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Clouer le bec au Rossignol dans sa propre cage [Elyas]

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Blayne Caron
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"No Song So Sweet"
Sire des Marches

♦ Missives : 183
♦ Missives Aventure : 29
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 22/06/1988
♦ Arrivée à Westeros : 28/11/2012
♦ Célébrité : Craig Parker
♦ Copyright : Floob
♦ Doublons : -
♦ Age du Personnage : 31
♦ Mariage : veuf
♦ Lieu : Séréna
♦ Liens Utiles : Le Ménestrel de Séréna
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Message Jeu 4 Avr 2013 - 19:22

Décevant. Somme toute, voilà ce qu’avait été son voyage à Villevieille, décevant. Il y était allé dans l’optique de rencontrer d’influentes familles du Bief, nouer des relations, conclure des accords, et finalement il lui avait semblé que l’esprit festif du lieu avait balayé tout cela, le laissant avec un goût amer dans la bouche. Oh, certes, il avait profité de son séjour, évidemment, mais son bilan sonnait résolument creux à l’arrivée, ce qui était loin de faire ses affaires. C’est pourquoi quelques temps après son retour à Séréna, Lord Caron gardait la mine sombre des mauvais jours, décrochant à grand peine quelques mots à sa mère lorsque cette dernière le sollicitait, et écoutant d’une oreille distraite les différentes interventions de ses conseillers. Les affaires à régler semblaient également se multiplier, ce qui laissait peu de temps libre au seigneur des lieux pour se changer les idées, et l’entraînaient dans une sorte de routine morose. Le temps avait de plus entreprit de se couvrir, sa faisant de plus en plus maussade, et si les ondées étaient accueillies avec joie par ses sujets après un été aussi long que rigoureux, lui trouvait désagréable cette impression de grisaille environnante, qui semblait se coupler à merveille avec son moral, et ne faisait en conséquence que renforcer son amertume actuelle.

Restaient les repas, instants bénis où tous s’affairaient à remplir leur panse sans plus se lancer dans de grandes tirades à son égard, tout au plus vantant les mérites du maître queux et son assaisonnement judicieux des plats, ce qui lui permettait de ruminer autant qu’il le souhaitait, bien qu’également occupé à assouvir sa faim. Les journées se faisaient particulièrement mornes ces derniers temps à Séréna, et Blayne pensait en cet instant qu’il aurait eu besoin d’un grand bol d’air frais pour se changer les idées, voir de nouvelles têtes, mais s’absenter une fois de plus en un si cours laps de temps était tout bonnement inenvisageable, ses devoirs seigneuriaux se rappelant sans cesse à lui. En ces instants, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de penser à son père feu-Lord Rosland, et l’idée lui venait parfois que ce dernier avait dû rencontrer pareille situation en bien des occasions, son épouse à ses côtés.

Le Sire des Marches était donc en train d’arracher à pleines dents la chair d’une cuisse de poulet rôti quand le silence se fit brutalement dans la Grande Salle, le pépiement des différents antagonistes laissant place à un léger chuchotement, qui finit lui-même par s’éteindre. La raison de ce brusque changement de ton par les convives trouvait racine dans l’irruption d’un nouvel arrivant par les portes à double battants, sans qu’il n’eût été préalablement annoncé. Lord Caron haussa un sourcil devant l’apparition de ce nouveau venu, tant intrigué par ses raisons qu’interloqué par sa dégaine pour le moins pouilleuse. Couvert de loques, il osait se présenter ainsi à la table seigneuriale ? Sans même y être invité ?

Mais avant même que le seigneur des lieux n’ait eut le temps de décider de sa réaction, vraisemblablement d’en appeler à ses gardes pour ôter ce malotru de sa vue, mais pourquoi pas pour l’interroger dans un premier temps pour étancher la curiosité que le vieil homme avait fait naître en lui, une voix délicate s’éleva, usée par les ans, pour s’adresser directement à ce dernier.


« Bien, bien, je vois que vous avez fini de vous préparer. J’espère que les quartiers qui vous ont été attribués sont à votre goût, et que vous avez ainsi pu récupérer de votre long trajet. J’ai entendu bien des éloges à l’égard de votre talent, aussi ai-je de grandes attentes quant à votre prestation ! »

Lady Maeda. L’homme que Blayne aurait sans nul doute pris pour un simple vagabond et éconduit céans était ainsi venu sur l’invitation de sa mère. Une fois de plus, cette dernière s’était arrogée un droit de décision sans même chercher à consulter son fils au préalable, ce qui irritait systématiquement ce dernier. Cependant, dans un effort louable de ne pas dégrader l’atmosphère plus qu’elle ne l’était déjà, Lord Caron contint à grand peine l’accès de colère qui menaçait de monter, et se renfrogna. Le mal était déjà fait, nul besoin n’était d’en ajouter plus. Il en vint même à se demander ce que s’apprêtait à exécuter celui qui était donc manifestement un bateleur, espérant un court instant quelque nouvelle ballade accompagnée au luth, avant de donner à l’individu son approbation pour commencer d’un simple geste de la main, et de se replonger dans ses sombres pensées, auxquelles s’ajoutait maintenant une vexation de plus perpétrée par celle à qui il devait bien des aspects de sa situation présente…



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Message Jeu 11 Avr 2013 - 21:58

Si le festival de Villevieille n’avait pas été une franche déception il n’avait pour autant pas comblé les attentes d’Elyas qui y était venu chercher un grand coup d’éclat à rajouter à ses faits d’armes. Les festivités avaient notamment été plutôt divertissantes et le vagabond avait par la même occasion put interférer dans l’existence de divers personnages çà et là mais sa principale cible n’avait pas connu l’humiliation publique qu’il avait tenté de lui faire subir. Lantheia ne s’était pas ridiculisée devant ces gradins remplis de belles personnes et s’il avait bien pu abimer quelques-unes des possessions de la vieille pie pour lui rappeler combien elle s’était trouvée démunie quelques années auparavant, le pouilleux avait tout de même ressenti une certaine frustration en quittant la cité.

Avec l’hiver approchant à grands pas la perspective de prendre la direction du nord n’avait pas constitué une cible très attrayante, suivant lui aussi un cycle de migration le vagabond n’avait jamais passé la mauvaise saison plus haut que Port-Réal car la neige rendait bien souvent les routes impraticables pour quelqu’un dépourvu de monture, en plus de rendre l’idée de dormir à la belle étoile purement suicidaire. Aussi avait-il erré une petite quinzaine de jours dans le Bief, allant d’auberge en auberge au gré de ses envies, durant cet intervalle de temps Elyas se rendit indirectement coupable d’un encouragement à l’adultère, de vol, et plus généralement de diverses mesquineries aussi basses que sa personne. Tout cela n’avait eu d’autre but que de tromper l’ennui dans lequel le conteur retombait chaque fois qu’il ne trouvait de public intéressant ou de personnages sortant de l’ordinaire, à la façon d’un enfant sadique torturant une fourmilière il s’immisçait dans la vie d’autrui et lui nuisait pour la simple curiosité d’observer sa réaction.

Bien vite cela l’avait de nouveau lassé, ne cessant de ressasser ce semi échec face à sa vieille ennemie de scène le pouilleux s’était trouvé incapable de profiter de ses petits tours routiniers tandis qu’il avait visualisé sans cesse la vieille pomme fripée qui tenait lieu de visage à la fausse diseuse de bonne aventure. Tant par nécessité de trouver un abri plus sédentaire le temps que les beaux jours reviennent et envie de fréquenter ces nobles dont les existences s’avéraient tellement plus amusantes, Elyas avait entrepris de se présenter à divers châteaux de la région pour offrir ses services d’amuseur. Certaines forteresses avaient été soigneusement évitées puisque dans celle-là l’on racontait encore l’histoire du vieux vagabond qui avait apporté le malheur aux petites gens des environs et que le vieillard en question n’avait eu nulle envie de se balancer au bout d’une corde. C’était là un des inconvénients d’avoir eu une longue vie, les ennemis se faisait plus nombreux au fil des ans et l’on se voyait contraint d’attendre un apaisement de leur part ou plus simplement leur mort.

Ses pas l’avaient finalement mené à la grande demeure du Sire des Marches, rien que cela. Séréna, chef-lieu de la Maison Caron et havre potentiel où le vagabond avait décidé de tenter sa chance. Lorsqu’il s’était présenté aux portes on ne l’avait pas immédiatement chassé, premier bon signe laissant entendre que peut-être les propriétaires des lieux appréciaient les divertissements n’impliquant pas de se désarçonner ou de s’étriper. Passant d’un intendant supposé à un autre, l’ancien saltimbanque avait eu la surprise de ne pas être conduit devant le maître de l’édifice mais devant une noble Dame encore plus vieille que lui et dont l’allure donnait à sa propre personne celle d’un tas de fange à pattes. Elle s’était entretenue brièvement avec lui, posant diverses questions quant à son passif et à ses talents, ce à quoi Elyas avait répliqué en bon orateur, c’est-à-dire avec moult mensonges ni trop humbles pour se rendre inintéressants ni trop exagérés pour ne pas perdre en crédibilité. Cela avait semblé fonctionner et on lui avait donné un endroit bien à lui où dormir le temps de se préparer pour exécuter sa prestation au prochain repas.

Loin de faire le moindre effort pour se rendre plus présentable, son apparence disgracieuse faisait tout autant partie de son personnage que sa voix, le pouilleux attendit que le banquet fût bien avancé et entra dans la salle par la grande porte sans avoir pris la peine de s’annoncer. Les traits en partie dissimulés sous la lourde capuche malgré le toit au-dessus de sa tête, il se régalait déjà des divers froncements de nez et regards peu chaleureux que les personnes attablées lui adressèrent en remarquant sa présence. Voilà ce qui était tout simplement merveilleux avec les bien-nés, de toute leur hauteur ils n’y voyaient bien souvent pas plus loin que la première couche de crasse et avaient malgré tout le pouvoir de renverser le cours de l’histoire. Marchant d’un pas lourd mais nullement pressé, Elyas vint se placer devant la table à quelque distance de l’homme occupant le siège d’honneur et très certainement le rôle de seigneur des lieux avant de s’incliner avec une exagération toute théâtrale. Avant que quiconque n’ait la liberté d’intervenir la même Lady qui avait toléré sa présence entre ces murs prit la parole, tant pour officialiser sa venue que pour échanger des politesses d’usage. Le vagabond avec un léger sourire, jouant de sa voix pour que nulle oreille ne manque ses mots :

« La générosité de la Maison Caron n’est nullement exagérée. Aussi vais-je veiller à offrir un divertissement à la hauteur de vos espérances. »

Il salua ensuite chacun avec une nouvelle courbette pour marquer chaque titre, celle adressée au dernier étant notamment plus marquée :

« Dames, Messires, mon Seigneur. »

L’ancien saltimbanque recula ensuite de quelques pas afin d’occuper le centre de la scène improvisée et laissa filer plusieurs secondes pour qu’un appréciable silence s’empare de la salle tandis que divers spectateurs manifestaient leur curiosité à son encontre. Jouant sur les diverses intonations que lui offrait son meilleur outil de travail, il commença :

« L’on dit que les contes sont bien souvent réservés aux enfants au moment du coucher alors qu’au-dehors gronde l’orage ou plus simplement l’obscurité menaçante de la nuit, et pourtant pour chaque histoire nous trouvons une leçon à apprendre, jeunes comme vieillards. Le feu est là, de même que le confort, aussi permettez-moi de vous offrir l’un de ces récits, Messires. »

C’était une scène un rien inhabituelle en comparaison des diverses représentations que l’on offrait habituellement au cours des repas, loin des jongleries ou des ballades, la prestation restait emplie d’une certaine gravité que l’allure sinistre du conteur venait renforcer et accentuait la légère fascination morbide que l’ensemble suscitait. Qu’allait donc narrer cet oiseau de mauvais augure au visage presque dissimulé par sa tenue ?

« Autrefois dans les plus hautes montagnes, loin du regard des hommes et des dieux, seuls les oiseaux régnaient sur les pics enneigés délimitant leurs petits royaumes de vallées poussiéreuses où les proies se faisaient aussi rares que l’eau. »

Jouant de ses mains pour appuyer ses propos, Elyas commença alors à lentement déambuler çà et là, marquant un arrêt pour appuyer la fin de chaque phrase, maître de son art tant il y était rompu.

« Après des siècles de guerres entre les divers maîtres ailés du toit du monde seules trois races subsistaient. Il y avait d’abord l’aigle dont la noblesse et la puissance n’était plus à démontrer, si son intransigeance ne lui avait pas tant couté au fil des décennies il se serait sans peine emparé de tout. Venait ensuite le vautour, laid et contrefait mais aussi impitoyable que retors, n’hésitant jamais à s’avilir jusqu’à détruire jusqu’aux nids de ses ennemis. »

Refaisant face au seigneur de Séréna, le vagabond plongea son regard dans le sien et demanda avec douceur :

« Et enfin le dernier et le plus humble à cette époque, le rossignol chanteur qui bien souvent préférait la paix de ses mélodies à la cruauté des serres. Vous plairait-il d’entendre cette histoire, mon Seigneur ?... »
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Blayne Caron
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Message Dim 14 Avr 2013 - 19:57

Ainsi donc s’agissait-il d’un beau parleur. A en juger par son accoutrement, Lord Caron ne l’aurait jamais supposé, de prime abord, tant le contraste était saisissant. Voilà qui se révélait intriguant. Quel besoin était-il de se cacher sous de pareilles guenilles lorsque l’on avait le verbe aussi vif et mesuré ? Ne lui aurait-il pas été aisé de convaincre quelque mécène de lui fournir un accoutrement plus soigné, lui épargnant ainsi les mésaventures que rencontrerait inévitablement un vagabond cherchant asile ? Etait-ce un effet de scène, sciemment recherché, un personnage construit de toute pièce pour créer la surprise chez son auditoire ? Un véritable manque de moyens, l’homme étant un simple hère de basse extraction sans véritable succès ? Une supposée déchéance après avoir connu son heure de gloire ? Toujours est-il que si le vieil homme avait gagné une partie de l’attention du seigneur des lieux, celle du reste de l’assemblée lui semblait étonnamment acquise, d’ores et déjà. Siégeaient en cette instant à la table seigneuriale en sus du chef de la maisonnée Lady Maeda, sa mère, trois de ses cousins et cousines, issus d’une branche mineure, le sage Mestre Peryn, et finalement le gras septon Nolan, avide de bonne chère. Déjà l’on s’interrogeait sur la teneur de sa prestation imminente, l’homme ne semblant transporter avec lui aucun instrument.

Un silence attentif se fit donc dans la Grand Salle, qui dura quelques instants, et pourtant ce bref silence montrait bien à quel point la position d’un homme pouvait changer à tout instant, tant celui qui était considéré comme un vagabond quelques instants auparavant captivait maintenant l’ensemble des convives, pressés de profiter de cette distraction bienvenue. En cet instant, seul le craquement du feu dans l’âtre imposant de la salle et Blayne continuant son repas se faisaient encore entendre, les autres personnes présentes semblant grignoter distraitement en attendant que la représentation démarrât. Tout juste chuchotaient-ils entre eux, se lançant dans de brèves suppositions quant à la nature du spectacle à venir.

Les premières paroles que prononça l’étrange individu firent toute la lumière sur ses intentions, et force fût de reconnaître au Sire des Marches que le bougre s’en tirait admirablement bien. Son ton grave et solennel réussissait à capter l’attention de l’assemblée aussi sûrement l’aigle fondant sur sa proie, et son élocution aussi assurée que nette, rendant son récit agréable à l’oreille, insufflant rapidement vie au tableau qu’il entreprit de dépeindre, stimulant habilement l’imaginaire de son auditoire, tant par un changement de ton subtil que par des gestes habilement mesurés. Cet homme devenait une énigme intéressante pour Lord Blayne, plus habitué à tenir le rôle d’orateur que celui de public, ce dernier se complût à analyser la finesse de la maîtrise de soi dont faisait preuve le vagabond, chaque geste semblant accompagner son récit et lui donner plus de profondeur, jusqu’à chacun de ses pas, mesurés, rythmant ses paroles.

Le contenu de ses propos n’en était pas pour autant moins intéressant, et souleva bien évidemment l’intérêt du maître des lieux lorsque le troisième et dernier volatile choisi par le conteur se révéla être le rossignol, blason de la maison. Il avait été sans aucun doute choisi à dessein, mais pour le coup le noble ne put s’empêcher de s’interroger sur la portée de ce choix, alors même que l’homme s’adressait à lui pour quérir son assentiment afin de poursuivre son histoire. Que cherchait exactement l’individu en intégrant cette symbolique dans sa fable ? Etait-ce un simple hommage à ses hôtes, ou y avait-il une signification plus profonde dans tout ceci ? La présence du vautour en tant qu’antagoniste pouvait créer un parallèle amusant avec le Roi Vautour, dont il avait participé à la chute quelques années auparavant, cependant il était fort probable que l’individu ici présent n’avait pas eu vent de l’affaire. De fait, Blayne devait bien reconnaître ne pas être un expert en matière de contes populaires, aussi pouvait-il bien s’agir tant d’une improvisation que d’un récit bien connu du commun, auquel cas allait-il peut-être chercher trop loin. Il se décida cependant à répondre au bateleur afin de ne pas le faire attendre plus longtemps, ayant conscience d’avoir laissé ses pensées dériver un certain temps déjà.


« Ma foi, j’eus également apprécié quelque ménestrel afin d’agrémenter mon répertoire de nouvelles ritournelles, mais vous avez le mérite d’avoir éveillé l’intérêt de l’ensemble des convives ici présents, y compris celui non moins important de ma chère mère, aussi m’en voudrais-je de devoir interrompre pareille prestation entamée. J’espère néanmoins la morale de l’histoire un tant soit peu heureuse, tant je n’apprécierais guère de voir l’emblème de notre maisonnée donné en pâture à celui d’hommes des sables ! »

Un léger rire de certains des convives accompagna ces propos, alors qu’un sourire se dessinait sur les lèvres minces du Lord. Effectivement, les Noirmont étaient une famille de Dorniens installés à l’autre bout de la Passe du Prince, possiblement ceux dont les hommes avait barré l’accès de Dorne lorsque le Fléau du Printemps avait fait rage, aussi sans aucun fondement réel, Lord Blayne ressentait-il à leur égard, comme à celui de nombre d’autres dorniens, un ressentiment féroce, également sous-tendu par des siècles de mésentente et d’échauffourées entre les habitants des Terres de l’Orage et ces derniers. Et les personnes présentes en cet instant étaient bien conscientes de ces faits, tant ses cousins que Mestre Peryn ou le Septon Nolan.

De fait, l’aval du seigneur des lieux donné, l’ensemble des convives recentra son attention sur le conteur, dont l’introduction avait déjà soulevé l’intérêt de l’assemblée. Tous s’interrogeaient sur la suite du récit, la plupart ayant carrément interrompu leur repas afin de ne pas en perdre une miette et en profiter pleinement. Blayne Caron se devait de reconnaître le talent du vagabond, qui n’avait pas son pareil pour captiver son auditoire, restant simplement plus attentif que les autres à un éventuel second degré dans cette parabole entamée. Déjà, lady Maeda s’impatientait de voir l’homme qu’elle avait engagé reprendre son activité, le pressant de continuer sans plus attendre.


« Ne nous faites pas languir plus longtemps, je vous prie, il nous tarde de connaître la suite de votre histoire. Poursuivez donc ! »



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Message Dim 21 Avr 2013 - 20:11

Ainsi donc le seigneur avait-il quelque maitrise dans les arts musicaux, la chose paraissait presque étonnante quand bien des hommes ne semblaient considérer que la chasse et les joutes comme des divertissements dignes de ce nom. Même dans une région si prospère et prétendument civilisée que le Bief la plupart des nobles se résumaient bien souvent à un ramassis de brutes épaisses incapables de marcher et cligner des yeux en même temps, de l’avis d’Elyas. Deviner chez son potentiel mécène une fibre artistique était… eh bien aussi appréciable que prometteur. A la question du vagabond le maître de Serena offrit son consentement, non sans se permettre un bon mot sur la ressemblance voulue entre l’un des protagonistes du conte et le blason de sa Maison. Celui-là avait tout de l’homme avisé, peut-être y aurait-il matière à s’amuser pour le pouilleux s’il parvenait à gagner sa sympathie ou tout simplement celle de ses gens. Attendant que les rires s’estompent suite à la plaisanterie, il exécuta une rapide pirouette de ses doigts tout en s’inclinant une fois encore avec exagération et répondit :

« J’espère qu’au bout du sentier vous trouverez la destination désirée, mon Seigneur. »

Qu’il y en ait un grand nombre ou qu’ils soient issus de personnages illustres, le vieillard ne se sentait vivant que lorsque les regards se posaient sur lui. Terreur, haine, joie, curiosité, ou même dégout, qu’importait pourvu que son public soit absolument captivé, car en pareil instant même le plus modeste roturier pouvait se sentir le pouvoir d’un Roi. Et tout cela avec quelques mots et un rien de mise en scène, en prononçant les bonnes paroles au bon moment l’on pouvait tout obtenir de ce monde ! La première à l’encourager à reprendre le fil de son histoire fut la même noble matriarche à l’avoir invité en premier lieu dans ces murs, souriant pleinement tandis que sa capuche se chargeait de lui dévorer la partie supérieure du visage, Elyas gifla théâtralement l’air et cria presque :

« Eh bien reprenons, dans ce cas ! Cela ne saurait attendre car l’issue d’une guerre centenaire se joue dans ce récit ! Qui prévaudra ? Qui gagnera le droit d’écrire l’histoire et d’en devenir le héros éternel ? Qui clamera les cieux au nom des siens et gagnera le droit d’observer les mortels depuis les hauteurs ?! »

Sa voix se réduisit presque à un chuchotement, un de ces murmures comme confessés au creux de l’oreille mais qui par quelque placement de voix parvenaient encore à être entendus par l’auditoire :

« Découvrons-le ensemble, Messires… »

Le saltimbanque reprit alors ses déambulations devant son public, passant cette fois bien près des tables pour y regarder de plus près les convives. Il s’arrêta finalement au niveau d’un individu probablement encore plus âgé que lui et que la tenue comme la lourde chaine aux maillons hétérogènes désignaient comme un Mestre de la Citadelle. Ceux-là le vagabond les adorait tout autant qu’il les haïssait, leur certitude absolument sur la compréhension des rouages de ce monde les rendaient aussi aveugles que paradoxalement ignares, mais cette même certitude faisant leur faiblesse les rendait par la même occasion terriblement drôles dès lors qu’on abattait les murs de leurs croyances. Les imprononçables vérités, les secrets enfouis au plus profond des bois, ceux-là ne se voyaient jamais couchés sur le papier, et par bien des aspects le pouilleux analphabète se considérait comme plus érudit qu’eux. Il reprit alors le fil de sa narration :

« Bien sombre période que celle de cette guerre, à un été maussade avait succédé un hiver très rigoureux, si bien qu’au printemps suivant chaque camp se trouvait bien démuni en jeunes à même de poursuivre la lutte, ne restaient que les vétérans, ces survivants aguerris et bien souvent impitoyables qui n’envisageaient nul avenir où les trois races coexisteraient en harmonie. Avec le retour des beaux jours le sang allait couler, et probablement pour la dernière fois… »

Ses ongles glissèrent sur la table, griffant un rien le bois alors qu’il reprenait sa route le long des invités attablés.

« Les vautours, ignobles créatures, désiraient en finir plus que nul autre. Par avance ils se réjouissaient du festin de viande morte que leur apporterait la victoire, la chair des ennemis tombés comme celle des oisillons encore au nid représentaient le plus délicieux des mets… »

Pour marquer ses propos Elyas dévoila ses dents jaunis et les fit claquer sèchement avec un bruit de salive quasi-imperceptible, un rien de révulsion ne ferait que captiver davantage son audience.

« Mais le gros de ces volatiles contrefaits savait pertinemment que si les deux autres camps se liguaient lui et les siens finiraient exterminés, risque qu’il ne pouvait courir alors que le dernier assaut contre les aigles commençait à être soigneusement planifié. Il se rendit donc dans les humbles domaines des rossignols, prenant un air féroce il les menaça alors des pires maux, leur promettant que la mort serait une délivrance en comparaison de ce qu’il leur ferait subir s’ils ne se soumettaient pas à son autorité.

Et que firent les humbles oiseaux chanteurs ? Eh bien ils acceptèrent tout d’abord cette alliance imposée, glissant néanmoins avec subtilité que la présence du chef de guerre en ces lieux les étonnait puisque les aigles s’apprêtaient justement à venir affronter les vautours sur leur terrain. L’hideux émissaire s’en retourna alors rapidement dans ses confins, persuadé de l’arrivée proche de la menace, et oublia complètement les rossignols. »


A présent à quelques pas à peine de Lord Caron, le pouilleux secoua la tête avec une tristesse feinte qu’il exprima sans guère de difficultés dans sa voix.

« Et ces fameux aigles, me direz-vous ? Que faisaient donc les nobles propriétaires des hauts plateaux pendant ce temps-là ? Eh bien eux aussi réfléchissaient à la meilleure tactique et eux aussi envoyèrent un émissaire aux petits rossignols. Ah comme il était beau et majestueux, cet ambassadeur ! Tant de superbe pour un cœur au final si avili… Car oui si cela ne se remarquait pas à leur allure la race des aigles avait plongé dans la déchéance, en cédant aux nécessités impitoyables de la guerre leurs méthodes s’abaissèrent à copier celles des méprisés vautours. Eux aussi firent basculer des nids dans les abysses en contrebas, et à présent eux aussi venaient clairement menacer les petits oiseaux noirs d’éradication s’ils ne se soumettaient pas.

Une fois encore les mélodieux oiseaux ployèrent, mais exprimèrent leur désarroi en apprenant que si grand meneur se trouvait ici alors qu’ils savaient de source sûre que les vautours menaient l’attaque sur leur territoire en ce moment même. La suite vous la devinez, le rapace s’en retourna chez lui aussi vite que le vent pouvait le porter… »


Son pas se fit plus rapide, regagnant progressivement le centre de la salle en même temps qu’il s’exprimait avec davantage de force pour marquer la conclusion imminente.

« Je devine dans le regard de certains d’entre vous la réalisation de ce qui se produisit alors ! Convaincus d’une attaque de la part de l’autre camp, aigles et vautours s’en allèrent en force à la rencontre de l’adversaire sans guère se soucier des humbles rossignols. Ils y mirent tous les moyens en leur possession, jusqu’au dernier des leurs participait à l’attaque, et lorsqu’ils se rencontrèrent à mi-chemin sans avoir pu planifier de véritable stratégie… ce fut un massacre. Tant tombèrent ce jour-là, pas un n’en ressortit indemne et les rares survivants estropiés en furent réduits à mener des existences solitaires car les deux races venaient de se pousser l’une l’autre vers l’extinction. Plus de vautours décrépis ! Plus d’aigles arrogants ! Juste, quelque part dans les montagnes, une délicieuse mélodie… »

Plissant les lèvres, Elyas laissa échappa plusieurs notes aigues qu’il avait soigneusement préparées dans sa chambre quelques heures plus tôt. L’air restait très simple et ne dura que quelques secondes mais il n’y eut que lui à percer un silence attentif.

« La plus harmonieuse des voix, celle du rossignol devenu maitre des cieux, à la bassesse du sang il avait opposé la beauté des sons et pousser deux races de tyrans à quitter ce monde. La morale à retenir, mes Seigneurs ? Il y en a tant et je n’ai pas la prétention de toutes vous les donner car vous êtes bien capables de les comprendre par vous-mêmes, je me contenterai de vous offrir celle-ci : Nul chant n’est si doux que celui du rossignol victorieux. »

Le vagabond salua alors une dernière fois son public, demeurant penché alors qu’il attendait d’éventuels applaudissements ou au contraire des huées annonçant la fin de son séjour en ces lieux. Pour peu que sa prestation ait plu au seigneur de Serena et peut-être qu’il gagnerait le droit de partager le repas de ses invités à leur table.
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Message Mer 1 Mai 2013 - 19:32

L’ensemble de la prestation du vieil homme fut d’un niveau remarquable, rarement atteint par les baladins errants se présentant d’ordinaire au château. En cela la décision de Lady Maeda s’était révélée avisée, mais le seigneur des lieux connaissait son goût pour les arts du spectacle et divertissements raffinés en tout genre, aussi cela ne l’étonnait guère. Il fallait cependant reporter à son crédit d’avoir su déceler la perle dissimulée au sein d’un écrin de si inhabituellement pauvre qualité, grâce à son esprit affûté par les ans.

Le récit prit une tournure fort intéressante, s’éloignant de l’habituel triomphe de la noblesse d’âme et de cœur, qui se révélait finalement aussi pervertie que sa némésis, les deux dominants s’entraînant mutuellement dans leur chute au profit de l’intriguant qui avait su plier l’échine au moment opportun. Si tant est que ce fut celle que souhaitait transmettre le conteur, la morale qu’en tira le Sire des Marches pour sa part était à son sens particulièrement fine, et il ne doutait pas que l’orateur eût œuvré en réalité en ce sens. Plus qu’une délicate attention en reprenant à bon escient la devise des Caron, Lord Blayne y voyait un triomphe de l’intelligence et du jugement, en somme de la mesure et de la réflexion avant l’acte, sur l’engagement à cœur perdu en toute cause. Mieux valait savoir attendre son heure et œuvrer dans l’ombre à la déchéance de ses adversaires directs, les liguant au besoin les uns contre les autres, plutôt qu’entreprendre un coup d’éclat aux retombées néfastes en cas d’échec. Une analogie avec les conflits seigneuriaux pouvait ainsi aisément être faite, cependant une bien plus intéressante extrapolation se profilait déjà à l’esprit du Lord alors qu’il repensait aux Rébellions Feunoyr, dont la plus récente venait tout juste d’être déjouée dans le Conflans. Cette dernière semblait cependant de bien moindre envergure que la précédente, seuls les indéfectibles soutiens du Dragon Noir ayant osé prendre parti pour ce dernier cette fois ci.

Mais lors du soulèvement de Daemon Feunoyr, certains seigneurs, tels les Hightower, avaient pris soin de ne pas prendre parti, ménageant les deux camps dans l’optique de se ménager une place de choix quel que fût le vainqueur. Et s’il avait suivi son frère aux côtés du Dragon Rouge, suzerain légitime, lors de la bataille d’Herberouge, c’était bien une décision de son père, à l’esprit plus conciliateur, et désireux de se faire bien voir par le trône. Il avait même dans un souci d’apaisement accordé la main de sa fille aînée à un Dornien, malgré le ressentiment tenace à l’encontre de ce peuple qui avait cours dans la région, tant les échauffourées étaient fréquentes à l’époque ! Bref, l’actuel Sire des Marches était loin de partager l’empressement de son prédécesseur à embrasser les royales bottes, tant l’appétence targaryenne actuelle pour la Principauté des sables avait le don d’agacer le seigneur de Séréna. Sa rancœur personnelle à l’égard de ce peuple avait été attisée suite au Fléau du Printemps et la fermeture de leurs frontières, auxquelles il s’était alors heurté. Blâmer cette politique pour la mort de sa femme pouvait sembler excessif, cependant c’était ainsi que s’était reconstruit le noble, et il était peu probable qu’il remît son opinion en cause dans un avenir proche.

Pour en revenir à la prestation du vagabond loquace, elle s’attira l’approbation de l’ensemble de la maisonnée, les jeunes cousins du seigneur se révélant particulièrement généreux en applaudissements, mais les autres en prodiguèrent également, le plus avare se révélant être le Septon Nolan, occupé qu’il était à se resservir de poulet rôti. L’homme de foi avait de toute façon tendance à préférer les paraboles aux contes, qu’il qualifiait facilement de calembredaines. Blayne pour sa part manifesta un certain enthousiasme envers l’artiste, puis attendit que les acclamations se tarissent pour prendre la parole :


« Ma foi, voilà une fort belle fable, menée de main de maître. On aura bien ressenti de bout en bout la vie qui animait les différents protagonistes par votre intermédiaire. La chute aura eu le bon goût de consacrer le mélodieux rossignol, ce qui aura sans doute contribué pour une part à son succès en ces lieux, comme vous vous en douterez sûrement, mais j’ai pour ma part trouvé une profondeur insoupçonnée dans vos propos, avec une morale en filigrane qui ne manque pas de finesse. Vous aurez bien mérité le gîte et le couvert pour ce soir. »

Marquant une courte pause dans son discours, Lord Caron réfléchit rapidement aux tenants et aboutissants de ce qu’il s’apprêtait à dire. S’il n’invitait pas le vieil homme à sa table, sa tendre mère s’en chargerait probablement immédiatement, tant elle semblait avoir apprécié cette représentation. Cependant, Blayne rechignait à offrir une place à un vagabond, d’autant plus aussi misérablement vêtu. Il savait cependant pertinemment que si Lady Maeda outrepassait ses décisions à nouveau au cours de la soirée, il ne pourrait le laisser passer cette fois-ci, mais ne désirait pas pour autant gâcher la soirée de ses convives quand elle s’était jusqu’alors agréablement déroulée. Aussi parvint-il rapidement à un compromis, et l’énonça-t-il :

« Il me semble ne pas avoir eu le plaisir de connaître votre nom, puisqu’une tierce personne s’est chargée de vous engager. Qui doit-on féliciter pour cette agréable histoire ? »

Laissant le temps à son interlocuteur de répondre, il reprit :

« Et bien, pour vous remercier comme il se doit, je vous convie à partager avec nous ce repas, il reste encore suffisamment pour faire bonne chaire malgré le fort appétit de notre épicurien de Septon ce soir. Mais auparavant, je gage que vous souhaiterez vous rafraîchir, et revêtir sans doute de plus seyants atours. » Avisant une servante qui apportait un nouveau plat, composé de gibier, il l’interpella, lui faisant également signe d’approcher. « Ysolde, veux-tu reconduire promptement le maître conteur à ses quartiers, et lui préparer un broc d’eau afin qu’il se remette de sa performance ? » Il ajouta ensuite à voix basse « Veille également à mettre à sa disposition une tenue moins pouilleuse, que sa crasse ne gâte pas les mets servis, et qu’on lui prépare une place en bout de table, non loin du Septon Nolan. J’ai comme dans l’idée que cela pourrait se révéler intéressant.»

S’il ne cherchait pas à vexer le pieu serviteur des Sept, Lord Caron aimait de temps à autre le taquiner, tant sur son appétit parfois démesuré que sur d’autres sujets, et il devait avouer se demander ce que donnerait l’éloquence du conteur appliquée à un sujet plus commun. De fait, il lui tardait de converser avec ce singulier personnage.



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Message Mar 14 Mai 2013 - 19:33

Nul chant n’était si doux que celui du rossignol à en croire la devise de la Maison Caron, et sur ce point Elyas ne pouvait qu’être en désaccord. Le sanglot d’un être conscient d’avoir tout perdu, le cri de haine de l’homme trahi par celui en qui il avait le plus confiance, le soupir d’une jouvencelle contemplant un amour interdit… Tout cela chantait davantage aux oreilles du vagabond, il y trouvait la mélodie de l’humanité, un air que seuls les connaisseurs pouvaient apprécier car particulièrement sordide en soi. Mais encore au-dessus de ces choses se trouvait le tonnerre engendré par des dizaines de mains claquant à la foi pour célébrer une performance, chaque nuance le contentait, du jeune enthousiasme battant à s’en rougir les paumes à celui plus mesuré d’une matriarche divertie. Oui cette musique-là détrônait les vieux rois pour en sacrer de nouveaux sur la scène, le pouilleux s’en délecta allègrement, toujours incliné pour saluer son public apparemment ravi, et ne se redressa que lorsque le seigneur des lieux prit la parole.

Le maître de Serena avait de toute évidence lui aussi apprécié le spectacle, louant tant la forme que le contenu de son récit avant de soulever le côté fin de la morale s’y trouvant. A vrai dire l’ancien saltimbanque avait volontairement entretenu le côté flou de sa conclusion pour que chacun vienne y trouver ce qu’il était venu chercher, le politicien ferait l’éloge de cette fine manœuvre digne du plus habile diplomate tandis que l’artiste commun y verrait la victoire de la beauté sur la soif de sang. Cela importait peu à Elyas, le propre du conte consistait bien souvent à faire réfléchir le spectateur, et si le sien parvenait à faire cogiter quelques nobles grassouillets le temps d’une soirée tant mieux, à plus forte raison si cela lui garantissait un repas en prime d’une autorisation à se mêler à eux. Et c’est ce qui sembla se produire, en quelques mots Lord Caron s’engagea à lui accorder l’hospitalité le temps d’une nuit, ce que tout roturier aurait été heureux d’entendre. Mais la soirée n’était pas encore achevée, et qui savait, peut-être pourrait-il rallonger son séjour en persistant à plaire à certains membres de l’auditoire. Pour le moment le pouilleux se contenta de sourire à ce mécène provisoire, et lorsque le concerné lui demanda son nom il répondit :

« Les Sept soient loués pour votre générosité, Monseigneur. Quant à mon nom il ne vous dira probablement rien, l’on me voit bien plus parmi ceux de mon rang qu’à réciter devant si noble assemblée. »

Flatter son public tenait du gagne-pain, et le vieillard n’y rechignait jamais pourvu que cela lui profite à plus ou moins long terme.

« J’ai le plaisir de me nommer Marek, je crains cependant de n’avoir nul autre titre à fournir que celui-là. »

Et le sourire un rien désabusé pour ponctuer un parfait exemple de fausse modestie, parfait. Lord Caron reprit ensuite son discours, confirmant qu’il souhaitait le voir partager ce repas déjà bien engagé avec le reste de ses gens, juste avant d’ajouter quelque chose qui fit rire intérieurement Elyas à s’en déchirer les côtes. De plus seyants atours, lui ! Il n’entendait pas se défaire ainsi de ce qui faisait son personnage, tout comme il ne comptait pas opposer un refus catégorique à ce noble déjà affairé à murmurer à l’oreille d’une servante après l’avoir assignée à sa personne le temps de se débarbouiller. Cette messe basse le concernait certainement, mais son art impliquait de ne jamais briser le quatrième mur en soulignant ce genre de détails, aussi se contenta-t-il de déclarer avant de quitter la salle :

« Je vous remercie pour ces bienfaits et tacherai de ne pas décevoir vos invités pour le temps que nous partagerons ensemble, le gueux que je suis peux s’avérer d’excellente compagnie. »

Et il tourna les talons sans rien ajouter, franchissant les grandes portes par où il était arrivé à un bon rythme tandis que par-dessus son épaule il percevait les pas de la bonniche chargée de la tâche impossible consistant à le rendre vaguement présentable. Le vagabond ne lui accorda pas un regard jusqu’à être arrivé à ses quartiers, pas plus qu’il ne dit un mot lorsqu’elle lui offrit de l’eau et vint déposer une tenue d’intérieure de bien meilleure qualité que tout ce qu’il avait porté depuis au moins vingt ans. Ce ne fut que lorsque la jeune femme fit mine de prendre la porte qu’il lui saisit vigoureusement la main pour la retenir, braquant ses yeux révulsés dans les siens alors qu’il croassait faiblement :

« Elle n’est pas celle que tu crois, méfie-toi… »

Puis plus rien, Elyas desserra sa prise pour la laisser filer et commença à se changer, sa déclaration gratuite n’avait pas le moindre sens, son seul but consistait à ébranler les certitudes de la malheureuse quant à quelqu’un de son entourage en prime de faire déjà enfler sa réputation étrange parmi les larbins du château. Peut-être cela lui serait utile une autre fois, peut-être que non, le temps le dirait !

Quelques minutes plus tard l’ancien saltimbanque refit son apparition dans la salle du banquet, drapé dans ces vêtements frais qu’on lui avait gracieusement offerts mais portant toujours par-dessus sa vieille cape de voyage dont la capuche lui dissimulait encore une partie des traits. Le résultat final donnait un contraste étrange entre neuf et vieux, un décalage qui l’amusait déjà alors qu’il prenait place à côté d’un septon bedonnant, décidant déjà que le bonhomme lui servirait de partenaire d’improvisation le temps de regagner l’attention du seigneur assis non loin. Pour ce dernier il leva simplement la coupe devant lui, signe de politesse évident, puis il se tourna vers son comparse aux croyances terriblement guindées pour lui dire de façon à être entendu par beaucoup :

« Dîtes-moi votre Sainteté, selon vous quel genre d’enfant donnerait l’union de la Jouvencelle et de l’Etranger ? »

Le simple fait d’accorder pareil titre à un simple homme de foi suffirait certainement à réveiller le tas de graisse en question, s’il s’offusquait le vieillard n’aurait qu’à jouer sur l’ignorance coutumière dont la roture se voyait affligée. Quant à l’horreur d’un mariage entre la pure Jouvencelle et la figure la plus morbide du panthéon, l’image parlait pour elle-même…
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Blayne Caron
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Message Mar 21 Mai 2013 - 14:58

L’étrange individu aux talents de conteur qui se nommait donc Marek revint donc dans la grand salle quelques minutes plus tard, vêtu de fort curieuse façon : s’il avait accepté les vêtements proposés par Lord Caron, il ne s’était pas pour autant départi de sa pèlerine dont la capuche masquait toujours une bonne partie de son visage, l’autre semblant dévorée par une barbe mal entretenue, ce qui finalement ne laissait que peu de peau glabre exposée à la lumière des candélabres, empêchant de réellement discerner les traits de son visage, ce qui somme toute n’était pas un mal tant Blayne gageait que sous cette ombre devait se trouver quelque grossier faciès, usé par les ans et tanné par le soleil. Peut-être même aurait-on pu y trouver des marques de petite vérole, ou d’autres cicatrices aux origines diverses. Cette part de mystère que semblait distiller à dessein le vieil homme avait quelque chose d’amusant, d’intéressant, mais paraissait cependant parfaitement maîtrisée, comme par la force de l’habitude.

Le baladin prit donc place aux côtés du septon Nolan, là où Ysolde avait installé une assiette supplémentaire, et leva son verre à l’intention du maître des lieux, qui lui rendit son salut d’un hochement de la tête. La seconde partie du spectacle ne tarderait vraisemblablement plus à commencer, pensait le Sire des Marches, veillant à tendre l’oreille dans l’optique de ne pas en perdre une miette, et il n’était évidemment pas loin de la vérité puisqu’une question fort impertinente d’ordre religieux se fit entendre, adressée à celui qui serait pour l’instant ce soir le dindon de la farce, pauvre homme de foi qui aurait sans doute fort à faire s’il décidait de tenir tête à l’insolent bonhomme assis à ses côtés.

Mais la prime réaction du septon Nolan ne fut pas de s’indigner, ou s’insurger de propos si irrespectueux, loin de là. Dans un premier temps, le pauvre homme ne put que s’étrangler en avalant de travers la gorgée de vin qu’il venait de prendre pour aider à descendre gibier, légumes et pain, dont il avait été comme à l’accoutumée copieusement servi. Or donc, il fallut quelques instants à l’ecclésiarque pour se remettre de ses émotions, tant causées par les propos en eux-mêmes que par leurs conséquences directes, alors qu’à l’autre bout de la table se faisaient entendre quelques gloussements et rires étouffés. Si la religion n’était pas un sujet habituellement abordé à cette table, la cause en était principalement liée à un différend opposant l’homme d’église au lord, les deux ayant de guerre lasse décidé d’un commun accord de ne plus débattre sur le sujet. C’est donc avec délectation que Blayne savoura l’entrée en matière. S’il avait un profond respect pour le septon, et reconnaissait ses grandes qualités humaines, il était pour le coup curieux de voir si sa douceur proverbiale tiendrait bon face à de vraisemblables assauts répétés. Nulle n’était dans son intention en tout cas de stopper le conteur pour l’instant, désireux de le laisser gagner sa place à part entière à la tablée par la pointe de son verbe acéré. Et si lady Maeda sembla en cet instant tentée d’intercéder en faveur d’un apaisement et d’un changement de sujet, un geste de la main accompagné d’un regard sévère suffirent à lui faire comprendre que son fils n’avait nullement l’intention de la laisser agir comme bon lui semblait une fois de plus. Le discours non-verbal qui se dégageait de l’attitude de Lord Caron en cet instant était on ne peut plus clair : ce serait une fois de trop.

C’est un Nolan reprenant son souffle, et semblant pour le coup encore plus rougeaud qu’à l’habitude, qui entreprit de répondre à son interlocuteur, tentant de faire bonne figure alors qu’il savait d’aventure avancer en terrain miné, et était alors partagé entre une piété à toute épreuve l’enjoignant à défendre sa foi contre tout blasphème, et un désir de ne pas s’étendre une fois de plus sur un thème sujet à controverse en ces lieux, quand bien même il eût désiré réinsuffler quelque croyance chez son seigneur, ou tout du moins s’assurer de l’existence de ses vestiges, et tenter de la raviver. Il savait cependant pertinemment que le Fléau du Printemps et ses ravages étaient encore marqués au fer rouge dans l’esprit de ce dernier, et qu’évoquer un tel sujet frontalement aurait été aussi stupide que suicidaire. Il se doutait également que le seigneur de Séréna ne manquerait pas de relever toute approximation douteuse de sa part. Il choisit donc soigneusement ses mots pour répondre à l’individu à ses côtés, tentant de détourner délicatement le sujet sans s’emporter.


« Et bien, voilà une question bien singulière s’il en est. Je ne doute pas qu’en votre qualité d’orateur habile vous auriez une réponse toute trouvée si la situation avait été inversée. Pour ma part, j’aurais tendance à dire que l’œuvre de l’Etranger est inéluctable, et qu’il ne se manifeste que lorsque son heure est venue. Et plus que la Jouvencelle concernée, il serait de bon ton de ne pas oublier que les deux ne sont chacun qu’un aspect des Sept, un aspect de la Vie elle-même, et qu’il nous faut les accepter tous sans exception, ainsi que leurs actions, qui ne se font jamais sans raison. Et si nous n’en saisissons pas les motifs, ils n’en existent pas moins, quand bien même seraient-ils connus de l’Aïeule uniquement. »

Un léger sourire satisfait s’épanouit sur le visage du corpulent homme de foi, alors qu’il estimait s’être fort correctement tiré de ce guet-apens rhétorique, le septon Nolan se permit donc d’ajouter une légère pique à l’adresse du vagabond :

« Mais peut-être aviez vous une réponse plus argumentée en tête, ou des pistes sur lesdites raisons qui animent les actions des Dieux, auquel cas je serais fort aise de les entendre, il n’est après tout pas d’âge pour continuer à apprendre en tout domaine. »

Du côté du fauteuil seigneurial, une légère grimace de dédain accueillit subrepticement ces propos, mais Lord Blayne se retint d’entrer dans la conversation pour l’instant, préférant pour l’instant attendre la réponse de Marek, voir de quelle façon il se dépêtrerait de ce noeud de couleuvres.



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Clouer le bec au Rossignol dans sa propre cage [Elyas]

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