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La dague des Osseux

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Feuille de Personnage


Message Ven 15 Mar 2013 - 3:53


● Nom : Ferboys. Comme les miens, je garde la voie des Osseux.
● Prénom : Edarra. C'est un héritage d'une arrière grand-mère, je crois.
● Sexe : Je suis une femme, depuis le bord des cils jusqu'à la courbe des chevilles.
● Âge : Née en 187, j'ai maintenant 25 ans.
● Origine : La très grande et très fière Dorne.
● Métier : [Noble] Ma tâche est celle de rendre à ma famille sa légitime place et à Dorne son inestimable éclat.


● Physique :

« Et tu as, ma tendre et douce, tout l'éclat de la nuit dans le regard, la chaleur du velours sur ta peau, la tendresse qu'on devine d'une datte fraîche sous les baisers qu'on veut t'offrir, et... _Vous m'ennuyez, rangez votre cithare. »

Je ne suis pas belle. Je ne me suis jamais jugée comme telle, et si la naissance m'a donné un corps vigoureux que le temps a drapé d'une féminité audacieuse, nombre de femmes ont de plus charmants attraits que les miens. Mon visage est lisse, juvénile, je l'aurais préféré plus marqué, avec davantage de caractère, mais il me confère au moins une fraîcheur pouvant tromper quelques regards et faire oublier l'éclat vibrant que mon âme allume dans mon regard. Mon corps est svelte, je l'aurais voulu plus ample et généreux, mais j'ai une silhouette de jeune biche nerveuse ; d'ailleurs j'en ai également les yeux. Non, la Rivière-Mère a été plus généreuse avec bien d'autres femmes qu'envers moi, mais là où certaines s'endorment sur leurs beaux appâts ou se laissent flétrir par le sel et l'âge, moi, avec la patience d'un orfèvre et la volonté d'un assassin, j'ai affiné mon éclat pour le changer en une dague à même de percer les cœurs.

Chaque jour je me dévêts pour me consacrer à moi-même, chaque jour je me regarde. Mes cheveux, longs et d'un brun si chaud et si profond qu'ils en sont presque noirs, je les brosse, les huile, les choie ; je réserve à ma peau des onguents riches et parfumés pour que sa suavité résiste aux morsures du vent et qu'elle paraisse toujours aussi lisse que les vêtements dont je me drape ; je me nourris avec soin pour garder mes hanches pleines et ma poitrine ronde, fière, appétissante ; je me traite avec égards, m'épargnant les marques et les déformations. Je me pare peu, ou seulement en quelques occasions très spéciales : je préfère faire mine d'être belle sans y toucher, alors que j'y consacre quelques heures de chaque journée. Mes vêtements sont plus simples que ceux que je pourrais m'octroyer, mais je les choisis avec soin pour me flatter davantage qu'un saltimbanque amoureux, faussement sages, véritablement criminels : ils soulignent la naissance d'un sein, ils dévoilent mes fines chevilles, ils marquent ma taille ou accusent une ingénue transparence que le soleil radieux trahit lorsque j'avance entre ombre et lumière.

Ce qui fait la force de mon corps, c'est ce que sait en faire mon âme : je lui insuffle une sensualité semblable au vent caressant les dunes au soir, j'affecte d'avoir la fraîcheur de la rosée, je sais comment soupirer pour souffler sur les braises d'une envie naissante, je connais les postures qu'il faut prendre, je détiens quelques mots du langage de la peau et du regard, je sais ponctuer de mystère mon sourire et de délices ma voix. Tout le sel de mon allure sucrée se trouve dans le reflet acéré qui anime mes iris sombres, faits de velours et d'onyx taillé. Laissant deviner l'arc d'une épaule, la brillance de mes dents claires dans un pli de lèvre ingénu, la suavité de ma chair veloutée que quelques uns de mes prétendants comparaient avec envie à un fruit qui quémanderait de se faire croquer, je sais me donner l'attitude langoureuse d'une fleur tout juste éclose, chargée de nectar. Je ne suis pas l'une de ces statues d'or et d'ivoire qu'on n'ose approcher, qui flattent l’idée de l'art mais glacent les entrailles ; je suis quelqu'un qu'on touche, qu'on découvre du bout des doigts pour s'enivrer du parfum que je dépose au creux de ma gorge. Mon charme s'apprécie davantage les yeux fermés.

Je ne suis pas belle, non. Je suis pire. Bien pire.


● Personnalité :

« Nous ne nous sommes pas compris, hélas. Croyez bien que vous accepterez mon offre tôt ou tard. Elle sera moins agréable pour vous, si c'est tard. »

On murmure que je suis une garce, mais on s'y risque rarement lorsque je suis en face. Je suis fière et l'ai toujours été, même dans ma prime enfance, même dans l'adversité. Je suis de celles qui mourront sourire aux lèvres, menton haut, éventrées debout plutôt qu'épargnées à genou. Je préfère diriger plutôt que suivre, je préfère dominer plutôt que tempérer et, s'il le faut, j'écrase plutôt que je ne concilie ; la ferveur que les miens m'inspirent est à ce prix. Car je crois en ma famille, je crois en notre bon droit, notre ascendance légitime sur le désert que nous confère le sang andal roulant dans nos veines et éclairant notre teint. Plus qu'une simple conviction, l'impériosité de défendre notre cause et de reprendre ce qui nous a été volé est l'étendard de ma vie, le pic assaillant mes flancs sitôt que je me repose. Je ne peux jamais trouver une entière tranquillité d'esprit, tant je ne sais que trop ce qui nous a été pris, et qui est gardé par devers nous comme une humiliation constante. Je suis fière, oui. On m'a déjà prétendue arrogante, je ne peux que nier : est-ce donc déplacé que de se savoir être une partie importante du destin de Dorne, et de la voie qu'elle doit emprunter ?

J'ai un humour pinçant, presque noir, que je sais employer, j'ai un goût prononcé pour les dattes et les citrons et rien ne me fait plus plaisir au matin que de marcher sur le sable rendu vierge des traces de pas par les caresses du vent nocturne. Peut-être suis-je encore impulsive. Je l'ai été, récemment – trop, beaucoup trop, et j'ai failli perdre jusqu'à ma vie. Sans doute ai-je perdu par avance quelques appuis, et je ronge mon frein avec aigreur à l'idée d'avoir pu penser qu'un quelconque étranger pourrait être fiable, ou seulement capable de s'en tenir à ses engagements. Non, je ne me passerai pas pour autant à l'avenir de ces opportunités de choix, mais je saurais à quoi m'en tenir, et je ne les emploierai plus que malgré eux, afin qu'ils en sachent le moins possible. Je suis quelqu'un d'astucieux, et je sais voir les choses sous des angles inédits. Ces échecs récents ne m'ont pas appris l'humilité, au contraire. J'ai seulement compris la valeur de la patience, et si l'avenir de ma maison est toute mon âme, cette nouvelle propension au calme et à l'attente me permettra de davantage maturer mes desseins nécessaires et légitimes.

Je ne suis pas cruelle, malgré ce qu'on a pu dire, mais je suis déterminée. Et, oui, s'il faut faire des sacrifices, je les ferai, mais certes pas de gaieté de cœur. Si je suis parfois dure, c’est par nécessité, si je parais parfois froide, ce n'est que pour donner plus de valeur à mes élans de chaleur que je veux rares pour les rendre privilégiés. J'ai été une enfant rêveuse, j'aurais voulu pouvoir rétablir ma lignée dans son bon droit sans en passer par le sang et les intrigues, mais c'est là chose impossible. Alors je m'y plie sans reculer, mais je n'ai aucun plaisir à voir quelqu'un tomber. Quant à ceux qui me sont chers, vraiment chers, que ce soient ceux de ma lignée ou ceux en qui j'ai choisi de placer ma confiance ou mon affection, ils m'ont secrètement, mais ils m'ont toute entière. Peut-être est-ce ma jeunesse encore ou mon impulsivité, mais si je sais me contenir – on m'a parfois reproché d'être trop peu expressive à ces sujets – ce que je ressens est toujours fort. La plupart du temps, je reste réfléchie et contrôlée, mais j'adore ou je hais avec passion et tourments. Je suis une véritable dornienne avant tout, et si les apparences peuvent être de soie, je suis faite de soleil brûlant et de tempêtes à même de rendre un sable léger cinglant.

Quoiqu'il arrive, je ne serai jamais transparente, pas plus qu'immobile, et je finirai assassinée ou victorieuse, mais jamais soumise.


● Famille :

Lord Ferboys Le lord est mon oncle, nous nous entendons très bien, et ce même compte tenu de mes échecs derniers. Il soutient mes manœuvres, gomme mes maladresses derrière la fougue de notre sang. Je ne voudrais pas trop puiser à la source de sa haine de la Maison Martell pour autant et tâcherai de mieux faire.

Lady Shyra Ferboys Elle est ma mère, une femme rude, têtue, qui sait très bien manier le mystère et la verve. Son frère n'ayant pas de descendance pour l'instant, elle sait peser comme elle l'entend sur les décisions de la famille – et je crois bien que j'ai hérité de ce trait de caractère.

Osfryd Qorgyle Mon père était un brave homme. Un peu effacé derrière son épouse, ceci dit, mais j'ai puisé auprès de lui une tendresse certaine et je n'avais pour sa tendresse d'esprit aucun mépris.

Medger Ferboys Mon jeune frère est l'opposé de mon père. Dur, furieux, impatient... J'en suis très fière, mais je crains que son tempérament ne le pousse à quelques erreurs regrettables. J'essaie de l'avertir que, si je me marie et que notre oncle n'a pas d'enfant, la Maison lui reviendra, et qu'il faut qu'il apprenne la patience et la politique, mais ses yeux comme ses entrailles sont faits de flammes.

Asafa Ferboys Mon cousin, fils de Linera Ferboys et Armand Santagar. Il a commis bien des bêtises dans sa jeunesse... Nous sommes très complices, et bien que je sois peu démonstrative, il est peut-être – sans doute – celui des miens dont je suis le plus proche. Nous avons traversé dernièrement quelques moments difficiles...

Tayeb Ferboys Le frère d'Asafa et donc mon cousin lui aussi. Nous sommes un peu en froid, je dois dire. Il a désapprouvé la plupart de mes actions et a profité de mon... Repos forcé pour nouer une prompte alliance renforçant notre maison et éloignant Asafa de moi.



● Résumé :  Née en 187, lady Edarra Ferboys était d'abord pressentie pour avoir une existence plus discrète que la plupart des membres de la Maison. Complice et protectrice de son cousin du même âge, Asafa, elle a révélé avoir un certain esprit du dialogue en devant le défendre contre ses propres bêtises.

L'adolescence faisant mentir les prédictions, elle est devenue une demoiselle à la féminité aussi assumée que son ambition. Elle a cherché à nouer alliances et intrigues afin de faire briller haut sous le soleil de Dorne son blason et de ternir l'éclat de la Maison Martell. S'arrangeant pour être assez vantée dans le désert, donc attirer à elle quelques prétendants, elle a trouvé en Oberyn Dayne celui qui était le plus digne d'elle ; toutefois, en 211, la bataille de Salvemer éloigne son fiancé et lui fait craindre pour sa vie. Elle va à a rencontre malgré les dangers, et se retrouve en pleine bataille à défendre la Tour Retentissante.

L'année suivante, elle a représenté les Ferboys lors des événements de Murs-Blancs, pour le mariage du lord Beurpuits et soutint une tentative de rébellion contre le trône de la part de rebelles Feunoyr ; l'échec de cette lutte coûta aux Ferboys un otage envoyé à Port-Réal, et beaucoup de sa réputation à Edarra. Une tentative maladroite de récupération sur le chemin, mettant en scène une attaque de la part de gens de l'Orage, fut un second échec. La blessure physique fut aussi longue à guérir que la plaie d'orgueil.


● Histoire :
J'étais une enfant passablement laide. Oh, je n'étais pas difforme, non, mais j'étais dépourvue de la grâce ordinaire commune à bien des enfants ; j'étais pataude, aux bras trop longs, aux jambes trop courtes, au tronc trop osseux. Lorsque je me plonge dans mes souvenirs lointains, je me souviens de cette impression de transparence, de désintérêt que je provoquais par mon apparence. Non pas que j'en étais négligée, mon statut me gardant de l'oubli par essence, mais je n'avais jamais connu la caresse d'un éclat d'admiration à croiser un regard étranger. On me regardait, on me saluait, et c'était tout ; je ne me gravais pas dans la mémoire d'autrui, et nul poète n'aurait songé à chanter autre chose que la vivacité d'esprit que je m'étais fait fort d'entretenir afin de m'enorgueillir que quelque chose.

Puis, le temps m'a dépouillée de la peau de la fillette pour me draper de la robe de la véritable féminité, celle faite de rondeurs et de sang secrètement écoulé. J'avais la moitié de mon âge d'à présent, pourtant je me souviens encore de cette frayeur mêlée de fierté que j'avais à m'observer en métamorphose. Ma gorge se gonflait d'orgueil et des courbes berçant le désir, mes pieds portèrent des jambes allongées, qui me donnaient une démarche de biche et non plus de chevreau tremblant, ma taille se creusait pour inciter les bras à venir s'en saisir, et mes reins, eux, s'alanguissaient pour promettre silencieusement d'accueillir la vie et le plaisir à la fois. J'ai eu peur, oui, comme sans doute bien des jeunes filles, mais à voir cette façon qu'avaient des hommes qui me considéraient jusque là comme un nom de la famille, mais pas comme une personne – encore moins comme une femme – je redressais la tête, pleine de défi et d'insolence, je cessais de mordre mes lèvres comme mes ongles ; les premières devenant onctueuses et brillantes quand les seconds se firent élégants et racés. Je ne suis pas devenue un fantasme incarné, non, je suis simplement passée de médiocre à agréable, mais la transcendance fut suffisante pour me marquer jusqu'au plus profond de mes entrailles.

Jamais je ne me suis lassée de ces œillades, et sitôt que j'ai réalisé le pouvoir de la beauté, j'ai tout fait pour m'en emplir davantage. Je ne l'étais pas encore assez, et ne le serai jamais trop. Jusqu'alors, on ne vantait que ma verve, ma façon de protéger mon cousin Asafa de l'agacement que pouvaient produire ses innombrables facéties, mais, armée de cette beauté, on me voyait enfin telle que je me savais être : redoutable. Ma mère me prit alors davantage comme élève que comme descendante, et nos rapports changèrent du tout au tout ; si je n'eus plus de tendresse de sa part, elle m'a confié ses secrets d’alcôves et tout son savoir quant à l'âme, la chair, et leurs faiblesses conjointes. Le temps et les événements ont éloigné de moi mon cousin, me privant d'un ami très cher, et au milieu de cette solitude curieusement entourée, j'ai affiné mon caractère. Je me suis aiguisée, j'ai tâché de me débarrasser des innombrables faiblesses qu'une enfant pas si sûre d'elle pouvait avoir. Je me suis voulue inébranlable. Je n'ai eu aucune indulgence de la part des miens, si ce n'était de mon père, durant cette période-là, mais je ne leur en veux en aucune façon : c'est bien ce qui a achevé de tremper le fer ciselé dont je suis faite. J'ai appris alors le réel sens d'être une Ferboys, l'implication véritable de ce qu'est être dornienne : depuis lors, j'ai juré de remettre ma Maison à sa place légitime, de rendre à notre terre insultée sa puissance d'antan, celle capable de rire aux gueules des Dragons. Ma spiritualité depuis lors est simple : je vénère Dorne et tout ce qu'elle est, dans tout ce qu'elle implique.

Vint l'âge où me marier pouvait être utile ; j'y réfléchis longuement. Mon oncle, notre lord, n'avait toujours pas de descendance, ma mère était l'héritière en second et moi son aînée ; en conséquence de quoi la Maison pouvait échouer à ma responsabilité si le temps ne rendait pas l'épouse du lord fertile. Mon frère était un enfant à l'esprit très vif, presque davantage que le mien, mais bien trop impulsif à mon sens, moi qui n'avais déjà que peu de retenue ; mais ma mère sut me convaincre d'espérer épouser un héritier, voire même un lord déjà, pour nouer une alliance forte que seule une femme comme moi saurait faire tenir. Elle craignait que nul autre Ferboys ne sache avoir la verve nécessaire pour chasser la frilosité d'autres Maisons importantes, qui pourraient craindre de vexer la lignée princière. Je consentis à ne trouver meilleur parti que moi, et cherchais le plus beau pour ma part. Conviant quelques ménestrels et autres gens bavards, je me montrais éclatante, agréable, séductrice au possible : la manœuvre fit son effet et j'étais bientôt vantée comme d'une beauté resplendissante ça et là dans le désert. On vint me voir, je fus courtisée à loisir ; Oberyn Dayne fut celui qui me montra la meilleure opportunité. Je mentirais si j'affirmais avoir été conquise : son statut me plaisait davantage que sa voix ou ses façons de m'approcher, que je trouvais trop franches et, soyons honnête, peut-être trop directes et naïves pour ensorceler quelqu'un comme moi... Mais je lui donnais le change : il fut dit que notre alliance serait faite.

Las ! Les hommes sont impatients et parfois stupides, il me le montra dans le sens opposé à celui que j'espérais : loin de m'épouser très vite, il se jeta dans les batailles qui grondaient loin de Dorne, dans le Conflans, et il me faudrait attendre son retour avant de prendre son nom. La peur me prit à la gorge. Quoi, quoi ? Il en était hors de question – hors de question ! S'il mourrait, je perdais mon opportunité incroyable, j'abandonnais beaucoup de mes projets, et si je manœuvrais envers l'héritier en second, l'indélicatesse de la chose me pointerait très nettement du doigt et entraverait mes plans. Il fallait que je vienne à lui, que je m'assure de sa vie, que je lui arrache une promesse véritable. Impulsivement, je partis, non sans entraîner quelques gardes avec moi. Et je fus prise au milieu d'une bataille, contre ces fameux Fer-Nés. Salvemer m'avait piégée, je me devais de la défendre pour me protéger moi-même. Soit ! Si je brillais céans, mon blason n'en serait que renforcé ; je me jetais dans l'affrontement avec une énergie désespérée. J'atteins une tour, nommée Retentissante, dont le clocher avait la puissance nécessaire pour avertir tous les seigneurs voisins, et ainsi convoquer une aide considérable ; une certaine lady Rivanon Mallister et moi-même purent repousser les assaillants et sonner le tocsin. Nous fûmes secourues, je retrouvais mon fiancé.

Cette rencontre à fleur de guerre me laissa un souvenir marquant. L'odeur du sang emplissant mes narines, j'avais encore sur mes paupières les flots de sang qui avaient coulé, et qui coulaient encore lorsque je fermais les yeux ; malgré toute la fermeté dont je me croyais faite, mes mains tremblaient, mon cœur, lui, se trouvait trop vide. Qu'étions-nous, si faibles, tous, si éphémères, si facilement tués ? Tant de fragilité me sauta au visage et ce fut avec un bonheur trop grand et trop sincère que je retrouvais mon chevalier dornien. J'obtins de lui ce que j'étais venue chercher, à savoir sa parole donnée quant à nos fiançailles, mais je ne parvins pas à m'en réjouir comme je pensais le faire. J'avais eu peur pour moi, réellement, et j'avais maintenant très peur pour lui. Sa façon de me tenir les mains, de vouloir me rassurer quant au sang éclaboussé me toucha, et des sentiments non feints naquirent. C'est une faiblesse, je le sais ; je ne parviens pas à m'en défaire. Sans doute parce que je n'en ai guère envie. Je me suis remise du reste, et n'ai pas renoncé à mes projets, bien au contraire, pas plus que je n'ai peur de la mort ou des affrontements ; seulement son regard est resté depuis à flotter sur mon cœur. Je ne l'ai jamais avoué à quiconque, et je ne l'avouerai jamais.

L'année suivante... L'année suivante, ah ! Elle n'est pas terminée encore, mais je voudrais l'arracher des livres et des mémoires. L'année suivante, en 212 donc, lord Ambrose Beurpuits convia des invités à son mariage, et j'en fus, mon cousin Asafa lui aussi. Nous ne venions pas seulement leur sourire et nous montrer, non, nous venions soutenir une rébellion qui s'y tenterait, menée par des rebelles Feunoyr. J'irai vite à ce sujet : ce fut un désastre. Un échec pathétique. Une injure à mon talent, à mon nom, et, bien plus impardonnable, à ma Maison entière ; un otage fut cédé en échange de notre relative tranquillité quant aux conséquences, en dehors de ce sang qu'il nous fallait laisser vivre sous le joug des Dragons et de leur Reine-Mère Martell – cette seule évocation fait grincer mes molaires et déforme mon beau visage d'une haine terrible – je voulus récupérer ce malheureux concours de circonstances défavorables, j'eus une idée qui me sembla sur l'instant fort brillante : oui ! Et si je faisais encore confiance à des étrangers ? Et si je me lançais dans une action montrant que la Maison Martell cherchait à nous éliminer, mon cousin et moi ? Assurément, la chose troublerait la donne et les esprits, le camp vainqueur et resplendissant ne serait plus si évident, voilà qui donnerait à penser à beaucoup ! Ah, je me serais applaudie.

Quelle sotte ai-je été. Un nouvel échec se rajouta au premier, me laissant, qui plus est, profondément blessée. Je payais d'une flèche dans l'épaule ma confiance, et d'une vive humiliation ma machination qui ne prit pas. Presque personne ne s'y trompa et je rentrais aux Osseux affaiblie, contrainte de garder le lit. Je ne versais pas une larme, ni de douleur ni de rage, mais les longues journées écoulées ont passé sur mon âme comme autant de drapés d'aigreur et de ténèbres. J'avais été trop impulsive, bien trop impulsive, mais loin de m'enseigner l'humilité, j'apprenais plutôt les vertus de la patience, ainsi que de la méfiance envers les étrangers : désormais, ils ne seraient que des outils involontaires, et jamais je ne me fierai à leur hypothétique compétence – j'ai bien vu ce qu'il en était. Il va me falloir sourire, ourdir, policer, feindre, trouver les mots justes et ciseler le ton adéquat afin de ne plus céder de terrain, de reconquérir les cœurs et les confiances, de gommer le souvenir de cet incident désagréable pour le maquiller d'excès de jeunesse, rien que ça, rien de plus ; si je n'ai pas peur des efforts, encore moins des affrontements stratégiques et des joutes verbales, je conçois une frayeur secrète que je ne peux confesser à personne. Depuis mon lit, je n'ai eu aucune nouvelles d'Oberyn, et mon cousin Asafa, qui m'avait toujours été voué, s'est fiancé. Une alliance est une bonne chose, surtout pour lui, surtout qu'elle est belle, à ne pas manquer ; mais le silence de mon fiancé n'est, lui, pas la meilleure des augures. En ai-je trop fait ? Suis-je impardonnable ? Vais-je connaître un nouvel et cinglant échec ?

Non, non. Non. Je vais me redresser. Depuis mon lit, je fourbis ma plume, dresse des écrits, passe sur ma peau et mes cheveux des huiles et des intentions constantes. Je médite sur mes futures diatribes, je me penche sur des accords féconds possibles. Je choisis avec soin mes vêtements, mes parfums, trouve une nouvelle danse à glisser dans ma démarche. Je suis une arme qui s'est seulement heurtée à une roche trop dure. Je ne suis pas brisée ; je vais même m'en aiguiser davantage. Nous gardons la voie, moi, j'ouvrirai toutes les portes, je trancherai toutes les réticences.

Je suis plus dangereuse que jamais.


● Inventaire : Je possède nombre de robes, d'effets destinés à entretenir mon éclat et une panoplie d'écriture toujours parée à servir.
J'ai quelques servants discrets, dévoués et complices.
Une magnifique dague en acier, au manche fait en os de dragon sculpté, est toujours à mon flanc, proche de ma main. Je la considère comme mon miroir le plus fidèle, tant elle me représente.



● Pseudo : Cybie, Mimichoute, la dodue aussi... Piochez dans les surnoms qu'on m'a donnés ici Razz
● Âge : Entre 20 et 30 !
● Divers : J'espère que Maron, Oberyn et Asafa seront contents du résultat, j'ai la pression
● Avatar : Gemma Aterton
● Connaissez-vous le Roman ? Oui, je lui ai même parlé, une fois. Par contre, il ne m'a jamais répondu. Rustre.
● Comment avez-vous connu le forum ? Par un fer-né qui m'a enlevée alors que je naviguais sur le net, sans méfiance.
● Comment trouvez-vous le forum ? Facilement, je peux taper son url avec le nez sans regarder.
● De quelconques suggestions ? Des câlins pour toute inscription validée ? Non ? Allez ?



Dernière édition par Edarra Ferboys le Sam 23 Mar 2013 - 6:35, édité 2 fois
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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
368/500  (368/500)


Message Ven 15 Mar 2013 - 19:52

Soit à nouveau la bienvenue sur le forum, Edarra !

Et bien que dire si ce n'est que ta fiche est parfaite ? Comme je m'y attendais, l'histoire ne comporte aucune erreur, tu as intégré toutes les actions des joueuses passées, tout en rendant le tout beaucoup plus logique (notamment au niveau de tes sentiments pour Obeyrn). Bref, je suis heureux de voir une Edarra à la hauteur du rôle qui l'attend ! J'ai hâte de te voir à l'action avec ce type de personnage !

En tant que dame de la maison Ferboy, tu bénéficies évidemment des ressources de ta maison. Toutefois, d'un point de vue RP, tu disposes surtout de tes possessions de départ, sans oublier que tu débutes le jeu avec 30 dragons d'or. Tu pourras te servir de cette somme pour acheter des biens aux marchands ou tout autre chose. Même si ça n'en a pas l'air, il s'agit quand même d'une petite fortune ! N'oublie pas de les ajouter à ton inventaire, dans ta fiche de personnage (accessible dans ton profil) !

Bref, si cela ne semblait pas encore clair, je te valide ! Tu vas donc pouvoir te lancer dans le jeu ! N'oublie pas de remplir ton profil, ta fiche de personnage et de poster les fiches relatives à ton personnage. Tu peux aussi aller signaler ta position sur le continent à cet endroit. N'oublie pas de consulter les autres sujets du bureau du Grand Mestre pour t'intégrer dans le contexte ou pour découvrir lady Coeurdepierre ! Tu pourras ensuite débuter le jeu en consultant les demandes, en postant la tienne ou en demandant directement à un joueur. En cas de questions, n'hésite pas à poster dans la Tour de la Main ou à m'envoyer un MP. Enfin, n'hésite pas à passer par le flood et la CB pour te faire connaitre et t'intégrer plus facilement sur le forum !

Puisses-tu réussir à réaliser tes noirs desseins !



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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