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L'Entreprise de la Mort

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Seamus Ouestrelin
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Général
Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

♦ Missives : 1288
♦ Missives Aventure : 49
♦ Age : 27
♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 05/11/2012
♦ Célébrité : Gary Oldman
♦ Copyright : me
♦ Doublons : Bryn Penrose, Logan Grafton
♦ Age du Personnage : 53 ans
♦ Mariage : Lady Amelia Redwyne
♦ Lieu : Falaise, Terres de l'Ouest
♦ Liens Utiles :
♦️ Fiche
♦️ RP et Liens
♦️ Résumé
♦️ Aptitudes
♦️ Succès
♦️ Histoire des Ouestrelin
♦️ Bryn
♦️ Logan

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Message Sam 2 Mar 2013 - 11:06


L'Entreprise de la Mort
Sous la Septième Lune de l’an 209, Lord Seamus Lowell Ouestrelin arrive à Port-Réal afin de quémander audience dans l’espoir de légitimer son bâtard. Son arrivée coïncide avec celle du Fléau de Printemps. Le tumulte crée par l’épidémie rend son entrevue impossible. Toutefois, le seigneur de Falaise persiste, demeurant à la capitale durant plusieurs semaines jusqu’à ce que Daeron II Targaryen y succombe à son tour. Il décide alors de quitter Port-Réal peu après qu’Aerys I Targaryen accède au trône. Le jour de son départ, la nouvelle Main du Roi, Brynden Rivers, décide de brûler les cadavres des victimes à Fossedragon, dans le dessein de mettre un terme à la propagation de l’épidémie...

*
* *

Port-Réal ! Flambeau de Westeros, creuset des peuples, capitale des délices et ville de toutes opportunités ; un tableau que l’on se dresse, ou du moins se dressait, de la grandiose cité. A présent, elle n’évoquait plus que le vestige d’une civilisation autrefois fabuleuse et fleurissante. Les rues désertes n’habitaient plus que spectres et fantômes, les auberges jadis bourrées d’ivrognes n’accueillaient personne d’autre que la Mort, le Donjon Rouge somnolait lugubrement au haut de la Colline d’Aegon, et même la Place Poissarde ne dégageait plus que l’arôme fétide de la pourriture et de la désolation...
Le Fléau s’était abattu sur Port-Réal, aussi fatal que funeste. Personne ne semblait y avoir échappé. Non ; les Hommes tombaient comme des mouches et les Dieux ne s’en préoccupaient guère, baissant sur le monde leurs regards flegmatiques, alors que celui-ci était contraint de se contempler dans sa propre insignifiance. Rien ne s’offrait aux gens, ne serait-ce qu’une vision d’un monde apocalyptique, vidé de son sang et vidé de sa vie.

Le Fléau de Printemps s’était répandu à une vitesse ahurissante. Quelques semaines après que Seamus soit arrivé à Port-Réal tombèrent les premières victimes. Puis ce fut le massacre... Personne ne pouvait se souvenir du jour où tant de gens trouvaient la mort à une telle vitesse. C’était un véritable génocide ; le genre de catastrophe obligeant chacun à concevoir à quel point l’humanité était fragile. C’était comme voir une feuille s’embraser au contact d’une infime étincelle...
Malgré cela, la nécessité de voir son fils illégitime, Artos Snow, devenir son héritier était pressante. C’était même, d’après Seamus, une question de vie ou de mort, car il aurait préféré mourir que de voir Ormond Ouestrelin présider Falaise. De fait, sa femme et ses fils s’étaient violemment retournés contre lui et l’idée que son fils aîné lui succède n’avait pas manqué d’accorder au vieux Seigneur son lot de cauchemars... Non au sens littérale bien évidemment ; Seamus n’avait plus bénéficié d’un réel sommeil depuis des années et ses nuits se résumaient dans de sauvages chasses ou des courses effrénées. Givre chassait dans les alentours du Bois-du-Roi, puisque la fétidité environnant Port-Réal l’incitait à tenir ses distances.
Enfin, le roi lui même avait succombé, ouvrant la voie à Aerys Targaryen, faisant de Daeron II le cinquième roi que Seamus voyait décéder. Fait qui ne manqua bien évidemment pas de le faire sentir intensément vieux et par la même occasion infiniment vulnérable... Peu après le couronnement du nouveau souverain, Lord Ouestrelin décida soudainement de retourner à Falaise et de reporter ses plans à plus tard. Son escorte était à la fois étonnée mais soulagée de refaire route vers les Terres de l’Ouest. Ce fut donc avec empressement qu’ils exécutèrent les préparatifs nécessaires à leur départ.

Voir le Donjon Rouge s’éloigner donnait l’impression de se délester d’un énorme fardeau. La sombre et sinistre atmosphère qui régnait sur le trône de fer abattait même le plus joyeux des bardes et le enjoué des fous. Même la Nature s’accordait aux états d’âme : au-dessus de leurs têtes s’étendaient de denses nuages, gris et opaques. Là où devait se trouver le soleil ne résidait qu’une pâle mais agressive lumière. Le ciel était comme déchiré ; alors que le haut dégageait un terne éclat, les lueurs matinales semblaient avoir embrasé l’horizon, teintant l’étendue du paysage d’un rouge blafard. Le silence était roi, ayant même réduit le chant des moineaux à d’imperceptibles pépiements. Même la Néra avait perdu sa magnificence, et tout ce que l’on s’entêtait à y percevoir étaient les visages des mourants et des défunts (et qui sait s’il n’y flottait pas une poignée de charognes).
Lord Ouestrelin et ses hommes dévalèrent la sinueuse Allée de Sombrenoir, puis traversèrent la Rue des Graines avant d’atteindre la place principale où se croisaient les plus larges avenues de la ville.
« Où sont les gens ? s’enquit l’un des hommes d’armes.
_Où sont les cadavres ? répliqua Ewald, chef de la garde de Falaise, d’un ton circonspect.
_La Main a exigé que l’on apporte les cadavres à Fossedragon... le ton de Seamus s’était réduit à un léger murmure. Hal, Sam et Pat, avancez jusqu’à la Porte du Lion. Arrêtez-vous à l’auberge du Croc d’Argent. Ewald et moi vous rejoindrons. »
Les hommes savaient qu’il ne valait mieux pas questionner leur seigneur. Ils reprirent la route sans discuter, probablement heureux de se réfugier dans le fond d’une large pinte. Quant à Lord Ouestrelin, le change-peau tourna à droite, s’engageant sans plus de cérémonies dans la Rue des Sœurs d’où l’on pouvait déjà voir se dresser la Colline de Rhaenys...
« Messire, que comptez-vous faire ? l’on pouvait percevoir une note d’inquiétude, peut-être même de crainte, dans la voix du chef de garde. Seamus ne pouvait le lui reprocher... Qui donc se sentirait en sécurité dans les limbes de l’Autre monde ?
_Plonger mon regard dans les yeux du démon... »

L’étalon de Lord Ouestrelin montait lentement la Rue des Sœurs. Quelques individus s’aventuraient encore hors de leurs murs. Leurs visages affamés ainsi que leurs expressions creuses le suivaient du regard et plus il avançait, plus son esprit était hanté par un profond sentiment de culpabilité. Je ne peux pas les aider, et je ne les aiderai pas. tentait-il de se persuader, alors qu’il chevauchait dans l’horreur auprès de ces spectres agonisants. La montée fut encore plus difficile : chaque pas dévoilait un peu plus l’odieux spectacle qui avait été mis en place près de Fossedragon. Quand le sinistre tableau fut finalement dévoilé, Seamus tira sur les rênes de son cheval afin de calmer son esprit à la vue de l’infâme décor.
« Par les Sept !... s’esclaffa Ewald en posant une main sur sa bouche grande ouverte.
_Que les Dieux nous pardonnent... » Lord Ouestrelin n’en croyait pas ses yeux :
Un amas... Non, une montagne ! Une montagne de corps s’affalait sur la colline de Rhaenys. Et cette atroce montagne polluait la vue autant qu’elle rappelait à chacun l’horreur que le Fléau de Printemps avait provoqué, car il ne pouvait y avoir preuve plus grotesque et plus flagrante que cet affreux, épouvantable, monstrueux, misérable, révoltant et abject tas de cadavres s’élevant vers les cieux de manière à presque concurrencer le Grand Septuaire de Baelor. Oui... La désolation avait touché Westeros et cette même désolation devait s’envoler en flammes aujourd’hui.
Les corps étaient entassés les uns sur les autres, tels de grotesques pantins. Des pieds et des bras tombaient mollement, leur peau devenue verdâtre, jaunâtre, bleuâtre, violacé... et toutes les autres couleurs répugnantes que la pourriture se permettait d’endosser. Leurs yeux vitreux se perdaient dans le vide, comme s’ils cherchaient quelque réponse à leur terrible et obscène condition. Leurs iris ne brillaient pas, ne reflétaient à peine la faible lumière qui filtrait fiévreusement à travers les insipides nuages. Plus une étincelle de vie ne figurait sur leurs blêmes figures. Leurs têtes pendouillaient de façon vulgaire, et leurs bouches étaient toutes ouvertes comme s’ils s’apprêtaient à pousser d’ignobles lamentations. L’odeur était insupportable, pour ne pas dire, littéralement invivable ; une puanteur à la fois aigre et acide, si forte qu’elle faisait tourner la tête et aveuglait les sens. Ce parfum de la décadence avait rameuté un essaim de mouches, escorté d’un bataillon de dégoûtants parasites qui s’était déjà attaqué aux corps putrides amassés en ce même lieu comme s’il s’agissait de purulente et vulgaire chair.
L’horreur n’était pas à même de décrire la scène. Même le massacre causé à la bataille de Lonlac n’était rien comparé à cette infernale pyramide humaine. Non, ils n’ont plus rien d’humain... Ces cadavres n’étaient plus qu’un tas de viande dont la puanteur n’égalait que sa monstruosité.

Autour s’étaient rassemblés quelques personnes, probablement elles-mêmes malades ou simplement perdues dans leur désespoir. Certains priaient, beaucoup pleuraient, davantage contemplaient le tas d’immondices avec incompréhension. Le monde était gris, vidé de ses couleurs, vidé de sa vie. Port-Réal faisait le deuil. Mais sur ce morne paysage semblait se détacher une silhouette à l’aura écarlate ; une étrange tâche rouge qui paraissait infiniment décalée par rapport au contexte actuel et le change-peau s’interrogea d’emblée sur l’identité de l’étrange personne qui osait adopter de telles couleurs sous un tel jour. Il trouva le courage de descendre de cheval, puis tendit ses rênes à Ewald tout en lui ordonnant de l’attendre. Enfin, il s’avança en direction de l’individu avant de s’arrêter assez près pour le contempler mais assez loin pour ne pas attirer son attention. Mieux valait garder ses distances avant de se lancer à la rencontre d’un fou... ou d’une folle ?
Quelques gens s’étaient rassemblés autour de la dame en robe rouge, comme s’ils étaient là pour l’écouter. Avait-il devant lui une sorte de mécène ? Sans doute cherchait-on quelque dernier réconfort dans des temps aussi difficiles. Il paraissait normal que l’on veuille s’approcher de l’unique personne dont la force vitale n’était pas totalement drainée ; de fait, cette digne silhouette emplissait même le cœur du change-peau d’une infime consolation. Toutefois, en jetant un bref coup d’œil au monceau monstrueux de charognes, il changea rapidement d’avis. La mort était partout, et les tissus écarlates de cette dame n’y changeaient absolument rien. Si Seamus pouvait tirer une quelconque leçon de ce qu’il voyait s’ériger à côté de Fossedragon, c’était que la vie n’est qu’une ombre qui marche...

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Message Mer 6 Mar 2013 - 14:57

Cassana avait au cours de son existence parcouru davantage de distance que bien des hommes et à de nombreuses reprises elle avait pu se faire témoin des machinations de l’Innommable, aussi variées que furent les formes prises par ces dernières l’on y reconnaissait toujours cette empreinte de mort cruelle. Peu après avoir quitté Asshaï le navire sur lequel elle s’était embarquée avait croisé une épave à la dérive encore fumante, victime des pirates de la Mer de Jade qui avaient grotesquement accroché les dépouilles de leurs victimes aux cordages en lambeaux, les laissant pendre comme de grotesques marionnettes. Des années plus tard la Dame Rouge avait emprunté la tristement nommée Route des démons, cette voie de pierre créée par une sorcellerie perdue des siècles plus tôt, et avait pu contempler un avant-goût de l’enfer qu’était devenu l’antique Valyria. Ce brouillard moite et incroyablement chaud à la fois, chargé de soufre et de poussière, charriait le souvenir d’un malheur incommensurable, un malheur que Cassana reconnaissait aujourd’hui dans le tertre que devenait Port-Réal.

La cité-mère de Westeros avait vu l’arrivée de la prêtresse il y a à peine deux années de cela et en dépit de quelques difficultés d’adaptation par la faute des mœurs étranges propres à ces sept Couronnes, la concernée avait réussi à se faire connaitre du commun tout comme elle avait accompli la première étape de sa mission sacrée en convertissant un nombre modeste de fidèles qui allait croissant. Avec une décennie de plus les dévots se compteraient par centaines et pourraient alors commencer à lentement saper les fondations de cette foi corrompue qui détournait les prières revenant de droit au Maître de la lumière pour les faire adresser à des statues de simples êtres humains. Du moins ce fut ce que la Dame rouge avait cru avant que le Fléau n’arrive.
Un Fléau, le terme n’aurait pas pu être mieux choisi tant il tuait sans discernement et avec une rapidité à même de terroriser les masses, que l’on manifeste les premiers signes du mal un matin et le soir-même l’on avait toutes les chances d’y avoir déjà succombé. Hommes, femmes, enfants, vieillards, bien-nés comme modestes tombaient comme des mouches au point que, Cassana l’avait appris, même le plus puissant parmi les dirigeants de ce royaume avait lui aussi rencontré sa fin. Ainsi s’illustrait la cruauté de l’Autre, rien ne pouvait être trop sacré ni trop précieux pour qu’il ne l’épargne car la haine de la mort ne connaissait nullement la compassion, simplement la jalousie pour les bienfaits accordés par R’hllor et une haine sans bornes de tout ce qui n’était pas poussière mêlée à la neige.

Les convertis de la Dame rouge avaient eux aussi grandement souffert par la faute de la maladie, les premiers à passer de vie à trépas furent Meac et sa femme Alessine, laissant derrière eux trois orphelins qui n’eurent pas le temps de pleurer leurs parents puisque le Fléau les emporta eux aussi le lendemain. Eric avait été le suivant, emmuré chez lui avec sa famille déjà contaminée par d’autres habitants dans une tentative désespérée pour endiguer le mal déjà répandu à l’intérieur des épais murs de la capitale. Puis ce fut le tour d’Emedra, Manis, Kreb, Fiona, Malia, Josh, et tant d’autres… Si bien qu’après quelques semaines Cassana n’avait plus besoin que de ses deux mains pour compter le nombre de fidèles au Cœur de feu alors que disait-on plus du tiers de la population avait déjà été réduit à l’état de carcasse boursoufflée.

Les corps avaient été parmi les problèmes les plus urgents à régler, ceux encore sains avaient bien trop peur de conserver chez eux une dépouille probablement contagieuse et s’étaient bien souvent contentés de la laisser dans la rue au-devant du pas de leur porte, rechignant à manipuler cette chair nécrosée plus longtemps que nécessaire. La viande morte avait petit à petit infesté les chemins en tous lieux, charnier épars grouillant de vermine que les passants évitaient avec soin en espérant que le pire fut déjà passé. Lorsqu’elles se croyaient victorieuses les ténèbres n’accordaient jamais de répit et s’employaient de toutes leurs forces à blesser autant que possible d’ici à ce que le Maître de la lumière ne les renvoie dans leur antre fétide, pour cette raison la faim s’ajouta aux plaies que les malheureux habitants avaient déjà dû endurer.

Plus aucun marchand ne se présentait aux portes de Port-réal, de même aucun bateau ne venait mouiller sur ses quais car l’appréhension des risques causés par le Fléau surpassait de loin leur soif d’or. La ville se muait petit à petit en bête malade à demi-morte, contrainte de rogner ses propres os nécrosés par manque de ressources. Culpucier fut le plus sévèrement touché puisque le secteur de loin le plus modeste, l’endroit même où la Dame rouge s’était établie et où elle dut subir le spectacle macabre de silhouettes terriblement amaigries contraintes à mendier pour remplir leurs estomacs tiraillés par le manque de nourriture. Tout cela était navrant, déchirant même, et Cassana prit pleinement conscience du fait que seule sa foi la préservait du désespoir. Si elle-même cédait qui donc veillerait sur eux ? Son devoir lui imposait d’accomplir son office en apportant l’espoir à ceux encore capables de le ressentir et la bénédiction de R’hllor à ceux déjà partis, et ce en dépit des dévoués survivants qui la supplièrent de rester chez elle pour échapper à la maladie.

Ne dormant presque plus, la prêtresse passa la quinzaine suivante à se rendre aux chevets des mourants quand Septons et guérisseurs refusaient de les approcher, priant avec eux pour que le Maître les accueille à ses côtés et leur accordant le Baiser de vie cérémoniel une fois leur dernier souffle poussé. Combien de fois répéta-t-elle ces mots de réconfort elle en perdit rapidement le compte, les visages que la Dame rouge se targuait de pouvoir se souvenir indéfiniment se mêlaient dans un unique masque de souffrance et de terreur à la chair grise parcourue de sueur. L’on accordait au Baiser le pouvoir de ramener les décédés dans le monde des vivants mais pas une seule fois cette bénédiction de R’hllor ne se produisit, cela non plus ne réussit pas à ébranler sa certitude que dans cette obscurité naitrait bientôt une étincelle de bonté à même de raviver le brasier d’existences vertueuses.

Ce matin-là Cassana se leva longtemps avant le soleil, cette fois encore il n’y aurait pas de prière de groupe pour saluer l’aube faute de prieurs, aussi choisit-elle de laisser ses pas la guider dans les ruelles comme elle le faisait ces derniers temps, offrant son aide là où cette dernière pouvait s’avérer utile ou répondant aux appels de ceux la reconnaissant comme femme de foi. Bien vite elle nota l’absence d’un élément du décor auquel elle s’était accoutumée, sur les pavés ne reposaient plus de dépouilles et à force de questions et de déductions la Dame rouge apprit qu’on les avait toutes emmenées vers l’une des collines, celle où autrefois disait-on des dragons avaient été élevés.
Y voyant un heureux présage la prêtresse s’y rendit résolument, croisant de rares passants qui avaient pris l’habitude de longer les murs pour se tenir le plus loin possible les uns des autres dans un réflexe instinctif de préservation. Pour ceux-là Cassana ressentit de la compassion mais ne s’attarda pas pour essayer de les inspirer, des affaires plus pressantes l’attendaient là où les puissants avaient décidés de faire reposer les morts.

Et quel nombre de mort de fut, une véritable montagne qui ne cessait de grandir au-devant de la gigantesque structure à l’abandon, des chariots et carrioles conduits par des hommes en armes n’arrêtaient jamais de déverser leur lot de deuil tandis que certains parmi les habitants allaient même jusqu’à amener ceux déjà condamnés mais respirant encore dans l’attente que leur fin arrive. Instinctivement la prêtresse se dirigea vers ceux-là et commença à réciter ses prières qui reçurent d’abord une oreille méfiante mais finirent par les encourager au recueillement. Qu’un être de croyances se tiennent parmi eux, épargné par le Fléau quand autour d’eux grouillaient les victimes, représentait davantage qu’ils n’auraient pu espérer.

On lui présenta une jeune pucelle à la respiration sifflante que sa mère en larmes avait laissé à même le sol avant de détaler, Cassana demeura à ses côtés, lui soufflant à l’oreille que bientôt la souffrance s’estomperait pour ne laisser place qu’à la félicité du Maître de la lumière, que le brasier de la vie l’accueillerait en son sein et qu’elle illuminerait l’éternité de ce monde de par sa bonté. La pauvresse hoqueta faiblement qu’elle avait besoin de repos et ferma les yeux pour ne plus les rouvrir. La Dame rouge lui passa délicatement une main sur le front, murmurant à voix basse et dans sa langue natale les incantations propres à ce rituel, et se pencha pour presser ses lèvres contre les siennes, essayant par la même occasion de lui offrir une part de ce feu brulant en elle pour lui assurer la paix. Pas une larme ne coula sur ses joues, pas plus que la moindre émotion ne se manifesta sur ses traits pour la simple et bonne raison qu’aucune tristesse ne l’habitait, même ici elle ne perdait pas de vue toute la rigueur que nécessitait son office.

Son visage s’éloigna de la malheureuse dont elle ne connaitrait jamais le nom alors que la prêtresse entendait derrière elle le bruit de sabots ferrés puis celui plus coutumier et lourd d’un homme tentant de se faire discret mais ne pouvant soutenir la comparaison avec le calme des morts. S’attendant à accueillir un nouveau désespéré venu porter jusqu’à sa tombe un proche elle ressentit une légère surprise en reconnaissant sans peine la mise et l’allure de l’un des puissants dont l’on disait qu’ils dirigeaient leur propre forteresse sur le continent. Celui-ci avait quelque chose d’âgé, de sauvage à sa manière, et aussi de terriblement mélancolique.

Mains jointes devant elle en forme de cœur, Cassana inclina délicatement la tête à son encontre, notant en arrière-plan le compagnon de l’arrivant qui gardait les montures et rechignait à venir plus près alors qu’elle-même s’approchait d’un pas mesuré.

Finalement elle parla, de cette voix assurée et douce qui était la sienne, encourageant davantage qu’elle n’ordonnait :

« Priez avec moi. »

Sa gorge se faisait sèche à cause de la puanteur ambiante, elle déglutit et ajouta :

« Venez Messire, qui que vous soyez ou quelle que soit la raison qui vous amène en ces lieux, ils sont si nombreux ici à être tombés qu’une vie entière ne me suffirait pas pour leur offrir la bénédiction du Maître de la lumière. Il n’y a rien à craindre que vous n’ayez déjà affronté sur la route qui vous a conduit jusqu’à moi. »
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Seamus Ouestrelin
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Message Lun 11 Mar 2013 - 16:02

En plissant les yeux, Lord Ouestrelin discernait la jeune femme, penchée au dessus du petit et frêle corps d’un enfant. Celui-ci, Seamus n’en doutait pas, était sur le point d’expirer une dernière fois avant de rejoindre les autres, dont les corps étaient si hideusement entassés. La Dame en rouge était impavide. Le risque d’attraper la maladie ne semblait pas la préoccuper le moins du monde, ce qui laissa le vieux Seigneur penser qu’elle était soit incroyablement courageuse, soit terriblement folle. La scène ne manqua cependant pas de le fasciner et il resta planter sur place le temps d’examiner les différents personnages avec plus d’attention.
A son grand étonnement, l’individu s’approcha de lui d’une démarche étrangement assurée. Comment pouvait-on avancer avec tant de confiance quand le sol empestait la mort ? Chaque pas semblait alourdir le fardeau que portait le Seigneur de Falaise à la simple vue de ce terrifiant massacre. Seamus ne dit mot, quelque peu mal à l’aise d’avoir été l’objet de l’attention de cette étrangère. Il se frotta légèrement la nuque de la main droite, faisant mine de ne pas avoir remarqué l’approche de la Dame Ecarlate, jusqu’à ce que celle-ci lui adresse la parole.
Sa voix portait un léger accent, signe qu’elle n’était manifestement pas de Westeros. Malgré cela, on ne pouvait à peine voir dans ses traits les traces d’un autre pays. Elle avait les cheveux sombres, les yeux verts ainsi que des pommettes saillantes qui accentuaient grandement les angles pointus de sa mâchoire carrées. Sa peau blanche, sa fine silhouette ainsi que sa robe carmin auraient d’abord suggéré qu’elle provienne d’une quelconque maison des Sept Couronnes ; son camouflage était admirable, mais ce qui la trahissait étaient bien sa voix ainsi que son attitude si assurée dans des temps si difficiles.
La requête de l’étrangère lui parut malgré tout particulièrement prétentieuse et il regrettait déjà de s’être intéressé à elle ; Rien de bon ne va s’en suivre... il avait un très mauvais pressentiment. Certes, il n’avait aucune idée de quel “Maître” il s’agissait, mais le ton donné à ces formules l’incita d’emblée à ne pas laisser cette demoiselle s’approcher de lui.
« Je prie toujours seul, et uniquement les Anciens Dieux. répondit-il abruptement, adoptant sur-le-champ une attitude récalcitrante. Et ma route m’a conduit jusqu’aux atrocités de cette fatale épidémie, non jusqu’à vous. » Il couronna sa phrase d’un froncement de sourcil tout en secouant doucement la tête.
Lord Ouestrelin croyait profondément dans la religion des Premiers Hommes. Pour lui toute spiritualité résidait dans les Bois-Sacrés dont les visages grotesques lui procuraient un bizarre mais familier réconfort. Quand quelqu’un sombrait dans la contemplation de ces faces lamentables, il avait l’impression de saisir ses propres traits, laids et déformés ; une telle expression ne pouvait que rappeler à celui qui s’y perdait que chacun se devait de nourrir une forme d’humilité et de voir dans le monde quelque chose d’autre que sa propre image. Celle-ci pouvait devenir aussi repoussante que l’ignoble pyramide qui se dressait devant Fossedragon. Peut-être le Fléau est-il là pour empêcher aux Hommes de nourrir de quelconques présomptions, nous rappeler à quel point nos vies sont fragiles dans la paume de leur main destructrices.
« Sauriez-vous lire les chemins de la destiné ? Il plongea son regard d’azure dans les yeux d’émeraude de son interlocutrice, Seuls les Anciens Dieux déterminent notre Sort, et leurs messages restent imperceptibles aux yeux et oreilles des mortels pour que nous puissions mieux refléter nos propres actes et réflexions. Bien que j’ignore qui est ce “Maître de la Lumière”, vous pourrez lui dire qu’il devra se passer des prières de Lord Ouestrelin. »
Il termina sa phrase sans dissimuler un certain mépris pour le “Maître” de la Dame Rouge. La colère et la haine surgissaient bien plus aisément dans le cœur du change-peau que l’amour et l’appréhension. De fait, du haut de ses cinquante ans, Lord Ouestrelin n’était pas prêt de croire dans le charabia d’une étrangère. Non, ses convictions étaient gravées dans la roche et même l’érosion d’un millier d’années ne pouvait effacer une telle trace. D’après lui, il y avait davantage de réconfort dans le calme et le silence d’un Arbre Cœur que dans la danse indéfinie d’un feu ravageur. Ce dont Westeros avait besoin était d’un miracle... Et non des sermons d’un pays lointain et inconnu.
« Pensez-vous vraiment que vos prières apporteront un quelconque réconfort à l’enfant que vous venez de quitter ? N’usez pas votre salive et retournez d’où vous venez tant que vous en avez encore le temps. Ce sera probablement vous que le Fléau emportera la prochaine fois. »
Il s’apprêtait à faire demi-tour, repoussé par les paroles ardentes de la Dame Ecarlate quand une vieille brouette chargée de cadavres puants lui coupa la route. Seamus baissa un regard dégoûté sur ces corps corrompus. Le vieillard qui poussait le chargement émit un grognement dédaigneux, étouffé par le tissu qui lui couvrait la bouche avant d’avancer vers la montagne de charognes et d’y jeter les morts comme s’il s’agissait de simples sacs à patates. Le choc émit un son brut, pour ne pas dire abjecte et l’un des corps roula depuis le flanc de la pyramide pour venir s’affaler sur le sol. Le vieil homme ramassa le cadavre tant bien que mal pour le jeter parmi ses camarades.
Lord Ouestrelin s’étonna à éprouver une ombre de respect pour cet individu ; il lui semblait qu’accomplir une telle tâche demandait un courage inouï. Sans doute se disait-il qu’il n’avait plus rien à perdre et peut-être avait-il même raison. Seamus tenta de s’imaginer à la place du vieillard, quoique sans succès. Il tenait trop à la vie pour effectuer pareille besogne. Toutefois, cette vision était si déprimante qu’il ne put s’empêcher de se retourner vers l’étrangère et de pointer un doigt accusateur sur le tas de charognes, tout en lui parlant avec défiance :
« Dites moi, où donc se terre votre Dieu ? Car la lumière s’est éteinte depuis longtemps à Port-Réal... »



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Message Mar 19 Mar 2013 - 20:52

Quel genre d’être le Maître de la Lumière venait-il de lui envoyer ? Quel but pensait-il atteindre en lui amenant cet homme à première vue si atypique ? Cassana avait consacré son existence entière à observer et interpréter les différents signes que lui envoyaient le Cœur de feu, que ce soit au travers de ses flammes ou plus simplement durant les évènements se déroulant sous ses yeux, mais pour l’heure elle demeurait assez circonspecte quant au véritable but de cette rencontre en pareil moment. Sa confiance ne devait pas faillir, aussi irait-elle au bout des choses.

Sitôt son invitation formulée, la prêtresse constata le rejet immédiat sur les traits du noble, comme bien des gens de cette contrée il semblait avoir la méfiance facile et une détermination appréciable bien que cette dernière fut déplacée. Sa réponse fut aussi brève que sèche, abordant le cas d’anciens dieux dont elle ignorait l’existence, à ce jour seules ces Sept fausses idoles prêchant leurs mensonges lui avaient donné un aperçu des croyances Westerosi. La formulation parut un rien étrange à la Dame rouge, parlait-il d’ancien dans le sens où ils avaient été remplacés ou pour signifier leur grand âge ?

Dans tous les cas la chose lui paraissait incongrue, un véritable fidèle ne reconnaissait pas sa religion comme dépassée –à moins de découvrir la vérité de R’hllor-, tout comme il avait conscience que le divin existait depuis la création du monde et ne pouvait donc pas se mesurer en terme d’années. Cassana aurait besoin dans un avenir proche d’en apprendre davantage sur cette foi particulière qui elle le savait devait elle aussi n’être qu’un subterfuge de l’Autre, mais la connaissance de l’ennemi permettait de le combattre plus efficacement. Alors que le bien-né secouait la tête la prêtresse continua à s’approcher, sans gestes brusques, comme si la cible de son attention avait des allures de bête féroce. Elle répondit :

« Votre route peut vous avoir mené vers plus d’une destination, messire. » Ainsi s’adressait-on aux nobles sur ce continent. « Est-ce le deuil qui vous a porté jusqu’ici, ou autre chose ? »

Il l’interrogea ensuite sur des dons de voyance la concernant, sans se douter que sa supposition tenait effectivement de la vérité mais pas dans le sens où le vieil homme l’entendait. La Maître lui offrait des éclats fragmentaires de l’avenir quand le moment lui semblait propice, cela découlait de la volonté de son dieu et d’elle seule, non de tours de passe-passe que les augures au rabais se plaisaient à faire en échange de quelques pièces. Le bien-né déversa ensuite tout ce que ses longues années de fausses croyances lui avaient inculqué, plaçant le destin de toutes choses en ces chimères déjà abordés quelques instants auparavant et dénigrant R’hllor par la même occasion. De tout cela la Dame rouge avait désormais l’habitude, mais dans le cas présent elle n’avait pas à faire à de la simple méfiance craintive comme l’on en trouvait chez le petit peuple de la cité, mais à une opposition farouche semblable à celle d’un septon auprès de son grand septuaire.

« Il n’est d’autre dieu que R’hllor, Lord Ouestrelin, quant à lui dire ce que vous ressentez sachez que partout où se trouve sa flamme il peut vous voir et vous entendre. Le Cœur de feu vous observe depuis le jour de votre naissance et ne demande qu’à être justement contemplé en retour pour vous offrir sa lumière. Mon nom est Cassana et je suis l’une de ses prêtresses, demandez et ce sera un plaisir que de vous expliquer nos préceptes. »

L’âme humaine demeurait un feu parmi tant d’autre à contempler, et les yeux constituaient l’un des meilleurs moyens pour connaitre les véritables pensées de son prochain sans devoir recourir aux autres dons du Maître. Dans le regard de ce seigneur Ouestrelin brûlait un brasier sauvage, quelque chose d’aussi tenace qu’une braise sous l’orage et d’aussi ardent que le brasero d’un Temple. L’on y percevait aussi la mélancolie, trop de temps à marcher seul et à constater les horreurs de l’Autre, cet être incarnait parfaitement la lutte entre le feu de l’espoir et les ténèbres du chagrin et de la mort sans toutefois réaliser que son propre ennemi c’était lui-même. Un champ de bataille fait chair, voilà ce que la Dame avait devant elle, voilà ce qui mettait en doute le bien fondé de ses dévotions. Un sourire rassurant se dessina sur ses lèvres, elle ne demandait qu’à le détromper mais savait que ce combat-ci serait bien difficile à remporter. Trop endurci, trop meurtri pour oser changer sans être poussé jusque dans ses retranchements.

« Croyez-vous plus judicieux de pleurer la mort plutôt que d’offrir ses respects aux âmes immortelles s’en retournant au feu originel, Lord Ouestrelin ? Je ne quitterai ces lieux qu’une fois mon devoir accompli. » D’un délicat geste de la main elle désigna le macabre décor environnant et les endeuillés non loin. « A ces gens j’apporterai le réconfort du Maître, ce qu’aucun des prêcheurs des Sept n’a daigné faire, pas plus que vos anciens dieux j’en ai bien peur, à moins que ce ne soit la véritable raison de votre venue. »

Cassana laissa volontairement de côté sa propre survie contre les horreurs du Fléau, elle se savait préserver du mal grâce à sa foi et ne comptait pas s’étendre sur la fragilité de sa propre chair, présenter un visage trop humain nuisait à son message. Fragilité de l’enveloppe mortelle qui vint bien vite se rappeler à eux tandis que de nouveaux corps étaient charriés au sommet de la colline, elle nota ce semblant de réaction chez le noble, aussi abrupt et inflexible qu’il souhaitait se montrer la tragédie ambiante l’affectait certainement.

« Le Maître se trouve en tout ce qui vit, il nous offre le soleil qui éclaire nos jours et les étoiles qui veillent sur nous lorsque les ténèbres nous étreignent, il est la manifestation de tout ce qui est et sera. »

D’un pas supplémentaire la Dame rouge réduisit la distance les séparant à presque rien, se trouvant assez près pour graver à jamais les traits usés de ce visage dans sa mémoire, jusqu’à la moindre ride ou mouvement des muscles l’animant. Elle lui tendit ensuite la main, ses doigts fins restant en suspens devant-elle.

« Tant qu’il restera des vivants à Port-Réal, la lumière continuera à défaire les ténèbres. Venez à mes côtés quelques instants Lord Ouestrelin, permettez-moi de vous offrir un rien de sérénité. »

La voix se voulait douce, dénuée d’inflexions animées propres à un prêche en bonne et due forme, ce n’était qu’auprès d’un contact prolongé à la véritable foi que le vieil homme pourrait se débarrasser de ses tourments. Et étrangement, au milieu de toutes ces dépouilles amoncelées et des vivants emplis de chagrin, la prêtresse commençait à croire que de tous le bien-né avait le plus besoin de son aide.
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Seamus Ouestrelin
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Message Mar 26 Mar 2013 - 22:31

Seamus
« Je n’ai pas le temps d’être en deuil, et certainement pas pour les habitants de cette ville. »
Il ne savait pas lui-même ce qui l’avait mené jusqu’au sommet de la colline de Rhaenys... La curiosité peut-être ? Non, la curiosité porte souvent une note ragaillardie et son âme ne ressentait pas même une once d’excitation face au tableau qui se brossait devant ses yeux. Seamus avait toujours été quelqu’un qui préférait faire face aux atrocités de ce monde, plutôt que de s’en détourner. C’était ce qui s’était passé à la bataille de Lonlac, quand les frères de la Garde de Nuit avaient été contraints à enterrer les morts du massacre par Lord Artos Stark ; punition de leur manque de vigilance. Le jeune Ouestrelin aurait put contourner le champ de sang et de neige, mais s’était entêté à marcher en direction de ce lieu de mort où s’étaient rencontrés les forces du Nord ainsi que les sauvageons, menés par le farouche Barberouge. Il avait observé la scène avec le même silence horrifié qu’il adoptait devant Fossedragon ; les soldats du Mur creusaient d’innombrables tombes comme les hommes entassaient ici d’innombrables corps. Oh, le Seigneur de Falaise avait déjà vu le visage de la Mort ! Il s’était même quelques fois permis de le fixer avec défiance, plongeant son sauvage regard dans les yeux vitreux et sans expression de cet effrayant et éternel vide. Peut-être qu’il s’agissait de cette bizarre familiarité qu’il percevait dans l’œil des démons de l’Autre Monde qui l’avait incité à effectuer son ascension au haut de la colline ; ou peut-être était-ce un sentiment de responsabilité qui l’avait mené jusque là – une forme de compassion que lui-même n’avouera jamais avoir éprouvée. Quoi qu’il en soit, ce n’était point le deuil qui l’avait guidé jusqu’ici et les paroles de l’étrangère irritaient déjà dangereusement sa patience.
« Et bien je prierai pour que la flamme de R’hllor ne me trouve jamais, car je préfère qu’on ne me voit ni ne m’entende. » Que le Cœur du Feu aille contempler quelqu’un d’autre. Je choisirai le silence des ténèbres à la farouche lumière. L’ombre avait quelque chose de réconfortant, c’était une sorte d’enveloppe qui promettait au change-peau de ne jamais être découvert. Pour lui, le masque de l’obscurité promettait une assurance – la sécurité de rester indétectable, car si l’on découvrait qui il était vraiment, les pires malheurs risquaient de s’abattre sur lui. Le destin lui en avait d’ailleurs donné un avant-goût. Effectivement, Lord Ouestrelin subissait quotidiennement la peur et le dégoût de son épouse et de ses deux fils. Il n’y avait rien de pire que d’être ôté de son déguisement, pour le Seigneur de Falaise...
Seamus se sentit soudainement très mal à l’aise à l’idée qu’une autre force puisse l’observer où qu’il aille. L’avantage avec les Anciens Dieux était qu’on leur donnait un visage dans le tronc des Bois Sacrés, restreignant d’emblée la poigne visuelle qu’ils pouvaient avoir sur les hommes. De fait, donner une représentation rationnelle à des forces que l’on ne comprenait que difficilement permettaient de se délester de l’idée d’être constamment suivi par des regards aux iris critiques. Ce n’était, certes, qu’une notion naïve, mais au moins permettait-elle d’alléger les esprits.
« Vous me donnez une réponse très obscure pour des paroles aussi éclairées... déclara-t-il à son interlocutrice avec un feint dédain, Ne cherchez pas à justifier toutes ces pertes en affirmant qu’en effet, la vie continuera. Certes, elle continuera, mais la roue tourne indéfiniment, que ce soit avec ou sans nous. Gardez votre sérénité ; je préfère éprouver de la colère. Je n’ai pas peur que mon esprit s’enflamme devant un tel outrage, devant une telle injustice. Seamus s’approcha un peu plus de la Dame Rouge, mouvant sa voix dans un profond murmure qui se voulait presque menaçant, La petite fille qui languit dans votre dos, il n’y aucune force – que ce soit les Sept, votre Dieu ou mes Dieux – qui puisse commettre un tel acte en ayant la conscience tranquille, si seulement elle était humaine. Vos forces, mes forces ou leurs forces... Il pointa un doigt sur la montagne humanoïde, sont justement ce qu’elles sont : inhumaines. Arrêtez de prétendre... ses sourcils se froncèrent de mépris ; son irritation ne se portait point contre l’étrangère, mais contre le fléau et contre les esprits qui rendaient une telle mascarade possible, Personne ne peut se permettre de comprendre ce que mijotent les Dieux. Et devant cette horrible condescendance je réagis avec rage, car je n’aime pas être soumis à une telle impuissance. »
Seamus termina sa phrase avec emportement. Il serrait les dents et ses mains s’étaient refermées en poings vigoureux. Et alors qu’il s’apprêtait à ajouter quelque chose à son hargneux discours, Ewald fit son entrée...

Ewald
Le chef de la garde de Falaise était monté sur son destrier, observant les environs d’un regard qui se voulait impassible mais qui ne parvenait en réalité à peine à contenir son horreur. Ses yeux étaient grands, exorbités presque, fixant le tas de cadavres avec incrédulité, comme si un tel spectacle ne pouvait avoir été érigé dans le monde réel. Une telle vision ne pouvait qu’emplir le cœur des hommes de désespoir et d’affliction – perte de foi, perte d’espérance ainsi que perte d’horizon. L’image semblait crier “Ici se termine le monde”, Et le monde est plein d’atrocités. Ewald se passa la main par dessus la tête, lâchant un profond soupir quand ses doigts effleurèrent le bout de son nez. Par l’amour des Dieux... mais les pensées du soldats s’évanouirent aussitôt ; si les Sept nourrissaient toujours, un tant soit peu, d’amour pour leurs Sept Couronnes, un tel carnage n’aurait jamais eu lieu.
Malgré ses méditations, Ewald se devait toutefois de remplir sa fonction de garde et, davantage encore, de protecteur : une jeune femme semblait s’être intéressée au Seigneur de Falaise, traversant le terrain avec une assurance presque surnaturelle. Sa tenue écarlate ressortait sur ce triste paysage, dégageant une engageante chaleur qu’on aurait pensée impossible.
Plus il attendait toutefois, et plus la discussion semblait adopter un caractère agité. Lord Ouestrelin s’était-il fourré dans une situation désagréable ? Le chef de la garde avait été prêt à intervenir sur-le-champ mais il savait à quel point le vieux seigneur détestait que l’on intervienne dans ses affaires sans y être invité. Il resta donc assis sur le dos de son cheval, le temps d’attendre que son souverain mette fin à cette affaire. Et alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour pour se détacher de l’étrangère, il se retourna afin de parler à la jeune femme d’un air plus échauffé. Y avait-il de quoi s’inquiéter ? Mieux vaut vérifier.
L’homme sauta de cheval, atterrissant sur ses deux pieds d’une façon un peu rude – attitude qui lui était toutefois propre et qui lui valait le plus souvent le respect de son entourage. Il s’avança lentement vers Seamus Ouestrelin et l’interlocutrice de celui-ci, tenant fermement par la bride les animaux de lui et de son seigneur. Enfin, il s’arrêta à quelques mètres des deux individus ; à une distance adéquate pour écouter mais tout de même assez éloignée pour plus ou moins passer inaperçu.
R’hllor... il tourna, puis retourna le mot dans sa tête à plusieurs reprises. Il avait l’impression de l’avoir entendu quelque part mais ne semblait pas se souvenir “quand” et “où”. Port-Réal certainement... L’évocation d’un “cœur de feu” avait subitement attisé son intérêt – comme si les propos de la Dame Rouge venaient de toucher le centre du cordon nourrissant cette boucherie. Elle avait raison : les Sept avaient abandonné Westeros...
Les bonnes paroles, prononcées au bon moment, peuvent avoir de puissants effets ; et de fait, les mots de l’étrangère ravivèrent une étincelle d’espoir dans l’esprit du garde qui, dès lors, fit deux pas en avant.
Son avancée attira soudainement l’attention du seigneur de Falaise ainsi que de la prêtresse. Ewald se racla la gorge afin de rattraper sa manœuvre, puis dit d’un ton bourru :
« Lord Ouestrelin, j’espère qu’on ne vous importune pas... il dévisagea l’individu avec davantage de curiosité que de suspicion, Que voulez-vous madame ?
_Ewald, voulez-vous me débarrasser de cette nuisance ? »
Le chef de la garde jeta un œil incompréhensif à l’adresse de son seigneur, puis un regard quelque peu navré à la jeune femme dont les intentions ne semblaient pas particulièrement néfastes.
« Eloignez la ; sermonnez la !... Priez avec elle tant que j’y suis. »
Evidemment, les paroles de Lord Ouestrelin trempaient dans l’ironie et le sarcasme, mais s’il y avait quelque chose à quoi le seigneur de Falaise ne pouvait s’attendre, c’était qu’Ewald s’apprêtait à prendre sa requête à la lettre.
En effet, il s’avança vers la prêtresse, rivant vers elle des yeux où se lisaient la peur et le tourment. Oui, les terres sont pleines de désolation ; et oui, les Sept les avaient désertés. Aucun septon n’osait s’aventurer près de Fossedragon et seule la Dame Rouge était soutenue par la force de son Dieu afin d’apporter aux mourants le peu de réconfort que l’on se devait d’apporter à ceux divaguant vers l’autre monde.
« Qui est R’hllor ? s’enquit Ewald dans un chuchotement sincère, Je vois que le fléau ne vous a pas touchée malgré la proximité que vous maintenez avec les affligés. Il lui jeta un regard contraint, Comment pouvez-vous vous permettre de nourrir de la chaleur quand le reste de ces terres se sont fondues dans une mort glaciale ? »
La force qu’apportait le Dieu du feu à cette prêtresse était réellement extraordinaire... Inconsciemment, Ewald souhaitait percer le secret de la Dame Ecarlate – quelque chose lui murmurait qu’elle détenait effectivement quelque chose dont la Mort ne semblait pas pouvoir s’emparer ; une chaleur inexplicable.



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Ven 19 Avr 2013 - 12:52, édité 1 fois
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Message Mer 3 Avr 2013 - 19:52

Dans cette bataille à laquelle l’homme taciturne participait en son for intérieur il semblait parfaitement clair qu’un camp disposait d’un net avantage, et malheureusement ce n’était pas celui de l’espoir et du renouveau. Comment en avait-il pu arriver à se meurtrir lui-même à ce point ? Quelles horreurs jalonnaient son passé au point de devenir son pire ennemi ? Tout cela Cassana ne le savait pas encore mais elle commençait déjà à se faire une idée bien plus précise du personnage face à elle, que n’aurait-elle pas donné pour avoir pu le croiser à un âge plus jeune, à l’époque où toute flamme n’avait pas été étouffée par des années de chagrin dans cette âme recouverte de cicatrices. Westeros se trouvait pour l’heure au-delà de la lumière du Temple et l’individu ici présent illustrait parfaitement le besoin vital d’y remédier. La prêtresse restait fermement convaincue qu’en élevant des buchers sacrificiels le Maître aurait balayé l’infection dès ses débuts à Port-Réal, sauvant ainsi des milliers de vie d’une fin tragique qui amenait aujourd’hui tant de dépouilles sur cette colline afin, le supposait-elle, d’y être brulées. Sa proximité de ces derniers jours avec les malades avait appris à la prêtresse que le Fléau pouvait se montrer aussi fulgurant que lent selon les cas, réduisant les mourants à ressembler aux trépassés pour peu que l’on y regarde de loin. Dans ces montagnes de chair ici assemblées devaient encore s’en trouver certains à toujours respirer, ils seraient certainement offerts aux brasiers sans que nul ne le sache et alors R’hllor tournerait enfin son regard vers ces terres désolées. Un sacrifice nécessaire en échange de leur salvation.

« Dans ce cas interrogez-vous, pourquoi être venu jusqu’ici malgré les risques ? »

Le noble vieillard exprima ensuite son dégoût à l’idée d’être observé par quoi que ce soit, y compris la bienveillance divine du Cœur de feu, la révulsion qui le prenait à cette simple idée se lisait sans peine dans son regard et sa gestuelle, mimant presque l’instinct agressif d’une bête se sentant acculée. Cassana ne le plaignait pas véritablement, du moins elle regrettait le fait que des expériences passées aient pu amener une âme innocente à se ternir de la sorte mais conservait aussi à l’esprit que l’acceptation ou le rejet du Maître demeurait une décision propre. Tous se trouvaient en droit d’accueillir l’étincelle de foi ou de succomber aux ténèbres pour ne connaitre que l’éternel tourment glacé d’une mort solitaire. Le choix était leur, tout comme les vertueux pouvaient choisir d’incinérer les péchés de leur prochain en même temps que sa chair corrompue. La prêtresse ne se débarrassa pas de son sourire malgré la dureté des mots employés et répondit calmement :

« Ce n’est pas le regard lumineux de R’hllor qu’il vous faut craindre, messire, mais ce qui vous observe depuis l’obscurité. Comme nous le disons, la nuit est sombre et pleine de terreurs. »

Son introduction concernant les différents aspects du Maître lui attira une vague moquerie de la part du seigneur Westerosi, pique qu’elle laissa filer de la même manière qu’une flamme n’avait que faire des coups d’épée rageurs. Et quelle rage il y avait là, une rage revendiquée qui volait à la détermination son droit à présider aux décisions de tout homme, il s’embrasait devant la tristesse du charnier environnant mais préférait se retourner contre tous, y compris ses propres dieux plutôt que de se tourner vers le véritable ennemi. Il y avait aussi là toute la frustration du simple humain prenant conscience de sa propre futilité en comparaison des puissances supérieures, un sentiment plus que compréhensible lorsque la compassion et la force du Cœur de feu n’étaient pas là pour servir de guide. Ils se trouvaient désormais aussi proches qu’il était possible de l’être sans en venir à se toucher, la Dame rouge garda les yeux levés vers ce visage courroucé et souffla :

« J’ai commis une erreur et pour cela je vous présente mes sincères excuses. Le Maître n’est en rien responsable de ce malheur, puisqu’il est source de toute vie, mais il n’est pas le seul dieu existant contrairement à ce que je vous ai dit. Il s’en trouve un autre dont nous préférons taire le nom pour ne pas attirer sa maligne attention, il est la mort, l’obscurité, la fin de toutes choses, et vos anciens dieux sont assurément l’un de ses visages trompeurs. Vous avez raison de les haïr, mais faites-le pour de bonnes raisons. »

Avant qu’ils ne puissent poursuivre une conversation qui, Cassana s’en doutait, risquait fortement de dériver vers un esclandre hargneux de la part du bien-né, une nouvelle interruption se produisit, une nouvelle impulsion du Maître. Cette dernière prit la forme d’un homme dans la force de l’âge, ce compagnon qu’elle avait aperçu en retrait les avait finalement rejoints et venait prendre des nouvelles auprès de celui qui devait être son seigneur. Il la dévisagea un instant, comme beaucoup le faisaient la première fois qu’ils apercevaient son allure originale selon les critères de cette contrées, et s’enquit de ce qu’elle désirait sans hargne aucune. La prêtresse hocha la tête à son intention mais se vit interrompre par le vieillard avant de pouvoir répondre, le colérique personnage semblait déjà las de sa présence ou plutôt désireux de ne pas s’interroger plus longuement sur les ténèbres avec lesquelles il se voilait la face.

Contre toute attente le serviteur ne se montra absolument pas agressif, bien au contraire, dans ses yeux se reflétait un chagrin qui n’avait pas encore maturé jusqu’à se changer en aigreur, un désespoir et une peur communs appelant à l’aide aussi efficacement qu’une supplique hurlée à s’en déchirer la gorge. Faiblement il franchit la première étape dans l’acceptation du Cœur de feu en exprimant sa curiosité sincère à son encontre, celui-là entendrait aisément son message et la Dame rouge lui apporterait toute l’aide requise pour se lancer sur la bonne voie. Cassana leva doucement la main et en déposa la paume sur le torse du serviteur, au niveau du cœur, avant d’ajouter :

« Le Maître de la lumière est l’espoir brûlant, le pouvoir de la vie sur la mort, et la certitude que chaque prière est entendue. Le Fléau ne peut atteindre Sa flamme, celle que chacun de ses serviteurs dévoués porte en lui et qui ne demande qu’à s’éveiller chez quiconque lui porte une fidélité sincère. Je ne me nourris pas de chaleur, je l’apporte à ces terres désolées pour assurer leur renaissance. »

Levant son autre main pour faire signe de bien écouter ce qui allait suivre, elle commença alors à lentement réciter les paroles inculquées par le Culte, laissant une pause entre chaque phrase pour lui laisser le temps d’être répétée, maintenant le contact avec l’homme plein de bonne volonté et fixant le ténébreux seigneur :

« Guide-nous à l'écart des ténèbres, ô mon Maître, emplis nos cœurs de feu, que nous nous retrouvions à même de fouler ton sentier lumineux... »


Dernière édition par Cassana d'Asshaï le Jeu 25 Avr 2013 - 10:17, édité 1 fois
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Message Mar 16 Avr 2013 - 12:51

Ewald
Ewald était de ceux qui croyaient pertinemment en un mode de vie pragmatique et efficace. C’est justement ce que les Sept n’étaient pas et ce que le Cœur de Feu semblait promettre. Si les Dieux de Westeros écoutaient les prières des Sept Couronnes, ils auraient agi depuis longtemps. Or, ils faisaient clairement la sourde oreille. Les flammes, elles, purifient et protègent à la fois ; c’était assez pour convaincre le Chef de garde.
Ewald eut toutefois un mouvement de recul quand Cassana posa une main sur son torse. Il ne tarda pas à se reprendre, acceptant le contact de l’étrangère sans trop rechigner. Le touché était étrange, voire réconfortant... Le soldat n’aurait su exprimer les sentiments qui l’envahirent, mais ce furent des impressions consolatrices. Il finit par répondre :
« Les Sept Couronnes traversent un période dévastatrice. Et pourtant, rien n’est survenu qui pourrait alléger un tant soi peu ces souffrances... Le garde baissa le regard, reflétant une dernière fois ce qu’il s’apprêtait à demander à l’étrangère avant de demander d’une voix incertaine, Pourriez-vous m’apprendre la voie de R’hllor ? »
La messagère du Seigneur des Flammes semblait avoir cerné ses pensées, car l’instant d’après elle se mit à réciter une prière. Pourtant, ces dires ressemblaient davantage à un discours fortifiant où crépitait l’ombre de l’espoir. Il écoutait les paroles de la prêtresse avec attention, se laissant emporter par la chaleur qu’elles semblaient dégager. Il alla même jusqu’à fermer les yeux pour éprouver toute l’étendue de sa signification tout en répétant ce qu’elle disait...
Scellant ses paupières, le soldat ne voyait que ténèbres jusqu’à ce qu’il vit, frétiller un peu plus loin une lueur qui se fit de plus en plus éclatante jusqu’à ce que celle-ci parsème sa vision de petites étincelles ressemblant à des centaines de lucioles.
Le Chef de la garde de Falaise venait-il de percevoir la chaleur de R’hllor de ses propres yeux ? Ou est-ce que cette lumière avait simplement été le fruit de son imagination ? La deuxième option paraissait bien plus probable ; après tout, les Hommes aiment s’imaginer que les divins s’adressent à eux directement, puisant un grand réconfort dans l’idée qu’ils ne sont pas seuls dans ce vaste monde... Oh, saisir un morceau de divinité alimente la fierté de n’importe qui ! Et Ewald sentait déjà son cœur se gonfler en pensant avoir discerner un signe du Dieu de la Lumière.
« [...] pour les étoiles qui veillent sur nous. Sois remercié pour les âtres et les torches qui nous permettent de tenir en respect la férocité des ténèbres... » Continuait doucement le garde, répétant les paroles de la Dame Rouge d’un ton étonnamment solennel. L’espace de ces quelques instants il était parvenu à oublier les atrocités du Fléau, jusqu’à ce qu’il fut brusquement interrompu par les lointains appels de ce qui devait être Lord Seamus Ouestrelin...

Seamus
Et si c’était moi la terreur qui hante les ténèbres ? pensa-t-il sans dissimuler un certain amusement. Il se retint pourtant de formuler sa question, de peur que la prêtresse ne recommence à le sermonner. Il ne semblait pas y avoir d’issue à leur inlassable échange ; les coutumes de l’un étaient bien trop ancrées dans les racines des Arbres Cœur, et les croyances de l’autre flambaient avec trop d’ardeur. Ils ne parviendront jamais à se concilier et mieux valait mettre fin à cette discussion dès que possible.
Demander de l’aide à Ewald n’était, en ce sens, pas une mauvaise idée, puisque cela permettait au Seigneur de Falaise de ne pas se salir les mains – un des nombreux avantages de la noblesse...

Seamus fit donc demi-tour, avançant lentement vers son étalon. A mi-chemin, il tourna la tête pour voir si le chef de la garde s’était enfin débarrassé de l’étrangère et vit Ewald, les mains jointes et les yeux fermés, prier auprès de la prêtresse. Cependant, celle-ci fixait toujours le change-peau d’un regard que Seamus s’imaginait être sournoisement insolent – c’en était trop ! Cette situation basculait au bord de l’insupportable.
L’expression de Lord Ouestrelin ne fut jamais aussi incrédule. Mais c’est une plaisanterie ! Se moquait-on de lui ? Il n’arrivait à croire que le soldat se laissait si facilement endoctriné ; n’était-il pas censé être un homme ferme et loyal ?
« Ewald ! Cria-t-il une première fois. Le soldat ne prit même pas la êine de se retourner. Ewald !! » Cria-t-il une deuxième fois.
Rien à faire, le chef de la garde s’était perdu dans les flammes du cœur de feu... Pour l’amour du ciel ! Existait-il une journée plus agaçante que celle-ci ? Il était à présent contraint de revenir sur ses pas afin d’arracher son Chef de la Garde à cette satanée hérétique !
« Cessez cela tout de suite ! sa voix grondait avec colère alors que ses pieds avançaient dans une allure rageuse en direction des deux individus. Arrêtez ou vous finirez tout les deux sur cet amas de charognes ! »
Le seigneur de Falaise poussa Ewald, ramenant celui-ci brutalement à la réalité même s’il faillit tomber la tête en première. Enfin, Seamus jeta un regard furibond à Cassana, son œil droit titillant nerveusement...
« Laissez mon garde tranquille et trouvez-vous en un autre ! Il y a un tas d’idiots qui seront plus qu’heureux d’entendre vos stupides prières. Cessez de nous importuner, je pense que vous en avez fait assez. osa-t-il interrompre la prêtresse. L’on pouvait entendre l’agacement dans sa voix et lire l’irritation sur son visage. Ewald, partons ! J’en ai plus qu’assez de cette maudite fosse ! »
Il fit demi-tour, s’apprêtant à remonter sur son cheval, quand une poignée de soldats firent leur apparition depuis la Rue des Sœurs accompagné d’un ou deux hommes portant de singulières tuniques. Chacun tenait avec extrême précaution des caisses en bois.
« Regardez, des pyromants ! » s’esclaffa un enfant assis au coin d’une maison. D’autres mioches firent écho à sa remarque, ouvrant grand leurs bouches tout en adoptant des expressions ébahies.
D’autres ne tardèrent pas à partager le même intérêt que les petits portaient aux alchimistes, pointant des doigts sur les nouveaux arrivants tout en marmonnant des paroles indistinctes. Ils attendaient manifestement le grand spectacle...



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Message Jeu 25 Avr 2013 - 20:06

Il était dans la nature de tout prêtre rouge de manifester avec l’expérience un domaine de prédilection dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, comme dans n’importe quelle « profession » tout individu finissait irrémédiablement par creuser davantage du côté de ses talents propres. Très vite l’on avait considéré Cassana davantage comme une augure qu’autre chose, au cours de son noviciat elle n’avait jamais manifesté d’affinités particulières pour les discours enflammés ou les arts plus sombres dont Asshaï tirait sa réputation occulte. Toujours sereine, toujours neutre, elle avait au fil des ans détrompé ses anciens mentors tandis qu’au cours de son voyage des âmes aussi variées que fascinantes avaient croisé sa route. Grâce à eux la Dame Rouge avait maîtrisé l’art de l’éloquence mesurée, au lieu d’invectiver elle répondait avec logique, aux sermons enfiévrés elle préférait l’encouragement à découvrir par soi-même la Lumière du Maître. Tout cela ne faisait qu’accentuer cet aspect lisse et dérangeant de son attitude vis-à-vis d’autres personnes, le brasier en elle ne se déchainait jamais, il incinérait petit à petit la résolution des incroyants par la force des mots et de sa conviction.

La prêtresse refusait de se l’avouer mais une partie très humaine, et donc peu digne de la Lumière du Maître, de sa personnalité affectionnait les rencontres avec les esprits forts qui luttaient quelque peu avant d’embrasser la cause du Cœur de feu. Amusant paradoxe mais la fervente adepte de R’hllor trouvait du divertissement dans la difficulté alors qu’elle prêchait le message de son dieu, fort heureusement personne ne l’avait encore réalisé et l’étrangère pouvait continuer à masquer chacune de ses émotions derrière un voile de parfaite maîtrise d’elle-même. Cet Ewald devant elle n’avait rien d’un esprit fort mais sa quête de réconfort au milieu de ce cauchemar mortuaire restait pure, et pour cette raison Cassana lui adressa un sourire réconfortant, le regard toujours tourné vers le noble vieillard rongé par les ténèbres, tandis qu’il répétait ses prières.

La bête –nul autre titre ne lui convenait mieux- fit volte-face alors qu’elle cheminait vers sa monture et une succession d’émotions intenses apparut sur ses traits, avec tout d’abord une stupeur telle que seuls les meilleurs saltimbanques au monde auraient pu la simuler. Comme l’on pouvait s’y attendre il ne parvenait sans doute pas à comprendre la prise de conscience de son serviteur, et comment l’aurait-il pu ? Ce que l’Autre avait entaché se privait de toute flamme, de toute chaleur, plongeant toujours plus profondément dans des abysses de désespoir pour finalement en venir à mépriser les êtres encore immaculés. Victime du mal devenue ennemi de la lumière…

Le bien-né cria une première fois, puis une seconde, sans que le guerrier auprès de la Dame Rouge ne daigne lui réponde ou fasse seulement mine de l’avoir entendu, ce dont elle doutait. Elle qui avait grandi côte à côte avec la présence du Cœur de feu ne pouvait qu’imaginer la libération qu’un homme fait et sincère pouvait ressentir en découvrant sa flamme après toute ces décennies d’errance… Cela subjuguait, prenait le pas sur tout même le monde autour de soi, aucun serment ou lien de sang ne pouvait soutenir la comparaison avec l’éclat de R’hllor. Le seigneur n’en démordit pas et revint vers eux à bonne allure, proférant des menaces auxquelles la prêtresse ne gouta pas le moins du monde. Non seulement il signifiait clairement qu’il avait la possibilité de mettre fin à son existence mais la sommation allait jusqu’à faire offrir le même sort au suivant qui n’avait pas hésité à la suivre jusqu’à ses lieux de désolation.

Cassana laissa toute trace d’amabilité quitter son visage alors que ce dernier se faisait immobile et inexpressif, plus rien n’y transparaissait à l’exception des flammes dansant derrières ces yeux qu’elle rivait sur cette brute. Une brute qui poussa l’homme dénommé Ewald et l’interrompit dans ses premières dévotions, un acte d’une telle vilénie qu’en d’autres lieux la prêtresse n’aurait pas un seul instant hésité à appeler la Main Ardente pour le faire arrêter et l’envoyer au premier bûcher venu. Le vieillard se tourna ensuite vers elle, et d’un ton plein de haine moqua une fois encore ses croyances et ceux à capables d’y adhérer par la même occasion. Elle ne lui fit pas l’honneur d’hausser la voix à son tour, penchant doucement la tête de côté sans ciller.

« Vous rejetez la bénédiction du feu originel et essayez malgré tout d’en empoigner les braises. Méfiez-vous car vos faux dieux ne sont rien en comparaison de R’hllor, son courroux est aussi grand que l’est son pouvoir. »

Toujours concentré sur l’agresseur, la Dame Rouge ne parvint pas à lire la réaction de l’humble soldat mais pouvait sans peine lui deviner un profond désarroi, et alors que le bien-né se détournait une fois encore elle souffla au nouvel adepte :

« Ne perdez jamais votre résolution, le Maître ne vous abandonnera jamais si vous lui restez fidèle. »

Arriva alors un évènement passablement inattendu mais dont la logique prit rapidement tout son sens du point de vue de l’illuminée, un nouveau groupe de serviteurs des puissants fit son apparition avec en son sein des individus très particuliers. Des pyromants, de par le nom même de leur fonction ils avaient d’abord intriguée Cassana lors de son arrivée à Port-Réal mais cette dernière avait rapidement réalisé par le bouche à oreille que cette caste se résumait à de simples amuseurs manipulant le feu sans réellement appréhender son plein potentiel. Tel des enfants jouant avec ce qui les dépassait ils souffraient d’un terrible manque de spiritualité qui les avait certainement conduits petit à petit à vivre reclus derrière les murs de leur demeure, triste sort que le leur mais formidable opportunité en cet instant. Car la prêtresse réalisa bien vite la raison de leur venue, loin d’être idiote elle avait vu la masse de dépouilles amassées devant Fossedragon être progressivement amenée à l’intérieur de la gigantesque structure…

Tandis que les vivants errant toujours dans les environs notaient leur présence et s’approchaient par curiosité, la prêtresse s’adressa au vieillard qui déjà s’affairait à remonter en selle, s’exprimant avec assurance et chose plus surprenante une certaine autorité :

« Seigneur ! Vous qui trouvez ridicules nos dévotions au Maître, observez et prenez la pleine mesure de votre erreur. Venez, approchez, et voyez ce que R’hllor nous offre par ses flammes. »

Très peu de temps après il y eut comme un craquement rappelant celui d’un tissu déchiré, suivi d’un éclat tel que beaucoup durent détourner le regard. Un brasier d’un vert pur et intense ne laissant pas le moindre doute quant à sa nature perça le sommet du dôme effondré de Fossedragon, asséchant l’air et répandant sa couleur aux alentours comme un phénoménal phare à la gloire du Cœur de feu. Ne prenant pas la peine de vérifier si le sinistre individu l’avait bel et bien rejointe ou avait pour de bon tourné bride, Cassana manqua tomber à genoux tant elle se sentait humble devant pareille scène. Ces flammes brûlaient avec une intensité qu’elle n’avait jamais connue, et en leur sein elle pouvait déjà voir tant et tant… A l’odeur peu ragoutante des chairs humaines exposées à la chaleur la Dame rouge ne réagit pas, parlant d’une voix réduite à un simple murmure :

« Ne détournez pas le regard… par ce biais le Maître nous offre ses secrets… voyez, et abandonnez vos ténèbres. »
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Seamus Ouestrelin
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Message Mar 7 Mai 2013 - 21:04

Lord Ouestrelin avait l’inquiétante impression d’avoir été trahi en voyant le chef de ses gardes remercier la prêtresse. Bien que Seamus ne devrait pas se sentir concerné par les convictions et croyances d’Ewald, le change-peau était très concerné par ce soudain changement de la part de son homme d’armes qui avait, jusque là, toujours été quelqu’un de constant. Son esprit était sans doute plus influençable qu’il ne l’avait pensé. Cette notion ne manqua pas de troubler Lord Seamus dans la mesure où cela signifiait qu’il n’avait pas bien cerné ni jugé le chef de la garde de Falaise, et que son sens de l’observation ainsi que son discernement n’étaient pas sans faille. Le soldat enfonça le couteau dans la plaie en se retournant et virant involontairement sur son seigneur ses petits yeux lourds de reproche. Ce fut toutefois Cassana qui lui fit verbalement part de sa haine.
Le zoman aurait aimé la punir pour ses paroles, mais préféra garder son sang froid de peur de voir Ewald se retourner contre lui. Il noya par conséquent sa rage dans un cruel sarcasme :
« Me jetteriez-vous une malédiction ? Seamus s’autorisa à souligner sa remarque d’un petit rire moqueur, Afin de vous montrer à quel point votre Dieu est insignifiant, je le mets au défit de m’abattre sur-le-champ ! Il ferma les yeux, écartant légèrement les bras vers le ciel pour mieux se donner en spectacle. Quand rien ne se produit, il posa sur Cassana une expression à la fois satisfaite et amusée, J’imagine que le pouvoir de R’hllor n’est pas aussi grand que son courroux.
_Monseigneur, vous devriez faire preuve davantage de respect envers d’autres religions. Vous ne savez pas ce qui... Intervint Ewald (qui n’avait certainement pas apprécié les paroles de Lord Ouestrelin), avant de brusquement se faire couper la parole par la voix cassante du vieux seigneur.
_Vous osez me parler de respect après avoir si aisément substitué les Sept par cette stupide idole ? Je préfèrerais que l’on m’attache à un bûcher plutôt que de trahir mes Dieux. Ne laisse pas cette sorcière empoisonner ta raison ! »
Seamus avait été sur le point de remonter en scelle alors qu’il prononçait ces dernières paroles, quand les habitants de Port-Réal s’esclaffèrent à l’unisson. La clameur attira d’emblée son attention et ses yeux se rivèrent de nouveau vers Fossedragon.
Une petite foule s’avançait vers le bâtiment. La plupart ressemblaient à d’effrayants spectres, aux figures grises et inexpressives, s’apprêtant à traverser le portail qui les mènerait à leur rédemption. Leurs mouvements étaient mous, indolents... ils marchaient tels d’ignobles revenants, laissant trainer leurs pieds, pendouiller leurs bras et tomber leurs têtes. Mais le change-peau ne pouvait imiter le public qui levait vers le haut de Fossedragon des regards craintifs depuis leurs visages pétrifiés. Mais aussi inhumain que cela pouvait lui paraître, les prunelles du vieux Seigneur s’émerveillaient devant un spectacle aussi repoussant qu’envoutant. Il n’était pas si difficile d’éprouver de l’admiration face à un tableau de ruine où les proportions et marques de l’anéantissement étaient si démesurées qu’elles ne pouvaient qu’éveiller au fond de chacun une forme de stupeur fascinée.
Une agressive lueur d’un vert aigu perça la fissure du dôme. Le massacre s’évaporait en un brasier d’émeraude, s’échappant par la fente en une danse effrénée, valsant à travers les airs comme si les morts gambadaient sur les nuages.
« Impressionant... » Murmura le vieux seigneur. Probablement était-il le seul à l’avouer : un tel aveu pouvait effectivement paraître obscène et pervers. Après tout, qui osait trouver de la beauté au sein d’un tel carnage ? Cependant, Lord Ouestrelin avait grandi avec la certitude que si l’on fermait les yeux face à une vision effrayante, l’on finissait toujours par avoir peur. Mais si l’on observait les choses immédiatement, on réalise qu’il n’y a rien à craindre.
Dans une certaine mesure, les paroles de la Dame Rouge finirent par pincer une corde chez le vieux seigneur. Sans doute était-ce parce qu’il se sentait intimidé par les flammes vertes et qu’il avait l’impression qu’une certaine force s’en dégageait... Ces sentiments ne faisaient qu’amplifier l’écho de la voix de la jeune femme, tel un chorus résonnant dans un coin de son esprit. Elle était douée dans le domaine de l’élocution – au moins pouvait-il lui accorder cela.
« On ne peut nier le fait que vous soyez entièrement dédiée à votre Dieu. Toutefois, vous avez vos convictions et j’ai les miennes, n’usez pas davantage votre salive sur quelqu’un d’aussi immuable que moi. Ses yeux ne pouvaient à peine se détacher de Fossedragon, Laissez mes croyances en paix, Cassana. Vous croyez ce que vous croyez, et je crois ce que je crois. Ce sont les Anciens Dieux qui m’ont choisi avant que je ne les choisisse et je peux vous assurer que leur force est tout aussi présente que celle du Cœur de Feu. Raisonner avec l’une ou avec l’autre était comme foncer tête baissée dans un mur : c’est l’obstacle qui éclate votre cervelle, non l’inverse. Seamus espérait que la prêtresse pouvait saisir ce qu’il impliquait, Le lien que l’on tisse avec les divins ne se défait pas, j’imagine que vous pouvez au moins comprendre cela... » Sa voix était presque cordiale. Toutefois, il demeurait dans son ton cette pointe de mépris indélébile.
Il est vrai que Seamus avait toujours positionné le pôle du spirituel au sein des bois-sacrés, non parce qu’il avait été élevé sous les branches des arbres-cœur – au contraire, Lord Raynald avait été dévoué aux Sept – mais parce qu’il avait été né change-peau. Son pèlerinage vers le Mur n’avait fait que renforcer sa foi. Il avait effectivement l’impression que les Anciens Dieux gardaient un œil sur lui, pour la plupart du temps avec des intentions protectrices.
Enfin, Lord Ouestrelin finit par détacher son regard du dôme enflammé, pour visser ses prunelles sur l’étrangère. Il se sentit brusquement obligé d’exprimer une dernière pensée, et abaissa sa voix, formulant sa remarque plus comme un conseil qu’une marque de défiance.
« Le feu grégeois est une arme, prêtresse. Il n’est ni protecteur ni naturel ; il ne fait que détruire. Si ce “R’hllor” est à l’origine de ce brasier, il est de toute évidence aussi puissant qu’il est dangereux, et éviter un Dieu qui nourrit de tels pouvoirs me paraît être une sage décision. »



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Message Mer 15 Mai 2013 - 14:26

A l’image des braseros au sommet de chaque temple dédié au Maitre, jamais la flamme de Cassana ne vacillerait, qu’importaient les rires moqueurs de la bête et son mépris, assurée d’être dans le vrai la prêtresse ne pouvait concevoir un monde où le noble Westerosi ne s’enfonçait pas dans des abimes d’égarement. Son avertissement formulé avec un calme maitrisé ne tenait pas de la menace mais du simple constat, qui s’opposait à R’hllor finissait invariablement par s’attirer son courroux, que ce soit dans cette vie ou après, et l’individu en face d’elle ne ferait pas exception. Aussi lorsque le concerné se lança dans une nouvelle bravade insultante envers le dieu qu’elle avait chéri toute son existence durant la Dame Rouge ne laissa rien paraître, continuant à observer sans ciller cet animal écorché qui grognait férocement. Son nouvel adepte n’eut cependant pas la même retenue, n’hésitant pas à contester les paroles de celui à qui il avait juré obéissance, pour cela elle hésita un instant à lui proposer de rester à ses côtés tandis que l’autre s’en retournerait à son existence de malheur mais sa faible connaissance des mœurs sur ce continent lui avait appris que cela reviendrait à lui attirer de graves ennuis. Tant pis, ce converti irait porter sa foi en d’autres terres.

Et il vint enfin, ce mot qu’on lui avait si souvent craché au visage, sorcière. Dans sa cité natale les maîtres dans les arts particuliers recevaient le respect dû à leurs capacités mais de ce côté-ci du Détroit, où la magie semblait aussi morte que les gens étaient éloignés de la Lumière, ce qui dépassait l’entendement recevait un terrible rejet. Certains n’auraient pas hésité à attenter à ses jours si Cassana avait débarqué en un autre endroit que Port-Réal, aussi ce point-là restait particulièrement sensible et suffisait à raviver un tant soit peu la flamme dans son regard. Peu avant que la cohorte d’alchimistes ne fasse son entrée elle souffla simplement :

« Contrairement à vous le Maître sait se montrer patient.. »

Puis le feu se déchaina, pur, presque indompté, menaçant de faire s’effondrer l’édifice déjà colossal tant sa chaleur consumait jusqu’à la pierre. Ses jambes tremblaient de façon imperceptible sous sa robe, non par peur, mais de joie, avec pareil ouvrage le Cœur de feu ne pourrait qu’entendre l’appel de sa fidèle servante et bouter le mal hors des murs de la cité mourante. Des larmes auraient perlé au coin de ses yeux si l’éclat verdâtre devant eux ne les avait pas asséchés, refusant de détourner le regard chaque clignement de ses paupières se faisait douloureux, mais la prêtresse ne pouvait décemment insulter une œuvre divine en ne lui accordant pas l’attention que cette dernière méritait. Toutes ces âmes souillées et envoyées dans l’au-delà par l’Autre depuis l’arrivée de la maladie, toutes se voyaient désormais purifiées au nom de R’hllor et seule une véritable croyante pouvait appréhender toute la beauté de la scène, du moins ce fut ce que Cassana crût jusqu’à entendre un murmure tout proche. La bête était revenue, et même elle semblait s’incliner devant l’aspect grandiose de ce qui se jouait ici, et comment aurait-il pu en être autrement ? Il s’agissait d’un miracle, le mot était lâché, et même le païen ordinaire devait se sentir humble en sa présence, alors un être si rongé par ses propres ténèbres… Cherchant à tâtons le bras de celui qui avait si ardemment rejeté ses préceptes, la Dame Rouge prit sa main dans la sienne, toujours tournée vers Fossedragon. Malgré tout le bien-né ne parvenait à se défaire de ses erreurs, sans doute avait-il trop longtemps emprunté cette voie pour jamais oser revenir en arrière, mais si son discours contenait toujours quelques traces de mépris pour le Maître, son contenu s’en trouvait grandement apaisé… plus respectueux envers sa personne. Cassana se contenta dans un premier temps de resserrer légèrement sa prise autour de cette main gantée, une chance puisque le contact prolongé avec la peau d’autrui tendait à la rendre mal à l’aise, et chuchota :

« Si je devais désespérer devant l’insurmontable je serais sans doute la pire prêtresse à avoir jamais porté la robe rouge. J’entends cependant vos paroles, l’acceptation du Cœur de feu ne pourra se faire que de votre propre initiative, en ce qui vous concerne. Quant à vos anciens dieux je reconnais leur force, mais à mes yeux elle demeurera toujours néfaste, ainsi est ma vérité, celle que vous finirez par découvrir je l’espère sincèrement pour votre âme. »

Durant les instants qui suivirent la Dame Rouge persista à essayer de lire dans les flammes les plus immenses qu’elle avait jamais contemplées mais l’exercice se révélait terriblement difficile car il y avait tant à déchiffrer, cela revenait à écouter mille voix s’exprimer toutes à la fois… Puis la bête parla encore, essayant de rabaisser l’ampleur du phénomène et de démontrer la dangerosité de R’hllor. La prêtresse s’apprêtait à le détromper une fois de plus lorsque son regard capta enfin quelque chose digne de devenir un augure, sans doute la voix de son compagnon incroyant l’avait-elle aidée à se fixer sur ce morceau en particulier, et sans doute tout cela faisait partie de la volonté du Maître. Elle ne lui répondit pas d’abord, gravant ce nouveau cadeau de son dieu dans sa mémoire pour réussir à l’interpréter plus tard car les prophéties devaient être maniées avec soin, si leur nature demeurait divine leur lecture reposait sur des épaules humaines et pouvaient donc induire en erreur. L’esprit aussi embrasé que la fosse mortuaire non loin, Cassana reporta finalement son attention sur le Westerosi, et la gorge sèche lui dit :

« Je vous ai vu… Votre chair ne faisait qu’un avec un arbre mort et la fumée… la fumée vous enveloppait comme un linceul, décidée à achever votre vie. Au-travers d’elle des visages malfaisants ne cessaient de rire devant votre tourment. »

Elle avala difficilement sa salive avant de conclure.

« Un grand péril approche, Messire. »

Et la Dame Rouge se contenta ensuite de l’observer, incertaine sur ce qu’elle devait penser de tout ceci. Pourquoi le Maître aurait-il envoyé un avertissement à qui se défiait tant de lui ?
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Seamus Ouestrelin
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Message Sam 25 Mai 2013 - 11:50

Les poils sur sa nuque s’hérissèrent quand la Dame Rouge lui prit la main. Le geste était si inattendu qu’il ne savait pas quoi faire, baissa d’abord les yeux sur les doigts de la prêtresse avant de lever vers l’étrangère un regard suspicieux. Il s’apprêtait à se détacher de l’emprise quand elle resserra la poigne. Enfin, elle se remit à chuchoter quelques affirmations qui ne firent qu’attiser de nouveau l’agacement du seigneur de Falaise.
Il ne supportait pas d’entendre la jeune femme déclarer sa “vérité” avec tant d’assurance ; c’était comme si elle lui tendait une main tout en dissimulant une dague dans son dos, celle-ci, destinée à empaler ses propres croyances. Qu’attends-tu d’une prêtresse, Seamus ? Elle n’a pas été choisie pour répandre sa religion par hasard. De fait, le pouvoir d’éloquence de la jeune femme était remarquable ; pas étonnant que son chef de garde avait si aisément plié le genou devant cette hérétique...

Lord Ouestrelin tourna de nouveau son regard vers le dôme de Fossedragon. Ses iris bleutées esquissaient les mouvements aléatoires des flammes d’émeraude. Tous les habitants et visiteurs semblaient s’être perdus dans la contemplation du brasier, comme le prouvait l’intense silence qui s’étendait indéfiniment sur la colline de Rhaenys.
Ce fut au tour de la prêtresse de briser le paisible spectacle, s’adressant au change-peau avec une voix un peu rêche. Dans ses yeux verts dansaient encore les flammes du feu grégois – une expression qui ne manqua pas de surprendre le seigneur de Falaise. Elle semblait porter dans ces singulières prunelles un étrange message, mais dont Seamus n’était pas certain de vouloir connaître la charge... Il n’eut toutefois pas le temps de formuler la moindre protestation, car l’instant d’après la Dame Rouge avait déjà commencé à verser le contenu de sa carafe prophétique...
La confession de Cassana semblait aussi improbable qu’inquiétante. Toutefois, le seigneur de Falaise n’y décelait aucune part de mensonge – la jeune femme était sincère et c’est justement ce qui rendait ses paroles si effrayantes...
« Êtes-vous donc si pressée de me voir brûlé-vif ? Bien que le vieux loup adopta un ton ironique, il ne parvint à dissimuler une étincelle d’angoisse luisant dans son regard. Au fond, Lord Ouestrelin se barricadait derrière son sarcasme, davantage pour se rassurer lui-même que pour blesser son interlocutrice. Peut-être devrais-je me sentir honoré. Ce n’est pas tous les jours qu’une jeune femme fantasme sur un vieil homme enveloppé d’un linceul... Ajouta-t-il avec un sourire narquois, Vos flammes vous jouent des tours alors qu’elles dansent et sautillent, Cassana. Vous voyez des visages où il n’y a que du feu et de la fumée. Seamus leva une main vers le dôme de Fossedragon, Qu’y aurait-il là-haut, qui serait un tant soit peu révélateur de mon avenir ? »
La rhétorique n’attendait aucune réponse. Peut-être ne le laissait-il pas transparaitre, mais le zoman se sentait très concerné par la vision de son interlocutrice. Lord Ouestrelin était effectivement quelqu’un de superstitieux, et ce trait de caractère ne s’altérait nullement avec l’âge ; avoir une prêtresse reconnue (qu’importe sa religion) partager si sérieusement une de ses prédictions n’était pas quelque chose à prendre à la légère.
« Je pense que j’en ai eu assez. Annonça soudainement Seamus qui regardait la prêtresse avec défiance pour mieux camoufler son angoisse, Ewald ! Partons ! »
Lord Ouestrelin ne se retourna même pas pour voir si le soldat lui obéissait ou non. Probablement avait-il anticipé la révérence que le chef de la garde fit à l’adresse de la Dame Rouge avant de rejoindre son Seigneur.
Ils sautèrent à cheval, dominant la foule de leurs nobles silhouettes. Toutefois, avant de redescendre la Rue des Sœurs, Seamus s’approcha de nouveau de Cassana pour partager quelques dernières paroles.
« Embêtez un autre vieillard, Lady Cassana. Les Sept Couronnes sont pleines de gens susceptibles de croire en votre Seigneur ; il faut simplement que vous vous attaquiez aux bonnes cibles. Il préférait faire comme s’il ne croyait pas un mot de ce qu’elle lui avait dit. Sa fierté ainsi que sa nature particulièrement distante le lui interdisaient. S’il libérait, ne serait-ce qu’une once de crédibilité face aux sermons de la prêtresse, il aura l’impression d’avoir perdu une longue et éprouvante bataille... D’habitude je dirais “au revoir”. Mais comme je n’ai nulle envie de recroiser votre chemin, je préfère simplement vous dire adieu. »
Sa voix était plus neutre qu’hostile et moins cruelle qu’enjouée. Lord Ouestrelin avait laissé la prêtresse toucher son âme, mais il ne pouvait la laisser toucher son image. Non, le seigneur de Falaise restera, aux yeux de tous, le personnage implacable qu’il a toujours été.
Sans plus attendre, le change-peau se détourna de ce funèbre spectacle...

Malheureusement, la vision de la prêtresse s’était déjà gravée dans l’esprit du zoman et plus il s’éloignait de Fossedragon, et plus Lord Ouestrelin pouvait sentir son angoisse grandir. Il maintint pourtant son silence, préférant digérer la prophétie de la Dame Rouge avec une attitude qui n’était qu’en apparence flegmatique. Et malgré le nombre incalculable de corps qui nourrissait le brasier au bout de la Rue des Sœurs, les recoins de Port-Réal regorgeaient toujours de cette macabre ambiance. Un simple feu ne suffira pas à entièrement purifier cette ville. Il faudra du temps aux Terres de la Couronne pour se remettre de se désastre et Fossedragon n’était que le début de ce lent amendement.

Quand Seamus et Ewald atteignirent le Croc d’Argent ils trouvèrent les soldats confortablement assis à une table, en train de siroter les lointains descendants de leur première tournée. A la surprise de tous, Lord Ouestrelin ne prononça pas un seul mot de reproche, mais les urgea simplement de se préparer ; Le vieux seigneur ne pouvait en vouloir à ses hommes : lui-même n’aurait que trop aimé oublier son abattement au fin fond d’une large chope.
Peu après, les voyageurs étaient en scelle, prêts à quitter Port-Réal. Les hommes s’avancèrent – avec un peu trop d’empressement – vers la Porte du Lion afin de poursuivre leur route. Pourtant, au moment de traverser le portail, Lord Ouestrelin osa jeter un dernier coup d’œil sur la capitale : les rues étaient toujours aussi désertes et l’atmosphère toujours aussi avilissante. A l’Est l’on pouvait voir s’élever la colline de Rhaenys au sommet de laquelle s’élevait la sombre fumée où voltigeaient les dernières cendres des condamnés.
J’espère sincèrement que votre Dieu n’existe pas, Cassana... Marmonnaient ses pensées ; tentant d’étaler sur son esprit un baume réconfortant. Cependant, la peur persistait, consumant doucement l’assurance du vieux change-peau. Oublions les prophéties et mauvais présages. Ce Dieu étranger n’aura jamais son mot à dire dans mon histoire, puisque ce sont les visages de bois des Anciens Dieux qui me surveillent, non les flammes dévastatrices de R’hllor. Toutefois, Lord Ouestrelin pouvait se réfugier derrière ces songes rassurants autant qu’il voulait, Seamus semblait oublier que le Sud des Sept Couronnes avait été amputé de ses arbres-cœur. Car, comment les Anciens Dieux peuvent-ils surveiller ce qu’ils ne voient pas ? Oh, le destin du change-peau voguait sur des eaux incertaines, et seul l’avenir nous dira si Cassana d’Asshaï avait réellement aperçu un morceau de la sombre destinée qui attendait le seigneur de Falaise...
« Que les Dieux nous gardent... » souffla celui-ci, avant de donner un léger coup de talon à son destrier et de galoper en direction des Terres de l’Ouest, chevauchant vers son péril...

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