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Un autre matin sur Winterfell

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Message Mar 5 Juil 2011 - 13:32

Les yeux encore embrumés, le Lord de Winterfell pose un pied au sol au sortir de sa couche. Le gauche, manifestement... L'homme n'est pas d'une humeur radieuse, c'est un fait. Quelques secondes de flottement encore, durant lesquelles il soupire en balayant sa chambre du regard, les yeux mi-clos. Un long bâillement qu'il ne se donne pas la peine de couvrir de sa main. Pourquoi faire, alors qu'il est si désespérément seul en cet instant ? Personne ne s'en froissera donc, et ça lui convient parfaitement. Beron se lève sans précipitation, s'étirant à s'en faire craquer les jointures, y mêlant quelques bruits gutturaux typiques.

Sa main droite va au contact de sa nuque qu'il masse avec fermeté, la pensée soudaine qu'il se devrait de changer d'oreiller repartant aussi vite qu'elle est venue. Lord Beron Stark n'est pas ce que l'on peut appeler un douillet, aussi ce genre de pensée se trouve chassée assez rapidement. Au pire réclamera-t-il à un quelconque serviteur qu'on rembourre son coussin de quelques plumes s'il y pense, ce qui est fort peu probable au final. Il se vêt après s'être aspergé le visage d'un peu d'eau fraîche, lui permettant donc de ne plus trop traîner les pieds ensuite. Ce n'est que plus tard qu'il prendra le temps de faire réellement sa toilette, pour le moment, plus que sa propreté, c'est sa faim qui le meut... Une faim de loup, forcément...

Il est encore tôt, trop tôt sans doute. Ni Cerden ni Barth ne sont levés encore. Seul Mestre Tybald s'est déjà lui aussi échappé de son sommeil que pour partager son déjeuner avec le sire de Winterfell.
    Mon Lord... Votre nuit fut-elle bonne ?
Aucune réponse. Manger, ça c'est important. Parler, on verra ça plus tard... Devant l'attitude taciturne de son seigneur, Tybald ne put que se contenter de s'asseoir et de se servir également, mangeant alors en silence. Le nez plongé dans son assiette, Beron trempait de gros morceaux de pain dans son potage épais, gras et fumant avant de se les engouffrer, y ajoutant parfois une bouchée de salaison avant de mâcher le tout brièvement pour ensuite reprendre ce procédé. Lorsqu'il termina son assiette, s'aidant d'une cuiller pour récolter les quelques lardons lui ayant échappé, il releva enfin les yeux vers le Mestre.
    Si on veut... Sans doute meilleure que ne le sera ma journée... S'asseoir et administrer... Et le tout par cette chaleur. Cette foutue chaleur... On se croirait dans le Bief !
Ainsi répondit-il à la question posée, et ce quelques minutes plus tard... Saisissant un bon morceau de viande séchée dont il en arracha de quoi s'occuper les mâchoires, son regard restait fixé sur Tybald, son visage n'affichant aucune émotion.
    Je ne pense pas que cela soit comparable, mon Seigneur. Il fait certes plus chaud que de coutume, mais le Nord reste le Nord... Mais je m'étonne de vous voir vous en plaindre...
    Baste du temps qu'il fait ! Par dessus tout je m'ennuie... De l'action ! Une bonne guerre, voilà ce qu'il manque. Des sauvageons, des fer-nés, des braaviens... peu importe ! J'en viendrais presque à pleurer l'époque où les Skaggs visaient la conquête de nos terres...
    La paix ne vaut-elle pas mieux, quitte à fleurer l'ennui ? Vous savez, il y a d'autres occupations prenantes que de guerroyer.
    Comme ?
    Une épouse, par exemple... Une présence féminine à vos côtés ne serait pas un mauvais point, mon Lord.
Ayant terminé sa viande, il se refait servir du potage tout en poussant un soupir à l'adresse de son interlocuteur. Il faisait quelques temps que ce sujet n'avait plus été remis sur le tapis.
    Combien de fois devrais-je le répéter : il n'est pas question que je prenne une femme juste pour faire plaisir à mon Mestre ! Aucune chance pour que je m'engage devant les dieux pour un caprice !
    Pourtant il le faudra bien un jour... Votre héritage-
    J'ai déjà un héritier ! En âge de gouverner qui plus est !
    Certes, votre frère pourrait vous succéder... Mais s'il arrivait cette guerre que vous réclamez, et que vous y périssiez tous deux... ?
    Je ne veux plus en entendre parler. Fin de la discussion.
    Comme il vous plaira, mon Lord... Puis-je vous suggérer une chasse, alors ? La journée sera assurément assez belle pour cela.
Un instant de réflexion. Quelques secondes qui s'écoulent. Et avant même de répondre, il se remet à manger. Tybald en fait de même, lentement, sans détourner le regard de Beron dont il attend la riposte. Il sait qu'elle va arriver, à un moment ou à un autre, lorsque la proposition aura été pleinement pesée.
    Va pour la chasse. Lorsque nous en aurons terminé de la ripaille, tu feras préparer les chiens. Que Cerden et Barth y soient conviés, naturellement. Autre chose...
    Oui... ?
    J'aurai besoin de tes corbeaux.
    Bien. À quelle destination, mon Lord ?
    Port-Real. Harrenhal. Roches-aux-Runes.
    Je vois... Une nouvelle importante à faire passer et dont je ne serais pas au courant, mon Seigneur ?
    Cesse de tes "mon Lord" à tout bout de champ. J'ignore combien de fois j'ai pu le demander, ça m'insupporte et l'on peut sincèrement s'en passer lors d'un tête-à-tête.
    Bien. Ma question est-elle trop indiscrète pour que vous n'ayez pris la peine d'y répondre ?
    La question est indiscrète, sans l'ombre d'un doute. S'il y avait quelque dont tu devais être mis au parfum, ce serait déjà fait. J'ai juste l'envie de prendre des nouvelles, voilà tout.
Tybald en fronce légèrement les sourcils. Ce n'est pas dans les habitudes de Beron, mais cette lubie fera peut-être passer sa mauvaise humeur du jour ? C'est à espérer. Le Mestre dont la chevelure courte et la barbe plus longue commençait à grisonner légèrement, mais était-ce bien étonnant lorsque l'on était le serviteur de ce genre d'homme ? Pas quelqu'un de mauvais, c'était là une chose certaine, mais son caractère n'était pas de nature à être toujours facile à vivre, comme c'était le cas au jour d'hui. Le petit homme maigre hocha de la tête aux ordres de son maître, et tous deux poursuivirent alors leur repas pour quelques minutes encore. Après quoi Tybald s'excusa, signifiant qu'il allait mettre à exécution les réclamations de son Seigneur et qu'il se mettrait à sa disposition pour l'envoi de corbeaux. Quittant l'endroit en laissant sa chaîne émettre quelques tintements, Beron se retrouva alors seul pour la fin de son repas qui avait été particulièrement copieux.

Il se permet alors l'incorrection de laisser s'échapper un rot notable, grinçant et dont le bruit seul pouvait témoigner des quantités emmagasinées. Personne à choquer, autant se laisser aller... Ce n'est pas parce que l'on garde un Royaume pour le trône de fer que l'on se doit d'être toujours irréprochable, même dans l'intimité, n'est-ce pas ? S'essuyant la bouche, il se remet à penser à la discussion qu'ils viennent d'avoir tous les deux. Un nouveau soupir, comme si cela devenait sa réponse à tout en cette matinée.
    Peuh ! Une femme... C'est ça ouais ! T'as qu'à t'en trouver une toi-même, et ensuite tu pourras causer. C'est facile de parler, de conseiller, mais qu'en il en est d'en arriver aux actes, là, bizarrement, y a plus personne. J't'en foutrai moi...
Plainte dans le vide, n'ayant d'autre oreille pour entendre que celles de serviteurs qui n'iraient pas répéter, trop peur des conséquences. En tout cas, le repas, ça, c'est fait. Il allait désormais se mettre à rédiger ses quelques missives, avant de se préparer pour la fameuse chasse qui se prépare pour cet après-midi.
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Message Sam 9 Juil 2011 - 1:54

Sans nul doute, le confort de la demeure Stark était bien meilleur que celui de toutes les bâtisses de Winterfell. Pourtant, c'était assurément dans ce lit qui lui était gracieusement offert que Barth était en proie aux pires cauchemars. Dormir ici ne lui réussissait guère, bien qu'il n'en fit jamais part à qui que ce soit. Pour n'avoir jamais été un grand dormeur, être réveillé en pleine nuit par de noirs songes n'affectait pas son énergie coutumière, aussi pouvait-il sans mal passer sous silence ce malaise de tous les jours – ou plutôt de toutes les nuits. Car à l'évidence, si son esprit sait que c'est ici qu'est sa place, on ne peut en dire autant d'un subconscient décidé à le charrier en ponctuant ses nuits de troubles qui ont tôt fait de faire flancher les ailes oniriques. Le repos du guerrier ? Que nenni. Pour lui, à chaque fois qu'il réussissait enfin à s'abandonner à une torpeur revigorante, ce n'était que pour mieux en être tiré une poignée d'heures plus tard par quelque terreur nocturne venue arrêter net sa récupération. C'était ainsi tous les jours que les Anciens faisaient. Et bien souvent, ces visions tendaient à revisiter à leur sauce des séquences passées de sa vie somme toute assez jeune pour l'époque.

Si bien qu'on le considère toujours comme un fringant jeune homme malgré sa trentaine bien frappée. Pour l'occasion, c'était une peur d'un genre nouveau qui venait de le prendre aux tripes, car comme à chaque fois son imagination fertile avait su lui concocter une surprise de taille. Ce qu'il vécut à travers ce filtre trompeur n'était ni plus ni moi qu'un phénomène de décorporation. À ceci près que ce n'était pas pour voir son propre corps que son âme le quittait sous une forme spectrale, mais bien pour le mettre à la place de Cerden le jour gravé dans les mémoires pour l'éternité où leur père à tous perdit la vie. Il revécut tout, dans les moindres détails. Le paysage à feu et à sang, les lames qui se heurtent, la danse fatale des épéistes et les morts par centaines alors que tout était teinté d'un rouge macabre et que l'odeur de la mort planait dans toute son infinie pestilence. Une fragrance prémonitoire puisque Cregan devait trouver le passage vers l'autre monde sous leurs yeux sans qu'aucun d'entre eux ne puisse agir, pris de court par une lame habile et intrépide.

Beaucoup trop pour qu'ils puissent lui pardonner. Mais cette fois, c'était pire. Tout était d'un réalisme saisissant, criant de vérité. Chaque fragment de la scène était venu la faire revivre au plus profond de ses rêveries torturées. Mais en plus d'y avoir droit pour la seconde fois, c'était en tant que « coupable » de ce drame qu'il y prenait place, tenant le rôle du responsable. L'élément perturbateur. Cerden n'y était pour rien, il le savait, mais l'image du cadet protégé par son géniteur jusqu'à ce que mort s'ensuive lui était longtemps restée en travers de la gorge. Si bien que même maintenant, il lui arrivait d'y repenser quand il était donné à son esprit de vagabonder un peu trop. Et une fois Minuit passée, ce fut ce qui lui arriva, à ceci près que c'était à son tour d'endosser cette faute. Et c'est au moment précis où il sut que la blessure était trop grave pour que la mort n'en soit pas l'issue, qu'il vit la détresse dans les yeux de son père où la vie se consumait déjà à petit feu que tout se mit à tourner. Ainsi donc, c'est sa propre exclamation de stupeur, de peine et de rage qui l'arracha à cette réminiscence.

Trempé de sueur et transi de froid, Barth se redressa, le souffle court. La transpiration qui ruisselait le long de sa tempe lui laissa entendre que cela faisait un sacré moment qu'il avait droit à ce scénario funèbre. Comme s'il ne l'avait pas suffisamment affecté la première fois. Repoussant ses draps à la volée pour s'en dégager, il posa les pieds au sol pour reprendre pleinement contact avec cette réalité qui l'avait exilé le temps d'un retour vers un passé qu'il aurait préféré sceller à double-tour dans les catacombes de sa mémoire. Une main passée sur son visage l'aida à se débarbouiller avant qu'il ne plaque ses cheveux en arrière, leur caresse étant plus irritante qu'autre chose alors qu'il s'efforçait de reprendre ses esprits et de se convaincre que rien de tout ça n'était réel – du moins, pas de cette manière. Tout était loin derrière lui, même si, comme ses frères de sang, il porterait la cicatrice indélébile de ce tragique événement pour le restant de ses jours. Un long soupir plaintif remonta des profondeurs de sa gorge asséchée par un hurlement, celui-là même qui l'avait ramené à ce corps tremblant et à cette couche humide de ses sueurs froides.

L'idée avait germé. Et alors qu'il reprenait un calme bien mérité, ses pensées allèrent spontanément dans le sens de ce délire inconscient. Sa mère lui racontait souvent que rien dans les rêves n'était anodin et qu'il fallait savoir interpréter les signes, et donc se pencher sur chaque détail quand on avait la chance de s'en souvenir. Chance n'était pas le mot, pour cette fois, mais l'idée y était. Même s'il grinçait des dents à la seule idée de s'y repencher, il le fit, par égard pour celle qui l'avait mis au monde. Mais les seules conclusions qu'il put en tirer se résumait à deux mots. Deux mots pourtant assez amples pour contenir tout le poids de ses doutes.  « Et si ». « Et si » j'avais été à sa place. « Et si » c'était moi que Beron avait accusé d'avoir causé sa perte. « Et si » c'était avec moi qu'il s'était querellé au nom de cette faiblesse. « Et si » c'était à moi de m'en vouloir pour cette défaillance... Des questionnements qui se soldèrent par une pensée émue pour Cerden, qui avait dû avoir du mal à vivre le fait d'être condamné coupable sans même avoir pu plaider sa cause par les mots d'un frère noyé sous le chagrin. Une fois qu'il saurait tout, qu'il saurait à qui il avait affaire, peut-être serait-il bon de lui en parler afin de comprendre son point de vue sur la question et éventuellement de l'aider à exorciser de vieux démons s'il devait y en avoir. Enfin, il mit un terme à cette méditation et entreprit de se relever, faisant quelques pas au hasard pour se dégourdir les jambes. Dehors, l'aube était déjà en train de poindre ; après un réveil en fanfare de cet acabit, pas question de se recoucher. Ce serait tenter le Diable et il n'était pas connu pour être chanceux au jeu...

*****
Une fois qu'il eut pris le temps de s'asperger le visage et de boire pour étancher une soif obsédante, tout alla beaucoup mieux. Exception faite peut-être de son humeur, qui n'était pas meilleure que celle de Beron au lever. Et cela se ressentait à son côté taciturne, plus proéminent que d'ordinaire. S'il n'était déjà pas très loquace au naturel, tant qu'il ne s'agissait pas de chercher des crosses, c'était pire cette fois. Sans doute cela irait-il mieux à la fn de la journée, mais pour l'heure, il faudrait se contenter d'un air vaguement renfrogné et d'un manque flagrant de communication. Par chance, les activités aussi raffinées que la chasse nécessitent rarement de grands discours, y préférant de loin une habileté dans le maniement des armes sorties pour l'occasion. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pris le temps de se divertir de cette manière, et qu'ils soient tous les trois pour le faire encore plus. C'était pourtant le genre de loisir qui resserrait les liens tout en les aidant à ne pas se reposer sur leurs lauriers, entretenant une forme exemplaire dont ils auraient bien besoin pour résister aux affres de l'hiver sans fin qu'on leur avait tant de fois promis. Bien qu'il eut fait abstraction du curieux sujet qu'il avait vu en rêve, Barth était nerveux – trop pour que ça passe totalement inaperçu au regard de quelqu'un qui le connaît comme son ombre.

Aussi avait-il laissé le soin au troisième larron de se placer entre Beron et lui afin de s'assurer un semblant de discrétion qui devrait masquer son embarras. Pour se changer les idées, il crut bon d'envisager les prises qu'ils pourraient faire tout au long de ce jeu collectif tout en s'assurant que tout le matériel prévu à cet effet lui avait bien été fourni comme de coutume. Une vérification d'usage qui n'avait pas lieu d'être puisque la minutie avec laquelle tout cela était préparé pour eux n'avait pas une seule fois fait défaut par le passé. Il n'y avait pas de raison que cela commence aujourd'hui, et ce même avec les sombres présages qui planaient ans les tréfonds de son inventivité chimérique. Sans plus attendre, il piocha allègrement une lampée de vin dans l'outre suspendue à son flanc afin de se donner meilleure mine et s'osa même à feindre qu'elle soit réjouie pour convenir aux circonstances. Car même s'il n'en était pas forcément très démonstratif, il appréciait ces « retrouvailles en famille » qui s'étaient faites plus rares depuis que leur père avait rendu son dernier souffle et que Beron avait été appelé à prendre la tête de leur maison et du Nord par le fait même. Flamberge au flanc, le maître d'armes se tenait légèrement en retrait, procédant à de minutieux tours d'horizons au cas où le gibier essaierait de passer outre sa vigilance.

Peine perdue, car il avait l'oeil perçant et ce même quand la concentration n'y était pas. Afin d'égayer ce qui jusque là n'était pas plus qu'une innocente promenade champêtre faute de bêtes, il finit par se risquer à prendre la parole après s'être assuré que sa voix était aussi détendue que de coutume. Tous ses efforts pour que sa fébrilité passe inaperçue auraient été vains s'il finissait par se démasquer tout seul et il ne devait rien laisser au hasard. Ainsi, ce fut lui qui brisa le silence religieux qui s'était installé, les trois hommes étant aux aguets pour ne pas manquer tout signe susceptible de passer à leur portée.
J'ai croisé mestre Tybald ce matin. Il n'était pas de très bonne humeur. J'en ai déduit que tu n'y étais pas inconnu. Qu'as-tu encore fait à ce pauvre homme, vieux frère ? Tu sais bien qu'il ne mérite pas tous les tourments que tu lui infliges. Nous serions bien avancés s'il décidait de rendre son tablier !
Son ton était rieur, soulignant bien que ce n'était nullement un reproche. Au contraire, l'homme d'épée prenait un certain plaisir à être témoin de ces frasques, et entendre l'infortuné mestre bougonner de tout son saoul contre son lord sans toutefois oser le contrarier était en général assez distrayant. De ses appartements, les cloisons étaient fines, et il n'y avait alors qu'à se tenir près de la porte pour l'entendre passer en marmonnant son mécontentement pour son propre compte. Une pièce du vaste puzzle qu'était leur quotidien, somme toute assez monotone même si c'étaient précisément ces petites histoires qui animaient leurs journées. Couler des jours tranquilles était bien beau, mais quand on est né pour tenir une épée et trancher des gorges à son aide, il n'est que moyennement apprécié que les temps de paix durent trop longtemps. En cela, Barth regrettait quelque peu la révolte qu'ils avaient écrasés au début du règne du premier de ses frères, qui avait au moins le mérite de pimenter sa jeune vie d'une action pour laquelle il était fait de toute évidence.

Certes, sa fonction et ses exercices rigoureux compensaient l'absence d'activité martiale à bien des égards, mais ce n'était pas pareil. À quoi bon se battre à l'aide de latte de bois quand on pourrait se tenir sur un champ de bataille ? Mais à chaque fois qu'il se surprenait à souhaiter que cette accalmie ne dure pas, le souvenir de ce qui s'était produit lors de leur guerre ouverte contre les Piernés lui revenait en mémoire et faisait alors l'effet d'une douche froide, le dissuadant de formuler même mentalement des voeux qu'il n'aurait pas voulu voir exaucer. Sans attendre de réponse, il leva les yeux au ciel pour s'assurer que le climat ne risquait pas de changer brusquement et de compromettre cette partie de chasse tant attendue qui leur ferait le plus grand bien – même s'il imaginait sans mal que Cerden puisse ne pas être de cet avis, pour ce qu'il connaissait le jeune homme. Les forêts du Nord étaient plus noires et denses que nulle part ailleurs, si bien que même en pleine journée leur ombrage semblait précipiter ses occupants dans les ténèbres. Seuls quelques rais de lumière avaient la témérité de transpercer ces épais feuillages pour leur offrir une aide bienveillante au milieu des grands pins qui les encerclaient de toutes parts, guidant leur trajectoire au milieu de ces bois bien connus puisque visités en long, en large et en travers depuis des années.

Peut-être n'était-ce pas une si mauvaise journée, finalement...
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Message Lun 11 Juil 2011 - 23:11

Au cœur de cet été d'une puissance hors du commun, la contrée du Bief devait être tout en fleurs et en couleurs. Le soleil débordait de générosité en ces temps-ci. Pour certains, cette prodigalité inattendue de chaleur terrestre n'était pas la bienvenue, car si dans le Nord, une brise fraîche agitait de temps en temps la cime des arbres, dans le Sud, les seigneurs cuisaient dans leur château, les chevaliers se mourraient dans leur armure, et les enfants passaient leurs journées à barboter dans les ruisseaux. À Winterfell, l'été faisait sortir les gens de chez eux, leur offrant un répit bien mérité. La saison chaude était également profitable au marché de Blancport qui accueillait plusieurs commerçants des quatre coins de Westeros, mais pas sans quelques maquignons de métier. Certains puristes nordiques, ceux-là même nés au sein d'un froid perpétuel, ruminaient la présence quotidienne d'un ciel bleu brillant et espéraient à chaque jour, un quelconque indice de l'approche de l'hiver.

Toutefois, la neige était loin de poindre à l'horizon. Cela faisait l'affaire de Cerden Stark qui savait -sans dédaigner les plaisirs du froid- que l'hiver ne viendrait pas sans apporter avec lui de plus amples responsabilités pour le seigneur du Nord. Deuxième fils de feu lord Cregan, Cerden était le second héritier derrière son frère. Si Beron était un homme d'action, Cerden était, lui, un homme de paix. Il remplissait ses devoirs en tant que conseiller et lorsqu'il se devait agir, c'était toujours dans l'ombre de son aîné, lui laissant la tâche d'accueillir tout le crédit et de représenter fièrement la face publique.

Cerden se plaisait à couler des temps doux et il aurait été heureux si les évènements du printemps ne lui ravivaient pas sans cesse de vieilles blessures. Quelques mois plus tôt, lors de la saison de transition, une épidémie bien connue de mémoire d'homme avait ravagé le continent d'un bout à l'autre. Ce qu'on appelle le Fléau du Printemps s'était emparé du peuple, comme de la noblesse, faisant fi de tout statut, se contentant de faire ravage sans ménagement. Le Fléau avait fait tomber plusieurs pions à bas de l'échiquier, dont Dame Stark, dernier parent des enfants de sa maison et épouse de feu Lord Cregan. Son trépas n'avait été ni bref ni indolore. Le mal s'était emparé d'elle comme un brigand, sans y aller de main morte. Du jour au lendemain, elle était tombé malade, et quelques semaines plus tard, elle voguait vers d'autres cieux... Cerden était resté à son chevet pendant tout ce temps, espérant un rétablissement miraculeux, mais même si personne n'osait le dire à voix haute, tout le château de Winterfell savait le mal incurable et la fin proche. Seul Cerden, déterminé -ou têtu?- ne s'était laissé abattre à la fatalité, seulement celle-ci l'avait vite rattrapé et s'était sauvé avec l'âme de sa mère, laissant une fois de plus l'enfant en lui, seul et confus. Personne, pas même Beron, n'avait réussi à apaiser sa peine et Cerden se sentait perdu devant ce vide profond qu'avait creusé, une fois de plus, la mort d'un être cher.

Il se rappelait encore la première fois qu'il avait fait face à ces ténèbres angoissants. Il n'était alors qu'un garçon de sept ans révolus, il possédait un chien berger qu'il avait lui-même dressé à rapporter le bâton. Malheureusement, la bête y passa par un après-midi d'entraînement au tir à l'arc. Cerden et ses frères, encore malhabiles à l'art du tir ne manquaient pas de rater leur cible. Le chien, fidèle à son maître, caracolait autour des jeunes apprentis, rapportant joyeusement les flèches tombées sur le terrain. Ulrik, encore très jeune et insouciant, lança par mégarde une flèche dans le but d'effrayer le chien. Toutefois, il visa mal et le projectile se dirigea droit vers la tête de l'animal et s'y planta. Le canin tomba raide mort presque sur le coup. Un mélange de colère et de tristesse envahit alors Cerden. Sans un mot, il ramassa le corps de son ami et le porta jusque dans le Bois-aux-Loups où il l'enterra. Il ne dit rien, ne lança pas même un reproche à son frère, seules des larmes coulaient abondamment sur ses joues rougies. Il ne reparu pas avant le lendemain, se cachant dans les bois afin que personne ne le découvre dans cet état bouleversé. Son père partit à sa recherche et ne le retrouva qu'à l'aube, couché entre les racines noueuses d'un saule pleureur, à l'endroit même où il avait creusé la tombe de son défunt compagnon de jeu.

Ce fut là, la première expérience de la mort vécue par Cerden. Après cet évènement, il s'enferma dans un mutisme presque complet pendant plusieurs jours, n'adressant la parole à personne, surtout pas à Ulrik qu'il tenait fermement responsable de la mort de son chien. Mère dû lui expliquer à maintes reprises que ce n'était qu'un accident, qu'Ulrik n'avait pas voulu tuer la pauvre bête. Elle lui fit comprendre que parfois, les actions et les intentions se contredisent, mais qu'il ne faut jamais juger un homme en ne se basant que sur l'un des deux. Néanmoins, Cerden avait des idées de vengeance. Plus d'une fois, l'envie lui vint de se glisser en catimini dans la chambre à coucher de son petit frère et d'y détruire tous les jouets qu'il pourrait trouver ou encore de mélanger son lait dans un concoction vomitive ou mieux de casser son arc à flèche en morceaux, c'est d'ailleurs ce qu'il fit... Bien sûr, il en découla une punition sévère où il fut forcé de décrotter les écuries sous l'égide du palefrenier qui veilla personnellement à ce que chaque stalle soit exempte de déjection chevaline à la fin de la journée. Fût-ce peut-être l'effet de colère après cette rigoureuse punition ou celle de la tristesse devant la mort de son chien, mais Cerden, au final, réalisa que sa petite vengeance ne lui apporta aucune satisfaction ni apaisement. Ce qui était fait était fait, et bien que sa hargne envers Ulrik demeura encore, Cerden comprenait désormais que peu importe ce qu'il ferait, son chien ne reviendrait pas d'outre tombe. Toutefois, rien ne peut calmer ce vide engouffrant, cette solitude étouffante ou cette colère inexplicable qui se forment et se mélangent à la vue d'un cadavre aimé... Cerden connaissait bien cette émotion pour l'avoir vécue, jeune adulte, de façon brutale et définitive, mais ce souvenir-là, il le laissait emprisonné fermement dans une cage de fer rouillé au fin fond de sa mémoire.

C'est sur cette obscure méditation que Cerden se résolut finalement à s'extirper d'entre ses fourrures. Même si une rare chaleur avait envahit le château de Winterfell, Cerden se plaisait à conserver ses habitudes, celle de dormir recouvert des pieds à la tête par des peaux de loup en faisait partie et se retrouvait même en tête de liste. Le soleil était en train de se lever à l'horizon, ce qui signifiait qu'il était encore tôt le matin. Cerden pesta contre la lumière grandissante. Ses moments préférés étaient ceux du soir, à la nuit tombante ou au crépuscule rose. Il était un animal nocturne depuis qu'il était garçon où il s'amusait à sortir de son lit durant la nuit pour aller se balader avec son frère aîné et s'amuser à réaliser quelque mauvais coup. Dès qu'un fin rayon de lumière trouvait son chemin jusque dans sa chambre, il se réveillait automatiquement, incapable de prendre une minute de sommeil de plus. Cerden ragea à cette impuissance à dormir plus amplement, il aurait volontiers fait la grâce matinée, mais les pensées noires se relayaient une à une dans son esprit tourmenté.

Après s'être vêtu de la première tunique qui lui tomba sur la main, il descendit aux cuisines, piqua quelques pommes au passage, puis sortit à l'extérieur. Il traversa la cour pour se rendre dans le bois sacré. C'était un de ses endroits préférés à Winterfell. Ici régna, en permanence, la sérénité et le silence, une ambiance que Cerden utilisait pour réfléchir et évacuer les idées noires. À l'est, au delà des rempart funèbres, le soleil débutait sa course. Toute cette chaleur n'était pas sans lui remémorer ses années de jeunesse passées à Hautjardin en compagnie de lord Tyrell et de ses vaillants chevaliers. Depuis la mort de sa mère, il tournait en rond dans sa cité de glace fondue et l'idée d'un voyage dans le Sud occupait de plus en plus ses pensées. Son seul doute, c'était Beron. À l'annonce d'un tel périple, son frère aîné aurait sûrement des réserves. Son premier départ pour le Bief avait des raisons bien particulières reliées au trépas de feu lord Cregan, Beron ferait rapidement le lien, avec celui tout récent, de Lady Stark...

Cerden avait cette mauvaise propension à fuir devant la montagne qu'il ne pouvait escalader. Beron lui avait souvent reproché d'éviter les problèmes, plutôt que de leur faire face... et il n'était pas loin de la vérité. Cerden avait beau être un homme franc et honnête, il détestait par dessus tout qu'on le perça à jour, et son frère le connaissait trop bien à son goût. Alors comment maquiller cette fuite de la réalité en visite de courtoisie chez Lord Tyrell? Il y avait bien des domaines dans lesquels Cerden n'excellait pas et celui des mensongeries était probablement le pire de tous. Cela ne l'empêchait tout de même pas de s'y essayer... sans grand succès. Cerden était un Stark et ceux-ci étaient connus pour être de fervents défenseurs de leur honneur, le mensonge n'y avait pas sa place. Pas comme chez les Lannister où manigances et fourberies étaient la base même de toutes -ou presque- leurs victoires.

Ce tourbillon de pensées le fit voguer pendant près d'une heure où son estomac finit par le rappeler à l'ordre par de vilains gargouillements. Il rentra au château, dans ses appartements privés, puis dégusta en solitaire du lard salé accompagné d'une délicieuse confiture de mûres sauvages. L'été avait ses bienfaits, elle permettait entre autres d'élargir la palette d'aliments importés de contrées plus éloignées. Ainsi, les habitants du château avaient le plaisir de déguster autre chose que de la viande de cerf à chaque jour. Cerden, fervent admirateur de la gastronomie, appréciait particulièrement cet avantage de la saison estivale. Le bruit du tambourinement sur sa porte vint toutefois interrompre son délicieux repas. Il Ce n'était nul autre que Mestre Tybald. Cerden l'accueillit sans rien dire, se contentant d'afficher une expression interrogatoire. Comme à son habitude, il ne parlait pas en premier.
    Messire, votre frère Lord Beron vous convie, vous et Messire Snow, à une chasse cette après-midi.
Cerden soupira, une partie de chasse n'était pas son activité favorite. Bien qu'enfant, il raffolait de ce genre d'entraînement, désormais le jeu lui tentait beaucoup moins. Cependant, il voyait là l'opportunité d'aborder avec Beron le sujet délicat de son départ dans le Bief.
    Bon. Pourquoi pas? Un peu d'exercice ne me fera pas de mal.
    Il vous attendra à l'extérieur après le dîner. Et si je puis me permettre, messire?
    Parlez.
    Vous devriez vous entretenir avec le seigneur votre frère. Vous savez, il ne m'écoute guère lorsque je lui parle de l'importance de prendre femme, de former une famille, d'engendrer des héritiers... vous savez, ce genre de chose?
Les dires du mestre provoquèrent un fou rire chez Cerden. Peu habitué à ce genre de démonstration de la part du jeune homme, le mestre afficha une mine incertaine.
    Mon frère, se marier? Mestre Tybald, combien de fois vous ai-je répété que ceci est un combat perdu d'avance?
Le mestre sembla soudain se souvenir d'une tâche urgente à effectuer.
    Oui... bien sûr, je vous laisse... n'oubliez pas la partie de chasse... et... parlez à votre frère!
Il sortit en claquant presque la porte, Cerden eut à peine le temps de lui lançer un: Je n'y manquerai pas! avant que le mestre eut filé en coup de vent. Un drôle d'oiseau, ce mestre, pensa-t-il lorsqu'il fut à nouveau seul. Il passa la matinée dans sa loggia personnelle à étudier un bouquin sur les Marcheurs Blancs. L'ouvrage était plus, dans son ensemble, une légende qu'une véritable source d'information, mais ce genre d'apparition fantastique avait toujours intrigué Cerden. Lorsqu'il constata que le soleil était à son zénith, il s'habilla de manière plus appropriée avant de quitter sa chambre, arc en main et épée à la ceinture.

Cerden sella et brida son destrier, il répugnait à désigner un palefrenier afin d’exécuter une tâche qu'il pouvait très bien faire par lui-même. Le cheval était un fier hongre gris répondant au nom de Harfang-des-neiges. La monture piaffait d'impatience à l'idée de se dégourdir les pattes et Cerden eut tôt fait de le lancer au trop vers l'orée du Bois-aux-Loups à la rencontre de Beron et Barth.


Dernière édition par Cerden Stark le Mer 13 Juil 2011 - 19:35, édité 3 fois
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Message Mer 13 Juil 2011 - 10:36

Les trois hommes se trouvaient en tête de convoi, Wyman non loin. Le maître piqueux, cet homme simple d'esprit communiant bien mieux avec les animaux que les hommes, s'était fait un plaisir d'apprêter chiens et chevaux pour que les lords Stark puissent prendre plaisir à cette chasse. Comme attendu, le temps était beau, parfait pour ce genre de "balade". Une lance courte et fine taillée pour la chasse posée sur son épaule, Beron attendait le bon moment pour aborder le sujet que Barth souhaitait voir évoqué. Une petite tape sur l'encolure d'Hurleur, pour l'encourager à prendre les devants, en bon meneur, faisant ainsi suivre le reste des chasseurs. Le lourd cheval de guerre devait son nom à sa jeunesse, alors qu'il était bien trop nerveux que pour pouvoir être monté sans risque. C'est à cette époque qu'il devait son nom, alors qu'il ne pouvait s'empêcher de piaffer et d'hennir bruyamment à la moindre occasion. Depuis, le destrier avait été castré et s'était fait beaucoup plus sage... Emmener une aussi imposante monture en chasse n'était sans doute pas l'idée la plus avisée, mais cela donnait un peu l'impression à Beron d'être en guerre, à l'affût de la première charge sur un champ de bataille. Ainsi monté et armé, s'il laissait aller son imagination, le Sombreloup pouvait se voir en quête d'autre chose à transpercer que du simple gibier. Ah, cela commençait à faire longtemps pour lui qu'il n'avait eu l'occasion de faire montre de ses talents de guerrier. S'il n'avait pas la technicité de Barth ni la rage d'Ulrik, il les surpassait cependant tous deux en puissance, et le fait qu'il ne se permettait d'user d'autre lame que Glace depuis qu'il en avait hérité devait, selon nombre de ses gens, le rendre plus dangereux encore que ces deux autres grands bretteurs de leur maison. Enfin, voilà bien des considérations inutiles lorsque c'est après des orignaux et des sangliers qu'ils coursaient...

C'est alors qu'il se laissait aller à ses pensées que Barth rompit le silence. Et ce pour parler du Mestre de Tybald, et de sa mauvaise humeur apparemment... Ah... ça... Et bien...
    Tybald, déposer sa chaîne ? Oh, s'il aime à faire son ronchon lorsque je ne lui accorde gain de cause, ce n'est pas pour autant qu'il quittera une maison qu'il aime tant. Où pourrait-il bien aller, si ce n'est Winterfell ? Il n'y a pas à s'inquiéter de cela, laisse-le donc ruminer dans sa barbe. D'autant qu'il n'a pas vraiment à se plaindre, cette chasse est son idée, aussi a-t-il été écouté... Jamais content !
Sans faire montre d'aucun sourire, Beron releva le menton, observant les alentours en quête de la première carcasse à transpercer. Les rabatteurs devaient déjà être à l'oeuvre, aussi ne tarderaient-ils sans doute pas à voir les premières proies. Ce qui ne l'empêchait pas de parler sans couvrir sa voix qui portait naturellement. Rocailleuse à souhait, comme toujours.
    Il m'a conseillé une nouvelle fois de prendre épouse pour tromper mon ennui. Il ne se figure sans doute pas du nombre de malheureuses que je ferais alors ! Quel seigneur ferais-je si je me rangeais en l'homme d'une unique femme, hein ? Je dois penser à toutes ces pauvres que je laisserais alors esseulées, c'est aussi mon rôle, n'est-ce pas ?
Malgré tout le sérieux déployé, ses deux frères pourraient y déceler l'humour sans doute. Ce n'était pas entièrement un mensonge, Beron ne s'était jamais fait l'homme d'une seule femme, préférant s'adonnant au "pilonnage sauvage" sans réellement se poser de question, mais il était évident qu'il n'en faisait pas une véritable raison de ne pas se mettre de bague au doigt. Ce qui l'amena à poursuivre plus sérieusement, non sans avoir marqué une courte pause au cours de laquelle il fit claquer sa langue contre son palais, comme à son habitude.
    Que ferais-je d'une épouse ? Non... En vérité, ce n'est pas la bonne question ! Qu'est-ce qu'une femme ferait de moi, plutôt ? Devoir rester à mes côtés chaque jour et me supporter, je plains la misérable qui y serait forcée ! Voilà tout ce que notre Mestre ne désire pas entendre, et dont il devra cependant bien se faire une raison. Pour se marier, encore faut-il trouver quelqu'un qui accepterait de s'y prêter... Plutôt que de s'acharner sur moi, c'est plutôt toi qu'il devrait caser, tu ne penses pas ?
C'est à Cerden qu'il venait de s'adresser. Son jeune frère était en effet toujours célibataire également, et se trouvait de plus le suivant dans l'ordre de succession, si les choses se poursuivaient de telle manière que Beron n'engendre pas de descendance. Régner ne se trouvait pas parmi les désirs de Cerden cependant, n'ayant contrairement à son aîné pas été éduqué dans cette optique. Le conseiller de l'ombre préférait y rester, ne goûtant que trop peu au devant de la scène. Il y sera bien forcé toutefois, s'il devait arriver malheur au Sombreloup...
    Un gentillet plutôt bien fait, érudit et dans la force de l'âge, galant et à l'esprit ouvert... Tu fais un piètre gâchis, mon frère, en passant tant de temps dans tes livres plutôt qu'à courir la donzelle ! Imagine un livre à la couverture riche et travaillée. Dont les enluminures plairaient à l'oeil et dont l'écriture serait soutenue. Et qu'en le lisant, tu t'apercevais en fait qu'au lieu de progresser, l'intrigue en vienne à reculer... Que chaque chapitre te mènerait moins loin que le précédent, alors qu'ils se font toujours plus longs et plus emplis de détails insignifiants... Une fois la lecture faite, tu te dirais "quelle perte de temps" n'est-ce pas ? "quelle tragique débauche de qualités pour un résultat si navrant" ! Alors, tu devrais te bouger, mon frère. En profiter tant qu'il est temps pour avancer, aller vers l'avenir, écrire l'histoire plutôt que la contempler. Sinon, tu finiras comme un vieux livre qui aurait pu être une grande réussite, mais dont plus personne ne voudra...
Une comparaison étrangement poétique dans la bouche d'un homme tel que Beron. En fait, c'est là surtout une manière astucieuse de détourner le sujet de lui, de reporter les plaintes de Tybald sur un autre Stark. Ainsi pourrait-il peut-être couper court à ces discussions portant sur siennes hypothétiques épousailles, en amenant le "problème" vers Cerden...
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Message Lun 18 Juil 2011 - 5:29

Tous Nordiens qu'ils soient, cela ne leur avait pas nui pour briser la glace. Aussi Beron se montra-t-il particulièrement loquace à propos du thème abordé. L'entendre se justifier par le fait qu'il ait accédé à une requête pour décliner l'autre finit d'estomper son acrimonie. Changer de sujet pour d'autres, plus léger, avait le mérite de lui changer les idées. La chasse n'en serait que meilleure, s'il réussissait à oublier ce qu'il avait vu cette nuit-là. Il n'était pas garanti que cela l'exclue définitivement de son esprit, mais s'il pouvait au moins l'occulter l'espace de quelques heures, ce serait déjà cela de pris. Il serait toujours temps d'y repenser après avoir profité pleinement d'une journée dont il aurait écarté ces nuages aussi noirs que ses idées pouvaient l'être.
Oh, je n'en doute pas. S'il devait plier bagages à chaque fois que tu le prends à rebrousse-poil, nous lui chercherions un remplaçant de longue date ! Mais tu devrais ménager ce pauvre homme, il se fait vieux et il serait regrettable qu'il nous quitte d'une façon comme d'une autre tant tu l'aurais froissé. Je doute que quiconque se risque à prendre sa relève si les circonstances de son décès s'apprenaient alors.
Ces paroles, bien que prononcées sur le ton de la plaisanterie, avait un fond de sérieux. Non pas que Barth tienne au vieillard plus qu'à un autre – à vrai dire, il y était même indifférent – mais il faisait partie intégrante du paysage de leur vie de château. Cela faisait des années à présent qu'il œuvrait au service de la maison Stark. Choisi par Cregan lui-même avant que l'appel de la tombe ne lui fasse quitter ce monde, il était, dans une moindre mesure, un fragment de son héritage. En ce sens, le perdre serait plus dommageable que s'il s'était agi 'un quidam quelconque et le bâtard tenait à éviter ces conséquences fâcheuses. Le sentimentalisme n'était dans le caractère d'aucun d'entre eux, mais la perte de leur père était et resterait une plaie béante qui ne pourrait cicatriser totalement même au fil des ans. Ce coup du sort était survenu trop brutalement pour pouvoir en faire fi du tout au tout et ils gardaient en mémoire chaque seconde de cet instant fatidique qui hanterait éternellement leurs coeurs. Perché sur son cheval blanc, le maître d'armes se caressa pensivement le menton tout en écoutant les paroles de son ainé, et la fausse vantardise dont il faisait montre.
N'aie crainte pour elles, mon ami, je saurais en prendre soin comme il se doit ! Tes noces ne peuvent que précéder les miennes, si toutefois il en est un jour question. Les privilèges du rang. En soi, je ne m'en porte pas plus mal, ce n'est pas comme si j'étais plus pressé que toi de me voir passer la corde au cou. Et à ta différence, on ne peut pas dire qu'on attende de moi que je perpétue ma lignée. Encore faudrait-il en avoir une. Et ce n'est pas parce que ce pauvre Cerden peut aussi y prétendre que tu as obligation de lui en laisser la charge dans son intégralité, sais-tu ?
Son regard passa de Beron à Cerden, lequel les suivait légèrement en retrait, à quelques foulées de distance. Après l'avoir gratifié d'un sourire en coin, la fine lame reprit sa posture initiale, fermement calé sur une selle qui ne lui offrait que bien peu de confort. Pour préférer lutter sur la terre ferme qu'à cheval, il devait avouer avoir négligé l'équitation pour se consacrer à l'épée et le regretter maintenant que le manque d'habitude le faisait sentir. Un inconvénient qu'il allait lui falloir corriger, à moins de vouloir sentir une douleur insoutenable vivifier son dos après chaque chevauchée. Et s'il était déjà perclus de souffrances alors qu'ils ne faisaient que se livrer aux joies d'une promenade champêtre, que serait-ce alors s'ils devaient aller au grand galop. Ah... Même s'il en parlait avec bagout, il devait admettre que cela ne l'enchantait guère de ne pas jouir de la même reconnaissance qu'eux, de n'être qu'une ombre dans l'histoire des Stark plutôt que d'en faire partie. Il n'en voulait point à ses parents, mais regrettait toutefois d'être né bâtard plutôt que d'être un membre à part entière de leur noble famille et d'avoir droit aux prérogatives qui en découlaient fatalement.

Plus que pour les richesses et la célébrité que cela impliquait, c'était avant tout d'avoir un nom, un vrai et non pas une désignation qui lui faisait défaut. N'être lié qu'à la neige comme tant d'autres le sont et se perdre dans un anonymat qui ne connaîtrait point de fin. À la vie, à la mort... Mais soit. Il avait accepté cette condition il y a de cela fort longtemps et ne reviendrait pas dessus, même si cela resterait une forme de regrets. Mais il n'y pouvait rien, car même une fois ses origines mises en lumière, il n'en resterait pas moins le fruit d'une union qui n'avait pas lieu d'être et à ce titre un sang-mêlé, quoi qu'on en dise. À parler romance, ses pensées revinrent inéluctablement vers la garce qui s'était jouée d'eux par le passé et se surprit une seconde à se demander ce qu'elle avait pu devenir, notant dans un coin de sa tête de faire des recherches si l'occasion s'en présentait. Si elle avait sûrement oublié ses jeux pervers, lui n'avait nullement digéré ce coup bas qui les avait déchiré et comptait bien lui rendre la monnaie de sa pièce, même s'il l'avait laissée en paix toutes ses années. La vengeance est un plat qui se mange froid, et il n'y avait pas été avec le dos de la cuillère quant au délai durant lequel le laisser refroidir. Mais il revint à de meilleurs sentiments quand un vague mouvement agita les feuillages non loin en avant. Son regard perçant s'y posa sans plus tarder alors qu'il portait une main à son attirail, prêt à agir si le gibier les y attendait.

La métaphore dont usait son compagnon d'entraînement lui arracha un sourire volatile avant qu'il ne s'empare de sa propre lance, ne demandant qu'à frapper au cas où ses doutes se confirmeraient. S'il pouvait paraître un peu rustre parfois, voire souvent, surtout pour qui ne le connaissait pas, Beron n'en était pas moins un expert de la parole. Le choix de l'illustration n'avait pas été fait par hasard et il fallait avoir que son discours avait quelque chose de convaincant. En tant que témoin, Barth ne pouvait qu'apprécier le spectacle en se disant que malgré tous ses conseils, il ne serait pas celui qui le retiendrait de se désister pour laisser la tâche incomber à leur cadet. Le pauvre semblait n'avoir guère le choix, et le bretteur se demandait d'ores et déjà s'il oserait émettre quelque forme de protestation après cette si habile comparaison. Voulant y mettre son grain de sel afin de prêter main-forte à l'érudit, il s'éclaircit la voix afin de répondre le premier.
Mais tu n'es pas en reste, mon cher. N'es-tu pas Beron Stark, fils de Cregan, Seigneur de Winterfell, Protecteur et Souverain du Royaume du Nord ? Celui-là même que l'on nomme le Sombreloup ? Pour ne citer que le plus glorieux de tes surnoms, mais il va de soi qu'il y en aurait tant que je n'en finirais plus de les compter... Sans vouloir offenser Cerden, tu es aussi bon parti que lui, si ce n'est meilleur ! Après tout, quel meilleur trophée pour une femme que d'avoir à son bras une bête de guerre de ton acabit, camarade ? Et puis, quand bien même Cerden trouverait chaussure à son pied autant que bague à son doigt, n'oublions pas que de l'échange de vos alliances dépendent celles de notre bon royaume. Les multiplier ne pourrait que nous être profitable, même si tous les hommes qui pourraient se ranger sous notre bannière ne vaudront jamais les nôtres. Après tout, c'est moi qui les instruit...
À son tour d'y mettre une pointe d'humour, tiens ! Et en dépit du caractère décontracté de cette discussion, ses muscles venaient de se crisper alors que tout son corps se tendait, à l'affût de la bête qui se terrait à deux pas de là. Pour l'avoir repéré le premier, il ne pouvait que se le réserver. Soudain, une paire de bois ne laissant plus planer aucun doute quant à l'identité de cette première victime entrèrent dans son champ de vision, saillies du massif verdoyant qu'il observait depuis maintenant de longues secondes. Ses traits se durcirent et, sans crier gare, il éperonna sa monture et fondit sur sa proie avec la précision chirurgical des rapaces avant de frapper vite et bien. La lance n'était pas son meilleur domaine mais il s'y débrouillait, comme dans beaucoup. Seules quelques armes exotiques échappaient à sa maîtrise. Et s'il n'usait pas souvent d'une hampe au combat, il la maniait tout de même bien mieux que la plupart des guerriers de sa connaissance, si bien qu'il n'eut aucun mal à fendre le flanc de la bête d'une entaille profonde, mais pas létale.

À vrai dire, c'était en partie fait exprès ; s'il n'avait pas prévu de le voir si vif, il ne tenait pas non plus à en finir trop vite. Le vrai plaisir de la chasse était justement de traquer jusqu'à ce que mort s'ensuive et non pas de se contenter de compter les points en fonction du nombre de vies prises par chacun. Si ça ne tenait qu'à cela, ils auraient déjà remplacé les cerfs et sangliers par de pauvres Fers-Nés. Ainsi, il prit la fuite, ne laissant voir que ses hautes ramures qui l'auraient alors fait repérer de très loin même s'il n'avait pas été suivi des yeux par son agresseur. D'une œillade à ses comparses, il les incita à se lancer sur ses traces comme un seul homme avant de partir à vive allure, prêt à terminer ce qu'il avait commencé... Avec ou sans leur aide !
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Message Mer 20 Juil 2011 - 18:35

Cerden se sentait ennuyé par les jacassements de Beron. Pourquoi fallait-il que la conversation prenne d'instinct le chemin du mariage? N'y avait-il rien d'autre de plus pressant que le fait d'engendrer une marmaille héritière. Certes, la plupart des jeunes seigneurs portaient bague au doigt à leurs âges. Avec Beron la trentaine et Cerden, tout près d'y toucher, les deux hommes toujours célibataires soulevaient la curiosité autant chez le peuple que chez les gens de la noblesse. D'ailleurs ce n'était pas les offres qui manquaient au Lord Stark, seulement sa tête de mule qui l'empêchait de prendre une inconnue d'une riche famille pour femme. Mestre Tybald avait bien adjoint le second de presser son aîné afin qu'il se marie, mais Cerden savait le sermon d'une grande futilité. Aussi écoutait-il la conversation entre Barth et Beron d'une oreille distraite. Se contentant de faire aller sa monture un peu en retrait des leurs.

Le mariage était loin d'intéresser Cerden pour l'heure, même s'il savait pertinemment qu'il n'y échapperait pas. Il attendait le moment opportun, une offre qu'il ne pourrait refuser ou une femme qu'il ne pourrait s'empêcher de demander la main à son père. Un mariage d'amour ou d'amitié, voilà ce à quoi il aspirait... Il n'éprouvait aucun intérêt à ce qu'on lui mette dans les pattes une fillette de 13 ans, à peine pubère. La comparaison étroite de Beron entre un livre prometteur et lui-même réveilla son attention. «Écrire l'histoire plutôt que la contempler»... Une phrase porteuse d'une étrange véracité dans les circonstances actuelles où le moral de Cerden n'était pas à son plus fort. Et pourtant le jeune loup ne se sentait d'humeur qu'à replonger dans son petit monde parfait, dans une dimension autre où il retrouverait ses souvenirs d'enfance dans le Bief... Ô, Hautjardin! Cette cité florissante, douce, belle, elle lui manquait autant qu'à un cheval privé du plaisir de galoper en toute liberté. Et il voulait le dire à Beron, dès aujourd'hui, dès maintenant... Il n'attendait qu'une pause dans la conversation où même qu'on lui posa la question. Son idée était toute faite, il voyagerait vers le Sud dans quelques temps, une ou deux semaines tout au plus le temps d'effectuer certains préparatifs.

Tu finiras comme un vieux livre qui aurait pu être une grande réussite, mais dont plus personne ne voudra... Ces paroles, prononcées par Beron étaient loin de laisser Cerden aussi indifférent qu'il le lassait paraître. Il ressentait, en lui, un désir puissant d'intégrer une page de l'histoire, pas en tant que fidèle défenseur du Nord ou encore meilleur bretteur du pays, seulement en tant que lui-même... Mais pour cela il fallait déjà faire quelque chose de soi-même, enfin disons quelque chose de plus qui ne laisserait personne indifférent. Nombre de seigneurs avaient été oubliés avec le temps et ne se réduisaient plus qu'à quelques os décomposés en terre. Une tombe de pierre pour les plus chanceux d'entre-eux. Que valait une vie si ce n'était pour qu'elle réside dans l'oubli des mémoires jusqu'à la fin des temps? Que valait un règne s'il ne changeait rien aux générations futures? Que valait d'être beau, fort, instruit si cela ne profitait qu'à soi...? Ce n'était pas la première fois que Cerden se faisait ce genre de réflexion. Il avait déjà brassé et rebrassé ces idées-là et en arrivait toujours à la même conclusion: il devait y faire quelque chose... mais quoi? Là était une question plus ambiguë...

Il n'eut pas le loisir de continuer sa réflexion qu'il s'aperçut que déjà les chevaux de Barth et de Beron s'étaient mis au galop devant lui. Il compris aussitôt qu'un d'eux avait repéré une bête à abattre. Il poussa sa propre monture qui ne se fit pas prier pour se lancer dans la course. Enfant, il aurait lancé un «Mais attendez-moi, les gars!». Désormais, il se contentait de suivre les experts d'un domaine qui n'était pas le sien. Le vent tiède le frappa en plein visage et le cahin-caha de son destrier entre ses jambes lui fit ressentir une pointe d'excitation. Décidément, il ne s'adonnait pas à ce genre d'activité assez souvent, Beron avait peut-être raison de lui reprocher son nez trop souvent plongé entre des pages jaunies.

Il les aperçut finalement, les andouillers du cerf pris en chasse. À leur vue, il talonna sa monture et d'un geste peu assuré, il tendit la main vers son arc accroché dans son dos. Il préleva une flèche dans son carquois, banda la corde, visa, décocha et... rata sa cible! Frustré, il tira une autre flèche presque aussitôt qui alla rebondir sur un sabot de la bête affolée. Changeant de tactique, il dirigea sa monture sur la gauche de l'animal qui d'instinct vira à droite, mais à droite, il y avait un arbre et la bête bifurqua à la dernière seconde. Seconde qui donna le temps à Cerden de décocher une ultime flèche droit dans son œil. L'animal désormais aveugle d'un côté, bondit de douleur, ce qui laissa le temps à Beron de l'achever d'un coup de lance.

Essoufflé, Cerden mis pied à terre afin de constater leur prise, le cervidé désormais mort, ne semblait plus aussi imposant que lorsqu'il leur faisait tête. L'animal devait être encore jeune et pour la première prise de la journée, il avait été tué assez rapidement.
    Wow! Nous avons eu un coup de chance.
Cerden n'avait pas détesté son expérience du jour à la chasse. Lorsqu'il était plus jeune, avant la rébellion, il se rappelait avoir parcouru le Bois-aux-Loups en quête de gibier avec Beron et Père. À cette époque, il aimait participer à ce genre de partie, considérant le tout comme un jeu. Aujourd'hui, il retrouvait quelques fragments des sentiments en lien avec ces temps révolus. La frénésie et la gloire alors ressenties faisaient le bonheur du petit Cerden qui se sentait fier de rapporter un lapin, une caille ou encore un daim. Et il appréciait tout spécialement les moments où Père lui venait en aide afin d'abattre du gros gibier. Le soir, on le faisait rôtir et on ne manquait pas de le déguster accompagné de pain et de bière.

[Post franchement désinspiré; veuillez m'excusez...]
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Message Mar 26 Juil 2011 - 4:18

Comme ce n'était pas étonnant, tiens... Barth décidait de se maintenir du côté de leur Mestre pour l'inciter lui aussi à se trouver une épouse, et ce en présentant divers arguments que Beron avait déjà pu entendre de nombreuses fois. Bien sûr que son maître d'armes n'allait pas rentrer dans son jeu et charger lui aussi Cerden du fardeau que de se mettre bague au doigt - ou corde au cou, selon les avis - mais plutôt se conforter dans l'idée que c'était surtout au Sombreloup que de convoler en justes noces afin de perpétuer son sang.
    Arrête donc ! Je me moque qu'il se froisse du fait que je refuse de suivre ses volontés. Qui est le seigneur du Nord, Tybald ou Beron Stark ? Je n'ai pas à l'écouter si je n'en ai pas l'envie, voilà tout, et il le sait bien assez, tout comme toi !
Il ne doutait pas que Barth se plaisait à user la patience de son seigneur... Le lord Stark était de ceux sur qui la taquinerie oeuvrait parfaitement : peu importe qu'il s'en rende compte, il marchait forcément ! Voilà comment il était, comme toujours. Il aurait pu simplement n'en tenir compte, en rire ou ignorer, mais Beron ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de réagir dans ce genre de cas. Quoi de plus normal alors que Snow, cet homme avec qui il avait grandi, en profite ? Cela va de soit...
    Et puis... comme si t'étais capable de contenter les pauvres esseulées que je laisserais ! Peuh ! Vaste blague, Snow, vaste blague ! Si ta technique est meilleure à l'épée, la mienne est bien plus efficace en ce qui concerne le gourdin, je n'en ai aucun doute !
Seulement un sourire fier de sa répartie. Pas de rire gras comme on pourrait s'y attendre après ce genre de réplique. Beron avait de l'humour mais n'était pas prompt à partir en éclats de rire. Comme on peut s'y attendre selon la caricature que l'on se fait des Stark... À la limite quelques petits ricanements peuvent s'échapper, mais pas cette fois tout du moins.
    Tu parles de moi comme d'un trophée, et je répond "foutaises" ! Je ne dis pas que dame du Nord n'est pas un titre enviable, mais pas avec ce loup-ci à sa tête, crois-moi ! Vous me connaissez tous les deux assez que pour savoir quelle plaie je pourrais être pour celle qui serait assez folle que pour faire de moi son époux. Et puis... Nos coutumes, notre mode de vie, la rigueur de ce pays... Combien seraient prêtes à s'y faire réellement ? Ce n'est pas pour rien que père et que son père avant lui ont mariés des femmes de nos contrées, quitte à préférer ne pas fonder d'alliances avec d'autres Royaumes de Westeros. À quoi peuvent de toute façon bien servir les liaisons entre les familles régnantes, puisque le tout est régenté par un seul et unique Roi ? Il n'y a plus de jeux de trône, les Targaryen règnent et de mon avis personne n'a à redire sur la paix que cela nous offre. Il faudrait être fou et idiot que pour vouloir changer la donne... Ou bien totalement imbu d'ambitions.
Et de pareilles personnes existaient en tous temps, il ne fallait pas se leurrer... Le Sombreloup n'était pas totalement naïf à ce point, bien moins que cela ne peut le paraître dans ses propos. Il suffirait qu'un être aux dents longues acquiert assez de pouvoir que pour menacer la position d'un Roi effacé et ce serait à tout Westeros d'entrer de nouveau dans une ère de guerres et de conflits... Mieux valait ne pas y penser... Il n'en pensait pas moins de toute façon en ce qui concernait les alliances étrangères : le Nord n'avait pas besoin de cela ! Du moins, il n'y avait pas là de caractère indispensable à ce que le seigneur de Winterfell épouse l'héritière d'une autre des maisons régnantes. À son sens, si quelqu'un devait nouer ce genre d'alliance, c'était plutôt à Cerden, son jeune frère présentement à ses côtés et étonnement muet face à la comparaison que Beron avait pu lui servir.
    Et toi, tu ne dis rien ? Pas un mot pour t'en défendre ou quoi que ce-
Il n'eut l'occasion de terminer sa phrase... Devenu peu attentif, moins alerte alors qu'il conversait et se détendait, Beron n'avait contrairement à Barth pas vu de suite traces de l'animal que le bâtard s'était décidé à charger. Ni une ni deux, plus à l'instinct qu'autre chose, le Sombreloup se jeta à son tour lance en avant à la poursuite du cerf que le maître d'armes de Winterfell s'était donc déjà occupé de blesser. Barth d'un côté, le lord Stark s'attela à prendre l'autre flanc, tandis que Cerden tâchait de leur porter son aide de ses flèches. L'une d'entre elles d'ailleurs alla servir si bien en se fichant dans l'oeil de la bête que Beron n'eut plus qu'à achever le travail. Et tant qu'à faire, il tenta de la réalisa d'une belle manière... Les puissances d'Hurleur et du Sombreloup combinées produisirent un tel choc que la lance du Stark transperça le cerf de part en part avant de se briser, ne laissant alors plus aucune chance de survie au gibier.

Descendant de sa monture pour aller observer leur prise de plus près, il sortit au passage sa longue dague de son fourreau. Sans se presser il rejoint la dépouille, posant sa main sur les andouillers sans craindre d'y porter un peu de son poids. Et s'il restait encore un sursaut de vie dans cette carcasse ? Mieux valait éviter le risque de se faire ouvrir le poitrail d'un coup de bois... Glissant et posant sa lame sur le cou du cerf, il ne perd pas de temps pour d'un geste vif y laisser une nouvelle plaie qui assurait que le travail soit correctement terminé.
    Wyman ! Désigne les hommes que tu souhaites pour t'aider à emporter cette carcasse ! Une fois que ce sera fait, laissez nous seuls un instant... J'ai à parler avec mon frère...
Il ne dit rien par contre sur Barth, qui devrait savoir d'ores et déjà que Beron avait choisi ce moment précis pour aborder une discussion importante, et qu'en conséquence le Snow devrait se trouver là. Un coup d'oeil s'échange d'ailleurs entre eux, et ils n'avaient pas besoin de plus pour se comprendre, comme depuis si longtemps. Les hommes s'affairèrent alors afin de déplacer le cerf. Wyman avait beau être considéré comme attardé, il n'en restait pas moins qu'il savait exactement que faire dans ces cas-là, et ce ne fut finalement que lorsqu'ils se furent tous éloignés que Beron reprit la parole. L'homme s'accroupit d'abord avant de s'adosser contre l'écorce d'un arbre duquel il s'était au préalable rapproché. Il lève les yeux vers Cerden, cherchant à croiser son regard avant de reprendre la parole.
    Cerden, il faut qu'on parle... Tu me connais, je ne suis pas du genre à prendre des gants... Allons-y donc ! J'ai un secret à t'avouer. Un secret que notre père nous a confié sur son lit de mort, alors que tu étais encore inconscient. Un secret qu'il m'a fait promettre de ne pas révéler, par égard pour notre mère... Tu n'es pas le second fils de lord Cregan...
Et voilà qu'alors qu'il s'était annoncé comme n'aimant pas tourner autour du pot... c'était exactement ce qu'il faisait, surtout en laissant un silence s'installer, pas plus d'une seconde ou deux mais assez que pour placer un suspens gênant après une pareille déclaration. Car à la manière dont il avait tourné cela, il pouvait y paraître que Cerden n'était pas né de la semence de leur père... Était-il assez sadique que pour avoir manigancé ça consciemment ? C'était bien son genre, mais dans un pareil moment, tout de même... Enfin ! Il n'allait pas faire durer l'attente plus longtemps, éviter de trop torturer son frère. Au final, ne serait-ce pas un soulagement d'apprendre qu'il ne s'agissait "que" d'un élargissement de la famille à prendre en compte ? Oui, c'était sans doute bien mieux que de se voir révéler à un âge si avancé que l'on n'était pas de l'engeance dont on croyait faire partie.
    Non... mais le troisième seulement ! Il faut croire que le lord Cregan dont les chansons vantent tant les qualités au combat, celui qui était considéré comme une image de droiture et l'un des meilleurs guerriers de son temps... Oui, il faut croire qu'il n'était pas si droit que ça, notre cher père... Son second né est un bâtard. Un Snow. Tu es quelqu'un de malin n'est-ce pas ? J'espère donc que tu ne me feras pas l'affront de prononcer le nom de cette personne qui nous a toujours été proche...
Proche, oui, c'est le cas de le dire alors que Barth se trouve présentement à leurs côtés. Beron n'allait en effet pas prononcer son nom, mais se contenter de l'indiquer d'un mouvement du menton. Pour ne plus rien dire ensuite, et attendre sa réaction. Observer et voir, le meilleur moyen de jauger ce qu'il pouvait en penser. Bien sûr, il n'omettrait pas de regarder ce que cela pourrait provoquer chez Barth également, celui-là même qui avait réclamé à ce que cette révélation se fasse...
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Message Lun 15 Aoû 2011 - 21:24

Qui trop gourdin manie finit par le briser. Tu devrais prendre garde à ce que cela ne t'arrive point, à trop l'agiter pour pouvoir t'en vanter. Si tu en es si fier, il serait dommage d'en perdre l'usage !
Finesse était de mise, pouvait-on dire... Il fallait concéder qu'après avoir tant traversé en faisant front commun, il n'était plus de rigueur entre eux d'y aller à demi-mot. Aussi n'hésitaient-ils pas à entrer franchement dans le vif du sujet, tout métaphorique soit-il, pour rivaliser de plaisanteries sur les compétences d'amant du Lord Stark. En vérité, Barth n'en avait pas connaissance et ne le voulait pas, préférant tout de même lui attribuer le mérite que s'il trouve compagne pour la nuit ce ne soit pas du fait de son rang. Mais ses qualités en la matière lui étaient inconnues et c'était tant mieux, car à en savoir trop l’écœurement aurait été de mise. Lui-même n'était pas nécessairement en reste, mais les femmes avaient moins d'attrait que les lames à ses yeux, de par leur mutisme et leur facilité d'accès. Non pas qu'il ne soit pas à même de les comprendre, s'il s'en donnait les moyens, mais il n'en voyait pas l'intérêt, pas plus que celui de chercher à saisir leur mode de pensée. Trop complexe pour un rustre comme lui, se plaisait-il à dire quand la question lui était posée, refusant de s'engager plus que pour l'éphémère durée d'une nuit. Mais plutôt que de disserter sur son devenir en la matière, il préféra riposter de toute sa verve, ne manquant pas de s'improviser orateur de talent quand il s'agissait de se faire entendre par le biais d'une joute verbale.
Il est vrai qu'il n'est pas à la portée de toutes de s'y faire, et c'est bien dommage ! Notre Nord natal est riche en enseignements et beaucoup de ces femmes en ressortiraient grandies. Pour celles qui survivraient à cette épreuve bien sûr, on ne peut pas tout avoir... Et il est vrai que celle de t'avoir pour compagnon tendrait à leur faire demander la corde si tant est qu'elles tiennent le coup, c'est dire si le défi serait rude ! Car si les pauvres esseulées devaient alors se mourir de désespoir, je n'ose imaginer quel sort serait réservé à celle qui aurait le malheur de se laisser passer la bague au doigt par tes bons soins. Je crains que tu devrais prendre garde à ne pas laisser Glace à portée du lit dans ton sommeil de peur qu'elle ne se tranche la gorge dès que tu auras le dos tourné. Peut-être n'est-ce toutefois pas une si mauvaise idée, au moins Tybald serait ravi pour la durée des noces et tu reviendrais bien vite à ton célibat bien-aimé...
La réponse s'était faite attendre le temps de mettre à mal l'animal que tous avaient pris en chasse, dont la carcasse reposait maintenant aux sabots de leurs montures. L'exécution avait été sommaire et sans douleur, aussi spectaculaire soit-elle. Beron ne manquait pas de fougue, c'était un fait, et était à peu près aussi raffiné au combat que dans la vie de tous les jours. Son maniement de la hampe était à l'image de son phrasé raffiné et le bris de sa lance était une suite logique, non une surprise. Suivant le mouvement, Barth descendit de cheval à la suite de ses compagnons de route afin d'observer la prise de plus près, se demandant par avance comment serait mijoté cet alléchant gibier. Sans être connu pour son appétit, il était amateur de bonne chair et ne doutait pas que les cuisiniers sauraient faire de ce trophée un plat de choix pour toute la maisonnée. Toutefois, ces préoccupations culinaires ne tardèrent pas à être dissipées par le ton péremptoire de son ainé. Ce n'est pas sa voix forte et rauque qui le fit tressaillir mais le contenu de ses propos, plus qu'explicites ! Pour lui du moins, Cerden devait pour sa part se demander ce qui le rendait si solennel...

La nouvelle tomba comme un couperet. Beron n'y avait pas été par quatre chemins. Son cadet savait que cela se passerait ainsi le moment venu et ne s'en étonna pas, même si c'était toujours aussi impressionnant de le voir aller droit au but de la sorte. D'autant plus quand les sujets traités étaient aussi délicats que celui-ci, pour qui la mention « à manier avec précaution » n'était qu'un doux euphémisme. Fort heureusement, pour avoir grandi à ses côtés en dehors de l'éloignement connu de tous, Cerden devait être accoutumé à cet aspect de sa personnalité. Cela n'en rendrait pas la terrible vérité moins potentiellement dure à entendre mais au moins ne s'offusquerait-il pas de cette absence de tact qui le définissait à elle toute seule. Faisant mine de ne pas s'en mêler avant la dernière minute, il flatta l'encolure de sa monture, profitant de ce qu'il tournait le dos pour déglutir avec difficulté. N'être que spectateur de cet instant fatidique lui faisait un drôle d'effet, sachant qu'il en serait le centre d'attention, mais il restait plus aisé pour le seigneur de Winterfell d'initier la conversation. Après tout, lui n'avait jamais été dans l'ombre ; la vérité serait plus facile à entendre de sa bouche.

Toujours préoccupé par son équidé, en apparence extérieur au dialogue, il eut un bref sourire crispé en entendant la manière dont Beron avait introduit l'idée. Avec de tels débuts, il y avait fort à parier que Cerden pense plutôt n'être pas de leur sang, fruit d'une autre union et légitimé alors qu'il avait moins à l'être qu'un bâtard. Les scénarios que pouvait faire imaginer cette première phrase étaient divers et variés, mais les plus en accord n'étaient pas ceux prêtant à croire que la famille compte un membre de plus que prévu. L'héritier des Stark lui-même devait savoir qu'il était périlleux de commencer par là mais peut-être avait-il jugé que la pilule passerait mieux ainsi. Barth se voyait très mal le couper pour rétablir la vérité, de toute façon, et se contenta de tendre l'oreille pour ne pas perdre une miette de ces révélations alors que son coeur battait à tout rompre. Paupières closes, chaque syllabe provoquait dans sa tête un écho discordant alors que l'échéance était imminente, celle où enfin on saurait qui il est en vérité. Les abysses de sa mémoire recrachaient à haut débit les images de leur père sur son lit de mort dénonçant son adultère et par conséquent ses origines. C'était loin à présent, mais ces derniers instants du grand homme qu'il avait été restaient gravés au fer rouge dans son esprit.
Je ne suis en effet pas homme à aimer que l'on parle de moi comme si je n'étais pas là en ma présence... commença-t-il, la voix hésitante.
L'émotion ? Oui, mais pas seulement. Encore fallait-il voir comment Cerden allait y réagir, et il n'existait aucune garantie que son avis sur la question soit aussi positif que celui de Beron avait pu l'être. Leurs rapports avaient toujours été distants, bien que plus amicaux que cordiaux, et il n'était pas dit que d'apprendre ce qu'il en était les rende plus chaleureux. L'important était de ne pas le presser et de lui laisser le temps d'assimiler l'information, de s'y faire, et éventuellement de l'accepter. Cette matinée n'y était pas forcément plus propice qu'une autre mais c'était enfin fait, et il n'y avait maintenant plus qu'à voir ce qu'il pouvait en penser – même si leur âge relativement avancé pouvait faire penser qu'il ne se passerait rien d'excessif, même si en jurer aurait été faire preuve de trop de confiance. Tout à sa prise de parole, Barth avait fait volte-face et dévisageait à présent l'intéressé, guettant tout signe de ce que pourrait être sa réponse à pareil aveu. Peut-être leur en voudrait-il d'avoir caché cela si longtemps, d'avoir passé cette confession sous silence pour ne lui en faire part qu'avec tant de retard. Tout était possible, et le maître d'armes gardait ainsi un oeil sur ses faits et gestes pour ne pas être pris au dépourvu.
Je tiens à m'excuser auprès de toi d'avoir tenu cela secret pendant tant d'années. Comprends que même si votre mère n'est pas la mienne, il eut été regrettable qu'elle vienne à l'apprendre et que cela nuise à la mémoire de père après sa mort. Nous avons donc souhaité après concertation n'en parler à personne afin que cela ne s'ébruite, c'est pourquoi tu n'en as vent qu'à présent qu'elle n'est plus là pour en souffrir. Les morts n'entendent pas plus qu'ils ne parlent. Néanmoins... Je te demanderai de bien vouloir tenir ta langue à ton tour, non pas que je n'aie pas confiance en toi mais j'estime que cela doit rester entre nous dans la mesure du possible. Je ne tiens pas à ce que cela altère l'opinion publique, que ce soit vis-à-vis de moi ou de vous, comprends-le bien.
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