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Le pain et le sel [Bryce Vyrwel]

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Kealan du Rouvre
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Message Mer 20 Mar 2013 - 22:00

La route commençait à se faire longue. Kealan était sur le chemin du retour pour Vieux Rouvre, en compagnie de chevaliers et d'hommes d'armes de sa maison. Une quinzaine de cavaliers, au total. Se déplacer seul, aussi bon combattant que l'on puisse être, était une imprudence qui apparaissait à tout homme doté de raison. Certes, le Bief n'était pas aussi dangereux que des régions qui avaient pu souffrir encore plus des caprices des saisons, en raison de leur climat moins clément, comme c'était le cas pour le Conflans, ou alors le Val avec ses clans des montagnes... On n'était cependant pas à l'abri d'une surprise. La route vers Vieux Rouvre longeait la côte. Même si les Fer-nés avaient tourné leur attention plus au Nord, qui sait ce qui pouvait passer dans leurs esprits tordus ? Kealan n'était ni un imprudent, ni un idiot. Il ne voulait prendre aucun risque.
Toutefois, il avait l'impression que le chemin s'étirait sans fin devant lui, et que même en faisant accélérer l'allure aux chevaux, ils ne verraient jamais le bout. Le soleil commençait à décliner à l'horizon, et pour l'heure il ne voyait nulle part où ses hommes et lui pourraient décemment passer la nuit. Son impatience se communiquait à sa monture qui, nerveuse, tirait sur le mors, piaffait, désireuse de bondir en avant et de galoper. Personne n'osait interrompre le cours des pensées du chevalier, car son air sombre n'était pas très bon signe. Il jeta un regard maussade aux contreforts des Montagnes Rouges qui s'étendaient à sa gauche. Ils feraient peut-être une halte en chemin à Hautjardin, si l'envie lui prenait d'aller saluer sa sœur adorée. Ensuite, ils rejoindraient la route du Front de Mer jusqu'à Vieux Rouvre. En réalité, ce n'était pas tant le voyage qui le contrariait autant que l'impression d'avoir quitté ses terres natales pour rien. Il revenait d'un séjour dans une maison noble proche, et les tractations qu'il avait entreprises ne s'étaient pas passées exactement comme il l'entendait. Et par dessus tout, il détestait l'échec.

Selon ses calculs, ils ne devaient pas se trouver bien loin du château de Noirvallon. Ils avaient déjà laissé Pic Etoilé derrière eux. Kealan n'ignorait rien de ce qui s'était produit à Murs-Blancs. Il avait des sources un peu partout dans les Sept Couronnes, et un homme tel que lui se devait de se tenir au courant des moindres évènements. Comment, le cas échéant, mener à bien sa politique ? Il savait donc parfaitement ce qui s'était produit avec lord Peake. Cela impliquait un albinos d'importance, une tripotée de bannières loyalistes, ainsi que le bon vieux couple hache-pique. Il n'allait pas pleurer ce fieffé idiot. Il n'avait jamais eu autre chose que du mépris pour cet homme. Néanmoins, il était à présent tiraillé par un dilemme. Soit il prenait le risque de camper, idée qui ne lui souriait guère, soit il allait contre ses réticences et allait demander l'hospitalité pour la nuit à Noirvallon. Ce serait toujours mieux que de dormir à la belle étoile. S'il n'avait aucun sentiment particulier à l'égard de lord Vyrwel, il savait cependant que celui-ci était un rebelle avéré, et qu'il avait perdu avec la tournure que les évènements avaient pris à Murs-Blancs. Se présenter en sa compagnie ne pourrait pas attirer que des faveurs à sa maison, surtout si la vouivre avait été mise sous surveillance...
Kealan fronça les sourcils et jeta un regard à l'horizon. Il devrait bientôt se décider à obliquer vers Noirvallon, ou poursuivre sa route dans l'espoir probablement déçu de trouver une auberge. Il n'y en aurait probablement pas sur le chemin avant que la nuit ne tombe. Et il ne désirait pas risquer qu'un cheval se casse une jambe en trébuchant dans un trou du chemin. Sans ralentir, il se retourna sur sa selle, s'attirant les regards de ses hommes. Une main posée sur la croupe lustrée de son cheval, il prit sa décision.


« Nous allons à Noirvallon. Je ne tiens pas à passer la nuit dehors. Voyons si la wyverne est disposée à nous recevoir.

De cela, il ne doutait point. La situation était assez propice pour qu'on ne lui ferme pas la porte au nez. Il ne désirait qu'un lit et un repas avant de reprendre sa route. De plus, les du Rouvre étaient une maison importante, plus puissante que les Vyrwel. Lord Bryce ne pourrait sans doute pas se permettre de l'offenser, en tout bon diplomate qu'il était. Kealan n'était pas dupe. Le lord avait beau être plus âgé que lui, il n'avait perdu ni crocs ni griffes. Blessé peut-être, par le mauvais tour de fortune qu'il avait subi, mais sans doute pas sans ressources. Le chevalier n'était pas homme à sous-estimer ses pairs. Un sourire vint étirer ses lèvres fines, presque amusé. La visite ne serait-elle qu'échange de courtoisies et de bons procédés, ou le seigneur de Noirvallon tenterait-il quelque chose ? Peut-être qu'il ne se serait pas déplacé pour rien, au final... A première vue, il n'avait rien de plus à retirer des vouivres que le gîte et le couvert, mais l'homme avait de la ressources et un esprit peut-être encore plus tordu que le sien... Il allait se laisser surprendre.
Il enfonça les talons dans les flancs de son destrier qui accéléra l'allure. Au moins aurait-il l'impression de ne pas se traîner. Le chemin était plus pierreux que dans ses terres natales, par ici. Sans doute à cause de la proximité des montagnes. L'air était plus chaud, aussi. A Vieux Rouvre, même durant la sécheresse, le vent de la mer avait au moins apporté une fraîcheur bienvenue. Ici, il avait sans doute fait bien plus étouffant... Ser Yoren, un des chevaliers qui voyageait avec lui, poussa son cheval bai à la hauteur du destrier noir. Il sembla l'observer un moment avant de le questionner.


- Qu'est-ce qui vous fait sourire, messire ?

- La perspective d'un lit et d'un repas chaud. Ou peut-être est-ce le sentiment que quelques surprises m'attendent à Noirvallon.

Un sentiment qui serait peut-être déçu, finalement. Toutefois, il avait ce genre d'intuition qui ne trompait jamais. Lord Bryce n'était pas un idiot, pas plus que lui. S'ils se trouvaient des intérêts communs... Après tout, si le jeu en valait la chandelle, pourquoi ne pas se laisser séduire ? Tandis qu'il chevauchait en scrutant l'horizon, Kealan aperçut bientôt les formes du château de Noirvallon. Il donna l'ordre de déployer leur bannière, d'or aux trois feuilles de chêne au naturel, afin que leur identité soit aisément reconnaissable. Même s'ils voyageaient, au moins étaient-ils tous présentables. Ils restaient des Bieffois, pour qui l'élégance était une qualité importante. Elégance relative lorsqu'on voyageait, et que les tenues visaient à être protectrices et pratiques. Toutefois, au moins n'étaient-ils pas crasseux, et n'arboraient-ils pas ces hideuses fourrures que certains hommes, comme les Nordiens, se plaisaient à avoir sur eux et qui leur donnait presque l'apparence de bêtes sauvages. Le chevalier était aussi élégant qu'on pouvait l'espérer en pareille occasion. Et pour cause, cette carte de l'apparence était toujours un volet non négligeable lors de négociations.
En parvenant finalement devant les murailles, les sentinelles les hélèrent pour leur demander leur nom et l'objet de leur visite. Kealan haussa un sourcil, manquant de demander à l'homme s'il était aveugle ou stupide pour ne pas reconnaître la bannière d'une des maisons les plus importantes du Bief. Au lieu de quoi, il conserva une expression neutre et s'annonça d'un ton calme.


- Ser Kealan du Rouvre, de Vieux Rouvre. Mes hommes et moi sommes sur le chemin du retour vers notre fief, et nous demandons l'hospitalité pour la nuit à lord Vyrwel. »

Il sembla que la sentinelle envoyait quelqu'un prévenir son maître, et on leur autorisa finalement l'entrée. Le chevalier poussa sa monture en avant et, accompagné par les autres cavaliers, pénétra dans la cour. Il allait à présent voir quel accueil leur serait réservé.




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Bryce Vyrwel
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Message Jeu 21 Mar 2013 - 16:23

Les jours se suivaient et se ressemblaient tous au grand dam de Bryce qui n'attendait qu'une chose : que ce bâtard – même légitimé – qui dirigeait le royaume à la place d'un faux Roi, passe enfin de vie à trépas. Mais rien n'y faisait, même ces idiots de Sept qu'il avait pourtant prié durant des années pendant sa jeunesse, n'étaient bons à rien. Sa foi s'était envolée en même temps que ses illusions de jeune homme. Aujourd'hui il comprenait enfin que les choses n'évolueraient que s'il prenait les devants et poussait la chance dans sa direction. Mais bien évidemment, pour atteindre ses objectifs, Bryce allait avoir besoin de l'aide de quelques personnes bien placées. Qu'elle soit volontaire ou non. Manipuler des nobles qui lui étaient supérieurs ne gênait guère la Vouivre qui avait toujours considéré que sa maison avait été placée si bas dans l'échelle sociale, uniquement parce que le Dragon savait quel danger ils représentaient. Lorsque vous craigniez quelque chose, le mieux restait de l'empêcher de pouvoir vous atteindre, tous les moyens étaient bons pour y parvenir ! Une fois de plus, le seigneur de Noirvallon voyait sa colère muer en impuissance, il ne pouvait rien faire pour le moment, si ce n'est patienter. Mais attendre quoi ? Que le destin – puisque les Sept n'étaient bons à rien – daigne lui placer un pion sur la route qui menait à la victoire ?
Exactement. Ce pion ne tarda d'ailleurs pas à arriver.

Installé dans la grande salle en compagnie de son fils, Bryce songeait à diverses choses. L'attaque de la Couronne sur les Fer-nés allait permettre de prendre un peu d'avance, pendant que l’œil du Dragon serait tourné vers l'ouest, il ne serait pas braqué sur les partisans Feunoyr. Une occasion en or qui ne se représenterait pas de sitôt, puis avec de la chance, peut-être que l'armée du Roi serait écrasée par la flotte des pirates des Iles de Fer. Hochant la tête pour lui-même, Bryce fut rapidement coupé dans ses pensées par l'arrivée d'un garde qui l'informa qu'un certain ser Kealan du Rouvre demandait l’hospitalité pour la nuit. La réponse ne se fit pas attendre.

« Qu'il aille la demander ailleurs ! »

La gentillesse et la dévotion du seigneur de Noirvallon n'étaient pas réputées, c'était plutôt le contraire. Il s'étonnait d'autant plus du fait que ses voisins Bieffois évitaient soigneusement de s'arrêter à Noirvallon depuis l'échec de Murs-Blancs. Ces pleutres n'osaient pas être aperçus en compagnie d'un traître à la Couronne. Songeant que la maison du Rouvre était connue comme indécise, le manipulateur qu'il était vit là une occasion en or. Peut-être que c'était la clé de sa future réussite qui venait de se présenter devant ses murs ?

« Attends ! Le garde stoppa aussitôt.
Fais-les entrer, dis-leur qu'ils sont les bienvenus à Noirvallon. Tournant la tête vers Lancel qui écoutait son père avec attention, Bryce lui donna quelques directives.
Va les accueillir comme il se doit et amène-les ici. »

Lancel se redressa aussitôt et emboîta le pas au garde qui s'éloignait déjà. Les du Rouvre furent invités à pénétrer dans l'enceinte de Noirvallon et l'héritier de la Vouivre les attendait dans la cour. Droit comme un « I » le jeune homme présentait très bien. Certains disaient qu'il était la seule chose que son père ait réussi à bien faire dans sa vie. Vêtu avec élégance et comme un homme de son rang devait l'être, il présentait très bien et ne donnait pas l'impression qu'il était l'héritier d'une maison en disgrâce. Poli jusqu'au bout des ongles, Lancel attendit que leurs invités mettent le pied à terre pour s'approcher d'eux et le saluer comme il se doit.

« Messers, c'est un plaisir doublé d'un honneur que de recevoir des personnes de votre rang chez nous. Suivez-moi je vous prie, vous devez avoir hâte de pouvoir vous reposer un peu. »

Leur faisant un signe, il les invita à le suivre. Des palefreniers s'approchèrent pour s'occuper des montures des chevaliers, rien ne laissait penser qu'ils étaient au sein d'une maison qui se déclarait publiquement comme étant fidèle au Dragon Noir. En pénétrant dans la forteresse cependant, les choses étaient un peu différentes. À Murs-Blancs, le seigneur de Noirvallon avait beaucoup perdu et dû payer des sommes très importantes. Par conséquent, de nombreuses décorations avaient été retirées des murs et vendues pour obtenir des liquidités, même si les villageois du fief restaient ceux qui avaient le plus souffert. Malgré sa position précaire, la maison Vyrwel présentait encore bien. Pour sa situation actuelle du moins, en comparaison d'un du Rouvre, les choses étaient bien différentes.

Les invités devaient certainement avoir noté que ce n'était pas le seigneur en personne qui s'était présenté : décision volontaire qui devait faire comprendre aux chevaliers que lord Vyrwel ne se considérait pas comme un homme inférieur, même si d'après la Couronne leur maison était loin de valoir celle des du Rouvre. L'on ne jugeait pas un homme à son titre, mais bien à ce qu'il était capable de faire et Bryce Vyrwel n'avait aucune limite.

Ils furent rapidement introduits dans le grand salon où le seigneur des lieux était toujours installé. Il se redressa à l'entrée de ses invités pour les saluer avec tout le respect qui leur était dû, mais sans s'abaisser à leur baiser les pieds comme certains nobles mineurs le faisaient. À le voir, certains auraient pu penser que Bryce se comportait comme un noble important et c'était exactement le cas.

« Messers, bienvenue à Noirvallon. Lancel s'éloigna, laissant son père prendre les choses en main comme à chaque fois qu'il était question de politique.
J'ai demandé à ce qu'un repas vous soit préparé, le nôtre a déjà été servi, il vous faudra donc patienter un peu. Une manière d'imposer ses règles sous son toit et non de se les faire dicter par des étrangers. Désignant des sièges à ses invités, il s'installa lui-même dans le sien.
Prenez place en attendant, j'imagine que votre route a dû être épuisante. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Quoique, par les temps qui courent, je pense que les routes doivent être relativement vides. Certainement que mes voisins ne devaient pas être chez eux pour que nous ayons le plaisir de votre visite ? »

Une manière comme une autre de faire comprendre à ses invités qu'il n'était pas dupe et qu'il savait parfaitement qu'ils devaient être au courant de la réputation qu'il traînait depuis quelques temps. Autant annoncer la couleur dès le début, cela n'en serait que plus divertissant pour la suite.


               
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Kealan du Rouvre
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Message Jeu 21 Mar 2013 - 21:47

En pénétrant dans Noirvallon, Kealan jeta un regard attentif à ce qui l'entourait. Le jeune homme qui semblait les attendre ne manqua pas d'attirer son attention. Ainsi donc, la vouivre n'avait pas jugé bon de venir les accueillir en personne et préférait se terrer dans son antre ? Soit. On ne tarderait pas à voir qui jouait le mieux à ce jeu. Un sourire finaud et amusé se peignit sur les lèvres du chevalier tandis que les cavaliers se rassemblaient dans la cour. Il mit pied à terre, et le jeune noble s'approcha pour venir les saluer. Sans même se présenter, chose qui était à noter. Il n'était cependant guère difficile de deviner qu'il s'agissait là du futur seigneur des lieux. Des palefreniers firent leur apparition, et Kealan confia les rênes de son cheval à l'un d'entre eux. Il était presque intrigué qu'on les aie fait entrer. Il avait bien eu le sentiment que son nom serait un appât trop tentant pour lord Bryce, mais cela n'avait pas empêché un léger doute de subsister sur sa décision finale. L'héritier les invita à le suivre, et le chevalier lui offrit un sourire poli en retour.

« Il va sans dire.

Il le suivit, imité par ses cavaliers. La vouivre avait peut-être commis une erreur en le traitant ainsi sous sa condition. S'il passait pour un simple chevalier et oncle de lord aux yeux des moins avisés, dans les faits c'était peut-être lui, le seigneur de Vieux Rouvre. Serait-il pertinent de rappeler à lord Bryce que, surtout dans le contexte actuel, sa maison était capable d'écraser Noirvallon d'une simple pichenette ? Probablement pas. Kealan avait appris qu'il était bon qu'un vis à vis vous sous-estime. Cela vous donnait un énorme avantage sur lui. Au moins, la soirée s'annonçait aussi... intéressante qu'il l'avait imaginé. Cela aurait le mérite d'écarter ses pensées de son échec mal digéré.
Leur guide les amena jusqu'au grand salon où le maître des lieux attendait. L'oeil aiguisé du chevalier n'avait pas manqué de noter les marques évidentes de saignées que le château portait. Le luxe avait été en partie sacrifié à des besoins plus terre à terre... A trop jouer avec le feu, surtout celui d'un dragon, on finissait par se brûler les ailes... Apparemment, même la vouivre n'était pas à l'abri du courroux de son dangereux cousin reptile. Posant son regard sur lord Bryce, Kealan eut au moins la satisfaction de le voir se lever pour les saluer, mais avec la juste dose de respect qui s'imposait, ni plus ni moins. Peut-être était-ce préférables aux attentions mielleuse de certains autres nobles. Si ce seigneur-là voulait obtenir quelque chose de lui, au moins avait-il ne bon goût de ne pas jouer d'une sollicitude exagérée, et bien souvent peu sincère. On aurait peut-être pu attendre un peu plus de déférence de la part d'une maison mineure et affaiblie face à une puissance bien supérieure, mais l'homme était ce qu'il était. Et s'il voulait s'amuser au jeu du pouvoir, pourquoi pas ?
Le chevalier prit place dans un des sièges qu'on lui indiquait, juste en face de son hôte, retirant ses gants de cuir noir qui lui servaient durant le voyage. Ses hommes prirent place à ses côtés. Lorsque lord Bryce leur annonça qu'ils devraient attendre leur repas, il resta inébranlable, retenant le rictus qui aurait pu venir s'afficher sur ses lèvres. Il se contenta d'afficher un sourire affable et d'incliner légèrement la tête.


- Je vous remercie pour votre hospitalité, lord Bryce. La route était surtout d'un ennui mortel. Quelques bandits auraient fourni une distraction bienvenue. Il paraît que la région de Murs-Blancs est assez bien lotie à ce niveau-là. Quelle chance ont-ils...

Son regard sombre se posa sur son interlocuteur, un air finaud sur le visage. Jouer au jeu des allusions pour dévoiler ce que chacun savait de l'autre, voilà qui était amusant. Kealan lui signifiait par cette phrase en apparence anodine qu'il était parfaitement au courant de ce qui s'y était passé, peut-être un rappel un peu cuisant de ce qui était arrivé à lord Beurpuits, instigateur de la tentative avortée de révolte. Se calant contre le dossier de son siège, il suivit du pouce et de l'index la ligne de sa mâchoire inférieure, dans une attitude pensive. Comme s'il réfléchissait aux derniers mots de son hôte.

- Je crois que vos voisins sont quelque peu... Indisposés. Je me suis laissé dire que la famille Peake a été légèrement... écourtée, si je peux m'exprimer ainsi ? Mais vous savez ce qu'on dit, ajouta-t-il en levant les mains, poings fermés et index pointés vers le plafond pour ponctuer ses paroles, chaque chose a son prix à payer. Toujours est-il que je ne suis pas homme à m'imposer ainsi dans ces moments délicats. Et nous savons tous deux que votre légendaire hospitalité attire les foules à des lieues à la ronde.

Douce ironie. De son point de vue, les Vyrwel ne s'en étaient pas si mal tirés, en comparaison de leurs voisins. Lord Gormon avait payé le prix fort... Mais s'il en croyait ses sources qui avaient été présentes sur place au moment des évènements, l'imbécile en avait trop fait. Il s'était tellement mis en avant comme soutien de lord Beurpuits qu'il n'avait pu que couler avec lui. D'autant plus alors qu'il s'était déjà fait remarquer lors de la première rébellion Feunoyr comme traître et meurtrier de la Main du roi de l'époque. S'il avait su la jouer plus finement, peut-être aurait-il encore la tête sur les épaules à l'heure actuelle. Même s'il était un peu jeune à l'époque pour apprécier la perspicacité d'une telle attitude, Kealan avait au moins appris de son frère Geoffroy la pertinence de ne se mouiller que quand la situation était propice, et d'attendre de savoir par où soufflait le vent pour se décider. Il se pencha en avant, regardant toujours son hôte, plus sérieusement.

- Pour être honnête, vous devez savoir qu'il n'y a pas énormément d'endroits où loger décemment dans les environs, même pour une seule nuit. Et c'est toujours agréable de pouvoir discuter avec quelqu'un à l'esprit aussi aiguisé que le vôtre. »

Inutile de tergiverser. Ce n'était pas de la flatterie, mais une simple énonciation d'un fait. Lord Bryce était tout sauf un idiot, mais il en allait de même pour lui. Il se cala à nouveau dans son siège, laissant son regard se promener sur la salle qui l'entourait. Il avait la gorge un peu sèche, et du vin aurait été bienvenu, mais il ne serait pas homme à quémander. A la base, tout ce qui l'avait mené ici était la perspective d'un repas, d'un éventuel bain, et d'un lit où dormir. Il ne venait ni pour affaires, ni réclamer quoi que ce soit. Au moins, il serait agréablement distrait par ces joutes verbales ni cordiales, ni glaciales.




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Message Ven 22 Mar 2013 - 14:05

Le sourire du chevalier pouvait être aussi bon signe que mauvais présage. Bryce n'était pas sans savoir que les manifestations de ce genre n'étaient pas toutes forcément aussi bonnes qu'on pouvait le penser et il se contenta donc de soutenir le regard de son invité. Lui-même ne souriait que très rarement et lorsqu'il agissait de la sorte, c'était toujours très mauvais signe. Qu'en était-il pour ser Kealan ? Peut-être que l'occasion lui serait donnée de le découvrir au cours de ces échanges verbaux !

L'évocation de Murs-Blancs était à la fois habile et risquée. Le Bieffois ne se laissa toutefois pas troubler, se contentant d'observer son interlocuteur avec un calme non feint. Il avait durement payé sa participation à cette rébellion, mais ne se laisser pas atteindre par des piques uniquement destinées à le faire réagir. Son invité pouvait tout aussi bien percevoir cet échec comme une bonne ou une mauvaise chose, pour le moment Bryce ne savait comment se positionner vis-à-vis du chevalier.

« La forteresse de Murs-Blancs a été très agitée en effet, à croire que les raids des Fer-nés ne suffisent plus à divertir les nobles. Mais il s'agit là d'un événement dépassé et oublié ! »

De qui ? Certainement pas de ses voisins, la manière dont il était traité comme un paria suffisait à le prouver. Mais pour le seigneur de Noirvallon, c'était bel et bien le cas. S'arrêter sur un échec n'apporterait jamais rien, il fallait aller de l'avant et simplement ne pas oublier. Tout comme le Bieffois s'était juré de se venger des Uller qui étaient responsables d'une lourde perte pour la maison Vyrwel, Bryce se vengerait de tous les individus qui avaient eu l'audace de le traiter comme un paria. À force de toujours vouloir punir ceux qui vous blessaient, vous finissiez par devenir aigri, mais c'était déjà fait depuis longtemps pour le seigneur des lieux. Tellement aigri que même un Dragon ne parviendrait à le digérer !

Les coudes posés sur les accoudoirs de son fauteuil, la Vouivre joignit ses mains devant lui dans une attitude parfaitement détendue. Il se trouvait chez lui et rien ne pourrait l'atteindre. La discussion n'était pourtant pas des plus agréables, le chevalier ne se gênait pas pour aborder des sujets épineux, parlant ouvertement de lord Peake qui avait laissé la vie lors de la rébellion ratée de Murs-Blancs. Même si Bryce était lié à cette maison par sa propre mère, il ne se sentait pas réellement concerné par cette mort. Certes, perdre des partisans Feunoyr était toujours une mauvaise chose, mais tant qu'il en restait, tout pouvait se reconstruire. Glissant une main jusqu'à sa barbe, le Bieffois laissa passer un bref instant de silence tandis que son interlocuteur continuait sur la même voie. L'expression du Vyrwel était toujours aussi détendue que s'ils parlaient de la pluie et du beau temps, puis lorsqu'il daigna répondre, son ton resta des plus légers.

« En effet, il serait difficile de nier que la famille Peake a été quelque peu chamboulée. Mais en bon Bieffois que vous êtes, je suis persuadé que vous n'ignorez pas que pour permettre à un arbre de grandir et s'épanouir, il faut parfois sacrifier quelques branches qui l'entravent dans ses projets. Le sous-entendu était à peine voilà, même si Bryce avait toujours respecté le seigneur des Peake, il n'allait cependant pas pleurer sa mort pendant des années. S'il avait échoué, c'était certainement parce qu'il n'avait pas les capacités requises pour survivre.
Enfin, je suis ravi de savoir que l'idée de séjourner à Noirvallon vous satisfait. Pourtant, ce n'était pas pour les raisons que l'on pouvait imaginer. Je dois dire que vous n'avez pas votre langue dans votre poche ser Kealan, vous devez être d'une compagnie bien divertissante. Son sourire se dessina pour la première fois sur ses lèvres. Au moins puis-je me dire que si je perds mon titre de lord, je peux toujours me recycler en mestre. Un esprit aiguisé pour un chevalier de l'esprit, que demander de mieux ? »

Des échanges amusants et bon enfant. Il n'y avait rien de bien dangereux dans de telles paroles.
À peine le seigneur de Noirvallon eut-il terminé ce qu'il avait à dire, que son fils s'approcha de lui. Bryce leva les yeux vers Lancel qui se contenta de hocher la tête, une manifestation qui suffit à faire comprendre à son géniteur ce qu'il voulait dire. Reportant son attention sur ses invités, le Bieffois reprit la parole.

« Votre repas est prêt messires. »

Se redressant sans se presser, Bryce fit signe à Lancel d'ouvrir le chemin et ils passèrent dans la salle contiguë. Elle était plus petite que le salon, mais assez bien décorée. Une fois de plus, les récents changements étaient visibles et l'on comprenait aisément que le seigneur des lieux n'avait pas procédé à ces modifications de gaieté de cœur. La table était grande, suffisamment pour accueillir toute la famille Vyrwel et plusieurs invités au grand complet. Pourtant, comme le jeune chevalier l'avait fait savoir plus tôt, Noirvallon n'était pas réputé pour sa grande hospitalité ! Les apparences passaient toujours avant le reste, en voyant un pareil décors, personne n'aurait pu dire que lord Bryce était un homme qui n'appréciait pas de jouer les hôtes.

Invitant les Bieffois à s'installer à table où des couverts avaient été posés pour l'occasion, il prit lui-même place sur son siège habituel. La famille avait dîné très peu de temps avant l'arrivée des du Rouvre ce qui expliquait que le repas avait été préparé aussi rapidement, ser Kealan s'en douterait certainement et le Vyrwel ne cherchait pas à le cacher. Lancel se joignit à son père en s'installant non loin de lui, même si sa bouche restait toujours obstinément close.

Après que les invités ne se soient assis, le chef de famille laissa les domestiques servir les plats, puis lança un sujet plus léger. Enfin, tout dépendait des points de vue encore une fois.

« Vous connaissez apparemment beaucoup de choses sur ce qui se passe dans les environs messer. Êtes-vous passionné par les ragots ou les rumeurs qui circulent sur vos voisins ? Le ton était neutre, comme si cette information ne l'intéressait pas réellement, pourtant c'était bien le cas !
Vous devriez rester prudent, à force d'écouter ce que les gens se racontent, il arrive qu'on en vienne à oublier ce que l'on pense réellement ! Pourtant les Sept savent à quel point le fait de pouvoir décider par soi-même est important, n'est-ce pas ? C'était une question rhétorique, aussi Bryce enchaîna-t-il aussitôt. Comment se portent les membres de votre famille messer ? Je n'ai pas eu le plaisir de leur visite depuis bien longtemps. »

Et de tant d'autres encore.


               
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Kealan du Rouvre
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Message Sam 23 Mar 2013 - 12:05

La discussion continuait entre Kealan et le seigneur de Noirvallon, sans que rien ne vienne troubler leur échange. Il régnait un silence opaque, presque sinistre, en dehors de leurs paroles. Les cavaliers de Vieux Rouvre restaient assis dans une attitude digne, assistant à la scène sans intervenir. Telle était leur place, et ils la tenaient comme il se devait. Le chevalier n'ajouta rien quand lord Bryce lui déclara que les évènements de Murs-Blancs étaient dépassés et oubliés. En revanche, cela ne l'empêcha pas de penser pour autant. De son point de vue, oublier tout ça n'était pas une bonne chose. Tourner la page pour ne pas ruminer sans cesse était une bonne attitude, mais ne pas garder trace de ses erreurs pouvait porter préjudice. Si on en tirait des leçons et qu'on se souvenait, on apprenait des événements qui s'étaient passés... Restait à savoir si ces mots n'étaient que pures paroles pour lui présenter une certaine façade, ou bien le fond de la pensée de la vouivre. Kealan penchait largement pour la première option.
Lorsque son hôte lui dit qu'il fallait savoir sacrifier les branches d'un arbre qui l'entravent dans sa croissance, il comprit sans mal l'allusion. Cela lui tira un sourire en coin. Il ne le savait que trop bien. L'assassinat de son frère, pour lequel il s'était d'abord grandement repenti, puis apparaissait à présent comme ce sacrifice bénéfique à tous. Il n'aurait jamais pu tirer ce qu'il voulait de Geoffroy et le manipuler à loisir, comme il le faisait avec son neveu Adam. Son frère était bien plus âgé que lui, et avait une plus grande expérience de la politique. Le lord actuel, au contraire, se laissait diriger sans rechigner. Ce n'était pas forcément une mauvaise chose pour Vieux Rouvre. En revanche, il ne se rendait pas compte que si c'était lui qui portait le titre de seigneur, c'était son oncle qui exerçait le rôle dans les faits, par son intermédiaire. Le chevalier répondit à lord Bryce d'un air amusé quand il parla de se recycler en mestre.


« Je crois que cela ferait un duo redoutable dans les affaires politiques...

Nul doute qu'une association de leurs esprits pourrait en effet accomplir de grande choses. Ils n'avaient cependant pas fondamentalement les mêmes buts, et engager Vieux Rouvre sur la voie de la rébellion, largement empruntée par Noirvallon, ne l'attirait guère. Comment faire prospérer un fief sous l'oeil vigilant des dragons, en s'affichant clairement comme traître ? Il fallait rester prudent, et faire feu de tout bois, comme il en avait l'habitude.
Leur discussion fut interrompue par l'arrivée de l'héritier de lord Bryce. Ce dernier ne dit rien, mais le signe qu'il fit sembla suffire. Son père invita Kealan et ses hommes à passer à table, et les conduisit dans une pièce voisine où ils purent s'attabler. Le couvert avait été mis pour eux à la longue table qui devait sans doute accueillir moins de convives qu'elle en était capable en temps normal. Le seigneur des lieux et son héritier prirent également place, même si le jeune homme ne semblait pas décidé à ouvrir la bouche. Quant à savoir s'il était intimidé ou simplement s'il avait pour habitude de parler peu en présence de son géniteur, voilà une question à laquelle il serait difficile de répondre. Des serviteurs apparurent bientôt en apportant les plats. Ce n'était pas un festin de grande occasion, mais c'était normal. Il ne s'agissait que d'offrir un repas à des visiteurs impromptus, pas d'un événement à fêter. De plus, cela restait tout à fait honorable. Tandis que le chevalier goûtait une part de tourte au pigeon, lord Bryce relança la conversation dans un registre plus léger. De première apparence, du moins. Kealan préféra rester prudent dans sa réponse, et après avoir fait descendre le morceau de tourte qu'il avait avalé par une bonne gorgée de vin, il sourit d'un air parfaitement sincère.


- Je crois que j'accorde une juste part aux ragots, mon seigneur. Il y a tellement d'inepties qui circulent que je laisse plutôt ces rumeurs aux serviteurs, qui adorent jacasser. Je n'y accorde vraiment d'importance que quand un fond de vérité attire mon attention...

Il ne comptait dévoiler son jeu dès la première partie. Il avait ses cartes en poches, et révéler qu'en réalité il avait des gens qui faisaient pour lui office d'yeux et d'oreilles un peu partout dans Westeros, y compris hors du Bief, et qu'il disséquait soigneusement le moindre ragot qui parvenait à ses oreilles ne lui sembla pas pertinent. Il savait que le jacassement incessant des serviteurs pouvait en réalité offrir une foule de renseignements plus ou moins importants à celui qui savait tendre l'oreille et trier le vrai du faux. S'il voulait manœuvrer efficacement en politique, il était nécessaire pour lui d'être attentif à ce genre de détails. Il continua à manger tranquillement, se contentant d'acquiescer pour marquer son assentiment lorsque son hôte lui demanda confirmation sur l'importance de pouvoir décider par soi-même. Il avait si longtemps été dirigé, jusqu'à ce qu'il décide de prendre sa vie et le fief de sa famille en main, qu'il ne pouvait qu'apprécier le fait d'être libre de ses choix et de ses mouvements. Même s'il continuait à obéir à son neveu comme à son seigneur qu'il restait, il avait tellement la bride sur le cou qu'en général, il agissait de son propre chef.

- Ma famille se porte bien, grâce en soit rendue aux Sept. L'épouse de lord Adam, mon neveu, a donné le jour à une fille au début de l'année, je ne sais si la nouvelle vous est parvenue. Il semble que Vieux Rouvre ait pour habitude de produire plus de femmes que d'hommes dans sa lignée. Heureusement, les racines sont profondes et la sève vigoureuse, suffisamment pour que les garçons qui naissent dans notre famille fassent des hommes solides. Et puis, avoir des filles n'est pas qu'un désavantage. Il est toujours agréable de pouvoir compter sur des familles auxquelles nous nous lions par mariage, n'êtes-vous pas d'accord ? Pour ma part, je cherche une nouvelle épouse. Peut-être serai-je celui qui ajoutera quelques branches mâles au grand chêne, pour la modeste part que joueront mes rejetons dans notre généalogie. J'espère que vous excuserez les miens de ne point pouvoir se lancer dans des visites de par le Bief. Mon neveu n'a guère le loisir de quitter son fief. Maintenant que les Fer-nés ont tourné leur attention plus au Nord, et que l'automne a mis un terme à cette épouvantable sécheresse, il faut panser les plaies de Vieux Rouvre. Reconstruire ce qui a été détruit dans les raids, engranger le plus de provisions possible pour l'hiver... Avec cette surcharge de travail, les déplacement de courtoisie ne sont guère à l'honneur. Moi-même, je ne me déplace actuellement pas tant par loisir que par devoir. »




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Message Sam 23 Mar 2013 - 18:52

La manière dont ser Kealan parlait des rumeurs, laissait penser que Bryce avait affaire à un homme qui savait analyser sans trop de difficultés, ce qui pouvait lui être donné en pâture. C'était une bonne chose. Un esprit analytique était un don de la nature qui pouvait se révéler très utile. Lancel était presque pareil, il parlait peu, très peu même, préférant tendre l'oreille pour écouter ce qui se disait et pourquoi pas, faire oublier sa présence. Jouer avec les mots étaient aussi ardu que de rester muet face à des paroles qui pouvaient vous contrarier et c'était pour cette raison que le Bieffois avait toujours apprécié les hommes qui savaient allier verve et analyse. Est-ce que l'homme face à lui était aussi doué qu'il en avait l'air ? Il ne tenait qu'au seigneur de Noirvallon de le tester pour trouver réponse à son interrogation. Mais chaque chose en son temps, les du Rouvre allaient passer la nuit ici et par conséquent, la Vouivre pouvait se permettre de se prélasser sur son siège sans se presser. Pour le moment.
Il répondit donc d'un simple hochement de tête accompagné de quelques mots sans grand intérêt.

« Sage décision. »

Il n'approuvait, ni ne désapprouvait de telles paroles. Bryce n'avait pas pour habitude de dévoiler son mode de fonctionnement ou ses pensées sans y être contraint.
Alors que les invités se sustentaient, le seigneur des lieux se contentait de siroter un vin de bon goût. Ayant toujours eu des goûts de luxe, il avait toujours été un grand amateur du vin de La Treille, mais les finances devenant particulièrement rudes, ce genre de petits plaisirs allait devenir beaucoup plus rare.

L'interrogation sur la famille du jeune chevalier ne tarda pas à trouver une réponse détaillée. Ser Kealan apprit donc à son interlocuteur que son neveu, le seigneur de leur maison, avait apparemment connu les joies de la paternité. Une fille, c'était toujours utile comme le disait le Bieffois, même s'il était toujours préférable d'avoir des garçons en réserve. L'on ne savait jamais quels malheurs pouvaient frapper une maison qui risquait de perdre ses hommes. S'il étaient peu nombreux, inutile de dire que des difficultés risquaient rapidement de se présenter. Une maison à dominante féminine n'était jamais bon signe, du moins aux yeux du Vyrwel. Quoi qu'il en soit, les projets de mariage du chevalier du Rouvre étaient légitimes, s'il n'avait pas eu de progéniture, il n'y avait rien de plus évident que de vouloir remédier à ce problème. Le frère de Bryce avait subi le même coup du sort, son épouse était morte en couche avec leur premier et unique enfant, depuis lors Godrik avait souhaité rester seul. Un choix que Bryce avait respecté, même si ce point l'ennuyait assez il fallait l'avouer. Après avoir bu une nouvelle fois, sans se presser, le seigneur de Noirvallon répondit à son interlocuteur.

« C'est compréhensible. J'imagine que par chez vous, le problème des Fer-nés doit être bien plus présent que par ici. Je n'ai heureusement pas eu à défendre mes terres contre ces pillards. À croire que les Sept nous réservent à tous des petites surprises. Nous les Dorniens il y a quelques dizaines d'années, puis maintenant vous avec ces pirates. Il faudrait rayer ces vermines de la carte pour avoir un peu de quiétude ! Une simple remarque apparemment innocente, mais en réalité Bryce souhaitait simplement voir la réaction de son vis-à-vis quant à l'idée de se débarrasser des Dorniens. Histoire d'observer s'il avait affaire à un véritable Bieffois ou un vendu à la racaille du désert.
J'ignorais pour votre neveu, vous lui adresserez mes félicitations. Une fille est toujours utile comme vous le dites, les mariages ne se font pas sans sacrifices, mais les filles quittent leur maison et au final, c'est une perte pour sa famille d'origine. Il soupira légèrement. J'ai toujours préféré l'idée d'avoir des garçons et heureusement les Sept m'ont entendu ! Il est toujours bon d'avoir plusieurs hommes sur qui compter, le sort est si prompt à frapper. J'ai moi-même perdu du fils suite au Fléau, heureusement qu'il m'en restait. Glissant un regard vers Lancel, Bryce échangea un regard avec son héritier avant d'en revenir à Kealan. Et à présent c'est à mon fils d'assurer sa descendance. Mais vous avez bien raison de vouloir trouver une nouvelle épouse, rester sur un échec n'est jamais une bonne chose. Mon frère aussi a perdu son épouse et son enfant en même temps, j'ai toujours regretté qu'il ne cherche pas une autre fin à cette histoire. Vous êtes encore jeune, vous avez le temps de fonder votre famille. Sans compter qu'un homme avec votre position et votre patronyme ne devra avoir aucune difficulté à trouver une prétendante j'imagine ! »

Le discours de Bryce avait l'air des plus normal et pourtant, de nombreux sous-entendus avaient été glissés. Habillement où non ? L'avenir le lui dirait. Il avait parlé de la mort de son fils sans même rougir alors que la cause de son décès était bien différente de celle énoncée. Lancel ici présent avait lui-même veillé à ce que son frère cadet ne pose plus de difficultés et heureusement le fléau avait dissimulé cet « accident » en mort naturelle. Utiliser toutes les cartes que vous possédiez et ne rien négliger. Toujours.
L'intérêt du seigneur de Noirvallon avait été piqué, il se demandait à qui pourrait donc se lier un homme comme ser Kealan. Comme il l'avait dit juste avant, Bryce pensait que cet homme n'éprouverait pas de grandes difficultés à trouver une potentielle épouse, mais peut-être avait-il des attentes particulières, qui sait. Les dames de la maison Vyrwel semblaient naturellement disposées à donner naissance à des hommes, mais malheureusement, aucune n'était « disponible », Bryce avait marié sa fille aînée il y a plusieurs années de cela et la suivante était encore trop jeune. Se redressant légèrement, le Vyrwel reprit.

« Ainsi donc vous étiez dans les environs par devoir ? J'ai entendu dire que les Dorniens n'avaient pas beaucoup souffert des raids des Fer-nés, certainement que les prédateurs se reconnaissent entre eux. Vous devez avoir trouvé votre bonheur chez eux si vos pas vous ont menés là-bas. Le sous-entendu était à peine voilà, même si ser Kealan ignorait peut-être quelle haine la maison à la Vouivre nourrissait à l'égard de ses voisins de région.
Votre fief a-t-il subi de lourdes pertes ? J'imagine qu'en matière de nourriture, avec la sécheresse, les choses ne doivent pas être facilitées. Un bref sourire se dessina sur les lèvres du Bieffois. Je vous aurais bien proposé de l'aide de notre part, entre voisins il faut savoir s'épauler, mais comme vous le savez, mes finances ont subi quelques changements. Il tourna la tête vers Lancel. N'est-ce pas ? Le jeune homme acquiesça d'un signe de la tête.
Elles sont au plus bas malheureusement. Heureusement, cela ne nous empêche pas de recevoir nos visiteurs. »

Tant de mansuétude était admirable. Ou pas. Rien n'était donné sans raison en ce bas monde.


               
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Message Dim 24 Mar 2013 - 15:58

Kealan avait jeté une information en pâture à son hôte au cours de la discussion : celle concernant son projet de remariage. Cela lui permettrait de voir ce que lord Bryce en ferait. Bien que n'était à première vue « qu'un chevalier » de la maison du Rouvre, même si oncle du seigneur de Vieux Rouvre, il restait un morceau de choix pour n'importe quel homme souhaitant bien marier une sœur ou une fille. Et cela, même si on ignorait qu'il tirait dans l'ombre les ficelles du fief familial. Bien que n'étant à l'heure actuelle que troisième sur la liste des successeurs de son neveu, derrière le petit Bran, le fils de ce dernier, et Gwayne, son second neveu, il était conscient qu'un malheur était vite arrivé. La vie d'un enfant en bas-âge ne tenait parfois qu'à un fil. Et avec les temps rudes dans lesquels ils vivaient, même des hommes faits pouvaient malencontreusement périr. Gwayne courait le risque de mourir au combat, lui qui n'était encore ni marié ni père, et même Adam pourrait être amené à se rendre sur le champ de bataille, avec tous les risques que cela comportait. Dans ses calculs, le chevalier avait finalement établi que, même si on ne pouvait pas dire qu'il souhaitait la mort de ses proches, il pourrait se retrouver à la tête de Vieux Rouvre de manière officielle si les évènements le permettaient, et que par conséquent, il était plus que temps de travailler à sa descendance. Quand bien même cela n'arriverait jamais, il ne lui coûtait pas grand-chose de se trouver une femme à la hauteur de ses attentes, et de lui faire une flopée de rejetons. Il fallait toujours considérer toutes les possibilités.
La vouivre commença par relever ce qu'il avait dit à propos des raids des Fer-nés. Kealan était loin, très loin d'apprécier ces mangeurs de poisson, envahisseurs, pillards et meurtriers qui ne faisaient que ravager ses terres. Son interlocuteur, lui, en avait après les Dorniens. La remarque qu'il formula sur le fait de s'en débarrasser définitivement tira un sourire entendu au chevalier. Il ne parvenait pas à déterminer si le seigneur de Noirvallon visait par ces mots les habitants des Iles de Fer ou ceux de Dorne, mais peut-être l’ambiguïté était-elle volontaire. La réponse qu'il lui fait fut donc assez fine.


« Je crois qu'ils méritent une leçon qui les marquera au fer rouge. Mais une fois cela fait, au lieu de se débarrasser de ces gens, je pense qu'il est bien plus productif de les... utiliser. La mort est si définitive, alors que la vie est pleine de possibilités...

Lui non plus n'avait pas spécifié à qui il pensait. Son premier élan allait naturellement à l'encontre des Fer-nés, qui lui avaient causé plus de mal que les habitants du désert. Il ne conservait à l'égard de ces derniers ni affection, ni réelle haine. Comme de nombreux Bieffois, il avait gardé dans son éducation les traces des affrontements qui avaient eu lieu entre leurs deux peuples. Il en conservait toutefois une simple méfiance accrue, trop finaud et opportuniste pour se fermer des portes au-delà des Montagnes Rouges par simple haine raciale. Par ailleurs, Vieux Rouvre était assez éloignée de Dorne, placée bien plus près de la frontière avec les Terres de l'Ouest. Comme lord Bryce n'avait pas été inquiété par les raids des pillards fer-nés, lui n'avait que peu souffert des exactions des Dorniens dans le passé.

- Néanmoins, je ne vais pas nier avoir eu un grand plaisir à tuer les pillards fer-nés lorsque j'ai pu les prendre à temps en train de ravager des villages côtiers. On a beau dire que la vengeance ne mène à rien, elle a cependant un goût délicieux. Les Fer-nés sont vraiment comme la créature marine qui sert d'emblème à leur suzerain, voyez-vous... Voraces, coriaces, mais une fois sur terre, ils ne valent plus grand-chose. Oh, je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils sont mauvais combattants, dans leur genre barbare et primitif. Toutefois, lorsque nous leur sommes tombés dessus par surprise, ils se sont presque débandés. Face à une charge de cavaliers, leur sort était presque scellé d'avance... Je ne sais pas combien nous en avons tués, mais la plupart d'entre eux y sont restés. Nous avons rejeté les autres à la mer en leur faisant clairement passer le message qu'ils ne remettraient pas les pieds à Vieux Rouvre impunément. J'ai même fait empaler leurs têtes sur des piques le long de la plage, au cas où un boutre se serait mis en tête de revenir faire un tour dans ce coin... Hélas, il faut croire qu'ils sont plus téméraire ou stupides que le commun des hommes. Cela ne les a pas empêchés de recommencer, jusqu'à ce qu'ils tournent leur attention ailleurs. C'était une tâche colossale que de patrouiller le long des côtes pour les repousser, croyez-moi.

Même si ce que Kealan racontait était la stricte vérité, ce n'en était pas moins une perche tendue à son hôte, une façon de montrer qu'ils partageaient peut-être plus de choses que le premier coup d'oeil le laissait croire. De façon indéniable, ils avaient quelques points communs, ils avaient très vite pu s'en apercevoir... Ce fut avec un intérêt non feint qu'il écouta ce que la vouivre lui dit concernant les naissances féminines dans une famille. On approchait d'une des choses qui l'intéressait, à savoir, si le seigneur de Noirvallon avait assimilé l'information concernant un éventuel remariage, et ce qu'il comptait en faire.

- Je suis de votre avis, plus on a d'hommes en réserve dans une famille, mieux c'est. J'ai fini par me dire que la grande part de femmes dans notre famille vient surtout de la première épouse de mon père, lady Ondeline. Sur les cinq enfants qu'elle a donnés à son époux, il n'y avait que deux garçons. Mon frère, lord Geoffroy, a suivi la même route, puisque son épouse lui a également donné cinq enfants, dont deux garçons seulement. En revanche, je tiens de mes sœurs que ma propre mère, lady Blanche, lorsqu'elle est morte en couche avec son second enfant, allait donner naissance à un garçon. Ma défunte épouse a également péri en couches avec l'enfant qui devait être notre fils. J'ai donc tendance à croire que je pourrai être l'homme de la famille apte à procréer des rejetons mâles.

Restait évidemment pour lui à trouver la femme qui lui conviendrait, et la tâche n'était pas aisée. Il ne voulait pas se lier à la première famille venue, cherchant tout de même à contracter une alliance avantageuse. Il recherchait aussi certaines qualités chez la future épousée. Un veau sans âme, tout juste bonne à porter des enfants et à mettre bas ne l'intéressait guère, et effort de procréation ou pas, risquait d'assez vite le détourner d'une telle épouse. Il pouvait se permettre de jouer la fine bouche car, comme le dit lord Bryce, ce n'étaient pas les prétendantes qui manquaient. Sans trop de surprises, son neveu le laissait mener ses recherches et les négociations lui-même, se contentant d'appuyer Kealan de son poids de lord lorsque c'était nécessaire.

- Ce ne sont en effet pas les prétendantes qui manquent. Toutefois, je prends mon temps pour choisir celle qui saura le mieux convenir à mes attentes. Dans la mesure du possible, j'essaie de trouver une femme issue d'une lignée réputée fertile et apte à mettre au monde des garçons. La dernière chose dont j'aurai besoin serait de me retrouver avec une épouse stérile... Il faut qu'elle soit assez jeune également, pour supporter l'enchaînement des naissances et pour qu'elle soit suffisamment fertile. Pas trop jeune non plus, sans quoi elle risque d'être fragile et de périr durant l'accouchement. Et pour finir, j'ai le caprice de la vouloir avec un tant soit peu d'esprit et de caractère. Juste ce qu'il faut pour rendre le mariage agréable. Sans vouloir paraître présomptueux, je n'ai pas de mal à obtenir d'une femme qu'elle se couche placidement en attendant que je fasse mon office. Ce n'est pas ce que j'attends de mon épouse.

Ce n'est pas non plus ce qu'était son épouse précédente. Il avait beau avoir montré quelques réticences vis à vis de l'arrangement matrimonial que son frère Geoffroy avait conclu pour lui, car il aurait préféré se marier à une femme d'une maison plus importante qu'une Lowther, il avait cependant trouvé son compte dans les deux années qu'il avait passées marié à elle. Sa perte l'avait réellement affecté, même s'il avait tourné la page. Il avait été honnête dans ses paroles avec son hôte, considérant que de telles informations ne lui nuiraient pas. Il avait cependant pris le soin de taire qu'il sélectionnait soigneusement la famille d'origine de sa potentielle promise, afin d'en tirer le plus d'intérêts possible. Il avait un large champ de possibilités, car ses recherches ne se limitaient pas au seul Bief, mais à toutes les régions de Westeros, en exceptant naturellement les Iles de Fer. Il préférait également éviter Dorne pour ne pas se mettre à dos des familles qui avaient des griefs contre le peuple des sables, telle que la maison Vyrwel, justement.

- Je ne me suis pas rendu à Dorne, simplement dans quelques maisons du Bief assez proches des Montagnes Rouges ou des Marches de Dorne. Quelques affaires assez ennuyeuses et sans trop d'intérêt, dont il a cependant fallu que je m'acquitte pour le compte de mon neveu. C'est très terre à terre, de simples histoires de ressources, je ne vais pas vous ennuyer avec ça.

Réponse évasive, mais en partie véridique. Il n'avait pas pour intention de révéler à lord Bryce ce qui l'avait amené dans cette région. Même si ce n'était pas extrêmement important, il laissait les affaires de Vieux Rouvre à ceux qu'elles concernaient.

- Vieux Rouvre n'a pas été épargné, et ce depuis l'apparition du Fléau de Printemps. La sécheresse, les raids des Fer-nés... Cependant, nous nous en sortons mieux que d'autres fiefs. Le Fléau, même s'il a fait des ravages dans nos gens, a épargné notre famille à proprement parler. Nous avons pris des précautions dans ce sens, évidemment. Pour la sécheresse, nous avons également pris des mesures qui ont permis d'en limiter les effets néfastes. Nous continuons à engranger des réserves, mais nous en aurions bien plus si les pillards des Iles de Fer ne s'en étaient pas mêlés.

Un portrait assez grossier de la situation. Les mesures avaient été prises, naturellement, et pas seulement pour le confort des du Rouvre. Qu'était une maison noble sans son peuple ? Il fallait que leurs gens puissent aussi manger à leur faim. Ou au minimum, assez pour survivre. Les réserves faites et protégées visaient à être ensuite redistribuées à tous selon les besoins. C'était probablement pour cette raison qu'en dépit des drames successifs de ces dernières années, la population de Vieux Rouvre ne s'était jamais soulevée, et avait continué à avoir confiance dans son seigneur et sa famille. Le chevalier but une gorgée de vin avec lenteur, puis il inclina la tête comme en remerciement pour les derniers mots de la vouivre et de son héritier.

- Je vous remercie pour cette attention et pour votre sollicitude. J'espère que ce revers de fortune vous permettra toutefois de conserver de quoi résister à l'hiver. Même si je gage que le climat de Noirvallon sera plus clément et moins froid qu'ailleurs, de fait de votre proximité avec les terres arides d'au-delà des Montagnes Rouges... »




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Message Lun 25 Mar 2013 - 14:17

Le chevalier du Rouvre ne se mouillait pas vraiment en formulant sa réponse au sujet des anciens ennemis des Westeros et Bryce resta sur sa faim, mais n'en fit guère état. Un silence s'installa avant que ser Kealan ne prenne la parole pour aborder le sujet des Fer-nés. Là, ce fut plutôt du dépit qui habita l'esprit du seigneur de Noirvallon, dès les premières critiques axées sur le peuple des Iles de Fer, son estime pour le du Rouvre diminua grandement. En l'écoutant, Bryce avait l'impression de l'entendre parler de simples brigands des montagnes rouges, à croire qu'ils n'étaient bons qu'à fuir devant les fiers chevaliers du Bief ! Même si le Vyrwel n'avait jamais combattu contre les Fer-nés, il savait cependant que ces hommes étaient nés et élevés pour se battre et la sagesse populaire disait aussi qu'un seul Fer-né valait au moins deux à trois chevaliers continentaux au combat. Le fait que ser Kealan se targue d'avoir fait fuir des personnes qui ne craignaient pas la mort à l'aide d'une simple charge de cavalerie, était donc totalement stupide. Pas une seule seconde le Vyrwel ne prêta foi aux paroles de son interlocuteur qui lui apparut soudain comme un bien arrogant personnage. Oh, lui-même était un homme vaniteux qui sous-estimait les Dorniens, cependant il respectait leurs talents et n'était pas stupide au point de penser qu'il allait les faire fuir d'une simple charge alors qu'ils étaient aussi dangereux que les Fer-nés. C'était sans compter que le fait de les taxer de barbares primitifs était assez idiot sachant que les habitants des Iles de Fer se battaient avec le même équipement que les chevaliers du continent, c'était bien là que venait la rumeur qu'ils ne craignaient pas la mort : se promener sur un boutre avec une armure de plates était suicidaire, pourtant ils le faisaient. En somme, le monologue du chevalier à propos de sa prétendue victoire écrasante sur les Fer-nés, apparaissait surtout comme les légendes que l'on contait aux enfants pour les endormir : elle était bien amusante à entendre, mais était bien loin d'être crédible en raison de nombreux problèmes de réalisme. Bryce échange un bref regard avec Lancel qui partageait apparemment son avis. Lorsque ser Kealan retomba dans le silence, le Bieffois arbora un sourire difficile à identifier.

« Et bien, quel récit ! C'est à se demander ce que font vos voisins à combattre les Fer-nés depuis plus d'une année s'ils sont aussi incapables et rustres combattants que vous le dites. Il émit un léger rire. C'est peut-être parce que les hommes de votre maison sont tous de véritables héros que les Sept ont décidé de ne pas vous donner de fils, sinon rien qu'à vous, vous pourriez mettre fin à la guerre contre ces pillards ! La moquerie était à peine dissimulée et si ser Kealan était aussi intelligent qu'il le prétendait, il le comprendrait sans difficultés.
Vous devez valoir plus d'une dizaine de chevaliers à vous seul messer, j'ai toujours entendu dire qu'un marin Fer-né valait deux chevaliers à lui seul, sans compter que leur équipement vaut largement celui de nos hommes. Quel dommage que vous n'étiez pas assez grand pour participer à Herberouge, vous auriez terrassé la moitié du camp adverse à vous seul. Une boutade de plus, Bryce se moquait pas mal de froisser l'ego de son invité, la situation était bien trop risible à son goût pour qu'il s'abstienne d'en profiter.
Vos ancêtres se sont faits tuer par les Dorniens avant même de dépasser la Passe du Prince et à présent à vous seul vous repoussez les Fer-nés qui terrorisent et razzient des îles entières, quelle revanche ! Vous auriez dû être à Belcastel lors du raid, j'ai entendu dire qu'ils avaient tout pris et que seule la forteresse restait debout. Il marqua une brève pause avant de sourire un peu plus. Il faudra aussi que vous m'expliquiez comment vous parvenez à effectuer une charge sur une plage de sable sans que vos chevaux ne se brisent toutes leurs pattes, je suis persuadé que cela m'aidera si un jour Dorne décide à nouveau de nous déclarer la guerre. »

Oui, encore une chose peu crédible dans ce beau discours. Effectuer une charge de chevalerie sur un terrain aussi accidenté et inégal qu'une plage revenait à tuer tous ses chevaux. Apparemment, lorsque vous étiez un du Rouvre, ces problèmes ne se posaient pas.
Le discours tenu suintait d'ironie, mais face à des explications aussi bancales, Bryce avait beaucoup de mal à conserver sa neutralité. Oh, c'était certainement juste la vanité du jeune homme qui parlait pour lui et peut-être que la lutte avait été une victoire pour eux, mais de là à faire passer le seul peuple qui posait réellement problème aux suzeraines de Westeros depuis tant d'années comme s'ils n'étaient que des rustres bagarreurs, il y avait une marge. À force de sous-estimer ses adversaires, le jeune homme finirait par se faire avoir. Tout comme lord Peake.
Le sujet des enfants et du mariage revint alors, le du Rouvre déclara qu'il était peut-être le seul homme de leur famille à pouvoir offrir des garçons à leur maison et Bryce ne résista pas à une légère remarque.

« Espérons que vous leur donnerez votre talent. »

Pour conter de belles histoires ou pour combattre ? Bonne question, à laquelle la Vouivre s'abstint d'apporter une précision. La suite s'enchaîna d'elle-même tandis que ser Kealan déclarait qu'il avait effectivement de quoi choisir avec les femmes qui se pressaient à sa porte. Bien choisir son épouse était une chose inévitable, même à ce jour alors que la maison Vyrwel était en mauvaise position, le seigneur de Noirvallon n'imaginait pas marier ses enfants encore célibataires à des personnes qui ne lui conviendraient pas. Sa maison ne se lierait jamais à une qui ne suivrait pas les mêmes préceptes que les leurs ! Quoi qu'il en soit, la liste d’exigences que le Bieffois semblait avoir risquait de lui donner beaucoup de fil à retordre. Bryce se contenta de retrouver son expression neutre avant de répondre d'un ton lui aussi parfaitement neutre.

« Malheureusement il n'existe aucune solution pour savoir si une femme pourra vous donner des enfants et encore moins des fils. À moins que vous n'épousiez une veuve qui a déjà fait ses preuves en donnant naissances à des garçons, je crains que vous ne deviez vous en remettre à la chance. Ou aux Sept si vous être croyant. Sa neutralité s'envola l'espace de quelques secondes avant qu'il n'ajoute une réplique d'un ton amusé.
Cela dit, vous pouvez toujours vous lancer à l'assaut des Iles de Fer avec vos hommes et régler le problème des Fer-nés. À n'en pas douter, le Roi vous offrira une femme de sa maison en épousailles, je présume qu'elle devra être suffisamment noble pour vous. À moins que vous ne visiez plus haut pour votre maison ? »

Certes, il n'existait pas plus noble que les Targaryen d'après la sagesse populaire, même si son avis était bien différent, cela dit le du Rouvre semblait avoir suffisamment de vanité pour estimer qu'il méritait mieux. L'avis de Bryce commençait à muer petit-à-petit et son discours s'adaptait en conséquent. Qu'il froisse le chevalier ne lui importait pas encore une fois, il s'était mis la maison Targaryen à dos en se proclamant rebelle, alors la maison du Rouvre ne lui importait pas plus que cela au final.
Après ce discours à propos de sa future épouse, ser Kealan chassa le sujet de ses voyages en prétextant que c'était un sujet sans intérêt, chose que Bryce croyait sur parole, du moins en comparaison de ce qu'il venait de lui conter à propos de ses faits d'armes. Vieux Rouvre semblait donc s'en sortir relativement bien étant donné qu'ils avaient apparemment emmagasiné pas mal de ressources, comme beaucoup de fiefs des environs en réalité. Ceux situés sur la côte étaient bien moins lotis qu'eux, mais même à Noirvallon l'hiver s'annonçait assez bon. Pas en comparaison des années précédents, mais à côté de certaines maisons côtières, si.

Le sujet du climat débarqua finalement et la remarque du Bieffois à propos des vents chauds des montagnes rouges ne manqua pas de dessiner une expression amusée sur le visage du seigneur des lieux. Leur chaleur, ils pouvaient bien la garder ! Bryce aurait préféré ne rien recevoir de ces odieux personnages, mais apparemment les Sept lui refusaient ce droit. Se contentant de hausser les épaules, il répondit d'un ton badin.

« Les Dorniens sont des voisins très attentifs, ils veillent à ce que nous ne venions pas à les oublier et s'assurent que nous ne souffrions pas du froid ! C'est sans doute pour cette raison que les villageois de notre fief apprécient tant la vie sur nos terres voyez-vous. »

Idée aussi saugrenue que décalée sachant que seuls les plus pauvres qui n'avaient pas les moyens de fuir d'ici restaient y vivre. C'était de notoriété publique et si l'invité était aussi perspicace qu'il 'lavait laissé entendre, il devait normalement être au courant. Bryce s'amusait beaucoup à jouer avec les faux-semblants, les sous-entendus et toutes les choses de ce genre. À moins de vouloir ouvertement insulter son hôte, ser Kealan ne pouvait pas critiquer la politique du seigneur de la maison Vyrwel. C'était d'ailleurs ce qu'avait fait Bryce : se moquer de son invité, mais sans jamais l'insulter ou lui manquer de respect. Après un bref instant de silence, le Bieffois conclut.

« La rumeur d'une riposte contre les Iles de Fer se fait de plus en plus présente, certaines disent que la Couronne va enfin réagir, j'imagine que vous allez vous joindre à la liesse générale ? »

Une manière de se renseigner à la fois sur son allégeance à la Couronne et de le titiller une fois de plus sur ses talents pour effrayer des hommes réputés sans peur. La Vouivre avait un aiguillon chargé de poison dont elle ne se privait pas d'user.


               
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Message Lun 25 Mar 2013 - 16:34

Même si les commentaires que fit lord Bryce vis à vis du récit de Kealan fleurait la moquerie à mille lieues à la ronde, un sourire discret se dessina au coin des lèvres du chevalier. Qu'il le prenne pour un pédant arrogant, cela servait bien ses affaires. Il avait l'esprit assez fin pour voir l'intérêt que certains le prennent pour moins que ce qu'il était. Il avait suffisamment goûté aux Fer-nés qui avaient pillé Vieux Rouvre pour savoir qu'il s'agissait de féroces guerriers. L'épisode qu'il relatait toutefois, tenait d'un contexte très favorable pour ses hommes et lui. Prenant les pillards par surprise alors qu'ils étaient occupés à rafler le maigre butin d'un village, et à enlever des femmes, ils avaient pu profiter de l'avantage que leur conférait la position haute et la vitesse de leurs chevaux. Le meilleur combattant du monde, pris lorsqu'il n'était pas sur ses gardes, pouvait être défait par le plus basique des hommes d'armes. Une personne d'apparence inoffensive pouvait tuer un grand combattant dans ses moments d'inattention. Combien d'hommes avaient été tués dans leur intimité par une femme ou une maîtresse ? Il haussa les sourcils quand la vouivre lui demanda d'un ton moqueur comment il s'y était pris pour ne pas briser les pattes de leurs chevaux. A quel moment, réellement, avait-il dit que le village se trouvait sur la plage ? Aucun. Une simple déduction de la part de son hôte lorsqu'il avait parlé de les avoir rejetés à la mer. Quel intérêt auraient-ils eu à rester, après tout ? Ceux qui avaient pu atteindre la plage toute proche lors de la charge avaient déjà avec eux ressources, quelques rares objets de valeur, et des femmes. En somme, ils avaient ce qu'ils voulaient, et avaient repris la mer. Si lui ne broncha pas devant ces presque insultes, il n'en fut pas autant de ses hommes. En leur jetant un regard en coin, il les vit s'agiter, certains lançant même des regards carrément hostiles au seigneur de Noirvallon. Tous, parmi eux, avaient participer à l'évènement mentionné. Certains avaient perdu des amis dans la contre-attaque. Bien que la victoire eut été écrasante pour les défenseurs de Vieux Rouvre, cela n'avait pas été sans pertes. De plus, tous lui étaient fidèles et dévoués, et le voir se faire insulter de la sorte ne leur plaisait guère. Ser Yoren, le principal compagnon de Kealan, prit la parole, restant courtois en dépit de l'amertume qu'il ressentait.

« Sauf votre respect, mon seigneur, vous n'étiez pas là. Cette victoire-là et la plus belle que nous ayons eue sur les pillards, car ils ne s'attendaient pas à nous voir. Vous croyez vraiment qu'il est difficile d'abattre un homme, aussi fort soit-il, quand il est occupé à violer une femme ? Ou quand ils essaient de reprendre contenance quand ils se rendent compte de l'attaque ? N'importe qui, pris au dépourvu, est dans un instant de faiblesse. Si vous êtes un homme de guerre, vous devez connaître les avantages que procurent une charge à cheval contre des piétons. Ceux qui avaient eu ce qu'ils voulaient ont repris le large avec ce qu'ils avaient pu emporter. Ceux restés sur place, nous les avons traités comme ils le méritaient. Ca a été une victoire sans appel, même si nous avons tous perdu quelques compagnons. Mais sans ser Kealan, nous aurions pu perdre plus. Pour quelqu'un qui...

- Laisse tomber, Yoren, l'interrompit Kealan, sentant que la bile n'allait pas tarder à remonter dans les propos de son compagnon. Veuillez l'excuser, mon seigneur. Je crois cependant ne pas être le mieux placé pour vous instruire de la façon de faire galoper des chevaux dans le sable sans qu'ils y laissent un membre ou deux. Je n'ai jamais eu l'occasion de tenter l'expérience, puisque les villages que nous avons défendus ne se trouvent pas sur un terrain sablonneux. Et j'ai préféré ne pas donner la chasse sur la plage aux Fer-nés qui parviendraient de toute façon à rejoindre leurs boutres, m'occupant plutôt de ceux qui restaient sur place. Mais je suis certain que vos voisins dorniens se feront un réel plaisir de vous expliquer comment leurs chevaux sont capables de se déplacer dans le sable sans encombres, si vous leur posez la question.

Cette dernière réplique ramena des étincelles plus satisfaites dans les yeux de ses hommes. Ser Yoren s'était tu, obéissant, préférant boire le vin qui se trouvait dans sa coupe sans rien ajouter. Néanmoins, il se lisait sur ses traits qu'il aurait préféré en finir avec ce qu'il avait à dire. L'air détaché, Kealan repoussa légèrement son assiette, rassasié, et s'installa en arrière dans son siège. Il joignit les mains, observant lord Bryce avec ce qui pouvait s'apparenter à de l'indifférence. Son venin ne l'atteignait pas. On disait qu'à force de boire de petites quantités de poison, on finissait par être immunisé à ses effets. Avec les insultes et autres moqueries, il en allait de même. Le chevalier pouvait encore s'enflammer comme du bois sec, de façon imprévisible et impétueuse, mais pas dans ces situations-là. Il fallait que le contexte s'y prête. Ce n'était pas le cas.

- J'ignore si vous êtes fin connaisseur des Fer-nés. En revanche, j'ai appris une chose : ils évitent de trop s'éloigner de la mer, car toute leur puissance de combattant s'exprime lorsqu'ils s'y trouvent, ou qu'ils en sont proches. A terre, ils se font surpasser par des continentaux car ils ne maîtrisent pas les règles de combat que nous appliquons. Pourquoi, dans le cas contraire, se contenter de raids alors qu'ils ont la force suffisante pour dominer ? Comme vous le dites, ce qui s'est passé à Belcastel en est une preuve. Ils auraient pu pousser leur avantage, prendre des terres, établir des bases continentales pour piller ailleurs... Ils ne l'ont pas fait. Je suppose que c'est à nous tous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

Lorsque le seigneur de Noirvallon annonça qu'il était impossible de savoir si une femme était fertile ou non, il ne put qu'acquiescer. Tout ce qu'il pouvait tenter, c'était de se baser sur les généalogies des maisons qui lui faisaient des propositions, et voir s'ils avaient coutume d'engendrer de nombreux descendants ou non. Il n'ignorait pas cependant qu'une exception pouvait survenir. Il n'avait rien non plus contre le fait d'épouser une veuve, si ce n'est qu'il n'était guère tenté de prendre sous son aile les rejetons des autres. La vouivre ne put s'empêcher de placer une nouvelle pique à son encontre. Amusant, compte tenu des fiascos que les Vyrwel avaient pu encaisser, alors que les du Rouvre se portaient à merveille. Une ironie aussi mal placée était risible. Kealan y répondit par un sourire qui n'avait rien d'aimable, et un ton songeur.

- Loin de moi l'idée de viser une maison de rang royale, ou de vouloir me hisser trop haut. Il est fort dommage que de nombreuses maisons nobles ne partagent pas ce bon sens primaire. Les Sept, ou le destin, semble vouloir remettre les impudents à leur place. Les évènements récents l'ont une fois de plus prouvé, c'est regrettable...

Epouser une Targaryen... Et puis quoi encore ? L'intérêt du chevalier ne se plaçait pas dans le fait de trouver une femme qui pourrait le hisser à un statut social envié, le projetant peut-être à la tête d'une autre maison... Non, ce qu'il voulait, c'était Vieux Rouvre. Il n'avait cure de l'envergure de la maison de sa promise, du moment qu'il en tirait des avantages politiques ou économiques. Un mariage à perte ne serait pas judicieux. Il avait épousé jadis une Lowther, maison de moindre importance comparée à la sienne, du fief voisin du sien. Si lady Alys avait vécu, il serait toujours marié à elle, et n'en aurait conçu nul complexe ou dépit. Plus jeune, il avait été déçu de n'avoir droit « que » à une femme issue d'une maison de second rang. En mûrissant, déjà au cours de son mariage, il avait pris conscience que cela importait peu. Dans la pièce, celui qui avait les dents trop longues et qui en avait déjà payé le prix était bien celui qui se permettait de le tancer.
Il ne répondit tout d'abord rien lorsque lord Bryce s'avança sur le bonheur de son peuple. Un mensonge, d'une profonde évidence. Bien entendu, son hôte s'amusait avec le second degré, là encore. Kealan considérait le fait de malmener son peuple comme indigne d'un rang noble, et comme contre productif. Si on voulait tirer le maximum de ses terres, mieux valait bien traiter ses gens et s'en faire apprécier. Les plonger dans la terreur était un moyen qui avait fait ses preuves également, bien entendu, mais si un jour il se trouvaient des éléments assez courageux pour réagir... Une révolte populaire massive pouvait très mal tourner. Un fief affaibli comme Noirvallon pouvait-il encore se le permettre après Murs-Blancs ? Combien d'hommes lord Bryce était-il encore capable d'entretenir ?


- Il est vrai qu'ils ont beaucoup de chance de vivre dans un endroit aussi clément et agréable à vivre. Je suis sûr qu'avec ce qu'il s'est produit ces dernières années, les habitants de Vieux Rouvre doivent beaucoup envier ceux de Noirvallon.

Son ironie était à peine voilée, perceptible, mais toujours cachée sous le masque de la courtoisie. Le sujet repartit ensuite sur les Fer-nés, et l'attaque prochainement prévue par la Couronne sur les Iles de Fer. C'était une bonne chose, si cela aboutissait. Une énorme épine qui serait retirée du pied des fiefs côtiers voisins des Iles de Fer, avec le temps qui changeait et l'hiver qui finirait par s'installer. Même s'il ne craignait pas de se rendre au combat, Kealan restait prudent. Son avis sur la chose était de ne s'engager que si la partie était prometteuse. Il n'avait pas l'intention de lancer les hommes de Vieux Rouvre dans un massacre. Ses informateurs dans les autres régions le tenaient régulièrement au courant de ce qui se tramait. Il avait également échangé des missives avec des seigneurs de l'Ouest qu'il connaissait. Apparemment, bon nombre d'entre eux étaient pressés d'en finir. Nul doute que lord Lannister voudrait laver dans le sang les plaies faites à ses terres. Le chevalier haussa les épaules.

- Si jamais convocation il y a, c'est à mon neveu de décider s'il veut envoyer des hommes. Je ne suis que son humble serviteur. S'il en décide ainsi, j'irai, naturellement.

Faux. Il enverrait des hommes, mais lui-même ne s'y rendrait pas. Il ne pouvait pas se permettre de laisser ainsi Vieux Rouvre à la dérive s'il lui arrivait quelque chose. De façon tout à fait objective, lord Adam s'en remettait beaucoup à lui, et il pourrait se retrouver démuni s'il était soudain seul pour gouverner. Il apprendrait, évidemment, mais serait-il préservé d'erreurs dans ses choix et ses décisions, qui pourraient mettre à mal son fief ? Kealan ne pouvait pas le tolérer. Réfléchissant, il observa un instant le plafond.

- Si une telle chose se concrétise, je ne sais en faveur de qui je pencherai. Les forces conjuguées des régions continentales sont évidemment largement plus puissantes que celles des seules Iles de Fer. C'est comme s'attaquer à un géant armé d'un couteau. Néanmoins, comme leur nom l'indique, ce sont des îles. Les attaquer obligera l'armée à s'aventurer sur mer. Et il ne faut pas se leurrer, les Fer-nés seront dans leur élément. Ils sont de bien meilleurs combattants en mer que nous autres, continentaux. Une île est toujours difficile à prendre. Si les Fer-nés ont réussi à s'attaquer à des îles comme Belle Ile, c'est bien parce qu'ils sont des insulaires eux-mêmes. Je crois que la chose risque d'être plus corsée que cela. De mon point de vue, j'attends de voir si la Couronne nous jette dans les tentacules de la seiche ou s'il y a de vraies chances de l'emporter pour donner mon conseil à mon neveu, si cela a une importance pour lui. »

Une attitude que son propre frère, lord Geoffroy, aurait sans doute adoptée. Le chevalier avait été à bonne école, même si à l'époque, son jeune âge et sa soif de faire ses preuves comme combattant l'avaient empêché d'apprécier la justesse de ces leçons et de cette position. S'il était fidèle à la Couronne ? A l'heure actuelle, oui. Murs-Blancs avait prouvé que c'était vraiment la meilleure attitude à avoir. De son point de vue, l'option Feunoyr était quasiment inexistante. Lignée moribonde et écrasée. Toutefois, si jamais ceux-ci, ou un autre rebelle d'envergure, se présentait avec des chances réelles de l'emporter... Eh bien, il y avait de fortes chances que son allégeance aux Targaryen soit toute relative. Il était plus productif de se retrouver dans le camp du vainqueur que dans celui du perdant.




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Dernière édition par Kealan du Rouvre le Mar 26 Mar 2013 - 0:55, édité 1 fois
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Message Lun 25 Mar 2013 - 19:28

Le fait que l'un des hommes de ser Kealan se permette de se mêler de la discussion ne plut pas du tout à Bryce qui songea que le chef de ce groupe devait être un bien piètre dirigeant s'il laissait ses hommes voler à son secours au moindre incident. C'était sans compter que cela donnait le sentiment que le chevalier du Rouvre n'était pas capable de se défendre seul, une raison de plus pour le seigneur de Noirvallon de voir le jeune homme dégringoler dans son estime. Les regards noirs qui lui étaient lancés n'avaient pour conséquence que d'amuser davantage le premier concerné. Il avait subi bien pire par le passé – et très récemment même – pour ne pas se laisser impressionner par quelques chevaliers. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la Vouivre alors que l'homme n'écoutait les paroles pleines de contrarié du prénommé Yoren. Espérait-il fermer la bouche d'un homme lui n'hésiterait pas à considérer qu'il avait raison, même si le Roi en personne venait lui dire le contraire ? L'espoir était une belle chose que cet individu semblait posséder en grande quantité. Toujours est-il que le Bieffois se contenta d'écouter les réponses de ses hôtes avec une patience qui montrait clairement qu'il avait déclenché cette joute verbale dans le but d'échauffer les esprits. Cette pique avait superbement fonctionné, la preuve, les hommes du chevalier semblaient être à deux doigts d'en venir aux mains. Quel manque de maîtrise, une chance que leur chef de groupe soit un peu plus futé qu'eux. Lorsque le silence retomba, loin de se démonter, le seigneur des lieux décida d'en rajouter une couche. Au fond, il préférait la suprématie des Bieffois à celle des pirates des Iles de Fer, mais ayant vu qu'il avait touché un point sensible, il n'allait pas lâcher l'affaire si aisément.

« Vos hommes craignent-ils tellement que vous ne soyez pas capable d'argumenter qu'ils volent à votre secours dès que quelqu'un vous parle d'un sujet épineux ? Le ton était amusé et son expression ironique. Pour votre information ser Kealan, les chevaux des Dorniens ne sont en rien comparables aux nôtres, ils sont élevés et dressés pour savoir se mouvoir dans le désert sans compter que leurs cavaliers ne sont pas chargés d'armures lourdes et d'épées pesantes, mais uniquement de tuniques légères. C'est bien pour cette raison que leurs montures se déplacent sans peine sur un terrain aussi accidenté. Mais je vous pardonne votre ignorance, vous semblez bien plus qualifié en matière de Fer-nés. Le ton était une fois de plus amusé, titiller ses interlocuteurs le divertissait beaucoup et il comptait bien faire en sorte qu'ils se souviennent de leur passage à Noirvallon. En bien ou en mal, tout dépendrait du répondant des invités.
J'ai cependant beaucoup de mal à comprendre comment vous pouvez prendre par surprise des pillards qui razzient les côtes depuis si longtemps. Ils s'attendent toujours à être attaqués, quel seigneur n'enverrait pas des hommes sauver ses villageois de leurs attaques ? Il n'y a pas matière à surprise lorsque les assaillants s'attendent à une riposte. Êtes-vous sûrs que vous avez combattu des Fer-nés et non quelques Nordiens des clans ? La provocation était toujours aussi piquante, Bryce se serait lassé de la discussion depuis longtemps en temps normal, sauf que l'irritation des hommes était beaucoup trop amusante à son goût.
Je connais en effet les bienfaits d'une charge sur des hommes à terre, mais je connais aussi la réputation des Fer-nés qui ne craignent pas la mort. J'ai donc de grandes difficultés à imaginer qu'ils puissent fuir devant des Bieffois alors même qu'ils nous considèrent comme des damoiseaux incapables de se battre. Grattant légèrement sa barbe comme sous le coup de la réflexion, il enchaîna. Vous n'avez par contre pas l'air d'être très au fait de ce qui s'est passé à Belcastel, sans quoi vous sauriez qu'ils n'ont absolument rien laissé et que même la forteresse pourtant située au cœur de l'île et donc éloignée des côtes, a été razziée et très abîmée. Il me semble donc que s'éloigner un peu de la mer ne les dérange pas tant que cela. Il sourit légèrement. Vous savez ser Kealan, se battre sur un bateau ou sur la terre ferme revient pratiquement au même. Non, en réalité sur un bateau c'est encore plus compliqué en raison des mouvements de la mer, je doute donc que les Fer-nés ne soient pas capables de se défendre sur la terre ferme, sans quoi leurs razzias seraient bien compliquées. Il inspira légèrement, levant les yeux vers le plafond.
Avez-vous entendu parler de l'attaque du Nord ? Les Fer-nés ont attaqué un village non loin de Motte-la-forêt et ont été confrontés à lord Stark en personne. Pourtant, ils ont réussi à tuer de nombreux hommes de sa garde personnelle, comparable à la garde royale, j'ai donc de grandes difficultés à croire que sur terre ces personnages ne valent pas nos chevaliers. Certainement que vous devez être tombés sur le plus mauvais équipage de la Flotte de Fer, ce qui expliquerait le manque d'expérience de vos adversaires. »

Il se faisait l'avocat du diable dans le seul but de voir la colère monter chez les hommes du chevalier du Rouvre. Si ce dernier souhaitait croire que les Fer-nés étaient des incapables tout juste bon à rivaliser avec des brigands, grand bien lui fasse ! Bryce s'en moquait totalement en réalité et comme il l'avait pensé juste avant, il aurait depuis longtemps changé de sujet si les hommes n'étaient pas si prompts à s'enflammer. Lui-même était loin d'être un bon combattant, il avait passé la moitié de la bataille d'Herberouge à demi-conscient dans un tas de cadavres, il aurait été bien mal placé pour railler le courage ou la force de qui que ce soit ! Non, c'était simplement l'envie d'appuyer là où ça faisait mal et si l'interlocuteur du Bieffois était assez futé pour le remarquer, il changerait de sujet. S'il persistait, ce n'était pas le Vyrwel qui s'en plaindrait, il avait encore beaucoup de remarques moqueuses en réserve si cette parenthèse continuait. Au fond, il l'espérait presque, ne serait-ce que pour se divertir encore un peu. La Vouivre avait glissé quelques données dans cette réplique en attendait de voir comment réagirait l'homme face à lui. Ce serait un bon moyen pour savoir s'il était plutôt du genre à vivre refermé sur lui-même, ou s'il savait s'ouvrir à ce qui se passait autour de lui. La valeur d'un homme s'estimait au nombre d'informations qu'il avait en sa possession.

Toujours est-il que le jeune chevalier n'avait pas l'air de vouloir se lier à une personne de sang royal. C'était une bonne chose, peut-être que l'homme ne le disait que pour ne pas se mouiller et prendre parti, ou peut-être qu'il le pensait réellement. Seul l'avenir le dirait ! L'ironie s'était installée entre eux et Bryce s'en délectait, tout comme Lancel, bien qu'il gardait un visage parfaitement neutre, droit comme un « I », se contentant d'observer les échanges comme si tout ceci ne le concernait guère. La réponse que ser Kealan fit quant à sa participation à une éventuelle bataille contre les Fer-nés était des plus intéressantes. Obéirait-il aveuglément à son neveu ? Apparemment oui et rien ne poussait Bryce à penser le contraire. Celui-ci en venait presque à espérer que ce soit le cas pour que son vis-à-vis doive effectivement prouver qu'il était dévoué corps et âme au seigneur de sa maison. Cette fois-ci, ce fut au tour de Kealan de défendre la valeur des Fer-nés et par pur esprit de contradiction, Bryce fit le contraire.

« Oh, les Fer-nés sont de bons navigateurs je n'ai pas le moindre doute à ce sujet, mais je ne suis pas sûr qu'il remporte une bataille navale. La flotte de lord Lannister est composée de Dromons qui possèdent des balistes et des catapultes. Les boutres Fer-nés doivent aller au contact pour aborder et tuer l'équipage adverse, je pense qu'avec un bon chef de guerre, les continentaux doivent pouvoir se débarrasser du gros de la Flotte de Fer avant même de les voir approcher d'eux. Cela dit, je doute qu'ils s'en arrêteront là, ils n'hésiteront certainement pas à sacrifier toute leur flotte. Ser Kealan pouvait se dire que son interlocuteur se moquait de lui à défendre les continentaux à présent, peut-être qu'il comprendrait que l'homme cherchait juste la joute verbale ?
Mais encore faut-il que la Couronne se décide, avec un Roi reclus dans sa bibliothèque et une Main plus concentrée sur des pseudo rebelles, je crains que le Nord ne doive subir le même sort que notre région pendant encore longtemps. Critiquer ouvertement le Roi ne le gênait guère comme le Bieffois pouvait le remarquer.
Dites-moi ser Kealan, êtes-vous amateur de tournois ? »

Drôle de question, plutôt décalée avec la situation actuelle, mais tel était le caractère de lord Bryce, il affectionnait tout particulièrement de changer de sujet sans prévenir.


               
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Message Mar 26 Mar 2013 - 2:14

Kealan baissa à nouveau les yeux sur lord Bryce, se passant les doigts dans les cheveux pour repousser quelques boucles sombres en arrière. Il avait remarqué que son hôte n'avait guère apprécié l'intervention de ser Yoren. Lui non plus n'aimait pas que l'on se glisse dans ses affaires, toutefois il appréciait la loyauté de ses hommes. Il les sentait tendus, attentifs à la moindre nouvelle insulte qui pourrait survenir. Mais il ne tenait plus à ce que l'un d'entre eux intervienne. Cela pourrait finir par mal tourner, si l'un d'eux s'emportait. Il était presque tenté de les renvoyer, qu'ils aillent se reposer, mais il y renonça. Il se contenta d'accueillir les nouvelles piques du seigneur de Noirvallon avec un sourire sur les lèvres.

« La loyauté est chose touchante et très chère. Il est bon d'avoir des gens de confiance qui vous restent fidèles, dans ce bas monde. Aussi bien sur le champ de bataille que dans la vie de tous les jours.

Surtout lorsqu'on intriguait, comme c'était son cas. Même s'il n'apprécia guère de se faire presque traiter d'idiot sur le chapitre des chevaux dorniens, il n'en dit rien. Toute personne instruite qui avait étudié un tant soit peu le pays des sables savait ce qu'étaient les coursiers dorniens. Des chevaux particuliers et pleins de possibilités, toutefois trop fragiles pour de lourds guerriers du nord des Montagnes Rouges. Toutefois, cela lui fit repenser à un détail qu'il ne se gêna pas de placer, l'air de rien.

- Je sais ce que font les coursiers dorniens. Cela me fait penser que j'ai eu sous les yeux, il y a un certain temps, le résultat d'un croisement entre ces bêtes et nos braves destriers. Le résultat est... prometteur. Je n'ai vu la bête que fort peu de temps, mais même si sa puissance brute est réduite par l'affinage apporté par le sang des coursiers, il était plus rapide et endurant. J'ai rencontré son propriétaire, lors d'un déplacement dans le Bief... Vous avez peut-être vu l'homme et son animal, je gage. Ils étaient présents au tournoi de Murs-Blancs. Peut-être que malgré la foule et tous les évènement qui se sont produits, votre oeil a tout de même été attiré par un cheval au physique moins classique que les autres.

Il doutait fort que l'homme en question soit très apprécié de la vouivre. Il portait en partie la responsabilité de l'échec de la seconde rébellion Feunoyr, puisqu'il avait pris part à l'intervention de lord Brynden et des forces loyalistes qui avait écrasé la tentative de rébellion. Si la rencontre de Kealan avec cet homme n'avait été que très brève, simple échange de courtoisies au moment où leurs voyages respectifs s'étaient croisés, il avait cependant été enthousiasmé par le résultat obtenu par le croisement de ces deux races de chevaux. Il était assez tenté de reproduire cela en achetant des chevaux à Dorne, par exemple, voyant l'avantage que pourraient procurer des montures capables de galoper plus longtemps et plus vite en se fatiguant moins rapidement. S'ils avaient disposé de ces bêtes lors des attaques de Fer-nés, nul doute qu'ils seraient arrivé à temps plus souvent.
Il se mit à tapoter du bout des doigts la surface de la table, rythmant par là ses pensées alors qu'il écoutait lord Bryce continuer à lui lancer des piques qui avaient autant d'effet sur lui que des vagues s'écrasant sur une muraille. Toutefois, il soupçonnait son hôte de viser plutôt ses hommes, ayant senti qu'il avait prise sur eux. Il coula un regard en direction de ses cavaliers. Il les voyait en effet atteindre peu à peu leur seuil de tolérance. Un seul regard sans appel suffit à tuer en eux tout désir de répondre aux provocations. Ils se contentèrent donc de ravaler leur salive et leur courroux, sans plus bouger. Le chevalier entendit simplement ser Yoren, à son côté, grommeler tout bas dans sa coupe de sorte que lui seul l'entende :


- Sauf qu'il n'y a pas de cavalerie sur les ponts de bateaux, bougre de...

Au moins avait-il eu l'esprit de lâcher ça à un volume sonore qu'on pouvait à peine qualifier de murmure, et qui passait pour un vague grognement étouffé dans le vin. Kealan reporta toute son attention sur la vouivre. Il ignorait pratiquement l'héritier de ce dernier, ayant décrété qu'il ne l'appréciait guère, trop renfermé et silencieux qu'il était. Plus difficile à cerner, donc. Dans le cadre de la conversation, son ignorance était légitime : l'autre avait à peine ouvert la bouche. S'il parlait, le chevalier lui répondrait, naturellement. Il n'était pas un rustre. Toutefois, il soupçonnait que sous cette barrière de silence se cache un esprit plus affûté qu'il n'en donnait l'impression. Il croyait surtout que lord Bryce agissait comme les chiens : ils ne prenaient la peine d'élever que les plus forts chiots d'une portée, ceux qui seraient digne d'eux et capable d'affronter le monde. S'il se fiait à son intuition et à ce qu'il savait, son hôte ne se serait probablement pas donné la peine d'élever un idiot ou un soumis sans envergure, sachant qu'il risquait de faire chuter sa maison en passant le flambeau.

- J'ai eu connaissance de ce qu'il s'est produit dans le Nord, oui. Peut-être que les Fer-nés ont fini par se heurter à l'ennemi de trop. On peut mordre longtemps la queue d'un dragon avant qu'il ne réagisse, mais il finit toujours par se retourner et cracher sa colère. C'est sans doute ce qui risque de se passer. Le lion et le loup ont eu moins de patience. Peut-être parce qu'ils ont été plus directement concernés que le dragon...

En tant qu'habitant d'un fief côtier, qui avait dû se défendre contre les raids, il savait que l'inertie de la Couronne face à la rébellion de Dagon Greyjoy pouvait irriter. Il avait lui-même éprouvé quelque impatience avant de se décider à prendre toutes les mesures possibles pour défendre Vieux Rouvre par lui-même. Heureusement qu'il n'avait pas attendu que l'aide arrive de Port-Réal, au vu du temps que cela avait pris pour que les choses bougent...
L'évocation des incursions des Fer-nés dans les terres à Belle Ile et Motte-la-Forêt le fit presque rire. Il ne pouvait pas croire que la vouivre était réellement convaincue par son propre discours. Bien que Belcastel se trouve à l'intérieur de Belle Ile, cela restait... une île. On n'était jamais bien loin de la mer, sur un territoire de ce type. Cela signifiait pour eux autant d'échappatoires. Quant au fief du Nord, bien que comme son nom l'indique, il se trouvât niché dans les bois, cela restait également proche des côtes, très proche même... De plus, dans une région aussi sauvage et isolée, il fallait aller chercher le butin où il se trouvait, quitte à s'éloigner du bord de mer. Sur un territoire aussi vaste, les risques de croiser des troupes ennemies était pour eux à priori moins important que dans l'Ouest ou le Bief. Kealan pensait que les choses seraient bien différentes si on les clouait à terre. En mettant le feu à leurs boutres, par exemple. Il ne doutait pas qu'ils se battraient furieusement en sachant leur retraite coupée, mais ils finiraient au moins vaincus par le nombre, à la longue. Et le jeune homme ne gageait pas qu'ils ne se montreraient pas moins hardis à aller au-devant du danger en se sachant vulnérables. On les disait sans peur, et il était vrai qu'ils n'étaient pas des couards, tout homme les ayant affrontés le dirait. Mais de là à risquer sa vie pour rien...
Alors que le seigneur de Noirvallon s'amusait à présent à dénigrer la flotte des Fer-nés en comparaison de celle de l'Ouest, montrant bien qu'il cherchait surtout à faire dans la provocation en prenant le contre-pied des propos tenus face à lui, le chevalier haussa les épaules.


- Pour mettre un pièce un navire, encore faut-il arriver à le toucher. Rien n'est plus compliqué que d'abattre une cible mouvante. Si les navires de la flotte du Lion sont plus grands et robustes, mieux armés sans doute, les boutres ont pour eux la mobilité. Je doute qu'ils se laissent attraper si facilement. J'espère que ceux qui prendront part à une bataille du côté des continentaux, si elle a lieu, n'auront pas le mal de mer. Les Fer-nés ne l'auront sans doute pas, et se battre sur un terrain mouvant ne leur posera pas le moindre problème.

Après cette réponse, Kealan ne relevant pas la critique adressée au pouvoir en place, lord Bryce changea brutalement de sujet. En parlant de tournois, il était en rupture totale avec le fil de la discussion. Soit. Peut-être serait-ce là un sujet qui tranquilliserait les hommes de Vieux Rouvre qui, même si calmes et silencieux, restaient tendus. Le chevalier prit sa coupe de vin et la porta à ses lèvres.

- Enfant, je ne désirais qu'une chose : devenir chevalier au plus vite, pour faire mes preuves dans la lice. Je dois dire que j'apprécie m'y rendre, maintenant que je suis un homme fait. Ce sont souvent des lieux où l'ont peut faire des observations et des rencontres fascinantes. Et la pratique de la joute, de temps à autres, n'a jamais nui à personne. Ou presque. »

Kealan était un bon jouteur, mais il restait prudent. Son frère le plus âgé, Henri, était décédé l'année même de sa naissance suite à une blessure compliquée reçue au cours d'un tournoi qui s'était salement infectée. Mourir n'était bien évidemment pas le but des joutes. On se servait d'armes émoussées, le but étant simplement le plaisir du sport et de la compétition plutôt que de faire mal. Pour la plupart des gens, en tout cas. Certains y venaient dans le but de laisser libre cours à leur violence naturelle. Le chevalier pensa immédiatement à ser Otho Bracken, digne représentant de cette catégorie d'hommes. Pour sa part, il voyait aussi dans ce type d'évènement un moyen de faire de nombreuses rencontres, et d'apprendre une foule de choses. C'était généralement un moment où énormément de nobles de tous horizons se rassemblaient. Une formidable occasion de côtoyer ses pairs et de manœuvrer pour tout fin diplomate.




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Bryce Vyrwel
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Message Mar 26 Mar 2013 - 14:58

Apparemment ils n'avaient pas la même vision de la loyauté, du moins c'était ce que Bryce pensait après la réplique de son interlocuteur à propos de l'intervention de son homme. Certes, il était bon ce pouvoir compter sur des personnes de confiance, c'était même le leitmotiv de la Vouivre qui ne s'entourait que d'individus qui lui étaient totalement dévoués. Mais disons qu'il considérait surtout que cette fidélité et cette dévotion se faisait dans le silence. Jamais Lancel ne se permettrait d'intervenir pour voler au secours de son père. Pour quelle raison ? Parce qu'il avait totalement confiance en la capacité de son père à se défendre. Il n'avait donc aucunement le désir de prendre les choses en main pour fermer la bouche d'un interlocuteur trop vaniteux. Oh bien sûr, si quelqu'un venait à lever la main dans le but de l'attaquer, Lancel n'attendrait pas bêtement que son géniteur s'interpose, mais il y avait danger de mort et la donne était donc un peu modifiée. Là, ce n'était pas le cas, sauf si les hommes de ser Kealan pensaient que les mots pouvaient blesser un homme au point de lui faire risquer sa vie, chose que Bryce n’avait encore jamais vu à ce jour ! Le haussement d'épaules du seigneur de Noirvallon exprima d'ailleurs les pensées qui traversaient son esprit à ce moment.

« Nous ne partageons apparemment pas la même vision de la loyauté. Je préfère que les personnes qui me sont fidèles me fassent suffisamment confiance pour me laisser me débrouiller seul. J'ai passé l'âge d'être chaperonné je pense. »

Une simple pique légèrement moqueuse. Au final, Bryce provoquait plus pour les hommes du chevalier que pour le premier concerné. Ils étaient si prompts à s'emporter, pour peu il se serait imaginé que ser Kealan avait ramassé ses accompagnateurs dans les tavernes de Dorne où les hommes manquaient autant de maîtrise d'eux-mêmes. En bon Bieffois qu'il était, le lord préférait les hommes posés qui prenaient le temps d'enclencher leur cervelet avant de monter au créneau. Chacun s'entourait des personnes qu'il appréciait ma foi !

Le sujet glissa alors sur les coursiers Dorniens et le Bieffois fit savoir à son interlocuteur qu'il avait eu sous les yeux un croisement entre un animal de ces contrées et un des leurs. L'expression qui s'afficha sur le visage du seigneur de Noirvallon montrait clairement ce qu'il pensait d'un tel sacrilège. Il exécrait Dorne et tout ce qui s'y rapportait, le peuple de ces contrées était composé d'hommes impulsifs qui ne connaissaient pas la signification du mot « honneur » et par conséquent, ils ne méritaient pas d'être mêlés à la vie du reste de Westeros. Opérer un croisement encore un destrier du Bief et l'un de ces créatures impulsives était donc tout simplement idiot aux yeux du Vyrwel. Lorsque ser Kealan fit référence à un chevalier du Val qui avait participé à Murs-Blancs, Bryce se contenta d'un geste de la main, comme s'il chassait un moucheron gênant.

« Le seul Valois qui a retenu mon attention se trouve être lord Arryn. Les autres ne m'ont pas suffisamment intéressés pour que je leur porte attention, quant aux montures, je vous avoue que je préfère m'intéresser aux propriétaires qu'aux bêtes qu'ils montent. C'est sans doute préférable par ailleurs, je n'aurais pas hésité à faire savoir à cet homme ce que je pense du sacrilège de croiser l'une de ces bêtes impulsives avec un destrier de nos contrées. Au moins le sujet était réglé et ser Kealan saurait que le jour où il compterait monter une telle créature, les portes de Noirvallon lui seraient fermées, même pour y demander l'hospitalité.
Le seul homme qui puisse avoir retenu mon attention lors du duel se trouve être ser Daemon, les autres n'étaient là que pour satisfaire le public qui ne comprenait pas où était le réel intérêt de ce mariage. »

Après tout, le sens réel de cette union avait été de mettre Daemon Feunoyr, deuxième du nom, à la place d'honneur : celle de gagnant du tournoi. Il était censé remporter l’œuf et prouver à tout le monde qu'il était le mieux placé pour réussir à gouverner Westeros. Au lieu de cela, ce satané Rivers était intervenu avec la folle d'Harrenhal pour mettre fin à leurs réjouissances et avait définitivement réglé le sort de l'héritier du Dragon Noir. Enfin définitivement, peut-être pas ! L'attention de Bryce n'avait pas été tournée vers les joutes, ou alors uniquement concentrée sur la manière dont ser John le Violoniste – comme il se faisait appeler – était en train de marcher vers sa prochaine victoire. Le reste, comme il venait de le dire, n'avait été qu'une manière de divertir le public pour qu'ils puissent observer des affrontements entre chevaliers. Le gagnant était déterminé bien avant le début de ces épreuves, mais rien n'avait tourné comme ils l'espéraient tous.

Toujours est-il que le sujet des Fer-nés semblait récurrent, mais n'intéressait plus réellement Bryce. Il commençait à s'ennuyer des répliques que son interlocuteur lui offrait et c'était bien pour cette raison qu'il avait fait le choix de changer de discussion. Cependant, avant d'y répondre, ser Kealan avança le fait que les Fer-nés possédaient des navires qui permettaient d'avancer plus rapidement que les continentaux : c'était l'évidence même, mais la portée des balistes était très élevée. Oh bien sûr, certains allaient arriver au combat au corps-à-corps, les habitants des Iles de Fer ne connaissaient pas la peur de la mort et cela ne les arrêterait donc pas, mais c'était la simple envie de contredire que Bryce possédait, qui dictait un tel discours. Haussant légèrement les épaules, le Bieffois répliqua.

« J'espère aussi que ceux qui y prendront part seront suffisamment intelligents pour comprendre qu'il faut rester à distance de leurs îles. On les dit cernées de récifs au point que seule l'île de Pyk soit approchable par les étrangers. Peut-être qu'au final les Fer-nés n'auront rien à faire et que les assaillants iront eux-mêmes s'empaler sur les récifs qu'ils ne verront pas. »

L'idée était.... Amusante ! Du moins du point de vue du Bieffois qui apprécierait grandement d'apprendre que quelques seigneurs fidèles au Dragon, s'étaient envoyé par le fond en s'aventurant trop près des récifs.
Le sujet du tournoi, plus léger, arriva enfin. Apparemment ser Kealan avait toujours rêvé de prendre part à de telles réjouissances lorsqu'il était enfant, mais visiblement son envie s'était modifiée avec le temps. Bryce lui aussi préférait observer les autres que participer, même s'il n'était jamais contre l'idée de prendre part à une joute afin de se rappeler qu'il avait été plutôt bon à ce sport lorsqu'il était plus jeune. Lancel se débrouillait assez bien lui aussi, mais il préférait l'observation à la participation cela dit. Hochant la tête d'un air neutre, la Vouivre répondit.

« Mis à part aux malchanceux. Combien se sont brisés les os en chutant mal de cheval ? Mais il faut bien prendre quelques risques dans la vie. Vous connaissez certainement l'adage qui dit que sans risques, la victoire et la récompense sont très insipides. Plus le risque est élevé, plus le résultat est amusant. Il était aisé de comprendre ce qu'il ressentirait le jour où le Dragon Noir se tiendrait sur le trône de fer !
Vos hommes ont l'air de vous considérer comme un véritable héros, j'imagine que vous devez avoir fait vos preuves d'une manière ou d'une autre ? À moins que vous ne mettiez cela sur le compte de la fidélité dont vous me parliez juste avant ? »

Quoi de plus normal que de s'intéresser aux faits d'armes d'un homme apparemment aussi doué que ser Kealan ? Bryce n'avait rien contre l'idée d'en apprendre plus à ce niveau, le récit promettait d'être haut-en-couleur vu celui qui lui avait été conté plus tôt.


               
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Kealan du Rouvre
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Message Mer 27 Mar 2013 - 22:28

Jeune chevalier, avant qu'il n'assassine son frère Geoffroy, Kealan avait pratiqué la joute avec ferveur. A l'entraînement, tout d'abord, de façon très régulière. Combien de fois avait-il taquiné la quintaine ? Mais dès qu'une occasion de partir tournoyer se présentait, il la saisissait, avide de faire ses preuves, d'être enfin estimé plus que comme le troisième fils d'une grande et importante famille noble. Bien entendu, il lui avait fallu plus d'une fois convaincre son lord de frère de le laisser participer. Ses hésitations étaient compréhensibles, avec le recul, bien qu'ayant été frustrantes sur le moment : Geoffroy avait perdu son frère aîné Henri suite à une mauvaise blessure reçue au cours d'une joute. Par la suite, une fois que le neveu du chevalier était devenu seigneur de Vieux Rouvre et que ce dernier avait décidé de prendre les choses en main pas lui-même, l'occasion de tournoyer s'était faite plus rare, car sa présence était souvent requise auprès de lord Adam.
Kealan hocha la tête quand lord Bryce annonça que sans risques, une victoire était très fade. Il était plutôt d'accord avec cette vision des choses. En lice, il ne s'était jamais senti plus vivant que lorsqu'il affrontait des adversaires de talent. Jeter un quasi novice à terre ne procurait qu'une petite satisfaction. Il n'était pas un mauvais jouteur, toutefois, on ne pouvait pas dire non plus qu'il comptait parmi les meilleurs du royaume. Il s'en tirait honorablement, sans avoir à rougir de ses performances. En revanche, il était plutôt doué dans les épreuves de combat à l'épée, en raison d'une particularité qu'il avait développée...


« Certes, il y a toujours des incidents lors des tournois. Mon frère aîné Henri, que je n'ai pas connu, est décédé l'année même de ma naissance d'une vilaine blessure de joute, délicate, qui a fini par s'infecter et le tuer, malgré tous les efforts du mestre pour le soigner. Quand l'Etranger a arrêté son choix sur quelqu'un... Mais je suis d'accord avec vous. Sans risques, il n'y a pas de victoire qui vaille le coup. Si l'on joue, c'est aussi pour sentir le piment d'une possible défaite, dans une certaine mesure.

Quand le seigneur de Noirvallon lui demanda implicitement ce qui lui avait valu une telle dévotion de ses hommes, le chevalier coula un regard vers ces derniers. Le considérer comme un héros ? C'était exagéré. Il n'était pas un de ces personnages légendaires qui fascinaient les enfants par leurs exploits, voire les plus âgés... Loin de là. Il était tenté de dire qu'un bon chef qui savait se faire aimer de ses hommes s'attachaient leur loyauté, mais ce n'était probablement pas le type de réponse que la vouivre désirait entendre. Rien qu'à la façon dont la question avait été posée, on le devinait. Il n'y avait qu'une chose dans ses faits d'armes qui pouvaient réellement impressionner. Il était bon combattant, un jouteur dans la norme, mais pas de ceux qui écrasaient leurs ennemis comme de vulgaires moucherons. Comme c'était le cas pour lord Baratheon, l'Orage Moqueur, par exemple... Ses yeux revenant vers son hôte, il finit par répondre.

- Ma foi, tout jeune chevalier, j'étais plein de fougue au tournoi. J'ai continué à beaucoup apprécier, mais je me qualifierai plutôt de jouteur honorable que de champion. Je me situe... dans la norme, disons. Peut-être que mes hommes apprécient mon acharnement à défendre Vieux Rouvre contre les pillards... Mais ça, ils vous le diront bien mieux eux-mêmes. Si vous voulez savoir ce qui peut m'avoir illustré, c'est peut-être ma capacité à me battre avec deux lames. Je suis ambidextre, ce qui procure certains avantages. On ne bénéficie pas de la protection rassurante du bouclier, en revanche on peut frapper deux fois plus. Et surtout, dans le cas du combat avec une seule lame, si l'on récolte une blessure à une main, on peut toujours se battre tout aussi bien avec l'autre. C'est une capacité que j'ai développée dans mes jeunes années, lorsque je brûlais de me différencier et de me démarquer de ma fratrie pour attirer sur moi les regards. Je dois dire que ça m'a servi par la suite...

Kealan était une fine lame, il aurait volontiers proposé un duel amical pour une démonstration si la situation s'y était prêtée... Et s'il s'était trouvé avec un autre interlocuteur, sans doute. Il n'était pas certain que ce soit le genre de choses que son hôte goûtait, mais il pouvait se tromper. Décidant de prendre un peu l'initiative, il laissa quelques questions bénignes venir à son esprit. Il lui serait bénéfique à lui aussi de connaître un peu mieux lord Bryce. Par lui-même, pour être plus précis. Les informations venues d'autres étaient la plupart du temps flouées par les sentiments de chacun, ce qui était tout à fait normal.

- Et vous, mon seigneur, avez-vous été un fervent jouteur ? Chacun trouve des intérêts très divers dans un tournoi, et si certains sont des inconditionnels des lices, d'autres sont plutôt des observateurs.

Sa première impression lui dictait que l'homme assis face à lui était plus un homme de l'esprit qu'un homme des muscles. Pour sa part, il était un peu des deux, polyvalent, en quelque sorte. Pour cette première approche, c'était véritablement une question posée sans malice, qui l'aiderait à cerner au mieux le personnage selon un nouvel angle de vue : le sien propre. Il avait eu de nombreuses informations sur Noirvallon, et le mieux était de faire converger toutes les opinions, de les confronter, et de se faire la sienne pour finir. La question la plus importante qui taraudait le chevalier était tout bonnement de demander pourquoi il avait ainsi choisi le parti Feunoyr, et continuait à le faire. Mieux comprendre ces gens aux positions opposées à celles de la plupart des habitants de Westeros lui semblait essentiel. Le bon sens commun semblait dicter de rester fidèle à la couronne, bien plus en position de force que les rebelles.
Après un moment, Kealan sentit une autre question lui venir à l'esprit, au fil de ses pensées. Il repensait à ce qu'il avait entendu sur ce qui s'était produit à Murs-Blancs. Apparemment, l'oeuf avait disparu sans qu'on sache qui était le véritable coupable. Une question qui s'était effacée face à l'intervention de la Main, mais malgré tout, on pouvait se demander qui était responsable. Loyalistes, partisans Feunoyr... quelqu'un d'autre? Mais dans ce cas, qui était-ce ?


- Vous allez peut-être me prendre pour un rêveur, mais... pensez-vous que les dragons pourront revivre un jour ? Il ne s'agit pas là d'une question de blasons, mais bien des créatures qui ont toujours fait pencher la balance en faveur de ceux qui les possédaient. J'ai entendu dire, si ces informations sont exactes, que celui mis en jeu à Murs-Blancs a disparu et n'a jamais refait surface. Si on ignore qui sont les coupables... peut-être les plus folles suppositions peuvent venir à l'esprit. Imaginez que cet œuf vienne à éclore dans de mauvaises mains... »

Dans les mains des Fer-nés, par exemple. A ce qu'il avait lu il y avait un bon moment déjà, les dragons, du temps où ils n'étaient pas que des légendes, mais des créatures de chair et de feu, mettaient un certain temps à grandir, à atteindre leur taille adulte, et à pouvoir être utilisés militairement. Toutefois, il s'imagina l'espace d'un instant ce qui pourrait se passer si les habitants des Iles de Fer disposaient d'une telle arme. Ils seraient probablement virtuellement imbattables. Harrenhal était un excellent exemple de ce que la fureur des dragons pouvait occasionner. La pierre avait fondu. Alors de pauvres navires tout de bois et de toile... Les continentaux, dans une telle situation, pourraient construire la flotte la plus puissante que le monde avait connu, cela ne leur laisserait pas la moindre chance, malgré tout. Ce n'étaient que des spéculations totalement imaginaires, bien sûr. Le chevalier n'était même pas certain que la possession d'un dragon pouvait coïncider avec les mœurs des Fer-nés. Mais il fallait avouer que, issue de l'imagination ou pas, une telle optique était réellement effrayante.




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Dernière édition par Kealan du Rouvre le Ven 29 Mar 2013 - 17:27, édité 1 fois
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Message Jeu 28 Mar 2013 - 16:32

Les paroles de l'invité de la Vouivre faisaient écho aux siennes. Apparemment il avait déjà connu l'ironie du sort : lorsqu'un homme qui pensait participer à un simple tournoi, se retrouvait à l'article de la mort à cause d'un manque de chance. Aux yeux de Bryce, il n'était pas question d'un quelconque Dieu qui voudrait s’approprier cette personne, mais simplement d'un manque de talent. Jadis relativement pieu, le Bieffois avait perdu cette dévotion au fil des années et à présent, elle n'existait plus, même si certains tics de langage prouvait quelles avaient été ses anciennes croyances. Lui-même avait été touché par la « malchance » lorsqu'il combattait à Herberouge, une flèche qui ne lui était pas destinée qui l'avait touché, un coup d'épée d'un adversaire qui ne le visait pas, en bref, diverses blessures qui ne lui étaient initialement pas destinées. Mais s'il avait été plus expérimenté ou plus sur ses gardes le jeune homme qu'il était à l'époque aurait su éviter ces choses. C'était donc bien un manque de talent ou d'expérience et non de chance. À ses yeux, l'excuse des Dieux ou du hasard n'était qu'une excuse donnée par les incapables. Il ne se priva d'ailleurs pas de le faire savoir à son vis-à-vis.

« Les Dieux n'y sont pour rien ! Je ne vous savais pas si dévot, pour ma part je ne crois plus à toutes ces choses et je doute que les Sept se soucient de nous au point de s'occuper personnellement de notre cas. Je ne crois pas davantage à la malchance, à mes yeux les défaites ne peuvent être imputées qu'à la personne qui la subit, seul le manque de compétence est à souligner. »

Cette fois-ci, sa remarque ne visait pas la famille du Rouvre, il exprimait simplement son avis sur la question et ne rabaissait en aucun cas le frère défunt de ser Kealan. Pourtant, il aurait pu. Mais ayant lui-même fait les frais de son incompétence, il n'avait pas particulièrement envie de pousser ce sujet.
La discussion enchaîna de plus bel alors que le chevalier faisait état d'un « talent » qu'il posséderait, à savoir celui d'être ambidextre. Bryce resta pensif sur ces déclarations, il était déjà tombé sur un individu doté de ce don, mais n'avait pas été réellement convaincu par l'avantage que cela procurait. Tout dépendait de ce que l'on recherchait au final, mais il fallait avouer que pour un chevalier, le Vyrwel n'en voyait pas vraiment l'intérêt. Il s'agissait désormais d'une discussion purement technique où la moquerie et la provocation s'étaient envolées, peut-être parce qu'il avait envie d'aborder des sujets différents de ceux qu'il avait l'habitude.

« J'avoue ne jamais avoir vu l'intérêt de l'ambidextrie. Si l'un de mes enfants en avait été doté, je lui aurais obligé à l'oublier pour se concentrer sur l'utilisation du bouclier. J'ai connu un combattant qui se battait de la sorte par le passé, mais son style de combat ne m'a pas semblé intéressant pour un chevalier. Un homme d'armes, à la rigueur. Il glissa son regard vers Lancel comme s'il était en train de songer à quelque chose, puis croisa ses mains devant lui, coudes appuyés sur les accoudoirs de son siège.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'un chevalier se bat à cheval la plupart du temps, comme le veut son nom. Le combat à cheval se fait à l'aide d'une lance ou d'une épée et d'un bouclier, je ne vois donc pas d'intérêt à être ambidextre dans de telles situations. Mais peut-être que ser Kealan était un chevalier qui se battait davantage à pied qu'à cheval ? Bryce ne le connaissait pas assez pour pouvoir y répondre.
Quant aux combats en mêlée, j'avoue ne pas être convaincu non plus de la frappe dédoublée. Si je ne m'abuse, le combat à deux armes s'effectue à l'aide d'une épée et d'une lame plus courte censée retenir l'épée de l'autre pendant que celle de l'ambidextre frappe de la sienne. Ce n'est donc pas une frappe dédoublée, mais une sorte de protection modifiée si je puis dire. De toute manière, quel intérêt y aurait-il à frapper deux fois plus si l'autre se protège derrière un bouclier ? Son ton n'était pas critique ou moqueur, il s'interrogeait simplement. Peut-être que ser Kealan voyait là des avantages, mais comme tous les chevaliers du Bief, Bryce respectait davantage ceux qui se battaient à cheval que ceux qui le faisaient au sol.
J'avoue ne pas être amateur d'originalité, je préfère voir un chevalier se battre à l'aide d'un bouclier et d'une épée et savoir le faire comme un véritable chevalier de légende. C'est d'autant plus vrai que nous savons tous deux que les jouteurs sont les plus respectés des chevaliers dans le Bief, le meilleur moyen d'attirer l'attention aurait donc été de vous démarquer là-dedans, non ? »

Débattre sur ce type de technique était toujours intéressant. Puisque ser Kealan était convaincu de l'avantage de ce style de combat, peut-être parviendrait-il à faire comprendre à la Vouivre qu'il avait bien raison ? Bryce était un homme vaniteux et buté, mais il savait reconnaître ses torts lorsqu'il avait des avantages à tirer d'une situation. Toujours aussi silencieux, Lancel observait les échanges qui se faisaient entre son père et leur invité, sirotant tranquillement son verre qui avait l'air de ne jamais se vider. La question fut alors retournée au seigneur de Noirvallon qui se contenta de hausser les épaules d'un air neutre.

« Dans ma jeunesse j'appréciais beaucoup les joutes, mais je n'en fais plus beaucoup à présent. Je préfère voir Lancel s'y distinguer, il est bien plus doué que je ne l'étais à son âge, chose qui n'est pas très difficile, puis il faut bien qu'un père laisse la place à son fils dans de telles occasions, non ? Je ne voudrais pas qu'il se sente obliger de perdre face à moi pour ne pas froisser mon ego ou mes muscles. »

Était-il aussi mauvais qu'il le prétendait ? Peut-être. Peut-être pas. Bryce avait appris que laisser l'autre le sous-estimer était bien plus rentable que de se parer de ses plus beaux atours pour montrer à tout le monde de quoi il était réellement capable. Il avait beau être vaniteux, le Vyrwel avait cependant compris qu'il avait tout à gagner à se faire passer pour quelqu'un d'inférieur à ce chevalier qui aimait apparemment beaucoup être au-dessus du lot. Si la vanité avait un nom, ce devait être celui de ser Kealan sans aucun doute ! Oh, le seigneur de Noirvallon n'avait rien contre ce trait de caractère qu'il possédait aussi, bien qu'à moindre échelle, mais encore fallait-il que les capacités du du Rouvre suivent les mots qui sortaient de sa bouche.
Une question pour le moins surprenante arriva alors. Le Bieffois voulait savoir quel était l'avis de Bryce concernant le retour de dragons. Oh, il y avait déjà bien souvent songé et la réponse ne tarda donc pas à venir puisqu'il savait exactement ce qu'il en était. Du moins d'après son avis.

« Les dragons reviendront certainement un jour en apportant tout ce que leur disparition nous a fait perdre. Mais pas avant qu'un véritable dragon ne soit sur le trône. Vous êtes parfaitement au courant de ce que je pense du pouvoir en place, la folie des Targaryen leur a fait oublier comment il faut gouverner. Comment voulez-vous qu'une famille incapable de gérer un royaume puisse canaliser une créature comme un dragon ? La logique était imparable selon lui, mais tout dépendait des points de vue de chacun.
Je considère que le jour où un Feunoyr prendra place à la tête du royaume, les dragons reviendront eux aussi. Il n'y a donc rien à craindre de qui que ce soit d'autre, les dragons ne sont pas un danger et la disparition de cet œuf ne l'est pas davantage. Son regard se glissa vers son invité alors qu'il ajoutait quelques mots d'un ton sérieux.
Excepté pour ceux qui ne lui auront pas été fidèles bien entendu. »

Un avertissement ? Non, peut-être simplement un début d'explication sur ce qui poussait Bryce à prêter allégeance au Dragon Noir.

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Message Dim 31 Mar 2013 - 0:38

Sans trop de surprise, lord Bryce demanda quelques précisions sur l'intérêt du combat à deux armes. Ce genre d'information lâchée avait généralement le don de susciter intérêt, interrogations ou perplexité. Si Kealan répondait de façon franche, il était tenté de dire que le seul intérêt qu'il y avait trouvé il y a plus d'une décennie était purement d'impressionner ses pairs par son originalité. Son raisonnement d'écuyer, à l'époque, était simplement que de grands champions au combat à l'épée et bouclier, épée à deux mains ou même masse d'armes, on en connaissait beaucoup. Alors que le combat à deux mains était plus rare. C'était ce qui l'avait attiré. A l'heure actuelle, s'il avait pris l'habitude depuis longtemps d'avoir toujours deux lames sur lui, il se battait la plupart du temps de façon classique. Le seigneur de Noirvallon souleva des points extrêmement justes, et le chevalier se prit à vouloir lui répondre en toute sincérité. Quel intérêt de se relancer dans une joute verbale sur un sujet qui n'était doublé d'aucune malignité ? Son visage affichant naturellement un intérêt sincère, il haussa les épaules et se pencha légèrement en avant pour être plus proche de son hôte, tâchant de lui expliquer ce dont il doutait.

« Si je dois être franc avec vous, mon seigneur, l'ambidextrie m'est venue plus par simple désir de prouver à mes pairs que je valais quelque chose lors des joutes que de vraiment en faire une technique de combat permanente. Il s'est avéré que combattre avec deux armes a le don de marquer les esprits. J'étais jeune et frustré par l'ombre que ma fratrie jetait sur moi, sans doute en proie aux affres de l'adolescence, je dois l'avouer. Tout le monde a fait des erreurs un jour ou l'autre. Que mon frère Geoffroy m'aie ôté tout espoir de participer aux luttes entre les loyalistes et les partisans Feunoyr lors de la rébellion m'avait profondément déçu et même blessé. Avec le recul, je pense qu'il en était mieux ainsi. Combien d'écuyers ne sont jamais revenus d'Herberouge ? Mais ce n'est pas là la question, bien sûr. Toutefois, vous m'avez demandé ce qui m'avait permis de faire mes preuves, et je ne voyais que cet aspect-là de ma personne pour vous répondre. Dans ma vie de combattant, j'ai eu des hauts et des bas, comme tout un chacun, mais cette particularité là est sans doute ce qui me différencie de la plupart de mes pairs.

Qu'aurait-il pu dire d'autre ? Il n'avait participé à aucun grand évènement dans lequel il se serait distingué. Pas de révolte ou de grande bataille. La défense de Vieux Rouvre face aux Fer-nés avait été faite d'escarmouches, et non de batailles rangées. Inventer ? Il l'aurait pu, face à quelqu'un de moins rusé, qui aurait gobé toute l'histoire comme une bouillie pré-mâchée. Mais il ne voyait pas l'intérêt de faire cela dans le cas présent. Il pensait avoir tiré un certain avantage de ses fanfaronnades d'écuyer, finalement, comme il allait tenter de l'expliquer à la vouivre. Il n'espérait pas le convaincre. Lui-même, même s'il appréciait cette technique qu'il pratiquait quand la situation y était propice, n'avait pas la prétention de dire qu'il s'agissait du style parfait, adapté à toutes les situations. Loin de là.

- Je comprends tout à fait votre perplexité vis à vis de cette façon de se battre. C'est une technique complexe, qui demande énormément d'entraînement et un aptitude à se servir de ses deux mains de la même façon. Il faut apprendre à se battre avec une seule lame dans un premier temps, bien sûr, dans une main puis dans l'autre, puis les deux à la fois. Cela prend du temps, beaucoup de temps. Vous avez raison en soulignant le fait que l'utilité de l'ambidextrie est moindre lorsque l'on est à cheval. Porter des coups à deux armes, de gauche et de droite, quand on est sur un cheval au galop... Ma foi, je ne m'y suis jamais essayé, mais je ne suis pas convaincu que cela aie une utilité. A cheval, je me bats comme n'importe quel chevalier, avec épée et bouclier. A cela, je ne pourrais que vous avancer un avantage purement logistique : si on se retrouve blessé sur sa main d'épée, la seconde est apte à frapper tout aussi efficacement. Lorsque j'ai voulu travailler cette technique et que je m'y suis consacré, je rêvais de tournois, et j'espérais par là pouvoir avoir un avantage lors des épreuves à pied. C'est effectivement là que l'utilisation de deux armes prend tout son intérêt.

Là encore, lord Bryce n'avait pas tort lorsqu'il parlait de l'utilisation de deux lames, une courte et une plus longue, pour dévier les coups de l'une et frapper de l'autre. Toutefois, l'ambidextrie ne se limitait pas à cela. Il se tut un moment pour réfléchir au meilleur moyen de faire passer le message, de l'expliquer en termes clairs. Comme il l'avait déjà dit, c'était un style de combat complexe, et les explications à ce sujet ne l'étaient pas moins. Espérant être assez clair, il finit par se lancer.

- On peut effectivement se battre comme vous le soulignez, avec des lames de taille différente, mais pas seulement. On peut également utiliser des armes de même longueur, ou même des armes différentes. J'ai entendu parler un jour d'un mercenaire venu du Nord qui utilisait une épée et une hache courte, mais je n'ai jamais expérimenté une telle technique. Je pense que le point fort de l'ambidextrie est la vitesse et la mobilité supérieure à celle d'un combattant avec bouclier et épée. Là où le rassurant et efficace rempart du bouclier reste lourd et un peu plus lent et fatiguant à manier, une seconde lame est plus vive. Une technique efficace consiste à feinter son adversaire avec une des deux armes, la gauche, par exemple. Il faut savoir suffisamment doser la feinte pour qu'elle paraisse assez vraie et dangereuse pour provoquer une parade, mais pas trop appuyée pour qu'elle ne sente pas le piège à plein nez. D'instinct, le combattant adverse va se protéger de cette dangereuse attaque, portée généralement sur un point sensible comme la jambe. La seconde lame entre alors en scène pour s'enfoncer dans la brèche créée. Ce n'est qu'une des techniques exploitables... Je pense que l'un des avantages est qu'une fois une lame bloquée pour la défense, l'autre est toujours là pour blesser. Et puisqu'elle couvre moins de surface qu'un bouclier, elle gêne aussi moins les mouvements. Il est aussi possible de repousser un bouclier, en glissant une lame à l'intérieur pour l'écarter, par exemple, ou tenter de blesser la main qui le tient. Mais là où cela prend un tour intéressant, c'est face à un combattant qui use d'une lance, comme un Dornien par exemple. Le bouclier est salvateur pour encaisser les coups d'une arme à portée aussi longue, toutefois, si l'armure est suffisamment apte à protéger le corps seule, comme c'est le cas d'un harnois, il suffit de faire attention aux points faibles où la lance peut encore frapper. Dès lors, il devient plus facile de contrer et parer une lance. Contrairement au bouclier qui encaisse, la lame peut dévier et entamer la hampe, s'enrouler autour si l'on a la dextérité suffisante pour permettre à la seconde lame de frapper verticalement pour briser le bois... On « subit » moins les assauts répétés d'un homme qui se pense assez loin pour être hors de danger. Je crois que cette façon de se battre permet de riposter de manière efficace. Pour tout vous avouer, même si je transporte toujours sur moi deux lames, aussi bien par habitude que par souci de parer à toute éventualité, je ne me bats en ambidextre que lorsque la situation le permet. Le combat traditionnel à une main et bouclier est ce que j'emploie le plus souvent, surtout car je combats majoritairement à cheval. Mais lors d'un combat, si je finis à pied... l'utilisation d'une deuxième arme peut procurer un avantage.

Il n'ajouta rien lorsque son hôte dit qu'il aurait sans doute mieux valu briller à la joute. Ce n'était pas vraiment une question, après tout. Le seigneur de Noirvallon n'avait pas tort, mais à l'époque, Kealan avait tellement concentré ses efforts sur cette technique dont il pensait qu'elle lui ouvrirait énormément de portes et lui apporterait de la reconnaissance qu'il n'avait pas tenté de devenir le meilleur jouteur possible. Il n'était pas mauvais, mais il était loin de rivaliser avec les meilleures lances de Westeros.
La vouivre annonça avoir apprécié participer aux joutes lorsqu'il était plus jeune, mais avoir laissé sa place. Il ne se présenta pas comme un très bon jouteur, mais le chevalier était bien incapable de le juger sur ce point, ne l'ayant jamais vu faire. La réponse que lord Bryce lui apporta au sujet de l'oeuf lui sembla bien plus intéressante. Il semblait convaincu du fait qu'un dragon ne viendrait à éclore que pour un Feunoyr, une fois que le Trône de Fer serait passé à la branche rebelle. L'opinion qu'avait son hôte sur les Targaryen était connue du jeune homme qui ne s'en étonna pas. Toutefois, il haussa les sourcils en entendant ce qu'il disait sur les souverains, lui évoquant une simple remarque. Peut-être qu'à force de se marier entre eux depuis des générations, seulement parsemées de quelques exemples, cela ne donnait pas que du bon. Certains diraient que des tares apparaissaient. Après tout, les autres familles nobles ne procédaient pas à ce type de mariage entre frères et sœurs, mais la dynastie régnante avait toujours eu cette obsession du sang pur... Soit. L'avenir leur dirait peut-être ce qu'il en était. Au bout d'un moment, il finit enfin par poser la question qui le taraudait.


- J'espère que vous ne verrez nulle offense ni impertinence de ma part à vous demander ce qui vous pousse à choisir le parti des Feunoyr. Ce n'est là que simple curiosité et intérêt de ma part. On dit énormément de choses sur les partisans du dragon noir. Mais les rumeurs et les avis que l'on entend... ce n'est jamais totalement fiable. Un récit de première main l'est davantage. Les doutes sur la légitimité de feu le roi Daeron II, le fait que son demi-frère Daemon se soit vu confier l'épée des rois, Feunoyr... Est-ce que ce sont réellement les raisons qui poussent des familles à prendre le risque de perdre autant ? Perdre la vie, perdre son statut de noble, perdre sa fortune ou ses terres... Le prix à payer est élevé pour défendre les intérêts d'un autre. Le roi Aegon IV est mort l'année même de ma naissance, je ne l'ai donc jamais connu, mais pour ce que je sais de lui, il ne semble pas être un homme fiable. Doutant de la légitimité de son héritier, alors que lui-même avait engendré des bâtards, préférant ses maîtresses à son épouse... Je me demande réellement quelles sont vos motivations ou celles des autres maisons qui soutiennent le dragon noir, en toute bonne foi. Peut-être que votre réponse m'aidera à y voir plus clair ? »

Kealan sentit un imperceptible tressaillement agiter ses hommes. Les cavaliers avaient retrouvé leur calme et suivaient la discussion en silence. Toutefois, leur intérêt sembla piqué par ces derniers mots. Ils avaient pratiquement tous connu feu son frère, lord Geoffroy. De fait, le balancement de la maison du Rouvre entre un camp et l'autre n'était pas un secret pour eux. Ce qui ne les empêchait sans doute pas d'avoir leur propre avis sur la question. Si le chevalier se doutait qu'ils prêteraient une oreille encore plus attentive à ce qui allait se dire, il savait qu'ils n'ouvriraient pas la bouche. Pour sa part, il espérait réellement une réponse claire et sincère. Il ne s'était jamais entretenu d'un tel sujet avec les rebelles, et si l'idée d'embrasser la cause Feunoyr ne lui avait pas effleuré l'esprit au vu des récents évènements, il savait qu'un jour peut-être viendrait à nouveau le moment de faire un choix. Et dans ce cas, mieux valait connaître les deux partis, pour se décider au mieux. Et une fois que le choix serait fait -si jamais il était fait-, il serait toujours bon de savoir ce qui motivait l'adversaire. Pour l'heure, on était encore loin de ce cas de figure. Un simple intérêt curieux et réel agitait le jeune homme.



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Message Dim 31 Mar 2013 - 18:04

Le changement de conversation semblait avoir apaisé un peu les esprits. Pourtant, Bryce s'attendait toujours à ce que les hommes de ser Kealan ne remontent sur leurs grands chevaux : il était habitué à ce que ses interrogations soient perçues comme un désir de provoquer, de chercher la petite bête. Mais le Bieffois semblait un peu plus intelligent que les hommes qui l'accompagnaient puisque son visage ne présentait aucune expression contrariée face à ces questions de répliques de la Vouivre. Il répondit d'ailleurs avec franchise, avouant qu'il avait simplement opté pour l'ambidextrie par désir de se démarquer. Étrangement, cet aveu ne surprenait guère le seigneur de Noirvallon, même s'il ne connaissait pas la généalogie de toutes les maisons de Westeros, il était au fait de celle de ses voisins. Il savait donc que ser Kealan n'était pas en bonne place pour ce qui était d'héritier un jour de sa maison et qu'il devait avoir eu envie de se démarquer autrement pour ne pas être relégué au stade de dernier fils d'un homme remarié. Ces pensées furent d'ailleurs confirmées par les mots suivants du chevalier qui continuait en avouant qu'il avait été déçu de ne pas pouvoir participer à Herberouge à l'époque. Même si Bryce ne montra rien, l'évocation de cette bataille lui laissait encore un goût amer en bouche. En plus de la défaite de Daemon Feunoyr, cet échec avait aussi manqué de lui coûter la vie ainsi qu'à son frère cadet, puis elle avait été le point de départ de la descente aux enfers de son géniteur qui s'était laissé aller dès la perte de son modèle. Herberouge était un mauvais souvenir pour bien des nobles et Bryce en faisait partie. Il était donc plutôt bien que ser Kealan ait été épargné par cette bataille. À la fin de la réplique du Bieffois, le seigneur des lieux se contenta de répliquer d'un ton calme.

« Estimez-vous heureux d'avoir été épargné par Herberouge. Nombreux ont été ceux qui sont morts là-bas alors qu'ils étaient d'excellents combattants ! Moi-même je n'ai survécu que grâce à beaucoup de chance, mon frère cadet a frôlé la mort de peu et mon père y a laissé sa main gauche, tranchée nette par la lame d'un adversaire. Le ton était posé, presque dénué d'émotions comme si tout ceci était oublié depuis longtemps. Pourtant, ses rêves étaient encore très agités par ces souvenirs, bien des années après.
Il existe bien des manières de se démarquer et de retenir l'attention. Nombreux sont ceux qui rêvent de gloire, mais par les temps qui courent, croyez-moi sur parole lorsque je vous dis qu'il est bien plus simple de se distinguer par son intelligence ou son habilité aux affaires. »

Il n'y avait plus de grande bataille et devenir un héros comme ser Buford Bulwer par exemple, n'était plus à la portée des jeunes d'aujourd'hui. Lancel l'avait compris et son père avait d'ailleurs insisté sur ce point pour que son héritier se concentre davantage sur la manipulation qui leur servirait à rallier des nobles à leur cause, plutôt que sur les tournois sans intérêt. Leur nom serait toujours assimilé aux rebelles, autant s'en servir.

La discussion s'enchaîna alors sur le sujet du combat à deux lames. Ser Kealan déclara comprendre la perplexité de son interlocuteur, chose qui était assez évidente : il ne devait pas être le premier à lui faire une telle remarque ! Au moins étaient-ils d'accord sur le point de l'inutilité d'un tel talent lors des combats à cheval. Pour le reste, Bryce ne pouvait avouer qu'une chose : il comprenait parfaitement l'avantage qui pouvait se présenter d'être ambidextre lorsque l'on se retrouvait blessé ou amputé de sa main d'épée. Cependant, l'habitude de se battre avec deux armes ne devait pas être aisée à prendre et le Vyrwel restait campé sur ses positions. Un homme axé sur le risque comme lui savait qu'il était bon d'avoir un rempart derrière lequel s'abriter lorsque les risques étaient trop élevés. Certains pourraient le taxer de poltron, mais il ne se sentait maître de son destin que lorsqu'il portait son bouclier en plus de son épée. Tout dépendait de l'éducation de chacun au final. Après cette réplique, le Bieffois marqua une brève pause pendant laquelle Bryce se fit un plaisir de répondre.

« Je ne peux nier l'avantage certain que vous devez avoir si vous veniez à perdre votre main directrice. Cela dit, j'ose espérer dans votre intérêt qu'une telle chose ne vous arrivera pas. Un homme diminué, même encore capable de se battre, n'est plus considéré à sa juste valeur. »

Il n'avait qu'à voir comment son père s'en était tiré : une main en moins, il pouvait encore se battre, mais tout le monde avait commencé à le considérer comme un incompétent alors qu'il était toujours capable de diriger son fief. Du moins au départ, par la suite, il était évident que le père de Bryce avait lâché toute volonté de gouverner ou même de survivre.

Ser Kealan se lança alors dans un monologue destiné à apprendre à son interlocuteur, les rudiments de son talent. De manière technique bien évidemment, ils n'allaient pas se lancer dans une démonstration au milieu de la salle du repas ! La technique à laquelle Bryce avait fait référence était celle qu'il connaissait du reître avec qui il avait conversé, mais il était loin d'être un professionnel en la matière. Les paroles de son interlocuteur étaient donc à considérer comme véridiques puisque le jeune homme combattait avec ce style de combat depuis sa jeunesse. Il devait être plus apte que n'importe qui ici à expliquer quels étaient les avantages. Patiemment et silencieusement, le seigneur des lieux écouta les explications avant d'acquiescer d'un hochement de tête lorsque le du Rouvre retomba dans le silence. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, mais loin d'être moqueur cette fois-ci.

« Vous vendez bien la chose ser Kealan. Je vous crois sur parole lorsque vous me dites tout cela, je suis loin d'être un connaisseur en matière de combat à deux épées. Je n'en sais que ce qu'un reître de passage a bien voulu me dire à son sujet ! Cela dit, vous pouvez aussi me croire lorsque je vous dis que certains combattants qui se battent avec un bouclier, peuvent être très rapides et très mobiles ! Mon frère Godrik en est un parfait exemple, son bouclier semble faire partie intégrante de sa personne lorsqu'il combat ! Il avait déjà effectué suffisamment d'entraînement en sa compagnie pour admirer la dextérité de son frère à ce niveau.
J'ignore si une telle chose vous est déjà arrivée, mais la lourdeur du bouclier peut être compensée par le choc qu'il provoque lorsque vous l'envoyer contre votre adversaire. Je me suis déjà suffisamment fait avoir pour savoir qu'un coup de bouclier solide en plein visage vous met hors d'état de combat aussi sûrement qu'un bon coup d'épée ! Il en gardait d'ailleurs une trace presque invisible sur le front, blessure récoltée lors d'un entraînement où Godrik lui avait ouvert le front en lui expédiant un coup de bouclier bien placé.
Et il existe des boucliers légers qui sont aussi relativement résistants. Quant aux lances, je pense que tout dépend de l'adversaire face à vous. J'ai déjà croisé des Dorniens qui solidifiaient le bois de leur arme par des renforts en métal, qui s'ils rendent le tout plus lourd, permettent aussi d'éviter de se retrouver avec une lance écourtée. Mais si un jour les Dorniens décident de nous attaquer, vous serez le premier à qui je penserai messer ! »

Il y avait une légère moquerie dans sa voix, mais rien de comparable à la fois précédente. Là, c'était simplement par envie de titiller un peu son interlocuteur et non l'envie de provoquer une nouvelle joute verbale.
La suite de la discussion quant à elle, fut plus.... épineuse ? C'était le terme approprié. La curiosité était légitime et jamais Bryce ne refusait de donner les raisons qui le poussaient à prendre parti pour le Dragon Noir. Selon lui, le meilleur moyen de rallier de nouveaux partisans était de dire la vérité et de faire comprendre aux autres pour quelle raison est-ce qu'ils devaient eux aussi faire ce choix. Après quelques instants de silence pendant lesquels le seigneur des lieux rassemblait ses pensées, il répondit.

« Il n'y a jamais d'offense dans la curiosité. Voyez-vous, contrairement à certains partisans des Targaryen, je n'ai rien à cacher et je dis la vérité à qui veut l'entendre. Il marqua une pause, glissant sa main vers sa barbe avant de reprendre.
Il y a beaucoup de rumeurs sur le Dragon Noir, mais tout autant sur les Targaryen, la seule différence c'est que ceux qui médisent sur le Roi en place risquent plus gros que ceux qui le font sur des soit-disant criminels. Il glissa son regard vers ser Kealan, le sonda quelques instants avant de reprendre.
Quelles sont les raisons qui poussent à tout risquer ? Mais tout simplement l'envie de voir les choses s'améliorer. Ne seriez-vous pas prêt à tout risquer pour permettre à votre neveu de garder sa place de lord si un cousin éloigné venait lui voler ce titre ? Certes, les faits ne sont pas si clairs en ce qui concerna la famille royale, mais si je suis prêt à sacrifier tout ce que je possède pour les Feunoyr, c'est pour la bonne et simple raison que je sais que tout s'arrangera le jour où un Feunoyr se trouvera sur le trône. Il ne cherchait pas à le persuader de quoi que ce soit pour le moment, il se contentait de dire les choses.
Les Targaryen ont fait leur temps. Je ne nie pas les bonnes choses qu'ils ont faites par le passé, mais voyez où nous en sommes aujourd'hui : un Roi qui s'enferme dans sa bibliothèque et n'a même pas consommé son mariage avec son épouse, qui met un bâtard à la tête du royaume et refuse le droit à son épouse de gouverner à sa place. Croyez-vous réellement que nous puissions faire confiance à cette maison alors qu'elle ne se fait déjà pas confiance elle-même ? Brynden Rivers peut dénigrer les Feunoyr, mais lui-même n'est qu'un bâtard et a portant accédé à un poste extrêmement important. Si les lois étaient respectées, il n'aurait rien de tout ce qu'il a aujourd'hui. Le ton était toujours aussi calme, son regard croisait de temps en temps celui de son fils qui restait muet.
Je pense que les Targaryen n'ont plus rien à apporter au royaume. Ils ont donné tout ce qu'ils avaient à offrir et ne pensent plus qu'à leur intérêt personnel. Voyez simplement le fait qu'ils refusent de s'unir à d'autres maisons que la leur ou celle des Velaryon qui leur est liée. Ne pensez-vous pas qu'un Roi a le devoir de se montrer proche de son peuple ? En refusant de mêler son sang au leur, à mes yeux c'est le signe évident du fait qu'il fait passer ses intérêts avant ceux de son peuple. Une pause s'installa quelques instants, avant qu'il ne termine.
Ils ont été jusqu'à vendre l'une des leurs à un Prince Dornien dans le simple but de faire la paix. La paix alors que ce peuple a passé des années à nous piller et à tuer les nôtres, ce serait comme si nous proposions à Dagon Greyjoy d'épouser une Targaryen dès que la fin de la guerre sera sonnée. Comment prendriez-vous une telle offrande ser Kealan ? Ne seriez-vous pas irrité de voir que vos blessures ne seront jamais pansées ? Les Targaryen ne pensent qu'à leur intérêt. Ils ont uni leur sang à celui de Martell pour gagner des soutiens supplémentaires. Ne trouvez-vous pas étrange qu'ils aient donné la seule femme que Daemon Feunoyr ait jamais aimé, en mariage à cet homme ? Ils souhaitaient la guerre depuis le début pour se débarrasser du porteur de Feunoyr d'une manière que personne n'oublierait jamais. Voilà tout. »

Le silence s'installa à nouveau entre eux. Une réplique lourde de sens, mais prononcée sur un ton très calme et posée. Selon Bryce, c'était le meilleur moyen de montrer que sa conduite était dictée par son esprit et pas sa colère.


               
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Message Mer 3 Avr 2013 - 23:22

Kealan eut au moins le sentiment d'avoir fait comprendre à lord Bryce, dans les grandes lignes, ce qu'on pouvait tirer du style de combat à deux lames. Il ne prétendait pas l'avoir convaincu à se convertir, loin de là. Ce n'était par ailleurs pas son but. Et puis, quel panache aurait-il à exhiber son talent quand la situation lui permettait d'en tirer profit si le premier venu était capable d'en faire autant ? Lorsque son hôte fit quelques remarques sur l'usage d'un bouclier, le chevalier ne put que marquer son assentiment à ces remarques. Bien entendu, il était des individus capables de se mouvoir avec un bouclier comme s'ils n'en avaient pas, mais dans la majorité des cas, sur les combattants « classiques », on retrouvait une lourdeur récurrente dans leurs mouvements. Il grimaça légèrement quand le seigneur de Noirvallon fit mention de l'utilité du coup de bouclier, en ayant déjà fait lui-même l'expérience. Par chance, cela n'était pas au visage que le coup avait porté, mais à l'épaule, et il en avait gardé des marques pendant plus d'une semaine. L'armure n'avait pas suffi à encaisser le choc qui avait tiré trop violemment son épaule en arrière. Il s'en était fort heureusement très bien remis, en dépit de l'inquiétant et douloureux gonflement qui l'avait affligé jusqu'à ce qu'il soit rétabli. Quant à la question des lances, il ne pouvait qu'être d'accord une fois de plus avec ce que disait son interlocuteur. Dans sa description, il s'était cependant restreint aux grandes lignes de sa discipline, sans quoi la discussion aurait viré au très technique et légèrement assommant. Profitant de la fin de la tirade de la vouivre, il sourit d'un air amusé avant de lâcher sur le ton de la plaisanterie :

« Vous savez, l'ambidextrie a au moins ça de bon et de commun avec les joutes : elle séduit les dames, qui sont souvent impressionnées. Peut-être cela me servira-t-il dans la recherche d'une nouvelle épouse, qui sait ?

La plaisanterie était nettement palpable, et au vu de l'esprit finaud de lord Bryce, ce dernier ne manquerait sans doute pas de s'en apercevoir. Kealan touchait un point tout à fait réel concernant l'admiration que les femmes vouaient souvent aux hommes qui faisaient des démonstrations de ce genre de talents, il avait pu le constater durant sa vie. Toutefois, il comptait bien plus sur de subtiles manœuvres politiques que sur son habileté à l'épée pour conclure un nouveau mariage. Il lui suffisait de regarder les offres qui lui avaient déjà été faites pour le constater.
Lorsque la question des motivations des Vyrwel à suivre les Feunoyr fut posée, l'attention du chevalier redoubla, guettant la réponse de son hôte avec un intérêt non feint. Il sentait qu'à présent, le sujet était on ne peut plus sérieux, et c'était d'ailleurs ce qu'il souhaitait. Il cherchait réellement à comprendre ce qui faisait tout risquer à ces seigneurs rebelles. Lui-même, pour des risques bien plus importants que les gratifications, n'aurait jamais tenté un pari comme celui de Murs-Blancs. L'avantage de la position intermédiaire, une fois encore... Kealan ne jugerait nullement le seigneur de Noirvallon, il se ferait simplement son opinion avec les réponses qui lui seraient données. Lorsque la vouivre lui demanda, sans réellement attendre de réponse, s'il n'aurait pas défendu bec et ongles le titre de lord de son neveu face à un obscur cousin, son premier élan aurait été de répondre que si, tout naturellement. Pas forcément pour les intérêts de lord Adam, mais peut-être plutôt pour les siens. Retrouverait-il seigneur aussi aisément manipulable que le fils de son défunt frère ? Le tout jeune Bran, peut-être, héritier de Vieux Rouvre encore dans les jupons de sa mère. Une bonne influence dès le bas âge était toujours payante...
Le chevalier se contenta de hausser les sourcils quand lord Bryce critiqua la Couronne et le gouvernement en place. Un manque d'objectivité partisan en ce qui concernait lord Brynden Rivers, peut-être ? Demi-frère de Daemon Feunoyr, ils étaient autant bâtard l'un que l'autre. Si le Dragon Noir se pensait légitime à gouverner, sous prétexte qu'il avait une épée en acier valyrien, son Dragon Blanc de demi-frère l'était tout autant, du point de vue du sang. Au lieu de quoi, ce dernier avait choisi de servir fidèlement la branche légitime de sa famille.
Quant à la question du mariage de la princesse Daenerys à un Martell... Oui, il pouvait comprendre le ressentiment du seigneur de Noirvallon. Après avoir souffert de longues années de conflit avec un peuple voisin, qui pour toute punition de ses actes se voyait offrir une princesse en mariage... Cela avait de quoi être frustrant. Il s'imaginait aisément la même situation transposée avec les Fer-nés comme son hôte l'avait présenté, et il trouvait l'idée relativement irritante. Toutefois, d'un point de vue strictement politique, il ne pouvait que saluer l'initiative qui n'était pas si mauvaise que cela. Epargner encore des morts inutiles et rattacher une nouvelle couronne au Trône de Fer, le tout sans effusion de sang supplémentaire... C'était assez finement joué, même si une bonne part des ennemis héréditaires des Dorniens avaient eu de quoi prendre cela pour une haute trahison de la part de leurs souverains.


- Peut-être qu'à force de se marier entre eux et de marquer la distance avec les autres grandes familles de Westeros, cela finira par jouer de mauvais tours aux Targaryen. En restant dans cette boucle fermée et exclusive, ils se coupent des autres régions, à mon sens, ce qui peut être un mauvais choix politique, au nom de la pureté du sang... Pureté qui finira peut-être par engendrer des dégénérés. J'ai cru entendre de la part d'un mestre que ce type d'union finissait par mal tourner sur les générations suivantes. J'espère ne pas vous choquer en disant qu'on peut constater la chose sur des chiens ou des chevaux. Faites se reproduire les frères et sœurs entre eux, des tares apparaissent rapidement... Mais bref. Il est vrai qu'encore récemment il y a eu des mariages avec les grandes maisons suzeraines, comme Viserys II qui a épousé une Tyrell... Mais toutefois, c'est peut-être trop insignifiant au regard des mariages qu'ils effectuent entre eux. Rajouter un peu de sang d'autres régions plus régulièrement serait profitable. A moins que la légitimité pour prétendre au Trône de Fer ne réside dans des cheveux d'argent et des yeux d'améthyste...

Si Kealan ne visait pas, loin de là, un mariage royal pour lui-même, il n'aurait pas boudé une occasion de placer une de ses nièces dans un tel arrangement. Encore aurait-il fallu que l'occasion se présente. Et comme partout, les mariages régionaux restaient de mise. Les maisons des Terres de la Couronne se voyaient plus souvent que les autres concernées par des unions avec les Targaryen, légitimes ou non. Non, stratégiquement parlant, même si le chevalier n'y voyait pas une malveillance délibérée ou un mépris marqué pour le peuple, il trouvait tout de même que cela laissait à désirer. Qui sait, un jour viendrait peut-être ou les liens seraient trop distendus pour que la fidélité des régions à la Couronne devienne toute relative ? Mais tout cela n'étaient que pures spéculations et réflexions, un jeu de l'esprit qui pouvait cependant amener, parfois, à des conclusions pertinentes qu'il valait mieux garder dans un coin de son esprit.

- Je crois que je comprends mieux ce qui vous motive. Cette fois encore, soit dit sans offense, mais si la lignée des Feunoyr disparaissait totalement, et qu'un nouveau rebelle totalement étranger au Dragon Noir vienne à revendiquer le trône, vous rangeriez-vous du côté des Targaryen ou ce désir de voir les choses s'améliorer en changeant de famille dirigeante s'appliquerait-il également à de nouveaux candidats ? »

Pas à des Dorniens, il pouvait le gager en toute certitude. Pour sa part, si un cas de figure pareil se présentait, il ferait ce qu'il avait toujours fait jusque là : peser le pour et le contre, soigneusement évaluer l'équilibre des forces en présence... et choisir son camp le moment opportun, quand le vent soufflerait nettement dans une direction ou l'autre. Jusque là, jouer les indécis permettrait d'entretenir des liens avec des partisans des deux camps en toute innocence. Au moins une leçon de politique que son frère Geoffroy avait pu lui apprendre...




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Message Ven 5 Avr 2013 - 12:54

L'idée de séduire une femme par son talent à la lance ou aux épées, était quelque chose d'assez fréquent à Westeros et plus particulièrement dans le Bief. Bryce avait toujours considéré que c'était une mauvaise manière de s'y prendre, estimant qu'une femme avait besoin d'être soumise à son époux par sa force d'esprit. Il n'avait jamais véritablement considéré la séduction comme quelque chose d'important. Son mariage avec son épouse actuelle avait été basé sur une entente profitable aux deux maisons qui partageaient leur vision pour les Feunoyr, il n'avait donc jamais cherché à courtiser lady Lyra. Une manière de penser et d'agir qui devait certainement déplaire aux grands romantiques, mais que Bryce avait inculqué à ses enfants. Lancel par exemple, n'éprouvait aucun sentiment pour sa femme, il se contentait de faire son devoir d'époux, tout en gardant la main sur la mère de son héritier. Les sentiments introduisaient bien trop d'inconnues aux yeux de la Vouivre pour qu'il puisse envisager de se lancer dans cette voie. Mais à n'en pas douter, les paroles de ser Kealan était simplement destinées à plaisanter.

« Je vous souhaite de trouver une épouse qui vous apprécie pour autre chose que vos simples talents aux armes, ser Kealan ! »

Nul doute que le jeune Bieffois comprendrait où il voulait en venir. Si de prime abord, le chevalier avait semblé très éveillé aux yeux de Bryce, son opinion s'était légèrement dégradée suite à l'épisode des Fer-nés. Elle remontait doucement, mais le moindre mot qui ne conviendrait pas au Vyrwel suffirait à le faire revenir sur son idée précédente. Dans le fond, c'était certainement pour cette raison que bon nombre de personnes ne souhaitaient pas s'embarrasser avec lui. Il était si versatile – du moins d'après ce que ses interlocuteurs croyaient – qu'il était presque plus difficile de se faire apprécier de lui, que d'un Fer-né. Oh, le seigneur de Noirvallon ne s'estimait pas suffisamment intéressant pour que tout le monde prenne la peine de s'adonner à ce genre de discussion très productive, mais il considérait que c'était le meilleur moyen pour différencier les gens qui valaient la peine que l'on s'y attarde, de la masse insipide.

La discussion glissa à nouveau vers le sujet des Targaryen, ser Kealan déclara que la possibilité que la famille royale s'éloigne des autres, puisse leur jouer des tours. C'était exactement ce que Bryce pensait. À force de creuser un fossé entre eux et les maisons nobles de Westeros, la maison au Dragon prenait le risque de ne plus pouvoir le combler et de finir par être trop éloignée des autres pour les entendre préparer leur plan d'attaque. Les mariages entre frère et sœur incluaient forcément des problèmes. Déjà entre cousin et cousine, il n'était pas rare de voir certaines tares émerger, signe évident que la famille ne devait pas se centrer uniquement sur elle. Si les choses étaient si simples, pourquoi le Vyrwel s’ennuierait-il à trouver des épouses dans d'autres maisons au risque de ne pas réussir à les pousser vers les Feunoyr ? Il fallait trouver des alliés pour permettre à sa maison de perdurer et les Targaryen s'isolaient en coupant de plus en plus les ponts avec les autres nobles. Mais ce n'était pas la Vouivre qui allait s'en plaindre cela dit.

« Le simple fait de marier deux personnes de la même famille suffit à présager de mauvaises choses. J'ai déjà observé des tares chez des enfants nés de l'union d'un cousin et d'une cousine. Imaginez alors ce qu'un frère et une sœur peuvent donner comme problèmes. Le sang se souille toujours davantage et au final, seule la folie subsiste. Ne disait-on pas des Targaryen qu'ils étaient soient des génies, soit des fous ?
Et comme vous le soulignez, le manque de logique de ce choix est à souligner. À force de se marier entre membre d'une même famille, l'on finit par ne plus avoir le moindre soutien extérieur. Ce serait comme si je décidais que mes enfants allaient tous épouser des individus issus de la même maison. Il n'y a aucune réflexion politique dans cette décision, juste celle de conserver leurs particularités physiques. Il soupira légèrement, secouant la tête avant de tourner son regard vers Lancel qui se contenta d'acquiescer.
C'est pourquoi je soulignais les Velaryon, ils possèdent les mêmes atouts physiques que les Targaryen et c'est pour cette raison qu'ils font en sorte que les Rois les épousent. Vous verrez rarement, si ce n'est jamais, le Roi en place ou même son héritier, épouser une personne issue d'une autre maison de Westeros. À quoi bon conserver un physique si l'esprit ne suit plus ? Ce serait comme de chercher à bien habiller une personne défigurée par la vérole. »

Des mots rudes, mais que Bryce considérait comme véridiques. Étant donné que ser Kealan avait parlé d'animaux en voulant exprimer ses pensées, la Vouivre considérait que de telles paroles n'allaient certainement pas trop le troubler. Le Bieffois posa alors une dernière question qui pouvait éventuellement gêner. Mais ce ne fut pas le cas. Bryce y avait déjà songé, notamment lors de la défaite à Herberouge, il avait eu longtemps pour disséquer chaque donnée en sa possession alors que ses blessures se guérissaient doucement. Comment agirait-il ? Certains penseraient que sa haine pour les Targaryen prendrait le dessus et ils n'auraient pas réellement tort. Mais c'était une autre raison qui le ferait prendre cette décision. Après un bref instant de silence, il répondit avec franchise.

« Ma dévotion va avant tout à Westeros et à l'avenir de nos terres. Si demain les Feunoyr venaient à disparaître totalement et à être remplacés par une nouvelle famille, je me pencherai sérieusement sur leur passé. Ce qui me tient à cœur est bel et bien le fait de voir un Roi digne de ce nom à la tête de notre territoire, pas un pseudo dirigeant juste bon à lire toute la journée. Pas de haine dans ses mots, simplement une certaine lassitude comme si la situation le fatiguait au plus haut point.
Les Targaryen n'auront jamais mon appui, mais ce n'est pas mon désir de voir un Feunoyr sur le trône qui parle. C'est tout simplement l'envie légitime de voir Westeros dirigée par une personne compétente, capable de comprendre les doléances de son peuple et non de lui tourner le dos. Son regard se glissa jusqu'au visage de son vis-à-vis alors qu'il reprenait une dernière fois.
Et vous ser Kealan ? Vous ne semblez pas avoir d'idée arrêtée sur la question, votre fidélité va-t-elle au Dragon ou au royaume ou vous vivez ? »

Question désintéressée ? Peut-être pas tant que cela, qui vivra verra.


               
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Message Lun 8 Avr 2013 - 9:58

Kealan fut particulièrement intéressé par la réponse de lord Bryce concernant l'éventuelle émergence d'une nouvelle famille rebelle. Ce fut sans surprise qu'il l'entendit dire qu'il ne soutiendrait jamais les Targaryen. Son hôte plaida toutefois en la faveur de son désir de voir Westeros dirigée par quelqu'un de compétent et d'attentif à son peuple. Cela, il pouvait tout à fait le comprendre, et c'est une opinion qui paraissait tout à fait censée. Mais qu'en serait-il si les Sept Couronnes venaient à être menacées dans leur ensemble, comme elles l'avaient jadis été par les mêmes ancêtres des actuels Targaryen, venus de Valyria avec leurs redoutables dragons ? Certes, cela semblait peu probable dans le contexte actuel. Aucune menace extérieure ne semblait se profiler à l'horizon. Mais dans ce cas hypothétique, ne faudrait-il pas justement suivre les souverains dans la défense de Westeros, pour le bien du royaume ? Peut-être le seigneur de Noirvallon n'aurait-il jamais à se poser ce genre de questions. Toutefois, le chevalier avait souvent ce genre de cas de figure qui se présentaient à lui et qu'il envisageait. C'était sans doute ce qui lui permettait, en partie, de prendre des décisions mûrement soupesées. La vouivre termina sa tirade en lui renvoyant la politesse, lui demandant quelle était son allégeance. Le jeune homme allait sans doute quelque peu marcher sur des œufs, et il lui faudrait sans doute doser convenablement la vérité pour ne pas froisser son interlocuteur.

« Ma fidélité va avant tout à Vieux Rouvre et à ma famille, mon seigneur. Avant les grandes préoccupations de ce monde, je cherche à aider les miens par mes actes. Je me soucie d'abord du bien-être de notre domaine familial avant de rechercher celui d'endroits plus lointains. Toutefois, je pense qu'il est sensé de placer sa fidélité avant tout dans le royaume. Je ne suis que chevalier et non lord, les décisions ne m'appartiennent pas, mais je n'apporterai jamais mon soutien à un souverain faisant sciemment du mal à son royaume et à son peuple. Je peux vous assurer que jamais je ne me lèverai pour protéger un roi qui brûlerait ses terres et ses gens, ou qui tuerait à tour de bras sur des suppositions de trahison ou toute autre fausse raison. Lorsque la trahison est avérée et indiscutable, c'est une chose. Lorsque l'on en vient à tuer simplement parce que cela nous arrange, c'en est une autre. Si un jour un Targaryen au pouvoir devient réellement fou, que ce soit par la faute de forces supérieures ou simplement du fait de leurs unions incestueuses, j'espère que les maisons nobles de Westeros ne resteront pas de dociles moutons. Se soulever, trahir aux yeux de la couronne, sera peut-être alors une question de bon sens et de loyauté envers tout le royaume.

Encore une fois, Kealan spéculait. Mais le risque de se retrouver avec un souverain dément semblait réel. Un jour, il y aurait peut-être un roi qui devrait porter de fardeau de générations d'unions incestueuses. Certains fous étaient inoffensifs. D'autres, beaucoup moins. Il y avait fort à parier qu'un dément avec autant de pouvoir qu'un roi pourrait faire de gros dégâts. Il ne manquerait plus alors qu'il parvienne à faire éclore un dragon pour sceller leur destin à tous.
Le chevalier avait évité de révéler qu'il chercherait toujours à prendre le meilleur parti, et à éviter celui des perdants. Une attitude qui ne plaisait sans doute pas à tout le monde, et que lord Bryce n'appuierait peut-être pas. Lui-même n'avait pas hésité à souffrir pour ses convictions concernant le Dragon Noir. C'était un comportement que le jeune homme respectait, mais qu'il trouvait quelque peu inutile. Prendre le parti de quelqu'un qui voyait sa cause perdue d'avance, voilà qui allait totalement contre le bon sens primaire de Kealan. Sans doute cela était-il dû à ses convictions et à son désir de faire passer avant tout ses intérêts et ceux du fief de sa famille. Mieux valait garder cette donnée secrète, cela permettait de flirter avec les deux camps.


- Je ne vous cache pas que nous avons longuement attendu une intervention de la Couronne lorsque les Fer-nés harcelaient nos côtes. A mon sens, un roi est censé défendre son royaume, mais nous avons attendu en vain. Notre peuple est las, mon seigneur. Ma famille l'est tout autant. Nous ne baisserons jamais les bras, mais l'épidémie du Fléau, la sécheresse puis les pillages... Cela fait beaucoup pour tout le monde. Le fait que les pillards aient tourné leur attention plus au Nord nous a au moins permis de lécher nos plaies et de profiter du répit pour nous remettre sur pied. La situation est peut-être moins catastrophique qu'à d'autres endroits, mon seigneur de neveu s'étant montré avisé et prévoyant... Mais nous sommes loin de l'opulence habituelle. Par mesure de précaution, des patrouilles surveillent encore les côtes, au cas où des boutres reviendraient faire un tour à Vieux Rouvre. Nous avons longtemps espéré une réaction du roi ou de la Main, mais rien n'est venu. Peut-être réagiront-ils maintenant, mais j'ai la conviction que si la Couronne avait agi plus tôt, elle aurait pu éviter bien des pillages et des malheurs aux régions côtières. Pas seulement au Bief mais aussi à l'Ouest et même au Nord.

Il y avait une amertume réelle dans ces paroles. Le chevalier disait la vérité lorsqu'il parlait de l'attente d'aide qui avait été la leur. Ils avaient dû se débrouiller seuls, comme leurs voisins. Cela leur avait coûté des vies, des ressources précieuses... Le peuple avait aussi, à un certain moment, perdu un peu de sa confiance envers ses seigneurs, à cause de cette avalanche de malheurs. Il avait fallu leur redonner la foi, ce qui n'avait pas été sans déploiement de force pour les protéger des nouveaux pillages, et surtout de mesures pour les aider une fois que les Fer-nés s'étaient désintéressés d'eux. Vieux Rouvre était un fief riche, mais il ne fallait pas pour autant jeter l'argent à tout va. Cela leur servirait peut-être à l'avenir, selon ce qui se produirait.
Kealan avait également volontairement menti sur le chapitre des mérites de son neveu qui s'était montré si avisé et prévoyant. Comme pour presque tout, lord Adam s'était laissé guider jusqu'à une solution et s'était contenté d'entériner ce qui lui avait été proposé de faire. Proposition que le chevalier lui-même avait avancée, avec l'appui du mestre de Vieux Rouvre. Mais mieux valait se faire passer pour un homme docile et dévoué à son seigneur, sans en être un bête chien, que pour le réel preneur de décisions qu'il était. L'approche des autres seigneurs était plus évidente lorsqu'on le sous-estimait, et on pouvait ainsi lui glisser des informations qu'il n'aurait pas eues si son statut de fait était connu.


- Je ne saurai vous dire si j'ai réellement perdu toute foi en notre souverain. Il a encore prouvé, ou du moins, sa Main, qu'il était capable d'opérations de force pour écraser une menace. J'attends maintenant de voir s'il se décidera finalement à nous protéger. Et de manière efficace, pas en jetant une armée dans un combat perdu d'avance. »

Kealan restait circonspect vis à vis de l'hypothèse d'une intervention maritime contre les rebelles Fer-nés. Si la chose se concrétisait, il craignait les menaces cachées d'une mer que les pillards connaissaient parfaitement et ne craignaient pas. Une armée continentale pourrait aussi bien réussir à accoster sur les îles, en partant du principe que les boutres ne les auraient pas trop malmenées avant, que de s'échouer sur les récifs et autres bancs de sable. Rien de plus facile que de perdre des hommes dans un naufrage. Il restait très attentif, tendant l'oreille à la moindre rumeur qui aurait une chance de se concrétiser dans ce sens. S'il espérait qu'une intervention se fasse et retire pour de bon le danger Fer-né des côtes continentales, il n'était toutefois pas certains qu'il encouragerait vivement son neveu à envoyer des troupes si la chose lui paraissait trop risquée...




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Message Lun 8 Avr 2013 - 18:41

La réponse de ser Kealan au sujet de sa fidélité, fut assez distillée. Il n'annonça pas clairement avoir l'intention de se lever contre la royauté en place, mais ne déclarait pas davantage envisager de pouvoir prêter allégeance à un Roi qui ne serait pas digne de son titre. Est-ce que le jeune homme était un chevalier digne des contes et légendes ? Ceux qui se drapaient dans leur vertu en refusant de trahir leurs vœux ? Difficile à dire, quelque chose lui disait que ce n'était certainement pas le cas : les gens trop honnêtes étaient toujours un peu benêts sur les bords. Du moins, Bryce n'avait encore jamais croisé la route d'un chevalier parfaitement fidèle à ses vœux, prêt à donner sa vie pour la veuve et l'orphelin, qui soit en pleine possession de ses facultés intellectuelles. Lui-même était loin d'être un bon chevalier, il n'hésitait pas à débarrasser ses terres de la racaille Dornienne qui osait s'y présenter, tout comme il ne se gênait pas pour malmener les habitants de son fief pour servir ses intérêts. Le simple fait qu'il n'avait pas hésité à se débarrasser de l'un de ses frères et de son second fils, suffisait à montrer qu'il n'avait rien d'un véritable chevalier. Ser Kealan avait l'air un peu trop éveillé pour quelqu'un qui soit parfaitement honnête, il devait certainement avoir ses petits secrets lui aussi, ce qui laissait penser qu'il ne se mouillerait pas trop quant à sa réponse au sujet de sa fidélité.
Après un bref instant de silence qui suivit la déclaration du chevalier de la maison du Rouvre, Bryce reprit la parole d'un ton toujours aussi calme. Les tensions précédemment ressenties lorsqu'ils avaient abordé le sujet des Fer-nés, semblaient totalement envolées. Envolées, mais pas oubliées.

« Une position bien sage et bien prudente. Il est vrai que votre position ne doit pas vous permettre de pouvoir parler aussi librement que je le fais. Même si je doute que votre neveu pourrait vous en vouloir si vous veniez à exprimer publiquement vos pensées. Il glissa son regard vers ser Kealan, une expression neutre collée au visage.
Vous êtes le conseiller de votre seigneur si je ne m'abuse ? Vous devez certainement avoir déjà abordé ce sujet, j'en suis convaincu. Une affaire aussi importante ne peut pas être occultée, moi-même j'en parle souvent avec Lancel. Celui-ci hocha la tête tout en restant silencieux, contemplant leur invité d'un air tranquille, un léger sourire flottant sur ses lèvres.
Ainsi donc, vous seriez prêt à vous lever si un jour la démence venait à remplacer la passivité ? Mais seriez-vous prêt à vous allier aux autres opposants, ou préférez-vous faire votre propre clan ? Le ton était neutre, Bryce arbora un léger sourire comme s'il venait de penser à quelque chose, puis précisa un point assez important.
Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas vous pousser dans les bras du Dragon Noir, je suis capable de converser à ce propos sans chercher à prendre les indécis dans mes filets.

Il disait la vérité, son but n'était pas de recruter ser Kealan. Pas pour le moment. Bryce était un homme prudent qui ne cherchait pas à se lancer sans connaître un minimum la personne qui se tenait face à lui. Si le jeune homme se révélait être intéressant à la fin de leur entrevue, peut-être que la Vouivre chercherait à se renseigner à son sujet pour réunir des informations utilisables dans une future discussion. Mais ce n'était pas encore d'actualité, la patience était une arme que le Vyrwel utilisait fréquemment.

Le du Rouvre reprit alors la parole afin de confesser le fait que sa maison avait longuement patienté avant que l'intervention de la Couronne ne se fasse. Et encore, elle n'était pas vraiment lancée, peu de seigneurs avaient convoqué le bann et nombreux étaient ceux qui ne bougeraient pas. Comme Bryce par exemple. Servir la Couronne ? Jamais ! Même pour aider ses voisins, ces derniers ne se souciaient de toute manière pas de lui depuis qu'il avait subi les pertes liées à Murs-Blancs. Même si tout le monde ignorait ce qui s'était passé, les rumeurs allaient bon train. L'amertume était palpable dans les dires du chevalier, chose que Bryce comprenait aisément : il en avait encore beaucoup à l'égard des Dorniens. Et encore, ce n'était plus de l'amertume, c'était de la haine. Secouant légèrement la tête, la Vouivre répondit suite aux dernières paroles de son interlocuteur.

« Le Roi ne dirige pas. C'est sa Main et elle nous a prouvé que son attention est occupée par autre chose que les souffrances des Bieffois et des habitants des côtes. Comprenez bien que lorsque vous n'êtes pas personnellement concerné par un malheur, vous avez tendance à vous en désintéresser. Mais ce n'est pas envisageable lorsque vous êtes le Roi. Il laissa un soupir passer la barrière de ses lèvres momentanément closes, avant d'enchaîner de plus bel.
Loin de moi l'idée de profiter de ce manque de sérieux de notre Roi pour le dénigrer, mais ce n'est pas la première fois qu'une telle chose arrive. Les Nordiens doivent en permanence se battre contre les sauvageons, nous nous avons dû lutter contre les Dorniens je ne sais combien de temps, à présent vous avez été confrontés aux Fer-nés.... Je présume qu'une fois la paix revenue, nous allons avoir droit à autre chose qui prouvera une fois de plus l'incompétence du pouvoir en place. Il était aisé de critiquer lorsque l'on avait simplement à rester assit pour observer les ennuis sans se fatiguer à régler les problèmes. Mais contrairement au Roi, Bryce n'avait pas de nobles influents sous sa protection, simplement des roturiers dont tout le monde se moquait.
Je n'ai peut-être pas eu à essuyer les raids des Fer-nés, mais je comprends parfaitement votre lassitude. Ma maison a été personnellement impliquée dans les rixes avec les Dorniens et dans un sens, c'est la même chose. Je comprends tout à fait ce que vous éprouvez et j'ose espérer que la riposte de la Couronne contre les pillards sera suffisante. Il secoua doucement la tête avant de promener son regard sur les quelques personnes présentes là.
Cependant, nous savons tous deux que les Fer-nés sont réputés comme insoumis, rien ne nous prouve qu'ils tiendront leur parole après la guerre. Remerciez la flotte des Redwyne et la Flotte du Lion, sans elles les raids de ces pillards auraient persisté. Ils ne comprennent que la manière forte, mais ce n'est pas en les repoussant éternellement que vous les découragerez malheureusement.

Une vision bien pessimiste de la situation, mais après tout, les Fer-nés se considéraient comme des hommes libres, ils étaient donc parfaitement capables de pouvoir effectuer quelques raids discrets rien que pour tester la ténacité de la Couronne. Peut-être que c'était la meilleure solution pour pousser les Bieffois à la révolte contre les Targaryen ? Si tel était le cas, Bryce voulait bien redevenir croyant pour prier les Sept de souffler un vent de folie sur les Iles de Fer.


               
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Kealan du Rouvre
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"La fin justifie les moyens."



Chevalier du Bief.

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Message Dim 14 Avr 2013 - 16:45

Kealan était connu pour être le conseiller de son seigneur de neveu, mais il prenait le soin d'apparaître comme un simple combattant apte à donner des conseils militaires. Le mestre de Vieux Rouvre endossait le rôle de sage avisé prêt à distiller des conseils de toutes sortes aux oreilles de son maître, pour les yeux de tous. A toute personne extérieure, lord Adam avait ainsi l'air d'être un jeune homme capable de mener une politique fine et de diriger son fief avec une grande sagesse. Il n'était pas idiot, mais probablement trop confiant dans ses proches et ayant un peu trop pris l'habitude d'être assisté. Il était de notoriété publique qu'un enfant qui prenait l'habitude de recevoir la becquée tout au long de son éducation et de ne rien avoir à faire par lui-même devenait un adulte assisté, ce qui n'était pas forcément une bonne chose. Cependant, les mots de lord Bryce semblaient laisser entendre qu'il soupçonnait que le chevalier soit plus qu'un simple conseiller dans le domaine militaire. Ce dernier haussa les épaules avant de répondre.

« J'ai effectivement déjà parlé avec mon neveu de ces histoires d'allégeances. De son point de vue, il est tout naturel de rester loyal aux Targaryen, et je crois que les idées séditieuses ne lui ont jamais effleuré l'esprit. J'essaie quant à moi de lui faire voir les bienfaits d'un avis moins catégorique, mais les Targaryen restent nos souverains.

Lui non plus ne voyait absolument aucune raison de ne pas rester loyal à la maison régnante, pour l'heure, ce qui expliquait que lord Adam pouvait tranquillement camper dans ses idées de loyauté. A vrai dire, Kealan ne voyait pas l'intérêt d'embrasser la cause perdue d'avance d'un quelconque rebelle, qu'il soit Feunoyr ou autre chose. Les Targaryen avaient prouvé qu'ils savaient mater une rébellion en beauté, et il n'était pas judicieux de s'attirer leur ire. Il jeta un coup d'oeil à ses hommes qui étaient à présent parfaitement calmes et maîtres d'eux-mêmes, et qui donnaient l'impression de suivre la discussion avec détachement et en silence. Ce qu'il avait pu dire jusque là ne lui attirerait nul ennui vis à vis des siens, et quand bien même il aurait eu des propos plus délicats, il savait pouvoir parler sans crainte devant eux. Chacun d'entre eux lui était loyal jusqu'à l'os, la loyauté d'un homme à son supérieur mais aussi de frères d'armes.

- Je suis tout à fait prêt à rejoindre le camp d'autres opposants, si leurs intérêts me semblent légitimes et communs à ceux de ma famille. Je pense qu'avoir des alliés est préférable à une tentative d'attirer des partisans à soi, ce qui peut se révéler hasardeux et infructueux. Et ni moi ni les miens n'ayant une quelconque vue sur le trône, de près ou de loin, je ne me vois pas fonder un clan. Soutenir un prétendant fort et prometteur me semble plus indiqué.

A condition, évidemment, que cela serve ses intérêts. Rien n'était gratuit dans ce monde, le chevalier avait fini par l'apprendre à force d'expériences douloureuses. Son hôte le rassura en lui disant ne pas vouloir lui faire embrasser la cause du Dragon Noire, crainte qu'il n'avait pas vraiment eue. Il voulait surtout éviter de s'aventurer en terrain glissant et de froisser le seigneur de Noirvallon. Il était homme assez avisé pour savoir les bienfaits de cultiver des relations cordiales ou neutres avec les hommes de pouvoir, et d'éviter de s'en faire des ennemis. Bien des années plus tôt, il ne se serait sans doute pas posé la question, et aurait simplement dit le fond de sa pensée, quitte à réclamer un duel pour trancher la question du désaccord. Comme il avait changé, depuis ce temps-là !
Alors que la vouivre profitait de la discussion pour émettre à nouveau des critiques à l'encontre de la maison régnante, Kealan ne put s'empêcher d'approuver certains points, la mine sombre. Il était tout à fait d'accord avec le fait que les Targaryen, en tant que souverains, auraient dû se préoccuper des problèmes de leurs sujets et ne pas s'en désintéresser parce qu'ils n'étaient pas directement concernés. Lui-même ne lèverait pas le petit doigt pour aller épauler une maison en proie à un problème qui ne le concernait pas, à moins d'y voir un intérêt de poids, mais en comparaison, il prenait soin que les habitants de Vieux Rouvre soient protégés, et s'assurait que son neveu fasse de même. A une plus grande échelle, le roi était dans la même situation vis-à-vis de tous ses sujets que lord Allan avec ses gens. Pour que la relation soit profitable aux deux camps, il fallait que les interactions entre eux soient bonnes et fructueuses. Au fond, qu'est-ce que cela pouvait bien faire aux membres de sa famille qu'un paysan ou deux meure de faim ? Rien, si ce n'est que la chose pouvait prendre de l'ampleur, le mécontentement gronder, une révolte éclater... Sans oublier que moins il y avait de paysans pour cultiver la terre et élever les bêtes, plus tous souffriraient de la faim. Sans oublier que c'était du petit peuple que tout fief tirait ses revenus. Non, pour que tout fonctionne bien, mieux valait que le peuple soit dans de bonnes dispositions et bien traité. La preuve en était que Vieux Rouvre avait fait face à de graves problèmes qui s'étaient enchaînés plus facilement que d'autres fiefs.
En réponse aux dernières paroles de lord Bryce, le chevalier lui fit part d'une réflexion sincère. Il était conscient, lui aussi, que les Fer-nés pourraient ne pas respecter le retour à la paix si cela leur chantait. Mais très sincèrement, que pouvaient-ils faire pour remédier à cela ?


- Malheureusement, que pouvons-nous faire d'autre qu'affronter les Fer-nés ? Aucun seigneur digne de ce nom ne laissera ses terres se faire ravager sans réagir. Nous ne pouvons qu'espérer qu'une défaite militaire d'ampleur finira par les lasser. Ce qui serait le plus efficace, sans doute, serait de les écraser, de leur infliger une telle défaite qu'ils en gardent le souvenir pour longtemps et les dissuadent de recommencer. Mais la Couronne en a-t-elle seulement la force ? Tout dépendra du plan choisi et de la mobilisation des seigneurs des différentes régions... Dire que si les dragons existaient encore, la question aurait sans doute été réglée rapidement... »




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Bryce Vyrwel
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Message Lun 15 Avr 2013 - 19:03

Il était dommage que l'esprit du seigneur de Vieux Rouvre soit aussi... Étriqué ? Oui, tel était le mot qui venait à l'esprit de Bryce lorsqu'il entendait son interlocuteur parler de son neveu. La Vouivre n'avait que peu d'estime pour les gens qui n'étaient pas capables de s'écarter des sentiers battus. Contrairement à ce que beaucoup de monde pensait, le seigneur de Noirvallon n'était pas homme à mépriser les individus qui n'étaient pas fidèles aux Feunoyr, même si bien évidemment, il ne se lierait jamais d'amitié avec quelqu'un qui ne partageait pas les mêmes convictions que lui. Disons simplement que Bryce avait pour habitude de juger de la qualité d'un homme en se basant sur la force de ses idéaux. Ainsi donc, le plus fidèle vassal des Targaryen pourrait parfaitement avoir son respect si ses décisions étaient basées sur des faits probants. Ce qui l'irritait au plus haut point était vraiment la tendance de certains à refuser de s'éloigner de ce qu'ils connaissaient, par contre généralement, mais surtout par manque d'ambition. La manière dont ser Kealan parlait de son neveu en disant qu'il n'avait même jamais eu l'idée de se rebeller, prouvait bien qu'il se contentait de ce qu'il connaissait. Des œillères qui l'aveuglaient pour le protéger, en quelques sortes. Ainsi donc, le seigneur de Vieux Rouvre était un mouton qui suivait la masse sans se poser de questions ? Il ne restait qu'à espérer pour cette maison, que le jour où la famille royale perdrait ses privilèges – et cela arriverait forcément – ce soit ser Kealan qui devienne le seigneur et non son neveu ou sa descendance. Au moins ce Bieffois semblait capable de sortir des ornières pour tenter d'offrir le meilleur à sa famille.

« Oh, je connais beaucoup de personnes comme lui. Nombreux sont les seigneurs de notre région et même au-delà, qui ne sortent pas de leurs habitudes. La peur du changement ou tout simplement le manque d'ambition dans certains cas, je ne jetterai la pierre à personne. Tout le monde n'est malheureusement pas aussi friand de chamboulements que je le suis moi-même. »

Il n'insultait aucunement le neveu de ser Kealan, mais se contentait d'exprimer ses pensées. Bryce aimait les secrets, mais uniquement lorsqu'il avait quelque chose à gagner en les gardant pour lui seul. En l'occurrence, faire savoir à son interlocuteur qu'il voyait son neveu comme un homme sans grande envergure ne changerait pas grand-chose à sa position. Au pire des cas, le du Rouvre allait lui en vouloir et garderait une rancune à son égard, mais le Vyrwel pensait que son vis-à-vis était suffisamment intelligent pour comprendre qu'il ne fallait pas se vexer à la première remarque déplacée. Surtout face à un homme aussi « taquin » que Bryce.

Les hommes de son invité s'étaient apparemment calmés, signe qu'ils n'étaient pas mieux que ces Dorniens : aussi impulsifs et prompts à s'emporter, tout le contraire de leur compagnon au sang bleu apparemment ! Ce dernier attira à nouveau l'attention de Bryce à lui, expliquant qu'il n'hésiterait pas à rejoindre un camp déjà formé si un jour ses intérêts se trouvaient être comparables aux leurs. C'était une bonne chose. Une preuve que ser Kealan n'avait pas peur du changement, mais surtout, qu'il pouvait être capable de prendre les choses en main lorsque le besoin se faisait sentir. C'était une bonne chose. La Vouivre avait débuté la discussion sur une idée neutre au sujet de son invité, elle avait évoluée en sentiment de désintérêt et au final, s'axait sur une meilleure note. Quelques sujets avaient été mouvementés avec ser Kealan, mais une fois ces discussions épuisées, sa compagnie devenait plus agréable aux yeux du Vyrwel. Une bonne chose. Peut-être le convierait-il à revenir séjourner à Noirvallon s'il venait à repasser dans le coin à l'avenir ?

« Voilà ne bonne réflexion. Selon moi du moins. Nombreux sont ceux à désirer le pouvoir et à s'imposer comme un nouveau prétendant au trône, mais malheureusement, bien peu en ont l'étoffe. Je suis fort aise de constater que ce n'est pas votre cas, même si votre position vis-à-vis de votre neveu me le laissai déjà comprendre. »

Combien de fois avait-il entendu parler de second fils – voire même plus éloigné – qui désiraient devenir le seigneur de leur maison et n'hésitaient pas à faire tout leur possible pour y parvenir ? Trop de fois pour les dénombrer et ces personnes n'intéressaient pas Bryce. Excepté si l'individu en place était un capable comme le Roi actuellement installé sur le trône, ou plutôt présent dans sa bibliothèque. Mais au fond, Bryce ne connaissait guère ser Kealan, celui-ci pouvait aussi bien être assoiffé de pouvoir et attendre le bon moment pour se débarrasser de son neveu, par conséquent la Vouivre ne présageait de rien. L'âme humaine était capable de dissimuler bien des choses, un homme comme lui était mieux placé que n'importe qui pour le savoir.

Revenant une fois de plus sur les Dragons, ser Kealan expliqua qu'il n'y avait malheureusement pas de nombreuses possibilités qui s'offraient à eux à présent : combattre les Fer-nés ou se laisser piller indéfiniment. Lorsque le Bieffois émit l'hypothèse que les pillards puissent se lasser de subir trop de défaites, Bryce se montra peu convaincu. Comment lasser un peuple qui ne vivait que pour se battre ? Les défaites n'étaient qu'une raison de plus pour persister, il en était la preuve. Les Feunoyr échouaient depuis toujours et pourtant, il n'avait jamais baissé les bras. Secouant légèrement la tête, il répondit d'un ton calme.

« Je ne pense pas que la lassitude fasse partie de ce que les Fer-nés connaissent comme sentiment. Une victoire écrasante pourrait être une possibilité, mais à moins de supprimer ce peuple jusqu'au dernier nouveau-né, je ne pense pas que ce soit une solution durable. Le mieux serait certainement de prendre des otages politique pour leur faire comprendre qu'en attaquant Westeros, ils tueront les leurs. Si je me rappelle leurs coutumes, seuls ceux qui meurent au combat sont acceptés par leur Dieu. Ils sont plus croyants qu'un septon, autant jouer sur ce plan. L'homme haussa légèrement les épaules comme si l'idée était logique à ses yeux.
Vous me traiterez peut-être de pessimiste, mais je crois que si les Dragons existaient encore, ils n'auraient pas été utilisés pour « si peu », les Targaryen n'aiment pas se déranger pour de simples batailles. »

Le ton était ironique, il se doutait bien que ce n'était pas « une simple bataille » pour ser Kealan, mais c'était justement pou cette raison qu'il employait ce mot. Ce fut à ce moment que la porte de la salle ne s'ouvrit et laissa apparaître Godrik qui salua leurs invités avant d'adresser un signe à son aîné. Celui-ci hocha la tête avant de se tourner vers le chevalier du Rouvre.

« Veuillez m'excuser, mes affaires m'appellent. Je vous souhaite de passer un bon séjour sous notre toit, Lancel va veiller à ce que vous ne manquiez de rien. Faites mes amitiés aux vôtres lorsque vous serez à nouveau chez vous. »

Adressant un salut à toutes les personnes présentes ici – chevaliers impulsifs compris – Bryce se retira tandis que le taciturne Lancel veillait à ce que leurs invités ne manquent de rien. Bien évidemment, il se contenta de dire le strict minimum, bien trop habitué à observer pour prendre part aux discussions en cours. De plus, il avait bien remarqué que ser Kealan ne semblait pas le porter dans son cœur : un sentiment qu'il inspirait souvent, au moins ferait-il un bon Vyrwel, détesté à peine après avoir prononcé trois mots. C'était un don naturel.

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Message Dim 21 Avr 2013 - 17:42

Kealan se doutait qu'il ne présentait pas son neveu sous le meilleur jour à un homme tel que le seigneur de Noirvallon, lorsqu'il disait qu'il n'avait jamais pensé à se rebeller. Pourtant, c'était bien la vérité. Lord Adam était un paisible et loyal mouton envers la Couronne. Le chevalier savait toutefois que s'il lui faisait miroiter de bonnes raisons, il parviendrait sans difficulté à le convaincre de ne pas agir et de rester neutre en cas de conflit, le temps de tâter le terrain et de savoir quel camp serait le plus approprié. Mais le seigneur de Vieux Rouvre n'était pas non plus comme certains lords gras et bouffis qui ne bougeaient pas le petit doigt, se contentant d'attendre paisiblement que les choses se passent et qu'un ordre leur vienne pour y obéir. Il restait un jeune homme avide d'action, et il avait été le premier à parler de protéger ses côtes face aux pillages des Fer-nés. Son oncle avait simplement dû lui remettre les yeux en face des trous, avec l'aide du mestre, pour lui faire revoir ses ambitions à la baisse, et en venir à des projets plus réalistes. Il aurait été prêt à prendre lui-même la tête de ses hommes pour protéger toutes les côtes de son vaste fief... Quoi de mieux pour se faire tuer ? Son bambin de fils serait alors devenu lord, et il y aurait eu régence... Situation délicate où le chevalier aurait dû supprimer l'épouse et les enfants de son neveu s'il avait voulu régner. Les choses étaient mieux comme cela, pour le moment. Regardant son interlocuteur, il haussa les épaules.

« Que voulez-vous, il espère que sa loyauté sera récompensée à sa juste valeur. Si un jour la situation changeait suffisamment, je ne doute cependant pas qu'il réagirait en conséquence. J'y veillerais. Vieux Rouvre ne doit pas souffrir de décisions de fous, quels qu'ils soient.

Aussi bien son seigneur que le roi en personne. Lord Adam n'était pas fou, bien entendu... Mais soit. Pour le coup, on ne pouvait pas dire que Kealan était friand de chamboulements au sens où lord Bryce l'entendait. Une attitude trop aventureuse pouvait mettre par terre des années de dur labeur, comme un coup de vent souffle un château de cartes. Et il y avait toujours un contrecoup aux actes de chacun, le chevalier l'avait appris. Que cela soit le destin, les hommes ou les Sept, quelqu'un se chargerait, en temps ou en heure, de faire payer ses actes à n'importe qui. En bien ou en mal... Il restait intimement persuadé que la mort de son épouse en couches avec son fils était la punition pour le meurtre de son frère, bien qu'il n'en aie jamais parlé à personne.
Concernant les hommes prompts à se présenter comme des prétendants au trône, il avait peu ou prou le même avis que son hôte. N'importe qui ne pouvait pas s'improviser roi : il fallait de solides raisons, des revendications sensées et si possible, justes, et une personnalité qui promettait des jours prospères à tous. A ces mots, Kealan émit un grognement.


- Dans le cas de ces prétendants improvisés, je crois qu'il faut toujours être prudent. Comme vous le dites, bien peu sont capables de tenir la place, et il serait bien dommage et trop peu bénéfique de renverser le pouvoir en place pour installer un homme encore pire que le précédent sur le trône. Ce serait également la porte ouverte à une guerre civile, si tout un chacun avait soudain l'envie de régler ce cas de figure en devenant roi à son tour...

Comme quoi, même une rébellion devait être l'oeuvre d'hommes sensés, et non de fous. Ce ne serait sûrement pas la vouivre qui dirait le contraire. La discussion s'axa à nouveau sur le chapitre des Fer-nés. Puisqu'il s'agissait là d'un des principaux tourments du royaume à l'heure actuelle, quoi de plus normal ? Cependant, on revenait à cette épine douloureuse dans le pied de tous les fiefs de la côte ouest comme on revenait sans cesse titiller une désagréable blessure. Mais comment mieux que cela évacuer sa frustration ?
Lorsque le seigneur de Noirvallon dit ne pas être convaincu que les pillards des Iles de Fer se laisseraient gagner par la lassitude, le chevalier ne put lui donner qu'un léger signe d'assentiment. Bien qu'en toute légitimité, il l'espérait, il doutait aussi sincèrement que cela serve à quoi que ce soit. Combien de fiefs avaient combattu pour se défendre, lorsque les soldats se trouvaient au bon endroit au bon moment, sans que cela empêche les raids de continuer ? Il n'osait même pas en tenter le compte, ni même se renseigner pour s'en faire une idée. Les informations qui leur provenaient des autres régions suffisaient à lui dire que les Fer-nés étaient partis pour ne pas s'arrêter. L'idée des otages que lord Bryce avança n'était absolument pas mauvaise ni dénuée de sens. Mais il faudrait déjà prendre grand soin de bien les placer, et pas chez n'importe qui. Combien de seigneurs trop impulsifs se feraient une joie de maltraiter ces otages, voire carrément de les passer au fil de l'épée, ruinant ainsi tout effet bénéfique d'une telle situation ? Lui-même, quelques années auparavant, n'aurait sans doute pas agi différemment s'il avait eu à subir ces raids et qu'un otage s'était trouvé à portée d'épée. Qui sait, si jamais la Couronne se décidait à agir, peut-être en arriverait-on à cette prise d'otages qui pourrait se révéler efficacement dissuasive ? D'autant plus, sans doute, en allant piocher dans la famille de la seiche et de ses plus importants vassaux... Kealan connaissait certaines des familles des îles qui lui avaient envoyé leurs pillards, pour avoir à l'occasion aperçu un ou deux blasons qu'il avait reconnu. Mais mieux valait leur faire payer à tous, car il aurait été grandement étonné que des maisons se soient abstenues de participer à la curée générale.

- Espérons dans ce cas que la Couronne s'intéressera réellement et pour de bon à ce problème, et qu'elle sera capable de porter un grand coup. Peut-être y aura-t-il des otages comme vous le suggérez... Otages à ne pas mettre entre toutes les mains, sans doute. Et si personne ne fait rien, ma foi... je ne sais pas de quoi seront faits les prochains temps.

Avec l'hiver qui ferait place, tôt ou tard, à l'automne qui s'était installé... si les choses n'allaient pas mieux d'ici là, on mourrait de faim un peu partout dans Westeros, si ce n'était pas d'autre chose. Le chevalier chassa ces noires pensées de son esprit alors qu'un homme entrait dans la salle et les saluait. Il fit un signe à leur hôte, qui prit congé pour les laisser aux bons soins de son héritier. Une bonne nuit de sommeil les attendrait sans doute, avant qu'ils ne reprennent la route le lendemain. Le chemin serait encore long jusqu'à Vieux Rouvre !

- Je n'y manquerai pas, messire. Merci encore à vous pour votre hospitalité. »

Finalement, les choses ne s'étaient pas si mal passées que cela, non ? Alors que la vouivre se retirait, son fils les prit en charge. Plus tard, alors que Kealan était installé dans la chambre qu'on lui avait attribuée, étendu sur le lit à contempler le plafond plongé dans les ténèbres, il ressassa longuement tout ce qu'il avait appris au cours de cette soirée. Sans doute devrait-il garder des contacts avec le roublard seigneur de Noirvallon, et dans la mesure du possible, des contacts cordiaux. Après tout, lord Bryce n'était peut-être pas si désagréable que beaucoup le disaient, du moins si l'on savait jouer à son jeu, et qu'on n'était pas son ennemi... En dépit du fait que la plupart évitaient désormais cet endroit, dans la crainte de l'ire des dragons, lui-même voyait une belle occasion de ne se fermer aucune porte. Juste au cas où...




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