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Il faut apprendre partout où c'est possible ▬ Eleanor

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Pryam Templeton
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Message Mer 13 Mar 2013 - 13:16

     La petite troupe avait quitté Port-Lannis depuis quelques temps, Pryam ne souhaitait plus rester dans cette région alors que c'était là que toute l'armée du Val se réunissait. Les Templeton n'avaient pas eu à croiser les membres de leur famille, mais le chevalier préférait éviter de tirer le diable par la queue et de jouer la carte de la prudence pour une fois. Ils avaient suffisamment pris de risque en allant s'afficher au tournoi de Murs-Blancs au risque d'être reconnus par d'anciennes connaissances. Ils l'avaient d'ailleurs été, mais heureusement ces personnes n'étaient pas désireuses de leur nuire.

     Les Valois et l'écuyer de Pryam s'étaient récemment séparés de leurs compatriotes Nordiens, ces derniers partageaient leur vie depuis quelques semaines à présent, mais les choses n'avaient pas tourné comme ils l'auraient souhaité. Le chevalier s'était très bien entendu avec la ménestrelle répondant au doux prénom d'Eleyna et en réalité, il l'appréciait peut-être un peu trop à son goût. Après quelques échanges, les deux jeunes gens s'étaient rendu compte qu'ils commençaient à s'attacher l'un à l'autre et si l'idée n'aurait pas été un problème s'ils avaient été du même statut social, c'était malheureusement loin d'être le cas. Eleyna était une simple roturière née dans un village du Nord qu'elle avait fui pour partir à l'aventure et même si le Valois se faisait passer pour un simple chevalier, il possédait un patronyme. Son retour à Neufétoiles était programmé pour dans quelques années, mais il était bien l'aboutissement d'une vie d'errance. Il était donc tout simplement in-envisageable qu'il puisse se lier à une simple roturière, son père ne le lui pardonnerait jamais et il ne tenait plus à la décevoir. Après une explication aussi désagréable que difficile, le Valois avait donc avoué à la jeune ménestrelle qu'il n'était pas qu'un simple roturier et qu'il n'avait rien de plus à lui offrir que son amitié. Même si la demoiselle n'était pas fidèle aux mêmes préceptes que lui, elle avait parfaitement compris qu'un chevalier respectueux de ses vœux ne pouvait envisager de salir l'honneur d'une femme qu'il n'allait pas épouser en lui contant fleurette et cela, même si elle n'était qu'une simple roturière. Le groupe s'était donc divisé sur ces paroles, les Nordiens partant de leur côté et les Valois d'un autre. La question était réglée et bien évidemment, Pryam n'avait pas avoué la véritable raison de cette séparation à sa cadette. C'était désormais du passé.

     Les voyageurs s'étaient donc dirigés vers Vivesaigues où Pryam était déjà souvent passé par le passé. Chaque fois qu'il se rendait dans la forteresse des Tully, le Valois ne pouvait s'empêcher de repenser à lady Maura Arryn qu'il avait croisée lorsqu'il était venu ici pour la veillée funèbre de ses chevaliers tués lors d'une attaque de Fer-nés. Les gens mouraient si rapidement et si nombreux ces dernières semaines, parfois le jeune homme avait du mal à se dire qu'il risquait de ne plus revoir certains visages familiers. Une raison de plus pour éloigner sa sœur des côtes de l'Ouest : il était hors de question que Serena soit mise en danger par sa faute. Pourquoi choisir Vivesaigues ? Parce que l'écuyer de Pryam n'était autre que le jeune frère de lord Frey et qu'il avait manifesté le désir de savoir si son aîné avait bien regagné les Jumeaux après l'incident de Murs-Blancs. La maison aux deux tours avait été assez malmenée à ce moment puisque son nom avait été lié très étroitement à celui des traîtres, il était donc logique que l'enfant se fasse des soucis pour les siens. Le Valois n'avait donc pas envisagé lui refuser cette simple demande, surtout que le petit était très agréable et facile à vivre.

     Lorsqu'ils posèrent le pied en ville, Pryam s'assura tout d'abord que ses compagnons de voyage soient bien installés, puis il décida d'enquêter un peu dans les tavernes et auberges de la ville. Avec le départ du plus gros des armées de la côte ouest de Westeros, beaucoup de régions allaient être presque désertées et le chevalier s'imaginait donc qu'il pourrait trouver quelques petits boulots dans les environs le temps de remplir à nouveau sa bourse pour mettre un petit pécule de côté. Maintenant qu'il avait la charge d'autres personnes que son écuyer et ses montures, il ne pouvait pas se permettre d'être à sec. Son premier arrêt fut donc pour l'auberge où ils avaient posé leurs affaires et le tenancier l'informa du fait que lady Eleanor Tully avait apparemment commencé à s'intéresser de près à la guerre qui se déroulait non loin de chez elle. Habituellement, les dames ne prêtaient pas grande attention à tout ceci, c'était donc plutôt surprenant, mais peut-être y avait-il des données qu'il ignorait à ce propos ? Le jeune homme vit là une éventuelle occasion de pouvoir apprendre quelques petites choses sur ce qui se déroulait dans le coin : qui d'autre que la sœur du seigneur des lieux, pourrait l'informer à ce sujet ? Cela dit, ce n'était pas forcément très délicat de se présenter en faisant savoir qu'il pourrait aider la jeune dame à approfondir ses connaissances concernant la guerre, puis disons surtout que ce n'était pas trop son type.

     Il bavarda donc un peu avec le tenancier en lui faisant savoir qu'il avait été à Salvemer et à Murs-Blancs et qu'il savait donc que c'était un sujet relativement compliqué. Cette annonce ne manqua pas d'être captée par quelques gardes de Vivesaigues qui devaient certainement être en permission. Toujours est-il qu'ils firent savoir au chevalier qu'il se pourrait que lady Eleanor puisse s'entretenir avec lui, ce à quoi le jeune homme répliqua qu'il en serait plus que ravi. Pryam précisa toutefois qu'il ne possédait aucune autre titre que celui de ser, au cas où la demoiselle n'apprécierait pas de s'entretenir avec un simple roturier. Les hommes s'éclipsèrent en lui faisant savoir qu'il serait tenu au courant si jamais l'idée intéressait la jeune dame. Pryam fut quitte de patienter un bon moment avant que finalement, une domestique du château ne vienne lui faire savoir qu'il pouvait l'accompagner pour s'entretenir avec lady Eleanor. Une sorte de rencontre « officielle » en somme qui mettait le chevalier assez mal à l'aise, mais pour une fois que son expérience pouvait servir, il n'allait pas chipoter. Le blond emboîta donc le pas à la servante et se retrouva bientôt dans l’enceinte du château, introduit dans une pièce dont il n'identifiait pas le rôle principal. Après un certain temps d'attente – il n'aurait su dire combien – une jeune femme entra à son tour dans la pièce : bien habillée, un port de tête qui montrait qu'elle savait se tenir en public, c'était indéniablement une belle femme, même si ce critère ne s'imprima pas dans l'esprit du blond qui n'avait pas l'audace de jauger de la beauté d'une femme qui lui était sur tous les plans. Après l'avoir saluée avec tout le respect qui lui était dû, le Valois prit enfin la parole.

     ▬ Ma dame, c'est une chance et un plaisir de pouvoir vous rencontrer. J'ai cru comprendre que vous aviez quelques questions concernant la guerre qui fait malheureusement rage dans nos contrées ? Peut-être pourrais-je vous aider si vous me dites ce que vous souhaitez savoir ? »

     Mieux valait qu'il puisse le faire en effet, après tout, c'était la raison de sa présence ici ! Son regard neutre se posa sur le visage de la jeune dame. Il avait rencontré sa mère à quelques reprises et leurs traits semblaient très proches. Avait-elle connu lady Maura elle aussi ? Des questions plutôt décalées avec la situation actuelle, Pryam décida donc de mettre ses interrogations de côté et se concentra sur les mots qui sortiraient de la bouche de la jeune noble. Pour une fois qu'il avait l'occasion de s'entretenir avec une dame de son rang, il valait mieux éviter de passer pour un idiot ou un incapable.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Dim 17 Mar 2013 - 10:17

Eleanor était nerveuse. Elle se triturait les doigts tandis qu'elle marchait de long en large dans la pièce où elle se souvenait avoir raconté à Edwyn ses mésaventures, sentant le regard du chevalier peser sur elle tandis qu'il l'observait. La jeune femme appréciait particulièrement cet endroit dont la chaleur et la petite taille n'impressionnaient pas vraiment les visiteurs. Le mobilier était d'une simplicité reposante et rien dans cet espèce de petit salon n'était là pour intimider les visiteurs, bien au contraire.

C'était probablement pour ça qu'elle avait choisi cette pièce plutôt qu'une autre, sa démarche étant assez inhabituelle pour ne pas avoir à rajouter en plus la tension d'un lieu à l'atmosphère chargée et impressionnante. La Tully réussit enfin à s'arrêter de marcher quelques instants, le regard rivé sur le feu qui crépitait joyeusement devant elle. Le temps s'était rafraichi et le vent qui soufflait dehors ne donnait guère envie de sortir mais, surtout, semblait souffler que l'automne était bien installé et qu'il fallait prendre garde à cet hiver qui se dessinait au loin. Tandis qu'elle fixait les flammes, pensive, elle jouait doucement avec sa main enfin libérée du bandage qui l'avait enserrée durant plusieurs jours. Ses articulations étaient particulièrement douloureuses et ses doigts avaient maintenant tendance à se recroqueviller d'eux-mêmes si elle ne faisait pas l'effort de les tendre à chaque instant. C'était un exercice difficile et dont elle se serait passée volontiers mais le Mestre avait longuement insisté. Si elle ne faisait rien, elle ne pourrait plus s'en servir complètement, sans compter l'aspect disgracieux que sa main finirait par avoir.

Alors, chaque jour, elle passait des heures à ouvrir et refermer le poing, jouant parfois avec quelques noix qu'elle essayait en vain de briser, n'ayant plus la moindre force dans sa main droite. Au moins, la chaleur du feu semblait avoir quelques effets positifs et elle ne se lassait pas de tendre les mains dans sa direction, laissant son esprit vagabonder en attendant de trouver les mots adéquats pour répondre aux propos du chevalier.

Car elle n'était pas là uniquement pour profiter du feu ou du calme de la pièce, dont le silence n'était pour l'heure troublé que par les mouvements des deux gardes près de la porte, Ser Pryam guettant sa réponse avec un calme des plus impressionnants. Eleanor avait fini par s'habituer à la présence constante des gardes auprès d'elle et n'avait plus cette sensation d'être prisonnière dans sa propre demeure. Les journées et les nuits agitées qui avaient suivi le drame qui l'avait touchée s'étaient quelques peu estompées, laissant à la jeune femme l'occasion de reprendre la contenance qu'elle affectionnait tant.

Mais, ce qui n'avait pas disparu était cette sensation de n'avoir pas compris les tenants et les aboutissants de sa mésaventure. Elle avait été enlevée pour servir de monnaie d'échange, ça, elle l'avait bien compris, mais tout cela faisait partie de quelque chose qui la dépassait complètement. La jeune femme n'aurait pas été utilisée s'il n'y avait pas eu tous ces conflits qui faisaient rage tout autour d'eux. Ces conflits dont elle ne devait surtout pas parler, en dame qu'elle était, toutes ces histoires qu'elle se devait se feindre d'ignorer pour mieux se concentrer sur ses travaux de couture ou ses lectures. Lady Charissa refusait de lui donner plus de détails, arguant le fait qu'elle avait déjà bien souffert et qu'il fallait lui épargner d'autres tourments et même la venue des deux suzerains n'avait fait que lui donner des bribes d'informations glanées ça et là dans les couloirs.

Mais ce n'était pas suffisant et, même si elle savait parfaitement quelle était sa place face à ce genre d'évènements, elle voulait tout de même savoir ce qui se passait réellement. Il n'y avait rien de pire que de devoir assembler par soi-même des informations bien souvent incomplètes, parfois contradictoires et qui ne faisaient qu'inquiéter à défaut de rassurer et de permettre de comprendre certaines choses. Et, puisque personne ne semblait enclin à l'informer directement au sein de Vivesaigues, elle trouverait les informations au-dehors. L'entêtement d'Eleanor lorsqu'elle voulait connaître absolument quelque chose était devenu presque légendaire au sein de la Maison et cela n'avait pas changé malgré ce qui avait pu lui arriver.

C'est pour cela qu'elle avait fait passer le mots auprès des gardes de Vivesaigues. Si l'un d'eux entendait parler d'un chevalier prêt à conter ses aventures et à être reçu par la fille de lady Tully, il fallait absolument qu'ils viennent lui en parler. La confiance et l'affection de la plupart des gardes pour la jeune femme lui avaient permis d'obtenir rapidement une réponse, l'un d'eux revenant rapidement en lui indiquant qu'il avait peut-être trouvé la personne adéquate.

Après avoir attendu de longues minutes devant la porte close, elle avait fini par entrer dans la pièce où l'attendait celui qui allait peut-être pouvoir répondre à certaines de ses questions. Se décidant enfin à lever les yeux dans sa direction, elle l'observa à son tour et esquissa un sourire. Son visage avenant rassura Eleanor qui, dans un premier temps, se contenta de hocher doucement la tête à ses propos. Elle avait en effet quelques questions et espérait qu'il se trouverait enfin quelqu'un prêt à lui répondre sans détour et sans vouloir la protéger.


"Ser Pryam c'est bien cela ? Nous nous sommes déjà rencontrés non ? Il y a longtemps et dans des circonstances malheureusement peu joyeuses. Je suis heureuse que vous ayez répondu à ma demande."

La jeune femme ne savait pas ce qu'elle devait réellement faire. Lui proposer de s'assoir ? S'assoir et attendre qu'il fasse de même ? Si elle était au fait du protocole en temps normal, elle n'avait guère de souvenirs quant à une situation comme celle-là. Elle réprima une petite moue indécise avant de finir par lui désigner les deux sièges qui se tenaient non loin du feu.

"J'ai en effet des questions et j'aimerais avant tout savoir si vous seriez prêts à y répondre sans détour. Beaucoup pensent que les femmes n'ont pas à s'interroger sur ce qui se passe actuellement sur nos terres et, en temps normal, je n'aurais probablement pas cherché à le faire. Ce n'est pas dans mes… attributions de me soucier de politique ou d'autres choses du même acabit. Mais il y a une différence entre ne pas se mêler des affaires des hommes et fermer les yeux face à ce qui se passe. Me comprenez-vous ?"

Eleanor s'arrêta, étonnée par sa propre verve tandis qu'elle s'installait sur l'un des sièges.

"Prenez place je vous prie."

Un temps, tandis qu'elle jetait de nouveau un regard pensif au feu, puis elle reprit, d'une voix toujours aussi douce et posée.


"Avez-vous vu la guerre de près Ser Pryam ? Et dans quelle occasion ?"
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Pryam Templeton
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Message Dim 17 Mar 2013 - 16:58

     La jeune dame avait l'air quelque peu mal à l'aise. Était-ce la première fois qu'elle recevait seule ? L'hypothèse était probable, sachant que la dame de Vivesaigues était encore en vie, ce devait certainement être elle qui se chargeait de recevoir les invités. Devant cette indécision qui lui était familière puisqu'il la vivait quasi quotidiennement, Pryam se contenta de rester muet à patienter. Rien ne servait de la brusquer, sauf s'il désirait passer pour un rustre bien évidemment. Lorsqu'elle prit la parole pour parler de leur précédente rencontre, le Valois ne dissimula pas sa surprise. Il ne s'était pas réellement attendu à ce qu'elle se souvienne que leurs routes se soient déjà croisées, mais cela lui donnait une excellente « première » impression de la jeune femme. Une dame qui prêtait autant d'attention à des détails – car il en était un de par son rang – méritait forcément le respect.

     ▬ En effet. »

     De simples mots prononcés sur un ton poli. Ils ne reflétaient absolument pas ce qui se passait dans son esprit, mais depuis qu'il était écuyer, le jeune homme avait compris que son rôle face aux nobles, était de faire concis et de ne pas s'étaler sur ce qu'il pensait. Cela n'intéressait personne.
     Après cette brève entrée en matière, la jeune dame reprit la parole afin de lui expliquer qu'elle attendait de lui des réponses sincères et qu'elle désirait la vérité. Ce que lady Eleanor disait était parfaitement véridique : nombreux étaient ceux qui considéraient que les femmes n'étaient bonnes qu'à enfanter et élever les enfants, mais sans devoir – ou pouvoir – se mêler à la vie politique de leur maison. Mais Pryam n'était pas de ceux-là, il ne comptait pas enrober ses paroles pour préserver les oreilles et l'esprit de son interlocutrice. Si elle lui demandait la vérité et bien, il la lui donnerait. Le Templeton avait toujours apprécié de voir des femmes se mêler à la politique ou aux combats, elle apportait une autre vision des choses qui pouvait beaucoup changer la donne. Alors oui, il comprenait parfaitement.

     ▬ Absolument ma dame. »

     Toujours le même ton posé. Après l'invitation de lady Eleanor à s'asseoir, Pryam s'exécuta tout en posant ses yeux sur le visage de son interlocutrice. Il ne la fixait pas avec intensité, non, il la regardait comme un chevalier se devait de regarder quelqu'un qui lui était supérieur. Son maître avait passé des semaines à insister sur ce point et au final, c'était devenu aussi naturel que de respirer. La question vint alors, le Valois resta muet quelques instants, détournant son regard pour réunir ses pensées, puis reporta son attention sur la demoiselle pour lui répondre de la manière la plus complète possible.

     ▬ En quelques sortes, oui. J'ai assisté et participé à la bataille de Salvemer, j'imagine que vous devez en avoir entendu parler ? Il sonda son regard quelques instants avant de reprendre. Lady Rivanon Mallister m'avait recruté pour venir à Salvemer comme elle craignait que les raids des Fer-nés n'arrivent jusqu'à chez elle. Les Sept ont prouvé qu'elle avait parfaitement raison puisque quelques jours après mon arrivée, ils ont attaqué. Il marqua une légère pause. Normalement vu l'ampleur de l'attaque, la jeune femme devait en avoir entendu parler, mais il ignorait si elle s'y était intéressée auparavant. Il ne s'agissait pas d'une simple attaque de ce que j'ai cru comprendre. Apparemment les Fer-nés espéraient bien pouvoir piller Salvemer de fond en comble, heureusement la défense a été suffisante pour que le tocsin soit sonné et fasse fuir les assaillants. Nouvelle pause alors qu'il songeait encore à la violence de la bataille. Lui-même avait eu du mal à comprendre comme est-ce que l'on pouvait survivre dans une pareille mêlée. Comme ils ont attaqué de nuit, nombreux ont été ceux qui se sont fait surprendre. Qui plus est, un feu s'était déclenché dans une ruelle de la ville et a accaparé beaucoup de gardes et de chevaliers. »

     Le feu avait volontairement été déclenché d'ailleurs. Des Fer-nés avaient été retrouvés, déguisés et ayant réussi à s'infiltrer dans la ville pour y mettre le feu de manière à détourner l'attention du large. Pour être sincère, avant cet affrontement, Pryam avait toujours considéré les Fer-nés comme des combattants doués, mais pas franchement stratèges ou intelligents. Ce qui s'était ensuite passé à Port-Lannis avait achevé de prouver qu'ils n'étaient pas aussi stupides que ce que beaucoup de personnes voulaient faire croire. Était-ce là ce qu'attendait la jeune dame ? Le Valois ne savait pas exactement ce qu'elle espérait apprendre de sa bouche, il se voyait mal lui conter chaque minute de cet affrontement, peut-être qu'elle lui préciserait ses désirs ? Il décida de lui donner encore quelques détails avant de se renseigner davantage.

     ▬ Les Fer-nés sont d'excellents combattants. Ils ont tué beaucoup d'hommes de soir-là, chevaliers comme simples paysans. Je sais que l'on dit d'eux qu'ils ne sont que des charognards, mais croyez-moi ma dame, ils sont bien plus que cela. Pryam stoppa se rendait compte qu'il pouvait avoir l'air d'admirer leur talent. Il précisa donc ses paroles. Je ne fais pas leur apologie bien évidemment, mais c'est un peuple de guerrier et je crois qu'ils doivent être les plus redoutables adversaires que nous puissions combattre à ce jour. Je me passerais bien volontiers du fait de devoir à nouveau croiser le fer avec l'un d'entre eux à l'avenir. Même si avec les temps qui courent, c'est difficilement réalisable j'en conviens. »

     Avouer le respect et le semblant de crainte qu'ils provoquaient chez lui n'était pas une honte. Pryam avait appris à respecter et même admirer parfois, certains de ses adversaires. Ceux de valeur notamment et l'on ne pouvait pas leur enlever qu'ils étaient très doués dans ce qu'ils faisaient. Mais désormais, il était temps de savoir ce que lady Eleanor attendait exactement de lui.

     ▬ Il y a beaucoup de choses à conter à propos de la guerre ma dame. Si vous me disiez ce que vous désirez savoir avec plus de précision, je vous serai certainement d'une plus grande aide. »

     Ce n'était pas un ordre bien évidemment, juste un conseil. À elle d'en tenir compte ou non, il se plierait à sa décision.


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Message Sam 23 Mar 2013 - 8:55

Le calme dont faisait preuve le chevalier eut le don d'apaiser Eleanor qui cessa enfin ses va-et-vient et cessa de se triturer les mains, le regard rivé sur Pryam, un sourire incertain flottant sur ses traits avant qu'elle ne reprenne un semblant de contenance. Elle savait qu'elle se devait de tenir son rôle de Lady, étant seule à accueillir le chevalier dont elle gardait un vif souvenir malgré la brièveté de leur rencontre. Les circonstances avaient marqué Eleanor qui, malgré le deuil qui avait touché sa famille lors du Fléau du Printemps, n'avait que peu souvent été confrontée à des évènements tragiques, pour ne pas dire jamais, tout du moins jusqu'à ces dernières semaines.

Elle laissa alors échapper, la mine pensive tandis qu'elle continuait d'observer le chevalier avec cette curiosité teintée d'innocence dont elle n'avait pas conscience mais qui la caractérisait parfaitement dans cette situation.


"Il est toujours agréable d'avoir un visage amical dans de tels moments, qu'il soit connu ou non. Cela a été votre cas lors de votre passage à Vivesaigues."

Alors qu'elle finissait sa phrase, elle se rendit compte que, d'une certaine façon, elle s'était sentie obliger de justifier le fait qu'elle se souvienne de lui, sans bien savoir pourquoi. Peut-être n'en avait-elle pas l'obligation, peut-être que si. Toujours est-il qu'elle refusa de se pencher sur la question, préférant garder le naturel avec lequel la discussion avait commencé plutôt que de se perdre en formules de politesse en tout genre.

Se mordillant légèrement la lèvre, la jeune femme guetta néanmoins la réponse du chevalier à sa première question, la plus importante selon elle. Si elle avait voulu qu'on lui resserve les mêmes ritournelles, Eleanor se serait contentée d'interroger le Mestre ou toute personne du château qui aurait été prête à lui consacrer quelques instants, ce qui était tout sauf une réelle difficulté à trouver. Mais ce qu'elle attendait, ce qu'elle recherchait était plus délicat, c'est pourquoi elle laissa filer un soupir de soulagement à peine audible aux quelques mots de Ser Pryam, réalisant qu'il ne s'était guère perdu en conjectures pour lui répondre. Il avait été direct, sans fioritures et la jeune femme ne pouvait qu'apprécier une telle réaction.

Se contentant de hocher la tête, comme pour le remercier de sa réponse sincère et directe, Eleanor guetta la suite des propos du chevalier avec une attention décuplée. Elle avait vaguement entendu parler de la bataille de Salvemer avant qu'on ne lui fasse comprendre une fois de plus que ce n'était pas le genre de sujet qui devait alimenter les discussions qu'elle pourrait avoir avec ses proches ou les personnes qu'elle pourrait rencontrer.


"Lady Mallister a fait preuve de sagesse en anticipant les attaques si je comprends bien. Je ne la connais pas très bien, mais elle m'a toujours donné l'impression d'être une personne très avisée, vous ne faite que me conforter dans cette idée."

Lady Rivanon avait toujours impressionné Eleanor, d'aussi loin qu'elle se souvienne. L'assurance de la jeune femme et sa force contrastaient tellement avec sa propre timidité qu'elle avait souvent du mal à entretenir une discussion avec elle sans avoir l'impression d'être maladroite ou de ne pas savoir quoi dire d'intelligent.

Lorsque Ser Pryam évoqua pour la première fois le nom des Fer-nés, la Tully sentit un frisson lui parcourir l'échine tandis que des images des quelques marins qu'elle avait pu apercevoir lors de sa mésaventure lui revenaient à l'esprit. Rien dans les propos qu'il pouvait tenir ne l'étonnait. Elle, qui n'avait rien d'une combattante, avait pu ressentir cette assurance qui se dégageait d'eux. Elle n'avait pas compris sur le moment c qui l'avait choquée mais, maintenant que le chevalier l'évoquait à haute voix, elle comprenait. Ils étaient des vrais guerriers, de ceux qui ne reculent devant rien pour obtenir ce qu'ils voulaient. Et c'était donc contre eux que les siens allaient devoir se battre si elle comprenait bien. L'espace d'un instant, Eleanor ne put s'empêcher de remercier les Sept que son frère soit bien trop jeune pour mener lui-même ses troupes à la bataille, se souvenant du regard du capitaine du navire lorsqu'il avait croisé le sien. Ils ne feraient preuve d'aucune pitié, elle en avait la certitude.

Elle buvait littéralement les paroles du chevalier, même si elle avait du mal à s'imaginer une ville en flammes et tous les morts dont il parlait. Pour elle, tout cela ne restait qu'une histoire qu'on lui racontait dont la réalité lui filait entre les doigts. Pourtant, les questions se bousculaient dans l'esprit de la jeune femme et il lui fallut quelques instants avant de répondre, d'une voix qu'elle essaya de rendre plus assurée qu'elle ne l'était réellement.


"Et bien… comme vous devez vous en douter, je ne suis guère au fait de la situation actuelle. Il semblerait que mon bien-être personnel et mes leçons de danse doivent être prioritaires à cette recherche d'informations. Je ne saurais dire si c'est une bonne ou une mauvaise chose, ce n'est pas à moi d'en juger, mais le fait est que je veux savoir ce qu'il en est. Plusieurs suzerains sont venus à Vivesaigues et il règne une agitation que je ne peux ignorer, d'autant plus si j'ai la prétention de vouloir servir au mieux ma famille."

Prenant une petite inspiration, la Tully reprit, d'une voix un peu plus calme mais qui ne cachait en rien ses appréhensions.


"Qu'est ce qui est à l'origine de ce conflit ? Personne n'a été en mesure de me fournir une réponse identique. La situation est-elle aussi grave que les rumeurs le prétendent ?"

Elle laissa filer un temps, hésitante, une petite moue se dessinant sur ses lèvres avant qu'elle ne finisse par se décider, d'une voix plus basse.

"Et, vous dites ne plus avoir envie de croiser le fer avec eux. Vous ne devez pas être le seul non ? N'y a-t-il vraiment plus aucune autre alternative ?"

Rien que l'idée de savoir que le sang allait fatalement couler de nouveau était une idée qu'Eleanor avait du mal à accepter, d'autant plus qu'elle réalisait brusquement que la présence du chevalier donnait un visage à tous ces hommes qui allaient affronter les Fer-nés, que tout cela ne serait plus qu'une simple histoire si elle venait à apprendre qu'il lui était arrivé malheur.
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Message Sam 23 Mar 2013 - 16:55

     Lady Eleanor avait l'air particulièrement attentive aux explications de son interlocuteur, chose à laquelle le blond n'était pas habitué et qui le troublait quelque peu. Le risque de dire une sottise n'était jamais totalement absent et face à une personne de l'importance de la jeune dame, il était inutile de préciser que la moindre fausse note serait décuplée. Essayant de ne pas se concentrer sur ce détail, sous peine de se pousser tout seul à bafouiller, le jeune homme écouta lady Eleanor parler de sa voisine de Salvemer. Il était vrai que lady Rivanon avait été très prudente et surtout très éveillée en prenant les devants. Qui avait dit que les Fer-nés allaient attaquer ? Personne. Mais ils pillaient les côtes du Conflans depuis bien longtemps lorsque Salvemer avait été leur cible, c'était donc une sorte de logique, celle-là même que les chefs de guerre possédaient. Sans aucun doute possible, la jeune dame de la maison Mallister était loin de se borner aux atouts d'une simple dame, elle se révélerait d'une grande aide pour son futur époux. Le jeune homme acquiesça du chef.

     ▬ Elle a fait preuve d'une grande logique. »

     Depuis leur première rencontre à Port-Réal, le Valois avait été impressionné par la prestance de la demoiselle et il ne le lui avait guère dissimulé. Les femmes qui savaient prendre les choses en main étaient rares ici bas, surtout dans la noblesse comme elles étaient presque toutes élevées dans l'idée de devenir de bonnes épouses et donc, de ne pas sortir du moule. En ce qui concernait son interlocutrice, c'était aussi le cas. Lady Eleanor faisait preuve d'une initiative peu commune en souhaitant se renseigner sur des sujets qui ne devaient pas être souvent abordés dans les discussions qu'elle avait avec les autres dames de son rang. Même si elle tait différente de lady Rivanon, la demoiselle à la Truite savait aussi marquer l'esprit du Valois qui n'en fit cependant pas état.

     Un silence s'en-suivit tandis que la jeune dame devait certainement analyser les informations qui lui avaient été données. Le blond resta silencieux, patientant le temps que les questions arrivent. Car questions il y aurait, Pryam n'en doutait pas une seule seconde. Finalement, lady Eleanor reprit la parole afin de lui faire savoir qu'elle était davantage expérimentée dans des domaines plus féminins et qu'elle souhaitait s'intéresser « au reste » en raison des nombreux va-et-vient de suzerains. C'était l'évidence même. En tant que sœur de lord Tully, la jeune femme devait voir les inquiétudes des seigneurs des régions voisines et de très près, mais ce n'était pas pour autant qu'elle pouvait les comprendre. Comment pourriez-vous cerner les raisons qui poussaient un homme à agir d'une manière précise, si vous ne connaissiez pas le danger qu'il encourait ? Ce serait comme si elle disait que la vie des roturier était aisée alors qu'elle avait toujours vécu dans l'opulence. Un non-sens que beaucoup de nobles avaient, il était donc heureux de voir que ce n'était pas son cas à elle. Le ton de la dame avait beau être quelque peu tendu, elle n'en restait pas moins convaincante. Ainsi, lorsqu'elle commença à poser des questions que lui-même s'était posé, Pryam l'écouta avec attention. Ce qu'elle voulait savoir, le blond ne pouvait pas le lui dire avec exactitude pour la bonne et simple raison qu'il n'était pas dans l'esprit des Fer-nés, mais son expérience pouvait lui donner quelques idées à ce niveau. Pryam prit quelques instants pour rassembler ses pensées avant d'éclairer la jeune femme. Du moins, il l'espérait.

     ▬ Vous savez, personne ne sait réellement ce qui a poussé les Fer-nés à se révolter. Certains disent que c'est le fait d'être sous le joug de la Couronne et de se voir imposer de nombreuses traditions qu'ils n'acceptent pas. C'est un peu comme les Dorniens, ils ne prient pas les mêmes divinités que nous et nous méprisent presque tous, c'est donc presque logique qu'ils n'acceptent pas l'idée de nous être alliés. Il disait qu'il comprenait, mais en aucun cas qu'il approuvait bien entendu. Ce qui a déclenché cette guerre, je dirais que c'est un enchaînement de malheurs, du moins pour nous. Le fléau, la sécheresse, ces événements ont grandement affaiblis Westeros et sachant que les habitants des Iles de Fer ne peuvent rien cultiver, ils doivent bien voler ce dont ils ont besoin ailleurs. Le regard de Pryam restait posé dans celui de lady Eleanor. Jusqu'à présent, ils devaient perdre des mois de trajet pour aller piller les Cités Libres, j'imagine par conséquent qu'ils ont dû voir d'un bon œil l'idée de pouvoir piller sur le continent. Je présume que c'était juste le bon moment pour eux, mais selon moi, ils n'ont pas eu besoin d'une raison très poussée. »

     Il ne basait pas ces dires sur quelque chose de bien probant, simplement sur ses pensées. Pendant plusieurs mois, le Valois s'était demandé ce qui pouvait bien provoquer une guerre entre des régions censées être alliées, il avait donc eu très largement le temps d'analyser chaque possibilité et d'en tirer une idée générale. Après, Pryam n'en parlait jamais avec autrui, il préférait garder de telles pensées pour lui et de toute manière, il était rare que qui que ce soit lui demande ce qu'il pensait de la situation. Mais là n'était pas la seule question de la jeune femme, aussi le chevalier enchaîna-t-il.

     ▬ Je ne crois pas qu'il existe une autre alternative que de se battre contre eux. Voyez-vous, les Fer-nés sont nés et élevés pour se battre et pour piller, ils ne connaissent que cette vie. Que voulez-vous offrir à des hommes qui n'existent que pour tuer et voler ? Si nous leur donnions de la nourriture, il y a fort à parier qu'ils la refuseraient. Leurs traditions obligent les hommes à voler par le sang ce dont ils ont besoin, acheter et accepter l'aumône n'est donc pas envisageable. Pour bien battre son ennemi il fallait le connaître, c'était ce que le maître de Pryam lui répétait sans cesse. Ainsi, le Valois s'était renseigné sur ce peuple et avait acquis quelques connaissances très minimales à ce propos. Je crains que le seul moyen de leur faire comprendre qu'ils doivent se soumettre à la Couronne est de les battre et de mettre à genoux leur seigneur. Et encore, certains risquent de préférer la mort à la reddition, mais j'avoue ne voir aucun autre moyen de mettre fin à cette guerre. »

     Cela dit, il n'avait pas été élevé pour devenir un diplomate ou quelqu'un qui soit capable de résoudre les guerres autrement qu'à la pointe de son épée. Il était chevalier, se battre devait être le seul langage qu'il connaissait, sans compter qu'il n'était pas noble, simplement fils de chevalier fieffé. Son éducation était donc loin de valoir celle d'un véritable noble. Après un bref instant de silence, il conclut.

     ▬ Cela dit, je n'ai pas été éduqué pour trouver une issue pacifiste à un tel affrontement. Peut-être qu'une dame comme vous aura une autre vision des choses qu'un simple chevalier. »


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Mar 2 Avr 2013 - 18:37

Fort heureusement pour Eleanor et pour Pryam, la jeune femme ne réalisait absolument pas que son attitude pouvait sortir de l'ordinaire et que l'attention toute particulière qu'elle portait aux paroles du chevalier pouvait le mettre mal à l'aise. Si elle s'en était rendue compte, elle aurait probablement bafouillé, se serait emmêlée dans ses propos et la discussion aurait probablement tourné court sans qu'elle n'arrive à y faire quoi que ce soit.

Mais le chevalier se montrait à l'écoute et surtout, il ne se perdait pas dans de longs discours pour lui expliquer la situation actuelle, faisant fi de la situation peu habituelle pour répondre au mieux à ses interrogations. A propos de Lady Mallister, ses propos furent brefs mais résumèrent admirablement bien la situation pour Eleanor dont le visage se fendit d'un sourire pensif tandis qu'elle se remémorait les rares occasions où elle avait pu la croiser.


"Voilà effectivement un qualificatif qui me semble très approprié concernant Lady Mallister. Avez-vous eu l'occasion de vous entretenir avec elle ?"

Elle avait beau essayer de se l'imaginer, il lui était impossible de visualiser une discussion entre le chevalier et lady Rivanon, sans bien qu'elle comprenne pourquoi. Peut-être parce que lady Mallister lui semblait tellement inaccessible qu'elle ne se voyait absolument pas aborder ce genre de sujets avec elle sans rougir et balbutier à un point tel qu'elle en serait incompréhensible.

Il était difficile pour la Tully d'aborder ces sujets, non seulement parce qu'ils ne convenaient guère à une jeune femme de sa condition qui n'avait jamais abordé de près ou de loin ce genre d'évènements, mais aussi parce que cela la renvoyait à des inquiétudes bien plus concrètes qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Apprendre l'histoire des conflits passés, la mort d'êtres qu'elle n'avait côtoyés et qui n'étaient pour elle au final qu'un nom dans un ouvrage quelconque n'avait pas du tout la même incidence que de se demander si les gens qu'elle avait pu croiser lors de la visite des suzerains à Vivesaigues allaient survivre à tout cela.

Elle laissa alors échapper, la mine songeuse.


"Alors, si je vous comprends bien, le problème ne date donc pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. Mais comment des peuples qui se méprisent autant et qui ne s'entendent guère ont pu vivre de concert aussi longtemps ? Et les Cités libres se sont laissées piller longtemps ? Je l'ignorais totalement."

Eleanor réalisait qu'il y avait bien des choses dont elle n'avait même pas conscience. Elle n'arrivait guère à se décider si c'était une bonne chose ou une mauvaise et quelles seraient les incidences de son initiative qui ne manquerait pas de revenir aux oreilles de lady Charissa mais aussi d'Edwyn, pourtant, il était beaucoup trop tard pour faire marche arrière, d'autant plus qu'elle n'en avait pas la moindre envie. Fixant le regard du chevalier, elle resta silencieuse quelques instants avant de reprendre, toujours aussi pensive.

"Vous voulez dire qu'ils n'attendaient qu'une excuse, qu'une étincelle, quelle qu'elle soit, pour déclencher tout cela ?"

Ainsi donc, ils volaient, pillaient, non pas par réelle nécessité mais parce que c'était dans leur nature profonde et rien ne pourrait changer cela si elle en croyait les dires de Pryam. Poussant un profond soupir , elle ne put s'empêcher de réprimer une petite moue, fronçant les sourcils, comme si elle butait sur les mots qu'elle essayait de prononcer.

"D'après vous donc, il faut combattre la violence par la violence. Ce serait le seul moyen de leur faire entendre raison… et encore, vous n'avez pas réellement l'air sûr de vous n'est ce pas ?"

La jeune femme essayait de masquer au mieux son inquiétude grandissante. Elle se rendait compte qu'elle avait vaguement espéré qu'apprendre plus de choses à propos de ce conflit à venir aurait réussi à la rassurer, à la persuader que tout irait pour le mieux, que les choses se résoudraient rapidement et surtout, sans dommage pour les gens qui lui étaient chers.
Malheureusement, elle réalisait qu'une fois de plus, elle avait fait preuve d'une rare naïveté. Voilà une chose qui n'était visiblement pas prête de changer, quels que soient les efforts qu'elle pourrait faire en ce sens. Mais l'heure n'était pas du tout à l'apitoiement sur sa capacité à se confronter à la réalité des choses, bien au contraire. Eleanor faisait face à une personne prête à lui répondre sans porter de jugement sur sa démarche et il continuait de parler, de lui éclairer la situation sous un jour nouveau qu'elle ne soupçonnait pas.

Aux propos du chevalier, elle ne put s'empêcher de secouer la tête, la mine penaude.


"Vous surestimez largement mes capacités. Je n'ai ni les compétences ni le recul nécessaire pour prétendre à trouver une autre issue à ce conflit. Mais je suppose que les suzerains et le Conseil Restreint se sont largement concertés avant de se décider non ? Et s'il y avait eu la moindre possibilité de résoudre le problème d'une autre façon, ils n'auraient pas hésité."

Elle avait bien entendu parler de ce fameux Conseil même si elle ne s'intéressait guère à la vie politique du royaume, mais elle n'aurait pas pu affirmer que la décision finale leur revenait ou si les suzerains avaient agi par eux-mêmes, comme l'avait laissé supposer la venue des deux lords sur les terres du Conflans quelques semaines plus tôt. Mais elle espérait, sans se départir de cette naïveté qui était la sienne, que toutes les options avaient bien été étudiées avant d'envoyer tant de gens à une mort presque inévitable.

Penchant la tête sur le coté, la jeune femme, qui avait laissé son regard errer quelques instants sur le feu qui crépitait joyeusement, leva les yeux en direction de Pryam et le fixa, curieuse.


"Vous ne semblez guère enthousiaste à l'idée de ce conflit. Puis-je vous demander ce qui vous motive à vous battre ?"

Se mordillant la lèvre tandis qu'elle réalisait que sa question pouvait être particulièrement intrusive, elle reprit, d'une voix plus hésitante. Elle réalisait qu'elle dépassait certainement les limites qu'elle avait dans leur discussion, quel que soit son rang mais, maintenant qu'elle était lancée, elle ne pouvait guère s'arrêter aussi brusquement, c'eût été encore plus gênant que de continuer.

"Loin de moi l'idée de vous mettre mal à l'aise et je comprendrais parfaitement que vous ne souhaitiez pas me répondre. Mais j'aimerais comprendre ce qui peut motiver les gens à vouloir guerroyer de la sorte."

Eleanor se doutait pertinemment qu'il serait question d'honneur, de protéger leurs terres, les femmes, les enfants, mais elle se demandait tout de même s'il n'y avait pas autre chose qui pouvait lui échapper, que son rôle de lady l'empêchait de voir.
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Message Mer 3 Avr 2013 - 13:54

     Pryam ignorait ce que lady Eleanor connaissait de sa voisine de Salvemer. Même si cela n'avait pas une réelle importance à ses yeux – après tout, l'avis des autres ne l'avait jamais empêché de penser ce qu'il désirait – il ne souhaitait pas froisser une jeune dame qui semblait aussi avenante que son interlocutrice. Le Valois nourrissait une admiration pour lady Rivanon, mais il n'était pas assez stupide pour ignorer le fait que de telles paroles pourraient être malvenues sachant qu'il n'était qu'un simple chevalier errant sans envergure. Cependant, le Templeton avait choisi d'être franc avec la Tully depuis le début de leur entretien, il ne voyait donc aucune raison valable qui puisse le pousser à passer sous silence, certaines de ses pensées.

     ▬ J'ai eu l'occasion de parler avec elle lors de mon recrutement. C'est lady Mallister qui a requis mes services lors d'une rencontre due au hasard dans les rues de Port-Réal. Il se souvenait encore de la forte impression que la jeune femme lui avait fait à l'époque d'ailleurs. J'ai aussi eu le plaisir de pouvoir parler avec elle suite au raid des Fer-nés, lord Mallister ayant récompensé tous les hommes qui se sont battus pour les siens. Pryam avait d'ailleurs reçu un présent certainement plus précieux que tout ce qu'il pourrait posséder au cours de sa vie. Lady Rivanon a d'ailleurs combattu les Fer-nés elle aussi, elle m'a certainement sauvé la vie en détournant l'attention de celui contre qui je me battais. C'est une femme courageuse et que je respecte. »

     Lui avait-elle réellement sauvé la vie ? Pryam ne pouvait le confirmer, elle avait détourné l'attention du colosse qui s'était attaqué à lui et qui avait manqué de lui briser le bras en frappant contre son bouclier avec une force impressionnante. Il était fort probable que le Valois ne s'en serait jamais aussi bien tiré s'il n'avait pas eu l'assistance de la jeune dame qui s'était révélée très douée dans le maniement de l'arc. Quelque chose dont il n'avait pas beaucoup parlé, non pas honte, mais simplement parce qu'il savait que les femmes combattantes n'étaient pas très appréciées en ce bas monde.

     Lady Eleanor reprit alors la parole en soulevant des questions qui avaient aussi longtemps taraudées l'esprit du Valois. Beaucoup d'interrogations, mais en fin de compte, bien peu de réponses. Ou alors uniquement des spéculations. Pryam pouvait toujours donner son avis sur la question, mais il ne pouvait assurer que ce qu'il disait était réellement véridique. Soutenant le regard de la jeune dame, le chevalier errant resta silencieux alors qu'elle multipliait les questions, pour finalement déclarer qu'elle ne possédait aucune compétence pouvant lui permettre de trouver d'autres solutions. Elle semblait grandement se sous-estimer, mais c'était bien souvent le cas des nobles dames. Du moins, c'était ce que Pryam avait cru constater. Ce ne fut que lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau et qu'elle lui posa une question plutôt inattendue, qu'il laissa apparaître une expression de surprise. Il ne s'était pas vraiment attendu à parler de lui et l'interrogation le prenait de court, mais il n'avait strictement rien à cacher. Du moins, pas de ce côté. Un bref sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il rassurait la jeune femme.

     ▬ Votre question est légitime ne vous inquiétez pas, il en faut plus que cela pour me mettre mal à l'aise. Pour être franc, je n'aime pas me battre, si je pouvais éviter de le faire, ce serait avec joie. Je sais que ce doit être étrange d'entendre cela de la part d'un chevalier, mais je ne le suis pas devenu pour pouvoir combattre. Il marqua une légère pause avant de reprendre. Ce qui me pousse pourtant à me battre aujourd'hui, je dirais tout simplement que c'est ma foi. Je considère que c'est mon rôle de devoir aider les gens dans le besoin et il me semble que pour permettre à la paix de revenir, il faut malheureusement passer par le combat. Constatant que de telles paroles pouvaient sembler utopiques, il s'empressa d'y ajouter quelques précisions. N'y voyez rien d'utopique, je souhaite avant tout protéger les miens. J'ai une famille comme tout le monde et j'aimerais pouvoir voyager en me disant qu'ils n'ont rien à risquer de la guerre qui fait rage. J'imagine que vous devez comprendre ce sentiment. »

     Nul doute qu'elle devait déjà avoir eu envie de protéger les siens et d'être prête à faire du mal à d'autres pour y parvenir. C'était malheureux et il aurait été plus simple de tout régler par la voie de la diplomatie, mais Pryam était devenu chevalier et non ambassadeur. Au fond, le Valois était loin d'être un individu altruiste, il souhaitait simplement mettre sa sœur à l'abri et ne comptait même pas prendre part à la bataille finale, c'était dire à quel point il faisait passer les siens avant son devoir à l'égard du petit peuple. Son regard quitta quelques instants le visage de lady Eleanor tandis qu'il reprenait la parole.

     ▬ Concernant vos autres questions, je ne peux que vous dire ce que je pense, mais j'ignore si ce sont là les raisons qui poussent réellement les Fer-nés à agir de la sorte. Je présume que les Cités Libres n'ont jamais riposté pour la bonne et simple raison qu'ils risqueraient de déclarer la guerre à Westeros en agissant de la sorte. Elles ne possèdent pas le même système que nous et j'imagine que s'ils pillent Lys, ce n'est pas Braavos qui ira s'en plaindre. Après tout, pendant qu'ils pillent ici, ils ne pillent pas ailleurs. Cela dit, il ne connaissait pas grand-chose du fonctionnement des Cités Libres. Vous savez ma dame, la relation entre les Iles de Fer et le reste de Westeros n'est pas très différente de celle de bien des nobles. Les Dorniens et les Bieffois ne sont pas réputés pour bien s'entendre, pourtant ils vivent actuellement côte à côte sans se battre. Je présume que les Targaryen avaient simplement prouvé aux Fer-nés qu'ils étaient trop forts pour eux et que cela avait suffi à les tenir tranquilles pendant quelques temps. »

     Combien de fois avait-il vu deux fiefs voisins, dirigés par deux seigneurs qui ne pouvaient pas se supporter ? Trop de fois pour ne pas comprendre que les Fer-nés puissent accepter de vivre avec le continent pour le moment. Ce qu'ils ne pillaient pas, ils l'échangeaient avec les rares marchands qui venaient jusqu'à leurs îles. Sachant qu'ils continuaient à piller ailleurs, ils trouvaient aussi leur compte. Alternant du regard entre le visage de lady Eleanor et le feu qui crépitait, le chevalier enchaîna.

     ▬ Je ne vous cacherais pas que je considère que la violence n'engendre que la violence ma dame. Mais les Fer-nés sont comme des loups, ils ne connaissent que la guerre. Vous pouvez apprendre à un loup à ne pas mordre et à se comporter comme un chien, mais il restera dangereux et s'il sentait un jour l'odeur du sang, il se laisserait aller à son instinct. Je pense que les Fer-nés ne comprennent que par la force oui, mais je ne dirais pas pour autant que j'approuve cette manière de faire. Essayer de pacifier les Iles de Fer était impossible selon le Valois, même si ces pensées le désolaient cependant. Et vous savez ma dame, certaines fois ceux qui décident sont tellement ancrés dans leurs habitudes qu'ils en oublient qu'il existe d'autres solutions. Je pense que vous ne devriez pas vous sous-estimer, le simple fait que vous vous intéressiez à ce qui se passe autour de vous me laisse penser que vous avez plus de compétences et de recul que vous semblez le croire. »

     Il ne cherchait pas à la charmer ou à la complimenter, il se contentait simplement de dire ce qu'il pensait de tout ceci, après tout, c'était ce qu'elle lui avait demandé, non ?


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Dim 7 Avr 2013 - 11:53

Eleanor appréciait de plus en plus la franchise dont semblait faire preuve le chevalier. Il ne cherchait guère à prendre des gants ou, tout du moins, il énonçait des faits sans chercher à les travestir, à les rendre plus faciles à écouter pour la jeune lady qu'elle était. Pour cela, elle en était reconnaissante, même si elle ne voyait guère de moyen de le lui montrer sans se sentir mal à l'aise.

Ses yeux s'écarquillèrent légèrement lorsqu'elle comprit que lady Mallister semblait avoir participé elle-même à cette fameuse bataille de Salvemer. Il lui était difficile de concevoir l'idée qu'une femme puisse faire ce qu'il disait et, pourtant, il ne pouvait pas lui avoir menti, surtout en abordant un sujet aussi délicat.


"J'ai entendu dire qu'il existait des femmes combattantes mais je vous avoue que l'idée de savoir lady Rivanon elle-même au cœur de la bataille est quelque chose de vraiment surprenant. Mais cela n'enlève au rien à l'admiration que je lui porte, bien au contraire. Elle a su faire preuve d'un courage que je lui envie."

Une part d'elle était tout de même curieuse et, l'espace d'un instant, elle essaya sans succès d'imaginer la scène, ses sourcils se fronçant involontairement alors qu'elle visualisait tant bien que mal une lady Mallister recouverte de la tête aux pieds par une lourde armure qu'Eleanor n'aurait même pas pu soulever. Elle secoua la tête comme pour chasser cette image et son nez se plissa tandis qu'elle réfléchissait avant qu'elle ne continue, toujours aussi pensive.

"Il y avait beaucoup de femmes dans vos rangs ? J'ai entendu dire que les dorniennes et les nordiennes pouvaient être plus aisément des combattantes que dans les autres régions mais il y en a quand même qui peuvent provenir d'ailleurs ?"

Maintenant qu'elle était lancée, il était plus facile pour la jeune femme d'énoncer à voix haute toutes ces questions qui la travaillaient depuis plusieurs jours, pour ne pas dire plusieurs semaines, même si ses hésitations, ses doutes quant à la pertinence de ses propos étaient palpables. Mais elle réalisait également que parler au chevalier était bien plus facile qu'elle ne l'aurait imaginé, bien qu'il ne semblât guère posséder de réelle réponse à ses interrogations. Il fallait être réaliste, à mesure que les secondes passaient, elle réalisait qu'il n'y avait probablement personne capable de donner une réponse claire et précise sur les origines-même de ce conflit. Il lui était pourtant difficile de concevoir que l'on puisse s'affronter sans vraiment savoir comment tout cela avait pu commencer mais, après tout, il fallait peut-être parfois résoudre le problème sans savoir d'où il venait quand les choses allaient trop loin.

Réprimant un soupir de soulagement lorsque Pryam esquissa un sourire devant sa question qu'elle jugeait un rien trop audacieuse, la jeune femme l'écouta avec attention, hochant la tête à ses propos et gardant le silence durant de longues secondes à ses derniers mots. Elle comprenait effectivement très bien le sentiment qui l'animait, même si elle n'aurait jamais songé à prendre les armes pour le faire.

"Je vois oui. J'aurais été un homme, j'aurais probablement réagi comme vous. Ma place de femme m'a donné d'autres armes, d'autres moyens dont j'essaie de me servir au mieux pour veiller sur les miens. Mais comme vous, je voudrais être sûre que, où que j'aille, ma famille sera en sécurité et pourra vivre sereinement sans qu'il lui arrive quoi que ce soit. Les vôtres sont loin d'ici Ser Pryam ? Ils ne vous manquent pas ?"

Pour Eleanor, la famille passait vraiment avant tout le reste et elle prenait son rôle encore plus à cœur depuis la disparition de leur père. Réalisant que le statut de chevalier errant de son interlocuteur devait forcément le maintenir souvent loin de chez lui, elle poussa un léger soupir compatissant, essayant d'imaginer sa vie loin de ceux qu'elle aimait sans succès, même si elle comprenait qu'il faisait cela pour les protéger.

"C'est étrange mais guère surprenant de voir à quel point la situation peut être complexe. D'un coté, les seigneurs semblent tout le temps en conflit à l'intérieur des terres mais de l'autre, si l'on attaque l'un d'eux ce serait comme attaquer le reste de Westeros. Je vous avoue que tous ces liens et leurs implications me dépassent quelque peu."

Un temps de silence tandis qu'elle fixait une nouvelle fois le feu, songeuse.

"Chacun essaie de veiller sur les siens du mieux qu'il peut en fait. Si cela doit impliquer que les voisins en pâtissent, au final cela ne dérange pas vraiment les gens tant que ça n'a pas d'incidence sur ses propres terres, c'est bien cela ?"

Elle énonçait ce qui était peut-être une évidence pour bien des gens mais qui était une découverte pour elle. Eleanor avait toujours vécue centrée sur Vivesaigues, elle avait vécu au cœur de sa demeure sans chercher à savoir ce qui se passait au loin, si d'autres pouvaient souffrir et ce qui pouvait leur arriver. Après tout, elle ne les connaissait pas et il était déjà difficile de vivre avec la tristesse de perdre des proches sans rajouter le fardeau de s'inquiéter pour des gens qui ne lui étaient liés en aucune façon. D'une certaine façon, elle comprenait maintenant l'inaction, pourquoi les représailles venaient si longtemps après le début des problèmes. Continuant à voix haute mais d'un ton plus songeur, comme si elle réfléchissait tout haut, elle fixa un instant Pryam.

"Et maintenant que tout le monde se sent réellement menacé, il est temps d'agir ensemble contre l'ennemi commun, en oubliant temporairement les propres dissensions internes. Mais que se passera-t-il après ? Les fer-nés ne seront-ils pas animés par la vengeance ? Comme vous le dites si bien, la force des Targaryen les a tenus en respect quelque temps, mais ça ne durera pas éternellement une nouvelle fois, n'est-ce pas ?"

La violence engendrait la violence, Pryam venait de le dire et, à moins de faire disparaitre tous les fer-nés de la surface de Westeros, ce conflit ne finirait jamais réellement. Tout recommencerait demain ou un autre jour, il y aurait toujours des morts, quelle que soit l'issue de ce conflit.

"Vous croyez qu'ils comprendront cette fois-ci ? Mais combien de vies humaines seront-elles perdues pour arriver à cela ?"

Eleanor n'attendait pas réellement de réponse à sa dernière question. Elle savait pertinemment que Pryam ne serait pas en mesure de lui répondre et que, tout comme elle, il souhaiterait probablement qu'il y ait le moins de pertes possibles. Mais la chose ne serait probablement pas aisée voire impossible et, au vu de ce que lui racontait le chevalier, il allait falloir vraiment beaucoup de sang pour arriver à convaincre les Fer-nés de ployer le genou une fois de plus.

A ses derniers mots, un mince sourire se dessina sur les traits de la jeune femme. Elle avait du mal à partager ce point de vue et ne se jugeait guère suffisamment avisée pour songer à d'autres solutions auxquelles personne n'aurait pensé.


"Je vous remercie, même si je ne suis pas vraiment convaincue par ce que vous dites. D'après moi, pour être en mesure de comprendre ce qui se passe réellement, pour trouver des solutions, il faut avoir aussi bien vécu l'expérience au cœur même des batailles qu'avoir déjà été confronté à ce genre de situation autour d'une table, avec d'autres décideurs. Je n'ai fait ni l'un ni l'autre et il est peu probable que cet état de faits change un jour. Mais je suis heureuse de commencer à comprendre un peu mieux de quoi il en retourne."

Son sourire s'était fait un rien plus affirmé et elle fixait maintenant le chevalier un peu plus sereinement. Pourtant les réponses à ses questions ne l'avaient en rien rassurée, bien au contraire. Elle savait maintenant le conflit à venir plus qu'imminent et, surtout, elle avait maintenant compris qu'il n'y avait plus la moindre autre alternative. Des gens qu'elle connaissait, certains à qui elle tenait même, perdraient certainement la vie pour qu'elle, tout comme la famille de Pryam, puisse rester en sécurité loin de tout cela et vivre en paix.
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Message Lun 8 Avr 2013 - 15:18

     Apparemment l'idée de voir lady Rivanon sur le champ de bataille ne dérangeait pas vraiment lady Eleanor. C'était une bonne chose, Pryam avait toujours apprécié de voir que certaines personnes ne restaient pas forcément dans les sentiers battus, mais d'un autre côté, cela ne l'étonnait pas réellement. Le simple fait que la jeune dame lui pose des questions aussi précises sur la guerre et tout ce qui en découlait, suffisait à faire comprendre qu'elle ne pensait pas que le rôle d'une femme était uniquement de s'occuper des enfants. Lorsqu'elle posa une question sur les femmes combattantes, le Valois se remémora sa discussion avec la Nordienne des clans qui s'était battue à ses côtés. Littéralement. Elle avait protégé ses arrières et lui avait fait de même. Pour être franc, à ce moment le chevalier avait surtout l'impression de se trouver à côté d'un homme d'armes et non d'une femme. Preuve était faite que même les représentantes du « sexe faible » étaient capables de rivaliser avec les hommes.

     ▬ Lady Rivanon était restée sur les toits et se battait à l'arc comme je l'ai dit précédemment. Elle n'a pas été au cœur des affrontements, mais elle a fait bien plus que ce que je pouvais attendre d'une noble dame qui n'avait pas été entraînée au combat. L'on ne s'improvisait pas archère lors d'une bataille contre les Fer-nés sans avoir un minimum d'expérience. Et effectivement, j'ai combattu aux côtés d'une femme du clan Lideuil originaire du Nord. Je dois vous avouer qu'elle se battait comme un homme. Je n'en avais pas vu d'autres, si ce n'est du côté des Fer-nés. Il y avait aussi des guerrières sur les Iles de Fer et aussi féroces que leurs comparses masculins. Je présume qu'il peut y avoir des combattantes dans toutes les régions, mais elles sont généralement plutôt mal perçues, elles ne doivent donc pas s'en vanter. »

     Sa sœur savait se débrouiller avec une lame courte par exemple, mais elle ne disposait pas d'un entraînement aussi poussé qu'un homme d'armes basique et ne pouvait donc pas véritablement être considérée comme une combattante. La jeune dame resta silencieuse pendant quelques secondes après la réplique du Valois au sujet de la famille. Apparemment lady Eleanor comprenait parfaitement la position du Valois quant à ce besoin de savoir les siens en sécurité, mais d'un côté, c'était parfaitement normal. Mis à part un individu sans cœur, qui pourrait souhaiter voir les siens souffrir ? À la question qui lui fut posée sur le siens, Pryam hésita une fraction de seconde. Pouvait-il encore considérer ses frères et ses parents comme « les siens » ? Il n'usait plus de son patronyme, mais il n'avait pas été répudié pour autant. La question ne se posait pas.

     ▬ Si, bien sûr. Ils vivent dans le Val, loin des affrontements et je peux m'estimer heureux de les savoir en sécurité. La distance peut être pesante, mais j'en ai l'habitude à présent. Je voyage avec ma sœur, je peux donc dire qu'ils sont en partie à mes côtés. »

     Ce qui expliquait notamment pour quelle raison est-ce qu'il ne désirait pas se confronter aux Fer-nés à présent. S'il quittait le continent, il n'était pas sur de rentrer chez lui, mais surtout, il devrait laisser Serena se débrouiller seule pendant tout ce temps. Elle avait beau l'avoir fait pendant plus de dix ans, le chevalier ne souhaitait plus l'abandonner une seconde fois. Lady Eleanor reprit de plus bel, déclarant qu'elle se trouvait être dépassée par la situation. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Pryam, pour lui, c'était en permanence le cas ! Il n'était pas assez important pour être mêlé aux discussions qui portaient sur ce sujet, mais surtout, il n'y comprenait pas grand-chose. Il était le bras armé, pas la tête pensante. Lorsque la jeune dame prit conscience de l'égoïsme de certains, le Valois ne put que hocher la tête.

     ▬ En quelques sortes. C'est bien pour cette raison que les nobles tentent de faire autant d'alliances avec leurs voisins, si une femme de leur maison se trouve dans la vôtre, ils auront plus tendance à se soucier de votre survie. Mais ce n'est pas propre aux nobles, même dans la roture certains n'hésitent pas à laisser leurs voisins dans le besoin s'ils peuvent en tirer quelque chose. C'est juste la nature humaine je présume. Un discours assez défaitiste il le savait. C'est un réflexe naturel, si vous voyez quelqu'un se faire attaquer par un loup, vous aurez plus tendance à vous enfuir en priant pour qu'il ne vous suive pas, plutôt qu'à essayer de retenir sa mâchoire. »

     Il avait côtoyé suffisamment de personnes pour comprendre que c'était commun à tous les humains. Son maître lui disait souvent que le plus naturel instinct était celui de survie. Le corps voulait se protéger et par conséquent, le courage passait après. Les chevaliers devaient apprendre à neutraliser ce réflexe pour faire passer leur devoir avant. Ce n'était pas facile tous les jours de l'avis du blond. Son interlocutrice poursuivit en émettant l'hypothèse que les Iles de Fer puissent à nouveau avoir envie de se rebeller. C'était fort probable, venant des Fer-nés il y avait fort à parier qu'ils ne se laissent pas soumettre encore des années durant. Ou peut-être que si, tout dépendrait de la position de la Couronne une fois que cette guerre toucherait à la fin. Détournant son attention du visage de la jeune femme, le Valois prit quelques instants pour réunir ses pensées.

     ▬ Le Roi ne laissera pas les Fer-nés impunis. Ils prendront des otages qui seront confiés à différents seigneurs avec comme menace de les tuer s'ils se rebelleront à nouveau. Il s'agit souvent des enfants ou des femmes, je pense que même eux ne pourront pas prendre le risque de tuer les leurs en recommençant leurs raids. »

     Ou peut-être que si. Pryam ne connaissait pas véritablement les Fer-nés et il pouvait se fourvoyer. L'avenir le leur dirait, il n'était qu'un chevalier et ne serait peut-être plus en vie encore bien longtemps, il était tellement facile de mourir en ce bas monde. Lady Eleanor esquissa finalement un sourire avant de se déclarer peu convaincue par ce qu'il avait dit à propos de ses capacités. Elle savait certainement mieux que lui de quoi elle était capable, même si souvent, l'on se sous-estimait beaucoup. Échangeant un regard avec la demoiselle, le Valois reprit d'un ton un peu plus léger que précédemment.

     ▬ Vous savez ma dame, j'ai côtoyé assez de nobles dames pour me rendre compte que bien souvent, il est plus aisé de calmer un brigand que de réussir tenir une discussion avec une autre dame. Je ne connais pas réellement votre milieu, mais il m'apparaissait clair que les nobles dames étaient parfois bien plus rudes avec leurs semblables que les personnes que je croise sur les routes. Cela dit, les dames au sang bleu avaient toutes tendance à ne pas le voir de part son rang, il ne pouvait donc parler que de son époque à Neufétoiles. Vous avez aussi connu des batailles à votre manière j'imagine. »

     Les dames pouvaient se montrer très cruelles lorsqu'elles s'y mettaient. Bien souvent, le Valois estimait qu'il avait réellement fait le bon choix en décidant de se faire passer pour un simple roturier, au moins n'avait-il pas à subir les critiques de ses semblables. Ce qu'il y avait de bien dans le fait de ne posséder aucun patronyme, était certainement que les autres ne faisaient pas suffisamment attention à vous pour vous mettre des bâtons dans les roues. Inutile de dire que de part son rang de dame de la maison Tully, lady Eleanor devait avoir été confrontée à ce type de situations. Elle devait avoir plus d'expérience que lui dans ce domaine, à chacun ses compétences.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Jeu 18 Avr 2013 - 19:47

Les révélations du chevalier, si elles étaient pour le moins surprenantes et inattendues, attisaient la soif de curiosité de la jeune femme qui l'écoutait avec une attention décuplée, essayant, tandis qu'il parlait, de visualiser les différentes scènes qu'il évoquait. La chose était tout sauf aisée, les talents de combattante d'Eleanor se limitant à deux expériences dont le degré de réussite n'était pas particulièrement élevé même si les quelques échanges qu'elle avait pu avoir avec lord Stark lui laissaient un souvenir des plus positifs.

Hochant brièvement la tête aux propos de Pryam, comme pour lui rappeler qu'il avait toute son attention, elle garda le silence quelques instants, songeuse, sourcils légèrement froncés tandis que son regard se perdait une nouvelle fois dans le vide.


"Lady Rivanon a fait preuve d'encore plus de courage que je ne pourrais l'imaginer. Rester au cœur du combat, même si ce n'est pas en première ligne, parce que l'on a la possibilité de se rendre utile et de veiller sur les siens de façon active, c'est quelque chose de vraiment admirable. D'autant plus qu'elle n'en avait pas réellement l'obligation, si ce n'est moralement si je comprends bien."

Les quelques propos du chevalier, à propos de ces femmes qui combattaient aussi bien que les hommes et que l'on pouvait vraisemblablement partout en Westeros, laissèrent la jeune femme encore plus pensive, si la chose était vraiment possible. Elle avait quelques difficultés à assimiler toutes ces idées nouvelles, même si elle avait déjà bien évidemment entendu parler de ces femmes guerrières sans avoir jamais réussi à se faire une idée à leur sujet.

A la façon dont le chevalier parlait d'elles, Eleanor ne put que sentir une certaine admiration à leur égard, même si elle n'avait nullement l'intention ou l'envie de leur ressembler, même de loin. Chacun se devait de tenir la place qui lui incombait et la sienne n'était pas sur un champ de bataille, elle en était certaine. Lorsque Pryam évoqua à son tour sa propre famille, la Tully hocha une nouvelle fois la tête, appuyant ses propos avec force. Elle comprenait ce qu'il ressentait pour avoir été éloignée d'Edwyn durant quelques mois. La séparation avait été des plus douloureuses, tout comme cette absence que rien ne venait combler. Réprimant un soupir à l'idée qu'une autre séparation viendrait bientôt, elle cilla et secoua imperceptiblement la tête, comme pour se rappeler à la réalité et son regard se porta une nouvelle fois sur le chevalier, un sourire illuminant ses traits.


"Je suis heureuse de savoir que vous ne voyagez pas seul et qu'en plus, c'est avec quelqu'un qui vous est cher. Mais je vous avoue avoir un peu de mal à croire que l'on peut vraiment s'habituer à être loin des siens, à ce manque constant. J'espère que l'avenir me prouvera que vous avez raison."

La jeune femme retint les questions qui lui vinrent naturellement à l'esprit, n'ayant pas envie de le mettre mal à l'aise par des questions trop personnelles et réalisant qu'elle était peut-être déjà allée trop loin dans ce domaine. Mais, elle réalisait qu'il lui était facile d'être à son aise avec le chevalier, peut-être parce qu'il se contentait de répondre naturellement à ses questions sans chercher à entrer dans ses bonnes grâces, ce qui n'était pas forcément l'attitude la plus répandue.

La discussion se poursuivait sans réel temps mort, Eleanor laissant parfois échapper les pensées qui lui venaient à mesure qu'ils parlaient sans réellement apprécier leur portée, comprenant certaines choses lorsqu'elle les énonçait à voix haute. Ce fut le cas pour les alliances, qu'elle avait toujours appréhendées d'une façon très floue, sans réaliser réellement les impacts et les enjeux au niveau politique. De la théorie à la pratique, le pas à franchir était si grand qu'elle ne l'avait pas encore fait, restant encore dans ce cocon qui était le sien depuis toujours. Elle laissa alors échapper, dans un souffle.


"Alors il est dans la nature humaine d'être égoïste. J'aimerais dire que je trouve cela surprenant mais, pour être honnête, ça ne l'est pas tant que ça. Alors, si je suis votre raisonnement, combattre serait comme aller à l'encontre de sa propre nature d'une certaine façon ?"

Penchant la tête sur le coté, Eleanor le fixa un instant, curieuse. Il fallait qu'elle se l'avoue, elle n'avait jamais vraiment songé à ce qui pouvait arriver à ses voisins, à ceux qu'elle ne connaissait pas réellement tout du moins. L'espace d'un instant, elle se demanda ce qu'elle serait prête à faire s'ils étaient une menace pour ceux qu'elle aimait et, cette question n'apportant guère une réponse satisfaisant son éducation et ses manières, elle préféra la laisser de coté pour se focaliser de nouveau sur le sort des Fer-nés qui ne manqueraient pas de refuser de plier l'échine une fois le conflit terminé.

Car, c'était une évidence pour la Tully, ces hommes et ces femmes ne pouvaient que perdre la bataille qui allait arriver. Il ne pouvait en être autrement, le monde qu'elle connaissait ne s'effondrerait pas, c'était totalement inconcevable. Préférant occulter l'image du seul fer-né qu'elle avait côtoyé de près et ce sourire victorieux qui ne faisait que rappeler que les choses ne se passeraient pas aussi simplement qu'elle le souhaitait, elle laissa le silence filer tandis que Pryam semblait chercher les bons mots pour répondre à ses interrogations.
L'idée d'imaginer les otages dont il parlait était encore quelque chose de nouveau pour elle et ses sourcils se froncèrent de plus belle, comme si elle essayait de comprendre quelque chose d'insaisissable.


"Vous voulez dire que, pour empêcher les fer-nés de recommencer leurs pillages et leurs raids, le Roi va leur arracher ce qui leur est cher et l'envoyer loin d'eux ? Cela ne risquerait pas de provoquer l'effet inverse ? Enfin, je vous avoue que je ne comprends pas vraiment."

Une moue dubitative s'était dessiné sur le visage d'Eleanor qui réalisait que, définitivement, elle était loin de saisir les subtilités des décisions politiques dont les buts la déconcertaient totalement. Au regard qu'Eleanor échangea à cet instant avec le chevalier, son sourire se fit moins incertain et elle hocha la tête avec une certaine véhémence.

"Je ne vous le fais pas dire. Certains combats sont parfois moins évidents, moins visibles mais peuvent être tout aussi destructeurs malheureusement." Hésitant un instant, elle reprit, d'une voix douce. "Le pouvoir des mots est bien plus fort qu'on pourrait l'imaginer. Et certaines dames l'ont très bien compris et s'en servent probablement à mauvais escient. J'espère que vous n'en avez pas fait les frais, ce serait fâcheux."

Une fois de plus Eleanor pouvait s'estimer heureuse de n'avoir que peu fréquenté ce genre de personnalités mais, de par son statut, elle y avait été confrontée déjà trop souvent à son goût. Par chance, sa timidité et son habitude à rester en retrait ne faisaient guère d'elle une personne de choix à qui parler. Mais elle comprenait parfaitement ce que voulait dire Pryam, bien plus qu'elle ne l'avait réalisé au premier abord. Cet univers-là était le sien, malgré son quotidien souvent éloigné de ce genre de tumultes.
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Message Ven 19 Avr 2013 - 18:34

     Aucune femme n'avait l'obligation de se battre. Aucun homme non plus d'un autre côté, surtout lorsqu'il était issu d'une maison noble. Personne n'aurait attendu de lord Mallister ou de son héritier, qu'il se lance dans la bataille pour défendre son peuple, c'était justement pour s'occuper de ce genre de tâche qu'ils possédaient des chevaliers à leur service. Par conséquent, lady Rivanon n'avait effectivement strictement aucune raison de prendre ses armes pour aller affronter des Fer-nés réputés comme d'excellents combattants. Elle pouvait s'estimer heureuse de s'en être tirée à si bon compte, car il ne faisait pas le moindre doute que les pillards auraient pu la tuer ou même pire, décider de l'enlever. Les nobles dames enlevées sur le continents étaient sacrifiées par les prêtres d'après ce que d'autres chevaliers lui avaient raconté, autant dire que ce n'était pas un sort très enviable. C'était pour toutes ces raisons que le Valois avait un profond respect pour la jeune dame de Salvemer.

     ▬ Aucune personne issue d'une noble maison, n'a l'obligation de se battre. Ni lord Mallister, ni ses fils. C'est justement pour défendre leur peuple qu'ils engagent des hommes d'armes ou des chevaliers errants. S'ils en font le choix, c'est effectivement par devoir moral uniquement. Lady Rivanon aurait certainement fait un excellent chevalier si elle était née homme. »

     Une remarque plutôt étrange, il en était parfaitement conscient, mais venant de lui, c'était comme un compliment. Même si aux yeux de nombreuses personnes, le titre de chevalier n'apportait plus grand-chose, pour quelqu'un d'aussi pieu que le Valois, c'était aussi valorisant qu'un titre de Prince. Cela dit, l'absence de connaissances de lady Eleanor à ce propos, pouvait bien l'empêcher de comprendre la profondeur des paroles du chevalier. C'était sans importance au final. La discussion s'embrayait seule sur un sujet bien différent, mais qui étrangement, semblait plus épineux aux yeux de Pryam. La famille. Dans un sens, elle avait parfaitement raison, l'on ne s'habituait jamais à l'absence des siens, il fallait combler avec d'autres personnes pour oublier le vide. Pour le Templeton, c'était beaucoup plus simple, sa famille n'avait jamais été très unie et la seule personne qui puisse avoir compté à ses yeux se trouvait à ses côtés. Que demander de plus ? La chose était certainement très différente pour lady Eleanor qui semblait particulièrement proche des siens. Le jour où elle prendrait époux, il n'y avait pas le moindre doute sur le fait qu'elle subirait une déprime passagère. Mais avec le temps son mari deviendrait sa nouvelle famille et ses enfants l'accapareraient entièrement. C'était du moins ce que la mère de Pryam lui avait toujours raconté.

     ▬ Quitter les siens n'est jamais chose aisée. Mais le jour où vous devrez le faire, ce sera pour fonder votre propre famille, je suis persuadé que vous retrouverez ce sentiment à ce moment. Enfin je l'imagine, c'est ce que j'ai entendu dire. »

     Il parvint à s'empêcher de bafouiller, ne sachant trop comment justifier les paroles qu'il venait de prononcer sur une impulsion. Lui donner les conseils d'une prétendue paysanne – puisqu'il se disait roturier – pouvait être mal perçu, mieux valait donc se taire. La parole n'était décidément pas son alliée, le pauvre Valois le constatait tous les jours davantage. Heureusement la jeune femme changea de sujet en passant sur l'égoïsme des gens, questionnant le chevalier sur un point qui pouvait effectivement être compris de la sorte. Il n'y avait jamais songé. Combattre n'était pas toujours pour la veuve et l'orphelin, pour certains, se battre était aussi naturel que respirer. Pryam arbora brièvement une expression de réflexion comme la question le prenait de court, puis il répondit comme il le pensait.

     ▬ L'on pourrait effectivement le comprendre de la sorte. Mais malheureusement pour certains, combattre est aussi naturel que de respirer. Les brigands se battent pour leur survie d'une certaine manière, ils font le choix de voler pour manger au lieu de travailler pour y réussir. J'imagine que pour eux, combattre c'est suivre leur nature. Comme les Fer-nés. Ils volent aussi ce qu'ils ne peuvent faire eux-même. Tout dépend du caractère de chacun je présume. Je vous avoue que je n'avais jamais vu le sujet sous cet angle. »

     Autant avouer son manque de réponses à ce sujet. Il aurait été bien incapable de faire savoir à la jeune femme si elle avait raison ou si elle se fourvoyait. Pryam avait beau avoir voyagé du nord au sud, il n'en avait pas moins rencontré toujours le même type de personnes. De plus, il restait un chevalier et non un homme de réflexion, les spéculations de ce genre ne lui permettaient pas de manger, les seigneurs qui l'employaient ne lui demandaient pas de réfléchir, mais de se battre pour eux. Le chevalier observait la jeune femme qui le fixait d'une manière quelque peu étrange. Une chance qu'il soit habitué à ce qu'on le dévisage, il pouvait comprendre sans difficulté que le regard de lady Eleanor n'était ni hostile ni moqueur. Il était vrai que la logique de ce qu'il venait de dire pouvait échapper à la jeune femme. Pryam aussi avait trouvé cette technique étrange au début, mais en fin de compte, elle était particulièrement efficace. Fronçant légèrement les sourcils comme sous le coup de la réflexion, il s'accorda quelques secondes le temps de réunir ses pensées.

     ▬ Les Fer-nés ont la particularité de ne pas s'éloigner des côtes. En prenant l'un des leurs et en le confiant à une maison éloignée de la mer, j'imagine que c'est comme de les placer au cœur du Donjon Rouge, ils ne pourront pas les atteindre. Et même s'ils sont réputés comme des êtres rustres, j'imagine qu'ils doivent avoir de l'amour pour les leurs. Prendriez-vous le risque de déclarer une nouvelle guerre tout en sachant que votre sœur ou votre frère se trouve entre les mains de votre ennemi ? Leur vision de la mort est très différente de la nôtre, j'imagine que mourir en tant qu'otage ne doit pas être en accord avec leur religion. Je vous avouerai que je ne suis pas très au fait des jeux stratégiques, je ne suis pas le meilleur conseiller en la matière je le crains. »

     Il n'avait jamais éprouvé la moindre difficulté à avouer son incompétence dans un domaine précis. À ses yeux, savoir reconnaître ses erreurs ou son manque de qualification, était bien plus valorisant que d'essayer de les camoufler pour faire quelque chose que l'on ne connaissait pas. Question d'éthique. Au moins lady Eleanor saurait qu'elle ne devait pas prêter une foi aveugle en ses réponses à ce propos. De toute manière, Pryam ne faisait que donner son avis et celui-ci pouvait se révéler fort différent de celui d'un autre chevalier. Lady Eleanor semblait connaître beaucoup de choses à propos des discussions entre dames. De part son rang relativement élevé, elle était peut-être épargnée par tout ceci, mais au final, elle devait tout de même en faire les frais. Sa dernière réplique ne manque pas de faire sourire le Valois. Comme tout le monde, il avait eu son lot de remarques désagréables, mais rien d'insurmontable.

     ▬ Vous savez ma dame, la plupart du temps, les dames de votre rang ne se donnent même pas la peine de parler aux roturiers, même chevaliers. Je dois certainement moins avoir subi ce traitement que vous ou un chevalier issu d'une famille noble. Ce qui n'était pas son cas. Il était fils de chevalier fieffé et non de lord. J'ai tendance à penser que les mots n'atteignent que ceux qui y sont sensibles. Je ne porte que peu d'importance aux critiques qui me sont faites, si je devais m'arrêter à ce point, je ne serais jamais devenu chevalier errant. Après tout, ces derniers étaient méprisés puisque considérés comme de simple reîtres et non de véritables chevaliers. Je vous avoue que j'avais quelques réserves quant à l'idée de devoir parler avec une noble dame, mais vous possédez bien plus de maturité que beaucoup de dames que j'ai rencontré jusqu'à ce jour. »

     Il ne cherchait pas à la flatter, Pryam souhaitait simplement lui dire la vérité de manière à ce qu'elle sache que sa manière de parler aux gens de moindre rang, était très appréciée. On ne disait jamais assez souvent aux gens qu'ils étaient une source de réjouissance, le Valois essayait de le faire aussi souvent que possible.


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Message Mar 23 Avr 2013 - 17:57

Si elle avait espéré des réponses à ses interrogations à propos de la guerre et de tout ce qui y avait trait, jamais Eleanor n'aurait pensé en apprendre autant et avoir sa vision du monde aussi bousculé. Il fallait dire que, si elle avait toujours fait preuve d'une soif d'apprendre très développée, les réponses qu'elles avait trouvées dans les livres ne valaient pas un témoignage comme celui du chevalier qui se tenait face à elle. Elle arrivait désormais, grâce au valois, à se faire une idée bien plus concrète et réelle de ce qui se passait loin de chez elle mais qui avait tout de même des incidences jusque dans son propre quotidien.

"Je pense que le devoir moral est tout aussi important que la simple obligation de se battre. Envoyer des hommes au combat et rester bien en sécurité pendant qu'ils meurent pour vous alors que vous avez la capacité de les aider… je trouve que c'est manquer d'honneur d'une certaine façon."

La remarque du chevalier sur Lady Rivanon laissa Eleanor pensive qui l'observa longuement, la tête légèrement penchée sur le coté tandis qu'elle essayait de comprendre où il voulait en venir. A bien y réfléchir, elle ne connaissait guère de chevaliers, même si son cœur se serra à la pensée de son cher Ser Norbert, mais, du peu qu'elle savait, la comparaison était des plus flatteuses pour lady Rivanon, en tout cas, si Pryam avait les mêmes critères que la jeune femme. La piété et l'honneur qui faisaient la réputation des chevaliers étaient pour Eleanor quelque chose de solide, une idée sur laquelle elle s'était toujours rattachée et que l'homme qui se tenait face à elle semblait corroborer sur tous les points.

La discussion dériva lentement sur la famille et surtout sur ce sentiment qui pouvait étreindre lorsque l'on s'éloignait des gens que l'on aimait. Une fois de plus, Eleanor sentit une vague de tristesse l'envahir à la pensée de quitter Vivesaigues dans un avenir qui se faisait de plus en plus proche, en tout cas, si les choses continuaient de se dérouler ainsi. La pensée de ce Nord lointain l'effrayait quelque peu, aussi plaisants qu'avaient pu être les quelques échanges qu'elle avait eu avec lord Stark. Ne cherchant pas à retenir son soupir cette fois-ci, la jeune femme hocha doucement la tête aux propos de Pryam.


"Je ne sais pas où vous avez entendu cela, mais j'espère sincèrement que vous avez raison."

Eleanor n'avait bien évidemment rien perçu de l'hésitation du chevalier, toute plongée qu'elle était dans ses réflexions. Mais il ne fallait pas qu'elle laisse transparaitre ses propres doutes, ses hésitations. Elle savait quel était son rôle et s'apprêtait à l'accomplir avec la certitude de faire au mieux son devoir et auprès de la personne la plus appropriée pour cela.

Changeant de sujet avec un certain soulagement, elle écouta la réponse de Pryam avec une curiosité non dissimulée. La jeune femme ne s'était jamais vraiment interrogée sur la véritable nature des hommes, ne doutant point que tous devaient avoir la même d'une certaine façon, mais les propos du chevalier, hésitant, ne faisaient que lui confirmer le contraire. Même s'il était difficile de lui répondre, il fit une fois de plus de son mieux pour être clair et l'aider à mieux saisir les subtilités de tout cela, Eleanor lui adressant brusquement un sourire reconnaissant dont elle espérait qu'il saisirait la nature.


"C'est… malheureux que pour certains, comme vous le dites si bien, se battre soit aussi naturel que de respirer. Si personne ne le faisait de gaité de cœur, peut-être que bien des combats pourraient être évités. Enfin… la nature humaine est bien étrange parfois, vous ne trouvez pas ? J'ai parfois l'impression de ne pas arriver à saisir toutes les nuances et au final, je ne comprends pas vraiment la finalité de tout cela."

Le sujet des otages fut abordé, plongeant Eleanor dans une perplexité encore plus grande tandis qu'elle fixait Pryam, guettant ses réponses avec une certaine impatience. Sans qu'elle s'en rende compte, son visage se fit le reflet du chevalier tandis qu'elle fronçait les sourcils peu ou prou au même instant que lui, sous l'effet cumulé de la concentration pour bien comprendre ce qu'il racontait et l'incrédulité face à une telle méthode.

"Je comprends un peu mieux, je crois. Même si j'ai du mal à comprendre que l'idée d'aller essayer de récupérer coûte que coûte l'otage ne semble pas vraiment être prise en compte dans tout cela. Mais vous avez raison, savoir que sa famille est retenue au loin doit tout de même influencer le comportement des fer-nés comme celui des autres."

A ses derniers mots, elle hocha doucement la tête, en signe de compréhension. Il n'essayait pas d'inventer ce qu'il ignorait et Eleanor ne pouvait manquer d'apprécier cela, surtout dans une telle situation où elle recherchait simplement la vérité sans fards et sans détours.
Visiblement ses propres propos eurent pour effet de faire sourire Pryam et, sans même y réfléchir vraiment, Eleanor le lui rendit, sans bien saisir ce qui pouvait être drôle dans ce qu'elle venait de dire. A mesure qu'il répondait, son visage se fit plus songeur tandis qu'elle essayait de jauger son propre comportement face aux roturiers qu'elle pouvait croiser. Si elle ne se montrait jamais hautaine ou dédaigneuse, c'eût été faire preuve d'une présomption que son éducation ne lui avait pas enseigné et qui n'était absolument pas dans sa nature, elle n'avait jamais vraiment pris le temps d'avoir une réelle discussion avec une personne issue d'un autre univers social que le sien.


"Vous faites bien d'agir de la sorte et de ne pas prêter l'oreille aux critiques, surtout lorsqu'elles ne sont pas fondées. C'est une attitude fort louable qu'il serait bien agréable de voir partagée par plus de monde. Mais je suppose qu'il vous a fallu du temps pour y arriver non ? Ou vous n'y avez jamais prêté attention ?"

Elle n'avait que peu entendu parler de la différence entre les chevaliers errants et les autres, mais cela lui avait été suffisant pour savoir que la catégorie dont faisait partie ser Pryam était plus souvent méprisée qu'elle ne le méritait. Il suffisait de discuter avec le valois pour se rendre compte qu'il n'avait rien à envier à ces chevaliers issus de maisons nobles qu'il lui était arrivé de croiser et avec qui elle n'avait pu échanger que trois mots avant d'avoir l'impression de ne plus savoir quoi dire ou quoi faire.

Aux derniers propos de Pryam, elle piqua du nez, fixant ses chaussures, clairement gênée.

"Oh, merci."

Pourtant, elle était persuadée que s'il lui manquait quelque chose, c'était bien cette maturité dont il faisait l'éloge. Depuis son retour à Vivesaigues, Eleanor essayait de combler cette lacune tant bien que mal, sans bien savoir par où commencer. Peut-être que ses efforts commençaient finalement à porter leurs fruits.
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Message Mer 24 Avr 2013 - 13:32

     Le devoir moral n'était pas perçu pareillement dans toutes les familles. Venant de lady Mallister, Pryam n'en était guère étonné, il n'aurait jamais accepté de travailler pour elle si sa politique ne lui avait pas convenu. C'était justement pour cette raison que le Valois affectionnait tant l'idée d'être un chevalier errant : il pouvait se permettre de refuser de servir un noble dont le comportement ne lui conviendrait pas. S'il avait été à son service de manière plus officielle, les choses n'auraient pas été aussi simples. En somme, c'était autant un avantage qu'un désavantage que de pouvoir choisir le seigneur que l'on servait. Concernant lady Rivanon, il s'agissait d'une dame d'honneur que le chevalier errant appréciait beaucoup, autant pour ses qualités morales que pour son investissement dans la protection de sa maison. Les paroles de lady Eleanor étaient plus que véridiques, mais malheureusement tous les nobles ne pensaient pas la même chose.

     ▬ Je partage vos pensées à ce sujet, mais croyez-moi sur parole lorsque je vous dis que tous les nobles ne pensent pas de même. Où tous les chevaliers, ce n'est pas un trait de caractère propre à la noblesse de Westeros. »

     Certains chevaliers fieffés oubliaient effectivement qu'ils étaient là pour protéger tous les habitants de leur région et non simplement les nobles. Ser Symond, le père de Pryam, était d'ailleurs de ceux-là. Il estimait les nobles comme des dieux, mais n'hésiterait pas à sacrifier un roturier s'il pouvait sauver le cheval d'un noble. Un individu qui s'était éloigné de ses vœux selon les critères du Valois qui s'en désolait souvent. Dans un sens, la famille que l'on pouvait se faire était souvent plus agréable que celle que l'on possédait avant. C'était ce qui confortait Pryam dans ses paroles lorsque la demoiselle déclara qu'elle espérait qu'il disait vrai en parlant de sa future famille. Nul doute que lord Tully veillerait à ce que sa sœur aînée soit confiée à un homme capable de s'en occuper, il devait comprendre qu'elle n'était pas n'importe qui et qu'elle était dotée d'une grande intelligence. C'était du moins ce que le chevalier errant croyait comprendre du peu qu'il avait échangé avec elle.

     Le sourire qu'elle lui offrit ne manqua pas de rassurer le blond qui avait craint d'aborder un sujet qui ne le concernait guère. C'était toujours compliqué de jongler entre ses pensées et ses obligations, ne pas pouvoir dire telle chose à une personne, car son rang était trop élevé par exemple. Ce n'était pas sans raison que le Valois préférait converser avec des roturiers ou des nobles mineurs. Les paroles de la jeune dame exprimèrent une fois de plus son désir de voir la vie de tous les jours devenir moins violentes. C'était malheureusement une vision trop utopique pour être réalisable, lui-même en était conscient. De nombreux endroits de Westeros étaient dangereux, les Montagnes de la Lune ou encore les Montagnes Rouges, des zones qui exigeraient toujours de combattre. La politique provoquait des jalousies et les jalousies engendraient des guerres. C'était un cercle vicieux qui n'était pas près de prendre fin malheureusement.

     ▬ Même si je ne peux qu'approuver vos paroles, je crains que ce ne soit impossible de voir les combats être évités. La politique débouchera toujours sur des batailles entre soldats, peut-être que si les nobles au pouvoir étaient moins désireux d'imposer leur volonté, les choses pourraient évoluer. Mais en l’occurrence, je doute que la situation évolue un jour, sinon ce serait fait depuis longtemps. »

     Son discours était pessimiste et son ton relativement sombre. Pryam avait perdu ses illusions depuis longtemps. Jeune écuyer il croyait encore à toutes ces choses, mais les douze années passées sur la route lui faisaient à présent comprendre qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il voit un jour Westeros changer de comportement. Il ne restait donc que la solution de s'adapter et d'essayer de causer le moins de dégâts possibles de son côté. Une bien piètre consolation, mais il fallait faire avec. Aux paroles sur les otages, la première pensée de lady Eleanor fut pour les personnes qui seraient sur le continent. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du chevalier tandis qu'il haussait les épaules d'un air impuissants.

     ▬ Ce sont généralement de jeunes enfants ou des femmes qui sont retenus en otage, je pense qu'ils pourront finir par apprécier leur vie sur le continent. Puis d'un certain côté, en considérant que ces otages rentreront un jour chez eux, l'on peut espérer qu'ils se montreront plus conciliants à l'égard des continentaux après avoir vécu avec eux ? »

     Il lui restait tout de même encore quelques illusions. Même s'il avait du mal à envisager que des Fer-nés puissent s'adapter à la vie sur le continent cependant. Sans en avoir croisé à Salvemer, Pryam avait entendu dire que les femmes des Iles de Fer étaient aussi dangereuses que leurs homologues masculins. Des sauvageonnes comparables à celles d'au-delà du Mur ? L'idée était effrayante. Chassant ces pensées de son esprit le chevalier écouta son interlocutrice lui parler des critiques en le félicitant à sa manière de ne pas y prêtre attention. C'était une habitude que l'on finissait par acquérir en vivant avec un homme aussi rude que ser Symond, les seules paroles qui sortaient de sa bouche étaient là pour souligner les défauts de chacun. Le chevalier n'eut pas de grandes difficultés à répondre à la demoiselle.

     ▬ J'ai été élevé par un homme très critique et j'ai donc appris très tôt à ne pas m'intéresser à tout ceci. Après, il y a bien évidemment des critiques qui vous touchent plus que d'autres, mais lorsque vous choisissez un mode de vie peu apprécié du public, vous vous attendez à ce type de comportement. Au fond, la critique fait partie du comportement humain, je ne suis pas quelqu'un de très impulsif, je préfère laisser les gens parler et ne pas répliquer. Inutile de déclencher d'autres guerres là où elles n'ont pas lieu d'être. La passivité d'un chevalier, c'était toujours étrange en un sens. J'espère que les réponses que j'ai pu vous apporter sauront vous aider. Mais vous devriez peut-être vous adresser à quelqu'un de plus expérimenté, je n'ai pas connu de grande bataille. À Murs-Blancs, il y avait de nombreux chevaliers ayant participé à Herberouge, comme ser Buford Bulwer par exemple. Je suis persuadé qu'ils vous seraient d'une grande aide. »

     Le Valois avait d'ailleurs eu la chance de discuter avec lui après avoir pu jouter face à un tel adversaire. Ce n'était pas rien et le chevalier en gardait un excellent souvenir.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Jeu 25 Avr 2013 - 21:05

Eleanor avait gardé, grâce ou à cause de son éducation et du cocon dans lequel elle avait grandi, cette espèce d'innocence qui lui permettait d'avoir une vision du monde où les nuances de gris n'étaient pas encore monnaie courante. Pour elle, si les gens avaient la possibilité de veiller sur la population dont ils avaient la responsabilité en prenant les armes, la question ne se posait guère, ils devaient faire preuve d'honneur et faire leur devoir, quelles qu'en soient les conséquences pour leur propre existence. Mais, au regard du chevalier, elle comprit en une fraction de seconde que sa vision du monde était encore bien naïve, même si, dans le fond, elle ne manquait pas complètement de bon sens.

Elle laissa échapper un soupir à peine audible et esquissa un sourire un peu triste tandis qu'elle répondait, d'une voix songeuse.


"La noblesse n'a de noble que le nom parfois on dirait bien. C'est dommage."

Plus Eleanor échangeait avec Pryam, plus elle comprenait qu'au fond, la véritable nature de la plupart des hommes de Westeros semblait régie par une certaine forme d'égoïsme. Et, après tout, qui était-elle pour les juger ou en vouloir à qui que ce soit ? Elle-même avait déjà agit par égoïsme, même si chaque jour, la jeune femme essayait de faire en sorte de veiller sur les siens avant tout autre chose.

Une fois de plus, lorsqu'ils évoquèrent l'importance de la famille, son cœur et son esprit furent emplis de sentiments contradictoires, comme à chaque fois que le sujet était soulevé depuis sa décision d'accepter la demande de Lord Stark. La complexité de ce qu'elle pouvait éprouver en cet instant était quelque chose de nouveau pour elle et la jeune femme espérait encore plus qu'elle n'en avait réellement conscience que les propos du chevalier seraient confirmés dans un avenir des plus proches. Mais elle ne devait pas s'appesantir sur ses appréhensions et ses sentiments. Son rôle était de se marier et de faire honneur aux siens et elle le tiendrait, coûte que coûte. Une petite moue résolue se dessina sur son visage durant quelques instants fugaces avant qu'elle ne se concentre de nouveau sur leur discussion.

Parler politique s'avérait encore plus complexe que tout le reste et qu'elle ne l'avait supposé. Même si ses études lui avaient laissé entrevoir bien des liens complexes et les implications de chacun dans la moindre des décisions prises par les personnes qui dirigeaient Westeros,
Eleanor avait une fois de plus sous-estimé toutes les conséquences que pouvait avoir un acte qu'elle aurait pensé isolé au premier abord. Et puis, elle repensa à sa discussion avec lord Lannister et aux incidences de l'acte insensé du Fléaufort sur les relations entre le Conflans et les Terres de l'Ouest, son visage se figeant un instant sous l'effet de la compréhension.


"Les subtilités de la politique sont encore bien plus importantes que je ne l'avais cru. Chacun cherche à imposer son idée comme vous le dites si bien, probablement pour préserver les siens et ne pas les voir risquer quoi que ce soit si j'ai tout sais. A moins que ce ne soit uniquement par goût du pouvoir. Il y a bien des gens comme cela aussi n'est ce pas ?"

Elle comprenait parfaitement l'idée que les combats ne seraient jamais évités. Les gens avaient probablement besoin de verser du sang pour s'assurer que leurs décisions seraient bien respectées, ce qu'Eleanor n'arrivait guère à comprendre mais qu'elle se devait d'accepter.
Son rôle n'était pas d'y faire quoi que ce soit mais elle voulait tout de même essayer de saisir au moins les prémices d'une compréhension. Peut-être que lord Beron pourrait aussi lui en parler un jour, même si elle avait du mal à s'imaginer comment amener la discussion.

Le ton du chevalier ne laissait guère de place à cette naïveté dont Eleanor avait toujours fait preuve. Elle hocha doucement la tête, comme pour marquer qu'elle saisissait ce qu'il voulait lui faire comprendre et que les mentalités ne changeraient pas, bien au contraire. Une fois de plus, son sourire se fit contagieux, sans qu'elle n'arrive à saisir réellement pourquoi. Il lui était impossible de ne pas lui rendre la pareille, d'autant plus qu'Eleanor se sentait particulièrement à son aise et en sécurité en cet instant, malgré la teneur plutôt sérieuse de leur conversation.


"Ce doit être difficile pour ces personnes de devoir changer radicalement de mode de vie. Surtout sans avoir rien demandé avant. J'imagine qu'en plus, la vie sur les iles de Fer et sur le continent doit être tellement différente… Mais les enfants doivent s'adapter plus facilement non ?"

Avec les éclaircissements du chevalier, Eleanor comprenait maintenant l'intérêt de procéder de la sorte avec les otages. Effectivement, ils auraient probablement plus de scrupules à vouloir attaquer des gens avec qui ils auraient passé une partie de leur existence auprès de leurs anciens ennemis. Peut-être qu'au fil des ans, cette haine pouvait s'atténuer mais, à la mine de Pryam, la jeune femme gardait tout de même de sérieux doute à ce propos désormais.

Aux propos du chevalier concernant la façon dont il avait été élevé, Eleanor écouta avec une grande attention, la mine sérieuse, méditant visiblement sur chacun de ses propos.


"Il faut donc être patient et laisser glisser les mots loin de soi. J'aime cette façon de voir les choses, même si elle n'est pas aisée à appliquer. Mais je vous avoue qu'en tant que chevalier je vous aurais imaginé plus… prompt à répondre à ce genre de quolibets. Ce n'est pas une mauvaise chose, bien au contraire, en tout cas, d'après moi."

Se frottant doucement les mains elle les croisa sagement avant de continuer, d'une voix douce.

"Oh, vous m'avez éclairée sur beaucoup de choses oui. Bien plus que je ne l'aurais supposer d'ailleurs. Je vous en remercie et…"

La jeune femme cilla alors, comme si elle réalisait quelque chose et, brusquement, son regard se fit plus brillant et, en un battement de cils, son visage s'illumina.

"Mais oui, vous étiez à Murs Blancs. Vous avez même gagné le tournoi non ? Celui où l'œuf de dragon était à gagner ! Vous avez eu l'occasion de le voir ? De le toucher ? Et vous en aviez déjà vu un avant ?"

Comme à chaque fois qu'elle pensait aux dragons, Eleanor avait l'impression de redevenir une petite fille. Elle partageait la passion de son petit frère sur le sujet et tous les deux pouvaient disserter sur le sujet pendant des heures. Et là, devant elle, se tenait un chevalier qui avait presque possédé un de ces œufs avant qu'il ne soit dérobé. Eleanor le fixait, toujours aussi curieuse mais avec cette fois-ci le voile de la naïveté voire de l'enfance retombé sur ses yeux.
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Pryam Templeton
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Message Ven 26 Avr 2013 - 12:24

     La politique était une chose particulièrement compliquée, ce n'était pas Pryam qui allait contredire la demoiselle. Et encore, si elle trouvait tout cela bien nébuleux alors qu'elle n'en parlait qu'avec un simple chevalier, autant dire que ses entretiens avec des nobles expérimentés en matière de politique, se révéleraient bien plus obscurs. Mais le but du Valois n'était guère d'inquiéter la jeune dame, aussi s'abstint-il d'ajouter quoi que ce soit à ce propos. Lorsque lady Eleanor lui posa une question sur la personnalité de certains nobles, le chevalier errant ne vit qu'une réponse se présenter.

     ▬ Je serais même tenté de dire que c'est la majorité. Après, heureusement il n'y a pas que cela, mais les nobles désireux d'élever le rang de leur maison sont un parfait exemple de ceux qui provoquent des guerres par soif du pouvoir. Mais nous avons une chance, c'est que nombreux d'entre eux n'osent pas pousser leurs projets aussi loin que leurs envies, sans quoi nous serions certainement dans une guerre perpétuelle. »

     L'avantage lorsque vous étiez une personne qui ne se remarquait pas, c'était que les autres se laissaient plus souvent aller devant vous. Pryam avait déjà entendu de nombreux nobles prétendre qu'il fallait pousser la Couronne dans ses retranchements et provoquer une guerre civile s'il le fallait, mais jusqu'à ce jour, mis à part les partisans Feunoyr, personne n'avait encore osé passer le cap. Le Valois en déduisait donc que nombreux étaient ceux qui parlaient beaucoup, mais n'osaient pas s'aventurer suffisamment loin pour faire réellement bouger les choses. Après, il ne s'agissait que de spéculations, comme l'errant le disait à son interlocutrice depuis le début de la conversation, il ne s'y connaissait pas réellement dans ce domaine. Ce n'était donc que des hypothèses, à prendre ou à laisser selon les désirs de lady Eleanor.

     Aux paroles de la jeune dame sur les Fer-nés, un nouveau sourire se dessina, brièvement, sur les lèvres du Valois. C'était assez... Surprenant ? Oui, c'était le terme, de voir une personne qui connaissait la cruauté des Fer-nés, tout en plaignant les femmes et les enfants qui finiraient captifs. De nombreux continentaux avaient été enlevés par les pillards, des gens de la connaissance de Pryam pour certains et ce dernier éprouvait beaucoup de difficultés à les plaindre. Dans un sens, le fait qu'ils soient envoyés ici leur faciliterait beaucoup la vie. Les Iles de Fer étaient stériles et ne fournissaient aucune culture, seul du fer semblait « pousser » sur ces îles, comme pour confirmer à ses habitants qu'ils devaient se battre pour survire. Une vision des choses un peu romanesque en un sens, mais que le chevalier garda pour lui. Après un bref silence, il se contenta de hausser les épaules, regardant son interlocutrice avec sérieux.

     ▬ Vous savez ma dame, je doute que les Fer-nés se soient souciés d'arracher des gens à leurs vies et à leurs familles lorsqu'ils faisaient des prisonniers. Puis comme vous le dites, la vie entre nos régions est très différente. Ici, ils auront de la nourriture à portée de main, contrairement à leurs îles où ils sont forcés de voler ce qu'ils ne peuvent produire. C'est certainement une chance pour nombre d'entre eux, même s'ils percevront davantage cela comme une sanction. Il marqua une légère pause avant de conclure. Et dans un sens, une dame mariée à une maison voisine ne demande pas non plus à quitter sa vie, elle y est forcée. C'est un peu la même chose, du moins au départ. »

     C'était un peu maladroit de comparer une vie de future épouse à celle d'otage, mais Pryam avait quelques problèmes à ce niveau depuis que son père avait essayé de « vendre » sa fille unique à un jeune seigneur des environs. C'était contradictoire avec ce qu'il avait dit quelques instants plus tôt concernant la nouvelle famille que lady Eleanor se créerait, mais peu importait. Il faisait souvent des maladresses en parlant, ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait réussir à s'en empêcher ! C'est à ce moment que la jeune dame déclara qu'elle aurait imaginé un chevalier plus impulsif qu'il ne l'était. C'était le cas. En général. Mais Pryam n'était pas vraiment un chevalier digne des récits, il avait davantage le caractère d'un septon comme le disait si bien ser Symond.

     ▬ C'est uniquement parce que je n'ai pas le caractère d'un chevalier ma dame. »

     Il n'en avait pas honte. Même si le Valois était conscient que c'était une chose qui dérangeait les siens, il ne se voyait pas changer de caractère et devenir un véritable Dornien au point de vue de l'impulsivité. Le sujet étant passé, la demoiselle reprit la parole pour le remercier comme si elle s'apprêtait à mettre fin à la discussion, mais son visage s'anima soudain d'une différente manière. Pryam la scruta quelques secondes, se demandant s'il avait dit quelque chose de déplacé, mais après avoir eu l'air ravie, la Riveraine lui posa une question plutôt... Inattendue. Murs-Blancs ne faisait pas réellement partie des événements qui faisait sa fierté et ce prétendu tournoi qu'il avait remporté – par chance uniquement – n'était qu'un simple hasard. De plus, le Valois n'avait jamais posé les yeux sur cet œuf de dragon et était bien en peine de devoir en parler. L'expression que lady Eleanor arborait laissait penser à Pryam qu'elle était retombée en enfance à la simple pensée de ces dragons, il ne put retenir une fois de plus un sourire amusé. Quelle misère de devoir la décevoir.

     ▬ J'ai effectivement remporté la joute, mais uniquement par chance. Avec tous les événements qui s'étaient produits avant, beaucoup de participants ont été troublés par autre chose. Moi je n'étais qu'un simple chevalier, je n'ai rien eu à assumer dans toute cette histoire. Contrairement à lord Arryn par exemple. Quant à l’œuf de dragon, non je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de le voir. Il se trouvait dans la chambre de lord Beurpuits avant qu'il ne soit volé, seuls ceux qui ont assisté à le cérémonie du coucher ont pu le voir. Peut-être est-ce le cas de votre frère ? Il était bien mieux placé que moi pour en profiter j'imagine. De plus, en raison de sa jeunesse, il devait avoir demandé ce privilège à leur hôte. Êtes-vous passionnée par les dragons ma dame ? J'avoue ne pas avoir un esprit très axé sur la mythologie, mais je crois savoir que les Princes et Princesses Targaryen en possèdent tous un. Peut-être aurez-vous un jour l'occasion de contempler l'un d'entre eux ? »

     Après tout, elle était membre d'une maison suzeraine donc une dame d'importance. Les Targaryen devaient bien se mêler à leurs vassaux de temps en temps, elle était donc bien placée pour en apercevoir un un jour.


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Message Sam 27 Avr 2013 - 11:54

Eleanor essayait tant bien que mal de digérer ce flot d'informations et de les comprendre, à mesure que la discussion avec le chevalier se faisait plus poussée. Plus elle en apprenait, plus elle réalisait que cet univers était bien plus complexe qu'elle ne l'avait soupçonné au premier abord et que, si elle voulait réellement comprendre certaines subtilités, il lui faudrait encore étudier et probablement interroger beaucoup de monde pour réussir à se faire une idée plus nette de ce qu'il en était. Sa discussion avec Pryam n'avait fait que soulever une multitude d'autres questions et, même si Eleanor était quelqu'un qui adorait apprendre, elle se demandait vraiment par où elle pourrait commencer.

"C'est tout de même étonnant de voir à quel point les gens seraient prêts à tout pour obtenir ce pouvoir dont vous parlez. Même à tuer ou au moins à provoquer des conflits. Heureusement qu'ils ne vont pas jusqu'au bout, comme vous le dites si bien."

La position d'Eleanor était d'une rare naïveté mais elle était surtout due au confort dans lequel elle avait vécu depuis sa plus tendre enfance. Il lui était difficile d'appréhender l'idée que l'on puisse souhaiter plus de pouvoir ou d'influence et surtout, que l'on soit prêt à tout pour cela, mais elle était bien décidée à essayer de comprendre pourquoi.

Visiblement, le point de vue de la jeune femme continuait de surprendre le chevalier. Il était aisé de le voir à ses inflexions de voix ou aux quelques changements d'expression de son visage. Eleanor n'était pas spécialement observatrice dans ce domaine mais elle arrivait tout de même à saisir quelques subtilités. Un bref sourire contrit se dessina sur son visage en réponse à celui du valois tandis qu'il s'essayait à répondre à propos des otages, sujet que la jeune femme avait, encore plus que le reste, du mal à cerner complètement. Si elle avait compris le fond, l'idée de base, son application restait quelque peu nébuleuse et, au sérieux soudain du chevalier, sa mine se fit plus concentrée tandis qu'elle se mordillait la lèvre pensivement.


"Je vois ce que vous voulez dire. Enfin, je crois. Mais ce n'est pas parce que les fer-nés ne se soucient pas des victimes qu'ils peuvent faire que les continentaux doivent faire de même. Ce serait se mettre à leur niveau et se montrer aussi sauvage et sans vergogne qu'eux. Les femmes et les enfants sont innocents, tout du moins, c'est ce que je crois. Je comprends qu'ils puissent percevoir cela comme une sanction mais, comme vous le dites si bien, ce sera probablement une réelle chance pour la plupart d'entre eux."

Ses sourcils s'étaient froncés à mesure qu'elle parlait, réfléchissant à voix haute et essayant de démêler un peu les fils d'une histoire qu'elle trouvait particulièrement compliquée. Son point de vue était facile d'une certaine façon, ce n'était pas elle que l'on allait arracher à son foyer au final. Repensant brièvement à sa rencontre avec les fer-nés, Eleanor ne put s'empêcher de frissonner une nouvelle fois à l'idée qu'elle aurait pu se retrouver dans la peau de ces otages et qu'elle aurait peut-être eu à survivre dans un environnement hostile et qui lui était totalement étranger.

Aux dernières paroles du chevalier, elle pencha la tête sur le coté, toujours aussi pensive alors qu'il comparait les otages à un mariage sans le consentement de la mariée. C'était une chose qui arrivait bien plus souvent qu'elle ne pouvait l'imaginer et, l'espace d'un instant, son cœur se gonfla de reconnaissance à la pensée d'Edwyn et de lady Charissa qui avaient tenu compte de sa volonté et de ses choix. Eleanor pouvait s'estimer heureuse même si bien évidemment, elle se doutait que la vie à Winterfell serait bien différente de celle qu'elle connaissait actuellement.

"Dans le fond, il faut savoir si l'on est capable de s'adapter ou non. Mais à la différence près c'est qu'une jeune femme sait qu'elle aura à quitter les siens, qu'elle le veuille ou non. Et que ces otages n'ont même pas conscience de cela avant de se retrouver loin de leur foyer."

La Tully n'avait pas prêté attention à ce qui, pour bien d'autres ladies, aurait été d'une rare maladresse. Comparer les otages et les mariages continentaux était en effet quelque peu hasardeux et, pour une personne à la susceptibilité aiguisée, cette image aurait pu couper court à la discussion. Mais il n'en était rien, bien au contraire et Eleanor continuait d'écouter Pryam avec la même attention et cette curiosité qui la définissait si bien.

Quand il annonça qu'il n'avait pas le caractère d'un chevalier, le visage de la jeune femme se fendit d'un sourire sincère. Peut-être était-ce pour cela qu'elle se sentait particulièrement à l'aise en sa présence, elle qui n'avait guère l'habitude d'éprouver cette sensation en présence d'autres chevaliers.


"Je ne sais pas quel devrait être le réel caractère d'un chevalier Ser Pryam, mais vous semblez en tout cas en avoir les qualités. Et c'est ce qui importe le plus je pense."

Eleanor était réellement heureuse d'avoir pu converser avec un chevalier aussi avenant et qui avait pris le temps de répondre à ses interrogations mais, au moment de le saluer, elle réalisa qu'il avait pris part au tournoi auquel avait assisté son frère. Elle n'avait pu s'y rendre à l'époque car elle avait été souffrante et le regrettait amèrement, malgré la tournure qu'avaient pu prendre les évènements.

La retenue du chevalier ne doucha en rien son enthousiasme même si elle sentit le rouge lui monter aux joues. Le sujet des dragons avait toujours eu tendance à provoquer une certaine agitation chez les enfants Tully et Lady Charissa devait souvent les rappeler à l'ordre.

"Oh vous savez, il y parfois une part de chance dans ces tournois, enfin mon grand-père ne partagerait probablement pas mon point de vue mais qu'importe."

Son visage s'était illuminé d'un sourire chaleureux tandis qu'elle continuait de parler, toujours aussi joyeuse, même si une petite pointe de déception l'avait effleurée lorsque le chevalier avait avoué qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir l'œuf avant qu'il ne soit dérobé.


"Il est vrai qu'avec la tournure qu'ont pu prendre les évènements n'a pas été des plus favorables. C'est bien dommage que vous n'ayez pas pu le voir… et, je n'irai pas jusqu'à dire que je suis vraiment passionnée par les dragons mais ils me fascinent vraiment. Parfois, j'aime à m'imaginer ce que cela pouvait donner d'en voir un voler et fendre le ciel… c'est un peu puéril je le sais bien, mais je n'arrive pas à m'en empêcher."

Une petite moue un rien penaude tandis qu'elle songeait à ses derniers propos.

"Pour cela, il faudrait me rendre à Port-Real ce qui n'est guère d'actualité. Vous êtes déjà allé là-bas ?"

Eleanor avait brusquement oublié qu'elle était sur le point de lui donner congé tant elle était de nouveau gagnée par la curiosité. En tant que chevalier errant, Pryam devait avoir vu bien des endroits, bien plus qu'elle en tout cas.
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Message Dim 28 Avr 2013 - 15:29

     La logique de lady Eleanor était indiscutable, du moins elle était justifiée. Il était vrai que se venger sur de simples citoyens qui n'avaient jamais pillé ou tué, n'était pas très chevaleresque. Cependant, c'était un comportement que le Valois pouvait comprendre. Comprendre, mais pas approuver. Certaines personnes avaient tout perdu, ils avaient vu leurs proches se faire enlever, leur maison se faire raser, leurs possessions se faire voler, il ne leur restait plus que de la colère et une envie de se venger. Lorsque vous n'aviez rien à perdre, il était logique que les risques n'entrent plus dans la balance, non ? Le Valois comprenait les deux points de vue, mais ne pouvait approuver l'un ou l'autre. La vision de lady Eleanor était plus agréable, mais très utopique, tandis que celle des autres était beaucoup trop radicale, mais bien plus « logique ». Le chevalier haussa légèrement les épaules.

     ▬ Je comprends votre position et elle vous honore, mais bien souvent ceux qui ont tout perdu ne songent pas au fait qu'il est plus digne de ne pas réagir comme notre instinct nous le dicte. Je n'approuve pas la vengeance, mais je crois que si j'avais été à la place de l'un de ces seigneurs côtiers, j'aurais certainement réagi comme eux. Parfois, la vengeance est la seule chose qui nous reste, même si elle n'apporte rien au final. Les morts ne reviennent pas. Il avait toujours méprisé les Feunoyr pour être responsables de nombreuses morts, mais restait conscient qu'en tuer un ne l'avancerait à rien. Peut-être était-ce le recul tout simplement ? Vous avez parfaitement raison pour les otages ma dame, mes excuses, la comparaison était aussi malaisée que déplacée. »

     Il avait bien compris que la jeune dame ne lui demandait aucune excuse, mais c'était plus fort que lui, quelque chose lui disait qu'il avait fait une bourde et qu'il devait la réparer. Lady Eleanor reprit de plus bel, lui offrant une réplique qui ne manqua pas de toucher le Valois. Il espérait bien posséder les qualités d'un chevalier et s'escrimait quotidiennement à respecter les vœux prononcés, mais ce n'était pas toujours très probant. Même avec tous les entraînements qu'il s'infligeait, Pryam n'atteindrait jamais un dixième du talent de certains autres chevaliers comme l’Épée du Matin par exemple. Mais ce n'était pas son objectif, la gloire ne lui importait guère. Il remercia la jeune femme d'un hochement de tête, ne trouvant quoi répondre à de telles paroles. Les compliments le laissaient toujours penaud.

     L’œuf de Dragon semblait avoir accaparé toute l'attention de la demoiselle qui rougit légèrement suite aux paroles du chevalier. Ce dernier espéra simplement ne rien avoir dit de déplacé – encore une fois – et tendit l'oreille lorsqu'elle avoua que la chance devait jouer son rôle dans les tournois. C'était un fait ! Rien que le tirage des adversaires était important, lui avait eu de la chance en tombant sur des jeunes chevaliers inexpérimentés ou des hommes beaucoup plus âgés que lui. Seul ser Even avait été « son égal ». Le regard clair de l'errant était posé sur le visage enjoué de son interlocutrice qui avoua comprendre aisément le fait qu'il n'ait pu voir ce fameux œuf de dragon. Pour être franc, Pryam se moquait pas mal de savoir où il était à ce jour, ce n'était qu'une relique et le chevalier n'était pas collectionneur. Les paroles suivantes de la demoiselle amusèrent le jeune homme qui se garda pourtant de sourire. Il ne souhaitait guère la froisser.

     ▬ Il n'y a rien de puéril là-dedans ma dame. Bien des hommes matures partagent les mêmes rêves que vous, puis en considérant le fait que les dragons ont existé, je ne vois rien de puéril à espérer leur retour. Je suis trop terre-à-terre pour m'intéresser à tout cela, mais je peux comprendre l'attraction que de telles créatures peuvent avoir sur des gens sensibles aux contes et au passé. »

     Une manière comme une autre de lui faire comprendre qu'il n'avait pas l'intention de la juger et encore moins de se gausser d'elle. Chacun avait ses rêves. Ceux de la lady étaient plus fous que ceux du chevalier qui souhaitait davantage une maison et une vie stable que le retour de créatures mythiques, mais dans le fond, ils étaient comparables : tous les deux espéraient quelque chose. La nature des rêves de chacun dépendait du caractère de ces personnes tout simplement. La jeune dame devait être une personne pleine d'imagination.

     S'attendant à être congédié comme la discussion glissait vers sa conclusion, le chevalier fut étonné d'entendre une autre question sortir de la bouche de la demoiselle. Port-Réal ? Oui, il allait aussi souvent que possible, après tout il s'agissait d'une zone très fréquentée où le Valois avait trouvé beaucoup de contrats intéressants. Le chevalier était sur les routes depuis une douzaine d'années, il avait eu le temps d'explorer toutes les régions ou presque.

     ▬ Plusieurs fois, oui. C'est d'ailleurs là-bas que lady Rivanon m'a engagé, c'est un très bon endroit pour trouver du travail ou des contacts. Toutes les nouvelles arrivent à Port-Réal et c'est aussi là-bas que l'on peut trouver les meilleurs artisans. Même s'il n'avait pas forcément les moyens de pouvoir leur acheter des choses. Je voyage sur les routes depuis une douzaine d'années, j'ai eu l'occasion de voyager à-peu-près partout, excepté à Dorne et dans les territoires les plus éloignés du Nord. Les Nordiens et les Dorniens n'aimaient guère les chevaliers en général. Les voyages vous passionnent ma dame ? J'imagine que vous ne devez pas avoir énormément de visite ici, le Nord est relativement isolé, je présume que les voyageurs qui s'y rendent ou en descendent ne sont pas légion. Simple spéculation, mais qu'il pensait justifiée. Port-Réal peut se révéler intéressante vous savez, mais elle ne vaut pas Villevieille. Le Bief est bien plus accueillant que la Couronne et Villevieille a l'avantage d'être une ville bien plus culturelle. Je pense qu'elle intéresserait davantage une femme comme vous que Port-Réal qui offre plus d'intérêt pour les chevaliers ou hommes d'armes. »

     À la fois en raison de tout le passage, des artisans et de tout ce qu'il y avait de ce type, que pour les environs de Culpucier qui regorgeaient de plaisirs qui attiraient normalement les voyageurs sans vergogne. À Villevieille, Pryam n'avait jamais croisé de telles manifestations.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Mer 8 Mai 2013 - 19:14

Le calme du chevalier et ses propos laissèrent Eleanor passablement songeuse. La vengeance était quelque chose que la jeune femme avait beaucoup de mal à concevoir mais, avec le recul, elle se demandait comment elle aurait bien pu réagir si le Fléaufort était resté en vie. Aurait-elle demandé sa tête pour venger la mort de Ser Norbert ? Aurait-elle fait preuve de clémence ? Impossible pour elle de le savoir et, à bien y réfléchir, elle n'étais pas vraiment sûre de vouloir connaître cet aspect de sa personnalité. Pourtant, les quelques mots qu'il venait de prononcer lui faisait réaliser ce qui lui travailler l'esprit sans relâche depuis la mort de son cher garde. Jamais personne ne paierait pour cela, il n'y aurait ni procès, ni justice rendue, Qhorin étant mort pour prendre sa défense.

Les choses étaient trop confuses pour qu'elle arrive à se décider et les paroles de Pryam ne faisaient qu'ajouter à cette sensation déplaisante qui ne la quittait guère. Laissant échapper un profond soupir, elle glissa, à mi-voix, son regard s'attardant quelques instants sur la pièce confortable et chaleureuse dans laquelle ils étaient installés.


"Je crois que je comprends. Ce besoin d'obtenir réparation surtout après avoir autant perdu, quel que soit le moyen et quelles que soient les conséquences. C'est quelque chose que j'aurais pu connaitre... enfin… Mais vous avez raison, les morts ne reviennent pas et ça ne fait que briser encore plus des familles et de semer les graines de la vengeance de plus belle. Malheureusement, c'est quelque chose de viscéral on dirait."

Eleanor se demandait aujourd'hui comment les gens pouvaient arriver à passer outre ce désir, à accepter la mort des personnes qu'ils pouvaient et à ne pas en vouloir au monde entier. L'espace d'un instant, la perte de son père et de Johanna la replongea dans ses souvenirs, lui provoquant un pincement au cœur et elle se mordilla nerveusement la lèvre inférieure. Difficile d'en vouloir à qui que ce soit, ou plutôt à une personne en particulier et il avait fallu de longs mois à la Tully pour accepter ce fait. Mais, une fois de plus, elle ne devait pas laisser son esprit divaguer et il fallait qu'elle se recentre sur la discussion avec le chevalier. Secouant alors brièvement la tête, elle ajouta, d'une voix douce.

"Oh, vous savez, la comparaison n'était pas si déplacée que cela même si elle était quelque peu surprenante je l'avoue. Elle a le mérite de me donner une base que je peux comprendre. Vous auriez parlé de combat ou de toute autre chose qui n'est pas de mon univers, je n'aurais peut-être pas aussi bien saisi votre idée."

Visiblement, le valois acceptait aussi bien les compliments qu'elle-même et se montrait tout aussi à l'aise d'être ainsi mis en avant. Lui décochant un sourire sincère, dépourvu du moindre fard, Eleanor préféra ne pas insister, sachant pertinemment ce qu'il pouvait ressentir en cet instant. Elle recevait bien souvent des compliments mais l'humilité qui lui avait été enseignée au fil des années la laissait parfois pantoise et indécise quant à la réaction à avoir lorsqu'on l'accablait de belles paroles. Eleanor n'avait jamais réussi à aimer ce qu'elle avait toujours considéré comme une corvée inhérente à son statut de demoiselle à courtiser et c'était peut-être une des choses qu'elle avait le plus apprécié chez le taciturne nordien, cette incapacité totale qu'il semblait avoir à pratiquer ce genre d'exercice. Il n'avait fait ni de long discours pompeux qui auraient probablement effrayé la jeune femme et, pour ça, elle lui en était reconnaissante.

L'évocation des œufs de dragon avait toujours le même effet chez la jeune femme, quel que soit le sujet qui pouvait avoir été évoqué précédemment. Il lui permettait de s'évader, d'imaginer toutes sortes de choses farfelues, ce qu'elle ne faisait guère en temps normal, toute occupée qu'elle était à apprendre les choses réellement utiles à son rang et à ses futures occupations. Mais, persuadée d'avoir eu une réaction beaucoup trop enthousiaste voire déplacée après le sérieux de leur conversation, la jeune femme ne manqua pas d'être gênée, retrouvant l'espace d'un instant la moue qu'elle arborait lorsqu'elle était une petite fille prise en faute.

Mais une fois de plus, le chevalier trouva les mots pour qu'elle se sente plus à son aise et Eleanor lui adressa un sourire reconnaissant tandis qu'elle hochait doucement la tête.


"Je vous remercie. Mais beaucoup de gens auraient plutôt tendance à dire qu'il s'agit là d'une perte de temps inutile et que j'ai bien mieux à faire et à apprendre que de me plonger dans des livres qui parlent de dragons et leurs histoires. Je ne suis apparemment pas assez terre-à-terre de mon coté…"

Un léger haussement de sourcils et un petit sourire terminèrent mieux sa phrase que tout ce qu'elle aurait pu dire. Si elle savait être sérieuse et consciencieuse, elle avait conscience de ce que beaucoup considéraient comme un défaut et s'en accommodait, appréciant trop ces moments d'évasion et de rêve pour accepter de s'en défaire facilement et sans raison.

Alors qu'elle aurait du, en temps normal, congédier le chevalier, après tout la jeune femme avait déjà beaucoup pris de son temps et il avait répondu à toutes ses questions de son mieux, une fois de plus l'attention d'Eleanor fut accaparée par autre chose et elle ne put s'empêcher de lui poser une nouvelle question, oubliant même d'être gênée par cette curiosité sans fin dont elle faisait preuve.

L'écoutant une fois de plus avec attention, elle laissa filer quelques secondes avant de répondre à son tour, d'une voix plus calme et plus sûre d'elle que lorsqu'ils avaient évoqué les dragons.


"Je suis allée à Port-Réal lorsque j'étais plus jeune, pour le grand tournoi. Mais j'avais dix ans à peine, je ne me souviens pas de grand-chose de précis. Plutôt des images, des sensations. Et nous avons voyagé avec le reste de la maison Tully. Je suis bien loin d'avoir vu autant de pays que vous mais nos deux positions sont difficilement comparables n'est ce pas ?"

Si elle avait aimé les voyages à l'époque, elle se demandait s'il en serait toujours de même aujourd'hui, se retrouvant incapable de répondre par l'affirmative ou la négative à la question du chevalier. Mais, si tout allait bien, elle le saurait dans un avenir proche, le voyage jusqu'à Winterfell ne serait certainement ni court ni de tout repos. Réprimant un soupir, elle continua, son regard se faisant plus brillant.

"Je vous avoue que j'aimerais beaucoup visiter Villevieille, même si je doute d'en avoir jamais l'occasion un jour. Tant de savoir réuni en une seule ville, ça doit presque donner le tournis."

Réalisant alors brusquement qu'il était peut-être temps de congédier le valois mais ignorant totalement la marche à suivre après une discussion aussi animée, elle resta un instant interdite, se triturant de nouveau les mains, la mine pensive.

"Je… merci encore une fois pour tout ce que vous m'avez expliqué, je vous en suis réellement reconnaissante…" Devait-elle ajouter quelque chose ? Lui dire simplement au revoir ? Difficile à dire et, après quelques instants de réflexion, elle continua, d'une voix qu'elle essaya, avec un certain succès, de rendre légère. "Je comptais prendre un peu l'air, je pourrais en profiter pour vous accompagner jusqu'aux portes du château si vous le souhaitez."

Tout en parlant, Eleanor réalisait qu'il serait inconvenant, voire impossible pour le chevalier de refuser sa proposition et, désirant éviter qu'il se sente mal à l'aise ou gêné, elle lui décocha un large sourire tandis qu'elle montrait la porte de sortie d'un revers de la main, ne leur laissant ni à l'un ni à l'autre le temps de se demander si tout cela était bien approprié.
Epoussetant sa jupe et toussotant légèrement, elle se décida à bouger, jetant tout de même un regard au chevalier et espérant ne pas y lire d'agacement ou tout autre chose du même acabit.
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Pryam Templeton
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Message Jeu 9 Mai 2013 - 12:49

     Apparemment l'idée de la vengeance troublait beaucoup lady Eleanor, avait-elle fait les frais d'une quelconque malveillance dernièrement ? C'était fort probable, au fond Pryam ne connaissait absolument rien d'elle et les nobles avaient tous leurs petits secrets. Le chevalier imaginait sans peine que de nombreuses choses devaient être arrivées à la demoiselle, mais bien évidemment, il ne pouvait que présumer, ce n'était pas demain la veille qu'il connaîtrait les secrets des Tully. Le Valois se contenta donc de hocher la tête aux paroles de la demoiselle qui tentait visiblement de se rassurer sur la nature de la vengeance. Il était évident qu'un esprit calme et apaisé de nature n'allait pas tout à coup crier à l'assaut pour punir un affront. Ce serait... trop étrange. Il esquissa un léger sourire pour rassurer son interlocutrice.

     ▬ La vengeance ne naît pas dans tous les esprits, je suis persuadé que dans le vôtre, rien de tel n'arriverait. »

     Après quoi lady Eleanor reprit la parole pour confirmer à Pryam que sa comparaison avait été assez surprenante, mais pas vraiment déplacée. Le blond en fut rassuré, il n'avait jamais aimé l'idée de contrarier les nobles, vu son statut ce n'était pas un bon moyen pour survivre, mais disons que lorsqu'une personne lui semblait aussi agréable que lady Eleanor, c'était d'autant plus véridique. Le chevalier errant se contenta donc d'acquiescer une fois de plus, ne répliquant rien étant donné que la déclaration de son interlocutrice ne demandait rien en retour.

     Lorsque la demoiselle enchaîna pour déclarer que nombreux étaient ceux à penser que se plonger dans les livres de dragons et autres récits de ce type, n'était pas une bonne chose, le Valois comprenait ce qu'elle voulait dire. Il était vrai qu'il y avait bien plus d'avantages à pouvoir parler de choses qui existaient réellement plutôt que de mythes et légendes qui n'apporteraient jamais rien à la politique et autre. Mais chacun avait le droit de rêver au final, qui pouvait raconter que telle ou telle chose était mauvaise ? De plus, ce n'était pas comme si lady Eleanor avait le devoir d'apprendre le maniement des armes ou d'autres choses de ce genre, elle pouvait bien s'accorder un loisir à côté de toutes les obligations qui lui incombaient.

     La discussion s'enchaîna sur Port-Réal, la noble fit savoir à son invité qu'elle avait été au tournoi de Port-Réal – tout comme Pryam d'ailleurs – mais qu'elle ne se souvenait pas de grand-chose. Les dernières paroles de la demoiselle dessinèrent un sourire sur les lèvres du Valois. Il était vrai que leurs positions n'étaient pas comparables, pas plus qu'ils ne découvriraient les mêmes horizons, même en se rendant aux mêmes endroits.

     ▬ Je pense oui, j'étais aussi à ce tournoi et je suis persuadé que nous n'avons pas vu les mêmes choses. Tout dépend du rang de chacun, mais ce n'est rien de bien nouveau pour vous j'imagine. »

     Villevieille était bien loin de Vivesaigues, aussi lorsque la demoiselle lui avoua son désir de découvrir un jour la ville des mestres, le chevalier imagina aisément que ce ne serait pas aussi aisé. C'était étrange de penser que, finalement, malgré son rang bien plus élevé que celui de Pryam, la jeune femme était aussi beaucoup moins libre de ses mouvements. Lui pourrait décider de se rendre à Villevieille, Port-Réal ou même Lancehélion dès demain s'il en rêvait ! Bien sûr, l'argent serait un problème, mais personne ne pourrait lui interdire d'agir de la sorte, contrairement à lady Eleanor. Après ces quelques aveux, la jeune femme sembla... gênée ? Certainement qu'elle était désireuse de le congédier maintenant que leur discussion arrivait à son terme, mais qu'elle n'osait pas le dire ? Peut-être bien ! Le chevalier s'apprêtait à la rassurer et lui dire qu'il allait la quitter, lorsqu'elle prit la parole pour le remercier avant de l'inviter à quitter les lieux d'une manière on ne peut plus galante. Il s'empressa de hocher la tête en arborant un léger sourire comme pour lui faire comprendre qu'il acceptait l'offre avec plaisir.

     ▬ C'est très aimable à vous ma dame et je vous remercie sincèrement de votre patience à mon égard. J'ai été heureux de pouvoir vous aider. »

     Le Valois se redressa à son tour avant de se diriger vers la porte indiquée par lady Eleanor, ils quittèrent alors la pièce pour gagner l'extérieur du château où le Valois allait pouvoir regagner l'auberge où il avait posé ses affaires avec sa sœur.


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Il faut apprendre partout où c'est possible ▬ Eleanor

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