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Une étincelle de justice

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Message Sam 12 Jan 2013 - 22:53

La vie suivait son cours dans la rue de l’Acier à Port-Réal, les armuriers s’affairaient à façonner le métal grâce la bénédiction de R’hllor tandis que chevaliers et hommes d’armes cherchaient la bonne affaire. Cassana avait une certaine affection pour cette avenue malgré sa proximité avec le grand septuaire, dans cette partie de la ville les habitants semblaient encore plus attachés à leurs fausses idoles et démontraient davantage d’agressivité à l’encontre de sa personne, comme si l’ombre des sept tours de cristal les poussait à céder davantage aux ténèbres. Un tel constat l’aurait probablement attristée à l’époque où elle portait encore la robe de novice, en ce temps-là la jeune femme ne parvenait pas à comprendre comment certains pouvaient ne serait-ce que se refuser au Maître de la Lumière, alors adopter une sombre machination du Dieu Mauvais comme credo… A présent Cassana maitrisait parfaitement ses émotions et cachait sa désapprobation derrière un fin vernis de tranquillité tandis que ses mots se chargeaient d’ouvrir les yeux des incultes. Au moins les modeleurs de fer et de cuivre se montraient-ils plus aimables, sens du commerce obligeait, et la Dame Rouge venait de temps à autres converser avec eux tout en essayant de trouver des augures dans le brasier de leurs forges. Ils ne la chassaient jamais car malgré toute la minutie que demandait leur travail il revêtait un caractère routinier tandis que la suffocante chaleur de leurs ateliers décourageait les curieux de s’y attarder et les condamnait donc à une certaine solitude en journée. Durant les longues heures d’un travail harassant une simple présence et un dialogue pour s’occuper l’esprit enlevait de leur peine aux tâches ingrates.

La prêtresse pour sa part ne s’offusquait jamais des fortes températures, en plus des différences de cultures entre Westeros et sa terre natale résidait aussi un large fossé climatique, et tout comme le prônait le Temple : seul le froid était mauvais. Elle restait donc ainsi à deviser avec des hommes bourrus et suants qui se montraient plutôt de bonne compagnie dès lors que l’on savait aborder les bons sujets, celui de la minutie dans leurs ouvrages restait de loin le plus apte à les faire s’ouvrir avant d’aborder le cas de la théologie.

Ce jour-là Cassana observait un armurier du nom de Molte apporter la touche finale à une épée de sa conception, celui qui n’avait quitté le tutorat de son ancien maitre qu’une année plus tôt lui expliquait avec passion l’avantage des lames bâtardes tandis que la dame l’écoutait poliment, assise sur un tabouret. L’artisan avait un bon fond et gardait en lui le potentiel pour faire un formidable dévot pour peu qu’il accepte d’ouvrir les yeux, mais elle se refusait à presser le jeune homme pour éviter qu’il ne se braque à cause du jugement de ses pairs. Une fois qu’ils en auraient terminé elle lui proposerait d’assister à une de ses offices du matin pour saluer le lever du soleil.

Ce fut malheureusement à cet instant que le gérant de la boutique voisine entra en trombe, un fabricant d’armes au rabais sot et qui essayait de combler le vide dans sa clientèle avec du vin. L’individu, prénommé Emett, n’avait ni talent ni volonté de devenir quelqu’un de meilleur et plus d’une fois il avait fait preuve de grossièreté à l’encontre de Cassana en la voyant passer. Bien entendu elle n’avait jamais directement répondu à ses provocations et avait même tenté d’engager le dialogue avec lui mais il n’y avait pas une once de bon sens dans cette âme, cette brute empestait le mal et aurait fini sur un bûcher si elle avait vu le jour de l’autre côté du détroit.

Emett fila droit vers la dame rouge et lui saisit violemment le poignet pour la forcer à se relever tandis que Molte restait immobile sous le coup de la surprise, la douleur obligea la prêtresse à se redresser tandis que le butor beuglait d’une voix empestant l’alcool :

« J’te r’prends à roder sale sorcière ! T’croyais que j’verrais pas qu’tu m’as barboté des trucs la dernière fois qu’t’as pointé ton sale pif dans m’boutique ?! Hein ?! »

La dame rouge n’avait bien entendu pas la moindre idée de ce dont il parlait mais n’eut pas le temps de protester alors qu’il la trainait au-dehors et la jetait sur les pavés sous les yeux de passants médusés qui, flairant le spectacle de rue naissant, commencèrent à s’attrouper pour ne rien manquer de la scène. Elle atterrit sur le côté et ressentit une profonde douleur à l’épaule alors que cette dernière s’écrasait contre la pierre, Cassana n’avait rien d’une guerrière et ce mauvais homme ne lui laissait même pas le temps de glisser un mot pour tenter de l’apaiser, continuant à l’invectiver avec les mots les plus disgracieux que pouvait offrir sa langue natale. Lorsqu’elle parvint à se relever Emett fit mine d’armer son bras pour la frapper mais n’alla pas jusqu’au bout, peut-être parce que la cible de sa colère ne faisait pas mine de vouloir se défendre.

« Je ne suis entrée qu’une fois en votre demeure et vous m’en avez chassée bien avant que je ne sois en moyen d’accomplir ces méfaits dont vous m’accusez, vous avez trop bu et n’êtes plus cohérent. » Protesta-t-elle sans élever la voix, mais cela ne sembla pas faire grand effet.

« Menteuse ! T’as piqué trois d’mes marteaux déjà ! Et une dague là ! C’pour tes maléfices hein ? J’t’ai vue comme la sorcière qu’t’es alors t’essayes de m’jeter un sort ! »

Aussi dénuées de sens que pouvaient être ces accusations la prêtresse réalisa avec tristesse que plusieurs personnes dans la foule naissante autour d’eux criaient leur assentiment à l’armurier dans une hystérie collective qui ne faisait qu’enfler et risquait de virer au lynchage.

« Sont tous témoins ! On va appeler l’manteaux d’or et y vont t’jeter dans le trou à rats ou que t’as ta place ! »

Risquant un regard vers la boutique Cassana comprit que Molte ne sortirait pas pour lui venir en aide, jamais seule grâce à la Bénédiction du Maître de la Lumière mais malgré tout isolée au creux d’une masse hostile.


Dernière édition par Cassana d'Asshaï le Lun 21 Jan 2013 - 19:55, édité 1 fois
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Ororya Gargalen
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Message Dim 13 Jan 2013 - 12:23

Ororya laissa échapper un petit soupir résigné, offrant un regard sévère au petit bonhomme qui marchait à ses côtés. Ça devait être la troisième fois qu’elle lui était tombée dessus au détour d’un couloir du Donjon Rouge – le petit garnement parvenait toujours à s’y infiltrer, volant dans les cuisines et furetant dans les coins sombres. Si finalement, elle parvenait toujours à le rattraper, ça n’était qu’une fois de plus qu’elle le reconduisait jusqu’à chez lui pour le rendre à sa mère. Ils vivaient tout deux dans un quartier marchand et n’étaient pas si mal lotis - alors pourquoi fallait-il qu’il vienne errer dans le Donjon ? Une question qu’elle avait bien tenté de lui poser à plusieurs reprises sans obtenir une seule réponse. A chaque fois qu’Ororya observait cette tignasse brune emmêlée et ce visage mutin, elle en avait le cœur serré, et elle ne pouvait décidément pas se montrer trop sévère. Ça n’était qu’un gamin après tout. De peur que les autres se montrent méchants ou durs avec lui, la Dornienne prenait toujours soin de le raccompagner, et même si elle tentait de lui faire la morale, elle savait que ça ne mènerait à rien. Sacrément têtu comme gosse !

« Zed… Combien de fois devrais-je te le répéter ? Si tu continues à venir, tu risques de te faire attraper par quelqu’un d’autre que moi qui sera assurément moins compréhensif. » – Le gronda-t-elle, le tenant fermement par la manche de son gilet troué pour ne pas qu’il se fasse la malle.

Le jeune garçon, à peu prés âgé de sept ans, maintenait sur son faciès un air profondément boudeur. Bien qu’il aime bien la jeune femme, il était bien trop fier pour le lui montrer – témoignant d’ores et déjà d’un orgueil qui ferait de lui un homme difficile. Tous les individus qu’elle croisait dans les ruelles pavées jetaient un drôle de regard à ce curieux duo – s’inquiétant sûrement de savoir ce qu’il allait advenir du gamin. Elle ne pouvait pas leur expliquer la situation – ainsi, elle se contentait de les ignorer, prenant tout de même soin de ne pas sembler trop agressive à l’égard du garnement.

« Que va penser ta mère ? Tu vas la rendre folle avec tes bêtises. » – Ajouta-t-elle sur un ton plus compatissant qu’il n’aurait du être. Ororya était une vraie guimauve avec les enfants et elle en avait parfaitement conscience. Ils faisaient tous ressortir ce quelque chose de maternel qu’elle avait en elle et qu’elle tentait de dissimuler coûte que coûte.

La Dornienne s’arrêta finalement, s’abaissant au niveau du gamin pour lui faire partager son air exaspéré. Sa bouille était marquée par la poussière, preuve qu’il devait se cacher dans des endroits difficilement accessibles au Donjon Rouge. Elle lui tendit finalement sa main paume ouverte pour l’encourager à la saisir.

« Allez, donne-moi ta main. Ou bien les gens croiront à mal. » – Déclara-t-elle en se redressant.

Zed ne rechigna finalement pas à s’exécuter et ils se remirent en route dans le quartier des forgerons. Pour sûr que la tunique de la Dornienne détonnait par rapport au reste – de noir et de blanc, brodée du dragon Targaryen. Si Ororya avait appris à ignorer les regards insistants qui se tournaient sur sa personne, elle connaissait aussi les risques à se balader ainsi hors du Donjon Rouge. Elle pressa dés lors le pas, entraînant le garçon dans son sillage et ne s’arrêta que lorsqu’elle entendit des éclats de voix dans une ruelle voisine. Fronçant les sourcils, la jeune femme s’avança et remarqua l’attroupement d’individus qui cernait une femme toute vêtue de rouge qui gisait à terre, en fâcheuse posture. Les gens avaient l’air d’être sacrément remontés contre elle et Ororya ne put se résigner à laisser faire ça. Lâchant la main du gamin, elle lui coula un regard avant de lui offrir un geste de tête.

« Allez, file chez toi. » – Lui ordonna-t-elle avant d’en revenir à la scène qui menaçait de mal tourner pour la jeune femme en rouge. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’était de voir une femme malmenée. Après s’être assurée que le petit s’était bien carapaté loin d’ici, Ororya entreprit de rejoindre le groupe d’individus qui se pressaient de cracher sur la femme. Saisissant sa lance pour la tenir prés de son corps et se rendre d’autant plus convaincante, Ororya tâcha de se faire entendre de la populace.

« Dispersez-vous. » – Lâcha-t-elle sur un ton ferme, poussant les individus à lui ouvrir le passage. Elle promena son regard d’ébène sur l’assemblée qui commençait à chuchoter face à sa présence, puis elle inclina le visage en direction de l’homme qui semblait avoir fait naître l’animosité à l’encontre de la femme en rouge. D’ailleurs, en l’observant de prés, Ororya se demanda si ce n’était pas la prêtresse rouge sur qui courrait bon nombre de rumeurs à Port-Réal. « Quel est le problème ? »

Elle interrogea du regard l’homme qui ne semblait pas très stable sur ses jambes. Il empestait le vin à plein nez et Ororya fronça le nez avant de se tourner vers la jeune femme et de lui tendre sa main pour l’aider à se relever.

« Toute violence gratuite est proscrite. Expliquez-vous sur la raison de tout ceci. Et les non concernés sont priés de poursuivre leur route. » – Ajouta-t-elle, articulant chaque mot en promenant son regard sur les badauds aux visages méfiants. « En tant que Dent de Freux, je vous l’ordonne. »

La tension était largement palpable à cet instant même, mais après quelques mûres hésitations, la populace se mit à bouger – laissant l’affaire se régler. Inclinant son visage vers la prêtresse, Ororya la détailla brièvement du regard.

« Est-ce que ça va ? » – Lui demanda-t-elle, repérant si elle avait été blessée. Puis, elle concentra toute son attention sur l’homme au visage empourpré et le questionna. « Qu’en est-il ? »

Il était saoul et elle était à peu près certaine de lui accorder peu de crédit à cause de ça. Même si la prêtresse rouge faisait parler d’elle, elle était à Port-Réal depuis assez longtemps pour en faire partie.

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Message Mer 16 Jan 2013 - 10:00

R’hllor n’abandonnait jamais ses fidèles les plus dévoués, par la flamme qui habitait le cœur des personnes de bien il intervenait le plus souvent, leur transmettant de sa force et de sa volonté pour que des moments de grands périls renaisse l’espoir et finalement naisse une victoire éclatante. Cassana savait que, sa mission n’étant pas encore achevée, sa vie ne prendrait pas fin par la faute d’un ivrogne rongé par les ténèbres, mais alors qu’elle pensait s’en tirer par le pouvoir de persuasion de ses mots le Maître de la Lumière choisit de lui envoyer un champion pour lui prêter assistance.

Ce dernier prit la forme d’une femme au teint plus hâlé que le sien, vêtue de blanc et de noir selon l’uniforme que portait l’une des castes guerrières au service des puissants de Port-Réal, au creux de sa paume reposait une lance. L’arrivante parla d’une voix assurée, enjoignant les curieux à passer leur chemin tandis qu’elle tendait une main secourable à la prêtresse rouge qui s’en saisit délicatement avec un hochement poli de la tête. Contre toute attente beaucoup lui obéirent, ce qui semblait assez étonnant dans cette cité où l’autorité ne se partageait pas équitablement entre les membres des deux sexes. Mais celle-ci portait les habits de combattante et représentait de ce fait une autorité que les gens du commun préféraient éviter de contrarier. Ce ne fut bien entendu par le cas d’Emett qui, trop éméché par l’alcool ou tout simplement trop bête pour réaliser qu’il ne se trouvait plus en position de force, resta campé sur ses pieds en dodelinant légèrement de la tête.

Lorsque sa Championne s’enquit de son état avec ce qui ressemblait à une parfaite sincérité, Cassana lui sourit doucement avant de répondre en époussetant ses robes :

« Le Cœur de Feu soit loué aucun mal ne fait souffrir ma chair à outrance, je le remercie d’avoir conduit vos pas jusqu’à moi car je crains que le pauvre homme ait finalement perdu la raison à force de trop boire. »

Puis la Dame rouge croisa les mains au-dessus de sa poitrine tout en inclinant la tête et ajouta :

« Je vous remercie aussi pour votre aide. »

L’armurier au visage recouvert de plaques violacées que des années d’excès avaient patiemment incrustées dans sa peau beugla de plus belle lorsque l’attention revint vers lui. Ses poings restaient serrés de façon menaçantes tandis qu’il jetait à la prêtresse un regard aussi courroucé que le permettait son état, inconscient de la différence de rang entre la Dent de Freux et sa personne.

« C’qu’y a c’est qu’c’est une voleuse et une menteuse ! Pis une sorcière aussi ! Elle jette des sorts et pis elle fait disp’raitre des gens, tout l’monde le sait mais personne fait rien ! »

Manquant de perdre l’équilibre et de tomber sur son séant par l’effet de son propre centre de gravité très fluctuant ces dernières heures, Emett ne se démonta pas et poursuivit :

« Chaque fois qu’elle s’montre dans l’coin j’ai un truc qui s’envole ! Pouf ! C’est elle j’suis sûr ! Faut la découper en morceaux c’te maudite ! »

Cassana avait pendant ce temps réussi à se recomposer une posture digne et une expression neutre où ne figuraient ni ressentiment ni crainte, en tant que Prêtresse de R’hllor son devoir lui imposait tout autant de trouver une leçon à chaque évènement que de convertir les masses au culte. A cause de cela elle laissa d’abord la parole à la lancière avant de glisser :

« Je ne suis qu’une humble femme de foi venue porter la parole du Temple sur ces terres, je ne tisse aucun maléfice, pas plus que je ne souhaite de fin prématurée aux personnes de bonne volonté. J’ignore où cette colère que je semble vous inspirer prend sa source mais si vous persistez à préférer la violence au dialogue je crains fort que nous ne finissions dans une impasse. »

La Dame Rouge détailla plus en profondeur les traits de sa nouvelle alliée contre l’aveuglement qu’enfantaient les ténèbres. La couleur de sa peau différait de celle des autres habitants, laissant à penser que ses origines se trouvaient ailleurs. Beaucoup de voyageurs transitaient par le port, dont certains venant tout comme elle d’au-delà du Détroit mais la soldate n’avait rien d’une Braavosi, d’une Tyroshi ou d’une Pentoshi, tout comme son accent ne ressemblait en rien à ce que la pieuse avait déjà entendue par le passé, elle qui avait parcouru des milliers de lieues pour arriver jusqu’ici. Tout cela créait un mystère que la prêtresse résoudrait en lui posant la question plus tard, ce serait un excellent moyen de briser la glace car la prêcheuse ne songeait pas un seul instant à une séparation immédiate sitôt l’incident clos.

L’expérience avait appris à Cassana que ceux qui vivaient par les armes possédaient habituellement les âmes les plus difficiles à convertir, le feu brûlait déjà en eux sans qu’ils le réalisent et l’obstination que leur volonté de survivre leur imposait les rendait peu malléables. En contrepartie, sitôt qu’ils quittaient leurs fausses croyances l’on gagnait alors quelqu’un désireux d’offrir jusqu’à sa vie pour le Maître de la Lumière.

Cette personne constituait donc un cas intéressant sur lequel la Dame Rouge souhaitait se pencher davantage même si l’appartenance de la guerrière à un groupe organisé laissait peu de chances de succès. Si réussite il y avait la prêtresse pourrait alors enfin être autorisée à pénétrer dans le fameux bastion des puissants, ce Donjon Rouge où les soldats de blanc et de noir au service de ce « FreuxSanglant » -comme l’appelaient les gens qui lui avait parlé de cet étrange seigneur- élisaient domicile.

Mais pour l’heure la situation exigeait déjà que les deux femmes se débarrassent de l’agaçant armurier qui semblaient presque déterminé à en venir aux mains malgré le crime que cela pourrait représenter entre ces murs. Même en tant qu’étrangère Cassana savait que ceux à s’en prendre à pareille personnage avait peu de chances de couler de longs jours.
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Ororya Gargalen
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Message Ven 18 Jan 2013 - 11:25

Ororya promena un nouveau regard autour d'elle pour intimer à tous de passer leur route s'ils n'étaient pas concernés par cette histoire. Elle redoutait que la populace ne se montre pas spécialement enchantée et sûrement que ça allait jaser du fait qu'elle soit une femme, étrangère qui plus est mais elle s'en contrefichait bien. Elle était prête à tout pour mettre cette situation au clair et n'allait sûrement pas abandonner cette femme tout de rouge vêtue entre les mains de ces individus pleins de mépris. Lorsque la jeune femme put constater que sa tentative d'intimidation avait fonctionné, elle se tourna de nouveau vers la prêtresse rouge pour s'enquérir de la raison de tout ceci. Elle put observer cette femme à l'allure particulière qui en appelait au calme et à la douceur – comme toute fervente croyante qui savait dégager un certain charisme. Lorsqu'elle prit la parole, son discours laissa quelque peu la Dornienne pantoise. Le « Coeur de Feu ». Qu'est ce que ça pouvait venir faire là ça ? Quoiqu'il en soit, la jeune femme semblait bien se porter et la gratifia d'être venue à sa rescousse. Face à son geste, Ororya se contenta de pencher légèrement la tête. Il était tout naturel pour elle d'intervenir dans ce genre de situation et ne s'attendait pas particulièrement à en être remerciée. Ororya avait bien entendu parler de ces prêtres et prêtresses du Feu mais n'avait jamais eu l'occasion d'en rencontrer. Cela l'intriguait beaucoup mais elle estimait que chaque chose en son temps – il fallait d'abord régler le différend entre la demoiselle et l'armurier éméché. La Dent de Freux lâcha du regard la prêtresse rouge pour reporter son attention sur ce dernier qui peinait à garder l'équilibre, emporté par sa véhémence à l'égard de la jeune femme. Voleuse, menteuse, sorcière – des accusations qui n'étaient en soi pas très étonnantes contre une femme qui prêchait un dieu mystérieux. La Dornienne était la première à savoir que les gens craignaient ce qu'ils ne comprenaient pas – et pour sûr que cette croyante devait faire naître la suspicion pour qui cherche un coupable.

« Disparaitre des gens ? Vous avez des preuves de ce que vous avancez ? » – Le questionna-t-elle. Pour sûr qu'il n'en avait pas, mais elle se devait de lui poser la question pour mettre l'accent sur le ridicule de la situation. « Je suis navrée mais votre certitude n'est pas recevable. Sûrement n'avez-vous jamais l'esprit assez clair pour retrouver les objets que vous avez égarés ? »

L'armurier avait sûrement besoin d'un peu de temps pour comprendre le sens des paroles de la Dent de Freux car il ne cessait de la fixer avec perplexité. Ororya se demanda s'il n'allait pas s'étaler de tout son long ou lui vomir sur les bottes mais ce dernier réussit à garder contenance. Lorsque la prêtresse rouge prit la parole, Ororya l'observa du coin de l'œil. Sa posture était comme fantomatique, son visage inébranlable. Ses croyances l'avaient sûrement forgé dans un rôle à tenir et elle avait quelque chose d'inhumain de par ce fait. Elle se défendit contre les accusations de l'homme ivre et Ororya devait lui reconnaître qu'elle maniait très bien la langue à défaut des armes. Même si la Dornienne se méfiait toujours des individus de cet acabit – qui étaient de ce fait de fins manipulateurs – elle estimait que l'armurier avait tort. Surtout de s'en prendre ainsi à la jeune femme.

« Les croyances diverses ne sont pas un méfait à punir. Vous ne pouvez décidément pas décider de faire enfermer cette jeune femme tout ça parce qu'elle est différente de vous et de moi. » – Expliqua-t-elle à l'homme. On aurait presque dit qu'elle lui causait comme à un enfant, essayant d'énoncer l'évidence même. « Surtout que si vous en venez à l'agresser, c'est vous qui finirez en geôle, et non elle. »

Elle sourcilla brièvement, comme si ce constat se devait de le convaincre. Tranquille, sa lance serrée dans le creux de sa main, Ororya reprit d'un ton calme.

« Vous devriez rentrer chez vous et tâchez d'arrêter d'y aller fort sur la bouteille. Vous verrez le monde d'une toute autre manière... Plus réaliste. »

L'armurier s'empourpra aussitôt, menaçant. Il n’avait pas l’air de supporter le fait qu’on lui dise qu’il fabule complètement. L’alcool en appelait assurément à l’incohérence et la violence, assez pour qu’il se mettre à balbutier des injures à l’égard des deux femmes.

« Z’êtes toutes des foutues sorcières ! Une femme qui porte une arme c’pas saint ! »

Ororya baissa les yeux vers les poings serrés de son interlocuteur puis émit un petit soupir, entre contrariété et exaspération.

« Et vous, vous êtes ivre. » – Lâcha-t-elle sur un ton glacial.

L’homme s’avança brusquement vers elle et Ororya recula d’un pas sur le côté pour l’esquiver. Ça n’était pas très dur en soi d’éviter les coups d’un type alcoolisé qui peinait déjà à tenir sur ses jambes. Ororya remarqua un seau d’eau posé contre le mur de pierre et s’en empara rapidement pour le jeter au visage de l’individu.

« Je vous préviens. Un pas de plus vers moi au lieu de rentrer chez vous, et je vous colle au trou ! » – Le prévint-t-elle, un brin d’hostilité dans la voix.

L’armurier s’essuya les yeux à plusieurs reprises, grommelant toujours plus d’injures à peine compréhensibles. Ororya estimait que s’eut été le dernier avertissement. Elle n’allait pas faire preuve de patience alors que ce type lui manquait ouvertement de respect. Elle n’allait pas hésiter à lui coller une rouste et à le traîner jusqu’aux cellules où il croupirait pour avoir semé le trouble. L’eau eut pourtant l’air de lui rafraichir les idées car après avoir maugréé quelques formules amères à l’égard de la prêtresse, celui-ci tourna les talons pour disparaitre en titubant dans la ruelle. Ororya finit par se retourner vers la prêtresse et la détailla du regard.

« Et bien, j’espère que celui-là vous ennuiera pas de si tôt. Mais ça s’pourrait qu’on vous garde à l’œil. Si vous êtes irréprochable, il n’y a pas raison de vous inquiéter. » – Lui lâcha-t-elle, entre curiosité et méfiance. « Vous venez prêcher la parole de votre dieu dans ce quartier ? Le Feu et la forge font assez bon ménage… »



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Message Dim 20 Jan 2013 - 22:24

Cassana ressentait une pointe de soulagement à constater que l’arrivante s’était immédiatement rangée de son côté malgré la sinistre réputation dont l’avait affublée certains des plus farouches opposants à sa présence dans les murs de Port-Réal. Les pauvres faisaient bien entendu le jeu des ténèbres de par leur méfiance hostile à son égard mais le plus surprenant avait été de remarquer avec quelle rapidité ce rejet partiel avait fait son apparition. En effet, en tant que seule foi fondée sur de solides piliers de vérité et de preuves le Culte du Maître de la Lumière œuvrait toujours à la disparition des autres croyances nuisibles aux âmes des malheureux et des crédules. Parfois le processus se déroulait pacifiquement et les vieilles idoles disparaissaient dans les bûchers sacrificiels destinés à honorer R’hllor, mais bien souvent la transition devait se faire par la force lors d’un conflit acharné entre nouveaux convertis et anciens dévots dont les ténèbres étaient trop profondément enracinées en leurs âmes. Là où ces Sept jouissaient d’une telle popularité il aurait donc été presque logique que l’on ne voit pas d’un bon œil les prêches de la Dame rouge, mais à sa grande surprise les premières insultes et regards méfiants lui avaient été acquis simplement grâce à son apparence jurant avec le gros de la populace. Etrange peuple que celui de Westeros, à vrai dire, sans doute le plus grand défi qu’une prêtresse de son ordre devrait affronter d’ici le retour du Prince qui fut promis, mais Cassana n’avait jamais rechigné face à l’adversité.

La guerrière au teint olivâtre balaya en quelques mots bien sentis les arguments bancals de l’armurier éméché, son bon sens faisait plaisir à voir et la prêcheuse s’en trouva un peu plus confortée dans son idée qu’une potentielle championne du Cœur de Feu se trouvait sous ses yeux en cet instant. Volantis avait bien la Main ardente pour protéger son Temple, peut-être qu’il serait possible de fonder un ordre semblable de combattants sacrés sur ce continent, afin que les unes après l’autre les villes soient encouragées à ouvrir leurs portes et reçoivent le message qui dissiperait l’influence du Dieu Mauvais. Elle chercherait conseil dans les flammes plus tard, l’idée méritait qu’on s’y intéresse davantage.

Emett persistait dans ses accusations dénuées de sens et Cassana parvenait sans peine à sentir la légère irritation chez la Dent de Freux. Quand le modeleur de métal abandonna toute prudence pour s’élancer gauchement sur la femme à la lance cette dernière esquiva le coup avec une facilité déconcertante qui démontrait sans peine l’étendue de ses compétences martiales. La prêtresse s’attendait alors à ce que l’armurier soit achevé pour son crime et même si l’envie de proposer un bûcher sacrificiel en lieu et place d’une exécution sommaire lui brûlait les lèvres elle ne formula pas sa pensée à voix haute. Il était encore bien trop tôt pour que les puissants et ces semeurs de mensonges de septons tolèrent pareil spectacle sous leur autorité, aussi faudrait-il attendre patiemment que le nombre de fidèles au Culte décourage d’éventuelles représailles contre ses offices, d’ici là l’acier délivrerait la mort.

Mais la soldate de blanc et de noir n’en fit rien, se contentant d’un dernier avertissement qui fit ciller la Dame rouge en même temps qu’il forçait finalement Emett à regagner le refuge ronflant de sa boutique. L’esclandre venait de s’éteindre comme une modeste braise plongée dans l’eau et les laissait toutes deux au milieu d’une foule vaguement indifférente qui reprenait sa routine quotidienne. Il y eut un flottement de quelques secondes qui fut percé par la voix de sa championne, le contenu de ses mots se voulait sans doute rassurant à sa manière un rien bourrue et Cassana accueillit ces paroles en opinant légèrement du chef avant de répondre :

« Vos actes le décourageront de recommencer, j’ai confiance. Veillez donc sur moi autant qu’il vous plaira, je n’ai rien à cacher et tout à offrir pour ouvrir les yeux des gens de bien. Je ne suis pas ici pour prêcher aujourd’hui, pas aux masses du moins, mais vous avez vu juste j’apprécie la compagnie des forges car leur foyer est puissant et tenace, leurs flammes qui ne dépérissent jamais me rappellent les braseros de nos temples. »

Ses doigts se touchèrent tandis que la prêtresse laissait ses mains au niveau de sa taille, l’angle de ses pouces rappelait alors vaguement la forme d’un cœur, procédé par lequel elle honorait discrètement et avec dévotion la seule entité envers qui elle vouait une adoration sans bornes.

« Je suis Cassana d’Asshaï, ou tout simplement Cassana si vous préférez, Prêtresse de R’hllor. Je suppose que les bruits qui courent sur mon compte vous avaient déjà donné une idée de mon identité mais je crains de ne rien savoir de vous à part la fonction que vous occupez dans cette cité. »

Son expression se rembrunit légèrement quand la silhouette du Grand Septuaire vint une fois de plus se rappeler à son souvenir loin derrière l’épaule de sa sauveuse, un rappel moqueur de ces ténèbres presque victorieuses axuquelles l’on ne pouvait échapper dans ce secteur de la ville. La Dame Rouge décida alors qu’elle reviendrait voir Molte d’ici quelques jours, quand le pauvre homme serait remis de ses émotions. Elle ne lui en voulait aucunement, sa fonction voulait qu’elle soit capable d’exercer ses obligations grâce à ses propres compétences et sans se reposer à outrance sur les autres, peut-être qu’au final cette mauvaise expérience lui ferait réaliser plus rapidement tout le mal qu’il y avait à rejeter le Maître de la Lumière. D’ici là la prêcheuse espérait pouvoir deviser un peu avec cette envoyée.

« Peut-être voulez-vous faire route commune avec moi quelques minutes ? Vous verrez que je n’agis jamais contre les lois de votre contrée et nous pourrons apprendre à mieux nous connaitre par la même occasion. En contrepartie je promets de ne faire disparaitre personne, vous avez ma parole. »

Un sourire plus chaleureux vint le temps d’un battement de cœur remplacer celui plus neutre qu’elle affichait habituellement, Cassana préférait bien souvent une approche plus douce visant à amener les futurs fidèles à comprendre d’eux-mêmes l’étendue de leurs égarements passés plutôt que de les mettre d’entrée face à la vérité crue.


Dernière édition par Cassana d'Asshaï le Lun 28 Jan 2013 - 19:39, édité 1 fois
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Ororya Gargalen
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Message Ven 25 Jan 2013 - 11:05

Ororya regarda s’éloigner l’ivrogne d’un air pensif. Etait-ce vraiment les élucubrations d’un homme porté sur la bouteille ou y avait-il du fondé dans la méfiance exacerbée de ce dernier ? Une réponse dont elle ne pouvait obtenir la réponse. Les femmes fortes et indépendantes étaient mal vues par certaines catégories de la populace. Dans le fond, si cette prêtresse prêchait la parole de son dieu, elle n’en restait pas moins mystérieuse et libre – ce qui ne cessait d’alimenter les rumeurs. Tandis qu’elles se retrouvaient toutes deux, Ororya reporta son regard sur elle, la détaillant discrètement du regard. Elle avait une posture peu commune – calme et étrange, ainsi vêtue de sa longue robe rouge et joignant les mains dans un geste de prière. Elle prit la parole sur un ton peu expressif et qui avait quelque chose de charismatique. Le personnage était vraiment intriguant et bon nombre de questions se bousculaient aux lèvres de la jeune Dornienne qui n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer de fervents croyants de R’hllor. Si la jeune femme avait toujours fait en sorte de rester impartiale et ouverte d’esprit, elle n’en demeurait pas moins vivement curieuse. La prêtresse lui expliqua qu’elle aimait être ici car la chaleur des forges lui rappelaient les feux de ses temples, ce qui arracha un sourire à la jeune Dent de Freux. En tant qu’expatriée, elle pouvait facilement comprendre le réconfort que cela procurait de retrouver un peu de chez soi dans la capitale du Westeros. La jeune femme à la robe rouge semblait être une dévote particulièrement convaincante dans son discours et les mots qu’elle employait ainsi que le ton de sa voix étaient un appel supplémentaire à l’écouter. Elle se présenta alors, sous le nom de Cassana d’Asshaï, prétendant qu’Ororya devait déjà avoir entendu beaucoup à son sujet ce qui n’était pas le cas de la prêtresse à son égard.

« Vous êtes bien loin de chez vous, Cassana. » – Et pour sûr, Asshaï-lès-l’Ombre n’était pas la porte à côté – une raison de plus pour lui accorder mysticisme et magie. Voilà de quoi la rendre encore plus intrigante aux yeux de la Dornienne, mais ce qui ne manquait pas de raviver aussi sa méfiance. Les ensorcellements étaient des instruments perfides, qui vous dérobaient votre âme et toute force de lutter. « Votre R’hllor manque de fidèles de par chez vous ? » – La question était un brin sarcastique mais méritait d’être posée. Pour qu’une femme seule en vienne à faire un tel voyage dans des contrées presque inconnues, juste pour son Dieu, c’était qu’elle avait une très bonne raison – ou un goût inconsidéré pour les dangers et une croyance inébranlable. La dénommée Cassana s’était intéressée à l’identité de la Dornienne et cette dernière laissa planer un petit silence avant de lui répondre. « Je m’appelle Ororya Gargalen, venue de Dorne pour protéger la Couronne. »

Après cette révélation, la jeune femme surveilla d’un regard inquisiteur les réactions de la prêtresse du feu. Elle l’encouragea à faire quelques pas avec elle, et après mûres hésitations, Ororya hocha la tête et lui emboita le pas. La raison de sa venue dans les bas quartiers s’était envolée avec le gamin fouineur qu’elle avait renvoyé chez lui. Elle espérait au moins que celui-ci ne reviendrait pas de si tôt. Les deux femmes tranchaient de par leur allure si différente – la Dornienne, armée et habillée aux couleurs de la Main, tandis que Cassana flamboyait dans sa longue robe rouge qui flottait sur sa silhouette. Voulait-t-elle tenter de la convertir ? L’idée amusa la Dornienne qui jouait le jeu de prêter une oreille attentive à son interlocutrice. Elle se demandait bien quels arguments la prêtresse lui servirait pour la mettre de son côté et s’impatientait presque de le découvrir.

« Je ne veux pas vous juger sur vos croyances, mais sachez que je tiens farouchement aux miennes. » – Lui glissa-t-elle. Ororya se doutait bien que tous devaient lui sortir pareil discours avant de se laisser embobiner. Quant à elle, elle était persuadée de ne pas adhérer aux croyances de la femme en rouge. Bien qu’elle soit loin de Dorne, la Rivière Mère n’en restait pas moins proche. Malgré l’aura mystique que dégageait la jeune femme, elle semblait plutôt chaleureuse et engageante. Etait-ce un masque pour obtenir d’elle ce qu’elle désirait ? Difficile à dire, mais Ororya comptait bien le découvrir en marchant un peu avec elle et en discutant. La jeune Dornienne reprit d’un ton avenant. « Ma vie est guidée par le combat… Et vous par votre dieu. Ça n’a pas été trop difficile de quitter Asshai-lès-l’Ombre ? C’est bien loin de ce continent. Votre famille a du être peinée de vous voir partir ci-loin… » – Ce n’était que des hypothèses, formulées sur un ton calme alors qu’elle jetait un regard de biais sur elle pour guetter ses réactions. Ça n’était facile pour personne de partir loin de chez soi, et peut-être que simplement la prêtresse n’avait plus de famille ? Tout un tas de questions qu’Ororya se posait, imaginant que malgré tout le mystère qui cernait cette jeune femme, elle restait quelqu’un de banal. La Dornienne continuait à marcher, surveillant les alentours du regard, croisant les regards méfiants des habitants. C’était peu commun que de voir la prêtresse rouge s’entretenir avec un Dent de Freux. A coup sûr, ça ferait naître quelques rumeurs – ce qui amusait Ororya bien plus que ça ne l’effrayait. Elle avait toujours eu ce côté provocateur, et se contrefichait presque de ce que l’on puisse penser d’elle ici. « Avez-vous réussi à obtenir quelques fidèles à Port-Réal ? Connaissant la méfiance des gens, ça n’a pas du être facile. »

Un petit sourire vint ourler ses lèvres, comme si elle s’amusait de voir les gens s’écarter sur leur passage faisant mine qu'elles avaient toutes deux la peste. Une Dornienne Dent de Freux et une prêtresse rouge, voilà ce qui faisait un duo peu commun. Ororya reporta son attention sur le visage émacié de son interlocutrice qui se tenait dans cette position étrange, les mains jointes. Elle avait grande hâte d’en apprendre plus à son sujet.

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Message Lun 28 Jan 2013 - 20:52

Loin de chez elle, Cassana l’était certainement, cela on pouvait l’affirmer sans risquer de se déchausser une dent –que la dent en question appartienne ou non à un noir volatile importait peu. Fugacement ramenée dans un passé qui semblait désormais si lointain, la Dame rouge réalisa comme bon nombre des souvenirs de sa cité natale avaient petit à petit été effacés de sa mémoire pour y être remplacés par ceux d’évènements plus récents et surtout par un portrait scrupuleux de chaque vision que le Maître de la Lumière avait daignée lui offrir. Certes la chose était naturelle, elle avait après tout passé seulement la moitié de son existence à Asshaï-lès-l’Ombre et il s’agissait là de son enfance essentiellement. Loin de se sentir sans racines, Cassana aimait à se comparer à une simple braise envoyée loin du feu initial par l’impulsion de ce dernier, pour percer brièvement les cruelles ténèbres environnantes et espérer embraser l’obscurité afin que les flammes s’étendent comme elles le devaient. Certains demeuraient éternellement sédentaires, d’autres étaient amenés à voyager, les destins variaient.

La guerrière au teint hâlé lui demanda avec curiosité –et peut-être une pointe de moquerie- si le Temple se trouvait en manque de dévots au point de devoir en chercher de nouveaux dans d’autres contrées, la prêtresse choisit de ne pas s’en offusquer. En comparaison de tout ce que ses oreilles avaient pu entendre de disgracieux et de répugnant à l’encontre de sa foi depuis son arrivée à Westeros, cette remarque tenait de la simple plaisanterie amicale qu’elle choisit de considérer comme telle.

« R’hllor nous enseigne que notre devoir consiste aussi à offrir ses bienfaits à tous les hommes et femmes peuplant notre monde, qu’ils soient proches des premiers temples édifiés ou qu’ils soient plus… lointains. C’est une tâche qui peut paraitre démesurée mais c’est ainsi que le Maître de la Lumière souhaite qu’on le serve. »

L’envoyée finit par lui apprendre son identité et son origine par la même occasion. Bien que terriblement étrangère aux subtilités de mœurs et de culture dans les Sept Couronnes, Cassana en savait suffisamment sur le sujet pour relever deux détails. Tout d’abord cette femme portait deux noms, ce qui en ces terres signifiait son appartenance à une noble lignée qui dirigeait probablement son propre domaine. La Dame rouge n’avait que peu fréquenté de ces puissants, et jamais bien longtemps, au point que cet épisode constituait presque un précédent qui la conforta dans l’utilité de sa mission. Deuxièmement, il fut fait mention de Dorne et elle recoupa les diverses informations récoltées à ce sujet par le biais du bouche à oreille depuis son arrivée à Port-Réal. Que disait-on au sujet des Dorniens ? Ils n’étaient déjà pas très appréciés dans les environs et Cassana avait cru comprendre qu’une ancienne guerre en était la cause. Quoi d’autre ? Ah oui, ils vivraient dans des déserts et auraient d’étranges coutumes, mais elle n’accorda que peu de crédit à ce dernier point, plus au courant que personne quant à la facilité avec laquelle apparaissaient les rumeurs farfelues.

« Heureuse de vous connaitre, Dame Gargalen. »

Il n’y avait là aucun mensonge ou mièvrerie, la prêtresse voyait cette rencontre comme un bon présage et il lui tardait de pousser plus en avant cette conversation potentiellement enrichissante, elle n’avait pour sa part aucun préjugé contre ces Dorniens et cela se voyait sans grande peine. Alors qu’elles déambulaient toutes deux sans réelle destination Cassana constat un regain de ces œillades curieuses qui ne la quittaient jamais, ces dernières s’en trouvaient même renforcées par la présence de sa compagne de route dont l’apparence tranchait elle aussi avec le reste du commun. Etrange couple, en effet, rompue comme elle était à ces petites curiosités elle fit mine de ne pas les remarquer alors qu’on leur cédait le passage avec empressement quitte à progresser épaules aux murs. En combattante typique Ororya déclara d’entrée de jeu que ses croyances –erronées- ne changeraient jamais quel que fut le discours que la Dame rouge comptait lui servir, il y avait donc là une certaine méfiance qui ne se trouverait que renforcée si l’on tentait de la saper ouvertement.

« Il me plaît d’entendre cela, un défaut de volonté est le genre de détail qui handicape sévèrement dans le genre de fonction que vous occupez. Nous autres prêcheurs encourageons la piété, lorsque le moment de comprendre la vérité du Cœur de Feu arrive elle est des plus utiles. »

La Dornienne tenta ensuite de l’attirer sur un terrain qu’elle ne voulait certainement pas arpenter, celui de ses propres origines. La force des fidèles de R’hllor résidait en partie dans les pouvoirs que le Dieu bon leur conférait, aussi ne fallait-il surtout pas dissimuler ces miracles sous un drap de normalité en rappelant que chaque prêtre et prêtresse restait un individu fait de chair et de sang. Voilà pourquoi Cassana veillait toujours à pratiquer ses ablutions et à se nourrir loin des regards, pour qu’on la voie comme la figure religieuse qu’elle désirait offrir et non comme une simple mortelle. Dans ce genre de situation elle s’employait à détourner rapidement le sujet, ce serait une fois de plus le cas.

« Comme vous le dîtes ma vie est guidée par R’hllor, là où je vais il me suit pas à pas si bien que jamais je n’ai l’impression d’être ailleurs qu’où je suis exactement censée me trouver. Il est mon guide et ma famille tout à la fois. Je n’ai pas croisé beaucoup de représentants de votre peuple ici, je suppose que par contre vous devez vous sentir un rien éloignée des vôtres ? »

Elle adressa un sourire tendre et maternel à la guerrière de blanc et de noir, cette dernière avait l’air plus jeune qu’elle, pas au point de pouvoir être sa fille mais la Dame rouge employait cette approche avec beaucoup de gens.

« Nous étions près de pouvoir construire un véritable Temple lorsque le Fléau envoyé par les ténèbres a frappé la malheureuse population, comme tous ici j’ai perdu bon nombre de ceux que je considérais comme mes proches mais fort heureusement le mal ne les a pas tous emportés et d’autres continuent d’ouvrir les yeux pour rejoindre le culte. »


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Ororya Gargalen
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Message Jeu 31 Jan 2013 - 9:34

Ororya surveillait d'un regard discret la jeune femme qui marchait à ses côtés. Calme et patiente, aucune émotion ne venait transfigurait son faciès neutre – un talent de comédienne qu'Ororya lui enviait presque. Elle avait ce petit côté pragmatique qui lui rappelait sans peine son oncle, qui malgré le fait qu'il soit un Dornien, tâchait de se comporter en vrai souverain. La dénommée Cassana s'exprimait consciencieusement, ses mots glissaient avec une aisance déconcertante et ravissaient l'oreille. La Dornienne s'était faite un plaisir de tester son interlocutrice en faisant preuve de sarcasmes, mais la prêtresse ne semblait pas se vexer facilement – chose qui ne pouvait que plaire à la Freux qui aimait provoquer et rire. Ororya pouvait comprendre la ferveur de celle qui était venue prêcher la parole de son Dieu dans les terres de la Couronne – la guerrière possédait la même au sujet de sa contrée. Elle ignorait bien ce qu'était vraiment le Maître de la Lumière et les dictons qu'il imposait mais tâchait de respecter chaque discours de foi qu'on lui offrait sans lui forcer la main. La prêtresse souhaitait porter la parole de son maître au delà des mers et des frontières qui lui étaient inconnues. C'était louable car courageux. C'est sans réelle méfiance que la Dent de Freux se présenta, ne s'attendant pas particulièrement à ce que son interlocutrice décèle en elle toutes les nuances de la noblesse. Lorsqu'elle lui exprima tout le plaisir qu'elle avait de la rencontrer en l'appelant « Dame », Ororya plissa brièvement les yeux – surprise, sans pour autant chasser le sourire qui étirait ses lèvres charnues. Autant avouer qu'elle avait à faire à une femme futée et cultivée, qui manifestement, était attentive à l'égard des autres. Oh, faire mine de s'intéresser était l'apanage des grands orateurs et manipulateurs. Si la compagnie de la femme en rouge lui était appréciable, elle n'en restait pas moins méfiante. Et malgré tous les propos qu'elle lui tiendrait, cette sensation ne la quitterait pas de si tôt. Cassana, au lieu de se montrer sur la défensive par la remarque d'Ororya au sujet de ses croyances assumées, fit preuve d'une approbation qui surprit la Dornienne. Cette dernière sourcilla légèrement, acquiesçant au fait qu'un manque de volonté était proscrit de la place qu'elle occupait. La fin de la phrase de la prêtresse lui arracha un petit ricanement intérieur – la prêtresse se figurait de pouvoir la faire changer. La mention du Cœur de Feu lui fit néanmoins adopter une expression perplexe.

Ororya se rendit vite compte qu'elle n'arriverait pas à lui extirper les informations qu'elle désirait obtenir sur elle. La prêtresse veillait subtilement à contourner le sujet, préférant honorer son Dieu en lui offrant toute sa ferveur. Elle disait de son R'hllor qu'il était sa famille, son guide – sa vie en somme. Cassana retourna habilement la question à la Dornienne, chose qui la réfréna quelque peu dans sa loquacité.


 « Un rien éloignée en effet. Mais l'on s'y fait vite. » – Ororya fut surprise de découvrir l'impression attendrie que révélait la prêtresse rouge, et cette dernière sembla offrir un peu plus à son sujet en évoquant le Fléau du Printemps. Cassana semblait parler des dévots qu'elle convertissait comme de sa famille – une grande famille qui ne cessait de s'agrandir.
 « Sale histoire que celle de ce Fléau. J'espère que nous n'aurons plus à vivre ça. Pensez-vous que nous autres, les croyants envers d'autres Dieux, nous sommes aveuglés ? » – L'interrogea-t-elle finalement en haussant un sourcil. « Vous me parlez de ténèbres. Le Fléau n'est donc pas un sacrifice imposé par votre Dieu ? » – Les croyances étaient diverses et variées. Beaucoup disaient que le Fléau avait été un mal nécessaire imposé par leurs Dieux. D'autres cultes mettaient en avant une entité mauvaise, comme ce que semblait nommer la prêtresse « les ténèbres ». C'était plutôt intéressant d'écouter les différents discours qu'offraient les religions de chacun. Depuis le temps qu'elle était là, Cassana avait semblé plutôt bien s'intégrer à Port-Réal – la preuve étant les illuminés qu'elle avait réussi à rassembler sous l'égide de son R'hllor.  « Je suis peut-être Dornienne, mais je n'en reste pas moins curieuse. Quels sont vos préceptes ? »

Ororya s'était toujours défendue au sujet de ses croyances, et d'ailleurs, à Dorne, la famille Dayne faisait jaser en raison de son appartenance avant tout aux Sept La jeune femme avait pertinemment conscience d'être dans un endroit qui n'appartenait point à sa contrée – aux mœurs et particularités si différentes de chez elle. Si elle ne se permettait pas de juger les étrangers, elle aimait toujours avoir connaissance de leurs penchants. Si la dévote ne semblait guère avoir l'envie de s'ouvrir à Ororya sur sa personne, sûrement profiterait-elle de la question pour lui dresser un tableau sur sa religion. C'était du moins ce qu'attendait la Dent de Freux qui marchait toujours à ses côtés tout en hasardant des regards concentrés autour d'elle. « Où se trouve votre lieu de culte à Port-Réal ? »

Il y avait bien le Grand Septuaire qui se dressait non loin avec orgueil. Les Dorniens étaient bien plus simple dans leur dévotion à la Rivière Mère. Leurs terres étaient le cœur de leurs croyances – fierté et orgueil qui circulaient dans les veines des Dorniens depuis belle lurette. Tout comme la prêtresse, à son arrivée, Ororya s'était heurtée aux regards méfiants de la populace et aux jugements hâtifs. C'était en somme ce qui la rapprochait d'elle et ce pour quoi elle daignait lui accorder une oreille attentive. « Je sais ce que c'est d'être une étrangère, rejetée par une terre d'accueil. Cela fait deux années que je suis ici, et j'ai appris une chose – avec le temps, les gens apprennent à vous accepter. J'ai de bons alliés qui m'aident dans cette tâche... Et vous ? » – Elle en revenait à une question bien plus personnelle, car elle estimait qu'avant d'être une prêtresse portant la parole de R'hllor, Cassana restait une femme avec ses craintes et ses doutes. La lance toujours reposant contre son flanc, Ororya poursuivait son chemin sans savoir réellement vers où elles se rendaient. Il lui était agréable de mener cette discussion malgré les regards curieux et chafouins que ça suscitait.
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Message Dim 3 Fév 2013 - 13:00

Ororya avait on ne peut plus raison, l’on s’accoutumait aux terres inconnues pour la simple et bonne raison que la seule alternative à cela restait le désespoir et la mort, les armes favorites du Dieu mauvais qui ne se lassait jamais d’en user pour étouffer la flamme des vivants. Que ces propos furent un simple déni de mal du pays ou une vérité établie Cassana n’y prêta que peu d’attention, la chose à relever résidait dans cette affirmation appuyée qui démontrait une volonté appréciable. Une guerrière, bien-née de surcroit, et à l’âme d’ores et déjà flamboyante, il s’agissait là d’une merveille selon les préceptes du Culte, n’y manquait que la dévotion.

L’habitude de ces rues et un léger coup d’œil aux environs apprirent à la prêtresse que leur duo suivait toujours la rue de l’acier et se trouvait désormais à mi-chemin de la porte de la rivière, lieu de marchés et d’ouverture sur le port où les profils plus atypiques jouissaient de davantage de tolérance. Plus que nul autre endroit de la cité, davantage même que Culpucier où se trouvait son foyer actuel, elle appréciait l’amas hétéroclite de cabanes et d’étals entre les remparts de Port-Réal et les pontons où des navires de tous horizons venaient décharger hommes comme marchandises. Peut-être cela tenait-il à la première vision de Westeros que ce lieu si particulier représentait à ces yeux. Leur conversation suivit son cours jusqu’à un domaine où Cassana était bien plus à son aise, Dame Gargalen nourrissait quelques curiosités sur sa propre vision du Fléau et la dame rouge ne vit aucune raison de dissimuler son opinion sur la question :

« Aveuglés n’est pas le terme le plus approprié, mais je tiens pour acquis que vos dieux n’existent pas, que ce soit les Sept ou tous les autres. Plutôt que d’être privés de vos yeux, nous considérons les croyants d’autres sortes comme… détournés de la seule véritable foi. »

Ses mots restaient enrobés dans un fin tissu de diplomatie que bon nombre de ses contemporains fidèles de R’hllor n’avaient pas à leur disposition, là où l’influence du Temple se faisait la plus forte les esclaves involontaires de ce qui était mauvais n’avaient droit qu’au bûcher s’ils persistaient dans leurs erreurs. Bien entendu l’isolement actuel de la prêtresse rendait impossible ce genre de méthodes.

« L’unique dieu véritable n’accepte qu’une seule sorte de sacrifices, ma Dame, et ce n’est surement pas la maladie. R’hllor ne reçoit comme offrande que ce qui lui est offert via la mort la plus pure, celle que le feu accorde car ainsi la fin de la vie est causée par le foyer originel qui a permis le début de toute chose. Bien sur les âmes entachées par leurs pêchés y connaissent une souffrance considérable mais ainsi elles sont purifiées de leurs égarements passés. »

Ce discours avait été donné sur le ton de la conversation malgré son contenu, Cassana l’avait délivré sans même sourciller, le plus naturellement du monde. Brûler les ennemis du Cœur de feu tenait du normal.

« Nos préceptes ? R’hllor le Maître de la Lumière est la source de toute vie et nous le servons dans son combat contre les ténèbres incarnées par le dieu Mauvais. Il est le jour, la vie, l’amour, quand l’autre se cache dans l’obscurité et emplie le cœur des hommes avec sa haine tout en refroidissant leurs chairs via le froid glacial de l’hiver. C’est une lutte sans fin entre le bien et le mal, et un jour le champion du Cœur de feu, Azor Ahai, nous reviendra au moment où les ténèbres menaceront le plus notre monde. »

Son sourire maternel s’élargit un peu plus sans pour autant dévoiler ses dents et la dame rouge ajouta :

« Vous comprendrez donc que nous nous devons de guetter en tous lieux les signes annonciateurs de ce jour. »

Fruit du hasard ou non Cassana et Ororya croisèrent un petit groupe de Septas avec à leurs côtés un membre masculin de leur ordre insensé, si les fausses prêcheuses détournèrent les yeux en faisant mine de nier son existence, l’homme eut un regard venimeux pour la prêtresse et il s’en fallut de peu pour qu’il ne crache au sol sur leur passage. De son côté elle le salua de la tête en lui souhaitant une bonne journée. Les différentes questions de la Dornienne se succédaient pour le plus grand plaisir de celle interrogée, la curiosité était tellement plus agréable que le rejet catégorique.

« Nous officions en deux endroits, l’aube et le crépuscule les fidèles se réunissent hors des remparts et allument un feu pour saluer le lever et le coucher du soleil. Le reste du jour et de la nuit je reçois ceux cherchant conseil à l’endroit où je loge, à Culpucier. Parfois le Maître de la Lumière me fait cadeau d’une vision pour ces serviteurs, parfois une simple interprétation de son credo s’avère largement suffisante. »

Une fois encore il lui fut rappelé qu’elle demeurait une étrangère dans la cité des puissants de ce continent, il était vrai que le rejet restait bien plus fort ici que tout du long du périple que Cassana avait dû entreprendre depuis Asshaï mais elle ne ressentait pas de désespoir face à la difficulté. Ni même de satisfaction anticipée devant l’accomplissement qu’une réussite représenterait, son devoir passait avant toute autre chose et occultait ce genre de considérations.

« Eh bien je suis reconnaissante de l’aide que les nouveaux convertis m’apportent, ce sont des gens simples mais leurs âmes n’en restent pas moins dévouées, et au-delà de cela… »

Sa main passa sur le rubis incrusté dans son torque puis sans gestes brusques la dame rouge alla pour poser deux doigts du côté du cœur de la Dent de Freux, au-dessus de la poitrine. Son sourire maternel avait laissé place au masque sans émotions qu’il lui arrivait d’afficher et elle continua :

« Je vous l’ai dit, R’hllor est le seul allié dont j’ai fondamentalement besoin. Dîtes moi Dame Gargalen, êtes-vous satisfaite de cette nouvelle existence que vous menez loin de votre terre natale ? »

Sans doute un simple jeu de lumière mais un œil observateur aura noté sans peine une légère variation d’intensité dans l’éclat de la pierre rouge que portait la prêtresse, un peu à la façon d’un pouls.
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Message Mar 12 Fév 2013 - 20:17

Ororya aimait déambuler dans ces ruelles qui étaient pourtant loin de ressembler à celles de Lancehélion. Les regards n’étaient pas de ceux qu’elle avait le loisir de croiser dans sa contrée, et pourtant, elle s’était habituée à cette atmosphère ambiante. Cela faisait seulement deux années qu’elle était ici, et malgré le besoin viscéral qu’elle avait de retourner fouler les déserts de Dorne, elle était pourtant ici, dans la capitale qu’elle avait apprise à apprivoiser. La prêtresse rouge dégageait une assurance certaine, se drapant d’un mystère et d’une austérité qui ne faisaient que s’ajouter à l’aura du curieux personnage. Combien de fois les avait-t-elle dit ces mots ? Discours éloquent, qui ne demandait qu’à être cru. Elles descendaient vers le port et Ororya inspira brièvement avant d’observer d’un regard circonspect la dévote qui reprenait la parole. Elle assurait que les dieux – tous ceux qui n’étaient pas le sien, n’existaient bonnement pas, et son culot arracha un sourcillement à la Dornienne. Si cette dernière avait toujours respecté les croyances des autres, elle avait la fâcheuse tendance à se braquer face à de tels discours. Un petit sourire sarcastique en vint à étirer ses lèvres mais elle se contenta d’hausser simplement les épaules d’un air entendu. La femme à la robe écarlate n’empruntait en aucun cas le ton de la menace ou de la passion hostile comme quelqu’un qui chercherait à convertir son interlocuteur avec férocité. Mais ce n’était pas pour autant que la passion religieuse de cette donzelle n’était pas dangereuse – et Ororya préférait largement voir où la discussion allait déboucher. Elle disait que son R’hllor n’acceptait la mort que par les flammes, la purification de l’âme par le feu – une vision qui aurait pu sembler alléchante pour s’entredévorer dans la folie. C’était ainsi drôle de l’entendre louer la salvation par les flammes alors qu’Ororya croyait en la Rivière Mère, naissant de la bienfaisante Rhoyne. L’eau contre le feu. La froideur d’un discours implacable mais pourtant gonflé de ferveur face à la témérité et la chaleur de Dorne. La jeune Gargalen avait remarqué le rubis rougeoyant qui ornait le cou de son interlocutrice – elle n’aurait su dire pourquoi mais la pierre attirait irrémédiablement son regard. Pétrie par un sens de la compréhension volontaire, Ororya tenta de sonder les prunelles de la prêtresse pour délaisser son rubis chatoyant et se concentrer sur ses dires. Les préceptes de sa religion. R’hllor, Maître de la lumière était donc associé à la vie, tandis qu’il se confrontait au Dieu mauvais, se cachant dans les ténèbres, l’obscurité et le froid. Le Bien contre le Mal. Elle parla alors d’un éventuel champion nommé Azor Ahai et Ororya s’amusa d’entendre cette prophétie. La dénommée Cassana lui adressa un sourire qu’elle ne put que lui rendre avec légèreté. « J’ai passé l’âge d’avoir peur du noir ! Mais j’imagine que cette histoire doit en faire vibrer plus d’uns de vos dévots. » – Ororya avait laissé échapper un petit rire qui n’avait pourtant rien d’irrespectueux à l’égard des paroles de la femme rouge.

Ororya continuait de marcher d’un pas régulier, promenant un regard neutre autour d’elle sans manquer d’en revenir au faciès de la prêtresse. Son attention fut brièvement alpaguée par un groupe qui passait à leurs côtés – des Septas et un Septon dut-elle comprendre à la manière dont ils étaient fagotés et ils passaient en procession. Ce n’était pas la première fois qu’Ororya en croisait et de tels dévots des Sept avaient toujours pris soin d’éviter son regard – comme si elle n’appartenait pas à ce monde. C’était un peu pareil pour la prêtresse rouge, mais c’était avec bien plus d’hostilité qu’on la traitait. Voir un tel manque de respect de la part d’un homme qui était censé livrer la voix de ses Dieux et se montrer sage et respectable se révélait être une sacrée pantalonnade. Cassana d’Asshaï était une étrangère sur ces terres, ce qui justifiait aussi le fait qu’elle ne se comporte de la sorte avec tous ceux qui se refusaient à sa religion. N’était-t-elle pas là pour conquérir les esprits après tout ? C’est d’un regard sombre qu’elle suivit lentement la progression méprisante du Septon puis salua d’un bref haussement de sourcils la patience et la politesse de son interlocutrice qui reprit son discours comme si rien n’était. La prêtresse lui expliqua alors quelle était la routine des dévots de R’hllor – saluant leur Dieu au lever et coucher du soleil en allumant des feux. Quant au reste du temps, elle préférait prêcher la parole du Maitre de la Lumière et écouter les siens. Le quartier dans lequel elle avait établi son chez elle se trouvait être Culpucier – un endroit qui devait recéler de désespérés qui se pensaient délaissés par les Sept. Ororya qui était restée bien silencieuse jusqu’à présent se décida néanmoins à s’enquérir d’une chose - « Une vision ? Je serai bien curieuse de savoir ce qu’il vous donne à voir votre Dieu… » – Un nouveau sourire étira ses lèvres charnues tandis qu’elle dévisageait la prêtresse. La manière dont elle parlait des convertis à sa religion faisait presque froid dans le dos. « Ils n’en restent pas moins des hommes et des femmes. Vos serviteurs. » – Ororya avait volontairement prononcé le « vos », comme si elle entendait que ce n’était non sous le joug de son Dieu qu’ils étaient mais sous le sien. La Dornienne ne désirait nullement faire ressentir de l’hostilité dans son ton ou dans ses paroles. C’était comme si la discussion restait enfantine et légère sans manquer de petites questions aussi candides que justes. Lorsque Cassana porta sa main à son envoutant bijou qui brillait à son cou, Ororya fronça les sourcils et l’observa d’un œil circonspect. Le sourire que la prêtresse lui offrait se dissipa aussitôt dans une expression neutre tandis qu’elle avançait sa main pour désigner son cœur. Les prunelles d’onyx de la Dornienne furent de nouveau irrémédiablement attirées par le rubis avant de se figer dans les iris azurés de son interlocutrice qui reprenait d’une voix grave. Elle s’enquit de savoir si son existence loin de Dorne lui convenait – chose à laquelle Ororya répondit sur un ton détaché. « Et bien, j’ai fait le choix de venir ici et je l’assume même aujourd’hui. Bien sûr, il est difficile d’être loin des siens – du moins, en tant que Dornienne, c’est ce que je ressens. Mais la Rivière Mère me guide, même ici. Je n’ai vu nulles ténèbres dans le coin si ça peut vous rassurer. »

Ororya ramena une mèche de cheveux derrière son oreille et se détacha de la pierre hypnotique qui ornait la gorge de la prêtresse rouge. « La haine peut appartenir aux cœurs ardents et valeureux. Vous ne pouvez la dénouer des individus. A moins d’en faire de vulgaires poupées de chiffon. » – Colère, fierté, vengeance. Elle était une guerrière, guidée par la fougue du sang Dornien et elle n’avait aucune honte.
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Message Dim 17 Fév 2013 - 20:29

Peut-être était-ce logique que la guerrière de blanc et de noir se montre si désinvolte face aux terreurs du froid et de la nuit, après tout ne venait-elle pas d’une contrée réputée chaude et aride ? Nulle neige ne devait jamais tomber là-bas, pas plus que l’on ne devait y craindre l’hiver et ce que cette monstrueuse manifestation de l’Autre amenait avec elle. Loin du danger, loin des préoccupations. Asshaï avait beau se trouver au bord de la mer de Jade elle n’en restait pas moins consciente des divers signes de l’horrible saison, connaître la nature de son ennemi figurait parmi les savoirs requis pour exercer décemment la fonction de prêtresse rouge. Ainsi Casana voyait-elle le détachement de la Dornienne, comme une bravade innocente de qui ne se méfiait guère du véritable danger et finirait par être déchirée par la nuit, si elle n’en devenait pas en prime l’instrument involontaire. Bien sûr elle ne formula pas de tels mots à voix haute, une franchise si abrupte ne convenait guère à une prêcheuse, se contentant de garder le sourire elle glissa simplement :

« Nous ne disons pas que la nuit est sombre et pleine de terreurs pour effrayer les enfants, ma Dame. Pour m’être approchée des frontières de l’antique Valyria au cours de mon voyage je peux vous le dire en toute bonne foi : au-delà des guerres de pouvoir que se livrent les hommes réside un mal bien plus insidieux, et l’obscurité est son royaume. Peut-être qu’avec le temps vous finirez par en prendre la mesure, je vous le souhaite de tout cœur. »

Si le ton de sa compagne de route semblait dénué de véritable sarcasme il n’en demeurait pas moins empreint d’une légère trace d’incrédulité et de moquerie, impression accentuée par le fond de chaque nouvelle question adressée à la Dame rouge. Méditant brièvement sur traitement que la combattante aurait reçu pour avoir osé remettre en doute le Maître de la Lumière dans sa cité natale ou même près d’un Temple dans les cités libres, Cassana songea au fait que les gens variaient énormément d’un endroit à l’autre. Ici l’on ne considérait pas les chiens comme un plat de choix, pas plus qu’à Qqarth l’on avait l’étrange idée de laisser le pouvoir entre les mains d’un seul homme. Ainsi était la vie !

« Le véritable dieu place sa parole dans les flammes et nous apprenons à les déchiffrer, c’est un art exigent qui demande des années d’un apprentissage rigoureux. Quant au contenu je crains que nous ne nous connaissions pas encore suffisamment pour arriver à ce degré de confidence. »

Nulle agressivité ou volonté de doucher les ardeurs de la femme au teint halé, il n’y avait là qu’une énonciation simple d’une vérité que la prêtresse tenait pour acquise, les oracles et leurs possibles interprétations restaient l’apanage des fidèles du Cœur de feu, il n’y avait aucune raison légitime d’en faire profiter ceux refusant l’amour que le Maitre ne demandait qu’à leur offrir.

« Bien entendu, bien entendu, il n’y a de divin que R’hllor et son Champion. Ne pensez-vous pas que la mortalité des croyants donne tout son sens au combat mené contre ce qui est mauvais ? Dans un monde uniquement peuplé de dieux quel intérêt y aurait-il au moindre acte, quelle saveur aurait l’accomplissement ? Le Maître nous enjoint à lutter à ses côtés contre les ténèbres car aussi brèves que soient nos existences notre sacrifice signifie énormément grâce à cela. »

Elle leva ensuite un index un rien professoral sans se séparer dans son air bienveillant avant d’ajouter :

« Ces braves gens ne me servent en rien, leur dévotion à R’hllor découle de leur propre volonté. Je ne prélève aucun tribut au nom de fausses idoles. » Glissa-t-elle avec un mouvement de menton pour le Grand Septuaire derrière eux. « Pas plus que je ne recherche la gloire ou le pouvoir pour moi-même, les convertis s’offrent au Maître, non à ses simples messagers. »

Ses yeux rivés dans ceux de la Dornienne alors que ses doigts sentaient le battement d’un cœur vigoureux au-dessous de cet amas de tissus, Cassana écouta la réponse formulée pour satisfaire sa curiosité, et sitôt que cela fut fait –non sans conclure par une nouvelle pique sceptique à l’encontre de ce à quoi la Dame rouge avait voué son existence- elle retira sa main avec un hochement de la tête.

« Votre déracinement vous mine davantage que vous ne le laissez entendre, Dame Gargalen, mais je réalise comme la pudeur encourage à garder ce genre de ruminations pour soi. Si malgré tout vous souhaitez aborder à nouveau le sujet pour vous décharger d’un rien de ce fardeau ce sera avec plaisir. »

Son regard ne renvoyait guère plus qu’un air vaguement concerné et sincère pour la Dent de Freux, puis le contact visuel se rompit alors qu’elles reprenaient leurs marches vers le port, à présent bercée par les humeurs plus prononcées de nourritures étalées sur les présentoirs et celle si particulière de la Nera.

« Que vous ne les ayez pas vues ne me rassure guère, hélas, car je les sais présentes, tout comme elles n’avaient jamais été absentes de ces murs avant le Fléau elles n’en sont jamais repartis quand le mal s’est éteint. Ne pas discerner les tréfonds de l’abysse ne signifie pas que les profondeurs ne rendent pas le regard offert. »

Mains jointes comme elle le faisait si souvent, Cassana nota avec amusement les quelques œillades dont son bijou était la cible sans pour autant commenter la chose, voilà un sujet que jamais elle n’aborderait avec autrui.

« Combattre le mal par le mal ne fait que renforcer les ténèbres dans les cœurs de chacun des belligérants, ce n’est que lorsque la ferveur remplace la colère et le dévouement la haine que l’affrontement mérité d’être donné, sans pour autant devenir pantin. Ne pas céder aux mauvaises émotions et se concentrer sur les meilleurs aspects de l’âme ne sous-entend pas une absence de liberté morale, mais au contraire l’exaltation de cette dernière. »
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Ororya Gargalen
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Message Mer 20 Fév 2013 - 10:28

Ororya avait du mal à adhérer au discours de son interlocutrice. C’était avec amusement qu’elle considérait cette situation et discussion, apprenant néanmoins à connaître celle qui faisait beaucoup parler d’elle dans les bas quartiers. Avait-elle tenté de prêcher sa parole à des individus influents ? Ororya se le demandait, mais savait aussi que la prêtresse rouge devait entretenir son jardin secret concernant sa « mission ». Lorsque la Dornienne se montra peu disposée à craindre l’obscurité, Cassana lui répondit tout naturellement pour lui confier ses raisons. Pour sûr que les guerres de pouvoir n’avaient rien d’une noble cause – paradoxalement, les Sept Couronnes étaient censées être unies, mais l’on y voyait encore des affrontements, confrontations et actes méprisables. Que le Mal soit derrière tout cela ? Elle en doutait. L’humain était ainsi fait, toujours dans le besoin de se battre pour assurer sa supériorité. Ororya ne répondit rien lorsque la prêtresse lui souhaita d’ouvrir les yeux sur cette notion là. Seul son sourire était omniprésent, comme pour accueillir les remarques de son interlocutrice avec approbation. Cassana se targuait de pouvoir lire dans les flammes, folklore d’une religion qui n’étonnait pas vraiment la Dornienne en qui ça suscitait même un questionnement amusé. Bien sûr, cette dernière se refusa de lui en révéler davantage sur le sujet et Ororya dut incliner la tête en signe de compréhension. D’une part car la prêtresse n’avait pas tord de garder jalousement le mysticisme de son Dieu pour piquer la curiosité des foules, et d’autres parce qu’en effet, elles n’étaient pas assez proches pour se livrer à de telles confidences. La Dornienne était loin de vouloir caresser la dévote du Maître de la Lumière dans le sens du poil, et elle ne pouvait lui tenir rigueur de se montrer réticente à son encontre.

« Vous me semblez bien jeune. Depuis quand prêchez-vous la voix de R’hllor ? » – C’était la première fois qu’elle daignait prononcer le nom de ce Dieu des flammes dont elle ne savait rien.

Elle voulait bien accorder un minimum d’intérêt à la dévotion de la femme en rouge mais elle, restait bel et bien raccrochée à ses valeurs du Sud. Ce geste que la prêtresse eut envers elle en posant ses doigts contre sa poitrine et la sondant d’un regard fixe, fit légèrement ciller la femme au teint halé. Que cherchait-elle donc à faire ? L’hypnotiser ? Ainsi fait, la prêtresse affirma qu’elle doutait que le déracinement soit source pour elle d’une telle indifférence. Ororya haussa les sourcils et ne put s’empêcher de répliquer au tac au tac sur le ton de la plaisanterie.

« Et qu’est ce qui vous permet de le dire Cassana ? Ce geste vous permet-il de lire en moi comme dans un livre ouvert ? » – Elle laissa échapper un petit rire avant de reprendre. « Je ferai donc mieux de garder ces doigts loin de moi à l’avenir. »

Pour sûr qu’elle ne désirait pas se montrer affectée par l’éloignement des siens. Il ne fallait pas être très perspicace pour prétendre que le déracinement était difficile à vivre. D’ailleurs, même si rien ne pouvait être sûr du côté de la prêtresse rouge qui dégageait autant de mystère, Ororya était certaine que derrière tous ces cérémoniaux discours se cachait un être avec des craintes et des doutes qui ne concernaient point son Dieu. A moins qu’elle soit réellement illuminée – une dangereuse illuminée. La Dornienne fut surprise de constater que Cassana lui proposait de se confier à elle pour se décharger de ses craintes si le désir était le sien. Se proposait-t-elle d’être sa confidente ? Pourquoi ? Pour mieux l’alpaguer dans ses croyances ? La prêtresse détourna soigneusement son regard du sien pour se remettre à marcher. Leurs pas les menèrent très vite vers le port où les voix s’élevaient, vives et non dénuées d’accents particuliers. Ororya se laissa bercée par l’atmosphère si particulière qui régnait ici puis tendit l’oreille vers le petit discours que lui prêtait à attendre son interlocutrice. Les ténèbres étaient l’ennemi qui rampait parmi eux et qu’il fallait évincer à tout prix selon la prêtresse rouge. Peut-être disait-elle vrai ? Mais le discours suscitait bien trop d’inquiétude sans réelle raison pour plaire à la jeune Dornienne qui restait plus terre à terre. Ororya préférait s’en tenir à ne craindre que ce qu’elle voyait. Un ennemi, pour elle, était bien plus dangereux que d’éventuelles nappes obscures et insidieuses qui pénétraient votre esprit. En se méfiant de tout, ne devenons-nous pas tout simplement fous ? Ororya se mit à détailler du regard la jeune femme qui portait si bien le rouge. Elle ne semblait pas folle – ou du moins, était-elle assez maline pour ne rien en montrer ? Si Ororya assurait que la haine n’était pas un mal et qu’elle permettait de gagner maints combats, la prêtresse se rangea du point de vue accordé par sa religion. Ferveur et dévouement étaient pour elle de bonnes armes contre le mal, alors que la haine et la vengeance étaient celles accordées au mal. La jeune Dornienne haussa brièvement les épaules. Toute cette vision exaltée que lui décrivait Cassana à l’égard de la conduite à adopter était loin de la convaincre.

« Je dois reconnaître une certaine sagesse dans votre discours. Cependant, je n’ai jamais vu la ferveur et le dévouement gagner les guerres. » – Elle étira un mince sourire face à ce constat puis reprit. « Le guerrier a beau être silencieux, il n’en reste pas moins guidé par une émotion forte pour vaincre son ennemi. » – Pour Ororya, les guerres de religion étaient bien de la conquête mais n’avaient rien de similaires aux guerres gagnées par les armes. Cela semblait invraisemblable pour la jeune Gargalen de se défaire de sa combattivité et de son instinct de survie. « Mais si c’est le choix de ce mot qui vous déplait, appelez ma haine, détermination. » – La haine était une émotion plus virulente, et Ororya se doutait que dans un combat, lorsqu’ils se battaient telle une unité gonflée par le désir de victoire, c’était la témérité plus que la haine à proprement parlé qui les guidaient vers la victoire.

Ororya attarda un regard vers le ciel qui s’embrasait de pourpre. Il serait bientôt temps pour elle de s’en retourner au donjon se replonger dans ses responsabilités.


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Message Mer 27 Fév 2013 - 22:48

Le nombre croissant de passants à arpenter la rue alors que les deux dames se dirigeaient vers le port obligea ces dernières à ralentir un peu le rythme, une légère marée humaine que Cassana percevait comme une vaste mer d’égarés qu’il lui fallait sauver de la noyade ou maintenir sous l’eau le temps que le mal en eux les consume. Qui refusait pour la première fois une main secourable et tendue était pardonnable, encore que pour certains prêtres rouges les plus scrupuleux cela revenait à faire preuve de trop de largesse, mais qui s’escrimait dans ses erreurs ne pouvait connaitre autre sort qu’une damnation par les œuvres de l’Autre. Fort heureusement pour sa compagne de conversation la Dame rouge estimait que la concernée pouvait encore être ramenée sur le droit chemin, en dépit de ses remarques moqueuses et sceptiques envers des vérités pour lesquelles Cassana aurait embrasé des cités entières.

La guerrière de blanc et de noir tenta une fois de plus de l’humaniser en essayant de cerner certaines de ses caractéristiques les plus basiques, en l’occurrence le nombre d’années dont elle pouvait se targuer. La prêtresse le situait aux alentours de la trentaine d’années, ses parents n’ayant pas pris la peine d’informer le Temple du jour de sa naissance lorsqu’ils l’avaient offerte aux religieux rien n’était tout à fait sûr. De même que les différentes façons de compter les jours d’un endroit à l’autre du monde n’avaient pas aidé à se faire une idée précise. Non pas que cela importait vraiment, jeune comme vieille elle pouvait encore prêcher la parole du Maître de la Lumière.

« Il me semblait pourtant qu’à nous comparer je devais arpenter cette terre depuis un peu plus longtemps que vous, est-ce une particularité de Dorne que de toujours afficher bonne mine et jeunesse en dépit du temps écoulé ? »

La question semblait emplie d’une sincérité que Cassana n’avait en rien simulée, une telle chose tenait après tout du possible. Au même titre que les natifs d’Ibben étaient incroyablement velus rien n’empêchait que la peau des Dorniens se flétrisse plus lentement.

« Depuis quand ? Hmm, eh bien d’aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours été sous la tutelle du Cœur de feu, et ce pour ma plus grande joie. »

Une fois encore son geste rencontra un scepticisme amusé quand communément la Dame rouge recevait curiosité et crainte, elle ne s’en vexa pas pour la simple et bonne raison que pareils emportements nuiraient à tout ce pour quoi elle luttait chaque jour. Ceux plus coutumiers des manières des adeptes de R’hllor prêtait au fait de toucher le cœur d’autrui alors que l’on occupait la fonction de prêtre le pouvoir de déceler toute trace de mensonge dans les paroles d’autrui. La Dame rouge avait fait de la divination et de la façon de convertir par la parole ses spécialités, aussi estimait-elle couramment ne pas avoir à recourir à cette méthode pour deviner la vérité.

« Un livre ? Oh non, chaque individu possède sa propre flamme, ce n’est qu’un autre feu à observer et décrypter, contact ou non. »

Son sourire maternel ne quitta pas son visage alors qu’un léger silence venait marquer une pause dans leur échange et que le bruit ambiant venait se rappeler à elles sous la forme d’appels à la clientèle et de descriptions élogieuses des différentes marchandises déchargées des bateaux allant et venant sur les quais de Port-Réal. Lorsqu’elles en vinrent aux vrais outils pouvant servir au combat le sujet se transforma petit à petit en débat que Cassana savait nécessaire mais à l’issue prévisible puisqu’elle avait l’absolue certitude d’avoir raison.

« C’est pourtant avec la ferveur et la détermination que les luttes se gagnent et méritent d’être gagnées, avez-vous vu beaucoup de guerres dans votre vie ? »

Ne connaissant rien de la région natale de la Dornienne la Prêtresse supposa que les rixes pouvaient s’y faire plus fréquente qu’à proximité de la capitale de Westeros, il suffisait après tout d’une centaine de lieues depuis la baie des serfs pour se trouver sur la dangereuse mer dothrak et des sanguinaires guerriers montés l’écumant.

« Je ne nommerai pas la haine autrement que par le titre qu’elle mérite, car elle et la détermination n’ont rien en commun. Encore qu’à la détermination je préfère l’illumination, celles des âmes et celle qu’Azor Ahai mania lorsque le monde fut menacé. »

La combattante leva les yeux vers les cieux et fut imitée par Cassana qui devina à son tour que le crépuscule ne saurait tarder, les premiers parmi ses fidèles devaient déjà préparer le brasier cérémoniel hors des murs de la ville afin qu’elle puisse guider leurs prières et demander à R’hllor de faire renaitre le jour après la nuit. L’heure de se séparer arrivait, aussi la Dame rouge entreprit elle d’amener doucement la conversation en cours à son terme, lissant ses robes comme elle en avait parfois l’habitude, elle s’arrêta alors que la porte de la Rivière se faisait visible plus loin et dit :

« Statues, rivières, chèvre, harpie, toutes ces idoles n’ont jamais répondu à la moindre prière tandis que le Maître de la Lumière a d’innombrables fois récompensé la ferveur de ses fidèles en temps de grand péril comme en temps de paix. Le jour où vous le réaliserez le monde vous apparaitra comme bien plus… éclairé. »

La Prêtresse inclina légèrement la tête comme on le lui avait appris à le faire, sans révérence ou autre geste car ces manières-là étaient trop propres à une même civilisation tandis que son parcours nomade la moitié de sa vie durant l’avait enjointe à davantage de polyvalence.

« Nos routes se séparent provisoirement ici, Dame Gargalen, les dévots m’attendent pour les prières du soir et tout comme le soleil je me dois d’être d’une parfaite ponctualité. Je serais heureuse de vous revoir et si tel est aussi le cas pour vous il est aisé de me trouver à Culpucier, demandez simplement aux habitants. Puisse R’hllor éclairer votre voie, ma Dame, car la nuit est sombre et pleine de terreurs. »

Et elle s’en alla, vers l’extérieur, vers la rivière, vers les siens.

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