Mais vous et moi savons qu'il faut tourner le moulin quand souffle le vent. »

         En effet Clarence avait une très haute opinion de l'intelligence de lord Vyrwel et quand bien même les deux hommes avaient-ils fait ces dernières années des choix très différents qui orientèrent leur maison respective sur des chemins diamétralement opposés, il lui reconnaissait de bonne grâce les qualités qui font d'un homme un seigneur méritant. Nul doute qu'il aurait connu l'ascension fulgurante des grands esprits si le dragon noir avait été victorieux au champ d'Herberouge, ou s'il avait pu quitté le nid de Murs-Blancs pour aller déloger son jumeau rouge du perchoir de Port-Réal. Peut-être même lord Vyrwel aurait-il été amené à occuper un siège au Conseil restreint ? Clarence ne le connaissait point assez pour déterminer l'opportunité d'une telle nomination, mais en tout cas Bryce avait l'allure et la conversation d'un homme qui sait se rendre digne des responsabilités qui lui sont confiées. « Je suis à la place que j'occupe un croyant malgré lui, si vous me permettez cette plaisanterie. Que dirait-on d'un Hightower qui serait l'ennemi déclaré des Sept ? Qui cracherait sur leurs autels ? Qui brûlerait les septuaires ? Qui jurerait sur leurs noms ? Pire, qui se convertirait à tout autre culte ? C'est une flamme qui brûle au sommet de la Tour, mais elle n'est pas celle de R'hllor. » Ces quelques phrases, prononcées avec humour, en disait long sur l'opinion de Clarence au sujet de la religion dominante à Westeros, mais il poursuivit malgré tout, par souci d'éclaircissement :  « J'ai vécu comme mes ancêtres dans le respect du culte des Sept et j'ai sous ma protection la Foi. Cependant, à titre personnel, je ne suis pas homme à entendre la voix du Père quand un chien aboie, ou à entendre la voix de la Mère quand un chat miaule. Ainsi je ne crois pas que les Sept se cachent sous les cailloux du chemin que chacun choisit d'emprunter. Les hommes sont responsables d'eux-mêmes. C'est le bourreau qui punit le criminel, point les Sept, qui punissent le vicieux et récompensent le vertueux quand le cœur cesse de battre. Mais tant qu'il est palpitant, l'homme est maître de ses choix, et il en est responsable. Pour ce qui est du fléau, de la canicule et du reste, quelle importance que ce soit l'expression de la colère du Père ou le fruit d'un caprice de la nature qui nous environne ? Je me soucie moins des causes que des conséquences à ce sujet. Et puis, imaginez ! Si une divinité quelle qu'elle soit, car elles sont nombreuses et relatives, était responsable du fléau de printemps par exemple, à quoi nous servirait-il de le savoir ? Irait-on se plaindre, demander justice de ce préjudice, et à qui ? Tout ce que nous pouvons faire, c'est constater la catastrophe, et panser les blessures qu'elle a causées. La prière guérit peut-être l'âme, mais elle ne soigne pas les maux du corps. Or pour bien vivre, il faut l'un et l'autre, non ? »

         Clarence avançait cela comme une évidence, et pourtant nombreux étaient les gens peu instruits qui s'accablaient de mille reproches encore, pendant que les dernières calamités qui frappaient Westeros étaient une punition que les dieux en colère infligeaient à un peuple s'écartant du droit chemin. Foutaises ! Ces bigoteries ruinent le monde.
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Message Lun 15 Avr 2013 - 19:02

Lord Clarence était de ceux que Bryce se félicitait de connaître. Oh, bien sûr, il regretterait toujours amèrement que le seigneur de Grand-Tour et lui soient opposés dans leurs projets, mais d'un autre côté, cela pouvait aussi se révéler très stimulant. Avoir face à vous une personne aussi cultivée et débrouillarde que semblait l'être lord Clarence, était une bonne raison pour que vous fassiez tout votre possible pour vous maintenir à sa hauteur. Jusqu'à présent, le seigneur de Noirvallon avait toujours considéré que ses voisins n'étaient pas vraiment digne d'intérêt. Rares étaient ceux qui prenaient réellement parti et vu les considérations de Bryce pour les indécis, il était aisé de comprendre qu'il ne les percevait pas comme des personnes intéressantes. Mais cette rencontre faisait sérieusement évoluer sa vision des choses. Il ne s'était jamais trop attardé sur le lien des Hightower au Roi, préférant attendre de pouvoir se trouver face au premier concerné et il ne le regrettait guère ! L'homme assit dans l'autre siège de cette pièce était, à n'en pas douter, un homme fort intéressant. Ils ne pouvaient effectivement pas jeter la pierre à ces moutons qui n'osaient se poser. Ils n'étaient que des girouettes promptes à changer d'orientation dès que le danger se faisait sentir. Même si Bryce méprisait les Dorniens, il estimait bien plus un membre de maison Ferboys qu'un Bieffois incapable de se décider. Au moins ces individus avaient le mérite de se poser comme des partisans Feunoyr et ce, depuis le début. Lorsque l'on connaissait l'aversion du seigneur de Noirvallon pour les habitants du désert, il était aisé de comprendre l'estime qu'il avait pour ses pairs.

« Je ne me plaindrai pas davantage de ces indécis, ils ne représentent de danger pour personne, si ce n'est leur propre maison. J'ai bien assez d'autres choses à surveiller pour ne pas leur être redevable de leur passivité. L'oisiveté n'a jamais récompensé personne, de plus, j'ai toujours entendu dire que ceux qui prenaient le plus de risques étaient aussi ceux qui pouvaient obtenir la plus importante récompense. Ils auront donc ce qu'ils méritent, à sa voir, absolument rien. »

Ce n'était nul autre que le père de Bryce qui lui répétait sans cette ces paroles. Seuls les personnes qui osaient prendre des risques, pouvaient espérer obtenir quelque chose en échange. Pour gagner il fallait obligatoirement miser. Pour remporter une bataille, il fallait toujours envoyer des hommes se faire tuer. Aucune victoire n'existait sans perte et plus les pertes étaient importantes, plus la récompense au bout se révélait intéressante. La Vouivre considérait donc que les années de sacrifice subies par sa maison, finiraient par leur rapporter gros. Mais ce n'était pas réellement l'appât du gain qui commandait les décisions de Bryce, sans quoi il aurait décidé depuis bien longtemps de retourner sa veste pour se concentrer que l'ascension de sa maison. Il considérait que sa manière de diriger son fief lui permettrait sans peine de se hisser plus haut dans l'échelle sociale s'il acceptait de laisser de côté sa dévotion aux Feunoyr. Vanité ou vérité ? Personne ne le saurait jamais, car cette décision n'était pas prête d'être prise.

Quoi qu'il en soit, la croyance ne semblait pas vraiment être très importante dans la vie du jeune lord. Ce n'était pas si étonnant d'un côté : était-il chevalier ? Non. Nombreux étaient ceux qui accédaient à ce rang uniquement en raison de leur dévotion aux Sept. Oh, Bryce l'était bien lui, mais ce n'était que par respect des traditions et non par piété. Les premières phrases annonçaient déjà la couleur et le Bieffois imaginait aisément la position de son interlocuteur. Au fil de ses explications, il fut amusé de constater qu'ils partageaient apparemment la même vision des choses. Là où son épouse voyait un signe divin lorsqu'une jument accouchait de deux poulains au lieu d'un, lui voyait simplement un étalon efficace. Les gens qui se cachaient derrière le hasard ou les dieux n'étaient que des imbéciles qui ne réussissaient pas à assumer leurs affaires, voilà tout. Ils cherchaient des excuses pour dissimuler leur incompétence. Les paroles de lord Clarence satisfaisaient pleinement le Vyrwel, même si celui-ci ne montrait pas grand-chose, conservant son air neutre en se contentant d'esquisser un bref hochement de tête de temps en temps. À la fin de la réplique du jeune homme, le Bieffois ne put qu'approuver.

« Le corps est plus important que l'âme dans notre société. Nombreux sont ceux réputés fous, qui pourtant parviennent à gouverner sans peine. Voyez par exemple lady Danelle d'Harrenhal, des rumeurs bien obscures courent à son propre et pourtant, personne n'aurait l'idée de lui contester sa légitimité. Par contre, si elle avait été amputée d'une jambe ou d'un bras, je suis persuadé que nombreux auraient été ceux qui prétendraient qu'elle ne pouvait plus gérer un fief comme le sien dans un tel état. L'excuse de Danelle n'était qu'une manière de parler des fous au pouvoir. Bien évidemment, Bryce songeait à quelqu'un d'autre, à la rigueur qui courait sur les Targaryen et prétendait qu'ils naissaient fous ou génies. Nul doute que l'esprit affûte de lord Clarence allait voir l'allusion.
J'ai longtemps prêté foi à toutes ces sottises à propos des Sept, mais le temps et l'expérience m'ont finalement permis de comprendre que les nobles utilisaient cette excuse pour dissimuler leur incompétence. Les Dieux ne sont qu'une invention destinée à excuser les fautes de chacun, mais la plupart du temps, celles des puissants. Rares sont les roturiers à parler des Dieux sans y croire réellement. Effectivement, les membres de la roture pensaient tous réellement que ces malheurs étaient le signe d'une punition divine et non d'une suite d’événements malencontreux. Les nobles, c'était différent.
Voyez-vous, lorsque j'ai participé à Herberouge, nombreux ont été ceux qui prétendaient que notre échec découlait d'une décision du Guerrier. J'y étais et croyez-moi, je n'ai vu comme seuls guerriers, que les combattants qui se battaient pour les leurs. C'est le talent et les alliances de chacun qui ont été déterminantes. Lorsque le Roi a vendu sa sœur aux Dorniens, il a gagné un soutien qui lui a permis de remporter cette guerre. Si la Princesse Daenerys avait été l'épouse de Daemon Feunoyr, peut-être que les choses se seraient déroulées autrement. Beaucoup de spéculations, il en était conscient, mais elles étaient davantage destinées à répondre à son vis-à-vis plutôt qu'à ressasser le passé.
Mais ces faits sont dépassés, inutile de s'y attarder. Je pensais toutefois que votre vision des Sept était différente de tout ce que vous venez de me dire. Je me suis laissé entendre dire que l'une de vos sœurs avait une dévotion particulière pour les Sept. Je considère donc que vous vous forgez seul votre opinion, sans tenir compte des éléments perturbateurs autour de vous ? À moins que mes informations ne soient erronées bien évidemment. »

Il ne traitait pas lady Valencia de perturbatrice, mais souhaitait simplement savoir jusqu'à quel point lord Clarence écoutait les siens. Puis par la même occasion, lui faire comprendre qu'il s'était apparemment renseigné à leur propos.


               
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Message Lun 15 Avr 2013 - 23:25

         Les indécis toujours auront ce qu'ils méritent, et le gain sera toujours à la hauteur du risque pris : si celui-ci est nul, le gain sera nul à son tour. Ces malheureux sont plus à plaindre qu'à blâmer, et si nombreux ! Ils pullulent en ce monde, ceux qui laissent leur soupe geler de l'assiette à la bouche. Par chance, ils n'obtiennent jamais les rôles d'importance et n'entravent qu'à leur petit niveau la bonne marche des affaires du monde. Clarence en connaissait quelques uns qui appartenaient à cette engeance-là, et s'efforçait de toujours mettre de la distance entre eux et ses intérêts. Il y avait suffisamment d'opportunistes et d'inconstants à Villevieille pour l'occuper, alors le jeune homme n'allait point perdre son temps à chercher et traiter avec ceux qu'il n'était point obligé de fréquenter. Fort de son expérience, Clarence savait combien le temps pouvait être une denrée trop rare et trop précieuse pour être gaspillée. Cette inévitable réalité puait l'évidence à cent lieues. Son père avait été ce genre d'homme. L'ironie du sort est telle que, par chance, ce dernier ne fut jamais lord. Clarence n'imaginait qu'avec trop de pénibles certitudes les décisions contradictoires et périlleuses que son père aurait prises à sa place, à l'occasion de la seconde rébellion Feunoyr. Heureusement que le jeu des hasards, des naissances et des disparitions avaient conduit à une tout autre configuration pour l'année 212.

         La réponse de Clarence au sujet de la foi parut satisfaire lord Vyrwel et à mesure que la conversation avançait et que celui-ci le questionnait, le Grand Argentier commençait lui-même à se faire un portrait plus précis de son interlocuteur. Les questions que Bryce posait n'étaient pas innocentes. Elle suivait un fil conducteur dont il ne s'écartait à aucun moment, ce qui témoignait de l'étroite rigueur dont il savait faire preuve intellectuellement. C'était chose appréciable, considérant le peu d'intérêt qu'avait la conversation d'un homme qui s'égare et se disperse trop facilement. L'exemple cité par lord Vyrwel éveilla l'intérêt de Clarence. Effectivement, lady Danelle Lothston était réputé folle et pour autant, personne ne songeait à la destituer de son titre de régente d'Harrenhal... Qui d'ailleurs aurait osé l'approcher sans protection, sans escorte, sans avoir exprimer ses dernières volontés ?  « Lady Danelle Lothston est un très bon exemple en effet. La connaissez-vous pour en parler comme vous le faîtes ? Si j'ai bonne mémoire, 196, les chauves-souris d'Harrenhal ont d'abord accordé leur allégeance au dragon noir... avant de tourner contre lui leur épée. » Aussi certainement que Clarence avait saisi l'allusion de son interlocuteur, la sienne n'échapperait point à l'oreille avisée de lord Vyrwel.

         La discussion se poursuivit. Bryce évoqua le souvenir de la bataille du champ d'Herberouge à laquelle il participa, à l'aune de son regard d'adulte qui, rétrospectivement, jugeait et jaugeait le passé qui fut le sien. Plus d'une quinzaine d'années s'étaient écoulées depuis l'événement et si Bryce en gardait encore quelque amertume, il n'en montrait rien et ce n'était pas plus mal, car Clarence n'aurait su comment réagir si son interlocuteur avait manifesté quelque émotion au récit de cette bataille que les mémoires n'étaient pas prêtes d'oublier... Sans doute aurait-il été un peu gêné. Toutefois, il ne pouvait qu'être d'accord avec lui : si Daenerys Targaryen avait épousé Daemon et non un prince dornien, peut-être la guerre aurait-elle pris une autre tournure... peut-être même qu'elle aurait pu être évitée. Mais à quoi bon ressasser ce temps-là ? Le sujet revint sur la foi et à son tour Bryce exposa son point de vue, qui n'était pas si loin de correspondre à celui de Clarence sans l'embrasser tout à fait. La foi des uns et des autres regardait chacun personnellement et lord Hightower n'était point fanatique au point d’œuvrer dans le prosélytisme primaire. Il n'était pas septon du reste, il ne lui appartenait donc pas d'aller à l'encontre des paroles de lord Vyrwel afin de tenter de le ramener dans le « droit chemin », lui-même ayant opté pour des sentiers qui, depuis, lui étaient propres.

         Quand la discussion porta sur sa sœur Valencia, Clarence haussa les sourcils, comme surpris qu'elle intéresse lord Vyrwel au point qu'il prenne l’initiative de la mêler au sujet de la conversation. À la vérité, il n'était point surpris : souvent quand on lui parlait de religion, l'ombre de Valencia n'était jamais bien loin. « La foi de ma sœur Valencia est effectivement profonde et sincère, mais je ne la considère point comme un élément perturbateur. Quand je requiers son conseil, je sais à quoi m'attendre, tout comme l'enfant sait ce qu'il va trouver selon qu'il accourt auprès de sa mère ou de son père, n'est-ce pas ? La foi n'est pas qu'une collection d'insignes religieux qu'on baise les jours saints, ce n'est que l'ombre d'une substance bien plus riche : la morale qui tend à faire de nous des gens meilleurs. S'il faut savoir s'en libérer quand le besoin l'impose, il est parfois juste et même utile d'y souscrire quand la nécessité l'impose à son tour. Car nous ne possédons pas seulement la terre que nous lègue nos ancêtres, lord Vyrwel, nous régnons sur le peuple qui y vit et qui nous sert. Ce peuple mérite qu'on le respecte, car il attend de nous qu'on le dirige avec intelligence. Je ne parle pas seulement de respecter les coutumes et de veiller sur l'ordre. La force a propulsé nos ancêtres à la tête de leur domaine respectif, mais la crainte ne suffit pas à assurer la pérennité d'un dynastie. Il faut aussi gagner le respect de l'ensemble, en tout cas susciter son approbation. Une conduite parfois respectueuse de la morale que défendent nos septons y aide grandement. »

         Un discours tel que celui de Clarence aurait embarrassé l'ensemble des septons de Villevieille, car il y exprimait très clairement qu'à défaut d'être pieux par conviction, il fallait parfois l'être ou feindre de l'être par intérêt. L'exemple donné par les Targaryen étaient d'ailleurs très significatifs.  « Les dragons ont fait d'Aegon le Conquérant le maître des Sept couronnes, à l'exception historique de la péninsule dornienne. Croyez-vous, à la mort des derniers dragons, que les Targaryen seraient restés les rois légitimes du continent s'ils n'avaient pas pris soin d'adopter l'ensemble des coutumes de Westeros ? Pour parler de la Foi, ce n'est pas sans raison qu'Aegon choisit pour ville et lieu de son couronnement. Villevieille et le Septuaire étoilé. Dans le même esprit, Port-Réal est devenue le nouveau siège de la Foi. Tout cela, c'est autant de convictions et de calculs, lord Vyrwel. Les causes supposées de la première rébellion Feunoyr viennent encore confirmer mon raisonnement, ne croyez-vous pas ? Le comportement très discutable d'Aegon IV, les bâtards légitimés, l'identité du père de Daeron II, la cour dornienne dont il s'est entourée... autant d'imprudences ou d'improvisations qui ont provoqué des vagues non seulement parmi les nobles, mais aussi parmi le peuple. »
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Bryce Vyrwel
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Message Mar 16 Avr 2013 - 18:18

Oui, Bryce connaissait bien lady Danelle, en réalité ils s'étaient même croisés à quelques reprises et le Bieffois n'en gardait pas un excellent souvenir. Jadis la maison Lothston avait été de leur côté, mais elle n'avait guère hésité à changer de cap, tout comme les Hightower, sauf que le Vyrwel le tolérait moins. Pourquoi ? Parce que cette femme n'avait pas le bon sens d'un homme, parce qu'elle était une lady et non un lord et comme la nature n'avait pas jugé bon de lui faire pousser des attributs entre les cuisses, elle n'avait pas davantage estimé utile de lui donner la poigne et la jugeote nécessaire pour diriger un fief. La Vouivre était un misogyne assumé, à ses yeux la place d'une femme était avec les enfants, que ce soit à les élever ou à leur donner naissance, mais certainement pas à la tête d'un fief. Cette Danelle était donc doublement une traîtresse : d'une part parce qu'elle volait la place d'un homme, d'autre part parce qu'elle avait tourné le dos au Dragon Noir. Puisse Harrenhal s'effondrer sur elle et l'enterrer avec ses chauves-souris qu'elle chérissait tant. Bryce n'aimait pas cette femme et elle le lui rendait bien, son aversion à son égard allait bien au-delà d'un changement d'opinion. Un bref sourire se dessina sur les lèvres du Vyrwel, pour la première fois depuis le début de leurs échanges. Il s'agissait là d'un signe d'agacement et non d'amusement, même si rien ne le montrait dans son expression.

« Lady Danelle est une femme, elle n'a pas l'esprit assez aiguisé pour comprendre où sont les intérêts de sa maison. Je ne serai guère étonné d'apprendre que son brusque revirement n'est lié qu'aux caprices des hormones des femmes. Contrairement aux Hightower, les raisons de la maison Lothston ne m'apparaissent guère légitimes et pour être franc avec vous, je ne souhaite même pas en discuter directement avec la première intéressée. Une femme n'a pas sa place dans un entretien politique, ou alors à servir le vin. »

Bryce ignorait la position de lord Hightower quant à la place des femmes dans leur société. En parlant de la sorte, il pouvait perdre beaucoup de son estime, mais la personnalité du Vyrwel n'était un secret pour personne et en tendant un peu l'oreille, le jeune seigneur de Grand-Tour aurait appris ce que le Bieffois venait de lui avouer. Nombreux étaient les hommes qui considéraient les femmes comme de simples potiches bonnes à enfanter, nul doute que lord Clarence ne serait pas choqué par un tel discours.

Comme les femmes s'étaient installées dans leur discussion, ils embrayèrent sur lady Valencia et Bryce ne manqua pas de remarquer la légère surprise qui passa sur le visage de son interlocuteur. Du moins, c'est ainsi que le Vyrwel identifia le haussement de sourcils qui apparut soudain. Attentif, le seigneur de Noirvallon écouta lord Hightower expliquer que lorsqu'il avait recours aux conseils de sa sœur, il ne le faisait pas aveuglément. Une bonne chose, mais qui n'était pas réellement étonnante venant d'une personne comme le seigneur de Grand-Tour. Bryce nota cependant que celui-ci parla d'un enfant allant demander conseil aux parents. Était-ce ainsi qu'il se percevait en matière de religion ? À moins que ce ne soit une comparaison comme une autre, difficile de le savoir lorsque l'homme qui parlait avait un esprit aussi habile que le jeune homme. Le respect semblait être une vertu importante aux yeux du Bieffois à la manière dont il en parlait et Bryce se rendit compte sans difficulté, qu'ils n'étaient pas faits pour s'entendre à ce niveau. Lui n'hésitait pas à malmener ses gens, ayant par ailleurs hérité du surnom « du tyran » par les habitants des bourgades de son fief. Les siens passaient avec ces personnes et jusqu'à ce jour, ce comportement avait toujours beaucoup porté ses fruits. La preuve, ils n'avaient que très peu souffert de la sécheresse et les brigands se comptaient sur les doigts d'une main.

Leurs positions respectives étaient bien différentes il fallait en convenir, la manière dont le jeune lord parlait des Dragons et de leur technique pour se faire accepter par le peuple indiquait aussi qu'ils ne voyaient pas les choses de la même manière. L'évolution, aux yeux de Bryce, était d'imposer sa volonté et de la faire accepter, non de se plier aux traditions en place. Ce serait comme de sacrifier une partie de soi-même pour permettre aux autres de ses sentir davantage chez eux. C'était à cause de comportements pareils que tout le monde frissonnait à l'idée de voir de grands changements s'opérer. Après les répliques de lord Hightower, la Vouivre glissa sa main libre jusqu'à sa barbe qu'il toucha dans un geste de réflexion, puis répondit enfin. D'un ton toujours aussi mesuré.

« Ma vision des choses est très éloignée de la vôtre semble-t-il. Le seigneur au service du peuple, c'est un refrain maintes fois entendu, mais que je n'approuve guère. J'estime que la protection que j'offre aux habitants de mon fief me donne le droit d'exiger quelque chose en retour et non de me plier à leur volonté. Je considère aussi qu'un bon dirigeant ne doit pas faire de concessions. Accordez-en une et c'est la porte ouverte à d'autres requêtes de ce type. Son ton restait très posé, comme s'ils parlaient d'une partie de cyvosse par exemple.
Au risque de passer pour un tyran ou un dictateur, je constate qu'en imposant ma volonté sans laisser à qui que ce soit la possibilité de contester sa légitimité, je reçois beaucoup moins de plaintes que si je faisais preuve de plus de mansuétude. Oh, bien sûr, je ne suis pas pour la sanction immédiate, je ne suis pas un monstre non plus, sans quoi j'aurais été déchu de mon titre depuis longtemps, je pense qu'il faut un juste milieu simplement. Inclinant légèrement la tête sur le côté, le regard de Bryce se promena sur les rayonnages environnants tandis qu'il réunissait ses pensées.
La religion parle de compassion et de respect, mais je n'ai jamais vu ces deux qualités sauver la vie de qui que ce soit. Mon grand-père était un idéaliste, un chevalier digne de ses vœux, il est mort l'année même de sa vingtaine. Je pense que le fait de faire comprendre à ses hommes que l'on est très peu ouvert aux négociations les poussent à présenter moins de doléances. Je suis certain que si les Targaryen s'étaient montrés moins conciliants à leur arrivée ici, ils auraient plus de fervents partisans et moins de moutons dominés comme vassaux. Un léger soupir se fit entendre, fruit d'une réflexion qui aboutissait toujours sur le même sujet.
Bien entendu, cette manière de diriger ne sied pas à tout le monde, mais même le meilleur seigneur aura toujours des insatisfaits sur le dos. Dois-je conclure que vous avez donc une certaine passion pour le respect ? Pour une ville aussi cultivée que Villevieille, je n'en suis guère étonné, j'imagine que vous devez vous montrer très attentif à ce qu'il se dit dans les rues de votre ville. »

Il jouait un peu à quitte ou double, Bryce savait parfaitement que son interlocuteur pouvait totalement changer d'avis sur lui en apprenant qu'il avait affaire à un homme qui aimait davantage imposer sa vision des choses plutôt que de la faire admettre. Bien entendu, la Vouivre ne disait pas tout, si le jeune homme prenait quelques instants pour réfléchir à ces paroles, il constaterait qu'elles étaient quelques peu opposées au comportement de son invité. Ne venait-il pas à Villevieille pour chercher à comprendre les choix de lord Hightower ? Ce n'était pas les faits et gestes habituels d'un tyran, il fallait en convenir. Il y avait beaucoup de raisons à tout ceci, mais bien entendu, aucune ne serait énoncée de vive voix. Le Bieffois n'avait pas réellement interrogé son vis-à-vis cette fois-ci, non pas oubli, mais bien par choix. Il avait dit suffisamment de choses pour donner de quoi répondre au jeune lord.


               
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Message Mar 16 Avr 2013 - 22:26

         Les propos misogynes de lord Vyrwel arrachèrent au Grand Argentier un franc sourire, presque un rictus de connivence. Clarence n'était pas particulièrement persuadé de la nature supérieure de l'homme sur celle de la femme, mais il connaissait bien quelques exemples des dégâts que peut causer une femme quand elle se croit l'égale de l'homme. Il avait rencontré à Port-Lannis une certaine lady de ce genre-là, particulièrement pénible, une plaie pour sa famille, pour son époux, pour tout le monde... heureusement les Sept lui ôtèrent la vie quand elle accomplit ce pour quoi les femmes sont faites. Lady Maura Arryn représentait ainsi ces araignées velues qui sont la honte de la gente féminine et creusent encore davantage le fossé qui sépare les hommes de leurs épouses. Souvent les intrusions féminines dans les affaires masculines causent des tracas, quand elles sont intempestives. Clarence avait eu fort à faire pour tempérer les pressions de sa mère, lady Myrcella, que la différence des points de vue conduisit de nombreuses fois à désapprouver la conduite et les choix de son fils. Mère, sœur, épouse, fille... qu'importe leur place dans la famille, les femmes se doivent de la connaître et d'en respecter le cadre. Qu'y a-t-il à dire d'une lady qui entend singer les hommes, agir et penser à leur insu, les supplanter parfois ? Elles sont sottes, ou dangereuses. Feue l'épouse de lord Lannister était sans doute les deux à la fois, et le monde se porte sans doute mieux depuis son funeste trépas. Mais la discussion s'éloigna des femmes pour toucher un sujet qui les concernait tous deux : comment diriger ? Le rôle de seigneur était très particulier et si d'aucuns le comparaient à celui du père de famille, ce rapprochement avait des limites manifestes et difficiles à oublier.

         Clarence avait exposé sa vision des choses, et en écoutant lord Vyrwel, il se rendit compte que peut-être son interlocuteur le mésentendait.  « Vous vous méprenez, j'en ai peur. Je n'ai point dit qu'un seigneur se doit d'être au service de son peuple. J'ai dit précisément qu'il doit savoir feindre de l'être, parfois. La crainte et la force ne font pas tout, la douceur et la faiblesse non plus. Un savant mélange du tout me semble nécessaire, mais sans doute est-ce là ce que vous nommez le juste milieu. »

    Clarence nota en lui-même un premier point de désaccord, car lord Vyrwel expliquait que la faiblesse des Targaryens serait justement d'être, depuis leur arrivée à Westeros, trop conciliants et trop généreux dans la négociation. Le Grand Argentier aurait été d'accord avec son interlocuteur si les dragons, l'arme suprême des rois, étaient encore en vie, mais ils moururent il y a longtemps. Clarence n'alla pas plus loin sur ce sujet, car il se doutait bien qu'il ne convaincrait pas lord Vyrwel, et que l'évocation nouvelle des dragons rouges seraient peut-être de nature à le contrarier. Car Bryce semblait être de ces hommes qui règnent par la terreur en quelque sorte, qui ne connaissent que la force pour imposer leur volonté. Le seigneur de Grand-Tour se souciait peu de savoir comment les choses fonctionnaient à Noirvallon, et tant mieux pour lord Vyrwel si cette façon de faire convenait à son domaine. Charbonnier est maître chez soi, et aussi sûrement que Clarence n'appréciait point qu'on vienne le juger sur sa façon d'agir à Villevieille, il n'aurait jamais eu l'audace et l'effronterie d'aller critiquer les méthodes de la Vouivre qui ne lui demandait ni conseil ni suggestion. De plus, Noirvallon n'était pas Villevieille, et les deux fiefs étaient trop différents pour être dirigés de la même manière. Clarence devait s'occuper d'un port, d'une ville, des bourgs, des terres voisines, etc. Sa tâche était-elle plus ardue ? Elle était d'une nature différente, mais point plus ardue, il ne le pensait guère.

         Noirvallon était niché au pied des montagnes rouges, ce qui rendait sa situation particulièrement délicate et sa gestion d'autant plus compliquée. Peu de seigneurs dans le Bief savaient ce que c'était qu'être à la tête d'une forteresse à la frontière avec la péninsule. C'est d'ailleurs pour cela que le Grand Argentier comprenait tout à fait que des personnes comme lord Vyrwel, lord Tarly ou d'autres soient encore si hostiles aux vents qui, sur le royaume, soufflaient depuis Dorne. « Passion n'est pas le terme approprié. Le respect n'est qu'un outil, un moyen, non une fin, à la vérité. Quand il y va de mon intérêt, je sais où et quand faire preuve de respect et croyez-moi, à Villevieille, c'est le respect qui vous fait gagner le dévouement du peuple. Si notre tour ne lui inspirait que de la crainte, il serait bien moins productif. La vache effrayée donne du mauvais lait, n'est-ce pas ? Plus schématiquement, c'est aussi pour ménager la chèvre et le chou que je dois savoir être craint comme être aimé. Admettons que je sois le loup, les bourgeois aisés serait la chèvre et les autres seraient le chou. Si je ne protège pas le chou de la chèvre, si j'écrase en somme le petit peuple, il n'y aura bientôt plus personne entre nos murs pour travailler et assurer notre subsistance à tous. Et d'un autre côté, si je ne permets pas à la chèvre de croquer dans le chou, elle dépérira, s'amaigrira et le repas du loup deviendra frugal : si je ne permets pas aux bourgeois aisés de s'enrichir sur le dos du petit peuple, les revenus de mes impôts décroîtront inévitablement. C'est une balance subtile que je dois maîtriser et la force, qui inspire la crainte, autant que le respect, qui inspire le dévouement, m'y sont utiles. Si j'usais seulement de la force, je risquerais de voir la chèvre et le chou s'unir contre le loup. Il en irait de même si je ne savais qu'être respectueux. C'est ainsi qu'ont survécu si longtemps les Hightower, mais j'imagine que ce schéma n'est plus valable quand ne touche plus à la gestion d'une cité. »

         Et il s'empressa d'ajouter, pour enfin répondre à la question de son interlocuteur :  « Je suis donc très attentif à ce qui se passe à Villevieille, comme à ce qu'il s'y dit. Je crois même pouvoir dire que je sais tout ce qui s'y trame et se prépare. » Il y avait un peu de présomption dans ces derniers mots, mais Clarence n'avançait que la vérité : il avait des espions dans toute la ville et ceux-ci correspondaient avec lui à travers la personne d'un des membres de sa suite.
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Message Mer 17 Avr 2013 - 18:44

Il était vrai que la déclaration de lord Hightower au sujet du rôle du seigneur, avait quelque peu étonnée Bryce. Ce dernier n'avait pas vraiment le sentiment que le jeune homme était du type à se plier l'échine devant des roturiers pour le simple plaisir de leur donner ce qu'ils souhaitaient. Ceux qui considéraient que les nobles devaient être égaux au peuple, se trompaient et de haut. Il y avait des différences indéniables et il y aurait toujours des gens pour être plus riches, plus nobles ou plus intelligents que d'autres. Les inégalités faisaient partie intégrante de la nature humaine et il n'y avait donc strictement aucune raison pour que les choix décidés avant la naissance ne soient pas tous acceptés. Qui décidait de naître beau ou laid, brun ou blond, homme ou femme ? Personne. Pas plus que l'on ne décidait de naître noble ou roturier, riche ou pauvre. Il fallait accepter et vivre avec, voilà tout. Certains avaient de l'ambition et c'était tant mieux pour eux, mais le Vyrwel n'acceptait pas que tout le petit peuple aussi protester contre la noblesse. Se plier à leurs désirs était donc le meilleur moyen pour les convaincre que leurs protestations étaient légitimes et pour les inviter à poursuivre dans cette voie.

Mais lord Hightower n'était aucunement partisan de ce type de comportement, du moins si l'on s'en référait à ses dernières paroles. Il était vrai que le Vyrwel avait été peut-être trop hâtif dans ses déductions, comprenant que son interlocuteur parlait en étant lui-même concerné par ce qu'il disait. L'erreur était réparée, la Vouivre confiait aisément sa confiance à son vis-à-vis. Celui-ci n'avait rien d'un homme soumis à son peuple, même si ses propos étaient empreints d'humilité depuis le début de la discussion, il avait l'air de conserver une certaine fierté cependant. Un mélange intéressant, mais qui n'était pas à la portée du seigneur de Noirvallon. Pourtant, il était vrai qu'un subtil mélange de force et de douceur, pourrait se révéler intéressant. Disons simplement que même si le Bieffois n'usait que très rarement de violence, il pouvait se montrer effrayant par ses mots. Cela suffisait à dissuader ses gens de faire des sottises.

« Mes excuses, j'avais effectivement mal interprété vos paroles. Je ne doute pas une seule seconde qu'un mélange de tout ceci doit être l'idéal, mais je ne possède malheureusement pas les qualités requises pour atteindre ce but. Je laisse ça aux seigneurs plus expérimentés. L'avantage lorsque vous êtes connu comme un tyran, c'est que la vermine n'ose pas se promener sur votre fief. Brigands comme étrangers indésirables. »

Il parlait bien évidemment des Dorniens. Nul doute que lord Hightower le comprendrait s'il connaissait les seigneurs qui vivaient non loin de la passe du Prince. Que ce soit les Vyrwel, les Tarly ou d'autres familles concernées par les échauffourées avec les Dorniens, elles gardaient toutes une profonde rancœur à leur égard. Certains plus que d'autres. Dire que leur propre suzerain osait tenter de pactiser avec l'ennemi ! Rien qu'à cette pensée, le sang du Bieffois s'échauffait, même s'il observa une passivité apparente.

La discussion se poursuivit de plus bel alors que le seigneur de Grand-Tour expliquait qu'il usait de respect, car à Villevieille, c'était la meilleure manière de gagner le cœur de son peuple. Comme dans beaucoup d'endroits certainement, mais Bryce croyait aisément que c'était d'autant plus vrai dans un coin comme celui-ci où les gens étaient beaucoup plus cultivés. Les personnes intelligentes s'imaginaient toujours avoir le droit à davantage de respect que les autres. Les explications fournies par le dirigeant de Villevieille étaient des plus logiques. Il était évident que le jeune homme se devait de « protéger » le petit peuple des autres individus plus bourgeois, problème que Bryce n'avait pas à Noirvallon. Il n'y avait que des roturiers, des paysans, des fermiers, des forgerons, des individus de la même caste sociale en somme. Rien qui ne nécessitait une intervention de sa part. De plus, dans sa dureté, la Vouivre se montrait égalitaire : le forgeron subissait le même traitement que le tailleur ou le vigneron, personne n'avait droit à un traitement de faveur, ce qui réduisait sensiblement les tensions habituellement présentes dans des villes plus grandes. Dans le fond, l'homme pouvait s'estimer heureux d'être à la tête d'un fief de moindre importance : il avait davantage de libertés et pouvait s'autoriser des choses impensables s'il était ailleurs.

Après un bref instant de silence, le jeune homme conclut finalement son intervention en faisant savoir à son vis-à-vis qu'il était un homme particulièrement attentif à tout ce qui se produisait dans sa ville. Ce n'était pas si surprenant. Bryce avait-il affaire à un intriguant ? Étrangement, cela ne l'étonnait absolument pas, c'était un trait de caractère qui collait tellement au personnage. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du Vyrwel, furtif, avant de disparaître.

« Si le fait de diriger une ville comme Villevieille est aussi ardu, je m'estime heureux de n'être qu'à la tête d'un fief aussi mineur que Noirvallon ! Dans votre chance d'être issu d'une maison aussi importante, vous avez le malheur de devoir concilier beaucoup de responsabilités. Cela dit, j'ai comme la vague impression que l'idée de devoir faire fonctionner votre esprit aussi souvent, est bien loin de vous déranger. J'en serais bien incapable. Était-ce la vérité ? Certes, Bryce était intelligent, mais certainement pas autant qu'un homme qui avait presque été mestre si ses informations au sujet de lord Hightower étaient bien véridiques.
Ainsi donc, vous prêtez une oreille attentive à tout ce qui se passe dans votre ville ? Nourrissez-vous une passion ardente pour les rumeurs qui se murmurent dans les tavernes ? À moins que vous ne cherchiez autre chose ? Il y a tant de choses à entendre dans une telle ville, j'ose à peine imaginer tout ce qui doit vous arriver aux oreilles. Il hocha la tête, comme pour confirmer une pensée.
Et votre intérêt pour ce qui se raconte, se borne-t-il simplement aux murs de votre ville, ou voyez-vous plus loin ? Pour un homme qui vit dans une tour d'où l'on peut apercevoir le Mur, je ne peux m'empêcher de me dire que c'est un signe des Dieux. Enfin, de votre volonté plutôt. »

Après tout, l'un comme l'autre, ils n'étaient pas croyants. Les questions de Bryce n'étaient évidemment pas innocentes, mais il ne doutait pas une seule seconde du fait que son vis-à-vis allait le deviner.


               
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Clarence Hightower
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Message Mer 17 Avr 2013 - 22:17

         Bryce était donc sur ses terres connu comme un tyran ? Cela étonna quelque peu Clarence, car le terme lui semblait bien fort pour décrire une situation sans doute moins exaltée. Les petites gens de Noirvallon sans doute qualifiaient ainsi leur seigneur pour illustrer la poigne de fer de leur maître. Sans peine Clarence imaginait le domaine de lord Vyrwel comme une pure et simple extension de son château où sa parole fait loi et sa colère trembler de peur quiconque s'y risque, s'y frotte et s'y expose. Il se figurait volontiers les geôles de Noirvallon comme pleines à craquer pour convenir à cette réputation, et il entendait presque les cris et les suppliques des prisonniers menacés de la Question. C'était sans doute l'image que beaucoup se faisaient et même s'il n'y a pas de fumée sans feu, Clarence ne pouvait se résoudre à croire que son interlocuteur fût si peu complexe et si tout entier abandonné à un seul vice. Lui-même savait la violence, la menace et même la torture parfois nécessaire, alors il se doutait bien que Bryce Vyrwel n'en faisait pas un usage moins immodéré que la plupart des seigneurs de Westeros. Peut-être était-il moins prudent et moins frileux que les autres à l'idée d'exposer ces méthodes que d'aucuns jugeraient immorales ? Les insatiables donneurs de leçon avaient beau jeau de brandir leur morale à tous les instant, mais si la vertu dominait le monde, l'idée même de crime et donc de punition serait inconnue du genre humain, et Westeros serait un véritable paradis sur terre. Malheureusement, les hommes et les femmes sont les enfants du péché et du vice, et la force apparut donc comme le seul phénomène capable de soutenir la justice. Ce qui est juste doit être suivi, ce qui est fort l'est toujours. La justice sans la force pêche par impuissance, tandis que la force qui s'anime sans la justice est tyrannique. Sans la force pour l'appuyer, la justice est contredite, car l'homme est toujours mauvais par facilité, mais si la force impose sa loi sans se soucier de la justice, elle est accusée et vue comme tyrannique. Il faut donc que ce qui est juste soit fort et que ce qui est fort soit juste. Et à la fin du raisonnement, qui s'étala sur des siècles et des siècles de pratique innocente, on découvrit que la justice était toujours discutable, tandis que la force était péremptoire. La force l'emporta donc et comme l'on ne put faire que ce qui est juste fût fort, on décida de faire que ce qui est fort fût juste. Nombreux sont les mestres à avoir étudié cette question dans les multiples détails de ses complications. Ils s'y pencheraient encore d'ici mille ans.

         Quand Bryce évoqua la différence entre Villevieille et Noirvallon, il trempa le pain de sa phrase dans le miel d'un compliment que Clarence recueillit avec toute la précaution du monde. Il se savait intelligent, et n'avait pas la modestie trompeuse des faquins qui se prétendent idiot pour le plaisir de recevoir les louanges des flatteurs médiocres et toujours très obséquieux. À quoi bon aurait-il été utile de contredire lord Vyrwel ? Ce dernier n'était pas stupide et s'il faisait état de son opinion sur l'esprit avisé de Clarence, ce n'était certainement pas pour lui faire ce menu plaisir. Dans sa bouche, le constat était flatteur, mais il n'était ni complaisant, ni hypocrite, et c'est pour cette raison que le Grand Argentier ne hasarda point ses pensées à creuser plus profondément le sens caché que d'aucuns auraient souhaité trouver sous la surface des propos de Bryce. « Je suis certain qu'à ma place, vous sauriez vous débrouiller. Vous feriez sans doute différemment, mais vous y arriveriez. » Malgré tout ce que disait Bryce pour se diminuer, Clarence demeurait persuadé qu'il avait le relief nécessaire à cette tâche. Quand bien même ils étaient tous deux très différents, quand bien même la Vouivre semblait moins sinueuse que lui dans ses méthodes, Clarence ne doutait pas une seconde que Bryce ferait un adversaire redoutable s'il avait entre les mains la puissance et la richesse nécessaire aux grands projets et aux grandes ambitions. D'un certain côté, c'était une chance pour les Targaryen et même tous les forces loyalistes lors des deux rébellions Feunoyr que lord Vyrwel n'ait pas disposé de forces et de moyens plus importants : il eût fait pour le dragon noir un allié parmi les plus redoutables. Le poids des responsabilités pouvait paraître bien lourd, mais de ce qu'il voyait, Clarence imaginait tout à fait Bryce comme capable de le supporter. Sans doute la modestie de la Vouivre n'était-elle qu'une touche de politesse. Mais la conversation revint sur un tout autre terrain, et le Grand Argentier s'amusa presque expressément de l'intérêt de son interlocuteur pour la marche des affaires de la cité.  « Vous seriez étonné de découvrir tout ce qu'on peut entendre en traînant dans les tavernes, les bouges et les bordels. Ce n'est pas qu'une idée reçue, l'alcool et le plaisir délirent les langues aussi aisément que la plus persuasive des tortures. En prêtant l'oreille à ce qui s'y murmure, j'apprends tous les jours un nombre incalculable d'informations utiles comme inutiles au sujet de des résidents de Villevieille, du plus humble des mendiants jusqu'au plus important des boutiquiers. Il faut savoir trier le bon grain de l'ivraie, mais croyez-moi, il n'est point de secret que le temps ne révèle pour ceux qui vivent sous les yeux de Grand-Tour. » Clarence s'interrompit pour laisser à son interlocuteur le soin de le suivre. Le sujet était loin d'être inintéressant et la conversation prenait un virage qui enthousiasmait le jeune homme dont le visage s'animait à mesure que l'enthousiasme en lui s'enracinait.

          « Comme vous l'avez dit, du haut de la tour, la vision porte loin. Diriger Villevieille oblige à beaucoup de prévoyance, et si je cantonnais mon regard aux remparts de la cité, je serais bientôt débordé par le flot des événements. Ajoutez à cela mes responsabilités de Grand Argentier, et vous comprendrez pourquoi je suis contraint par la nécessité de lever les yeux au-delà de mes terres pour scruter avec attention tous les points clefs du royaume. Port-Réal, Hautjardin, Villevieille, Castral Roc, Lancehélion, et même Winterfell. Je dois m'informer de tout ce qui s'y passe pour ne pas être pris au dépourvu. Ce n'est pas chose facile, mais la peine que j'y emploie est en quelque sorte un investissement, car il n'est pire ennemi que l'imprévoyance et l'ignorance. N'êtes-vous pas d'accord ? Du temps où la guerre contre Dorne était le quotidien des domaines limitrophes, j'imagine que vous aviez l'oeil constamment tourné vers les Montagnes rouges. La présence de pillards doit aujourd'hui encore y concentrer au moins une part de votre attention, n'est-ce pas ? »
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Bryce Vyrwel
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Message Ven 19 Avr 2013 - 17:28

Ils pouvaient avoir l'air de se flatter l'un l'autre, mais les paroles de Bryce n'étaient aucunement destinées à charmer son interlocuteur. La Vouivre n'était pas de ceux qui aimaient caresser leurs interlocuteurs dans le sens du poil, s'il ouvrait la bouche, ce n'était que pour souligner les défauts ou railler le comportement d'une personne, jamais pour complimenter. Les représentants de la race humaine étaient plus prompts à apprendre et évoluer lorsque vous étiez sévère et piquant avec eux. Ceux qui se berçaient d'illusions en se laissant flatter leur ego, finissaient irrémédiablement pas se croire supérieurs aux autres. Malheureusement, en ce bas monde, un tel comportement empreint de vanité ne pouvait mener qu'à sa propre perte. C'était bien pour cette raison que Bryce avait endurci son héritier en lui soulignant tous ses défauts pour qu'il se forge une carapace capable de le protéger des assauts de ses futurs adversaires. Car malheureusement, à Westeros la famille Vyrwel ne possédait que peu d'alliés. Les mots prononcés à l'attention de lord Hightower étaient sincères, mais cherchaient surtout à exposer son manque de capacité à gouverner une telle ville. Les gens qui méprisaient un individu étaient si empressés à l'idée de lui cracher dessus, qu'ils se jetaient généralement sur la moindre opinion péjorative qu'il pouvait formuler à son propos. Mais est-ce que ce petit stratagème fonctionnerait sur un homme à l'esprit aussi aiguisé que le Grand Argentier ? La Vouivre en doutait. Sérieusement.

La discussion en revint aux informations qu'il était possible d'obtenir en tendant un peu l'oreille. Lord Hightower fit savoir à son interlocuteur qu'il y avait la possibilité d'apprendre de nombreuses choses en s'intéressant à des endroits qui, pourtant, n'étaient pas fréquentés que par du beau peuple. Un sourire, furtif, passa sur les lèvres du Vyrwel tandis qu'il écoutait les paroles de son interlocuteur qui parlait avec une passion clairement visible. C'était amusant de constater qu'ils s'intéressaient tous deux aux rumeurs qui pouvaient circuler, même si du côté de Bryce, c'était à moindre échelle. Lancel, l'héritier de Noirvallon, développait davantage ce trait de caractère et semblait sur le chemin qui le poussait à devenir un véritable intriguant. Ce n'était pas une chose qui dérangeait la Vouivre, bien au contraire, aussi cette discussion l'enthousiasmait certainement autant que son hôte. Même s'il n'en montrait évidemment rien. D'un autre côté, il ne s'agissait là que d'une simple logique. Quoi de plus normal qu'un homme allié au Dragon Rouge, s'intéresse à ce qui se disait à travers tout le royaume ?

Après une brève pause, le seigneur de Grand-Tour reprit de plus bel, expliquant que son rôle de Grand Argentier lui demandait d'autant plus d'attention. Nul doute que cette fonction devait lui avoir apporté beaucoup de choses, mais lord Hightower devait se passionner pour les secrets de couloir depuis bien longtemps. Ce que certains appelaient « des activités de femme » car elles faisaient davantage appel à l'écoute qu'à la force physique, semblait être le talent principal de l'hôte de Bryce. Et c'était une chose que ce dernier respectait réellement. Le combat à l'épée était beaucoup plus aisé à apprendre que le talent de récolter des informations. C'était un don qui ne s'apprenait pas, comme la verve ou la capacité à toujours retomber sur ses pattes au cours d'une discussion. Après le discours de son vis-à-vis, le Bieffois se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête.

« Depuis toujours le regard des Vyrwel et dirigé vers les Montagnes Rouges et la prétendue paix qui s'est installée entre nos régions n'y a rien changé. Ce serait comme de vivre à côté d'un loup féroce, même domestiqué il n'hésitera pas à attaquer dès que le sang se fera sentir. La comparaison n'était pas forcément très flatteuse, mais suffisamment parlante aux yeux de Bryce, pour être clairement comprise.
Lorsque, comme moi, vous ne faites pas totalement confiance à l'homme aux rênes de votre royaume, vous préférez assurez vous-même votre propre sécurité. Je sais que de nombreux Dorniens rêvent d'indépendance et je ne doute pas une seule seconde que si un jour le Roi fait un faux-pas, ils n'hésiteront pas à réaliser leurs désirs. Ainsi donc, même à ce jour, mon regard est toujours tourné vers Dorne et ne s'en détournera jamais. Il soupira légèrement, comme si cette constatation le fatiguait.
Les Dorniens sont impulsifs, il est impossible de prévoir quelle sera leur réaction devant un événement particulier. J'aurais préféré avoir des voisins plus pragmatiques et aisés à décoder, leur don à s'emporter me rend malheureusement incapable de nous protéger sur la durée. C'est un travail de tous les instants. À l'entendre, l'on avait presque le sentiment que les Dorniens attaquaient encore le Bief tous les jours.
Certains fléaux ne prennent jamais fin voyez-vous et ceux qui ne l'ont jamais vécu ne peuvent comprendre les précautions prises. Vous passez alors pour un fou ou une personne en marge et personne ne cherche à comprendre vos raisons. »

Parlait-il des Dorniens ou d'autre chose ? Les deux sans aucun doute. Bryce ne ratait jamais l'occasion de pouvoir exploiter une réplique pour soutenir une autre de ses pensées. C'était à ce trait de caractère que l'on reconnaissait un homme obstiné : il rebondissait toujours sur le moindre mot. Était-ce une qualité ou un défaut ? Lui-même l'ignorait. L'avenir le leur apprendrait. Lord Hightower avait parlé de nombreux endroits, mais à la grande surprise de son interlocuteur, il n'avait aucunement fait mention du Conflans. Hasard ou simple oubli ? La dernière rébellion qui s'était produite était bien évidemment connue du Grand Argentier puisque celui-ci siégeait au Conseil Restreint et qu'il devait donc avoir été mis au courant de tout ceci. Dans un sens, cette position lui offrirait beaucoup, mais le jeune seigneur était certainement assez intelligent pour comprendre que les avantages seront équilibrés par de nombreux désavantages. L'avenir leur dirait s'il avait été bien inspiré d'accepter cette proposition qui pouvait se révéler être un cadeau empoisonné.

« Vous parlez de nombreux endroits, mais n'avez pas fait mention du Conflans. Simple hasard, ou cette région ne vous intéresse guère ? Dirigée par un enfant, j'imagine qu'elle doit pourtant être une source inépuisable de rumeurs. Une maison essentiellement peuplée de femme, pauvre enfant, j'ose à peine imaginer la vie qu'il mène au quotidien. Une femme n'était pas faite pour élever un héritier convenablement. Elles étaient trop inexpérimentées pour en former un qui posséderait une forte poigne.
Je me demande ce que le Nord peut vous apporter comme rumeurs. Craignez-vous la venue des sauvageons lord Hightower ? Je n'ai rien contre nos voisins du Nord, mais force est de constater qu'ils n'ont jamais été désireux de se mêler à la vie politique de Westeros, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'une personne comme vous peut trouver là-haut. En tant que Grand Argentier ou lord de la maison Hightower ? Cette famille était si puissante qu'elle pouvait sans peine viser une maison suzeraine pour créer des alliances.
Et vos responsabilités de Grand Argentier vont être particulièrement lourdes dans les temps à venir j'imagine. Avec les pertes subies suite aux raids des Fer-nés, je présume que nombreux seront ceux qui demanderont réparation à la Couronne. Enfin, s'ils en ont l'audace et le courage. Une chance pour vous que de bons mécènes comme ma famille, aient jugé bon de faire un don à la Couronne. »

Le ton était ironique. Il parlait bien évidemment de la somme qu'il avait été contraint de verser suite à la trahison de sa maison. Le fief de Noirvallon allait subir de lourdes retombées à l'avenir, le pire serait certainement que ces deniers finissent dans la poche d'un Dornien. L'ironie était parfois très cruelle et ces derniers temps, elle semblait particulièrement désireuse de s'en prendre à la maison Vyrwel. Une chance que Bryce soit bon joueur.


               
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Message Sam 20 Avr 2013 - 23:14

         Clarence comprenait tout à fait le double discours de lord Vyrwel, et s'il désignait ouvertement les dorniens, un autre de ses ennemis étaient plus implicitement désigné. Admirable faculté que celle du double niveau de langage ! Nombreux sont ceux qui s'élèvent à la pointe de cette épée trop rare entre les mains des seigneurs de Westeros. Le plaisir de la conversation n'en était que plus évident et Clarence la voyait se développer avec tout le plaisir du spectateur et de l'acteur, car il y participait. L'hostilité manifeste et déclarée de lord Vyrwel à l'égard des dorniens n'avait rien ni de louable ni de malsain aux yeux du Grand Argentier, qui n'était pas homme à se formaliser des irritations spontanées d'autrui. Il était bien normal qu'un Bieffois natif des régions proches des Montagnes rouges affecte une haine implacable et singulière à l'égard des habitants de la péninsule placée depuis des millénaires sous la tutelle de la maison Martell. Clarence ne partageait point cette haine emportée contre les Dorniens, son approche de la question était autrement plus froide et dédramatisée. À ses yeux d'ailleurs, en dehors du Prince, les Dorniens ne l'intéressaient pas. Maron Martell siégeait comme lui au conseil, et pour cela il se devait d'avoir quelque avis sur lui. S'il n'y avait cette proximité anecdotique, il n'était pas improbable que le Grand Argentier passe sa vie sans jamais s'intéresser de près ou de loin à la péninsule. Toutefois, à Port-Réal, il rencontrerait peut-être un dignitaire dornien qui saura le convaincre de jeter un œil intéressé sur les affaires du fief Martell, mais pour l'heure il avait d'autres chats à fouetter que de céder à la curiosité touristique des dilettantes de tout poil. Clarence n'estima point nécessaire de répondre sur ce point à son interlocuteur, car il ne souhaitait pas que la discussion dérive sur la discussion millénaire de la rivalité entre les Bieffois et les Dorniens. Leur conversation n'en gagnerait pas en intérêt et quelques instants auparavant déjà lord Vyrwel et lui-même avaient pu présenter leurs opinions respectives, point forcément d'une façon directe mais toujours compréhensible.

         En revanche, il ne se priva guère de répondre aux questions plus précises que lui formulait la Vouivre dont il devinait certaines des arrières-pensées.  « Pour ne rien vous cacher, le Conflans est en effet l'objet de certaines de mes préoccupations parmi les plus urgentes. La maison Tully est, soyons directs, au bord de l'extinction. Il suffirait que lord Edwyn s'étouffe en avalant de travers pour qu'une crise de succession ne balaie la Truite argentée hors des mémoires. J'imagine même que certains s'interrogent déjà sur la prochaine maison du Conflans qui recevrait la suzeraineté du Trident en cas de décès prématuré du garçon. Des noms fusent ici et là, mais je pense que la maison Nerbosc serait le choix du Trône de fer si l'éventualité se présentait, pour des raisons que vous devinez sans problème, n'est-ce pas ? » Clarence était certain que la Vouivre suivrait son raisonnement informulé : un lien familial unissait Corneilla à la Main du roi, aussi était-il aisé de penser que la balance pencherait en leur faveur si la mort soudaine de lord Edwyn Tully poussait la Couronne à trouver un nouveau vassal pour diriger le Conflans. Une chose était sûre en tout cas : jamais les Bracken ne recevraient du roi cette faveur tant que Freuxsanglant serait à la tête du royaume. L'inimitié leur était consanguine, et l'écho des pérégrinations d'Aigracier sur l'autre continent n'arrangeait point les choses...  « Quant au Nord, vous avez raison. C'est une terre sans intérêt, ridiculement vaste et désespérément pauvre. Un caprice de la géographie, un prétexte pour le Mur et les Sept seuls savent ce qu'il y a au-delà... si tant est qu'il existe un au-delà du Mur. Il existe à Villevieille des quartiers plus riches que l'ensemble des fiefs du Nord réunis les uns aux autres, à l'exception peut-être du seul qui m'intéresse là-bas : Blancport, où siège la maison Manderly. C'est la seule cité du Nord, et donc un interlocuteur privilégié de Villevieille, comme vous vous en doutez. Vous aurez sans doute remarqué que je place les Manderly avant les Stark dans l'ordre de mes priorités nordiennes. Ce n'est point par solidarité religieuse. Lord Stark est trop excentré pour être d'un quelconque intérêt, tout juste est-il bon à réunir quelques troupes et à guerroyer quand le roi lui en donne l'ordre. Les flatulences du Sénéchal de la Citadelle m'inquiètent bien plus que n'importe quel complot ourdi par le Loup de Winterfell. »

         La maison Stark n'inquiétait ni n'intéressait le Grand Argentier, car aucunes des manœuvres de sa tête comme de ses membres n'auraient pu contrarier ni les projets de lord Hightower ni les intérêts du royaume. À vrai dire, dans l'esprit de Clarence, le Nord, en dehors de Blancport, ne servait qu'un intérêt qui, avec le temps, n'était guère plus que symbolique : assurer aux autres couronnes le temps de se préparer dans l'hypothèse d'une invasion depuis les terres d'au-delà du Mur. Et étant donné la valeur et la probabilité que cette hypothèse se réalise... « Il est évident qu'une fois la guerre contre les Fer-nés achevée, l'heure sera au bilan et aux comptes. Cette responsabilité n'est pas celle que je préfère, mais il est nécessaire que le Grand Argentier fournisse à la Main du roi ses observations en la matière. Qui indemniser ? Qui punir ? Qui protéger ? Nombreux, comme vous dîtes, demanderont réparation à la Couronne, et mon rôle sera très objectivement de réduire ce nombre au minimum, voire de l'éteindre. Peu importe la justesses et la légitimité des demandes, d'ailleurs. Comme vous le dîtes, de nombreux mécènes plus ou moins volontaires ont, par la générosité de leurs « dons », gonflé le trésor royal et il m'appartient d'éviter sa dispersion. Si des fuites ont lieu, il est fort probable qu'elles iront en priorité aux plus nécessiteux. Par un curieux hasard, il se trouve que les maisons les plus susceptibles de recevoir une indemnisation sont nos voisines côtières... Mais qui suis-je pour discuter l'ordre des priorités né des faits incontestables ? » L'ironie du discours de Clarence était évidente et n'avait pu échapper à lord Vyrwel. De toute évidence, Clarence s'arrangerait, si la Main le lui demandait, pour limiter ces possibilités d'indemnisation, voire même pour les empêcher, ou pour les produire d'après le tribut prélevé sur le trésor global des maisons Fer-nés – il était toutefois difficile au Grand Argentier d'imaginer les Greyjoy et leurs vassaux de fortunes considérables... S'il était cependant obligé de procéder à ces indemnisations, il chercherait là encore à en faire profiter d'abord les maisons du Bief avant toutes les autres. Les maisons de l'Ouest iraient proposer leur réclamation à Castral Roc dont le trésor saurait certainement couvrir la demande...

         Ainsi, d'un certain côté, l'argent perdu des Vyrwel reviendrait au pays, ou en tout cas dans le Bief, n'était-ce pas merveilleux ? Tout cela n'était encore qu'hypothèses et suppositions, mais Clarence ne perdait point de temps pour s'y préparer.
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Message Lun 22 Avr 2013 - 14:36

Le Conflans avait effectivement des raisons aussi variées que nombreuses, d'éveiller l’intérêt de beaucoup de monde. Bien souvent, Bryce se disait que la rébellion des Murs-Blancs avait été une excellente idée d'un point de vue stratégique. Le petit lord était présent – ainsi qu'un autre suzerain – et personne ne s'était rendu compte de ce qui se passait. Nul doute que si Freuxsanglant ne s'était point présenté pour réduire à néant leurs espoirs, ils auraient pu s'en tirer haut-la-main. Mais les choses ne s'étaient pas déroulées de la sorte et même si la Vouivre avait des regrets, ce n'était pas pour autant qu'il allait rester des lunes à se plaindre sur son malheur passé. Qu'adviendrait-il du Conflans si le jeune lord Tully venait à décéder ? Il n'y avait aucun homme proche de lui dans leur arbre, c'était une chose que Bryce avait toujours trouvé risible, c'était pour cette raison qu'il s'en souvenait autant. Certainement que la maison à la Truite serait destituée de ses droits et comme le disait lord Hightower, les Nerbosc pourraient être un excellent choix pour leur succéder. Sauf qu'ils n'étaient pas des croyants des Sept. Dans un monde où la religion était aussi importante, est-ce que d'autres Riverains pourraient accepter d'être dirigés par une maison qui n'épousait pas les mêmes croyances qu'eux ? Étrangement, le Vyrwel avait quelques doutes à ce propos, même s'il n'ignorait guère que le Conflans n'était pas une région aussi croyante que le Bief.

Les paroles du jeune seigneur de Grand Tour à propos du Nord, exprimaient clairement les pensées de son invité. Bryce n'avait jamais éprouvé le moindre intérêt pour ces terres inhospitalières, de plus, comme le soulignait si bien lord Hightower, le seigneur de Winterfell n'était pas le type d'homme à devenir un intriguant. Trop honorable et trop honnête pour pouvoir user de stratagèmes détournés. Les Nordiens vivaient entre eux et ne se souciaient guère de la vie menée par les sudistes, la seule fois où ils s'étaient intéressés à la politique du sud avait été lorsque les attaques des Fer-nés se ciblaient sur les côtes. La situation était comparable à celle des Dorniens au final, sauf que les habitants des contrées du nord n'avaient jamais attaqué les Riverains et ne demandaient aucune indépendance.

Le Grand Argentier aborda alors un sujet plus épineux, même si Bryce y était venu en premier. Il n'était pas idiot et savait parfaitement que le discours de son hôte était teinté d'ironie. En effet, les fiefs côtiers avaient tous subis de lourds dégâts, notamment Belcastel si la Vouivre en croyait la rumeur. Sots qu'ils étaient, ces individus n'avaient pas jugé bon de se protéger convenablement. Les premiers fiefs attaqués avaient des excuses, la surprise de voir les Fer-nés se rebeller les avaient peut-être empêchés de prendre les choses en main, mais les suivants.... C'était juste pitoyable ! La Treille ou Villevieille n'avaient pas été réellement victimes de tout ce carnage, pour quelle raison ? Parce qu'ils avaient été capables de se débrouiller pour sécuriser leurs côtes même en temps de paix. La flotte de La Treille suffisait à dissuader les pillards de s'approcher d'eux notamment. C'était donc une fois de plus la preuve que la Couronne récompensait d'abord les incapables et les incompétents. Pensée que le Bieffois ne garda pas pour lui d'ailleurs.

« Une preuve supplémentaire que la Couronne aime récompenser l'incompétence. Je peux comprendre les assauts sur les premiers fiefs du Bief, mais j'avoue ne pas comprendre pourquoi les suivants ne se sont pas mieux protégés. Voyez-vous, ceux habitués à la paix perdent petit-à-petit les réflexes de survie, ils se sont laissés dépouiller en réagissant comme des vierges face à un Dragon. Si cette attaque avait eu lieu du côté de la Passe du Prince, soyez assuré que la réaction aurait été plus directe. Se vantait-il ? Pas forcément, Bryce connaissait la valeur des Fer-nés, mais il comptait aussi beaucoup sur l'incompétence de ses pairs pour expliquer la longueur anormale de cette guerre.
Et ceux qui étaient incapables de protéger leurs côtes se verront dédommagés. Ceux comme vous ou vos voisins de La Treille, qui ont été capables de se défendre, n'auront rien de plus que la jalousie de leurs faibles voisins comme toute récompense. Espérons que cela n'encouragera pas les prochains à se laisser détrousser sans réagir, sans quoi j'envisagerai peut-être d'ouvrir mes portes aux Dorniens pour récupérer l'argent que j'ai versé à la Couronne. »

Son discours pouvait avoir l'air très rude ou très vantard, mais Bryce pensait tout ce qu'il disait. Il parlait aussi de son « amende » avec beaucoup de légèreté. La Vouivre avait beau être rancunier, il ne l'était pas sur tous les plans. Les attaques des Dorniens resteraient gravées dans ses pensées jusqu'à la fin de sa vie, tandis que l'échec de Murs-Blancs était uniquement imputable à leur incompétence. Il acceptait la sanction pour la bonne et simple raison qu'elle était justifiée : il avait joué et avait perdu, c'était son propre choix, contrairement aux Dorniens. Bon joueur, il attendrait la prochaine manche pour prendre sa revanche.

« Je partage votre avis concernant le Nord. Je ne m'y suis jamais réellement intéressé pour être franc, il s'agit là d'une région comparable aux Iles de Fer à mes yeux et je ne vois donc aucune raison de m'y attarder. Il y a suffisamment à faire dans le Bief et lorsque nous n'avons pas la chance de posséder un réseau d'informateurs comme le vôtre, chaque rumeurs prend bien plus d'importance. Il n'y avait pas de moquerie dans sa voix, juste une profonde sincérité.
Quant au Conflans, je doute qu'un lord élevé au sein d'une maison entièrement composée de femmes, puisse devenir un suzerain digne de ce nom. Il ne pourra jamais perpétrer ses traditions de manière efficace, à moins d'épouser une Nordienne plus virile que lui qui saura apprendre à son héritier comment un homme un homme doit se comporter. Le ton était plus léger et amusé que précédemment, il n'attendait aucune réponse comme lord Hightower avait déjà montré qu'il ne partageait pas forcément sa vision des femmes.
Les Nerbosc sont effectivement liés à la famille royale, mais ils ne sont pas des croyants des Sept. Dans notre monde, la religion revêt beaucoup d'importance aux yeux des nobles, pensez-vous que les Riverains accepteraient de se laisser diriger par des adorateurs d'arbres ? À moins que les Nerbosc n'acceptent de concéder quelques sacrifices pour le bien de tous ? Léger rappel de la discussion qu'ils avaient eue précédemment.
Et j'imagine que le Grand Argentier que vous êtes doit avoir eu l'occasion de beaucoup côtoyer la cour ces derniers temps. À ce que l'on raconte, les relations entre la Reine et le reste de la famille, ne sont pas au beau fixe. Un jeu des trônes à eux seuls ! Nul doute que pour vous, une telle démonstration doit être particulièrement divertissante.

Bien évidemment, lord Hightower devait se douter qu'il dégageait quelque chose d'intrigant, Bryce n'était certainement pas le premier à le lui dire.


               
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Clarence Hightower
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Message Lun 22 Avr 2013 - 22:19

          « Vous n'avez pas tort sur ce point, lord Vyrwel, mais je préfère que l'argent de la Couronne aille aux poltrons du Bief plutôt qu'aux poltrons d'autres régions qui se garderont de l'injecter dans notre économie. Salvemer a repoussé le raid Fer-né, n'est-ce pas ? Ils n'ont pas besoin d'être indemnisé pour leur bravoure, ni pour avoir fait ce qui était attendu d'eux. Les demandes seront nombreuses. La Main du roi aura seule le pouvoir d'y demeurer sourde ou d'y céder. C'est à moi qu'il appartiendra de les régler au cas par cas, comme je vous l'ai dit, et de soumettre mes résultats à lord Brynden Rivers qui approuvera ou désapprouvera. Comme vous avez dit, les premiers touchés devraient être les seuls qu'on indemnise, car après tout ils ont été pris par surprise quand d'autres ont eu l'occasion de se donner les moyens de se protéger. Mais j'ai peur que, dans le but non avoué d'accroître la réputation ternie de sa grâce Aerys, les indemnisations soient plus nombreuses que raisonnées. L'Hiver vient, comme diraient nos amis du Nord, et un peu de l'or des rois suffit à combler les petits esprits qui ne manquent jamais de se plaindre en toutes occasions... Si c'est inévitable, alors je ferai mon possible pour que les vassaux de Hautjardin soient ceux qui en profitent le plus... voire les seuls. Ce choix peut vous surprendre, mais j'ai à cœur les intérêts de Villevieille, et la cité se porte bien quand la région se porte bien. La tête peut-être bien vivre sans le corps, lord Vyrwel ? »

         Ce point de vue expliquait très certainement pourquoi Clarence avait tant à cœur les intérêts de sa patrie. Ce n'était pas parce qu'autrefois les Hightower étaient rois de Villevieille et des terres environnantes, ce n'était pas même à raison des liens étroits qui existèrent entre eux et les Jardinier et qui existaient encore entre eux et les Tyrell... C'était pour la raison toute simple que des liens forts unissaient depuis des lustres les vertes contrées du Bief et l'antique cité de Villevieille, qui s'y trouvait attachée comme la tête l'est au corps. Séparer l'un de l'autre, et la mort se ramène aussitôt. Lord Vyrwel partageait son avis au sujet du Nord, qu'il comparait aux Îles de Fer, et Clarence, d'un hochement de tête, approuva. Une différence fondamentale opposait toutefois les deux contrées : il était inscrit dans le sang des Fer-nés qu'ils continueraient à se rebeller périodiquement, contrairement au Nordiens plutôt heureux dans leur lointaine soumission au trône. Clarence était prêt à parier que moins d'un siècle après cette rébellion menée par lord Dagon Greyjoy, un nouveau lord Greyjoy s'élèverait contre son suzerain le roi pour tenter l'aventure de l'indépendance.  « Le Conflans n'a pas d'importance et n'en aura pas jusqu'à ce que lord Tully ait grandi en âge. Voyez d'ailleurs comme il est embarrassé par ses propres vassaux Bracken, Nerbosc, feux les Beurpuits... Comme vous le dîtes, ce qu'il faudrait à Vivesaigues, c'est un conseiller qui saurait aider le jeune garçon à traverser cette crise et à survivre à la régence de sa mère qui n'est jamais qu'une parenthèse ténue et sans valeur. Il faut croire cependant que de tels conseillers n'existent pas dans le Conflans, lord Edwyn est entouré par des fous ou par des traîtres. Si le garçon devait mourir et si lord Brynden Rivers leur cousin devait choisir les Nerbosc à la tête du Conflans, je me doute en effet qu'une conversion serait nécessaire... Après tout, le Trident vaut bien une prière aux Sept ! »

         Clarence se tut pour entendre les dernières phrases de son interlocuteur qui discutait avec lui et qui, l'air de rien, cherchait à glaner des informations qu'il n'aurait pu avoir autrement. Il aurait pu s'en offusquer et rappeler lord Vyrwel à ses devoirs d'humilité et de discrétion, mais n'était-il pas plus amusant de parler avec lui, d'entendre ses questions et, à travers elle, de le mieux cerner ? La Vouivre elle-même ne se privait pas pour l'étudier, Clarence en était persuadé. Il faisait de même et c'était de bonne guerre, d'autant qu'il demeurait libre de répondre ou de ne pas répondre. Il était également libre de donner les informations de son choix et comme celles que Bryce lui demandaient n'avaient rien de confidentiel... Clarence savait ce qu'il faisait et surtout ce qu'il délivrait comme renseignement, et au fond de lui le jeune Hightower était persuadé que son interlocuteur l'avait compris. La réciprocité de la chasse à l'information était exaltante, car elle opposait manifestement deux méthodes. Celle de Bryce était directe et incisive, celle de Clarence était plus invisible, plus douce, mais toutes deux semblaient efficaces.

          « Notre reine est une femme née pour le pouvoir, mais tant qu'elle n'aura pas accouché d'un fils pour son frère de roi, elle ne sera rien de plus qu'une potiche dans les couloirs du Donjon Rouge. Elle est de sang royal et la pureté de sa race n'est plus à démontrer, mais le fait est qu'une bâtarde comme Shaïra Seastar a plus de pouvoir au creux de ses reins que la reine au bout de ses doigts. Je n'ai pas eu la chance de la rencontrer personnellement encore, mais il est vrai qu'à Port-Réal, tout le monde sait qu'elle se trouve du côté de ceux qui aimeraient voir chuter la Main du roi. Parmi eux, on trouve également le prince Maekar, son frère. L'héritier présomptif, tant qu'elle n'aura pas accouché d'un enfant mâle, vous savez ? De vous à moi, je pense que le prince de Lestival est notre prochain roi. Les terres au-delà du Mur sont plus chaudes que le lit royal, si vous voyez ce que je veux dire... Sans fils pour sa grâce Aerys, s'il venait à mourir, c'est Maekar qui serait notre roi, et tout le monde sait qu'entre son oncle Brynden Rivers et lui les relations ne sont pas les meilleures... Vous comprenez mieux à présent pourquoi je ne peux que vous approuver quand vous dîtes qu'il se joue entre eux un véritable « jeux des trônes ». À votre avis, lord Vyrwel, qu'aviendrait-il de la Main du roi si le prince de Lestival devenait roi ? » Un sourire sibyllin vint terminer la question de Clarence, qui n'était pas si rhétorique. Nul doute que lord Vyrwel avait, lui aussi, un avis sur la question.

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Bryce Vyrwel
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Message Mar 23 Avr 2013 - 15:30

Bryce ne doutait pas une seule seconde que le Roi – ou plutôt sa Main, vu l'absence du Roi – ne décide de dédommager une grande partie des habitants de Westeros, même ceux qui ne le méritaient pas. En fin de compte, la guerre déclenchée par les Fer-nés pourrait bien être un atout pour la royauté. Même si la Vouivre osait espérer que les personnes qui n'avaient pas été protégées à temps, n'oublieraient pas que le Roi était resté passif un long moment avant même de lever le petit doigt. Certains prétexteraient qu'il avait de bonnes raisons d'agir ainsi, mais lorsque vous aviez perdu une partie de votre fief et parfois même, de votre famille dans ces raids, vous aviez moins tendance à vous montrer conciliant. Cela dit, les paroles du Grand Argentier ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd. Le seigneur de Noirvallon attendait de voir si lord Hightower allait réussir à préserver le Bief. D'un autre côté, ce serait le choix le plus logique, même pour la Couronne. Ne disait-on pas de leur région qu'elle était le grenier de Westeros ? Le Bief apportait le plus de nourriture et était certainement la région la plus avantagée naturellement de tout le continent. La logique voudrait que les fiefs du Bief soient donc les plus rapidement indemnisés pour permettre à leurs seigneurs d'aider à leur tour leurs alliés. Mais les choses ne se passeraient pas ainsi, nombreux seraient ceux qui crieraient au favoritisme si le Grand Argentier privilégiait sa région natale. Le fait que sa ville n'ait pas été touchée par ces attaques n'y changerait certainement pas grand-chose, au contraire. La jalousie était le propre de l'être humain.

« Je suis on ne peut plus d'accord avec vous. Mais est-ce que ce sera le cas des autres régions ? Je sais qu'il est dans l'intérêt de tout le monde favoriser le Bief. Après tout, notre région n'est-elle pas celle qui offre le plus de nourriture ? La logique voudrait que ce soit donc nos seigneurs qui soient les premiers remis sur pied. Mais étrangement, j'ai comme le sentiment que la jalousie va naître dans le cœur des autres seigneurs côtiers. Je suis prêt à parier que votre origine sera irrémédiablement mise en avant pour appuyer les plaintes des personnes qui ne seraient pas dédommagées. Les bonnes décisions sont rarement bien accueillies. C'est là encore un comportement inhérent à trop de souplesse de la part du gouvernement. »

D'où le fait d'agir de manière totalitaire et d'inviter les mécontents à aller voir ailleurs. Mais bien sûr, un tel comportement n'était pas applicable à un Roi. Dommage pour lui. Quelque chose murmurait à Bryce qu'il n'avait pas fini d'entendre parler de ces raids. La guerre allait bientôt être terminée et rapporterait son lot de plaintes. Une fois la peur des raids passée, il ne resterait plus que les protestations et le désir de demander réparation. Quand bien même le Roi dédommagerait-il tout le monde – chose presque impossible – il y aurait encore des protestataires pour râler. Mais ces derniers n'oseront jamais se dresser totalement contre l'autorité. Navrant.

« Peut-être qu'en prenant toutes les richesses des Fer-nés, cela suffirait-il ? J'en doute étrangement, je me suis toujours demandé ce que ce peuple faisait de ses pillages alors qu'ils vivaient sur des cailloux sans aucun luxe. »

Il avait toujours trouvé illogique que ces pillards ne vivaient pas comme des Rois. À ce que l'on racontait, leurs maisons étaient presque toutes dénuées de décorations et ils s'habillaient comme de simples paysans. De quoi se poser des questions sur l'intérêt de piller de riches villes plutôt que de se contenter de petits villages Nordiens qui leur apporteraient bien plus. Mais la logique des Fer-nés ne semblait pas être très présente cela dit depuis leurs débuts.

Lord Hightower semblait avoir longuement ressassé le sujet du Conflans. C'était du moins ce que ses paroles laissaient penser. Bryce se contenta de hocher la tête en l'écoutant. Effectivement, le simple fait de pouvoir hisser sa maison au rang de suzerain valait beaucoup de sacrifices. Certains étaient prêts à tout, il n'y avait qu'à voir leur propre suzerain qui cherchait à fricoter avec la racaille Dornienne dans le simple but de pouvoir se faire des alliés. Cette simple pensée retournait l'estomac de la Vouivre qui préféra ne plus y songer. Il ne manquerait plus que lord Tyrell vende l'un de ses enfants pour imiter les Targaryen ! Soupirant légèrement à ces possibilités, le Bieffois répliqua d'un ton quelque peu sombre.

« Le Conflans a de nombreux problèmes sur le dos en effet, je ne suis guère étonné que les vassaux tentent de faire autant de rebellions lorsque le lord ne peut même pas se rendre compte du devoir qui lui incombe. Espérons que quelqu'un entendra raison et poussera les Tully à prendre un conseiller efficace. Sans quoi cette région va à sa perte, entre les nobles qui s’entre-tuent, les femmes qui gouvernent des forteresses.... Il parlait une fois de la folle d'Harrenhal bien évidemment.
Mais les dérapages arrivent à tous les âges ! Voyez notre suzerain qui tente de se rapprocher des Dorniens, nul doute que son père se retournerait dans sa tombe en apprenant une telle chose ! La faute peut survenir à tout âge. »

Bryce avait parlé d'un ton léger comme s'il plaisantait. Mais ses paroles étaient sérieuses. Il avait cru comprendre qu'un Tyrell se trouvait à Villevieille, mais n'en était pas sûr. Les rumeurs colportaient bien des choses et pas toujours des véridiques. Les relations entre la maison Hightower et celle des Tyrell n'étaient pas connues de la Vouivre qui ne se souciait pas réellement de voir son vis-à-vis le remettre à sa place. Il cherchait toujours à tester les limites pour voir jusqu'à quel point ses interlocuteurs savaient être sincères. La fuite arrivait toujours rapidement, ceux qui ne désiraient pas se justifier se cachaient derrière de belles paroles. Mais ce n'était apparemment pas le cas de lord Hightower.

La discussion sur les Targaryen ne manquait pas d'intérêt. Ce n'était un secret pour personne que la Reine n'était pas vraiment proche du Roi. Certains disaient même que la nuit de noce n'avait été qu'un leurre et que le mariage n'était point consommé. Ce n'était pas demain la veille que le royaume aurait à fêter la venue d'un héritier et sur ce point, Bryce ne pouvait qu'approuver son interlocuteur. Le Prince Maekar deviendrait le futur Roi et son fils après lui, ce semblant de Prince tout aussi risible que le Roi Aerys. Quelle belle famille à n'en pas douter ! Prêts à se poignarder dans le dos à la moindre occasion. Un bref sourire éclaira les lèvres du Bieffois.

« Cette famille est si peu unie qu'elle n'a pas à craindre d'adversaires pour les destituer. Au final, j'en viens à me dire que les Targaryen causeront eux-mêmes leur perte. Il parlait avec une réelle franchise, lord Hightower ne pouvait pas en douter.
La sagesse populaire raconte que le mariage du Roi n'aurait pas été consommé, j'ai du mal à imaginer que la Reine puisse un jour donner naissance à un quelconque enfant. À moins qu'elle n'aille chercher un bâtard quelque part, apparemment ces derniers sont mieux vus que les enfants légitimes si j'en crois vos dires à propos de la sorcière de Lys. Bryce n'avait jamais partagé cet intérêt pour Shaïra, que la plupart des hommes semblaient posséder. Elle n'était qu'une bâtarde, rien de plus.
Je pense que le Prince Maekar sera effectivement notre prochain Roi, mais je doute que ses décisions soient meilleures que celles actuellement prises. Sa haine pour la Main du Roi est trop importante, il a du sang Dornien dans les veines et possède leur impulsivité. Avec un tel homme à la tête du royaume, je crains le pire. Freuxsanglant pourra s'estimer heureux si le Prince Maekar le fera exécuter ou envoyer au Mur. Il soupira doucement avant de secouer la tête.
Même si cela me coûte de l'avouer, je pense que le Prince Baelor aurait été un excellent Roi pour Westeros. Mais sa perte nous prouve ce que les Sept veulent pour nous. Ou lorsque la religion n'entre pas en ligne de compte, ce que le Prince Maekar nous réserve pour les années à venir. »

Certes, il n'était pas directement responsable de cette mort, mais Bryce s'était débarrassé d'un frère et d'un fils, il savait que de telles choses n'arrivaient pas uniquement par accident.


               
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Message Mer 24 Avr 2013 - 19:49

         La question de Bryce au sujet des Fer-nés était une plaisanterie très en vogue à Villevieille ces derniers temps. L'humour est toujours la réponse du plus adroit d'esprit sur le plus fort de bras, et quoi que l'embouchure de l'Hydromel n'ait pas eu à souffrir l'impertinente présence d'aucun boutre fer-né, pendant longtemps la ville avait vécu dans la crainte et la peur de voir les ennuis gris et salés se presser dans la rade de son port. Clarence se demandait volontiers ce que l'or et les richesses des pillages connaissaient comme avenir, dans les Îles de Fer. Y avait-il sous Pyk une grande caverne abritant les biens et possessions ainsi accumulés ? Ni les dragons d'or, ni les bijoux, ni les précieux trésors ne nourrissent le corps, alors si Clarence pouvait comprendre que les Fer-nés pillent les réserves de nourriture et de boisson, il peinait en revanche à saisir l'intérêt pour ces mécréants de s'encombrer d'un butin inutile et sans intérêt ? Si la possession pour la possession était la seule valeur morale que connaissait les Fer-nés, ils étaient finalement plus à plaindre qu'à craindre, et Clarence les imaginait volontiers assis sur des montagnes d'or et de pierres précieuses, le ventre creusé par la faim et le front rougi de la folie de leurs prétentions. D'une façon plus pragmatique, le Grand Argentier s'attendait en effet à ce que les forteresses de chaque lord Fer-né abritent en leur sein le magot des rapines qui terrifièrent la côte ouest du continent ces dernières lunes. Une grande part des richesses perdues seraient retrouvées si lord Greyjoy et ses vassaux les avaient docilement conservées... ce qui était à la fois absurde et paradoxal. Les Fer-nés n'étaient pas des contrebandiers qui pillaient et volaient pour revendre... mais ils n'étaient pas non plus des bandits gourmands animés du seul désir de posséder des montagnes de trésors... Cette énigme fer-née verrait-elle un jour sa solution ? Sans doute à l'issue de la guerre, quand serait décidé le sort de ces rebelles. Clarence espérait de tout cœur que la Main du roi saisirait l'occasion pour faire un exemple et s'attendait donc à des punitions nombreuses, sévères, terribles. Il était vain d'espérer faire entrer quoi que ce fût dans la tête d'un Fer-né, qui demeurerait toujours sujet à la rébellion, mais le reste du royaume serait sans doute sensible à une démonstration vigoureuse et puissante dans ses retentissements. Quelques exécutions, deux ou trois lords envoyés au mur, une dizaine d'otages... ce devrait faire l'affaire ! Mais la décision appartenait en définitive au roi, donc à lord Brynden Rivers. « S'agissant du goût des Fer-nés pour les richesses et les trésors, je me suis toujours posé la question... je doute cependant d'obtenir jamais une réponse satisfaisante. »

         Clarence entendit bien la remarque déplaisante à l'égard de leur suzerain Leo Tyrell et à vrai dire, il s'était étonné que lord Vyrwel n'aborde point ce sujet plus tôt dans la conversation. Tout le monde dans le Bief se souvenait du comportement et du geste de lord Tyrell à l'occasion de la bataille du Champ d'Herberouge, notamment à l'égard du prince Maron Martell, et les plus farouchement hostiles aux natifs et aux mœurs de la péninsule avaient considéré cela comme une faiblesse et une folie de la part du seigneur de Hautjardin. La haine de la Vouivre pour les Dorniens étaient palpables, alors naturellement l'attitude du Long Dard devait lui hérisser le poil et lui inspirer bien plus de mépris que d'admiration. Lord Hightower, quant à lui, n'avait pas cet a priori si négatif à l'égard des Martell, de leurs vassaux et du peuple de Dorne. Il n'était pas non plus dans la tête de lord Leo Tyrell et dans l'ignorance des réelles intentions de son suzerain, s'il en existait, Clarence préférait rester prudent et feindre le désintérêt pour la question. Après tout, lord Leo avait dans le temps offert des présents à tous les grands noms qui, au champ d'Herberouge, s'étaient retrouvés dans le camp des vainqueurs, n'aurait-il pas été grossier et insultant d'oublier le prince Maron Martell au prétexte que ses ancêtres et ceux du Long Dard partageaient une inimitié haineuse et rivale ? Vu l'excellente réputation à l'époque de tout ce qui fleurait dornien, un tel affront eût un retentissement dont sans doute ni Clarence ni aucun autre n'aurait pu anticiper l'ampleur. Le Grand Argentier préféra donc se taire à ce sujet, car il se doutait que toutes ses paroles d'apaisement n'auraient pas suffi à déloger l'opinion de lord Vyrwel de ses retranchements. « Je suis d'accord avec vous, le prince Baelor aurait fait un excellent roi. Quelle tristesse qu'il soit mort de la propre main de son frère, et quelle tristesse que ce même frère soit destiné à occuper le siège le plus convoité de tout le royaume... Quel dommage par ailleurs que ce siège soit si inconfortable. Je ne sais si vous avez eu l'occasion de voir le trône de fer, lord Vyrwel... C'est à se demander ce qui traversa l'esprit d'Aegon le Conquérant quand il en fit le symbole de son règne et son siège de fonction. Il se souciait certainement peu du confort de ses successeurs. Maegor Ier a été retrouvé mort assis sur ce fauteuil de malheur, peut-être même assassiné par le Trône lui-même d'après les plus fantasques rumeurs... Sans disserter plus longtemps sur l'inconfort de ce siège pour la lignée des Targaryen, j'y vois la plus élégante des métaphores et la plus subtile des ironies du sort. Ce trône a été forgé par le Conquérant avec les épées des rois et des seigneurs qu'il vainquit n'est-ce pas ? Et depuis longtemps, les pointes et les barbelures agacent le royal séant, lui rappelant sans cesse l'inconfort de sa position... C'est un peu la revanche posthume de tous ceux qui ployèrent le genou devant lui, qui sans cesse rappellent au dragon rouge que sa domination sur le continent ne sera jamais sereine et sûre. Vous n'êtes certainement pas insensible aux charmes de cette allégorie. »

         L'année 212, comme l'année 196, comme d'autres avant et d'autres certainement dans le futur, donnaient et donneraient raison aux remarques du Grand Argentier. Les Targaryen jamais n'auraient la main tranquille sur le royaume, il y aurait toujours périodiquement ici ou là des foyers de tension, de sédition et de rébellion. N'y en avait-il pas eu jusqu'au sein de la famille royale ? Clarence se permit d'ailleurs cette remarque acerbe, car il était désireux de mieux comprendre les propos de Bryce. « Si vous me permettez cette question, j'aimerais savoir ce qui vous a poussé par deux fois à vous déclarer en faveur du dragon noir. D'après ce que j'entends de vous sur lord Brynden Rivers et la « sorcière de lys », j'en déduis que vous avez, comme nous tous, une opinion très basse de la bâtardise... Or, il ne vous aura pas échappé que la lignée Feunoyr est née d'un bâtard d'Aegon l'Indigne, n'est-ce pas ? »
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Message Jeu 25 Avr 2013 - 15:50

Apparemment même l'homme en charge des richesses du royaume ne comprenait pas l'intérêt que les pillards des Iles de Fer pouvaient bien avoir pour les trésors qu'ils dérobaient. Peut-être le simple plaisir de les contempler. Dans le fond, les riches maisons de Westeros – telles que les Lannister ou les Hightower par exemple – ne dépenseraient jamais tout l'argent qu'elles possédaient. C'était un peu la même chose, à l'exception que les Fer-nés vivaient dans des forteresses miteuses et qu'ils s'habillaient comme des paysans du continent. Chercher à comprendre la logique d'un peuple qui ne se comportait pas de manière cohérente revenait à vouloir comprendre une langue dont on ignorait l'existence. Ainsi donc, Bryce ne répondit rien aux paroles du Grand Argentier.

Le sujet de Leo Tyrell ne fut pas relancé par lord Hightower, la Vouivre en déduisit donc que les deux hommes devaient être en bons termes ou du moins, que son interlocuteur ne souhaitait guère informer ses invités de la relation qui l'unissait à leur suzerain. Très bien, Bryce ne se montrait guère insistant en général, il considérait qu'il existait toujours d'autres moyens d'en apprendre davantage sur une personne. Inutile de forcer la porte d'entrée lorsqu'il y avait une fenêtre ouverte sur le côté.

Faisant écho aux paroles du Bieffois, lord Hightower déclara que le Prince Baelor aurait effectivement été un bon Roi. Mais rien ne servait de s’appesantir sur le sujet, il y avait fort à parier qu'ils trouveraient de nombreux sujets où leur avis divergeait. Baelor était bel et bien mort et personne ne pourrait le faire revenir d'entre les morts. La question de l'hôte à propos du trône de fer ne manqua pas d'intéresser Bryce. Non, celui-ci n'avait jamais vu le fameux trône de ses propres yeux. Les traîtres à la Couronne n'étaient guère appréciés à la capitale. Arborant une expression des plus neutres, le Vyrwel écouta patiemment son interlocuteur qui lui montrait à quel point ses connaissances étaient poussées. C'était une constatation qui plaisait beaucoup au seigneur de Noirvallon, rien n'était plus irritant qu'un homme dénué d'intelligence. Converser avec un individu aussi cultivé était très ressourçant et une fois de plus, le père de famille se désolait de savoir les Hightower du côté du Dragon. Quel plaisir cela aurait été de revoir lord Clarence plus souvent ! Mais une fois de plus, Bryce ne s'attarda guère sur ces détails, se concentrant sur la discussion bien plus intéressante au terme de laquelle le seigneur de Grand-Tour ne se priva guère de lancer une pique bien ciblée à son invité. Celui-ci se contenta d'observer le jeune homme face à lui avant d'arborer un très léger sourire en coin, difficile à expliquer.

« Pour répondre à votre question précédente, non, je n'ai jamais eu le plaisir de contempler le trône de fer. Voyez-vous, j'ai toujours juré à feu mon père que je ne poserai les yeux sur lui que le jour où un Feunoyr serait installé dessus, pas avant. Si je dois mourir sans l'avoir fait et bien tant pis. Votre description m'aura au moins permis de me l'imaginer, d'autant plus que j'apprécie particulièrement ce qui se cache derrière tout cela en effet. Suis-je si transparent lord Hightower, que vous deviniez sans peine ce qui m'amuse et me divertit ? »

Oh, Bryce ne pensait pas être l'homme le plus secret de tout Westeros, il avait un fonctionnement extrêmement simple à décrypter si l'on s'en donnait la peine. Malheureusement – ou heureusement tout dépendait des points de vue – les autres nobles des environs ne se penchaient que très rarement sur le cas des traîtres. Ce n'était pas Bryce qui allait s'en plaindre cela dit. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas oublié la question du Grand Argentier à propos des Feunoyr et il ne se laissa aucunement troubler par la raison qui poussait le jeune homme à la poser.

« Quant aux Feunoyr, je n'ignore effectivement pas qu'il s'agisse d'une lignée de bâtards. Pour être franc, cela n'a que peu d'importance à mes yeux. Mes réflexions à l'égard de la Main du Roi et de sa sorcière n'étaient pas directement liées à leur ascendance de bâtard. Même si lui-même n'en avait jamais eu, il ne percevait guère les bâtards comme des moins que rien, tout le monde avait quelque chose à apporter.
J'ai une vision très mitigée à l'égard des bâtards voyez-vous. Je n'ai rien contre eux, je considère qu'ils ont tous quelque chose à apporter et que les erreurs de leurs parents ne sont pas forcément à prendre en compte dans notre jugement à leur égard. Ceux qui cherchent à s'émanciper ont tout mon respect. De plus, voyez-vous, j'ai appris à mes dépends que certains enfants légitimes étaient bien moins fidèles que des bâtards. Tout dépend de la personne. Si vous faites croire à un homme qu'il est né bâtard, croyez-vous que son comportement sera différent de si vous lui disiez qu'il était le fils d'un Roi ? Selon lui, la réponse était oui. Ces bâtards devenaient ce qu'ils étaient tout simplement parce qu'ils étaient soumis au jugement des autres. Lancel aurait pu être pareil s'il avait été sensible aux critiques portées à l'égard de sa maison.
Si je soutiens les Feunoyr, ce n'est guère en raison de leur lignée. Après tout, ils ont aussi du sang Targaryen dans les veines. S'ils ont ma fidélité, c'est parce que je considère qu'ils ont bien plus à offrir que la maison actuellement en place. Qui sera notre futur Roi ? Un fratricide. Ensuite ? Un ivrogne passionné par les filles de joie. Ce n'est pas l'image que j'ai de la royauté. Les Feunoyr actuellement vivants m'apparaissent davantage comme dignes de ce titre. Qu'ils soient bâtards n'influence en rien mon jugement. Il inspira quelques secondes. Son ton était des plus calmes, la discussion ne le contrariait guère.
La lignée des Targaryen peut se targuer d'être pure à force de ne se marier qu'entre eux, mais ils omettent aussi un point d'importance : s'ouvrir à leurs vassaux. En limitant leur famille, ils s'isolent et finiront par se retrouver seuls et sans alliés. C'est pour cette raison que j'ai marié mes sœurs et mes filles à d'autres partisans, c'est pour cette raison que vous marierez vos sœurs à de puissants alliés. Je pense simplement que les Targaryen ont oublié comment jouer au jeu des trônes. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
Et vous lord Hightower, êtes-vous un grand joueur ? »

La question était rhétorique dans un sens, le seigneur de Grand-Tour avait suffisamment montré ses capacités à manipuler les mots et à obtenir des informations. Le jeu des trônes devait être une formalité, il avait bien le sang des Roi de Villevieille dans les veines.


               
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Clarence Hightower
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Message Lun 29 Avr 2013 - 16:11

          « Transparent ? Ce n'est pas le mot qui me vient à l'esprit pour vous décrire, lord Vyrwel. Si vous étiez si transparent, les raisons de votre venue ici n'aurait pas constitué pour moi l'objet d'interrogations préalables à notre rencontre. Si vous étiez si transparent, je n'aurais pas pris la peine de vous recevoir et de m'exposer au risque de voir des rumeurs jaillir à mon sujet quand il viendra aux oreilles de mes ennemis que j'ai reçu sous mon toit un homme qui s'affiche encore aujourd'hui comme pro-Feunoyr. » Clarence savait d'avance ce que serait le contenu de ces rumeurs pleines de la bile des hypocrites et de la fange des idiots. La racaille Vyrwel à Villevieille, reçue à Grand-Tour, admis aux côtés du Grand Argentier ? Lord Bryce le félon assis à la table de la plus ancienne famille de Westeros ? Quelle infamie ! Ces mots seraient sans doute sur bien des lèvres, mais lord Hightower s'en souciait peu, il avait survécu à de pires rumeurs qui coururent sur lui dans le temps. Il savait inoffensifs les petits esprits qui se plaisent à parler d'autrui sans savoir, à colporter sans mesure, à jouir de l'anecdote sans faire l'effort de la comprendre, car ils se limitaient eux-mêmes et fauchaient l'herbe sous leurs propres pieds. Recevoir chez lui lord Vyrwel pouvait susciter la controverse, Clarence n'en avait cure, il avait plus appris sur ce voisin au cours de leur discussion qu'aucun autre n'avait appris après des années d'enquête ou d'observation. La méthode paraîtrait suspecte aux moins subtils d'entre eux, mais quelle importance ? Il savait ce qu'il faisait et n'était pas prêt de s'interrompre. Nullement troublé par la question que posait Clarence, qui s'étonnait que Bryce ne mentionne pas la bâtardise du premier prétendant Feunoyr et donc de sa lignée, celui-ci répondit avec toute la résolution qui le caractérisait. Il apparut très clairement au Grand Argentier que la loyauté de la Vouivre allait au dragon noir par le cœur plutôt que par l'intérêt. Clarence fut toutefois surpris d'entendre que Bryce n'avait aucun mépris naturel à l'égard des personnes nées bâtardes ; en effet, il s'attendait à ce qu'un homme tel que lui eût une opinion terrible à l'égard de ces enfants illégitimes qu'un patronyme honteux venait humilier toute leur vie durant. Snow, Hill, Flowers... autant d'êtres que Bryce aurait dû mépriser avec véhémence, mais il n'en était rien d'après ce que la Vouivre racontait. Cette position surprenait Clarence et le rassurait tout à la fois : il y avait encore des choses à apprendre sur lord Vyrwel et la conversation méritait donc d'être maintenue et prolongée.

          « Il est tôt pour dire d'un tel qu'il est un grand ou un petit joueur... Je serais bien en peine de vous répondre, mais j'imagine que d'autres ont leur avis sur la question. Tendez leur l'oreille, et vous ferez votre opinion. J'entends vos paroles, lord Vyrwel, et je remarque avec étonnement que vous me parlez d'honneur, de qualités, des preuves qu'on donne de sa valeur. Vous dîtes avoir une certaine image de la royauté. Si je vous comprends bien, ce sont d'abord les qualités d'un homme qui le déterminent comme roi, avant même sa naissance ? N'importe quel homme, pourvu qu'il convienne à vos critères, à cette image que vous avez, pourrait donc recevoir votre allégeance et motiver qu'on se batte à ses côtés pour le porter sur le Trône ? C'est une vision intéressante, qui justifierait même que le roi soit élu par ses vassaux plutôt que déterminé par l'impératif des décès et des naissances. Est-ce vraiment celle que vous défendez ? Je suis pour ma part très réticent. L'incapacité d'un roi ne peut selon moi justifier qu'il soit renversé, détrôné et spolié de son héritage. Car il n'existerait au sommet du royaume aucune stabilité, aucune tranquillité d'esprit pourtant nécessaire à la bonne marche des affaires. Chaque génération ne peut voir la naissance d'un grand homme ou d'un héros, il faut je crois savoir être patient. Bien sûr, j'imagine qu'il y a des situations où la rébellion se justifie et devient la seule voie possible. Mais l'incapacité ou le peu de charisme d'un roi me semblent insuffisants à justifier leur mise à bas du trône. Que reprochiez-vous au roi Daeron II, en 196 ? La proximité de ce roi avec les élites dorniennes dut vous agacer, je l'entends bien, mais y avait-il autre chose ? D'autres raisons qui vous ont poussé à rallier si ouvertement le clan Feunoyr ? » Clarence avait du mal à croire que les motifs de la famille Vyrwel à l'époque se soient résumés à leur hostilité envers la péninsule désertique. Il s'imaginait les raisons de lord Bryce bien plus complexes et développées, mais peut-être qu'il se trompait. Peut-être aussi que la Vouivre ne souhaiterait pas avec lui les partager. Mais Bryce était venu pour comprendre ce qui avait poussé les Hightower à ne pas suivre le dragon noir à Murs-Blancs alors qu'ils l'avaient partiellement suivi jusqu'en 196. N'était-il pas juste à présent que Clarence s'intéresse aux motivations de son interlocuteur quant à la cause perdue des Feunoyr ?  « D'ailleurs, même si le prétendant Feunoyr est entre les mains de lord Brynden Rivers, dans une geôle de la capitale, il est certain que, de l'autre côté du Détroit, les partisans qui n'ont pas pris part à Murs-Blancs s'organisent, et leur rang grossissent peut-être même déjà de ceux qui fuient nos contrées pour s'en aller les y retrouver. Songez-vous à les rejoindre, là-bas, aux côtés d'Aegor Rivers ? Ou à y envoyer votre fils ? Il faudra me donner des nouvelles de votre famille, d'ailleurs, j'ai été fort impoli de ne pas vous en réclamer. Mais pour en revenir à notre conversation... Je me demande si les choses auraient été différentes, à Murs-Blancs, si vous aviez bénéficié de l'appui d'Aigracier... Daemon II aurait-il suscité plus d'enthousiasme s'il avait eu entre les mains l'épée Feunoyr, qu'Aegor Rivers a préféré conserver ? J'imagine que nous n'aurons jamais les réponses à ces questions, mais je reste curieux de connaître votre avis. » Bryce avait-il pour projet de rejoindre ses amis pro-Feunoyr dans les Cités-libres où ils avaient trouvé refuge, en attendant de peut-être se lancer à nouveau à l'assaut du Trône de fer pour en déloger le dragon rouge ? Clarence se posait la question avec grand intérêt. Il se demandait toutefois si son interlocuteur lui confierait ouvertement un tel projet. Probablement pas, mais lord Vyrwel aimait manifestement s'amuser de la conversation... alors tout demeurait possible encore.
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Message Lun 29 Avr 2013 - 18:42

La réponse de lord Hightower au sujet de la transparence de son invité, fut la bonne. Même si rien ne se dessina sur le visage de Bryce, ce dernier apprécia de constater que son hôte ne le percevait guère comme un homme facile à cerner. Bien souvent les gens se disaient qu'un individu qui s'auto-procclamait partisan Feunoyr ne pouvait rien dissimuler. La plupart de ses voisins l'assimilaient à un sombre idiot qui n'avait pas su retirer sa tête avant que la guillotine de tombe. Le seigneur de Grand-Tour semblait percevoir les choses avec plus de recul. Bryce n'en attendait pas moins de lui, il avait face à lui un individu qui voyait au-delà des apparences. Dans le fond, se réjouir de cela pouvait être aussi idiot qu'imprudent, après tout, si le Grand Argentier parvenait à le sonder, il prenait le risque de se mettre en danger. Mais rien ne valait la peine de s'y intéresser s'il n'y avait pas une parcelle de risque. Plus le danger était élevé, plus la récompense était importante.

« De belles rumeurs qui viendront à vos oreilles, je n'en doute pas une seule seconde. Les rebelles semblent être un sujet inépuisable pour les colporteurs de ragots. Mais est-ce que la moitié d'entre eux seraient capables de me reconnaître ? J'en doute. »

Son nom était connu, il parlait sa vanité. Nombreux étaient les loyalistes qui savaient que la maison Vyrwel était un adversaire à tenir à l’œil, non par le danger qu'elle représentait, mais tout simplement par sa ténacité. Depuis toujours, la Vouivre veillait à ce que les siens passent pour plus passifs qu'ils ne l'étaient réellement, une manière de faire croire à leurs voisins qu'il n'y avait aucune raison de les craindre.

La discussion enchaîna sur le goût que le Grand Argentier avait pour le jeu. La réponse intéressait sincèrement Bryce qui se montrait particulièrement attentif à ce qu'il entendait. Une fois de plus, les paroles de lord Hightower étaient lourdes de pensées justifiées et parfaitement adaptées à la situation. Leur vision était apparemment opposée sur ce plan, là où lord Clarence voyait un héritage légitime et mérité, Bryce voyait le désir d'une famille dépassée, de conserver la main sur un pouvoir qu'elle ne méritait plus. Le changement avait du bon, la pression aussi. Le Vyrwel n'était pas un homme patient sous bien des angles, il voyait à long terme, très long terme même, mais ne tolérait pas l’incompétence. Son héritier, Lancel, était bien placé pour témoigner des exigences de son géniteur. Lord Vyrwel n'offrait aucun répit aux personnes de qui il attendait beaucoup. C'était aussi flatteur que pesant. Bryce n'arrêtait son attention que sur bien peu de monde, mais lorsqu'il le faisait, il se montrait intraitable. Un tyran, il méritait son surnom.
Le seigneur de Grand Tour enchaîna de plus bel sur les Feunoyr en parlant des partisans qui prévoyaient de fuir Westeros pour aller voir au-delà de la mer de Dorne. Une décision que Bryce désapprouvait et à laquelle il ne comptait pas se joindre, ni y envoyer son héritier. Lancel lui était bien trop précieux pour qu'il puisse s'en séparer, il avait d'autres projets bien plus importants pour le jeune homme. Le fait que lord Hightower prenne des nouvelles des siens était assez surprenant, mais particulièrement poli. Preuve que le Grand Argentier savait recevoir. Au terme des paroles de son interlocuteur, la Vouivre se laissa quelques instants de réflexion avant de répondre avec sincérité.

« Je pense que certains ont besoin de rêver. Tous n'ont pas la chance de posséder un esprit pragmatique et se complaisent dans les légendes, j'imagine que la présence de Feunoyr aurait apporté un petit plus à nos projets. Un peu comme les dragons utilisés par les Targaryen jadis, sans eux, leur conquête aurait-elle était aussi aisée ? Les petits esprits sont facilement impressionnables, il n'y a qu'à voir à Murs-Blancs, la beauté dont Daemon II est doté a su charmer de nombreuses demoiselles qui rêvaient de le voir emporter ce tournoi au détriment d'individus plus puissants. Alors oui, je pense que la présence de quelques artifices supplémentaires aurait aidé à rallier quelques partisans supplémentaires, mais ce n'est pas avec de belles robes et des bijoux de valeur que l'on rend une femme désirable, c'est avec la dot qu'elle apporte. À comprendre que si de telles possessions auraient pu aider les rebelles, elles n'auraient pas été suffisantes pour faire basculer la balance de leur côté.
Quant à quitter Westeros, ce n'est pas dans mes projets. Je ne suis pas homme à fuir devant l'adversité et je sais que mon départ ferait trop plaisir à certains individus. Je me dois de rester pour prouver à tous que les partisans Feunoyr ne sont pas effrayés pour si peu. Concernant mon fils, il m'est bien trop précieux pour que je m'en sépare. Les seigneurs rebelles ont tendance à mourir très rapidement ces temps-ci, je ne souhaite pas éloigner Lancel de Noirvallon alors que sa présence pourrait se révéler obligatoire d'ici quelques temps. Était-ce l'aveu de projets qu'il cherchait à mettre en place ? Bonne question. Un bref sourire éclaira ses lèvres.
Puis ma trésorerie est au plus bas suite à mon acte de mécénat, je ne pourrai même pas payer le voyage pour rejoindre mes comparses ! Autant limiter les dépenses, mon épouse se lamente déjà sur la perte de ses plus beaux bijoux. Mais rassurez-vous, tout le monde se porte au mieux. Grandir dans un fief comme Noirvallon vous forge un caractère résistant. »

Surtout lorsque le chef de famille se trouve être aussi exigeant que Bryce. Les Vyrwel étaient des Vouivres, non de simples moutons effrayés par le dragon. Le seigneur de Noirvallon n'avait pas répondu à toutes les interrogations de son vis-à-vis, il comptait garder une part de secret, tout en dévoilant certaines choses. Le Bieffois n'était pas idiot au point de tout avouer à son hôte bien évidemment, mais glisser quelques informations n'était jamais inutile, cela permettrait de voir jusqu'à où allait le bras du Grand Argentier. Ainsi, Bryce saurait réellement à qui il avait affaire.

« Concernant vos premières paroles, je considère en effet que n'importe quel homme qui posséderait les qualités requises à un Roi, pourrait avoir mon allégeance. Comme je vous l'ai dit, les maisons nobles de Westeros sont presque toutes menées par des moutons qui se rangent à l'avis du plus fort. Si ce n'était pas les Feunoyr, mais les Hightower qui s'étaient dressés face aux Targaryen, ma dévotion irait à votre encontre lord Hightower. Un nouveau sourire passa rapidement sur ses lèvres.
Je suis un homme exigeant. J'estime que n'importe qui peut devenir le meilleur dans son domaine à condition d'être correctement éduqué. J'ai formé mon fils à devenir le seigneur idéal pour notre fief, si j'avais désiré qu'il devienne le futur Roi de Westeros, je l'aurais éduqué dans cette optique. Notre Roi actuel est un adorateur des livres pour la bonne et simple raison qu'il n'a pas été pris en main correctement. Élevé par un homme compétent, il aurait pu devenir aussi bon Roi que n'importe lequel de ses prédécesseurs. Ses paroles laissaient entendre que l'enfance de son héritier n'avait pas dû être aisée.
Il est rare que l'on obtienne ce que l'on souhaite sans sacrifices, je suis certain que vous le savez. Les reproches que j'adresse au Roi Daeron II sont liés aux Dorniens, mais pas dans le sens où vous l'entendez. J'ai beau haïr ces individus, je ne suis pas le seul à avoir été victime de leurs attaques. Les Targaryen refusent depuis toujours de mêler leur sang à celui du peuple qu'ils gouvernent de peur de perdre leur pureté, pourtant il n'a pas hésité à donner sa sœur en mariage à un Prince Dornien. C'est un geste que je prends comme une récompense, offrir quelque chose que l'on a toujours refusé même à ses plus fervents partisans, c'est un cadeau unique. Considérant que les habitants de la péninsule pillaient, tuaient et violaient encore les Bieffois quelques années plus tôt, vous comprendrez ma colère. Le Roi souhaitait simplement asseoir davantage son autorité et s'assurer la fidélité des Dorniens en cas de problème. À votre avis, que ressentiraient les seigneurs des fiefs côtiers si le Roi décidait de donner l'une des femmes de sa famille en épousailles à Dagon Greyjoy pour sceller la paix ? Je suis persuadé que leur avis à son propos changerait du tout au tout. Un léger froncement de sourcils apparut l'espace de quelques secondes.
Ne trouvez-vous pas étrange qu'il ait décidé de donner la main de la seule femme que Daemon Feunoyr puisse avoir aimé et désiré épouser ? Le Roi savait parfaitement que Daemon ne laisserait pas la Princesse Daenerys être mariée à un autre, je reste persuadé que cette alliance a en partie eu pour but de déclencher une guerre au cours de laquelle les Feunoyr subiraient une lourde perte. Et il ne s'est pas trompé. Le Bieffois haussa finalement les épaules.
Mais peut-être n'est-ce là que les divagations d'un fou. Certains disent que je suis devenu paranoïaque à force d'ourdir des projets contre tout le monde. J'ai tendance à m'emporter quelque peu lorsque le sujet se prête aux spéculations. »

Il ne disait que la moitié. Bryce ne s'était pas emporté, chaque parole avait été pesée et mesurée avant d'être prononcée. Ce discours ressemblait quelque peu à celui qu'il avait tenu vis-à-vis d'un jeune chevalier Bieffois qu'il avait rencontré récemment, mais le but que la Vouivre visait en disant tout ceci, n'était absolument pas comparable. Nul doute que lord Hightower allait trouver à répondre après un tel discours, mais c'était justement bien là ce que Bryce souhaitait.


               
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Message Mar 30 Avr 2013 - 1:04

         La puissance évocatrices des symboles n'était plus à démontrer, Clarence comprenait tout à fait où lord Vyrwel désirait en venir. L'épée Feunoyr, les dragons, le Trône de fer, le Feu et le Sang, un certain nombre de symboles qui étaient autant d'attributs de la puissance et de la légitimité de la maison Targaryen comme souveraine du continent. Chaque grande famille avait ainsi son lot de symboles, indissociables de leur existence : les Stark avaient Winterfell, Glace, et cette devise incomparable ; les Tully avaient ces hautes joues, ces cheveux auburn, ces yeux bleus inimitables ; les Lannister avaient l'or de leur mine, ce dicton inoubliable, ces cheveux blonds ; Certains de ces symboles devenaient mêmes davantage des stigmates physiques qu'on retrouvait à chaque génération, à l'instar du nez royal des Hightower. Ce n'était pas le plus héroïque de tous les symboles d'une dynastie, mais c'était certainement sur le visage de chacun des membres de la famille un gage de leur appartenance par le sang. Pour s'en convaincre, il suffit d'arpenter certains couloirs de Grand-Tour ou visiter certaines salles de la Citadelle qui abritent des bas-reliefs qui représentent d'anciens et illustres membres de la maison à la tour auréolée de flammes : tous se caractérisaient par ce même nez busqué et pétri d'une noblesse vieille de plus de cinq mille ans. Clarence n'y avait pas échappé, son nez trônait au beau milieu de son visage comme les anciens Hightower au cœur de Villevieille. Outre ces considérations anatomiques et nasales sans grande valeur, le Grand Argentier ne pouvait qu'approuver les paroles de lord Bryce, alors il hocha la tête pour témoigner de sa compréhension de ce qu'il voulait dire. Les symboles étaient utiles mais ne pouvaient remplacer la force, la puissance, l'argent. Ils n'étaient qu'une surface brillante pour distraire les petits esprits qu'un peu de gloire et d'histoire suffit à tromper. Un miroir pour attraper les alouettes ! Des colifichets pour les caractères vains et coquets. Une épée d'acier valyrien et le colosse Aigracier auraient certainement aidé la cause Feunoyr, mais tout comme lord Bryce Clarence demeurait convaincu que la victoire n'aurait pas plus attendu les partisans du dragon noir. L'heure de ce dernier n'était pas encore venu.

         Son interlocuteur apporta une réponse intéressante aux questions de Clarence. Il n'était pas dans les intentions de Bryce de fuir à l'étranger, de s'en aller dans les Cités-libres pour y ourdir quelque terrible conspiration contre les Targaryen toujours en place à Port-Réal. Bryce déclara ne pas être le genre d'homme à fuir ses responsabilités, à courber face à l'adversité, ce qui était admirable, à tout le moins. Il révéla également qu'il était hors de question d'envoyer son fils à la rencontre des membres et des partisans exilés de la lignée Feunoyr, car sa présence à Noirvallon serait bientôt obligatoire et donc indispensable. Clarence, en écoutant cela, lui adressa un sourire parfaitement entendu, car il avait bien compris que son interlocuteur avait su délivrer cette information tout en la retenant pour ne point dissimuler l'essentiel : les raisons qui poussaient le père à garder le fils à la maison. Bryce avait l'art d'orienter la conversation à sa guise, et sans doute s'attendait-il à ce que le Grand Argentier s'engouffre dans la brèche et pose l'inévitable question. Allait-il le faire ? De prime abord, Clarence aurait pu hésiter, partagé qu'il était entre l'envie d'en savoir davantage et le refus de se laisser entraîner par les manœuvres de lord Vyrwel à la curiosité indécente et pleine d'un voyeurisme suspect. La diversion initié par ce dernier qui évoqua non sans humour encore une fois le mécénat dont il fit preuve en cédant bon gré mal gré une part de son trésor à la Couronne, laissa à Clarence le temps de choisir ce qu'il conviendrait de faire à ce sujet. Quand il évoqua ensuite l'éventualité d'une rébellion Hightower conte le Trône de fer, un sourire vint aux lèvres de Clarence, qui eut la politesse d'incliner la tête au témoignage de la loyauté de Bryce qui semblait sous-entendre qu'il avait toutes les qualités requises pour être un roi digne qu'on se batte pour lui. Cette charmante provocation ne tomba point dans l'oreille d'un sourd, pas plus que le reste des propos de la Vouivre qui lui permit de mieux comprendre ce qui avait poussé certains des partisans du dragon noir à se détourner du dragon rouge. Le comportement de Port-Réal était une des causes de la rébellion, cela ne faisait aucun doute, et Clarence le comprenait mieux après l'avoir entendu explicitement dans la bouche de Bryce, pour lequel il aurait pu éprouver de la compassion, s'il n'y avait eu entre eux l'invisible barrière de l'âge et de la distance, car lord Vyrwel et lord Hightower ne se connaissaient point encore personnellement. Mais ils en avaient déjà beaucoup appris l'un sur l'autre.

          « Le comportement de Daeron a surpris beaucoup de monde, lord Vyrwel, et j'en conviens qu'une grande confusion a longtemps régné dans les esprits à travers le royaume. Il va de soi qu'un mariage entre Targaryen et Greyjoy pour sceller la paix retrouvée serait un geste insultant, une véritable folie qui nous pousserait tous, sans doute, sous la bannière du premier nouveau dragon venu réclamer le Trône de fer. Mais les mariages qui ont scellé l'unification de la péninsule au reste du royaume... étaient motivés par des facteurs très pertinents, à l'époque. Le chemin de la guerre n'ayant pas réussi à achever la conquête des dragons sur le continent, Daeron a dû croire comme son oncle Baelor que le chemin de la paix serait plus efficace... Mais en décidant de l'emprunter, il s'est créé de nouveaux ennemis. Le temps sera nécessaire pour cicatriser les blessures du champ d'Herberouge et de Murs-Blancs, ne préférez-vous pas l'apaisement plutôt que l'entêtement ? Vous dîtes que vous devez rester pour prouver que les partisans Feunoyr ne s'effraient pas de « si peu », mais si je ne m'abuse, l'actuel prétendant de la lignée Feunoyr est captif de ses mortels ennemis. À vous entendre, on pourrait croire que vous nous préparez quelque grand événement ! Est-ce pour cela que votre fils doit demeurer chez vous à Noirvallon ? Il y aurait pourtant bien d'autres raisons, mais qui sait ? Votre maison a fait depuis longtemps la preuve de sa grande ténacité, alors je me doute bien que vous avez tous plus d'un tour dans vos sacs. Peut-être vivrais-je assez vieux pour voir la moisson de vos semis... si tant est que vous semiez bel et bien quelque chose. » Cela ne faisait aucun doute, mais Clarence ne voulait pas donner l'air de trop s'y intéresser, d'autant qu'il était persuadé qu'aucune surprise ne viendrait de lord Vyrwel qui n'allait pas prendre la fièvre d'un coup et lui avouer le secret de ses projets et de ses ambitions.  « Je constate que je manque à tous mes devoirs et qu'il n'y a personne pour me réprimander... Ma sœur Victoria n'est jamais là quand elle pourrait être utile, c'est un véritable drame. Parlez-moi de Noirvallon, comment se porte votre famille ? Les occasions sont si rares de nos jours, et l'on connaît parfois davantage nos lointains ennemis que nos proches amis ! »
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Bryce Vyrwel
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Seigneur de Noirvallon

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♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
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Message Mar 30 Avr 2013 - 17:47

Peut-être que les raisons du Roi de l'époque étaient justifiées, mais Bryce restait persuadé que cette décision avait provoqué l'hostilité de nombreux Bieffois. Les Dorniens étaient les ennemis naturels des Bieffois de l'avis du Vyrwel et il considérait comme anormal de voir leurs deux peuples être en paix. Il savait parfaitement que des maisons nobles de la péninsule pensaient la même chose que lui. Malgré leurs discordes, ils s'accordaient sur certains points et dans le cas présent, c'était qu'ils ne pouvaient pas vivre en paix. La Vouivre attendait avec impatience le jour où il pourrait assouvir sa vengeance en rayant la maison Uller de la carte. La vengeance était un plat qui se mangeait froid et c'était d'autant plus valable lorsque vous vouliez ourdir une autre rébellion à côté. Dans un sens, c'était particulièrement ironique de se dire que Bryce détestait les Targaryen comme de nombreux Dorniens. Cette idée ne faisait que l'agacer davantage, ces dégénérés du désert ne gagneraient pas cette guerre non plus.

Les paroles qui suivirent les déclarations de lord Hightower étaient aussi réjouissantes qu'amusantes. Bryce savait pertinemment que son interlocuteur n'espérait pas obtenir sa confession, ou alors il le pensait particulièrement stupide. Mais cela ne semblait pas être le cas jusqu'à présent. Le Vyrwel avait-il des projets ? Pas ceux que le jeune seigneur pouvait envisager en tous les cas. Bryce considérait que tout homme politique qui se respectait avait toujours un atout dans sa poche, une solution de rechange qui lui permettrait de se tirer d'un mauvais pas. C'était le cas du seigneur de Noirvallon, il allait préparer certains projets, mais qui n'étaient connus que de lui pour le moment. Lancel y avait pris part involontairement, son géniteur ne lui ayant pas encore annoncé tout ce qu'il avait ourdi. Chaque chose en son temps, rien ne servait de se presser, cela ne menait qu'à l'échec ! Avec la fuite des autres partisans, Bryce allait devoir venir à des choix qu'il aurait préféré éviter. Mais c'était ainsi. Un simple sourire neutre se dessina sur les lèvres du Vyrwel tandis qu'il répondait d'un ton calme.

« Je crains que vous n'attendiez pour rien lord Hightower. Mes paroles ne sont que celles d'un homme qui ne baisse pas les bras, mais dispose de bien peu de moyens pour reprendre les rênes de sa vie ! Un homme aigri comme dirait ma douce épouse, je ne connais guère l'apaisement, l'entêtement me sied davantage. C'était le moins que l'on puisse dire. Bryce n'était pas réputé pour être un homme qui pardonnait, au contraire, il avait la rancune très tenace.
Et vous l'avez dit vous-même, Daemon est prisonnier et n'est pas près de revoir la lumière du soleil hormis aux travers des barreaux de sa nouvelle demeure. Je crains que toute tentative ne soit qu'un coup d'épée dans l'eau ! La présence de mon héritier est simplement liée à mon désir de voir ma maison entre de bonnes mains, il faudra qu'il apprenne de mes erreurs. Lancel est encore jeune et est loin de posséder votre sagesse. »

Dénigrer son fils était une chose que Bryce faisait fréquemment. Le jeune homme avait rapidement compris que ce n'était aucunement lié à son incompétence, mais bel et bien pour tromper l'ennemi. Présenter son fils comme un homme difficile à éduquer et incapable de tenir un fief correctement revenait à apaiser les inquiétudes de ses voisins. Lancel était né pour être un homme de l'ombre malgré son physique qui attirait l'attention. Il s'en servirait pour s'attirer les faveurs d'autres seigneurs, Daemon Feunoyr l'avait démontré à Murs-Blancs, une beauté physique pouvait être une arme aussi dangereuse qu'une épée bien aiguisée. Jusqu'à ce jour, lord Hightower n'avait jamais vraiment fréquenté l'héritier de Noirvallon et ne pouvait donc pas vraiment savoir ce qui était vrai ou non dans les paroles de son invité.

Il se renseigna d'ailleurs sur la santé des membres de la famille Vyrwel. Bryce l'avait très brièvement abordé dans sa réponse précédente, mais réellement s'attarder sur ce détail, mais apparemment son interlocuteur tenait à en savoir davantage. Les proches de Bryce étaient des personnes manipulées ou consentantes. Lancel et Godrik, le frère de Bryce, étaient par exemple ses plus importants soutiens, mais ses filles ou son épouse subissaient davantage sa tyrannie qu'elles n'en profitaient. Loin de se laisser démonter, le seigneur de Noirvallon répondit d'un ton calme.

« Ma famille est relativement isolée, les visites sont rares et nous vivons en quasi autarcie. Étrangement, j'ai le sentiment que les événements récents ne feront qu'accentuer cette isolation. Il soupira légèrement sans que l'idée ne semble le contrarier.
Mon épouse se porte particulièrement bien, elle a fort à faire avec notre dernier-né et malgré les années qui passent, elle semble encore trouver plaisir à materner. Voilà tout ce que l'on peut attendre d'une bonne épouse après tout. Remarque misogyne une fois de plus. Bryce faisait référence à son dernier fils, Daemon, né il n'y a que deux ans de cela.
Quant au reste de la famille, mes filles sont toutes mariées et donc éloignées de nos tracas quotidiens et les enfants qui me restent sont trop jeunes pour comprendre les malheurs qui tombent sur notre maison. Excepté Lancel, mon héritier, mais il a aussi fort à faire avec son propre fils, sans compter que son épouse vient malheureusement de nous quitter. Comme vous le constaterez, tout le monde a de quoi s'occuper, même sans rébellion à mener. Nouveau sourire, très léger, un simple clin d’œil destiné à son interlocuteur.
Concernant votre famille, il me semble que d'importants changements ont eu lieu si je ne m'abuse ? J'ai eu vent du mariage de votre sœur la plus âgée avec le seigneur de La Treille ? Il se dit aussi que vous seriez en affaire avec la maison Florent pour un éventuel mariage avec lady Alysanne. Une rumeur qui lui venait de Port-Réal et que son frère lui avait récemment rapportée.
Quel drôle de hasard, elle se trouvait justement à Murs-Blancs, elle a d'ailleurs offert son soutien au Freuxsanglant, je suis persuadé que ce sera une dame à la hauteur de vos attentes, même s'il m'a été donné de la voir valser entre les bras d'un rebelle Dornien. Une chance que vous ayez l'esprit ouvert lord Hightower. »

Un léger hochement de tête salua cette « ouverture d'esprit » en espérant que s'il épousait cette femme, celle-ci ne soit pas toute aussi ouverte aux visites d'un coureur de jupon du désert. Le bâtard d'un rebelle, voilà qui viendrait faire mauvais aloi dans la vie bien rangée du Grand Argentier !


               
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