AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer ▬ Rennifer

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Ven 4 Jan 2013 - 13:43

     Son chemin de Port-Lannis avait été long et peuplé de rencontres aussi étranges que surprenantes. Alysane avait été heureuse d'avoir accepté de laisser ce voyageur Dornien l'accompagner, c'était lui qui avait la plupart du temps fait fuir les brigands qui venaient s'intéresser de trop près à leurs possessions. Visiblement le jeune Olyvar était bien plus habitué que la Nordienne à ce genre de choses, il lui avait d'ailleurs expliqué avoir voyagé depuis sa dixième année, ce qui expliquait d'ailleurs l'aisance relative qu'il avait alors qu'ils voyageaient ensemble. La jeune femme se demandait souvent ce que cela devait être que de voyager sas jamais s'arrêter, ne plus avoir de maison, plus de famille ou même simplement un coin que l'on puisse appeler « chez moi ». Olyvar ne comprenait pas les questions de la brune, à ses yeux voyager n'était pas une habitude, mais tout simplement un mode de vie, il avait toujours été en train de parcourir Westeros en long, en large et en travers, envisager de se poser quelque part n'était donc pas une possibilité qui pouvait lui venir à l'esprit. Deux mondes opposés qui se rencontraient, même si Alysane prenait goût à voyager et à pouvoir découvrir de nouveaux horizons ou rencontrer de nouvelles personnes, la demoiselle ne comptait pas pour autant voyager jusqu'à la fin de sa vie. Elle espérait un jour pouvoir se poser quelque part et commencer une vie plus calme. Après tout comme son père le lui disait fréquemment, la jeunesse passait plus rapidement qu'on ne l'escomptait et peut-être qu'un matin elle se réveillerait sans ne rien avoir pu faire de sa vie parce qu'elle était trop occupée à voyager.

     Le problème de compréhension qu'ils rencontraient n'était pas une entrave à leur bonne entente toutefois, le voyageur Dornien lui avait expliqué être heureux de voyager à nouveau en compagnie de quelqu'un, précisant que la solitude commençait à poindre le bout de son nez de temps en temps et Alysane le comprenait aisément. Elle éprouvait la même gêne de plus en plus souvent. Il fallait toutefois avouer que dernièrement, la Nordienne n'avait pas eu à se plaindre, elle avait passé pas mal de temps en compagnie d'un Baratheon et de son groupe de reîtres et voyageurs, de quoi lui redonner assez de socialisation pour accepter la proposition de Olyvar de l'accompagner. Finalement, elle ne regrettait pas. Absolument pas. Il était bon de pouvoir plaisanter ou discuter avec quelqu'un, voir même tout simplement de pouvoir dormir sans devoir perpétuellement rester sur ses gardes si jamais quelqu'un décidait de vous attaquer pendant votre sommeil. Olyvar était certes un homme fort et d'une certaine stature, mais il était aussi plus frêle que la majeure partie des Nordiens et par conséquent, la Mormont était persuadée de pouvoir le maîtriser sans peine s'il devait décider de l'attaquer un jour. Mais il ne le ferait pas. Sinon elle serait contraire de le tuer. Ou de lui arracher un point de son anatomie, ce qui n'aurait pas été la meilleure manière de lui manifester sa reconnaissance vous en conviendrez.

     Apprenant que l'Ourse désirait visiter Dorne, le jeune voyageur lui avait proposé de se rendre dans sa ville natale, Lancehélion, une ville où il avait grandi pendant dix longues années en tant qu'orphelin des rues, il la connaissait donc par cœur et pourrait sans peine lui faire visiter les environs. Elle avait bien évidemment accepté et ils étaient donc rapidement partis de l'Ouest pour se diriger vers Dorne. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le duo avait rallié les marches de Dorne où ils s'étaient joints à un petit groupe de voyageur afin de faire le trajet en sécurité. En effet, Olyvar avait expliqué à la jeune femme que des brigands comparables à ceux des Montagnes de la Lune, opéraient dans les environs et essayaient de détrousser des voyageurs. C'est donc un soir qu'ils arrivèrent en vue de La-Tombe-du-Roy et que le voyageur signala à sa compagne de voyage qu'il risquait certainement de s'en-aller quelques heures pour la soirée. Alysane comprenait aisément que le jeune homme devait avoir des amis ou des connaissances dans le coin qui seraient heureuses de le revoir, elle lui souhaita donc une bonne soirée avant de se diriger vers une auberge du coin où elle pourrait enfin dormir dans un lit digne de ce nom. La chaleur avait diminuée depuis l'arrivée de l'automne, la sécheresse semblait enfin laisser un certain répit aux habitants de Westeros qui pouvaient profiter de l'adoucissement des températures, mais au final pour Alysane cela ne changeait pas grand-chose. Nordienne dans l'âme, la Mormont ne pouvait pas se promener autrement que les bras à l'air et encore, elle avait l'impression d'être dans un four de poterie tant la chaleur était insoutenable pour elle. Dire qu'elle avait envisagé venir ici alors que l'été était encore là ! Quel suicide cela aurait été !

     Le lendemain arriva bien rapidement et la jeune femme se leva dans l'idée de retrouver son voyageur Dornien pour l'accompagner jusqu'à Lancehélion. À peine sortie dans la rue, Alysane comprit que ce malotru s'était joué d'elle : il n'était pas visible et après quelques questions à l'aubergiste, elle apprit que personne n'était venu la demander. Cet imbécile avait simplement profité d'elle et de ses sous – elle lui avait payé l'auberge à plusieurs reprises – avant de s'évaporer pour reprendre le rythme normal de sa vie d'arnaqueur. Irrité, la Nordienne décida de quitter bien rapidement la ville pour se rendre seule à Lancehélion, mais c'était sans prendre compte du fait qu'elle ne connaissait pas le désert. Après quelques heures passées à marcher, La-Tombe-du-Roy ne fut plus qu'une ligne invisible à l'horizon et la chaleur écrasait déjà la Mormont qui suait comme jamais. L'impression d'être plongée dans un bain de sa propre sueur l'étreignait et elle crut bien qu'elle allait finir par se dessécher comme un vieux fruit à rester au soleil. Malheureusement aucune ombre n'était visible et la demoiselle pensa que son heure était arrivée jusqu'à ce qu'elle tombe sur une caravane de Dorniens qui passait dans le coin. Les Anciens Dieux avaient eu pitié d'elle ! Les hommes lui proposèrent de la suivre – après lui avoir donné de l'eau pour qu'elle puisse d'hydrater – et elle accepta sans hésiter. Les nomades connaissaient le chemin vers une oasis qui leur permettrait de refaire le plein d'eau, elle se trouvait non loin d'une forteresse nommée Denfer d'après ce qu'ils disaient. Drôle de nom ! Toujours est-il que la brune se laissa guider et retrouva un peu de son allant, même si la chaleur écrasante continuait de gâter son humeur déjà naturellement hostile.

     Il fallut un bon moment avant qu'ils n'atteignent cette fameuse oasis à laquelle Alysane ne croyait presque plus. Dès qu'elle l'aperçue, la jeune femme laissa tomber ses affaires - fourrures et bagages - sur le sable pour se précipiter vers l'eau. Elle se laissa tomber à genoux face à elle avant d'y plonger ses mains jointes pour s'éclabousser le visage. Le liquide était chaud, mais protégé de l'évaporation par d'épais arbres aux feuillages étranges. Un véritable miracle ! La situation sembla faire rire les Dorniens derrière elle, mais ils se turent bien rapidement et ce soudain silence attira l'attention de la jeune Nordienne qui tourna la tête dans leur direction. Son regard se posa sur plusieurs silhouettes qui approchaient de l'oasis et elle se redressa juste à temps pour voir des personnes à la peau aussi sombre qu'une nuit sans lune, s'arrêter non loin d'eux. Ils n'avaient pas l'air commodes, mais la Mormont ne craignait pas les fortes têtes. Après tout, elle-même en était une non ? La demoiselle croisa ses bras sur sa poitrine à peine visible, sa hache pendant toujours à sa ceinture et lorsqu'un homme se dégagea du lot, elle n'hésita pas à l'aborder avec sa manière si particulière d'entamer une conversation.

     ▬ Que voulez-vous ? Nous avons le droit d'être ici ! »

     En fait, elle n'en savait strictement rien, pas plus qu'elle n'envisageait le fait que les individus qui venaient ici cherchaient simplement à trouver un point d'eau pour désaltérer leurs montures. L'agression était la meilleure défense et Alysane profitait de l'adage pour se défendre même lorsqu'elle n'en avait pas besoin. Femme du Nord oblige.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 6 Jan 2013 - 17:58

Rennifer était d’humeur massacrante, mais le bougre avait-il déjà souri durant sa chienne de vie ? Difficile à dire, tout comme pour les Autres et les monstres des contes il s’en trouvait encore pour croire à la chose mais on leur accordait au final bien peu de crédit. Les poissons ne volaient pas, le sable ne gelait pas et le vieux lancier ne laissait jamais transparaitre sa joie, s’il était ne serait-ce que capable d’en ressentir. En ce jour sa colère trouvait au moins une justification, voilà à peine quelques jours qu’il était revenu de Lancehélion avec de mauvaises nouvelles sous le bras et un air refrogné que tout habitant de Denfert avait appris à décrypter comme une dernière sommation avant un déchainement de violence envers les enquiquineurs. Fort heureusement pour les servants de la forteresse et ses proches dans une moindre mesure le Uller avait choisi de passer ses nerfs sur ceux dont la vie se résumait à cela : les recrues et membres les moins expérimentés de sa garnison. Comme à son habitude Rennifer en avait emmené une petite dizaine et les avait forcés à se disperser pour trouver par eux-mêmes la route jusqu’à leur destination : l’une des quelques oasis dans ce désert rouge que sa lignée considérait comme siennes. Deux chanceux –ou pauvres bougres selon les points de vue- restaient à ses côtés comme garde d’honneur et grâce à son expérience ils ne tardèrent pas à prendre une bonne avance sur les autres.

Le point d’eau où ils se rendaient ne portait aucun nom, jamais les seigneurs des sables n’avaient pris la peine de remédier à cet anonymat car ce qui possédait une identité était connu de tous et Denfert refusait que quiconque, envahisseur ou simple intrus, puisse profiter de son eau. Le Soufre devait servir d’appât et de piège mortel, telle était l’une de ses nombreuses fonctions en plus de maintenir en vie les habitants de la région. Les nomades du désert appelait cependant cette oasis « la larme de Nyméria » en hommage à la seule et unique larme que la Reine-guerrière aurait versé pour les hommes de son peuple à avoir péri sous le feu des dragons, avant d’embarquer sur ses dix milles navires et d’aller faire de Dorne ce qu’elle était aujourd’hui.

Les nomades, Rennifer ne les portait pas dans son cœur, loin de là, ils obéissaient aux règles édictées tandis qu’ils cheminaient sur le domaine mais cette prétendue liberté dont ils se targuaient se résumait selon ses valeurs à une forme indirecte de rébellion. On les tolérait car ils marchandaient davantage qu’ils ne chassaient la rare faune environnante et payaient en plus un tribut annuel en échange de ce droit de passage. Des errants qui ne vivaient qu’entre eux et ne s’arrêtaient dans les villes que pour proposer leurs services de guides à d’autres Dorniens ou –infamie des infamies- à de rares étrangers. La Sang-Vert avait ses Orphelins, le désert avait ses vagabonds des dunes qui se contentaient de peu et savaient se défendre contre les brigands, mais ils ne servaient ni cause ni maître et pour cela le lancier acariâtre les méprisait. Lorsque le ban serait convoqué pour de nouveau partir en guerre –et ce conflit aurait lieu quoiqu’en dise le Prince, Rennifer se l’était juré- aucun nomade ne prendrait les armes pour marcher derrière une noble bannière. Ils profitaient du sable en payant le prix de l’or mais pas celui du sang.

La Larme de Nyméria constituait un lieu de rencontre privilégié pour les différentes tribus éparses car elle se trouvait à la frontière nord de leurs terres, presque à l’exact centre de la principauté à en croire les cartes et permettait de ce fait de se rencontrer et de commercer quelle que soit la direction prise avec le confort d’une source d’eau potable à défaut d’être claire. Combien y en avait-il pour suivre cette voie sans jamais se fixer le Uller se le demandait parfois, leur nombre était impossible à déterminer car ils ne se rassemblaient jamais tous au même endroit mais pour sa part il situait cela autour de plusieurs centaines. Dans les villages du Soufre, qui n’avaient pourtant pas vocation à être des lieux d’ouverture, de culture et de tolérance vis-à-vis de l’extérieur, on les considérait comme étranges, déphasés des réalités et leur venue se faisait aussi brève que possible avant qu’ils ne retournent au désert.

Rennifer finit par apercevoir à l’horizon cette petite tâche sombre témoignant de la présence de l’oasis, aussitôt il talonna son coursier des sables et imposa un triple galop à ses hommes pour fatiguer davantage les bêtes et les pousser à boire le plus possible une fois qu’ils seraient sur place. Ensuite ils attendraient que les autres les rejoignent pour y établir leur campement jusqu’au lendemain et se lancer sur la trace d’éventuels pillards selon les indications que les nomades de passage leur fourniraient. Le vieil aigri leur reconnaissait au moins qu’ils faisaient des informateurs efficaces tout aussi désireux de débarrasser la région de sa vermine, tout le monde gagnait à pouvoir dormir sans risquer d’avoir la gorge ouverte par des mal intentionnés.

Les vêtements recouverts de sable, ils s’approchèrent de l’ombre des palmiers qui refusaient rageusement au soleil une victoire totale contre la végétation des environs et eurent bien vite la confirmation que d’autres se trouvaient déjà là. Les errants avaient une allure plus que reconnaissable car leurs tuniques oscillaient entre le blanc et l’ocre tant pour les protéger de la chaleur que pour les rendre moins visibles durant le jour, telles des ombres qui ne désiraient pas être vues les premières. Rennifer remarqua cependant quelqu’un qui jurait singulièrement dans le décor et qui venait d’ailleurs à leur rencontre, qu’était-ce donc que cet oiseau-là ?

Il crut d’abord avoir à faire à un homme mais réalisa bien vite à voir la largeur de ces hanches que ce n’était pas le cas, selon les standards dorniens cette femme s’avérait assez grande et sa pâleur agrémentée de quelques plaques rouges trahissait aisément une étrangère comme le lancier qui n’était jamais allé plus au nord que Port-Réal n’en avait jamais vu. Avant qu’il ne réalise que quelqu’un avait amené une étrangère à leur pays à un point d’eau de son domaine et qu’il ne commence à traquer le responsable pour lui exprimer son opinion sur cette décision peu réfléchie Rennifer eut la surprise de se faire couper l’herbe sous le pied par cette femme apparemment pleine de culot.

La voix ne tremblait pas et sous-entendait en prime qu’elle se trouvait ici dans son bon droit, chose inconcevable et suicidaire auquel le sang du Uller répondit en ne faisant qu’un tour dans ses veines. Par la Mère-Rivière il allait l’écorcher à mains nues. Bondissant de selle la main sur la garde de son cimeterre il alla à sa rencontre en grognant et lui dit d’une voix menaçante :

« Le seul droit que tu as sur ces terres c’est d’offrir un repas aux chacals et aux vautours avec ta misérable carcasse, vermine. Adresse toi à moi une fois encore sur ce ton et je te traine par les pieds jusqu’à Denfert avec mon cheval plutôt que de t’offrir une mort propre ! »

D’après ses souvenirs du nord des Marches les femmes des plaines vertes s’avéraient en temps normal faibles et soumises, une particularité qu’un Dornien digne de ce nom ne pouvait ni comprendre ni approuver, que celle-ci agisse différemment était presque perturbant.

« Tu es ici sur les terres des Uller au soleil ardent et nous ne tolérons ni les étrangers ni ceux pris à leur apporter leur aide. » grinça-t-il en jetant un regard mauvais aux nomades qui demeuraient parfaitement immobiles dans l’espoir qu’on les oublie. Oh ceux-là le payeraient cher avec un tribut qui leur passerait l’envie de recommencer en même temps que quelques coups de lance au derrière. Mais un problème à la fois et pour l’heure la cible de ses attentions se résumait à ce brin de femme pâlichon.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Lun 7 Jan 2013 - 15:18

     Le regard de la Mormont s'étrécit légèrement lorsqu'elle vit l'homme à la peau sombre descendre de sa monture tout en portant sa main à l'arme qu'il portait. C'était une sorte d'épée, plutôt étrange il fallait en convenir. Alysane n'avait jamais vu pareille arme, mais elle n'avait encore jamais croisé d'individu à la peau aussi sombre ! Quelle drôle de vision, elle qui s'était toujours imaginé que les habitants de Dorne étaient juste légèrement plus foncés que les Nordiens, voilà qu'elle découvrait un homme aussi noir que l'ébène ! Si elle avait souhaité s'étendre plus longtemps sur ce sujet, la combattante n'en eut malheureusement pas l'occasion. En effet, la voix de l'étranger s'éleva, grondante en signe de sa contrariété face aux paroles – et peut-être au comportement – de la Nordienne. Les mots qui sortaient de la bouche de l'individu montraient clairement qu'il n'était pas enchanté de la trouver ici, pas plus qu'il ne plaisantait d'ailleurs. Il suffisait d'observer son visage pour comprendre qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à mettre ses menaces à exécution si la demoiselle avait la folie de lui adresser de nouvelles paroles aussi hostiles. Malheureusement, la patience et la politesse n'étaient pas les points forts de la Mormont qui était très sanguine dans ses réactions. Impulsive, Alysane serra les dents avant de glisser elle aussi sa main vers la hache qui pendait à sa ceinture, s'il comptait l'attaquer, elle ne se laisserait pas prendre par surprise ! Sans se gêner et sans se soucier de ce qu'elle risquait en agissant de la sorte, la jeune femme esquissa un pas en direction de l'étranger de manière à lui faire comprendre qu'elle ne le craignait pas et qu'elle persisterait et signerait.

     ▬ Laissez-les en-dehors de cette affaire, c'est moi qui vous parle et pas eux. Son ton était sans appel, même s'il n'était pas forcément très intelligent d'ordonner quoi que ce soit à un homme qui était visiblement sur ses terres. J'ignorais les Dorniens si près de leurs affaires, vous êtes donc tellement égoïste que quelques gouttes d'eau vous manqueront cruellement ? »

     Les paroles prononcées par le Dornien laissaient entendre qu'ils se trouvaient actuellement sur les terres des Uller. Cet homme devait en être un, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il avait le droit de la renvoyer de ses terres parce qu'elle avait bu quelques gouttes d'eau à son oasis ! Enfin, dans les faits, il en aurait parfaitement le droit, mais la Mormont n'envisageait tout simplement pas cette possibilité. Dans le Nord ce serait comme de refuser à un voyageur de ramasser du bois mort pour se faire un feu de camp alors que le froid était glacial. Dans le cas présent, sans eau la jeune femme aurait très certainement rapidement tourné de l’œil au risque de ne plus jamais se réveiller. Mais l'attitude de cet homme lui disait que c'était sans importance à ses yeux, Alysane savait que certains Dorniens étaient opposés au joug de la couronne, certainement que c'était le cas de cet homme ? Jusqu'à ce jour, la Nordienne s'était toujours trouvé des ressemblances avec les natifs du désert, ils refusaient la religion des Sept et avaient de nombreuses ressemblances sur d'autres points, mais tout à coup cette assurance s'envola. Apparemment les Dorniens n'étaient pas aussi compréhensifs que les gens du Nord vis-à-vis de la survie des étrangers. Pinçant ses lèvres gercées et abîmées par le soleil, la Mormont reprit finalement la parole.

     ▬ J'ignorais que je me trouvais sur les terres d'une quelconque maison, mais cela ne changera en rien ce que je viens de dire. Je suis en droit de boire cette eau, peut-être que la survie des autres vous est égale, mais je ne compte pas passer à côté de cette oasis sans boire alors que la soif me tiraille depuis mon arrivée dans cette contrée. »

     De prime abord, ces paroles pouvaient avoir l'air de tenir lieu d'excuses, mais ce n'était pas du tout le cas. La jeune femme considérait qu'elle n'avait aucune raison de s'excuser puisqu'il était du devoir des nobles de laisser les voyageurs pouvoir profiter un peu de ce que la nature mettait à leur disposition. Oh, elle n'était pas une personne qui défendait la veuve et l'orphelin ou qui souhaitait aider les étrangers, en réalité c'était même le contraire, elle restait très égoïste comme femme. Mais disons que lorsque les choses la concernaient elle, la demoiselle voyait les choses sous un nouvel angle. Que devait-elle ajouter ? Si cet étranger désirait qu'elle gagne le droit de boire à cette oasis, ma foi, elle le ferait ! Alysane n'était jamais contre un petit combat et elle ne comptait pas payer ce qu'elle avait consommé en espèces sonnantes et trébuchantes. Toujours sans quitter sa hache de la main, elle reprit la parole d'un ton qui montrait clairement qu'elle n'allait pas lâcher l'affaire. Tête de cochon oblige.

     ▬ Je suis Alysane Mormont, combattante de la maison Mormont de l'Île-aux-Ours, si je vous ai fait un affront, je vous propose tout simplement de le payer dans un combat. Si je perds vous aurez une raison d'obtenir mes excuses, mais si c'est le contraire vous serez obligé de confirmer que ma présence ici est parfaitement acceptable. Elle tourna la tête vers les nomades. Tout comme la leur. »

     La jeune femme reporta son attention sur l'homme à la peau d'ébène. Il devait peut-être la prendre pour une folle à se comporter de la sorte. Il était beaucoup plus âgé qu'elle, ayant peut-être l'âge de son père et il devait donc être beaucoup plus expérimenté qu'elle en matière de combat. Cela dit, la Nordienne était certaine que les années d'entraînement qu'elle avait derrière elle pourraient lui permettre de tenir face à un tel adversaire. S'il y avait une chose que la Mormont possédait, c'était de l'assurance et une langue bien pendue. Malheureusement jusqu'à ce jour, ce type de « dons » finissait toujours par porter malheur à son possesseur. Restait à espérer que cette fois-là, ce soit une exception, sans quoi elle serait certainement la première ourse à périr dans le désert de Dorne.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 8 Jan 2013 - 14:00

Alors qu’au fil des ans sa réputation croissait en même temps que sa maitrise des armes Rennifer avait croisé de moins en moins d’inconscients désireux de lui tenir tête, les temps où l’on le considérait encore comme un mouflet avec encore tout à prouver aux yeux de ses pairs lanciers semblaient appartenir à une époque si lointaine que ce souvenir devenait presque irréel. On ne contestait plus la parole du Uller, pas plus qu’on ne lui désobéissait car cela avait le don de le faire rentrer dans des colères si noires que dans cet état il était bien capable de passer une cohorte entière au fil de la lame. Et pourtant cette étrangère persistait sans perdre de son aplomb, il n’y avait nulle peur dans sa voix et le vieil acariâtre remarqua aussitôt qu’elle répliquait à ses menaces en portant la main à une hache d’armes qui n’avait rien de décoratif ou cérémoniel. Une hache, mais d’où cette créature –il n’y avait pas de meilleur terme- pouvait bien provenir ? Les femmes de l’autre côté des montagnes ne combattaient pas, elles se contentaient de s’engraisser et pondre en laissant les besognes sanglantes à leurs époux qui de toute façon préféraient l’épée à cet instrument jugé barbare.

S’agissait-il d’une de ces pirates fer-nés ? Sa peau avait une pâleur telle que Rennifer n’en avait jamais vue même à Port-Réal et Accalmie et la bougresse n’avait assurément pas leurs manières faiblardes que gueuses comme nobles étrangères partageaient. Non, que ferait-elle si loin de ses iles et surtout du pont d’un bateau ? Ça ne pouvait pas être cela et pour l’heure la priorité restait de lui clouer le bec –de préférence avec un objet pointu- plutôt que de jouer aux devinettes et le lancier sentait déjà la moutarde lui monter au nez en balayant ses capacités de déduction dans la foulée. L’on contestait la loi du domaine, SA loi, un crime suffisant pour s’assurer en temps normal une tête tranchée précédée d’autres réjouissances selon si lui ou Luan avait le dernier mot sur la sentence à appliquer.

« Tu n’as pas le moindre droit ici, pas plus que tu n’avais celui de franchir nos frontières. Le pantin consanguin qui te sert de roi peut bien croire ce qu’il veut Dorne ne lui appartient pas ! Cette guerre ne s’est jamais achevée et si tu n’es pas d’ici tu deviens de ce fait une intruse sur mon territoire. Cette eau ne me manquera pas mais qu’elle permette à ton ignoble vie de continuer me révulse. »

Pour faire bonne mesure Rennifer cracha par terre alors que ses yeux lançaient des éclairs à l’impudente, à ce stade cela ne faisait plus le moindre doute l’acier serait tiré et le sang coulerait sur l’oasis et, bien que dénué de tout préjugé sexiste, le lancier ne doutait pas un seul instant de sa victoire. Jamais sa Maison n’avait connu la défaite sur son domaine et il en resterait ainsi jusqu’à ce que le monde cesse d’être monde.

En bon xénophobe qui se respecte le vieil homme savait au final bien peu de choses sur ce continent au-delà de Dorne, du moins tout ce qu’il ne considérait pas comme utile à une future invasion, comme le type de terrain et l’étendue des forces que les autres régions pouvaient mobiliser. Du coup le nom de Mormont ne lui dit absolument rien, pas plus que celui de l’Île-aux-Ours mais cela confirmait peut-être sa théorie sur une pirate arrivée ici par la Mère-Rivière savait quel concours de circonstances. Elle n’était pas une simple errante aussi, ce qui en ferait une pièce de choix pour la salle des trophées à qui l’on avait pas ajouté de nouvelles prises de guerre depuis bien trop longtemps à son gout. Le Uller garderait le crâne ou la hache, cela dépendrait de l’état des deux une fois qu’il en aurait terminé.

« Je suis Rennifer Uller, guerrier de la Maison Uller de Denfert et ce combat me convient. Mais ne crois pas que je me contenterais d’excuses lors de ta défaite. Quant aux nomades ils ne te concernent en rien et tout comme cette oasis relèvent de mon autorité, ils savaient qu’il y aurait un prix à payer pour ce genre de désobéissance et cette dette sera payée quoiqu’il arrive. A présent arme toi, bois encore de cette eau si le cœur t’en dit, prie tes dieux et viens rencontrer ta fin. »

Revenant vers son coursier pour se débarrasser de son barda et de la couche de vêtements supplémentaire dont il se servait en chevauchant le lancier surprit le regard d’un de ses hommes qui apparemment brulait d’envie de s’exprimer et ne manqua pas de le faire en se montrant le plus humble possible :

« Messire, pourquoi lui concéder un combat à la loyale, nous pouvons mettre la truie à mort et en finir tout de suite pas vrai ? »

Rennifer grogna d’abord à la remarque et répondit :

« Je ne le fais pas pour elle mais pour eux, un rappel de ce dont je suis capable ne leur fera pas de mal. »

L’autre vérité impliquait aussi que l’occasion serait parfaite pour qu’il déverse sa colère sur quelqu’un, cette maudite expédition avait été mortellement calme depuis leur départ ce qui loin de le détendre l’avait encore frustré davantage. De plus même si le lancier refusait de se l’avouer il nourrissait un rien de curiosité sur la façon de combattre de la bougresse, si la force de son bras rivalisait avec son aplomb elle serait redoutable. A sa vieille lance il préféra son cimeterre dont les occasions de pratique en combat réel avaient été trop peu nombreuses ces dernières lunes, l’exercice serait profitable.

Le Uller revint finalement vers celle qui lui tiendrait lieu d’adversaire aujourd’hui et se mit vite en position, attendant qu’elle fasse de même, puis poussa un cri de guerre rauque au moment où il s’élança. Epuisée ou non il ne comptait lui réserver aucun traitement de faveur, puisqu’elle avait voulu découvrir Dorne elle découvrirait aussi comment l’on règle les problèmes dans les environs. Il frappa comme on le faisait avec une telle arme, avec de grands moulinets qui lui donnaient une certaine allonge et sifflaient dans l’air. La lame déjà coupante comme un rasoir était affutée de frais, l’on faisait aisément sauter un membre non protégé en un coup avec un engin pareil.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Mar 8 Jan 2013 - 18:49

     Apparemment l'homme face à elle était une personne fermée d'esprit ou totalement stupide. Croyait-il réellement à ce qu'il disait ? L'indépendance de Dorne alors même que le Roi en place avait du sang Dornien qui coulait dans les veines ? Qu'il le veuille où non, sa région était irrémédiablement liée au destin des Sept couronnes, au même titre que celui de Dorne était lié à la maison Targaryen puisque dans ses souvenirs, l'épouse du suzerain de cette région était née sous le blason du dragon tricéphale. Mais allez expliquer l'évidence à un homme de son âge ! Il était évident que cet individu avait connu l'époque où sa région n'était pas encore liée au reste du continent, comme un vieillard digne de ce nom il se complaisait dans sa position et n'en sortirait jamais. Alysane n'allait donc pas perdre sa salive à essayer de lui expliquer que tout ce qu'il disait était totalement incohérent avec la situation actuelle. La seule guerre dont ils devaient tenir compte à ce jour était celle menée contre les Fer-nés et non contre des Dorniens qui croyaient encore à une indépendance depuis longtemps révolue. Nul doute que s'il avait pu lire dans ses pensées, l'homme à la peau d'ébène lui aurait arraché les yeux à l'aide de ses doigts pour les lui faire manger. L'imprudente ourse lâcha un grognement contrarié accompagné de quelques mots qui ressemblait davantage à des borborygmes incompréhensibles que l'étrange ne devait pas décrypter.

     ▬ Cette guerre, ce qu'il ne faut pas entendre ! »

     Il cracha même sur le sol et elle esquissa un sourire amusé face à ce geste : voilà qu'il dépensait son eau personnelle pour elle. Comme quoi, il n'était peut-être pas aussi égoïste qu'il n'y paraissait ? Toujours est-il qu'il continua sur sa lancée, dévoilant son identité complète en confirmant qu'il appartenait bel et bien à la famille qui gérait ce domaine. Tout comme dans le Nord, les nobles n'étant pas seigneurs ne portaient pas de titres puisqu'ils n'étaient pas chevaliers, cela signifiait donc qu'il devait être le frère ou l'oncle de l'actuel lord Uller. Même devant les paroles hostiles de l'homme, la jeune femme ne démonta pas, s'il croyait qu'il allait repartir avec sa tête, il se fourrait le doigt dans l’œil et jusqu'au coude ! Assurée ? Elle l'était ! Persuadée de gagner même. Bien que l'homme était d'un âge certain, la brunette ne se démontait pas. L'âge apportait l'expérience, mais aussi une fragilité plus grande que dans sa jeunesse. Cela dit, en était-il de même pour les Dorniens ? Peut-être que le soleil qui dorait – ou brûlait – leur peau leur donnait-il plus de force que dans le Nord ? Seul l'avenir le lui dirait, la jeune femme s'éloigna le temps de se débarrasser des quelques affaires en trop qu'elle avait pour ne garder que sa tunique grossière et sa hache sur mesure. Elle était relativement petite, mais très tranchante, Alysane veillait à l'entretenir avec soin et elle était certainement sa possession la plus importante et la mieux tenue.

     Au moment de revenir vers le point où elle avait invectivé l'homme, la Nordienne constata que celui-ci parlait brièvement avec l'un de ses hommes. Lui donnait-il des instructions ? Bonne question. Après un léger froncement de sourcils, la demoiselle chassa toutes les pensées présentes dans son esprit pour se contenter de garder celles importantes pour le combat. Il y eut un bref instant d'anxiété alors qu'elle se demandait s'il allait s'armer d'une lance – ce qui lui aurait énormément compliqué la tâche – mais fut rassurée lorsqu'elle le vit revenir avec l'espèce d'épée place et courbée qu'il portait avant. Quelle drôle d'arme tout de même ! Lorsqu'elle aurait gagné – parce qu'elle était sûre d'y arriver – la brune se jurait de lui demander le nom de cette chose.

     Puis tout s'enclencha. Dans un brusque sursaut, l'homme se lança à l'assaut après avoir tenu une position pendant un bref instant. Cette attaque éclair étonna tout d'abord la jeune femme qui ne s'attendait pas à ce qu'il soit aussi impulsif, elle lui laissa donc gagner de précieuses secondes et se jeta sur le côté au moment où le prénommé Rennifer décrivait un mouvement sec de son arme. Si elle n'avait pas évité de justesse le coup, il y avait fort à parier qu'elle aurait perdu un bras dans l'affaire. L'essentiel était de ne pas se laisser toucher sans quoi ce serait la fin. La jeune femme se redressa aussitôt après avoir touché le sable brûlant qui lui démangeait sur la peau, elle transpirait comme un goret et collait de partout. Il ne restait qu'à espérer que son arme ne lui glisse pas des mains sans quoi elle n'aurait qu'à prier les Anciens Dieux d'abréger ses souffrances. Quelques nouveaux coups furent échangés, Alysane ne voyait pas quoi faire d'autre que d'esquiver jusqu'à ce qu'une occasion en or se présente. Malheureusement après quelques passes, elle comprit que ce n'était pas le bon moyen : elle était épuisée, en sueur et n'allait pas tenir longtemps à ce rythme, il fallait donc essayer de riposter rapidement. Et puis c'était sans compter que son côté offensif souffrait à l'idée de jouer la défense sans pouvoir renvoyer de coup en échange !

     Lorsque Rennifer fouetta l'air de son arme, la jeune femme recula, opérant un mouvement sur le côté pour tenter de se glisser dans « l'angle mort » du Dornien. Il balayait dans un sens, mais revenir dans l'autre ne lui permettrait pas de l'entailler avec le côté tranchant, contrairement à une épée. Si elle réussissait son action, la brune comptait bien frapper de sa hache au niveau du flanc de l'homme, non avec le côté tranchant, mais bel et bien pour l'handicaper en lui bloquant la respiration quelques instants. Cela dit, il avait un épais tissu qui semblait lui couvrir le corps, certainement pour empêcher le soleil de lui brûler la peau, il n'était donc pas certain que cette action soit réellement efficace. Si tel était le cas, elle pourrait envisager de frapper plus durement pour être la première à verser le sang, mais encore fallait-il qu'elle parvienne à se hisser suffisamment près de lui pour exécuter tout son enchaînement. Quelque chose lui disait qu'elle avait déjà été relativement chanceuse en parvenant à éviter les coups portés, peut-être qu'elle en demandait trop d'un coup....

HP:
 


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 11 Jan 2013 - 16:21

En tant que Dornien Rennifer avait depuis toujours fait de la lance son instrument de prédilection, tant pour le côté traditionnel de la chose que par goût personnel en matière de technique martiale. La lance, contrairement à ce que ses détracteurs prétendaient bien souvent, ne consistait pas qu’à offrir une distance de sécurité appréciable entre soi et son adversaire, elle permettait surtout d’adopter un équipement léger qui favorisait la vitesse au dépit de la protection. Être un guerrier du pays des sables c’était affronter la mort sans artifices lourdauds, placer ses chances de victoire dans la dextérité de son bras et non dans l’épaisseur de son armure. Mais la routine succédait bien souvent à la tradition, l’ennui venait parfois frapper les esprits les moins rigoureux quand ils se voyaient cantonnés à un seul aspect du combat, et s’il y avait bien une chose que l’on pouvait dire du vieil acariâtre à l’époque de sa jeunesse, c’était qu’il manquait terriblement de rigueur.

Aussi lorsqu’il avait récupéré ce cimeterre, un trophée pris à des esclavagistes suicidaires venus tenter leur chance sur son domaine, Rennifer avait refusé d’ajouter cette arme à la collection de Denfert et, contre l’avis paternel, avait essayé de maitriser cet étrange outil de mort. Sans instructeur digne de ce nom les premiers essais avaient au mieux été piteux, au pire franchement ridicules tandis que le Uller se laissait entrainer dans son élan par le poids de l’arme et chutait dans la poussière. Il s’agissait là d’une toute nouvelle approche, passer d’une arme de pur estoc à une autre qui ne permettait de frapper que de taille représentait de monstrueuses difficultés et demandait un investissement tenant presque de l’acharnement. Fort heureusement le jeune noble du désert pouvait se montrer à l’époque aussi buté qu’il était impatient, et au prix de crises de rage sans nom finit par savoir manipuler cette étrange épée avec une certaine efficacité.

Même si cette pensée n’avait jamais franchi ses lèvres le cimeterre s’avérait parfois plus agréable d’usage que la lance, les gestes devaient être coulés et non brusques, sa force résidait dans la continuité d’attaque qu’elle permettait tout en laissant une éventuelle main libre si son porteur préférait porter des coups plus rapides. Voilà pourquoi Rennifer avait préféré délaisser son arme de prédilection pour ce combat, il ne s’agissait pas là d’une bataille mais d’une correction qu’il comptait bien infliger, la lame servait en temps normal aux exécutions de malfrats sans envergure ou aux plus basses besognes. Le Uller ne pouvait concevoir qu’une étrangère représente un défi digne de ce nom, l’on pouvait sans peine tordre de l’acier sur ses préjugés vis-à-vis du monde extérieur et celui concernant la faiblesse proverbiale de ceux nés sur les « terres vertes » ne pourrait jamais quitter sa mentalité haineuse.

Pourtant mépris ne rimait pas avec arrogance et le vieux guerrier ne retint pas ses coups alors qu’il prenait l’initiative de ce combat, son épée décrivait de grands arcs qui poussait la femme à lui céder du terrain tandis que les nomades en arrière-plan prenaient par avance leurs distances au nom du principe de précaution. La garde d’honneur de Rennifer ne les quittait pas des yeux et la main qu’ils gardaient près de leur lance en disait long sur le résultat que donnerait toute tentative de fuite de leur part.

La fatigue pouvait se lire chez son adversaire, quel que fût l’endroit d’où elle venait elle avait probablement derrière elle de longues heures de marche sous ce soleil cuisant qui n’avait rien à voir avec celui au-delà des Marches. Rennifer supposait que l’étrangère avait emprunté la Passe-du-Prince et grommela intérieurement un juron concernant l’efficacité des Poulet à surveiller la voie. Il comptait en finir rapidement et ne fit pas mine de ralentir pour laisser à la combattante en fourrures la chance de retrouver son souffle, elle s’épuiserait avant lui s’ils continuaient à ce rythme. Au moins bougeait-elle rapidement en dépit de son état, la bougresse esquivait chacun de ses coups avec un air de bête furieuse qui n’était pas sans rappeler… eh bien celui qu’aurait eu une native de Dorne, lui qui avait toujours cru que seules les femmes de son pays pouvait se comporter de la sorte se trouvait face à face avec la preuve du contraire. Certains auraient été amenés à reconsidérer leur point de vue devant une telle évidence, le Uller pour sa part décida de frapper plus fort.

L’impudente à la langue bien pendue semblait de même disposer d’un bon instinct de combat puisqu’elle s’engouffra finalement dans la brèche qu’offrait à ses adversaires l’utilisation d’une telle arme, l’on avait déjà essayé d’administrer à Rennifer pareil traitement aussi ripostait-il généralement avec une rotation de poignet pour offrir un revers de sa lame. Mais cette fois il opta pour une autre solution, primitive et violente, quand il réalisa que ce ne serait pas le côté tranchant de la hache qui viendrait à sa rencontre. Sous ses amples vêtements destinés à le protéger du soleil et du vent se trouvait une fine armure en écailles de cuivre qui suffirait à encaisser le gros de l’impact tandis que lui-même riposterait.

Le coup fut porté avec davantage de force que ce à quoi il s’était attendu de la part d’une silhouette si frêle et manqua lui couper le souffle tandis qu’un bruit métallique résonnait dans l’oasis, mais ce ne fut pas suffisant pour l’empêcher d’armer son bras gauche et d’envoyer son poing au visage de la bougresse. Ce n’était pas une botte élégante, cela n’avait même rien d’honorable mais cela fonctionnait et convenait donc parfaitement au vieil acariâtre. Reconnaitre la valeur de son adversaire revenait à déployer tous les moyens à sa disposition pour en venir à bout tandis que s’imposer des restrictions impliquait une forme d’insulte détournée à ses yeux.

Le coup ne suffirait pas à déchausser des dents mais l’étrangère en serait probablement quitte pour une lèvre fendue en plus de la surprise et de la perte d’équilibre qui la prenait alors que sa tête pivotait sous la force de l’attaque. Rennifer en profita pour reculer et se remettre en position, lui adressant un regard sans équivoque quant à la simple introduction que cet échange représentait dans leur duel.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Ven 11 Jan 2013 - 19:11

     Le blocage qu'elle s'attendait à voir venir n'arriva pas. Quelle drôle d'impression que d'imaginer que votre cible était en train de préparer quelque chose de bien pire que ce que vous lui réserviez ! Lorsque la Nordienne parvint à frapper le Dornien, elle sentit une résistance qui semblait lui faire comprendre qu'il était apparemment paré d'une armure peu épaisse qui devait absorber de tels chocs. Si elle avait frappé avec le tranchant de la lame, certainement que les dégâts auraient été beaucoup plus importants, mais ce n'était pas le cas. Malgré le fait que la jeune femme était une guerrière dans l'âme et dans le physique, elle n'avait encore jamais tué d'humain et éprouvait quelques difficultés à frapper dans ce but. Surtout face à cet homme qu'elle ne connaissait pas et sur le territoire duquel elle se trouvait. Il était fort probable que lord Uller ne soit pas enchanté d'apprendre qu'une étrange avait tué l'un des membres de sa famille. Toujours est-il qu'à peine après son coup, Alysane reçut une riposte frappante, au sens propre du terme ! Un coup vint percuter sa lèvre qu'elle sentit éclater sous le choc et un goût familier et métallique se fit sentir dans sa bouche alors que ses dents claquaient entre elles. Avait-elle perdu ses quenottes ? La jeune femme n'eut guère le temps de vérifier, puis de toute manière ce n'était pas très important à ses yeux. Du moment qu'elle pouvait encore manger, le reste importait peu !

     La Nordienne avait reculé sous le coup de l'impact, son crâne résonnait encore du choc alors qu'elle clignait plusieurs fois des yeux. Après avoir secoué sa tête quelques secondes pour réordonner ses idées, la jeune femme constata que le Dornien avait reculé en lui jetant un regard qui montrait clairement que ce n'était que le début des hostilités. Un sourire se dessina sur les lèvres de la Mormont alors que le goût de sang était toujours présent, elle cracha sur le sol pour s'en débarrasser et passa le dos de sa main libre sur sa lèvre éclatée pour ne pas être dérangée par le sentiment de gêne qui s'en dégageait.

     ▬ Pas mal pour quelqu'un de votre âge. »

     Ce n'était qu'une simple provocation, Alysane avait beaucoup d'estime pour les personnes d'un certain âge. Elles avaient beaucoup vu et connaissaient de nombreuses techniques de combat, sans compter que cet homme devait avoir combattu des étrangers vu l'étrange arme qu'il possédait. À moins que ce ne soit une arme Dornienne ? La Mormont croyait qu'elles étaient similaires à celles du reste de Westeros, après tout il existait aussi des lanciers dans le Nord, mais peut-être que ce n'était pas le cas.

     Mais elle n'était pas ici pour soliloquer ! La jeune femme n'était pas décidée à rester campée sur ses jambes et à attendre qu'il attaque, cette fois-ci, c'était à elle de prendre les devants. Une attaque de front était une folie, Alysane avait compris que cette arme la trancherait en deux de haut en bas en moins d'une dizaine de secondes. Mieux valait essayer de frapper de côté, quitte à user de la lutte qu'elle maîtrisait très bien. S'élançant vers l'homme, elle fit mine de vouloir attaquer de face en croisant les doigts pour qu'il marche. D'un côté, ce n'était pas très difficile sachant qu'il avait l'air de prendre les gens du nord pour des imbéciles, raison de plus pour qu'il s'imagine qu'elle était assez folle pour le faire. Lorsqu'elle fut arrivée assez près pour qu'il puisse réussir à lui porter un coup – elle essayait de surveiller ses mouvements d'ailleurs – la jeune femme se laissa soudain descendre d'un coup, glissant sur le sable pour rouler sur elle-même de manière à se retrouver sur son côté. Elle avait visé celui de sa main non directrice en espérant grappiller un peu de temps avant qu'il ne pivote sur lui-même pour réussir à la frapper.

     En espérant que l'homme ne soit pas amené à réagir trop promptement, ce qui n'était pas impossible, elle essaya de repérer la zone où elle allait frapper. Jusqu'à présent, la Mormont n'avait que très rarement douté de ses talents martiaux, mais il fallait se rendre à l'évidence que l'homme à la peau d'ébène, malgré son âge et la manière dont il parlait, n'était absolument pas en reste. Lord Jeor Mormont disait toujours que ceux qui parlaient fort n'étaient pas forcément doués au combat et qu'ils compensaient quelque chose, mais ce n'était pas le cas de cet homme. Il pouvait bien posséder la souplesse d'un chat et s'être retourné pour lui couper la tête d'un geste rapide. La Mormont ne leva pas les yeux pour vérifier, préférant rester concentrée sur son action en espérant que les Anciens Dieux seraient à ses côtés. D'un geste leste, la jeune femme allongée sur le côté leva son arme pour frapper l'homme derrière le genou de manière à le faire tomber d'un côté. Elle n'avait pas usé du côté tranchant, encore une fois, mais avait frappé suffisamment fort pour essayer de l'immobiliser suffisamment longtemps pour réussir à se redresser.

     Si son attaque fonctionnait et qu'elle avait le temps de pouvoir se remettre d'aplomb, elle pourrait espérer avoir le temps de le pousser à lâcher son arme. Il était évident qu'avec cette épée courbée, elle n'arriverait pas à le maîtriser, mais la Nordienne n'avait pas encore vu de quoi il était capable dans le combat au corps-à-corps. La Mormont avait réussi à maîtriser son frère bâtard avec les prises qu'il lui avait enseignées, peut-être qu'elle saurait s'en sortir face à cet homme ? Malheureusement avant de spéculer à ce niveau, il fallait d'abord qu'elle soit capable de le désarmer et rien n'était moins sûr ! En imaginant qu'elle le fasse tomber à genou, qu'elle parvienne à se redresser, il faudrait encore qu'elle réussisse à frapper la main avec laquelle il tenait son arme pour essayer de la lui faire lâcher. Cela faisait beaucoup de « peut-être » et quelque chose lui disait que lui de son côté ne lui laisserait pas autant de chances. Allongée sur le flanc à ses côtés, elle ne pouvait rien faire de plus que de s'en remettre à ses dieux.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 11 Jan 2013 - 20:24

En lieu et place d’un cri de douleur suivi d’un regard horrifié à la vue de son propre sang l’étrangère n’offrit à Rennifer qu’un sourire rouge qui tranchait singulièrement avec cette peau si pâle. S’agissait-il là du genre de personnes que les Fer-nés comptaient dans leurs rangs ? Si tel était le cas il souhaitait bien du plaisir à ces vantards de chevaliers qui fuyaient vers leur mestre à la moindre égratignure. Leur guerre à venir leur couterait très cher même en cas de victoire. Cette « Mormont » disposait d’une bonne dose de hargne, le Uller s’en fit la réflexion alors que celle-ci imitait son geste précédent en crachant par terre, il lui avait offert l’étendue de son mépris par ce biais, elle pour sa part essayait de prouver que la blessure ne l’affectait pas. S’en suivit un commentaire moqueur qui remplit parfaitement son office en accroissant légèrement la colère du vieil acariâtre si susceptible, lui qui n’était généralement guère bavard ne put s’empêcher d’y répondre :

« J’avais déjà achevé mon vingtième adversaire avant que ton père n’ait l’idée d’engrosser ta mère, enfant insolente ! »

Puis la bougresse prit enfin l’initiative et se lança à l’assaut, droit vers lui dans ce qui lui apparut comme la manœuvre la plus primitive et suicidaire à sa disposition. Par la Mère-Rivière elle aurait même eut davantage de chances de survie en essayant de les semer dans le désert plutôt qu’en attaquant de front comme elle s’apprêtait à le faire. Tout cela tenait sans doute de la manœuvre désespérée de la part de quelqu’un se sachant arrivé au bout de ses forces, un dernier assaut pour mourir l’arme à la main plutôt qu’en suppliant. Rennifer approuvait cette attitude mais ne changea pas d’avis quant à l’idée de ne faire aucun cadeau au cours de ce combat, ces quelques pas rapides que celle prénommée Alysane parcourait à cet instant seraient ses derniers en tant qu’être humain disposant de tous ses membres.

Alors qu’ils étaient presque au contact le Uller arme son bras pour faire décrire à son cimeterre un large arc ascendant qui s’il visait juste toucherait à hauteur de ses mains et en ferait sauter au moins une au niveau du poignet. Peut-être lui accorderait-il une mort miséricordieuse une fois cela fait, ou peut-être trainerait-il sa carcasse mourante pour qu’elle se vide de son sang dans l’oasis et rembourse l’eau qu’elle venait de voler. Le geste impressionnerait les nomades et nourrirait leurs ragots pendant des lunes, ravivant cette peur qui de toute évidence avait perdu en intensité depuis quelques temps puisque ces imbéciles avaient pris le risque de défier les lois du domaine.

Et surprise des surprises, alors que la guerrière aux fourrures se trouvait sur la trajectoire de sa lame l’instant d’après elle commençait à quitter son champ de vision par le bas dans ce que l’esprit de Rennifer comprit être une nouvelle manœuvre risquée mais qui cette fois l’avait pris de court. Grognant contre sa propre bêtise qui l’avait amené à tomber dans un piège pareil il commença à pivoter pour asséner à l’impudente un coup de son épée qui serait assurément mortel, elle aurait certainement le temps de planter sa maudite hache dans l’une de ses jambes ou dans son flanc mais sa colère lui fit occulter l’idée d’une nouvelle cicatrice et le fit se concentrer sur cette mort que chaque fibre de son être lui réclamait en hurlant.

Puis son genou se plia contre sa volonté tandis que le Uller sentait la douleur diffuse du coup porté derrière, il aurait été aisé de rétablir son équilibre s’il s’était trouvé en position défensive et solidement campé sur ses appuis mais dans le cas présent toute sa personne se trouvait en mouvement à tourner sur place pour un coup de grâce qui ne viendrait jamais. Arriva donc ce qui devait arriver et il commença à chuter.

Se déclencha alors un phénomène que Rennifer avait découvert avec l’expérience et surnommé le temps de combat, il s’agissait d’une sorte de distorsion dans les sens d’un guerrier quand les évènements semblaient s’enchainer à toute vitesse mais que ses perceptions se trouvaient-elles aussi améliorées par la décharge d’adrénaline et l’instinct. Tout fonctionnait alors à deux vitesses et l’on agissait avant même d’en avoir l’idée, des actions réflexes pourtant bien plus élaborées que la simple réaction habituelle face à la surprise. Aussi un simple raisonnement auquel le vieux lancier ne crut même pas avoir songé décida aussitôt qu’il devait lâcher son arme car elle ne serait plus d’aucune utilité. Une épée ordinaire pouvait encore être utilisée dans un combat au sol mais certainement pas un cimeterre, pas assez d’amplitude de mouvement.

Ce fut donc avec les deux mains libres qu’il s’écrasa sur son côté gauche, les traits tirés en un rictus qui trahissait sans peine l’étendue de sa fureur. Notant que l’étrangère essayait déjà de se redresser pour prendre l’ascendant sur lui le Uller plongea les doigts dans la tignasse perchée sur sa tête et tira sèchement pour la ramener tandis que son autre bras filait pour saisir le poignet de cette hache, principale source de danger dans sa situation. Avec une bête torsion il essayait déjà de lui faire lâcher prise. Même né noble l’on ne grandissait pas à Denfert sans savoir se défendre et Rennifer avait perdu la majorité de ses dents de laie avec une aide extérieure plutôt que grâce à dame nature, il savait comment cogner, mordre, tordre pour faire le plus de dégâts le plus rapidement possible. Sa dernière expérience dans ce genre de « loisir » remontait à Port-Réal où il avait appris à plus d’un pilier de taverne qu’on ne manquait pas de respect à Dorne même si elle se trouvait à des centaines de lieues.

Plus lourd qu’elle le vieil acariâtre joua de sa masse pour essayer de lui mettre les épaules au sol tandis qu’il se refusait à laisser cette hache rester dans cette main, il frappait rarement au visage dans pareil situation car contre toute attente il ne s’agissait pas là de la manière la plus expéditive de clore une mêlée, à la place il opta pour un vicieux coup de coude qui commença à filer vers le sternum de la Mormont, si l’attaque arrivait à destination la concernée en serait quitte pour une respiration très laborieuse et souffrirait d’un sérieux désavantage pour la suite des réjouissances.

Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Sam 12 Jan 2013 - 16:45

     L'homme chuta. Sur le coup, Alysane n'y crut pas, elle avait toujours aussi confiance en ses capacités bien évidemment, mais il apparaissait clair que le Uller était bien différent des guerriers Nordiens qu'elle avait rencontrés jusqu'à ce jour ! Cependant, la Mormont n'eut guère l'occasion de se réjouir bien longtemps ! Alors qu'elle essayait de le débarrasser de son arme aussi étrange que dangereuse, la jeune femme se rendit compte qu'il avait visiblement pris les devants et que cela ne signifiait rien de bien pour elle ! L'expression du combattant était déterminée, mais surtout furieuse : apparemment il n'avait pas apprécié ce que la Nordienne venait de faire. Celle-ci n'avait d'ailleurs pas attendu de vérifier que tout fonctionnait comme elle l'avait espéré : grossière erreur. Alors qu'elle tentait de se redresser, Alysane sentit quelque chose lui saisir les cheveux et la tirer d'un coup sec en arrière. Son cuir chevelu la fit soudain souffrir alors qu'elle grognait de contrariété comme si elle avait été un animal en train de se battre, puis fut entraînée en arrière, déstabilisée. Loin d'en rester là, l'homme lui attrapa en plus le poignet avant de le lui tordre pour essayer de la faire lâcher prise. La brune ne se fit pas prier, elle ouvrit sa poigne pour laisser croire à l'homme qu'il prenait le dessus, puis lâcha son arme qui tomba avec un bruit sourd sur le sable chaud du désert. Comme la Mormont prévoyait de l'affronter à la lutte, elle aurait tôt ou tard dû se séparer de son arme, cela ne la gênait pas franchement, mais le reste par contre....

     Tombée à nouveau au sol, la jeune femme sentit le poids de son adversaire peser sur elle et comprit rapidement qu'il était beaucoup plus imposant et musclé qu'elle ne l'avait soupçonné. Les combattants du Nord étaient plus gros et possédaient moins de force que cet homme à la poigne dure presque comparable à un étau. Alysane s'apprêtait à se défendre lorsqu'elle vit arriver un coup, mais sans pouvoir l'empêcher de l'atteindre. Le choc fut rude et lui coupa la respiration aussi sec. Elle tenta de déglutir en aspirant vainement l'air et en vint à se demander si elle allait finir par s'étouffer ici. Un peu d'eau aurait été la bienvenue, malheureusement pour elle, c'était justement pour ce liquide qu'elle se battait. La brune sentait son cuir chevelu l'élancer encore doucement et tenta de se remettre d'aplomb, mais glissa et retomba sur le flanc, avalant en même temps un peu de sable qui flottait dans les airs. Cela la fit tousser et elle crut bien en venir à cracher ses poumons, mais heureusement pour elle il lui restait un peu de salive provoquée par le sang qui coulait encore de sa lèvre. Elle éprouvait de grosses difficultés à respirer et ses yeux pleuraient légèrement en raison du fait qu'elle avait été à deux doigts de s'étouffer, mais elle n'allait pas abandonner. Pas aussi facilement.

     Essayant de se reprendre en occultant la chaleur qui lui enflammait la gorge, la jeune femme pivota sur elle-même, essayant de se retrouver allongée à demi sur le côté de manière à avoir une jambe libérée. Espérant que le Uller n'avait pas profité de l'occasion pour s'éloigner, la Mormont envoya son pied en direction de l'aine de son adversaire dans l'optique de le frapper suffisamment fort pour lui déclencher des fourmillements dans la jambe et qu'il lui laisse un peu de terrain pour se remettre en état. Chaque geste lui demandait beaucoup d'efforts, le sable lui collait à la peau et elle se sentait aussi lourde et épuisée que si elle avait réellement été une ourse en plein milieu du désert. Sa bouche sèche comme un pain trop dur ne l'aidait pas à reprendre une respiration normale et la brune inspirait comme un phoque dans l'espoir de trouver un peu d'air frais. En vain. Grimaçant sous l'effort, la Nordienne avança sa main pour essayer d'attraper le vêtement du Dornien qui se révéla être beaucoup plus ample et épais qu'elle ne le pensait : si elle le frappait là, il ne sentirait pas la moitié de l'impact ! Mieux valait essayer de l'immobiliser à l'aide d'une prise pour essayer de pouvoir l'obliger à déclarer forfait. Étrangement, la jeune femme se disait qu'elle n'arriverait jamais à un tel résultat, non parce qu'elle était trop faible pour réussir à mener à bien son projet, mais tout simplement parce qu'elle doutait qu'un homme aussi xénophobe que son adversaire semblait l'être, puisse admettre sa défaite face à une étrangère.

     Se relevant en partie, de manière à dégager son buste et ses bras, la guerrière essaya se saisir le bras de son adversaire pour l'obliger à se retrouver au sol comme elle venait de l'être à l'instant. La jeune femme posa son autre main sur l'épaule de l'homme et y effectua une pression aussi poussée qu'elle le pouvait de manière à le faire reculer. Le but était de réussir à se retrouver au-dessus de lui pour peser de tout son poids sur lui. Alysane avait beau être une femme de taille moyenne, elle ne pesait pas aussi lourd qu'un homme adulte, mais elle était bien plus imposante qu'une noble dame par exemple. Restait à espérer que ce serait suffisant pour rivaliser avec la force de l'homme. Si la Mormont réussissait à le repousser, elle tenterait alors de le faire rouler sur le côté pour se « poser » sur lui et l'empêcher de se redresser. Sachant qu'il était plus difficile de repousser quelqu'un que de s'allonger dessus, elle pouvait compter sur cette différence pour que leurs forces puis s'égaler. Cependant, quelque chose lui disait que son adversaire du moment verrait venir le coup, il était fort probable qu'il n'apprécie pas beaucoup l'idée de se faire plaquer au sol par une femme qui respirait comme un phoque. Plissant les yeux sous l'effort alors que des gouttes de sueur perlaient sur son front et son corps, la Nordienne ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour son frère bâtard : quel mauvais maître d'armes, il ne lui avait pas appris à rivaliser face à un Dornien furieux ! Au pire des cas, s'il se montrait trop résistant la demoiselle prévoyait de lui planter les dents qu'il avait manqué de lui déchausser, dans le bras. Ou tout ce qui se présentait à portée de bouche, elle, elle faisait dans la variété !


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 12 Jan 2013 - 22:34

Rennifer accueillit cette petite réussite avec un grognement où se mêlaient colère et satisfaction primale quand son coude enfonça le sternum de l’étrangère et lui coupa la respiration en faisant ce bruit si caractéristique d’un choc résonnant et sifflant. Avec ou sans armes il la punirait pour son audace, pour son mépris des lois et surtout pour ne pas être née sur sa terre. Même si le Uller savait apprécier un esprit libre et indompté il ne pouvait décemment laisser passer un tel manque de respect devant les tributaires du domaine, son autorité s’en trouverait à jamais sapée. Aussi ne comptait-il pas perdre ce combat car la chose lui était inconcevable, un Dornien ne rencontrait la défaite que lorsqu’il oubliait sa vraie nature et non par la faute de l’adversaire. Une pensée plus que méprisante mais avec le vieil acariâtre cela tenait du commun.

La Mormont toussait follement mais ne cédait toujours pas, quelle teigne avait donc enfanté pareille femme pour qu’elle refuse de s’avouer vaincue au bord de l’asphyxie, assoiffée et épuisée ? Déjà la bougresse commençait à essayer de se tortiller pour se dégager, Rennifer réagit en enserrant davantage ce poignet qu’il n’avait toujours pas lâché pour accentuer cette sensation de fin imminente qu’il attendait de la part de son adversaire. Mais une fois de plus cela ne suffit pas, un pied chaussé vint le frapper à l’intérieur de la jambe, un peu plus haut que le genou et le vieil homme répliqua aussitôt en frappant à plusieurs reprises sans vraiment viser avec son poing restant. Qu’elle s’évanouisse, qu’elle crève, qu’elle supplie mais par la Mère-Rivière qu’elle abandonne ! Les gens au nord ne pouvaient avoir pareille détermination, ce n’était pas dans l’ordre des choses, cela sonnait aussi faux qu’un amputé de frais. Il ne la laisserait pas rivaliser avec l’entêtement du peuple des sables alors que la blancheur de sa peau suggérait que jamais avant ce jour elle n’avait dû survivre au soleil ardent. L’attaque réussit malgré tout à le faire grimacer car le membre touché fut le même que celui qui avait déjà bénéficié des attentions de cette maudite hache quelques secondes auparavant, le Uller en serait quitte pour quelques hématomes tenaces mais son plus gros problème à cet instant fut la marge de manœuvre qu’il offrit à la guerrière tandis qu’il encaissait.

Extrêmement buté, Rennifer refusa malgré tout de lâcher ce poignet qu’il gardait au creux de sa paume alors que la Mormont commençait à se dégager et se saisissait de sa main libre avant de jouer de sa position surélevée pour les faire rouler tous deux dans le sable et finalement se retrouver au-dessus de lui dans une inversion de situation. Se faire mettre au sol si facilement ? Certainement pas !

Le Uller força par à-coups pour se débarrasser d’elle mais la gravité jouait contre lui et en tant que Dornien la différence de tailles ne suffisait pas pour qu’il la chasse aussi facilement. Elle continuait à pousser son épaule tandis que de son côté il grognait de plus belle tandis que lui aussi se trouvait recouvert de sable à cause de cette lutte qui tenait davantage de l’affrontement entre deux bêtes sauvages que du duel honorable. Par le désert, comme ils pâliraient de frayeur ces braves champions Bieffois s’ils contemplaient pareil spectacle, pour eux la guerre se faisaient avec des règles et des contraintes si idiotes que les phases de la lune devaient elles aussi être prises en compte avant de s’élancer dans la bataille. Ici l’on livrait une guerre à l’opposé de ces valeurs, à une échelle très réduite certes, mais qui résumait clairement jusqu’où un habitant des dunes pouvait aller.

Leurs muscles luttaient en vain les uns contre les autres tandis que personne ne parvenait à prendre un véritable avantage, l’impudente semblait se contenter de le maintenir sur place tandis que de son côté le lancier ne parvenait pas à suffisamment se dégager pour frapper avec force. Alors se produisit quelque chose qui fit bien plus de dégâts dans l’esprit de Rennifer que dans sa chair, la guerrière en fourrures plongea sur lui et le mordit sauvagement au bras au point qu’il sentit son sang perler sous le tissu. Elle utilisait ses dents comme un animal, ou plutôt comme le faisait aussi Anissa, la chair de sa chair quand ils se livraient à leurs combats improvisés pour s’éprouver l’un l’autre. Ce simple souvenir se superposait au moment présent et le troublait terriblement, jamais il n’avait ne serait-ce qu’assimilé l’un de ses proches, quelqu’un de son sang, à un être qu’il haïssait par principe. Le vieil homme en oublia quelques secondes la douleur, perturbé par cette vision, puis comme la tempête de sable qui revient frapper sans prévenir les pauvres voyageurs, retrouva toute sa fureur.

Rennifer cessa subitement de pousser et la tira vers lui pour approcher celle qui tentait de transformer son avant-bras en repas improvisé, avec cette distance réduite il constata sans peine que l’étrangère suait à grosses gouttes en même temps que sa respiration peinait à retrouver un rythme normal. Comme un prédateur acculé elle luttait jusqu’à l’épuisement de ses forces et l’acariâtre soldat comprit qu’il ne pourrait la forcer à abandonner qu’en la mettant hors combat. Ce qu’il tenta aussitôt de faire en envoyant son front droit vers l’une des pommettes de ce visage de profil. Le Uller espérait ainsi la sonner pour de bon ou au moins lui faire lâcher prise, sur sa manche commençait déjà à se former une tâche sombre dont l’odeur ferreuse trahissait sans peine la nature. Elle avait réussi à le faire saigner, elle l’intruse égarée sur son domaine, la native de ces terres vertes où ne devaient pousser que des pommiers et des sots.

Son champ de vision réduit à un étroit tunnel grisâtre, Rennifer avait l’impression que leur rixe durait depuis des heures alors qu’il ne s’agissait probablement que de quelques minutes. L’oasis demeurait silencieuse en dehors du crissement du sable que leurs gesticulations haineuses envoyaient voler plus loin et des grognements.


Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Dim 13 Jan 2013 - 15:00

     L'adrénaline affluait dans les veines de la Mormont lorsqu'elle sentait que son poids commençait à peser sur son adversaire. L'idée qu'elle puisse réussir à l'immobiliser commençait à se profiler tout doucement à l'horizon et lui redonna une dose d'énergie, très passagère certainement à son grand dam. Elle maintenant la pression, bandant ses muscles d'une manière qui lui avait été enseignée par son frère bâtard lors de leurs nombreux entraînements sur l'Île-aux-Ours, il fallait qu'elle gagne, sinon il finirait par lui régler définitivement son compte. Alysane n'avait pas vraiment visité Dorne, c'était une région apparemment inhospitalière qui pourtant réussissait à la séduire, cependant elle n'avait aucune envie de mourir ici et était bien décidée à ne pas se faire tuer par un xénophobe qui refusait qu'une étrangère boive de son eau. L'eau, sa gorge était sèche et enflammée, elle doutait de pouvoir avaler sans que tout son œsophage ne proteste, c'était une sensation très désagréable qu'elle ne connaissait pas. Dans le Nord, il suffisait de glisser de la neige dans sa gourde et de la faire fondre pour qu'elle puisse boire à son aisance, ici, c'était différent. Tout comme ses habitants l'étaient d’ailleurs.

     Ces pensées l'égaraient un peu de son combat et elle fut rapidement rappelée à l'ordre. La brusque coupure dans la résistance du Dornien ne manqua pas d'étonner Alysane qui s'attendait à tout sauf à voir son adversaire la laisser approcher de la sorte. En réalité, il ne voulait pas la laisser gagner, mais plutôt pouvoir la hisser à sa hauteur pour lui asséner un coup qui ne manquerait pas d'aggraver encore son état. Alors que les goûts de sang, sable et autres choses se mêlaient dans sa bouche, elle sentit une violente douleur au niveau de sa pommette gauche et tout son visage l'élança au même moment. Lâchant un couinement de douleur qui ne devait pas être très digne d'une humaine – et encore moins d'une dame – la jeune femme esquissa un mouvement de recul. Il l'avait prise de court, c'était un fait ! La Mormont avait encore beaucoup à apprendre, même si elle se pensait douée en lutte, apparemment le Dornien était bien plus qualifié qu'elle. Son esprit lui criait de s'écarter un peu, sa vue se brouillait et une violente douleur lui étreignait le crâne. Déjà que la chaleur lui donnait mal à la tête, inutile de dire qu'avec ce coup de tête elle ne faisait que déguster davantage. Tout son crâne la faisait souffrir et elle commença à se demander si ce n'était pas la dernière fois qu'elle le sentirait. Il avait menacé de lui couper la tête, allait-il vraiment le faire ?

     Son instinct de survie reprit le dessus, elle avait mémorisé les paroles du Uller et considérait qu'un échec reviendrait à signer son arrêt de mort, elle comptait donc aller jusqu'au bout puisque sa vie en dépendait. La brune avait reculé en donnant des coups avec des poings au cas où l'homme tenterait de la retenir. La douleur qui lui vrillait les tempes et le reste du visage atténuait certainement beaucoup la force de ses coups, mais l'essentiel était de ne pas lui donner l'occasion de la retenir alors qu'elle était clairement en position de faiblesse. La Mormont s'écarta donc un peu avant de se laisser tomber sur le côté, elle avait fermé les yeux pour essayer de calmer la douleur, mais ce n'était malheureusement pas efficace. Entrouvrant les paupières, elle posa son regard sur l'homme, bien qu'elle ne voyait plus que des formes floues en raison des élancements incessants de son cervelet. Une chaleur l'envahissait tout doucement et la faisait suer encore davantage, craignant qu'il ne se lance «  à sa poursuite », elle glissa sa main sur le sable et en attrapa une poignée qu'elle lança en direction de la silhouette. Pas très agréable pour lui à n'en pas douter, mais la proximité de l'échec lui faisait comprendre qu'elle devait le tuer pour survivre. Quelle idiote ! Dire qu'elle avait imaginé qu'elle pourrait le tenir en respect et lui faire comprendre qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait chez lui, il fallait au moins qu'elle le rende inconscient ne serait-ce que pour pouvoir se reposer un peu le temps qu'il revienne à lui. Alysane n'était pas femme à manquer « d'honneur », elle ne tuerait pas un homme qui n'était pas en état de se battre.

     Respirant avec toujours autant de difficultés, la Mormont se retourna, à quatre pattes sur le sable, puis tâtonna le sol devant elle, cherchant l'endroit où sa hache avait bien pu tomber. Il fallait qu'elle remette la main dessus, mais ouvrir les yeux était déjà bien trop douloureux pour elle. Le soleil était éblouissant et lui vrillait les tempes dès qu'elle avait le malheur de vouloir regarder ce qui se passait autour d'elle. Lâchant un cri plein de rage, la Nordienne tourna la tête en direction de la silhouette, occultant brièvement la douleur de son crâne pour entrouvrir les yeux et essayer de voir où l'homme se trouvait. Elle fut surprise en voyant une forme sombre à côté d'elle. S'agissait-il du Dornien ? Son instinct de survie lui dicta sa conduite, elle envoya son pied vers la masse dans l'espoir de toucher l'homme et de le tenir en respect. Alysane n'attendit pas de sentir si elle touchait bel et bien quelque chose, retournant déjà son attention sur le sable où elle glissait toujours ses mains dans l'espoir de retrouver son arme. Quelle idiote, pourquoi l'avait-elle lâchée ? Inspirant comme un homme en surpoids sans parvenir à prendre une bonne bouffée d'air, la jeune femme lança un avertissement à l'intention du Dornien, bien qu'elle reconnue à peine à sa voix tant sa gorge sèche la déformait.

     ▬ Je ne vous laisserais pas me tuer aussi loin de chez moi ! Vous me connaissez mal si vous croyez que je vais abandonner ! »

     C'était assez sot de gâcher son énergie pour protester, mais c'était plus fort qu'elle. Sa fierté était telle qu'elle ne pouvait pas imaginer se faire tuer sans rien dire, même après lui avoir détaché la tête du corps le Uller aurait le droit à des râles de sa part ! Enfin, c'était peu probable et elle espérait bien ne pas en arriver là, mais l'échec de sa recherche de sa hache ne présageait rien de bon, il ne restait qu'à espérer que son adversaire soit dans un aussi piètre état qu'elle.

HP:
 


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 16 Jan 2013 - 10:09

Le choc d’un os qui vient en rencontrer un autre ainsi que la douleur, bien que moindre de son côté de l’attaque, confirmèrent à Rennifer que son coup de tête avait touché au but tandis qu’il rouvrait les paupières pour évaluer dans quelle mesure la manœuvre avait réussi. L’étrangère cria légèrement sous le choc et ses dents plongées dans l’avant-bras du Uller lâchèrent enfin prise tandis qu’elle reculait en semblant avoir toutes les difficultés du monde à garder ses yeux alignés dans leurs orbites. Une fois encore cela ne suffit pas à étouffer définitivement la rage guerrière de la bougresse qui refusait aussi bien de perdre conscience que de s’avouer vaincue. Elle avait beau ruer comme une démente tout trahissait chez elle un épuisement que seuls le désert et la soif savaient faire naitre, mais la Mormont refusait de plier. Le vieux lancier n’avait dans la vie de tous les jours que très peu d’empathie envers ceux avec qui il ne partageait aucun lien de sang, et même pour avec ceux-là il ne démontrait guère de pitié ou d’affection selon des standards que des gens ne possédant pas une réputation de fou furieux auraient qualifiés de « civilisés ». Aussi Rennifer ne ressentait-il pas d’admiration à voir la brune à la peau pâle se démener par terre pour se mettre hors de portée et qui alla même jusqu’à essayer de lui jeter de son sable au visage tandis qu’il tournait par réflexe la tête grâce à sa longue expérience des bourrasques du désert. Mais dans cet amas acide de préjugés et de haine viscérale qui avait passé les générations depuis la Conquête avant d’élire domicile dans la tête du Uller naquit un rien de… considération.

Au-delà de leurs prétentions expansionnistes vis-à-vis de Dorne qu’est-ce que le vieil acariâtre reprochait aux natifs des terres vertes ? Leur faiblesse ? Celle-là ne l’était assurément pas, même au bord de l’évanouissement elle persistait à lutter bec et ongles, de plus sa façon de bouger laissait à penser qu’elle avait reçu un quelconque entrainement martial contrairement au commun des femmes au nord des Marches. Leur vantardise ? La Mormont ne s’était pas répandue en paroles inutiles et grandiloquentes, elle avait d’office affirmé son point de vue avant de le défendre hargneusement. Leur proximité avec son pays natal peut-être ? Rien ni personne dans le Bief ou les Terres de l’Orage n’aurait pu enfanter pareille bougresse, elle était la première de son genre que le Uller avait croisée en un demi-siècle d’existence, elle ne dirigeait aucune avant-garde des forces ennemies sur son domaine. Il n’y avait là qu’une langue bien pendue assortie d’une mentalité de teigne.

Rennifer décida donc que l’affrontement s’achèverait là et se redressa doucement avant de se mettre debout, sa propre respiration commençait à retrouver un rythme régulier tandis qu’il observait la femme à la peau claire chercher à tâtons sa hache égarée, une expression cryptique sur le visage. Son bras continuait à saigner mais la profondeur de la plaie laissait à penser que le flot finirait par s’arrêter de lui-même, quand à son genou l’articulation se faisait douloureuse mais fort heureusement pas au point de boiter. Il ne se risquerait pas à courir pendant un jour ou deux. Reprenant conscience de tous les regards braqués sur eux dans l’attente d’une conclusion le vieil homme s’approcha à pas lents, sa rage de nouveau contenue et maitrisée à l’intérieur de sa carcasse tannée, et quand un coup de pied essaya de le maintenir à distance il recula à demi en accompagnant de la main la cheville lancée pour dévier l’attaque.

Et alors la Mormont affirma une fois encore sa volonté de voir une nouvelle aube se lever, avec une telle détermination l’on survivait aux pires blessures, au point que Rennifer s’imaginait même que s’il lui tranchait bras et jambes elle persisterait à vouloir le mordre jusqu’à ce que la dernière goutte de son sang ne l’ait quittée. Ce n’était pas admirable, elle n’avait pas d’héritage Rhoynar en elle, mais la chose pouvait être portée à son crédit.

En dépit du risque d’un dernier assaut qui restait bien présent le Uller s’accroupit à à peine une longueur de bras aux côtés de l’étrangère, puis parla d’une voix basse où le grondement caractéristique de son ton habituel demeurait perceptible :

« Et pourquoi es-tu si loin de chez toi, Alysane Mormont de l’Île-aux-Ours ? Pourquoi as-tu quitté ta terre pour parcourir les sables ? »

Puis il tourna la tête vers le groupe de nomades raides comme des piquets dans l’espoir que l’on oublie leur présence puis leur aboya bien plus sèchement et fortement :

« Disparaissez ! Si je vous reprends sur mes terres avant qu’une année ne se soit écoulée je tracerai une route de Denfert jusqu’au Grès avec vos tripes ! »

Ils ne se firent pas prier, loin de là, bondissant sur leurs montures avant de s’éloigner au galop en laissant derrière eux l’oasis, si bien qu’après une brève minute il ne resta plus que Rennifer, les deux jeunes recrues de sa garde qui demeuraient légèrement en retrait avec une pointe d’étonnement dans les yeux, et bien entendu la raison de tout ceci en la personne de l’étrangère. Le Uller l’observait se démener pour retrouver son souffle, avec la même curiosité que celle du chasseur pour le prédateur blessé, décidément cet oiseau-là était plus que rare dans les environs, mais qu’allait-il en faire ? La tuer ne figurait plus vraiment à l’ordre du jour sauf nouvelle insulte de sa part et il ne se voyait pas la ramener à la forteresse, cela pourrait peut-être servir quelque intérêt éducatif pour ses enfants mais ne valait pas l’effort de charrier pareil paquet sur des dizaines de lieues. Alors quoi dans ce cas ?

Toujours hésitant, le vieil homme pesait le pour et le contre de chaque possibilité qui s’offrait à lui tandis que son regard ne quittait pas la Mormont, tout était si simple en temps normal mais il ne savait décidément pas quelle décision prendre quant au destin de la bougresse.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Mer 16 Jan 2013 - 15:18

     Alysane entendait trop de bruits, le sang qui pulsait à ses oreilles lui donnait l'impression que la mer était non loin de là et elle tenta de reprendre sa respiration de manière à calmer son rythme cardiaque. Il était fort probable qu'il n'allait pas l'achever sans une dernière insulte et elle verrait donc venir le coup. Une voix se dégagea soudain de tous les bruits, le Uller reprenait la parole pour lui poser des questions. Qu'est-ce qu'elle faisait ici ? Bonne question ! Elle-même commençait à se le demander. Dorne était bien loin de son île et jamais elle n'avait imaginé pouvoir un jour fouler le sable chaud de son désert, mais pourtant c'était le cas. Le regrettait-elle ? Non, pas vraiment. Voir un tel paysage était une chose rare pour quelqu'un de sa région et même si elle risquait sa vie pour cela, il n'y avait aucun regret de son esprit. La voix reprit alors, certainement pour s'adresser aux nomades. Une pointe d'inquiétude s'installa dans les tripes de la demoiselle qui se nouaient petit à petit, s'il demandait aux nomades de partir c'était certainement pour lui régler son compte. Elle déglutissait, ou du moins tentait, mais sa langue était sèche comme un vieux pain et rendait l'opération impossible. Les bruits suivants indiquèrent à Alysane que les étrangers venaient de prendre leurs jambes à leurs cous pour s'en-aller, elle n'avait pas eu le temps de les remercier et n'en aurait certainement plus l'occasion. Un soupire passa la barrière des lèvres gercés – et fendues – de la Mormont avant qu'elle ne réponde.

     ▬ Je voulais... Je voulais... Pourquoi ? La question résonnait dans son esprit. Juste voir Dorne. J'en ai souvent entendu parler, mon père en parle souvent comme d'une région semblable à la mienne. »

     Il n'était pas certain que dire une telle chose à quelqu'un qui se montrait clairement xénophobe, n'allait pas signer son arrêt de mort sur-le-champ. Mais quitte à devoir se faire régler son compte, autant que ce soit en disant la vérité non ? Alysane marqua une pause le temps de se retourner légèrement pour libérer ses mains, puis elle en glissa une jusqu'à ses yeux pour les frotter tant bien que mal et essayer de les ouvrir de manière à voir où était son adversaire. Enfin, son interlocuteur. Apparemment le Dornien n'attaquait plus, il devait considérer le combat comme clos et comme gagné. Tournant la tête vers l'homme à la peau d'ébène, la Mormont inspira par à-coups avant d'enchaîner toujours avec la même franchise.

     ▬ Je disais toujours que les gens du sud n'étaient que des incapables juste bons à conter fleurette aux nobles dames et qu'ils ne connaissaient rien de la rudesse de la vie. Ils considèrent mon peuple et plus précisément ma famille comme des barbares tout simplement parce que nous ne vivons pas dans les mêmes beaux châteaux qu'eux. Et encore, c'était édulcoré vu ce qu'elle tenait parfois comme discours. Mais mon père m'a dit que ce n'était pas le cas de tous les sudistes et que les personnes de Dorne ressemblaient aux Nordiens. Alors j'ai décidé d'aller visiter Westeros pour voir si ces chevaliers étaient tels que je le pensais. »

     C'est-à-dire de bien piètres combattants incapables de tenir tête à de véritables adversaires. Alysane n'avait jamais vraiment combattu, mais cependant elle savait que vivre dans une région comme le Nord – ou Dorne apparemment – n'était pas facile. Lord Jeor disait toujours que les habitants d'une région étaient forgés par cette dernière, vu que les Bieffois et les gens des régions voisines vivaient dans des endroits presque parfaits, il était logique de considérer qu'ils n'étaient pas aussi rudes que les Nordiens. Au cours de son voyage du Nord jusqu'à Dorne, elle avait d'ailleurs eu l'occasion de constater que c'était apparemment le cas. Rares avaient été ceux qui se démarquaient du lot et jusqu'à présent, la Mormont ne retenait pas beaucoup de noms d'individus dignes de ce nom. Quelques Bieffois avaient été « tolérants » à son égard, mais cela ne signifiait pas qu'ils l'approuvaient pour autant. Mais elle ne détaillait pas tout cela dans sa réponse, sa bouche sèche avait déjà du mal à formuler les mots qui venaient à son esprit, si elle voulait être certaine de pouvoir tout expliquer, mieux valait ne pas se perdre dans des détails « inutiles » pour le moment. S'il avait des questions, elle aviserait.

     ▬ Pendant ma traversée des régions précédentes, nombreux ont été ceux qui m'ont dit qu'à Dorne je pourrais trouver des femmes combattantes et que les hommes de cette région étaient plus tolérants à l'égard des femmes comme moi. À comprendre qui ne représentaient pas la noblesse et qui n'agissaient pas comme des dames. Puis surtout, qu'elle soit acceptée comme une combattante et non comme une femme qui voulait se faire passer pour un homme d'armes. Puis ils m'ont dit que les Dorniens étaient aussi à l'égard de Westeros que les Nordiens, alors j'ai voulu voir par moi-même. Je connais quelqu'un qui m'a dit de ne pas me fier aux rumeurs et je voulais vérifier ces dires en personne. Elle tourna la tête vers les gardes avant de revenir vers le Uller. Je voulais juste voir si Dorne était comme chez moi. Je suis partie depuis longtemps et j'aurais apprécié de retrouver un peu du Nord ici. »

     Son Nord natal lui manquait c'était un fait. Elle n'aurait peut-être jamais dû partir, mais c'était ce que tout le monde lui répétait. Rien que pour cette raison, la demoiselle avait envie de faire le contraire, esprit contradictoire oblige. Au final, la Mormont soupira légèrement. Elle en avait assez de parler, sa gorge la tiraillait et elle doutait que de telles paroles conviennent au Uller. Il n'allait certainement pas apprécier d'être comparé à des Nordiens alors qu'il semblait considérer Dorne au-dessus du reste. Après un bref instant de silence, la Nordienne termina donc sa réplique.

     ▬ Vous avez chassé les nomades, je ne pourrais jamais retrouver mon chemin seule, alors faites ce que vous avez à faire sans perdre de temps. »

     Se rendre à Lancehélion n'était plus d'actualité, elle aurait surtout apprécié de rentrer dans le Nord pour retrouver les siens, mais les projets que l'étranger avait eu pour elle avant le début du combat contrecarraient légèrement ces plans.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 19 Jan 2013 - 21:32

Vaste sujet que celui des véritables désirs de chacun, ces buts qui donnaient leur sens aux actes et n’étaient au final jamais véritablement atteints car non conformes à l’attente que l’on en avait ou remplacés par de nouveaux. Tout le monde voulait quelque chose, même s’il refusait de se l’avouer, Rennifer désirait la guerre et la ruine de ses ennemis, les Bieffois voulaient s’engraisser de fruits et de bétail jusqu’à devenir aussi massifs que leurs précieux châteaux fleuris. Dans le cas de la Nordienne la question sembla la faire hésiter, son état ne favorisait pas vraiment une profonde réflexion introspective mais il semblait à voir son expression qu’aucune certitude ne justifiait clairement sa décision de venir dans le désert. Etrange, mais le Uller attendit qu’elle aille jusqu’au bout de sa pensée, pour lui un profond silence encourageait parfois à en dire bien plus qu’avec des questions répétées.

La Mormont aborda le cas de sa région, renvoyant une fois encore le lancier à sa méconnaissance totale de l’Île-aux-Ours et de son emplacement à Westeros, et se mit à la décrire en des termes terriblement familiers car Rennifer avait employé les mêmes pour démontrer à son Prince la répugnance des autres Couronnes. Une telle chose se pouvait-elle vraiment ? D’autres que Dorne et quelques pirates comprendraient en quoi la rudesse de l’existence tenait de la nécessité et non du handicap à combler ? La brune à la peau pâle n’avait pas vu le jour dans les Îles de Fer, découvrit-il l’instant d’après, mais dans le Nord, à des centaines et des centaines de lieues d’ici. Des lointains souvenirs de cartes usées et poussiéreuses vinrent se rappeler à sa mémoire, décrivant une quasi péninsule presque aussi imposante que la moitié du continent, des espaces froids et éloignés. Le vieil homme n’avait jamais daigné s’aventurer plus haut que Port-Réal et pourtant le périple lui avait semblé terriblement long et désagréable tant les décors s’offrant à ses yeux le révulsaient, et celle-ci semblait considérer la « capitale » comme territoire sudiste ! Son esprit bien trop terre-à-terre et pragmatique ne pouvait s’adonner à des comparaisons telles que « tous deux représentaient à leur manière une face de la même pièce de monnaie », mais pour peu que Rennifer ait gâché des précieuses minutes de sa jeunesse le nez dans des livres et il en aurait été capable !

Le combat avait beau s’être terminé quelques instants auparavant le Uller n’en restait pas moins sur ses gardes pour la simple et bonne raison qu’il ne connaissait nulle autre attitude à adopter, du coin de l’œil il avait déjà repéré l’emplacement où son cimeterre était tombé et où la hache de la bougresse avait atterri. Au moindre geste brusque ou suspect les hostilités seraient relancées et se termineraient cette fois par un décès volontaire.

Ah oui les femmes guerrières, sans doute l’un des sujets qui avait le plus le don d’agacer l’irascible vieil homme. Peu importait le genre pourvu que l’individu ait la nature adéquate et les bons principes ! Des femmes avaient commandé au sein de Maisons dorniennes un nombre incalculable de fois, le pays lui-même avait retiré certains de ses plus grands dirigeants de la gente féminine ! Quant à leur capacité à combattre la preuve résidait simplement dans la propre garnison de Denfert, parmi ces 200 lances auxquelles Rennifer aurait confié sa vie se trouvait presque un tiers de femmes ! Se priver de bons éléments selon le hasard de leur naissance, l’idée n’avait non seulement rien de logique mais créait du bétail féminin qui encourageait à son tour la génération suivante à se comporter de la même manière. Une bonne chose pour Dorne lorsque le jour de la contre-attaque viendrait, mais un principe culturel déplorable tout de même.

La Mormont semblait s’être faite à l’idée de sa mort imminente, conclusion qui devait découler du départ des nomades mais qui au contraire attestait du résultat opposé. En cas d’exécution le lancier aurait voulu que pas une paire d’yeux ne manque la scène, pour que le traumatisme les dissuade de récidiver. Son premier geste ne fut pas de la détromper immédiatement, il n’avait rien d’un mestre, à chacun de réaliser ses propres découvertes. Quand elle eut fini de parler il se contenta de hocher la tête et dit :
« Le Nord. » Le mot avait presque un goût en bouche différent de celui des autres, prononcé ici-même au cœur du désert cela donnait une curieuse impression que d’évoquer un territoire si lointain et froid.

« J’entends et comprends tes raisons, Alysane Mormont, ce sont les mêmes qui m’ont poussé à m’aventurer sur ces terres vertes au-delà de mes montagnes. J’y ai vu la faiblesse et la facilité tout comme tu viens de voir l’étendue de notre courroux lorsque nos règles sont bafouées. »

Rennifer tourna brièvement la tête vers l’un des deux jeunes hommes à l’avoir suivi jusqu’ici et ordonna :

« Temseh, lance-moi ton outre. »

« Mon nom est Taumsek, Messire. »

« Pour l’heure tu n’es qu’un gosse encore humide derrière les oreilles, ton outre, j’ai dit. »

La gourde vola vers eux et le Uller la rattrapa avant de la déposer à même le sable devant la bougresse.

« Tu as acheté avec ton sang le droit à quelques gorgées de mon eau, et je ne t’autorise pas à mourir tant que nous n’en aurons pas terminé. Oui les femmes d’ici sont nos égaux, car elles partagent notre héritage Rhoynar et si nous prétendions leur refuser leur pleine liberté elles nous arracheraient les yeux avant de lâcher des vipères dans nos orbites vides, Dorne est ainsi. »

Après la chevauchée de la matinée et cette brusque activité imprévue, se retrouver immobile de la sorte réveilla chez Rennifer ses désormais familiers rhumatismes, rappels constants et douloureux de son âge plus qu’avancé. Plutôt que de grimacer il choisit de faire quelques pas, et poursuivit :

« Tu as eu un aperçu de notre culture et tu as payé pour ton insolence à mon égard aussi je ne te tuerai pas de mes mains aujourd’hui. A Denfert nous ne tolérons pas la présence d’étrangers et si tu essayes de t’y rendre tu seras éliminée à vue, maintenant que les nomades sont partis tu te retrouves effectivement seule au milieu des dunes impitoyables. »

Sa voix cédait petit à petit à la colère contenue qui lui servait de réserve d’énergie, tout chez lui prenait une dimension courroucée quel que soit le sujet.

« Je peux par contre t’indiquer la route à suivre pour rejoindre un lieu plus accueillant envers les tiens et te montrer comme survivre jusque là-bas. »

Aucune trace de sympathie n’accompagnait cette proposition, à vrai dire son visage n’avait pas sensiblement changé depuis ses premières menaces de mort formulées lors de leur rencontre.

« Mais il me faudra une raison autre que la ressemblance de nos pays, Alysane Mormont de l’Île-aux-Ours. »
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Dim 20 Jan 2013 - 15:11

     La jeune femme attendait le verdict face au Dornien, se demandant encore comment est-ce qu'elle allait se sortir de cette situation. Morte ? Traînée sur le sol jusqu'à la demeure de la maison Uller ? À moins qu'il ne change d'avis et décide de la laisser ici se débrouiller seule ? Ce serait simplement le désert qui s'occuperait d'elle et non l'homme à la peau tannée. Soupirant doucement, Alysane entendit enfin une première réponse et elle fut surprise d'apprendre que le Uller avait déjà quitté sa région pour s'aventurer plus dans le nord. Apparemment son aversion pour les autres régions était donc justifiée par une connaissance de leurs habitudes ? Elle ne put s'empêcher d'être amusée de la situation, dire qu'elle-même avait décidé de quitter le Nord pour pouvoir critiquer les régions du sud en connaissance de cause.... Apparemment les Dorniens partageaient bien des choses avec les gens de sa région. Ce n'était pas si surprenant au final, les extrêmes s'attiraient et se ressemblaient souvent.

     La Mormont tourna la tête vers l'homme à la peau tannée qui interpella l'un des jeunes hommes qui l'accompagnait. Apparemment il devait s'agir de futurs gardes, à moins qu'ils ne soient des membres éloignés de la branche principale de la famille ? Des questions qui n'étaient pas franchement importantes et dont Alysane ne se serait normalement pas soucié, mais il fallait croire que la possibilité de voir bientôt la mort en face la fasse s'interroger sur des choses secondaires. Cependant, en entendant le mot « outre », l'inquiétude de la Nordienne s'atténua légèrement : s'il parlait d'un outre c'était peut-être pour lui permettre de pouvoir se désaltérer un peu et par conséquent, ne pas la tuer. Ce serait gâcher de l'eau et il y avait fort à parier que dans le désert, cela ne soit pas monnaie courante. À moins que le combattant ne décide finalement de boire devant elle pour lui faire comprendre qu'il n'y avait que lui qui décidait de qui vivait et qui mourait sur ses terres ? Lorsque l'outre atterrit dans les mains du Dorniens, la jeune femme l'observa, essayant de camoufler son expression d'attente qui fut rapidement récompensée. L'homme posa l'outre sur le sable et lui laissa entendre qu'elle pouvait s'en servir. Ne cherchant pas vraiment à avoir l'air bien élevée, la demoiselle avança sa main pour attraper l'outre et la déboucher avant de verser un peu de ce précieux liquide dans sa bouche. Le goût fut assez étrange, un mélange de sang, de sable et d'autres choses étranges. Mais elle ne recracha pas, même si ce n'était pas agréable, la Nordienne avala d'un coup et lâcha un léger soupir de soulagement en sentant sa gorge redevenir plus humide.

     Quoi qu'il en soit, l'homme confirma que les femmes de ce pays commandaient aussi bien que les hommes, c'était un réel plaisir que d'apprendre qu'au moins une région de Westeros était assez intelligente pour comprendre que les femmes pouvaient être aussi capables que leurs homologues masculins. Lorsque le Uller se redressa, Alysane le suivit du regard, méfiante, puis elle tendit l'oreille alors qu'il confirmait ce qu'elle espérait depuis quelques instants : il n'allait pas la tuer. Ce fut comme si un poids s'enlevait de ses épaules, elle passa sa langue sur ses lèvres en retenant une grimace lorsqu'elle toucha la zone à vif, puis plongea son regard dans celui de l'étranger. Il semblait se mettre en colère au fur et à mesure de la discussion, sans raison apparente si ce n'était un caractère apparemment aussi impétueux que cette région. Le combattant parlait de lui laisser une chance de s'en sortir ? Un haussement de sourcils étonné suffit à montrer que la brune ne s'y attendait pas, mais sa dernière réplique posa toute la difficulté. Que pouvait-elle lui dire ? Elle s'autorisa une seconde gorgée de l'outre, ne souhaitant pas en abuser au risque de devoir à nouveau se battre pour payer l'eau en trop. Passant le revers de sa main sur sa bouche, la Nordienne inspira profondément avant de répondre enfin.

     ▬ Une autre raison ? Je pourrais en donner de nombreuses, mais j'ignore si elles seront suffisantes pour justifier une telle aide de votre part. L'idée de rentrer chez elle lui semblait soudain primordiale, elle s'inquiétait pour les siens comme si cet affrontement lui avait fait comprendre que la mort pouvait un jour débarquer sur son île natale. Je dirais simplement que vous avez vu que je sais me défendre, même si je ne suis pas au mieux de ma forme et que je sais faire bien mieux. »

     Elle tourna la tête vers l'homme, le mettant presque au défi de dire le contraire. Alysane avait sa fierté, elle savait ce qu'elle valait et était parfaitement confiante qu'elle n'avait pas été à la hauteur aujourd'hui. Il se trouvait malheureusement que son état avant de commencer l'affrontement ne l'avait pas aidée, la Nordienne était habituée à être fringante et en bonne forme avant de se lancer dans un entraînement, elle avait toujours oublié le fait que bien souvent, une fatigue liée au voyage s'imposait dans le combat. La brune souffla en reprenant petit-à-petit sa respiration, puis elle enchaîna.

     ▬ Sur mon île aussi les femmes sont très caractérielles. J'ai cinq sœurs, mais aucun frère, c'est depuis toujours les femmes Mormont qui défendent leurs terres. Elles étaient jadis aux Fer-nés et nous a été offert par un seigneur Stark en remerciement de notre fidélité, mais depuis toujours ces pirates s'imaginent être encore chez eux. Elle ne lui faisait pas un cours d'histoire, mais il fallait bien poser le décors. Malgré la paix qui nous liait jusqu'à présent avec leur peuple, ils nous attaquent souvent et nous devons nous défendre. En partant de chez moi, la paix était encore installée dans ma région et je n'avais pas de raison de croire que les Fer-nés allaient attaquer mon île, mais récemment j'ai appris que c'était le cas. Je sais que lorsque je rentrerai, je ne quitterai jamais plus ma région alors je voulais me rendre à Lancehélion pour regagner le Nord par la mer. Une brève pause, puis elle reprit. Mais je me rends compte que c'était une bêtise. Ce combat m'a fait comprendre que les quelques hommes d'armes que nous avons pour nous aider ne pourront pas tout faire seuls. Mes sœurs savent se battre, mais sans me vanter, je suis la plus douée et je sais que mon absence pèsera lourd dans la balance. »

     Elle ne savait pas vraiment où elle allait pour être sincère, mais au fond, dire ce qu'elle avait sur le cœur était la seule chose qu'elle avait à l'esprit. Observant l'homme en se méfiant toujours de lui au cas où il changerait soudain d'avis face à de telles paroles, la Mormont s'humecta les lèvres une fois de plus pour finalement reprendre une dernière fois.

     ▬ Je dois rentrer chez moi. C'est les femmes qui protègent mon île et je refuse que ces Fer-nés posent leurs sales pattes sur mes sœurs. Sinon ce sera moi qui leur arracherai les yeux pour y mettre des vipères. Quitte à en transporter un sac d'ici jusqu'à chez moi. L'idée lui semblait presque intéressante pour le coup. Si vous pouviez me dire comment regagner l'Orage pour que je puisse me rendre à Port-Réal et rentrer dans le Nord, je pourrai faire tout cela et confirmer à mon père que Dorne est bien la seule région de Westeros à ne pas être peuplée de moutons. »

     Elle renifla doucement, ce n'était pas de la flatterie pour complimenter le Uller et se le mettre dans la poche. Elle avait compris depuis un moment qu'il n'était pas du style à se laisser charmer par de vaines paroles. Baissant ses yeux vers l'eau, elle ajouta quelques mots.

     ▬ Et même si je l'ai gagnée moi-même, merci pour cette eau. »


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 27 Jan 2013 - 21:31

En règle générale, plus il s’approchait de sa fin et plus sa propre mortalité venait se rappeler à un homme, cela faisait réaliser à quel point l’on pouvait s’accrocher à la vie car toutes les épreuves à endurer paraissaient douces en comparaison de l’inconnu dans l’au-delà. La souffrance, la maladie, le chagrin, peu importait, tout plutôt que de rejoindre ses dieux malgré toutes les promesses que certaines croyances offraient. Il y avait la vie, il y avait la mort, et l’instinct viscéral de préserver la première. Voilà ce que Rennifer avait en tête en voyant l’étrangère étancher sa soif, se demandant par la même occasion si sa propre envie de perdurer restait aussi forte que celle présente chez les jeunes générations. Lui qui avait parfaitement conscience que jamais le but désiré pour le peuple de Dorne ne surviendrait avant le trépas de sa chair faiblissante, il en venait à s’interroger sur cette supposée perte de volonté qui pourrait le gagner. Le lancier n’imaginait sa mort que d’une seule manière : percé de toutes parts par les armes ennemies, au sommet d’une pile de cadavres qu’il aurait lui-même occis tandis que les guerriers de sa terre natale feraient tomber l’une après l’autre ces immondes forteresses de l’autre côté des montagnes. Jusque-là il lui faudrait endurer tout ce que la mauvaise fortune enverrait pour lui barrer la route, surtout ne jamais faiblir.

L’état de la Mormont semblait indiquer qu’elle n’avait plus la moindre envie de filtrer les mots sortant de sa bouche, ils se trouvaient à présent bien au-dessus de cela et le Uller ne douta pas un seul instant qu’ils furent autre chose que la stricte vérité, aussi continua-t-il à l’écouter en silence avec une certaine curiosité pour ce peuple jusqu’à lors méconnu et qui survivait dans son propre genre de désert.

Sa famille semblait être une ennemie viscérale des pirates Fer-nés, ces derniers tenant en quelque sorte le rôle de Stormiens, avec de fréquentes escarmouches qui dans le contexte actuel avaient dû se muer en guerre ouverte et pillage répétés. Toute la côté Ouest du continent était en guerre, même les Uller si isolés le savaient. Puis la bougresse manifesta son envie de regagner sa terre natale au plus vite, ce que Rennifer comprenait parfaitement, pour peu que Denfert ait été assiégé et il aurait parcouru la moitié du monde connu à toute allure afin de pouvoir défendre le domaine familial. Les nobles appartenaient à leur terre après tout, seuls le décès ou un mariage pouvaient les en éloigner définitivement, dans les autres cas de figure l’appel de ses racines se manifestait constamment jusqu’à devenir intolérable, à plus forte raison quand son foyer courrait un danger. Bien entendu l’acariâtre vieillard ne montra pas son approbation quant à ce désir de rentrer chez soi, cette femme n’était peut-être pas son ennemie mais il ne la considérait en rien comme quelqu’un qu’il inviterait chez lui.

L’idée de charrier des serpents si loin au nord amusa presque Rennifer, l’on ne devait pas en voir bien souvent de ces bestiaux venimeux par là-bas mais leurs aspics étaient encore plus retorses que la populace humaine des environs. Se terrant dans le sable tout le long du jour elles ne chassaient que la nuit et quiconque essayait de s’en saisir risquait fortement de recevoir une morsure mortelle avant de succomber à la fièvre et au délire. Jamais la pâlotte ne pourrait en chasser efficacement, mais l’hypothèse restait divertissante ! Enfin vint le moment des requêtes, la sienne restait humble car elle ne demandait rien d’autre qu’une direction salutaire pour regagner les Terres de l’Orage, puis elle prit la peine de le remercier pour l’eau. Cela ne lui coutait rien, aussi le vieux guerrier continua à faire les cent pas pour essayer en vain de dénouer les muscles de son dos, et répondit :

« Le moyen le plus rapide pour retourner là d’où tu viens est de partir vers le Nord-Est sur une trentaine de lieues, de là tu arriveras à Ferboys. Ne te méprends pas, ils n’apprécient surement pas les étrangers mais ils ne t’exécuteront pas sommairement pour t’être trouvée sur leurs terres. Peut-être que tu y trouveras un bateau pour rejoindre ce tas de fumier qu’est Port-Réal, dans le cas contraire continue vers le nord au travers des Osseux, peut-être y survivras tu assez longtemps aux scorpions pour te retrouver de l’autre côté des Marches. »

Tout en allant récupérer son cimeterre et lui faire regagner son fourreau il poursuivit :

« Dans le désert le voyageur isolé ferait mieux de dormir au plus chaud du jour et de cheminer le reste du temps, ainsi tu économises l’eau en plus d’être mobile aux heures où les brigands sont de sortie. Et enfin, par la Mère-rivière couvre toi la tête et le reste de la peau, déchire des vêtements s’il le faut mais plus tu t’offriras au soleil et plus il te dessèchera. Quant à cette peau d’animal que tu promènes avec toi elle ne te servira à rien en journée, ne la porte que quand le vent du soir essayera de te faire geler. »

Le Uller ne souhaitait pas que la Nordienne éternise son « séjour » dans son oasis, pour peu que les recrues qui n’allaient pas tarder à arriver la fréquentent un moment et ils risqueraient d’humaniser les étrangers au point de contester leur faiblesse proverbiale. La Mormont était une exception, certainement pas la règle ! D’un autre côté son état indiquait qu’il lui faudrait au moins quelques heures de plus avant de pouvoir reprendre la route d’elle-même, ce qui posait donc un épineux problème que Rennifer décida de résoudre à sa manière expéditive et pragmatique. Il alla de nouveau vers le futur soldat répondant au nom de Taumsek et lui dit :

« Emmène-la sur ton coursier jusqu’à environ la moitié du trajet que j’ai indiqué, une fois que ce sera fait rentre directement à la forteresse. L’état dans laquelle tu la laisseras déterminera si cette tâche que je te confie est une réussite ou un échec à punir. »

Le jeunot répondit d’un bref hochement de la tête, la joie que lui inspirait cette corvée se lisait sans peine sur ses traits mais il ne se risqua pas à faire de nouveau commentaire et alla aider la bougresse brune à grimper en selle. Alors que tous deux s’apprêtaient à partir le lancier conclut par :

« Ne va pas croire que tu as l’amitié des Uller pour toi, Alysanne Mormont de l’Île-au-Ours, mais si tu reviens sur nos terres nous te laisserons le droit de passage tant que tu n’approches pas de nos villes. Puisses-tu venger au centuple la moindre perte que les Fer-nés feront aux tiens. »

Puis ce fut terminé, le cheval et ses deux passagers s’éloignèrent au petit trot sous un astre ardent toujours dénué de tendresse, laissant là Rennifer avec de nouvelles opinions un rien meilleures concernant ce qui n’était pas Dornien.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer ▬ Rennifer

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer ▬ Colin
» Jean Racine & sa cour d'admirateurs
» Idée simple mais géniale pour accélérer le repêchage des prospects !!!
» Désolé de vous déranger mais c'est pour une petite question...
» Des cours intéressant mais rien que pour leur contenu.[Pv Nicholai][termine]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-