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Les Loups traversent la rivière ♠ Lord Beron Stark

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Ryman Frey
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~~ Seigneur des Jumeaux ~~

♦ Missives : 1490
♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
♦ Célébrité : Nicholas Hoult
♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
♦ Doublons : Gerold Lannister & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
♦ Lieu : Les Jumeaux
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Message Mer 6 Mar 2013 - 11:11

Les Jumeaux étaient en ébullition. Dans la forteresse de la rive sud, celle qui abritait depuis toujours la Maison Frey, tous s'activaient aux préparatifs : Murs-Blancs attendait en effet la venue de Lord Ryman et des siens pour les épousailles de Lord Ambrose Beurpuits et Lady Sienna Frey. Le jeune Seigneur s'était montré perplexe au début, mais avait fini par accepter, et c'est à présent avec un enthousiasme un peu forcé qu'il abordait le déplacement. Le principal intérêt de ce mariage, c'est qu'il serait organisé avec un grand tournoi, tournoi auquel allaient participer de nombreux chevaliers de renom. Lord Jasper Arryn, suzerain du Val, était même pressenti pour faire partie des concurrents. Et bien sûr, Lord Edwyn serait présent. Il quitterait bientôt Vivesaigues pour chevaucher en direction du fief immaculé des Beurpuits. Mais avant tout ça, un invité de marque allait faire son apparition dans le Conflans. Attendu par Lord Tully, Lord Beron Stark devait passer par les Jumeaux.

Les images du premier passage des Nordiens revenaient sans cesse à l’esprit de Ryman quand il pensait à la visite de Lord Stark. Les émissaires avaient laissé une bonne impression, hormis un. Aaron Ryswell et Deana Lideuil avaient encadré le jeune frère de Lord Beron, Darren, et en quelque sorte sauvé cette première visite. Le Seigneur des Jumeaux ignorait s'il y avait eu des conséquences fâcheuses par la suite, si le comportement inqualifiable du frère avait été sanctionné, mais il était ressorti satisfait des quelques jours passés en compagnie des hommes et femmes du Nord. Même le loup avait su se comporter convenablement. De bon augure avant l'arrivée, imminente maintenant, du dirigeant des contrées nordiques. Les échanges épistolaires, en tout cas, avaient confirmé cette impression. Et Lady Rivanon, en envoyée du Conflans, s'était bien assuré que les relations partiraient sur de bonnes bases.

Un son de cor fendit l'atmosphère calme et humide, provenant de la forteresse nord, où se pressait une grande partie de la garnison des Jumeaux. Un signal qui fut entendu de l'autre côté, et qui ne pouvait signifier qu'une chose : les étendards de la délégation du Nord devaient avoir été repérés à l'horizon. D'un seul geste, Ryman mit en branle la machine bien huilée du ballet des serviteurs. En quelques minutes, il fut apprêté pour recevoir Lord Beron, tandis que son cheval était préparé dans la cour. Lorsqu’il descendit, il retrouva là son frère, Ser Maleck, et une petite escorte, composée de sept hommes d’armes. Pendant ce temps-là, Lady Mera et Lady Petra s’affairaient à diriger les domestiques qui s’agitaient dans la grande salle. Tout devait être parfait. Le petit cortège s’ébranla et traversa le pont, pour attendre dans la petit cour, semblable, de la forteresse sur la rive d’en face.

Là, encadrant la porte, des hommes formaient un couloir, bien alignés. Maleck le devança pour aller rapidement inspecter les soldats, puis il leva les yeux vers les remparts. Le guetteur indiqua que les invités étaient en approche, et le chef des troupes des Jumeaux se tourna vers son aîné. Le signe fut relayé, et les portes pivotèrent, lentement, jusqu’à révéler la colonne de cavaliers qui arboraient le Loup sur champ enneigé. Immobile et fier sur son destrier, Ryman attendit que Lord Beron ait franchi l’ouverture pour venir à sa rencontre, Maleck à ses côtés, un peu retrait.

« Lord Stark, je vous souhaite la bienvenue aux Jumeaux. C’est un honneur pour moi de vous recevoir en mon humble forteresse. Je vous prie de considérer ma demeure comme la vôtre. »

Son regard embrassa l’ensemble des Nordiens, et d’un geste circulaire, il désigna les murs autour de lui. Il fit ensuite tourner son cheval pour l’orienter vers le sud, la destination qu’ils allaient tous prendre à présent. Et alors que tous se mettaient en marche, il se plaça auprès de son invité de marque.

« J’espère que votre voyage jusqu’ici s’est déroulé dans les meilleures conditions. J’imagine qu’il a malgré tout été long, aussi j’espère que vous saurez ici trouver repos et confort. »

La cour de la seconde forteresse à peine atteinte, une horde de garçons d’écurie se précipita pour prendre la bride des chevaux et, une fois les cavaliers démontés, aller les desseller et prendre soin d’eux. Dans l’encadrement des portes menant à l’intérieur, deux femmes attendaient. Ryman les rejoignit et se plaça entre elles, avant de leur prendre la main.

« Lord Beron, laissez-moi vous présenter mon épouse, Lady Mera, et ma mère, Lady Petra. »

Les présentations effectuées, il s’effaça pour laisser passer le seigneur du Nord. Et comme lors de la venue de l’ambassade, ils firent une halte dans le hall. Des domestiques patientaient sur les côtés, aux pieds des escaliers.

« Des appartements ont été mis à votre disposition. Le repas sera servi dès que vous le désirerez. »

Cette fois, Ryman avait choisi de ne pas prendre de risque : il préférait se plier à la ponctualité choisie de son invité plutôt que de se heurter à un retard qui rendrait tout le monde mal à l’aise. Les informations circulaient suffisamment vite dans les couloirs de la forteresse pour que tout soit prêt lorsque Lord Stark ferait son entrée dans la grande salle. Il était probable que Lord Beron voudrait attaquer le vif du sujet rapidement. Après tout, les Jumeaux n’étaient qu’une étape de son périple vers le sud. Lord Frey se plierait donc aux volontés de son invité, ne serait-ce que par égard aux futurs potentiels accords conclus avec Lord Tully.



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Message Mer 13 Mar 2013 - 13:25

Bien que théoriquement l’homme le plus influent du Nord, Beron ne s’était jamais considéré autrement que comme le serviteur d’une contrée constamment menacée, plaçant son devoir avant tout le reste y compris son propre sang. Si la chose n’avait pas été absolument nécessaire jamais il n’aurait quitté ses terres pour parcourir les routes, à vrai dire Lord Stark aurait certainement rechigné à ne serait-ce que s’éloigner de Winterfell si l’époque ne se prêtait pas aux invasions et aux conflits. Chaque fois que les guerriers de sa Maison quittaient les murs de la forteresse ancestrale il s’en trouvait toujours pour ne jamais revenir, des vies et surtout des bras perdus pour terminer les récoltes alors que l’hiver approchait à grands pas. Beron représentait d’une certaine manière l’exemple martial de sa lignée, d’autres gouverneraient en temps de paix, lui s’était depuis longtemps fait à l’idée que tout comme son père avant lui il périrait par l’épée, que ce soit durant l’attaque à venir contre la Seiche ou lors d’une nouvelle rébellion.

Conscient que tout homme qu’il appellerait sous ses bannières risquait de causer indirectement le trépas d’une famille entière privée du fruit de son labeur avant la mauvaise saison, Face-de-pierre n’avait toujours pas convoqué son ban et préféré faire route vers le sud tant pour nouer des alliances potentielles avec le Conflans et l’Ouest que pour louer les services de chevaliers errants et reitres. Aux premiers l’on pouvait concéder l’honneur assuré par les vœux qu’ils avaient prêtés en atteignant leur statut, mais les seconds se limitaient bien souvent à un ramassis de pillards sans scrupules qui n’hésiteraient pas à détaler au premier vent contraire. Le fait que Lord Stark en vienne à disperser plusieurs de ses émissaires de par la région pour les recruter sitôt son Nord natal quitté en disait long sur l’état de crise actuel et les mesures drastiques requises pour y remédier. Qu’ils lui prêtent leur épée et il leur offrirait l’or promis, jusqu’à la dernière pièce même si cela impliquait vider ses coffres, qu’ils désertent et il maudirait leur couardise jusqu’à son dernier souffle.

Grâce aux préparatifs de Lady Rivanon Mallister l’arrivée du premier et modeste ost de Nordiens avait pu se présenter sous de bons auspices, les Jumeaux étaient au fait de leur arrivée prochaine et Beron ne doutait pas qu’on l’attendait déjà de pied ferme sitôt que l’étrange forteresse double apparut à l’horizon. Là devrait se tenir les premières négociations qui déboucheraient, Lord Stark l’espérait, sur un droit de libre-passage pour ses troupes qui ne tarderaient pas à le suivre vers le sud. Dans le cas contraire un long détour s’imposerait pour traverser la Ruffurque, une perte de temps qu’il ne pouvait se permettre. Ce seigneur Frey avait à son actif moins d’années que le taciturne Nordien, peut-être sa jeunesse relative permettrait de parvenir à un accord satisfaisant et surtout bref que davantage d’expérience et de frilosité handicaperaient sévèrement. Au moins son futur interlocuteur n’était-il pas un garçonnet, contrairement au Lord suzerain du Conflans avec qui Face-de-pierre devrait s’entretenir une fois à Vivesaigues, devoir passer par un enfant pour quelque chose d’aussi cruciale que la pérennité de ses gens le dépitait mais une fois encore nécessité faisait loi, dans les limites de l’honneur bien entendu.

Alors que le château Nord se rapprochait ils entendirent le son d’un cor chargé d’annoncer l’arrivée des invités, se pliant aux nécessités du protocole auquel il ne goûtait guère, Lord Stark prit la tête des dix hommes constituant ses conseillers et meneurs de troupes du moment et laissa plus en retrait le gros des 500 combattants pris à la garnison de Winterfell. Par souci de rapidité une fois encore et par nécessité en cas de nouveau raid des Fer-nés il n’avait pas osé emporter toutes les épées à sa disposition. Les portes de la forteresse s’ouvrirent et dévoilèrent un couloir bien ordonné de gardes que le seigneur du Nord et les siens franchirent au trot rapide après un galop démontrant le peu de patience en la matière de leur chef. Saluant Lord Ryman d’un vif hochement de la tête, Face-de-pierre répondit de sa voix grave et solennelle :

« Je vous remercie de votre hospitalité Lord Frey, moi et mes hommes veillerons à ne pas devenir un fardeau pour votre demeure le temps de notre séjour. »

Guidés sur le pont dont Beron voulait obtenir les services, le groupe mêlé de Nordiens et de Riverains se dirigea vers la forteresse sud, cédant au minimum de courtoisie dont il était capable, il essaya de répondre à son hôte sans se montrer abrupt.

« Le Neck a été ardu à franchir par la faute de ses crues d’automne, la route royale était inondée en plusieurs endroits et cela nous a ralentis. Au moins avons-nous pu contacter les Paludiers plus efficacement que par corbeau. »

Car au final dans la mentalité du Stark tout revenait invariablement à des questions militaires, ainsi était sa façon de raisonner, forgée dans le creuset de la guerre. Aussi après une seconde de silence réalisa-t-il qu’il serait de bon ton d’ajouter :

« Je ne doute pas que les Jumeaux sauront nous apporter cela, Lord Frey. »

Comme de coutume en pareille occasion on lui présenta les Dames de la maisonnée, en l’occurrence l’épouse et la mère de Lord Ryman. Viscéralement Nordien et donc incapable de se prêter au rite du baisemain, le seigneur de Winterfell s’inclina légèrement devant elles, avec raideur, avant de leur rendre leur salut. Après cela on lui présenta ses appartements où il pourrait se délasser avant le repas à venir.

Lord Stark s’y rendit en hâte, prenant tout juste la peine de quitter sa tenue de voyage pour une autre toute aussi austère, il laissa aussi ses armes par politesse pour son hôte, porter de l’acier lors d’un banquet représentait une insulte en termes de défiance, même lui en avait connaissance. Beron descendit donc les escaliers moins d’une heure après leur séparation, franchissant une fois de plus des portes en se sentant le centre de l’attention. Sans fioritures il alla prendre place auprès de Ryman et lui dit :

« Lord Frey, vous le savez certainement ma venue dans le sud concerne des affaires graves, aussi comprendrez-vous que moi et mes hommes ne resterons pas dans vos murs plus longtemps que quelques jours. De plus il se trouve certaines conditions que je souhaiterais aborder avec vous, des conditions à propos de la guerre bien entendu. »

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Ryman Frey
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Message Ven 3 Mai 2013 - 14:54

Il se passa moins d'une heure avant que le cortège nordien fasse son entrée dans la grande salle, apprêtée pour l'occasion. Une grande table, disposée en U, faisait face aux portes. Un grand feu brûlait dans la cheminée centrale, située à l'opposé des doubles portes. Ryman avait fait enlever son habituel siège pour installer à sa place deux fauteuils moins ostentatoires mais tout aussi confortables. L'un lui serait bien sûr réservé, l'autre serait pour son invité de marque. Ainsi présideraient-ils côte à côte le repas. Dès que Lord Beron avait quitté ses appartements, le message s'était répandu. Et avant même que le Seigneur du Nord n'apparaisse, les plats avaient été apportés. Soupes, viandes, poissons, légumes, fruits, pain, vin, eau, tous ces mets se bousculaient dans les plats de métal précieux. Lord Frey aimait montrer ce qu'il possédait, surtout quand il recevait des invités de marque.

Bien sûr, Ryman savait l'importance d'un accord avec Lord Stark. D'autant que cet accord était indispensable à Lord Tully et, plus au sud, Lord Lannister. Malgré le fait que le Seigneur des Jumeaux portait juste un intérêt curieux à la guerre contre les Fer-nés, il se devait de ne pas entraver les dispositions prises pour contrer la menace venue des îles. Il avait apporté son concours à Salvemer, en envoyant son frère à la tête de quelques hommes, mais il n’avait pas l’intention d’ajouter d’autres renforts militaires aux opérations à venir. Son soutien se bornerait aux vivres et au passage sur ses terres. La mer était loin et les Fer-nés n’étaient encore pas venus jusqu’aux Jumeaux. Ils auraient de toute façon bien vite fait demi-tour.

Lord Frey se leva pour accueillir Lord Stark à ses côtés. Les autres Nordiens prirent place aux emplacements qui leur étaient réservés. A droite de Lord Beron était assise Lady Petra. Ryman avait son épouse à sa gauche. Le reste des Frey s’alignait de part et d’autre. Alors qu’un serviteur emplissait les coupes de vin, le Seigneur de Winterfell entra sans attendre dans le vif du sujet. Il était venu pour une raison bien précise, et cette raison le poussait plus au sud. Son séjour aux Jumeaux serait donc bref, le temps simplement d’établir un accord avec son seigneur.

« Je comprends tout à fait, Lord Stark. Ces affaires urgentes pressent plus d’un seigneur à agir rapidement. Il est de mon devoir de faciliter l’avancée de toute opération qui mettra fin au conflit. Sachez mon soulagement à vous voir en pleine forme. Je ne doute pas que vous saurez faire payer aux Fer-nés le prix juste après ce qu’ils vous ont fait subir. Le Conflans a aussi souffert. Les Jumeaux soutiendront Vivesaigues et, par conséquent, Winterfell, lorsque votre entente sera scellée. »

Il n’y avait là que des évidences, mais la politique nécessitait parfois que l’on dise ce qui était utile d’être entendu. Ryman saisit sa coupe et invita Beron à faire de même. D’un geste, il fit baisser le volume sonore dans la salle, et se leva.

« Je lève mon verre en signe de paix et d’amitié à nos invités du Nord. Que votre séjour ici soit agréable. À l’alliance de Winterfell et des Jumeaux. »

Ryman but une longue gorgée de vin avant de reprendre place, délaissant son vin pour la soupe qu’on venait de servir. Rouge, elle se composait de légumes et de poisson, et on y avait ajouté quelques épices venues de loin. Si les réserves n’étaient pas inépuisables, Lord Frey savait à l’occasion faire partager à ses invités ce que le commerce apportait jusqu’à sa forteresse.

« Qu’attendez-vous exactement de moi, Lord Stark ? »

Le jeu d’échecs commençait, même si la partie était purement amicale et n’avait aucun véritable enjeu. Ryman souhaitait simplement entendre formellement que ce Lord Beron désirait obtenir.

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Message Mer 15 Mai 2013 - 12:03

Bien que les jumeaux ne soient que peu éloignés du Neck les terres environnantes profitaient déjà d’un climat bien plus doux que dans le Nord et cela s’en ressentait rien qu’à observer la profusion de plats servis, nota Beron. Le fait que son hôte tentait tout autant de l’honorer que de faire bonne impression par le biais de ce banquet fastueux selon ses propres standards ne lui échappa pas non plus, au moins ne risquait-on pas d’y voir une certaine hostilité à sa présence en ces murs. Lorsque Face-de-pierre aborda le vif du sujet concernant les raisons évidentes de sa venue, Lord Frey sembla y répondre positivement, du moins avec toute la politesse qu’impliquait le protocole, se déchargeant en partie du poids de l’accord à venir en faisant référence à son Suzerain. Le Stark ne savait cependant pas si ces propos représentaient une si bonne nouvelle que cela, certes Lord Tully faisait de toute évidence loi sur sa région mais une fois de plus l’on en revenait à son trop jeune âge et aux problèmes épineux que cela soulevait. Et si l’enfant-seigneur se braquait et refusait d’apporter son soutien au conflit ? Dans ce cas-là les Jumeaux lui refuseraient-ils le libre passage sur leur pont et le condamneraient par ce biais à effectuer un intolérable détour avec son armée ?

Cela ne pouvait arriver, à chaque nouvelle lune les Fer-nés se faisaient encore plus audacieux et s’enfonçaient davantage dans ses terres avant de regagner leurs boutres avec leur butin mal acquis, sans compter le risque que Lord Lannister décide de faire cavalier seul devant son retard et détruise leurs chances de victoire. Perdu dans ses errances mentales tourmentées et certainement trop pessimistes, Beron fut brusquement ramené à la réalité lorsque le noble Riverain leva son verre pour porter un toast. Le Nordien mit quelques secondes à réagir puis fit de même, écoutant attentivement ce que disait son hôte comme s’il s’agissait d’une obscure déclaration dans une langue inconnue. Ce banquet constituait la première étape d’une longue succession de rencontres diplomatiques dans le Conflans, Lord Stark en avait conscience, et en homme d’action plutôt que de mots il avait de fait tendance à compenser cette tare sociale par un regain d’attention peu adapté aux circonstances. Au moins cette fois-ci le message était suffisamment clair pour que l’esprit rigide de Face-de-pierre ne tente pas de le sur-interpréter et il se contenta d’acquiescer avant de boire à son tour pour ne pas se montrer impoli. Ce vin-là se faisait bien plus sucré que ce à quoi il était accoutumé, mais heureusement pas suffisamment fort pour déjà lui faire tourner la tête, bien que généralement buveur d’eau ses racines Omble lui accordaient cet avantage insignifiant.

Puis ce fut le tour du premier plat, une soupe au parfum méconnu du Nordien mais qui ne semblait pas particulièrement désagréable au goût. Bien qu’encore noué par la longue chevauchée du jour et plus généralement par le fait que sa contrée se trouvait toujours harcelée par les pirates, il prit la peine de la gouter suffisamment pour honorer l’usage et ne pas sous-entendre du dédain pour cette nourriture offerte. Vint ensuite la question que Face-de-pierre attendait depuis le moment même où il avait franchi les portes de cette double forteresse, Lord Frey lui demanda ce qu’il escomptait obtenir de lui avec une franchise pour laquelle le seigneur de Winterfell lui était reconnaissant. Les négociations enrobées dans des discussions anodines lui étaient aussi difficiles que détestables, les faits et rien que les faits, voilà tout ce qui importait. Se tournant vers le noble Riverain, il répondit très simplement :

« Sitôt cette rencontre à Vivesaigues terminée j’entends convoquer mon ban et lui ordonner de se diriger vers le Sud pour se joindre à la contre-attaque sur les Iles de fer, l’ost empruntera la route royale pour franchir le Neck et arriver dans le Conflans. A partir de là j’attends de vous le droit de libre-passage par les Jumeaux ainsi que des provisions pour les troupes. »

Voilà le minimum que Lord Stark attendait de cette rencontre, le minimum vital à toute cette entreprise visant à restaurer la paix dans son domaine et préserver ses gens des pillages incessants. Sur ce point il se montrerait intraitable et réagirait mal à un refus, à son caractère taciturne venait s’ajouter une mémoire stupéfiante dès lors que l’on touchait aux rancunes, et si Lord Frey lui refusait ce pont cela revenait, à son sens, à égorger lui-même des centaines de Nordiens innocents. Sa demande ne s’arrêtait pas là, cependant, et il poursuivit :

« Et si Lord Tully convoque son ban j’ose espérer que vous apporterez votre part d’hommes et de ressources, Lord Frey, toute aide sera la bienvenue pour ses assauts au cœur des territoires de Dagon Greyjoy. Nous ne sommes pas si éloignés de la mer et vous savez comme moi que la Seiche ne cessera de s’enfoncer plus profondément dans le continent tant que personne ne sera allé la débusquer dans son antre. »

Plutôt instruit dès lors que l’on touchait à l’histoire militaire, Beron savait que le Conflans tout entier se trouvait encore sous la botte des Fer-nés il y deux cents ans, les Chenu avaient pris possession des rivières jusqu’à s’établir en un lieu si éloigné qu’Harrenhal. Si leurs ancêtres avaient réussi cet exploit combien de temps faudrait-il aux pirates pour qu’ils s’aventurent jusqu’aux Jumeaux ?

« Avec la venue de l’hiver il est évident que les Paludiers seront parmi ceux à répondre le plus facilement à mon appel, leurs archers sont plus précis que nuls autres et j’envisage de faire combattre leurs forces à vos côtés pour plus d’efficacité dans ce conflit nécessaire. »

Le dernier mot avait été appuyé pour souligner son importance, Lord Stark savait que dorénavant un bras de fer verbal allait s’engager entre lui et le noble Riverain. Les habitants du Neck ne jouissaient pas d’une bonne réputation dans le Sud aussi entendait-il en venir directement au point qui fâchait pour éviter de devoir y revenir plus en aval de cette conversation. Etait-ce réellement avisé ? Sans doute pas.
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