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Soleil de Sang

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Homme d'Armes
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Ororya Gargalen
Homme d'Armes

Général


Capitaine de la garde personnelle de la Main du Roi

♦ Missives : 1326
♦ Missives Aventure : 57
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 06/01/2013
♦ Célébrité : Karen David
♦ Copyright : Dagon / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Lyessa Reed, Serenei
♦ Age du Personnage : 20 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Port-Réal
♦ Liens Utiles : ♦️ Fiche de présentation
♦️ Voyages et aventures
♦️ Aptitudes
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Message Mar 18 Juin 2013 - 17:52

Si Ororya avait un jour possédé un brin de patience et de contenance, inspiré par son oncle Maron, il ne lui restait plus grand-chose en cette soirée de déboires. Elle savait toujours mieux répondre à la fureur qu’à la compassion ou à la lâcheté – alors quand Logan prétendit qu’il ne frappait pas les femmes, elle laissa échapper un grognement furieux. Ses prunelles étaient vissées sur lui, prêtes à l’occire par cette seule insistance. « Grafton ! Un peu de courage, un peu d’orgueil ! Avant d’être une femme, je suis une combattante, et je vais te foutre une raclée ! » – Grinça-t-elle entre ses dents.

N’était-elle pas encore plus furieuse ? Qu’il refuse de se battre contre elle car elle était une femme ? C’était humiliant – et d’ailleurs, la remarque venait d’arracher des rires immodérés à la plèbe qui les lorgnait avec avidité. Il sapait son autorité, et elle allait lui faire payer. Une dornienne n’aimait pas s’entendre dire qu’elle n’était point une adversaire de choix de par son sexe. Il avait tort de ne pas chercher à répliquer, car la Gargalen comptait bien l’y pousser – jusqu’au bout. Alors qu’elle se jetait dans sa direction, espérant que sa persévérance ne lui vaille pas un échec de plus, le destin se gaussa d’elle une fois de plus. Avait-elle perdu toute sureté de son pas depuis qu’elle s’enorgueillissait à vouloir danser avec son comparse ? Certes, c’était là une danse bien brutale, mais la dornienne ne s’était jamais trouvée dans une situation aussi embarrassante.

« Mais c’est pas vrai ?! » – Ragea-t-elle avant de se réceptionner contre son adversaire - s’écrasant contre lui sans douceur mais dans un impact moindre, pas assez pour prendre le dessus. Elle tenta bien d’emmêler ses pieds aux siens pour le faire chuter, mais se heurta à l’évidence même qu’elle n’y parviendrait pas. La main de la dornienne lui barrait tout de même le visage, essayant de le maintenir en empoignant sa mâchoire – ses ongles écorchèrent brièvement la peau pâle du Valois avant qu’il ne tente de se dégager en mordant dans ses phalanges. Elle étouffa un cri réprobateur avant de susurrer à l’impudent. « Mais c’est qu’il se bat comme une fille ! » – La provocation allait bon train – à vrai dire, Ororya cherchait à obtenir de lui ce qu’elle désirait. A savoir, un combat, un vrai. Elle ne supportait pas qu’on la traite comme une jouvencelle, et seules les paroles mesquines pourraient y parvenir.

Alors qu’ils se débattaient tout deux, bloqués contre une table qui grinçait sous le poids de Logan, ce dernier sembla reprendre le dessus en l’espace d’une seconde. Libéré de la poigne féroce de la dornienne, il balança sa tête d’arrière en avant sous les yeux furibonds de cette dernière. Le coup de tête qu’il lui assena en plein front fut assez douloureux pour la rejeter en arrière, la troublant de nombreux miroitements successifs avant qu’elle ne parvienne à reprendre ses esprits. Cela fut bref, car à peine se campa-t-elle sur ses pieds, mains posées sur les hanches, qu’elle perçut le Valois perdre conscience. Ah ! Voilà de quoi ravir son égo. Si la dornienne aurait sûrement perdu un duel de descente d’alcool contre le Valois, elle venait de gagner face à sa propre riposte. La victoire était amère, surtout après avoir gesticulé comme une gamine sans avoir pu lui coller la raclée qu’il avait méritée. Levant le menton dans une moue dédaigneuse, la jeune femme souffla sur une mèche de cheveux trempée de bière qui lui retombait devant les yeux. N’ayant pas l’effet escompté, elle la rabattit à l’arrière de son crâne dans un geste agacé.

« Ah ! Faut croire que tu sais bien t’servir de ta tête parfois. » – L’homme gisait au sol, manifestement inconscient. Après quelques secondes durant lesquelles Ororya obtint pour seule réponse les rires et commentaires qui fusaient de la part de leurs spectateurs, la Dent de Freux émit un long soupir résigné. Elle prit garde à ne pas glisser en s’approchant du Valois puis s’abaissa à son niveau… Pour lui asséner des petites tapes sur les joues dans l’espoir de le réveiller. Curieusement, le silence de son adversaire ne lui faisait aucun bien. Elle se sentait honteuse de s’être donnée en spectacle de cette manière. « Grafton hé ! »

Il devait être bien loti dans son inconscience ! Chose dont elle ne voulait nullement le voir profiter. Elle le gifla sèchement – dans un claquement qui eut tôt fait d’attirer les regards humides de larmes de rire. Décidément, si foutre une rouste à Logan lui avait paru une excellente idée sur le moment, elle venait maintenant à le regretter.

HJ:
 
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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
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♦ Copyright : Luchadora
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♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Message Sam 22 Juin 2013 - 18:50

Ces dernières semaines n'avaient diantrement pas été une sinécure, l'on ne comptait plus les sorgues d'insomnie, les conciliabules à but préparatoire, les entrainements pour être fin prêt le moment venu... Ce moment qui s'était présenté avec le départ des troupes pour Murs-Blancs, et la rébellion du Dragon Noir étouffée à même son oeuf. Les félons n'avaient qu'à bien se tenir, le corollaire de leur implication dans la sédition Feunoyr ne tarderait point à leur choir sur le sommet du crâne une fois que la Main du Roi aurait l'occasion de s'y intéresser. Brynden Rivers avait daigné, au vue des circonstances, à se déplacer jusqu'à la Laiterie, qu'il avait ensuite abandonnée aux bons soins du sieur Mallery pour mieux s'en retourner à d'autres coercitions d'importance. Ce dernier, après avoir lui-même chassé les insidieux Beurpuits, avait sommé le démantèlement de leur illustre demeure, graduellement morcelée pour ne bientôt plus être qu'un souvenir fantomal dans le paysage du Conflans. Une fois l'insurrection définitivement jugulée et les travaux de désagrégation en bonne voie, le sigisbée s'était octroyée une petite incartade sentimentale en faisant route vers un fief de la même région, chez les Vance d'Atranta pour visiter son hypothétique future belle-famille. En la suave et délicieuse compagnie de Velanna, il avait abaissé toute égide pour mieux lui faire part de cette abrupte et impromptue passion qui s'était emparée de lui dès lors qu'il l'avait aperçue. Ils s'étaient malheureusement quittés à l'aurore du lendemain, amers de ne pas être en mesure de se revoir avant trop longtemps, puisque le chevalier s'en irait très bientôt brandir l'étendard du conflit et guerroyer sur les saumâtres Iles-de-Fer. De retour à Port-Réal depuis très peu de temps, il s'était attelé à la gestion du Conseil Restreint et de tous les hauts dignitaires que cet événement avait fait converger au Donjon Rouge, un bastion qui semblait plus animé que jamais. L'organisation et la réorgination des cohortes de factionnaires qui avaient largement été doublées pour assurer une sécurité optimale, la gérance des troupes qui embarqueraient pour la croisade qui s'annonçait, celles de la milice qui avait attiré bien des volontaires par ses promesses pécuniaires... La besogne était loin de manquer ! Mais les méchefs, eux, ne rataient jamais une opportunité de se mêler aux réjouissances...

« Commandant ! Commandant !! » Un Dent de Freux était entré en trombe dans l'office de son supérieur, pantelant et sans même avoir pris le soin de frapper avant. « La taverne... Gargalen... Grafton... Calmez-vous mon brave ! Articulez, je ne comprends pas un traitre mot de ce que vous tentez de me dire ! » Alrik et Ethaniel étaient là, les calots écarquillés, pris de court par cette subite incursion alors qu'ils étaient au coeur d'une conversation sur les moeurs de la chevalerie et la bienséance sociétaire – l'ironie faisait décidément bien les choses ! Une fois son eurythmie revenue à la normale, le quidam put enfin s'exprimer sur ce qui se profilait dans cette fameuse auberge assidûment fréquentée par nombre de ses pairs, ajustant une expression d'un subtil amalgame entre l'exaspération et le désespoir sur le faciès du Mallery. Un lourd soupir passa la barricade de ses lippes, il frotta ses paupières puis s'empara d'un vélin vierge sur lequel il rédigea un texte en toute hâte. « Ethaniel, va porter cette épître à ser Erik et regagne ensuite tes quartiers, tu as besoin de repos. »

Il apposa sa griffe à la fin de sa rédaction, plia la missive puis la tendit à son jeune page pour que celui-ci s'exécute. L'entretien qu'il avait promis audit ser Erik, l'un des capitaines de l'Ordre qu'il dirigeait, allait devoir patienter, car une affaire bien plus urgente réclamait désormais son attention. Ces deux fantasques et opiniâtres d'Ororya et Logan finiraient par avoir raison de lui ! C'était à se demander comment ils avaient bien pu faire pour se supporter jusqu'alors, une relation conflictuelle que le sigisbée avait vraisemblablement ignorée à ses dépends, et il en paierait ce soir le prix. Il avait bien d'autres chats à fouetter qu'arbitrer leur joute, la sensation de jouer le père sur le point d'admonester ses espiègles bambins était particulièrement désagréable et le mettait dans une humeur des plus noires. Sans perdre un instant supplémentaire, le commandant se leva de son siège et se fit escorter d'une poignée de ses hommes qui ne seraient assurément pas de trop. Ensemble, ils traversèrent les corridors de la forteresse pour finalement en sortir et rallier la taverne qui semblait accueillir un bien curieux spectacle, celui de protagonistes tout à fait respectables qui outrepassaient aujourd'hui les lisières du raisonnable. Et fichtre, n'étaient-ils pas censés être en service ? Dans ses atours d'ébène et d'opale, l'emblème de sa maison estampillé sur son poitrail – privilège ployé par son rang, c'étaient six molettes argentées qu'il arborait à la place du dragon lilial. - le chevalier était résolu à faire valoir son autorité et à remettre les éhontés dans le droit chemin. Bientôt, ils poussèrent l'huis de l'établissement et ne tardèrent guère à apercevoir l'attroupement caractéristique de spectateurs réunis pour contempler une rixe de comptoir. Dans ce joli lot, le sieur reconnut sans mal quelques membres de la garde du Donjon Rouge, venus profiter de leur temps libre – à croire qu'ils n'avaient rien de mieux à faire que s'imbiber de boissons pour se délasser. Mais qu'importait, ceux qui l'accompagnaient se chargèrent d'écarter les individus pour creuser un chemin et accéder au principal de la scène. Armé de son déplaisir et de son orgueil écorché de chef, Alrik arriva à l'exact moment où la dornienne asséna une violente gifle à son adversaire au sol.

« Capitaine ! Deux pas en arrière et cessez vos âneries, séance tenante ! » Dit-il en arrivant à hauteur de la sylphide, bien décidé à se faire obéir sans plausibilité d'objection. Visiblement furibond, il la toisa, avant de mirer le trentenaire en train d'observer les étoiles au plafond. « Bigre ! Qu'est ce que tout cela signifie ?! » Un tiers qui n'était en rien impliqué dans cette histoire jugea bon de s'avancer jusqu'aux abords du Mallery, brimbalant sur ses bases, il tenta de faire le dos droit et apposa sa main à hauteur de sa tempe pour le saluer dignement. « Au rap...port co... burp... commandant ! » Le bougre eut un hoquet, avant de lamentablement s'écraser par terre entre le chevalier et Ororya. Ledit commandant ne fut pas le moins du monde lénifié par l'intervention de ce pochard qui ne fit que l'exaspérer davantage, il se massa l'arrête du nez en maugréant dans sa barbe, avant de poser ses prunelles azurées sur le minois de la jeune femme face à lui. « Je vais me retenir de crier haro sur quiconque ici, ô que c'est une épreuve... ! Sur mes talons capitaine, nous rentrons, et tout de suite ! Que l'on ramasse ser Logan et qu'on l'aide à marcher si besoin est. »

Une entrée remarquée, à n'en point douter, l'atmosphère était bien moins festive que quelques minutes auparavant et ne le serait plus durant un moment pour les deux fautifs. Contraints de rentrer dans le rang, de rengainer leur fierté et de suivre leur supérieur hiérarchique, tout ce beau monde reprit la route pour rejoindre le Donjon Rouge où l'heure serait aux explications. Le trajet de retour ce fit dans un mutisme commun et glacial, Alrik en tête de groupe songeait aux conséquences que tout ceci entrainerait et surtout, à la raison qui les avait poussés à une telle lisière. Un paroxysme d'ineptie, selon lui, qui allait devoir être allégué au plus vite. Ils regagnèrent le bastion où le sigisbée ne gratifia pas immédiatement ses soldats de sa présence, leur laissant l'opportunité de se remettre de leurs émotions et de réfléchir à ce qu'ils avaient fait. De son côté, il lui fallut tempérer son ire pour ne pas hâtivement et indûment les châtier, car ce n'était point l'envie qui manquait. Le temps que le valois ait rassemblé ses esprits, et la dryade et lui-même furent ensuite mandés dans l'office de leur commandant pour une entrevue qui ne serait plaisante pour aucun d'eux. Celui-ci pénétra dans la pièce le dernier, la porte claqua après lui et il passa froidement devant le binôme d'impudents sans leur adresser la moindre oeillade.

« A croire que vous aimez avoir maille à partir l'un avec l'autre, et que vous adorez plus encore rudoyer ma patience... » Il fit choir Fraternité sur son bureau, parmi le fatras de documents. A la suite de quoi, il fit volteface pour confronter les Dents de Freux mis face à leurs responsabilités, et qu'il couva alternativement d'un regard courroucé et désappointé. « Une avanie pour la compagnie dont vous faites partie, voilà ce qu'est votre comportement. Et pour quoi ? Des trivialités ! Vos actes sont d'une telle stupidité que j'en rougirais, vous n'êtes plus même capables de vous quereller avec discrétion, non, il vous faut désormais déployer avec toute l'ostentation possible cette inimitié qui vous fait vous cracher à la figure dès que j'ai l'échine tournée ! Avez-vous la moindre idée de ce dont vous avez actuellement l'air ?! » Référence aux hématomes accouchés de leur affrontement, Alrik les trouvait présentement pitoyables, et nul besoin d'user d'un quelconque vocable pour le manifester. « Nous sommes en temps de guerre, les préparatifs pour le départ en direction des Iles-de-Fer plonge la cité dans une effervescence aussi incoercible que périlleuse, j'ai autre chose à faire que vous chaperonner et vous tancer à la moindre embardée. Par tous les Sept, vous êtes incorrigibles ! » Il prit une grande inspiration pour ne pas s'emporter et rester maître de lui-même, les mains légèrement redressées, il les contracta en poings fermés avant de croiser les bras et de reprendre. « Il serait vain de vous conter ma déception, faudrait-il encore que vous y accordiez un quelconque intérêt... Je ne vous le demanderai qu'une seule fois : que faisiez-vous dans cette taverne et que s'y est-il passé ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Chevalier
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Logan Grafton
Chevalier

Général
Chevalier excentrique et Dent de Freux circonspect

"Fear peoples darkness with monsters."

♦ Missives : 910
♦ Missives Aventure : 20
♦ Age : 27
♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 21/02/2013
♦ Célébrité : Paul Bettany
♦ Copyright : me
♦ Doublons : Bryn Penrose, Seamus Ouestrelin
♦ Age du Personnage : 31 ans
♦ Mariage : veuf
♦ Lieu : Port-Réal, Terres de la Couronne
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♦️ Succès
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Message Ven 28 Juin 2013 - 16:18

La tête de Logan tournait tel un manège. Une douleur brute tambourinait l’intérieur de son crâne, entraînant sa cervelle dans une valse effrénée. Des étoiles tachetaient sa vue, et le bruyant concert de rires s’était transformé en une insupportable cacophonie ; tout ce qui était clair devenait aveuglant et tout ce qui était sonore devenait assourdissant. Il était tout à fait incapable de mesurer ou de percevoir ce qui l’entourait ; le monde n’était plus qu’un mélange de couleurs et de sons, un désordre chaotique empêchant le valois de saisir ce qui était en train de se passer. Le jeune Grafton pouvait toutefois s’estimer heureux ! Ses sens étant brouillés, il n’était pas contraint de subir les railleries des soûlards et encore moins la soudaine apparition d’Alrik Mallery. Alrik Mallery ?! s’écria l’esprit de Logan. Le songe perça les parois de son inconscience pour brutalement le rappeler à la réalité.
Il pouvait sentir deux hommes le porter, le tirant fermement par les bras pour qu’il ne s’affale pas de tout son long sur la rue qui menait jusqu’au Donjon Rouge. Le monde tanguait encore, se balançant de gauche à droite, empêchant Logan de retrouver son équilibre. Sa tête lui faisait toujours mal ; une douleur qui semblait davantage toucher son égo ainsi que son humilité, qu’une quelconque blessure physique (bien qu’il sentait une fiévreuse chaleur émaner de son front, où commençait déjà à pousser une large bosse).
Il avait mal mesuré son coup. Une erreur qu’il préférait mettre sur le compte de l’alcool que sur sa propre stupidité. Le choc fut – littéralement – assommant, au point qu’il n’avait à peine senti la gifle que lui avait assenée Ororya quelques instant plus tard pour le rappeler à la raison. Tout ce qui lui restait de cette raclée était la sensation d’une légère brûlure, étouffée toutefois par son mal de tête.
Un flot de honte s’abattit brutalement sur le chevalier, le noyant de déshonneur. Le feu qui s’était si subitement allumé en lui dans l’auberge s’était éteint à la même allure, et tout ce à quoi il pouvait penser était le fait qu’il n’aurait jamais dû partir à la recherche du vil empoisonneur. Le cœur de Logan se serrait à l’idée de ce qui l’attendait, ce qui rendait l’ascension jusqu’au Donjon encore plus éprouvant.

Le valois pouvait à peu près tenir debout lorsqu’ils atteignirent dans la chambre du commandant. L’homme qui le soutenait fut heureux de se séparer de lui ; Logan ne pouvait lui en vouloir, après tout il devait empester l’alcool et la sueur... Il n’était pas non plus particulièrement présentable : son visage était sale, marqué par la poussière et les saletés qu’il avait ramassé étant allongé sur le sol. Son front était rouge, virant déjà vers un léger pourpre. Ses yeux étaient soulignés de larges cernes, ce qui donnait à sa frimousse un aspect un peu creux. Bref, il ressemblait un peu à un fantôme.
Le jeune Grafton n’osait à peine lever les yeux lorsque leur commandant commença à déverser ses semonces et réprimandes. Peu à peu toutefois, il parvint à redresser la tête, tenant son équilibre tant bien que mal et s’efforçant de maintenir une once de respectabilité.
« [...] Avez-vous la moindre idée de ce dont vous avez actuellement l'air ?! »
C’était probablement une rhétorique, mais Logan ne put s’empêcher de lâcher un petit :
« Je pense, oui Ser. »
Il regretta ses paroles sur-le-champ, et se mordit la langue de peur de recevoir un autre coup dans la figure. Un poing venant d’Alrik serait bien plus douloureux qu’une gifle de la main d’Ororya... C’est du moins ce que pensait le valois.

Chaque mot prononcé par Ser Alrik infligeait une blessure plus profonde. Le terme de “déception” retentit avec plus de violence que le reste. Logan avait l’impression d’être dépouillé du peu de fierté qui lui restait.
Il osa jeter un coup d’œil à la jeune dornienne ; elle-même n’avait pas été épargnée par leur bagarre. Leur quête ne pouvait s’être achevée d’une pire façon. Ils s’étaient non seulement humiliés eux-mêmes, mais avait également terni la réputation des Dents de Freux. Davantage dans la mesure où Ororya était capitaine de la garde personnelle de la Main du Roi. Ce dernier point n’était cependant pas une raison pour le jeune Grafton de se montrer compatissant envers la dornienne, puisqu’il était persuadé qu’elle allait sortir de situation avec bien plus de facilité : n’était-elle pas la nièce de Prince Maron ? Sa famille lui assurait une forme de protection, alors que Logan ne bénéficiait pas d’une telle sécurité...
Il aurait aimé avouer toute l’affaire ; il savait que c’était ce qu’il devait faire. Pourtant, les mots se coincèrent dans sa gorge lorsqu’Alrik posa la question. Son cœur se serra. Avait-il peur de trahir Ororya ? L’interrogation flottait devant ses prunelles l’espace de quelques instants. C’était lui qui avait incité la jeune Gargalen à suivre cette enquête ; ils ne se seraient jamais retrouvés dans un tel pétrin s’il n’avait pas allumé une flamme de culpabilité chez son capitaine. Tu ne peux pas t’en empêcher, hein Logan ?...
Enfin, il finit par ouvrir la bouche, s’exprimant avec la même franchise et rudesse dont il ne semblait pouvoir se séparer.
« Le capitaine et moi nous sommes disputés au sujet de Dorne. Nos opinions divergent. C’est l’alcool qui a fait déborder le vase. Il marqua une brève pause, riva ses yeux sur le sol avant de poser sur le chef des Dents de Freux un regard contrit, J’ai lancé le premier coup, commandant. J’en assume l’entière responsabilité. »



One had to take some action against fear
wh
en once it laid hold of one.

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Ororya Gargalen
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Message Mer 3 Juil 2013 - 20:02

Ororya secouait désespérément le valois, perplexe quant à l’idée que ses gifles n’aient aucun effet sur lui. N’était-ce pas de sa faute à lui s’il était étendu sur le sol à miroiter bon nombre d’étoiles illusoires ? Elle avait la tête plus dure que la sienne, c’était indéniable, et pourtant, la jeune dornienne n’avait pas brillé d’efficacité en voulant porter ses coups. Elle empestait la bière, une fine pellicule de sueur mêlée à de l’alcool la recouvrait de la tête aux pieds – que venait-t-elle de faire ? Que venaient-ils de faire ?! Ils allaient être la risée du Donjon Rouge, la honte des Freux. Elle était au service de Brynden lui-même, alors qu’allait-il penser en apprenant que son capitaine se bat publiquement avec l’un de ses officiers ? Elle avait la face cramoisie par la honte qui en vint à la submerger tandis que les rires rythmaient l’ambiance échaudée de la taverne. Elle n’avait pas même levé les yeux pour observer les individus qui se pressaient autour d’eux. Il fallait qu’elle le réveille, et qu’ils s’échappent avant que tout ceci n’en vienne aux oreilles de…

Ororya avait levé le plat de la main pour assener une nouvelle gifle à Logan, mais elle fut interrompue par une voix masculine qu’elle ne reconnut que trop bien. Son visage empourpré blêmit si vite qu’on aurait pu croire qu’elle allait flancher. Elle déglutit difficilement, ses yeux sombres braqués sur la silhouette de son commandant. A peine eut-il formulé un ordre vindicatif à son égard que la donzelle se redressa derechef, manquant de glisser une fois de plus sur l’alcool répandu au sol. Alrik semblait furieux, et il y avait de quoi l’être ! Si Ororya avait conscience de son impulsivité préjudiciable, elle n’en demeurait pas moins embarrassée dés à présent. Mallery avait toujours été d’un grand secours, et elle éprouvait une grande gratitude pour cet homme qui lui avait permis de rentrer au sein des Dents de Freux. Face à ce genre d’individus mués de sagacité, Ororya se retrouvait toujours décontenancée – bien car ces hommes là lui rappelaient la figure paternelle bienveillante qu’elle avait laissé à Dorne. Retrouvant son équilibre dans une angoisse palpable, la salée laissa tomber ses bras le long de son corps dans une expression de désespoir.

« Alrik… » – Laissa-t-elle échapper sur un ton suppliant avant de se reprendre. « Mon commandant… »

Le chevalier s’était porté jusqu’à elle et la dardait d’un regard agacé. Elle ne se souvenait guère s’être confrontée à la désapprobation de son commandant – à tel point qu’elle préféra précipiter son regard à ses pieds plutôt que de soutenir le sien. Tous avaient été interpellés par l’arrivée impromptue du meneur des Dents de Freux. On les couvrait dorénavant de regards entre curiosité et appréhension, tandis que la jeune dornienne se liquéfiait sur place. Elle fut libérée un bref instant de l’insistance de son commandement par un de leurs collègues qui venait à témoigner de son ébriété sans crainte. Alrik Mallery était un exemple de patience et de droiture que la donzelle admirait. Elle ne l’avait jamais vraiment vu en rogne, et était peu fière que ça arrive aujourd’hui par sa faute. Il était comme son mentor à Port-Réal, celui avec qui elle avait passé beaucoup de temps lorsque son isolement s’était fait insupportable. Ororya se sentait nauséeuse et au bord de l’apoplexie malgré l’expression de neutralité qu’elle s’évertuait à afficher. Quand son commandant lui ordonna de le suivre pour rentrer fissa au Donjon Rouge, la jeune femme s’exécuta sans broncher. Elle jeta une œillade en direction d’un Logan toujours inconscient que quelques comparses s’échinaient à soulever. Ça allait chauffer pour leur grade - c’est qu’elle aurait presque préféré être à la place de Grafton à ce moment même !

Ororya n’avait jamais été habituée aux silences de plomb, elle qui avait toujours eu le tempérament dornien et la franchise au bord des lèvres. Oui mais voilà, son chef était mécontent, et la jeune femme avait assez de jugeote pour ne pas l’ouvrir jusqu’à ce qu’il le lui demande. Qu’allait-elle bien pouvoir lui dire ? Rien ne pouvait excuser son comportement – se battre ainsi comme une chiffonnière avec l’un de ses pairs n’était pas une conduite à avoir lorsque l’on était capitaine. La Gargalen passa le plus clair de son temps les lèvres pincées et la mine déconfite de remords alors que le convoi aux allures funéraires se rendait au Donjon. Une fois arrivée, Alrik lui fit comprendre qu’elle et Grafton bénéficiaient d’un peu de temps pour se remettre les idées au clair avant de se livrer à quelques explications. La jeune femme se réfugia dans ses appartements le temps de se débarbouiller et de soupirer toute sa frustration. Son esprit était encore quelque peu embrumé par l’alcool mais elle avala un grand verre d’eau en espérant dissiper son malaise. Elle arrangea son crin pour donner un minimum de contenance à sa physionomie amochée par ses élans maladroits puis saisit son courage à deux mains pour rejoindre le bureau de son mentor. Elle y trouva un Grafton aussi honteux qu’elle, qui attendait patiemment l’heure du jugement. Elle voulut ouvrir la bouche mais se ravisa, estimant que ça ne ferait qu’empirer les choses que de se confronter une nouvelle fois au valois. Elle se posta à ses côtés, l’œil sombre, et garda la mine basse jusqu’à ce qu’Alrik les rejoigne et laisse libre cours à ses reproches. Chacun de ses mots sonnait comme un couperet, un glas funeste, qui écrasait la jeune femme de culpabilité et d’opprobre. A sa question rhétorique, Ororya ne répondit guère, s’humectant les lèvres face à la douleur qui venait à lui lanciner le front. Elle biaisa un regard en direction de Logan qui venait de répondre avec une telle impertinence que la donzelle en redouta la réaction de leur commandant. Que dire ? Ces mots étaient durs, surtout venant de la bouche de l’homme qu’était Alrik. Son honnêteté, sa bravoure, et sa contenance lui rappelaient toujours Maron, un modèle qu’elle craignait ne jamais pouvoir calquer. Elle se sentait comme une morveuse qui venait de se faire moucher, et qu’elle en avait honte ! Elle se rendait bien compte que le conflit entre elle et Logan n’était que futilité – bagatelle dont on ne pouvait pas se permettre lorsque l’on occupait un poste avec des responsabilités tel que le sien. Ororya ne laissa pas échapper un seul mot, malgré toute la peine que lui faisait ressentir cette incartade. Alrik posa finalement la question – il désirait savoir la raison de ces griefs, et surtout, connaître la raison de leur venue dans cette taverne. La donzelle sentit son estomac se nouer, comme si elle était prise de cours par cette question cependant prévisible. Elle sentit le doute flotter comme un malaise pesant mais Logan fut le premier à ouvrir la bouche. Tandis qu’elle s’attendait à ce qu’il offre la vérité à son supérieur, le chevalier n’en fit pourtant rien. Disputé au sujet de Dorne ? Pourquoi mentait-il ? Considérait-il qu’il avait sa part de culpabilité dans cette affaire ? Ororya fronça brièvement les sourcils, agacée par la remarque. Elle ne pouvait le laisser se draper de la faute – elle l’avait provoqué et l’avait frappé. Même si elle considérait que ses raisons étaient bonnes, c’était puéril de s’être laissé aller dans un tel manque de contrôle. Etait-ce par orgueil ou par esprit de contradiction ? Quoiqu’il en soit, la Gargalen ne pouvait guère laisser le valois dire.

« Je suis navrée mon commandant. J’ai conscience de la puérilité de mes actes et de mes réactions. Je reconnais mes tords et j’apprendrai de cette erreur, même s’il m’est parfois difficile de faire preuve d’autant de sang froid que vous. » – Déclara-t-elle, relevant le menton vers son interlocuteur. « Je vous dois la vérité. Ser Logan connaissait l’homme qui est mort du poison qui m’était destiné. J’ai tout naturellement voulu satisfaire son besoin de justice en le menant à mes côtés pour enquêter sur l’affaire, dans la taverne. Je n’aurais pas du, surtout connaissant les griefs qui nous opposent. » – Ororya coula un regard à Grafton, guettant ainsi ses réactions quant à ses aveux. Elle ne pouvait se permettre de mentir à Alrik. Il ne le méritait pas. « Je l’ai frappé la première, poussée par mon orgueil, désirant lui montrer que les femmes ne sont pas bonnes qu’à enfanter. J’ai conscience d’avoir fait honte à notre compagnie, et je le regrette. Quelle sera votre sanction ? Je l’endurerai. »

Une certaine gravité pouvait se lire sur les traits tirés de la dornienne. Elle était sincère, et n’était pas du genre à faire endosser sa responsabilité à quelqu’un d’autre quand ça pouvait l’arranger.
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Alrik Mallery
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Message Ven 5 Juil 2013 - 9:38

Alrik ne pensait point être un homme ingrat, il savait parfaitement reconnaître les efforts et la bienséance de ses soldats lorsque ceux-ci y mettaient un peu du leur, et c'était toujours avec fierté qu'il constatait leur besogne bien accomplie. Il était certes péremptoire, l'on ne galéjait pas avec la discipline alors que l'on avait la sécurité du souverain et de son régent entre ses mains, il y avait un temps pour le badinage et un autre pour le travail. La déontologie exigeait que nul  n'amalgame ces deux notions, le Mallery y veillait – mais guère assez visiblement. Les rixes et les algarades, il était incapable de toutes les lénifier, une compagnie constituée d'autant de membres disparates ne pouvait que couver une pléthore d'antagonismes, et il était dans la nature humaine de se chercher querelle. Mais la situation était ici bien différente, il n'était pas question d'une chicane bénigne dont on aurait tout omis le lendemain et qui n'aurait donc aucun corollaire, il s'agissait d'un capitaine et d'un quidam sous ses ordres directs, la relation hiérarchique risquait fortement d'en pâtir plus qu'il n'en avait déjà été le cas. Leur inimitié était telle qu'il ne parvenait à la comprendre, bien qu'il la soupçonnait de reposer sur des bases branlantes de jalousie d'un côté et d'opiniâtreté de l'autre. De ce qu'il en savait, ce binôme ne s'était guère jamais entendu, ou du moins, il n'avait pas souvenance d'avoir déjà aperçu autre chose qu'une entente de mauvaise volonté. Ils le prouvaient certainement plus que jamais en cette soirée, mais les éhontés avaient fort mal choisi leur période pour manquer de tempérance ! En d'autres circonstances, peut-être leur commandant aurait-il été plus à même à la commisération, mais présentement saturé et éreinté de coercitions entre Murs-Blancs et les Iles-de-Fer, il se sentait bien moins enclin à la compassion, quand bien même s'échinait-il à ne pas indûment décharger ses nerfs sur eux. Et pourtant, s'il se trouvait déjà dans une ire sombre et menaçante, cela ne dissuada pas Logan de faire valoir son goût pour la frivolité – ou était-ce une tentative désespérée d'ébaudir l'entretien qui se présentait comme pernicieux ? Dans tous les cas, sa désinvolture fit tout sauf sourire son supérieur qui biaisa un regard glacial sur le galbe du malheureux, et celui-ci n'eut pas besoin de mots pour se morfondre aussitôt en contrition. S'il se passa de commentaire pour cette fois, que le valois s'y réessaye, et il lui exploserait les tympans à grand coup d'objurgations !

Se faisant, une réponse suivit promptement la question du chevalier qui écouta attentivement la justification de leur conflit, et qui en fut... Pour le moins interdit. Il sourcilla, oscillant entre aberration et désespérance : ils en venaient aux mains pour de telles fioritures ? Les dorniens étaient réputés pour leur sang ardent et l'irascibilité qui s'y alliait, mais voilà que le valois concédait sans irrésolution qu'il était le responsable... Un comportement presque suspect qui laissa l'auditeur quelque peu sceptique, comptant sur la donzelle pour corroborer cette version avant d'y prêter totalement foi. Ce qu'elle ne fit pas... Ororya, elle, était incapable de le mystifier comme avait tenté de le faire son homologue Dent de Freux, ce qui fut tout à son honneur. Tandis que la belle passait aux aveux, le sieur hasarda une furtive lorgnade vers le flavescent sigisbée, lui laissant par là présager qu'il n'avait pas apprécié qu'il le prenne pour un idiot, s'enfoncer était une bien mauvaise idée au vue de la situation. Puis, une fois pleinement concentré, il ne fut pas plus abasourdi que cela d'apprendre qu'il s'agissait de cette tentative d'assassinat orchestrée contre la sylphide, et qui avait malheureusement coûté la vie d'un de leurs camarades. Un triste événement qui l'avait également peiné et outré, mais des morts... Il en aurait bien davantage à dénombrer au retour de la guerre, et ainsi allait la fatalité. Pour l'occasion, Alrik se fit un instant silencieux, comme un succinct hommage au décédé que l'on cherchait vraisemblablement à venger, et à la suite de quoi, il reprit d'une intonation plus modérée bien que toujours impérieuse.


« N'est-ce que pour cela que vous comptiez enquêter ? Je comprends votre frustration de ne pouvoir mettre de faciès sur ceux qui ont attenté à votre vie, Ororya, ceux-là ne vous ont pas seulement menacée, ils ont aussi sciemment injurié la couronne ainsi que Dorne et méritent cent fois de finir au billot. Cependant, que ce soit pour le défunt, ser Logan, ou vous même, vous n'êtes pas habilitée à mener cette investigation ! Votre devoir en tant que capitaine est de montrer l'exemple, vous auriez dû dissuader Grafton de se lancer en croisade vengeresse, pas l'y encourager. Et si vous aviez rencontré des difficultés pour ce faire, il fallait venir m'en avertir. Il ne s'agit pas de délation, mais de gestion de vos troupes, je suis navré qu'une telle incartade ait été nécessaire pour que vous l'appreniez, j'espère effectivement que vous retiendrez la leçon. » Il s'intéressa au valois. « Quant à vous, outre le fait que vous trouvez opportun de me mentir, vous seriez à n'en point douter un soldat exemplaire si vous faisiez preuve d'autant de discipline à votre poste que de détermination à traquer des criminels. Je suis le premier consterné par ce qui est arrivé à votre ami, je ne prends aucun plaisir à voir l'une de mes recrues passer l'arme à gauche et croyez bien que me taraude l'envie de voir les têtes de ses meurtriers plantées sur des piques. Toutefois, je n'ai pas plus de libre arbitre que vous, nous avons tous des ordres à suivre même si cela ne nous sied pas toujours. D'autres se penchent activement sur cette affaire et aucun de nous trois ne s'y mêlera tant que lord Brynden Rivers n'en aura pas décidé autrement. » Il marqua une pause pour les considérer et s'adresser à tous deux. « Pour ce qui est de vos dissonances qui ne datent pas de la veille, il serait grand temps que vous fassiez preuve de maturité et passiez outre, il y a des choses bien plus importantes que vos trivialités. Je vous rappelle par ailleurs que je pars bientôt pour les Iles-de-Fer, j'aimerais m'en aller l'esprit quiet de savoir que le Donjon Rouge se trouve entre de bonnes mains et que vous serez tous à même de faire face aux imprévus pendant mon absence. Je dois pouvoir vous faire confiance, c'est fondamental ! »

Que dire de plus ? Ils avaient plus de poids sur les épaules qu'ils ne semblaient le croire, le commandant espérait sincèrement qu'ils en prendraient conscience. Les capitaines allaient tous devoir être encore plus alertes qu'à l'accoutumée, mais ils ne pourraient rien faire sans le soutien de leurs hommes, le tout s'apparentait à un mécanisme bien huilé où chaque pièce était tributaire d'une autre. Et parce que l'avenir était imprévisible, il fallait être prêt à toutes les éventualités ! A présent, se posait la question de la sanction... Il serait bon de marquer le coup d'une pierre non blanche, ni même noire, mais grise, de façon à ce qu'ils en gardent une sapidité suffisamment amère pour les faire grimacer. Suspendre leurs soldes serait vain et il n'allait décemment pas les jeter aux geôles pour si peu, il ne pouvait pas non plus les mettre aux arrêts car il avait besoin d'eux... Mais une autre idée pointa subitement, elle lui fit plisser les calots en une mimique songeuse et eut le mérite de mettre un terme à sa colère. Redevenu plus placide, il laissa un silence anxiogène s'installer avant de déclarer en guise de conclusion.

« Bien, il me semble qu'un avertissement ferait trop pâle figure en comparaison de vos actes, surtout qu'il ne serait pas le premier en la matière. Et de vos actes, vous en assumerez les conséquences. » Laissant le mystère planer quelques instants par simple plaisir personnel, il tapota le plastron de son habit de fer pour illustrer ses propos. « Demain, vous serez tous deux déchargés de vos obligations et remplacés par l'un de vos pairs pour l'occasion. Vous passerez la journée dans le dépôt d'armes à toutes les vérifier et à lustrer les armures. J'exige que le matériel des Dents de Freux soit impeccable, une partie servira pour les troupes qui partent en guerre et vous vous doutez qu'un arc défectueux pourrait coûter des vies... Oh et évidemment, c'est une peine que vous effectuerez ensemble. Je compte sur vous. »

Ils pourraient bien le taxer de sadique, Alrik n'en avait cure. Il ne pouvait pas les obliger à s'apprécier, mais à se supporter, en revanche, cela était tout à fait dans ses cordes ! Mais plus que cela, Ororya et Logan auraient à oeuvrer de concert s'ils ne voulaient pas passer toute la journée à briquer du métal, s'ils joignaient leurs efforts, la sanction serait assurément moins longue. Il ne tenait donc qu'à eux de mettre leurs différends de côté et de se prouver qu'ils étaient aptes à travailler ensemble plutôt que l'un contre l'autre, une façon comme une autre de leur transmettre le message.


Spoiler:
 


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Logan Grafton
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Message Dim 14 Juil 2013 - 20:50

La confession d’Ororya le prit au dépourvu. Logan ne s’attendait guère à ce que la jeune femme avoue la vérité, après tout elle le détestait assez pour lui arracher le cœur puis le mâcher de ses crocs aiguisés. Peut-être avait-elle un plus grand sens de responsabilité que Logan n’osait espérer. Maintenant que l’affaire avait été révélée à leur très illustre commandant, Logan risquait d’être l’objet d’une punition bien plus terrible : mentir à son supérieur n’était pas vraiment la meilleure manière d’entrer dans les bonnes grâces de Ser Alrik, et il allait probablement en payer le prix.
Adieu promotion ! Le valois pouvait déjà voir l’opportunité d’être promu à un plus haut rang s’évaporer... Pourtant, l’image n’éveilla pas cet arrière-goût acerbe qui avait l’habitude de s’incruster sous sa langue. Il n’avait toutefois pas le temps de se pencher sur la question puisque le commandant reprit promptement la parole.
Le jeune Grafton ne cachera à personne qu’il ressentait une certaine satisfaction en oyant les réprobations adressées à Lady Ororya. Même s’il ne s’était jamais vraiment réjoui du malheur d’autrui, ces reproches résonnaient avec le doux écho de la vengeance. Il n’eut cependant guère le temps de savourer ce bref plaisir, puisque le chef des Dents de Freux ne tarda pas à s’attaquer à lui et ses mots furent terriblement douloureux...
Il est vrai que son comportement n’était guère digne d’un garde du Donjon Rouge, encore moins d’un chevalier originaire du Val d’Arryn. Logan réalisait à présent à quel point son mensonge avait été futile, ce qui ne faisait évidemment qu’amplifier la teinte d’humilité absorbée par sa fierté rétrécissante. Au fond de son crâne, il pouvait entendre Goëville se lamenter devant tant de honte et de maladresse. « Un Grafton ?! Se comporter de la sorte ? Mais c’est outrageant ! » C’était la voix de son père qui rebondissait entre les murs de son étroite conscience.
L’épreuve devenait de plus en plus difficile, notamment lorsque Ser Alrik évoqua l’imminente bataille contre les fer-nés. Bien que Logan était très conscient de l’attaque qui se préparait, il n’y avait porté aucune importance lors de cette brève enquête. Il avait alourdi le fardeau du commandant, chose pour laquelle il était sincèrement désolé. Il aurait d’ailleurs aimé exprimer des excuses, mais trouvait le moment très inopportun et préférait par conséquent s’enfermer dans un servile mutisme.
Vint l’heure de leur punition... Pour dire la vérité, Logan s’attendait à pire. Le chevalier pensait même se faire expulser des Dents de Freux, ce qui conféra à l’annonce du commandant une dimension presque libératrice : le Valois sentit un considérable poids tomber de ses épaules, puis émit un imperceptible soupir d’intense soulagement. Le seul bémol était qu’il devra effectuer cette besogne auprès d’Ororya et qu’il ne pouvait garantir de résister à la démangeante envie d’user des nombreuses armes dont ils seront entourés. Mais mieux valait ne pas discuter avec Alrik... Sa colère était palpable et risquait de faire irruption si le Valois décidait de coller une réplique mal placée (à quoi il était d’ailleurs particulièrement doué...). Non, cette fois ses lèvres restèrent scellées et il se força d’observer son commandant d’un air des plus contrits. Il se donnait l’impression d’un enfant à la merci de semonces parentales, une sensation qu’il aurait préférée oublier pour de bon.
Quand leur supérieur acheva son réquisitoire, il était temps pour eux de quitter la salle pour mettre fin à cette fâcheuse embrouille. Logan s’inclina légèrement à l’adresse d’Alrik avant de disparaître derrière la porte d’entrée.

Très vite, chien et chat se retrouvaient seuls dans le couloir. La tension se renouvelait déjà... Maintenant qu’ils avaient quitté la chambre de Alrik Mallery et qu’ils n’étaient plus soumis au à l’insoutenable poids de la honte qui perdurait sur la dernière marche de leur passé, le jeune Grafton se sentait capable d’ouvrir la bouche :
« Je ne pensais pas que vous alliez dire la vérité. Il avait presque murmuré la phrase et ses yeux semblaient se perdre dans la contemplation des dalles qui pavaient le sol. Logan ne tarda pourtant pas à se reprendre : Vous avez entendu le commandant, il y a des choses bien plus importantes que nos trivialités. Mieux vaut jeter de l’eau sur le brasier que nous avons allumé avant qu’une étincelle ne transforme nos querelles en réel incendie. Enfouissons ce qui s’est passé dans cette maudite auberge et n’en parlons plus. A peine avait il prononcé ces paroles qu’il se rendit compte que c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Son crâne brûlait encore de douleur, et son amour-propre criait toujours vengeance. En plus, leur entourage les empêchera cruellement d’oublier cette ridicule dispute. Je vous dois des excuses. confessa-t-il. Les mots avaient d’abord refusé de sortir, et il dû les cracher avec une note hargneuse, Je suis désolé... bien que je préfèrerais ne pas l’être. »
Il ne lui offrait point la paix ; il lui proposait simplement une trêve temporaire...
C’est là qu’il réalisa pourquoi il n’avait pas éprouvé cette intense rancune envers son capitaine lorsqu’il pensait ne jamais être promu à un statut plus élevé chez les Dents de Freux. De fait, Ororya venait de lui donner une réponse à l’interrogation qui le tourmentait depuis si longtemps : le capitaine des Dents de Freux était-il capable d’assurer la sécurité de la Main du Roi ? Et bien, aussi terrible que cela pouvait lui paraître, il semblait que oui. Il semblait qu’on pouvait faire davantage confiance à la jeune Gargalen qu’au Valois, puisque celle-ci avait été sincère lorsque lui-même avait menti. Peut-être que Logan n’était pas prêt pour qu’on lui confie davantage de responsabilités ; peut-être qu’il ne l’a jamais été...
« Faites gaffe de ne pas érafler vos jolis doigts demain, ses lèvres s’ourlèrent d’un sourire taquin, Capitaine. »

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One had to take some action against fear
wh
en once it laid hold of one.

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Ororya Gargalen
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Message Jeu 25 Juil 2013 - 20:06

Pourquoi diable Grafton avait menti ? Désirait-il se protéger ? Ou les protéger ? Quoiqu’il en soit, Ororya se sentait incapable de mentir à Alrik, et ce n’était pas par mauvaise foi à l’égard du valois qu’elle ne pouvait supporter, mais bien car elle avait énormément de respect pour son supérieur. Lui qui l’avait soutenu du début jusqu’à la fin dans ce donjon qui lui avait semblé froid et hostile à son arrivée sur le territoire des Targaryen. Elle l’estimait comme une figure paternelle – calme et tempérance, honneur et bravoure. Tomar était bien plus lâche, surtout dans son désir virulent de disposer d’elle et de sa sœur pour offrir à la maisonnée des alliances profitables. Heureusement, sa mère était là pour réfréner ses ardeurs et la soutenir dans sa prise d’indépendance. Quant à Alya, ça n’était pas son cas - sa jeune sœur d’onze ans avait été promise au fils de l’héritier de Voi depuis quelques années déjà et même si elle ne semblait pas chagrinée par cette perspective, Ororya l’était pour elle.
La mine basse, les lèvres closes, la dornienne fit écho au silence de leur commandant une fois les aveux livrés. Elle n’avait pas voulu agir en mal – à dire vrai, elle détestait cette sensation qui la faisait se sentir honteusement coupable. Cet homme était mort par sa faute, car son nom et ses origines lui avait causé du tord dans cette ville de pouvoir. Dans ces moments là, la donzelle ne désirait qu’une chose – retourner chez les siens et se terrer loin de ces intrigues politiques qui empoisonnaient son quotidien. Quelle idée d’être au service de la Main du Roi ? Et pourtant, elle y tenait à ses responsabilités – à cette ferveur pour défendre la couronne.

Alrik sembla circonspect en apprenant les raisons de leur venue dans cette taverne malgré leur inimitié réciproque. Malgré les excuses platement formulées par la dornienne, elle n’échappa pas aux réprimandes de son supérieur. Elle savait qu’il disait vrai – qu’elle n’avait pas agi pour le bien de ses fonctions, qu’elle avait outrepassé son devoir pour trouver ceux qui s’en étaient pris à elle et pour se venger. Colère enivrante, frénésie passagère. Il était dur pour elle de faire abstraction de tout ça. Non, elle n’était pas comme Alrik, ni Maron – elle puisait dans la rage une dangereuse nécessité pour survivre. La jeune femme se contenta d’hocher le chef tout en écoutant les dires de ser Alrik – elle devait montrer l’exemple et tâcherait de s’en rappeler dans les moments les plus délicats.

Ororya en avait presque oublié le valois jusqu’à ce que le commandant s’adresse à lui. Même s’il semblait déçu par les mensonges qu’il lui avait servis, il n’en tint pas rigueur au-delà de la déception. Il tenta de le raisonner, lui expliquant que la mort de son ami avait meurtri la communauté toute entière, mais que ce n’était pas un motif pour la vengeance. Les Dents de Freux avaient une image à respecter – seuls les ordres importaient, particulièrement ceux de la Main. La dornienne saisit le regard cristallin de leur interlocuteur qui semblait pétri entre contrariété et compréhension. Lorsqu’il daigna leur toucher deux mots sur leur grief emprunt d’immaturité, la donzelle s’humecta les lèvres, la mine renfrognée. Se contenter d’ignorer Grafton était chose impossible ! Il était comme un insecte nuisible, bourdonnant à ses oreilles. Néanmoins, il disait juste – les évènements extérieurs les pressaient à mettre de côté les disputes futiles pour s’occuper de la sécurité de la Main. La guerre contre les fer-nés – elle suscitait bien des inquiétudes d’Ororya qui se devait de rester à Port-Réal, tandis que sa maison allait se joindre à la couronne, tout comme la plupart de Dorne pour vaincre ces maudits pillards des Iles.

« Nous resterons vigilants durant votre absence. J’imagine que le fait d’être en dehors de l’enceinte du Donjon n’a fait qu’envenimer la situation. Ser Logan et moi-même ne nous risquerons pas à mettre la vie de la Main du Roi en danger par nos futilités durant l’exercice de nos fonctions. » – Lui assura-t-elle sur un ton calme.

La dornienne semblait avoir fait taire l’étincelle de foudre qui lui vrillait l’estomac. Et pourtant, lorsqu’Alrik prononça leur sanction, la jeune femme ne put s’empêcher d’hausser les sourcils dans une expression de révolte. C’était donc là sa punition ?! Vérifier et lustrer armes et armures n’était pas ce qui la dérangeait le plus – mais devoir le faire en compagnie de Grafton était sans nul doute ce qui l’excédait le plus. Elle s’apprêta à ouvrir la bouche pour riposter mais elle se ravisa, jetant une brève œillade hostile au chevalier du Val. Elle ressentit un bref élan d’amertume à l’égard de son supérieur mais elle n’en exprima qu’un fugace agacement avant d’inspirer et acquiescer aux dires de son interlocuteur. Elle eut vite fait de tourner les talons pour sortir des appartements de Mallery, dégageant sur son sillage une aura aigrie. Logan marchait d’ailleurs à ses côtés, et la donzelle était en train de se convaincre de ne rien dire tout en serrant la mâchoire, lorsque celui-ci daigna lui adresser la parole. Leur conflit méritait d’être étouffé avant que ça n’empire – Alrik leur avait bien fait comprendre, et elle ne pouvait qu’approuver même si ça lui semblait tâche ardue. Logan semblait enclin à faire la paix, et même si la donzelle y mettait quelque peu de mauvaise foi, elle ne pouvait que s’y résoudre pour le bien de la situation.
Puis, il s’excusa. Ororya s’arrêta dans le couloir aux dalles pourpres et planta son regard dans les yeux clairs de son interlocuteur. Elle sembla jauger la sincérité de ses dires puis après quelques secondes, elle esquissa un bref sourire.

« Je suis désolée de vous avoir collé une trempe. » – Lui répondit-elle, non sans être amusée. « Je n’aurais pas du faire une démonstration de ma virulence – surtout en public. Mieux vaut que nous nous en tenions à des rapports aussi glacials que professionnels dorénavant. »

Elle darda ses sombres prunelles sur lui, exsudant un calme presque surprenant. Elle ne pouvait nier que le valois, aussi insupportable qu’il soit, possédait aussi des qualités inhérentes aux chevaliers. Mais n’avait-il pas aussi cette arrogance et cette amertume qui faisait tout dornien ? L’idée qu’ils puissent se ressembler suffisait à lui coller la nausée. Elle chassa cette pensée d’un geste de tête, et reprit sa marche en direction de ses appartements avant que les paroles de Logan ne l’interpellent.

« Quant à vous, tâchez de récupérer pour être en forme. Vous avez une de ces têtes… » – Lui lança-t-elle sur un ton mesquin en faisant allusion à la bosse qui ornait son front.

Et la voilà qui se détournait déjà, la risette aux lèvres, même si la punition qui les attendait ne la réjouissait guère. Dés qu’il avait été question de responsabilités, la dornienne s’était jetée dedans, sans peur ni remord. C’était aussi ce genre de situations inconfortables qu’il fallait qu’elle assume – et au moins pouvait-elle se coucher avec en tête une victoire sur le méprisant valois.

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Soleil de Sang

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