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Les danses de guerre [PV Helya]

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Message Lun 4 Juil 2011 - 13:12

Le soleil avait à peine percé au dessus des vagues, que Dacey était déjà debout. Emmitouflée dans des linges, elle s’était tirée de ses draps et avait commencée à s’équiper. Ses habits de bases étaient toujours une première couche de tissus, une armure de cuir légère et des fourrures. Cet ensemble, bien qu’ayant l’air assez lourd et encombrant, convenait tout à fait à la petite femme. En plus de l’isoler de l’humidité ambiante de la côte et du vent qui balayait régulièrement les côtes, il lui permettait d’avoir l’air plus imposante qu’elle ne l’était en réalité. Les duretés de la vie lui avaient façonnés un corps maigre et discret. Mais le coup du destin avait devancé la nature et ses muscles peinaient à se faire voir sur ses bras ou sur ses jambes, qu’elle cachait soigneusement de toute façon. Sa faible poitrine ainsi que sa taille écharpée n’étaient pas visible et mis à part son visage, elle n’avait rien d’une quelconque femme. Elle avait de légères mitaines aux mains pour mieux pouvoir s’agripper à sa hache de guerre malgré l’eau qui l’entourait. Elle conservait son arme bien à l’abris, consciente que l’eau de mer parvenait à attaquer n’importe quel matériaux pour le réduire en fumée. Elle se coiffa sommairement à fon que ses longs cheveux pisseux ne lui gâchent pas la vue ; chose qui pourrait s’avérer mortel lors d’un combat. Elle enfila une espèce de bonnet en tissus couvert par une fine couche de fourrure et l’abaissa jusqu’à ses sourcils. Ne ressortait de cet momie que son petit visage pâle aux yeux bleus clairs perçants.

Elle sortit de sa chambre assez sommaire pour longer le couloir de l’étage. Elle descendit les escaliers en croisant quelques domestiques qu’elle ne salua pas. Elle n’avait aucune pitié ou humanité pour les domestiques même si elle savait ce par quoi ils passaient mieux que personne, ayant déjà été à ce rang pendant longtemps. C’était fastidieux, épuisant, les heures de repos étaient rares et chaque erreur était punie. Ainsi, aujourd’hui elle considérait qu’elle s’était élevée pour leur épargner surtout leur mort. Si elle ne combattait pas, si elle n’obtenait pas les richesses pour ses maîtres au fer-prix, ils ne seraient plus nourris et blanchis et ils dépériraient très vite. Pour l’instant le système monétaire était encore un peu en place mais avec les armées de Dagon viendraient une nouvelle aire fer-née avec leurs principes beaucoup plus fiables que ceux en place. Qui peut diriger en peuple, caché sur son trône derrière deux rangées de soldats ? Dacey imaginait les dirigeants du continent comme de ventripotents notables à la bouche dégoulinante de bave devant une table abondante et au milieu de filles de joie. Ils ne semblaient pas proches du peuple, proche de leurs guerriers et rien que ça, ils méritaient de le payer. L’obtention d’un bien par la violence et la force était une image beaucoup plus parlante pour la jeune fille.

Elle qui s’était bien fait limée par la vie et toutes les embûches qu’elle avait traversé, elle en connaissait un rayon sur le prix du sang et de la haine. Les nobles fer-nés étaient les seuls qu’elle respectait car elle les savait tactiques et combattants. Elle n’aurait jamais prétendu pouvoir gouverner ou des trucs du genre. Elle ne savait pas gérer des gens et des territoires. Tout ce qu’elle savait faire, c’était les détruire alors… Elle laissait ça aux autres. Comme à Dame Botley. Elle avait beau aussi être une guerrière, elle la voyait beaucoup plus comme un leader né et une déesse ayant prit l’apparence d’une femme. La fer-né ne savait pas à quoi pouvait ressembler une divinité. Elle était partie du principe qu’on ne pouvait pas les voir. Ainsi, si ils voulaient intervenir chez les hommes, ils devaient s’incarner dans des humains… Helya en était la preuve flagrante. Sa grandeur et son charisme ne pouvaient être considérés comme de pédantes imitations de chevaliers de Westeros, ça devait forcément être plus. Tellement plus qu’on aurait pas de mots pour la nommer. Ainsi Dacey s’entraînait et se battait pour l’ordre des choses et des dieux, elle était du bon côté, profondément.

Une fois dehors, elle fut frappée par un petit vent chaud et humide ramenant à l’intérieur des terres les vapeurs salées de la côte. Les vrombissements des vagues contre les rochers noirs de l’île rythmaient les domestiques et guerriers qui s’activaient dans l’immense cours du château Harlois. Certains préparant et s’afférant aux armes et aux armures, d’autres faisaient des tours de gardes, encore d’autres couraient à droite et à gauche. Parmi cette petite pagaille habituelle on sentait que la route du destin monotone et prévisible s’apprêtait à prendre un tournant. Peu à peu les fer-nés creusaient un deuxième lit à la rivière ininterrompue et placide de la rivière qui coulait ainsi depuis des années. Depuis la révélation des plans de Dagon, Helya avait exigée beaucoup plus de Dacey ce qui l’enchantait énormément. Si sa dame voulait plus l’endurer, c’était qu’elle pensait qu’elle y arriverait. Il fallait juste être à la hauteur et mériter sa place auprès de sa déesse. L’antique divinité de la guerre qui guidait son bras à chaque entraînement ne semblait pas encore arrivé. La ponctualité n’étant pas une des qualités premières d’un fer-né, Dacey ne s’en offusqua nullement. D’ailleurs, tous les écarts que pouvaient faire sa dame étaient d’hors et déjà pardonnés avant même qu’elle ne les envisage.

Elle se dirigea vers le coin de cours dégagé, alloué aux entraînements. Les pauvres mannequins de bois dont se servaient les combattants des îles souffraient trop régulièrement de coups de haches et la fabrication de ceux-ci suivait difficilement. Seulement, avec une arme aussi lourde il ne fallait pas que travailler les coups mais aussi les mouvements. On avait beau avoir la plus grande et coupante hache du monde, si on arrivait pas à la manier ça ne servait strictement à rien. La jeune fille sortit sa hache et l’inspecta un instant, dos contre un mur de pierre noir. Elle l’observa attentivement, guettant un endroit irrégulier qui lui vaudrait un passage chez l’armurier. Pour l’entraînement de toute façon, ils n’utilisaient pas de vraies armes. Des équivalents en bois étaient régulièrement livrées à cause de la fureur de certains combattants qui finissaient par fracasser les morceaux de bois en une journée de duels. Dans sa main, sa hache commençait à peser de moins en moins les mois passants. Ses poignets se musclaient et bientôt cet objet serait une extension naturelle de sa main. Elle posa la hache à côté d’elle et commença à se tortiller les doigts et les mains pour les échauffer un petit peu. Il serait stupide de se faire mal à un entraînement quelques temps avant des batailles décisives. Alors qu’elle balayait la cours du regard une silhouette se démarqua des autres. Helya approchait et alors qu’elle arriva au niveau de Dacey, elle s’inclina un petit peu.

Bonjour Dame Botley. Vous portez-vous bien aujourd’hui ?

Elle osait toujours à peine croiser son regard et son visage de peur qu’elle y lise toute l’insignifiance qu’elle portait en son ventre et en ses gênes. Une créature aussi grande ne pourrait que remarquer un jour la si petitesse de son garde et de son apprenti. Dacey se sentait des fois imposteuse devant sa dame. Elle n’était pas paralysée par la peur mais elle essayait de recycler cette frustration sur ses ennemis qui payaient souvent cher cette gêne. Tout ce qu’elle accumulait, de négatif ou de positif, repartait directement dans ses bras et dans sa nuque pour se déverser par vagues folles et haineuses sur tout ce qui se posait en travers de sa route. Une stratégie peu appréciée sur le continent, mais dont la fureur constituait le gros des motivations des troupes fer-nés. L’intimidation et la peur pouvaient des fois renverser la plus grande des armées face aux plus précaires guerriers.


Dernière édition par Dacey le Mar 12 Juil 2011 - 9:41, édité 1 fois
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Message Mer 6 Juil 2011 - 22:33

Sereine dans le silence rythmant ses pas, Helya enfilait un couloir du Château Harloi. La matinée était à peine entamée et une lueur faiblarde illuminait les lieux que la guerrière parcourait. Par les fenêtres qui perçaient de temps à autre les murs de pierre froide et muette, on pouvait apercevoir un ciel gris sale, démesuré et bas, convulsé de nuages sombres... Un tableau que tout fer-né avait coutume de contempler, car le climat était souvent peu conciliant sur les Iles de Fer. Elles ne constituaient que de la rocaille battue par les vents et sous le joug de tempêtes, mais on y vivait et on y mourait avec autant de férocité que la houle des vagues.

Les Iles de Fer recelaient peu de terres fertiles et cultivables. Le sol était maigre, et il était ainsi difficile de développer une agriculture. Mais à quoi bon des élevages et des champs ? Labourer la terre et nourrir le bétail étaient des activités amollissantes, qui donnaient des peuples tout juste bons à gratter la terre. Les fer-nés n’étaient pas des gratteurs de poussière, ils labouraient les vagues et moissonnaient le poisson. Ils creusaient la terre, également, mais la plupart de leurs richesses étaient acquises par le sang et le fer. Helya remerciait le Dieu noyé pour ses vents violents et ses courants propices aux attaques. Les fer-nés pouvaient ainsi prospérer dans le mépris des contrées côtières, en drainant les ressources de leur sol bien trop gras.

Helya atteignit bientôt la cour où devait avoir lieu son entraînement quotidien avec son apprentie. Dacey était déjà là, pâle comme une brume de printemps. Helya trouvait sa carrure encore trop déliée, sa silhouette trop vulnérable, malgré son épaisseur de vêtements et les muscles qui s’étaient formés peu à peu dans cet écrin de cuir et de fourrure. Helya se rappelait de toutes les heures passées à endolorir sa chair lactescente. Jamais Dacey n’avais émis aucune plainte, ni aucune supplication. Dès la première heure d’entraînement, la jeune apprentie avait appris à endurer sans ployer. Cela avait donné confiance à Helya en la capacité de Dacey à progresser et à se hisser à un certain niveau.

A présent, Helya prenait la mesure de ce tout ce qu’il restait à accomplir. La formation de Dacey était encore loin de son aboutissement. Helya avait éprouvé les aptitudes et prédispositions de son apprentie, mais il faudrait encore des années à Dacey pour déployer tout son potentiel. Répondant à son salut, la voix d’Helya retentit dans l’air matinal, déchirant le silence naissant qui avait commencé à se tisser entre elles.

« Bonjour Dacey. Je vais bien, et toi ? »

Helya avait souvent des réponses succinctes. Elle n’aimait pas s’encombrer de mots. Plus ils étaient nombreux, et plus ils lui paraissaient insignifiants, surtout dans la bouche d’autrui. Quand on lui adressait des discours trop étendus, elle perdait souvent le fil et saisissait parfois assez de la fin pour la confronter au peu de données entendues du début. Dans la fureur des batailles, il fallait parler peu pour se faire comprendre, et Helya ne défaisait jamais de cette habitude.

Dans sa main, elle sentait le poids rassurant de sa hache. En combat, Helya pouvait la porter à deux mains, et parfois la tenait à une seule sans gêne apparente. Son arme prolongeait son poignet vigoureux telle une précieuse excroissance. Helya avait toujours aimé cette arme, qui pouvait abattre un arbre comme un adversaire. Bien sûr, les fer-nés la connaissaient davantage en instrument d’affliction qu’en outil de paix. La hache avait toujours conféré un certain avantage dans les mêlées, alors que les adversaires manquaient de place pour manier leurs lances et leurs épées trop longues. Un coup de hache pouvait suffire à désarçonner ou à assommer, quand il ne servait à trancher ou à fourrager dans les chairs de l’adversaire.

« Prête pour l'entraînement ? »

Cette phrase, Helya la prononçait depuis maintenant cinq ans. Et elle ne se lassait pas de la répéter, chaque matin, sous ce ciel ombrageux tel un océan en mouvement.
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Message Mar 12 Juil 2011 - 9:37

La belle dame Botley avait traversé la cours de sa démarche habituelle qui contenait néanmoins quelque chose de royal et d’intimement puissant. Si, quand elle la voyait se battre, sa divinité lui sautait aux yeux, même dans l’inaction inhérente à la marche elle étincelait de tout son saoul. Quelques fois, les yeux un peu trop impressionnables de la jeune fille semblaient voir des sortes d’étincelles entourait la personne d’Helya, mais elle attribuait ça à une certaine fatigue ou à une fougue trop forte envers sa dame. L’un dans l’autre, ce n’était pas grave car si elle ne les voyait pas devant ses yeux, les étincelles, elle les sentait en elle comme une drogue qui alimentait son bras lors des entraînements et des batailles. Il lui fallait ça et si un jour on venait à lui enlever dame Botley elle ne savait pas du tout comment elle ferait pour continuer. Peut être abattrait des ennemis comme des amis jusqu’à ce qu’elle se sente rassasiée par la vengeance et la violence. Bien sur, elle se connaissait et savait que ça n’irait jamais jusqu’à ce qu’elle retrouve sa dame… Mais l’autre royaume ne devait pas mêler les divinités aux simples gens certainement, elle s’occuperait alors d’honorer son nom par ses actes très certainement.

La voix d’Helya s’éleva pour la saluer. Elle lui retourna sa politesse après avoir dit qu’elle allait bien. De toute manière, quel fer-né oserait avouer qu’il n’allait pas bien ou qu’il était triste ou toute autre chose ? En matière de guerre et de soldats c’était tout simplement implicite. Ils étaient dans leur élément alors pourquoi ça n’irait ? De toute manière il ne semblait pas exister chose physique ou intangible qui puisse perturber profondément sa dame. Elle ne l’avait jamais surprise avec une lueur de détresse au fond de ses yeux et espérait ne jamais le voir. Ca signifierait certainement quelque chose de plus violent et de plus dangereux encore que ce leur présente entreprise qui n’était déjà pas sans risques. Mais pourquoi vivre si ce n’était pas pour prendre des risques ? Les fer-nés aimaient cette notion de frôlement avec la mort, comme si on lui secouait à chaque fois nos âmes sous le nez avant de la reprendre au moment de la dernière vague glacée et définitive. Il fallait tout le temps s’échapper des mains acérées qui voulaient nous attraper les mollets et nous tirer vers le fond. Mais ils n’évitaient pas vraiment ce contact, ils le cherchaient jusqu’à se dérober encore et toujours. Elle baissa la tête et les yeux en révérence avant de dire simplement.

Très bien ma Lady.

Comme d’habitude elles ne se répandaient pas en mots et en discussions inutiles. L’une comme l’autre savait que ça ne regardait personne mais aussi, Dacey n’avait jamais eu de programmes très chargés. Ses journées consistaient à s’entraîner avec ou sans sa dame, à accompagner cette dernière et à prendre quelques tours de gardes autour du château. Du reste, elle n’avait aucune autre activité et son esprit simple s’en contentait joyeusement. Les réflexions et les calculs stratégiques, quelle plaie ! La navigation avec dame Botley était la seule activité qui lui demandait un peu de réfléchir mais c’était tout. Le plaisir de sentir doucement le bateau changer de cap au fur et à mesure qu’on dirigeait les manœuvres était un plaisir comparable à celui de combattre très certainement. Mais elle ne pourrait pas faire ça toute sa vie, la hache suspendue à sa ceinture lui pèserait possiblement trop. Et puis personne n’était plus parfait pour naviguer qu’Helya. A croire que les Dieux lui avaient tout donnés dans ses mains délicates. Ils s’étaient peut être trompés, avaient dérapés et les pouvoirs et exploits que devait faire très certainement un homme avaient dérivés sur elle… Peut être. En tout cas cette femme portait bien ses talents comme une parure qu’elle ne pouvait enlever, la plus belle parure qu’il soit d’après Dacey. Elle lui demanda ensuite si elle était prête pour son entraînement. La jeune femme hocha doucement la tête, prenant plus correctement en main la hache en bois légèrement émoussée pour éviter de couper des bras pendant les entraînements.

Oui dame Botley.

Dacey ne se serait jamais vu en soldat avant quelques années. Et maintenant elle y était, entrain de s’entraîner dans la cours d’un château, tranquillement, comme si ça avait toujours été comme ça et comme si ça le serait jusqu’à la fin des temps. D’une part, elle aimait bien « faire semblant », ça lui assurait que sa dame serait là le jour suivant mais d’une autre la fureur d’une vraie mêlée et d’une vraie grosse bataille la démangeait autant qu’elle lui faisait peur. Il fallait avoir peur, sinon on était trop assuré et on finissait mort d’avoir trop sous-estimé les ennemis d’en face. Mais pour l’instant, la seule peur qu’elle avait, c’était de possiblement décevoir sa dame.
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