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Nos vies ne nous appartiennent pas

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Seamus Ouestrelin
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Général
Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

♦ Missives : 1288
♦ Missives Aventure : 49
♦ Age : 27
♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 05/11/2012
♦ Célébrité : Gary Oldman
♦ Copyright : me
♦ Doublons : Bryn Penrose, Logan Grafton
♦ Age du Personnage : 53 ans
♦ Mariage : Lady Amelia Redwyne
♦ Lieu : Falaise, Terres de l'Ouest
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♦️ Histoire des Ouestrelin
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Message Dim 27 Jan 2013 - 9:38


Nos vies ne nous appartiennent pas
La fin de la quatrième lune approche. L’insurrection à Falaise a pris fin, mais les évènements qui s’y sont produits n’ont pas manqué à plonger Lord Ouestrelin dans un certain désespoir. Malgré ses allégeances et la récente exigence de Gerold Lannister, il a décidé d’ignorer l’appel du ban et se morfond à présent dans une pièce recluse de son château en ruine.

*
* *
Seul, assis dans un fauteuil, Seamus Lowell Ouestrelin avait les yeux vissés sur les braises écarlates luisant dans la cheminée. Après avoir flambé, le bois était comme fluorescent. Il chatoyait dans l’obscurité, projetant d’inquiétantes formes sur les pavés du salon : des rubans rouges et oranges, sautillant dans une danse indomptable et sifflant avec cruauté les derniers souvenirs du seigneur de Falaise...
Il y a quelques semaines, ses sujets s’étaient rebellés, ses gardes l’avaient jeté dans son propre donjon, puis sa famille avait fait en sorte qu’il soit ligoté à un bûcher dans le but de le brûler vivant. Il lui avait semblé que le monde entier voulait sa mort mais il s’était par miracle tiré d’affaire. Cela n’avait toutefois pas été assez pour apaiser la conscience du vieux seigneur dont les nuits étaient toujours tourmentées par d’exécrables cauchemars. Les regards sanguinaires et les expressions carnassières des paysans l’empêchaient de dormir ; la haine inconditionnelle que lui vouaient sa femme et ses deux fils l’empêchait de dormir ; la pensée des horreurs passées l’empêchait de dormir... Dans son dos, des fantômes marmonnaient d’effroyables paroles. Leurs ombres s’étendaient diaboliquement sur les murs en pierre de son château, d’étranges silhouettes qui ne cessaient de le hanter de leurs menaces. Les pires étaient ceux qui ricanaient sournoisement, insensibles aux tourments dont Lord Ouestrelin s’inondait volontairement.
Le soleil s’était déjà levé, mais Seamus était toujours enfermé dans la même pièce glaciale où il s’était réfugié depuis des jours. Une servante venait de temps en temps lui apporter de quoi manger ou du bois. La plupart des plats restaient intacts alors que les bûches se faisaient inlassablement dévorer pour nourrir le feu qui brûlait indéfiniment à ses pieds. On avait essayé de le tirer de cette salle mais il ne voulait rien entendre...
La solitude le consumait, brouillant ses esprits et engloutissant ses ambitions ; la même ambition qui l’avait si longtemps poussé à commettre des actes tout aussi incroyables qu’impardonnables. Cela lui avait toujours parut impossible, mais son ambition s’était enfin flétrie. Il se sentait vieux.

La porte s’ouvrit soudainement, percutant le mur avec fracas. Le choc ne tira nullement le seigneur de son immobilité. Il continuait à fixer les braises étincelantes d’un regard obsessionnel. Son fils aîné accourut, s’installant entre lui et la cheminée et empêchant par la même occasion Lord Ouestrelin de contempler son feu.
« Père ! cria Ormond pour la dixième fois, Des fer-nés ! Des fer-nés attaquent le port ! »
La phrase ne sembla pas percuter l’esprit du seigneur. Il leva brièvement la tête pour regarder son fils. Le jeune homme le fixait à la fois d’un air désemparé et avec un certain dégoût. Une expression qu’il avait aperçue si souvent sur son visage mais qu’il n’avait jamais pleinement acceptée.
« Quoi ?! Tu vas rester ici à rien faire ?! éclata le jeune chevalier.
_Quelle différence est-ce que cela fera ? à force de ne pas l’utiliser, sa voix s’était rouillée, s’enfonçant de manière presque imperceptible dans le morne écho du salon.
_Tu peux te lever et défendre tes terres ! Ormond était décidé à éveiller la flamme qui brulait jadis dans le cœur de son père. Malheureusement, Seamus ne désirait rien de plus que d’être oublié. Ses responsabilités seigneuriales étaient un fardeau qu’il ne voulait plus porter.
_Qu’elles se défendent elles-mêmes. Si les Dieux le veulent, un ouragan balayera le port afin d’en extirper ces parasites. il agita la main comme pour se débarrasser de son fils. Celui-ci n’était cependant pas prêt à lâcher prise.
_Tu es toujours le seigneur de Falaise, il est de ton Devoir de chasser les fer-nés ! L’obstination d’Ormond le piqua au vif et Seamus ne put s’empêcher de déverser sa colère.
_Au diable avec les fer-nés ! Au diable avec les Terres de l’Ouest ! Au diable avec les Sept Couronnes ! Que le monde continue à tourner sans moi, je m’en porterai infiniment mieux ! Le change-peau s’était à moitié levé de son fauteuil, foudroyant son fils du regard alors que celui-ci ravalait sa salive.
_Très bien, si tu n’es pas prêt à défendre ton fief, je le ferais à ta place. le jeune chevalier leva le menton comme pour tenir tête à son père.
_Oui... N’était-ce pas ce que tu voulais ? Obtenir mon pouvoir ? Mon rang ? Mes...responsabilités ? il lui adressa un regard accusateur qui obligea Ormond à baisser les yeux. Cours donc jouer au chevalier, cours trancher la gorge des fer-nés avant que je ne t’égorge moi-même. »
L’espace d’un instant, le jeune Ouestrelin dévisagea son père avec plus de défiance qu’il n’eut jamais osée manifester. Puis il tourna les talons, marchant à grands pas vers la porte, mais avant de disparaître il se retourna une dernière fois.
« J’emmène tous les gardes restants. puis il ajouta avec remontrance, Bientôt ce sera moi qui prendra les décisions, père. »
Il ferma la porte en claquant.
Un étrange sentiment de déjà-vu envahit Lord Ouestrelin ; cette scène lui rappela aussitôt le tête à tête tempétueux qu’il avait lui-même eu avec son père il y a vingt-cinq ans. La ressemblance entre Lord Seamus et Ser Ormond était indubitable et le seigneur de Falaise se sentit profondément désolé du fait que son fils fut à son image, autant physiquement que moralement. L’Histoire semblait se répéter, projetant le zoman dans la peau du sénile Raynald Ouestrelin et son fils aîné dans la sienne. Avait-il accompli tant de choses pour qu’il n’y ait aucune évolution d’une génération à une autre ? Au moins Ormond ne m’a pas assommé... pensa-t-il amèrement.
Cela faisait longtemps que les fer-nés ne s’étaient pas aventurés à Falaise. Dagon Greyjoy avait été un homme d’honneur et le petit fief était resté plus ou moins intact durant la guerre malgré sa proximité avec les Îles de Fer. Les autres seigneurs, Seamus n’en doutait pas, s’étonnaient certainement de cette protection inexplicable et miraculeuse, mais il se gardait bien de leur révéler la vérité. Personne ne comprendrait la sympathie qu’il avait développée pour le Lord Ravage de Pyk. La plupart avaient adopté une attitude hostile envers sa passivité durant la guerre. Certains avaient même osé la manifester ouvertement, tel que le jeune héritier Fléaufort qui s’était si farouchement laissé emporté aux côtés de sa mère dans l’enceinte même du château de Falaise. Seul sire Damon Tarbeck avait vaguement fait preuve de compréhension, ne voyant pas dans le peuple de Sel et de Fer le démon que chacun s’entêtait à imaginer.
Quel intérêt y avait-il à présent, pour lui, à répondre à l’appel des bannerets ? Aucun. Les Terres de l’Ouest pouvaient chercher leur soutien ailleurs ; il ne prendra pas part dans une guerre où il n’avait rien à défendre. De plus, il éprouvait davantage de respect pour Lord Greyjoy qu’il n’en ressentait pour les Lannister. Ceux-ci ne lui avaient-ils pas refusé l’or qu’il avait voulu emprunté dans l’espoir de rénover son château ? Ses allégeances avaient perdu leur signification. Dans son abattement, Lord Ouestrelin avait besoin davantage que de simples paroles et de vagues notions. Si on voulait qu’il défende les Terres de l’Ouest, on devait lui donner une bonne raison...
Seamus s’empara d’une bûche, puis la balança dans les braises. Il se rassit, s’enfonçant mollement dans son fauteuil tout en marmonnant quelques paroles indistinctes. Enfin, les flammes commencèrent à lécher le bois avec grognements gloutons et Lord Ouestrelin se perdit à nouveau dans la fascinante contemplation du petit feu qui s’agitait dans la cheminée.

Spoiler:
 



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Mer 6 Mar 2013 - 12:18, édité 4 fois
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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
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♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
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♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Dim 27 Jan 2013 - 17:09

     Une missive envoyée par Deirdre il y a quelques décades de cela, faisait état d'un homme de l'Ouest qui semblait... Différent des autres. Si le Harloi avait envoyé son espionne sur le continent, c'était autant pour lui donner de bonnes cibles que pour lui parler des choses intéressantes qu'il pouvait rater. Dans un sens, vivre sur les Iles de Fer était autant une bénédiction qu'une malédiction : Sargon n'avait pas le loisir de croiser la route de toutes ces personnes qui sortaient du lot. La bâtarde avait parlé d'un homme dont la réputation laisserait entendre qu'il était un change-peau, chose qui pouvait être aussi saugrenue qu'envisageable. L'esprit du Fer-né n'était aucunement fermé, il imaginait sans peine qu'une telle chose soit possible, bien que l'idée que cela concerne un homme de l'Ouest l'amusait beaucoup. Ils étaient toujours apparus comme snobs et roches, arrogants et surtout se sentant très largement supérieurs aux autres, aux yeux du Fer-né. Autant dire que pour une personne aussi vaniteuse que lui, Sargon ne pouvait pas vraiment s'entendre avec ces personnes. La possibilité que l'un d'entre eux ne soit pas aussi inintéressant que ses voisins, était donc très séduisante aux yeux du Harloi. Il avait retourné une missive à la bâtarde en lui demandant de trouver davantage de détails sur cet homme de manière à pouvoir préparer son plan. Car sa décision avait été prise dès l'instant où il avait lu les premiers mots tracés sur le parchemin : il irait à la rencontre de cet homme.

     Les raids du capitaine de la Veuve Salée n'étaient jamais faits sur un coup de tête, il avait donc longuement travaillé sur cette sortie lorsqu'il déclara à ses hommes qu'ils prenaient la mer en direction de Falaise. L'idée réjouissait les marins, car ils n'ignoraient pas que cette forteresse n'avait jamais été trop visitée – du moins en comparaison de ses voisines – et elle pouvait donc receler encore bien des trésors. Ou quelques otages qui feraient de bons sacrifices pour le Dieu Noyé, même si c'était loin d'être la priorité dans l'esprit de l'hérétique Fer-né. Seul Yoren, son fidèle seconde, connaissait la raison de ce raid, mais sur demande de son capitaine, il n'en fit pas état lorsque les marins posèrent quelques questions.

     La mer leur était favorable, il ne fallut pas plus de quatre jours et demi pour approcher des côtes de l'Ouest, mais il fallait rester très prudent. La flotte du Lion n'était jamais bien loin et même si Falaise se situait dans un endroit idéal pour les pillages – ce qui rendait d'autant plus le nombre réduit de raids, assez étrange – il fallait garder un oeil sur l'horizon. De toute manière, la mer ne serait jamais bien loin. À peine après avoir accosté, les marins furent accueillis par les cris des habitants des environs qui devaient parfaitement savoir ce qui leur était réservé. Sargon donna quelques ordres à son second en lui faisant savoir qu'ils pouvaient ramasser tous les trésors qu'ils voudraient, mais qu'ils ne prendraient pas plus d'un ou deux otages pour les sacrifier, ce qui sous-entendait donc que les hommes pouvaient tuer ou violer autant qu'ils le souhaitaient sans devoir trier leurs proies. Le Harloi s'était attendu à ce que le seigneur des lieux fasse son apparition, mais après plusieurs échanges avec des hommes d'armes de la forteresse, il dut se rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas. Contrarié dans ses plans, l'homme attrapa donc une jeune servante – ou ce qu'elle pouvait être – pour lui demander où était le seigneur de sa maison. Entre quelques bégaiements, Sargon décrypta quelque chose qui signifiait en gros que l'homme avait été plutôt malmené par les habitants des environs et qu'il y avait des chances pour qu'il ne vienne pas les sauver.

     Quel mauvais hasard ! Cependant, loin d'être décourage le Fer-né garda la jeune femme à ses côtés, en lui précisant au passage qu'à la première bêtise de sa part il lui tranchait la tête, puis, Crépuscule à la main, il prit la direction du château. Inutile de préciser que ce ne fut pas franchement une partie de plaisir, même si les hommes d'armes étaient presque tous situés du côté où le boutre avait accosté, il en restait tout de même suffisamment pour ralentir considérablement l'avancée du Harloi. Pourtant, étrangement, lorsqu'il déclarait venir ici uniquement pour le seigneur des lieux, les hommes semblaient davantage tolérer sa présence. En voilà un qui ne devait pas être très apprécié par ses gens ! Aidé par son otage, l'homme se retrouva rapidement face au château qui semblait avoir subi plusieurs difficultés vu son aspect. N'étant pas venu ici pour visiter l'Ouest, Sargon s'arracha rapidement à la contemplation de la demeure pour un pénétrer, toujours en compagnie de la jeune femme qui laissa ses jambes céder sous elle plus d'une fois. Inutile de dire que l'arrivée d'un Fer-né en plein milieu du château provoqua beaucoup de remous, mais aux premières paroles « rassurantes » du Harloi qui signala qu'il ne tuerait personne s'il pouvait voir le seigneur de Falaise, les roturiers semblèrent s'apaiser. Un peu. Homme de parole, du moins d'une certaine manière, le Harloi ne tua personne sur le chemin qui le menait à la pièce où devait se trouver l'homme. Sargon n'était pas idiot, il savait que même s'il était un excellent combattant – doté d'une épée unique – il pouvait parfaitement être submergé par un grand nombre de serviteurs, surtout dans un espace aussi étriqué que les corridors d'un château.

     Arrivé devant une porte close, le Fer-né somma à son otage de l'ouvrir et la poussa à l'intérieur. La pauvre s'affala sur le sol sans aucune grâce avant de s'éloigner à quatre pattes comme si cela pouvait lui permettre d'éviter le sort qui risquait de l'attendre. À sa suite, le capitaine de la Veuve Salée entra dans la pièce, son épée toujours à la main, puis parcourut les environs du regard. Lorsque ses yeux mordorés s'arrêtèrent sur une silhouette qui ne ressemblait pas franchement à un seigneur de l'Ouest, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Si avec le sang qui maculait ses habits, le Fer-né ne payait pas de mine, l'homme face à lui n'avait pas franchement l'attitude et encore moins la prestance que l'on pouvait imaginer en parlant d'un noble de l'Ouest. Cependant, le Fer-né n'ignorait pas la disgrâce de la maison Ouestrelin puis, au fond, il était charmé par l'idée que cet individu peu commun puisse receler encore davantage d'originalités intéressantes que son apparence étranges. Entrant dans la pièce pour s'arrêter à une distance réduite de l'homme, le pirate lança la discussion d'une manière qui lui était propre.

     ▬ Est-ce que tu sais que tes gens ne t'aiment pas beaucoup ? Même tes hommes d'armes m'ont laissé passer lorsque je leur ai dit que je venais ici pour toi. Le ton était moqueur avec un fond d'arrogance qui ne le quittait jamais. Il tutoyait toujours tout le monde, seigneurs comme simples roturiers. Enfin vu ce qu'ils t'ont fait subir, j'imagine que tu dois le savoir, oui. »

     Il ne savait pas vraiment ce qui s'était passé, mais la servante lui en avait suffisamment dit pour que le jeune homme puisse comprendre que ce n'était pas dans l'intérêt de son interlocuteur. En parlant de la jeune femme, elle gémissait doucement dans son coin, s'étant glissée vers son seigneur comme si elle cherchait sa protection. Cette constatation dessina une expression agacée sur le visage du Harloi qui détestait plus que tout voir une femme couiner comme une souris.

     ▬ Tais-toi ou je te coupe la langue pour que tu cesses. Les femmes ! Son regard se détourna de la jeune femme qui plaqua ses mains abîmées sur sa bouche, afin de se poser sur le seigneur des lieux. J'ai fait le chemin des Iles de Fer jusqu'à Falaise juste pour te rencontrer. J'espère que tu te sens honoré, je ne me déplace pas pour n'importe qui. Son sourire refit son apparition alors qu'il concluait. Mais de ce que les rumeurs disent, tu n'es pas n'importe qui. Je me trompe ? »

     Inutile de souligner qu'un « oui » n'était pas envisageable. Il avait beau être en apparence très pacifiste – si l'on occultait le sang de ses vêtements – Sargon pouvait aussi se montrer très caractériel.


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Message Mer 30 Jan 2013 - 0:12

Son regard toujours rivé vers les flammes dans la cheminée, Seamus ne remarqua à peine le tumulte qui secoua le château. Ce n’était que quelques instants avant qu’on ouvrit la porte avec fracas qu’il se donna la peine de se retourner doucement et de jeter un coup d’œil par dessus le dossier de son fauteuil pour déverser toute sa colère sur son prochain visiteur.
Toutefois, la surprise dévora ses paroles quand il aperçut un visage qui lui était tout à fait étranger. Il n’avait aucune idée précise de ce qui pouvait bien se passer, mais ne s’attendait guère à être face à face avec l’impertinente et inconnue silhouette de ce qui apparaissait être un pirate.
« Qu’est-ce que...?! Quoi ? Que se passe-t-il ici ?! »
Ses yeux s’élargirent, davantage par surprise que par crainte. Mais l’angoisse ne tarda pas à s’enraciner en lui ; la dernière insurrection des paysans semblait avoir brisé son esprit combattif. Et bien qu’on aurait put penser qu’il percevrait la mort avec indifférence suite aux récents évènements, il en était tout autrement. Il ressemblait peut-être à un vieillard affamé, ses muscles faibles et son corps épuisé, mais sa volonté de vivre ne l'avait guère déserté...
« Qui êtes-vous ?! » beugla-t-il, fixant l’intrus avec peur et colère alors que ce dernier se mit à parler d’un ton impertinent. Lord Ouestrelin tourna son regard vers la servante, à la recherche d’une quelconque réponse. Toutefois, celle-ci restait accroupie au sol en train de se morfondre sous ses lamentations pathétiques. Seamus grinça des dents avec mécontentement. Les paroles du fer-né gagnèrent peu à peu leur sens, frappant le seigneur de Falaise davantage par leur insolence que par leur contenu.
« Quelle est la signification de cette folie ?! » la rhétorique coupa sèchement avec le ton moqueur du pirate. Durant toutes les années qu’il avait passé à Falaise, pas un seul ennemi ne s’était jamais introduit entre les murs du château. Lord Ouestrelin ne s’était par conséquent jamais attendu à une telle situation et il restait debout derrière son fauteuil comme si le meuble pouvait le protéger de son adversaire.
« Gardes !! » cria-t-il d’un ton désespéré. Sa voix rebondit dans un écho jusqu’au fond du couloir. Silence.
Seamus lève doucement les yeux vers l’individu. Il fronce les sourcils et le bout de sa lèvre titille doucement alors qu’il grogne comme un animal. Est-ce de l’irritation ? De la peur ? Le change-peau n’aurait sut le dire lui-même. Ormond avait presque emporté tous les hommes d’armes avec lui. Ceux qui restaient au château ne dégaineront jamais leurs armes pour le protéger, pas s’ils avaient laissé passer ce fer-né... Celui-ci avait raison : personne ne semblait plus éprouver une once d’affection pour lui. Vivaient-ils donc dans un monde sans le moindre honneur ?! L’Honneur, non les honneurs... Pour une fois, la devise de sa famille résonnait dans sa tête avec une étincelle d’adhésion.
« Les Ouestrelin sont censés descendre des Premiers Hommes ! Que s’est-il passé pour qu’ils tombent si bas ? » les murmures s’échappèrent sans qu’il le veuille. Il se mordit la lèvre ; son esprit lui jouait clairement des tours...

Que pouvait-il bien faire à présent ? Aucune arme n’était présente dans la pièce ; même les meubles étaient rares. De plus, la pénombre qui régnait constamment dans la salle depuis qu’il avait ordonné qu’on ferme la plupart des volets ne lui permettait à peine de discerner les traits de ce dangereux intrus. Le principal éclairage émanait de la cheminée où crépitaient farouchement les flammes. Celles-ci n’illuminaient que la joue droite du seigneur de Falaise, creusant ses rides et accentuant ses traits usés. Son nez pointu jetait une ombre sur la deuxième moitié de son visage ; ses yeux comme deux globes menaçaient de s’éjecter de leurs orbites.
« Que voulez-vous ? » sa voix rauque mais pointue mourut sur une note inquiète. La servante s’approchait dangereusement de lui, gémissant stupidement alors qu’elle s’agrippait à lui dans un geste de crainte désespérée.
Au même instant où elle s’accrochait à lui, Seamus la repoussa avec dégoût. Toutefois, il agita la jambe un peu trop violemment, et la femme se fit pousser en arrière, percutant légèrement la vieille commode qui se trouvait dans son dos. Elle émit un petit cri, rapidement étouffé par ses sanglots. Ses yeux horrifiés passèrent du seigneur au pirate avec une vitesse frénétique : si elle cherchait un allié dans cette histoire, elle aura davantage de chances de trouver du soutien chez le fer-né que chez Lord Ouestrelin.
« Juste pour me rencontrer ? Seamus écarquilla les yeux. De quoi parlait-il ? Le monde entier avait-il perdu la tête ? Ou était-il lui-même un fou qui se croyait sain d’esprit ? Pourquoi, au nom des Dieux, voulez vous rencontrer le seigneur le plus pauvre et insignifiant des Terres de l’Ouest ?! » Certes, il saisit la dernière allusion. C’est d’ailleurs pourquoi son regard s’assombrit aux dernières paroles de l’intrus.
Seamus garda le silence l’espace de quelques instants. Tout à coup, il se mit à crier avec fureur et sauvagerie, comme si la démence s’était soudainement emparée de lui.
« Si tu es venu voir un animal, retourne dans la jungle où se réfugient les bêtes et abrutis de ton espèce ! sa voix se brisa à la fin de la phrase. Des poustillons voltigèrent dans les airs ; ses muscles étaient contractés, faisant ressortir les traits acérés de sa mâchoire. Je suis un homme ! Et j’exige qu’on me traite comme on se doit de traiter un homme ! »
Il frappa sa main contre le dossier du fauteuil et se fit mal par la même occasion. Il contint sa douleur en se mordant la lèvre inférieure. Puis se remit à gueuler :
« Gardes ! Un pirate est venu m’égorger ! Je vous ordonne... Non ! J’exige que vous veniez me sauver ! Sinon je vous écorche et viendrais vous hanter jusqu’au restant de vos jours ! »
Aucune réponse, aucun son, pas le moindre bruit.
Rien à faire, personne ne viendra...
Seamus écarta doucement les bras, puis resta là, les membres étirés en forme de croix.
« Je t’en prie. il leva le menton d’un air défiant, ses yeux flambaient pourtant avec le désir de vivre, Finissons-en ! »
Il ne comprenait pas pourquoi ce pirate était venu, seul, jusqu’à cette chambre recluse pour le tuer ; mais peu importe. Il lui offrait son cœur sur un plateau d’argent. Tout ce que le fer-né avait à faire était de s’emparer de son épée et de l’enfoncer dans sa poitrine. S’il meurt, autant qu’il meurt comme un homme.



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Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Ven 1 Fév 2013 - 9:51, édité 1 fois
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Sargon Harloi
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Message Jeu 31 Jan 2013 - 16:23

     Le seigneur était bien caché derrière l'apparence du vieillard qu'il semblait être. Sargon avait beaucoup de mal à se dire qu'il se trouvait face au dirigeant d'une maison noble de l'Ouest, s'ils s'étaient croisés dans une rue, il y avait fort à parier que le Fer-né l'aurait pris pour un simple vieillard du coin. Il commença par beugler d'une manière qui irrita rapidement le Harloi. S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était les gens qui braillaient, suppliaient, appelaient à la clémence et des choses de cet ordre. D'un léger froncement de sourcils il manifesta l'agacement qui commençait à poindre : dans l'intérêt de tout le monde, mieux valait que cette discussion devienne plus cordiale. Caché derrière son fauteuil, le Ouestrelin semblait vraiment croire que quelqu'un allait venir sauver sa vieille carcasse : rien qu'à la manière dont il criait pour rameuter sa garde, il était aisé de comprendre qu'il n'avait pas envie de mourir. Tant mieux ! Sargon n'avait pas fait tout ce chemin juste pour trancher la gorge d'un homme qui ne lui avait fait aucun mal. Ironique de penser de telles choses alors que c'était exactement ce qu'il faisait en attaquant les côtes de Westeros depuis le début de la guerre, mais dans l'esprit du jeune homme, tout était clair comme de l'eau de roche. Ou de mer plutôt.

     Une question plus précise à laquelle Sargon ne se donna pas la peine de répondre : il lui avait déjà donné la raison de sa présence ici. Parler inutilement n'était pas son dada et il s'abstenait de répéter les choses lorsque ses interlocuteurs ne l'écoutaient pas réellement. La servante essuya alors un refus de la part d'un homme censé la protéger, elle semblait plus que perdue vu la manière dont elle dévisageait tour à tour les deux individus présents dans la pièce. Si elle espérait trouver du secours chez le Harloi, elle se fourvoyait, jamais il ne se donnerait la peine d'accorder la moindre attention à une femme aussi insipide qu'elle semblait l'être. Il se désintéressa donc bien vide d'elle pour reporter sur regard mordoré sur l'homme qui persistait à poser des questions sans intérêt. Puis tout à coup, sans prévenir, lord Ouestrelin se mit à hurler comme s'il venait de perdre le peu de tenue qu'il avait encore. Insulter un homme armé en maculé du sang de vos gens n'était pas forcément une bonne idée, mais apparemment la colère semblait faire oublier le principal au vieillard : rester en vie et pour y arriver, faire preuve de docilité. Une chance que le Fer-né ne soit pas venu jusqu'à Falaise pour se débarrasser de lui, sans quoi le contrat serait rempli depuis longtemps ! À grand renfort de postillons et de grimaces l'homme déversait sa bile sur un Fer-né apparemment de plus en plus irrité par les cris insupportables qui lui vrillaient les tympans. Au final, le débit se tarit de lui-même pour que lord Ouestrelin en vienne à parler de sa mort. Décidément, il avait le sens de la scène ! Lorsque le silence s'installa enfin, Sargon profita de cette pause pour retrouver son sourire arrogant.

     ▬ Non, tu n'as rien d'un homme, tu agis plutôt comme une vierge effarouchée ou comme un vieillard habitué à râler sur tous les passants. Mais tu n'agis certainement pas comme un homme. Ça, au moins, c'était dit ! J'ai horreur du théâtre et je ne suis pas venu te voir jouer une telle scène, alors épargne-moi tes jérémiades. Tous ces cris, ça me donne des maux de têtes et ça me donne envie de faire sauter celle du responsable. Il soupira d'un air lassé avant de reprendre avec plus de précisions. Je ne suis pas ici pour te tuer, si tel était le cas, tu serais mort depuis mon entrée dans cette pièce, alors tais-toi et cesse d'appeler tes gardes. Je te l'ai dit, ils m'ont laissé passer, ils ne viendront pas te secourir. »

     Posant la pointe de Crépuscule sur le sol dans un geste passif, le Fer-né ne quittait pas l'homme face à lui du regard. Il était vrai qu'à présent qu'il se trouvait devant cet homme, le Harloi pouvait se demander quelle était la raison de sa venue jusqu'à Falaise. Pour écouter un vieillard brailler parce qu'il avait peur de mourir ? Certainement pas ! Mais pour rencontrer un homme qui n'était pas un simple mouton comme tous les seigneurs du continent, c'était cela même ! Après quelques secondes de silence seulement baignées par le crépitement des bûches dans le feu, le capitaine de la Veuve Salée reprit la parole.

     ▬ Du point de vue des continentaux tu es peut-être effectivement le seigneur le plus pauvre de l'Ouest, mais dois-je te rappeler que pour les Fer-nés toutes ces fadaises n'ont aucune importance ? Puis si tel était le cas, lui-même n'était que le neveu du lord de sa maison, rien de bien glorieux non plus. Par contre tu n'es pas vraiment le plus insignifiant. Si c'était le cas, tu ne serais pas au centre de rumeurs qui arrivent même jusqu'aux Iles de Fer. En réalité, je dirais même que tu voles la vedette à ton suzerain au niveau de la popularité. Il rigola légèrement avant de glisser son regard vers la servante. Par contre, vu comme tu traites tes gens, je ne suis pas étonné qu'ils te détestent. Tu es populaire, mais pas forcément dans le bon sens. Navré de te l'annoncer. »

     Pourtant, son ton montrait clairement que ce n'était pas le cas ! Le jeune homme souleva à nouveau son épée, mais pas dans un geste hostile, simplement pour pouvoir avancer légèrement vers le vieillard, tout en veillant bien à ce qu'il ne se montre pas encore assez fou pour lui sauter dessus. Le réflexe de Sargon serait de l'empaler avec Crépuscule, mais il ne désirait pas tuer cet homme avant de lui avoir un peu parlé. Sa curiosité désormais éveillée avait besoin d'être satisfaite et comblée pour qu'il puisse partir l'esprit en paix. Arrêtant à quelques pas de l'homme, le Fer-né plongea son regard dans le sien avant de reprendre.

     ▬ Je suis un homme curieux vois-tu, j'ai toujours considéré les continentaux utiles pour servir mes plans, mais pour la première fois, j'entends parler d'un homme qui n'est pas aussi insipide et stupide que ses voisins. Dans l'Ouest tu fais partie des exceptions et j'avais simplement envie de voir comment un homme aussi.... Original que toi, faisait pour survivre dans un environnement qui lui est hostile. Le fait que tu puisses te changer en bête comme tu le dis, n'a que peu d'importance au final. Enfin, légèrement. Cela dit, j'ai cru apprendre que tu avais été à deux doigts de te faire lyncher par les tiens. Comment as-tu survécu ? »

     L'intérêt n'était pas feint, Sargon aussi était original dans le mauvais sens du terme d'après les siens, même si leurs points communs s'arrêtaient là et qu'ils ne se ressemblaient guère, mais disons simplement qu'avoir l'avis d'un continental en marge de la société était trop intéressant pour qu'il puisse passer à côté d'une telle occasion.


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Seamus Ouestrelin
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Message Lun 4 Fév 2013 - 16:21

Seamus
L’impertinence du fer-né le mit dans une colère explosive. Personne n’avait jamais osé lui parler ainsi. Cet homme était bien trop sûr de lui ; ou peut-être qu’il était tout simplement fou... Comment espérait-il ressortir du château vivant ? On l’avait peut-être laissé entrer, mais les gardes seront bien trop touchés dans leur amour-propre s’ils laissaient si facilement filer un ennemi. C’était une mission suicide, et tout cela pour rassasier sa “curiosité” ? Les pirates étaient certainement un autre peuple, aussi différents des ouestriens qu’une pieuvre l’était d’un lion... Cependant, Seamus ne s’était lui-même jamais perçu comme venant de l’Ouest. Il avait davantage l’impression de flotter dans une toute autre dimension ; quelque part entre des figures humanoïdes et le royaume animal.
« Salopard ! Tu devrais apprendre à manifester plus de respect envers tes aînés. Dagon Greyjoy avait été bien différent de ce grossier individu. Si quelques cris te donnent la migraine vas te trouver une nourrice afin qu’elle te chante une berceuse. Je ne suis pas prêt à te laisser mordiller mon téton. »
Décidément, le seigneur de Falaise n’était pas prêt de se plier à la volonté du pirate. Sa rage et sa fierté le lui interdisaient. D’une certaine façon, il cherchait à provoquer le fer-né, émousser sa colère et son irritation. Etait-il déçu qu’on lui ait refusé une mort digne de ce nom ? En vérité, Seamus n’aimait simplement pas qu’on le dénigre. Une telle attitude était principalement poussée par l’orgueil commun aux générations plus âgées qui croyaient avoir la science infuse – trop irrités d’être dépassés par leurs descendants, trop inquiets d’être rattrapés par le temps. S’entendre insulter si ouvertement était la meilleure façon d’éveiller les humeurs les plus sombres et sauvages de Lord Ouestrelin. Il aurait aimé avoir une épée ; d’avoir la force et l’énergie de combattre ce chenapan, comme c’était le cas quand il était plus jeune. Et bien qu’il fut autrefois un excellent combattant, les semaines passées dans les donjons de son propre château, ainsi que l’isolation délibérée de ces derniers jours, l’avaient vidé de toute sa force. Il était comme un pantin, maigre et maladif. Il n’aurait aucune chance contre ce vaurien.
« Je n’ai rien à voir avec les Lannister. répondit-il à la remarque de la fripouille, Ils sont égoïstes, imbus de leur propre image : des lionceaux qui somnolent alors qu’ils sont censés apporter leur soutien à leurs sujets. Peu importe ma popularité, ce sont ceux qui séjournent sur le Roc qui devraient s’inquiéter de leur réputation ! » En comparant Seamus à la maison suzeraine, le pirate avait ravivé d’anciennes blessures... Le vieux seigneur s’était senti abandonné le jour de son exécution. Aucun Lion en vue. Si le seigneur de Belcastel n’était pas, par chance, arrivé à sa rescousse, Lord Ouestrelin ne serait plus qu’un tas de cendres. Et personne ne s’en soucierai. Il y a plus d’un mois il se serait soucié de sa popularité ; à présent, cela n’avait plus aucune importance.

Le fer-né s’approcha de lui, avançant de quelques pas, son épée prête à l’abattre à la moindre occasion. Seamus ne broncha pas ; il était bien trop fier pour reculer devant ce salopard. Pensait-il qu’on pouvait s’introduire dans un château et examiner le seigneur, simplement pour éteindre sa soif de curiosité ? Ce pirate avait définitivement perdu ses esprits.
Lord Ouestrelin n’avait aucune envie de répondre à la question
« Sale mioche mal coiffé ! Pour qui te prends-tu ? J’ai déjà vécu ta courte vie deux fois ; je n’ai nul besoin de me justifier devant ceux de ton espèce ! »
Il fixait sombrement le pirate des yeux, le bleu de ses iris brillait d’une lueur glaciale. Il pouvait sentir l’épée du fer-né comme on sent la lame d'un rasoir frôler sa gorge. Sans doute allait-il l’abattre d’un instant à l'autre.
« Il... il peut se transformer en ours ! Une bête aussi terrifiante qu’elle est cruelle ! intervint soudainement la servante, marmonnant dans son coin, ses phrases rongées par la peur, ses yeux aussi grands que des œufs de poule. Il a... il a dévoré des enfants !... il a tué... tué les villageois ! On voulait le brûler... faire disparaître cette malédiction dans les flammes ! Mais il s’en est sorti ! Il... Il s’en est sorti ! Sauvez-vous... sauvez-vous tant qu’il en est encore temps ! Ses paroles résonnaient sombrement dans la pièce déserte et poussiéreuse, accompagnées d’une pointe de folie et d’un fond de frayeur. On aurait dit qu’elle était possédée, perdue dans les limbes de la démence alors qu’elle dénigrait son seigneur si impitoyablement.
_Silence ! » intervint le seigneur de Falaise, trop surpris et épouvanté des paroles de la servante pour l’interrompre plus prestement. Etait-il donc si effrayant, si haï, que chaque individu qui l’entoure se range même du côté adverse ?
Les évènements ayant eu lieu il y a quelques semaines s’étaient transformés en cauchemars. L’insomnie du vieux Lord s’était depuis aggravée. Il ne fermait plus l’œil, obsédé par la contemplation indéfinie des flammes. Comment elles consumaient le bois, le dévoraient à une rapidité ahurissante – il aurait presque connu le même destin. Pourtant, il s’en était sorti. Les Anciens Dieux ne semblaient pas en avoir terminé avec Lord Seamus Lowell Ouestrelin... Même le pirate ne paraissait pas si enclin à lui transpercer la poitrine, à l’empaler avec sa majestueuse épée en acier valyrien. Le destin lui refusait-il un traitement de faveur ou avait-il encore autre chose en tête pour le change-peau ?

Miranda
Les derniers jours avaient été une véritable torture. Bien qu’elle fût extrêmement soulagée d’avoir cette affaire de bûcher derrière elle, la condition de son père ne s’était guère améliorée. Il restait dans une pièce du château, mangeant à peine et dormant encore moins. Son humeur devenait plus noire de jour en jour et Miranda avait peur qu’il ne sombre complètement dans la démence comme l’avait fait sa tante, Patricia.

Miranda s’était réfugiée dans le jardin, examinant du haut de Falaise le port où grouillaient les fer-nés. Elle avait posé la main sur son cœur, inquiète pour son frère aîné. Elle l’avait vu partir, quittant le château avec la majorité des hommes d’armes à ses trousses. Elle se trouvait dans le salon menant sur le hall d’entrée quand elle perçut les premiers signes de détresse. Les quelques servants qui demeuraient encore au château couraient dans tous les sens, les mots “fer-nés”, “attaque” et ”mourir” à la bouche. Elle s’était levée aussitôt, à la recherche de son frère aîné.
Il ne lui fallut pas plus de quelques minutes avant de retrouver Ormond. Il était tout juste descendu de la tour où s’était retiré leur père. Il portait déjà son armure et s’était emparé de l’épée de Lord Ouestrelin. L’allure fière mais inquiète, il donna l’ordre de rassembler les gardes afin de défendre le port.
« Ormond ! l’interpella-t-elle, Que se passe-t-il ? As-tu parlé à Papa ?
_Père préfère pourrir dans sa prison de poussière et de cendre. Le jeune chevalier dût remarquer la tristesse et la déception de sa sœur cadette, car l’instant d’après il lui posa une main compatissante sur l’épaule, puis ajouta, Miri, ne sois pas triste. Tout est perdu pour lui.
_J’espère que tu te trompes.
_Il est temps d’oublier sœurette. Crois moi, je serais un bien meilleur seigneur qu’il ne l’a jamais été. »
Elle ne savait que répondre à cela et garda donc le silence. Son frère lui jeta un dernier coup d’œil, comme s’il voulait ajouter quelque chose. Enfin, il se résigna et partit rejoindre ses hommes d’arme.

« Ma Dame ! Lady Miranda ! » intervint soudainement une voix affolée. La jeune Ouestrelin se retourna, brutalement tirée à la réalité par les cris d’une servante en détresse.
_Que se passe-t-il ? elle ne tenta pas de cacher son angoisse. Cela faisait des années que Falaise ne s’était pas fait attaquer par les pirates et ce raid les avait tous violemment projetés dans cette atmosphère de guerre et de conflit qui les avait jusque là épargnés.
_Un pirate... Un pirate s’est infiltré dans le château. Il est monté dans la pièce de Lord Ouestrelin et a emmené mon amie ! S’il vous plait, Ma Dame, faites quelque chose ! »
Aussi incroyable que pouvait paraître la nouvelle, Miranda s’interdit de douter des paroles de la domestique. Elle ne se donna même pas la peine de répondre, porta ses jambes à son cou et courut retrouver Sullivan. Celui-ci s’était installé devant la seule baie vitrée au sein du château et observait le port d’un regard envieux.
« Sullivan ! cria Miranda, le souffle court, quand elle ouvrit la porte du salon. Sullivan, trouve les quelques gardes restants et emmène les sur-le-champ dans la tour de l’aile Ouest. Un fer-né est entré dans le château pour tuer Papa ! Son frère écarquilla les yeux d’incompréhension puis de surprise. On ne l’avait apparemment pas prévenu. Enfin, ses paupières se plissèrent dans une expression sournoise.
_Que père s’en charge tout seul. Sa remarque lui valut une gifle. Sullivan se tint la joue et fixa sa sœur d’un regard incrédule.
_Qu’est-ce qui te prend ? Tu es tout autant son fils que je suis sa fille ! Elle baissa les yeux vers le port, Sois courageux, Sullivan. Sauve Papa et tu n’auras pas seulement sa reconnaissance, mais son respect également. » Son petit frère avait toujours rêvé d’être un grand combattant. Miranda savait pertinemment qu’elle parviendrait à le convaincre de cette façon. Elle se sentait toutefois quelque peu coupable d’appâter son jeune frère, mais c’était probablement la seule façon de le motiver afin qu’il court secourir Lord Ouestrelin.
Pourtant, le garçon resta bouche-bée, perdu dans ses pensées comme on perd un cerf-volant dans une tornade.
Ne voyant plus comment convaincre son frère cadet, Miranda fit demi-tour, mais avant de quitter la pièce se retourna une dernière fois vers Sullivan.
« Si aucun n’est prêt à le sauver, j’irais moi-même. Son frère sembla soudainement se réveiller.
_Miranda, attend ! » cria-t-il dans son dos, mais la jeune femme était déjà partie.

Elle courut jusqu’à l’armurerie, s’empara d’une épée, puis se précipita en direction de l’aile Ouest du château où elle monta les marches quatre à quatre. Miranda n’avait aucun plan, tout ce qu’elle voulait c’était retrouver son père. Les conséquences n’avaient pour l’instant aucune importance... Quand elle atteignit enfin la pièce recherchée, elle vit son père, fixant d’un regard bestial l’homme face à lui. Le fer-né tenait une sombre épée, prêt à égorger le seigneur de Falaise. Trop inquiète pour son père, la jeune Ouestrelin accourut et pointa son arme en direction du pirate.
« Arrêtez-vous ! cria-t-elle d’une voix tremblante, Arrêtez, ou vous êtes mort ! »
Elle tenait l’épée de ses deux mains dans une posture maladroite. C’était la première fois qu’elle menaçait quelqu’un de la sorte et elle sentit aussitôt la panique l'attraper par le col. Peu importe, c’était la vie de son père qui était en jeu !
« Miranda ! Que fais-tu ici ?! Sauves toi ! » Intervint Seamus Ouestrelin, son féroce regard s’étant soudainement transformé en une expression où se mêlaient peur et angoisse.
Cependant, la jeune fille ne bougea pas d’un poil. Peut-être que Sullivan viendra la défendre, accompagné des quelques gardes restants. Mais juste peut-être...



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Mar 19 Fév 2013 - 18:34, édité 1 fois
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Message Mar 5 Fév 2013 - 12:39

     Apparemment l'homme n'avait pas vraiment apprécié les remarques du Fer-né qui n'en souriait que de plus bel. Que s'imaginait-il ? Que ses assaillants allaient faire preuve de politesse et de bienséance ? Il pouvait déjà s'estimer heureux qu'il ne soit pas encore empalé sur Crépuscule à l'heure qu'il était ! Aucun savoir-vivre ces continentaux. Le remarque sur la nourrice ne laissa qu'un silence du côté du Harloi qui se contentait de fixer son interlocuteur en silence alors que celui-ci embrayait sur les Lannister pour les critiquer tout son saoul. Tiens, le Ouestrelin avait-il quelque chose à reprocher à ses suzerains ? Visiblement les relations entre vassaux et suzerains n'étaient plus au beau fixe et Sargon aurait donné beaucoup pour en connaître les véritables raisons. Oh, bien entendu, le Fer-né n'était pas sans ignorer que le seigneur de Castral-Roc n'était pas forcément l'homme le plus apprécié du continent et vu la vipère qu'il avait épousé, ce n'était pas si étonnant en y repensant. Cela dit, cette remarque non plus n'éveilla aucune envie de répondre auprès du Harloi qui resta muet.

     Après l'approche du Fer-né, le seigneur de Falaise reprit de plus belle, toujours aussi insultant en traitant Sargon comme s'il n'était qu'un simple gamin. Dans un sens, c'était un peu le cas. Malgré son expérience des combats et de la vie en général, le jeune homme avait beaucoup de comportements très semblables à ceux qu'un enfant pouvait adopter. Désir d'assouvir ses besoins à tout prix, de s'approprier ce qui n'était pas à lui, de contrarier les gens ou encore de donner un bon coup de pied dans la fourmilière. En somme, le Ouestrelin marquait des points, mais ce n'était pas pour autant que Sargon allait avouer ses torts. Le regard froid de l'homme était plongé dans celui du Fer-né qui ne quittait pas son air amusé. Que pouvait bien faire ce vieillard contre lui ? Croyait-il réellement qu'il allait pouvoir faire taire et faire fuir un homme habitué à tuer, juste en l'insultant ? Pas franchement. L'impuissance de l'homme suffisait à convaincre le Harloi de rester.

     C'est à ce moment que la servante décida de prendre la parole pour ajouter son grain de sel. Glissant son regard vers la demoiselle, le Fer-né se demanda ce qu'elle pouvait bien lui raconter. Apparemment la réputation de change-peau n'était pas usurpée et il était aisé de comprendre pour quelle raison est-ce que ses gens avaient tenté de le brûler. Chasser la malédiction, quelle drôle d'idée ! Ce n'était pas une malédiction, c'était plutôt une chance inouïe. Un homme capable de se défendre même sans arme, il pouvait être mortellement dangereux même derrière son air de vieillard sans défense. Le regard mordoré du capitaine quitta le minois de la servante pour se poser une nouvelle fois sur le visage du seigneur de Falaise, le détaillant avec un air beaucoup plus intéressé qu'auparavant. Quel dommage qu'un homme doté d'une telle capacité ne soit pas estimé à sa juste valeur, sur les Iles de Fer il aurait eu une belle place. Enfin, pour Sargon du moins, concernant les autres Fer-nés, rien n'était moins sûr. Les gens craignaient toujours ce qu'ils ne connaissaient pas, stupides qu'ils étaient !

     Cependant avant qu'il ne puisse répliquer, une voix féminine se fit entendre derrière lui. Elle lui ordonnait de s'arrêter avant de le menacer de mort. Loin de l'inquiéter, cette remarque dessina une expression interrogative sur le visage du Harloi qui tourna la tête vers la nouvelle arrivante. Rien que dans sa manière de se tenir, Sargon savait qu'il pouvait la désarmer en deux temps trois mouvements et par la même occasion, lui ouvrir la gorge au passage. Peut-être que voir le sang de cette donzelle sur le sol de sa chambre rendrait le Ouestrelin plus loquace ? Mais quelque chose retint le capitaine de la Veuve Salée : le ton emprunté par le vieillard. Il avait l'air angoissé par l'idée que cette jolie pucelle puisse être blessée. Peut-être était-ce là la clé d'une discussion digne de ce nom ? Après un bref silence, le Fer-né recula d'un pas, présentant son flanc aux deux personnes présentes ici de manière à pouvoir apercevoir les mouvements de l'autre lorsqu'il en regardait un. Son attention se posa sur la donzelle avant qu'il ne réplique d'un ton toujours aussi moqueur.

     ▬ Et qui me tuerait ? Toi peut-être ? Ne me fais pas rire, je suis certain que je peux te désarmer et t'empaler sur mon épée avant que tu ne puisses me faire une égratignure. Mais c'est bien, tu sais au moins quel est le côté dangereux. Il inspira légèrement, regardant la jeune femme de haut en bas comme s'il avait affaire à un simple article qu'il comptait acheter. Je crois que j'ai trouvé la nourrice que tu m'as conseillée. »

     Cette remarque s'adressait bien évidemment au seigneur des lieux, la jeune femme pourrait faire un bon souvenir de ce passage à Falaise après tout ! Avant que l'homme ne puisse réagir, Sargon avant esquissé un pas en direction de la donzelle, levant Crépuscule pour parer l'éventuelle attaque qu'elle pourrait lui porter. Même si le Fer-né était très confiant dans ses capacités martiales, il n'était pas pour autant inconscient au point de sous-estimer ses adversaires. Une femme énervée pouvait se révéler très dangereuse, surtout lorsqu'elle ne savait pas bien se servir de son arme : elles avaient tendance à frapper partout en priant leurs Sept de toucher quelqu'un. Il approcha d'elle et mima une attaque sur le flanc pour qu'elle glisse son épée de ce côté et lorsque ce fut le cas, il plaça Crépuscule de manière à l'empêcher de rabattre son arme pour le blesser. Ils avaient tous les deux une main de prise et cela fut suffisant pour que le jeune homme lui porte un coup au visage. Ce n'était pas très élégant, mais elle avait fait preuve d'une sottise sans nom en venant ici, toute seule, pour défendre son... Père ? Elle n'avait qu'à assumer ! Le coup qu'il porta toucha le nez de la jeune femme qui émit un craquement sourd, preuve qu'il devait être brisé. Du sang s'écoula aussitôt alors que la donzelle devait sentir une violente douleur lui étreindre tout le visage. Cela dit, elle pouvait s'estimer heureuse, au moins ne l'avait-il pas tuée. Le choc fit lâcher l'épée à la noble dame et Sargon en profita pour se glisser derrière elle avant de glisser son bras autour du cou de la jeune femme. Elle ne pouvait logiquement pas se défendre à moins de lui expédier un coup en arrière, mais vu l'état dans lequel elle était, c'était peu probable. D'un coup de pied, le Fer-né poussa la porte par laquelle il était entré de manière à ce qu'elle ne laisse plus débarquer une autre fille désireuse de protéger son père. Glissant Crépuscule au niveau du visage de sa prisonnière, le capitaine porta son attention sur le seul autre homme présent dans la pièce.

     ▬ Vous avez tous décidé de me contrarier aujourd'hui ? J'espère que tu seras plus disponible maintenant que... ta fille est avec nous. Je suis certain qu'on pourrait très bien s'entendre tous les deux, mais tu y mets beaucoup de mauvaise volonté tu sais. Placé comme il était derrière la donzelle, le Fer-né pouvait parler à l'oreille ce celle-ci. Tu sais, je n'ai pas l'intention de faire du mal à ton père, je pense que vos gens s'en occuperont tous seuls. Pourquoi est-ce que tu es venue jusqu'à chez lui alors que tout le monde se réjouit à l'idée de le voir mourir ? Il n'y avait pas beaucoup de réponses, son regard mordoré se porta une fois de plus sur le vieillard. Je suis certain que ce doit être la seule personne qui t'apprécie un minimum. Je pense que je vais la prendre avec moi au moment de rentrer, elle et moi on a certainement beaucoup de choses à se raconter vu que tu refuses de me parler. »

     Comme pour prouver à l'homme qu'il ne plaisantait pas, il profita de la proximité qu'il avait avec la jeune femme pour inspirer longuement comme s'il était en train de humer sa future proie. Ce n'était pas du tout son intention, mais inquiéter un père était bien trop amusant pour qu'il passe à côté d'une telle occasion sans la saisir.


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Message Ven 8 Fév 2013 - 11:00

Miranda
Miranda lâcha un cri. Le choc sonna la jeune Ouestrelin. La douleur fut perçante, une sensation qui lui était tout à fait nouvelle et qui faillit, par la même occasion, lui faire perdre pieds. Le pirate la rattrapa toutefois au dernier instant seulement pour venir glisser son épée sous son menton.
Elle fut d’abord trop étourdie pour comprendre ce qui se passait. La tête lui tournait et son nez brulait d’une douleur inimaginable. Peu à peu, les paroles du fer-né prirent sens. Miranda aurait préféré ne pas répondre, mais la lame qui menaçait de lui ouvrir la gorge l’incita à parler malgré tout.
« Parce que... elle jeta un coup d’œil à son père. Lord Ouestrelin était comme pétrifié. On pouvait lire l’horreur et la crainte sur son visage, Je l’aime. Répondit-elle sincèrement. Elle vit l’expression du seigneur de Falaise fondre d’inquiétude ; il traversait un réel supplice. Mais je ne pense pas que quelqu’un comme vous puisse comprendre cela. Après tout, un esprit sensible ne convient pas à qui porte une épée. » Sa voix était soudainement devenue dédaigneuse. Même avec une épée contre la gorge et le nez cassé, Miranda parvenait à amasser assez d’audace pour parler au fer-né avec reproche.

Ses membres se durcirent au contact de son assaillant. Elle tenta de s’éloigner de son visage alors qu’il flairait longuement sa chevelure comme s’il pensait y trouver quelque précieux parfum. Toutefois elle était bien consciente que c’était davantage pour exciter l’aigreur de son père. Celui-ci fixait la scène avec hargne, contraint de rester victime de sa propre impuissance.

Seamus
L’insulter, le dénigrer ou encore le battre n’aurait jamais éveillé la fureur qui brûlait en lui à la vue de sa fille entre les mains de ce salopard. Son corps tremblait de rage et les muscles de sa mâchoire se contractaient dangereusement alors qu’il grinçait des dents. Dans son regard, on pouvait à la fois lire de la haine sans égale et une inquiétude infinie. Des sensations si vives et des sentiments si violents, qu’il n’avait point osé sonder, même le jour où la mort le tenait par le col. Son esprit fulminait et son crâne était comme un énorme chaudron où bouillaient autant la colère, l’aversion, l’horreur, l’alarme que l’angoisse.
Dans un effort qui lui parut surhumain, Seamus parvint à contenir cette excitation de peur de menacer la sécurité de sa fille bien-aimée. Si quelqu’un comptait à ses yeux c’était bien Miranda, aussi belle et bienveillante qu’une magnifique fée. A présent, son orgueil et sa fierté ne jouaient plus aucun rôle. Autant que cela pouvait lui déplaire, il était obligé de hisser le drapeau blanc...
« Très bien. commença-t-il en baissant la tête, Tu souhaites satisfaire ta curiosité ? Seamus leva lentement les yeux, puis leva légèrement les sourcils. Il détestait se retrouver dans une telle posture. Rien de pire que d’obéir à un adversaire et voir s’entacher sa dignité, Je suis fait de chaire et de sang, je vieillis comme n’importe qui, et je suis tout aussi mortel. La seule différence entre toi et moi, avorton, c’est que je peux partager un même corps avec les bêtes. Le surnaturel excite toujours l’imagination du peuple : il suffit d’une petite histoire pour engendrer tout un amas de rumeurs. L’instant d’après j’étais le vilain de tous les contes pour enfants. Ils m’ont attaché à un bûcher pour un crime que je n’ai point commis. Il se sentait à la merci du pirate... Les mots qui suivent se nouèrent dans sa gorge, mais il serait même prêt à le supplier afin de secourir Miranda, Maintenant, relâches ma fille et tu pourras quitter mes terres sain et...
_Lâches ton arme, fer-né ! » coupa soudainement Sullivan.
Le jeune garçon se trouvait à l’entrée de la pièce, pointant son épée en direction de l’intrus. Il s’efforçait d’afficher un regard menaçant, bien que son expression semblait bien moins dangereuse que celles des quatre gardes qui le précédaient.
Lord Ouestrelin ne fut jamais aussi heureux d’apercevoir son fils cadet. Victoire ! sonna son esprit. Le pirate était à présent à sa merci, et rien ne l’empêchera de faire de lui comme bon lui semblait.
Les gardes dégainèrent leurs armes et vinrent se planter autour du fer-né. Le seigneur de Falaise s’autorisa dès lors à déchaîner toute la haine et furie qu’il s’était auparavant obstiné à retenir. Ce fut un déluge de sinistres émotions :
« Tu sais, les rumeurs disent la vérité : je suis un monstre ; très lentement, il fit quelques vers le fer-né dans une posture menaçante, et je serai, à partir d’aujourd’hui, ton pire et plus impitoyable cauchemar ! Sa voix devint plus orageuse, résonnant dans la pièce comme les tambours de la tempête, Je vais te battre à mort avant de t’étriper et de boire ton sang. Tu souhaiteras retrouver ton Dieu Noyé, mais je te retiendrai par le col afin que je puisse t’étrangler jusqu’à ce que le monde entier s’étouffe. Il s’approcha davantage du pirate, le fusillant du regard, Personne ne s’en prend à ma fille. Tes pires ennemis ne sont rien comparés à ce que je te réserve. Maintenant, lâche ma fille et je me montrerai peut-être un peu plus clément. »
Un étrange bruit devint soudainement audible, comme un lointain grésillement qui s’approchait de seconde en seconde. Rapidement, ces étranges sons se transformèrent en une nuée de pépiements. Surpris, ils virèrent tous leurs regards vers la porte d’entrée où s’immisça soudainement une horde de souris affolées. Les parasites se ruèrent dans la pièce en criant et grouillant par centaines.
« Qu’est-ce qui s’passe ?! cria l’un.
_Sortilège ! hurla l’autre.
_Sauvez-vous ! Le Seigneur maudit a invoqué les spectres et fantômes de l’au-delà ! Nous allons tous mourir ! » intervint la servante qui était subitement parvenue à se percher au haut d’une commode, agitant ses bras dans sa détresse démente.
Effrayés devant un tel phénomène, Sullivan et les hommes d’armes s’écartèrent de l’entrée, s’obstinant à écraser les rongeurs de leurs pieds. Deux gardes s’enfuirent, dévalant les escaliers à une vitesse ahurissante. Seamus resta médusé d’incompréhension et d’horreur devant un tel spectacle...
Dans sa rage, Lord Ouestrelin avait inconsciemment tendu son esprit vers ceux dont il avait le plus partagé la compagnie ces deux derniers mois ; ces petites souris infestaient les donjons de Falaise, se faufilant à travers les murs et sombres galeries du château à la recherche de détritus. Sans le savoir, le change-peau avait invoqué la vermine du royaume animal et ces mêmes parasites envahirent la salle comme la peste envahit un village. C’était un appel gangrené, une clameur des plus obscures qui venait de se frayer un chemin à travers les décombres de son âme jusqu’à l’instinct inassouvi de ces détestables rongeurs. Il y avait là quelque chose de pervers, un arôme fétide et malsain, essentiellement sustenté par les abîmes de sa malveillance et de sa bestialité.
Enfin, les animaux escaladèrent les membres de chaque individu, griffant de leurs petites pattes la chaire de n’importe quelle personne. Seul Seamus restait intact, immobile au centre de la pièce.

Spoiler:
 



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Ven 8 Fév 2013 - 20:32, édité 1 fois
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Sargon Harloi
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Message Ven 8 Fév 2013 - 19:31

     Elle l'aimait. S'en était pitoyable. Pour peu il aurait effectué une pression sur Crépuscule histoire de lui ouvrir la gorge et voir comment l'homme réagirait en voyant sa fille se vider de son sang sous ses yeux. La prénommée Miranda avait raison sur un point : Sargon ne pourrait pas comprendre de quoi elle parlait, la sensibilité et les sentiments, il ne connaissait. Heureusement d'ailleurs, sans quoi il ne serait pas l'homme qu'il était aujourd'hui. Les sentiments étaient un frein, que ce soit de l'amour, de la passion ou tout simplement de la haine. Même les « mauvais » poussaient à des folies qu'un homme sain et tranquille d'esprit ne ferait jamais. Le Harloi ne répliqua rien, mais il n'en pensait pas moins. La donzelle avait du répondant et le Fer-né songea qu'il devait être particulièrement divertissant de jouer un peu avec elle, surtout vu la manière dont elle se tendait à son contact. La malheureuse avait beau essayer de s'écarter de lui, tout ce qu'elle parviendrait à faire, ce serait de s'ouvrir elle-même la gorge sur l'acier Valyrien qui appuyait contre sa gorge.

     Le regard du change-peau avait été modifié depuis que sa fille était dans les bras du Fer-né, il semblait se montrer plus... docile ? C'était ce que l'on pouvait penser en constatant qu'il commença à répondre aux questions de son interlocuteur. Il expliqua des choses que Sargon connaissait déjà, ou du moins imaginait. Les personnes touchées par ce don, ou cette malédiction suivant les points de vue, ne devaient pas être bien différentes des autres au niveau du physique, c'était le reste qui changeait. Cependant, le jeune homme écoutait avec attention les paroles qui sortaient de la bouche du vieil homme, sans pour autant diminuer sa prise sur la jolie Miranda. Si elle tentait quoi que ce soit, il n'hésiterait pas : il lui ouvrirait la gorge d'une oreille à l'autre. Les paroles suivantes furent plus intéressantes, il partageait un corps avec les bêtes. Ce n'était pas très clair, mais cela permettait déjà au Harloi de se faire une idée de tout ce qui se passait dans la vie de cet homme. Partageait-il son esprit avec les bêtes en réussissant à entrer dans leur corps ? Est-ce qu'il modifiait lui-même sa morphologie pour adopter celle des animaux ? C'était une question qu'il comptait poser, mais en même temps que le Ouestrelin, Sargon fut coupé dans son élan par une nouvelle voix.

     Un jeune homme se trouvait à l'entrée de la pièce suivit de quatre gardes. Ce n'était pas bon, pas bon du tout même. Apparemment si le père était détesté, la fille de son côté était très appréciée par les habitants de ce château. Dans sa chance de trouver un moyen de pression pour faire parler le père, Sargon avait aussi récolté une raison pour les gardes de venir essayer de lui régler son compte. Bah ! Qu'à cela ne tienne ! Il n'avait absolument pas peur de la mort et il ouvrirait la jolie gorge de cette Miranda avant que les gardes ne parviennent à lui ôter la vie, une bonne raison pour eux de ne pas l'oublier. Toujours est-il que cette arrivée sembla donner des ailes au seigneur de Falaise qui s'adressa à nouveau au Fer-né pour commencer à approuver les paroles de la servante, approchant en même temps de son adversaire comme s'il croyait sa fille déjà en sécurité. Grossière erreur ! Miranda pouvait d'ores et déjà sentir la lame Valyrienne s'appuyer toujours davantage contre sa gorge à chaque pas que son père faisait dans sa direction. Ce dernier débitait tout un tas de menaces qui ne faisaient ni chaud ni froid à Sargon. S'il ne sortait pas d'ici, de toute manière il finirait tué par les gardes, puis si il s'enfuyait, il était peu probable que ce vieillard parvienne à venir sur les Iles de Fer pour mettre ses menaces à exécution. Puis franchement, il avait déjà son lot d'ennemis chez lui, alors un de plus où un de moins... Un simple sourire amusé se dessina sur les lippes du Harloi lorsque son vis-à-vis parla de clémence. Il ne voyait là absolument aucune raison de lâcher sa jolie prise.

     Sargon s'apprêtait à répliquer lorsque des bruits étranges se firent entendre. Pas plus que les autres personnes présentes dans la pièce, le Fer-né ne sut ce qui arrivait. Ce ne fut que lorsque les premières souris débarquèrent dans la pièce que la lumière se fit dans l'esprit du Harloi. Apparemment les gardes et le jeune homme en arme ne devaient pas s'attendre à une telle arrivée, car la panique les pris et ils se mirent à essayer d'écraser les rongeurs avant que deux des gardes ne s'en-aillent en courant. Il n'était plus qu'à quatre contre un, un bon score lorsque vous aviez une otage précieuse entre les mains. Littéralement. Les bestioles commencèrent à grimper sur les personnes présentes dans la pièce, excepté le seigneur des lieux, même Sargon ne fut pas épargné : d'un geste vif, il envoya bouler quelques souris qui commençaient à lui monter après la jambe, mais d'autres les remplacèrent. Il apparaissait évident qu'il n'allait pas pouvoir lutter contre tous ces parasites, il ne restait donc qu'à menacer pour s'en débarrasser.

     ▬ Assez ! Le ton était sans appel, indiquant clairement que sa patience était arrivée à bout. Garde tes souris pour effrayer tes gardes, ne t'avise pas de jouer à ça avec moi où tu vas le regretter ! Secouant le pied, il se débarrassa à nouveau de quelques souris. D'autres montaient sur Miranda qui ne pouvait pas se défendre ou même bouger sous peine de s'ouvrir elle-même la gorge sur la lame du Fer-né. C'était d'ailleurs très dangereux comme les coups de pied du Harloi faisaient légèrement bouger son arme, un accident était vite arrivé. Fais-les partir ! »

     Le ton n'était pas paniqué, juste très irrité et il apparaissait clair qu'il n'allait pas faire preuve d'une grande patience. La vermine ne le dérangeait pas vraiment, les rats plus que les souris comme ils portaient des maladies, mais il y en avait partout. Sargon en avait déjà croisé et il était moins prompt à être dégoûté par de telles choses que les nobles du continent par exemple. Cependant, il n'était pas idiot et les souris parvenaient à monter de plus en plus haut. Son armure le protégeait en bonne partie, mais si une de ces saletés s'infiltrait sous ses habits ou parvenait à monter jusqu'à son visage, ce serait légèrement plus gênant et il pourrait bien perdre son avantage à cause de ridicules petites bestioles. Sans se gêner, il tira la jeune femme en arrière, reculant d'un pas pour mettre une distance entre le seigneur de Falaise et lui-même. Lorsque ce fut fait, il remonta légèrement la lame de Crépuscule avant d’effectuer une pression avec elle contre le cou de cygne de la demoiselle. Du sang filtra rapidement, une légère coupure qui ne serait pas mortelle, bien qu'elle saignerait assez longtemps pour inquiéter le père de la belle.

     ▬ Si ces souris et ces hommes ne disparaissent pas aussitôt, je lui tranche la gorge d'une oreille à l'autre. Le ton ne plaisantait pas et bien fou aurait été celui qui ne le croyait pas. Tu crois être un monstre ? Laisse-moi te dire qu'il en existe des humains aussi. Si tu t'imagines que je peux cauchemarder à cause d'un vieux décharné dans ton genre, tu sous-estimes grandement les Fer-nés ! Il serra encore la jeune femme contre lui histoire de s'assurer qu'elle n'allait pas essayer de se carapater en douce. Je vais te donner une bonne raison de me détester mon cher. Si vous tentez quoi que ce soit, je peux t'assurer que je la tue. Tu pourras me faire ce que tu voudras après, rien ne changera le fait que ta fille chérie sera morte. Est-ce que tu crois réellement que ça vaut la peine de la sacrifier pour passer tes nerfs sur un avorton ? Le ton était moqueur et provocateur à la fois. Avec un sourire, il ajouta quelques mots. Oh, je ne suis pas croyant, évoquer le Dieu Noyé ne te fera perdre que de la salive. »

     Les cartes étaient posées, au seigneur de Falaise de voir s'il avait mieux à proposer où s'il allait se coucher et payer.

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Seamus Ouestrelin
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Message Jeu 14 Fév 2013 - 1:34

Les bestioles couraient, grimpaient, mordaient ; c’était un véritable fléau de crocs et de griffes. Le seigneur de Falaise lui-même ne savait que faire, dépassé par les évènements de cet effrayant phénomène. Il restait comme pétrifié au cœur de la chambre ; son visage vidé de sang évoquait une statue de marbre.
Miranda luttait autant contre les souris que contre la lame de son ravisseur. L’infime filet de sang qui s’y allongeait emplissait Lord Ouestrelin de la même frayeur qu’il éprouvait face à la horde de parasites qui mordillaient si laborieusement les pieds de chacun. Sullivan lui-même avait baissé son épée, luttant contre l’ennemi commun qu’était devenu ce bataillon de rongeurs. Le fer-né n’était plus l’objet de l’agitation, et il n’était pas près de baisser les bras. Son acharnement ainsi que son obstination pourraient presque paraître honorables, mais ne résonnaient aux oreilles du seigneur qu’avec amertume et dissonance. Toutefois, aussi inflexible que pouvait être le caractère de Lord Ouestrelin, aussi implacables pouvaient être ses résolutions, il devait s’avouer vaincu. Quelques instants plus tôt, il avait l’impression d’avoir le pirate à sa merci, mais le cri de rage du change-peau avait brutalement chamboulé la situation. Sa propre nature semblait s’être retournée contre lui.
Ce pirate n’était pour lui qu’un sournois adversaire qui avait eu l’audace de prendre sa fille en otage afin de plier Seamus à sa volonté. Cependant, une telle prise lui donnait effectivement tout le pouvoir sur le seigneur de Falaise. Celui-ci aurait mis fin à cet envahissement de bon cœur, mais il en était tout à fait incapable.
Il leva un regard suppliant vers le pirate, puis avoua d’une voix tremblante :
« Je... Je ne sais pas comment faire. »
Il leva les bras dans une posture d’impuissance ; ses mains tremblaient.
« Tuez le ! Tuez celui qui a conjuré ce fléau ! » gueula la servante tout en arrachant les bestioles qui lui collaient sur le dos.
Un des gardes pensa manifestement ouïr la voix de la raison : il dégaina sa lame, bien qu’avec difficulté, puis se fraya tant bien que mal à chemin afin de s’approcher de Lord Ouestrelin. Apercevant le garde renégat, Sullivan riva d’emblée son attention vers la scène.
« Que fais-tu ?! cria-t-il avec indignation tout piétinant les parasites.
_Ce mutant est à l’origine de cette malédiction ! Débarrassons-nous de lui une fois pour toute ! le soldat pointa son épée en direction de son seigneur. Celui-ci était apparemment trop stupéfait pour réagir. Ce fut son fils cadet qui intervint de nouveau.
_Baisse ton arme ! » ordonna le jeune Ouestrelin. Mais le garde n’obéit point, levant la lame au-dessus de sa tête, prêt à sauvagement abattre le change-peau.
Sullivan ne pouvait accepter de voir son autorité ainsi bafouée alors qu’il menait des hommes d’armes pour la première fois. Dans un geste spontané et instinctif, le jeune Ouestrelin balança sa propre épée sur le garde tout en lâchant un féroce hurlement. Le soldat ne s’était aucunement attendu à l’attaque du fils cadet ; l’arme du garçon vint se pointer dans son flanc. Miranda lâcha un léger cri. La lame du garde percuta le sol avec fracas, puis il tomba à terre.
Les rongeurs vinrent aussitôt couvrir son cadavre. Sullivan resta comme pétrifié devant l’homme qu’il venait juste d’abattre dans une explosion de rage.
« Papa ! l’injonction de Lady Ouestrelin trancha l’air avec impériosité. Même le visage décoloré de Sullivan se tourna vers la jeune femme, Fais les... fais les disparaître ! » la voix de Miranda résonna sur une corde apeurée, puis mourut sur une note plaintive. Ses yeux regorgeaient une profonde crainte et son regard était celui d’un animal horrifié ; non parce qu’elle avait peur de son ravisseur, mais parce qu’elle avait peur de son père.
Le cœur de Seamus se brisa.
Les souris s’immobilisèrent. La horde se calma soudainement, arrêtant son attaque sur les hommes qui se trouvaient dans la pièce. La plupart restèrent dans la chambre, cherchant quelque coin sombre où se réfugier.
Sullivan ainsi que le garde restant ne manquèrent pas d’exprimer leur incompréhension autant que leur soulagement. Seamus lui-même n’avait toujours pas bougé d’un poil, écrasé par les yeux terrifié de sa propre fille. Me prend-elle pour un monstre ? s’interrogea-t-il avec désespoir. Miranda le regardait toujours avec épouvante. Lui-même lui rendit un regard torturé où l’on pouvait presque cerner l’ombre d’une larme.
De toutes les personnes sillonnant les Sept Couronnes, la jeune Ouestrelin était la seule qui l’avait soutenue inconditionnellement, ne l’avait jamais dévisagé avec dégoût et l’avait toujours aimé. A présent, il pouvait apercevoir sur les traits de sa fille la même expression qu’il pouvait lire sur tous les visages de Falaise – une sombre horreur qui le dévisageait comme s’il n’était point humain.
Il ne pouvait la perdre ; les fragments de son âme commençaient déjà à se décomposer en infimes échardes à l’idée que sa fille s’éloigne de lui. Non seulement le fixait-elle comme on fixe un étranger, mais elle se trouvait également entre les griffes voraces du fer-né. Les Anciens Dieux venaient-ils enfin le punir pour les crimes qu’il avait commis ?
Il pouvait revoir le visage de son père, grotesque et fantomatique le fixer d’un regard vide. Sa gorge était déchiquetée, le sang coulant indéfiniment de cette atroce morsure. L’espace d’un instant il pouvait voir Miranda le scruter de la même manière, harcelant follement sa conscience et anéantissant son esprit. Le prix à payer était-il sa propre fille ?... Contrairement à l’impie fer-né, Seamus croyait profondément dans les Anciens Dieux. Toutefois, il ne pouvait respecter un tel sacrifice. Miranda n’était pour rien dans ses méfaits et péchés et pourtant elle se retrouvait dans le rôle de la victime. Le monde était injuste et le seigneur de Falaise refusait d’accepter une telle injustice.
« Que veux-tu ? De l’or ? il n’en avait pas, Du pouvoir ? il n’en avait pas non plus, Ma vie ? elle ne valait plus grand chose, Nommes le et ce sera à toi. Tout ce que je demande, c’est que tu relâches pas fille. »

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Sargon Harloi
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Message Jeu 14 Fév 2013 - 21:03

     Révélation surprenante que le seigneur de Falaise fit à l'attention du pirate : il ignorait comment faire cesser ce manège. Le froncement de sourcils du Harloi indiquait clairement qu'il avait du mal à comprendre ce que l'homme lui disait : il ne parvenait même pas maîtriser ce don qui lui avait presque coûté la vie ?! Quelle idiotie ! L'incompréhension fut rapidement remplacée par l'irritation sur le visage du Fer-né qui ne relâcha pas sa prise sur la jolie Ouestrelin, mais avant qu'il ne puisse répondre, la servante reprit la parole tout en continuant de se débattre pour échapper aux griffes des rongeurs qui se pressaient autour d'eux. Ce qu'il regrettait de ne pas lui avoir tranché la gorge pour qu'elle se taise cette godiche ! Mais apparemment ce que Sargon prenait pour des fadaises apparut comme la voix de la raison pour l'un des gardes qui dégaina son épée pour s'approcher tant bien que mal du seigneur des lieux. Même si le Harloi ne réagissait pas, il n'apprécia guère de voir ce garde oser tenter de se débarrasser de son seigneur alors que lui était venu jusqu'à Falaise uniquement dans le but de rencontrer cet homme. Mais heureusement pour tout le monde – excepté le malheureux garde – le fils de lord Ouestrelin trouva un peu de courage en lui et prit les devants, plantant le flanc de l'homme d'armes avant que celui-ci ne puisse asséner le coup fatal à son seigneur.

     À peine le corps de l'homme toucha-t-il le sol que les souris s'étaient déjà précipitées sur lui pour s'en délecter. Sargon ne s'attarda guère sur ce spectacle aussi ridicule que lassant, les problèmes de famille ne l'intéressaient pas, il en avait déjà bien assez de son côté. Cette rencontre ne se déroulait pas aussi bien qu'il l'avait espéré et le Fer-né doutait pouvoir tirer quoi que ce soit de ce vieillard qui ne savait même pas maîtriser son propre don. C'est à ce moment que la donzelle décida d'intervenir encore une fois. Sur le coup, le Harloi regretta là aussi de ne pas l'avoir frappée plus violemment, au point de la rendre muette l'espace d'un instant peut-être, mais ce regret s'envola rapidement lorsque la horde s'immobilisa soudain. Resserrant sa prise sur la taille de la jeune femme, le capitaine de la Veuve Salée promena son attention sur les souris présentent dans la pièce, puis constata que ces dernières se dispersèrent rapidement, la plupart en partant se cacher dans ses coins sombres de la pièce où ils étaient et d'autres en se faufilent à l'extérieur, dans le corridor. Reportant son regard sur lord Ouestrelin, Sargon constata que celui-ci avait l'air totalement perdu. Apparemment il ne comprenait pas ce qui arrivait, ou peut-être que la peur qu'il venait de coller à sa fille l'avait chamboulé ? Il avait l'air de préférer sa jolie Miranda plutôt que ce fils qui n'avait pas hésité à le laisser approcher par un Fer-né. La voix de l'homme s'éleva enfin, proposant des choses qui n'intéressaient guère le Harloi puisqu'il possédait déjà tout cela. Soupirant de lassitude, le Fer-né ne relâcha pas pour autant sa captive avant de répliquer d'un ton impatient.

     ▬ Ne propose pas ce que tu n'as pas. Je n'ai que faire de l'or ou du pouvoir, surtout venant d'un continental. Quant à ta vie, je t'ai déjà dit que je n'en voulais pas. Il détourna brièvement son attention du seigneur des lieux pour regarder les deux derniers hommes présents dans la pièce. Un bref sourire apparut alors sur ses lèvres tandis qu'il répondait. Ce que je veux ? Ta jolie Miranda. Apparemment vous avez des problèmes entre père et fils que vous devez régler rapidement, je pense que c'est préférable pour tout le monde qu'elle m'accompagne. Son attention revint une fois de plus vers Seamus. Et puis, tu l'as suffisamment effrayée, changer un peu d'air ne lui fera pas de mal. »

     Esquissant un pas sur le côté, le jeune homme effectua une légère pression sur son épée pour faire saigner une fois de plus la malheureuse, espérant que cela lui arrachait en même temps un léger couinement de douleur. C'était toujours plus persuasif lorsque le captif y mettait du sien, pourtant quelque chose lui disait que celle Miranda ne lui faciliterait jamais la tâche. Le Harloi s'attendait à une réaction très vive de la part des deux hommes présents ici, la belle semblait être la seule personne qui maintenait ce simulacre de famille en place, qu'adviendrait-il d'eux si elle disparaissait ? Se glissant vers la porte, le Fer-né darda ses prunelles mordorées sur le visage du fils.

     ▬ Tu recules vers ton père avec ton garde où j'égorge ta sœur comme un truie et je t'empale avec mon épée avant qu'elle ne touche le sol. »

     Il n'était pas sûr de pouvoir le faire, mais il apparaissait clair que ce jeune homme n'avait pas l'expérience de combat que le Harloi possédait, une parole bien placée et un ton sûr de lui et il n'oserait pas le défier. Du moins pas avec le risque de voir sa sœur se faire égorger par une lame ennemie. Approchant suffisamment de la porte pour considérer qu'il pouvait s'éclipser sans trop de difficultés, le Fer-né songea qu'il était plus que temps de mettre les voiles : ses hommes n'allaient pas rester indéfiniment dans le village et il devait être là pour le départ sous peine de voir tout son équipage se faire massacrer. Avant de quitter la pièce cependant, le Harloi ne résista pas à l'envie de lâcher quelques mots à l'attention de son hôte obligé.

     ▬ Ne t'inquiète pas, je prendrai soin d'elle, j'aime les femmes de caractère dans son genre. Ne me suivez pas tout de suite ou vous le regretterez, n'oubliez pas qu'elle est avec moi. »

     Ils n'allaient pas rester éternellement ici, mais s'il pouvait quitter l’enceinte du château avant que ces crétins ne les suivent, c'était déjà une bonne chose. Se glissant hors de la pièce, Sargon retira sa lame de la gorge de la donzelle, mais maintint son bras autour de sa taille pour l'empêcher de partir ou de le frapper. Elle devait comprendre ce qui l'attendait et souvent cette perspective rendait les femmes encore plus féroces qu'à l'accoutumée. Traînant la jeune Miranda derrière lui, Sargon débouche dans le hall où il avait fait son entrée quelques instants plus tôt : les gardes qui restaient réagissaient en voyant que l'envahisseur était en train d'emmener la fille du lord avec lui, mais il suffisait que Sargon menace de la tuer pour les maintenir à distance. Ce plan marcha au moins jusqu'à ce qu'il se glisse à l'extérieur de la forteresse qui n'était pas très grande, mais une fois dans la cour, les choses se gâtèrent : il y avait beaucoup plus de monde et des gardes désireux de sauver la demoiselle en détresse. Heureusement pour lui, Sargon distingua au loin son fidèle second, Yoren, qui le rejoignait, s'inquiétant de ne pas voir son capitaine revenir. Son aide ne serait pas de trop, mais serait-elle suffisante ?


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Seamus Ouestrelin
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Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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Message Mer 20 Fév 2013 - 18:14

Seamus

L’impuissance est une terrible sensation. Il lui était tout à fait insupportable de voir le fer-né s’éloigner avec Miranda entre les mains, mais Seamus n’avait d’autre choix que de se plier à la volonté du pirate. Sullivan semblait s’être perdu dans les méandres d’un autre monde : ses yeux se baladaient en alternance du cadavre, à sa sœur, puis au fer-né avant de se morfondre sur les petits corps inertes des centaines de souris qui gisaient au sol. Quant au garde, il ne semblait pas être muni de l’intelligence nécessaire pour prendre des décisions de son propre chef ; il alla même jusqu’à céder le passage au pirate tout en affichant une expression contraignante.
Alors que le pirate disparaissait lentement dans le couloir, maintenant fermement son épée sous le menton de la jeune femme, Lord Ouestrelin lui adressa un dernier regard où semblait regorger toute la haine du monde.
« Tu paieras, fer-né. Tu paieras. » Sa voix rauque s’évanouit dans une sombre menace alors qu’il restait planter au cœur de la pièce, s’interdisant de bouger de peur que sa fille y laisse la vie.

Quelques instants s’écoulèrent ; des secondes à longévité éternelle. Si le fer-né venait à les apercevoir à ses trousses, il risquait de trancher la gorge de Miranda, mais Seamus ne pouvait lui permettre de s’échapper de cette façon : dès qu’il jugea avoir patienté assez longtemps, Lord Ouestrelin se précipita hors de la pièce, dévalant l’escalier avec une énergie qu’il pensait avoir perdue, mais ses jambes n’étaient pas prêtes à une activité aussi soudaine. Il perdit pieds, trébuchant grossièrement sur l’une des marches. Son crâne heurta le sol. Il perdit conscience.

Ormond

Les coriaces fer-nés s’étaient dispersés dans le port telle un troupeau de buffles enragés. Les raids ayant été particulièrement rares à Falaise, personne ne s’était préparés à une éventuelle attaque ; les esprits tranquilles des paysans avaient cédé à la paresse, trop habitués au semblant de protection que leur bien-aimé seigneur était parvenu à établir grâce au heureux hasard de la fatale destinée qui s’était abattue sur lui il y a un quart de siècle. Bien évidemment, ses sujets n’en savaient rien, et encore moins son fils aîné qui s’était si brusquement précipité à la rencontre des pirates avec la ferme intention de faire couler du sang.
Ormond menait ses hommes avec l’insouciante résolution que l’on connait à la plupart des jeunes gens, brandissant son arme au dessus de sa tête alors qu’il criait bestialement à l’adresse de l’ennemi. Ses soldats s’étaient aussitôt dispersés, cherchant à faire saigner l’envahisseur en coupant quelques têtes. Beaucoup semblaient, dans une certaine mesure, secrètement se réjouir de l’attaque. Après tout, l’action au château s’était presque faite inexistante et les histoires de guerre qui secouaient si vigoureusement les Terres de l’Ouest avaient même attisé l’adrénaline du plus petit rejeton.
Cette soif de violence s’était immiscée chez Ser Ormond telle une maladie. C’était une véritable démangeaison, qu’il était pourtant incapable d’atténuer puisque sa mère le tirait si promptement par le bras pour demeurer à Falaise. Il était bien le seul à vouloir si vivement défendre l’Ouest ; le reste de sa famille semblait faire preuve d’une invraisemblable négligence vis-à-vis du conflit avec les Îles de Fer et le jeune chevalier n’hésitait jamais à manifester son indignation face à cette insupportable passivité. C’était bien le cas de son père – oh, Grand Lord Ouestrelin – qui s’était si consciencieusement enfermé dans cette maudite chambre. Le vieillard n’avait même pas levé le petit doigt pour défendre son fief... Si le bûcher avait été allumé en temps et en heure, tous les soucis des Ouestrelin se seraient envolés en cendres et en fumée. N’était-ce pas égoïste de la part de son père d’empêcher son fils aîné d’obtenir le titre et le rang qui lui revenaient de droit ? Ormond savait pertinemment que Seamus n’expirera jamais en sachant qu’il lui lèguerait Falaise. Il était bien trop fier et beaucoup trop entêté pour mourir avant d’accomplir la mission qu’il s’était si hardiment fixée. Tout ce qu’il a en tête est ce sale bâtard. L’amour que Lord Ouestrelin affichait si inconvenablement pour Artos Snow avait complètement aveuglé le vieux Seigneur : son fils illégitime n’avait ni été présent le jour de son exécution, ni aujourd’hui quand le château avait impérativement besoin de toute l’aide disponible. Ormond était bien trop arrogant pour avouer qu’il épiait profondément son demi-frère. Or, la jalousie était bien là, aigre et perfide. Elle assombrissait grandement l’humeur du jeune homme, l’empêchant dès lors d’entretenir une quelconque affection pour le père qui préférait un autre fils.
L’héritier Ouestrelin aimait dramatiser et amplifier n’importe quelle situation. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il avait emmené avec lui tous les gardes présents à Falaise, laissant par conséquent le château sans la moindre défense. Si le fameux Sargon Harloi était parvenu à s’infiltrer dans la demeure familiale, c’était bien à cause du jeune chevalier (sans parler du mépris inconditionnel que chacun éprouvait à l’égard de Lord Ouestrelin).

C’était donc la conscience chargée et les sens en ébullition que Ser Ormond fonça à la rencontre des fer-nés. Ses exploits ne furent bien évidemment pas extraordinaires, mais la vanité avait enflammé sa fantaisie de façon à ce qu’il s’imagine les pirates en train de fuir à sa simple vue. Il lui était toutefois impossible d’évaluer le temps qui s’était écoulé depuis qu’il avait foncé dans la bataille. Son esprit insinuait que ce n’avait été qu’une affaire de secondes alors que son corps affirmait s’être battu pendant des heures.
« Ormond ! »
La voix se perdit dans le vent maritime, tel un lointain songe.
« Ormond ! »
Entendit-il de nouveau. Le jeune chevalier fit un tour sur lui-même ; sa conscience lui jouait-elle des tours ? A ses côtés ses trouvait Jon. Le soldat lui adressa un regard étonné, signe qu’il avait également perçu l’appel. Les deux hommes se trouvaient près de la place centrale. Aux pieds d’Ormond gisait le dernier pirate qu’il était parvenu à massacrer. Les autres hommes d’armes défendaient le port, à la poursuite des pirates. Ceux-ci fuyaient déjà en direction de leur navire, les bras chargés des maigres trésors dont regorgeaient les foyers de tous ces pauvres citoyens.
Jon secoua les épaules d’un air désinvolte. Le jeune Ouestrelin suivit son exemple, puis rengaina son arme. Ne portant plus aucune attention à ces étranges appels, Ormond courut en direction du port dans l’espoir d’ajouter un autre cadavre à sa maigre liste de victimes. Mais alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour, ses yeux croisèrent une silhouette familière. Il s’arrêta l’espace d’un instant, fronçant les sourcils pour mieux cerner le petit groupe d’individus qui semblaient descendre depuis le château avant de réaliser avec horreur que sa sœur se faisait traîner contre son gré par un fer-né et son acolyte.
« Miranda ! hurla-t-il avec colère tout en courant aussi vite que possible en direction des ravisseurs, Halte ! » son cri mourut, étouffé par son essoufflement.
Ser Ouestrelin courait comme si l’Etranger était à ses trousses. Jon le suivait, s’efforçant à tenir la cadence. Les longues jambes du chevalier le portaient lestement malgré le poids de son armure et il parvint à rattraper les pirates qui étaient manifestement ralentis par leur otage.
Ormond n’attendit pas une quelconque réaction de la part de ses adversaires. Il brandit l’épée de son père, accéléra la course, puis trancha l’air de sa lame avec la ferme intention de couper Yoren en deux. L’homme, visiblement moins épuisé que le chevalier, parvint à bloquer le coup. Les armes s’entrechoquèrent avec fracas, mais la force du choc fit brutalement reculer Ormond, dont l’équilibre n’était manifestement pas aussi solide que celui du pirate. Jon profita de l’occasion pour sauter entre les deux hommes pour engager le combat. Le jeune Ouestrelin se tourna par conséquent vers l’autre adversaire, désireux de planter sa lame dans celui qui s’était emparé de Miranda.
« Aucun homme se cache derrière les jupes d’une femme pour échapper à un combat. Ai-je affaire à une hideuse femmelette ? le jeune homme lui adressa un regard à la fois hargneux et provocateur, Viens te battre, si t’es un homme. »
L’instant d’après, Jon tomba à terre, raide mort. Ormond semblait avoir manifester son arrogance un peu trop tôt... Parviendra-t-il à faire face à deux adversaires ? Il jeta un coup d’œil à sa sœur. Son visage était couvert de sang. Elle secouait doucement la tête comme pour lui dire de s’enfuir. Oubliait-elle que les Ouestrelin étaient fameux pour leur entêtement ?
Le chevalier serra les deux mains sur la poignée de l’épée familiale avec détermination. Non, il ne fuira pas.

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Sargon Harloi
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Message Jeu 21 Fév 2013 - 17:08

     La captive se débattait, ralentissant le Fer-né et son second qui venait de le rejoindre. Comme elle se montrait particulièrement pénible, le Harloi songea à l'assommer d'un bon coup derrière la nuque pour la hisser sur son épaule et regagner sa précieuse Veuve Salée plus rapidement, mais il n'en eut guère l'occasion ! Voilà qu'un autre trouble-fête se joignait à leur petite sauterie, un chevalier en armure déboula devant eux et s'en prit directement à Yoren. Grossière erreur, le roturier était bien plus expérimenté que son capitaine et même s'il ne possédait pas une arme aussi puissante, il brillait particulièrement dans les rixes et les combats rapprochés. Le petit chevalier dû d'ailleurs s'en rendre compte lorsqu'il fut repoussé en arrière, certainement entraîné par le poids de son armure. Contrairement à lui, les deux natifs des Iles de Fer n'étaient vêtus que d'armures légères – ils gardaient les lourdes pour les grandes batailles et non les petits raids – et pouvaient donc davantage se permettre de bouger. À peine le chevalier éloigné, voilà que son compagnon décida de s'en prendre au second de la Veuve Sale qui avait décidément du succès auprès des hommes d'armes du continent ! Lorsque le premier assaillant se retourna vers Sargon pour lui lancer quelques répliques qui n'eurent comme effet, que de faire sourire l'insulté, il semblait que le chevalier était prêt à affronter toutes les Iles de Fer pour délivrer la jolie donzelle. Ce qu'ils pouvaient être ridicules avec leurs belles paroles ! Comme pour prouver au bravache continental qu'il n'avait pas les capacités de parler de la sorte, son compagnon s'étala sur le sol, mortellement touché par Yoren qui se glissa aux côtés de son capitaine. Le regard du roturier scruta le jeune chevalier comme s'il se demandait pour qui se prenait cet imbécile. La jolie Miranda sembla vouloir sauver la mise de cet homme qui devait certainement être un membre de la maison Ouestrelin, mais celui-ci avait l'air de souhaiter en découdre avec l'envahisseur. Soit ! D'un geste, Sargon envoya sa prise dans les bras de son second avant de désigner le boutre d'un geste du menton.

     ▬ Conduis-là sur la Veuve, je m'occupe de lui et je vous rejoins juste après. »

     Une déclaration bien assurée alors que le Harloi n'était pourtant pas certain de pouvoir tenir tête aussi facilement à un chevalier. Cela dit, il avait un avantage certain : celui de ne pas s'être beaucoup battu puisqu'il avait passé le plus clair de son temps ici, dans la pièce du seigneur de Falaise. Reportant son attention sur son adversaire, le Fer-né se contenta de le dévisager pendant quelques secondes. Il n'avait rien à gagner à tuer cet homme, les provocations envoyées n'avaient aucun effet sur Sargon qui n'éprouvait donc aucun besoin de lui couper la langue pour le punir d'avoir osé lui parler de la sorte. Une simple correction et une légère blessure pour lui faire comprendre qu'il n'était pas de taille face aux Fer-nés, serait amplement suffisant ! Mais avant toute chose, le Harloi voulait lancer une réplique pour le provoquer, lui aussi.

     ▬ Ne t'inquiète pas, je compte juste lui soulever sa jupe, pas me cacher derrière. »

     Simple provocation, Sargon n'avait pas l'intention d'abuser de la demoiselle, il préférait la garder en l'état pour malmener le cœur du malheureux lord Ouestrelin. Mais si cette déclaration pouvait énerver son interlocuteur, tout n'en serait que plus amusant !

     Le chevalier lança la première attaque, son épée frappa directement contre l'acier Valyrien de son adversaire qui n'hésita pas à expédier au passage un coup de coude de la mâchoire du continental au moment de le repousser. Les combats n'étaient pas les mêmes que dans les tournois, avec l'honneur et toutes les conneries de ce genre, mais ce n'était que plus divertissant. Ne souhaitant pas trop s'attarder ici, Sargon estima qu'il valait mieux accélérer un peu les choses. Il riposta aussitôt, envoyant un premier coup d'estoc en direction du ventre du jeune chevalier. Si celui-ci ne l'avait pas esquivé, il aurait été transpercé de part en part malgré son armure épaisse, c'était l'avantage de se battre avec une arme unique : vous n'aviez pas besoin de vous soucier de ce genre de détails. Quelques nouvelles passes, il était clair que le jeune homme savait se défendre, mais peut-être pas suffisamment attaquer pour réussir à tuer. Ou alors son épuisement était trop prononcé pour qu'il parvienne à réunir ses forces à ce moment. Entendant le cor de Yoren signaler qu'il était temps de regagner le boutre, le Harloi augmenta la cadence en considérant que son compagnon de bataille allait finir par faire une faute d'inattention. Et ce fut le cas : alors qu'il visait une fois de plus le ventre du chevalier, Sargon changea de cible à la dernière minute et glissa la lame Valyrienne vers le flanc de son adversaire. L'armure et la chair furent coupées sans difficulté, mais pas assez profondément pour que les tripes du continental ne se répandent sur le sol. Il ne s'agirait que d'une blessure assez peu importante pouvant être soignée à condition de ne pas s'agiter sans cesse. Mais au fond, cela n'importait pas. Reculant d'un pas, le Fer-né observa le chevalier.

     ▬ Je te laisse la vie sauve comme ça tu pourras te souvenir que si ta jolie dame est avec moi loin des siens, c'est par ta faute. Le seul à avoir été proche de la sauver était celui que vous méprisez le plus, pas étonnant que vous perdiez toujours les guerres. »

     Sans se soucier davantage de lui, le capitaine se détourna du chevalier pour s'en-aller aussi rapidement que possible en direction de son boutre. La blessure avait beau ne pas être mortelle, elle n'en était pas moins douloureuse et avec son armure, le jeune homme ne pouvait pas tenir la cadence pour s'élancer après le Fer-né qui était en train d'enlever sa sœur. Dès qu'il eut regagné la Veuve Salée, Sargon ordonna le départ et comme à chaque raid, les hommes restés au sol poussèrent le boutre à l'eau avant de monter rapidement à bord. Les habitants des environs ne s'attendaient apparemment pas à une telle attaque, les pertes étaient assez minimes comparées à celles que les Fer-nés connaissaient habituellement. En prime, ils avaient même ramassé une jolie dame de l'Ouest, de quoi décorer un peu le château de Kenning ! Approchant d'elle, le capitaine ne manqua pas de lui lancer quelques mots pour qu'elle sache à quoi s'en tenir.

     ▬ Ne te montre pas insupportable, n'essaye pas de t'échapper et tu resteras peut-être en vie assez longtemps pour pouvoir rentrer chez toi un jour. Je ne suis pas un mauvais hôte du moment que mes invités ne me compliquent pas la vie. Je ne te le dirais qu'une fois. »

     Simple avertissement pour savoir à quoi s'en tenir, puis il la laissa en paix pour aller s'occuper du retour sur les Iles de Fer. L'avantage sur la mer, c'était que vos captifs ne pouvaient s'enfuir nulle part, elle n'avait qu'à patienter dans un coin du pont jusqu'à ce qu'ils rentrent chez son nouveau « chez elle ».


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Message Sam 23 Fév 2013 - 0:21

Quand Seamus ouvrit les yeux, il était allongé sur son lit. Quelqu’un avait pris soin de couvrir son front d’un bandage. Une douleur perçante lui martelait le crâne, comme si on lui avait enfoncé un clou dans la tête. Il se redressa tant bien que mal, les sens étourdis et la mémoire embrumée. Il se surprit à voir Sullivan, somnolant dans un fauteuil. Son fils ouvrit les yeux, virant vers son père un regard à la fois surpris et inquiet ; expression que le garçon n’avait jusque là jamais adressée à son père.
En plongeant ses yeux dans ceux de Sullivan, les derniers évènements dont Lord Ouestrelin avait été témoin resurgirent telle une avalanche dévastatrice. Son cœur se mit à battre violemment et il commença à inspirer de façon frénétique. Enfin, il sauta du lit, puis courut en direction de la porte, mais avant qu’il ne puisse appuyer sur la poignée, Sullivan s’était levé de sa chaise et retint Seamus par la manche de sa chemise de nuit.
« Père...
_Lâches moi ! Miranda. Il a enlevé Miranda ! le vieux seigneur secouait son bras avec fébrilité. Il parvint à peine à se défaire de la faible emprise de son fils. Sa force semblait l’avoir déserté.
_Papa ! L’appel rappela Seamus soudainement à l’ordre et il arrêta ses gesticulations paniquées. Ils sont partis il y a deux jours... sa voix se fondit dans un murmure rassurant, Ils sont déjà partis.
_Quoi ?... Mais... J’étais... il pouvait encore sentir les marches se dérober sous ses pieds avant de brutalement percuter le sol.
_Tu es tombé dans l’escalier en voulant partir à la poursuite du Harloi. Seamus lui adressa un regard interrogateur, C’est comme ça que s’appelle le pirate. C’est du moins ce que prétendaient certains paysans. »
Le seigneur de Falaise ne pouvait que se maudire soi-même : il se sentait ridicule, stupide même. Comment avait-il put trébucher, puis perdre conscience ? Miranda avait besoin de lui et il n’était parvenu à la sauver qu’à cause d’une fatale maladresse qui ne pouvait que difficilement être de l’ordre du hasard ; sans doute les Dieux voulaient-ils le voir souffrir avant de le laisser mourir ; lui ôter chaque parcelle de ce qui lui était cher de la façon la plus agonisante qui soit. Cependant, bien que Seamus marmonnait sombrement de violentes accusations contre les Anciens Dieux et lui-même, il ne réalisait à quel point il avait été chanceux. Chanceux, oui, puisque s’il s’était mis à la poursuite du fer-né, il aurait non seulement risquer sa vie mais également celle de Miranda. De tels accidents peuvent avoir d’étranges impacts, comme un caillou déclenchant une avalanche. Quand un événement aussi minime détermine avec tant d’ampleur la direction dans laquelle s’engagera la vie d’un individu, on peut bien se demander si nos vies nous appartiennent réellement...
Mais le seigneur était aveugle face à de telles spéculations ; tout ce qu’il voyait était le surcroit de malheurs qui s’était si soudainement abattu sur lui et il broyait du noir tout en s’avançant à pas lents en direction de son lit pour s’asseoir sur le matelas.
« Nous devons partir à leur poursuite. Nous devons les retrouver, puis les exterminer ! Son poing vint se claquer contre la paume de sa main gauche.
_Mais... père, ils ce sont des fer-nés. Ils sont retournés aux îles de fer. souleva Sullivan d’un air dubitatif. Sans doute le garçon pensait-il que son père avait perdu la tête, mais les paroles de son fils éveillèrent en Lord Ouestrelin l’ardeur qui avait si longtemps sommeillé au fond de lui, suite à cette abominable affaire de bûcher.
_Sullivan, où est ton frère ? Si quelqu’un pouvait mener les hommes de Falaise au Roc c’était bien Ormond.
_Ormond... le garçon se mordit les lèvres, Ormond a été grièvement blessé. Il est dans sa chambre. »
Seamus n’était nullement surpris, mais son identité paternelle attisa d’emblée son inquiétude. Sans plus attendre, le seigneur de Falaise enfila une chemise et alla retrouver son fils, accompagné de Sullivan.

La pièce était sombre et empestait la sueur, embuée par l’humidité et la poussière. Une lumière blafarde filtrait à travers les fenêtres laiteuses ; les rayons tombaient sur le profil de Lady Amelia, dont le visage blême et les rides prononcées accentuaient son expression d’extrême tourmente. Ses yeux rouges étaient baissés sur le jeune Ormond, dont le visage était encadré par un amas de coussins. Le chevalier avait les yeux fermés et respirait lourdement, comme si la simple action d'inspirer demandait un effort inconcevable.
Seamus s’approcha peu à peu, ses yeux s’accoutumant lentement à la pénombre régnant dans cette chambre glauque qui lui rappela implacablement celle où il s’était enfermé pendant des semaines avant l’attaque des fer-nés. Il ne put s’empêcher d’être envahi par une sensation de profond dégoût. Il s’arrêta à quelques centimètres du lit, fixant son fils aîné comme il aimait le fixer autrefois.
« Tu t’es réveillé ? J’imagine que tu t’es bien reposé. la voix de son épouse interrompit l’étonnant moment de tendresse du vieux seigneur.
_Où trouves-tu la force pour me mépriser en un tel moment ?
_C’est bien à cause de toi si nous en sommes là ! Lady Amelia lâcha un sanglot. C’était bien la première fois depuis des années qu’il l’avait vu aussi vulnérable, Si... si tu serais parti à sa place, ce ne serait jamais arrivé ! »
Pour une fois, Lord Ouestrelin ne contredit pas sa femme. Elle avait raison, il le savait pertinemment... Il écarta toute le mépris qu’il avait jusque là éprouvé pour elle, se sentant par la même occasion étrangement léger et parvint à prononcer avec intense solennité :
« Je suis désolé. »
Les paroles se suspendirent dans l’obscur espace qui séparait mari et femme. Lady Amelia lui jeta un regard d’abord incrédule, puis affligé avant d’éclater en pleurs. Seamus posa sa main dans un geste de tendresse infinie sur le front brulant de son fils, puis fit demi-tour.
« Où pars-tu ? s’enquit Sullivan, planté près de la porte. Son père lui posa une main apaisante sur l'épaule.
_En guerre. »

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