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Croyances et confidences...

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Message Ven 1 Fév 2013 - 18:47

Il était parfois des jours où la Reine se laissait consumer par sa rage, sa haine et se laissait guider par elle, cherchant à tout prix la vengeance et persuadée que jamais elle n'aurait de repos tant que Brynden aurait encore la possibilité de s'assoir sur le Trône de Fer en toute impunité. Et il y avait d'autres jours.

Une fois n'est pas coutume, Aelinor était plutôt sereine en cette matinée brumeuse. Le froid un peu vif, qui l'avait saisie alors qu'elle avait passé quelques instants sur la petite terrasse de ses appartements, avait réussi à neutraliser cette odeur nauséabonde qui flottait habituellement sur Port Real. Même si elle y était habituée depuis toujours, elle savourait ces premiers moments, juste avant l'hiver, où son odorat connaissait un instant de répit et lui rappelait quelles devaient être les véritables fragrances du monde qui l'entourait. Elle était même parvenue à savourer la douce senteur des fleurs accrochées quelques fenêtres plus loin et dont un coup de vent opportun lui avait apporté les odeurs.

Vêtue d'une robe qu'elle avait fait faire avec les soieries de Dorne offertes par les deux sœurs Hightower, elle avait passé de longues minutes devant la glace, admirant la qualité des étoffes et l'élégance avec laquelle le tissu retombait sur le sol lorsqu'elle se déplaçait. Délaissant un petit-déjeuner auquel elle avait à peine touché, picorant quelques fruits du bout des lèvres, elle avait décidé, sur un coup de tête, d'aller faire ses dévotions au Sept, une fois n'est pas coutume.

Accompagnée de sa petite flopée de suivantes et de quelques gardes, elle avait traversé le chemin qui séparait ses appartements du Septuaire Royal la tête haute, l'image même de la dignité qui avait trait à son rang, de l'élégance et de l'assurance dont elle voulait que chacun se rappelle sur son passage. Devant la porte du Septuaire, elle n'avait pas hésité un instant et c'est d'un pas assuré qu'elle était entrée, restant tout de même quelques secondes dans l'embrasure de la lourde porte sans bouger, observant les lieux plongés dans un calme et une semi-obscurité qu'on ne retrouvait guère ailleurs.

Il faisait presque froid dans la pièce principale, les murs épais ne laissant guère l'occasion de retrouver le peu de chaleur qui subsistait à l'extérieur grâce aux premiers rayons du soleil qui touchaient les hauteurs du lieu sacré, mais finalement, l'atmosphère fraiche était des plus agréables. La Reine ne jeta qu'un bref regard aux rares religieux venus faire leurs dévotions matinales, le lieu n'était pas, contrairement au Grand Septuaire, accessible à la population et elle trouvait l'idée particulièrement agréable, n'ayant pas la moindre envie de se sentir observée tandis qu'elle prierait ou plutôt qu'elle réfléchirait tranquillement.

La pièce était d'une architecture des plus classiques, les sept murs aux tons clairs accueillant chacun l'une des facettes de cette religion qui intriguait Aelinor plus qu'elle ne l'attirait. Auprès de chaque statue, de larges vitraux aux couleurs rouges et orangées éclairaient la pièce et, lorsqu'Aelinor s'arrêta devant celle représentant la Mère, elle esquissa un sourire satisfait. Elle aimait cette façon subtile mais efficace de rappeler la présence des Targaryen partout, même dans un lieu de prière.

Attrapant tranquillement une des bougies éteinte, elle la pencha en direction de l'une des petites flammes qui brillaient tout près avant de la reposer, son regard fixé sur cette source de lumière littéralement captivante. Un léger bruit derrière elle lui fit dresser l'oreille mais elle se contenta de sourire, reconnaissant immédiatement le cliquetis familier de l'armure des gardes royaux. Gwayne Corbray se trouvait juste derrière et, pour cause, elle avait expressément demandé à ce qu'il soit auprès d'elle en cette heure matinale.

Si elle avait demandé à ce garde-ci de l'accompagner au cœur même du Septuaire, ce n'était pas par hasard. Elle avait des interrogations et besoin de certitudes à son égard. Mais, ne voulant pas le brusquer, elle laissa échapper, d'une voix légère, tandis qu'elle continuait de fixer les flammes dansantes, leur éclat se reflétant dans ses grandes prunelles violettes.

"Dites-moi Ser Corbray, êtes-vous quelqu'un de particulièrement pieux ?"
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Message Mar 5 Fév 2013 - 19:13

Le réveil vint facilement. Entendant le grincement caractéristique de la porte de ses très modestes appartements, Gwayne Corbray s'éveilla et se redressa. Il était tôt, pourtant le Commandant Addison Hill était déjà en armure complète, son épée ceinte à sa ceinture. La raison de sa présence était évidente, comme certains matins, c'était à Gwayne de remplacer le preux qui avait passé sa nuit à veiller la porte des appartements du Roi. La matinée de Gwayne s'annonçait donc bien monotone. Du moins le croyait il, car le commandant de la Garde Royale avait une autre charge pour lui en cette douce matinée.

"Frère, la Reine exige que tu l'accompagne au septuaire royale. Tu as cinq minutes."

Gwayne acquiesça d'un signe de tête et se prépara. Il fit un brin de toilette, pour ne pas affliger la Reine d'une apparence négligée. Il tailla sa barbe à l'aide d'un fin rasoir et prit des habits blancs propres. Il revêtit ensuite son armure elle aussi blanche, rutilante à force d'être polie chaque soir. Puis, il mit sa cape blanche sur son dos et l'attacha autour de son cou. La plupart des gardes royaux sertissaient leurs capes de broches aux blasons de leurs maisons. Pas Gwayne Corbray. Nul corbeau, juste une broche blanche toute simple, sans fioriture. Il n'était plus un Corbray, il était un Garde Royal, une épée, un garde, un guerrier. C'était pour lui plus séant d'adopter cette broche qu'une broche arborant les trois corbeaux tenant un cœur dans leurs serres. Pour finir de se préparer, Gwayne Corbray prit le grand fourreau et le ceint autour de sa taille. Ainsi prêt, il pouvait se mettre en route.

En arrivant dans la petite cour, réservée aux nobles de Port-Réal, il repéra la petite escorte qui accompagnait la Reine, sortant de la citadelle de Maegor. Quatre gardes et divers suivantes. Dames de compagnies en tout genre qui entouraient constamment la Reine. Gwayne admira la démarche altière de la Reine. Cette femme était faite pour ce rôle, contrairement à son mari. Elle était faite pour être une Reine, belle, raffinée, et... Intrigante ? Gwayne avait ouï diverses choses sur la Reine, mais il n'y avait jamais prêté attention. Son rôle n'était certes pas d'aimer la famille royale, juste de la protéger. Mais il pensait qu'un Garde Royal devait avoir foi en les Targaryens. Et il avait foi en la Reine.
Tel un fantôme, le manteau blanc se glissa à la suite de l'escorte, sans un bruit. Il arriva rapidement au septuaire et se demanda pourquoi sa présence était exigée en ce lieu. La avait déjà accompagnée la Reine, mais c'était dans des rencontres avec des nobles ou divers dignitaires. Pourquoi exigeait elle sa présence en ces lieux ?

Les gardes restèrent à l'entrée du septuaire, deux tournés vers l'extérieur et deux tournés vers l'intérieur. Les suivantes restèrent quant à elle devant le septuaire royal, peut être à la demande de la Reine ? Gwayne ne s'interrogea pas et se glissa subrepticement à sa suite, à une distance respectueuse de trois pas, comme l'exigeait sa fonction ainsi que l'étiquette. La Reine se recueillit au pied de l'effigie de la Mère et lui alluma une bougie. Alors que Gwayne pensait avoir été discret, la Reine s'adressa à lui en l'appelant par son prénom. Gwayne sourit du coin de la bouche, il avait pensé être discret, mais rien n'échappait à Aelinor Targaryen.

La question était d'ordre purement théologique, mais elle relevait pour Gwayne de l'évidence. Pieux ? Il l'était. Il vivait en accord avec l'enseignement des sept, comme son père le lui avait apprit. Non, il ne passait pas son temps à prier, pas par manque de temps mais par aversion pour les panons qui venaient parader et se montrer au septuaire. Il y venait une fois par semaine au mieux, une fois par semaine au pire. Il croyait que le Père le jugerait quand il serait mort. Il croyait que le Guerrier l'aidait à trouver la force. Il croyait que l'Aïlleule pouvait l'éclairer dans les moments de doute. Il croyait de même au sinistre Étranger qui viendrait l'étreindre en même temps que la mort.

"Oui, ma Reine. Comme mon père me l'a enseigné."

Gwayne se contenta de ces quelques mots, il ne savait comment parler aux femmes, n'étant jamais été touché de sentiments amoureux. Si bien que certains le prétendaient châtrés dans son dos quand il arpentait le Val, jamais en face de lui après qu'un reître s'y soit risqué et ait perdu une main, cet homme serait mort sans l'intervention de Ser Royce.
Gwayne n'était pas très sociable, ne savait pas parler aux femmes, et respectait infiniment la Reine, si bien qu'il n'osait guère être très bavard. Que dire de plus ? Sa piété n'était pas exprimable avec des mots très cohérents, il avait peur de s'embourber dans ses propos, d'ennuyer sa Reine. Servir la famille Royale était aussi lui être agréable.
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Message Sam 9 Fév 2013 - 17:55

La Reine avait observé sans en avoir l'air le ballet des gardes tout autour d'elle. Elle y était habituée depuis l'enfance et aurait du depuis longtemps y être totalement indifférence mais il y avait dans leur organisation et leur cohésion qui se faisait à mi-mot quelque chose de presque fascinant. Ces hommes étaient prêts à tuer et à mourir pour elle et les siens, tout le monde trouvait ça tout à fait normal, Aelinor la première. Mais parfois, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui avait pu les pousser à choisir cette voie, à tout quitter pour vouer son existence toute entière à la famille royale. C'était là bien sûr un privilège que bien peu d'entre eux obtenaient et qui offrait une certaine renommée à la Maison dont chaque garde était originaire, mais les sacrifices n'étaient pas négligeables.

La Targaryen était curieuse à cette idée mais aussi à propos de nombreuses choses concernant Ser Corbray. On le disait fidèle depuis toujours à la famille Targaryen et, ce malgré les rébellions que la Couronne avait eu à mâter. Qu'en était-il réellement ? Et, surtout, l'était-il par facilité ou par une véritable conviction ?

Jouant avec la flamme qui dansait devant elle du bout des doigts, ne retirant la main que lorsque la chaleur devenait insoutenable, elle garda le silence de longues secondes, jaugeant son interlocuteur tandis qu'il se tenait auprès d'elle, suffisamment en retrait pour marquer la différence de leur rang mais assez près pour que leur discussion se déroule à voix basse et sans déranger les Septas et autres religieux dans leurs dévotions.

"Vous êtes devenu croyant uniquement parce que votre père vous l'a enseigné ? La plupart des gens ne croient que par habitude, par convenance. D'autres parce qu'ils pensent sincèrement que les préceptes enseignés par nos religieux sont la voie à suivre, celle qui permet de tenir la conduite la plus exemplaire. Qu'en est-il de vous ?"

La Reine parlait tranquillement, comme si le sujet n'avait que peu d'importance. Mais elle attendait avec une certaine impatience la réponse de Gwayne. Non pas que ses choix aient réellement un intérêt pour Aelinor mais les mots qu'il emploierait, sa façon de présenter ses croyances pourraient lui donner une première idée de ce qu'il en était pour le sujet qui lui tenait plus à cœur.

Elle se détourna alors des flammes, fit quelques pas en direction de la statue de l'Aïeule et s'arrêta de nouveau, la tête légèrement penchée sur le coté alors qu'elle regardait l'effigie qui se dressait devant elle d'un air rêveur. Si la plupart des représentations des Sept n'avaient que peu d'impact sur elle, le fait de penser à ses ancêtres avait toujours le don d'exalter Aelinor. Penser à la grandeur des Targaryen, aux dragons et à ce qu'ils avaient construit la rendait fière de sentir leur sang couler dans ses veines. Un petit groupe de Septas attira son attention et elle les fixa de longues secondes avant de se tourner de nouveau devant Gwayne, un sourire indéfinissable flottant sur ses lèvres fines.

"Et croyez-vous en nous Ser Corbray ? Avez-vous rejoint la Garde Royale par conviction ou par convenance ?"

La question pouvait sembler abrupte, Aelinor en avait parfaitement conscience mais peu lui importait. Après tout, elle avait parfaitement le droit de demander des comptes à qui bon lui semblait sans qu'on ait à lui demander pourquoi. Et, malgré la certitude qu'elle avait sur la fidélité de Gwayne pour la famille royale, elle tenait à savoir ce qu'il englobait dans la famille et s'il était prêt à tout pour elle. Aerys ne lui demanderait jamais rien. Les rares fois où il sortait de sa bibliothèque pouvaient se compter sur les doigts d'une main et elle se voyait mal imaginer son cher époux s'assurer de la loyauté de ses gardes.
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Message Mer 20 Fév 2013 - 17:45

"Vous êtes devenu croyant uniquement parce que votre père vous l'a enseigné ? La plupart des gens ne croient que par habitude, par convenance. D'autres parce qu'ils pensent sincèrement que les préceptes enseignés par nos religieux sont la voie à suivre, celle qui permet de tenir la conduite la plus exemplaire. Qu'en est-il de vous ?"

Aelinor Targaryen avait le don de mettre Gwayne mal à l'aise. La religion était quelque chose de profond, quelque chose au quel Gwayne se raccrochait. La foi des Sept était plutôt simple, elle reposait sur quelques préceptes, des idées. La religion était un code de conduite, un code qui collait à celui de Gwayne Corbray. Un ligne toute tracée qu'il fallait suivre. La chevalerie, l'honneur, elle avait plusieurs noms. Gwayne lui même n'aurait sut la résumer en quelques mots. Il n'était pas un homme de mot, et c'était un concept trop grand pour être expliqué. Comme sa connexion étrange avec son épée en acier valyrien, sa foi était inexplicable avec de simples mots.
Il ne pouvait cependant laisser la Reine sans réponse, c'était inconvenant. Que dire alors ? Il se sentait ridicule, comme un gamin devant un adulte qui le réprimande. Comme un idiot devant un archimestre de la Citadelle. Péniblement, il rassembla quelques mots et tenta de ne pas passer pour un idiot devant sa Reine.

"Je suis un homme simple, votre Grâce. La religion est une ligne de conduite pour moi. Elle me montre comment agir, comment être un bon chevalier. La religion m'aide à accomplir ma mission de Garde Royal, votre Grâce."

La Reine se déplaça avec grâce vers l'effigie de l'Aïeule. La vieille femme, tenant une lanterne pour éclairer les hommes, semblait vieille comme le monde. Elle pouvait être là depuis des centaines d'années. Depuis que Dame Affliction avait été forgée. Gwayne n'avait cependant que moitié moins d'admiration pour l'Aïeule que pour le puissant Guerrier. Égarant son regard vers ce dernier, il admira l'impression de force qui se dégageait de la statue. Il trouvait un peu de lui en l'image du Guerrier, et il faisait tout pour s'en rapprocher. La sévérité de ses traits lui était habituelle, mais il était vraie que le Guerrier était plus jeune, il semblait plus vigoureux.
Sur la gauche, un petit groupe de septa bougea. Gwayne se retourna aussitôt, calmement. Plus un réflexe qu'un geste contrôlé. Il était en présence d'un membre de la famille Royale. Et pas un bâtard, non, il était en présence de la Reine. Ce simple bruit avait éveillé ses instincts.
Mais les septas n'étaient en aucun cas menaçantes.

"Et croyez-vous en nous Ser Corbray ? Avez-vous rejoint la Garde Royale par conviction ou par convenance ?"

Cette question était pour le moins inattendue, pourtant elle ne désarçonna pas le moins du monde Gwayne Corbray. Il esquissa un léger sourire que la Reine, lui tournant le dos, ne pouvait voir. Croyait il en la famille Targaryen ? Oui. Les mariages incestueux ne le répugnait pas, c'était en dehors de sa conception, mais c'était une autre culture, celle de l'Antique Valyria. C'était une manière de garder la différence des Targaryens, leurs cheveux et les yeux. Il comprenait. Gwayne croyait en la force, il croyait en les grands guerriers que la dynastie Targaryen avait produit. Aemon Chevalier-Dragon, Daeron le Jeune Dragon, en le regretté Baelor Briselance, en le prince Maekar qui était un redoutable combattant.
Certes, les Targaryen avaient aussi produits des hommes moins capables, comme le Roi actuel. Mais le simple fait d'avoir cette pensée dérangea Gwayne, il ne devait pas penser ce genre de choses de son Roi. Il était faible, oui, mais le sang du Dragon coulait en lui.

"Par pure conviction, votre Grâce. J'ai autant fois en votre famille qu'en les sept."

Gwayne pouvait passer pour un lèche bottes en proférant ces mots. Mais son ton était ferme et nullement mielleux, il était sincère, habité d'une foi profonde pour la famille régnante qu'il avait juré de protéger.
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Message Dim 24 Fév 2013 - 15:49

La croyance, la Foi… ces mots étaient de véritables piliers dans l'existence d'Aelinor mais non pas dans sa signification classique. Les Dieux ne l'intéressaient guère, elle n'y voyait là qu'une occupation pour ceux qui ne savaient guère vers quoi mener son existence. Elle croyait en une seule chose, ce sang qui coulait dans ses veines et qui la rendait si différente des autres. Certains auraient pu appeler cela de la vanité, ils n'auraient pas eu tort mais la Reine avait été élevée dans l'idée de sa propre grandeur et de sa valeur largement supérieure à la moyenne.

Il était bien évidemment hors de propos pour elle de remettre cela en question et elle attendait la même chose des gens qui l'entouraient et qui étaient censés veiller sur sa sécurité. Elle connaissait les bruits qui circulaient bien évidemment, sur la folie qui pouvait avoir gagné certains membres de sa lignée. Mais elle s'en moquait. Ou plutôt, elle n'y voyait là qu'un signe de plus de la jalousie éprouvée envers sa famille dont la grandeur n'était plus à prouver.

Comme il l'avait si bien souligné, Ser Corbray était un homme simple qui suivait des lignes de conduites tout aussi simples que lui. Ce n'était pas un mal après tout, il était plus facile d'avoir à son service de tels personnages dont la fidélité serait facilement acquise, même si elle ne pourrait pas compter sur lui pour envisager des solutions plus retorses pour arriver à ses fins.

"Et quelle est pour vous la mission d'un Garde Royal Ser Corbray ? Celle de nous défendre jusqu'à la mort, cela va sans dire. Mais jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour nous ?"

Elle désigna les petits groupes de religieux qui circulaient tout autour d'eux sans leur prêter plus d'attention que nécessaire. La Reine n'avait bien évidemment aucune intention belliqueuse et ne voyait personne en ces lieux qui pourrait sincèrement lui porter préjudice, mais elle est d'humeur joueuse et surtout, elle était curieuse de ce qu'allait dire Ser Corbray lorsqu'elle continuerait à parler.

Aelinor le sentait un rien perplexe devant ses interrogations. Pourtant, il avait la décence de garder ce qu'il pensait réellement pour lui et surtout, il restait aux aguets, guettant le moindre mouvement suspect et qui pourrait porter atteinte à l'intégrité de la Reine. Voir un membre de la famille royale mourir alors qu'il était en service était de loin le pire des scénarios qu'un Garde Royal pouvait imaginer. Elle se demandait même si l'un d'eux avait jamais osé imaginé ce que serait son existence si cela pouvait bien arriver.

Reprenant sa marche, la mine tout aussi calme et sereine que lors de son entrée dans le Septuaire, elle gardait la tête haute, allumant une bougie devant chaque statue sans s'arrêter plus longtemps que nécessaire. Elle n'était guère adepte des dévotions qui duraient des heures et un mince sourire se dessina sur son visage au souvenir de la cadette des Hightower et à sa réplique. On ne pouvait jamais être trop pieu, mais on pouvait faire comme si en tout cas. Et, quand il fallait jouer un rôle pour paraître, Aelinor faisait preuve d'un rare talent qui n'avait jamais manqué de faire ses preuves.

Et elle se tenait maintenant devant le Père, restant un peu plus longtemps auprès de la Statue, elle-même légèrement surélevée par rapport aux autres. Fixant de nouveau les nombreuses bougies qui brûlaient maintenant sous ses yeux, elle laissa échapper, à mi-voix.

"La conviction. Voilà un mot fort qu'il faut être prêt à assumer en toutes circonstances. Que feriez-vous si je vous demandais de tuer cette jeune personne là-bas ? Si je vous disais que c'était pour le bien de la Couronne, pour la survie de la famille royale, que diriez-vous ?"

Tout en parlant, elle avait désigné une jeune Septa plongée dans ses dévotions qui semblait incarner à elle seule l'innocence et la douceur, comme seules les Septas en étaient capables.
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Message Lun 25 Fév 2013 - 16:23

A quel jeu jouait donc la Reine ? Ses questions était précises et se voulaient déstabilisantes. Gwayne avait l'impression d'être entraîné dans le jeu des trônes qu'il avait toujours repoussé. Les intrigues, les coups de poignard dans le dos, Gwayne Corbray n'était pas fait pour ça. Il affrontait ses ennemis épées, et non plume, à la main. Son bouclier était fait de bois solide et n'était pas un parchemin. Où voulait en venir la Reine avec sa question ? Jusqu'où serait il prêt à aller ? Elle avait elle même parlée de la mort, en parlant comme une évidence, quelque chose de futile. Oui, un Garde Royal se devait d'aller jusqu'à mourir, mais la vie d'un homme à son service était elle si futile pour la Reine ? N'était il que des pions inter changeables ? Oui, sans doute. C'était la façon d'agir de certains Roi, Gwayne le savait. S'il mourrait, un autre prendrait sa place. Et si ses frères le regretteraient peut être, la Reine n'en aurait que faire.
Mais que voulait elle donc qu'il sacrifie de plus que sa mort ? Gwayne ne savait ce qu'elle voulait entendre, la seule chose qu'il mettait au dessus de sa propre vie était son honneur. Était ce qu'elle voulait entendre ? Non, Gwayne ne sacrifierai pas son honneur pour la famille royale, à moins qu'il y est un cas extrême. Et quand bien, même, il n'avait aucune certitude... Il pensa à Criston Cole le faiseur de Roi, et à tous ces autres chevaliers qui avaient trahi leurs vœux. A Lucamore le Dépravé, à Orivel le Munificent. La Garde Royale n'avait pas connue que des hommes aux valeurs irréprochables. Si son honneur était opposé à son rôle, que ferait il alors ? C'était une situation qui pouvait arriver, le jeu des trônes était fluctuant.
Mais il préférait ne imaginer pareille situation. Avec conviction, il répondu à sa Reine.

"Je serai prêt à tout, votre Grâce."

Le testait-elle, ou attendait elle quelque chose de particulier ? Gwayne le saurait bien assez vite, et il préférait jouer l'idiot en attendant. Doué en stratégie militaire, il savait que le jeu de trônes était semblable, et la Reine avancerait ses pions tôt ou tard. Elle fit le tour des effigies des Sept, et s'arrêta enfin devant le Père. Gwayne l'avait suivi tout le long, et il la regarda désigner le groupe de septa non loin d'eux. Les mots que prononcèrent ensuite la Reine déstabilisèrent Gwayne, et l'espace d'un instant son visage trahit sa confusion.

"La conviction. Voilà un mot fort qu'il faut être prêt à assumer en toutes circonstances. Que feriez-vous si je vous demandais de tuer cette jeune personne là-bas ? Si je vous disais que c'était pour le bien de la Couronne, pour la survie de la famille royale, que diriez-vous ?"

Était elle folle ? Les Garde Royaux devaient protéger la famille Royale, garder ses secrets et lui obéir. Mais lui obéir dans ces conditions ? Gwayne observa la jeune septa. Elle était innocente, c'était évident. La Reine le testait, mais comment argumenter un refus ? Parler de son honneur au risque d'avoir l'air plus préoccupé par la blancheur de son manteau que par son devoir ? Non. Gwayne n'envisagea même pas la possibilité de la tuer. Elle n'était pas une menace. Que voulait la Reine au juste ? Le pousser à la faute pour le faire remplacer par l'un de ses hommes peut être ? Avait elle un amant qu'elle voulait revêtir d'un blanc manteau ? Non, cela semblait peu probable. C'était un test de sa loyauté, de son intégrité. Mais dans quel but ?
Gwayne posa sa main sur le rubis en forme de coeur qui ornait le pommeau de Dame Affliction. Son toucher était comme d'habitude réconfortant. Le jour où son père lui avait confié l'épée ancestrale, quand il parti pour Port-Réal et la Tour de la Blanche Épée, Gwayne s'était promis de la manier avec honneur, de ne jamais faire couleur le sang d'un innocent. Calmement, il inspira et prononça une réponse courte mais forte.

"Je refuserai, votre Grâce."

La Reine voulait surement savoir pourquoi, mais Gwayne ne lui laissa pas le temps de poser la question. Il avait choisi d'être honnête, après tout que risquait il ?..

"Cette jeune femme n'est une menace ni pour vous, ni pour votre mari.", Gwayne laissa planer ce mot dans l'air. Nul n'ignorait la haine que la Reine Aelinor entretenait envers son mari. "Si elle dégainait un couteau et s'approchait de vous, je dégainerai et me ferai un devoir de l'occire sur le champ, votre Grâce."

Gwayne avait gardé un ton calme, évitant de passer pour insolent. Une question lui brulait cependant la langue. A quoi tout ceci rimait ? Il dut se mordre la langue pour ne rien dire, mais la tentation était grande. Cependant, l'étiquette imposait qu'il se taise. Qui était il pour poser une question à la Reine des Sept Couronnes ?
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Message Mer 27 Fév 2013 - 21:07

Aelinor avait eu un but bien précis en demandant à Ser Corbray de l'accompagner en cette froide matinée. Savoir, non seulement jusqu'où il serait capable d'aller pour la famille royale et surtout de quelle nature était sa fidélité au trône de fer. Ses réponses, s'il était méfiant et sur ses gardes, apportèrent à la Reine bien plus que le frère juré ne l'aurait probablement imaginé.

Il était franc, entier, droit, d'une droiture presque agaçante à dire vrai mais ça, elle n'y pouvait pas grand-chose. Son caractère ne pourrait guère lui être utile dans le grand projet qu'elle comptait mener mais au moins, il ne ferait rien pour la desservir. Il servirait la famille royale, c'était déjà bien suffisant et il le ferait avec application et honnêteté, même s'il ne semblait guère saisir où la Reine voulait en venir et, par là-même les subtilités des jeux politiques qui se dessinaient devant eux.

Elle l'écouta avec attention, même si son regard continuait de voleter ça et là, observant les différentes personnes au sein du petit Septuaire, plongés dans leurs dévotions et ignorant totalement que son Altesse Royale venait de parler de tuer l'un d'entre eux avec le plus grand naturel.

"Voilà qui est amusant. Vous vous dites prêt à tout et, l'instant d'après vous m'affirmez que vous refuserez d'exécuter un ordre que je pourrais vous donner directement."

Aelinor avait parlé d'un ton tranquille, presque amusé et c'est de la même façon qu'elle continua, se tournant cette fois-ci en direction du garde, le fixant quelques instants dans les yeux sans ciller, penchant la tête sur le coté comme pour mieux l'observer.

"Nous n'avons pas la même notion d'obéissance Ser Corbray. C'est… fâcheux tout de même vous ne trouvez pas ?"

Elle avait écouté ses arguments qui, il fallait bien l'avouer, ne manquaient pas de logique ni de bon sens. Mais était-ce bien cela qu'elle attendait de ses gardes ? Car ils étaient les siens, bien plus que ceux de son époux qui n'avaient besoin que de deux hommes pour faire le piquet devant la porte de sa bibliothèque. Et, même s'il avait été seul, qu'aurait-il risqué ? Une hémorragie en se coupant sur un vélin malveillant ? L'idée, même si elle semblait ridicule la fit sourire et la laissa rêveuse l'espace d'un instant, avant qu'elle ne finisse par se rappeler qu'elle ne devait sa légitimité en tant que Reine qu'à son existence. Il faudrait faire attention aux morceaux de papier, vraiment attention, Aelinor ne tenant pas à le retrouver baignant dans son sang à cause de sa stupidité.

Secouant la tête pour revenir à la réalité, elle reporta son attention sur Gwayne et se fendit d'un sourire enjôleur.

"Et si je vous disais que cette charmante demoiselle qui semble si innocente n'est qu'une espionne envoyée pour guetter le moment le plus propice pour mettre fin à mes jours ? Refuseriez-vous toujours de la tuer ?"

Un temps de silence, presque infime, tandis qu'elle jaugeait le garde qui se tenait face à elle. Nulle trace de dédain ou de mépris dans son regard, plutôt une sorte de curiosité devant son comportement.

"Bien sûr que oui. Vous attendriez de voir la menace vous faire face pour réagir. Il faut qu'elle soit bien réelle, palpable et que le sang risque de couler pour que vous fassiez votre devoir. Ma foi, j'espère pour votre tête que si ce jour doit arriver, vous ne réagirez pas trop tard."

Elle reprit sa route, se dirigeant vers les dernières statues devant lesquelles elle n'avait encore pas déposé de bougie. Elle ne fit qu'une légère halte devant chacune d'elle, restant uniquement le temps adéquat pour paraître faire ses dévotions à chacune des facette représentées ici-bas. Elle garda le silence un long moment avant de lever une nouvelle fois les yeux vers le garde qui ne l'avait pas quittée d'une semelle.

"Vous êtes fidèle et honnête Ser Corbray. Mais vous manquez peut-être d'un peu de subtilité. Ce n'est pas une critique, plutôt un avertissement. Méfiez-vous de ceux qui vous paraissent innocents uniquement parce qu'il vous semble qu'ils ne sont pas un danger pour vous. Ce sont probablement eux qui vous planterons un couteau dans le dos lorsque vous ne regarderez pas.
N'oubliez pas ce que je viens de vous dire. Cela pourra vous être utile à l'avenir.
"

Elle alluma enfin sa dernière bougie puis, d'un ton qui ne souffrait guère la réplique tandis qu'elle se dirigeait vers la sortie sans plus un regard en direction de son garde.

"Nous en avons terminé."
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Message Mer 6 Mar 2013 - 20:01

La Reine jouait un jeu étrange, un jeu qu'elle seule comprenait entièrement. Elle semblait préparer quelque chose, sans doute écarter Freuxsanglant du pouvoir ? Le mépris - la haine ? - de la Reine au sujet de son oncle était bien connue, elle estimait qu'il volait le trône à Aerys. Était-ce vrai ? Gwayne voyait que Freuxsanglant gouvernait bien et que le Roi ne s'intéressait pas aux affaires du Royaume. Mais si les inquiétudes de la Reine Aelinor Targaryen étaient avérée, que ferait le blanc chevalier ? Après tout, Freuxsanglant était un bâtard, oui, mais un Targaryen... Non, Gwayne avait prononcé ses vœux dans le Grand Septuaire de Baelor, devant le Grand Septon et son Roi. Ce serait son Roi avant tout. Mais pourquoi la Reine se devait elle d'être si évasive et secrète ? Ne pouvait elle pas aller droit au but au lieu de tourner autour du pot ? Cela agaçait Gwayne, il était franc, et honnête. Mais il n'avait d'autre choix que de rester patient et afficher une expression neutre. Son agacement ne devait absolument pas paraître sur les traits de son visage.
Gwayne Corbray écouta sa Reine parler de l'obéissance et dire qu'ils en avaient une notion bien différente. Oui, Gwayne devait obéir, mais ses maîtres se devaient d'être honorables et de ne as lui donner des ordres qui les souilleraient son honneur et lui. Son honneur sacré, cet honneur qui valait peut être plus que ses vœux... Était-ce une bonne chose ? Ne devrait il pas être totalement obéissant, même si cela devait dire tuer des innocents ? Non, il ne pouvait le concevoir...

"Et si je vous disais que cette charmante demoiselle qui semble si innocente n'est qu'une espionne envoyée pour guetter le moment le plus propice pour mettre fin à mes jours ? Refuseriez-vous toujours de la tuer ?"

Un temps de silence, presque infime, tandis qu'il attendait la réponse de la Reine, c'était une question purement rhétorique, il le savait. Gwayne s'efforça d'afficher une expression neutre, et ses yeux restèrent dirigés vers la Reine. Puis elle poursuivi.

"Bien sûr que oui. Vous attendriez de voir la menace vous faire face pour réagir. Il faut qu'elle soit bien réelle, palpable et que le sang risque de couler pour que vous fassiez votre devoir. Ma foi, j'espère pour votre tête que si ce jour doit arriver, vous ne réagirez pas trop tard."

Était-ce une menace ? Le porteur de Dame Affliction retint un sourire et se para d'une neutralité totale, la Reine était la Reine, oui, mais elle ne dirigeait pas grand chose. Comment pouvait elle le menacer ? Il pourrait couper à travers une dizaine de manteaux d'or et s'enfuir vers Cordial dans le Val. Ses frères jurés ? Et bien, ils étaient très doués, oui. Mais en un contre un ? Il pourrait sans doute battre le jeune Costayne. Donnel de Sombreval ? Ils étaient égaux. Le Lord Commandant Addison Hill ? Voilà un duel qui entrerait sans doute dans la légende.
Mais à quoi bon penser à cela ? La Reine ne le menaçait peut être pas directement, c'était peut être une sorte d'avertissement.
Et c'est ce qu'elle fit, elle l'avertit. Elle le mit en garde contre ceux qui se parent de sourires et plantent des couteaux dans le dos. De ceux qui ont l'air innocents. La Reine se retira, et Gwayne regarda l'ombre qui dansait derrière elle, projetée par les nombreuses bougies et le soleil qui filtrait par la porte du septuaire. La personne à l'origine de l'ombre ressemblait au genre de personne contre qui Aelinor Targaryen l'avait mit en garde. Innocente, à priori inoffensive.
Mais son ombre était grande et menaçante. Combien de sourires distribuait elle en attendant de planter des couteaux dans le dos ?
L'espace d'un instant, l'ombre menaçante sembla étirer ses aile et être celle d'un Dragon, puis, la Reine disparue derrière la porte du septuaire.
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