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« Je voulais juste… » [Arkha]

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Homme d'Armes
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Gabriel
Homme d'Armes

Général
Capitaine de La Jouvencelle

♦ Missives : 1437
♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 01/04/2012
♦ Célébrité : Michael Fassbender
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Shaïra Seastar, Maël, Velanna Vance
♦ Age du Personnage : 30 ans
♦ Mariage : Ils l'appellent femme-sel, il dit juste qu'il l'aime } Séraphine
♦ Lieu : Île d'Harloi, Dix-Tours
♦ Liens Utiles :
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Message Dim 10 Fév 2013 - 6:56



J'entends souvent ton rire, le son de ta voix
J'ai même des souvenirs qui me reviennent des fois


Les réalités, complicité du passé
De tout ce que l'on a fait ensemble et que rien ne peut effacer


Et pourtant, il y a ce sentiment de colère
Qui m'envahit comme un aimant attiré par le fer…
Manau ~ Dernier Combat

« Je voulais juste… »

Les grands malheurs de l’existence reviennent toujours inlassablement nous hanter. Ils nous choisissent, nous envahissent, et font de notre existence leur pain quotidien. Se repaître des espoirs et des rêves de tout un chacun jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les ossements, l’opaque solitude et une acerbe réalité. Voilà quel était leur destin, voilà ce que comme tant d’autres Gabriel devait affronter et espérer vaincre pour pouvoir avancer sur le sinueux sentier de l’avenir. Une épopée qui était au final loin, très loin d’être gagnée… Juché fièrement sur le pont de la Jouvencelle, le fer-né voyait ses pensées divaguer dans des récifs abandonnés de sa mémoire, des lieux uniques et préservés du temps mais parmi lesquels il avait peur de plonger, non pas par lâcheté sinon par crainte de ne plus pouvoir s’extirper de cette époque différente, rassurante et révolue.

Il se souvenait de sa mère, courtisane de Braavos somptueuse dans sa longue et vaporeuse robe blanche, sublime femme qu’il admirait tant et dont il voulait tant connaître tous les secrets… Elle lui avait appris à lire, à écrire, lui avait enseigné sa langue et les coutumes des siens avec un soin tout particulier, mais cette dangereuse sylphide n’avait jamais trouvé nécessaire de l’entourer et de le dorloter d’un amour maternel naturel mais dont elle était irréfutablement dépourvue. Un fils de femme-sel ne pouvait guère prétendre recevoir la moindre affection de son père, d’autant plus lorsque ce dernier se prénommait Arryk Harloi… Un fier Capitaine qui n’avait vu naître que deux fils mais il ne considérait ni l’un ni l’autre comme un joyau à chérir, tout au plus des descendants dont il fallait bien s’accommoder pour assurer l’avenir de la maison. Toutefois le capricieux destin lui avait sourit en mettant sur sa route une femme des plus attentionnées et merveilleuses, Isabel, une princesse de Dorne aux longs cheveux sombres et aux prunelles scintillantes qui en plus de le prendre sous son aile, avait engendré celui qui deviendrait plus qu’un ami, un véritable frère. Lakdahr… Ils n’évoquaient que très rarement celle qui les avait quitté tôt, bien trop tôt, faisant d’eux des orphelins qui avaient compensé sa terrible perte chacun à sa singulière manière. Le titan des forges pouvait tromper son monde et berner la terre entière s’il le souhaitait, mais Gabriel savait au plus profond de son être que la mort de sa mère, cette femme si douce et aimante, avait plus ébranlé Lakdahr qu’il ne l’avouerait jamais. S’il était connu pour son appétit de chair et que toutes les dryades des Îles – ou presque – devaient avoir côtoyé son Dantesque argument, le désormais Capitaine y voyait là une haute corrélation, sans oser évoquer une cause à effet directe. On ne pouvait oublier sa propre mère… Et lui… ? Il avait difficilement noyé son chagrin, éminemment plus émotif que son grand ami et durement troublé par l’éloignement de son petit frère qui mystérieusement, lui tournait le dos après des années d’entente et de complicité… Sargon… C’est le regard suppliant et le cœur battant à tout rompre qu’il l’avait poursuivi, pourchassé jusqu’à Kenning en murmurant de sa voix rocailleuse et pourtant implorante, « Je voulais juste… ». Leur relation n’était plus que l’ombre d’elle-même et Gabriel avait compris avec horreur, depuis longtemps, qu’elle ne serait jamais plus comme avant. Jamais plus.

Il se souvenait… Oh oui, il se souvenait d’Elle. Elle était petite, non minuscule même, au cœur de son étreinte et amoureusement lovée contre sa large charpente. Elle avait d’immenses yeux d’un bleu-roi étincelant et un petit nez en trompette qu’il avait adoré croquer… Elle avait le rire éclatant et, espiègle, elle ne semblait se déplacer qu’en trottinant et dispensait sans compter son incorruptible bonne humeur, ses courts cheveux blonds chatouillant son menton sur sa route. Elle n’avait rien eu d’une fer-née, sa vérité était ailleurs… Jolie ? Il était loin, bien loin d’être impartial sur le sujet… Ernestine. On ne se retournait pas sur son chemin mais lui, lui il n’avait vu qu’elle dès le premier jour. Et pourtant, même s’il avait cru cet amour indéfectible et imperméable à l’impitoyable marche du temps, peu à peu et pernicieusement l’image de son épouse se diluait dans son esprit et le mystère de ses souvenirs… Cela avait commencé avec lenteur et pudeur, sans qu’il ne s’en aperçoive, sinueusement, elle disparaissait… Son rire n’était plus qu’une lointaine clameur, il ne ressentait plus la souplesse de sa peau sous ses phalanges ni même l’odeur de jasmin qu’elle répandait sur son passage… Il fronçait les sourcils et tentait de se remémorer les petits rituels qu’elle avait, la façon dont elle pliait le linge, la petite soucoupe où elle déposait son alliance avant d’aller se baigner… Tous ces détails qui faisaient d’elle sa femme commençaient, lentement, à lui échapper. Il avait beau essayer encore et encore il ne parvenait pas – plus ? – à la retenir aussi vivace en son cœur. Et c’est ainsi que pour la seconde fois, Ernestine était en train de mourir…

Il n’était pas rare que les songes de Gabriel ne s’achèvent sur une amertume douloureuse, un sentiment d’inachevé qui lui broyait les reins et le cœur, rappelant sans cesse et cruellement la pernicieuse sapidité de l’inachevé. De l’échec. Le regret… Voilà un sentiment qui ne quittait que rarement sa carcasse, malgré les joies et les avancées pavant l’existence, il finissait toujours par jeter un regard désolé en arrière pour murmurer de sa voix grave et enfiévrée « Je voulais juste qu’on reste ensemble ».


Je voulais juste...
qu'on reste ensemble...

Les prunelles de quartz s’ouvrirent subitement sur un décor de pierres où perlait l’humidité, lentement accumulée en une perle qui chuta lestement sur la joue mal-rasée du fer-né assoupi. Le soleil avait depuis longtemps passé son zénith et le froid commençait à lentement envelopper l’île de Harloi… Elle lui avait dit qu’elle débarquerait au couché du soleil, son minois ne tarderait donc pas apparaître pour apporter un peu de gaieté dans une forteresse où la grisaille régnait en maître. Il resta longtemps étendu sur l’échine à mirer intensément le plafond, les bras en croix et plongé dans des pensées qui n’avaient pourtant rien d’agréable… Il se montrait le plus souvent sous son meilleur jour en compagnie de la dryade qu’il avait quasiment vu naître mais depuis son aventure avec le titan des forges, il avait bien du mal à agir avec elle normalement… Et il ne parvenait pas à se l’expliquer. La nouvelle avait eu le temps d’être digérée et il avait finit par admettre qu’ils faisaient bien ce qu’il voulait tous les deux… Sa première réaction avait été celle d’un ami inquiet, d’un père possessif, d’un frère protecteur… Il avait eu peur pour elle, avait craint qu’elle se fasse des illusions mais après l’épisode – éprouvant par ailleurs – du Rassemblement à Pyk, il avait été forcé de constater qu’il était bien le plus gêné et troublé dans l’histoire… Et bien que tout cela était désormais fort clair dans son esprit, il n’y arrivait pas. Quelque chose avait changé, quelque chose qu’il était incapable de contrôler… C’était la fin d’une époque. Arkha… Ça ne serait plus jamais comme avant, n’est-ce pas ?

Il se redressa lentement et rejoignit l’unique miroir de la chambre suspendu au mur, pour promptement évaluer les dégâts. Trente ans, déjà… Le temps, le sel et les combats l’avaient marqué d’une infinité de ridules et de cicatrices qu’il ne prenait même pas la peine de compter tant elle constellait son visage et son corps tout entier. Il soupira lourdement puis se passa un peu d’eau sur le visage avec le maigre espoir d’avoir l’air un peu plus réveillé et alerte. Les entraînements en compagnie de la tonitruante sylphide avaient toujours été des moments de complicité privilégiés où ils s’esclaffaient sans pudeur, il les attendait avec impatience et proposait toujours ce genre de séances dès qu’ils avaient l’occasion mais aujourd’hui… C’était la première fois depuis qu’il savait. « Pourquoi ça a autant d’importance… T’es trop con. » Un grognement s’extirpa de ses lippes et il se força à se préparer. Tout en enfilant ses vêtements il guigna en direction d’une petite table de nuit branlante et rafistolée à la va-vite, sur laquelle reposait dans un petit écrin qu’il avait autrefois confectionné deux alliances enlacées, lointaine réminiscence… Ernestine se serait sans doute gaussée de son attitude. Mais si Ernestine était là… Il n’aurait pas réagi ainsi… D’un geste las il se saisit d’Astaroth et la balança dans son échine, l’armant solidement dans le dispositif qui la maintenait, et quitta de sa démarche lourde et ferme la glaciale Dix-Tours pour rejoindre les plages rocheuses et abandonnées.

Il ne voulait pas la perdre… Il se souvenait, quand elle n’était pas plus haute que sa hanche, ils marchaient souvent le long de la mer, tous les trois… Souvent il la prenait dans ses bras larges et la faisait valser en riant, avant de la lancer en l’air, de plus en plus haut, « pour toucher le ciel » comme elle le disait, espiègle et déjà téméraire petite fille… Il la réceptionnait sous les gloussements aussi amusés que rassurés de sa femme qui les suivait en leur jetant de tendres regards. Telle une petite famille… Une famille qu’Ernestine n’avait malheureusement jamais pu engendrer, mais quelle importance ? Ils étaient ensemble… Et si Arkha n’était pas leur enfant, ils la couvaient comme telle. Ils avaient passé des heures ainsi réunis, face à la mer et le cœur plein d’allégresse, persuadés que cela durerait toujours… Et puis elle les avait laissé derrière eux, trop frêle, trop fragile pour vivre dans ce monde… Une injustice, une perte que Gabriel n’avait jamais été capable de réellement accepter, il ne se passait pas un jour sans que cet amour perdu ne le hante. Plus une femme n’avait franchi les barrière de l’intime depuis et il ne cherchait pas à remédier à cette situation… Mais ce qui aurait pu signer la fin de leur relation, au contraire la renforça. Arkha et lui furent plus proches que jamais, se confiant l’un à l’autre, se soutenant à l’abri des regards… Il n’avait pas honte de dire qu’elle l’avait sauvé elle-aussi. Elle était là, toujours, grandissant mais inchangée… Elle devenait une femme, oui, mais c’était toujours Arkha… Sa « petite ». Alors… Pourquoi cela devait-il s’arrêter… ? Il n’était pas dupe. Elle allait se rapprocher de lui, de son frère d’armes, de son comparse de toujours… Ils allaient entrer dans un cercle auquel il ne pourrait appartenir, et qu’il pourrait concurrencer… Amants… Et si un jour, il y avait plus ? Qu’allait-il lui rester… ? Egoïste… Il savait cette pensée terriblement égoïste, mais il avait peur, si peur qu’ils ne soient plus ensemble

Soudainement, la pierre crissa, des bruits de pas qui se rapprochaient et annonçaient l’arrivée de la terrible sirène… Il éleva avec lenteur ses yeux clairs, étincelants et humides vers la silhouette qui se dessinait dans l’obscurité naissante et lui adressa un frêle sourire, le cœur engourdi. Arkha… Se doutait-elle de tous les tracas qui l’habitaient à présent depuis des semaines ? Bien qu’ils se connaissaient depuis des lunes et se racontaient bien des choses, il n’était pas certain qu’elle ait perçu son trouble… Il n’était pas non plus sûr d’être capable de le lui avouer, à moins de se retrouver au pied du mur. Pour l’heure nul doute que le programme serait chargé, la belle allait vouloir s’entrainer et s’exercer avec sa jeune arme baptisée Traîtresse, ils commenteraient sans doute les récents évènements et puis, et puis… Seul l’avenir le dirait. En attendant il ouvrit grand ses bras pour l’accueillir dans un mouvement instinctif, parce qu’au fond, il voulait juste qu’ils restent ensemble…

« Arkha ! T’en as mis du temps, t’étais trop occupée à tresser les ch’veux de l’autre que t’as mis si longtemps à descendre ? Avec affection il lui ébouriffa la chevelure en ricanant. Mh… Allez, la Crevette, dis-moi c’que tu veux faire au creux de l’oreille ? »


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Arkha Kenning
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"Fierté saumâtre jamais ne dessale"

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Message Jeu 14 Fév 2013 - 17:23

Ses sentiments entre un retour sur la terre et un périple continué sur la mer la tiraillaient actuellement. Gabriel l'attendait. Ils avaient pu tout deux planifier de se voir car au vu de leurs escapades personnelles en mer, elle en tant que marin et lui en tant que capitaine, l'accord entre leurs moments sur terre ne correspondaient pas souvent. Ainsi, chaque planification réussie la remplissait d'un certain contentement. Néanmoins, et ce depuis maintenant quelques temps, quelque chose avait changé de la part de son cousin. Bien sûr, la cause n'était pas inconnue. Depuis qu'il avait entendu parler de son escapade chez Lakdahr et par conséquent de leurs ébats intimes - que ce dernier n'avait pas su taire pour son plus grand regret - Gabriel semblait ne pas vouloir oublier cette information quand ils se voyaient. Quand le sujet venait sur le tapis, une culpabilité évidente la tiraillait sans avoir la moindre idée du pourquoi de ce sentiment qui lui semblait inadéquat. Bien sûr, ils en avaient parlé après l'acquisition de cette donnée par le Fer-né mais ça c'était tout simplement soldé par une dispute que si elle pouvait elle préférait ne pas réitérer. Déterminer si c'était l'identité du concerné qui était en jeu ou simplement le fait qu'elle avait eu des rapports avec un Fer-né lui était totalement inaccessible. Ne devrait-il pas se réjouir que la personne qu'elle avait choisie - sans vraiment le choisir en réalité mais vu qu'elle avait renouvelé leurs ébats c'était désormais chose faite - était une personne en qui il accordait autant de confiance ? Et puis pourquoi ne pas lui avoir dit elle-même ? Pas mal de chose dont la réponse lui était inconnue. Ses sentiments sur le sujet étaient aussi confus que ceux de son cousin dont les méandres ne lui parvenaient à ce sujet plus. Pour la première fois, ce qu'il pensait lui était hors de portée et avouer que ça lui déplaisait fortement serait un euphémisme. Gabriel n'était pas n'importe qui. Ce n'était pas que son cousin, c'était également son confident, son meilleur ami, son grand frère. Elle ne pouvait pas le perdre et s'en éloigner n'était pas possible pour son équilibre personnel. Mais cette situation était d'une complexité qui lui échappait réellement. Ce n'était clairement pas agréable pour elle de juger d'un ressenti inexprimé par Gabriel sans pouvoir la certifier ou l'infirmer.

Leur relation s'était accentuée depuis maintenant de longues années, depuis en réalité la mort d'Ernestine. Leur rapprochement avait été fort, son propre deuil s'était décuplé mais en même temps mis au second plan en apercevant celui de son cousin qui pouvait avec aisance ravager un coeur d'une gaieté absolue. Sa douleur était si forte pour elle qui le connaissait si bien. Son jeune âge, la mettant au plan de l'adolescence, ne l'avait pas empêché d'en prendre conscience, même si à l'époque, elle n'avait pas encore pu avoir de confidences de sa part, ne partageant qu'une relation d'aîné à gamine. Mais passer à côté aurait été comme passé à côté d'un immense rocher. Cette femme remplissait de bonheur son cousin de coeur. Leur amour transparaissait dans chacun des moments passé à ses côtés. Elle parvenait encore à se souvenir de la première fois qu'elle avait vu Ernestine. Agée d'environ huit ans, elle n'en avait finalement que quatre de plus et sa proximité avec son cousin s'avérait flagrante. Pour elle qui collait constamment son aîné, passer à côté de cette relation entre eux était parfaitement impossible. Bien sûr, l'impact de celle-ci ne lui était pas clair et compréhensible pour elle qui s'évertuait à être vue comme un Fer-né depuis son plus jeune âge. Lorsqu'ils passèrent un nouveau cap, cela ne changea strictement rien pour elle, son attachement pour la jeune femme était déjà développé et voir son cousin seul était devenu rare. L'un n'était pas dissociable de l'autre. Elle tenait à elle presque autant que son cousin, la seule différence était entretenue par le sexe de Gabriel qui la poussait à vouloir constamment le défier. Mais la féminité perceptible chez sa compagne avait quelque chose d'attirant même si elle se refusait de l'avouer. Sans oublier que leur amour ne la laissait pas indifférente, la rendant heureuse par procuration. Leur mariage fut un événement somptueux, une concrétisation inévitable. Dans l'intimité, sans chichi, sans fioritures inutiles. Une cérémonie emprunte simplement d'amour. Qu'elle soit partie si vite par la suite... C'était parfaitement injuste. La souffrance qui en avait découlé l'avait alors bien plus rapprochée de son cousin qu'auparavant. Du moins, dans la confidence, engageant pour la première fois une relation d'aveux sentimentaux, souhaitant partager la douleur qui irradiait l'esprit du concerné.

Suite à cela, tout deux avait commencé à être de plus en plus ouvert l'un envers l'autre. Dans l'intimité, jamais en public. Il avait dépassé le rôle de modèle, du type de Fer-né qu'elle souhaitait devenir. Il était bien plus que cela et ça n'avait alors jamais changé. Au fond, aucun secret ne s'était insinué entre eux depuis lors. Des moments ensemble ils en avaient passé un nombre incalculable. Il était celui qui l'avait accompagné dans son cheminement pour devenir digne de sa peuplade, il l'avait soutenue durant tous ses choix, aidé autant qu'il lui était possible, et elle lui devait beaucoup, c'était parfaitement ancré dans son esprit. Elle ne pouvait le nier et ne souhaitait clairement pas que ce soit le cas. Cependant, depuis peu, cette relation avait subi une cassure inexpliquée. Peut-être en avait-elle été l'instigatrice en ne révélant pas ce qu'il s'était passé entre son ami de coeur et elle-même. Elle n'en savait rien. Mais la colère injustifiée de son cousin n'avait rien arrangé. Cependant, cela n'arrivait pas à ternir complètement l'envie qu'elle ressentait de le revoir. Elle appréhendait plus ses réactions et que le sujet vienne sur le tapis. Mais elle aurait donné beaucoup de chose pour pouvoir en parler posément avec lui et pouvoir obtenir des réponses, tout en faisant de cet événement un sujet tabou en même temps. Elle devait reconnaître que son cousin ne lui avait jamais parlé de ses conquêtes, d'ailleurs y en avait-il après Ernestine ? Peut-être...peut-être pas. Et lui en aurait-il lui aussi parler si ouvertement ? Cela faisait beaucoup de questionnement pour des faits dont la réalité n'était nullement acquise. Peut-être que c'était tout bonnement un sujet qu'ils ne pouvaient pas aborder l'un avec l'autre.

"Arkha t'endors là ! "

La voix si rugueuse et peu musicale d'un Fer-né, un autre marin, de la Veuve Salée, lui rappela sans ménagement que cela faisait un moment qu'elle était perdue dans ses pensées.

"C'bon ! Occupe toi d'tes fesses ! "

"J'vais m'occuper d'tiennes s'tu continues !"

"Essaye pour voir !"

L'amour entre Fer-nés et particulièrement entre marins était quelque chose qu'elle avait appris à apprécier. Au vu de son caractère, faire face à nombreuses critiques et jugements inadéquats l'avait poussée à développer le même genre d'humour. Désormais, la Veuve Salée et ses occupants étaient comme une seconde famille, même si sa place était encore à déterminer. Observant le boutre, un souvenir lui revint qu'avant d'être capitaine de la Jouvencelle, son cousin de coeur se trouvait lui aussi sur ce bâtiment. En réalité, le choix de la Veuve Salée n'était pas anodin et n'était pas sans lien avec Gabriel. De base, l'idée même de se retrouver avec Sargon et lui la remplissait d'une fierté sans nom. Elle se souvenait aisément du nombre de fois qu'elle avait tenté de monter sur le boutre en cachette, plus jeune, et que finalement ce dernier lui avait permis sans quémander l'autorisation du capitaine. Mais une autre histoire, dont elle n'avait compris les conséquences si déplorables que lors du rassemblement, avait éloigné Gabriel de la Veuve Salée à tout jamais, brisant en partie une partie de son rêve de se retrouver avec lui et son cousin de sang sur le même boutre. Encore maintenant, elle tentait de comprendre pourquoi un tel fossé s'était creusé entre eux deux. Mais jamais une réponse claire ne lui était parvenue. Elle ne savait pas si elle en aurait une d'ailleurs un jour. Concrètement, son idée était de pouvoir un jour les rabibocher, mais vu les représailles conséquentes au rassemblement, elle doutait que cela soit réellement possible. Encore un fantasme contrecarré par la réalité dont elle ne mesurait guère l'impact. L'île de Harloi était désormais de plus en plus visible et bientôt le boutre trouverait contact avec le sol rocheux leur permettant de déposer pied sur terre. L'idée d'aller trouver directement Gabriel était salvatrice et porteuse de bien plus de réconfort que l'idée de rentrer à Kenning devant supporter les nouveaux reproches de sa tendre génitrice. Ainsi, une fois les pieds au sol, ses tâches effectuées en tant que marin, elle se mit en route vers Dix-Tours.

Ce chemin qu'elle avait parcouru des dizaines et des dizaines de fois pouvait être réalisé même dans le noir le plus complet. Au vu de l'heure, c'était quasiment le cas. La routine de cette distance lui était familière au point d'en ressentir un contentement certain. Le lieu convoité ne tarda pas à laisser imaginer son ébauche avant d'être totalement dessiné devant ses yeux. Lorsque ses pas la menèrent vers un territoire exigu mais où son comparse masculin devait forcément se trouver, une information fut rapportée par une dame de maison pour signaler qu'il avait quitté les lieux. Surprise d'abord mais de courte durée car jamais ne manquerait-il un de leur rendez vous. Un autre lieu, un seul, lui venait à l'esprit. Forcément un endroit qu'elle connaissait, et où ils avaient l'habitude d'aller, les plages face à la mer. Ils étaient deux amoureux de la mer, ce choix n'était pas anodin pour de fervents Fer-nés comme eux. Quittant la demeure de pierre, elle emprunta le sillon engendré par leurs périples répétés plus que par le choix concret de dessiner ce chemin et l'obscurité ne l'empêcha guère de pouvoir déterminer la silhouette massive de son cousin. S'approchant de lui, ses pas trouvèrent échos dans les pierres annonçant son arrivée imminente auprès de ce dernier. Le sourire qui lui fut adressé ne fut que partiellement perçu ne laissant guère présager les vestiges de réflexions du Fer-né en proie à nombreux tourments. Son sourire à elle prit des tournures en coin en entendant ses propos toujours si prompt à l'accueillir comme il se doit, accompagné de ce geste si affectueux qu'elle le laisse faire un peu plus longtemps qu'habituellement quand ils étaient seuls.

"J'suis plus une gamine, j'murmure plus au creux d'ton oreille .. Et j'suis pas une crevette." Cette phrase marquait la fin du profit dans sa crinière et d'un geste sans violence aucune elle dégagea la main en question avant de reprendre la parole "Et j'te signale qu'j'ai mis du temps parc'qu'monsieur voulait s'aérer ! C'ta faute évid'ment ! Petit coup dans l'épaule. " J'm'sens en forme tiens... Et j'vois qu't'as pris Astaroth... Ca annonce un écras'ment !"

Sourire en coin de nouveau avant qu'elle ne se détourne de lui pour se mettre à bonne distance. Les politesses de convenance n'avaient jamais lieu entre eux. Leurs retrouvailles se déroulaient comme s'ils ne s'étaient jamais quittés, comme si leurs conversations ne s'étaient jamais arrêtées. Sa main glissa dans son échine pour reprendre sa douce compagne qui vint siéger avec plus d'aisance dans sa main. Lors des entrainements, la lanière de cuir ne quittait guère le manche pour trôner en partie autour de son poignet, lui permettant ainsi de ne jamais être éloigné de sa lame au point de ne guère pouvoir la reprendre. Mais ici, c'était un combat en réalité truqué quoi qu'elle ne dise sur l'application de son cousin. Les risques étaient minimes et même si son arme venait à lui manquer, jamais sa vie ne serait perdue dans ce contexte. Lorsque Astaroth fut parée, la jeune FEr-née ne manqua pas de s'élancer pour entrechoquer le fer, ce fer si typique de leur contrée. Il était amusant de prendre conscience de l'origine similaire des deux armes en action. Toutes deux forgées par les mêmes mains de maître, celles là même qui s'étaient aventurées sur une terre de chair posant problème. Mais le moment n'était pas désigné pour les mots. Leur corps en cet instant parlaient pour eux, laissant le martellement se faire et épuiser leurs dernières forces. Attaquer, parer, attaquer de nouveau, esquiver mais très peu néanmoins, se forger." T'es mou ! Vas y !!" Provoquer. Que ses paroles soient vraies ou non, elle ne pouvait s'en empêcher voulant toujours qu'il se donne à fond, peu importe ce qu'elle risquait. Il n'était pas faux d'avouer qu'elle espérait toujours gagner, qu'elle estimait qu'elle en avait les moyens mais surtout la capacité. Son expérience l'avait endurcie et avait accru ses forces mais face à un Fer-né colossal comme son cousin, tout autre Fer-né aurait parié sur Gabriel. Le vent salée n'avait entraîné aucune érosion de sa motivation et de ses talents de persuasion. Même si ses fragilités ressortaient davantage avec son aîné, se permettre de les avouer sans raison n'était pas possible. Il fallait qu'elle soit à bout pour se permettre de se lover dans le confort que Gabriel pouvait lui offrir. Son humeur actuelle était bien plus joueuse, emprunte d'un besoin d'expier tout ce qui pourrait les rapprocher du sujet tabou, un épuisement physique salvateur à une tranquillité d'esprit. Les passes s'exécutèrent, une danse hargneuse, des successions de bruits saccadés. Combien de temps s'était écoulé avant qu'elle ne sente son bras baisser de régime ? Elle n'en avait pas la moindre idée, mais lorsque sa deuxième main vint constamment soutenir le poids de Traitresse avec la première, sa fatigue semblait alors pointer. Toisant Gabriel de son regard, sa respiration haletante l'obligea à retenir une nouvelle slave de coups. L'arme dans ses mains se rapprochaient lentement du sol, petit à petit, ses bras se montrant désavantagés par le temps. Mais cela ne l'empêcha guère de se ruer de nouveau. N'était ce pas mal la connaître de la penser se retenir face à la faiblesse ? Son cousin en connaissant un rayon sur son manque d'abandon. Néanmoins, le coup qui suivit émanant de son adversaire força sa main à lâcher sa jumelle suite à l'impact. Le désarmement ne l'empêcha pas de se ruer de nouveau et de sauter sur son cousin auquel elle s'accrocha de toute ses forces.

" Et là hein ! T'fais quoi ? Hein hein !"

Tactique souvent utilisée qui ne l'empêchait en réalité guère de perdre mais qui se trouvait toujours réalisé quand elle n'était plus capable d'user de sa comparse guerrière faute de forces diminuées. Tactique d'ailleurs qu'elle n'utilisait qu'avec lui et ce depuis toute petite.





Jamais le fracas de la mer n'atteint la roche

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Message Ven 22 Mar 2013 - 6:53

Il était heureux de la revoir. Réellement. Déjà parce qu’elle ne semblait pas lui en vouloir pour son attitude quelque peu troublée et vague de ces derniers jours, ou bien peut-être ne l’avait-elle tout simplement pas remarqué et donc relevé ? Il avait essayé de se montrer neutre durant le Rassemblement à Pyk, de ne manifester aucune animosité, aucun geste qui pourrait laisser croire que la relation entre les deux êtres auxquels ils tenaient le plus le dérangeait… Au final, il n’en avait fait que peu, très peu part à Arkha. C’était le maître des forges qui avait subit le plus grand de son courroux, fustigé et agressé parce qu’il était l’homme et, il s’en persuadait, le plus éminent responsable de l’affaire. De ce qu’il savait – et d’antan il croyait naïvement en savoir beaucoup – sa protégée n’avait jamais croisé la chair avec quiconque et préférait l’y remplacer par le fer, tranchant et frondeur. Depuis l’aube de sa vie jusqu’à maintenant elle avait manifesté une telle répulsion face à sa nature de femme qu’il trouvait invraisemblable qu’elle ait ainsi cédé à l’appel du plus vulgaire des stupres. Bien qu’il ait évidemment beaucoup de respect pour Lakdahr – dire qu’il l’adorait demeurait un euphémisme – il répugnait toute son attitude devant les femmes et préférait feindre d’ignorer toutes les miséreuses qui s’égaraient dans les forges, nombreuses et parfois rondement malmenées par tout le dantesque du titan. Ses lubies il les connaissait de loin et ne souhaitait pour rien au monde s’en approcher davantage, une sagesse que certains auraient dû observer – ils en avaient perdus quelques molaires. Bref. Que la belle ait finalement changé ses vues sur les relations unissant les hommes et les femmes était une chose, douloureuse à accepter pour une raison qu’il ne s’expliquait pas, mais c’était un choix qui était compréhensible… En revanche, en se fiant au récit que lui avait fait Lakdahr, qu’elle l’ait provoqué pour finalement s’offrir comme n’importe quelle gourgandine lui était insoutenable. Toutefois il se haïssait également d’y attacher autant d’importance… Cela ne le concernait pas, après tout. C’était leurs histoires. Leur bordel. Rien à voir avec lui. Et pourtant… Il n’y arrivait pas. Cela l’obsédait chaque jour un peu plus et une opaque frayeur lui dévorait les entrailles avec célérité… Il se sentait comme le petit garçon d’autrefois, qui s’accrochait aux jupons de sa braavosi de mère pour qu’elle ne l’oublie pas. Mais il ne fallait pas y penser, Arkha n’était pas Lanna…

Sa risette lui fut rendue par la jeune sirène qui ne tarda guère à répliquer avec sa fougue habituelle, preuve s’il en est que son attitude à elle n’avait pas changé à son égard. Comme il l’avait supposé Arkha voulait se mesurer à lui malgré l’effacement du soleil, et faire chanter sa nouvelle arme qu’ils n’avaient pas suffisamment eu l’occasion de baptiser ! Quelle que soit la teneur de ses idées il était fer-né et donc toujours partant pour confronter sa force, d’autant plus que les années passant le combat était de moins en moins déséquilibré face à Arkha. Par son poids et la puissance de son bras il conservait un avantage manifeste, mais la donzelle savait redoubler d’agilité pour le surprendre et marquer de signifiantes avancées. Sans mentir ni désir de la flatter impunément, il lui avait souvent dit qu’un jour elle serait de son niveau, si ce n’est meilleur, un jour. Et il le pensait sincèrement. Elle avait de la volonté, énormément de hargne tandis que lui, en plus de prendre de l’âge, aspirait à une vie plus établie. Aurait-il été moins bon guerrier avec Ernestine à son giron… ? Il en était intimement persuadé. Moins puissant, moins investi par les affres du combat, mais… Plus heureux. C’est ce qu’il croyait. Cela aurait-il été préférable, mieux, plus épanouissant pour l’homme qu’il était ? Il tentait de ne pas trop y penser car le ramenait aux plus noires années de son existence, à sa plus grande perte, son cuisant et mortifère échec… Le coup d’épaule le ramena à la réalité, et c’est avec une risette pleine de provocation qu’il accueillit les paroles de la terrible dryade. « Un écrasement ? Tu l’as dit ! J’vais tellement t’aplatir qu’tu vas perdre c’qui te reste de gras ! » Somme toute pas grand-chose, c’est qu’elle était frêle la plus-si jouvencelle !

Sans plus attendre le combat s’engagea entre les deux âmes, qui étaient plus que des amis mais qui pour l’heure s’incarnaient en de farouches adversaires. Le risque de blessures sérieuses était minime – on parlait plus ici de coupures, d’écorchures et d’hématomes, en somme la base de tout entrainement – bien que les coups étaient réellement portés. Seulement, Arkha comme Gabriel avaient suffisamment d’expérience pour arrêter leur lame avant de fendre le crâne de l’autre. Comme toujours la donzelle l’incita à frapper toujours plus fort, elle n’était pas du genre à se contenter de parer des coups volontairement amortis pour son propre bien, non, bien sûr que non ! Elle voulait que la menace d’être battue soit réelle, et provoquée dans toute sa violence originelle… C’était ainsi que se confrontaient les fer-nés, barbares qui s’amusaient en exécutant des danses du doigt et en pillant et ravageant des hameaux. « Mou ?! Tu t’es vu ?! Ma mère s’bat mieux qu’ça ! » Cortège de bravades plus innocentes qu’il ne paraissait, davantage destinées à se donner à fond qu’à heurter l’ego de l’autre. Indéniablement Arkha lui prouvait qu’elle était douée : lorsqu’elle était plus jeune elle reculait beaucoup plus, esquivait, roulait, évitait la confrontation la plus directe quand Astaroth brillait dans le firmament, prête à s’abattre avec la force d’un troupeau de buffles lancée dans une charge furieuse. Aujourd’hui elle parait la plupart de ses coups, même ceux qui menaçaient de l’enfoncer dans le sol. Elle avait bien grandi… Il regrettait parfois de ne plus être de la Veuve Salée puisqu’il se privait de la voir évoluer jour après jour… Les temps passés à naviguer à ses côtés avaient été heureux, il ne le niait jamais, mais son aversion devenue insoutenable pour Sargon avait eu raison de cette douce harmonie et le gardait bien d’y retourner. Il constatait tout de même régulièrement les progrès d’Arkha et était le premier à s’en ravir et la féliciter, du moins, quand ils étaient seuls. Il ne voulait pas heurter sa pudibonderie en louant ses talents guerriers en public… Il était fière de ce qu’elle devenait. A une exception près, mais ce n’était pas le moment d’y songer, même une seule seconde. Se laisser envahir par les émotions du combat, par l’adrénaline, se vider l’esprit et ne plus faire que vivre le ballet déchainé des armes qui fendaient l’air dans des sifflements et des grondements majestueux… Cependant à force de marteler comme la brute qu’il était, les bras de la belle paraissaient faiblir devant pareil assaut. Il détecta rapidement cette faille alléchante et d’un coup aussi sec que violent, il propulsa l’arme adverse dans le décor. Traîtresse voltigea dans les airs et s’écrasa lourdement, quelques mètres derrière Arkha, en explosant allégrement la caillasse qui lui avait servi d’amortisseur.

« Ah ah, j’ai gagné ! s’exclama-t-il un peu trop promptement et avec un sourire on ne peut plus victorieux agriché aux traits. Bon, t’acclames ton maître, à g’noux, puis on va bouff… Hé !! » Il aurait surement dû s’y préparer : Arkha n’était pas du genre à lâcher le morceau si facilement ! Alors que battre en retraite demeurait la solution la plus raisonnable elle venait de lui sauter sur le poil et s’agrippait à présent à lui comme une arapède, ou bien une moule sur son rocher – formidable comparaison dans un décor si marin. La surprise lui avait fait lâcher son arme ainsi Astaroth rejoignit-elle également le sol dans un bruit sourd et lourd, témoin de son poids. Désarmé ! Par réflexe l’une de ses mains vint en soutien sous la cuisse de la donzelle tandis que de l’autre, il lui tirait le bras pour la faire tomber… Sans grand succès. « Arkhaaaaaaaa… !! » Voilà des années qu’elle s’amusait à achever la plupart de leurs combats comme ceci et pourtant il ne savait toujours pas exactement comment réagir à cet élan. Toutefois cette lointaine réminiscence et cette position étonnante pour deux fer-nés parvinrent à lui ôter, pour au moins quelques minutes, les affres sombres qui occupaient son esprit. Tous ses doutes s’étaient estompés pour ne laisser qu’un rire puissant et libéré, qui résonna longuement et en écho au sein de cet environnement rocheux. « Mais lâââââcheeeee-moiiiii ! » A défaut d’une brillante idée, il se mit à tourner sur lui-même dans l’espoir de la faire lâcher prise… Mais il n’eut pas le temps de savoir si sa brillante idée avait ou non fonctionné : perdant l’équilibre après quelques secondes, il chuta dans le même bruit étouffé qu’Astaroth au milieu des galets, qui giclèrent de part et d’autres de son séant. Et il avait toujours Arkha contre lui, sur les genoux désormais. « …Mh. Quelle fin d’combat… Épique. Tu trouves pas ? Il pencha légèrement la tête sur le côté et reprit d’un ton plus espiègle. Si t’étais moins lourde, ça aurait marché comme technique… ! » Il ricana de bon cœur puis finalement la poussa gentiment pour à son tour se redresser sur ses guiboles. Il s’étira et toutes ses articulations s’égosillèrent de multiples craquements bientôt recouverts par sa voix grave et profonde. « Beau combat… ! Traîtresse est quasiment d’venue la suite de ton bras. Une risette pleine et entière ornementa ses dires. Tiens par contre, j’me d’mandais… Pourquoi tu l’as appelé comme ça, Traîtresse ? » Il se penchait rarement sur de telles considérations mais celle-ci lui était venue naturellement, issue d’un véritable intérêt pour la donzelle et ses choix de guerrière, car baptiser son arme n’était pas une étape négligeable bien au contraire – du moins à ses yeux.

Le fer-né guigna soudainement autour d’eux avec un air emplit de perplexité. « Déjà nuit… Ça a vachement duré notre histoire ! Viens, on s’rentre. » Effectivement durant leur passe d’armes l’air s’était considérablement rafraichi et le soleil avait fait ses adieux, laissant place à un ciel d’encre constellé d’astres scintillants. Il n’y avait guère de nuages et pour une raison peu agréable : le vent soufflait fort, un vent du Nord qui glaçait le sang. Mauvais signe pour les Capitaines qui devraient sans doute, par prudence, ne pas s’égarer dans une mer qui risquait de se déchaîner sous peu. Cela dit la nuit était longue et avec un peu de chance, il pourrait emmener Arkha sur la Jouvencelle… Il prit les devants et emprunta le chemin inverse pour rejoindre Dix-Tours, la fière forteresse de la famille Harloi dans laquelle il avait toujours vécu. Il ouvrit la pesante porte et laissa passer la jeune femme avant de refermer brusquement derrière eux pour ne pas glacer plus encore l’atmosphère naturellement humide de la demeure. Toutefois les serviteurs devaient sans doute avoir allumé plusieurs feux de cheminée car l’air était étonnamment chaleureux pour les Îles de Fer. « Fais quand même meilleur ici que dehors ! Bon, ça m’a donné faim tes p’tits coups de hache. Il glissa un sourire étonnamment espiègle. Amène ta carcasse petite, faut qu’tu manges si tu veux pouvoir tenir Traîtresse dans tes bras tout un combat ! » Il lui tapota l’épaule puis l’entraîna aux cuisines. Le repas du lord de maison et des siens étaient déjà terminés mais il y avait encore suffisamment de nourritures, de plats non terminés et encore tièdes qui n’attendaient qu’eux. Sans prendre la peine de s’attabler Gabriel appuya son imposante charpente contre le meuble après s’être servi une gargantuesque assiette – il n’avait pas non plus hésiter à rajouter des choses dans celle d’Arkha. Tandis qu’il s’attaquait à un os de mouton avec appétit, il en profita pour prendre des nouvelles de celle qu’il n’avait plus revu depuis le rassemblement du lord Ravage. « Comme t’as cherché la merde directement en débarquant – comme d’habitude hein, j’ai pas eu l’temps de te demander comment ça va. Et c’que tu deviens… Et t’as décidé c’que tu faisais pour le raid dans l’Nord ? » Cela faisait déjà beaucoup de questions, aussi garda-t-il le silence tout en l’observant de ses quartz étincelants.


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Arkha Kenning
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Message Dim 31 Mar 2013 - 21:09

Se rabaisser pour augmenter l'efficacité au combat était un jeu comme un autre mais régulièrement réitéré, surtout entre ces deux combattants, son cousin et elle-même, qui prenaient un malin plaisir à croiser du fer aussi souvent que possible. Sans cela, quoi qu'elle dise, Arkha n'aurait jamais pu acquérir la force qui était la sienne actuellement. Gabriel avait joué un rôle primordial dans son développement de Fer-née et ça quoi qu'on en dise, elle lui serait éternellement reconnaissante d'avoir cru en elle depuis son plus jeune âge. Leur lien était de toute façon profond et important aux yeux de la jeune femme et sans lui, elle ne serait pas grand chose. Cependant, et parce que justement elle voulait devenir en réalité une fierté pour cet instructeur improvisé, effectivement abandonner n'était guère dans ses cordes et même ses habitudes. Evidemment que se faire retirer Traitresse de sa main en imposait sur l'issue du combat si cela avait été un combat réel. Cependant, dans ces circonstances, elle aurait également délié la lanière de cuir autour du manche pour l'accrocher à son poignet afin de ne jamais être séparé de sa précieuse. Mais actuellement, c'était un entraînement donc les sécurités d'usage n'avaient pas été respectée et sa comparse guerrière se retrouvait bien trop loin pour qu'elle puisse s'en emparer et reprendre l'accumulation de coups comme précédemment. Mais entendre que son cher frère de coeur s'époumonait à se déclarer vainqueur n'était pas pour lui plaire et ce depuis son plus jeune âge, depuis ses débuts de désir de le dépasser et ses proclamations juvéniles de victoires tout à fait impossible. En réalité, c'était le cas actuellement encore mais elle refusait davantage de le reconnaître que dans sa jeunesse. Plus sa force augmentait plus elle était persuadée qu'elle arriverait à le battre... Ce qui n'était encore jamais arrivé, le nier ne servait à rien ! Surtout face à ce Etre qui était le seul avec qui elle était la plus sincère. Mais son côté le plus fantasque tentait désespérément de conserver cette idée pour pouvoir un jour se vanter réellement de l'avoir écrasé.... Même si ce n'était pas demain la vieille.

Toujours est-il qu'avec sa super tactique, elle arrivait toujours à le déstabiliser. Surtout qu'elle était sûre que cette dernière était particulièrement personnelle et jamais imitée par personne d'autre qu'elle. Tactique qui fonctionnait parfaitement bien puisqu'Astaroth ne siégeait désormais plus dans la main de son aîné ! Le désarmer était un très bon début, maintenant le tout était de restée accrochée ! Ses mains agrippèrent fermement ses bras pour les maintenir aussi serrés que possible, non dans le but de l'égorger mais bien de préserver sa prise, ce qui n'était guère aisé vu la force qui était en train de tirer sur son bras pour la faire lâcher. Néanmoins, sa persévérance était à tout épreuve et resserrant ses jambes elle comptait bien lui faire comprendre qu'il n'arriverait pas à se débarrasser d'elle de la sorte.

"T'pourras j'mais m'défaire d'là ! Quand j'veux j'suis plus collante qu'une pieuvre !! "

La position pouvait faire penser à cet énergumène marin. Quelques tentacules lui manquaient cependant n'étant dotée que de quatre membres, mais malgré tout elle s'en sortait bien pour rester ventousée à ce colosse familial. L'entendre rire était un pur plaisir mais ce n'était pas pour ça qu'elle changerait la donne actuelle. Ce petit jeu était un autre qui l'amusait encore beaucoup et qu'elle avait pratiqué régulièrement. L'âge aurait du la pousser à diminuer cette infanterie mais ce n'était pas du tout au gout de la concernée qui trouvait ce moyen de gagner parfaitement sournois et fonctionnel ! Elle dut cependant s'accrocher un peu plus en sentant la pression du au mouvement de rotation qui fut néanmoins de courte durée car peu de temps plus tard, ils se retrouvèrent au sol. Le choc qui en découla ne fut adressé qu'à son aîné parce que pour sa part, son arrière train se retrouva tout simplement amorti par les jambes de Gabriel qui avait touché sol contrairement à elle. Se redressant un peu pour le regarder, elle arbora un grand sourire qui laissait suggérer qu'elle était particulièrement fière de sa dernière attaque. Après tout, elle avait désarmé puis mis à terre son cousin, cela suffisait amplement à la combler et la rendre parfaitement sûre de sa victoire ! Elle ne put s'empêcher cependant de le frapper comme à son habitude en entendant parler de son poing et du fait qu'il considérait cette technique comme ratée. Tout en se laissant ensuite repousser pour reprendre place sur ses deux pieds, elle exprima le fond de sa pensée.

"T'leurres pas va ! Cette technique elle est parfaite : j't'ai désarmé et t'as l'cul par terre ! J'ai clair'ment gagné ouais ! Admire donc moi ça ! J'suis trop forte ! "

Laissant son acolyte Fer-né se relever, ses pas la menèrent vers sa beauté qui avait valsé plus loin. Se l'appropriant de nouveau pour la raccrocher à son échine, elle fit demi-tour pour retourner auprès de son cousin de coeur qui avait fait de même après quelques étirements. Les propos formulés la remplirent de contentement, non pas parce que cela prouvait qu'elle avait évolué mais bien davantage parce que celui qui venait de les exprimer était particulièrement sincère. Cela avait bien plus d'importance à ses yeux car de tout temps c'était celui qui connaissait le mieux ses capacités et qui pouvait le mieux juger de son évolution. Ainsi, s'il la félicitait, c'était qu'elle le méritait réellement et cela ne pouvait que lui faire plaisir.
"C'grâce à toi et tes combats ! " Bien sûr elle avait beaucoup travaillé de son côté et avait passé des journées entières à s'entraîner seule, mais le plus gros du travail avait été fait à deux et avec Gabriel. Même son père qui pouvait la comprendre et la soutenait ne la jugeait pas capable d'être l'équivalent d'un Fer-né et son frère ne la comprenait pas le moins du monde... Au fond, seuls ses cousins l'acceptaient comme elle le souhaitait au plus profond d'elle : l'un avait fait d'elle un marin, mais l'autre avait simplement fait d'elle ce qu'elle était et ce qu'elle avait toujours désiré être. La question cependant posée par son aîné la surprit et elle ne put s'empêcher d'exprimer ce sentiment.

"Quoi ?! J't'ai j'mais dit pourquoi j'l'avais appelée comme ça ? Tiens j'aurais pas cru. Enfin c'est vrai qu'à part se taper dessus ou moi m'extasier sur Astaroth, on discute pas vraiment d'pourquoi. Ca m'fait penser qu'j'sais même pas pourquoi t'l'as appelé comme ça non plus... C'est sûr'ment l'nom d'un gars balèze d'j'sais pas où j'imagine ? Enfin ... J'te l'dis et tu m'l'dis après ! " Elle décrocha Traitresse de son échine à nouveau et la montra à Gabriel pour formuler son explication "T'vois... C'pas un marteau, c'pas une hache. Elle fait pas partie d'une des catégories... Donc elle trahit l'une et l'autre. Sans compter que comme elle a deux côtés, si j't'en fous une avec l'côté tranchant, ç'veut pas dire qu'j'peux pas t'en mettre une aussi avec l'marteau... T'vois elle est sournoise, elle t'aura t'jours d'une façon ou d'une autre. C't une Traîtresse ! "

La façon don elle en parlait signifiait bien qu'elle était fière de son arme et du nom qu'elle portait. Ce n'était pas tellement de l'avoir trouvé qui la remplissait de joie car au fond, ses propos étaient formulés comme si l'arme elle-même avait choisi son nom et c'était présenté à elle de la sorte. Sa fierté, elle la tirait simplement de pouvoir porter un tel joyaux guerrier sur son échine. Son regard rempli d'étoiles fictives mais pourtant presque visibles lors de sa contemplation montrait bien comme Lakdahr avait fait une heureuse malgré son refus à créer une hache ou un marteau à part entière comme les deux colosses qu'elle admirait depuis sa plus tendre enfance. La remettant ensuite à sa place, elle écouta l'explication de son cousin avant que celui-ci ne fasse remarquer que le temps avant davantage encore filé "Ah ouais t'as raison ! " se contenta-t-elle de dire avant de le suivre pour retourner à Dix-Tours, à l'abri du rafraîchissement même si elle affectionnait particulièrement celui-ci qui avait tourmenté son épiderme depuis son plus jeune âge suite à ses péripéties diverses sur l'île, sans jamais prendre la peine de se vêtir en conséquence. Faut dire que sa mère avait tenté tant bien que mal de la conserver féminine ce qui avait fort peu marché excepté dans la conception génétique du physique. Entrant dans la demeure, l'air se fit directement plus doux signifiant que cette dernière avait eu le temps de chauffer et annonçait effectivement l'heure tardive de leur retour. Cela suggérait fort qu'elle passerait la nuit ici plutôt que d'arpenter encore l'île pour retourner à Kenning, cela l'arrangeait fort bien il fallait avouer. Elle prit directement la mouche à ses propos comme à son habitude, surtout vu le sourire qu'il lui adressait.

"T'parles ! Z'étaient pas p'tits mes coups ho ! Et puis t'façon j'ai la dalle ! J'suis v'nue pratiqu'ment direct'ment après avoir quitté la Veuve Salée, j'ai encore rien mangé."

Elle le suivit par conséquent avec plaisir pour pouvoir se sustenter avec lui. Se servant à la suite elle émit une objection à ce qui lui rajoute des denrées alimentaires sans pour autant les enlever, pour être sincère. Comme d'habitude, elle prenait cet acte pour un défi qu'elle comptait bien relever. Ne pas manger n'était clairement pas dans ses habitudes pour dire vrai... Sauter des repas parce qu'elle était entrain de s'entraîner ou d'être en mer était possible, mais normalement constituée et n'ayant aucune préoccupations féminines en rapport avec un quelconque poids, la privation n'était jamais appliquée. Contrairement à Gabriel, elle prit une chaise qu'elle plaça de façon à faire face à son cousin mais également à être assise face au dossier, dans une position que sa mère aurait totalement réfutée. Prenant elle aussi un morceau de viande dans lequel elle mordit avec avidité, quelques secondes durent s'écouler avant qu'elle ne puisse parler même si ce fut la bouche à moitié pleine.

"L'Raid ? Ouais... Nan j'sais pas trop encore... J'sais c'qu'compte faire l'Veuve Salée autre puisqu'elle participe pas." ses propos étaient ponctués de pauses le temps de machouiller ou d'avaler ce qui siégeait dans sa bouche. Bien sûr, après le rassemblement où elle avait vu l'atrocité que représentait la relation entre ses deux cousins, le nom de Sargon était totalement oblitéré de ses mots prononcés. Levant ses prunelles vers son interlocuteur elle continua ayant cette fois totalement avalé. "J'reconnais qu'ça me botterait bien d'être d'nouveau avec toi sur un boutre... Mais j'pas encore vraiment pris ma décision. C'pas facile de décider... " Et l'idée même de favoriser l'un ou l'autre cousin en réalité ne lui plaisait guère plus.

Elle garda un peu le silence tout en ayant repris une bouchée bien trop grosse pour être décemment mangée. Penser au Rassemblement était devenu quelque chose de pénible maintenant car impossible de le dissocier de la bataille familial qui avait eu lieu devant tous et de son comportement réprimandé par tous. Bref, rien pour être fière. Toujours est-il que d'autres questions avaient été posées donc elle en profita pour passer à autre chose une fois capable de parler à nouveau.

"S'non j'vais bien ! C'fait vach'ment longtemps en fait qu'on s'est pas vus... Franchement ça m'plaît pas quand on reste aussi longtemps sans s'frapper d'ssus. J'suis sûr que tu t'ramollis ! "

Un sourire en coin moqueur orna ses lippes alors qu'au fond c'était sa façon de lui dire qu'il lui avait réellement manqué. C'était toujours celui qu'elle avait le plus envie de revoir une fois ses pieds à terre. C'était même la seule raison pour laquelle elle pouvait concéder quitter son boutre. Enfin désormais, une autre raison aussi se trouvait dans la figure du second colosse des îles qui avaient été à deux reprises son partenaire d'ébats intimes et qu'elle comptait réitérer, et ce dernier se trouvait également sur la terre. Mais ce petit point resterait cependant dans ses pensées et non prononcé actuellement. Elle ne voulait pas s'énerver avec Gabriel qui la charriait déjà bien assez avec ça. Elle se leva et posa son assiette sur sa chaise afin d'aller chercher à boire pour les deux concernés ne se privant pas de prendre de l'alcool plutôt qu'une boisson quelconque et insipide. Elle les servit avant de lui apporter son verre et de cogner le sien contre celui trônant désormais dans la main de son aîné.

"A nous hein ! Alors et toi ? T'étais en mer aussi nan ? ". Sa question fut ponctuée d'une bonne gorgée avant de retrouver sa place sur sa chaise posant l'assiette entre ses jambes et le dossier reprenant également une autre bouchée bien conséquente. "Oh auw fwait j'dowrs awec twa cwette nwuit ! " arriva-t-elle difficilement à formuler la bouche pleine. Ce n'était pas une question mais une affirmation. Elle ne demandait jamais l'avis de Gabriel, elle s'incrustait point barre.




Jamais le fracas de la mer n'atteint la roche

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Gabriel
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Message Mer 3 Avr 2013 - 7:28

Elle ne manquait pas de culot la jeune bougresse à se proclamer ainsi victorieuse après que son arme lui ait échappé des doigts et voltigé dans les airs ! Il la reconnaissait bien là et fut très loin de s’offusquer d’une telle attitude, il était plutôt amusé par le tempérament pugnace et parfois espiègle de sa vis-à-vis. Toutefois son évidente tendresse envers elle ne le priva pas de lancer l’une des remarques bien senties qu’ils adoraient s’échanger depuis toujours, bataillant ainsi dans une véritable joute verbale après le combat à proprement dit, qui avait vu danser Traîtresse et Astaroth. Les fer-nés, querelleurs par nature, n’arrêtaient jamais de s’affronter et ce même le plus amicalement du monde… C’était là une de leur belle marque de fabrique, à ces êtres rongés par la mer et le sel. « Être une espèce de sangsue à ch’veux longs fait pas d’toi une ‘trop forte’, sale asticot ! C’est moi l’plus fort, c’est moi l’plus poilu, j’ai gagné et tu peux rien y faire tant qu’tu seras une Crevette ! » Toutes ces taquineries et boutades de bonne guerre ne l’empêchèrent toutefois pas de la complimenter ensuite avec sincérité sur ses progrès. Il avait connu Arkha alors qu’elle n’était qu’une enfant, une petite fille téméraire mais en laquelle personne ne croyait, sans doute destinée à être mariée le plus tôt possible à un guerrier fer-né et à lui faire le plus de marmots possible… Elle avait toujours été belle, ce qui était un plus indéniable pour embrasser ce destin. Mais de cette vie-là Arkha n’en avait jamais voulu. Il n’était que son cousin mais à sa manière, sans doute bien maladroitement, il avait voulu l’aider à embrasser son rêve… Y était-il parvenu, ne serait qu’un peu ? A l’entendre dire qu’elle avait progressé aussi grâce à lui, il avait matière à le croire et en fut ravi, ému aussi, mais il ne pouvait avouer une telle chose face à quiconque.

Il est vrai qu’ils n’avaient jamais pris le temps de discuter de l’origine de leurs armes respectives, non pas que ce soit des questions secondaires, mais cela relevait d’un domaine intime et pour le moins particulier, qu’il n’était pas si aisé de partager avec n’importe qui… Entre eux il n’y avait pas matière à garder le secret, aussi il fit un signe de tête affirmatif lorsqu’elle lui demanda de lui relever également la signification du nom d’Astaroth. Pour l’heure il écouta avec attention ses explications et laissa un sourire étirer ses lèvres aux détails qu’elle lui donnait… Tout ceci avait été rondement pensé, la dryade n’avait pas choisi de baptiser sa chère et tendre à la légère. Elle avait tant désiré cette arme… C’était au final parfaitement compréhensible. « C’est plutôt bien trouvé, Traîtresse… J’te savais pas aussi penseuse ma ptite Arkha ! C’est qu’il t’aurait poussé un cerveau entre les deux oreilles pendant que j’avais l’dos tourné ? » Il ricana de bon cœur, léger et taquin, aucun nuage ne semblait obscurcir son ciel… Il fallait à présent rendre la pareille, et c’est enjoué qu’il démarra son court récit. « Mh en fait, c’est pas moi qui l’ai baptisé ! Astaroth j’y aurais jamais pensé, y a que lui pour l’faire, c’grand fou, c’est… Il se tut alors brutalement, comme réalisant soudain de qui il allait parler. Son frère de cœur émergeait régulièrement dans ses conversations, ils musardaient si souvent ensemble qu’il n’imaginait pas vivre sans lui… Pourtant, l’évoquer devant Arkha était douloureux. Il se sentait si idiot… Mais il ne pouvait pas s’empêcher de ressentir douloureusement la relation qui unissait à présent ces deux personnes qui lui étaient si chères. C’est Lakdahr. Moi j’ai appelé la sienne Dentesque et lui… Enfin, ça s’est fait comme ça, c’tout. » Il avait détourné ses prunelles de quartz du visage de la jeune femme, signe d’un profond trouble. Gabriel avait depuis toujours la fâcheuse habitude de fixer ses interlocuteurs, avec plus ou moins d’intensité. Le voir baisser les yeux était toujours mauvais signe…

Il secoua la tête pour chasser ses sombres pensées et se mit en route sans plus tarder pour rejoindre l’imposante forteresse de Dix-Tours. Il devait apprendre à se contrôler, même à son âge ce n’était au final pas si évident… Il avait le plus grand mal à chasser de son esprit ses terreurs, même les plus absurdes, dès lors qu’elles abordaient la sombre thématique de l’abandon. Heureusement les effluves de bonne nourriture encore bien chaude auraient tôt fait de lui changer les idées, de même que la bonhomie d’Arkha qui elle ne lui semblait pas du tout ombragée par les récents évènements, qu’ils soient du Rassemblement ou… Nocturnes. Là voilà qui se plaignait même et criait famine ! Il ne tarda guère à la harponner sur le sujet, tout en abattant sa lourde et amicale paluche sur son épaule qu’il tapota. « T’as rien mangé toi ? T’essaies d’perdre le gras qu’t’as pas ? Fais gaffe, t’auras jamais de muscles si tu t’empiffres pas un peu ! » C’est gaiement et avec une certaine allégresse à l’emploi qu’ils amoncelèrent le plus possible de nourriture dans les auges qui leur servaient d’assiette. Morceaux de tourtes, pain noir et autres ragoût de mouton avaient la place maîtresse dans la gamelle de Gabriel qui appuyait contre son meuble, éleva ses mirettes sur sa cousine assise juste en face de lui. Il fut surpris de constater qu’elle n’avait toujours pas choisi ce qu’elle ferait pour le raid sur le Nord… Il se souvenait distinctement de lui avoir proposé, après que Sargon ait dit ne pas vouloir s’y rendre, qu’elle pourrait se joindre à la Jouvencelle. Une impulsion du moment qu’il avait eu le temps de cogiter, et si ses sentiments étaient toujours les mêmes… Il avait mûri, et ne voulait pas impliquer Arkha dans cette dangereuse querelle. Il inspira une profonde bouffée puis avec précaution, il souffla. « …Je crois… Je crois que tu devrais rester avec lui. C’est ton cousin et ton Capitaine, après tout… J’aurais bien aimé qu’on fende la mer ensemble, ça fait longtemps, mais au final… C’est mieux si tu t’fâches pas avec lui. » Ces simples mots lui coûtaient, il prenait d’ailleurs soin de ne jamais prononcer le prénom de celui qui fut à une époque et en son cœur, son petit-frère. « T’as pas à prendre parti Arkha, j’te le demande pas. » Il avait toujours affronté Sargon seul… Car il ignorait encore que Lakdahr projetait d’œuvrer en son sens, jusqu’alors le forgeron s’était montré des plus neutres. Toujours seul pour confronter son propre frère… C’était d’une effroyable tristesse qu’une telle bataille existe.

Morose il repoussa son assiette encore pleine sur la table et tressaillit légèrement à la remarque, pourtant innocente, que venait de souffler Arkha. Oui, cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus… La faute était évidemment partagée, mais la remarque acerbe sortit d’elle-même de ses lippes sans qu’il ne puisse l’empêcher. « Ouais… T’étais occupée, j’présume. » Le ton était soudain devenu froid, il faisait évidemment référence à son escapade avec Lakdahr. Ce dernier ne lui en avait révélé qu’une seule, ils n’avaient plus jamais abordé de nouveau le sujet ce qui lui avait laissé tout le loisir d’imaginer que l’exercice se répétait régulièrement… Ce seul songe le mettait dans un état étrange, quasiment nauséeux. Il empoigna de mauvaise grâce la choppe qu’elle leur avait servi et trinqua avec elle, un pâle sourire accroché à ses traits. Elle lui retourna la question et provoqua un faible grognement, c’était un point épineux mais il avait confiance en elle et lui livra donc sans hésitation ses inquiétudes. « En mer ? Pas beaucoup. Pas assez. La Jouvencelle est obligée d’suivre la Veuve, la seule fois où j’ai tracé ma route… C’est un peu parti en couilles avec lui. Lakdahr a dû nous séparer… Comme d’habitude. Le raid pour l’Nord, ce s’ra la deuxième fois que j’file sans lui d’mander son avis. Mais c’est tout c’qu’il mérite, j’le respecte pas. Plus du tout. J’aimerais l’avoir jamais connu. » Il avait toujours tendance à s’emporter quand il était question du Harloi, c’était devenu quasiment maladif. Il n’avait absolument plus à accepter l’autorité de Sargon, il avait beau être celui qui avait acheté la Jouvencelle il n’avait aux yeux de Gabriel plus aucun droit sur elle. Qu’importe l’or, Sargon ne méritait tout simplement pas d’être Capitaine, encore moins de le diriger. Il expira un profond soupir qu’il noya dans la bière, reposant ensuite sa pinte dans un claquement sonore tandis qu’il poursuivait d’un ton plus ferme. « J’sais pas si je garderai longtemps la Jouvencelle dans ces conditions… Mais j’préfère ça qu’être son chien. Il lui jeta un coup d’œil, et parut soudainement embarrassé. Mh… Désolé, j’devrais pas te parler de ça. T’as pas à m’écouter dire d’la merde, ou à prendre parti… Ca finira comme ça finira, sûrement mal. » C’était l’évidence même, tous s’accordaient à le dire, même les principaux concernés par l’algarade.

Changer de sujet demeurait encore la meilleure option pour ne pas impliquer la donzelle plus que de raison dans cette obscure lutte fraternelle, aussi s’intéressa-t-il de plus prêt à cette demande qui n’en était pas une… Arkha avait le chic pour s’inviter, mais le gros ours qu’il était n’allait pas se faire rouler aussi facilement par une ersatz de barbare ! « Et puis t’es trop grande pour dormir avec moi, t’vas encore piquer toute la couverture ! Et t’as les jambes qui piquent ! » Il laissa échapper un rire et fit tourner sa pinte entre ses paluches, amusé par la faculté qu’elle avait à si facilement détendre l’atmosphère. Il était à la fois heureux et troublé de leur présente relation, lui qui avait pensé que tout changerait entre eux… Etait-ce une illusion ? Faisaient-ils semblants de faire comme si de rien n’était ? Ou bien… ? Il ne savait plus. « Puis… J’pensais pas que tu voudrais continuer à agir comme ça avec moi, maint’nant… J’comprends plus vraiment c’qui se passe, à vrai dire. » Il frotta sa barbe d’un air préoccupé, la respiration trouble et les yeux dans le vague… Lui cacher ce qu’il ressentait au plus profond de lui… Il n’y arrivait décidemment pas… « J’crois que j’espérais que rien n’change… C’était plus rassurant comme ça. Que tout soit comme avant… » Il songeait à Ernestine qu’il avait tant aimé. A son petit frère qu’il avait adoré et protégé de tout son âme. A sa mère qu’il avait tant essayé d’impressionner. A ce frère de cœur qu’il ne quittait jamais. A cette petite fille brune et espiègle, qu’il portait sur ses épaules le long de la mer… Il pensait à tout ceci et à mesure que le bonheur de ces jours heureux devenait un agglomérat de souvenirs, il se sentait si dépossédé… Tout ça, c’était avant. Tout ça, ça se perdait. « Je voulais juste qu’on reste tous ensemble… » Il baissa lentement la tête, la gorge serrée. Pourquoi les larmes s’accumulaient-elles ainsi au bord de ses yeux, comme autant de perles prêtes à dévaler ses joues ? C’était ridicule… Il devait lui faire honte, à réagir ainsi. « Bah. M’écoute pas. J’me fais atroc’ment vieux. » D’un geste rageur du bras il effaça l’eau qui menaçait de s’échapper de son regard, tout en priant silencieusement pour que la belle n’ait rien remarqué. Que devait-elle penser de lui au juste… ? Surement pas grand-chose… La plupart des fer-nés se seraient moqués, ils auraient sans doute eu raison, qu’est-ce que c’était que cette attitude de guerrier incapable d’avancer sans jeter d’énamourés regards en arrière ? Toutefois il avait toujours été différent sur ce point… ‘Sentimental’, disait Lakdahr. Et par tous les dieux, il avait fichtrement raison. Il prit encore une fois une profonde, très profonde inspiration et enfin, il tourna la tête pour plonger dans les yeux sombres et intenses de la jeune femme. Et finalement, il osa. « …Ouais. Dors avec moi c’te nuit. » Parce qu’il avait tout simplement besoin de savoir qu’elle était toujours là, même si c’était bête, même si elle trouvait cela ridicule… Juste comme avant, quand Ernestine plaisantait encore en disant qu’elle était leur ‘petite ange’ et qu’elle pouvait dormir entre eux. Et si Arkha pestait face à ce surnom elle finissait toujours par plonger dans ses rêves, toute lovée contre eux…


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Arkha Kenning
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Message Mer 3 Avr 2013 - 11:55

Arkha ne pouvait nier qu'au niveau de leurs boutades habituelles, Gabriel avait très souvent le dessus ! Que dire sur le fait qu'il était plus poilu ? Cet homme, ce colosse, faisait partie de ceux qu'elle considérait comme un vrai Fer-né type, bien bâti, extrêmement fort et extrêmement viril. Et à ça, malheureusement, elle ne pouvait guère imposer sa stature et son derme de femme féminine à souhait qui ne dégageait strictement rien de masculin à part son franc parlé qu'elle avait toujours eu et maintenant ces fins muscles sculptés qui se dessinaient à force de se battre et d'être un marin à plein temps. Un déplaisir donc certain à cette constatation qu'elle avait manifesté par un grognement et un marmonnement en n'arrivant simplement qu'à formuler ces quelques mots "Tricheur... Et j'suis pas une crevette ! ". Auprès d'un autre Fer-né, elle aurait relancé et surtout tenté d'avoir le dessus, mais avec Gabriel avec qui elle était les trois quart de son temps sincère, nier qu'il avait raison était quelque peu impossible. Mais cela faisait partie du jeu et lui en vouloir n'était pas du tout dans ses intentions. Cela lui permettait juste d'avoir un comportement enfantin boudeur pour quelques secondes avant que de toute façon les choses ne changent emmenées vers un autre sujet de conversation comme ils en avaient l'habitude. De toute façon, cet homme à ses côtés était bien trop important à ses yeux pour qu'elle ne souhaite s'en séparer suite à une quelconque raison futile et profondément ennuyeuse. Bien sûr, la différence depuis sa relation avec Lakdahr ne lui avait pas échappé, mais tant que les choses semblaient rester pareil, elle n'avait pas à se plaindre. Ainsi le sujet suivant concernant leur arme attira fortement son attention, de un parce que forcément qui disait arme, disait combat, disait donc habitudes typiquement Fer-née, mais ce fut la conséquence qui l'attira bien davantage se traduisant dans le comportement de son cousin de coeur.

Tout d'abord un coup fut bien sûr porté à l'idée même de l'étonnement par rapport à sa réflexion lui avouant ensuite que clairement elle l'emmerdait. "J't'en merde ! " souffla-t-elle avant d'écouter l'origine du nom de son marteau qu'elle affectionnait tant. Mais ce fut exactement également à ce moment là que le comportement changea. Bien sûr, et parce que bien que son espoir souhaitait ne pas parler de lui, connaître la raison de ce brusque silence n'était point difficile. Elle savait pertinemment de qui Gabriel voulait parler et elle en eut la confirmation quand finalement il arriva à prononcer son nom devant elle en avouant donc qu'il avait trouvé l'identité de son arme tout comme lui-même l'avait fait pour la fameuse Dentesque qu'elle avait pu contempler et tenter désespérément de porter ! Enfin un peu comme Astaroth qu'elle essayait de s'approprier régulièrement sans y parvenir. Leurs forces à tout deux dépassaient de très loin la sienne, bien qu'elle le niait très souvent ou du moins qu'elle avouait les égaler, dans son fort intérieur cette vérité était criante et plus qu'évidente. Cependant, et pour revenir à l'état actuel des choses, ses prunelles observèrent son cousin dont l'attitude ne lui plut guère. Pourquoi devait-il se sentir si embarrassé, si mal face à cet événement qui s'était déroulé entre elle et Lakdahr ! C'était son meilleur ami, son frère, son comparse, leur relation était tellement forte que plus d'une fois, petite, elle s'était permise de les observer sans savoir quoi faire, de les admirer l'un à côté de l'autre, de frapper Lakdahr parce qu'il monopolisait son Gabriel. Et puis maintenant que les choses avaient évoluées plutôt favorablement, sa réaction était totalement à l'encontre de ce qui paraissait logique. Mais la question vraiment, si jamais cela devait être une bonne chose, pourquoi n'avait-elle jamais osé le dire à Gabriel et pourquoi culpabilisait-elle encore autant ? Ce dernier point était totalement sans réponse et bien qu'elle tentait de comprendre, cela semblait en dehors de sa portée. Bien que le silence s'était imposé de lui-même entre les deux comparses, l'arrivée à Dix-Tours les rappela à l'ordre et restaura cette relation si habituelle, les renvoyant à leurs habitudes pour le plus grand plaisir d'Arkha. Ainsi les boutades reprirent de plus belles pour évaporer tout ce malaise passé qu'elle souhaitait si possible ne surtout pas réitérer !

"Si j'aurai des muscles ! J'en ai d'jà d'ailleurs ! Et puis j't'ai dit qu'j'avais pas eu l'temps, pas ma faute ! "

La conversation concernant Sargon n'était pas pour lui plaire. Bien sûr qu'elle ne voulait pas prendre parti, néanmoins, dans son coeur le choix avait été en réalité déjà fait. Prendre la mer avec Gabriel aurait été un plaisir sans limite. Mais Sargon représentait à ses yeux le plus haut tremplin, et il lui avait donné une chance inestimable de l'accepter sur la Veuve Salée alors qu'elle n'était encore rien... La peur même de le décevoir et de se faire jarter de l'équipage lui posait grandement dilemme. Ce genre de situation non plus lui plaisait pas ! Depuis le Rassemblement, ses yeux avaient constaté d'eux-même le gouffre si immense qui séparait ses cousins. Un gouffre qu'elle pensait pouvoir au fond refermer par quelques astuces mais que maintenant elle avait simplement l'impression de devoir franchir avec difficultés à chaque fois qu'elle allait vers l'un ou l'autre côté. Pourquoi en étaient-ils arrivés là ? Etait-ce vraiment possible pour des frères de se déchirer à ce point ? Savoir Sargon rancunier ne l'étonnait pas le moins du monde, mais pouvait-il ainsi se séparer d'une personne si importante depuis maintenant si longtemps simplement par rancune ? Mais, sans qu'elle s'en aperçoive, cette séparation avait entraîné un nouveau questionnement chez elle lors qu'elle s'était penchée seule sur le sujet : devrait-elle un jour ou l'autre choisir entre l'un des deux ? Et pire encore... Si deux frères aussi proches s'étaient séparés de la sorte, arriverait-il un jour où Gabriel n'arriverait plus à supporter sa relation avec Lakdahr et s'éloignerait-il d'elle de la même façon ? Cette dernière question était la plus horrible à supporter et avait été rapidement détrôné dans son esprit pour ne plus jamais la voir réapparaître. Mais le mal aise qu'elle avait senti était toujours ancré et latent, et bien que les prises de tête n'étaient pas dans sa nature, parfois cette peur venait à relancer le sujet qu'elle tentait vainement de renvoyer dans les abysses ténébreuses que chacun pouvait contenir.

La nourriture faisant cependant, tout ceci s'était envolé et elle avait avoué sans pudeur bien qu'avec des propos détournés qu'il lui avait particulièrement manqué. A cela s'était ponctué une phrase au ton froid qui ne lui avait pas échappé mais que jamais elle n'aurait cette fois-ci associé à Lakdahr. Surtout que sincèrement, ce n'était clairement pas de sa faute vu qu'elle avait toujours et de tout temps privilégié Gabriel une fois que ses pieds touchaient le sol, encore plus que sa propre famille de sang d'ailleurs. Et si effectivement, Lakdahr avait fait partie de son parcours, à nouveau, après le Rassemblement, c'était en partie parce que son cousin n'était pas disponible. Après, il fallait avouer que de base, elle allait voir Helya et sa rencontre avec le forgeron avait été totalement fortuite. Bien sûr, elle ne pourrait plus en dire autant pour les prochaines entrevues ayant clairement fait sous -entendre qu'ils se reverraient pour ces moments intimes, maintenant que les choses avaient été mises à plat. Mais en l'état actuel, jamais Lakdahr n'avait empiété sur le temps consacré à son cousin de coeur. Ainsi, avec son tempérament habituel, elle se permit de frapper Gabriel avant de s'exprimer.

"Hey ho ! C'est pas qu'de ma faute si on s'est pas vu ! C'est clair qu'j'étais beaucoup sur la Veuve mais quand j'rentrais t'étais pas forcément là ! T'sais bien qu'j'cherche t'jours à t'voir en premier ! Donc c'toi qu'étais occupé aussi ! "

Elle n'associa sa mauvaise humeur qu'à une expression de manque partagé de sa part qu'il exprimait de la sorte, ce qui n'avait donc toujours rien à voir avec le forgeron. Ecoutant la suite, la surprise la gagna car Gabriel n'avait jamais vraiment parlé comme ça de la Jouvencelle et de ses périples en mer. Bien sûr, elle le comprenait. Dépendre de la sorte de quelqu'un qu'on ne pouvait plus supporter devait être particulièrement pénible, mais être confrontée de nouveau à cette relation brisée la rendait parfaitement mal au final. Surement que Gabriel le remarqua puisqu'il s'excusa d'avoir parlé ainsi de son Capitaine qu'elle respectait énormément. Mais, quelque part dans son coeur, elle savait que Gabriel était plus honnête que Sargon... même si toujours elle défendrait ce dernier corps et âme. Mais Sargon était manipulateur et sournois, ce fait était connu. Mais elle ne pouvait lui attribuer d'autres intentions néfastes. Pour elle, ce n'était pas quelqu'un de mauvais mais bien quelqu'un de respectable et d'admirable. Lui aussi avait galéré avec sa taille, sans oublier son arme, son physique aussi, et pourtant c'était un chef de boutre qui savait ce qu'il faisait et qui s'en était admirablement bien sorti. Lui ressembler faisait partie de ses désirs même si bien sûr, elle était encore loin d'y arriver. Ainsi, entendre Gabriel parler de Sargon de la sorte tout comme quand Sargon osait parler de Gabriel... Elle avait cela en horreur.

"C'n'importe quoi c't'histoire ... J'prendrai jamais parti ! Et j'veux pas qu'ça finisse mal. Vous êtes mes cousins, toi t'm'as quasi élevée et lui c'mon Capitaine, j'veux pas choisir, j'vous veux t'les deux c'tout ! Et j'veux pas qu'ça finisse mal... "

Bien sûr cette pensée la renvoya au Rassemblement, à ce déchirement si ouvertement engendré. Celui lui avait clairement coupé l'appétit et elle se leva pour aller poser et repousser son assiette alors qu'elle prit une bonne gorgée du breuvage, le terminant et se resservant par la suite. Marmonner de nouveau que c'était n'importe quoi ne put être retenu de ses lèvres et ponctués par une nouvelle gorgée. Au moins, le changement de sujet l'envoya sur d'autres rives que celle obscure précédemment évoquée. Un nouveau lancé d'agressivité contrôlé et amusant pour détendre autant que possible l'atmosphère déplaisante qui s'était accumulée dans le dernier sujet.

"Hey ! C'pas vrai ! J'pique pas et j'prends pas toute la couverture ! C'pas mieux qu'toi qui m'écrases hein ! Espèc'd'gros balourd ! "

Elle qui pensait la situation reprendre les rails de la bonne humeur fut déçue et interloquée par la suite des propos. De quoi parlait-il ? Pourquoi ne voudrait-elle donc plus squatter son lit et le faire chier en le collant, lui montant dessus ou même le poussant du lit ? Depuis qu'elle était toute petite cette habitude avait été instaurée même si durant un temps, c'était davantage à trois qu'il dormait qu'eux deux, mais justement après la mort d'Ernestine, ce principe avait été rapidement gardé et surtout réitéré tellement de fois que se débarrasser de cette habitude c'était presque comme annoncer une cassure dans leur mode de fonctionnement "Mais qu'est c'tu racontes... " formula-t-elle entre deux réflexions à voix haute de Gabriel. Son regard resta fixe sur son faciès qui sembla émettre d'intenses émotions ce soir contrairement à d'habitude. Oh bien sûr ils avaient leurs moments révélations mais c'était toujours des moments secrets, cachés... rapides. Là, Gabriel semblait tourmenté depuis le début de leurs retrouvailles et bien que le premier sujet concernait Lakdahr, ici elle ne savait pas clairement ce qui lui arrivait. Mais le voir alors ainsi, troublé, prêt à pleurer lui serra tellement le coeur qu'elle se sentit perturbée. Bien qu'elle s'époumonait à vociférer qu'un Fer-né ça n'avait pas le droit d'émettre ses sentiments et que c'était bien pour ça que Gabriel était le seul à qui elle se confiait et encore toujours avec difficultés se pensant honteuse d'un tel comportement, alors que jamais il ne s'était moqué ni avait refusé de l'écouter, le voir ainsi lui faisant bien plus de mal qu'autre chose. Se moquer de lui ? Jamais. Les troubles de son cousin de coeur, particulièrement depuis la mort d'Ernestine, n'avaient cesse de se déferler en elle et l'envahir dans une empathie mais encore plus une sympathie si intense que ces douleurs devenaient siennes. Se moquer ou le remettre à sa place n'était pas son rôle, elle était celle qui écoutait et partageait car le monde des Fer-nés était froid et insensible à la douleur des siens. Sans Gabriel sa solitude aurait été le seul échos à ses douleurs, elle ne voulait pas qu'il en soit de même pour lui. Son regard ne pouvait se décrocher de lui et quand ses prunelles revinrent dans les siennes, son regard était bien plus brillant que celui qu'elle avait précédemment arboré. Elle ne pleurerait guère mais les prémisses avaient envahi ses yeux et lorsqu'il eut fini, après un regard alourdi, elle ne put que le frapper de toute ses forces sur son bras, comme elle en avait l'habitude mais peut-être avec plus de rage, plus de force qu'elle n'en avait l'habitude. Lui faire mal, elle ne savait pas si c'était vraiment possible mais pourtant elle le voulait.

"T'es trop con ! "furent ses premières paroles. Ce n'était pas une moquerie, ce n'était pas pour le blesser, mais c'était tout simplement ce qu'elle pensait dans ce moment de trouble partagé et de larmes contenues. Cependant le reste suivi rapidement "Comme si j't'avais d'mandé ton avis ! " Car il aurait pu dire ce qu'il voulait, elle dormait avec lui point final. Elle le regarda encore un moment avant de venir impulsivement le serrer dans ses bras en s'enfouissant un peu contre lui, comme elle l'avait fait enfant, comme elle l'avait fait plus grande, discrètement et rapidement. Elle ne s'éternisa d'ailleurs pas et se recula rapidement après cette étreinte feintée dans un resserrement de ses bras imposants pour faire croire qu'elle voulait le broyer. Technique habituelle qui camouflait juste un besoin de contact. Mais une fois reculée, les yeux toujours brillants elle le pointa du doigt pour bien signifier qu'elle allait reprendre sa tirade inachevée. "Si tu crois t'débarasser d'moi tu t'fais des idées !! Rien n'a changé ! J'vais t'jours te coller et t'battre et t'prendre la couverture ! Et si tu m'jettes j'reviendrai avec force pour t'démolir ! Et un jour t'verras, Astaroth s'ra à moi car j't'l'aurai volée et j'la f'rai mienne ! Ha ha ! T'fais moi l'malin hein !" Elle clôtura par une bonne rasade alcoolique avant de l'insulter une dernière fois "Crétin d'vieux !" en détournant les yeux. Car même si bien sûr tout ces propos avaient été formulés avec un caractère hautain, tout ceci avait été dit pour contrer la tristesse partagée et les émois à venir qu'ils ne pouvaient se permettre de laisser trop aller. Mais dans son coeur, rien n'avait jamais changé et permettre que Gabriel le pense était intolérable. Et quand elle se fut assez reprise, elle regarda de nouveau son cousin de coeur comme si elle allait lui en mettre une et elle revint vers lui et lui prit son verre qu'elle remplit avant de faire de même avec le sien à nouveau. "Maint'nant on boit et j'vais t'battre à plates coutures car t'vas finir à quatre pattes total'ment torché ! T'vas voir comme j'suis un vrai Fer-né ! "


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Jamais le fracas de la mer n'atteint la roche

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Gabriel
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Message Jeu 11 Avr 2013 - 4:20

Arkha paraissait opaque à toutes les allusions au titan des Îles qui germaient abusivement dans son esprit, et peut-être – sans doute ? – était-ce mieux ainsi. Aussi la jeune femme s’indigna-t-elle seulement de son reproche, objectant qu’elle était sur la Veuve Salée et que lui-même n’avait pas été davantage présent… Mais le fer-né ne l’écoutait que d’une moitié d’oreille, toutes ses pensées étaient redirigées ailleurs, bien loin de leur conciliabule à l’abri entre les murs de Dix-Tours. Il essayait de s’interroger le plus honnêtement possible sur le « pourquoi ». Pourquoi donc cette relation entre son meilleur ami et la femme qu’il appréciait le plus le gênait-il à ce point ? Pourquoi n’arrivait-il pas à passer outre malgré la succession des jours et des mots à ce sujet ? Il y avait bien sûr cette furieuse envie de la protéger, cet instinct naturel et incontrôlable qui faisait qu’il souhaitait la préserver de tout, aussi – et surtout ? – des appétits voraces et libidineux de son frère de cœur. Toutefois il n’y avait pas que ça… Dans cette configuration, une simple remontrance de la concernée aurait suffit à le remettre à sa place. C’était en réalité plus fort, plus intime, plus incompréhensible. Le simple fait que Arkha n’ait de son côté jamais abordé le sujet lui mettait la puce à l’oreille… Si tout était si « normal » et « simple », voire même « favorable », pourquoi ne lui en avait-elle jamais parlé ? Pourquoi est-ce qu’elle fuyait le sujet ? Si elle s’était allongée pour un continental ce serait déjà plus compréhensible… Mais ce n’était pas le cas, et Arkha se dérobait quand même. Il se sentait également agacé, peut-être même trahi par celle qui avait toujours et continuait à fuir sa féminité contre vents et marées. Il n’y avait pourtant pas plus grande expression de sa nature de femelle que de se mettre à quatre pattes et de tendre la croupe à un homme, homme qui n’était pas son mari. Avait-elle d’ailleurs songé aux conséquences ? Les femmes les plus farouches finissaient toujours par se marier, Helya Botley en était le plus parfait exemple, et alors que ferait Arkha, elle qui n’avait plus aucune virginité à offrir ? Finirait-elle seule, avec les flots pour seuls compagnons ? Comme lui… ? Non. Il ne voulait pas que cela devienne son destin, il ne voulait pas qu’elle vive ça… Pourtant il savait aussi que la donzelle ne l’écouterait pas, qu’elle n’entendrait pas ce genre de discours. Trop jeune peut-être pour songer à tout ceci, pour réaliser que fer-né ou non, viril ou non, il n’y avait rien de plus amer que de réaliser soudain sa solitude et sa vacuité… Pas de conjoint, pas d’enfant, rien a laissé derrière soi avant de se fondre aux eaux… Il se surprenait même à jalouser Lakdahr lorsqu’il apercevait la panse ronde et pulsant de vie de sa femme-sel, lui qui n’avait pas eu la chance de connaître ces émois-là… Et qui en toute probabilité, ne les connaitrait jamais. Le constat d’échec était total, et fut plus douloureux encore lorsqu’il lui fallut évoquer Sargon… Pourquoi personne n’était-il capable d’entendre que tout était fini, que c’était rompu, terminé, et que leur ultime contact serait de se transpercer le corps ? Il ne pouvait pas le dire à Arkha, mais il avait besoin qu’elle comprenne, il ne voulait pas qu’elle se fourvoie sur l’issue…

« Dis pas que c’est n’importe quoi ! C’est très sérieux. On s’dispute pas comme des gamins, et si tu crois qu’ça m’fait plaisir tu t’trompes ! » Un soupir lui avait arraché la gorge tandis qu’il claquait sa pinte contre le bois de la table. Non, ça ne lui faisait pas plaisir… Cela lui faisait même monstrueusement mal. « Et c’est bien là qu’on est pas égaux, lui et moi. Il en a rien à foutre de blesser, qu’on s’éloigne ou tout ça… La seule chose qui l’énerve, c’est que ça va pas dans l’sens qu’il avait prévu. Ça lui échappe. Sinon il s’en tape bien et tu l’sais… ou tu d’vrais le savoir. C’est pour ça que ça finira mal. » Et surtout pour lui. Sargon n’hésiterait pas à frapper… Lui avait hésité. A la danse du pouce, il le tenait. Il aurait pu lui faire perdre un doigt, peut-être même plus… Il aurait gagné, devant tout le monde. Mais il n’avait pas eu le courage, pas eu le cœur à le faire. Et Sargon l’avait vu, il l’avait bien compris. C’est pour ça que… « C’est foutu Arkha. C’est con, c’est triste, j’suis entièrement d’accord. Mais… C’est aussi… Comme ça, parfois, y a rien à faire. J’sais pas à qui est la faute, je sais pas si c’est vraiment la faute de quelqu’un… Mais tu nous as connu comme ça, et personne a jamais su me dire pourquoi Sargon a changé. Il m’en a voulu, d’un coup, alors que tout allait bien… Et ça a jamais pu s’arranger. Jamais. P’t’être bien qu’il m’en veut aussi d’être à Dix-Tours aujourd’hui alors que lui, sa mère l’avait trainé à Kenning… » Il éleva ses prunelles sur elle, prudemment. « Mais il rentrera tôt ou tard, avec le port juteux d’Helya sous l’bras, son oncle, notre oncle fera plus longtemps la fine bouche… » Est-ce qu’alors Sargon le chasserait de la forteresse ? Il n’en savait trop rien… C’était des conjectures qu’il voulait lointaines, de lui comme dans le temps. « Alors te fais pas d’illusions sur tout ça. »

Il était dans un état d’esprit si sombre qu’il était évident qu’il allait craquer, tôt ou tard, dans leur conversation ou dans une autre. S’il avait à choisir il préférait s’épancher contre l’épaule d’Arkha sur ces turpitudes-là, et encore, il n’était pas certain qu’elle soit capable d’entendre parler d’Elle. Il ne savait pas trop quel était son sentiment à son sujet, c’était il y a si longtemps, il devait être le seul à entacher encore tant d’importance à son souvenir… A vrai dire, il n’avait jamais su la laisser disparaitre. Et alors que les années l’estompait de sa mémoire contre son grés, il souffrait de devoir dire adieu aux plus beaux moments de sa vie… La perspective du vide était effrayante, il pensait être incapable de la surmonter, et les épiphénomènes qui parsemaient son existence comme les amours d’Arkha ou ses conflits avec Sargon devenaient des montagnes impossibles à gravir. Il se sentait si dépossédé et pathétique, il avait envie de hurler et d’égorger le premier venu – si seulement un continental avait la merveilleuse idée de pointer le bout de son nez ici… ! Et Arkha, Arkha, il sentait bien qu’à sa manière elle voulait le secourir ! Il la voyait bien ravaler les larmes qui voulaient poindre et se forcer à offrir son visage le plus volontaire, pour le soutenir, pour l’empêcher de tituber et de se vautrer dans son océan d’hésitations. Elle le frappait et l’insultait en ce sens, il en avait conscience, il ne le prenait pas mal. Il savait qu’elle était là, qu’elle ne partirait pas, qu’elle voulait effacer ce moment gênant pour revenir à leur entente merveilleuse et à laquelle il tenait tant… Mais tout n’était toujours pas si simple, on ne ballait pas les ombres d’un revers de manches railleur, on ne transforme pas les pleurs en sourire à coups d’alcool. Il était toujours le nez dans la merde. Le verre plein qu’elle lui collait dans les paluches ne fut pas suffisant pour l’occulter de son esprit, et il le serra si fort qu’il crût que le tout allait se briser entre ses phalanges. « Ne dis pas que rien a changé… Le dis pas ! Tout a changé bordel et tu l’sais ! C’est pas parce qu’on fait les mêmes trucs que tout l’reste part pas en couilles !! » Il avait crié. Pourquoi il avait crié ? Il était le premier à en être choqué. Un tremblement lui parcourut l’échine et il leva une main pour couvrir ses yeux. Quel con. « On pourra toujours faire semblant toute not’vie mais au fond… T’as grandi. T’as putain d’grandi Arkha, regarde-toi. T’es devenue une femme… Dis pas le contraire… Et elle, elle est morte. Et moi… J’suis vraiment con. J’suis vraiment très con. » Il prit une rasade, une très longue rasade de sa boisson, et quand le verre claqua contre le bois, il était vide de tout liquide d’ambre. « J’sais que tu veux pas m’en parler. Je sais pas trop pourquoi, par contre. Peut-être parce que tu sais toi aussi que… Ce sera plus pareil après. Mais si vraiment rien n’avait changé, tu serais venu nous le dire, à Ernestine et moi, et on en aurait parlé. On aurait parlé de Lakdahr. Parce que ça aurait été naturel et qu’on se cachait rien, ça nous s’rait même pas v’nu à l’esprit. » Il l’avait dit, il l’avait prononcé. Ce prénom qui lui tordait la gorge, Ernestine. « Tu l’as pas fait et moi… J’arrive pas à faire comme si je m’en foutais. J’y arrive vraiment pas ! C’est comme… Comme si finalement tout tenait plus d’bout, que tout était nouveau. Tout est en train de s’faire la malle, tout est en train de changer… Je sais pas si ce s’ra meilleur ou pire… Mais tout bouge. Tout bouge sauf moi. » Dans un monde meilleur, le dire, l’avouer et se l’avouer aurait été libérateur. Mais présentement… Il se sentait encore plus mal, incompréhensible, pénible et honteux. Que devait-elle penser de ce déballage ? Il repoussa son verre et s’écarta le plus possible de la jeune femme pour rejoindre la porte, et sortir d’ici le plus vite possible. Le chic pour tout foutre en l’air. Pauvre Arkha… Il l’avait vraiment gâté pour leurs retrouvailles. Il y avait de fortes chances pour qu’elle se tire à Kenning le plus vite possible désormais, loin de ce « cousin » des plus nauséeux.

Il ne s’en était pas rendu compte mais il avait presque couru jusqu’à la porte de la cuisine, prenant la fuite comme un pleutre face à la jeune femme et ses sentiments dévoilés. Il s’était précipité comme si sa vie en dépendait et ce pour monter à toute vitesse les escaliers menant aux chambres dont la sienne, qui n’avait pas bougé depuis des années. A côté de la couche le petit meuble branlant était toujours là, trôné dessus un écrin qui accueillait deux alliances, deux alliances enlacées et froides depuis longtemps. Il se débarrassa d’Astaroth d’un geste rageur et cette dernière chuta lourdement sur le sol, faisant craquer une des lattes de bois sous son poids. Il s’en voulut instantanément pour ce geste et se baissa pour la ramasser, ferme et puissante au creux de sa poigne, même dans ses pires moments de faiblesse… Arkha lui en voudrait certainement… Elle devait penser qu’il se mêlait de ce qui ne le regardait pas, que s’il n’arrivait pas à avancer c’était entièrement de sa faute, qu’il manquait de motivation, de courage, d’opiniâtreté, de tout ce qu’elle admirait tant chez Sargon… Elle aurait peut-être raison ? Manquait-il de fierté, d’abnégation ? Etait-ce parce qu’il était né sur ce caillou désolé, fils de femme-sel et des mers, qu’il n’avait pas le droit de flancher ? Tout ça était trop compliqué pour lui… Il ne pouvait espérer qu’Arkha l’aide. Il n’imaginait d’ailleurs pas une seconde qu’elle puisse gravir les quelques marches les séparant pour le rejoindre, pas après tout ça. Ce serait si égoïste de souhaiter une telle chose, un miracle pareil… Et pourtant, il se sentit ému en y songeant, galvanisé par un faible espoir. Debout à côté de son lit il ne réfléchissait plus vraiment à présent et, la tête basculée en arrière, il contemplait le plafond sinistre en se demandant encore une fois ce qu’il cherchait en agissant de la sorte… Rien sans doute. Le besoin de s’exprimer avait été le plus fort, et son cœur avait peut-être senti qu’Arkha était la seule capable de l’entendre dans cet émoi… « T’es vraiment con… »




Dernière édition par Gabriel le Mar 21 Mai 2013 - 17:37, édité 1 fois
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Arkha Kenning
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Message Jeu 11 Avr 2013 - 14:25

Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que leurs retrouvailles soient aussi négatives du début à la fin ? Et pourquoi Gabriel était-il aussi mal ? Car peu importe qu’il ait tort, qu’il ait le droit, qu’il l’exprime devant elle – car jamais elle n’aurait voulu qu’il garde ça pour lui -, tout ce qu’elle entendait, toute cette atmosphère, toute la dégradation de leur moment depuis maintenant plusieurs longues minutes, tout ça la faisait atrocement souffrir. Non pas uniquement parce qu’elle culpabilisait, mais simplement par empathie. Une empathie tellement poussée vu que c’était son cousin de cœur qu’elle ne pouvait décemment pas l’ignorer et faire comme si rien n’avait vraiment lieu. Bien sûr qu’elle ne voulait pas entendre qu’entre Sargon et lui c’était totalement fini et ça finirait mal ! Comment pouvait-elle entendre quelque chose de ce genre ? Comment pouvait-on supporter sans broncher le déchirement de deux êtres chers ? Les Fer-nés n’étaient pas réputés pour faire dans la dentelle. Une simple altercation pouvait prendre des proportions telles qu’ils en venaient toujours aux mains. OU du moins très souvent. Et même si on venait à perdre un doigt, généralement la rancœur pouvait suivre sans pour autant que ce soit systématique. Se battre s’était réglé ses comptes, même entre ceux de même races – voire surtout entre ceux de même races. Elle avait toujours connu ça, toujours vu ça, et depuis toujours elle voulait y participer, voulait se battre. Mais la réalité, quand ça prenait deux êtres avec une telle intensité de haine, c’était bien différent. Et peu importe qu’on soit Fer-né ou non, le ressenti était déplaisant. Limite valait-il mieux ne pas être Fer-né car régler les choses à l’amiable ça passait souvent par le combat. Alors si en plus l’adversaire était haï, ça pouvait très bien se traduire par la mort certaine du concerné… Et quoi qu’elle pense de Sargon, tout ce qu’elle pouvait admirer de lui, tout ça ne faisait pas le poids face à Gabriel. Si Gabriel décidait un jour de se battre sérieusement contre son cousin de sang, celui-ci viendrait tout simplement à mourir. Et bien que ce simple fait suffise à l’effrayer, quelque chose d’autre était particulièrement évident aussi : Elle était pratiquement sûre que Gabriel ne supporterait jamais cet acte. C’était bien pour ça que quelque part, elle se demandait s’il serait capable de se battre sérieusement avec Sargon. Et dans cette hypothèse, alors le retour des choses entrainerait que Gabriel soit le perdant…et peut-être donc celui qui viendrait à mourir. Et ça, jamais elle-même ne pourrait le supporter. La seule mort qu’elle avait eue, mort importante dans sa vie, c’était Ernestine. Et peu importe ce que pouvait penser Gabriel, elle n’avait pas mis de côté cet événement. Fréquemment, elle pouvait penser à elle et se remémorer les moments qu’ils avaient passé tous les trois. Mais le destin en avait décidé autrement et la mer avait rappelé à elle une personne de valeur pour leur plus grande tristesse.

Mais tout ceci était une chose, la suite fut bien différente de ce à quoi elle aurait pu s’attendre. Malgré sa tentative pour pouvoir avancer et continuer leur soirée en bons termes, peut-être même morts torchés tous les deux, capable juste de se tirer jusqu’à la chambre tels des ivrognes, Gabriel n’avait pas pu réprimer tout ce qi grondait encore en lui et tout ce qu’il voulait exprimer. Peut-être Arkha n’avait-elle pas cerné la profondeur de son mal-être actuel. Mais surtout, les propos qui lui étaient lancés en pleine face n’étaient clairement pas dénués de vérité. Bien sûr il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir que les choses lentement mais sûrement changeaient et que cela datait de sa relation avec Lakdahr. Relation purement sexuelle elle devait le reconnaître. Les conséquences n’étaient rien d’autres qu’un moment agréable échangé entre eux deux. Elle n’attendait rien de plus et il en était sûrement de même pour le forgeron qui batifolait à tout va et surtout avec une femme-sel en prime ce qui devait forcément en rajouter à ses occupations. LE fait qu’elle soit enceinte n’était pas encore parvenu à ses oreilles. Personne ne lui avait dit et peut-être que personne ne lui dirait. Mais dans l’état actuel des choses ça n’avait guère d’importance en réalité. Avoir une femme-sel était une fierté et d’une virilité sans limite pour un Fer-né. Qu’elle tombe enceinte était en soi un détail qui arrivait fréquemment. En attendant, chaque mot prononcé par son cousin de cœur suffisait à la transpercer. Tout d’abord avoir crié avait été choquant mais apparemment pas que pour elle, pour lui aussi. Ensuite le reste… Oui elle avait changé mais pas tant que ça… Et pourquoi lui rappeler si durement que son physique qu’elle détestait tant pour être celui d’une « femme » justement était la cause de la variation dans leur relation ? Pourquoi lui aussi devait-il le remarquer si aisément. Elle ne voulait pas de ce corps ! Elle voulait être un Fer-né, un homme. Et malgré tous ses désirs ce n’était pas possible, elle ne serait jamais un homme et pire encore, elle avait tous les attraits pour être une femme séduisante et attirante. Ne pas le savoir serait mentir à son reflet dans le miroir chaque matin. Pourtant elle ne prenait pas soin d’elle. Ses cheveux subissaient le vent de la mer constamment sans qu’elle daigne sans soucier, tout comme sa peau, ses mains qui manipulaient Traitresse sans même chercher à soigner les blessures éventuelles accumulées tout le long de son apprentissage mais également du maniement qui n’était pas encore parfait mais bien plus assuré. Sa poitrine qu’elle ne cherchait pas à montrer parce qu’elle était désormais clairement bien formée. Et pourtant, tout ce qu’elle détestait elle l’avait offert sans vergogne à un homme. Un fer-né. Un de ceux qu’elle admirait le plus et à qui elle avait toujours voulu ressembler. Le concepteur de sa jumelle belliqueuse. Celle dont elle était si fière et qui pourtant n’arrivait pas à la cheville d’Astaroth ni même de Dentesque. Elle avait fait tout son possible pour être un homme… Mais ce n’était pas réalisable. Mais dans sa globalité, car au fond, elle ne serait toujours qu’une femme avec les penchants qui y étaient associés.

Son regard n’était désormais plus fixé sur le faciès de son confident, parent, mais sur le meuble en bois près duquel elle était, près du quel elle se tenait, sur lequel siégeait sa main tenant toujours le verre qui était censé être bu et scellé une bonne fin de soirée. Parler d’Ernestine comme ça, comme si elle était encore là… Elle aurait préféré en cet instant qu’elle soit encore là ! Elle l’aurait comprise, elle aurait pu parler avec elle. Car cette relation touchait son côté féminin et c’était bien là qu’était tout le problème, c’était bien pour ça qu’elle n’arrivait pas à en parler à Gabriel. Celui qui avait toujours valorisé autant que possible son désir de pouvoir agir de la même façon qu’un Fer-né. Les derniers propos qu’il lança lui fit particulièrement mal. Non pas pour elle, mais plus pour Gabriel. Car la perte de la femme qu’il aimait tellement et le fait de se sentir ainsi seul sans la capacité de pouvoir clairement avancer, cela devait être particulièrement horrible à vivre. En réalité, elle n’avait jamais voulu lui imposer un tel ressenti. De toute manière, au fond, rien était vraiment programmé. LA première rencontre avec Lakdahr avait fini de manière totalement inattendue. Et la seconde fois, il n’était tout simplement pas censé croisé sa route… La suite serait totalement différente, elle en était consciente. Mais jusqu’à maintenant, rien avait été décidé et préétabli de façon à délaisser son cousin de cœur. Ses prunelles ne le regardèrent pas partir… Sa vue se sentait troublée et petit à petit devenait embrumée par les larmes qui revenaient à la charge. Pleurer n’était pas une solution, mais en réalité, elle ne s’était jamais autant disputée avec son cousin que depuis qu’elle avait couché avec le forgeron. Et sincèrement, être forte face aux autres était une chose, mais pouvoir supporter sans broncher ces querelles avec une, si pas la seule, personne la plus importante à ses yeux, c’était particulièrement rude. Donc deux petites perles ne purent lui échapper mais bien vite son bras vint les essuyer car elle avait horreur de ce genre de réaction qui n’était en rien acceptable. Bien sûr le contrôle de soi constant n’était pas possible, mais pleurer et attendre patiemment que les choses aillent mieux, ce n’était pas son genre. Combien de temps s’était écoulé entre le départ de Gabriel et le moment actuelle, elle n’en savait pas grand-chose : cinq minutes, vingt minutes ? Mais ce n’était pas important, car c’était déjà trop. Partir et laisser les choses ainsi ? Pas possible. Elle ne pouvait décemment pas clôturer leur soirée de cette façon. Au fond, elle avait aussi des choses à lui dire, des choses qu’elle ne pouvait pas laisser passer, des reproches qu’il n’avait pas à lui dire de cette façon… Ainsi, délaissant le verre qu’elle n’avait pas bu contrairement à son cousin, ses pas la menèrent au même endroit que lui, c’est-à-dire dans cette chambre où ils avaient passé tellement de temps ensemble. Elle hésita un instant avant de passer la porte… Debout près de son lit, il semblait si malheureux que sa gorge se noua instinctivement. Néanmoins, lorsqu’il reprit encore ses mêmes propos se traitant de con, elle ne put que confirmer de nouveau qu’elle pensait la même chose.
"J’te l’fais pas dire… "

Décrochant Traitresse de son échine, elle la posa non loin, adossée à un mur de la pièce, libérée d’un certain poids constamment présent et que sans elle se sentait presque à nu. Elle s’approcha alors de l’homme qui se tenait là. Ses yeux bien que brillants ne semblaient plus sur le point de craquer. Peut-être cela reviendrait-il mais pas dans l’immédiat. Il fallait qu’elle parle et elle ne tenait pas à le faire avec tellement d’émotions que finalement ça ne ressemblerait plus à rien. Son regard resta braqué un instant sur Gabriel, bien plus fort, bien plus grand qu’elle et qui pourtant en cet instant semblait si fragile qu’elle imaginait pouvoir le briser avec seulement un coup de Traitresse. Une image surprenante et triste à la fois. SA première réaction fut de le frapper. Mais contrairement au jeu évoqué précédemment pour lui remonter le moral, ici elle avait vraiment voulu le frapper. Après tout, il l’avait blessée qu’il s’en soit rendu compte ou non.

Ca, c’pour m’avoir traité d’femme. " elle le regarda un instant avant d’ajouter " Mais t’as raison. Peu importe mes souhaits, peu importe mes efforts, j’pas l’choix, j’suis faite comme ça. Et crois moi si j’avais pu être un homme, j’aurais tout donné pour changer ça ! " Elle fit ensuite quelques pas dans la pièce… elle avait besoin aussi de sentir l’évacuation de ses émotions. Après quelques secondes sa voix rempli de nouveau la pièce "Ensuite… Si Ernestine était encore là, c’s’rait pas à toi qu’j’aurais parlé d’Lak mais à elle ! Et t’sais pourquoi ? " Son regard se tourna à nouveau face à lui en le fixant clairement "Parc’qu’comment voulais-tu qu’j’avoue à celui qu’m’avait r’connu comme égal à lui-même, comme un Fer-né, qu’j’avais joué l’rôle d’une femme en écartant mes cuisses comme elles sont censées l’faire ? Parc’qu’peu importe c’qu’j’ai ressenti sur l’moment, qu’j’ai aimé, j’avais honte ! Voilà t’le sais maint’nant ! J’tais s’per honteuse d’t’avouer un truc comme ça ! J’m’suis t’jours battue pour qu’on arrête d’m’voir comme une femme qu’j’tais et toi t’m’as t’jours accompagné, t’m’as t’jours soutenue, alors ouais, j’arrivais pas à t’le dire ! J’savais pas comment l’dire ! Et ouais, moi aussi, oui moi aussi ! , à c’moment là, j’aurais voulu qu’Ernestine soit là ! "

Rare était les moments où elle exprimait le manque partagé de la disparition de cette fer-née si importante aux yeux de son cousin de cœur. Or, pourtant, elle n’était pas dénuée de sentiments à ce sujet. Elle aurait voulu l’avoir encore à ses côtés, elle aurait parlé de sa relation avec Lakdahr avec elle, elle lui aurait dit ce qu’elle en pensait, que c’était peut-être quelque chose de normal, au final ça serait peut-être venu aux oreilles de Gab, qui se serait sûrement énervé aussi mais qui aurait été recadré par Ernestine… Elle aurait aimé que ça se passe comme ça. Mais Ernestine n’était plus là, et Gabriel avait pris une place spéciale dans sa vie. Elle garda le silence un instant avant de reprendre les quelques pas nécessaire à ses besoins puis seulement elle ajouta, à mi-voix, comme un aveu. "Moi aussi j’voulais qu’rien n’change. " Car comme Gabriel l’avait avoué plus tôt, au fond de son cœur elle savait que parler de Lakdahr, avouer qu’elle s’était attachée à un autre homme peu importe la façon, aurait doucement fissuré le cocon privilégié que tous deux conservaient en réalité possessivement. Elle le regarda de nouveau avant de dire " R’garde nous, r’garde c’qu’ça donne d’puis qu’tu le sais… Chaque fois qu’on s’voit faut qu’on s’tape dessus ! Pourtant t’restes toujours toi ! Et moi j’suis t’jours moi ! Et j’ai t’jours b’soin qu’tu sois là et d’pouvoir t’coller et t’frapper et dormir avec toi ! C’vrai qu’j’grandis, c’vrai qu’j’suis p’t-être plus exactement comme l’gamine qui t’suivait aussi souvent qu’possible, mais j’veux pas t’perdre pour autant moi ! " Elle le regarda longuement avant de détourner le regard suite au flou qui embrumait de nouveau son regard. Elle ne savait pas comment le reste de la soirée allait se dérouler mais au moins elle avait dit ce qui la tiraillait et pour une fois elle avait été clairement sincère sans rien omettre de A à Z.




Jamais le fracas de la mer n'atteint la roche

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Gabriel
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Message Mer 22 Mai 2013 - 18:40

Réfugié dans le froid silence de son alcôve sépulcrale Gabriel n’attendait aucune visite, pas une main tendue ni même une altercation qui le confronterait aux abysses au milieu desquelles il se noyait peu à peu, et scrupuleusement. Creuser sa propre tombe, voilà un art qui était devenu sien avec les ans. Et qui l’épuisait considérablement, chaque jour un peu plus englouti par les eaux du désarroi il en oubliait qu’il n’était pas seul en ce monde. Sa si douce Ernestine qu’il avait aimé plus que quiconque, et chéri jusqu’à en perdre l’esprit, sa femme, sa reine, cette moitié qui le complétait et que la vie lui avait arraché sans plus de miséricorde. Elle qui adorait les histoires et les contes pour enfants, s’était tant plus à susurrer toutes ses fables au creux de l’oreille de la petite Arkha… A défaut d’avoir pu elle-même engendrée sa chair et son sang – cruauté à nouveau, que de l’avoir privé d’une descendance en plus de lui prendre son amour… N’y avait-il donc point de salut et de réconfort ? – Ernestine s’était comportée comme une seconde mère avec cette gosse que le quartzeux avait si vite pris sous son aile… Il se souvenait notamment d’un récit, qui avait à l’époque résonnait à son oreille comme un ramassis de balivernes et qui aujourd’hui, prenait un sens aussi poignant que fataliste, et insupportable. Elle se plaisait à raconter à la princesse de Kenning que chaque être était issu d’une roche brisée en deux à la naissance par les violents flots léchant sans cesse leurs îles. Devenu incomplet nous recherchions toute notre vie notre moitié perdue pour atteindre enfin la plénitude rêvée… Jeune et sot, Gabriel avait ri au nez des donzelles, incapable à l’époque de saisir à quel point son bonheur pouvait être fragile. Oui… Il avait bien longtemps lutté pour ne pas voir le mal qui rongeait son Ernestine et finirait par l’emporter. Et désormais éternellement amputé, condamné à errer sans pouvoir se scinder en un tout, il craignait en son cœur de perdre celle qui avait pansé cette plaie béante – sans peut-être même le savoir. Arkha lui avait tant apporté à sa manière, c’était son petit trésor, un symbole de l’amour qu’il avait partagé, la preuve que tout ceci n’avait pas été un rêve… Et que les années passant, il restait encore quelque chose de cette « famille » inhabituelle mais tant et désespérément chérie. Son esprit fissuré n’avait pas tout imaginé et falsifié ses souvenirs pour supporter l’épreuve de l’isolement. Non ! Tout ceci avait été réel… Mais n’était plus. Une profonde inspiration secoua toute la charpente du colosse dont les prunelles accrochèrent le petit meuble branlant et son précieux écrin… Une lueur affligée scintilla au fond de son regard, vacillante et blessée elle ne dura guère, elle-même incapable de retranscrire la tempête qui grondait au creux de sa poitrine. Qu’il était cruel d’être pris dans l’œil du tourbillon, piégé et incapable de se dégager, perdu et sans vision sur l’horizon, il ne savait pas ce qu’il allait faire, ce qu’il devait faire… Sans doute serait-il plus simple de laisser passer la nuit et quelques jours de silence, pour finalement reprendre le cours normal de leur existence… Attendre, juste attendre que la plaie se referme d’elle-même… Tactique fuyante avec ses risques de putrissure mais qui lui éviterait d’avoir à affronter de nouveau l’incompréhension, et le regard gorgé de perles qu’Arkha avait tant bien que mal contenu. Plus simple sur le moment, fatal peut-être si on se projetait plus loin, mais Gabriel était épuisé par cette lutte incessante et aspirait à retrouver le calme après la tempête, tempête dont il était à son grand regret la principale cause. Il n’avait pu s’en empêcher… Toutefois le repos ne serait pas pour tout de suite : les pas de la jeune femme résonnèrent dans l’escalier.

La fer-née ne manqua pas d’appuyer l’insulte qu’il s’était décerné, confirmant de fait les craintes qu’il nourrissait à leur égard. Il tenta de masquer ses émotions avec ce qui lui restait de dignité et souleva Astaroth jusqu’à son socle de marbre noir, seul meuble de qualité au cœur de la pièce très modeste. Il plaça la majestueuse avec soin et ne présenta ainsi que son échine à la donzelle appuyée contre le mur, mais une fois le marteau de guerre en place il n’eut d’autre choix que de se retourner et d’affronter Arkha… Qui ne manqua pas de lui signifier son mécontentement. Le coup donné fut encaissé dans un léger mouvement de recul et les yeux bas, il accepterait les baffes si elle considérait qu’il les méritait – lui ne savait plus vraiment, c’était indéniablement devenu un fardeau à porter. Pourtant il ne tenta pas d’ignorer ses dires et ce fit même attentif à ce qu’elle avait à lui dire… Prêt à endurer les pires reproches, il tomba des nues à ses sincères aveux. Ses yeux clairs s’écarquillèrent légèrement tout en épousant doucement le minois gracieux de la jeune femme, elle-même pas épargnée par les émotions. Il était bouleversé d’entendre qu’Ernestine tenait toujours une place dans son cœur à elle-aussi… Bien que les contradictions émergeaient dans son esprit et qu’il sentait que l’histoire n’était pas si claire – avait-elle réellement ‘honte’ de ce qui s’était passé, de s’être définitivement faite femme en acceptant l’étreinte d’un homme qui lui avait pris sa vertu ? Il n’en était pas certain… Néanmoins il se fit muet et guigna la mouvance agitée d’Arkha au travers la pièce… Elle avait voulu que rien ne change, mais c’est elle qui avait tout bouleversé, peut-être pas volontairement cela dit… Le fer-né déglutit et serra peu à peu les dents, crispant douloureusement sa mâchoire. Ses mirettes se fermèrent quelques secondes et il inspira une grande et libératrice bouffée d’air… Etrangement il se sentait désormais un peu plus léger. Non, ils ne seraient sans doute pas d’accord sur tous les points… Mais ils partageaient une douleur similaire et aussi, et surtout, l’un et l’autre ne voulaient se perdre à aucun prix. « Moi non plus je veux pas, va pas penser un truc comme ça… » Tout était avoué ou presque, et si intimement rien n’était vraiment résolu un poids s’était malgré tout envolé et le quartzeux se sentait… Moins pire. Pas plus épanoui ni rassuré, mais avoir partagé sa peine et obtenu un retour était déjà beaucoup, et suffisant pour empêcher l’effondrement. Une question subsistait toutefois, la réponse ne changerait diamétralement rien mais il avait quand même besoin d’entendre, de savoir… « T’as eu honte… Mais est-ce que ça va recommencer ? » Cela donnerait forcément un coup à sa vision masculine et purifiée d’Arkha, qu’elle se complaise dans les bras de Lakdahr ou d’un autre, mais il se contraindrait à ne pas la rejeter pour cela. Quels que soient ses sentiments, il ne pouvait être injuste avec elle…

D’un pas lourd et quelque peu traînant il s’approcha de sa couche et s’installa sur son bord, il leva la tête vers la silhouette fine mais résolument féminine de la guerrière et après une hésitation… Il tapota finalement sa main à côté de lui et une risette encore timorée s’étira sur ses lippes. « T’as grandi, c’est sûr… » Il la mira avec attention de haut en bas, comme s’il la découvrait pour la première fois… Et au bout de quelques secondes d’intense réflexion, il souffla d’un ton aussi naturel que taquin. « Où sont passés tes jolis petits pieds ? C’est quoi ces espèces de barques que t’as maintenant ? » Il ricana, soucieux de chasser les nuages qui avaient obscurcis jusqu’alors son humeur et certain que la jeune femme ne le prendrait pas mal, tout au plus userait-elle de ce prétexte pour le cogner d’un air boudeur. « Mais le plus important est resté… Ton caractère. » Il lui souriait puis dans un profond soupir il se laissa tomber en arrière, s’allongeant parmi les draps qui avaient été rapidement relevés pour dresser un lit présentable. Ses bras croisés derrière sa tête, son visage était légèrement soulevé et il eut donc tout le loisir de continuer à plonger dans les jolis yeux de la jeune femme. « Ouais, t’es aussi chiante que la terrible gamine que t’étais ! Tu veux pas me laisser faire la gueule, faut toujours que la têtue que t’es vienne me chercher… » Il poussa un soupir faussement désabusé – il était toujours bien plus aisé de dévoiler ses tendres sentiments en étant caustique, néanmoins il ne voulait pas qu’un doute subsiste aussi acheva-t-il sa tirade dans un murmure paisible. « Et j’ai beaucoup d’chance que tu sois là et comme ça. » Ses inquiétudes n’étaient pas entièrement dissipées et peut-être ne le seraient-elles jamais vraiment, toutefois, il avait la ferme conviction à présent qu’en plus de ne pas avoir l’intention de le « remplacer » – il le niait à lui-même mais au fond il n’ignorait pas qu’une part de jalousie dormait en son cœur – Arkha n’avait pas gardé le secret sur sa relation par dédain pour lui, mais par égard pour eux et sans doute crainte de le voir mal réagir. Sur ce point elle n’avait pas eu tord… Elle n’avait pas été témoin de l’aveu premier, de la bouche du coupable même… L’action avait été vengeresse et disproportionnée, c’est à coup de tout objet contondant à sa portée que Gabriel avait dilapidé son frère de cœur devenu pourfendeur d’une virginité défendue. Le titan avait eu sa dose de regards noirs mais la bouderie n’avait point duré, car malgré tout ce comportement… N’était pas bien différent de ce qu’il pouvait s’attendre de Lakdahr, bien différent de lui dans son rapport avec les femmes. En revanche l’attitude de la donzelle près de lui avait été un mystère… Et le restait d’ailleurs… Pourquoi « devenir femme » avec lui ? Bien sûr il était viril, il était une sorte de quintessence de fer-né dans son état brut… Mais il y en avait d’autres sur les Îles, les spécimens de leur espèce ne manquaient pas. Non, il ne comprenait pas, et n’était pas sûr d’un jour comprendre… Ou de le vouloir… Qu’importe. « Mais prends pas la grosse tête, sale gosse. » Profitant du fait qu’elle avait largement eu le temps de se rapprocher du lit, il s’étira vivement et l’attrapa pour la balancer en-dehors du matelas dans une brusque roulade. Oreillers et couettes de plume tombèrent alors sur la malheureuse éjectée sous les ricanements joueurs de Gabriel, qui la mira avec une terrible provocation. « Tu veux que j’aille te chercher un berceau pour c’soir Crevette ? J’vais avoir peur de t’écraser moi si tu restes près, t’es toute petite et maigre… »

L’heure de chahuter et d’épuiser ses dernières ressources d’énergie avant un long, réparateur et bienveillant sommeil, voilà tout ce dont ils avaient besoin pour balayer ce nécessaire mais douloureux moment que leur profonde amitié avait surmonté. Il y en aurait d’autres, Gabriel n’en doutait pas, mais celui-là restait majeur, un tournant dans leur relation et leur existence… Arkha était devenue une femme, et lui s’était mué en une figure plus paternelle que celle de grand-frère qu’il avait toujours arboré sans trop s’en rendre compte… Bonne ou mauvaise selon les perceptions de chacun, l’évolution se précipitait malgré tout et donnerait lieu à des sentiments et des situations pour beaucoup inédits, mais ils avanceraient, eux, les vivants… Les morts se devaient de rester dans leurs tombes et si les larmes pouvaient couler il était malsain de les laisser embuer toute une vie, tel que Gabriel avait souvent tendance à le faire. Contre cette faiblesse il avait toujours pu compter sur le soutien de ses amis… A une époque lointaine ils s’étaient mutuellement confiés avec Sargon, aujourd’hui Lakdahr et Arkha étaient présents, chacun à leur manière, pour l’empêcher de couler. Et lui ? Lui ne rêvait que d’en faire de même, d’être un soutien infaillible et utile… Il ignorait s’il apparaissait ainsi pour la donzelle, il l’espérait, car malgré ses défauts et sa possessivité entichée du passé, il l’aimait et n’aspirait qu’à son bonheur.


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Message Jeu 30 Mai 2013 - 15:37

Une telle conversation pouvait se révéler salvatrice comme elle pouvait également laisser ouverte des plaies dont on ne savait comment les refermer. La sincérité avait été de tout temps la meilleure forme de communication. Les mensonges et les non-dits, des fardeaux à porter qui ne faisaient qu'empirer les relations. Il n'y en avait jamais eu avec son cousin, leur sincérité réciproque était irréprochable, jusqu'à son écart féminin. Une différence qui semblait naturelle pour une femme mais qui prenaient des proportions totalement décalées entre les deux protagonistes. Ils avaient toujours été l'un et l'autre, pendant si longtemps depuis la disparition d'Ernestine. Un rapprochement intense et profond. Il est vrai que Gabriel partageait une autre relation encore plus poussée avec Lakdahr, mais la tournure de la sienne avec ce comparse de coeur n'avait pas la même signification sur son futur à elle. Femme elle l'était au plus profond de son être et cela l'avait poussée à agir comme telle face à un autre Fer-né alors qu'elle s'était toujours évertuée à être l'égal de Gabriel. Une prise de conscience tardive face au devoir de la révélation, qui n'avait jamais eu lieu et s'était déroulée au final de la manière la plus néfaste qui soit. Peut-être aurait-elle pu apaiser la douleur si elle avait su affronter la vérité en la dévoilant à son cousin de coeur. Mais il n'y avait rien eu de tel et une confrontation était née les amenant vers des méandres émotionnels négatifs. Cependant, cela avait pris une telle ampleur qu'en parler avait été le seul échappatoire. On pouvait au moins considérer que les conséquences ne pouvaient qu'être positives face à un tel événement. Il est vrai que certaines choses changeraient peut-être quoi qu'ils décident ou fassent, mais peut-être cela se ferait-il dans la délicatesse et sans souffrance. La honte avait été présente mais l'avoir révélée au concerné et l'avoir enfin exprimée l'avait elle aussi apaisée dans un certain côté. Une honte partagée car son côté "masculin" avait été souillé, mais la femme en elle avait clairement été honorée par cet acte barbare et instinctif que lui avait offert Lakdahr au point de se sentir l'envie de réitérer et que cela se concrétise. Elle en avait fait ouvertement la demande et cela risquait de la pousser vers un approfondissement régulier de cette relation. Et que Gabriel pose la question la faisait descendre vers une pente périlleuse dont elle ne savait pas encore si elle allait finir dans le précipice au bout ou si elle arriverait à se maintenir au bord sans crouler. Ils ne voulaient pas se perdre tout deux, mais leurs efforts seraient-ils suffisant pour surmonter ce état de fait ? Elle n'en avait pas la moindre idée mais elle comptait cependant arrêter de cacher la vérité. Et pour se faire, il fallait être sincère dès à présent.

"Ca...On l'a d'jà r'fait. Et c'possible qu'ça continue... "

Sa voix n'avait pas été assurée, le timbre légèrement bas. Cela aussi la poussait à se sentir honteuse de l'avouer. Et pourtant, elle ne pouvait nier son envie et le désir qu'elle entretenait pour Lakdahr, davantage émoustillé depuis leur dernière fois qui n'avait plus prise des tournures de surprise mais bien une demande explicite de sa part. Bien sûr, les détails n'étaient clairement pas obligés d'être formulés auprès de son cousin. Ernestine aurait pu l'écouter et comprendre son attirance, car sûrement partageraient-elles ce point de vue, vu son penchant pour Gabriel. Mais ce dernier pouvait-il le comprendre lui ? Elle n'en était pas convaincue. Aussi, quand elle le vit se rendre sur sa couche et s'y assoir d'un air dépité, sa réaction à elle était totalement incertaine, se sentant fautive mais à la fois résolue à arrêter les non-dits. Qu'il le prenne désormais mal, bien que cela la peinerait fortement, ne serait plus une raison valable. Attendant une réaction de sa part, elle patienta, ne sachant où se mettre et surtout quoi faire. Le quitter n'avait jamais été dans ses projets mais peut-être ne voudrait-il plus de sa compagnie ce soir... Elle espérait de tout coeur que ce ne soit pas le cas et lorsqu'enfin il tapota la place à ses côtés pour lui intimer de le rejoindre, elle ressentit un soulagement certain. Le quitter maintenant aurait entrainé un ressentiment particulièrement désagréable que rien n'aurait pu combler dans l'immédiat. Jamais auparavant ne s'étaient-ils séparés alors qu'ils avaient décidé de passer la soirée ensemble. Les circonstances étaient spéciales mais elle ne voulait pas que leurs habitudes changent, du moins explicitement. Le regard posé sur elle semblait différent, comme s'il l'observait réellement depuis longtemps. Contrairement à lui, elle avait changé physiquement. Une gamine était devenue une vraie Fer-née. Elle haïssait le terme "femme" la concernant, surtout que c'était ce dernier que sa mère usait et abusait pour lui rappeler sa condition et l'empêcher de rôder sur la mer comme un homme. Moins elle la voyait, mieux elle se portait. Mais désormais il est vrai que l'enfant s'était évaporé. Un sourire s'étira quand il reprit ses habitudes pour la chercher comme ils en avaient tellement l'habitude. Se lancer des pics étaient typiques des Fer-nés mais encore plus chez eux où leur tendresse et l'amour qu'ils se portaient l'un envers l'autre trouvait particulièrement ses marques set ses subtils détours à travers cette façon de fonctionner, typique des êtres des îles. Mais comme Gabriel l'avait prévu, elle ne se retint pas de lui faire gentiment payer en le poussant d'un coup d'épaule avant de la frapper un peu pour bien montrer que ses grandes barques et elle-même lui spécifiaient de la fermer. "N'emmerde pas mes pieds, toi..." Elle écouta cependant la suite qui se targua de parler de son caractère. Sa position changea et opta pour une clairement décontracté, bien différente de toute la tension qu'ils venaient d'accumuler en très peu de temps. Les propos conférés lui valurent un coup de pied dans le tibia, avant qu'elle ne se place à genou sur le lit pour se rapprocher de cette position couchée comptant bien répondre et quoi de mieux pour cela de prendre une position dominante en se hissant sur toute la hauteur. Car lui couché et elle surélevée sur ses genoux, il était aisé de déterminer lequel des hauts étaient en train de dominer l'autre de toute sa hauteur. Pour une fois qu'elle pouvait se permettre une telle chose, elle qui devait par tout temps relever la peine pour espérer même apercevoir son visage.

"Evidemment ! Et j'compte bien rester la plus chiante qui soit, méfie toi ! " Un amusement de pouvoir que la suite pourtant eut l'effet de l'adoucir considérablement. Un aveu touchant qu'elle ne pouvait ignorer et qui entraîna un sourire discret mais sincère "Idiot..." Une réponse habituelle face à des sentiments dévoilés. Elle avait toujours pris l'habitude de lui retourner de tels propos quand il venait à la toucher, un fait qu'il ne pouvait par conséquent pas prendre mal, étant rôdé à la signification qui se trouvait derrière un tel mot. "Evidemment qu'jsuis là... " Une façon de dire qu'elle ne comptait ni le laisser ni l'abandonner. Au fond, sa présence était tout aussi importante pour la jeune femme que lui ne semblait avoir besoin d'elle. Se passer de lui était totalement inconcevable et indésirable. Ce dernier profita largement de sa déstabilisation émotionnelle pour agir en traître et l'envoyer valser en dehors de la couche, ce à quoi elle aurait pu se préparer vu les derniers propos pour la remettre gentiment à sa place. Un coup vicieux, d'autant plus que les oreillers et la couette qui la rejoignirent n'arrangea pas son humeur vengeresse face à cet affront sournois ! Se tortillant pour sortir de cet amas, elle se saisit vivement d'un oreiller dans chaque main pour ne point hésiter à l'agresser explicitement en lui assenant des coups de plumes à la tête et sur le torse avant de se jeter sur lui pour l'immobiliser et continuant ensuite à bien le tabasser, ce qui risquait plus de le déranger que de lui faire réellement mal. "T'vas voir qui j'vais encastrer dans un berceau moi !!! "Une bataille qui dura un temps où tenter de le dominer ne fut pas aisé car elle resta bien évidemment une crevette en comparaison à l'homme massif qu'elle tentait de combattre. MAlgré le nombre de fois où elle se retrouva encore en dehors de la couche, à coup de persévérance et coup en traître également, elle finit par réussir pour en faire autant et mettre Gabriel par terre! Elle n'avait pas lésiné sur les efforts parce que le poids à éjecter était largement supérieur à tout ceux qu'elle pouvait porter ou même affronter de manière générale. Mais la victoire étant sienne, elle ne put que l'exprimer en se tenant aussi dressée que le plafond lui permettait sur le matelas, les bras en l'air en signe de victoire.

"AHA ! C'est qui qu'fait l'malin maint'nant ! Et l'est pour qui hein l'lit ! POUR MOI !!" Elle ne se fit pas prier pour s'étaler de tout son long, telle une étoile, dans l'entièreté de la couche. "Bonne nuit..." ricana-t-elle.

Rapidement cependant, avoir éjecté Gabriel en dehors du lit l'avait également envoyé sur l'édredon toujours au sol... Donc rapidement, même habituée au froid des îles, l'hiver arrivant l'empêcha d'apprécier l'absence de couverture... Elle s'approcha alors du bord pour se saisir de la couette et la tirer vers elle mais c'était bien évidemment peine perdue quand un tel colosse l'écrasait de tout son poids. "Donneuuuuuu ! " Ne put-elle exprimer d'une voix presque enfantine face à cette victoire qui finalement se résolvait par un échec suite à un mauvais calcul de trajectoire. Mais bon elle avait fait ce qu'elle avait pu surtout. Gabriel s'imposa donc naturellement de nouveau dans le lit feignant de l'écraser sans faire exprès ce qui lui valut un nouveau coup à l'épaule. Mais cet amusement ne les empêcha pas de retrouver leur marque pour finalement s'installer comme ils en avaient l'habitude dans une couche où ils avaient cohabité bien plus d'une fois. Pas loin de l'autre, emmitouflé en dessous d'une couette ayant repris sa place convenablement sur la couche, bien que triturée entre les deux êtres de taille différente. Le silence c'était imposé de lui-même au profit d'un sommeil à venir réparateur. Cependant, elle ne put s'empêcher face à tout ce qu'il s'était passé de rependre une dernière fois la parole. "Gab ?... T'sais... J'te promets d'être t'jours là pour toi. Comme t'l'as t'jours été pour moi durant toutes ces années." Une manière détournée de répondre qu'elle avait elle aussi la chance de l'avoir près d'elle. Et que quoi qu'il se passe, elle serait toujours à ses côtés. Cette pensée tendre lui permit de trouver le sommeil.

La nuit fut plus ou moins correcte malgré un changement de position plus régulier que d'habitude et finalement un réveil plus précoce. La veille lui avait peut-être attribué quelques désagréments intellectuels qui inconsciemment avaient persisté durant son sommeil. Néanmoins, elle traîna encore au lit observant un peu son cousin de coeur encore endormi. Jusqu'à quand pourraient-ils encore dormir comme ça innocemment l'un avec l'autre? L'espoir la poussait à obtenir une réponse en nombre d'années, mais elle ne pouvait se séparer d'un doute latent mais bien présent. Elle se devait cependant d'arrêter de se prendre la tête car ce n'était pas du tout dans ses habitudes et concrètement, ça faisait perdre son temps. Ainsi, lorsqu'elle estima que Gabriel commençait lentement mais sûrement à sortir un peu de son sommeil elle s'extirpa doucement du lit pour descendre aux cuisines dans un silence difficile mais aussi maintenu que possible. Ce n'était pas dans ses habitudes d'aller chercher le petit déjeuner car leurs matinées se traduisaient bien plus par des chicaneries et des chamailleries les poussant à traîner irrémédiablement et lascivement. Mais cette fois-ci, elle avait envie de lui faire plaisir et quoi que mieux que de se réveiller avec la nourriture qu'on aimait et l'absence de besoin de quitter la chaleur de la couverture ? Cela faisait bien longtemps qu'ils n'avaient plus déjeuner au lit et ce plaisir ne serait pas proscrit. Elle s'était réveillée plus tôt que lui et se quereller avait déjà été fait la veille, alors autant mettre à profit l'absence de fainéantise pour lui faire une surprise. Peut-être que cela ferait un peu oublier les déboires passés mais encore frais. Avec un plateau rempli, elle se rendit lentement à nouveau dans la chambre, beaucoup d'éléments étaient en équilibre précaire et ses prunelles restèrent bien fixées sur le plateau pour être sûre et certaine de ne pas commettre d'impairs. Poussant la porte de son échine, elle pénétra dans les lieux ou la mouvance effectuée par son compagnon de chambrée lui annonça qu'il était désormais bien réveillé.

"J't'interdis de m'parler jusqu'à ce qu'j'ai posé c'plateau !!"

Un ordre à respecter alors que des pas petits et contrôlés la firent avancer jusqu'à la couche. Plus d'une fois elle s'arrêta en chemin au vu d'un débordement en devenir. "M'aide pas !" avait-elle lâchée car elle ne voulait pas qu'il quitte le lit et il le devrait s'il venait à ses rescousses. Mais l'objectif fut alors atteint alors qu'elle posa très très lentement et délicatement le plateau sur les genoux de son cousin pour qu'il se débrouille et le pose lui même sur le matelas, lui permettant de revenir également s'y installer. Tout n'était pas intact... Quelques petites marres de liquide chaud se retrouvait par ci par là, mais de manière générale, le tout restait totalement comestible et agréable à voir. "Tada ! J'ai été nous chercher le p'tit dèj' comme ça on peut glander en mangeant ! " Son air et son sourire indiquaient clairement qu'elle était fière de son "cadeau" et de son idée et que le tout avait été fait dans le sincère souhait de faire plaisir à son cousin. "J'ai pris tout c'que j'ai pu ! T'as intérêt à avoir faim ! " Effectivement l'ustensile de transport était rempli autant que possible pour combler deux appétits dignes de Fer-nés affamés. Elle ne se fit d'ailleurs pas priée pour se saisir d'un pain encore chaud qu'elle fit valser d'une main à l'autre avant de ne pas tenir et de mordre goulument dedans. Mais mâcher fut largement impossible et ouvrant la bouche pleine elle tenta de faire disparaitre la chaleur qui s'était engouffrée aussi rapidement que sa bouchée. " 'haud ! 'haud ! " Que doit indiquer qu'il fallait faire attention si on ne voulait pas avoir l'air aussi ridicule que la concernée !




Jamais le fracas de la mer n'atteint la roche

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