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D'Ombres et de Lumières

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Rahéna Qorgyle
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Général Héritière du Grès
♦ Missives : 478
♦ Missives Aventure : 39
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 17/12/1988
♦ Arrivée à Westeros : 12/01/2013
♦ Célébrité : Noemie Lenoir
♦ Copyright : Miranda *.*
♦ Doublons : Artos, Kay
♦ Age du Personnage : 23
♦ Mariage : promise à Asafa Ferboys
♦ Lieu : Le Grès, Dorne
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Message Lun 25 Fév 2013 - 20:02


    Seize ans, c'était l'âge que Rahéna avait lorsqu'elle arriva à Lancehélion "l'ombrageuse".
    Son père refusait de la voir recluse sur elle-même et prostrée comme si ce nouveau malheur qui frappait était uniquement sa faute.
    La voir s'auto-flageller et se murer dans le silence lui était devenu insupportable. C'est pour ça qu'il avait pris jusqu'alors la décision qui lui brisait le cœur et le ferait se relever la nuit durant son absence. Il avait fait la demande à Lady Daenerys Martell pour que cette noble dame prenne sa première fille en tant que Dame de compagnie.

    Pour la jeune femme, qu'importe d'être ici, dans ses appartements au Grès, ou au service de Lady Martell. A vrai dire elle se fichait bien de ce qui pouvait lui arriver maintenant. Cette perte lui était propre, nul autre n'était touché par ce deuil qu'elle était seule à porter en cette chaude journée.
    Ses frères l'avaient embrassée et enlacée, Luhàn ne voulait pas qu'elle parte, Duncann avait dû le prendre contre lui pour l'empêcher de suivre le convoi qui escortait la litière de l'héritière. Son père n'avait pas bougé, tout juste s'était-il penché pour embrasser son front avant qu'elle ne disparaisse derrière les voiles qui la dissimuleraient des regards et du soleil.

    650 miles, c'était à peu près la distance qui séparait sa cité natale de celle princière. Une quinzaine de jours de voyage en prenant plus ou moins en compte des arrêts à Denfert et Tor avant d'atteindre leur but. Là-dessus, il fallait ajouter les pauses pour le repos des chevaux, le campement à monter à chaque fois qu'il fallait se reposer dans le désert.
    Qu'importe le temps, qu'importe les jours et les soirs qui passaient, elle ne semblait plus être que l'ombre d'elle-même. Elle ne pouvait pas dire qu'elle avait réellement aimé Arvid Santagar, mais elle s'était attachée à lui. Il était devenu son amant, faisant d'elle une femme, mais avant tout, il avait été son ami et un confident fidèle.
    Sombre destin, funeste et trompeur, qui vous fait miroiter l'avenir, sa douceur et son miel avant de vous l'arracher sans même un avertissement, répandant son poison amer de solitude en vous.
    Elle commençait tout juste à se remettre des blessures de son âme, qu'une autre pratiquement aussi profonde s'ouvrait en son sein.
    Plus que la douleur de l'épouse qui perd son époux, c'était un mal plus insidieux qui la rongeait. Elle était au courant des rumeurs qui se chuchotaient dans son dos. Du surnom que les badauds lui donnaient, celui que les marchands chuchotaient lorsqu'elle passait devant leur échoppe : "Souffle Noir". Peut-être avaient-ils raison, peut-être était-elle maudite et qu'elle apportait le malheur sur sa famille. On disait que c'était elle qui avait fait assassiner le pauvre Santagar. Même si elle connaissait la vérité, elle se refusait à confier ses craintes que ce soit à ses proches ou même au mestre Barack, elle s'était réfugiée dans un silence presque religieux. Seule sa dame de compagnie, Zéhyna semblait capable de dialoguer quelque peu avec elle.
La servante de dix ans son aînée semblait réellement préoccupée par la santé de sa maîtresse. Celle qui ne déniait boire que rarement et déclinait la nourriture qu'on lui proposait. Elle qui n'était déjà pas épaisse semblait maigrir à vue d'œil.
    Zéhyna se souvenait de l'héritière lorsqu'elle n'était encore qu'une jeune enfant insouciante, elle était un vrai rayon de soleil et de gaité pour les couloirs du Grès.
    Aujourd'hui, elle voyait combien une personne pouvait changer et qu'être une noble n'était peut-être pas ce qu'il y avait de mieux.

    A Tor, Rahéna passa un peu de temps avec sa famille maternelle sans que cela ne lui remonte d'avantage le moral. Elle consentit à donner quelque nouvelle du Grès avant de partir au petit jour pour rejoindre Lancehélion qui était maintenant toute proche.
    Les quelques jours de voyage qui suivirent furent silencieux et pour la jeune femme, dénués de tout sens. Elle se présenta aux portes du Palais Vieux. Si elle avait été dans son état normal, sans doute se serait-elle extasiée devant l'architecture et la décoration, mais ce ne fut pas le cas. Elle nota tout juste les tons chauds et lumineux qui se trouvaient là.
    Par pur respect pour la famille Martell, elle les salua avec toute la politesse du à leur rang. Elle avait de bons souvenirs de la Princesse Daenerys, mais elle doutait d’être une bonne dame de compagnie actuellement.

    Quoi qu'il en soit, elle était maintenant face à Lady Martell et entre ses mains. Zéhyna craignait pour sa maîtresse, si celle-ci n'arrivait pas à faire la tâche pour laquelle était venue ici. Peut-être que la Princesse de Dorne saurait y faire pour la rendre à nouveau elle-même ?




Le bonheur est dans la liberté, la liberté dans le courage.




Dernière édition par Rahéna Qorgyle le Mer 20 Mar 2013 - 19:29, édité 3 fois
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Message Mar 26 Fév 2013 - 5:59

     An 205.

     Le cortège de Rahéna et de ceux qui l'accompagnaient se trouva en vue de Lancehélion presque une entière journée avant son arivée et Daenerys s'activa à tout mettre en oeuvre pour bien recevoir sa jeune amie. Les deux femmes ne s'étaient plus revues depuis presque trois années, depuis que Rahéna s'était mariée au Santagar qui l'avait semble-t-il rendue heureuse. Mais le pauvre homme était mort, maintenant, piqué par quelconque bestiole du désert, et Daenerys imaginait mal la peine de son amie. Cela faisait presque dix années que Daemon était mort et dans les faits elle l'avait oublié. Échanger sa vie à Dorne, échanger ses enfants et Maron contre un retour en arrière lui aurait été impossible et insoutenable. Elle espérait d'ailleurs que leur présence dans le palais apaiserait un peu la peine de Rahéna. Peut-être même que Trystan se souviendrait d'elle - à pas loin de quatre années faites, le fils aîné du couple princier présentait une surprenante prédisposition à la curiosité et l'intelligence mais bien peu pour les jeux et autres activités physiques qui, selon Maron, ''faisaient les bons dorniens''. Quant à Nymeria, elle était une enfant tellement adorable, du haut de ses deux années, qu'elle éclairerait peut-être un peu les sombres pensées de leur visiteuse.

     Le décès de ser Arvid, la princesse l'avait appris non pas par Rahéna mais bien par son père, le sire du Grès, qui lui avait par la même occasion formellement demandé de prendre sa fille à son service durant le temps qu'il lui faudrait pour aller mieux. Daenerys doutait que ce soit jamais le cas, doutait que la blessure puisse un jour se refermer, mais elle avait dit oui, en vertu de l'affection qu'elle portait à Rahéna. Non sans avoir au préalablement consulté Maron, qui comme à son habitude n'avait manifesté ni grand intérêt ni grande opposition. Daenerys savait que son bonheur à elle rendrait le prince heureux, et si accueillir la fille d'un de ses vassaux parmi eux parvenait à rendre ses journées moins longues en plus de tisser des liens avec la jeune femme qui dirigerait un jour le Grès... elle avait également mentionner à son époux qu'elle ferait le déplacement jusqu'au fief des Qorgyle s'il n'agréait pas à sa demande, ce qui n'avait certainement pas manqué de faire pencher la balance.

     Debout dans le grand hall du palais avec ses deux enfants et ses autres dames de compagnie, la princesse accueillit donc la jeune Rahéna avec toutes les formalités qu'exigeait cette rencontre publique. Des cernes violets criaient son manque de sommeil et le coeur de Daenerys se serra lorsqu'elle entendit la voix éteinte de la dornienne. Une partie de Rahéna était-elle morte avec Arvid, comme elle-même avait eut l'impression de brûler de l'intérieur lorsqu'on lui avait appris la mort de Daemon ? Elle ne savait pas et ne pouvait que supposer, face à la mine de Rahéna et le peu d'intérêt qu'elle semblait avoir pour ce qui se déroulait autour d'elle. Elle n'avait emmené avec elle que bien peu de choses et Daenerys regrettait cette idée idiote qu'elle avait eut, de faire préparer pour Rahéna des robes de soie qui s'accorderaient avec celles de ses autres dames. Rahéna portait bien évidemment du noir, comme c'était à prévoir, et durant un temps la princesse regretta presque de ne pas avoir imposer à sa suite des vêtements de semblables coloris. Tu dis partager son deuil, mais le fais-tu vraiment ? Elle en doutait. Le deuil de l'être aimé se porte seul. Le reste du monde ne peut pas comprendre telle perte. Elle en savait quelque chose.

     Rahéna était accompagnée de sa propre suite et Daenerys s'assura qu'ils étaient emmenés là où ils pourraient se restaurer, conversant même avec le vieil homme qui servait de mestre à la maison Qorgyle. Elle supposa qu'il ne pourrait pas rester à Lancehélion bien longtemps et que son maître le rappelerait bientôt à lui, pourtant une chambre avait été préparée à son intention et le propre mestre des Martell l'entraîna rapidement à l'écart, les deux hommes discutant d'une voix un peu trop haute quels désastreux effets le deuil pouvait avoir sur les femmes. Ne resta aux côtés de Rahéna qu'une servante à l'air un peu farouche à laquelle Daenerys adressa un sourire qui se fana néanmoins quelque peu dès qu'elle posa le regard sur Rahéna. Les paroles se bousculaient sur ses lèvres mais aucune ne lui aurait vraiment apporté le réconfort que la princesse cherchait à lui donner, aussi dévia-t-elle la conversation vers des horizons plus avenants. « Bienvenue à Lancehélion, mon amie. J'espère que ton trajet jusqu'ici n'a pas été trop éprouvant et que tu pourras te reposer en nos murs. Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaiteras. » Elle avait l'impression de déballer là des paroles vides de sens et cela ne lui ressemblait pas, aussi invita-t-elle Rahéna à la suivre hors du grand hall sans rien ajouter. « La vue depuis la terrasse est particulièrement somptueuse, et - » Elle s'interrompit en pleine phrase, incapable de maintenir plus longtemps telle mascarade. Elle avança la main pour prendre celle de Rahéna dans la sienne. « Ton deuil me touche. Je sais que cela ne pourra jamais rien enlever à ta peine, mais tu n'es pas seule. Je sais ce que peut... Je sais ce que peut causer tel chagrin. Je suis là. » On entendait du couloir les cris des enfants qui s'amusaient dans la cour et la princesse songea aux siens, dont la vue était peut-être douloureuse pour Rahéna. S'imaginait-elle mère, avant qu'Arvid ne meurt ? Elle se doutait que le sire du Grès ne laisserait jamais son héritière célibataire bien longtemps, et Rahéna était encore jeune, bien plus que Daenerys l'avait été à la naissance de son propre premier-né. Elle avait le temps, et l'heure n'était pas à songer à ce qui aurait pu arriver si Arvid était resté en vie. C'aurait été lui faire du mal, lui rappeler sa perte, et c'était la dernière chose dont la princesse avait envie. Les choses iront mieux un jour pour elle, songea-t-elle, comme elles le firent pour moi. Vivre dans le malheur pour toujours était en soi impossible, elle en était certaine.


Dernière édition par Daenerys Martell le Jeu 7 Mar 2013 - 8:16, édité 1 fois
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Rahéna Qorgyle
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Message Jeu 28 Fév 2013 - 20:50



    Après la mort de son époux, elle s'était laissée partir à la dérive, laissant sa correspondance à l'abandon sans le moindre remord, ne serait-ce même que pour correspondre avec des personnes très proches d'elle.
    Plus rien ne semblait l'intéresser, elle en était même venue à délaisser son apprentissage sur les herbes qu'elle étudiait maintenant depuis un certain temps. Là était la raison pour laquelle ce ne fut pas elle qui apprit la triste nouvelle à Lady Martell, mais son père. Celui-ci lui avait adressé une missive, où la supplication était palpable à travers les mots utilisés, des lettes couchées sur le papier, bien trop appuyées pour être l'écriture d'un homme sage et serein. Il était inquiet et son sentiment transpirait à chaque lettre d'encre qui y avait été inscrite. Le messager avait été envoyé à la hâte à Lancehélion et son retour était d'avantage attendu dans l'espoir de pouvoir obtenir une réponse favorable à sa requête. Bien sûr, il aurait pu l'envoyer aux Météores, mais son jeune ami Oberyn n'y était plus, Denfert était loin d'être une bonne idée pour lui remonter le moral, de plus, il savait que la Princesse de Dorne avait fait une très forte impression sur sa fille et que celle-ci semblait la tenir en grande estime. La petite n'avait jamais vu Daenerys comme une étrangère. Aussi il espérait que ce fait jouerait en sa faveur.

    En temps normal Rahéna aurait sans doute eu honte de se présenter ainsi devant les gens du Palais Vieux. Elle était presque méconnaissable. Ses yeux étaient rougis bien qu'aucune larme ne s'en soit échappée depuis les funérailles d'Arvid. D’impressionnants cernes témoignaient de son manque cruel de sommeil. Ses joues étaient émaciées, ses lèvres sèches, si bien que quelques crevasses semblaient déjà se reformer malgré les bons soins de sa servante. Sa tignasse d'ordinaire insolente, semblait avoir perdu de sa splendeur, sa peau était terne, quant au reste, et bien heureusement que les vêtements de deuil dissimulaient pratiquement la totalité de la jeune femme, veuve à seize ans, car ce n'était pas réellement beau à voir tant elle avait maigri.
    Chaque pas, chaque geste semblait lui demander des efforts considérables, quant à son regard, et bien il était éteint comme si elle avait perdu le moindre intérêt pour ce qui l'entourait.
    A ses côtés, Zéhyna veillait sur elle, comme une lionne sur ses petits. Elle dévisageait sans la moindre crainte les visages présents, les défiant de s'en prendre à sa maîtresse. Elle donnerait sans hésiter sa vie pour sauver celle de la Dame du Grès. Les deux jeunes femmes étaient loin de se douter que Daenerys se faisait un sang d'encre quant à la tenue vestimentaire appropriée. Toutes les deux étaient à des milliers d'années de se froisser pour une chose qui leur semblait si futile, mais fort heureusement, elles en ignoraient même jusqu'à la pensée délicate de Lady Martell.

    La suite de Rahéna fut conduite en un lieu plus approprié pour leur restauration et leur repos. Si l'humeur de l'Héritière du Grès était aussi sombre que les nuits d'encre au-dessus du désert de Dorne, il n'en allait pas de même pour ses gens. Barack, le mestre des Qorgyle, devait effectivement partir rapidement après s'être assuré du bon déroulement du voyage. Il avait échangé quelques mots peu rassurants avec Daenerys, avant de s'éloigner pour rejoindre le Mestre des Martell, parlant rapidement de sujets propres à leur entendement, d'une voix peut-être un peu trop forte pour une journée.
    Malgré le mouvement de masse des sableux, Zéhyna demeura aux côtés de sa maîtresse, jusqu'à ce qu'elle croise le regard de la Targaryenne. Ce qu'elle y vit la rassura et, à contre cœur, elle la laissa conduire Rahéna loin de ses yeux. La jeune veuve releva les yeux par respect pour son interlocutrice et essaya de feindre un sourire qui n'avait nul saveur. Ce simple geste étira les gerçures qui firent perler quelques gouttes carmin sur le brun délavé de sa peau.
    Elle ouvrit la bouche comme si elle cherchait ses mots, puis finalement la referma sans qu'un seul mot ne franchisse ses lèvres. Elle inclina poliment la tête en guise de réponse pour lui indiquer qu'effectivement le trajet s'était déroulé sans la moindre encombre.
    Avait-elle réellement perdue la parole ou ne trouvait-elle seulement pas quoi dire? La sableuse se laissa guider s'en opposer la moindre résistance par cette femme belle et charismatique qui lui rappelait tant sa mère lorsque cette dernière était encore en vie.
    Sur la terrasse, elle inspira une bouffée d'air lourd et chaud, avant de s'approcher du rebord et de regarder ce que lui indiquait son hôtesse.
    Le fait qu'elle s'interrompe ne la dérangea pas le moins du monde, elle semblait encore tellement distante de ce qui se déroulait sous ses yeux. En bruit de fond, elle percevait les cris et les rires des enfants qui jouaient et se dépensaient joyeusement, ceci n'affecta pas d'avantage l'état de la jeune femme.

    Plus que les paroles de Daenerys, c'est sa tendresse et sa douceur qui mirent à mal les défenses que Rahéna avait érigées pour se protéger de la douleur. Lorsque la femme à la peau claire prit la main de la Sableuse, lui témoignant ainsi tant de soutien, elle craqua.
    Ses grands yeux bleus limpides furent délavés bien davantage à ce moment-là. Les larmes se bousculaient aux coins de ses yeux pour déverser leur torrent de gouttelettes salées sur sa peau sèche, sans le moindre bruit. Elle pinça les lèvres pour retenir un sanglot, puis, par réflexe peut-être, ou parce que cette femme ressemblait à sa mère, elle se jeta dans ses bras, enfouissant sa tête contre sa chair blanche. Son petit corps contenant difficilement les spasmes de ses sanglots.




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Message Jeu 7 Mar 2013 - 9:08

     Elle eut le réflexe d'écarter les bras pour en envelopper le corps tremblant de Rahéna, impulsion maternelle s'il en est. Elle se sentait étrangère au mal de son amie et était bien incertaine de la façon dont elle devait procéder pour apaiser son chagrin. Ne lui venaient à l'esprit de que vaines paroles que la jeune femme devait déjà avoir entendues une centaine de fois entre le Grès et Lancehélion, et c'est donc pour le silence que la princesse décida d'opter. Lorsque ses enfants se blessaient en jouant ou que quelconque membre de son entourage était pris d'un bénigne chagrin, elle trouvait forcément quoi répondre, les mots pour apaiser les coeurs. Mais maintenant... s'asseoir, il lui faut s'asseoir, songea-t-elle, et elle porta presque le petit corps de Rahéna jusqu'à un des bancs en pierre qui longeaient les murs. Elle ne parvenait plus à se rappeler quel âge avait son amie, tout subitement, et à vrai dire bien peu de choses lui revenaient en mémoire si ce n'est sa propre peine à la perte de Daemon, longtemps passée, presque oubliée, mais ravivée par chacun des sanglots de Rahéna. Tu t'égares, ce n'est pas ta peine à toi qui importe mais bien la sienne, et en formulant ces pensées elle se surprit à souhaiter ne pas avoir donner congé à la dame de compagnie de Rahéna. L'autre femme aurait su quoi faire, l'autre femme connaissait mieux sa maîtresse que la princesse, et elle fut tentée durant une fraction de seconde d'appeler pour que quelqu'un aille la quérir, mais ne le fit pas. C'est elle qui avait acceptée l'invitation lancée par le sire du Grès, c'est elle qui prendrait soin de Rahéna et ferait en sorte qu'elle coule des jours un peu plus heureux durant toute la durée de son séjour à Lancehélion.

     « Je suis terriblement désolée. » Ça sonnait un peu passe-partout, comme phrase, mais la princesse était sincère. Elle avait l'impression qu'elle était sur le point de se mettre à pleurer elle aussi, mais il ne fallait pas. « Je peux faire quérir du vinsonge pour toi, pour que tu puisses dormir. Il te faut dormir. » Elle ne parvenait plus à mettre le doigt sur quel âge exactement avait Rahéna. Pas plus d'une quinzaine d'années, peut-être seize, mais dans tous les cas elle était si jeune, au point que Daenerys avait du mal à s'imaginer l'avoir jamais été elle aussi. Elle se contenta donc de resserrer son étreinte autour de Rahéna, de lui frotter le dos comme elle l'aurait fait à sa propre fille, qui n'avait que deux ans. Elle savait d'expérience que pleurer ne servait à rien, que pleurer n'arrangerait pas les choses, mais le dire aurait été vain. « Je suis là. Je sais que le monde peut te sembler terriblement hostile maintenant, mais tu n'es pas seule, je suis là, tu peux rester ici aussi longtemps que tu le désires. » Elle avait conscience de se répéter, conscience de patauger dans ses mots, et son impuissance face au chagrin de son amie la mettait presque en colère. Elle avait l'impression de ne pas lui offrir le moindre soutien, et elle céda lentement à une panique contenue. « Peut-être souhaites-tu manger quelque chose ou aller te promener dans la cour ? La vue est particulièrement... » Elle réalisa qu'elle lui faisait exactement le même discours que quelques minutes plus tôt et s'arrêta donc.

     Dans les premiers temps de sa vie à Lancehélion, à l'époque où pas une journée ne passait sans qu'elle ne pleure, tout ce dont elle avait eut besoin avait été la solitude, refusant la présence de ceux qui souhaitaient simplement lui venir en aide. Et c'est peut-être quelque chose qui aurait fait du bien à Rahéna, d'être laissée seule, mais la princesse ne pouvait supporter l'idée de l'abandonner avec son chagrin. Elle ignorait si la jeune fille aurait envie de lui parler, ignorait même si elle avait ne serait-ce que prononcer une parole depuis le décès d'Arvid. Elle repensait à sa propre mère, se demandait quels conseils elle aurait prodigués à Rahéna - des prières, des prières adressées aux Sept ou encore à la Mère Rivière que vénéraient les dorniens. Je suis certaine qu'elle pria tout ce qu'elle avait à prier durant le court temps qui fut donné à Arvid, entre le moment où cette sale bête le piqua et celui où il trépassa. Mais l'avait-elle seulement appris à temps ? La princesse en doutait, et il était hors de question qu'elle pose la question à Rahéna. Être simplement informée avec froideur du décès de l'être aimé avait sans nul doute été particulièrement éprouvant pour elle et Daenerys souhaitait justement qu'elle oublie ces évènements, ou à tout le moins qu'elle parvienne à passer par-dessus, à trouver un peu de réconfort à Lancehélion. Le palais était certainement plus imposant et plus vaste que le Grès dont elle arrivait et la princesse sabait qu'un temps d'adaptation serait nécessaire, mais elle avait la ferme intention de se trouver aux côtés de Rahéna aussi souvent que nécessaire. Et elle avait une foule d'autres dames de compagnie qui adopteraient très certainement la jeune dornienne dans leur cercle, même sans que Daenerys n'ait besoin de leur en toucher mot. Il lui serait possible d'oublier - il était toujours possible d'oublier.
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Rahéna Qorgyle
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Message Mer 13 Mar 2013 - 14:06


      La chaleur des bras autour de son corps qui lui paraissait si froid malgré la température ambiante sur la terrasse, la douceur de l'étreinte se resserrant autour d'elle dans une infinie tendresse, lui crevait le cœur. C'était presque insupportable pour elle qui jusqu'alors avait érigé un mur contre la douleur, qu'elle estimait solide et que Lady Daenerys Martell venait de balayer par sa présence et quelques mots.
Depuis la mort de sa mère et de son frère elle avait cru, réellement, qu'elle était devenue plus forte. Peut-être l'était-elle devenue puisqu'elle ne pleurait pas réellement la perte d'Arvid mais plutôt le malheur quelle semblait faire planer sur les gens proches d'elle. Le silence de sa noble amie lui prodiguait un bien fou. Depuis l'accident de son époux, elle avait été au centre de l'attention du Grès, autant en bien qu'en mal. On la sollicitait constamment alors qu'elle n'avait qu'une envie, c'était d'être tranquille, loin du bruit et des questions si éprouvantes.
La première fois qu'elle avait entendu la rumeur circulant à son sujet comme quoi c'était elle qui avait fait assassiner son mari, elle avait cru devenir folle. Alors c'était ça? C'était ça la vision que ses gens avaient d'elle? Elle n'était qu'une empoisonneuse? Une femme maudite par leur père le désert? Ici, elle espérait être à l'abri est ragots, des quolibets et des colportages de fausses informations.
Sans s'en apercevoir réellement tellement elle était secouée par le chagrin et incapable de contenir les tremblements de son corps, elle ne se sentit pas "portée" par Daenerys jusqu'à un banc de pierre où elles s'assirent. Elle avait tellement perdu de poids, la Princesse de Dônes pouvait sans problème la soulever tant elle était légère et amaigrie. Lorsqu'elle passa ses bras contre les côtes de la fille du Grès, elle pouvait compter ses côtes. Les os de ses épaules étaient saillants comme pratiquement partout. Ses mains d'habitude si pleines de vie et graciles, étaient noueuses et osseuses, par le manque de sommeil et d'alimentation.

Doucement, sous la voix de la Targaryenne, les sanglots se calmèrent. Il fallait qu'elle se calme, elle ne pouvait pas être aussi faible et si misérable devant son amie. Après tout, ne l'avait-on pas envoyé ici pour être sa Dame de compagnie? De quoi avait-elle donc l'air ainsi blottie contre la Princesse de Lancehélion? D'une misérable pauvre fillette sans doute.
Sous les attentions si avenantes de Daenerys, Rahéna réussit à relever la tête lentement. D'un revers de main elle essuya ses larmes qui avaient laissées leurs sillons sur la peau trop sèche de l'adolescente.


- Le vinsonge sera parfait, merci Princesse.

Sa voix était rocailleuse, comme si des milliers d'aiguilles lui arrachaient la trachée à chaque mot qu'elle prononçait. Même pour elle cette sonorité qu'elle entendait lui était étrangère. Comme si c'était une autre personne qui parlait à sa place. Elle serra les dents, la mâchoire se contracta sous ce geste avant qu'elle ne tourne la tête. Elle donnait une bien triste image du Grès mais elle ne versa plus une larme.

- Navrée Madame de ce triste constat que je vous renvoie. Je suis une piètre Dame de compagnie.

Sa voix tremblait légèrement, mais ses yeux restèrent secs. Elle ne s'était que trop laissée aller. Pleurer n'arrangerait pas les choses, Arvid était mort et elle savait que rien ne pouvait le faire revenir, pas plus que son frère Owen ou sa bien-aimée mère. Elle ne priait plus depuis longtemps Mère rivière qui était restée muette à ses suppliques. Seul le Désert était roi à Dorne, il donnait puis reprenait tout aussi brutalement, elle l'avait compris. Peut-être trouverait-elle en ce lieu le courage de parler de ses sombres pensées avec son amie, mais pas aujourd'hui, pas maintenant. Elle était trop embarrassée par cette pulsion qui l'avait poussée dans les bras de cette femme.

- Je remercie votre mansuétude et votre miséricorde Lady Daenerys. Il est bon de vous voir même dans pareilles circonstance. Je remercie Père et ses idées un peu folles.

La détresse de son amie lui tira un sourire tendre bien qu'un peu délavé par ces jours sombres. Pourtant la Princesse pouvait voir sur ce petit minois bien minable qu'elle avait ramenée Rahéna parmi les vivants et à l'instant présent. Lentement, elle se détacha presque à regret de ce cocon protecteur. Mais elle était une Dornienne, une Sableuse qui plus est, et bientôt le feu du désert brûlerait à nouveau dans son corps si miteux à l'heure actuel.

- J'aimerais voir la cour si votre proposition tient toujours.

Elle essaya de garder ce petit sourire tendre et indulgent qui s'était dessiné fébrilement sur ses lèvres. Elle devait prendre le dessus, il le fallait. Son père comptait sur elle, ses frères avaient besoin d'elle, même si elle portait le malheur sur cette famille aux dires de certains.
Prenant son temps ainsi que d'infinies précautions, elle se redressa et tendit la main à la Princesse qui avait su la laisser pleurer en silence.
Derechef elle se laissa guider, se forçant à marcher pour se changer les idées, dans ce palais si grand comparé à sa petite forteresse perdu au cœur du désert de Dorne. Dans la cour sous le soleil elle marqua un temps d'arrêt laissant la chaleur réchauffer son corps et son cœur. L'air était plus humide ici, plus respirable que chez elle. Elle se rappelait cette sensation la première fois qu'elle était venue ici et qu'elle avait rencontré la Princesse.
C'était un instant magique qu'elle garderait certainement en mémoire toute sa vie durant. Puis elle reprit la marche à côté de cette femme à la peau si blanche, bien que bronzée maintenant, aux cheveux d'un blond si pur et aux yeux violets qui semblaient lire et apaiser son âme.


- Il n'a pas trop souffert si vous vous posiez la question. Le scorpion qui l’a piqué était extrêmement venimeux. Cela n'a pas dû prendre longtemps. Un soulagement en soit.

Elle sortit de sous ses vêtements un petit linge noir ou elle avait gardé le corps du scorpion maintenant desséché. Une large entaille dans l'abdomen était la raison indéniable de la mort de l'insecte.
Elle ouvrit l'étoffe et le montra à Daenerys. C'était peut-être un peu macabre mais, c'était un souvenir comme un autre. Elle aurait pu avoir une épée ou la tête de l'homme qui avait tué son époux, s’il s’était agi d'un homme, mais là c'était le désert.


- Le désert l’a rappelé à lui trop vite à mon goût…

Elle rangea l'étoffe et son contenu et leva ses yeux azurés vers le ciel bleu sans le moindre nuage. Dans sa voix, il n'y avait pas de tristesse ou de sanglot sous-jacent. C'était une constatation et peut-être aussi de la résignation. Le deuil n'était pas si lourd à porter comme pouvait le penser Daenerys. En sa elle tourna la tête vers son amie et lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

- Suis-je mauvaise?




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D'Ombres et de Lumières

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