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L'apprentissage ne fait que commencer [PV Alrik Mallery]

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Ethaniel Stone
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+ N'est bâtard que celui qui le veut +

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♦ Missives Aventure : 39
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♦ Célébrité : Isaac Hempstead-Wright
♦ Copyright : Seamus Oustreliiin !
♦ Doublons : Arkha Kenning, Aslak
♦ Age du Personnage : 8 ans
♦ Mariage : c'est qu'un bâtard....
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Message Mar 29 Jan 2013 - 23:56

Observant la lumière étinceler du lit d'appoint sur lequel il siégeait, ses yeux se laissèrent bercer par la flamme mouvante d'une bougie en proie à ses dernières heures de vie. La matinée s'annonçait lentement, le troisième bâton de cire était en train de terminer sa consommation. Totalement réveillé, notre jeune garçonnet ne l'était pas encore vraiment. La brillance qui voilait son regard laissait d'avantage suggérer une conscience actuelle mais une réflexion totalement absente, une simple contemplation de l'environnement avoisinant. Sa nuit s'était déroulée sans encombre, plusieurs réveils honorés par la clarté d'une flamme permettant un endormissement rapidement par la suite ou alors un échange dans le chandelier pour permettre quelques heures sans étouffement non désiré. Mais le jour allait désormais démarré, affronter le quotidien de son père allait se dérouler comme il en avait l'habitude depuis quelques temps maintenant. Rencontrer de nouvelles personnes, jouer de ses peurs, s'épuiser à faire face à diverses situations anxiogènes pour sa personne. Au final, cet éveil en solitaire était son moment préféré. Rien ne venait le déranger, rien ne l'angoissait et seule la danse enflammée d'une mèche déposée non loin de lui éclairait son esprit le laissant s'envoler dans un monde de liberté éternelle. Sa vie loin des Lothar ne lui avait pas apporté plus de sécurité et plus de courage. Etre avec son père lui apportait réconfort et bonheur, beaucoup de découvertes aussi et la capacité à s'évader dans des événements qui le changeaient totalement. Néanmoins, les craintes étaient bien plus évidentes et présentes que son un territoire connu qu'était son île où il avait vécu. Chaque recoin de rue, chaque tournant apportait son lot d'imprévus et de surprises qui pouvaient tirailler le jeune garçon anxieux et peureux comme il pouvait l'être. Le monde l'effrayait au plus haut point et seule la solitude dans un lieu confiné parvenait à l'apaiser. C'était les lieux privilégiés pour se perdre dans les oeuvres littéraires dont l'appétit n'était jamais assouvi. La connaissance était sa force et la seule qu'il possédait. L'intelligence lui permettait de comprendre ce qui l'entourait avec ardeur et envie mais néanmoins possédait un double tranchant qu'était la prise de conscience de ses tares et ses difficultés quotidiennes, sans oublier son origine bâtarde dont le fardeau était lourd à porter face à une société qui critiquait avec aisance et facilité une vie donnée dans le pêché. Il ne parvenait guère à user de l'accoutumée pour en tirer parti et en faire une force pour affronter le quotidien. Se refermer et s'écraser se répliquaient constamment et ses peurs n'étaient jamais apaisées. Se redressant lentement, son corps apaisé d'une nuit qui pourrait paraître mouvementée pour certains et pourtant habituelle et réparatrice pour le concerné, profitait des dernières minutes de solitude qui lui étaient données. Bientôt, il ferait face à ses hôtes et ensuite à ses pairs humains errant ou travaillant dans les rues des Terres de la Couronne.

Prenant le temps de se dévêtir des tissus de nuit s'apparentant uniquement à une chemise trop grande pour lui, il en fit de même pour recouvrir sa peau nue, se refroidissant rapidement à l'hiver en devenir, des vêtements simples qu'étaient les siens. La bassine d'eau non loin de lui permit une toilette rapide du visage et de ses mains. L'hospitalité d'une famille rencontrée la veille lui permettait de bénéficier d'un confort minimal mais salvateur. Malgré ses frayeurs personnelles, la gentillesse accessible chez des concitoyens de ce monde lui faisait chaud au coeur. Passer au dessus de sa bâtardise n'était pas possible pour tout un chacun, ainsi quand cela lui était permis, il profitait avec parcimonie et modestie des bienfaits accueillants qui lui étaient servis. Après un rangement précautionneux, la maisonnée n'étant point encore levée, la décision de quitter la chambre se réalisa à la suite de quelques minutes d'apaisement encore dans sa solitude préférée. Ouvrant lentement la porte, un sursaut impressionnant le traversa lorsqu'une truffe se montra dans l’entrebâillement. Un animal de compagnie faisait partie de cette demeure. Bien que sa peur ait été la première à réagir, l'appréciation de cet Etre était grande. Les animaux ne jugeaient l'humain que sur ses actes et non son origine. Ainsi, l'approche était déjà plus facile. Souriant doucement, sa main caressa lentement la tête d'un canidé heureux d'apercevoir enfin un autre être vivant à ses côtés. Pénétrant dans la pièce conjointe, pour remercier ses hôtes il entama la préparation de ce qui serait le déjeuner. La richesse n'était pas opulente, par conséquent, le pain et quelques denrées supplémentaires étaient les seuls vestiges de la marchandise à portée de main. Cela lui était totalement égal et l’acceptation d’un partage avec sa personne suffisait à la reconnaissance. Affairé à rassembler sur un plateau de bois les différentes éléments qu’il souhaitait apporter à table, son ouïe ne décela pas le mouvement en approche et par conséquent, lorsqu’une voix retentit non loin de lui le sursaut occasionné ainsi que le mouvement de recul le firent lâcher le récipient, heureusement solide, qui trônait dans ses mains. S’excusant prestement pour le désagrément posé, pour son plus grand soulagement, seul un rire guttural s’éleva contrairement à des remontrances attendues. Une tape brusque et féroce le fit entamer quelque pas car la main de l’homme était plus massive que son corps frêle et enfantin. Sa peau s’ornerait sûrement également d’une infime douleur quelques instants, mais rien ne méritant qu’il s’y attarde. Cet homme d’un aspect imposant l’avait fortement effrayé la veille et en avait largement joué avant que finalement la gentillesse bourrue mais évidente de cet honnête citoyen ne lui parvienne avec éclat. Reprenant sa tâche de préparer la table, il ne tarda guère à être rejoint par l’épouse qui, ralentie par un heureux événement en cours, ne perdait nullement de son habitude de femme au foyer active. Ethaniel l’aida aussi souvent que possible pour réduire l’effort de son corps déformé par la beauté d’une nouvelle naissance. Son père avait quémandé l’hospitalité pour son fils tandis qu’il avait à faire, ce qu’il pouvait comprendre aisément car avoir un garçon de huit ans constamment à ses côté ne devait pas être facile au niveau professionnel, ainsi l’homme avait décidé de s’occuper de lui pour la journée. Une fois tous trois placés autour de la table, il lui adressa d’ailleurs la parole pour rappeler cette décision non oubliée de la vieille.

« Dis moi Ethaniel, t’es déjà monté à cheval ? »


« Juste une fois, monsieur. »

« Monsieur ?! C’est Taref mon nom, mon p’tit ! Je le porte pas pour rien alors use le, sinon j’te botte le cul moi ! »

Le regard d’Ethan resta plongé un peu fixement sur le visage de l’homme placé en face de lui avant que le rire de ce dernier ne résonne. Immobile face à la dureté d’un visage masculin formé par l’expérience, la crainte d’avoir réellement mal agi et de subir des représailles imposantes l’avait coi sur place. Cette attitude fut sûrement le déclencheur de cette expression joviale et, un brin, moqueuse qui résonna dans la pièce.

« Mais détends toi, va. J’vais pas te manger pour sûr ! J’aurais encore la dalle après, t’es tout maigrelet ! Bon, pour la peine on va aller faire du cheval toi et moi. J’ai un bon phénomène qui devrait te plaire j’crois ! »

« Tu parles pas de Camas quand même ? »

« Pourquoi que pas ? Il est formidable ce cheval ! »

« T’es sûr ? Pour le petit ? »


« Mais ouais ! Ce sera parfait ! »


L’idée même de devoir grimper sur un tel animal ne le prêtait pas à de l’assurance. Entendre les dires de la maîtresse de maison concernant une crainte possible et envisageable avec cette monture acheva d’accroître une nervosité de fond. Appréciant la compagnie des animaux, le cheval était cependant d’une carrure, d’une hauteur et d’un regard qu’il jugeait d’une pesanteur impressionnante sur sa personne et l’idée même de le monter suffisait à le tétaniser. Son premier essai avait été un échec déplorable. L’envie cependant évidente de son hôte de le faire monter ce « Camas » ne lui permit pas d’émettre un avis comme quoi il préférait s’abstenir. Sa crainte se manifestait même quand émettre un avis pouvait mal passer auprès de la personne. Décevoir et fâché quelqu’un étaient des raisons suffisantes à se taire pour ne point subir de contre coup à ses propos. Ainsi, son appétit disparut aussi rapidement qu’il n’était apparu quelques minutes plus tôt. Pour tenter l’apaisement, sa main s’attarda sur le pelage abîmé du chien à ses côtés. Avec le temps, ses expressions s’étaient ténues mais les tensions internes restaient clairement envahissantes. La discussion qui s’était annoncée sur l’obtention de ce destrier ne lui parvenait plus. Moins il écoutait, plus son esprit pouvait s’évader vers des images faites de contes de fée et de découvertes récemment lues. Une main sur son épaule le ramena à la réalité lui annonçant le début des hostilités. Acquiesçant pour toute réponse, ses jambes le portèrent automatiquement pour suivre l’imposant bonhomme vers un terrain arrière. En quelques mots enjoués, l’explication de la manière d’arpenter l’animal lui fut donnée alors que son regard plongé dans celui de la monture creusait un trou béant dans son estomac lui donnant l’impression inconfortable de s’écrouler. La magnificence de la bête était surprenante. D’un noir de jais, d’une stature fière, il était évident que du caractère il devait en avoir. Se préparant au pire, il se laissa entraîner et se retrouva, en un rien de temps, sur l’animal précédemment sellé, rennes maintenues dans des mains qui n’émettaient encore aucun tremblement malgré la froideur frissonnante d’une peur évidente.

« Voilà c’est bien mon p’tit ! T’vas voir ça va aller tout seul ! ….. Ola hooo ! Doucement Camas ! »

La bête s’était mise à talonner la terre d’un fer se mouvant apportant une indication d’un désagrément d’avoir un tel cavalier. Il voulut formuler l’idée que peut-être descendre et retrouver pied à terre serait plus judicieux mais déjà son destrier était emmené plus loin, sur une plaine davantage dégagée. Lorsque l’homme lâcha la renne, il sentit les tremblements commencés bien que de manière à peine perceptible dans ses mains crispées sur les bouts de cuir. L’animal ne mit pas longtemps à comprendre qu’il était le maître de la situation et ce fut après quelques mouvements qu’il se mit alors à partir bien trop rapidement imposant comme seule réaction de lâcher les rennes pour enserrer avec ferveur la crinière, crispant avec force les jambes autour de l’animal rusé et en quête de liberté et de dominance.

« Les rennes !!!!! Tire sur les rennes ! » entendit-il vaguement.

Mais il était au fond déjà trop tard, la monture s’était élancée et la seule chose qu’il puisse faire c’était supplier ce dernier de s’arrêter, ce qu’il fit ardemment et de manière répétée. Où il l’emmena ? La question n’obtenait guère de réponse et la vitesse prise lui faisait monter clairement la nausée. Son désir le plus cher était de ne pas tomber. Ou si possible, pas pendant la chevauchée. Le risque de blessures importantes était grand.

« Je t’en prie, arrête-toi !! » s’entendit-il crier à l’animal.

Sa surprise fut grande quand l’arrêt supplié fut apporté. Tremblant, reprendre une position assise se fit lentement tandis que l’animal semblait encore emprunt d’impatience et ses poings desserrés légèrement permirent à l’animal de le faire chuter quand se braquant, il l’envoya valser en arrière avant d’hennir plusieurs fois puis de repartir en sens inverse. C’était clairement décidé, plus jamais sa présence sur un destrier n’aurait lieu. L’apprentissage d’une telle capacité imposait un courage qui n’était guère acquis pour son plus grand damne ! Lentement, ses muscles quémandèrent mouvements bien qu’encore fortement crispés et avec difficulté il parvint à s’assoir à même le sol sur lequel un rien plus tôt la chute lui avait imposé une position allongée. Cet évènement ne serait pas au bout de ses peines pour cette matinée car une présence se joignit à cette catastrophe et malheureusement pas des moindres.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Ven 8 Fév 2013 - 16:35

Le conciliabule se ponctua sur un rire franc et guttural, la pièce enivrée d'une essence amicale entre deux camarades, un binôme de vieux frères qui n'omettaient guère jamais les bons sentiments qu'ils se vouaient depuis plus d'un tandem de décennies. Alrik referma l'huis après son passage, une risette encore ébaudie étirant ses lippes, heureux d'avoir pu converser avec nul autre que son lord et ami pour plus qu'une furtive interrogation d'ordre déontologique. Entre les coercitions de chacun, les opportunités aux dialogues qui ne prenaient ni l'imminente guerre ni les usuels méchefs du bastion étaient devenues plus rares, chaque accalmie était à savourer avec conscience. En effet, les préparatifs pour l'expédition punitive avançaient à grands pas, Westeros se paraît de ses meilleurs atouts et de sa plus authentique résolution pour pacifier, une bonne fois pour toute, la Seiche et ses séides qui avaient causé bien trop de tort aux peuplades ainsi qu'aux plus grands dignitaires. Le continent avait suffisamment souffert de leurs ignominieuses rapines et toute lame que le commandant voyait s'enrôler dans la milice créée en vue de bouter leurs ennemis hors de leurs rives était une satisfaction supplémentaire. La charge de besogne ne s'amoindrissait pas, bien au contraire, et le sieur Mallery commençait à ressentir les néfastes effets de trop de zèle. L'éreintement rongeait sa musculature et les cernes creusaient le soubassement de ses calots, ses efforts étaient tels que Brynden Rivers l'avait obligé à prendre une permission pour quelques jours, même si les Sept le savaient, surveiller sa tendre fille n'était pas une sinécure non plus. Quand bien même, face à la sommation de son seigneur, le chevalier n'avait émis aucune objection, car même si l'idée de délaisser son poste même pour une frêle période l'incommodait, il n'était guère mécontent de pouvoir retrouver et profiter des siens qu'il ne voyait que trop peu. Yevana lui en tenait rigueur, il le savait, et la savoir épancher ses contrariétés sur l'épaule d'Aslak n'était point pour le rassurer davantage – c'était d'ailleurs l'occasion de voir de quelles frasques son aîné était l'auteur depuis leur dernière entrevue en date. Il craignait ce que la fertile imagination du reitre pouvait bien engendrer, il en venait à se demander : qui, de son enfant ou de son frangin, était le pire en matière de facéties. Mais si les conjectures naissaient à la rythmique de ses pas dans les escaliers qui lui faisaient quitter la Tour de la Main, sa famille ne demeurait pas moins ce qu'il possédait de plus précieux sur cette terre. Même son frère trônait en son coeur bien malgré son attitude, bien malgré leur passé dont il ne parvenait à faire abstraction. Parviendraient-ils à en parler un jour, en toute sincérité et sans endurer l'insupportable mais inexorable désinvolture du plus âgé des deux ? Il l'espérait, candidement.

Aux premières nitescences aurorales, le sigisbée s'était dévêtu de son armure d'ivoire et d'ébène, jugeant imprudent de se pavaner seul et ainsi paré dans les Terres de la Couronne, même s'il en connaissait parfaitement les sinuosités. Chaudement – et élégamment – habillé, il rejoignit les écuries pour saluer son compagnon de voyage, un étalon à la robe isabelle qui avait la fâcheuse marotte à mâchouiller les chausses qu'il trouvait. Une fois ses dernières recommandations ployées à ses subordonnés, il grimpa sur l'échine de sa monture et sortit de l'enceinte du Donjon Rouge pour prendre la route en direction d'Empyrée. Empyrée, son cher fief qu'il avait vu et continuait à voir évoluer depuis qu'il en avait fait l'acquisition, une trinité d'années auparavant. Ses terres, il les atteindrait à la tombée du soir s'il ne rencontrait aucun déboire en chemin, mais habitué aux allers et venirs, le sentier qu'il empruntait toujours n'avait plus de secrets pour lui. Les bourgades et autres demeures qu'ils traversaient n'étaient pas moins accoutumés à ses itératifs passages, aussi ses haltes étaient-elles toujours source de retrouvailles égayées et de charmants babillages, ce qui le changeait inéluctablement des ergotages au sein de la forteresse royale. Un peu comme avec ce Taref, dont il approchait lentement de son humble demeure à laquelle il faisait fréquemment des arrêts pour en saluer les propriétaires. Toutefois, si l'occasion de le visiter aujourd'hui se présentait, le freux préféra poursuivre dans sa progression dans l'espoir d'arriver à son but le plus tôt possible. Mais alors qu'il franchissait paisiblement le terrain, le regard vagabond sur le paysage baigné de la lueur matinale, il entendit ce qui s'apparentait à un grand galop jalonné de petits glapissements loin d'être d'intonation enjouée. Il tira doucement sur les brides de son destrier qui s'immobilisa docilement, il n'eut dès lors point longtemps à patienter avant d'apercevoir un beau cheval noir de jais qui martelait le sol de ses sabots, jusqu'à s'arrêter suite à la supplique de son cavalier visiblement très jeune. Il observa la scène d'un air curieux, intrigué de voir si le garçonnet allait reprendre le contrôle ou se faire berner... Malheureusement pour ce dernier, la seconde hypothèse fut la bonne et Alrik ne put s'empêcher une grimace à la crispation compatissante lorsque l'infortuné heurta le par terre. L'apprentissage était toujours ardu et affaire de persévérance !

Il examina un furtif instant la direction par laquelle ils étaient arrivés et eut tôt fait de conclure qu'ils devaient venir du logis de Taref – peut-être l'un de ses fils ou de ses neveux ? Quant au sombre palefroi qui n'en faisait qu'à sa tête, il devait s'agir du fameux qui était difficile à monter et dont il lui avait souvent parlé bien qu'il ne parvenait à se souvenir du nom de l'animal en question. Sa débonnaireté naturelle lui fit immédiatement approcher du cascadeur improvisé dont il était bon de prendre des nouvelles avec une telle culbute, quand bien même ne devait-il point souffrir d'une quelconque meurtrissure. La foulée et la respiration de son propre étalon suffirent à annoncer sa présence, il se positionna aux côtés du jeune homme sur lequel il posa ses gemmes azurées.


« Est-ce que ça va ? » Demanda t-il courtoisement avant que l'enfant en question ne s'oriente vers lui pour lui dévoiler toute sa physionomie. « Ethaniel ?! » S'exclama subitement le sigisbée en le reconnaissant sans latence. Il descendit finalement et lui tendit la main pour l'aider à se redresser. « Pour une surprise ! Et jolie chute, aussi. Tu n'as pas de mal ? »

Il lui offrit un sourire chaleureux, preuve qu'il ne se moquait nullement de lui en dépit de son innocente taquinerie. Le hasard frappait toujours lorsqu'on l'attendait le moins, la probabilité pour que tous deux se rencontrent ici et aujourd'hui effleurait le néant, mais peut-être n'était-ce guère une coïncidence ? Cela faisait déjà une longue, certainement interminable semaine que le Mallery avait porté secours au jeune bâtard dont il n'avait cure de la condition de naissance. Une intervention salutaire qui avait accouché de conséquences inopinées, outre le fait qu'il n'était nul autre que le rejeton de Lothar Celtigar, un quidam loin de lui être inconnu, le Stone lui avait formulé une surprenante requête : le prendre à son chevet pour en faire son page, et par la suite, son écuyer. Une décision qui n'était pas à prendre à la légère, car elle aurait son chapelet d'avantages comme d'inconvénients autant pour le chevalier que pour son éventuel disciple. Dès lors, le commandant avait préféré y songer en toute tranquillité et sans période de réflexion donnée, ses obligations étaient telles qu'il devait même trouver le temps de songer à toutes les facettes d'une demande comme celle-ci. Ce fut alors qu'un hennissement attira son attention, Camas semblait être revenu sur ses pas dans le simple dessein de se gausser du pauvre Ethaniel.

« J'ai l'impression que tu t'es fait un ami. Il appartient à Taref, n'est-ce pas ? Nous ferions mieux de le lui ramener, je vais t'y aider. » Alrik siffla dans l'espoir de faire venir le démon hippique, qui se contenta de le regarder avec ce qui s'apparentait à du dédain, une lorgnade qui ne manqua pas de faire rire le freux. Celui-ci réitéra son essai en faisant claquer sa langue sur son palais, mais n'obtint de l'opiniâtre créature qu'une volte-face et un départ quiet. « Quel cabochard ! Bon, ne bouge pas, je vais le chercher. » Il remonta alors sur le rachis de sa propre monture dont il frappa les flancs pour rejoindre le récalcitrant, dont il attrapa les rênes pour le contraindre à le suivre. Il revint ensuite aux côtés du garçonnet et redescendit. « Grimpe sur Eden, je vais prendre celui-là pour le retour. » Affirma t-il en désignant Camas, sans crainte aucune que la bête ne lui fasse connaître le même sort que son précédent cavalier, l'expérience jouait de son côté. En revanche, il comprenait qu'Ethaniel puisse être perplexe quant à l'idée de se risquer aussitôt sur la selle d'un autre destrier après cette cavalcade. « Ne t'en fais pas, il est très calme, ce n'est pas lui qui t'emportera dans une chevauchée sans que tu ne lui en aies donné l'ordre. »

Il tapota affectueusement le chanfrein du bel étalon qui lui renifla la main mais demeura parfaitement immobile et ne manifestait aucun comportement véhément. Pour autant, le sieur resta auprès de lui le temps que le jeune garçon entreprenne son ascension jusqu'à être confortablement – ou autant qu'on pouvait l'être. - assis sur son dos. Puis à son tour, il l'imita pour s'installer sur l'animal d'ébène qui, après un râle de circonstance, se mit sobrement en marche auprès de son homonyme. Le sigisbée surveilla d'un oeil avisé le déplacement de l'enfant dont il pouvait aisément percevoir l'appréhension. Ce dernier semblait souvent en proie aux angoisses, même s'il ne l'avait pas encore suffisamment coudoyé pour en témoigner lui-même, il n'était pas étranger à ce genre de ressentis qu'il avait subits au même âge. Une similarité qui n'était pas sans l'amuser et qui, contrairement aux apparences, encourageait davantage le Mallery à le prendre sous son aile que l'inverse.

« Tiens toi droit, tu es dans une mauvaise position là. » Il redressa lui-même et abusivement l'échine pour illustrer ses dires et lui faire comprendre de l'imiter. « Alors Ethaniel, que fais-tu dans les parages ? Ton père... » Camas voulut soudainement partir sur la droite, mais le commandant le rappela à l'ordre en tirant sèchement sur les brides et en se replaçant dans le droit chemin, avant de reprendre. « Ton père est ici également ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Sam 9 Fév 2013 - 18:03

Ses prunelles relevées lui révélèrent une présence inattendue. Alrik Mallery. Un des hommes les plus impressionnants qu'il ait été permis de rencontrer pour notre jeune enfant. Un de ceux aussi où apparaître sous un meilleur jour était un souhait récurrent. Malheureusement pour lui, Ethan se retrouvait de nouveau en posture de faiblesse face à une monture qui avait clairement décidée de l'envoyer valser n'appréciant guère sa présence sur son échine. reconnaître que l'apaisement était décuplé une fois à terre serait un euphémisme. Se retrouver sur de tel phénomène de charisme et d'une hauteur déstabilisante le mettait particulièrement mal à l'aise. Evidemment, il n'appréciait pas pour autant de se faire renvoyer de la sorte. Le masochisme n'était pas du tout dans ses tendances. Le son de sa voix resta absent le temps que l'homme descende de sa monture pour venir l'aider à se relever. Sa main tremblait légèrement quand son geste pour prendre l'aide offerte fut réalisé. Un instant d'hésitation pour la peine le parcourut ne voulant pas forcément révéler ce sentiment à celui à qui il avait formulé une demande incongrue qui lui nouait radicalement le ventre à chaque fois qu'il y pensait. Pourtant en même temps, le désir fou que sa demande soit acceptée l'envahissait également. Un dilemme habituel entre ses désirs réels et ses capacités potentielles, selon ses croyances à la fois fondées et erronées sur sa personne. Mais il finit par céder ne pouvant décemment pas rester à terre plus longtemps. Ainsi, une fois relevé, un signe de tête négatif indiqua qu'aucune blessure virulente et fortement dérangeante ne l'accaparait. Certes, la chute avait entraîné un choc désagréable dans son fessier et son dos mais les plaintes n'étaient pas son genre et par fierté peut-être, la seule qu'il pouvait se permettre d'une dose réduite, garder et assumer son échec équestre et les conséquences lui semblaient particulièrement important. Au fond, c'était la seule chose qu'il pouvait exécuter. L'événement ayant déjà eu lieu, revenir en arrière était désormais impossible. Malgré le sourire chaleureux qui avait clairement de quoi le rassurer, ce qui en réalité était un peu le cas puisqu'habituellement son rang de bâtard réclamait davantage de réprimandes et de critiques qu'une compréhension et une tolérance comme celles apportées par le commandant des Dents de Freux, Ethaniel se sentait honteux d'avoir laissé échapper le contrôle sur son destrier car savoir pratiquer l'équitation était une base fondamentale d'un noble. Mais noble, au fond, il ne l'était pas et le plaisir était apparemment évident dans le rappel constant de cette donnée.

Une fois l'impression de surprise et l'inconfort passé, la question existentielle de savoir ce qu'Alrik Mallery, commandant des Dents de Freux, faisait ici près d'une bourgade reculée de Port-Réal lui traversa l'esprit. Bien sûr, jamais la pensée qu'il ne lui était pas permis d'aller où bon lui semble ne s'ancrerait dans ses réflexions. Néanmoins, la surprise était particulièrement inattendue. Revoir cet homme ne lui avait plus été permis depuis maintenant de longues semaines. En réalité, depuis sa demande pour être honnête. La méconnaissance de sa décision était encore actuelle. Allait-il en faire son page ? Son regard tourné vers les hauteurs, la différence de taille était plus qu'évidente entre les deux êtres, sa réflexion s'accoupla d'une fixation sur l'homme à ses côtés. Savoir et ne pas savoir se mêlait aux deux parties de sa contradiction personnelle : savoir voulait dire que soit la peur l'envahirait avec l'exaltation, soit la déception de n'être au fond rien de plus qu'un bâtard ; ne pas savoir le laissait simplement penser que la décision n'était pas encore prise ou même le laissait simplement dans un état de stress latent sans en rajouter à ses états d'âme personnels. Bref, une situation compliquée qu'il était seul à assaisonner de piquants et d'intempéries. Jamais ne se permettrait-il de toute manière de quémander réponse. La patiente se devait d'être son alliée, le besoin de cette dernière se manifesterait tout au long de sa vie, alors autant en faire preuve autant que cela lui était possible. Le hennissement qui suivit le fit légèrement sursauter mais surtout le tira de sa rêverie pensive le ramenant à la réalité. Le cheval sembla particulièrement amusé de la situation contrairement à son cavalier. Ethaniel ne put que se renfermer un peu plus en baissant les yeux. Si même les animaux se moquaient de lui...

« Moi je crois qu'il ne m'aime pas... »laissa-t-il échapper face aux paroles d'Alrik avec une voix à la fois enfantine et honteuse.

Relevant cependant les yeux, observer comment le commandant si charismatique et doué allait reprendre le dessus sur l'animal était évident. La surprise le fit oublier ses ressentiments négatifs lorsqu'il aperçut l'inefficacité de son action pour rappeler la monture qui semblait tout autant se moquer de lui comme il s'était moqué de sa personne précédemment. La surprise fut encore plus grande quand le rire sincère sortit des lèvres de son aîné indiquant qu'en plus, il ne le prenait ouvertement pas mal d'avoir échoué et semblait clairement s'en amuser. Ainsi, les échecs n'étaient pas toujours une tare ? En tant que bâtard, toute erreur semblait en rajouter constamment sur sa personne, ainsi jamais la perception d'un amusement face à l'échec lui était parvenu. Il ne put s'empêcher de sourire lorsque la seconde tentative se révéla tout aussi infructueuse. Une autre méthode fut adoptée alors et cette fois-ci, la maîtrise des capacités viriles et nobles de l'homme furent ouvertement utilisées rappelant la raison pour laquelle il l'avait trouvé précédemment impressionnant. Il fut impressionné en le voyant revenir avec Camas mais par contre les paroles qui suivirent le firent davantage regarder l'autre monture avec une appréhension superficielle qui en réalité était une peur évidente qui venait de le tirailler à l'idée même de redevenir cavalier. Un simple acquiescement fut émis à l'idée que cet animal était plus calme, mais s'il avait pu, il serait retourné à pied jusque chez Taref. Cela lui sembla cependant impossible. Mais sans en dire mot, sa place se faisant sentir sur la monture, l'exécution fut réalisé et de nouveau, il se retrouva sur des hauteurs qui lui donnaient la nausée. Mais sans un mot, l'attente se réalisa le temps que son aîné en face de même; les mains crispées sur les rennes que cette fois ci il tenterait de ne pas lâcher. Il exécuta donc la manoeuvre pour se mettre en route mais le simple mouvement du cheval le crispa davantage encore. Le rappel à l'ordre lui fit tourner la tête et observant le commandant, il se risqua lentement à redresser un peu son échine ce qui l'angoissa apportant cette impression de hauteur plus marquée. Ainsi, une fois fait un réflexe le reprit de se courber de nouveau mais après une moue contrariée, il s'exécuta de nouveau et tenta de redresser droit de nouveau, les mains serrées à lui faire mal autour des lanières présentes dans ses mains. Son regard se posa sur son âiné qui lui adressa la parole semblant légèrement contrarié par sa monture.

«Non. Papo... Mon père devait travailler alors je suis resté chez Taref et son épouse. Ils sont très gentils et connaissent mon père. » Observant un peu Alrik, reprendre la parole pour le remercier lui semblait plus qu'approprié. «Merci. Je veux dire pour l'aide avec Camas. » Il marqua une courte pause avant d'annoncer « Je suis pas très doué à cheval. »

L'avouer était comme remuer le couteau dans la plaie, mais honnêtement, la sincérité lui semblait davantage importante pour l'homme à qui il avait formuler une demande d'apprentissage. Et puis assumer ses incapacités se devaient d'être fait. Y arriver n'était pas toujours facile, mais peut-être qu'un jour il passerait au dessus. Ce n'était pas encore pour l'immédiat mais au moins c'était dit. La concentration d'ailleurs se devait d'être de mise pour pouvoir rester droit car se tasser était plus facile de minutes en minutes. Ainsi, parfois, son échine se redressait de nouveau face au rappel mental qu'il s'appliquait à lui suite à l' "ordre" de son aîné. A son tour, ensuite, se permit-il un questionnement toujours présent dans son esprit.

« Et vous Ser Mallery, pourquoi êtes vous ici ? » Sa question lui parut rapidement mal formulée et se reprenant rapidement, l'échange de mot fut formulé « Je veux dire, enfin je me demandais plus, comme on est pas à Port-Réal, peut-être que vous avez du travail à faire par ici... Ou... Quelque chose d'autre... qui ne me regarde pas. »

Parler ne lui était pas inconnu mais en réalité, observer était bien davantage dans ses cordes. En tant que bâtard, la parole n'était pas d'or quand elle sortait de sa bouche, ainsi l'habitude se faisant, penser et réfléchir pour lui-même s'était ancré dans son mécanisme. Peu de personnes étaient encline à lui répondre quand il posait des questions, et celles qui acceptaient étaient soit des proches dont la formulation importait peu, soit des personnes d'un rang inférieur qui s'en foutait de sa bâtardise. Les livres également répondaient à beaucoup de questionnement muet. Rare était les nobles comme Ser Mallery qui ne nourrissait pas d'amertume ou de désagréments à lui parler comme à quelqu'un qui en valait peut-être la peine. Un Taref exténué et encore en train de courir se fit apercevoir au loin en hélant les deux individus.

"Heyyyy! Ethan !!! Est c'qu'tout va bien ??!!"


L'inquiétude pointait dans le ton d'un homme qui semblait s'être lancé sur ses gambettes vers leur position. Ethaniel voulut répondre par un geste de main pour le rassurer cependant mais la simple idée de lâcher les rennes lui semblait totalement inconcevable. Son regard passa de ses minettes totalement crispées et de la silhouette au loin et la solution la plus appropriée lui sembla être celle de porter la voix au loin.

« Oui ! »s'entendit-il crier.

Ils s'avancèrent vers l'homme qu'ils rejoignirent après quelques minutes. Ethan n'attendit pas beaucoup plus pour quémander au Taref d'un geste de l'aider à descendre de la monture. REtrouver le sol le rassurait bien davantage et il put discrètement mouver ses mains dans des gestes répétés pour tenter de faire disparaître la douleur accumulée.

"Ser Alrik ! C't'un plaisir d'vous voir ! J'savais pas qu'cette aventure vous amenerait à nous ! J'vous invite à boire un verre ? Ma femme s'ra ravie d'vous voir ! V'verrez elle a bien pris d'bide !"

L'idée qu'Alrik Mallery reste avec eux le ravit au plus haut point. Cet homme le fascinait mais surtout se trouver en sa présence lui apportait une certaine fierté qu'aucune autre personne de son entourage ne lui apportait car, à part la famille Celtigar mais qui ne lui accordait que peu d'estime, ses connaissances ne faisaient pas partie de la haute sphère de la société.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Dim 10 Fév 2013 - 22:21

Il y avait cette indicible attractivité d'un homme en défaut d'héritier envers un garçonnet, même bâtard, en quête de maturité et de reconnaissance. Les Sept savaient que le freux aimait sa fille de façon incommensurable et que quoi qu'il puisse advenir de leur avenir, il demeurerait fier d'elle et aimant tel qu'un père devait l'être. Toutefois, il ne pouvait dédire ce fait qu'était l'absence d'une présence masculine à Empyrée, d'une descendance d'une même acabit qu'il ne l'était lui-même, d'une simple virilité filiale pour poursuivre la voie dans laquelle il s'était lancé une fois qu'il ne serait plus en mesure de le faire lui-même. Il le savait, les Mallery, à peine nés, étaient déjà moribonds et ne deviendraient plus qu'une réminiscence sur les Terres de la Couronne s'il trépassait avant d'avoir donné vie à un fils, unique échappatoire pour ne pas voir les efforts et sacrifices de toute une vie être réduits à néant. Cette véracité lui était douloureuse à chaque fois qu'il y songeait, ce qui ne l'empêchait pas pour autant de nourrir le désir de marier Yevana à un dignitaire du pays, quitte à ce qu'ils aient à compter un membre de moins portant leur patronyme, car le bonheur et la prospérité de son enfant étaient prioritaires à tout autre chose. Sans doute était-ce cette inéluctable propension paternaliste qui poussait Alrik à ressentir tant de sympathie envers Ethaniel, dont le pater n'était pourtant point n'importe quel quidam en Westeros. Les Celtigar possédait leur notoriété et Lothar était valeureuse lame, un quidam qui ne déméritait pas le respect de ses pairs en dépit de cette incartade qu'avait vraisemblablement été une relation luxurieuse non légitimée par la foi marital. Quoi qu'il puisse en être, le chevalier ne serait guère celui qui le lapiderait de la première pierre et des suivantes, bien au contraire, tous avaient le droit à leur lot de bévues durant leur existence. Nul n'était immaculé de péchés véniels ou non, et il ne faisait pas exception à cette règle. Qui plus est, l'angelot qu'il couvait d'une lorgnade avisée était auréolé d'innocuité et vertement pas responsable de son statut, quelle iniquité qu'était celle de faire payer aux progénitures adultérines les erreurs de leurs procréateurs. La vie était d'ores et déjà suffisamment ardue pour les individus lambdas, alors, pour les êtres illégitimes, les tribulations étaient sempiternelles, une lutte de tous les jours dans le fol espoir de se faire tout bonnement accepter comme des personnes sans disparités. Le Stone était avide d'apprentissage, une appétence qui se miroitait dans ses oeillades et la manière qu'il avait d'observer les comportements d'autrui et ce qui l'entourait. Il était alerte en dépit d'être doté d'une grande hardiesse ou même d'une confiance suffisante – ces deux soucis étant inexorablement affiliés.

Un rictus amusé ornementa la commissure des lèvres du commandant à voir le jeune garçon tenter d'adopter une position adéquate sur Eden qui, fort heureusement pour lui, se trouvait être aussi docile que la description qui en avait été faite. A en voir par ses phalanges devenues opalines sur les brides de l'étalon, ils avaient tout intérêt à rentrer rapidement avant que les muscles du garçonnet ne soient impossibles à décrisper. Il lui adressa un sourire qui se voulut rassurant lorsque leurs prunelles se croisèrent et qu'il le remerciait pour son aide, ce à quoi le sigisbée répondit d'un signe de tête.
« Tout s'apprend, personne n'est né sur l'échine d'un cheval. » Lui-même n'avait point été des plus complices avec les premiers destriers qu'il s'était risqués à monter dans sa jeunesse, à cette même époque où sa propre vaillance était particulièrement subjective. Ainsi donc, il n'avait nulle crainte sur le fait qu'Ethaniel parviendrait sans mal à progresser dans les divers domaines qui feraient, plus tard, de lui un bretteur digne de ce nom. Alors que ses calots s'étaient égarés sur les environs pour évaluer la distance qui leur restait à parcourir, il revint sur son jeune interlocuteur qui lui renvoya son interrogation concernant sa présence en ces lieux certes déjà éloignés de Port-Réal. Son hésitation quant à la légitimité de sa question eut pour effet de l'attendrir, mais alors qu'il s'apprêtait à combler son innocente curiosité, le phonème flouté d'inquiétude de Taref tonitrua au loin pour s'enquérir de la santé de son petit protégé. Le commandant tira précautionneusement sur les rênes de Camas pour s'immobiliser aux abords du quidam et le saluer d'un mouvement de tête pour le moins enchanté.

« Plaisir partagé mon ami. » Il descendit de sa sombre monture et en rendit les brides au propriétaire de l'animal, puis reprit celles de son propre destrier dont il caressa le crin. « Cela fait un moment que je n'ai pas vu votre épouse, elle était déjà bien ronde, mais elle doit presque être arrivée à terme désormais ? Quoi qu'il en soit, j'accepte un petit verre, seulement et j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, je ne resterai pas longtemps, il me reste de la route à faire. » L'indigent comprendrait aisément qu'il rejoignait son fief et qu'il se devait, pour plus de sûreté, d'y parvenir avant la tombée de la nuit. Mais malgré sa volonté de regagner son logis au plus vite, il ne pouvait sciemment refuser une invitation si courtoisement suggérée. Désormais à pieds, ils rallièrent la demeure non loin d'ici, et le temps que les étalons soient conduits à la petite écurie, le chevalier s'adressa au chérubin. « Tu m'as demandé la raison qui m'a amené ici tout à l'heure, eh bien, je rentre chez moi. Mes terres se situent à approximativement une journée de cheval de Port-Réal, j'y rentre de temps en temps... Enfin, guère assez fréquemment selon ma fille. »

L'hilarité le prit au corps bien que cette vérité était pour le moins incommodante car elle était une imputation récurrente. Quand bien même, Taref revint auprès d'eux et la trinité rejoignit l'intérieur de la maison où la parturiente à en devenir était embesognée au nettoyage de la cuisine. L'accueil fut chaleureux et la prise de nouvelles immédiate, Alrik ne put que s'émerveiller devant sa matrice convexe de vie qu'ils auraient bientôt le loisir de pouponner eu sein de leur foyer. Voilà ce qui faisait défaut à Empyrée : des bambins qui animaient son quotidien ! Cependant, l'amertume n'était plus de mise, il plaçait un espoir énamouré en sa douce muse du moment, Velanna, qui lui inspirait de doux songes familiaux. Le sujet fut par ailleurs superficiellement abordé, le sieur Mallery demeurait pusillanime sur cette idylle dont il espérait beaucoup et qui n'était point encore officialisée. Loin de s'épancher de ses désirs et incertitudes en dépit de la convivialité, la conversation vogua d'un pan à un autre sans guère d'ordre, mêlant quelques soubresauts de bavardage sérieux à des babillages plus frivoles, le chevalier en vint même à dialoguer avec Ethaniel qui venait de lui confessez sa passion pour les ouvrages. « Ma petite soeur est éprise de lecture elle aussi, elle a appris à lire très tard donc je pense qu'elle se venge de toutes ces années d'impéritie. Elle a elle-même installé une bibliothèque dans notre demeure, nous y avons une collection de modeste valeur mais d'une diversité non négligeable. » S'intéresser aux opuscules qu'importait le thème de leur composition était une preuve d'envie d'apprendre toujours plus, une éloquente qualité que le garçonnet se devait de préserver. Le freux lampa la dernière gorgée de son verre qu'il reposa un peu plus loin, signe d'un départ qui avait plus tardé qu'initialement prévu. Il se leva donc en vérifiant intuitivement que Fraternité se trouvait bien à son ceinturon, puis il échangea un couplet de banalités avec ses hôtes. Avant de sortir pour rejoindre Eden qui avait été ramené aux devants du logement, il posa affectueusement sa main sur l'épaule du Stone et entreprit d'une voix cordiale. « Continue à t'entrainer, il faut persévérer. Nous nous reverrons certainement à Port-Réal plus tôt que tu ne le penses, salue ton père de ma part. »

Sur ces mots, le commandant grimpa lestement sur le rachis de sa monture dont il heurta les flancs pour reprendre le sentier antérieurement délaissé. Après cette rencontre fortuite mais pas moins appréciée, les méninges d'Alrik furent en effervescence, notamment sur la requête formulée par le fils de Lothar et sur laquelle il avait eu le temps de méditer auparavant. Avoir un disciple auquel enseigner tout ce que lui avait durement appris était une tentation à laquelle il songeait de plus en plus à céder. Plus qu'un patrimoine spirituel à léguer, il luisait de la volonté d'apporter sa pierre à l'édifice dans l'épanouissement du chérubin dans lequel il se retrouvait de façon presque troublante. Il connaissait cette ineffable sensation de couardise que l'on ne pouvait réprimer sans la confiance d'autrui pour nous porter aux nues, il fallait un pédagogue assuré de ses principes et des leçons qu'il dispenserait. Une aventure dans laquelle le jeune bâtard ne serait hypothétiquement point le seul à évoluer, car l'âge n'était guère un critère dans l'acquisition de nouvelles moeurs et expériences. Une décision qui s'apparenterait assurément à une bénédiction pour Ethaniel dès lors qu'il le lui annoncerait lors de leurs prochaines retrouvailles... Qui se dérouleraient bien plus tôt qu'il ne l'aurait jamais imaginé ! Comme précédemment, son ouïe perçut un grand galop arriver en sa direction et les geignements d'un garnement en détresse. Le sigisbée se contorsionna, en quête de la source de ce tintamarre pour voir apparaître nul autre qu'Ethaniel lui-même, souffrant visiblement de tracas d'autorité sur le cheval sur lequel il était juché. Comment était-ce possible ? Le capitaine en fut abasourdi, dans l'incompréhension la plus opaque avant que le garçonnet ne file à côté de lui telle une flèche fraîchement décochée, risquant la chute à tout instant. Les allégations attendraient, Eden fut lancé dans une chevauchée effrénée dans le dessein de rattraper son congénère hippique avant que la catastrophe ne puisse être évitée. Fort heureusement, ils parvinrent à revenir à leur hauteur, le bras du freux s'étendit pour saisir les rênes de la monture et lui sommer l'arrêt, ce qu'elle fit après plusieurs mètres d'opiniâtreté.

« Là, tout doux... » Souffla t-il au destrier enfin pacifié et qui n'avait, par miracle, point éjecté son cavalier en route. « Tout va bien Ethaniel ? Par tous les Sept, que fais-tu là, qu'est ce que tout ceci signifie ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mar 12 Fév 2013 - 13:04

Il devait bien reconnaître qu'un point positif ressortait de cette mésaventure : la présence d'Alrik Mallery qui allait rester de plus un temps allongé avec eux. A ses yeux, cette rencontre n'était pas anodine. Peu de bâtard pouvait se targuer de pouvoir boire un verre avec un homme de cette importance. Commandant des Dents de Freux. Il savait bien que jamais un tel rôle ne serait pour lui mais rien qu'espérer être son page le ravissait, autant que ça l'inquiétait. Mais pour le moment, le sujet n'avait guère était amené et il n'avait pas la moindre idée de la possibilité que son aîné en parle. Ce n'était de toute manière pas lui qui le mettrait sur le tapis. Presser n'était pas dans son caractère, la patience était éternelle pour lui. Il n'avait jamais été un bagarreur, jamais été un impulsif, un assoiffé de sensations. Le calme, la sérénité et la solitude étaient davantage ses maîtres mots et il s'en accommodait parfaitement. C'était plus difficile depuis que ses choix l'avaient amenés à retrouver son père, mais c'était une expérience dans laquelle il s'était jeté tout seul, sans que personne ne le pousse. Bien sûr, auprès de sa tante, sur Pince-Ile, la tranquillité était évidente car les coins égarés du domaine n'avaient plus de secret pour lui. Ici, sur le continent, le territoire lui était totalement inconnu, les gens bien plus nombreux, les recoins en solitaire plus dangereux et inquiétants. Seule une chambre représentait ses moments de solitude et encore, il n'y était pas forcément seul. Cependant, le silence de la nuit lui permettait de s'enfermer dans son esprit et d'y trouver toute la tranquillité nécessaire, et ce tant qu'une bougie trônait confortablement à ses côtés. Mais en cet instant, cela n'avait guère d'importance puisque pour rien au monde il ne souhaitait se retrouver seul quand un homme d'une telle envergure se trouvait à ses côtés. Sa présence était d'un charisme impressionnant. C'était un grand homme et l'écouter était un privilège. En plus, il était fort et brave, représentation réelle des héros disponibles dans les ouvrages que ses yeux d'enfants avaient parcourus avec passion. Sans oublier sa gentillesse envers sa personne bâtarde. C'était un fait que nier était totalement impossible.

"Ouais c'est pour bientôt j'crois ! Et vous en faîtes pas y a pas d'problèmes Ser Alrik ! J'comprends qu'vous soyez pressé ! Mais v'nez v'nez !"

L'homme les devança, emmenant les montures dans l'enclos réservé, où trônait un autre destrier dont l'appartenance était également à l'hôte. Sur le chemin, Ethaniel ne formulait aucun propos tandis que son regard prenait plaisir à se tourner de temps à autre vers le chevalier à ses côtés. Celui-ci en fit de même à un moment pour alors répondre à une question qu'il avait formulée avant l'arrivée de Taref. Ainsi, sa demeure se trouvait pas trop loin d'ici et son aîné y retournait prenant congé de ses fonctions habituelles. De plus, ses connaissances s'élargirent puisqu'un sujet différent intervint annonçant l'existence d'une fille. Le rire qui résonna l'incita à observer son aîné. Imaginer la famille du chevalier avait quelque chose d'apaisant. Sans savoir pourquoi, la certitude d'un environnement chaleureux lui parvenait. Bien sûr, l'erreur était possible mais sans comprendre pourquoi, la sensation envieuse de pouvoir observer cet environnement venait de s'insinuer en lui. Submerger de nouvelles questions, sa voix ne s'exprima néanmoins pas car Taref s'approchait d'eux et sans attendre les incita à rentrer au domicile, d'une tape dans le dos pour sa part un peu trop violente et suffisante pour entraîner une douleur sur son corps loin d'être fort. Ce dernier était davantage un manuel et pour la peine, ses bras recelaient une force que contrôler semblait difficile pour ce dernier. Lui en tenir rigueur n'était pas approprié. Le corps n'avait de toute façon que peu d'importance pour lui, la douleur n'était qu'une information que l'on pouvait ignorer, dépendant de la blessure bien sûr. Mais les atteintes graves n'avaient jamais fait partie de sa vie. En tant que bâtard, des coups se perdaient, mais jamais ne lui avait-on infligé une douleur telle qu'une expression évidente de souffrance avait surgi sur son faciès. Le renfermement émotionnel était la meilleure défense lorsqu'on s'en prenait à lui. L'appliquer était une habitude et le caractère automatique n'était même plus à peaufiner.

Un verre de lait chaud entre les mains, Ethaniel ressentit un plaisir évident à écouter les conversations des trois adultes à ses côtés. Taref et son épouse semblaient bien connaître le chevalier. Quelque chose encore de surprenant mais de profondément admiratif. Un chevalier qui se mêle sans honte à une population moins fortunée. C'était équivalent à l'intérêt ou du moins le désintérêt qu'il ne portait pas à sa personne. Pas de jugement hâtif, pas d'a prioris sur les gens d'origine moins élevée, le respect envers tout être qui peuplait Westeros. Il nourrissait le désir d'un jour arriver à lui ressembler. Mais pour lui ce n'était qu'un fantasme lors de ses pensées en solitaire qui lui paraissait totalement impossible. Si jamais sa formation débutait, arriver déjà à avoir moins peur serait un exploit. Etre courageux... Cela aussi lui semblait tellement un songe lointain. Il fut ramené à la réalité par Taref qui venait de tapoter son épaule encore trop violemment à son goût.

"Et ce p'tit, c'est un bâtard mais il sait lire ! J'suis sûr qu'il peut aller loin c'gamin !"


« J'aime juste lire, mons.... Taref.» Il regarda un peu Alrik. « On peut découvrir beaucoup de choses dans les livres.»

Ces propos amenèrent un sujet qu'il ne put ignorer. Une bibliothèque ! Il n'en avait plus vu depuis qu'il avait quitté la demeure des Celtigar. En étant sur la route, se contenter uniquement des ouvrages parfois bas de gammes ou alors dans des lieux où l'on pouvait accéder était devenu obligatoire. Ce n'était malheureusement pas ceux qui apportaient le plus d'informations sur le monde. Ainsi, l'émerveillement qui découla de cette révélation était évidente. D'ailleurs, même l'information qu'il avait une soeur passa bien après et ne percuta pas directement dans son esprit. Alrik était un noble alors les rangées de livre qu'il devait y avoir devait sûrement correspondre à celle des Celtigar. Cela signifiait beaucoup de livres, beaucoup de choses à découvrir, beaucoup d'oeuvres dans lesquelles se plonger. La valeur dont parlait son ainé n'avait pas d'importance, le mot diversité avait bien plus d'intérêt. En pleine rêverie de pouvoir découvrir ces ouvrages, il remarqua cependant la façon dont fut poser le verre après que la dernière goutte ait disparu de ce dernier. Ses observations répétées en société lui permettait de connaître pas mal de codes malgré son jeune âge. Ainsi, son rêve de connaissance s'évapora rapidement en comprenant que le chevalier allait prendre congé pour le plus grand regret. Se levant, se spas accompagnèrent la sortie de son aîné de la même façon que les propriétaires de la maison mais continuant jusqu'à l'enclos réservé aux animaux. Levant les yeux lors de la présence de la main sur son épaule, les paroles du chevalier furent clairement assimilées mais seul un hochement de tête de sa part confirma ce fait. En réalité, il n'avait pas envie que ce dernier s'en aille. Mais comment le dire ? Comment formuler une pensée si égoïste ? Peu de personne avait l'opportunité de l'entendre formuler des désirs puisqu'il n'avait de cesse de les enfouir et de les conserver simplement dans son esprit silencieux pour l'environnement. Son aîné était déjà en route tandis que l'immobilité de son hésitation le maintenait près de l'enclos.

"Ethaniel, t'viens boire ton lait ?"

« Je... Je vais rester encore un peu dehors.» s'entendit-il dire à la future maman qui surprise le laissa néanmoins en rentrant à la suite de son époux lui indiquant de ne pas attraper froid.

Ses affaires étaient à l'intérieure de la maison, et le froid pas encore représentatif de l'hiver à venir mais représentant les prémisses de ce qui allait bientôt arriver parcourut son corps. Cependant, rentrer lui apparaissait difficile. Quelques pas de côté lui permirent encore d'apercevoir la silhouette du chevalier au loin mais bientôt celle-ci disparaitrait et bien que les propos formulés lui indiquaient qu'il allait bientôt le revoir, un pincement désagréable lui annonça que ce serait difficile d'attendre jusque là. Quand l'ombre au loin ne fut plus visible, sa décision impulsive fut prise. S'approchant de l'enclos, il y pénétra et prit les rennes du second cheval... Etait-il gentil ? il n'en avait pas la moindre idée mais le temps ne lui permettait pas de tergiverser. Si la hâte ne le prenait pas, jamais il ne pourrait retrouver le chevalier qui serait déjà trop loin. Grimper fut difficile mais une fois dessus, la peur l'irradia quelques secondes. Qu'est ce lui prenait ? Avant la réponse, ses talons donnèrent un coup à peine perceptible à l'animal qui ne broncha pas. Crispé, tendu, totalement effrayé, ses talons après quelques secondes lancèrent un coup plus fort mais qui ne changea strictement rien...

"Ethan ? Qu'est c'qu'tu fous ?"Taref venait se surgir le faisant sursauter fortement. "Je... Je voudrais aller avec Ser Alrik..." Taref sembla un peu contrarié "T'peux pas partir comme ça gamin ! Qu'est c'qu'j'aurais dit à ton père moi si t'étais plus là hein ? Allez desc..."

Le Chien de la demeure sortit en trombe tel un excité en aboyant comme une furie. En réalité il avait aperçut un oiseau dont il voulait s'emparer mais son excitation avait quelque chose d'effrayant. Ce phénomène suffit au destrier pour se mettre en route pour le plus grand effarement du jeune garçon.

"Ethan !!"

"Vous en faites pas je vais retrouver, Ser Alrik, Dites le à mon père." s'entendit-il vaguement dire alors que son destrier ne tarda pas à passer au galop pour son plus grand désespoir.

En moins d'une journée, il subissait les mêmes affres honteuses d'un cavalier incapable de mener à bien sa chevauchée. Très rapidement, la vitesse l'empêcha de tenir droit car déjà l'empressement l'avait empêché de régler les étriers qui n'étaient pas du tout à la bonne hauteur. Ainsi, rapidement ses pieds perdirent appuis et ses cuisses se resserrèrent fortement alors que son échine se courbait et que lâchant à nouveau les rennes il entoura le cou de l'animal de ses bras.

"Pas si vite !!!"

La peur le tétanisait totalement, son corps subissait une pression et une crispation dont il ne sortirait pas avant un moment, s'il s'en sortait... Car en cet instant, ses pensées se permettaient d'imaginer le pire des scénarios. Pourquoi toutes les montures trouvaient utiles de le faire passer directement à l'étape du galop alors que déjà le pas le stressait énormément ? Par un miracle inattendu, sa monture s'arrêta alors mais une voix bien connue lui parvint aux oreilles. Pour la deuxième fois sur la même journée, en répercussion encore à l'événement identique déroulé plus tôt, Alrik était son sauveur. Tremblant comme une feuille, il se redressa lentement avant de regarder le chevalier mais de baisser ensuite la tête en se rendant compte de ce qu'il allait avouer. Quelques instants s'écoulèrent avant que son phonème peu assuré ne prenne la parole.

"Je voulais voir votre bibliothèque..."

Il ne s'agissait bien évidemment pas que de ça. Mais c'était l'excuse la moins égoïste du tas. Après réflexion, ce souhait était bien inutile car quelle idée de croire que le chevalier aurait accepté de l'emmener ? L'aîné allait très certainement le ramener en arrière et lui interdire de le suivre de cette manière. Et au final, il aurait juste fait perdre du temps au chevalier. Son action n'était pas adéquate et une punition se devait forcément d'être donnée. En plus, quitter sa monture ne lui ferait clairement pas de mal. Rien à faire, les chevaux et lui c'était vraiment perdu d'avance. Ainsi, la surprise fut grande mais le contentement particulièrement visible quand Alrik l'informa qu'il l'emmenait avec lui.

"Merci !" lança-t-il avec entrain mais surtout joyeuseté encore peu aperçue chez le jeune garçonnet si prompt à ne pas dévoiler ses sentiments.

L'idée de devoir chevaucher par contre ne lui plaisait guère mais se plaindre n'était sûrement pas dans son intérêt et encore moins dans ses habitudes. Par conséquent, et surtout parce que la situation actuellement était également de son fait, se taire était obligatoire et subir la peur d'un long trajet serait un fardeau personnel. La joie de pouvoir faire route avec le concerné avait déjà oblitéré une partie de sa peur lui permettant de ne plus trembler comme une feuille prête à s'envoler. Gardant le silence un bon moment ne voulant pas imposer davantage sa présence, il se risqua néanmoins une fois le délai passé à poser une des nombreuses questions qui tiraillaient son esprit comme à chaque fois qu'il était confronté à un fait nouveau.

"Est ce que... Est ce que vous avez encore d'autres membres de la famille chez vous ? En plus de votre soeur et votre fille."

Il voulait en savoir encore plus sur cet environnement familial. Avoir une famille un jour lui paraissait la plus belle des récompenses. Mais en tant que bâtard il ne savait pas s'il y aurait vraiment droit... Peut-être que si.




" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Sam 16 Fév 2013 - 15:28

Etre le quidam de la situation devenait une marotte avec l'angelot qui avait bien du mal à user de ses propres ailes sans voir ses tentatives d'essor avorter. Un oiseau même de belle rareté ne pouvait convenablement épanouir leur ramage lorsqu'il restait dans la cage familiale, un jour venait où il fallait déployer tout son pennage pour voler vers la vie et son apprentissage. Le départ était des plus laborieux pour Ethaniel et sa gaucherie somme toute congénitale, plus qu'une versatilité hippique, l'infortune semblait le suivre à la trace et le fait qu'il ne souffre encore d'aucun mal particulier relevait du miracle. Que pourrait bien dire le sieur Celtigar si son fils venait à se meurtrir en compagnie du commandant ? Si les rôles avaient été inversés, ce dernier en aurait était fort mécontent alors qu'aucun accord officiel ne faisait d'eux un pédagogue et son disciple. Malgré tout, Lothar était assurément accoutumé aux blessures de son enfant, probablement davantage bénignes que graves, s'il le forgeait à l'estoc et à la taille comme tout père se devait de le faire si tant est qu'il en était apte. Mais le fait que les contusions entraient dans les impératifs de l'initiation à devenir Homme n'était pas une allégation suffisante pour que le chevalier ne se sente pas concerné par la santé du petit bout de quidam comme s'il en était lui-même le géniteur. La fibre paternelle ne possédait point de lisières auxquelles retenir ses impulsions d'inquiétude, Yevana en était la première victime. Ainsi, quand bien même le Stone n'avait guère chuté de son destrier, les prunelles d'azur céleste du sigisbée le parcoururent entièrement pour vérifier qu'aucun mal ne le tiraillait, si ce n'était un sang agité qui devait certainement pulser à ses tympans dans une incommodante rythmique. L'humiliation, aussi, et l'embarras d'avoir à expliquer la soudaine lubie qui l'avait poussé à se mettre en danger. Les yeux de son interlocuteurs se plissèrent comme pour percer un hypothétique mensonge, mais avait-on plus innocent que la réponse qui lui fut soufflée ? Il oscillait entre la pleine perplexité et un attendrissement inopportun, car il y aurait eu d'autres manières de manifester son désir, une envie pour le moins enfantine et qu'il suspectait n'être que la partie visible des remparts. L'antre de littérature était-elle réellement l'unique motif pour lequel il avait voulu le suivre ? Alrik n'omettait pas qu'il patientait tant bien que mal pour le verdict concernant sa requête, bien malgré le fait qu'il avait la décence de ne pas soulever de lui-même le sujet, il trépignait. Son père leur en tiendrait-il rigueur de ne pas avoir attendu son retour et donc son assentiment ? Il gageait que non, Empyrée n'était guère si éloignée du logis de Taref – qui n'avait étrangement pas retenu le garçonnet dans son élan ? - et la route serait ainsi vite avalée si le seigneur crabe désirait les rejoindre. Une furtive réflexion, une incertitude tarabustée, puis un soupir plus tard, le choix tomba à brûle-pourpoint.

« Bon... Je subodore que tu peux séjourner sous mon toit jusqu'à ce que ton père daigne venir t'y cueillir... Et voir cette fameuse bibliothèque qui te donne suffisamment de témérité pour remonter sur le dos d'un cheval... » Il abdiquait, pour cette fois, ce qui façonna la plus franche euphorie chez le jeune garçon. « La prochaine fois pense à revoir l'ordre de tes initiatives, me demander d'abord, me courir après ensuite si je refuse. » Un pli d'amusement naquit à la commissure de ses lèvres, puis il désigna les étriers d'un mouvement de tête. « Pense à t'installer convenablement avant que l'on reparte. »

Ses phalanges caressèrent le crin d'Eden tandis qu'Ethaniel réglait les étais pour être mieux positionner sur sa monture – au moins avait-il eu la présence d'esprit de ne pas se risquer à la chevauchée avec Camas ! Auquel cas le voyage aurait été vertement plus animé, mais peut-être point dans le meilleur sens du terme. Une fois cela fait, le tandem improvisé reprit le sentier de la demeure aux six molettes d'argent dans un mutisme de circonstances, nul doute qu'Aaliyah serait autant pantoise que ravie à l'idée d'accueillir une nouvelle bouille dont elle pourrait prendre soin, pouponner était presque une affaire de famille chez les Mallery ! En attendant, le trajet serait un bon moyen pour eux de faire plus ample connaissance, leur première rencontre n'avait donné lieu qu'à de rares dialogues plus superficiels qu'approfondis, la conversation chez le dénommé Taref avait en réalité été leur première opportunité de parler plus considérablement. Apprendre de ses ambitions et des efforts qu'il était prêt à déployer pour accoucher de ses aspirations, où pouvait-il bien se situer dans son statut de bambin adultérin, ce qu'il attendait de lui et la raison pour laquelle il n'avait point formulé sa demande à un autre galant homme qui ne manquaient pas de peupler le royaume. Des interrogations, des curiosités, il y en avait une pléthore tant d'un côté que de l'autre, mais l'enfant fut le plus prompt à dégainer. Le freux ne put pourtant s'empêcher l'étonnement alors que la question toucher un pôle personnel dès l'abord, sans s'intéresser à des aspects plus chevaleresques en premier lieu. Ses lippes mouvèrent de leur propre volonté et il expira une réponse qui miroitait ce qu'il pensait peut-être de certaines relations fraternelles.

« Non. » Non, ses seuls trésors sur cette terre étaient les deux flavescentes vénus qui le lénifiaient de ses maux, peut-être autant qu'elles étaient capables de lui en causer. La spontanéité de cette négation tout à fait légitime mais fallacieuse dans ses atours le décontenancé lorsqu'il prit conscience de sa bévue. « Enfin... » Anonna t-il en baisser les yeux sur les brides qu'il tenait. Ethaniel le prendrait inexorablement pour un frère indigne, mais des deux, lequel était le plus à admonester ? Le commandant dégorgeait de ses torts, comme tout à chacun, mais les siens n'étaient rien ou bien peu en comparaison à ceux d'Aslak de la présence duquel il ne profitait pas tant que cela. Sans doute était-il désappointé de cette âcre véracité, celles que les choses n'avaient en rien évolué depuis le retour d'un ectoplasme du passé, et lorsqu'ils se voyaient, ils engrenaient les désaccords et les imputations plus que les joies et les complicités. Une déplorable situation qu'il lui faudrait rectifier dès que l'occasion serait à saisir, pour qu'il puisse confronter son aîné à ses inepties tant récentes qu'anciennes. « J'ai un grand frère, mais ce n'est pas un Mallery. » Cette vérité avancée comme absolue aurait de quoi désarçonner l'angelot qui ne verrait là rien de cohérent, mais Alrik n'avait aucune envie de se confondre en éclaircissements, pas maintenant, pas à ce sujet. Pour autant, il ne se priva pas d'un commentaire qui se voulut presque injonctif. « Je ne pense pas que tu le verras, il préfère rôdailler à Port-Réal que sur mes terres, mais si jamais tu le croises... Ne te laisse pas entrainer dans ses fausses bonnes idées, Aslak a tendance à être particulièrement irresponsable lorsqu'il s'y met. »

Autrement dit, bien trop souvent à son goût ! La consigne était lancée, le garçonnet pourrait bien en faire ce qu'il voulait, mais ce ne serait point les congratulations du commandant qu'il recevrait s'il le surprenait à s'acoquiner avec le pasquin en question. Il en venait presque à espérer que son frangin soit à pocharder ou à profiter des femmes de petite vertu plutôt qu'à endoctriner Yevana dans de nouvelles frasques dont il entendrait tardivement parler. Le chevalier abhorrait cette accortise avunculaire qui commençait à lui donner plus de cheveux blancs qu'il n'en avait jamais eus, il craignait avoir à endosser le mauvais rôle et à exaspérer son bel ange blond au point qu'elle en vienne à le maudire. Etait-ce envisageable ? Il n'osait imaginer ce noire songe prendre vie, aussi préféra t-il se tourner vers de plus tendres promesses.

« Mais j'ose espérer qu'Empyrée saluera bientôt une nouvelle étoile. » Reprit-il avec plus de légèreté et un ton épris. « Si la dame dont je me suis entiché accepte de m'épouser. » Et dans ce cas il serait l'homme le plus heureux que Westeros ait porté. Une risette énamourée sublima la physionomie du sigisbée alors que toutes ses pensées voguaient à elle, rien qu'à Elle. Velanna était sa panacée, le héraut de son espoir et celle qui apporterait un indicible changement dans son existence. La hâte de la revoir divergeait avec son usuelle constance, preuve s'il en fallait encore qu'elle l'affectait avec une efficience sans égale. Ces informations en révéleraient un peu plus sur Alrik et l'individu qu'il était, mais également sur un drame qui avait maculé son passé, la perte en couche de sa chère épouse, ce à quoi le jeune garçon aurait tôt fait de conclure, lui qui ne manquait pas de sens commun. Il reporta son attention sur ce dernier et le gratifia d'un sourire de simplicité, avant de se lancer à son tour. « Et toi alors, tu as certainement grandi à Pince-Isle, sous les armoiries Celtigar ? Comment est-ce ? »

Par ces quelques demandes, le freux lui prouvait que l'intérêt était à double sens. Il ne se formalisait pas de la curiosité du bâtard comme il ne l'épargnerait pas de la sienne, puisqu'il était question de partager ce qu'ils étaient. Il était substantiel de se sentir considéré, important aux prunelles d'autrui n'était-ce qu'à travers une discussion même éphémère. Et bien plus qu'une simple courtoisie, le Mallery n'était absolument pas contre en apprendre davantage concernant l'île des décapodes à pinces. La route se fit ainsi, diaprée par les divers bavardages, les quelques traits d'esprit et les silences contemplatifs lorsqu'ils parvenaient au paroxysme d'une colline où la vue était magnifique. Ils passèrent par plusieurs bourgades et s'adonnèrent à deux ou trois haltes pour ménager leurs montures autant que pour dégourdirent leurs jambes alourdies. Dans l'un de ces hameaux, un boisselier taillait paisiblement des bribes de bois à l'aide d'un petit coutelas, un chapelet de ses sculptures trônait sur une table non loin de lui. Il remarqua bien vite l'admiration d'Ethaniel pour ces ouvrages, tandis que le commandant s'entretenait avec un trio de villageois à deux pas de là. Ses yeux rieurs et son épaisse barbe poivre et sel en faisait un personnage tout à fait sympathique, en témoignait le large sourire qu'il adressa au petit garçon qui n'était pas sans lui rappeler son petit-fils, avait-il lui-même dit. Il fut tant touché par l'innocuité du chérubin qu'il lui avait glissé l'une de ses sculptures au creux de la main, celle-ci représentait le Guerrier, l'une des figures déifiées de la religion des Sept. Alrik avait assisté à la scène, un rictus extasié face à la gentillesse de certaines petites gens, ce qui faisait inéluctablement et souvent trop défaut aux hauts dignitaires qu'il coudoyait à longueur de journées. Il l'avait ensuite rappelé pour qu'ils rejoignent leurs étalons et qu'ils se remettent en chemin pour arriver dans les temps, les cieux zébrés d'un dégradé clair-obscur étaient annonciateurs d'une fin de jour qui ne tarderait plus. Le quarantenaire se sentait soulagé à l'idée d'atteindre très bientôt ses terres, il rêvait tant de la chaleur des siens que celle d'un âtre embrasé, d'une bonne pitance et d'une nuit de repos tout aussi salutaire.

« Tiens. » Il lui lança une pomme au délicieux parfum sucré. « Tu dois avoir faim. Nous ne sommes plus très loin, tu auras de quoi te remplir la panse sous peu. » Le fruit l'aiderait à patienter jusqu'alors, les petits grignotages de la journée avaient dû être insuffisants pour rassasier un jeune homme en pleine croissance – lui-même n'était pas mieux loti en matière de fringale, mais priorité à la jeunesse. « Au fait, il faut que je te prévienne. Les domestiques que tu rencontreras ne sont pas des serviteurs à proprement parler... Ce sont des indigents tous originaires de Culpucier, avec lesquels j'ai grandi, pour certains... D'autres ont connu mes parents. Ce sont des personnes que je tiens en estime et qui méritaient une main tendue, ce que j'ai fait lorsque l'on m'a accordé mon fief. Tu constateras que l'atmosphère d'Empyrée n'est en rien comparable avec ce que l'on trouve habituellement, n'en sois pas surpris... La cuistancière en chef nous a par quelques fois chaperonné, par exemple... Je ne m'étonnerais pas qu'elle puisse encore me mettre au coin parce que je n'ai pas fini mon assiette. »

Il chanta d'un rire franc après son hyperbole destinée à amuser Ethaniel, avec lequel il n'avait encore jamais parlé de ses racines roturières et des détails de son avènement. Pour autant, il n'était pas dupe, et il se doutait que le garçonnet en avait forcément eu vent, nul n'ignorait ces précisions concernant le factotum de la Main du Roi.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Dim 24 Fév 2013 - 0:23

Le plaisir ressenti à l'acceptation était immense. Cela faisait longtemps qu'un plaisir de cette envergure ne l'avait contemplé. Les livres étaient plus qu'une passion, c'était une autre vie par procuration et une connaissance tellement infinie que le besoin de les parcourir était vitale. Le sourire ornant les lèvres d'Alrik l'avait rassuré sur son acte téméraire et dangereux. Cela lui avait permis un sourire léger, ce qui était d'une rareté évidente chez ce petit bout d'homme. Suite à l'ordre donné ensuite, sa position changea et son attirail était ajusté pour tenter d'avoir un comportement adéquat sur son destrier. Cependant, être si haut ne le réjouissait toujours pas. Ses mains restèrent enserrées sur les rennes avec force et crispation même si jamais ses dires n'oseraient l'avouer plus que son attitude. La chevauchée relancée et la hâte d'arriver avait permis après un silence latent de percer de sa voix ce dernier et ainsi d'imposer une de ses nombreuses questions qui papillonnaient dans son esprit. La question était innocente, l'intention sincèrement non malvenue. L'envie était aussi juvénile que le poseur de celle-ci. Savoir quelle vite menait l'homme qui représentait son plus beau modèle de vie à l'heure actuelle. C'était évident que bien d'autres sujets auraient pu être lâchés, cependant l'envie d'une famille aimante avait été un désir bien plus prédominant dans sa vie qu'un grade dont il pourrait bénéficier. Bien sûr sa tante-mère et son père étaient tout deux totalement parfait avec lui. Mais le reste de sa famille laissait largement envisager un pêché dans son existence même. LA richesse n'avait jamais été un besoin ni un souhait, bien que bâtard il aurait préféré vivre dans la basse société entourée d'amour de la part de parents réunis et peut-être même d'une portée encore lui permettant une fratrie. Bien sûr, son égoïsme ne le contraindrait jamais à être irrespectueux envers le choix de son paternel de le protéger dans un milieu plus aisé. Il comprenait ce choix et ne reprochait rien à personne. Mais cela n'avait qu'accentué sa condition de bâtard. On lui vouait une convoitise qu'il n'avait guère. La simplicité était bien plus appréciable selon lui. Mais à force de subir, un besoin de reconnaissance s'était déployé l'incitant à quémander l'aide de l'homme qui chevauchait à côté de lui, pour qu'il puisse faire quelque chose de sa personne et peut-être arriver à en faire un homme et non un enfant apeuré. Néanmoins, et depuis longtemps, une famille unie lui faisait envie et miroitait devant ses prunelles enfantines à la vue d'un rassemblement familial auquel il n'était jamais convié n'étant pas né d'une alliance dans les règles.

De prime abord, apprendre qu'Alrik avait simplement sa soeur et sa fille lui aurait parfaitement suffit. Après tout, l'amour qu'il semblait leur porter était l'unique plaisir d'en parler. Cependant, une incompréhension s'insinua en lui à l'observation d'un malaise et d'une interjection orale étonnante en provenance de son interlocuteur. Néanmoins, briser le silence qui suivit ne lui parut clairement pas adéquat sans savoir réellement s'il se devait de le laisser continuer. Néanmoins après un instant, une autre révélation lui apparut. Alrik avait un grand frère...Par contre, sans réellement comprendre, ce dernier ne portait pas le nom Mallery. C'était étrange car il connaissait parfaitement bien les raisons pour lesquelles les noms pouvaient différer. N'ayant lui-même pas le même nom que sa famille suite à sa bâtardise, le pourquoi lui était évident à comprendre. Ainsi, les questions avaient fusé avec la seule personne qui acceptait de répondre et ainsi certaines informations lui étaient parvenues. Mais aucune explication ne lui parvenait de l'absence du nom Mallery pour l'aîné de la famille d'Alrik. Bien que poser la question lui parut indiscret, la suite des propos le perturbèrent encore davantage. Son esprit lui jouait-il des tours ou le commandant semblait déprécier ce dernier ? Peut-être y avait-il un mouton noir dans chaque famille après tout... même su ce n'était pas un bâtard. Cela lui plaisait-il d'apprendre cela ? Il n'en savait rien... Si Alrik ressentait ce désaccord de principes avec son aîné, il y avait sûrement une bonne raison peut-être. Mais connaître la raison semblait de nouveau déplacer et l'intimité entre eux ne lui permettait pas de franchir la barrière de l'indiscrétion. Cela ne le regardait d'ailleurs pas au final même si avoir la réponse lui brûlait les lèvres. Néanmoins, le silence s'imposa de nouveau sans qu'il estime devoir le briser avec une nouvelle question. L'information néanmoins était ancrée qu'il valait mieux ne pas passer trop de temps avec cet énergumène. Il ne jugeait cependant pas par les dires des autres mais par ses propres expériences, cela lui paraissait plus juste. Mais omettre l'info cependant n'était pas correct.

La famille n'était peut-être finalement pas le meilleur choix de thème qu'il aurait pu trouver. Maintenant, au vu de ce qu'il en était ressorti, il n'osait plus émettre une nouvelle question. Patiemment, il continua alors la route mais étonnamment ce fut son aîné qui parla à nouveau. Ainsi il était question de mariage dans sa famille ? Cette information le surprit tout d'abord sans comprendre, puis avec une réflexion intense et réfléchie, cela voulait dire que si sa fille portait le nom Mallery, c'était que sa naissance s'était réalisée dans les règles du mariage. Par conséquent, une seule solution pouvait expliquer un renouveau des termes d'alliance : le décès. Malgré sa jeunesse, ses connaissances lui permettaient de l'affirmer.

« Je suis désolé pour votre première épouse, sire Mallery. J'espère que vous pourrez être de nouveau heureux avec la nouvelle madame de votre coeur." »

Ses propos n'étaient pas feint et il ne s'était permis d'évoquer le sujet uniquement parce qu'un nouveau bonheur venait combler une perte ancienne, d'assez longtemps pour que le coeur de son aîné puisse se reconstruire. Le sourire offert l'incita à ne pas s'épandre sur le sujet. Le simple fait d'avoir entendu cette révélation lui suffisait à se sentir privilégié. Peut-être n'était-il guère le seul mais cela ne lui paraissait pas important. La suite de la conversation revint sur lui alors et sur sa vie à Pince-Isle. Etrangement la question le surprit car celle-ci semblait presque sous-entendre qu'il avait pu clairement bénéficier des bienfaits du nom Celtigar, qu'il ne portait pas. Décidément, Alrik semblait réellement n'en avoir rien à faire de sa tare de naissance. Même si c'était évident depuis un moment, cela n'avait pas encore cessé de le surprendre. Toujours est-il qu'une fois l'idée de nouveau acceptée, il prit la parole pour ne pas laisser attendre son interlocuteur face à sa question.

« C'est vrai que j'ai eu la chance de pouvoir grandir dans la facilité. Enfin je n'ai manqué de rien car ma tante s'est beaucoup occupée de moi et m'a accepté malgré que je suis un bâtard. C'est la seule en réalité donc je ne peux pas vraiment dire connaître la vie en tant que Celtigar. Mais ils ont toléré plus ou moins ma présence alors je leur en suis reconnaissant. Grâce à ça j'ai pu apprendre beaucoup de choses et cela me suffit largement.»

S'étendre et s'épandre constamment n'était pas son genre du tout mais néanmoins après un temps de pause, se retenir d'évoquer l'un des livres qu'il avait lu et l'apprentissage qu'il avait découlé ne lui fut pas permis. Quelque part, parler à un adulte cultivé n'était pas courant pour le garçon car beaucoup de ces derniers estimaient que la tare congénitale qui lui correspondait ne tolérait pas d'intérêt de la part de ces personnes et que l'anomalie dont il faisait preuve n'instaurait donc aucune tolérance. Pour la peine, le profit se réalisa irrémédiablement sans qu'il en prenne clairement conscience. Bien sûr, la chevauchée ne fut pas ponctuée uniquement de ses dires, le sujet une fois écoulé, un silence respectueux était instauré lui-même n'ayant guère l'habitude de parler autant. D'autres pauses parsemèrent leur route car les heures s'écoulant des pauses nécessaires furent instaurées et salutaires tant pour le cavalier que les destriers. Le stress constant parfois diminué mais au moindre mouvement du cheval restauré le poussa à profiter du sol et de ses bienfaits. L'un de leurs arrêts lui permit de découvrir de ses propres yeux un somptueux travail fascinant et particulièrement envoûtant. Alrik occupé à discuter, il se permit d'approcher pour pouvoir percevoir le talent du travailleur qui très rapidement montra son aspect le plus rieur et agréable se montrant tellement gentil qu'il bénéficia sans avoir émit la moindre demande d'une de ses oeuvres. Nombreuses questions le tiraillaient mais l'observation avait été trop longue et avant qu'il ait pu en formuler une, son aîné le rappela à l'ordre pour reprendre la route. Légèrement frustré, il rejoint cependant le concerné après un remerciement imposant face au boisselier. Obligé de redevenir cavalier, il le fit sans rechigner et reprit la route aux côtés de son aîné. Celui-ci lui offrit un cadeau d'une toute autre nature que la sculpture qui trônait dans sa poche. Le lancer effectué l'obligea à lâcher les rennes pour réceptionner la pomme mais ce simple geste le prit d'une appréhension tellement grande qu'il récupéra de ses mains les rennes pour les serrer fortement en observant avec intensité le canasson espérant de toute coeur qu'il ne lui prenne pas l'envie de gambader comme Camas qui avait profité de sa faiblesse. Mais rien ne se fit pour le plus grand soulagement. Les dires lui rappelèrent les grondements sourds qui avaient résonné dans son estomac.

Son regard observa la pomme maintenue partiellement dans une main qui tenait de l'autre parcelle la lanière. Il ne savait pas encore comment le fruit allait trouver sa bouche sans devoir lâcher cette dernière... Mais les propos du Mallery le firent détourné son attention sur tout autre chose. Bien sûr, l'information lui était parvenue que le Commandant des Dents de Freux n'était pas originaire de la noblesse... Mais il n'y avait jamais vraiment cru sachant d'expérience que les on-dits ne sont pas toujours vrais et parfois voire souvent majorés par le bouche à oreille. Mais en entendant parler de Culpucier, un endroit où il avait interdiction de se rendre seul, l'information véhiculée était désormais vraie : Alrik Mallery n'était pas née sous la noblesse et était bien un roturier de naissance. Cela l'avait toujours impressionné qu'il puisse accéder à ce stade et encore plus maintenant que les origines étaient clairement établies. Une admiration encore plus impressionnante pétilla dans ses prunelles. Cet homme, ce roturier, devenu noble, n'oubliait pas ses semblables et gardait un respect pour les personnes de statut inférieur. C'était plus qu'évident que son désir d'enfant était clairement de lui ressembler un jour... mais le pourrait-il vraiment ? Son aîné était tellement impressionnant sur beaucoup de points que l'évidence d'une longue route à faire pour atteindre un infime degré de similarité se dessinait dans sa tête.

« Vous êtes... très impressionnant, sire Mallery.»

Ses paroles ne purent retenir ce compliment sans aucune façon emprunt d'hypocrisie. Il l'avait pensé tellement fort que sa langue s'était déliée. Etonnament, s'en rendre compte à ce point là ne l'aidait pas à diminuer son appréhension si jamais son aîné l'acceptait comme page. Serait-il vraiment à la hauteur d'un tel homme ? Etait-ce seulement possible ? Tout ce questionnement le tint muet un moment en oublier totalement la pomme qui siégeait non loin. Après tout, la peur nouait l'estomac bien plus que n'importe quel autre maux. Une explication alors implosa dans ses pensées faisant oublier un instant ses craintes : le pourquoi de l'absence du nom Mallery pour le grand frère d'Alrik. En réalité, la seule cause était qu'il n'ait pas atteint le grade de la noblesse étant resté un simple roturier. Par contre, le pourquoi de cette information était impossible à déceler. Tellement de réponses étaient possible que laquelle imposer était impossible. Mais la plus grande des questions restait celle-ci : pourquoi ne pas être devenu comme son cadet et gagner en notoriété ? Peut-être avait-il essayé sans y parvenir après tout. Ce n'était sûrement pas donné à tout le monde d'aller contre ses origines. Toute cette réflexion tient un instant son esprit en effervescence avant que son regard ne soit attiré de nouveau par la pomme si belle et d'aspect plus qu'appétissant. Un grondement interne le poussa à s'y intéresser davantage. Lentement, très lentement, sa main lâcha la renne en s'éloignant d'un demi centimètre et la bête ne sembla émettre aucun nouveau mouvement. Après un temps d'attente pour vérifier ce fait, il amena rapidement la pomme à sa bouche, croqua vivement dedans avant de rabaisser rapidement sa main pour tenir la lanière... par sécurité. Il reproduisit ce geste de nombreuses fois jusqu'à ce que la pomme n'existe plus que par le trognon, qu'il lâcha discrètement pour ne pas éveiller l'attention du destrier. Une autre vision attira son regard délaissant le cheval. Un fief se profilait au loin et observant un peu son aîné, il prit à nouveau la parole.

« Est-ce votre domaine, sire ? »

La réponse positive et le ton enjoué qu'il put déceler le conforta dans sa pensée. Leur arrivée ne tarda par conséquent pas et ses prunelles ne lézardèrent pas sur le lieu alors l'observant sous autant de couture que possible. Ce n'était pas un fief dépourvu de grandeur. Bien sûr, la famille Celtigar n'était pas en reste à ce niveau néanmoins après quelque temps près de Port-Réal et dans les petits domaines autour plus pauvres que riches, ce domaine avait de l'envergure. Retrouver terre le ravit avec ferveur faisant partir la fatigue qui s'était accumulée dans la dernière partie de la chevauchée car il n'avait jamais été sollicité aussi longtemps sur une journée. Mais étonnamment pour la première fois depuis très très longtemps, il ne souhaitait guère se retrouver seul. La compagnie de son aîné était plus qu'appréciable et découvrir sa demeure ainsi que sa vie le réjouissait secrètement. Sans oublier la bibliothèque. Saluant les personnes qui parsemaient son passage alors qu'il suivait le Commandant, ses iris furent happées par tellement d'informations qu'il en eut un instant le tournis. Après avoir pénétré dans la demeure, son estomac décida avec peu de retenue de manifester son mécontentement à si peu d'attention à son égard. Un grondement sonore retentit dans le silence apparent d'une entrée délicate. Lui-même surpris par un tel événement, il lui fallut quelques secondes avant de rougir sans arriver à arrêter ce phénomène et de s'excuser rapidement.

« Pa... Pardon ! Je suis vraiment désolé ! J'ai pas fait exprès... »

Il baissa rapidement les yeux pour dissimuler sa honte face à une telle impolitesse de sa part. Un telle chose ne lui était encore jamais arrivée avant. La pomme avait aidée mais pas assez pour satisfaire un appétit pas forcément faramineux mais qui n'avait pas été comblé de manière satisfaisante dans la journée. L'idée de la chevauchée matinale imprévue l'avait empêché de déjeuner comme à son habitude. Son ventre réclamait désormais réparation.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Jeu 28 Fév 2013 - 15:18

Impressionnant ? Excentrique, était davantage l'adjectif qui lui seyait. Alrik considérait ne rien posséder de plus auguste qu'un autre sigisbée, il ne possédait pas d'hoiries dignes de ce nom, ses terres étaient bien humbles en comparaison à de nombreuses demeures – mais au moins, avait-il des terres ! - et il était seulement le premier de son patronyme, de ce fait, pas d'aïeux sur la notoriété desquels compter. Son nom ne donnait pas à frémir à qui l'entendait et l'unique raison pour laquelle il pouvait hypothétiquement être craint était sa proximité avec la Main du Roi. Si ce n'était cela, en quoi donc pouvait-il être impressionnant ? Parce qu'il était encore susceptible de se faire tancer par l'une de ses anciennes gardiennes, à son âge et avec un grade comme le sien ? Plausible, l'idée le fit dans tous les cas sourire. Il était vrai que l'on imaginait peu un quidam de son acabit dans pareille situation, mais peut-être plus, nourrir de tels liens de sympathie avec ses domestiques. Nul doute que c'était là la raison pour laquelle Ethaniel le qualifiait comme il le faisait, de tels liens étaient plus que fort rares entre un maître de domaine et ses serviteurs, mais l'histoire et la nature altruiste pour qui le méritait un tant soit peu du chevalier le rangeaient parmi les exceptions du royaume. Les Sept savaient que beaucoup de ses désormais semblables dignitaires se gaussaient à cette idée de volontairement s'acoquiner à des membres de la roture venus besogner pour eux, l'on ne mélangeait pas les gemmes de haute valeur avec les vulgaires roches. Mais à ce genre de réflexion, il ne répondait rien, après tout, quel genre d'homme aurait-il lui-même été s'il avait grandi dans les moeurs inhérentes à la noblesse ? Il y avait fort à parier qu'il ne serait guère différent de tous ceux qu'ils voyaient musarder dans le Donjon Rouge et faire la roue devant son lord. La vie en avait voulu autrement, et il n'était pas mécontent d'avoir pu préserver certains des principes enseignés par son paternel, bien en dépit de leur impécuniosité d'antan. Son souhait le plus cher était que son père puisse reposer dans la paix et la fierté de voir que ses efforts et son éducation n'avaient pas été vains, du moins, pas totalement. Sur deux fils, au moins un ne s'était pas laissé rattraper par les turpitudes de sa condition natale, une véracité qui l'aurait plongé dans la plus profonde des opprobres s'il avait été à la place d'Aslak. Mais il n'était plus à démontrer qu'ils étaient deux antipodes, et point impossible qu'ils ne puissent jamais se comprendre malgré leur attachement fraternel.

« De la gratitude, jeune homme, ce n'est rien que de la gratitude... Je suis reconnaissant envers ceux qui ont été présents fut un temps. Souviens-toi toujours de ceux qui ont su te tendre une main amicale, car tu ne serais peut-être pas là où tu en es aujourd'hui. »

Il parlait d'une manière générale, le Stone était encore trop jeune pour avoir pleinement conscience du trait philosophique qu'il lui décrivait alors. Mais s'il était apte à nieller ces quelques paroles dans son esprit pour la suite de son existence, alors peut-être ferait-il des choix plus à même de le contenter plus tard. Pour autant, toute notion était relative, le genre humain n'était malheureusement pas désintéressé par nature, tout comme l'on ne pouvait nous-mêmes tendre une poignet de main salvatrice à tous les miséreux des Sept Couronnes. Alrik était loin de se considérer comme un bon samaritain, bien au contraire, le dénuement de certaines personnes le laissait impavide, tous ceux qui auraient les opportunités de changer les choses sans volonté de le faire. Nul ne méritait de naitre dans la famine et la fange, et si la majeure partie des infortunés n'y pouvaient rien, d'autres se complaisaient simplement dans leur état pour mieux alléguer l'ignominie des plus riches, voire les voler dès que faire se pouvait. L'inimitié entre les statuts sociaux était d'un burlesque à toute épreuve, lui qui les avait vécu dans les deux sens était particulièrement bien placé pour pouvoir en témoigner. Un flot de controverses bien trop ardue à comprendre, surtout lorsque l'on avait seulement huit ans, un âge où l'on ne pouvait toutefois plus réellement se permettre l'entière candeur de l'enfant. La transition avec un univers un millier de fois plus rude n'était pas aisé, aussi le garçonnet se devait d'être convenablement entouré s'il désirait le comprendre et y survivre. Des litiges desquels ils auraient tout le loisir de débattre le moment venu, pour l'heure, le commandant ne put s'empêcher d'esquisser un rictus égayé à en voir la façon dont son interlocuteur avait de se retenir aux brides de sa monture. Quelques leçons d'équitation ne seraient assurément pas superficielles ! Loin de gouailler pour autant, ses prunelles se reposèrent sur leur route, et bientôt, furent en vue, son logis et le butin de ses sacrifices. Un sentiment de réconfort l'étreignit instantanément à la vision de son chez lui, un délectable frémissement lui rongea l'épine dorsale et nul doute qu'il aurait accéléré la cadence, par pure impatience, s'il n'avait pas été accompagné.

« Oui, nous arrivons à Empyrée. »

Répondit-il sur une intonation princièrement comblée alors que même Eden sembla reconnaître sa résidence principale – ou était-ce la secondaire ? Dans tous les cas, il en hennit de contentement, un repos bien mérité se profilait enfin ! Il se dirigea par ailleurs intuitivement vers les écuries où un palefrenier et quelques domestiques vinrent les accueillir non sans surprise et ravissement. Le freux fut tout autant enchanté de retrouver la badinerie de ceux à qui il pouvait confier son fief sans aucune crainte et avec lesquels il échangea quelques banalités d'usage, réservant le coeur de la conversation pour le lendemain, une fois que la journée de voyage ne se ferait plus ressentir dans son corps engourdi et alouvi. L'angelot eut l'aide nécessaire pour retrouver terre, une fois cela fait, ils pénétrèrent ensemble dans la demeure déjà partiellement assoupie par la noirceur de la sorgue. Il subodorait par ailleurs que les deux femmes de son bonheur avaient certainement déjà soupé puisque non mises au fait de son – exceptionnel, l'on pouvait le dire. - retour. Il put au demeurant constater que la décoration des lieux avait une nouvelle fois été étoffée, aussi convenable qu'élégant sans que l'exclusive féminité de cette initiative ne se fasse pour autant ressentir. A chacune de ses venues, il lui semblait redécouvrir son foyer, ce qui n'était pas sans être amusant ! Soudainement, une symphonie loin de provenir de la panse du dit domicile, mais de celle du jeune garçon à ses abords, résonna dans le corridor. Le sieur se tourna vers le fautif, pantois, mais promptement égayé par la suite, et s'esclaffa spontanément.

« Inutile de t'excuser voyons ! Je devrais être celui à admonester, je t'ai quelque peu négligé dans l'espoir que nous n'arrivions pas trop tard. Ne m'en tiens pas rigueur, nous allons vite y remédier, j'ai moi-même l'estomac dans les talons. »

Il lui adressa une risette tout en tapotant son propre ventre pour illustrer ses propos, une couche moelleuse subséquemment à une bonne pitance, le bonheur serait complet ! Mais alors qu'ils s'y dirigeaient avec foi, le galbe d'une nymphe tout de parme vêtue leur apparut. La sylphide était d'un flavescent plus clair que celui d'Alrik, ses traits bien plus graciles que les siens étaient finement crayonnés de légères rides, preuves que si elle brillait d'une indéniable vénusté, elle n'était plus une albe jouvencelle. Sa mouvance tant que son expression exaltaient une douceur naturelle, et ce fut avec une ineffable délicatesse qu'elle vint accoler le sigisbée fraîchement arrivé. Retrouvailles soulignées de tendresse, un couplet de mots fut échangé avant que tous deux ne se tournent vers le jeune bâtard.

« Je te présente Ethaniel Stone, de la maison Celtigar. » Inutile de cacher les origines du garçonnet, là était bien le cadet de leurs soucis. « Voici lady Aaliyah Mallery. Petite soeur du Commandant des Dents de Freux. » Jugea bon de rajouter la demoiselle en guignant son frère, puis en offrant un sourire et une furtive révérence à l'enfant. « Nous ne t'attendions pas ce soir, nous avons déjà soupé. Je m'en doutais, ce n'est pas grave, Ethaniel et moi pourrions manger nos chausses tant nous sommes affamés !... Mh... Yevana est dans sa chambre ? Je suppose. » Opina la blonde sirène, laissant le chevalier dans un bref état réflectif. Il savait que son jeune hôte mourrait de faim, son rumen l'avait hurlé pour lui et il ne pouvait décemment le faire plus patienter. Cependant, il trépassait lui-même d'envie de serrer sa fille dans ses bras, de la retrouver après ces trop de jours passés sans elle. Ses phalanges frottèrent sa barbe, confronté à un choix qui pencha bien vite vers la tentation paternelle. « Voudrais-tu bien accompagner le petit jusqu'aux cuisines et veiller à ce qu'il ait quelque chose à se mettre sous la dent ? Je vais aller voir la colombe, je reviens. Bien sûr. » Le doux nom d'oiseau désignait bien évidemment sa malicieuse donzelle, qui aurait de quoi être abasourdie de le voir ici. Il déposa une caresse dans l'échine sororale puis regarda l'angelot. « Je reviens ! » Répéta t-il à son attention cette fois, avant de disposer pour partir de son côté. « Viens, as-tu envie de manger quelque chose en particulier ? »

Interrogea obligeamment Aaliyah en entrainant Ethaniel avec elle, toujours extasiée au contact de jeunes gens qu'elle adorait pouponner. C'était bien là la raison pour laquelle le freux n'avait nullement hésité à lui confier leur convive, il savait sa soeur emprunte d'autant d'instinct maternel que lui paternel, à défaut d'avoir elle-même enfanté, elle reportait son affection sur qui était enclin à la supporter. Elle le conduisit jusqu'aux cuisines où les cuistancières bavardaient encore, et qui eurent leur manière de se faire amicales envers le Stone – un peu abruptes, mais pas méchantes. Il eut le loisir de demander ce qui pouvait bien inspirer ses papilles en manque de sapidité, quand bien même se préparaient-elles à offrir un digne repas à leur seigneur. Une fois de plus, le garçonnet eut à attendre avant de pouvoir être servi, aussi eut-il droit à une part de croustade tout juste sortie du four le temps que le reste soit concocté. La dame en sa compagnie ne manqua pas de lui faire la conversation pour en apprendre davantage le concernant, et se faire moins étrangère par la même occasion. Le dialogue finit par s'égarer sur le sujet de la lecture, et de ce fait, de la fameuse bibliothèque qui avait séduit le jeune amateur d'ouvrages. Ni une, ni deux, la sylphide le convia à la talonner pour lui montrer l'antre littéraire, qu'il ne ferait certainement qu'entrevoir pour ce soir, mais dans laquelle il pourrait pleinement se plonger dès le lendemain. Elle lui fit voir ses opuscules favoris, ceux qu'elle n'avait point encore lus ou lui parla encore de ceux qu'elle rêvait de dénicher. De quoi lui faire omettre la famine qui le tarabustait et de lui promettre de belles discussions à venir. Ils furent tant plongés dans leur échange qu'effectivement, l'instant fut bien plus long qu'ils ne l'auraient pensé, et ce fut une servante qui vint les arracher à leur bulle pour les informer que le couvert était dressé et qu'Alrik y était attablé. Le tandem de bibliophiles rallièrent donc la salle à manger, de laquelle se dégageaient de succulences fragrances culinaires et où ils prirent le maître de domaine en flagrant délit, à humer tel un penseur épris le vin de sa coupe. Tous trois installés dans la chaleureuse pièce dont l'un des principaux murs était ornementé d'un écu massif, aux teintes Mallery.

« Mange de bon appétit Ethaniel, un jeune homme comme toi à besoin de forces, huh ? » Sincèrement concerné, comme toujours, le chevalier fit rouler son breuvage aviné sur son palais. Ses paroles étaient peut-être inconsciemment engendrées de vieux souvenirs, dans lesquels lui, à l'âge du Stone, il n'avait pas cette chance d'être tous les jours rassasié. « Aaliyah t'a montré la bibliothèque alors, je ne t'ai pas menti n'est-ce pas ? Une véritable passionnée. » Il guigna vers sa soeur, puis se mit lui-même à déguster quelques mets non sans un plaisir assumé. Au bout d'un petit moment, sa voix tinta derechef dans une question bien moins frivole. « Au fait, je me permets de te le redemander, concernant ta... Requête. Nous étions un peu dans le feu de l'action lorsque tu l'as formulée, et même si les raisons que tu m'as alors présentées étaient tout à fait décentes, tu as dû plus y songer depuis... Eh bien ? » Se faire convaincre ? Il l'était déjà, mais la réflexion était la meilleure des alliées, aussi voulait-il voir ce que celle du garçonnet pouvait donner.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Mar 5 Mar 2013 - 22:20

Impressionnant restait le terme qui tournait dans sa petite tête. Même les propos juxtaposés par la suite avec la philosophie sur la gratitude se devait d'être entretenue et conservée dans ses pensées. Rien ne pouvait empêcher les paroles de son aîné d'être prise en référence continuellement. Son sauvetage fortuit avait été la première impression forte nécessitant alors une impulsion obligée de demande d'aide pour contrer sa personnalité innée. Mais cette journée à ses côtés annonçaient encore plus d'admiration qu'au préalable mais comme à chaque fois une peur plus grande également de devenir son page. L'idée même de devoir contenter un homme avec autant de qualités allait être particulièrement difficile et cela ne pouvait que le stresser davantage. Mais l'arrivée dans sa demeure avait ôté tout ceci le remettant au statut latent lui permettant d'apprécier cette arrivée tant attendue, de un pour quitter sa monture, de deux pour découvrir le foyer qui l'avait rendu téméraire. Sans compter que le plaisir évident qui était ressorti de l'intonation du Commandait permettait aisément de se sentir particulièrement attiré par ce cocon familial. Cependant, son entrée avait été quelque peu remarquée, du moins dans la demeure, alors qu'il s'était fait petit à l'arrivée observant bien davantage la façon de procéder de son modèle actuel qui acceptait chez lui des personnes de base démunies pour leur faciliter la vie. C'était un point non négligeable et parfaitement appréciable. Se rendre compte de l'humanité de cet homme qu'il voulait comme "maître" était une fierté propre qui s'insinuait en lui sans pouvoir déterminer si vraiment il allait pourtant faire partie concrètement de la vie de ce dernier. Mais connaître un tel homme suffisait à s'en inspirer et à ne jamais oublier ce qu'il pouvait observer et les différentes informations qu'il avait pu et pourrait encore tirer de cette journée. Néanmoins, pour le moment c'était tête baissée qu'il se tenait près de son aîné car son estomac avait devancé une quelconque avancée vers un repas à venir. Mais l'idée parvint qu'il n'était guère le seul dans cet état de famine et cette simple information suffit à le rassurer. S'imposer et imposer à la suite l'obligation de manger n'était pas du tout dans ses convenances. Il était de tout temps un suiveur silencieux qui ne désirait que la tranquillité d'esprit. Etre un bâtard suffisait déjà à gâcher régulièrement ce souhait, par conséquent, en rajouter était totalement proscrit.

Une magnifique jeune femme vint cependant perturber la suite des événements les laissant encore un temps au même endroit. Elle était belle, tout autant qu'il pouvait apprécier la beauté de sa tante-mère. D'une beauté différente et d'un tempérament somme tout différent. Une douceur suave et envoûtante émanait de la jeune femme présente, une élégance qui semblait totalement innée alors qu'elle venait sûrement elle aussi des mêmes racines que son aîné. Mais que ce soit l'un ou l'autre, rien ne pouvait laisser envisager leur passé difficile et d'une rentrée pécuniaire peu élevée. Cependant, aucun air hautain ni supérieur ne se trouvait sur les deux faciès dont les traits laissaient suggérer un air de famille évident sans pour autant les faire être identiques. Ainsi l'idée que ce soit peut-être la dulcinée du Commandant lui traversa l'esprit mais cet air présent le laissait peut-être davantage opté pour la soeur sûrement... Bien qu'elle ne la considérait guère comme âgée, être la fille du Commandant semblait quand même compromis. Elle semblait tout à fait enchantée de voir rentrer dans la demeure l'homme de la maison, du moins pensait-il qu'il l'était, son grand frère ne portant pas le même nom et semblant critiqué quelque peu par le Commandant. Par conséquent l'instaurer au rang de maître des lieux semblait quelque peu inapproprié. Les observant il arrêta cependant quand tout deux tournèrent le regard vers lui et il approuva les propos d'un signe de tête pour saluer la dame en face de lui, après la surprise que la présentation avait engendrée chez lui. Peu de personne l'associait à la maison Celtigar. Seuls son père et sa tante-mère le faisaient puisqu'en tant que bâtard, la plupart des personnes de la famille estimaient qu'il n'en faisait clairement pas partie et que quoi qu'il fasse, cela ne changerait jamais. Habitué désormais, aucune rancoeur ne venait ponctuer cette décision et information. Mais pour une fois être rallié à cette maison le remplit d'un sentiment délicat et doux. La suite l'informa que c'était bien la soeur d'Alrik et lui importa également la connaissance de son prénom.

« Je suis enchanté. » fut les quelques mots placés pour se montrer le mieux éduqué que possible. Que son rang soit inférieur à un roturier ne l'empêchait pas de montrer qu'il avait cependant bénéficié des faveurs de sa maison noble pour apprendre les bienséances de la société. Et puis se montrer sous un tel jour était représentatif également de sa maison dans l'immédiat, et il se devait de faire honneur à ce privilège somme toute éphémère et qui viendrait donc rapidement se dissiper une fois qu'il aurait quitté cette demeure. Ne brisant plus de son phonème la conversation entre les deux adultes, il patienta gentiment se permettant d'observer encore un peu la maison, du moins ce que ses prunelles pouvaient observer de la place qu'était la sienne. Mais son attention fut rappelée à la charge quand la belle Dame devint sa guide, son aîné étant pressé de voir son enfant. Le regardant disparaître alors, ses pas suivirent ceux de la jeune femme. Acquiesçant doucement, il se permit de répondre à sa question en avouant un appétit existant.« Je ne suis pas compliqué, Madame Aaliyah. Je vous avoue juste avoir effectivement faim mais je ne veux pas vous déranger, je mangerai ce qu'il y a de disponible. » L'odeur envahissante qui intervint dans ses narines une fois dans la pièce à manger lui rappela qu'avoir faim serait presque un euphémisme tellement son appétit était en réalité à son apogée. Fortement intimidé par autant d'activité et une familiarité agréable mais à la fois abrupte, ses paroles furent souvent coincées dans son gosier acquiesçant ou observant bien davantage qu'intervenant face à ces femmes d'âges plus mûres. La vue d'une part de croustade fraîchement sortie du four pour patienter d'une pitance plus consistante s'annonça comme un rêve que ses yeux décelèrent avec brillance. Pour ce faire remercier verbalement fut obligatoire avant que ses minettes ne tentent de ternir la denrée chaude et ne vienne mordre avec appétit dans cette saveur appréciable. Entre ses bouchées, la conversation s'anima rapidement entre lui et la jeune dame qui sembla intéressée par lui, ce qui le surprit mais l'entraîna rapidement à se sentir à l'aise. Ainsi, lorsque le sujet dérapa sur la bibliothèque de cette dernière, manger fut totalement secondaire bien alors que l'excitation d'un tel lieu le submergea. Lieu qu'il put visiter et dont ses prunelles se remplirent en s'approchant rapidement pour observer les nombreux ouvrages tous plus intéressants les uns que les autres. Pour un garçon de son âge, la surprise était de mise qu'il connaisse certains ouvrages ou même qu'ils veuillent dévorer tous les autres. Et pourtant c'était bien extatique pour lui qu'un cadeau enfantin. Il se sentait émerveillé par autant d'ouvrages. N'osant en toucher aucun à cause de ses mains salies par la nourriture, ses iris se comblèrent de cette vision tout simplement. L'idée même de pouvoir en profiter le lendemain était magnifique pour lui. Sans oublier qu'entendre les propos sur ce sujet de l'habituée qui se tenait à ses côtés était tout aussi extasiant au vu de sa connaissance développée par la pratique régulière de la lecture. Son attention toute focalisée sur le moment actuel lui avait fait effectivement totalement oublier son estomac et encore plus l'idée même de se sustenter avec son aîné. Ainsi, voir la servante le rappela à l'ordre et accompagné de la jeune femme, il se rendit avec émerveillement en se remémorant tous les ouvrages à dévorer également dans la salle où siégeait déjà le maître de maison. Prenant place il observa à nouveau les lieux n'étant jamais sans envie de contempler les biens exposés. Il acquiesça aux propos du Commandant en observant le plat dont il huma l'odeur succulente avant de s'emparer d'un couvert et de profiter de la première bouchée tout autant plaisante que l'odeur l'avait suggéré. Il avala la bouchée actuelle avant de répondre aux propos soulevés.

« Oui ! La bibliothèque est vraiment très belle, ça fait longtemps que je n'en avais plus vue une comme ça. JE suis vraiment content de pouvoir en profiter un peu et puis Dame Aaliyah connaît plein de choses! »

On pouvait aisément déceler la passion et la soif de connaissance dont le jeune garnement faisait preuve face à ces ouvrages littéraires. Cela le rendait profondément heureux de s'imaginer déjà seul dans cette pièce à dévorer les diverses histoires disponibles ou à emmagasiner des connaissances encore peu intégrées ! Le sujet suivant fut par contre à la fois important et effrayant, entrainant que la seconde bouchée passa difficilement, nouant légèrement son appétit si précédemment attisé. Sans compter que ce n'était pas la réponse qu'il allait lui donner, il quémandait d'avantage son opinion et souhaitait qu'il apporte ses réflexions sur le sujet. Pouvait-il vraiment avouer que la peur le tiraillait fortement face à l'idée même d'être sous son enseignement ? Bien sûr l'excitation et le désir de s'y soumettre étaient bien présents, mais sa peur restait le sentiment le plus prégnant de sa vie ayant le majeur impact sur ses capacités. Observant un moment de silence ou son couvert se mit simplement à jouer un peu avec la nourriture, ce fut le courage d'être sincère qu'il rassembla dans ce mutisme qu'il aurait souhaité garder.

« Oui j'y ai réfléchi... Je... Je veux ... voudrais toujours devenir votre page Ser Alrik mais je ne sais pas si je suis vraiment capable de le devenir. » Relevant les yeux pour le regarder une détermination visible s'ancra alors mu par le besoin pourtant de cette formation qu'il désirait tant « Je travaillerai vraiment beaucoup pour convenir ! Je ne me plaindrai jamais et je ferai tout ce que vous voulez ! Mais... »regardant de nouveau son assiette il reprit alors ses propos animés par la crainte perpétuelle ressentie « Vous vous êtes un grand homme, moi je ne sais rien faire. Est ce que je peux être à la hauteur même si je travaille ? Je vais pas plutôt vous gêner au fil du temps ? Et si jamais je n'apprends rien parce que je ne suis pas assez doué ? » Une détermination l'anima alors une nouvelle fois « Mais je voudrais vraiment être courageux ! Ne plus avoir peur ! Etre fort et si impressionnant comme vous ! Je sais que je le serai jamais mais si juste un peu j'y arrivais, juste assez pour pouvoir trouver une place utile, ne plus juste être le bâtard de mon père, qu'un jour on lui dise qu'il a engendré quelqu'un de bien même si c'est dans le péché.»

Ce simple discours montrait parfaitement l'ambivalence constante dans laquelle il se trouvait et qui le tiraillait quotidiennement. Sans oublier le poids de la bâtardise qui s'ancrait sur ses épaules et qui pourtant ne lui pesait guère pour sa propre estime mais pour son père qui jamais n'avait démenti ses liens de parentés avec lui malgré les reproches constants qu'on avait pu lui faire. Exister aux yeux des gens comme un être à part entière... Avec la croyance évidente de ne pas pouvoir y parvenir. La difficulté du gouffre entre le désir et la réalité. Se rendant compte cependant qu'il avait peut-être l'air de se plaindre, il se reprit et redressa la tête pour ne pas paraître déprimé ni même victimisé de sa condition, c'était quelque chose dont il avait horreur. Regardant alors son aîné, il reprit la parole avec l'attitude polie de quelqu'un dont le discours était aisé.

« Je suis désolé, je ne veux pas m'imposer... quoi que vous décidiez, moi je suis vraiment content que vous ayez réfléchi à ma demande et que vous ayez pris le temps de la considérer sérieusement. Et même si vous refusez, j'espère pouvoir peut-être continuer à vous voir et peut-être venir parler de temps en temps de livres avec Dame Aaliyah. Enfin si je peux... Je veux dire... »

Le silence le reprit alors. N'ayant pas envie de s'imposer il avait l'impression pourtant de le faire en demandant encore l'autorisation à continuer de les voir même s'il ne devenait pas le page du Commandant des Dents de Freux. Finalement il se demandait si le silence n'était pas le plus approprié pour lui qui observait bien plus qu'il ne parlait. Ses désirs avaient parfois du mal à rester confiné et cela venait de le mettre dans l'embarras.



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Alrik Mallery
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Message Jeu 14 Mar 2013 - 22:04

Sa mise à l'épreuve réflective manqua d'avoir raison du pauvre garçonnet – à peu de choses près, il aurait pu voir sa bouchée descendre le long de sa gorge avec toute la difficulté du monde. L'interrogation était impromptue, peut-être même aurait-il dû laisser son jeune interlocuteur se complaire dans un repos bien mérité avant de le harasser avec des questions aussi substantielles. Toutefois, il ignorait bien quand Lothar pourrait rallier Empyrée pour récupérer son fils, le plus tôt possible, assurément, et demain, Alrik aurait tout intérêt à dédier son entière journée à sa fille qui bien qu'heureuse de le revoir, n'avait point hésiter à lui imputer quelques fautes somme toute véridiques. Il aurait malheureusement peu de temps à consacrer à Ethaniel, pour cette fois tout du moins. Il était de toute façon trop tard pour regretter, même Aaliyah sembla intriguée par l'issue dont accoucherait cette requête et dirigea ses gemmes de turquoise sur le bonhomme tandis que ce dernier s'adonnait à un mutisme emprunt de circonspection. Qu'il ne s'époumone pas des premières réponses qui lui venaient en tête sous le coup de l'impulsion était déjà un bon point pour lui, le commandant l'annota dans un coin de son esprit tout en remuant doucement sa coupe de breuvage aviné. Seules les flammes de l'âtre embrasé pour éclairer et réchauffer la pièce psalmodiaient alors, il laissa à l'angelot le temps nécessaire à la réflexion, puis il l'observa avec attention lorsque celui-ci prit la parole. Il n'avait jamais douté de son authenticité, l'innocuité se miroitait dans ses yeux jaspés de curiosité, aussi était-il certain que ce serait de tout son coeur et son soûl qu'il suivrait sa pédagogie s'il la lui offrait. En revanche, s'il était le parfait spectre de l'innocence, sa confiance en ses propres facultés était pire que lacunaire, un abysse d'incertitudes et d'angoisses qui allait être ardu à colmater. Il le savait d'ores et déjà, seuls les mois et les années, gorgés de leur expérience, pourraient être sa panacée. Ce sentier jalonné d'écueils et tribulations en tout genre, lui aussi, y était passé, les affres s'étaient mêlées aux bonheurs et il avait croisé la route de nombreux individus qui avaient contribué à faire de lui le quidam qu'il était aujourd'hui. Avec cette pléthore de réminiscences, comment pouvait-il, finalement, refusé d'apporter cette même aide à un enfant avec autant de résolution ? Car de détermination, il ne semblait pas en manquer, contrairement aux apparences.

Le sieur Mallery eut une mince risette en voyant le jeune Stone jouter contre lui-même, à la fois tenter de le convaincre de ses plus pieux désirs et lui exposer toutes les difficultés auxquelles ils étaient susceptibles de se heurter s'il l'acceptait à ses abords. Il lui confessa ses doutes, mais aussi, son opprobre de n'être qu'un fruit adultérin et sa volonté de vouloir combattre la fatalité de son patronyme. Ses espoirs étaient loin d'être utopistes, et à force de persévérance, il parviendrait à exaucer ses desseins, il ne pouvait en être autrement. Les phalanges du freux frottèrent évasivement sa barbe tandis que, face à l'embarras d'Ethaniel, la sylphide en leur compagnie guigna son frère avec amusement, elle qui le connaissait si bien. Tout comme l'avait fait antérieurement son vis-à-vis, il fit silence durant un moment, concentré sur la formulation de ses pensées, tout comme il l'aurait fait dans une situation plus professionnelle. Echine contre le dossier de son siège, il posa son regard empli de bonhomie sur le jeune homme et prit d'un phonème placide.


« J'ignore bien si je suis un grand homme ou non, la définition d'un tel terme est très relative, ne crois-tu pas ? Mon patronyme est peut-être devenu notoire désormais, cela ne l'empêche pas d'être, chaque jour que les Sept font, écorché par mes pairs seigneuriaux. Des grands hommes ont été adorés... Des grands hommes ont été abhorrés... Au final, le plus important n'est-il pas de vivre en harmonie avec ses principes et sa conscience ? » Il prit le temps de savourer une gorgée de vin avant de poursuivre. « La vie n'est pas comme dans les livres, elle n'est pas un conte, même si elle reste une histoire de laquelle tu, es le seul rédacteur. »

L'impression de n'être que l'un de ces vieux chevaliers prompts à dégainer quelques axiomes et monologues de moralité et philosophie le fit intérieurement rire. Il prenait de l'âge, à n'en point douter ! Il espérait ne pas devenir radoteur trop tôt, en dépit de ses presque quatre décades d'existence, il restait persuadé qu'il avait une pléiade de choses à faire, de but à atteindre. Admirer la foi de la jeunesse était réconfortant, Ethaniel, sans en avoir conscience, était particulièrement touchant. Peut-être n'était-ce que lui et sa sensibilité paternelle, mais il était bien inapte à demeurer de marbre face à un tel visage séraphin. Il lui adressa un sourire et fit un mouvement de la tête pour désigner les denrées subtilement préparées à leur attention pour que le repas puisse reprendre, mettant ainsi un terme et un gargantuesque point d'interrogation sur les voeux de page dont il était question. Son rumen grondait furieusement et se sustenter lui permettrait de songer à la plus opportune manière de lui annoncer sa décision. Mais avant cela, il se plu à leur trouver un autre sujet de conversation pour alléger l'atmosphère de ce souper tardif et égayer le garçonnet pour ne pas que son humeur s'en ressente. Aaliyah ne se fit d'ailleurs guère prier pour apporter sa pierre à l'édifice et parler, tout naturellement, de cet univers littéraire duquel elle était zélée et qu'elle prévoyait déjà de partager avec leur convive surprise. L'épanchement de toutes les chimères que les différents opuscules lui avaient inspirées et quelques propositions de recueils qu'il pourrait lui emprunter lors de son départ. Le temps de terminer son assiette, le commandant les laissa dans ce monde qui n'appartenait qu'aux bibliophiles avérés, se faisant instantanément rattrapé par l'épuisement de ses fonctions et du trajet qu'ils avaient parcouru – puis, hypothétiquement accentué par la délicieuse boisson qu'il consommait avec plaisir. Il massa ses calots cernés, les égara un furtif moment sur l'impressionnant écu qui ornementait le mur, puis se leva de sa chaise en s'étirant.

« Je vais vous abandonner à votre... » Son épine dorsale chanta d'une macabre mélodie osseuse qui l'étonna également. « Ouh... Je disais donc... Je vais vous abandonner à votre passionnante discussion, j'entends mon lit quémander son maître jusqu'ici ! » Il se tourna en direction de sa soeur. « Tu t'occupes de lui donner une chambre s'il-te-plait ? Et veille à ce qu'il s'y sente à l'aise, ce sera celle qu'il occupera lors de ses prochaines venues. » L'incompréhension générale nappa les lieux, même la blonde vénus courba un sourcil sans parvenir à décrypter les nébuleux propos du chevalier. Celui-ci en eut d'ailleurs une risette tout aussi mystérieuse et prit le temps de la faire durer, s'éloignant même de la grande table pour ne s'immobiliser que devant l'huis. « Enfin, pas trop à l'aise tout de même, que j'aie le loisir de t'en tirer aux aurores pour les entrainements. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, n'est-ce pas ? Je tâcherai de faire en sorte que ton apprentissage soit à la hauteur de tes attentes. Bonne nuit. »

Et sans plus attendre, bien qu'un rictus plein de contentement naquit à la commissure de ses lèvres, il quitta la pièce pour se diriger vers les escaliers et rallier l'étage. Désormais, il était impossible de reculer, et il n'en avait pas la moindre envie. Ethaniel avait su captiver son intérêt et sa curiosité le concernant, il allait avoir maintes opportunités de lui prouver toute sa ténacité. Il espérait malgré tout que le garçonnet serait en mesure de dormir cette nuit, l'enthousiasme risquait de l'en empêcher s'il laissait jouer son imagination sur ce que deviendrait sa vie à partir du moment où il deviendrait officiellement son page, avant d'être, plus tard, son écuyer. De son côté, il rejoignit sa chambre non sans soulagement et l'irrésistible envie de se jeter dans ses draps pour mieux se vautrer dans ses rêves. Il n'y manqua point, une fois changé, sa tempe trouve furtivement le chemin de son oreiller et il ne lui fallut que bien peu d'effort pour sombrer dans une narcose profondément salutaire, confiant comme toujours sans crainte aucune son hôte à sa petite soeur. Si, au Donjon Rouge, il passait la majorité des sorgues dans un carcan insomniaque, il ne s'éveilla pas une seule fois, assurément apaisé par le fait d'être dans son logis. Lorsque ses yeux s'ouvrirent, la nitescence matinale enluminait déjà la demeure, le laissant quelque peu dubitatif sur le conseil qu'il avait pourtant prodigué au jeune Stone la veille : tout le monde devait déjà être debout sauf lui ! Pourtant, il s'octroya le luxe d'une once de paresse, son bras s'étendant à travers toute sa couche en prenant une démesure de temps pour faire la transition à la réalité. Il ne put s'empêcher de s'illustrer toute la vénusté de Velanna, qui bientôt, viendrait combler le vide dans un lit qui deviendrait conjugal. Une présence auprès de lui, bien plus, une âme soeur, il voulait y croire. La sylphide lui manquait plus qu'il n'aurait été plausible de l'exprimer, une addiction qu'il préservait pour lui seul, en attendant la visite prochaine des Vance d'Atranta en son fief. Après un long moment à ne faire que songer à sa magnifique muse, il daigna enfin se lever et s'adonner à sa toilette, avant de rejoindre le corridor dans lequel il rencontra plusieurs de ses domestiques qu'il salua allègrement. Visiblement, ni Yevana ni Aaliyah n'étaient dans leurs chambres, introuvable dans la salle commune non plus. Etaient-elles sorties faire une badauderie à cheval ? Une marotte à laquelle elles adoraient céder, mais dans ce cas, où diantre pouvait être le nouveau mâle de la maison ? Ses conjectures eurent tôt fait de converger vers la même idée, et ce fut intuitivement qu'il prit la direction de la bibliothèque dans laquelle il était quasiment sûr de trouver l'entiché de lecture. Et cela ne manqua point, il trouva l'enfant attablé non loin d'un amoncellement d'ouvrages au sujet bien surprenant pour un bambin de son âge. Au revers de son apparente candeur, il était infailliblement plus mature que la plupart de ses homologues enfantins.

« Bonjour Ethaniel, comment vas-tu ? » Il lui adressa une ample risette et sa main s'engouffra spontanément dans sa crinière en une caresse affective, sans même qu'il ne s'en rende compte. « La nuit a t-elle été propice ? J'espère que tu n'as pas trop eu de mal à dormir dans un endroit que tu ne connais pas, même si tu auras tout loisir de te reposer aujourd'hui si besoin. » Il guigna succinctement les titres des livres amassés. « Je gage que ton père doit être en route pour Empyrée, peut-être l'a t-il même pris hier et a fait halte dans une bourgade... Tu repartiras avec lui, dans la mesure où il me donne sa bénédiction pour te prendre en charge, et nous nous retrouverons au Donjon Rouge, où tes leçons commenceront. A ce propos, as-tu des questions ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Jeu 21 Mar 2013 - 18:08

Le silence qui suivit son discours décousu et pas très clair sur au final ce qu'il voulait vraiment. Enfin en réalité si. Etre le page d'Alrik Mallery serait un honneur sans précédent qui donnerait dans sa vie une raison d'être fier de quelque chose dont il était l'instigateur car au fond, c'était ses propres mots -sous impulsion certes - mais qui avaient entraîné l'idée même de pouvoir suivre l'enseignement du commandant à ses côtés. Alors s'il acceptait, ce serait bien évidemment du pur bonheur auquel se juxtaposerait toutes ses craintes et ses angoisses dont se défaire était totalement impossible dans l'état actuel des choses. Mais après les propos qu'il avait formulés, garantir que son aîné allait l'embarquer dans l'aventure était on ne peut moins sûr. Bien évidemment il avait primé la sincérité. Mentir n'était pas tellement dans ses principes car pour lui le mensonge était détenu par des personnes qui avaient des choses à cacher. Lui ne faisait pas partie de cet ensemble. Son plus gros vice était sa bâtardise et son plus grand défaut était sa peur. Mais tout ceci il le savait pertinemment bien et tenter de l'occire aux yeux des autres l'empêcherait de s'assumer. Enfin dire qu'il s'assumait était peut-être un rien utopique, mais au moins il se tolérait comme il était. Mais il avait des désirs et des envies comme dépasser ses peurs et se forger un caractère plus fort et courageux pour surmonter davantage le monde extérieur. Ainsi, ce ne serait réalisable que s'il s'investissait dans quelque chose qui lui permettrait d'apprendre comment faire, et comment apprendre mieux qu'au côté de l'un des hommes le plus charismatique et courageux qu'il connaisse et surtout qui semblait ne pas dédaigner ce qu'il était en dessous de son titre de bâtard Celtigar. Une chance inespérée dont il s'était saisi mais dont la connaissance restait encore à attendre tant que la décision ne serait pas prise. Et le fait que le silence reste après ses propos n'aidaient pas à le rassurer, laissant ainsi ses prunelles errer sur les denrées alimentaires dans son assiette plutôt que sur le faciès du commandant ou même de sa soeur.

Quand finalement le phonème mûri de son aîné brisa l'attente, il le regarda pour écouter ce qu'il avait à dire déjà parce que c'était d'importance mais surtout parce que rester à regarder son assiette n'était sûrement pas très poli. Mais la surprise le submergea face à autant de modestie et de maturité. En réalité jamais il n'avait cru que le commandant était un grand homme simplement parce qu'il portait un nom reconnu et qu'il était justement commandant. En réalité, ce caractère superficiel ne l'intéressait pas, ses pensées allaient au delà et ce genre de propos lui rappelèrent qu'effectivement, Alrik Mallery avait tout d'un grand homme que ce soit par sa bonté, sa profession, son charisme mais aussi ses pensées si limpides et ses principes si clairs dans sa net qu'il devait sûrement respecter avec droiture et fierté. La dernière phrase était bien sûr choisie dans les mots pour qu'elle soit adaptée à sa façon de voir les choses à lui, adorateur de livres. il en était persuadé. Cette information il la connaissait pertinemment et c'était aussi cette vérité qu'il devait affronter. Ses prunelles avaient du mal à quitter justement ce personnage dont il avait de plus en plus envie de côtoyer régulièrement pour en apprendre davantage. Le sourire qu'il lui adressa le prit un peu au dépourvu et un sourire un peu timide se dessina sur ses lippes avant que son aîné ne l'invite à reprendre le repas là où il s'était arrêté. Bien que rien n'avait été décidé, avoir avoué tous ses déboires intellectuels l'avait délesté d'un poids non négligeables surtout si Alrik ne le refusait pas tout bonnement et rapidement en ayant entendu son discours. La réflexion était encore en cours et cela le rassura alors qu'il mangea une nouvelle bouchée de ce somptueux repas. La jeune et belle femme qui se trouvait à ses côtés ponctua le repas de propos littéraires qui le ravit sans pareil prenant toujours un réel plaisir de discuter sur ce sujet. Des choses à dire n'étaient guère restreintes, encore plus quand les connaissances de l'interlocuteur semblaient tout aussi intenses que les siennes, même si bien sûr, peut-être n'était-il pas en âge de lire tout ce qu'elle avait pu lire. En réalité, il ne se rendait pas tellement compte que pour son âge, certains livres lus étaient considérés en dehors de sa portée, mais en fait il aimait lire de tout et quand il ne comprenait pas cela le poussait à chercher ailleurs et par conséquent à parfaire ses connaissances. Tout un plaisir qui prenait du temps et qui expliquait ses journées seul entouré de livres.

Le repas une fois fini, le commandant pris alors congé après un bruit inquiétant qui annonçait un labeur physique éreintant... si pas autre chose d'ailleurs mais en matière de soin il n'était pas particulièrement apte à formuler des hypothèses. Quittant lui aussi son siège pour pouvoir saluer son aîné, il resta cependant pantois face à une phrase qu'il ne comprit pas tout de suite. Pour ses prochaines venues ? Cela voulait dire qu'il le reverrait encore ? Mais au fur et à mesure de sa réflexion, ses prunelles se mirent à scintiller un peu... etait ce possible qu'il voulait dire... Etait ce seulement imaginable ? Le silence était quelque peu pesant mais l'attente en valut la peine puisqu'il apprit alors qu'il était pratiquement officiellement le page d'Alrik Mallery ! Il venait d'apporter son approbation ! Son faciès montrait un ravissement certain et il lui fallut quelques longues secondes avant de se reprendre assez pour courir un peu vers l'entrer de la pièce pouvoir parler au concerné déjà parti.

« Merci Sire Mallery ! Je ne vous décevrai pas ! Merci beaucoup !! ... Ah et bonne nuit ! »

Il revint ensuite vers la jeune femme de la maisonnée et lui fit un grand sourire tout heureux. Bien sûr les angoisses n'allaient pas tarder à venir s'ajouter à son excitation mais pour le moment, cette dernière était la seule présente. Avec bonheur il prit alors le chemin des chambres également avec Aaliyah qui lui donna de quoi se vêtir pour la nuit et, sous sa demande, deux bougies en plus pour la nuit. Dormir ne serait guère possible dans l'immédiat il ne savait pertinemment. Il ne savait même pas au fond s'il arriverait à dormir tout court car une fois la jeune femme s'étant bien inquiétée de son installation, il sentit l'excitation se jumeler avec des angoisses qui remontèrent petit à petit. Du coup, vivre avec son père ne serait plus possible, désormais suivre les pas d'Alrik serait sa nouvelle ligne directrice. Et sa tante... Allait-il revoir sa tante-mère ? Peut-être qu'au Donjon Rouge on lui laisserait lui écrire. Oui... Peut-être communiquerait-il bien davantage avec elle par ce biais, et puis ainsi elle serait sûrement fière de lui et de son nouveau changement de vie. Peut-être que son père serait triste ? Quoi qu'au fond, ils ne se voyaient pas souvent avant qu'il ne décide de le rejoindre, et encore avec ça, il arrivait qu'il soit trop occupé pour pouvoir l'avoir tous les jours dans les pattes. Ce fait était totalement compréhensible pour lui... Et au fond, c'était les deux seules personnes qui s'inquiétaient de son bien-être. Mais autre chose aussi le tracassait... Combien de temps avait-il pour se tromper ? Combien d'erreurs pouvaient-il commettre avant de ne pas être renvoyé ? Car rater des choses il était certain que ça arriverait..; Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il n'était doué pour rien. Ce qu'était un chevalier, le parcours à faire, il l'avait déjà lu et connaissait les tenants et aboutissants mais il ne s'était jamais reconnu dans aucune des capacités cités. Il ferma les yeux un instant avant de respirer calmement plusieurs fois puis de les rouvrir. Observant la bougie à ses côtés il remarqua qu'elle était déjà quand même entamée de manière significative indiquant qu'il s'était pris la tête bien trop longtemps et le sommeil ne semblait pas prêt de se manifester. Pouvait-il se permettre de quitter sa chambre ? Après tout il n'était pas vraiment chez lui, tous les droits des propriétaires n'étaient pas siens. Restant allongé encore un long moment, observant la bougie se consumer lentement, quand celle-ci fut pratiquement éteinte et qu'il planta la seconde dessus après l'avoir allumée, il se mit doucement en route pour aller dans la bibliothèque... Lire serait le meilleur moyen de s'occuper. Ainsi, la nuit lui parut particulièrement courte quand le jour pointa le bout de son nez lui permettant de souffler la flamme seule lampe de la pièce pendant un temps. Aaliyah fut la première à le trouver et accepta avec amusement ses excuses d'intrusion sans consentement mais cela ne sembla pas posé de réel problème. On le laissa d'ailleurs continuer et c'est bien pour ça qu'une pile s'était déjà crée alors à l'arrivée de son cher professeur désormais. Relevant la tête en entendant les pas, il ne put s'empêcher de sourire au commandant avant d'être surpris par le geste affectueux et particulièrement agréable dans sa crinière enfantine.

« Oh heu... je vais bien Sire Mallery. »

Il ne prit pas la peine de signaler qu'il n'avait pas dormi. Ce genre d'informations restait souvent confinée dans sa tête sans jamais vraiment traverser ses lippes. Il acquiesça à la fin des paroles et réfléchit quelques instants à la proposition de questionnement. Cependant aucune question pour une fois ne lui venait là tout de suite. Enfin bien qu'une ribambelle traversait sa tête, il préférait les garder pour son arriver au Donjon Rouge car c'était davantage de l'ordre pratique ou alors dues à ses angoisses. Ainsi, le reste de la journée se passa comme annoncé, il profita du temps qui lui restait avec le commandant avant que son père ne vienne le rechercher surpris d'être placé devant le fait accompli mais acceptant en réalité sans aucune difficulté l'idée même que son fils devienne le page du commandant des Dents de Freux. Ethaniel ne put s'empêcher de sourire à Alrik alors se jurant de serrer son père dans ses bras pour le remercier mais pas devant son maître désormais. Après avoir remercié promptement Alrik et les éventuelles personnes présentes à Empyrées pour l'avoir accueilli et choyé pour une soirée, il se détourna dans cette demeure qu'il reverrait bien assez vite avant de chevaucher - heureusement sur le même cheval - avec son père pour retrouver encore quelques temps une vie roturière avant que son destin ne soit prit en main par un grand homme dont il espérait tirer un apprentissage le plus riche possible.



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