AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

« Un avare volé se plaint d'être volé ; il ne se plaint pas d'être avare. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 12 Fév 2013 - 14:03

Moïra est installée sur le rebord d'une fenêtre, contemplant l'extérieur comme si le fait de fixer les habitants qui s'agitent, va lui permettre de se joindre à eux. Une petite dispute l'a opposée à son père la veille, la rumeur que sa fille avait dérobé quelque chose sur le boutre de Willem Bonfrère est arrivé aux oreilles d'Egen Merlyn. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a guère apprécié la nouvelle : la jeune femme n'ignore pas que son géniteur tient la maison à la corne en mauvaise estime, se faire humilier par sa fille auprès d'eux ne peut donc que le contrarier. Moïra avait bien tenté d'expliquer à son père qu'elle avait échangé l'objet brillant contre quelque chose qui lui appartenait, cela n'avait pas semblé calmer les ardeurs du seigneur de Pebbleton. La honte était trop forte, il avait préféré l'interdire de sortie pendant quelques temps. Jusqu'à ce qu'elle comprenne comment un véritable Fer-né doit se comporter qu'il disait !
Cela risque de durer bien longtemps malheureusement, la Merlyn n'est pas décidée à changer ses habitudes, sans compter qu'elle sait parfaitement qu'elle est en règle avec l'Antique Voie. L'objet brillant volé sur la Larme Noire a été échangé contre un grelot qu'elle portait toujours sur sa robe, un troc légal par conséquent. Mais Egen ne semble pas vouloir le comprendre et la jeune femme sait qu'elle ne parviendra pas à le faire changer d'avis pour le moment. Garott a trop contrarié ses parents lui aussi et le couple Merlyn a donc décidé de s'en prendre aux autres personnes de leur maison. Tant pis. D'ici un ou deux jours, cette lubie sera passée et elle pourra sortir à nouveau pour aller fouiner dans les rues de la ville.

Ramenant ses jambes contre sa maigre poitrine, la rousse observe un groupe d'enfants qui passe sous sa fenêtre, se demandant s'il n'y a pas moyen pour elle de sortir tout de même pour aller profiter un peu de ce temps relativement clément qui s'offre à eux. Non, mauvaise idée. Inutile de se faire remarquer aujourd'hui, il est préférable de se montrer calme et docile pour l'instant.
Son esprit occupé par diverses pensées, la jeune femme entend à peine sa belle-sœur et une amie à elle passer dans le couloir. Lovée comme elle est sur sa fenêtre, Moïra est invisible aux yeux des deux femmes qui discutent tranquillement. Karolyn n'a jamais vraiment aimé la petite sœur de son époux et ne s'en ai jamais caché, mais l'intéressée ne s'en soucie guère, espionner les conversations des autres l'a toujours beaucoup amusée. Puis peut-on parler d'espionnage lorsque les personnes conversent trop fort pour que l'on puisse les ignorer ? Pas vraiment. Si elles veulent parler entre elles, les deux Fer-nées n'ont qu'à discuter dans la chambre de Karolyn et Garth.

« … Tous ! Je me demande bien ce qu'il peut craindre pour nous demander une telle chose. » La voix de Karolyn, aussi contrariée qu'à l'accoutumée.
« Je ne sais pas, peut-être une riposte des continentaux ou des habitants des Iles d’Été ? J'ai entendu dire que nos hommes avaient fait beaucoup de captifs chez eux. »
« Ne sois pas sotte Lysa, les continentaux chez nous, pourquoi pas les sept en personne pendant que tu y es ! Enfin, tout ça pour dire que le forgeron de l'autre fois est revenu ici. Je ne l'aime pas, il a un air brutal qui me fait froid dans le dos. Je me demande bien ce qu'il peut avoir pour qu'Egen fasse sans cesse appel à lui. »

Le reste de la discussion n'intéresse plus Moïra, elle a juste entendu une chose digne d'intérêt : le retour du forgeron. La rousse a gardé un souvenir cuisant de ce curieux personnage, il n'avait pas vraiment apprécié sa visite dans ses forges lors de son dernier passage à Pebbleton et elle avait renversé plusieurs de ses affaires dans sa fuite. Il est fort probable qu'il lui arracherait la tête si elle décide de retourner dans son antre un jour. Pourtant, au-delà de ce souvenir, la Merlyn a aussi gardé en mémoire le joli poignard incrusté de choses brillantes qu'elle avait vu posé sur son établi. Une telle chose dans sa collection serait du plus bel effet !

La décision de la jeune femme est prise : elle va lui rendre visite pour récupérer cet objet et le cacher sous son matelas. Apparemment Egen n'a pas à craindre que sa fille sorte pour voler des choses. Enfin, emprunter de manière durable dirons-nous ! La demoiselle quitte sa fenêtre pour s'éloigner doucement du couloir sans rencontrer qui que ce soit, elle sait où se situent les forges et s'y rend sans hésiter, l'air de rien. Moins de cinq minutes plus tard, la rousse débouche devant le palier de la porte de l'atelier, regarde autour d'elle, tend l'oreille, mais n'entend rien. Il n'en faut pas plus pour la persuader de se lancer dans son aventure improvisée : elle s'approche de la porte et se glisse dans l'atelier, prenant au passage soin de refermer la porte derrière elle de manière à éviter d'être aperçue par un éventuel passant. Son regard se porta aussitôt sur le reste de la pièce, cherchant des yeux le petit poignard qui habite son esprit depuis si longtemps, mais elle ne trouve rien de bien intéressant. Avançant dans la salle, Moïra glisse son doigt sur tout ce qui est à portée de main, cherchant quelque chose à emporter sans pour autant délaisser son but ultime. Après quelques secondes, la Merlyn se détend petit-à-petit : il apparaît évident que le forgeron n'est pas dans les parages. Il ne lui en faut guère plus pour l'encourager à fouiller dans les affaires présentes là, puis finalement, voilà qu'elle le voit enfin ! Trônant au milieu d'autres armes son trésor est là. Approchant d'un pas fébrile, la rousse l'attrape entre ses doigts avant de le caresser comme s'il s'agissait du bien le plus précieux que l'on peut posséder. Mais un bruit se fait entendre dans le couloir, promptement la jeune femme glisse l'arme dans son corsage, malheureusement trop serré pour ne pas laisser apparaître un renflement qui n'est en rien lié à sa poitrine. Faisant volte-face, son regard se pose sur le forgeron qui entre dans son atelier. Déglutissant, elle se contente de lâcher quelques mots.

« J'allais partir. »

Elle esquisse un pas vers la sortie, mais s'immobilise aussitôt : il bloque la seule issue et même si l'idée de lui filer entre les jambes l'effleure quelques instants, elle se retient. Une dame ne se promène pas à quatre pattes, surtout lorsque l'homme présent est capable de la saisir par les cheveux pour l'empêcher de fuir.
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Mer 13 Fév 2013 - 20:46

Les temps actuels étaient à la besogne – et quelle rythmique de productivité pour un Edenteur qui commençait à davantage voir le brasier de son âtre que la lueur – ou la grisaille - du ciel ! Les services de Lakdahr avaient été quémandés par nombre de quidams sur l'île de Pyk, pour cause, le carcan continental qui s'étrécissait à vue d'oeil et finirait par les opprimer jusqu'à l'étranglement. L'aboutissement de la guerre était-elle imminente ? Les conversations à ce sujet battaient leur plein, une pléthore de conjectures et tout autant de préparatifs pour être paré une fois le jour venu. Toutefois, cela faisait déjà bien longtemps, certainement trop au goût des dignitaires dont ils rapinaient les strates, que les insulaires s'étaient insurgés sur l'idée de leur seiche de suzerain. Fut-elle la meilleure qu'il ait jamais manifestée ? L'apport d'ignominieux amusement et d'enrichissement matériel avait été suffisant pour subodorer qu'à défaut d'être la plus intelligente, elle avait été la plus opportune. Le pillage était un hobby niellé dans les veinures des fer-nés, outre le fait qu'ils ne semaient point et qu'il leur fallait panser les garde-mangers de leur vacuité, c'était là un exercice séculaire auquel tout mataf prenait plaisir à s'adonner. Du côté du colosse, les pérégrinations maritimes étaient devenues rares, trop pris qu'il était par les récentes recommandations de son décapode de demi-frère, exigeant de tous ses sépions et même de leurs trophées d'être armés même un minimum. En plus de l'appel de la forge, demeurait Violain et son ventru problème – du moins, était-ce le terme exact que l'on pouvait affilier à une grossesse ? Le temps passait et il voyait la matrice de sa flavescente sirène se parfaire d'une convexité de vie, pour autant, il n'avait toujours pas embrassé la perspective de devenir père, et ne le ferait assurément pas avant que le poupon ne s'agite dans ses bras. Savoir sa femme-sel sous la bienveillance – certes obligée... - de Gabriel avait le don de le rassurer lorsqu'il ne se trouvait pas à Dix-Tours et naviguait vers un autre îlot, exactement comme il en était à présent question après l'humble requête du lord Merlyn de Pebbleton. Une opportunité de s'éloigner de l'éponyme bastion de Pyk dans lequel il avait vu le jour et où l'éborgné de Kraken le surveillait ? Fort bien ! Il avait sitôt embarqué à bord du premier boutre enclin à prendre les flots, direction un peu de quiétude dans un logis plus propice à cela. Du moins, l'avait-il sincèrement et candidement pensé, ce qui était compter sans un détail à belles miches qu'il avait omis...

Toute sa féconde imagination d'artisan centrée sur le fer qu'il martelait, le titan en égarait toute notion de temps ou de nécessités organiques, telle que cette famine qui le tiraillait inexorablement depuis de longs instants et qui était, avec le sommeil, le seul impératif apte à l'arracher à ses ouvrages. A l'aide de l'un de ses brassards de cuir, il essuya la sudation qui perlait à son front, conséquence de ses efforts physiques et de l'étouffante chaleur de cet antre de création, puis il vérifia la légère convexité de la lame qu'il venait de travailler pour s'assurer qu'elle était modelée tel qu'il le désirait. Il s'en alla ensuite la tremper dans un fût d'eau dans le dessein de la refroidir, ainsi sonna l'accalmie de ses activités : direction les cuisines pour se revitaliser ! Lakdahr récupéra son gilet antérieurement retiré et le réinstalla sur sa musculeuse anatomie tout en prenant la sortie pour rejoindre les corridors de la demeure. L'air agréablement plus frais le transit un furtif moment, il en gondola ses organes pulmonaires pour se donner un second souffle et se mit en chemin, qu'il connaissait pour avoir d'ores et déjà séjourné par plusieurs occasions à Pebbleton, des passages toujours fructueux bien que victimes de quelques accrocs. Dans l'un des couloirs qu'il arpentait distraitement, l'esprit encore molletonné dans son atelier, il croisa un tandem de sylphides en plein dialogue... S'il ne se fourvoyait pas, il s'agissait de l'épouse du fils aîné des Merlyn, une Karolyn qui ne semblait guère le porter dans son coeur au vue des lorgnades qu'il recueillit en passant. Il secoua évasivement la tête, un pli à la commissure des lippes et les calots roulant dans leurs orbites. « Ah, les drôlesses... » Ah, les femmes ! L'on ne pouvait vivre avec et l'on ne pouvait vivre sans... Pas sans leur entrecuisse tout du moins, la vulve d'une donzelle était toujours plus utile et appréciable que toutes les gerbes de logorrhées qu'elles étaient capable d'exprimer. Quand bien même, ce n'était pour une fois pas par le phallus que le jeune homme pensait, mais par son furieux rumen qu'il s'en allait combler.

Ce qu'il fit avec une satisfaction proportionnelle à la pitance servie, gargantuesque ! Comme quoi, il en fallait bien peu, finalement, pour le rendre heureux ! Et ce fut tout naturellement qu'il reprit le sentier des forges une fois sa délégation stomacale achevée, une pinte de faro à la main, sans jamais se douter de ce qui furetait parallèlement dans ses affaires. Il poussa quelque peu abruptement l'huis et fut prompt à s'engouffrer dans la pièce avec la plus intègre spontanéité, mais il s'immobilisa lorsqu'il la vit, elle, la clenche de la porte encore dans sa poigne. Le géant bâfreur fut pantois et resta avec une mimique ahurie – elle n'avait tout de même pas osé... ? « La garce ! » Fichtre ! La ribaude ! Il avait totalement occulté la propension de cette fouine à le spolier de ses biens, et voilà qu'elle s'introduisait en tapinois dès qu'il avait l'échine tournée ! Deux secondes, peut-être moins, furent obligées pour qu'une sourde furia ne burine les traits physionomiques du bélître, loin d'être aussi jobard que la demoiselle semblait le croire. Pensait-elle réellement lui faire gober l'idée qu'elle n'avait fait qu'innocemment musarder sans rien toucher ? Elle avait autant de chances de rencontrer du succès qu'en essayant de le convertir à des pratiques sodomites avec un fot-en-cul – aucune !

« Ouais, j'allais t'en parler. » Feula t-il sur le ton de l'ironie, lui faisant ainsi bien comprendre qu'il n'était pas dupe, et surtout, qu'elle n'irait nulle part ! Pour appuyer ses propos, il fit claquer l'huis derrière lui en y plaquant une solide paluche, menhir sur le passage d'une petite gauloise qui en aurait bien eu besoin, de potion magique. Il déposa sa chope sur un meuble adjacent, et le Dieu Noyé savait que lorsque le guerrier se désintéressait de la boisson, cela signifiait que l'heure était grave. Qu'avait-elle bien pu lui dérober, cette fois ? Ses onyx chatoyants d'intransigeance firent le tour de la pièce pour repérer d'éventuels outils manquant ou une quelconque oeuvre disparue, mais il ne nota rien d'anormal, ce qui n'était cependant pas une preuve de l'innocuité de Moïra tant l'atelier était envahi de fatras. Le mestre fèvre ne pouvait sciemment pas retenir tout ce qui était en sa possession, lui qui conservait tout et rien dans d'incroyables proportions. Soudain, alors qu'il toisait son interlocutrice, il remarqua une protubérance étrangement placée. « T'as une queue qui t'est apparue entre les mamelles ? » Question rhétorique, il savait que ce ne pouvait être le cas, mais était curieux d'observer le phénomène de plus près. « Viens ici ! »

Tirade paradoxale, puisque c'est lui qui tenta de lui bondir sur le poils pour l'attraper à l'instar d'un – énorme – matou sur une petite souris. Et la chafouine, elle pouvait bien courir tan qu'elle le voulait pour essayer de fuir le plus loin possible, elle ne lui échapperait pas ! Galvanisé par la pathologie kleptomane de la sylphide, Lakdahr parvint à l'agricher par sa belle crinière pour la ramener contre lui, et puisqu'il doutait qu'elle daigne lui rendre son bien de sa propre volonté, il ne se fit souffrir d'aucune privation ni opprobre pour s'en emparer de lui-même. Sa main plongea dans le vêtement de la jeune femme, sillonnant entre ses seins jusqu'à saisir le poignard qu'il libéra de sa cachette. Il observa l'objet de convoitise avant de planter ses noires agates dans les mirettes de l'impudente. « Encore ?! Tu t'fous vraiment d'ma gueule ?! » Il balança le surin sur l'enclume non loin de là puis se pencha juste au-dessus de Moïra, un sourire mi-enragé mi-carnassier. « J'vais être obligé d'te fouiller pour être certain que t'as rien pris d'autres... » Se gênerait-il pour violer les quelques formes de la demoiselle alors qu'ils étaient sous son toit ? Pas le moins du monde ! Et elle pourrait bien larmoyer chez son géniteur après coup, elle n'aurait pas démérité son sort ! Loin de lancer des paroles en l'air, l'artisan se mit en quête de tout autre trésor escamoté, ses doigts harponnèrent ses convexités mammaires pourtant déjà vérifiées – l'on était jamais sûr de rien ! - tâtèrent ses hanches, claquèrent sur sa croupe, flânèrent le long de ses cuisses et... Oui, ils passèrent, succinctement, mais ils passèrent sur sa chair la plus intime. L'on ne galéjait pas impunément avec l'Edenteur, elle avait tout intérêt à se souvenir de cette règle !

Fouille terminée – et vengeance certainement obtenue. - il la bouscula pour qu'elle s'écrase de moitié sur la table jalonnée de créations inachevées. La délicatesse ? Jargon inconnu pour le titan des Iles-de-Fer qui avait de quoi alimenter sa réputation. Il ne digérait pas l'effronterie dont la dryade avait fait preuve, une troisième tentative qui aurait son lot de conséquences. « Trois fois ! Trois fois que tu viens m'emmerder directement dans la forge, faut que j'te tranche quoi pour que tu t'calmes ?! »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 14 Fév 2013 - 17:46

Lorsque la porte claque sur ses gongs et qu'il pose sa main pour empêcher Moïra de la rouvrir, elle comprend qu'elle risque de passer un sale quart d'heure. La jeune femme est suffisamment futée pour comprendre que Lakdahr n'est pas le type d'homme à se laisser impressionner par le patronyme de la personne face à lui, il est donc peu probable qu'il se montre délicat avec elle juste parce qu'il se trouve dans les murs de la tour occupée par sa famille. Instinctivement alors qu'elle le voit promener son attention sur la pièce, certainement pour vérifier ce qui a été volé, elle glisse ses mains devant elle, espérait masquer avec ses bras la forme rebondie qui est plus que visible entre ses deux seins. Peine perdue, il la remarque rapidement et elle inspire profondément lorsqu'il lui ordonne de venir vers lui. Peut-être la prend-il pour une sotte, mais elle n'est pas suicidaire ! La rousse esquisse un pas sur le côté pour s'éloigner du colosse, mais pas assez rapidement pour s'échapper pour de bon. Dans son esprit, il suffisait de l'esquiver pour se glisser derrière lui et sortir de l’atelier, mais dans les faits, les choses se déroulent légèrement moins bien. Alors qu'elle tente de passer par le côté, quelque chose la retient brusquement en arrière et elle lâche un léger couinement, tant de surprise que de douleur. Elle n'a pas vraiment l'habitude de se faire malmener physiquement parlant, en tant que fille unique, Moïra a toujours été chouchoutée, sinon protégée par ses frères, mais jamais aucun ne s'est amusé à lui tirer la chevelure !

La Merlyn s'attend à ce qu'il la secoue comme un prunier, mais le forgeron la prend par surprise en plongeant sans aucune gêne sa main dans son corsage. Une chance qu'elle ne l'ait pas serré davantage, sans quoi il en aurait fait éclater les coutures avec ses grosses paluches ! Aucune délicatesse, mais Moïra doute que l'artisan connaisse le sens de ce mot. Elle grimace légèrement, sachant très bien que protester ne risque que d'aggraver les choses, elle compte simplement sur son.... savoir-vivre ? Pour ne pas profiter de cette récupération pour quelque chose d'autre. Non qu'elle se considère comme attirante ou quoi que ce soit d'approchant, mais les hommes étant ce qu'ils sont, elle sait qu'ils sont rarement très regardant sur le minois de la femme qu'ils tripotent.
Le poignard est tiré du décolleté et l'homme semble s'énerver encore davantage en constatant de quoi il s'agit. La Merlyn adopte une mine de circonstance, fronçant les sourcils et détournant les yeux comme elle le fait avec son père pour qu'il la laisse filer sans l'ennuyer davantage. Malheureusement le forgeron ne semble pas aussi réceptif qu'Egen et lorsqu'il se penche vers elle pour lâcher une information qui n'enchante pas la rousse, elle esquisse un mouvement de recul, bien qu'elle sait parfaitement que cela ne va rien changer à ce qui l'attend.

La jeune femme garde sa bouche fermée pendant la fouille forcée que lui impose l'artisan, sachant très bien qu'elle ne ferait qu'aggraver son cas en se débattant. Au final, ce n'est pas si long, même s'il s'est permis de fouiller dans des endroits où il était peu probable qu'elle puisse dissimuler quoi que ce soit de dérobé dans cette forge, il reste à espérer qu'il ne fouille pas de la sorte les continentaux qu'il tue pour leur prendre leurs possessions. Lorsqu'il la bouscule sans tact contre une table pleine d'objets, la rousse riposte à moindre mesure en plaquant ses mains sur le Fer-né pour le repousser un peu. Qu'il ne la prenne pas pour un fagot de bois que l'on dégage d'une pichenette pour libérer le chemin !

« Ne me bouscule pas ! » Elle est bien culottée de lui parler de la sorte alors qu'elle n'est pas dans son bon droit, mais peu lui chaut, que peut-il faire de pire ? La tuer ? Peu probable qu'il soit suffisamment brutal pour risquer sa tête pour si peu. Plantant son regard dans celui de l'homme, elle se redresse comme elle peut pour se donner une taille plus imposante. « La tête je pense, parce que de ce que je viens de voir avec ta fouille, je peux apparemment dissimuler des objets partout sous mes robes. » Elle fronce légèrement le nez, le mettant au défi de lui dire le contraire. De toute manière, même avec quelques bouts en moins elle ne parviendrait pas à calmer ses ardeurs. « Je suis certaine que la prochaine sera la bonne. J'y étais presque cette fois-ci, je me rapproche un peu plus à chaque fois. » Signe qu'elle compte encore réitérer son exploit. Si cela ne lui convient pas, il peut toujours la dénoncer. Prenant les devants, elle enchaîne de plus bel. « Tu peux toujours aller te plaindre auprès de mon père et je lui parlerai de ta fouille. Je suis certaine qu'il appréciera de savoir que tu t'es autorisé cela sous son toit. » Egen se débrouille depuis toujours pour garder sa fille éloignée des hommes dans un but bien précis et il est évident que le comportement du forgeron ne risque pas de l'enchanter. « Tu devrais te sentir charmé, si je viens toujours pour prendre tes affaires, c'est que tu dois forger de belles choses. »

Le vieux coup du compliment ? En quelque sorte oui, elle le pense réellement, il fait de jolies choses qu'elle serait ravie de pouvoir posséder. Mais uniquement parce qu'elles brillent. Son regard quitte le visage du forgeron pour se glisser vers le poignard qui n'est pas si loin d'elle que cela au final. Peut-être qu'elle s'approchant de lui, l'air de rien.... ? Reportant ses yeux bruns sur l'artisan, Moïra plaque son corps contre la table derrière elle avant de glisser légèrement sur le côté en essayant tant bien que mal de dissimuler le fait qu'elle essaye de s'approcher du poignard, laissant croire qu'elle veut simplement s'éloigner du colosse. Elle le dévisage, plissant légèrement des yeux avant de hausser les épaules, prenant un air détendu alors qu'elle est soumise à une pression qu'elle n'a encore jamais connue.

« Je ne veux pas te déranger tu sais, tu as l'air d'avoir beaucoup de travail. Je pensais juste que tu n'étais plus ici comme tu n'étais pas dans ton atelier, sinon j'aurais attendu que tu viennes pour te demander l'autorisation. »

L'autorisation de quoi ? Entrer dans son atelier ou de lui voler son poignard ? De toute manière, la Merlyn ne compte pas l'acheter, déjà parce que jamais un Fer-né comme Lakdahr n'acceptera de se faire payer par une donzelle en fleur, puis ensuite parce qu'elle est consciente de ne pas avoir les moyens de l'acheter. Soupirant légèrement, elle détourne son attention vers une autre partie de la pièce, puis remonte sa main jusqu'à sa chevelure comme si elle s'assure que quelque chose s'y trouve encore : ce n'est absolument pas le cas, mais elle cherche simplement à détourner son attention de son poignard, puis d'elle par la même occasion.
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Lun 18 Fév 2013 - 12:07

L'outrage était complet, le titan avait déjà eu de la peine à croire la première de ses tentatives, point si infructueuse que cela puisqu'elle était parvenue à ses fins en lui dérobant l'arme qu'il façonnait à l'époque, heureusement restituée par le maître de maison une fois l'affaire arrivée à ses oreilles. La seconde avait été ubuesque, si pathétique qu'il n'avait guère donné suite à d'hypothétiques représailles qu'elle aurait pourtant mille fois méritées. Il se souvenait sans mal de la frayeur qu'il avait vu naître sur son charmant minois lorsqu'il l'avait prise en flagrant délit, pour le même objet qu'aujourd'hui, la jouvencelle avait pris ses jambes à son cou sans demander son reste et il avait candidement cru que cela serait suffisant à ne plus être victime de son vice d'escamotage. Il n'existait pas de menu larcin avec l'Edenteur, le dernier quidam à lui avoir chapardé une création reposait présentement dans la sentine du Neck, après s'y être aventuré même fort bien armé en quête de Fort-Griseaux. Sacrifier une femelle même fer-née au Dieu Noyé ? Une offrande plus opportune qu'importune, les déités étaient toujours bien heureuses des oblations quelles que pouvaient être l'essence de ces dernières. Une petite éhontée aussi prolixe que fantasque, et si l'on osait dire que lui était un protagoniste bien étrange avec ses lubies dentaires, que pouvait-on dire d'elle ? Ah ! Si mâle avait-elle pu être, ses dons pour les entôlages se seraient inexorablement retrouvés lors des rapines sur les rives continentales. Dommage qu'elle eut été dotée d'une paire convexe au niveau de la poitrine et non pas à l'entrecuisse, le destin se voulait parfois fort injuste, mais ce n'était pas Lakdahr qui s'en lamenterait. Ni même Moïra, qui échappait à une correction physique voire à l'extraction d'une canine par le seul fait qu'elle soit femme et fille du seigneur qui l'hébergeait... Quoi que, à en voir les hautes manières dont elle s'enhardissait alors même qu'elle venait de glisser entre ses phalanges d'artisan avait de quoi lui hérisser la toison ! Ses tenailles lui démangeaient comme à chaque fois que la vengeance époumonait d'être honorée, l'envie de la faire taire, de lui retirer une bonne fois pour toute son fol aplomb et ses mimiques qu'il ne supportait plus de voir. Mais râler du fait qu'il l'ait bousculée n'était que l'exorde d'un flux verbal qu'il n'aurait jamais suspecté de la part d'une donzelle comme celle-ci. Lui trancher la tête ? Quelle bonne idée ! Seulement après l'avoir souillée d'un millier d'impudicités et avoir testé la solidité de son ossature comme la souplesse de ses jointures ! Elle apprendrait ainsi qu'il ne fallait point lancer un homme tel que lui dans un domaine comme l'imagination morbide, et qu'il n'y avait pas que sous sa robe qu'elle était encline à dissimuler des choses.

A cette perspective, un frêle et furtif sourire pointa aux lèvres du forgeron qui n'en omit pas pour autant l'ire qui le consumait encore sobrement comparé à ce qui pouvait être fait, ce qui ne tarderait pas si elle ne se dévêtait pas de son culot. Pire que tout ! La garce lui confessa sans une once de regret ou de peur que sa kyrielle d'essais continuerait dès lors qu'il aurait le dos tourné, information à laquelle il ne put s'empêcher de violemment tiquer en se retenant de lui faire déguster la table et ses quatre pieds. « Cause toujours ribaude ! » S'entendit-il broncher en guise de seule objurgation, alliant la beauté de sa prose à un reniflement fort peu gracieux, de quoi démontrer toute la joliesse de son personnage. La réplique suivante résonna comme une menace à peine fardée, l'ultimatum d'un silence réciproque sur la bévue de l'autre, mais ce qui aurait pu résigner le colosse ne le fit nullement, bien au contraire. Le lord Merlyn ? Il possédait peut-être un patronyme et un domaine, ce que Lakdahr n'avait lui-même pas, cependant, cela n'en faisait pas moins un bougre des Iles-de-Fer qui pouvait toujours venir le trouver en personne pour régler quelques comptes. Loin de lui l'envie de s'en faire un antagoniste, il appréciait le sieur et les séjours qu'il faisait à Pebbleton, mais l'on ne galéjait pas avec la fierté d'un insulaire venu des rocailles. La nymphette ne méritait pas d'être la source d'une rivalité, et quand bien même... Possédait-elle la moindre preuve d'une fouille au corps ? Il n'était assurément pas connu pour sa chasteté ou son sens de la badinerie, toutefois, il n'avait jamais porté la main sur elle auparavant. Qui plus est, nul ne viendrait le contredire, lui, s'il évoquait sa kleptomanie.

« Et tu crois que ça va m'en faire tomber les burnes que t'ailles raconter ça à ton vieux ? » Il s'esclaffa dans un but tout à fait sardonique, son timbre de mêlé-cass se répercutant en écho dans l'atelier à l'étouffante atmosphère. « T'as l'temps que tes formes s'arrondissent avant d'me faire de l'effet, j'les aime plus girondes, fillette. » Ce n'était point totalement véridique, tant qu'il pouvait s'introduire dans une cavité féminine, tout ou presque lui convenait, et la demoiselle n'était guère laide. Ce qu'elle n'avait pas pour autant besoin de savoir... « J'ai juste qu'à démentir et j'suis bien sûr qu'on pourra m'croire, Egen m'sait honnête... »

Une honnêteté somme toute relative pour cette fois, mais c'était l'exception qui confirmait la règle. Qu'importait, la sylphide avait échoué dans son entreprise, il n'avait de ce fait pas de réelles raisons d'aller se plaindre si ce n'était pour la forme. Et si elle réitérait l'exploit... Il songeait secrètement à se faire lui-même justice. Par quel moyen ? Il l'ignorait encore, mais y réfléchirait plus sérieusement si le cas se présentait. Pour l'heure, il se fit profondément perplexe lorsqu'elle s'essaya de l'amadouer par un compliment – avait-il une tête de gentilhomme que l'on flattait avec de belles attentions ? Diantre, elle ne lui aurait donc rien épargné. Il hésita entre se désopiler ou se vexer comme la première des pucelles, si bien qu'il en demeura sans voix durant un moment, davantage concentré sur les mouvements de la donzelle. Certainement désirait-elle s'échapper et le fuir dès que possible... Pas un instant il ne se douta que sa cible n'était autre que le beau poignard, bien loin de concevoir qu'elle pouvait encore vouloir le lui prendre séance tenante. Pour ce qui fut des tirades finales, il crut tout bonnement rêver, et pour celles-ci, sa réaction ne se fit pas prier. Le titan profita du fait qu'elle soit tournée pour s'approcher d'un grand pas, ses mains se plaquèrent brutalement sur la surface de la table, de chaque côté de Moïra, dans un vacarme prompt à la surprendre.

« Mais tu t'paies ma tronche ma parole ! » Rugit-il alors, proche, très proche de son interlocutrice qu'il avait emprisonnée dans un étau formé de ses puissants bras, chamarrés de coutures et de vieilles brûlures. Elle paraissait si précaire à côté de lui, il aurait pu la briser sans même le vouloir. « L'autorisation d'quoi au juste ?! Tu poseras aucune patte sur MES créations, si t'en veux une, tu négocies avec ton paternel, j'parle pas besogne avec une drôlesse qui respecte pas mon travail ! » De l'irrévérence, c'était ainsi qu'il percevait la chose, et il y avait de quoi s'en offenser pour un artisan de son acabit, qui forgeait chaque oeuvre avec une ineffable passion. En témoignait la sublime Dentesque, son immense hache de guerre, de ses mains entièrement engendrée. « A c'propos... » A l'instar d'un rapace sur sa proie, il fondit sur elle, l'obligeant à l'aide de l'une de ses paluches à incliner la tête vers l'arrière. Son nez se fourra au creux de son cou, il huma sa fragrance à pleins poumons, puis se hissa jusqu'à être au niveau de sa tempe. « T'es qui exactement pour me dire que j'forge de belles choses ? Qu'est c'qu'une femme cloitrée chez elle y connait ? J'me sens tout sauf charmé que tu t'intéresses à c'que je fais, pas dans la mesure où t'essaies de m'voler ! Revois tes priorités, c'est un conseil... Qui que tu sois dans l'coin, j'hésiterai pas à t'démonter ta jolie gueule si j'en ai envie. »

Il lui saisit la mâchoire d'une main, puis lui tapota la joue dès lors qu'il clôtura sa phrase. Aimable, l'Edenteur ? Vertement pas, il ne cherchait à plaire à personne, il se moquait éperdument de la considération ou de l'aversion qu'elle pourrait nourrir pour lui. Sans plus de cérémonie, il s'éloigna enfin d'elle, réinstaurant une distance de sécurité comme d'intimité pour tous deux. Le géant ne fit plus même attention à l'objet des convoitises de la jeune fille, négligemment posé sur l'enclume, persuadé qu'il était en sécurité tant qu'il se trouvait dans la même pièce. Ainsi donc, ce fut imprudemment qu'il lui tourna le dos pour aller récupérer la pinte qu'il avait abandonnée en rentrant, tous ces échanges avaient éveillé quelques penchants dipsomanes qu'il allait s'empresser de combler. Il porta la chopine à ses lèvres et en consomma une bonne moitié d'une seule traite, un soupir d'aise ponctua son geste, et il prit le temps de savourer le breuvage éthylique qui se frayer un chemin à travers son oesophage. Ses doigts fourragèrent succinctement son crin d'ébène dont il plaqua les mèches vers l'arrière, pour dégager son faciès redevenu plus quiet qu'une poignée de secondes auparavant.

« J'me demande comment Gabriel fait pour t'apprécier. » Demanda t-il plus pour lui-même que dans l'attente d'une vraie réponse. Il refit ensuite volte-face et toisa la Merlyn, l'avant-bras appuyé sur le mobilier aux abords de l'huis de la forge. « J'ai entendu dire que t'avais gentiment remercié l'capitaine de la Larme Noire avec ça ? J'sais pas si t'es folle ou juste conne, tu devrais avoir honte, tu lui as tiré quoi à lui ? »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 19 Fév 2013 - 12:40

Apparemment le colosse ne semble guère ravi de constater que la Merlyn ne se laisse pas faire. Il faut avouer que c'est assez compréhensible : Moïra n'a rien d'une femme de caractère, il est donc logique de s'attendre à ce qu'elle se laisse marcher sur les pieds à la première confrontation qui se présente. Le visage de la rousse se marque d'une expression butée, comme pour faire comprendre à son interlocuteur qu'elle ne compte aucunement changer de comportement. Avec sa politesse à lui et son savoir-vivre à elle, ils se complètent bien. Les menaces de la jeune femme ne semblent pas vraiment porter leurs fruits, apparemment l'idée d'être dénoncé à Egen Merlyn n'effraye absolument pas le forgeron qui déclara par ailleurs ne pas être attiré par les femmes comme la Fer-née. C'est encore une fois un point compréhensible, lors du rassemblement elle a cru remarquer que le colosse avait l'air plus qu'intéressé par les courbes de sa cousine Kenning. Autant dire les choses telles qu'elles le sont : Moïra n'a rien de ce qu'Arkha possède, que ce soit au niveau des formes ou même de la beauté de leur visage, il est donc plus que logique qu'il déclare une telle chose. Cela n'était aucunement la Merlyn qui ne se laisse pas démonter pour longtemps. Il y a belle lurette qu'elle a compris quel rôle lui était réservé vis-à-vis des hommes : pas celui de la femme qui séduit, mais celui de la femme que l'on épouse pour forger une alliance. Loin de se vexer d'un tel discours, elle se contente de hausser les épaules comme si la perspective de le voir démentir un tel comportement ne l'inquiète guère. Et c'est le cas. Elle ne se prive pas de le faire savoir à son comparse de la manière la plus subtile qui soit.

« On peut toujours vérifier si tu y tiens tant. Étrangement je suis certaine que mon père sera plus enclin à me croire que toi. Même si je suis une voleuse de l'avis de beaucoup de monde, j'avoue toujours mes torts et je n'ai jamais menti à mon père. » Elle hausse un sourcil comme pour le mette au défi de dire le contraire. « Et un homme n'a pas besoin qu'une femme lui plaise pour la tripoter, je doute que toutes les continentales à qui tu remontes le jupon, soient à ton goût. »

Oh, bien sûr il n'a jamais été question de lui remonter la jupe, mais entre ce point et une fouille à la manière du forgeron, il n'y a qu'une mince marge.
Un dialogue de sourds, voilà ce que leur discussion dégage. Moïra reste concentrée sur son poignard – puisqu'il s'agit du sien bien évidemment – approchant toujours de lui en se doutant du fait que Lakdahr ne va pas soupçonner que le vol dont elle parlait auparavant se reproduirait sous ses yeux. Cela dit, elle ne s'attendait guère à ce qu'il frappe la surface de la table avec une telle violence et la Merlyn ne manque pas de sursauter, sentant en même temps son cœur bondir dans sa poitrine presque plate. Elle glissa sa main contre son corsage en essayant de garder une attitude neutre, mais la tâche se complique lorsque le colosse se met à rugir avant de l'emprisonner dans ses bras. Ne pas crier. Voilà tout ce qui lui traverse l'esprit alors qu'elle se dit que cette manifestation d'inquiétude lui ferait bien trop plaisir. Il continue alors en lui faisant savoir que si elle désire obtenir l'un de ses ouvrages, elle doit se débrouiller pour que son géniteur le lui achète, mais elle sait très bien qu'Egen n'acceptera jamais. Prête à protester, Moïra est une fois de plus prise de court lorsque le brutal personnage lui incline de force la tête en arrière avant d'agir avec elle comme si elle n'était qu'une poupée de chiffon. C'était très déstabilisant de remarquer qu'elle est aussi incapable de se défendre : il pourrait bien la rudoyer davantage qu'elle serait dans l'incapacité de le repousser.

Elle essaye de ne pas y songer, laissant l'homme qu'il est jouer les virils puisqu'elle sait parfaitement qu'à l'instar des animaux, les mâles ont parfois besoin de se rassurer sur ce point. Il lui sert un petit couplet sur le fait qu'elle ne soit qu'une femme ne pouvant pas juger de la qualité de ses ouvrages avant de la menacer une fois de plus. Elle sait parfaitement qu'il est prêt à agir comme il le dit et c'est pour cette raison qu'elle reste muette jusqu'à ce qu'il s'éloigne. Glissant sa main juste sa joue, Moïra le suit du regard alors qu'il s'éloigne, voyant là l'occasion de pouvoir mettre son plan de récupération à exécution. Alors qu'il s'approche de la pinte qu'il avait laissée à l'entrée, la Merlyn se déplace lestement jusqu'à l'enclume où le poignard est posé. Il ne lui viendra certainement pas à l'idée de reprendre l'objet en main avant qu'elle ne soit en train de fouiner ailleurs dans la tour de Pebbleton. Ne résistant pas à l'attrait exercé par l'objet, la rousse se hisse à ses côtés et le saisit entre ses doigts abîmés avant de se pencher pour soulever le bas de sa jupe. Dans l'optique où il pourrait se rendre compte de la disparition de son précieux trésor, mieux vaut éviter de le glisser dans un endroit trop personnel. Elle le glisse donc tant bien que mal dans sa botte qui a heureusement du jeu. La lame s'enfonce assez profondément pour ne pas retomber sur le sol, mais certainement pas assez pour l'empêcher de se glisser hors de son carcan si elle s'agitait trop. Mieux vaut se montrer prudente. La jeune femme a à peine le temps de laisser retomber sa robe et de s'éloigner de l'enclume, que le forgeron se retourna après s'être rincé le gosier. Il parle de Gabriel – le seul homme que Moïra apprécie vraiment en dehors des membres de sa famille – puis aborde le sujet de son voyage sur la Larme Noire. Elle fronce légèrement les sourcils devant le discours du roturier avant de croiser ses bras sur sa maigre poitrine.

« Je ne lui ai rien volé. » Et c'est la vérité, Willem lui avait clairement fait comprendre ce qu'elle risquait en agissant de la sorte. « J'ai simplement trouvé un bout de métal qui me plaisait bien alors je le lui ai échangé comme un grelot que Garth m'avait ramené du continent. » Elle fait référence à son frère, considérant que tout le monde doit le connaître. « Je crois qu'il l'a offert à sa femme-sel. D'ailleurs tu devrais songer à en avoir une, peut-être que ça t'apprendrait à devenir un peu plus délicat avec les femmes. Et si tu en as déjà une, tu devrais en prendre d'autres pour calmer tes ardeurs. » Elle parle uniquement de son comportement quelque peu violent, même s'il possède du sang Fer-né ce qui explique en grande partie cette manière d'agir. « Tu ne devrais pas écouter les rumeurs qui circulent, elles ne racontent que des bêtises. »

Elle quitte sa place pour s'approcher du forgeron histoire de lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui, mais aussi dans l'espoir de pouvoir s'approcher suffisamment de la porte pour se glisser dehors. La Merlyn lui parle comme à un enfant, lui faisant la leçon comme si elle espère ainsi lui faire comprendre qu'une femme a besoin de douceur. C'est assez idiot sachant que son père comme ses frères se montrent tous assez brutaux avec le sexe faible. Il n'y a qu'à voir Garth et sa manière de traiter son épouse qu'il considère juste bonne à enfanter et écarter les cuisses lorsque l'envie se présente. Laissant ses bras retomber le long de son corps, la rousse s'immobilise à quelques pas du colosse, dardant ses prunelles brunes sur son visage.

« Si Gabriel m'apprécie comme tu dis, c'est peut-être parce qu'il considère les femmes autrement que comme une paire de cuisses à écarter. Tu devrais lui demander de t'enseigner sa manière de penser. » Encore et toujours les mêmes critiques. « Quant au fait que je ne peux pas juger de ton travail parce que je suis une femme et non une combattante, c'est totalement idiot. Je suis une femme et pourtant je peux parfaitement déclarer que telle ou telle femme est belle ou désirable, pourtant je ne peux pas y goûter. Tes arguments sont aussi creux que ton cœur a l'air de l'être. » Elle a hésité à parler de son cerveau, mais a finalement estimé que c'est préférable de s'en abstenir. « Sache que mon père ne souhaite pas payer pour m'acheter une arme. En fin de compte j'agis comme toi vois-tu, tu voles les continentaux lors des raids, moi je ne peux pas alors je me débrouille autrement. Est-ce que tu voudrais que je te défie dans un combat pour avoir le droit de te prendre tes armes ? »

L'idée est aussi ridicule qu'étrange. Leur carrure n'a strictement rien à voir et elle est déjà dans le doute quant à la perspective de pouvoir battre quelqu'un comme Willem qui se trouve être un homme assez frêle pour un Fer-né, face au forgeron, le Merlyn n'ose même pas espérer. Pourtant, son ton est assuré comme pour montrer qu'elle ne craint pas de perdre alors que c'est bien le cas. La manière de se tenir est la clé de tous les problèmes, comme celui de ne pas le laisser vérifier que son poignard est toujours sur son enclume. À cette pensée, elle note d'ailleurs qu'il est temps de s'envoler avant que les choses ne tournent au vinaigre. D'un ton lassé elle ajoute quelques mots.

« Sachant que je n'ai plus rien à faire ici, je peux m'en-aller ? »

Demander une chose qu'elle compte faire quelle que soit la réponse : une manière de faire croire qu'elle fait preuve de diplomatie alors qu'elle ignore la signification de ce mot.
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Jeu 21 Fév 2013 - 23:27

Elle avait beau agir avec toute l'effronterie imaginable, sa vision de certaines choses n'en demeurait pas moins lucide, ce qui eut le don d'amuser le titan aux moeurs des plus sombres. Les drôlesses auxquelles il avait soulevé les jupons et souillé le corps n'eurent pas toutes été de belles girondes aux aspects de vénus, et par ailleurs, sa femme-sel ne l'était guère non plus. Toutefois, il aurait été faux d'affirmer qu'elles ne lui avaient pas plu n'eût-ce été qu'un tant soit peu pour qu'il daigne s'intéresser à leur minois, ce n'était point demain la veille qu'un véritable laideron profiterait – ou souffrirait - de sa virilité ! Mais était-ce nécessaire de relater ses innombrables viols et autres atrocités envers lesdites continentales qui avaient eu l'infortune de croiser sa route ? Il en doutait, au risque de lui inspirer quelques noirs songes pour les prochaines lunes. Quant au fait qu'elle puisse aller se lamenter dans les bras de son pater, elle pouvait insister autant qu'elle le désirait, Lakdahr n'en avait cure et l'information lui passait bien au-dessus du crin. Si bien qu'il ne commenta pas plus l'idée et la laissa conjecturer ce qu'elle voulait bien. Pour ce qui était des allégations concernant la rumeur de la Larme Noire, le colosse feignit l'indifférence la plus opaque en s'intéressant bien davantage à sa pinte, déjà presque vacante à son plus grand regret. Tout le monde avait son chapelet de problèmes, et c'était celui de Willem s'il faisait confiance à la fouine Merlyn au point de la laisser bourlinguer à bord de son boutre. Aucune foi ni estime ne surgirait de sa part, alors que la demoiselle s'introduisait dans sa forge dès lors qu'elle le pouvait pour le voler sans opprobre. Mais la honte devait être une notion totalement obscure pour Moïra qui embraya avec un sujet extirpé des limbes et qui bariola le faciès de son interlocuteur d'une intense perplexité... Délicat ? Ardeurs ? Pauvre enfant, elle ne savait vraisemblablement pas de quoi elle conversait, elle qui n'avait eu qu'une plate illustration de ce qu'il pouvait être. Elle ne connaissait rien de l'illustre ostrogoth que l'Edenteur était, sa réputation ne reposait guère sur des mythes mais sur des faits tangibles, dont ses homologues étaient témoins, et à l'heure actuelle, il regrettait de ne pouvoir faire plus amples démonstrations de son infamie. Mais que croyait-elle ? Etait-il seulement plausible de jouir d'un esprit immaculé lorsque l'on était la descendance d'une dornienne et d'un ancien suzerain des Iles-de-Fer ? Lord Balon Greyjoy n'avait jamais rempli un quelconque rôle de père, mais les gênes de la Seiche ne l'avait pas moins engendré et il se susurrait qu'il n'était point improbable qu'il ait hérité d'une certaine tare familiale. Le jeune homme, lui, n'avait besoin d'aucune excuse pour justifier sa vésanie.

Dans tous les cas, son unique réponse et réaction fut d'adresser un beau doigt d'honneur à la donzelle – le langage universel était pratique ! Qu'il aurait juté de ses plus intimes bijoux il y a seulement une poignée de secondes n'aurait rien altéré à son attitude, son caractère était buriné de la plus brute des matières et il n'était pas prompt d'en changer. Ses noires agates mirèrent distraitement l'approche de la rouquine qui, dans son envie de témoigner de son hardiesse, prenait de considérables risques, c'était à s'interroger sur le fait qu'elle tenait à son existence. Mais serait-elle toujours de ce marbre illusoire s'il venait à se faire plus entreprenant dans ses sévices ? Serait-elle apte à ne pas vociférer à la mort en appelant de l'aide, à ne pas regretter son effronterie ? Les femmes aimaient toutes à se ployer de grands airs fallacieux, c'était également pour cette raison qu'il fallait les remettre à leur place de façon fréquente : une bonne calotte suffisait généralement à les pacifier de leur orgueil de femelle. Certainement la sylphide n'en avait-elle pas assez reçue dans sa vie pour s'exprimer de la sorte envers un mâle, alors même qu'elle ne se distinguait d'aucune manière de ses consoeurs par ses talents de mataf ou de combattante. Elle en devenait burlesque – et particulièrement irritante ! Elle lui gerba un nouveau flot de critiques toutes plus acerbes les unes que les autres, tout en portant sa chopine à ses lippes, il objecta sur une intonation acariâtre. « J't'emmerde ! » Clair, net et concis, il n'y avait guère autre chose à rajouter sur ce point. Lakdahr n'appréciait pas être mis en analogie avec Gabriel, même si ce dernier était un irréfutable repère, un ami, bien plus même, un frère auquel il tenait sincèrement. Cependant, ils étaient deux antipodes et la manière qu'ils avaient de considérer les bougresses était source de nombreuses algarades, et aucun ne voulait revoir son point de vue. Ils estimaient n'avoir aucune leçon de morale à recevoir de l'autre, le premier était un étoc de prosaïsme et de profanations, là où le second était un spongiaire de prosaïsme... Et de sensibilité ! La nuance était substantielle.

Mais alors que l'artisan se frottait allègrement la barbe, l'hypothèse d'un défi venant d'une si frêle créature le laissa pantois, puis finalement hilare. La dernière femme à s'y être risquée était la fille Botley, qui avait terminé le duel avec plusieurs côtes brisées suite à un seul coup porté, le Dieu Noyé pouvait témoigner qu'elle se souviendrait longtemps de cette rixe ! S'il réitérait cela sur Moïra, nul doute qu'il l'esquinterait bien plus irréversiblement, voire même au point de pouvoir lui offrir des funérailles. Le titan fit un pas vers elle, profitant de son gigantisme pour l'écraser du poids de sa charpente et de son regard, puis il lui asséna une petite taloche sur le côté du crâne, de quoi lui remettre les idées en place.

« Arrête d'être conne tu veux ? Bande moi les yeux, ligote moi les mains, attache moi les pieds que j'ai qu'à m'asseoir sur toi pour t'régler ton compte ! » Cette fois, il réattaqua avec une chiquenaude sur l'extrémité de son nez. Elle lui cassait gaillardement les roustons, il avait bien le droit de la taquiner un peu ! « Tu voudrais faire peur à un rat que t'y arriverais même pas, alors t'espères quoi avec moi ? C'est quoi ça... ? »

Questionna t-il en pointant le plexus de la jouvencelle de l'index avec un air faussement intrigué. Puis, dès lors qu'elle eut baissé le visage, il usa du plat de sa main pour la frapper d'une nouvelle mornifle sur le front, dans le dessein de l'importuner plus que de lui faire mal. Il s'esclaffa ensuite tel un bambin fier de sa pantalonnade, géant ne rimait pas inéluctablement avec mature, le forgeron pouvait être des plus puérils lorsqu'il y mettait les efforts pour. Il la contourna ensuite pour rejoindre l'un de ses plans de travail sur lequel il déposa sa chope et qu'il débarrassa grossièrement pour se faire de la place.

« Sache, espèce de fillette finie à la pisse, que voler les continentaux et voler un fer-né ce sont deux choses différentes ! On s'vole pas entre nous. » Le moyen de paiement de leur archipel était, dans la majorité des cas, l'échange, matériel ou de service. La monnaie n'existait après tout pas, quant au larcin, il pouvait aisément être puni des mains de la victime elle-même. « Allez tire-toi, et que j'te revois plus rôdailler dans l'coin, sinon j'te fous la tête dans l'fût d'eau froide jusqu'à c'que tu te découvres des attributs d'poisson ! »

Le ton était donné, il la laissait filer sans plus de semonces pour cette fois, mais uniquement parce qu'elle avait échoué de son essaie de spoliation... Du moins, le pensait-il encore. Echine tournée à la demoiselle, il ne prit point la peine d'observer son départ et se fia à l'écho de la porte que l'on ouvrait et refermait aussitôt pour conclure de sa partance non sans soulagement. Un soupir rauque s'échoua hors de son gosier, agacé, il espérait ne plus avoir à traiter avec la fille Merlyn de tout son séjour à Pebbleton, et y songerait désormais à deux fois avant d'accepter la requête du lord de maison. Pour l'instant, il était plus que temps d'omettre cet épisode pour se concentrer sur sa besogne trop longuement délaissée. Il s'en alla récupérer l'estoc antérieurement plongée dans la flotte vouée à la refroidir et se remit au travail en faisant diverger ses pensées vers d'autres horizons moins incommodants. Un long moment s'écoula durant lequel il ne fit que parfaire son nouvel ouvrage, sans jamais se douter de la bien mauvaise facétie dont il avait été victime. En réalité, ce ne fut que lorsqu'il eut besoin d'utiliser l'enclume comme support qu'un éclair zébra dans ses méninges : où était donc le poignard qui avait produit tant de bisbille ? L'Edenteur s'ankylosa d'indétermination, inapte à comprendre ce à quoi il se confrontait alors : il était pourtant certain d'avoir déposé l'objet ici-même, après l'avoir repris à... « Moïra !! Quelle putain ! » Ah, il la dépecerait, il lui ferait avaler toutes les babioles un tant soit peu brillantes de cette demeure et il l'enculerait à sec ! Oui Madame ! Elle allait le regretter ! De fureur, son poing s'écrasa sur une rondache qui eut le malheur de se trouvait là et qu'il déforma d'un creux en son centre, les phalanges engourdies par le choc. Une mimique enragée en guise de masque, il gondola ses organes pulmonaires à les faire imploser, puis il ferma les yeux et éleva les paluches dans une position implorant une action divine pour qu'il se lénifie. Il parvint, après une pléthore de minutes, à recouvrir un semblant de calme et à épurer sa réflexion : il ne possédait point une preuve pouvant accabler la donzelle, mais elle ne pouvait être que coupable, la certitude était irréfragable ! Que faire, désormais ? En faire une esclandre pour réclamer son dû ne jouerait pas ou peu en sa faveur, et cela n'empêcherait pas la sylphide de réitérer son outrage dès lors que l'opportunité se présenterait. Il devait être plus rusé et aussi matois qu'elle ne l'était... Assombri, il se mit à penser à la meilleure méthode à adopter, lorsque soudain, une idée lui vint...

Le colosse patienta que la nuit enveloppe les îles d'argentite pour mettre son plan à exécution. Plus particulièrement, il attendit l'heure du souper, où la famille Merlyn se réunirait à leur table, moment durant lequel il était sûr de ne croiser aucun des membres. Il arpenta naturellement les corridors du bastion jusqu'à s'isoler en compagnie d'un serf pour lui extorquer quelques informations, avec la promesse de lui extraire l'entière dentition s'il osait parler de leur conciliabule à quiconque. Lakdahr se dirigea ensuite en direction des appartements de la kleptomane, aussi discrètement que plausible, il s'y introduit une fois seul dans les parages. La vengeance commençait ! Avec un rictus des plus perfides, il se mit à fureter dans les affaires qui lui tombaient sous la main, se vêtant alors du rôle de Moïra. Peu de temps fut nécessaire pour qu'il déniche quelques trésors dont le seul éclat suffit à le convaincre de la valeur névrosée qu'ils devaient posséder. Toute une collection de colifichets était disséminée dans la chambre, il en déroba quelques-uns qu'il cacha dans la sacoche de son ceinturon, avec ses célèbres tenailles. Lorsqu'il estima sont « emprunt » satisfaisant, il rejoignit tout aussi précautionneusement son atelier après avoir veillé que tout ou presque était comme il l'avait trouvé en entrant. L'engouement comme l'impatience tiraillaient ses lèvres en un ample sourire, il se demandait bien quelle serait la réaction de la nymphette lorsqu'elle découvrirait le pot-aux-roses, bien que tout comme lui, elle ne disposerait d'aucune preuve. Se douterait-elle qu'il était le responsable ? Il le subodorait, un tel méfait ne pouvait être une simple coïncidence. Peut-être ne bénéficierait-il pas de sa visite cette sorgue même – éventuellement au petit matin ? - mais elle finirait bien par pointer le bout de son nez pour réclamer son dû ou tenter de trouver réconfort dans les affaires du mestre fèvre, sans savoir qu'il l'attendait de pied ferme. L'histoire de l'escamoteur escamoté !




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 23 Fév 2013 - 17:16

Moïra émet un cri de protestation lorsque le colosse se permet de lui asséner un coup sur le côté de la tête, elle lui darde un regard hostile qui n'a malheureusement aucune chance de calmer les ardeurs de l'homme. Que croit-elle ? Qu'elle va réussir à le dissuader de la remettre à sa place simplement en lui décrochant un regard assassin ? Il y a belle lurette que la jeune femme a compris qu'elle ne fera jamais le poids face aux hommes, du moins pas physiquement. Mentalement, c'est une autre affaire.
Il continue à se moquer d'elle en lui parlant comme à la dernière des idiotes avant de continuer à lui envoyer de petits coups qui entament davantage la fierté de la Fer-née que son corps. Elle repousse comme elle peut les mains du forgeron, mais se retrouve surtout dans une situation ridicule à essayer de parer des coups qui ne feraient pas mal même à un enfant. Au final, la Merlyn baisse les bras, au sens propre comme au sens figuré et elle se contente de serrer les dents lorsqu'il lui envoie une ultime pichenette sur le front lorsqu'elle a le malheur de baisser les yeux pour regarder ce qu'il lui désigne.

Lorsque l'artisan s'éloigne pour débarrasser l'un des plans de travail pour y poser ses affaires, Moïra croise ses bras sur sa maigre poitrine en relevant le nez comme pour regagner un peu de fierté. Nouveau flot d'insultes avec qu'il souligne avec justesse que les Fer-nés ne se volent pas entre eux, mais qu'ils prennent aux continentaux. Elle se retient de lui faire savoir que sa mère n'était qu'une femme-sel et qu'il est donc à moitié Fer-né seulement, la moitié qu'elle ne vole pas bien évidemment ! Pourquoi ne pas dire ce qui lui passe par la tête ? Tout simplement parce qu'elle ne connaît pas assez cet homme pour se convaincre du fait qu'il ne va pas la battre à mort si elle ose insulter sa mère – les hommes sont relativement chatouilleux à ce niveau – et elle ne tient pas à mourir de si tôt ! Sa patience est d'ailleurs bien rapidement récompensée lorsque le colosse lui donne une ultime chance de s'en tirer. Sans demander son reste, la jeune femme se détourne pour se diriger vers la porte et se glisser à l'extérieur, prenant garde à ce que son nouveau poignard ne se glisse pas hors de sa botte. Arrivée plus loin dans le couloir, la Fer-né soulève le bas de sa robe pour récupérer ce qu'elle vient d'acquérir, puis s'éloigne d'un pas pressé de cette aile de la tour : mieux vaut éviter de recroiser la route du forgeron avant qu'il ne quitte Pebbleton !

Le repas arrive rapidement, la jeune femme est bien évidemment obligée d'y participer puisque son père insiste pour que ses enfants soient tous présents à de telles occasions. Par dépit et sachant très bien que son père l'étriperait sur place s'il découvrait son nouveau emprunt, la Merlyn dissimule sa nouvelle acquisition sous une pierre qui se déchausse dans un coin de sa chambre : de quoi abriter ses trésors les plus précieux ! Puis, persuadée que tous ses petits objets brillants ne risquent rien, Moïra se rend enfin au repas où son géniteur ne manque pas de lui demander si sa journée en solitaire lui a bien fait comprendre que la cleptomanie n'est pas un trait de caractère acceptable parmi les Fer-nés.

C'est avec soulagement qu'elle regagne finalement sa chambre quelques temps plus tard. Mais à peine après avoir poussé l'huis de bois, la jeune femme comprend aussitôt que quelque chose ne va pas. L'entrée dans son domaine débute toujours par une observation de sa pièce préférée : un morceau d'armure poli avec application qui reflète tous les rayons du soleil – et bien d'autres encore – sauf qu'en l’occurrence, son trésor n'est plus là. Prise d'un doute, elle se met à fouiller toute sa chambre avec application pour finalement devenir de plus en plus inquiète et d'arracher la plupart des tissus présents sur le lit ou les murs. Mais rien. Pire encore, de nombreuses autres pièces se sont envolées et Moïra sait parfaitement qu'il n'y a qu'un coupable : le forgeron. Certainement qu'il a fini par remarquer que la Pie avait frappé une dernière fois pour lui embarquer son beau poignard. À cette pensée elle se précipite d'ailleurs vers son coin pour soulever la pierre et constater avec soulagement que l'arme est toujours là. Sauf qu'elle ne voit pas quoi faire pour récupérer ses biens, mis à part en allant les rechercher elle-même dans l'antre de la vile créature ! Bien décidée, la jeune femme attrape le poignard, s'assure qu'il est bien coupant en passant son doigt sur le tranchant de la lame, puis se redresse pour se glisser hors de son domaine. Son père et ses frères sont tous dans la salle principale tandis que sa mère et sa belle-sœur sont dans leurs appartements : la voie est donc libre pour partir à l'assaut du forgeron.

La nuit est tombée depuis le milieu du repas, mais ce n'est pas un problème : Moïra connaît sa demeure comme sa poche et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle arrive devant la porte du local qui a été débarrassé pour offrir une chambre à l'artisan. Est-il là ? Bonne question, mais elle ne se la pose pas. Glissant sa main sur la poignée, la rousse l'ouvre sans prendre la peine de s'annoncer. Peut-être qu'il ne sera pas là et peut-être qu'elle pourra récupérer ses affaires sans devoir se confronter au propriétaire du poignard fermement serré dans sa main. En pénétrant dans la pièce, Moïra est forcée de constater que l'artisan est malheureusement là. Lui décrochant un regard noir, elle lève l'arme, non pour lui dire qu'elle est venue lui rendre, mais bien dans l'idée de le menacer. Son visage fermé et contrarié montre clairement qu'elle n'est pas prête à rigoler et qu'elle n'est pas aussi « gentille » qu'à l'accoutumée.

« Rends-moi ce que tu m'as pris, je croyais que les Fer-nés ne volaient pas les autres Fer-nés ? ! » Culottée, c’est le moins qu'on puisse dire. « Je t'ai pris cette arme parce que tu n'as qu'une moitié de Fer-né, j'ai volé la partie hérité de ta femme-sel de mère. » Au moins c'est dit. Levant son arme, elle la tient d'une manière qui montre qu'elle a été formée au combat, certes pas de manière poussée, mais assez pour pouvoir le blesser avant qu'il ne lui brise la tête sur le sol en pierre. « Redonne-moi ce que tu m'as volé ou je te jure que je te tue avec mon poignard. »

Ce « mon » dit clairement qu'elle ne compte pas le rendre. Voleuse peut-être, mais surtout très têtue, personne ne pourra le lui enlever.
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Dim 24 Fév 2013 - 15:50

Les activités d'imagination, de cure de jouvence et de créations se poursuivirent dans une fourbe et délicieuse ataraxie. Sa risette, le titan ne la quittait plus, ébaudi par sa facétie qui ne manquerait pas de faire mouche, il en était persuadé. Une pléthore de conjectures flua dans son esprit à la rythmique de son fer martelé, et bien plus que la réaction de la sylphide, il s'interrogeait sur la finalité à laquelle ils arriveraient, serait-elle sans grandes répercussions pour tous deux, si ce n'était l'aversion qu'ils se voueraient désormais plus qu'ouvertement ? Il paraissait ardu qu'il en soit autrement au vue des attitudes de chacun, et Lakdahr n'était pas malheureux que la jeune femme pérégrine rarement voire jamais jusqu'à Pyk ou Harloi, là où ils étaient le plus susceptibles de se rencontrer. Il commençait à croire que besogner dans les forges de l'île de la Seiche était une sinécure à côté de Pebbleton et sa fouine ambulante ! Mieux valait que le seigneur Merlyn n'ait aucunement vent de leur futile querelle, tant pour lui que pour elle, il n'avait guère de temps à gaspiller avec pareilles trivialités, en particulier alors que la guerre menaçait de poindre d'un moment à un autre ! Il n'était par ailleurs pas mécontent de l'avancée de son travail, il pourrait rapidement prendre le large vers un autre île saumâtre pour combler toutes les requêtes qui lui avait été faites, et le Dieu Noyé savait qu'elles étaient nombreuses ! Tous les mestres fèvres de l'archipel connaissaient la même situation : il fallait cogner du fer et rien d'autre pour le moment. Fort heureusement, les heures, il ne les comptait pas lorsqu'il était auprès de l'âtre, ce qu'il n'avait une fois encore pas fait cette soirée-ci. Il avait gagné ce qui lui faisait office de chambre pour ce séjour avec une certaine langueur, la musculature engourdie par les efforts et un carcan narcotique qui lui ceignait le crâne. Dévêtu de son gilet, le géant était négligemment alité sur sa couche, chausses encore aux pieds et restes de pitance à côté de lui. Il terminait l'élaboration de son nouveau rosaire de dents fraichement extraites de ses derniers martyrs continentaux, chiffe en main, il astiquait ces organes durs dont il était inexplicablement épris depuis tout petit. C'est ainsi que des fantasmes dentaires plein l'esprit, il sommeillerait paisiblement cette nuit, et il sombrait déjà lentement lorsqu'il entendit soudainement l'huis s'ouvrir dans un léger crissement. Ses prunelles dévièrent sur le côté pour apercevoir nulle autre que l'escamoteuse, qu'il n'avait plus espoir de voir avant le lendemain, et une chose était certaine, elle ne semblait pas avoir apprécié ses emprunts.

A en voir le tiraillement de ses traits physionomiques, le forgeron se redressa précautionneusement et sans gestes brusques, les calots rivés sur elle et... Le poignard qu'elle brandissait ? Que lui préparait-elle encore comme numéro ? Plus qu'une quelconque peur, ce fut de l'incrédulité qui s'ébaucha sur son faciès : elle allait jusqu'à le menacer avec une arme qui lui appartenait de surcroit, mais frapperait-elle réellement ? Dans la mesure du plausible, c'était elle qui risquait de se faire broyer un bras plus que lui planter une lame en plein coeur. Mais si la contempler ainsi était déjà un spectacle des plus ubuesques, ce qui suivit le fit tomber des nues... Cette femme n'avait aucunes lisières dans son irrespect d'autrui, et pourtant, l'Edenteur n'était guère le plus probe des îles ! Moïra avait osé faire référence à Isabel – à sa mère ! Peut-être pire encore, elle parlait de lui en des termes plus qu'injurieux, le considérant comme une moitié d'habitant des strates... C'en était trop ! Mur d'un sourde furia, le colosse qui n'avait jamais aussi bien porté son nom se releva de ses plus de six pieds et demi, les muscles de son tronc saillants et les stigmates présents pour témoigner d'une dangerosité coite. Ses yeux dardés dans les siens, il n'eut qu'à se pencher pour saisir le manche d'une arme digne de ce nom : Dentesque, dont l'effroyable tête de fer reposait sur le sol. En dépit du gigantisme de la hache, Lakdahr la soulevait avec une facilité déconcertante, corollaire de sa charpente et du fait qu'il l'avait façonnée pour lui et lui seul. La double lame luisait d'une nitescence mortifère et était sertie de ses plus belles dents récoltées, un fléau, à côté de l'objet fétiche que la dryade élevait contre lui.

« Viens, j't'attends avec impatience fillette ! » Sa seconde paluche rejoignit le manche de sa hache. « J'vais t'faire faire connaissance avec mon épouse de guerre... »

Allait-il à son tour oser ? S'il usait de Dentesque et la touchait, elle périrait plus qu'inéluctablement sur le coup, elle n'avait pas même idée du nombre de trépassés qui l'avaient été de cette façon. Tout à coup, il avança et fit danser sa hache dans une ample et agressive mouvance latérale avec le désir de balayer la Merlyn au passage. Celle-ci eut à esquiver furtivement pour ne pas se faire étêter, la guillotine termina sa course dans la grande armoire située juste à côté et qui s'effondra sur elle-même sous le choc. Il avait volontairement manqué de l'occire d'un sang plus que froid, même si son intention première avait été de l'apeurer, il avait périlleusement parié sur les réflexes d'une demoiselle qui même si elle pouvait disposer des bases combatives n'avait probablement jamais livré duel. Quand bien même, il avait joué, et fort heureusement pour cette fois, il avait gagné, aussi la sylphide ne perdrait-elle pas la tête aujourd'hui. Pour autant, l'artisan ne perdit pas un instant pour réagir en chaine et il s'empressa de prévenir toute offensive en saisissant le poignet armé de Moïra au point de lui en couper la circulation sanguine. Il saisit le poignard par la lame, se coupant les phalanges par la même occasion, et se le réappropria non sans joie. La seconde d'après, ce fut derechef par sa crinière qu'il l'agricha, avec une brutalité sans égale. « J't'ai dit un truc tout à l'heure ! Et j'l'ai pas oublié ! » Sur ces mots, il attrapa la chiffe qui reposait sur son lit et l'enfonça sans vergogne dans la cavité buccale de la jeune femme, puis la bâillonna ensuite de sa paluche, de quoi la faire taire pour le trajet ! Car il se mit à la trainer avec lui à l'extérieur après avoir vérifié que nul ne rôdaillait dans les environs. Il rejoignit son atelier non loin de là, veillant cette fois à garder le poignard sur lui. Une fois à l'intérieur de la forge, il s'approcha du fût d'eau glacée et en fit sauter le couvercle, puis sans plus de cérémonie, il y enfonça la tête de la jouvencelle et la maintint en profondeur durant plusieurs secondes. Il la redressa ensuite et tira sur une bribe de torchon qui sortait de la bouche de sa victime pour la lui libérer et lui permettre de reprendre sa respiration.

« Alors pour toi j'suis qu'une demi-couille de continental et tu penses que tu vaux mieux que moi parce que ma mère a écarté les cuisses en tant que femme-sel pour Balon Greyjoy ?! » Il était plus que temps de régler les comptes, il ne pouvait autoriser une telle infamie alors qu'ici, sur les Iles-de-Fer, tout homme naissait égal à ses pairs, qu'il soit issu de la noblesse, de la roture ou d'une concubine kidnappée. « Puterelle de mes deux ! » Il lui remit succinctement la figure dans l'eau mais la remonta presque aussitôt. « Tu mériterais que j't'offre au Dieu Noyé pour qu'au moins une fois dans ta vie tu sois digne d'être une fer-née ! J'vais t'apprendre à réfléchir avant d'l'ouvrir ! »

Il rugissait dans un amalgame de frustration et de colère, pour la troisième fois, il l'immergea dans le tonneau, l'y enfonçant presque jusqu'à la taille avec le pernicieux désir de la conserver ainsi jusqu'à ce qu'elle se découvre de véritables attributs de poisson, comme il le lui avait dit ! Qui diable lui en voudrait de débarrasser l'archipel d'une telle tare ? Il aurait tant aimé que la réponse puisse être : personne, mais sa famille ne serait certainement pas de cet avis. Ce qui ne l'empêcherait pas de lui faire une belle frayeur ! Lakdahr la maintint plus longuement que précédemment comme pour lui faire croire qu'il mettait ses menaces à exécution. Avant qu'il ne soit toutefois trop tard, il l'en extirpa finalement et la jeta au sol, puis la toisa tel un ogre alouvi et prompt à la dévorer d'un instant à l'autre.

« T'as encore quelque chose à m'dire ?! » A ses risques et périls, le forgeron ne plaisantait plus.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 25 Fév 2013 - 15:13

Apparemment le forgeron n'a pas l'air ravi par ce que la jeune femme lui dit. Ce n'est guère étonnant d'un côté, rares sont ceux qui apprécient de se faire insulter. Nul doute que ce colosse est du genre à se sentir plus Fer-né que n'importe qui, pourtant il ne peut nier qu'il est sorti du ventre d'une esclave. Egen disait toujours que les enfants de femmes-sel étaient forcément moins doués que les véritables Fer-nés. Moïra n'a jamais eu d'avis sur la question et l'amitié – si tant est que l'on puisse appeler ce sentiment de la sorte – qu'elle éprouve pour les femmes-sel qu'elle connaît, exprime de lui-même le fait qu'elle ne juge pas les gens sur leur naissance. De plus, son frère ne rêve-t-il pas de devenir lui aussi un continental ? Pourquoi en voudrait-elle à un enfant de femme-sel ? Pour rien. Elle cherche simplement à le provoquer et vu sa réaction, la rousse a touché le point sensible.

Moïra n'est pas vraiment effrayée par l'imposante arme de l'artisan, les haches lui ont toujours semblé sans danger, de plus elle se trouve chez elle, le sentiment de sécurité inhérent à ces lieux l'empêche de s'inquiéter. Pourtant, il apparaît clair que le forgeron ne plaisante pas et il y a fort à parier que si elle n'avait pas réussi à esquiver le coup qui lui était porté, la Merlyn aurait perdu la tête au sens littéral du terme.
Mais ce n'est pas arrivé, il a profité de son manque d'attention pour lui attraper le poignet et le serrer avec une force telle que la jeune femme est presque obligée de lâcher prise, mais elle tient bon tout en grimaçant. Un bref instant du moins, car lorsque l'homme attrapa la lame pour lui arracher l'arme des mains, la rousse est forcée d'ouvrir sa main pour le laisser prendre ce qui ne lui appartient plus. Une expression de colère mêlée à de la contrariété se dessine sur le visage de la jeune femme qui entrouvre ses lèvres pour hurler sur le colosse et déverser toute sa bile, mais il prend les devants en lui enfonçant un vieux tissu certainement plein de saletés dans la bouche. Pendant un bref moment, la Merlyn se débat en essayant de se glisser hors des mains de l'artisan, mais force est de constater qu'elle ne possède malheureusement pas d'écailles qui la rendent aussi glissante que les poissons. Comme pour faire écho à ses pensées, il la traîne à l'extérieur et elle se dit tout à coup qu'il va certainement la jeter dans la mer pour la noyer. Des écailles et des branchies lui seraient bien utiles. Un peu stupidement, elle songe que si les contes sur les sirènes qu'elle a raconté à Willem pouvaient être vrais, ce serait une bonne chose pour elle. Mais ce n'est pas le cas, malheureusement.

Lorsqu'ils arrivent dans l'atelier, la jeune femme comprend qu'elle risque bien plus gros, mais s'imagine qu'il n'osera pas trop la malmener sous son propre toit. Pourtant, cette assurance s'envole petit-à-petit lorsqu'il lui plonge la tête dans le baquet d'eau glaciale et elle commence à sentir l'air lui manquer. Les brefs moments à l'air libre suffisent à lui permettre de reprendre un pu sa respiration, mais il recommence aussitôt et Moïra ne peut s'empêcher de se dire qu'à force, elle risque de finir par ne plus réussir à respirer. Peut-on oublier comment est-ce que l'on fait pour respirer à force de retenir sa respiration ? Heureusement le torchon qu'elle a toujours dans la bouche empêche l'eau de trop rentrer dans ses poumons et lorsqu'il la tire du baquet pour lui ôter le fameux tissu, Moïra lui décroche un regard à la fois hostile et quelque peu paniqué, comme si elle vient seulement de comprendre qu'il ne plaisante pas. Il la replonge une fois après l'avoir insultée, puis la sort à nouveau avant de l'immerger une ultime fois, pour la tirer hors du baquet et la jeter au sol. La jeune femme crache l'eau qu'elle a avalée avant de tousser à plusieurs reprises. Elle est complètement trempée et ses cheveux lui colle au visage, la panique est bien présente, mais elle se berce d'illusions en se disant qu'il ne pourra pas la tuer sans prendre le risque de finir pendu à une poutre de Pebbleton. La jeune femme lève les yeux vers lui dans un geste de défi, redresse son menton comme par fierté avant de lâcher quelques mots.

« Oui ! » Le contraire serait étonnant. Elle tousse à nouveau avant de reprendre. « Tu te dis Fer-né et tu veux m'offrir au Dieu Noyé en me noyant dans un baquet d'eau douce ? » Moïra se force à rigoler légèrement, bien que sa panique grandissante le fasse s'étrangler dans sa gorge. « Tu dois me noyer dans l'eau de mer si tu veux que ton sacrifice soit utile, même les enfants de cinq ans savent cela. » Le pire qu'il puisse faire étant de la noyer pour de bon, elle se doute qu'il ne lui sera pas difficile pour lui de le faire. Le plus sage resterait de fermer sa bouche et le supplier, mais elle ne peut pas, tout simplement. « Je n'ai rien contre les femmes-sel sombre crétin, je suis amie avec plusieurs d'entre elles, c'est contre toi que j'ai quelque chose. » Elle se recule légèrement pour s'agripper au pied d'une table et se redresser tant bien que mal. « Tu te prends pour le meilleur des Fer-nés alors que tu travailles comme artisan, est-ce que tu n'as jamais remarqué que seuls serfs capturés lors des raids ou les hommes trop frêles pour se battre occupent ces postes ? Il n'y a que les catins qui se font payer pour leurs services, ou les femmes. » Moïra repousse une mèche de cheveux de devant son visage avant de s'avancer d'un pas vers lui. « Tu vois, tu nies être un continental et pourtant tu travailles comme artisan et tu participes aux raids uniquement pour pouvoir assouvir tes besoins de mâles et te donner bonne conscience. Mais au final, tu n'es même pas fidèle à une maison, tu peux me traiter de tous les noms que tu voudras, mais je suis bien plus digne Fer-née que toi. » Prenant du poil de la bête au fil de ses paroles, elle conclut finalement. « En plus tu n'es même pas capable. Même le plus petit roturier du coin a une barque pour aller pêcher et honorer le Dieu Noyé en navigant, tandis que toi, tu travailles sur le sol, peut-être pour fuir la mer ? »

Au point où elle en est, la jeune femme n'a plus grand-chose à risquer. Elle soupire, secouant la tête comme si elle a affaire à un gamin capricieux. De telles paroles vont lui coûter cher c'est certain, mais Moïra ne veut pas se taire et baisser la tête pour aller se cacher alors que l'homme qui lui fait face est bien moins un Fer-né que son frère Garott, pourtant réputé pour adorer les Sept. Elle pince des lèvres avant de s'approcher d'un dernier pas au point d'être presque collée à lui. Les yeux levés vers le visage du colosse au point de sentir son cou l'élancer, elle lui assène une dernière critique.

« La seule raison pour laquelle tu te respectes les traditions, c'est pour voler aux continentaux et prendre des femmes-sel. Moi au moins j'assume le fait de prendre mes objets sans tuer leur propriétaire et je ne me cache pas derrière des prétendues noyades pour faire taire ceux qui me reprochent mes fautes. »

Elle darde ses prunelles dans le regard du forgeron, s'attendant presque à avoir prononcé ses dernières paroles. Quelque chose lui dit qu'un homme comme Lakdahr n'apprécie pas de s'entendre dire ses quatre vérités, mais au moins pourra-t-elle passer l'arme à gauche la conscience tranquille.
Revenir en haut Aller en bas
Artisan
avatar

Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
455/500  (455/500)


Message Mar 26 Fév 2013 - 2:39

Faire taire une bougresse ? Autant pisser dans une chope en prétextant qu'il s'agissait de bon faro, pourtant, Lakdahr le savait, et c'était bien la raison pour laquelle il pensait farouchement qu'elles n'étaient bonnes qu'à satisfaire leurs mâles et élever leurs bambins. Sinon, pourquoi les avoir créées ? Tares de ce monde, Moïra était un irréfutable exemple de ce qu'une femme ne devait pas être, et alors – Ô grand dieu ! - il avait une incommensurable peine pour celui qui serait contraint de convoler avec elle ! Peut-être n'était-ce point une si mauvaise idée que cela, que l'envoyer à la guerre contre les habitants des strates qui auraient tôt fait de s'effaroucher face à pareille bout de drôlesse. S'il n'avait pas été perclus d'incrédulité face à la scène qui se jouait présentement devant lui, il aurait lui-même pris ses jambes à son cou pour quitter cette demeure de fous. Mais qui diable avait eu idée d'engendrer pareille harpie ?! Il se le demandait, et les noms d'oiseaux comme de bien d'autres choses fluaient à vitesse grand V dans l'esprit du titan qui observait son interlocutrice faire. Elle lui gerba comme toujours une cataracte de paroles démesurée dans sa cohérence, se faisant bien plus imposante qu'elle ne l'était en réalité – l'on frôlait l'ubuesque. Un fût d'eau douce ? Qui lui avait dit qu'il avait l'intention de la noyer ici ? Quoi qu'en y songeait furtivement, il doutait que leur belle étendue saumâtre soit encline à accepter pareille flétrissure dans ses abysses, même la mer avait ses lisières dans son altération. Il commençait même à croire qu'en faire offrande offenserait bien davantage leur déité que l'inverse, et la rancune divine, il ne voulait guère se l'attirer ! L'anathème de sa vie lui était amplement suffisant ainsi. Il ne fit que la contempler avec une expression tant nonchalante que l'on aurait pu subodorer que le géant était prompt à s'endormir debout, vide de volonté, vide de cette sourde furia qui l'avait conduit à agresser cette malheureuse. Et voilà qu'elle se relançait à l'assaut, l'Edenteur perdit rapidement le fil de son monologue et les quelques informations qu'il parvint à en tirer le laissèrent profondément... Accablé. Fichtre, mais savait-elle de quoi elle parlait ? Un tel degré d'ineptie ne pouvait être toléré, et s'il avait depuis longtemps compris que c'était contre lui qu'elle en avait, il ne se figura pas l'intérêt de dénigrer l'artisanat dans son aspect le plus général. La création était la plus belle notion dont l'Homme avait été doté, l'imagination et la plausibilité de façonner de rien pour arriver à quelque chose. Il n'avait jamais rien entendu d'aussi absurde, il la mettait au défi de lui dénicher un seul et unique forgeron de faible constitution – un faible forgeron ? Oxymore. Elle pouvait toujours tenter de donner la charge de besogne que lui possédait à l'un des serfs de sa maison, il serait curieux d'admirer le résultat ! Quant au fait de se faire rétribuer pour ses ouvrages... Il n'avait jamais été question de paiement dans sa manière de fonctionner, tout ne marchait qu'aux services rendus, voire à la pitance qu'il ingurgitait allègrement. Plus il y songeait, moins il parvenait à rendre ces dires intelligibles.

La réplique digne d'être ceinte d'une couronne de joyaux fut tout de même celle intronisant la donzelle comme une bien meilleure fer-née qu'il ne l'était. Une impulsion hilare se bloqua dans le gosier du colosse qui oscillait alors entre rire et larmoyer – peut-être les deux en même temps. Bras croisés, il écouta avec une surprenante patience la suite de son discours et à la conclusion, se fit plus songeur, comme touché d'une troublante incertitude. Ses noires agates biaisèrent sur le côté, scintillantes de fallacieux regrets quant à tous les péchés qu'il avait pu commettre dans son existence.

« Woaw... Tu... » Il contracta ses lippes et hocha imperceptiblement la tête, comme s'il venait de se rendre compte d'un air qu'il n'aurait jamais soupçonné jusqu'alors. « … Tu fais vraiment pitié... A ce point, ça m'en donnerait envie d'chialer. »

Sa paluche se posa sur la physionomie de la Merlyn et il l'envoya dans le décors, s'écraser l'échine contre le fût d'eau dans lequel il l'avait rudoyée. Des réponses ? Il en aurait eu une ribambelle à lui offrir, mais la jeune femme s'était tant tournée en ridicule sans son aide qu'il avait outrepassé sa colère. Lakdahr n'avait jamais eu cure de ce que l'on pouvait bien penser de lui, aujourd'hui ne ferait pas exception, des portraits bien moins lumineux lui avaient déjà été dressés par ses antagonistes voire même ses homologues. Il n'avait rien à prouver à personne, et certainement pas à elle qui parlait de lui comme si elle le connaissait sur le bout des ongles. Le meilleur des fer-nés ? Il était très loin de ce titre. Pas de bateau ? Inutile, alors qu'il pouvait bourlinguer sur les plus illustres boutres des îles. Point fidèle à une maison ? Pas de patronyme, pas de comptes à rendre. Son mode de vie, le guerrier l'avait choisi et n'en avait aucune honte, il ne cherchait ni la reconnaissance ni l'amour des siens, tout cela lui était bien superficiel. Le principal ? Forger, avant toute chose, puis profiter des accalmies et des délassements qu'il pouvait rencontrer. Rien de plus, rien de moins. Il était clair que la jouvencelle ne faisait qu'essayer d'être effrontée jusqu'au bout, en omettant par conséquent tout syllogisme. Il n'avait plus la force d'en découdre, plus l'envie, la situation l'ennuyait au plus haut point. Ce fut donc naturellement qu'il crispa ses phalanges à la nuque de Moïra pour la raccompagner jusqu'à la porte, qu'il ouvrit brutalement, avant de la jeter à l'extérieur en un admirable plongeon.

« Je m'incline devant ta connerie, j'suis pas assez con pour y répondre, parce que là, ça m'dépasse largement ! Mais c'est pas comme si les gémissements d'une femelle obligée de voler pour rendre sa vie passionnante allaient m'atteindre. J'te paierai même une pinte pour l'amusement ! » Il agita le poignard sous son nez. « En attendant j'ai récupéré c'qui m'appartenait, j'attends avec impatience ta prochaine tentative, j'sens qu'on va s'marrer ! »

Une fine risette enjoliva son visage, puis il plongea la main dans la sacoche de son ceinturon, dans laquelle se trouvaient ses tenailles et les trésors dérobés plus tôt. Il attrapa ses derniers et les lança aux pieds de la sylphide. Ils étaient quittes, désormais. Il ferma ensuite l'huis de son atelier, puis prit la route de sa chambre non loin de là, dans laquelle il entra en vérifiant qu'aucun mal n'avait été fait à son poignard. Les choses en étaient finies, contre toute attente, Moïra resterait en vie en dépit de son impudence, mais sans son trophée pour lequel elle avait engendré pareille algarade. Quant à Lakdahr, il allait prendre ses dispositions pour ne plus qu'elle l'importune, ses affaires seraient à présent assidûment surveillées. Une fois ses tâches achevées, Pebbleton et sa démone ne seraient plus qu'un vague souvenir.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

« Un avare volé se plaint d'être volé ; il ne se plaint pas d'être avare. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Truck terminé! C'est un Véhicule volé avec Obuzier! Kaboum
» Conversions de véhicules volés orks
» Mon basilisk volé
» tir de volée
» Ma Whaaag ( wip véhicule volé )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-