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Un gibier décevant - An 208

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Seigneur Suzerain de l'Orage
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Lyonel Baratheon
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L'Orage Moqueur

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Message Mar 5 Fév 2013 - 19:57

Il en est de certains jours comme des personnes. Ils sont parfois pleins de surprises là où d'autres sont tout simplement mornes et sans saveur. Celui-ci faisait plutôt partie des premiers...

Ce jour là le soleil aurait presque pu briller dans le ciel mais il n'en était pas ainsi dans les Terres de l'Orage. Cependant et bien que le vent fut plutôt violent, les nuages n'avaient rien de menaçant. Pas de tempête à l'horizon et le lord de l'Orage avait décidé qu'aujourd'hui il chasserait. Il en fut ainsi et au matin, veneurs, chiens et cavaliers se mirent en route. On pouvait compter dans cette troupe quelques chevaliers que lord Baratheon appréciait et qui avaient accepté de l'accompagner. Ils avaient eu de la chance et les chiens avaient vite repéré une proie de belle taille, un sanglier robuste et batailleur. L'animal n'était pas prêt à céder facilement sa vie et la poursuite qui avait débuté n'était pas des plus aisées. L'endurance des hommes, des chevaux et des chiens était mise à rude épreuve et la bête était intelligente. La meute avait failli perdre sa trace lorsqu'elle avait traversé un ruisseau, réduisant la trace odorante à presque rien. Ils l'avaient retrouvée peu après mais ils avaient perdu du terrain sur le sanglier. L'animal effarouché avait même pris le temps de brouiller les pistes, revenant sur ses pas avant de partir dans une autre direction...

La poursuite durait depuis des heures déjà et nul ne savait qui de l'homme ou de l'animal allait prendre l'avantage. La bataille était serrée mais la meute n'avait pas dit son dernier mots. Les aboiements des chiens résonnaient dans la forêt alors qu'ils suivaient la trace odorante du sanglier. Ils gagnaient du terrain... Alors que l'issue de la chasse commençait à se préciser, les choses tournèrent court quand une partie de la meute se dirigea subitement vers une autre proie. Lyonel et ser Jon qui le suivait de près, n'entendirent d'abord que des aboiements soudainement plus frénétiques et vifs. Comme si la proie avait été capturée, pourtant il n'en était rien...
il fallut couper court à la poursuite lorsqu'un veneur surpris et paniqué se précipita à la rencontre du lord. Un braconnier, disait-il, que les chiens avaient repéré, exactement sur la trace du sanglier... Habitués à chasser uniquement un type d'animal, ils n'auraient pas du s'intéresser à un homme de passage... Seulement, celui ci -braconnier ou non- avait sans doute joué d'une certaine malchance pour se retrouver ainsi sur la route de la meute.

-Un braconnier ?
S'étonna le lord en arrêtant son cheval à hauteur du veneur vêtu de cuir.
-Oui, il... Nous l'avons empêché de s'enfuir ! Il est un peu plus loin...
-Bien... Allons voir ça... Fit-il, sceptique.

Quel genre de braconnier pouvait bien être assez incompétent pour se trouver sur le chemin d'une meute de chiens coureurs alors même qu'une chasse seigneuriale avait lieu ?

Ils rattrapèrent vite la tête de la meute. Cette fois, il était évident que la chasse était terminée et que le sanglier s'était enfui... Pas vraiment de quoi rendre le Baratheon de bonne humeur, en somme. Les veneurs étaient parvenu à maîtriser les chiens, évitant qu'ils ne s'acharnent sur le pauvre homme qui gisait à terre. Malheureusement, si les lévriers l'avaient relativement épargné, les hommes qui l'avaient sauvé de leurs mâchoires ne s'étaient pas montrés plus tendres envers lui. Ils avaient sans doute voulu s'assurer que le « braconnier » ne s'échappe pas... Le lord mis pied à terre et rompit le cercle d'hommes qui entourait leur prise du jour. Si tel était le gibier qu'ils allaient devoir ramener à Accalmie, il finirait plus certainement dans les geôles que dans les cuisines...

Et ce braconnier s'il en était un, n'en avait pas l'air...
Il ne portait sur lui que quelques frusques qui avaient fait leur temps et peut être même plus. Une vieille cape, tachée de boue et déchirée aux extrémités le cachait partiellement et son visage qu'il avait voulu protéger de ses mains était masqué par un ample capuchon. De l'homme on ne voyait donc pas grand chose mais il n'avait pas l'air d'être équipé pour la braconne... Tout au plus possédait-il une besace de cuir usée mais elle ne permettait certainement pas d'emporter le moindre lapin... Après cette très brève poursuite, les avant bras de l'homme s'ornaient maintenant de quelques belles morsures canines, venant ajouter de nouvelles déchirures sanglantes à la tenue déjà peu soignée de l'inconnu. Au moins n'avait-il pas l'odeur répugnante qui allait de pair avec sa mise. Peut être avait-il quelques notions de propreté malgré tout ?

-Un braconnier monseigneur. Cru bon de préciser l'un des chevaliers. Il fixait l'homme comme s'il s'agissait d'un meurtrier... Lyonel haussa les sourcils.
-Ha, vraiment ? Mais quel genre de braconnier se laisse attraper aussi facilement ? Je suis surpris...
-Tout porte à croire qu'il l'est... Il se trouve exactement sur la trace de l'animal que nous traquions et...
-Et qui s'est sans doute enfui depuis que nous sommes ici à discourir. Termina le Baratheon d'un ton sec.

Peu lui importait les suppositions du chevalier, ils n'auraient pas de gibier à ramener à Accalmie aujourd'hui et cette simple certitude avait tendance à l'irriter quelque peu. Surtout quand la cause de cet échec était liée à un bien malheureux hasard. Pour sûr, il ne s'en était fallut de peu, de quelques minutes tout au plus, pour que chiens et cavaliers passent sur les lieux de l'incident sans qu'ils ne croisent qui que ce soit. Cette espèce d'amertume devait s'être communiquée à ses hommes au vu de leur promptitude à juger leur homme à la piètre allure. Une sanction exemplaire ne manquerait pas de les soulager, au moins en partie, de leur déception. L'envie de céder à la facilité était plutôt forte mais Lyonel s'en abstint néanmoins. Il avait pris le temps d'examiner le prétendu criminel alors qu'ils parlaient et celui-ci n'avait l'air d'être prêt ni pour la chasse ni pour la levée de quelques collets que ce soit. Il ressemblait bien plus à un voyageur quelconque qu'à un hors-la-loi profitant des terres seigneuriales. S'il n'avait pas non plus l'air parfaitement innocent aux yeux du lord – un jugement sans doute légèrement biaisé à l'heure actuelle – il gardait le bénéfice du doute à son avantage.

-Relevez-vous, ordonna Lyonel à l'homme, et expliquez vous. Êtes-vous plutôt voyageur ou voleur ?


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Message Jeu 7 Fév 2013 - 21:12

En ce jour il n’y eut aucune aube rouge signe avant-coureur de batailles épiques où couleraient le sang de milliers d’hommes, pas plus qu’il n’y eut d’orage cataclysmique attestant de la naissance de quelque futur monarque conquérant qui saurait faire ployer le genou à des continents entiers ! Et il n’y eut non plus aucune apparition divine ou miracle venant témoigner de la volonté des Dieux anciens comme nouveaux. Non, en fait il n’y avait… rien. Juste une matinée ordinaire sur les Terres de l’Orage dont côtes et forêts étaient souvent balayées par les bourrasques venues du Détroit, à peine quelques nuages, un froid encore hivernal qui commençait petit à petit à fléchir face à l’arrivée prochaine du printemps. Et sous ce ciel gris tout ce qu’il y avait de plus banal, dans une forêt qui à bien des égards l’était elle aussi, se trouvait Elyas, le vagabond qui à cette heure ne se doutait en rien de la prestigieuse rencontre qui n’allait pas tarder à lui tomber sur le coin du museau.

A demi-affalé sur une souche, le conteur mâchouillait avec hargne un morceau de pain rassis qu’il promenait avec lui depuis une semaine. A en juger par la consistance de la victuaille le reste de miche devait finalement être à peu près aussi savoureux que les nombreuses racines formant le lit de végétation environnant, une punition plutôt qu’un repas, voilà de quoi il s’agissait. Mais si le vieil homme avait voulu confort et chaleur rassurante d’une cheminée il serait sagement resté à Goëville, cité de sa jeunesse, à exercer quelque métier aussi ennuyeux et sédentaire que boucher, tanneur ou, horreur des horreurs, boulanger. Encore que si le but premier d’Elyas avait été de nuire à son prochain –un effet secondaire récurrent de ses mises en scène- il aurait peut-être eut mieux fait de façonner pareille caillasse de mie et de croûte pour plomber les panses et déchausser les dents fragiles que de s’escrimer à user de sa voix et de ses talents d’acteur.

Il ne se plaignait pas, voilà tout. Amaigri, affaibli par le froid et les années, il n’en restait pas moins libre avec le luxe de pouvoir se rendre où le cœur lui en disait, et son cœur ainsi que ses vieux os l’encourageaient vivement à essayer d’imposer sa présence à Accalmie le temps que la saison se termine, oh que oui. Le vagabond y trouverait bien quelque noblillon amateur de contes ou à défaut un coin tranquille dans un recoin d’écurie, le chef-lieu de la région n’en restait après tout pas moins une relique des temps passés que l’on disait bâtie à l’aide de sortilèges oubliés. La forteresse n’avait pas le charme d’Harrenhal ni sa capacité à imposer le recueillement mais il fallait au moins lui concéder une architecture admirable, aussi Elyas avait choisi cette destination plutôt qu’une autre.

A le voir fixer les cieux de la sorte, d’improbables passants auraient presque pu le croire en pleine prière tant son regard ne déviait pas et que ses doigts s’entremêlaient après avoir fait regagné sa besace au quignon tant abhorré. Cela aurait bien entendu été une terrible erreur, l’ancien saltimbanque ne se livrait jamais à ce genre de dévotions. Oh il croyait, pour sûr, tout comme il craignait les divinités oubliées et connues, mais contrairement aux masses mortelles dont il partageait l’existence, Elyas savait pertinemment que de tels êtes n’avaient que faire de la dévotion de la vermine grouillant ici-bas. Ils lui préféraient de loin la peur qui ne faisait qu’accentuer leur pouvoir. Ainsi donc l’on pouvait résumer cette situation par une simple rêvasserie de la part de cette vieille carcasse usée et en capuche.
Malheureusement, ou heureusement, le temps le dirait, le relatif silence des bois fut brusquement annihilé par le martèlement de quatre pattes elles-mêmes rattachées à une grosse bête. Notant que le bruit se rapprochait à toute allure, le vagabond entreprit de se relever avec vigueur avant d’envisager l’escalade d’un arbre, quoi que ce soit il valait mieux éviter de se trouver sur son chemin lorsque cela arriverait. Quelques secondes plus tard un bosquet une dizaine de mètres plus loin frémit alors que ses branchages se voyaient bousculés par un animal grognant dont un bref aperçu informa Elyas qu’il s’agissait d’un sanglier n’ayant pas remarqué sa présence et poursuivant sa course. Parfait, au moins ne serait-il pas encorné aujourd’hui !

Encorné non, mais secoué certainement pensa-t-il alors qu’un cor de chasse se faisait entendre et qu’une meute de chiens de chasse arrivait de nulle part pour s’essayer au pistage de vagabond mal fortuné. Cette fois il ne prit pas la peine d’y réfléchir à deux fois et s’élança vers le premier arbre venu qui malheureusement s’avéra être un boulot sans branches basses et à l’écorce horriblement humide. Ne trouvant prise, il pédala un temps dans le vide et eut la désagréable sensation de plusieurs dents pointues mordant dans ses mollets et chevilles. Comme attendu le vieil homme chuta sur le dos et tenta de se débarrasser des agressifs bestiaux à coups de poings mais il n’y gagna que de nouvelles morsures.

Son salut, de court terme, vint des supposés propriétaires de ces chiens qui entreprirent tout d’abord d’écarter leurs familiers avant de… ah douce ironie, de rouer de coups Elyas. Ce dernier n’avait jamais été homme de violence –physique tout du moins-, préférant miser sur sa propre insignifiance et don de manipulation pour diriger les autres prédateurs vers d’autres proies. Mais pris au dépourvu de la sorte, sans la possibilité de caser une seule réplique bien sentie, il se résolut à se protéger visage et gorge des attaques de bottes et de genoux. Les hématomes pouvaient bien s’estomper, de même que les os cicatrisaient, mais les dents jamais ne repoussaient et sa voix lui était bien trop précieuse pour qu’il se risque à prendre un mauvais coup qui le rendrait aphone. Ce petit manège dura un temps, moment que l’ancien saltimbanque mit à profit pour essayer de deviner l’identité de ses agresseurs qui n’avaient rien de simples brigands. Il avait affaire à une partie de chasse, et quel qu’en fut le meneur ce serait à ce dernier qu’il faudrait faire bonne impression.

Comme une brève pause au plus fort d’une tempête le déchainement de violence à son encontre cessa, et une voix aussi seigneuriale que la mise de son propriétaire lui ordonna de se relever. Elyas ne se fit pas prier, lorgnant du côté de son interlocuteur il vit un colosse affichant un emblème si célèbre que l’incrédulité eut raison du vieillard l’espace d’un battement de cœur. Ce cerf ne trompait pas, ah les magnifiques circonstances savamment organisées par autrui le mettaient en si belle compagnie, certes pas avec le prologue rêvé mais l’improvisation comptait tout autant que le reste. Passant le revers de la main sur sa bouche, l’ancien saltimbanque entreprit de répondre :

« Je crains de n’être les deux à la fois, Monseigneur. Je parcours ces terres qui sont vôtres, ce qui suffit à faire de moi un voyageur, tout comme je me suis emparé avec aisance des coups de vos gens sans qu’ils s’en aperçoivent, ce qui je suppose suffit à faire de moi un voleur. »

Autour d’eux veneurs et hommes d’armes grognaient leur hostilité à ce mécréant qui les avait privés de leur mise à mort, certains armèrent même leur bras afin de reprendre la séance de pugilat mais s’abstinrent sans doute par respect pour leur seigneur. Ponctuant sa première intervention d’une légère courbette, Elyas poursuivit :

« Mes confuses pour votre chasse, Monseigneur, mais j’ai bien peur de ne pas honorer vos murs en y faisant trôner ma tête, pas plus que je n’ai offert repas satisfaisant à vos molosses. »

Il y ajouta un sourire triste et désarmant tandis que ses yeux osaient se teinter d’une lueur malicieuse.

« L’humble vermine que je suis se nomme Prat l’Ancien, Monseigneur, simple conteur de passage et je suppose gibier décevant de premier ordre. »
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Lyonel Baratheon
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Message Dim 17 Fév 2013 - 21:54

Si cette humble vermine comme se qualifiait Prat, était bien un conteur, il semblait au moins en avoir l'éloquence relative plutôt que l'apparence. Seulement la plupart des chasseurs présents n'étaient pas hommes à se laisser conter quelque histoire. Ils se fichaient bien de ce que ce Prat pouvait bien avoir à dire. Lyonel lui même se lassait bien vite des contes... Il avait toujours préféré l'action à l'attente et quelque part, il était presque décevant à ses yeux de rencontrer un simple conteur plutôt qu'un braconnier. Ainsi, aucun des hommes d'Accalmie n'avait la satisfaction de ramener un hors-la-loi pieds et poings liés jusqu'à la forteresse où il serait jugé après avoir croupi quelques temps dans les geôles locales.

Et ses paroles excédèrent certains des hommes de l'Orage Moqueur... Il s'en fallut de peu pour qu'ils ne reviennent molester le pauvre hère. Seulement, Lyonel avait décidé qu'il n'était coupable de rien mis à part s'être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Les chasseurs n'auraient pas la revanche qu'ils escomptaient et il leur faudrait trouver autre chose pour calmer leur colère. Certains tournaient déjà les talons. Il n'y avait plus rien à faire ici mieux valait aller dépenser quelques sous pour une bonne ale dans les villages alentours. Ce serait toujours plus utile que rester là, à regarder parler ce prétendu conteur.

D'autres n'avaient pas dit leur dernier mot et restaient là, fixant le vagabond d'un œil mauvais. L'un des veneurs les plus téméraire fit même mine de s'avancer administrer une nouvelle volée de coups à ''Prat'' mais le lord lui signifia d'un regard qu'il n'avait plutôt pas intérêt à agir de la sorte. Pour l'heure, il avait en avait vu assez de leur part. Le veneur grogna quelque chose qu'il ne comprit pas et fit volte face, rejoignant les quelques hommes qui avaient commencé à s'éloigner. Ceux qui restaient étaient principalement les chevaliers et les curieux qui voulaient savoir comment l'affaire allait se conclure. Quelques autres n'avaient pas décidé d'en rester là et continuaient à arguer sur la présence de l'importun roturier. S'il ne braconnait pas, ils étaient curieux de savoir ce qu'il pouvait bien faire dans ces bois. Nul doute qu'ils allaient tout faire pour avoir une réponse à ces quelques questions... Lyonel préféra anticiper leurs questions pressantes qui s'annonçaient.

-Ne vous excusez pas, commença-t-il. Derrière lui, les murmures diminuèrent alors que l'attention de tous se reportait sur la conversation. Vous n'avez rien à vous reprocher visiblement. Ce devrait être à nous de nous excuser pour ces quelques... Désagréments... Et c'était un euphémisme.

Seulement, ces mots ne plurent pas aux hommes de l'Orage et des murmures de protestation s'élevèrent. Ser Jon se permit d'interpeller le lord. Il estimait qu'il n'avait pas à donner d'excuses à cet homme. Il n'était pas responsable de sa présence ici ni même du comportement des chiens ! Lyonel le fit taire d'un regard. Il n'était pas de la meilleure humeur et que l'on discute la moindre de ses phrases avait tendance à ne rien arranger.

En vérité, ce Prat avait quelque chose qui déplaisait grandement à ses hommes. Outre son faciès ordinairement laid, un bon nombre des veneurs et chevaliers encore présents n'appréciaient pas vraiment sa façon de s'exprimer et le traitaient aisément d'insolent, d'impudent et même parfois pire pour les plus vulgaires d'entre eux. Lyonel s'efforçait de ne pas prêter attention à ces noms d'oiseaux qui s'envolaient un peu trop à son goût. Les jeux de mots et la tournure que prenaient les réponses du conteur n'étaient ni assez claires, ni assez humble, selon les chasseurs. Mais quoi qu'il réponde, les hommes d'Accalmie auraient toujours trouvé quelque chose à lui reprocher : Le roturier avait été désigné tacitement comme bouc émissaire, semblait-il...

-Voleur ? Mais il ne les a pas volé, ces coups et ces morsures ! Se vanta l'un des veneurs alors que Prat s'excusait. Il semblait fier de sa réplique...
-Alors il n'en est définitivement pas un. Trancha Lyonel, en se tournant vers le fanfaron, sur un ton qui n'autorisait nulle réponse. Celui-ci sembla surpris et ne pipa mot. Le lord se désintéressa de lui et en revint au voyageur. D'ailleurs, je m'excuse également pour cette mauvaise humeur ambiante, vous n'en avez pas tant mérité. Fit-il, baissant suffisamment la voix pour que les quelques protestataires ne puissent pas comprendre ce dont-il était question.

Mieux valait ne pas les écouter... Selon les chasseurs, Prat aurait du s'excuser bien plus que cela. Pour le temps et le gibier perdu, pour le mal qu'il leur avait donné lorsqu'ils avaient du retenir les chiens... Et sans doute même aurait-il du essayer de se faire pardonner pour ce que d'autres avaient braconné à sa place. Ces plaintes, Lyonel ne leur prêtait pas attention. Elles étaient empreintes de mauvaise foi et il en vint même à regretter que tout ceux qui savaient se montrer plus mesurés et qui écoutaient la voix de la raison soient déjà partis. Ne restait que les plus retors, ceux qui exigeaient à tout prix un dédommagement que l'on aurait pu qualifier de bien peu légitime...

Néanmoins, la question de la présence de l'importun conteur restait toujours en suspens. S'il n'était pas là pour voler quelque gibier seigneurial, il était bien loin des routes ordinaires. La Route Royale était à quelques lieues d'ici en direction de l'ouest et les seuls sentiers qui passaient dans ces bois étaient ceux utilisés par les chasseurs ou les braconniers... Les autres routes de la région étaient plus de simples chemins de terre utilisés par les habitants des villages voisins que de véritables routes... Ainsi, ils n'étaient que très rarement parcourus par les voyageurs qui leur préféraient évidemment les voies principales, mieux fréquentées et plus rapides à parcourir. Par ailleurs, Prat ne semblait pas avoir de lien quelconque avec la contrebande. Les routes et les cachettes utilisées par ces criminels là passaient de toute façon bien loin de ces lieux. Et ce mystère était propice à toutes les suppositions. Même s'ils n'en disaient rien, les veneurs étaient sûrement en train d'imaginer un nombre croissant de raisons à sa présence ici. Lyonel cru même entendre le mot ''meurtrier'', murmuré par l'un de ses hommes de fort mauvaise humeur. L'avait-il imaginé ? Peut-être, mais mieux valait rester prudent. S'il n'éclaircissait pas la situation de l'homme, il allait peut être finir accusé de tout les maux locaux...

-Et puis-je vous demander ce que vous faites en ces bois ? La route est loin d'ici mais vous n'avez pas l'air d'être perdu. C'est un itinéraire pour le moins... Original. Ces lieux ne sont pas très fréquentés. Fit-il, semblant tout de même dubitatif quant à la qualité de voyageurs du conteur.


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Message Mer 27 Fév 2013 - 21:00

Ah l’insolence, comme ce terme pouvait s’avérer utile à qui n’était pas fichu d’avoir une once de répartie. Il suffisait de prendre un air outré et de s’appuyer entièrement sur son statut pour dissimuler sa propre incompétence dans l’art de manier les mots, l’on donnait alors à meilleur que soi le rôle de l’impudent qui avait outrepassé ses droits. Mais voilà, de statut Elyas n’en avait jamais eu et il n’avait non plus jamais pris la peine de retenir sa langue –de faire attention à ses paroles pour retourner la situation à son avantage, oui, mais pas ça. Et en ce jour le vagabond n’avait certainement pas l’attention de se taire et de ramper devant de vulgaires hommes d’armes alors que leur propre seigneur se faisait bien plus tolérant, oh que non !

Et quelle tolérance d’ailleurs, des excuses, voilà ce que l’Orage Moqueur en personne lui offrait, lui le fils de rien qui s’usait les gencives sur du pain fossilisé ! Le guerrier reconnu, la crainte des jeunes chevaliers dans les tournois, pareil personnage sous-entendait clairement que le tort lui revenait à lui et à ses gens. Comme cela démontrait une grande retenue et capacité de réflexion ! Comme cela semblait faire de lui un dirigeant efficace ! Comme cela était décevant à sa manière.

Non pas que l’ancien saltimbanque se lamentait de ne pas avoir été rossé par le Suzerain de l’Orage, mais cette situation avait peut-être un rien trop de… facilité à son goût, il n’avait eu que quelques mots à formuler et déjà l’on n’envisageait plus de lui ouvrir la gorge –du moins pas aux yeux de tous- alors que quelques minutes plus tôt une horde de molosses s’escrimait à lui dépouiller les mollets. Mollets que par ailleurs Elyas pouvait sentir saigner sur ses jambes alors que les petites plaies parcourant sa peau ne cessaient de le démanger du fait de la saleté que les chiens devaient trimballer sur leurs dents, cependant il se refusait à rompre ses quelques effets mis en place en surjouant le malheureux meurtri dans sa chair.

Cela ne plut pas au reste de la partie de chasse non plus, l’un d’entre eux, un chevalier à n’en point douter par sa tenue et la confiance qu’il affichait, poussa les hauts cris en affirmant que pareille vermine ne méritait pas qu’on lui présente la moindre excuse. Si le temps le lui permettait Elyas nota mentalement qu’il lui faudrait se pencher davantage sur le cas du bougre en question, sans doute sa morne existence de paon manquait-elle d’un rien de tragédie qu’il se ferait un plaisir de lui offrir.

« Je n’en demande pas tant, Messire, je vivrai certainement un jour de plus et je pourrai conter qu’un vulgaire gueux a croisé le chemin de Lord Baratheon lui-même, un accomplissement en soi pour ceux de mon espèce. »

Se montrer plus plaisant que ceux qui montraient trop tôt les crocs, voilà comment l’on s’attirait la sympathie d’une tierce personne, et de l’affabilité l’ancien saltimbanque pouvait en simuler sur demande grâce à ce sourire simple de grand-père. Sa posture se faisait un rien voutée, comme il avait appris à le faire pour tromper sur sa fragilité, et ses mains se frottaient les revers pour offrir un rien de nervosité à qui se croyait capable de lire la gestuelle de son prochain. L’un de ses anciens tourmenteurs lui offrit un jeu de mots qu’il n’aurait lui-même pas employé pour divertir un nouveau-né avant d’être sèchement coupé par son seigneur qui une fois de plus tenta de faire amende honorable auprès du vagabond. Ce dernier répondit avec un murmure dont l’intonation le rendait aussi audible qu’une formulation classique :

« Vous m’honorez par votre bonté, Monseigneur, mais je comprends leur déception d’avoir perdu la trace de leur proie, nous autres qui ne partageons pas sang si noble que le vôtre avons tendance à placer tous nos espoirs dans des motivations simples. Tandis que vous savez sans le moindre doute relativiser, vous qui avez une Couronne à gouverner. »

Parmi les veneurs certains n’apprécièrent pas d’être assimilés à l’individu qu’ils méprisaient et auraient passé à tabac jusqu’à ce que mort s’en suive si personne ne les avait arrêtés, et c’était tant mieux. L’insulte avait été délibérément placée dans ses paroles sans qu’il soit pour autant possible de la nier en bloc car cela reviendrait à se prétendre l’égal du propriétaire d’Accalmie en personne. Aussi n’y eut-il que de nouveaux regards assassins qui rebondirent sans guère de dommage sur la carcasse d’Elyas alors qu’il inclinait modestement la tête à l’attention de Lord Lyonel. Qu’ils le haïssent donc, ceux-là, s’il se rendait bel et bien à leur château pour passer l’hiver ce serait auprès des petites gens sans armes qu’il s’installerait, pas dans leur froide caserne.

La curiosité et sans doute l’envie de clore l’incident fit que le noble en armure lui demanda finalement la raison de sa présence dans cette partie de la forêt alors que la route royale n’était pas si éloignée de l’endroit où ils se trouvaient. Le vagabond se fit un devoir d’éclairer ce mystère pour ne pas éroder la patience du bonhomme dont il devinait tout de même la colère latente malgré son maintien exercé. Il ajouta à sa voix quelques inflexions un rien plus enjouées, de celles que les nobles dames sottes et inexpérimentées attribuaient faussement au petit peuple si simple et heureux de son sort, pouvant veiller à la survie de leurs maîtres en travaillant dans les champs et en profitant du bon air de la campagne.

« C’est justement car ils ne sont guère fréquentés que je leur fais l’offense d’y trainer mes vieux os, Monseigneur. J’ai parcouru bien des sentiers et comme tout voyageur qui se respecte je sais que les brigands et autres coupe-jarrets se font une joie de guetter le nomade isolé sur la route royale. En passant par ici il m’est toujours possible de m’établir dans des auberges le temps d’une nuit et d’éviter les mauvaises rencontres. Il semblerait même que cela permette d’en faire de bonnes ne croyez-vous pas ? »

Son sourire s’élargit davantage sans pour autant découvrir de dents alors que ses sourcils tressautaient brièvement pour souligner implicitement qu’il s’agissait là d’une plaisanterie.

« Peut-être est-ce un cadeau des Sept au misérable conteur que je suis de m’avoir fait me trouver là, car c’est bien vers Accalmie que mes pas me portaient. »
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Message Dim 31 Mar 2013 - 19:58

La scène pouvait sembler bien étrange. Elle l'était, en vérité. Des veneurs, des chevaliers et un suzerain, assemblés autour d'un vieil homme mis à mal par les morsures des chiens, discourant en plein milieu des bois... Étrange concours de circonstance, de celles qui n'arrivent habituellement que dans les fables.

Prat essayait-il de le flatter ? S'interrogea Lyonel. Ce n'aurait en tout cas rien eu de bien étonnant. Seulement, le lord n'était pas de ceux qui appréciaient les flagorneurs. Mais ses apparentes flatteries, si elles en étaient bien, se dissimulaient assez bien dans ses mots pour qu'il ne puisse même pas être certains de leur existence. Néanmoins, parler d'accomplissement parce qu'il avait pu le rencontrer... Voilà qui lui semblait donner dans l'exagération. Mais peu importait au fond. Qu'il se sente honoré s'il le voulait, Lyonel n'allait pas le lui interdire. Ce genre de détails n'étaient pas de ceux dont il voulait se préoccuper. Néanmoins, il était clair que l'homme avait plutôt tout intérêt à se montrer plaisant. Les hommes de l'Orage Moqueur se montraient d'une bien méchante humeur et une trop franche indignation aurait pu mener Prat droit vers sa perte, quoi que Lyonel fasse...

Pourtant, il trouva malgré tout les mots pour insulter les hommes de Lyonel, laissant entendre qu'ils valaient bien peu de chose. Évidemment, les chevaliers se montrèrent franchement offusqués par une telle conduite et quant aux plus simples, ils n'apprécièrent pas non plus d'être comparés à un simple gueux tel que Prat... Ceci dit, la plupart d'entre eux restèrent silencieux, se contentant de lancer sur le vieil homme toutes les malédictions qu'ils pouvaient bien faire passer à travers leur regard. Un veneur encore présent et qui commençait à se lasser de tout ceci lâcha un soupir. Lyonel n'y prêta que peu d'attention. Relevant lui aussi l'insulte bien camouflée du conteur, il avait jeté un coup d’œil sur ses hommes, s'attendant à de nouvelles réactions. Le silence relatif qui suivi donc sembla le satisfaire. La situation semblait se calmer un tant soit peu. C'était une bonne chose, au final. De nouveau il se tourna vers le voyageur. Il ne payait pas de mine, vraiment pas l'allure d'un braconnier, songea-t-il.

-Il n'y a pas de bonté à affirmer que vous n'avez commis aucun crime. Ce n'est là que reconnaître l'évidence. Fit-il, bien peu touché par les compliments de Prat. Et je suis surpris que vous trouviez là un honneur à vous faire mordre par des chiens, mais soit. Ajouta-t-il en haussant les épaules d'un air nonchalant.

Quand bien même appartenaient-ils à l'un des seigneurs suzerains de Westeros, se faire agresser de la sorte par la meute de chasse n'avait rien que l'on pourrait qualifier d'honorable. Il entendit quelqu'un derrière lui - mais il ne se soucia pas de savoir qui - marmonner que l'homme plaçait bien sa fierté là où il le pouvait. Une remarque bien peu fine que Prat, s'il avait sûrement entendue, ne l'avait peut-être pas comprise tant elle avait été étouffée dans une sorte de grognement mécontent. Au moins avait-il sûrement pu voir qui en était à l'origine. Le Lord, lui, l'ignora parfaitement. Jouer les arbitres et reprendre chacun de ces hommes prétendument adultes ne lui plaisait guère. Lorsqu'ils rentreraient à Accalmie, il se promit de ne pas les laisser s'en tirer de la sorte. Un tel comportement était bien peu honorable et trop puéril pour rester sans suites. Étaient-ils des dignes hommes de l'Orage ou de simples enfants colériques, vexés de ne pas avoir eu ce qu'ils attendaient ?

Ainsi, Lyonel préféra écouter la réponse de Prat qui avouait préférer la sécurité relative des bois à celle de la route. Les brigands l'effrayaient-ils plus que les bêtes sauvages ? Le Baratheon haussa un sourcil, intrigué. Il était sans doute aisé, sur la route, de se mêler à un groupe de marchant ou d'autres voyageurs afin de se prémunir contre des attaques de brigands. Ces derniers préféraient souvent attaquer les voyageurs isolés et sans défense, comme le disait Prat, plutôt que les groupes d'importances mieux préparés. Les bois, eux, étaient remplis de loups, d'ours et d'autres créatures aussi peu amicales. En l'occurrence, on y trouvait même des chasseurs. Pourtant, l'homme devait connaître ces risques et être capable d'agir avec suffisamment de prudence et de réflexion. Dans le cas contraire, il n'aurait jamais pu atteindre l'âge avancé qu'il semblait avoir.

-N'aurait-il pas été plus aisé de vous mêler à un groupe de marchands ou d'autres voyageurs ? Les bois ont eux aussi leurs dangers, vous devez le savoir. Même si... Certains sont plus rares que les autres.

Chance ou malchance ? Lyonel aurait été en peine de le dire mais se trouver précisément sur la route d'une chasse seigneuriale, voilà qui tenait de l'impossible. Et pourtant ! Les Sept y étaient-ils pour quelque chose, comme le laissait suggérer le vieux conteur ? Quelque part, Lyonel n'en aurait pas été surpris. Cela dit, il n'aurait peut-être pas qualifié cette rencontre de bonne. Ses hommes en tout cas, la considéraient comme tout le contraire !

-Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour qualifier cette rencontre, mais si les Sept y sont pour quelque chose, j'ose espérer que ce n'était pas un trop mauvais présage.

Quand le voyageur avait avoué se diriger vers Accalmie, certains avaient échangé des regards inquiets ou exaspérés. Ils semblaient que la compagnie de Prat ne leur était pas des plus agréable et savoir qu'ils risquaient de faire la route du retour en sa compagnie n'était pas pour leur plaire. S'ils avaient su, sans doute seraient-ils partis plus tôt... Lyonel ne prêta pas attention à ces regards et aux murmures qui suivirent.

-Alors si Accalmie est votre objectif et que plus aucun de nous n'a d'affaires à régler en ces bois, alors nous ferions mieux de nous remettre en route. Rien ne sert d'y passer le reste de la journée. Décida-t-il en faisant demi tour.

Il enfourcha son cheval et attendit quelques instants que les hommes restant se préparent eux aussi, surpris qu'ils étaient par la rapidité de la décision. Et si les hommes d'Accalmie s'étaient montrés peu désireux de faire la route en compagnie de Prat, le lord, lui, semblait indifférent à ce que celui-ci déciderait. S'il voulait rester avec eux le temps de rejoindre la forteresse, soit. Qu'il les suive donc.


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Message Jeu 11 Avr 2013 - 21:47

Peut-être ce seigneur ci n’était-il finalement pas aussi conciliant qu’Elyas avait pu le croire au premier coup d’œil, les flatteries communes qui poussaient le gros des nobles à se gonfler de fierté tels des paons sitôt que les mots dénués franchissaient leurs oreilles n’avaient pas eu l’air de faire mouche dans le cas présent. Peut-être que Lord Baratheon ne s’avèrerait pas aussi manipulable qu’il l’avait escompté, après tout avec pareille fonction venaient bien souvent bon nombre de pique-assiettes et autres parasites cherchant à contenter leur suzerain, il faudrait faire preuve de davantage de finesse par la suite. Le vagabond ne s’offusqua nullement du caractère sec de la réponse qu’on lui offrit, il n’avait de toute façon pas intérêt à le laisser paraitre avec pareille compagnie, hochant même la tête en réponse avant d’ajouter :

« L’on trouve bien peu d’honneur à rencontrer les crocs des chiens, mon seigneur, ce n’est que pure vérité, mais l’occasion de converser avec le suzerain d’une Couronne n’en reste pas moins l’évènement d’une vie pour celui qui est né roturier. »

Le fait que le pouilleux ait préféré les sentiers oubliés à la grande route sembla intriguer le maître d’Accalmie, cela tenait-il de l’interrogatoire pour vérifier la véracité de ses propos ? Hmm non, le vieillard en doutait, il ne devait s’agir que d’une légère curiosité pour ne pas laisser sans motif la présence de l’humble déclencheur qui avait stoppé net une partie de chasse toute entière. Elyas ne voyait aucune raison d’enjoliver les choses à outrance aussi délivra-t-il plus ou moins la vérité.

« Me mêler aux autres voyageurs est en temps normal la façon dont je me déplace car vous avez raison dans le nombre nait la sécurité, mon seigneur, mais cela comporte aussi quelques risques. Il est parfois bien difficile de distinguer l’honnête marchand et le nomade inoffensif des cruelles fripouilles qui offrent leur amitié à la lueur du jour et profitent de la nuit pour laisser un corps égorgé et dépouillé sur le bord de la route. Aussi parfois je préfère les dangers de la forêt à ceux de l’homme, au moins les premiers peuvent généralement s’éviter en grimpant à un arbre. »

L’on en vint ensuite aux dieux et aux présages qu’amenait avec elle cette rencontre pour le moins improbable, pour sa part le pouilleux ne doutait pas un seul instant que quelque force avait fomenté pour organiser l’incroyable concours de circonstances les ayant amenés à cet instant précis mais il se serait trouvé bien en peine pour dire s’il s’agissait bien de l’œuvre des Sept. Et après tout quelle importance ? Eux ou autre chose, tant qu’une entité agissait en son sens le vagabond n’avait qu’à se montrer humblement reconnaissant en espérant avec le sourire que cette bonne fortune ne se retournerait pas contre lui.

« Je ne suis nullement diseur de bonne aventure mais j’ose espérer que ce signe n’est pas de mauvais augure, mon seigneur. Même le sinistre Etranger incarne une facette de la nature humaine après tout. »

Lorsqu’il exprima son envie de se rendre à la forteresse même où le Lord siégeait, Elyas eut la surprise de voir le noble rapidement retourner en selle. Aucune invitation clairement formulée mais ces mots ne le congédiaient pas pour autant, si bien qu’il ne lui en fallut pas plus pour avancer jusqu’au niveau de la monture accueillant ce prestigieux popotin pour marcher au même rythme. Le personnage continuait à l’intriguer et tant que cette opportunité ne se refermait pas le pouilleux n’avait pas l’intention de la laisser filer, jouer avec un Baratheon tenait de l’occasion inespérée. Il y avait aussi ces différents guerriers, veneurs et autres adeptes des muscles sans guère de cervelle, ceux-là ne demandaient rien tant que de pouvoir le rosser à nouveau loin du regard de leur seigneur et maître, en restant aux côtés de ce dernier il augmentait considérablement ses chances d’arriver jusqu’à Accalmie sain et sauf. Enfin sauf, du moins.

La troupe se remit en marche avec un nouveau membre dans ses rangs, un individu crasseux et vêtu d’amples frusques cachant largement sa personne et sur laquelle venaient s’écraser quantité de regards hargneux tandis que par-dessus son épaule l’ancien saltimbanque entendait sans peine divers commentaires disgracieux et malédictions maugrées. D’une certaine façon ils ne rentreraient pas chez eux bredouilles mais ce que les chasseurs venaient de lever ne donnait certainement pas envie de le passer à la broche pour le banquet du soir. Elyas attendit quelques minutes après la reprise de la progression pour de nouveau s’adresser au suzerain de l’Orage, le temps écoulé suffisait à donner au concerné l’impression que le vagabond ne cherchait pas à le harceler mais ne devait pas s’étendre davantage au risque que ses suivants hargneux ne cherchent à éloigner l’impudent. D’une voix calme quoiqu’un rien moins affable puisque l’homme ne semblait guère goutter aux risettes, il dit :

« Une fois arrivé à votre demeure mon intention première avait été de proposer mes services de conteur afin de divertir les nobles habitants y vivant, mon seigneur. Je ne suis ni ménestrel ni fol, bien que sur ce dernier point certains semblent en douter, peut-être puis-je profiter de ce trajet pour vous convaincre de la qualité de mes services ? »

Relevant un rien sa capuche pour laisser visibles des yeux sombres où toute l’innocence du monde semblait trouver sa source, il ajouta sans sourire surjoué :

« Je n’entends pas vous assommer avec un long récit alors que vous chevauchez, mon seigneur, mais je connais bon nombre d’histoires et en conversant il nous serait peut-être possible de trouver sujet digne de votre intérêt ? »

Le vieillard imaginait sans peine les airs renfrognés que devaient désormais afficher ceux autour de lui à avoir entendu sa proposition, qu’une vermine pareille ait le toupet de s’adresser à l’un des hommes les plus puissants du royaume de la sorte, lui proposant de discuter avec lui comme s’il s’adressait à un quelconque pilier de taverne… Effectivement la manœuvre n’était pas sans risques mais Elyas avait dévoué son existence à ce genre de petites impulsions pimentant les choses.
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Message Lun 22 Avr 2013 - 21:15

L'interrogatoire avait assez duré. L'homme n'était coupable de rien et les hommes de l'Orage en savaient bien assez pour satisfaire leur curiosité et même plus, aussi le lord n'ajouta rien après les réponses du conteur. Beaucoup n'écoutaient déjà plus la conversation pendant qu'il expliquait ses méthodes pour éviter les mauvaises rencontres sur les routes. Après tout, les chevaliers n'étaient pas vraiment concernés par ce genre de préoccupations. Lorsqu'ils avaient à parcourir les routes, leur escorte était assez nombreuse et bien équipée pour dissuader la plupart des bandits de s'y attaquer ! Les craintes de Prat étaient néanmoins fondées si l'on en croyait ce qu'il contait au sujet des voyageurs. Certains étaient bien moins bienveillants que d'autre, et son choix de parcourir les forêts n'était peut-être pas si insensé, finalement. Tant que le jour était là, du moins. La nuit apportait d'autres surprises moins réjouissantes même si le jour avait aussi ses facéties, cette rencontre en était bien la preuve.

Était-ce une facétie des Sept ? Peut-être. Ou peut-être n'était-ce qu'un hasard mais Lyonel peinait à croire à une intervention divine dans cette rencontre. Il haussa les épaules à la mention de l'Etranger. Si quelques uns semblèrent ne pas apprécier l'arrivée dans la conversation d'une figure si sinistre, il restèrent relativement silencieux. Lyonel lui, ne broncha pas. Prat n'avait pas tort, il fallait l'avouer. Certains, même s'ils priaient le Guerrier ou d'autres figures des Sept servaient mieux l’Étranger par leurs actes... Il n'y avait plus qu'à espérer que ce n'était pas lui qui avait orchestré cette improbable rencontre ! Ils n'avaient de toute façon aucun moyen de le savoir et sans doute aucun moyen de s'opposer à la volonté des Sept s'ils voyaient un quelconque intérêt à cette situation.

Une fois le groupe de nouveau sur la route, les discussions reprirent peu à peu. Certains, les plus obstinés, continuaient de commenter l'affaire qui venait de les occuper et de maudire le vieil homme, lui lançant pléthore de regards haineux. D'autres avaient passé l'éponge sur ce qu'il venait de se passer et se contentaient de blâmer une certaine malchance, fut-elle orchestrée par les dieux ou non. Finalement, les conversations dérivèrent peu à peu en même temps que les pensées de lord Lyonel. Il avait échangé quelques mots avec ser Jon qui chevauchait à ses côtés mais les deux hommes étaient ensuite restés silencieux. Un peu de calme que le Baratheon semblait apprécier malgré tout. Au moins cette fois, il n'avait plus les insupportables remarques et protestations de ses hommes à supporter ! Il en oubliait même qu'il s'était promis de leur toucher deux mots au sujet de leur comportement qu'il jugeait puéril.

Lorsque Prat se porta à hauteur de son cheval, il en fut presque surpris. Non pas qu'il avait oublié sa présence au sein du groupe mais il était assez perdu dans ses pensées pour ne pas l'avoir aperçu avant qu'il ne prenne la parole. Il l'écouta distraitement. Il comptait donc se rendre à Accalmie en tant que conteur... L'idée lui semblait étrangement incongrue. Après tout, les Terres de l'Orage n'étaient pas des plus accueillantes pour les conteurs et bardes de tout types. On n'y trouvait aucune ville d'importance, uniquement des villages. Et le climat n'était non plus le plus facile à vivre ! Généralement, ces artistes itinérants préféraient les vertes plaines et la richesse du Bief et se contentaient de passer sans s'attarder dans les houleux territoires de l'Est du continent. Les nobles dames du Bief étaient d'ailleurs plus enclines à écouter de chevaleresques romances... D'autres préféraient parcourir le conflans ou l'Ouest, mais toutes ces régions étaient de toute façon plus accueillantes que les Terres de l'Orage.

A leurs côtés, Ser Jon ne retint pas une légère moue. Il faisait partie de ceux qui considérait que les contes n'étaient qu'affaires de femmes. Mais il se contenta de cette grimace et préféra ne rien dire, chevauchant en silence alors que son seigneur répondait au vieil homme.

-Accalmie n'est pourtant pas l'endroit rêvé pour votre art, comme toutes ces Terres. Nous ne voyons que rarement des conteurs ou des bardes par ici, ils préfèrent généralement Le Bief. Ces terres auraient sans doutes été plus accueillantes pour vous, non ? Au moins vous auraient-elles épargnées quelques morsures... Plaisanta-t-il.

Qui plus est, il fallait bien avouer que le public qu'il pourrait trouver à Accalmie n'était pas le plus réceptif aux contes et légendes qu'il pouvait bien apporter. Lui-même était plutôt un homme d'action. Il n'avait jamais aimé particulièrement la lecture et écouter les inepties tirées de diverses fables l'ennuyait. Un homme plutôt terre à terre, en somme. Les chevaliers qui résidaient à la forteresse séculaire tendaient à l'être également et n'était ainsi pas un public rêvé pour un conteur. S'ils décidaient néanmoins de l'écouter, Prat se heurterait sans doute à leur scepticisme. Mais vivre dans des contrées telles que les Terres de l'Orage forgeait bien plus le corps que l'esprit. On n'avait guère le temps de se préoccuper de légendes, ici. Lady Neassa ne croyait pas non plus à ce genre d'histoires et son esprit affûté ne se laisserait sûrement pas abuser. Néanmoins, peut-être qu'elle apprécierait ce genre de compagnie au moins le temps de quelques heures ? Mestre Robert, lui, ne serait pas intéressé, c'était certain. Tout comme Harbert, qui lui, préférait la compagnie de ses bouteilles... Mais si ce conteur là pensait pouvoir le divertir, pourquoi ne pas lui donner sa chance, après tout ?

-Et vous dites que vous connaissez de nombreuses histoires ? Dites m'en un peu plus, alors. J'imagine que vos voyages vous en ont enseigné un certain nombre, supposa-t-il.

Voyager favorisait les rencontres, et les rencontres entrainaient les contes divers, fondés ou non. Évidemment, le lord ne s'attendait pas à ce que ce conteur qui ne payait pas de mine ne lui raconte que la vérité de ce qu'il avait vécu ou entendu. Il était d'usage pour les hommes tels que lui d'enjoliver un tant soit peu la vérité afin de captiver ou faire rêver l'auditoire. Le public ne s'intéressait que rarement à la cruelle et fade réalité, aussi, un peu de chevalerie, de bravoure et pourquoi pas de magie venait souvent enjoliver les contes. De même, les faits colportés par les voyageurs ainsi que les rumeurs diverses étaient souvent déformées tant et si bien qu'elles n'avaient parfois plus rien à voir avec les faits réels !


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Message Mar 14 Mai 2013 - 12:22

Lord Baratheon avait raison sur ce point, l’Orage ne ressemblait en rien au Bief. Oubliées les rieuses collines, oubliées les vastes plaines recouvertes de fleurs, oubliés les ruisseaux d’eau claire ! Ces terres-là se faisaient bien plus rudes et ingrates à leur manière, le paysage se partageait entre des forêts indomptées et dangereuses, des montagnes envahies de brigands, et des côtés balayées par un vent capable de soulever jusqu’aux rochers. Aussi n’y avait-il rien d’étonnant au fait que la région ne compte nulle ville d’importance et n’ait que peu d’amour pour les divertissements plus légers que les tournois, pour avoir arpenté plus d’une fois ses routes Elyas savait que l’endroit n’offrait guère de temps aux loisirs. Sa pitance il fallait l’arracher à la terre et réussir à le conserver tandis que la nature environnante s’acharnait à vouloir la reprendre. Même la légendaire Accalmie ne constituait qu’une exception à une triste réalité impliquant que les mortels s’adaptent face à des évènements dépassant de loin leur pouvoir, et si l’on en croyait les plus vieux récits les hommes n’avaient pas réussi cette prouesse sans une aide extérieure…

Mais à cette montagne d’inconvénients venait répondre un détail qui à lui seul justifiait encore que malgré les décennies le pouilleux viennent trainer sa carcasse dans les environs, bien qu’étant par nature un prédateur social, le vagabond ne se rendait jamais dans le Fief du Cerf pour fréquenter sa population, mais bien parce que cette partie de Westeros recelait quelque chose de fascinant. L’impression de sentir le sol rouler sous ses pieds telle une gigantesque bête assoupie dans les entrailles de ce monde, la vieillesse centenaire de ces arbres qui semblaient lui rendre chacun de ses regards… ou même ces vents déchainés rappelant la respiration d’une divinité courroucée ! Même recluse dans de sordides villages la population des environs jouissait d’une formidable opportunité, loin de la « civilisation » elle se tenait au plus près de ce voile dérisoire marquant la frontière entre le connu, le palpable, et ce qui demeurait insoupçonné. Combien d’histoires avaient vu le jour ici, l’ancien saltimbanque ne cessait de se le demander, bien que conscient que jamais la réponse ne viendrait.

L’Orage moqueur, puisque l’on avait coutume de le surnommer ainsi, lui fit cette réflexion quant à l’incongruité de sa présence au sein de sa forteresse et du peu de succès qu’Elyas risquait d’y trouver. Probabilité qui ne fit que glisser sur lui comme de l’eau de pluie, si la perspective d’un éventuel échec l’avait empêché d’entreprendre ses errances jamais il n’aurait quitté l’enceinte de Goëville du temps de sa jeunesse. Certes les acclamations d’un public étaient délicieuses mais pas tant que de pouvoir interférer dans l’existence d’autrui pour lui ouvrir les yeux quant aux terribles forces manipulant ce monde depuis l’ombre. Un coin où dormir, suffisamment de nourriture et d’eau pour lui permettre de remuer ses os usés un jour de plus et cela serait plus que suffisant. Mais puisque Lord Baratheon avait ponctué sa remarque par une plaisanterie, le vieillard jugea qu’il valait mieux lui répondre sur le même ton :

« L’on finit toujours par se lasser des mêmes paysages, Monseigneur, et le Bief ne fait hélas pas exception. Il y avait quelques temps que je n’avais pas eu l’occasion de parcourir vos terres, l’hiver se prête peu aux voyages par ici, et force m’est d’avouer que cela m’avait manqué. Et à défaut de chiens je suis persuadé que tout comme moi vous savez qu’une noble Dame chez vos voisins de l’Ouest peut s’avérer bien plus mordante que n’importe quel molosse dès lors qu’elle se trouve dans une audience. »

A défaut d’un réel engouement pour son art le seigneur d’Accalmie daigna au moins manifester une vague curiosité pour les compétences d’Elyas en matière de récits, et effectivement ses errances lui avaient appris le gros de ce qu’il connaissait. Par l’Etranger, la moitié de son répertoire se composait même d’évènements auxquels il avait assisté ou encouragés par le biais de ses mesquines manipulations ! Mais laquelle pourrait donner matière à divertir un homme réputé pour son amour du combat ? Un fin sourire s’étira alors sur ses lèvres et il ajouta :

« J’ai le plaisir de connaître toutes sortes de contes, et contrairement à ce que beaucoup pourraient croire ils s’en trouvent peu à être destinés aux enfants, Monseigneur. J’ai vu des roturiers simplement armés d’un bâton accomplir des actes de bravoure dignes du Guerrier, des tragédies telles qu’une Dame pourrait en verser des torrents de larmes, et une cruauté amenant à s’interroger sur l’humanité de biens des hommes. J’ai aussi appris de mes pairs, la transmission orale est le seul moyen dont nous autres porteurs d’histoires disposons pour que notre savoir ne meurt pas avec nous. A vrai dire je pense que pour chaque individu l’on trouve un récit capable de l’intéresser. »

Un léger silence ponctua cette déclaration, l’ancien saltimbanque avait déjà son idée en tête en ce qui concernait le Lord suzerain présent à ses côtés et préféra le faire languir le temps que la curiosité enfle chez le concerné. Une fois satisfait il poursuivit :

« Votre réputation vous décrit comme un homme d’action, Monseigneur, comme l’un des héros d’Herberouge qui a grandement contribué à mettre fin à la rébellion du Dragon noir. Je connais l’histoire de cette bataille grâce au témoignage d’un survivant, un simple soldat du rang, peut-être qu’un autre point de vue sur ce sanglant épisode saurait vous divertir le temps de regagner les murs de votre demeure ? »

Bien des participants de cette boucherie qu’avait été l’épisode final de la rébellion Feunoyr n’aimaient guère que l’on revienne sur une expérience par bien des aspects traumatisante, le champ de bataille n’avait pas gagné son nom pour rien et cette plaie encore récente les affligeait. Par cette proposition Elyas jaugeait son vis-à-vis malgré le léger risque qu’il y avait de s’attirer sa colère, et qui sait, si le Baratheon ne se montrait pas renfermé peut-être récolterait-il de précieuses informations sur ce qu’un guerrier semi-légendaire avait ressenti là-bas.

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