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“ Où les guerres se fondent, les esprits se morcèlent ”

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Seigneur Suzerain de l'Ouest
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Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

Général
Gouverneur de l'Ouest et
Bouclier de Port-Lannis

HEAR ME ROAR

♦ Missives : 1880
♦ Missives Aventure : 52
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 04/10/1987
♦ Arrivée à Westeros : 01/10/2012
♦ Célébrité : Bradley James
♦ Copyright : Me
♦ Doublons : Sir Corbac
♦ Age du Personnage : 27 ans
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♦ Lieu : Castral Roc
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Message Jeu 21 Mar 2013 - 12:04


Lueur et Crépuscule
(An 212 - Cinquième Lune)

Tybolt Lannister était assis devant une table ronde de six coudées de large où s'amoncelait foule de cartes. L'Ouest et les Iles de Fer y étaient majoritairement représentés ; quoi de plus normal me direz-vous à l'aube d'une guerre comme les Sept Couronnes n'en avaient plus connu depuis longtemps. Mais tout de même, quelque chose de particuliers habitait la salle circulaire où le suzerain de l'Ouest avait élu domicile depuis les premiers rayons du jour. Les banderoles arrangées aux couleurs Stark et Lannister n'étaient que peu de chose comparé à l'impression de vide incommensurable qui habitait l'endroit. Pas même la présence de quatre manteaux rouges, deux devant chaque entrée, ne contribuait à dénaturer cette impression. L'oeil de verre incrusté au plafond diffusait une lumière douce, presque trop timide, sur la table et ses proches environs, quand le reste demeurait plongé dans une pénombre relative où se distinguait silhouettes et couleurs assombries mais guère les visages.

Placé dans le puits de lumière, le visage de Tybolt se découpait nettement, sculpté par la réflexion et la résolution. La guerre l'habitait jusqu'au bout des ongles, cela ne faisait aucun doute. Pour qui prendrait le temps de sonder le bleu de ses yeux, cela deviendrait même beaucoup plus qu'une évidence. En réalité, Tybolt Lannister incarnait la conviction profonde que le mal devait être guéri par le mal, que l'Ouest et d'autres avec lui ne reculeraient pas cette fois-ci, que le monde changerait, même si ce n'est que d'un iota. Fou serait néanmoins celui qui avancerait l'idée d'une quelconque amélioration. Si par le courage, la bravoure, ou leur proche cousine la folie, le triomphe du continent sonnait le glas des Iles de Fer, le monde n'y verrait pas une menace s'éteindre dans son nid, mais les prémisses d'un autre mal, plus grand encore car mû par la rancœur.

Si de victoire il était question, les hommes festoieraient, les femmes soupireraient, mais seulement pour un temps. Tybolt savait que tôt ou tard, un nouveau pouvoir s’élèverait sur les ruines du dernier né, et que tout ce qu'il s'apprêtait à entreprendre serait vain et oublié. Bien que sa foi l'eut abandonné, il priait seulement pour que sa prédiction ne se réalisât pas de son vivant.

Une porte s'ouvrit en grinçant, vomissant un flot ininterrompu de serviteurs qui armé du plus grand soin, arrangèrent les cartes de manière à faire un peu de place au petit-déjeuner copieux concocté par la maîtresse de cuisine. Pain, beurre, miel, viande, poisson, fruits, fromage, tout était dignement représenté. La Dent d'Or ne pouvait manquer de régaler ses hôtes prestigieux. Tybolt Lannister étudia à peine la scène du coin de l'oeil que déjà la marée se retirait et qu'au retentissement du verrou, le silence retombait sur lui. Sa main gauche flirta avec une miche de pain, la déchira et la nappa d'un filet de miel, avant que sa bouche n'en accueille le tout et n'en savoure le subtile parfum de fleurs d'été. Un soupire lui vint tandis qu'il reposait ses doigts sur les accoudoirs et levait le nez vers l'oeil de verre pour se faire une idée approximative de l'heure qu'il était. Tôt. Mais Beron Stark ne devait pas être un gros dormeur.

A raison. L'autre porte s'ouvrit et laissa momentanément une robe de lumière fendre la pénombre comme pour dresser un tapis de velours sous les pieds du suzerain du Nord. Lentement, Tybolt se leva de son siège et d'une inclinaison de la tête présenta ses respects à son égal devant les dieux. Même si les dieux qu'ils chérissaient tous deux étaient aussi dissociables que le sel l'était du poivre.
“ J'espère que votre nuit fut des plus agréables lord Stark, sinon meilleure que la mienne. ”
D'un geste de la main droite, Tybolt lui indiqua le siège libre de l'autre bord en arborant un léger sourire de circonstance. Quand son hôte se fut installé, il fit mine de rester debout. N'y voyez là aucune figure de style, ou de prédisposition à la domination, Tybolt Lannister n'était plus homme à toiser autre chose que des puits sans fond ou des cartes depuis plusieurs lunes.
“ Par quoi désirez-vous commencer ? ” demanda-t-il avec un brin de courtoisie suspendu à une branche de raideur matinale. “ Le repas ou la raison de notre présence ici ? A moins que les deux à la fois ne vous importune en rien ? ”




Dernière édition par Tybolt Lannister le Dim 7 Avr 2013 - 21:40, édité 2 fois
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Message Dim 24 Mar 2013 - 20:34

Vivesaigues avait été un fiasco, du moins sur le plan militaire, Beron avait été bien loin d’obtenir ne serait-ce que la moitié du soutien espéré de la part du Conflans et cela l’avait rendu encore plus maussade qu’à l’accoutumée. Exception faite des Manderly qui auraient eu à contourner un continent entier pour faire parvenir leurs galères sur la côte occidentale, les Nordiens n’avaient plus navigué depuis bien longtemps et cela les mettait désormais dans une situation critique face aux incessants pillages des Fer-nés. Sans la flotte que le –trop- jeune Lord Tully aurait pu lui fournir pour embarquer ses propres troupes, Face-de-pierre n’avait plus que deux alternatives : s’en retourner à ses confins et accuser docilement chaque nouveau raid sur ses terres ou bien négocier avec le Lion pour coordonner un assaut commun. Voilà pourquoi il avait quitté la région des rivières pour celle de l’Ouest et le château de la Dent d’Or, afin de palabrer avec un homme qui lui avait paru solide mais qu’au fond il ne connaissait que peu, un riche seigneur du Sud dont la riche lignée s’était taillée une redoutable réputation dès lors que l’on touchait aux histoires de pièces.

Malgré ses réticences à l’idée de devoir encore sacrifier les maigres ressources de sa contrée alors que l’hiver arrivait à grands pas, il avait fait envoyer un corbeau à chacun de ses vassaux dont il estimait comme faisable de leur part l’envoi aux Jumeaux de tout homme qui ne s’avèrerait pas indispensable aux dernières récoltes d’automne. Kartasrk, Omble, Ardoise, Reed… peut-être quelques Corbois si la chance lui souriait. Par principe il avait contacté de la même manière Fort-Terreur mais ne s’était fait aucune illusion quant au soutien que les Bolton daigneraient lui apporter, dans le sanglant conflit qui s’annonçait il préférait presque les savoir terrés dans leur sombre forteresse plutôt que dans son dos.

Ainsi avait-il été accueilli avec sa petite armée dans le riche château vassal des Lannister, celui dont les murs gardaient l’un des cols stratégiques permettant de passer les abruptes montagnes de la région et dont les mines avaient une réputation plurimillénaire. Une fois encore Face-de-pierre profitait de l’hospitalité d’autrui avec la désagréable sensation de n’avoir pour l’heure rien fait pour protéger le Nord, il ne combattait plus chez lui avec son épée mais en des lieux inconnus où la diplomatie ferait le gros du travail, un domaine qu’il savait indispensable pour la contre-attaque sur les Iles de fer mais qu’il n’appréciait pas pour autant. Il avait été convenu que Beron et Lord Tybolt s’entretiendraient dès le lendemain de son arrivée, une rapidité d’exécution qui cette fois lui plût, au moins le Lion avait-il sans doute davantage conscience de la gravité de leur situation que le garçonnet à la tête du Conflans.

Le jour était encore jeune lorsqu’il s’éveilla, le seigneur de Winterfell se levait généralement avec l’aube, cela au moins n’avait pas changé malgré les longs voyage et le dépaysement. Il se vêtit comme de coutume avec l’une de ses simples tenues noires et harnacha à dessein Glace, l’estramaçon des Stark, sur son dos. Dans le Sud l’on n’appréciait guère que l’acier soit porté en présence d’autres nobles, à plus forte raison en présence de son hôte, mais Face-de-pierre tenait à démontrer que contrairement à Vivesaigues ses attentions seraient clairement affichées et que toutes concernaient la guerre à venir. Sans doute le qualifierait-on de sauvage ignare du protocole lorsque cela se saurait mais il n’en avait cure, sa réputation pouvait bien souffrir un peu plus pourvu que des progrès concrets fassent leur apparition. On le conduisit jusqu’à une pièce sombre dont la seule source de lumière s’échappait du plafond et baignait une table recouverte de cartes et de quelques victuailles sans que personne d’autre ne soit présent exception faite des habituels gardes de faction.

Lord Tybolt se trouvait déjà là, à l’attendre, Beron lui rendit ses salutations ne s’encombrant pas de manières exagérées et pris place le temps de se défaire de l’imposante épée qui reposait désormais contre le dossier de son siège. A la question de courtoisie Lord Stark répondit comme de coutume, c’est-à-dire avec laconisme et des intonations froides qui avaient forgé sa légende d’austérité.

« Sombre et sans rêves, comme toujours, Lord Lannister. »

Son regard commençait déjà à se river sur les cartes sitôt qu’il fut en place, combien de fois les avait-il consulté Face-de-pierre l’ignorait, mais suffisamment pour connaitre le domaine de la Seiche avec davantage de précisions que la plupart des hommes à y vivre. D’innombrables plans de bataille plus ou moins faisables tournaient et virevoltaient dans son esprit à tout heure du jour et de la nuit, il voulait mettre fin à cette routine de pillages le plus efficacement possible sans pour autant devoir s’abaisser à massacrer jusqu’au dernier Fer-né. Aussi rancunier et impitoyable qu’il pouvait être selon les circonstances, Lord Stark n’avait rien d’un monstre, et s’il avait conscience de l’impossibilité d’une pacification définitive des Iles de fer en se contentant de briser leurs forces armées, jamais il ne s’abaisserait à l’éradication pure et simple d’un peuple même si la chose tenait du faisable. Il n’avait pas infligé pareil traitement aux Skaggs cannibales, alors certainement pas à quelques pirates.

Le Lion s’enquit de ses envies concernant ce qui allait suivre, Beron n’avait pas particulièrement faim mais sans doute que son hôte si et refuser de rompre le pain en sa présence tiendrait de l’insulte aussi hocha-t-il la tête en répondant :

« Faisons les deux à la fois si cela ne vous fait rien, je pense que nous avons beaucoup à discuter. »

Une fois la chose entendue le Stark se saisit de quelques fruits qu’il n’avait plus consommés depuis l’époque bien lointaine du tournoi de Port-Réal, le goût était bien plus sucré que ce à quoi il était accoutumé aussi se contenta-t-il de picorer brièvement avant d’aborder le vif du sujet.

« Lord Lannister, comme je vous l’ai signifié auparavant nous ne pourrons pas attendre un soutien rapide de la Couronne, pas avant que nos côtes respectives aient payé de leur sang bien plus qu’elles ne pourraient endurer. Il en est de même pour Lord Tully, aussi prometteur qu’il puisse paraître il ne nous sera d’aucune utilité ou presque dans le conflit qui s’annonce. »

Les durs constats avaient été prononcés, le seigneur de Winterfell se montrait bourru et manquait sans doute de respect à l’un de ses égaux aux yeux des dieux et des hommes, mais tout cela tenait de la pure vérité à son sens. Il poursuivit.

« Ne restent que l’Ouest et le Nord pour porter le premier coup qui signera la perte de Dagon Greyjoy, autant dire vous et moi, aussi vous comprendrez que je considère cette réunion comme de la première importance. »
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Message Dim 21 Avr 2013 - 21:56


Tybolt Lannister croyait en certaines choses, mais certainement pas au hasard. Il croyait volontiers aux concours de circonstance, aux fruits d’une situation qui dépassait de loin les protagonistes, mais pas à ce que certains appelaient « chance », d’autres « volonté divine », ou plus communément « hasard ». Le hasard n’existait pas à son échelle, car admettre son existence revenait à se déposséder d’une certaine responsabilité, notamment en cas d’échec. Aussi, Tybolt ne pouvait voir l’échec des tractations qui avaient à peine eu cours à Vivesaigues comme le simple fruit du hasard. Certes, il pouvait en imputer une bonne partie à la situation délicate, pour ne pas dire inextricable, dans laquelle se trouvait le Conflans, et une autre au jeune age de son suzerain. Mais il lui était impensable d’imaginer qu’une part de responsabilité ne lui revenait pas directement. Malgré toute la courtoisie et le détachement dont il avait fait preuve durant son séjour à Vivesaigues, il savait que sa réputation l’y avait précédé. Porter le titre de suzerain de l’Ouest ne suffisait pas ni ne suffirait jamais pour effacer ses agissements passés. Sans doute avait-il fait preuve de naïveté en pensant que le jeune lord passerait outre ces détails. Le hasard ne produisait pas de détails. La vérité était que le Conflans continuerait de camper sur ses positions, quitte à paraître reclus à l’intérieur de ses propres murs, et que la bataille voulue par l’Ouest se jouerait finalement entre fer-nés d’un côté, et ouestiens et nordiens de l’autre. Tybolt accepta cette réalité lorsqu’il se réinstalla dans son siège. Il l’accepta si bien que lorsque la franchise légendaire de Beron Stark effleura ses tympans, il ne put réprimer un sourire appuyé. L’échec n’était pas un fruit du hasard, mais le fruit de la défaillance humaine.

La Dent d’Or n’avait sans doute jamais vu un suzerain du Nord s’asseoir à sa table et si Tybolt Lannister avait déjà eu l’opportunité de jauger son vis-à-vis à Vivesaigues, l’appréhension restait ici la même. Plus qu’un allié, le Nord cherchait une flotte pouvant conduire ses braves hommes au coeur de la souricière. Une flotte puissante qui au meilleur des cas saurait tenir en échec les boutres fer-nés. Pour le reste, les nordiens comptaient sans doute combler l’écart à portée de bras. La certitude. Voilà la raison pour laquelle Tybolt pressentait que cet entretien se positionnerait aux antipodes de celui de Vivesaigues. Parce que la certitude dont faisait toujours preuve Beron Stark rejoignait la sienne propre. C’était de certitude que les guerres s’abreuvaient. La certitude d’une glorieuse victoire d’un côté, la certitude de triompher dans l’adversité de l’autre. Dans lequel de ces deux camps se retrouverait les armées jointes du Nord et de l’Ouest ? Ça, Tybolt ne pouvait le prédire, malgré son désir pugnace de victoire.

« Nous sommes d’accord pour dire que notre temps est compté, déclara-t-il en servant une chope de bière à son invité avant de remplir la sienne. Aussi, j’entends ne pas prendre de gants avec vous lord Stark. »

« La Flotte du Lion est prête. Je n’ai qu’un seul mot à prononcer pour la voir appareiller. Vous m’avez demandé de l’aide et cette aide vous sera accordée, quoi que nous en venions à convenir au terme de cet échange. A l’heure où je vous parle, mon frère a du réunir près de quatre mille hommes. Reste à savoir combien d’hommes serez-vous capable de soulever en un minimum de temps. Et plus encore à entendre mon prix. »


Croire qu’un suzerain pouvait seulement être payé par l’honneur d’une bonne action relèverait définitivement de la naïveté. Beron Stark n’était pas un modèle de naïveté incarné, en tout cas pour ce qu’il en savait. L’hiver vient, tel était la devise des seigneurs de Winterfell. L’hiver viendrait c’était maintenant une certitude et Tybolt comptait bien mettre à l’abri les siens du tranchant de la bise glacée.

« Il y a fort à parier que ma flotte subira de lourdes pertes tant en hommes qu’en navires, poursuivit-il en posant ses yeux sur son homologue. Une fois que les chaleurs de Dagon Greyjoy auront été matées, le royaume retrouvera la paix en attendant que d’autres mèches s’allument ailleurs. Peut-être même bien là où on croyait les avoir éteintes. La Flotte du Lion devra être entièrement remise à flot pour préserver cette paix éphémère loin de mes côtes. »

« Mon prix sera donc le suivant. Ma sympathie, si tant est que l’empathie du lion sied au loup, et le meilleur bois de vos terres. La plus grosse cargaison que vous pourrez m’en offrir avant l’hiver en guise de bonne foi, et le plus gros du prix une fois l’hiver passé. Un moyen comme un autre d’établir un lien durable entre nos deux territoires n'est-il pas ? »



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Message Lun 6 Mai 2013 - 19:44

A chaque région du Royaume l’on attribuait des traits de caractère particuliers faisant tant l’éloge qu’un tableau peu flatteur des divers peuples occupant Westeros, bien souvent ces préjugés découlaient de la Maison suzeraine s’y trouvant et souffraient bien entendu d’une certaine exagération voire de contre-vérités. Mais le propre d’une rumeur, Beron le savait, résidait dans le fait qu’au fond de chacune d’entre elle se dissimulait un minuscule grain de vérité. Ainsi les Nordiens et sa propre personne par extension étaient vus comme des gens maussades et simples, les Fer-nés comme des pirates sans scrupules, les Bieffois comme des chevaliers poètes, etc… Dans le cas de l’Ouest les ragots rapportaient que les Lannister et leur sujet étaient tant accoutumés à l’or de leurs montagnes que par tous les moyens possibles ils cherchaient à faire grandir leurs fortunes déjà conséquentes. Un préjugé impliquant une préférence pour l’appât du gain plutôt que l’honneur, un préjugé qui revint immédiatement en tête à Lord Stark lorsqu’il vit son homologue du Sud sourire franchement à ses propos.

Face-de-pierre ne parvenait toujours pas à se faire une opinion concrète du seigneur aux cheveux blonds mais le concerné avait au moins le mérite de ne pas se braquer sitôt que l’on abordait le côté pressant de la guerre en cours, peut-être parviendraient-ils à un résultat satisfaisant sans sombrer dans des palabres stériles. Le Nordien hocha la tête sans conviction lorsqu’on lui servit une chope de bière et fit mine d’y boire sans pour autant desserrer les lèvres, une astuce diplomatique grossière pour garder les idées claires mais il s’agissait là d’une des seules qu’il connaissait. Son hôte annonça directement ce qu’il attendait de ses échanges et si Lord Stark ne donna pas signe d’un grand émoi il ne cilla pas pour instant le temps de quelques battements de cœur pour ensuite répondre :

« Plus vite nous réglerons cela et plus grand sera le nombre de vies épargnées, Lord Lannister. Voilà pourquoi je suis ici, aussi ne retenez pas vos mots. »

Ils en vinrent immédiatement aux forces déjà mobilisées et à venir et Beron nota que le Ouestrien se positionnait déjà comme celui faisant une faveur à l’autre, point de vue qui aurait probablement fait naitre un certain agacement chez un individu n’ayant pas une rigidité mentale à toute épreuve. Et fort heureusement froid Face-de-pierre l’était constamment, il n’interrompit pas son vis-à-vis, prenant note des forces déjà levées par Castral Roc afin de mieux réfléchir à l’équilibre des forces et une fois libre de s’exprimer ajouta :

« Je vous ai proposé de faire front commun, Lord Lannister, en partant seul vos chances de victoire contre les Fer-nés sont aussi réduites que si le Nord attaquait les Iles à la nage. J’entends que votre flotte est prête et que 4000 épées sont déjà à votre disposition, bien, je voudrais cependant savoir si elles suffiront à remplir chacun de vos navires ? La contre-attaque doit survenir rapidement et nous savons que ni vous ni moi n’aurons le temps de lever l’intégralité de nos bans avant qu’il ne soit trop tard. »

Lord Stark n’avait nullement cherché à enrober ses paroles dans quelque voile de politesse exagérée, à son sens il s’en tenait strictement aux faits et si l’Ouest disposait véritablement de suffisamment de soldats pour garnir entièrement chaque galère ou dromon pourquoi se serait-il donné la peine d’accueillir le Nordien à la Dent d’Or ? Si Beron avait eu les moyens suffisant pour se lancer seul à l’assaut il n’aurait pas hésité un seul instant. Après qu’il eut été fait mention des forces que Winterfell pourrait mobiliser il prit un instant pour y réfléchir, se penchant au-dessus de la table, son menton sévère reposant sur ses mains croisées.

« Plusieurs corbeaux ont été envoyés dans les divers châteaux du Nord pendant notre voyage depuis Vivesaigues, tous n’auront pas les moyens ou le temps d’y répondre mais nous pouvons espérer dépasser le millier sans trop de difficultés. Les paludiers notamment se mobiliseront le plus facilement et leurs archers nous seront d’une grande utilité, pour les autres il leur faudra franchir le Neck alors que les premières neiges d’automne arrivent aussi je pense qu’ils atteindront les Jumeaux d’ici une quinzaine. »

Beron avait volontairement ignoré la mention d’un éventuel prix à payer, il préférait laisser Lord Lannister exprimer le premier ses désirs. Ses argument faisaient d’ailleurs parfaitement sens, une fois disciplinés les Fer-nés devraient faire l’objet d’une étroite surveillance, surveillance que ni les Nordiens sans navires ni l’instable Conflans ne pourraient assurer, tout reposerait sur les épaules du Lion. Le seigneur de Castral Roc l’assura donc de sa sympathie et en vint au cœur du sujet, du bois voilà ce qu’il désirait, du bois solide capable d’augmenter le nombre de dromons à sa disposition, et de toute évidence le Ouestrien avait connaissances des ressources du Nord en la matière.

« En effet comme les Fer-nés se plaisent à le dire nous devrons payer le prix du sang pour espérer vaincre, il n’est plus temps de reculer. Cependant à votre prix j’exprime d’abord mon désaccord sur plusieurs de ses termes. Oui nos arbres sont solides et de taille suffisante pour servir à ce que vous voulez en faire, mais je vous le rappelle nous ne venons pas en mendiants vous demander un droit de passage, ce sont des épées que nous vous proposons en même temps que notre seule chance de salut à tous. »

Ses mains vinrent regagner ses genoux tandis que Beron se renfonçait dans son siège, à aucun moment il n’avait haussé le ton mais ses paroles n’avaient rien eu de chaleureuses, tout comme son regard demeurait désespérément dur. Jamais il ne changerait, un sauvage taciturne du Nord, voilà comment beaucoup se souviendraient de lui.

« Je vous offre aussi ma sympathie, Lord Lannister, vous entendez faire ce qui doit l’être et je l’approuve. Voilà ce que je vous propose, pour chaque navire sur lequel mes troupes embarqueront et qui sera envoyé par le fond, capturé, ou grièvement endommagé par les pirates je vous offrirai la quantité de bois nécessaire à son remplacement et à la construction d’un bâtiment de même taille. Quoiqu’il vous en coûte de combattre aux côtés du Nord vous gagnerez au final bien plus que vous n’y perdrez, ces termes me semblent honnêtes. Evidemment si par la suite vous vous intéressez toujours à nos arbres une fois la paix revenue le Nord acceptera de commercer pour assurer notre entente. »

Face-de-pierre n’aimait pas négocier mais une fois encore il fallait céder aux nécessités, s’il se braquait la guerre s’éterniserait avec des conséquences désastreuses, si au contraire il cédait trop facilement aux exigences de l’Ouest ses gens se verraient dépouillés alors que l’hiver se profilait rapidement.

« Si nous en avons terminé avec les histoires de pièces je serais heureux d’aborder une stratégie commune pour l’assaut. »

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