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La Pie et la Souris

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Message Jeu 28 Fév 2013 - 15:43

L'incident de Pebbleton est sorti de l'esprit de Moïra depuis bien longtemps lorsqu'elle pose le pied à Pyk. Le forgeron avait beau eu être à deux doigts de la noyer, la jeune femme n'a pas pour autant de raisons de le craindre. Pourquoi ? Parce qu'elle sait tout simplement que s'il était assez idiot pour le faire - et vu son degré de stupidité elle ne doute pas une seule seconde du fait qu'il en soit capable - le père de la Merlyn demanderait sa tête et il pourrait oublier l'idée de se prendre pour le plus grand Fer-né que les Iles de Fer puissent avoir porté. Elle n'a pas vraiment de raisons de craindre de mourir : rien de particulier ne la retient dans sa vie actuelle. Oh, elle n'est pas suicidaire ou défaitiste, loin de là même, mais disons simplement que lorsque vous n'avez rien de bien important à perdre, vous n'avez aucune raison d'avoir peur que cela arrive. En somme, la rousse se console en se disant que si le sot forgeron s'amuse un jour à lui régler son compte, elle pourra se targuer d'être responsable de sa mort à lui. De quoi lui embaumer le cœur et l'empêcher de craindre de le croiser lorsqu'elle pose son pied sur l'île de Pyk.

Garott a émis le désir de pouvoir se rendre à Lordsport pour profiter un peu de septuaire et même si Egen refuse toujours aussi obstinément que son fils cadet se comporte comme un continental, il accepte toutefois les demande de son fils. Pour quelle raison ? Parce qu'il sait qu'en refusant, son fils ne se gênera pas pour aller demander ce service à ses voisins – les Bonfrère ou les Sparr par exemple – et que les rumeurs pourront donc aller bon train. Au final, accéder aux demandes de ses enfants si irritants reste le meilleur moyen de les maîtriser et de s'assurer qu'il n'y a aucun débordement. Egen Merlyn a demandé à son fils Garth d'accompagner Garott histoire que tout se passe bien, puis à la dernière minute, Moïra s'est ajoutée au lot. Son puîné n'a pas eu le courage de débattre avec cette sœur qui trouve toujours une réponse, même lorsqu'il n'y en a pas. Il a donc préféré ignorer les indications de leur père qui disaient clairement que Moïra devait rester à Pebbleton. Après tout, les Fer-nés sont des hommes libres, non ?

Garth n'a pas demandé à sa sœur ce qu'elle comptait faire à Pyk, il s'est contenté de la prendre à son bord en lui intimant de ne pas bouger, puis a demandé à son second de veiller à ce qu'elle se montre obéissante. La demoiselle a passé le plus clair du voyage à embêter Dezial – le second donc – homme prompt à s'emporter qui éprouvait de grandes difficultés à rester stoïque face à une pie aussi bavarde que la Merlyn. Mais il y est arrivé. Ils finissent par arriver à Lordsport et chacun quitte le boutre pour vaquer à ses occupations. Avant que Moïra ne s'envole, elle est interpellée par son frère aîné qui lui fait savoir qu'ils repartiront dans quelques heures et que si elle n'est pas là, elle passera un séjour sur Pyk jusqu'à ce qu'il revienne dans le coin. Le message est bien compris et enregistré, même s'il est fort probable qu'il s'envole dès qu'elle aura vu la personne qu'elle cherche. Qui est cette personne d'ailleurs ? Bonne question, elle seule le sait.

Soulevant légèrement sa robe pour pouvoir courir tranquillement, la rousse se dirige vers Pyk. Oh, elle ne compte aucunement rendre visite à leur seigneur suzerain – quelle drôle d'idée ! Non, elle compte simplement bavarder un peu avec son amie fouineuse. Accrochés à sa robe, divers petits trésors qu'elle a déniché dans les environs de Pebbleton et qu'elle a hâte de faire mirer à la Souris. Il lui faut un bon moment avant d'apercevoir la forteresse de Pyk où elle sait que le forgeron – et donc sa femme-sel – a ses habitudes lorsqu'il est sur l'île. À sa pensée, elle se renfrogne légèrement en se disant qu'il est dommage qu'une femme comme la Souris soit avec un homme aussi ganache que lui. Il y a bien des gâchis de faits en ce bas monde ! Occultant le visage à l'expression bovine de l'artisan incapable, la rousse se dirige vers l'huis de la demeure en croisant les doigts pour que sa Souris soit là. Le souffle court, elle prend quelques instants pour respirer correctement en laissant sa robe retomber jusqu'au sol. Moïra a un coup de chaud malgré la fraîcheur ambiante et elle espère simplement ne rien attraper. Elle se souvient toujours du récit que sa mère lui a fait lorsqu'elle était jeune, pour la dissuader d'approcher de la mer. Une jeune femme qui aurait joué dans le lit d'une petite rivière et qui aurait attrapé la mort à cause de la fraîcheur de l'eau et du vent glacial de l'hiver. Mais aussitôt après avoir songé qu'elle est venue ici pour voir sa Souris, la Merlyn oublie ses inquiétudes pour s'introduire d'approcher de l'entrée et s'annoncer à un garde. L'homme la jauge du regard quelques instants avant de l'escorter jusqu'à la chambre de la femme-sel pour éviter qu'elle n'aille fouiner ailleurs. La Merlyn le suit docilement, avant de frapper plusieurs fois contre la porte en bois lorsqu'elle arriva enfin devant.

« C'est moi ! Ouvre ! »

L'idée qu'elle puisse tomber nez-à-nez avec le forgeron ne l'inquiète pas du tout. La manière qu'elle a de se présenter n'est pas très claire, mais dans son esprit, la Souris saura forcément à qui elle a affaire. Voilà quelques temps qu'elle n'a plus eu l'occasion de rencontrer la jeune captive, mais pourtant cela ne l'inquiète pas vraiment. Dès la première fois où elle a croisé le regard de la petite fouineuse, la Merlyn a compris qu'elles étaient faites pour s'entendre. Dans le fond, la pensée que la guerre puisse se terminer et qu'elle pourrait ne plus la voir reste ce qui l'inquiète le plus dans cet affrontement. Bien sûr, Moïra n'en a parlé à personne – pas même à la première concernée – question de fierté. Que dirait lord Merlyn s'il savait que sa fille unique devient amie avec des continentales ?

Un bruit se fait entendre à l'intérieur, puis un autre. La Fer-née glissa sa main jusqu'à son corsage pour arracher une petite boule brillante. Garth lui a dit qu'il s'agit d'un morceau d'arme, quelque chose qui devait être accroché à la garde d'une hache ou d'une épée pour la décorer. Au fond, peu lui importe de savoir ce que c'est, cette sphère brillante est tout simplement jolie et Moïra souhaite l'offrir à son amie. Dès que la porte s'ouvrira, elle la lui donnera avant même de la saluer ! Chacun ses priorités, les deux fouineuses ont certainement les mêmes.
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Message Dim 17 Mar 2013 - 9:05

Pyk. Combien de fois Violain avait espéré ne jamais reposer ses petites pattes grêles sur ce bout de l'archipel ? Trop sans doute, pas assez pour être entendue de quelque entité supérieure supposée ; avec le temps et les mois, elle aurait pu apprendre à faire avec l'adversité. Tel n'était pas son caractère, qui était connu pour être, malgré son statut misérable, farouchement contraire, changeant, fourbe et parfois implacable. Le ver qui ronflait en ses entrailles et allait finir par surgir d'entre ses jambes en l'appelant « mère » n'était pas, loin s'en fallait, pour améliorer ses humeurs aussi sombres qu'instables. A dire vrai, plus le temps passait, moins elle était bavarde, plus elle ressemblait à un petit concentré de tempête ou d'orage. On aurait pu se féliciter d'entendre moins souvent sa voix de crécelle piaillarde, on aurait alors négligé qu'il se cachait dans ses silences plus d'aigreur et de pointes que dans ses diatribes innombrables. Elle gardait un instinct de survie intact, donc remarquable, prenait toujours autant soin d'être en apparence docile, soumise, stupide et pratique, en somme une servante irréprochable, mais ces efforts-là étaient réduits à ce qui était nécessaire pour lui être confortable et pas une intention mignarde, pas un sourire aimable ne venait pas d'un calcul quant à son intérêt strict. En somme et pour tout dire, elle était de mauvais poil, voilà tout ; s'assumant entièrement pour ce qu'elle était, elle concevait plus d'affection pour les tours pendables qu'elle imaginait faire subir autour d'elle que pour son enfant à naître, ou toute personne vivante sur ces Îles.

Toutes, sauf une. Cette main qui frappa à l'huis lui étira l'échine d'une méfiance coutumière, parant déjà ses traits de l'expression béate et automatique qu'elle s'était forgée avec le temps, toutefois, quand la voix se fuit ouïr, ses traits s'illuminèrent, ses yeux se mirent à luire, elle sauta au bas du tabouret depuis lequel elle faisait la poussière – son soin aigu de la propreté n'avait pas cédé à la fatigue, pas plus qu'à ses chevilles devenues aussi lourdes que son ventre – et elle se précipita vers la porte avec un petit bruit de gorge étrange, rappelant assez le couinement d'un chiot dont on aurait tordu la queue, mais sur un timbre joyeux. Robe retroussée haut sur les jambes et maintenue en deux gros nœuds de chaque côté de ses cheveux, torchon fidèle noué sur les cheveux, elle avait autant d'allure qu'un sac de pommes de terre ; sur l'instant, elle n'en avait cure. Happant à l'intérieur la jeune femme qui ne s'était présentée que de façon bien vague, lâchant une phrase réflexe au garde qu'elle aperçut sur le seuil dans un :
    « Oh, bonjour, merci, humblement ! »

Claqué si vite qu'il en était brouillon, elle ferma la porte, jetant d'un côté son chiffon plein de poussière et de l'autre celui qui retenait sa chevelure blonde. Elle secoua la tête, décrivant avec plaisir la Fer-Née qui se tenait devant elle, ses mains toujours enfermées dans les siennes. Ce fut alors qu'elle s’apprêtait à joyeusement la saluer qu'elle sentit ce que cette dernière tenait entre ses doigts : une petite sphère brillante, dure au touché, tiède au contact, qui avait donc du être longuement serrée. Le geste de Moïra était clair : c'était un présent pour la femme-sel. Ce couinement singulier surgit de nouveau de sa gorge, mais de façon plus brève et vite interrompue par un éclat de rire qui lança deux ou trois trilles dans l'air. Elle fit tourner la bille blanche dans sa paume, avant de la lancer faiblement pour la rattraper, poing fermé sur ce cadeau qu'elle trouva, puisqu'il lui était destiné, fantastique.
    « Hé bien ! Je ne peux que m'incliner, ma lady, ce qu'elle fit avec un air maniéré volontairement exagéré, avant de remarquer les nœuds qui retenaient ses habits et de rompre sa théâtralité pour préférer user ses doigts pour défaire les liens grossiers retenant ses jupons de tomber. Où est-ce que tu l'as trouvée, celle-là ? »

Depuis le jour de leur rencontre, elles s'étaient défiées. Bien sûr, la Souris avait d'abord affiché devant la Merlyn tout autant de méfiance rentré, de mépris dissimulé et de sourires factices que face à tout le monde, mais cette Fer-Née ci avait su trouver les mots pour piquer davantage l'intérêt de la Souris. Des défis, des jeux et, petit à petit, des rires échangés, plus sincères, plus vrais, plus secrets également. Moïra était une pie voleuse, chapardant ça et là, c'était sur le terrain des larcins et des finauderies qu'elles s'étaient retrouvées, se reconnaissant l'une comme l'autre un talent toujours plus affûté à mesure qu'elles se rencontraient. Évidemment, la chose n'était bien vue par personne. Le presque mari de la chafouine souris avait la possessivité de bien des hommes et, l'habitude des manigances de sa captive faisant, ne couvait certainement pas d'un très bon œil des fréquentations de sa servante attitrée. Les Fer-Nés, eux, devaient sûrement pour la plupart trouver méprisable en soi de s'intéresser à une personne dont le statut naviguait quelque part entre l'outil commode et le détritus échoué là.

Les traits de Violain étaient un peu tirés, mais son teint était plutôt rayonnant de santé. La grossesse avançait, apportant lourdeur et appétit à la demoiselle, mais les secrets de la vie faisaient qu'elle avait, malheureusement pour son entourage, une forme intacte et une énergie dédoublée. Elle s'usait les mains à son ménage la plupart du temps, l'antre de Pyk luisait de propreté – chose passablement inconcevable pour un esprit indigène au demeurant – mais Moïra pouvait constater aux frémissements de ses épaules, à sa façon de remuer les jambes, qu'elle était plus agitée que de coutume. Elle fila vers le recoin de la chambre qui était dévolu à ses effets, fatras plié où Skeggi n'allait que très rarement – sans aucun doute par désintérêt plutôt que par respect ou confiance – et y ensevelit la bille blanche, avant de se mordre les lèvres et rester songeuse un instant. Elle se retourna, darda une œillade pointue vers les jupons rutilants de la Merlyn et lui glissa dans l'instant.
    « Tu frétilles de parures. Entre ses lèvres, c'était un compliment, ainsi qu'une pointe de jalousie amène, sans doute. Elle ajouta très vite, d'un ton fier. Mais je n'ai pas chômé non plus. Attends ! »

Elle courut presque vers un autre coin de la pièce, jusqu'au rebord du lit, sous lequel elle se pencha. Tirant à elle dans un frôlement feutré un paquet de linge enroulé sur lui-même, elle épousseta le dessus, se frotta le nez sur un froncement de sourcils et marmonna qu'il faudrait qu'elle refasse la poussière. Elle entreprit de se lever ensuite, ce qu'elle fit en trois temps, d'abord trop vite, puis voûtée, enfin droite, mais la main sur ce ventre qui, malgré les bandages qui le serraient, devenait rond et un peu visible, surtout avec sa stature fluette ; elle s'aperçut d'elle-même de son geste traître et balaya son bedon de sa main, espérant vaguement que l’œil acéré de sa compagne de rapines aura été distrait par le trésor extirpé des tréfonds de la chambre. Elle déposa le tout sur une chaise, avant de déplier, non sans ménager lenteur des gestes et effets d'annonce.
    « Je te préviens, c'est clinquant ! Ça n'est pas exactement-exactement ce que tu avais demandé, enfin, ça n'est pas vraiment un collier. Mais ça pourrait être arrangé pour l'être. Attends. Ferme les yeux... Non, non, ferme les yeux ! Et voilà ! »

Tenant deux fragments de maille, la Souris tira des linges roulés une sorte de filet doré, à la forme étrange, sans doute déchirée ; cette toile de fer doré était emperlée ça et là de pierreries minuscules et brillantes, bien que la plupart aient manifestement fui l'objet. Sans doute la chose avait été un morceau de parure ornant un corsage ou une robe cossue ; sans doute avait-il été déchiré. Il restait beau, bien que défait et sur ces Îles, les brillants étaient rares. Violain s'approcha de Moïra et prit cette mine experte qu'elle savait afficher avec elle, minois levé, bouche en cœur.
    « Voyons... Si on le pose sur ton épaule, en jeté, là ? Hmm. A moins de le poser en ceinture. Hmm ? Ou alors, en collier faussement négligé, comme ça. »

Elle éclata soudain de rire, avant de lui abandonner son trésor entre les mains et de lui fermer les doigts dessus. Quelque part, ces mimiques aimables, ces attentions particulières, elle les avait eues avec quasiment chacune des personnes qu'elle avait croisées, mais il y avait quelque chose de différent dans l'éclat de ses prunelles, quelque chose d'unique dans le pli de ses lèvres. Ce quelque chose était la sincérité. Quand elle y songeait, la chafouine continentale se gardait bien d'admettre avoir plus qu'un faible envers cette Fer-Née, préférant se dire qu'elle trouvait sa compagnie originale, agréable et qu'elle serait sotte de ne pas en profiter. La vérité était qu'elle avait trouvé une amie sur cet archipel désolé, quelqu'un dont elle était très différente, une personne qui ne partageait sans doute aucune de ses motivations profondes, mais pour laquelle elle avait toujours de la joie et du souci. C'était pour cela qu'elle savait profiter de sa présence, sans songer à sa tenue, sans se fixer sur sa chevelure défaite, sans prendre le temps de calculer chaque réplique. Elle était bien, voilà. Elle sursauta, alors que sa main s'était reposée à son ventre tandis qu'elle la contemplait, absorbée dans quelques pensées confuses. La souris secoua la tête, décidée à empêcher sa visiteuse d'avoir la puce à l'oreille comme de détourner sa propre attention de ce secret aussi lourd que ses jambes en fin de journée.
    « Allez, raconte-moi ! Qu'est-ce qu'il y a de neuf dans les parages ? Ton frère ne t'a trop asticotée avant de venir ? »

Elle se laissa choir sur le bord du lit, tapotant le drap à côté d'elle pour l'inciter à s'asseoir auprès d'elle. Elle croisa les mains devant elle d'abord, puis derrière, hésita encore et pour finir s'y appuya, le corps légèrement en arrière et le ventre rentré autant qu'elle le pouvait. Ce n'était pas exactement qu'elle préférait mentir à Moïra – l'idée ne la gênait pas tant que ça, certes – mais surtout, elle ne voyait guère ce qu'elle pourrait retirer de cette confession qui viendrait tôt ou tard, tout comme elle préférait qu'un éventuel souci collecteur de quenottes ne vienne froisser les ailes de sa Pie. Il tenait au silence quand à son futur petit – bien que « petit » ne soit peut-être pas un terme restant adéquat bien longtemps s'il tenait de son père – et Violain voulait bien lui accorder que, compte tenu de son statut, des rivalités ça et là et des racontars qu'elle avait entendus, il valait mieux ne pas claironner trop fort que la servante aux dents écartées était un terreau fertile. Souriante, bien qu'un peu contractée, elle contemplait la noble rouquine, cette expression amène et affectueuse toujours accolée aux traits.


Dernière édition par Violain la Souris le Mer 27 Mar 2013 - 20:26, édité 1 fois
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Message Mar 19 Mar 2013 - 14:50

Moïra se laisse entraîner dans la demeure sans prendre la peine de saluer le garde, un sourire se dessine sur ses lèvres abîmées par le sel de mer alors que la Souris se débarrasse de ses chiffons. Même si la demoiselle est une femme-sel, tout comme avec la douce Cybeline, la Merlyn ne s'embarrasse pas de ces détails. Les deux captives sont bien différentes, c'est ce qui amuse beaucoup la rousse d'ailleurs : quelle étrange constatation que de voir deux femmes qui partagent le même sort, se comporter totalement différemment !

Le cadeau offert par Moïra semble plaire à son amie et cela ne fait que renforcer le plaisir de la Fer-née. Les cadeaux ont toujours été très importants pour la rousse, elle aime offrir les choses qu'elle aime aux gens qu'elle apprécie, une manière de partager sa joie en somme. Malheureusement bien rares sont ceux qui les acceptent et lorsque cela se produit, c'est en général pour ne provoquer qu'un haussement d'épaules chez l'autre qui ne se rend pas compte de la véritable valeur du présent.

Mais ce n'est pas le cas de Violain qui déclare s'incliner devant un tel cadeau. Le sourire de la Merlyn s'accentue davantage alors qu'elle observa avec attention son amie qui semble très agitée. Une véritable boule de nerfs pleine d'énergie, une chose que Moïra a toujours beaucoup apprécié chez elle d'ailleurs. Se redressant comme un chat qui apprécie une caresse qui lui est donnée, la rouquine répond d'un ton joyeux.

« Sur un boutre qui est venu à Pebbleton il y a quelques jours. Ils revenaient du continent je crois, je ne suis plus sûre. Enfin elle était posée à l'écart, je crois que quelqu'un voulait se la mettre de côté pour la rapporter chez lui. Je me suis dit qu'elle serait parfaite pour toi. »

Plus le risque est grand, plus l'amusement est présent. Dans le fond, Moïra joue à un jeu dont elle ne prend pas vraiment conscience de l'ampleur : c'est très risqué de voler sur les Iles de Fer et un capitaine impulsif pourrait bien décider de lui couper la main. Mais il en faut plus pour décourager une pie lorsqu'elle a trouvé ce qui lui fait plaisir, le compagnon de la Souris peut d'ailleurs en témoigner.

Le compliment de Violain arrive ensuite, lorsqu'elle parle des diverses parures que la Fer-née a accroché à sa robe normalement très austère. La joie de Moïra ne fait que s'accentuer et elle frôle les quelques objets brillants qui grelottent sous ses doigts abîmés. Son regard brun se porte ensuite sur sa compagne de chapardages qui s'éloigne en direction du lit où elle tira un gros paquet de linge. Certainement sa cachette secrète ! Celle de la Merlyn se trouve sous une dalle de sa chambre, tous les chapardeurs ont leur endroit où tout dissimuler, question de sécurité ! Trépignant presque d'impatience, la jeune femme ne remarque pas la difficulté avec laquelle son amie se redresse, trop envieuse de voir la dernière trouvaille de la Souris. La lenteur avec laquelle Violain dévoile son trésor n'arrange rien à l'impatience de sa compagne qui joint ses mains contre sa poitrine plate pour les occuper. Son regard dirigé sur le tissu, elle hoche la tête avec vigueur aux paroles de la femme-sel qui annonce quelque chose de bien impressionnant ! Fermant les paupières suite aux ordres de la blondinette, la Merlyn les ouvre dès qu'elle en a l'occasion, s'attendant à un véritable trésor. Et c'est le cas ! Lorsque la captive tire un petit filet précieux orné de plusieurs pierreries qui attiraient immédiatement l’attention. La bouche de Moïra s'ouvre en un « O » de surprise et d'admiration, à n'en pas douter, elle concède à son amie la victoire et sans hésiter !

« C'est magnifique ! »

Pourtant, elle en a vu par le passé, sur des robes que son père ramenait du continent pour ses femmes-sel notamment. Mais la brillance des pierreries lui font oublier tout cela, puis tout de même, Violain est une captive et elle arrive à se procurer des objets aussi impressionnant que les pillards qui partent sur le continent ! Le visage de la rouquine reste marqué d'une expression admirative et elle en oublie de fermer la bouche malgré la touche d'humour de la Souris. Son regard se glisse sur l'objet que la souris lui a glissé entre les mains, le touchant avec une extrême précaution comme si elle craignait de l'abîmer. Comment va réagir son barbare de marin s'il voit sa femme-sel en possession d'un tel objet ? Heureusement pour Violain, Moïra est tant captivée par la parure qu'elle n'en détourne pas le regard. Jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole du moins. Aussitôt, l'attention de la rouquine se dirige sur le visage de son amie qui s'installe sur son lit, rapidement rejointe par une pie parfaitement à son aise.

« Oh, Garth est une tête de cochon et il est toujours aussi buté, mais il accepte toujours, ou presque, de faire ce que je lui demande, alors ça passe. » Disons qu'il le fait principalement parce qu'il sait que sa sœur unique ne le laissera pas en paix avant qu'il n'accède à sa requête. « Il a de plus grandes pré-occupations en ce moment, à ce qu'il paraîtrait, les continentaux causeraient des problèmes ces derniers temps. » L'idée qu'elle est justement en train de parler à une continentale ne lui effleure pas l'esprit l'espace d'une seconde. « Dagon Greyjoy a demandé à ce que nous soyons tous armés, tu en as peut-être entendu parler ? » Elle tourne la tête vers Violain, touchant toujours la parure si précieuse à ses yeux. « D'ailleurs j'ai rencontré ton marin. C'est une brute sans cervelle tu sais. Il a l'air d'aimer l'alcool au point de ne plus pouvoir s'en défaire. Enfin, je ne sais pas s'il m'a reconnue. » Le ton est absolument neutre, un peu comme si elle ne se soucie pas de ce point. « Oh ! J'imagine qu'il ne doit pas être facile à vivre, encore pire que Garth dans ses mauvais jours ! »

Elle bavarde, l'air de rien, un peu comme si elles sont en train de discuter de la pluie et du beau temps. Son attention se porte sur le minois de la Souris et pour la première fois depuis son arrivée ici, elle la trouve un peu... Crispée ? Non, ce n'est pas le mot, différente simplement. Peut-être un peu indisposée ? Est-ce que son homme la malmène ? Les sourcils de la rouquine se froncent subitement avant qu'elle ne reprenne d'un ton un peu plus sérieux.

« Tu te sens bien ? Tu as l'air... différente. Est-ce que quelqu'un est venu t'embêter ? Tu n'es pas malade au moins ? »

Des questions sincères, ce qui n'empêche pas l'intéressée de répondre par un mensonge si elle le désire !
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