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La vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources ▬ Maël

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Message Mar 12 Fév 2013 - 19:30

     Quitter Murs-Blancs n'avait pas été très compliqué pour Lyra : elle n'y gardait que de mauvais souvenirs. Enfin non, pas uniquement. C'était à ce moment où elle avait à nouveau croisé la route de Maël et que la Mère Rivière avait décidé de la pousser dans la bonne direction. La discussion que la jeune femme avait eu avec son ami d'enfance ce jour-là, avait été déterminante pour elle. La dame qui l'avait tirée de Lancehélion en faisant d'elle sa dame de compagnie, était décédée. Elle était déjà très âgée lorsque la roturière était entrée à son service et plusieurs autres serviteurs murmuraient qu'elle ne passerait pas l'année. Apparemment c'était la vérité puisque lady Elasha avait rendu l'âme le jour même de son arrivée à Murs-Blancs. Même si la Dornienne ne connaissait pas extrêmement bien la dame qu'elle servait, elle s'était sentie grandement attristée de la situation, non parce qu'elle perdait là son emploi, mais parce que la mort d'une personne la chagrinait toujours. La demoiselle avait donc été remerciée par les autres membres de la maison dont était originaire lady Elasha, ils avaient fait savoir à Lyra que sa présence n'était plus requise et qu'elle pouvait donc rentrer chez elle. Mais où était ce « chez elle » justement ? Lancehélion ? Sans aucun doute, la jeune femme n'avait jamais grandi ailleurs que dans la capitale de Dorne, elle n'était pas désireuse de s'installer dans une ville qu'elle ne connaissait pas et surtout, entourée d'individus qu'elle ne connaissait pas et qui pouvaient lui être hostiles. La demoiselle était perdue, mais elle avait quelques économies pour espérer pouvoir rallier sa ville natale, bien qu'elle craignait particulièrement le passage des Montagnes Rouges et des brigands réputés pour délester les voyageurs de leurs biens. Certes, elle ne possédait rien, mais voyager seul était impossible, il faudrait donc que la Dornienne s'allie à des marchands ou une caravane quelconque, ce qui signifiait que cela décuplait aussi les risques d'attaques.

     L'arrivée de Maël avait donc été inattendue, surprenante, mais surtout salutaire. Elle n'avait pas oublié leur dernière discussion à Villevieille lorsque le tailleur lui avait avoué la nature des sentiments qu'il nourrissait à son égard et la roturière avait promis de lui donner une réponse à leur prochaine discussion. Ce fut celle qu'il espérait, du moins c'est ce que le sourire de Maël lui indiqua lorsqu'elle lui déclara ressentir la même chose que lui. Très naturellement, Lyra avait abordé le fait qu'elle devrait rentrer à Dorne en raison de la mort de sa dame et de l'inutilité qu'elle avait à présent et très naturellement, Maël avait suggéré qu'elle puisse l'accompagner à Villevieille. Vivre dans le Bief et quitter sa belle Dorne avait été une chose qu'elle ne pouvait imaginer, du moins jusqu'à ce jour. L'idée de suivre tout simplement l'homme qu'elle aimait lui sembla plus importante que le lieu où elle vivrait – et elle l'espérait où ses enfants viendraient au monde – c'était la personne à vos côtés qui comptait, pas le reste. Elle avait donc accepté. Sans hésiter.

     C'était donc pour cette raison qu'elle se retrouvait sur la route aux côtés de son ami de toujours et de la mule qui lui servait d'animal de bât. Ils n'étaient pas riches et au fond, leur vie sera certainement loin d'être aussi belle que celle de bien des gens, mais Lyra était habituée à vivre simplement et elle portait bien plus d'importance à son bonheur qu'à sa richesse. Bien des nobles étaient tristes et monotones alors que les roturiers tiraient leur bonheur des moindres moments agréables. Ainsi donc le voyage, qui à l'allée avait été plutôt rude et assez triste, fut une partie de plaisir aux côtés de Maël. Ils devaient bien évidemment faire une halte dans les villages qu'ils traversaient et de temps en temps histoire de se reposer et d'acheter quelques provisions et Lyra profitait généralement de ces moments de repos pour se lancer à la découverte des bourgades de cette région. Le froid était rude, la malheureuse Dornienne portait de simples robes légères qui ne couvraient que l'essentiel et possédaient un tissu suffisamment fin pour laisser le vent passer. À Dorne c'était supportable quelle que soit l'époque de l'année, mais ici...

     Quoi qu'il en soit, ils finirent enfin par arriver dans le Bief et plus précisément, à Villevieille. Étrange de se dire qu'elle allait passer le reste de sa vie ici, aux côtés de Maël, du moins si leur cohabitation se déroulait bien. C'était la grande crainte de la Dornienne, l'idée que les années aient finalement réussi à altérer leur entente de jadis, que désormais ils ne soient plus capables de vivre côte à côte sans se lasser l'un de l'autre. Oh, de son côté la roturière ne craignait guère que cela arrive, Maël était son ami et à présent son amour, elle ne pourrait jamais en venir à se lasser de voir sa silhouette, son visage concentré penché sur ses créations ou encore ses douces manières qui la faisaient toujours sourire. Mais lui ? Le doute naissait dès qu'elle le voyait poser le regard sur une autre femme, même si cette attention était neutre ou liée à son travail. Une boule se formait dans sa gorge et une chaleur désagréable lui étreignait l'estomac, pourtant elle s'efforçait de sourire dès qu'elle la regardait. Ces sentiments étaient nouveaux pour elle, tout comme l'amour qui lui gonflait le cœur dès qu'elle posait ses yeux sombres sur son ami. L'idée de passer le reste de sa vie à ses côtés était sa plus grande joie oui, mais les craintes inhérentes à cette situation étaient toujours présentes pour ombrager le beau soleil qui éclairait sa vie à ce jour.

     Ils se dirigèrent doucement vers la ruelle où se situait la demeure de Maël, Lyra ne l'avait encore jamais vue, mais elle se l'imaginait parfaitement. Son regard glissa vers le tailleur qu'elle contempla en silence quelques instants, puis dès qu'il la regarda, elle détourna son attention. Le duo – accompagné de Pylos – s'arrêta finalement devant un petit bâtiment absolument charmant et la roturière se retourna pour faire face à son ami.

     ▬ C'est ici que tu vis ? C'est vraiment charmant, ça me rappelle un peu l'atelier de ton père à Lancehélion, les couleurs en moins cela dit. Son regard glissa une nouvelle fois sur la maison. Ce n'est pas si loin de ton atelier je crois ? J'ai un peu de mal à me situer je te l'avoue, je ne sais plus où se trouvait l'auberge où la suite de ma dame s'était arrêtée. Elle faisait référence à leur dernière rencontre à Villevieille avant de poser une dernière fois ses yeux sur son ami. On entre ? »
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Maël
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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 02/02/2012
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Message Mer 6 Mar 2013 - 5:36

Tant de choses s’étaient passées… Maël avait du mal à y croire, et ce en toute honnêteté. Etait-il possible que ce soit lui, vraiment lui, qui ait toute cette chance ? L’opportunité incroyable de vivre une existence qu’il avait toujours considérée comme impossible, comme trop idyllique et merveilleuse pour qu’il n’ose faire plus que d’y rêver ? Il n’était pas certain de mériter tout ce qui lui arrivait et quand bien même, il ne réalisait pas encore pleinement ce qui allait changer, tout ce qui allait être bouleversé par sa seule venue, à elle. Lyra. Il y a quelques semaines il n’y aurait pas cru une seule seconde et pourtant, ses phalanges effleurant parfois celles si douces de la dornienne, ils avançaient vers Villevieille… Ensemble. Il n’aurait jamais eu l’impertinence ni la cruauté de se réjouir du décès de quiconque, toutefois le trépas de lady Elasha aux portes de Murs-Blancs avait indubitablement rendu plus accessible si ce n’est palpable le secret espoir qu’il avait nourri depuis bien des années, pour enfin oser l’exprimer à voix haute quelques semaines auparavant. L’avait-on entendu lorsqu’il avait enfin ouvert son cœur à la belle ? Tout portait à le croire… Quand elle lui avait avoué songer retourner à Lancehélion parce que sa famille ne requérait plus ses services, il n’avait pas hésité. Les mots étaient sortis tout seuls d’entre ses lippes sans qu’il n’ait pu les retenir, car c’était une évidence et pour lui une certitude : « Viens vivre avec moi. » Et elle venait. Elle venait pour lui, pour eux, et marquait ainsi le début d’une formidable épopée.

Vivre avec Lyra… Si un jour il avait su ! Son premier amour et sa meilleure amie, celle qu’il avait eu tant de mal à voir partir… Le destin les réunissait finalement, enfin, après tout ce temps ! La séparation pouvait être le meilleur moyen de s’apercevoir de son attachement viscéral envers l’autre, et cela avait été le cas pour eux. Maël s’était vite, très vite rendu compte qu’il n’avait pas envie de vivre sans elle près de lui. C’était si frappant à présent… ! Comment ne pas s’en être aperçu plus tôt ? La peur d’une non-réciprocité peut-être, ou bien la frayeur de perdre une superbe amitié si leur histoire venait à se précipiter vers sa fin… Mais le tailleur ne pensait plus à tout cela, plus une seconde. Toute son âme n’était tournée que vers la joie et la confiance qu’il avait en eux, en leurs sentiments. Tout ne pouvait être parfait éternellement, il y aurait des épreuves il le savait, mais cette prédiction qui lui aurait auparavant donné des sueurs froides, il l’envisageait désormais avec sérénité… Ils affronteraient, il ne doutait pas.

Après bien des bourgades et des campagnes traversées aux côtés du brave Pylos, ils rallièrent finalement les abords de Villevieille tandis que le soleil se couchait paisiblement à l’horizon. Il s’était longtemps promis qu’il n’accueillerait jamais femme et enfants sans avoir une richesse confortable pour leur permettre de s’épanouir et vivre des jours heureux… Il n’était toujours pas riche, mais son affaire tournait et il ne craignait pas d’être incapable de subvenir à leurs besoins à tous les deux. La suite se poserait plus tard… Ils avaient le temps, bien le temps d’apprendre à vivre tous les deux avant d’envisager… Ses joues rosissaient rien que d’y songer, aussi pressa-t-il le pas pour conduire et escorter Lyra dans les ruelles jusqu’à son toit. Evidemment pas de château ni de luxueuse demeure, se dressait devant eux une petite maisonnette sans prétentions, simple et qui paraissait aussi coquette que confortable. D’allure somme toute semblable aux autres, elle se différenciait malgré tout de la masse par sa porte recouverte de pigments ocres – semblable à celles que l’on trouvait dans leur région, fantaisie de son propriétaire qui soufflait timidement aux passants attentifs qu’il n’était pas tout à fait du coin. « Oui, c’est ici… On peut rejoindre l’atelier en quelques minutes, ainsi que le marché, je te montrerai si tu veux. Il lui adressa une petite risette puis hocha la tête. On entre. » Il lui tendit la main et de l’autre, inséra la clé de bronze dans la grosse serrure de fer. Plusieurs cliquetis retentirent puis il poussa la porte largement, laissant Lyra passer la première.

Les derniers rayons solaires éclairaient doucement l’intérieur et le dévoilait peu à peu aux prunelles sombres et étincelantes de leur nouvelle propriétaire. La pièce était relativement vaste, colorée elle-aussi de rouge et d’ocre, et encombrée d’objets divers et variés qui témoignaient le plus souvent du métier de tailleur : bobines, rubans et étoffes en tout genres s’entassaient dans un désordre apparent, bien que l’artisan en question voyait une logique dans tout ce fouillis. Toutefois le tout demeurait coquet, on trouvait au centre une vaste couche pour s’asseoir à plusieurs ainsi que deux épais fauteuils qui entouraient une large table en bois massif, le tout reposant sur des tapis et des fourrures – il n’était toujours pas habitué et avait souvent froid. Sur la droite une grande marmite était suspendue dans la cheminée près d’une petite pièce adjacente, la cuisine, et sur la gauche on devinait deux portes habillées par des voiles ambrés qui menaient chacune à une chambre. Avec une pointe d’appréhension Maël approcha de la dryade et glissa sa main sur la sienne, il espérait de tout cœur qu’elle se sentirait à l’aise dans cet espace qui avait des airs familiers. Tout en délicatesse il se pencha à son oreille et y murmura d’une voix douce. « Bienvenue chez nous. » Ils y étaient… C’était là qu’ils allaient vivre, ensemble. Il s’avança le premier et l’incita à faire de même, observant partout autour de lui comme s’il découvrait également le lieu. « J’imagine que ce doit être un peu intimidant d’arriver si soudainement… Mais tu es vraiment ici chez toi Lyra. N’hésite pas à changer les choses d’endroit pour t’y sentir à l’aise, à pousser tout mon bazar… Il eut un petit sourire maladroit. Ce n’est pas très grand mais on y vit bien tu verras. Là-bas il y a la cuisine, je suis désolé ça ne doit pas être immaculé, si j’avais su j’aurais un peu mieux préparé. Maël n’avait guère changé sur ce point, s’il était doué dans les travaux manuels il avait toujours été exécrable derrière les fourneaux, trop étourdi pour s’occuper des cuissons. Ainsi la cuisine portait des stigmates de brûlé et de plats essayés, mais ratés. Et de l’autre côté il y a les chambres… Dormiraient-ils ensemble ? Il n’avait pas pensé auparavant à cette question… La plus grande et confortable c’est la mienne, je préfère que tu y dormes. Il lui offrit une nouvelle et tendre risette, avant de se rendre compte que ce qu’il venait de dire pouvait être perçu comme une grossière avance. Mais… ! Je peux dormir à côté, enfin, dans la chambre d’à côté. Si tu préfères… » Il lui aurait paru naturel de dormir auprès d’elle. Plus jeunes ils avaient souvent manqué d’espace et s’étaient endormis l’un contre l’autre mais à présent, leurs sentiments dévoilés, Lyra préférerait peut-être faire chambre à part ? « Je veux juste que tu sois bien. »



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Message Mer 6 Mar 2013 - 19:58

     Lyra glissa sa main dans celle que lui tendait Maël juste avant qu'il ne la laisse pénétrer dans ce qui allait être leur maison. C'était un sentiment étrange que de se trouver ici en compagnie de son ami d'enfance, mais dans un décor tout nouveau et sans les visages familiers de leur jeunesse.
     Lorsqu'elle mit le pied à l'intérieur, son regard parcourut la pièce pour regarder ce qui s'offrait à elle. L'endroit devait être agréable à vivre, en tous les cas il apparaissait comme relativement accueillant. S'il y avait bien une chose qui avait toujours refroidit la jeune femme, c'était bien les lieux sans vie où tout était parfaitement rangé. Le sentiment que rien n'était empreint de vie était très déstabilisant. Les couleurs chatoyantes rappelaient à la jeune femme, ses contrées d'origine. Un sentiment agréable qui lui avait beaucoup manqué pendant son voyage à travers tout Westeros : l'absence de couleur et la monotonie des paysages et des maisons qui les entouraient. Un sourire se dessina sur les lèvres de la demoiselle tandis qu'elle avançait dans la pièce pour jeter un coup d’œil sur le reste des affaires. Apparemment Maël travaillait même lorsqu'il était chez lui, c'était du moins ce qu'en témoignaient les divers matériaux posés un peu partout. Les yeux sombres de la roturière parcouraient les objets entreposés, jusqu'à ce qu'elle sente la main de Maël se glisser dans la sienne. Aussitôt, son visage se tourna vers lui alors qu'elle arborait un sourire joyeux et lorsqu'il murmura ce quelques mots, elle ne put s'empêcher de les répéter machinalement.

     ▬ Chez nous. »

     C'était étrange de parler d'un chez soi alors que quelques semaines plus tôt, elle avait oublié l'idée d'avoir un jour un endroit à considérer comme « sa maison ». Puis une demeure qu'elle pouvait partager avec Maël.... C'était encore une chose plus inespérée ! Son sourire ne fit que s'accentuer alors que Lyra se disait qu'elle aurait tout son temps pour réfléchir à ces changements une fois qu'elle serait bien posée ici. Pour le moment elle souhaitait surtout profiter de l'instant présent et pouvoir se sentir comme chez elle avec la seule personne qui comptait réellement à son cœur à ce jour. Excepté sa famille bien évidemment, même si dans un sens, le jeune tailleur en faisait désormais partie.

     Alors qu'il reprenait la parole, elle continuait de parcourir les environs du regard pour pousser son analyse un peu plus du côté de la cuisine. Comme pour l'avertir de ce qu'elle allait découvrir, Maël lui fait savoir qu'il n'avait pas vraiment préparé sa maison à une nouvelle arrivante, mais loin de la contrarier, cette découverte la réjouissait plutôt. Alors qu'elle commença à évaluer les « dégâts » pour compter combien de temps il lui faudrait pour tout remettre en ordre, la jeune femme l'entendit reprendre la parole pour parler des chambres. C'était un point important, ainsi donc la roturière stoppa son observation pour se rapprocher à nouveau de lui alors qu'il lui faisait une proposition des plus aimables. D'un autre côté, ce n'était pas vraiment surprenant, il avait toujours été très attentif à son égard. À ses dernières remarques, la demoiselle ne put s'empêcher de se poser elle-même la question : feraient-ils chambre à part ? En temps normal, elle aurait dit non. Étant enfants, ils dormaient souvent ensemble et l'avaient même fait lorsqu'ils étaient presque adultes, mais avec les sentiments avoués, une certaine « gêne » s'était installée et Lyra ne savait pas sur quel pied danser. Après un bref silence, elle quitta son air de réflexion pour répondre d'un ton qui se voulait léger.

     ▬ Oh, mais ne t'en sens pas obligé ! Tu sais, j'ai passé les derniers mois à partager une chambre plus petite que cette pièce avec trois autres dames de compagnie. Du moment que j'ai un lit où dormir, le reste m'importe. Elle hésita une brève seconde avant de se retourner vers le tailleur pour s'approcher de lui et glisser ses bras autour de sa taille de manière à l'enlacer. Posant sa tête sur son torse, elle enchaîna. Tout ce qui m'importe c'est d'être avec toi et c'est le cas, tout le reste n'est que secondaire tu sais. C'était un peu cliché, elle s'en rendait compte toute seule, mais si c'était ce que son cœur lui disait, pourquoi se taire ? Je me sens bien. Je viens juste d'arriver et pourtant cet endroit m'a l'air aussi familier que si j'y vivais depuis des années. C'est peut-être parce que ça me rappelle ton atelier à Lancehélion, j’ai l'impression d'être de retour chez nous. Elle marqua une pause. Enfin, c'est chez nous, justement. »

     La jeune femme resta pendant quelques secondes la tête collée contre le torse de son ami et à présent, amour, puis elle recula finalement. Ses bras glissèrent le long de la taille du jeune homme pour s'arrêter l'espace d'un instant sur ses hanches, puis le laissa tomber le long de son corps à elle. Instinctivement, pour s'occuper, Lyra passa ses bras derrière son dos et croisa ses mains entre elles, détournant son attention du beau visage du roturier alors qu'elle observait les environs. Plusieurs questions se dessinaient dans son esprit et elle entama donc un nouveau sujet sur un ton toujours aussi enjoué.

     ▬ Ne t'inquiète pas pour la cuisine d'ailleurs. Je vais m'en occuper, je sais très bien comment faire tout ça, puis je dois bien me rendre un peu utile d'ailleurs ? Elle haussa légèrement les épaules avant de sourire. D'ailleurs, je ne veux pas chambouler totalement tes habitudes, est-ce que tu as une manière précise de fonctionner ? Je constate que tu travailles ici, mais j'imagine que tu dois passer beaucoup de temps à ton atelier. Tu as des employés ? La dernière fois que j'étais passée, tu étais seul, mais j'imagine que depuis, les choses doivent avoir évoluées. Léger haussement de sourcils avant qu'elle ne s'approche une fois de plus de lui. Je tiens à me rendre utile, alors surtout, dis-le-moi si je peux faire quelque chose. »

     La jeune femme n'avait pas abordé le sujet de leur vie à deux. Il était vrai que de nombreuses questions se posaient, comment est-ce qu'ils allaient apprendre à vivre ensemble tout en modifiant leur comportement passé. Les marques de tendresse qu'elle lui donnait jadis n'auraient plus le même sens maintenant qu'ils partageaient le même amour. Mais Lyra ne s'inquiétait pas vraiment : ils étaient jeunes, ils avaient tout le temps qu'il leur fallait pour apprendre comment agir.
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Message Sam 23 Mar 2013 - 18:03

Accueillir Lyra dans son petit sanctuaire, son intime chez-lui et lui offrir plus qu’un accueil chaleureux mais une place unique et prépondérante était quelque chose d’important, de beau, mais aussi d’intimidant pour le jeune homme qui se posait désormais moult questions sur le « comment » de leur vie à deux. Le « pourquoi » était limpide dans son esprit : il l’aimait, elle partageait ses sentiments, il était donc tout naturel que tout ce qui lui appartenait était aussi à elle et qu’ils devaient vivre près l’un de l’autre. Il en était enchanté et tout son corps le montrait, ses yeux clairs pétillaient d’impatience, ses lippes tremblaient légèrement d’euphorie et ses phalanges ne cessaient d’effleurer et de caresser la fine main de la belle qui peu à peu, découvrait cet environnement qu’ils allaient partager. Aimait-elle ce qu’elle voyait ? Il n’en était pas certain même s’il espérait qu’elle se sentirait dans un lieu familier, aux senteurs connus, et qui lui apporterait tout le confort dont elle aurait besoin. Mais tout ceci n’occultait pas des interrogations d’ordre pratiques et qui eurent le don de lui faire monter le rose aux joues… Ils avaient vécu ensemble en tant qu’amis proches, dormant l’un contre l’autre, se prenant dans les bras par affection tout comme pour se préserver des courants d’air qui se frayaient un chemin dans les vieilles maisons dorniennes. Mais à présent… ? Dire qu’il n’aspirait pas à la tenir contre lui serait mentir mais il ne voulait pas, surtout pas, qu’elle se figure qu’il voulait profiter des sorgues de la nuit pour l’aimer, non plus comme un ami, mais comme un homme, comme un amant. Il n’était pas aussi innocent et naïf que pouvaient le laisser croire ses grandes prunelles d’azur mais Lyra méritait d’être traitée avec tous les égards, il ne voulait pas laisser son désir prendre le dessus sur le profond respect qu’il avait pour elle. Il attendrait.

Toutefois cela ne répondait pas à la question basique mais décidément tenace du « qui dort où ? » et la sylphide n’allait pas aider à éclaircir ce point… Avec un doux sourire il l’accueillit contre lui et passa ses bras autour de ses épaules et de son échine pour la blottir tandis qu’elle lui expliquait son point de vue. Si son cœur fit une embardée lorsqu’elle murmura que le plus important pour elle était qu’ils soient ensemble – il se sentit tout fébrile et maudit sa sensibilité qui lui humidifiait déjà les yeux, il ne tarda pas à se demander si Lyra s’était aperçue de son trouble mais n’avait pas de réponse ou bien si elle ne voyait pas le problème du partage de la couche comme, justement, un problème. Peut-être se posait-il trop de questions… Alors que les choses se feraient naturellement de la meilleure façon qui soit ? Il voulait y croire, aussi murmura-t-il en effleurant du pouce la joue dorée de la dornienne. « Ça me fait très plaisir que tu te sentes déjà chez toi… Pour les chambres, mh… On verra ? » Un petit rire s’échappa de ses lippes. Il se sentait comme un enfant maladroit et incapable de prendre une décision, ce qui n’était pas exceptionnellement loin de la réalité au fond.

Sa main chuta sur la taille de la belle et il la conduisit tranquillement jusqu’à la couche centrale aux larges accoudoirs pour qu’elle s’y installe confortablement. « Tu as toujours été très bonne cuisinière alors que mon plat le plus réussi, c’est la purée de pois chiches cramée. Avoua-t-il avec une fine risette amusée tout en s’asseyant à côté d’elle. Elle l’avait logiquement interrogé sur son rythme de vie mais par chance elle ne serait que peu déstabilisée, il avait globalement les mêmes habitudes qu’à Lancehélion. Je pars le matin tôt pour ouvrir l’atelier, j’essaie le plus souvent d’être ouvert pendant le marché… Les dames se refusent rarement une jolie robe après avoir achetées tous leurs légumes, ou bien elles se souviennent que leur mari s’est plaint d’avoir une veste trop rapiécée. Il avait conscience d’être un peu caricatural, mais l’expérience le confirmait : souvent, les roturières les plus aisées appréciaient s’offrir un petit quelque chose avant de rentrer chez elles tandis que les plus humbles s’apercevaient soudainement que leur dernier-né n’avait plus de braies portables et qu’il fallait quand même bien lui couvrir le derrière. Je reste encore un peu après l’heure du déjeuner et je laisse Gajeel se débrouiller seul l’après-midi et fermer l’atelier le soir. Je préfère travailler ici quand c’est possible. Ah ! Mais c’est vrai que tu ne connais pas encore Gajeel. Je te le présenterai, c’est mon apprenti, il est surtout spécialisé dans les teintures. C’est un garçon un peu bourru mais gentil, et travailleur. Il vient manger ici quelques fois. L’arrivée du jeune homme avait été une vraie bouffée d’air frais pour Maël, qui pouvait enfin se permettre de s’offrir quelques heures de repos. C’était aussi le signe que les affaires marchaient, il était fier d’y être arrivé même s’il restait encore beaucoup d’efforts à fournir. Si tu veux tu pourras venir avec moi à l’atelier, il y a toujours des choses à faire et la rue dans laquelle nous sommes est animée sans être oppressante… Et puis je pourrais t’apprendre si ça t’intéresse. Il prit délicatement ses mains dans les siennes. Tu as des mains si fines, tu serais une parfaite brodeuse ! Mh, désolé, je m’emballe un peu, ça ne t’intéresse peut-être pas du tout… Il faut que tu fasses ce qui te plaise. Il amena doucement ses phalanges à ses lèvres et y déposa un petit baiser. Oh je ne t’ai même pas proposé à boire ! J’ai du lait, du thé vert et aussi de la bière brune si tu préfères. Et quelques olives de chez nous. Il s’était redressé d’un bond pour se diriger à grands pas dans la cuisine dans laquelle il disparut une kyrielle de secondes avant d’en sortir, les bras chargés. Il déposa deux verres sur la table ainsi que trois bols, l’un avec des olives, l’autre avec des dattes et le dernier avec des biscuits au citron. Désolé de n’y penser que maintenant, mais je suis tellement heureux que tu sois là… C’est comme un rêve d’enfant qui se réalise. »

Son plus beau sourire sur les lèvres, il se rapprocha pour venir en douceur cueillir celles de la jeune femme. « Oh, et j’ai quelque chose pour te souhaiter la bienvenue… Je l’ai faite après notre dernière rencontre en pensant te l’offrir la prochaine fois qu’on se reverrait, l’occasion est encore plus belle que j’aurais pu l’imaginer. A nouveau il se leva et approcha d’une male en osier à quelques pas de là. Dos à Lyra elle ne pouvait voir ce qu’il trafiquait, et lorsqu’il revint ce fut les mains dans son échine, son cadeau encore caché. Ferme les yeux… Il attendit puis il lui déposa son présent sur les genoux. C’est bon… Sous les yeux tendres de Lyra se dessina alors une longue robe de velours d’un profond bleu azur et aux manches évasées, brodées avec du fil d’argent tout comme l’était le col, lui-même bordé de soie. Il fait parfois un peu frais à Villevieille, tellement plus qu’à Lancehélion… Je sais que tu n’as pas l’habitude de porter des robes comme ça mais je me suis dit… Qu’elle t’irait très bien… » Les joues rougies il n’osa parler davantage et guetta les réactions de la belle, espérant sincèrement qu’elle apprécierait.



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Message Lun 25 Mar 2013 - 13:13

     Le sujet de la chambre fut relayé au second plan et cette décision soulagea assez Lyra. C'était un peu idiot au final, car ce qu'elle repoussait présentement reviendrait dans la discussion un peu plus tard, mais au final, seul l'instant présent comptait pour le moment. La Dornienne profita de la proximité que Maël instaurait entre eux, avant de s'installer sur le siège central où son ami venait de la mener. Levant les yeux vers lui jusqu'à ce qu'il s’asseye à ses côtés, la roturière l'écouta en silence. Cuisiner avait été parfaitement naturel pour elle vu le métier de ses parents. Lorsqu'elle-même et sa sœur étaient trop jeunes pour pouvoir s'occuper des tâches de ce type, c'était leur mère qui gérait tout ce côté, mais dès qu'elles avaient été en âge d'assumer ces responsabilités, les demoiselles avaient appris de nombreuses recettes typiquement Dorniennes. Le plus gros problème de la jeune femme restait qu'elle avait pris l'habitude de cuisiner en très gros volume et qu'elle avait donc tendance à faire beaucoup plus que ce qui pouvait leur être nécessaire actuellement. Peut-être que plus tard elle aurait une bonne raison de cuisiner pour de nombreuses personnes, mais ce n'était pas encore à l'ordre du jour. Cette pensée aurait rosi ses joues si elle n'avait pas été aussi bronzée de peau et elle remercie intérieurement la Mère Rivière de cette attention.

     Maël lui expliqua alors son mode de fonctionnement : être ouvert pendant les heures du marché, décision parfaitement logique vu l'argument qu'il lui fournissait. Être artisan signifiait souvent d'être ouvert aux horaires où normalement le commun des mortels faisait autre chose. Surtout lorsque vous n'étiez pas originaire de cette ville. Maël avait beau être reconnu à Lancehélion, ici il n'était qu'un simple tailleur Dornien parmi tant d'autres et il n'était pas difficile de savoir que certains n'hésiteraient pas à passer leur chemin juste parce que le jeune homme n'était pas Bieffois. Peut-être qu'elle se montait la tête après tout, le racisme n'avait pas été extrêmement présent sur son chemin jusqu'à présent, il ne restait qu'à espérer que ce soit aussi le cas ici. Villevieille n'avait pas été autant touchée par les affrontements avec Dorne que les maisons situées à proximité de la Passe du Prince.
     Elle ne connaissait effectivement pas l'apprenti de son compagnon, mais se voyait ravie de savoir qu'il avait quelqu'un sur qui compter pour l'épauler. Son sourire l'exprimait d'ailleurs de lui-même. Celui-ci s'accentua d'ailleurs lorsqu'il lui avança l'hypothèse qu'elle puisse l'aider et qu'il lui apprenne quelques petites choses de son métier. Après avoir quitté sa dame, Lyra n'avait plus de métier, elle avait à la rigueur songé à postuler dans une taverne des environs, mais pouvoir aider Maël l'intéressait davantage pour des raisons évidentes.

     Avant qu'elle ne puisse répondre, il s'était déjà redressé pour se diriger vers la cuisine afin de préparer quelque chose pour eux. Les paroles qu'il prononça alors ne firent que toucher davantage la brune qui glissa ses doigts jusqu'à ses lèvres pleines pour dissimuler le sourire benêt qui s'y plaquait. Avec Maël, Lyra avait l'impression de retomber en enfance et au final, c'était une bonne chose : ses meilleures années avaient été celles de sa jeunesse. Après qu'il se soit à nouveau installé à ses côtés, Maël se redressa une fois de plus en lui déclarant qu'il avait préparé quelque chose pour elle. Cette déclaration éveilla l'intérêt de la roturière qui l'observa jusqu'à ce qu'il lui dise de fermer les yeux, chose qu'elle fit sans se faire prier. Ce ne fut que lorsqu'elle ouvrit les paupières que la jeune femme se rendit compte à quel point la surprise était superbe. Sa bouche forma un « O » de surprise alors qu'elle restait sans voix. Tout d'abord, la roturière n'osa pas toucher la robe tant elle lui semblait précieuse, Lyra échangea un regard avec Maël comme si elle s'attendait à ce qu'il lui dise que c'était une plaisanterie, mais non. Enfin, la Dornienne osa promener ses doigts sur les divers tissus de l'habit, quelque chose qu'elle n'avait pas l'habitude de porter, c'était l'évidence même. Au fond, ce qui la troublait le plus était certainement le fait que le jeune tailleur avait passé autant de temps sur un ouvrage en pensant à elle. Les grands yeux foncés de Lyra se troublèrent alors qu'elle retrouvait enfin sa voix.

     ▬ Oh, elle est magnifique et encore, c'est un mot bien faible pour dire ce que j'en pense ! Elle inspira longuement, alternant son regard entre Maël et la robe. On dirait une robe de noble dame, je n'ose pas imaginer combien de temps est-ce que tu as mis à la confectionner. Ses doigts glissèrent une fois de plus sur le tissu alors qu'elle pinçait des lèvres comme sous le coup de la réflexion. Mais elle est beaucoup trop belle pou moi. Je veux dire, ce serait du gâchis que je la porte, elle conviendrait bien mieux à une personne d'un rang plus élevé. Même si ce serait un excellent moyen que de montrer que tu es le meilleur tailleur de la ville en arborant une telle tenue, c'est certain ! Oh, elle mourait d'envie de porter ce véritable bijou, mais sa gêne était palpable, elle craignait de l'abîmer accidentellement où de ne pas avoir la prestance nécessaire pour lui rendre honneur. Tu es fou Maël, elle est parfaite, je ne sais même pas comment je peux te remercier, les mots ne sont pas assez expressifs. »

     Sa main glissa du tissu de la robe jusqu'à atteindre la main du jeune homme pour la serrer avec douceur. Elle n'avait jamais été très douée pour exprimer ses sentiments, ou alors uniquement par des gestes, des sourires, des regards. Tout était plus simple lorsqu'ils étaient enfants, maintenant que leurs sentiments étaient dévoilés, la demoiselle craignant sans arrêt de ne plus être à la hauteur. Et s'il attendait un mot particulier en remerciement ? Elle hésita l'espace de quelques secondes avant de finalement se pencher vers le jeune homme pour poser ses lèvres contre les siennes. Un geste qui n'était pas encore aussi naturel que les enlaçades qu'elle pouvait faire, mais Lyra s'évertuait à essayer de s'améliorer. Reculant légèrement, elle sourit une fois de plus.

     ▬ Merci, merci mille fois. Je ne sais pas comment tu fais pour réussir à t'occuper de ton atelier et à penser autant à ce que je peux avoir besoin en même temps. Elle inspira légèrement. J'espère simplement que je saurai être aussi bonne que toi dans le rôle de compagne. Les mots étaient sortis seuls de sa bouche et même si c'était le cas, cette idée la chamboulait toujours autant. Un bref moment de trouble passa dans son regard avant qu'elle ne change de sujet. Et tu sais, je serais vraiment ravie de pouvoir t'aider à l'atelier. Je pensais pouvoir décrocher une place dans une taverne des environs, mais si tu veux bien de moi dans ton antre, j'y viendrai avec joie ! Elle prit quelques instants pour réfléchir. J'ai un peu brodé et reprisé des habits pas le passé, bien sûr pas comme tu sais le faire, mais si tu me montreras comment procéder, je pourrai apprendre, je sais être appliquée ! Une brève pause avant qu'elle n'enchaîne. Je pourrai connaître un peu ton apprenti comme ça, je suis certaine qu'il doit être travailleur s'il est avec toi ! »

     Elle ne voulait pas s'imposer dans sa vie cependant, il semblait important pour elle que Maël puisse conserver une certaine liberté et ne se sente pas obligé de la côtoyer sans arrêt. C'était ce qu'elle avait toujours remarqué chez ses parents, ils s'entendaient bien parce qu'ils savaient aussi s'accorder des moments de liberté et Lyra n'avait aucune envie que son compagnon se sente enfermé dans un carcan maintenant qu'il était avec elle. Considérant que ce serait une bonne chose de le lui faire savoir, elle reprit donc la parole.

     ▬ Je sais que c'est étrange de dire ceci, mais je veux avant tout ton bonheur, je ne veux pas que tu te sentes obligé de changer tes habitudes pour moi. Je suis ici pour te faciliter la vie et non la compliquer, si je pourrai t'aider, je le ferai avec joie, il ne faut pas que tu hésites à me le dire, mais s'il y a des choses que tu voudras garder pour toi, il faudra aussi me le faire savoir. Elle esquissa un sourire. Tu sais, même si je t'avoue que j'ai été un peu.... contrariée, lorsque j'ai vu d'autres femmes te regarder à Murs-Blancs, j'ai entièrement confiance en toi et je veux que tu saches que tu n'as pas besoin de me rendre compte de tout ce qui se passe. »

     Avouer sa jalousie, même légère, avant le don de la gêner, aussi détourna-t-elle le regard comme pour observer les environs.
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Maël
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Message Mar 2 Avr 2013 - 18:21

Il n’ignorait pas qu’aussi douces puissent êtres les attentions à l’origine, elles pouvaient se révéler gênantes pour la personne qui en était la cible. Ainsi il n’avait pas une seule fois songé à mal en confectionnant cette robe pour la jeune femme qui enveloppait ses songes mais réalisa, une fois tout proche d’elle, que la grande qualité du tissu et de l’ouvrage dans son ensemble semblait la mettre mal-à-l’aise. Aurait-il dû s’abstenir d’une telle familiarité ? C’est ce qu’il s’apprêtait à murmurer honteusement quand Lyra le remercia de la plus adorable des façons, usant de superlatifs qui eurent tôt fait de lui monter d’intenses rougeurs aux joues – il n’avait pas la chance d’avoir le teint si délicieusement hâlé de Lyra, le sien, le traître, marquait la moindre de ses émotions – elle employa même le terme de ‘compagne’… Y avait-il plus vibrant et grandiose à entendre que ce tout petit mot, qui transportait tant de sens ? Les lippes toujours caressées par la sapidité enivrante de celles de la dornienne, il expira un soupir charmé tout en l’écoutant lui expliquer qu’elle serait ravie d’apprendre et de l’aider dans son atelier. Même s’il s’était douté d’une telle réponse venant d’une femme aussi dévouée et curieuse que Lyra, il fut honoré de l’entendre offrir si naturellement son aide, alors que c’était si différent du rôle qu’elle tenait auprès de sa dame, il y a quelques jours de cela seulement ! Lui qui n’avait toujours exercé qu’un seul métier, lui-même enseigné par nul autre que son père, louait la formidable capacité d’adaptation de la belle. Il fallait du courage pour tout changer… Il aurait aimé en avoir autant qu’elle, mais lui ce n’était pas la bravoure mais la peur qui lui avait fait quitter leur aimée Lancehélion. « Tu as toujours été si généreuse et consciencieuse… Je suis certain que tu t’en sortirais très bien. »

La solution de facilité pour elle aurait été d’effectivement trouver une place dans une taverne, c’était un milieu qu’elle connaissait bien et où elle avait déjà œuvré en Dorne, avec ses parents et sa sœur mais… Un peu égoïstement, Maël préférait mille fois l’idée de la savoir auprès de lui. Venaient-ils de penser la même chose ? Il n’était pas sûr de saisir entièrement ce qu’elle voulait lui dire, mais il lui sembla qu’elle voulait lui faire comprendre qu’elle ne voulait pas empiéter sur son intimité, et qu’elle saurait lui laisser de l’espace si c’était ce qu’il désirait. Lyra… C’était tout elle, cette formidable capacité à penser à autrui avant soi-même. Elle enchaina en lui avouant qu’elle avait même éprouvé de la jalousie en le voyant côtoyer d’autres femmes à la forteresse de Murs-Blancs, et malgré cela, elle lui faisait confiance. Ses prunelles s’étaient quelque peu écarquillées de surprise, révélant toutes leurs nuances de bleu, puis un sourire rêveur et comblé étira ses lèvres. Il se pencha doucement vers l’avant et posa ses phalanges sur la joue pleine de la dornienne, pour délicatement l’inciter à tourner son visage vers lui et plonger dans ses prunelles. « Ce que je préfère… Non, ce que je veux vraiment, c’est que tu sois avec moi. Il vint cueillir un doux baiser et s’attarda longuement contre ses lippes charnues, semblant refuser de rompre ce contact. Tu penses toujours aux autres avant de penser à toi-même Lyra… Mais tu sais… Tu as le droit de flancher, d’exiger, parce que… Je t’aime, alors tu en as le droit. Tu as aussi le droit de te reposer sur moi… » N’était-ce pas là l’essence du couple ? Quand on aime l’autre, on peut lui montrer nos vraies émotions, nos ressentis, et accepter les siens en retour… On n’est pas forcé à être sans cesse gentil, il ne voulait pas qu’elle s’oblige à tout accepter par amour parce que par amour, lui, la voulait entièrement…

Paré de son plus beau sourire, il glissa doucement l’une de ses longues mèches brunes derrière son oreille et ses doigts glissèrent naturellement sur son épaule, où trônait la bretelle de sa robe. Une succession folle d’images suaves et troublantes lui traversèrent l’esprit avec célérité, terrible sensation qui lui enserra les entrailles sans qu’il n’y soit préparé. Il demeurait un homme, un homme aux côtés d’une femme sublime et qu’il aimait depuis des années… Toutefois il ne pouvait se permettre de s’abandonner à toute la concupiscence qui lui brûlait les reins, Lyra méritait bien mieux… Pourtant, pourtant… Fallait-il qu’ils s’interdisent tout ? Ses prunelles chutèrent sur les cuisses de la jeune femme où reposait toujours la robe de velours bleu azur, elles pétillèrent puis il les releva avec espièglerie sur le minois de la belle. « Tu sais comment tu pourrais me remercier, et ce qui me ferait plaisir ? Ce serait que tu l’essaies. J’aimerais tellement te voir la porter… Il éleva doucement le tissu entre ses doigts, et Lyra put alors constater que les entrelacements d’attaches étaient particulièrement esthétiques mais délicats à nouer, surtout pour une première fois, entre croisillons et nœuds coulants, il y avait de quoi s’arracher les cheveux. Il faudrait que je t’aide, pour te montrer cette fois… » Il avait l’habitude des corps nus, c’était même son quotidien lorsqu’il s’agissait de prendre des mesures et que ses clients ne les connaissait pas. Néanmoins imaginer le même exercice aux côtés de Lyra ne revêtaient plus du tout les atours professionnelles de son atelier et c’était quelque peu… Effrayant… Et palpitant à la fois… Il s’en voulait d’avoir de telles pensées, d’imaginer les formes de Lyra, si douces et invitantes dans son esprit, de se voir effleurer sa peau délicate de ses doigts brûlants… Il en avait honte, mais il ne pouvait s’en empêcher. Il avait parfaitement conscience de tenter le démon et du risque qu’il prenait, il était même possible que la belle s’offusque déjà d’une telle proposition. Bien sûr elle pourrait ne pas du tout s’apercevoir de son état, filer dans une chambre pour se changer et ne revenir auprès de lui que pour qu’il ne s’attèle à nouer le vêtement dans son dos… Ce serait sans doute la solution la plus raisonnable, mais il ignorait quelles pouvaient être les pensées de la dornienne à cet égard. Les siennes ? Il tentait de les canaliser, et de tempérer l’emballement sonore de son cœur…

« Après si tu le souhaites, je pourrais t’emmener à l’atelier, Gajeel devrait y être et tu pourrais le rencontrer, comme ça… On irait aussi acheter de quoi manger ce soir, je connais plein de petits étals qui pratiquent des prix raisonnables… Ou je pourrais t’inviter à manger dehors, ce serait bien aussi. S’il tentait de noyer le propre fil – déraisonnable et charnel – de ses pensées ? Bien sûr, toutefois, les questions qu’il se posait étaient réelles et dénotait de son attachement à faire plaisir à la jeune femme, il s’était ainsi remué les méninges dès lors qu’elle avait accepté de le suivre à Villevieille. Je ne sais pas non plus si tu avais eu le temps de visiter un peu la ville quand vous y étiez passés avec ta dame… ? C’est si grand et un peu intimidant quand on ne connaît pas, tu ne peux pas t’imaginer le nombre de fois où je m’y suis perdu, avec toutes ces petites rues étroites… ! On pourrait aller voir le port, et la Grand-Tour si impressionnante… ! J’ai eu la chance de rencontrer lord Clarence Hightower un jour, dans mon atelier. Oh et je connais aussi une petite boutique d’instruments de musique, le vieux monsieur qui s’en occupe est très gentil, un passionné de harpes… ! Comme toujours il s’emportait un peu dans ses descriptions, voulant tout dire et le plus rapidement possible. Il expira un léger rire gêné et arborant un petit sourire en coin. On pourra faire tout ça quand tu veux… »



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Message Mer 3 Avr 2013 - 18:29

     Les compliments de Maël – car elle prenait ses paroles comme telles – ne manquèrent pas de la faire sourire. Dans le fond, elle était bien loin d'être aussi généreuse qu'elle pouvait en donner l'impression, inconsciemment comme beaucoup de personnes, elle faisait passer certaines choses qui l'arrangeaient avant les autres. Elle n'hésiterait pas non plus à tendre la main à quelqu'un qui lui était cher plutôt qu'à un inconnu, mais encore une fois, c'était ce que presque tous les habitants du continent faisaient. En réalité, elle était simplement humaine, avec ses qualités et ses défauts. L'idée que son compagnon puisse l'idéaliser l'inquiétait autant qu'elle l'enchantait. Qu'y avait-il de mieux que de se sentir sur-estimé par la personne qui comptait le plus pour soi ? Rien, sauf si l'on pensait aux risques que cela pouvait représenter le jour où l'autre se rendrait compte qu'elle n'était pas aussi parfaite qu'elle voulait le faire croire. Mais il n'était pas temps de songer à tous ces détails, elle se contenta de sourire d'un air sincèrement ravi lorsque Maël prononça des paroles aussi agréables à entendre qu'à l'accoutumée. En réalité, le plus étrange dans cette histoire restait certainement que les gestes tendres qu'il avait à son encontre l'enjouaient bien plus que les propos qu'il tenait. Les mouvements affectueux qu'ils avaient l'un pour l'autre étant enfants, n'avaient rien à voir avec ce qu'ils partageaient aujourd'hui. C'était un chemin parsemé de découvertes, mais dans un territoire connu. Exactement ce qu'elle avait toujours désiré en réalité, sauf qu'elle ne le savait pas.

     ▬ Je pense à moi aussi en voulant te faciliter la vie. Lorsque tu es content, tu me communiques ta bonne humeur, alors dans un sens lorsque je veille à ce que tout se passe bien pour toi, je fais de même pour moi. Elle le pensait réellement. Penchant légèrement la tête sur le côté, la demoiselle poursuivit. Je vais essayer dans ce cas. Je n'ai pas peur de me reposer sur toi tu sais, je te fais confiance, je sais que tu ne me laisseras pas tomber. Les mêmes paroles que lorsqu'ils étaient enfants, sauf qu'ils concernaient plus de choses aujourd'hui. Et moi aussi je t'aime. »

     Une fois de plus, son teint hâlé lui permettait de ne pas rougir sottement. Elle avait presque le sentiment d'être une enfant face à son premier amour et de se sentir gênée alors qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle le soit. Dans un sens, c'était un peu le cas : Maël était son ami de toujours et le premier homme pour qui elle avait éprouvé autre chose que de l'amitié. Petite, elle songeait que c'était un amour fraternel, mais au final il se trouvait que c'était quelque chose d'autre. Lorsque vous ne connaissiez rien à l'amour et à tout ce que cela touchait, vous deviez apprendre sur le tas.

     Ses prunelles sombres plongées dans celles si claires du jeune Dornien, elle l'écoutait avec attention. Son sourire s'accentua lorsqu'il lui déclara qu'il serait heureux de pouvoir la voir dans cette belle robe et Lyra devait s'avouer qu'elle brûlait d'envie de sentir la sensation que cela faisait d'avoir un tel tissu sur la peau. Son regard se baissa vers les petits croisillons et autres attaches particulièrement difficiles à fermer seule. Elle en avait souvent noué lorsqu'elle habillait sa dame, mais ne l'avait bien évidemment jamais fait sur elle. La roturière se contenta de hocher la tête lorsque le tailleur lui fit savoir qu'il allait lui montrer comment procéder, ne songeant pas vraiment au fait qu'elle allait se dévêtir devant lui. Ils avaient déjà pris des bains ensemble lorsqu'ils étaient encore petits et qu'ils rentraient particulièrement sales après avoir passé la journée dans le sable. Mais c'était lorsqu'ils étaient enfants et même si les tenues portées par la roturière ne couvraient pas la totalité de son corps, elle avait toujours été habillée devant lui. Le fait qu'elle donnait le bain, qu'elle s'occupait de sécher et d'habiller sa dame avant, lui avait donné une nouvelle vision de la pudeur. Un corps nu ne la gênait aucunement pour la bonne et simple raison qu'il s'agissait de son travail, mais en y repensant, la demoiselle constata que ce serait la première fois qu'elle dévoilerait une partie d'elle-même à son ami. Du moins, depuis qu'ils s'étaient avoués leurs sentiments.

     Heureusement, Maël reprit la parole, changeant de sujet et permettait à la Dornienne de se reprendre un peu. Elle leva les yeux vers lui en souriant tandis qu'il continuait à proposer de nombreuses choses à faire. Ils n'allaient pas s'ennuyer ici, encore moins maintenant qu'ils étaient l'un avec l'autre. Levant sa main, elle frôla l'épaule de son ami avant de la remonter jusqu'à sa joue.

     ▬ J'ai hâte de pouvoir faire tout cela en ta compagnie ! J'avais brièvement visité Villevieille, mais sans trop m'y attarder. J'avais d'ailleurs rencontré un Danseur d'Eau de Braavos, mais j'ignore s'il se souvient de moi. Cette ville a l'air tellement.... Pleine de vie ! Sincèrement, je ne vois pas meilleur endroit pour commencer notre vie ensemble. Un nouveau départ dans un nouvel endroit où il y avait une multitude de choses à faire, que demander de plus ? Elle baissa à nouveau ses yeux vers la robe. L'idée d'aller faire un tour à ton atelier me plaît beaucoup, autant que je rencontre Gajeel le plus tôt possible ! J'espère qu'il ne sera pas trop occupé le pauvre. Décrétant qu'il était temps d'enfiler cette robe, elle laissa retomber sa main sur celle de Maël et la serra avant de se redresser pour le tirer derrière elle. Viens m'aider dans ce cas. »

     Elle lui offrit un sourire rassurant, un peu comme si c'était lui qui risquait le plus d'être gêné dans cette situation. Il devait avoir vu de nombreuses personnes dans cette situation, hommes comme femmes à n'en pas douter, mais ne serait-il pas dérangé par le fait que ce soit elle ? Inutile de se farcir l'esprit avec des questionnements, elle décida de se laisser aller à son instinct. Entrant dans la chambre qu'il lui avait montrée plus tôt, elle posa soigneusement la robe sur le lit afin de ne pas l'abîmer. Son regard se glissa brièvement vers Maël alors qu'elle lui offrait un nouveau sourire, puis elle reporta son attention sur l'habit en commençant à défaire les fermetures de son vêtement. Considérant qu'il serait mieux de parler pour briser l'éventuel silence gêné qui pouvait s'installer, elle se lança dans une discussion sur un ton badin, prenant garde à ne pas dévisager son compagnon de manière à ne pas le gêner si la situation l'embarrassait.

     ▬ Est-ce qu'il y a beaucoup de fêtes ici ? J'ai entendu dire que Villevieille était la seconde ville la plus importante de Westeros, j'imagine qu'il doit y avoir beaucoup d'agitation tout au long de l'année. Au moins la chaleur est plus douce que dans les autres régions, je pense que nous ne serons pas trop déstabilisés. »

     Elle souriait, laissant glisser le tissu pour se débarrasser de la robe grossière qu'elle portait. C'était un habit pratique, mais pas vraiment esthétique, il était inutile de dire que celle qu'elle s'apprêtait à porter serait d'un tout autre niveau. La saisissant avec délicatesse comme si elle était faite en une matière extrêmement fragile, la Dornienne entreprit de l'enfiler en veillant à ne rien accrocher ou arracher accidentellement.

     ▬ Tu sais, j'ai eu l'honneur de rencontrer lord Tyrell lorsque nous étions dans l'un des villages non loin de Hautjardin. Je ne t'en ai pas parlé jusqu'à présent parce qu'il a dit qu'il allait venir ici sous peu et qu'il viendrait certainement visiter ton atelier. L'idée l'enchantait réellement et elle espérait que cela allait aider Maël à se faire connaître. Est-ce que je m'y suis correctement pris ? »

     Pivotant sur elle-même, la demoiselle posa ses yeux sur le visage du jeune tailleur, souriant certainement pour masquer la légère gêne qui était présente chez elle. En réalité, cet épisode avait été beaucoup plus facile qu'elle ne le pensait, sa confiance en Maël était suffisamment développée pour qu'elle puisse agir de la sorte sans se sentir embarrassée ou même jugée. C'était là aussi le plaisir de pouvoir se mettre à nu devant quelqu'un sans crainte d'être rabaissée. Au propre, comme au figuré.
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Message Dim 14 Avr 2013 - 4:22

C’est tout naturellement que Maël était venu nicher sa joue tout contre la paume de la dornienne, des mains de femmes si douces et à la chaleur réconfortante contre lesquelles il se serait volontiers assoupi si pour l’heure elles ne lui avaient pas inspiré d’autres délicieuses caresses… Se sentant coupable d’avoir de telles pensées il rougit de nouveau et chercha à plonger ses orbes claires dans les prunelles d’onyx de la belle pour s’y plonger, pour ne plus songer à rien d’autre, pour se fondre en elle tel que le lui soufflait chaque centimètre de sa peau avide… Un soupir se coinça dans sa gorge puis il cligna plusieurs fois des yeux, troublé et craignant un peu que Lyra perçoive toute son agitation. Heureusement elle ne semblait pas avoir notée quelque chose d’étrange ou d’inhabituel dans la précipitation de ses idées ou son emportement à toute les exposer en même temps, au contraire elle s’enthousiasma à l’idée de cette vie nouvelle qui s’offrait à eux, dans une ville aussi charmante et surprenante que pouvait l’être Villevieille. C’était en tout cas différent de ce qu’ils avaient vécu à Lancehélion, sous presque tous les aspects… Il avait beaucoup à découvrir, savoir qu’ils le feraient ensemble était une raison de plus de se réjouir. « Je suis sûr que ça va beaucoup te plaire… » Confirma-t-il avec un mince sourire et un hochement de tête ravi. Il acquiesça encore une fois quand elle assura vouloir rencontrer son apprenti, il pensa à lui proposer de partir dès à présent mais sans qu’il ne s’y attende, Lyra l’entraîna dans une chambre…

Dans son esprit bousculé se succédèrent des images toutes promptes à le liquéfier sur place, il pouvait entendre les pulsations de son cœur s’accélérer sous son vêtement et voir son souffle s’amoindrir à mesure qu’ils approchaient de leur destination… Il savait sa réaction excessive, il savait qu’il n’allait rien se passer, et pourtant ! Il sentait des sillons de stress perler dans son échine et devant ses yeux ébahis tombait un voile de charme qu’il fut incapable de contrôler… La délicate voix de Lyra bourdonna à ses oreilles mais il eut toutes les peines du monde à entendre ce qu’elle disait tant il faisait d’efforts pour ne pas fixer son attention sur ce tissu provocateur qui glissait le long des courbes de la jeune femme… Suave torture que voilà ! « Mh… ? O..Oui c’est vrai… » Il déglutit rapidement et passa une main parmi ses longues mèches brunes, cherchant à se donner une contenance dans tout ce baragouinage. « C’est un endroit très… Culturel… Avec les mestres, et toutes ces choses… Je n’ai pas bien eu le temps d’en profiter et puis… Tout seul c’est moins amusant… Ce sera bien mieux maintenant que tu es là. » La nudité de la dornienne fut passagère et il n’en avait pas abusé comme le plus rustre des hommes, cependant il se surprit à penser que l’instant avait été trop court… La convoitise, le désir, voilà les puissants ennemis contre lesquels il devait lutter !

Son esprit sortit de ces considérations quand soudain Lyra confessa avoir rencontré nul autre que le suzerain du Bief et plus encore, elle lui avait même parlé de son atelier ! Le ravissement fut intense, et ce pour la seconde fois, et pour cause puisque Maël l’avait déjà connu quelques semaines auparavant. « Oh oui, je voulais te remercier à ce sujet ! J’ai rencontré lord Tyrell moi aussi, durant le festival de Villevielle. J’avais un étal à la place de l’Etoile, il était intéressé par une pièce et… Bref, il m’a dit que tu lui avais parlé de moi. Ça m’a beaucoup touché… » Il lui adressa un immense sourire et se pencha pour poser un chaste et doux baiser sur son front avant de glisser ses mains sur les attaches de la robe. Il n’avait nullement besoin de regarder ce qu’il faisait pour savoir comment nouer un tel vêtement – il en avait tant l’habitude ! – mais en compagnie de la dryade il ne se priva guère de ce plaisir… Nœuds et croisillons s’assemblèrent élégamment pour parfaire la coupe du tissu qui docilement épousa les formes de Lyra pour mieux les sublimer sous l’œil contemplatif de Maël, qui s’écarta d’un pas pour l’observer. « Tu es magnifique… » Il attrapa un miroir à pied et le plaça devant elle pour qu’elle puisse à son tour juger du résultat. « On ne dirait pas une noble dame, non… C’est juste toi, dans toute ta splendeur, et toujours naturelle. » La perfection ? C’était un faux idéal, inintéressant et fait pour les hommes sans passion… Maël aimait Lyra, il l’aimait dans ses avantages comme dans ses défauts. La voir dans de si somptueux atours n’était pour lui qu’une manière de souligner ce qui était déjà là… D’une démarche souple il revint tout près d’elle, tout proche il balaya sa chevelure sombre pour rejoindre le creux de son oreille et y susurrer tout en douceur. « Tu sais Lyra… Tu es bien trop belle pour te mettre toute nue sans que ça ne me fasse rien… » Il ignorait comment Lyra le comprendrait, quant à lui il voulait simplement lui montrer, lui prouver qu’elle était séduisante et qu’il l’aimait comme un homme jusqu’au bout… Il ne lui laissa pourtant pas le temps d’être surprise, de s’indigner ou de rougir, et posa juste un baiser à la commissure de ses lèvres puis, entremêlant ses doigts aux siens il l’attira pour sortir de leur maison et rejoindre l’atelier…

Le chemin fut une fois encore des plus agréables, jalonné d’explications et d’anecdotes sur les petits magasins qu’ils croisaient, les rires et les soupirs se joignaient dans un cortège jovial, transpirant le bonheur et faisant d’eux aux yeux de tous un jeune couple heureux et charmant. C’est ainsi qu’il la guida jusqu’à la devanture de son atelier, tel que Lyra l’avait laissé quelques semaines auparavant. « Dehors on ne dirait pas… Mais ça a un petit peu changé à l’intérieur. Viens je vais te montrer ! » La pièce paraissait plus grande et éclairée que la dernière fois, Maël et Gajeel avaient manifestement trié et mis un peu d’ordre dans le capharnaüm général que le dornien avait longuement entretenu depuis son arrivée dans le Bief. Le tout était pour autant toujours aussi coloré et vivant, mais chaque pièce de tissus exposée était bien plus mise en valeur, toutes entreposées avec fierté sous la forme de deux allées qui menaient au bureau, quant à lui installé au fond de l’atelier et accueillant aujourd’hui Gajeel. Ce dernier était penché sur un ouvrage précis – il brodait visiblement la bordure d’un chapeau – et ne releva qu’à peine la tête en entendant du bruit… C’était un garçon qui n’avait pas plus de vingt ans, plutôt petit et trapu, aux épais cheveux noirs qu’il portait courts et aux yeux verts étincelants et rieurs. Il était au final plutôt joli à regarder, voire même séduisant, mais il dégageait une effluve plutôt dérangeante – expert en teinturerie, c’était malheureusement une étape particulièrement odorante dans leur métier et le malheureux tentait tant bien mal de la dissimuler grâce à des onguents bon marché. Un sourire enchanté se dessina sur ses traits bourrus lorsqu’il reconnût son maître, et en charmante compagnie qui plus est ! « Maël ! Vous êtes revenu de Murs-Blancs ! Je me suis inquiété, on entend de drôle de rumeurs ces jours-ci… Et vous, vous nous ramenez une belle dame ! » Il s’était redressé pour les rejoindre et une fois à leurs abords il exécuta une révérence un peu gauche pour les beaux yeux de Lyra. « Gajeel, laisse-moi te présenter Lyra, nous nous connaissons depuis toujours et elle va maintenant vivre avec moi. Lyra, Gajeel, mon apprenti. Dame Lyra, bienvenue à Villevieille ! Vous êtes dornienne vous aussi ? Je vais aller m’installer là-bas moi… ! » Maël arqua un sourcil, il sentait ses viscères se tordre et il en fut troublé. Déjà jaloux… ?



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Message Lun 15 Avr 2013 - 19:09

     La réponse de Maël fut assez légère, la jeune femme l'observa à la dérobée pour ne pas l'embarrasser et elle ne parvint pas à retenir un sourire amusé et attendrit lorsqu'elle le vit glisser ses mains agiles dans ses beaux cheveux. C'était un tic qu'elle avait toujours apprécié chez lui, mais la roturière préféra ne pas le souligner histoire de ne pas ajouter à son malaise apparemment assez présent. Lorsqu'ils abordèrent le sujet de lord Tyrell, Maël lui fit savoir qu'il avait effectivement rencontré l'homme en question et que celui-ci lui avait tout avoué. Le cœur de la jeune femme se réchauffa à cette annonce, elle était à la fois ravie et charmée qu'un homme aussi important puisse avoir gardé un quelconque souvenir d'elle. Pour une simple roturière, c'était comme de pouvoir posséder un Dragon d'Or : impossible et relevant davantage du rêve que de la réalité. Après quoi, la Dornienne le laissa s'occuper de fermer les attaches aussi nombreuses que les grains de sable du désert. Ce n'était pas pour lui déplaire, Lyra avait beau avoir l'habitude de s'occuper des autres de part ses différents métiers, elle n'en appréciait pas moins le fait que quelqu'un s'occupe aussi d'elle. Surtout lorsqu'il s'agissait de Maël. Son sourire s'accentua doucement lorsqu'elle sentait les doigts de son compagnon s'affairer sur la robe, jusqu'à ce qu'il en ait fini. Elle se retourna pour contempler dans un miroir l'ouvrage qu'elle portait, ne manquant pas de sentir son cœur se gonfler en voyant le résultat. Même si Lyra avait toujours espéré pouvoir un jour porter une telle robe, elle n'osait croire que c'était réellement le cas. Ses doigts se promenèrent sur le tissu tandis qu'elle se réjouissait à l'idée que pour une fois, c'était elle qui avait la chance de la vêtir et non une dame qui ne savait pas apprécier cette chance. Les nobles ne se rendaient pas toujours compte de ce qu'elles possédaient comme avantage sur la simple roture.

     Maël la tira de ses pensées en se glissant à ses côtés, dégageant ses cheveux pour lui parler au creux de l'oreille. Instinctivement, elle tendit son cou vers lui comme pour lui montrer qu'elle était attentive à chacune de ses paroles. Et celle qu'il prononça alors ne manqua pas de la troubler. Elle ressentit un mélange de satisfaction, celle de savoir qu'il ne la voyait plus comme la petite fille de Lancehélion, ainsi qu'un sentiment qu'elle n'arrivait pas à identifier. Du plaisir ? Le fait de savoir qu'elle ne laissait pas insensible l'homme qu'elle aimait ? Peut-être. C'était difficile à savoir, mais elle avait tout le temps qu'il fallait pour comprendre ce qui se passait réellement en elle. Lyra ne répondit donc rien, emboîtant le pas à son ami de toujours qui l'entraînait dans les ruelles pour la guider jusqu'à son atelier.

     Ils en profitèrent pour parler en chemin, la visite de Villevieille en sa compagnie était bien plus divertissante que toute seule bien évidemment ! Elle ne lâchait pas la main de Maël, comme si elle craignait de ne le voir s'envoler en agissant de la sorte. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'atelier, la Dornienne le reconnut aussitôt et pour cause : il n'avait pas beaucoup changé de l'extérieur. Ils pénétrèrent donc à l'intérieur et Lyra constatant que son compagnon lui avait dit la vérité : les pièces de tissu étaient bien plus visibles et une infinité d'autres détails montraient que les tailleurs de cet atelier étaient très pointilleux et appliqués. À n'en pas douter, cet endroit reflétait parfaitement leurs compétences. Rapidement, les yeux sombres de la Dornienne repérèrent celui qu'elle identifia comme étant l'apprenti de Maël et effectivement, c'était bel et bien le cas. Lorsqu'il se redressa, la roturière en profita pour l'observer quelques instants, juste le temps de se faire une première idée le concernant. Il était plutôt bel homme dans son style, même si aux yeux de la demoiselle, il était bien loin d'arriver à la cheville de son maître. Elle lui offrit aussitôt un sourire dont elle avait le secret avant de rire légèrement aux paroles qui lui furent offertes. Que de compliments ! Les hommes du Bief étaient bien polis.

     ▬ Quel flatteur ! C'est ménestrel que vous auriez dû être avec une langue aussi prompte au compliment mon bon ami. Je vous en remercie cependant, les compliments en reviennent à Maël. Elle tenait toujours la main du jeune homme et glissa l'autre sur son épaule, appuyant son geste d'une légère caresse. Je suis heureuse de faire enfin votre connaissance ! Maël m'a parlé de vous, il me tardait de voir avec qui il passait le plus clair de ses journées. »

     C'était véridique. Elle laissa retomber sa main le long de son corps avant de délier ses doigts de ceux de son compagnon, prenant toutefois soin de lui serrer la main avant de la séparer de la sienne. La demoiselle s'approcha de l'ouvrage sur lequel l'apprenti était penché quelques instants plus tôt, scrutant avec attention ce qu'il semblait faire. Elle avait si souvent vu le père de Maël – ou le jeune homme lui-même – en train de travailler le tissu, que le fait d'observer un tailleur au travail, lui semblait toujours très familier. Les yeux de la demoiselle se promenèrent ensuite sur les environs tandis qu'elle reprenait la parole.

     ▬ Vous êtes originaire de Villevieille Gajeel ? Je constate que vous vous êtes bien installés, je trouve cette nouvelle présentation des tissus beaucoup plus valorisante. On sent que les artisans qui travaillent ici sont appliqués et amoureux de leur travail. Elle tourna la tête vers son compagnon, lui adressant un sourire avant de poursuivre. Est-ce que les gens de la ville se montrent-ils moins méfiants que le reste des Bieffois à l'égard des Dorniens ? Vu que les affaires ont l'air de bien marcher, je présume qu'ils doivent apprécier la touche que tu apportes à tes confections. Qui n'aurait pas aimé d'un autre côté ? Elle joignit ses mains devant elle, promenant une fois de plus son attention sur les environs. Quoi qu'il en soit Gajeel, j'espère que nous nous entendrons bien, j'espère pouvoir devenir une aussi bonne amie pour vous, que Maël l'est à vos yeux. Son plaisir m'est important et ses amis sont aussi les miens, il n'y a aucune raison que les choses se passent mal entre nous ! »

     Elle glissa une fois de plus son regard de l'apprenti à son ami de toujours, une manière de lui faire comprendre qu'elle était fermement décidée à faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cette vie devienne celle qu'ils imaginaient étant enfants. Et plus encore.
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Message Mer 22 Mai 2013 - 18:16

Gajeel parut ravi de ne pas être qu’un illustre inconnu aux yeux de la belle dornienne car de fait, elle n’en était pas réellement une pour lui. Il avait rencontré Maël une kyrielle de jours après que ce dernier ait revu et avoué ses sentiments à son amie d’enfance et il avait donc eu le loisir d’être l’oreille attentive de certaines confessions du tailleur. Et s’il était resté relativement secret sur la nature de leur relation et sur ses projets avec la dryade, il s’était longuement épanché sur ses mérites, ses qualités, sa tendre beauté et son charme saisissant. Il lui avait conté quelques-unes des anecdotes de leur enfance l’un près de l’autre dans les grandes ruelles de Lancehélion et combien elle était gentille, et serviable, et douce… Il aurait fallu être particulièrement idiot pour ne pas comprendre qu’il ressentait pour la belle plus qu’une platonique et fraternelle affection. Il y avait bien davantage et au vu de leurs attitudes respectives l’un envers l’autre, ils avaient clarifié leurs sentiments respectifs à Murs-Blancs… Et si un doute avait pu subsister quelques malheureuses secondes en les voyant apparaître de concert – après tout, elle pouvait être simplement une amie en visite – il avait été balayé par le décisif et signifiant « elle va maintenant vivre avec moi ». Le ton ne laissait pas croire autre chose, le jeune homme amoureux avait à son tour conquis la femme de ses rêves. Toutefois dans chaque relation se jouait une part de charme, aux yeux du pétulant – bien que bourru – Gajeel il était toujours question de plaire à son interlocuteur et de s’attirer ses louanges, c’était d’ailleurs une part de sa personnalité qui faisait de lui un habile vendeur. De fait il ne comptait pas épargner Lyra de ses compliments, d’autant plus qu’au vu de son minois et de sa silhouette il était bien aisé d’en trouver une pléiade ! Ainsi rit-il de bon cœur lorsqu’elle l’affilia à un ménestrel et c’est avec une certaine tendresse entichée qu’il les mira tout deux, si proches. Maël, ses doigts caressant délicatement ceux de son aimée, lui parut alors si heureux, si épanoui, qu’il n’aurait guère était surpris de le voir s’agenouiller pour faire sa demande.

« J’espère que vous n’êtes pas déçue de me rencontrer dans ce cas Lyra ! » S’exclama le jeune apprenti avec une immense risette accolée aux lippes. « Pour moi, c’est évidemment un plaisir. » Un sourire innocent sur les traits il croisa l’œil azur curieux et sans doute un peu jaloux de Maël qui l’observait avec une attention redoublée. Peu décontenancé le jeune homme s’élança vers la dornienne qui s’approchait distinctement du couvre-chef qu’il avait brodé jusqu’alors et s’en empara pour le brandir sous le nez de l’intéressée, qu’il abreuva d’explications sur son art. « Il est joli n’est-ce pas ? Voyez, j’ai passé une bande de soie sur toute la bordure que j’ai cousu, et je brode par-dessus quelques motifs de fleurs. Des tulipes, aimez-vous ça ? Il ne doit pas y avoir beaucoup de là où vous venez… Est-ce que vous cousez vous-même Lyra ? Maël m’avait dit que vous serviez une noble dame, ah elles ne savent pas souvent prendre soin de leurs toilettes ! Il y a toujours à repriser et repiquer sans cesse. Il y en a une qui nous ait revenu avec un gros trou dans une sublime dentelle, toute effilée qu’elle était, un vrai drame ! » Véritablement passionné par son art, Gajeel n’hésitait toutefois pas à en rajouter un peu pour s’attirer quelques rires. Maël ne s’en priva d’ailleurs pas et expira un ricanement, avant de rougir de plaisir lorsque Lyra complimenta la présentation de leurs mannequins et de l’intérieur de la boutique. Ils avaient passé un temps fou à tout réarranger et se voir félicité pour le résultat obtenu n’en était que plus plaisant encore. Tout aussi ravi que l’artisan Gajeel s’empressa de satisfaire la curiosité de la donzelle sur sa personne. « Je suis de Villevieille oui, né à seulement quelques rues d’ici. Mais mon père n’était pas tailleur mais filateur, je connais bien la matière et je sais la travailler mais je laisse ce qui est esthétique à Maël, j’ai malheureusement le sens de l’ornement aussi développé qu’un paludier ! » Il leva ses épaules d’un air désabusé pour appuyer ses paroles mais se fit sincèrement plus sombre quand elle évoqua la méfiance devenue naturelle des Bieffois envers leurs voisins de Dorne.

Le jeune apprenti se fit soudain muet et hésitant, c’était un sujet qu’il n’aimait guère aborder car il s’en voulait encore de sa propre attitude et regrettait amèrement son acte. Maël l’encouragea d’un doux sourire et se rapprocha de son amie et amour pour délicatement poser une main sur sa peau nue. « Des deux côtés il persiste de la défiance, mais je suis sûr que peu à peu les esprits se calmeront… » Gajeel gagna alors soudain en hardiesse et confessa, ses émeraudes plongées dans les scintillantes prunelles de la belle dans l’espoir d’y trouver une certaine forme de pardon. « J’en faisais partie ma dame. Je suis très honteux de ce qu’il s’est passé… Je n’avais presque pas d’argent quand j’ai remarqué cet atelier où un dornien, un étranger, gagnait sa vie quand moi-même, fils de Villevieille, j’en était incapable. Je me sentais volé… Je suis entré en fin de journée ici, avec des ‘amis’, pour dérober quelques pièces… Maël nous a vu, et l’un de nous l’a frappé au visage avant de s’enfuir. Moi aussi je me suis échappé sans demander mon reste… Mais après coup, je me suis senti si pitoyable que je suis revenu pour m’excuser, le lendemain. » Un faible soupir s’échappa du fin fond de la gorge du jeune homme qui jouait cartes sur table avec Lyra et craignait qu’elle ne lui tienne rigueur de cette faiblesse à l’avenir. « Maël a été très généreux et au final… Quel chance j’ai eu ! Cesse donc de t’excuser pour tout cela Gajeel, c’est du passé maintenant. » Tout le monde faisait des erreurs et chacun était capable du pire comme du meilleur, Maël était bien placé pour le savoir et ainsi, n’avait pas hésité à offrir une seconde chance au pénitent venu lui implorer pardon.

Sans doute dans l’optique d’effacer rapidement des esprits cet instant gênant, Gajeel s’activa soudainement et farfouilla dans les tiroirs du bureau sur lequel les deux hommes travaillaient quotidiennement, côte-à-côte, il en sortit plusieurs feuilles de papier où des esquisses au fusain s’étiraient harmonieusement… Divers visages et des silhouettes vêtues de splendides vêtements, hommes, femmes et enfants, et parmi eux Lyra reconnaîtrait sans doute bien vite sa propre représentation habillée de la robe bleu azur qu’il lui avait offert et qu’elle revêtait à présent. Douce, gracieuse, pulpeuse, la Lyra tracée était fidèle à son modèle et transpirait la bonté et une certaine sensualité dans sa posture, les bras légèrement croisés sous sa poitrine… « Gajeel… ! » Vivement et les joues chaudes, le tailleur mélangea promptement ses dessins pour cacher sa rêverie au milieu des travaux plus techniques. « Ne soyez pas timide, c’est très ressemblant ! » Lâcha le jeune homme d’un ton badin et amusé en tentant de retrouver la composition qui l’intéressait. « Et il y en a plein d’autres dame Lyra, vous serez habillée pour des lunes et des lunes ! Allons Maël, montrez-lui ! » Pris sur le fait ce dernier releva des yeux brillants sur la jeune femme et l’interrogeant du regard, il craignait que tout ceci l’ait offusqué et qu’elle ne jette qu’un regard agacé sur ses créations s’il les lui montrait. Si sa mine s’était égarée en de doux songes lorsqu’il avait décidé celle qu’il aimait et qu’il avait peur de ne jamais revoir, le temps et l’énergie qu’ils y avaient consacré témoignaient avant tout de son profond et sincère attachement pour elle et il espérait qu’elle se le figurait ainsi.



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Message Sam 25 Mai 2013 - 11:46

     Le jeune apprenti semblait très liant et c'était une chose que Lyra appréciait sincèrement. En travaillant dans l'auberge de ses parents, la jeune femme avait appris à se montrer aimable et à discuter de tout et de rien avec tout le monde, que ce soit le chasseur du coin ou un riche noble de passage dans leur belle cité. Pouvoir s'entourer de personnes qui partageaient cette vision des choses lui était donc agréable. Étant donné que Gajeel était l'apprenti de Maël, cela signifiait qu'il allait devenir une personne proche de la Dornienne et elle décida donc de faire de son mieux pour que les choses se passent bien entre eux. La coiffe dont Lyra s'était approchée avait donc été confectionnée par le jeune homme. La demoiselle posa ses yeux sombres sur lui en écoutant ses explications avec un intérêt non feint : elle avait beau ne pas être très cultivée – comme tous les roturiers – la jeune femme savait néanmoins se montrer intéressée par tout un tas de choses. Apprendre dès qu'elle en avait l'occasion, depuis qu'elle était entrée au service de sa dame, c'était devenu son nouveau leitmotiv. La manière dont Gajeel parlait avait de quoi amuser et la demoiselle ne se priva pas de rire légèrement devant l'attitude du damoiseau, non par moquerie, mais par réel amusement. Cousait-elle ? Si peu ! Elle reprisait ses habits et ceux de sa famille à l'époque, mais elle ne possédait pas la dextérité et la maîtrise des deux jeunes hommes.

     ▬ Je reprise essentiellement, mes robes et les habits de ma famille à l'époque où j'étais encore à Lancehélion, nous n'avions pas les moyens de les faire repriser. Ce n'est pas aussi propre que lorsque vous ou Maël devez le faire, je n'en doute pas une seule seconde ! Elle ne mentait pas, un tailleur savait forcément mieux coudre qu'une aubergiste, c'était la logique qui voulait cela. Et vous savez, je suis certain que les paludiers doivent avoir un sens se l'esthétique, bien à eux, mais ça pourrait être original d'une certaine manière. »

     Elle disait cela d'un ton badin, c'était une boutade, mais aussi une partie de vérité. Après tout, la beauté et l'esthétique étaient subjectifs, la mode de Dorne ne plairait guère à un Nordien et inversement. Mais ce sujet était dépassé et déjà ils en abordaient un plus épineux. Visiblement la question de la jeune femme à propos de la manière dont les Bieffois voyaient son peuple, avait un peu gêné Gajeel. Elle espérait ne pas avoir gaffé et adopta une expression neutre pendant quelques instants, rapidement rassurée par la main de Maël qui devait certainement avoir deviné les pensées de son amie. Lyra lui accorda un bref regard plein de remerciement avant de reporter son attention sur l'apprenti au moment où celui-ci plongeait ses yeux clairs dans les siens. Ce qu'il lui avoua ne manqua pas de la surprendre, elle ne s'attendait pas à ce que ce jeune homme débonnaire et agréable puisse avoir nourri une quelconque haine à l'égard des Dorniens. Elle le contempla quelques secondes, sachant parfaitement que Maël était incapable de se montrer rancunier. Il était bon, foncièrement, Lyra craignait même que cela ne finisse un jour par lui porter préjudice, mais c'était agréable et rassurant de savoir qu'il existait encore de telles personnes en ce bas monde. Arborant un sourire qui se voulait chaleureux, la jeune femme à la peau tannée répondit d'un ton rassurant.

     ▬ Tout le monde fait des erreurs et vous n'aviez certainement jamais rencontré de Dorniens avant, comment auriez-vous pu savoir comment réagir ? C'est en faisant des erreurs que l'on apprend comment corriger son comportement. C'était certainement le souhait de quelqu'un que vous veniez ici. »

     Elle avait songé à citer la Mère Rivière, mais ne souhaitait pas mettre le jeune homme mal à l'aise. Ce sujet était déjà passé au fond, les deux hommes s'entendaient parfaitement si elle en croyait ce qu'elle voyait, il n'y avait donc aucune raison pour ressasser le fond. L'attention de l'apprenti fut attirée par autre chose, il s'éloigna soudain du couple pour s'approcher d'un bureau où il farfouilla quelques secondes avant d'en tirer plusieurs feuilles. La Dornienne, curieuse, s'approcha à son tour pour jeter un coup d’œil à ce qui figurait dessus et elle eut la surprise d'y voir l'une de ses copies. Se penchant sur l'esquisse la représentant dans la robe qu'elle portait à cet instant, Lyra la détailla avec attention sans se soucier de la gêne visible de Maël. Lorsque ce dernier s'empressa de mélanger les dessins elle lui jeta un regard amusé, absolument pas contrariée par le fait qu'elle puisse être l'un des sujets d'inspiration de son amour et ami. Le regard qu'il lui adressa ne fit que renforcer son désir d'en voir plus, elle se glissa à ses côtés, enlaçant le jeune homme de l'un de ses bras avant de poser sa tête sur son épaule.

     ▬ J'ignorais que tu dessinais si bien, puis surtout que je pouvais te servir d'inspiration. Ton esquisse est vraiment très ressemblante, est-ce que je dois en conclure que j'habite tellement tes pensées que tu peux me représenter de mémoire ? Le ton était ravi, visiblement cette idée lui plaisait. J'aimerais beaucoup voir tout ce que tu as fait, je suis heureuse de constater que tu as pensé à moi au moins autant que j'ai pensé à toi depuis notre dernière rencontre ici. »

     Elle avait parlé d'un ton assez bas, pour ne pas embarrasser Gajeel et de manière à ce qu'il n'ait pas l'impression de tenir la chandelle pour les deux tourtereaux. La jeune femme se décolla finalement un peu de son ami pour ne pas trop le gêner devant son apprenti, puis elle porta son attention sur lui. Visiblement, il devait servir à beaucoup de choses, pas uniquement en tant qu'aide pour Maël, mais aussi pour permettre à celui-ci de sortir un peu de sa réserve. Vu comme Lyra était elle aussi très gênée de nature, ce ne serait pas du luxe il fallait l'avouer. La Dornienne laissa donc Maël faire ce qu'il désirait, lui montrer ou non ses esquisses, elle respecterait son choix quoi qu'il fasse. Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour reprendre la parole, un bruit se fit entendre derrière eux et Lyra se retourna, s'attendant à voir entrer des clients, mais lorsqu'elle posa les yeux sur les nouveaux arrivants, il fut évident que ce n'était pas des hommes désireux d'acheter des vêtements. Ils ressemblaient à des petites frappes et il apparaissait clair qu'ils apportaient des ennuis. L'estomac de la jeune femme se noua l'espace d'un instant alors qu'elle glissait son regard vers Maël pour essayer de voir ce qu'il pensait d'eux, avant d'en revenir aux arrivants. Déglutissant, elle leur offrit un sourire de façade.

     ▬ Bonjour messieurs, bienvenue ici ! » L'homme lui décrocha un regard qui ne manqua pas de la faire frémir.
     ▬ Ferme-là racaille du désert. » La note était donnée, visiblement leur discussion sur le racisme revenait au goût du jour et Lyra aurait préféré ne jamais avoir posé la question. Elle souffla légèrement pour se donner du courage avant de prendre un ton et une expression plus fermes.
     ▬ Je crois que vous ne devriez pas rester ici. »

     Pourvu qu'ils partent, pourvu qu'ils aillent chercher des ennuis ailleurs. Mais quelque chose lui disait que ce ne serait pas le cas. Maël et Gajeel étaient deux hommes, mais ironiquement elle était certainement la plus à même de se défendre ici. Ils n'avaient pas l'air de bagarreurs et la demoiselle avait acquis quelques bases de défense au service de sa dame, elle était prête à en venir aux mains si quelqu'un s'en prenait à son cher et tendre – ou à son apprenti bien sûr – mais elle espérait ne pas en arriver là.
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Message Ven 7 Juin 2013 - 3:16

Gajeel avait à présent la certitude que l’amour n’avait pas fait mentir son maître tailleur : Lyra était une donzelle absolument charmante ! Douce et modeste, cela ne l’avait guère empêché de souffler une discrète boutade sur le sens esthétique des paludiers, qui eut le don de faire rire naturellement le jeune homme. Et plus encore, alors qu’il craignait sincèrement la réaction qu’elle pouvait avoir à cette révélation sur sa déplorable attitude, la dornienne se montra aussi compréhensible avec lui que ne l’avait été Maël des semaines plus tôt. Sans forcément chercher à lui trouver des excuses – ce qui serait vain et peut-être un peu hypocrite ? – la jeune femme souligna avec simplicité que c’était le lot de tout être de faire des erreurs et de progresser grâce à elles. Un profond soulagement se lut aisément sur les traits de l’apprenti qui en guise de muet remerciement, s’inclina profondément devant sa rédemptrice. « Merci, vous êtes bien gentille Lyra. Vous pensez que c’est… La Mère Rivière, c’est ça ? Qui m’a faite venir ici. » Un fier sourire se dessina sur ses lippes. Peut-être par envie de se racheter aux yeux de Maël après sa terrible erreur, il s’était montré très curieux vis-à-vis de la culture de Dorne et était aujourd’hui un rien bêcheur à l’idée d’en faire l’étalage devant la belle, qui ne se doutait surement pas qu’un étranger des terres du Sud et fervent croyant en la Religion des Sept puisse en savoir autant sur sa religion.

Après avoir révélé le pot-aux-roses sur les nombreux songes amoureux du dessinateur, Gajeel prit l’initiative de retourner au bureau pour poursuivre son ouvrage et laisser les tourtereaux dans une sphère plus douce et intime. Se munissant de sa fidèle aiguille et de son couvre-chef à la bordure encore incomplète, il se concentra sur sa broderie en faisant mine d’être à présent totalement absorbé par son activité… Toutefois, un frivole instinct de commère lui fit tendre l’oreille pour capter quelques déclarations croustillantes ! Mais Maël ne faisait d’ors et déjà absolument plus attention à lui et n’avait d’yeux que pour la naïade venue toute contre lui et dont il caressait l’épaule et la nuque de ses phalanges timides mais embrasées. Avec aisance Lyra visa très juste dans son raisonnement et attira de nouvelles couleurs sur son derme devenu plus pâle et sensible aux rougeurs depuis que les rayons de Dorne ne tannaient plus sa peau. Oui, il avait tant pensé à elle ! C’était l’évidence et lui-même en prenait la pleine mesure en constatant le nombre effarant d’esquisses qui représentaient la jolie vénus, et qui s’étaient multipliées au fil des jours et des heures sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Mais Lyra ne s’en offusqua pas… Ce fut même le contraire ! Ravi qu’elle ait saisi si promptement ce qu’il voulait dire il la couva d’un œil attendri et pour la peine se libéra de sa naturelle pudeur pour se pencher au-dessus d’elle et venir cueillir un doux baiser. « Oui… Je pourrais te dessiner les yeux fermés. » Et comme ils étaient sur une bonne lancée, il revint sur sa décision et exposa les esquisses qu’il avait précédemment mélangé dans un élan de panique.

Parmi les multiples papiers Maël en sélectionna une petite dizaine qu’il étala sur un coin du bureau devant eux. Dans la vie courante, à l’abri d’un foyer chaleureux ou aux abords d’une rivière, Lyra était représentée au fusain avec une foultitude de détails, des traits ronds et harmonieux de son visage jusqu’à la finesse de ses mains, toujours dans des toilettes imaginées par Maël et uniquement pour elle. Après un rapide coup d’œil il en sélectionna trois en particulier qu’il disposa en éventail au creux de ses mains pour une meilleure visualisation, et c’est le cœur un peu serré par une émotion toute particulière – un mélange entre le plaisir de partager, l’émoi d’offrir une part de son jardin secret et la frêle crainte d’une réaction malheureuse – qu’il expliqua chaque dessin à la femme de sa vie. Le premier avait un décor crayonnais mais fourmillait de précisions, c’est sans mal qu’elle reconnaitrait l’auberge dans laquelle elle avait grandi et que Maël avait beaucoup fréquenté, bien sûr pour voir et donner un coup de main à son amie – bien qu’il ait été un serveur maladroit et bégayant ! – mais aussi pour accompagner son père qui y mangeait souvent depuis le décès de son épouse. Le pauvre homme ne savait se préparer aucun plat, même des plus basiques ! Et au cœur de l’auberge, souriante, étincelante, solaire se tenait Lyra. Ses longs cheveux sombres cascadant sur son dos nu, elle portait une robe simple et élégante couleur d’ocre et finement cousue de fils d’or… Sur une table on reconnaissait aisément les silhouettes de ses parents, et surtout sa petite sœur Tyana. Une scène de la vie quotidienne, heureuse et simple. « Tu les reconnais ? Ca a toujours été un plaisir d’aller dans votre auberge… » Il se demandait si Lyra parvenait à garder contact avec sa famille, bien qu’il ignorait comment elle pourrait le faire… Par soucis de ne pas la blesser, il n’évoqua pas le sujet et présenta le second dessin. Le cadre était cette fois plus bucolique, prairie et fleurs s’étendaient aux pieds de la dornienne qui portait un panier d’osier et une robe blanche qui mettait en valeur le doré de sa peau. Belle et radieuse, on pouvait remarquer, discret, un tissu très fin voleter derrière elle, accroché à ses cheveux… Tel un voile. Et en arrière-plan, une maisonnette des plus mignonnes se dressait, confortable, sans prétentions, familiale. « J’aimerais qu’on ait un jour une maison comme ça… Grande juste ce qu’il faut, avec des arbres fruitiers, un potager, un grand terrain… Pylos serait le plus heureux des ânes ! » Il ricana doucement. Il savait ses désirs naïfs et peut-être irréalisables pour des roturiers comme eux… Mais il travaillait dur pour l’obtenir, et pour y mener Lyra devenue son épouse… Le dernier dessin était visiblement celui qui le gênait le plus car en le présentant, sa main trembla légèrement. Il inspira profondément et discrètement en le confiant en douceur à la sylphide mais cette fois, il ne fit aucun commentaire… La toile de fond était somme toute banale, un intérieur comme un autre, l’accent était mis ailleurs… Sur une charmante petite fille dessinait au centre et dans ses moindres détails. Gunof et Leyna auraient vu ce dessin, ils auraient pu jurer voir leur petite Lyra âgée de quatre ou cinq ans, avec ses belles ondulations brunes, ses grands yeux brillants et sa bouche déjà pulpeuse et joliment dessinée… Elle était là, dans une petite robe rouge, les cheveux nattés, une grande risette sur son visage aux yeux… Bleus. D’un bleu azur qui tranchait avec sa peau mate et rendait son regard captivant, intriguant, si joli. Et Maël lui, était sans doute devenu cramoisi… Mais les évènements ne lui donnèrent pas le temps de se liquéfier aux pieds de Lyra.

Trois énergumènes entrèrent de concert dans la boutique, et tout comme la jeune femme Maël eut directement le sentiment qu’ils n’étaient pas là pour faire étalage de politesse. Malgré tout les apparences pouvaient être trompeuses et Lyra fut la plus rapide à les accueillir… Le retour de flammes fut immédiat et fit frémir le tailleur de colère, comment osaient-ils ? Ces petites frappes n’étaient pas bien gaillardes mais toujours plus bâties qu’il ne l’était, d’autant plus qu’il n’avait que quelques bases de défense. Face à ces adversaires, il ne tiendrait pas bien longtemps, le dornien n’était pas un bagarreur bien au contraire… En revanche Gajeel, sans être belliqueux, savait se montrer plus menaçant quand la situation l’exigeait et transportait toujours avec lui une lame courte malgré la désapprobation de son maître. Il s’était redressé derrière le bureau et toisait les trois hommes d’un œil soupçonneux. « Veuillez sortir messieurs, nous ne voulons pas d’ennuis. » tenta Maël pour endiguer tout conflit qui risquait de tourner en leur défaveur – ils ignoraient si ces types n’étaient pas armés. « Fallait y penser avant d’ramener vos frusques ici ! » S’ils ne partaient pas rapidement d’eux-mêmes, il faudrait prévenir le guet… Par chance il y avait une porte de sortie dans la réserve, ils pourraient s’y précipiter si les choses dégénéraient… « On ne garde pas d’argent ici, vous vous fatiguez pour rien… » Autant les décourager dès à présent, car après tout, que pouvaient-ils bien chercher ici hormis quelques piécettes ? « L’argent on l’a déjà eu. » Un éclair de surprise traversa le regard du tailleur, qu’insinuait-il ? De quel argent parlait-il ? « On commence ! » Par réflexe Maël se posta devant son âme sœur pour la protéger, mais les quidams ne s’attaquèrent pas à eux, pas pour l’heure… Les deux acolytes du meneur s’en prirent aux mannequins qu’ils renversèrent brutalement puis, se servant de lames jusqu’alors pendues à leurs ceintures, ils lacérèrent le précieux fruit de leur labeur. « Hééé !! Ca suffit !! Arrêtez !! » Impétueux, Gajeel s’était précipité sur le chef de la bande sans réfléchir, sans plan, sans arme, il lui fonça dessus pour le renverser. Les deux hommes chutèrent au sol avec fracas dans un concerto de grognements et de gémissements douloureux, stoppant le forfait des affidés qui s’élancèrent pour protéger leur patron. Le malheureux apprenti ne s’en sortirait pas seul, mais si personne ne prévenait le Guet, comment pourraient-ils se débarrasser des commandités ? Il n’y avait pas le temps de réfléchir, encore moins d’hésiter… « Sors par derrière Lyra ! Gajeel… !! » Il l’avait tenu par les épaules pour capter son regard et après sa rapide indication, il s’élança pour secourir le jeune homme… Il ignorait si Lyra suivrait son conseil, il ne savait pas non plus si Gajeel et lui avaient la moindre chance contre ces trois-là mais il n’avait pas le choix, il fallait essayer.



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Message Dim 9 Juin 2013 - 18:26

     Les esquisses qui représentaient la jeune femme aux côtés de sa famille ne manquèrent pas de la toucher particulièrement. Cela ne faisait pas un an qu'elle avait quitté Lancehélion, ses proches et les ruelles qu'elle connaissait depuis toujours, mais il était particulièrement difficile de se faire à l'idée qu'elle était à des centaines de kilomètres d'eux. Souvent lorsqu'elle s'éveillait le matin, Lyra devait prendre quelques secondes pour se souvenir qu'elle n'était plus chez elle, mais dans une autre région. Cela avait été bien plus ardu lorsqu'elle était encore dame de compagnie au service d'une noble dame : il n'y avait rien de familier où poser le regard. Au moins maintenant qu'elle se trouvait aux côtés de son ami d'enfance, la roturière avait la sensation d'être tout de même chez elle. N'était-ce d'ailleurs pas ce que le beau tailleur avait dit ? « Chez nous », elle était chez elle, mais son nouveau chez elle, pas celui où elle avait grandi. Peut-être celui où elle ferait grandir ses propres enfants ? L'idée ne manqua pas de dessiner un sourire ravi sur ses lèvres épaisses, la pensée de porter les enfants – car elle en voulait plusieurs – de Maël ne la faisait aucunement rougir : elle la réjouissait plutôt ! C'était peut-être là la différence qu'il y avait entre les deux jeunes gens, Lyra ne voyait que l'objectif et pas le chemin qui y menait. Si Maël rougissait en pensant ce que signifiait le fait qu'ils puissent avoir des enfants ensemble, Lyra elle ne songeait qu'au fait d'en avoir et non à leur conception. Certains parleraient de naïveté, la roturière elle appelait simplement cela « des détails » voilà tout.

     Repenser à l'auberge où elle avait grandi serra cependant le cœur de la Dornienne. Les siens lui manquaient effroyablement et il était plus que probable qu'elle n'aurait plus l'occasion de les voir avant longtemps. Perdre des proches pour en gagner des nouveaux, n'était-ce pas là le lot quotidien des habitants du continent ? Lyra avait toujours imaginé que seules les nobles dames étaient soumises à ces « problèmes », mais il semblait que ce n'était pas le cas. Cela dit, dans le cas de la fille d'aubergiste c'était un mal pour un bien : ne plus voir les siens, mais vivre auprès de celui qu'elle aimait. Les filles de noble lignage quittaient les leurs pour vieillir auprès d'un homme qu'elles ne connaissaient même pas la plupart du temps. Lyra s'estimait chanceuse et elle l'était.

     Préférant oublier ce moment de mélancolie, elle passa bien rapidement à l'esquisse qui la représentait auprès de cette maison imaginée par Maël. Vivre dans un tel endroit l'enchanterait réellement, mais elle savait bien que c'était peu probable. Même une rêveuse comme elle savait qu'il fallait énormément d'argent pour posséder une maison et que ce ne serait pas au milieu de nulle part que son compagnon réussirait à se faire un nom. Sauf si les moutons et autres animaux domestiques ou sauvages, décidaient de se vêtir de soies et autres tissus ! Le regard appuyé qu'elle adressa au Dornien suffisait à lui faire comprendre qu'elle partageait ce rêve. Quant à l'autre esquisse... Elle dessina un nouveau sourire sur les lippes de la brune. Un bien beau bébé, le jour où elle aurait le sien, la jeune femme espérait bien qu'il serait aussi ravissant que celui-ci. Une fille, cela lui plairait beaucoup oui ! Une petite à habiller pour Maël et à bichonner pour Lyra, nul doute que l'enfant serait bien entourée ! Après avoir contemplé le dessin pendant quelques instants, elle s'apprêtait à lui dire qu'elle espérait avoir un enfant aussi beau, mais les choses se précipitèrent.

     Les trois hommes qui s'invitèrent n'étaient là que pour causer des ennuis c'était évident. Le visage habituellement amical de la Dornienne s'était refermé et elle les scrutait de ses yeux sombres. Qu'allaient-ils faire ? La tentative d'apaisement de Maël ne fut pas plus productive que celle de la jeune femme et cette dernière songea un bref instant à hurler pour interpeller les passants dans la rue. Mais elle ne le fit pas. Il fallait que ces idiots comprennent qu'ils étaient face à des individus qui avaient le droit de se trouver ici et qu'ils ne méritaient pas leur racisme. Les révélations qui furent ensuite faites sur l'argent que les intrus ne cherchaient pas, ne manqua pas de chambouler Lyra. Que faisaient-ils ici s'ils ne voulaient pas voler les deux hommes ? La suite s'enchaîna trop rapidement pour que la jeune femme ne réagisse immédiatement : elle lâcha un cri de surprise lorsque les intrus commencèrent à s'en prendre aux étoffes et robes exposées. Gajeel quant à lui, fut plus prompt à réagir et parvint à faire tomber l'un des hommes au sol. Les poings de la Dornienne se serrèrent lorsqu'elle vit les deux autres se porter au secours de celui qui semblait être le chef, mais avant qu'elle ne puisse réagir Maël avait détourné son attention de la scène pour la pousser à s'enfuir. Il fallait prévenir le guet c'était certain, mais jamais la demoiselle ne pourrait partir en laissant ces barbares ici avec Maël et son apprenti ! À peine le tailleur eut-il tourné le dos que la Dornienne s'élança enfin.

     Elle se précipita vers le dernier homme encore disponible et profita du fait qu'il lui tournait le dos pour se jeter sur lui. Passant ses bras autour du cou de l'homme, la jeune femme se colla contre son dos avant de glisser ses jambes autour de lui puis de resserrer ses bras. Elle comptait bien lui couper le souffle et était fermement accrochée, bien décidée à ne pas lâcher. L'homme se débattit rapidement et pendant quelques secondes, Lyra fut navrée pour la magnifique robe qu'elle portait : il y avait fort à parier qu'elle soit abîmée dans la lutte. Voyant que le bougre était souple et avait réussi à lui attraper le bras pour le serrer dans sa poigne, la Dornienne glissa son visage au niveau du cou de l'homme et mordit férocement son oreille – la seule chose à portée de bouche. L'intrus lâcha un cri de douleur nullement simulé et il tenta de se défaire des dents de la roturière, en vain. Il eut alors l'excellente idée de reculer jusqu'à buter contre le mur, écrasant Lyra entre ce dernier et son propre corps. La surprise la fit relâcher sa prise et ce fut suffisant pour que l'homme parvienne à se dégager et à envoyer son visage en arrière pour percuter le nez de la jeune femme. Cette dernière lâcha un cri de douleur, à son tour, avant de se laisser instinctivement glisser le long du mur. Grand bien lui fit ! Elle évita de justesse un coup de poing censé d'écraser sur son visage. Bien décidée à ne pas se laisser faire, Lyra attrapa un pot en bronze posé à côté d'elle et s'en servit pour frapper de toutes ses forces le pied de l'homme – situé juste à côté d'elle – avant de rouler sur le côté pour éviter de se faire écraser lorsque l'intrus chuta au sol.

     Bien décidée à ne pas laisser ces hommes s'en tirer aussi facilement, la jeune femme marcha à quatre pattes jusqu'à la porte avant de se redresser tant bien que mal pour crier à la cantonade, espérant attirer quelqu'un de passage dans le coin.

     ▬ Au secours ! Au feu ! »

     Son père lui avait toujours dit de crier « au feu » si elle se faisait attaquer : le feu pouvait toucher d'autres maisons et les gens accoure-raient plus sûrement que si elle criait au voleur ou au meurtrier. Cet objectif complété, la Dornienne se retourna vers Maël et Gajeel avant de saisir le balais qui se trouvait juste à côté de la porte. Elle se précipita vers les hommes avant de tenter de frapper ceux qui s'en prenaient au tailleur à à son apprenti. Rien qu'à son regard, il était clair qu'elle ne comptait pas se laisser faire.

     ▬ Laissez-les ! Vous allez le regretter et je ne plaisante pas ! »
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