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Voyager, c'est repousser ses propres frontières.

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Alysanne Florent
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Réfléchissez avant de croire,
informez-vous avant de réfléchir,
et doutez avant de vous informer.

♦ Missives : 2208
♦ Missives Aventure : 79
♦ Age : 36
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 01/01/2012
♦ Célébrité : Viva Bianca dans 'Spartacus'©Starz
♦ Copyright : Avatar©Seamus et signature©Sargon.
♦ Doublons : Lantheïa, Danelle Lothston, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : 19 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Lancehélion
♦ Liens Utiles : Mémoires de la Maison Florent
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Message Dim 3 Fév 2013 - 10:08

Le Soleil bleu avait embarqué Alysanne depuis près de deux semaines à présent. L’automne était une saison traditionnellement propice aux orages le long des côtes orientales du royaume, mais jusqu’ici cette épreuve lui avait été épargnée. Une pluie drue était tombée les premiers jours, accompagnée de vent, mais le vent en question avait fini par chasser ce grain vers d’autres horizons et désormais le ciel se déployait comme une bannière azur entre des nuages blancs. Il faisait encore doux en ce début de saison et sous ces latitudes.

Le vent gonflait les voiles du navire qui l'entrainait plus avant dans sa nouvelle vie. Depuis son départ de Rubriant, tout avait semblé s'accélérer et changer à un rythme effrayant, le monde autour d'elle, comme la vision qu'elle en avait, et par voie de conséquence, elle-même. Dernièrement, ces transformations avaient commencé à lui sembler plus stimulantes qu'intimidantes et elle ne nourrissait plus guère de doutes sur ses intentions. Le fait d'avoir fomenté une modeste mais audacieuse manœuvre politique avec Lord Hightower avait scellé les joints de son « armure » de confiance. La rumeur volait et courait maintenant, à Port-Réal, sur les routes de Westeros, sur ce navire même grâce à l'aide d'Hugo et Kerigan à qui elle avait expliqué ce petit tour de passe-passe. Nul mensonge n'était prononcé, seulement des bouts de vérité aptes à enflammer l'imagination des commères et des courtisans. Et voilà qu'une simple promenade était devenue un sujet de conversation qui faisait baisser les voix, lever les yeux et retrousser les lèvres avec complaisance. Les mouettes se régalaient de cette gourmandise inattendue et l'on en verrait bientôt les effets. Ainsi apparaissait-elle maintenant comme « parti » et « prétendante » aux yeux de gens qui ignoraient encore son existence jusque-là. De quoi effacer promptement une réputation prématurée de fille difficile à marier, toujours associée à une image peu convenable, et lui donner le temps de forger les bases d'un futur qui lui appartiendrait en propre.

Cela n'aurait qu'un temps, toutefois. Et elle devrait user de ce délai à bon escient. Pour faire sa place en ce monde, devenir un rouage de la grande machinerie, et trouver les protections durables qui assureraient la permanence de cette condition. A dix-neuf ans, elle devait faire vite. Vingt ans était déjà presque un âge canonique pour une célibataire et bien rares étaient celles qui atteignaient cet âge sans avoir été mariées. Quatorze, quinze ans était l'âge auquel une femme pouvait commencer à envisager d'enfanter, et donc à partager la couche d'un mari. La plupart était au moins fiancée dans ces eaux-là, et celles qui se refusaient à épouser un inconnu épousaient alors la Foi. Que son père ait été patient envers une cadette d'intérêt matrimonial peu stratégique, puis ait consenti à lui laisser l'opportunité de servir autrement sa Maison, était une chance qu'elle s'interdisait de gâcher. Elle se trouvait donc là, assise sur une caisse recouverte d'une toile, un livre ouvert sur les genoux : Alliances et antagonismes des Maisons de Dorne. Un ouvrage édifiant dans lequel elle avait appris, entre autres, quelques caractéristiques de la Maison Forrest dont elle avait brièvement rencontrée une représentante nommée Ismaëlle en visitant son amie Virginia Hightower juste avant de prendre la mer, et la rivalité des Ferboys avec les Martell, dont elle n'avait que vaguement entendu parler jusqu'ici. Un voyageur avait confié à Hugo que les Ferboys auraient été attaqués en rentrant à Dorne, sur l'ordre du prince, mais cela lui avait semblé étrange au moment où le Prince se trouvait occupé par le Conseil restreint et les Ferboys affaiblis politiquement par l'affaire de Murs-Blancs. Peut-être avaient-ils tenté de détourner à leur avantage une mésaventure avec des réfugiés désespérés au point de s'adonner au brigandage ? Elle espérait qu'Asafa n'avait pas été blessé. Elle comptait bien le revoir à Dorne où il serait certainement d'une aide appréciable pour ses desseins, autant qu'une compagnie distrayante.

Le livre dont elle tenait les pages fermement pour empêcher le vent de les tourner, appartenait à son amie Shaïra Seastar, récemment revue à Port-Réal après sa rencontre avec le Grand Argentier. Leurs retrouvailles lui avaient laissé un souvenir doux et chaleureux. Shaïra était femme d'esprit et sa délicieuse conversation n'avait d'égale que son ouverture d'esprit. Sa personnalité était au moins aussi unique que la beauté singulière et foudroyante dont la nature l'avait dotée. Autour d'un dîner raffiné, il avait été question de Murs-Blancs et de Brynden Rivers, qui suscitait la curiosité de la Bieffoise. Elle avait été curieuse d'apprendre un peu de l'homme derrière le personnage, et ce qu'elle avait appris l'incitait à mettre sa confiance en cet étrange bâtard pour tenir les rênes du royaume. La sincérité de son dévouement était chose capitale à ses yeux idéalistes, et si ses méthodes sortaient des sentiers battus, ce n'était non plus pas pour lui déplaire.

Bien sûr, ce moment partagé avait été l'occasion d'aborder d'autres thèmes d'intérêt comme l'herboristerie, Dorne ou plus simplement leurs vies respectives, et les deux femmes s'étaient séparées à regret après avoir approfondi le lien déjà très personnel qui les unissait par-delà la distance. Elles s'étaient promis de se revoir et de s'écrire, et Alysanne avait bien l'intention de tenir cette promesse. Au moins avait-elle pu voir Shaïra avant son départ, ce qui n'avait été possible avec Daeron. De son curieux ami Targaryen, Alysanne n'avait ouï que des rumeurs, pour une fois quelque peu différentes des ragots habituels. On le prétendait fiancé à une certaine Alys Trant qu'il aurait prétendûment déjà défloré, et héros d'un sauvetage inopiné d'une demoiselle en détresse. Les deux histoires lui semblaient aussi peu vraisemblables l'une que l'autre. Elle ne l'imaginait pas plus séduire que forcer une fille avant le mariage – une lady promise à un prince ne pouvait être assez stupide pour donner à celui-ci ce qu'il voulait, avant d'avoir obtenu ce que sa propre famille voulait ! - ni jouer les preux justiciers en armure blanche. Et elle était désormais bien placée pour se méfier des rumeurs, plus encore qu'elle ne l'avait fait jusque-là.

L'embarquement s'était déroulé sans encombre. Elle avait vérifié le stockage des livres empruntés à Shaïra ou achetés à Port-Réal, inquiète de leur sort à bord d'un navire qui resterait si longtemps en mer, et avait ordonné qu'ils soient déplacés de la cale à sa cabine quitte à perdre en place, pour la bonne et simple raison que « les rats encore plus que les savants raffolent les parchemins », comme elle l'indiqua d'un air pincé aux portefaix mécontents de cette tâche supplémentaire. Vu le prix de son passage, le capitaine avait soutenu sa requête et tout était rentré dans l'ordre. Ils avaient largué les amarres, étaient passés par Dulceport-le-Pas où l'on réparait les dégâts causés par une récente tempête, puis avaient navigué à bonne allure jusqu'à atteindre le large des côtes de l'Orage. Vite gagnée par l'ennui de la vie à bord, qui ajoutait à l'inconfort du voyage, à peine tempéré par ses remèdes personnels contre le mal de mer, elle avait lié connaissance avec un passager dont l'accent avait attiré son attention, un marchand braavosi vivant grand train, aux manières exubérantes. « Lorinzo Gastaldi, pour vous servir »... ainsi s'était-il présenté, et Alysanne, se rappelant la courtoisie d'un certain Lotho Volentin, avait été encline à faire plus ample connaissance. Lorinzo se trouvant tout aussi barbé par cette croisière interminable, ils avaient convenu pour tuer le temps de s'instruire mutuellement, et elle avait acquis des rudiments de braavosi suffisants pour tenir un semblant de conversation avec un accent acceptable, tandis que le marchand s'informait des Maisons de Westeros et de la situation du royaume, données utiles à la conduite de ses affaires. L'idée fut lancée de faire commerce avec la Maison Florent si Lord Danwell y donnait son accord, et Alysanne se trouva ravie d'avoir ferré ce poisson.

Pour l'heure, Lorenzi n'était pas en vue. Il avait de toute façon annoncé qu'il resterait quelques jours à Torth, leur prochaine escale, et elle s'attendait donc à être bientôt privée de ses enseignements. Il semblait impatient d'arriver et pas seulement pour son travail : à l'en croire, Torth était une merveille, un joyau des Sept Couronnes, et son surnom d'Ile de Saphir était cent fois mérité. Alysanne attendait donc avec intérêt la vue de l'île au loin, patientant avec ses livres. Près d’elle à la proue, au soleil, Hugo et Kerigan s’exerçaient à l’épée. Ils avaient déniché des armes d’entraînement avant leur départ de Port-Réal et les lames émoussées s’entrechoquaient rapidement sous l’œil indifférent des marins qui avaient fini par s’habituer à ce spectacle. Comme le duel s’intensifiait, Alysanne leva le nez de son livre, distraite par le staccato métallique. Concentrés et tendus par l'effort, les deux hommes se retrouvèrent bloqués épée contre épée. Ces derniers temps, l'entraînement avait semblé un moyen pour Hugo de vider sa querelle avec le garde de sa cousine, et il commençait à se calmer. Il avait beau être affublé d'un caractère de chien, il avait réussi à ne pas tenter de flanquer son acolyte par-dessus bord. Kerigan lui avait-il présenté des excuses ? Elle ne s'en était pas inquiétée : cela ne regardait qu'eux, tant qu'ils remplissaient diligemment leurs fonctions. Elle continuait de prélever sur la solde de Kerigan une retenue compensatoire et n'avait pas jugé utile d'en faire plus, l'accord qu'elle avait passé avec lui ayant amélioré leurs relations et renforcé son implication dans ses projets. Ainsi avait-elle pu faire appel à lui concernant la rumeur à diffuser, mais sans avoir à le commander : elle avait expliqué ses intentions et attentes, et lui avait confié sa mission sans l'encombrer de directives trop précises, sachant qu'il ferait au mieux, tant par volonté que par capacité. Il était temps de mettre à profit le potentiel de cet homme de main dont les aptitudes ne se limitaient pas à tailler dans le lard avec une lame affûtée. Sa rapidité d'apprentissage et son sens de l'observation étaient des atouts trop précieux pour être laissés en friche, alors autant lui laisser assez de liberté pour en user, dans leur intérêt commun.

Hugo et Kerigan terminèrent leur exercice. Tandis que le chevalier bâtard s’époussetait, son regard tomba sur Alysanne, son livre ouvert sur les genoux. Il laissa filer un son moqueur entre ses lèvres.

« Qu’y a-t-il de si drôle ? » s’enquit sa cousine.

« Tu te rappelles cette fois, à Rubriant, où ton père m’a envoyé te sortir de force de la bibliothèque, parce que tu étais clouée depuis presque deux jours à ce pavé que t’avait refilé le marchand de Villevieille ? Tu n’avais pas mangé depuis tout ce temps et le château aurait pu s’écrouler sans même te faire ciller. »

Alysanne lui coula un regard inamical, jugeant que le rappel de cette anecdote était quelque peu embarrassant en présence d'un tiers.  « C'était un carnet de voyage d'une incroyable rareté. Mais je suppose que la valeur d'un tel trésor te passe au-dessus de la tête » , rétorqua-t-elle fraîchement. « Et alors ? »

« Alors, je me dis que je devrais peut-être jeter tes livres à la mer » dit-il en pointant sa lame émoussée vers l'ouvrage dans lequel elle était plongée quelques instants auparavant. « En cas de tempête, tu risques de couler avec le navire, le nez dans tes bouquins. »

Elle répliqua avec hauteur et un brin d'autodérision : « Plutôt mourir en érudite que vivre en ignorante. De toute façon, vous êtes là pour me repêcher, non ? C'est à cela que servent les courageux protecteurs dans toutes les chansons : à sauver les ladies de leur propre inconscience. » Elle était généralement consternée par la stupidité des demoiselles des chansons, qui se jetaient dans la gueule du loup avec autant de jugeote qu'un papillon de nuit attiré par une flamme. Raison pour laquelle Septa Lysa l'avait souvent bannie des petites réunions féminines où ses sœurs et leurs amies buvaient du thé en écoutant des ménestrels : elle ne pouvait s'empêcher d'interrompre les conteurs pour leur poser des questions embarrassantes sur la santé mentale des héroïnes.

Hugo feignit d’étouffer un bâillement. « Hum. C'est une manière de voir les choses. » Il se tourna vers Kerigan et se mit en posture de duel, comme pour mettre fin à la conversation. Décidée à ne pas le laisser s'en tirer à si bon compte, elle rattaqua : « Tu ferais bien de lire un peu plus souvent, d'ailleurs. »

Il se retourna avec un regard d'ennui, baissant son arme. « Pitié, ne recommence pas avec ça. Lire, lire, lire, est-ce que cela me serait d'une quelconque utilité, je te le demande ? »

« Les choses inutiles ne sont-elles pas justement celles qui font tout le sel de la vie ? Les idéaux, les sentiments, le vin de Dorne, la musique... le savoir qui allume des flambeaux dans les esprits.» Elle tourna son visage vers Kerigan et le prit à parti. « Hugo est une tête de mule ; il ne sait pas ce qu'il rate. Je parie que vous sauriez mieux apprécier que lui le bonheur de savoir lire. Je pourrais vous apprendre, si vous vouliez. » L'idée avait fusé sans qu'elle y réfléchisse. Était-ce par souci de justice sociale, après avoir lié amitié avec des roturiers, ou par simple désir de s'occuper ? Elle savait que le réître en était capable, mais elle s'attendait à une rebuffade. « En échange de quelques astuces pour faire rouler mon cousin dans la poussière, ou... n'importe quel autre importun » ajouta-t-elle dans la foulée. Le souvenir de son agression ne s'était pas effacé. Elle en cauchemardait encore, parfois, et ne se sentait jamais tout à fait à l'aise hors des murs d'un château. Elle ressentait le besoin d'apprendre à se défendre. Non pas manier les armes, puisqu'une lady n'en porterait jamais, à l'exception de la Folle d'Harrenhal. Mais posséder des rudiments de lutte. C'était exactement ce dont elle avait besoin pour raffermir son assurance. Elle ne voulait plus jamais se retrouver couchée sous un homme, passive, sans savoir quoi faire pour se protéger. Y parvenir serait presque secondaire. Elle se devait à elle-même de tenter, de se préparer à cette éventualité au lieu de compter sur la chance et sur les autres comme une de ces pucelles sans cervelle des chansons... et pour cela il lui fallait un "maître à danser" d'un genre particulier.




Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


PS : certains de mes PNJ peuvent être incarnés, MP-moi si vous êtes tenté !
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Message Dim 17 Mar 2013 - 15:57

Sans vraiment le réaliser, Kerigan commençait à développer une certaine accoutumance qui lui permettait de mieux supporter l’épreuve que lui imposait le Soleil Bleu. Les premiers jours furent particulièrement difficiles pour l’ancien reître qui avait senti son cœur faire des bonds et son front fiévreux et humide, car suintant de transpiration. Il s’agissait des symptômes basiques de n’importe quel individu victime du mal de mer. C’était tout du moins ce que lui avait expliqué Jetolo, un braavosi avec qui il avait fait connaissance le lendemain du départ. Bien sûr, la réponse de l’Orageux démontra une nouvelle fois à quel point son esprit cynique et buté était fermé. Il lui avait rétorqué qu’il ne pourrait jamais passer les trois quarts de sa vie sur un rafiot, que sa mère l’avait mis au monde pour fouler la terre, pas pour subir les humeurs de l’océan. Jetolo fut amusé au premier abord par les sarcasmes du reître. Quelques temps plus tard, il lui proposa son aide et un remède relativement efficace à ses yeux. Bien sûr, le soir venu, l’Orageux ne s’attendait pas à ce qu’il s’agisse de substances hallucinogènes. Le mal de mer semblait s’être nettement atténué mais son esprit n’en demeurait pas moins perturbé pour d’autres raisons. Kerigan ressentait à peine cette pluie intense s’abattre sur son cuir chevelu. Tout ce qui était en mouvement autour de lui semblait d’une lenteur incroyable. Les membres d’équipage se distinguaient par une pâleur excessive quasiment inhumaine, comme si des cadavres se déplaçaient du proue vers la poupe sans que cela choque qui que ce soit sur le pont. La main du garde vint se poser instantanément sur sa lame sans la sortir de son fourreau. Apparemment, il devait être encore assez lucide pour comprendre qu’il se méprenait et qu’il ne devait pas croire les informations transmises par ses yeux. Heureusement pour lui, Alysanne passait la soirée en cabine et demeurait bien loin de ces préoccupations. Savoir que son garde, déjà endetté, délirait copieusement sur le pont du navire ne l’aurait peut être pas aidé, surtout vis à vis d’Hugo qui avait la rancune tenace.

Un peu plus tard dans cette même soirée, alors que le mal qui semblait avoir inondé son être apparaissait à son paroxysme, Kerigan crut apercevoir un être imaginaire fureter dans les airs juste au dessus de lui. Enfin, tout était relatif à son niveau. Il n’avait plus réellement de repère. Cette fois-ci, le trentenaire sortit son épée déambulant sur le pont d’une démarche hésitante. Il était totalement seul, les autres passagers ayant préféré se mettre à l’abri de la pluie. Finalement, la créature ailée ressemblant à un dragon au teint rougeâtre et olivâtre fit demi-tour dans sa direction. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Il n’aurait pas pensé à se mettre en position défensive si il avait su qu’il ne s’agissait que d’une mouette inoffensive. Le garde tenta de l’intercepter en fendant l’air à l’aide de mouvements amples. Cependant, quelque chose vint le percuter brutalement dans son dos. Il s’agissait de la barre supportant le mât imposant du Soleil Bleu. Ses yeux découvrirent le ciel étoilé sous une autre perspective avant de sombrer, la tête appuyée contre un tonneau. Le lendemain fut brutal mais les effets s’étaient dissipés. C’est alors qu’il réalisa qu’il avait pour meilleur compte de passer pour un poivrot plutôt qu’un fou de service.

Quelques jours plus tard, l’Orageux avait trouvé une nouvelle manière de passer le temps. Sans réellement savoir pourquoi, il s’était mis en tête de capturer un des rats pullulant dans la cale du navire. Vivant. En réalité, ce ne fut pas bien compliqué. De la nourriture, un tonneau vide et le tour était joué. Un autre passager, du nom de Joqhar, un type rondouillet relativement aimable mais brutal, avait cédé à la même lubie. Il ne leur fallut que peu de temps pour envisager la possibilité de parier sur des combats de rongeurs. Et pendant son temps libre, Kerigan avait tendance à disparaître soudainement pour participer à ce genre d’activité, tout en ayant le pichet de vin toujours à portée de main. Roturiers, nobles, cela n’avait guère d’importance là dessous. Tous étaient plus ou moins animés de la même folie. Cela dura un certain temps jusqu’à ce que le capitaine du navire soit mis au courant. Bien entendu, l’histoire s’est ébruitée et a choqué plus d’un passager. Kerigan de son côté s’était contenté de nier en bloc, même si il savait que Hugo ne parviendrait pas à le croire.

D’ailleurs, quelques jours plus tard, les deux individus échangèrent quelques passes pour garder la main et s’entretenir un minimum. Le garde de lady Florent avait l’impression que son adversaire semblait avoir retrouvé la rancune qu’il éprouvait à son égard. «Alors, ce sera quoi la prochaine fois ? » Kerigan marqua un temps d’arrêt avant que le chevalier ne reprenne la parole. «Ma cousine a confiance en une raclure qui organise des combats de rongeurs dans la cale d’un navire…tu me voles mon équipement…alors je me demande ce que tu maquilles pour la prochaine fois. » Fatigué de rejeter en bloc les accusations, l’Orageux inspira profondément tout en continuant de réciter ses techniques de combat à l’épée, ennuyé par son compère. «Je ne savais pas que ces bestioles portaient aussi ton nom. J’aurais pu remboursé un cinquième de ma dette…si je n’avais pas dépensé ce que j’ai gagné..» La confrontation vint se durcir presque aussitôt. A quoi s’attendait il ? Des pieuses excuses ? Kerigan n’était pas du genre à se livrer. Il avait plutôt le rôle de l’énergumène imprévisible et égoïste. Les deux hommes décidèrent ensuite d’en rester là pour aujourd’hui, parce que l’ennui les guettait au bout d’innombrables passes mais aussi en raison de la mésentente qui régnait en ce moment entre eux.

Quelques instants plus tard, ils retrouvèrent Alysanne, encore occupée à parcourir un ouvrage. Apparemment, Hugo avait décidé de jouer le pénible de service et Kerigan demeurait au premier abord en retrait, écoutant les anecdotes de chacun. Jusqu’à ce que Alysanne lui propose son aide. «Dîtes, je suis censé être le garde qui a du mal à se départir de ses habitudes de reître, et voilà que vous vous retrouvez en train de monnayer tout ce que vous pouvez…En plus, ce n’est pas comme si vous avez besoin de mon aide pour rouler quelqu’un dans la poussière… » Un léger sourire obscène parcourut son visage avant qu’il ne croise du regard Alysanne puis Hugo qui semblait désormais au bord du précipice, les veines gonflant ses tempes. Et n’ayant aucune envie de passer plus de temps avec ce dernier, le garde hocha de la tête en guise d’approbation. «Ca me va, j’aurais une idée plus précise de ce que ça vaut comme ça…je veux dire que la connaissance qu’on trouve là dedans et tout ce qui va avec.... » Il s’y était repris à deux fois pour tenter de prouver sa bonne foi même si il n’éprouvait aucune envie particulière sur le moment. D’ailleurs, le ton relativement détaché de sa voix le trahissait très clairement.
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Alysanne Florent
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Message Dim 24 Mar 2013 - 15:54

Comme toujours, il fallait qu’il se distingue par un éclat de provocation. Elle était habituée à ses incartades à présent et cette impertinence glissait sur elle comme l’eau sur les plumes d’une oie sauvage. Cela ne pouvait guère l’atteindre ou la vexer : n’était-ce pas au fond une forme de réflexe défensif, une manière de défendre sa dignité de roturier face au pouvoir de vie et de mort que les nobles détenaient sur lui ? « Vous me flattez, mais je n’ai pas fréquenté les bordels avec la même assiduité que vous. J’imagine que c’est une lacune à combler dans mon éducation, mais elle ne figure pas encore au chapitre de mes priorités. » dit-elle avec un petit air de princesse et un sourire en coin. Elle aimait bien ce petit jeu. Il n’était pas plus un voyou déloyal qu’elle une aristocrate pincée, mais en public c’était sur ce seul terrain qu’une complicité pouvait se tisser entre eux. Bien sûr, ils auraient pu se contenter de garder une distance silencieuse. Mais ce n’était pas dans leur nature. Il était trop impertinent, elle était trop curieuse, et tous deux restaient trop réfractaires au carcan des conventions pour se tenir à carreau.

Sa réponse joyeusement retournée fut suivie d’un assentiment du bout des lèvres. Elle n’avait cure de son manque d’enthousiasme ; cet acquiescement n’était pas forcé et suffirait amplement à ses desseins. Hugo ne goûtait guère l’initiative mais il se contenta de s’éloigner en soupirant - il n’était pas complètement borné et de toute façon, son statut de simple chevalier bâtard ne lui donnait aucun pouvoir sur sa cousine. Celle-ci n’en gardait pas moins en tête les dégâts potentiels d’une rupture de confiance, chose qu'elle ne souhaitait nullement ; elle s'enjoignit donc d'aller lui parler au prochain moment de calme.

« Parfait. » décréta-t-elle en se levant. « Voilà d’utiles manières de tuer le temps. » Elle eut un silence perplexe à la pensée des contraintes logistiques. Hors de question pour elle de se donner en spectacle devant l’équipage : il ne serait pas dit qu’une Florent tâtait du combat de rues au vu et au su du tout-venant, ni qu’une lady respectable s’improvisait préceptrice d’un simple garde. Pas davantage ne pouvait-elle s’enfermer des heures dans sa cabine avec un homme auquel elle n’était pas marié. Pourquoi fallait-il toujours qu’un millier d’obstacles contrecarre ses projets les plus inoffensifs ? Était-ce donc cela, être une femme ? Sans doute... Comme le lui avait suggéré Shaïra, elle devrait apprendre à louvoyer pour atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient. Eh bien, elle louvoierait, donc. Quitte à salir un peu ses jolis doigts.

Jusqu’ici, elle n’avait guère été malade, grâce à sa pharmacopée personnelle. Elle avait pris soin avant son départ d’étudier la question pour s’éviter tout désagrément inconvenant et avait fait provision d’herbes aptes à la prémunir contre le mal de mer et ses symptômes inélégants. Elle commençait toutefois à accuser une certaine fatigue et des migraines liées à l’inconfort du voyage et à sa nature fragile. On l’entendit s’en plaindre davantage à partir de ce moment, jusqu’à ce qu’elle opte officiellement pour une retraite dans sa cabine. Elle n’était pas à l’article de la mort, loin de là, grâce à sa pharmacopée toujours, dans laquelle elle puisait des fortifiants et remontants. Laisser croire à un état de faiblesse avancé restait toutefois sa meilleure carte. Elle n’avait jamais été encline au mensonge, mais par la force des choses les petites ruses faisaient partie de son quotidien depuis l’enfance. Une fillette noble n’obtient pas tout ce qu’elle veut de son père, fût-il le plus affectueux et le plus généreux des géniteurs, sans une once de persuasion et d’astuce. Et elle avait eu l’occasion d’exercer ses aptitudes en la matière auprès de l’oncle Jon, qui n’accordait rien spontanément, comme auprès de septa Lysa, qui s’opposait presque systématiquement à toutes ses demandes. Une escapade à Villevieille, l’acquisition de livres habituellement déconseillés aux demoiselles, un délai supplémentaire de promenade, la permission de passer plus de temps auprès du mestre et moins de temps à coudre… toutes ces petites choses du quotidien âprement gagnées, elle les avait obtenues à force de petites entourloupes, excuses et arguments bien choisis. Elle se rendait compte aujourd’hui que ce « talent » était peut-être une rose à cultiver dans un monde qui ne lui ferait pas de cadeau. C’était là chose dérangeante pour une Bieffoise de cœur, soucieuse de se comporter avec vertu et honneur, mais si c'était le seul moyen de réaliser ses projets, elle était prête à consentir ce compromis.

Cloîtrée dans sa cabine le plus clair de la journée, elle eut beau jeu d'y faire venir en douce son garde personnel pour échange de services. Hugo avait été informé de cette petite entorse aux convenances sans s'en émouvoir, après une longue discussion à cœur ouvert. Que sa cousine agisse avec excentricité n'était pas pour lui chose nouvelle et il aurait eu mauvaise grâce de la désapprouver quand cette originalité même lui profitait : un bâtard comme lui se serait-il vu confier la garde d'une demoiselle noble, et aurait-il eu tant de liberté sous ses ordres, si elle avait été à cheval sur le protocole et les traditions ? Il se rappelait avec bien assez d'amertume le regard contempteur d'une certaine lady Hightower qu'il avait osé flatter d'un mot sincère dans une boutique de Villevieille. Dans le Bief plus qu'ailleurs encore, on réprouvait ses pareils, adoubés ou non.

Donc, le chevalier était disposé à prêter son concours à ces nouveaux passe-temps, et sa rancœur envers le réître retombant comme un soufflé froid, il se déclara lui-même intéressé par les astuces dont Kerigan pourrait les faire profiter. Alysanne s'y refusa au prétexte du manque d'espace, le soupçonnant d'être plus intéressé encore par l'éventualité de la voir se couvrir de ridicule dans un exercice qui n'avait rien de « lady-esque » selon ses propres mots.

Revêtue de sa robe de monte la moins fragile et sophistiquée, elle accueillit donc seule Kerigan dans sa cabine avec l'attitude concentrée d'une élève face à son maître de musique. « Que les choses soient claires. Tout ce que je veux, c'est être capable de protéger ma propre vie en dernier recours. Surprendre mon agresseur, le repousser, au mieux le désarmer, et donner le temps à mes gardes d'intervenir. Je n'ai ni la force ni l'endurance pour espérer davantage, mais ce sera déjà plus que de rester bêtement les bras ballants devant une brute hurlante. Les rues de Lancehélion ne sont pas plus sûres que celles de Port-Réal et les Dorniens n'ont que peu d'amitié pour les Bieffois. La discrétion seule ne suffira peut-être pas à éviter les algarades. » Elle lissa machinalement sa robe. « Évidemment, la tenue n'est guère appropriée. C'est pourtant dans ce genre de tenue que j'aurai à me défendre, le cas échéant. C'est donc dans cette tenue que j'ai intérêt à m'exercer. » Elle conclut avec hésitation : « Hum, je vous fais confiance pour ne pas me blesser. Par quoi commence-t-on ? Y a-t-il des bases à connaître ou tout est-il question de contexte ? »

A son corps défendant, elle ne pouvait s'empêcher de théoriser, mais quelque chose lui disait que la théorie n'allait pas lui servir à grand-chose cette fois-ci. Elle inspira profondément, légèrement mal à l'aise tout à coup. Prendre la décision d'acquérir des rudiments de lutte en prévision des dangers de son séjour à Dorne était une chose. Mais se trouver face à un homme de la carrure de Kerigan avec la perspective de subir ses attaques dans un espace exigu, même dans le cadre d'un exercice, en était une autre. Elle repensait à son agression sur la Route de la Rose et ses mains tremblaient légèrement. Plus que la proximité physique inhabituelle, c'était l'appréhension des coups qui raidissait ses muscles, sa nuque, sa taille, quand elle était ordinairement souple et gracieuse comme toute jeune fille rompue à l'art de la danse. Il fallait qu'elle se détende. Plus facile à dire qu'à faire.

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Thème musical : Passacaglia / Bear Mc Creary


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Message Ven 5 Avr 2013 - 14:46

Cet exercice allait être une première aussi bien pour la lady du Bief que pour Kerigan. Il n’avait jamais endossé le rôle d’un quelconque maître transmettant son savoir à un élève. Aussi, c’est la raison pour laquelle il se distinguerait certainement par ses manières juvéniles et nonchalantes plutôt que par la droiture d’un maître d’armes servant une maison noble. L’Orageux se présenta dans la cabine de lady Florent sans se délester de son manteau ou encore du fourreau accueillant son épée au niveau de sa taille. Sans sourciller, il la découvrit dans une tenue un peu plus simple et sans fioriture. Le garde sourit à l’idée qu’elle ne voulait pas que ses robes les plus élaborées et les plus seyantes soient éprouvées par leur entrevue peu commune. Et il n’y avait pas que ça. Kerigan l’observait avancer en terrain inconnu, appliquée mais légèrement tendue. Dans un soupir, il répondit d’une voix qui se voulait rassurante, du moins selon lui. «Vous voulez vous battre et vous me demandez de ne pas vous blesser..Si vous étiez un homme, je vous traiterais de pucelle. Bien sûr, seulement si vous étiez un homme…Dois-je vous considérer comme un homme ? » avança t’il ironiquement pour se dédouaner faussement de son audace. «Vous ne craignez rien et vous avez raison, il s’agit davantage de situation lorsqu’il faut se sortir du pétrin. C’est moins utile au milieu d’une bataille comparé au maniement de l’épée mais vous conviendrez que ce ne sera jamais votre place. »

Kerigan s’avança de quelques pas dans la cabine, s’approchant d’Alysanne. Ce rôle allait l’amuser, il ne se faisait pas d’illusion, et il avait fallu qu’elle le lui demande en plus. Il fit mine de réfléchir un instant la tête légèrement baissée avant de reprendre la parole, un peu plus sérieux. «On va voir deux cas. Il se peut que les techniques que je vais vous enseigner dérogent à l’honneur d’un chevalier ou d’une lady. Première situation. Je ne suis pas armé et je vous veux du mal. Votre réaction logique serait de crier pour obtenir du secours et fuir dans une direction. Ce qui est en soi une bonne idée et ce qu’il faut faire… » Après avoir plus ou moins endormi sa vigilance, l’Orageux l’attrapa brusquement par le bras pour la bloquer dos à lui, la main vissée sur sa bouche. «Mais on va sauter cette étape parce que nous ne sommes pas seuls et un malentendu est vite arrivé...n’est ce pas ? » Bien sûr, au vu de la situation, il savait qu’elle ne pouvait pas répondre mais c’était à nouveau un petit plaisir personnel pour l’ancien reître. «Vos bras sont bloqués, vos mouvements aussi. Vous pouvez tenter de jouer de votre force et essayer de me faire percuter un mur. Hm, c’est peu probable je sais. Sinon, il y a des points faibles atteignables pour déstabiliser votre agresseur. L’idéal est d’avoir une petite dague à portée de main sur soi, et vous la plantez dans ma cuisse avant de tourner la lame. Si l’envie de fuir vous prend après, il me sera bien difficile de vous rattraper. Sinon, vous pouvez tenter d’écraser mes orteils à l’aide de votre talon et relever franchement la tête ensuite pour percuter ma mâchoire. Autre solution, au lieu d’utiliser votre talon, vous pouvez utiliser votre main pour serrer mes attributs avant de délivrer ce coup de tête. Mais, très sincèrement je tiens plutôt à ce que vous choisissiez une autre solution pour cet exercice… »

Quelques instants plus tard, il la laissa manœuvrer comme elle le souhaitait, l’invitant à plus de rapidité, pour améliorer l’effet de surprise, et à plus de force. Cette proximité n’avait rien de déplaisant et remémorait même quelques pulsions intérieures. Bien sûr, il y avait le genre de pulsion commune à tout Westerosien n’ayant pas touché une femme depuis trois ou quatre lunes. Il y en avait d’autres qu’il ne s’avouait pas, et lorsque cela concernait lady Florent l’ancien reître avait tendance à plonger immédiatement dans le déni le plus total. Même si il se montrait outrageusement ouvert et provocant, Kerigan avait aussi ses parts d’ombre. «On va voir autre chose maintenant.» dit il brusquement en libérant Alysanne de ses entraves et en se massant légèrement la mâchoire. L’instant d’après, l’Orageux avait sorti son épée de son fourreau. Celle-ci était dirigée vers la lady. «Votre agresseur est armé et de ce fait, plus dangereux. Aussi, ne vous conseillerais-je pas de tenter une quelconque offensive. Du moins pas tout de suite. Il vous faut gagner du temps pour attendre l’arrivée de vos gardes. Et en gagnant du temps, vous mettez à l’épreuve sa vigilance. Tentez de le convaincre de ce qu’il pourrait gagner en changeant de décision, tentez de le séduire, tentez de le mettre en garde, tentez d’être d’accord avec lui et de montrer qu’il n’a aucune raison de vous menacer. Bref, tout ce qui pourrait le déstabiliser à l’idée de s’en prendre à vous. Une fois son épée baissée, si la garde n’est pas encore là, je vous conseille encore la technique de la dague dans la cuisse pour prendre la fuite ensuite. Bien sûr la réaction ne sera pas toujours la même en fonction de la personne à qui vous vous adressez…si il est un homme d’armes ou un commerçant ou autre chose...» Immobile suite à son speech, l’épée toujours tendue en direction de la Biefoise, Kerigan la toisa du regard, l’invitant à mettre en pratique ses idées. «Alors, vous allez tenter de me corrompre ? de me séduire ? ou de me faire la morale ? »
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Alysanne Florent
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Message Mar 9 Avr 2013 - 9:39

S’armant de résolution, Alysanne hocha la tête, approuvant tacitement les propos de Kerigan, sur le fond si ce n’est sur la forme : sa place n’était nullement sur un champ de bataille et elle n’y aspirait en aucun cas. Son dessein était de pouvoir tenir sa propre place à sa manière, et le mieux possible. Rien qu’une lady… qui avait mis le bout du doigt dans un curieux engrenage, et ne tenait pas à se casser un ongle – pour employer un euphémisme. Ces dernières lunes, avec les attaques des Fer-nés sur les côtes et ses propres péripéties sur la route de la Rose, à Port-Réal et à Murs-Blancs, elle s’était retrouvée face à la réalité d’un monde plus violent qu’elle ne l’avait imaginé. Refuser de voir la vérité ou d’en tirer des leçons utiles eût été puéril. Elle était en ce monde pour apprendre. Elle apprendrait, donc.

« Vous savez, me traiter de pucelle serait plutôt un compliment dans le Bief. Homme ou femme, noble ou roturier, nous ne sommes jugés qu’à l’aune de notre naissance, semble-t-il. » Elle sourit, légèrement détendue par l’attitude désinvolte de Kerigan. « Voyons donc ce qu’une pucelle du Bief peut apprendre d’un réître. La réponse aura le mérite d’être inédite, à défaut d’être spectaculaire. »

Il s’approcha d’elle et commença à dévider le fil de ses explications. C’était un combattant, elle le savait mais cela ne changeait rien à ses réflexes : aucun de ses précepteurs n’avait jamais attaqué la mise en pratique sans prévenir, et elle se laissa surprendre par sa prise. Coincée contre lui, une main plaquée sur sa bouche, elle ne s’était jamais sentie si empotée. N’aurait-elle pas dû voir venir le coup ? Quelle idiote ! Elle respirait difficilement. C’était oppressant, mais seulement les premiers instants. Très vite, elle rassembla ses esprits, focalisa son attention sur ses paroles. Elle sentait contre elle sa masse, sa chaleur, une expérience étrangère à ses sens. Il devait s’amuser – mais il restait sérieux et concentré. Elle lui en sut gré. Après tout, n’aurait-il pas été logique pour un homme comme lui de profiter de la situation pour l’humilier, ou la lutiner ? Elle avait choisi de lui faire confiance sans même vraiment y réfléchir. Elle n’était plus aussi prudente qu’elle l’avait été par le passé. Elle commençait à oser prendre des risques. A savoir les calculer. Elle ferma les yeux un instant. Puisqu'il voulait bien jouer le jeu, elle pouvait et devait se départir de ses appréhensions, maintenant, sans quoi elle n'arriverait à rien.

Cela fonctionna, mieux qu’elle l’avait espéré. Une fois rassurée, à l’aise dans l’exercice, elle put s’appliquer à exécuter les mouvements indiqués. Elle n’avait pas de talent pour cela, et elle manquait de force, mais elle avait la souplesse de toute lady du Bief entraînée à la danse depuis son plus jeune âge, et la volonté de réussir. Aussi appliquée qu’un septon en prière, elle n’avait guère l’esprit à d’autres considérations, aidée en cela par sa nature profondément rationnelle. Pour autant, son corps intégrait difficilement le contact physique qui lui était imposé – il n’y avait pas là la distance codifiée propre à la danse. Ni la nature ni la force de ces contacts ne lui étaient familiers. Si ses pensées évitaient de s’y attarder, sa peau et sa chair fourmillaient à chaque prise, à chaque coup, comme au contact d’une plume ou d’un insecte courant sur sa peau. Ce n’était ni agréable, ni désagréable en soi. C’était nouveau, fort, et envahissant. Elle s’en accommoda, jugeant que la sensation s’atténuerait à force de répétitions, et jeta aux oubliettes de son esprit la pensée intrigante qu’elle n’aurait pas connu pour la première fois les mains d’un homme dans un lit de noces, mais sur un bateau en prenant une leçon de lutte. Fait singulier s’il en est, pour une pucelle du Bief.

Lorsqu’il la libéra de son emprise et tira son épée, elle lui fit face en croisant les bras avec attention, un peu perplexe. Pouvait-on vraiment faire quoi que ce soit contre un homme armé ? Le discours de Kerigan fit remonter à la surface le souvenir du brigand à la hache. Elle eut une moue dépitée. « Tout dépend de l’homme, je suppose. En l’absence d’information, j’aurais toujours tendance à privilégier la corruption. Je doute qu’édifier un brigand lui fasse quelque effet. Quant à le séduire, il faudrait pour cela qu’il soit particulièrement stupide, ou que les circonstances soient très particulières. Une pucelle du Bief surprise au détour d’un chemin ne ferait jamais cela, et notre agresseur le saurait parfaitement. Cela ne m’aurait même pas traversé l’esprit, à dire vrai. Peut-être que si j’étais captive depuis plusieurs heures avec un espoir de neutraliser mon geôlier de cette manière… » Elle secoua la tête. « Ah, même là, je croirais davantage à la corruption. Mais je raisonne en noble, c’est une erreur. Sur la Route de la Rose, j’ai crié à cet homme qu’il pourrait tirer de moi une rançon, et cela ne l’a pas arrêté. Comment comprendre les motivations d’un sauvage ? Bien. Disons tout de même que je mise sur la corruption. Au moins, c’est un rôle dans lequel je peux me prévaloir d’une certaine crédibilité. » Elle réitéra le petit discours de la Route de la Rose. Le mot « rançon » lâché dans le feu de l’action, et la tirade qui s’ensuivait. « Bien sûr, selon l’endroit où nous nous trouvons, je changerai à loisir le nom de mon père. Inutile de parler de Lord Florent ou Lord Tyrell à Dorne, quel brigand irait perdre du temps à réclamer une rançon à un seigneur aussi lointain ? Sans compter que la haine des Bieffois pourrait le convaincre de m’abattre sur-le-champ. Il faudra que je m’invente un père dornien. Les Dorniens rocheux ont la peau claire. Les Forrest, par exemple. Hum, je demanderai à Lady Ismaëlle quelques détails sur sa famille, pour être crédible. »

Elle secoua la tête d’un air méditatif. « Je suppose que si la corruption ne fonctionne pas, il faudra tenter autre chose. La séduction... par la Jouvencelle, je n’ai aucune idée de la manière de s’y prendre. Se conduire comme une catin n’est à l’évidence pas une ruse plausible. Il faut donc susciter l’intérêt par un moyen détourné, mais comment ? » Elle tenta d’imaginer la scène. Et trouva une idée. Elle pouvait jouer la soumission. Je ferai tout ce que vous voulez. Laisser à l’imagination de l’homme sûr de son fait l’initiative. Inciter sans proposer. Elle ne croyait pas qu’une approche plus directe puisse fonctionner, mais celle-ci ferait l’affaire, en cas de besoin. Cette pensée l’embarrassait. Elle ne voulait pas s’abaisser à la partager avec quelqu’un. « Pardon. Je vois comment procéder, mais je n’ai pas vraiment envie de… me mettre en scène. Disons que je pourrais me faire passer pour une oiselle sans défense, assez désespérée pour accepter n’importe quoi, assez naïve pour espérer s’en tirer ainsi. »

Elle fit quelques pas, chassant cette option de son esprit pour envisager la dernière solution proposée.

« Pour la morale… hum, les Dorniens ne vénèrent pas les Sept. En revanche, ce sont de fiers guerriers qui honnissent la lâcheté et la mollesse, dit-on. Je pourrais tancer mon agresseur sur la lâcheté de l’homme qui prend pour adversaire une créature sans défense, l’inciter à prouver sa valeur en vous affrontant, vous et Hugo. Je pense pouvoir faire cela. Je n’aurai qu’à me rappeler de l’Oncle Jon. » Elle sourit et ne put s’empêcher de jeter tout à coup d’une grosse voix, dans une parodie de sermon militaire : « Espèce de petite larve molle de la fesse, tu crois que c’est un adversaire d’homme, une fillette en fanfreluches ? Tu veux continuer à jouer à la poupée, ou tu vas te rappeler qu’t’as pas d’fente entre les cuisses ? Y a deux gars là-bas capables de soulever une épée, mais c’est trop pour toi, je parie ! Pour les affronter faudrait être un vrai guerrier dornien, pas un mollasson du nord qui s’pisse dessus à la seule vue d’une lame ! »

Elle porta la main à ses lèvres, incapable de contenir un rire qui n’avait rien du petit gloussement de salon habituel aux demoiselles : un vrai rire, cette fois, sans retenue ni calcul. La vision de l’Oncle Jon dans ses coups de colère face aux soldats avait toujours été source d’hilarité entre elle et Hugo, et le pastiche s’était imposé de lui-même.




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