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Qui écrit des lettres d’amour doit avoir les mains moites.

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Chevalier
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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
Présentation d’Oberyn
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Capacités d’Oberyn
Chroniques de la Maison Dayne

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Message Jeu 28 Mar 2013 - 13:23


Qui écrit des lettres d’amour doit avoir les mains moites.


Le tumulte de la journée en était terminé. Fini les affrontements au fil de lames émoussées, fini les heurts comme les jurons alors que chaque chevalier s’échinait à faire montre de ses capacités. Tous redoublaient d’efforts, tous cherchaient à inscrire leurs pas dans les traces d’une Epée du matin à l’exemplaire comportement. Tous s’échinaient à prendre une place dans cette élite soldatesque, bien assez tôt, serait amenée à s’avancer hors de leurs terres pour combattre les armées de la grande seiche. L’on se prenait à rêver de coups d’éclats et de hauts faits d’arme là où les généraux des Météores ne voyaient que les possibles vies de leurs hommes fauchées bien trop tôt… A chaque nuit son lot de tourment quand Oberyn laissait défiler sur ses lèvres les noms de la centaine de combattant qui, ce jour, s’imposaient comme formant sa suite au-devant de l’adversité. Combien d’entre eux verraient leur existence sur des plages Fer-Nés ou dans des eaux salées ? Bien loin de leurs Rouges Montagnes et des eaux claires de la Torrentine serpentant en leur fief tant aimé… Bien des fois, cette pensée avait hanté ses rêves de bien plus désagréable manière que tous les cauchemars dont sa vie fut émaillée. A chaque jour suffisait sa peine et Ser Oberyn ne ménageait point la sienne, terminé invariablement ses journées trempé de sueur alors que sa musculature courbaturée lui intimait des mouvements aussi raides que désarticulés.

La brise marine heurtait de plein fouet son visage de ses caresses salées alors qu’Oberyn laissait ses yeux protégés par le charnel bouclier que lui offraient ses paupières closes. Des heures entières à se laisser bercer par le murmure des hommes, par la clameur des habitants de ses Météores ou encore les cris des Aigles Marins fendant l’encre célestes auraient bien pu s’écouler avant qu’il n’éprouve le moindre sentiment d’ennui. Ainsi était sa ville, ainsi était son fief… Haut en couleur, alliant par la force de l’homme la puissance du cours d’eau au caractère gigantesque comme implacable de l’Océan tout en piochant une sorte de caractère intemporel et indomptable propre aux Montagnes Rouges. Jamais de par le monde il ne pourrait se sentir plus à sa place qu’ici, parmi ces briques comme ces marbres qui avaient accueilli ses premiers pas dans une chaleur que d’aucun pouvait bien juger comme étouffante alors que la poussière se faisait l’épais témoin d’une activité propre à une métropole qui ne dormait presque jamais ! De sommeil, il n’était toujours point question alors que la ronde lune n’avait que depuis trop longtemps amorcé sa course. Dévoilant ses améthystes étincelantes pour voir se former les différentes Tours émaillant les constructions civiles dans les différents niveaux successifs gravissant la montagne pour ceindre la Citadelle des Météores d’anneaux de Remparts autant que de chaumières et d’échoppes, l’Epée du Matin tourna vite le dos à ce nocturne panorama pour s’en retourner vers ses appartements. Confrontant l’épreuve qu’il n’avait que trop longtemps évité, le Chevalier Dornien prit mollement place face à la lueur d’une bougie. Pains d’encre et stylets lui étaient présentés, rendant plus difficile encore la vue du parchemin vierge qui lui fut opposé. De toutes les épreuves qu’il lui soit jamais possible d’affronter, celle-ci s’inscrivait comme étant la pire pour ses maigres capacités. Il n’avait point l’art des intrigants, point la plume des plus grands. Ses talents personnels étaient manuels, directs et immédiats, se manifestant dans le feu des combats pour faire de lui un Parangon efficace. Face à elle, face à tout ce qu’elle pouvait bien représenter, il se trouvait désarmé et aurait bien préféré se voir opposé à toute une armée… C’est cette pudeur misogyne brisant ses sentiments qui lui intimait de ne point totalement se livrer, si bien qu’il resta longtemps figé au-devant sa missive vierge sans une seule fois tremper sa plume dans l’encre noir.

« Mon fils se serait-il enfin décidé à adresser ses mots à sa douce fiancée ? » Questionna Dama sa Mère en nouant ses bras autour du cou de son fils ainé. Ne relevant pas l’ironie des mots de celles qui n’avait jamais approuvé son engagement auprès de Lady Ferboys, Oberyn noua ses doigts à ceux de sa Mère en soupirant son malaise : « Je ne sais comment lui adresser mes pensées… » Améthystes rivées sur la placide surface de parchemin ridé, il fut surpris de l’immédiate réponse fourbie par Lady Mylenda.« Avec bien plus de difficultés que quand elles sont adressées à Lady Ismaëlle, à n’en pas douter… » Empourpré par ces mots, le fils vint à se dégager de l’étreinte de sa mère d’un roulement d’épaule avant de bredouiller : « Ce sont des situations bien différentes ! » Quittant la chambrée de la même façon éthérée qui avait vu son arrivée, Lady Dayne laissa son fils seul devant ses cas de conscience. Interdit et perplexe, il laissa glisser bien du temps entre ses doigts avant d’animer sa plume pour coucher sur la page jaunie quelques mots fort mal agencés :





A l’attention de Lady Edarra Ferboys.



Ma Dame.


Pardonnez mon absence à vos côtés alors que le destin vous accable d’épreuve qu’il convient à un fiancé d’endurer au soutiens de sa promise. La rumeur a mené à mes oreilles le récit de vos épreuves comme de vos blessures. Sachez, ma Dame, que je prie les Sept comme la Rivière Mère pour votre immédiate guérison. Mais j’implore tout autant ces déités pour que la présence de la Maison Ferboys à Mur Blancs, au cœur d’une énième conjuration Feunoyr, ne soit que le fruit d’un malheureux hasard.

Pour l’heure, je ne peux que repousser l’instant de mon périple vers votre forteresse pour demander votre main à Dame votre Mère. En effet, les Météores ont conviés leur Ban sous les ordres du Seigneur mon père. Répondant aux sollicitations du Prince Maron Martell, la Maison Dayne fourbit ses armes en vue de joindre ses forces à celles des Sept Couronnes pour prendre d’Assaut les Iles de Fer. Ces combattants des mers n’ont que trop razziés comme pillés les côtes de nos voisins.

En ma qualité d’Epée du Matin, je mènerai nos troupes jusqu’aux rivages qui verront notre départ pour les îles ciblées. Mon cœur m’intimait de bien vite venir vous visiter, comprenez dès lors que se suis contrit par l’impossibilité… Je ne sais quand nous nous mettrons en branle mais combattrais dès lors, en lieu et place du Seigneur mon Père, pour le lustre ma Fratrie comme celui de la Maison Martell. La Guerre vint. Avec son lot de Gloire comme d’Atrocités.

Dans l’espoir de vous revenir entier, je vous adresse toutes mes pensées.


Ser Oberyn Dayne – Epée du Matin.







« J’ai rêvé d’une méchante femme buvant mon sang… » La tête enfouie dans ses écrits qu’il relisait une énième fois, l’ainé de la fratrie Dayne hasarda un regard vers la porte menant à ses appartements. Debout dans l’encadrement de cette dernière, fébrilement accroché aux flancs de Veilleur, le vieux limier jaune d’or des Météores, son plus jeune frère Cowin le mirait de grands yeux accablés de fatigue et rougis par les pleurs. Etirant un fébrile sourire et roulant ses yeux dans leurs orbites, Oberyn l’invita à s’approcher tout en lui adressant sur le ton du reproche : « Ne t’avais-je pas interdit de fouiner dans les correspondances de Mestre Rolland ? » Ses petits yeux embués de sanglots, le benjamin Dayne bredouilla d’incompréhensibles paroles avant de se réfugier dans les bras de son ainé. Veilleur, plus las que jamais, se coucha aux pieds des deux frères. « Souhaiterais tu m’accompagner à la Roukerie ? » Hochant mollement la tête, le petit Dayne fit preuve de courage en se redressant, agrippant de son petit poing fermé les chausses de son ainé. Et alors qu’Oberyn pliait et repliait le parchemin qu’il destinait aux Osseux, son cadet lui indiqua d’un index pointé la légendaire épée familiale. S’agenouillant face à Cowin, l’Epée du Matin adressa sourire amène à son petit frère alors que de sa paume in englobait sa joue, séchant un résidu de larme d’un nonchalant mouvement de pouce. « Il n’y a nulle vieille femme buveuse de sang à craindre dans les couloirs de la Forteresse. » Baissant ses petits yeux éplorés, l’enfant trouva simplement la force de marmonner : « Mais c’est aisé pour toi, tu n’as jamais peur… » Bouille attendrie peignant ses traits, le Chevalier redressa l’enfantin faciès de sa main animée de tendresse. Et alors que ses doigts serraient fort la missive écrite plus tôt, il murmura sur le ton du secret : « Détrompes-toi petit frère… » C’était même tout le contraire… Un doigt désormais serré par la petite main de son cadet, Oberyn le mena à ses côtés vers la Rourkerie des Météores. Emboitant leurs pas, Veilleur les pourchassait en haletant alors nul nuages n’assombrissaient le ciel d’encre émaillé d’étoiles. Nul doute que cela n’allait point durer…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Message Lun 6 Mai 2013 - 1:57

Mon âme est un brasier contrariant.

Je brûle intensément lorsque tout est contre moi, je m'éveille le plus vivement quand les regards qu'on me jette sont aussi défavorables qu'envieux, je n'aime rien tant que déranger, contraindre et convaincre. Je peux combattre toute adversité, je ne renoncerai face à nul obstacle, fusse-t-il le mur, fusse-t-il la tombe si la Mère Rivière me permettait de fuir sa froideur, mais il est un monstre qui me dévore sans que je ne sache seulement le blesser. L'ennui. Je ne peux rien contre l'ennui. Il me ronge, me rend folle, me pèse, m'enferme, me terrasse. Et toute la forteresse des Osseux m'en est témoin, je m'ennuie. Ma peau est plus délicate que jamais. Mes pieds n'ont jamais été aussi délicats et fins. Rarement on aura vu telle brillance et pareille docilité dans ma chevelure lourde et sombre, mais, ah ! Si seulement cet ennui prenait corps devant moi, que je puisse l'étrangler ! Cette blessure me pèse davantage que les corsets de ces dames d'ailleurs. Comment ces sottes mièvres peuvent-elles accepter d'être pour toujours vouées à rester à demeure ? Comment peut-on regarder vers le trône de fer et se dire, oui, la moitié de leur peuple sont des vases imbéciles, l'autre est fait d'ivrognes consanguins, comme ils semblent parfaits pour nous diriger bien !

Un mouvement d'humeur me fait jeter une broche que j'hésitais à piquer à mon sein au travers de la pièce. Ma chambre me semble trop étroite, l'air chaud et lourd qui entre en amples goulées par la fenêtre béante me paraît soudain trop rare, je m'agite, je m'agace, je me lève ; depuis son repli, ma garde-vie se détache de ses ombres et vient frôler ma taille de ses mains rendues calleuses par les entraînements. « Qu'y a-t-il, maîtresse ? _Rien. Il n'y a rien ! » Je me détache, fais quelques pas rapides. « Il n'y a rien, justement ! Je n'en peux plus de ces quatre murs, j'en ai assez de cette épaule. Pendant que je regarde les jours passer, le monde change, personne ne m'attendra. _Personne n'ira assez loin pour être en dehors de votre portée, » souffle Tyerne avec une amène certitude qui me fait hausser mon épaule valide. « Inutile de me cajoler. J'étais juste un peu agacée. Je suis calme, voilà. Je suis parfaitement calme. » Je me rassois sur d'autres coussins, elle m'adresse un sourire goguenard qui aurait valu à d'autres visages d'être châtiés. Sur le sien, déjà marqué d'une cicatrice, ça me fait plutôt rire. Oui, c'était ridicule – je suis sanguine, et contrariée. Ça ne fait pas très bon ménage. Le regard de ma fidèle protectrice change, je devine sa pensée et, plutôt que de la laisser s'enraciner – je suis tout sauf d'humeur à batifoler – je laisse une main paresseuse se tendre vers un coffre entrouvert, au ventre bien plein, qui sommeille contre un mur de ma chambre. « Apporte-moi mes livres, veux-tu, je vais travailler mon héraldique. Ça me changera les idées. » Elle lève un sourcil, j'insiste du poignet comme de la voix, et quelques secondes plus tard, me voilà les narines emplies du parfum de l'encre, la posture alanguie, les yeux posés sur les symboles de quelques maisons lointaines.

Je tourne deux pages et mon ennemi intime revient déjà m'assaillir. Je m'ennuie. Je m'ennuie affreusement, et pendant que je suis ainsi cloîtrée, les trames de secrètes alliances se nouent en dehors de ma surveillance. Je ne peux considérer ces armoiries sans songer : me seront-ils ennemi ? Le sont-ils déjà en ce moment ? Pensent-ils à l'instant à repousser l'avancée nécessaire des Ferboys sur le désert ? Sont-ils eux aussi opposés à ce qui est légitime, à ce qui est bon, et à ce qui est vrai pour Dorne ? Je suis désœuvrée, et cette absence de bruit nourrit des inquiétudes aussi fondées que nombreuses. Qui vais-je perdre, que devrais-je rattraper ? Pourrais-je contenir tous les flots hostiles qui s'écoulent sur le toit de notre Maison ? Je croise et décroise les jambes dans un murmure soyeux, tandis que mes pieds s'embrasent du besoin de courir vers ce devoir qui m'attend, et qui grossit à chaque seconde. J'en suis là lorsqu'une servante s'annonce et, bien qu'elle interrompe un flot malsain de pensées, c'est avec une certaine froideur que je lui glisse, le ton haut et légèrement sur-articulé. « Je ne t'ai pas fait demander. » Je ne relève pas les yeux, tourne ma page pour les nourrir d'un autre entrelacs de symboles que je ne distingue pas réellement au travers de mes calculs vains, toutefois mon intruse ne s'en laisse pas tout à fait compter. D'une voix pleine d'humilité, cependant claire et haute, elle me réplique. « Nous avons reçu une missive, et elle vous est destinée. _De quelle provenance ? _Des Météores, ma Dame. »

Je ne relève pas les yeux. Mon ton ne varie pas, lorsque je lui glisse avec une fausse et merveilleuse indifférence de me faire porter ce pli, mais mon cœur a manqué un battement, et mon souffle m'est devenu étrangement pénible à garder ample et régulier. Je me force à garder ma posture durant le temps – qui me semble terriblement long – qu'elle prend pour m'obéir, je me contrains à ne redresser la tête et abandonner ma lecture que je ne suis plus depuis longtemps pour tendre la main et saisir le parchemin que je trouve jaune, rêche, accusateur presque ; c'est avec un soupçon de plaisir mesquin que je la congédie aussitôt, sans la laisser épancher le moins du monde sa curiosité à propos de cette lettre qui m'est destinée. Sitôt qu'elle a fermé la porte, je lance vers Tyerne. « Va me la chasser du couloir, elle doit écouter aux portes, » et, dès que ma garde-vie a le dos tourné, j'ouvre vivement la missive, la dévorant des yeux avec une intensité égale avec laquelle cet animal d'impatience me ronge les entrailles.

Au travers de cette écriture, je revois son visage, dans le faible parfum du papier, je me surprends à chercher une fragrance infime qui pourrait me rappeler celle de sa présence, de sa peau que je n'ai encore qu'effleuré, j'entends quelques intonations de sa voix. Je me mords la langue avec sévérité, me redresse sur mes coussins moelleux, soudainement devenus inconfortables, je me morigène en secret, affectant de ne rien exprimer tandis que Tyerne revient vers moi. Je suis trop affectée – je suis beaucoup trop affectée. Pourtant, ce n'est rien de mauvais, ce serait même plutôt le contraire – il me demande de le rassurer, tandis qu'il me rappelle nos fiançailles, et... Je retiens de justesse le réflexe de jeter la lettre en m’époumonant de rage, et je fais que passer un bout de langue sur mes lèvres, lançant vers ma garde-vie d'une voix mignarde. « Veux-tu bien me porter mon nécessaire à écrire, je te prie ? » Mon ton est si doux que la chose la fait tiquer, mais peu importe. Je lui souris, lui embrasse la paume qui m'a apporté mon plateau, mes plumes, mes encres et mes papiers ; elle ronronne, je me consume. Et mon trait caresse le vélin du sang de mes pensées.





    Adressé à Oberyn Dayne.




    Mon très cher chevalier,

    J'accuse votre âme d'être cruelle. Ce n'est pas votre absence qui me fait ainsi sévèrement la juger, pas plus que le temps qu'il a fallu à l'oiseau pour me porter vos mots, non ; ce qui m'arrache cette sentence, c'est que vous allez une nouvelle fois au delà de dangers, et ce sans m'avoir fait don d'un baiser, alors même que cette fois, je ne pourrais vous rejoindre pour vous rappeler à ce devoir.

    Laissons loin de nous cette conjuration Feunoyr et ce piteux mariage, la Couronne a jugé elle-même que ce n'était pas grand chose, si ce n'était un malentendu abscons doublé de rumeurs grotesques. Le seul coupable a été châtié, et privé de la noblesse qu'il ne méritait pas, notre Maison devait sans doute servir de paravent ou d'excuse à ses manœuvres maladroites. Notre réputation est bien noire, même vous en êtes troublé... Je ne saurais vous en vouloir. C'est aux Ferboys qu'il appartient de laver leur blason. J'espère que c'est là chose faite à vos yeux.

    Ne mourrez pas, Oberyn. Je peux souffrir votre absence, je peux endurer votre cruauté, je peux entendre vos doutes, je peux affronter les rumeurs comme les volontés qui voudraient nos éloigner, mais si vous mourriez, chevalier... Alors, à cet instant, je vous haïrais, soyez en sûr.

    Que votre lame soit sûre, et puissiez-vous me revenir, afin que je puisse vous témoigner et de mon cœur, et de mes soupirs, que de haine à votre égard, il n'y a nulle trace en moi.

    Votre promise, à vous dévouée.







L'encre sèche et je l'observe ramper sur le vélin, s'y fondre, y serrer mes songes jusqu'à ce que le feu ou l'eau ne vienne arracher, chacun à leur façon, mes mots à la vue des vivants. J'hésite un instant à être si franche, me relis, replis la lettre avec une satisfaction contrariée, la rouvre, recommence une fois, puis deux, puis une huitaine ; pour finir je soupire. Je serais fausse et veule que je ne dirais pas mieux, il est temps d'abandonner. Au final, m'affilier ses propos ne me dérange que parce qu'ils sont bien plus vrai que je ne voudrais l'avouer, même vis à vis de mon être propre. Je darde un regard à ma garde-vie, laquelle me contemple avec les yeux sombres et sereins d'un chat au coin de son âtre fétiche. Comme c'est idiot d'être amoureux. Je ris intérieurement, ce qui me fait lâcher un soupir et, glissant sur un coin de la missive une perle de mon parfum le plus suave, je glisse vers Tyerne sur un ton aussi crémeux qu'on puisse. « Fais-moi revenir notre petite curieuse. Cette missive doit s'envoler aujourd'hui. _Vous avez écrit vite. _Hm, » admets-je, sans commenter au delà. Elle reprend. « En tous cas, je suis heureuse de voir que votre sourire est revenu. _Tu es mignonne. Allez, va. » Elle se lève pour obéir, moi, je darde un regard noir à la lettre roulée entre mes doigts.

Crois-le bien, chevalier. Si tu meurs, je te hais.
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Oberyn Dayne
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Message Ven 14 Juin 2013 - 15:58


Qui écrit des lettres d’amour doit avoir les mains moites.


Plus que quiconque dans le convoi, il connaissait le chemin arpenté jusqu’alors et l’influence de l’Océan approchant se faisait de plus en plus évident. Les hautes parois rocheuses couvertes de mousses rêches comme de lichens à la couleur délavée par les vents chargés de sel ne manquaient pas de sembler de plus en plus lisses, des traces d’humidité évidentes se faisant de plus en plus fréquentes. Pour un œil exercé, l’on pouvait deviner des nids de ces aigles marins si prisés dans la citadelle de son enfance et qui soulageaient des côtes de leurs lots de mouettes aux piaillements immondes. La passe montagneuse serait bientôt derrière eux et les Météores en vue. Il ne connaissait que trop bien ce chemin escarpé sillonnant dans la roche brute pour reconnaitre qu’une fois à l’orée de la lumière vive se rependrait devant eux le rivage parcouru d’arbres et de champs sillonnés de canaux délivrant l’eau claire de la Torrentine. Et au loin, de découpant sur l’azur céleste, la silhouette de sa cité à degrés, surplombée par la puissante citadelle de son enfance et bordée par les docks à l’incessante inactivité. C’est qu’elles lui avaient manqué, les Terres de son enfance… Les Terres sous sa protection.

La Procession des Sables s’était achevé dans les Murs de Lancehélion, dans la formulation de promesses qu’il conviendrait de tenir ainsi que dans la révélation d’héritages que l’on ne saurait parfaitement interpréter. Affirmer que les mots de la Princesse Daenerys l’avaient troublé plus que de raison était peu dire. Au cœur de sa plus tendre enfance, l’Epée du Matin avait singé les agissements de Ser Ryam Redwyne, Ser Alyn Connington ou encore d’Aemon Chevalier-Dragon… Autant de modèles de Chevalerie qu’il s’était juré d’égaler. Quel choc dès lors que de se voir reconnu trait pour trait comme Aemon Chevalier-Dragon resurgi des Sept Enfers ! Sa similarité frappante avec la lignée des Targaryen ainsi enluminé, Oberyn ne tarda pas à voir vers lui se porter des regards plus durs de la part de ceux qui, jamais, n’avaient réellement souhaité l’union de leur patrie à cette famille connue pour sa consanguinité… Il ne savait pas ce qui lui pesait le plus depuis cet épisode : le poids d’un Héritage qu’il n’avait jamais souhaité voir déposé sur ses épaules ou bien le sobriquet de « Pâle Dragon » que ses comparses Chevaliers des Météores s’échinaient à lui servir à toutes les sauces. Il en avait soupé de ces moqueries et n’aspirait plus qu’à retrouver la Citadelle Familiale avant de s’en aller vers des îles bien hostiles. Sa connaissance du terrain lui révélait qu’ils ne manqueraient pas d’arriver au point critique. Alors, le jeune homme engoncé dans son armure à la teinte blanche et au métal argenté talonna vigoureusement les flancs de son sombre coursier. Un bond succéda à un autre puis la courte chevauchée se conclut par un violent mouvement de rennes qui figea Shuram sur place. Au sommet du sinueux sentier, le jeune homme semblait auréolé par les rayons du céleste astre du jour. Emergeant des dernières ombres de ce tortueux chemin érigé entre les parois abruptes de la Montagne Rouge, il fut cueilli par le spectacle de ces terres qui se déployaient, désormais, devant ses yeux.

Ses cheveux clairs battaient les airs au rythme des zéphyrs claquant sur son visage. Face à lui se déployait le panorama de son enfance, le pays pour qui il donnerait sa vie. Large bande de terre aux champs et vergers fourmillant de l’activité des gens qu’il avait juré de protéger. Les troupeaux pâturaient sous la bonne garde de jeunes pâtres alors que de frêles esquifs à la voilure gonflée par les vents remontaient le cours du fleuve pour aller commercer leur cargaison dans le fief de la Maison Noirmont. Dans les flots bleus nageaient des enfants, souvenir douloureux pour le jeune Dayne qui avait perdu un frère dans pareille circonstance. A la gauche du Chevalier des Météores, le chemin se dirigeait hors des terres sous l’autorité Dayne, s’enfonçant vers haut Hermitage et plus loin encore les fiefs voisins. A sa droite, le sentier serpentait entre les rondes pierres ocre pour rejoindre la route en contrebas et rallier d’un pas tranquille la cité qui se découpait au loin. Ville de son enfance et siège de la Maison, Ser Oberyn Dayne voyait se dessiner le tableau des Météores au-dessus de son épaule…

Epousant la falaise alentour, la ville semblait s’être érigée à flanc de monts en strates successives distinctes les unes de autres par une série de remparts épais comme crénelés et sur lesquels battaient fièrement les étendards violet pâle de la Maison Seigneuriale. Couvrant l’ensemble de l’espace entre la falaise et le fleuve se jetant dans l’océan, la ville semblait parcourue de canaux d’eau faisant office de docks miniatures quand des bâtiments de bois flottant imposant déchargeaient leurs épices comme leurs trésors sur des quais de pierre puissamment enfermés dans les bras de murailles érigées sur les récifs propres à la naissance de la mer. Le profil de la ville semblait anarchique, les toitures des maisons régulières parfois brisées par des tours comme des bâtiments imposants que tout Dornien Sableux ne saurait décrire au premier regard. Fière et indomptable, s’érigeant au sommet d’une falaise abrupte sur le trois quart de ses faces, la citadelle des Météores déployait une ombre protectrice sur son peuple en contrebas. Le torse gonflé de fierté par le lointain spectacle de sa maisonnée, Ser Oberyn Dayne éperonna son destrier des sables. Et c’est avec des chants de joie que les chevaliers rescapés de la Procession des Sables s’en retournaient vers leur Havre de Paix. Avant de s’enfermer une nouvelle fois dans l’enfer de la Guerre.

« J’ai fait comme tu m’as dit ! Je me suis exercé à l’Oud avec Kyara ! » Furent les premières paroles qui cueillirent Oberyn alors qu’il passait la Porte du Lion. Accroché à la Robe de Mestre Rolland, son plus jeune frère lui adressait un sourire radieux, attendant que comme de coutume son ainé ne le prenne dans ses bras et le soulève pour une valse aérienne. Mais il n’en fut rien cette fois. Main gantée suite à la morsure du fouet Uller, l’Epée du Matin se contenta d’une protectrice étreinte alors que son écuyer s’affairait déjà au soin de leurs montures. « Et je ne doute pas que tu fus des plus assidus à tes diverses leçons… » Le radieux des yeux de l’enfant se fut l’écho du plus brillant des diamants alors que Veilleur, le vieux Limier Jaune, vint à gratifier les mains de son Maitre de maintes léchouilles pour célébrer son retour. Devançant les interrogations du Mestre sur le pourquoi de ses doigts gantés de taupe, l’Epée du Matin lui adressa ces mots : « Le Seigneur mon Père et Dame ma Mère n’ont pas jugé bon de délaisser leurs occupations ? » Hochant mollement la tête, le Mestre fit usage de son habituelle diplomatie comme de son sens du verbiage pour délivrer une réponse : « Votre Père tient un conseil traitant des derniers préparatifs propres à notre entrée en campagne. Dame votre Mère nous a quitté ce matin pour une Chasse au Faucon en compagnie de Lady Talia. » Arquant un sourcil d’étonnement, Oberyn ne connaissait pas à sa cadette cet amour des chasses en compagnie de leur Mère. Peut-être cette dernière cherchait elle encore à voir sa fille métamorphoser en Noble Dame plus qu’en farouche amazone. Amusé, il perdit tout sourire en constatant la mine sinistre que lui desservait le Mestre de la Citadelle des Météores : « Il nous est parvenu un Corbeau de Ferboys pendant votre absence… » Bredouilla t’il en tendant un rouleau de parchemin qu’Oberyn lui arracha presque des mains. Gardant contenance, le jeune homme rompit le sceau d’un geste lent mais dévora bien les lettres couchées sur le vélin. A la lecture la missive, son pouls ne cessa d’accélérer alors que son souffle se faisait de plus en plus rapproché. Dans le désert ensanglanté, il s’était à désir la serrer tout contre lui. Lire ses quelques mots suffit à lui confirmer tout l’amour fou qu’il pouvait bien lui porter. Tenant fermement l’écrit dans sa main gantée, c’est presque froidement qu’il intima au Mestre : « Trouvons de quoi écrire et Accompagnez-moi à la Roukerie… » A la remarque du Mestre avançant la nécessité de sa présence au martial conclave, Oberyn rétorqua qu’avec ou sans lui la Guerre serait tout de même disputée et que c’est sa lame qui s’en trouverait ensanglantée. Bien des pensées longtemps retenues méritaient d’être rapidement déclamées. La maigre équipée se retrouva bien vite à arpenter les couloirs de la Citadelle, le fracas de l’armure claire du Chevalier s’approchant avidement des appartements du Mestre. Ce dernier lui présenta bien vite un nécessaire d’écriture mais l’Héritier de la Cité le repoussa sans ménagement, arguant : « Je dicterais et vous écrirez… Je n’en ai plus la possibilité. » Avança t’il alors que sa main d’épée toute de taupe gantée se refermait sur le fourreau d’Aube qu’il plaqua tout contre lui. Cowin le mira comme un étrangeté mais bien vite, Mestre Rolland couchait sur le parchemin l’encre de ses pensées. Lady Edarra verrait elle qu’il n’avait pas de lui-même écrit la missive ? La rumeur était-elle déjà arrivée jusqu’à Ferboys ? Moult questions en tête, Oberyn finit par déclamer ses volontés :





A l’attention de Lady Edarra Ferboys.



Ma Dame.


J’entends votre plainte et celle-ci tourmente mon être. Il n’est point de plus grande cruauté que celle m’intimant de choisir entre l’honneur et mon aimée. Les Vœux d’Honneur et de Devoir sont aisés à concilier dès lors que cela n’est point contraignant. Vient pour moi le jour où il n’est plus si aisé de m’y contraindre. Croyez bien que la chose est des plus difficile pour moi, Milady, mais pourrais-je espérer être votre si je ne faisais ce qui est juste ?

Je n’entends point faire preuve de cruauté, ni même vous éprouver comme vous tourmenter. Par les Sept ainsi que le Panthéon Rhoynar, je n’aspire qu’à vous retrouver ! Chaque jour qui passe voit la rumeur comme les flagorneurs nourrir de doutes et de suspicions mon esprit à l’égard de votre Maison. Mais chaque jour qui passe me voit également caresser l’espoir de vous serrer à nouveau tout contre moi.

J’accueille votre sollicitude et vos vœux de triomphe comme le plus précieux des trésors et garderai en ma compagnie vos faveurs comme un gage de triomphe à venir. C’est plus sure que jamais que ma main maniera l’Epée sous la Bannière du Soleil Percé de Lancehélion tant j’aspire à ne jamais mériter votre haine, Milady. J’entends revenir bien vite de ces sauvages contrées, nimbé d’exploits à même d’’un jour vous draper d’un manteau frappé de l’estoc et de la filante étoile entrecroisés.

Dans l’attente de cette périlleuse épopée, je vous adresse mes plus tendres pensées.


Ser Oberyn Dayne – Epée du Matin.







C’est de sa patte que le Chevalier griffonna maladroitement son nom comme ses titres. Le temps avait beau être passé, la morsure du fouet ankylosait toujours ses doigts dans une bien faible étreinte. Pourtant, Mestre Rolland soupçonnait là quelques exagérations qu’il ne saurait, toutefois, pleinement expliquer. La lettre de son aimée entre ses doigts froissée, Oberyn tendit sa propre missive vers le Mestre : « Faites voler ce Corbeau et sans plus tarder. » Enthousiaste à l’idée de préparer l’un des messagers qu’il affectionnait tant, Cowin s’agrippa plus encore à la robe du Mestre qui questionna l’Epée du Matin sur ses agissements prochains. Pour seule réponse, le Dornien Sigisbée se contenta de grogner : « J’ai grand besoin de m’exercer… » Aube au poing, l’Héritier des Météores entreprit de rejoindre ses semblables pour leur ordonner, une nouvelle fois, de l’entrainer. Hors d’usage d’après la rumeur, le Chevalier se devait de se façonner une nouvelle main d’Epée. Mais c’est son Honneur comme son cœur qui lui commandait désormais. Si jamais son bras gauche venait à faillir, jamais Lady Edarra ne le lui pardonnerait. Aussi, dans l’attente de son départ vers les îles de Fer, il cherchait à se renforcer pour ne jamais récolter la haine de celle qu’il souhaitait, plus que tout, bien vite retrouver…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Qui écrit des lettres d’amour doit avoir les mains moites.

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